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Marianne JAMES - Le secret d’un spectacle qui dure, c’est l’adaptation

 Véronique JANNOT - Elle sort un livre de contes Cejoli livre de contes

JEANFI  - Le steward  fait son show

JENIFER :  « J’avais besoin d’une remise à zéro »

 Michel JONASZ - Le succès est un moyen et non un but

Gérard JUGNOT - « C'était moi qui morflais le plus »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Marianne James

Le secret d’un spectacle qui dure, c’est l’adaptation

Avec son spectacle musical digne d’un show de Las Vegas, Marianne James endosse le costume  de «Miss Carpenter », une diva américaine sur le retour, méchante mais attachante.


Femme truculente à l’écran comme à la scène, Marianne James se révéle tout autant sympathique, bavarde et haute en couleurs à la ville. Elle présentera, le 28 janvier à Sedan, son spectacle déjanté. «  Miss Carpentier » avec ces Homes Boys.

Miss Carpenter   avec Marianne James

*.- OÙ ? - À la salle Marcillet de Sedan.

*.-OÙ ? - À la salle Marcillet de Sedan.

*.-QUAND ? - Le dimanche 28 janvier à 16 heures. Le show, prévu initialement le 6octobre avait dû être reporté.

*.-TARIFS : tout public : 35 € ; tarif CE et groupe : 32 € (spectacle assis).

*.-RENSEIGNEMENTS : à l’Espace vie associative et culturelle (Evac) de Sedan au 03 24 27 73 41.

D’une ville à l’autre, le public est-il différent ?

Les Champenois ne sont pas les Marseillais, qui ne sont pas les Belges, qui ne sont pas non plus les habitants de Biarritz. Les régions colorent le public, qui ne rigole pas forcément des mêmes choses. Ça fait des années que je tourne. J’aime bien faire Les Experts à Miami, jouer les détectives auprès du public. Pendant les dix premières minutes, j’ai des antennes, je capte les signaux du public. Je vois et j’entends ce à quoi ils sont sensibles. En Belgique, les spectateurs se tapent des barres de rire dès le début alors que quand vous venez dans le cadre d’une saison, ils peuvent être plus intellos, moins clients des facéties. C’est instinctif et je me dis : « Ne va pas là pour l’instant, sors un lapin de ton autre chapeau. » Le secret d’un spectacle qui dure, c’est l’adaptation permanente. Je connais le fil rouge, mais après, le spectacle, c’est ce que tu en fais soir après soir. Une salle ne va jamais réagir de la même façon, c’est ça le bonheur d’une tournée et qui est délicieux.

Ça évite de tomber dans la lassitude ?

Je suis une amoureuse inventive. je n’ai pas de lassitude. On a dépassé la 300 e . J’aime beaucoup jouer mes spectacles longtemps. On a eu des craintes pour un ou deux boys mais ils ont voulu repartir avec moi. On a le goût du travail bien fait. D’un soir à l’autre, on peut se permettre d’être élégants, sales gosses ou très triviaux. Le public a faim de ça. On doit être souple comme un roseau. Il est prévu que j’arrête le spectacle en avril 2018. Je ne sais pas faire deux choses en même temps.

On a du mal à croire que vous avez eu du mal à convaincre avec votre spectacle ?

Les trois premières lectures se sont mal passées. Ça a désarçonné mes interlocuteurs mais c’est que ce ne sont pas de bons cavaliers, pour tomber de cheval aussi rapidement. En tant que jockey, j’ai alors calmé la fougue de Miss Carpenter pour rester en selle. J’ai les qualités de mes défauts, j’ai une énergie débordante et ça peut faire peur. J’ai dû montrer patte blanche et faire le dos rond. L’âge nous apprend à mettre de l’eau dans son vin pour lâcher les chiens le moment venu, le temps de concrétiser et de faire repartir ta monture au galop.

C’est un vrai rôle de composition de jouer cette diva hollywoodienne sur le retour. Vous aimez les personnages excentriques ?

Miss Carpenter ment comme une arracheuse de dents. Elle dit avoir été oscarisée à Hollywood en 1957. Personne n’ose la contredire. Cette vacharde est méchante mais attachante. Dans le public, beaucoup ont les yeux mouillés. Je lui fais dire des mots d’Ava Gardner, d’Annie Girardot, de Romy Schneider, Elvis… Je suis allée piocher dans les bios. J’ai lu l’histoire d’une soixantaine de vies pour ce spectacle. Ce qu’il en est ressorti, c’est la solitude, mentir, exister coûte que coûte, le combat… C’est violent d’être actrice. C’est pour ça que ça parle aux gens. Les gens sont touchés car ce qu’elle vit nous rappelle forcément des situations qu’on a vécues.

Avec Miss Carpenter, on fait rire, on danse, on joue la comédie. Il y a de la magie. C’est un show comme à Vegas C’est pour ça que le spectacle plaît autant ?

Je vais voir beaucoup de pièces et je me mets à la place du spectateur. Ce dont j’ai envie, c’est qu’on me parle de moi. Le dernier film que j’ai vu, c’est Thor. Il y a des effets spéciaux, ça joue et surtout cela parle de l’histoire d’un frère et d’une sœur qui se défient jusqu’à la mort. Il y a du sens et c’est ce que j’aime. Avec Miss Carpenter, on fait rire, on danse, on joue la comédie. Il y a de la magie. C’est un show comme à Vegas avec du champagne et de la cocaïne. Il y a beaucoup d’extravagance au service de cette histoire, qui parle aux gens. Car elle est commune à tous. L’arme secrète de Miss Carpenter, ce sont ces trois boys, âgés de 25, 35 et 50 ans.

Il se murmure que vous travaillez déjà sur votre prochain spectacle ?

Oui. Ça serait Lilith. La sorcière des sorcières. La femme qui sait tout. L’intelligence des femmes fait peur aux gens. C’est une sorcière à deux balles. Elle a le don mais elle l’a perdu donc elle ne tire jamais le bon sort. Elle jettera des sorts sur le public. Lilith sera un mélange d’une vieille dame et de la belle sorcière de Blanche-Neige jouée par Charlize Theron. Ce n’est pas pour rien que toutes ces actrices finissent par jouer un rôle de méchante. L’idée me plaît.

Aurore CHABAUD

Extraits de l' union du 19/11/2017

  

    

  Répertoire  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Véronique JANNOT

Elle sort un livre de contes

 Ce joli livre de contes, Véronique Jannot en parle depuis déjà un bout de temps. Mais entre-temps, sa mère Colette, avec qui elle avait monté ce projet est décédée.


« 
Le rôle de Joëlle Mazart, on m’en parlera jusqu’à ma mort », confie l’ancienne héroïne de « Pause-Café ». AFP

Son livre-CD, la toujours magnifique Véronique Jannot le dédie à sa propre mère, à l'origine des histoires qu'elle y raconte. « En 2016, ma maman, 80 ans, est morte après un accident de la route. Elle a en réalité succombé à une crise cardiaque. Elle a eu un étourdissement au volant, elle a accroché un scooter, elle est sortie de la voiture. Personne n'était blessé, elle a eu le temps de le constater mais elle a eu tellement peur que son cœur à lâché ... En même temps : elle souffrait dans son corps, l'arthrose, l'ostéoporose, c'était dur pour elle ! Cette mort était aussi une libération, j'ai en tout cas ce sentiment. Je ne peux plus lui demander de conseil, mais je continue à lui parler, elle m'accompagne, c'est notre histoire qui continue dans l'invisible ! Et donc, je me devais de mener à bien ce livre d'histoires pour enfants qu'elle écrivait divinement bien. »

Dans votre discours, en filigrane, il y a la foi en une vie après la mort, non ?

Oui, je crois à une autre dimension. La mort n'est pas une fin. Évidemment, les gens qui partent jeunes, c'est très difficile à accepter, mais je crois qu'il y a toujours une raison. Nous Incarnons un programme.

C'est de réincarnation que vous parlez ?

Oui, mais je préfère le terme de continuum naturel, ça m'aide à vivre aussI ...

Parlons du livre, il y a un CO où on vous entend rechanter, cela fait quasi trente ans qu’on ne vous entend plus …

Il y a eu entre-temps l'un ou l'autre truc discret. Mais oui, ici j'ai eu envie avec Francis Médoc, mon musicien, de faire une chansonette0 Chanter pour les enfants, j'adore !

Vous allez refaire un disque ?

Je n'en sais rien, je n'ai aucun plan de carrière. S'il y a quelque chose qui le veut, cela se passera peut-être !

On vous a vue dans « Camping paradis » récemment, mais à part ça, la télé, vous n'en fai1es plus ?

 Si, je fais d'ailleurs Philharmonia, une série sur le monde de la musique pour France 2 où je joue un médecin, mariée à Jacques Weber. II y aura Marie-Sophie Ferdane, Tomer Sisley et Tom Novembre, J'adore les rôles de médecin

On vous appelle encore parfois Joël!e ?

Plutôt « Pause-Café » alors ! Le rôle de Joëlle Mazart, on m'en parlera jusqu'à la mort ! À un moment, ça m'énervait, mais je me suis rendu compte avec le temps que j'avais transmis avec lui plein de belles choses. J'ai été identifiée à ce personnage et la série est devenue un vrai phénomène de société. C'est , rare, non? Et je peux en être fière !

N'avez-vous pas eu le sentiment que ce rôle a aussi été un frein à votre carrière ?

Oui, bien sûr mais j'ai envie de dire « S0 what ? ». J'ai eu beaucoup de rôle à caractère social à interpréter et on m'a proposé peu de pures comédies, mais l'écoute des autres c'est aussi ce que j'aime !

Vous êtes devenue sexagénaire cette année, un cap difficile ?

 J'y pense pas ! Le corps va bien, je suis heureuse d'avoir la santé !

Un mot sur votre fine adoptive Migmar, 19 ans, qui vient du Tibet ?

 Ce n'est pas facile tous les jours : l'amour n'est pas tout. J'ai adopté à plus de 50 ans, ce n'était pas évident. Et l'adolescence, on sait tous que ce n'est pas facile. On passe par des colères mais c'est sain aussi. Quand on devient maman aussi tard que moi, la vie devient un tsunami, mais je n'ai aucun regret. Maintenant, il faut que Migmar trouve sa voie, mais elle est encore jeune !

À son âge, vous étiez déjà comédienne !

 Je ne suis pas une référence, je voulais être prof d'anglais ! Je me suis retrouvé là sans l'avoir jamais cherché. Et les langues, ça continue à m'intéresser, je suis très douée, l'anglais est une passion, mais je pourrais tourner dans plein de langues différentes !

Sam CHISTOPHE


«
 Les Contes de maman » (lIvre + CD) de Véronique Jannot sur des idées originales de Colette Jannot, aux éditions Michel Lafon, autour de 20€.

 

Extraits de l' union du 13/05/2018

  

     

  Répertoire  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

JEANFI

Le steward  fait son show

Tête d’affiche du Festival du rire à Vervins, le Nordiste Jeanfi Janssens  récidive à Laon ce mardi, espérant rendre hilare une salle qui affiche déjà complet


Le comique, né à Maubeuge dans le Nord, joue de son accent pour faire rire le public.

SA VIE, SON ŒUVRE SUR SCÈNE

*.- Dans son spectacle « Jeanfi Janssens décolle », l’artiste évoque, avec l’accent qui lui est cher, sa vie, ses parents, le surpoids de sa mère, son homosexualité et son travail durant vingt ans comme steward chez Air France. Il raconte son escale à Bangkok et son aventure en club échangiste, ou bien encore le voyage mémorable à Buenos Aires avec maman. Ce mardi soir à la Maison des Arts et Loisirs de Laon, il espère encore faire rire le public du début à la fin.

Jean et baskets de circonstance, Jeanfi Janssens est décontracté et souriant. La nouvelle mascotte de la scène comique du moment nous parle de sa vie, de son spectacle, de la Thiérache et de la Sambre-Avesnois, voisine qui l’a vu grandir. Rencontre.

Lorsque vous jouez dans les environs de votre village d’origine (Beaufort), est-ce spécial pour vous ?

Oui, il y a un truc en plus par rapport aux autres endroits où je joue. Je sens une fierté quand je viens dans le nord de la France. Venir jouer à Vervins (comme récemment, par exemple), c’est un peu à la maison, sur mes terres, ça me parle et ça me touche. Je connais bien le secteur. J’ai été élève interne à Avesnes-sur-Helpe et ma sœur a fait des études à La Capelle.

Une grande tournée dans le Nord était donc une évidence ?

C’était une évidence de faire une grande tournée à travers tout le nord de la France et la Belgique, parce que c’est chez moi et c’est un réel plaisir de rendre la pareille aux gens. C’est une façon de leur dire merci.

J’ai toujours revendiqué mon accent du Nord qui fait partie de moi. Ça m’a aidé à faire passer des messages dans mon boulot

Originaire du Nord pourquoi le public vous a découvert dans le Sud où vous avez longtemps habité ?

Je suis issu du concours le Printemps du rire qui a lieu à Toulouse et j’ai vécu quinze ans à Montpellier. La carte de visite se fait à Paris mais la reconnaissance se fait en province.

Comment êtes-vous arrivé aux « Grosses têtes » sur RTL ?

Cette émission a tout changé pour moi. Laurent Ruquier m’a proposé de rejoindre l’équipe, persuadé que mon humour collait avec celle des Grosses têtes. J’ai fait un essai le 14 octobre 2016 qui a été concluant.

Vous avec un accent assez prononcé. Vous aimez en jouer ?

J’ai toujours revendiqué mon accent du Nord qui fait partie de moi. Ça m’a aidé à faire passer des messages dans mon boulot de steward devant les réclamations des passagers. Je parlais avec une pointe d’accent. Ça m’a permis de désamorcer pas mal de conflits. C’est une force.

Justement, votre travail en tant que steward et votre jeunesse dans le Nord, c’est la trame de votre spectacle ?

Mon spectacle, c’est raconter ma vie avec, en exergue, le milieu d’où je viens. Je suis issu d’un milieu modeste et ce n’était pas écrit que je deviendrai steward. Je suis le seul d’une famille de quatre enfants à être allé jusqu’au Bac. L’idée, c’était vraiment de pouvoir me raconter et faire un spectacle autobiographique. Je viens d’une famille atypique et il fallait que j’en parle.

Travaillez-vous sur un nouveau spectacle ?

Je continue à écrire sur ma vie pour un prochain spectacle avec des anecdotes croustillantes sur le monde du show-business. J’écris sur tout ce qui m’inspire, ce que je vis et observe. J’ai encore beaucoup de sketchs à écrire sur ma mère. Il suffit de l’observer et j’écris très vite sur elle. Elle a un côté Lagaf.

En février vous serez au cinéma dans votre premier rôle sur mesure offert par Dany Boon. Vous pouvez en parler ?

Le film La Ch’tite famille sort en février. Dany Boon a écrit trois scènes pour moi alors que le scénario était bouclé. C’est mon premier petit rôle au cinéma. Je joue un de ses collaborateurs qui travaille dans la même entreprise de design que lui. J’ai caché mes origines du Nord et j’apprends les bases du ch’ti à la femme de Dany Boon qui parle ch’ti depuis son coma.

JÉRÔME HÉMARD

Extraits de l' union du 19/11/2017

  

     

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JENIFER

« J’avais besoin d’une remise à zéro »

La chanteuse, qui est actuellement en tournée avec son dernier album « Paradis secret», fera étape, la semaine prochaine, dans l'Aisne.

« La solitude ne me fait pas peur. Je choisis mes moments de solitude et j'y tiens »
Jenifer

Jenifer a enregistré son 7' album, « Paradis secret » à Bruxelles avec son complice Emmanuel Da Silva et elle est partie pour une tournée en février et mars à la rencontre de son public.

•.- Jenifer, pourquoi ce break de quatre ans entre les derniers albums ?

J'avais besoin, non pas vraiment de me réconcilier avec ma voix, mais de la retrouver. Certains artistes ont un style qui leur est propre. Moi pas. Je n'y vois pas quelque chose de négatif car j'écoute ces artistes mais j'ai besoin de me réinventer, de changer sur chacun de mes opus. Parce que j'ai appris, grandi, au fil de mes rencontres et que j'aime remettre les compteurs à zéro.

•.- Comment définiriez-vous alors le style de « Paradis secret » ?

J'ai retrouvé les premières sensations qui m'ont donné envie de faire de la musique au départ. Ce disque est moins synthétique que le précédent mais tout aussi exotique, plus personnel. L'amour, thème inépuisable, en est bien sûr le fil conducteur mais, sur chaque morceau, j'ai l'impression de pouvoir enfiler un costume différent. C'est un album très produit aussi où je laisse place à la musique, aux cuivres, aux cordes. fi y a presque une ambiance cinématographique . C'est organique.

•.- On retrouve des sonorités des années 60 et 70. Qu'est-ce qui vous fascine dans cette époque ?

C'était, la période des grandes idoles. Un grand condensé de stars est né à cette période. C'était du bon rock, de la bonne soul et ça m'inspire.

Vos fans de la première heure ne sont-ils pas trop déboussolés ?

Certains sont partis, d'autres sont arrivés, d'autres sont restés. Je les écoute parce que je les porte dans mon cœur mais je ne peux pas travailler par rapport à eux. Je ne veux pas les trahir pour autant parce que je suis quelqu'un d'honnête et que je pense à eux. Chacun de mes albums correspondait à la femme que j'étais à ce moment-là. Ma musique reflète mes humeurs. Puis, c'est un défi que de garder son public, d'aller en conquérir un autre. Rien n'est jamais acquis mais je suis prête à prendre des risques. Je pourrais faire de la pop formatée, plus actuelle.

•.- Comment Da Silva, dont l'univers est diamétralement opposé au vôtre, s'est-il retrouvé impliqué sur cet album ?

Il est très rock, c'est vrai ! Mais je le suis aussi ! On avait déjà travaillé ensemble sur mes albums précédents, notamment sur des « Jours électriques ». Je ne suis pas sortie indemne de notre rencontre. On se correspondait. On est devenus très amis. On s'est recontactés et tout s'est fait très naturellement. Il est très patient avec moi et il arrive à lire entre mes lignes. Il m'a montré qu'il avait confiance en mes petites compositions. Et avec Frédéric Fortuny, avec qui on formait un trio, on a vraiment travaillé en pingpong.

•.- Vous chantez beaucoup la solitude et la monotonie. Ça vous fait peur ?

Ce métier nous isole beaucoup. Même si c'est vrai que, paradoxalement, on croise beaucoup de gens.

Cela ne veut pas dire qu'on côtoie ces gens. La solitude ne me fait pas peur. Je choisis mes moments de solitude et j'y tiens. Je n'y serais pas arrivée si je ne m'étais pas construit une vie à côté, si je n'avais pas mes enfants. Ils sont ma boussole et je remercie aussi mes parents de m'avoir offert cette bonne éducation, ces valeurs. Je suis quelqu'un de lucide et je pense avoir toujours su garder les pieds sur terre.

•.- Pour la première fois, vous chantez l'homosexualité …

Oui, je ne peux pas me mettre dans la peau de ces jeunes que j'ai croisés au sein de l'association dont je suis marraine (« Le Refuge » offre un hébergement aux jeunes victimes d'homophobie, NdIR). Je ne peux pas faire « comme si ». Je n'ai pas connu le fait de devoir assumer son homosexualité. J'ai failli tomber dans ce piège d'écrire une chanson très sombre, très grave mais tout est trop noir dans la vie.

•.- Pourquoi avoir attendu aussi longtemps avant de chanter en Corse ?

Quand je regagne le Maquis, d'où je suis originaire, je retrouve mon équilibre. Je me sens bien sur scène, à Paris, à Bruxelles mais la Corse est mon refuge.

•.- Votre dernier single, « Mourir dans tes yeux », résonne presque comme un cri d'amour …

Je ne me voyais pas susurrer ces mots. Mais, je ne voulais pas non plus montrer que j'avais de la voix ou prouver quelque chose. Ce n'était pas calculé. Mais, quand on dit à quelqu'un qu'on veut le quitter avant que les choses ne se dégradent, avant de mourir dans ses yeux, il faut que ça ait un impact !

•.- Que diriez-vous à la Jenifer de 19 ans qui s'inscrivait, il y a 15 ans, à la première édition de la Star Academy ?

Accroche-toi! (rires).

Propos recueillis par Laura VLIEX

Extraits de l' union du 25/02/2017

  

     

  Répertoire  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Michel JONASZ

 Le succès est un moyen et non un but

 La voix de Michel Jonasz va résonner au Capitole vendredi 16 n Le chanteur polyvalent prévoit un nouvel album pour l'an prochain.


Michel Jonasl : « J'ai 20 ans à chaque fois que je suis sur scène ! »
Stéphanie Vivier

MICHEL JONASZ EN CONCERT

*.- OÙ ? au Capitole de Châlons-en-Champagne.

*.- QUAND ? vendredi 16 novembre à 20h30.

*.- TARIFS : de 50 à 60 euros.

*.- INFOS au 03 26 65 50 00 ou sur www.lecapitole-en-champagne.fr

 Ou avez-vous prévu pour votre concert ?

C'est un concert du quartet. Ça fait presque deux ans et demi qu'on est sur les routes ensemble. On change de répertoire de temps en temps. Je fais redécouvrir mes anciennes chansons, dont certaines que les spectateurs attendent. Mais mon critère numéro un, c'est le plaisir de chanter. Je ne me lasse pas de Super nana ou Je veux du blues. Les chansons sont arrangées selon les formules et les musiciens. La part belle est faite aux musiciens, ils auront des moments de solo. Il y a trois ans, on fêtait nos retrouvailles avec Manu Katché et Jean-Yves d'Angelo. Trente ans après, c'est comme si on ne s'était jamais quittés !

C'est donc une refomation définitive du groupe ?

Se retrouver n'empêche pas que chacun suive sa voie. Mais 'je veux continuer ,.à travailler avec Jean-Yves d'Angelo, Manu Katché et puis Jérôme Regard. On ne s'est pas retrouvé juste pour jouer une fois ensemble. 11 ne s'agit pas non plus d'une recréation ni d'une prolongation du spectacle Unis vers l'uni de 1985. Et aujourd'hui, il y a trois musiciens alors qu'avant ils étaient sept.

Pouvez-vous nous parler de votre prochain album ?

 Il sortira pour l'automne 2019, dans la deuxième quinzaine de septembre. Je vais travailler avec jean-Yves d'Angelo, Manu Katché et d'autres musiciens. On s'entend si bien que je veux continuer avec eux. L'album contiendra mes chansons que je compose, tandis que les musiciens feront les arrangements. Mon principal travail porte sur les textes. Je commence à composer ce mois-ci.

Le cœur du prochain spectacle sera ce nouvel album. Il se fera avec ces musiciens, et peut-être .un guitariste.

« Mon critère numéro un. c'est le plaisir d chanter. le ne me lasse pas de Super nana , ou Je veux du, blues »

Comment faire poul' réussir et durer dans la chànson ?

Avoir du succès, ce n'est pas le plus dur. Le plus difficile, c'est de durer. Le succès est un moyen et non un but. Durer dan" le métier, c'est une question de sincérité et de passion. Il faut savoir quelle est l'intention du chanteur: si c'est juste pour avoir dl' succès et être populaire auprès des femmes, ce n'est pas la peine! Il faut être passionné.j'adora écrire et composer. Le public et le sait et le reçoit. Il faut avoir la conviction que le succès sera là et durera.

Vous êtes chanteur, mais aussi acteur et éditeur. Ouel équilibre trouvez-vous entre toutes ces activItés ?

Il y a un'lien, une cohérence entre toutes ces activités. Il n'y a pas une énorme distance entre le théâtre, le cmëma et une scène de music-hall. Jouer et chanter, c'est restituer une émotion. Quand on chante, on fait aussi de la comédie, et quand on joue, il faut avoir le sens du rythme.

 L'édition est une activité annexe : mon principal métier, c'est d'être auteur-compositeur, et comédien. J'ai commencé par des cours d'art dramatique ! C'est le mode d'expression qui change, pas le métier.

Oue vous apporte votre grade de Commandeur de l'ordre des arts et des lettres ?

Ça m'a bien plu, moi qui ai quitté l'école en seconde 1 C'est flatteur et amusant, j'aime bien ces reconnaissances-là. Cela n'a pas changé ma carrière, mais c'est une reconnaissance professionnelle et nationale. Je suis fier de cette décoration.

Johnny Hallyday, France Gall, Charles Aznavour,  On a perdu toute une génération de chanteurs emblématiques cAes derniers mois, Comment réagissez-vous ?

 Chacun a apporté quelque chose d'unique, j'aimais beaucoup Johnny. Aznavour a apporté des choses extraordinaires, On avait fait un film ensemble. J'avais chanté avec Maurane et Michel Delpech. Tous ces artistes appartiennent à une même famille.

 Kevin MONFIL

Extraits de l' union du 04/12/2016

  

    

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Gérard JUGNOT

« C'était moi qui morflais le plus »

L'acteur et réalisateur était jeudi soir aux (rayères, à Reims pour évoquer « Une époque formidable, mes années Splendid », livre dans lequel il relate l'époque du café-théâtre et des premiers films devenus cultes


Gérard Jugnot achève actuellement son prochain film, intitulé «
C'est beau la vie quand on y pense », à paraître en avril prochain. Ch. Lantenois

BIO EXPRESS

•.-1951 : naissance à Paris.

•.-1978 et 1979: « Les Bronzés » ·

•.- 1979 et 1982 : « Le Père Noël est une ordure » (au théâtre puis au cinéma).

•.- 1983 : « Papy fait de la résistance »,

•.-1984 : « Pinot simple flic »- (Son premier film en tant que réalisateur).

•.- 2002 : « Monsieur Batignole ».

•.- 2004: « Les Choristes »

 

« Je vis dans un village de soixante millions d'habitants. Tout le monde me connaît »

Quelle a été la genèse de ce livre ?

 Il y a eu beaucoup de choses écrites sur notre aventure du Splendid, on m'a proposé plein de fois de rencontrer un journaliste ... Mais j'avais envie de l'écrire moi-même. Au départ, c'était plus pour mon fils et mon petit-fils, leur parler de cette époque déjà lointaine, rassembler des souvenirs que je ne voulais pas perdre. J'ai commencé il y a deux, trois ans.

Vos amis du Splendid ont-ils été mêlés au projet ?

Je leur en ai un peu parlé mais je n'ai pas voulu que ce soit la mémoire du groupe. Je voulais que ce soit ma mémoire, ma jeunesse, comment je les ai rencontrés, comment les choses se sont faites ... et passées plutôt bien. Après, j'ai été ravi que Thierry (Lhermitte) ou Michel (Blanc), après l'avoir lu, me laisse des messages très chaleureux. Ça fait cinquante ans qu'on se connaît, on est encore là, l'amitié aussi.

Peu de pages sont consacrées aux Bronzés, pourquoi ?

Je ne voulais pas faire un bouquin sur les Bronzés, déjà parce que ça a été fait. Ce que les gens ne connaissent pas bien, c'était comment on a construit un, puis deux café-théâtre, comment on passait alors notre temps avec la famille du café-théâtre, Coluche, etc … Pour bien conduire, faut regarder dans le rétroviseur, je tenais à faire ce petit chemin ... Et je ne l'ai pas fait avec nostalgie, déjà parce que ce n'était pas tellement mieux à l'époque : on riait beaucoup mais on était pas mal dans l'inquiétude.

Parmi la foule d'anecdotes racontée, celle de la scène du massage, dans le premier « Bronzés », où vous vous faites massacrer…

 Toute notre aventure était parsemée de couillonnades et de blagues. J'étais la victime parfaite, c'est moi qui morflais le plus ... Sur ce coup là, ils ont pris ce type qui était magasinier et ils lui ont dit: « Vas-y, n'hésite pas ! »

Quid de la scène alcoolisée à la fin des « Bronzés font du ski » ?

La difficulté de cette scène, c'était de faire chacun un truc différent ne pas doublonner ... C'était d'ailleurs le vrai problème du Splendid. Après, cette scène était un peu influencée par les Tontons flingueurs. Boire des saloperies et manger des trucs improbables, c’est un truc assez classique.

Que chacun d'entre finisse par voler de ses propres ailes semblait inévitable ...

Oui. On a vécu quinze ans en disant « nous », à un moment il fallait dire « je ». On a toujours été un collectif d'individualistes, il n'y avait pas de chef, on a toujours tout partagé : les rôles, l'argent, les succès et les insuccès.

Les Bronzés et Le Père Noël ont été à l'époque des succès sans pour autant être des triomphes. Comment expliquez-vous qu'ils aient pu se bonifier avec le temps ?

 Oui, les gens ont adopté ces films ... On n’a jamais été des enfants chéris de la critique et le fait que nos films restent alors que bien d'autres, chéris par la critique, sont tombés dans les oubliettes, ce n'est pas une revanche mais c'est une petite satisfaction (sourire). Regardez la cinémathèque : On  se souvient plus de Buster Keaton, Charlie Chaplin ou De Funès que Marcel L'Herbier, Abel Gance ou Germaine Dulac qui était la prêtresse du cinéma dadaïste. Je crois que le succès était une condition nécessaire - mais pas suffisante - pour passer le cap de nos inquiétudes, rassurer nos familles et vivre bien, parce qu'on ne voulait pas être des artistes maudits.

Vous évoquez brièvement les affres du succès. Comment vivez-vous le fait que depuis trente ans, tout le monde vous tape sur l'épaule au coin de la rue ?

C'est vrai que je porte un regard à la fois émerveillé et ironique sur notre situation. Je vis dans un village de soixante millions d'habitants. Tout le monde me connaît, ce qui ne veut pas dire que tout le monde m'apprécie. J'en arrive à être étonné quand les gens ne connaissent pas mon visage (rires) ... Ce n'est pas de la prétention, c'est comme ça. La chose qu'on me dit le plus souvent, c'est « merci » et « continuez »,  ce qui est bien, aussi, car si je suis à l'automne de ma vie, je continue à avoir des projets. C'est ça qui est épatant, on aurait pu s'arrêter à ces succès il y a trente ans.

C'est vrai, cette histoire que quelqu'un avait pris pour habitude de se faire passer pour vous ?

Oui. Pour la fin de Pinot, je voulais être dans les deux plans mais comme à l'époque, il n'y avait pas de numérique, j'avais dû chercher un sosie en passant une annonce. j'ai reçu 3.000 lettres, tous les mecs un peu gros, un peu chauve, un peu moustachu m'écrivant « Je suis votre sosie », ça fait peur (sourire). Et j'ai repéré un mec qui me ressemblait vraiment de trois quarts donc je l'ai fait tourner. Et il est devenu fou. Il s'est inscrit dans une agence de sosies, il a commencé à faire une ou deux pubs à mon nom, des animations ... Un jour, je vais présenter un film à Toulouse, je vois ma photo dans le journal qui annonçait ma venue. Sur la photo, j'avais des Ray-Ban alors que je n'en portais jamais ... Je demande : « Vous l'avez prise où cette photo ? » et on me dit « lorsque vous étiez venu faire une animation sur le Tour de France » Ce qui n'avait jamais été le cas. Après, il a traîné à Cannes, a répondu à des interviews à notre place. Il s'était laissé pousser la moustache ... Il était fou.

La moustache, justement :  jeune, vous portiez déjà une moustache pour vos rôles ...

Oui, avec Michel aussi, pour jouer lès anciens combattants ... Après, pour les Bronzés, on avait 28, 30 ans, on jouait nos parents, en fait. On a toujours joué des personnages plus vieux que nous. Et maintenant, c'est le contraire ...

Propos recueillis par Mathieu LIVOREIL

Extraits de l' union du 04/12/2016

  

    

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KASPAROV - Le retour d’une légende des échecs
Martin Luther KING - Que reste-t-il de son rêve de  ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

KASPAROV

Le retour d’une légende des échecs 

L’ancien champion du monde sort de douze années de retraite et revient à la compétition aujourd’hui aux États-Unis, pour affronter une nouvelle génération qui l’idolâtre. 


Le retour de « l’ogre de Bakou », dont les confrontations avec Anatoli Karpov sont rentrées dans l’histoire, fait l’effet d’une bombe dans le monde des 64 cases et à Saint-Louis, dans le Missouri.
AFP

 

L’ESSENTIEL

*.- GARRY KASPAROV est inscrit au tournoi « Rapid and Blitz », à Saint-Louis, dans le Missouri.

*.- DEPUIS LA FIN DU TOURNOI DE LINARES , le 11 mars 2005 en Espagne, lorsqu’il s’est retiré de la compétition, l’absence du Russe de 54 ans originaire d’Azerbaïdjan a laissé les joueurs d’échecs du monde entier orphelins d’une figure emblématique, lui qui a outrageusement dominé la discipline de 1985 à 2000.

*.- ENTRE AUJOURD’HUI ET SAMEDI, le Russe met donc de côté son opposition au président Vladimir Poutine, qui occupe sa retraite depuis des années, pour se frotter à neuf autres joueurs dont certains gros calibres comme Sergueï Kariakine, mais pas au numéro 1 mondial Magnus Carlsen.

Garry Kasparov, légende russe des échecs, a régné sans partage sur sa discipline, qu’il a révolutionnée et écrasée de sa personnalité avant de prendre sa retraite, pour se consacrer à un autre échiquier, politique. Mais il n’a pas pu s’empêcher de revenir. Si Kasparov, l’un des plus grands joueurs d’échecs de l’histoire, n’a plus rien à prouver, son retour aujourd’hui en compétition officielle à Saint-Louis, dans le centre des États-Unis, est le symbole d’une irrésistible soif d’alimenter son mythe, qu’il a forgé à coups de génie. Et d’une poignée de revers tout aussi retentissants.

GARRY KASPAROV ACQUIERT PENDANT SON RÈGNE LE SURNOM D’OGRE DE BAKOU

Garik Kimovitch Vaïnstein est né il y a 54 ans à Bakou, capitale de l’ancienne république soviétique d’Azerbaïdjan, d’un père juif et d’une mère arménienne. Prodige des 64 cases, il adopte à 12 ans le patronyme de sa mère, Klara Kasparova, et se lance peu après dans l’un des duels les plus longs, épiques et marquants de l’histoire de la discipline, face à Anatoli Karpov. Les confrontations entre les meilleurs ennemis des échecs, le flegmatique Karpov, symbole de l’URSS d’un côté, le bouillant Kasparov, gamin venu du petit Azerbaïdjan de l’autre, possèdent tous les ressorts du drame, sur fond d’effritement de l’empire soviétique. En 1985, Garry Kasparov bat son compatriote et devient le plus jeune champion du monde de l’histoire. Il ne lâchera plus sa couronne pendant quinze ans et en profitera pour casser les codes du petit monde de l’échiquier. Théâtral, grandiloquent, nerveux, animé par un implacable désir de victoire, Garry Kasparov, qui parle parfois de lui-même à la troisième personne, acquiert pendant son règne le surnom d’« ogre de Bakou ». Le joueur est craint, l’homme inhibe ses adversaires et suscite les critiques. Le « monstre aux cent yeux qui voient tout » fait entrer le monde des échecs dans une nouvelle dimension, plus moderne, avec sponsors et retransmissions télé, plus rapide, plus technologique aussi. Il est ainsi le premier à se servir de bases de données informatiques pour s’entraîner. Une avancée qui, ironie du sort, précipitera son premier échec tonitruant. Lui qui avait juré haut et fort qu’aucun bout de ferraille ne le vaincrait jamais, est devenu le premier champion du monde d’échecs battu en 1997 par un ordinateur, le Deep Blue d’IBM. À égalité au bout de cinq parties, Kasparov s’incline lors de la sixième, le 11 mai 1997 et crie… à la triche. Trois ans plus tard, en 2000, il cède son titre à son ancien disciple et compatriote Vladimir Kramnik et prend sa retraite sportive en 2005, après avoir glané quelques succès dans l’intervalle.

Kasparov n’a jamais coupé les ponts avec ses premières amours et a même tenté de prendre la tête de la Fédération internationale des échecs, la FIDE. Mais sa personnalité controversée a chèrement fragilisé sa campagne et il a dû s’incliner face à l’excentrique et richissime Kirsan Ilioumjinov, un proche de Vladimir Poutine qui assure avoir rencontré des extraterrestres.

Exilé à New York, il ferraille à distance avec Poutine

Une fois retiré des échiquiers, en 2005, l’engagement le plus sérieux de jeune retraité de Garry Kasparov devient la politique : l’ancien champion du monde est justement décidé à faire tomber le maître du Kremlin, dont il n’a pu que constater l’ascension fulgurante, lui l’ancien soutien de Boris Eltsine. Kasparov devient l’un des principaux détracteurs du président russe, se présentant même à la présidentielle de 2008, avec sa coalition d’opposition Autre Russie. Il participe au mouvement de contestation sans précédent visant Poutine en 2011 et se retrouve même détenu à l’été 2012, après une manifestation de soutien aux Pussy Riot, un groupe de punk rock féministe. Mais pour Garry Kasparov, force est de constater que l’échiquier politique russe n’est pas un jeu où l’on peut prendre le roi en faisant cavalier seul. Il choisit donc l’exil à New York, d’où il continue depuis 2013 de ferrailler à distance contre Vladimir Poutine. Après avoir expérimenté pendant douze ans le sentiment d’être un pion, en politique, Garry Kasparov se donne, avec son retour aux échecs, l’opportunité de redevenir roi.

Extraits de l' union du 14/08/2017

  

    

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Martin Luther KING

Que reste-t-il de son rêve de  ?

Il y a 50 ans, jour pour jour, Martin Luther King Jr.  était assassiné sur le balcon d’un motel à Memphis,  dans le Tennessee.

L’icône de la lutte pacifique pour les droits civiques des Noirs américains était un homme fatigué, au corps prématurément usé par les épreuves, quand il a été abattu d’une balle sur le balcon d’un motel de Memphis, Tennessee. C’était le 4 avril 1968. Martin Luther King (MLK) avait 39 ans. Il n’a pas été toujours le héros aujourd’hui commémoré par un jour chômé et sculpté dans la pierre d’une statue monumentale au cœur de la capitale des États-Unis. « Il est figé dans le temps, pas comme l’homme qu’il était en 1968 mais comme celui d’août 1963, celui du discours Je fais le rêve », explique David Farber, un professeur d’histoire à l’université du Kansas. « Il était devenu un personnage radical aux États-Unis, un bruyant adversaire de la politique étrangère américaine, réclamant la justice pour tous les pauvres aux États-Unis, pas seulement les Afro-américains », poursuit-il.

Les années soixante aux États-Unis ne sont pas seulement marquées par la lutte pour les droits civiques mais aussi par l’engagement d’un contingent de plus en plus nombreux dans la guerre du Vietnam. Une guerre impopulaire qui divise le pays. « King s’est mis à dos tout le mouvement des droits civiques, le gouvernement et une bonne partie de l’appareil politique quand il a publiquement condamné la guerre du Vietnam », rappelle Henry Louis Taylor Jr., le directeur du centre de recherche sur l’histoire urbaine de l’Université de Buffalo.

« Etre opposé à la guerre était à ce moment-là perçu comme un épiphénomène », souligne David Garrow, l’auteur de « Bearing the Cross : Martin Luther King Jr., and the Southern Christian Leadership Conference », et d’insister : « Ce n’est pas populaire comme ce le sera en 1972, par exemple. »

Je fais le rêve que mes quatre enfants vivront un jour dans une nation où ils ne seront pas jugés selon la couleur de leur peau, mais sur la valeur de leur caractère. Je fais ce rêve aujourd’hui Martin Luther King, le 28 août1963, à Washington

 

Le docteur King est constamment harcelé par la police fédérale et son choix de la non-violence pour mener la lutte déplaît aux jeunes Noirs impatients de voir du changement et parfois d’en découdre. « Durant les douze derniers mois de sa vie, King est complètement épuisé, totalement pessimiste sur l’avenir et complètement déprimé », raconte David Garrow. « Il répète plus d’une douzaine de fois, durant les deux dernières années de sa vie : Le rêve que j’ai fait à Washington en 1963, s’est transformé en cauchemar », ajoute l’auteur.

Cinquante ans après sa mort, le rêve de Martin Luther King d’une société dont tous les membres seraient assis « à la table de la fraternité » reste largement cela : un rêve. Jason Sokol, un professeur d’histoire de l’université du New Hampshire, reconnaît que des progrès ont été faits mais souligne que les inégalités subsistent, « en particulier quand on se penche sur la pauvreté des Noirs, le taux d’incarcération des Noirs et les problèmes de violences policières ».

Un rêve d’autant plus inachevé, rappelle Henry Louis Taylor, que « MLK » voyait au-delà des seuls droits civiques et pensait droits de l’homme. « Le rêve de King embrassait un autre monde possible basé sur la justice économique, sociale, politique et raciale », explique-t-il. De ce point de vue, « on s’aperçoit que nous n’avons pas fait beaucoup de progrès ces 50 dernières années dans la réalisation de ce rêve », juge le professeur Taylor.

« Si les attitudes des individus ont changé sur les questions raciales, le racisme qui se trouve dans le tissu des institutions et des structures des États-Unis n’a, lui, pas vraiment changé », affirme-t-il.

Le legs du révérend est bien vivant


Pour Yolanda Renee, petite-fille de Martin Luther King, «
il ne devrait pas y avoir d’armes dans ce monde ». AFP

Si son rêve est inachevé, le legs du révérend est, lui, bien vivant. En 1964, dans son discours de réception du prix Nobel de la Paix, Martin Luther King avait affirmé que le mouvement des droits civiques était le plus grand mouvement de libération de l’Histoire, rappelle Taylor Branch, auteur d’une trilogie consacrée à MLK, « America in the King Years ». « Il parlait du monde entier, pas seulement des Noirs » et « de bien des manières, il a réussi au-delà de ses rêves les plus fous », affirme Taylor Branch, qui cite le mariage pour tous, un président noir aux États-Unis et les droits des femmes. Plus récemment encore, l’héritage de « MLK » s’est incarné dans le mouvement « Black Lives Matter », né du ras-le-bol de toute une communauté face aux violences policières ou dans le mouvement « Marchons pour nos vies », créé par quelques étudiants après une énième fusillade dans un lycée de Floride et qui a rassemblé des centaines de milliers de manifestants à Washington et dans le reste du pays. Parmi eux, Yolanda Renee, 9 ans et petite-fille de « MLK ». Comme son grand-père, elle a su galvaniser la foule en s’inspirant de ses mots les plus célèbres : « Je fais un rêve dans lequel trop c’est trop. Il ne devrait pas y avoir d’armes dans ce monde. »

 Extraits de l' union du 04/04/2018

  

    

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Chantal LADESOU : J’ai un physique qui plaît à la gent masculine

Vincent LAGAF' - L'animateur est enfin de retour

Victor LANOUX - C'était un acteur populaire
Un grand du cinéma disparait

Serge LAMA - Tous fans

Bernard LAVILLIERS - Un artiste se suit   sur la distance

Daniel LAVOIE -  C’est un défi d’incarner un personnage

Marc LAVOINE -  J’ai encore des choses   à raconter sur scène

Amanda LEAR - Il faut marquer les esprits, en créant le scandale ” 

Franck LEBOEUF – « Un rôle de flic, ça me plairait bien »

Évelyne LECLERC - Je n’ai jamais joué la comédie, sauf au théâtre

Michel LEEB - " Je suis le gâteau, le public les bougies "
Rigoler une heure   par jour devient vital

Michel LEGRAND  –  La vie est une comédie musicale

Claude LELOUCH - « Je veux continuer à ne rien m’interdire »

Jerry LEWIS - Un pitre au grand cœur

LOUANE - :  « Je crois très fort à ma génération »
La chanteuse prête sa voix
« Je n'ai pas peur de grandir »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chantal LADESOU 

J’ai un physique qui plaît à la gent masculine

 L’humoriste à la gouaille qui n'appartient qu'à elle, jouera, demain, son spectacle « J’ai l’impression que je vous plais ».

 

Chantal, votre grand-père vous voulait chanteuse, votre père entrepreneur dans le bâtiment, finalement vous êtes devenue humoriste, cela a-t-il été difficile de les convaincre ?

Oui, mais moi j’aime bien les contres et, malgré tout, c’est un petit peu pareil car un spectacle il faut le construire un peu comme dans le bâtiment. Mais attention je ne suis pas du bâtiment car ça, c’est une autre expression.

Le Petit théâtre de Bouvard a-t-il été le facteur déclencheur de votre carrière ?

Non je n’ai fait qu’un sketch au théâtre de Bouvard, moi c’est la Classe qu’il m’a lancée. J’y étais plus à l’aise car on y faisait des sketches en solo. À ce moment-là, je n’avais pas le temps d’écrire car je venais d’avoir deux petits garçons.

Le fait de jouer aux côtés de votre fille a-t-il une connotation particulière ?

C’est très très agréable car j’avais une comédienne en face de moi qui me balançait la réplique de façon merveilleuse. À l’époque nous étions en vacances ensemble ; j’ai voulu la faire répéter et elle m’a rétorqué «Arrête je préfère travailler avec les metteurs en scène ». Suite à quoi elle est sortie avec le prix Beaumarchais, qui est celui de l’espoir.

