Quelques persnnages  -  Métiers -

     La Presse

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Les HABITANTS DE SAINT-REMI


Les animaux pendant les guerres
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Les animaux pendant les guerres
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Les décorations officielles françaises
Les douaniers, des sentinelles de première ligne
Le sport et la Grande Guerre

 

Répertoire 

Cinq bonnes raisons d’aller à Guédelon
DES FELINS PRÈS DE CHEZ NOUS

De la montgolfière à la roulotte ! 
Balade estivale dans une ville royale
La révolte des vignerons
Balade le nez en l'air

La lucrative ruée vers l’ambre

L’histoire de Bugatti, c’est son moteur

La paix niche au fil des eaux

Electrolux, une catastrophe industrielle

L’âge d’or d’Arthur Martin

Une dune de sable aux portes de Reims

2017

Une cabane perchée dans la forêt
Le lac de l’Ailette, une oasis d’aventure

Une yourte de princesse

La laine mohair récoltée

10 femmes oubliées par les manuels scolaires qui ont pourtant évolutionné la science
Avec Toutenkarton, Sandrine Brisset veut que le recyclage cartonne !

Balade pétillante en Champagne
Pendant dix ans, ils ont construit leur bateau

Témoins de Jéhovah : les différences d’une religion

Le bijou collerette fait son apparition
Dans les pas du tsar   Pierre le Grand

Les tombeaux d'Egypte ont des secrets millénaires
Un nouveau concept de construction à partir de conteneurs
Ce manuscrit si énigmatique qui défie les scientifiques

2016
Le tour du monde en famille
ILS FONT LE PARI FOU DE LANCER DE NOUVEAUX PARCS 
De l'aurochs sur les étals du Boulingrin

Les aurochs sont leur retour dans les pâtures ardennaises

Les secrets des espions dévoilés
Contemplez les pyramides nubiennes, ces vestiges méconnus qui ornent le désert soudanais
« Résiste - On a tous un souvenir sur un son de Michel Berger »
Photographes clandestins en zone interdite
Le Centre international de séjour un lieu de diversité culturelle
Visitez Chambord avec ... Google !
Marineland, ça repart à Antibes
Les fidèles gardiens de l’ile de Sein
Tous fans d’histoire et de De GAULLE
Il y a 60 ans, le froid paralyse toute l’Europe 

2015

30 ans de sciences à la Villette
Le SOS objets perdus déménage
Une pièce unique au fond de l'eau
Deux maisons innovantes, vitrines du savoir-faire régional
Découvrez l’histoire de la tour Eiffel, ce symbole d’un Paris qui ne rompt jamais
La fontaine de Trevi fait peau neuve
Le lin décliné à toutes les sauces

Leboncoin à Reims, c'est parti
Dans les coulisses de l'Assemblée Nationale
Les mystères de l'Egypte engloutie

Le combat des villes johanniques
Il carbure aux vieilles américaines

Reims arrive devant Lille et Montpellier

2014

De Reims à Prague : l'héritage lumineux de Jacques Darolles
Etre juré aux Assises: une expérience qui ne s'oublie pas
Des façades de végétation poussent dans toute la ville

Ça marche pour le sentier du vigneron
La Champagne vue du ciel

2013

Reims d’hier et d’aujourd’hui
À la recherche du temps passé
Le terrain du Boulingrin cache une vieille histoire

2012

Objets trouvés : les anges gardiens des étourdis 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les HABITANTS DE SAINT-REMI

La pharmacie, une histoire de famille
En prison, plusieurs fois par semaine
Pause café avec Françoise Disant
L’Alsace au fond du cœur
Souvenirs d’enfance

Sous la protection de saint Remi 

 

 

 

 

 

 

 


La pharmacie, une histoire de famille

Rencontre avec Cédric Liochon, le pharmacien de la place Saint-Timothée, qui a repris l’officine de ses arrière-grands-parents.


Cédric Liochon dirige depuis trois ans la pharcie créée en 1923 par ses arrière-grands-parents. Il conserve précieusement les anciens pots et flacons d’origine.
Valérie Coulet

Cédric Liochon a toujours été attaché à cette pharmacie pleine de charme. Quand il était enfant, et vivait avec ses parents en Seine-et-Marne, il y passait presque toutes ses vacances. « Je me souviens que j’adorais venir ici fêter Noël , raconte-t-il. Je trouvais déjà très belle cette bâtisse inspirée des maisons à pans de bois, dessinée par Adolphe Prost, l’architecte qui a aussi signé à Reims l’hôtel Le Vergeur. »

Le petit garçon ne se lassait pas d’observer les meubles en bois, les pots et flacons anciens qui contenaient encore toutes sortes de tisanes et de potions qu’il imaginait sûrement magiques.

La construction de la pharmacie de la place Saint-Timothée remonte à 1923. « Roger Crombée, mon arrière-grand-père, qui était pharmacien, avait épousé l’une des premières femmes pharmaciennes en France. Il l’avait connue à la fac de Paris. Le couple avait choisi cette jolie place du quartier Saint-Remi pour faire construire son officine , rapporte Cédric Liochon. Ensuite, c’est leur gendre, Michel Levaux, qui a repris l’affaire. Ce dernier l’a plus tard cédé à son fils Stéphane. Et c’est à Stéphane, mon oncle, que j’ai à mon tour racheté la pharmacie, il y a trois ans. »

Cédric Liochon a eu envie de devenir pharmacien dès le lycée. Et c’est tout naturellement qu’il a choisi de travailler dans l’officine familiale. Si le trentenaire a changé quelques détails, il a tenu à garder le charme ancien de la boutique, en mettant par exemple en valeur la collection de pots en faïence, et en y ajoutant même quelques objets chinés dans des brocantes.

DE VIEUX PANNEAUX PUBLICITAIRES

Dans son tout petit bureau qui donne sur une cour, le pharmacien montre un grand cendrier, acheté il y a trois ou quatre ans aux halles du Boulingrin, sur lequel est gravé le caducée d’Hygie, le symbole pharmaceutique. Au mur, de vieux panneaux publicitaires vantent les mérites de médicaments.

Le nom de Dieu Lumière fait référence à la porte empruntée, le 16 juillet 1429, par Jeanne d’Arc

« Les temps ont changé. Aujourd’hui, je n’ai quasiment plus d’herboristerie. Mais je concocte encore à la demande quelques préparations comme des pommades pour les problèmes d’eczéma, de verrue ou d’hémorroïdes » , indique Cédric Liochon. Le pharmacien, qui s’intéresse à l’histoire locale, a mené des recherches pour mieux connaître le quartier Saint-Remi et la place Saint-Timothée. Il a notamment lu Fléchambault à l’ombre de Saint-Remi, le livre du Rémois Daniel Boussin. La boutique de Cédric Liochon est installée dans une maison de trois étages. « Au départ, mes arrière-grands-parents vivaient dans toute la partie qui se trouve au-dessus du magasin. Plusieurs appartements ont depuis été aménagés » , explique le pharmacien qui n’habite pas sur place, mais à Bétheny.

UN SERPENT, UNE TORTUE ET UN ESCARGOT SUR LA FAÇADE

Il invite souvent les visiteurs à observer la façade, restaurée il y a une quinzaine d’années. « La pharmacie porte le nom Dieu Lumière. Au départ, j’ai pensé que cela faisait directement référence aux vitraux de la basilique Saint-Remi. Je sais maintenant que cela est également lié à la porte empruntée, le 16 juillet 1429, par Jeanne d’Arc. » Cédric Liochon montre aussi trois sculptures d’animaux : un serpent, une tortue et un escargot. « Le serpent fait référence au caducée pharmaceutique. Quant à la tortue et l’escargot, ils étaient autrefois utilisés pour des remèdes contre la toux. »

Saint-Timothée est un village dans la ville

Cédric Liochon est très attaché à la place Saint-Timothée et plus largement à Saint-Remi. Car le quartier est, dit-il, « très agréableà vivre » . « On trouve tout à proximité et je trouve que la population a rajeuni, notamment depuis l’installation de Sciences Po place Museux. » Il reconnaît néanmoins que le nombre des animations a baissé. Il repense par exemple à l’époque où le cortège des Fêtes johanniques partait de la basilique Saint-Remi. « Ma grand-mère m’a par ailleurs souvent parlé de la braderie qui était très grande mais aussi des nombreuses animations qui étaient organisées pendant la période de Noël… » S’il pointe la baisse des animations, le pharmacien fait aussi remarquer, dans les points à améliorer, une « circulation automobile pas optimale » .

Valérie COULET

Extrait de l'union du 54/08/2018


En prison, plusieurs fois par semaine

 Une rencontre avec Daniel Vossaert, aumônier de prison.


Daniel Vossaert ne cache pas qu’il faut parfois être ferme avec les détenus qui, lors des premières rencontres, cherchent à le tester. Valérie Coulet>

Daniel Vossaert met d’emblée les choses au point : « Je ne suis pas là pour les convertir mais pour semer des graines, dans le but d’essayer de les remettre dans le droit chemin ». Depuis décembre 2012, cet ancien officier de l’armée de l’air, domicilié dans le quartier Saint-Remi, se rend au moins quatre fois par semaine à la prison de Reims. Avec des détenus, il discute, de tout et de rien ou de questions plus profondes, parfois même philosophiques. « Je n’arrive jamais avec une idée préconçue et je ne sais jamais d’avance comment la rencontre va se dérouler. Je m’attache simplement à me mettre à l’écoute de l’autre et à créer un climat de confiance » , dit-il. L’aumônier, qui est diacre permanent, poursuit : « Un détenu qui est écouté se sent considéré. Il peut alors avoir envie de parler, d’exprimer ce qu’il ressent ». Daniel Vossaert ne sait pas pourquoi les personnes sont incarcérées. Et cela lui convient très bien. « Je ne suis pas là pour les juger mais pour leur tendre la main, les aider à aller mieux, à leur remonter le moral quand elles en ont besoin. Souvent, quand la confiance s’installe et que les langues se délient, les détenus m’expliquent spontanément pourquoi ils ont été condamnés. »

L’aumônier, qui rencontre les prisonniers en individuel ou en plus ou moins petit groupe - « je m’adapte aux demandes » –, aborde la question de la foi en partant d’un texte biblique ou d’un thème d’Église. « Je m’inspire aussi des sujets d’actualité puisque les détenus sont nombreux à regarder la télévision » , indique Daniel Vossaert.

Si, en général, tout se passe bien, il arrive que des entretiens soient particulièrement éprouvants. Un jour, il a dû stopper un détenu qui prenait un malin plaisir à lui raconter dans le détail le meurtre qu’il avait commis.

« Une autre fois , se souvient-il, je suis arrivé à la prison quelques heures après un suicide. Tout le monde était sous le choc. J’ai parlé avec mon cœur, en espérant trouver les mots justes… »

Jusque-là, j’avais toujours dirigé ma vie et il fallait désormais que je me laisse diriger
Daniel Vossaert

Daniel Vossaert ne se prédestinait pas à devenir aumônier de prison. Car ce natif de Lille pensait, après sa carrière dans l’armée de l’air, intégrer le groupe Airbus à Toulouse. « J’étais en contact avec le constructeur européen pour un poste qui me correspondait très bien – les essais en vol – quand on m’a proposé de devenir diacre. Ce fut un choix difficile. Car, jusque-là, j’avais toujours dirigé ma vie et il fallait désormais que je me laisse diriger. Au final, j’ai demandé à mon épouse, qui m’avait toujours suivie lors de mes différentes affectations, de choisir ou plutôt d’accepter ou non cette nouvelle vie » , raconte-t-il.

Le couple, qui s’est installé à Reims en 2002, a accepté « de repartir à zéro » . Après plusieurs années « de discernement » et plusieurs formations, Daniel Vossaert a été ordonné diacre le 9 juin 2007, à Saint-Jean-Baptiste-de-La Salle. « J’ai fait une croix sur l’aéronautique et j’ai eu la chance de suivre les cours, passionnants, du séminaire de Reims » , témoigne-t-il. L’ancien militaire a découvert le plaisir de lire et relire des textes, de réfléchir sur son parcours et d’approfondir sa foi.

Un jour, dans un couloir de l’archevêché, on lui a proposé de devenir aumônier de prison. Il a tout de suite accepté. « Je ne l’ai jamais regretté , assure-t-il aujourd’hui. Parfois dans mon quartier, je croise d’anciens détenus. Je suis heureux quand je constate qu’ils vont bien ».

Il y a souvent un handicap familial chez les détenus

Daniel Vossaert, qui croise parfois sur l’esplanade Fléchambault des SDF qu’il a connus en prison, se désole des « ravages de l’alcool » . Il est aussi convaincu que « mal finir, tient à peu de chose » et que personne n’est à l’abri d’une fuite en avant, si personne n’est présent pour nous écouter et nous tendre la main dans les moments les plus durs de la vie. Avant de devenir aumônier de prison, le diacre permanent intervenait auprès des personnes malades et handicapées. Avec le recul, il fait un lien entre ces deux missions en apparence très différentes. « Je constate qu’il y a presque toujours un problème de handicap familial derrière les personnes qui sont incarcérées. Un jour, dans un groupe de douze personnes que j’ai rencontrées, une seule avait grandi avec ses parents. Les autres avaient été placées à la Ddass ou dans divers foyers et souffraient d’un cruel manque affectif. » Daniel Vossaert poursuit : « Je n’oublie jamais que ce ne sont pas des voleurs, violeurs ou meurtriers que je vais voir mais des êtres humains… »

Valérie COULET

Extrait de l'union du 24/08/2018


Pause café avec Françoise Disant

Aujourd’hui, rencontre, esplanade Fléchambault, avec une restauratrice ancienne batelière.


Françoise Fisant, la patronne du bar restaurant «Pause café», au 4 esplanade Fléchambault, a une clientèle d’habitués.
Valérie Coulet

Sa voix est douce mais Françoise Disant ne manque pas de caractère. Quand un client dérape, en « oubliant » par exemple de payer sa note, elle n’hésite pas à le rappeler à l’ordre. Ici, la patronne, c’est elle. Pas question qu’on tente de l’entourlouper. Sur l’esplanade Fléchambault, Françoise Disant dirige seule le bar-restaurant « Pause Café », depuis vingt-deux ans. Avec une main de fer dans un gant de velours. Cette Nancéienne, « née par hasard à Strasbourg » , a posé ses valises dans le quartier Saint-Remi, juste après son divorce.« Je connaissais Reims car mes deux enfants ont été internes à Orgeval. Avec mon mari, on venait régulièrement les voir et j’ai toujours aimé cette ville » , raconte-t-elle. Françoise Disant a longtemps navigué entre la France, l’Allemagne et la Hollande. « Avec mon ex-mari, on était bateliers. Sur notre péniche, on transportait de la luzerne et des gros rouleaux de tôle pour la PUM. Ensuite, pendant cinq ans, on a tenu un Loto-PMU à Aÿ. »

DES JOURNÉES DE 12 À 14 HEURES

Redevenue célibataire, la Nancéienne tombe sous le charme de l’esplanade Fléchambault et de la vue imprenable sur la basilique Saint-Remi. Quand elle apprend qu’une boutique se libère, elle se jette à l’eau : elle ouvre son bar-restaurant « Pause-Café ». « L’espace était auparavant aménagé en salon de thé et, encore avant, en magasin de chaussures » , indique-t-elle.

Pour faire tourner son affaire, elle ne rechigne pas à faire de longues, très longues, journées. « Entre les courses, le service, la préparation du plat du jour et le nettoyage, je travaille entre 12 et 14 heures par jour. Mais franchement, j’aime beaucoup ce que je fais. Car je rencontre beaucoup de gens différents et je sympathise avec les clients fidèles » , remarque cette femme courageuse. « Avec l’âge, je me dis de plus en plus souvent qu’il serait temps de transmettre Pause Café . Mais je n’ai pas envie de me précipiter. Je voudrais le céder à quelqu’un de très motivé. »

PAS FACILE DE GARDER LE CAP PENDANT LES 18 MOIS DE TRAVAUX

FRANÇOISE DISANT EXPLIQUE PRENDRE BEAUCOUP DE PLAISIR À SATISFAIRE LES PERSONNES QUI POUSSENT SA PORTE. « J’ATTACHE BEAUCOUP D’IMPORTANCE À L’ACCUEIL. MON RÔLE EST DE FAIRE EN SORTE QUE LES GENS REPARTENT CONTENTS », RÉPÈTE-T-ELLE. HEUREUSE DE S’ÊTRE INSTALLÉE À SAINT-REMI, LA RESTAURATRICE DIT AVOIR BEAUCOUP SOUFFERT DES TRAVAUX MENÉS DANS LE QUARTIER, EN 2013-2014. « LES DIX-HUIT MOIS DE TRAVAUX ONT ÉTÉ TRÈS DIFFICILES CAR, ÉVIDEMMENT, LA CLIENTÈLE DÉSERTAIT. IL ÉTAIT ALORS TRÈS DIFFICILE DE GARDER LE CAP… » , SE SOUVIENT-ELLE, EN AVOUANT S’ÊTRE PARFOIS SENTIE DÉCOURAGÉE ET AVOIR VERSÉ QUELQUES LARMES.

EN 2015, LA RÉMOISE D’ADOPTION A DÛ FERMER DEUX FOIS QUARANTE JOURS POUR DES PROBLÈMES DE SANTÉ. « DANS LE QUARTIER, CERTAINS DISAIENT QUE JE NE ROUVRIRAIS JAMAIS. » FORT HEUREUSEMENT, ELLE LEUR A DONNÉ TORT. COMME FRANÇOISE DISANT N’EST PAS LE GENRE DE FEMME À SE LAISSER ABATTRE, ELLE S’EST REMISE AU TRAVAIL, AVEC ÉNERGIE ET ENTHOUSIASME. POUR DYNAMISER LE SECTEUR ET ATTIRER DAVANTAGE DE TOURISTES, ELLE A MÊME ACCEPTÉ DE PRÉSIDER L’ASSOCIATION DES COMMERÇANTS ET PROFESSIONNELS DE L’ESPLANADE FLÉCHAMBAULT. AUJOURD’HUI, ELLE PRÉPARE ACTIVEMENT LA DEUXIÈME BROCANTE DU QUARTIER, PRÉVUE DIMANCHE 23 SEPTEMBRE.

Il y a moins de problèmes de délinquance

Pour Françoise Disant, Saint-Remi et plus particulièrement l’esplanade Fléchambault constituent un « petit village » dans la ville. « L’avantage,dit-elle , c’est que tout le monde se connaît. » La restauratrice constate avec plaisir que le quartier est plus calme qu’à une période. « Il y a deux ou trois ans, il y avait pas mal de problèmes de délinquance. On a signé des pétitions et je reconnais qu’aujourd’hui ça va beaucoup mieux. L’installation des caméras de surveillance a eu un effet positif. » Françoise Disant, qui préside l’Association des commerçants et professionnels de l’esplanade Fléchambault, se réjouit par ailleurs des travaux menés sur le parvis de la basilique. « Cela fait des années qu’on attendait que ça bouge ! J’espère que cela attirera davantage de touristes. C’est une très bonne chose pour le quartier », souligne-t-elle, en lâchant que les habitants de Saint-Remi ont parfois l’impression d’être « oubliés » par la Ville. Elle n’abandonne pas l’idée de faire installer une sculpture en bas de l’esplanade, en direction du canal, pour attirer les touristes. « On aurait aimé avoir le Luchrone mais notre proposition n’a pas été retenue par la mairie. Nous sommes alors aujourd’hui en contact avec un Compagnon du Devoir. »

Valérie COULET

Extrait de l'union du 23/08/2018


  L’Alsace au fond du cœur

Une rencontre avec le père Philippe Lang, l’Alsacien devenu rémois.


Philippe Lang est très attaché à la malle de voyage que ses grands-parents avaient utilisée lorsqu’ils étaient partis faire fortune aux États-Unis. V.C.

Dans l’appartement de Philippe Lang, au premier étage du presbytère de Saint-Remi, 16 rue Fery, une grande malle de voyage fait office de petite bibliothèque. « C’est l’une des malles avec laquelle mes grands-parents sont partis faire fortune aux États-Unis, dans les années 20 » , raconte le prêtre. Très attaché à ce souvenir familial, il poursuit : « Albert, mon grand-père, fut le secrétaire particulier d’un magnat des chemins de fer et Marie, ma grand-mère, la dame de compagnie de son épouse. »

Philippe Lang, qui est chargé de la pastorale des migrants, s’est installé à Saint-Remi en 2009, après avoir longtemps été en poste dans les Ardennes et dans d’autres quartiers de Reims.

Le septuagénaire, qui aime rencontrer des gens d’univers et de milieux très différents, n’a pas un parcours banal. Son destin est marqué par la grande Histoire et l’Alsace, où il a vu le jour en 1942.

« Je suis né au pire moment » , lâche-t-il, en évoquant son enfance du côté de Mulhouse. Car, à l’époque, l’Alsace, qui était allemande, était attaquée par les Anglais et les Américains. « J’ai des souvenirs très précis de bombardements. Je n’avais que deux ans, mais je ressentais la peur autour de moi. Sans doute est-ce pour cela que je suis resté réservé et méfiant… »

À l’école, on me traitait de Boche. Mais cela ne m’empêchait pas d’être fier de mes racines
 Philippe Lang

La Seconde Guerre mondiale a beaucoup marqué la famille Lang. Car, très engagé dans la Résistance, le père de Philippe a longtemps dû se cacher. Plus tard, il devint l’aide de camp du maréchal de Lattre de Tassigny et se rendit à Berlin, le 8mai 1945, pour la signature de la capitulation allemande.

Philippe Lang vit ensuite, jusqu’à l’âge de 12 ans, dans une belle propriété familiale à Mulhouse. À la mort de la grand-mère, tout le monde part à Reims. Le père de Philippe a été embauché chez Pommery comme directeur des exportations. Il deviendra plus tard le secrétaire particulier du prince Guy de Polignac.

« C’est à cette période que nous vivions à la Villa Demoiselle qui s’appelait alors Villa Cochet » , glisse Philippe Lang. Son arrivée à Reims n’a, se souvient-il, pas été si facile. « Comme j’avais un fort accent alsacien, on me traitait de Boche à l’école . Mais cela ne m’empêchait pas d’être fier de mes racines. Je reste d’ailleurs profondément attaché à l’Alsace… » Après le collège, le jeune homme entre au lycée Saint-Joseph. Son frère René, de huit ans son aîné, intègre au même moment le séminaire d’Aix-en-Provence. Philippe Lang ne sait pas encore qu’il suivra ses traces et qu’il sera ordonné prêtre, le 15 juin 1969, à l’église Saint-Louis, dans le quartier Maison-Blanche à Reims.

DANS LES ANNÉES 66-67, IL SE FROTTE À LA DURETÉ DE LA VIE OUVRIÈRE

Philippe Lang, qui est issu d’un milieu aisé, éprouve vite le besoin de se frotter à d’autres milieux que le sien. « C’est d’abord le service militaire qui m’a sorti de mon environnement privilégié » , assure cet homme simple et chaleureux. Quand, en 1966-1967, il travaille à sa demande dans une usine de Nouzonville, dans les Ardennes, il découvre « la dureté de la vie ouvrière » . L’Alsacien n’a jamais oublié le jour où Gino, un copain italien, a eu trois doigts arrachés par une meuleuse. « Le directeur l’a ignoré. Il ne pensait qu’au rendement… J’ai été profondément choqué. »

Plus tard, Philippe Lang a rejoint l’Action catholique ouvrière (AOC). « Je me retrouvais dans cette volonté d’être proche des autres » , dit celui qui fut plus tard nommé aumônier de la mission ouvrière.

Si l’argent n’est aucunement le moteur de sa vie, Philippe Lang sait néanmoins apprécier les belles choses. Le luxe de la Villa Demoiselle ne lui manque-t-il pas parfois ? « Non, car j’ai tourné la page ! J’ai néanmoins été très heureux de voir que les Vranken avaient magnifiquement restauré la maison. Nathalie Vranken a d’ailleurs eu la gentillesse de me faire visiter les lieux à la fin des travaux. »

Le père Lang ne cache pas qu’il aimerait finir sa vie dans son Alsace natale. Mais Saint-Remi a encore besoin de lui.

J’aime beaucoup ce quartier Saint-Remi

 « Je me plais beaucoup à Saint-Remi car c’est un quartier où se mélangent des habitants de milieux différents. Il y a en en effet une partie de la population bon chic bon genre et une autre plus populaire. Pour être franc, tout le monde ne se parle pas et s’ignore parfois. Mais c’est tout de même une richesse de vivre côte à côte même si l’on est différent », remarque Philippe Lang. Il estime que c’est son « boulot » de faire en sorte que les gens arrivent à mieux se parler et à ne pas coller des étiquettes sur telle ou telle personne. « Il est important de ne pas oublier d’où l’on vient mais aussi de privilégier à la solidarité et à la fraternité. »

 

Valérie COULET

Extrait de l'union du 22/08/2018


Souvenirs d’enfance

Une rencontre avec Valérie Chopin, une amatrice d’art dont le rêve est devenu réalité.


Valérie Chopin ne se lasse pas du cloître du musée Saint-Musée qu’elle a découvert quand elle était fillette.
Ch. Lantenois

Les années passent mais rien ne s’efface. Dès qu’elle pénètre dans le cloître du musée Saint-Remi, Valérie Chopin éprouve le même sentiment de quiétude et de paix intérieure. Loin du tumulte de la ville, elle savoure le plaisir de se laisser bercer par le bruit de l’eau, qui coule au centre du jardin. « La fontaine a été remise en état , se réjouit-elle. Avant, la pompe était bouchée par des gravillons jetés par les pigeons… » À l’ombre d’un pilier, où en ce mois d’août toute fraîcheur est la bienvenue, Valérie Chopin se dit qu’elle a beaucoup de chance. « J’ai le même point de vue que les moines qui vivaient ici, il y a trois cents ans ! » Cette native de Longwy, qui a découvert Reims à l’âge de 10 ans, n’en revient toujours pas de travailler dans cet espace protégé, où le temps semble suspendu. « Le musée Saint-Remi m’a toujours attirée et j’y suis profondément attachée. Quand j’ai été embauchée, en juillet 1986, j’ai d’ailleurs réalisé un rêve d’enfant » , raconte la chargée de collections. L’amour que porte Valérie Chopin à l’ancienne abbaye Saint-Remi remonte aux années 70. Avec ses parents, son frère et sa sœur, elle s’installe rue cardinal Suhard. « C’était en 1974, j’avais 10 ans, et on arrivait de Nouvion-sur-Meuse dans les Ardennes, après avoir pas mal déménagé , se souvient-elle. Mon père d’origine corse avait tout fait pour venir à Reims : il était fan du Stade. Très vite, pendant son temps libre, il a entraîné des équipes de jeunes. »

Valérie, qui a toujours vécu à la campagne, a un peu de mal à s’adapter à la vie urbaine. « En raison de la pollution, pourtant moins forte qu’aujourd’hui, j’enchaînais les migraines. Ce n’était pas non plus facile de se retrouver dans un appartement, après avoir vécu dans une maison… » Mais, la fillette, scolarisée à l’école Ruisselet, aime beaucoup son quartier. Elle garde le souvenir d’une « ambiance très chaleureuse, où tout le monde se parlait » . Un jour, avec sa copine Marie-Claire, elle s’aventure dans un bâtiment en travaux : le futur musée Saint-Remi. « Nous voulions voir ce qu’il y avait derrière la cour que l’on apercevait depuis la rue Simon. On est alors venues en cachette jusqu’au cloître. Et je me rappelle très bien avoir été ébahie par la beauté du lieu, avant d’être chassée par un ouvrier. »

DE FINES PORCELAINES VENUES D’ASIE

Pendant les vacances en Corse, chez sa grand-mère, Valérie observe avec beaucoup de plaisir tous les objets asiatiques de la maison. En 1947, quand ils ont quitté l’Indochine où ils vivaient depuis les années 30, ses grands-parents paternels avaient ramené dans leurs malles de la vaisselle et des vases en porcelaine. Parmi ces souvenirs venus d’ailleurs, se trouvait un drôle de poisson à la gueule ouverte. Des années plus tard, Valérie Chopin a découvert, dans les réserves du musée Saint-Remi, le même vase mais dans un format plus petit...

L’amour de l’art et de l’histoire remonte sûrement à ces vacances en Corse. Et, en grandissant, Valérie ne s’est jamais éloignée de Saint-Remi. Quand, en 1986, un poste s’est libéré au musée, elle a postulé sans hésiter. Aujourd’hui, elle ne regrette pas son choix. Et profite de la chance de pouvoir, chaque jour, traverser le cloître.

J’adorais aller à la piscine de Saint-Remi


À l’emplacement de l’ancienne piscine de Sain t-Remi se trouve aujourd’hui un petit parc.
Ch. Lantenois 

Valérie Chopin, qui a toujours fait beaucoup de sport - « mon père nous poussait à bouger et j’ai fait la même chose avec mes enfants ! » -, a longtemps fréquenté la piscine de Saint-Remi qui, à son grand regret, a fermé ses portes dans les années 1985. Cette piscine, qui se trouvait esplanade des Capucins, a depuis été détruite. À sa place se trouve aujourd’hui un petit parc. « Quand j’étais adolescente, cette piscine découverte n’était ouverte qu’en juillet et en août. Elle était le lieu de rendez-vous de tous les jeunes du quartier , raconte-t-elle. J’ai passé là-bas de super-moments ! Avec mes copains, on allait aussi souvent jouer aux Arènes du Sud. »

Par ailleurs, Valérie Chopin se souvient des très nombreux commerces dont une droguerie qui étaient ouverts dans le quartier Saint-Remi, quand elle et sa famille vivaient rue Cardinal-Suhard. « Le quartier a ensuite été moins animé. Mais je trouve que, depuis quelque temps, l’activité reprend et j’en suis ravie. »

Valérie COULET

Extrait de l'union du 21/08/2018

 


Sous la protection de saint Remi

Cette semaine, nous brossons le portrait de plusieurs Rémois croisés dans le quartier Saint-Remi. De belles rencontres, pleines de surprises. Aujourd’hui, le sacristain Alain Lys.  

Dans un petit bureau qui n’est pas ouvert au public, Alain Lys, sacristain depuis 40 ans, nous présente la clé de la basilique.V.C.

À la basilique Saint-Remi, tout le monde connaît Alain Lys. Car il est partout ! « Cela fait 40 ans que je suis sacristain » , annonce fièrement l’ancien salarié de la Sernam qui vient de fêter ses 68 ans. Chez les Lys, servir la paroisse est un sacerdoce et une histoire de famille. Car Raymond et Raymonde, les parents d’Alain, étaient déjà sacristains à Saint-Remi. « Quand j’étais enfant, je venais souvent avec eux et j’adorais déjà le lieu. Aujourd’hui, j’en connais tous les recoins et je ne m’en lasse pas. C’est un merveilleux lieu de recueillement et de prière » , raconte-t-il.

Mais en quoi consiste le travail, bénévole, du sacristain ? « Mon rôle principal est de préparer les offices. Je branche les micros, prépare les cierges, vérifie que rien n’ait été oublié et que tout soit en ordre. Il faut que tout soit parfait quand arrive le célébrant pour les mariages, les enterrements, les baptêmes... Quand il le faut, comme par exemple pendant les vacances, je donne aussi un coup de main à l’équipe de bénévoles. Récemment, j’ai appelé les services de la Ville car des palissades, utilisées pour les travaux sur le parvis, étaient tombées », énumère-t-il.

L’église est ouverte tous les jours et c’est une très bonne chose. Mais il faut tout surveiller
Alain Lys, sacristain

Un dimanche, le sacristain a dû faire sortir une jeune femme qui zigzaguait dans la basilique avec plusieurs bouteilles de bière à la main. « L’église est ouverte tous les jours et c’est une très bonne chose. Mais il faut tout surveiller. Un jour, des voleurs se sont attaqués au tronc qui contenait pas mal d’argent. Il est depuis solidement attaché... » Alain Lys, qui a accès à toutes les parties de la basilique dont la sacristie qui se trouve en sous-sol, avoue se sentir très proche de saint Remi qui, en est-il persuadé, lui a « sauvé la vie » . « J’ai un grave problème au cœur et j’aurais pu mourir depuis bien longtemps. Au fond de moi, je sais que c’est grâce à lui que je suis encore sur Terre...» À la basilique, Alain Lys « ne compte pas ses heures » et c’est devant le reliquaire de celui qui baptisa Clovis, vers 496, qu’il passe le plus de temps. « Je ne sais pas comment l’expliquer, mais c’est ici que je me sens le mieux » , dit-il avec émotion, en présentant la châsse de l’évêque.

LE SOUVENIR INOUBLIABLE DE LA VENUE DE JEAN PAUL II

Dans cet édifice classé au patrimoine mondial de l'Unesco, le sacristain, qui ne rechigne pas à improviser des visites guidées quand les visiteurs se montrent particulièrement intéressés, aime aussi se recueillir devant un Christ vêtu d’une tunique rouge. Alain Lys partage un événement qui a marqué sa vie. En septembre 1996, Jean-Paul II était en visite à Reims. « Pour me remercier de mon travail à Saint-Remi, le père Jules Massin, alors curé de la paroisse, m’a permis d’être présent à ses côtés quand il a accueilli le pape. Un grand moment de bonheur ! »

Ici, je retrouve un peu de sérénité et le courage d’avancer


Jacqueline vient deux fois par semaine prier à Saint-Remi.

