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Les ENFOIRES : Côté coulisses

Albertt EINSTEIN - Un siècle de relativité générale
10 faits sur Albert Einstein, ce génie qui a révolutionné la science 

Les Sœurs ÉTIENNE  : bientôt immortelles

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les ENFOIRES

Côté coulisses

Nous avons assisté à l’enregistrement de l’émission que TF1 diffusera vendredi. La troupe a de nouveau œuvré au profit des Restos du Cœur, tout en rendant hommage à Johnny.


Les Enfoirés ont enregistré leur spectacle baptisé « Musique » à Strasbourg et la diffusion se fera vendredi 9 mars, à 21 heures, sur TF1.
 Christophe Chevalin

C’est au Zénith de Strasbourg, à la fin du mois de janvier, que la trentaine d’artistes de la troupe s’était réunie pour une série de concerts. Au programme, de la musique évidemment, des costumes chatoyants, des tableaux vivants, émouvants ou remplis d’énergie, des sketchs amusants et des chanteurs toujours plus motivés à chanter pour la bonne cause. Dans un Zénith surchauffé, la foule attend avec fébrilité l’arrivée des artistes. Pour faire monter encore la température d’un cran, les meilleurs moments des éditions précédentes sont diffusés sur un écran géant. En chœur, les spectateurs reprennent les titres les plus emblématiques du répertoire des Enfoirés.

C’est la deuxième édition marquée par son absence, et Jean-Jacques Goldman est assurément le plus grand vide du moment

Après un décompte digne du lancement d’une fusée de la Nasa, place au spectacle ! Et c’est avec un superbe tableau digne des plus belles réalisations que cette nouvelle édition commence.Musique, de Calogero, retentit dans la salle. Sur le thème du cirque, les artistes font leur entrée en piste : Jenifer, Zazie, Patrick Fiori, Christophe Maé, Patrick Bruel, pour ne citer qu’eux, donnent le tempo du spectacle tout simplement baptisé « Musique ». Un titre qui porte bien son nom. Si les années précédentes, le show avait parfois tendance à se perdre un peu dans des medleys aux interprètes trop nombreux, c’est un retour aux sources qui attend les téléspectateurs. Des duos ou des prestations en plus petit comité, permettent d’apprécier à leur juste valeur les différents titres réinterprétés par la bande.

DES HABITUÉS MAIS AUSSI DES NOUVEAUX

Évidemment, entre les représentations, les hommages à Johnny Hallyday – et un clin d’œil à France Gall – ne cessent de se succéder. Sur scène, les Enfoirés tentent de séduire la plus jeune génération avec des titres tels queDespacito ouChocolat de Lartiste. L’omniprésence de Michaël Youn sur scène n’est pas anodine. Depuis le regrettable départ de Jean-Jacques Goldman, l’humoriste a quelque peu repris le flambeau. Hélas ! les sketchs sont parfois un peu indigestes et pas du meilleur goût…

Heureusement, Mimie Mathy – absente l’an dernier pour raisons de santé – et Patrick Bruel ont repris leurs bonnes habitudes à se faire la cour entre les chansons. Grâce à la présence des «habitués » comme Jean-Louis Aubert, Michaël Jones, Julien Clerc, Liane Foly, Zazie, Patrick Fiori, l’esprit des Enfoirés n’a pas disparu. Mais les absents, comme Garou et Pascal Obispo, se font malheureusement cruellement ressentir.

Pour combler ces vides, TF1 a convié sur scène des «petits nouveaux ». Et c’est La Bande à Fifi qui a eu les honneurs d’être hissée au titre d’Enfoirés. La troupe d’acteurs portée par Philippe Lacheau, à qui l’on doit les derniers succès du box-office commeAlibi.com etBabysitting, ont découvert avec surprise l’univers de ces concerts hors du commun. « C’est une expérience riche en émotions, nous confie Philippe Lacheau. Il se passe quelque chose d’assez magique. Cela va au-delà de tout ce qu’on nous avait raconté. Lorsqu’on entend la voix de Coluche au début du show, les spectateurs trépignent d’impatience, on a des frissons. Lors de l’hommage à Johnny Hallyday, j’avais les larmes aux yeux. On ressent un élan d’amour incroyable de la part du public. Nous sommes fiers car intégrer les Enfoirés, c’est une reconnaissance ».

AMIR ENCHANTÉ PAR LE SPECTACLE

Après un spectacle de plus de cinq heures – qui sera cependant raccourci en télé – la troupe fait ses adieux au public. Les artistes quittent la scène. Direction pour eux le catering, cette grande tente blanche érigée sur le parking du Zénith, où ils peuvent se restaurer. Pas le temps de se détendre, une deuxième représentation est programmée dans la soirée. Sous ce chapiteau, les grands noms de la chanson française côtoient les petits nouveaux.

Avant de grignoter, quelques participants se prêtent volontiers au jeu des interviews. Lorie, Bénabar, Liane Foly, Sébastien Chabal ou Amir confient avec plaisir leurs moments préférés. « J’aime le tableau Comme ils disent , c’est rempli d’émotions», nous glisse Amir. Un sentiment partagé par Patrick Fiori : «J’ai une tendresse très forte pour ce titre. C’est un monument de la chanson française. Tout le spectacle est très beau mais ce moment est particulier. »

Amir, dont c’est la deuxième année dans la troupe, est très fier du show présenté au public. « Il y a de très beaux tableaux, nous avons un spectacle qui me remplit de bonheur. Il y a eu un bon choix des titres. ». Et de rajouter : « Je ressens encore plus les émotions car l’an dernier, c’était ma première, donc j’étais un peu plus concentré. J’avais certaines appréhensions. Là, je peux vraiment ressentir le plaisir». Mais ce n’est pas uniquement sur scène que la magie des Enfoirés opère.

Côté coulisses, l’ambiance entre les célébrités est aussi au beau fixe. « Cette année, j’ai fait une découverte humaine extraordinaire,c’est Mimie Mathy. Elle n’était malheureusement pas là l’an dernier et c’est un véritable coup de foudre amical entre nous autant sur scène qu’en coulisses. Je suis persuadé que nous allons garder contact après le spectacle. C’est une personne extraordinaire. » Que dire, un ange gardien !

L’hymne signé Soprano

 « Écrire l’hymne de l’année est un honneur. Lorsque les Restos me l’ont demandé, je me suis dit que si la médiatisation dont je jouis en ce moment pouvait servir la cause, alors je le ferais avec plaisir. J’étais en pleine tournée, donc c’était un peu compliqué, mais je pensais que c’était important de trouver le temps pour le faire », explique Soprano. « Je l’ai écrit en une journée. C’était un vrai défi car il fallait un morceau où tous les artistes soient à l’aise pour le chanter. Il fallait un titre avec un refrain assez simple pour que chacun puisse facilement le fredonner lors du concert. Et il fallait aussi que le titre comporte un message fort. C’était important pour moi de mélanger tous ces ingrédients car je ne voulais pas faire un morceau de Soprano mais bien un titre des Enfoirés »

3 QUESTIONS à


Patrick BRUEL
Toujours fidèle au poste

Le renouvellement est très intéressant

 Il y a certaines figures emblématiques qui sont absentes, comme Maxime Leforestier ou Pascal Obispo…

Mais c’est aussi une question d’agenda. Certains artistes jouent au théâtre. Il y a suffisamment d’artistes pour faire un beau spectacle. Ce renouvellement générationnel est très intéressant et c’est la logique même des Restos du Cœur. Nous sommes très heureux de l’arrivée de La Bande à Fifi. Ils apportent un élan de fraîcheur. Je ne me sens pas seul en tout cas, même si j’ai toujours tendance à jeter un coup d’œil sur ma droite pour lancer un mot à Jean-Jacques comme nous le faisions habituellement dans le vestiaire. Mais il a insufflé un formidable esprit dans la troupe et malgré son absence, l’esprit est toujours là.

Vous prenez part à plusieurs hommages à Johnny Hallyday et son image est également projetée en début de spectacle…

C’est extrêmement difficile pour certains, et notamment pour moi, de voir son image et puis me retourner. C’est une vraie leçon de ce que l’art et la musique peuvent être, c’est « the show must go on ». Nous sommes là dans une certaine euphorie, on voit cette photo et, après, il faut repartir. Mais c’est comme ça, c’est la vie, Johnny l’aurait souhaité. Nous avons aussi choisi de chanter pendant les intermèdes entre les tableaux des titres de Johnny ou de France Gall.

Regardez-vous la diffusion en télé ?

Oui, bien sûr. Nous essayons en général de nous faire une soirée tous ensemble. Mais maintenant que j’habite la moitié de l’année à Los Angeles, c’est un peu plus compliqué pour moi !

Sophie LAGESSE

 Extraits de l' union du 04/03/2018

  

    

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Le fondateur du prix Nobel était fabricant d’armes

Albert EINSTEIN

Un siècle de relativité générale

La théorie de la relativité générale d'Albert Einstein qui a bouleversé notre compréhension de l'Univers célèbre son centenaire cette année sans prendre une ride.


Le document sur la théorie de la relativité a été publié en mars 1916 dans la revue Annalen der Physik.

« Einstein a changé notre perception des choses les plus fondamentales que sont l'espace et le temps, ouvrant nos yeux sur le cosmos et certains de ses objets les plus intéressants comme les trous noirs », explique David Kaiser, professeur de physique et d'histoire de la science au Massachusetts Institute of Technology. Le célèbre physicien qui a passé les dernières années de sa vie à l'Université de Princeton, dans l'est des États-Unis, avait présenté sa théorie le 25 novembre 1915 devant l'Académie prussienne des sciences.

La relativité générale, l'une des théories scientifiques les plus révolutionnaires de l'histoire, a représenté un immense saut par rapport à la loi universelle de la gravitation d'Isaac Newton en 1687 en montrant que « l'espace et le temps ne sont pas > immuables mais des phénomènes dynamiques soumis à une évolution comme les 'autres processus de l'univers », relève Michael Turner, professeur de physique et de cosmologie à l'Université de Chicago. Einstein avait avancé la théorie de la relativité restreinte dès 1905, décrivait alors la distorsion du temps et de l'espace par un objet avançant à une vitesse proche de celle de la lumière, qui, elle, est immuable. II avait aussi produit sa célèbre équation E=mc2 qui remettait en cause les hypothèses d'alors, selon lesquelles l'énergie et la masse étaient distinctes. Il avait démontré qu'il s'agit de la même chose sous des formes différentes.

Dix ans plus tard, la relativité générale offre une vision plus large en expliquant que la gravité est une courbure dans la fabrique du temps et de l'espace en présence d'une masse.

La relativité générale explique que la gravité est une courbure dans la fabrique du temps et de l’espace en présence d'une masse

 Ainsi le temps s'écoule plus lentement à proximité d'un champ gravitationnel puissant comme celui d'une planète, que dans le vide de l'espace. Ce corollaire a été vérifié en comparant deux horloges atomiques, dont l'une était sur la Terre et l'autre dans un avion à haute altitude où elle a accusé un léger retard. Le GPS est une application de ce phénomène. Les satellites ont des horloges extrêmement précises ajustées pour prendre en compte ce décalage de temps, sinon le GPS ne pourrait fonctionner.

Selon la théorie de la relativité générale, la lumière est aussi courbée par des champs gravitationnels puissants. Einstein a aussi prédit que des étoiles en fin de vie ayant épuisé leur combustible nucléaire s'effondrent sous leur propre gravité.

Leur enveloppe externe explose dans une supernova tandis que leur cœur forme un objet très dense appelé « étoile à neutrons » ou « pulsar» qui tourne très rapidement sur lui-même. Elles peuvent aussi se transformer en trou noir, dont le gigantesque champ gravitationnel courbe tellement l'espace que la lumière ne peut s'en échapper.

Extraits de l' union du 23/10/2015

10 faits sur Albert Einstein, ce génie qui a révolutionné la science

SA DIFFORMITÉ CRÂNIENNE

A sa naissance, le 14 mars 1879, le futur prix Nobel souffrait d’une étrange difformité : l’arrière de sa tête était si volumineux que sa famille s’inquiéta de son état de santé. Mais en quelques semaines, la forme de son crâne devint de plus en plus normale.

SES DIFFICULTÉS D’ÉLOCUTION

Durant ses premières années, Albert Einstein souffre de difficultés à s’exprimer, peut-être dues à la dyslexie dont souffrait l’enfant.

SA SCOLARITÉ LOIN D’ÊTRE MÉDIOCRE

Contrairement à ce qu’on a souvent pu entendre sur Albert Einstein, il n’était pas mauvais élève durant sa jeunesse. Mais son rapport à l’autorité professorale, que le garçon refusait, lui valut la réputation d’un étudiant médiocre et étourdi. En réalité, il étudia la physique à l’université dès l’âge de 11 ans, fut un expert du calcul à 15 ans et reçut d’excellentes notes en latin et en grec.

SA FILLE CACHÉE

Avant son mariage avec sa première femme, Mileva Maric, celle-ci donna secrètement naissance, chez ses parents, en Serbie, à une petite fille. L’enfant fut nommée Lieserl mais on ignore toujours à ce jour ce qu’il est advenu d’elle. Einstein n’aurait d’ailleurs jamais vu sa fille.

SA RELATION MARITALE

Einstein avait une relation particulière avec sa première femme, Mileva. Il lui imposa ainsi un certain nombre de règles, telles que de se taire lorsqu’il le lui ordonnait ou encore de lui servir ses 3 repas quotidiens dans sa chambre, qui devait également être rangée par son épouse.

SA LIAISON AVEC SA COUSINE 

Outre ses nombreuses relations extraconjugales, Einstein aurait surtout entretenu une liaison avec sa cousine, Elsa Einstein, et ce, alors qu’il était encore marié à sa première femme. En 1919, il se maria finalement avec sa cousine.

SON REFUS DES NORMES VESTIMENTAIRES

Célèbre pour son apparence négligée, notamment constituée d’une coiffure en bataille, Einstein avait surtout une aversion particulière pour les chaussettes. Refusant d’en porter, il sortait sans.

SON ENGAGEMENT CONTRE LE RACISME

Einstein était particulièrement engagé dans la lutte contre le racisme. Il était ainsi membre de l’Association nationale pour l’avancement des personnes de couleur (NAACP en anglais) et correspondait, avant même sa venue aux USA, avec W.E.B Dubois, le fondateur de l’association. En 1946, lors d’un discours à l’université Lincoln, il qualifia même le racisme de « maladie ».

SA MORT PRÉMATURÉE

Einstein aurait pu vivre davantage. Après avoir été victime d’une rupture d’anévrisme, les médecins lui suggérèrent une opération chirurgicale afin de lui sauver la vie. Le savant refusa, affirmant qu’il était « de mauvais goût de prolonger la vie artificiellement ».

SA VOLONTÉ DE NE PAS ÊTRE IDOLÂTRÉ 

Einstein vivait mal la fascination dont il faisait l’objet. Exemple de ce malaise, il avait spécifié vouloir que son corps entier soit brûlé à sa mort. Le scientifique voulait surtout éviter que ses restes fassent l’objet d’une idolâtrie morbide. Finalement, le médecin légiste qui autopsia Einstein vola son cerveau avant qu’il ne soit restitué, plusieurs années plus tard.

Ces 10 faits surprenants sur Albert Einstein nous apprennent un peu plus l’homme qu’il était, au-delà de l’éminent scientifique. Pour certains, ces révélations sont presque choquantes.

https://dailygeekshow.com/einstein-10-faits-etonnants/9/

Extraits de So Curious

  

    

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Les Sœurs ÉTIENNE

Bientôt immortelles

Les trois sœurs encore en vie des Sœurs Étienne, duo de chanteuses d’après guerre, ont appris avec beaucoup de surprise que la ville de Reims souhaitait rendre hommage à leur famille.


La fratrie réunie lors d’un anniversaire. L’une des dernières photos des six enfants.

Catherine Étienne est la plus jeune de la fratrie, la seule des six enfants à n’être finalement pas née à Reims.

Elle a aujourd’hui 71 ans, vit en région parisienne, et l’admet, avec un léger regret dans la voix, « depuis quelque temps déjà, Les Sœurs Étienne sont tombées un peu dans l’oubli. Avant, il arrivait très régulièrement que l’on me demande si j’étais parente avec elles. Maintenant, ça n’arrive quasiment plus. »

Alors lorsque sa sœur Dany, 83printemps, lui dit que la Ville de Reims souhaite baptiser une rue en hommage à Louise et Odette : « C’était, je l’avoue inattendu. J’ai été très heureuse ! »

C’est un vrai grand honneur que nous fait la Ville de Reims Catherine Étienne

Fin août, en effet, les élus du conseil municipal de Reims ont décidé de dénommer la voie nouvelle située entre la rue des Docks rémois et la rue Édouard-Mignot, dans le quartier Clairmarais : rue des Sœurs-Étienne.

Nous nous en étions fait l’écho dans ces colonnes. « C’est votre article paru dans L’union qui nous a ainsi avertis »,précise Catherine.

De cette grande fratrie, ils ne sont plus que trois : « Claudie, Dany et moi, donc », précise la septuagénaire . « Pour nous trois, ainsi que pour les deux filles de Louise, Sophie et Valentine – qui sont également très heureuses –, c’est un vrai grand honneur que nous fait la Ville de Reims. Cela va contribuer à rendre les Sœurs Étienne immortelles. »

UNE FAMILLE QUI A GRANDI RUE DE NEUFCHÂTEL

De Reims, Catherine Étienne garde de nombreux souvenirs de vacances, « le champagne et le biscuit rose » . Mon frère et mes sœurs sont nés et ont grandi dans une maison de la rue de Neufchâtel, dans ce quartier appelé à l’époque « Faubourg de Laon ».

« Notre grand-père était une figure de Reims, rappelle Catherine Étienne. Gaston Étienne possédait une société de taxis, un cinéma et un music-hall en plein air : le Modern Parc où mes sœurs ont ainsi débuté. »

Les Sœurs Étienne ont enregistré au total une centaine de 78 tours, en moins d’une décennie. Catherine Étienne espère être présente, à Reims, dans quelques mois, lors de l’inauguration de cette nouvelle rue.

Louise et Odette, une carrière lancée dans les années 40



Louise et Odette, au temps du succès.

C’est à Reims, qu’elles poussent la première fois la chansonnette, dans le dancing familial, appartenant à leur grand-père Gaston, le Modern Parc. En 1943, la famille Étienne déménage à Paris. Les deux sœurs Louise (1925 – 2016) et Odette (1928 – 2013) y rencontrent Louis Gasté et Bruno Coquatrix, producteurs de music-hall. De 1947 à 1955, les deux sœurs connaissent un énorme succès avec la chanson « C’est si bon » et en adaptant des grands succès du jazz américain. Elles enregistrent plusieurs disques comme chanteuses de l’orchestre de Louis Gasté, se produisent dans les cabarets parisiens de la rive droite. Le duo fait également partie des vedettes qui accompagnent chaque été la caravane musicale du Tour de France. En plein succès, les Sœurs Étienne décident, en 1955, de se retirer de la scène pour se consacrer à leur vie familiale.

Aurélie BEAUSSART

Extraits de l'union du 02/11/2018

  

    

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Frédéric FRANÇOIS : condamné au repos

Claude FRANÇOIS -  Le Cloclo que j'ai connu
Ils seront à Dannemois pour les 40 ans de Cloclo

Léo FERRE - l'homme aux idées noires

Jean-Pierre FOUCAULT - célèbre la DS

Marie Fugain - J’ai hâte de voir le public de pro

Michel FUGAIN – « Comme un peintre, j’ai eu mes périodes »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Frédéric FRANÇOIS

Condamné au repos

Victime d'une bactérie qui le fatigue, le chanteur de 67 ans doit se reposer. Il a reporté au printemps tous ses concerts, dont celui de Châlons-en-Champagne. Mais rien d'alarmant.


Cette fin d’année, Frédéric François va la consacrer à « s’occuper de lui » et à évacuer une certaine tristesse, qui l’empêche aujourd’hui d’être à 100% sue scène

A SAVOIR

*.- EN MARS À CHÂLONS Frédéric François devait se produire au Capitole de Châlons-en-Champagne dimanche 19 novembre dernier.

Ce concert a été annulé et reporté au samedi 3 mars 2018, à 16 heures.

Les personnes en possession de billets numérotés peuvent les conserver pour le mois de mars, ou se faire rembourser dans les points de vente où ils ont acheté leur billet. Infos au 03 26 65 50 00.

Il souffre d'une grande fatigue, apprenait-on la semaine dernière. Depuis, Frédéric François a passé toute batterie de tests. Pour connaître l'origine du mal qui le ronge depuis plusieurs jours, au point de transformer sa voix Aujourd'hui, la star italo-belge est rassurée sur son état de santé: rien de grave, C'est un germe, la chlamydia pneumoniae, qui a causé son épuisement. « Il n'a pas de traitement médicamenteux à suivre, mais devra être au repos total pendant deux mois Il, nous révèle son entourage ...Très rarement, il a manqué un rendez-vous avec son public. Hormis lors d'un burn out qui l'avait frappé en 2008, Frédéric François a toujours tenu ses engagements scéniques. C'est donc à contrecœur et motivé par un état de santé préoccupant qu'il annonçait, la semaine dernière, le report de ses dernières dates de concert en France, notamment à Châlons et en Belgique. »

Pendant plusieurs jours, le chanteur italo-belge a souffert d'un gros coup de fatigue, aujourd'hui il va mieux. « Il a passé tous les examens de santé possibles et imaginables et ça va bien. Les médecins lui ont même dit qu'il avait le cœur d'un jeune homme de 20, ans ! » Désormais au repos, c'est par la voix de son attaché de presse que «Fredo» nous donne en exclusivité de ses nouvelles. « Il est rassuré car on a découvert qui cause cet épuisement physique. Il s'agit d'une chlamydia pneumoniae, un genne à l'origine d'infections respiratoires traînantes, et récidivantes. Une bactérie qui vient s'immiscer dans l'organisme, après parfois une bronchite, qui va et qui vient et se développe dans certains cas. C'est probablement né chez lui il y a un an. »

L'année qui vient de s'écouler a été très riche en émotions pour Frédéric François. Il a parcouru les routes, s'est donné à son public et s'est fatigué. « Son année a été chargée et heureuse, mais il s'est dépassé.  Il l'a senti surtout lors de son dernier concert à Lille. Il a forcé. Et était totalement épuisé. » Le chanteur de 61 ans a donc préféré prendre du temps pour lui. Il a bien fait. C'est ce que viennent de lui conseiller les spécialistes. « Il ne doit pas suivre de traitement médicamenteux. C'est du repos total qu'il lui faut. »

« SA VOIX VA MIEUX »

Durant les deux prochains mois, «Fredo» devrait donc ralentir complètement le rythme et souffler chez lui, auprès des siens. Ce ne sera pas une mince affaire tant le chanteur et compositeur fourmille d'idées pour son prochain album, attendu pour la Saint-Valentin. Le planning n'a pas changé et le contenu de l'album se dessine. « Comme il le dit lui-même, couché, son esprit élabore plein de choses s sourit son entourage proche. Signe que Frédéric François est « psychologiquement rassuré » après cette batterie de tests, «sa voix va beaucoup mieux Il. La semaine dernière encore, il confiait qu'elle était modifiée par la fatigue et ressemblait à celle du « Parrain JO. Son attaché de presse ne s'en cache pas : Fredo a craint que son état de santé ne lui impose une longue pause dans sa carrière, voire la fin. « Ce n'est pas ça qui fera que sa carrière devra s'arrêter! »

IL VIENT DE PERDE UN AMI

Le prochain rendez-vous avec le public ést donc fixé aux alentours du 14 février. Il publiera alors un album regroupant des' chansons inédites et « ses grands moments d'émotion D, ses titres qui ont fait vibrer le public et ceux aussi que ses fans chantent en chœur. Parmi ces morceaux d'émotion, il y aura peut-être l'un de ses derniers titres, « À tous ceux qu'on aime » (disque d'or en France et dont le clip a été visionné plus de 2 millions de fois). Une chanson que lui avait écrite Jean-Michel Bériat, devenu un proche de Frédéric François au fil des ans. Cette semaine, Jean-Michel Bériat (auteur notamment du célèbre « Eve lève-toi ») est décédé des suites d'un cancer. Cette chanson, il l'avait offerte à son ami Fredo, comme « un testament. »

Charlotte VANBEVER

 Extraits de l' union du 03/12/2017

  

    

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Claude FRANÇOIS

Le Cloclo que j'ai connu

 Drôle de nom pour une parolière. Mais quel talent ! Vline Buggy qui a habillé de mots les grands noms de la variété se remémore ses années avec Claude François


A 88 ans, Vline BUGGY n’a reien oublié des années passées auprès de Claude François

Qu’est-ce qui vous a poussé â écrire cet ouvrage ? Je J'ai fait parce que je sentais qu'il était urgent pour- moi de témoigner. J'aurai 89 ans en mai prochain. Avant qu'il ne soit trop tard, je voulais raconter mon histoire avec Claude François. J'ai eu la chance de le rencontrer, en 1962, et de lui écrire son premier tube, "Belles ! Belles! Belles ! J'ai été témoin de son ascension à laquelle j'ai contribué à ma manière. Donc je suis très bien placée pour parler de Claude !

Est-ce aussi une façon de rétablir certaines vérités ?

Vous savez, il y a trop de gens qui prétendent avoir connu Claude François et qui sont plus ou moins des imposteurs. Je veux lutter contre ça. Il y a notamment ce type, que je ne supporte pas, qui prétend avoir connu Claude et tout savoir sur lui. C'est faux. On ne peut pas le laisser dire « La chanson française; c'est moi ! •. Ce n'est pas possible. Parce qu'il parle aussi des autres chanteurs. Au moment de la mort de France Gall, il était à la télévision : « France m'a dit ceci, elle m'a dit cela ». France n'a jamais fréquenté un type comme ça ! Nous sommes très nombreux à avoir la même impression. Nous allons essayer de voir s'il n'y a pas moyen de le faire taire. Ce monsieur ne représente pas la chanson française !

Dans votre livre, vous parlez de votre longue collaboration avec Claude François et vous racontez beaucoup d'anecdotes. On nous le dépeint souvent comme un « monstre » et vous le rendez plus humain…

Quand il a sonné à ma porte, le 14 octobre 1962, j'ai vu arriver un petit blond avec un pull-over rouge. Il était très malheureux, Je venais de perdre ma petite sœur, il avait perdu son père. Sa femme Janet l'avait quitté, et moi je m'étais séparée de mon mari, le musicien Christian Chevallier. Ces douleurs nous ont rapprochés. J'avais un nouveau compagnon et j'élevais mon fils. Claude a trouvé chez nous une seconde famille. D'ailleurs, tout le monde l'adorait autour de moi. Dans la journée, je travaillais dans un magasin de meubles. Il venait le soir, il dînait à la maison et on écrivait jusqu'à très tard, Claude était un grand bosseur.

