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Jean RENO - Il parle de sa maladie

Line RENAUD - Tapis rouge pour Line

Pierre RICHARD - « J'ai encore plein d'envies »

Claude RiCH - Le comédien tire sa révérence

Muriel ROBIN -  « A deux, on grandit davantage »

Joël ROBUCHON : Adieu chef !

Jean ROCHEFORT - Un éléphant, ça se regrette énormément !
Adieu l'artiste

Gérard RONDEAU - Les voyages intimes

 Anne ROUMANOFF « La maturité, c'est savoir que les choses dépendent de nous »
« 
On a la liberté d'expression, exerçons-la ! »

Demis ROUSSOS - L'étonnant hommage

Ève RUGGIERI - Mozart adorait les femmes-  

Olivia RUIZ -   «  C’est Une ode   à la femme en général »

Laurent RUQUIER : Les Grosses têtes   font partie de mon ADN

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jean Reno

Il parle de sa maladie

« Une maladie de long terme comme celle-là peut être perçue comme une tare que l’on préfère taire par crainte d’être rejeté. Et puis non, j’ai décidé de faire l’inverse et d’en parler » , explique Jean Reno qui a évoqué, pour la première fois, son diabète, avec lequel il vit avec depuis dix-sept ans dans une longue interview accordée à L’Express. Il entamé cette démarche afin de sensibiliser le public sur le diabète, qui touche 4 millions de personnes en France. « Le diabète demeure une maladie sournoise qui ne se manifeste par aucun symptôme durant de longues années et, souvent, lorsque le diagnostic tombe, il est trop tard. Un seul mot d’ordre s’impose : faites-vous dépister ! »

Extraits de l' union du 02/06/2017

  

    

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Line RRENAUD 

Tapis rouge pour Line

La dame d’Armentières passera demain le cap des 90 ans. Une grande soirée télé réunira tous ses amis


LineRENAUD fête son anniversaire sur France 2 en compagnie d'une pléiade d'artiste et d'amis. AFP 

Jacqueline Enté fête ses 90 ans ce lundi. Mais qui connaît Jacqueline Enté ? En revanche, si l’on dit Line, si l’on précise Line Renaud, tout le monde voit une femme exceptionnelle dans le show-biz français. Pour l’occasion, un gâteau d’anniversaire sera servi mardi en télé, une soirée où l’on met les petits plats… dans l’écran, enregistrée à Bobino avec tout ce qu’elle compte d’amis dans la profession, le tout présenté par Stéphane Bern.

La semaine dernière, entre une avalanche de demandes d’interviews et des répétitions compliquées par l’effet de surprise à préserver, elle ne savait plus où donner de la tête. Des essayages chez Jean-Paul Gaultier l’absorbaient aussi plus que de raison. Pour une fois, elle qui a grand cœur et les pieds sur terre se laissait griser… Line Renaud truste les couvertures pour ses 90 bougies. Coup de chapeau mérité pour celle qu’on verra cette dans « Meurtres à Brides-les-Bains » sur France 3 et dans « Let’s Dance » de Ladislas Chollat l’an prochain au cinéma. Comme Annie Cordy (90 ans depuis le 16 juin), Line Renaud accumule les sorties.

Une avenue porte son nom à Las Vegas où elle chanta de 1963 à 1965. Inaugurée en octobre dernier, la Line Renaud Road se trouve à deux pas des rues portant le nom de ses amis Frank Sinatra et Dean Martin. Elle se donne corps et âme pour le Sidaction, cher à feu son ami Pierre Bergé.

UNE PERSONNALITÉ ÉCLATANTE, ÉGALEMENT AU PETIT ÉCRAN

Qui sera là sur le plateau pour l’accompagner dans cette nouvelle ligne droite ? Secret bien gardé mais misons déjà sans risque de se tromper sur Michèle Laroque et Muriel Robin côté femmes, et sur Dany Boon côté hommes, car on ne campe pas au cinéma la mère du plus célèbre ch’ti sans en percevoir au passage une certaine célébrité. Pour l’avoir souvent rencontrée et interrogée, on peut garantir à son propos quelques notes de fidélité : une femme droite, ouverte, généreuse, qui tint des mots émouvants lors du décès de Johnny Hallyday en décembre. Elle était sa marraine de cœur et de carrière. On ne s’en souvient pas toujours mais Line Renaud commença sa course en 1945, il y a plus de 70 ans ! Cinq ans plus tard, elle épouse Loulou Gasté, de vingt ans son aîné, qui lui avait écrit « Ma cabane au Canada». Elle a 22 ans. Il restera son mari jusqu’à sa mort en 1995.

Line Renaud est bel et bien du Nord par sa générosité et son allant. Quand elle darde ses yeux sur le public, elle le tient en respect

Line Renaud a beaucoup brillé au music-hall, au cinéma (25 films) et dans quelques pièces au théâtre dont l’irrésistible Folle Amanda. Mais elle n’a pas non plus négligé la télé avec plus de 40 téléfilms à son actif. Line Renaud coche toutes les cases : comédie, drame, passion, jalousie, mais aussi fantaisie car elle détient un potentiel comique indéniable. Soutien d’Emmanuel Macron aux dernières présidentielles, comme elle le fut avec l’ex-maire de Paris Bertrand Delanoë, elle compte dans le Tout-Paris.

Elle sait aussi se moquer d’elle-même. La preuve par cette séquence de « Surprise sur prise » de Marcel Béliveau. Piégée par le réalisateur canadien spécialiste des caméras cachées, elle avait exprimé toute sa solidarité aux malheureux propriétaires de voitures qu’un complice balançait dans le fossé devant son nez. Stupéfaite, elle s’était émue aux larmes, puis aux rires, de toute cette machination.

ELLE S’AGRIPPE À LA VIE QUI PASSE PAR LA SCÈNE

Si l’on veut bien connaître Line Renaud, il faut relire « Mémoires » paru en 2013, « Et mes secrets aussi», où elle parle cash de sa jeunesse, de son amant américain propriétaire du Caesar’s Palace, du microcosme parisien, de son Loulou adoré. Au petit écran, elle laisse des rôles forts comme « Suzie Berton » ou « En cas de malheur ». Avec « Fugueuses », signé Palmade, elle pulvérisa l’audience pour la dernière représentation diffusée en direct. Et dans la série « Dix pour cent », elle ne passa pas inaperçue non plus. Line Renaud est bel et bien du Nord par sa générosité et son allant.

Quand elle darde ses yeux sur le public, elle le tient en respect. Mais ce que veulent souligner ses amis, à travers des chansons, des duos, des sketchs et tout simplement leur présence, c’est qu’elle occupe un fauteuil premium dans la catégorie des stars populaires. Elle a dépassé le stade du succès furtif pour gagner la confiance du public. À son âge, elle a perdu beaucoup de ses amis en chemin. Mais à sa manière, elle s’agrippe à la vie qui passe par la scène. Ça tombe bien, c’est justement le sens de la grande sauterie que lui mitonnent ses proches.

« Bon Anniversaire, Line », - Mardi 3 juillet, 208 20 h 55, France 2.

Bernard MEEUS

Extraits de l' union du .0/06/2018

  

    

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Pierre RICHARD

« J'ai encore plein d'envies »

Pierre Richard (82 ans) est à l'affiche de l'excellent film « Un Profil pour deux ». Loin du ' personnage qu'il incarne, c'est un homme drôle, simple et touchant que nous avons rencontré

Le comédien a beau être octogénaire, Il n'en demeure pas moins éternel gamin.

Jean-Baptiste Ouentin/Le Parisien

 « Des enfants de 12 ans me disent qu'ils m'adorent. Mais c'est parce que leurs parents leur montrent mes films » PIERRE RICHARD

Dans « Un Profil pour deux », Pierre Richard joue à merveille le rôle d'un vieil homme irritant et acariâtre. Dans la vie, l'acteur n'a rien à voir avec le Pierre qu'il incarne dans le film ! On peut être une icône du cinéma français et se montrer très accessible. « J'ai adoré mon personnage dit-il, les yeux rieurs. Il est vieux, grognon, grincheux et manipulateur. Ça m'amuse, parce que ça ne m'est pas arrivé souvent de jouer un tel rôle. »

Qu'est-ce qui, dans ce film, a pu plaire à une figure mythique comme vous ?

Le scénar', il n'y a rien de tel ! Ce film, c'est l'histoire de deux mythomanes qui pensent chacun qu'une femme les aime. Si vous lisez un scénario et que vous vous amusez à le lire, il y a des chances pour que vous vous amusiez à le tourner. C'était le cas. Les situations étaient drôles et savoureuses.

Et à ce monde un peu fou ?

Fou et agressif, de plus en plus. La planète devient une poubelle, dangereuse, et ça m'inquiète pour mes petits-enfants. Quand on vit dans des absurdités sociales et sociétales comme les nôtres, il ne faut s'étonner de rien.

Vous combinez le métier d'acteur et de vigneron. Quel est le secret de votre longévité professionnelle ?

C'est justement parce que je ne pose pas la question de mon âge. J'ai bientôt 83 ans, vous imaginez ? Moins je prends conscience des choses, mieux c'est. Bref, moins je réfléchis, mieux je me porte ! (Il esquisse un sourire espiègle.

Sans doute faut-il être passionné ?

Je crois que le moteur principal, c'est de garder une curiosité et un émerveillement sur tout. Quand on commence à ne plus s'émerveiller et à ne plus être curieux, les rides arrivent beaucoup plus vite. Et je ne parle pas des rides du visage, mais du cœur. Je crois avoir toujours gardé cette curiosité aussi bien sur les choses de mon métier que sur des choses différentes : les métiers des autres, celui de viticulteur par exemple, qui donne une autre vision de celle du métier d'acteur m'a donné une autre vision de celle du métier d'acteur.

La mort, vous y pensez ?

Plus qu'à 20 ans, en tout cas. Il y a tellement de gens autour de moi qui disparaissent. Mais ça n'a pas le temps de trop me travailler, je pense très vite à la vie, à mes prochains films, à ma nana. Mais je connais mon âge et me dis : « Merde! » Ça va trop vite la vie. Cela dit, j'ai encore plein de projets et d'envies !

Que vous a apporté l’age, en fait ?

(silence) Franchement, je ne vois pas ! Peut-être un peu de philosophie, et encore, parce qu'on n'a pas le choix ...

Vous voilà vieux sage …

Ah non, je reste un vieux singe ! (rires) Tout simplement.

Peut-être l’age vous a-t-il apporté la reconnaissance ?

Oui, c'est vrai. Peut-être est-ce dû au fait que je perdure ? Des enfants de douze ans me disent qu'ils m'adorent. (sourire) Mais c'est parce que leurs parents leur montrent mes films.

Cette reconnaissance un peu tardive, vous l'appréciez ?

D'abord, je ne voulais pas de ce César d'honneur en 2006. Mais tout mon entourage m'a dit : « Mais t'es con ou quoi ?» J'y ai finalement été. Mais avec des chaussures de tennis blanches, pour me démarquer, ça fait plaisir bien sûr. Comme quand on me met dans le même tiroir que Tati ou Chaplin.

Votre nom est aussi synonyme de maladresse. Un maladroit se fait traiter de « Pierre Richard » comme un chauffard de « Fangio »,

Oui, ça m'amuse. Mais je suis très adroit, en fait. Il le faut pour jouer les maladroits au cinéma. Si on est vraiment maladroit, on rate son ratage …

Réalisateur, vous aviez dénoncé la pub, les jeux télé et les marchands d'armes. Quelle cause vous terait reprendre la caméra ?

Je suis consterné par la déforestation en Amazonie. Ou la pollution des océans. Seulement, écrire, trouver un producteur, tourner, monter un film ... il faut trois ans. Je n'ai ni le courage ni la forme physique.

C'est trop tard ?

Oui, d'autant qu'aujourd'hui, on ne laisse plus le temps aux films de bénéficier du bouche-à-oreille. Après la première séance du mercredi, on vous dit qu'il à fait tant d'entrées et que donc, c'est mort. Je n'ai plus envie qu'on m'appelle à 11h30 un mercredi pour assassiner trois ans de boulot !

RECRUTÉ PAR DANY BOON

Nos confrères de La Voixdu Nord l'ont annoncé : Pierre Richard né le 16 août 1934 à Valenciennes sera à l'affiche du prochain film du Nordiste Dany Boon, « Une Jolie ch’tite famille ». Tournage dès le 29 mal en région parisienne puis dans les Hauts-de-France.  

Frédéric VANDECASSERIE

Extraits de l' union du 07/05/2017

  

    

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Claude RICH

Le comédien Claude Rich tire sa révérence

Acteur incontournable du cinéma français depuis les années 60, Claude Rich s’est éteint à 88 ans.


L’acteur Claude Rich a joué dans 78 films pour le cinéma.
AFP

Il était devenu l’une des figures les plus familières du théâtre et du cinéma français sans pour autant tenir toujours le premier rôle. Acteur élégant et malicieux, Claude Rich est décédé jeudi soir, à l’âge de 88 ans.

Connu pour son sourire gourmand et sa voix subtile, Claude Rich a joué au total dans une cinquantaine de pièces et près de 80 films. Parmi eux, les emblématiques « Tontons flingueurs », où il incarnait un jeune homme exaspérant Lino Ventura, « Oscar » face à Louis de Funès ou « Je t’aime, je t’aime » d’Alain Resnais, son « plus beau souvenir du métier ».

C’est un « immense acteur, par l’élégance et l’intelligence de son jeu », a souligné la ministre de la Culture, Françoise Nyssen, tandis que la patronne du Centre national du cinéma, Frédérique Bredin, a évoqué « son espièglerie » et « sa capacité à se réinventer sans cesse ».

Passionné d’histoire, Claude Rich affectionnait les rôles de grands personnages, comme celui de Talleyrand (« Le souper ») qui lui vaudra un César en 1993. « C’était un bonheur pour un metteur en scène, il étonnait encore à la 5 e ou 6 e prise », a souligné le réalisateur Bertrand Tavernier qui le fit tourner dans « La fille de D’Artagnan» (1994) et « Capitaine Conan» (1996). Il avait reçu un César d’honneur en 2002.

Extraits de l' union du 22/07/2017

  

    

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Muriel ROBIN

 « A deux, on grandit davantage »

« Ils s'aiment depuis 20 ans » s'arrête à Reims, du 6 au 8 janvier 2017. Muriel Robin nous parle de cette belle aventure.


Entre Muriel Robin et Pierre Palmade, c'est une histoire qui dure ! Pascal Victor

En 1996, le trio Muriel Robin, Michèle Laroque et Pierre Palmade créaient « Ils s'aiment ». Suivirent deux autres spectacles : « Ils se sont aimés » et « Ils se Re-aiment. » Cette année, pour fêter les 20 ans de ce couple qui a conquis le public, les trois comédiens ont monté « Ils s'aiment depuis 20 ans », à partir des meilleurs passages des trois spectacles. Après des représentations à l'Olympia et au Zénith de Paris, la pièce sera jouée vendredi 6, samedi 7 et dimanche 8 janvier à l'Opéra de Reims.  Et retransmise, samedi 7 janvier, à 21 h 05, sur France 2.

•.- Avez-vous le cœur serré à l'approche de la fin de la tournée de « Ils s'aiment depuis 20 ans »   ?

Non, pas vraiment. Parce Que dans notre métier, on sait que toute chose a une fin. Et parce que Michèle Laroque et moi, on va rejouer ensemble en 2017. Je me réjouis aussi de reprendre, dès le 6 janvier, mon spectacle Momo.

•.- A Reims, la pièce sera filmée pour être diffusée sur France 2. La télévision ne dénature-t-elle pas l'art vivant qu'est le théâtre ?

C'est sûr que la télévision ne peut pas montrer tout ce qui se joue dans une salle de spectacle. Car il n'y a pas que les mots, il y a aussi tout ce fil invisible entre les comédiens et le public. Mais c'est tout de même une bonne chose qu'une chaine retransmette des spectacles. Cela dit, je ne classe pas « Ils s'aiment depuis 20 ans » dans la catégorie théâtre. Cela s'apparente davantage à des sketches Qui forment une petite dizaine de tableau

•.- Comment avez-vous procédé pour imaginer ce nouveau spectacle ? Avez-vous seulement travaillé trois semaines comme vous aviez pu le faire en 1996 pour « Ils s'aiment » ?

Pour « Ils s'aiment », je n'avais pas planché avec Pierre pendant trois semaines mais pendant dix jours, soif un tableau par jour ! A vrai dire, la durée du travail ne veut pas dire grand-chose. Car on peut écrire des choses très mauvaises en six mois ! Cette fois, on s'est attelés à faire des choix parmi nos trois, spectacles, à sélectionner les passages que l'on préférait.

•.- Comment décririez-vous ce « best of » ?

C'est un spectacle très léger. C'est du champagne !

•.- Un couple qui s'aime depuis 20 ans, est-ce pour vous un rêve, un exemple â suivre ?

La longueur pour la longueur n'est pas forcément souhaitable. Je crois d'ailleurs qu'on peut vivre de très belles histoires d'amour même si elles sont très courtes. Mais construire ensemble sur la durée est aussi quelque chose de beau, d'intéressant. A deux, on grandit davantage !

•.- Avec Pierre Palmade et Michèle Laroque, Vous êtes proches depuis longtemps. L'amitié s'inscrit-elle aussi dans la durée ?

Oui, on construit aussi en amitié. Avec Michèle, on ne se fréquentait pas. On ne faisait que se croiser. On est depuis liées. Avec Pierre, c'est différent. Pierre, c'est mon petit frère ! On a fait un break de quatre ans et puis, coup de bol, on s'est retrouvés !

•.- Vous avez coécrit et mis en scène tous les spectacles de, cette histoire de couple. Mais c'est la première fois que vous montez sur scène alternativement avec Pierre Palmade et Michèle Laroque. Pourquoi ?

C'est une idée de Michèle. Elle n'a pas eu de mal à me convaincre car j'ai dit oui tout de suite. Et je prends beaucoup de plaisir à jouer. À Reims, je formerai le duo avec Michèle le 7 janvier, et avec Pierre le 8 janvier. C'est très agréable de changer ainsi de partenaire.

•.- Comment expliquez-vous que le public continue de se passionner pour cette histoire de couple Imaginée en 1996 ?

C'est vrai que ce couple qui s'aime, se déchire et se re-aime est rentré dans le cœur des gens. L'histoire de ce couple, c'est aussi l'histoire du public. Les vingt ans ont passé pour tout le monde !

•.- Le 10 décembre, dans l'émission de télévision « Salut les Terriens ! », votre coup de gueule contre les anti-IVG a été très remarqué et beaucoup ont salué votre courage ...

Ça me fatigue ces hommes qui veulent décider pour les femmes ! J'ai honte pour eux. C'est d'ailleurs incroyable que la question de l'IVG refasse aujourd'hui débat. Je me sens offensée et je repense à Simone Veil qui s'est battue avec tant de courage. Aujourd'hui, certains voudraient nous faire revenir à l'époque du silex !

•.- Avez-vous été étonnée que votre intervention ait autant été reprise ?

J'ai été surprise mais je me suis aussi surprise moi-même. Je suis quelqu'un d'impulsif. Peut-être qu'avec le recul, je dirais la même chose, mais avec des mots différents. Cela dit, je ne regrette absolument pas ce que j'ai dit. On ne peut pas laisser faire n'importe quoi sans réagir.

•.- Que peut-on vous souhaiter pour 2017 ?

La santé ! Sinon, je ne fais jamais de vœu pour moi et cela depuis que je suis enfant, Mais j'ai bien sûr envie que le monde aille mieux.

PIERRE PALMADE INTIMIDÉ À L'IDÉE DE JOUER AVEC SON AMIE DE 30 ANS

Habitué de son duo avec Michèle Laroque, Pierre Palmade reconnaît qu'il a « beaucoup appréhendé » de monter sur scène avec Muriel Robin.  « J'avais 20 ans quand je l'ai connue. J'étais un comédien très fragile. Même si j'ai beaucoup travaillé avec elle, a toujours été une idole intimidante. Je ne savais pas si je serais à la hauteur pour ce duo. Et puis elle m'a rassuré » Étonnamment, c'est la première fois que les deux amis de 30 ans sont ensemble au théâtre. « On a dû faire un ou deux sketches à la télévision, comme ça en clin d'œil mais c'est vrai que nous n'étions jamais montés ensemble sur scène. Je ne pensais même pas que ça arrlverait un jour. Je trouvais que l'on était, ce que l'on appelle en terme psychanalytique, deux  « dominants. ». Donc je ne savais pas si on pouvait s'emboiter. Et puis Muriel a trouvé son Isabelle puisque le personnage s'appelle Isabelle, et moi mon Martin. Peut-être qu'elle est moins dominante et que moi aussi, je le suis moins. A l'arrivée, c'est très crédible. Il parait qu'un nouveau couple est né !» Et visiblement Muriel Robin s'est aussi bien adaptée pour son duo avec Michèle Laroque, apportant à chaque fois sa touche personnelle ... « Ah oui ! Muriel ajoute des choses, s'amuse Pierre Palmade. Elle a des délires comiques, physiques, qui sont hallucinants. Il y a des moments, c'est du Robin. Je m'arrête de jouer et je la regarde. Il y a des passages qu'elle rallonge, pour le bien du spectacle, mais elle s'approprie le truc. C'est de Funès en jupon comme on dit.»

Grégoire AMIR-TAHMASSEB

Propos recueillis par Valérie COULET

Extraits de l' union du 18/12/2016

  

    

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Hommages émus à Joël Robuchon

Joël ROBUCHON

Adieu chef !  

Chef le plus étoilé au monde, désigné « cuisinier du siècle » en 1990, Joël Robuchon  est décédé, hier,  à l’âge de 73 ans.


Au printemps dernier, Joël Robuchon, très discret sur sa vie privée, fit une apparition dans l’émission «
Top chef » sur M6. Les candidats devaient le surprendre en proposant un plat à base de pommes de terre... AFP

Ses Dates

 *.- Né le 7 avril 1945 à Poitiers (Poitou-Charentes)

 *.- 1960 S'oriente vers la gastronomie en tant qu'apprenti cuisinier pâtissier au Relais de Poitiers du chef Robert Auton

*.- 1974 Chef cuisinier à l'hôtel Concorde Lafayette. Dirige 90 cuisiniers.

*.- 1981 Ouvre son premier restaurant Le Jamin. En trois ans, il reçoit trois étoiles au guide Michelin (une trentaine tout au long de sa carrière).

*.- 1990 Sacré « Cuisinier du siècle » par le guide gastronomique Gault et Millau

*.- 1994 S'installe avenue Raymond Poincaré dans un restaurant portant son nom, consacré « Meilleur restaurant du Monde » par l'International Hera/d Tribune

*.- 1995 Annonce son départ à la retraite et se consacre â l'émission culinaire « Bon Appétit Bien Sûr »

*.- 2003 Ouvre son premier « Atelier lt (concept original de restaurant convivial) à Paris, puis à Tokyo, Las Vegas, Londres, Hong Kong..

*.- 2011 Anime le magazine culinaire « Planète Gourmande ».

*.- 6 août 2018 Décède à Genève, à 73 ans

Détenteur du record absolu d’étoiles Michelin, le « pape des cuisiniers », Joël Robuchon, décédé hier à 73 ans, était à la tête d’un empire de la gastronomie française dont il était le plus grand ambassadeur. D’origine modeste – père maçon, mère au foyer – il a collectionné les distinctions au fil des années : « meilleur ouvrier de France » (1976), « chef de l’année » (1987), « cuisinier du siècle » (1990) et a même été qualifié par la presse anglo-saxonne de « meilleur du monde ». À la tête de 26 établissements à sa mort, c’est en 1981 que cet homme invariablement vêtu de noir connaît une ascension fulgurante, en ouvrant le restaurant Jamin à Paris. Il obtient sa première étoile l’année suivante et accède au cercle très fermé des chefs triplement étoilés seulement deux ans plus tard, du jamais vu alors dans l’histoire de la gastronomie. Avec 32 étoiles Michelin au sommet de sa carrière et 24 à sa mort, il est le détenteur du record mondial.

La plus simple des recettes culinaires, la purée, est celle qui a fait la renommée de Joël Robuchon

Pourtant, le chef aux yeux clairs et à la voix douce ne se destinait pas à la cuisine mais plutôt à la prêtrise : c’est en tant qu’élève au Petit Séminaire de Mauléon-sur-Sèvres, dans le centre-ouest de la France, qu’il y prend goût, en aidant les religieuses à préparer les repas. Apprenti de cuisine à Poitiers où il est né, il prend par la suite les commandes des cuisines de l’hôtel Concorde Lafayette à l’âge de 29ans : il y dirige 90 cuisiniers, servant plusieurs milliers de repas par jour. Sa créativité et sa rigueur sont remarquées.

C’est dans son « Restaurant Joël Robuchon », avenue Poincaré, que le chef réhabilite la purée de pommes de terre, l’un de ses plats emblématiques, aux côtés de la gelée de caviar au chou ou le gratin de macaronis aux truffes, céleri et foie gras. Ce « trois étoiles », est sacré « Meilleur Restaurant du Monde » par l’International Herald Tribune.

AMOUREUX DU JAPON

En 1996, coup de tonnerre : à 51 ans, cet homme discret claque la porte de ce « trois étoiles », expliquant qu’il ne veut pas mourir d’une crise cardiaque due au stress, comme certains de ses prédécesseurs. Pendant plus de 10 ans, il passe à la télévision afin de rendre la cuisine plus accessible. Il participe à l’émission « Bon appétit bien sûr », où il propose une véritable leçon de cuisine en recevant un chef et en présentant des recettes simples et économiques. Il faudra attendre 2003 pour qu’il retrouve le chemin des fourneaux en France, mais pas celui de la haute gastronomie. Ainsi, son célèbre « Atelier de Joël Robuchon » n’a rien à voir avec le « trois étoiles » de l’avenue Poincaré. Le concept est simple mais révolutionnaire : les clients, assis autour d’un grand comptoir, avec vue sur les produits et la cuisine, dégustent une cuisine « simple mais avec des produits exceptionnels ». « L’époque a changé, le consommateur recherche une cuisine qui soit moins sophistiquée, une adresse où l’on mange bien et où il y ait de l’ambiance », explique alors le chef.

Son empire de restaurants gastronomiques s’étend de New York à Macao, en passant par Londres, Monaco ou Tokyo, avec de nombreux restaurants étoilés dans des pays asiatiques. Son credo : « La maîtrise de l’alliance des saveurs des meilleurs produits. » « C’est vraiment ce qu’il y a de plus beau dans la cuisine », selon ce cuisinier exigeant, qui confessait son admiration pour des chefs comme Jean Delaveyne et Alain Chapel. En 2009, dans un entretien avec Paris Match, il reconnaissait avoir « longtemps été intransigeant, avec (…) des excès et des colères noires ». Mais pour le chef Marc Veyrat, « son visage racontait toute son histoire : plein d’humilité, plein de transmission, plein de créativité. »

Familier du Japon depuis 1976, Joël Robuchon y a ouvert plusieurs établissements au fil des ans. Il expliquait y avoir « été saisi par le virus de l’esthétique. Plus j’avance, plus je me dépouille ». Il a formé de nombreux chefs, dont Gordon Ramsay, le chef britannique médiatisé multiétoilé.

Un projet d’école internationale en suspens 

Joël Robuchon avait le projet d’ouvrir une école internationale de cuisine à Montmorillon, dans la Vienne, un projet désormais en suspens, a expliqué Ernest Colin, le maire de la ville. « Préparer l’élite de la gastronomie de demain » et « contribuer à valoriser l’enseignement des arts culinaires français », tel était l’objectif du chef le plus étoilé au monde qui avait lancé, en 2015, le projet d’ouvrir un « Institut international Joël Robuchon » à destination d’étudiants du monde entier. Natif de la Vienne, il avait jeté son dévolu sur l’ancien monastère-hôpital de Montmorillon (6 000 habitants), à cinquante kilomètres au sud-est de Poitiers. Cette « Maison-Dieu » datant du XI e siècle, comprenant de nombreux édifices historiques sur 10 hectares, devait abriter un campus (20 salles, 19 laboratoires, un amphithéâtre multimédia, un potager), un hôtel doté de quinze suites de luxe, ainsi qu’un restaurant d’application pouvant servir 60 couverts.

Extraits de l' union du 07/08/2018

  

    

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Jean ROCHEFORT

Un éléphant, ça se regrette énormément !

Décédé dans la nuit de dimanche à lundi,  le comédien de 87 ans laisse l’image d’un gentleman du rire, facétieux mais jamais hautain

 
Récemment, il avait servi la littérature avec «
Les Boloss des belles lettres », série de courtes interventions de trois minutes où les classiques, passés dans son tamis, prenaient un coup de jeune. Rochefort inoculait la bonne humeur.
AFP.  

 Une moustache à laquelle il n’a jamais voulu renoncer. Une voix chaleureuse qui lui permettait d’assumer son côté saugrenu. Un physique d’épagneul racé, à l’anglaise mais un humour bien français et une kyrielle de comédies, toutes plus populaires les unes que les autres. Hospitalisé depuis août, Jean Rochefort a fermé boutique et le cinéma français perd un de ses grands noms, un pince-sans-rire qui laisse plus de 150 films pour nous souvenir de lui. À la question « Avez-vous peur de la mort ? » , que lui posait un quotidien en 2013, Jean Rochefort n’avait pas biaisé : « Ça dépend des moments. L’autre jour, me sentant mal, je me suis surpris à avoir très peur pendant trente minutes. Je me suis dit que c’était la fin. J’ai ressenti le chagrin de ne plus voir mes enfants et ma femme. Cela m’a paniqué. Sinon, mon côté rural me souffle que c’est dans l’ordre des choses. Je ne voudrais en aucun cas devenir un vieillard dépendant. Plutôt mourir que d’être assisté. »

Il avait fêté ses 87 ans le 29 avril mais on ne le voyait plus guère en public. Peut-être méditait-il sur la mort de son ami Claude Rich. Jean Rochefort, ou l’éloge de la farce. Pourtant, sous des dehors facétieux, il jonglait avec son métier. Il n’en faisait jamais étalage. Il riait de tout son être, de toute son âme, avec les yeux, avec sa silhouette dégingandée, vieux garnement qui connecte tous ses amis pour s’en payer une bonne tranche. Car Rochefort était d’abord un homme de bande, celle du Conservatoire de Paris, des cadors, des pas tristes, des forçats de la bonne réplique ou de la scène à se poiler.

On était des comédiens. On ne pensait pas à être des stars

Voici ce qu’il en disait : « Avec Jean-Pierre Marielle, Jean-Paul Belmondo, Philippe Noiret, Bruno Cremer, Claude Rich, Annie Girardot, j’ai trouvé la promotion idéale. Quel bonheur d’avoir eu ce groupe d’amis qui était révolutionnaire autant dans sa façon d’être que de jouer, et dont Jean-Paul Belmondo était le porte-drapeau. Le problème, c’était que tous mes copains avaient été admis au concours de sortie, sauf moi ! J’étais devenu dépressif à cause de cet échec et d’une épouse nymphomane. Quand on se marie à 22 ans, on a encore des illusions. Je me suis écroulé. Je ne pouvais en vouloir à aucun homme. Ils étaient si nombreux. » Jean Rochefort appartenait à la bonne rangée, hélas très décimée aujourd’hui, des copains d’abord, une bande d’individus qui, réunis sous la bannière Liberté, Égalité, Hilarité, feront des merveilles. Et pourtant ! Le petit Jean, né à Paris de parents bretons, ayant grandi à Vichy pendant la Seconde Guerre mondiale, rêvassait autant qu’il s’ennuyait dans sa jeunesse. Il commence à 16 ans comme garçon de bureau à la Banque de France. Le rigolo qui sommeille se cherche une voie. Un ami lui indique la ville de Nantes pour un premier contact avec le monde théâtral. Le reste, il le racontait lui-même : « C’est en allant voir, sous le crachin nantais, Gary Cooper au cinéma que j’ai su que c’était ça, la vraie vie. Et puis, il y avait mon incompétence pour tout le reste, pour ce qui n’était pas de la fiction. Mon père, accablé par mes études, voulait que j’étudie la comptabilité à Paris. J’ai passé la matinée à chercher l’école au 78, rue de Richelieu. En rentrant, je lui ai dit : Papa, entre le 77 et le 79, le 78 n’existe pas. J’ai pris une tarte ! »

Jean Rochefort écoute son cœur et échappe aux ronds-de-cuir qui auraient peuplé sa vie. Il préfère l’école buissonnière des studios. En revanche, un an plus tard, il trouve bien l’adresse de l’école de la Rue Blanche. Le voilà dans son élément.

Quand Jean Rochefort prend toute sa mesure

Est-ce la proximité d’auteurs à l’esprit très british qui classera l’acteur dans le club des hommes élégants, dans l’intention comme dans le jeu ? Probably ! Mais c’est dans le terreau français qu’il puisera ses plus grands succès. D’abord avec Pierre Richard dans deux épisodes du Grand Blond. Ensuite, par la magie d’un réalisateur inspiré, Yves Robert, qui le lancera dans une délirante aventure de groupe celle d’ Un éléphant, ça trompe énormément en 1976, tellement ahurissante qu’elle débouche sur une suite, Nous irons tous au paradis, en 1977. Jean Rochefort s’est trouvé une nouvelle équipe. Ils sont blagueurs, de mauvaise foi, paillards et unis comme les cinq doigts de la main, avec Guy Bedos, Claude Brasseur, Victor Lanoux et le metteur en scène.

Il y tombait follement amoureux d’Anny Duperey lancée dans un grand numéro à la Marilyn Monroe dans sa robe rouge virevoltante.

Sa carrière explose à la faveur de ces cartons au box-office. Là aussi, il jetait un regard amusé sur cette effervescence : « Jusque-là, j’étais abonné aux seconds rôles. Je suis devenu présentable au regard du sexe féminin, alors qu’avant j’étais considéré comme un rigolo longiligne. Je n’étais certes pas un sex-symbol, mais je devenais crédible dans le contact buccal, en embrassant des femmes au cinéma.» Jean Rochefort prend toute sa mesure. Formidable dans Le Crabe-tambour de Pierre Schoendoerffer. Il tourne avec de Broca, Tavernier, Chabrol et Patrice Leconte. Tous ses films ne marquent pas les esprits. Mais le comédien conserve son aura. Dans ses rôles, il est beaucoup question d’amour, d’amitié, sans qu’il se refuse quelques emplois très différents, un coup Mari de la coiffeuse, un coup poudré et en costume dans Ridicule. Ainsi était Rochefort, un grand-duc du rire.