Elle le confesse avec simplicité, sans vouloir se faire plaindre. Juste pour le plaisir d’échanger. Dans la vie, Jacqueline Mension s’est souvent fait avoir. « Je donne trop facilement ma confiance, alors les autres en profitent... » , glisse cette habitante du Pont-de-Witry, qui doit affronter toutes sortes de difficultés, notamment financières.« Tout a basculé quand ma mère est morte, en novembre 2014. J’ai cru que je ne m’en sortirais jamais car tous les problèmes sont tombés en même temps » , raconte-t-elle. Pour ne pas sombrer, Jacqueline a pris l’habitude de venir, plusieurs fois par semaine, prier à la basilique Saint-Remi. « Je ne vais pas souvent à la messe mais ici, je trouve un peu de sérénité et le courage d’avancer. Quand je suis dans la chapelle de la Vierge du vœu, j’arrive à faire le vide dans ma tête, à me dire que la vie est belle » , confie-t-elle. « Saint-Remi est un peu loin de chez moi. Mais, tant pis, car c’est ici que je me sens bien ! »

 

Valérie COULET

Extrait de l'union du 20/08/2018

 

    

    

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Cinq bonnes raisons d’aller à Guédelon

Depuis 1997, dans l’Yonne, un château fort sort de terre selon les techniques et les matériaux utilisés au Moyen Âge. Les bâtisseurs accueillent les visiteurs et répondent à leurs questions.


Le chantier de Guédelon permet de découvrir des techniques du Moyen Âge, d’interroger les bâtisseurs et le maître d’œuvre, Florian Renucci (à droite).

Château fort de Guédelon

sur la RD 955, à Treigny (Yonne).

*.- TARIFS : 14€ adultes, 12€ de 14 à 17 ans, 11€ de 5 à 13 ans (moins de 5 ans gratuit).

*.- INFOS Au 03 86 45 66 66 ou sur www.guedelon.fr

1. PARCE QU’IL S’AGIT D’UN CHANTIER DE CHÂTEAU FORT OUVERT AU PUBLIC

Une déconnexion avec le quotidien. Le chantier médiéval de Guédelon avec son château fort du XIII esiècle, est accessible au public depuis vingt ans. L’occasion de suivre son évolution. « Des pièces comme la salle de réception, sont terminées et décorées , précise Sarah Preston, guide anglophone.Le but, ici, c’est l’échange avec les ouvriers et les bâtisseurs. Il ne faut pas hésiter à les interrompre pour les questionner. » Une centaine travaille sur le site entre mars et novembre.

Au programme des travaux 2018 : la charpente de la tour de la chapelle et l’élévation de la porte entre les deux tours pour l’accès principal du château.

2. PARCE QU’IL Y A DES ANIMATIONS ET DES ÉVÉNEMENTS AUTOUR DU CHÂTEAU

Pour les enfants, des ateliers de taille de pierre, carreaux de pavement, un camp de « petits chevaliers », et pour tous, un spectacle d’alchimie, des cuissons de tuiles, de pain, de chaux, de poteries, la teinture de laine à partir d’ocres et de terres broyées ou à base de plantes. Se renseigner à l’avance pour les jours, horaires et réservations (si besoin).

3. PARCE QUE LA VISITE EST LIBRE OU ACCOMPAGNÉE D’UN GUIDE

Il est bien sûr possible de déambuler librement au cœur de 10 hectares de forêt, aidé du plan du site et des panneaux informatifs. Mais la visite guidée de 1 h 15 (3€ par personne à partir de 8 ans), permet d’avoir les clés pour mieux comprendre l’aventure de ce projet (contexte historique, technique de construction…). Pour aller plus loin, une rencontre avec le maître d’œuvre du chantier, Florian Renucci, est possible (6,50€, à partir de 11 ans).

« Guédelon est un récit continu qui donne une grille de lecture aux archéologues et à notre comité scientifique , souligne le responsable. Nous donnons la parole à ceux qui construisent. »

4. PARCE QUE LES BÂTISSEURS RÉPONDENT AUX QUESTIONS DU PUBLIC

Vincent, le charpentier, Alex, à la taille du grès ferrugineux (le matériau de base du château), Francesca et les six autres tailleurs de pierre, Martin à la forge, et bien d’autres, cordiers, meuniers, gâcheurs… travaillent autour et pour ce château. Ils partagent et expliquent aux visiteurs leur rôle, leur savoir-faire, leur métier, les techniques ancestrales et les outils utilisés.

5. PARCE QU’ON PEUT SE RESTAURER SUR LE SITE

Il est possible de se restaurer soit auprès des deux points de restauration proposés avec des produits locaux, menu médiéval, salades composées, sandwiches maison, boissons… Ou dans les espaces aménagés (abrité, ou en plein air) pour pique-niquer sur le chantier.

Et en plus…

Il existe de nombreuses possibilités d’hébergement aux alentours : chambres d’hôtes, gîtes, ou encore hôtels, comme Les Grands Chênes avec ses maisonnettes familiales nichées dans un parc arboré (piscine).

Vincent GORI

Extrait de l'union du 19/08/2018

    

    

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Des félins près de chez nous

Dans un coin perdu de la savane seine-et-inarnalse, vingt-six espèces de félins sont à découvrir.


Visibles depuis la grande passerelle, les tigres blancs, «
los plus grands des félins », n'existent plus qu'en captivité. Peinard à l'entrée de sa tanière, l'air stoïque, voici sa majesté le lion... de l'Atlas. Et c'est depuis le Trans'Félins que toute la famille découvre le parc par l'extérieur... Montage l'union

PARC DES FELINS

*.- Où ? à Lumigny-Nesles-Ormeaux (Seine-et-Marne). C'est au sud-est de Coulommiers.

*.- Quand ? ouvert tous les jours de 9h30àlYh30.

*.-  Tarifs : 19,50 € /11,50 € (- 10 ans).

*.- A voir 140 félins de 26 espèces vivent sur un « territoire» de 60 hectares divisé en quatre espaces « continentaux », à parcourir à pied. Coin pique-nique pour tous

*.- Notre avis: du chat de Gordoni (Circuit africain) au lynx du Canada (Circuit américain), en passant par le tigre de Sibérie (Circuit asiatique), on découvre les animaux dans un habitat fidèlement reconstitué. Le « plus » du parc, c'est la passerelle à 4 m de hauteur pour observer les fauves. Incontournable aussi est le tour en petit train. Et pour les enfants, il y a J'île des lémuriens et « Tigrrr », un film en 4D.

Le mieux à faire, lorsqu'on arrive au Parc des Félins, c'est d'en faire le tour en petit train (30 minutes) afin d'avoir une vision d'ensemble de ce parc zoologique pas comme les autres, spécialisé dans l'élevage. Dès la sortie de la « gare », on remarque un couple de guépards (ou « cheetahs »…!) qui patrouille fièremen, démarche à la Aldo ….. mais l’œil sombre.

Plus loin, en bordure d'enclos, des lions se prélassent dans les hautes herbes ; l'un tourne la tête au passage du tortillard, le Trans'Félins.

Dans ce coin de savane de la Brie seine-et-marnaise, on aperçoit aussi la Jeep de Daktari et - moins sympathique - un campement de braconniers et un dépotoir forestier (avec des bidons qui s'enflamment comme dans l'attraction « Backdraft » d'Universal Studios). Le message écolo est présent mais discret conformément à la philosophie des lieux.

LES CENT PAS LE LONG DE LA CLOTURE

Une fois débarqué, presque instinctivement, on prend la direction du c( circuit africain» - voilà un continent riche' de promesses animales. Outre les guépards et les lions, on aeut y croiser une panthère de Perse.

Guettant une proie, elle fait les cent pas le long de la clôture électrifiée. « Il faut savoir attendre pour observer des comportements (parfois) inattendus », conseille une jeune femme de l'équipe pédagogique (laquelle renseigne les visiteurs. En clair, les animaux ne sont pas à notre disposition : mais avec un minimum de patience, on les voit, même en milieu de journée.

Nettement plus petit, le chat de Gordoni, qui fait la sieste à l'heure où les familles pique-niquent. est « l'ancêtre » de nos matous. Quant au serval, il a l'ouïe presque aussi développée que Super Jaimie.

Le détour par la longue passerelle qui surplombe de vastes enclos est le must de la visite. Celle-ci offre un point de vision unique - à 360° - pour observer la « beauté sauvage à l'état pur », selon le guide officiel (2€). Avec un peu de chance, les tigres blancs de Sibérie - dont un mâle tout de noblesse au profil marmoréen - feront leur numéro, quand vous l'emprunterez. C'est alors le moment d'empoigner votre appareil photo, zoom en avant comme feu Christian Zuber. Petite anecdote captée au vol : régulièrement, d'imprudents palmipèdes se font croquer ici en bord de la mare ... Plutôt ombragés, les différents circuits - bien fléchés demandent tout de même de jouer des mollets (plusieurs kilomètres au compteur si on les « fait » tous). Mais le léger effort est justifié à chaque enclos.

Rodolphe LAURENT

Extrait de l'union du 09/08/2018

    

    

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De la montgolfière à la roulotte !

Taissy Cet aérostier retraité a décidé de construire, seul, une roulotte. Il envisage de faire le tour de France.


Les enfants, petits et grands, adorent

Martial Chalté a une vie bien remplie. Au travail dès l’âge de 14 ans, celui-ci a travaillé dans les vignes pendant 23 ans. Pendant ce temps naissait une autre passion : celle des airs.

Devenu aérostier, il a créé Air Tonic, une société de Taissy. Avec une montgolfière, puis une autre pouvant embarquer une douzaine de passagers.

3,50 M DE LONG SUR 1,50 M DE LARGE

Avec, à un certain moment, une dizaine de ballons, Martial a fait voyager des milliers de personnes dans les airs à travers la France. Participant également à des rassemblements à l’étranger.

À la retraite depuis une dizaine d’années, l’aérostier se découvre un autre engouement. « J’ai toujours aimé la menuiserie » , confie-t-il. Lui vient alors l’idée de construire une roulotte « pour des copains en Alsace, qui ont des enfants » . Il achète donc une machine à bois. «Mais je ne savais pas m’en servir. »

À 57 ans, il décide alors de prendre des cours dans la Somme et chez des Compagnons.

En 2015, il se met à la tâche. À partir de bois brut avec son écorce (frêne, sapin du Nord), il découpe ses planches, les assemble et réalise un bel ensemble avec cloisons extérieures et intérieures entièrement isolé avec pare-pluie d’un côté et pare-vapeur de l’autre.« Seul le toit a été fait par des Compagnons chez Garnier »,reconnaît-il.

Seulement voilà : la roulotte est trop grande : elle mesure 3,50 m de long sur 1,50 m de large. Montée sur un plateau de deux essieux, elle reste donc à Taissy et fait le bonheur des enfants dans le fond du jardin.

UN OUVRAGE SUR L’HISTOIRE DES ROULOTTES

« Il s’agit d’une roulotte de gitans » , précise M. Chalté. Celle-ci est en effet munie d’arceaux en bois, d’un lit (pour enfants), de tapis, tabourets, rideaux et divers accessoires. Ainsi équipée, avec ses cloisons de 13 cm d’épaisseur, la roulotte ne pèse pas moins d’une tonne qu’il faut tracter au moyen d’une Jeep de 1962.

Fier de son travail, Martial envisage maintenant de nouveaux projets : tout d’abord l’édition d’un fascicule sur l’histoire des roulottes. « Outre celle des gitans, il y a aussi celles des forains, des bergers ou la roulotte irlandaise, plus ronde. »

L’âme de baroudeur prenant le dessus, Martial Chalté envisage de construire une autre roulotte pour faire le tour de France

Mais l’âme de baroudeur de Martial Chalté prenant le dessus, celui-ci envisage de construire une autre roulotte, plus grande « dans le but de faire le tour de France » … Un nouveau challenge en vue.

Pour l’heure, ayant été sollicité par la Caisse des écoles, sa roulotte de gitan pour enfants vient de permettre à de jeunes vacanciers du centre de loisirs de découvrir ce véhicule dans le cadre de l’animation menée avec les Zaninomades et qui sera diffusée prochainement sur la chaîne C8 dans l’émission Les animaux de la 8.

Dominique BERGER

Extrait de l'union du 04/08/2018

    

    

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La révolte des vignerons

Notre série sur les grands combats de notre territoire prend fin aujourd’hui. En avril 1911,  la précarité des vignerons et des positions politiques ont conduit les Champenois à se révolter

LES FAITS

*.- 10 FÉVRIER 1911 : Une loi est adoptée pour délimiter l’appellation « champagne ».

*.- MARS ET AVRIL 1911 : L’Aube se révolte, considérant cette loi injuste.

AVRIL 1911. Une loi réintègre l’Aube dans la délimitation de la Champagne viticole.

*.- 11, 12 ET 13 AVRIL 1911 : Les vignerons se révoltent contre la nouvelle délimitation.

*.- 22 JUILLET 1927.La Chambre des députés adopte une nouvelle délimitation qui satisfait chacune des parties.


« 
Depuis 1911. il y a une sorte de respect mutuel entre vignerons et négociants. Ce qui n'était pas le cas avant »
Dominique Fradet, auteur de «
1911 en Champagne »

Des années de mauvaises récoltes venaient de s’enchaîner. Plusieurs raisons les expliquaient : des insectes, des maladies ou encore le mauvais temps. Cela a conduit les habitants à hypothéquer leurs terres. « Dès octobre 1910, ils réclamaient du pain » , affirme Dominique Fradet, auteur rémois de 1911 en Champagne. « Lorsque les huissiers venaient chez eux saisir des meubles, ils n’avaient rien à prendre », continue-t-il. Selon l’auteur, les vignerons ne supportaient plus le train de vie excessif mené par les négociants. Ces derniers construisaient des châteaux, s’achetaient des voitures et vivaient avec opulence. Ils profitaient d’un manque de réglementation qualifié de fraude massive. Le raisin ne provenait, en effet, pas toujours de Champagne et pouvait venir d’autres régions de France telles que l’Aube, ou encore d’Algérie. Ainsi la dénomination « champagne » n’avait plus de sens. En octobre 1910, la grogne monte. Les vignerons veulent obtenir un contrôle de l’appellation. À la suite de ces réclamations, une loi a été adoptée en février 1911 afin de prévoir une mention d’origine pour les vendanges et vins récoltés dans la région de la Champagne. Lorsqu’elle est promulguée, l’Aube, qui en est exclue, se révolte, considérant cette mesure comme injuste. Début avril, le Sénat et le gouvernement envisagent de modifier cette mesure. L’Aube réintègre alors la délimitation de la Champagne viticole. Ce qui n’était pas au goût des Champenois. La révolte des vignerons de la Marne commençait donc à monter. Dans les villages, les vignerons appelaient à ne pas se laisser faire. Le 11 avril, la révolution champenoise démarrait. Des dégradations d’enseignes de maisons de champagne étaient constatées. Plus tard, deux à trois mille hommes sont aperçus dans les vignes du côté de Nicher, ils menacent les gendarmes et sont fortement remontés, indique Dominique Fradet. Le 12 avril, le boulevard du Nord d’Aÿ est en flammes. Les vignerons, femmes et hommes, veulent en finir avec les fraudeurs. Les celliers de plusieurs maisons de champagne sont vandalisés. Le même jour à Épernay une manifestation a lieu, des bousculades interviennent. Enfin, le 13 avril, le boulevard du Nord d’Aÿ n’est plus que ruines. Des troupes sont arrivées le matin même, pour rétablir l’ordre. Selon Dominique Fradet, « ils étaient environ 15 000 soldats ». Des dizaines d’arrestations ont lieu. Le déploiement de l’armée a permis un retour au calme.

LE PRIX DU RAISIN FIXÉ APRÈS LA RÉVOLTE

La révolte a eu des conséquences sur la délimitation de la zone « champagne ». Les événements qui se sont passés le 12 avril à Aÿ ont fait une telle peur aux vignerons et négociants que cela a même eu d’autres effets. « Depuis 1911, il y a une sorte de respect mutuel entre vignerons et négociants. Ce qui n’était pas forcément le cas avant. »Pour la première fois, ces deux acteurs majeurs du vignoble se sont entendus sur le prix du raisin. Il faudra toutefois attendre la loi du 22 juillet 1927, pour que la délimitation de la Champagne convienne à tous.

Mélanie COUSIN

Extrait de l'union du 28/07/2018

    

    

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Balade estivale dans une ville royale

En été, faites ce qu’il vous plaît ! L’adage est une réalité dans la cité des sacres où les candidats aux activités culturelles ou de loisirs ont l’embarras du choix.


ARNAUD ROBINET
Maire de REIMS

« Flâner, se promener, écouter toutes les musiques, découvrir, s’exercer, s’émerveiller… Les familles, nos visiteurs, les sportifs, les mélomanes, les cinéphiles, chacun trouvera une activité à la hauteur de ses attentes durant cet été à Reims. Je vous invite à venir nombreux découvrir ou redécouvrir notre ville dans ses habits estivaux. »

Grâce aux animations voulues et mises en place par la ville de Reims, trouver comment s’occuper pendant l’été s’apparente à un immense labyrinthe où la bonne surprise peut surgir à chaque coin de rue. La fête de la musique a ouvert le ban, la Magnifique Society a ensorcelé toutes les oreilles, les Flâneries Musicales ont déjà enchanté les mélomanes et leur traditionnel concert pique-nique s’apprête à submerger d’émotions les convives attendus. Mais ce n’est pas tout. Laissez-vous guider « chronologiquement » ou bien constituez votre balade au gré de vos passions ou de votre curiosité. Musiques, spectacles, cinéma, expositions, et tradition vous tendent les bras.

Mariage au Crypto

Pour commencer cette balade initiatique, la ville de Reims vous invite à un mariage inoubliable. Celui de la musique contemporaine et du patrimoine gallo-romain. Le Cryptoportique, cette galerie semienterrée découverte en 1922, a réussi le tour de force d’accueillir sur sa scène une musique variée. Un cocktail étonnant, détonnant avec 18 % de soul, 18 % de musiques du monde, de chansons françaises, de rock pop, le tout ponctué de petites doses de folk, de musiques urbaines et même d’une pointe de sons n’entrant pas dans des cases conventionnelles Chaque fin de semaine à partir de 19 h, il y en aura pour toutes les sensibilités. En juillet, la scène du Crypto hébergera Black Bones (pop, le 12), Joséphine Keïta Band (Afro pop, le 13), Dali N’soul (le 19), le Looper Tour (le 20), Soul Vaccination (le 21), Madame Robert (rythm and blues, le 26), They call me rico (blues, le 27) ou encore The Wooden Wolf (le 28). Cette succession d’artistes régionaux, nationaux et internationaux se poursuivra en août. Au programme, les Délinquantes (chanson française, le 2), Shishko Disco (le 3), Bandit puis Voyou (pop électronique, le 9), The Sunvizors (reggae Soul, le 16), Goo Goo Eyed (soul, le 23), Passion Coco (cumbia psychédélique, le 24), Ossie Gad (reggae, le 31). Point d’orgue avec la carte blanche au Collectif Io, qui fêtera son 10e anniversaire lors de la clôture d’un Été à Reims le 1er septembre


 Thomas NGUYEN
Fondateur du collectif

« Le dixième anniversaire de notre collectif sera l’occasion de renouer avec notre histoire en proposant des spectacles que nous avons joués lors de nos débuts. Avec « Alice au pays des merveilles », notre troupe de jeunes invite les spectateurs à aller de lieu en lieu, à les découvrir. Les « gâteaux du prince Tan » nous invitent à un tour du monde, à passer de continent en continent. Notre troupe professionnelle jouera, elle, notre premier spectacle, Dreamland, en version concert. Toutes les générations de Io se retrouveront pour le Bal fantastique. »

C’est la fête du côté de Léo…

Pas de Fête nationale sans défilé militaire. Les festivités du 13 juillet démarreront donc sur une musique très rythmée. Celle des pas cadencés du 132e BCAT, de la BA 113 et des Sapeurs Pompiers du Grand Reims qui attaqueront du talon le sol du boulevard Paul-Marchandeau (à partir de 19 h 30). Un peu plus tard, sur le parking de René-Tys (21 h 30), le groupe ivoirien Magic System donnera un concert très attendu. La soirée s’achèvera par un spectacle pyromélodique de 25 minutes dans le cadre des commémorations de la fin de la Première Guerre mondiale. Moment agréable et festif garanti.

Le jazz vous invite au Boulingrin


Jean DELESTRADE
Co-fondateur de Jazzus
Productions Jaz au Boulingrin
« Il y a un public qui vient spécialement pour les concerts de jazz ; et la formule plaît si l’on en croit la fréquentation de l’an dernier où nous avons eu jusqu’à six cents spectateurs. Ce succès est certainement dû à la programmation que nous avons su adapter en invitant des artistes régionaux, d’autres à la réputation internationale, en proposant du « classique » mais aussi du jazz plus pointu. »

De la place du Forum au Boulingrin, il n’y a qu’une poignée de pas, permettant de quitter l’univers gallo-romain pour celui de l’art déco. Place au jazz s’y tient pour la quatrième année de suite. Entre les Halles et les terrasses des bistrots de la rue du Temple, il vous reste quatre occasions pour déguster la programmation concoctée par Jazzus. « Une musique de qualité, un cadre agréable, tout y est  !  », se réjouit Jean Delestrade qui avoue encore «  une ouverture vers le blues et vers la soul ». Jazz musette le 14 juillet (avec Swing of France), Nouvelle-Orléans le 28 (Daniel Zimmerman Quartet) puis blues le 4 août (avec le guitariste Lorenzo Sanchez) et enfin Kerosène qui revisitera les standards le 25 août : si vous êtes incapable de faire votre choix, mieux vaut tout simplement profiter de tous les concerts.

Des modèles imprévisibles au parc

L’arbre est beau. L’arbre est noble. Quatre photographes – Cédric Pollet, Stéphane Hette, Olivier Mühlhoff, Pascal Stritt – ont immortalisé des modèles d’arbres imprévisibles et les présentent au parc de Champagne. Avec une centaine de photos, ils ont percé le secret de leurs écorces, de leurs vies amoureuses à travers leurs reproductions, leur originalité (les Faux de Verzy). « La beauté des arbres » est à découvrir jusqu’au 4 novembre, entrée libre au parc de Champagne. (Horaires d’ouverture : reims.fr).

Une invitation et un challenge

Bouger et s’amuser au parc Léo Lagrange. Le challenge proposé par « Place aux jeux » promet cette année encore de beaux moments pour toute la famille, entre le 18 juillet et le 3 août (10h30 à 19 h, sauf le jour de l’ouverture, de 14 à 19 h). Pour leur 4e édition, les activités à vocations sportives et ludiques seront une véritable invitation à venir s’amuser en plein air pour les 3-10 ans. Du baby-foot au tennis de table en passant par les jeux gonflables, les trampolines, un espace petite enfance ou encore la plage de Léo et les nouveautés de l’année (homeball, teqball, laser-game pour les 4-6 ans), le plus dur sera de réussir à tout tester. Chiche!

Croix-Rouge sur tous les modes

La maison de quartier a mis les petits plats dans les grands au complexe GéoAndré en variant les plaisirs. Du lundi au vendredi (15 à 20 h), le samedi (15 à 19 h), des activités familiales ouvertes à tous attendent les candidats aux loisirs d’été. Au programme : animations sportives (beach soccer, sandball, beach volley, jeux d’opposition, badminton), aire de jeux pour les parents et leurs enfants, structures gonflables (trampoline 4 pistes, ventriglisse, faucheuse double, taureau mécanique), ateliers créatifs, de bien-être, atelier lecture. Plus ponctuellement, des ateliers proposent de développer les sensations artistiques de chacun : photographier et peindre à la Andy Warhol (Charlotte Van Der Veken & Dalya Bousserief) jusqu’au 20 juillet; réalisation d’un domino géant du 23 au 26 juillet; initiation à la calligraphie (Halima Hammal) jusqu’au 14 juillet; initiation ukulélé (Reims Champagne Ukulélé) les 16 et 17 juillet. Deux spectacles sont encore à venir: « Fantine et Capucine en goguette » mardi 17 juillet et « la journée de Petit Pouce » mardi 24 juillet (comptines, chansons et histoires en musique). Enfin, trois soirées permettront de boucler en beauté le mois de juillet: soirée musicale et barbecue le 18 juillet, sports le 19, pique-nique avec Aymeric DJ le 25.

Cinéma à la belle étoile

Une autre façon de passer une agréable soirée en famille : le cinéma en plein air programmé par l’association la Pellicule ensorcelée. Dès 20 h, le ton est donné, le pique-nique est fortement conseillé et se déroule en musique (avec des groupes rémois) et au milieu d’activités artistiques. Le ciné-quizz permet de patienter jusqu’à la nuit. Attention toutefois, la météo peut gâcher votre sortie. N’oubliez pas de consulter le site de la Pellicule ensorcelée en cas de doute. Et, quand le noir est fait (vers 22h30), le film peut commencer. Six quartiers seront visités: le centre-ville le 11 juillet (Les vacances de Monsieur Hulot au square des Cordeliers), le Chemin vert le 18 juillet (L’homme qui rétrécit, place du 11 novembre), Trois Fontaines - La Neuvillette le 20 juillet (Men in Back au parc Marcel Lemaire), Barbâtre - Saint-Remi - Verrerie, le 25 juillet (Lo, roi de la jungle, esplanade des Capucins), Laon – Zola – Neufchâtel - Orgeval le 1eraoût (Les virtuoses, place Simone de Beauvoir) et Cernay – Epinettes – Jamin - Jaurès le 3 août (La planète des singes, square des Epinettes). Trois ciné-goûters (14h30) compléteront l’offre: « Le soleil a rendez-vous avec la lune » (17 juillet, espace Louise-Michel), « Je t’attrape, je te croque » (24 juillet, maison de quartier Clairmarais), « Allô la terre, comment ça va » (31 juillet, salle des Fêtes François-Mauriac). De son côté, Télé centre Bernon (opération Passeur d’images) apportera sa pierre à l’édifice avec « Demain, tout commence », le 27 juillet au parc Léo Lagrange (22h30). www.lapelliculeensorcelee.org


Jèrôme DESCAMPS
Conseiller artistique de La Pellicule ensorcelée Ciné en plein air

« Cette année, nous visitons au total neuf quartiers et certains de nos spectateurs sont des fidèles qui ne manquent aucune séance… et découvrent ou redécouvrent des quartiers de Reims. Chaque année, c’est un crève-cœur de choisir les films qui doivent s’adresser à toute la famille. L’idée est d’aller vers les gens en proposant des œuvres artistiques à la fois « abouties » et pour le grand public. »

Détente et farniente à la Guinguette

 

dans un parc bucolique, mais avec des nouveautés : ouverture du mercredi au dimanche, ateliers artistiques, tournois sportifs (pétanque, volley et aussi du foot avec des petits buts...).Nos concerts proposeront une musique de toutes les couleurs avec des artistes régionaux et d’autres qui sont sur la route et qu’on essaie de faire venir. »

La saison II de la Guinguette a été confiée cette année à l’association Velours. Détente, farniente, convivialité, avec un bar et une petite scène, sont les axes forts de ce lieu culture et nature de la rue de la Roseraie. « Nous sommes ouverts du mercredi au dimanche », annonce Thibaud Rolland, le « maître de cérémonies ». Atelier enfants (mercredi), seniors (jeudi) viennent en complément des ateliers artistiques et ludiques, des concerts, des blindtests, des tournois de plein air (volley, pétanque et football) ou encore des jams sessions ouvertes aux musiciens locaux. Le dimanche, c’est jour de marché avec des producteurs, des créateurs et des artisans locaux.


Thibaud ROLLAND
Directeur et programmateur de Velours – La Guinguette
« 
On garde la colonne vertébrale de la Guinguette: un bar et une petite scène

Rendez-vous avec la lune

Vous ne savez-pas encore ce que vous allez faire le 27 juillet ? Réservez votre soirée pour observer une éclipse totale de la Lune. C’est le premier phénomène de ce genre visible en Europe depuis le 28 septembre 2015. Dans notre région, la Lune se lèvera déjà totalement éclipsée. Au moment de son passage dans l’ombre de la Terre, elle se parera de superbes teintes rougeâtres. Les animateurs du Planétarium et les membres de l’association Planética vous invitent à venir partager ces moments rares à l’Observatoire de Beine-Nauroy (de 21 h à minuit). Après l’éclipse de Lune, place aux ateliers pour les petits et les grands (30 juillet au 4 août): lire le ciel avec des outils numériques, utiliser un télescope, une lunette, la fabrique de cratères. Puis ce sera l’apothéose avec les nuits des étoiles (3,4 et 5 août) qui vous feront découvrir le ciel et ses mystères lors de soirées d’observations et des séances gratuites sous la coupole du Planétarium (49 avenue du Général De Gaulle à Reims.

www.reims.fr/ planetarium / 03.26.35.34.

Ça swingue place d’Erlon !

Les Vitrines de Reims investissent la place d’Erlon jusqu’au 28 en lançant Golfoo, un village de découverte du golf pour les enfants de 4 à 12 ans! Ce village est placé sous le signe de l’amusement! Cibles à scratch, parcours fun, maxiclubs et balles molles proposent un espace ludique de près de 400 m2 qui sera ouvert tous les jours (sauf le dimanche), de 14 h à 18h30. Les golfeurs en herbe découvriront l’activité au travers de cinq ateliers plus amusants les uns que les autres! Tous les enfants sont évidemment les bienvenus, en solo, en groupe ou en famille pour découvrir gratuitement ce golf… un peu fou.

Tous à Festiv’Été

Du 29 août au 2 septembre, rendez-vous au parc de Champagne pour l’édition 2018 de Festiv’Été, bercée cette année d’une ambiance carnaval. Cette année encore, de nombreuses animations attendront petits et grands, de 14 h à 18 h: structures gonflables, activités judo, football, bubble foot, laser game, ejector, BMX, cirque, athlétisme, échasses urbaines, mais aussi des ateliers créatifs, des séances maquillage et des balades en poney. Et afin d’en profiter un maximum, le parc sera ouvert de 12 h à 20 h, afin de permettre aux visiteurs de pique-niquer en famille lors de ces cinq jours.

Notre-Dame illuminée

« Rêve de couleurs », le spectacle reconnu pour ses cre´ations mêlant imagination, poe´sie et prouesse technologique, donne ses dernières représentations. Jusqu’à la fin de l’été, il illumine la façade de NotreDame tous les jours (sauf le lundi) à 23 h en juillet, 22h30 du 1er au 15 août et à 22 h du 16 au 31 août. Une occasion (presque) unique de redécouvrir l’un des joyaux de l’architecture gothique, inscrit pour sa valeur universelle sur la liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO.

Cet été aux Archives

Si jamais, le temps ne se prêtait pas aux activités de plein air, avez-vous songé aux Archives municipales et communautaires de Reims? Venez découvrir l’origine du blason, les principes de base de l’héraldique et l’histoire des armes de la ville de Reims afin de réaliser vos propres armoiries ; réalisez une lettre ornée personnalisée au calame et à l’encre de Chine sur un marque-page en papyrus selon la technique des lettrines anciennes. Ou encore créez un menu personnalisé pour votre prochain repas de famille, sachez conserver des documents familiaux, découvrez les différentes sources généalogiques (registres paroissiaux, état civil, recensements, listes électorales, concessions de cimetières, annuaires): tout cela n’aura plus de secret pour vous.

6 rue Robert Fulton, zone industrielle de La Pompelle. Activités de 14 à 16 h. Renseignements et inscriptions au 03.26.47.67.06.

Rendez-vous à la Fête foraine Du 13 au 18 juillet, la Fête foraine et ses nombreuses attractions occupera le parking de l’ancien Nautilud et vous accueillera tous les jours à partir de 14h30.

Extrait de RA N° 337 de 07/2018

    

    

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Balade le nez en l'air

Ancien conservateur de cimetières, Jean-Yves Sureau est Fauteur de l'oUVl3ge plusieurs fois rêédtê « les Rues de Reims Mémoire de la ville ».

Lever la tête pour redécouvrir sa ville. C'est l'idée de cette balade, qui pointe quelques détails architecturaux étonnants.

Rendons tout de suite à César ce qui suit. L'idée de cette balade à la découverte de ce que l'on ne . voit ou ne regarde jamais, la tête baissée, revient à l'un de nos lecteurs, qui tient autant à rester anonyme qu'à partager ces merveilleux détails architecturàüi dont Reims est si riche. À 81 ans. n6tr:e guide du jour a commencé à ar~nter la cité des sacres de long en IJrgé il y a cinq ans, son appareil pIloto 'en bandoulière. Il est aujourd'hui à iatête d'une jolie collection de plus de 350 clichés de statues et d'ornements intrigants et/ou finement réalisés. Dans la proposition de visite qui suit, nous n'avons évidemment pas pu tout retenir. Libre à vous d'essayer de dénicher d'autres curiosités sculpture grâce à son père, Charles Delsuc, tailleur de pierre.

1 -L'ENFANT ET LA CHÈVRE

Premier arrêt au 58, rue Camille Ienoir, La-maison, est.assez ordinaire, mais elle est agrémentée d'un superbe bas-relief au-dessus de la porte d'entrée. L'ensemble montrant un enfant, tel un bacchus entouré de grappes de raisin, accompagné d'une chèvre, est signé d'un certain Alfred Delsuc. Selon Jean-Yves Sureau, auteur de l'ouvrage Les Rues de Reims - Mémoire de la ville, cet artiste peintre (1860-1938) habita l'immeuble. Décorateur du théâtre de Reims et membre de la Société des arts décoratifs, il aimait toucher à toutes les arts. »  Il a a sana doute découvert la sculpture grâce à son père, Charles Delsuc, tailleur de pierre.