Quelle est la pierre angulaire de votre spectacle ?

C’est toujours un peu la vie de famille et de mon mari que je titille. J’observe aussi le métier et les coulisses du spectacle. Je suis dans les dernières dates et il s’arrêtera à la fin de cette année.

« J’ai l’impression que je vous plais »… D’où vient ce titre ?

Ce titre, je l’ai déniché quand j’étais à Avignon. Lorsque je l’ai créé, il y a des jeunes qui sont venus vers moi il y en a un qui m’a dit « J’ai l’impression que je vous plais ». Cette phrase, je l’avais dite deux mois auparavant chez Drucker. Alors je me suis dit ce sera le titre de mon spectacle.

« Au théâtre Grévin, j’avais oublié mes chaussures. J’ai demandé à une spectatrice de me prêter les siennes. C’était exactement ma pointure... »

Au sein des Grosses Têtes comment vous sentez-vous ?

Je suis ravie de faire cette émission car c’est très ludique même si je suis chahutée de temps en temps. Je m’y sens très à l’aise et décontractée ; de plus quand on écrit, on est toujours sur des braises. Ça me permet d’être sur le qui-vive avec des réponses pertinentes. J’adore travailler avec Ruquier qui est un animateur qui me relance tout le temps mais qui nous laisse jamais tomber.

Votre couple toujours fait face contre vents et marées, quelle est la recette ?

C’est l’engueulade ! il ne faut jamais se laisser aller et jamais dormir. Il faut être présent et surtout piquant. C’est notre moteur.

Vous êtes humoriste et aussi actrice, avez-vous une anecdote particulière ?

J’en ai plein mais il y en a une qui est très cocasse. Je jouais au théâtre Grévin et j’avais oublié mes chaussures. Je n’en avais pas dans ma loge. Je suis arrivé pieds nus sur scène et j’ai demandé à une spectatrice du premier rang de me prêter les siennes. C’était exactement ma pointure. Je lui ai rendu en fin de spectacle. Ça prouve que je suis très libre sur scène.

Entre le théâtre, le cinéma, la télé et la scène, où vous sentez-vous le mieux ?

C’est sûr scène car je me sens chez moi. Le cinéma c’est formidable, c’est un peu la cerise sur le gâteau. Être demandé par le metteur en scène qui vous offre un rôle, c’est génial, mais l’effet même de la scène, des projecteurs, le public ainsi que ce côté éphémère de recommencer à chaque fois… C’est toujours mieux qu’hier et moins bien que demain, j’adore !

Que représente Reims pour vous ?

Reims ressemble un petit peu au Nord. Les habitants sont souvent dans le froid mais ont chaud au cœur. Quand ils viennent vous voir, c’est qu’ils vous aiment vraiment.

Dans votre carrière y a-t-il quelque chose qui vous a manqué ?

Non sauf que je ne me suis pas reposée. Je ne suis jamais satisfaite. Il faut toujours continuer et je ne me repose pas sur mes lauriers et je me mets toujours en danger.

Qu’est-ce qui a fait votre succès ?

Je sais que j’ai un physique qui plaît énormément à la gent masculine. J’ai cette voie aussi qui est un peu un cadeau du ciel ; c’est une chance d’avoir une voix aussi particulière, les gens de suite arrivent à mettre une image. Même dans les boutiques les gens me reconnaissent à la voix, pour moi c’est une marque de fabrique.

DANIEL BALBO

Extraits de l' union du 06/12/2018

  

    

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  Vincent LAGAF'

L'animateur est enfin de retour

L'animateur est enfin de retour à la télévision aux commandes du jeu Strike, sur C8

*.- « Je mets une ambiance bon enfant »

La règle du jeu de Strike. est simple; six candidats jouent au bowling et répondent à des questions de culture générale. Chaque quille renversée élimine une mauvaise réponse. Si l'un d'eux renverse les douze, il fait un « strike ». Et passe à la question suivante. Des personnalités et des chroniqueurs de Touche pas à mon poste ! les aident et mol, je mets une ambiance bon enfant dans un décor à l'américaine où il y a 50.000 €

*.- «  Quand je n'aime pas ma gueule, ça marche ! »

Pourquoi le jeu doit marcher ? Parce que je me suis amusé à le taire. Quand c'est le cas, le public aussi s'amuse. Et c'est bon signe si, en me regardant ensuite, je me déteste : depuis L'Or à l'appel, c'est comme ça. Quand je n'aime pas ma gueule a la télé, ça marche ! De plus, un jeu dont les règles S'expliquent en 30 secondes, c'est aussi un bon point. »

*.- « L'équipe d'Hanouna est jeune et ambitieuse »

Je travaille avec l'éqUipe de Cyril Hanouna qui est jeune, ambitieuse, qui va de l'avant. Pour moi c'est une belle remise en question. Comme on dit: changement d'herbage réjouit les veaux. J'ai gardé ma costumière Moumoune (Florence Noyer, ndlr), avec qui je travaille depuis trente ans. Pour le moment nous avons tourné trois émissions hebdomadaires de prime time. Je regrette seulement que le premier numéro ait été diffusé face à un autre vieux routier de la télé, Alain Chabat sur TMC. »

*.- « La télé n'est plus mon gagne-pain »

Je suis vraiment très heureux de retrouver l'ambiance des plateaux de télé. Mais je n'ai pas de contrat d'exclusivité avec C8. C'est mon exigence. Ou alors i1làudra y mettre le prix ! Je ne referai plus les concessions que j'ai acceptées par le passé. La télé n 'est plus un gagne-pain ou un but pour moi désormais. J'ai d'autres passions, à commencer par les Sports mécaniques, l'évolution des tortues et les raids comme celui que j'ai fait en Mongolie pour RMC Découverte (diffusion en septembre, ndlr).

*.- « Je deviens récurrent sur Fort Boyard »

Je deviens récurrent sur Fort Boyard, émission pour laquelle la productrice Alexia Laroche-Joubert m'a demandé de trouver des idées mécaniques. Je jouerai un personnage à l'extérieur du fort qui tentera de s'en approcher et de dépouiller le Père Fourras 1Mon ms fait aussi partie de "aventure puisqu'il a mis au point une façon de fIlmer en faisant du flyboard. »

*.- « J'ai vendu ma boîte »

Ma société Adrénaline Académie sur la plage de Cavalaire ? Je l’ai vendue. On est en France et j’en avais ras-le-bol des réglementations qui se contredisent selon qu'elles viennent de la gendarmerie, de la préfecture ou du ministère. Et qui sont pondues par des gens qui n'y connaissent rien ! Ce qui n'est d'ailleurs pas réservé aux seuls Sports mécaniques. Ces réglementations, c'est vraiment le festival du n'importe quoi ! »  

Elisabeth PERRIN

Extraits de l' union du 27/05/2018

  

    

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Victor LANOUX

C'était un acteur populaire

La santé de Victor Lanoux vacillait depuis une dizaine d'années. A 80 ans l'interprète de Louis la Brocante n'a pas résisté à une nouvelle attaque

 
Victor Lanoux (1936-2017)

La consécration sera télévisée, grâce à Louis La Brocante, une série de France 3 commencée en 1998, alors que Lanoux. est déjà sexagénaire

Pour les plus jeunes, sa moustache reste associée à Louis Roman, son personnage de Louis La Brocante, la série télé à succès. Les plus anciens ont peut-être en tête Bouly, le pote quadra et très séducteur des Rochefort, Brasseur et Bedos dans deux célèbres films d'Yves Robert... Victor Lanoux s'appelait Victor Nataf. Son père était un juif tunisien qui avait épousé une catholique normande. Mais son pseudo, il ne le portait pas par hasard : c'est le nom sous lequel il a été caché pendant la guerre dans la Creuse, à La Chapelle Taillefert !

Sa carrière professionnelle, Lanoux la commence comme ouvrier : il est vernisseur pour le constructeur automobile Simca. Comme il se passionne pour le cinéma, il parvient à se trouver une place de machiniste notamment sur « Notre Dame de Paris » de Jean Delannoy. Mais c'est le métier d'acteur qui l'attire, il en est sûr. Un métier qu'il décide donc ... d'apprendre par correspondance

PASSION POUR LE MÉTIER

Cela explique sans doute des débuts difficiles, une éclosion assez tardive mais aussi peut-être un enthousiasme et un bonheur de travailler qui ne l'ont jamais quitté. « Depuis mes débuts, disait-il, mon credo est le même : gagner ma vie dans le métier que j'aime. Théâtre, cinéma ou télévision, peu importe ... »

Au cinéma, il fera une quarantaine » de films au total. Le tournant est sans doute « Cousin Cousine», un film de Jean-Charles Tacchela, scénarisé par Danielle Thompson, oui, celle de «La Grande Vadrouille». C'est une comédie romantique, comme on n'en faisait pas encore tant que ça à l'époque ! Le magnétisme du couple adultère qu'il forme à l'écran avec Marie-Christine Barrault lui ouvre de nouvelles portes, d'autant que le film est nommé aux Oscars à Hollywood. Lanoux, lui-même ratera cette année-là le César

La consécration n'arrivera pas sous la forme de la célèbre compression ... Non, la consécration sera télévisée, grâce à louis La Brocante, une série de France 3 commencée en 1998, alors que Lanoux est déjà sexagénaire. Son personnage d'en quêteur amateur touche et son charme indéniable fait le reste ...

LE COUAC DE 2007

Malheureusement, en 2007, Lanoux subit un sérieux couac de santé. Alors qu'il tourne un épisode du côté de Garches, il ressent un malaise. Les médecins décident en urgence d'anticiper une intervention chirurgicale prévue de longue date, où il s'agit de lui réparer un anévrisme à l'aorte. Mais cette opération de novembre 2007 est un fiasco, Lanoux se réveille paralysé et une corde vocale a' été endommagée. La rééducation est longue, mais à force de courage et de volonté, le comédien reprend le tournage.

Hélas, tous les téléspectateurs se rendent compte qu'il est vraiment diminué ! Il joue subtilement de son état, mais la voix, le souffle et la mobilité ne sont plus là. Et bien qu'il affirme avoir récupéré 95 % de ses moyens, Lanoux, pas plus que les autres, n'est pas dupe.

Deux ans après, il faut réopérer. Les douleurs qui suivent sont terribles. Victor envisage même de se suicider. Il est «au fond du trou », tenaillé par « des douleurs fantômes ». « Ca faisait un moment que j'y pensais mais ce jour-là je me suis décidé. Je me suis dirigé vers la piscine, un fusil à la main. En chemin, je faisais des pauses sur différents fauteuils et je posais tout le temps mon fusil. Mais à un moment donné, je suis reparti sans le fusil ... »

L'annonce de la fin de Ia série, en 2012 ne surprend personne. Petite consolation : ce chapitre, l'acteur a décidé lui-même de le refermer.

Il y a quelques jours, Lanoux avait à nouveau été victime d'un accident vasculaire cérébral (AVC). On l'avait transporté à l'hôpital dans le coma. Il s'est éteint dans la nuit de mercredi à jeudi à Royan, dans le sud-ouest.

MARIE-JOSÉE NAT, SON IDYLLE CACHÉE


Avec Marie-Josée Nat en 1984

Les tournages, pour la télévision ou le cinéma, lui ont apporté bien du bonheur professionnel. Mais ont aussi, en quelque sorte, contribué à l'épanouir personnellement. C'est en faisant son métier que Victor Lanoux a rencontré les femmes de sa vie.

La plus connue d'entre elles : Marie-Josée Nat. Magnifique actrice aux cheveux de jais, déjà mariée (au réalisateur Michel Drach) au moment de leur rencontre sur le plateau de « Passé simple » en 1977, elle forme un couple discret, caché même, avec Victor Lanoux pendant deux ans. Jusqu'à ce qu'ils révèlent leur amour dans la pièce « Voisin, Voisine » en 1985. « C'est une pièce à l'image de notre vie. Nous nous retrouvons dans les bras l'un de l'autre et nous décidons de faire un bout de chemin ensemble », déclarait l'acteur. Les deux acteurs poseront dès [ors ensemble pour la presse lors d'avant-premières ou d'instants plus privés. A deux, Ils forment une famille recomposée moderne. Lui a déjà eu, jeune, trois enfants (Emmanuelle, Stéphanie et Richard) de son premier mariage avec Nicole. Marie-Josée, elle, a deux fils. Le couple se séparera des années plus tard, sans faire trop de vagues. Et c'est sur un autre tournage, celui de « Louis la Brocante », que Victor Lanoux rencontrera celle qui l’a accompagné jusqu'au bout : Véronique Langlois. Scripte sur la série de France 3, elle n'avait pas craqué de prime abord pour le comédien de 60 ans. Leurs sentiments se sont développés doucement.

CH.V

EN CINO IMAGES. SES RÔLES LES PLUS MAROUANTS AU CINÉMA


« L'affaire Dominici » (1973)
Il est loin d'être un débutant, il a déjà 37 ans, mais le grand public le découvre réellement dans ce film où il joue Gustave, un des fils de Jean Gabin.


« Cousin, cousine » (1974)
Un « petit » film mais une pépite ! Son couple avec Marie-Christine Barrault va être mythique, Elle en profitera plus que lui, grâce à Woody Allen qui la remarque  ! .


«
 Dupont Lajoie » (1975)
 Il change de registre ici, mais est 100 % crédible dans ce rôle antipathique d'ancien de l'Algérie qui veut casser du bicot dans une ratonnade vengeresse.


« 
Un éléphant, ça trompe énormément » et « Nous irons tous au paradis » (1976)
Dans la bande de potes, il est Bouly, le dragueur invétéré qui se retrouve penaud une fois plaqué.


« 
Un moment d'égarement » (1977)

Victor Lanoux excelle aussi dans ce rôle de père qui emmène ses filles sans remarquer qu'une d'elles tombe amoureuse de son meilleur pote à lui

Sam CHRISTOPHE

Extraits de l' union du 07/05/2017

Victor Lanoux, un grand du cinéma disparait

L'acteur Victor Lanoux s'est éteint hier à 80 ans. Cinéma, théâtre et télévision l'avaient consacré.

L’acteur Victor Lanoux, célèbre pour son rôle de « Louis la Brocante », est décédé

Célèbre e pour son personnage de bourru au cœur tendre dans « Louis la brocante» à la télévision et ses nombreux rôles au 1 cinéma, chez Yves Robert ou Jean-Charles Tachera, Victor Lanoux est 1 décédé à l'hôpital de Royan. Souf- 1 frant de problèmes cardiovasculaires, Victor Lanoux avait été opéré plusieurs fois du cœur, Ses obsèques seront célébrées dans l'intimité.

L'acteur à la célèbre moustache avait joué notamment le séducteur impé- nitent, Bouly, dans le diptyque culte d'Yves Robert «  Un éléphant ça trompe énormément » (1976) et « Nous irons tous au paradis » (1977), aux côtés de Jean Rochefort, Claude Brasseur et Guy Bedos en copains quadragénaires à la vie amoureuse agitée. Sa carrière a été marquée par plus de 40 rôles au cinéma, une vingtaine au théâtre, plus de 25 téléfilms et une quinzaine de séries.

« C'était un grand acteur, bougon, tendre et timide », a déclaré sur RTL l'acteur Jean Rochefort.

Victor Lanoux, de son vrai nom Victor Robert Nataf, a débuté comme machiniste de cinéma, notamment sur « Notre Dame de Paris » de Jean Delannoy, après un passage chez le 1 constructeur Simca comme ouvrier vernisseur. Il se tourne ensuite vers le métier d'acteur Qu'il apprend par correspondance. Victor Lanoux a notamment eu une longue relation avec l'actrice Marie-Josée Nat.

 

Né Victor Robert Nataf, le 18 juin 1936 à Paris

•.- 1961 - Débuts au cabaret avec Pierre Richard

•.- 1972 - Premier rôle d'importance au cinéma dans « l'affaire Dominici JO de Claude Bernard-Aubert avec Jean Gabin

•.- 1975 « Cousin, cousine» de Jean-Charles Tacchella, Nommé aux Césars.

•.- 1976-1977 - « Un éléphant ça trompe énormément JO et « Nous irons tous au paradis » d'Yves Robert •.- 1977 – « Un moment d'égarement » de Claude Berri, avec Jean-Pierre Marielle

•.- 1978 - « la carapate » de Gérard Oury, avee Pierre Richard

•.- 1978 - Création de la société " Les Films de la Drouette », avec laquelle il produit plusieurs films

« Une sale affaire », « Boulevard des assassins ».....)

•.- 1984 - « La Smala » de Jean-Loup Hubert, avec Josiane Balasko

•.- 1998-2004 - Incarne le héros de la série télévisée « Louis la brocante »

•.- 2009 - Publie son autobiographie « Laissez flotter les rubans », au Cherche midi

•.- 4 mai 2017 - Décès à Royan (Charente-Maritime), à l'âge de 80 ans, des suites d'un AVC.

Extraits de l' union du 04/05/2017

  

    

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Serge LAMA

Tous fans de Serge Lama

Les grands noms de la chanson française signent les musiques du nouvel album écrit par le chanteur.


Serge Lama de retour avec un 24° album. Frédéric Ouglt! Le Parisien

Enrôlant une pléiade de compositeurs de renom : de Francis Cabrel à Julien Clerc, en passant par Pascal Obispo et Bénabar, Serge Lama, 73 ans, est de retour avec un 24° album studio, « Où sont passés nos rêves ».

En 2013, l'interprète des « P'tites femmes de Pigalle », « D'aventures en aventures » et des « Ballons rouges » a fêté ses cinquante ans, de carrière avec un double album rétrospectif enrichi de plusieurs titres inédits, « La Balade du poète », certifié disque de platine.

Pour ce nouvel album, Serge Lama a décidé pour la première fois de s'entourer pour les musiques des plus grands noms de la chanson française. Jusqu'ici, ses compositeurs attitrés sont deux fidèles, Yves Gilbert, de nouveau présent, et Alice Dona.

Patrick Bruel, Christophe Maé, Carla Bruni, Maxime Le Forestier, Adamo, Gérard Lenorman ou Calogero signent aussi les 17 nouvelles chansons sur des tempos variés, de la ballade mélancolique au rock, en passant par la pop et même la country.

« Je suis un grand timide. Il m'a fallu du temps pour lancer les invitations. J'ignorais que j'avais des fans dans le métier ! », confie Serge Lama qui, en parolier prolifique pour lui-même et d'autres depuis toujours, signe tous les textes. « Écrivain de chansons » pour Julien Gere, « grand poète » pour Calogero ... : Lama a fait le plein de mélodies en quelques semaines, offrant au final un panorama de la chanson française d'aujourd'hui.

« La retraite ? j'y pense et puis j'oublie, C’est mon corps qui dictera les choses »
SERGE LAMA

Son processus d'écriture ?  « Quelques mots an désordre, une simple phrase venue de nulle part me trottent dans la tête, et m'inspirent les couplets. J'ai écrit 400 chansons mélancoliques et 10 ou I2 chansons gaies. On ne retient que celles-là pour me cataloguer. Je n'ai jamais eu droit à Télérama ... », regrette-t-il.

Avec « Les Muses » sur une musique de Cabrel, Serge Lama aborde la page blanche : « C'est affreux, c'est énervant... C'est très dur à vivre. » « C'est quelque part une chanson d'amour car les muses, ces divines inspiratrices, sont souvent des femmes. Sans la gent féminine, combien de poètes auraient rangé leurs crayons ? » interroge-t-il.

EN DUO AVEC CARLA BRUNI

Avec « Casablanca ». Spree Lama s'offre un duo avec Carla Bruni qui signe la musique de cette chanson, un mélo en noir et blanc. Dans « Golgotha », sur une deuxième musique signée Cabrel, le chanteur prône le message humaniste du Christ, « ce qui nous manque tant aujourd'hui », relève-t-il.

Au passage, Lama dénonce les « nouveaux apôtres », notamment « ces politiques qui parlent pour ne rien dire, qui nous trompent et nous mentent ». Julien Clerc signe la musique de la chanson titre « Où sont passés nos rêves ? » contre le défaitisme.

Sur un air country de Bénabar, Serge Lama joue aussi l'autodérision en se moquant des adieux des artistes : « Le public n'est pas bête, on l'a tant trahi avec la chansonnette de nos fausses sorties ». « La retraite ? l'y pense et puis j'oublie ! », concède-t-il. C'est mon corps qui dictera les choses. Physiquement, je vais être de plus en plus diminué. À l'âge de 22 ans, un grave accident m'a laissé handicapé. C'est de plus en plus difficile de rester debout avec l'âge... »

Le 25 octobre dernier, Michèle, l'épouse de Serge Lama, est décédée, emportée par un accident vasculaire cérébral. Selon ses proches, l'artiste a décidé de se réfugier dans le travail, respectant tous ses engagements pour la sortie de l'album.

« Où sont passés nos rêves » chez Warner. Une tournée est d'ores et déjà programmée l'an prochain, avec escales à l'Olympia et à Pleyel.

 

Extraits de l' union du 04/12/2016

  

    

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Bernard LAVILLIERS

 Un artiste se suit   sur la distance  

Le rebelle au grand cœur promène son œuvre poétique et militante à travers le monde depuis un demi-siècle.  En tournée avec son dernier album « Cinq minutes au paradis », Bernard Lavilliers pense déjà au prochain


À 71 ans, Bernard Lavilliers a publié un 22ème album coup de poing, « 5 minutes au paradis ».

 BIO EXPRESS

*.- 1946 : naissance à Saint-Étienne.

*.- 1963 : adhère au Parti communiste français

*.- 1967 :  premier 45 tours, prix de la chanson à Montreux.

*.- 1976 : consécration avec l'album « Les barbares ». Premier Olympia

*.- 1988 : « On the Road again », succès planétaire.

*.- 2013 : « Baron samedi », disque de platine.

*.- 2017 : « Cinq minutes au paradis s, vingt-deuxième album de sa carrière.

Comment faites-vous pour être toujours balèze physiquement malgré les années qui filent ?

Les années et… les nuits sans sommeil, je lis dans vos pensées ! J’ai une sorte d’hygiène physiologique, par exemple, je fais du sport tous les jours. Quelle que soit la nuit agitée – j’en ai malgré tout un peu moins – elle se termine par une grosse séance de boxe pour évacuer les toxines…

La force des mots et de la musique doit être en adéquation avec les muscles ?

N’exagérons rien sur les muscles ! C’est la puissance de création qui m’intéresse. Le peintre a sa toile, l’écrivain sa feuille blanche et moi, le musicien, j’ai les deux, le silence comme associé et mon parchemin vierge. Je n’écris pas de roman, mais comme ça fait un bail que j’écris des chansons, je bouge, et après la tournée, qui est encore longue, je vais aller explorer d’autres recoins de notre terre pour me ressourcer et régénérer l’inspiration.

Où comptez vous aller ?

D’abord, je vais prendre le Transsibérien, le train mythique qui relie Moscou à Vladivostok en sept jours pour traverser des contrées que je ne connais pas, et ensuite j’irai sans doute m’installer à Buenos Aires pendant un bon moment. C’est comme ça que j’ai vécu dans des pays différents : je choisis un pays comme base avec des moyens de communication pas trop compliqués, et je rebondis dans d’autres pays, d’autres villes, où je compose en humant l’air où je me trouve.

Redoutez-vous d’être un jour, comme le dit un de vos titres, « bon pour la casse » ?

Moi, ça va, mais dans ce monde économique féroce, on éradique les gens vite fait. J’ai un ami qui était numéro deux ou trois dans une multinationale, il a été convoqué un vendredi soir et viré en une demi-heure. Pendant des années, j’ai chanté dans les usines « Les mains d’or », je les chante encore parce que ce sont toujours les travailleurs qui font la richesse des capitalistes. Sauf que maintenant, on délocalise et plein de gens sont proclamés bons pour la casse alors qu’ils sont toujours aptes à travailler, c’est très choquant.

Quand saurez-vous qu’il faut arrêter?

Un de mes amis spécialistes de la voix est venu m’entendre à Lyon, au théâtre antique de Fourvière. À la fin du concert, il m’a dit : « Ta voix ne bouge pas. » Quand ma voix commencera à décliner, à ne plus être tout à fait juste, ou bien le jour où je n’aurai plus l’inspiration, je ne traînerai pas des années dans une espèce de best-of qui s’étire en longueur. À chaque fois que je remonte sur scène, c’est avec un nouvel album. Si je n’arrive plus à créer, ce sera le signe.

Qu’est-ce qui a été dit ou écrit de plus juste sur vous ?

Ma proximité avec la poésie, la poésie des voyageurs. Musicalement, que je m’étais laissé habiter par plusieurs univers, et jamais à distance. Pour enregistrer du reggae, je me suis rendu en Jamaïque, j’ai appris à jouer comme eux et après j’ai écrit des chansons. Je m’intéresse beaucoup aux sons. Pour la musique latine, la rumba, la salsa, je suis allé à Cuba, à Porto Rico, à New York pour la fusion entre le jazz et la funky music. Je ne peux pas composer en installant un décor sonore, je dois être immergé corps et âme dedans.

N’est-ce pas ambigu, quand on a votre confort de vie, de conserver l’âme d’un ouvrier ?

Non, je l’ai toujours gardée. En avril dernier, en pleine tournée, je suis allé avec quatre musiciens chanter pour remonter un peu le moral des ouvriers de Ford, mille qui se retrouvent sur le carreau avec la fermeture du site de Blanquefort, à côté de Bordeaux, alors que l’entreprise fait des milliards de profits. J’ai connu l’époque où beaucoup d’artistes allaient chanter pour ces causes-là, mais il n’y en a plus beaucoup.

Vous avez tenu des propos plutôt sympas à l’égard d’Emmanuel Macron, ce qui peut surprendre compte tenu de vos engagements ?

J’ai dit qu’il ne connaissait pas le peuple, mais que je n’avais pas l’impression qu’il le méprisait. Après, il lui arrive de drôles de choses, comme ces temps-ci, parce qu’il n’est pas encore un vieux requin de la politique, mais c’est déjà un beau poisson quand on voit la façon dont il a éliminé la droite et la gauche. Je crois que ça ne va pas durer, c’est compliqué en France de sortir de la culture binaire de la politique. Sans contre-pouvoir, ça peut glisser vers des dérives assez bizarres. Son espèce de candeur et d’habileté m’a un peu bluffé, c’est vrai, mais c’est peut-être un félon, les félons sont habiles.

Dans la vie, vous êtes grave et taciturne comme vos chansons ?

Il m’arrive d’être taciturne, mais j’ai plutôt le sens de l’humour et de l’autodérision. C’est ce que les gens pensaient aussi de Léo Ferré, un anarchiste intellectuel difficile à comprendre, mais je l’ai bien connu et c’est un des types qui m’a fait le plus marrer dans la vie. Parmi, les grands poètes de la chanson française, c’est celui qui m’a le plus ému.

VICTOR MATTHIAS

 Extraits de l' union du 27/08/2018

  

    

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Daniel LAVOIE

 C’est un défi d’incarner un personnage

Avis aux nostalgiques : la comédie musicale « Notre-Dame de Paris » est de retour !   La troupe sera au Millésium, ce samedi, avec Daniel Lavoie, qui a repris son rôle de Frollo.


L’auteur, interprète et comédien Daniel Lavoie reprend le rôle de Frolo dans la cimédie musicale, ce samedi, au Millésium. A. Dubici

NOTRE-DAME DE PARIS

*.- OÙ ? Au Millésium d’Épernay.

*.- QUAND ? Le samedi 18 novembre 2017.

*.- TARIFS : de 29 à 79 euros. Possibilité de faire un don à l’Association des jeunes diabétiques lors de la réservation et bénéficier d’une réduction sur le prix du billet.

*.- INFOS : adaptation de l’œuvre de Victor Hugo, cette comédie musicale signée Luc Plamondon et Richard Cocciante a rassemblé plus de 10 millions de spectateurs de 1998 à 2015, a été joué dans neuf langues et dans plus de vingt pays différents.

Frollo et vous, c’est une vieille histoire. La soutane vous manquait ?

Je peux vous dire sincèrement que cela ne me manquait pas ! Quand j’ai raccroché ma soutane, il y a dix-huit ans, c’était avec l’intention de ne plus jamais la remettre et puis, il y a un an et demi, le producteur m’a appelé pour me proposer de reprendre ce rôle. J’ai réfléchi et j’ai soudainement eu envie d’aller voir si j’en étais encore capable.

Qu’est-ce qui vous plaît dans ce personnage ?

C’est un personnage complexe, au-delà des notions de bien et de mal. Les gens pensent que c’est un méchant. Moi, je trouve que c’est un personnage qui nous ressemble tous, quelqu’un de très humain, qui se retrouve dans une situation qu’il ne sait pas gérer. C’est aussi quelqu’un qui a montré qu’il était capable de générosité, de tendresse envers Quasimodo, qu’il a recueilli dans la rue. Il se retrouve à vivre un coup de foudre à un âge compliqué et il le gère très mal, ce qui donne le drame que nous connaissons. Évidemment, il y a une vision romantique de l’amour, très fin XIX e , qui ne ressemble pas beaucoup à ce que nous vivons maintenant mais, en même temps, c’est très agréable à jouer sur scène.

Est-ce que le fait d’interpréter un homme d’église en proie à ses démons a questionné votre rapport à la religion ?

J’y ai réfléchi, dans le sens où j’ai étudié chez les Jésuites et je connais très bien cet univers pour avoir un peu vécu sous la férule de prêtres autoritaires. Je savais donc à quoi m’en tenir mais, à part le fait qu’il soit prêtre, il n’exerce sa fonction en aucune façon pendant le spectacle. En fait, en tant qu’archidiacre de Notre-Dame, il apparaît surtout comme un personnage autoritaire qui dirige mais pas comme un religieux.

En quoi cette nouvelle version est-elle différente ?

En fait, elle n’est pas différente. C’est la même mise en scène qui a certes été peaufinée : les costumes ont été changés et certains détails corrigés mais c’est, avant tout, le même spectacle, la même musique. Moi, je dirais que c’est un peu mieux que le premier, c’est plus aéré, ça bouge mieux mais je ne crois pas que les gens qui l’ont vu il y a vingt ans vont s’en rendre compte.

Comment s’est passée la préparation avec les nouveaux comédiens ?

Plutôt bien. J’avoue que c’était une de mes sources d’hésitation car j’avais travaillé avec une belle équipe et je me demandais avec qui j’allais me retrouver. J’ai plongé quand même, on m’avait assuré qu’ils étaient très bons et c’était vrai. Je me suis retrouvé avec une équipe extraordinaire, des jeunes très motivés qui sont entrés dans les personnages avec beaucoup de force et d’intelligence.

On vous connaît auteur, interprète, comédien, écrivain. Dans quoi êtes-vous le plus à l’aise ?

Dans tous les domaines mais là où je prends le plus de plaisir, c’est dans ce que je fais en ce moment. La scène a toujours été quelque chose que j’aime beaucoup. C’est un défi d’incarner un personnage, même si c’est moi-même qui dois convaincre le public qu’il n’a pas dépensé ses sous pour rien.

Est-ce qu’il y a encore des domaines dans lesquels vous aimeriez vous lancer ?

Oui, mais je ne pense pas que j’ai le talent pour le faire (rires). J’aimerais bien composer une symphonie ou quelques beaux quatuors à cordes mais j’ai fait tellement d’autres choses que je n’ai pas eu le temps de me pencher sur mon écriture musicale.

De quel titre êtes-vous le plus fier ?

Oh mon Dieu, c’est très difficile car j’en ai écrit beaucoup dans ma vie, des chansons. Il y en a une toute petite, avec un couplet et un refrain. Elle a été chantée par Pierre Barouh à la fin de ses spectacles et par Claude Maurane aussi, qui s’appelleBoule qui roule. C’est une chanson qui, je trouve, n’est pas loin d’être une très bonne chanson !

Vos projets ?

J’en ai plein. Faire un disque, c’est devenu tellement aléatoire et difficile que c’est un peu comme rêver en couleurs (expression québécoise qui signifie être trop optimiste, voir trop grand), mais je suis en train d’en préparer un avec mon ami Laurent Guardo avec qui j’ai fait La licorne captive, un disque de musique moderne médiévale avec des violes de gambes. Maintenant, on est en train de faire un disque sur des textes de Rimbaud. C’est quelque chose d’assez marginal, qui ne passera pas forcément à la radio, mais ça me tient énormément à cœur. Je suis officiellement à la retraite donc je ne fais que des projets qui me plaisent, pas nécessairement pour vendre ou avoir un succès commercial. J’ai arrêté ça depuis quelques années et je ne m’en porte que mieux.

LAETITIA VENANCIO

 Extraits de l' union du 16/11/2017

  

    

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Marc LAVOINE

 J’ai encore des choses   à raconter sur scène

Après six années sans scène, le chanteur a retrouvé le public   avec la tournée de son album « Je reviens à toi ». Il sera au Capitole ce vendredi.


«
Avant la tournée, je suis un peu anxieux, car j’ai envie de bien faire, mais je garde confiance. »

Marc LAVOINE EN CONCERT

*.- OÙ ? au Capitole de Châlons-en-Champagne.

*.- QUAND ? vendredi 30 novembre à 20 heures.

*.- TARIFS : de 39 à 64€.

*.- INFOS au 03 26 65 50 00 ou sur www.lecapitole-en-champagne.fr

Vous avez retrouvé la scène début octobre après six ans d’absence. Ce n’était pas un peu long ?

Évidemment… six années sans scène, c’est un peu un souci. En même temps, j’ai fait le livre sur mon père qui m’a beaucoup rapproché des gens, des films et le conte musical Les Souliers Rouges ; je n’ai pas perdu mon temps et je pense avoir encore des choses à raconter sur scène. Donc, avant la tournée j’étais un peu anxieux, car j’ai envie de bien faire, mais je garde confiance.

Comment s’articule votre spectacle ?

Je raconte une histoire à travers des chansons ; celles qui représentent une sorte d’identité ; d’autres des portraits; une promenade avec celles sur la France et sur Paris ; des chansons sentimentales et six chansons du nouveau disque Je reviens à toi et une chanson inédite, plus rose, plus drôle que celles écrites sur l’album. Tout est fait pour que ce spectacle marque une nouvelle étape.

Comment passez-vous de l’album à la scène ?

J’ai une première inquiétude : est-ce que les gens achèteront des billets pour venir me voir ? Cette inquiétude est présente dans tout ce que je fais, que ce soit un disque, un livre, un film ou un spectacle. J’essaie de ne pas faire perdre leur temps aux gens qui m’ont fait confiance, qui m’ont fait l’honneur de m’accompagner jusqu’ici. Donc ma première préoccupation est de leur proposer un spectacle auquel ils seront heureux de venir. Sur scène, je vais travailler un climat pour être disponible, complètement présent dans l’histoire et dans les chansons. Ensuite, techniquement, j’essaie d’apporter quelque chose d’un petit peu inattendu, une surprise.

Et pour les chansons ?

Les chansons font partie d’un univers qui forme un tout. Elles racontent des facettes d’un même personnage, différentes histoires. Certaines de ces chansons nous appartiennent à tous. Et c’est là que j’essaie de trouver la bonne place, le bon endroit dans le spectacle pour ne pas me tromper. Cela a l’air un peu intellectuel, mais pas du tout, c’est quelque chose de très physique. Si par exemple je ne suis pas physiquement dans la bonne position, je peux mal chanter une chanson, j’ai l’impression qu’elle dure trop longtemps ; par contre si je suis bien dans mon arc, dans mon positionnement, alors la chanson passe mieux. C’est vraiment une question d’état d’esprit. On peut faire beaucoup de choses sur scène aujourd’hui mais l’essentiel, c’est le courant qui va passer. Sur des chansons particulières de mon spectacle comme Chère Amie ou Paris, il y a une possibilité de faire passer un frisson un peu différent ; c’est ce que j’essaie de trouver ; parfois ça passe, parfois non.

« Ma première préoccupation est de proposer au public un spectacle auquel ils seront heureux de venir »

Comment créez-vous votre spectacle ?

On commence chanson par chanson. On les déchiffre en essayant de retrouver l’ADN de chaque morceau. Quand je vais voir un spectacle, j’aime bien qu’on ne dénature pas trop les morceaux. Je n’ai pas l’envie de la modernité, j’aime la temporalité d’une chanson, son goût du départ, qu’elle date de vingt ans ou de trois mois. Ensuite, on enchaîne chanson par chanson ; puis, par sections ; enfin, en enfilade. Et après, on les travaille en situation sur scène. Le spectacle a le droit d’évoluer ensuite, mais un petit peu seulement. J’aime bien garder l’architecture du départ.

      Physiquement comment vous êtes-vous préparé à cette tournée ?

C’est macrobiotique, des protéines, des choses légères qui me gardent alerte. Si on mange trop, on devient très dépendant de ce qu’on ingurgite et le corps peut ne pas suivre. Il faut se préserver, bien gérer son temps de sommeil, pour que la voix soit capable de chanter 1h45 à 2heures, sans trop se fatiguer. C’est un exercice physique important, donc il faut l’accompagner d’exercices physiques. Il est nécessaire d’être gentil avec soi-même, ne pas trop tirer sur la corde.

Claudine MARILLOT

 Extraits de l' union du 25/11/2018

  

    

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Amanda LEAR

« Il faut marquer les esprits, en créant le scandale » 

       Amanda Lear s’est plus ou moins mise en retraite du monde du spectacle. Là, elle revient donner de la voix dans « Les Indestructibles 2 », qui est dans les salles depuis mercredi.


Dans le dessin animé sorti mercredi, elle prête sa voix à Edna Mode, une styliste acariâtre, égocentrique mais brillante.

Bowie en était amoureux, elle a été la muse de Salvador Dali, a joué au cinéma et au théâtre... Là, elle revient prêter sa voix à Edna Mode, un des personnages secondaires marquant des « Indestructibles 2 ». Elle vous regarde à travers ses lunettes roses. Elle a l’œil curieux, le sourire scotché au visage. Elle parle avec enthousiasme de cette nouvelle collaboration avec Disney, dans un dessin animé familial, elle qui est passée par tous les excès du rock et des dernières décennies. Elle bouge des mains en parlant, s’anime, rit, vous montre sa dernière peinture postée sur son compte Instagram et parle sans s’arrêter. Pour le reste, Amanda Lear a une voix suave et rauque à la fois. Pas étonnant qu’on l’ait sollicitée pour doubler la voix de personnages de dessins animés. Dans « Les Indestructibles », elle campe le rôle d’Edna Mode, une styliste acariâtre, égocentrique mais brillante.

« Un des points les plus importants de ma personnalité, c’est que je m’ennuie très vite »

Amanda, comment avez-vous débarqué chez Disney ?

Quand j’ai vu la tête d’Edna Mode, la styliste spécialisée dans le relookage des superhéros des « Indestructibles », je n’en ai pas cru mes yeux : moi, doubler cette petite femme moche comme tout, aux épaisses lunettes rondes et épaisses, avec une coupe au carré et une frange ? Bref : pas du tout moi ? Mais ce serait super !

Edna Mode a-t-elle des points communs avec vous ?

Je me suis complètement retrouvée dans son côté exubérant. J’adore surtout sa façon de répéter « Daaaarling ». Je me suis complètement prise au jeu. Pendant les enregistrements en studio, je gigotais tout le temps en faisant de grands gestes.

Musique, cinéma, théâtre, mannequinat… Votre carrière est symbole d’éclectisme sous toutes ses formes, non ?

Je vois ça comme une qualité. Alors oui, je suis éclectique, je fais de tout. Jean Cocteau le faisait aussi, mais on disait de lui que c’était un génie pour cette raison. Mais le monde est encore sectaire, il comprend mal qu’une femme, surtout, puisse se diversifier. Même chose dans la musique, d’ailleurs : si tu fais du disco, alors tu ne dois pas faire de RnB. Mais pourquoi on devrait s’enfermer dans un seul genre ?

Peut-être parce que les personnalités déconcertantes, comme la vôtre, posent problème à l’industrie ?

Pour eux, c’est plus difficile. Un des points les plus importants de ma personnalité, c’est que je m’ennuie très vite. Par conséquent, si je dois faire la même chose pendant plus d’une ou deux semaines, je me dis : « Encore ? Non ! ». En plus, j’ai toujours l’impression d’ennuyer les gens. S’ils me voient encore faire la même chose, le même genre de musique, avec le même comportement et la même coiffure, ils vont en avoir marre ! Pour ne pas lasser, je m’attache à me renouveler, à changer de direction, à surprendre…

“JE VOULAIS CHANTER COUVERTE DE NOIR, AVEC UNE IMAGE DE MÉCHANTE, DES CHAÎNES”

Pour vous, surprendre est aussi passé par vos fréquentations, non ?

Il faut être capable de s’adapter aux changements, un peu comme un caméléon, sinon tout devient très sclérosé, c’est toujours pareil. J’ai donc été l’amie de Bowie, la muse de Salvador Dali, la reine du disco… Salvador Dali me disait toujours : « Quand tu rencontres quelqu’un, tu dois lui donner un grand coup dans le tibia. Ça fait horriblement mal, mais il s’en rappellera toute sa vie. Si tu es mignonne avec un beau sourire, tout le monde va t’oublier. » Une façon de dire qu’il faut marquer les esprits, provoquer, créer le scandale, pour que les gens se souviennent de toi.

Dali, il dirait quoi de votre carrière ?

Il n’était pas du tout « pour » la carrière. Il pensait que c’était quelque chose de vulgaire, pour une jolie femme intelligente et cultivée comme moi d’aller parler à Danièle Gilbert de mon actualité ! Il aurait préféré que j’épouse un aristocrate et que je vive dans un château en Espagne. Mais je lui disais : « Non, moi j’aime faire du spectacle, j’aime chanter, j’aime passer à la télé ».

Vous avez déjà pensé à faire un album de reprises des hommes que vous avez côtoyés : Bowie, les Stones, Bryan Ferry ?

Faudrait attendre qu’ils soient tous morts !

Vous avez rempli un rôle fondamental dans l’évolution du modèle de la femme, vous lui avez amené l’aspect provocateur…

À la base, j’habitais en Angleterre, et à l’époque, la mode pour les chanteuses était celle de filles comme Olivia Newton-John : des petites blondes mignonnes… Je ne voulais surtout pas être ce genre de chanteuse. Je voulais chanter couverte de noir, avec une image de méchante, des chaînes… Et je me suis retrouvée sur la pochette d’un album de Roxy Music, « For Your Pleasure », comme ça : toute vêtue de noir, avec des talons aiguilles énormes, et une panthère noire tenue en laisse… C’était l’image d’une femme nouvelle.

Après ce parcours, vous vous considérez comme une icône ?

Non ! Les icônes, on les trouve au cimetière !

Frédéric VANDECASSERIE

 Extraits de l' union du 08/07/2018

  

    

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Évelyne LECLERC

Je n’ai jamais joué la comédie, sauf au théâtre

La comédienne devait jouer, avec Maurice Risch, la pièce « Ma colocataire est une garce », ce vendredi au Centre des congrès. La représentation est repoussée à la fin octobre.

Ma colocataire   est une garce  

*.- L’HISTOIRE : Nadège (Évelyne Leclercq) est jolie et manipulatrice. Hubert (Maurice Risch) est naïf, timide. Elle va réveiller le quotidien de ce vieux garçon avec une pincée de sexe, un zeste de séduction et une bonne dose d’humour.

*.- OÙ ? au Centre des Congrès de Reims.

*.- QUAND ? samedi 27 octobre, à 17h30. Initialement, la représentation était programmée ce vendredi 8 juin à 20 heures mais nous avons appris, vendredi, son report de date. Les billets restent valables mais peuvent toutefois être remboursés jusqu’au 29 juin prochain.

*.- TARIFS Places à 23 et 28 €.

*.- INFOS Au 03 26 77 44 44 et sur www.reims-evenements.fr

À l’évocation de son patronyme, on ne peut s’empêcher de penser à l’émission culte Tournez manège !qu’elle a animée durant les années 80. Évelyne Leclercq n’a pourtant pas fait que de la télé. Elle s’est également essayée au chant, au théâtre. C’est sur les planches du Centre des Congrès de Reims que le public pourra la découvrir vendredi prochain. Elle y jouera, aux côtés de Maurice Risch la pièce Ma colocataire est une garce.

Speakerine, animatrice de télévision et actrice, Évelyne Leclercq, comment êtes-vous arrivée au théâtre ?

Ça remonte à 1987, grâce à Georges Descrières et Michel Galabru que j’ai rencontrés par hasard et qui m’ont proposé de jouer le rôle d’Elvire dans Don Juan de Molière. Je n’avais jamais fait de théâtre mais seulement de la télévision. Georges Descrières m’a demandé de faire un bout d’essai dans une audition et m’a engagée tout de suite. Après, ça ne s’est plus jamais arrêté et j’ai fait de nombreuses pièces. principalement du boulevard.

Comment vous êtes-vous retrouvée dans la pièce « Ma colocataire est une garce » ?