UN ÉCHEC Jean Rochefort a pourtant connu

un échec, qu’il évoquait parfois et l’a laissé pantelant dans un petit coin de sa tête, celui du Don Quichote inachevé de Terry Gilliam. « J’avais accepté de monter sur un cheval qui, pour ressembler à Rossinante, n’avait pas été nourri pendant quarante jours. Les soigneurs avaient des pommes attachées dans le dos pour qu’il marche. Deux jours après mon arrêt, le cheval est mort. Moi, l’homme de cheval, j’avais accepté cette horreur. » Il en a gardé des séquelles : outre le goût amer de la débâcle, il en fit une grave dépression soignée durant des mois. « Le jour où l’on est satisfait de soi-même, on est foutu » , estimait Rochefort. Il mania l’humour jusqu’au bout. Il eut encore le plaisir de jouer avec son fils, Julien Rochefort, dans un épisode télé d’un conte de Guy de Maupassant.

Extraits de l' union du 15/10/2017

 

Salut l’artiste !

Le comédien Jean Rochefort,  un des acteurs les plus populaires  du cinéma français, est décédé dans  la nuit de dimanche à lundi à 87 ans.


« J‘ai passé ma vie d’homme mur à penser à faire autre chose que la mort cinq ou six fois par jour » confie Jean Rochefort dans « A voix nue. » « Le reste du temps je ne pensais qu’à ça et quand elle approche, on commence à s’en foutre.

L’ESSENTIEL

*..- 29 AVRIL 1930 : naissance à Paris d’un père cadre dans l’industrie pétrolière, originaire de Dinan, et d’une mère comptable.

*..- 1947 : il prend des cours de théâtre à l’école de la rue Blanche. Il entre ensuite au Conservatoire national de Paris, où il a pour condisciples Jean-Paul Belmondo, Claude Rich et Jean-Pierre Marielle.

*..- 1961 : premier succès au cinéma avec « Cartouche ».

*..- ANNÉES 1970 : acteur favori d’Yves Robert avec qui il tourne de nombreux films très populaires (« Le grand blond avec une chaussure noire », « Le retour du grand blond », « Un éléphant ça trompe énormément »).

*..- 1973 : il tourne dans « L’horloger de Saint-Paul » de Bertrand Tavernier, qu’il considère comme un tournant majeur dans sa carrière.

*..- 1976 : il obtient le César du meilleur acteur pour un second rôle pour « Que la fête commence » de Bertrand Tavernier.

*..- 1978 : César du meilleur acteur pour « Le Crabe-tambour » de Pierre Schoendoerffer.

*..- 1999 : César d ’honneur pour l’ensemble de sa carrière.

*..- 2015 : à 85 ans, il tourne dans « Floride » de Philippe Le Guay avec Sandrine Kiberlain.

Jean Rochefort était un comédien éclectique, pudique et passionné, incarnation du gentleman à la française. Avec ses grandes moustaches, son air de séducteur farceur, Jean Rochefort restera comme l’une des grandes voix du septième art français par son timbre unique, grave et pénétrant, immédiatement identifiable, à l’instar de Jean-Louis Trintignant ou de Philippe Noiret.

J’appartiens au patrimoine. Il y a le jambon de Bayonne, Noiret, Marielle et moi
Jean Rochefort

S’il s’est taillé une réputation dans les comédies, où il a souvent incarné des rôles de pince-sans-rire, Jean Rochefort était un acteur singulier, difficile à classer, avec cet air à la fois conventionnel et « fêlé », comme le disait le réalisateur Patrice Leconte, dont il était l’acteur fétiche.

Son allure élancée le prédestinait aux rôles de cadres supérieurs. L’acteur a pourtant joué sur tous les registres : libertin cynique (« Que la fête commence » de Bertrand Tavernier), flegmatique valet anglais (« Les tribulations d’un Chinois en Chine » de Philippe de Broca), pharmacien lâche (« Courage, fuyons » d’Yves Robert), père de famille adultérin (« Un éléphant ça trompe énormément » d’Yves Robert), mari comblé (« Le mari de la coiffeuse » de Leconte), commandant de marine (« Le Crabe-tambour » de Pierre Schoendoerffer)…

Il a promené sa silhouette longue et osseuse dans des films d’auteur ou grand public, de valeur parfois inégale. En 1987, dans « Tandem » de Patrice Leconte, où il interprète de manière poignante un animateur radio solitaire, il montre qu’il excelle autant dans le registre dramatique que comique.

TROIS CÉSARS

Sa longue carrière a été couronnée de trois Césars : deux pour ses rôles dans « Que la fête commence » en 1976, « Le Crabe-tambour » en 1978 et un César d’honneur en 1999. Né le 29 avril 1930 à Paris dans une famille bourgeoise, Jean Rochefort vit une enfance plutôt terne, en partie à Nantes. « Dieu que je me suis ennuyé enfant » , confiait-il. Son goût pour le théâtre lui est communiqué notamment à travers les transmissions de pièces à la radio. Après la rue Blanche, il entre au Conservatoire et débute dans la compagnie Grenier-Hussenot à Paris.

Sur les planches, il construit sa renommée aux côtés notamment de Delphine Seyrig et de Claude Régy. Il a près de trente ans quand il entame sa carrière au cinéma. Parti en URSS, il se marie et y reste un an.

À son retour, il joue dans la série «Angélique » de Bernard Borderie. Dans les années 1970, il devient l’acteur favori d’Yves Robert (« Le grand blond avec une chaussure noire », « Le retour du grand blond», « Un éléphant ça trompe énormément », « Nous irons tous au paradis »…) et acquiert son statut de vedette. C’est aussi le « chouchou » de Patrice Leconte, malgré une première rencontre catastrophique entre les deux hommes en 1975.

Autant Jean-Pierre Léaud, c’était Truffaut jeune, autant Rochefort, c’est moi, vieux
Patrice Leconte, réalisateur

Jean Rochefort a aussi tourné avec Michel Audiard, Pierre Salvadori, Alain Cavalier, Francis Veber, Robert Altman… En 2015, à 85 ans, il avait incarné dans « Floride » de Philippe Le Guay, avec Sandrine Kiberlain, un ancien industriel en proie à la confusion mentale. Son chant du cygne puisqu’il annonçait, dans la foulée, qu’il mettait un terme à sa carrière. « Je ne veux pas faire de film d’épouvante, donc il vaut mieux s’arrêter » , avait-il plaisanté.

Ce qui ne l’empêchait nullement d’enregistrer régulièrement, pour France 5, l’émission des « Boloss des belles lettres », où il interprétait une œuvre du patrimoine littéraire en langage de la rue.

En privé, Jean Rochefort, réfractaire à la « starisation », était un passionné de cheval : il avait atteint un niveau de compétition et possédait un haras dans les Yvelines, où il a vécu jusqu’à ses 80ans. Atteint de dépression, son psychiatre lui avait recommandé de fuir la campagne. « Parti à 30 ans de Paris, j’y suis revenu à 80 » , s’amusait-il avec son mélange habituel de sérieux et d’humour.

Père de cinq enfants de trois femmes différentes – Alexandra Moscwa, Nicole Garcia et Françoise Vidal – Jean Rochefort regrettait d’avoir été un « mauvais père » accaparé par sa carrière.

Oh non ! Pas Jean. Pas Rochefort. C’est trop à la fin…

Jean Rochefort aura été l’un des acteurs les plus populaires du cinéma français. L’acteur, qui avait été hospitalisé en août, est mort à 87 ans dans un établissement parisien. Il avait été hospitalisé une première fois à l’été 2016 pour des douleurs abdominales. Son état s’était aggravé ces derniers mois.

« Oh non ! Pas Jean. Pas Rochefort. C’est trop à la fin… Quelle tristesse. Et lui, si fin, si drôle, si chevalresque , si british. Salut Jean ! À sa manière de scander une simple phrase, on comprenait que la diction de Jean était la plus belle du monde » , a réagi sur Twitter Gilles Jacob, l’ancien président du Festival de Cannes.

« Énorme chagrin et souvenir éternel de la plus belle moustache du cinéma français »
a twitté La Cinémathèque française.

Immédiatement reconnaissable à sa voix chaude et ses belles moustaches, Jean Rochefort a tourné près de 150 films, comédies comme films d’auteur.

« Jean, c’était la classe, un homme élégant dans sa façon de jouer, d’être, de rire avec vous, de rêver avec vous » , a commenté sur France Inter le scénariste Jean-Loup Dabadie, qui a collaboré à trois films d’Yves Robert dont « Salut l’artiste ».

En 2000, Terry Gilliam l’enrôle pour « Don Quichotte », un rôle taillé sur mesure, mais une violente hernie l’oblige à se faire opérer : le tournage est interrompu et le film ne verra jamais le jour.

« Un rêve brisé… Un choc très dur. Je m’étais énormément impliqué dans cette entreprise et un petit nerf de quelques millimètres n’était pas d’accord » , a-t-il dit il y a quelques années. Finalement, Terry Gilliam a repris son projet : sans Jean Rochefort, le tournage commencé il y a 17 ans s’est terminé en juin.

« En fait, je suis un Don Quichotte de la réalité, pas fait pour être un Don Quichotte de fiction » , a-t-il dit. « J’ai fait des actes cervantésiens dans mon existence. Beaucoup. Mais il n’y avait pas de caméra ! » , ajoutait ce grand amoureux du cheval, qui a, à plusieurs reprises, commenté les épreuves d’équitation à la télévision.

À propos de la mort, Jean Rochefort avait déclaré en 2015 dans « Le Journal du Dimanche » qu’ « il la sentait venir » . « Il y a des moments où je suis content qu’elle arrive. Le corps le demande, et la tête parfois aussi. Mais on n’a pas envie de faire du chagrin aux autres » , avait-il ajouté à l’occasion d’un entretien donné pour la promotion de l’un de ses derniers films, « Floride » de Philippe Le Guay où il incarne un octogénaire atteint de la maladie d’Alzheimer.

Extraits de l' union du 10/10/2017

  

    

  Répertoire  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
GÉRARD RONDEAU - Photographe

Gérard Rondeau, Champenois universel

Gérard Rondeau s'en est allé

Les voyages intimes de Gérard Rondeau

 Gérard Rondeau revient sur ses terres 

  

    

  Répertoire  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

GÉRARD RONDEAU

Photographe (1953–2016)

 
Par Jean-Paul KAUFFMANN, Journaliste et écrivain

(…) Quand on parle de Gérard nous vient aussitôt à l’esprit le mot d’élégance. Élégant, il le fut suprêmement avec ce fond de silence, de réserve. Et surtout de fierté.

Cependant, je crois que cet adjectif le limite un peu. Au-delà de l’élégance, ce qui le distinguait, c’est le sens de la beauté. Ce fut pour lui une ligne de conduite désintéressée et nécessaire. Il l’a appliqué non seulement à son travail mais aussi à sa propre existence. Dans chaque détail de sa vie. Dans la qualité de l’objet. Dans sa façon de se tenir. Dans ses gilets anglais. Dans sa façon inimitable de humer le champagne et de tenir sa flûte par le pied (tout un poème !).

(…) La beauté, mais aussi le tragique. Chez lui, l’un ne va pas sans l’autre. Oui, Gérard avait au plus haut point le sens du tragique.

Il avait connu les théâtres de guerre de la fin du XXe siècle.

Sans illusion, sur la nature humaine, jamais résigné. Et surtout extraordinairement gai. La gaité est un savoir-vivre. Gérard savait pratiquer remarquablement cette politesse. Il refusait de se laisser submerger par la violence, la vulgarité et la lâcheté des hommes, appliquant au spectacle de la comédie humaine une ironie que je qualifierai de miséricordieuse.

Car elle était très pétillante chez lui, cette ironie. Elle chatoyat comme des bulles de champagne. (Vous voyez, on en revient toujours au champagne…) Voilà. On peut qualifier notre ami de tragique gai. (…) (Extraits du texte écrit et prononcé par Jean-Paul Kauffmann lors des obsèques de G. Rondeau à Trélou, le 17 septembre 2016

 Novembre-décembre 2016 / N°59 - LA MARNE>LE MAG

  

Gérard Rondeau, Champenois universel

L'œuvre du photographe, disparu mardi, fut aussi singulière que l'homme était attachant. Les écrivains Jean-Paul Kauffrnann et Frédéric Vitoux rendent hommage à l'une et l'autre.


Gérard Rondeau lors de l'exposition « J'avais posé le monde sur la table » au Cellier de Reims l'hiver dernier. Bernard Sivade

Coup d’œil

« Je suggère plus que le ne montre »

C'était une de ses phrases favorites !et elle lui allait comme un gant. Parfois. il ajoutait qu'il ne voulait pas faire de photos « démonstratives ». En quarante ans de carrière, le  photographe rémois Gérard Rondeau, dont les obsèques ont été célébrées hier matin à Trélou-sur-Marne, a tenté de ne jamais déroger à ià la règle qu'il s'imposait. Ne pas céder à la tentation du spectaculaire et du cliché choc pour privilégier, au contraire, le regard décalé, l'instant  magnifique qui à lui seul, résume , l'humanité tout entière, à travers un visage, un regard, une pose. C'est bien cela qu'évoque son ami Jean-Paul Kauffmann lorsque l'écrivain, dans le témoignage original qu'il a eu la gentillesse de nous remettre, parle de « Champenois universel ». Un autre ami cher, l'académicien Frédéric Vitoux, a lui aussi sacrifié de bonne grâce à l'exercice de l'hommage fraternel. Que l'un et l'autre en soient remerciés.

Gilles GRANDPIERRE

Gérard sur les hauteurs de Trélou, tout un symbole ! Il habitait dans une tour du XV, siècle où quelques oiseaux de proie lui tenaient compagnie. Depuis sa chambre, il dominait la Marne et sa boucle argentée. Dedans et dehors, acteur et spectateur, à distance et si proche, Champenois universel, ila vécu parfaite- . ment dans le duel des contraires sans jamais s'en trouver contraint ou embarrassé. Lë plus beau de cette destinée est cet ancrage dans la terre champenotss en même temps que cette vocation qui s'étendait à toute la surface' de la terre. Excepté le pôle Nord et le pôle Sud (et encore, c'est à vérifier I), Gérard était allé à peu près partout. Il avait connu les théâtres de guerre de la fin du XX, siècle, hanté par le tragique, jamais résigné, sans illusion et extraordinairement gai. La gaîté qui est un savoir-vivre était sa forme de politesse. Il refusait de se laisser submerger par la violence, la vulgarité et la lâcheté des hommes. La veulerie, la poltronnerie. la bassesse le faisaient rire. Non pas un rire supérieur car il était la modestie et le doute incarnés mais une ironie miséricordieuse. Cette ironie que je qualifierai de pétillante chatoyait chez lui comme les bulles de champagne.

Il aimait et connaissait admirablement le vin de champagne. Avec lui j'ai fait mes plus belles dé': gustations. Gérard était un tragique gai, volontiers facétieux, pessimiste enjoué, mécontent de la marche du monde en même temps que pénétré du bonheur d'être vivant, pratiquant un hédonisme exempt de laisser-aller, balayant par sa bonne humeur et son sens de la dérision la gravité de la vie.

Il m'a appris à regarder la Marne

Chacune de ses photos est un présage, un avertissement. Son œuvre est une géographie de la menace. Ce monde qu'il a arpenté court .à sa perte. Rien ne sera guéri ni la mort vaincue. Mais il reste une camaraderie, la solidarité des hommes, leur refus de la fatalité, auxquels il croyait par-dessus tout. Gérard était un homme particuliè- rement généreux. Je dirais même que sa. gënërostrë avait quelque chose de fastueux. Il a saisi mieux que personne la beauté sévère des paysages champenois. Sévère parce que les hommes ont blessé et offensé cette terre. Mais il en a capté aussi la remarquable capacité de résistance.

Il m'a accompagné dans ma remontée de la Marne. Je lui dois beaucoup. Il m'a appris à la regarder. Oui, à la regarder ! Ça n'a l'air de rien mais nous avons presque tous perdu notre application à voir. Gérard Rondeau était l'œil. Le plus acéré qui soit. Une manière supé- rieure d'observer et de noter la face cachée des choses. Rien ne lui échappait. Son regard tout en intériorité,j'ai essayé à mon échelle de l'appliquer à ce livre qui lui est dédié Remonter la Marne et dont il est l'un des principaux personnages.

« Homme de cœur, homme de pudeur »


FRÉDÉRIC VITOUX
Ecrivain, membre de l'Académie française

L’amitié est précieuse et fragile, la perte d'un ami si cruelle que l'on ne se résigne pas à parler de lui au passé ... Mais Gérard Rondeau était aussi un photographe, un grand photographe, dont les qualités reflétaient celles de homme, si bien qu'en soulignant les mérites de l'un, on souligne aussi ceux de l'autre.

Accompagné de son Leica, il ne cherchait pas à traquer, en vaines recherches formelles, le rien, l'absence, la vacuité minérale du monde. Pas davantage, il ne cherchait à saisir au vol les convulsions de l'actualité, la violence exhibitionniste des individus, la complaisance dans l'horreur, la cruauté ou la misère dont notre société voyeuriste se délecte.

Homme de cœur, homme de pudeur, Gérard Rondeau suggérait. Il captait les traces, les indices, les reflets, ce qui reste du drame ou le laisse présager. Il pariait sur l’intelligence du spectateur aussi bien que sur sa sensibilité. Et grâce a lui, à son regard, à ses cadrages exacts qui devaient beaucoup aux leçons d'un Cartier-Bresson, aux rythmes surprenants et inévitables à la fois de ses noirs et de ses blancs, on lisait les épreuves ou les leçons de la vie déposées sur le visage d'un artiste, d’un écrivain ou d'un inconnu, peu importe, les tragédies de la Grande Guerre sur un paysage champenois un siècle plus tard ou la peur, la tension d'une guerre civile en Bosnie quand s'instaure un provisoire accalmie ...

Gérard Rondeau, en ce sens, était un photographe sans complaisance. Autant dire que sa disparition nous laisse inconsolable.

Poser le monde

Choisir, faire le tri, sélectionner, donner à voir en quelques clichés le produit de quarante années de photographies. Entreprise impossible et pour tout dire, un rien superflue. Ces six clichés-là ont donc été retenus selon un critère simple ! nous les aimons. Il y en a d'autres, beaucoup d'autres, mais la place manquait.


Au Grand Palais (1998) dont Gérard Rondeau photographia beaucoup les réserves


Rondeau s'est illustré dans l'art du portrait. Ici, l'écrivain ardennais André Dhôtel (1987).


Reims, 1989 : vol d'étourneaux au-dessus de la cathédrale.


Le photographe pendant une séance de pose pour les besoins de son livre « La Grande Rivière Marne » (2010). Gérard Peyron


Le quatuor de chambre Ysaÿ au Café du Palais à Reims, mai 1989


Sarajevo, janvier 1994


Le chanteur Alain Bashung en aviateur à Chavenay-Villepreux (1989)

LES OBSÊQUES HIER A TRÉLOU-S'UR-MARNE

•.- Les obsèques du photographe ont été célébrées, hier matin dans la petite église de Trélou-sur-Marne, le village de l'Aisne où Gérard Rondeau avait choisi de résider en 2006.

•.- Quelques 300 personnes étaient présentes, dont beaucoup d’artistes, d’écrivains et de journalistes

•.- Le CHIFFRE : 2007

L’année où Gérard Rondeau avait été élu meilleur artiste plasticien, lors des Globes de Cristal.

•.- PRÈS DE TOULOUSE, LA DERNIERE EXPO

Par un curieux clin d'œil, « J'avais posé le monde sur la table », l'exposition que le photographe avait consacrée, cet hiver à Reims, à ses quarante ans de carrière, s'est transportée ensuite au château de Laréole près de Toulouse où elle s'achève ... aujourd'hui même !

Jean-Paul KAUFFMANN

Extraits de l' union du 18/09/2016

Gérard Rondeau s'en est allé

Le photographe marnais âgé de 63 ans est décédé, hier à l'hôpital Henri-Mondor de Créteil, vaincu par une cruelle maladie qu'il a combattue tout l'été.


Portraitiste aux instantanés d'exception. Gérard Rondeau a parcouru le monde

L’ESSENTIEL

•.- 1953: naissance à Châlons-sur-Marne, 'aujourd'hui . Châlons-en-Champagne.

•.- 1990-2000: collabore pour « Le Monde » aux séries de portraits d'auteurs contemporains et d'artistes.

•.- 1989-2004: accompagne Médecins du Monde sur différents théâtres de conflits et est très marqué par la violence qu'il y voit.

•.- Grande Guerre: il revient sur le Chemin des Dames avec l’écrivain Yves Gibeau, et y réalise un important travail d'histoire.

Entre Gérard Rondeau et la photo, ce fut une histoire d'amour, celle de la rencontre d'un artiste sensible, délicat, élégant, émouvant et un monde cabossé, violent, éreintant, désespérant dont le patrimoine, la nature et les peuples méritent d'être visités, représentés avec pudeur dans leur proximité pour forcer un rien l'espérance. « Je suggère plus que je montre. Je fais en sorte que mes images ne soient pas démonstratives », confiait-il. Marnais et fidèle à cette terre qui l'a vu naître, il lui a consacré en 2010 une épopée et, depuis une péniche studio, il a mis au jour la rivière Marne autrement. Pour la réconcilier avec ses riverains qu'il a mis en lumière. Ce qui fera un film aussi.

« Je m'approprie des bouts du monde pour les partager »

Gérard a parcouru le monde. On le connaît sur tous les continents parce que son regard puissant via l'objectif a irradié l'humanité d'une grâce infinie. « Grâce à Cartier-Bresson j'ai compris que la photographie était un art, une expression entière », assurait-il. Ses portraits attestent à jamais, par le miracle du noir et blanc, cette authenticité retrouvée à la source. Cette gravité était sa façon de nous approcher, de nous séduire ou de nous bousculer puis, en pèlerin, d'interpeller le monde du Grand Palais à la Maison européenne de la photographie de Paris, à la National Gallery de Jakarta, du festival de la Luz à Buenos Aires au musée de l'Élysée à Lausanne, de New York à Istanbul en-passant par Sarajevo ou Rome jusqu'au Cellier de Reims où il avait présenté une rétrospective de quarante ans de travaux. L'exposition s'appelait : « J'avais posé le monde sur la table ». Il reconnaissait : « Je m'approprie des bouts du monde pour les partager. Si les gens s'arrêtent, ne serait-ce que trente secondes, c'est magnifique. »

En voyageur de l'extérieur et de l'intérieur, il a redonné du sens à des visages célèbres et apportant ce plus qui fait la différence entre l'image commune et la photo qui fait signe à ceux qui prennent le temps de se l'approprier. Gérard était un garçon chaleureux, exigeant et bienveillant, porteur des vraies valeurs humanistes, celles que sa maman institutrice a transmises à tant de générations de petits Châlonnais, Gérard a tiré le portrait de figures de la chanson, du cinéma, de la mode, de la littérature, d'lggy Pop à Clint Eastwood, de Peter Falk à Christian Louboutin, de Serge Reggiani à Christian Lacroix, de Géraldine Chaplin à Isabella Rossellini, de Paul Bowles à Alain Bashung. Il s'est aussi arrêté auprès de gens d'ici. Qui a oublié ce portrait de l'abbé Guillemin, le curé de Congy ?

Dans sa maison proche de Trélou-sur-Marne, il y avait toute son histoire et cette possibilité de se ressourcer loin du bruit et de l'agitation du monde, de se souvenir d'un compagnonnage de quinze ans avec Médecins du monde. Son ami Jean-Paul Kauffmann aimait à le décrire : « Il sait se faire oublier, se fondre dans le décor. C'est tout le talent d'un grand photographe, cette façon de saisir l'instant parfait, le moment juste. » Avant d'ajouter : « Il me fait penser à cette phrase : " l'universel, c'est le local sans les murs ’’. Ses photos incarnent merveilleusement cette définition. » Gérard a, par son attention portée aux personnes, aux gestes et aux manières qui font la vie de chaque jour, donné une vraie épaisseur à son œuvre. Il aimait sa famille, il aimait les gens et, jusqu'au bout, il a offert aux siens dans l'épreuve de la maladie une leçon de vie. Gérard était un homme de cœur. C'est pourquoi il restera présent dans le nôtre. C'est pourquoi nous partageons la peine de ses proches.

Hervé CHABAUD

Extraits de l' union du 15/09/2016

Les voyages intimes de Gérard Rondeau

Portraits, paysages, reportages de guerre ... Au Cellier de Reims, le grand photographe expose les travaux de 40 ans de photographie jusqu'au 06 février 2016

« Mon truc, c'est la liberté ». Ne pas me bloquer des dates, mais en revanche me donner des contraintes. On n'est jamais meilleur qu'avec des contraintes. » Bernard Sivade

Le lieu est superbe. Dans l'écrin du Cellier, le nouvel espace d'exposition de Reims, les photos de, Gérard Rondeau semblent magnifiées, si tant est qu'elles aient besoin de l'être. Il y a là quelque deux cents clichés, petit ou grand format, la plupart noirs et blancs (sa marque de fabrique), ordonnés par thèmes ou correspondances sensibles et subtiles. Il y a là surtout le produit de presque quarante années de photographie, Ce n'est pas pour autant une rétrospective mais une exposition monographique, au sens où elle brasse en quelques regards l'univers, l'évolution et les lignes de force d'une œuvre qui, malgré les années, a gardé sa cohérence et son unité.

Puisqu'il faut bien commencer par un bout, on évoquera d'abord le portraitiste Rondeau, genre dont il est l'un dès représentants les plus puissants et doués. L'exposition n’en est pas avare qui donne à voir beaucoup de ses plus belles réussites, réalisées presque toujours pour le journal Le Monde, à l'aide de son fidèle Hasseblad. Dans ce défilé sensible, se côtoient les visages et silhouettes d'écrivains, de plasticiens, de musiciens fameux: Paul Bowles, Bashung, Louise Bourgeois, Albert Cossery, Soulages ou Roy Lichtenstein ... Tellement d'autres encore dont le photographe garde un souvenir prégnant.

Devant l'écrivain et poète Claude Aveline, par exemple, Rondeau alors âgé de 35 ans (il en a aujourd’hui 62) était plus occupé à écouter son honorable modèle lui parler de Gide ou Anatole France - qu'il avait connus (1) - que de faire sa photo. « Il m'a appris qu'il faut toujours garder le contrôle, en toutes circonstances » explique le photographe. Chacun de ces « exercices silencieux », comme il les définit, est aussi une mise en scène, théâtrale et discrète à la fois. Ce paradoxe en appelle un autre, qui semble - mais semble, seulement - opposer l'instantané à la pause « qui n'ont rien d'antinomique », dit-il.

Dans tous les cas, les modèles donnent l'impression de se livrer sans résistance, complices et comme portés par un clair-obscur obstiné. Ce que le photographe résume en une formule qui dit tout : « Les gens ressemblent toujours aux lumières qui les entourent ».

De la lumière et des ombres, il y en a aussi beaucoup dans ce qui constitue un autre pan important de son travail, le compagnonnage qu'il vécut, quinze années durant avec « Médecins du monde, sur des théâtres autrement plus dramatiques et douloureux. Mais qu'il soit au Sri Lanka, à Sumatra ou Sarajevo, Rondeau prend toujours soin de ne rien voler, « j'essaie que les images ne soient pas démonstratives. Je propose un voyage, de souffrance parfois, que le spectateur s'approprie comme il l'entend. Je suggère plus que je ne montre ».

C'est sa façon à lui d'être présent au monde sans vraiment y être, ou plutôt en effectuant un pas de côté, avec cette volonté de soulever un pan du réel pour y dénicher les mystères et non-dits. C'est ce qui le distingue des photos reporters qu'il tient pourtant en haute estime. La plupart de ses photos témoignent de ce regard décalé qu'il porte aussi bien sur le tour de France, les grands musées, les pays qu'il aime (Maroc), les traces des guerres, dont elle de 14-18, ou sa ville natale.

Reims. la Champagne et l'affection qu'il porte à ce qui l'a façonné - des rues, des lumières, un café -, constitue le dernier volet de cette plongée intime dont on gardera quelques images touchantes : le capharnaüm de son défunt ami, l'écrivain Yves Gibeau, telle sculpture de Saint-Marceaux, une gare ferroviaire illuminée et plus encore une cathédrale démultipliée, cathédrale au crépuscule striée d'étourneaux ou martyrisée par le biais d'un négatif passé sous la flamme. À chaque fois, Rondeau dit qu'il photographie pour garder en lui « ces bouts de quotidien, de murs, de chemins de pierres... je m'approprie des bouts â« monde pour les partager. Si les gens s'arrêtent, ne serait-ce que trente secondes pour les regarder, alors, c'est magnifique ». Et c'est magnifique.


D'après un poème du Rémois Roger Gilbert-Lecomte. un clin d'œil à Man Ray.


Au Bénin (2003) : « J’aime les lieux où il ne se passe rien »

   

Gérard Rondeau commente trois de ses portraits

3 QUESTIONS À J.-P. KAUFFMANN

«  Lancinant et mélodique ... »

J.-P. KAUFFMANN et Gérard Rondeau sont des amis de trente ans. L'écrivain signe l'un des textes qui accompagnent le livre de l'exposition.

•.- Vous parlez de ses idées, le photographe ?

Il va peut-être me maudire mais je vois ce côté janséniste qui caractérise son identité champenoise, mélange de grâce et de rigueur, De ce point de vue, Gérard est profondément champenois. Il joue beaucoup sur les contrastes, le noir et le blanc, la lumière et les ténèbres. Ses photos donnent souvent à voir quelque chose - une silhouette, un chemin, un objet - qui semble surgir d'une trouée de lumière. Il y a un côté lancinant dans ces images au sens où elles vous poursuivent. Où elles retentissent et chantent dans notre mémoire. Quelque chose de lancinant et de mélodique. oui, c'est cela

•.- Le tableau que vous lui r:ansaaez, vous évoquez

Il est discret dans la mesure où il dégaine et rengaine son appareil sans se faire voir ou remarquer. Il sait se faire oublier, se fondre dans le décor. C'est tout le talent d'un grand photographe, cette façon de saisir l'instant parfait, le moment juste ... Il ne faut pas rater ce moment parce qu'une photo ne se rattrape jamais, Ce n'est pas à la portée de tout le monde

•.- Comment interprétez-vous cette exposition ?

Je la vois surtout comme une sorte de retour d'un double voyage, intérieur et extérieur. Gérard a beau être très ancré en Champagne, il voyage beaucoup et ses racines sont dans le monde. Dans le fond, il me fait penser à cette phrase de je ne sais plus quel écrivain portugais : l'universel, c'est le local sans les murs. Ses photos incarnent merveilleusement cette définition.

En remontant la Marne


« Sur la Marne », comme un parfum d'image d'enfance.

C'est une des aventures les plus excitantes et originales menées par le photographe ces dix dernières années. En 2010, Rondeau remonte la Marne à bord d'un bateau transformé en studio, De Langres à Paris, la balade s'étire sur 525 kilomètres et dure 45 jours durant lesquels à chaque étape, le photographe invite près de 150 personnes, la plupart anonymes, à monter à bord et à raconter la relation singulière qu'ils entretiennent avec la plus longue rivière de France. Tous ces entretiens sont filmés.

Dans cette plongée attendrissante, il y à tout Rondeau : l'attention portée au quotidien, à la proximité, le rapport à l'enfance sans doute. Ces entretiens donneront la matière d'un film. « Un bateau sur la Marne » projeté l'année suivante; depuis le pont d'une péniche Freycinet vers les quais d'une quinzaine de villes étapes. Le périple a également donné la matière d'un livre  « La grande rivière Marne », toujours disponible) dont on retrouve beaucoup de photographies dans l'exposition du Cellier. Sur fond de paysage, les personnages y apparaissent toujours. à travers un cadre. On y reconnait notamment Jean-Paul Kauffmann qui s'est inspiré de cette aventure pour écrire son livre « Remonter la Marne » en 2013.

REPÈRES

•.-  Au nouveau Cellier de Reims

Au CeIIier 5 rue de Mars  du mercredi au dimanche de 14 à 18 h Jusqu'au 6 février. Entrée gratuite,

•.- Un livre avec l’exposition    

Un beau livre (Editions Equateurs) accompagne l'exposition. « J'avais posé le monde sur la table » est agrémenté de textes de sept écrivains, photographes ou critiques d'art dont Bernard Franck, Bernard Noël ou Jean-Paul Kauffmann (59 €, 288 pages).

•.- Infos WEB

Sur reims.fr ou infoculture-reims.fr

•.- Téléphone

Pour contacter le Cellier aux heures d'ouverture : 0326777515

•.- Des films et des débats

Gérard Rondeau est aussi le réalisateur de films qui seront projetés pendant l’expo, notamment « Un bateau sur la Marne ». Des rencontres-débats sont également prévues avec des personnalités du monde de l’art.

•.-LA PHRASE

« Je suggère plus que je montre. Je fais en sorte que mes images ne soient pas démonstratives ». Gérard Rondeau.

Giles GRANDIPERRE

Extraits de l' union du 11/08/2015

  

    

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Anne Roumanoff

« La maturité, c'est savoir que les choses dépendent de nous »

Son nouveau spectacle a affiché complet tout au long des cent  représentations à Paris. Avant son passage le 8 mars à Revin, nous avons rencontré Anne Roumanoff


 Après quatre représentations aux Etats-Unis. Anne Roumanoff sera dans les Ardennes mardi prochain.

Fin février 2016, celle qui figure depuis des années parmi les humoristes préférés des Français se produisait à Los Angeles, San Francisco, Boston et New York - une première avant d'arriver en mars en Revin! Au lendemain de sa dernière représentation parisienne, nous avons retrouvé Anne Roumanoff.

•.- Comment avez-vous imaginé ce spectacle baptisé « Aimons-nous les uns les autres » ?

J'ai choisi le titre au mois de décembre 2014. Je sentais beaucoup de tensions dans la société française, j'avais envie de proposer un spectacle très ancré dans le quotidien, qui traite les problèmes de l'époque. Après les premiers attentats, le titre a pris une signification différente.

•.- Dès l'ouverture de rideau, vous évoquez votre âge, Depuis le 25 septembre, vous avez 50 ans. Le temps qui passe vous préoccupe ?

Comme tout le monde! Pas forcément dans le sens esthétique mais je m'interroge sur le sens Queje donne à ma vie.

« Ce qui m’intéresserait vraiement beaucoup, c’est d’écrire quelque chose de plus long »

Anne Roumanoff

.-  A cet âge où on fait le bilan, quel est le vôtre ?

Le bilan est temporaire. Mes interrogations ne portent pas sur ce qui s'est passé, mais plutôt sur où je veux aller dans l'avenir. Ce qui m'intéresserait vraiment beaucoup, c'est d'écrire quelque chose de plus long. je m'en veux de ne pas l'avoir encore fait. Surtout quand je vois tous mes collègues créer des films, des pièces ... j'espère y arriver dans les prochaines années.