2 AU PETIT SAINT-CHRISTOPHE

Nombreux sont ceux qui poussent la porte du Bricorarna place du Forum. Peu prennent le temps de lever la tête pour admirer la façade. Selon le blog Archi Reims Déco, le 33 place des Marchés (aujourd'hui 13-15, place du Forum) abritait déjà une quincaillerie au début du XX· siècle. Baptisée " Au petit Saint-Christophe ", l'enseigne était tenue.par Charles Betsch, négociant, et son épouse Jeanne Delagrange. Le couple fit reconstruire l'immeuble actuel grâce aux dommages de guerre. «  L'inscription "Au petit St Christophe - 1607-1925aurait pour origine une grosse auberge "Au grand Saint-Christophe", qui se serait située rue de la Chanvrerie du côté de la rue de l'Arbalète, sur l'ancienne et vaste propriété des de La Salle. Elle tenait .son nom d'une chapelle voisine dédiée à saint Christophe » (source : Cahiers Lasalliens : textes, études, documents - numéro 26). La quincaillerie devient Bricogem en 1979.

3 – Façade chevaline

Le fier destrier accueillait jadis ceux qui passaient l'immense porte du 29, rue du Général-Sarrail. Le trophée annonçait la couleur : ici logeait un marchand de chevaux, un certain M. Morin, qui en ajoutant ce  détail architectural lors de la construction de son habitation pensait d'abord renseigner sur son activité tout en souhaitant « sans doute inscrire son commerce dans la durée », imagine M. Sureau.

4 – Danse du ventre

«  Aujourd’hui nous admirons les trois splendides cariatides du 43, rue de Talleyrand, du sculpteur Léon Chavaillaud, ce trio de statues de femme au style très fin soutenant une corniche sur sa tête. Mais à l'époque, ça faisait nouveau riche. C'était très ostentatoire », recontextualise Jean-Yves Sureau. Le Cri de Reims, journal satirique, s'est ainsi gaussé en 1913 de ce« bon gros épiciers » (il s'agissait d'Alexandre Gorget, administrateur des Docks rémois, les fameux familistères) qui fit construire cet immeuble au style clinquant: « Cet hôtel splendide respire la richesse et la gaîté. Les trois cariatides de la façade qui sont de la fête, exécutent une danse du ventre du plus amusant effet. Nous engageons vivement les neurasthéniques à passer souvent rue de Talleyrand. C'est la guérison assurée.

Petite précision qui vaut son pesant d'or: l'architecte Charles Payen, sans doute en désaccord avec son client, refusa de graver sa signature sur cet hôtel si particulier. La statue centrale est pourtant si réaliste que Google street view lui floute le visage sur certains clichés.

5 - SUCCURSALISTES EN  HERBE

Construit de 1925 à 1927, par l'architecte Pol Gosset, cet im- -meuble massif et ses colonnes en pierre de taille furent édifiés pour le compte' des 'Docks ré mois qui en firent un magasin et un lieu d'exposition permanente. Le bâtiment a abrité pendant onze ans le quotidien L’union, jusqu’en 2013. La coupole du bâtiment culmine à 38 mètres de haut, ce qui en fait le troisième édifice le plus haut du centre-ville de Reims après la cathédrale (83 mètres) et l'hôtel de ville. Au-dessus de la porte de service, 5, rue de Talleyrand, un bas-relief figure des enfants : deux pèsent des colis, un troisième écrit dans un registre.

A noter que l’immeuble englobe, coté rue de Vesle, l'ancien hôtel Ponsardin fils, où logea durant une nuit Napoléon lors de la bataille de Reims en 1814.

6 – Gare au torticolis

Niché tout en haut de la façade du 81 rue Chanzy, près de la place des Loges-Coquault, appelée aussi la place des Six-Cadrans, le mage tenait jadis une baguette en métal qUI servait de style, cette tige dont l'ombre indiquait l'heure. Lecadran solaire a aujourd'hui disparu, tout comme le personnage original qui aurait été remplacé il y a quelques années après avoir pris la foudre lors d'un orage. Les mains et le visage ont été refaits lors d'un ravalement de façade. Pourquoi l'immeuble art déco aux larges baies et aux sobres ferronneries comporte-til cette étrange statue ?  Était-elle liée au commerce situé au rez-de-chaussée ? S'agit-il d'un magicien, de Merlin en particulier, d'un justicier, d'un symbole ésotérique ou maçonnique ? Mystère...

7- L’EQUERRE ET LE FIL  À PLOMB

Le 14 rue des Murs est l'une des rares maisons du XVIIIe siècle encore debout à Reims. Il s'agissait de la maison de M. Lefèvre, architecte-entrepreneur, celui-là même qui réalisa la place Royale d'après les plans de Jean-Gabriel Legendre. La légende raconte qu'il a pu construire son logis grâce a ses honoraires. Au-dessus de l'entrée, il fit poser une imposte en fer forgé avec au centre une équerre et un fil à plomb. Alors non, il ne s'agit pas d'un symbole maçonnique : « À l'époque, les francs-maçons avaient plutôt tendance à cacher leur appartenance à cette confrérie », précise M. Sureau. « II s'agit simplement des outils de l'architecte ou de l'entrepreneur de maçonnerie. »

Alice RENARD

Extrait de l'union du 14/07/2018

    

    

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   La lucrative ruée vers l’ambre

Birmanie Les chasseurs d’ambre et de fossiles de dinosaure alimentent un commerce florissant dans les bijouteries

Des centaines de « chasseurs d’ambre» arpentent le nord de la Birmanie à la recherche du graal: un fossile de dinosaure qui les rendrait riches. AFP

Sur le marché à la périphérie de Myitkyina, la capitale de l’Etat de Kachin, l’ambre est partout. Certains vendeurs proposent des spécimens non découpés de cette résine fossilisée dont les bords sont encore rugueux, d’autres des produits finis : pendentifs, colliers, bracelets fabriqués à partir de pièces soigneusement polies. L’ambre était déjà utilisé pour la fabrication de bijoux à l’époque de la Grèce antique.

Tout se déroule à quelques dizaines de kilomètres de la ligne de front entre l’armée birmane et des rebelles ethniques Kachin qui luttent pour plus d’autonomie, mais aussi pour disposer de la terre et de ses ressources naturelles.

Le commerce de l’ambre, employée en bijouterie même si c’est une résine et pas une pierre, reste plus artisanal que celui du jade ou du rubis, florissants en Birmanie. Mais il peut rapporter gros sur le marché noir pour quiconque contrôle la zone.

Le commerce de l’ambre, employée en bijouterie, peut rapporter gros sur le marché noir

On trouve des dépôts d’ambre partout dans le monde mais, pour la paléontologie, les mines d’ambre de l’Etat Kachin sont « irremplaçables », explique Lida Xing, 36 ans, paléontologue à l’université de Pékin. « La zone d’extraction en Etat Kachin est le seul site minier au monde d’ambre du crétacé (il y a 100 millions d’années) qui soit encore exploité de façon commerciale, explique-t-il.Il n’y a pas de meilleur endroit que la Birmanie ».

Lida Xing s’est fait connaître en 2015 quand il a ramené en Chine une partie d’une queue de dinosaure remontant à près de 100 millions d’années. Mais il n’a pas réussi depuis à retrouver d’autres parties de l’animal. « Le reste a probablement été vendu ou brisé. Le dinosaure pourrait avoir été complet avec même sa tête » , regrette-t-il.

« COMPLIQUÉ ET DANGEREUX »

Dans cette zone, les recherches sont compliquées par le conflit armé. La recrudescence ces dernières années des combats entre les soldats birmans et les indépendantistes kachin a poussé 100 000 personnes à fuir la région. Il y a un an, tous les habitants autour des mines en Etat Kachin ont été enjoints via des tracts largués depuis des hélicoptères par l’armée à quitter la zone, selon l’ONG Human Rights Watch.

Aujourd’hui, seuls les chasseurs d’ambre aguerris osent s’y rendre. « C’est très compliqué et dangereux de rejoindre la zone minière, raconte Lida Xing, évoquant son voyage en 2015. C’est un vrai problème pour la paléontologie. Il est possible de récupérer énormément d’informations en étudiant les strates et les sols mais, malheureusement, nous n’avons pas pu le faire. »

Des résines mises en avant par Jurassic Park  

Myo Swe, 40 ans, est revendeur sur le marché de Myitkyina et s’est spécialisé dans les « inclusions », résines dans lesquelles a été piégé une partie d’une plante ou d’un animal. « Même si elle ne contient qu’une fourmi ou un moustique, chaque pièce est intéressante ». Les pièces incluant des fossiles préhistoriques sont très recherchées par les collectionneurs et les paléontologues. Chacune peut coûter jusqu’à 100 000 dollars, la plupart passant en contrebande en Chine. Ces inclusions dans l’ambre, longtemps méconnues, se sont retrouvées sous les projecteurs grâce à « Jurassic Park » dans les années 1990 : dans le film, un groupe de scientifiques parvient en effet à faire revivre des dinosaures en extrayant l’ADN de moustiques conservés dans la précieuse résine couleur miel.

Extrait de l'union du 14/07/2018

    

    

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L’histoire de Bugatti, c’est son moteur 

Invité du rendez-vous rétro-mobile du sud-ouest marnais, Michel Bugatti,   fils du pionnier de l’automobile, offre une balade au cœur de l’histoire de sa famille. 


Michel Bugatti a participé au rassemblement de voitures anciennes de Sézanne avec sa Type 44 sport. Construit de 1927 à 1931, ce modèle développe 80 cv.Ph.L.

L’ESSENTIEL

*.- MICHEL BUGATTI a pris part à la 21 e Promenade des Coteaux sézannais, le dimanche 1er juillet. Le cortège de véhicules d’époque traversait 18 communes sur 80 km. La balade était organisée par Sézanne Rétro-Mobile.

*.- DESCENDANT du constructeur français, le Haut-Marnais est chez lui à Sézanne. Claude Gobillard a extrait des archives familiales pour le lui remettre le programme d’origine du grand prix automobile de France 1932. Ce 3 juillet-là, huit pilotes avaient pris le départ au volant de Bugatti, sur le circuit de Reims-Gueux.

*.- LA MÉMOIRE des Bugatti est véhiculée par Michel, dernier fils de la dynastie. Né d’un second mariage un an avant le décès d’Ettore Bugatti, le fondateur, il n’a hérité de rien dans l’empire démantelé. Il s’est réapproprié son histoire.

Dans sa bouche, les mots circulent tranquillement, à bonne vitesse. À 73 ans, Michel Bugatti est intarissable sur un pan du patrimoine industriel français. Installé à Villars-en-Azois, à 40 km à l’ouest de Chaumont (Haute-Marne), le dernier des descendants sillonne la mémoire familiale au travers du parcours de son père, Ettore. Voyage dans la première moitié du XX e siècle, au temps où les transports prenaient leur essor. Au temps aussi où le châssis Bugatti résistait à l’usure de plusieurs carrosseries.

1 - ETTORE BUGATTI, INVENTEUR GÉNIAL ET… BORNÉ

Né en Italie, Ettore Bugatti, naturalisé français, s’est illustré par le bouillonnement de sa création. Son éducation dans le monde des arts et du design, sans doute. Pêle-mêle, le « Patron », comme il était surnommé dans ses ateliers en Alsace, s’est illustré dans l’aéronautique (train d’atterrissage), l’autorail (avec la motorisation puissante de la Royale qui fut un échec commercial en version auto) mais surtout dans le développement des automobiles de prestige et de compétition.

Créateur génial, Ettore Bugatti était un parfait autodidacte. Plutôt formé pour devenir sculpteur ou designer, il a puisé dans cette éducation son sens de l’esthétisme, son souci des belles courbes. S’il avait le souci du beau et du fonctionnel, en revanche, « il était un peu borné » , consent son fils. « Il n’a jamais voulu adopter la direction à gauche. Pour lui, une Bugatti la direction était à droite. Il n’admettait pas une nouveauté technique s’il n’en était pas l’auteur. »

2 - LA COMPÉTITION, TEST OBLIGATOIRE

Très vite, Bugatti, associé au circuit du Mans, s’est illustré sur les compétitions mondiales, en confiant le volant à ses pilotes ou en faisant courir des privés.

Le palmarès de la marque reste inégalé à ce jour mais, même s’il était passionné de vitesse, Ettore Bugatti n’allait pas uniquement chercher la gloire sur les circuits. «La compétition était indispensable pour se perfectionner, pour voir ce que fait la concurrence. La course était un laboratoire permanent. La vitesse permettait de tester la fiabilité et les innovations pour les adapter aux voitures de série, même s’il s’agissait à l’époque de petites séries » , confie Michel Bugatti.

Cette philosophie n’a pas évolué.

3 - CHEZ LES BUGATTI, ON A LA MÊME MÉCANIQUE DE PENSÉE

Il ne l’a pas connu, ou si peu, mais bon sang ne saurait mentir : Michel Bugatti a hérité de son père de la passion de la mécanique et du souci du détail. Comme lui, il voit la voiture « en transparence » . Cela veut dire qu’il devine le moteur derrière la carrosserie. « On a le même patrimoine génétique. » Sa sensibilité a transpiré sur la EB112, la limousine aux formes arrondies dont le prototype est sorti des ateliers italiens en 1993. Le père et le fils ont la même… mécanique de pensée.

La ressemblance est aussi physique. Ceux qui ont vu Michel ont reconnu Ettore en lui. Ce succès ne se dément pas chez les collectionneurs et passionnés de véhicules d’époque. Dimanche à Sézanne, le Haut-Marnais a pu mesurer sa cote de popularité. Et il sera encore présent en juillet 2019 pour les passionnés de la marque qui veulent refaire un tour.

PHILIPPE LAUNAY

Extrait de l'union du 07/07/2018

    

    

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Les animaux pendant les guerres

(2ème partie)

Poitiers: 732, Charles Martel; Marignan: 1515, François 1er; Austerlitz, 1805, la bataille des trois empereurs; nos souvenirs scolaires d'enfance qui se sont imprimés dans notre mémoire allient lieu, date, et parfois le nom des protagonistes.


Mémorial des animaux de guerre à Londres ..

Si le nom des soldats n'est que rarement mentionné, excepté toutefois les Poilus irrémédiablement liés à la Première Guerre mondiale, les animaux ayant participé aux combats ne le sont qu'exceptionnellement.

S'il existe une guerre de Sécession ou une guerre du Golfe, il n'existe pas de guerres des chevaux ou de guerres des pigeons voyageurs.

L'article qui suit ne prétend pas proposer au lecteur une revue exhaustive de l'emploi des animaux durant les conflits mais présente seulement quelques exemples parmi les plus importants ou des utilisations restées dans l'oubli ou n'ayant pas abouti.

PENDANT L'ANTIQUITÉ FONCTION DE SURVEILLANCE OU DE PROTECTION

Très tôt dans notre histoire, au VI~ siècle av. J.C, Tite-Live rapporte : « Au début de la république romaine, profitant d'une nuit assez claire, (….) les Gaulois s'avancèrent sur un passage escarpé menant au Capitole (...) ils parvinrent jusqu'au sommet. Ils gardaient un si profond silence, qu'ils trompèrent non seulement les sentinelles, mais même les chiens, animal qu'éveille le moindre bruit nocturne. Ils ne purent toutefois échapper aux oies sacrées de Junon, que, malgré la plus cruelle disette, on avait épargnées ; ce qui sauva Rome ».

Pour commémorer cet événement mythifié, les Romains organisaient une procession annuelle où une oie sacrée était transportée sur une litière luxueuse.

Des chiens étaient crucifiés vivants sur des poteaux le long du trajet, entre le temple de la Jeunesse et celui de Summanus (Dieu des orages nocturnes). Ils payaient pour leur négligence, pour n'avoir pas aboyé quand le Capitole fut menacé

Cette fonction de protection fut étendue rapidement au domaine civil. Le fameux « Cave Canem » (Attention au chien) prévenait, déjà à l'époque antique, le passant qu'un chien défendait l'accès à la demeure


La mosaïque toujours visible des touristes à Pompéi.

Cette mise en garde a été retrouvé lors de fouilles archéologiques effectuées dans la cité ensevelie de Pompéi (79 ap. J.C), dans la maison dite du Poète tragique

FONCTIONS D’ATTAQUE

Extraits de document du SHD 19 nov.2017 19 octobre 202 avant Jésus Christ : bataille de Zama (actuelle Tunisie). Les 50 000 soldats d'Hannibal (général carthaginois) sont vaincus, lors de la deuxième guerre punique, par Scipion l'Africain (général romain) et ses 40.000 Romains.

Hannibal avait prévu de percer les lignes romaines et de les désorganiser avec ses 80 éléphants de combat mais Scipion avait créé des couloirs dans ses défenses où passèrent naturellement les pachydermes qui se firent attaquer sur les flancs.

Certains, apeurés, rebroussèrent chemin et semèrent la panique dans leurs propres rangs. Les 2" et 3e lignes romaines prirent alors à revers les Carthaginois occupés par la 1re ligne romaine.


Gravure de la bataille de Zama par Cornelis Cort (1567) représentant des éléphants d'Asie

Le bilan fut lourd : 20 000 soldats carthaginois périssent contre 1 500 Romains. Cette bataille affaiblira définitivement Carthage qui, 53 ans plus tard, lors de la troisième guerre punique, sera à nouveau vaincue par Rome après un siège de 3 ans.

GUERRES MODERNES

LES CHEVAUX

 La mobilisation générale d'août 1914, qui précède l'entrée en guerre, n'affecte pas que les hommes.


Les chevaux de l'U.S. Field Artillery durant la bataille de Château-Thierry.

En effet, les hommes ne partent pas seuls au front, mais accompagnés par de nombreux animaux. Parmi ceux-ci, il faut noter la place centrale des chevaux.

Entre août et décembre 1914, ce sont 700.000 équidés (chevaux, ânes, auxquels on peut rajouter les mulets, hybrides d'âne et de jument) qui vont être mobilisés pour les besoins de l'armée française.

Au final, ce sont presque deux millions de chevaux français qui seront engagés dans les combats.

Cette forte mobilisation, dès le début des combats témoigne bien de l'importance du cheval dans l'armée française, mème si le conflit va marquer un changement dans les rapports entre l'homme et le cheval. Au total c'est presque 1 140 000 chevaux et mulets du côté français qui périront durant ce conflit. Utilitaire quand il tire la charrue ou la carriole, le cheval, source de prestige, est associé aux seigneurs. Ce prestige se retrouve dans l'armée depuis l'antiquité.

 Alors que, dès la Première Guerre mondiale, les autorités militaires se déplacent à l'arrière du front en véhicule à moteur, les généreux montent d cheval lorsqu'il s'agit de s’approcher du front et de rencontrer les soldats.


L'artillerie de campagne française, franchissaement de talus de rtoute par le canon

D'une part, il est plus facile de se déplacer à cheval sur des terrains meubles ou boueux et, d'autre part, le cavalier domine le soldat quand il s'adresse à lui.

Par ailleurs, les généraux se déplaceront à cheval le 14 juillet 1919 pour le défilé de la victoire. Le cheval est donc une force de travail, mais il est également un élément de prestige dans les représentations populaires de la France du début du XXe siècle.

La Première Guerre mondiale marque une rupture entre le cheval et l'homme au combat ainsi qu'une mise en retrait de la cavalerie.

Les charges de cavalerie, qui s'effectuent en un groupe compact, deviennent des cibles faciles pour l'artillerie ennemie. La cavalerie n'utilise qu'environ 13 % des chevaux engagés dans la guerre, bien moins que l'artillerie pour déplacer les lourds canons sur les chemins et routes en très mauvais état.

Le cheval va alors être surtout utilisé comme bête de somme, notamment pour tracter l'artillerie. A la fin du conflit. 70 % de l'artillerie lourde et 80 % de l'artillerie de campagne sont encore hippomobiles. (Merci à la bibliothèque de Clermont).

Les chevaux ont joué pendant la Première Guerre mondiale un rôle de tout premier plan. Si la cavalerie s'est montrée inadaptée à la guerre de tranchée, les chevaux ont été des acteurs importants du ravitaillement et de la logistique. Ce rôle, ils l'ont payé lourdement. Il est difficile de faire des estimations, toutefois, il semble établi que l'armée française ait perdu 40 % de ses chevaux au cours de la guerre.

Cette perte se retrouve aussi chez les Alliés. La seule première journée de la bataille de la Somme s'est soldée par une perte de 7 000 chevaux pour les seuls Anglais, pourtant bien plus attentionnés que les Français envers leurs animaux. (1)

Ce rôle tactique et logistique s'exercera lors de la stabilisation du front. En effet. l'utilisation de l'artillerie lourde vont rendre les déplacements en voiture impossibles le long du front sur des routes escarpées et retournées par les obus. i.

L'ouvrage « L'autre Hécatombe » traite des effectifs équins (chevaux, ânes, mules et mulets) et de leur « conservation » durant la Première Guerre mondiale. Cette question était restée jusque-là totalement ignorée des ouvrages historiques généraux.

A cette époque du développement spectaculaire de la motorisation, l'insuffisance de ses effectifs équins a constitué une menace permanente sur la capacité opérationnelle des armées.

 Les archives du Service historique de la Défense, ont constitué l'essentiel de la documentation que Claude Milhaud a réussi à regrouper. (2)

(1) Julien Alles, Masler 2 Monde, Conternporains-Clennont

(2) Claude Milhaud, après une carrière de vétérinaire général inspecteur (25) au Centre d'Enseignement et de Recherches en Médecine Aérospatiale, anime à la retraite la commission permanente de l'Académie vétérinaire de France, chargée des relations hommes/animaux.

Récemment la presse reprend le sujet : À une question de la place du cheval au début du XX° siècle (3), Claude Milhaud répond : « Il fait tout. Le moteur, en dehors du chemin de fer, c'est le cheval. Le commerce, les mines, la batellerie, l'agriculture, les déplacements, tout se fait avec le cheval. »

La France compte alors 3,5 millions de chevaux. Au début du conflit de 14-18, on ne recensait que 170 véhicules automobiles dans les armées françaises.

 Il ajoute concernant son rôle dans la guerre des Balkans : « Dans les Balkans, l'armée d'Orient est également empêtrée dans une guerre des tranchées. Mais, en septembre 1918, sa cavalerie, constituée de chasseurs d'Afrique montés sur des barbes (4) passe par les montagnes et fond par surprise sur Skopje, entraînant la reddition de la Bulgarie. »

Ce fut l'acte de bravoure ultime et spectaculaire de la cavalerie française.

Notons que depuis 1962, il n'y a plus de chevaux engagés dans les combats. En 1973, les derniers équidés, des mulets, quittent l'armée française.

Il subsiste cependant aujourd'hui encore un régiment de cavalerie dans notre armée comme dans de nombreuses autres.

Leur rôle est souvent lié aux fonctions de prestige comme celui de la Garde Républicaine en France.

Signalons également que quelques chefs d'Etat se déplacent encore à cheval ou en carrosse tiré par des chevaux lors de cérémonies officielles.


Le sergent Reckless de l'artillerie du corps des Marines, portant un canon de 75 sans recul, fut décoré lors de la guerre de Corée.

(3)« Le Point ». 6 mai 2017, propos recueillis par Alix Ratouis.

(4). Le Barbe est une race chevaline, originair0 d'Afrique du Nord. Cneval de selle de format moyen. parfois peu élégant, il se distingue par une très grande résistance.

LES PIGEONS

USAGE CIVIL DANS L'ANTIQUITÉ DANS LA GRÈCE ANTIQUE

Il faut remonter à presque 3 000 ans (au Ville siècle avant J.C pour noter les premières utilisations des pigeons voyageurs.

Ils étaient alors relâchés pour communiquer le nom du vainqueur des Jeux olympiques antiques.

Le premier emploi relaté concerne un athlète de l'île d'Égine en Grèce.

 Après sa victoire aux Jeux olympiques il lâcha un pigeon porteur d'un ruban pourpre qui repartit vers son île annoncer sa victoire.

À ROME

Plus tard, les Romains comprirent, dès le début de leurs conquêtes, l'intérêt de l'usage de tels moyens de communication. Ils bâtirent alors d'énormes pigeonniers pouvant contenir 4 à 5 000 pigeons. Ils se servaient des pigeons messagers en toutes occasions y compris pour les jeux (5)

Après les courses de chars, des pigeons teints de différentes couleurs étaient relâchés pour avertir les propriétaires de leur victoire ou de leur défaite.

USAGE MILITAIRE DURANT LES CONFLITS GUERRE DE 1870

Le 19 juillet 1870, l'Empire français déclarait la guerre au royaume de Prusse. Les hostilités allaient prendre fin le 28 janvier 1871 avec la signature d'un armistice.

Cette guerre franco-allemande de 1870, appelée guerre franco-prussienne ou guerre de 1870, se solda par la défaite française.

Le 2 septembre, à Sedan, l'empereur des Français Napoléon III capitula et Paris fut assiégé du 17 septembre 1870 au 26 janvier 1871, ce qui entraîna un soulèvement populaire à Paris, la chute du Second Empire et la proclamation de la République, le 4 septembre 1870. Un gouvernement provisoire fut aussitôt créé.

Une délégation de ce gouvernement fut installée à Tours pour coordonner les opérations militaires en province. Gambetta partit alors rejoindre la Délégation de Tours, le 7 octobre, en ballon monté.

Pendant cette guerre, alors que les Français étaient en déroute devant les Prussiens et que la ville de Paris était assiégée, la nécessité de communiquer entre le gouvernement provisoire à Paris et la délégation à Tours se fit cruellement sentir,

On utilisa alors les pigeons voyageurs dont les facultés d'orientation et de retour au pigeonnier sont bien connues. Les Français purent ainsi communiquer à l'insu de l'occupant prussien.

Pour obtenir des nouvelles de la délégation, il fallait transporter à Tours des pigeons « parisiens » qui, retournant vers la capitale, apporteraient des informations pour le gouvernement provisoire.

L'opération symétrique, pigeons élevés en province et transportés à Paris, permettaient d'informer la province des événements parisiens.

COMMENT LES TRANSPORTER DE PARIS VERS LA PROVINCE

Durant le siège de Paris, on voulut tout d'abord exporter des pigeons parisiens par trains et ballons. Le transport ferroviaire fut un échec: un important chargement de pigeons ne put quitter Paris par le dernier train.

Il fallut alors expédier les pigeons, environ 380, vers la province par ballon avec les voyageurs et le courrier. Ces pigeons devaient rapporter tout d'abord des nouvelles du gouvernement mais également des correspondances privées à destination des assiégés.

DE LA PROVINCE VERS PARIS

Le 6 septembre 1870, le préfet du département du Nord décida d'envoyer à Paris, avant que les lignes de chemin de fer ne soient coupées, des pigeons qui pourraient rapporter des nouvelles de la capitale.

Ainsi 1 500 pigeons furent réunis à Roubaix et Tourcoing, accompagnés de deux colombophiles.

Trois jours plus tard, les pigeons arrivèrent à Paris où ils furent nourris et soignés au Bois de Boulogne pour une partie, et sous les charpentes du Jardin d'acclimatation pour les autres. Roubaix et Tourcoing purent ainsi recevoir des nouvelles de Paris.


Membre d'équipage d'un bombardier anglais Avro Lancaster pendant la Seconde Guerre mondiale portant des pigeons voyageurs dans des caisses. Les pigeons étaient transportés dans les bombardiers comme un moyen de communication dans le cas d'un accident, d'amerrissage ou de panne radio.

À cette époque fut inventé l'ancêtre du microfilm. Le texte, les plans et les photographies pouvaient être miniaturisés sur une pellicule de quelques mrn-. Un pigeon pouvait alors facilement transporter environ 2 000 messages.

À l'arrivée, le film était agrandi à l'aide de dispositifs optiques. Les messages recopiés étaient expédiés aux destinataires.


Lille, monument aux pigeons voyageurs

Un volumineux rapport de Gambetta fut ainsi condensé sur une pellicule de la taille d'un ongle.

L'utilisation de pigeons voyageurs, seul moyen tant soit peu efficace, permettait de transporter des quantités importantes d'informations, grâce aux microfilms qu'ils emportaient.

Le succès de ces opérations fut toutefois mitigé. Malheureusement, beaucoup d'entre eux n'arrivèrent jamais à destination. Ils étaient souvent chassés et tués lors de leur retour au point de départ. De nombreux pigeons furent capturés par l'occupant lors du retour à Paris, d'autres revinrent sans message et beaucoup se perdirent.

Plusieurs facteurs peuvent expliquer ce succès incertain. Tout d'abord les pigeons désorientés par la neige et le brouillard ont pu se perdre, ensuite ils ont pu être attaqués par les faucons amenés par les Prussiens ou enfin ils furent abattus par les chasseurs.

Une cinquantaine (environ 15 %) parvint à rapporter du courrier. Cette opération, malgré sa modestie, fut la seule voie efficace de transfert d'informations entre la province et Paris durant le siège.

Il sembla alors que l'utilisation des chiens pourrait constituer une solution de remplacement. Toutefois aucun de ces animaux supposés ramener les dépêches grâce à leur sens de l'orientation n'arriva à destination. Les belligérants adoptèrent des positions différentes vis-à-vis des pigeons.

Du côté de l'envahisseur, les Prussiens interdisaient la détention de pigeons sous peine de mort alors que du côté français, Léon Gambetta décida d'appliquer la peine capitale à toute personne prise en flagrant délit de chasse au pigeon pour protéger les oiseaux porteurs de messages.

En 1916, on fabrique une quinzaine de pigeonniers sur remorque, afin d'améliorer la mobilité. Certains pigeons furent de véritables héros. Le plus connu d'entre eux est « Le Vaillant », matricule 787.15, qui fut lâché du fort de Vaux le 4 juin 1916 à 11 h30 pour apporter à Verdun le dernier message du commandant Raynal.

 Celui-ci écrivait : « Nous tenons toujours, mais nous subissons une attaque par les gaz et les fumées très dangereuses. Il y a urgence a nous dégager. Faites-nous donner de suite toute communication optique par Souville, qui ne répond pas à nos appels. C'est mon dernier pigeon. »


Pigeon allemand équipé d'un appareil photo.

Ce pigeon a obtenu la citation suivante à l'ordre de la Nation : « Malgré les difficultés énormes résultant d'une intense fumée et d'une émission abondante de gaz, a accompli la mission dont l'avait chargé le commandant Raynal; unique moyen de communication de l'héroïque défenseur du fort de Vaux, a transmis les derniers renseignements qui aient été reçus de cet officier ; fortement intoxiqué, est arrivé mourant au colombier (6)».

 Le pigeon voyageur n'est plus guère employé comme messager : il a été victime de la concurrence du télégraphe, puis du téléphone, de la radiophonie (TSF) et des moyens modernes de communication. Il fut utilisé également par l'armée allemande pour photographier les champs de bataille.

Notons que l'armée belge, en plus d'avoir eu recours à des pigeons pendant la Première Guerre mondiale, est pratiquement la seule armée avec la Royal Air Force à les avoir !?ncnrp utilisés à des fin militaires pendant la Seconde Guerre mondiale.

DURANT LA GUERRE D'ALGÉRIE

Un usage tardif de l'utilisation des pigeons pour la communication du renseignement vient de nous parvenir (7)

Au début de la guerre d'Algérie un jeune lieutenant, Jacques Gagniard (8), venant du Maroc, est nommé en Algérie dans les services spéciaux, en raison d'une confusion entre services spéciaux à composante « Affaires indigènes » au Maroc et ceux à composante « Renseignement » en Algérie. Il arrive dans la zone ouest d'Oran, à Tlemcen, et découvre à la fois un manque de moyens de personnel et de méthodes d'approche.

« Si la mise en place fut assez confuse, la réponse était claire, j'intégrais sans ambages un monde qui m'était complétement étranger. Lieutenant, chef d'antenne missionné auprès du général commandant le corps d'armée d'Oran, j'étais mis à sa disposition par le CCI (Centre de Coordination Interarmées), émanation du SDECE (Service de Documentation Extérieure et de Contre-Espionnage). »

IL AFFRONTE DEUX DÉFIS :

1.- Quels renseignements et comment le recueillir ? « Il ne s'agit pas de fouler les terres des services de renseignement mis en place par le gouvernement mais de compléter, par des informations, les limites de l'action officielle et de rencontrer les interlocuteurs appropriés en dehors des réunions de routine. Ce service doit voir ce que les officiels ne peuvent pas voir et les aider à lire le dessous des cartes. » La base opérationnelle implantée à Tlemcen, à proximité immédiate de l'état-major de la 12e DI, couvrait le territoire de prédilection pour l'infiltration de bandes armées en provenance du Maroc.

2.- Comment les transmettre au commandement opérationnel ? Le problème majeur reste celui de la transmission. Si on arrive assez facilement à recruter des agents dans les villes, les villages, les campements ou les hameaux, il devient difficile de fournir une information fiable aux unités militaires dans les délais les plus rapides.

Les déplacements des agents vers les services seraient rapidement repérés et les agents neutralisés. L'usage d'émissions par postes de radio se révélait difficile, un nombre non négligeable de ces émetteurs récepteurs étaient tombés aux mains de l'adversaire qui pouvait donc écouter les conversations.

Le lieutenant Jacques Gagniard cherche une solution et la trouve. Au cours de discussions entre militaires de terrain, l'idée se forme d'utiliser les pigeons tout comme l'avaient fait, à leur époque, d'autres unités spécialisées.

(6) http://www.colombophile.fr.com/pages/historique.htm

(7) Aucune notification de cet usage de pigeons n'a pu être repérée dans la littérature

(8) 2018, Jacques Gagniard, administrateur fédéral, communication personnelle.