On me l’a proposée. Je l’ai lue et elle m’a beaucoup plu. Elle était jouée déjà depuis longtemps, c’est une pièce à deux personnages. Les gens rient d’un bout à l’autre pendant 1 h30 de spectacle. C’est vraiment un rôle de composition, car ce n’est pas du tout ma façon de vivre et ça m’amuse beaucoup de jouer le rôle de Nadège.

Comment êtes-vous devenue speakerine à la télévision ?

Je n’avais pas encore 18 ans j’étais hôtesse d’accueil dans un hôtel de Nice. Une équipe de télévision est venue faire un reportage dans cet hôtel pour un congrès. Ils m’ont filmé 10 secondes sur un plan de coupe. La station régionale Nice Côte-d’Azur recherchait une nouvelle speakerine et le directeur a vu ce plan. S’il avait éternué au moment où je suis passé, il ne m’aurait pas vu tellement c’était rapide. Il a demandé aux journalistes qui était cette jeune fille. L’émission à peine terminée, le téléphone a sonné. Au départ j’ai cru que c’était une blague de mes amis, mais non c’était bien réel. J’ai fait un essai et j’ai été engagée tout de suite.

Quelles sont vos motivations dans la vie ?

La vie elle-même, ma famille et mes enfants qui passent en premier. Mon travail que j’adore. J’ai toujours aimé mon métier à la télévision maintenant je n’ai plus d’émission à moi, mais je continue à être invitée chez les nouveaux animateurs et la rencontre du public de France partout où on a besoin d’une animatrice.

Qu’est-ce qui vous horripile ?

L’injustice, le fait que l’on ne s’occupe pas assez des handicapés. Les gens en fauteuil rencontrent beaucoup de problèmes et si j’étais ministre de la Santé, ce serait l’une de mes premières préoccupations pour aider ces gens.

Qu’est-ce qui a fait votre popularité ?

Je pense que c’est ma sincérité car on ne trompe pas les gens pendant plus de 40 ans. Je n’ai jamais joué la comédie, sauf au théâtre. Je n’ai jamais composé et le public s’en rend compte.

Hôtesse de l’air, est-ce un rêve d’enfant inachevé au point d’en avoir écrit un livre ?

Ce n’est pas un livre sur les hôtesses de l’air mais plutôt l’histoire de mon rêve d’enfant, car à l’époque être hôtesse sur des longs courriers c’était une belle aventure. Aujourd’hui ça s’est démocratisé. Dans ma famille, mon frère est chef de cabine à Air France et ma belle-sœur et ma fille sont dans l’aviation.

« Comment vaincre sa solitude » l’autre livre que vous avez écrit en 1994 au moment où vous avez quitté « Tournez manège » est-ce l’exutoire de l’oubli ?

Avec « Tournez manège », je me suis rendu compte combien les gens souffraient de la solitude. Je ne sais pas combien de célibataires il y a Paris mais ça se compte en millions. C’est pour ça que l’émission « L’amour est dans le pré» de Karine Le Marchand fonctionne aussi bien. Car, dans les campagnes, la solitude règne aussi comme partout. J’ai écrit ce livre pour apporter aux gens ma modeste expérience.

“ Georges Descrières m’a demandé de faire un bout d’essai dans une audition et m’a engagée tout de suite ”

Auriez-vous pu trouver votre âme sœur dans l’émission ?

J’ai animé l’émission pendant presque 10 ans. J’ai eu plus de 17000 candidats et personnellement je n’en ai pas trouvé un seul. Ce n’est pas si facile mais je suis aussi très difficile.

Retrouvez-vous certains candidats dans vos animations commerciales ?

Oui partout où je vais je rencontre des anciens candidats de « Tournez manège ». Les gens viennent me trouver et me disent qu’ils ont participé à l’émission. Bien évidemment je ne les reconnais pas à chaque fois mais on évoque quand même les bons moments et ils ont tous garder un très bon souvenir.

Avez-vous une anecdote de cette émission ?

C’est une question qu’on me pose souvent mais il y en a eu tellement que tout ce que je puis dire, c’est qu’on s’est bien amusé. C’est ma réponse de Normande.

Que pensez-vous de la parodie des Inconnus sur « Tournez manège » ?

C’est excellentissime il y a eu les Inconnus et les Nuls. Les deux parodies sont cultes. C’est aussi grâce à ça que l’émission n’a pas été oubliée. Même les jeunes qui ne l’ont pas connue en parlent.

Daniel BALBO

 Extraits de l' union du 10/10/2017

  

    

  Répertoire  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Franck LEBOEUF

« Un rôle de flic, ça me plairait bien »

 L'ancien footballeur de Chelsea et.de l'OM a quitté les stades pour les planches. En fin de semaine, Frank Lebœuf jouera dans deux salles de la région


Franc Leboeuf , l’ancien joueur de foot incarne un présentateur télé dans la pièce qu’il jouera à Chauny et à Tinqueux. Daniel Balbo

"MA BELLE-MÈRE ET MOI ... 9 MOIS APRES"

Pièce de théâtre avec Franck Lebœuf et trois autres comédiens.

•.- à Chauny (Aisne), samedi 27 janvier, à 20h30, au Forum. Places à 25 et 30 €. Infos au 03 23 52 23 52 et sur www.ville-chauny.fr.

•.- à Tinqueux (Marne) dimanche 28 janvier, à 15 heures, au K. Places de 35 à 52 €. Infos au 03 26 04 11 11 et sur www.lekreims.com

Après une carrière de footballeur' bien remplie, Frank Lebœuf est resté dans la lumière des projecteurs et il fréquente maintenant les théâtres en tant qu'acteur. 'A Chauny et Tinqueux, il présentera «Ma Belle-Mère et moi... 9 mois après. une pièce produite, mise en scène et écrite en partie par ses soins. .

Existe-t-il un parallèle entre le jeu sur le terrain et celui du théâtre ?

Ça fait maintenant douze ans que j'ai arrêté !e foot. Le théâtre, c'est un autre art si J'on peut considérer le foot comme de l'art. Seule la réaction immédiate du public pourrait s'apparenter mais les lieux diffèrent. Dans un stade, j'ai déjà été devant 90000 personnes, dans un théâtre c'est plus confiné. En revanche, la discipline que j'ai eue en tant que joueur de foot m'aide dans mon métier d'acteur.

Quelle est l'intrigue de ce deuxième volet de la pièce ?

J'ai le rôle d'un présentateur de 'télé; ma femme est enceinte, mon directeur d'antenne n'accepte pas que je devienne J'homme d'une seule femme, il pense aux téléspectatrices. Ma belle-mère va, elle, vendre les photos de sa fille enceinte.

« Dans un stade, j'ai déjà été devant 90.000 personnes, dans un théâtre c'est plus confiné »

C'est là que les problèmes commencent. La suite d'une pièce au théatre ce n'est pas courant, pourquoi l'avez-vous fait ?

 Ce n'est pas vraiment une suite. On l'a faite car on avait beaucoup de demande de directeurs de théâtre. Du coup avec Nicolas Vitiello, on l'a écrite en trois mois. Le public qui vient voir cette pièce ne sera pas perdu. Cette pièce nous allons la faire vivre jusqu'au mois de juin et après on passera à autre chose. Ça fait six ans maintenant qu'on est sur « Ma belle-mère », il est temps de la laisser un peu tranquille et de passer à autre chose.

Ce dernier volet au théâtre pourra-t-Il se transformer en trilogie ?

Non on ne veut pas rentrer dans la trilogie. On a déjà eu la chance que cette pièce a très bien fonctionné. On nous dit même que le deuxième opus est meilleur que le premier. Le public a toujours des réticences et hésite à venir en se disant qu'ils n'ont pas vu la première. Ensuite il n'y a plus grand-chose à raconter après pour qu ça soit pertinent et ça fasse rire. On est déjà en écriture d'une pièce à six comédiens, Georges Belier va nous rejoindre. Cette nouvelle pièce sera prête pour septembre 2019.

Est-ce juste pour des raisons d'anonymat que vous avez voulu vous lancer dans le cinéma aux Etats-Unis ?

Oui en fait, c'était pour apprendre en occultant mon passé de joueur, Je ne .me voyais pas aller au Cours Florent en France et donc j'ai préféré m'expatrier aux États-Unis. J'ai été tranquille pendant six mois avant que mon passé ne me rattrape. Ça m'a permis de faire le point sur moi-même et de repartir sur d’autres bases.

Quel rôle aimeriez-vous jouer au cinéma ?

On a toujours envie de jouer des personnages que l'on n'est pas. Moi j'aimerais bien jouer un méchant, un rôle de flic ça me plairait bien. Aux États-Unis, j'ai joué un docteur, un présentateur télé, un abbé, maintenant j'aimerai jouer dans un film d’action.

La vie à Hollywood est-elle aussi bling-bling que l'on se l'imagine ?

C'est encore pire que ça, bling-bling c'est un mot très superficiel. À Los Angeles, pour avoir envie de travailler, il faut vraiment se bouger car il fait beau tout le temps. J'y retourne chaque année et je vois des gens qui sont plein de projets et que l'on ne voit jamais apparaître, On vous fait des promesses qui ne sont jamais tenues, c'est pour ça que je me suis jamais senti ~ l'aise dans ce monde-là.

Que s'est-iI passé au coup de sifflet final quand vous avez su que vous devenez champion du monde ?

 Un soulagement car, pour ce dernier match, tout le monde se rappelle que j'ai remplacé Laurent Blanc en finale et je sentais que si on perdait c'était tout pour moi, car tout le monde se posait la question, comment gagner sans Laurent Blanc. 'On ne se rendaient pas compte que nous étions champions. On le sait qu'on a fait un gros match mais s'en rendre compte c'est difficile. Moi mss idoles c'était. Johan Cruyff et Michel Platini, on ne pense, pas faire mieux que ses idoles, c'est difficilement assimilable. C'est pour ça que j'ai mis 4 à 5 ans avant de comprendre et d'accepter que j'étais champion du monde. Ce titre, malgré tout, reste personnel, car dans cinquante ans on se souviendra de la' Coupe du monde 98 et de Quelques joueurs comme Zinedine Zidane, mais il est fort possible que je retourne dans l'anonymat Je suis très réaliste par rapport à ça. Je suis très content de l'avoir fait et de voir ma coupe, mais ça ne me fait pas tourner la tête plus que ça.

Vous avez eu la Légion d'honneur que pensez-vous de la restriction du président Macron ?

Je pense que certaines personnes ne la méritent pas parce qu'ils ne font pas ce qu'il faut pour la mériter. Moi je suis très heureux et très fier d'avoir la Légion d'honneur. J'ai mis le petit ruban rouge sur tous mes costards. Je suis très fier d'être Français, Je paie mes impôts en France même quand j’étais résident aux Etats-Unis.

 Extraits de l' union du 10/10/2017

  

    

  Répertoire  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Michel LEEB

" Je suis le gâteau, le public les bougies "

L'imitateur, acteur et chanteur Michel Leeb présentera son spectacle consacré à ses 40 ans de carrière samedi prochain.


Après un passage à St Dizier à l’automne dernier, Michel LEEB est de retour dans la région
Pascal ITO

Cora, Cultura, ou www.label-In.fr Vous fêtez vos 40 ans de carrière. Est-ce que ça lI1!ut dire fin de carrière ? Non, c'est un anniversaire 40 ans, c'est assez lourd : on peut faire quelque chose à cette occasion. Je n'avais pas fait de one-man-show depuis 10 ans. Là, je fais quelque chose en solo, qui mélange tous les genres. C'est un gâteau d'anniversaire : je suis le gâteau, le public les bougies !

"Pour imiter quelqu'un, je me base sur l'observation et la musique"

Qu'avez-vous prévu pour ce spectacle ?

Ce sera un équilibre entre ce que le public attend, et ce que j'ai envie de faire. Ce sera du music-hall, avec comédie, sketches, imitations, jazz, écran géant qui projetteront des moments de ma vie ou des personnages animés. Un vrai show !

Comment vous y prenez-vous pour imiter des personnalités ?

L'imitation est une caricature, vocale et comportementale, qui met l'accent sur le trait le plus marquant d'une personnalité. Je me base 'sur l'observation et la musique. Je suis mélomane : j'enregistre tout de suite l'accent et la voix. Un imitateur transforme ses cordes vocales, en émettant le son le plus proche de celui qui est imité. Je sais tout de suite si je peux faire une imitation ou pas. Emmanuel Macron, je ne lui vois pas de caractéristique majeure : je ne pourrais pas l'imiter.

Quel regard portez-vous sur les autres Imitateurs connus en France ?

Nicolas Canteloup, Laurent Gerra et Marc-Antoine Le Bret sont de jeunes imitateurs formidables. L'expérience ne sert à rien, Ce sont des athlètes de haut niveau !

« Le monde de l'humour, c'est comme des eaux troubles surchargées de nageurs. Il faut être original et se battre ! »

Quelles qualités faut-il pour être drôle ?

Le monde de l'humour, c'est comme des eaux troubles surchargées de nageurs. Il faut savoir nager super vite et bien, ! Moi, je surnage. C'est un milieu concurrentiel. Il faut' être original et se battre !

Certains de vos sketches, comme « l’africain », ont fait polémique. Ça me fait de la peine, c'est une polémique stérile ! Il n'y a rien de malveillant ou de méchant. Je suis pour la laïcité et l'humour. Et l'humour, c'est imiter et caricaturer. Pour moi, on peut tout dire. Je n'imite que ceux que j'aime !

Vous êtes humoriste, mais pas seulement.

Je suis un touche à tout. Le music-hall disparaît, mais s'il doit rester un artiste à le pratiquer, je serai celui-là! Je n'al pas de limites.je suis très éclectique, c'est ce qui fait ma différence avec les autres. Faire un album avec un grand orchestre ? Je suis partant. Tout me manque quand je ne le fais pas. Donc j'essaie de tout faire ! La diversification et l'éclectisme, c'est ma nature, et c'est ce qui permet de durer. Je me remets en question tout le temps.

Quels sont vos projets ?

En 2019, je jouerai dans une pièce de Philippe Claudel avec Pierre Arditi : Le compromis. JI faut avoir des projets!, ' je prévois aussi de monter un film dans les deux ans : une comédie. Ce sera une première : c'est une de mes envies. Je ne veux pas mourir sans avoir fait un film ! J'ai encore tellement d'années devant moi !

KOON, mon fils

 Extraits de l' union du 12/02/2018

  

    

  

 

 Rigoler une heure par jour devient vital

Saint-Dizier (Haute-Marne)

 Michel Leeb est un homme à l’aise aussi bien   au théâtre qu’à la télévision ou au cinéma. Il redevient humoriste, sur fond musical, le temps de souffler ses 40 bougies de carrière.


Michel Leeb présentera son spectacle mercredi à St Dizier. Il viendra dans la région en février prochain à Chalons en Champagne
Pascal Ito

 « MICHEL LEEB – 40 ANS ! »

*.- OÙ ? aux Fuseaux, à Saint-Dizier (Haute-Marne).

*.- QUAND ? mercredi 11 octobre 2017, à 20 h 30, pour un spectacle de deux heures.

*.- TARIFS 36 € en plein tarif, 33 € en réduit groupes (10 personnes minimum), abonnés, 18 € pour les demandeurs d'emplois et les moins de 26 ans.

*.- INFOS Au 03 25 07 31 66

Âgé de 70 ans, Michel Leeb semble plus en forme que jamais. L’humoriste revient sur le devant de la scène, après une parenthèse théâtre et cinéma, dans le cadre de sa tournée anniversaire. Soit quarante ans de carrière, entre imitations, parodies et sketches. Le tout dans une ambiance de music-hall.

On ne vous a plus vu sur scène, en one-man-show, depuis longtemps. Vous êtes en quête d’une nouvelle notoriété ? C’est quoi la notoriété ?

ça veut dire travailler. Ce n’est pas indispensable d’être systématiquement à la une des magazines et dans les émissions de télévision pour continuer de travailler. Ça fait quarante ans que je fais un peu de tout. Du théâtre, du one-man-show, du jazz… Le public vient dans la salle, et on passe un beau moment.

En quarante ans de carrière, quels souvenirs remontent à la surface ?

Ma première fois à l’Olympia, en 1984. Après, il y a les grandes scènes : le Casino de Paris ( il y sera d’ailleurs du 14 décembre au 7 janvier), Broadway, Londres… Il y a aussi eu, en 1995, le cinquantenaire de l’ONU à New York. Un moment unique au monde. Et puis, dans les années 2000, le festival de jazz à Nice. J’étais aux anges. Aujourd’hui, le public qui vient me voir est âgé entre 40 et 70 ans et c’est normal parce que c’est la vie. Il y a également des jeunes qui sont formidables comme Kev Adams et Gad Elmaleh, pour lesquels j’ai de l’amitié et de l’admiration.

Des humoristes qui se sont inspirés en décembre de votre sketch sur les Chinois. Deux sketchs assimilés à du racisme…

Vous savez, on fait des buzz sur des petites choses pour s’occuper l’esprit. Ça fait marcher les réseaux sociaux. Si on rigole en faisant une petite imitation d’un Chinois ou d’un Africain, je ne vois pas où est le mal. Il n’y a rien de méchant. Caricaturer, imiter, se moquer gentiment, c’est un métier qui date du XIV e siècle. Là, c’est complètement démesuré. Il n’y a jamais eu de racisme dans ma tête, comme dans celle de Gad et Kev.

“ Se moquer gentiment, c’est un métier qui date du XIV e siècle. Il n’y a jamais eu de racisme dans ma tête ”

On ne peut donc plus rire de tout ?

On peut rire de tout, à condition de ne pas blesser les gens parce que, par exemple, on va les attaquer sur leur handicap. Mais il est vrai qu’au début de mon spectacle, il y a des allusions à aujourd’hui. On est obligés de s’interdire de tout pour avancer, je regrette cela et ça commence à en gonfler beaucoup. Mon obsession, c’est l’équilibre. Malheureusement, la société qui m’entoure se cherche à un point qu’elle ne ne sait même plus où elle va.

Que pensez-vous de la « génération Hanouna » ?

Il est beaucoup trop tôt pour dire si c’est une bonne ou une mauvaise évolution. Ce qui m’intéresse, ce sont toutes les générations qui vont de Kev Adams à Charles Aznavour et que l’on retrouvera dans l’émission sur les quarante ans de carrière, diffusée le 10 novembre sur C8.

Le music-hall fait en sorte que les deux heures, on ne les voit pas passer !

Mais vous ne constatez pas une baisse globale du niveau en vocabulaire ?

Ayant fait des études de lettres et étant attaché à la langue française, le vocabulaire passe-partout que l’on voit à la télévision, et je ne parle pas forcément d’Hanouna mais aussi de certains journalistes, me gêne.

Vous ne vous mettrez pas à la page jeune durant la soirée prévue à Saint-Dizier ?

Non, je ne vais pas circuler de droite à gauche sur scène et commencer à raconter ma vie, mes relations avec les femmes… Ma personnalité s’y perdrait. J’ai besoin de la musique, des gags, des imitations, de danser… C’est du music-hall qui fait en sorte que les deux heures, on ne les voit pas passer !

Rire devrait être une obligation quotidienne ?

Les problèmes individuels sont tels que les gens souffrent, et ce n’est pas de la démagogie. Pour le moment, et probablement pour encore de nombreuses années, on est à la merci de la folie de certains. Oui, passer au moins une heure par jour à rigoler devient vital.

En mars, dans une interview, vous avez déclaré « Je me dis que j’ai encore bien quinze ans devant moi avant d’être vieux. » Comment voyez-vous l’avenir ?

La vie, c’est comme un match de foot. Il y a deux fois quarante-cinq minutes. Je suis à la 70ème , tout se passe bien et j’espère jouer les prolongations !

Nicolas PERRIN

 Extraits de l' union du 10/10/2017

  

    

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Michel Legrand

La vie est une comédie musicale

Il a écrit les plus belles musiques. À 83 ans, Michel Legrand a des accents de jeune compositeur, mâtiné d'expérience. Rencontre avec un maestro

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A propos de Macha Méril qu’il a épousée en 2014 : « J’ai la plus belle femme du monde auprès de moi. C’est mon rayon de soleil. » AFP

Il a signé la bande-son des Parapluies de Cherbourg, des Demoiselles de Rochefort, de Peau d’âne, d’Un été 42 ou encore de L'Affaire Thomas Crown. Michel Legrand n'a pas son pareil pour « orchestrer » de belles histoires. Cet homme-là reste actif, curieux et bien sûr mélomane. Il se produit encore sur scène et ses concerts sont un ravissement. Il a largement dépassé les 50 ans de carrière et il ne se passe pas un jour sans qu'il se mette au piano. Ce magicien a été gratifié de trois Oscars. Il est exigeant et parfois sévère avec ce qu'il entend dans la production actuelle.

« Qui sait, moi je serai peut-être centenaire. J’ai une pléiade de chansons en moi »

•.- Vous avez un superbe palmarès: comment se lève-t-on quand on a récolté autant de succès? On a toujours envie de continuer ?

Je me dis simplement que je n'ai pas fait grand-chose jusqu'à aujourd'hui et qu'il est temps de me mettre au travail (il sourit). j'ai des projets formidables pour les trois, quatre ans à venir. j'ai beaucoup de chance. Je suis en bonne forme physique. À mon âge, c'est précieux. J'ai [a plus belle femme du monde auprès de moi (Macha Méril qu'il a épousée en 2014, ndlr). C'est mon rayon de soleil. Mes concerts sont pleins. Je suis heureux même si je n'aime pas trop le monde actuel. J'ai la liberté, quoi de mieux?

•.- A quoi ressemble-telle, votre musique ?

C'est de la musique qui parle et qui raconte. Ce n'est pas une tapisserie pour un film qu'on n'écoute pas ou qu'on ne remarque pas. Certains réalisateurs au cinéma m'ont parfois confié qu'elle prenait le pas sur la scène en train d'être tournée.

•.- Les compositeurs de musiques de film sont parfois des stars, avec leur nom en grand sur l'affiche, c'est une belle récompense, non ?

 Oui, je suis heureux qu'Ennio Morricone ait reçu un Oscar mais beaucoup de compositeurs ne me parlent pas avec leur musique. Une musique qui parle, c'est celle de Stravinski, Ravel, Debussy, Fauré, Bach, Morricone est un formidable musicien, un génial tyran. Je le connais bien. Il méritait cet hommage. Les autres travaillent bien mais c'est tout. Je sors du lot avec John Williams, qui a composé pour Steven Spielberg et George Lucas. Sa musique m'enchante.

•.- Dans Un été 42, vous vouliez dire quelque chose ?

Oui et je J'ai fait dire par un saxophone tout seul. la mélodie était jolie et disait tout. Et j'ai reçu un Oscar, le seul du film.

Mais vous savez, j'apprécie aussi [es bons auteurs. Quand je lis du Romain Gary ou Éric-Emmanuel Schmitt. Qui est un grand ami à moi dont j'ai fait [a musique de son film Oscar et la dame rose, quand je lis des plumes pareilles, je suis content. Les paroles sont aussi une belle musique .


« Il est très important d’être débutant, toujours. »

•.- Quand on a signé Tous les moulins de mon cœur, on peut faire mieux ?

 Mais oui. Car je travaille aussi pour moi, pour nourrir mes sentiments. Je vais tenter un parallèle audacieux et je ne me prends pas pour lui, rassurez-vous: quand Mozart a atteint 35 ans, il avait tout dit. Bach est allé jusqu'à 92 ans parce qu'il avait encore à s'exprimer. Et qui sait, moi je serai peut-être centenaire, j'ai une pléiade de chansons en moi. Les prochaines seront plus symphoniques, destinées aux concerts. Je me suis un peu détourné du cinéma, ce n'est plus mon métier. Cela dit, je fais toujours du jazz; je le porte en moi. Je reste accroché à Miles Davis, Stan Getz, Dizzy  Gillespie, Oscar Peterson. J'ai joué avec eux, y compris avec Toots Thielemans, quel artiste ! Il s'était trompé d'instrument au départ. Il jouait de la guitare et un jour, comme il s'ennuyait à l'hôpital où il devait rester longtemps, il s'est mis à l'harmonica. Auiourd'hui, je me consacre à la musique symphonique car il est très important d'être débutant, toujours. On a toutes les audaces. On ne sait pas très bien ce qu'on fait.

•.- C'était votre état d'esprit pour Les Parapluies de Cherbourg et Les Demoiselles de Rochefort ?

Bien sûr. Je me suis amusé comme un fou. Je voulais m'attaquer à une comédie musicale. Pareil pour Yenti dont la partition est formidable. Ilest question qu'on le fasse sur scène à Broadway.

•.- Vous n'êtes jamais fatigué, à 83 ans ?

Non, je me sens fatigué quand je m'ennuie. J'ai retrouvé un air de jeunesse grâce à Macha. Ce fut le coup de foudre,

•.- Vous jouez tous les jours ?

 Je travaille mon piano tous les jours, sinon je perds ma technique. Je cherche d'autres horizons : l'an passé, j'ai écrit la musique d'un ballet, Liliom, pour John Neumeier à Hambourg. Deux heures et demie de musique avec une formation symphonique dans la fosse et un ensemble de jazz sur la scène. On va récidiver.

•.-  Au cinéma, on vous a vu en vedette dans L'amour dure trois ans, de Frédéric Beigbeder : un hommage et un clin d'œil !

C'était vraiment amusant. Moi-même, je prépare un film avec Didier Van Cauwelaert. Pierre Richard jouera le rôle d'un chef d'orchestre un peu cinglé qu'un policier cherche à arrêter, campé par Gérard Depardieu, Ils ont donné leur accord. Tout me fait plaisir et me porte. Je n'ai même pas de morceau préféré dans tout ce que j'ai écrit, ce sont tous mes enfants.


 
 De belles voix mais des « chansons médiocres »

•.-  Vous suivez l’actualité musicale ?

Forcément. J’écoute les musiques au cinéma, les nouveaux disques. J’assiste aux concerts.

•.-  Vous avez des choucous ? Allez, disons Mélody Gardot ou Adèle ?

Mélody Gardot, c’est pas mal. Adèle aussi. Elles chantent formidablement mais elles chantent des merde, c’est du show-biz. Prenons Lara Fabian, c’est une des plus belles voix qu’îl nous ait jamais été donné d'entendre. Mais elle n'a jamais sorti que des chansons médiocres. Je l’ai découverte dans une émission télé canadienne quand elle avait 15 ans. J’ai été foudroyé ! Prenons  Nana Mouskouri. Quand on l’a entendue, Quincy Jones et moi, on n'a eu qu'une envie : la faire venir de Grèce au plus vite. Elle chante divinement. Mais elle n'a chanté que des titres moches et faciles. Que reste-t-il d'elle ? C’est dommage. Maurane est fantastique. On va aller à Rio enregistrer un disque de rythmes brésiliens, bossa-nova, samba. Elle swingue naturellement. Je peux vous parler de Brel. Je l’ai accompagné à ses débuts à Paris aux Trois Baudets. On formait une bande avec Brassens, Félix Leclerc, Raymond Devos que j’adorais.

•.-  Stromaé pour vous, ce serai une grande rencontre ?

Je ne crois pas. Je n'ai rien à lui apporter. Parce qu’il a tout. Il fait de la chanson … et du théâtre.

Propos recueillis par BERNARD MEEUS

 Extraits de l' union du 19/06/2016

  

    

  Répertoire  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Claude LELOUCH

« Je veux continuer à ne rien m’interdire »

Alors que son 46e film est sur les écrans, le réalisateur revient sur cette nouvelle comédie, nourrie de ses réflexions personnelles. Il évoque également son admiration pour Johnnya Halliday.


« Cette période, ce monde chaotique dans lequel nous vivons est dur pour les Jeunes générations, mais formidable pour les vieux cons comme moi.
» Lesfilms13

BIO EXPRESS

•.- Claude Lelouch est né le 30 octobre 1937 à Paris.

•.- Sa filmographie compte plus de cinquante long-métrages.

•-. Parmi lesquels, de nombreux succès populaires : « Un homme et une Femme », « Le Voyou », « L'aventure c'est l'aventure », « Partir, revenir », « Itinéraire d'un enfant gâté ».

•.- Son dernier film, Chacun sa vie, est sorti sur les écrans mercredi dernier. Dans « Chacun sa vie », c'est dans un prétoire que vos personnages se croisent.

•.- Comment est née l'idée du procès ?

La justice m'a toujours fasciné. Je ne cesse de me demande i: au nom de q~i certains hommes se permettent d'en juger d'autres. Ce que je voulais montrer, c'est qu'on a tous des casseroles, même quand on est juge ou avocat.

•.- La triche a une place centrale dans le film. Pourquoi cela ?

Parce qu'on triche tous ! On fait tous dans nos vies des choses inavouables, que l'on garde dans nos jardins secrets. Dans Chacun sa vie, tous les personnages du procès présents à l'audience ont triché, même les jurés. Ce que le film dit, c'est que personne n'est parfait. La vie est un jeu. Le problème, c'est que dans tous les jeux, il y a des tricheurs. Et ce sont eux qui foutent la merde !

•.- Vous les aimez, néanmoins ces tricheurs ...

Oui, comme j'aime notre monde imparfait, et la vie avec tous ses défauts. C'est une question de lucidité bienveillante. Et puis, en tant que réalisateur, je trouve que les défauts sont beaucoup plus cinématographiques que les qualités !

•.- Pour jouer le rôle du président de la cour d'assises, vous avez choisi Éric Dupont-Moretti, célébre avocat. Qu'est-ce qui vous a plu chez lui ?

C'est le nouveau Lino Ventura ! Je l'avais vu comme tout le monde à la télé, et je l'avais trouvé vraiment impressionnant. C'est un avocat, c'est donc un acteur. Sauf que lui n'a droit qu'à une prise ! Si quelqu'un connaît le genre humain, c'est bien Dupont-Moretti. Car dans une cour d'assises, on prend de belles leçons de vie. On touche à la fois le fond et le merveilleux de l'humain.

•.- A-t-il difficile de le convaincre ?

Non, il a accepté tout de suite. Peut-être aussi parce-que, comme il me l'a confié, il est fou de L'aventure c'est l'aventure.

•.- C'est la deuxième fois que Jean Dujardin joue pour vous. Le début d’une longue collaboration ?

C'est un stradivarius, Jean Dujardin. Un grand. Dans le film, il n'a pas un rôle important. C'est de la figuration. Mais de la figuration sublime. J'espère que nous allons faire un long voyage ensemble.

•.- Vous retrouvez aussi Johnny Hallyday ; qui joue à la fois son propre rôle et celui de son sosie

Johnny est un génie. On le prend pour un simple d'esprit, alors que c'est tout le contraire. Il faut une sacrée dose d'autodérision et de recul pour jouer 'son propre sosie, qui gagne sa vie en chantant dans les mariages et les anniversaires. Johnny s'en fout. Il peut tout jouer.

•.- Quand vous réalisez un film, tout est écrit, ou vous partez sur une trame et laissez le film se construire à mesure du tournage ?

Tout est écrit, ce qui n'empêche pas qu'au moment du tournage, quand ie suis en présence des acteurs, des lumières, des costumes, j'entrevois des idées nouvelles que je n'avais pas eues, dans mon bureau lors de l'écriture. C’est d'ailleurs comme ça pour tout dans la vie: rien ne se passe jamais comme on l'avait imaginé. C'est là une de mes seules certitudes.

•.- Vous arrive-t-iI de vous interdire des choses ?

Je ne tourne pas de scènes de sexe. j'aime bien filmer les rencontres amoureuses et les ruptures, mais entre les deux, chacun sait bien ce qu'il se passe !Ou alors, si je film : les couples au lit, je ne donne a voir que le regard de la femme. Le plaisir dans les yeux d'une femme, il n'y a rien de plus beau

•.- Chacun de vos films est attendu. Le 46ème n'y déroge pas. Comment expliquez-vous ce succès ?

Peut-être parce que mes films savent observer les gens. J’al juste l'impression que mes cinq sens sont plus aiguisés que les les autres. Je ne passe pas a cote de la vie, à côté du présent.

•.- Vous semble-t-il encore plus important de faire des films dans cette période ?

Oui, cette période, ce monde chaotique dans lequel nous vivons est dur pour les jeunes générations, qui n'ont pas d'autre but. que de boucler leurs fins de mois, mais formidable pour les vieux cons comme moi. Mes films donnent des modes d'emploi de l'époque que nous traversons, « Chacun sa vie » a été tourné en province, a Beaune. C'est la première fois que je tournais en province, mais j'avais envie de montrer cette France-là, si différente de la France parisienne. C'est une comédie sur la France d'aujourd'hui. Une comédie qui fait du bien, j’espère. D'ailleurs, les producteurs voulaient qu'on attende mai pour présenter le film à  Cannes. Mais on s'est dit que dans cette période morose, mieux valait le proposer avant.

•.- A 79 ans, après quarante-six films, avez-vous encore des rêves en tant que réalisateur ?

J'aimerais utiliser les nouvelles technologies, qui vont permettre d'aller au plus près de l’intimité des comédiens. Quand il n’y aura plus de caméras visibles, qu'elles seront miniaturisées et par exemple intégrées aux lunettes du réalisateur, les acteurs joueront différemment. Cela me permettra d'aller encore plus loin dans mon rapport aux acteurs .

Propos recueillis par Anne-Sophioe DOUET

Extraits de l' union du 19/03/2017

  

     

  Répertoire  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jerry LEWIS

Un pitre au grand cœur

2017-08-27 - Un pitre au grand cœur

L’humoriste et acteur américain s’est éteint dimanche dernier à 91 ans. Jerry Lewis  était génial, enfantin, blagueur. Il créa aussi le Téléthon, en homme de cœur.

 
Il était encore dans une forme éblouissante et faisait le pitre, l’an dernier, à l’occasion de ses 90 ans. 


Jerry Lewis dans « Docteur Jerry et Mister Love», son rôle culte dans une comédie qu’il a écrite et réalisée en 1963.

Un comique d’un âge respectable peut-il garder un cœur de galopin ? La preuve que oui avec Jerry Lewis qui résumait ainsi sa folle carrière : « J’ai eu beaucoup de succès en étant un idiot fini ». Cet infatigable clown a poussé son dernier soupir, paisiblement entouré de sa famille à son domicile de Las Vegas ce 20 août. Jerry Lewis et ses grimaces, Jerry Lewis et ses gags, il en faisait des tonnes quand sa carrière était à son apogée dans les années 60.

Mais sous le roi de la comédie se cachait un acteur d’une haute précision, rompu aux arts de la scène. Il était venu au monde le 16 mars 1926, à Newark dans le New Jersey à quelques encablures de New York. Né de parents russes juifs, tous deux artistes de music-hall, il avait de qui tenir ! Pas étonnant que cette graine de star déserte l’école à 15 ans. Direction : la vie d’acteur qu’il entame dans les années 40 avec son complice Dean Martin. Le duo fait un carton.

Burlesque comme l’étaient Laurel et Hardy avant lui, ou Mr Bean et Benny Hill ensuite

Il est engagé par la Paramount dans « My friend Irma » (« Ma bonne amie Irma »). Jerry Lewis offre sa plasticité, son rire, sa dégaine, ses pitreries. Dean Martin assure le côté crooner de charme. Ils écument d’abord les boîtes de nuit, puis la scène et finissent par triompher sur les plateaux télé dans le fameux « Ed Sullivan Show » . Leur association dure dix ans, le temps d’amasser une belle célébrité. Mais en 1956, ils se séparent. Jerry Lewis se retrouve à la charnière de deux époques : le muet s’efface définitivement au profit du parlant dont il sera l’un des plus délirants protagonistes. Sur la ligne du rire made in USA, on peut le situer entre ses modèles, Buster Keaton et Charlie Chaplin, et ses héritiers, Eddy Murphy et Jim Carrey. Les années 60 lui ouvrent les bras. Producteur, acteur, scénariste, réalisateur, il joue de tous les registres.

UNE TORNADE DE GAGS SURTOUT VISUELS

Soixante films, dont certains paraissent très naïfs aujourd’hui, voire carrément débiles. Mais quelle pêche, quelle folie, quelle tornade de gags surtout visuels. Un comique calibré pour les 7 à 77 ans ! Les titres de ses films font déjà rire : « Le dingue du palace » (1960), « Le tombeur de ces dames » (1961), « Le zinzin d’Hollywood » (1962), « Docteur Jerry et Mister Love » (1963). C’est de l’artillerie lourde, du fun, du feu d’artifice bon enfant, des simagrées servies show par celui qui prend volontiers une tête d’ahuri en roulant des yeux pour couronner le trait. Jerry Lewis connaît son âge d’or. Qu’on peut résume d’un mot : burlesque !

Burlesque comme l’étaient Laurel et Hardy avant lui, ou Mr Bean et Benny Hill ensuite. Adulé durant une décennie, il tomba soudain si pas en disgrâce, du moins en désuétude dans les années 70. Son style de jeu est passé. Le cinéma réclame d’autres talents. L’heure n’est plus aux facéties tous publics. Les préoccupations évoluent et avec elle nos rapports à l’humour. Jerry Lewis ne colle plus à l’époque. Mais il reste une valeur respectée même si on ne le réclame plus à cor et à cri. Cet homme-là n’a jamais désarmé. Il ne ratait pas une occasion de faire son numéro. En France, on se rappelle son baiser fougueux balancé à Louis de Funès lors de la remise de son César d’honneur en février 1980, salle Pleyel, à Paris. Un moment vécu en direct qui souligna combien le comique américain en général est finalement beaucoup plus extraverti et assumé que son alter ego français, la preuve par Jerry Lewis hilare et fier du tour qu’il venait de jouer. Il récidiva en 1984 lorsque Jack Lang, alors ministre de la Culture, lui remit la Légion d’honneur. La cérémonie cessa soudain d’être protocolaire… Éloigné des plateaux, presque oublié, Jerry Lewis connut un regain de notoriété par son rôle à contre-emploi, rentré et silencieux, que lui offrit Martin Scorsese dans « La valse des pantins » en 1980. «Super Jerry « dans un registre dramatique, on n’avait jamais vu ça. Même étonnement lorsqu’on le retrouva à l’affiche d’« Arizona Dream », dirigé par Émir Kusturica face à Johnny Depp. Il joua même dans un épisode de « New York unité spéciale« en guest star et tourna ses deux derniers films en 2013 et 2016. Jerry Lewis était devenu un vieux monsieur qui était désormais regardé comme un génie du rire sans complexes.

GÉNÉREUX, IL LANCE LE TÉLÉTHON EN 1966

Blessé au dos à la suite d’une cascade ratée dans un film, Jerry Lewis souffrait le martyre depuis de nombreuses années. Il s’était brisé deux vertèbres et avait commencé à se soigner en permanence par neurosimulation. Est-ce cette douleur chronique qui le poussa, en 1966, à parrainer le tout premier Téléthon de la télévision américaine sur ABC? Le « Labor Day Telethon For The Muscular Dystrophy Association » remporta immédiatement l’adhésion. Il s’en occupera des années, avant d’en être écarté en 2010. Il en était très fier et militait contre cette maladie. L’idée est reprise par Antenne 2 en 1987 et c’est tout naturellement que Jerry Lewis rehausse la première édition française à Paris aux côtés de Michel Drucker, mettant sa générosité au service d’une cause importante.

Le personnage élastique, blagueur et agité s’était mué en parangon de solidarité, appelant les téléspectateurs à participer, à verser même une petite somme, mais surtout à ne plus jamais rater ce rendez-vous annuel. Cette réussite lui tient peut-être plus à cœur que son étoile sur le Walk of Fameà Hollywood. Son héritier à l’écran, Jim Carrey, lui a rendu hommage d’une vibrante simplicité : « Je suis là grâce à lui », entre humoristes.

BERNARD MEEUS

Extraits de l' union du 27/08/2017

  

    

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 LOUANE EMERA

 « Je crois très fort à ma génération »

Un 2 ème album qui cartonne, un film   (« Les Affamés ») où elle tient le rôle principal   et une voix dans le nouveau Disney,   « Les Indestructibles 2 ». Louane sur tous les fronts !

Louane, au-delà de l’histoire du film, que racontent, selon vous, ces « Indestructibles 2 » ?

C’est l’histoire d’une famille dont chaque membre apprend à équilibrer sa vie personnelle et l’amour qu’il porte aux autres. C’est aussi une comédie sur des super-héros qui découvrent leur côté humain plus ordinaire. Au fil du film, on rencontre un monde riche de culture populaire, avec des gadgets d’espions, des super-pouvoirs tirés tout droit d’une BD, des méchants abominables qui utilisent des machines extraordinaires. Mais, en même temps, l’histoire parle vraiment de la famille et de la peur de vieillir. Bref, c’est très large… C’est sans doute pour ça que c’est un dessin animé aussi intéressant !

Entre musique et cinéma, vous arrivez à tout mener de front ?

Je gère de mieux en mieux. J’arrive même à faire du skateboard une demi-heure par jour… Enfin, de temps en temps.

De nos jours, un artiste doit-il avoir plusieurs cordes à son arc pour se faire connaître ?

Chaque cas est unique. Moi, j’ai toujours voulu chanter. Je touche du bois, j’arrive à le faire et j’aimerais continuer le plus longtemps possible. Et, à côté de ça, par hasard, je suis tombée dans le cinéma. C’est à la fois improbable et génial ! Je ne pense pas qu’il faille forcément avoir plusieurs cordes à son arc, parce que même si je n’avais pas joué dans des films, j’aurais quand même sorti mes albums. Les deux ne sont pas liés. Même si ce n’est que du bonheur de pouvoir faire les deux, justement !

Quand vous êtes au cinéma, vous êtes Louane Emera, et pas simplement « Louane », comme en chanson. Pourquoi cette distinction de nom ?

Ça n’a rien à voir, pour moi, la musique et le cinéma. Quand je suis comédienne, je joue un rôle. Quand je chante, c’est juste moi.

On a tendance à dire qu’on est paresseux, mais on n’a jamais vu autant de jeunes qui voyagent, qui lancent des start-up…

On dit souvent qu’il y a des cases en France, et qu’il est difficile pour un artiste d’être à la fois acteur et chanteur sans être confronté à une critique plus virulente d’un côté ou de l’autre. Pourtant, vous, vous y arrivez sans problème. Pourquoi ?

Je trouve ça injuste de mettre les artistes dans des cases. Ce n’est pas parce que vous êtes acteur que vous ne pouvez pas être un super-chanteur. Attention ! Je ne suis pas du tout en train de dire que je suis une super-actrice et une super-chanteuse. Mais, si vous prenez le cas d’Éric Elmosnino, le prof de chant de « La Famille Bélier », qui n’est pas un chanteur à la base, eh bien il chante très bien. Et, de leur côté, Patrick Bruel et Vanessa Paradis jouent très bien la comédie aussi.

Vous attirez surtout un public jeune. Est-ce que vous vous sentez une responsabilité particulière ?

On m’a catégorisée en modèle, c’est vrai. Je fais donc d’autant plus attention quand je prends position. Je veux bien être un modèle, mais un modèle à taille humaine. Je ne suis pas parfaite et je ne le serai jamais, je ne suis pas un mannequin, j’ai des vices. Je suis pour l’erreur et le droit à dire « Je ne sais pas ». Si je suis ce genre de modèle, ça me va. Pour le reste, c’est un sujet compliqué… Mais si je dois passer un seul message à ce public jeune, c’est bel et bien qu’on a le droit de se tromper, de faire des erreurs, et que ce n’est pas nécessairement grave. Et puis, il faut se faire entendre.

Ce qui rejoint le thème de votre autre nouveau film, à l’affiche semaine aussi, « Les Affamés »…

J’y incarne Zoé, une jeune femme qui emménage avec de nouveaux colocataires et est déprimée quand elle voit les perspectives d’avenir très sombres qu’on leur propose dans leurs jobs respectifs. Alors, ensemble, cette bande « d’affamés » va tenter de se lancer dans la vie en déjouant les pièges. En résumé, c’est une histoire autour de la jeunesse précaire, et la façon dont elle peut se faire entendre. Je trouve qu’on n’écoute pas assez ma génération. On a tendance à dire qu’on est paresseux, mais on n’a jamais vu autant de jeunes qui voyagent, qui deviennent auto-entrepreneurs, qui lancent des start-up… C’est une jeunesse qui s’active pour vivre, qui se bouge… et peut-être qui pourra changer le monde. Je pense vraiment qu’on doit nous écouter et nous regarder plus.

Qui est ce « on » ?

Les adultes accomplis, au sens large. Ils ont tendance à croire qu’à 18, 20 ou 21 ans, on est encore des enfants. Mais c’est faux. Nous sommes des adultes. Mes parents, à 18 ans,

ils travaillaient déjà. Mais aujourd’hui, on nous infantilise. S’il y avait un regard plus ouvert sur notre génération, tout se passerait beaucoup plus simplement. Je suis ultra-confiante en ma génération, j’y crois très fort.

Vous allez faire mieux que la génération précédente ?