•.- « Le bonheur dépend de moi, le bonheur est en moi, déclarez-vous . sur scène. C'est votre façon pour vous, dans la vie de tous les jours, d'accéder au bonheur ?

Quand on est jeune, on pense que si on possède, on sera plus heureux, on attend le bonheur de l'extérieur. La maturité, c'est savoir que les choses dépendent de nous. Le bonheur est une manière d'appréhender l'extérieur, de réagir à ce qui nous arrive. Évidemment. il y a des événements sur lesquels on n'a pas de prise.

.-  « Ce qui compte, ce n'est pas ce qui t'arrive, c'est la manière dont tu prends les choses . D'où vient cette philosophie que vous prêtez à l'un de vos personnages ?

C'est une phrase que mon père prononçait souvent. Mais on ne peut pas tout bien prendre. Quand quelqu'un meurt, ce n'est pas facile à vivre. C'est une phrase plus facile à prononcer Qu'à appliquer.

•.- Vous consacrez un sketch au mariage gay, que vous traitez d'une manière inédite. Vous incarnez Isabelle, une maman un peu ivre, qui marie sa fille Bénédicte à Émilie. Où êtes-vous allé chercher cette histoire ?

J'avais envie de traiter du mariage gay. Je trouve intéressant d'incarner une femme qui essaie que le mariage se passe bien, mais, en même temps, elle a des petits dérapages, elle n'est elle-même pas très heureuse dans son couple.

•.- Votre public compte énormément de gays. Comment l'expliquez-vous ?

Les gays ont du goût! (Sourire.) Plus sérieusement, les gays ont toujours aimé les femmes avec des fortes personnalités. À mes spectacles, je vois des petits couples qui se tiennent la main. C'est mignon !

•.-  Sur ce sujet de l'actualité et/ou sur d'autres, pensez-vous pouvoir contribuer à ouvrir l'esprit des citoyens ?

Je n'ai pas cette prétention. Les gens rient beaucoup quand ils viennent voir mes spectacles, mais je ne me contente pas de proposer une accumulation de vannes. Ce qui m'importe, c'est que l'humour ait un sens. On est tellement dans une époque qui manque de sens que c'est important d'en donner à des mots.

•.- Vous dressez le portrait d'une conseillère municipale très très à droite. Pensez-vous avoir un rôle à jouer en politique ?

Je ne sais pas. J'avais envie de parler du FN, qui représente presque 6,8 millions de personnes en France, en dehors de la condamnation habituelle. J'ai pris le biais de cette femme un petit peu bébête qui se retrouve en contradiction lorsqu'elle tombe amoureuse d'un Arabe. je propose un sketch qui peut à la fois plaire aux gens du FN, aux anti-FN, et qui, je pense, ne met pas mal à l'aise. Ce sketch a été très compliqué à écrire.

•.- Avec beaucoup d'humour, vous évoquez la COP21. Au quotidien, quels sont vos gestes pour ralentir la dégradation de la planète ?

On a des grands débats avec mon mari à propos des bains. Il dit que c'est très mauvais pour la planète. Donc, il hurle dès que je remplis la baignoire au-delà de la moitié. Mais bon... Moi j'aime prendre des bains ! J'aimerais que ma poubelle soit moins volumineuse. Mais, c'est compliqué, tous les produits sont vendus sous emballage.

•.- À plusieurs reprises, votre spectacle évoque la téléréalité. Notamment lors de ce sketch où une étudiante, Mélanie, est face à la conseillère d'orientation. Pourquoi ce genre marque-t-i1 autant la société ?

En tout cas, la téléréalité marque beaucoup les jeunes. Mélanie est une gamine qui cherche à s'orienter avec les modèles de la téléréalité. C'est le cas de beaucoup de jeunes qui n'ont pas tellement de structure, de culture, et qui, par conséquent, prennent pour références des gens décérébrés. je suis même fascinée que mes deux filles, que je trouve intelligentes, en toute modestie, regardent "L'incroyable famille Kardashian".

•.- Si vous aviez leur âge, vous regarderiez aussi ?

J'espère que non! (Rires.)

•.- Jeune fille, quel métier rêviez-vous d'exercer ?

À la conseillère d'orientation, quand j'avais dit "comédienne". elle m'avait répondu : « C'est bouché ! Faut regarder dans les brochures... Comédienne, il y a 90 % de chômeurs.» Dans la brochure, il était mentionné "métier très aléatoire".

•.- Vous dressez aussi un portrait de parents englués dans leurs problèmes. Pensez-vous qu'il soit plus difficile aujourd'hui qu'hier d'être parents ?

Certainement ! Les modèles sont éclatés. Chaque parent fait son propre cocktail. Du coup, pour les enfants, il n'y a plus de cadre précis : mais pour les parents non plus. Donc chacun fait comme il le sent. Il y a plusieurs manières d'exercer sa parentalité. Comme je l'explique sur scène, il y a la mère qui connaît Marcel Rufo par cœur, il y a l'agressive, il y a la déprimée ... Toutes des mères qui sont cinglées, excessives dans leurs comportements.

•.- De quel côté vous situez-vous ?

J'imagine que je suis un peu toutes les mères à la fois...  

Le décès de son père

Au mois de décembre, alors qu'elle enchaînait les représentations, Anne a perdu son papa dont elle était très proche. « Il avait été malade pendant trois semaines. On sentait la fin approcher. Ça a été très douloureux de perdre papa. J'ai su qu'il était mort à 18 heures, je l'avais quitté à 14h15.À 20 heures, je montais sur scène. Pendant le spectacle, il y a eu des moments où j'états un peu absente, mais j'ai fait le spectacle. C'est la preuve qu'on peut jouer même quand on est secouée et triste. C'est la magie de la scène... Quand les lumières s'éteignent, on passe dans une autre dimension. C'est un miracle ! »

 

Propos recueillis par NICOLAS DEWAELHEYNS

Extraits de l' union du 06/03/2016


On a la liberté d'expression, exerçons-la !»

Dans son spectacle ({Aimez-vous les uns les autres », Anne Roumanoff taquine les politiques. Pas pour critiquer ni dénoncer, simplement pour faire rire,


Anne Roumanoff, 50 ans, est l'auteur de douze one woman show. AFP

•.- Volte spectacle s'intitule : « Aimez-vous les uns les autres », mais vous dites qu'il n'est pas « cucul les petits oiseaux », et que vous y dénoncez des choses. Que dénoncez-vous ?

En fait, je ne me reconnais pas dans le mot dénoncer. C'est un spectacle qui parle de l'époque actuelle et de la difficulté des relations entre les gens. Ça va du mariage gay, aux derniers événements politiques, à la crise économique ... Il y a un sketch où je fais chanter aux gens une chanson sur Pôle emploi, un autre sur une Américaine qui critique le pessimisme des Français. Il ne s'agit pas de critiquer ni de dénoncer, je fais rire les gens.

•.- Y a-t-il des sujets que vous vous interdisez ou que vous jugez trop délicats à aborder dans vos spectacles ?

Non, on a.la chance de vivre en démocratie. Dans l'absolu, on peut et on se doit de rire de tout. Après, chaque humoriste fixe ses propres limites selon sa sensibilité. Il faut avant tout que j'aie quelque chose de drôle à dire sur un sujet. Je ne vais pas faire un sketch sur les djihadistes et faire un truc mauvais. J'ai fait rire après les attentats, en évoquant la déchéance de nationalité. Mais ce n'est pas parler du terrorisme directement. Tout est possible, c'est une question d'angle. Les attentats de Charlie nous ont montré que c'était essentiel d'être libre. On a la chance d'avoir la liberté d'expression, exerçons-la !

•.- Qu'ont changé les attentats dans les salles de spectacles, et dans votre façon de faire de l'humour ?

Les attentats de novembre ont changé ambiance dans les salles. À Paris, il y a eu un moment assez long où la fréquentation s'est réduite. j'ai eu la chance de ne pas trop en souffrir car j'avais beaucoup de réservations à l'avance. Mais ce n'est pas plus compliqué de faire rire après les attentats. Au contraire, je crois que plus ça va mal, plus les gens ont envie de rire. Ils sont plus reconnaissants qu'on leur fasse oublier leurs soucis pendant 1h 45.

•.-Vous faites évoluer votre spectacle en fonction de l'actualité, et en lisant les commentaires des sites d'information. Qu'est ce que cela vous inspire ?

Les gens qui laissent des commentaires sont souvent ceux qui ont des opinions extrêmes. Je les survole, je ne les lis pas tous car on peut se taper 98 % de choses inintéressantes, mais il y a des pépites, des angles, des manières de voir qui sont intéressantes. Comme dans les conversations de bistrots.

« On a tendance à taper plus sur le pouvoir. Lest toujours plus drôle de taper sur des gens puissants »
Anne Roumanoff

 •.-Vous dites vouloir taper autant sur la gauche, que sur la droite et le FN. Est-ce que parce que vous ne voulez pas déranger une partie de votre public ?  Cela vous gêne de vous engager ?

Je ne suis pas homologuée humoriste de droite, ni de gauche. Mes positions anti-FN sont connues. On a davantage tendance à taper sur le pouvoir. Quand il y avait Sarkozy, j'y allais plus sur Sarkozy. Maintenant j'y vais un peu plus sur Hollande. C'est toujours plus drôle de taper sur des gens puissants. J'essaie d'équilibrer, ça dépend de l'actualité, des réactions du public... Pour taper sur l'opposition, il faut qu'il y ait des figures fortes qui émergent. À droite, c'est surtout Sarkozy qui fait rire. Des vannes sur Fillon ou Juppê, on peut en faire une ou deux mais ça va pas très loin.

•.- Que pensez-vous des humoristes engagés comme Sophia Aram, Stéphane Guillon ou Didier Porte ?

Je les aime beaucoup tous les trois. Ils prennent des risques alors qu'on vit dans une époque un peu tiède. Les gens qui vont parler de politique et de choses dérangeantes sont plus intéressants que ceux qui vont faire un sketch en disant «oh la la je suis accro à mon iPhone ». Je suis plus admirative de leur travail.

•.- Quels sont les humoristes que vous appréciez aujourd'hui ?

Je ne réponds pas à cette question parce que ça vexe toujours des gens. J'aime bien tout le monde, moi. À partir du moment où un humoriste a pignon sur rue et a un public qui le suit, il a une légitimité. Je ne vais pas faire un classement de mes collègues ... Dans la nouvelle génération, il y en a plein qui sont très doués.

Propos recueillis par Rémi HAVYARIMANA

Extraits de l' union du 30/01/2016

  

    

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Demis Roussos

 L'étonnant hommage

Le 15 juin 2016, le chanteur aurait eu 70 ans. Pour marquer l'événement, un musée qui lui est entièrement consacré a ouvert ses portes. C'est à Nijkerk, aux Pays-Bas.


Ce sont les deux enfants du chanteur. Cyril et Emily qui ont inauguré le musée consacré à leur père.
Dick van Breda

A SAVOIR

Demis Roussas Museum

Où ? à Nijkerk, au 65b Oude Barneveldeweg. La cité est située dans la province de Gueldre. f au centre des Pays-Bas. 1

•.- Quand ? Le musée est ouvert les vendredi et samedi de 11 à 17 h.

•.- Tarif 6.50 € sur intemet.

•.- Plus d’infos sur le site  www.demisroussosmuseum.nl

La Suède avait son musée ABBA. Voici maintenant le musée Demis Roussos. Et c'est aux Pays-Bas qu'est situé le tout nouvel établissement rendant hommage au chanteur grec. Pour en savoir plus, nous avons rencontré Bert van Breda, son fondateur. Et la fille de l'artiste, Emily Roussos. Interview croisée

•.- Comment est née l'idée de ce musée ?

Bert van Breda (B.v.B.) Depuis que j'ai rencontré Demis Roussos, en 1977 - j'étais alors journaliste pour une gazette régionale -, je suis un grand collectionneur de tout ce qui le touche. Très vite, nous sommes devenus amis. Des dizaines, des centaines de fois, en rigolant, il m'a dit : «Tu pourrais ouvrir un musée ! » L'idée m'a vraiment paru comme une évidence après l'enterrement de Demis, en janvier 201S. J'avais déjà un lieu : la station 192TV,une chaîne de télévision néerlandophone créée avec mon ami René Kroon, destinée à un public plus âgé et qui propose des clips musicaux des années 60, 70 et 80. Le concept est de proposer au public de visiter le musée consacré à Demis et de pouvoir assister à l'enregistrement d'une émission.

•.- Comment avez-vous accueilli l'idée de ce projet concernant votre père ?

Emily Roussos (E.P.)Avec autant de recul possible (Rires)! L'idée que mon père se retrouve dans un musée m'a paru, de premier abord, assez étrange. Pour moi, il était un père avant d'être une star. Avec un peu de temps et compte tenu de la responsabilité de l'image de l'artiste que nous portons à présent avec mon demi-frère, Cyril, il nous a semblé essentiel pour les fans d'avoir une sorte de lieu « gardien » où certains pourraient se recueillir, d'autres découvrir des articles ou des objets ayant pu compter à certains moments clefs de sa vie ou de sa carrière. Nous sommes donc partis à la recherche de documents, de traces. Il fut, par exemple, très émouvant de tomber sur son tout premier permis-de travail datant de la période où il arrivait à Paris, avec les Aphrodites.

•.- Que peut-on voir dans le musée ?

(B.v.B.) Disques d'or, awards, contrats, tenues de scènes ... Les visiteurs vont pouvoir découvrir une ribambelle d'effets personnels. Nous avons créé un espace télévisuel, unique, où seront projetées toutes les performances télés de Demis, ainsi qu'un immense calendrier de sa vie dans lequel les fans pourront se promener. Il débute à Alexandrie, en 1946.

•.- Qui a financé ce projet ?

(B.v.B.) Moi-même, sans aucun subside du gouvernement Nous aurions bien aimé évidemment. Mais nos demandes ont été rejetées.

•.-  Quelles étaient vos relations avec Demis Roussos ?

(B.v.B.) Excellentes. Sous les meilleurs auspices. Nous partagions l'amour de la musique, du champagne et des femmes.

•.- Et vous Emily, avec votre père ?

Bien que rares du fait de ses nombreuses absences, nos relations furent assez douces, presque tendres, du moins durant mon enfance. Aujourd'hui, lorsque je songe aux longues périodes que je pouvais passer sans le voir, je ressens comme des manques. Lorsque j'ai grandi, à l'adolescence, nous avons connu de nombreuses frictions, donc certaines, je dois bien l'avouer, assez virulentes. Ces dix dernières années, nous nous étions considérablement rapprochés. Nous avons travaillé ensemble ce qui nous a permis de nous confronter au quotidien et de découvrir, jolie surprise, que nous étions, au fond, terriblement semblables ! Dans ma vie, à chaque fois que j'ai eu un souci réel, c'est vers mon père que je me suis tournée. Lorsque l'heure était grave, il avait une façon bien à lui de réagir, efficace, rassurante. Alors, les formes n'y étaient pas toujours, mais le fond, lui, le cœur était bel et bien présent. C'est la seule chose qui compte !

•.- Vous avez, on s'en souvient, réalisé un documentaire sur votre père. Pour le connaître davantage ?

On peut dire cela, oui. Et n'est-ce pas également en comprenant d'où l'on vient que nous pouvons « tirer le fil de notre histoire » afin d'avancer un peu mieux dans nos vies ? En tout cas, pour moi, pour mon chemin en tant que femme, mère, et fille, ce voyage avec mon père fut essentiel.

•.- La nouvelle génération a tendance à l'ignorer mais votre père a vendu plus de 60 millions de disques ...

J'ai beaucoup voyagé avec mon père ces dix dernières années et me suis rendu compte que sa cote de popularité dépendait totalement des pays que nous traversions. En Amérique du Sud, ou encore en Australie par exemple, sur un stade de 6.000 personnes, nous comptions autant de jeunes d'une vingtaine d'années que de seniors ... En Europe, il est vrai que son public est plus âgé. Je ne peux pas vous l'expliquer. Peut-être est-ce dû tout simplement, tout bêtement ai-je envie de dire, à un manque de culture musicale probante chez cette nouvelle génération!

•.- Au sommet de sa gloire, pour qualifier ses extravagances, la presse parlait d'un « château où les chats étaient nourris au caviar ». Était-ce vrai ?

Absolument ! Nous avions une lionne également, et un grand nombre de chiens. Presque autant que de voitures de collections ! Il est évident que ce qui pouvait passer dans les années 70 comme un fait aussi drôle qu'excentrique, semble à notre époque, en période de crise, aussi honteux qu'indélicat. Ce n'était pas du tout le but recherché. Mon père était un immense épicurien.

•.- Quelle image gardez-vous de lui aujourd'hui ?

Celle d'un papa. Pas d'une star. Un homme fort, puissant, qui marche à grands pas.

•.- S'il était encore là, que voudriez-vous lui dire ?

(B.v.B.) Plusieurs messages lui sont destinés à travers l'exposition. Lui seul pourra peut-être les saisir. (E. R.) Pardonnez-moi mais je trouve cette question trop impudique. Ce que je peux vous dire, en revanche, c'est qu'il ne se passe pas un jour depuis sa mort, sans que je regrette, juste une fois encore, une dernière fois, de ne pouvoir me blottir dans ses bras.

Propos recueillis par Bertrand DECKERS

 Extraits de l' union du 26/06/2016

  

     

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Ève Ruggieri 

Mozart adorait les femmes

L’animatrice de télévision et de radio vient de publier un volumineux « Dictionnaire amoureux de Mozart », dans lequel elle décrit le génial compositeur comme « le meilleur copain qu’on rêve d’avoir ».


Ève Ruggieri avait déjà signé plusieurs biographies d’artistes : Chopin, Pavarotti, La Callas...
Bruno Klein

BIO EXPRESS

*.- 1939 : naissance. Père contrebassiste, mère violoniste. Elle obtiendra le premier prix de piano au conservatoire de Nice.

*.-1960 : entre à l’ORTF. Débute peu après sur France Inter.

*.-1975 : « Le regard des femmes » (TF1).

*.-1982-2009 : anime « Musiques au cœur » sur Antenne 2.

*.-2017 : publication du « Dictionnaire amoureux de Mozart » ; produit un festival de classique dans le Gers ; chaque matin, à 9 h 30 sur Radio Classique, « Ève Ruggieri raconte… »

Coupe de champagne à la main, elle trinque « à l’amitié, à la musique, à l’écriture » . Ève Ruggieri, très loin de faire ses 78 printemps, était invitée par l’association du Jardin des Arts, aux Crayères, à Reims, pour évoquer son récent Dictionnaire amoureux de Mozart (Plon), qui lui a nécessité trois ans de travail.

Quelle a été la genèse de ce livre ?

On était venus me trouver il y a plus de huit ans pour ce projet. J’avais dit oui mais j’ai fini par l’oublier. Il y a trois ans et demi, j’ai reçu une lettre me disant « Si vous ne souhaitez pas faire ce projet que nous attendons depuis X années, veuillez avoir la gentillesse de nous retourner votre avance » (rires) qu’évidemment, j’avais croquée depuis belle lurette. Ce livre, c’est un peu une histoire de rédemption…

Pour ceux qui ne connaissent de Mozart que la légende – le génie précoce, né à Salzbourg en 1756, mort à 35 ans à Vienne en 1791 –, qui était-il ?

Je dis toujours qu’il était le meilleur copain qu’on rêve d’avoir. Il était d’une grande loyauté, capable d’ailleurs de dire les choses assez brutalement, d’une immense générosité, qui adorait les femmes mais pour de bonnes raisons.

Il a écrit plus de 1 000partitions. Quand on voit ce qu’est la créativité aujourd’hui…Vous écrivez qu’il s’adonnait à un « érotisme joyeux ». C’était un grand séducteur ?

Je ne dirais pas ça… Il les connaissait bien. Il épousa Constance Weber, la sœur de son premier grand amour, qui va le tromper. Mais il ne lui en voudra jamais et essaiera de comprendre pourquoi. Ils ont eu six enfants, dont deux seulement survécurent à la petite enfance.

Vous racontez beaucoup l’entourage de Mozart…

Oui, ce XVIII e siècle est peuplé de gens extravagants et géniaux. Quand on voit la vie de (Lorenzo) Da Ponte ! Un abbé expulsé deux fois de Venise parce qu’il saute sur tous les jupons qui passent, qui se réfugie dans l’île où est déjà Casanova, lui aussi expulsé de Venise. Qui devient ensuite poète sous un pseudonyme avant de partir aux États-Unis avec sa troisième femme – là-bas, il sera éditeur, épicier, écrivain, il va créer un opéra, etc. Un personnage insensé !

Mozart était franc-maçon…

Oui, comme son père. Il avait fait entrer son ami Haydn – il l’appelait « Papa Haydn » , et son admiration était réciproque – dans une loge. Il a toujours vécu à leur contact, ce qui lui donnait des idées qui n’étaient pas très loin de celles des encyclopédistes – la liberté, le pouvoir à reconsidérer, le partage des biens, la culture,etc.

Vous tordez aussi le cou à l’image peu flatteuse qui est souvent donnée de son père…

Il était beaucoup plus connu que son fils parce qu’il avait édité la plus fameuse méthode de l’époque pour apprendre à jouer du violon. Quand il s’aperçoit que son fils, à 10 ans, compose déjà une partition, il va mettre sa vie à son service. Il est là, à son côté, par amour, et non pas pour s’enrichir des dons de son fils qui produirait comme un singe savant. À sa naissance, il avait dit : « Dieu a fait naître ce miracle dans notre maison ».

Wolfgang Amadeus passe parfois pour un excentrique…

Il est quand même étrange dans son comportement de tous les jours… Il est capable en plein récital de s’arrêter et de s’amuser à sauter par-dessus les tables, les fauteuils en poussant des cris de Sioux puis de revenir à son piano. Mozart n’est jamais allé à l’école, son père a été son professeur en tout mais seule la musique l’intéressait. Quand il a su lire la musique, il couvrait de chiffres les murs…

A-t-il été quelqu’un d’heureux ?

Oui, il avait vraiment une nature très joyeuse mais qui était parfois un peu « cassée». Dans ses œuvres importantes, il y a toujours un moment où brusquement il y a une espèce de nostalgie déchirante qui bouleverse tout le monde.

A-t-il vécu confortablement jusqu’à sa mort ? Il a parfois été décrit en miséreux…

Jusqu’à la fin, les Mozart ont eu du personnel. Mozart a fini par avoir plein de problèmes de santé : tuberculose, etc. Il est tombé dans le coma, s’est réveillé, a demandé à écouter encore une fois sa Flûte enchantée… Pour son enterrement, il y avait quelques chanteurs, ses proches amis et c’est tout, rien à voir avec celui de Beethoven. Après son décès, il y a eu un état des lieux, sa garde-robe coûtait une fortune, il avait des instruments de prix. Mais l’aristocratie n’allait plus l’écouter, il était démodé et n’avait plus de commandes. Il a eu beaucoup de succès à partir de ses 20 ans. Il a fait un tabac pendant dix ans, notamment avec sa trilogieLes Noces de Figaro, Don Giovanni et Cosi Fan tutte. Mais il n’était pas courtisan. Dans son écriture, il ira vers toujours plus d’épure. Au total, il a écrit plus de 1 000 partitions. Quand on voit ce qu’est la créativité aujourd’hui…

Comment son héritage a-t-il été géré ?

Son épouse, Constance, qu’on a essayé de faire passer pour une imbécile dans pas mal de biographies, s’est comportée formidablement bien. Elle a réussi à sauver les originaux des partitions en choisissant le meilleur éditeur possible. Elle s’est révélée une femme d’affaires remarquable. On va longtemps massacrer les œuvres de Mozart en France et c’est bien plus tard qu’il deviendra incontournable, qu’on va s’apercevoir que c’est un compositeur de génie.

MATHIEU LIVOREIL

Extraits de l' union du 19/11/2017

  

    

  Répertoire  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Olivia RUIZ

  «  C’est Une ode   à la femme en général »

De retour sur scène depuis quelques mois, « La femme chocolat » sera l’une des têtes d’affiche du festival Eclectik Rock qui se déroulera du 2 au 26 novembre à St Dizier


«Lors de chaque concert, je fais voter le public. Je les laisse choisir trois morceaux que je jouerai sur scène », précise Olivia Ruiz. - Christophe Acker

OLIVIA RUIZ EN CONCERT

*.- OÙ ? à la 12 e édition du festival Eclectik Rock, à Saint-Dizier (Haute-Marne), salle des Fuseaux.

*.- QUAND ? vendredi 17 novembre, à 20h30.

*.- TARIF : 25 €.

*.- INFOS : au 03 25 07 31 26 et sur les3scenes.saint-dizier.fr

Elle aura mis quatre ans avant de sortir son cinquième album A nos corps aimants. Quatre ans pendant lesquels Olivia Ruiz n’a pas chômé et est devenue maman. De retour sur le devant de la scène il y a peu, l’artiste, qui fête ses quinze ans de carrière, revient avec franchise sur l’histoire de ce nouvel opus et avec tendresse sur sa maternité. Rencontre avec La femme chocolat qui chante l’amour comme personne.

Avec votre nouvel album « A nos corps aimants » votre cinquième album, la femme est à l’honneur. Peut-on dire que c’est une ode à la femme ?

C’est une ode aux femmes et à la femme en général, à toutes celles qui m’ont inspirée. Je ne sais pas si c’est le fait d’être devenue maman ou d’avoir vu partir une mamma dans la famille mais mon regard est plus admiratif qu’auparavant. Je suis fière d’appartenir à cette partie-là du monde. Ce n’est pas juste le fait de pouvoir enfanter mais le combat que plein de femmes ont gagné pour nous. Ce sont les femmes de nos vies, de notre vie.

Quelles ont justement été les femmes les plus inspirantes pour vous ?

Ma maman, une combattante, toujours avant-gardiste, féministe et libre. Il y a ma grand-mère, mes tantes mais aussi des auteurs-compositeurs, des streets-artistes, des réalisateurs. Ça va de Nikki de Saint-Phal à Françoise Dolto.

C’est pour leur rendre hommage que vous avez voulu faire cet album ?

C’est pour les célébrer mais pas pour elles en particulier. J’ai un de mes amis qui m’a dit : « Tu as fait un album pour les mecs car ça nous permet de comprendre les femmes. »

Vous chantez « Je baise donc je suis ». Ce n’est pas un credo mais il fallait oser le faire non ?

Ça ne me semblait pas osé dans le contexte de la chanson. Cette phrase va dans la bouche d’un personnage qui clame sa souffrance. Il n’est pas rare d’être hyper cru quand la souffrance démarre par de la tristesse et se transforme en colère. Je ne me suis pas posé la question du terme. Dans sa bouche, c’est un cri de guerre, un cri de désespoir. Une façon de dire, ne m’abandonne pas physiquement. En l’écrivant, je ne l’ai pas senti comme quelque chose de gonflé. La première fois où je me suis fait la remarque, c’est en studio. Ma mère baladait mon fils et elle est revenue au moment où je chantais cette phrase. Elle est venue me demander : « Tu as bien dit ça ? Enfin quand même. » Personne en studio n’avait relevé le terme jusqu’ici. « À nos corps aimants » peut être pris comme hypersexuel ou une chanson sur l’amour filial. Dans mes chansons, il y a toujours deux sens diamétralement opposés.

Sur cet album, deux chansons font référence à votre fils. Il a été inspirant pour vous ?

Les deux chansons La Dame-Oiselle et Nino m’Nino ne lui sont pas vraiment dédiées. La première parle du désir de maternité. Je l’avais dans mes cahiers depuis longtemps. Nino s’adresse plus aux mamans. On est toutes pareilles, un peu paumées et démunies de ne pas comprendre leur petit malheur. Au départ, je ne voulais pas mettre la chanson Nino sur l’album car elle porte le prénom de mon fils. Quand on m’a entendue la chanter, on m’a dit : « C’est super ce petit truc ». Finalement, je n’ai aucun regret. J’aime la chanter sur scène.

Justement avant les concerts, vous invitez le public à choisir via les réseaux sociaux certains des morceaux que vous allez interpréter et même à décider de votre tenue. Vous générez une forme d’interaction avec lui ?

Dans le cadre de chaque concert, je fais voter le public sur ce qui va se passer. Je les laisse choisir trois morceaux que je jouerai le lendemain. Je les interroge sur les objets qu’ils voudraient qu’on fabrique pour le merchandising, les lieux dans lesquels ils voudraient me voir chanter. L’idée est de proposer un concert particulier et fait pour eux ville par ville. On propose aussi des crush-zone pour se rencontrer et se faire des potes à l’occasion du concert. On est en lien avec la thématique de l’album qui parle d’amour au sens sensuel du terme.

Et vous alors, c’est quoi votre plus belle histoire d’amour ?

Il y a plusieurs belles histoires d’amour. Ça serait moche d’en choisir une mais je dirais que ma plus belle se résume à un prénom en quatre lettres.

Aurore CHABAUD

 Extraits de l' union du 30/10/2017

  

    

  Répertoire  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Laurent RUQUIER

Les Grosses têtes   font partie de mon ADN

Plusieurs enregistrements de l’émission Les Grosses têtes, de RTL, se déroulent aujourd’hui et demain dans la cité des Sacres. Rencontre avec son animateur, Laurent Ruquier


Laurent Ruquier est aux commandes des Grosses têtes depuis 2014, date à laquelle il a remplacé Philippe Bouvard.
Elodie Grégoire

L’ESSENTIEL

*.- DIFFUSÉE TOUS LES JOURS DE 16 À 18 HEURES SUR RTL, l’émission Les Grosses têtes décentralise parfois ses enregistrements en province.

*.- EN PARTENARIAT AVEC L’UNION, LES GROSSES TÊTES seront ainsi ce mardi 10 et mercredi 11 avril à Reims pour quatre enregistrementspublics (complet) d’émissions qui seront diffusées les 10, 11, 12 et 16 avril.

*.- SERONT PRÉSENTS À REIMS, outre l’animateur Laurent Ruquier, les « Grosses têtes » Bernard Mabille, Philippe Manœuvre, JeanFi Janssens, Steevy, Christophe Beaugrand, Jean-Marie Bigard, Michèle Bernier et Caroline Diament.

Les Grosses têtes viennent de fêter leurs 41 ans. Quels sont les ingrédients de la longévité de l’émission?

C’est le fait d’abord que c’est une émission populaire, de divertissement et qui en même temps fait que l’on apprend des choses. Les gens aiment à la fois rire et s’instruire. Même s’il y a vraiment de la galéjade et des grosses plaisanteries, il n’empêche, on ressort quand même moins bête à la fin de l’émission qu’au début.

Avant d’en prendre les commandes en 2014, quel regard portiez-vous sur les Grosses têtes?

Elles font partie de mon ADN. J’ai écouté les Grosses têtes quand j’étais adolescent, au point même d’enregistrer les émissions. J’ai même animé des émissions sur des radios locales à l’époque qui étaient des versions régionales des Grosses têtes. J’avais appelé ça les Petites têtes, les Bonnes têtes… J’étais vraiment fan, dès 1977. C’est ce qui fait que ça a été plus facile pour moi de rentrer dans les chaussons de Philippe Bouvard quand on m’a demandé de reprendre l’émission il y a 3 ans et demi

Philippe Bouvard n’a pas été tendre avec vous au départ...

C’étaient des petites phrases légitimes. On peut comprendre que ce soit difficile d’accepter que quelqu’un reprenne une émission dont vous avez su tenir les rênes pendant de nombreuses années. C’est un vieux monsieur de plus de 80 printemps aujourd’hui. Je ne vais pas lui en vouloir d’une petite phrase amère sur le fait qu’on lui demande de s’écarter du micro à propos de son émission. Si au bout de 12 ans d’On n’est pas couché on m’annonçait qu’on ne veut plus de moi et que c’est quelqu’un qui me remplace à la présentation, je ne suis pas sûr que je serais le plus joyeux des hommes. Tout ça est humain.

Depuis votre arrivée, l’émission a retrouvé un second souffle avec de bonnes audiences. Quelle est la patte Ruquier dans les Grosses têtes d’aujourd’hui ?

Curieusement c’est ma patte, mais c’est celle aussi du premier Philippe Bouvard. Je suis revenu aux fondamentaux de l’émission. Ces dernières années, Philippe Bouvard avait un peu trop réduit le nombre de Grosses Têtes à uniquement des humoristes chansonniers. On écoutait l’émission et on avait à peu près toujours les mêmes. C’était un club très fermé alors que la grande époque des Grosses têtes, avec les meilleures audiences, c’est celle des années 70-80 quand on y croisait aussi bien Jean Yanne que Jacques Martin, Thierry Le Luron, Rika Zaraï, Jane Birkin, Jean Dutour, Jean-Claude Brialy… Les Grosses têtes étaient tout aussi vedettes que l’animateur. C’était un club VIP. C’était devenu moins ça ces dernières années. Quand je suis arrivé, ça a été ça mon but et je suis content justement d’avoir fait revenir Gérard Jugnot, d’avoir la présence de Gad Elmaleh, Muriel Robin, Stéphane Plaza, Karine Marchand, Philippe Manœuvre.

Comment vous est venue l’idée des enregistrements en province ?

J’ai toujours un peu fait ça avec mes émissions. C’est l’occasion de s’amuser tous ensemble entre Grosses têtes, d’apprendre à se connaître un peu plus en dehors des studios. Quand on est à Paris, le désavantage c’est que chacun a ses activités propres… On ne fait que se croiser. Quand on est en province, c’est vrai que c’est agréable de se dire que pendant 24 heures ou 48 heures on va pouvoir déconner, papoter, s’amuser. Je crois d’ailleurs qu’à Reims, nos amis de chez Ruinart ont prévu de nous régaler...

Y a-t-il une différence entre le public parisien et celui de province ?

Réaliser une émission en province c’est plus agréable car le public qui vient est plus enthousiaste, plus chaleureux, plus dynamique. À Paris, on a souvent une clientèle habituée à venir dans les émissions de radio, de télé, qui est un peu toujours la même, qui est devenue un peu des fonctionnaires du public. L’envie pour eux est moindre et cela se transmet à ceux qui sont à l’antenne.

A quoi peuvent s’attendre les gens qui vont venir à Reims ?

À rire beaucoup j’espère et à voir justement ce qu’on n’entend pas toujours à l’antenne. Ce que l’on peut appeler les interdits des Grosses têtes. Parce qu’évidemment il y a du montage. Parfois quand on va un peu trop loin, cela ne passe pas forcément à l’antenne et ça, quand on est dans le public on l’entend évidemment.