Ce moyen de communication n'avait pas été retenu par ses prédécesseurs, qui l'avaient probablement Jugé archaïque, surtout à cette époque où la technologie de l'électronique était en plein essor.

Cependant, Jacques Gagniard apprend que des colombiers militaires sont en service à Alger et gérés par une Unité du Service des Transmissions. Il exploite cette filière.

La hiérarchie bienveillante donne son accord mais doute des résultats décisifs que les unités souhaitent. Il obtient la mise en place d'un colombier militaire provisoire à l'intérieur de la base opérationnelle de l'antenne et la mise à disposition de plusieurs colombophiles, appelés du contingent, ravis de servir dans un emploi qu'ils connaissent bien.

« Un code de couleur sur le papillon papier attaché à la patte (...) indique la nature des individus repérés »

L'opération la plus délicate sera de mobiliser un réseau d'indicateurs dans un rayon de 40 à 50 km de la base. Un incident vient contrarier les prévisions quand le chef de gare de Tlemcen l'eut averti que quatre colis de casiers avec leurs « locataires » étaient arrivés à son nom et attendaient leur nouveau maître sur les quais de la gare, livrés à la curiosité du public.

Heureusement, à son initiative, les nouveaux locataires furent rapidement soustraits à la vue des curieux. Les pigeons, une fois entraînés, sont discrètement distribués au domicile (où dans une cache à proximité) ries indicateurs-lanceurs qui les relâcheront une [ois l'information collectée : passage de petits groupes armés, de collecteurs de fonds ...

Comment connaître le point de départ du volatile, donc de la zone observée, et le contenu de l'information quand l'indicateur-lanceur ne savait souvent écrire que les chiffres ?

Le point de départ : Jacques et son équipe imaginent inscrire un numéro sur les rectrices (plumes de la queue du pigeon qui servent à le diriger), Chaque pigeon est identifié et donc sa provenance connue,

L'information : un code de couleur sur le papillon papier attaché à la patte est proposé. Il indique la nature des individus repérés :

• vert : soldats en armes

• rouge : responsables politiques

• bleu : collecteurs de fond.

Le nombre était inscrit manuellement sur le papillon par l'indicateur (9).

Une fois parti, le pigeon rejoignait la base en une demi-heure voire une heure. Le message était immédiatement décodé et l'information partait ensuite vers le 2° ou le 3° bureau qui décidait de l'opération éventuelle.

 Le 11 septembre 1958, ce fut ce type de message qui permit au chef d'antenne, rejoint par les chefs des 8/2 et 8/3, de lancer une opération éclair sur le Djebel Asses où le petit papillon vert annonçait la présence de 120 rebelles armés.

La citation attribuée fut à la hauteur des résultats obtenus (60 rebelles mis hors de combat, vingt armes de guerre récupérées), à défaut de pouvoir la remettre à l'acteur principal que fut ce pigeon-voyageur

DE NOS JOURS

L'armée française possède toutefois encore un colombier au Mont-Valérien, à Suresnes, dans la banlieue parisienne, et quelques pigeonniers mobiles. Aujourd'hui, à titre de tradition, l'armée entretient ce colombier militaire de Suresnes au 8e Régiment de Transmissions avec environ 280 pigeons voyageurs.

Signalons que, jusque vers la fin des années 90, au moins un pays européen, la Suisse, utilisait les services d'une université pour entraîner des pigeons voyageurs pour la Défense. Ces pigeons devant être utilisés en cas d'impossibilité de communiquer par les moyens électroniques dont l'efficacité et la fragilité sont bien connues.

(9) Le lanceur, fréquemment presqu'illettré, savait toutefois écrire le nombre en chiffres arabes, écriture universellement utilisée

L'US Navy utilise actuellement les pigeons, non plus comme moyen de communication, mais pour le sauvetage en mer. Les pigeons sont entraînés à réagir à certaines couleurs dont celle des gilets de sauvetage. Grdce à son excellente vue, le pigeon, situé dans une bulle transparente sous un hélicoptère, repère les naufragés bien mieux que les humains..

LES MAMMIFÈRES MARINS

PROGRAMME DE MAMMIFÈRES MARINS DE L'US NAVY

Le programme de mammifères marins de la marine américaine, à San Diego (US Navy Marine Mammal Program-NMMP), étudie l'emploi de mammifères marins, principalement le grand dauphin et l'otarie de Californie, à des fins militaires.

Ils sont entraînés pour la protection de navires et de ports, pour le repérage et le dégagement de mines, ainsi que pour la récupération d'objets. Les animaux du NMMP ont déjà été déployés en zones de combat, notamment pendant la guerre du Vietnam et la guerre d'Irak.


Otarie de Californie en exercice.

Avec 6.500 marins de toutes les régions, IMCMEX (International Mine Counter-Measures EXercice) est le plus grand exercice naval international de promotion de la sécurité maritime et de la libre circulation des opérations de contre-mesures, de sécurité maritime et de protection des infrastructures maritimes.

Mike Rothe, directeur du programme des mammifères marins à San Diego (Californie), signale que les mammifères marins ont procuré un avantage certain à la Marine depuis plus de 50 ans, notamment dans la baie de Cam Rahn (Vietnam) pendant la guerre du Vietnam et plus tard dans le Golfe persique, lors de l'invasion irakienne (Première guerre du Golfe 1990- 1991), détectant les mines et empêchant les nageurs de saboter les navires.

« Si quelqu'un plonge par-là, qui ne doit pas s'y trouver, les otaries le trouveront, croyez-moi ! » a déclaré le lieutenant J.G. Josh Frey, porte-parole de la flotte de la Marine américaine.

L'emploi des mammifères marins est apparu comme prioritaire après l'attaque menée par le réseau AI Qaïda le 12 octobre 2000, contre le destroyer lance-missiles USS Cole en cours de ravitaillement dans le port d'Aden au Yémen.

L'explosion a été provoquée par une petite embarcation gonflable, apparemment inoffensive, qui s'est approchée du destroyer pour y perforer la coque et déposer une bombe. Le bilan s'est élevé à : 17 marins tués et 39 grièvement blessés.

Aujourd'hui, ces animaux jouent un rôle clé dans les équipes de sécurité portuaire.

Leurs principales missions concernent la détection et la récupération des mines ainsi que la prévention contre des nageurs de combat. Pendant l'invasion irakienne, les dauphins et les otaries ont nagé au fond du golfe Persique, détectant et marquant les mines afin que les plongeurs puissent les trouver et les neutraliser.

POURQUOI CES MAMMIFÈRES ?

Le sonar des dauphins sert de soutien à la sécurité électronique du secteur riverain grâce à l'utilisation de l'écholocalisation : capacité de ces animaux à repérer et situer les aspects importants de leur environnement, particulièrement leurs congénères, les prédateurs ou les proies.

Sur le principe du sonar actif, elle se base sur la propagation des ondes acoustiques émises sous l'eau par le dauphin et réfléchies par l'animal ou l'objet rencontré, qui est alors identifié en taille et en distance par rapport au dauphin.

Les otaries, elles, utilisent leur excellente vue et leur audition directionnelle sous-marine pour distinguer les autres animaux ou individus évoluant dans le secteur des nageurs humains qui tentent d'espionner des navires de guerre ou de poser des mines.

Selon Mike Rothc : « A Kings Gay en Géorgie, cette eau est comme du café avec du lait dedans et il est presque impossible de voir quoi que ce soit, mais nos otaries sont capables s de faire du bon travail pour détecter les nageurs. »


Le général Martin E
. Dempsey, chef de l'état-major interarmées des armées, à gauche, assiste à une démonstration sur les capacités du programme sur les mammifères marins de la Marine américaine par des marins affectés à l'unité mobile de neutralisation des explosifs et munitions.

Selon d'autres auteurs, il semble même qu'il n'existe pas aujourd'hui d'autres moyens de détection aussi efficace à ce jour. D'autres animaux sont également capables d'utiliser cette même capacité ou des capacités semblables notamment les cétacés et les chauves-souris.

Pour des raisons éthiques de bien-être animal, ce programme, qui a débuté dans les années 1960, devait être terminé depuis 2017, laissant ainsi la place à un programme de remplacement des animaux par des robots et drones sous-marins.

Cette controverse (machine-animal) s'est appuyée, au moins en partie, sur le fait que le programme était tenu secret jusqu'au début des années 1990.

Meghann Myers, journaliste à Army Time (journal indépendant pour les soldats), signale que, s'il existe bien des véhicules sous-marins sans pilote capables de détecter et de neutraliser les mines, il semble toutefois que, jusqu'à présent, il n'y ait rien qui puisse détecter et permettre de capturer un nageur indésirable aussi bien qu'une une otarie de Californie.

 
Un soign
eur-animalier du Programme des mammifères marins de la Marine se prépare à envoyer Cody, une otarie de Californie, dans l'eau pendant l'exercice international de lutte contre les mines (IMCMEX)

L'intérêt de la Navy pour les mammifères marins date de 1960. Il s'agissait alors d'améliorer les qualités hydrodynamiques des torpilles par l'étude de la faible traînée laissée par ces animaux. La technologie de l'époque ne permit pas de fournir de résultats utilisables.

On réorienta alors la recherche quand, un peu plus tard, en 1963, le constat de l'intelligence exceptionnelle et des capacités de plongée des mammifères marins, mena à l'établissement d'un nouveau programme de recherche basé à Point Mugu en Californie, où l'on construisit un centre de recherche entre le lagon de Mugu et l'océan.

Le but était d'étudier les sens et capacités des dauphins, comme leur sonar biologique et leur physiologie de plongée profonde.

Notons également que durant la Seconde Guerre mondiale, la Suède a utilisé les phoques, équipés de mines individuelles magnétiques attachées sur leur dos qui explosaient au contact des sous-marins.

Cet article tire ses sources de travaux universitaires, de Wikipédia, de l'US Navy, du SHD et autres organismes de la Défense. A suivre ...

(10) En mécanique des fluides, la traînée qualifie la force qui s'oppose au mouvement d'un corps dans un fluide (liquide ou gaz) et agit comme un frottement ralentissant le déplacement. Pour l'automobile, on emploie généralement le terme : ex.

Jean-Marie GUASTAVINO

Extrait de La  CHARTRE du 1er Trim 2018

 

 

Les animaux pendant les guerres

 (2ème partie)

Les chiens

 Chiens de combat Ils furent impliqués très tôt dans les conflits pour leur puissance meurtrière. Les soldats espagnols ont utilisé des molosses pesant jusqu'à 125 kilogrammes pour combattre les Maures à Grenade (1482-1491). Ils pouvaient facilement déchirer le cuir, les chairs et broyer les os avec leurs énormes mâchoires.

Juan Ponce de Leon premier gouverneur de Porto-Rico (1510) possédait un chien nommé 8ecerrillo célèbre pour sa brutalité. Lors d'un raid nocturne, il tua 33 personnes en une heure et fut remarqué « avec sa bouche dégoulinant du sang de ses victimes ».

Chiens porteurs de bombes

Plus récemment, l'URSS en fit des auxiliaires avec des résultats mitigés.

En 1924, le Conseil militaire révolutionnaire de l'Union soviétique approuva le programme de l'utilisation de chiens à des fins militaires.

Ce programme comprenait un large éventail de tâches allant du sauvetage, premiers secours, communication, aide au combat, transport de nourriture et de soldats blessés sur les traîneaux, jusqu'à la destruction des cibles ennemies.

À cette fin, une école spécialisée de dressage de chiens a été fondée dans la région de Moscou (1).

Douze écoles régionales ont été ouvertes peu de temps après, fin du XlXe et début du XXe siècle, dont trois ont formé des chiens antichars.

Dans les années 1930 on décida de les utiliser comme mines mobiles. En 1935, des unités de chiens antichars ont été officiellement incluses dans l'armée soviétique.

Selon le concept initial le chien devait porter une bombe fixée sur son corps et atteindre une cible où il relâcherait la bombe en tirant avec ses dents une courroie. Il retournerait ensuite vers l'opérateur. La bombe serait alors déclenchée par une minuterie

Un groupe de chiens a été entrainé pendant six mois, mais les rapports montrèrent qu'aucun chien ne pouvait maîtriser la tâche. Ils réussissaient bien sur une seule cible bien spécifique, mais, dans une situation plus complexe (plusieurs cibles mobiles, bruits, fumée ...), ils retournaient souvent à l'opérateur avec la bombe toujours sur eux, ce qui dans une situation réelle aurait tué et le chien et l'opérateur.

On opta alors pour une simplification. La bombe attachée au chien explosait au contact de la cible, détruisant le char ennemi mais tuant l'animal. Les animaux furent entraînés en ayant faim et leur nourriture placée sous des réservoirs de chars d'entraînement d'abord laissés immobiles.

Une situation proche des conditions de combats a ensuite combiné mouvement (lent) des chars et bruits de tirs sporadiques à tir à blanc pour apprendre aux chiens à courir sous les chars sur les champs de bataille.

Durant les années 1940-1941, l'Union Soviétique mit tout en œuvre pour arrêter l'avancée des troupes allemandes sur le front de l'Est. 40 00 chiens participèrent à cette opération qui fut loin d'être un succès.

La cause majeure de l'échec résidait dans l'entraînement qui pour des raisons d'économie de carburant et de munitions ne représentait pas la situation de guerre.

Les chars allemands étaient rapides et tiraient à balles réelles sur les chiens qui refusaient de se glisser sous eux. Ceux qui n'étaient pas effrayés

 
École militaire soviétique d'entraînement des chiens à Moscou.

(1) Rappelons, que dès les années 1890, Ivan P. Pavlov s'intéresse au comportement animal et au conditionnement étaient tués par les tirs en provenance des chars. Nombreux retournèrent près de leur entraîneur avec la bombe provoquant alors la mort des soldats soviétiques. Des 30 animaux utilisés lors de la première attaque, seuls quatre parvinrent à faire exploser leur bombe sous le char allemand. Les dégâts ne furent pas connus.

« Les soldats soviétiques refusent de se battre et envoient des chiens à leur place ».

Une autre cause importante de l'échec concerna l'utilisation du carburant des chars. Les chiens, entraînés avec des chars soviétiques fonctionnant au gasoil, n'étaient pas habitués à l'odeur de l'essence alimentant les chars allemands, se retrouvaient donc en situation inconnue et ne pouvaient réagir comme il était prévu. Le sens de l'odorat, primordial chez ces animaux, n'avait pas été suffisamment pris en compte par l'armée soviétique.

La propagande allemande utilisa largement cet échec : « Les soldats soviétiques refusent de se battre et envoient des chiens à leur place ». De leur côté, les soviétiques affirmèrent que 300 chars allemands furent détruits par ces chiens.

Dès 1942, l'emploi de ces animaux antichars déclina mais on conserva les centres d'entraînement pour des fonctions autres comme la détection et la reconnaissance des mines ou la livraison de petit matériel. L'entraînement des chiens anti-char continuera bien après la fin de la Seconde Guerre mondiale jusqu'en 1966.

En 1943 les troupes américaines utilisèrent le même concept avec des chiens dressés pour pénétrer les bunkers allemands avec une charge explosive. Les résultats furent très semblables : les chiens revenaient souvent vers leurs dresseurs avec l'explosif. Le programme fut rapidement abandonné

Cet emploi de « chiens explosifs », rapidement délaissé, ne doit pas masquer l'emploi régulier et efficace des chiens durant la Première Guerre mondiale. Ils détectaient les ennemis dans les tranchées ou dans le no man's land surtout la nuit ou bien ils transportaient des messages. Entraînés en Écosse pour les troupes du Royaume-Uni, ils étaient également utilisés par les Français : 20 000 partirent ainsi au front, et pour les Allemands 30 000.

Parmi eux, l'histoire a retenu Stubby, chien Mt américain qui se fit remarquer au Chemin des Dames en retrouvant les blessés sous les tirs allemands dans le no man's land. Il participa aussi à la capture de soldats allemands dans l'Argonne et fut nommé sergent. Chips, chien américain lui aussi, chien le plus décoré de la Seconde Guerre mondiale vient de recevoir (janvier 2018), 75 ans après avoir sauvé des vies de soldats américains, la médaille Dickin (médaille britannique). ((2)


Le sergent Stubby et ses décorations

(2) Washington Post du 25 janvier 2018

Les chiens de traîneau

Un aspect peu rapporté concerne l'utilisation de chiens de traîneau canadiens.

Un très bel article leur est consacré sur : http://chiensdetraineau.free.fr/histoire/chronWW1.php

 Quelques extraits sont ici proposés

Hiver 1914-1915, l'un des plus rigoureux de ce début de siècle, le premier conflit mondial a entamé son œuvre depuis quelques mois. Sur les crêtes vosgiennes, la neige atteint parfois deux mètres de haut et l'accumulation des neiges rend long et difficile le travail des mulets. Les soldats doivent continuellement déneiger pour leur dégager le passage. Leur ouvrage s'avère rapidement inefficace.

« La folle proposition de deux officiers français. Au mois de juin 1915, deux officiers demandent à être reçus par le commandement de l'Armée des Vosges: il s'agit du capitaine Louis Moufflet, du 62e bataillon de Chasseurs Alpins (...), et du lieutenant d'infanterie René Haas. Les deux hommes connaissent bien les difficultés de vie et de transport dans les régions extrêmement ~.~ froides puisqu'avant la guerre, ils vivaient en Alaska.

Ils suggèrent alors de s'inspirer des pratiques de l'Alaska et d'utiliser des traîneaux à chiens pour l'acheminement des fournitures. Il existe en France des chiens de « trait» ou de « bât» mais l'activité de traîneau est alors pratiquement inconnue.

Les arguments de deux anciens chercheurs d'or sont incontestables. À l'inverse des ânes, sur n'importe quelle neige des Vosges, même nouvellement tombée en grande abondance, un attelage de chiens circulerait aisément.

Le chien présente, de plus, d'autres avantages sur le mulet ; il est pratiquement insensible et résistant au froid. On le loge dans le moindre abri; il se nourrit facilement.

Qui plus est, ces chiens-là sont dociles, n'aboient pas et ne se préoccupent pas des coups de fusil tirés à côté d'eux.

Attelés à des traîneaux ou, quand il n'y a pas de neige, à des voitures légères, 10 chiens peuvent traîner 250 kilos environ de charge utile.

En haute montagne neigeuse, un mulet transporte lentement et avec beaucoup de difficultés une charge utile de 80 kilos. Alors qu'un attelage de 10 chiens se déplacerait plus vite et à moindre fatigue sur une distance de 50 ou 60 kilomètres. Le mulet ne peut faire avec peine qu'une trentaine de kilomètres. Un attelage équivaudrait donc à six bons mulets.

 

Ravitaillement durant la guerre du Maroc.

Exemple de mission accomplie : « En 4 jours : 90 tonnes de munitions furent acheminées à une batterie, qu'hommes, mulets et chevaux avaient tenté de ravitailler pendant 15 jours, sans parvenir à apporter un seul obus. (...)

 

Dans un premier temps, l'état-major sourit devant une telle proposition. Tout à son prestige et ses traditions, il juge la solution « Haas & Moufflet » d'autant plus irrespectueuse qu'elle suggère que la Cavalerie, division d'élite de l'armée française et dont l'échec est avéré dans les Vosges, serait inférieure à un bataillon de chiens

Patients et déterminés, les deux officiers sont venus avec des documents et des photos. Ils racontent leurs propres expériences de déplacements, là-bas à la frontière de l'Arctique. L'expérience des Esquimaux, celle des chercheurs d'or du Klondike et bien sûr, des attelages postiers qui sillonnent le grand nord, sur plus de 1 300 kilomètres dans la tourmente, et que rien n'arrête. Rien, pas même le blizzard.

Environ 400 chiens furent ainsi envoyés d'Alaska en France. »

 
Mitrailleuse belge traînée par des chiens.

Plusieurs chiens furent décorés de la Croix de guerre et de nombreuses médailles militaires. Près de la moitié des effectifs canins a péri sous le feu de l'ennemi. Tous eurent droit aux honneurs de la presse française et américaine qui ne manqua jamais de faire état de leurs exploits.

« À la fin de la guerre, les Chasseurs Alpins gardèrent leurs chiens avec lesquels ils s'étaient liés d'affection. »

Le 18 juillet 1918 : une fin héroïque.

 L'effectif des SECA (Section d'Équipages Canins d'Alaska), qui était de 436 chiens en 1915, était tombé à 247 chiens. Une étude a été faite pour ramener 250 chiens d'Alaska supplémentaires en prévision de l'hiver 1918, afin d'augmenter l'effectif des SECA.

Or l'armistice fut signé peu de temps après, alors le service des chiens de guerre décida la réunion des deux sections d'équipages canins de l'Alaska en une seule. Cette réorganisation permit de réduire l'effectif des hommes suite à la diminution du nombre de chiens.

Les chasseurs alpins devinrent d'assez bons conducteurs de chiens qui fréquemment oubliaient la guerre, malgré la mitraille, tant leurs missions étaient sportives.

Trois des chiens d'Alaska furent décorés de la Croix de Guerre.

La guerre terminée, ces chiens finirent leur vie héroïque lien pantoufles, « comme chien de salon chez certains particuliers et militaires. »

Projets sans suite

Les chauves-souris evec bombes

Ce projet naquit dans l'esprit d'un dentiste américain Lytle S. Adams, ami de la première dame Eleanor Roosevelt. Il fut adopté en 1942.

Il s'agissait de larguer depuis un avion des chauves-sourismexicainesde taille moyenne, très abondantes en Amérique du Nord. Elles seraient porteuses de petites bombes incendiaires qui pourraient provoquer de nombreux incendies dans les villes japonaises, où les logements sont construits en papier et en bambou.

Le choix de ces animaux s'est fait sur les caractéristiques de ces chauves-souris, qui iraient se réfugier sous les toits des habitations.


Chauve-souris munie d'une bombe,

Tout d'abord, elles existaient en très grand nombre : sur le seul état du Nouveau-Mexique, on pouvait en recenser plusieurs millions. Ensuite, ces animaux peuvent transporter des charges supérieures à leur propre poids. De plus elles hibernent, ne nécessitant ainsi aucun entretien ni nourriture pendant cette période, et enfin elles ne sont actives que durant la nuit et donc invisibles le jour.

En mars 1943, Louis Fieser, l'inventeur du napalm militaire, conçut des dispositifs incendiaires de 17 et 28 grammes pouvant être transportés par les chauves-souris.

Les animaux étaient largués de 1 500 m sur des plateaux qui se séparaient, mais restaient connectés à un parachute qui se déploierait à 300 m, libérant les animaux. On prévoyait que dix bombardiers 8-24, en provenance d'Alaska, pourraient libérer environ 1.000.000 de chauves-souris avec des bombes sur des villes industrielles de la baie d'Osaka.

Après plusieurs expériences préalables, le test définitif fut réalisé sur le « Village japonais », une maquette d'une ville japonaise construite par le Chemical Warfare Service sur le site de tests en Utah. Le comité de recherche de la Défense Nationale (National Defense Research Committee - NDRC) conclut à l'efficacité de l'arme.

Toutefois, bien que d'autres expérimentations se soient déroulées avec succès jusqu'en 1944, le projet jugé trop lent fut abandonné. Il aurait été délaissé au profit de la bombe atomique.

Les rats explosifs

L'idée, développée en 1941 était que, découvrant un rat mort dans la chaufferie d'une locomotive, d'une usine, d'une centrale ou d'une installation similaire, le chauffeur alimentant la chaudière à charbon l'aurait jeté dans le four.

S'il avait été chargé d'explosifs, il aurait provoqué l'explosion de la chaudière. Un rat ne pourrait contenir qu'une quantité d'explosif certes restreinte mais suffisante pour provoquer l'explosion d'une chaudière à vapeur à haute pression.

Le SOE britannique (Special Operations Executive - Opérations spéciales) remplit ainsi d'explosifs (plastic) des centaines de corps de rongeurs.

Ces rats explosifs ne furent jamais utilisés le premier envoi ayant été intercepté par les. Allemands.

Le SOE conclut cependant que l'opération fut un succès : la recherche de rats piégés, qui en résultat, consomma suffisamment de ressources allemandes pour perturber le fonctionnement de l'armée.

Le rapport du SOE conclut même que l'impact sur le moral de l'ennemi fut encore plus grand que si le projet n'avait pas été découvert.

Intervention fortuite d'animaux sauvages

Les crocodiles de Ramree

L'île de Ramree se trouve au large - de la côte birmane et, en 1942, l'Armée impériale japonaise envahit rapidement l'île ainsi que le reste du sud de la Birmanie.

En janvier 1945, les Alliés lancèrent une attaque pour reprendre Ramree avec l'intention d'y établir des bases aériennes.

Cette bataille est associée à de nombreuses morts de soldats japonais qui, se réfugiant vers le centre de l'île devant l'assaut allié, durent traverser des marais infestés de milliers de crocodiles marins qui les attaquèrent.

Le 19 février 1945, sur le millier de soldats japonais partis, seule une vingtaine fut retrouvée vivante. Le naturaliste britannique, Bruce Stanley Wright, qui participa à la bataille, affirma qu'il s'agissait de la plus grande attaque de crocodiles de l'histoire comme le mentionne le livre Guinness des records.

Des soldats britanniques, témoins de la prédation, rapportèrent également le carnage. L'historien Frank McLynn réfute cependant, ce qu'il appelle une légende contemporaine, sans toutefois nier l'existence de l'agression des reptiles.

L'argumentation est simple: si des milliers de crocodiles avaient participé à ce massacre, comment auraient-ils vécu auparavant ?

L'écosystème de la mangrove ne pouvait permettre à une population de sauriens aussi importante de vivre.

En 1965, la version officielle retenue par l'histoire britannique fait état de « marécagesde mangrove infestés de crocodiles », sans citer de nombre.


Débarquement des Alliés sur l'île de Ramree, Janvier 1945,

Les requins de l'USS Indianapolis

Le 6 août 1945, l'USS Indianapolis, commandé par le capitaine de vaisseau McVay, venait de livrer une partie des composants essentiels de la première bombe atomique opérationnelle à une base navale sur l'Île du Pacifique de Tinian.


L’USS Indianapolis (CA-35), en septembre 1939.

Le 28 juillet, il partit de Guam, sans escorte, pour rencontrer le cuirassé USS Idaho dans le golfe de Leyte aux Philippines et préparer l'invasion du Japon.

Le soir suivant, à bord de l'USS Indianapolis filant environ 17 nœuds, les marins au repos jouaient aux cartes, lisaient ou discutaient.

Peu après minuit, une première torpille japonaise frappa l'Indianapolis à tribord, entrainant l'étrave du navire et enflammant un réservoir de plusieurs tonnes de carburant d'avion.

Puis une seconde torpille du même sous-marin, commandé par le capitaine de corvette Mochitsura Hashimoto, atteint le navire, provoquant une réaction en chaîne d'explosion des réservoirs de carburant et de poudre qui déchirèrent la coque de l'Indianapolis en deux.

Le bâtiment coula en une quinzaine de minutes entraînant avec lui 300 hommes. Environ 900 se retrouvèrent dans l'eau. Malgré les SOS lancés par le croiseur, aucun navire ne vint chercher les rescapés. On crut alors a un piège Japonais destiné à attirer des navires américains dans le secteur.

 Leur épreuve - qui est considérée comme la pire attaque de requins dans l'histoire ne faisait que commencer. De nombreux requins, attirés par les explosions et l'odeur du sang, notamment des grands requins (requin océanique ou encore requin pointes blanches du large) commencèrent par se nourrir principalement des corps des marins morts.

Puis, ce fut le tour des marins survivants isolés puis de ceux en groupe.

Alors que les requins se tournaient vers les vivants, en particulier les blessés, les marins tentaient de se mettre à l'écart de toute personne ayant une plaie ouverte et, quand quelqu'un mesurait, ils repoussaient le corps, espérant sacrifier le cadavre en échange d'un sursis.

De nombreux survivants étaient paralysés par la peur, incapables même de manger ou de boire les maigres rations qu'ils avalent récupérées sur leur bateau. Un groupe de survivants commit l'erreur d'ouvrir une boîte de Spam (viande en boîte) - mais avant qu'ils puissent la goûter, l'odeur de la viande attira un groupe de requins autour d'eux. Ils se débarrassèrent alors de leurs rations de viande.

Ces prédateurs ne furent cependant pas les seules causes de décès des survivants au torpillage.

Nombreux sont ceux qui moururent d'insolation, de déshydratation ou d'épuisement. D'autres sombrèrent dans le délire ou les hallucinations et certains en vinrent à tuer leurs propres camarades.

Finalement, quatre jours après le naufrage, les survivants furent repérés par un avion PV-1 Ventura, en patrouille anti-sous-marine, qui signala « de nombreux hommes à la mer. »

Un hydravion PBY Catalina, commandé par le lieutenant Adrian Marks, fut alors dépêché sur place pour porter assistance aux naufragés. Lorsque l'hydravion arriva sur place, le lieutenant jeta des radeaux et des provisions à la mer et transmit l'information par radio, requérant une assistance immédiate.

Quand Marks vit des hommes attaqués par des requins, il désobéit aux ordres de rentrer à la base et atterrit dans les eaux infestées.

« Ce naufrage reste à ce jour le plus meurtrier de l'histoire de la marine des États-Unis. »

La nuit tombant, l'équipage de l'hydravion continua sa difficile tâche de sauvetage, allant jusqu'à attacher des hommes aux ailes de sa machine lorsqu'il n'y eut plus de place dans l'avion, rempli de rescapés. 56 hommes sont ainsi sauvés.

Lorsqu'il arriva sur place, le destroyer Cecil J. Doyle qui, alerté par l'hydravion, s'était dérouté, récupéra les hommes à son bord. Après plusieurs jours de recherches aériennes et maritimes, 321 marins vivants furent recueillis par les secours.


Les survivants de l'USS Indianapolis à Guam.

Ce naufrage reste à ce jour le plus meurtrier de l'histoire de la marine des États-Unis.

Signalons qu'une partie de l'épave de l'USS Indianapolis vient d'être retrouvée (août 2017) au large des Philippines.

Poux et rats

Les épisodes des crocodiles et requins, certes dramatiques n'ont cependant pas eu d'incidences décisives sur le sort de la guerre. D'autres animaux de petite taille, les poux et les puces sont peut-être intervenus pour modifier les relations entre les camps ennemis.

 Les poux

Les poux font la vie dure aux combattants. Un soldat peut, dès les 48 heures qui suivent son arrivée dans les tranchées, se retrouver couvert de poux. (3)  et (4)  

Claudius Corneloup s'enrôla, dès 1915, comme volontaire au sein du Corps expéditionnaire canadien. Il rejoignit les rangs de la seule unité d'infanterie francophone, le 229 Bataillon, où il connut la routine éreintante de lavie de tranchées et l'horreur indescriptible des combats.

Dans son livre L'épopée du 229, il laisse au patriotisme une place de choix mais décrit également des comportements de soldats qu'il a côtoyés dans les tranchées. Il décrit en particulier le rôle des poux dans la vie du soldat.

« C'est le grand fléau, le pire des tourments le supplice. (...) Aussitôt que le jour pointait, sous les averses infinissables, les soldats se mettaient le torse à nu, écrasaient cette vermine immonde qui renaissait sans cesse. Leur corps labouré par des coups d'ongle offrait de cn~ntes.et pénibles cicatrices bleuâtres. Des gales a peine asséchées étaient enlevées d'un coup sec dans les affreuses démangeaisons et des filets de sang se mélangeaient aux traces macerees et aux empreintes de glèbe. »

(3) Capitaine abbé Rosaire Crochetière un vicaire dans les tranchées, Alain Bergeron, 2002.

(4)  VoIr l’articie sur les « Totos »  La Charte N° 3 - 2017.

Ces « Totos », selon le jargon de l'époque, étaient responsables non seulement de l'inconfort et de la souffrance décrits par Cornelius, mais provoquaient également, par les bactéries qu'elles   transmettaient, de sévères maladies : la fièvre des poux (bactérie : Borrelia recurrentis), la fièvre des tranchées (bactérie: Bartonella quintana) et le typhus (Rickettsia prowazekii).

Les dommages subis par les armées étaient si importants qu'un groupe du CNRS, relatant les travaux d'une équipe de recherche franco-lituanienne (5)  dans un communiqué de presse du 3 janvier 2006, affirmera qu'ils seraient responsables de la débâcle napoléonienne.

Derniers jours de l'armée napoléonienne la biologie réécrit l'histoire.

Décembre 1812 : ce qui reste des soldats de la Grande Armée de Napoléon quitte Moscou et bat en retraite à Vilnius, en Lituanie.

Automne 2001 : des ouvriers découvrent à Vilnius une fosse commune contenant les ossements de centaines de ces soldats.

La fouille du charnier et l'étude des vestiges sont conduites par des équipes du CNRS (... ). En analysant des prélèvements de terre, de tissus et de dents, les chercheurs viennent de montrer que plus de 30 % de ces soldats de la Grande Armée de Napoléon ont souffert et, pour la plupart, sont morts d'infections transmises par des poux lors de la retraite de Russie. (... )

Les infections transmises par les poux auraient donc eu un rôle très important dans la retraite française de Russie. »

 La revue Science et Avenir de janvier 2006 dans son article « Le combat perdu des soldats de Napoléon contre les poux » signale :  « L'infestation des armées par les poux est connue de longue date, la description des fièvres est également ancienne. En revanche le lien entre les bactéries, les poux et les maladies ne date que du début du )(Xe siècle, soulignent les chercheurs du CN RS. La fièvre des tranchées a sévi pendant la Première Guerre mondiale chez les soldats allemands et français.