Vous sentiez déjà sa motivation ?

 Il en voulait, comme on dit. Il avait une sorte de revanche à prendre. Il a mis toutes les chances de son côté. Claude était petit, il avait une très belle peau, mais il voulait devenir beau. Il était très soucieux de son physique. Alors il s'est fait refaire le nez plusieurs fois, il s'est fait éclaircir les cheveux, Pour se démarquer de Johnny Hallyday, il a voulu porter des costumes élégants. Je l'ai emmené chez le tailleur Camps de Lucca.

Comment avez-vous fait pour supporter son caractère impossible ?

Les gens sont souvent étonnés que je dise du bien de Claude mais il ne m’a jamais fait de mal, au contraire ! Il avait dix ans de moins que moi, il était un frère de cœur. Je sais que tout le monde le craignait. Mais comme je ne faisais pas partie de son équipe, je pouvais me permettre de lui dire ce que je pensais. Un jour, je lui ai dit que je l'avais trouvé très mauvais sur scène, à Grasse : « Écoute, Claude, tout le monde tremble devant tes notes de service et n'ose rien te dire. Moi je n'ai rien à perdre, tu es presque mon frère. Malgré tes tubes et tes costumes qui brillent, pendant une heure et demie, j'ai vu Claude François de dos qui engueulait son personnel en chantant. C'était insupportable ! Et puis, tes Fléchettes, elles sont habillées comme des putes, et tes Clodettes, on ne les voit plus parce qu'elles sont tout le temps à poil ! Moi, je vais te donner une idée ou deux. C'est comme ça que je lui ai dessiné ces jolis shorts et chemises en satin colorés que les Clodettes ont porté dans les derniers temps.

Quel était le problème de Claude ?

II en faisait trop. À la fin, i! devenait fou. Il faisait des affaires, il avait ses productions. il avait monté une agence de mannequins, lancé ses magazines, un parfum. Un jour, je lui ai dit : « Au lieu de t'occuper des autres, tu devrais surtout t'occuper d'un artiste: toi ! » Claude avait aussi un problème avec sa mère Chauffa parce qu'elle jouait beaucoup au casino. Ça le rendait fou. Un jour, il est arrivé chez moi et il m'a dit: « Buggy, jamais je ne m'en sortirai! » Il pleurait sur le piano. Claude adorait sa mère, elle cuisinait de bons plats italiens et elle gérait les réceptions au Moulin. Mais elle faisait n'importe quoi avec le jeu, à tel point que nous l'avions fait interdire de casino. Aimé, le père de Claude, disait : « Ma femme me trompe avec le roi de cœur ! » À sa mort, elle a joué l'appartement et elle l'a perdu !

Que vous Inspire toute cette polémique autour de la fille cachée de Claude ?

J'étais au courant. Slim Pezin, son ancien guitariste, connaissait la sœur de sa maman. Il m'avait raconté que Claude avait fréquenté une adolescente et qu'il avait une fille. À ce moment-là, je n'y avait pas trop prêté attention. Ça m'est revenu lorsqu'on en a parlé dans les médias. Vous savez, Claude faisait parfois n'importe quoi. Surtout à la fin de sa vie. Personnellement, je ne me suis jamais intéressée à tout ça. J'étais heureuse avec mon second mari et j'étais mère de famille. Donc tout ça me passait au-dessus. Il pouvait faire ce qu'il voulait : je ne voyais et n'entendais rien ! Ceci dit, un jour, je l'ai mis en garde : « Claude, tout marche bien, on est sur le bon chemin pour toi. Tu vas nous attirer des ennuis avec ça ! » Il m'avait répondu : « Tu as peut-être raison, Buggy ! ». Tout le monde sait qu'il aimait les jeunes filles et qu'elles l'adoraient. Que voulez-vous ? Elles avaient 14-15 ans, elles attendaient devant son immeuble et rnêmesur son palier. Claude avait besoin de ses fans. Elles le rassuraient !  

J.M POTIEZ

 Extraits de l' union du 11/03/2018

  

    

  

Ils seront à Dannemois pour les 40 ans de Cloclo

Ce couple des Ardennes se rend aujourd’hui à la messe célébrée dans le village de l’artiste décédé en 1978.


Avec son épouse Sylvette, l’Ardennais Alain Carneiro présente le disque enregistré la veille de la mort de Claude François. Hervé Oudin

LES FAITS

*.- NÉ LE 1 ER FÉVRIER 1939 en Égypte, Claude François est mort il y a 40 ans le 11 mars 1978 après une électrocution dans sa baignoire.

*.- SES DISQUES se vendent toujours bien, la barre des 60 millions serait dépassée. Il est considéré comme le cinquième plus gros vendeur de disques en France.

*.- CLAUDE FRANÇOIS s’est produit plusieurs fois dans la région où il avait et a toujours de nombreux admirateurs. Quelques-uns d’entre eux racontent leurs souvenirs et leur passion pour lui.

C e jour-là, j’ai eu deux nouvelles, une bonne et une mauvaise. C’était le 11 mars 1978. Ma femme allait sortir de l’hôpital et Claude François venait de mourir. » Alain Carneiro prononce ces mots avec sourire et détachement. « Je ne suis pas un fan comme on peut l’entendre, juste un admirateur. Je n’ai pas acheté tous ses disques, je ne suis pas allé à beaucoup de ses concerts, en tout cas pas en dehors de la région. Le premier, c’était dans les années 70, à L’Empire à Reims », se souvient ce natif d’Avaux, dans les Ardennes, à deux pas de la Marne et autant de l’Aisne.

Je ne suis pas un fan mais un admirateur. Ça a peut-être le même sens, mais je préfère admirateur
Alain Carneiro

Cette étiquette de fan lui fait un peu peur. Et pourtant, Alain Carneiro a dû prendre la route ce matin vers 7heures, avec son épouse Sylvette, l’une de ses deux filles et une quatrième personne de la famille, direction Dannemois, à une soixantaine de kilomètres au sud de Paris, dans l’Essonne. Un petit village rendu célèbre par la légendaire propriété que Claude François y avait achetée, « Le Moulin». « La messe débute à 10 heures. Elle est suivie d’un dépôt de gerbe au cimetière. J’espère pouvoir rencontrer des gens, peut-être des stars, pour parler de Claude François. »

DÉJÀ À DANNEMOIS IL Y A DIX ANS

« J’étais déjà venu pour les 30 ans de sa mort. Il n’y avait pas beaucoup de monde j’avais pu échanger quelques secondes avec MC Solaar qui ne cherchait pas à se montrer mais qui était arrivé en Bentley je crois bien, ainsi qu’avec Sylvie Mathurin, cette fois pendant une demi-heure. Elle était la dernière habilleuse de Claude François. Elle racontait qu’elle aimait Cloclo, bien sûr, mais qu’il était un personnage qui pouvait être aussi charmant qu’exécrable. Cette année-là, nous avions eu le droit d’entrer dans la propriété car la guide du Moulin était de Saint-Quentin, presqu’une voisine. »

Des photos prises par Sylvette en attestent : on voit son mari au bord de la piscine, se promenant dans le jardin, devant la statue de l’idole… Avec le nouveau pèlerinage de ce dimanche 11 mars, c’est la troisième fois qu’Alain Carneiro se rend à Dannemois. « Malheureusement, nous n’avons pas pu réserver de places pour le spectacle de l’après-midi (ndr : avec un sosie) au Moulin, tout était déjà plein quand j’ai appelé. »

Ma chanson préférée ? Magnolias for ever. D’ailleurs, j’en ai planté un dans mon jardin
Alain Carneiro

Même s’il y a plus fan de Cloclo que lui à Avaux, « en la personne de mon cousin germain », Alain Carneiro n’est pas inconnu dans son secteur. Retraité de presque 68 ans de l’industrie agro-alimentaire (il a débuté à la sucrerie de Saint-Germaimont), cofondateur avec son père de La Boule amicale d’Avaux en 1977, cartophile concentré sur son village et correspondant de L’Union-l’Ardennais pour lesquels il œuvre sur dix-neuf communes, Alain Carneiro a vite été séduit par celui qui, au tout début des années 60, se faisait appeler « Kôkô ».

« J’aimais ses prestations rythmiques et chorégraphiques, sa prestance, son dynamisme et son élégance sur scène. Toujours tiré à quatre épingles, quelqu’un d’exigeant, perfectionniste. Son premier grand succès, « Belles ! Belles ! Belles ! a été le déclencheur de mon admiration. Bien sûr que je l’ai toujours ce disque-là. » Voilà ce que cet Avalois préfère retenir du phénomène Cloclo, le chanteur adulé bien plus que l’homme excessif et sa vie tumultueuse.

D’autant qu’Alain Carneiro adore danser et que les chansons de Claude François sont faites pour ça.

« ADIEU CLOCLO » POUR SES OBSÈQUES

Pas vraiment fan, soit… Mais accro, sûrement ! Notre Ardennais a planté un magnolia dans son jardin en hommage à sa chanson préférée, a toujours dans son armoire, -mais pas sur lui-, une chemise à jabot comme en portait le prince du yé-yé, a ramené il y a dix ans une pierre d’à côté de la propriété du Moulin. Il a même prévenu sa famille de son choix musical pour le jour de ses obsèques. Ce sera la chanson «Adieu Cloclo » interprétée par ses fans, l’un des nombreux vinyles qu’il possède, comme ce plutôt rare «Bordeaux rosé », le titre du « dernier 45 tours qu’il a enregistré, en Suisse, le 10 mars 1978, la veille de sa mort. Je ne comprends pas qu’on n’en parle jamais », s’étonne-t-il.

Sur la table du salon, il a rassemblé, pour l’occasion, quelques pièces de sa collection, tel ce centreur de disque à l’effigie de son idole, des livres, des disques d’époque, comme « Petite mèche de cheveux». « Dire que j’ai prêté à quelqu’un le premier disque sorti sous son label Flèche, je ne sais plus à qui et il ne me l’a pas rendu. » Si cette personne se reconnaît, qu’elle sache que rien ne ferait plus plaisir à Alain Carneiro de retrouver ce collector…

Cloclo   torse nu devant moi   à Reims

 

 « BIEN QUE JE N’AVAIS QUE 6 ANS À L’ÉPOQUE, J’AI AIMÉ CLOCLO DEPUIS SES DÉBUTS (1962) ET LES ANNÉES QUI ONT SUIVI, JE SUIS DEVENUE UNE GRANDE FAN, RACONTE RÉGINE LABAU DE CORMONTREUIL. JE L’AI VU EN CONCERT À REIMS EN OCTOBRE 1971 À L’EMPIRE PLACE D’ERLON (DEVENU GAUMONT) ET EN MARS 1971 À CHÂLONS-SUR-MARNE (DEVENU CHÂLONS-EN-CHAMPAGNE). CLAUDE ÉTAIT UN PERFECTIONNISTE ET EN AVANCE SUR SON TEMPS PAR RAPPORT AUX AUTRES ARTISTES CAR IL ALLAIT PUISER SES SOURCES AUX ÉTATS-UNIS. » LA MARNAISE DE 61 ANS SE SOUVIENT NOTAMMENT D’UNE ANECDOTE PARTICULIÈRE AVEC LE CHANTEUR : « CLAUDE AVAIT POUR HABITUDE EN FIN DE CONCERT DE SE JETER DANS LA FOULE. C’EST COMME CELA QU’À REIMS, JE L’AI RETROUVÉ DEVANT MOI, TORSE NU ET J’ÉTAIS BLOQUÉE. J’AVAIS DEVANT MOI MON IDOLE MAIS LES MOTS NE SORTAIENT PAS. C’EST LUI QUI EST VENU VERS MOI ET QUI M’A PRIS LA MAIN QUELQUES SECONDES AVEC UN GRAND SOURIRE… J’AI EU L’AIR BÊTE MAIS TRÈS HEUREUSE CE JOUR-LÀ. À CHÂLONS C’ÉTAIT UN AUTRE HOMME, EN COLÈRE À LA SUITE D’UN INCIDENT AVEC UN DE SES MUSICIENS, ET LÀ JE N’AI PAS PU LE RENCONTRER CAR IL ÉTAIT DANS UNE CARAVANE EN TRAIN DE PIQUER UNE COLÈRE. »

« CE SONT DE TRÈS BONS SOUVENIRS DE SPECTACLES, IL ÉTAIT VRAIMENT À LA PERFECTION ET MALGRÉ TOUT CE QUI SE DIT EN CE MOMENT À SON SUJET, CLAUDE RESTERA POUR MOI UN GRAND HOMME », CONCLUT LA RETRAITÉE QUI VA RÉGULIÈREMENT AU MOULIN ET SUR SA TOMBE.

Laura, fan de 26 ans : Il est inégalable


Laura s’est déjà rendue à deux reprises au Moulin de Dannemois.

Elle a le prénom d’une chanson de Johnny, mais c’est bien de Claude François dont Laura Pardonche est fan. Cette jeune habitante de Charleville-Mézières de 26 ans ne jure que par Clo-Clo, dont elle a découvert l’histoire en regardant à la télévision le biopic consacré à l’artiste. C’était en 2012. Depuis, Laura écoute les chansons de Claude François tous les jours dans sa voiture, en faisant la route jusqu’à Sedan pour se rendre à son travail. « Avant, je connaissais quelques morceaux, comme tout le monde, mais désormais sa musique fait partie de ma vie. Si quelqu’un monte dans ma voiture, il n’a pas le choix, il devra écouter Claude François », s’amuse la jeune femme. Elle connaît tout de l’idole disparue en 1978, son répertoire, ses frasques, ses drames et ses bonheurs. « Il est mort jeune, mais il a réussi à ne pas être oublié. C’est fou de voir autant de gens qui l’aiment 40 ans après sa disparition », s’émerveille-t-elle.

Ces dernières années, Laura s’est rendue à deux reprises au moulin de Dannemois, dans l’Essonne, résidence secondaire du chanteur. «C’est apaisant. Je me sens bien là-bas. Je suis également allée me recueillir sur sa tombe », avoue notre fan ardennaise. Pour enrichir sa panoplie, elle a récupéré deux 33-tours, qui appartenaient à sa mère. Sans oublier plusieurs livres et produits dérivés. « Je ne suis pas une collectionneuse acharnée » , concède-t-elle. Elle garde néanmoins précieusement une photo dédicacée par Claude François himself, au sortir d’un concert. Une petite relique que Laura a héritée de sa belle-mère. Et comme tout fan qui se respecte, la jeune Carolomacérienne a ses chansons préférées, « Même si tu revenais », d’une part, et bien sûr, « Comme d’habitude. » Hasard savoureux, Laura est née un 27 août, et c’est précisément à cette date-là (en 1967) que ce standard incontournable a été écrit, au bord de la piscine, dans la propriété de Dannemois. « Un signe », sourit Laura. Qui n’a qu’un seul regret : ne pas avoir connu l’artiste de son vivant. Qu’importe, son admiration, elle, n’a jamais été aussi forte . « Il a fait chanter des millions de personnes, il a donné du rêve aux gens. Il avait un cœur énorme, malgré son caractère réputé difficile », lui rend-elle hommage. « Claude François est inégalable. »

Olivier DURAND

3 QUESTIONS à


Thierry FISCHEESSER
Allégra, Chalons

Incontournable   en discothèque

Claude François est-il toujours joué en discothèque aujourd’hui ?

Nous avons une salle années 80 où Claude François fait partie des incontournables. C’est minimum deux-trois de ses titres que l’on peut entendre dans cette salle. Si je prends également notre partie karaoké, c’est des titres qui sont repris régulièrement au niveau du chant. Dans une salle de musique actuelle, je ne sais s’il aurait sa place mais dans une salle des années 80 comme on a, c’est ce que l’on appelle les chansons phares que l’on ne peut pas rater et qui attirent sur une piste de danse et qui créent l’ambiance. Le phénomène autour de Claude François a toujours été constant.

Moi je suis dans la nuit depuis 35 ans et cela fait 35 ans que Claude François fait partie de toutes les nuits.

Quelles sont les chansons les plus demandées ?

Ce sont les plus connues : « Cette année-là », « Alexandrie, Alexandra» et « Magnolias for ever ». Ce sont les trois titres phares que l’on va entendre tous les soirs d’ouverture de cette salle où 50 % de la clientèle a plus de 40 ans. Mais on a aussi la clientèle de toutes les autres salles qui tournent et qui vont quand même danser dessus. Claude François n’est pas limitatif aux 40 ans. Leurs enfants les ont entendus quand leurs parents l’écoutaient. Pour eux, ce n’est pas une découverte.

Organiserez-vous une soirée particulière pour le 40 e anniversaire de sa mort ?

Même si ses titres sont joués régulièrement, je ne suis pas certain que le fait de faire un anniversaire fasse déplacer un public plus nombreux. C’est un peu la même chose que pour Michael Jackson . On l’entend tous les soirs, faire un hommage ne générerait pas plus de monde. Évidemment, le public qui aime bien aimerait entendre un peu plus de titres, mais celui qui n’aime pas préfère une diversité. On est obligé de jouer cette diversité.

Un spectacle dans les Ardennes

À Deville, commune d’un peu plus d’un millier d’habitants située dans les boucles de la Meuse, au nord des Ardennes, le chanteur a son fan-club, bien décidé à honorer sa mémoire ce 11 mars. Chris Cloclo, son sosie, et les Clodettes Manue, Amandine, Nana et Cindy préparent un spectacle hommage (réservations au 06 38 91 55 36). « J’écoute ses chansons sur les 33 tours de mes parents, depuis toujours, confie Chris Cloclo. Alors, pour l’anniversaire des 40 ans de sa mort, j’ai pensé qu’il fallait faire quelque chose. Voilà six mois, je me suis replongée dans les vieux cartons. Aujourd’hui, je suis particulièrement fière et heureuse de pouvoir l’incarner, car ses chansons parlent à beaucoup de monde. Comme c’est la toute première fois que j’organise cet événement, il m’a fallu visionner les vidéos, recruter les Clodettes, travailler le spectacle et créer les costumes. »

EN 1968 À SEDAN

L’histoire raconte que Claude François aurait gardé un souvenir marquant de son passage à la foire de Sedan en 1968 qui ne fut pourtant que l’un des 1 188 concerts qu’il a donnés au cours de ses 16 ans de carrière. Ce jour-là, il se serait pris une assiette de choucroute au visage… En tout cas, ça ne se voit pas sur ce cliché pris en 1968 à Sedan et retrouvé dans les archives de L’Union.

J-M FRANÇOIS

 Extraits de l' union du 11/03/2018

  

    

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o FERRE

L'homme aux idées noires


Il y a 100 ans naissait « un type à part, une graine d'ananar ». Léa Ferré a donné ses lettres de noblesse à la chanson française

Les grandes dates

•.- 24 aout 1916 : naissance à Monaco.

•.- 1952 : « Paris Canaille», premier succès enregistré par Catherine Sauvage.

•.- 1954 : engagé à l'Olympia comme ~ vedette américaine de Joséphine Baker.

•.- 1956 : publie «Poète ...vos papiers », premier recueil de poésie et manifeste créatif.

•.- Mai 1968 : acclamé lors d'un concert à la Mutualité par des jeunes manifestants qui brandissent des drapeaux rouges et noirs.

•.- 1970 : publie «Avec le temps », devenu un des grands classiques de la chanson française.

•.- 1992 : dernière apparition sur scène, invité par Bernard Lavilliers â la Fête de l'Humanité.

•.- 14 juillet 1993 : mort à Castellina-in-Chianti (Italie), à l'âge de 76 ans

.Épris de poésie. il initie toute une génération â Villon, Rimbaud, Verlaine et Aragon (photo prise en novembre 1970)

Poète, musicien, compositeur, chef d'orchestre, ce touche-à- tout de génie, toujours vêtu de noir, a créé des mélodies inoubliables pour mettre en musique des œuvres d'Aragon, Baudelaire, Rimbaud et ses propres poèmes comme La solitude, Avec le temps, L'île Saint-Louis, L'espoir.

Crinière blanche, yeux clignotants, le « ferrailleur du show-biz » n'avait « rien dans les poches, rien dans les mains, tout dans la tronche »,comme il aimait à le dire.

Léo Ferré est né le 24 août 1916 dans la principauté de Monaco. Son lieu de naissance lui a valu des regards suspicieux après 68, certains lui reprochant d'être un « anar en Rolls ». Un véhicule qu'il n'a jamais possédé, lui préférant le confort des Mercedes. Dès l'âge de 4 ans, il s'invente des musiques et dirige des orchestres imaginaires. À 8 ans, son père, très rigide, l'envoie dans un collège catholique sous l'Italie fasciste. Le garçon y subit des attouchements. De ce traumatisme d'enfance, naissent I ‘anti cléricalisme farouche et l'allergie à toute forme d'autorité de Ferré.

Élève de philosophie au lycée de Monaco, il étudie le droit à Paris avant de faire son service militaire pendant la « drôle de guerre ».

Peu invité à la télévision qui se méfie de ce provocateur

À la Libération, il fait ses débuts au Bœuf sur le toit et donne, peu de temps après, ses premiers concerts pour la Fédération anarchiste. Il hante les cabarets de Saint-Germain-des-Prés. C'est l'époque des grandes amitiés, celles de Gréco et Queneau. Dans une France corsetée, le « Vieux » est un guide pour une jeunesse avide de contestation. Ferré appelle à la désertion dans une chanson datant de 1961, critique la torture en Algérie dans Les temps sont difficiles. Il dénonce le régime franquiste qui sévit dans l'Espagne de 1964, tout en s'opposant radicalement à Fidel Castro. Dans ses textes sensuels et subversifs, il annonce aussi la révolution sexuelle à venir.

Mais Léa Ferré est un homme paradoxal, plus enragé qu'engagé, entretenant des rapports complexes avec l'argent ou les femmes. Ombrageux, il ne fait rien pour se rendre sympathique et ne saura jamais utiliser les médias. Critique précoce de la société de consommation, il est peu invité à la télévision qui se méfie de ce provocateur. Misanthrope, il se réfugie dans un château lotois et sur la minuscule île du Guesclin, au large de la Bretagne, pour écrire entouré d'animaux, dont la guenon Pépée.

Moins consensuel que Brel ou Brassens, il est un modèle pour des générations d'auteurs-compositeurs, de Souchon à Bertrand Cantat en passant, par Bernard Lavilliers.

Installé en Toscane avec sa troisième compagne et leurs trois enfants, Léo Ferré s'est éteint en 1993 à l'âge de 76 ans. Comme un ultime pied de nez, l'anar a tiré sa révérence … un 14 juillet.

 Extraits de l' union du 24/08/2016

  

     

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Jean-Pierre Foucault

célèbre la DS  

L'animateur, qui signe un livre sur la DS, a la nostalgie des grandes marques automobiles françaises. Il  possède plusieurs modèles qu'il bichonne.


 Jean-Pierre Foucault : « Qu’elles roulaient bien , les françaises ! » AFP

Renault, Peugeot, Citroën, hier la 2 CV, aujourd'hui la DS, Jean-Pierre Foucault a toujours cultivé la nostalgie des grandes marques automobiles françaises. Il n'a eu de cesse de les célébrer jusqu'au moindre détail, décennie par décennie, années 50, 60, 70. Cette fois, il s'attaque à un mythe: la DS, l'un des plus beaux succès de l'industrie automobile bleu blanc rouge, synonyme de croissance, de vitesse et d'innovation. La DS fut lancée en 1955 avec un design audacieux et des choix techniques futuristes. Foucault nous conte cette saga dans un très bel album qui ravira les fans. Aujourd'hui, DS s'est mué en marque, mais son histoire demeure, celle d'une voiture inimitable. À l'arrivée, on découvre un amoureux de belles cylindrées à l'ancienne, Qu'il ausculte et bichonne, les parant d'un certain charme.

« Avec des amis, on s’amuse à faire revivre des voitures qui nous rappelle notre jeunesse »
Jean-Pierre Foucault

•.- D'où est née cette passion de la voiture française chez vous ?

C'est très simple. Elle est née de la passion de mon propre père. Il possédait de très belles voitures quand j'étais jeune et j'ai commencé à faire "vroum vroum" sur ses genoux comme tous les gamins de mon âge. Aujourd'hui, je vis entre Paris et Marseille. C’est là, avec des amis aussi passionnés que moi, qu'on s’amuse à collectionner et faire revivre des voitures qui nous rappellent notre jeunesse. Elles n'ont pas beaucoup de valeur marchande mais elles nous plaisent énormément Nous nous occupons entre nous. Nous ne faisons pas partie d'un club ou d'une association automobile. C'est tout bonnement la passion qui nous habite. J'ouvre un grand hangar pour les stocker et, de temps en temps, on met la main sur un modèle, pour réveiller une belle endormie.

•.- Vous mettez le nez sous le capot ?

Un peu mais il faut savoir qu'en ce temps-là, c'était des mécaniques très simples. Actuellement, sans ordinateur de bord, on ne peut pas faire démarrer une voiture. Après guerre, les voitures populaires se limitaient à un schéma très simple : admission-compression-explosion-échappement et c'était réglé ! Mals je ne suis pas mécanicien ...

•.- Possédez-vous un ou plusieurs modèles qui vous tiennent particulièrement à cœur ?

Absolument j'ai une 2 CV que j'ai trouvée alors qu'elle n'avait que trois kilomètres au compteur. Elle n'était pas immatriculée parce que le monsieur qui l'avait commandée est mort avant de l'avoir reçue, le pauvre. Il fallait à l'époque huit mois d'attente pour prendre livraison d'une voiture neuve : Son épouse a alors pris la décision de ne pas y toucher. Elle a parcouru les trois kilomètres qui séparent la concession Citroën de son domicile, estimant que le véhicule appartenait bel et bien à son mari. Cette 2 CV est restée 40 ans sans rouler. Puis, les petits-enfants l'ont vendue et moi, j'ai récupéré une belle oubliée Qui avait 40 ans sur le papier et trois jours en réalité, trois jours à rouler près de Valence dans la Drôme. Elle est de 1957. Elle est équipée des portes "suicide" qui s'ouvrent vers l'avant, à l'envers: j'y tiens beaucoup, comme à ma Traction Citroën, la première de ma collection, qui m'a été offerte par mes amis pour mes 50 ans avec la plaque 50. En fait, j'ai réuni une dizaine de vieilles voitures, j'ai une 4 CV Renault, une Peugeot 403, une Panhard X 83 qui date de 1949, une 202 Peugeot. Elles ont une valeur affective. Je sors avec ces voitures et quand j'arrive ici et que l'une d'elles ne démarre pas, c'est déjà l'amorce d'un weekend réussi car cela signifie qu'il va falloir que je me penche sur le problème.

•.- Quel fut votre premier achat automobile ?