GRÉGOIRE AMIR-TAHMASSEB

 Extraits de l' union du 10/04/2018

  

    

  Répertoire  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

S

Louis Antoine de Saint-Just -  Une tête pas tombée  dans l’oubli

Véronique SANSON - Face à la maladie

Patrick SEBASTIEN - Je ne donne pas de leçon

Élie SEMOUN – Il ne s'interdit rien du tout
Ecrire c’est toujours une échappatoire

Société Nationale de Sauvetage en Mer

STONE - « Complètement Stone »

STROMAE - Luc, le frère de l'ombre bras droit de Stromae

Shirley et Dino   On fait faire un voyage en Italie au public

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Véronique SANSON

Face à la maladie

La chanteuse de 69 ans a suspendu sa tournée pour subir un lourd traitement de radiothérapie


Véronique Sanson, atteinte d'une tumeur, annule ses prochains concerts.

Véronique Sanson va devoir faire une pause. Gilbert Coullier, le producteur de sa tournée, a révélé que la chanteuse de 69 ans était atteinte d’une tumeur. Elle ne se produira pas en novembre comme il était prévu. La priorité, maintenant, c’est son traitement !

La chanteuse de 69 ans, « est dans l’obligation de subir un traitement qui nécessite plusieurs semaines d’immobilisation afin de soigner une tumeur qui a été détectée très récemment », ajoutait le communiqué, sans préciser la nature de la tumeur. Même si le mot cancer n’est pas prononcé, il semble clair que c’est de cela qu’il s’agit…

Selon les informations du magazineCloser, la chanteuse de 69 ans souffrirait en effet d’un cancer de la gorge. Si le communiqué précisait seulement que la tumeur avait été décelée « récemment », l’hebdo people, qui avait aussi annoncé le cancer du poumon de Johnny Hallyday, explique que la maladie a été diagnostiquée il y a trois semaines.

Un traitement à base de radiothérapie « a débuté pour une durée de six semaines, a déclaré son producteur sur RTL.Évidemment après ce traitement elle sera dans un état de faiblesse qui ne va pas lui permettre de monter sur scène, les médecins lui ont prescrit un repos total jusqu’au 23 novembre. Mais elle a le moral, elle est incroyable, aujourd’hui encore elle est en pleine forme ».

Même si le mot cancer n’est pas prononcé, il semble clair quec’est de cela qu’il s’agit…

Selon Closer, la chanteuse pourrait suivre une chimiothérapie si les médecins le jugeaient nécessaire.

« Il ne faut pas être alarmiste, elle a un problème, elle se soigne, il y a un délai pour cela et on devrait repartir le 30 novembre à Tours », a déclaré le producteur.

UNE VIE JALONNÉE DE PROBLÈMES DE SANTÉ

C’est donc une nouvelle épreuve qui s’annonce dans la vie de la chanteuse. Et ce n’est sûrement pas la première ! Sa vie a été jalonnée de problèmes de santé et aussi, il faut le dire, d’addictions diverses, notamment un alcoolisme reconnu par l’intéressée.

Dès ses 15 ans, elle était victime d’un AVC avec coma et amnésie consécutive. Après une période de sage accalmie aux côtés de Michel Berger, la chanteuse avait traversé une période très chaotique après s’être enfuie sur un coup de tête/coup de foudre avec Stephen Stills. Elle connaît la maltraitance, la violence physique et même la séquestration. Une vie très âpre où l’alcool et la cocaïne ont donc joué un rôle important. Mais Véronique Sanson, entre-temps devenue mère, avait continué à vivre aux États-Unis pour ne pas perdre le droit de visite à son fils Christopher.

« J’étais longtemps été en terrain miné, confiait-elle récemment, à cause de la drogue et de l’alcool. J’étais dans une espèce d’ouragan, paumée. Moi qui ne savais rien sur l’alcool et la drogue, j’ai vite appris, pas tellement que j’aimais ça, c’était plutôt pour faire comme tout le monde… »

Alors que le 23 novembre doit sortir son nouveau CD « Duos volatils », où elle chante en duo avec des gens comme Eddy Mitchell, les Chedid, Juliette Armanet et Julien Doré, voilà qu’une nouvelle tuile lui tombe dessus. Pour rappel, les concerts annulés devaient se dérouler à Roubaix (8 novembre), Charleroi (9), Antibes (13), Dammarie-les-Lys (16), Longuenesse (17), Puteaux (18), Lyon (21, 22) et Saint-Chamond (23). Les billets sont remboursables dans les points de vente où ils ont été achetés, indique la production.

Extraits de l' union du 23/09/2018

  

    

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Patrick SEBASTIEN

Je ne donne pas de leçon

L’animateur et producteur publie un livre dans lequel il expose sa théorie du bonheur.  Pour cela, il explore sa carrière, son enfance, ses drames et ses valeurs. Il évoque aussi son image de « beauf ».


« C’est la sincérité, la générosité, qui font le succès. Le mec qui n’est pas généreux, il ne dure pas longtemps »  Cédric Ferrer

Vous publiez un livre qui s’appelle « Le bonheur n’est pas interdit ». Pourquoi choisir ce thème ?

J’ai vécu des choses comme tout le monde, pas plus pas moins. J’ai vécu des deuils profonds, des accidents, la perte d’un enfant, ce qui est hyperviolent, j’ai subi à la télé une pression, une méchanceté qu’on ne peut même pas imaginer, et malgré ça, je suis dans le bonheur. Tout ça, c’est de l’expérience. Et avec mon éditeur on s’est dit : « Pourquoi ne pas essayer de filer quelques clefs à tous ces gens qui se sentent mal, pas à leur place, déboussolés ? ». C’est pour ça que ce livre est un livre de partage. Je ne donne pas de leçons. Je suis d’ailleurs mal placé pour ça. Mais j’ai quand même réussi à soigner mes plaies, et c’est déjà pas mal.

Vous préparez également un nouveau spectacle…

À partir du printemps, je vais jouer quelque chose de beaucoup plus intime que mes spectacles musicaux. Ça s’appellera « Avant que j’oublie ». J’ai envie de dire des choses, sans « Sardines », sans « Serviettes », mais avec des chansons à texte, des photos souvenir, des petits secrets. Je voudrais revenir en arrière et expliquer mon parcours. J’étais un petit gamin qui regardait « La Piste aux Étoiles » derrière la vitrine du marchand de TV parce qu’on n’avait pas de thunes. Et, aujourd’hui, c’est moi qui fabrique cette émission. Pareil pour l’imitation : je voulais être imitateur parce que je n’avais pas de père, pas d’identité et que ça me permettait d’avoir toutes les identités des autres. J’ai envie d’expliquer aux gens comment je suis devenu ça.

Justement, vous êtes devenu Patrick Sébastien, dont vous dites « Je me suis moi-même collé une étiquette de grossier incontrôlable et primaire qui fait hurler de mépris les bien élevés ». Ça ne vous fatigue pas par moments ?

Je subis depuis trente ans le mépris d’une certaine caste, pour qui je suis un gros beauf vulgaire et inculte. Alors oui, j’en ai souffert, mais en même temps c’est mon moteur. Et puis ça m’évite de me prendre pour un autre. Et ça, c’est hyper important : moi, j’ai besoin de la base, de mes amis… Pas d’aller aux Seychelles dans un grand hôtel pour passer le réveillon. J’ai eu la chance d’être ami avec Frédéric Dard. À son échelle, qui n’a rien à voir avec la mienne, il a vécu aussi ce mépris. C’était de bon ton de dire que San Antonio, c’était de la merde. Aujourd’hui, on fait des thèses dessus…

Vous avez l’impression qu’un artiste a moins droit à l’erreur ?

Je les aime les artistes, et je crois que je les connais. J’en suis moi-même un, avec tout ce que ça suppose : des faiblesses, des forces, des failles. Un vrai artiste a forcément des faiblesses, autrement c’est juste un marchand. Alors bien sûr qu’on a raté des choses et qu’on en rate encore, c’est normal. Mais il y a une chose que je sais : tu ne peux pas faire ton métier à l’insu du public ! C’est quand même lui qui décide. C’est la sincérité, la générosité, qui font le succès. Le mec qui est pas généreux, il dure pas longtemps… Et puis surtout, l’artiste en lui-même n’est pas essentiel. C’est pour ça que le truc qui me fait le plus marrer, c’est « la Nuit des Césars ». Ce concours d’ego avec des mecs qui se prennent tous pour le nombril de la Terre. Ça, je peux pas ! C’est tout le contraire de ce que j’aime.

C’est-à-dire ?

Mes potes c’était Léotard, Gainsbourg… Des mecs qui étaient cash, avec plein de défauts, mais avec qui tu avais de vraies amitiés. Et puis je me souviens de ce que disait Frédéric Dard : « On rigole mieux avec des gens intelligents ». Le truc c’est d’arriver à les identifier. Regarde les pochtrons : j’en ai connu des mecs qui traînaient au bout des comptoirs, avec la clope au bec, que personne ne regardait vraiment mais qui étaient capables de te sortir des trucs exceptionnels sur la vie. Les gens intelligents, il y en a partout. Des malheureux aussi. À Monaco ou dans le bar de mon pote Norbert à Carcassonne, j’ai trouvé les mêmes. Les douleurs sont les mêmes, les failles sont les mêmes.

Vous citez souvent Coluche dans ce livre. À quel point vous manque-t-il ?

J’ai eu la chance de le côtoyer. Et c’était quelqu’un de rare. Avec un talent inouï, qui avait des fulgurances incroyables ! Le problème c’est qu’il ne pourrait plus dire grand-chose aujourd’hui. On vient emmerder Baffie ou Hanouna pour rien alors que tu vois des salopards venir parader tous les jours à la télé, des mecs qui piquent du pognon, exploitent les gens et les laissent sans rien. Hanouna, je le connais, c’est quelqu’un de bien. Fondamentalement, ce qui énerve chez lui, c’est que ça marche. Quand j’étais sur TF1 et que ça marchait fort, je l’ai ressenti comme lui le ressent aujourd’hui. C’est comme ça, c’est la jalousie.

« Si vous m’aimez, fermez vos gueules », c’est l’épitaphe dont vous rêvez. Qu’est-ce que ça signifie ?

Ça veut dire : « Quand je serai mort, ne dites pas de bien de moi ». J’ai jamais accepté ni les critiques exagérées ni les compliments démesurés, parce que je ne mérite ni les uns ni les autres. Et puis la postérité on s’en fout, c’est pas intéressant. Ce que je veux laisser, c’est peut-être quelques valeurs.

Vous n’avez pas l’intention de changer…

Arrête ! S’ils commencent à dire du bien de moi, à me reconnaître quelques qualités, à me faire des compliments, je préfère qu’ils attendent que je sois mort. Qu’ils me rendent pas con avant que ce soit fini !

« Le Bonheur n’est pas interdit », XO Éditions, 352 pages, 19,90 €

AMUEL RIBOT

Extraits de l' union du 12/11/2017

  

    

  Répertoire  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Élie SEMOUN

Il ne s'interdit rien du tout

Il n'a qu'un petit rôle dans « LeDoudou », actuellementà l'affiche dans les salles de la région mais c'est un grand moment de rire.


Elie Semoun veut s'impliquer davantage dans le cinéma : il va réaliser « Ducobu 3 » et reprendre son rôle de Latouche

Entre scène et cinéma. Elie Semoun a choisi de ne pas choisir. Puis surtout, à 54 ans, le bonhomme n'a « ni le  look. ni la voix, ni le physique d'un homme de cet âge. » Malicieux, curieux de tout comme un gamin qui s'ouvre à la vie, le «j eune homme » vous fixe et vous sourit dès les premières secondes, toujours aussi excité et enthousiaste à l'idée de se raconter un peu.

Elie, ans « Le Doudou », vous jouez un petit rôle, mals jouIssif pour le spectateur. Pour vous aussi ?

Totalement ! Dans ce film, nous sommes partis sur l'idée de la perte d'un doudou, mais en essayant de la nourrir de péripéties : que peut-il arriver à nos personnages ? Qui vont-ils croiser ? Se succèdent donc des situations et des personnages qui vont vous faire marrer : le vieux châtelain érudit qui se met à raconter l'histoire de son bisaïeul Capitaine de Brigade, la grand-mère un peu fofolle qui a Alzheimer, l'ado qui parle avec un débit de mitraillette ou le maître-chien ex-militaire sous pression ...

Puis moi, dans un rôle complètement décalé aussi... On laisse la surprise aux spectateurs, hein ?

Bien sûr ! Par ailleurs, vous préférez un petit rôle dans un film très réussi, ou un grand rôle mal dans un film moyen ? Votre première proposition me convient bien ! Mais, tant qu'à faire, un grand rôle dans un grand film me va aussi ! Je vais aussi m'impliquer plus au cinéma. Nous allons donc bientôt tourner un « pucobu 3 », pour lequel je serai réalisateur et aussi acteur, car je reprendrai mon rôle de Latouche !

Est-ce que ce mie de monsieur. La touche, justement, a eu un impact dans votre vie ?

Ah, ça oui ! Les enfants que je croise dans la rue me rappellent à lui tous les jours. Quand ils me reconnaissent, ils me demandent de leur hurler « Au coin ! » avec ma voix stridente, comme dans le film Et si, en prime, je leur fais Sid, Ie paresseux que je doublais dans « L'Age de glace », c'est comme s'ils avaient croisé un extraterrestre. (mes) Je suis heureux de les faire rire, et d'arriver aussi à toucher leurs parents avec d'autres sujets. .

Pensez-vous qu'il est devenu difficile de rire de tout aujourd’hui ?

 Franchement, ça dépend qui fait de l'humour et comment cette personne aborde le sujet. Si c'est avec racisme, irrespect et mépris. évidement que cette personne va avoir des ennuis. Mon spectacle va quand même très, très loin. Je pourrais avoir eu des problèmes avec les handicapés, les djihadistes, les pédophiles, le Front national. .. mais non ! En fait, je ne m'interdis rien du tout. Je pense que je suis sympathique et que cela me permet de dire des horreurs sans qu'on m'enmerde.

Et a ceux qui vous « emmerdent » quand même, vous dites quoi ?

En règle générale, ces gens s'offusquent pour rien. C'est vraiment de la bêtise. Internet a donné la parole aux plus grands idiots de la terre, à ceux qui étaient au fond de la classe, aux mauvais élèves, aux cancres, aux idiots. Avec le web, ils sont vachement contents car personne ne les entendait avant. C'est leur façon d'exister.

Pour vous, quand vous êtes sur scène, c'est une forme de masochisme d'évoquer des thèmes aussi noirs, tous les soirs : ou c'est plutôt une thérapie ?

Ce n'est pas une thérapie. Une thérapie, c'est quand on paye soi-même un type pour vous écouter, pas quand on fait payer les gens. (rires) C'est un plaisir pour moi de faire rire les gens avec la noirceur du monde. C'est ça qui me définit le mieux. Ça ne me fout pas le blues ! Entendre les rires des gens, ça me réjouit. Par contre, si je suis dans une salle avec des personnes âgées, qui prennent tout au premier degré, là ça me fout le blues. Je me dis : « j'ai raté mon coup, ils n'ont pas compris que c'était de l'humour... « Ça m'est arrivé d'avoir des salles où je sentais que le public pensait que le pédophile, c'était moi, ou que je me moquais des handicapés. Quand on rentre dans une salle, on sent le public, comme quand on dit à quelqu'un bonjour pour la première fois.

« Il y a une constance, une certaine violence dans la société, qui m'énerve, je suis obligé de retranscrire ça »

Vous pourriez faire de l'humour sans traiter de thèmes difficiles ?

Non, je n'y arrive pas. J'ai beaucoup de mal à traiter de' sujets léger, surtout en ce moment. À un moment je faisais Kevina, Toufik... on était plus dans la légèreté que maintenant. Mais là, quand j'ai une la télé, que je lis les journaux, je vois êtes mecs qui se font exploser dans des églises, des tarés, qui violent, qui tuent, ça me choque ! Je ne parle pas que de ça. Mais il y a. une constance, une certaine violence dans la société, qui m'énerve, je suis obligé de retranscrire ça.

En dehors de ces infos qui vous choquent, vous regardez autre chose à la télévision ?

 Je déteste la télé-réalité, en tout cas. C'est le summum de la bêtise. Sinon, je suis assez client de « Touche pas à mon poste », notamment parce que Cyril Hanouna est mon ami et que j'y ai eu un temps mes petites annonces. Mais, sans frimer, je préfère regarder France 5 ou Arte. Je suis amateur de documentaires animaliers. J'aime apprendre des choses devant mon écran

Frédéric VANDECASSERIE

Élie SEMOUN

Ecrire c’est toujours une échappatoire

Véritable touche-à-tout, Élie Semoun est actuellement 'en tournée avec son spectacle « À partager », une série de sketches truffée de monstres


Elie SEMOUN sur la scéne du K à Tin,queux le 22/05/2018

ÉLIE SEMOUN DANS « A PARTAGER »

*.- Où ? au Kabaret Charnpaqne Music·Hali de Tinqueux (Marne).

*.-  Quand ? mardi 22 mai, à 20h30. Tarif : 38€.

*.-  Infos au 03 26 04 11 11 et sur www.le-k-reims.com

*.- « A partager », pourquoi ce titre pour votre spectacle ?

Nous sommes dans l'ère des réseaux sociaux et donc « À partager» c'est une façon pour moi très moderne de présenter ce spectacle. Il est composé de treize personnages où pour la première fois je m'ouvre public en parlant de ma famille et moi-même. Pour moi c'est une première car je me cache toujours derrière mes personnages. Apparemment c'est un succès car le public était au rendez-vous.

*.- Quel est le lien unissant tous les personnages de votre spectacle ?

La solitude ! D'ailleurs mon prochain spectacle je vais l'appeler « Élie Semoun et ses monstres ». Ce n'est pas une façon péjorative de voir les gens, mais on a tous quelque chose de monstrueux et ce monstre, d'après moi, c'est la solitude. Mes personnages souffrent et se trouvent dans un désert affectif.

*.- Y a-t-il un personnage inspiré par vos proches ?

Plusieurs même, parmi eux fi y a papy Pétou qui recevait des coups de fil dans son sonotone. Ce personnage est inspiré de mon père, Kevina c'est une petite-nièce et d'autres ... Alors oui bien sûr il y a beaucoup de mes proches mais aussi beaucoup de moi.

*.- Si vous étiez un peintre, seriez-vous plutôt caricaturiste place du Tertre à Paris ou Cézanne à Aix-en-Provence ?

Je pense que je serai caricaturiste car c'est mon métier, mais ma vraie nature serait plutôt me retrouver dans Cézanne. Si j'étais peintre je serais donc un caricaturiste quand j'exerce mon métier et Cézanne quand je fais des chansons et des poèmes.

*.- Vous avez écrit deux recueils de poèmes, est-ce une échappatoire ?

Écrire c'est toujours une échappatoire. Quand on est adolescent, on a un peu l’inspiration romantique mais en général que ce soit pour des chansons, des sketches et autres, l'écriture est toujours une échappatoire.

 « Mes personnages souffrent et se trouvent dans un désert affectif »

*.- Vous êtes un touche-à-tout des ans du XX° siècle, dans lequel vous sentez-vous le mieux ?

Actuellement je -suis en train de préparer un album qui sortira fin septembre. Je travaille à la suite du film « l'élève Ducobu », le volet trois. Je continue à écrire mon spectacle et j'écris un livre sur mon jardin. Alors, en effet, là en ce moment c'est une période où je suis un touche-à-tout. Si je devais choisir ce que j'aime le plus c'est le spectacle vivant car on a un résultat direct, alors que pour la chanson, un film ou un livre, il faut attendre des mois pour avoir le retour, La scène c'est un plaisir immédiat qu'on donne aux gens et qu'on reçoit. C'est un moment de partage.

*.- Lorsque vous étiez jeune, niveau caractére, ressembliez-vous à l’eleve Ducobu où étlez-vous autrement ?

L'élève Ducobu est un grand tricheur mais moi non. Je n'étais pas un tricheur je suis trop lâche pour ça. Je dirais plutôt quand j'étais jeune que je me situais dans la moyenne, j'étais un mélange d'Adeline Gratin, meilleur élève et Ducobu, on peut dire que j'étais Ducotin.

*.- Pensez-vous que le physique oriente le style d'humour ?

Le talent ne se mesure pasau physique de la personne.

*.- Que vous évoque Reims ?

Contrairement à beaucoup, ce n'est pas le champagne car je ne bois pas d'alcool, mais plutôt les paysages aux alentours, les vignes et les coteaux sont de merveilleux paysages. C'est le souvenir que je garde de mon denier passage à Reims.

*.- Pensez-vous être enfermé dans un style ?

Oui, on est toujours enfermé dans un style, le mien est de faire des caricatures de personnages. C'est un registre spécial que je m'applique à faire.

*.- Si vous avez une devise laquelle serait-elle ?

Ne pas se raconter d'histoire et être le plus sincère possible. Selon moi c'est la meilleure façon d'avancer.

*.- A quel moment avez-vous compris que vous étiez arrivé à un point de non-retour avec Dieudonné ?

C'est lui qui arrivé un point de non-retour, ce n'est pas moi. C'est tout ce que je veux dire là-dessus.

*.- Qu'est-ce qui détermine votre engagement en politique ?

Les hommes plus que les idées. Quelqu'un que j'admire beaucoup c'est Bertrand Delanoë qui était maire de Paris. J'aimais autant les idées que l'homme. Lui défendait de vraies idées de gauche. Maintenant les hommes politiques changent d'idées du jour au lendemain. S'il y a quelqu'un que je n'aime pas du tout c'est Laurent Wauquiez. C'est la caricature de l'homme politique, il représente la quintessence de tout ce que je n'aime pas. C'est quelqu'un de très condescendant. Il est très méprisant et veut faire croire le contraire. En plus c'est un menteur, c'est tout ce que je déteste.

*.- Si dans la vie vous étiez un animal seriez-vous Sid, l'animal de L'Age de glace auquel vous prêtez votre voix ?

Non pas Sid, mais plutôt un poisson car je suis fasciné par le milieu aquatique .

Daniel BALBO

Extraits de l' union du 14/05/2018

  

    

  Répertoire  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

S.N.S.M

La Société Nationale de Sauvetage en Mer

50 ans de sauvetage

Cet article fait suite à celui paru dans La Charte n02 de 2016 sur le bénévolat. Comme annoncé, une place particulière a été réservée au thème des bénévoles que sont les « Sauveteurs en mer ».

Dévolue depuis 50 ans à la SNSM, association loi 1901 et reconnue d'utilité publique, la responsabilité du sauvetage de vies humaines en mer ou sur les bords de plage est assurée bénévolement avec compétence, brio et abnégation par les 7 000 bénévoles qui la composent.

S'il est évident que cette association, extrêmement bien structurée, brille par l'engagèrent de ses adhérents, les témoignages de survivants apportent un éclairage supplémentaire sur cette communauté

L'EXPÉRIENCE DE PIERRE ET CHANTAL


Pierre et Chantal, qui ont eu à bénéficier de leurs services, nous racontent leur aventure au téléphone.

« Navigateurs expérimentés, nous avons été, plusieurs saisons, moniteurs de voile, sur des dériveurs légers, au Club Med dès 1970. Nous avions décidé de parfaire notre formation en Méditerranée sur des bateaux plus importants. Nous sommes donc partis ce jour-là, avec un groupe de sept stagiaires, pour une formation plus conséquente sur un voilier de plus grande taille, 15 mètres (c'était un Dufour 45) avec un skipper expérimenté en Atlantique mais néophyte en Méditerranée.

En avril 2002, nous remontons de Collioure vers Sète. Mer calme pas de danger en prévision. Dans l'après-midi ; la radio émet un BMS (bulletin météorologique spécial) annonçant une grosse tempête d'est. Le skipper décide malgré tout de continuer la route. Mer plate, vent nul Nous avons le temps de rentrer, pense-t-il, mais vers 20 heures, le moteur tombe en panne et la tempête annoncée se lève à 22 heures. Le cauchemar commence. Il ne cessera qu'à 76 heures le lendemain : vents de 45 à 50 nœuds et creux de 6 à 8 mètres. Nous essayons malgré tout de rentrer à la voile. Pierre, un des stagiaires, tient la barre, car à bord tout le monde, y compris le skipper, est malade, sauf lui qui résiste. »

Vers 6 heures du matin, le skipper admet enfin qu'il ne peut plus s'en sortir et qu'après les différentes manœuvres, la sagesse recommande de capituler pour éviter d'être « drossé » à la côte par ce vent d'est

Il lance alors un « mayday * ». Le canot SNSM de Gruissan parvient à sortir de la passe arrive, vers 7-8 heures, sur zone par le travers de Port-la-Nouvelle.

Impossible de secourir le voilier, les quatre remorques cèdent. Il est alors fait appel à la station SNSM de Sète, qui dépêche un bâtiment plus adapté : un canot tous temps qui part immédiatement les secourir.


L’hélitreuillage du plaisancier, au large des Moutiers-en-Retz

L'arrivée au port de Sète se fait à 16 heures précises après un remorquage à 6 nœuds qui a duré 10 h ! Les membres de l'équipage du voilier en détresse se voyaient déjà morts noyés, ce qui serait très probablement arrivé sans l'aide de la SNSM.

Chantal, 15 ans plus tard, se souvient

« Dès que le CROSS* a été averti : une voix extrêmement calme et rassurante nous a expliqué les manœuvres sans émotion et cela en continu. »

Chantal en est encore émue : c'était pour elle « La petite lumière au fond du tunnel » qui les a amenés jusqu'à Sète.

« Une voix qui nous expliquait calmement ce qui se passait. Le seul lien qui me rattachait à l'espoir de la vie car j'étais persuadée que nous allions tous mourir. Cette voix était miraculeuse pour moi. Quelques années plus tard, nous sommes passés à Sète et nous avons voulu rencontrer les personnes qui nous avaient secourus. »

Chantal raconte son histoire au groupe qui les reçoit, elle et Pierre, et au moment où elle évoque « la voix miraculeuse », sur les joues d'un des marins présents, elle voit deux grosses larmes qui coulent. « Cette voix, c'était moi, Madame, qui vous parlait. »

L'intense émotion n'a pu être contenue plus longtemps.

Généralement les secourus ne donnent pas suite et ne reviennent pas rencontrer les sauveteurs : ils sont gênés, se sentent coupables, ne souhaitent pas se remémorer ces moments difficiles et évitent les contacts ultérieurs avec les sauveteurs.

* Mayday est un~ expression utilisée internationalement dans les communications radio-téléphoniques pour signaler qu’un avion ou qu'un bateau est en détresse. Elle doit être utilisée lorsque la vie humaine est immédiatement menacée, par exemple en cas d'incendie à bord ou de chute d’une personne à la mer. En cas de détresse, il doit être répété trois fois: « Mayday, Mayday, Maydav ». (Wikipédia)

Selon un autre témoignage plus récent, le bateau pneumatique se retourne alors que le plaisancier remontait un filet.


L’hélitreuillage du plaisancier, au large des Moutiers-en-Retz 

À environ 600 mètres de la côte, ce plaisancier réussit à sortir, de son gilet de sauvetage, son téléphone portable et appelle le service d'urgence en mer, le numéro d'alerte : le « 196 »

 Le CROSS a choisi, dans son panel, le moyen le plus adéquat : l'hélicoptère de la Marine nationale, des sapeurs-pompiers ou de la gendarmerie. Une demi-heure plus tard, le plaisancier se retrouvait en sécurité.                                          

Il a été transporté au port de Fromentine, en Vendée, puis placé en observation au centre hospitalier de Challans.

* CROSS: Centres Régionaux Opérationnels de Surveillance et de Sauvetage.

* L'incroyable récit d'un sauvetage express, L'Edition du Soir/mer: du 21 avril 2016.

DÉROULEMENT D'UN SAUVETAGE

Les Centres Régionaux Opérationnels de Surveillance et de Sauvetage (CROSS) assurent une mission générale de coordination des activités de sécurité et de surveillance des activités maritimes.

 Il décide ensuite de la désignation du site (ou des sites) qui va (vont) prendre en charge le bâtiment à secourir et le (ou les) contacte. Chaque site possède environ une quarantaine de sauveteurs.

 Le CROSS reste ensuite en contact avec le patron de la vedette ou du canot durant toute la durée de l'opération.

 Le skipper du bâtiment en détresse lance un mayday Le CROSS le recueille, s'informe de la position du bateau, de la nature de l'incident, de l'urgence, de la nécessité éventuelle d'envoyer un hélicoptère pour hélitreuiller les personnes en danger, et choisit le port le plus proche et le plus adapté pour une intervention rapide.

Le site est informé : les sirènes retentissent ou, actuellement, les appels téléphoniques fusent pour informer les sauveteurs et constituer l'équipe qui va partir. Chaque membre de l'équipage possède sa spécialité à bord « Patron (capitaine) », « radio », « mécanicien », « canotier », « secouriste » ou « nageur de bord ». L'équipe se constitue en fonction des présents les plus disponibles. On procède alors à la sortie de la vedette de sauvetage du hangar et elle est mise à l'eau.

Tout cela tient en environ un quart d'heure et on se dirige sur la cible: le bateau en difficulté. En cas de blessés à secourir, un hélicoptère de la gendarmerie nationale ou des pompiers ou de la Marine nationale peut intervenir. La vedette de sauvetage prend en charge le bateau et le remorque jusqu'au port où une ambulance attend les blessés le cas échéant.

Fin de l'opération.

QUE SONT LES CROSS ?

Au nombre de sept, les CROSS exercent leur activité opérationnelle sous l'autorité des préfets maritimes en métropole et dos délégués du gouvernement pour l'action de l'État en mer, en outre-mer.

Relevant du Ministère de l'Environnement, de l'Énergie et de la Mer (MEEM), ils sont dirigés par des administrateurs des Affaires maritimes et sont armés par du personnel du MEEM et de la Marine nationale. Ils sont gérés, en métropole, par les Directions interrégionales de la Mer (DIRM) et, en outre-mer, par les Directions de la MerQUE FONT LES CROSS ?

• Surveillance de la navigation maritime. Cette mission s'exerce principalement en Manche où transite environ 20 % du trafic mondial.

• Analyse des comptes rendus obligatoires de tous les navires transitant en Manche. Il suit notamment les navires transportant des marchandises potentiellement dangereuses ou polluantes.

• Suivi de l'évolution des navires en vue de détecter les routes anormales, ainsi que tout comportement de nature à provoquer des risques pour la vie humaine et l'environnement.

• Identification des contrevenants au Règlement international pour prévenir les abordages en mer.

• Surveillance des pollutions maritimes Le CROSS recueille les informations sur les pollutions marines, exploite ces informations, les transmet et concourt ainsi à la recherche des auteurs d'infractions sous le contrôle de l'autorité judiciaire.

• Surveillance des pêches maritimes

Information et diffusion des renseignements de sécurité maritime Le CROSS diffuse, vers les navires, les renseignements essentiels à la sécurité maritime : par radio pour les bulletins météorologiques réguliers ou spéciaux élaborés par Météo-France.

• Protection

Le CROSS Gris-Nez est le point de contact national pour la réception des attaques (piraterie, terrorisme maritime) subies par les navires sous pavillon français.


Guy Tanguy, administrateur honoraire de la FNAM.

RENCONTRE AU CROISIC AVEC UN ÉQUIPAGE DE LA SNSM

Afin de bien comprendre le fonctionnement d'une opération de sauvetage en mer, nous nous dirigeons vers le Croisic pour rencontrer l'équipage.

Le rendez-vous est donné sur le quai à 9 heures pour profiter d'une sortie d'entraînement déjà prévue. M. Guy Tanguy, ancien Sauveteur Hospitalier Breton et administrateur honoraire de notre fédération, nous accompagne.

Gérard Le Cam (ancien ingénieur plasturgiste et premier adjoint au maire du Croisic), président de la station, Laurent Allanic, patron de l'embarcation, et son équipage nous accueillent à bord de leur « canot tous temps » insubmersible et auto-redressable.

A ce jour, la station locale du Croisic, équipée d'un canot tous temps de 15,50 m (la SNS 095) et d'un Zodiac, compte une trentaine d'hommes d'équipage

Nous faisons le tour de la rade en nous entretenant avec quelques membres de l'équipage, tous bénévoles. L'esprit d'équipe, la fierté d'exercer cette fonction et la responsabilité sont les piliers qui supportent leur engagement.


Gérard Le Cam, président de la station


Le canot tous temps SNS 095

 Nos interrogations portent sur les informations techniques de ce canot tous temps de 18 mètres, mais surtout sur leur motivation.

Pourquoi s'engagent-ils dans de telles activités qui demandent énergie, temps et investissement et qui comporte des risques certains ?

Ils sont jeunes, ont une famille, une carrière encore à faire pour une grande partie d'entre eux. D'autres sont des jeunes retraités ct pourraient aspirer à un paisible repos dans cette belle ville du Croisic.

Non, ils ont choisi de servir au sein de la SNSM ! Les questions, souvent provocatrices que nous leur posons, leur semblent parfois incongrues.

Les réponses montrent que leur engagement est « naturel » et qu'il ne saurait en être autrement: il s'agit d'une sorte de devoir à accomplir vis-à-vis des marins, des pêcheurs et de tous ceux qui sortent en mer. 


L'équipage

Nous insistons avec de nouveaux « Pourquoi ? »

Un membre de l'équipage qui mettait à profit ses jours de repos pour servir à bord de ce canot, parodiant le célèbre Obélix nous dit alors « Je suis tombé dedans quand j'étais petit ». « C'est une grande famille », « C'est un loisir et un grand plaisir » nous expliquèrent les autres.

Le patron souligne l'esprit d'équipe

« On se serre les coudes, c'est une grand« famille » et après avoir ajouté la notion de mission : « Nous sommes ici pour tenter de sauver des hommes », il introduit un soupçon d'existentialisme « Sije ne suis pas en mer, je ne suis pas bien. »

Il analyse, par ailleurs, la modification de la population des secourus. Il y a quarante ou cinquante ans, c'étaient essentiellement des professionnels, des pêcheurs qui faisaient appel à nous pour être secourus.

Aujourd'hui, grâce à l'électronique, cette population s'est bien équipée en moyens de communication et d'information.

Bien aidée par les prévisions météorologiques, elle arrive à anticiper les grains ou les tempêtes, mais n'est jamais à l'abri d'un problème mécanique, ou d'une rencontre avec un OFNI4 qui provoque une voie d'eau dans la coque du bateau, ou encore d'un accident à bord, mettant en péril la vie d'un membre de l'équipage.

 « Actuellement, nous secourons davantage les plaisanciers. Ils font appel à nous pour des raisons diverses. Outre les avaries usuelles, les rencontres avec des OFNI, les malades à bord, ils sont souvent en détresse à cause d'un manque d'expérience et de riqueur ».

Ils découvrent ainsi en pleine mer que le contenu des réservoirs de carburant n'est pas suffisant pour pouvoir rentrer au port ou bien que l'usage des appareils électriques et électroniques a « vidé » les batteries et qu'on ne peut pas faire redémarrer les moteurs etc. »

Nous descendons ensuite dans la salle des moteurs: deux diesels de 450 chevaux chacun.