Franchement… on ne peut pas faire pire. Je crois qu’on est une génération supercool, et qu’on va faire plein de choses.

Si vous n’aviez pas démarré comme artiste, vous auriez fait quoi ?

J’aurais aimé travailler au Parlement européen, à Bruxelles. Je suis douée pour les langues. En même temps, je n’avais pas le niveau dans les autres matières, mais bon…

Depuis « La Famille Bélier », le succès vous est tombé dessus vite et fort. Vous essayez de vous protéger de cette popularité, parfois envahissante ?

Oui. Je suis plus assurée que pendant The Voice , mais pas assez blindée, pas encore suffisamment forte. Ce film a changé ma vie. Depuis, dans la rue, les gens me reconnaissent pour les films et la musique, ils viennent me dire qu’ils ont aimé tel ou tel projet. C’est cool! Mais, et en espérant que ce que je vais dire ne passera pas pour de l’ingratitude, j’essaie aussi de faire un peu comme si rien ne s’était passé. Et de continuer à avancer, sans jamais me reposer sur mes lauriers.

Je me considère comme une jeune femme, mais pas encore comme une adulte

Dans « La Famille Bélier », vous étiez une gamine. Aujourd’hui, à 21 ans, êtes-vous devenue une femme ?

Je me considère comme une jeune femme, mais pas encore comme une adulte. Même si j’ai de nombreuses responsabilités que j’assume plutôt bien. Évidemment, depuis quatre ans, j’ai beaucoup changé. À l’époque de La Famille Bélier, j’avais du mal à sortir de l’enfance et peur de grandir.

Ça, c’est du passé.

Frédéric VANDECASSERIE

Extraits de l' union du 22/07/2018

 LOUANE EMERA

La chanteuse prête sa voix

La chanteuse prête sa voix à Violette dans le nouveau film Disney-Pixar, Les Indestructibles 2

« Ce personnage me rappelle qui j’étais petite »

« Ce que j’ai aimé chez Violette, c'est que cela m'a rappelé qui j’étais étant petite. Le côté ado rebelle, qui dit non à tout le monde, qui veut faire comme elle veut et qui, à la fois, n'a pas du tour confiance en elle. Ce sont les souvenirs que j'ai de mes 14 ans : être mal dans ma peau, avoir envie d'être invisible, être énervée contre tout le monde. Je pense que ce n'est pas lié à moi mais plutôt à l'adolescence en fait. Ce que j'ai vraiment aimé dans ce personnage, c'est voir à quel point elle gagnait en maturité au fil du temps.

« J'ai vu 40 000 fois le premier Indestructibles ! »

« J'avais 8 ans lors de la sortie du premier Indestructibles. Je suis allée le voir au cinéma, puis on l'a acheté en DVD, on l'a regardé au moins 40.000 fois avec mes sœurs ! Donc je m'en rappelle très bien. Je ne l'ai même pas revu avant de doubler Violette. Cette suite (en salles le 4 juillet, ndr) me plaît car elle casse les codes. Aujourd'hui on n'est plus dans le schéma familial tel qu'il a été conçu dans le passé, la maman à la maison et le papa qui part travailler. Il y a plein de schémas très différents les uns des autres. Là, c'est Hélène, la mère de famille, qui part en mission et qui laisse son mari Bob s'occuper des enfants. »

 « Le doublage procure une telle liberté ... »

« Le doublage est un exercice auquel je prends de plus en plus de plaisir. J'adore ça. Il y a une telle liberté quand on double ...Déjà, il n'y a pas de caméras, c'est très libérateur, et, au final, à l'écran, c'est notre voix, ce n'est pas nous. J'aime ce sentiment de liberté. Quand je suis sur scène, c'est encore différent car je ne suis pas filmée. Je suis moi, pour de vrai. Je suis comme j'ai envie d'être. C'est en jouant un rôle devant la caméra que je me sens moins à l'aise. »

« Dans Les Affamés, je suis une jeune fille un peu paumée »

« En ce moment, je suis à l'affiche des Affames, de Léa Frédeval. J'interprète Zoé 22 ans. C'est une jeune fille un peu paumée quI va se rendre compte que la vie n'est pas toute noire ou toute blanche. Elle veut se battre contre la précarité de la jeunesse, et faire en sorte que cette dernière soit entendue. Au fil de ses aventures, elle va lutter pour des choses plus grandes. »

« C'est irréel ce qu'il s'est passé avec mon premier album ! »

« C'est irréel ce qu'il s'est passé avec le premier album, Chambre 12 (2015). Pour le second, Louane (2017), je me suis dit : « Cette histoire-là est terminée et on en commence une nouvelle. » C'est comme cela que je n'ai pas eu trop de peur ni de doutes. Je ne suis pas la fille la plus confiante en elle sur Terre, ni en ce que je fais, mais j'essaye. Je suis toujours prête à essayer. C'est ainsi que je me suis lancée et ça se passe très bien. »

« Je vis mon rêve »

« Quelques années avant The Voice, quand j'ai participé à L'école des stars, sur Direct 8, j'avais 12 ans et je rêvais de devenir chanteuse. Ça s'est plutôt bien passé (sourire). Aujourd'hui. je vis mon rêve. Là. je suis en tournée jusqu'en décembre. La musique reste spéciale pour moi. j'adore le cinéma, le doublage, mais mon ADN, c'est la musique. J'aime le partage avec le public, j'aime être sur scène, passer près de deux heures à chanter, à sauter dans tous les sens, à sentir les gens avec moi et essayer de leur donner tout ce que j'ai. »

STËPHANIE RAÏO

Extraits de l' union TELE du 06/07/2018

LOUANE

 « Je n'ai pas peur de grandir »

Quelques jours avant de fêter ses 21 ans, Louane a sorti un deuxième album à son nom et à son image : radieux, multiple, et confiant. En une semaine, l'album a pris la première place des ventes.


Aujourd’hui Louane a davantage confiance en elle : elle sait qu’elle peut essurer. Et ils sont nombreux à lui faire confiance comme Julien Doré et Benjamin Biolay qui participent à son nouvel album.

Evanouie, l'ado touchante et un peu gauche, emmitouflée dans les écharpes XXL de « La Famille Bélier », Boots à talons hauts, dos droit, et regard franc : Louane Emera est une jeune femme sage mais décidée. Qui vit peut-être dans un monde à part, mais n'est pas étrangère à celui qui l'entoure. Et qui a mis dans son deuxième album ce qu'elle aime et écoute : de l'électro-pop joyeuse (« On était beaux »), des reflets synthétiques sur un piano classique (« Si t'étais là »), de la poésie éthérée made in Julien Doré (« Nuits pourpres »), ou encore un coup de foudre signé Benjamin Biolay (« Ecchymoses »). Un disque qui porte son nom, tout simplement. Parce qu'il lui ressemble vraiment.

« La vie, toute seule ? Oui, je crois que je m'en sors bien, même si je dois avouer que mon frigo n'est pas souvent plein »

Comment s'est élaboré ce nouvel album ?

C'était un processus différent du premier, parce que j'ai grandi. J'ai davantage confiance en moi : je savais ce que j'avais envie de faire, et j'étais sûre de ce que j'avais envie d'entendre

Comment avez-vous choisi et collaboré avec les autres compositeurs de vos chansons ?

J'avais très envie de travailler avec Julien Doré depuis longtemps. On a discuté, il m'a proposé des titres. Et, tout de suite, ça m'a plu. Puis, j'ai aussi rencontré Benjamin Biolay pour la première fois pendant la préparation du dernier Festival de Cannes, Je ne lui ai rien demandé, c'est lui qui est venu avec « Ecchymoses », Qui est magnifique. C'est une chanson très spéciale pour moi : Benjamin Biolay est un immense musicien, un artiste extraordinaire. C'est l'un des meilleurs auteurs de notre génération, si ce n'est le meilleur tout court. Il m'a aidée à grandir en tant qu'artiste …

A propos de grandir, qu'avez-vous appris sur vous-même, en tant que femme, en grandissant ?

Que je pouvais me concentrer. J'ai encore un peu de mal avec ça, d'ailleurs. J'étais hyperactive : quand on a 16 ans, tout est pardonné facilement, on trouve ça mignon. À 20 ans, on est considérée comme une adulte, parce qu'on le devient. Il faut apprendre à canaliser son énergie, à l'utiliser pour des choses intéressantes ou productives. Je sais désormais que quand j'ai une lourde charge de travail, je peux assurer. Avant, je pensais être trop flemmarde pour ça.

On sent dans l'album un Immense optimisme, une soif du lendemain…

Certains thèmes ont toujours été là, comme le manque, l'amour... Mais il y a une nouveauté : l'envie de découvrir la vie. Je ne suis pas une fille défaitiste. S'il y a un sentiment de mélancolie dans mes chansons, surtout dans celles que j'écris moi-même, il est toujours empreint d'espoir,

L’âge adulte vous fait peur ?

Avant, beaucoup. Je n'avais pas peur de grandir, mais de vieillir. Et, aussi, des responsabilités. Jusqu'à ce que je me rende compte que l'en prenais déjà beaucoup, depuis longtemps. C'est peut-être bête, mais je pense que plus je vais grandir, mieux je vais me connaître, et mieux je vais me sentir. Du coup, je n'ai pas peur. Plus peur, en tout cas.

D'où vous vient cet optimisme ?

Je ne sais pas... Je me dis souvent que l'essentiel est de ne pas se laisser abattre. Sinon, on risque de laisser passer le meilleur sans le voir.

On lit parfois que votre vie est un conte de fée. Qu’en pensez-vous ?

C’est à nuancer. J’ai une vie plutôt normale à la seule différence Qu'elle est médiatisée. C'est à la fois génial et compliqué. Leconte de fées, c'est la chance de pouvoir exercer le métier que je voulais faire et que j'aime.

Existe-t-il des cases en France, est-il difficile pour un artiste d'être a la fois acteur et chanteur sans être confronté à la critique ? Vous, vous y arrivez sans problème ...

Et heureusement ! je trouve cela injuste de mettre les gens dans des cases. Ce n'est pas parce que vous êtes acteur que vous ne pouvez pas être aussi un super-chanteur. Attention, je ne suis pas du tout en train de dire que je suis une super-actrice et une super-chanteuse. Je parle des autres ... Si vous prenez le cas d'Éric Elmosnino, qui n'est pas un chanteur à la base, il chante très bien. De leur côté, Patrick Bruel et Vanessa Paradis jouent très bien la comédie aussi.

Charlotte Gainsbourg ou Vanessa Paradis mènent de front une carrière au cinéma et, dans la chanson, et ont toutes été, un Jour ou l'autre, la muse d'un homme. Et vous, si vous deviez être la muse d'un compositeur, lequel serait-il ?

Je n'ai pas un Pygmalion, j'en ai plusieurs ... Plus d'une cinquantaine peut-être ! J'ai une bulle de personnes autour de moi, qui m'aident tout le temps. J'ai une chance incroyable. Tous ces gens croient en moi et me poussent à chaque fois à faire du mieux Que je peux. Merci à eux, et merci la vie !

Au final quel a été le changement le plus Important, pour vous, entre vos deux disques ?

Au niveau perso, vivre seule à Paris ! Comme la plupart de mes copines de Lille, déménager, apprendre à gérer son appart, ses lessives, ses courses ... C'était difficile au début. Il fallait s'acclimater à une nouvelle vie. Et faire seule ce que mes parents et mes grandes sœurs faisaient pour moi avant. Au final, je pense que je ne m'en sors pas ma. Même si j'avoue que mon frigo n'est pas souvent plein.

Le comédien François Damiens la protège toujours


L’affection est toujours présente entre les deux acteurs.

Trois ans après « La Famille Bélier », François Damiens et Louane Emera ont gardé une forte affection mutuelle. L’acteur de 44 ans s’inquiète même pour la jeune chanteuse. « J’espère qu’elle va réussir à vivre avec toute la pression qu’on lui met », confie-t-il.

Sorti en 2014, le long-métrage a récolté un joli succès, qui a même valu à la chanteuse le César du meilleur espoir féminin. Trois ans plus tard, les liens tissés durant sur tournage sont restés intacts. François Damiens l’a confirmé. « J’ai l’impression que ce lien est indestructible. Je suis toujours super-content de voir Louane. J’espère qu’elle va réussir à vivre avec toute la pression qu’on lui met. Le succès de « La Famille Bélier » et de sa musique a été une sacrée surprise. Elle s’est pris une double rafale. Il faut avoir les épaules solides », s’est inquiété François Damiens, toujours très paternel.

Frédéric VANDECASSERIE

Extraits de l' union du 26/11/2017

  

    

  Répertoire  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


M

Bernard MABILLE - « Les nouveaux comiques n’ont pas grand-chose à dire »
« Je pense travailler comme un journaliste  »
« Je dois beaucoup à Bouvard »

MADONNA - Sexy sexagénaire et toujours reine de la provoc’

Roland MAGDANE - « Le public réclamait mes anciens sketchs »

Mireille MATHIEU -  Je suis 100% Made in France

MIMIE MATHY - Je suis un accident de la vie

MAURANE - Juste au moment où elle refaisait surface 
Sa voie de velours s’est éteinte

Elle a enfin retrouvé sa voix

Christophe MIOSSEC : « On va droit dans le mur en accélérant

Eddy MITCHEL - Bon anniversaire, M’sieur Eddy !

Iris MITTENAERE - J’espère ne jamais changer

MITTERRAND

Nelson MONTFORT -  pas pressé de raccrocher le micro

Nana MOSKOURI -  Ça me maintient en vie de pouvoir chanter !

Roger MOORE - Le Saint est au paradis

Jeanne MOREAU - Une dame, une voix

Ennio MORRICONE - « Une magie immortelle »

 Jean MOULIN - Portrait en amoureux

Guillaume MUSSO - « Inventer des histoires, c’est compléter le réel »

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bernard MABILLE

« Les nouveaux comiques n’ont pas grand-chose à dire »

En habitué des lieux, c'est Bernard Mabille qui lancera la nouvelle édition du festival des Bulles du rire au K. L'humoriste va mieux après un sérieux problème de santé.


Pour des raisons de santé, Bernard Mabille est privé des plaisirs de la table. Il n’en reste que plus fèrice dans son spectacle.

« TRENTE ANS D'INSOLENCE »

•.- Où ? au Kabaret de Tinqueux (Marne)

•.- Quand ? dimanche 21 janvier à 15 heures.

•.- Tarifs De 39 à 52 €. -11 ne reste plus beaucoup de places.

•.- Inl05 Au 03 26 04 11 11 et sur www.le-k·reims.com

Tout d'abord, comment allez-vous ?

J'ai eu peur mais je vais mieux. Il y a six mois, j'ai eu un accident ischémique transitoire (AIT). Mon problème c'est le surpoids. Maintenant je gère mon alimentation en passant par le biais de l'hypnose et, apparemment, ça marche, je ne prends ni sucre ni alcool. Ce n'est pas un régime, c'est en fait l'envie de manger qui est supprimée. Depuis un mois et demi, je n'ai pas bu une goutte d'alcool, je mange des fruits et des légumes et je ne touche plus au sucre et ça m'a permis de perdre 6 kg. La chance que j'ai eue c'est que ce n'était pas un AVC. En fait quand ça arrive c'est très doux, on se rend compte de rien finalement je préférerais d'ailleurs partir comme ça plutôt que de mourir d'un cancer. J'ai été transporté à l'hôpital de Brest, ils sont vraiment forts. Ils arrivent maintenant à te nettoyer les artères, c'est comme du Destop dans les canalisations. L'important c'est que l'on soit pris très vite en charge. La récupération maximum se situe dans les cinq premières heures. Mon problème m'est arrivé en allant au théâtre pour écouter du Barbara et je me suis aperçu qu'elle était très vieille, très grossie, en fait c'était Depardieu et là, je me suis dit que ça n'allait pas. J'en ris maintenant et je l'ai mis dans mon spectacle .

 Jongleur de mots, est-ce ça vous caractérise ben ?

Oui parce que ça évoque le cirque et ça me plaît bien. Je lance les mots en l'air et ça retombe en phrases. Aujourd'hui les nouveaux comiques n'ont pas grand-chose à dire. Ce n'est pas une critique mais on ne veut pas attendre qu'ils mûrissent. J'ai travaillé deux ans avec Pierre Desproges, quand on voit son écriture c'est remarquable. Quand je lis Desproges ou Devos, je me sens plus près d'eux que de Kev Adams.

Est-ce que le président Macron est à la hauteur de vos espérances ?

Il va même au-delà de ça. Au départ je m'attendais à un changement comme avec Hollande, puis d'un seul coup c'est le déchaînement ; quand je vois qu'il fait un détour de 200 km pour rendre visite au filleul de Brigitte, le panda : quand on est président on a certainement autre chose à foutre. Pour son anniversaire, il a dit « Je n'aurais pas Maryline Monroe » il se prend peut-être pour Kennedy. « Ma Maryline à moi c'est Brigitte » ça, c'est formidable. Qui peut aussi avoir l'idée d'aller passer son anniversaire à Chambord, c'est triste à mourir et très royaliste. Il a dit « Quand je me suis réveillé c'était l'ambiance de la Belle et la Bête », qui fait la belle qui fait la bête ... Moi j'aurais dit que c'était l'ambiance Peau d'âne.

Comment avez-vous vécu la mort de Johnny ?

J'étais fan absolu depuis le départ J'ai fait 50 bornes à Solex pour aller à son mariage avec Sylvie Vartan. Je me suis d'ailleurs vu sur les vieilles photos qu'ils ont présentées à la télé. Au départ, Johnny a été notre Macron à nous. Il a tout balayé sur son passage. C'était l'avant Mai 68. Ce qui m'a énervé au plus haut point, c'est que Macron ait pris la parole en citant Johnny. J'ai eu l'impression d'un braquage et que l'on me volait mon Johnny Hallyday. On n'avait pas besoin de ce mec-là pour nous aider à pleurer un homme qui nous a fait rêver. Mais avec cette bonne action, Macron a pris dix points. Il faudrait qu'il l'enterre toutes les semaines pour remonter dans les sondages.

Vous avez vécu l'époque de Mesrine et avez joué dans le film, quelle vision avez-vous de cette affaire ?

Personnellement j'ai toujours pensé qu'il avait été assassiné. Quand ils ont tourné le film j'ai voulu faire une interview là-bas, J'ai rencontré le réalisateur André Génovès qui m'a dit « Vous ressemblez à un des commissaires, voudriez-vous faire le rôle ? » J'ai accepté pour mettre les pieds dans le cinéma mais, pour moi, l'intéressant était d'être là à la reconstitution Porte de Clignancourt.

Pour moi ce n'était pas un rôle mais plutôt un service. C'est là que je me suis aperçu que le cinéma ce n'était pas mon truc car on passe son temps à attendre. Moi ce que j'aime c'est monter sur scène et jouer, je ne suis pas très patient.

Votre spectacle « Trente ans d’insolence », est-ce un best of ?

Ce n'est pas un best of mais la continuité de l'actualité, forcément les gens se marrent quand ils entendent ma vérité.

Quels sont vos pronostics pour la coupe du monde 2018 ?

Tout simplement ça ne m'intéresse pas. Par contre je suis triste en lisant dans Ie Canard enchaîné, moi qui aime bien de cyclisme, qu'on les soupçonne d'avoir des moteurs dans le cadre, ça me fait de la peine. Maintenant c'est le dopage mécanique et je me demande comment ils font pour faire pisser un vélo dans une éprouvette.

Donnez-moi les dates les plus importantes de votre vie ?

1515 c'est la seule date historique que je retienne ; 1947 c'est mon année de naissance ; 1968 car c'est le départ de liberté que nous n'avions pas et qu'on essaie de nous rogner actuellement, avec les grands ciseaux de la censure ; 1976 ma rencontre avec Le Luron qui m'a tout appris ; les six dates de naissance de mes enfants et enfin la date à laquelle je vais mourir mais ça, je ne la connais pas encore .

 DANIEl. BALBO

Extraits de l' union du 05/01/2018

 

    

 

 

Bernard MABILLE

Je pense travailler comme un journaliste

En attendant sa venue au festival ({Bulles du rire », l'humoriste en est au stade des confidences. Etcomme toujours, cet ancien du Quotidien de Paris ne mâche pas ses mots.


L'esprlt toujours aussi affuté, Bernard Mabille sera de retour au Kabaret de Tinqueux qu'il connaît bien le 22 Janvier.
Daniel Balbo

« Je me demande si Hollande ne va pas se présenter finalement, car je trouve ça très intelligent de s'être retiré »

•.- À votre naissance la sage-femme a dit que vous étiez un beau bébé, draguiez-vous au berceau ?

Non on m'avait mis dans une couveuse avec des vitres teintées et je n'y voyais rien. Mais ce qui m'attriste, c'est que je suis retourné sur les lieux à Bois-Colombes avec mes enfants pour leur montrer où je suis né et la clinique a été remplacée par des immeubles. Ça m'a fait un choc et j'ai trouvé une baraque dans la province française pour que mes gosses aient une maison de famille. C'est comme ça qu'on s'est retrouvé dans le Gers.

•.- En 1974 vous étiez journaliste au Quotidien de Paris, quelle étalt votre rubrique ?

Je couvrais les spectacles essentiellement musicaux. C'était le début des café-théâtre. J'ai ainsi connu plein d'artistes en devenir comme Renaud avec qui j'ai fait mes premiers articles mais aussi Lavilliers ou Jacques Villeret. Mon journal me laissait aller à la découverte des talents. On était tous fauchés et on passait la nuit ensemble à refaire le monde dans une pizzeria qui ne fermait pas. À l'époque on se disait peut-être qu'un jour on réussirait à faire quelque chose.

•.- Votre expérience dans la presse écrite vous a-t-elle servie pour l'écriture de vos spectacles ?

Oui, ça m'a appris à écrire vite et concis. J'allais voir un spectacle à l'Olympia, j'écrivais l'article en sortant et je le transmettais directement à une secrétaire par téléphone. Et je pense, en toute humilité, encore actuellement travailler comme un journaliste. Je lis toute la presse et j'écoute la radio.je prends un stylo et des feuilles volantes et je note ce qui pourrait me servir le soir.

 •.- En 1986, votre père et Thieny Le Luron s'en vont, avez-vous eu l'Impression de toucher le fond ?

Tout à fait, mon papa était le patriarche d'une famille très unie et j'ai perdu Thierry que j'aimais comme mon petit frère. Ça a laissé un immense vide.

•.- Dans votre nouveau spectacle vous dites rhabiller tout le monde, est-ce une couverture ?

L'actu à la vitesse où ça va, c'est d'une rapidité, j'ai même écrit l'enterrement de Sarkozy en une heure pour le jouer sur scène le soir-même. On n'est pas au bout de nos peines, surtout pour moi qui écris encore avec un stylo. Le spectacle que je joue aujourd'hui a énormément changé par rapport au précédent. Il sera totalement différent fin janvier.

•.- Les Grosses têtes sur RTL dont vous êtes pensionnaire, c'est du travail ou la cour de récréation ?

C'est une cour de récré, malgré que ça m'oblige à être sérieux dans l'écriture. Avec Ruquier je suis tombé sur une bonne équipe. Autant Bouvard venait faire l'émission et il se cassait, autant Laurent Ruquier a le sens de l'équipe et du copinage. On dîne et on sort ensemble, c'est très agréable et j'ai trouvé une famille.

•.- Qu'est-œ qui a changé avec Ruquier ?

J'ai beaucoup appris auprès de Bouvard, il demeure que c'est un talent, mon rêve c’était de faire la carrière de Bouvard car il a tout réussi sauf qu'il a oublié les gens qui l'entouraient. Je lui en veux de ne pas avoir dit un mot sur la disparition de Jean-Pierre Coffe parce qu'ils étaient fâchés.

•.- Auriez-vous aimé écrire dans CharlIe Hebdo?

Oui. J'ai tous les numéros depuis le premier. Pour nous ça a été une claque énorme donnée aux adultes, c'était une vraie rébellion, ça et le rock'n'roll. Je me souviens de mes parents quand je leur ai apporté le premier disque de Johnny Hallyday et que j'ai mis ça sur la platine, ils étaient effarés et moi, comme tous les gosses rebelles, j'ai dit on a touché au but. Sans Charlie, il n'y aurait pas eu Le Luron, Coluche ou Bedos.

•.- Vous dites être homme de gauche, allez-vous a nouveau voter Mélenchon ?

Je suis un homme d'une autre gauche, j'ai des gestes de gauche dans la vie de tous ies jours, j’essaie de donner ce que je peux au quotidien à ma portée. Maintenant avec Mélenchon, ce qui me plaisait c'était son côté Mai 68. Depuis que je l'ai vu faire le coq en Ray Ban au festival de Cannes, ça m'a un peu débecté.

•.- Comment voyez-vous les Présidentielles ?

C'est très dur, les gens à Paris pensent que ce sera Macron, moi j'ai établi une théorie qui est peut-être tirée par les cheveux mais je me demande si Hollande ne va pas se présenter finalement, car je trouve ça très intelligent de s'être retiré, ça l'a exclu des primaires qui vont être un bordel sans nom. ce n'est plus une candidature, c'est un élevage de soupirants et je ne serais pas étonné qu'il se présente en mars car il sera alors très haut dans les sondages ; il a pris quinze points en un mois. En France quand on ne fait rien, on est populaire et je le verrais bien se représenter en disant je suis l'ultime recours pour la gauche. Souvenez-vous qu'il a tout de même été Président de la République avec 3%.

Daniel BALBO

Extraits de l' union du 02/01/2017

 

    

 

 


 

 Bernard MABILLE

« Je dois beaucoup à Bouvard »


Avant son spectacle à Vitry-le-François vendredi prochain, l'humoriste et pilier des Grosses têtes Bernard Mabille a répondu à nos questions

« Peut-être gras, mais jamais lourd ». Le titre du petit recueil de vannes de Bernard Mabille (paru chez Michel Lafon) prouve que l'humoriste ne se prend pas au sérieux. Et à l'interview, il n'élude aucune question.

•.- Bernard Mabille, dans quelle pièce de la maison faut-il placer votre petit bouquin ?

La question est vache! Trivialement, je dirais aux toilettes. Même si moi, je n'y lis jamais! Bon, votre question le m'agace pas, ce qui m'agace, c'est de partager ma vie avec quelqu'un qui bouquine au lit ! Ça, c'est très énervant : et pas parce que je suis pressé de faire autre chose l

« Je n’ai jamais laissé tomber BOUVARD, et je fait d’ailleurs encore un billet daans son émission du samedi »
Bernard MABILLE

•.- Ça vous est arrivé souvent ?

 Ah, oui, j'ai divorcé trois fois.

•.-  Acceptez-vous qu'on dise que vous êtes un chansonnier ?

Non, chansonnier, c'est la vieille école. J'ai 68 ans, mais chansonnier, ça me file un coup de vieux de plus : je suis trop jeune pour le terme qui charrie un relent de droite, voire d'extrême-droite. Je suis un humoriste populaire.

•.- Vous écrivez que Loana est pour les caméras de surveillance en rue, parce que ça Iul permet de refaire de la télé.C'est cruel, hein ?

Je pars du principe que les gens qui sont des people, ils nous appartiennent, on peut tout dire d'eux! Loana a aussi fait des centaines d'articles bidon.

• Que reste-t-if aujourd'hui de Le Luron pour qui vous avez beaucoup écrit à sa grande époque ?

Plein de choses, puisqu'on m'appelle tous les deux mois pour faire une émission sur lui. Maintenant, par malchance, Thierry a beaucoup travaillé sur l'actualité, ce qui fait qu'il est démodé sur les mots. Mais c'était un formidable saltimbanque. Son mariage avec Coluche restera. Coluche, lui, travaillait plus sur l'intemporel.

•.- Vous étiez son pote à Le Luron ?

 Il y avait un amour platonique entre nous, On a vécu une vie de couple pendant sept ans. Il dormait deux heures par nuit et avait horreur d'être seul. Il m'a fait rencontrer Noureev, Saint Laurent, tout le monde en fait. II était star, il était homo, et donc un peu chochotte et susceptible aussi. J'ai eu la chance d'être souvent seul avec lui. Mais tous les jours, il invitait aussi vingt personnes à sa table l J’ai connu les flatteurs, c’était la cour de Louis XIV et puis la décadence de Rome au même moment.

•.- La décadence de Rome ?

À l'époque tout était exagéré, on essayait tout. Il organisait des fêtes costumées, c'était insensé! Inconsciemment, je savais qu’il ne durerait pas.  Coluche et Thierry ont vécu avec beaucoup de succès et d'excès. Ils sont morts avec les mêmes dettes! Coluche, on a même dû vendre ses boutons de manchette !

•.- Mourousi était-un autre déjanté, de l'époque, non ?

Mourousi faisait partie de nos soirées. À son bar le «Look», il y avait autant de farine que chez le boulanger du coin...

•.- Une farine dans laquelle vous avez mis le nez ?

Une fois. Heureusement. ça m'a brûlé l'œsophage.

•.- Y a quelques semaines, Véronique Sanson dans une émission télé ressort... une vieille critique où vous la descendiez. Vous vous y attendiez ?

Pas du tout : C’est fou comme un papier peut marquer! Depuis 45 ans, je suis faché avec Eddy Mitchell, j'avais écrit: « N'est pas Hallyday qui veut. J'ai souvent reçu dans ma carrière de journaliste du PQ où on m'expliquait que ce papier valait le mien.

•.- Vous étiez un pilier des Grosses Têtes de Bouvard. Et Laurent Ruquier vous a repris dans son équipe. Vous préférez lequel ?

Je n'ai jamais laissé tomber Bouvard et je fais d'ailleurs encore un billet dans son émission du samedi. Je lui dois beaucoup. J'avais dit à RTL:  je veux bien travailler avec Ruquier ... s'il me demande ! Je ne le connaissais pas, on a déjeuné et ça s'est bien passé. Il a été très gentil avec moi, et j'ai eu une complicité plus rapide avec lui qu'avec Philippe.

•.- Celle avec Bouvard a été plus longue à s'instaurer ?

Quand il m'a demandé de participer aux Grosses Têtes en 2000, j'étais très flatté! Mais il m'a dit tout de suite au téléphone : « Je vous invite, on fait deux enregistrements par jour, mais si  vous n'êtes pas bon, vous partez après le premier ! »

J'ai stressé à mort. Aussi parce qu'il y a une bande. Je sais que si on ne vous veut pas quelqu'un, c'est facile de l'écarter. Suffit de ne pas rire à ses vannes ... À mon avis, Bouvard a fait l'année de trop aux GT. Un moment : il invitait que des mecs qui parlaient de Napoléon, on sortait du cahier des charges de l‘émission. Laurent a eu l'intelligence d'en revenir aux bases, à l'émission qu'il écoutait quand il était gosse !

Sam CHRISTOPHE

 Extraits de l' union du 09/04/2016

  

    

  Répertoire  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

MADONNA

Sexy sexagénaire et toujours reine de la provoc’

Madonna a entretenu pendant des décennies la controverse et la polémique. La « Material Girl » refuse de renoncer avec l'âge à une sexualité exprimée sans complexes, ce qui a contribué à' sa réputation de superstar.


La sulfureuse Madonna soufflera ses 60 bougies jeudi. AFP

Sexe, religion et chiffres de ventes : M~- donna n'a cessé de repousser les limites depuis ses débuts. À 60 ans (elle les aura jeudi), la reine de la pop continue de provoquer, dans la peau désormais d'une femme mûre et sans complexe. La sexagénaire - un mot auquel elle offre une toute nouvelle jeunesse - sort avec des hommes deux fois plus jeunes qu'elle, affiche une silhouette à faire pâlir d'envie nombre de jeunes femmes et n’éhésite pas à mimer des actes sexsuels sur scéne.

Si la « Material girl » n'est pas la seule femme de l'industrie musicale à poursuivre sa carrière malgré les années, elle est une des rares à incarner le culte de la jeunesse. L’interprète de « Like a Virgin », qui a fait son entrée dans la culture pop en même temps que MTV, n'est jamais restée plus de quatre ans sans albums depuis ses débuts en 1983. Son dernier opus « Rebel Heart » (2015) résumait son attitude en un titre : « Bitch l’m Madonna » chanté avec Nicki Minaj, une des nombreuses pop stars qu'elle a influencées.

« Pour une chanteuse célèbre qui prend de l'âge et est toujours autant sur le devant de la scène, elle a toujours des choses à dire »
 Freya Jarman, coauteur d'un livre sur Madonna

« Elle se démarque comme elle l'a toujours fait, dans le sens où elle a toujours voulu créer une émotion, souligne Freya Jarman de l’université de Liverpool, qui a coécrit un livre sur « la madone ». De nombreuses starts semblent dusparaître quand elles ne sont plus dans la lumière, ce n’est pas le cas de adonna. »

Pourtant, les réseaux sociaux et la presse people tendres avec la people ne sont pas tendres avec la star, s’attardant sur ses mains -  une des rares parties du corps pouvant ntrahir son âge - ou l'épinglant quad elle a embrassé à pleine s bouche un Drake grimaçant, et deux fois plus jeune qu’elle, au festival de Coachella en 2015. Être « Jolie, mignonne et sexy », voilà ce que la société attend des femmes, mais  pas qu’elles donnent leus opinions ou partagent leurs fantasmes sexuels, avait déclaré la chanteuse en 2016, en recevant un prix du magazine américain BilIboard. « Et surtout, ne vieillissez pas ! Parce que vieillir, c'est mal. On va vous critiquer et ne plus vous passer à la radio », commenta la chanteuse, visant probablement la station BBC 1 qui, en quête d'une audience rajeunie, avait refusé de diffuser un de ses titres récents.

Connue pour ses opinions politiques tranchées, la chanteuse est apparue en janvier 2017 à la « Marche des femmes » de Washington. Au lendemain de l'entrée de Donald Trump à la Maison Blanche, elle y avait appelé à résister à la « tyrannie », devant des centaines de milliers de manifestants.

FANTASME

Côté maternité, Madonna bouscule aussi les conventions : divorcée du réalisateur Guy Ritchie, mère de deux enfants biologiques, elle a adopté quatre enfants au Malawi et encourage ses fans, pour son, anniversaire, à donner a sa fondation présente dans ce pays. Installée à Lisbonne,  où un de ses fils a intégré le centre de formation du club de football de Benfica, la désormais mère de famille nombreuse continue d'avoir des relations avec des hommes plus jeunes qu’elle. Ce qui continue de fasciner les médias, bien p)us que les paternités tardives d'un Mick Jagger ou les relations de stars masculines avec de plus jeunes femmes. « En tant que féministe, je dirais « tant mieux » pour elle. Elle réalisè un fantasme que beaucoup de femmes ne veulent pas ou ne peuvent pas accomplir », estime la sociologue Pepper Schwart, qui enseigne à l'université de Washington à Seattle. Car, si les femmes de plus de 60 ans s'invitent sur grand écran (Meryl Streep, Diane Keaton), rares sont celles qui ont des partenaires plus jeunes dans les film.

Pour Madonna, poursuit la sociologue, la tâche est plus complexe, tant la chanteuse a habitué son public à choquer sur le plan sexuel. Mais comme de nombreuses stars hollywoodiennes prenant de l'âge, elle représente un nouveau modèle à la génération des baby-boomers. Une manière de dire « nous ne sommes pas prêts à être rayés de la carte simplement parce que nous sommes plus vieux ».•

UNE VIE EN SCANDALES

DU SEXE SUR MTV

Lorsque MTV inaugure ses premières récompenses pour des vidéos musicales, en 1984, la nouvelle chaîne donne rapidement, avec un spectacle saisissant de Madonna, un coup de vieux aux cérémonies telles que les Grammys ou les Oscars. On y voit la star de la pop jaillir d'un énorme gâteau en chantant « Like a Virgin ». Elle est vêtue d'une robe de mariée et porte une boucle de ceinture. Dessus, l'inscription « jouet pour garçon ». La chanteuse se roule enfin sur le sol, dévoilant par la même occasion ses sous-vêtements. Sa réputation est faite et elle continuera d'avoir recours à des vidéos musicales pour provoquer l'émoi.

LlKE A PRAYER

Le titre « Like a Prayer » fait scandale en 1989 avec une vidéo diffusée sur MTV, amplifié par le fait que Pepsi l'utilise à des fins publicitaires. Avec une alternance de sexe et d'images religieuses, une idylle interraciale, un sujet toujours délicat dans certaines régions des Etats-Unis, on voit Madonna faire l'amour à la statue d'un saint noir ou danser devant des croix en feu, le symbole du mouvement du Ku Klux Klan, Madonna a réussi de nouveau à frapper les esprits. Le Vatican proteste.

TROP OSÉ, MEME POUR MTV

Madonna récidive une année plus tard et suscite une telle controverse que même MTV refuse de diffuser sa vidéo accompagnant le titre « Justify My Love ». Réalisée par le photographe de mode français Jean-Baptiste Mondino, « Justify My Love » dépeint des pratiques de bondage et autres dans un hôtel. La controverse réussit à la chanteuse et la vidéo pour « Justify My Love » battra des records de vente, avant l'apparition de Youtube

DES TOURNÉES AUSSI AGITÉES

 Madonna a également fait sensation lors de ses tournées, dont plusieurs lui ont rapporté plus de cent millions de dollars. Sa tournée « Blond Ambition » en 1990 était hautement sulfureuse avec sa célébration du sexe et, avec les danseurs, de l'homosexualité qui était moins communément acceptée à l'époque.

DES BAISERS PASSIONNÉS SUR SCÈNE

Madonna est devenue une aînée pour beaucoup dans la profession. Elle n'en réussit pas moins à toujours faire parler d'elle. Aux récompenses de ! MTVpour les vidéos de la musique en 2003, la chanteuse a embrassé passionnément ses jeunes cadettes, Christina Aguilera et Britney Spears (photo ci-dessus).

 Extraits de l' union du 14/08/2018

  

    

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Roland MAGDANE

« LE PUBLIC RECLAMAIT MES ANCIENS SKETCHS »

Roland Magdane fait un retour sur scène après trente-cinq ans de carrière. L'occasion pour lui de passer en revue ses précédents spectacles.


« RIRE ! », spectacle avec Roland MAGDANE

« Pour payer mes études, je prenais ma guitare et je chantais dans les bars »
Roland Magdan

Qu'est-ce qui vous a décidé à réunir dans un nouveau spectacle tous vos grands sketchs ?

C'est le public qui réclamait les anciens sketchs. J'ai fait un test pendant le festival d'Avignon. J'ai injecté des textes que j'avais écrits vingt-cinq ans auparavant et j'ai vu que ça passait bien. Je me suis aperçu que 80 % du public ne les connaissait pas et, en même temps, je faisais plaisir à mes fans.

•.- Ce dernier show fait penser à une tournée d'adieu, rassurez-nous, c'est une erreur ?

Non je peux vous rassurer, ce n'est pas une tournée d'adieu car chaque soir le public me fait un vrai triomphe. Par contre, devant ce succès, à chaque fois je me dis « mais qu'est-ce que je vais faire après ». Le problème c'est qu'après il faut faire un spectacle 100 % nouveau mais c'est long à écrire un bon spectacle. Donc, en ce moment, je glisse une petite vanne de temps en temps, et si ça marche je garde, sinon je balance.

•.- Par quel hasard passe-t-on des études de médecine à la compagnie Michel Fugain ?

 Je me suis très vite aperçu que je ne pouvais pas faire de brillantes études. J'aurais été le genre de chirurgien qui oublie les pinces dans le patient, alors pour payer mes études je prenais ma guitare et je chantais dans les bars. Les comédiens qui chantaient à l'époque n'étaient pas nombreux. C'est comme ça que je me suis retrouvé dans la compagnie Fugain pendant un an. C'est marrant, mais moi j'ai fait des choses comme ça sur des périodes courtes, mais qui ont marqué et qui donne l'impression que je suis resté, plusieurs années. C'est comme, le «Colaro show», je n'y suis resté qu'un an et on continue de m'en parler.

•.- Vous êtes originaire de Grenoble, qu'est-ce qui vous a fait monter à Paris ?

Le plaisir de faire du théâtre, voir Boris Vian, la rue de la Gaieté qui ne l'est d'ailleurs pas plus que ça. Je me suis imaginé tous ceux qui avaient fait carrière à Paris et je me suis dit pourquoi pas moi.

Au cours Sinon, vous étiez parti pour être acteur dramatique, où est l'humour ?

Au départ au cours Simon, j'ai joué pendant deux ans du dramatique et, un jour, j'ai donné la réplique sur une scène à une fille. René Simon m'a dit «prends le bouquin et donne-Iui la réplique ». Au dernier moment, comme je ne savais pas le texte, j'ai fait le con et quand je suis descendu de la scène, René Simon m'a dit « On s'est complètement gouré, t'es fait pour être comique ». C'est à ce moment-là que tout s'est mis en place.

Pourquoi êtes-vous parti faire carrière aux États-Unis ?

C'est comme un peu tout ce que j'ai fait dans ma vie, je suis parti pour faire un break d'un an car pendant cinq ans je faisais trois cents galas par an et les États-Unis c'était un endroit où je pouvais être tranquille. Mais ma curiosité a fait que j'ai voulu faire un bout d'essai en anglais et comme tout ce que j'ai fait dans ma vie, ça, n'a pas mal marché. Ça a duré trois ans, puis j'ai été engagé pour faire une série et je suis rentré en France au bout de neuf ans.

•.- Qu'est-ce qui n'a pas marché dans l’émission « Etes-vous plus fort qu'un élève de dix ans ? »

Bizarrement, ça s'est éteint dans plusieurs pays en même temps. Premièrement les questions n'étaient pas assez vastes puisqu'elles étaient basées sur le programme scolaire et, secondo, ce qui n'a pas marché c'est que l'émission passait à 20 heures face aux deux journaux télévisés. La concurrence était trop difficile, il aurait fallu faire l'émission vers 18 ou 19 heures. À 20 heures c'est heure où les enfants vont se coucher. Il y a eu une grosse erreur de marketing de la chaîne. Je regrette que ça n'ait pas marché parce que le métier de présentateur c'était vraiment marrant. –

•.- Vous êtes mécène au profit des soins palliatifs, pour quelles raisons avez-vous choisi cette œuvre caritative ?

Mécène c'est beaucoup dire, j'aime me faire discret dans la vie. C'est le hasard des rencontres. Quand vous êtes dans un de ces services et que voyez des gens en fin de vie et qui n'ont même pas la télé ; c'est pour ça que j'ai fait un spectacle dont les fonds ont été entièrement reversés pour qu'ils aient un peu plus de confort.

 Extraits de l' union du 09/03/2017

  

    

  Répertoire  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mireille MATHIEU

Je suis 100% Made in France

La thanteuse, qui partage avec Brigitte Bardot le titre de Marianne officielle depuis 1978 se drape à nouveau des couleurs nationales sur son dernier album « Made in France »


Véritable ambassadrice de la chanson française, Mireille Mathieu a vendu 130 millions d’albums dans le monde

De nombreux projets pour 201

*.- Durant la nouvelle année, Mireille Mathieu sortira un album studio, reprenant de grands airs de la musique classique qu’elle vient d’enregistrer avec l’Ensemble symphonique de Prague.

*.-La « masterisation » se déroulera dans quelques semaines aux mythiques studios londoniens d’Abbey Road.

*.-Pas de retour sur scène programmé pour le moment en France, mais une série de concerts en Allemagne, dans l’Europe de l’Est et en Russie, notamment à Moscou, au théâtre du Kremlin, en mars

 

« Je suis très bleu-blanc-rouge! je n 'oublie jamais que je représente d'abord la France quand je chante à l'étranger ! »

Sorti dans les bacs le 24 novembre dernier, le nouvel opus de Mireille Mathieu reprend des classiques de la chanson française. « Je suis Française et fière de l'être ! La France est un grand pays, très aimé à l'étranger. J'espère que tous les Français le savent! Avec ce disque, je veux rendre hommage à la France et la faire aimer toujours plus », confie la patriote assumée Mireille Mathieu.

Seule à partager, avec Charles Aznavour, le titre d'ambassadeur de la chanson française, la {{Demoiselle d'Avignon Il qui a fêté ses cinquante ans de carrière il y a deux ans, se dit toujours aussi heureuse de représenter son pays : « Je suis très bleu-blanc-rouge ! Je n'oublie jamais que je représente d'abord la France quand je chante à l'étranger !