La recherche des poux au 98ème RI

(5)   Evidence for Louse-Transmitted Diseases in Soldiers of Napoleon's Grand Army ln Vilnlus - Didier Raoult, Ollvier Dutour, Linda Houhamdi, Rimantas Jankauskas, Pierre- Edouard Fournier, Yann Ardagna, Michel Dranourt, Michel Signoli, Vu Dang La, Yves Macia and Gerard Aboudharam.

Les infections à Bartonella quintana connaissent une résurgence depuis les années 90 chez les populations paupérisées, notamment les SDF, en Europe ou en Amérique du Nord. L'infection chronique peut déboucher sur une endocardite, inflammation des valvules et des parois du cœur. »

Les rats

Ils ont également causé de sévères dommages aux combattants de la Première Guerre mondiale.

Ces maladies, transportées par les puces et les poux l'étaient également par les rats, qui vivaient dans le no man's land et les tranchées et se nourrissaient des corps des soldats tués.

Ces corps, qui restaient souvent très longtemps dans ce no man's land, n'étaient ensevelis que lorsque cette zone était reconquise par l'un ou l'autre camp.

Souvent en état de décomposition avancée, ils étaient partiellement mangés par les rats qui, revenant dans les tranchées, transmettaient les bactéries aux soldats.

L'infestation de rats dans les tranchées était telle que les Poilus leur livraient également bataille, les pourchassant sans relâche. Parfois, les soldats utilisaient aussi des chiens pour les attraper. De nombreux autres exemples d'utilisation d'animaux dans la guerre pourraient être ainsi décrits dans cet article qui est loin d'être exhaustif

Il ressort toutefois de tous ces emplois quelques grandes lignes

L'utilisation d'animaux comme matériel offensif fut rarement une réussite : les résultats sont soit faibles, soit négatifs. Depuis les éléphants d'Hannibal jusqu'aux chiens soviétiques, ils pourraient avoir causé autant de dommages à l'utilisateur qu'à l'ennemi.

L'emploi comme auxiliaires de surveillance, de sécurité ou de transmission d'informations se révèle dans la grande majorité des cas comme positif, voire très positif. Depuis l'Antiquité, les oies du Capitole, jusqu'à aujourd'hui, les chiens protégeant les bases aériennes ou les pigeons repérant les naufragés, ces animaux procurent une aide essentielle aux soldats.

Leur utilisation future est cependant compromise par l'émergence du concept de « bien-être animal » (animal welfare) développé par Richard Martin qui proposa, déjà en 1822 au Parlement anglais, une protection du bétail contre la cruauté envers les animaux.

La jeunesse américaine et européenne· de la deuxième moitié du xxe siècle a été fortement sensibilisée à la présence animale et à son bien-être, liant avec l'animal une forte relation affective.

Rappelons la grande popularité des chiens Rintintin ou Rex, de Flipper le dauphin, de Tornado le cheval de Zorro. de Croc blanc le chien-loup (début du XXe).

Cette imprégnation a fortement incité la civilisation occidentale à la prise en compte du statut des animaux.

La directive de 1988 (98/58/CE) du Conseil Européen, concernant la protection des animaux dans les élevages, qui en énonce les règles générales, se résume parfois ainsi : « l'animal ne doit pas souffrir de faim ni de soif, de peur ou de détresse, d'inconfort ou de douleur, de blessure ou de maladie et doit pouvoir exprimer un comportement normal. »

Le traité de Lisbonne, entré en vigueur en 2009, introduisit la reconnaissance d'animaux comme êtres sensibles.

Ces règles concernent la protection des animaux de toutes les espèces destinées à la production d'aliments, de laine, de peau, y compris les poissons, les reptiles ou les amphibiens. Pourraient-elles s'appliquer également aux fonctions offensives ou défensives dévolues aux animaux en cas de guerre ?

Même dans ce cas, les activités de surveillance et de sécurité pourraient rester compatibles avec la directive européenne.

Toutefois, hors de ces implications directes dans la guerre, ces soldats liaient souvent avec les animaux des relations amicales, en particulier les mascotte

Les mascottes

Après avoir évoqué les liens des militaires avec les animaux sur le plan de la guerre, intéressonsnous aux relations plus chaleureuses hommeanimal. Certains régiments ou escadrons utilisaient des animaux - les mascottes - servant de symbole, d'emblème ou de porte-bonheur pour permettre aux soldats d'échapper momentanément aux affres de la guerre. Si les animaux sont également utilisés dans de nombreux corps d'armées, l'armée de l'air s'est toujours distinguée par la mise en avant de mascottes, comme pour exorciser quelques

peurs, dans les situations les plus extrêmes. Parmi les mascottes officielles, EI-Messaoud, mérinos de trois ans, est la mascotte du 1er Régiment de Tirailleurs d'Epinal.

Dans Libération du 14 août 2002 : « Sergent bélier au rapport » selon une interview du lieutenant : « Il participe à toutes les prises d'armes et à toutes les cérémonies. (... ) Notre régiment a voulu renouer avec les traditions nord-africaines et nous avons incorporé un bélier, ce pourrait aussi être un bouc, à notre nouba. » (musique réglementaire des tirailleurs). EI-Messaoud (le chanceux en arabe), seul ovin engagé dans l'armée de terre, possède son uniforme, un tapis bleu ciel aux armes du régiment qu'il porte sur le dos.

On renouait là avec la tradition. Le dernier régiment de tirailleurs, le 7 e RTA, avait été dissous à Épinal en 1964. 29 'Mer 6 13 20 27

Trente ans plus tard, Philippe Séguin s'employa à convaincre le ministre de la Défense de l'époque,


La Nouba du 1er Régiment de Tirailleurs d'Épinal en tenue de tradition

François Léotard, de l'urgence de réintroduire les tirailleurs dans l'ordre de bataille des armées. Ce fut fait en 1994, lorsque Léotard signa le décret transformant le 17ème RI en 1er RTir, recréant ainsi le régiment héritier des traditions des tirailleurs algériens, marocains et tunisiens. Le bélier faisait partie de l'héritage.

Les tirailleurs, principalement recrutés parmi les bergers et les montagnards d'Afrique du Nord, étaient très attachés à la mascotte de leur régiment généralement un ovin ou un caprin : bélier, mouflon ou bouc, choisi pour la splendeur de ses cornes. Considéré comme porte bonheur, cet animal symbolisait pour eux les qualités essentielles du guerrier: détermination, puissance et surtout virilité.

L'emploi des ovins et des caprins comme mascottes régimentaires se retrouve dans d'autres troupes que celles originaires d'Afrique du Nord.

Ainsi, le Royal Welch Fusiliers (Régiment d'infanterie de ligne de l'armée britannique, une partie de la division Prince of Wales) avait déjà sa chèvre en 1775 et le régiment néerlandais Stoottroepen aligne également un bouc. La légion étrangère donne également un rôle officiel à ses mascottes.


La chèvre du Royal Welsh Fusiliers en 1914


Le jeune Malizia avec son aiglier devant le mât des couleurs de la place d' armes - 7016.

Pour mettre fin à cette liste interminable de mascottes citons celle du 17e Régiment du Génie Parachutiste (17" RGP) en France: l'aigle royal nommé « Bac Kan », en référence à la première participation du Génie Parachutiste en Indochine, lors de l'opération aéroportée « Léa » d'octobre 1947.

Depuis 2014, la mascotte est un pygargue à tête blanche, du genre Aquila, nommé Malizia, offert par la princesse Caroline de Monaco, marraine du 17e RGP.

Alors que l'aigle vit d'ordinaire dans les massifs forestiers et les montagnes, le pygargue préfère les lacs, les rivières et les zones côtières. À ce titre, il est parfois nommé « aigle de mer » ou « aigle pêcheur » américain. Signalons que ce pygargue est également l'emblème national des États-Unis. .

Cinéma et télévision

Cinéma et télévision ont participé à la célébrité des mascottes.

La célèbre série des « Têtes brûlées» diffusée en 1977 et 1979 sur Antenne 2, relate les exploits quelque peu romancés de pilotes anti-conformistes et téméraires pilotant leur Corsair durant la guerre du Pacifique. Le commandant Greg « Pappy » Boyington possédait un chien Bull Terrier, appelé Mascotte puis Barback (« Meatball » dans la version originale). Ce chien tient un rôle certes secondaire mais important par son implication dans les « bons ou mauvais coups » du quotidien, mais également dans le rôle de confident auprès de Greg ou de ses équipiers.

D'autres séries télévisées donnent même le rôle principal à des animaux dans l'armée ou la police.À la fin du Xlxe siècle, le 101e régiment de cavalerie de Fort-Apache recueille un jeune garçon, Rusty, et son berger allemand, Rintintin, uniques survivants d'un convoi de pionniers attaqué par des Indiens.

À la suite d'une de leurs aventures, Rusty est promu caporal honoraire et Rintintin mascotte du régiment. 115 obtiennent tous deux l'autorisation officielle de rester au fort.

Cette série télévisée s'inspire sans doute de la mascotte Rin Tin Tin du 135e escadron aéronautique de l'armée américaine, présent à Toul en 1918, qui nomma les deux chiens qu'il avait recueillis à partir des poupées porte-bonheur Rintintin et Nénette, créées par Poulbot en 1913.


Photo de groupe du 135ème escadron aéronautique et sa fameuse mascotte « Rin Tin Tin » aérodrome Genqault, Toul, France, novembre 1918

« Rex » ou « Rex, chien flic » dans la version française change de grade dans la version originale germano-autrichienne « Kommissar Rex» et devient « Inspector Rex » dans la version anglaise.

Il connaît un franc succès sur les écrans de télévision européens, l'animal obtient là aussi le rôle clef, sinon dans l'intrigue mais dans les fonctions indispensables qu'il remplit avec la coopération voire la connivence de son maître. Les animaux ont été d'inséparables compagnons d'armes de l'homme durant les guerres, depuis l'Antiquité jusqu'à nos jours.


Un renard, mascotte officielle de la Royal Air Force, sur un avion avec un pilote.

Cette relation homme-animal a commencé très tôt. Les animaux ont toujours côtoyé l'Homme : ours, lapins, tigres ... les ont accompagnés depuis leur enfance dans le berceau, plus tard dans les publicités: Vache qui rit, lapins Duracell, ensuite dans leurs rêves : Lion Peugeot, Jaguar, ou cheval cabré Ferrari mythiques et les ont parfois cotoyés jusqu'à la fin de leur vie.

Jean-Marie GUASTAVINO

Remerciements : La rédaction tient à remercieraleureusement les entités qui lui ont gracieusement prêtées les photos pour illustrer cet article : Le 17e Régiment du Génie Parachutiste. Le Musée de la Carte Postale (Antibes), La bibliothèque Clermont-Métropole (Overnia) et Mme Brare.

Extrait de La  CHARTRE du 2èm Trim 2018

 (1ère partie)

    

    

  Répertoire   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  Les décorations officielles françaises  

La Légion d’honneur sera plus sélective

Opposé aux décorations par « copinage » ou « à l’usure », Emmanuel Macron a décidé   de réduire fortement le nombre de Légions d’honneur attribuées sous son quinquennat.


Hors promotion spéciale, la Légion d’honneur est attribuée trois fois par an: 1er janvier, Pâques et 14 juillet.AFP

Emmanuel Macron veut imposer de nouvelles règles à la Légion d’honneur. Le chef de l’État entend« revaloriser » la plus haute distinction nationale, créée par Bonaparte en 1802, et rajeunir les prochaines promotions, qu’il souhaite voir ressembler davantage à la société française.

92.000 MEMBRES VIVANTS

Le chef de l’État veut « retrouver l’esprit » de la Légion d’honneur, en choisissant, dès 2018, de manière plus sélective les « plus méritants » , a précisé hier le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner. Pour la période 2018-2020, le nombre de décorés civils sera ainsi réduit de 50 %, celui des décorés militaires de 10 % et celui des étrangers de 25 %. Jusqu’ici, chaque année, 3.000 personnes étaient décorées, un tiers à titre militaire et deux tiers à titre civil. La décision du chef de l’État fera donc mathématiquement passer le nombre des récipiendaires à moins de 2 000, soit environ mille décorés de moins par an. « Remise au nom du chef de l’État, grand maître de l’ordre, pour récompenser les citoyens les plus méritants dans tous les domaines, le plus souvent sur proposition des ministres ou du Président, la Légion d’honneur compte quelque 92 000 membres vivants. « Dans l’attribution, l’habitude est une domination des mâles blancs de plus de 60 ans », a critiqué Christophe Castaner lors du compte-rendu du Conseil des ministres, même si l’âge des récompensés s’explique aussi par la nécessité de démontrer vingt-cinq ans de service. Emmanuel Macron souhaite également féminiser davantage les effectifs, par exemple en récompensant des jeunes femmes engagées dans l’associatif. Pour ce chef de l’État attaché aux symboles régaliens, « redonner du sens » à cette décoration n’est « pas un sujet accessoire », selon le porte-parole.

Déjà, la promotion du 14 juillet, première du quinquennat, avait été limitée à 101 noms contre 500 à 600habituellement, reflétant la volonté d’Emmanuel Macron de limiter les effectifs.

Extraits de l' union du 06/11/2017

  Les décorations officielles françaises

Le systèrne français des décorations est une organisation pyramidale qui permet à l'État d'accorder aux citoyens des marques symboliques d'honneur ou d'estime en reconnaissance de services rendus.

La France dispose d'une hiérarchie d'ordres et autres décorations qui lui permet de différencier ses marques de reconnaissance à l'égard de ses citoyens.

Les décorations nationales ont une fonction symbolique puisque par définition, le dévouement, le courage ou le sacrifice n'ont pas de prix.

Au sommet de la pyramide des honneurs nationaux se situent cinq décorations, toutes créées par le chef de l'État à travers les époques, et remises aujourd'hui au nom du président de la République.

Les ordres nationaux, ainsi que les autres décorations remises au nom du président de la République, sont placés sous son autorité directe. Ils disposent d'une administration spécifique et d'un conseil de l'ordre chargé d'examiner les candidatures.

Seuls les mérites individuels, quelle que soit leur forme d'expression, sont pris en compte. Ce principe d'égalité et d'universalité définit le caractère d'ordre national.

L'ORDRE DE LA LÉGION D'HONNEUR

Créée en 1802 par Bonaparte, Premier consul, il s'agit de la plus haute distinction française et de la plus ancienne attribuée aujourd'hui. Ordre universel, sa devise est « Honneur et Patrie ».

Le code de la Légion d'honneur précise dans son premier article qu'elle « est la récompense de mérites éminents acquis au service de la nation soit à titre civil, soit sous les armes ». Il existe trois grades dans la Légion d'honneur - chevalier, officier et commandeur - et deux dignités, grand officier et grand croix.

Depuis deux siècles, elle est remise au nom du Chef de l'État pour récompenser les citoyens français les plus méritants dans tous les domaines d'activité : militaires, industriels, commerçants, enseignants, artistes, agriculteurs, juristes, professionnels de la santé, sportifs ...

Les étrangers peuvent être décorés de Id Légion d'honneur s'ils ont rendu des services (culturels, économiques ... ) à la France ou encouragé des causes qu'elle défend (droits de l'HolT\llie, liberté de la presse, causes humanitaires ... ).

La couleur de son ruban est le rouge. La décoration est une étoile à cinq rayons doubles surmontée d'une couronne de chêne et de laurier. Elle présente d l'avers l'effigie de la République et au revers deux drapeaux tricolores entourés de la devise « Honneur et Patrie ».

La Légion d'honneur se porte avant tout autre insigne de décoration française ou étrangère, sur le côté gauche. Sur les tenues de ville, on choisit des insignes de boutonnière (ruban ou rosette)

L'ORDRE DE LA LIBÉRATION

Deuxième ordre national, l'ordre de la Libération a été créé en 1940 par le général de Gaulle pour récompenser les services exceptionnels rendus pour la libération de la France. Le décret du 23 janvier 1946 met fin à son attribution.

C'est pourquoi seules 1036 personnes, 5 communes et 18 unités combattantes se sont vu attribuer cette prestigieuse décoration entre janvier 1941 et janvier 1946. Après, elle sera décernée en deux occasions exceptionnelles, en 1958 pour Winston Churchill et en 1960 pour le Roi d'Angleterre George VI à titre posthume.

Ses caractéristiques sont fixées par le décret du 29 janvier 1941 qui règle l'organisation de l'Ordre. Celui-ci ne comportant qu'un seul et unique grade - au nom du principe d'égalité entre ses membres, réunis par une même aspiration patriotique - celui de compagnon et il n'y a qu'un seul type de Croix de la Libération. Elle se porte sur la poitrine, à gauche, juste après la Légion d'Honneur et avant la Médaille Militaire.

La Croix est un écu de bronze poli rectangulaire portant un glaive, dépassant en haut et en bas, surchargé d'une croix de Lorraine noire. Il y eut cependant des modèles de Croix de la Libération sensiblement différents.

Les couleurs du ruban ont été choisies de façon symbolique : le noir, exprimant le deuil de la France opprimée par les envahisseurs, le vert, exprimant l'espérance de la Patrie. Au revers de l'écu, est inscrite en exergue la devise « Patriam servando - Victoriam tulit » (« En servant la Patrie, il a remporté la Victoire »)

LA MÉDAILLE MlLITAIRE

La Médaille militaire est la plus haute distinction militaire française destinée aux sous-officiers et aux soldats. Elle peut être concédée en récompense de services exceptionnels aux officiers généraux.

Souvent appelée « la Légion d'honneur du sous-officier », la Médaille militaire est la troisième décoration française dans l'ordre de préséance, après l'ordre de la Légion d'honneur et l'ordre de la Libération.

La Médaille militaire est instituée, 50 ans après la Légion d'honneur, le 22 janvier 1852 par Napoléon III. Il entend ainsi honorer les mérites de ses meilleurs hommes de troupe et auqmenter les moyens à sa disposition pour récompenser ses soldats. De plus, toute candidature doit s'appuyer sur des mérites établis. La Médaille militaire peut être attribuée aux étrangers.

La Médaille militaire est concédée sur proposition du ministère de la Défense et par décision du conseil de l'ordre de la Légion d'honneur, qui intervient également sur les questions de discipline. Ces décisions sont ensuite soumises au président de la République qui signe les décrets d'attribution.

Cette décoration est souvent associée aux cérémonies militaires qui se déroulent notamment dans la cour des Invalides en présence du président de la République pour rendre hommage aux soldats méritants ou tués en interventions extérieures.

La décoration est en argent. Elle porte à l'avers l'effigie de la République avec cet exergue : « République française » et au revers, au centre du médaillon « Valeur et discipline ». Elle est surmontée d'un trophée d'armes

Dans La Charte N°6 2016, nous avions commencé cette série sur les décorations officielles françaises par les grands ordres nationaux. Nous poursuivons avec les décorations militaires. Ces médailles sont attribuées pour des citations, blessures de guerre ou présence effective au sein d'unités combattantes lors de conflits définis. Elles sont décernées sans distinction de grades militaires ou d'armées. (Source: Grande Chancellerie de la Légion d'Honneur). L'ordre de présentation des décorations dans notre revue se base sur l'ordre protocolaire des décorations françaises tel qu'il est établi par la Grande Chancellerie de la Légion d'Honneur (la Croix de Guerre 14-18, n'étant plus attribuable, n'y figure pas),

CROIX DE GUERRE 1939-1945

La Croix de Guerre commémore, durant les hostilités, les citations individuelles pour faits de guerre.

Instituée par un décret-loi du 26 septembre 1939, à l'initiative d'Édouard Daladier, président du Conseil et ministre de la Guerre, la Croix de Guerre 1939-1945 a été réalisée à l'identique de celle de 1914- 1918 pour commémorer les citations individuelles pour faits de guerre.

Elle se compose d'un ruban vert et rouge et porte le millésime 1939 à l'avers. Par décret du 28 mars 1941, le Gouvernement de Vichy supprime cette distinction pour en établir une nouvelle : six raies de couleur noire viennent strier verticalement le ruban vert et le millésime devient 1939- 1940.

Les autorités de la France Libre, quant à elles, continuent à décerner des citations pour le port de la Croix de Guerre originelle,

Le Comité de Libération National remettra en vigueur cette Croix de Guerre par ordonnance du 7 janvier 1944, mais avec un ruban rouge rayé de vert et non plus vert rayé de rouge.

Sont instaurées également des citations à l'ordre de la Nation comportant une palme de vermeil pour les cas particulièrement méritoires,

Cette distinction se compose d'un ruban rouge partagé par quatre bandes verticales vert foncé, d'une médaille en bronze à quatre branches avec deux épées croisées, et inclut des citations représentées par une palme en bronze, une étoile de vermeil, une étoile en argent, une étoile en bronze ou une fourragère.

 Plusieurs citations obtenues pour des faits différents se distinguent par autant de palmes ou d'étoiles,

Le ruban de la Croix de Guerre de Pierre Clostermann, aviateur surnommé « Premier chasseur de France » et Compagnon de la Libération, porte 27 palmes.

CROIX DE GUERRE DES THÉÂTRES D'OPÉRATIONS EXTÉRIEURS

 Créée par une loi du 30 avril 1921, cette croix est destinée à récompenser les actes de courage accomplis au cours d'opérations effectuées à l'étranger depuis le 11 novembre 1918, telles qu'au Levant, en Pologne, en Orient au Maroc ou en Afrique occidentale. Les combattants engagés en Extrême-Orient, en Méditerranée orientale et en Corée ont également reçu cette distinction, Ensuite, pendant un peu plus d'un an (janvier 1991 - mai 1992), le droit à cette récompense a été ouvert pour les combattants en Irak, puis quelques mois en 1999 pour ceux combattant en Yougoslavie.

Cette distinction se compose d'un ruban rouge partagé par une bande verticale bleu clair, d'une médaille identique à celle de la Croix de Guerre 1939-1945, et inclut des citations une fourragère.

CROIX DE LA VALEUR MILITAIRE

Initialement « Médaille de la Valeur militaire », instituée pour les opérations de maintien de l'ordre en Algérie, à caractère spécial, puis étendue aux combats du Maroc et de la Tunisie, c'est par décret du 12 octobre 1956 que la médaille devint Croix de la Valeur militaire.

En 1957, une Décision ajouta la Mauritanie à la liste des territoires ouvrant droit à son attribution, puis en 1972 pour ceux ayant servi au Tchad. Depuis, de nombreuses opérations hors du territoire ont bénéficié d'une ouverture du droit à cette distinction. Exceptionnellement, la Croix de la Valeur militaire a été décernée sur le territoire national pour la libération des otages à l'aéroport de Marseille.

Elle est destinée à récompenser le personnel civil et militaire de la Défense et, depuis 2011, les unités ayant accompli une ou des actions d'éclat en opérations extérieures. Elle peut également être attribuée à du personnel civil et militaire étranger et à des unités étrangères ayant accompli une action d'éclat au cours d'une mission aux c6tés de militaires français.

Cette distinction se compose d'un ruban rouge partagé par trois bandes blanches, celle du milieu de 7 mm, les deux autres de 2 mm et situées à 1 mm de chaque bord, d'une croix en bronze suspendue par une bélière et inclut des citations, organisées de la même manière que pour les Croix de Guerre.

MÉDAILLE DE LA GENDARMERIE NATIONALE

C'est par décret du 5 septembre 1949 que la médaille de la gendarmerie nationale voit le jour, sur proposition du ministre de la Défense nationale, Paul Ramadier. Ces dispositions ont été modifiées et complétées au fil des années. Cette distinction est décernée par le ministre de la Défense sur proposition du directeur général de la gendarmerie nationale ou le directeur général par délégation.

Elle est destinée à récompenser les officiers, sous-officiers, militaires du rang et les personnels de la réserve opérationnelle, qui se sont distingués par une action d'éclat ayant nécessité du courage et de l'abnégation. Celle décoration se compose d'un ruban avec, en son centre, une bande jaune bordée de deux liserés blancs, encadrée par deux bandes bleu gendarme bordées de liserés rouges à l'extérieur, d'une médaille en bronze représentant un heaume reposant sur une épée, d'une bélière en forme de grenade enflammée et inclut des citations.

MÉDAILLE DE LA RÉSISTANCE FRANÇAISE

C’est par ordonnance du 9 février 1943 que la médaille de la Résistance française fut instituée.

Des décrets et des ordonnances viennent la modifier, notamment celle de janvier 1945 qui établit de pouvoir la décerner avec rosette et ceux de 1947 qui mettent un terme à la possibilité de la décerner.

Cette décoration a été créée pour reconnaître les actes remarquables de courage, en France et à l'étranger, qui auront contribué à la Résistance depuis le 18 juin 1940.

Elle se compose d'un ruban noir a bandes rouges de différentes tailles, la médaille est en bronze patiné et représente un bouclier avec une croix de Lorraine.

Au revers figure l'inscription Pater non immenor (La Patrie n'oublie pas). La rosette est de couleur noire et rouge et apposée sur le ruban.

Extraits de la Chartre des 06/2016 et 07/2017

    

    

  Répertoire   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 L’âge d’or d’Arthur Martin

Revin - Arthur Martin était le poumon économique de la ville. Des habitants se souviennent de   ces années dorées où l’entreprise faisait vivre des milliers de familles ardennaises. Témoignages.


C’était jadis une véritable fourmilière. Aujourd’hui, vestige d’une industrie prospère, les locaux d’Arthur Martin qui font face à la gare de la ville sont à l’abandon.

À voir l’avenue Danton à Revin aujourd’hui, on peine à l’imaginer grouillante d’ouvriers. Et pourtant, dans les années 50, 60 et 70 alors que l’industrie revinoise est à son apogée, des centaines, voire des milliers d’ouvriers viennent de toutes les Ardennes pour travailler « chez Martin », comme on disait à l’époque. C’est le grand boum de l’équipement électroménager et dans les maisons, les vieilles cuisinières laissent la place à des gazinières modernes. Le réfrigérateur entre dans toutes les cuisines, les appareils de chauffage deviennent plus performants et les lave-linge font leur apparition. Les besoins des Français sont nombreux et le travail ne manque pas dans l’usine revinoise d’Arthur Martin.

« C’était le plein-emploi. À ce temps-là, il y avait du monde partout dans les ateliers, c’était une véritable fourmilière », se remémore d’une voix étreinte par l’émotion, Daniel Dutailly, 43 ans passés « chez Martin ». Une usine dans laquelle il est entré à l’âge de 15 ans après être passé par l’école d’apprentissage d’Arthur Martin. «J’étais formé comme ajusteur outilleur. Tous les matins avant les cours théoriques et pratiques, nous avions une heure de sport, été comme hiver. »

Cantine, cabinet médical, salle des fêtes, terrain de sport, l’entreprise dont l’octogénaire connaît les moindres recoins, dispose alors de tout un tas d’équipements. Il se souvient également que dans les années 50, de nombreuses femmes œuvraient dans l’usine. « Je ne dirais pas qu’il y avait la parité mais presque . Dans certains ateliers, il n’y avait que des femmes, comme au câblage par exemple. »

Dans les années 60, Arthur Martin compte plus de 3 000 salariés. Autant de bras qu’il faut payer tous les quinze jours et en argent liquide s’il vous plaît ! « L’homme chargé de distribuer les paies se baladait dans la rue avec les salaires de tout le monde dans une caisse. Il les donnait en main propre à travers les différentes usines, raconte Daniel Dutailly. Il était accompagné d’un garde du corps armé d’un pistolet car il y en avait pour des ronds, mais il n’y a jamais eu de hold-up. »


«
 Le matin, il fallait voir la rue de la gare noire de monde. IIfallaitfaire la queue devant les cafés et les commerces »
Jean Nilles

LA GARE NOIRE DE MONDE

La gare de Revin était un lieu central où des centaines d’ouvriers défilaient sur les quais chaque matin dès 5 heures. Robert Cesgniot a travaillé à la gare revinoise à partir de 1967. « C’est entre 6 heures et 8 heures qu’il y avait le plus de monde. Les salariés arrivaient dans le train cow-boy . C’était un vieux train à vapeur que les ouvriers avaient baptisé comme ça car il ressemblait aux trains des westerns », se souvient-il. L’affluence était telle à cette période que les comptages étaient impossibles. « On était quatre ou cinq collègues à compter et on n’avait jamais les mêmes chiffres. Dans les trains, c’était aussi bondé que dans le métro parisien aux heures de pointe. » Une marée humaine dont Ariette Witon, 84 ans, patronne de la maison de la presse de Revin a gardé le souvenir. Au milieu des années 50, il était difficile pour la jeune Ariette d’accéder au train. « À 6 h 30 le matin, ce n’était pas croyable. À cette époque-là, je devais prendre le train pour me rendre à Charleville et des centaines d’ouvriers descendaient à Revin. J’avais peur de ne pas réussir à monter dedans. On se demandait même comment ils avaient fait pour s’entasser à ce point-là dans les wagons. »

COMMERCES FLORISSANTS

Les commerçants de l’avenue Danton profitaient chaque jour des vagues d’ouvriers. Avant d’embaucher, ces derniers s’arrêtaient dans les commerces pour faire quelques emplettes ou prendre un café. « La boutique ouvrait dès 5 heures », raconte Jean Nilles. Son père tenait un magasin de meubles des Comptoirs français dans l’avenue de la gare. « Les ouvriers passaient dans les commerces pour aller chercher ce dont ils avaient besoin avant d’aller travailler. Quand les trains arrivaient le matin aux alentours de 6 heures, il fallait voir la rue de la gare noire de monde. Il fallait faire la queue devant les cafés et les commerces. Il y avait même un coiffeur de la rue qui faisait la coupe en brosse en sept minutes », se rappelle Jean Nilles. Le midi, les restaurants étaient bondés, impossible d’espérer une table sans avoir réservé au préalable.

« Il y avait du monde partout, poursuit Daniel Dutailly. Quand on a travaillé là-dedans, on connaissait des milliers de personnes. C’était une grande famille qu’on appelait Arthur Martin. Il y avait un esprit de famille et c’est encore vrai aujourd’hui,-même si c’est une autre époque. »

»

Une ville en pleine

L’entreprise familiale de Jean Nilles, située dans l’avenue de la gare, s’occupait aussi des déménagements avec son camion. Le jeune homme a aidé les familles d’ouvriers qui ont emménagé dans les logements flambant neufs du nouveau quartier d’Orzy à partir de la fin des années 50. D’ailleurs à cette époque, l’immobilier était plus cher à Revin que dans la préfecture des Ardennes. Les maisons étaient rares et chères. Du coup, beaucoup de logements se construisaient en périphérie du centre et de nouveaux quartiers sont sortis de terre à Orzy ou aux Bois Bryas. « À cette période, Revin était saturée. C’est bien simple, si on voulait ouvrir une usine, il fallait en fermer une autre. Il n’y avait plus de place nulle part », témoigne Bernard Dahout, élu communal dès 1971 et devenu maire en 1994.

Une usine emblématique et des produits phares

LA GAZINIÈRE

L’un des best-sellers de  marque Arthur Martin est gazinière. Dans les années GO. la gazlnlère à cinq feux, le four à thermostat et la minuterie à gaz sont ultra-modernes. La marque propose une large gamme d'électroménagers. A cette période chaque année 800 000 cuisinières armoires frigorifiques. machines à ~ver et appareils de chauffage sortent des usines du groupe Martin et des sociétés associées. La marque propose ègalement des cu~ines complètes.

LA QUALITÉ ARTHUR MARTIN     

Les produits qui sortent des usines rémoises sont réputés pour leur solidité et leur performance, Pour parvenir a ce degré de qualrté, Ils subissaient une batterie de tests en laboratoire avant commercialisation, Pour la gazinière, il fallait qu'un homme puisse monter de tout son poids sur la porte ouverte du four sans qu'elle ne s'arrache, ni que la cuisinière bascule.

LA PARITE             

Tôlerie, émaillerie. câblage ou encore assembbge. certains ateUers emploient exclusivement des lemmes qui œuvraient â b réalisation de l'électroménager. La gent féminine était également très représentée dans toute la partie administrative de l'entreprise comme dans les services des salaires des expédition, de dactylographie ou encore des achats. Ce sont encore des femmes qui géraient le standard et veillaient au traitement des 6.000 lettres quotidiennes qui arrivaient chez Arthur Martin.

 

LA MACHINE A LAVER                  

Au début des années 60, Arthur Martin se lance dans la production de machines à laver modernes. Une production en grande série qui va durer plus d'un demi-siècle jusqu'en 2016. En 2005, 714.825 lave-linge sont sortis de l’usine de Revin, soit environ 4.000 par jour.

On ne voit pas les belles entreprises à cause de la discrétion ardennaise

C ’est le paradoxe : on ne parle que de la crise des industries traditionnelles mais on ne voit pas les belles entreprises à cause de la discrétion ardennaise.» Après ces propos, le préfet, Pascal Joly, se permet d’allécher la presse ce 22 mars, évoquant notamment une pépite peu connue. Mais il n’en dira pas plus, en marge de sa visite de la PME VIO (Verre industriel et ouvré), à Revin.