Serge, jeune retraité, en assure tout l'entretien. Fier de ses fonctions, à la question : pourquoi faites-vous cela ?

 Il répond qu'étant « mécanicien diesel » alors qu'il était en exercice, il est tout à fait qualifié pour entretenir et réparer ces moteurs.  


Laurent Allanic, le patron de l'embarcation

 Pourquoi alors continuer à faire ce même travail sans recevoir de salaire ? 

« On est venu me chercher, j'aime rendre service et ça m'occupe. » La réponse pudique ne suffit pas à cacher cet enthousiasme et ce plaisir qu'il tente de ne pas trop montrer quand il parle des moteurs, du bateau, de l'équipage et de la mission.

On sent bien qu'un lien étroit les rassemble tous, Ce lien, le milieu marin, ils le connaissent et le fréquentent depuis leur plus tendre enfance. Tous ou presque sont nés dans ce milieu ont eu des parents ou grands-parents pêcheurs, ont fréquenté l'école avec des enfants qui partageaient le même vécu. C'est leur biotope.

Un membre de l'équipage nous dit qu'actuellement son père sert aussi à la SNSM, sa mère également et que toute la famille vit avec en toile de fond, la mer, ses richesses, ses dangers et le devoir de contribuer au sauvetage des gens en mer.

  
Serge, le mécanicien

2 .
Retour au hangar.

LA FORMATION DES NAGEURS SAUVETEURS DE PLAGE 

Outre le sauvetage en mer, la SNSM assure également la formation des nageurs sauveteurs de plage.

 Nous avions pris rendez-vous le dimanche 16 avril 2017, à 8 heures, au centre des Sables d'Olonne. Le centre est équipé de deux ambulances, deux gros semi-rigides, quatre camions, deux 4x4.

Ils sont une quarantaine, formateurs et élèves, tous jeunes et dynamiques qui préparent en même temps les PSE1 PSE2 de secourisme. 


Centre de Formation et d'Intervention SNSM de Vendée

 Nous sommes accueillis par un formateur, qui travaille depuis trois ans à la SNSM, en exerçant un emploi à temps partiel dans une grande surface commerciale de sports et de loisirs, tout en préparant un BTS d'informatique.

 Un deuxième formateur justifiant de quatre années à la SNSM se joint à nous. Étudiant à l'UFR de STAPS5 de la région, il apprécie l'ambiance, la cohésion, l'entraînement et trouve ces stages « sympas ».

Un troisième formateur, un peu plus âgé, avec 10 ans d'expérience, non natif des Sables d'Olonne, a régulièrement accès à une maison de vacances à la Tranche-sur-Mer. Étudiant en médecine vétérinaire à Liège, il se sent moins impliqué qu'auparavant à cause des études, mais garde ce lien étroit ovec la mer.

Il résume bien les motivations de tous : le goût du « physique », de l'effort de la course et de la natation, l'esprit d'équipe, le don de soi-même, le plaisir de la transmission du savoir et des techniques des moyens de secours, le partage, le sentiment d'être utile et la fierté d'être reconnu. Cette fierté constitue un moteur puissant dans leur engagement, nous le découvrirons un peu plus tard.

Les mêmes questions leur sont posées, les réponses conservent les mêmes éléments : Le désir d'aider les gens, la SNSM est une grande famille, etc. Ils y ajoutent toutefois la notion de sport et d'effort

 

Deux jeunes filles stagiaires se préparent à partir : l'une prépare le bac, l'autre est professeur d'EPS. Elles y passent leurs week-ends. Elles résument très simplement la situation : c'est « sympa». Environ 90 % des stagiaires de ce centre sont étudiants et le groupe est bien équilibré : autant de filles que de garçons.

Environ 90 % des stagiaires de ce centre sont étudiants et le groupe est bien équilibré: autant de filles que de garçons.

En ce dimanche de Pâques, ils se retrouvent sur la plage et, après un exercice un peu « militaire» de mise en train, se répartissent en trois ateliers.

  

A - « Paddles » : Sur des planches, les sauveteurs patrouillent, toujours près de la plage, mais à quelques dizaines de mètres du bord. Leur mission ; se faire connaître, informer et rassurer, en évitant la répression.

B - « Canots » : trois bateaux pneumatiques de type « Zodiac » avec des moteurs de 25 chevaux pour des actions à plusieurs centaines de mètres.

C - « Frites * » : pour le sauvetage proche (à quelques mètres de la plage). Les secours portent sur les personnes en difficulté qu'on peut secourir très rapidement.


Après l'échauffement, les différents groupes participent à une mise en situation.

  * Bloc de flottaison d'environ 80 cm qui ressemble à une frite par sa forme et sa couleur mais en diffère par la taille.

 

Pour chaque atelier, les stagiaires, jouent, tour à tour, le rôle de la victime qui est ramenée sur la plage dans des conditions réelles.

Ce travail impressionnant demande une grande énergie et impose une répétition des mêmes gestes pour qu'ils deviennent automatiques.

Cette répétition, qui pourrait sembler fastidieuse, est bien acceptée par les stagiaires : ils en connaissent bien l'intérêt et la nécessité.

A titre expérimental, un drone, d'une autonomie de 20 minutes, part filmer un sauvetage à environ deux cents mètres.

Guidé par téléphone, ce petit drone enregistre et transmet les images sur ce même téléphone. Si le signal est perdu, il revient au point de départ sur la plage. L'avantage majeur de ce nouvel outil consiste en l'évaluation de la gravité de la situation extrêmement rapidement.

Cette équipe très soudée, partageant les mêmes valeurs, est le garant de la sécurité de nos plages


Exercice de sauvetage avec la « frite »


Exercice de transport d'un blessé de la mer à la plage

La SNSM en quelques mots 

Naissance

Elle est née en 1967 de la fusion de la Société Centrale de Sauvetage des Naufragés fondée en 1865 et de la Société des Hospitaliers Bretons crée en 1863, toutes deux issues de la vieille tradition maritime: le secours des personnes à titre gratuit.


Médaille de sauveteur en mer de M. Guy Tanguy.

Mission

Cette association loi 1901 exerce une fonction régalienne : secourir bénévolement ct gratuitement touts personne en danger, en mer et sur les côtes. Il s'agit donc d'effectuer des missions de sauvetage au large, mais également d'assurer la sécurité sur les plages grâce aux nageurs sauveteurs.

 Personnel

7 000 bénévoles déployés de la plage au large et seulement 70 salariés.

Ressources

Pus de 80 % des ressources de la SNSM proviennent du secteur privé: fonds collectés auprès du public, de partenariats privés et autres produits et le solde de 17 % provenant des subventions publiques.

En 2015, les dépenses de la SNSM hors investissement s'élevaient à 27,6 millions d'euros. Signalons que ce montant ne peut être aussi « modeste » que parce que les 7 000 personnes, œuvrant au quotidien, sont entièrement bénévoles. 


Sauvetage en mer, œuvre de Mme Crémier, 1er prix des Cimaises 2010 de Palavas-les-Flots

 BÉNÉVOLAT

 L'organisation du sauvetaqs ? de la vie humaine en mer en France est très comparable à l'organisation britannique (Royal National Lifeboat Institution - RNL/, 40 000 bénévoles, England is an island8), en fonctionnant sur deux piliers : le bénévolat et les moyens de l'État.

Les moyens de l'État englobent la Marine nationale, les Douanes, la Gendarmerie, les affaires maritimes et la Sécurité civile.

 1967-2017 : 50 ANS DE VOCATION

 Cette année, la SNSM fête son cinquantenaire. Une série d'événements, concerts, exposition itinérante, émission d'un timbre favoriseront le rendez-vous des citoyens en son sein.

Cette reconnaissance, le Premier ministre Bernard Cazeneuve l'a initiée en décidant d'attribuer à la SNSM le label Grande Cause Nationale pour l'année 2017.

A travers cette distinction, le Premier ministre a souhaité encourager et remercier toutes les personnes qui participent à la sécurité en mer et sur le littoral français.

Quand, cet été, vous irez dans un port ou sur une plage, observez bien ces bateaux de la SNSM et les sauveteurs. Vous verrez alors planer sur cette association le « supplément d'âme» que signale le président Xavier de la Gorce.

En ces temps troublés par l'intolérance et l'individualisme, cet engagement, cet altruisme et cette bonté, dont font preuve ces bénévoles, nous rappellent la beauté de l'entraide et de la solidarité, associative ou pas, et nous renvoient à notre condition d'êtres humains.

DERNIÈRE MINUTE

Au moment de la mise en page, le professeur Armand Hatchuel, professeur à Mines Paris Trech/PSL Research University, publie, dans Le Monde du 28 avril 2017, « Ce que le management peut apprendre du bénévolat. » 


Xavier de la Gorce président de la S.N.S.M

Parmi les résultats de ces travaux, on peut retenir plusieurs tendances : certains bénévoles sont des professionnels heureux de mettre leurs compétences au profit d'une cause, d'autres cherchent à s'occuper dans une activité qui ne soit pas du loisir mais qui soit utile.

Parmi ces motivations différentes et la perception plus ou moins bien acceptée du management de l'équipe, une constante: l'association devrait exprimer à chaque bénévole la reconnaissance que celui-ci croit juste d'attendre.

Cette conception pourrait aussi valoir pour les salariés : « ... un chef d'entreprise ne devrait pas croire que tous les salariés ne pensent qu'à la seule fiche de paie et sont indifférents à la qualité et à l'organisation du travail. Le monde des entreprises gagnerait donc à se pencher sur le management des bénévoles. »

La FNAM et la rédaction de La Charte remercient toutes les personnes qui ont participé à la réalisation de cet article, en donnant de leur temps, de leur énergie et de la bonne humeur.

Le président de la SNSM, Xavier de la Gorce, Mme Annick Avierinos, chargée de mission - relation presse,

Les bénévoles du Croisic, Les bénévoles des Sables-d'Olonne, Frédéric Chauchy, pour la photo en page 13, Charles Marion, pour la photo de la page de couverture

Extraits de La Chartre de 2ème trim 2017

  

    

  Répertoire  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Stone

Sans langue de bois

Dans une autobiographie intime et sans tabou, elle balance : son couple boiteux avec Charden, les drogues qu'elle a toutes essayées, la chirurgie esthétique ... Gros plan en dix histoires.


Annie GAUTRAT, alias Stone, avec Eric Charden en avril 2012 – F.Dugit/Le Parisien


«
Complétement Stone » par Stone. Edilions Robert Laffont. 384 pages. 21€

Une voyante a prédit que Stone serait victime d'une mort brusque à 70 ans. La chanteuse se prépare donc à un départ qui pourrait survenir après le 31 juillet

Duo par hasard

Stone, qui commence une carrière de chanteuse en 1966, rencontre Éric Charden qui va lui écrire ses premières chansons. Ce n'est qu'en 1971, au hasard d'une séance en studio pour le titre « Le seul bébé qui ne pleure pas », que quelqu'un a l'idée de les faire chanter ensemble. Résultat : un demi-million de disques seront vendus et le duo Stone et Charden vient de naître.

Un mariage épique

Stone devient madame Eric Charden le 27 juin 1966, mais pas sans mal. Henriette, dite Miette, la mère du futur marié, estime que la « petite chanteuse » n'est pas un assez bon parti pour son fils unique. Elle fait donc tout ce qu'elle peut pour empêcher le mariage et gâcher la fête. Sitôt le « oui » prononcé, elle disparaît sans prévenir. Éric, orphelin de père et fusionnel avec sa mère, l'imagine déjà en train de se suicider. Il apprendra le lendemain qu'elle a finalement repris le train pour rentrer chez elle à Marseille. En attendant, Éric, devenu hystérique, s'est enfermé dans la salle de bain où il a passé sa nuit de noces à pleurer sa mère !

Paradis artificiels

Sans filtre et en toute décontraction, Stone confie avoir tout expérimenté en matière de drogue. De l'herbe à l'héroïne, en passant par les champignons hallucinogènes et l'ecstasy, la chanteuse précise toutefois ne pas avoir pris goût à toutes ces substances chimiques. « La vie est trop belle pour la mettre en danger en plongeant dans les paradis artificiels », précise-t-elle

Retouches

Stone n'a jamais fait aucun mystère de ses nombreux recours à la chirurgie esthétique, tous les dix ans. À 20 ans, elle se fait changer les dents de devant. Dix ans plus tard, sa mère lui offre une nouvelle poitrine. À 40 ans, c'est une liposuccion qui lui enlève sa culotte de cheval. Depuis, il y a eu les injections de Botox et un lifting à 60 ans. La chanteuse précise ; « Pour les 70 ans, cette année, je ne sais pas encore. J'y réfléchis ... »

Fin de « L’Aventura »

Pendant longtemps, Stone a fermé les yeux sur les infidélités de son mari Éric. Mais la lassitude a fini par s'instaurer dans le couple. De leur véritable amour, il ne reste plus Qu'une image factice qu'ils maintiennent sur scène et pour les médias. Tandis qu'Éric partage sa vie avec la chanteuse Pascale Rivault. Stone est tombée amoureuse du musicien Mario d'Alba (ils auront deux enfants, Martin et Daisy). Stone explique : « C'est le duo qui a maintenu notre couple à flot. Sans Stone et Charden, Annie et Éric seraient restés moins longtemps ensemble en fait... » Le divorce à l'amiable venant d'être voté en France en 1974, ils sont les premiers à se séparer de la sorte. Au sortir du tribunal, tric, un peu cafardeux, finira la journée chez Mario et Stone, autour d'un thé et d'une belote !

Cloclo amoureux

Après le divorce, beaucoup ont cru Stone libre comme l'air alors qu'elle était en couple avec Mario depuis longtemps. Pour mieux se rapprocher de la chanteuse, Claude François, toujours friand de jeunes femmes blondes, l'invita donc à faire plusieurs duos dans son show-télé, produit par les Carpentier. Stone, voyant que Clodo ne comprenait pas qu'elle puisse lui résister, mit les choses au clair en lui expliquant sa situation.

Age tendre et dérapages

Après avoir juré à Stone ne jamais « monter sur scène » avec des vieillards, Éric Charden accepte, sous certaines conditions, de participer à la tournée « Âge tendre ». Si le couple fait un triomphe chaque soir, c'est loin d'être le cas lorsqu'Éric chante ses propres chansons. Blessé dans son amour propre, il se montrera odieux - parfois même avec le public - pendant les 120 concerts de la tournée. Dans une interview au magazine « Platine », il déversera un tombereau de méchancetés sur son ex-femme comme, par exernple « Stone a une voix de casserole, elle chante plus mal que Mimie Mathy ».

Julie GAYET

Éric et Stone ont eu un fils, Baptiste, né en 1972. Le premier amour de Baptiste, s'appelait Julie Gayet ! Ils sont restés ensemble de nombreuses années, avant de transformer cet amour en amitié.

Fin de vie

Stone est aujourd'hui déléguée de l'ADMD (Association pour le droit de mourir dans la dignité), dans le deuxième arrondissement de Paris. La chanteuse, qui a accompagné sa mère jusqu'à sa déchéance, regrette qu'elle n'ait pas eu le temps de mettre en place ses directives anticipées. Elle confie:  « Je ne veux pas finir comme ça. Je veux pouvoir disposer d'un libre choix. C'est la raison pour laquelle j'ai déjà écrit mes directives. J'ai même choisi ma fille, Daisy, comme personne de confiance. C'est elle qui s'occupera de moi et de toutes les dispositions à prendre lorsque je serai en fin de vie.

Mort annoncée

Passionnée par le paranormal et la communication avec l'au-delà, Stone déclare : « Je n'ai pas peur de la mort. Ni de la mienne ni de celle des autres. [... ) Pour ma part, je vois la mort comme un voyage.» En 1966, c'est-à-dire cinq ans avant « L'aventura ». elie est à Megève avec Éric lorsqu'une jeune fille leur prédit un avenir qui s'avérera exact; le succès, la naissance de leur fils, un divorce et d'autres enfants avec un nouveau conjoint. La médium, qui transcrit ses prédictions sur des feuillets, ajoute qu'Éric devrait mourir aux alentours de 70 ans (il est mort à 69 !) et que Stone serait victime d'une mort brusque à 70 ans. Aujourd'hui Ia chanteuse se prépare donc mentalement à un départ qui pourrait survenir après le 31 juillet prochain : « Le compte à rebours a donc démarré. Je suis très relax, même si ça m'ennuie parce que j'ai encore pas mal de choses à vivre, et plein de projets a réaliser ... » 

Jean-Marie POTIEZ

Extraits de l' union du 16/04/2017

  

    

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STROMAE

Luc, le frère de l'ombre bras droit de Stromae

Stromae s'affiche, de plus en plus, avec Luc Junior Tarn, son cadet de cinq ans qui est à la fois son conseiller et son directeur artistique dans sa société multidisciplinaire Mosaert.

 


Luc et Paul (Stromae), ici sur une photo d'archives, ont la même mère.Flavien Prioreau

Le nom de Luc Junior Tarn ne le laisse pas transparaître, mais le réalisateur belge de 27 ans avec qui Stromae a notamment signé le clip pour les jeux Olympiques de Paris, est son petit frère, ou plus exactement son demi-frère. Au moment où Stromae a mis sa carrière solo entre parenthèses, Luc choisit de sortir de l'ombre.

Paul et Luc travaillent ensemble au sein du collectif Mosaert depuis un bout de temps déjà. Ils sont les petits derniers de cinq frères et une sœur. Mais ils sont en réalité demi-frères, ils ont la même mère, mais le père est différent, ce qui explique le nom de famille camerounais de Luc : Tam.

« Luc est très cultivé, il écoute beaucoup de genres musicaux différents, et à ce titre, il m'a fait découvrir plein de choses »
STROMAE

Malgré leurs cinq ans d'écart, Luc et Paul sont très proches : « J'ai toujours eu l'habitude, explique Stromae, de demander à Luc son avis sur tout ce que je faisais. 11est très cultivé, il écoute beaucoup de genres musicaux différents, et à ce titre, il m'a fait découvrir plein de choses. » « C'est Paul qui est le leader, assure le benjamin, mais j'ai aussi parfois mes bons moments, où c'est moi qui décide … Paul ne se comporte pas comme un chef, mais c'est lui qui est dans les projecteurs. Et c'est sa responsabilité, son image qui sont en jeu. Il a mis en place la société où j'ai une part, mais je nous vois plus comme une équipe ... »

« J'ai grandi avec lui, dit-il encore. Dès le début, nous avons eu une excellente relation artistique. J'étais souvent dans sa chambre et nous avons toujours beaucoup discuté de nos goûts, des artistes que nous écoutions. Même avant son premier album ! »

Comme il l'a raconté, Luc, alors qu'il avait à peine 18ans, est devenu l’associê de son grand frère dans sa société multidisciplinaire Mosaert (une anagramme de Stromae). « J'étais encore très jeune et toujours aux études (une école de journalisme et de communication à Bruxelles). J'ai été bombardé directeur artistique, alors que je n'avais aucune idée de ce que ça voulait dire... »

SON ROLE DANS LE SUCCÈS

Sur le terrain, le rôle de Luc a tout de suite consisté à créer tous les clips, à superviser les albums et les spectacles sur scène. Un métier à hautes responsabilités : toutes les propositions artistiques aussi bien dans le domaine musical que visuel, devaient passer par lui. Et il devait s'assurer que toutes les idées de l'équipe étaient bien développées. Il a aussi bien collé des affiches dans les stations de métro que géré les relations de l'artiste dans les médias sociaux. « J'avais aussi le final cut pour les communiqués de presse ... Souvent, même à ce niveau là, les détails font toute la différence ».

« Oui, reconnaît-il, j'ai sans doute joué un rôle dans le succès de notre frère. Enfin, je l'espère, sans pouvoir l'affirmer. J'ai fait ma part. Je suis satisfait ». De la modestie ?  « Non, c'est Paul qui a vécu et bâti tout ça. C'est lui sur scène, pas moi, j'étais là pour l'aider avec mes idées, pas plus. »

À la fin de l'année dernière, Stromae a provisoirement interrompu sa carrière solo ... « Non, ça ne m'a pas désolé. Ce mode de vie, avec tout le stress qu'il implique, ne correspondait pas à la façon dont nous voulons vivre. Le rythme frénétique nous a obligés à prendre beaucoup de décisions rapides. Avec des erreurs à la clé, des erreurs qui prenaient parfois une trop grande importance pour moi. Je me dis aussi que si « Racine Carrée » n'avait pas été un aussi grand succès, nous n'curions pas fait autant de clips ... Je suis heureux que nous ayons retrouvé un rythme normal. »

LE LIVRE DE LA JUNGLE

Malgré leurs différences - exemple, Luc est tatoué, Paul ne l'est pas - les deux frères sont arrivés à se trouver dans le travail, grâce à leurs « références communes. »

 « Je reste, explique le benjamin, admiratif de la facilité déconcertante qu'a Paul de s'inspirer de plusieurs univers musicaux et de les retranscrire dans quelque chose d'unique. Son talent m'impressionne, car l'intelligence d'un artiste repose sur cette qualité-là. »

 Dans une interview à Madame Figaro, le duo fait savoir que Mosaert travaille actuellement déjà à sa 5° collection de prêt-à-porter.

Stromae se dit « toujours sensible aux crises d'angoisse » après son passage à vide lors de sa tournée africaine ... Mais il travaillerait en ce moment sur l'adaptation en comédie musicale du Livre de la jungle avec Omar Sy et Oxmo Puecino sur le devant de la scène. Avec son frère comme bras droit, bien sûr …

DES NOUVELLES RASSURANTES


Cécilia, sa femme, publie une photo avec le chanteur

En juin 2015, alors que Stromae est en tournée sur le continent africain, il tombe malade et rentre immédiatement en Belgique. Il a fait une forte réaction à un médicament contre la malaria et tient à se faire soigner chez lui, à Bruxelles. En mars dernier, il affirmait être guéri. Malheureusement, comme on l'a appris dans un entretien qu'il a accordé à Libération, il a récemment connu une rechute. Récemment, il confiait : « Pour être honnête, j'ai été hospitalisé, donc là je suis encore un peu sous traitement, et c'est pour ça que je me réveille tard. J'ai fait une réaction au Lariam, un antipaludique, super super grave. J'ai fait une décompensation psychique. Je perds la boule complètement. Ce n'est vraiment pas chouette. J'ai fait une rechute il n’y a pas longtemps. Ça tourne dans la tête, et on a de grosses crises d'angoisse. »

Depuis, Coralie, sa compagne, a donné des nouvelles rassurantes du chanteur. Elle a en effet publié une photo tout sourire de Stromae.

S CH

Extraits de l' union du 12/11/2017

  

    

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Shirley et Dino

On fait faire un voyage en Italie au public

Shirley et Dino se produiront vendredi soir dans le cadre du festival Vit;rit 2X+,  avec un spectacle mêlant humour et musique. Gilles Benizio, alias Dino, répond à nos questions.


Dans «Dino fait son crooner, Shirley fait sa crâneuse», le duo d’humoristes mêle sketchs et musique italienne.

Le programme du festival

*.- JEUDI 19 AVRIL : Apéro mix Cadavreski + la Villa Ginette, à 19 heures à l’Orange bleue. Gratuit, restauration sur place. « Femme Femme Femme », des Divalala à 21 heures à la salle Simone-Signoret.

*.- VENDREDI 20 AVRIL : « Dino fait son crooner, Shirley fait sa crâneuse », de Shirley et Dino à 20 heures à la salle Simone-Signoret. Complet.

*.- SAMEDI 21 AVRIL : « Titre définitif* (*titre provisoire) » de la Cie Raoul Lambert à 20 heures à la salle Simone-Signoret. Ultra Vomit + Display of power, à 20 h 30 à l’Orange bleue. Complet.

*.- TARIF PLEIN : 16 € par spectacle.

Entrés dans le cœur des Français avec leurs sketchs dans l’émissionLe Plus grand cabaret du monde, Shirley et Dino ont depuis multiplié les projets. Ils présenteront vendredi Dino fait son crooner, Shirley fait sa crâneuse au public vitryat. Entretien avec Gilles Benizio, alias Dino.

Gilles, pouvez-vous présenter le concept de votre spectacle ?

C’est un tour de chant. On est sur scène avec des musiciens qui jouent en live. Quatre musiciens et deux chanteurs, Corinne (le vrai nom de Shirley) et moi. On chante des standards italiens des années 50-60. J’en profite pour raconter un peu mon Italie, des histoires de familles, je parle des Pouilles, la région d’Italie où sont nés mes parents, de l’immigration… Mais bon, ce n’est pas très sérieux ou nostalgique, le but est de bien s’amuser avec les musiciens et le public. En gros, il y a une heure de musique et une heure de sketchs.

On fait cuire dix kilos de pâtes en coulisse et chaque spectateur reçoit une assiette à la sortie de la salle

Et le public ne repart pas le ventre vide…

Pendant le spectacle, je cuisine dix litres de sauce tomate. On fait cuire dix kilos de pâtes en coulisse, et chaque spectateur reçoit une assiette de pâtes à la sortie de la salle. On prend du plaisir et on essaye d’en donner un maximum au public. Pendant deux heures, on lui fait faire un voyage en Italie. Il y a les odeurs, les blagues et la musique.

Comment avez-vous écrit ce spectacle ?

C’est une vieille histoire, ça remonte à 2006. On a participé au Soldat rose avec Louis Chedid. La productrice m’a dit que j’avais une belle voix, et que je devrais chanter. Ça ne m’intéressait pas trop de faire le chanteur, mais avec Corinne, ce n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd. Elle m’a dit : « Tu vas chanter! » La productrice m’a proposé de faire un disque de reprise de chansons italiennes, et ça, ça m’a intéressé et je me suis mis à bosser dessus. Sauf qu’entre 2006 et 2008, l’industrie du disque s’est un peu effondrée, et le projet a été arrêté. Mais moi, j’avais bossé, j’avais répété mes chansons, donc on a décidé d’en faire un spectacle. On le joue depuis cinq ans, et la date à Vitry-le-François sera l’avant-dernière.

Quels sont vos autres projets ?

On met en scène pas mal d’opéras, on en a un en cours, et un autre en 2020 à l’opéra de Toulouse. On met également en scène le spectacle des Mauvais élèves, la troupe de ma fille, à Avignon. On fait aussi du cabaret, et on prend des vacances (rires).

Vous préparez de plus un nouveau spectacle musical…

Ça s’appellera Le bal de Shirley et Dino, un spectacle qui tourne autour du bal populaire. On sera cette fois accompagnés de cinq musiciens, et on va chanter des chansons du répertoire français, mais de façon dansante. On va reprendre La Bohème façon tango,Je l’aime à mourir en disco… On fait tous les arrangements pour faire danser les gens, et on va tourner dans des lieux particuliers qui se prêtent à ça, comme de vieilles salles des fêtes.

Se diversifier est-il important pour vous ?

C’est très important, et ça nous plaît. C’est pour ça qu’on a arrêté la télé en 2005. Au bout de quatre ans, on avait fait un peu le tour de ce qu’on pouvait faire, on n’avait pas envie de s’encroûter. Donc on a arrêté Sébastien pour reprendre notre métier de saltimbanques et faire plein de spectacles.

Connaissez-vous la région ?

On a déjà joué à Reims, mais pas à Vitry-le-François. Malheureusement, on n’a pas trop le temps de découvrir les lieux. C’est rapide, on arrive à 14 heures, on s’installe, on fait la balance et on joue. Pour pouvoir vraiment profiter d’une ville, il faut qu’on y reste deux jours. Il arrive qu’on fasse deux dates au même endroit, mais ce n’est pas très régulier.

Est-il important de tourner dans de petites villes comme Vitry ?

Ça nous plaît de bouger, on joue beaucoup en province maintenant. Paris, ça devient un peu dur. Toutes les grandes salles sont tenues par des groupes financiers. Ils n’ont pas d’intérêt artistique, on ne peut plus discuter, ce sont des commerçants. Ça ne nous intéresse pas, on veut aller au contact des gens, que les places ne soient pas trop chères, que ça reste populaire. On a joué à Paris, Théâtre de l’atelier, pendant six mois, mais ça ne me manque pas, je préfère la province.

Robin PHILIPPOT

Extraits de l' union du 19/04/2018

  

    

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Claudia TAGBO - Rencontre avec la Lucky Claudia

Pierre TCHERNIA - « Je vais bien, sauf que je n'al plus la mobilité »

Sylvie TELLIER : Oser toucher du doigt le conte de fées

Fabienne THIBAULT -  Starmania, des chansons éternelles

Jean-Marc THIBAULT - Il nous a tant fait rire
Décès du comédien

Philippe TORRETONJe nous trouve   d’une mollesse dingue !

Corinne TOUZET - « Le rire chasse les angoisses »

Jean-Louis Trintignant - Il se laisse mourir

 

  

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Claudia TAGBO

Rencontre avec la Lucky Claudia

Une énergie débordante, un sourire rayonnant, un humour direct et efficace : Claudia Tagbo donnera deux représentations de son spectacle dans la région.


L’humoriste Claudia Tagbo va investir les planches de Soissons et de Sedan.

Lucky par Claudia Tagbo

Claudia Tagbo, humoriste mais aussi et surtout comédienne, a toujours été attirée par l’interprétation. Elle a débuté dans le métier après avoir obtenu une maîtrise Arts du spectacle à Paris. Elle a très vite été repérée, notamment par le Jamel Comedy club. « Lucky » est son deuxième one woman show, après le succès retentissant de « Crazy ». Elle le jouera :

*.- À SOISSONS, mercredi 4 avril, à 20h30, au Mail. Tarifs : de 20 à 35€.

Infos au 03 23 76 77 70 et sur www.lemail.ville-soissons.fr.

*.- À SEDAN, vendredi 13 avril, à 20h30, à la salle Marcillet. Tarif : 32€.

Infos au 03 24 27 73 41 et sur www.sedan.fr

 L’humoriste et interprète féminine Claudia Tagbo s’est fait un nom sur la scène internationale. D’abord en France, son pays d’adoption, puis en Belgique, au Canada. Son premier spectacle « Crazy » a conquis le public. La jeune femme est devenue incontournable au petit écran, notamment invitée dans les shows d’Arthur, au Jamel Comedy club ou au cinéma, dernièrement aux côtés de Dany Boon.

Claudia Tagbo est aussi une source de bonne humeur, l’humoriste est nature, sans détour, elle use et abuse de la dérision, voire de l’autodérision. Dans son deuxième spectacle « Lucky », qu’elle proposera à Soissons et Sedan, elle insuffle ce concentré de pep’s et de « positive attitude ».« Lucky, c’est une façon de vivre. Lucky, c’est être bienveillant, être positif, c’est une main tendue vers les autres », explique l’humoriste et interprète.

Elle rappelle la genèse de ce show : les événements de 2015 qui ont bouleversé la France. « Lucky, ça veut dire je suis en vie. Cela veut aussi dire : je suis une femme, qui est née sur un continent et qui se réveille dans un autre ». Claudia Tagbo est née à Abidjan, en Côte d’Ivoire, et a grandi dans le sud de la France, à Alès. Son métissage fait partie de sa personnalité et de son personnage. Il marque ses interprétations et leur donne même une force dont elle sait tirer parti avec brio.

Dans son spectacle, cette carte du métissage transparaît tant dans les choix de scénographie que de mise en scène et… de partenariat.

UN SPECTACLE ABOUTI

Pour accompagner l’humoriste sur les planches, le musicien Ousmane Danedjo « fait partie intégrante du spectacle ». « La musique a une part très importante dans ma vie , souligne Claudia Tagbo. Elle fait partie intégrante du spectacle et Ousmane a su apporter ce côté métissage en mélangeant la Calebasse (plante potagère détournée en instrument de musique en Afrique) et le piano. »

« Lucky » tourne depuis l’automne 2016. Pour autant, l’artiste ne se lasse pas de présenter le spectacle. « Il y a eu une grosse partie de rodage. En octobre 2016, on est partis avec quelques pages à la rencontre du public. Il y a eu des ajustements. En janvier, on a abouti à un spectacle au timing beaucoup plus serré, parce qu’il y a toujours une petite touche qui s’ajoute à chaque représentation. » Chaque date est différente, « Lucky » a vécu et s’est enrichi au fil des représentations. Et en même temps, Claudia Tagbo sait laisser la place à la surprise et l’improvisation, et s’adapter à chaque territoire.

« Chaque représentation est une rencontre. Bien sûr elle se prépare, il y a de l’interprétation. Mais le spectacle est vivant. Une rencontre, ça va dans les deux sens et on ne sait pas ce qui va se passer. Je ne néglige jamais le public, que ce soit une salle de 2 000 places ou une salle de 500 places … » L’humoriste aime aussi intégrer une petite touche personnalisée, évoquer la ville dans laquelle elle est en représentation.

Mélanie LOUF

Extraits de l' union du 17/07/2016

  

    

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Pierre Tchernia

Je vais bien, sauf que je n'al plus la mobilité »

Neuf ans qu'il 'ne parlait plus ! Le pionnier de la télé Pierre Tchernia nous a accordé un entretien.


Aujourd'hui retiré dans sa maison de repos, Pierre Tchernia (ici en 2008) ne se déplace même plus avec des béquilles. © Belgalmage

Il est la mémoire vivante de la télévision française. Aujourd'hui âgé de 88 ans, Pierre Tchernia réside dans une maison de repos à Paris où il nous a reçus pour livrer ses meilleurs souvenirs.

« J’avais 12 ans quand j’ai vu « La chevauchée fantastique » de John Ford. Ce film m’a bouleversé »
Pierre Tchernia

Magic Ciné, c'est le nom de la salle de banlieue où, enfant, Pierre Tchernia a découvert le cinéma, Il ne se doutait pas alors qu'on l'appellerait un jour « Monsieur Cinéma », d'après une émission de télévision qu'il a proposée pendant vingt et un ans, ou même « Magic Tchernia ». Pionnier du petit écran, Pierre Tchernia a fait partie de la famille de tous les téléspectateurs pendant plus de 60 ans. En 2016, il se tient volontairement éloigné des médias, mais a accepté de faire une exception pour notre groupe de presse.

L'animateur réside désormais dans une maison de repos à Paris, où ses quatre enfants lui rendent visite quotidiennement. Le sourire est éclatant, ses yeux pétillent, et la voix est toujours aussi douce.

•.- Pierre d'abord comment allez-vous ?

Merci de prendre de mes nouvelles. Je vais bien !, Sauf que je n'ai plus la mobilité.. .

•.- Comment occupez-vous désormais vos journées ?

Je ne regarde plus beaucoup la télévision. Je discute avec les autres résidents. J'écris peu, mais j'écris aux personnes dont je juge qu'elles en ont besoin.

•.- Le 29 janvier, vous avez eu 88 ans. Un anniversaire que-vous avez célébré ?

Oui, en famille, avec mes quatre enfants, mes petits-enfants et arrière-petits-enfants.