« La France a des atouts formidables depuis toujours : nos industries, nos fromages, notre haute Couture, tous nos savoir-faire... On a tellement de choses extraordinaires ! Je fais attention à mes achats : j'essaie le plus possible d'acheter Français et je privilégie les petits producteurs », assure Mireille Mathieu. La chanteuse dit d'ailleurs « regretter » l'embargo alimentaire russe imposé aux pays occidentaux et prolongé jusqu'à la fin 2018 par Vladimir Poutine. Et affirme même avoir fait part de ses regrets à l'entourage du président russe, l'un de ses grands fans. Un Homme et une femme, la chanson titre du film de Claude Lelouch. La  Mer de Charles Trénet, Les Parapluies de Cherbourg et les plus grands succès d'Edith Piaf: Mireille Mathieu  réuni les plus grands succès français, piochant aussi dans son propre répertoire. Elle livre aussi une rare version au féminin de Comme d'habitude, le tube de Claude François repris en son temps par Paul Anka et Frank Sinatra. « C'est l'une des plus belles chansons françaises. Écrites par un homme, les paroles s'appliquent aussi parfaitement à une femme », dit la chanteuse qui se souvient avoir interprété le titre une seule fois à Id télévision en 1973, en duo avec Claude François. Estampillé aux couleurs nationales sur la tranche de l'album, Made in France, qui paraît 52 ans presque jour pour jour après le télé-crochet Le Jeu de la chance qui l'a révélée, regroupe 40 titres dont une douzaine d'inédits. Pour compléter cette carte postale tricolore, l'interprète de Paris en colère reprend plusieurs titres mettant en scène de grands personnages français, dont Molière, Charles De Gaulle et Marcel Pagnol, La Marseillaise dont elle a été souvent l'interprète officielle, ne figure pas au programme. « Je la chante devant ma télé, quand la France gagne un match, ou en arrivant en studio, pour me chauffer la voix », confie-t-elle. « très heureuse » que la France ait été choisie pour organiser la Coupe du monde de rugby en, 2023 et les jeux Olympiques de 2024.

La musique ne connaît pas les frontières. Ah si seulement les hommes politiques pouvaient s'exprimer en chantant ! Je rêve qu'ils chantent un jour « Que la paix soit sur le monde ... », dit Mireille Mathieu, entonnant aussitôt a capella son grand succès dans une suite du Bristol.

 Extraits de l' union du 31/12/2017

  

    

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Mimie MATHY

Je suis un accident de la vie

Sa petite taille, ses parents, ses sœurs ou l’enfant qu’elle n’aurait sans doute pas voulu mettre  au monde… La comédienne s’est confiée  au micro d’Isabelle Morizet, sur Europe 1.


Aînée d’une fratrie de trois sœurs, l’actrice affirme ne pas avoir ressenti de frustration ou de jalousie par rapport à elles.

Vaut-il mieux être toute petite ou abandonné à la naissance ? Tel est le titre de l’ouvrage fraîchement publié chez Belfond et écrit à quatre mains : celles de Mimie Mathy, star de la télé et de la scène, 1 m 32, et de Gilles Legardinier, l’un des trois auteurs français les plus lus, enfant abandonné à la naissance sur les marches d’une église.

Leur livre permet d’aborder pour la première fois, sans aucun filtre, toutes les questions qui tournent autour de la particularité qui a façonné leurs vies respectives. Et même si cela en a les allures, « ce n’est pas une psychanalyse mais une rencontre, parce qu’on va bien » , précise d’emblée Gilles Legardinier invité avec Mimie Mathy, le 3 juin dernier, dans l’émission d’Isabelle Morizet, Il n’y a pas qu’une vie dans la vie, sur Europe 1.

C’est l’écrivain qui, lors de sa première rencontre avec la comédienne, a eu l’idée de ce livre, fait pour « déceler les mécanismes qui font qu’on arrive à s’en sortir alors qu’en théorie, on devrait avoir un caillou dans la chaussure. On a eu envie de rire de tout ce qui aurait pu nous détruire. On voulait aussi que l’ouvrage permette aux autres de trouver leurs réponses dans nos histoires.»

MON ENFANT AURAIT PU M’EN VOULOIR

La sienne, la comédienne l’évoque comme rarement, se livrant notamment sur la délicate question de la filiation. Elle qui « rêvait sa vie amoureuse » à l’adolescence a finalement trouvé l’amour peu après la quarantaine, à un âge où elle aurait pu avoir un enfant. Mais elle avoue que, si à la suite d’une amniocentèse, elle avait appris qu’elle était enceinte d’un enfant atteint, comme elle, d’achondroplasie (la forme la plus courante du nanisme), elle ne l’aurait sans doute pas gardé. « Je pense qu’a priori, j’aurais eu la réaction de me poser la question » , explique-t-elle à Isabelle Morizet. « Parce que, est-ce qu’un enfant comme moi ne m’en aurait pas voulu de l’avoir mis au monde volontairement ? Moi, je suis un accident de la vie : à l’époque – je vais avoir 60 ans–, les échographies n’existaient pas. Et je n’en ai jamais voulu à mes parents. C’est la nature qui avait décidé et c’était un truc exceptionnel dans une famille où personne n’a ma taille. »

Et Mimie Mathy de poursuivre en racontant une discussion qu’elle avait eue avec l’écrivain Yann Moix, au sujet du fils de Michel Petrucciani, pianiste lui aussi de petite taille (99 cm), aujourd’hui décédé. « Yann Moix me disait qu’ayant les mêmes caractéristiques physiques que son père, Alexandre Petrucciani lui en voulait de l’avoir mis au monde et qu’il le vivait très mal. Alors que Michel, lui, a très bien vécu sa différence. (…) Mais je me dis que mon enfant aurait pu m’en vouloir s’il n’avait pas eu la même foi en la vie. Moi j’ai eu des rêves, des envies, je suis en train de les réaliser et j’en ai encore plein, j’ai réussi à faire ce que je voulais de ma vie. Est-ce que lui aurait eu les rêves que j’avais et aurait pu assumer ce qu’il était sans m’en vouloir ? Je ne sais pas. Et de toute façon, on ne le saura jamais puisque la vie est bien faite, finalement. »

Je ne voulais pas être à l’abri des regards... Tant qu’à être différente, autant l’être complètement !

Aînée d’une fratrie de trois sœurs, ses deux cadettes étant de taille standard, l’actrice affirme ne pas avoir ressenti de frustration ou de jalousie par rapport à elles, lorsqu’elles l’ont dépassée en taille : « Ça m’a surtout cassé les pieds parce que c’est moi qui récupérais leurs fringues alors que, normalement, c’est l’aîné qui les donne aux plus jeunes ! Mais ça s’est toujours très bien passé : elles formaient une barrière protectrice avec le monde extérieur. Si quelqu’un me regardait de travers, mes deux sœurs lançaient des boulets avant moi. »

Dans la famille de Mimie, ses parents ne l’ont jamais «surprotégée » , dit-elle. Sauf, peut-être, quand ils rêvaient pour elle d’une carrière administrative. Mais elle a choisi tout le contraire, l’exposition. « Je savais que je voulais être connue. Je voulais être en dehors de ce qu’on rêvait pour moi, une sécurité dans une administration, derrière un bureau, à l’abri des regards, pour que je sois protégée, que je n’aie pas affaire au regard du monde extérieur. Et j’ai choisi exactement l’inverse. Tant qu’à être différente, autant l’être complètement ! »

En fin d’entretien, Isabelle Morizet demande à Mimie Mathy si Gilles Legardinier a raison lorsqu’il écrit : « Je crois que MM ne sait pas qu’elle est petite, c’est sa magie à elle. » Sa réponse : «À un moment, il faut oublier ce qu’on est, tout en en restant conscient… même si c’est paradoxal. Bien sûr je sais que je suis petite, mais je ne me vois pas petite. Je n’y pense pas. J’avance en étant ce que je suis. Tant que je ne suis pas petite dans la tête, dans l’amitié, dans l’amour, je pense que je suis grande par d’autres côtés qui compensent ceux qu’on voit.» Mini Mimie, maxi-philosophie !

INGRID OTTO

 Extraits de l' union du 25/06/2017

  

    

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Maurane

Juste au moment où elle refaisait surface

 Maurane s'en est allée après s'être battue deux ans pour revenir ...

La mort a parfois une ironie amère. Maurane (57 ans) a été fauchée lundi soir alors qu’el!e était en tram d’oublier la période la plus difficile de sa carrière. Deux années blanches, faites de problèmes à la voix, d'incertitudes, de doutes et de fragilité. La semaine dernière, radieuse, mais encore pleine d'hésitations, Maurane était remontée sur scène à Incourt, en Belgique. Elle avait chanté devant le prince Albert de Monaco et PARIS, une dernière fois, dimanche dernier pour un hommage à Brel sur la place des Palais à Bruxelles. Un dernier concert pour la chanteuse qui avait été repérée à 19 ans alors qu'elle participait au spectacle « Jacques Brel à mille temps ».

Volcanique et passionnée, Mautane ne mâchait jamais ses mots, ce qui lui a valu des polémiques

C'était il y a 40 ans. Elle a déjà sa voix. L'oreille qui la découvre, c'est celle de Pierre Barouh celui qui chante avec Nicole Croisille les « chabadabada » dans « Un Homme et une Femme ». Sur le coup de cœur, Barouh signe cette jeune Belge qui n'a ni physique ni chanson, même si elle rafle quand même le prix de la' meiIleure chanson au festival de Spa.

De Claudine LUYPAERTS à MAURANE

Maurane ne s'appelle pas encore ainsi. Claudine Luypaerts, soli vrai nom semble trop compliqué pour les Français. Elle essaie Claudie Claude ou Claude Maurane pour s'en tenir finalement à Maurane tout simplement. Maurane avec « au », pour ne pas confondre avec Bob Morane, le héros des fameux romans d'Henri Vernes. Premier 33 tours chez Saravah, la firme dé Barouh, celle où le boss a donné- sa chance à Jacques Higelin, Brigitte Fontaine. Allain Leprest ou Jean-Roger Caussimon. On ne peut pas dire que les débuts sont formidables. Sur ce premier album « Danser », (en 86), elle se cherche encore, Mais tout le monde s'accorde à lui trouver un gros potentiel. Polydor-France la veut. Michel Berger la remarque. Souchon lui voue un culte. Cabrel et Goldman, même s'ils ne le savent pas encore, lui écriront des chansons. Nougaro oublie qu'il ne lui a pas totalement ouvert les bras quand, toute jeunette, elle avait abordé son idole. Avec le cran de ses 15 ans, elle file une cassette au Toulousain en insistant : il doit lui écrire la vérité. Nougaro se fend d'une lettre où il ne mâche pas ses mots : tarabiscotage, complaisance, afféterie, préciosité .... Le constat aurait pu anéantir la débutante. « Ce sera le coup de pied aux fesses dont j'avais besoin} », nous dira-t-elle un jour ...

Marie-Jeanne dans STARMANIA

En 198B, le nom de Maurane n'a pas encore atteint le grand public quand Michel Berger et Luc Plamondon remontent une nouvelle version de Starmania. On lui offre le rôle de Marie-Jeanne. « Les uns contre les autres » lui ouvre les portes de la popularité. Mais Maurane n'est pas une fille simple, elle claque la porte de la comédie musicale ... parce que sa psy l'oblige à tout arrêter ! Réflexe d'une artiste capricieuse qui n'en fait qu'à sa tête ? Il Y a peut-être un peu de ça. France Gall ne lui pardonnera jamais d'avoir arrêté après six mois.

 Cause à effet ? Maurane ne devient pas la « Céline Dion continentale » comme on le lui prédisait. Elle n'a rien à envier à la star mondiale et tout le monde l'admire, mais les ventes d'albums ne suivent pas, du moins pas au niveau attendu par le show-biz.

La chanteuse ne s'en soucie guère, on pourrait même croire que ça l'arrange. Elle devient maman, une fille baptisée Lou, et peut s'appuyer « Sur un prélude de Bach », probablement sa plus belle chanson qu'arrange le le mythique Jean-Paul Vannier

Jurée à LA NOUVELLE STAR

La suite n'est toujours pas jalonnée de tubes, mais le crédit de Maurane n'en est pas affecté. Et en 2012, c'est ce crédit qui fait Que M6 lui propose un siège de juré à Nouvelle Star. Elle l'occupe deux ans, se prend un coup de cœur pour Yseult (qu'elle fait participer à son album) mais, comme souvent, elle finit par se friter, on est belge ou on ne l'est pas. avec la production. Toujours pour la même raison.

Maurane était un artiste, une vraie. C'était un caractère entier, qui parfois heurtait les gens parce que l'hypocrisie et elle, c'était deux. C'était aussi quelqu'un qui ne se souciait pas trop de son image. Et qui, à la naissance des réseaux sociaux, a tout de suite choisi de communiquer en direct avec ses fans et avec les autres. Une attitude qui là aussi lui a valu quelques désagréments : on se souvient des noms d'oiseaux qu'elle a pu prononcer et qui ont fait le sel du buzz du jour, comme on dit. Mais si , la voix de Maurane était un diamant brut, son langage pouvait aussi ne pas être poli. En un mot, c'était quelqu'un de sincère.

RETROUVÉE INANIMÉE A SON DOMICILE

Le corps de Claudine Luypaerts a été retrouvé inanimé à son domicile de Schaefbeek (agglomération de Bruxelles) lundi soir. Selon nos informations, la chanteuse a été-retrouvée dans sa baignoire par une amie : C’est cette dernière qui a prévenu-les secours. « Une information judiciaire a été ouverte, un médecin légiste ainsi que le laboratoire de police fédérale sont descendus sur les lieux », a indiqué le parquet de Bruxelles mardi matin : le domicile de la chanteuse avait été mis sous scellés temporairement.

« A la vue des premiers éléments relevés aucun élément ne permet, à ce stade de l'enquête, de considérer que le déces est lié à l'intervention d'un tiers », a ajouté le substitut du procureur. Reste la thèse du suicide ou de l'accident

Le médecin légiste n'a cependant pas pu déterminer la cause de la mort avec exactitude. C'est pour cette raison qu'une autopsie du corps a dû être pratiquée dans le courant de la Journée de mardi. « Les résultats ne seront pas connus avant plusieurs semaines », précise le parquet de Bruxelles.

JC

Aucune chanson ne lui faisait peur

Elle a chanté avec les plus grandes voix francophones : Lara Fabian, Céline Dion, Johnny Hallyday, Eddy Mitchell ont tous un jour ou l'autre chanté avec elle ...

On se souvient qu'en 2007, dans un show télévisé consacré à Céline Dion, Nikos Aliagas avait réuni un trio d'exception pour une version de « L'hymne à l'amour ». Maurane chantait non seulement avec Céli ne Dion mais aussi avec Johnny Hallyday. Une vraie reconnaissance de la part de pairs qui la considéraient comme leur égale, alors qu'elle était très loin d'afficher les mêmes chiffres de vente et la même assise populaire ...

Chanter avec Céline Dion, ce n'était pas une première pour Maurane. Ensemble, elles avaient fait un merveilleux « Quand on a que l'amour» plusieurs fois depuis une soirée des Enfoirés en 1996.

Jean-Jacques Goldman, Françoise Hardy (« La rue du babouin »), Régine « Une valse pour toi et moi », Eddy Mitchell (cc C'est magique ») et Lara Fabian (le fort joli cc Tu es mon autre ») sont tous montés sur scène, ou ont tous gravé un disque, avec elle. Tout le monde louait sa « grande sensibilité vocale » (la citation est de Céline Dion).

En solo, Maurane n'a qu'une poignée de classiques et des casseroles aussi. Du côté brillant, il y a « Sur un prélude de Bach », « Toutes les mamas », « Danser », « Tout pour un seul homme » ou « Les uns avec les autres ». Mais du côté obscur, on ne sait que dire de « T'as pas la pêche », « Moi l'argent toi jeune » (sic) ou « Pas gaie la pagaille ». Sans doute Maurane, du moins à ses débuts, cherchait son style et puis qu'ensuite, elle s'est dit que le risque du ridicule n'était pas si grand ni si honteux, qu'il faille à tout prix l'éviter ... Cefa faisait partie d'un personnage plein d'humour : d'ailleurs si elle n'avait pas été une grande chanteuse, elle aurait très bien pu être une excellente humoriste. On l'a vue faire de vrais sketchs sur scène et même un jour, une imitation de Brigitte Bardot.

S.CH.

Elle était sensible, tellement vraie

La jeune chanteuse belge Typh Barrow est la dernière à avoir chanté avec Maurane. Un moment inoubliable


Un ultime duo avec la jeune chanteuse belge Typh Barrow. DR

C’est aux côtés de l’artiste belge, Typh Barrow, que Maurane a redonné de la voix sur scène jeudi 3 mai, et dimanche dernier, pour la dernière fois, sur une reprise de Jacques Brel. Cette émouvante rencontre artistique entre les deux femmes marquait le retour de LA voix belge et ne devait être qu’un début.

« C’est bouleversant », nous dit Typh Barrow au bout du fil. Jamais la jeune artiste belge à la voix de velours n’aurait imaginé vivre en l’espace de quelques heures autant de bonheur et de peine à la fois. Dimanche, lors de la fête de l’Iris, sur la place des Palais à Bruxelles, 20 artistes rendaient hommage à Jacques Brel. Comme Maurane et Typh, qui se produisaient ensemble pour la seconde fois. Jeudi déjà, à l’Inc’Rock festival, à Incourt (Belgique), elles avaient fait frissonner les spectateurs sur « La chanson des vieux amants »

En sortant de scène, on s’est prises dans les bras. Elle était heureuse d’avoir retrouvé son public

Quelques heures avant de monter sur la scène d’Incourt, « j’envoyais un SMS à Maurane pour lui dire quel cadeau elle me faisait de chanter en duo. Et quel stress aussi ! Et elle m’a répondu : tu ne t’imagines pas comment j’ai le trac ». Jeudi soir, la chanteuse aux près de 40 ans de carrière, remontait sur scène après deux ans d’absence et forcément de doute, en retrouvant sa voix. Typh Barrow ne veut pas parler au nom de l’artiste subitement disparue, mais, comme elle, elle a connu dans sa jeune carrière de graves problèmes de voix. Elle sait que pour Maurane, c’était un grand moment, ce retour micro à la main, face au public. « C’est un tel traumatisme, quand tu ne peux plus te servir de ton outil de travail, qui est ta passion. On te coupe ton moyen d’expression ».

Tellement accessible

Après cette « phase compliquée », la voix de Maurane était bien là, jeudi et dimanche. « Je me suis sentie toute petite à côté d’elle. J’étais hypnotisée en chantant avec elle. Tout autour disparaît alors. Elle me regardait avec ce regard chaud et rassurant. C’était ça la musique pour elle, le partage ! »

La scène, Maurane et Typh Barrow la partageront deux fois en 4 jours, sur la même chanson de Brel. « En sortant de scène, jeudi, on s’est prises dans les bras. Elle était heureuse d’avoir retrouvé son public. Et je lui ai dit timidement :qu’est-ce que je rêverais de refaire ça, tu le referais avec moi ? Et là elle me répond : 1.000 fois oui ! » Dimanche dernier, le grand moment, ce duo était comme suspendu. « Encore plus émouvant et complice ».

On va se revoir …

Maurane est heureuse, inspirée. « Elle me dit qu’elle a envie de m’écrire des chansons, puis me parle d’un rêve qu’elle a toujours eu: former un trio de voix qu’elle aime. On referait les Destiny’s Child à la française ! ». Typh Barrow elle, fixe alors rendez-vous à Maurane le 5 octobre prochain.

En la quittant dimanche soir, Maurane a lancé à Typh : « On va se revoir… » « J’ai du mal à réaliser, confie la jeune chanteuse. On me dit que je suis la dernière à avoir chanté avec Maurane, mais je ne veux pas penser à ça. C’est une personne à laquelle tu t’attaches tellement vite. C’était une rencontre toute neuve pour moi. Je n’ose imaginer la peine ressentie par ceux qui la connaissent depuis des années. C’est l’incompréhension. Il y a deux jours, je réalisais un rêve de petite fille en chantant avec cette légende. Elle m’a offert un tel cadeau, elle était tellement vraie, tellement sensible. »

Charlotte ANBEVER

Le poids, son obsession


Une des dernières photos de Maurane dans les coulisses dimanche dernier. DR

Toute sa vie, Maurane s’est battue contre son poids. Elle ne l’a jamais caché. Bien au contraire, elle en parlait tout à fait ouvertement, poussant la transparence jusqu’à donner le nombre de kilos qu’elle avait perdu ou le régime qu’elle avait adopté, quitte à en faire la publicité dans un spot télé.« Les gens qui veulent faire une filiforme avec un physique comme le mien, c’est des cons !, nous a-t-elle dit un jour. Je ne serai jamais mince, j’ai des gros seins et des hanches… »

On l’a donc connue souvent avec des kilos de trop, mais si elle ne voulait pas grossir, la chanteuse devait sans cesse faire attention. Et ça, ça allait bien un temps, mais on ne change pas un tempérament fêtard et bon vivant…

Les problèmes d’obésité, on l’a dit, Maurane arrivait à les assumer, du moins en façade. Elle avait même accepté, il y a quelques années, « Trop forte », un fort bon texte sur les excédents de poids mais aussi plus largement sur le formatage que de plus en plus la société impose.

Elle parlait moins de sa santé et du couac à la voix subi il y a deux ans. Ça, on sentait que ça la taraudait 24 heures sur 24 ! Normal pour quelqu’un pour qui chanter était tout…

Les images de son dernier concert, dimanche dernier sur la place des Palais à Bruxelles, montrent que les kilos du yo-yo étaient revenus. Elles font voir la chanteuse gravissant les escaliers vers la scène avec beaucoup de difficultés. Il y a sans doute chez elle une partie de trac, une hésitation à y aller, puisqu’on la savait fort inquiète de ce retour aux concerts – elle craignait de ne plus pouvoir compter sur sa voix comme avant – mais ce trac ne peut pas expliquer tout…

En tout cas, rien n’incite pas à croire que c’est en top-forme que la chanteuse effectuait ce retour aux affaires qu’elle attendait depuis deux ans. Son directeur artistique Marc Lumbroso confirme, il évoque un mal de dos récurrent qui l’empêchait de se déplacer facilement. Elle se soignait par infiltrations mais elle les trouvait très pénibles…

Une dernière soirée en chansons

Maurane profitait de la vie. Vêtue d’une robe bleue, elle montait dimanche dernier, sur la scène installée sur la place des Palais de Bruxelles. Elle se réjouissait de se produire à la fête de l’Iris sous un soleil de plomb. « Je suis souvent passée à cette fête, mais là il fait beau, il fait chaud. Retrouver un public après deux ans, ça me fait frissonner, je suis contente . » Maurane aller enchaîner, « La chanson des vieux amants », « Voir un ami pleurer » et « Fils de ». Et puis, ensuite, savourer cet esprit de fête.

De l’avis de ceux qui l’ont croisée ce jour-là, Maurane était heureuse, souriante. Même si, à certains, elle ne cachait pas ses doutes.

Des doutes d’une grande artiste qui revenait après une deux ans d’absence. Ses soucis vocaux « lui avaient un peu faire perdre confiance en elle », nous raconte-t-on. Mais elle était pleine de projets.

Son album hommage à Brel l’enthousiasmait. Maurane a profité de la bonne ambiance, et de cette fête musicale qu’elle ne quittera que très tardivement.« Elle était l’une des dernières sur place, après minuit », nous glisse-t-on encore. Au moment de rentrer chez elle, dans la nuit de dimanche à lundi, Maurane avait profité de la fête. En bonne vivante qu’elle était.

CH.V

Les réactions

Les artistes pleurent une voix et une amie

 « Je n’arrive pas à croire que je ne t’entendrai plus rire, et chanter », a réagi la chanteuse Lara Fabian depuis le Canada. « Je ne veux pas réaliser que tu n’es plus… Je ne peux pas… Je me dis que tu vas appeler et m’engueuler, parce qu’on ne se voit pas assez », adresse-t-elle sur sa page Facebook à celle qu’elle accompagnait sur la chanson « Tu es mon autre » en 2003. « Nous avons partagé tant de rires… Ce soir mon chagrin est immense… Je ne peux pas croire que jamais plus nos voix ne s’élèveront ensemble… », a partagé sur Twitter l’ancienne interprète d’Esmeralda, Hélène Ségara. Sur le même réseau social, le présentateur Nagui rend hommage en légende d’une photo sur le plateau de Taratata qui recevait un duo Céline Dion-Maurane en 1996. « Maurane ! Je n’arrive pas à y croire ! La plus belle voix. L’oreille absolue. La générosité absolue aussi. Que tu vas nous manquer. Je pense à Lou. Je pense à toi. À nos fou-rires. Repose-toi sans souffrance ma copine #Maurane #RIP », souligne encore la comédienne et humoriste Michèle Laroque.

Depuis l’Égypte où il se produisait dans la soirée, Frédéric François nous a fait part de la tristesse qui l’a envahi à l’annonce du décès de Maurane, sa compatriote qu’il avait pris l’habitude de côtoyer sur les plateaux télé. « Quel choc d’apprendre la disparation prématurée de Maurane, une des plus grandes voix de la chanson française ! J’avais toujours un réel plaisir à la rencontrer lors des émissions ou des événements auxquels nous prenions part. Je n’oublierai jamais la chaleur de sa voix et sa gentillesse. Je présente mes condoléances à sa fille Lou et sa famille. Bon voyage ma chère amie … »

Quant à Christophe Willem, c’est sur Twitter qu’il a salué Maurane : « Quelle tristesse d’apprendre la disparition de Maurane, une des plus grandes voix… J’arrive souvent à trouver les mots pour exprimer ce que je ressens mais là… ils me manquent tant le choc est brutal, tant j’ai son visage et le son de sa voix gravés dans ma mémoire, mélange de douceur éternelle et de désillusion sur la vie… Elle savait mieux que personne nous toucher en plein cœur car elle ne chantait pas, elle vivait sa musique, comme une respiration lente, profonde, pour essayer de suspendre le temps ne serait-ce qu’un instant et adoucir ce monde, son monde… Sois en paix, sereine et heureuse ».

Sam CHRISTOPHE

Extraits de l' union du 13/05/2018

 Sa voie de velours s’est éteinte

Elle caressait le jazz et flirtait avec le blues ... La chanteuse belge Maurane est morte à l'âge de 57 ans.

Ces deux dernières années ont été un crève-cœur pour Maurane. La faute à des cordes vocales endolories qui avaient nécessité ne opération délicate. Cruelle ironie du sort, la chanteuse est morte alors qu'elle venait tout juste de regoûter au plaisir de la scène pour reprendre quelques chansons de Jacques Brel il y a quelques jours. L'interprète d'Amseerdam ouvre et referme d'ailleurs les parenthèses de sa vie d'artiste, puisque c'est en participant, à 19 ans au spectacle Jacques Brel en même temps que Maurane est repérée par Pierre Barouh, qui lui fait signer à 19 ans son premier contrat chez Saravah. Née le 12 novembre 1960 à Ixelles, Claudine Luypaerts, de son vrai nom, est alors une « enfant d'la balle » qui chante dans la rue et se produit dans des cabarets. Son père est compositeur, sa mère professeure de piano. Le solfège constitue son éducation musicale forcée. quand la jeune femme au look légèrement punk ne rêve que de toucher les gens avec son swing.

Au début des années 2000, elle revient avec « Tu es mon autre », duo avec Lara Fabian

Alors Barouh lui promet le Brésil. Mais ce sera le Québec, avec son premier 45 tours « J'me roule en boule » (1980). Elle décide de s'appeler Maurane, en hommage à Francis Morane, qui a travaillé à la mise en scène de Starmania. Clin d'œil du destin, quand une deuxième version de l'opéra-rock est montée par Michel Berger en 1988, ce dernier offre un rôle à Maurane. Elle incarne Marie-Jeanne et reprend Les uns contre les autres. En 1989, elle sort son deuxième album. Maurane. Qui contient le tube Touees les mamas. Deux ans plus tard, elle confirme avec l'opus Ami ou ennemi porté par la chanson qui reste certainement sa plus belle : Sur un prélude de Bach, arrangée par Jean-Claude Vannier. La seconde moitié des années 90 est moins prolixe pour cette artiste engagée, qui vient d'être maman d'une petite Lou, mais qu'on voit participer aux spectacles des Restos du Cœur et se mobiliser contre le sida Au début des années 2000, elle obtient un nouveau succès avec Tu es mon autre, chanté en duo avec Lara Fabian. En 2009, elle effectue un retour avec un album hommage à son autre idole, Claude Nougaro. Entre 2012 et 2014, Maurane fut ensuite jurée de La nouvelle star, brillant par son humour et son exigence

Extraits de l' union du 09/05/2018

Elle a enfin retrouvé sa voix

La chanteuse à la voix d’or a repris le chemin des studios pour un album hommage à Jacques Brel.


En avril 2016, Maurane avait arrêté ses spectacles pour se faire opérer des cordes vocales. Elle revient avec un hommage à son compatriote.

Ca y est, Maurane a repris des forces et retrouvé sa voix(e)… celle des studios, fin 2017 ! Elle y prépare un « album hommage » a-t-elle annoncé sur les réseaux sociaux. Hommage à qui ? Selon nos informations, c’est sur des reprises de Jacques Brel que Maurane serait en train de poser sa voix ensorcelante. Pour un retour très, très attendu à la fin de l’année…

Enfin ! Maurane n’a pas caché sa joie, sur les réseaux à la fin de l’année, alors qu’elle venait de passer l’après-midi en studio, pour « enregistrer », écrit-elle, « les trois premières chansons (maquettes piano voix) en vue de l’album hommage à. ». Selon nos informations, c’est à un de ses compatriotes, un artiste qui fait toujours la fierté des Belges, que Maurane rendra cet hommage : Jacques Brel.

TOUT REVIENT DOUCEMENT

Un choix judicieux surtout si on revisite la carrière de la chanteuse bruxelloise. Autant a-t-on coutume de souffler à l’oreille de nombreux jeunes chanteurs qu’il ne vaut mieux pas s’aventurer dans le répertoire de Brel, autant que Maurane y pioche quelques perles et y pose sa voix présage d’une bonne nouvelle musicale. Ce n’est pas notre petit doigt qui nous le fait dire, ni les prévisions des voyants pour 2018, mais bien les expériences passées très concluantes. La carrière de Maurane apparaît d’ailleurs comme liée à Brel, Bruxellois comme elle. En 1979, c’est dans le spectacle «Brel en mille temps » qu’elle se fait remarquer.

La chanteuse a été contrainte, en avril 2016, d’interrompre ses spectacles pour se faire opérer des cordes vocales

Sa voix jazzy se posera encore par la suite, avec délicatesse, sur l’œuvre de Brel. En 1999, Maurane publie son deuxième album live, enregistré à l’Olympia. Dessus, un petit bijou, tout simplement : « La chanson des vieux amants ». Quelques années plus tôt, c’était en duo avec Céline Dion, sur « Quand on n’a que l’amour » (pour « Les Enfoirés » et « Taratata »), que sa reprise de Brel touchait les cœurs. Et quand un hommage est rendu au grand Jacques sur la Grand’Place de Bruxelles, en 2003, qui mieux que Maurane pour reprendre « Voir un ami pleurer », entre autres…

Le retour de Maurane (son dernier album date de 2014) s’annonce comme un double événement. Par la teneur de cet hommage, mais surtout parce que la chanteuse a été contrainte, en avril 2016, d’interrompre ses spectacles pour se faire opérer des cordes vocales. « Après tentative de cours de chant intensif, séances d’orthophonie, mes problèmes de voix persistent donc, le 12 mai, ce sera l’opération » annonçait-elle alors sur son compte Twitter.

Au repos forcé pendant plusieurs semaines, elle marquait son agacement déjà à la fin de l’été 2016. L’œdème aux cordes vocales n’était toujours pas guéri. Toutes ses représentations à venir étaient annulées. « Quand vais-je enfin retrouver ma voix ? MARRE ! », écrivait-elle. C’est donc dire tout son bonheur, mais aussi celui de son public, de savoir que le travail a pu reprendre et que Maurane est aujourd’hui en bonne voix(e)… « Ce n’est qu’un début mais un début qui m’a rendue très heureuse. Que c’est bon de rechanter même si c’est encore loin d’être parfait… Tout revient doucement mais sûrement». Vivement le premier extrait ! Et l’album avant la fin de l’année…

CH.V.

Extraits de l' union du 21/01/2018

  

    

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 Christophe MIOSSEC

« On va droit dans le mur en accélérant

Le Brestois à la voix suave vient de sortir son dernier album, « Les Rescapés », Il donnera un concert ce soir à la MJC Calonne, une scène intimiste comme il les aime.

MIOSSEC EN CONCERT

*.-  Où? à la MJC Calonne au pôle culturel Sedan, place Calonne.

*.-  Quand ? ce vendredi soir à 20 heures.

*.-   Tarifs: 14 € pour les adhérents de la MJC, 15 € en prévente, 18 € sur place. gratuit pour les moins de 12 ans.

*.-  Infos: au 03 2427 0975 sur m.j.c.calonne@orange.fr, ou www.mjc-calonne.com. Les artistes Lesneu et Rody se produiront en première partie

Miossec, Chistophe de son prénom, repart sur les routes avec son nouvel album, « Les Rescapés ». Il se produit ce soir à Sedan, quatrième escale de ce périple long d'une centaine de dates. Rencontre avec un pessimiste, réaliste à la douceur à fleur de peau.

 Vous êtes au tout début de votre tournée. Dans quel état d'esprit êtes-vous ?

J'aime bien ça les premiers moments ; les soubresauts ! On està l'affût. Au bout d'un moment ça peut être une sorte de routine et là c'est absolument tout le contraire.

Il ressort de cet album uhe certaine urgence, le monde qui nous entoure vous Inquiète-t’il ?

C'est au-delà de l'inquiétude. On a même dépassé le stade de la frayeur. C'est fou comme on va dans le mur en accélérant. Quand on voit ce qui vient de se passer au Brésil (avec l'élection du candidat d'extrême-droite Jair Bolsonaro - NDLR) c'est complètement dingue. Et concernant le réchauffement climatique, on a toutes les données en mains.Il n'y a plus beaucoup de climatosceptiques mais voilà, malgré tout, on continue comme ça.

Ce titre, « Les Rescapés », donne l'impression que la mer monte et qu'on est sur le point d'être englouti, en référence au dérèglement climatique et au désastre écologique qu'II provoque. On n'a pas vraiment connu de guerre mais là, ça va être la guerre ultime. Ce qui est fou, c'est que ce n'est pas dans deux ou trois générations C'est pour celle qui vient, qui est déjà là.

Votre l1le$$a8I!esHI « c'est maintenant qu'il faut agir» ?

Oui mais c'est trop tard de toute façon, Et même si on faisait tout bien, ce serait quand même trop tard. Et comme on continue à faire tout mal.

« Et même si on faisait. tour bien, ce serait quand même trop tard. Et comme on continue à faire tout al. »

C'est très pessimiste ce que vous dites ! Mais tout ça est une grande farce ! C'est une façon de fermer les yeux qui est assez incroyable. Comme les lobbies sont toujours là, on ne peut pas faire autrement. On l'a bien vu avec Hulot.

Avec « Les Rescapés », faites-vous aussi référence aux réfugiéS qui traversent la Méditerranée ?

Aussi. En fait, on ne regarde pas les chiffres de la démographie africaine qui sont assez affolants dans le sudSahel. Il y a 40 villes de plus d'un million d'habitants, 70 % des étudiants africains qui aspirent à-venir en Europe, Il faut regarder l'immigration en face. Le problème, c'est que la gauche ne s'en empare pas vraiment,

Justement. vous qui avez soutenu Benoit Amont à la Présidentielle de 2017, quel regard portez-vous sur l'êtat de la gauche ?  

Elle est complètement K-Q debout. Mais la droite aussi. J'ai l'impression qlfe tout le monde est à terre. C'est . pas très simple la démocratie... Et quand on voit qu'au Brésil des gens sont prêts à réduire leur liberté démocratique pour avoir moins de violence. ça fait un peu peur de se rendre compte que l'aspiration démocratique ne devient plus si partagée que ça,

Avez-vous pensé à vous engager davantage en politique ?

J'ai déjà été sur une liste dans un petit village breton mais pas en position d'être élu ..Mais en tant que chanteur, non je suis quelqu'un de trop déraisonnable pour être dans la norme ! j'ai une vie un peu dingo donc ça fait tache (rires) !Je suis plus la mouche du coche en fait.

Revenons à la musique. Concevez-vous vous . votre canin sans tournée nI concert ?

Non: C'est vraiment là que ça se passe. C'est vraiment ça la vérité; s'il y en a une. C'est l'heure du concert Qui est la vraie vie.

Vous avez collaboré avec Johnny à plusieurs reprises. Notamment en écrivant « Back ln LA » dans son album posthume qui vient de sortir. Ou'avant vous ressenti en écoutant cet album ?

 Je ne l'ai pas encore écouté. Je veux garder ça pour un peu plus tard. D'une certaine façon, c'est encore trop frais, Ça va être lourd émotionnellement. En fait, je n'ai pas trop envie de parler de Johnny. J'ài l'impression de profiter de sa mémoire. En tout cas, c'était quelqu'un d'assez étonnant. Un super chouette bonhomme avec tout le monde.

Connaissez-vous les Ardennes ?

Oui, on s'est déjà produit à Charleville. Un grand moment à arpenter les rues, Et le fameux sanglier sur l'autoroute !

Qu'est ce qui vous plait dans les Ardennes ?

C'est comme nous à Brest. C'est tout au bout. Ça donne des gens hyper fiers d'être où ils sont et ce Qu'ils sont.

Allez-vous visiter Sedan avant le concert ?

Bien sûr. Chaque fois, il faut marcher dans la ville où on joue sinon ça n'a pas beaucoup de sens. C'est vraiment important de savoir comment c'est économiquement et politiquement.

BORIS MAROIS

Extraits de l' union du 02/11/2018

  

    

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Eddy MITCHEL

Bon anniversaire, M’sieur Eddy !

En pleine tournée avec Johnny Hallyday et Jacques Dutronc, la plus âgée des trois   Vieilles Canailles vient de fêter ses 75 ans. La retraite, il ne connaît pas vraiment.  


En 1011, Eddy Mitchel faisait ses adieux à la scène0 Mais pour retrouver deux compères, Hallyday et Dutronc, il vient de faire toute une série d’exception

SES DATES-CLÉS

 *.- FÉVRIER 1957 : premier gala pour une fête d’entreprise au Crédit Lyonnais.

*.- JANVIER 1961 : premier disque des Chaussettes Noires : « Tu parles trop ».

*.- JUIN 1961 : premier mariage avec Françoise Lavit à qui il reste marié jusqu’en 79.

*.- JUIN 1962 : naissance de son premier fils Eddy Jr. Une fille (Marilyn) naît en 1965.

*.- MAI 1967 : enregistrement d’un album aux États-Unis pour la première fois.

*.- NOVEMBRE 1976 : sortie de « Sur la route de Memphis », un album dont la pochette est une des premières de Jean-Baptiste Mondino.

*.- NOVEMBRE 1977 : lancement sur France 3 de son émission « La dernière séance ».

*.- MAI 1980 : deuxièmes noces avec Muriel Bailleul (avec qui il a une fille, Paméla, née en 1982).

*.- JANVIER 1986 : enregistrement de « Vieille Canaille » en duo avec Serge Gainsbourg.

La plus vieille des trois Canailles a passé un cap cette semaine : Eddy Mitchel a fêté ses 75 ans, ce lundi sur scène, à Dijon. Retour sur un parcours riche et toujours très respectable.

Johnny (de douze mois) et Dutronc (de 10) sont tous les deux plus jeunes qu’Eddy Mitchell, né Claude Moine à Paris le 3 juillet 1942. Mais les trois hommes sont des amis de jeunesse, ils se sont connus avant la célébrité. Et cette célébrité ne les a jamais éloignés les uns des autres.

FINE PLUME

Grand admirateur des acteurs Eddie Constantine et Robert Mitchum, Claude Moine fusionne les deux noms pour se trouver un pseudonyme. Comme Johnny, c’est un gosse précoce, musicalement parlant. Il n’a que 14 ans quand il se produit sur scène avec son premier groupe de rock. Et il n’a pas 20 ans quand le succès commence à lui sourire au sein des Chaussettes noires.

Grand admirateur d’Eddie Constantine et de Robert Mitchum, Claude Moine a fusionné les deux pour devenir Eddy Mitchell

Le rock français n’en est qu’à ses débuts… Lui et ses Chaussettes le symbolisent. Mais le service militaire obligatoire fait voler le groupe en éclats. Dès 1962, celui que ses amis surnomment Schmoll commence une carrière solo.

Le départ est fracassant. Eddy a plusieurs cordes à son arc. C’est un interprète brillant, mais il a aussi une fine plume. Les paroles, c’est lui qui s’en charge. Et à cette époque, où on adapte à qui mieux mieux les tubes anglo-saxons, c’est un incontestable atout…

LE BLUES DU VIRÉ

Dès 1965, Eddy est séduit par les Stones dont il adapte «Satisfaction » devenu « Rien qu’un seul mot »… Le début des années 1970 est néanmoins plus difficile. Ses albums, où il s’oriente progressivement vers la country music, ne se vendent plus aussi bien…

Eddy aurait pu être balayé par la nouvelle vague punk qui déferle au cours de la décennie, mais il peaufine son personnage bourru et généreux, à la John Wayne. Il surfe sur la nostalgie avec un concept télé qu’il présente lui depuis un cinéma de quartier. « La dernière séance » a un impact considérable et contribue à réhabiliter pour de bon «M’sieur Eddy » comme on l’y appelle.

Sa carrière est définitivement remise en selle. Eddy crée sa propre compagnie de disques (EM Records) et égrène les tubes qui résonnent encore aujourd’hui : « La fille du motel », « Pas de boogie-woogie », « Couleur menthe à l’eau », « Le cimetière des éléphants »…

Eddy anticipe bien les soucis des gens de son époque. En témoignent par exemple les paroles d’« Il ne rentre pas ce soir » écrites en 1978 : « Le grand chef du personnel l’a convoqué à midi », « J’ai une mauvaise nouvelle, vous finissez vendredi » « Une multinationale s’est offert notre société »  «Vous êtes dépassé » « Et, du fait, vous êtes remercié. »

C’est tout Eddy : en quelques mots, tout est dit… Alors que Johnny attire plutôt les prolétaires et les intellos, Eddy se trouve une voie comme héros des classes moyennes et de la petite bourgeoisie, qui goûtent mieux son humour distancié et ses références culturelles. Toujours à l’écart des modes, Eddy se garde bien de tout engagement politique, préférant comme Dutronc, utiliser la technique de la pirouette qu’il maîtrise à la plus grande joie de ceux qui ne lui ont jamais retiré une admiration sans failles. La probité du gars, son ironie son sens de la repartie, son goût de la plaisanterie et puis surtout son répertoire plaident pour lui.

Plus d’une corde à son arc

S’il a bâti sa carrière sur le rock et plus largement sur la musique américaine dont il a été le porte-parole en France, Eddy Mitchell est aussi un grand fan de cinéma américain et, ce qui est moins connu, de bandes dessinées.

Le cinéma américain de la grande époque, il a eu l’occasion de le montrer à la télé. Et puis, dès le début des années 80, Eddy s’est aussi trouvé une autre voie dans le cinéma français pour lequel il compose quelques personnages mémorables comme l’arbitre d’« À mort l’arbitre » (de Mocky en 1984) ou le concessionnaire automobile du « Bonheur est dans le pré » (de Chatiliez en 86). Sans parler évidemment de l’incroyable « Nono » dans « Coup de torchon » (de Tavernier en 1981).

Pour une pochette d’album, M. Eddy pousse le bouchon en posant près d’une table de billard où jouent aussi Valérie Kaprisky et Christophe Lambert.

Au rayon BD, Eddy Mitchell a contribué à populariser le fait de confier ses pochettes à de grands auteurs. Dès 1968, avec « 7 colts pour Schmoll », c’est une vraie planche dessinée par Jean Giraud (Blueberry) qui est insérée. Eddy travaille aussi avec Tito Topin, avec Voss (« L’épopée du rock » en 1974) et même avec Jijé…

Bref, c’est pas pour rien que Schmoll a un jour de 1983 sorti une chanson baptisée «Ciné, rock et bandes dessinées » sur un album qui, lui, s’appelait « Racines

SAM CHRISTOPHE

Extraits de l' union du 09/07/2017

  

    

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Iris MITTENAERE

J’espère ne jamais changer

Malgré son titre de Miss Univers, Iris Mittenaere garde les pieds sur terre.  Petites confidences depuis New York, où elle vit aujourd’hui.


Iris Mittenaere veut profiter à fond de cette expérience, mais n’abandonne pas le projet de devenir dentiste. AFP

 Après avoir porté pendant un an le titre de plus belle fille de France, c’est une autre couronne, bien plus imposante, que la belle Iris Mittenaere a décrochée. Le 30 janvier dernier, la jeune femme de 24 ans originaire de Lille a été sacrée Miss Univers. Depuis, celle qui se destinait à des études en dentisterie a posé ses valises à New York. Une nouvelle vie dont elle parle avec enthousiasme.

Cela fait quatre mois que vous avez été sacrée plus jolie fille de l’Univers. Comment se sont passées ces premières semaines ?