Mon premier achat fut une R 8.Renault que j'ai achetée sur les Champs Élysées en 1967. Je travaillais déjà à Europe 1. Elle était bordeaux. Je n'avais qu'une angoisse : de ne pas pouvoir la payer car je l'avais acquise à crédit. J'étais très fier de pouvoir conduire une voiture neuve qui était le fruit de mon travail. J'ai pu la payer intégralement. ..

•.- Tous ces albums sortis sous votre nom sont-ils votre manière à vous de rendre hommage au génie automobile français ?

Incontestablement, il y eut des génies, hommes et femmes qui croyaient en tel modèle ou telle solution. Regardez la DS ! Personne n'y croyait car elle cassait tous les codes. Mais quel succès : au Salon de l'Auto, à Paris, Citroën a engrangé 750 commandes les 45 premières minutes. À la fin de la journée, on en était à 12000 commandes. Ce fut un succès incroyable. Du coup, cet anniversaire devait être fêté car la DS fait toujours fantasmer les amoureux de l'automobile. Rappelez-vous sa suspension, sa tenue de route, son confort. Certains prétendaient qu'elle donnait mal au cœur mais les routes étaient sinueuses. On était dans un salon. Elle avait le volant mono branche, les phares tournant dans la direction où vous alliez, et puis le frein champignon hydraulique. Elle était différente des autres et c'est ce qui fit son succès auprès des notables. Elle transporta de Gaulle, Giscard, devenue voiture d'État. Elle a tout de même sauvé la vie du Général et de son épouse lors de l'attentat du Petit Clamart quand, avec les Quatre pneus crevés, la DS présidentielle continua d'aller tout droit. Et puis quelle grande vedette de cinéma ! Dans "Rabbi Jacob" ! Comme la 2 CV d'ailleurs avec Bourvil.

•.- En France, on doit se situer. Ddans quel camp vous rangez-vous : Renault, citroën ou Peugeot ?

Les trois en fait. Ces trois noms sont des noms de famille, Louis Renault, André Citroën, la dynastie Peugeot. Ils ont cru au développement de l'automobile française au XX, siècle. Ces firmes ont des archives et une iconographie sensationnelles, preuve de leur longue histoire. En fait, avec ces voitures, on rentre dans l'Histoire contemporaine. On parle d'inventions, de techniques, de loisirs. Le seul problème actuel est que les voitures, françaises ou pas, ont perdu de leur caractère et de leur âme, dans un contexte mondialisé. Elles ont moins de personnalité mais je ne veux pas aller contre l'évolution et jouer au vieux schnock.

•.- Que traduisent ces voitures de la société française ?

À mon sens, une certaine hiérarchie sociale. La 2 CV appartenait à tout le monde, la DS à l'élite. En regardant la voiture de son voisin, on savait où il se situait dans l'échelle sociale. D'autres modèles se sont imposées pour diverses raisons: la 4 L rendait tous les services au quotidien. Elle ne consommait pas, n'était pas chère. Elle cumulait toutes les qualités. La Méhari était une exception et je vais bientôt essayer une version électrique. Vous voyez, on réinvente ...

Propos recueillis par Bernard MEEUS

 
 « 60 ans de DS »
par Jean-Pierre Foucault, Michel Laton,

 Extraits de l' union du 31/01/2016

  

    

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Marie FUGAIN

J’ai hâte de voir   le public de pro

De retour sur les planches après un break de cinq ans au Canada, Marie Fugain sera le 23 septembre à Sainte-Ménehould pour une pièce « assez barrée » selon ses propres termes.


«
Aujourd’hui, on n’a pas le choix d’être sur les réseaux sociaux. Je vais essayer de tenir avec les gens vintage comme moi ». O. Lejeune/Le Parisien

BOUQUET FINAL

*.-  OÙ ? à Sainte-Ménehould, à la salle Valmy.

*.- QUAND ? dimanche 23 septembre à 16 heures.

*.- TARIFS : 39 €.

*.- INFOS : au 03 26 60 80 21.

Marie Fugain, qu’est ce qui vous a attiré dans cette pièce ?

La question, qu’est-ce qu’on ferait si la fin du monde arrivait, je pense qu’on se l’est tous posée au moins une fois et on a jamais su y répondre. Après plus de cent représentations de la pièce à Paris, je ne sais d’ailleurs toujours pas ce que je ferai ! J’ai un gros vide là-dessus. Je ne sais pas si j’aurais envie d’être avec mes enfants, ma famille, mes amis. En fait ce serait hypercompliqué. J’ai l’impression que choisir avec qui on finit sa vie c’est comme choisir avec qui on veut se faire enterrer quand il y a eu des divorces. Ce qui m’a plu aussi c’est que la pièce était assez barrée. J’avais envie de me marrer, d’avoir une belle équipe avec qui rigoler sur scène.

Il n’y a pas un jour qui passe dans lequel ma sœur n’a pas sa place

Après Paris vous partez avec la pièce à la conquête de la province. Y a-t-il une vraiment différence entre les publics ?

Ah mais oui… grave ! Paris c’est Paris. Ils ont passé la journée dans leur boulot, dans le métro, les trains. Ils sont fatigués. C’est vachement plus difficile. En plus on a eu une rentrée théâtrale compliquée l’année dernière car les gens vont moins dans Paris. On ne peut plus se garer. Cela coûte un bras et demi. Il faut remercier la maire de Paris. Il n’y a que les vélos qui vont au théâtre j’imagine ! J’ai hâte de voir le public de province qui est plus détendu. Les gens, on arrive, on est chez eux mais ils sont contents de nous recevoir. Ça fait vraiment chaud au cœur.

Cette pièce a également été pour vous l’occasion de jouer pour la première fois en faveur de l’association de votre mère (l’association Laurette Fugain a été créée en mémoire de Laurette, la sœur de Marie, morte en 2002 d’une leucémie). On imagine que cette représentation avait pour vous une connotation particulière.

C’était émouvant. Au départ je n’avais pas trop la pétoche. Je me disais ! « Marie, c’est une représentation comme les autres, tu n’en fais pas toute une histoire ». Et en fait tout le monde a eu super la trouille et ils me l’ont filée ! C’est plus à la limite d’avoir à parler à la fin qui a été compliqué. C’est là que j’ai été la plus émue parce qu’il n’y a pas un jour qui passe dans lequel ma sœur n’a pas sa place.

Cette pièce marque également votre retour en France après un «exil » au Canada. Vous aviez le mal du pays ?

Mon ex-mari est québécois. J’étais donc légitime sur le sol. Mais en fait ça ne marche pas comme ça. On ne va pas se mentir, ce n’est pas si facile de travailler à l’étranger. Ils sont très protectionnistes de leur accent, de leur culture. Quand j’ai réalisé que ça ne prenait pas, je me suis sentie très loin de chez moi. J’ai eu envie de revenir.

Avant votre départ au Canada, on vous avait vu à la télévision dans Camping Paradis. On parle de vous dans la prochaine saison de Sam… Avez-vous d’autres projets en cours ?

C’était un peu au ralenti ces derniers temps car il y avait des postes qui changeaient dans les chaînes. Là les castings reprennent… Refaire des séries ? C’est compliqué car Camping je l’ai déjà fait deux fois et les chaînes n’aiment pas trop qu’on passe plusieurs fois à moins que l’on ait un rôle récurrent. Et puis il y a un nouveau phénomène dans mon métier : sont engagés aussi les gens qui ont des réseaux sociaux très actifs. On n’a pas le choix d’être sur ces réseaux… c’est vraiment très bizarre. Je vais essayer de tenir avec les gens vintage comme moi et puis on va essayer de continuer.

Grégoire AMIR-TAHMASSEB

 Extraits de l' union du 01/02/2018

  

    

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Michel FUGAIN

« Comme un peintre, j’ai eu mes périodes »

Actuellement en tournée en France, Michel Fugain retrace son parcours sur scène. Dans ce spectacle, il mêle chansons et causeries, et évoque sa conception de la liberté.

Ce concert est-il le best of de vos cinquante ans de carrière ?

Par politesse, il y aura toutes les chansons que les gens connaissent, Il y en a d'autres qui font partie de la forêt que de grands arbres ont cachées et' qui 'représentent aussi très fort le talent des auteurs qui les ont écrites et mon véritable moi. Par exemple quand je fais « La bête immonde» le public est vraiment scotché car cette chanson a vraiment de la profondeur.

Qu'est-ce qui vous a fait bifurquer de la médecine vers la chanson ?

Il Y a une aventure intermédiaire qui est le cinéma. j'ai quitté Grenoble et les études de médecine pour faire du cinéma car je voulais être cinéaste. j'ai habité chez un pote de mon père qui était médecin à Paris et qui soignait les cinéastes. Parmi eux j'ai rencontré Guy Blanc qui m'a pris immé- diatement comme assistant. À l'époque lui était premier assistant d'Yves Robert c'est comme ça que je me suis retrouvé dans l'équipe. je ne me suis pas laissé le temps d'aller plus loin, entre-temps j'ai rencontré Sardou et c'est là que j'ai bifurqué vers la musique.

•.-  Pourquoi avoir appelé votre première troupe le Big' Bazar ?

En fait c'est que je connaissais un petit peu mes loustics et la gueule qu'ils avaient, c'était une façon de se dé- marquer à l'époque. Entre la télévision et les ballets, tout le monde était pareil, alors que chez moi ça paraissait Comme une sorte de bazar humain. Pour moi il n'y a rien de pire que des gens qui se ressemblent, où rien n'est lisible comme dans l'ère actuelle des clones où tout le m'onde chante pareil, c'est absolument extraordinaire. Le mot anglais big était déjà entré dans le langage courant, du coup Big Bazar ça a marché tout de suite.

Dans l'ère actuelle des clones, tout le monde chante de la même façon, c'est absolument extraordinaire

Cette troupe symbolisait-elle clance d'une jeunesse ? Sur le tas, on' ne savait pas du tout ce que ça .~ymbolisait ct on s'en foutait un peu mais c'est surtout ce qu'elle a représenté dans la société de' l'époque. Ce n'était pas uniquement de l'insouciance mais c'était chargé d'espoir. C'était une fa- çon de parler aux familles françaises pour dire ce que va donner le futur après fe,séisme de 68. Il n'y avait'l'ien qui bougeait, . le marché était encore à l'état larvaire, au début des années 70 il y avait lin moment de sidération, une sensation de liberté totale. Tout le monde était en rupture totale avec une liberté de comportement. À l'époque jt y avait deux troupes, il y avait le Big Bazar sans oublier le Magic Circus, c'était une autre fratrie qui trouvait davantage d'échos auprès des Intellos, alors que nous étions populaires. Par contre nous n'étions pas du tout comme la comédie musicale Hair, eux avaient une prise de position pour la guerre des Américains au Vietnam alors  que nous, on était pour la non violence et les objecteurs de conscience,

•.- Après cinquante ans de métier, vous consiérez-vous plutôt manager de troupes ou chanteur solo ?

La vérité c’est que je ne suis pas chanteur au départ. J'ai fait les chansons  de Sardou, ce qui m'a permis d'être mélodiste, puis de mélodiste ça m'a permis de travailler dans une émission comme faiseur de mélodies, j'ai placé une chanson pour Marie Laforêt, monsieur Marouani m'a dit « Si vous voulez, je vais faire un disque pour vous », A partir de là, je n'ai plus jamais fait de chansons pour les autres et tout ce que j'écrivais c'était pour moi. Ce qui fait que, comme un peintre, j'ai eu mes périodes. J'ai chanté des chansons que j'ai faites. quatre immenses auteurs que som Pierre Delanoë, Maurice Vidalin, Claude Lemesle et Brice Homs.

•.- Comment choisissez-vous vis musiciens ?

Ca fait bien longtemps que je ne choisis plus mes musiciens, ce sont eux .qui me choisissent. Mettez des musiciens qui ne savent pas jouer ensemble c'est un fiasco. Des musiciens ça doit avoir le même feeling et faire tomber les pieds au même endroit. Moi je suis très fidèle, ça m'évite de çhercher et ça donne une complicité incroyable. Je sais comment leur faire avaler des couleuvres qu'ils n'avalent pas. Des musiciens n'écoutent jamais le texte, ce sont les harmoniques qui les inté- ressent. En fait c'est la façon dont ils peuvent utiliser

•.- Vous avez tait plusieurs pauses, n'avez-vous pas eu peur que le pubUc .vous oubUe ?

Je n'ai pas l'impression d'avoir un public. Les fidèles sont restés. Quand on part longtemps, ils reviennent pour voir et quand ils s'aperçoivent Que le' bonhomme n'a pas changé. ou plutôt en bien, car ça aussi ça fait partie du temps qui passe, tout strnptement ils restent. Moi je suis un faiseur de chansons vous ne m'enlèverez jamais ça de l'idée et je 1111: fous des signes extérieurs de vedettariat

•.- Pensez-vous avoir réussi votre vie ?

 Il faudrait que je sois vachement ingrat.]e n'ai pas eu beaucoup de difficultés précisément parce que je suis un professionnel. je n'ai pas cette espèce d'inquiétude, d'angoisse que je vois chez mes confrères. Tant que j'ai des mains 'pour jouer d'un instrument et des oreilles pour composer tout va bien. Ce que ce métier m'apporte c'est de rencontrer des gens. Des publics qui, pour moi, sont diffé- rents dans chaque pays, dans chaque vil.le.J'aime l'humanité, par contre je SUIS de plus en plus réservé sur l'individu lui-même; car je pense qu'il est tellement fragile, et fragilis~ par l'organisation générale qui le rend de plus en plus vulnérable mais quand le peuple se lève le cul c'est toujours impressionnant. Il y a cette phrase vraiment pertinente qui dit «Un grand poème c'est l'âme d'un homme et une grande chanson c'est l'âme d'un peuple ».

 

 Extraits de l' union du 01/02/2018

  

    

  Répertoire  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

G

Charlotte GAINSBOURG impudique

France GALL - Des succès et des combats
Adieu douce France

Marion GAME - Bientôt sur les planches à Reims

Philippe GELUCK - L’humour n’est pas une valeur partagée par tous
Au passé, présent et futur

Danièle GILBERT - Animatrice au cœur gros comme ça !

Philippe GILDAD -  à jamais Nulle part ailleurs

Jean-Jacques GOLDMAN  « Pourquoi il ne chantera plus »

GRAND CORPS MALADE - “ Je suis encore comme un gosse

 Daniel GUICHARD – « La politique, c'est pas joyeux »

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Charlotte GAINSBOURG

impudique

Charlotte Gainsbourg livre « Rest »,   un cinquième album très personnel,  dont elle signe les textes parfois très crus.

Dans cet album, l’actrice-chanteuse assume son côté sombre, son goût pour les films d’horreur, son rapport à la beauté, à l’intimité et à la mort. Reporters / DPA

Vous vous exposez beaucoup plus avec « Rest » qu’avec les disques précédents, en livrant une vision très intime de vous…

Pourtant, je ne me suis pas dit : «Là, je vais parler de moi sans filtre. » Mes albums ont toujours été beaucoup plus personnels que mes films, mis à part le premier qui était celui de mon père (« Charlotte for Ever » sorti en 1986) : c’était sa vision de moi. Mais pour « Rest », ce sont mes mots, du début à la fin.

Pour ce disque, vous vous confrontez à des thèmes très douloureux. Est-ce que la mort de votre sœur Kate a été un déclencheur ?

Quand j’ai perdu ma sœur, j’avais déjà commencé à travailler sur l’album et il y a eu une espèce d’évidence : je ne pouvais écrire sur rien d’autre. Tout tournait autour d’elle désormais. Il y a une forme d’impudeur dans ce disque.

Est-ce que vous vous êtes fixé des limites, des choses à ne pas raconter ?

Je me suis toujours considérée comme très impudique malgré ma réserve et ma timidité. Pour faire le métier d’actrice, il faut être très impudique. C’est ce qui me plaît d’ailleurs, et qui guide mes choix. Ce qui a toujours caractérisé mon père, contrairement à l’image qu’on a souvent de lui, c’est la pudeur, c’était quelqu’un de très pudique, et je suis tout le contraire. (Rires) Ça ne me fait pas peur, il n’y a que comme ça que je peux m’exprimer. Ma seule limite serait l’excès de sentimentalisme, la mièvrerie… Ma pudeur est là.

Tout au long de ce disque, il est beaucoup question des premières fois. C’est quelque chose qui vous obsède, les premières fois ?

Oui, et je le comprends aujourd’hui. Je veille, presque amoureusement, sur mes souvenirs de L’Effrontée, qui est ma première fois d’actrice avec un premier rôle. Je suis une grande nostalgique. Il y a une magie autour des premières fois. J’adore quand les choses arrivent d’elles-mêmes, je ne crois pas au hasard, et j’aime bien trouver un sens aux choses, aux événements. J’ai l’impression que ces premières fois, que l’on partage tous, sont plus fortes que nous.

J’ai un amour trop fort pour mon père, beaucoup trop fort. Un amour que j’ai entretenu

Sur « Rest », vous parlez aussi de la mort de votre père de manière frontale, en décrivant son cadavre dans son cercueil. Est-ce que pour vous, c’était une manière de montrer que derrière le mythe un peu encombrant, il y avait un simple mortel ? Et que ce mortel, vous l’aimiez par-dessus tout ?

J’ai un amour trop fort pour mon père, beaucoup trop fort. Un amour que j’ai entretenu. J’avais 19 ans quand il est mort, mais j’étais tellement jeune dans ma tête. J’ai longtemps été hantée par la mort de mon père, son corps sans vie. J’étais allongée à ses côtés et je ne voulais pas le lâcher, il y avait quelque chose de très animal dans ce que je ressentais. L’impression que ce corps m’appartenait. Tous les gens qui étaient très proches de lui comme Bambou, ma mère et Kate, ont vécu la même chose : un amour inconditionnel, des émotions puissantes qui nous ont toutes submergées. Chaque mort est un drame et je m’en accommode très mal. Avec cet album, j’avais besoin de décrire cet amour-là, le déchirement que j’ai ressenti, la solitude dans la douleur.

Dans un précédent entretien, vous m’aviez confié cette phrase surprenante : « Je suis moins belle que ma mère, j’écris moins bien que mon père et… je n’en ai rien à foutre. »

Exactement ! (Rires) Et je vais la redire, cette phrase. Il faut bien comprendre : j’ai eu envie d’être plus belle que ma mère, j’ai eu envie d’écrire mieux que mon père, j’ai eu envie d’être encore plus géniale. J’ai eu beaucoup d’ambition, sinon je n’aurais pas fait ce métier. Mais, aujourd’hui, je suis face à qui je suis (rires).

Charlotte Gainsbourg, « Rest », chez Because, 15 €

FRÉDÉRIC VANDECASSERIE

Extraits de l' union du 15/04/2018

  

    

  Répertoire  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

France GALL

Des succès et des combats

De « Sacré Charlemagne » à « Résiste », d'interprète timide à star confirmée, elle a incarné une époque d'insouciance et de fraîcheur, gagnant le cœur d'un public très large. Ses chansons dispensaient du bonheur. La France Gall enfantine céda la place à la femme meurtrie, une star courage qui s'est finalement inclinée face au cancer à 70 ans. Ses obsèques' ont été célébrées vendredi.


Une photo réalisée dans son appartement de la rue de Monceau à Paris

France GALL   

Dessin : Emmanuel Gallesio

*.- Naissance à Paris le 9 octobre 1947. Fille du parolier Robert Gall.

*.- Octobre 1963 - Première diffusion de ses chansons à la radio. Elle change son prénom, Isabelle, pour « France » et enchaine les 45 tours.

*.- 1965 - Remporte l'Eurovision avec la chanson Poupée de cire, poupée de son écrite par Serge Gainsbourg, qui signe aussi la très équivoque chanson Les sucettes.

*.- 1974 - Sa carrière marque le pas, jusqu'à sa rencontre avec Michel Berger, qui lui offre La Déclaration d'amour, premier succès d'une longue liste de tubes.

*.- 22 juin 1976 - Mariage des deux artistes à Paris. Ils auront deux enfants : Pauline et Raphaël

*.- 1979 -  Incarne Cristal dans l'opéra-rock Starmania

*.- Année 1980 - Enchaîne les succès musicaux. Le couple s'engage dans l'humanitaire en Afrique.

*.- 1987 - Sortie de Babacar, l'un de ses plus gros succès.

*.- 1992-1997 - Les décès de Michel Berger (1992) puis de sa fille Pauline (1997) mettent fin à ses projets musicaux.

*.- Année 90 -  Rares apparitions sur scène, à Bercy (1993), Pleyel (1994) et à l'Olympia (1997)

*.- Aout 2000 -  Dernière apparition sur scène à l'Olympia pour interpréter Quelque chose de Tennessee avec Johnny Hallyday

*.- 2015 - Sortie de la comédie musicale Résiste, qu'elle a écrite et qui connait un grand succès

*.- 7 janvier 2018 - Décès à l’âge de 70 ans des suites d’un cancer.

Ses dernières confidences

En novembre 2015, France Gall lançait sa comédie musicale « Résiste » au Palais des Sports de Paris, Huit mois plus tôt, elle recevait un journaliste du groupe de presse Rossel, auquel appartient notre titre, pour parler de ce projet qui lui tenait tant à cœur, et évoquer son travail avec Michel Berger.

18 mars 2015. Hôtel Royal Monceau. Dans les couloirs du palace parisien, l'effervescence était à son comble. Le staff de France Gall bourdonnait comme dans une ruche. Il faut dire que la chanteuse n'avait pas pour habitude de rencontrer les médias. La dernière fois qu'elle l'avait fait pour la presse belge, c'était au début des années 1990 ! Selon son chargé de communication, France avait donné la consigne de ne pas lui poser les sempiternelles questions « hors sujet » comme celles concernant sa rupture avec Claude François, ou la disparition de sa fille, survenue en décembre 1997.

POPULAIRE ET MALHEUREUSE

Lorsqu'elle apparut dans la suite réservée aux interviews, elle brisa la glace sur le champ, avec son sourire irrésistible. Gourmande - elle ne pouvait résister aux pâtisseries disposées sur un plateau - elle évoquait le spectacle « Résiste » mais se confiait aussi sur ses débuts dans le métier : « Durant les dix premières années de ma carrière, j'ai eu beaucoup de succès. J'ai gagné l'Eurovision, j'ai chanté en sept langues et j'ai fait le tour du monde. Mais je n'ai jamais été heureuse. À part avec les chansons de Serge Gainsbourg, je n'ai jamais pris de plaisir à faire cette musique ». France Gall poursuivait sur son travail avec Michel Berger : « Avec lui, j'ai découvert une manière de travailler qui me correspondait totalement. C'est-à-dire la création à l'état pur. Il m'a donné le goût de travailler en studio et de faire de la scène. Ensemble, on pouvait passer des heures à chanter au piano ».

DES PROJETS POUR 15 ANS !

A la fin de l'entretien, France nous confiait ses projets à demi-mot: « La carrière, c'est fait. La famille, c'est fait. Maintenant, je peux créer et j'ai des projets pour quinze ans! Michel me faisait confiance, donc je m'occupe bien de sa musique ». Le succès de « Résiste » avait donné des ailes à France Gall. On sait aujourd'hui qu'elle travaillait à une suite de sa comédie musicale, avec d'autres chansons de Michel Berger. Et puis, si la maladie n'avait pas été plus forte qu'elle, la chanteuse, devenue productrice, songeait à remonter « Starmania » dans les prochaines années.

Jean-Marie POTIEZ

LE SÉNÉGAL LE PAYS DE BABACAR

France Gall se partageait depuis des années entre la France et le Sénégal. Elle y possédait une maison à Ngor, une minuscule île se situant à moins de 400 mètres de la côte longeant Dakar et ne comptant que 100 habitants. La célèbre chanteuse s'est invitée parmi eux après être tombée sous le charme de la quiétude locale. « Le Sénégal, c'est une autre planète, ça vous remet bien les choses en place parce que c'est très dur, confiait-elle. Ce n'est pas les vacances, et ce contact avec les gens ... Je vis dans un village. Je n'ai jamais compris pourquoi j'étais attirée par ce pays. (... ) Lorsque je me rends sur mon île, ily a une espèce de purification extraordinaire. On aime dans un endroit où il n'y a pas l'électricité, on est avec la nature, les oiseaux, pas de route et pas de voitures. » En 1986, lors de l'un de ses séjours là-bas, elle rencontre une jeune maman de 18 ans, mère d'un bébé âgé d'un mois, Babacar. Dans une situation financière difficile, Fatou demande à France d'adopter son enfant. Mais c'est une autre décision que la chanteuse va prendre. « Avec Michel, on a décidé, plutôt que de prendre cet enfant avec nous, de donner un métier à sa mère qui voulait être couturière. On lui a payé ses études. Une fois qu'elle a obtenu ses diplômes, je lui ai acheté une machine à coudre, donné de l'argent afin qu'elle se procure des tissus, des fils. J'ai installé Babacar et sa mère à Dakar pour que celle-ci puisse étudier. Ensuite elle a voulu rentrer dans son village et … je ne lesq ai plus revu » confiait-elle en 2015. Un fils de cœur aujourd’hui âgé de 32 ans et dont le prénom est connu dans le monde entier.

Sophie Lagesse

Dans les bras de son fils


Son fils, Raphaël Hamburger l'a accompagné jusqu'au bout. DR

Raphaël Hamburger reste donc le dernier représentant de la famille composée par Michel Berger et France Gall. Cette dernière serait morte dans ses bras. Raphaël est né le 2 avril 1981 à Boulogne-Billancourt et a une formation d'ingénieur du son. Il a pris le vrai nom de son père qui est dé- cédé alors qu'il n'avait que onze ans. Il a toujours fui la presse people, préférant vivre dans l'ombre malgré un métier exposé et des parents célèbres.

COMPOSITEUR DE MUSIOUES DE FILMS

Il a notamment composé ou réalisé la supervision des musiques de films, tels que « Comme des Frères », « Astérix et Obélix au service de Sa Majesté », « Grace de Monaco », « Un moment d'égarement », « Mustang », « Seuls » ou encore « Pour le réconfort ». Il s'est offert récemment un studio d'enregistrement, a créé une radio et même un label de disques. Il aurait été, pendant un temps, le petit ami de Cécile Cassel, la sœur de Vincent. Chanteuse connue sous le pseudonyme HollySiz, il l'a d'ailleurs produite. « C'est important qu'il fasse des choses par lui-même », avait dit France Gall en parlant de lui à Paris-Match.

P.N

Les quatre hommes de sa vie étaient tous des musiciens

En 1964, France Gall est âgée d’à peine 17 ans quand elle rencontre Claude François. À 25 ans, le chanteur pour midinettes est quant à lui déjà consacré star. La jeune et jolie chanteuse débutante lui a tapé dans l’œil. Ils se mettent en couple.