•.- A l'occasion du 20ème anniversaire « Des Enfants de la télé », en juin 2015, Arthur vous a rendu un très bel hommage. Ça vous a touché ?

On m'en a parlé, j'ai appelé Arthur pour le remercier et lui redire mon amitié. Nous avons travaillé ensemble de nombreuses années.

•.- Vous avez vu cet hommage ? Arthur s'y adressait directement à vous : « Je te dois toute ma vie » ...

Des compliments affectueux qui me vont droit au cœur.

•.- « Les Enfants de la télé » ont commencé en 1994. Vous vous souvenez de la première ?

Je connaissais Arthur depuis vingt ans. France 2 avait programmé la première à 22h30... La direction n’avait pas confiance ! La première urgence, Arthur présente les invités, il termine par moi : Pierre « Magic » Tchernia. « Magic » venant ~lui, était un véritable hommage. A cet instant, j'ai pensé à mon cher Magic Ciné, dont Arthur n'avait jamais entendu parler ! Dès le premier numéro, l'émission a connu le succès... Deux ou trois jours plus rd, dans un supermarché, une dame âgée me lance : « Bonjour M. Magic »…

Ce n'était qu'un début. J'ai connu un regain de popularité. J'ai avec Arthur des rapports extrêmement affectueux. C'est un homme 'sensible. J'ai été très heureux qu'il vienne me rechercher.

•.- Qu'est-ce qui vous a guidé vers ce métier ?

 J'avais 12 ans, en 1940, quand j'ai vu « La chevauchée fantastique » ce grand western de John Ford. Ce film m'a bouleversé ! J'ai eu une révélation et j'ai compris que ce film avait été écrit et fabriqué par des gens. Je me suis dit : « C'est ça que j'ai envie de faire ! »

•.- Jeune homme, vous vous inscrivez à l'École technique de photographie et de cinématographie (ETPC), de la rue Vaugirard, à Paris ...

Où j'ai appris les métiers de la caméra pendant deux ans. Nous étions 18 dans la promotion. J'ai ensuite intégré une école des réalisateurs.

•.- En 1949, vous entrez au Journal télévisé …

Il a été lancé le 2 octobre. Moi j'ai commencé le 4 décembre. J'ai été pris à l'essai par Pierre Sabbagh et suis resté six ans. On était dans notre cabine à faire un commentaire off sur des images muettes. Du bricolage avec des caméras d'amateurs. Ça peut paraître étonnant aujourd'hui, mais le journal était diffusé à 21 h, avant de l'être à 20h30, puis enfin à 20h, Il n'y avait pas de présentateur. Ce n'est qu'à l'occasion du premier anniversaire du Journal, à l'automne 1950, que les gens ont découvert nos visages. Le journal durait un quart d'heure

•.- En juillet 2011, vous recevez la Légion d'honneur. Que représente cette récompense pour vous ?

C'est la décoration suprême de la vie française. Avec elle, le mot « honneur » prend toutes ses valeurs. Je l'ai reçue des mains du président Nicolas Sarkozy Ça m'a touché. J'ai été frappé, peureux, puis très heureux.

« Monsieur Cinéma » dans les mémoires

Au son de la musique de Gérard Calvi, générique du film de Jean Herman,  " L'œuf ", une nouvelle émission voit le jour le lundi 4 novembre 1966 sur la deuxième chaîne française. Je n'avais encore jamais présenté de jeu ! Pierre Tchernia devait donc s'adjoindre un spécialiste du jeu et une encyclopédie vivante. « J’ai demandé son avis à Pierre Bellemare, l'homme des jeux. Il m'a conseillé de contacter Jacques Rouland » : « II adore jouer et adore le cinéma ». Pierre avait raison. Au départ, le programme ne s'appelait pas "Monsieur Cinéma". Il commença sous un autre nom : « 7ème Art 7ème Case ».  "Monsieur Cinéma" a duré 14 ans, de 1966 à 1980. Ensuite, pendant sept ans, Jacques Rouland et Pierre Tchernia ont continué à servir le cinéma en réalisant des émissions en public, a L'Empire, jouant à des énigmes avec les vedettes invitées. Ce fut « Jeudi Cinéma », puis « Mardi Cinéma ». iche...  

L'ambiance est cinéphile et bon enfant ! « Et on riait beaucoup ! Surtout lorsque les vedettes devaient mimer le titre d'un film ! » Le 23 décembre 1986, le 20ème anniversaire de « Monsieur Cinéma » est célébré en grande pompe avec Jeanne Moreau, Jean Poiret et Michel Serrault. Au début de la saison 1987-1988. Pierre Tchernia décide de se retirer, après avoir présenté, depuis 1966, le nombre ahurissant de 704 émissions dédiées au 7ème art. Le nom de l'émission "Monsieur Cinéma", c'est Jacques Rouland qui l'a trouvé.  « II m'a fait un joli cadeau !  Dans notre esprit," Monsieur Cinéma", c'était le gagnant de la semaine, mais, en fait, pour le public, "Monsieur Cinéma" ce fut bientôt moi, et je le suis resté. »

Propos recueillis par Nicolzs DEWAELHEYNS

Extraits de l' union du 17/07/2016

  

    

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Sylvie TELLIER

Oser toucher du doigt le conte de fées

Les inscriptions au concours Miss France seront ouvertes le 28 avril. La directrice générale de la société organisatrice invite les jeunes femmes à tenter l’aventure.

Sylvie Tellier : « Environ 100.000 jeunes femmes tentent leur chance chaque année. » W. Cerf

Concours Miss France 

*.- POUR LES INSCRIPTIONS aux castings, il suffit de demander un dossier, par mail : md.organisation@yahoo.fr et pour les renseignements : 06 77 54 07 20.

*.- CASTINGS de présélection : Samedi 28 avril chez Champagne FM à Reims : Miss Ardennes, Miss Marne et Miss Haute-Marne (10 h), samedi 12 Mai à Troyes (restaurant le Tablier) : Miss Aube (10 h) et samedi 2 Septembre à Sedan (château fort) : Miss Ardennes (10 h)

*.- ÉLECTIONS : Samedi 19 mai au Parc du Jard à Saint Dizier en présence de Safiatou Guinot, samedi 9 juin au Manège à Vitry-le-François en présence de Camille Cerf, Lison Di Martino, Safiatou Guinot, vendredi 29 juin à l’hôtel de ville de Troyes en présence de Safiatou Guinot et samedi 22 septembre à la salle Marcillet de Sedan (21 h) avec le show Miss France.

 Quand elle parle des Miss, Sylvie Tellier s’enthousiasme. L’actuelle directrice générale de la société Miss France et de Miss Europe Organisation a, elle-même, été élue Miss France 2002. On pourrait l’imaginer un rien blasée. Il n’en est rien. Miss France continue à la faire rêver.

Nous sommes au printemps mais l’élection de Miss France 2019 se prépare déjà ?

Tout à fait. Les inscriptions pour les concours Miss France en Champagne Ardennes sont ouvertes à partir du 28 avril. Les castings et présélections auront lieu dans les mois suivants.

On a du mal à imaginer les étapes précédant l’élection de Miss France.

La soirée d’élection de Miss France définit aussi les quatre dauphines, plus deux autres, les 5 e et 6 e qui sont nommées en fin de soirée. Sur 30 candidates à l’échelle nationale. Le comité Miss France intervient dès le niveau des titres municipaux, jusqu’au titre national. Au total, cela fait à l’année, environ 100 000 jeunes femmes qui tentent leur chance.

Vous êtes présente à chaque élection ?

À titre personnel, je tiens à être présente à beaucoup de concours. Je vis à Paris, mais je suis contente quand je franchis le périphérique. J’essaie de participer à une élection régionale sur deux, mais, en fait, j’en fais nettement plus. C’est une véritable animation de réseau.

C’est une organisation impressionnante.

Le comité France, c’est cinq salariés tout au long de l’année. On monte à plus de 300 au moment de l’élection de Miss France. C’est une énorme machine. Le show télévisé atteint plus de 8,8 millions de téléspectateurs. Rien ne serait possible sans le maillage du terrain par les membres du comité. Nous avons 26 délégués régionaux, dont Marie Destenay pour la Champagne-Ardennes. À son image, ils font tous un travail formidable. Marie Destenay est déléguée régionale pour la Champagne-Ardennes, depuis 2011. Elle et sa fille, Perrine, sont très engagées, très dévouées. Quand Safiatou Guinot est devenue troisième dauphine de Miss France, j’étais très contente pour elles.

Il y a moins de candidates dans les Ardennes. Il n’y en avait pas l’an dernier. Pourquoi ?

Dans les Ardennes, il y a de très jolies filles, mais elles sont timides. La famille de mon mari est originaire de la Champagne. Je me balade souvent en Champagne-Ardennes, j’y croise de très belles jeunes filles. J’ai envie de leur dire : écoutez votre entourage, osez vous inscrire au concours Miss France. Les candidates n’ont rien à perdre. C’est une expérience exceptionnelle, un conte de fées des temps modernes. Pendant un mois, avant l’élection, on apprend à défiler, à marcher avec des talons, à s’exprimer, à tenir une conversation… C’est une école de la vie. Beaucoup de Miss se sont révélées à elles-mêmes. Je ne veux pas imaginer qu’il n’y aura pas de candidates à Miss Ardennes. Les jeunes filles ardennaises doivent écouter leurs proches lorsqu’ils leur conseillent de tenter le concours Miss France.

Les tatouages posent souvent problème.

Les choses ont évolué. Un tatouage ou un piercing ne sont plus éliminatoires. On autorise les tatouages discrets. Pour être précis, c’est 3 centimètres de diamètre maximum et dans un endroit discret. Les gros tatouages sont bien entendu impossibles, il ne faut pas oublier que les Miss participent aux concours internationaux qui sont très stricts en matière de tatouage ou de piercing.

Le titre de Miss est prestigieux, mais il y a aussi beaucoup de cadeaux ?

Absolument. À l’échelle du concours départemental, il y a déjà beaucoup de cadeaux, comme un ordinateur portable, une robe de soirée, un an de maquillage, un an de soins, un an de coiffeur et des produits de beauté… Cela fait aussi partie du conte de fée.

PHILIPPE DUFRESNE

Extraits de l' union du 21/04/2018

  

    

  Répertoire  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Fabienne THIBAULT

« Starmania », des chansons éternelles  

Quarante ans après sa sortie, « Starmania » revient dans l’Aisne.  Un spectacle-hommage mené par Fabienne Thibeault s’arrête samedi au Splendid


« La téléréalité, le sectarisme, le refus de vieillir, c’était dans Starmania et c’est toujours d’actualité.»

HOMMAGE À STARMANIA

*.- AU SPLENDID, boulevard Léon-Blum à Saint-Quentin, samedi 20 octobre à 20 h30 proposé par Fabienne Thibeault et sa troupe.

*.- AU SPLENDID, boulevard Léon-Blum à Saint-Quentin, samedi 20 octobre à 20 h30 proposé par Fabienne Thibeault et sa troupe.

*.- PRIX DES PLACES : 27€, réservations à l’Espace Saint-Jacques, rue de la Sellerie, ou le soir même au Splendid.

On dort, les uns contre les autres, on vit les uns avec les autres… » Il faut bien le reconnaître, ces quelques lignes rallument des souvenirs à beaucoup. En 1978, l’opéra rock Starmania révolutionnait le monde du spectacle. Quarante ans après, Fabienne Thibeault sera, samedi sur la scène du Splendid à Saint-Quentin avec son spectacleHommage à Starmania.

Fabienne Thibeault, quarante ans après, ces chansons ne semblent pas avoir pris une ride, comment l’expliquez-vous ?

« C’est la preuve que les chansons sont éternelles ! Elles ont marqué les gens dans leur tête et dans leur cœur. Enfin, il faut reconnaître qu’elles étaient toutes particulièrement bien écrites, avec de belles mélodies, c’est aussi pour cela que personne ne les a oubliées. Un jour, une spectatrice m’a expliqué les avoir fait écouter à ses enfants sur une cassette, en voiture, lorsqu’ils étaient petits, à leur tour, ils ont glissé le CD dans leur voiture pour leurs propres enfants et maintenant, les petits-enfants de cette dame écoutaient Starmania sur leur Ipod ! Elles se sont transmises de génération en génération. »

En 1978, lorsqu’ont commencé les répétitions du spectacle, aviez-vous le sentiment de participer à quelque chose d’unique ?

« Non, quand on est jeune, on n’imagine rien de tout cela. En revanche, je savais que je partageais la scène avec Diane Dufresne et France Gall. Elles étaient toutes deux déjà des grandes stars. Luc Plamondon aussi était très connu, c’était l’auteur fétiche de l’époque. Il y avait Daniel balavoine qui commençait, Michel Berger. Et puis pour moi, venir me produire à Paris, c’était un rêve. »

Contrairement aux États-Unis, la France n’avait pas à l’époque la culture de la comédie musicale, quelles raisons ont fait que Starmania a été un succès ?

« Auparavant il y avait eu Hair, le genre était balbutiant en France. L’originalité de Starmania résidait dans sa thématique. C’était une œuvre imaginaire basée sur l’actualité. Michel Berger s’est inspiré de l’enlèvement de Patricia Hearst, enlevé par un groupe d’extrême gauche, cette thématique du terrorisme si elle était typique des années 70, est encore plus d’actualité aujourd’hui. La téléréalité, le sectarisme, le refus de vieillir, c’était dans Starmania et c’est toujours d’actualité. On peut très bien imaginer Donald Trump en business-man politicien. »

De belles mélodies et des textes très bien écrits font que Starmania est indémodable

Le spectacle que vous présentez samedi s’intitule « Hommage à Starmania », pourquoi ?

« Il ne s’agit pas de la comédie musicale dans son intégralité. Le spectacle dure quatre heures ! Nous reprenons sur scène l’intégralité des chansons de l’album dans l’ordre du spectacle. Nous sommes neuf artistes sur scène, danseurs, chanteurs. Nous démarrons avecQuand on arrive en ville, puis nous enchaînons tous les titres. Les membres de la troupe sont âgés de 28 à 62 ans, c’est-à-dire toutes les générations qui ont aiméStarmania. »

Votre nom est indissociable de «Starmania », vous avez de nombreux albums à votre actif, cependant c’est au théâtre que l’on peut vous retrouver, une envie de vivre la scène différemment ?

« Je suis en tournée actuellement avec Un bébé nommé désir, une comédie de Jean-François Champion. Elle raconte l’historie d’une quadragénaire sans enfant qui voit la date butoir pour devenir maman se rapprocher. Je joue le rôle de la maman de l’héroïne, en quête d’un géniteur pour sa fille. Là aussi, il s’agit d’une thématique très actuelle, qui fait beaucoup rire les spectateurs. J’espère pouvoir revenir dans votre région avec ceBébé, cette fois. »

Marie-Pierre DUVAL

Extraits de l' union du 18/10/2018

  

    

  Répertoire  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jean-Marc THIBAULT

Il nous a tant fait rire

Emporté par la vieillesse à 93 ans, le comédien se déclinait surtout en duo :   avec Roger Pierre d’abord au cabaret, puis avec Rosy Varte dans Maguy, à la télé


Jean-Marc Thibault photographié en 23 février 2001 à l'opéra-comique de Paris, lors d'une répétition générale du spectacle «Mistinguett, la dernière revue» de Jérôme Savary.AFP 

JEAN-MARC THIBAULT

Comédien, né le 24 août 1923 à Saint-Bris-le-Vineux (Yonne) décédé le 28 mai 2017 à Marseille.

Études Lycée Voltaire et cours Simon (Paris)

•.- Humour

Duo comique avec Toger Pierre formé après-guerre (jusqu’en 1975, brièvement reformé en 1984 et 1990), qui se produit dans des émissions de télévision (36 chandelles, Les grands enfants, émissions de Maritie et Gilbert Carpentier).

Enregistrent des disques et apparaissent dans plusieurs longs métrages (la vie est belle en 1956, Vive les vacances en 1958, Un cheval pour deux en 1961)

•.- Cinéma

Premier de cordée (Louis Daquin, 1944), La belle Américaine (Robert Dhéry, 1961), Le juge Fayard. dit te Shérif (Yves Boisset, 1976), La femme flic (Yves Boisset, 1979), Croque la vie (Jean-Charles Tacchella, 1980) Vaudevilie (Jean Marboeuf, 1986) De sueur et de sang (Paul Vecchiali, 1994) Vidocq (Pitof, 2000), De l'amour (J.F Richet, 2001) Un homme et son chien (Froncis Huster, 2008), Mademoiselle Chambon (Stéphane Brizé. 2009)

•.- Télévision

Le passe-muraille (1977), Maigret et les braves gens (1982), Série Maguy (1985-1994) . Feuilleton La tête en l'air (1987) Feuilleton Terre indigo (1996), Feuilleton Le Comte de  Monte-Cristo (1998), Fruits mûrs (2003)

•.- Théâtre

Le médecin malgré lui (1973, qu’il met en scène), Le barbier de Séville (1977), Volpone (1981), Quai Ouest (1986, mise en scène de Patrice Chéreau), Cyrano de Bergerac (1997, Jérome Savary), Clengarry (2000, Marcel Maréchal), Mistinguett (2001, Jérôme Savary).

•.- Musique

Le printemps des valses et des javas (1991), Des chansons plein le cœur (1992)

•.- Livres

De mémoire d’homme (biographie, 1996), Champagne tiède et biscuits mous (biographie, 2006).

•.- Sélection d’œuvres, le comédien étant apparu dans de très nombreux films, téléfilms, pièces de théâtre.

Cet homme-là avait son propre idiome: le rire avec lequel on noue de belles et longues amitiés. La mort de Jean-Marc Thibault – dimanche dernier, à Marseille – a été annoncée par son fils Alexandre, lui-même comédien. Ce cher disparu, qui faisait rigoler la France entière avait essentiellement brillé en duo. Le premier l’avait mis du côté des fantaisistes indécrottables avec son ami Roger Pierre, parti en janvier 2010, et qui l’avait laissé orphelin. Jean-Marc Thibault travaillait encore, jusqu’en 2010, après une carrière bien remplie.

Son incroyable duo avec Rosy Varte dans la série “Maguy” les hisse au rang de couple star dans le cœur des Français

Né le 24 août 1923 à Saint-Bris-le-Vineux, en Bourgogne, il avait eu 20 ans pendant la guerre. Il attendit la fin des hostilités pour déclencher les siennes: tous rires dehors! D’abord chanteur passé par les bals musette, il décrocha son premier rôle dans Premier de cordée de Louis Daquin au cinéma. Mais pour exister il lui faut un partenaire, un complice, un bon génie pour lui donner la réplique. L’époque est aux duos, Jean Poiret et Michel Serrault, Philippe Noiret et Jean-Pierre Darras. La paire Jean-Marc Thibault/Roger Pierre fera se gondoler des salles entières avant de rivaliser sur les plateaux télé dans des émissions comme36 chandelles ou Les Grands Enfants, avant d’assurer les shows des Carpentier. Jean-Marc Thibault a du bagou, de l’écho, de la présence… et des sketchs à revendre. L’équipe fonctionne à plein rendement jusqu’à sa séparation en 1975. Merci pour la rigolade, mais il va falloir rebondir… Il dut se remettre de ce divorce de joyeux lurons.

Quelques apparitions au cinéma le sauvent de l’oubli. Une petite traversée du désert qu’il efface, dès 1985, avec un second coup de génie : son incroyable duo avec Rosy Varte dans Maguy (où figure aussi Marthe Villalonga). La série d’Antenne 2 les hisse au rang de couple star dans le cœur des Français. Dans le rôle d’un directeur d’un magasin d’électroménager marié à une femme pétillante, il retrouve un entrain inespéré. Jean-Marc Thibault remplit l’écran, manie l’humour et s’amuse comme au premier jour.

Sur le plan privé, marié à Sophie Agacinski, la sœur de Sylviane Agacinski, épouse de Lionel Jospin, Jean-Marc Thibault ne se contente pas d’amuser la galerie. Son cœur penchait à gauche. Il s’était exprimé publiquement contre la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour de la présidentielle de 2002. Le public âgé, qui l’avait pris en affection, n’oubliera ni sa moustache ni sa gouaille ni les tornades de rires qu’il provoqua en stéréo avec ses complices. Ce rieur né faisait partie de la grande tribu des comiques français d’après-guerre, qui avaient appris leur métier et l’exerçaient avec rigueur (même dans le rire!) au côté de Jean Yanne, Francis Blanche, Roger Carel, Maurice Biraud, Jacques Martin, Sophie Desmarets, une génération radieuse dont il était un des derniers représentants

Des années de scène avec Roger Pierre, puis « Maguy » avec Marthe Villalonga et Rosy Varte.

BERNARD MEEUS

Extraits de l' union du 04/06/2017

 

 Jean-Marc THIBAULT

Décès du comédien

L'artiste, connu pour avoir formé avec Roger Pierre un tandem comique, est mort hier à 93 ans.

« Je n'ai jamais cherché à dissimuler qui j'étais avant tout un artiste dont t'ambition est de faire plaisir »
Jean-Marc Thibault

« J'étais encore au chevet de mon père ce matin, puis je suis parti au Portugal pour un tournage. C'est à mon arrivée à Lisbonne que j'ai appris le décès de mon père, emporté par la vieillesse », a indiqué son fils, Alexandre Thibault, également acteur. « C'était un père et un homme formidable, un acteur que j'aimais beaucoup et qui m'a beaucoup aidé dans ma vie » a-t-il ajouté, au téléphone.

« Un acteur très populaire vient de nous quitter », a réagi la ministre de la Culture, Françoise Nyssen. « Jean-Marc Thibault avait formé avec Roger Pierre, pendant des décennies, l'un des duos comiques les plus appréciés des Français. Leur complicité faisait merveille sur scène et au cinéma, et sur les écrans de télévision », a-t-elle ajouté.

Né le 24 août 1923 à Saint-Bris-le-Vineux, dans l'Yonne, Jean-Marc Thibault grandit à Montreuil, en Seine Saint-Denis, puis fait des études secondaires à Paris, avant d'intégrer le cours Simon. Son école sera surtout le cabaret « l'école la plus difJicile qu'on puisse fréquenter » au côté de Roger Pierre, rencontré dans les studios de Radio Luxembourg.

Leur popularité grandit avec la création d’émissions de variété pour la télévision, notamment « La Grande Farando » et « Deux sur la 2 », et dans des longs-métrages pour Je cinéma notamment dans « La Vie est belle » (1956), « Vive les vacances » (1958), « Les Motards » (1959), « Faites donc plaisir aux amis » (1969) ou « En grandes pompes » (1974). Les deux fantaisistes revendiquaient 'quelque 300 sketchs et se vantaient d'avoir fait rire pendant presque trente ans « des mineurs du Nord des familles royales, chameliers mauritaniens et des bûcherons québécois ». Jean-Marc Thibault a aussi poursuivi une carrière en solo au cinéma, tournant dans 70 films, et à la télévision notamment de 1983 à 1994 dans la célèbre série Maguy aux côtés de Rosy Varte et de Marthe Villalonga, ce qui lui vaudra une grande popularité auprès d'un public plus jeune. En 2000, il fait son retour sur le grand écran dans « Vidocq » de Pitof et « De l'amour » de Jean-François Richet, puis joue en 2002 un dirigeant d'un parti d'extrême droite dans « Féroce » de Gilles de Maistre. Suivront encore des rôles secondaires jusqu'en 2009

Extraits de l' union du 29/05/2017

  

    

  Répertoire  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Philippe TORRETON

Je nous trouve   d’une mollesse dingue !Image

L’acteur publie un livre choral qui donne la parole à ceux, agriculteur, infirmière, enseignant ou policier, dont les conditions de travail deviennent parfois insupportables. Un appel au débat dans une société endormie.

Vous imaginez dans votre livre le quotidien d’un magistrat, d’une caissière, d’un policier ou d’un professeur… D’où est venue cette idée ?

J’ai été sollicité par un éditeur mais je n’arrivais pas à me décider. Et puis m’est venue l’idée d’écrire quelque chose sous forme de témoignages, un peu comme si j’étais le réceptacle de confidences. En faisant intervenir différentes personnes, exerçant différents métiers, je pouvais brasser plusieurs aspects de la société et dresser une sorte d’état des lieux sensible d’une souffrance réelle : celle que ressentent aujourd’hui certaines catégories professionnelles au travail.

Pourquoi avoir choisi ce mode narratif ?

Ça m’est apparu comme évident. Ça rejoignait l’âme du métier de comédien, qui est quand même de se mettre dans la peau de quelqu’un, et ça rejoignait également ma curiosité personnelle. Ce bouquin est le produit de la rencontre entre un comédien profondément passionné par son métier et un homme passionné par la vie politique, avec ses hauts, ses bas, ses réussites et ses échecs.

Comment avez-vous bâti ces mini-portraits de citoyens ?

Je lis la presse, je me renseigne, je regarde des documentaires, je lis des romans, je me plonge dans internet : je m’intéresse au réel, à ce qui se joue maintenant. Mais ce que je raconte vient aussi de toutes ces années de vie que j’ai passées à rencontrer des gens, à m’intéresser, à avoir un regard de citoyen, quoi.

Au-delà de ces portraits, vous esquissez dans la seconde partie du livre votre ressenti de la société actuelle. Pourquoi ?

Après avoir rédigé tous ces «témoignages », je me suis dit : « Si je devais relier tous ces points, qu’est-ce qui apparaîtrait ? » Et je me suis aperçu que ce serait le symbole de la justice. Parce que la justice est au cœur de ce malaise social.

C’est pour vous l’urgence des urgences ?

Oui, j’en ai le sentiment. Je ne prétends détenir aucune vérité, mais j’ai l’impression qu’on aboutit toujours à ça. Et je parle de justice dans tous les sens du terme. Une justice sociale, une justice économique, une justice au travail, une justice dans la santé, une justice tout court.

On nous a expliqué que l’économie, c’était trop compliqué pour nous et qu’il fallait s’y plier

Quand un instituteur arrive dans sa classe et qu’il sait que les trois quarts de ses élèves vont avoir du mal à s’en sortir, que voulez-vous qu’il ressente sinon de l’injustice ? Quand un agriculteur développe une maladie, qu’il comprend par son docteur ou par la presse que c’est à cause du produit qu’il épand depuis des années, qu’il porte plainte et qu’il meurt avant que le dossier aboutisse, est-ce qu’on ne doit pas s’interroger sur la justice ? Et si on ne peut plus compter sur la justice, qu’est-ce qui reste ? De l’injustice.

Le philosophe Michel Serres a écrit un court livre – « C’était mieux avant» (éd. Le Pommier)- dans lequel il explique que nous vivons tout de même beaucoup mieux que nos parents et grands-parents. Qu’en pensez-vous ?

Je suis d’accord avec lui. Mais ce n’est pas parce que les choses s’améliorent globalement que les situations de misère sont plus faciles. Les gens n’ont pas le temps de voir ça. Ils lisent peu, se documentent assez peu, et quand ils sont dans la merde, ils sont dans la merde ! Quand on ne sait comment on va faire vivre sa famille, qu’on approche du burn-out, qu’on est dégoûté de ce qu’est devenu son métier, on ne peut pas réfléchir comme ça. Cela dit, je pense que nos démarches sont complémentaires. Il faut être capable, comme lui, de prendre du recul, mais aussi, comme j’ai essayé de le faire, d’aller voir au niveau des gens.

Michel Serres, encore, estime que nous ne sommes pas « gouvernés » mais « gérés », et que cela ne nous conduit nulle part. Ce que vous exprimez également…

On est gérés parce que c’est l’économie qui l’a emporté. On nous a expliqué que l’économie c’était trop compliqué pour nous et qu’il fallait s’y plier. Mais pour moi, l’économie n’a rien de scientifique. Elle se sert d’outils mathématiques et statistiques, oui, mais elle s’appuie sur une activité humaine. C’est l’activité humaine qui est à la base de tout ça. C’est pour ça que quand j’entendais l’économiste Bernard Maris, ou quand j’entends aujourd’hui Thomas Piketty, je les comprends. Parce qu’ils ne parlent pas de mathématiques mais de gens…

Vous ne craignez pas d’entendre, avec ce nouveau livre, « ça y est, Torreton vient encore nous faire la morale » ?

Franchement, c’est trop tard ! (rires) Moi, je revendique un droit à la parole. Ce qui me sidère, c’est que dans cette France du XXI e siècle, on rétorque à un comédien qui s’exprime « Mais qui es-tu pour dire ça ? » C’est une drôle de question, non ? Ça me trouble énormément. Qu’on me réponde sur le fond, qu’on me critique, qu’on débatte, ça oui. Mais qu’on ne me dénie pas le droit de m’exprimer. Parce que je pense qu’une partie de nos maux vient aussi du désengagement des gens et de celui des artistes. Souvenons-nous de Montand et Signoret, de Balavoine, de Coluche ! Je nous trouve d’une mollesse dingue. Qui pondrait aujourd’hui l’équivalent de la chanson «Hexagone » de Renaud ?

« Les Français n‘ont pas de reproches structurels à faire à leur pays, ils veulent que ça marche », écrivez-vous…

Mais si ça marchait, ce serait quand même génial ! D’ailleurs pourquoi, au lieu de parler de sixième République, on ne ferait pas en sorte que la cinquième fonctionne vraiment ? Que la justice ait des moyens, que la santé ait des moyens, que l’éducation ait des moyens, que la culture ait des moyens. Ça changerait quand même pas mal de choses !

« Le politique n’est pas un citoyen comme un autre », écrivez-vous. Comment expliquez-vous que nous tolérions encore leurs écarts ?

Parce qu’on s’en accommode encore. Or, un homme politique n’est ni un citoyen, ni un justiciable comme les autres. Un élu doit assumer totalement la notion de représentativité. Pour moi, les malversations d’un patron du privé, qui peuvent être graves, sont moins graves que celles d’un élu qui tripote de l’argent public. C’est pour ça que tout élu coupable de malversations financières ne devrait plus jamais pouvoir exercer quelque mandat que ce soit. Comme l’écrivait Pagnol, « L’Honneur c’est comme les allumettes : ça ne sert qu’une fois. » Et la confiance dans les élus, ça influence la vie de toute une nation.

« Nous qui sommes devenus le mauvais temps », éditions du Cherche Midi. 144 Pages, 10,50 €. Sortie le 1 er févier.

Extraits de l' union du 21/01/2018

  

    

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Corinne TOUZET

« Le rire chasse les angoisses »

 L'ancienne « Femme d'honneur » rayonne dans sa vie actuelle. Chaque rôle est, pour elle, l'occasion de semer des petites graines de tolérance. C'est le cas dans « Un nouveau départ »


Cortnne Touzet « essaie simplement dans (son) métier d'amener chacun à tenter de comprendre les autres »

« Je veux rendre hommage aux femmes à tous les niveaux, à tous les âges, dans tous les métiers »

L'ACTRICE EN QUELQUES DATES

Corinne TOLJZET est née ,le 21 décembre 1959 à 0rthez daes les Pyrénées-Atlantique. Dès le plus jeune âge, elle se passionne pour le Cirque, et reve de devenir clown. Après avoir décroché son bac en 1975 à 16 ans, elle décide de quitter la France, un an après, pour les Eats Unis et le Canada. A son retour en France, elle s'inscrit en Lettres à la fac d'Aix-en-Provence et participe également à quelques spectacles de rue, Elle participe également à quelques spectacles montés par le centre culturel d'Aix-en-Provence, puis monte à Paris pour se faire connaître. Elle fait ses débuts sur le petit écran en 1981, dans le téléfilm « Maria, une étoile pour Napoléon ». Elle apparaît ensuite dans quelques films dont « Le Cow-boy » de Georges Lautner et « La Rumba » de Roger Hanin. Et c'est en 1996 à 37 ans que Corinne TOLJZET décroche le rôle de sa vie, celui de l'adjudant-chef Isabelle Florent héroïne de la série « Une femme d’honneur » sur TF1. En 2000, elle monte sa propre maison de production et réalise une poignée de téléfilms qui connaissent des fortunes diverses en termes d'audience

Incarner des personnages positifs, qui ne reculent pas devant la difficulté, même dans des comédies légères, telle est un peu la feuille de route de Corinne Touzet depuis toujours. Durant dix ans (entre 1996 et 2007), elle a incarné le lieutenant Isabelle Florent dans la série de TF1, « Une femme d'honneur ». L'uniforme lui allait bien et elle gagna ainsi une forte popularité.

Corinne Touzet a ensuite rebattu les cartes. Elle s'est investie au théâtre et a repris le rôle, tenu par Sophia Loren, dans « Une journée particulière ». Elle semble pouvoir incarner toutes les femmes.

 •.- Dans « Un nouveau départ », vous tendez la main à un SDF dans ce qui est d'abord une comédie. Mais, sous-jacent, le message est là : soyons solidaires !

C'est même plus que cela, L'auteur de la pièce, Antoine Rault, n est pas un homme de théâtre à l'origine. Il est politologue et a travaillé un temps avec François Mitterrand. C'est sa première comédie qui n'a rien à voir avec ses textes précédents. Je trouve sa façon d'amener le rire sur un problème grave très judicieuse et j'ai voulu produire ce spectacle.

Cette pièce nous fait réfléchir sur nous-mêmes, sur nos actes. Chacun face à un SDF qui frappe à se porte va se dire « Mais que ferait-on ? Comment aurait-on agi à la place de cette femme , »  Je pense que c'est plus intelligent, et sans doute plus efficace, d'amener le public à y réfléchir en le détendant plutôt qu'en l'agressant.

 •.- Pour rester sur une note grave, comment vivez-vous la pauvreté et ses progrès partout autour de nous ?

Elle est devenue insupportable pour nous tous. Beaucoup font encore semblant de ne pas la voir, mais ignorer tous ceux qui mendient et à qui on venait parfois en aide n'est pas une solution. Aujourd'hui, c'est tellement répandu qu'on est débordé. Il m'arrivait fréquemment de donner aux premiers que je croisais sur mon chemin à vélo. Mais je n'arrête plus, c'est sans fin. La mendicité s'est incrustée et les tentes sont dressées sur le trottoir en bas de chez nous. Il faudrait être débile pour se dire que ce n'est pas grave.

 •.- Les cœurs se ferment, les frontières se ferment, les aides se ferment; le théâtre peut-il un peu secouer ce constat ?

Ah oui ! J'essaie simplement dans mon métier d'amener chacun à tenter de comprendre les autres. En 2002.déjà, dans un téléfilm qui s’appelait « Et demain Paula », j'incarnais une SDF, d'un milieu aisé et ex avocate, qui avait tout lâché pour aider les gens de la rue volontairement. Et pour vous prouver la continuité de mon engagement, je vais attaquer, à la fin du mois, les répétitions de ma prochaine prece de l'humoriste Sophie Forte, sur une femme blanche confrontée à un homme de ménage africain de son entreprise et qui se retrouvent tous les deux coincés dans un ascenseur pendant le week-end de l'Ascension. Potentiellement drôle, cette histoire repose sur la complicité qui va se créer entre cette épouse du patron et cet homme qui lui est étranger. Ils vont se raconter leur vie : il va l'écouter, sa souffrance, sa solitude, ses angoisses, pour se rejoindre., Vous savez, je suis d'origine martiniquaise, mon père est quarteron et ma grand-mère de Martinique. Ces thèmes m'importent et on peut en discuter ...