Déjà deux mois, ça passe tellement vite ! J’ai adoré ces deux mois, découvrir New York, partir en Indonésie, faire mon retour en France ! J’ai déjà fait tellement de choses. J’ai tourné ma première publicité, réalisé des shootings avec les plus grands photographes, découvert toutes les associations avec lesquelles je vais œuvrer cette année. Ce sont des débuts très excitants et j’ai hâte de découvrir ce que le reste de l’année va m’apporter.

Avez-vous mis longtemps à réaliser que vous étiez Miss Univers ? Vous aviez confié à l’époque que vous aviez mis plusieurs mois avant de réaliser que vous étiez Miss France…

L’adaptation me semble plus simple car j’ai déjà vécu une année de Miss France, je sais donc à peu près comment se déroule l’année, les émotions que je vais vivre, les épreuves et aussi tous les bénéfices personnels que cela va m’apporter.

Avec le recul, savez-vous ce qui a fait la différence ? Comment expliquez-vous votre victoire ?

On ne comprend jamais vraiment pourquoi une miss est choisie plutôt qu’une autre. Je pense qu’on a une bonne étoile, quelqu’un qui veille sur nous ce soir-là. Je pense que c’est, quelque part, le destin qui œuvre. J’étais comme dans un rêve pendant toute l’élection. Mais j’aime penser que mon costume national m’a aidé à décrocher cette couronne, parce que ce costume du Moulin Rouge était exceptionnel !

Depuis le 30 janvier et votre élection de Miss Univers, votre vie a totalement changé. L’adaptation n’est pas trop difficile ?

Tout a changé, mais je pense que j’étais peut-être prête. Je suis consciente de la chance que j’ai, alors je profite de chaque instant ! Bien évidemment, vivre loin de sa famille et ses amis reste un peu difficile, surtout pendant les week-ends et les jours de fêtes. On peut facilement se sentir seule dans cette ville. Et j’ai hâte que mes amis et ma famille viennent me rendre visite pour profiter pleinement de la chance que j’ai de vivre à New York, en leur faisant découvrir et en découvrant moi-même des endroits magiques dans cette ville.

Je suis consciente de la chance que j’ai, alors je profite de chaque instant Le quotidien de Miss Univers est-il le même que celui de Miss France ?

Miss Univers voyage partout dans le monde, parle anglais et est très active sur le plan caritatif. Le travail avec les associations est extrêmement important et occupe 50 % de notre emploi du temps. Je distribue des repas, je vais dans certains pays avec l’association Smile Train, je fais de la prévention et de l’information sur le sida.

Parliez-vous déjà bien anglais ? Travailler dans une autre langue, ce n’est pas trop difficile ?

J’avais un niveau scolaire. J’ai arrêté l’anglais après le bac car je n’en avais pas besoin en dentisterie. Mon niveau n’était pas très très bon, mais j’ai essayé de l’améliorer en regardant des séries en version originale avec sous-titres en français. Je pense que ça aide à comprendre quand les gens nous parlent. Mais de toute façon, quand on se retrouve à vivre ici, à New York, on n’a pas le choix. J’apprends tous les jours, c’est une super expérience pour moi d’avoir la chance de pratiquer et d’améliorer mon anglais !

Vous comptiez reprendre vos études de dentisterie. Vous persistez dans cette idée ?

Pour le moment, c’est toujours au programme : j’ai envie de terminer mes études, peut-être que je ne vais pas pratiquer immédiatement parce que je veux vivre mon expérience à fond, mais j’ai envie de décrocher mon diplôme, de pouvoir pratiquer un jour.

Pourriez-vous rester aux États-Unis après la fin de votre sacre ?

Je ne pense pas. Si j’ai une proposition de job intéressante ici, pourquoi pas ? Pour le moment, j’ai vraiment envie de rentrer vivre en France.

De Miss à actrice, il n’y a qu’un pas. Avez-vous eu des propositions de Hollywood ? Cela vous tenterait-il ?

J’adorerais tenter l’expérience, j’ai toujours adoré les défis, mais je ne sais pas si je suis douée ! Mais pourquoi pas ? Peut-être que je vais découvrir quelque chose que j’aime, je pense qu’il ne faut jamais fermer de porte.

Est-ce difficile de garder les pieds sur terre lorsqu’on décroche le titre de plus belle femme de l’univers ?

(Rires.) J’espère ne jamais changer, j’ai envie de rester la même jeune femme. J’ai la chance d’avoir une famille très présente pour moi, qui me conseille, qui m’aide à chaque étape de ma vie. Je sais ce que je veux, le genre d’avenir dont j’ai envie. J’ai envie de me marier, de fonder une famille, d’avoir une vie équilibrée, même si j’ai aussi envie de poursuivre mes rêves jusqu’au bout.

Quel aspect de Miss Univers vous a le plus surpris ?

Ce qui est le plus surprenant c’est peut-être que les membres du comité de Miss Univers pensent à tout ! Mes sessions de sport sont incluses dans mon emploi du temps, tout comme mes rendez-vous médicaux ou chez le coiffeur. Ils nous demandent ce dont on a besoin et ils font en sorte de trouver du temps dans la semaine pour le faire. Ils nous aident à garder un équilibre de vie, en jonglant entre le travail et le temps pour soi.

LE QUOTIDIEN DE MISS UNIVERS

« Chaque journée est unique lorsqu’on est élue Miss Univers. Aujourd’hui par exemple, j’ai visité un hôpital pour enfants, distribué des cadeaux, colorié des masques avec eux. Il y a quelques jours, j’étais en séance photo pour une marque de robes de soirées et demain, je réponds à des interviews et j’ai une session de sport ! C’est ce qui rend l’année intéressante, on apprend tous les jours ! Je suis maquillée et coiffée pour les événements et émissions télés uniquement. Le reste du temps, je me prépare seule, mais j’ai la chance d’avoir eu une excellente préparation pour Miss Univers. On m’a appris toutes les techniques de maquillage et de coiffure. »

 Sophie LAGESSE

Extraits de l' union du 10/06/2017

  

    

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MITTERRAND

 Frédéric Mitterrand “L’enfance de Mitterrand est absolument essentielle


C’est quelqu’un que j’aime et dont je veux essayer d’illustrer la vie d’une m0naère qui lui rende justice

Le neveu de l’ancien président de la République publie un livre consacré à l’enfance et l’adolescence de François Mitterrand. Une période peu connue dans sa biographie.  

Pourquoi avoir voulu écrire un livre sur la jeunesse de François Mitterrand ?

Son enfance est mal connue. Et j’ai lu tellement de choses le concernant qui me semblent approximatives que je voulais revenir sur ce moment si important. Il a toujours très peu parlé de cette période, ou alors de manière épisodique. Ce sont des bribes que l’on retrouve dans ses discours ou dans certains de ses textes. Mais en vérité, il a toujours été secret sur ce sujet, comme il l’était pour les choses qui lui importaient le plus, qui le concernaient intimement. C’est ce qui explique qu’il ait réussi à cacher sa liaison avec Anne Pingeot, qui a duré vingt ans et dont on n’a jamais rien su, ou quasiment. Il y avait quelque chose de profondément pudique chez lui. Et s’il parlait si peu de son enfance, c’est parce qu’elle était essentielle dans le cheminement de son existence. Il est à ce titre frappant de voir qu’il retournait souvent à Jarnac (son lieu de naissance) ou au domaine de Touvent (Dordogne). Un domaine dans lequel il a vécu des moments merveilleux mais qui n’appartenait plus à la famille, et dont les propriétaires successifs le voyaient parfois arriver avec étonnement… Il revenait très souvent sur les pas de son enfance.

Comment êtes-vous parvenu à reconstituer ce passé ?

En me servant de ce que j’avais entendu, des bribes de conversation que je pouvais retrouver, de correspondances, mais surtout des récits de mon père et notamment de son livre, dans lequel il parle pendant une centaine de pages de leur enfance. Or, mon oncle François et lui étaient inséparables.

En quoi la description de cette enfance éclaire-t-elle le personnage sous un jour nouveau ?

Mis à part peut-être le livre de Catherine Nay, personne ne s’est suffisamment interrogé sur l’enfance de François Mitterrand. Elle est généralement expédiée en trois pages alors qu’en réalité elle est absolument essentielle. Cette enfance, cette éducation, lui ont donné un socle moral très fort, imprégné par une forme de catholicisme social. C’est d’ailleurs une facette du personnage que ses rivaux ont toujours négligée, en se focalisant sur l’homme machiavélique. Je pense qu’ils se sont trompés.

La famille Mitterrand apparaît à la fois moderne et traditionnelle, adepte d’un catholicisme rigoureux mais accueillant des protestants à sa table. En quoi cette ouverture d’esprit a-t-elle pu influencer François Mitterrand ?

Je le dis sans forfanterie, mais je crois que mes grands-parents étaient très intelligents. Des gens comme on en rencontre en province, là où le rythme de vie n’est pas le même qu’à Paris, où l’on prend le temps de réfléchir. Mes grands-parents étaient des gens cultivés, ouverts, qui connaissaient le monde et lisaient énormément. Dans la famille Mitterrand, il n’y avait pas de péché à être ouvert. La religion, qui tenait une grande place, était à la fois une discipline et une ouverture au monde. Et puis Jarnac n’était pas un trou. C’était une ville de cognac, et de vinaigre par mes grands-parents, une ville de négoce qui amenait mon grand-père à visiter l’Europe, à se rendre régulièrement à Paris pour ses affaires. Ce n’était pas le cas de toutes les villes de province à l’époque.

Le collégien Mitterrand affectionne les amitiés avec «de mauvais sujets » apprend-on dans le livre. Qu’est-ce que cela vient éclairer ?

Il a toujours eu une grande attirance pour les gens qui n’étaient pas dans la norme, donc une grande tolérance. Avec moi par exemple, qui n’étais vraiment pas dans la norme, il était très tolérant. Il pouvait être très sévère dans des tas de domaines, mais pas à propos de ma vie privée. Non pas qu’il s’en foutait, mais il l’acceptait très bien. C’est pour cela que le collégien Mitterrand s’adapte si bien à la pension. Il travaille mal, sauf dans les matières qui l’intéressent et où il excelle, comme le latin ou l’histoire. Il est dans la règle, mais il reste aussi totalement libre. Il en sera de même pour ses fréquentations.

Reste-t-il des choses à écrire sur François Mitterrand ?

Je voudrais écrire sur sa période à Paris, en 38-39, et celle qu’il passa dans les camps de prisonniers en 1940, avec ses tentatives d’évasion. Ensuite, tout est connu. Mais ces deux périodes-là méritent que l’on s’y plonge.

Finalement, pour qui avez-vous écrit ce livre ? Pour lui ? Pour vous ?

Pour les lecteurs, pour les gens qui s’intéressent à lui. Pour sa mémoire sans doute, parce que c’est quelqu’un que j’aime et dont je veux essayer d’illustrer la vie d’une manière qui lui rende justice.

Et puis pour moi, parce que j’ai toujours eu envie de savoir ce qu’avait été cette maturation, qui en a fait l’homme assez extraordinaire que l’on connaît. Je l’ai également écrit parce que je ne suis plus très jeune. Et quand on n’est plus très jeune, on a besoin de revenir sur certaines choses.

« Le pays de l’innocence », enfance et adolescence de François Mitterrand. Éditions Robert Laffont, 139 pages, 19 €.

SAMUEL RIBOT

Extraits de l' union du 30/07/2017

  

    

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Nelson MONTFORT

Présentant son dernier ouvrage sur l'olympisme moderne dans l'enceinte du stade Delaune, Nelson Montfort n'est pas pressé, à presque 64 ans, de raccrocher le micro.


Pour l'une des voix de France Télé, « Reims, c'est tellement de souvenirs, j'y ai donné un coup d'envoi à Delaune. Fabrice Arvey, qui est un ami, me demande souvent de venir. Je suis plus à l'aise ici que dans de grandes enceintes anonymes, tel le Stade de France ». Hervé Oudin

64 ans (en mars), né à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), salarié de France Télévisions sports. Compte 12 olympiades depuis 1992. Couvrira les championnats d'Europe de patinage artistique d'Ostrava (République tchèque), puis la Fed Cup le mois prochain, les mondiaux de patinage en mars (avec de vraies surprises, dans l'optique des Jo 2018 »). Puis Monte-Carlo et Roland-Garros (tennis, les Mondiaux de natation et d’athlétisme l'été venu. Très proche de Philippe Candeloro, consultant. « Je le considère comme un petit frère, on communique tous les jours par sms et pas que pendant la saison de patinage, même s'il a changé depuis le drame de Drop » (drame en Argentine, mars 2015)

« Passeur d'émotions »

L'expression lui va bien. Il suffit d'évoquer le nom de Yohann Diniz, son prédécesseur (*) pour que Nelson Montfort « s'embrase » quasi instantanément (lire par ailleurs). Et « je ne dis pas parce qu'il est de Reims », assure le confrère de France Télévisions. Dans le salon VIP de Delaune, l'autre jour, en avance sur le planning, il avait comme du temps à « tuer ».

Pour meubler avant la signature de son dernier ouvrage « Sport, mes héros et légendes » (éditions Place des Victoires) et le déjeuner-débat, il ne tombe pas le masque dans l'entretien que l'on engage. Comme sur le bord des piscines, patinoires, pistes et autres courts, il reste celui que l'on voit à l'antenne : gestuel, usant du verbe avec emphase mais toujours sur un ton enthousiaste. Du Nelson, quoi, et qui se voit encore durer, « trois-quatre ans comme les sportifs qui parlent d'olympiade. Même si je ne tire jamais de plan sur la comète et je dis d'ailleurs toujours : sans doute ». Avec un public qui est derrière lui. « Je ne vois pas de signe contraire. Si on s'attend ce que je taille un confrère en privé, on se trompe d'adresse « . Alors...  J’

1 -  BOLT

 Le live, c'est son métier depuis plus vingt-cinq ans. « J’essai« de faire ça dans l'esprit. Sinon, on fait appel à un traducteur de l'ONU qui le fera très bien. Avec Bolt, c'est très facile, car il est tellement communicatif, plus que d'autres. J’essaie, à chaque fois, de retranscrire l'humeur du champion plus ce qu'il dit à la ligne près ... Usain Bolt devrait d'ailleurs finir sur les Mondiaux à Londres mais je n'en suis pas si sûr car la pression est telle sur lui qu'il pourrait rempiler jusqu'à Tokyo (JO-2020). L'athlé sans Boit, ce n'est plus la même chose. Nous en reparlerons. Nadal ? C'est un grand, mais, comme tous les sportifs, il est maniaque, à en être maiadif.

2 - SERVICE PUBLIC

Dans un paysage audiovisuel en pleine mutation, fidèle parmi les fidèles, Nelson Montfort l'est resté et le restera au service public. Malgré deux offres de Canal (« je n'en ai jamais reçu de BelN »), il y a longtemps, « dont une très attractive financière. Mais avec la chance de couvrir 12 olympiades avec le service public, je suis presque tenu de lui rendre cette part de fidélité, sans doute jamais vue ailleurs ». Et d'insister aussi sur les fondamentaux du métier, qu'il soit parlé ou écrit. « La première responsabilité du journaliste, c'est le respect de la langue française, la plus belle, en matière de syntaxe. Et ensuite, du public. Si mettre une veste à l'antenne et parfois, même, une cravate, signifie être démodé pour certains, pour moi, non, Je suis comme ça. »

3 - AVENIR

C'est certain, Nelson Montfort a plus d'années passées qu'à venir sur le plan professionnel. Mais ses 64 ans (en mars) ne sont pas de nature à le mettre sur la touche.

« Les sondages disent que je fais partie des journalistes sportifs préférés Français, ma modestie dusse-t-elle en souffrir. J'envisage l'avenir avec beaucoup de sérénité, tant que j'aurai la confiance du public. Et j'aimerais m'inspirer du départ de Gérard Holtz, avec qui j'ai beaucoup échangé. Sa fin de carrière a été très digne. J'aimerais bien encore une olympiade d'hiver et d'été, même si je ne décide pas de la date de sortie. Qui serai-je pour dire stop, comme ça ? »

4 – HEROS JO

Motif de sa venue dans la cité des Sacres, son ouvrage sur « ceux que l'on n'a pas connus, qui laissent une place à l'imagination plus forte que ceux que l'on a connus ». Mon livre fait la part aux sportifs d'avant-guerre pour la plupart d'entre eux, ou des années 50-60, quand le sport faisait vraiment rêver. Comme Marcel Cerdan, Éric Tabarly, Marielle Goitchel, J.C Killy, Jess Owen – en couverture – les mousquetaires en tennis... Tous ces gens laissent sont plus ancrés dans mon cœur et de celui des lecteurs. ». Insatiable, « le » Nelson.

 DINlZ FOR EVER...

Il ne s'en cache surtout pas. Nelson Montfort nourrit une relation particulière avec Yohan Diniz, le marcheur marnais. Comme avec Yannick Agnel, qu'il a « défendu personnellement » lors du relais 4 x 200 m à Rio - « on lui est tombé dessus, il était malade, il y a un malentendu, il ne faut quand même pas oublier ce qu'il a fait avant » Au même titre que le double champion olympique, Yohann Diniz « est l'un de mes deux-trois sportifs préférés, très attachant à travers ce qu'il est et ce qu'II réalise : Il se trouve que, très souvent j’ai été le premier témoin de ces exploits comme de ses failles, extraordinairement attachantes. Et qui a de l'humour, de l'autodérision, et qui ne cherche pas d'excuses et d'une profonde gentillesse. Avec lui, on est dans le registre du tout émotions, capable de magnifier ses exploits comme de partager ses échecs. Alors, quid du « forcing » prétendument effectué auprès du Champenois sitôt la ligne franchie du 50 km olympique ? « Je le vois terminer en souriant, d’aiIleurs, chapeau. SI on déplace une équipe, c'est pour recueillir une réaction. Il va alors dam la salle d'infirmerie et je suppose qu'il va en sortir. Après, il a eu un malaise, j’ai insisté au début, pas après... Je m'étais senti assez mal à l'aise, pensant que ce n'était pas aussi grave. Un responsable de la télé est venu me le dire, on a levé le camp … »

Christophe DEVAUD

Extraits de l' union du 16/01/2017

  

    

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 Nana MOSKOURI

Ça me maintient en vie de pouvoir chanter !

Loin du public, Nana Mouskouri était malheureuse. Aussi, elle a repris le chemin de la scène. Entretien avec une grande voix qui n’a jamais perdu son enthousiasme.


Grand-mère « gâteau », Nana Mouskouri, 83 ans, est aussi une légende qui n’a pas pu arrêter de chanter.

 Nana Mouskouri est une légende bien vivante ! Humble et généreuse et surtout « Forever Young », comme le titre de son dernier – et étonnant !- album. Au bout du fil, son accent grec chante toujours.

Quand elle a fini de chanter, nous dit Nana Mouskouri, elle est «peut-être un peu fatiguée du temps passé sur scène, au moins 2h30… Mais je suis prête à recommencer ! » Pas de doute, c’est sur scène que Nana se sent le mieux, encore aujourd’hui. «Même si c’est un lieu très solitaire, c’est aussi l’endroit où vous êtes le plus entouré par le public. L’endroit où on se sent complètement libre, de faire des choses qu’on n’aurait peut-être pas fait dans la vie, d’être soi-même. Et c’est ça que j’ai toujours essayé de faire : ne pas perdre mon identité de chanteuse, ne ressembler à personne »

« J’ai de la chance : je chante encore dans les tonalités dans lesquelles je chantais quand j’avais 30 ans »

À 83 ans, l’incomparable Nana, bavarde, nous confie pourtant être toujours « très timide. Je peux même vous dire que je ne trouve toujours pas le courage d’aller parler à une personne que j’aime beaucoup. Et avant d’entrer sur scène, je me remets en question. Je me demande si je suis prête à faire tout ce qu’il faut faire ou pas. Mais une fois que je me lance, il faut que j’aille jusqu’au bout ! » Et puis, aucun doute pour Nana qui n’est plus près de raccrocher le micro : « Ça me maintient en vie de pouvoir chanter et de recevoir tout ce que je reçois. J’espère donner autant de joie aussi. »

En 60 ans de carrière, vous êtes-vous déjà demandé si vous le public allait se lasser ?

Oui… Vous savez, je me suis toujours posé la question. Quand je chantais, j’ai compris que c’était l’ouverture sur les gens, je voyais mon papa et ma maman sourire. Et j’ai espéré que ce soit comme ça dans le futur avec les gens. Si ce n’était pas pour le public, je n’aurais pas pu devenir une chanteuse. Déjà, à l’époque, dans le métier, il y avait des exigences. Moi, j’avais des lunettes, j’étais un peu ronde, j’étais mal fagotée ! (rires) J’étais jeune et j’étais renvoyée par-ci par-là. Et quand je suis venue en France, c’est là que j’ai commencé à apprendre qu’un chanteur doit quand même faire plaisir aux yeux. Il fallait apprendre beaucoup de choses et surtout ne pas perdre l’enthousiasme. Toujours respecter la musique et que le public.

L’enthousiasme ne vous a jamais quittée ?

Non, jamais. Évidemment, il y a des moments où c’est plus difficile que les autres, où tu te demandes à quoi ça sert de faire tout ça, parce que les choses ne se passent pas comme on voudrait. Mais mon enthousiasme n’a jamais changé. C’est devenu mon travail aussi, c’est une question de vie. Si je n’étais pas une chanteuse, qu’est-ce que je serais ?

C’est difficile d’imaginer qu’en 2008, vous aviez décidé d’arrêter votre carrière…

Je me suis dit que j’allais continuer à écouter de la musique et faire un peu de peinture parce que j’aime beaucoup dessiner, ce que j’avais un peu abandonné. Et m’occuper des enfants – mais ils sont grands!- et des petits-enfants. Mais ça a été la tristesse ! Et André (son mari et producteur) n’était pas très heureux de ne pas faire de disques (rires). Petit à petit j’ai commencé à lui dire que je voulais rechanter et je trouvais des petites excuses (rires). Mais ça a pris longtemps avant qu’on ne décide de faire ce disque parce qu’il fallait trouver le bon thème et ne pas se répéter !

Vous êtes plusieurs fois grand-mère… Quel genre de mamy êtes-vous ?

Je suis très mamy… J’aime aller au parc avec eux, leur raconter des histoires. J’aime les faire dessiner, c’est un bon moyen de s’exprimer. On chante aussi. Je suis une grand-maman gâteau ! (rires)

J’étais fascinée par Barbara, C’était comme une prêtresse

 Nana Mouskouri était la chanteuse préférée de Bob Dylan et de Barbara, entre autres. À eux, et à une dizaine d’autres artistes, elle rend hommage dans son dernier album « Forever Young ». « J’avais vu Barbara dire qu’elle m’appréciait. Mais moi, je l’adorais ! », se souvient Nana. «Barbara, c’est quelqu’un que je connaissais, depuis le début. Et j’étais fascinée par elle. C’était comme une prêtresse pour moi, la manière dont elle écrivait, musique et paroles… C’est tellement profond et personnel quand on touche à sa musique qu’on a l’impression de faire quelque chose de mal. Toutes ces chansons que je reprends sur l’album, ce sont des chansons qui restent éternelles ( Forever Young ). Et cette chanson de Barbara, Dis quand reviendras-tu ? , je la chante avec tellement de respect.»

Sur cet album, vous reprenez aussi « Love is a losing game » d’Amy Winehouse…

Elle, je ne l’ai pas rencontrée (sourire)… mais je suivais tout ce qu’elle faisait. Elle avait une manière de chanter tellement personnelle ! Et tellement naturelle et profonde. Elle me faisait beaucoup penser aux chanteuses de blues, comme Nina Simone… Avec les années, j’ai appris beaucoup de choses par les jeunes. La même chose pour Whitney Houston… Finalement, je n’ai pas repris de chanson d’elle, j’avais trop le trac ! Elle avait une voix exceptionnelle. Et je n’aime pas trahir !

Nana Mouskouri peut tout chanter, non ? Dans toutes les langues !

Oh ce n’est pas facile de tout chanter. Moi, je peux chanter tout ce qui est émotionnel, quand quelque chose me touche. Vocalement, j’ai des facilités, dieu merci ! Mais c’est surtout l’émotion.

Votre voix c’est encore beaucoup de travail aujourd’hui ?

On peut dire que c’est la nature, bien sûr, mais rien n’arrive sans travail. Mais il faut arriver à faire les notes, à exprimer les mots, à être touché… J’ai de la chance : je chante encore dans les tonalités dans lesquelles je chantais quand j’avais 30 ans ! Évidemment, ma voix n’est pas aussi fraîche, avec les années, le son change, c’est le corps qui donne la force. Mais j’ai su préserver ma respiration, ce qui est très important. Et il faut éviter les choses qui abîment la voix comme l’alcool, la cigarette. Ce n’est pas sacrifier quelque chose, mais c’est éviter les excès. De temps en temps vous pouvez les faire. Et il faut bien sûr bien dormir !


Forever Young,
le dernier album de Nana Mouskouri sorti chez Mercury Records en début d’année.

Charlotte VANBEVER

Extraits de l' union du 08/07/2018

  

    

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Roger MOORE

28-05-2017 - Le Saint est au paradis

Ivanhoé, Le Saint, Brett 5inclair, à la télé, c'était lui, et au cinéma il fut aussi James Bond. L'acteur au qui personnifiait le flegme britannique est mort mardi, emporté par un cancer. Il avait 89 ans.

ROGER MOORE

*.- Né Roger George Moore le 14 octobre 1927, à Stockwell (Londres)

*.- Héros du petit écran

- 1958-1959 : héros de la série télé Ivanhoé (39 épisodes)

- 1962-1969 :incarne Simon Templar dans la série télé Le Saint

- 1971-1972 : incarne Brett Sinclair dans la série télé Amicalement vôtre

*.-Agent secret, succède à Sean Connery et George Lazenby dans le rôle de James Bond:

- 1973 : Vivre et laisser mourir

- 1974: L'Homme au pistolet d'or 1977: L'Espion qui m'aimait

- 1979 : Moonraker

- 1981 : Rien que pour vos yeux

- 1983 : Octopussy 1985 : Dangereusement vôtre,

*.- 23 mai 2017 Décède à 89 ails à Crans-Montana (Suisse)

« Amicalement vôtre » est aussi restée dans les mémoires mais la série n'a duré qu'un an

0n s'imagine mal aujourd'hui l'impact considérable qu'a eu la série « Le Saint » sur les années 60. À l'époque, celui qui dans le feuilleton s'appelait, Simon Templar, n'était pas culte, c'était beaucoup plus que ça : personne ne ratait un épisode et dans beaucoup de salons trônait, réalisé en fer forgé, le personnage stylisé du générique avec l'auréole au-dessus de la tête !

Le Saint doit son surnom aux initiais de Simon Templar. La série britannique cartonne, elle donne à Roger Moore une notoriété sans précédent. On le connaissait déjà un peu puisqu'à la fin des années 50, il avait fait ses premières armes à l'épée en campant le sémillant Ivanhoé, un rôle à cheval. C'était déjà pour la télévision ...

Moore n'est donc plus vraiment l'obscur comédien de théâtre qui n'a pas réussi à devenir le jeune premier dont rêvait dans le Hollywood des fifties !

Avec « le Saint, il savoure sa revanche. Il a pénétré l’ensemble des foyers dans plus de 80 pays avec ce rôle de gentleman élégant, charmeur et chevaleresque. Cent quatorze épisodes de 60 minutes seront tournés, (dont 71 en noir et blanc et 9 réalisés par Moere lui-même) de 1962à 1969.

 EN DUO AVEC TONY CURTIS

Pour les continentaux, Roger Moore était donc l'incarnation du parfait gentleman anglais toujours classe, tiré à quatre épingles et en même temps un peu décalé, un peu excentrique, avec toujours un décalage que les Anglais eux-mêmes appellent Je « tongue in cheek. »

Le succès mondial sera confirmé par une autre série: « Amicalement vôtre », ou « The Persuaders » en v.o. Là, Moore devient Lord Brett Sinclair, un parodique e dandy play-boy » confronté à un Danny Wilde, campé par Tony Curtis.

Deux mondes sont en collision, celui du jovial New-Yorkais qui a ironiquement rebaptisé « Sa Majesté », son comparse britannique, et celui, impassible, du riche héritier oisif.

L'humour Irrévérencieux fonctionne, il t'ait de la série une formidable réussite. « Amicalement vôtre » s'ancre dans les mémoires de toute une génération, Pourtant, la série ne connaît qu'une seule saison et 24 épisodes en tout, pas tellement pour un truc dont on se souvient, aussi longtemps après !

C'est que, en 1971-1972, le feuilleton n'a pas accroché les États-Unis. On lui a préféré « Mission impossible ». Et si partout ailleurs elle est un carton, la série est donc abandonnée après une seule saison I Peut-être la prétendue mésentente entre Curtis et Moore a-t-elle aussi joué un rôle dans un abandon aussi précoce ? Les observateurs s'accordent à dire que la complicité visible à l'écran cachait en fait une rivalité féroce. Mais que c'est peut-être grâce à elle aussi que le tandem a si bien roulé l

UNE RETRAITE EN SUISSE

Playboy à l'écran, Roger Moore cumulait également les conquêtes dans la vie. Il s'est marié quatre fois.' « Une bonne épouse est ta meilleure recette pour rester en forme », avait-il expliqué un jour de 2004. L'Italienne Luisa Mattioli, sa troisième femme, lui a laissé trois enfants.

Roger Moore a longtemps habité en Suisse, à Gstaad, où vivent de nombreuses célébrités fortunées, avant de déménager dans le canton du Valais, à Crans Montana, une autre station de sports d'hiver réputée pour sa jet-set. En 2003, l'acteur avait échappé de peu. à la mort après s'être écroulé sur une scène new-yorkaise, victime d'un arrêt cardiaque.

« Il me semble que je me suis évanoui », avait-il confié en revenant à la vie, usant d'un euphémisme typiquement anglais. L'accident lui avait valu d'être appareillé d'un stimulateur cardiaque, un gadget que n'aurait pas renié 007.

Né le 14 octobre 1927 dans le sud de Londres d'un père policier et d'une mère au foyer, Moore estimait que son plus grand rôle, il l'avait tenu pour le compte de l'Unicef, le Fonds pour l'enfance des Nations unies. Nommé en 1991 ambassadeur itinérant du Fonds, il avait depuis parcouru le monde.

« Dresser le sourcil pour Bond était une chose, mais sensibiliser l'opinion pour la cause des enfants est beaucoup plus important », avait-il déclaré. C'est pour cette mission, et non pour sa carrière d'acteur, que Roger Moore à été anobli par la reine Elizabeth Il en 2003.

Roger Moore est décédé mardi en Suisse à l'âge de 89 ans, il était atteint d'un cancer.

II est mort, ont fait savoir ses enfants Deborah, Geoffrey et Christian, après un court mais courageux combat.

Le Saint et Bond accumulaient les conquêtes. Roger Moore, lui, s’est marié quatre fois

1946, il épouse la patineuse Doom van Steyn

1953 – Union avec la chanteuse Dorothy Squires

1969 – Avec l’actrice italienne Luisa Mattioli

2002 – 4ème épouse : la danoise Kristina Tholstrup

SAM CHRISTOPHE

Extraits de l' union du 28/05/2017

  

    

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Ennio MORRICONE

« Une magie immortelle »


Ennio Morricone viendra célébrer ses soixante ans de carrière avec un concert unique à l'AccorHotels Aréna.

Lors de sa dernière teurnee parisienne en septembre dernier, Ennio Morrlcone avait littéralement électrisé les spectateurs du Palais des congrès, ® Muthmedla GmbH

« Jouer ma musique en public devant des gens d'âge et de culture si différents est une expérience extrêmement gratifiante »

Nul besoin d'avoir visionné la fil- • rnographie complète de Sergio • Leone, ni de rêver jour et nuit de Clint Eastwood pour connaître le nom d'Ennio Morricone. Véritable légende vivante, le chef d'orchestre est sans nul doute à l'origine des plus belles et des plus mémorables musiques de films. Ott sifflement entêtant de Quelques dollars de plus au grincement lancinant du duel d'Il était une fois dans l'Ouest, en passant par le thème mythique du Parrain impossible d'échapper aux mélodies exquises et ensorcelantes du magicien italien.

Le 21 septembre prochain, le très prolifique musicien sera sur la scène de l'AccorHotels Aréna, pour célébrer, non pas la fin de l'été, mais ses soixante ans de carrière au service des sixième et septième arts. Pour l'occasion, l'éternel complice de Giuseppe Tornatore sera accompagné par l'Orchestre symphonique national tchèque et d'un chœur composé de plus de soixante-dix choristes.

•.- Des ténèbres des Giallo aux westerns sur sable chaud.

En plus d'un demi-siècle, Ennio 1 Morricone a composé pas moins de 1 500 partitions pour le cinéma et la télévision, que ce soit pour des cinéastes de renommée, internationale ou des œuvres plus confidentielles. Plus d'une centaine d'albums jalonnent sa discographie, un record dont bien peu d'artistes peuvent se vanter. Si le grand public le connaît principalement pour sa participation aux plus grands chefs-d'œuvre du western spaghetti, il s'impose également comme l'un des meilleurs collaborateurs de Dario Argento. Pendant plusieurs décennies.

Pour le compositeur octogénaire, partir en tournée reste un grand moment d'émotion et de partage.

Il a diffusé sa ténébreuse magie dans les délires du maître du genre, en Technicolor. Du cultissime Quatre mouches de velours gris au splendide (bien que trop souvent sous-estimé) Syndrome de Stendhal, en passant le grand classique Chat à neuf queues, ses notes, tour à tour voluptueuses et angoissantes, ont hanté l'esprit de nombreux cinéphiles.

•.- Il était une fois un mythe

Malgré son âge que l'on qualifiera pudiquement de vénérable, Ennio Morricone n'en demeure pas moins actif. Après s'être récemment illustré avec la bande originale - tantôt épique, tantôt glaçante - des Huit salopards (pour lequel le compositeur a obtenu le Golden Globe de la Meilleure bande originale en 2015), le génial chef d'orchestre s'apprête à repartir sur les routes d'Europe et d'Amérique, bien décidé à régaler son public de ses airs les plus mythiques. Pour l'épauler , dans cette colossale tournée, il sera accompagné de plus de 200 musiciens, Qui rivaliseront de virtuosité pour nous envoûter. Toujours prêt à innover et à faire de chaque concert une expérience unique, Ennio Morricone profitera de ce nouveau tour de piste pour interpréter, pour la première fois en live, les fruit de sa collaboration avec Quentin Tarantino, Il dévoilera, par la même occasion, des partitions méconnues créées jadis pour Sergio Leone. Si la billetterie n'est ouverte que depuis quatre jours, gageons que les places devraient partir comme de: petits pains. Alors, chevauchez sans tarder votre destrier - ou vôtre oiseau au plumage de cristal, selon vos affinités - pour ne pas rater cette opportunité.

Sophie DIAZ

Extraits de l' union du 11/04/2017

  

    

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Jeanne MOREAU

Une dame, une voix

Actrice césarisée et oscarisée, chanteuse aussi, Jeanne Moreau s’est éteinte à l’âge de 89 ans.  Elle aura tourné dans plus de 130 films, sous la direction des plus grands cinéastes


Jeanne Moreau lors d’une répétition de la pièce intitulée «La Guerre des fils de lumière contre les fils des ténèbres», en janvier 2010, au théâtre de l’Odéon à Paris. AFP

BIO EXPRESS

*.- JEANNE MOREAU est née le 23 janvier 1928, à Paris, d’un père restaurateur et d’une mère danseuse.

*.- ELLE FAIT SES CLASSES à la Comédie française à l’âge de 19 ans.

*.- AU TOTAL, ELLE A TOURNÉ DANS PLUS DE 130 FILMS et joué dans des dizaines de pièces de théâtre.

*.- CONNUE ET RECONNUE POUR SA VOIX GRAVE inimitable, l’actrice obtiendra plusieurs Césars et recevra un Oscar d’honneur.

*.- ELLE A ÉTÉ RETROUVÉE MORTE hier matin, dans son appartement parisien, à l’âge de 89 ans.

Jeanne Moreau est morte, à Paris, à 89 ans. Avec sa disparition, le cinéma français perd l’une de ses plus grandes ambassadrices, qui a ébloui les plus grands réalisateurs en plus de soixante années de carrière.

La grande comédienne à l’inimitable voix grave a été retrouvée sans vie, hier matin, dans son appartement de la capitale. Elle restera associée à plusieurs scènes mythiques du 7ème Art, celles de Jules et Jim mais aussi la fin tragique d’une ex-détenue dans Les Valseuses ou ce « French cancan » aux côtés de Brigitte Bardot dans Viva Maria. « Notre collaboration(...) nous a mises en compétition mais aussi en complémentarité. C’est un beau souvenir que je garde d’elle à jamais » , a déclaré « BB ». Cette femme « belle, intelligente, séduisante, avec une voix et une personnalité hors du commun » , a été « emportée trop tôt par le tourbillon de la vie » . « Je suis profondément bouleversé. C’est quelqu’un que j’aimais beaucoup » , a confié Alain Delon, qui avait tourné avec elle dansL’Homme pressé et Monsieur Klein.

UNE ACTRICE OSCARISÉE ET CÉSARISÉE

Celle qui avait fait ses classes à la Comédie française, à 19 ans, laisse l’empreinte d’une actrice éclectique. « Un visage d’une beauté tellement forte, tellement… expressive » , a réagi sur Twitter Pierre Lescure, président du Festival de Cannes. Lauréate du Prix d’interprétation féminine 1960 (pour Moderato Cantabile), Jeanne Moreau fut aussi la seule comédienne à avoir présidé à deux reprises le jury sur la Croisette, en 1975 puis en 1995, où on la vit chanter aux côtés de Vanessa Paradis. « Jeanne Moreau, c’est l’art, la culture, la beauté, le chic, l’esprit français (…) Mademoiselle Jeanne, comme aimait proclamer (le comédien Jean-Claude Brialy, a été merveilleuse au théâtre, comme elle a été sublime au cinéma » , a souligné Gilles Jacob, un ancien président du Festival submergé par « une absolue tristesse » .

Jeanne Moreau, c’est l’art, la culture, la beauté, le chic, l’esprit français
Gilles Jacob

Née le 23 janvier 1928, à Paris, d’un père restaurateur et d’une mère -anglaise - danseuse, l’inoubliable interprète de la chanson Le Tourbillon de la vie dans Jules et Jim (1962) aura tourné dans plus de cent trente films. Celle qui a fasciné Orson Welles ( Une histoire immortelle ), Luis Buñuel ( Journal d’une femme de chambre ), Michelangelo Antonioni ( La Notte ) ou encore Joseph Losey ( Eva ) avait été récompensée en 1992 par le César de la meilleure actrice pour La Vieille qui marchait dans la mer, de Laurent Heynemann. Elle décrochera par la suite deux Césars d’honneur en 1995 et 2008. Dans l’intervalle, en 1998, l’Académie des arts et des sciences du cinéma lui décernera un Oscar d’honneur.

CLÉMENT, ORPHELIN DE SA MÈRE À L’ÉCRAN

« Il est des personnalités qui, à elles seules, semblent résumer leur art. Jeanne Moreau fut de celles-ci. Avec elle disparaît une artiste qui incarnait le cinéma dans sa complexité, sa mémoire, son exigence », s’est exprimé le président de la République, Emmanuel Macron, par le biais d’un communiqué. Ministre de la Culture, Françoise Nyssen a tweeté son « émotion, à la hauteur du talent et héritage de Jeanne Moreau: immense. Elle s’éteint, mais la voix, le génie, la vision de l’artiste demeurent » .

Jérôme Clément, fondateur d’Arte et écrivain, a fait part de sa «grande tristesse » après le décès d’une « amie fidèle » , une «grande dame ». La comédienne avait joué le rôle de sa mère dans Plus tard tu comprendras, adaptation au cinéma de son autobiographie, par Amos Gitaï.

Au théâtre, Jeanne Moreau a donné vie aux textes de Jean Cocteau, Frank Wedekind ou encore Heiner Müller, sous la direction des plus grands metteurs en scène (Brook, Vitez, Régy, Grüber).

Le chanteur Étienne Daho, qui a travaillé avec la comédienne pour sa dernière apparition au Festival d’Avignon, en 2011, dans Le Condamné à mort de Genet, lui a rendu un hommage sobre sur sa page Facebook: un simple «Jeanne » accompagnant une photo d’elle en noir et blanc.

Ses obsèques auront lieu dans la plus stricte intimité, sachant qu’ «une cérémonie d’hommage sera organisée ultérieurement» , a fait savoir sa famille.

 Extraits de l' union du 01/08/2017

  

    

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Jean Moulin

Portrait d'un amoureux 

Dans « Jean Moulin, l'ultime mystère », le journaliste Pierre Péan brosse le portrait du grand  résistant à travers les yeux d'Antoinette Sachs, l'inconnue qui fut l'un des amours de sa vie.


« Je me sens souvent comme un enquêteur en culottes courtes qui part à la chasse au trésor »
Christian lantenois

L'ESSENTIEL

•.-  Pierre Péan est né le 5 mars 1938 à Sablé-sur-Sarthe.

•.- Il devient journaliste en 1968 à AFP puis l'Express, avant d'écrire pour Libération, Actuel et le Canard enchaîné.

•.- Il à publié une vingtaine de livres dont « Une jeunesse française » (1994) dans lequel il révèle le rôle de François Mitterrand sous le gouvernement de Vichy.

•.- Beaucoup de ses livres lui ont valu polémiques et parfois procès, tels ceux qu'II consacre au génocide au Rwanda « Noires fureurs, blancs menteurs », à la personnalité de Bernard Kouchner « Le monde selon K », à la mafia corse « Compromissions » ou à la famille Le Pen « Une histoire française ».

•.- Qui était Antoinette Sachs ?

Une bourgeoise riche, mondaine, très libre, assez garçon manqué et qui aimait les gens de pouvoir, surtout à gauche. Après guerre, elle ne fréquentait que ceux qui avaient été proches de Moulin. Les deux s'étaient rencontrés lors d'une soirée parisienne en 1936. Moulin est devenu sa grande passion. Sans elle, d'ailleurs, il n'existerait plus aujourd'hui. Pendant quarante-trois ans, elle lui a consacré sa vie et son argent. II faut se souvenir que lorsqu'il meurt, il est détesté de tout le monde. Elle-même était persuadée que Londres l'avait lâché en renonçant à le faire évader, En 1943, donc, personne ne s'intéresse à lui. C'est elle qui enquête sur Caluire et Qui emmerde tout le monde, jusqu'à sa mort en 1986. Quand elle entrait dans les magasins, elle passait devant les files d'attente en disant: «Je suis la secrétaire de Jean Moulin...

•.- C'est votre troisième livre consacré au résistant. Avez-vous encore appris des choses sur lui ?

À travers ses yeux à elle, oui Jean Moulin était quelqu'un de très cloisonné. Il était rigide, jacobin, presque brutal... Mais il pouvait être tout l'inverse, romanesque, collectionneur d'art, admirateur de Tristan Corbières, très ami avec le poète Max Jacob... Antoinette et lui étaient très complices car ils peignaient tous les deux. Cette dualité les rapprochait.

•.- Vous expliquez qu'il s'agissait davantage d'une amitié amoureuse ...

Ils couchaient dans le même lit. c'est évident, mais elle a beaucoup fantasmé sur cette relation.Du reste, lui avait beaucoup d’autres aventures…

Certains se sont même interrogés sur son éventuelle homosexualité. C'est pourquoi je consacre un chapitre à cette question.

•.- Pourquoi Antoinette a-t-elle été occultée à ce point ?

Parce que les historiens se méfiaient de son tempérament exubérant et incontrôlable. Je comprends toutes ces réticences, d'ailleurs, mais on est aussi obligé de reconnaître qu'elle fut la personne la plus proche de Moulin durant les sept dernières années de sa vie. Ce n'est pas rien... Ce qui gênait aussi, c'est qu'elle renvoyait de Moulin une image que les gens de Londres n'aimaient pas, une image un peu trouble, parfois ambiguë ...

•.- Dans les archives d'Antoinette Sachs, vous avez découvert des lettres d'amour ...

Elles les avaient intégralement gardées. Pas seulement celles que lui avait envoyées Moulin, mais aussi les lettres d'un certain Georges Boris, collaborateur de Mendès France après la guerre, qu'elle rendait littéralement fou, jusque sur son lit de mort. J'ai aussi retrouvé ce courrier de joseph Paul-Boncour, un ancien président du Conseil qui, passant devant chez elle, à Paris, lui écrit: «Mon cœur s'est mis à battre. j'aimerais bien vous revoir 1» Et il a 78 ans!

«Antoinette a emmerdé tout le monde pour défendre la mémoire de Jean Moulin. Sans elle, il n'existerait plus »

•.- Menait-elle aussi Jean Moulin par le bout du nez ?

Non, je ne crois pas. Leur relation était beaucoup plus équilibrée et portait surtout sur leur amour partagé de l'art et de la peinture. Elle était une ancienne élève de Soutine et de Fernand Léger, une amie de Van Dongen. Tout cela l'intéressait beaucoup...