Et tout va bien pour eux tant que France joue les groupies de Cloclo et jusqu’à ce qu’elle obtienne quelques succès dans sa propre carrière. Cloclo se montre extrêmement jaloux. Il ne supporte pas qu’elle fasse de l’ombre à son ego qu’il a déjà immense. Jusqu’à quitter sa petite amie, après deux ans de liaison, le soir… où elle remporte le prix de l’Eurovision 1965 avec la chanson « Poupée de cire, poupée de son » écrite par Serge Gainsbourg ! Sa rupture avec France Gall inspire à Claude François les paroles douces-amères de « Comme d’habitude ».

En 2012, à l’occasion de la sortie du film « Cloclo » réalisé par Florent Emilio-Siri avec Jérémie Renier dans le rôle-titre et Joséphine Japy pour interpréter France Gall, la chanteuse avait été interviewée par Le Parisien : « Je ne me suis pas reconnue. Mais en revanche sur Claude, le film est assez approchant. On n’est pas touché quand il s’en va parce qu’il est tellement odieux pendant deux heures… c’est délicat de faire des films sur les gens. Mais enfin, Claude était quelqu’un de pas facile. Personne n’était heureux autour de lui. »

Les deux artistes resteront fâchés de nombreuses années. Ils ne se reverront qu’en 1973 et chanteront en duo dans une émission en septembre 1974. C’est qu’entre-temps, France Gall est tombée amoureuse d’un autre chanteur à succès, Julien Clerc, à l’époque la star éclatante de la comédie musicale « Hair ». Une histoire d’amour rendue publique en décembre 1969 et qui durera jusqu’en 1974. France Gall est une nouvelle fois victime du succès de son compagnon. Sur les conseils des managers de Julien Clerc, elle accepte de rester dans l’ombre pour ne pas qu’il déplaise à ses fans féminines! Il est censé rester célibataire pour mieux les faire défaillir et acheter ses disques ! Et France accepte d’être sacrifiée sur l’autel du succès et du business. Elle va jusqu’à porter des perruques brunes pour assister à ses concerts. Son existence est niée. Une situation invivable pour la jeune femme qui, cette fois, sait ce qu’elle veut. Et elle veut plus, notamment qu’il lui écrive des chansons. Ce qu’il ne fait pas. Lassée, elle choisit de le quitter. Julien Clerc mettra du temps à s’en remettre.

Un an et demi après leur rupture, il écrit « Souffrir par toi n’est pas souffrir » . Elle ne quitte pas ses pensées. Par contre, France Gall a déjà oublié Julien Clerc. Désormais, Michel Berger occupe toutes ses pensées… Mais Julien Clerc en garde tout de même un bon souvenir. Sur son compte Twitter, il lui a rendu hommage ce dimanche : « France, nous avions 20 ans, des bonheurs, des chagrins. Une part de ma vie s’en va avec toi. Julien ».

Pierre de VUYST


Claude FRANCOIS – Le chanteur n’a pas supporté le succès de sa petite amie


Julien CLERC – La star de la comédie musicale « 
Hair » lui demandera d’être discrète

 
Michel BERGER – Le compositeur lui donnera 2 enfants et des chansons

La muse, mais aussi la femme de Michel BERGER


Ensemble entre 1973 et 1982

Inconsolables, l’un depuis le départ de Véronique Sanson pour un autre homme, l'autre au bord de la rupture avec Julien Clerc... Le moins que l'on puisse dire, c'est que Michel Berger et France Gall n'étaient pas dans l'optique d'entamer une relation amoureuse lorsqu'ils ont commencé à se fréquenter. Séduite par l'une des chansons de Michel qu'elle avait entendue à la radio, celle qui a commencé sa carrière avec le tube Ne soit pas si bête décide de prendre contact avec lui afin d'imaginer une collaboration. Mais ce n'est pas gagné d'avance ! En 1973, après l'avoir croisé dans les couloirs d'Europe 1 et demandé d'écouter une maquette de chanson, Michel Berger refuse de travailler avec elle. Suite à l'insistance de la jeune femme, il finit par écouter les titres proposés par la maison de disques de France. « C'est nul », lui envoie-t-il sans ménagement. Heureusement, le talent de l'un et le charme de l'autre finiront par opérer. « À force de le connaître, de le rencontrer, de travailler au piano, je suis tombée amoureuse de lui, et lui aussi », confiait France. Une love story très vite rendue publique. Avec un titre tel que La déclaration, difficile pour les deux chanteurs de nier l'évidence ! À partir de là, le destin commun de Michel Berger et France Gall est scellé, tant sur la scène professionnelle que dans leur vie privée. Le compositeur de talent ne cessera de créer pour celle qui deviendra sa femme en juin 1976. Producteur des albums de France, Michel intègre tout naturellement son épouse dans ses nombreux projets, Dans les comédies musicales Made in France et Starmania, la jolie blonde bénéficiera d'une place de choix.

Devenue maman – de Pauline en 1978 et de Raphaël en 1981 – entre tous ses projets, France Gall s’investit également dans plusieurs actions humanitaires. En 1984 et 1985, Berger et Gall créent avec Daniel Balavoine, l’association Action écoles. Son spectacle Tour de France 99, mis en scéne par son mari, remporte un énorme succès.

LA MORT LES A … PRESOUE SÉPARÉS

Malgré la notoriété et la réussite, la chanteuse s'éloigne ensuite du monde musical. Elle ne revient en studio qu'à la demande de Michel Berger pour enregistrer avec lui Double jeu, la dernière collaboration entre ces deux âmes sœurs. Une histoire d'amour qui s'achève brutalement le 2 août 1992 lorsque Michel Berger s'effondre sur un terrain de tennis, terrassé par une crise cardiaque, Une histoire d'amour digne des contes de fée. Ou presque. Car il semblerait que la relation entre les deux artistes n'ait pas toujours été des plus sereines. Au moment du décès de Michel, ce dernier d'ailleurs sur le point de partir s’installer aux États-Unis avec une femme. Ne supportant pas le désir de France d'arrêter la chanson, le compositeur aurait interprété cette décision pour un abandon. Ayant été abandonné très jeune par son père puis par Véronique Sanson, Michel Berger sent à nouveau laissé pour compte. « Il a alors pour projet de s'expatrier à Los Angeles, à Santa Monica pour être précis, confie Yves Bigot, biographe de l'artiste. Il cherchait une villa et s'était renseigné sur l'inscription des enfants à l'école française. Il voulait poursuivre sa carrière américaine, commencée quelques années auparavant avec album en anglais sur lequel il ne chantait pas, assisté d'excellents musiciens américains. Il s'était entouré de deux chanteuses. L'une d'entre elles pouvait être Beatrice Grimm mais je n'en ai pas la preuve formelle. »

Même s'ils vivaient encore ensemble France et Michel semblaient au bord de la rupture. Une situation que la chanteuse n'a jamais voulu confirmer ni commenter. Comme si jusque dans la mort elle voulait que son histoire d'amour avec Michel Berger reste dans la légende.

Sophie Lagesse

BRUCK DAWIT, SON DERNIER AMOUR

La plus longue histoire d'amour de France Gall aura sans conteste été la moins médiatisée. Depuis plus de 20 ans, la chanteuse partageait la vie de Bruel Dawit. Une relation discrète et profonde. C'est en 1995, trois ans après le décès de Michel Berger, que France fait la connaissance de Bruck Dawit en Californie. Alors accompagnée de ses enfants, des amis communs lui présentent cet hemma d'origine éthiopienne vivant a New York. France et Bruck partagent une même passion, celle de la musique. Ingénieur du son, il est aussi compositeur, arrangeur, producteur. Il a travaillé avec les plus grands noms de la scène américaine dont Prince, Michael Jackson, Bruce Springsteen ou encore les Rolling Stones. En couple, le duo écrira plus tard la comédie musicale Résiste, en hommage à Michel Berger. Si France Gall assure Ia promo du spectacle sur les plateaux télé, son fidèle compagnon préfère rester dans l'ombre. Mais il n'est jamais loin d'elle. Lorsqu'elle s'est éteinte dimanche, France Gall était entourée des deux derniers hommes de sa vie, son fils Raphaël mais aussi Bruck.

S.L

Extraits de l' union du 14/01/2018

  

    

 

 

Adieu douce France


France GALL s’est retirée de la scène en 1987 après la mort de sa fille Pauline de la mucoviscidose. AFP

L a chanteuse France Gall est morte hier matin à 70 ans de la récidive d’un cancer, entraînant une pluie d’hommages à cette artiste qui avait su traverser les générations. « France Gall a rejoint le Paradis blanc le 7 janvier, après avoir défié depuis 2 ans, avec discrétion et dignité, la récidive de son cancer », a indiqué son attachée de communication, Geneviève Salama.

France, nous avions 20 ans, des bonheurs, des chagrins. Une part de ma vie s’en va qaavec toi
Julien Clerc, ex-compagnon de la chanteuse

France Gall avait été hospitalisée mi-décembre à l’Hôpital américain de Neuilly, près de Paris, officiellement pour une infection sévère.

« Si Johnny Hallyday fut pour bien des Français cette figure de grand frère protecteur, France Gall fut assurément leur éternelle petite sœur, dont la fragilité radieuse a accompagné des générations », a réagi Emmanuel Macron.

La ministre de la Culture, Françoise Nyssen, a salué « une icône de la chanson française », qui « a affronté les combats personnels en donnant tout pour la musique ». Deux anciens présidents, François Hollande et Nicolas Sarkozy, ont également rendu hommage à l’artiste et à ses engagements humanitaires.

SURPRENANTE, CANDIDE, MYSTÉRIEUSE

« J’ai connu France à mes débuts en décembre 1965, je suis partie en tournée dans le spectacle d’Hugues Aufray dont elle était la vedette américaine (…). Elle était d’une extrême bienveillance envers moi qui faisait mes premiers pas sur scène. Ses chansons sont une part de notre vie », a confié Mireille Mathieu. Pour Jane Birkin, elle était « surprenante, candide, mystérieuse ».

Quelques fans se sont rendus devant l’hôpital américain de Neuilly, à l’image de Nora, 52 ans, venue avec une rose rouge pour « être près d’elle ». « C’est notre jeunesse, c’est la joie de vivre. Avec Michel Berger ils formaient un couple merveilleux », a-t-elle expliqué. Au Sénégal, où elle s’était engagée dans l’humanitaire avec Michel Berger, et où elle possédait une maison, le site Dakaractu pleurait « la plus Sénégalaise » des Françaises.

La chanteuse blonde et mutine des sixties avait été durement éprouvée par la vie : outre le décès en pleine gloire d’un infarctus de Michel Berger à 44 ans en 1992, elle découvre son cancer du sein l’année suivante. Un des deux enfants qu’elle a eus avec Michel Berger, Pauline, meurt à son tour de mucoviscidose en 1997. Après ce choc, elle se fera discrète. Elle était sortie de ce silence en 2015 pour promouvoir la comédie musicale « Résiste » autour des tubes que Michel Berger avait créés pour elle.

Ses six tubes incontournables 

Des « Sucettes » à « Viens je t’emmène » en passant par « Résiste », plusieurs chansons de France Gall resteront dans les mémoires :

Poupée de cire, poupée de son (1965)

C’est avec cette chanson, écrite par Serge Gainsbourg, que France Gall remporte l’Eurovision en 1965 pour le compte du Luxembourg. Elle l’interprétera en six langues dont le japonais.

Les sucettes (1966)

La chanson à double sens écrite par Serge Gainsbourg, narre le goût d’Annie pour les sucettes à l’anis. « Lorsque le sucre d’orge, parfumé à l’anis. Coule dans la gorge d’Annie, elle est au paradis ». France Gall avouera bien plus tard que pendant cinq ans elle avait chanté cette chanson sans en percevoir l’aspect équivoque.

La déclaration d’amour (1974)

Premier tube d’une longue liste du couple Gall/Berger, la chanson marquera un tournant dans la vie professionnelle de la jeune femme. Suivront un an plus tard, leur premier album, « France Gall » et leur mariage en 1976.

Viens je t’emmène (1979)

La chanson, au rythme entraînant, de celles qui rendent heureux, a récemment été reprise par la chanteuse et actrice Louane devant une France Gall ravie. « Viens, je t’emmène Où les étoiles retrouvent la lune en secret Viens, je t’emmène Où le soleil le soir va se reposer »…

Résiste (1981)

C’est une des chansons les plus emblématiques pour toute une génération militante et à la recherche de plus de solidarité, avec notamment les Chanteurs pour l’Éthiopie ou encore la création des Restos du coeur. En 2015, France Gall donne le nom de cette chanson à sa comédie musicale, hommage à Michel Berger.

Ella, Elle l’a (1987)

Écrite par Michel Berger, cette chanson est un hommage à la grande chanteuse de jazz Ella Fitzgerald. Extraite de l’album « Babacar », elle restera, avec son refrain inoubliable, l’un de ses plus gros succès.

Poupée des Sixties et « toile de Michel BERGER

De la jeune fille au timbre acidulé des années 60 à l’interprète de talent des mélodies de Michel Berger, de « Poupée de cire, poupée de son » à « Babacar », France Gall a traversé plusieurs époques de la chanson française. Depuis la mort brutale de Michel Berger, en août 1992, suivie cinq ans plus tard de celle de leur fille, France Gall n’avait plus guère chanté. Quelques enregistrements et quelques concerts dans les années 90 avant un long silence dont elle était sortie en 2015 pour défendre un projet qui lui tenait à cœur : la comédie musicale « Résiste » remettant au goût du jour les tubes du couple, jouée à Paris puis partout en France. Un spectacle dans lequel elle apparaissait en vidéo – mais pas sur scène – comme narratrice se souvenant de son Pygmalion.

Avant d’être la « groupie » préférée de Michel Berger, France Gall, née le 9 octobre 1947 à Paris sous le prénom d’Isabelle, fut la « poupée » d’un certain Serge Gainsbourg, qui lui écrit en 1964 « N’écoute pas les idoles » et « Laisse tomber les filles ». La jeune fille blonde aux joues d’enfant prête encore son rire à Gainsbourg pour « Pauvre Lola » et l’homme à la tête de chou lui écrit bientôt « Poupée de cire, poupée de son », chanson avec laquelle elle remporte l’Eurovision en 1965 (pour le Luxembourg) et qu’elle chantera en six langues, dont le japonais.

La blessure vient avec un autre titre de Gainsbourg, « Sucettes à l’anis » (1966), dont elle ne saisit les allusions salaces qu’avec les moqueries et le scandale : « Je ne l’aurais jamais faite, cette chanson, si on m’avait expliqué le sens. » À ce moment, la jeune Isabelle Gall n’a pas encore 20 ans mais déjà un solide passé musical, notamment grâce à son père, le chanteur et parolier Robert Gall. Celui-ci a notamment écrit des chansons pour Piaf (« Les amants merveilleux», 1960) ou Aznavour (« La mamma », 1963).

À 16 ans, plutôt que de redoubler sa troisième, elle chante « Ne sois pas si bête » (1963), d’emblée un succès. Son directeur artistique, Denis Bourgeois, la rebaptise « France » pour la différencier d’Isabelle Aubret et sera à l’origine de la collaboration avec Serge Gainsbourg.

Parallèlement, France Gall chantera aussi « Sacré Charlemagne » (1964) dont les paroles ont été écrites par son père, encore un succès pourtant initialement chanté à contrecœur par peur du ridicule. Dans ces années 60 virevoltantes, elle a une brève liaison avec Claude François auquel leur rupture inspirera « Comme d’habitude ». Après « Bébé Requin » (1967), sa carrière piétine. Elle vit cinq ans avec Julien Clerc, le quitte. Il chantera « Souffrir par toi n’est pas souffrir ».

En 1973, la rencontre avec Michel Berger va ouvrir un nouveau chapitre. C’est « La déclaration d’amour » (1974), l’album « France Gall » et un mariage, le 22 juin 1976, suivi du duo « Ça balance pas mal à Paris ». Ils auront deux enfants, Pauline en 1978 et Raphaël en 1981.

Des hommages à la télévision et à la radio 

Des éditions spéciales et autres émissions en hommage à France Gall ont été diffusées hier soir et dans les jours qui viennent à la télévision et à la radio. France 2 a programmé des hommages dès hier dans les magazines présentés par Laurent Delahousse « 19 H le dimanche » et « 20 H 30 le dimanche ».

La deuxième chaîne consacrera, aujourd’hui, une soirée spéciale à l’artiste, avec la rediffusion de «Tous… pour la musique », une fiction-divertissement animée et mise en scène en 2007 par France Gall, puis de l’émission « C’est votre vie » dans laquelle la chanteuse s’était livrée en 2015 sur son parcours à Stéphane Bern ; le tout suivi du documentaire « Un jour un destin, Michel Berger : messages personnels ».

France 3 diffusera, quant à elle, ce soir à 20 h 55, le documentaire «France Gall et Michel Berger, toi sinon personne », puis le vendredi 12 janvier, « Starmania, le fameux opéra-rock qui défie le temps », un document qui retrace la genèse et le succès international de ce spectacle auquel France Gall avait participé, en s’appuyant notamment sur des archives exceptionnelles.

Le magazine de France 5 « C’est à vous », diffusé ce soir à 19 heures, sera également consacré à la chanteuse.

Côté radio, RTL, a programmé de nombreuses éditions spéciales sur son antenne. Entre autres, elle rediffusera ce soir l’émission «L’échange public », dans laquelle France Gall s’était confiée en 2015 sur sa carrière et sa vie. Et le samedi 13 janvier, elle reprendra un numéro du « Grand Studio » consacré à « Résiste », le spectacle de France Gall en hommage à Michel Berger.

Extraits de l' union du 08/01/2018

  

    

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Marion GAME

Bientôt sur les planches à Reims

Marion Game, qui va tourner pour M6 la 9e saison de « Scènes de ménages », remonte sur les planches avec son ami Jean-Pierre Castaldi. La pièce est programmée à Reims, en janvier.


Très chaleureuse et pleine d’humour, Marion Game garde un optimisme à revendre
.

Marion Game et Jean-Pierre Castaldi ont passé la journée du 8 décembre à Reims, pour faire la promotion de Aux frais de la princesse, leur nouvelle pièce de théâtre, programmée le 15 janvier prochain au K de Tinqueux. L’occasion d’échanger avec ces comédiens drôles et chaleureux qui, malgré une déjà très longue carrière, gardent intact le goût de s’amuser. Marion Game, qui cartonne sur M6, dans le rôle d’Huguette de « Scènes de ménages », a confié combien le théâtre, et sa rencontre avec le mythique René Simon, en 1967, l’avaient aidé à voir la vie du bon côté. Et à se tourner vers les autres.

•.- Qu’est-ce qui vous plaît dans « Aux frais de la princesse », la pièce que vous viendrez jouer à Reims en janvier prochain ?

J’ai trouvé le texte drôle, cocasse, gouleyant et très efficace ! Je ne cache pas préférer aux drames les pièces comiques et populaires dans lesquelles je rentre très facilement. Et puis, j’étais ravie de jouer avec Jean-Pierre Castaldi qui, malgré son côté imposant, est un grand timide et quelqu’un de très attendrissant. Entre nous, il y a d’ailleurs eu un rapport immédiat de sympathie. On a tout de suite su que la mayonnaise allait prendre entre nous !

•.- N’êtes-vous pas fatiguée de faire la promotion de vos spectacles ?

Non, c’est un bonheur de faire la promo et puis ça me sort de chez moi ! (rires). La première de la pièce a eu lieu il y a un mois et la tournée est programmée jusqu’à au moins mai 2017. Reims, comme Deauville, n’est pas considérée dans le métier comme une ville facile car soi-disant un peu froide. D’où l’importance de venir en parler et d’entrer en contact avec les personnes susceptibles d’être intéressées.

•.- Les plus jeunes vous connaissent surtout pour votre rôle d’Huguette dans « Scènes de ménages », une série qui remporte un gros succès sur M6. Tournez-vous encore de nouveaux épisodes ?

Oui ! On vient de terminer la 8e saison et on entamera prochainement une 9e saison. Depuis le début de la série, on comptabilise déjà plus de 1 000 épisodes !

•.- Qu’est-ce qui vous plaît dans cette aventure télévisuelle ?

J’adore tout simplement Gérard Hernandez, avec qui je forme le couple ! Gérard, c’est d’ailleurs un complice de toujours. Entre deux grands projets, on a fait ensemble du doublage, notamment pour La croisière s’amuse. Je continue d’ailleurs aujourd’hui de doubler des sitcoms comme Malcom.

•.- Le couple formé par Huguette et Raymond, vous le trouvez crédible ?

Absolument. Je dirais même que c’est le couple le plus crédible de la série. Car derrière les petites vacheries et les engueulades, il y a de l’amour, comme chez tous ceux qui vivent ensemble depuis de très longues années.

•.- Dans quel état d’esprit travaillez-vous ensemble ?

Avec Gérard, on cherche toujours l’authenticité mais aussi l’humour. Ce n’est pas tous les jours facile car c’est physique de tourner un long plan fixe, face à une caméra. Seuls des comédiens de théâtre peuvent le faire. Cela dit, cela nous maintient en état de marche !

•.- Quel regard portez-vous sur votre carrière au théâtre, au cinéma et à la télévision ?

Ce que je n’oublierai jamais, c’est ma rencontre avec Réné Simon qui, je n’ai pas peur de le dire, m’a sauvée. Le théâtre que j’ai découvert sur le tard, à 25 ans, a été pour moi une véritable thérapie.

« Avec le recul, je continue de penser que c’est René Simon qui m’a mise au monde »
Marion Game

•.- Quelle jeune femme étiez-vous quand vous avez rencontré René Simon ?

J’arrivais du Maroc où la vie était plus facile, plus chaleureuse… Je me souviens notamment de la froideur de la gare Montparnasse où j’ai débarqué. Mal mariée, j’ai vite déprimé dans ma banlieue. C’est mon médecin de l’époque qui m’a conseillée d’essayer le théâtre.

•.- Le théâtre vous a-t-il rapidement fait du bien ?

À vrai dire, il m’a fallu un peu de temps pour oser entrer au cours Simon. Je me rendais devant la porte et, morte de trouille, je repartais. Un jour, j’ai poussé la porte et c’est René Simon lui-même qui m’a accueillie. Il m’a rassurée sur le fait que j’étais plus âgée que les autres. Je me suis alors lancée. Par chance, je me suis vite sentie comme un poisson dans l’eau. Je me sentais ouverte à tout et j’avais une vraie soif de rattraper le temps perdu. Mes difficultés, qui m’avaient sans doute fait mûrir plus vite que les autres, m’ont d’ailleurs permis d’aller vite. Avec le recul, je reste convaincue que c’est René Simon qui m’a mise au monde.

•.- Comment les choses se sont ensuite enchaînées pour vous ?

J’ai eu la chance de faire de belles rencontres. Jacqueline Maillan, pour qui j’avais une immense admiration, m’a prise en affection. Un jour, alors que j’avais été la féliciter dans sa loge, elle m’a dit : «La prochaine Madame Sans-Gêne, ce sera toi !» Finalement, c’est Clémentine Célarié qui a repris le rôle mais je ne lui en ai pas voulu. Car j’ai eu la chance de jouer avec les plus grands dont Michel Serrault qui m’appelait la môme…

Valérie Coulet

Extraits de l' union du 18/12/2016

  

    

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Geluck

L’humour n’est pas une valeur partagée par tous


Parmi les projets de Philippe Geluck, ouvrir un « musée du Chat » à Bruxelles.

Bande dessinée Le père du Chat publie un album dans lequel il a choisi, plus que d’habitude, de manier l’humour noir   sur quelques thèmes dramatiques de l’actualité. Le dessinateur belge revient sur ses trente ans de succès. 

Vous signez votre 21 e album. Avec certains dessins d’actualité – sur les migrants, le mariage forcé – vous êtes clairement du côté de l’humour noir…

C’est quelque chose que j’ai déjà fait pour Siné Hebdo etSiné Mensuel mais également dans les albumsGeluck se lâche et Geluck enfonce le clou. J’y ai même fait des dessins assez insoutenables !

N’avez-vous jamais peur de choquer ?

Si, c’est une question que j’ai toujours à l’esprit. Mais je montre une vérité. Le dessin sur les migrants, que j’ai fait il y a deux ans – on y voit des gens de couleur accrochés à des débris de bateau croisant des touristes allongés sur des matelas gonflables devisant sur la qualité de la nourriture, le tout chapeauté d’un « Bonnes vacances à tous » – a même depuis rejoint la réalité : cet été, des dizaines de migrants ont échoué sur une plage espagnole sous les yeux des touristes éberlués…

Vous n’avez jamais regretté un dessin ?

Une fois, il y a trente ans. J’avais dessiné un père radin qui avait eu un enfant mort-né et mettait dans le même faire-part, « Monsieur et Madame Machin ont la joie de vous annoncer la naissance ET la profonde douleur de vous informer du décès de… ». Sauf qu’un homme a appelé le journal pour dire son choc, car il était concerné. Bien sûr, ce dessin se moquait de l’avarice, pas de cette situation douloureuse. Et je ne peux pas prendre en compte toutes les configurations dramatiques de la vie, sinon je ne peux plus parler de rien. Mais pour cet homme, je l’ai regretté.

Vous rappelez-vous comment est née la figure du chat ?

Elle est apparue pour la première fois sur mon faire-part de remerciements de mariage, en 1980 ! Cette idée de gros chat est un souvenir d’enfance. À l’époque, nous partagions à Bruxelles une maison avec une autre famille, propriétaire d’un chat obèse baptisé « Passepartout». Cet animal me faisait rire car il était vraiment mal nommé : avec son embonpoint, Passepartout ne passait nulle part ! Ce chat est resté comme une figure marrante. Je l’ai donc utilisé sur ce faire-part de remerciements, puis sur celui de la naissance de mon premier fils. Et quand, dans la foulée, j’ai postulé pour collaborer au journal belgeLe Soir, j’ai repris cette figure de chat, je l’ai mise debout, lui ai mis une cravate et hop, le Chat était né !

Vous avez ensuite travaillé trente ans au Soir.

Oui, en 1983, ils avaient lancé un concours pour trouver leur dessinateur. Les dessins devaient être rendus le 4 mars 1983 au plus tard et, comme à mon habitude, j’ai rendu ma copie dans l’urgence, le 3 au soir. Ce qui est drôle, c’est qu’à 22 h 30, au moment où j’envoyais mon Chat, Hergé s’éteignait dans un hôpital bruxellois… J’ai remporté le concours et j’ai fourni un dessin par semaine, sans lien avec l’actu, en illustration d’un sujet «froid ». Au début, mon humour ne faisait pas l’unanimité à la rédaction. Jusqu’à ce qu’un sondage auprès des lecteurs montre que les articles illustrés étaient les plus consultés…

Mon petit-fils aîné est très client de mes conneries  mais je suis aussi fan des siennes !