 •.- En trente-cinq ans de carrière, on distingue chez vous une ligne de force : incarner des femmes positives. C'est clairement votre choix ?

Il y a de ça, oui. Je veux rendre hommage aux femmes à tous les niveaux, à tous les âges, dans tous les métiers. Elles ont du courage. Certaines valeurs me sont chères, comme la solidarité, car la France va mal. Voyez la campagne électorale. Une chaîne télé m'a demandé: « Vous Présidente, vous feriez quoi, Corinne Tcuzet ? » Je n'ai pas hésité j'essaierais de sauver la ,planète qui est en train d'imploser. C'est le défi N°1, Notre politique n'est pas à la hauteur.

Bernard MEEUS,

Extraits de l' union du 12/04/2017

  

    

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Jean-Louis TRINTIGNANT

Il se laisse mourir

Fortement diminué par un cancer, le comédien de 87 ans a suscité une vive émotion en annonçant la fin de sa carrière, quinze ans après la mort tragique de sa fille Marie.


Après plusieurs mois de lutte contre un cancer de la prostate, Jean-Louis Trintignant a annoncé qu'II renonçait a la chimiothérapie, préférant laisser la maladie suivre son cours.

Il est des acteurs qu'on voudrait ne jamais voir décliner. Des êtres rares, intenses, qui occupent une place à part dans le cinéma. Ils illuminent la vie, messagers des sentiments. Si on y ajoute l'élégance, la sensibilité, une aura naturelle, ils nous deviennent indispensables, Jean-Louis Trintignant jouit de ce privilège dont, dans son cas, il eut toujours la sagesse de ne jamais abuser. L'annonce de son retrait définitif dans une interview sur le site internet du quotidien Nice-Matin sonne comme une immense perte. La vision - très sobre mais aussi très touchante - de Jean-Louis Trintignant à l'agonie cause donc forcément une peine profonde dans le public. Le comédien souffre d'un cancer à la prostate. « Je ne me déplace plus tout seul. J'ai toujours besoin d'avoir quelqu'un auprès de moi pour me dire « Attention, tu vas te casser la gueule », prévient l'acteur aux 160 rôles au grand écran et au théâtre. Très affaibli, il a refusé un dernier rôle dans un film de Bruno Dumont. « C'était intéressant, mais i'ai eu peur de ne pas y arriver physiquement », regrette-t-il sans cacher l'inéluctable, Sa dernière apparition en salle remonte à 2017 dans « Happy End » de Michael Haneke, aux côtés d'lsabelle Huppert et Mathieu Kassovitz. Il semble résolu à accepter son sort qu'il évoque à mots lucides ; « Je ne me bats pas, je laisse faire. J'ai trouvé un médecin marseillais qui essaie un nouveau truc. Je ne fais pas de cnunio même s’il y étais prêt. » Il affronte l'épreuve avec philosophie, très pudique et encore capable d'un trait d'esprit qui lui ressemble: « Avant, j'avais peur du cancer. Plus maintenant, j'en ai un ! Quand je signe des autographes, comme je ne vois plus grand-chose, c'est difficile mais bon - je signe Jean-Louis Trintignant et je précise en dessous « à la fin de sa vie »

Dans cet entretien qui fait dévaler les larmes, il confie aussi qu'il n'était « pasfait pour un métier public. J'étais extrêmement timide. Et puis, la notoriété, ça ne m'clamais intéressé. Vous savez, c'est amusant" la première fois puis après plus du tout. Pourquoi on nous donne des récompenses ? Nous sommes déjà bien payés. On ferait mieux de donner des Oscars aux gens qui font des métiers pas marrants. » Jean-Louis Trintignant avait déjà suscité  de vives inquiétudes il y a quelques semaines lors d'une rencontre avec Laurent Delahousse sur France 2 dans « 19 heures, le dimanche ». Le cheveu rare, aidé d'une canne pour soulager ses souffrances,

le débit lent. il avait répondu aux questions du journaliste sur la scène du Théâtre des Célestins à Lyon. En mai, il se produisait encore avec son spectacle faisant Id part belle à ses auteurs fétiches, Prévert, Desnos, Apollinaire (qu'il vint d'ailleurs jouer à Wolubilis il n'y a pas si longtemps). Entouré de cinq musiciens sur des airs de Piazzolla, Trintignant offrit au présentateur du 20 Heures une émouvante confession. « J'ai peur de tout, de ne pas me souvenir du texte », avait admis le comédien. « J'oublie que je suis vieux et aveugle quand je dors », chuchota celui qui nous fit tant rêver. Il évoqua Brigitte Bardot, leur amour fusion, la gloire qui emporte : « Je n'ai pas été sage toute ma vie j'étais beau mec, un peu prédateur », lui « le maladroit et le timide avec les femmes ». À mots feutrés, il sut nous émouvoir à nouveau. « Je n'ai pas été très gâté par l'optimisme. Il y a beaucoup de gens que j'ai aimés ; je n'ai pas eu le temps de leur dire », « je n'ai jamais pensé que j'étais un type exceptionnel. « J'aime encore jouer mais je pense que je n'y arriverai plus », autant de grands et de petits bonheurs en train de s'éloigner. Ce soir-là, Delahousse avait remercié pour ces petits mouchoirs passés sur les souvenirs, froissés par les écueils.

« JE VAIS DE PLUS EN PLUS MAL DEPUIS OUINZE ANS »

Pour Jean-Louis Trintignant, ce combat contre la maladie n'est pas le plus rude. Il en est un autre, qui le hante depuis la mort violente de sa fille Marie le 1" août 2003. Avec des accents très poignants. -sans haine ni virulence, il évoque son impossibilité de faire son deuil. Sa fille reste dans le creux de son cœur, Comme une douleur. À l'époque des faits, il s'était peu exprimé. Il avait gardé sa peine pour Iui, à l'inverse de Nadine Trintignanr très sévère avec Bertrand Canrat, Jean-Louis Trintignant s'était refugié dans sa maison d'Uzès. Il évitait le sujet. Il pleurait en silence. Il avait continué de tourner. Il nous avait bouleversés avec « Amour » de Michael Haneke où, en époux patient et aux petits soins, îl veillait sur sa femme (Emmanuelle Riva) perdue dans les brumes de la vieillesse. Face à Delahousse, il ne se dérobe pas. Marie est là, doux fantôme des jours heureux, mais aussi manque jamais comblé. « C'est arrivé en 2003. Ça m'a complètement détruit. Je n'arrive pas à m'en remettre mais enfin, en même temps, on est fait de nos bonheurs et de nos drames. Je ne me suis pas tellement relevé. Je vais de plus en plus mal depuis quinze ans. Alors, il y a des gens qui me disent des fois « Vous devriez faire cc film, ça vous fera du bien ». Mais c'est vrai d'ailleurs, ça me fait du bien de - travailler, de faire des choses.» Sa fille, le comédien en parle aussi dans son spectacle en termes poétiques. Sa « chaleur d'oiseau », son « cœur craintif », tirant « les ficelles des souvenirs perdus », Assis face aux spectateurs, le micro ouvert, logé dans la pénombre, Trintignant susurre: « Je n'ai plus de visage pour demain. Je n'ai plus de visage pour rien de rien. Parfois, je m'assois par pitié de moi, j'ouvre mes bras à la croix des sommeils. Mon corps n'est plus qu'un réseau de digues. Je t'attends.» Une vibrante lettre d'amour d'un père à sa fille. Le comédien porte son chagrin, inconsolable, cette triste vérité: Il n'est plus, depuis cette date, le Trintignant joyeux d'« Un homme et une femme » (Palme d'Or à Cannes en 1966), amoureux d'Anouk Aimée devant la caméra de Claude Lelouch. Tous ces mots, qui sont presque des mots d'adieu ou qui en prennent le chemin, nous touchent collectivement car le comédien nous a accompagnés durant plus de cinquante ans. Ils font mal. Ils donnent le bourdon. On aimerait ne pas avoir à les lire, dans ce chant d'un homme qui sent ses forces le quitter et dont le visage fragile et amaigri éclaire la plus difficile des décisions.

C'ÉTAIT LE TEMPS DU BONHEUR


Jean-louis Tnntignant avec sa femme Nadine et sa fille Mane en 1999. l'acteur ne se remettra jamais de la pantion tragique de sa fille

Bernard MEEUS

Extraits de l' union du 05/08/2018

  

    

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Charlotte VALANDREY - « J’ai toujours des projets, c’est essentiel »

ALIL VARDAR - « Comment garder son mec »

Sylvie VARTAN : J’ai voulu rendre hommage à Johnny

Simone VEIL, une femme d’exception marquée  par la déportation 

Paul VERLAINE - Quand il était ardennais

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Charlotte Valandrey

« J’ai toujours des projets, c’est essentiel »

L'actrice au caractère bien trempé monte sur les planches sedanaises dims dernière de « Mon pote est une femme comme les autres ». Rencontre avec une


Charlotte Villandrey sera à Sedan pour  la dernière représentation de la pièce « Mon pote est une femme comme les autres » qu’elle jouera avec Sacha Judasko - Indrid Mareski

« A l'origine, je voulais' être assistante sociale, Mais j'ai découvert que j'aimais bien être sur les planches »
Charlotte Valandrey

Elle a du caractère et elle l'assume. Charlotte Valandrey est un météore dans l'univers artistique. Brillante, indépendante, mais aussi fragile et secrète, elle est une touche à tout, douée et intuitive. Après le cinéma, le théâtre, la télévision et l'écriture, elle s'essaiera bientôt à la chanson. Elle nourrit aussi des objectifs plus personnels. À 48 ans, Charlotte Valandrey a encore beaucoup de projets en tête.

Dimanche. à Sedan, c'est la dernière représentation de la pièce de théâtre « Ma femme est un pote comme les autres ». Dans quel état d'esprit l'abordez-vous ?

Je vais jouer comme si ce n'était pas la dernière, ça va sûrement me faire drôle après. C'est une pièce attachante, un conte moderne. À la fois drôle et tendre, avec des personnages du quotidien mais dans un contexte particulier. On l'a jouée sept mois à Paris, puis cinq mois en tournée.

•.- Après cette tournée, quels sont vos projets ?

Je viens de finir la promotion de mon roman Bombay mon amour. Je vais donc souffler un peu. Penser à d'autres projets. Je suis tentée par un monologue. Mais le texte que je vais écrire, ou celui d'un auteur. Dans le courant de l'année, je vais également présenter trois chansons que j'interprète. C'est une première expérience dans le chant. À titre plus personnel.je réfléchis aussi à une implication dans l'humanitaire. Le rêve serait de pouvoir partir un jour faire le tour du monde en voilier.

•.- Vous touchez à tous les domaines. D'où vient cette énergie ?

J'ai toujours des projets. C'est essentiel. Après ma greffe cardiaque, je n'avais pas autant d'énergie, Il y a des moments qui sont durs aussi. Mais si je n'avais pas fait autant de choses, et si je n'avais pas envie de les faire, je serais morte, je suis une acharnée.

•.- Têtue comme une Bretonne ?

Tout à fait. J'ai des origines bretonnes et j'en suis fière.

Vous avez prêté votre volx à un des personnages de Harry Poner ?

 En effet, je suis la voix de la journaliste dans la version française. Ce n'est pas facile, mais c'est très intéressant. J'aurais adoré faire la voix de Meredith dans Grey's Anatomy, mais les places s sont chères dans le doublage français.

•.- Votre dernier livre est un roman. Cela change des autobiographies ?

Oui, Bombay mon amour est un roman dans lequel j'ai fantasmé ma vie pendant quelques jours. Il y a une base réelle et concrète qui est mon court séjour humanitaire en Inde, notamment dans des bidons ville. C'est le support à une réflexion sur l'amour, sur les sentiments, sur les ruptures amoureuses après 45 ans. Je ne suis pas restée assez longtemps en Inde pour écrire un livre sur mon expérience personnelle dans ce pays, ni sur mon point de vue sur les bidonvilles.

•.- Vous vous étes rendue en Inde avec Valérie Trier Weller, pourquoi ?

C'est un coup de cœur. J'ai rencontré Valérie Trierweiler à l'occasion d'un article. Nous avons sympathisé, Elle m'a proposé de la suivre en Inde. J'ai accepté. C'est un peu par hasard. Nous avons de bonnes relations mais je ne l’ai pas revue depuis plusieurs semaines.

•.- En 1987, vous avez joué avec Jean Yann et Thierry Lhermltte dans « Fucklng Fernand », Quel souvenir gardez-vous de ces rencontres ?

J'étais trop jeune. Je ne me rendais pas bien compte des personnes avec qui je tournais. je ne venais pas de ce métier, je ne connaissais pas le milieu du cinéma. Personne ne m'avait mise au courant ou ne m'avait expliqué. j'étais d'une totale insouciance. Ce n'est que plus tard que j'ai réalisé ce genre de choses. Avec le recul, sij'avais su, si on m'avait expliqué, je n'aurais pas vécu les choses de la même façon.

•.- Avez-vous des regrets ? Auriez-vous choisi une autre carrière que le Cinéma ?

À l'origine, je voulais être assistante sociale. Mais j'ai découvert que j'aimais bien être sur les planches. Je me sens bien dans mon élément. Bien entendu, on peut imaginer le monde autrement. Si j'avais fait autre chose, j'aurais peut-être regretté de ne pas avoir fait de cinéma ? je n'aurais pas eu dans la tête ce que j'ai aujourd'hui.

•.- Soutenir une cause politique ne vous tente pas ?

Non.je m'intéresse à la politique. Je suis ce qui se passe en France et à l'étranger. Mais je ne veux pas prendre parti pour l'un ou pour l'autre. J'ai mes idées personnelles, comme tout le monde.

•.- Dans la série télévisée, « Les Cordier, juge et flic », vous Incarnez une journaliste. Quel regard portez-vous sur cette profession ?

Tout dépend des personnes qui font cette profession. J'apprécie les journalistes qui travaillent pour informer. Dans ce cas, c'est intéressant. Par contre, je n'aime pas ceux qui dévoilent la vie privée des gens.

PHILIPPE DUFRESNE

Extraits de l' union du 27/01/2017

  

    

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ALIL VARDAR

« Comment garder son mec »

Ali Vardar jouera le 4 mai, à Tinqueux, son one-man-show

Alil Vardar : « Je suis auteur, interprète, producteur et metteur en scène de mes spectacles et de ceux de mes camarades. »

« Pourquoi les homosexuels ne pourraient pas connaître les joies du divorce ? »

Pensez-vous être né sous une bonne étoile ?

Oui, je le pense et je suis forcé de le constater en tout cas. J al un parcours qui n'était pas forcément prévu à mon berceau. J’al eu une enfance d'immigré albanais avec des parents très pauvres. Un milieu où la culture n'avait aucune place et à force de travail ma vie a totalement changé. Je pense aussi avoir été un garçon qui a eu beaucoup de chance et franchement j'aurais c: eu beaucoup de mal à me plaindre de la vie. Le destin a fait que j'ai eu du bol au théâtre, j'ai eu du bol dans la vie, je suis en bonne santé et j'ai même du bol dans mes accidents.

Etre immigré albanais, à votre arrivée en France, cela vous est-il posé problème ?

Très honnêtement, cela ne m'a pas aidé du tout. Le problème, avec les Albanais, c'est que les gens ne les connaissent pas. Dans les médias, on entend parler de banditisme quand on parle des Albanais ! J'ai été très étonné, même dans ce milieu culturel si ouvert, de l'appréhension des gens à mon égard.

Avez-vous senti un rejet de leur part ?

Bien plus que senti: je me rappelle qu'à l'époque où je jouais à guichets fermés tous les jours dans un théâtre de 1.000 places ma pièce « Le Clan des divorcées », il y a eu des rumeurs qui disaient : « Vardar blanchit de l'argent du Kosovo en faisant croire qu'il fait du monde dans son théâtre. » Vous imaginez jusqu'où le racisme peut aller …

Après, il y a un second succès, puis un troisième et vous vous apercevez que les chiens aboient et la caravane passe. Ensuite, les gens commencent à vous reco~- naître et on fait avec vous, mais être albanais ça ne m'a pas rendu service.

Vous êtes auteur de pièces célèbres comme « Le Clan des divorcées » et « 10 ans de mariage », qu'est-ce qui tout d'un coup vous a donné l'envie de faire du one-man-show ?

J'ai eu la chance d'enchaîner plusieurs succès au théâtre pendant dix ans. Il y avait cette discipline-du spectacle vivant que je ne connaissais pas bien : le one-man-show. Comme j'aime les challenges et me mettre en danger, je me suis dit : « Tiens je vais essayer cette discipline. » Mais il y a un second motif, j'ai un défaut de notoriété par rapport au nombre de places que je vends. Il y a 200.000 personnes par an qui achètent des places sur mes spectacles, mais les gens ne me voient pas dans les médias et je n'ai jamais été un garçon qui courait les émissions télé. Grâce à ce one-man-show, je suis passé chez Drucker, chez Ardisson et même sur TF1. Quand vous arrivez dans une de ces émissions, vous amenez des choses en one-man-show, vous pouvez faire des extraits qui ne se produisent pas sur une pièce de théâtre : vous ne pouvez pas apporter un décor et des comédiens et vous devenez une plus-value. Je pense que le one-man-show est un passage obligé pour acquérir une notoriété médiatique.

Ce one-man-show que vous venez d'écrire est conçu comme une pièce de théâtre ?

Pas vraiment, c'est la première fois que je me faisais aider par un co-auteur, qui est particulièrement brillant, Thomas Gaudin, et pour la mise en scène par mon ami Éric Carrière des Chevaliers du Fiel. On est arrivés à un résultat dont on est assez fiers.

Ce spectacle est-il autobiographique ?

« Comment garder son mec » : l'idée, c'est que je donne un petit peu des leçons. On raconte des choses peu profondes, c'est un spectacle où l'on rit beaucoup mais je voulais quand même parler de moi et de mon parcours dans ce spectacle.

Le titre de votre spectacle est-il destiné aux femmes ?

Oui il est destiné aux femmes, mais mes conseils sont aussi valables pour les homosexuels. Que l'on soit hétéro ou pas on a les mêmes soucis à l'époque du mariage pour tous. Pourquoi les homosexuels comme nous ne pourraient pas connaître les joies du divorce.

En parallèle des one-man-show, continuez-vous à écrire pour le théâtre ?

Oui je suis un boulimique de travail, je joue deux fois par jour mon one-man-show et ma dernière pièce qui s'appelle Abracadabrunch. En ce moment, j'essaye de trouver une idée pour une pièce qui, je l'espère, sortira dans huit mois pour essayer de surprendre encore et encore.

Avec votre frère, vous avez racheté pas mal de théâtres. Est-ce pour des raisons pécuniaires ?

Je suis auteur, interprète, producteur et metteur en scène de mes spectacles et ceux de mes camarades. Il est quand même somme toute logique que je possède un théâtre. Quand Lagardère ou Longchamp achètent la moitié des théâtres de Paris, ça n'étonne personne et personne ne leur pose la question, pourquoi ? Ils n'ont rien à faire pourtant dans le milieu du théâtre. J'ai acheté avec mon frère qui est un excellent administrateur. On est très proches, on a dix-huit mois d'écart. Je l'aime, je lui fais entièrement confiance. II y a une vraie cloison entre son travail et le mien, je ne me sens pas concerné. je suis par définition copropriétaire du groupe mais mon travail et le sien sont complètement différents. Ça fonctionne très bien, voilà ce que j'ai à dire à ce sujet. Le jour où le théâtre sera dirigé par des artistes, ça ira peut-être mieux.

Vous manque-t-i1 quelque chose ?

Vous savez, même au plus heureux des hommes il manquera toujours quelque chose. Je ne peux pas vous dire des choses qui paraîtront futiles à vos lecteurs. Vous savez, quand on est en bonne santé on a déjà 99 % de bonheur. Après, je travaille dans un métier que j'aime et dans lequel je suis récompensé. Je ne vois pas de quoi je peux me plaindre. Il faudrait que j'invente quelque chose. Même quand j'avais beaucoup moins de choses dans la vie, je n'ai jamais été un garçon qui se plaignait. Quand on était des petits Albanais pauvres dans les rues de Bruxelles où j'ai grandi, j'ai toujours vu le verre à moitié plein plutôt qu'à moitié vide. Je suis lin garçon très déterminé et j'ai toujours pensé que la valeur du travail faisait qu'on réussissait ou pas. Je suis la preuve vivante qu'en partant de nulle part et en travaillant comme un dingue on peut arriver à passer les barrières !

DANIEL BALBO 

Extraits de l' union du 27/01/2017

  

    

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Sylvie VARTAN 

J’ai voulu rendre hommage à Johnny

Sylvie Vartan sera ce mercredi 5 décembre sur la scène du Splendid.   Une vie sur scène et en chansons qu’elle évoque lors d’un entretien.


Sylvie Vartan rend hommage à Johnny au cours de son spectacle. Elle s’adresse aussi à lui au travers d'un morceau inédit. Philippe Quaisse

Son rire unique et reconnaissable entre tous, en guide d’introduction. Et sa voix, dans le message du dernier album en hommage à Johnny, « Au fil du temps qui passe, je pense à ma vie. Ces images en noir et blanc (…) et j’ai connu ce bonheur avec toi… » La voix chaude et incroyablement familière de Sylvie Vartan au téléphone pour parler de sa venue à Saint-Quentin, demain.

C’est une salle que vous connaissez, le Splendid, à Saint-Quentin ?

Ça fait longtemps que je ne suis pas venue à Saint-Quentin… Mais généralement, c’est un peu toujours la même chose lorsqu’on arrive dans une ville. On se pose à l’hôtel, et puis on se retrouve dans la salle pour faire la balance, les essais de micros, en général, je reste ; j’aime bien être dans les lieux un peu à l’avance, ne pas arriver au dernier moment.

Vous pouvez nous parler de votre spectacle ?

Il y a 12 musiciens sur scène, des choristes, un écran géant… Un concert au départ assez dynamique, plutôt rock, avec des chansons que les gens aiment et ont envie d’entendre ; d’abord les incontournables, La Maritza, L’amour c’est comme une cigarette…

Vous avez toujours autant de plaisir à interpréter ces titres ?

D’une manière générale, chanter, me procure toujours beaucoup de plaisir, depuis que je suis adolescente… C’est un échange, avec le public. Un partage et ça se passe toujours de manière différente avec gaîté, ou mélancolie, ça dépend des chansons…

Vous êtes nostalgique des premières années ? Des années yé-yé ?

Ah non, il n’y a pas un gramme de nostalgie. Il y a aussi des chansons plus récentes. Un tour de chant évolue, et en tournée, on ne chante jamais deux soirs de la même manière… Dans la seconde partie, j’ai voulu rendre hommage à Johnny et chanter plusieurs de ses titres.

La grande première a été, il y a quelques mois, au Grand Rex à Paris…

C’était impensable de ne pas le faire, de ne pas lui rendre hommage ; on a partagé tellement de choses ; notre vie intime, mais aussi l’amour de la chanson, la passion pour la musique, tout cet amour venait cimenter le nôtre ; on était parfaitement en accord sur tous les fronts ; mari et femme. On était si jeunes, on a grandi ensemble.

C’est vous qui avez eu l’idée de cet album hommage à Johnny, « Avec toi » ?

Oui, et la réaction du public m’a confortée dans le fait d’enregistrer un disque. Il m’était impensable de ne pas continuer à chanter Johnny, parce que je ne l’avais jamais fait auparavant ; on a eu des carrières totalement séparées, mais on a fait des duos ensemble, sur scène. On a eu un peu le même public.

C’est vous qui avez choisi les titres ?

Oui et aussi la photo de la pochette en noir et blanc de Jean-Marie Périer, ami photographe depuis les débuts. Ce qu’on a connu ensemble est tellement unique, c’est sous la lumière ; on était jeunes, on faisait l’apprentissage de la vie.

« Avec Johnny, on a partagé un long moment de bonheur, c’était une sorte de tourbillon permanent »

Vous avez un titre préféré ?

Les 14 chansons ont toute leur histoire. Elles correspondent à des souvenirs personnels. Je les connais toutes par cœur. Elles font partie de ma vie, autant que les miennes, autant que mes chansons. On partageait tout, avec Johnny, y compris dans le domaine artistique…

Vous avez écouté le dernier album de Johnny ?

Je ne l’ai pas écouté et je ne tiens pas à le faire… Je ne pense pas que j’aimerais entendre sa voix pour la dernière fois sur un disque ; je préfère le chanter, chanter des titres qui rappellent les jours où il y avait des lendemains, le bonheur… Je veux me souvenir de lui, dans sa folie, sa beauté, son sourire… Me rappeler tous les soleils partagés ensemble…

Votre public réunit plusieurs générations… Toujours avec le même succès. Comment expliquez-vous cette durée ?

(Rires) J’ai beaucoup de chance et j’ai le privilège d’avoir grandi avec le public depuis que je suis adolescente ; je fais partie de leur famille, de la famille du public. Comme ils font partie de la mienne… Johnny et moi, avons grandi aux yeux de tous. Les gens nous plébiscitaient, nous aimaient et ils continuent et c’est magnifique, parce qu’on a fait beaucoup de tournées et partagé beaucoup de choses… Ce n’était pas prémédité ni voulu, ça s’est fait comme ça. Ça crée des liens et ces liens sont très solides…

Vous imaginiez toutes les polémiques autour du testament de Johnny ?

On ne peut pas l’imaginer, mais ça l’est. C’est alimenté et on espère que tout revienne un jour dans l’ordre… Les procédures se poursuivent… Il faut avoir confiance en la justice.

Pascal ANGEL

Extraits de l' union du04-12-2018

  

    

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Hommage à Simone Veil, figure emblématique du combat pour les droits des femmes

Un grand honneur de la connaître

Simone Veil, une femme d’exception marquée  par la déportation 

Simone Veil, qui avait porté la loi autorisant l’avortement dans les années 70, est morte hier  à l’âge de 89 ans. Elle était rescapée des camps de la mort, où elle avait été déportée à 16 ans

*.- Née Jacob, le 13/07/1927 à Nice 1944-1945

*.- Arrêtée dans la rue par les SS alors qu'elle vient de passer le bac. Déportée à Drancy puis à Auschwitz-Birkenau, Bobrek et Bergen-Pilsen, avec sa mère et sa sœur, où elle porte le matricule 78651 , Ne reverra jamais son père et son frère, Sa mère meurt du typhus,

*.- 1945-1946 - Retour en France, elle s'inscrit à la faculté de droit et à l'lEP de Paris, Se marie à Antoine Veil avec qui elle a 3 enfants (Jean en 1947, Claude-Nicolas en 1948 et Pierre François en 1954).

*.- 1956 - Entre dans la magistrature et devient haut-fonctionnaire dans l'administration pénitentiaire

*.- 1974-1979 - Nommée ministre de la Santé par V, Giscard d'Estaing (gouvernement Chirac). La loi Veil dépénalisant l'IVG est adoptée le 29 nov. 1974 (entrée en vigueur en janv. 1975)

*.- 1979-1993 - Élue députée européenne (UDF) el présidente du Parlement jusqu'en 1982 (1ère législature).

1993-1995 - Ministre d'État, ministre des Affaires sociales, de la Santé et de la Ville sous F. Mitterrand (gouvernement E. Balladur)

*.- 1998-2008 - Siège au Conseil constitutionnel

*.- 2000-2007 - Préside la Fondation pour la mémoire de la Shoah

*.- 2007 Publie son autobiographie, « Une vie »

*.- 2008 - Membre de l'Académie Française

*.- 2009 - Promue grand officier de l'ordre national de la Légion d'honneur

*.- 30 juin 2017 ,décès à Paris (89 ans)

Charismatique et populaire, Simone Veil, décédée hier à l’âge de 89 ans, s’était engagée tout au long de sa vie marquée par sa déportation à Auschwitz dans les combats emblématiques de son époque, de la condition des femmes à l’Europe. Attachée aux valeurs morales et républicaines, cette féministe inflexible a été la première femme à être ministre d’État en France, ainsi que présidente du premier Parlement européen. Parfois surnommée « Momone », chignon noué et tailleur Chanel, elle apparaissait rassurante et maternelle de prime abord. Mais son regard acéré était parfois traversé d’éclairs. Ses yeux en disaient long sur son caractère, exigeant, passionné, autoritaire, voire «épouvantable » selon certains, sur son esprit prompt à la rébellion et à la colère. Elle naît le 13 juillet 1927 à Nice, au sein d’une famille juive et laïque. Son père, homme rigoureux et architecte de profession, pousse ses quatre enfants à lire les classiques : Montaigne, Racine ou Pascal. Toute la famille est déportée en 1944. Le père et le frère, Jean, en Lituanie, sa sœur aînée Denise (résistante) à Ravensbruck, sa mère, sa sœur Milou et elle-même à Auschwitz. Seules les trois sœurs reviendront. « Je crois être une optimiste, mais, depuis 1945, je suis dénuée d’illusions » , dira cette ennemie de la langue de bois qui n’oubliera jamais de reprocher à certains « amis » politiques leurs « dérives extrêmes droitières » .

Elle rencontre en 1946 à Sciences-Po Antoine Veil, futur directeur général de la compagnie aérienne française UTA. Le couple a trois fils, dont le célèbre avocat Jean Veil. Un des enfants est décédé en 2002. Antoine est mort en avril 2013. Magistrate, Simone Veil rejoint en 1956 l’administration pénitentiaire puis s’occupe des problèmes d’adoption. Sa maison est déjà un salon politique, où se côtoient gaullistes et centristes.

LE FAIT D’AVOIR FAIT L’EUROPE M’A RÉCONCILIÉE AVEC LE XX E SIÈCLE

Elle entre en politique en 1974 comme ministre de la Santé dans le gouvernement Chirac. Son combat pour faire adopter la loi, contre une partie de la droite, sur l’interruption volontaire de grossesse, fait d’elle pour longtemps la personnalité politique la plus populaire de France.

Les attaques qu’elle subit sont violentes. « On avait inscrit sur la porte de mon domicile : Veil = Hitler » , se rappellera-t-elle. Il restera, dans la mémoire collective, l’image d’une femme touchée, fin 1974, en pleine Assemblée nationale mais ne cédant pas. En juin 1979, Simone Veil est élue présidente du Parlement de Strasbourg, jusqu’en 1982. De 1984 à 1989, elle est à la tête du groupe libéral, démocratique et réformateur. « Le fait d’avoir fait l’Europe m’a réconciliée avec le XX e siècle » , assurait cette pionnière. En 1993, elle devient ministre d’État, chargée des Affaires sociales, de la Santé et de la Ville. En 1997, elle préside le Haut conseil à l’intégration et en 1998 siège au Conseil constitutionnel, jusqu’en 2007. Elle a incarné, comme ministre, la fibre sociale et a parfois pris des positions proches de la gauche sur des sujets sociétaux. Son soutien – parfois critique – à Nicolas Sarkozy en 2007 illustre sa singularité dans le paysage politique qui explique en partie sa popularité. Avec un tel parcours, pourquoi n’a-t-elle jamais brigué l’Élysée ? « Je ne me suis jamais sentie la capacité d’exercer un tel pouvoir. Je suis trop indépendante pour cela » , a-t-elle expliqué de sa voix claire, au débit rapide, inflexible.

Personnalité féminine préférée des Français, selon un sondage de 2014, elle a été élue en 2008 à l’Académie française, devenant alors la sixième femme à rejoindre les Immortels. « Mon père, disparu dans les pays baltes, révérait la langue française » , a-t-elle souligné dans son discours de réception. Profondément marquée par sa déportation à Auschwitz, dont elle avait fait un récit émouvant dans son autobiographie, « Une vie » (2007), elle était devenue présidente de la Fondation pour la mémoire de la Shoah dont elle était restée présidente d’honneur.

Fin novembre 1974, un rude combat en faveur de l’IVG 


Simone Veil, alors ministre de la Santé, en 1974 à Paris.
AFP

Le 26 novembre 1974, Simone Veil monte à la tribune de l’Assemblée nationale pour défendre une loi historique – la légalisation de l’avortement –, sujet ultra-sensible. Elle va faire face à des adversaires déchaînés, dans un climat d’une brutalité inouïe. « Je n’imaginais pas la haine que j’allais susciter », confie l’ex-ministre de la Santé de Valéry Giscard d’Estaing dans un livre entretien avec la journaliste Annick Cojean («Les hommes aussi s’en souviennent », 2004). « Il y avait tellement d’hypocrisie dans cet hémicycle rempli essentiellement d’hommes, dont certains cherchaient en sous-main des adresses pour faire avorter leur maîtresse ou quelqu’un de leurs proches. » Devant une assemblée qui compte neuf femmes pour 481 hommes, la ministre s’exprime d’une voix calme, un peu tendue : « Nous ne pouvons plus fermer les yeux sur les 300000 avortements qui chaque année mutilent les femmes dans ce pays, bafouent nos lois et humilient ou traumatisent celles qui y ont recours. » Son discours d’une heure est chaleureusement applaudi par la gauche. La droite se tait, pour l’instant. Dans les tribunes du public, à l’inverse de l’hémicycle, ce sont les femmes qui dominent, venues en masse écouter la ministre. Suivent plus de 25 heures de débats durant lesquelles Simone Veil affronte insultes et propos de « soudards », racontera-t-elle. Trois jours et deux nuits de combat contre les tenants de sa propre majorité. Hector Rolland reproche à Simone Veil, rescapée des camps de la mort, « le choix d’un génocide ». Jean-Marie Daillet évoque les embryons « jetés au four crématoire ». Jacques Médecin parle de « barbarie organisée et couverte par la loi comme elle le fut par les nazis ». Après le passage de 74 orateurs, Simone Veil reprend la parole déplorant les analogies avec le racisme des nazis. Elle dira plus tard avoir ressenti « un immense mépris ». Le 29 novembre 1974, au cœur de la nuit, la loi est votée par 284 voix contre 189. Les deux tiers des députés de la majorité votent contre le texte, adopté essentiellement grâce aux voix de gauche et centristes. La « loi Veil », est promulguée le 17 janvier 1975, autorisant l’IVG pour cinq ans. L’autorisation sera rendue définitive par la loi du 31 décembre 1979.