Car c’est un fait : la vallée de la Meuse sait garder ses secrets. Ilconvient, souvent, de gratter le vernis et de creuser certaines aventures qui sont devant les yeux. Parmi les belles histoires, donc, VIO, qui prouve que le savoir-faire est encore ancré sur le territoire. « Nous avons un personnel formé et ultra-spécialiste dont le savoir-faire passe de la découpe et du façonnage du verre sous toutes ses formes, à la réalisation de sablage et de sérigraphie, à l’optique de précision », décrit Caroline Bossant, directrice générale de VIO, notamment spécialisée dans les hublots des avions, ou les prochains écrans ultra-fins des iPhone. Plus au sud, à Bogny-sur-Meuse, c’est aussi une ouverture à l’export qui anime l’entreprise EJ, fabricante de trappes d’accès et de mobilier urbain. « Notre groupe américain EJ se développe, on exporte aux USA, en Australie, en Angleterre, en Irlande, au Qatar, se réjouit Grégory Chrisment, le directeur d’usine. Quatre postes sont ouverts (envoyer CV et lettre de motivation, par mail, à corinne.schauteet@ejco.com) , un technicien de maintenance, un technicien de qualité, un deviseur et un ingénieur bureau d’études ». Toujours dans la même ville, 290personnes travaillent chez Hermès, depuis 2002. « L’excellence » dans le monde du luxe. Comme écrit dansL’Ardennais du 27 février, l’intégralité des employés partagent une même « fierté ». Enfin, en remontant la vallée de la Meuse, les fonderies Collignon, à Deville, sont l’exemple d’une jolie relance d’activité, partielle, après une mise en liquidation et moult restructurations. Guy Tutiaux, 59ans, PDG depuis le 1 er septembre 2016, loue l’état d’esprit de ses « 50ouvriers (90 avant) , sans eux je ne peux pas faire grand-chose. L’acier, c’est une niche et depuis 2016, on a rectifié le tir pour répondre aux commandes en temps et en heure.»

Nicolas PERRIN

Amélie GIRARDJEAN-Geoffroy VAROQUAUX

Extrait de l'union du 28/06/2018

    

    

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 La paix niche au fil des eaux  

De Sillery, dans la Marne, à Silly-la-Poterie dans l’Aisne ou Charleville-Mézières, les péniches et pénichettes conjuguent avec bonheur farniente, loisirs et business


De gauche à droite, Claire, Guillaume, Graeme, Jack et Alice sur le pont de la «Serenity Barge» à Sillery (Marne).Gilles Grandpierre


Au Port aux Perches, le capitaine Marcelin accueille ses passagers, un groupe de retraités qui prendra plus tard son repas sur la péniche pendant la «croisière». Jean-Marie Champagne

Embarquement immédiat pour la croisière apéro. Vêtu de blanc, le capitaine Marcelin est prêt à larguer les amarres pour une balade de 2heures sur le canal de l’Ourcq, dans l’Aisne. Une fois la péniche bien lancée, il prend le micro pour offrir à ses passagers des anecdotes historiques en rapport avec les rivages parcourus. Une escale à Marolles, près de La Ferté-Milon, permet aux croisiéristes de se dégourdir les jambes et d’aller prendre en photo un pittoresque lavoir. Servi sur le pont, l’apéro est agrémenté de toasts de foie gras produit localement. Ne reste plus qu’à siroter son verre de vin en s’imaginant marinier au long cours.

LE DIMANCHE, THÉ DANSANT ET MINI-CROISIÈRE SUR L’OURCQ

À terre, Christophe Gillot, le propriétaire du bateau accueille d’autres clients qui prendront le large après un repas dansant. Christophe était officier de police avant de racheter en 2015 le domaine du Port aux Perches à Silly-la-Poterie. Une guinguette restaurant et un bateau en guise d’animation centrale. Pendant sept mois de l’année, d’avril à octobre, il reçoit des groupes et des particuliers venus s’amuser ou se dépayser quelques heures. « On propose plusieurs formules qui incluent parfois un repas sur le bateau ou bien une croisière promenade puis un repas à terre suivi d’un cabaret. On propose aussi des thés dansants le dimanche avec balade sur l’Ourcq, avant ou après. Ou bien seulement des balades sur l’eau sans musique » , énumère-t-il. Les tarifs varient de 12 à 59 € par personne selon que l’on mange ou pas, avec ou sans musiciens etc. Le repas promenade sur l’eau est à 32€ (vin et café compris).

Christophe est encore loin de faire fortune avec son petit pays de cocagne nautique mais il est heureux. « Maintenant, je donne du plaisir aux gens. Avant, en tant que policier, je ne voyais que la misère. Je travaille en famille avec ma fille et même mon ex-femme ! On gagne assez pour payer les charges qui courent toute l’année, y compris pendant les mois d’hiver quand le bateau ne sort pas. C’est déjà bien pour le moment » .

Pour cet été, le clan du Port aux Perches réfléchit à une nouvelle promenade nautique destinée aux familles avec des activités pour les enfants. « On est en train de concocter cela » . En attendant, le Clignon, nom du bateau inspiré d’un affluent de l’Ourcq, approche d’une écluse encore manuelle. Le capitaine interrompt la visite guidée et reprend la barre…

Graeme, au moins, n’a pas à se préoccuper du passage des écluses. Amarrée dans la jolie halte fluviale de Sillery, à dix kilomètres de Reims, la péniche de ce solide gaillard britannique ne bouge quasiment pas d’un pouce. Sauf quand il la déplace, ce qui n’est pas tous les jours et pour cause. Greame Wood et Claire, son épouse, ont acheté leur « Serenity Barge » en Bourgogne il y a cinq ans. Ils venaient directement d’Angleterre. Lui travaillait dans l’informatique, elle dans le marketing. Leur vie londonienne leur tapant sur le système, le couple a fait le choix vers la quarantaine de prendre le large.

DES TOURISTES TOUTE L’ANNÉE MÊME EN HIVER !

Ce fut donc vers la France, pays qu’ils chérissent particulièrement. Quand ils ont acheté leur « Serenity», ils avaient une idée en tête. Transformer la péniche en chambre d’hôtes. Le navire était déjà équipé pour ça. Dans les soutes, un grand et confortable salon et trois chambres cosy accueillent les visiteurs. Hormis quelques petites retouches, les Wood n’ont eu qu’à poser les valises et à se faire connaître.

Quand ils sont arrivés en 2014, ils s’étaient d’abord installés à la halte fluviale de Reims avant de se transporter à Sillery, début 2017. La halte n’a pas seulement l’intérêt d’être proche de la cité des Sacres, elle est surtout un hâvre de paix qui convenait à l’activité du couple. Bien notée sur les sites de réservation, leur chambre d’hôtes flottante attire en majorité (et toute l’année, même en hiver) des touristes anglo-saxons, mais pas seulement. Non loin des paysages de vignes qu’ils recherchent, Belges, Hollandais et même parfois Français apprécient cette manière originale de découvrir la région tout en se donnant l’impression de voyager.

À raison d’une centaine d’euros la nuit (petit-déjeuner compris), Jack, un jeune pasteur irlandais, a ainsi décidé de payer trois journées de vacances à ses parents, Alice et Guillaume,  assure l’ordinaire. L’incident n’a pas l’air de perturber le moins du monde l’équipage et ses passagers. Le flegme britannique n’est pas un vain mot.

Des vacances à la barre 


Pour une semaine, il faut compter de 1000 à 3000€ selon les dates et la taille du bateau.
Christian Lantenois 

Les bonnes adresses du tourisme fluvial dans l’Aisne, la Marne et les Ardennes sont répertoriées sur le site vacancesfluviales.com ou encore sur pontabarnautisme.fr. On y trouve les ports d’attache des péniches-hôtel et des fiches sur les pénichettes sans permis à louer. Elles sont équipées comme de petits appartements avec cabinet de toilette, douche, WC électrique, prises de courant 230 V, une cabine chambre, des cabines d’appoint et des lits repliables dans la salle principale. On peut y loger confortablement jusqu’à six personnes.

Pour une semaine, il faut compter de 1 000 à 3 000 € la location. Le tarif varie selon les dates et la taille et le type du bateau. Il faut ajouter le prix du carburant, il existe toutefois des possibilités de forfait ou de formule tout compris. Ne pas hésiter à négocier. Les semaines supplémentaires sont normalement moins chères.

Cet été, le Grand Est prend l’eau 

La région Grand Est s’est peut-être souvenue de la péniche du Diable Bleu, embarcation estivale de feu l’Orcca, ex-office régional culturel de Champagne-Ardenne. La nouvelle Région, à son tour, a loué une péniche (de son joli nom « Adélaïde») qui sillonnera cet été les rivières et canaux de sept des dix départements du Grand Est selon deux circuits de cinq étapes chacun. La péniche Grand Est est passée (cette semaine) ou passera à deux reprises par la Marne (mais pas les Ardennes). À chaque étape, il s’agira de mettre en valeur les talents, le patrimoine et les particularités locales des terroirs traversés.

La tournée a donc débuté jeudi à Mareuil-sur-Ay, près d’Épernay, de façon fort sérieuse avec des rencontres organisées autour du développement d’initiatives locales destinées à faire revivre les bourgs ruraux.

La vocation ludique d’Adélaïde a toutefois repris le dessus avec une soirée de cinéma en plein air, une exposition d’affiches du Centre national du graphisme de Chaumont, un concert de musique actuelle du groupe « Wolf under the moon », des spectacles de théâtre et de marionnettes… Entre autres… La péniche est à Mareuil-sur-Ay jusqu’à ce soir.

Après un crochet par la Meuse, la péniche Grand Est reviendra dans la Marne, précisément à Orconte, près de Vitry-le-François, du 12 au 15 juillet. Elle prendra ensuite la direction de la Haute-Marne, des Vosges, de la Meurthe-et-Moselle, de la Moselle et du Bas-Rhin. Le programme est sur www.grandest.fr

Sur la Meuse, un bar mystico-alternatif 


La péniche Freycinet est devenue taverne fluviale.

À quelques pas du musée Rimbaud, le soleil se couche tout en douceur sur le pont de la vieille Freycinet. Un soir de juin, où les habitués regardent la Meuse onduler. Amarrée à son quai depuis vingt ans, elle est une institution à Charleville-Mézières. Au point qu’elle est connue de tous comme la péniche, tout simplement. Idéale pour profiter d’un calme estival, où les rires et les notes du fond de cale font partie du décor. Du blues lancinant qui s’offre à nos oreilles après avoir descendu le magnifique escalier en bois de la bête. Façon vaisseau du 19 e , voyage dans un univers qui fait la part belle aux Ardennes, à la sauce mystico-folko. Car partout, des références au Mawhot. Avant tout le nom de l’embarcation, mais surtout le célèbre gardien du fleuve, sorte de lézard « qui servait à faire peur aux enfants », explique Christopher, le patron depuis quatre ans. Comme le nuton (lutin), Arduinna ou encore Père Crochet qui ornent les murs de la taverne fluviale, où apparaissent des images de saints, comme des icônes à peine esquissées. « Il y a des clients arrivent à en voir d’autres dans les traits des murs… après quelques verres. »

La carte fait la part belle aux produits locaux, dont un délicieux pétillant pommes fraises produit dans le village de Lalobbe, pour changer de la bière. L’établissement joue aussi dans l’alternatif. Il faut dire que le patron œuvre aussi au festival écolo, le Cabaret vert. Pas étonnant qu’il ouvre sa porte aux artistes locaux, aux « écrivains qui laissent des livres, il y a des maisons à insectes qu’on peut acheter, et un gars qui fait des herbes style sauge… » Et les musiciens évidemment. Le piano et la batterie rappellent qu’ici toute l’année on fait des concerts : du bon « rock graveleux des années 1970 », en passant par du blues, jusqu’au… récital baroque ! Calé sur le banc d’église avec ces gueules de gargouilles (la VMC !) qui vous observent, toute une expérience.

Vanessa TERRIEN

Extrait de l'union du 01/07/2018

    

    

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 Electrolux, une catastrophe industrielle

Revin Il y a dix ans encore, l’usine employait près de mille ouvriers. Demain, il en restera 24.   Fleuron de l’électroménager, le site est devenu un symbole de la désindustrialisation


La responsabilité d’Electrolux est pointée du doigt par tous, y compris la justice.
Jean-Godefroy Varoquaux

Désormais, elle impose son silence à tous. Depuis les rives de Meuse, ses presses se sont tues. Et c’est toute une ville qui a perdu la cadence. L’usine Electrolux de Revin n’est plus. Des 1 000 ouvriers que comptait il y a seulement une dizaine d’années ce fleuron de l’électroménager français, ils ne seront plus que 24 demain. Brutal. Comme la désindustrialisation qui saigne cette vallée des Ardennes. Les ex-Arthur-Martin, producteurs emblématiques de machines à laver, rejoignent les Cellatex à Givet, les Thomé-Génot à Nouzonville, et au-delà les Goodyear, Conti et autres Whirlpool. Des noms qui résonnent comme des fiascos économiques et, disons-le, des faillites morales de la décennie.

UN TERRITOIRE EN DÉCLIN

En mai dernier, le tribunal de commerce a acté la cession partielle de la société au groupe breton Delta Dore. Sur le carreau, 157salariés qui devront choisir à la fin du mois s’ils préfèrent Pôle emploi ou bien le dispositif de reclassement maison, financé par l’ancien propriétaire, Electrolux. « Au moins, je sais où je vais. Mais ce sera pas ici, comment voulez-vous que je me projette avec mon fils ici. Il va faire quoi ? », tranche ce salarié. Malgré les indemnités réglementaires et une supra légale de 2 300 euros par année d’ancienneté, la pilule ne passe pas. Pas de colère, mais une amertume nichée au fond du palais que l’on recrache quand on se refait le film. « Ce déclin, ils l’ont voulu, analyse David Giglio, délégué CGT. Le groupe Electrolux est parti sans faire de bruit. On a été victime d’une délocalisation boursière, c’est aussi simple que ça. » En 2014, le géant suédois décide en effet de transférer la production de ses lave-linges en Pologne. « On était rentable. » Que faire de Revin, vénérable site exploité depuis 1882 ?

Electrolux nous a tués. On a 40, 45 voire 50 ans, vous voulez vraiment qu’on se reconvertisse dans une start-up ?
Un salarié

Une entreprise nommée Selni, spécialiste des moteurs, reprend les hectares et seulement la moitié des 400 salariés. Déjà, des doutes apparaissent sur la PME de la Nièvre, accusée d’être tenue par des« margoulins » (lire par ailleurs). Qu’importe, l’ancienne maison mère s’engage à investir dans l’outil de production et à acheter 1,2 million de moteurs jusqu’en 2021, soit plus de 7 millions d’euros de commandes. Rapidement, la mécanique de la reconversion se grippe. Les machines fonctionnent mal et Electrolux renvoie les pièces en nombre, jugées non conformes. Intenable… Le dépôt de bilan intervient en janvier.

« Electrolux nous a tués, c’est tout. On a 40, 45 voire 50 ans, vous voulez vraiment qu’on se reconvertisse dans une start-up ? », tonne ce salarié. La justice a aussi reconnu la responsabilité de la multinationale, puisque la procédure doit lui être étendue. Aussi, certains salariés se demandent s’ils ne vont pas intenter une action en justice pour reconnaître leur préjudice moral. Mais le combat le mérite-il encore ? Chez les salariés, harassés, l’énergie manque.

Comme sur le territoire. Les soupirs du maire de Revin au bout du combiné l’attestent. Avec 20 % de chômage, Daniel Durbecq s’attend déjà à voir des familles plier bagages. Plan social après plan social, Revin ne compte plus que 6600 habitants. Le drame Electrolux, c’est un bis repetita de Porcher en 2011. Autre fleuron industriel liquidé, autre wagon de cent salariés envoyés à Pôle emploi, qu’ont vu arriver les bénévoles des Restos du cœur.

Alors la reprise « d’une vingtaine de personnes, peut-être 35 ou 40 dans les années à venir » par le breton Delta Dore, le maire prend. Mais sans illusion. « C’est désolant, ils ont tout détruit », lâche celui qui ne croit plus à l’arrivée « de la boîte de 300 personnes qui viendrait nous sauver » . Tout le monde s’accorde sur l’urgence d’une reconversion, «mais, le problème, c’est qu’il n’y a pas tant d’idées que ça dans l’air… »

Se raccrochant à l’ouverture prochaine de l’autoroute où se déverseront des milliers d’automobilistes du Nord Europe, les locaux misent sur « les PME », «la main-d’œuvre qualifiée » et l’immobilier. Avec Electrolux et ses milliers de mètres carrés, il y aura de la place.

Selni, c’est un pari perdu mais qui méritait d’être tenté


Les ouvriers d’Electrolux, rebaptisés SAI après la reprise de Selni, ont suivi la foisonnante – et &puisante – procédure judiciaire. Entre mobilisation mais aussi impatience d’être fic=xés sur son sort.
Aurélien LAUDY

 Qui êtes-vous ?

Lysian Fagis, ancien salarié d’Electrolux. J’y ai travaillé plus de 40 ans comme ouvrier. Quand j’y suis rentré, on était 2 900, à mon départ, on était 400. Donc j’ai vu partir du monde. J’étais aussi représentant syndical CFDT et porte-parole de l’intersyndicale qui a signé le PSE en 2014 au moment de la reprise par Selni.

Vous n’avez pas honte d’avoir signé ce PSE ?

Non seulement je n’en ai pas honte mais en plus je le revendique. On s’est battus pour l’emploi.

Le plan social tellement décrié par certaines personnes, c’est certainement l’un des meilleurs plans sociaux de France. Il n’y a eu aucun licenciement et pas de perte de salaire. Les anciens sont partis de façon plus qu’honorable et tous les jeunes étaient repris.

Avez-vous toujours été honnête dans ce dossier ?

Oui ! Je n’ai jamais eu de porte  de derrière. J’ai toujours dit ce que je pensais, ça ne plaisait pas toujours. Même si on m’a mis beaucoup de choses sur le dos, ce n’est pas moi qui ai décidé

la fermeture. J’ai subi comme tout le monde. J’ai été critiqué dans tous les sens mais j’ai les épaules larges. J’ai eu des menaces, des quolibets, etc. Dans le PSE, des gens m’en veulent à mort mais d’autres sont aussi très heureux. Je n’ai pas que des ennemis.

Avec le recul, comment analysez-vous la situation actuelle ?

C’est un grand gâchis. Selni, c’était un pari. Un pari perdu mais qui méritait d’être tenté et j’insiste lourdement là-dessus car c’était ça ou la fermeture pure et simple.

Considérez-vous Electrolux comme le fossoyeur de Revin ?

Oui. J’ai du ressentiment comme tout le monde. Si j’avais été à la direction du groupe, je n’aurais jamais délocalisé. La ville a subi la désindustrialisation et la faiblesse de nos politiciens locaux et départementaux. Le déclin d’Electrolux ça a été le déclin de Revin.

Jean-GODEFROY VAROQUAUX

« Une violence »   pour les salariés

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Pascal DEPORTER,

Sociologue

« Une multinationale qui délocalise, déniche un repreneur, une société sous-traitante sans réelle envergure, c’est souvent la même logique. Chez Pentair à Ham c’est la même histoire. Chez Whirlpool, c’est un peu différent, c’est un industriel local qui développe une autre production. Il peut aussi y avoir des fermetures sèches comme chez Continental ou Goodyear. Ce qui s’est passé à Revin s’inscrit dans la désindustrialisation qui touche le bassin minier du Nord, la Lorraine ou la Picardie (…) C’est une violence qu’on n’imagine pas pour des salariés atteints dans leur dignité. Il n’y a pas de dispositif qui prend en charge cette violence-là. Par contre, la justice a là un rôle réparateur. »

D’Artur Martin à Delta Dore en passant par Electrolux

*.- 1882         

Nestor Martin industriel belge, ouvre la petite usine des Nouvelles-Forges.  L'activité est très vite transférée dans Ie quartier de la Bouverie à Revin.

*.- 1929 - L’usine de Revin s’agrandit pour atteindre 50.000 m²

*.- 1954 - Une usine créée à Reims pour la fabrication en grande série d’un modèle unique de cuisinière à gaz.

*.- 1962 - L’entreprise Arthur Martin rachète Faure.

*.- 1966 - Construction d’une nouvelle usine pour la production de machines à laver. C’est la plus moderne d’Europe à cette époque

*.- 1967 - Première grosse vague de licenciements de 752 salariès

*.- 1969 - Environ 3.000 salariés travaillent dans l’usine qui est s »parée en deux unité de machine à laver et une usine de cuisson.

*.- 1976 -L’entreprise est rachetée par Electrolux et compte encore environ 960 salariés

*.- 1994 - L’usine ne fabrique plus que des machines à laver à ouverture par le dessus. L’effectif tombe à 750.

*.- 2007 - Electrolux fait disparaitre la marque Arthur Martin et annonce sa volonté de délocaliser en Pologne en 2010.

*.- 2014           

L’usine est reprise par le groupe Seins, dirigée par Philippe Vidal. Elle ne conserve que 187 salariés. Le site de Revin est baptisé SAI (Société ardennaises industrielle)

Vanessa TERRIEN

Extrait de l'union du 28/06/2018

    

    

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Une dune de sable aux portes de Reims

Châlons-sur-Vesle. Les Sablières offrent un paysage insolite dans la région.   Une grande dune, regorgeant de coquillages, pour laquelle des bénévoles se mobilisent.

 
L’association de Sauvegarde des Sablières a organisé hier une de ses deux opérations annuelles de nettoyage.

On y trouve des dents de requins naturelles 

Ces Sablières sont le signe que la mer couvrait il y a bien longtemps le Nord-Ouest de la France, dont le climat était alors tropical. Il y a 55millions d’années environ, la mer s’est retirée, mais le sable est resté ainsi qu’une centaine d’espèces fossiles. Ici, se trouvent de nombreux coquillages. « On y trouve même des dents de requins naturelles », indique Jean-Marc Roze.

Alors qu’ici les vignes sont reines, la surprise est d’autant plus grande de tomber sur ce mur de sable, surmonté de pins sylvestres. Depuis des lustres, l’endroit fait le bonheur des amoureux de balades ou de pique-niques. Un dépaysement assuré à une dizaine de minutes en voiture de Reims, à Châlons-sur-Vesle exactement. « En fait, les Sablières, c’est leur nom, sont réparties sur le territoire de trois communes, on trouve aussi Chenay et Merfy » , explique Jean-Marc Roze, président de l’association de Sauvegarde des Sablières.

UNE RICHESSE DE LA FAUNE ET DE LA FLORE TRÈS FORTE

Depuis 2009, les bénévoles de cette association œuvrent pour faire connaître le site et pour le préserver. Hier matin, ils organisaient un des deux nettoyages annuels. « Et c’est plutôt bon signe, on a moins ramassé que d’habitude. Il faut croire que notre travail porte ses fruits » , poursuit Jean-Marc Roze.

L’association a notamment installé des poubelles sur le site. Elle prévoit deux chemins de randonnée, un court et un long, qui seront balisés pour expliquer notamment les fabuleux trésors que l’on peut rencontrer ici ou là en se promenant. « Nous allons aussi refaire le parking et en créer un deuxième plus loin. » L’association a par ailleurs, il y a trois ans, installé un panneau d’information, comportant aussi des consignes pour ne pas abîmer l’endroit classé au titre de Natura 2000. L’érosion a fait son œuvre laissant apparaître par exemple l’enveloppe autour de palmiers fossilisés. « C’est pourquoi entre autres, il ne faut pas gravir la dune, mais passer sur les côtés pour éviter d’accélérer ce phénomène d’érosion » , ajoute Jean-Marc Roze, précisant qu’un géologue avait confirmé qu’il s’agissait du site en son genre le plus exceptionnel de Champagne-Ardenne. Le sol pauvre est à l’origine d’une richesse de la faune et de la flore très forte. On trouve des petits insectes qui ne vivent nulle part ailleurs en Champagne-Ardenne et une flore propre aux dunes et au sable avec de petites plantes très discrètes, rares, et précieuses, comme la véronique prostrée ou l’aréménie des sables. Dans son but de sauvegarde et de pédagogie, l’association peut compter sur les maires des trois communes, chacun vice-président de l’association, et qui cotisent. « On a aussi récolté des sous d’une fondation et d’une enveloppe parlementaire », glisse Jean-Marc Roze. Avec le beau temps de retour, les Sablières valent vraiment le détour. Mais vous êtes prévenus. Le site est fragile.

Yann LE BLÉVEC

Extrait de l'union du 22/04/2018

    

    

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Une cabane perchée dans la forêt

Signy-l’Abbaye - Toilettes sèches, pont de singe et petites bêtes en tous genres : nous avons passé la nuit dans une cabane suspendue à 12 mètres du sol au milieu de la forêt ardennaise.


Perchée à douze mètres d’altitude et bâtie autour d’un arbre, la Héronnière offre un panorama sur la forêt et la vallée.

C’est à la lisière de la forêt et du vallon de Librecy que se trouve la Héronnière, la cabane du Chêne Perché où nous allons passer la nuit. Pas de groom pour porter nos bagages, mais un mousqueton où nous accrochons nos petites affaires avant de nous enfoncer dans la forêt. L’entrée de la cabane se mérite : il nous faudra escalader une échelle en bois avant de traverser deux ponts de singe. Une petite mise en jambe avant le Graal: les petits oiseaux qui chantent, la cime des arbres, la forêt à perte de vue, la terrasse sur la vallée sans oublier quelques punaises et moustiques pour corser un peu le séjour. Une fois les bagages remontés à l’aide d’une corde, nous inspectons les lieux : des toilettes sèches accessibles depuis la terrasse, un lit double, une table, deux chaises, des bougies, beaucoup de bougies et un insignifiant poêle à pétrole que nous toisons d’un air moqueur, persuadées que nous n’en aurons pas l’utilité en ces jours de canicule. Naïves que nous sommes... Mais pour l’heure, nous poursuivons notre exploration. Une échelle nous conduit à l’étage où se trouvent un lit supplémentaire, ainsi qu’une sorte de hamac parsemé de coussins. Au centre, un arbre autour duquel est bâtie la cabane.

Pas de Tarzan dans les parages, en revanche, un charmant petit loir semble s’être logé dans l’un des murs en bois. Enfin, c’est ce que nous en déduisons après quinze minutes d’observation, le cœur battant. Quoi qu’il en soit, le petit animal gratte, couine et gigote à loisir dans la paroi qui jouxte le lit. Nous le laissons à ses occupations pour dîner sur la terrasse. À défaut d’aller chasser un sanglier dans la forêt (forcément, dans les Ardennes), nous commandons une pizza qui nous est livrée en bas de la cabane. Le soir tombe sur la Héronnière et nous force à coiffer nos lampes frontales et allumer la lampe tempête, non sans avoir noyé la pièce avec un spray anti-moustique. La nuit se déroule sans autre accroc que le ramdam de notre ami le loir. Le réveil en revanche est brutal, les températures ayant chuté d’une vingtaine de degrés, nous ne nous faisons pas prier pour allumer le poêle à pétrole. Heureusement, un réconfortant petit-déjeuner a été déposé au pied de la cabane par nos hôtes. Emmitouflées dans nos sacs de couchage, nous dégustons croissant et tartines. Dormir dans les bois, fastoche...


Pour monter les bagages dans la cabane, il suffit de les attacher avec un mousqueton. Une fois en haut, il ne reste plus qu’a hisser la corde


L’accès à la cabane se fait motennant quelques acrobaties ; grimper sur une échelle, puis traverser deux ponts de singe au-dessus de la forêt


UNE CABANE PERCHÉE, OUI, MAIS AVEC UN LIT - tout de même. Juste à côté, sur la droite, bien caché dans le mur, un bruyant petit loir...

INFOS PRATIQUES

*.- LE CHÊNE PERCHÉ POSSÈDE CINQ CABANES équipées de toilettes sèches (douches dans le bâtiment d’accueil) pouvant accueillir de deux à huit personnes. Contact : 03 24 53 35 62.

*.- COMBIEN ÇA COÛTE ? À partir de 89 euros pour deux, selon la période et la cabane, petit-déjeuner compris.

*.- SUR RÉSERVATION, il est possible de se faire livrer des paniers repas.

Laetitia VENANCIO

Extrait de l'union du 23/08/2017

    

    

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Le lac de l’Ailette, une oasis d’aventure

 Connu grâce à la réalisation   du Center Parcs en 2007, le lac  de l’Ailette, au cœur de l’Aisne,  est un endroit privilégié pour les balades et les activités en famille.

La découverte du lac est notamment possible à pied ou à vélo, par le biais de la Voie verte, un chemin balisé au cœur de la Vallée de l’Ailette.

REPÈRES

*.- LE LAC DE L’AILETTE se situe dans l’Aisne, à une dizaine de kilomètres au sud de Laon, sur les communes de Chamouille et de Neuville-sur-Ailette.

*.- DEPUIS 2007, le lac de l’Ailette accueille le troisième domaine de vacances de Center Parcs, composé de 861 cottages inspirés de l’architecture canadienne et permet d’accueillir plus de 1 000 personnes.

*.- DE NOMBREUSES ACTIVITÉS NATURE et nautiques sont proposées autour du lac, situé à proximité du Chemin des Dames.

Ses reflets bleus apparaissent soudain au travers des feuillages, derrière lesquels jaillissent les robustes maisons de pierre du village de Chamouille. Une dizaine de kilomètres au sud de Laon, dans l’Aisne, cette commune d’à peine trois cents âmes se niche au cœur de l’un des plus beaux endroits de la région.

Le lac de l’Ailette, retenue d’eau artificielle alimentée par les eaux de la rivière Ailette, un affluent de l’Oise, est un endroit enchanteur qui doit avant tout sa renommée à la construction du domaine de Center Parcs, ouvert en 2005.

Niché au cœur de la Vallée de l’Ailette, le chemin balisé serpente entre lacs et forêts, à la découverte d’étonnantes curiosités

Bâtis dans un esprit très canadien, les maisons et cottages de ce vaste complexe touristique ont donné au lac de l’Ailette, bordé par l’un des plus beaux golfs de la région, ce supplément d’âme qui en fait un lieu unique et une destination de balade très prisée.

PLUS DE 200 ESPÈCES D’OISEAUX

La découverte du lac est notamment possible à pied ou à vélo, par le biais de la Voie verte. Niché au cœur de la Vallée de l’Ailette, ce chemin balisé serpente entre lacs et forêts, à la découverte d’étonnantes curiosités, au cœur d’un très riche environnement faunistique. Au milieu des années 1980, la construction de ce lac artificiel a entraîné la disparition de 20 hectares de marais, 200 hectares de taillis et 100 hectares de friches et prairies.

Elle a néanmoins permis l’arrivée de nombreuses espèces d’oiseaux d’eau. Quelque 204 espèces d’oiseaux ayant fréquenté le plan d’eau de l’Ailette dont 76 oiseaux nicheurs.

« Plusieurs espèces d’oiseaux sont installées ici à l’année, comme les foulques macroules, les hérons cendrés, les colverts , précise Robert Amy, guide-nature à la Maison de la Nature et de l’Oiseau . En période de migration, le nombre d’espèces augmente très fortement ».

AILLES, LE VILLAGE DISPARU

Le long de la voie verte, des stations d’observation décrivent les paysages au fil du parcours. Au-delà d’une boucle de 5,3 kilomètres facilement réalisable en famille, les marcheurs un peu plus curieux pourront poursuivre leur chemin autour du lac, où se nichent deux curiosités.

Le village d’Ailles, entièrement détruite par l’armée française durant l’offensive du général Nivelle en avril 1917, et dont il ne subsiste qu’une émouvante stèle commémorative bâtie en partie avec des pierres de l’ancien village.

Autre curiosité nichée au cœur de la forêt, l’abbaye de Vauclair, fondée en 1134 dont il subsiste des ruines et un jardin de plantes médicinales.

Le lac de l’Ailette, enfin, est également un vaste espace de loisir propice aux sports de nature et aux activités nautiques. Un vrai dépaysement.

LA DÉLICIEUSE TERRASSE DE L’HÔTEL DU GOLF

C’est probablement l’une des plus belles terrasses de restaurant de Picardie. Au restaurant de l’Hôtel du golf de l’Ailette, la table vaut autant par le contenu des assiettes que pour le magnifique panorama offert à la clientèle.

Au bord de la piscine chauffée qui surplombe le lac où se dessinent au loin les ravissantes maisons du Center Parcs d’inspiration canadienne, l’escapade gourmande est un voyage en soi. Un privilège loin d’être inabordable néanmoins. Compter pas moins de 15,90 euros pour le plat le moins onéreux (omelette complète, « frites Fraîches » et mesclun), 14,40 euros pour le menu enfant, ou encore un café gourmand, très gourmand, affiché à 8, 90 euros. À la carte des vins, le champagne, proximité oblige, est bien sûr la boisson reine. Le plongeon dans la piscine avant ou après le repas n’est réservé qu’aux clients de l’hôtel, un établissement 4 étoiles où les terrasses des chambres exposées au sud offrent certainement l’un des plus beaux panoramas sur le lac de l’Ailette.

L’émouvante découverte de la Caverne du Dragon


La nouvelle sculpture d’Haïm Kern est à voir sur la terrasse du musée. 

Des armes disposées aux sept entrées, prêtes à cracher le feu tel le dragon à sept têtes. Telle serait l’origine du nom de la Caverne du Dragon, lieu emblématique du Chemin des Dames, situé tout près du lac de l’Ailette. Une visite très émouvante dans les entrailles de la Grande Guerre.

Dès les premiers mois de l’année 1915, des troupes allemandes investissent cette carrière de pierre probablement exploitée à partir du XVI e siècle. Plus qu’un abri de fortune, la grotte se transforme vite en enjeu militaire stratégique. Pour des raisons de sécurité, la Caverne du Dragon se visite uniquement accompagné d’un guide.

La Caverne du Dragon propose actuellement une exposition gratuite consacrée aux bouleversements que la Grande Guerre a causé aux paysages du Chemin des Dames.

En un siècle, la végétation a repris ses droits, les blessures du sol ont cicatrisé, aujourd’hui seule l’imagination permet de se représenter ce que fut le Chemin des Dames. Des cartes, des photos permettent de mieux appréhender ce que ces quatre ans de guerre ont engendré.