Dans « Chacun son chat », vous moquez la burqa… mais vous vous étiez prononcé contre la une de « Charlie Hebdo » publiée une semaine après l’attentat (le prophète Mahomet brandissait une pancarte « Je suis Charlie ». Au-dessus de lui, trois mots : « Tout est pardonné »)…

C’est vrai. Je considérais que l’humour n’était pas une valeur partagée par tous et qu’en dessinant Mahomet on allait heurter les musulmans, des gens qui n’avaient rien à voir avec les attentats et les condamnaient. Je trouvais ça dangereux tout en admirant le courage de Charlie Hebdo. On m’est alors tombé dessus. Je me dis aujourd’hui que j’aurais peut-être dû attendre pour m’exprimer, que l’émotion était trop vive. Quant à railler la burqa, c’est différent : je titille la religion, pas un dieu.

Comment avez-vous vécu l’attentat contre Charlie ?

Comme un immense choc, d’autant que je connaissais personnellement ces gens. J’ai pleuré pendant une semaine. Puis j’ai dessiné. Des choses qui sont parues dans la presse mais ne figureront pas dans mes albums. Je ne voudrais pas qu’on me reproche de faire de la récupération.

Vous faites rire vos lecteurs, mais qu’est-ce qui vous fait poiler, vous ?

Mes petits-enfants. Mon petit-fils aîné est très client de mes conneries, mais je suis aussi fan des siennes ! J’aime aussi beaucoup les dessins de Chaval, un dessinateur d’humour aujourd’hui décédé, qui a notamment publié dans Paris Match. Reiser me fait aussi marrer, ou Lefred Thouron du Canard enchaîné. Et je suis très fan de Desproges !

Qui est le Chat ? Un citoyen, un militant ?

Ce n’est pas un militant mais à travers lui, j’exprime mon attachement à la justice sociale ou à l’écologie. Mes idées transparaissent dans les albums !

Vous êtes d’ailleurs impliqué dans de nombreux projets à visée caritative…

Oui, je suis impliqué dans pas mal de choses. Mais c’est compliqué de parler de ce qu’on fait pour ces causes auxquelles on croit. C’est à double tranchant : il faut les faire connaître pour qu’elles avancent, mais les évoquer, c’est prêter le flanc aux critiques. Je fais donc essentiellement des choses dans l’ombre. Cela dit, j’ai récemment investi dans un bâtiment pour loger les sans-abri à Bruxelles. Depuis le 18 octobre, sur TF1, les téléspectateurs peuvent aussi découvrir un spot d’animation sur le projet « Mon cartable connecté », qui permet aux enfants hospitalisés de rester en contact avec leur classe via un écran. C’est le Chat qui se charge d’expliquer cela.

Où en est le projet du musée du Chat à Bruxelles ?

Il avance, l’ouverture est prévue en 2020. Nous avons trouvé un bâtiment au cœur du quartier des musées. Le musée, qui emploiera vingt-cinq personnes, s’appellera «Musée du Chat et du dessin d’humour ». On y prévoit donc un espace consacré au Chat, mais aussi un autre en forme d’hommage aux dessinateurs humoristes tels que Siné, Sempé, etc. et enfin un dernier autour du chat, l’animal, dans l’art. On espère attirer au moins 150 000 visiteurs par an. Il n’y a aucune visée lucrative, puisque chaque euro encaissé sera réinvesti dans le musée.

Le Chat a montré sa bouille sur de nombreux supports. Y a-t-il des propositions que vous avez refusées ?

Celle d’une célèbre marque de nourriture pour chat qui me poursuit de ses assiduités depuis des années ! Mais j’ai toujours refusé. L’argent n’a jamais été un moteur.

Anne-Sophie DOUET (ALP)

« Chacun son chat », éditions Casterman, 48 pages, 11,95 €.

 Extraits de l' union du 23/10/2015

au passe, présent et futur

Philippe Geluck fête ses 40 ans de carrière et nous offre un 20e album tonitruant, Le Chat fait des petits. Interview d'un humoriste plus en forme que jamais.


Pour fuir l'ennui et revenir avec plus de dérision chaque fois. Philippe Geluck a pris l'habitude de s'accorder des pauses. AFP

Le Chat n'a pas encore son musée, mais le maître a déjà une entre au dico Larousse et des titres en pagaille : chevalier et commandeur d'ordres divers et variés, école, rue, astéroïde à son nom et prix multiples. Philippe Geluck est une star de l'humour absurde, une vedette de la dérision surréaliste et une des personnalités préférées des Belges !

Cela fait quarante ans que cela dure sans que nul ne s'en plaigne, ni les fans de ses émissions télé et radio, ni les lecteurs du Chat, ni les amoureux de peintures et sculptures, ni les groupies de ses séquences vidéo et de son appli iPhone. Cet enthousiasme pro-geluckien n'est pas près de s'arrêter. La jeune génération s'y est mise. Il est vrai que notre homme reste pareil à lui-même, tout en se renouvelant, comme on le découvre dans son vingtième album Le Chat fait des petits, un coffret contenant trois carnets, Les desseins du Chat, Prêchi-prêcha et Le Scrabble du dimanche. Le Geluck du 3e millénaire est arrivé. Comme ille dit lui-même dans La Gazette du Chat, ce hors-série papier offert avec le 'nouvel album, « Geluck est comme un moteur qui, en tournant, produirait de l'essence. Il a inventé le mouvement perpétuel du gag. »

« Chaque année, je me dis que je vais ralentir le rythme et, chaque année, je j’entreprends davantage »

.- Quarante ans de carrière! Comment vivez-vous cela ?

 Je suis le premier surpris ! Ces années sont passées comme un souffle. Je ne regarde jamais dans le rétroviseur mais plutôt vers les quarante prochaines années. Je ne vois pas le temps passer sauf quand je suis avec mes petits-enfants. j'éprouve alors un sentiment d'urgence. Le temps qui se rétrécit est l'occasion de bien gérer les années futures. Chaque année, je me dis que je vais ralentir le rythme et chaque année j'entreprends davantage.

•.- Quels moments émergent-ils quand vous regardez en arrière ?

 Ce sont d'abord des moments personnels, la rencontre avec mon épouse et la naissance de mes deux enfants. Au niveau professionnel, le premier moment fort qui me vient à l'esprit est la grande exposition qui, en 2003 s'est tenue à Paris pour les 20 ans du Chatà l'École nationale des Beaux-Arts car elle fut une somme de toute ma vie.

Mais si je retiens aussi les immenses fous rires que j'ai eus avec Jacques Mercier et Marc Moulin lors du Jeu du dictionnaire. Il y a encore toutes les « premières fois » : le premier dessin publié à 16 ans, le premier livre du Chat en 1986. Le livre plus que la publication dans un journal vous donne Un sentiment fugace d'éternité .

•.- L'humour est le fil rouge de votre carrière. Est-il congénital, comme l'affirme' le médecin d'un de vos dessins ?

Sans doute. L'humour est une forme d'esprit, un don qui se cultive et qui est transmissible par l'exemple. Mon père était un rigolo, mon grand-père a toujours fait rire  tout le monde ct mes enfants me font beaucoup rire. Tous deux sont complices en humour et ont une approche différente de la mienne.

•.- Ces quarante années de carrière sont marquées par des ruptures. Vous avez décidé d’arrêter le théâtre, la télé, la radio, la publication des dessins du Chat dans les journaux ... ?

Au départ, ces ruptures étaient instinctives. J'ai un sixième sens qui m'alerte et me dit que l'ennui pourrait commencer à poindre son nez.je ressens à chaque fois l'envie de faire moins et, à chaque fois, après chaque rupture, j'en fais plus.

•.- En 2019 s'ouvrira le Musée du Chat au centre de Bruxelles, non loin du Musée Magritte et de Bozar. Qu'est-ce qui vous a motivé à vous lancer dans un tel projet ? L'ambition ?

Ce n'est pas une question d'ego. Quand j'ai monté l'exposition à Paris, j'ai vu tant de gens sortir heureux, avec le sourire, et m'écrire des mots gentils, que j'ai le sentiment de pouvoir créer un lieu joyeux, fraternel et , généreux dédié au Chat et au dessin, d'humour de personnalités comme Sempé, Siné, ou au dessin d'aventure comme Hara-Kiri. Ce ne sera pas un musée à ma gloire - je ne vais pas m'épargner - ni un lieu compassé comme le Musée Hergé, mais un espace vivant, exigent et populaire. Avec ce musée, je voudrais rendre à tous la chance que j'ai eu dans mon parcours.

« J'évite d'insulter les honnêtes gens »

Le présent, c'est le Chat fait des petits qui s'ouvre sur une thématique religieuse. Ce 20° album consacre d'ailleurs pas mal de dessins au problème de l'extrémisme religieux, Est-ce une réaction de votre part après la tuerie de Charlie Hebdo?

La tuerie de Charlie Hebdo m'a anéanti et les critiques dont j'ai fait l'objet sont peu de choses en regard de cela.je n'ai pas eu le sentiment d'avoir dit des conneries mais d'avoir participé au débat. Il est paradoxal de se faire ainsi tacler par des défenseurs de la liberté d'expression. J’ai d'ailleurs reçu des dizaines de milliers de mots de soutien. J'ai dit à ce moment, et je le redis aujourd'hui, que faire des caricatures du Prophète n'est pas utile en ce moment. Je sais que les caricatures de mes camarades visent les intégristes et les fondamentalistes, mais en les faisant, ils blessent des millions de musulmans pacifiques, Il faut prendre cette donnée en considération. La presse satyrique doit tenir compte de l'évolution du monde. Elle ne s'adresse plus à un public averti qui connaît la liberté de la presse depuis longtemps, mais aujourd'hui, via internet, elle est accessible à tous, à des lecteurs ignorant tout du second degré. Nous avons le devoir de réfléchir à cela. Cette liberté d'expression est-elle applicable de façon identique dans tous les pays ?  La Question se pose sans que j'aie de réponse, ni de solution. Mais je conserve ma ligne éditoriale, je reste fidèle à mes convictions et à mon sens de la dérision: je fais des dessins sur la religion et sur l'islam, mais j'évite d'insulter les plus faibles, les honnêtes gens. Je préfère blesser les puissants et les méchants. Et puis, toucher au sacré de l'autre est ce qu'il y a de plus violent.

Propos recueillis par Joëlle SMETS

Le Chat fait des petits. Ed. Casterman. 2015

 Extraits de l' union du 11/10/2015

  

    

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Philippe GILDAS

 à jamais Nulle part ailleurs

Modèle pour toute une génération de journalistes de l’audiovisuel et animateur culte   de « Nulle part ailleurs » sur Canal+, Philippe Gildas s’est éteint à l’âge de 82 ans


Grand collectionneur de guides de voyage et bavard impénitent, Philippe Gildas affichait un regret : ne pas avoir été  reporter. AFP.  

GILDAS , UN PSEUDO

*.- PHILIPPE LEPRÊTRE est né le 12 novembre 1935 à Auray dans le Morbihan. Fils de notaire, il est l’aîné d’une fratrie de sept garçons.

*.- À LA FIN DES ANNÉES CINQUANTE , étudiant en lettres classiques à la Sorbonne, il comprend qu’il n’est pas fait pour le professorat et s’oriente vers le journalisme sur les conseils de Jean Yanne, Breton comme lui. Il entre comme secrétaire de rédaction au journal Combat, puis à Radio Luxembourg, l’ancêtre de RTL.

*.- ENCORE SOUS LES DRAPEAUX, il doit choisir dans l’urgence un pseudonyme un soir où il prend l’antenne pour boucher un trou. Ce sera « Gildas », le prénom de son fils aîné. Il y crée la matinale, dont il sera un des piliers, à RTL puis Europe 1, où il rencontre sa seconde épouse, l’animatrice Maryse.

Des fous rires mémorables et une légendaire gentillesse : Philippe Gildas, grande figure des médias et visage emblématique du Canal+ des années quatre-vingt-dix, est mort dans la nuit de samedi à dimanche à l’âge de 82 ans.

L’animateur, père de trois fils, est décédé à Paris des suites d’un cancer, a annoncé son ami Antoine de Caunes, avec qui il a coaniméNulle part ailleurs.

« Il a inventé une forme de journalisme en dépoussiérant l’information à la télévision, en l’ouvrant à toutes les cultures, sur l’actualité de la vie, jusqu’à son apogée professionnelle à Canal, mais aussi à Europe 1. C’était un journaliste indépendant avant tout, et un exemple d’amitié » , a confié Michel Denisot, autre figure de la chaîne.

Canal+ lui rend hommage en diffusant, aujourd’hui à 17 h 45 en clair, le portraitUn homme formidable

« Je ne vais pas vous raconter sa vie, elle vous a si longtemps accompagné. Quel homme extra il était et pourquoi on l’aimait tant, vous le savez ou le devinez aussi […] Pour l’heure, la tristesse » , a tweeté l’ex-patron de Canal+ Pierre Lescure qui l’a invité à le rejoindre, en 1985, dans l’aventure de la première chaîne privée de France qui vient de naître.

Philippe Gildas teste un talk-show qui mélange journalisme et divertissement en milieu de journée avec « Direct », avant de s’installer, deux ans plus tard, en face des JT de 20 heures en montrant ce qu’on ne trouve… « nulle part ailleurs ».

« Il a été découvreur de talents et ils étaient tous là, ils sont venus le voir. Merci à tous, ça réchauffe, ça fait du bien », a dit sur Europe 1 son épouse Maryse Gildas.

Diplômé du Centre de formation des journalistes (CFJ) de Paris, Philippe Gildas commence sa carrière au légendaire journal Combat comme secrétaire de rédaction, avant d’entrer à Radio Luxembourg, l’ancêtre de RTL. Passé par France Inter et Europe 1, il travaille aussi à l’ORTF, où il suit, en 1969, Pierre Desgraupes pour monter la rédaction de la première chaîne. Il y présente le journal télévisé, grand-messe dont il contribue à fixer les règles en tant que rédacteur en chef. Il œuvre ensuite sur TF1 puis Antenne 2, mais c’est à Canal+, que ce Breton deviendra une star de la télé.

Son émission Nulle part ailleurs, diffusée tous les soirs en clair de 1987 à 1997, reste l’une des plus emblématiques de la chaîne cryptée. C’est notamment là que la bande d’humoristes des Nuls a fait ses débuts, mais aussi celle des Deschiens, l’acteur Benoît Poelvoorde, les marionnettes des Guignols, Groland ou encore la séquence du Zapping.

UNE EMPREINTE INDÉLÉBILE

« Philippe Gildas laisse une empreinte indélébile sur Canal+ où il a produit et animé de 1985 à 2002 des émissions d’actualité, des débats, et bien entendu, pendant dix saisons, Nulle part ailleurs qui a révolutionné le genre du talk-show en France », a salué la chaîne cryptée, qui lui rendra hommage en diffusant, aujourd’hui à 17 h 45 en clair, le portrait Un homme formidable, raconté par Antoine de Caunes. « Il a marqué son époque par son talent, son grand professionnalisme et sa légendaire gentillesse », a tweeté le directeur des antennes de Canal+ Gérald-Brice Viret.

De très nombreuses personnalités de l’audiovisuel ont salué sa mémoire, comme Jean-Pierre Elkabbach qui s’est dit « bouleversé et secoué » par la mort « d’un grand seigneur des médias et un prince de l’amitié » , tandis que Jean-Pierre Foucault a souligné « la bienveillance même. L’empathie, l’intérêt pour les autres, la passion pour son métier ». Patrick Poivre d’Arvor a mis en avant « un modèle, un exemple pour toute une génération d’hommes et de femmes de notre profession » .

IL A MARQUÉ L’HISTOIRE DE LA RADIO ET DE LA TÉLÉVISION

Les patrons de chaînes et de radio, Delphine Ernotte (France Télévisions), Nicolas de Tavernost (M6) pour le groupe TF1, Laurent Guimier (Europe 1) mais aussi le CSA ont salué la mémoire de cette « grande figure des médias, qui a marqué l’histoire de la radio et de la télévision ».

Outre les années Canal+, Philippe Gildas a également lancé le Top 50, première mesure des ventes de disques en France, sur Europe 1 et Canal+, « qui révolutionnera la filière musicale », a rappelé le producteur Pascal Nègre.

Sur Europe 1, c’est aussi Philippe Gildas qui fit revenir Coluche et l’aida à monter les Restos du Cœur. Après avoir pris les rênes d’i-TELE, il a lancé en 2007 la chaîne Vivolta, dédiée aux seniors.

Plus récemment, il avait animé une émission sur la chaîne Comédie et été chroniqueur dans l’émission de Cyril Hanouna sur Europe 1, Les Pieds dans le plat (2013-2014).

Le monde politique a aussi rendu hommage au journaliste : « Philippe Gildas a su transgresser les codes, innover, faire rire et faire réfléchir. Par sa bienveillance il a créé un lien d’affection avec les Français » , a salué le ministre de la Culture, Franck Riester.

Extraits de l' union du 29/10/2018

  

    

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 Danièle GILBERT

Animatrice au cœur gros comme ça !

« Il faut que je vous raconte… » est plus qu’un livre, c’est le témoignage vibrant   de l’une des personnalités préférées des téléspectateurs.


« J’estime que j’ai eu beaucoup de chance.»

BIO EXPRESS

*.- DANIÈLE GILBERT est née le 20 mars 1943, à Chamalières (Puy-de-Dôme).

*.- ANIMATRICE DE TÉLÉVISION, elle débute en 1964 à Télé Auvergne puis sur la Première chaîne de l’ORTF dès 1967. Le 6 janvier 1975, date de création de TF1, elle anime quotidiennement et en direct Midi Première, avant d’être limogée en décembre 1982.

*.- LA TRAVERSÉE DU DÉSERT. Elle participe à des animations dans des centres commerciaux, supermarchés, galas, foires-expositions et foires à la brocante, où elle gagne mieux sa vie qu'à la télévision, et enregistre des chansons.

*.- INCULPÉE EN 1989 D'ESCROQUERIE et de publicité mensongère pour avoir vanté les mérites de la « bague de Rê », elle séjourne sept jours en prison et est condamnée en 1991 à 6 mois avec sursis et 200.000 francs d'amende.

*.- EN 1993, ELLE ANIME À LA RADIO avec Didier Gustin une émission quotidienne sur RMC, Tout le monde déguste, suivie en 1994 de Allô Danièle.

*.- SES TENTATIVES DE RETOUR À LA TÉLÉVISION en tant qu'animatrice se soldent par des échecs.

*.- EN 2000, elle rejoint alatele.com, chaîne Internet lancée par Michel Field.

*.- EN 2016-2017, ELLE EST TÊTE D'AFFICHE de la pièce de théâtre « Lit d'embrouilles ».

Vous écrivez « Les gens font partie de ma famille de cœur. Ils sont mes petits bonheurs. »

Je le pense sincèrement. Encore aujourd’hui, partout, les gens me témoignent leur affection. Ils me donnent de la force. Parfois, ils me font pleurer tellement ils sont gentils et sincères. Vous savez, au travers de ce livre, j’essaye aussi de dire que l’être humain est vraiment ce qu’il y a de plus beau dans la vie.

Votre livre aurait pu s’appeler « Le verre à moitié plein »

Je persiste à dire que le bonheur est dans les petites choses de la vie, et surtout dans l’être humain ! Je ne vis pas dans un monde de Bisounours mais je reste une éternelle optimiste. J’essaye de zapper tout ce qui est toxique. Je tiens cela de mes parents. Mon papa a été un enfant abandonné, il a souffert d’un manque d’amour terrible. Plus tard, il a été déporté. Il est revenu de Dachau à 30 ans, il pesait 25 kg pour 1,75 m. Malgré tout ce qu’il a vécu et subi, il était l’être le plus optimiste et le plus joyeux que je connaisse. Après ça, comment voulez-vous que je sois négative !

Si les gens vous aiment autant, n’est-ce pas parce que vous êtes restée une personne authentique ?

Je n’en sais rien, c’est à eux qu’il faut poser la question. Ce qui est sûr, c’est que je suis la même dans les médias et dans la vie. Je ne triche pas et je n’ai jamais joué la comédie. Sauf sur scène, au théâtre!

Qu’est-ce qui vous intéressait, avant tout, chez les artistes que vous receviez dans vos émissions ?

J’ai une passion pour tout ce qui est artistique et, qu’elle que soit la discipline de l’artiste, ce qui m’intéresse c’est ouvrir une petite porte sur le non-dit. J’estime qu’on apprend toujours quelque chose de chaque être humain, qu’il soit connu ou inconnu, artiste ou pas ! Les petits moments passés avec les gens m’instruisent. Aujourd’hui, les animateurs ont trop tendance à faire le show à la place de leurs invités. Dans mes émissions, mon rôle était de mettre les autres en valeur, sans jamais me mettre en avant ! Je me considérais comme une téléspectatrice privilégiée, parce que proche des artistes…

Quel regard portez-vous sur la télé d’aujourd’hui ?

Je la regarde surtout en replay car je manque de temps. J’aime The Voiceet Danse avec les stars. Je regarde un peu moins On n’est pas couchédepuis qu’il y a Christine Angot. Je n’aime pas la méchanceté fabriquée pour se créer une personnalité. Ça ne sert à rien. J’apprécie beaucoup Thierry Ardisson parce qu’il a apporté quelque chose à la télé. J’aime les gens qui ont des aspérités. Les gens lisses ne sont pas intéressants.

Durant les années soixante-dix, vous avez animé l’une des émissions phares de la télévision. Comment viviez-vous cela ?

J’ai toujours dit que faire une émission comme Midi Première, c’était une pièce supplémentaire dans l’appartement de ma vie. Je partais en repérages avec l’équipe technique le week-end. On visitait cinquante lieux pour en choisir cinq. Je connais presque toutes les montagnes, les grains de sable et les brins d’herbe de France et de Navarre ! On travaillait tout le temps. On partait à 5 heures du matin pour chercher les lieux les plus télégéniques. Je voulais partager ces beaux endroits avec les téléspectateurs. J’estime que j’ai eu beaucoup de chance. On me l’a fait payer !

Que se passe-t-il fin 1981 ?

Quinze jours avant la dernière émission, j’apprends par le journal France Soir que je suis virée ! Tout cela, c’était politique. Vous savez, le problème, c’est que je venais de Chamalières (la commune de Valéry Giscard d’Estaing). Ce fut un défaut imparable quand la gauche est arrivée au pouvoir. L’émission marchait très bien (entre 14 et 18 millions de téléspectateurs chaque jour). La tranche horaire était excellente, donc on me l’a prise pour y placer les copains mais ils se sont bien cassé la figure !

On voulait la tête de Danièle Gilbert?

Oui, sans doute. Le problème c’est que je n’ai jamais été pistonnée. Je suis arrivée à la télévision par hasard, grâce à un concours. J’ai pu continuer ce métier car le public m’a toujours soutenue et plébiscitée. Christine Gouze-Rénal, la belle-sœur de François Mitterrand, m’a laissé entendre qu’en disant du bien du Président dans une interview à Paris Match, je pourrais obtenir une nouvelle émission. Moi, je voulais qu’on me donne du travail pour mes compétences, pas en employant des moyens détournés ! Le Canard enchaîné a écrit que la moitié du courrier que recevait François Mitterrand déplorait l’éviction de Danièle Gilbert ! À l’époque, j’ai reçu beaucoup de témoignages de soutien de la part du public et des artistes.

Vous avez eu un projet de programme court.

Oui, Le journal des bonnes nouvelles. Patrick, l’homme de ma vie, en avait trouvé le titre. Je le voulais comme une piqûre d’optimisme, en opposition aux chaînes d’infos qui nous balancent des morts à longueur de journée. Je sais que le drame fait vendre. On vit dans un monde bouleversé, en pleine mutation, mais je persiste à dire qu’on vit une époque formidable !

J-M POTTIER

Extraits de l' union du 22/01/2017

  

    

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Jean-Jacques Goldman  

« Pourquoi il ne chantera plus »

 Alors qu'il vient de s'installer à Londres, son ami et complice Fred Hidalgo retrace dans un livre la vie et le parcours de cet artiste secret qui a toujours fui le star-system


Jean-Jacques Golman sur scène en 2014, Michael Esdourrubailh/Le Midi Libre

•.- Fred Hidalgo, votre amitié avec Jean-Jacques dure depuis plus de 30 ans. Pourquoi avoir attendu si longtemps avant de lui consacrer un ouvrage ?

Parce qu'au départ, je voulais l'écrire avec lui, à quatre mains. Mais il n'était pas du tout partant. Il m'a dit : « Écoute, tu me connais, jamais je ne participerai à un ouvrage me concernant. Mais si tu veux écrire un livre sur moi, fais-le. Ce sera le tien et on n'en parlera plus. » Écrire une biographie journalistique détaillée ne m'intéressait pas. J'ai donc eu l'idée de travailler à partir des nombreux entretiens exclusifs que nous avons eus pendant 30 ans. C'est un récit et un témoignage, à la fois personnel et professionnel, qui s'étale sur plusieurs décennies, avec des confidences et beaucoup d'anecdotes. En décembre 1985, il avait été touché par un dossier que je lui avais consacré dans ma revue « Paroles et Musiques ». Des liens de confiance et une amitié se sont très vite tissés au fil du temps. Je suis devenu son interlocuteur privilégié.

•.- Pourquoi est-il si réticent à I’idée de faire un livre ?

Jean-Jacques est quelqu'un de simple, de discret et de très humble. Il déteste qu'on parle de lui parce qu'il estime qu'un chanteur ne mérite pas toutes les flatteries, les louanges et l'attention qu'on peut lui porter. Il me disait souvent que des gens illustres comme l'abbé Pierre ou le Dr Schweitzer méritent qu'on écrive sur eux, mais qu'il faut relativiser parce que les chanteurs ne font que des « chansonnettes ». Je peux même vous dire que de tous les livres qui sont parus sur lui. il n'en a pas Iu un seul. À propos des hommages, à l'occasion de ses 65 ans, il m'a dit : « Comme d'habitude, je ne regarderai pas les documentaires et je ne lirai pas les articles ni les livres qui paraîtront !» Ce n'est, évidemment, pas du mépris. Jean-Jacques est comme ça : il pense juste qu'il ne mérite pas ça. J'ajoute qu'il n'aime pas se voir ni s'entendre, Il n'écoute jamais ses disques, par exemple, Il me dit : « Quand j'entends l'une de mes chansons à la radio, à ce moment-là, j'écoute parce que je suis interpellé. Je me remets alors dans le contexte de l'époque où je l'ai écrite, Je me dis parfois : « Tiens, ça fonctionne pas mal » ou « là j'aurais dû faire telle chose pour l'améliorer. »

•.- Qu’est-ce qui vous a séduit chez-lui ?