Emmanuel Macron (président de la République, sur Twitter) : « Très vives condoléances à la famille de Simone Veil. Puisse son exemple inspirer nos compatriotes, qui y trouveront le meilleur de la France. »

Édouard Philippe (Premier ministre, sur Twitter) : « La France perd une personnalité comme l’histoire en offre peu. »

Nicolas Sarkozy (ancien président de la République, sur Facebook) : « J’ai connu Simone Veil, j’ai admiré Simone Veil et je veux l’écrire ici, j’ai aimé Simone Veil, dont l’amitié ne m’a jamais fait défaut. Son regard bleu pouvait exprimer l’autorité et même la colère mais il y brillait toujours une grande bonté et la lueur de l’espoir. »

Valéry Giscard d’Estaing (ancien président de la République) : « C’était une femme exceptionnelle qui avait connu les plus grands bonheurs et les plus grands malheurs de la vie. »

Anne Hidalgo (maire de Paris): « Notre pays perd à la fois l’une de ses plus belles figures d’engagement et en même temps l’un des ferments de sa concorde et de sa cohésion. Je n’oublierai jamais celle qui m’a accompagnée à toutes les étapes de ma vie de femme et de responsable politique. »

Fondation Chirac : « Son histoire personnelle s’est confondue avec l’histoire de la France et celle de la construction européenne. Femme de principes et femme d’action, elle incarnait au plus haut les valeurs de justice et de solidarité qu’elle défendait. En elle, nul faux-semblant, nulle hypocrisie. C’était une femme sans complaisance. »

QUELOUES DATES CLÉS DE l'IVG EN FRANCE

*.- 1955 - L'avortement, interdit depuis 1920, est autorisé pour « sauver 10 vie de 10 mère », mais les médecins ont le droit de ne pas le pratiquer

*.- Avril 1971 – « Manifeste des 343 » femmes déclarant avoir avorté, publié dans le Nouvel Observateur *.- 1972 - Procès de Bobigny, l'avocate Gisèle Halimi fait acquitter une jeune fille de 17 ans qui avait avorté à la suite d'un viol.

*.- 1974 -Adoption de la loi sur l'interruption volontaire de grossesse dîte loi Veil. Promulguée le 17 janvier 1975 pour 5 ans et reconduite définitivement en 197'3, elle autorise l'IVG dans un délai de 10 semaines, sur simple demande à un médecin (qui peut refuser d'y donner suite)

*.- 1982 -Remboursement de l’IVG par la Sécurité sociale Simone Veil

*.- 1993 - Instauration d'un délit d'entrave à l'IVG .

*.- 1994 - Entrée en vigueur du nouveau Code pénal dépénalisant l'avortement

*.- 2001 - Délai légal étendu à 12 semaines de grossesse, abrogation de la nécessité de l'autorisation parentale pour les mineures

*.- 2004 L'IVG médicamenteuse, autorisée en milieu hospitalier depuis 1990, autorisée pour la médecine de ville sous conditions

*.- 2013 - Gratuité de l'IVG pour toutes les femmes, quelle que soit la méthode

*.- 2014 - Suppression de la notion de détresse pour recouru à l'IVG. Délit d'entrave étendu à l'accès à l'information.

*.- Janvier 2016 - Suppression du délai minimal de réflexion d'une semaine. Sages-femmes autorisées à pratiquer des IVG médicamenteuses, centres de santé à pratiquer des IVG instrumentales,

*.- Avril 2016 -  Remboursement de l'ensemble du parcours lié à l'IVG (consultations, examens biologiques et échographies) _

*.- Février 2017 - Adoption définitive par l'Assemblée nationale d'une proposition de loi pour élargir le délit d'entrave aux sites internet diffusant des informations « induisant intentionnellement en erreur » sur l'avortement.

PRÉSIDENTE DU PARLEMENT EUROPÉEN DE 1979 À 1982

Avec le féminisme, l’Europe, et plus généralement la paix, aura été la grande cause de la vie de Simone Veil, elle, la jeune déportée devenue la première présidente du nouveau Parlement européen, en 1979. Lorsque le président Valéry Giscard d’Estaing la sollicite, à l’automne 1978, pour qu’elle devienne, elle, sa ministre de la Santé, tête de liste de l’UDF (libéraux et centristes) pour les premières élections au suffrage universel du Parlement européen, elle accepte. En juin 1979, sa liste arrive première, assez loin devant celle du Parti socialiste et plus de dix points au-dessus de la liste gaulliste. Simone Veil est désignée comme la candidate du groupe libéral à la présidence du Parlement et sera élue lors de la première séance, au troisième tour. À l’issue de son mandat, en janvier 1982, elle renouvelle sa candidature avant d’y renoncer. Elle restera députée européenne jusqu’en 1993, date à laquelle elle est nommée ministre des Affaires sociales dans le gouvernement de cohabitation d’Édouard Balladur.

UNE CENTRISTE QUI POUVAIT DÉFENDRE DES IDÉES DE GAUCHE

Centriste incommode, européenne convaincue et «féministe » sur le tard, Simone Veil appartenait au camp de la droite mais pouvait défendre des idées de gauche, notamment dans le champ sociétal. « Au fond, tout au long de ma vie, j’ai eu la chance de pouvoir m’investir à ouvrir des brèches dans le conformisme ambiant », notait cette fille d’un père conservateur, épouse d’un grand patron, grande bourgeoise, mère de trois enfants, plusieurs fois ministre dans des gouvernements de droite. Aussi peu à l’aise avec la droite moraliste qu’avec la gauche sectaire, Simone Veil, qui préférait Pompidou à de Gaulle, Chaban-Delmas à Giscard d’Estaing, Rocard à Mitterrand et Sarkozy à Chirac, méprisait en fait la politique politicienne

Un hors-série  en vente en début de semaine prochaine

Nos lecteurs pourront trouver dès lundi, mardi au plus tard, un hors-série consacré à la vie de Simone Veil. Disponible chez tous nos diffuseurs, cette édition spéciale, vendue au prix facial de 4,90 euros, retrace le parcours exceptionnel de cette grande figure de la vie politique. Une cérémonie d’obsèques officielles, présidée par Emmanuel Macron, se tiendra mercredi aux Invalides, pour rendre hommage à cette centriste historique attachée aux valeurs morales et républicaines.

Extraits de l' union du 01/07/2017

  

    

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 Paul VERLAINE

Quand il était ardennais

À la suite de l'affaire Rimbaud, l'illustre poète a trouvé refuge dans le sud du département. Itinéraire d'un éternel génie


dizaine d'années dans le sud des Ardennes.


Cette photo, prise lors d’un de ses voyages en Hollande, est l’une des seules où l’on voit Verlaine écrire
Musée Verlaine


Le tableau « Un coin de table » d'Henri Fantin-Latour est actuellement visible au musée Rimbaud de Charleville-Mézières

Il y a Rimbaud et Verlaine. Connus et reconnus pour leurs talents et leur aventure amoureuse tumultueuse. Mais il y a aussi et surtout Paul Verlaine. Poète, journaliste à ses heures perdues, qui n'aura de cesse toute sa vie de se battre pour ce qu'il désire: écrire. Après « l'affaire » (lire par ailleurs), Verlaine n'a plus d'autre choix que de trouver une terre d'accueil. Et c'est dans le sud des Ardennes que va s'exiler l'un des plus grands poètes de l'Histoire.

De l’Angleterre aux Ardennes

187S. Paul Verlaine vient de purger dix-huit mois de. prison à Bruxelles pour « coup et blessure » et « suspicion d'homosexualité », Son histoire avec Arthur Rimbaud l'aura. rendu bien sombre. Communard, il lui est impossible de revenir à Paris. Il prend donc la direction de l'Angleterre, où il devient professeur de français. « Là. bas, il a deux projets: d'abord, reconquérir Mathilde, sa: tendre épouse, à laquelle son cœur appartient depuis toujours, et pour toujours. Enfin, sauver l'œuvre d'Arthur Rimbaud », souligne Marc Gaillot, animateur du musée» Verlaine de Juniville, .dans les Ardennes, et membre de l'association de l'Auberge du Lion d'or.

Pour réaliser à bien cette deuxième mission, Paul Verlaine écrit notamment à Ernest Delhaye, ami d'Arthur Rimbaud. Qui possède l'un de ses manuscrits. Ce dernier était professeur dans une petite bourgade des Ardennes: Rethel. Deux versions s'opposent alors; la première, selon laquelle Delhaye prévient Verlaine qu'il a trouvé une meilleure situation à Paris, et donc que la place est libre. L'autre, que Verlaine vient en cachette pour lui prendre la place. Quoi qu'il en soit, Paul Verlaine arrive à Rethel avec une lettre de recommandation du professeur.

Un professeur d’anglais original à Rethel

1887- Paul Verlaine arrive en terres rethéloises. Il restera professeur d'anglais durant dix-huit mois à l'Institution Notre-Dame, un collège jésuite qui correspond aujourd'hui à la cour extérieure de l'actuel collège Robert-Sorbon. « Il faut avouer que Paul Verlaine ne parle pas très bien anglais... En fait, il était prof de français en Angleterre mais avec des élèves qui lui apprenaient plus l'anglais que lui ne leur apprenait le français. Il faisait donc parler ses élèves· en français, mais avec l'accent anglais. » De nombreux écrits et témoignages rapportent pourtant que Verlaine. Au total Paul Verlaine aura passé moins d'une dizaine d'années dans le sud des Ardennes, était un soûlographe. « Sur les dix-huit mois, il y a quinze mois où c'est un super professeur pour la simple et bonne raison que sa belle-mère lui assure qu'il pourra revoir son fils, Georges, et, peut-être même Mathilde, s'il se tient bien. »

Il retrouve la foi, et écrit des poèmes religieux auxquels il croit dur comme fer. Seulement voilà, son passage à Paris, où il se rend pour voir ses proches, se passe mal. « À son retour à Rethel, il n'écrira plus jamais à sa femme, il n'essaiera plus jamais de recoller les morceaux ... »

Pire encore, il perdra toute inspiration ; et tombera dans l'alcool. « Il partira de lui-même. On ne l'a pas mis dehors, mais on a tout fait pour qu'il ne reste pas. On est tellement content qu'il parte qu'on lui donnera une lettre de recommandation longue comme le bras. »

Juniville, entre descente aux enfers et renaissance

1880 -  « Il habitait en face de l’auberge, dans la rue de l'abbaye », précise Marc Gaillot. Tous les midis, Paul Verlaine prend son repas à l'auberge QU Lion d'or, où il vient faire l'écrivain public pour les Ardennais. « Pendant deux ans, il va finir d'écrire les poèmes religieux, même s'il n'y croit plus. »

 Il sera aussi journaliste au Courrier des Ardennes, fera des promenades touristiques et littéraires. Dans les dix-sept articles signés de son nom, Paul Verlaine n'a de cesse de promouvoir le territoire qui l'a si bien accueilli. Il écrira ; « Je présente aux touristes et visiteurs la beauté de l'Ardenne » Il éditera également Jadis et Naguère, et travaillera sur Les 'Poètes maudits. « Quand Verlaine est à Juniville, il bosse, mais pas dans les champs. Il est propriétaire terrien, et non pas fermier. Ce sont les Létinois, de Coulommes (lire par ailleurs) qui gèrent ses terres. »

Pour réussir à retrouver la gloire, Paul Verlaine hypothéquera deux fois ses biens ardennais et devra faire face à plusieur.s échecs, comme notamment celui des poèmes religieux, dont seuls quatre exemplaires seront vendus en six mois. Il aura besoin de dix années pour réaffirmer son talent. Dix ans pour s’affirmer comme un éternel talent.

Rimbaud-Verlaine : admiration, sentiments et talent

C’est Paul Auguste Bretagne, petit fonctionnaire, né à Vouziers, qui croise Paul Verlaine adolescent, et l’encourage à écrire. Des années plus tard, il sera muté à Charleville et découvrir un jeune homme très talentueux : Arthur Rimbaud. « C’est lui qui fait le lien entre les deux » , souligne Marc Gaillot. À partir de ce moment-là, Arthur Rimbaud ne rêve que d’une chose : aller à Paris rencontrer ces fameux grands poètes. Après de nombreux essais pour rejoindre la capitale, Rimbaud décide d’écrire à la nouvelle coqueluche du beau monde : Paul Verlaine. L’un à 26 ans, l’autre 17. L’un est père de famille, l’autre un jeune garçon sortant de l’adolescence. Quand Rimbaud arrive à Paris, c’est la fin de la Commune. Verlaine est tombé dans l’alcool, mais le jeune garçon en est sûr : « C’est la faute à Mathilde » , souffle Marc Gaillot. Au fil du temps, les deux poètes se transforment l’un et l’autre. «Verlaine choisira toujours Rimbaud, mais c’est une question de talent, pas d’amourette. Quand tu mélanges le fond et la forme, voilà la bonne équation. C’est ça, la véritable histoire. »

La suite, tout le monde la connaît, ou presque. Rimbaud et Verlaine partent à Bruxelles, puis Londres. Grâce à Rimbaud, Paul Verlaine retrouve sa plume. Mais il perd son cœur, et Mathilde. Un matin, il fuit Londres et Arthur, reprend le chemin de Bruxelles avec une seule idée en tête, reconquérir sa bien-aimée. De son côté, Rimbaud ne cesse de lui écrire, de lui clamer son amour et de lui demander de revenir. « Ne sachant pas où lui adresser son courrier, Rimbaud envoie tout chez la mère de Verlaine… qui lira les lettres. » Tous deux débarquent à Bruxelles, alors que Paul Verlaine n’y attend que Mathilde. Ce dernier, désespéré, s’était procuré une arme afin de mettre fin à ces jours. Deux jours de dispute plus tard, Verlaine tire sur Rimbaud. « S’il en arrive là, c’est parce qu’Arthur menace d’aller tout répéter à Mathilde, au moment où il pense qu’elle peut arriver d’un moment à l’autre. » La blessure de Rimbaud n’est qu’une égratignure. «Ce n’est pas là qu’il est réellement blessé… » Les deux poètes se retrouveront au tribunal de Bruxelles. Et Verlaine sera jugé pour « coup et blessure », mais aussi et surtout pour « suspicion d’homosexualité ». Condamné à vingt-quatre mois de prison, il sortira au bout de dix-huit, et prendra le chemin du Sud-Ardennes.

Verlaine est aussi  passé à Coulommes

Un premier hasard amène Paul Verlaine jusqu’à Coulommes. Un de ses anciens élèves, Lucien Létinois, originaire du village, souhaite passer des concours administratifs. Paul Verlaine devient son précepteur. Il s’installe chez eux et se met à travailler dans les champs. « Plus besoin de boire, les fantômes se taisent parce qu’il est fatigué. » La mère de Paul Verlaine décide alors de lui offrir un corps de ferme, non loin de là, à Juniville.

Plus tard, il s’exilera de nouveau à Coulommes, désespéré et sans aucune inspiration. Il se disputera d’ailleurs violemment avec un voisin, qui le traînera devant le tribunal de Vouziers pour menaces de mort.

 Contact au 03 24 39 68 00.

Le précieux souvenir de Verlaine à Juniville


L’auberge n’a rien perdu de son cachet.

« À Juniville, il ne reste que deux endroits où Verlaine s’est rendu : l’église, et le bistro. C’est tout lui finalement» , sourit Marc Gaillot. L’animateur du musée Verlaine, fait aussi parti de l’association en charge de la gestion de l’Auberge du Lion d’or, l’une des plus anciennes bâtisses de la commune. « Tous les meubles présents dans l’auberge sont d’époque, » précise-t-il. La table de bois, c’est bien celle qui, à l’époque, supportait le poids du travail et de la vie difficile du poète.

S’il est encore possible de visiter ce lieu chargé d’histoire, c’est notamment grâce à une certaine Marcelle Ponsinet, habitante de la Neuville-en-Tourne-à-Fuy. C’est elle qui acquiert ce lieu et passera sa vie à le remettre en état. C’est elle aussi qui, en 1984, créer l’association L’Auberge de Verlaine, aujourd’hui présidée par Édith Allart. Le musée en lui-même ouvrira en 1994, pour les 150 ans de la naissance de Paul Verlaine. L’association, qui compte une soixantaine d’adhérents, à vraiment pour objectif d’animer et faire vivre le souvenir de Verlaine dans l’un des lieux qu’il a le plus fréquenté lors de son passage dans le sud des Ardennes. Une auberge où le «bistro » accueille toujours si bien les visiteurs…

Musée Verlaine, 1, rue du Pont-Paquis, à Juniville (Ardennes). Ouvert du mardi au dimanche inclus du 1 er avril au 31 octobre, de 14 à 18 heures. Le matin, à partir de 9 heures, sur rendez-vous

Quand Verlaine ouvrait les fêtes de Sainte-Anne à Rethel

QUAND VERLAINE OUVRAIT LES FÊTES DE SAINTE-ANNE À RETHEL

Durant les deux années que Paul Verlaine passe à Rethel, l’illustre poète, à l’époque simple petit professeur de l’Institution Notre-Dame ouvre les fêtes de Sainte-Anne. C’est lui qui porte le blason de la Ville en ouverture de la fanfare des pompiers. « S’il avait été un sale soûlographe, comme on dit, il n’aurait pas eu ce droit », souligne Marc Gaillot.

CES POÈTES QUI ONT CHANGÉ SON IMAGE

Après toutes ces péripéties, Paul Verlaine se consacre à l’un des ouvrages qui va littéralement changer sa vie : « les Poètes maudits ». Ce recueil a pour objectif de rendre hommage au Parnasse qui marqua la fin du Second Empire et les débuts de la III e République. L’auteur attachera une grande importance à sauver les œuvres de nombreux confrères, comme Tristan Corbière, Stéphane Mallarmé et bien sûr, Arthur Rimbaud. C’est notamment grâce à ce lourd travail que Paul Verlaine retrouva ses lettres de noblesses dans la capitale.

SON FILS GEORGES A VOULU ÊTRE ENTERRÉ AVEC SON PÈRE

Il ne l’aura jamais rencontré. Et pourtant. Paul Verlaine, décrit comme un père qui ne s’était jamais occupé de son fils, lui écrivait très souvent. Des courriers détruits par sa mère, Mathilde. « Lorsque Georges l’apprendra, il ne lui adressera plus jamais la parole. Ce gamin est aujourd’hui enterré avec son papa. » Les deux hommes reposent au cimetière des Batignolles, dans le XVII earrondissement de Paris.

DES OBSÈQUES À LA HAUTEUR DE SON TALENT

8 janvier 1896. Paul Verlaine décède d’une pneumonie aiguë à l’âge de 51 ans. Véritable poète reconnu, considéré comme l’un des plus talentueux de l’histoire, il aura droit à des obsèques à sa hauteur. En effet, un cortège de plus de cinq kilomètres descendra les Champs-Élysées, et passera devant l’église de la Madeleine, afin de rejoindre le cimetière des Batignolles.

Charlotte BOULON

Extraits de l' union du 26/08/2018

  

    

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Jacques Weber - « Le danger c’est le confort »

George Weah - Footballeur-président

 

 

 

 

 

 

 

George Weah

Footballeur-président

L'élection de l'ex-footballeur à la tête du Liberia tient-elle de l'incongruité 7

A 54 ans, George Weah, commence une nouvelle vie. AFP

Bio express

*.- 1966 - Naissance dans un bidonville de Monrevia, capitale du <Libéria

*.- 1987 – S’engage au Tonnerre de Yaoundé, Club du Cameroun où Claude LEROY, le sélectionneur du pays, le repère et le met en contact avec <monaco

*.-1988 – Signe à Monaco, avant de rejoindre le PSG en 1992

*.- 1995 – Arrive au Milan A.C et décroche le Ballon d’Or.

*.- 2005 Candidat pour la première fois à la présidence du LIBNERIA.

*.- 2017 – Elu président de son pays.

*.- Pourquoi parle-t-on de lui  ?

George Weah est devenu président du Liberia le 26 décembre, grâce à 61 % des suffrages face à Joseph Boakai, vice-président sortant, Ce pays, qui a connu une guerre civile meurtrière (240.000 morts pour 4 millions d'habitants) entre 1989 et 2003! n'avait pas vécu d'alternance démocratique depuis 1944.

*.- Qui est ‘il ?

L'élection du Président d'un si petit pays africain ne passionne pas souvent la planète ... C'est que l'identité du nouveau chef d'État, comme son parcours, ne répondent pas au traditionnel cursus qui sied à la fonction. Ballon d'or en 1995, soit meilleur joueur de football au monde cette année-là, George Weah est le premier, et le seul depuis, Africain à avoir décroché cette récompense. Et puis, c'est en France que le génie.de footballeur, de « Mister George » s'est révélé à la fin des années 80. A 22 ans, il débarque à Monaco puis signe au Paris SG en 1992. Mais la Division 1 se révèle trop exiguë. En rejoignant le Milan AC, le grand club européen d'alors, il prend une dimension mondiale, récompensée par le Ballon d'or. Son apogée. Il viendra mettre un terme à sa carrière en France, enfilant le maillot de Marseille en 2000. Engagé dans l'humanitaire lorsqu'il jouait, ilretourne dans son pays et se lance en politique. Candidat malheureux à la présidentielle en 2005 puis en 2011,il n'abandonne pas, se faisant élire sénateur en 2014.

*.- Qu’en penser ?

On a connu les « footballeurs-ouvriers » dans les années 50 et 60 à Sedan, qui s'entraînaient avant et après leur journée à l'usine. Alors pourquoi pas un footballeur-président ? En l'occurrence, il n'est plus footballeur depuis une dizaine d'années et il a repris des études, décrochant un master en management. Et il bénéficie d'une aura telle au Liberia... Certes, George Weah se sait attendu comme le Messie. Mais il pourra peut-être profiter de sa popularité pour faire passer des réformes délicates tout en étant nécessaires à l'avenir du pays. Et puis, en venant des bidonvilles de Monrovia et sa fortune déjà faite, peut-être ne tombera-t-il pas, comme trop de chefs d'État, et pas seulement en Afrique, dans le piège de la corruption ...

Frédéric GOUIS

Extraits de l' union du 31/12/2017

  

    

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Jacques Weber

« Le danger c’est le confort »


Jacques Weber, en octobre, aux Crayères, à Reims, où il était invité par le club du Jardin des Arts.
Remi Wafflart

Jacques Weber a bâti sa carrière en jouant des premiers rôles, Cyrano, Alceste, Tartuffe ou Dom Juan, dans des spectacles qui reposaient sur lui. Depuis quelques années, il privilégie le travail avec de grands metteurs en scène, Et le voilà face à nous, invité aux Crayères par le club dujardin des Arts, D'emblée, il propose le tutoiement. Avant de se caler au fond de sa chaise en lançant : « Moi, j'aime bien parler quand les questions sont intéressantes et nous permettent de réfléchir. » Euh... Puisqu'il est trop tard pour fuir, autant se lancer.

Comment le théâtre s'est-Il révélé à toi ?

Quand j'avais 14 ans, je suis allé voir L’avare avec ma grand-mère. Dans le dernier acte, il y a le seigneur Anselme qui arrive et me bouleverse, Je me souviendrai de ce moment toute ma vie. C'était réglé, je voulais faire du théâtre.

L'étape déterminante fut ensuite votre rencontre avec Pierre Brasseur …

 Oui.je donnais la réplique à un copain que j'étais venu accompagner. Je devais avoir 16 ans, Et j'entends une voix du fond du couloir: « C'est pas le gars qui vient pour l'audition qui doit avoir le rôle, c'est le gars qui donne la réplique! JI Et boum, je me retrouve à jouer un an et demi avec Brasseur. j'apprends tout avec lui : la nuit, le théâtre …

La « nuit » ?

Quand on sortait du théâtre, il était 23 heures et lui se couchait à l'aube. C'était un grand cabot qui aimait bien être admiré par le jeune acteur qui débute, j'étais un peu un autre fils pour lui. C'était ma première ouverture au monde.

Au Conservatoire, vous poursuivez votre apprentissage au côté de Jacques Villeret, Isabelle Huppert, Nathalie Baye, Bernard Giraudeau, André Dussollier …

  Oui, c'est ce qu'on a appelé « la grande génération ». Pas mal sont morts, hélas... C'était des moments magnifiques. Et à l'issue du conservatoire, j'ai ce prix d'éloquence et je refuse d'entrer à la Comédie-Française, ce qui fait scandale, j'avais appelé pour dire : « j'aime pas votre maison, j'aime pas les gens qui y sont, j'aime pas ce que vous faites ! » J'étais comme ça à cette époque, très politisé. La Comédie-Française, c'était la droite, le théâtre bourgeois ... C'était stupide, il y avait aussi des gens magnifiques.

Et vous débarquez ensuite à Reims. Robert Hossein avait, depuis 1970, pris en charge le théâtre populaire…

 Pour lui, j'ai eu un coup de foudre de gamin. Là-bas, j'ai joué un an Les Bas-Fonds et Crime et Châtiment, qui ont ensuite été repris à Paris.

C'était un personnage hallucinant d'énergie, de culot ... Le mec qui prend son téléphone devant moi et dit : « Allô Maria, j'ai un mec devant moi qui est fou amoureux de roi ... » Maria Callas... C'est aussi le mec qui a fait des banderoles « Du théâtre comme vous n'en verrez qu'au cinéma » (rires) !

« La notion de jeu est plus une mise enjeu de soi-même mais sans la vanité de soi-même »

Mais ça voulait dire quoi ?

Mais ça ne voulait strictement rien dire (il rit de plus belle) ! Fallait oser, quand même !

Depuis un demi-siècle, jouez-vous toujours avec la même passion, la même adrénaline ?

La première année où j'ai un peu arrêté, c'est 2017, je fais quand même quelques dates. J'adore toujours ça. Mais c'est plus profond que la passion. Au départ, on va sur scène plus par vanité que pour autre chose. Petit à petit, on se rend un peu compte pourquoi on est là. Disons qu'on se pose la question plus sainement. Dans le meilleur des cas, on devient moins con. Je ne dis pas « pas con » mais « moins con « ...

La nuance est Importante …

 (II rit) Maintenant, quand je rentre sur scène, c'est avec une forme de philosophie, que j'ignorais il ya dix ans. Ça fait cinquante-cinq ans que je joue... Et je me rends compte que je ne sais pas grand-chose. Et surtout, que la notion de jeu est plus une mise enjeu de soi-même mais sans la vanité. Je ne sais pas comment l'expliquer ... C'est le fameux « Ici, maintenant, être quoi qu'il en soit, quoi qu'il en coûte ». Etre au travers d'un personnage, d'un écrit est cette contraction entre tout ça. Un autre. Je » se met en route. Lorsqu'on joue, on est dans la pensée de cette pensée.

Dans ces conditions, le meneur en scène est-il indispensable ?

Ah oui ! Un acteur seul, aussi doué soit-il, n'a pas le regard « poético-critique » du metteur en scène. S'il n'y a pas cette médiation, c'est foutu ! Des génies disent que ça ne sert à rien mais c'est des conneries ! Ces gens-là se reposent sur leurs acquis. Certains restent magnifiques mais le seraient encore davantage par le biais d'une grande mise en scène. Quand le théâtre fonctionne, c'est quand il y a une grande mise en scène !

Quand on joue le même personnage des centaines de fois, comment le jeu du comédien peut-il évoluer ?

Et est-ce nécessaire ? Le danger, c'est le confort et le progrès, c'est l'incertitude, le risque permanent. Comme disait Jouvet : « Au théâtre, on joue: au cinéma, on a joué. » On commence à être bien au bout de cinquante représentations et après, c'est très mystérieux. Ça dépend de tout : du chaud, du froid, de la salle, du public, des ondes... Impossible de trouver des lois générales à tout ça.

Qu’elle est la meilleure représentation possible pour le théâtre à la télévision ?

Je me pose toujours cette question. j'ai déjà joué en direct à la télé, ça peut être une des possibilités. Après, il peut y avoir l'idée de mettre en scène pour la caméra. Mais des pièces s'y prêtent plus que d'autres ... L'idée d'un direct extrêmement travaillé est, je crois, essentielle. Et puis à l'avenir, il y aura les drones avec lesquels on peut tout faire! T'as plus besoin de louer la grue qui coûte la peau du cul !

Après, c'est toujours le même danger, faudra pas en abuser non plus. Je suis un vieux mais j'adore le classicisme d'un John Ford. Il ne se gourait jamais pour savoir où poser la caméra! C'est un cinéma que beaucoup de mômes trouvent trop immobile alors que pour moi, c'est vertigineux! Après, là, j'ai vu 8Iade Runner, c'est beau ! Dieu sait que ce genre de trucs m'emmerde mais là, c'est très intéressant. On est à deux pas des perspectives du film, de la greffe de l'ordinateur dans le cerveau, etc. Avant, t'avais une longueur générationnelle mais maintenant, tout va très vite !

 Mathieu LlVOREIL

Extraits de l' union du 01/11/2017

  

    

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ZAZIE - « J’aime bien quand mon cœur bat fort »

 

 

 

 

 

 

 

 

ZAZIE

« J’aime bien quand mon cœur bat fort »

Invitée par Champagne FM au théâtre Gabrielle Dorziat pour présenter son dernier titre, « Speed », Zazie explique ce qui la faIt vibrer dans la vie. Et ce n'est pas le champagne !


Avec la sortie de son nouvel album à la ren1rée, Zazie pum bien ne pas participer à la prochaine saison de «
The Voice

Bio Expres

*.- ZAZIE, ALIAS Isabelle Marie Anne de Truchis de Varennes est née le 18 avril 1964 à Boulogne-Billancourt.

*.- APRÈS UNE FORMATION DE KINÉSITHÉRAPEUTE, c’est finalement comme mannequin qu’elle commence sa carrière en défilant notamment pour Yves Saint-Laurent et Karl Lagerfeld.

*.- EN 1992, ELLE DÉCROCHE UNE VICTOIRE DE LA MUSIQUE en tant que Révélation féminine de l’année. Elle connaît le succès avec son deuxième album, « Zen », sorti en 1995.

*.- ELLE ENCHAÎNE LES ALBUMS et les tournées et remporte plusieurs Victoires de la musique.

*.- SON PROCHAIN ALBUM, dont le premier titre s’intitule «Speed », sortira le 7 septembre.

Votre nouvelle chanson s'appelle « Speed » : est-ce l’adjectif qui vous définit ?

Ça dépend des phases mais oui, ça définit un peu ce métier parfois, c'est-à-dire que l'on a de longues périodes d'introspection, de questionnements, de doutes, de temps pour maturer les choses et puis tout d'un coup, il y a une accélération de particules, en général aux sorties d'album ou sur scène. Je ne sais pas si ça me caractérise mais en tout cas pour la chanson en l'occurrence, c'est la notion qu'un cœur peut se réveiller à n'importe quel moment si on le masse un peu. L'idée c'était vraiment de se dire que même quand il va mal, c'est bien de se rappeler qu'il a une fonction vitale et que puisqu'on est en vie, on a peut-être la capacité de retrouver l'enthousiasme, quels que soient ses problèmes.

Qu'est-ce qui a le plus fai1 vibrer votre cœur ?

Alors là, il y en a pas mal, c'est vrai" que j'ai un métier où ça vibre sérieusement quand même. La scène, ou même des moments en studio, quand on compose, où on a l'impression de toucher quelque chose, c'est génial. Mais il y a plein de choses qui me font vibrer : ma fille, l'amour, un bon bain de minuit imprévu avec les potes. En tout cas, j'aime bien quand mon cœur bat fort.

Vous pouvez nous en dire un peu plus sur cet album qui sertira à la rentrée, le 7 septembre ?

Pas tellement car pour vous dire, je n'ai toujours pas le titre mais je ne désespère pas de l'avoir d'ici au 7 septembre ! On est un peu à la bourre mais on sera prêt, ne vous inquiétez pas, j'ai toujours bien aimé l'electro et on a cette espèce de mélange avec des chansons totalement organiques. On a essayé de bidouiller un peu tout ça pour l'emmener vers un univers un peu particulier, ça serait de l'electrop, de la pop electro ou de l'electrock, ça dépend des titres.

La sortie de l'album à la rentrée va-t·elle vous obliger à réduire vos apparitions à la télévision ?

Vous voulez dire si je fais The Voice ou pas ? Je ne sais pas, ça risque d'être compliqué parce que j'ai fait déjà une fois The Voice en faisant ma tournée et j'avoue que j'ai fini un peu sur les rotules. Donc, comme je n'aime pas faire les trucs à moitié, je réfléchis mais ça peut paraître un peu compliqué de faire les deux, ne serait-ce que parce que je ne sais pas.

C'est le moment que vous affectionnez particulièrement, la tournée, plus que le studio ?

J'aime les deux, c'est très complémentaire. Il y a un côté très autiste. en studio: on peut explorer, on est dans une espèce de grand laboratoire. La scène, c'est l'occasion de voir la tête des gens car les chiffres de vente, c'est bien, mais c'est un peu virtuel. On fait ces métiers-là aussi parce qu'on aime les humains et on a envie de partager ça. Et puis surtout, on se marre, c'est un peu la colonie de vacances pour grands adultes. Enfin adultes..

Est-ce q.e vous connaissez la région ?

La dernière fois que je suis venue, c'était avec Axel Bauer pour la sortie de notre du. A ma place, donc ça ne va pas nous rajeunir, ça devait être en 1938, avant JC. Non je rigole mais bon, ça fait au moins dix,  quinze ans (La chanson est sortie en 2003, ndlr). Mais j'avoue que je ne suis pas venue souvent, en revanche la région est venue à moi par le truchement des bulles, On est arrivé par les petites routes à Épernay, il y a cette espèce de petite cuvette qui est juste magnifique. Ça m'a-oxigéné le cerveau, vous savez on est des petits Parisiens palots, ça nous fait du bien de voir des arbres plutôt que du gris et des gens énervés à Paris.

Est-ce que vous aimez le champagne ?

Je vais me mettre à dos toute la région mais ce n'est pas ma- boisson préférée. En fait, j'aime le champagne mais le champagne m'aime moins. C'est-à-dire que le très bon champagne, quand il est assez brut, très peu sucré, là bizarrement, j'aime bien. Mais les bubulles, pour les chanteuses, il faut en boire après le concert, pas avant. Déjà parce que sinon on est bourré, donc c'est' moyennement commerçant ! Mais aussi parce que quand on chante et . qu'il y a des bulles qui arrivent, ce n'est pas très sympathique. En revanche les musiciens aiment bien. Moi je suis plus vin. Alors après, il y avait une mode à une époque, mais ça aussi c'était en 1915 avant JC. C'était la piscine, de grandes coupes avec du champagne et plein de glaçons, le champagne était complètement dilué mais c'était pas mal rafraîchissant. Après, le symbole du champagne, c'est de célébrer donc évidemment, le jour de la sortie de Speed, quand on a vu qu'il finissait aussi bien placé, j'avoue qu'avec deux ou trois musiciens, on a ouvert une bouteille de champagne.

Laetitia  VENANC

Extraits de l' union du 26/08/2018

  

    

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