•.- Ne quittons pas cette période. Pourquoi étiez-vous opposé à l'entrée au Panthéon de Pierre Brossolette ?

Parce que c'était illogique. Bien qu'ils aient été, l'un et l'autre, des héros de la Résistance, ils étaient aussi les pires adversaires. De surcroît, le panthéoniser un 27 mai, jour anniversaire de la première réunion du Conseil national de la Résistance auquel Brossolette s'était farouchement opposé, c'est illogique. Le Panthéon, c'est aussi une lecture de l'histoire...

•.- Dans le livre que vous préparez, il est toujours question de la Seconde Guerre mondiale ...

J'essaie de raconter l'histoire de Sablé-sur-Sarthe, ma ville natale, pendant l'occupation. Sablé semble une France en réduction. On y ressent tous les événements importants de cette période, l'exode, la rafle des juifs... je prends un plaisir fou. D'abord parce que j'ai moi-même gardé plein de souvenirs de ce temps. Ensuite parce que ce travail me permet de rencontrer des gens de 97 ou 98 ans qui ont gardé la mémoire presque intacte de tout cela. Et l'époque elle-même est riche de personnages étonnants comme ce vétérinaire antillais qui était maire de Sablé depuis 1929. On dit souvent que le premier maire noir de France fut Kofi Yamgnane, eh bien non, ce fut lui. À l'époque, ce qui posait problème d'ailleurs, c'est qu'il votait SFIO ou était vétérinaire... mais pas qu'il était noir.

Gilles GRANDPIERRE

•. « Jean Moulin, l'ultime mystère », éditions Albin Michel, 480 pages, 22 €.

Actuellement sous le coup de sept procès

 •.- De journaliste, êtes-vous devenu historien ? Plus particulièrement, un historien d'investigation ?

Je ne me sens pas lié par leurs méthodes mais j'essaie, en effet, d'avoir la rigueur des historiens. Ma seule légitimité, c'est de trouver des choses nouvelles. Ce fut le cas dans mon premier livre consacré â Jean Moulin. De grand historien comme Pierre Azéma ont eu l'honnête de le reconnaître. Mais je me définis davantage comme un journaliste d'initiative puisque je me passe des sources policières ou judiciaires pour travailler, Ce n'est pas sans risque puisque je suis actuellement sous le coup de sept procès: deux en Corse, trois au Gabon, deux par la famille Le Pen.

 •.- La thèse du double génocide que vous défendez au Rwanda dans « Noires fureurs, blancs menteurs » a également fait polémique ...

Ce Iut le procès le plus lourd de ma vie et j' ai encore les marques des coups. Ça à duré cinq ans mais j'ai tout gagné, jusqu'en cassation. À cause de cette histoire je suis complètement tricard dans beaucoup de rédactions…

 Extraits de l' union du 27/12/2015

  

    

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 Guillaume MUSSO

« Inventer des histoires, c’est compléter le réel »

À l’occasion de la parution de son quatorzième roman, l’écrivain le plus lu de France nous reçoit au 47e étage de la tour Montparnasse. L’occasion de revenir sur les raisons de son succès.


« Ce que je sais, c’est qu’une histoire d’amour réussie, c’est la rencontre de la bonne personne, au bon moment. » Emmanuele Scorcelletti

À quand remontent vos débuts dans l’écriture ?

J’étais lycéen. Un prof de français avait organisé un concours de nouvelles. J’ai écrit un texte intitulé « Fenêtre sur rue » inspiré à la fois de Stephen King, Hitchcock et Alain- Fournier, et j’ai gagné ! J’ai réalisé ce jour-là que quelque chose tout droit sorti de mon imaginaire pouvait trouver un écho.

Pourtant, vous avez pris un tout autre chemin dans un premier temps…

J’ai été prof d’économie pendant dix ans. J’ai publié mes premiers livres alors que j’enseignais encore. Pendant cinq ans, le soir, je corrigeais les copies puis je me plongeais dans l’écriture. Mais il est arrivé un moment où ce n’était plus possible de dormir entre 3 et 6heures du matin et de passer la journée à enseigner !

Vous caracolez en en tête des ventes depuis six ans. Quelle est la recette d’un livre à succès ?

Je ne connais pas la recette. Ce que je sais, c’est qu’une histoire d’amour réussie, c’est la rencontre de la bonne personne, au bon moment. Un roman réussi, c’est une bonne histoire, écrite au bon moment. Et des histoires à raconter, j’en ai plein. Je n’ai pas peur de la page blanche. J’aime cette citation de l’écrivain Mario Vargas Llosa : « La littérature existe car la vie ne suffit pas. » Inventer des histoires, c’est une façon de compléter le réel.

Qui sont vos maîtres en littérature ?

Stephen King, bien sûr, remarquable par la longévité de sa carrière et le fait qu’il continue de produire des livres excellents. J’ai commencé à le lire adolescent et ne l’ai jamais lâché. « Le Prince des marées », de l’Américain Pat Conroy, est mon livre de chevet. C’est « le » grand roman complet : on y trouve du souffle, des paysages incroyables, une histoire d’amour, une saga familiale. C’est le livre que j’offre le plus. Chez les Français, j’aime beaucoup Jean-Christophe Granger. Son livre « Le Passager » est son meilleur à mon sens.

Votre dernier ouvrage, « Un appartement à Paris », s’intéresse au milieu de l’art. D’où vous est venue cette idée ?

Cela remonte à plusieurs années, quand je me suis installé dans mon premier appartement à Paris. En face de chez moi, il y avait une galerie devant laquelle je passais tous les jours. L’un des tableaux, signé JonOne, un graffeur de Harlem, avait particulièrement attiré mon attention. C’était une toile fascinante, qui vous emmène dans son ailleurs. J’ai fini par acheter ce tableau. Le roman est né de là.

Vos livres ont-ils chaque fois un point de départ comme celui-là ?

Oui, à l’origine, il y a toujours une étincelle. Ce peut être un lieu, comme pour le phare de « L’Instant présent » : j’avais loué pour les vacances un phare à Cape Cod, dans le Massachusetts. En arrivant sur les lieux, à la vue de ce phare posé sur la lande, je me suis dit : « C’est dingue, on se croirait dans un bouquin de Stephen King. » Le livre est né de là. Pour « L’appel de l’ange », j’ai utilisé une anecdote qui m’est arrivée à l’aéroport de Montréal. J’avais mis mon téléphone à recharger sur une borne, et une femme est partie avec lui, croyant que c’était le sien. Comme dans mon roman.

Où et comment écrivez-vous ?

Je n’écris pas chez moi. Je pars « au travail » tous les matins, pour écrire dans un autre lieu. Je tiens beaucoup à ça, à ouvrir la porte de l’imaginaire. Je peux passer dix heures par jour dans mon monde de papier, avant de rentrer à la maison le soir, et d’ouvrir à nouveau la porte du réel, avec ma femme, mon fils, le quotidien.

Qui sont vos premiers lecteurs ?

Ce sont des lectrices : ma femme et mon éditrice. Je leur fais lire chaque livre à mesure que je les écris, chapitre par chapitre. Et si les deux me font une même remarque, je corrige !

Une grande partie de vos romans a pour cadre les États-Unis. Pourquoi ?

Sans nourrir de fascination béate pour le modèle américain, j’aime l’Amérique. Et puis, situer ses intrigues loin de chez soi, loin de Paris, permet de mettre de la distance entre son sujet et soi-même. New York, que je connais bien car j’y vais régulièrement, m’inspire. Cette ville se renouvelle constamment. D’un point de vue dramatique, c’est un théâtre formidable. C’est la ville où tout peut arriver : une histoire d’amour fascinante comme le pire des attentats.

On dit de votre écriture qu’elle est cinématographique. Avez-vous pensé à écrire un scénario pour le cinéma ?

On me le propose constamment ! C’est juste que je manque de temps. Mais l’envie est là. Pour l’instant, je me consacre à l’adaptation théâtrale de « La Fille de papier ».

 Anne-Sophie Douet

 Extraits de l' union du 07/05/2017

  

    

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N

Alfred NOBEL - Le fondateur du prix était fabricant d’armes

Tom NOVEMBRE :   Toutes les émotions sont permisesau théâtre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Alfred Nobel

Le fondateur du prix était fabricant d’armes

Nobel, le fabricant d’armes qui aimait la paix

Décernés au mois d’octobre chaque année, les prix Nobel ne seraient rien sans la surprise « explosive » que le célèbre industriel suédois réserva à ses héritiers, à l’ouverture de son testament…

 La révolution industrielle du XIXe siècle a entraîné une grande demande en explosifs, pour des usages aussi bien militaires que civils, en particulier pour l’exploitation minière. Pendant près de 1 000 ans, la seule substance explosive qu’avait connue l’humanité était la poudre à canon, idéale comme munition pour sa maniabilité et sa sécurité. Mais la nouvelle ère industrielle exigeait des explosifs beaucoup plus puissants.

En 1847, un chimiste italien découvre la nitroglycérine. Cette nouvelle substance, bien plus puissante que la poudre, est cependant composée d’un liquide instable, explosant avec une grande facilité. C’est le chimiste suédois Alfred Nobel qui finit par découvrir l’explosif idéal pour les besoins du monde moderne, aussi puissant que la nitroglycérine et d’un maniement aussi sûr que la poudre : la dynamite.

Le père d’Alfred, Immanuel Nobel, entrepreneur et inventeur suédois, s’est installé en Russie au service des tsars. Son usine fournit des armes à l’armée russe lors de la guerre de Crimée (1853-1856). Mais la fin de la guerre entraîne la diminution de la demande en armement, et l’entreprise fait faillite en 1859. Alfred, qui depuis l’âge de 10 ans vivait avec sa famille à Saint-Pétersbourg, où il avait commencé des études de chimie, retourne à Stockholm et poursuit ses recherches sur les explosifs. En 1863, il invente un détonateur plus fiable pour la nitroglycérine, mais ce produit reste très dangereux.

De fait, en 1864, un accident fait sauter l’usine des Nobel et tue cinq personnes, dont Emil, le plus jeune frère d’Alfred. Loin de se décourager, Alfred continue ses recherches malgré ce malheur et invente en 1865 les détonateurs modernes constitués de capsules à amorces au mercure. En 1867, Nobel observe accidentel­lement que le kieselguhr, une terre siliceuse poreuse, absorbe la nitro­glycérine et que le mélange, toujours aussi explosif, est cependant beaucoup plus stable et plus sûr à manipuler. Alfred lui donne le nom de dynamite, du grec dunamis, « force ».

Cette découverte lui apporte immédiatement la célébrité et la richesse. Loin de s’endormir sur ses lauriers, il continue ses recherches : en 1875, il invente un mélange de nitroglycérine et de nitrocellulose, plus résistant à l’eau et plus puissant que la dynamite originelle.

UN DÉCÈS DÉTONNANT

Alfred Nobel décède à San Remo en 1896, à l’âge de 63 ans, peut-être à cause d’une intoxication à la nitro­glycérine, comme le suggère une étude publiée en 1997. L’ouverture de son testament provoque la surprise générale.

Les lauréats des Prix Nobel se voient remettre une médaille ainsi qu'une récompense financière d'environ 850 000 euros.

PHOTOGRAPHIE DE FONDATION NOBEL

Nobel possède alors 355 brevets et 90 usines dans le monde entier ; sa fortune personnelle est estimée à 33 millions de couronnes suédoises, soit environ 330 millions d’euros. De cette somme, ses proches ne recevront que 100 000 couronnes ; le reste doit être utilisé pour doter une fondation qui décernera chaque année des prix aux personnalités les plus remarquables en physique, chimie, médecine et littérature, ainsi qu’à celles agissant en faveur de la paix et du désarmement.

Qu’est-ce qui a pu pousser Nobel à créer ces célèbres prix, en particulier celui de la paix ? On pense qu’un épisode l’a particulièrement affecté et l’a amené à réfléchir sur son héritage : lorsque son frère Ludvig meurt en 1888, un journal français, croyant que le défunt est Alfred lui-même, annonce : « Le marchand de la mort est mort. » Pourtant, Nobel a toujours été un mécène des sciences et le protecteur de nombreuses causes. Quant au prix de la paix, il faut se souvenir que l’inquiétude causée par les tensions bellicistes et la course à l’armement était un sentiment répandu en Europe à la fin du XIXe siècle.

Des livres comme Bas les armes !, de la baronne Bertha von Suttner, grande amie de Nobel, ou La Guerre future, de Jean de Bloch, connaissent un grand succès et contribuent à structurer une série de mouvements pacifistes, soutenus par des mécènes tels qu’Andrew Carnegie, le magnat nord-américain de l’acier. Dans ce contexte, le pacifisme militant d’Alfred Nobel ne paraît pas si insolite, bien qu’un peu incohérent. En effet, si la dynamite elle-même a une utilisation plus civile que militaire – elle explose trop facilement à l’intérieur du canon lorsque l’on tente de lancer un projectile –, la famille Nobel a toujours été impliquée dans le commerce des armes.

En 1894, six ans après la mort de son frère Ludvig, Alfred acquiert la fonderie Bofors, qu’il développe pour en faire la légendaire fabrique de canons qu’elle est encore aujourd’hui ; en qualité de directeur et principal actionnaire de cette entreprise, il a gagné beaucoup d’argent jusqu’à sa mort. Le testament de Nobel désigne une série d’institutions chargées de décerner les prix : l’Académie royale des sciences de Suède doit s’occuper de ceux de physique et de chimie ; l’Institut Karolinska octroie celui de médecine ; l’Académie suédoise attribue celui de littérature ; quant au prix de la paix, son attribution est dévolue au Parlement de Norvège, pays qui, à l’époque, se trouve sous la souveraineté suédoise.

Le fait que les Norvégiens soient chargés de décerner ce prix crée une polémique, car il existe alors en Norvège un important mouvement sécessionniste, qui obtient l’indépendance en 1905. Par ailleurs, le roi Oscar II de Suède est furieux : il considère ces prix comme une extravagance qui, chaque année, va provoquer la sortie de grosses sommes d’argent de son pays.

DES HÉRITIERS PEU SOLIDAIRES

Les parents déshérités sont tout aussi mécontents. Ils n’ont pas de problèmes d’argent car, entre autres négoces, ils possèdent des puits de pétrole très rentables dans le Caucase. Mais, comme les entreprises d’Alfred sont étroitement liées à celles de ses proches, ces derniers peuvent alléguer avec raison que la liquidation du patrimoine du défunt leur porte préjudice.

Emmanuel Nobel, le neveu d’Alfred, est l’un des rares à appuyer la volonté de son oncle. Si une seule des institutions désignées par Nobel avait décliné cet honneur non sollicité, tout aurait pu s’écrouler. Ni le testament ni aucun autre document n’explicitaient l’organisation de la fondation ou la façon dont l’argent devait être administré.

La vision de Nobel devient réalité grâce à l’aide de Ragnar Sohlman, et cela depuis une caserne, car ce jeune ingénieur de 26 ans doit effectuer son service militaire. Il tente d’obtenir une prorogation, qui lui est refusée à cause de la crise sécessionniste norvégienne. Bien qu’il loue une maison près de la caserne, avec secrétaires et assistants, il dépend le plus souvent de l’unique téléphone du régiment, en principe réservé aux officiers, sur lequel l’appellent sans cesse des ministres et des banquiers de nombreux pays.

Après avoir terminé son service militaire, Sohlman se rend à Paris pour prendre en charge le patrimoine d’Alfred, avant que la famille de ce dernier ne prenne des dispositions visant à l’en empêcher. Les actions et l’argent liquide sont peu à peu envoyés en Suède par paquets postaux, par l’intermédiaire de l’ambassade et par chemin de fer.

Le testament accordait à Sohlman 100 000 couronnes, soit autant qu’à toute la famille d’Alfred réunie. En 1901, au terme de cinq années d’efforts, les premiers prix Nobel sont enfin décernés. Depuis, l’impact de ces récompenses a été colossal, même si les polémiques sur les élus et les oubliés n’ont pas manqué, en particulier dans le cas du Nobel de la paix : il suffit de penser que, parmi les nominés pour ce prix, ont figuré Hitler en 1939 et Staline en 1945 puis 1948.

De Juan José Sánchez Arreseigor, Historien - SCIENCES HISTOIRE

 Extraits de National Géographic

  

     

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 Tom NOVEMBRE

Toutes les émotions sont permisesau théâtre

Chanteur, compositeur, acteur… Tom Novembre est un artiste complet. Dans « Fausse Note »,   il joue un chef d’orchestre au lourd passé qui se confronte à l’acteur Christophe Malavoy.


Tom Novembre a joué dans plus d’une quinzaine de pièces de théâtre et dans des dizaines de films. Ce grand musicien est aussi un passionné de jeux vidéo. Archives>

FAUSSE NOTE

*.- OÙ ? Au théâtre Gabrielle-Dorziat à Épernay.

*.- QUAND ? Le jeudi 15 novembre à 20 h 30.

*.- TARIFS : 12,5 €, 20,5 €, 22,5 € et 27,5 euros.

*.- INFOS sur lesalmanazar.fr ou au théâtre place Mendès-France à Épernay, 03 26 51 15 99.

Comment vous êtes-vous retrouvé à l’affiche de « Fausse Note » aux côtés de Christophe Malavoy ?

Christophe était en contact avec Didier Caron, le metteur en scène. Il en a profité pour lui faire lire sa pièce et Didier Caron a beaucoup aimé. Il s’est mis en quête d’un partenaire de scène pour faire face à Christophe. Comme j’avais déjà travaillé avec sa productrice, il est venu me voir.

Qu’est-ce qui vous a intéressé dans cette pièce (un huis clos où un spectateur très intrusif resserre peu à peu son étreinte autour d’un chef d’orchestre ténébreux, NDLR) ?

La construction de la pièce était assez habile pour la rendre didactique et dynamique. Elle dévoile petit à petit les éléments de fond, et au niveau de la palette de jeu, c’était intéressant.

Le fait d’avoir touché un instrument rend moins timide

La pièce est un huis clos. Est-ce plus difficile à jouer ?

J’avais déjà joué dans Le Visiteur d’Eric-Emmanuel Schmitt. J’aime l’opposition des idées et des styles qu’il peut y avoir dans un huis clos.

Vous interprétez un chef d’orchestre. En tant que musicien, cela vous a-t-il aidé à mieux jouer le rôle ?

Oui et non. La musique fait partie de l’histoire mais c’est un accessoire. Cela a contribué au plaisir que j’ai de lire et interpréter les scènes. Le fait d’avoir touché un instrument avant rend moins timide. L’intérêt de ce travail, c’est de découvrir sans cesse de nouvelles choses.

Sur les planches, vous jouez principalement dans des drames…

Je m’engage sur les projets qui m’intéressent. Quand je lis une pièce qui me plaît, je me dis que j’aimerais bien la voir, la faire voir. Au théâtre, toutes les émotions sont permises.

On vous connaît pour vos talents comiques, vos chansons ou votre passion pour les jeux vidéo, ne craignez-vous pas de perdre un peu votre public ?

Sur le plan général, j’ai une image assez floue. Comme je suis pluridisciplinaire, on ne me classe jamais complètement. Certains m’apprécient pour ma musique et d’autres sur un écran. Ces deux publics ne fusionnent pas mais les gens savent que je fais autre chose.

Au final, je suis plus un personnage qu’un acteur ou un musicien pour les gens.

Je me définis comme auteur-compositeur interprète mais pas forcément tout en même temps

Vous-même, comment vous définissez vous ?

C’est une bonne question. Je me définis comme auteur-compositeur et interprète mais pas forcément tout en même temps. Dans un one-man-show, je fais les trois, mais un interprète peut se mettre au service d’autres propositions.

Je pense quand même que je suis d’abord un interprète qui se transforme en auteur-compositeur, car la mise en scène, c’est quand même un parcours du combattant même si j’aime créer quand il faut. J’adore les sports d’équipe. Je ne suis pas un cow-boy solitaire qui fait tout dans son coin.

Justement, avez-vous des projets sur le feu ?

Je réfléchis à mon prochain one-man-show. J’ai participé au tournage de la future série de France 2 intitulée Philarmonia (toujours dans le monde de la musique classique, NDLR) qui va sortir cet hiver.

MAXIME MASCOLI

Extraits de l' union du 13/11/2018

  

     

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Pascal OBISPO - " Choisir, c'est difficile "

Jean d’ORMESSON « L’ami lointain » de Mitterrand »

« J'ai eu beaucoup de chance dans la vie »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pascal OBISPO

Choisir, c'est difficile "

Pascal Obispo est la grosse nouveauté de la 7° saison de « The Voice » diffusée tous les samedis sur TF1

Depuis fin janvier, Pascal Obispo a rejoint le jury de The Voice. Pour la 7° édition du concours qui est diffusé les samedis sur TF1, il a pris la place laissée vacante par Matt Pokora. Du haut de ses 25 années de carrière et de ses 5 millions de disques écoulés, le petit nouveau, Pascal Obispo, évoque sa vie dans le jury.

On dit que wus plusieurs fois refusé de vous installer dans le fauteuil tournant. Qu'est-ce qui wus a fait changer d'avis ?

Avec un planning comme le mien, caser. « The Voice » n'est pas si facile ! Je ne sais pas me dédoubler. Mais j'avais surtout peur de ne pas arriver à dire non aux talents ... Cette année, ça se goupillait mieux et comme « The Voice » représente pour moi une nouvelle aventure, je me suis décidé.

Etiez-vous stressé lors des premières auditions à l'aveugle ?

Sur scène, je ne connais plus le stress. Et je plains ceux qui ont le trac à chaque fois qu'ils montent sur scène : ils doivent s'infliger une réelle souffrance ! Par contre, le fauteuil de « The Voice » c'est diffèrent... Oui, j'avais le trac et je l'ai encore ! La télé, c'est un autre domaine, plus compliqué, qui n'est pas mon métier... j'ai observé les trois autres coachs : ils sont très à l'aise. Leurs commentaires sont intéressants à chaque fois, ils ont tout dit ... Comment parler après Florent Pagny, Mika ou Zazie ? Quand Nikos me lançait : « Et vous, mon loup, qu'est-ce que vous avez à dire ? », j'étais paniqué. C’est plus difficile d'expliquer mes choix à moi. En fait, je réagis plutôt ainsi : j'aime ou j'aime pas !

Comment les choisissez-wus alors ?

Finalement, c'est difficile de les choisir lors des blinds. C'est plutôt l'inverse. Moi, c'est mon métier ... Eux, ils ont souvent déjà choisi leur coach avant. Nos commentaires sur leur prestation peuvent les faire changer d'avis, mais je crois qu'ils hésitent alors seulement entre deux équipes. Donc je n'ai pas d'arme secrète pour les séduire, et je ne suis pas un compétiteur.

Comment allez-wus les départager à l'étape suivante ?

Entre un talent rockeur et un autre plus électro-pop, l'un n'est pas un meilleur que l'autre. Ce sont les styles qui n'ont rien à voir. Tout se joue lors de la prestation. Je choisis celui qui va le mieux se défendre et selon les émotions qu'ils me donnent... Des choix complexes, quoi !

C'est quoi, votre rapport avec les « petits jeunes qui débutent » ?

Oh. durant.ma carrière. je n'ai jamais arrêté d'en côtoyer! j'ai toujours croisé beaucoup d'artistes plus jeunes que moi, que ce soit dans des castings, des comédies musicales ou encore lors de collectifs comme «·Ensemble Contre le Sida Il• J'adore bosser avec e4X 1 Je suis un créatif et j'apprends toujours des autres, surtout de ceux qui débutent dans le milieu !

Le genre de coach que vous êtes ?

Cash ! Je ne prétends pas tout savoir, je donne des conseils selon mes goûts. Chacun a son oreille même si, bien sûr, il y a tout de même une part de technique. « The Voice » est un programme bienveillant, mais mon rôle dans l'émission n'est pas forcément d'accentuer leurs qualités. Dès les auditions, j'avais envie d'expliquer aux talents comment s'améliorer, et tout de suite.

Et votre conseil favori ?

 Soyez vrais, honnêtes et ne trichez pas. Choisissez des chansons qui vous ressemblent. Votre vie, c'est vous qui la connaissez le mieux. Il faut avoir des émotions fortes pour les faire ressentir et les transmettre. Quand on ment en essayant de se fabriquer un personnage, l'illusion ne dure pas.

Zazie, Florent Pagny et vous, c'est une très longue histoire déjà. Mals comment ça s'est passé avec Mika ?

Très bien ! Sur le plateau on dé- conne. on se vanne. On s'envoie même des textos hors émission. Entre nous, c'est uniquement sexuel (rires).

Nikos, c'est votre pote ?

Je l'aime beaucoup ! Il incarne la classe, la bienveillance et l'intelligence. C'est un artiste dont j'envie les talents de photographe.

Sam CHRISTOPHE

 Extraits de l' union du 11/02/2018

  

     

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Jean d'Ormesson

« L’ami lointain » de Mitterrand

Jean d’Ormesson, décédé hier à 92 ans, a croisé tous les présidents   de la V e République, mais c’est   avec Mitterrand que ses relations   ont été les plus surprenantes.


Le 41e et dernier livre de l’Académicien paraîtra en février. Son titre sonne comme un défi : « Et moi, je vis toujours ». AFP

LE DOYEN DES IMMORTELS S’EST ÉTEINT À 92 ANS

*.- Doyen des immortels, charmant et charmeur, Jean d’Ormesson, archétype de l’écrivain à la française, est mort à l’âge de 92 ans, une disparition qui a suscité une myriade d’hommages du monde politique et littéraire.

*.- Le romancier a succombé dans la nuit de lundi à mardi à une crise cardiaque à son domicile de Neuilly-sur-Seine. L’ancien directeur général du Figaro était un homme de droite mais aussi un amoureux fou de l’œuvre du poète et communiste Louis Aragon.

*.- « Jean d’O », comme il était surnommé, restera surtout comme l’un des plus grands écrivains populaires français. Tous ses livres figuraient sur les listes des meilleures ventes.

Grande plume de droite pendant plus d’un demi-siècle, Jean d’Ormesson a eu à rencontrer les chefs de l’État successifs.

Tout en haut de son Panthéon personnel, il y a le général de Gaulle, auquel le fils de diplomate voue depuis sa jeunesse une admiration sans partage. Mais il se frotte vraiment à la politique quand il prend les rênes du Figaro, en 1974, quelques semaines avant la mort de Georges Pompidou. Le quotidien soutient alors Valéry Giscard d’Estaing, que l’écrivain connaît depuis l’enfance et juge «éblouissant ».

Avec François Mitterrand, ses relations sont au départ infiniment plus rêches. Un étrange dialogue va pourtant s’instaurer entre l’écrivain de droite et le premier président de gauche de la V e . « J’ai entretenu des liens qui relèvent du paradoxe avec un des acteurs majeurs de notre histoire récente » , résume-t-il. En mai 1981, il lui consacre un article virulent à la une du Figaro. Mitterrand, tout juste élu, déplore en réponse « qu’un si bon écrivain fût si stupide politiquement ». « Je lui ai écrit quelques mots pour le remercier de son indulgence. La machine était lancée », rapporte Jean d’Ormesson.

C’est avec la conviction partagée que la littérature est « bien au-dessus de la politique » que leur relation va prospérer. Écrivain, éditorialiste, Jean d’Ormesson, qui a débuté sa carrière dans les cabinets ministériels, ne s’est jamais engagé personnellement en politique qu’il considérait comme « un jeu violent et un sport de combat ».

DERNIER RENDEZ-VOUS À L’ELYSÉE

Il n’en sera pas moins régulièrement invité à l’Élysée durant les deux septennats de Mitterrand, le président étant de par son statut «protecteur » de l’Académie française. En 1988, il accompagne Michel Debré, nouvel élu sous la Coupole, pour sa visite protocolaire au chef de l’État. François Mitterrand serre la main de l’ancien Premier ministre. « Et il lui tourna le dos pour entamer avec moi une conversation qu’il fit durer trois bons quarts d’heure » , raconte d’Ormesson, faussement désolé.

Leur dernière rencontre sera la plus étonnante. Avant de quitter l’Élysée, le 17 mai 1995, Mitterrand lui fixe rendez-vous deux heures avant la cérémonie au cours de laquelle il doit céder le pouvoir à Chirac. La conversation vient sur l’affaire René Bousquet, l’ancien chef de la police de Vichy assassiné deux ans plus tôt, avec lequel François Mitterrand a longtemps conservé des relations. L’écrivain affirmera plus tard que l’ancien président lui a alors asséné: « Vous reconnaissez là, M. d’Ormesson, l’influence puissante et nocive du lobby juif en France. » Ce qui suscitera une vive polémique.

COMMENT FAITES-VOUS POUR ÊTRE AIMÉ ?

« À tort ou à raison, il me semblait qu’il ne m’avait pas invité au titre de journaliste, mais plutôt comme un ami lointain, choisi pour des raisons qui me restaient mystérieuses »,écrit-il. En 2012, il incarnera même « Le président » dans un film inspiré des relations entre Mitterrand et sa cuisinière.

Fervent partisan de Nicolas Sarkozy - « Il est plutôt moins menteur que les autres » -, Jean d’Ormesson s’est en revanche montré hostile à François Hollande, auquel il reproche de ne pas avoir la stature d’ « un homme d’État ». Ce dernier ne lui en a pas moins remis en novembre 2014 la grand-croix de la Légion d’honneur à l’Élysée. «Comment faites-vous pour être aimé ? », l’interroge alors le chef de l’État au plus mal dans les sondages. Et de lui dire : « Le président pour lequel vous n’avez pas voté a un plaisir gourmand et une fierté jubilatoire à vous remettre les insignes. »

 Extraits de l' union du 06/12/2017

« J'ai eu beaucoup de chance dans la vie »

L'académicien Jean d'Ormesson, âgé de 90 ans, vient de publier un livre-miroir.

 « Je dirai malgré tout que cette vie fut belle ». Rencontre avec un incorrigible optimiste.


Jean d’ORMESSON, le 17  janvier , dans un salon des Crayéres, à Reims. Rémi Wafflart

•.- Quelle a été la genèse de votre dernier livre, «Je dirai malgré tout que cette vie fut belle» ?

J'ai travaillé dessus depuis quatre ans. C'est un livre qui est presque une vie. Je raconte souvent l'histoire de Fragonard (1732-1806) qui, un jour, faisait le portrait très vite, en trois quarts d'heure, d'un seigneur du XVIII° et lui demande une somme considérable. Le Seigneur proteste et Fragonard lui répond: « Mais trois quarts d'heure, c'est une vie ! » (rires) Évidemment, j'ai beaucoup travaillé sur ce livre Je l'avais commencé, j'ai été malade pendant un an, je l'ai repris à l'hôpital, poursuivi et aujourd'hui, il est là.

•.- « La foi. Je ne sais pas mais j’ai l’espérance »

 Avez-vous, au quotidien, une véritable discipline d'écrivain? Absolument! Quand je travaillais à l'Unesco ou que j'étais directeur du Figaro,je ne travaillais pas mes livres au bureau, j'étais honnête. J'étais un écrivain du dimanche. Lorsque j'ai quitté Le Figaro, je me suis mis à travailler le matin. Je travaille de 6 à 13 heures. L'été, en Corse, je fais les 3x8 : huit heures de travail, huit de sommeil et huit pour me promener, nager, ne rien faire. Mais je dors beaucoup, c'est un problème! Plus jeune, j'avais des amis, comme Michel Foucault, qui dormaient très peu, quatre heures par nuit. Mais lorsque j'étais malade, dormir m'a formidablement aidé. La maladie (un cancer, ndlr) vous secoue mais les médicaments beaucoup plus. La chimiothérapie, la radiothérapie, c'est très dur, c'était épouvantable. Mais heureusement, je dormais.

•.- Dans votre livre, vous vous amusez à faire votre propre procès. À quel moment avez-vous eu cette idée ?

Il y a des écrivains qui travaillent avec une très grosse documentation; d'autres avec un plan très détaillé, comme un emploi du temps dans une administration; et d'autres qui, lorsqu'ils commencent un livre, ne savent pas où ils vont. Moi, je suis un intermédiaire : quand je commence, j'ai un plan gazeux, une feuille de route qui peut se modifier. Là, pour ce livre, j'ai tout de suite su deux choses : ce serait le récit d'une vie; et l'idée d'écrire ce qu'on appelle des « Mémoires » me déplaisait beaucoup. Les «  Mémoires », c'est pour un vieux sénateur revenu de tout, un peu amer, qui n'a plus beaucoup de forces créatrices ... Je voulais échapper à ça par une mise en scène. Ce livre est donc un procès, mais aussi une confession, une cure psychanalytique. Et tout ça sous une forme théâtrale, avec beaucoup de dialogues.

Dans la première partie, il y a énormément d'anecdotes, j'essaie de retenir un peu le lecteur. Mais la fin, les cent dernières pages, c'est un peu une réflexion qui va au-delà de ma vie, sur la condition humaine : qu'est-ce que c'est que vivre ?, et, naturellement, qu'est-ce que c'est que mourir ? (... ) Sur cette question, la foi, je ne sais pas mais j'ai l'espérance.

« Ce livre est un procès, une confession, une cure psychanalytique. Et tout ça sous une forme théâtrale » 

•.- On vous a surnommé « l'écrivain du bonheur ». À notre époque et au vu de l'actualité, ce rôle est devenu un peu plus difficile qu'avant à tenir, non ?

Vous avez raison. Mais je me disais déjà bien avant les événements de l'an dernier que ce monde est très difficile - mais il est aussi séduisant et comique. Il l'est pour tout le monde même si je reconnais qu'il a été probablement moins difficile pour moi que pour beaucoup de gens. J'ai eu beaucoup de chance dans la vie.

Ce que je refuse, c'est une idée de droite, c'est la formule. « Ah, comme c'était mieux avant. » Le monde a toujours été difficile. La vie était beaucoup plus difficile quand j'avais 20 ans. Aujourd'hui, on est pour ou contre Hollande, Sarkozy. Juppé ... Ce n'est pas tragique. Dans ma jeunesse, vous aviez le choix entre Hitler ou Staline. Et vous étiez obligé de choisir ! J'ai des amis qui ont été massacrés sur le front de l'est ou fusillés à la Libération. Moi, j'ai été gaulliste - bon, pas dès le 18 juin, je n'ai pas entendu l'appel du Général. Mais en août, on traçait des croix de lorraine sur des murs. La France venait d'être écrasée en dix jours. En dix jours ! Dieu sait que le Bataclan, c'est dur mais là, c'était autre chose : un pays entier qui s'écroulait. À ce moment-là, il n'y avait plus aucune espérance.

•.- Vous avez affirmé qu'avec les attentats commis en France l'an dernier, la société française s'était « droitisée ». Pourquoi ?

Je l'ai encore dit chez Ruquier face à Valls ! Pour moi; ça remonte à la mi-janvier dernier, lors des vœux de Hollande. Ça me rappelle la trajectoire de Mitterrand : il est arrivé en 1981 avec les communistes.' alors très puissants et encore en partie staliniens. Et en 1983, il prend Fabius, un homme qui est socialiste mais à peine (sourires), il aurait pu être giscardien. Hollande suit le même chemin : il commence par le discours du Bourget avec « le Mon ennemi, c'est la finance» et maintenant, à Bercy, il y a Macron, dont il est très difficile de dire que c'est un homme de gauche. Je ne suis pas socialiste mais j'ai l'impression d'être débordé sur ma droite!

•.- Pensez-vous alors que la gauche, lorsqu'elle est au pouvoir, ne peut que se « droitiser » ? Ce serait inexorable ?

La sécurité mise en place actuellement est probablement nécessaire mais c'est toujours difficile pour la gauche de dire : « Il faut donner plus de pouvoir à la police, à l'armée.»

•.- Vous évoquez souvent de Gaulle, Mitterrand... Les hommes d'État sont-ils à vos yeux une espèce en voie de disparition ?

De Gaulle et Churchill sont rentrés dans l'histoire. Mitterrand, lui, était très intelligent - comme Giscard et Pompidou, d'ailleurs - mais c'est aussi quelqu'un qui est resté quatorze ans au pouvoir! En France ! C'est deux ans de plus que Napoléon ! Vous connaissez cette anecdote : lors d'un petit-déjeuner à l'Élysée, il m'a dit : « Il y a deux personnes en France qui ont fait reculer les communistes, à chaque fois en les mettant au pouvoir : de Gaulle et moi. » C'est quand même drôle ! Mitterrand, de tempérament, de formation, était un homme de droite. Aujourd'hui, à gauche comme à droite, il y a des gens très intelligents mais je n'en vois pas qui ont une véritable vision historique. Et ceci contribue aussi au désintérêt de la politique, au caractère désabusé des gens à ce sujet. Les gens ne sont pas désespérés mais désabusés.

•.- Nous sommes encore en période de vœux, que peut-on vous souhaiter pour 2016 ?

 (Il hésite) Je me suis vautré dans les honneurs et les institutions, je plaide coupable mais j'aime cette formule de Mauriac : « On peut ne pas détester ce qu'on méprise » Il faut me souhaiter un peu d'amour. Évidemment, c'est moins gai à mon âge que quand on a 20 ans mais qu'est-ce qui compte à tous les âges ? L'amour. Je doute que lorsqu'on meurt, on pense à sa profession, à ses ambitions. Alors, un peu d'amour pour 2016 !

Propos recueillis par Mathieu LIVOREIL

«Je dirai malgré tout que cette vie fut belle ». Gallimard

 Extraits de l' union du 31/01/2016

  

    

  Répertoire  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Maria Pacôme  - La disparition

Pierre PALMADE - « Le one-man-schow, c’est mon ADN »

Jeff PANACLOC - « Jean-Marc m’a permis de me faire connaître »
Quand je suis sur scène, tous mes problèmes s‘effacent

Jean-Pierre PAPIN - Ces Bleus m’ont redonné la fibre

Roi de Patagonie - Un Rémois roi de Patagonie

Patrouille de FRANCE - Thierry Duchiron L’amour de la Patrouille

 Jean-Pierre PERNAUT - On se bat tous les jours

 Jean-Pierre PERNOUD - Bon vent capitaine !
Bon vent, Georges Pernoud !
La mer parle à tout le monde »

Pierre PERRET « Je suis gourmand de tas de choses »

Henri PESCAROLO - Vitesse, nature et liberté

Bernard PIVOT - « En fait, j’ai toujours été un intermédiaire »

PLANTU  – « Je crois à la force du dessin »

Stéphane PLAZA. L’écoute, clé de l’immobilier et du théâtre

POPECK - Je suis un comédien qui a mal tourné

Raymond POULIDOR - « Le Tour, c’est ma vie »
Toujours idole des foules

Elvis PRESLEY - Le mythe du King toujours intact
Le king Elvis est mort il y a 40 ans

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Maria PACÔME

La disparition

Visage familier du théâtre de boulevard et du cinéma, l'actrice est décédée hier après-midi, Elle avait 94 ans.


Maria Pacôme, qui s’est éteinte hier, jouait dans ine série de Fr       nce 2 en 20006.

REPÈRES

*.- 1923, Simone Maria Pacôme naît à Paris.

*.- À L’ÂGE DE 18 ANS, elle entre au Cours Simon, où elle est dans la même promotion que Michèle Morgan.

*.- EN 1958, elle décroche son premier grand rôle.

*.- LE 1 ER DÉCEMBRE 2018, c’est son fils François Pacôme qui annonce le décès de sa mère à l’âge de 94 ans. « Ma mère est décédée ce samedi à 16 heures, des suites d’une longue maladie », précisant qu’il ne savait pas encore où et quand auraient lieux ses obsèques.

Elle voulait être danseuse et rêvait de faire pleurer les foules; lajeune Maria. qui était passée par le cours Simon, débuta sa carrière dans J'ombre d'Edwige Feuillère pour un personnage secondaire dans « La Reine et les Insurgés ». Refroidie par l'expérience, Maria Pacôme passe un jour une audition pour « Oscar » et décroche son premier grand rôle, en 1958, aux côtés de Jean-Paul Belmondo et Pierre Monay.

Dès lors, elle il mis le pied dans le comique et n'en sortira plus. Rapprochée de Sophie Desmarets, Jacqueline Maillan ou Micheline Dax, Maria Pacôme rejoint le club des dames du rire et devient l'objet des convoitises'pour provoquer des secousses zygomatiques dans les rangs veloutés des théâtres de boulevard. «N'écoutez pas, Mesdames »,  « Ta femme nous trompe », « Les grosses têtes », « Pâquerette », « Les Enfants d'Edouard », « Le Noir te va si bien », « Interdit au public », « Joyeuses Pâques » feront de cette pétillante, enjouée l'un des sourires les plus infatigables de l'Hexagone.

Maria Pacôme passe un jour une audition pour " Oscar " et décroche son premier grand rôle, en 1958, aux côtés deJ ean-Paul Belmondo et Pierre Mondy

DOTÉE D'UN PEPS LÉGENDAIRE

Côté grand écran, Maria Pacôme sera de la partie dans « Tendre voyou » de Jean Becker, « Les Tribulations d'un Chinois en Chine » de Philippe de Broca, « Le Gendarme à Saint-Tropez » de Jean Girault, « Le Distrait » de Pierre Richard ou « Les Sous doués » de Claude Zidi, mais pour être généralement cantonnée dans son rôle de femme-clown venue pimenter le tout de son peps légendaire.

Lassée des rôles de « fofolles et d'excentrique » q ue le cinéma et le théâtre ne cessent de lui soumettre, elle décide un beau matin de s'écrire elle-même les personnages qu'elle a envie d'incarner. Révélant une facette plus tendre de sa personnalité, elle crée avec succès « Apprends-moi Céline », « On m'appelle Émilie » - qu'elle joue avec... Patrick Bruel « Les Seins de Lola » - où son fils François fait ses débuts de comédien - et « Et mot ... et moi ! ». Autant d'occasions de mettre en exergue son indécrottable dynamisme et ses désirs de perpétuelle jeunesse. Seul « Le Jardin d'Eponine »,  abordant la délicate et pourtant incontournable réalité que représente Madame la Mort, n'aura pas l'honneur de connaître le même succès.

DERNIER ROLE EN 2006 SUR France 2

En 1992, elle fait un retour remarqué au 7ème art dans « La crise » de Coline Serreau, où, interprétant la mère de Vincent Lindon, elle brille dans une scène mémorable où elle s'énerve contre lui (« Tes problèmes je m'en fous »), Un dialogue devenu culte qui immortalise également une voix désormais reconnaissable entre mille, En 2006, elle apparaît dans une saga d'été « Les Secrets du volcan », tournée à la Réunion pour France 2. Elle incarne la matriarche d'une très vieille famille de l'île. Moins présente ces dernières années, elle avait publié en 2.007 une autobiographie « Maria sans Pacôme ».

Extraits de l' union du 02/12/2018

  

    

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Pierre PALMADE

« Le one-man-schow, c’est mon ADN »

Le one-man-show l'a révélé dans les années 90, il les a enchaînés et depuis sept ans, il se consacrait à d'autres projets : Pierre Palmade revient seul sur scène avec « Aimez-moi ».

Pierre Palmade jouera son spectacle dans trois salles de la région : successivement à Laon, Revin et Rethel
Fabienne Rappeneau

« Aimez-moi »

Seul en scène de Pierre Palmade pré- senté dans trois salles de la région :

•.- à Laon, mercredi 14 mars à 20h30, à la Maison des arts et loisirs. Tarifs: 1 de 31 à 41 €. Infos au 03 23 22 86 86 i,  et sur www.billetterie.ville-Iaon.fr

 •.- à Revin, vendredi 16 mars à 20h30, à l'Espace Jean-Vilar. Tarifs: 20 et 32 €. Infos: 03 2441 5571 et www.ville-revin.fr

•.- à Rethel, samedi 31 mars

Dans les années 90, Pierre Palmade a enchaîné les one-man show. « Ma mère aime beaucoup ce que je fais » (1989) puis « On se connaît ? » (1990), « Passez me voir à l'occasion » (1992) et « Mon spectacle s'appelle revient ! » (1995). Il s'associe ensuite avec le succès que l'on connaît à Michèle Laroque et Muriel Robin pour « Ils s'aiment », « Ils se sont aimés » et « Ils se re-aiment. » Depuis 2011 et j'ai jamais été aussi vieux, on ne l'avait pas vu seul en scène face à son public : il revient avec « Aimez-moi. »

Qu'est-ce que vous avez fait depuis sept ans ?

Des tas de choses !  On a fêté les 20 ans de « Ils s'aiment », j'ai écrit pour les autres, j'ai joué avec eux parfois, j'ai fondé ma troupe, j'ai fait des shows à la télévision. Et puis j'ai eu l’envie de revenir au one-man. De 20 à 27 ans, je n'ai fait que ça. C'est mon ADN, mon identité.