Au début des années 80, quand les chanteurs étaient dans la revendication et levaient le poing, il faisait passer un tout autre message. Le sien, c'était plutôt de ne jamais chercher un bouc émissaire mais d'essayer d'arriver, par soi-même, à forger son propre destin. Personnellement, ce « message positif, qui s'adressait à la jeunesse de l'époque, me séduisait énormément. Et puis, quand j'ai rencontré l'homme, découvert quelqu'un d'absolument délicieux à tous points de vue, Il est d'un naturel empathique envers les gens, il est très attentif aux personnes qui le suivent. Il a, par exemple, toujours pris la peine de répondre lui-même à son courrier. Vous savez, c'est quelqu'un qui n'a jamais triché ni déçu qui que ce soit.

•.- Est-ce pour ces raisons qu'il est devenu aussi populaire ?

Oui, et pour ses chansons bien entendu, Il faut tout de même revenir à l'essentiel. Pour moi, Jean-Jacques est un magicien de la chanson, parce qu'il a l'art de créer des mélodies qui entrent dans l'oreille et dans le cœur des gens, avec des paroles qui parlent de solidarité et de choses positives et constructives. C'est aussi quelqu'un qui met à égalité les paroles et la musique. Donc, jl y a d'abord ses chansons, c'est sûr, et puis sa discrétion, qui est unique. Je pense qu'il n'y a dans l'histoire, aucun autre chanteur, avec une telle carrière et une telle notoriété, qui soit resté aussi discret que lui.

•.- Comme pour Jean Ferrat, diriez-vous qu'il a « signé un bail de tendresse avec le public ?

Absolument, parce qu'il est de la même « famille » que Jean Ferrat, dans le sens où il est aussi humble et discret que lui, et qu'il souhaite surtout qu'on parle de ses chansons. Comme chez Brel et Ferrat, Goldman provoque les mêmes sentiments auprès du public. Ce sont des rapports extrêmement affectueux et discrets.

•.- On imagine que pour faire ce mêler très exposé, Il s a dû prendre sur lui …

Quand il travaillait dans le magasin d'articles de sport de ses parents, à Montrouge (en banlieue parisienne, (ndlr), Jean-Jacques écrivait des chansons pour les proposer à des interprètes. Il est presque devenu chanteur par nasard. Encore aujourd'hui, il lui arrive de se demander si tout ça n'a pas été un malentendu. Pour son premier album, le producteur avait dit : j'aime les chansons. Je veux bien faire l'album si c'est le chanteur des maquettes qui les interprète ! » Lorsque Jean-Jacques chantait dans le  groupe Taï Phong, il était d'accord pour chanter sur les disques, pour répéter les morceaux, mais pas question de monter sur scène. C'est comme ç'a qu'il a fait la connaissance, de Michael Jones, qui avait été engagé comme doublure de Jean-Jacques sur scène. Le succès venant, il s'est forcé à faire des concerts pour ne pas trahir les gens qui aimaient ses chansons. Et puis, il a pris goût à la scène au point qu'elle en devienne presque indispensable pour lui.

•.- Comment travaille-t-il avec Céline Dion ?

Jean-Jacques a toujours apprécié les grandes voix. Aretha Franklin était l'une de ses idoles. Quand il a entendu Céline pour la première fois, il a été bouleversé. Lorsqu'il travaille pour les autres, Jean-Jacques a cette faculté incroyable de mimétisme avec l'interprète. Quand il écrit « Encore un soir » pour Céline, c'est comme s'il était dans sa peau. Si elle était auteure, elle aurait pu écrire ce texte. Du jour où il s'est penché sur Céline, il est entré dans sa peau et lui a fait des chansons sur mesure. Et quand ils travaillent ensemble, ce n'est pas à 6.000 kilomètres de distance. Ils sont ensemble dans le studio, Jean-Jacques produit les chansons et lui donne même, quelquefois, des indications sur la manière d'interpréter les morceaux. Entre eux, il y a une amitié très forte qui va bien au-delà du métier.

•.- Qu'est-ce qui a motivé sa décision d'arrêter sa carrière de chanteur en 2002 ?

En fait, il lui a fallu plusieurs années pour se rendre compte que cet arrêt était définitif. Parce qu'au départ, il souhaitait simplement prendre de la distance avec la scène. Ce qui l'a vraiment décidé à tout arrêter, c'est son changement de vie. En octobre 2001, il épouse Nathalie, sa seconde femme. Le couple s'installe à Marseille et donne naissance une fille, Maya. Il y aura ensuite Kimi et Rose. Jean-Jacques s'est alors dit que la vie lui donnait une deuxième chance et qu'il pouvait, cette fois, réussir la vie de famille qui lui avait échappé avec ses trois premiers enfants. Il apprécie de les emmener à l'école et de s'occuper de leurs devoirs.

•.- Et comment interprétez-vous son installation en Angleterre ?

Que ce soit clair : son départ n'a strictement rien à voir avec un éventuel exil fiscal, comme on a pu le lire partout : Jean-Jacques a toujours dit son amour de la France et sa reconnaissance envers le pays qui a accueilli ses parents. Il continuera donc de payer ses impôts dans l'Hexagone. Ça correspond surtout à une envie et un besoin de retrouver l'anonymat le plus complet. Quoi de mieux qu'un pays non francophone où il n'est pas connu ni reconnu ? De plus, l'Angleterre offre des atouts culturels supplémentaires à ses filles, Ieur permettant de découvrir un autre mode de vie et de devenir parfaitement bilingues. Il est probable aussi que le fait que les prochaines élections préidentielles françaises risquent de porter au pouvoir des gens dont il a toujours combattu les idées extrêmes a pu être un élément de plus pour faciliter son éloignement.

•.- Pensez-vous qu'il a définitivement mis un terme a sa carrière ?

Oui, c'est clair. Vous savez, Jean-Jacques m'a dit un jour : « Je suis allé beaucoup plus loin que mes rêves. Jamais je n'aurais rêvé ce que j'ai vécu ».

AU PAYS DE SA· MAJESTÉ

La nouvelle a fait l'effet d'une bombe dans les médias : Jean-Jacques Goldman quitte la France pour Londres. C'était pourtant prévisible. En annonçant son départ des Enfoirés, au printemps dernier, le chanteur avait déclaré : « J'ai l'intention de voyager ! » Alors, Londres serait-elle la première étape avant d'aller plus loin ? L'avenir nous le dira. Pour l'heure, l'interprète de « Je te donne » vient de s'installer, avec son épouse Nathalie et leurs trois filles Maya, Kimi et Rose, âgées de 12, 11 et 9 ans, dans une banlieue résidentielle située à l'ouest de Londres. Pour le chanteur, qui a toujours recherché la tranquillité et l'anonymat, il semblerait que ce choix ne soit pas seulement motivé par l'envie de faire découvrir une nouvelle culture et une autre langue à ses filles, mais aussi par un besoin de prendre du recul par rapport aux prochaines turbulences politiques en France. N'oublions pas que Jean-Jacques Goldman avait mal vécu la polémique autour de la chanson « Toute la vie », qu'il avait composée pour les Enfoirés en 2015. J.-M.P.

« Jean-Jacques Goldman confidentiel., Fred Hidalgo, éd. l'Archipel, 572 p. 23 €.

JEAN-MARIE POTTIER

Extraits de l' union du 22/01/2017

  

    

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 GRAND CORPS MALADE

« Je suis encore comme un gosse »

Après avoir livré un film poignant l'année dernière, « Patients », Fabien Marsaud est parti pour une longue tournée et il a sorti, vendredi, son sixième album.


« 
Je ne remplis pas des Bercy mais partout où je vais, Il y a du monde dans les salles »

Avant son concert dans la région et la sortie de son nouvel album, Fabien Marsaud, alias Grand Corps Malade nous accordé un entretien. Ils se confie avec engouement et sincérité. Deux traits de caractère qui définissent bien le personnage.

Votre nouvel album. « Plan B », sort le 16 février mais vous lancez déjà votre journée. Comment vous sentez-vous ?

Comme à chaque fois, c'est J'impatience qui prédomine. On a dévoilé quelques extraits du nouveau disque et j'ai des retours très positifs. Avec la double activité de la préparation des concerts où l'on fignole tout en résidence, je n'ai pas vraiment le temps de penser à tout ça. Après, quand il sortira, on regardera un peu les ventes en espérant qu'il se classe bien. Les artistes ont du mal a ravouer_ Tout le monde regarde ! S'il en a un qui dit le contraire, je veux bien qu'il vienne me parler. C'est normal qu'on s'intéresse aux scores. On a mis une âme dans un disque. Derrière tout ça, il y a un réalisateur, un producteur, des musiciens. J'ai avant tout l'esprit d'équipe,

Comment allez-vous allier nouvelles chansons et titres déjà connus du public ?

Je l'ai déjà fait pour un précédent album. En concert, tout est axé principalement autour des textes, donc ça se passe très bien. Il y aura une bonne moitié de chansons nouvelles et quelques classiques. De toute façon, je le vois quand les gens découvrent cc que je fais. Les spectateurs rigolent, sont émus. C'est toujours un plaisir de voir ça.

« Les gens ont souvent l'image du siam comme quelque chose d'austère, avec une petite mélodie et ma voix grave »

Vous abordez de nouveaux thèmes comme les migrants et poursuivez avec d'autres qui vous sont chéres. ~amour par exemple. Comment organisez-vous tout cela ?

Les thèmes on n'en manque pas. Il faut trouver le meilleur angle d'attaque, varier les approches. Il faut que ça parle aux gens sans qu'on soit là pour être moralisateur, donner des leçons. Ça, ce n'est pas mon rôle. j'essaye d'avoir le maximum de justesse lorsque j'écris.

Au niveau musical, queUes sont les couleurs de cet album ?

J'ai travaillé une nouvelle fois avec Angelo Foley, qui avait notamment fait la musique de mon film Patients. Je trouve cet album rythmé, chaleureux, ensoleillé. On va trouver des touches de bossa, des notes gypsy.

Cela fait déjà 12 ans que vous tournez. Vous reprenez une nouvelle fols les routes de France. Pas trop difficile ?

Je ne suis pas du-tout blasé. Je suis encore comme un gosse quand je vois la chance que j'ai d'être accompagné par des excellents musiciens, d'avoir des personnes qui se cassent la tête pour me faire de belles lumières.

Après, j'ai fait un choix. Je ne fais P;!S plus de trois dates d'affilée et je rentre quelques jours en famille pour profiter de mes enfants que je veux voir grandir. Cela me permet d'éviter la routine. Après, on, fait tout pour que ça marche.

Vous avez peur que tout s'arrête un jour ?

Je suis un éternel OPtimiste. Je marche beaucoup à l'envie et je n'ai pas peur de la -panne sèche d'inspiration. Je ne remplis pas des Bercy mais partout où je vais, il y a du monde dans les salles.

Vous êtes en concert prochainement dans la rêglon. Qu'avez-vous a dire aux spectateurs ?

Aux habitués, je leur dirai merci pour cette confiance qu'ils ont en moi. Et pour ceux qui ne me connaissent pas, bienvenu ! Les gens ont souvent l'image du siam comme quelque chose d'austère, avec une petite mélodie et ma voix grave.

Et finalement, on est loin de l'austérité. Ça me fait rire quand j'entends : « Mais en fait, vous êtes drôle. » Ma chanson Les Voyages en train m'a donné une image triste. Mais quand je chante en live ma tête, mon cœur et mes couilles, ça débride bien la soirée.

Gauthier HENON

Extraits de l' union du 19/02/2018

  

    

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Daniel GUICHARD

« La politique, c'est pas joyeux »


Daniel Guichard a répondu à nos questions. Et comme d'habitude, il parle sans langue de bois.

« À l'ouverture du premier Restos du cœur, j'ai donné un coup de main à Coluche. Je suis content de l'avoir fait, d'y être allé »  DANIEL GUICHARD

•.- Vous êtes un chanteur engagé, quel regard portez-vous sur la politique d'aujourd'hui ?

Triste. La politique c'est pas joyeux. Il y a des gens qui sont convaincus que les politiciens sont bien et ils ont certainement de bonnes raisons. La politique est nécessaire. Moi, ce qui m'a secoué, c'est que tout le monde s'en mêle, la justice d'un côté et les médias de l'autre. Ils me font marrer car ce qu'on vit là, c'est un beau coup médiatique, Ça me rappelle un film américain où justement De Niro joue avec les médias et là je crois qu'on a fait pareil et ça ne sent pas bon. Tout ça, c'est pas de la politique. Il faudrait que les gens votent pour les programmes et laissent la justice faire son turbin.

•.- Quelles sont vos valeurs ?

C'est l'honnêteté ! C'est pas facile d'être honnête dans le monde où l'on vit. En ce qui me concerne, c'est d'apprendre à mes mômes à être honnête et respectueux des choses. Pour moi l'honnêteté c'est sur la façon d'être, la façon de se comporter dans le respect qu'on a pour soi-même et les autres et sur sa façon d'agir.

•.- Que représente la famille pour vous ?

La famille a toujours été ma priorité. Les mômes n'ont pas demandé à être · là, entre le choix qu'on peut faire de sa vie et le choix qu'on doit faire de ses mômes, il faut assurer même quand on a pas de pognon et qu'on en prend plein la gueule, Il faut au moins que quelqu'un dirige le bateau, De 1970 à 1977, c'est vrai que j'étais un peu con dans la mesure où spectacles et tournées prenaient le dessus sur ma vie familiale. Quand je me suis aperçu de ça, je n'ai jamais recommencé,

•.- Côté humanitaire, vous êtes actif sur le terrain, pourquoi ne participez-vous pas aux Enfoirés ?

A l'ouverture du premier Restos du cœur, j'étais allé donner un coup de main à Coluche avec les bénévoles sous le chapiteau et il faisait froid. Je _ suis content de l'avoir fait, d'y être ailé. D'avoir été le parrain des Restas de Toulouse pendant plusieurs années, D'avoir fait des galas tout seul au profit des Restes. Probablement dans les années qui ont suivi. il y a plein de gens qui ont mérité d'y aller, Ce que je retiens de tout ça, c'est que le spectacle rapporte. du pognon et ça, c'est l'essentiel. Pour que les gens puissent manger,

•.- Où avez-vous débuté ?

Dans les cabarets de Montmartre : Je jouais devant 4 à 30 personnes et c'était la même chose au Quartier latin, Le plus gros remplacement que j'ai fait à l'époque, c'était à l'Alcazar de Paris, là y avait du monde, Mais en réalité les gens qui se sont intéressés à moi au début c'était la Belgique et le nord de la France.

•.- Votre air de titi parisien a-t-il été votre meilleure carte de visite ?

C'était plutôt le contraire, ça n'a jamais été un cadeau, On en avait parlé avec Renaud, Les producteurs qui se sont penchés sur Renaud à ses débuts avaient travaillé chez Barclay et ils ont réussi le côté parisien qu'on a raté avec moi. Quelque part, le côté parisien est agaçant.

•.- L’écriture de « La tendresse » a-t-elle été provoqué par un moment particulier de vôtre vie privée ?

L'anecdote est simple, il y avait une musique de Patricia Carli et un texte de Jacques Ferrières qui avait été fait à l'attention de Mireille Mathieu et les paroles n'étaient pas du tout pour moi, j'ai demandé la permission de les virer et je n'ai gardé que le refrain « La tendresse " pour le reste du texte j'ai mis vingt minutes à l'écrire. À l'époque, j'avais 22 ans. Il y a un moment où on ne se prend pas la tête, je ne vais pas dire que ça marche à tous les coups, mais on a plus de chance de sonner vrai.

•.- Vous chantez « Le gitan », vous en sentez-vous l'âme ?

Déjà que je me déplace toujours en camping-car, c'est pas une roulotte, je l'appelle mon camion, mais c'est vrai que je suis un peu sur les routes.

•.- Vous êtes un artisan itinérant dans la chanson, que pensez-vous du téléchargement ?

C'est le monde qui avance, c'est moderne, ça ne concerne pas tout le monde. Mes derniers garçons ne regardent pas la télé. Ils sont sur internet en permanence. Ils choisissent leur style de musique. Ils ont des goûts très éclectiques, mais ils découvrent des choses et me font découvrir d'autres choses et des artistes qui méritent vraiment d'être connus et qui n'ont besoin ni de la radio ni de la télé,

Extraits de l' union du 11/03/2017

  

    

  Répertoire  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

H
Johnny
HALLIDAY -
Carton assuré pour l’album posthume
Immortel

Roger HANIN - Mon deuxième papa

Barbara HENDRICKS -  Je me sens bien acceuillie en France

  Jacques Higelin : Est tombé au ciel

 Gérard Holtz - « Le vélo, j'y crois toujours »

Robert HOSSEIN - « Je rêve de monter à Reims une création d'espoir et de partage »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Johnny  HALLYDAY

Carton assuré pour l’album posthume de Johnny

51 e album de la star décédée le 5 décembre 2017, « Mon pays c’est l’amour » bénéficie, aujourd’hui, d’une mise en place exceptionnelle de 800 000 exemplaires pour sa sortie en France.

 

L’ESSENTIEL

*.- 800 000 EXEMPLAIRES de « Mon pays c’est l’amour », l’album posthume de Johnny Hallyday, sont distribués, aujourd’hui, par sa maison de disques, qui s’attend à un raz-de-marée des ventes.

*.- DIX TITRES composent l’album : « J’en parlerai au diable », « Mon pays, c’est l’amour », « Made in rock’n’ roll », « Pardonne-moi », « 4m2 », « Back in LA » (signée Miossec), « L’Amérique de William », « Un enfant du siècle », « Tomber encore », « Je ne suis qu’un homme ». Auxquels s’ajoute un interlude musical.

Tout sauf un chanteur abandonné : des milliers de fans de toute la France s’apprêtent à se ruer, aujourd’hui sur l’album posthume de Johnny, « Mon pays c’est l’amour», à la mise en place exceptionnelle de 800 000 disques. À album exceptionnel, dispositifs exceptionnel. Warner Music France, la maison de disque du « taulier » depuis 2005, « veut le meilleur comme à chaque fois avec Johnny Hallyday. On espère en vendre le maximum », a déclaré son patron Thierry Chassagne lundi lors de la présentation du disque.

Les fans de la rock star, décédée le 5 décembre 2017 à 74 ans des suites d’un cancer, qui étaient des centaines de milliers à affluer des quatre coins de l’Hexagone le 9pour lui rendre un vibrant hommage populaire à Paris, seront tout aussi nombreux à se procurer son 51 e album.

DES POINTS DE VENTE DÉCUPLÉS POUR FAIRE FACE À LA DEMANDE

Battra-t-il des records de ventes ? Trop tôt pour le dire, mais à titre de comparaison l’opus le plus vendu de Johnny à ce jour est « Sang pour sang » (1999) écoulé à plus de deux millions d’exemplaires. Pour son premier jour de distribution, il s’en était vendu 250 000.

Un chiffre atteignable pour « Mon pays c’est l’amour » en cumulant préventes, ventes physiques (CD, vinyles), téléchargements payants et écoutes en streaming. Pour le disque le plus attendu de l’année, dont la commercialisation a été rendue incertaine pendant deux mois par une action en justice des aînés Laura Smet et David Hallyday, qui réclamaient un droit de regard, finalement refusé par le tribunal de grande instance de Nanterre, les différents points de ventes ont été décuplés pour faire face à la demande. « Nous avons même dû refréner l’ardeur des circuits traditionnels », a affirmé Thierry Chassagne.

Outre les Fnac, Cultura et espaces culturels Leclerc, des enseignes exclusivement agroalimentaires comme Simply Market ou Atac proposeront également le disque sur leurs étalages. Mais l’essentiel se passera logiquement chez les disquaires et vendeurs culturels, dont un certain nombre ont ouvert dès minuit, ce jeudi soir. Parmi eux notamment, la Fnac des Champs-Élysées à Paris, l’espace culturel Leclerc d’Olivet, près d’Orléans, ou encore le Cultura de Claye-Souilly (Seine-et-Marne), qui proposait, à partir de 22 heures, une animation musicale avec un sosie de Johnny et des bikers. « Si on remonte aux cinq, six dernières années, il n’y a pas eu de telle mise en place. Tout cela est étayé par des précommandes considérables, plusieurs milliers rien que chez nous » , affirme Jean-Luc Treutenaere, directeur des relations extérieures de l’enseigne Cultura, qui compte 88 magasins en France. « Mon pays c’est l’amour », qui balaye tous les styles musicaux (rockabilly, blues, rock) abordés par Johnny au cours de ses 58 ans de carrière (110 millions de disques vendus) et devrait à ce titre contenter ses fans, sortira en trois éditions : CD simple, CD collector à tirage limité avec livret, et vinyle couleur blanc.

LA VOIX DE JOHNNY SE FAIT ENTENDRE INTACTE, CLAIRE, PUISSANTE

Il comporte dix chansons (et un interlude instrumental) sur lesquelles la voix de Johnny se fait entendre intacte, claire, puissante, et dont les thèmes lui sont chers, comme l’amour, la mort, la rédemption ou la prison. Un album qu’il voulait taillé pour les stades, et comptait bien défendre sur scène et qui n’a donc rien de testamentaire ni de prophétique.

Deux heures avant sa commercialisation, RTL a organisé des écoutes dans des cinémas CGR de plusieurs villes de France. La plate-forme de streaming Deezer proposait quant à elle l’écoute gratuite et illimitée de l’album au public sur le parvis de la Gare Saint-Lazare à Paris à partir de minuit, sur une grande structure circulaire où il était possible de brancher ses écouteurs. Enfin, pour ceux qui préféraient patienter chez eux, BFM a diffusé une émission spéciale de 23 h 30 à 1 heure. 

Un disque qui pourrait redonner des couleurs à l’industrie musicale


«Mon pays c’est l’amour» comporte dix chansons dans lesquelles Johnny Hallyday chante de sa voix intacte toute la musique qu’il aime, rock, blues, rockabilly. AFP

L’album de Johnny pourrait redonner des couleurs au marché du disque, avec d’autres sorties attendues de poids lourds. Mais pas de quoi modifier profondément une industrie bouleversée par l’irruption du streaming. « On a l’habitude de créer l’événement autour de sorties d’albums. Mais de cette ampleur-là, ça fait quand même quelques années… » , raconte Olivier Garcia, directeur produits à la Fnac. Avec la sortie prévue de « Mon pays c’est l’amour», l’enseigne vient de battre son record de précommandes (25 000) pour une sortie d’album. « On est face à des volumes extrêmement rares » , renchérit Jean-Luc Treutenaere, directeur des relations extérieures de Cultura. « On a pré-vendu 400 albums le soir de l’annonce de Warner » sur le dispositif de mise en vente. Chez Warner Music France, la maison de disque de la star, disparue en décembre 2017, on s’attendait à ce que son album soit disque de platine (100 000 exemplaires) dès sa mise en vente à minuit, par le biais des pré-commandes. A titre de comparaison, il a fallu huit jours à Mylène Farmer pour réaliser une telle performance avec son album « Désobéissance », sorti fin septembre. Le succès de la star rousse, combiné à la sortie fin novembre d’un nouveau Polnareff et au retour, courant novembre, de la chanteuse Zaz et du tandem Bigflo & Oli, pourrait être de très bon augure pour le marché de la musique enregistrée en fin d’année, une période qui lui est traditionnellement favorable. « Quand il y a engouement pour un artiste, cela profite à l’ensemble du secteur, ça donne envie d’acheter des CD » , souligne Olivier Garcia de la Fnac. Cet afflux de poids lourds pourrait aussi « rééquilibrer » le rapport entre streaming et disques physiques, un marché en repli, souligne un très bon connaisseur du secteur.

300 000

« De l’amour », le précédent album de Johnny, paru en novembre 2015, s’était écoulé à plus de 300 000 exemplaires dans les six premières semaines de sa commercialisation. 

 Extraits de l' union du 19/10/2018

   

Johnny  HALLYDAY

Immortel


Le dessin de CHAUNU 

Ses fans pleurent, ses enfants expriment leur douleur et la classe politique salue « un héros français » : la France est en deuil après le décès de sa star, Johnny Hallyday.  

De la période yéyés avec banane blonde et fine cravate, au blouson en cuir du blues rock, en passant par les extravagantes peaux de bêtes des années 1980, Johnny Hallyday a connu de multiples métamorphoses vestimentaires et musicales.

1 - LE KING DES YÉYÉS

En 1959, Johnny Hallyday publie son premier 45 tours, qui porte la mention « Américain de culture française ». Chemise à rayures et déhanchements torrides, Johnny chante des rocks tout juste débarqués des États-Unis.

Des influences qui lui vaudront plus tard le surnom d’« Elvis français ». En 1961, son nouveau manager Johnny Starck lui impose des chansons à mélodie pour élargir son public. Le jeune blouson noir, gueule d’amour et bagarreur, devient « l’idole des jeunes ».

2 - LE HIPPIE JOHNNY

Il s’était moqué des prémices du « flower power » en 1966 avec son « Cheveux longs, idées courtes ». Mais quelques années plus tard, le rockeur monte tant bien que mal dans le train hippie. Il interprète « San Francisco », hymne à la non-violence, puis chante que « Jésus-Christ est un hippie » sur un texte de l’écrivain Philippe Labro. C’est l’époque où le blouson noir porte pantalons scintillants, colliers de fleurs et chemise à jabot.

3 - HAMLET

En 1976, Johnny publie «Hamlet », un concept album inspiré par la tragédie shakespearienne et très marqué par le rock progressif. Le double album, qui comporte des titres comme « Ophélie, Oh folie », « L’asticot roi » et « To be or not to be », est enregistré avec un orchestre de 150 musiciens. Mais c’est un échec commercial et l’idée d’en faire un spectacle est rapidement abandonnée.

4 - MAD MAX

Au début des années 80, Johnny troque la tragédie classique pour le futur post-apocalyptique. Du 14 septembre au 11 novembre 1982, il investit le Palais des sports de Paris pour un spectacle baptisé « Le Survivant », une vision rock de la fin du monde en 1997. Le spectacle est inspiré du film de science-fiction de George Miller « Mad Max », sorti trois ans plus tôt. Orages électriques, montagnes de voitures calcinées, zombies surgissant des entrailles ouvertes du plateau, le show utilise les derniers trucages à la mode. Johnny Hallyday, qui s’est mis au bodybuilding, porte une tenue faite de peaux de bêtes, mais aussi un total look cuir, avec clous et chaînes. Yeux maquillés, nuque longue, il se glisse aussi dans des vestes satinées colorées, à l’esprit plus disco.

5 - L’INTELLO

Nathalie Baye, que Johnny rencontre en 1982, change en profondeur son image, lui conseillant de modifier son apparence et de s’essayer au costume cravate. Elle convainc Jean-Luc Godard de l’engager dans son film « Détective » (1984), sélectionné au festival de Cannes. Nathalie Baye influe aussi sur la musique, le mettant en relation avec Michel Berger, qui lui écrit «Quelque chose de Tennessee». Le milieu intellectuel commence à le regarder différemment et l’émission culte « Les enfants du rock » lui consacre un portrait américain.