Tous les jours, sauf le mardi matin, de 10 heures à 18 heures. Informations : 03 23 25 14 18.

Fabrice JULIEN

Extrait de l'union du 20/08/2017

    

    

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Une yourte de princesse

Nous avons passé la nuit dans l’une des yourtes au bois dormant que Véronique a installées au fond de son jardin, dans une charmante propriété à quelques kilomètres de Soissons.


Cette semaine, j’ai testé pour vous du glamping royal : se prendre pour une princesse mongole et dormir au bois dormant.

C’est plus fort que moi. Dès qu’il est question de princesse, je redeviens une petite fille. Alors, une yourte de princesse au bois dormant dans la rue du Soulier, c’était presque trop beau pour être vrai : il fallait que je teste cet endroit magique ! C’est Véronique, une jeune mère de famille axonaise, qui est à l’origine de ce gîte de glamping… royal. Passionnée par la culture asiatique, cette ancienne animatrice pour jeunes enfants a eu l’idée d’installer des yourtes chez elle en regardant un reportage à la télévision. Quelques mois plus tard, la première yourte, pouvant accueillir jusqu’à quatre personnes, était montée dans le jardin. « Avec ma fille, on adore la magie et les princesses alors j’ai eu l’idée de leur donner des noms de princesses mongoles et de baptiser le bois qui se trouve au bas de notre jardin, le bois dormant », raconte Véronique. La deuxième yourte, pour deux personnes, est arrivée il y a trois ans, directement de Mongolie. C’est dans celle-ci, baptisée princesse Dowlandi, une descendante de Gengis Khan, que je vais passer la nuit. La yourte se trouve au fond du jardin de Véronique et de son mari, Claude. Devant l’entrée, une petite terrasse a été soigneusement aménagée dans un esprit zen. Derrière une petite porte en bois, je découvre l’intérieur de la tente circulaire qui va me servir de chambre. Bien qu’il n’y ait pas de fenêtre, l’ambiance est cosy. Véronique a disposé plusieurs lampes qui diffusent une lumière tamisée. Une odeur de peau de bête flotte dans l’air : normal, puisque pour isoler leur habitation, les Mongols les recouvrent avec de la peau de mouton.

BERCÉE PAR LE BRUIT DE LA PLUIE

La pièce est aménagée avec du mobilier en bois peint dans des couleurs chaudes, de l’orange principalement. «Tout vient de Mongolie, c’est fabriqué là-bas de manière artisanale », assure Véronique. Si les yourtes ne sont pas équipées de sanitaires, elles disposent chacune d’une salle de bain privative, à quelques mètres de là, à l’entrée du jardin. Je m’endors, bercée par le bruit de la pluie et me réveille quelques heures plus tard à côté d’un petit animal au pelage aussi orange que les meubles de ma chambre. Lové sur le lit et me gratifiant d’un ronron bruyant, le chat des voisins a réussi à se faufiler dans la yourte pendant la nuit. Après un copieux petit-déjeuner servi par Véronique dans la yourte, je quitte mon nouvel ami à quatre pattes. Il est presque neuf heures et le conte de fées touche à sa fin. Je repars sur la route en prenant bien soin de ne pas oublier mon soulier en vair.


LA MAÎTRESSE DES LIEUX, VÉRONIQUE, est passionnée par les pays d’Asie, la médiation, la magie et les princesses.


Conçu pour deux personnes, la yorte dowlandi a été fabriquée en Mongolie, tout comme son mobilier. L’autre yourte acceuille jusqu’à quatre personnes


A l’intérieur, pas de fenêtre, mais une ambiance cosy, des mùeubles aux couleurs chaudes et un invité surprise

Laetitia VENANCIO

Extrait de l'union du 15/08/2017

    

    

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La laine mohair récoltée 

Moment important pour Séverine Lobjois. Ses 39 chèvres angoras qui fournissent de la laine mohair ont été tondues. Près de 75 kg de laine devaient être récoltés.


Thomas Baffault, tondeur professionnel, met entre 5 et 10 minutes pour raser un animal.

À SAVOIR

*.- LA DOYENNE DES CHÈVRES ANGORA à la ferme Saint-Joseph a 11 ans et se prénomme Alrika.

*.- LA DERNIÈRE ARRIVÉE, le 3 avril dernier, se prénomme Note.

*.- CEUX QUI DONNENT LE PLUS DE LAINE, entre 7 et 8 kilos par an, sont deux mâles castrés : Galop et Galet.

*.- LES DEUX BOUCS ENTIERS, qui ont 4 ans, s’appellent Ibis et Imprudent.

*.- COMPTE FACEBOOK DE SÉVERINE LOBJOIS où elle raconte la vie de ses chèvres, Le Mohair de Saint-Joseph.

Séverine Lobjois jubile en ce jeudi matin dans sa ferme située au lieu-dit Les pendants à Renneville. Ses 39 chèvres angora, elles, affichent plutôt un air inquiet. Un bruit inhabituel résonne dans leur enclos. C’est celui de la tondeuse ! Chacune leur tour, les bêtes passent entre les mains expertes d’un des deux tondeurs professionnels, Thomas Baffault et Sébastien Ferailles.

La méthode utilisée pour les débarrasser de leur laine vient de Nouvelle-Zélande. Thomas l’affectionne particulièrement : « Cela permet de raser l’animal sans lui attacher les pattes. On le maintient entre ses jambes et on garde les mains libres. La tonte est aussi plus rapide et, du coup, cela stresse moins la chèvre », explique le professionnel qui intervient dans la France entière.

« Les chèvres ne souffrent pas, c’est comme si on se rasait le crâne. Mais comme les enfants qui vont chez le coiffeur, elles sont un peu apeurées », indique Séverine. Thomas Baffault renchérit : « Elles sont sujettes au stress pour plusieurs raisons. Elles se retrouvent assises, les quatre pattes en l’air, elles sont manipulées par des étrangers et la tondeuse fait du bruit ». Extraites du troupeau, elles se sentent aussi perdues. Mais qu’on se rassure, la tonte se veut rapide : « Entre cinq et dix minutes par animal » . Et effectivement, les gestes s’enchaînent sans perdre de temps et avec précision. Il peut arriver qu’une bête souffre d’une coupure mais là aussi pas de crainte à avoir, « c’est comme si on se coupait, nous. On désinfecte et la plaie cicatrise très bien », rassure le professionnel qui ajoute : « La tonte est vitale pour elles car la laine ne s’arrête jamais de pousser. Au final, elle les gêne dans leurs déplacements et les parasites s’y installent ». Rasées de près même autour des yeux, les bêtes se sentent alors toutes légères. Et Séverine, qui les reconnaît toutes sans hésitation malgré leur importante touffe de laine, a besoin de quelques jours pour de nouveau les identifier.

La tonte a lieu deux fois par an, en février et en août. Pour ménager leur dos, les deux tondeurs sont soutenus par un harnais. « Chaque chèvre donne environ 5 kg de laine à chaque tonte, sauf les jeunes qui ont cinq mois et donnent environ 1 kg de laine » , note Séverine Lobjois. Une fois la laine récoltée dans des sacs en papier, Séverine va s’atteler à la trier sur une table. Pour ôter toute trace de foin, de paille ou salissure qui s’accroche à la laine. Les parties souillées, comme la queue, le bas des pattes par exemple, ne sont en revanche pas conservées. Plus la fibre est fine, plus la laine sera douce. Les toisons sont ensuite pesées et envoyées dans une filature du Tarn au groupement Eureca, auquel adhèrent Séverine et une trentaine d’autres éleveurs de chèvres mohair. La laine est ensuite teinte en Vendée.

PELOTES, PONCHOS, PLAIDS

Sa laine est alors transformée en pelotes, ponchos, plaids, gants, chaussettes… que Séverine revend sur les marchés ou salons. « J’ai déjà un compte Facebook où je raconte la vie des chèvres et prochainement, je vais me lancer dans la vente en ligne

Cela fait un an que Séverine s’est lancée dans l’aventure des chèvres angora. « J’ai arrêté la production laitière, en crise. Je voulais faire autre chose, ne plus être dépendante de l’industrie. » En août 2016, elle a accueilli 32 chèvres en provenance de Bretagne. Et depuis, tout se passe bien. Séverine bichonne ses protégées qui lui ont donné sept bébés cette année. « Je peux monter jusqu’à soixante bêtes » , souligne l’éleveuse qui a fait venir famille et amis en ce jour de tonte. « C’est un événement à la ferme » , dit-elle, la récolte du travail fourni. Près de 75 kg de laine étaient attendus.

FRÉDÉRIQUE PÉTRÉ

Extrait de l'union du 13/08/2017

    

    

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Avec Toutenkarton, Sandrine Brisset veut que le recyclage cartonne !

Sandrine Brisset aimerait pouvoir sensibiliser le plus grand nombre de personnes à la réutilisation des déchets, comme le carton, pour la fabrication de meubles et d’objets d’art.


Sandrine Brisset présente les différents matériaux qu’elle utilise pour son art, qui est de réutiliser les déchets, pour faire des cadres et des meubles notamment. C.P.

N’aimeriez-vous pas avoir une table, une chaise ou un meuble en carton ? L’idée peut faire peur au premier abord, mais pourtant la solidité est indéniable.

Sandrine Brisset en est sûre, sa vie aujourd’hui, c’est le carton et c’est pour cette raison qu’elle a créé Toutenkarton, « pour sensibiliser à la fois sur le développement durable et le recyclage ». Cette artiste plasticienne, professionnelle depuis juin 2015, a créé sa discipline, qui utilise les cartons usagés et d’autres déchets, pour en faire des œuvres artistiques. Ainsi, en récupérant les emballages, elle peut réaliser un cadre, une sculpture ou un meuble.

Formatrice en développement durable

Mais elle ne gagne pas sa vie grâce à ses réalisations. Elle n’a pas pour but de les vendre. Ce qu’elle souhaite, c’est pouvoir partager avec les gens et sensibiliser pour la réduction des déchets. Et c’est pour cette raison qu’elle est formatrice en développement durable et qu’elle anime des ateliers, grâce auxquels elle gagne sa vie. Maisons de quartiers et activités périscolaires, Sandrine cumule les cours classiques, les ateliers et les projets ponctuels sur Reims.

Mais pourtant, ce n’était pas du tout son orientation de départ. En effet, elle est titulaire d’une licence en langue étrangère appliquée dans le commerce international. Elle a ensuite travaillé dans diverses entreprises qu’elle juge « classique » avant de décider, en 2009, de tout changer. Elle fait alors un bilan de compétences, avant de reprendre des études. « Ensuite, je suis à la fois devenue coordinatrice de projets en développement durable et formatrice. »

Ma pratique artistique est mon outil de travail pour former au développement durable
Sandrine Brisset

Sandrine a découvert réellement le carton et ses atouts « grâce à mon stage, où j’ai pu me rendre compte que c’était un matériau extraordinaire. D’un loisir, j’ai développé ma technique. Maintenant je sculpte le carton pour pouvoir montrer d’autres aspects de la matière, comme les alvéoles, les cannelures ou le tout compressé. »

Une matière qu’elle utilisait déjà durant les quatre années qu’elle a passées dans une maison de quartier, à mi-temps, pour s’occuper de personnes en réinsertion sociale ou agir sur le lien parents-enfants.

Meubles, cadres et décors

Elle est ensuite entrée à La Fileuse, la friche artistique de Reims, un espace qui accompagne les artistes en création et favorise le croisement des disciplines artistiques. « J’y étais entrée pour 3 mois, afin de développer mon projet artistique avec les déchets, mais je suis finalement restée un an. »

Aujourd’hui, elle est installée au Pôle Ressources Arts Visuels, dans le quartier de Châtillons à Reims, où elle passe beaucoup de temps à animer des ateliers pour les enfants et les adultes, mais aussi pour avoir du temps pour elle. Ainsi, le carton est aussi important « dans sa vie personnelle que professionnelle. Ma pratique artistique est aussi mon outil de travail pour former au développement durable ».

Et maintenant les créations ne cessent de s’accumuler, même dans son domicile familial. Les meubles, qui peuvent demander 30 heures de travail, se montent, mais aussi des cadres, des décors aux motifs divers, tels que des animaux, des tatouages, la jungle, et dernièrement, des maisons de poupées et dinosaures. « Un travail minutieux qui demande de la concentration puisqu’on travaille avec un bistouri pour la précision et parfois une scie sauteuse. Quand on fabrique soi-même, c’est unique et ça apporte de la confiance en soi. »

Dès la rentrée, Sandrine reprendra ses ateliers pour les adultes les samedis matins, sur inscriptions. Elle aimerait aussi se concentrer sur des expositions pour pouvoir montrer et sensibiliser, et pourquoi pas vendre aussi, ses réalisations.

Mon but, c’est le zéro déchet !

Pour son travail des déchets, Sandrine Brisset n’est pas près de voir un épuisement de ses stocks. « Le plus souvent pour trouver mon carton, je vais dans les magasins ou je fais les poubelles. Je trouve même d’autres matériaux, comme du papier de soie dans les magasins de chaussures. En général, on me voit arriver avec mes deux gros sacs ! » Elle peut aussi compter sur la Matériothèque de Reims, où les artistes peuvent trouver facilement les matériaux dont ils ont besoins. « Je récupère de plus en plus de déchets avec mon activité et mes ateliers. »

Et les matières de récupération sont nombreuses. En effet, même si le carton est la base, qu’il soit « brut, au naturel, ou coloré ensuite », Sandrine peut aussi se servir de carrelage, moquette, tissu, lino, papier aluminium, bois, pierre et aussi des tubes utilisés dans les métiers du champagne, qui font de parfaits pieds de table.

La coloration de certaines créations lui permet désormais de travailler sur la création de ses propres couleurs. Ceci lui ajoute une palette nouvelle à ses compétences. L’artiste plasticienne a même fait le choix, depuis les vacances de pâques, d’associer les matières. Le carton laisse donc apparaître parfois du tissu ou de l’aluminium, pour de nouvelles perspectives.

« Avec le carton, je peux aussi utiliser les épluchures », qui correspondent à la première couche qui est enlevée pour laisser paraître les cannelures, « et je fais d’autres tableaux. Quand les morceaux se cassent, je ne jette pas non plus, mais je fais de la pâte à papier pour pouvoir faire un fond artistique sur d’autres créations. Mon but, c’est le zéro déchet ! »

Plus d’informations sur Facebook avec Toutenkarton Reims.

Caroline Puissant 

Extrait de l'union du 02/08/2017

    

    

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Le bijou collerette fait son apparition

 DORMANS Le champagne Joël Coche a eu l'idée d'orner des bouteilles d'un collier en argent.


Une série de 500 bouteilles de la cuvée Charlotte, ornées de ce fameux collier en argent, a été préparée.

« Les premiers, à lancer un bijou collerette sur une bouteille de champagne »
Marie-Claude Coche, vigneronne

Un bijou collerette : c'est ce qu'a imaginé Marie-Claude Coche, 60 ans, pour orner la cuvée Charlotte, la nouvelle gamme du champagne Joël Coche sortie l'an dernier. Un superbe collier en argent, avec en son centre une perle en verre, est attaché autour du col de chaque bouteille, comme une parure. « C'est féminin, fin, joli. Chaque perle est différente », indique Marie-Claude Coche qui a fait appel à la bijoutière Anastasie Gilles et à la souffleuse sur verre, Floriane Tourrilhes, sa cousine. Chaque bijou est accompagné de son certificat d'authenticité.

« Je crois que nous sommes les premiers à lancer un bijou collerette sur une bouteille de champagne ! », lance avec fierté cette vigneronne installée au hameau de Chavenay, à Dormans. Plusieurs grandes marques avaient déjà décoré leurs bouteilles de cristaux Swarovski. Pour sa cuvée Goût de diamants, le champagne De Watère a même incrusté un diamant blanc 19 carats sur son logo. Mais point de bijou que l'on peut ensuite porter !

Comment cette idée s'est-elle imposée ? « Nous avons lancé la cuvée Charlotte, du nom de notre petite-fille de 6 ans. C'est son profil stylisé que l'on peut voir sur l'étiquette colorée entourée d'un liseré doré, raconte-telle, le sourire aux lèvres. Nous voulions quelque chose de plus pour se démarquer. » Plusieurs objets en verre ont été évoqués avant de choisir le bijou collerette, davantage « féminin », à l'image de la Clivée. Pour pouvoir l'associer au champagne, Marie-Claude Coche a dû s'entourer d'avocats et faire déposer cette marque au niveau européen. Pour l'instant, une série de 500 bouteilles de la cuvée Charlotte, ornées de ce fameux collier en argent, a été préparée (115 euros l'unité). Elle sera notamment présentée lors des portes ouvertes du champagne Joël Coche les 18 et 19 mars. Cette vigneronne, qui exploite 8 hectares, imagine cette fameuse bouteille comme un « cadeau intemporel, magnifiant tous les moments de la vie. »

Stéphanie GRUSS

Extrait de l'union du 15/08/2017

    

    

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Balade pétillante en Champagne

Chamery Tout au long de l’été, le petit train vous dévoile les secrets du vignoble champenois lors d’un voyage dans le temps. Alors prêts ? 3-2-1… partez !


Embarquez à bord du petit train des vignobles de Champagne pour une balade insolite entre Chamery et Écueil, au cœur du Parc régional de la Montagne de Reims!

Michel Jolyot

Il est 15 h 30, à Chamery, lors d’un vendredi après-midi ensoleillé. Sur le parking du caveau de Champagne Lallement, le petit train nommé Muson-River, tout de blanc vêtu, nous attend. Anne Longuemart, au volant du petit train, donne le ton. « Bienvenu dans le petit train des vignobles ! » À bord, 13 personnes, touristes et habitants de la région, sont impatientes de commencer la visite.

Après avoir rappelé les consignes de sécurité, le train démarre dans les rues de Chamery. Marie-Antoinette et son mari, Robert, semblent enchantés : « Le village est très joli, très fleuri. C’est l’endroit idéal pour partir à la découverte du vignoble et ça change de Reims ! », confient les propriétaires de l’Impériale de Marie-Antoinette. Des fleurs, Chamery en recèle ! Le village viticole, situé sur la « Route du Champagne », est en effet doté du label 4 fleurs, décerné par le Conseil national des villes et villages fleuris. Une petite musique aux sonorités blues, à l’instar de celles diffusées dans les halls des grands hôtels, rythme le voyage. Une musique qui berce au fil de la visite Robert dans un sommeil relaxant, ce qui n’est pas sans amuser sa femme.

DES SECRETS D’HISTOIRE BIEN GARDÉS

Notre guide, Anne, munie de son micro, prend la parole aux endroits clés du circuit, plongeant les visiteurs au cœur des secrets d’histoire du village. On apprend alors avec stupéfaction que la mer bordait Chamery, il y a des millions d’années, à l’ère Primaire. Le clocher de l’église de Chamery, datant du 12 e siècle, se voit de très loin. Culminant à 57 mètres, il est considéré comme le plus haut clocher rural du département de la Marne. Le paysage est splendide. Sur ces terres champenoises s’étendent 200 hectares de vignes et trois cépages adaptés au climat et sol de la région. À l’horizon, les vignes s’étendent à perte de vue. Les touristes n’en perdent pas une miette et arborent un joli sourire, pour le plus grand bonheur d’Anne. « En général, les visiteurs sont agréablement surpris, ils ne s’attendent pas à une visite aussi complète à la fois sur l’histoire et le travail de la vigne . » Car en plus des anecdotes sur le village, la visite est agrémentée d’informations croustillantes sur l’histoire de la vigne champenoise. Nous apprenons alors que les premières vignes, nées au 5 e siècle avant notre ère, sont en réalité le fruit… des Romains ! « Quand on visite des caves de champagne, on n’a pas accès à toutes ces informations alors qu’ici, on nous raconte la petite histoire du vignoble ! Les paysages sont magnifiques et le territoire mis en valeur. L’approche authentique et non commerciale est également très appréciable », affirme Marie-Antoinette.

UN SUCCÈS INTERNATIONAL

C’est une recette qui plaît et pour cause. « Nous sommes les seuls à faire une visite du vignoble champenois, aussi authentique et approfondie, dans la région », affirme Anne. De plus en plus de touristes, français comme étrangers, sont ainsi séduits par l’offre. « Récemment, nous avons accueilli des touristes danois, des Japonais, des Italiens… Mais la plupart des visiteurs sont français. »

De surprises en surprises et de décors en décors, la visite ne cesse de surprendre – et ce de façon très agréable – les voyageurs. Après avoir arpenté les vignobles et villages de Chamery et Écueil pendant près de 45 minutes, nous arrivons à destination. Pour Robert, ce fut un plaisir. « Très bonne sieste ! À faire et à refaire à l’infini ! » Un plaisir partagé par Valérie et sa famille venus tout droit d’Orange. « La guide explique bien le travail de la vigne, de sa pousse à la récolte. Visiter le vignoble ici diffère de chez nous. On a appris beaucoup sur l’histoire du village. Il y a une très bonne ambiance, surtout en groupe. Ça nous a plu. » Si Marie-Antoinette et son mari ont découvert cette excursion par l’office du tourisme de Reims, ces touristes sudistes sont, quant à eux, complètement arrivés par hasard. « On cherchait une cave à visiter et on est passés devant le petit train. On aimerait visiter une cave de champagne et participer à une dégustation, ça viendrait clôturer en beauté la visite qu’on vient de faire. Autant faire travailler les producteurs de la région ! » C’est donc une aventure qui roule pour l’équipe du petit train et elle ne semble pas près de s’arrêter.


Le clocher de Damery


60% des Chamayots vivent de l’activité viticole. G.F

À SAVOIR

*.- OÙ ? Champagne Lallement, 29 rue de l'église, à Chamery.

*.- QUAND ? Départs à 10 h 30 et 15 h 30 tous les jours, en juillet et août. Uniquement sur réservation. (Pas de visites entre le 12 et le 21 août).

*.- VISITES MULTILINGUES ? 3 langues sont proposées, sur réservation : le français, l’anglais ou l’allemand.

*.- COMBIEN ? Pour la visite du vignoble, comptez 7 €/personne ; tarif groupe : 6 €/personne (+ de 30 personnes, d’avril à octobre). Pour la visite de cave suivie d’une dégustation, comptez 4 €/personne en semaine et 5,50€ pendant les jours fériés. Forfaits disponibles. Minimum de 15 personnes requis pour les deux visites.

*.- INFOS ET RÉSERVATION au téléphone au 03 26 97 6600, par mail à contact@caveauchampagnelallement.com  

Gaëlle FOURNIER

Extrait de l'union du 25/07/2017

    

    

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Témoins de Jéhovah : les différences d’une religion

Châlons-en-Champagne. Six mille fidèles de l’Aisne, de Seine-et-Marne,   de Champagne-Ardenne et de Lorraine se retrouvent,  trois jours durant. Questions et réponses sur cette religion née il y a cent quarante-sept ans.


Le baptême par immersion, comme ici lors d’un ancien rassemblement à Reims, signifie «mourir quant à son ancien mode de vie et revenir à la vie pour faire la volonté de Dieu». Christian Lantenois


L’une des deux salles du Royaume, ou lieux de culte, des témoins de Jéhovah à Reims. Il en existe une vingtaine dans la région. Christian Lantenois


C’est la deuxième année que Châlons accueille le rassemblement régional, prenant ainsi la succession de Reims où il se déroulait auparavant. Remi Wafflart

Comment trouver le bonheur dès à présent ? Ce n’est pas l’un des sujets du dernier bac philo, mais la question fondamentale à laquelle l’association des témoins de Jéhovah assure détenir « la » réponse.

UN POSTULAT, DES PROPHÉTIES

« Si Dieu existe, pourquoi permet-il que le mal se répande sur Terre ? La réponse est biblique, il faut rester confiant que Dieu détient la solution. Il ne laissera pas les humains détruire la Terre indéfiniment, le point de non-retour n’arrivera pas », professe le Troyen Jean-Luc Giovanuzzi, porte-parole de cette communauté qui se réclame du christianisme et qui organise son grand rassemblement régional au Capitole de Châlons-en-Champagne, ces vendredi, samedi et dimanche.

Il faut une foi inébranlable et même « absolue » selon M. Giovanuzzi, pour croire ce qu’annonce cette religion très récente, convaincue que le royaume de Dieu va se réaliser bientôt sur Terre après la fin du monde. «Nous attendons l’accomplissement de certaines prophéties, mais on ne date plus, on ne tombe plus dans ce piège », précise-t-il. On peut en tout cas lire sur le site officiel des témoins « que Dieu accordera aux humains obéissants une santé parfaite et la vie éternelle sur une terre paradisiaque ; que Dieu ramènera des milliards d’humains à la vie grâce à la résurrection mais que ceux qui refuseront d’apprendre les voies de Dieu après avoir été ramenés à la vie seront détruits pour toujours, sans espoir de résurrection ; et que « seuls 144 000 humains» (pas un de plus) « seront ressuscités pour la vie céleste afin de gouverner avec Jésus dans le Royaume.»

La philosophie des témoins consiste à ne pas bouleverser l’ordre des choses. « Nous sommes dans cette attente qui peut paraître passive. On ne peut pas s’opposer à ce qu’il se passe aujourd’hui sur Terre. On reconnaît qu’il y a des bonnes volontés mais, au bout du compte, quoi qu’on dise et quoi qu’on fasse, rien ne change », assure, fataliste par nature, M. Giovannuzzi. Et, parce que « le climat ambiant peut être décourageant » pour les témoins, le rassemblement à caractère spirituel de Châlons est construit autour de cette injonction thématique : « Ne renoncez pas ! ».

LA RÉACTION

Comme ses coreligionnaires, Jean-Luc Giovannuzzi explique tirer de la Bible absolument tout ce qu’il dit. « Oui, mais ils en font une traduction qui leur est propre et qui n’est d’ailleurs reconnue par aucune autre communauté chrétienne », indique Florent Masson, porte-parole du diocèse de Châlons-en-Champagne, donc membre de l’église catholique. « Avec les orthodoxes, les protestants, nous tombons d’accord sur des traductions communes -certes, pas sur tout, c’est pourquoi nos religions sont différentes –, mais les témoins font une traduction qui va dans le sens qu’ils professent. Ils expurgent du texte biblique tout ce qui fait la divinité de Jésus. C’est essentiel ! De même ne reconnaissent-ils pas la Sainte-Trinité. »

Pour Yvette Laurent, présidente du conseil presbytéral de l’église protestante unie de Reims-Epernay, les conceptions sont définitivement irréconciliables : « Aucun rapprochement n’est possible avec les témoins. » Mais est-ce vraiment sur de telles différences structurelles que les gens se laissent séduire par ces prédicateurs-missionnaires qui font du porte-à-porte ? «Je ne pense pas que ce soit pour cela. Mais il n’y a jamais eu autant de spiritualité qu’en ce moment. En France, des milliers de personnes se convertissent tous les ans à une religion, comme l’islam, le protestantisme, le catholicisme, le bouddhisme, etc. Les témoins de Jéhovah en font partie », répond Florent Masson qui se refuse à parler de secte. « Nous ne sommes pas qualifiés pour cela. » D’autres catholiques que nous avons joints franchissent spontanément le pas en précisant que leurs propos n’engagent qu’eux-mêmes…

LA PRATIQUE

Jean-Luc Giovannuzzi se défend de tout sectarisme (lire par ailleurs). « On nous qualifie ainsi depuis l’affaire de l’Ordre du temple solaire. Les gens ne paient pas pour entrer chez nous et il est facile d’en sortir, même plus que d’y entrer ! »

La pratique du culte s’exerce dans des « salles du royaume». Il en existe une vingtaine dans le périmètre régional (soit environ 150 km autour de Châlons-en-Champagne), comme à Charleville-Mézières, Sedan, Vouziers, Fumay, Rethel, Saint-Quentin, Crouy, Ognes, Laon, Fismes, Épernay, Reims, Châlons, etc.

Les horaires des offices, dont certains en langue étrangère, figurent à l’entrée ou sur le site des témoins. « Nous n’avons pas de rite, sauf le baptême. » Le baptême par immersion a un côté spectaculaire. Il signifie «mourir quant à son ancien mode de vie et revenir à la vie pour faire la volonté de Dieu ». Plusieurs se dérouleront samedi matin à Châlons.

Un Témoin ne peut pas être homosexuel

Mariage pour tous, divorce, procréation médicalement assistée pour les couples lesbiens… toutes ces évolutions sociétales n’ont pas lieu d’être dans le monde des témoins de Jéhovah. « Nous sommes opposés aux actes, pas aux humains, nous ne condamnons pas les personnes, mais on les encourage à changer », précise Jean-Luc Giovannuzzi. Le popros est plus net quand il dit qu’il « ne peut pas y avoir de témoin de Jéhovah qui soit homosexuel. » « Être témoin, c’est un mode de vie, c’est être le plus vertueux possible. »

Dans cette communauté, la notion « d’immoralité sexuelle » est le seul « motif biblique » de divorce. « Si quelqu’un choisit de divorcer sans motif biblique, il ne remplit pas les conditions pour assumer des responsabilités dans la congrégation, et selon les principes bibliques, il ne sera pas libre de se remarier. » De toute façon, « la Bible encourage les conjoints à rester ensemble même si les circonstances ne sont pas idéales », lit-on entre autres sur le site www.jw.org.

Celui-ci foisonne d’une documentation écrite et audiovisuelle - toujours adossée à des textes bibliques - sur les bons comportements à adopter. À l’école (notamment sur l’opposition entre la création et l’évolution), sur la santé, le sport, la famille… et même sur la façon de s’habiller en rejetant, pour les filles comme pour les garçons, les « stéréotypes présentés dans les médias » 

Un mouvement né aux États-Unis  au XIX e siècle

Dans les années 1870, en Pennsylvanie, s’est créé un mouvement de chrétiens dénommé « Étudiants de la Bible » initié par Charles Taze Russell. Celui-ci nourrit sa réflexion au contact de prêcheurs adventistes qui croient donc à l’imminence de la seconde venue du Christ. La fin des temps, (armageddon) est annoncée pour 1914, ce ne sera pas la seule date…

Il crée un journal « La Tour de garde » puis fonde la Watch Tower Society où il diffuse sa doctrine plus ou moins controversée. Mais il gagne en notoriété. Après sa mort en 1916, la doctrine évolue, se transforme, se radicalise, se développe et s’internationalise.

Le 23 juin 2000, en France, le Conseil d’État reconnaît le statut d’association cultuelle aux témoins de Jéhovah. En 2011, l’organisation devient une religion pour toute l’Union européenne.

Le 20 avril 2017, la Cour suprême russe qualifie l’organisation d’extrémiste qui est interdite dans toute la Russie où l’église orthodoxe considère les témoins de Jéhovah comme une secte.

17 millions de sympathisants dans le monde

Selon les chiffres de l’organisation, on dénombrait hier 128 759 témoins de Jéhovah en France actifs baptisés et autourde 250 000 sympathisants. Dans le monde, ces chiffres sont de 8,3 millions d’actifs et de 17 millions de sympathisants.

DANS LE COLLIMATEUR DE LA MIVILUDES

La Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires indiquait en 2012 « continuer d’exercer sa vigilance à l’égard des témoins de Jéhovah en raison de signalements de dérives sectaires qu’elle reçoit régulièrement de la part d’anciens membres ou de proches des membres de cette communauté ». Interrogé cette semaine, l’organisme confirme et motive cette position en développant trois points.

1- Le refus de la transfusion sanguine qui est « un élément doctrinal impératif pour les témoins de Jéhovah.». La Miviludes rappelle que les médecins sont tenus de respecter la volonté des malades majeurs « quand bien même ce refus peut être létal », mais qu’ils ont «le devoir de préserver les chances de survie des patients mineurs, et doivent passer outre leur refus et celui des titulaires de l’autorité parentale . »

2 – La Miviludes dit qu’en cas de litige à l’intérieur de la communauté, il est recommandé aux témoins de Jéhovah de ne pas faire appel à la justice mais de demander conseil aux anciens. « Cette recommandation et le traitement en interne d’une plainte contreviennent aux lois de la République et peuvent conduire à priver certaines victimes vulnérables, les enfants en particulier, d’un traitement adéquat de leurs doléances et à favoriser le renouvellement de faits similaires. »

3 – Enfin, à propos de l’éducation, l’organisme s’inquiète notamment de ce que « la doctrine apocalyptique des témoins de Jéhovah peut induire de fortes tensions psychologiques : l’enfant est incité à bien travailler à l’école alors que dans le même temps l’enseignement reçu est discrédité, certaines activités scolaires et festives comme certaines amitiés lui sont refusées et on le décourage de poursuivre des études longues. »

Précisons qu’une personne qui semble bien connaître l’organisation nous a indiqué « qu’il est impossible de la quitter sans dommages, car celui qui s’en va perd tout contact avec ses amis (les seuls qu’il avait) ainsi qu’avec sa famille proche restée au sein du mouvement. » Cette personne parle d’une «emprise mentale » qu’exerce l’organisation, notamment par « la peur d’une très proche destruction du monde et par le maintien dans une soumission absolue ».

LA FRANCE A DÛ REMBOURSER PRÈS DE 4,6 MILLIONS AUX TÉMOINS DE JÉHOVAH

« Oui, la France nous a remboursés à la suite du jugement de la Cour européenne des droits de l’homme du 5 juillet 2012 », confirme Jean-Luc Giovannuzzi. C’était l’aboutissement d’une longue affaire financière dont l’origine remonte à un redressement fiscal, à une époque où l’association des témoins de Jéhovah était encore plus dans le collimateur que maintenant. Ce redressement s’échelonna de fin 1995 à début 1999 et porta sur la taxation des «offrandes » (dons) des fidèles. Pour la Cour européenne des droits de l’homme, le redressement avait porté atteinte à la liberté de religion « alors que le droit reconnaît la liberté de culte ». Reste que pendant la bataille judiciaire, les sommes réclamées par la direction générale des impôts montèrent jusqu’à plus de 57 millions d’euros, intérêts de retard compris !