Parlez-nous de ce nouveau spectacle. J'ai accumulé les idées, puis les sketches sans rapport les uns avec les autres, Le lien est venu avec le titre, Aimez-moi, parce que je me suis aperçu que tous mes personnages sont des gens qui veulent se faire aimer à tout prix, d'une manière maladroite, risible. Par exemple, cet homme qui veut tellement que ses voisins l'apprécient qu'il dit tout de lui, il évoque son problème avec l'alcool et sa dangerosité quand il a bu. Ou cet autre personnage, qui appelle toutes les stars de la chanson française pour leur dire qu'il se reconnaît dans leurs chansons d'amour, qu'il a l'impression qu'elles parlent de lui, Je parle aussi de moi, de mon côté hypocondriaque et je me rends compte aux réactions élans la salle que je suis loin d'être le seul dans ce cas !

« Je parle aussi de moi, de mon côté hypocondriaque et je me rends compte aux réactions dans la salle que je suis loin d'être le seul dans ce cas ! »

En quoi ce one-man-show est-il différent des précédents ?

Ma façon d'être sur scène a évolué. Avant, j'étais uniquement dans le sketch de situation, avec des personnages imaginaires. Un peu comme au théâtre, j'avais envie que le public soit voyeur d'une situation. Peut- être aussi que je ne savais pas quoi leur diré Désormais, je vais vers le sketch de stand-up où je m'adresse aux gens dans la salle, Je ne les prends pas à partie, ce n'est pas mon truc. Je débriefe les sketches, un peu comme une conférence qui permettrait d'aller plus loin dans le personnage

Pour reprendre le titre de votre spectacle, « Aimez-moi », pourquoi faudrait-il qu'on vous aime ?

Cette injonction est gonflée, mais c'est du second degré. « Aimer » est un verbe qu'on ne peut pas conjuguer à l'impératif. Au fond, quand l'artiste monte sur scène et attire l'attention, il ne dit pas autre chose.

Sur scène, vous préférez être seul ou entouré ?

Ce sont deux exercices différents. J'ai adoré partager la scène avec Michèle Laroque, Muriel Robin, Isabelle Mergault ou Pierre Richard mais je suis arrivé à un moment de ma vie où j'ai envie d'être seul, comme à mes débuts. J'ai la chance d'être mon propre auteur, j'écris le texte qui me convient à l'instant T.

Quels artistes appréciez-vous ?

j'aime beaucoup les femmes drôles comme Victoria Abril, pour qui j'ai écrit la comédie Paprika, actuellement au Théâtre de La Madeleine à Paris, j'apprécie aussi l'humour de Jeanfi Janssens, Baptiste Lecaplain et Vincent Dedienne.

Vous fêterez vos 50 ans le 23 mars, qu'est-ce que ça change ?

Ça a marché très tôt pour moi et j'ai adoré avoir 20 ans dans ce métier. Je n'ai pas bien vécu le cap des 40 ans car on a commencé à m'appeler « Monsieur », moi qui aimais l'idée d'être jeune. À l'approche de mes 50 ans, je suis plus serein, j'accepte mon âge et en tant que comédien, je commence à avoir une certaine épaisseur.

Lucie LEFEBVRE

Extraits de l' union du 05/03/2018

  

    

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Jeff PANACLOC

 « Jean-Marc m’a permis de me faire connaître »

Le ventriloque et humoriste Jeff Panacloc se produit ce soir au Capitole. Rencontre avec l'icone de la ventriloquie et meilleur ami de la marionnette 1ean-Marc.


«
 Je n'explique pas mon succès. J'ai été au bon endroit, au bon moment. Mes derniers spectacles dans la région s'étaient très bien passés. »  Ruben Hazon

JEFF PANACLOC CONTRE-AITAQUE

*.- Où? Au Capitole de Châlons-en-Champagne (complet) et au Millesium d'Epernay.

*.- Quand ? Ce soir à 20 heures à Châlons et le 6 mars 2019 à Épernay.

*.- Tarif : de 43 à 53 euros. Infos: 03 26 65 50 00 (Capitole) et 03 26 56 95 00 (Millesium)_

De quoi parte votre nouveau spectacle ?

C'est compliqué de répondre à cette question 1 Il Y a plein de surprises, je ne veux pas trop en dévoiler. De nouveaux personnages rejoignent l'aventure : ils compensent les absences de Jean-Marc, qui a fait des bêtises.

En effet, de nouveaux persOl1nages sont de la partie : Jacky et Nabilouche. Comment gérez-vous tous ces personnages sur scène ?

Ils sont là un par un, chacun a son moment à lui. Il s'agit d'intégrer intelligemment des personnages que le public ne connaît pas, d'apprendre à les découvrir et de voir quels rapports ils ont avec moi et avec Jean-Marc.

Cela demande de travailler encore plus. Chaque personnage a son histoire, a son passé. iI faut la bonne voix et la bonne façon de parler. C'est ce qui fait leur personnalité. Le public commence à aimer ces nouveaux personnages. Mon métier ne se limite pas à Jean-Marc : ma profession, c'est ventriloque. J’avais envie d’apporter d'autres choses. Jean-Marc m'a permis de me faire connaître, le public m'a donné sa confiance pour montrer ce que je sais faire d'autre. Je parle pour trois ou quatre personnages tous les soirs. C'est un spectacle fatigant, mais Je suis heureux car je fais ce que j'aime et j'apporte du nouveau. je fais ce que j'avais enIvie de faire depuis longtemps.

Mais ce n'est pas la fin de Jean-Marc, quand même ?

Non, Jean-Marc reste la pierre angulaire ! C'est le-personnage principal, Il y a toute une histoire dans le show, autour de Jean-Marc et de notre histoire à tous les deux.

Qu'est-ce qu'un bon ventriloque ? C'est un travail plutôt solitaire, non ?

Le ventriloque est un imitateur. Il fait croire au public qu'il a un vrai duo devant lui. Et ça marche, les gens s'intéressent à moi, et s'intéressent à Jean-Marc.

Je ne me suis jamais soucié de la technique. j'essaie de construire une histoire, de Ia magie; de faire en sorte que les gens y croient, que Jean-Marc ait une vie en dehors de moi. Je fais oublier la technique. Une fois passées les deux premières minutes où le public se dit:" il le fait bien! ", on oublie' la marionnette pendant une heure et demie.

Plus vous lancez dans le cinéma - avec « Chair de poule 2 »

C'est un rêve d'enfant de faire du doublage. Quand Sony m'a appelé pour doubler une marionnette, j'ai dit oui tout de suite ! C'est un vrai challenge. Je n'avais jamais travaillé la technique du doublage, c'est un vrai métier. Le film est super : c'est un film d'horreur familial. Là, c'est moi la marionnette et elle est méchante ! C'est jouissif de jouer un méchant. J'ai l'impression d'être au-dessus de tout. C'est cool de jouer cela. Je tire mon chapeau à ceux qui font du doublage depuis toujours ! Il y a plein de films qui sont devenus cultes grâce au doublage français.

Et vous allez faire un prime time sur TF1 à la fin de l'année !

 Oui, et je ne vais pas tout vous dire sur le programme ! Mais ce ra fait plusieurs années que TF1 me sollicite. En discutant avec mon équipe, je me suis dit : pourquoi ne pas faire quelque chose sur Noël ? Je l'ai proposé à la chaîne, qui m'a laissé carte blanche. Me laisser deux heures libres sur TF1, ça n'a pas de prix ! Je suis en plein dans l'écriture de l'émission. Je serai avec des amis, il y aura des fictions et plein de choses ! On retrouvera notre univers à fond la caisse.

Patrick Sébastien vous a révélé à la télé. Comment réalisez-vous à son éviction annoncée de France Télévisions ?

C'est triste pour lui et les artistes ; il écrit les numéros du Plus grand cabaret du monde et des Années bonheur du début à la fin. Il m'a donné ma chance, c'est la première personne à m'avoir fait venir à la télévision pour cinq minutes de libres.

Kévin MONFILS

Extraits de l' union du 19/10/2018

Jeff PANACLOC

Quand je suis sur scène, tous mes problèmes s‘effacent

Le ventriloque et sa marionnette Jean-Marc poursuivent leur tournée triomphale en France. Entre deux spectacles, le nouveau phénomène du rire s'est confié en toute franchise

 

Après un premier spectacle triomphal Jeff Panadoc est de retour ! Son second show, « Jeff Panacloc contre-attaque » est actuellement en tournée en France. L'occasion pour le ventriloque le plus célèbre de France de faire le point

Quels étaient les enjeux de ce second spectacle ?

Il fallait transformer l'essai, ne pas décevoir les fans et plaire à ceux qui ne nous connaissent pas. j'ai voulu ajouter des cordes à mon arc. Il y a deux nouveaux personnages, Jacky et Nabilouche. Au contraire de Jean-Marc, Qui s'est construit petit à petit et avec lequel j'ai des automatismes. je suis parti de zéro avec eux. j'ai découvert les répétitions. le fait de choisir des voix ... Il faut Que les cordes vocales s'adaptent C'est un spectacle très fatigant vocalement.

D'autant que vous chantez sur scène, Pourquoi ce choix ?

J'en avais envie depuis longtemps car je chante depuis de nombreuses années. J'adore les comédies musicales et mon meneur en scène, Nicolas Ncbor. en a monté beaucoup. Le compositeur Dominique Martel a créé des chansons sur mesure dont j'ai écrit les paroles. Et j'ai aussi pris des cours de chant pour apprendre à placer ma voix.

Vous êtes également davantage présent dans ce spectacle …

J'essaye aussi d'exister, Mon meneur en scène m'a fait beaucoup travailler sur moi-même, j'avais envie de réussir à ce que t'on parle de moi sans forcément parler de Jean-Marc ou des autres. Il fallait que mon personnage soit aussi drôle et touchant que celui de Jean-Marc. Quand les gens me félicitent à la fin du spectacle pour mon travail et pas seulement pour les vannes dejean-Marc.je sais que c'est gagné.

Cyril Hanouna dit que vous êtes peut-être l'humoriste qui dénonce le plus de choses. Qu'en pensez-vous ? Stéphane Guillon, Pierre-Emmanuel Barré ou Alex Vizorek vont plus loin que moi et sont vraiment pointus sur la politique et sur ce qui se passe dans le monde. Moi, je prends les gros titres et je reste bon enfant. Jean-Marc est comme un pilier de comptoir, il a un humour potache. Parfois on dénonce des choses mais ce n'est pas un gros coup de pied dans la fourmilière non pius ...

Comment vivez-vous la célébrité ?

 Je n'ai pas fait ce métier pour ça. Â mes débuts, je jouais dans trois cabarets chaque soir. J'avais du travail, les gens rigolaient, la vie était belle ... Puis j'ai rencontré Patrick Sébastien. il y a eu les passages télévisés, les gens qui s'attachent à vous, Michel Drucker qui vous reçoit, le public qui vient vous voir sur scène...C'est venu comme ça. Quand je vois Michaël Gregorio ou les Bodin's qui remplissent des Zéniths, je trouve ça beau car ce n'était pas forcément gagné pour nous au départ ... C'est une fierté et une revanche.

Vous êtes papa depuis quelques mois, Qu'est-ce que ça change ?

J'ai repris ma tournée et j'avoue que c'est dur de partir. J'ai peur de louper des choses comme le premier sourire ... Mais je sais encore plus aujourd'hui pourquoi je me lève le marin. Je ne veux pas être un loser pour ma fille. (Rires.)

Vous sortez aussi une BD, Pourquoi ?

Quand j'étais jeune, j'aimais bien Tintin ou Astérix. Je trouvais que nous avions de vrais personnages el que ce serait rigolo d'imaginer Jean-Marc dans diverses situations. Je me suis beaucoup investi dans cette BD (voir ci-contre),

Il était aussi question d'un film

En fait, cela m'effraie beaucoup. Il y a plein d'artistes de scène qui ont essayé de faire des films er pour qui ça n'a pas marché. J'ai encore un travail à faire pour vraiment devenir acteur. Cela fait cinq ans que j'ai des propositions de films mais je ne veux pas aller trop vite,

Où en sont vos projets de programme court â la télévision ?

Cela n'a pas été concluant car nous ne retrouvions pas notre univers. Aujourd'hui, faire de la télé c'est compliqué et ça fait peur, Il y a plein de choses qu'on ne peut pas dire. Quand on est invité dans une émission, on doit réfléchir à ce que l'on peut raconter ou pas ... C'est pour ça que j'en fais peu, Je ne suis pas un grand subversif mais il y a plein de choses que je me permets de dire sur scène qui ne passeraient jamais en télévision. D'ailleurs, comme le spectacle passera un jour en télévision, on y pense et ça fait un peu peur.

Qu'est-ce que vous regardez à la télévision ?

Je regarde tout, à part la téléréalité que je déteste, j'adore les vieilles émissions comme Intervilltes. J'étais ravi que La Carte aux trésors revienne. Sans compter Burger Quiz que j'adorais quand j'étais adolescent. Je suis cantent parce qu'ils ne se sont mis aucune barrière. J'adore aussi Thierry Ardisson et ses émissions. Je suis aussi fan de TPMP et je m'entends très bien avec Cyril Hanouna. On a eu la chance d'avoir deux spéciales rien que pour nous, c'est rare. Sinon, je me détends devant Quatre mariages pour une lune de miel. C'est drôle !

Etre sur scène, c'est toute votre vie ?

Je suis sur la route pour ça, C'est crevant mais tant qu'on ne l'a pas vécu, c'est indescriptible. Je peux avoir n'importe quel problème dans la vie, Quand les lumières s'allument tout s'efface. J'ai l'impression d'exister encore plus..

TickeTac.com

Retrouvez Jef Panacloc en tœmée jusqu'en octobre et à l'Olympia à partir du 27déœmbre 2018 dans Jeff Panacloc contre-attaque. Réservez vos places dès maintenant sur Ticketac.com.

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Jeff Panacloc et Jean-Marc

Le ventriloque et son inséparable acolyte se retrouvent désormais sur papier. Les aventures du duo seront à découvrir, dès le 23 mai, dans la bande dessinée Les Voyageurs du temps publiée aux éditions Jungle.

Un ouvrage loufoque où les gags s'enchaînent et nous entrainent à travers différentes époques.

Emmanuelle LlTAUD

Extraits de l' union du 19/05/2018

  

    

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Jean-Pierre PAPIN

Ces Bleus m’ont redonné la fibre

L’ancien attaquant vedette des Bleus a été enthousiasmé par le parcours et l’état d’esprit   de la nouvelle génération sacrée championne du monde cet été en Russie.


Toujours très sollicité, JPP a fait un passage éclair au château fort de Sedan, jeudi, à l’invitation du Made in Ardennes Business Club. Karen Kubena

REPÈRES

*.- NÉ LE 5 novembre 1963 à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais).

*.- POSTE : attaquant.

*.-  CLUBS : Valenciennes, FC Bruges, Olympique de Marseille, Milan AC, Bayern Munich, Bordeaux, Guingamp.

*.- A ENTRAÎNÉ : Strasbourg (2006-2007), RC Lens (2007-2008), Châteauroux (2010).

*.- PALMARÈS : Ballon d’or 1991, champion de France 1989, 1990, 1991, 1992 ; vainqueur de la Coupe de France 1989, de la Ligue des champions 1994, de la Coupe de l’UEFA 1996 et double champion d’Italie (1993, 1994).

*.- 54 SÉLECTIONS en équipe de France, 30 buts.

Des « papinades »,  JPP n’en fait pas que sur les terrains. En interview aussi, il manie comme personne l’art de l’acrobatie. Et quand en préambule, il assure vouloir parler de « tout sauf de foot » , il ne lui faut finalement pas plus de trois minutes pour évoquer ce ballon rond qu’il chérit tant et qui a fait de lui une véritable icône. Entretien dans les entrailles du château fort de Sedan, où l’ancien buteur des Bleus était de passage jeudi.

Comment avez-vous vécu le sacre des Tricolores cet été ?

J’ai eu la chance de suivre ça de près, car j’ai été invité en Russie par le président Macron. Ça a été une aventure extraordinaire, qui m’a redonné la fibre nationale. Pendant très longtemps, j’ai été un peu moins supporter de l’équipe de France, car j’étais encore dans la frustration de ne pas avoir été retenu pour le Mondial 1998. Mais quand je me suis retrouvé dans le vestiaire avec ces gamins, je les ai regardés, j’ai appris à les connaître et j’ai été frappé par leur état d’esprit, qui est celui que j’ai défendu durant toute ma carrière. Ils s’amusent beaucoup, mais savent aussi être sérieux lorsqu’il le faut. Ce sont des gars sains, honnêtes et très pros, contrairement à ce qui se dit parfois.

En France, on n’est jamais content de ce qu’on a. Il faudrait pourtant arrêter de se regarder le nombril et savourer cette victoire

Que répondez-vous aux critiques récurrentes sur le jeu des Bleus ?

Qu’on ne retient que le nom des vainqueurs ! Alors oui, on n’a pas bien joué, mais au final, nous sommes champions du monde et l’essentiel est là… Malheureusement, en France, on n’est jamais content de ce qu’on a. Il faudrait pourtant arrêter de se regarder le nombril et savourer cette victoire et toute la ferveur qu’il y a eu autour.

Aviez-vous ressenti un tel engouement lors du Mondial 1986, au Mexique (où les Français avaient terminé troisièmes) ?

Honnêtement, non. Car on était loin et dans notre bulle, concentrés sur la compétition. Malheureusement, on a perdu en demi-finale contre l’Allemagne (0-2), et ce n’est qu’à notre retour qu’on s’est rendu compte de la ferveur que ça avait généré.

MA PLUS GROSSE DÉCEPTION, C’EST 1998

Le rêve inachevé de 1986, puis les non-qualifications dramatiques pour les Coupes du monde 1990 et 1994 constituent-ils les pires souvenirs de votre carrière ?

Non ! La plus grosse déception de ma vie, c’est 1998 ! Je suis passé tout près, j’aurais même dû faire partie des 23, sauf qu’il fallait être titulaire dans son club. Or, à Bordeaux, Élie Baup m’a mis sur le banc en décembre. On est amis aujourd’hui, mais c’est un épisode que j’ai très mal vécu et que j’ai longtemps ruminé.

Un français sera-t-il Ballon d’or cette année ?

Je pense que Kylian Mbappé a tout pour le devenir. Il est jeune, talentueux, évolue dans un grand club et gagne des titres. Sur ce qu’il a montré la saison dernière, il le mérite amplement. Et puis, ce serait bien aussi de casser la spirale Messi-Ronaldo. Y’en a marre, maintenant (rires) !

On vous voit chaque week-end sur beIN Sports. Comment appréhendez-vous votre rôle de consultant ?

Je me définis comme un consultant « tranquille », comparé à certains à la télé ou à la radio qui détruisent tout ce qu’ils peuvent. Le football, ça a été mon métier, je sais ce que c’est et mon rôle n’est pas de faire de la polémique, mais de permettre aux gens de mieux comprendre ce que les joueurs ressentent sur le terrain.

Vous suivez de très près la Ligue 1. Pensez-vous que le promu rémois a les armes pour s’y maintenir ?

Oui. Ils ont des jeunes intéressants, que j’avais suivis en finale de la Gambardella il y a quatre ans, et un coach (David Guion) qui connaît bien le groupe et qui fait du bon boulot. Après, une saison, c’est long. Pour un promu, ça ne se joue pas au début, mais à la fin. C’est un tout: il va falloir éviter les blessures, les suspensions et que le public soit à fond derrière son équipe.

Sur ce qu’il a montré la saison dernière, Kylian Mbappé mérite amplement le Ballon d’or

Pour finir, un mot sur Sedan, qui joue en National 2, mais qui ambitionne de remonter en Ligue 2 d’ici 2022…

C’est un club qui fait partie de l’histoire du foot, qui a gagné deux fois la Coupe de France et qui a aussi eu dans ses rangs le père de Yannick Noah. Je me souviens y être venu plusieurs fois comme joueur, puis entraîneur. C’est dommage que malgré un tel stade et un tel engouement, l’équipe évolue si bas. J’espère vraiment qu’elle va remonter. Mais une fois qu’on descend comme ça, il est ensuite très difficile de refaire surface. Le challenge est énorme.

Extraits de l' union du 17/09/2018

  

    

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Roi de Patagonie

Un Rémois roi

Achille Laviarde. Ce patronyme vous dit quelque chose ? C'est pourtant le nom du seul roi né à Reims ... qui n'a jamais véritablement régné sur son royaume : l'Araucanie et la Patagonie.

le roi de Patagonie, Achille Laviarde, vivait dans son château des Grenouilles Vertes (carte postale datant de 1907), au 6, rue de la Roseraie à Reins. Collection Michel Thibault

Il n'a jamais mis les pieds en Amérique du sud, ni même en Amérique tout court. Achille Laviarde, né au 201, rue du Barbâtre à Reims en 1841, fils d'un fabricant de tissus rémois, a pourtant régné en monarque - il en avait tous les attributs : un blason, une devise, des ministres jusqu'au château - sur le royaume d'Araucanie et de Patagonie pendant près de 20 ans. Il fut le deuxième d'une lignée de trois rois à régner, de 1882 à 1902, date de sa mort, sur un territoire de plus d'un million de km², soit deux fois le France, et sur près de 3 millions de sujets !

Une royauté qui n'a pourtant jamais été reconnue par aucun état, surtout pas par les Argentins ou les Chiliens... qui se partagent aujourd'hui le royaume du défunt Rémois. Roi en exil, il revendiquait alors le nom d'Achille 1er , roi d'Araucanie et de Patagonie. Sa devise : « vita ardentis »

UN ROI EN EXIL À REIMS

 Peu lui importait d'être en exil, puisqu'il avait été désigné par testament comme successeur légitime au roi autoproclamé, Antoine de Tounens.

Né en 1825, Antoine de Tounens, un aventurier tout comme Achille, s'était embarqué pour l'Amérique, débarquant au Chili en 1858. Il s'était alors autoproclamé roi d'Araucanie et de Patagonie en 1860... après avoir gagné la confiance des indigènes lors de soirées bien arrosées. Les cales de son navire regorgeaient de rhum pour les négociations. Il y régnera tout au plus deux ans. Argentins et Chiliens ne l'entendant pas ainsi. Il sera capturé, fait prisonnier quelques mois avant d'être renvoyé en France. Ses expéditions de reconquête de son royaume resteront vaines. Il restera roi en exil à Paris, régnant sur les cafés et cabarets de la butte Montmartre jusqu'à sa mort en 1882. C'est à Paris qu’il fera la connaissance du Rémois Achille Laviarde, un bonapartiste engagé. Devenu son ami, c'est tout naturellement qu'il le désignera pour lui succéder sur le trône. Achille Laviarde a alors 38ans.

« Achille 1er c'est ainsi que cet aventurier rémois devenu souverain titulaire du royaume d’Araucanie et de Patagonie » se faisait appeler

Élevé par les frères, le Rémois qui a partagé sa vie entre Reims et Paris, avait fait ses études au lycée Impérial (aujourd'hui collège Université). Bon élève, il abandonnera pourtant très tôt les études, davantage attiré pat la compagnie des femmes et préférant les comptoirs des cafés aux bancs de l'école. On le dit beau parleur, d'une moralité douteuse, fêtard et partouzeur diront les mauvaises langues, mais également spirituel, sportif et excellent nageur. Il sauvera deux personnes de la noyade.

À 26 ans, à la mort de son père, il devient rentier. Aventurier, il partira en expédition en Afrique du nord ... mais n'ira jamais au-delà. Il « veillera » sur le royaume de Patagonie depuis son château des « Grenouilles Vertes » acheté en 1867 à Reims, une propriété en bordure de la Vesle, près du pont de Fléchambault, dans le prolongement des bains et lavoirs. Achille Laviarde est mort en 1902 à Paris, sans avoir jamais foulé le sol de son royaume. Son successeur, Antoine Cros, un médecin, sera roi un an. En 1903 I'Araucanie deviendra possession du Chili et la Patagonie, possession de l'Argentine, Quant au roi Achille 1er, il sera dans un premier temps enterré à Reims au cimetière du sud, avant d'être exhumé en 1976 pour être inhumé en Dordogne aux côtés du premier roi, Antoine de Tounens.

IL RÉGNAIT DEPUIS SON CHÂTEAU DES GRENOUILLES VERTES


Château ne soit démoli. Josette Labbe Collection M. Thibault

Achille Laviarde a régné sur son royaume depuis son château dit « des grenouilles vertes » en bordure de la Vesle jusqu'en1893, date à laquelle il le vendra pour éponger les dettes. Le plafond de la salle à manger avait pour particularité d'être orné de 5.000 roses peintes à la main. Dans le cadre de la future coulée verte, le district de Reims avait racheté la propriété qui, laissée à l'abandon, squattée, sera en partie détruite par un incendie en février 2000. Un arrêté de péril sera pris par la suite et la demeure, menaçant de glisser vers la Vesle, sera abattue en août 200l. L’emplacement est aujourd'hui toujours visible au 6, rue de la Roseraie. Les deux piliers du portail sont encore existants. Une plaque commémorative y est apposée. Quant au parc public, il accueille régulièrement des manifestations culturelles, notamment lors des flâneries musicales.

Caroline GARNIER Sources Michel Thibault auteur d'ouvrages sur l'histoire de Reims

Extraits de l' union du 27/11/2016

  

    

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 Patrouille de FRANCE

Thierry Duchiron : L’amour de la Patrouille  

Le capitaine Duchiron quitte le centre de recrutement de l’armée de l’air rémois pour celui de Paris. Portrait d’un passionné d’aviation, ancien mécanicien à la Patrouille de France.  


Le capitaine Duchiron reste très attaché aux Alpha Jet de la Patrouille de France qui arborent le bleu-blanc-rouge du drapeau français. Valérie Coulet

Bio express 

*.- Naissance le 11 septembre 1972à Limoges.

*.- À L’ADOLESCENCE, il entame une formation en électrotechnique.

*.- À 15 ANS, à la base aérienne de Tours, il assiste à un meeting aérien. Il décide d’entrer dans l’armée de l’air.

*.- DE 1989 À 1991, il suit la formation de l’armée de l’air à Rochefort pour devenir technicien aéronautique.

*.- DE 1991 À 1997, il travaille à la base militaire de Cazaux.

*.- EN AOÛT 1997, il intègre la Patrouille de France.

*.- EN 2006, il est nommé à la BA 112 de Reims.

*.- EN 2011, il rejoint la base aérienne de Saint-Dizier.

*.- EN 2013, il prend la direction du Cirfa à Reims.

*.- À L’ÉTÉ 2018, il rejoint le Cirfa à Paris.

 Dans son bureau du boulevard Desaubeau, à Reims, Thierry Duchiron fait ses cartons. Car, à la fin de l’été, il ne reviendra pas au Centre d’information et de recrutement des forces armées (Cirfa) qu’il dirige depuis 2013. Il rejoindra, rue de Sèvres à Paris, le Cirfa-air qui jouxte l’hôpital Necker. Parmi les objets qu’il ne risque pas d’oublier, se trouve un grand cadre qui repose sur un chevalet. S’il tient beaucoup à ce cadre, c’est parce qu’il abrite, pliée en quatre, son ancienne combinaison de la Patrouille de France. « Contrairement à celle des pilotes qui est bleu ciel, la combinaison des mécaniciens est bleu foncé » , fait remarquer le militaire. De 1997 à 2006, le capitaine Duchiron a travaillé au sein de la prestigieuse Patrouille de France, basée à Salon-de-Provence. Comme une vingtaine d’autres mécaniciens, il prenait soin des Alpha Jet avec lesquels les pilotes assurent de très nombreuses démonstrations dont celle du 14-Juillet. Modeste, Thierry Duchiron confie, qu’au départ, intégrer la Patrouille de France semblait un « rêve inaccessible » mais qu’il a malgré tout tenté sa chance. De ces années passées à la Patrouille, ce passionné d’aviation ne garde que de bons souvenirs, même si le travail réclamait «énormément d’endurance et de rigueur » . « Pendant les saisons de présentation, qui duraient six mois, les avions étaient mobilisés à un rythme effréné. Nous étions donc toujours sur le pont et très souvent en déplacement », raconte-t-il.

UNE INOUBLIABLE TOURNÉE EN ASIE EN L’AN 2000

Thierry Duchiron, qui montait régulièrement à bord des Alpha Jet, derrière les pilotes, se souvient notamment d’une longue tournée, en l’an 2000. « Nous étions allés en Inde, en Malaisie, à Singapour, en Arabie Saoudite et au sultanat de Brunei, pour valoriser le savoir-faire français lors de meetings et de salons. Comme l’Alpha Jet n’a une autonomie que de 1000 km, il fallait faire de nombreuses escales. Et, à chaque fois, nous étions très bien accueillis, avec des banderoles de bienvenue ! »

S’il a volé derrière un pilote le 14-Juillet – « ça allait tellement vite qu’on n’avait pas le temps de profiter vraiment du paysage ! » –, Thierry Duchiron garde d’excellents souvenirs d’autres missions comme le survol des calanques de Marseille. « Un passage à la Patrouille ne s’oublie évidemment pas. Mais j’ai la chance d’avoir pu m’épanouir ailleurs, comme au Cirfa. Guider un jeune qui veut s’engager dans l’armée de l’air, tout en travaillant pour l’emploi, est très enrichissant. C’est avant tout l’échange humain qui fait progresser ! »

Entrer dans l’armée de l’air n’allait pas forcément de soi pour Thierry Duchiron. Car dans la famille de ce Limousin, personne n’avait encore embrassé une carrière militaire. C’est son oncle Jean qui lui a donné le virus de l’aviation, en l’embarquant dans son petit avion à hélice alors qu’il n’avait que 7 ou 8 ans. Ils allaient ensemble voir des meetings aériens, en décollant de l’aéro-club de Limoges.

Quand je me suis assis dans le cockpit, j’ai été très impressionné. Je me suis dit que l’armée de l’air était ma voie

À 15 ans, il a un « déclic » , sur la base militaire de Tours. Le lycéen, qui se prépare à devenir électrotechnicien, découvre l’Alpha Jet, un avion « qui ressemble à un dauphin » . « Quand je me suis assis dans le cockpit, j’ai été très impressionné. Je me suis dit que l’armée de l’air était ma voie… »Quelques semaines plus tard, le jeune homme frappe au bureau de l’armée de l’air de Limoges. Il veut devenir technicien aéronautique. Pendant deux ans, il est formé à Rochefort, après avoir passé des tests à Saintes et à Nîmes. À l’issue de la formation, Thierry Duchiron est affecté à la BA de Cazaux, en Gironde. Le mécanicien s’occupe des Alpha Jet de l’école de formation. Il se souvient, comme si c’était hier, de son premier vol avec un pilote : « On s’était posés à Toul après avoir traversé toute la France à basse altitude. C’était magique de voir défiler à grande vitesse toutes ces régions aux reliefs si contrastés.» Après six ans à Cazaux, le militaire intègre la Patrouille de France, où il apprend « énormément de choses »car « il fallait être polyvalent » . À l’issue de cette expérience inoubliable, le militaire, qui a gagné ses galons d’officier, intègre la BA 112 à Reims, une base qu’il connaît. Il l’avait fréquentée avec la Patrouille, à l’occasion de meetings aériens. Affecté au poste de chef de bureau qualité, il découvre les Mirage F1. En 2011, à la fermeture de la BA 112, Thierry Duchiron entre à la base aérienne de Saint-Dizier où il s’occupe de tout ce qui concerne la logistique du Rafale. En 2013, retour à Reims. Cette fois, il prend en charge le recrutement, en tissant des liens avec diverses structures dont Pôle Emploi. Pendant ces années au Cirfa de Reims, Thierry Duchiron conseille notamment Arthur, un lycéen venu se renseigner sur les métiers de l’armée de l’air. Sur la base militaire d’Avord, près de Bourges, le jeune Rémois achève aujourd’hui sa formation de pilote. Mission réussie !

Valérie COULET

 Extraits de l' union du 05/08/2018

  

    

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 Jean-Pierre PERNAUT

 On se bat tous les jours


«
Je suis devant la caméra et je m’adresse à une famille qui regarde tranquillement la télé », confie le présentateur. Archives AFP

Né en 1950 à Amiens, le présentateur emblématique du 13 heures de TF1 a fêté   ses trente ans aux commandes du journal télévisé. Et il compte bien y rester. 

Vous avez commencé au Courrier picard. Avez-vous gardé des réflexes de journaliste de presse écrite pour les JT ?

Je n’ai pas été beaucoup au Courrier Picard. En fait j’y suis allé juste pour un stage de huit jours. Je suis un pur produit de la télé mais je me souviens que l’un de mes premiers reportages concernait la disparation d’un gamin dans l’Aisne. Lorsque je travaillais au Courrier picard, j’ai rencontré une équipe de la télévision locale. Ils m’ont fait visiter les studios à Amiens et j’y suis entré de 1971 jusqu’en 1974 et, en parallèle, je faisais l’école de journalisme de Lille.

Ce n’est pas moi qui vais décider de mon dernier JT, ce sera mon patron et les téléspectateurs

À la télé, qu’est-ce qui vous insupporte ?

Il y a certainement beaucoup de choses qui m’insupportent, mais je n’ai pas le temps de m’y intéresser car je dois penser à ce que je fais, moi. À construire un journal quotidien le plus proche possible des gens qui me regardent avec des correspondants en régions qui sont près du terrain. J’ai créé le réseau, car à la télévision nationale, ça n’existait pas quand je suis arrivé. Maintenant il y a 19 bureaux et 150journalistes qui sont à proximité des gens et ça c’est ma passion. On a la chance d’avoir beaucoup de chaînes en France donc ce qui m’insupporte, je ne le regarde pas.

Comment se fait-il que vous vous retrouviez dans le film « Les Tuche 3 » ?

De temps en temps, on a aussi envie de s’amuser, on m’a proposé de jouer mon propre rôle. Je ne suis pas comédien, j’admire trop ce travail pour avoir la prétention d’en être. Je suis auteur de théâtre, donc dans « Les Tuche » je suis présentateur télé pour annoncer des nouvelles marrantes. C’est très volontiers que je l’ai fait car j’adore l’auteur des Tuche.

Le fait de remplacer Yves Mourousi et Marie-Laure Augry a-t-il provoqué chez vous un certain stress ?

Forcément, c’était stressant : Yves était là depuis treize ans. Je le connaissais bien, il avait inventé une nouvelle forme de télé avec des grands directs et des interviews de personnalités du monde entier. J’ai eu la chance de travailler avec lui et à l’époque j’étais présentateur au journal du soir, de 75 à 78. Quand on m’a demandé de le remplacer, honnêtement j’étais stressé mais je n’imaginais pas du tout que trente ans après j’y serais encore.

Quand vous êtes au 13 heures, vous est-il déjà arrivé de penser que vous partagiez le repas de millions de téléspectateurs ?

Je ne pense pas du tout que je partage le repas de millions de spectateurs. Je considère que je suis en tête-à-tête avec quelqu’un tous les jours. Si on imagine que l’on est en permanence avec 6 millions de personnes, c’est totalement impersonnel. Moi, je suis devant la caméra et je sais que derrière il y a une personne qui me regarde donc je m’adresse à une famille qui regarde tranquillement la télé à table. Ce n’est pas comme quelqu’un qui est devant 80 000 personnes au stade de France. C’est plutôt dans l’intimité et la proximité avec les gens qui nous regarde.

Quelle est votre émission préférée ?

Il y en a plein, j’aime « L’amour est dans le pré » avec Karine Le Marchand, je trouve ça bien fait. Pour moi la télévision est une détente, le week-end je regarde Jean-Luc Reichmann avec bonheur car je ne peux pas le voir en semaine. Mais je le répète, c’est une détente la télé.

Avez-vous déjà imaginé votre dernier JT ?

Non car je n’ai jamais eu un plan de carrière. Ce n’est pas moi qui vais décider de mon dernier JT, ce sera mon patron et les téléspectateurs. Pour l’instant, le JT cartonne, on est à 6 millions de téléspectateurs. C’est le deuxième journal en Europe. Le journal marche très bien tous les jours et j’ai la pêche en arrivant au bureau. Il n’y a pas deux jours qui se ressemblent. On se bat tous les jours pour faire le meilleur journal possible. On monte des opérations comme « SOS villages », « la semaine pour l’emploi » ou « le plus beau marché de France » pour renforcer encore la proximité. C’est pour ça que je n’imagine pas ce que pourrait être le dernier JT. Je sais qu’on n’est pas propriétaire de son fauteuil, mais je suis là parce que mon patron me fait confiance.

Programmé le 4 mars au K de Tinqueux, « Régime présidentiel », co-écrit par Jean-Pierre Pernaut est annulé. Les billets sont remboursables.

Election du plus beau marché de France :   Les gens doivent se mobiliser

 « Je voulais dire aux Champardennais et aux Picards de se mobiliser pour le concours des plus beaux marchés de France », ajoute Jean-Pierre Pernaut. « Les gens doivent se mobiliser pour élire le plus beau marché au niveau national, à partir du 5 mars au journal de 13 heures. C’est tellement beau, convivial et sympa. Il ne faut pas rater cette occasion. » Le marché des Halles, à Troyes, et le marché de Saint-Valery-sur-Somme feront partie des finalistes.

Daniel BALBO

 Extraits de l' union du 25/02/2018

  

    

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Georges PERNOUD

Bon vent capitaine !

Le père de Thalassa   a préféré rendre   les clés de cette émission phare   de France 3 avant   d’en être contraint.   À l’heure de prendre sa retraite, il revient sur son parcours


Pour Georges Pernoud, l’aventure Thalassa débutée en septembre 1975 s’arrête. Le journaliste, qui fêtera cet été ses 70 ans, a choisi de se mettre au vert dans le Périgord.

Au téléphone, il semble serein pour évoquer son départ de Thalassa, l’émission qui a rempli sa vie. Poussé dehors par la direction de France 3 qui appelle au renouvellement, mais aussi conscient du (beau) chemin parcouru, Pernoud dresse un bilan très positif d’un magazine hors du commun. « Je passe la main mais Thalassa continue, dit-il avec le bruit des vagues au loin. J e ne connais pas encore le nom de mon successeur mais l’aventure se poursuivra sous une autre forme, on verra. »

« J’irai me reposer en Dordogne où je vis à une altitude de 73 mètres au-dessus du niveau de la mer , sourit celui qui ne sera plus capitaine. Je suis un terrien au départ. J’ai découvert la Bretagne-Nord au hasard d’un reportage il y a quarante ans. C’est fulgurant de beauté pour un cameraman. Car je suis cameraman à la base et je le suis toujours resté. J’en ai engagé une quinzaine pour nos sujets. Au retour, ils me racontaient le tournage… »

J’ai 70 ans le 11 août, je ne veux pas me faire jeter. Je pars de moi-même. Mais je nourris des projets d’émissions
Georges Pernoud

Thalassa est née comme un clin d’œil du destin pour Georges Pernoud. Il raconte : « Un jour, une proposition est arrivée d’accompagner la Whitbread. Nous étions trois cameramen, les deux autres ne pouvaient pas partir. Ils m’ont dit Fais-le ! Tu vas voir, ce sera génial. Résultat, j’ai découvert que j’avais gravement le mal de mer… » Et comme dans la chanson de Renaud, ce n’est pas Georges Pernoud qui prit la mer, mais la mer qui prit Georges Pernoud. Il n’a pas spécialement le pied marin mais il a le sens des images et des bons sommaires. «C’est mon père qui a trouvé le titre de l’émission. Il avait fait latin grec : il m’a donné le mot Thalassa. Mais vous savez, je n’ai pas fait que ça. Je me suis aussi occupé de Faut pas rêver et d’une chaîne thématique Planète Thalassa qui a bien fonctionné pendant quinze ans. »

Durant quarante ans, de nombreux fidèles prennent rendez-vous avec lui chaque vendredi soir sur France3. Il les emmène dans toutes les mers du monde. Thalassa s’arrête dans les ports, les baies, le long des côtes. Le magazine ne se contente pas d’admirer, façon carte postale, il questionne. « J’ai coutume de dire que nous, les hommes, nous n’avons pas de branchies. Et que la mer, à part quand on y va pour se baigner, nous est plutôt hostile. C’est pour cette raison que nous avons toujours voulu montrer et honorer les travailleurs de la mer qui allient les risques à la passion. »

Pernoud parle franc, direct et sans ambages, avec la tendresse dans les filets pour les pêcheurs, les gardes-côtes, les navigateurs. Il a appliqué à son magazine un traitement sociologique mais surtout humain. Le facteur humain était toujours au programme. « On s’est aussi rendu compte , ajoute-t-il,qu’on n’appréhende pas la mer de la même façon selon les continents. La vision de la mer n’est pas la même au Japon, par exemple, qu’en Méditerranée. »

« ON A SALUÉ LES ACTEURS DE LA MER »

Dans Thalassa, la mer n’est pas un lieu de vacances pour plaisanciers. « On a salué les acteurs de la mer , souligne Pernoud. Je me souviens, un jour, d’un reportage avec un patron pêcheur en Bretagne. Il m’avait donné rendez-vous à 3h30 du matin pour embarquer. J’arrive et je vois un mec en train de dégueuler tripes et boyaux avant le départ. C’est ainsi que je vide mon stress , me dit-il. Je suis le capitaine et je suis responsable d’une bonne sortie qui paiera mes hommes dont je dois aussi assurer la sécurité . Thalassa, ce sont des histoires comme ça. Il m’en revient plein, comme cette scène d’une Bretonne de 83 ans en train de ramasser les coquillages à marée basse, qui s’appelait Ernestine et dont on a tiré le portrait. »

Thalassa est ainsi : derrière les bourrasques se dresse la générosité. On n’aura pas vu un tel magazine en honneur de la mer ailleurs. Il est unique et ce qu’a fait Pernoud mérite le respect. «J’ai 70 ans le 11 août, précise-t-il. Je ne veux pas me faire jeter. Je pars de moi-même. Mais je nourris des projets d’émissions. »

Au son de sa voix, on comprend que Pernoud arriver à philosopher sur ce départ. Un pilier de la chaîne s’en va. Lui-même a beaucoup navigué, bourlingué, observé. « La vie a bien tourné pour moi. Je suis né au Maroc. Mon père était journaliste et avait lancé La Vigie marocaine. Nous sommes rentrés en France en 1955. Ensuite, j’ai démarré ma carrière qui m’a mené jusqu’ici. J’ai même tenté une traversée de l’Atlantique Nord sur un bateau qui s’appelait Fernande. Mais l’un de nous s’est grièvement blessé et notre tentative de record a lamentablement échoué. »

Pernoud préfère raconter la mer, ses sautes d’humeur, son horizon argenté, et plus encore, comme précisé plus haut, ses hommes et ses femmes. Il a couché ses aventures sur papier dans deux livres, Une équipe, un bateau, côté télé et Bon vent, celui qui l’a poussé vers le large.

Au fil des années, Thalassa a aussi souligné la lente dégradation des océans, devenus la poubelle des activités humaines. Il a fallu tirer la sonnette d’alarme sans devenir ni Greenpeace ni Cousteau. « Nous nous sommes alliés plusieurs années avec Agnès B qui nous a prêté son bateau Tara qu’elle avait racheté à Jean-Louis Étienne. On s’est rapproché des scientifiques. Et on a montré tout ce qui ne va pas en surface et sous l’eau. Notamment cette masse de plastique tirée par les courants près de Hawaï. On a alerté sur la diminution du plancton qui absorbe plus de 40 % du CO2. Et nous avons toujours veillé à le faire dans un langage clair et accessible car nous avons toujours considéré que la télé doit s’adresser à tout le monde. »

Fanny Agostini à la barre

Changement de visage donc pour « Thalassa », lancé en septembre 1975 : à la rentrée, ce sera une femme qui présentera le magazine. Fanny Agostini, actuellement Miss Météo sur BFM TV (et ce depuis 2011), succède à Georges Pernoud. Journaliste, au fait de la biodiversité marine (ce qui constitue un avantage) et fan de l’émission, elle a convaincu le rédacteur en chef, Erik Berg. Elle amène un gros coup de jeune avec ses 29 ans, mais aussi de l’expertise en matière de grands enjeux climatiques. Elle aime la mer : elle pratique la plongée sous-marine et s’apprête à publier un livre sur les requins blancs. Son premier numéro de rentrée est déjà fixé : il portera sur ceux qui choisissent de vivre sur une île au large de la Bretagne.

 

BERNARD MEEUS

Extraits de l' union du 24/06/2017

 

Bon vent, Georges Pernoud !

Après 42 an; à bord de Thalassa, sen capitaine quitte le navire

Depuis qu'il a annoncé quitter le bateau Thalassa, ce qui a eu l'effet d'un petit séisme dans le paysage audiovisuel, Georges Pernoud paraît soulagé. Bronzé et aminci, il est tout sourire. Il s'est longtemps accroché pourtant. Malgré les orages, les tempêtes ou les baisses de régime, le capitaine de ce rendez-vous, qu'il avait créé en septembre 1975 (seuls Alto moto et Des chiffres et des lettres lui dament le pion), tenait bon la barre ...

Grâce à cette belle lucarne sur le monde maritime et sur ceux qui en vivent, il avait sensibilisé au fil des années les téléspectateurs à la