6 - LE RETOUR AUX SOURCES

Les années 1990 sont marquées par le gigantisme de ses concerts, au Parc des Princes et au Stade de France. L’époque est aux vestes en cuir sans manches, tatouages et santiags, chemises et pantalons brillants.

En 2009, Johnny frôle la mort après une opération du dos. Sorti de plusieurs jours de coma, il fait un grand ménage dans son entourage. Après un album raté de transition piloté par M, il assure vouloir tourner définitivement le dos à la « variétoche ». Salués par la critique, ses deux derniers albums adoptent un ton résolument blues rock sur des textes mélancoliques évoquant le temps qui passe. Il renoue également avec deux complices des débuts, Eddy Mitchell et Jacques Dutronc, pour les concerts des Vieilles Canailles. S’inspirant du Rat Pack, trio réunissant dans les années 50 aux États-Unis Frank Sinatra, Dean Martin et Sammy Davis Jr, les trois compères optent pour des costumes classiques et la sobriété du noir et blanc.

L’idole vue par elle-même

SUR LUI-MÊME

« Être Johnny Hallyday, c’est un métier. Je le fais sérieusement, en essayant de mon mieux de faire plaisir aux gens. Mais quand je ne travaille pas, je suis Jean-Philippe Smet. J’ai appris à dissocier les deux, même si j’ai mis longtemps. Je suis discret de nature, pudique, je n’aime pas parler de moi. Tout ce que je sais, c’est que je ne pourrais pas chanter avec autant de conviction si je n’avais pas vécu cette vie-là. » (2014)

« On ne peut pas faire ce métier si on est normal. Il y a longtemps que je ne me sens pas comme les autres. Il faut que j’aille mal pour savoir que je pourrais aller bien. » (1998)

SUR SON IMAGE

« J’ai le niveau de culture de ceux qui ont appris par eux-mêmes, dans des bouquins et en fréquentant des milieux différents. Il y a deux catégories d’individus : des imbéciles qu’on ne changera jamais et d’autres qui voudront s’adapter. Si être intello, c’est s’adapter, alors OK j’en suis un ! » (1990)

« Je sais bien que je ne suis pas un imbécile, mais je sais aussi que je peux facilement le faire croire parce que je fais des gaffes, que je bafouille et, depuis un certain temps, parce que je m’en fous. » (2013)

SUR SON PÈRE

« De lui, je n’ai connu que les pires aspects. L’abandon petit, puis les factures ou les frais d’hôpitaux à régler, la déchéance. On le trouvait ivre mort, écroulé au milieu de la rue. C’était dur, douloureux de n’avoir que ça de lui. Le manque de père a hanté ma vie. » (2014)

SUR SA CARRIÈRE

« J’étais le brave petit soldat Johnny. Peut-être un peu fantasque, un peu fou, un peu… excessif. Je ne regrette rien, tu connais ma destroyance , mais j’étais toujours prêt à sortir de la tranchée, même quand ça canardait (je me souviens des jets de canettes quand je passais en première partie de Raymond Devos), et je me suis débrouillé pour rester au top. » (2004)

« Durer, c’est quasiment impossible. Ça demande beaucoup de temps, beaucoup de soi-même, beaucoup de blessures, beaucoup de sacrifices. » (2003)

SUR LES FEMMES

« J’ai vécu très souvent avec des femmes. Mais en fait j’étais seul. Je n’ai jamais eu vraiment une épaule sur laquelle poser la tête. Je l’ai trouvée depuis que j’ai rencontré Laeticia. » (2003)

SUR LA DROGUE

« La cocaïne, j’en ai pris longtemps en tombant de mon lit le matin. Maintenant, c’est fini. J’en prends pour travailler, pour relancer la machine, pour tenir le coup. » (1998)

SUR LA FRANCE ET SON EXIL FISCAL

« On a souvent dit que je m’étais barré pour ne pas payer d’impôts. C’est en partie vrai, mais c’est aussi parce que c’est épuisant cette ambiance. En France, la réussite, c’est louche, on trouve ça dégueulasse. » « Sale mentalité, pour un pays dont j’ai porté les couleurs, qui a bien voulu faire de moi son emblème quand c’était nécessaire, je me suis senti trahi, accusé à tort, sali. » (2013)

SUR LA RETRAITE

« J’ai eu la bêtise de dire un jour que j’allais arrêter et puis je me suis rendu compte que j’allais m’ennuyer à mourir, que ce n’était pas possible. » (2014)

SUR LA MORT

« La première fois que je suis mort, je n’ai pas aimé ça, alors je suis revenu. » (2013, à propos de son coma en 2009).

La légende de Johnny

Un magicien de la scène élevé à la sève du rock ! Si Johnny Hallyday s’est révélé un phénomène de la musique française, c’est parce qu’il n’a jamais été économe de ses forces pour tout donner dans l’interprétation et la représentation de chansons dont des dizaines sont entrées au patrimoine de la variété populaire. Le temps n’a eu sur l’artiste aucun effet. Lorsque les stars éphémères s’effaçaient à la vitesse d’une comète, imperturbable, il continuait sa route avec cette sensibilité si particulière qui lui permettait d’apprécier les évolutions des styles, celles des orchestrations, pour adapter son répertoire et, entouré des meilleurs, porter des bijoux de notes et de mots, en acteur de cette francophonie célébrant la fête, l’amour et l’amitié.

Une présence, une puissance de la voix, une expression scénique magistrale lui ont assuré cette statue de commandeur de la chanson française à l’aise dans ses santiags et la rock’n’roll attitude. On l’a qualifié d’idole, d’icône, oubliant un peu vite qu’il était un homme avec ses forces, ses faiblesses, ses atouts, ses défauts, ses certitudes, ses doutes. À force de le regarder en star, on a omis de s’attarder sur un personnage pudique, qui avait aussi autre chose à dire que de chanter. L’écrivain Daniel Rondeau l’a bien montré. La légende de Johnny n’en est qu’à son premier chapitre même si, depuis plus de cinquante-cinq ans, il est parvenu à agréger autour de son œuvre des générations que rien ne semblait rapprocher dans le périmètre monotone des immédiatetés.

Par l’intensité du don de soi qu’il a sublimée dans ses concerts, Johnny est devenu une figure française parce qu’il a été exécré, adulé puis aimé y compris par des gens qui n’étaient pas des irréductibles des fan-clubs mais appréciaient sa présence et son apport à la culture contemporaine. Il laisse en héritage son éternelle jeunesse. On le chantera encore longtemps. Il entre dans l’histoire.

À force de le regarder en star, on a omis de s’attarder sur le personnage pudique qui avait aussi autre chose à dire que de chanter

HERVÉ CHABAUD

C’était donc  ça, une star !

Johnny Hallyday et l’écrivain champenois Daniel Rondeau entretenaient depuis 43 ans une « amitié mystérieuse ».


«
Merci de me donner de tes nouvelles. Moi, ça va plutôt pas mal...Si on dînait un soir à Paris ? Bises à tous ceux que tu aimes », avait écrit en septembre dernier le chanteur à l’écrivain dans un SMS.

Depuis hier, il répète l’histoire en boucle. L’écrivain et journaliste marnais Daniel Rondeau, dernier Grand prix du roman de l’académie française, entretenait depuis 1974 une amitié indéfectible avec le chanteur disparu. A priori, les deux n’avaient pourtant pas grand-chose pour se rencontrer. Ex-militant gauchiste, le premier est pigiste à Radio Nord-Est quand son rédacteur en chef l’envoie interviewer le rocker après un concert au parc des expos de Nancy. « Dans les coulisses, le staff m’a d’abord jeté. Un type sympa, une sorte de secrétaire-chauffeur-garde du corps m’a dit qu’il allait voir ce qu’il pouvait faire sans me bercer d’illusion. Johnny était déprimé. »

Le concert achevé, la porte de la loge s’est finalement ouverte sur le chanteur. « J’ai compris ce jour-là ce qu’était une star. Les pompiers, la sécurité, le staff, tout le monde s’est collé aux murs pour le laisser passer. Pantalon et blouson de cuir noir, il s’est approché de moi et m’a lancé : Mon métier, c’est de chanter, pas de parler. Mais ce soir, je te parlerai. »

Contre toute attente, l’entretien avait duré beaucoup plus longtemps que prévu : « Il n’arrêtait plus de parler, il était très bavard. J’ai arrêté l’enregistrement. »Johnny Hallyday a ensuite entraîné le jeune reporter dans un restaurant populaire de la banlieue nancéienne pour « casser une graine » : « Je me souviens, on a mangé des steaks au poivre avec des pommes allumettes et pas mal bu jusqu’à 3 heures du matin. »

UN GRAND TROUBADOUR FRANÇAIS

Depuis, l’interprète de Gabrielle et celui qui allait devenir, en 2008, ambassadeur de France à Malte, ne s’étaient « plus quittés ». En 2009, l’écrivain lui avait consacré une biographie, onze ans après un long et mémorable portrait paru dans Le Monde.« Il était au creux de la vague, ringardisé par la critique branchée. Ces hauts et ces bas, c’est ce qui fabrique les grands destins. Et il n’en a pas manqué. »

L’article avait été beaucoup commenté : « Ce n’était pas un plan com’ comme je l’ai entendu dire. J’ai eu simplement un coup de tendresse », se souvient Daniel Rondeau qui accepte d’avoir été « peut-être l’un de ceux qui ont contribué à modifier son image et à asseoir sa légende, comme Godard l’avait été pour le cinéma » .

C’est encore à l’ami écrivain que Johnny s’était confié en avril dernier dans sa résidence de Los Angeles. De larges extraits de ce long entretien de deux heures seront diffusés ce soir sur France 2. « Comme d’habitude, il avait été formidable d’élégance », commente Rondeau pour qui le succès du chanteur tient à ce qu’il s’est « toujours inscrit dans la lignée des grands artistes populaires. C’est un troubadour français. Il ne concluait jamais un concert sans une chanson de Piaf, de Brel qu’il surpassait dans l’énergie, je crois… Je l’ai même entendu reprendre La Chasse aux papillons de Brassens dont il avait fait la première partie, à ses débuts».

À Dijon, en juillet dernier, Rondeau avait vu pour la dernière fois son ami en concert. « Je l’avais trouvé fatigué mais sur scène, il était transfiguré. Et vocalement, c’était toujours Orphée. C’était le résultat d’un travail immense. Johnny était avant tout un énorme travailleur, soucieux de s’entourer des meilleurs musiciens, metteurs en scène, paroliers… Il s’est toujours souvenu de ce que lui avait dit Maurice Chevalier : Mon petit, tu travailles ton entrée et ta sortie et entre les deux, tu fais ce que tu veux. Pendant cinquante ans, il l’a fait à la perfection ».

GILLES GRANDPIERRE

Une vie amoureuse plutôt rock’n’roll  


S’il s’est assagi aux côtés   de Laeticia, Johnny a connu   une vie amoureuse plutôt « rock », multipliant aventures et mariages.  

« Je suis un rocker et un rocker doit vivre comme un loup solitaire », assurait-il à ses débuts. Ce qui ne l’empêchera pas de passer cinq fois devant monsieur le maire et d’avoir de nombreuses liaisons. Le 12 avril 1965, quand il se marie à Loconville, dans l’Oise, avec Sylvie Vartan, autre star du « yéyé », au milieu d’une cohorte de fans et de journalistes, il a 22 ans et fait son service militaire, elle en a21.

L’année suivante, ils ont un fils, David, mais le couple traverse déjà une crise : quand Sylvie demande le divorce, Johnny fait une tentative de suicide. Liaisons, problème avec le fisc, réconciliations et accalmies ponctuent une union tapageuse et passionnée qui s’achève par un divorce en1980. Avant cela, ils composeront des tubes, partageront la scène et feront un duo en 1973, « J’ai un problème » (se disant l’un à l’autre « Si tu n’es pas vraiment l’amour, tu y ressembles » ). Après leur séparation, ils resteront amis, Sylvie Vartan fêtant même son 65 e anniversaire chez Johnny en août 2009.

IL SE MARIE DEUX FOIS AVEC ADELINE BLONDIEAU

L’idole des jeunes – nom de sa chanson sortie en 1963 – convole ensuite, le 1 er décembre 1981, avec Babette, un mannequin de 23 ans, avant de se séparer de sa jeune épouse deux mois plus tard.

En mai 1982, Johnny rencontre l’actrice Nathalie Baye, héroïne de films de Truffaut et de Tavernier. Pour vivre loin des projecteurs, ils s’installent à la campagne, dans les Yvelines. Ils auront Laura en 1983 mais se sépareront trois ans plus tard, sans s’être jamais mariés. « Il est désarmant. Tout le contraire de ce qu’on pourrait penser. Il est timide, charmant et peut s’avérer très drôle », dira Nathalie Baye longtemps après leur séparation, s’efforçant toujours de le défendre contre ceux qui jugeaient leur couple mal assorti. À l’été 1990, Johnny dit « oui » pour la troisième fois, à Adeline Blondieau, 19 ans, la fille de son ami « Long Chris», à Ramatuelle (Var). Ils divorcent en 1992 mais se re-disent « oui » en septembre 1994 à Las Vegas… avant un nouveau divorce en mai 1995. La relation vire à l’acrimonie quand Johnny publie son autobiographie en 2013 ( Dans mes yeux) où il a des mots très durs envers l’actrice de « Sous le soleil », qui va, de son côté, l’accuser de viol.

D’abord très discrète, Laeticia va prendre une place de plus en plus importante, gérant une partie de la carrière de Johnny

Au fil des ans, Sabina, une jeune Allemande, Gisèle Galante, la fille d’Olivia de Havilland, Leah, un mannequin canadien, ou une certaine Olga, apparues un temps aux côtés du rocker feront le bonheur des paparazzis. Quand il rencontre Laeticia, jeune mannequin de 20 ans et fille de l’un de ses amis, Johnny a 52 ans. Ils se marient l’année suivante, le 25 mars 1996, à la mairie de Neuilly où officie alors Nicolas Sarkozy. Le couple connaîtra son lot de crises entre infidélités et problème de stérilité. Face aux rumeurs de divorce, la fidèle Laeticia répondra un jour de 2009, à Paris-Match : « Nos chemins parfois nous séparent, c’est vrai, mais ce n’est pas pour autant que nous ne sommes plus ensemble. » Ils finiront par adopter deux petites filles au Vietnam, Jade (en novembre 2004) et Joy (en décembre 2008). Fini, les photos volées au bras de jolies filles, dorénavant on verra Johnny posant en famille avec femme et enfants au bord de la piscine.

D’abord très discrète, Laeticia va prendre une place de plus en plus importante, gérant une partie de la carrière de Johnny en attirant de nouvelles têtes dans son entourage et en contribuant à rajeunir son image. Ce qui ne se fait pas sans grincement de dents. « C’est vrai qu’à un moment, j’ai douté. Je n’étais pas certain que Laeticia avait une bonne influence sur Johnny », concède Jean-Claude Camus, qui fut pendant trente ans le producteur du chanteur. «Depuis, je m’en suis excusé (…), je vois comment leur couple a tenu, comment elle s’est occupée de lui dans une phase difficile de sa vie » .

En 1967, au départ du Monte-carlo à Reims


Johnny Hallyday et Henri Chemin, sur le capot de leur Ford Mustang.Archives Henri Chemin

 Le vendredi 13 janvier 1967, Johnny Hallyday et Sylvie Vartan sont à Reims. Non pas pour un concert mais pour la première participation du chanteur à un rallye automobile. Le départ du rallye Monte-Carlo, depuis Reims, est prévu le lendemain. Arrivé dans l’après-midi, il descend à l’hôtel du Lion d’or, dans le centre de Reims. Il assiste ensuite au contrôle technique de sa voiture, une Ford Mustang qu’il conduira avec Henri Chemin. Le lendemain, Johnny est matinal. La foule aussi, qui attend la star. Avec Sylvie Vartan, ils en profitent pour signer des autographes en attendant le départ prévu. C’est une immense cohue mais les deux artistes jouent le jeu. La Mustang numéro 105 prendra le départ à 11heures. Objectif : rallier Monte-Carlo pour participer à la deuxième, puis troisième phase du rallye. Le chanteur y arrive sans trop de souci, si ce n’est les fans qui, tout au long du parcours, essayent de s’emparer de souvenirs de leur idole. Des jeunes tentent ainsi d’arracher des plaques d’immatriculation, d’autres dévissent les feux antibrouillards ! À l’arrivée à Monte-Carlo, Johnny Hallyday et Henri Chemin se lanceront dans la seconde partie de l’épreuve, dans les Alpes. Ils seront disqualifiés en raison de pneus non réglementaires.

3 QUESTIONS à


Philippe Manœuvre, Journaliste

C’était un combattant

Quelles sont vos premières impressions après la mort de Johnny Hallyday ?

C’est un choc, un coup de tonnerre. La France titube d’apprendre la disparition de son idole. Les gens m’arrêtent dans la rue pour parler de lui. En même temps, on parle d’un personnage hors-norme. On a tous eu envie de connaître ce type qui nous fait passer de bons moments, de bonnes soirées grâce à sa musique.

Comment avez-vous découvert l’artiste ?

En lisant des comptes rendus dans L’union quand il passait dans la Marne. Il faisait des concerts dans des villes garnisons comme Châlons, Épernay ou Verdun. Je peux vous dire que le rock’n’roll n’était pas que sur scène. Les mecs se cognaient dans le public. C’était quelque chose. Il y a des gens qui mettaient de l’alcool à 90 dans les bières pour que ça parte plus vite en live.

Selon vous, que doit-on retenir de lui ?

Que c’était un combattant. Je crois que c’est l’essentiel du personnage. Il s’est battu contre les producteurs qui ne voulaient pas qu’il fasse de grands shows à l’américaine, contre ceux qui ne lui voyaient pas d’avenir au-delà de la France. Et ces neuf derniers mois, il s’est battu contre la maladie. Avec dignité, sans se cacher.

GAUTHIER HÉNON 

Entre Train de vie flamboyant et démêlés fiscaux

Train de vie dispendieux, dettes et démêlés fiscaux : les questions d’argent ont poursuivi Johnny Hallyday toute sa vie. En soixante ans de carrière, l’ancien gamin sans le sou a accumulé chiffres de ventes vertigineux (plus de 100 millions de disques) et tournées marathon. Il a aussi conclu de juteux contrats publicitaires et investi, avec plus ou moins de bonheur, dans diverses affaires (boîtes de nuit, vignobles, restaurant…). Sans compter les revenus tirés des produits dérivés. Mais « contrairement à une idée répandue, Johnny est un travailleur pauvre, qui, malgré ses nombreuses années de carrière, n’a pas cumulé de patrimoine, car il a toujours eu un train de vie flamboyant. Il ne possède pas de capital, excepté son patrimoine immobilier », affirmaient les journalistes Catherine Rambert et Renaud Revel dans leur livreJohnny, les 100 jours où tout a basculé (2010). Amateur de voitures et de motos de collection, menant grand train, Johnny voyageait au gré des saisons entre ses résidences de Gstaad, Saint-Barthélemy dans les Antilles, Marnes-la-Coquette (ouest de Paris) et Los Angeles. Il dépensait aussi sans compter pour ses proches et innombrables « potes » invités de ses virées aux quatre coins du globe. En 2004, son divorce douloureux avec sa maison de disques Universal avait jeté une lumière crue sur ce côté « panier percé ». Johnny avait alors accusé Universal d’avoir mis en place un « système » pour l’asservir en profitant de sa situation financière désastreuse et tenté – en vain – de recouvrer la propriété des bandes originales de ses chansons. Les procès qu’il a intentés à sa maison de disques ont été l’occasion d’un grand déballage. On y a découvert un rockeur couvert d’hypothèques, faisant appel à son label pour payer ses factures, éponger ses dettes et assouvir ses caprices… comme ce prêt de 5 millions d’euros destiné à l’achat d’un yacht.

Ses démêlés avec le fisc ont aussi abondamment défrayé la chronique, au point de devenir un sujet politique. Dès 1975, l’administration fiscale l’a fait condamner à de la prison avec sursis et exigé le remboursement de cent millions de francs d’arriérés, ce qu’il n’a fini de faire que dans les années 1990. Assujetti à l’impôt sur la fortune en France, il s’est régulièrement retrouvé au cœur de polémiques sur les exilés fiscaux. 

UNE VIE DE DESTROYANCE

Malgré une image assagie depuis son mariage avec Laeticia, Johnny Hallyday a longtemps flirté avec la drogue et l’alcool. Il « a besoin de ces descentes aux enfers. Ce n’est pas évident pour moi, quand on a des enfants (…). De le voir se détruire, c’est douloureux », confiait Laeticia. Dans une interview choc publiée dans le Monde en 1998, Johnny Hallyday parlait ouvertement de ce qu’il appelait sa « vie de destroyance ». Grand fumeur de Gitanes, il confessait avoir consommé de l’opium et du hashish et pris de la cocaïne. « J’en ai pris longtemps en tombant de mon lit le matin. Maintenant, c’est fini. J’en prends pour travailler, pour relancer la machine, pour tenir le coup », disait-il. « Il faut que j’aille mal pour savoir que je pourrais aller bien. J’ai besoin d’être au fond du trou pour remonter. Je sens le danger », expliquait-il. Johnny Hallyday était depuis toujours taraudé par la peur de la mort, de la maladie et, surtout, de la solitude. Phénomène médiatique depuis l’âge de 17 ans, après une enfance difficile, il confiait souvent être pris d’angoisse quand il se retrouvait seul dans sa chambre d’hôtel après ses concerts. Insomniaque, il a longtemps entraîné ses amis dans d’interminables et alcoolisées virées nocturnes. Cette « vie de destroyance » l’a souvent conduit au bord du gouffre. En 1966, il a tenté de se suicider, après une dépression nerveuse. Un an plus tard, il était victime d’un accident de voiture dans le sud de la France – premier d’une longue liste –, alors qu’il roulait à 200 km/h.

 Extraits de l' union du 07/12/2017

  

    

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Roger HANIN

Mon deuxième papa

Le 11 février 2015, le commissaire « Navarro » nous quittait. Aujourd'hui, la comédienne Emmanuelle Boidron, sa fille de cœur et à l'écran, publie un magnifique portrait de l'acteur.   
Emmanuelle Boidron fut la complice de Roger Hanin dans « Navarro» pendant plus de vingt ans. Christophe Louis MAXPPP

•.-  À la lecture de votre livre, on devine que Roger Hanin a été non seulement un père d'adoption mais aussi de substitution ...

Vous avez tout compris! J'ai eu un père, très copain, avec qui je n'avais aucun souci. Mais je me suis peu à peu détachée de lui en grandissant car je l'avais trop idéalisé. Il m'a beaucoup déçue lorsque je suis devenue adulte. Roger m'apportait tellement plus humainement, j'ai alors compris que les liens du cœur sont parfois plus forts que les liens du sang. Mais je tiens à préciser qu'il n'y a jamais eu de problème entre mes parents et Roger. Il était, en quelque sorte, mon deuxième papa. Quand il appelait à la maison, il disait à mon père: c Passe-moi ma fille! » (rires)

•.-  Qu'est-ce qui a fait que cet attachement a été réciproque et aussi fort ?

Il y a comme ça des rencontres improbables ... Ma simplicité lui avait plu pendant le casting final de "Navarro". Petit à petit, au gré des tournages, on s'est beaucoup parlé et attachés l'un à l'autre. Nous étions père et fille à l'écran, on s'est pris au jeu. Roger a toujours eu une affection particulière pour les files. la sienne, Isabelle, était adulte, moi j'avais 10 ans. Il m'a prise sous son aile. Je pense que je lui rappelais sûrement les moments tendres de son enfance.

 «Il me tenait à cœur de raconter le vrai Roger Hanin, celui que j'ai eu la chance de connaître et que j'aimais beaucoup »

 Emmanuelle Boidron

•.-  Qu'est-ce qui a fait que cet attachement a été réciproque et aussi fort ?

Il y a comme ça des rencontres improbables... Ma simplicité lui avait plu pendant le casting final de "Navarro". Petit à petit, au gré des tour- nages, on s'est beaucoup parlé et attachés l'un à l'autre. Nous étions père et fille à l'écran, on s'est pris au jeu. Roger a toujours eu une affection particulière pour les filles. La sienne, Isabelle, était adulte, moi j'avais 10 ans. Il m'a prise sous son aile. Je pense que je lui rappelais sûrement les moments tendres de son enfance...

•.-  Il vous parlait beaucoup de ses origines ?

Oui, Roger aimait parler de son enfance, de sa marnait Il avait besoin de vivre avec sa bande d'amis autour de lui. Il était comme un Parrain. C'était génial de faire partie de sa bande parce qu'il y avait un peu tous les âges et toutes les origines. Il aimait ça. Avant tout, c'est l'être humain qui l'intéressait.

•.- Comment vivait-il le racisme et l'antisémitisme ?

Il avait surtout une profonde aversion pour l'humiliation. Ça remontait à un épisode douloureux de l'été 1940 où il s'était fait virer d'un boulot d'été après avoir été humilié par le directeur, à cause de son vrai nom Lévy. Dans la série "Navarro", il ne voulait pas de scènes d'humiliation. Je pense que cette histoire l'a poursuivi toute sa vie. Roger était né en Algérie mais il aimait la France plus que tout Il m'a toujours dit combien il était fier d'être Français.

•.-  Faites-nous le portrait de celui que vous appeliez affectueusement "Rodgeur" ou "Dada"...

Je dirais trois mots: chaleur, soleil et partage. Roger était quelqu'un de très chaleureux et de généreux. Il aimait partager. À la fin des tournages, il organisait toujours des pots ou des grands repas avec toute l'équipe. Je crois que c’est la personne la plus généreuse que j'ai rencontrée. Bien sûr, il avait les moyens, mais il y a tant de gens qui ont de l'argent et qui sont égoïstes. Il vivait dans un appartement luxueux mais il était d'une grande simplicité dans la vie. Il aimait autant manger un plat de spaghettis avec du gruyère ou un couscous, que du caviar. Bien sûr, comme tout le monde, il avait des défauts. Il était impatient et n'aimait pas les gens en retard. II était aussi possessif et jaloux. Mais ça cadre tellement avec sa personnalité et son tempérament de pied-noir chaleureux !

« Il n'aimait pas les journalistes »

•.- Vous parlez aussi de sa coquetterie ...

Oh oui, il aimait qu'on le complimente sur ses beaux yeux verts et son teint hâlé ! (rires) Jeune, il se faisait une raie dans les cheveux à la Clark Gable. Vous savez, je crois que le gamin d'Alger, que ses copains surnommaient "Gros cul, bel œil", n'en revenait pas d'en être arrivé là et d'avoir une femme aussi belle. À l'écran. il savait aussi que son apparence était importante, donc  il en prenait grand soin.

•.- Comment vivait-il sa célébrité ?

Le plus beau cadeau qu'on pouvait lui faire c'était de le saluer dans la rue. Il avait rêvé d'être un acteur populaire, donc ça lui faisait un immense plaisir. Il était toujours chaleureux avec les gens. En revanche, il n'aimait pas les séances photos, les interviews et encore moins les journalistes.]e l'ai souvent vu être désagréable avec eux.

•.- Difficile de parler de Roger Hanin sans évoquer François Mitterrand ....

Il avait une fascination et une admiration sans borne pour cet homme. Je pense qu'il serait mort pour lui ! Roger adorait les discussions avec François et il était fier de pouvoir le faire rire. Ensemble, ils avaient des conversations intellectuelles et très poussées sur la vie, sur les femmes ; etc. Ils  avaient beaucoup de points communs.

•.- Le grand drame de Roger, c'est la perte de son épouse, Christine Gouze-Rénal, la sœur de Danielle Mitterrand, en 2002.

Avec Christine, il formait un beau couple. Ils s'aimaient énormément. Lorsqu'elle est partie, il avait été très fragilisé. Il avait perdu sa joie de vivre et disait souvent qu'il était prêt à la rejoindre. Roger a continué à travailler sur "Navarro" mais c'était vraiment dur pour lui.

•.- Aujourd'hui, quel regard posez-vous sur ces années "Navarro"?

Je suis consciente d'avoir eu une chance inouïe de rencontrer cet homme qui a changé ma vie. Sans lui, je ne serais pas la même personne aujourd'hui. C'est même grâce à lui que j'ai rencontré mon mari. Roger a été un papa, un grand frère, un maître et un confident. Quelle chance d'avoir eu Roger comme professeur et d'avoir pu apprendre mon métier en travaillant!

« Je me revois écoutant ses histoires »

•.- Quelle image vous vient à l'esprit quand vous pensez à Roger ?

Nos longues conversations sur le divan du décor de "Navarro". C'était pour nous comme un rituel pendant que les techniciens préparaient la scène suivante. Je me revois écoutant ses histoires, ma tête posée sur son épaule. C'est là que nous avons eu l'essentiel de nos discussions. Aujourd'hui, je réalise combien ces instants étaient magiques. n y a aussi tous les petits mots qu'il me laissait en permanence et que je garde précieusement.

•.- A votre avis, qu'aurait-il pensé de votre livre ?

Je pense qu'il serait touché de voir que j'ai fait le portrait le plus honnête possible. Vous savez, en écrivant ce livre, beaucoup de souvenirs ont refait surface. Il me tenait à cœur de raconter le vrai Roger Hanin, celui que j'ai eu la chance de connaître et que j'aimais beaucoup. Je voulais lui rendre un peu de ce qu'il m'a donnée et apportée.

EXTRAITS

Roger LÉVY

« Roger, dont le vrai patronyme est Lévy, se présente sous le pseudonyme de Paul Gendron, qui sonne plus « Français de France », inspiré du nom de la femme de son frère. Gendron et de son deuxième prénom à lui, Paul. Convaincu que Rager Lévy, ça ne pourra jamais aller pour un acteur. « Je ne voyais pas à l'affiche Greta Garbo et Roger Lévy !» Paul Gendron passait mieux. On ne se sort pas du jour au lendemain du complexe de ses origines.Plus tard. il regrettera ce camouflage. Il reprendra son prénom et l'accolera au patronyme de sa maman adorée. Hanin.»

SA PREMIERE FOIS

 « Il ne l’a jamais caché. Ni à moi ni à ceux qui l’interviewaient ou le lisaient. C’est une femme dite de petite vertu qui ra déniaisé. Ses parents avaient pourtant pris des précautions. Il avait 6 ans quand ils ont choisi de quitter les ruelles crapuleuses de la Casbah pour s’installer à Bab El Oued. Modeste mais mieux fréquenté.[…] Et puis, un jour,  il a voulu se comporter comme un grand. Il avait 13 ans et avec les potes, ils ont décidé que l'heure était venue de la première fois"[…]. Il a eu droit à son "initiation" par Paula la Maltaise. »

François MITTERAND

« Roger était fier d’être proche de cet homme d’exception. Fier d'aller chez lui à Latché. même s’il se faisait sermonner par le président parce qu’il ne s’avait pas reconnaitre les arbres du parc. De fréquenter ses amis,  de ne jamais avoir manqué l’ascension de la roche de Solutré. Sans jamais cesser de le vouvoyer. Leurs sujets de prédilection : les Juifs, les femmes, la mort. Et la politique. Et cela, bien avant l’élection présidentielle de 1981. »

Christine  GOUZE-RENAL

« C’est Christine qui rompra la glace entre eux en lui avouant la première : « Prenez-le comme vous voudrez, mais je vous aime. » Puis, quand enfin le vouvoiement cédera le pas au tutoiement,  elle lui enverra ce télégramme, de ceux qu’on aimerait tous recevoir une fois dans sa vie : « Rien ni personne ne peut me plaire plus que toi. Tu es tel que je rêve. Christine.  Christine avait onze ans de plus que lui. Il ne sera pas toujours un ange de fidélité au sens physique du terme, mais il n’a jamais aimé qu’elle, leur vie de couple fut 41 années de bonheur »..Roger parle même de « vertiges amoureux.».

EPILOGUE

« Toute ma vie, j’ai été considéré comme quelqu'un de négligeable, disait-il et peut-être le suis-je sans doute. Je ne faisais pas partie de l’intelligentsia, des gens considérables au sens large du terme. Mais comme j’étais tellement vaniteux et plein de moi, je me disais: ce sont tous des cons, el c'est très bien comme ça. » J’aime cette phrase qui le résume si bien. Ses deux faces. Sa grande lucidité empreinte d'humilité. Son orgueil parfois impérieux, non exempt de colère. Comme le gamin qu’Il était le cul entre deux chaises, n’en finissant pas de chercher sa place. Le Roger Lévy qui faisait  « l’intéressant à l’école, racontait des blagues, mettait ses camarades dans sa poche, multipliait les caprices pour obtenir ce qu’il voulait de Titine !

 Propos recueillis par Jean-Marie POTIEZ

 Extraits de l' union du 14/02/2016

  

    

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Barbara HENDRICKS

Je me sens bien accueillie en France


Barbara HENDRICKS se produira au printemps prochain à Châlons-en-Champagne

Quel est le programme de votre concert à Châlons ?

Ce sera un concert de musique sacré. Il y aura de la musique baroque avec Monteverdi et Purcell, ainsi que de la musique française avec César Franck, Gounod, Ravel.., De la musique negro-spiritual est aussi au programme. Je serai accompagnée de musiciens au luth, à l'orgue, à la guitare et au piano.

Je connais très bien le champagne et je l'adore ! Je me réjouis de venir et de partager la musique sacrée sur l'amour.

Vous aimez vous produire en France. Qu'est-ce qui vous plait tant dans le pays ?

 C'est un public ouvert, qui a envie de vibrer avec la musique. Les gens sont vraiment à l'aise dans un concert, il y a un vrai partage avec eux. Je me sens bien accueillie.

Pouvez-vous nous parler de ratte dernier album, «The road to fredom » ?

 Je réinterprète des chansons des artivistes et des musiciens au moment de la lutte pour les droits civils à l'époque de Martin Luther King. Il parlait de la force de l'amour contre la hanse. On en a plus que jamais besoin aujourd’hui. À l'époque, ces manifestations étaient dangereuses. J'essaie de donner force et courage.

« Je réinterprète des chansons des activistes et des musiciens au moment de la lutte pour les droits civils à l'époque de Martin Luther King »

 Comment faites-vous pour avoir une voix aussi puissante ?

 Elle n'est pas plus puissante que d'autres ! J'ai l'habitude de chanter sans micro. jJ suis portée par la respiration, ainsi qu'une bonne acoustique

Quelle différence faites-vous entre cantatrice et chanteuse ?

C'est une question de répertoire. La cantatrice interprète des œuvres classiques : c'est une interprétation vocale avec un orchestre ou de la musique de chambre. La chanteuse interprète d'autres styles, comme Je pop. En anglais, on dit indifféremment «singer ».

Vous n'êtes pas seulement cantatrice. Vous êtes ambassade du Haut-Commissariat aux Nations unies pour les réfugiés, et restez très engage dans la cause humanitaire.

Dans quelques semaines, une assemblée générale de l'ONU va adopter un nouveau pacte mondial pour les réfugiés. C'est un mode d'emploi pour tous les pays et la société civile. J'espère que tous les pays adhéreront.

Mon rôle consiste à visiter des camps de réfugiés. J'ai besoin de le faire pour un témoignage personnel. Ce sont eux que je représente, pas mes idées. Cela faut partie de ma vie. C'est un combat de citoyenne qui fait partie de ma vie quotidienne. Respecter les droits de tout le monde, ça commence chez moi. C'est un tout, ça fait partie de mes convictions de citoyenne.

Quels sont vos projets aujourd'hui ?

Sur France Musique, la journée de ce lundi 10 décembre est consacrée aux 70 ans de la Déclaration universelle des droits de l'homme, et à mes 70 ans. Des émissions spéciales seront diffusées la journée et il y a un concert ce soir. Je donnerai un concert en Espagne ce mois-ci, avec les chansons du nouvel album. En février, je serai au théâtre des Champs-Élysées, et à Bruxelles pour la Saint-Valentin.

Vous avez chanté avec les plus grands de la musique, vous vous êtes produite sur les salles les plus prestigieuses. Vous avez reçu de nombreuses récompenses et êtes mondialement connue. Avez-vous réalisé tous vos rêves ?

Je n'avais rien planifié. Au début, mon objectif était d'être artiste et ·de partager des choses extraordinaires. C'est un message d'amour et de respect de chacun. Le but est que ma vie compte pour quelque chose.

LES GRANDES DATES DE BARBARA HENDRICKS

Née le 20 novembre 1948 aux États-Unis, Barbara Hendricks est citoyenne suédoise. Elle fait ses débuts à l’opéra à celui de San Francisco, et au festival de Glyndebourne en 1974. En 1994, elle se lance dans le répertoire du jazz lors du festival de Montreux. Entre 1983 et 2004, elle a enregistré plus de cinquante disques en exclusivité pour EMI Classics. En 1987, elle est nommée ambassadrice de bonne volonté du Haut-commissariat des Nations Unies pour les réfugiés. En 1991 et en 1993, elle a donné deux concerts de solidarité à Sarajevo et Dubrovnik, au moment de la guerre dans l’ancienne République yougoslave. En 1998, elle crée la Fondation Barbara Hendricks pour la paix et la réconciliation, qui soutient son combat pour la prévention des conflits dans le monde. En 2006, elle lance sa propre maison de disques, Arte verum, pour laquelle elle enregistre en exclusivité. En 2007, elle est nommée ambassadrice honoraire à vie du Haut-commissariat des Nations Unies pour les réfugiés. Barbara Hendricks a publié en novembre 2010 son autobiographie, « Ma voie : mémoires » aux éditions Les arènes.

Kevin MONFILS

 Extraits de l' union du 10/12/2018

  

    

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 Jacques HIGELIN

Est tombé au ciel


Alternant ballades aériennes, rock énergique et envolées lyriques, jonglant avec le texte en amoureux des mots, Jacques Higelin a signé, au fil du temps, quelques-uns des plus grands tubes de la chanson française. AFP

Le chanteur français Jacques Higelin, un des pionniers du rock français, est décédé hier à Paris  à l’âge de 77 ans. Il laisse derrière lui une vingtaine d'albums et quelques chansons inoubliables. 

 La chanson française est orpheline de son poète rock le plus flamboyant et l’une de ses bêtes de scène les plus généreuses : Jacques Higelin est mort hier matin à Paris à l’âge de 77 ans. Ces derniers mois, son entourage avait fait état d’une «fatigue » du chanteur. Sa famille n’a pas souhaité communiquer sur les causes de son décès. « Je ne peux que crier », a réagi Brigitte Fontaine, son acolyte depuis les années 60, la voix déchirée par l’émotion. « C’était quelqu’un de bien, c’était d’abord un poète, un rebelle et puis un fidèle. Le propre d’un poète c’est qu’on ne peut pas l’imaginer mort… Il était dans la vie, l’énergie, la joie de vivre, tout ce qui est positif », a affirmé Françoise Canetti, directrice du label Jacques Canetti, créé par son père qui enregistra les premières chansons d’Higelin, sur des textes de Boris Vian en 1964.

Jacques Higelin a fait le Printemps de Bourges, il est dans l’ADNdu festival
Boris Vedel, le directeur du festival

« Jacques Higelin est mort. Cauchemars, fantômes et squelettes, laissez flotter vos idées noires… Mais déjà le ciel blanchit… La folie qui l’accompagne et jamais ne l’a trahi… Champagne pour les poètes et tristesse pour ceux qui les voient partir ! », a tweeté le Premier ministre, Édouard Philippe. «Fantasque, lyrique, capable d’autant de force, de violence musicale que de tendresse poétique, Jacques Higelin était un chanteur à part », a renchéri Françoise Nyssen, la ministre de la Culture, pour qui « les années n’auront jamais entamé cette fougue, cette capacité d’indignation qui faisait de lui un éternel jeune homme ». Le chanteur Jean-Louis Aubert a salué celui qui était pour sa génération de musiciens un « géniteur ». « Tout jeune quand je n’avais pas de groupe, on s’est collé à lui. On habitait tous ensemble. C’était une mise au monde. Il se dirigeait vers le rock mais il chantait en français », a-t-il raconté.

UNE RÉPUTATION DE SHOWMAN AUSSI ÉBOURIFFANT QU’IMPRÉVISIBLE

Père de trois enfants artistes, le chanteur Arthur H, la chanteuse Izia Higelin, et le réalisateur Kên Higelin, il laisse derrière lui une vingtaine d’albums qui ont marqué la chanson française, comme « BBH 75 » (1974), « Alertez les bébés » (1976) ou encore le diptyque «Champagne pour tout le monde… » et « … Caviar pour les autres » sortis en 1979.

À la fin des années 80, après quelques années de creux, il réussit un retour spectaculaire avec l’album « Tombé du ciel », son plus gros succès (300 000 exemplaires vendus). Produit par Jacno, il contient le single éponyme, hommage à son idole Charles Trénet, qui restera un de ses plus grands tubes. Poète survolté, généreux, engagé, Jacques Higelin aura été l’auteur d’autres chansons restées dans les mémoires telles que « Pars », « Champagne », « Je ne peux plus dire je t’aime » ou encore « Poil dans la main ». Né pendant la Seconde Guerre mondiale, en 1940, il a débuté sa carrière artistique au théâtre au début des années 60, avant de rencontrer les musiciens Areski et Brigitte Fontaine, avec lesquels il incarna un renouveau de la chanson française au milieu des années soixante. Ses talents de comédien – il compte une trentaine de films en tant qu’acteur – lui ont permis de se tailler une réputation de showman aussi ébouriffant qu’imprévisible. Que ce soit dans la rue où il improvisait des concerts-happenings, à la télévision où ses performances ont fait grimper le stress de plus d’un animateur, et évidemment sur scène lors de ses concerts marathon.

En 2005, Higelin, « le poète hirsute » rend hommage à Charles Trenet « le fou chantant », mort quatre ans auparavant, avec un spectacle qui témoigne de l’étendue de ses talents d’interprète. Aussi à l’aise dans la poésie, le rock, la chanson, le folk ou même le psychédélisme durant toute sa carrière, il avait célébré ses 50 ans de carrière en 2015, à la Philharmonie de Paris, à deux pas de chez lui. Beaucoup d’émotion avait accompagné cette soirée où on le voyait notamment chanter aux côtés de sa fille Izia et de son fils Arthur H. Un an plus tard, il sortait, en octobre 2016 « Higelin 75 », son dernier album en date, dans lequel il clamait son admiration pour sa fille et attendait crânement, en « fumant », que « le temps s’arrête et qu’le ciel me tombe sur la tête ».

 Extraits de l' union du 07/04/2018

  

    

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Gérard Holtz

« Le vélo, j'y crois toujours »

À presque 70 ans, Gérard Holtz commente cet été le Tour de France pour la dernière fois


Ce sera son dernier Tour commenté à la télé, mais à 70 ans. il ne se voit pas encore à la retraite !
Nathalie Guy

•.- Gérard Holtz, 2016, ce sera vraiment votre dernier Tour de France ?

Le dernier pour France Télévisions, oui. Mais le dernier tout court, ça, je ne sais pas. Depuis que je l'ai annoncé, j'ai reçu des appels de journaux et de radios qui voudraient que je suive le Tour 2017 pour eux. Quelqu'un de la RAI, puisque je vis à Rome maintenant, voudrait que je fasse pour la télé italienne la chronique d'un Français au Tour. Ça, c'est un défi pour moi, vu que j'apprends l'italien, je prends des cours ... Mais ça me plairait.

•.- Vous ne prenez donc pas de retraite avec votre femme, Muriel Mayette, récemment nommée directrice de la Villa Médicis à Rome ?

« Holtz s et • retraite » sont deux noms qui ne vont pas bien ensemble. Je parle d'une nouvelle vie malgré mon âge très avancé ! Mais je ne suis pas accro au Tour de France, ça, on ne peut pas le dire ...  

•.- Vous commentez le Tour depuis 1985. Avec toutes les affaires, c'est impossible que votre passion ne se soit pas éteinte ! On se trompe ?

Bien sûr que les affaires ont altéré ma passion. En 1998, je me suis posé beaucoup de questions. Je ne suis pas naïf, mais je-peux continuer à aimer Baudelaire, en sachant qu'il se droguait. Ou continuer à écouter les Rolling Stones....

•.- Là, ce n'est pas tout à fait la même chose! Baudelaire et les Stones n'ont jamais trompé les gens ...

D'accord. Le problème du dopage, c'est la transgression de la règle. De tout temps, certains sportifs, même à l'époque de l'Antiquité, ont cherché à tricher. C'est malheureusement inhérent !  Le vélo est un beau sport, il est tactique, très dur et je continue d'espérer que la lutte contre la tricherie va s'améliorer

•.- Entre-temps, on est passé au dopage mécanique. Avec des vélos trafiqués, équipés de moteur. Le risque est grand que votre « beau » sport ne se base plus que sur le faux. Non ?

Le risque existe, mais que peut-on nous reprocher, à nous journalistes ? C'est nous, à France 2, qui avons sorti ces images avec les caméras thermiques montrant la présence de moteurs. À France Télévisions, on a deux casquettes, on est diffuseur et journalistes. Je me suis fait attaquer, on a lancé des pierres sur notre voiture parce-qu'on expliquait les affaires. Pour résumer, ce n'est pas parce qu'il-y a des tricheurs que je ne crois plus aux valeurs du sport. Tout n'est pas pourri ! Quand Chris Froome me dit les yeux dans les yeux qu'il est propre, je le crois. En même temps, Marion Jones est passée au travers de dizaines de contrôle !

•.- Et aujourd'hui, on parvient avec le recul à prouver le dopage avec des années de retard. Ça, ça peut tout changer ?

Peut-être cela aussi parviendrait-il à faire évoluer les choses

•.- Depuis les trente ans que vous le suivez, le Tour s'est aseptisé, d'accord ?

J'ai vécu une vraie révolution dans le sport. Tout a changé. Moi qui suivais la F1, je me souviens avoir déjeuné avec les pilotes à 10 mètres de leur bolide et avec le public qui nous regardait ... Ça, c'est fini ! Mais à ce niveau-là, le vélo a été relativement épargné : on peut encore avoir des contacts normaux avec les coureurs, le matin quand ils vont signer ou le soir à l'hôtel, II y a encore moyen d'avoir des autographes. et puis, le Tour reste un événement gratuit, viscéralement populaire.

Par « aseptisé », on voulait dire que ça semble fort contrôlé par la communion des équipes ... Il y a moins d'anecdotes à raconter, c'est une évidence. C'est beaucoup plus balisé que par le passé. Mais il y a encore du panache de temps en temps.

•.- La vraie nouvelle donne, ce sont les attentats. Le Tour ne sera plus le même cette année ?

J'y pense beaucoup et très souvent. Bon, le GIGN va être là, en civil. Mais il peut tout se passer, que ce soit au village départ au matin ou à l'arrivée, il y a des foules rassemblées. Le risque existe. Je croise les doigts et je me dis que le Tour est un miracle permanent.

Sam CHRI5TOPHE

 Extraits de l' union du 03/07/2016

  

   

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 Robert HOSSEIN

« Je rêve de monter à Reims une création d'espoir et de partage »

A 88 ans, Robert Hossein garde intacte sa-passion du théâtre. L'homme de foi, qui a tant marqué Reims avec son Théâtre Populaire, n'a pas dit son dernier mot.


Au début du mois, dans son bureau parisien, situé rue Galilée dans le XVIéme  arrondissement, Robert Hossein nous a confié combien il serait heureux. « avant qu'il ne soit trop tard », de présenter une nouvelle création il Reims.

A peine dites-vous que vous avez eu la chance de rencontrer Robert Hossein, que les remarques fusent « Il a marqué, comme personne, la ville de Reims ! » « Il jouait toujours à guichets fermés ! » « C'est grâce à lui que j'ai découvert le théâtre, à l'adolescence... » L'ancien acteur devenu metteur en scène suscite toujours respect et admiration. Même ceux qui ne sont pas sensibles à ses choix artistiques reconnaissent qu'il a su, grâce à des spectacles innovants car « cinématographiques », attirer une frange de la population qui ne poussait jamais les portes des théâtres. S'il a, pendant sept ans, fait rayonner la culture à Reims, en dirigeant, de 1971 à 1978, son Théâtre Populaire, Robert Hossein reste très attaché à la cité des sacres. Rencontre avec un géant du théâtre, simple et chaleureux; pour qui rien n'est plus important que les relations humaines.

•.-  Dans « Je crois en l'homme parce que je crois en Dieu », votre livre d'entretiens avec François Vayne, il est beaucoup question de vos années passées à Reims. Pourquoi ?

Parce qu'à partir de Reims, plus rien n'a été comme avant. Avant de poser mes valises dans cette ville, je menais une vie superficielle. J'avais du succès parce que je tournais beaucoup au cinéma, j'étais dans l'agitation permanente et je manquais d'intériorité. D'où ma décision de quitter Paris et de m'installer à Reims, J'ai vécu ces· années comme une période refondatrice. À défaut d'être nécessaire, je voulais être utile.

•.-  Qu'est qui vous a fait changer en arrivant à Reims ?

Les rapports avec les jeunes. Leur enthousiasme, leur talent, notre envie de créer des choses ensemble m'ont tellement apporté ! Ce sont eux qui m'ont amené à évoluer et à sortir de moi-même.

•.- Pourquoi Reims, et pas une autre ville ?

Une question d'opportunité, avec le théâtre, à ce moment-là. Et ça a été un coup de foudre, une révélation.

•.- A Reims, vous avez monté dix-sept créations, dont deux ballets, et programmé une quarantaine de pièces. L'une d'elles vous a-t-elle tout particulièrement marqué ?

J'ai des souvenirs pour chaque spectacle, qu'il soit abouti ou non, et je n'ai pas de préférence. J'ai d'ailleurs beaucoup de respect pour les comédiens mais aussi pour les techniciens. Et il y avait, à Reims, des techniciens remarquables. La Maison de la culture était un lieu magnifique. J'ai eu beaucoup de chance !

•.- Isabelle. Adjani, qui habitait à Reims dans les années 70, a débuté dans votre théâtre où elle a vite été repérée. Quel souvenir gardez-vous de l'adolescente qu'elle était  ?

Je l'ai écoutée en audition et j'ai tout de suite été frappé par cette fille ravissante, sympathique et qui avait en plus un tempérament, une nature, Mais les Parisiens me l'ont vite enlevée ! Cela dit, je n'ai pas eu qu'Adjani et j'ai pu travailler avec beaucoup d'autres comédiens très talentueux.

•.- A Reims, vous avez, dites-vous, dû batailler pour rendre la culture accessible au plus grand nombre ...

En effet, cela n'a pas toujours été simple, surtout quand je suis arrivé. L'hostilité a même été réelle. Car il fallait arracher la culture aux élites !

•.- Dans le livre, vous évoquez l’ange au sourire de la cathédrale Notre-Dame. Que représentait-il pour vous ?

Je passais devant tous les matins pour rejoindre mon bureau. Son sourire coquin m'amusait et en même temps, j'avais l'impression qu'il veillait sur moi. J'ai également passé beaucoup de temps à l'intérieur de la cathédrale, pour réfléchir, me recueillir.

•.- Est-ce à partir de cette période que vous vous êtes rapproché de la religion catholique ?

Oui, même si, avec mes origines russes, j'ai été élevé dans plusieurs religions. Et aujourd'hui, je suis évidemment pour le respect de toutes les religions. Je respecte les gens qui croient mais aussi ceux qui ne croient pas, car l'important est le sens que l'on donne à sa vie. Je ne suis pas un moraliste, surtout pas !

•.- Avec le recul, quel sentiment éprouvez-vous quand vous pensez à cette période rémoise ?

Je suis plein de nostalgie et de mélancolie. Car c'était une période fabuleuse, très chaleureuse. J'étais entouré d'une troupe de jeunes acteurs dont Jacques Weber. Sincèrement, ce furent de très belles années dont je garde un merveilleux souvenir. Cette aventure incroyable m'a permis d'exister. Aujourd'hui encore, penser à ces années me fait du bien ...

•.- Après avoir monté tant de grands spectacles, avez-vous encore envie de créer ?

Oui, et à Reims, où j'ai passé des années inoubliables ! Car je dois beaucoup à cette ville où j'ai pu m'exprimer pendant de longues années. Mon rêve est d'ailleurs, avant d'en finir et de quitter la planète, de faire une première mondiale à Reims.

•.- Quel serait le thème de cette création ?

J'aimerais que l'un d'eux puisse être joué à Reims. Mais il est encore tôt pour en dire davantage. Et ça ne dépend pas que de moi. Si je peux le faire, ce sera en reconnaissance de ce que m'a apporté cette ville et en souvenir des moments extraordinaires que j'ai vécus là-bas. À mon âge, je souhaite plus que jamais me mettre au service des autres, et Dieu sait si beaucoup de personnes vont mal... La prise de conscience, l'espoir et le partage sont les maîtres mots du spectacle Que je veux créer.

•.- Quel artiste aimez-vous aujourd'hui ?

Je dis souvent que le' talent, c'est d'en trouver aux autres ! J'aime beaucoup de monde dont mon copain Laurent Gerra qui m'immortalise en m'imitant !

 Extraits de l' union du 24/07/2016

  

    

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