Extrait de l'union du 03/07/2017

    

    

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Dans les pas du tsar   Pierre le Grand

Trois cents ans et 5 jours après   la venue de Pierre le Grand, le prince   et la princesse Georges Yourievsky ont marché sur les traces de leur ancêtre.


Le prince et la princesse Georges Yourievsky, descendants directs du tsar Pierre 1er le Grand, ont assisté à la bénédiction d’une icône commandée par Pierre-Emmanuel Taittinger, symbole de l’amitié qui lie la maison à la Russie, et découvert l’ancienne abbaye Saint-Nicaise qui avait tant intrigué le tsar.
Remi Wafflart

Le 22 juin 1717, le tsar russe Pierre 1 er le Grand – le premier tsar à avoir bu du champagne – parcourait les caves de l’ancienne Abbaye Saint-Nicaise à Reims, malheureusement détruite pendant la Révolution. Ce n’est pas tant les caves qu’il venait découvrir ce jour-là, même si l’homme était réputé pour être « un gros buveur », mais le fameux pilier tremblant de l’abbaye, un arc-boutant côté sud qui oscillait à chaque fois que l’on sonnait l’une des quatre cloches. L’histoire voulait que les plus grands scientifiques se soient penchés sur la question sans en comprendre l’origine. Homme d’église, le tsar avait tenu à toucher de ses mains la Sainte Ampoule de la basilique Saint-Remi, mais tout autant animé d’un esprit curieux, il voulait observer ce fameux pilier, espérant pouvoir en résoudre l’énigme… « La réalité », comme l’expliquera l’historien Patrick Demouy, sera « purement technique. Il s’agissait en fait d’un défaut dans le scellement des pierres lors des fondations. Les tirants en fer avaient été oubliés… Lorsque les 4 cloches sonnaient ensemble, cela ne se sentait pas, mais lorsque la cloche seule de ce pilier sonnait, on ressentait les vibrations … ».

Cette journée est un pèlerinage à la fois sentimental et historique
Le prince Georges Yourievsky

Hier, trois siècles – et 5 jours – plus tard, c’est non sans émotion que ses descendants directs, le prince et la princesse Georges Yourievsky, sont revenus sur les traces de leur ancêtre. S’ils n’ont pu se pencher sur cette légende du pilier tremblant, la Révolution ayant tout emporté, ils ont pu déambuler dans les caves qui avaient jadis accueilli Pierre le Grand. Caves qui sont aujourd’hui la propriété du champagne Taittinger. C’est d’ailleurs à l’invitation du président Pierre-Emmanuel Taittinger que le couple princier avait fait le déplacement en France, aux côtés de l’ambassadeur de la Fédération de Russie en France, Alexandre Orlov.

KHROUCHTCHEV INVITÉ DE TAITTINGER

À l’image de Vladimir Poutine, reçu en mai dernier par Emmanuel Macron au château de Versailles, afin d’inaugurer l’exposition consacrée au tricentenaire de la visite en France du tsar, le prince et la princesse Georges Yourievsky sont venus assister à la bénédiction d’une icône de saint Nicaise et sainte Eutropie, spécialement commandée à l’artiste Marie Courbe-Michelet par Pierre-Emmanuel Taittinger, témoin de l’amitié qui lie la maison Taittinger à la Russie. « La mémoire est essentielle à l’âme humaine. Il existe une alchimie particulière entre la maison Taittinger et la Russie. J’ai un frère qui s’appelle Vladimir. Ma mère a toujours baigné dans la littérature russe… Mon père avait accueilli Nikita Khrouchtchev … », a rappelé le président Taittinger avant de dévoiler l’icône, témoin de cet attachement. « Un moment d’émotion », partagé par le prince Yourievsky. « C’est une journée historique, une date très spéciale. Il existe une grande amitié d’un point de vue historique entre la France et la Russie… La venue de mon ancêtre, le tsar Pierre 1 er le Grand, marque le début de cette relation diplomatique. Cette journée est un pèlerinage à la fois sentimental et historique. »

Caroline GARNIER

Extrait de l'union du 28/06/2017

    

    

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Des ivoirines à l'effet bœuf


Réalisées à partir de tibias de bœuf, les statuettes et les objets rappellent l’ivoire

Chevalier de l'ordre des Arts et des Lettres, médaillé d'or de l'école Boulle, « père » du premier œuf d'autruche sculpté à voyager dans l’espace (à bord de la navette Atlantis, ndlr), et d'un livre monumental de 14 pages pour 54 kg, l'artiste pargnysien Jean-Pierre Surugue a encore frappé. Ou plutôt, son imagination

Sa dernière trouvaille: traiter et sculpter des os de bœuf, des tibias en particulier et de race charolaise de préférence, pour donner aux objets ainsi créés l'aspect de l'ivoire. « Les ivoirines Surugue », ainsi dénommées, n'auraient d'équivalent nulle part ailleurs. Quand on la résistance du matériau et sa tendance certaine à jaunir, le résultat est, il est vrai, surprenant de finesse et de blancheur.

 « J'ai travaillé l'ivoire à l’époque ou cela était encore autorisé. Comparé à l'os de bœuf, c'est l'eau et le vin. L'os est compliqué à nettoyer et à travailler. J'ai dû trouver les bonnes fraises et adapter les outils. Mais surtout, il m'a fallu développer une technique pour obtenir des os bien blancs, qui vont tenir dans la durée. Cela m'a pris plusieurs années alors je ne vais pas la dévoiler », explique, l'œil espiègle, le sculpteur.

Gare à celles et ceux qui oseraient lui tenir tête en affirmant que ses créations sont élaborées à base de poudre d'os reconstituée ... « J'ai les chutes d'os dans mon atelier, je peux les leur montrer ! », s'offusque l'artiste, qui peut passer plusieurs jours sur une seule statuette.

« Je suis parti de la Préhistoire, en dessinant d'abord une scène sur un os puis en fabriquant des hameçons et des pointes de harpons. Au passage, cela donne une idée du travail que ces hommes préhistoriques, qui n'avaient pas nos outils, réaIisaient. Puis je suis passé au XIX° siècle en réalisant des peignes pour chignons espagnols, puis des bijoux et, enfin, des statuettes représentant les quatre saisons », détaille Jean-Pierre Surugue, dont l'atelier d'art. situé sur la route du lac du Der, entre Vitry-le-François et Giffaumont-Champaubert, est ouvert à la visite.

L'artiste ne voit que des avantages à utiliser l'os de bœuf : « C'est un matériau dont l'utilisation ne nuit à personne. Ça ne sert à rien de tuer des éléphants quand on arrive produire d'aussi belles pièces. Après, c'est vrai que les objets ne sont pas pleins, mais les défenses d'éléphants ne le sont pas non plus à la base. »

Damien ENGRAND

Extrait de l'union du 30/05/2017

    

    

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Les tombeaux d'Egypte ont des secrets millénaires

Huit momies, des sarcophages en bois aux couleurs vives, un millier de figurines funéraires ont été mis au jour en Haute-Egypte dans une tombe de l'époque pharaonique, vieille de 3500 ans.


Une dizaine de sarcophages en bois ont été découverts au rond d'une tombe. AFP

Le tombeau, proche de Louxor, appartient vraisemblablement d'après les archéologues à Userhat, un magistrat de la XVIII° dynastie portant le titre de «juge de la ville Il, Mais il a été réutilisé sous la XXIe dynastie pour accueillir d'autres momies. « C'était une surprise de découvrir autant d'éléments à l'intérieur: des ustensiles en argile portant le nom du propriétaire de la tombe, plusieurs sarcophages et des momies, ainsi que plus d'un millier de petites statuettes funéraires déposées dans les tombes pour servir le mort dans l'au-delà », a résumé le ministre égyptien des Antiquités Khaled-al-Anani. Avant d'ajouter : « C'est une découverte importante, et ce n'est pas encore fini. » Les recherches conduites dans cette région attestent qu'il reste encore beaucoup de trésors archéologiques à découvrir et que le travail doit être précis et méthodique pour ne pas passer à côté d'un gisement de grand intérêt.

UN MILLIER DE STATUETTES

Le chef de la mission arChéologique, Mostapha Waziri, a annoncé un total de « huit momies et dix sarcophages » inventoriés dans la sépulture. Les fouilles ne sont pas achevées. Dans la tombe, des experts égyptiens s'activent autour.de sarcophages en bois, brisés mais bien conservés, décorés de personnages et de motifs pharaoniques aux couleurs, jaune, rouge, noir et bleu. À l'intérieur, des momies enveloppées de" lin blanc qui ont noirci au fil des siècles. L'explication de cette découverte repose sur l'hypothèse que cette tombe de la XVIII° dynastie ; réutilisée sous la XXI° dynastie, au temps des voleurs de tombe, a été réemployée pour y placer des sarcophages issus de sépultures profanées par des pilleurs. Devant la tombe, sur une table, ont été déposées des dizaines d'ouchebti en terre cuite et de couleur ocre, retrouvés dans un puits profond au cœur de la tombe. Tout près, sur le sol, des petits vases en argile de plusieurs tailles, aux couleurs variées, ocre, rouge et blanc ont été récupérés.

Les archéologues ont découvert dans le périmètre des squelettes et des crânes humains. À l'entrée de l'hypogée, deux autres entrées menant à deux autres tombes ont été dégagées. « Les fouilles vont se poursuivre pour essayer de dé- couvrir ce qu'el/es contiennent et si l'on peut identifier leur propriétaire. »

DE NOUVEAUX PROJETS

Une dizaine de sarcophages en bois ont été découverts au rond d'une tombe. AFP L'Égypte a récemment donné son feu vert à plusieurs projets' archéologiques dans l'espoir de faire de nouvelles découvertes, au moment où le secteur touristique, pilier de l'économie, peine à retrouver un niveau honorable après plusieurs attentats meurtriers ces dernières années .. En octobre 2015, les autorités ont dévoilé le projet  « Scan Pyramids », destiné à identifier d'éventuelles chambres secrètes au cœur des pyramides de Gizeh et de Dahchour, au sud du Caire, et à éclaircir le mystère de leur construction. Un an plus tard, l'équipe chargée du projet a annoncé avoir détecté dans la pyramide de Khéops deux « anomalies » qui pourraient être des « cavités inconnues ». Les autorités égyptiennes ont encore lancé à l'automne 2015 des recherches dans la tombe du pharaon Toutankhamon, dans la Vallée des Rois, dans l'espoir d'y découvrir une chambre secrète qui pourrait bien abriter le tombeau de la reine Néfertiti. En avril 2016, des excavations dans la nécropole de Dahchour ont permis la découverte des ruines d'une pyramide, vieille de 3.700 ans. Bref, l'inventaire des trésors architecturaux du temps des pharaons est loin d'être achevé.

Hervé CHABAUD

Extrait de l'union du 26/04/2017

    

    

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Un nouveau concept de construction à partir de conteneurs imaginé dans les Ardennes


Les applications de la Loft House Box sont multiples : elles vont du bureau de 14 mètres carrés à la résidence pour étudiants. Dessin Jocelyn Deris

Dans les Ardennes, il n’y a pas la mer mais des conteneurs maritimes et des gens qui ont des idées. La société Loft House, créée à Balan, près de Sedan, a développé un système construction de logements à partir de ces grandes boîtes métalliques, pas chères, ultra-solides et que l’on peut modifier à volonté avec une disqueuse et un poste à souder. Comme s’il s’agissait d’un jeu de construction, Loft House peut avoir recours à un, deux, trois ou une multitude de modules. Si la structure de base, le conteneur, est sommaire, l’entreprise ardennaise revendique une finition de qualité. «  C’est une solution transportable premium  », assure le gérant et fondateur, Gauthier Gondel. Ce dernier est en effet connu pour être à la tête de l’entreprise familiale de menuiserie Fabrimeuble et pour avoir créé Agencia Design (trois adresses en France), un bureau d’études  spécialisé dans les aménagements intérieurs pour particuliers et professionnels.

« Si les premières grosses commandes se concrétisent, j’embaucherai 20 ou 30 personnes »
Gauthier Gondel, Loft House

Que ce soit pour un petit bureau de 14 mètres carrés à poser au fond du jardin, ou une résidence d’étudiants de 125 chambres, composée de modules reliés par des échelles et des coursives métalliques, les conteneurs sont parés de bois et l’aménagement intérieur complet (placards, cuisines, salles de bain, etc.) est réalisé dans l’usine, cousine, de Fabrimeuble à Balan. Ce procédé industrialisé optimise la fabrication et réduit la durée des chantiers, d’où un coût de construction compétitif (moins de 1000 euros du mètre carré). Pour les petites surfaces (moins de 20 mètres carrés), le conteneur permet de s’affranchir du permis de construire et a l’avantage d’être facilement transportable d’un site à l’autre. Il faut juste se raccorder aux réseaux. «  C’est du plug and play  », souligne M. Gondel.

En parallèle de cette gamme « box », Loft House développe des petites maisons également préfabriquées et transportables de 44 mètres carrés aux normes PMR (personnes à mobilité réduite). Une grande enseigne de maisons de retraite, qui souhaite développer des villages vacances, est très intéressée par le concept. Après une visite prochaine à Balan, où une seconde maison témoin vient d’être achevée, un lot de 30 maisons pourrait être commandé pour un site de l’Hérault. Une mutuelle envisage, pour un galop d’essai, l’achat de 17 maisons pour un village de vacances dans le Var. «  Si les premières grosses commandes se concrétisent, j’embaucherai 20 ou 30 personnes  », annonce Gauthier Gondel. Ce dernier avait créé Loft House en 2010, mais avait été rapidement confronté à l’émergence d’une norme de construction (RT 2012) trop contraignante pour le concept. La norme ayant évolué, Loft House est donc dans les starting-blocks pour conquérir de nouveaux marchés.

 Julien Bouillé

Extrait de l'union du 24/04/2017

    

    

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Ce manuscrit si énigmatique qui défie les scientifiques

Cet ouvrage du XVe siècle, qui n'a toujours pas révélé ses secrets va être édité, avec le feu vert de l'université américaine de Yale, chez Siloé. L'exemplaire coûtera 7500 euros,


Le manuscrit est divisé en plusieurs chapitres qui évoquent semble-t-il un herbier, l'astrologie, la zoologie, la pharmacologie. AFP

0n le nomme manuscrit médiéval Voynich. Il est conservé depuis une cinquantaine d'années dans la bibliothèque Beinecke des livres rares de l'université de Yale aux États-Unis. Il porte incidemment le nom de celui qui la remis au jour au début du XX° siècle. Il comporte environ deux cent cinquante pages en vélin, une peau de veau mort-né très fine et au moins trente mille mots d’une langue inconnue ou bien codée et sans ponctuation. Il est divisé en plusieurs chapitres qui évoquent semble-t-il un herbier, l'astrologie, la biologie, la pharmacologie

UN LIVRE VOYAGEUR

Son parcours est incroyable puisqu'à la fin du XVI· siècle, il est, à Prague, la propriété de l'empereur Rodolphe Il. Il se le serait procuré auprès de l'astrologue anglais John Dee. Le manuscrit est, à ce moment-là, attribué au moine savant du Xlll-siècle Roger Bacon! L'empereur l'aurait ensuite confié à son médecin Jacobus Horcicky de Tepenec puisque sa signature apparaît sur l'ouvrage, qui a été expertisé aux ultra-violets. En 1639, l'alchimiste praguois George Baresch mentionne le manuscrit dans un courrier envoyé au jésuite allemand Athanasius Kircher. En 1665, le médecin personnel de J'empereur Ferdinand III.Jan Marek Marci adresse le livre à une sommité intellectuelle de l'époque, ce même Athanasius Kircher. Le livre tombe dans l'oubli.

Il réapparaît en 1912 par la grâce d'un bibliophile polonais, Wilfrid Voynich, qui l'acquiert dans une vente d'ouvrages du Collège romain (l'actuelle université pontificale grégorienne). En 1969, Hans Kraus en fait don à l'université de Yale. En 2011, le manuscrit est daté au carbone 14 par des chercheurs de l'université d'Arizona, qui le situent entre 1404 et 1438, et confirment que l'encre employée, par ses pigments et sa finesse, est bien antérieure à l'imprimerie.

EN QUETE DE SENS

Ce qui déroute dans ce manuscrit ce sont les compositions, notamment celle de l'herbier où le copiste a volontairement associé les racines d'une plante avec les feuilles d'une autre et la fleur d'une troisième. On y découvre aussi des femmes qui prennent des bains sans qu'un lien de causalité puisse être établi. Comment le décrypter ? Des experts ont renoncé, à l'exemple de William Friedmann qui a pourtant cassé les codes de l'armée japonaise pendant la Seconde Guerre mondiale. Pour le cryptographe Antoine Casanova : « Le Voynich ressemble assez étrangement à un recueil médical. Mais à un recueil datant d'une époque où le corporel et le spirituel n'étaient pas dissociables, où les calendriers éclairaient sur les dates des soins, Tel un ouvrage sur les traitements de l'âme, le manuscrit fait sens. » Bien des éléments symboliques qui illustrent cet étrange ouvrage appartiennent à la symbolique médiévale. En outre des comparaisons qui ont été réalisées par des spécialistes de l'écriture et du langage avec une cinquantaine de langues' des XII° au XV° siècles affirment qu'il y a une grande proximité avec les langues latines. Alors s'agit-il d'un dialecte perdu ? Les mêmes analystes estiment qu'il existe une volonté de combinaisons des expressions, des mots et un emploi volontaire d'abréviations et rappellent que la cryptographie est née au début du XIV· siècle avec le théologien catalan Raymond Lulle. Rien ne dit que dans les années qui viennent, les meilleurs linguistes et as de paléographie ne vont pas enfin tout nous révéler.

Hervé CHABAUD

Extrait de l'union du 22/02/2017

    

    

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De l'aurochs sur les étals du Boulingrin


Les premiers steaks d’aurochs seront sur les étals du Boulingrin dès demain, 6 heures. Hervé Oudin

« C'est une viande extrêmement rare en France, une viande maigre qui a du goût »

Ils sont bios et le moins qu'on puisse dire, c'est 'qu'ils savent surprendre leurs clients. Loïc et Nadège Boveroux, bouchers charcutiers bios, éleveurs ardennais d'angus, une race bovine britannique à dominance noire et rouge sombre, sans cornes, ont habitué leur clientèle du Boulingrin à déguster une viande grasse, très persillée, déjà atypique pour la région.

Dès demain, ils proposeront à l'étal de l'aurochs, une race bovine primitive, à longues cornes, pour ainsi dire inexistante en France. À peine 500 bêtes constituent le cheptel français, alors que l’aurochs est une viande très prisée en Suisse. Le couple d'éleveur vient d'en acquérir une quinzaine. Elles sont arrivées dans leurs pâtures ardennaises, voilà trois semaines. Il y a un taureau, un jeune taureau, des vaches, des génisses, des bœufs (L'union du 22 novembre)

Leur premier bœuf a été tué cette semaine et sera sur les étals du marché ce samedi. « C'est une viande particulière qui devrait plaire, » annonce Loïc Boveroux. « A la différence de l'angus, plus grasse et persillée, on aura une viande maigre avec du goût, qui se rapproche davantage de la texture du gibier. Le grain est plus fin. C'est une viande, qui plus est, excessivement rare en France ! Il y a une grosse clientèle à Reims pour ce type de produit. » Les Boveroux possèdent le seul cheptel de toute la moitié nord de la France.

UN PREMIER VEAU A NAlTRE AU PRINTEMPS

L'aurochs, c'est cette race de vache préhistorique, disparue au XVIIe siècle et reconstituée par des Allemands dans les années 1920, une vache reconnaissable par ses grandes cornes en forme de lyre, dont l'envergure peut atteindre les 1,40 m. Une bête impressionnante pouvant atteindre les 1,80 m au garrot pour une tonne. « C'est une race primitive, très rustique, capable de s'adapter à tous les climats », précise l'éleveur. « L'aurochs, c'est la souche mère de toutes les vaches. Elle peut passer tout l'hiver en, extérieur. Une génisse peut même vêler dans la neige. Pour l’instant, elles sont rentrées. Je ne les connais pas. Elles avaient l'habitude de vivre dans la montagne. Il va falloir qu'elles s'habituent à un autre mode de vie. Pour le moment, on s'apprivoise. » Loïc envisage de les lâcher au printemps. C'est d'ailleurs à cette même époque que devrait naître son premier veau aurochs. « L'une de rites génisses est déjà pleine. Ce sera un grand moment. Il s'agira de la première naissance d'aurochs dans la région depuis 1627 ! »

Caroline GARNIER

Extrait de l'union du 25/11/2016

 


 Les aurochs sont leur retour dans les pâtures ardennaises

Un troupeau d'aurochs, ces vaches à longues cornes pour ainsi dire inexistantes en France, sont de retour en terre ardennaise. Le pari un peu fou d'un couple d'éleveurs d'angus.

De la charolaise à l'angus, en passant par 1'aurochs. Une simple petite annonce sur la France agricole, « Vend troupeau d'aurochs », aura suffi à convaincre Loïc et Nadège Boveroux de franchir Ie pas de la diversification bovine. Un choix qui n'est pas anodin et témoigne de la dynamique qui a toujours été celle des Boveroux, éleveurs d'angus à Exermont dans les Ardennes, une race déjà atypique pour la région.

C'est ainsi qu'un troupeau d'une quinzaine d'aurochs, l'ancêtre des races actuelles de bovins domestiques. « la souche mère de toutes les vaches, une espèce longtemps disparue "reconstituée" par des Allemands dans les années 1920 »,comme l'explique Loïc Boveroux, et reconnaissable par ses grandes cornes en forme de lyre, a fait voilà trois semaines son retour dans les pâtures ardennaises, à Exermont. Une bête impressionnante pouvant atteindre Je 1 m 80 au garrot pour une tonne, et surtout une envergure de cornes variant de 1m 30 à 1m40.

ELEVEUR ET AUROCHS S'APPRIVOISENT

« J'ai vu l'annonce le lundi soir, le mardi matin j'étais part dans l'Ain. à 5 km de la Suisse. Le jour même j’avais acheté l'ensemble du cheptel, une quinzaine de bêtes », précise l'éleveur qui a de suite, affrété un transporteur. « Elles sont arrivées il y a trois semaines. Il y a un taureau, un jeune taureau, des vaches, des génisses, des bœufs. Là-bas, elles étaient dans les montagnes, elles étaient habituées à vivre en extérieur toute l'armée. Comme Je ne le connaisals pas encore, je préfère les rentrer pendant deux à trois mois, de façon à comprendre comment elles fonctionnent. C’est une race primitive, donc très rustique. Il va falloir qu'elles s'habituent à un autre mode de vie. » Pour l’instant la cohabitation se passe plutôt bien. Eleveur et aurochs s'apprivoisent. « Elles ne sont pas agressives ... Elles seront lâchées au printemps. » En attendant, Loïc Boveroux a dû adapter son matériel à la physiologie de l'animal.

« A l'époque, on m’à pris pour un fou. Les gens ne connaisaient plus cette race. Il y avait très peu d'élevages d'angus » Loïc Bouveroux, éleveur

Autant dire que l'arrivée du cheptel a fait sensation à Exermont, petit village de 29 habitants pour un millier de vaches, des charolaises pour l'essentiel même si chez les Boveroux on a depuis bien longtemps, abandonné la charolaise.

Loïc Boveroux a, il est vrai toujours marché en dehors des sentiers battus. À 19 ans, ce fils et petit-fils d’éleveur de charolaises, a choisi de se mettre à son compte à Apremont, avant de reprendre, quelques années plus tard, l'exploitation de son père. C’était en 1992.

500

C'est le cheptel actuel d'aurochs, en France, alors que la race est très prisée en Suisse. Il y a très peu d'éleveurs en France.

« A l'époque, j’ai commencé par une cinquantaine de charolaises, mais, très vite, j'ai trouvé que la qualité n'était pas au rendez-vous.» C'est ainsi qu'il a troqué la charolaise contre l'angus, une race bovine britannique à dominance noire et rouge sombre, sans cornes. « Elles sont naturellement sans cornes. J'avais entendu parler de la race angus. je m’y suis intéressé. J'ai alors rencontré un éleveur du Gers qui avait un petit troupeau. ]'ai fini par lui acheter tout son cheptel. À l'époque, on m'a pris pour un fou. Les gens ne connaissaient pas cette race, il y avait très peu d'éleyages. Aujourd'hui c'est une race en pleine expansion.»

Une race qui, tout comme l'aurochs, est capable de s'adapter aux climats les plus froids. Les deux races ont également cette particularité d vêler seules, c'est-à-dire sans "aide d'un humain, « Je n'ai pas besoin de les surveiller. » Autre avantage pour Loïc, « une génisse angus est mise à taureau à l’âge de 15 mois pour un vêlage à 2ans, alors qu’une charolaise est mise à taureau à 2 ans pour un vêlage à 3 ans. Cela explique pourquoi la race angus est la plus connue au monde, sauf en France ! » 

Son taux de fertilité, est par ailleurs, très élevé et elle retourne à taureau très rapidement, au bout de trois semaines. Une vache angus peut mettre bas jusqu'à l'âge de 15 ans, contre 8 à 9ans pour une charolaise. « J’ai une vache de 17 ans qui a déjà fait quinze veaux. » L’aurochs est quant à elle une race plus tardive. « Les vaches ne sont mises à taureau qu'à 4 ans, avec un premier vêlage à 4-5 ans et les bœufs « nécessitent, cinq années d'élevage avant l'abattage. »

DE L’AUROCHS SUR LES ETALS AU BOULlNGRIN

Avec Nadège, son épouse, banquière de formation, ils sont aujourd'hui à la tête d'une exploitation de 130 bêtes sur une centaine d'hectares de pâtures à Apremont,  Extermont et Fléville. Une exploitation qui de plus est bio (lire par ailleurs),

Le but pour les Boveroux est aujourd'hui de commercialiser les aurochs à l'étal sur le marché du Boulingrin Le premier bœuf sera sur les états à la fin de la semaine.

« Il y a une grosse clientèle à. Reims. C'est une viande particulière qui devrait plaire. Avec l'angus, on a une viande grasse, très persillée. Avec l'aurochs, on aura une viande maigre avec du goût, une viande qui se rapproche davantage de la texture du gibier. Le grain de viande de l'aurochs est plus fin. C'est une viande excessivement rare en France. II y a à peine , 500 aurochs en France, « lorsque la race est très prisée en Suisse. Il y a très peu d'éleveurs, et pas un seul dans la moitié Nord de la France », se réjouit Loïc.

Le premier veau Aurochs à naître est attendu pour la fin mars, début avril 2017. L'une de ses reproductrices est déjà pleine. Un événement à part entière ... Il s'agira de la première naissance d'aurochs dans la région depuis 1627.

Aujourd’hui éleveur d’angus, demain sélectionneur et importateur


Tout comme l’aurochs, l’angus est capable de passer l’hiver en extérieur sans en souffrir. Hervé OUDIN

Éleveur d'angus et d'aurochs désormais, Loïc Boveroux a plus d'une corde à son arc. Éleveur, boucher charcutier bio, il entend aujourd'hui se faire connaître en tant qu'éleveur sélectionneur et importateur d'angus. Un projet de longue date.

« Aujourd'hui le monde agricole est en train de mourir » souligne l'Ardennais.

« Mon objectif est donc de réduire le coût de production de la viande. Avec l’angus, il n’y a pas de frais vétérinaires, car on n'accompagne pas au vêlage. Avec les charolaises mes frais vétérinaires s'élevaient à 8.000 euros par an. Avec l'angus, ils sont passés à 1.500 euros, En dix ans, je n'ai jamais fait de césarienne à une vache angus. »

La raison ? « Un veau charolais pèse entre 55 et 70 kg, un veau angus en fait 35 kg, C'est encore plus petit pour I’aurochs ! Le vêlage est donc plus facile. C'est une vache également très résistante, facilement adaptable, peu exigeante et extrêmement précoce. Elle Supporte les hivers humides comme la chaleur l'été. Elles pourraient rester tout l'hiver dehors. Moi, je préfère les rentrer pour ne pas qu’elles abîment les pâtures. » Loïc souhaite désormais pouvoir en faire profiter d'autres éleveurs. C'est ainsi qu'il envisage de commercialiser les reproducteurs, c'est-à-dire « vendre de la génétique en angus.

« Attendu qu’il y a une pénurie de sang nouveau d'angus en France, je suis allé en Ecosse, berceau de l'angus, pour ramener des reproductrices et des mâles. Je suis allé chercher les meilleures origines en Ecosse pour vendre la génétique angus en France. » Loïc Boveroux vient ainsi d'acquérir une vingtaine de reproducteurs qui devraient arriver courant décembre dans les Ardennes. « J'ai importé des bêtes du berceau de la race pour que les éleveurs français commencent par le top. Mes races sont pures. Aujourd'hui, avec Nadège, on fait de l'angus pour vendre une viande d'une qualité exceptionnelle, mais en même temps on veut commercialiser les reproducteurs. Avant je castrais tous les mâles pour en faire des bœufs. Aujourd'hui, j'attends de voir la qualité avant de faire quoi que ce soit. »


L’angus est une vache de taille moyenne, entre 145 et 150 cm au garrot pour 650 à 700 kg. Le taureau mesure 165cm et pouvant dépasser la tonne. Hervé Oudin

    

A l’origine, l’aurochs était une race sauvage réservée à la chasse.
« C’est une race primitive qui a la particularité de s’adapter à tous les climats. C’est une race tardive, Une génisse peut même vêler dans la neige, précise Loïc Boveroux, éleveur ardennais. Les aurochs, des vaches à corne à la différence de l’angus, retrouvent les pâtures au printemps, le temps pour l’éleveur de s’habituer à ses bêtes. Hervé Oudin

ET EN PLUS ILS, SONT BI0S

Mon père n'utilisait pas d’engrais, j’ai fait comme lui. » Loïc Boveroux est passé en bio très tôt, dans les années 2000. Cette fois encore, il a surpris tout le monde.

« Ça faisait sourire ! », se souvient Loïc. « On m'attendait au tournant. J'étais même bio avant de me mettre à l'angus. Avec Nadège, on a été les premiers bouchers-charcutiers bios du nord-est de la France. Au départ, on ne le disait pas. On voulait simplement être reconnus pour notre viande. On ne mettait pas notre macaron AB, on le disait seulement après ... »  « et en plus, on est bio. » Dans nos pâtures il n’y a pas le moindre engrais. Je n'utilise ni pesticides, ni insecticides et c'est avec de l'homéopathie que je soigne mes bêtes. Je n'utilise pas d'antibiotiques.»  

Le traitement sera le même pour les aurochs. « J'ai toujours privilégié la qualité à la quantité. »

Caroline GARNIER

Extrait de l'union du 22/11/2016

    

    

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Le tour du monde en famille

Un couple et ses trois enfants âgés de 6, 8 et 10 ans s'est embarqué en août pour un périple de sept mois et autant de pays visités. Premières impressions du bout du monde.


La fanille Arqlié au sommet du Paon Hill à 3180 mètres au Népal. DR

« Les enfants s'adaptent à toutes les situations et aiment découvrir, apprendre et rencontrer »
Aurélie Arquié

Oui n'a pas rêvé de se prendre pour Phileas Fogg et de faire un tour du monde en plus ou moins 80 jours ? Depuis le mois d'août, une famille rémoise s'est lancée dans l'aventure. À la0mManœuvre : Aurélie Arquié, architecte en disponibilité, et Sébastien, son époux, salarié dans les ressources humaines. Avec eux, leurs trois jeunes enfants : Victor 10 ans, Louison 8 ans, et Oscar 6 ans. De Hong Kong, Aurélie explique la genèse de ce projet: « Nous étions déjà partis onze mois après notre mariage en 2004-05 et à notre retour, nous avions dit que nous repartirions un jour avec nos enfants. »

LE COUPLE AVAIT DÉJÀ VOYAGÉ UN AN APRÈS SON MARIAGE

Un tour de chauffe de deux semaines avait été organisé à l'été 2014 en Thaïlande. « Le constat était sans appel : les enfants s'adaptent à toutes les situations et aiment découvrir, apprendre et rencontrer »,se souvient Aurélie. Restait à concrétiser ce projet en format XXL

L'école du Jard, dans laquelle sont scolarisés Victor, Louison et Oscar, a accepté de prêter les manuels scolaires afin que les parents assurent les cours au trio.

Restait tout de même à décider de l'itinéraire du voyage (voir encadré). Celui-ci fut sujet à débat : « Nous en avons peut-être écrit une quinzaine ... Il y a tellement à voir. Nous avons choisi des destinations que nous n'avions pas découvertes lors de notre premier tour du monde », explique la mère.

La famille décide de relayer son épopée sur un site internet – www.Jeperegrinatour.com - et les réseaux sociaux - Facebook et Instagram - lesquels peuvent parfois aider à lutter contre le mal du pays... et des amis : « Le manque de copains se fait ressentir par moments alors les enfants envoient des petits messages ou font un FaceTime pour les voir, confie la mère de famille. Selon les sites spécialisés consultés, les enfants d'Aurélie et Sébastien ont l'âge idéal pour un tour du monde précoce : déjà assez résistants et pas encore adolescents.

EN CHINE, PAS DE FACEBOOK NI D'INSTAGRAM

Les premiers récits sont écrits. D'Inde, Louison s'extasie sur Gandhi. Victor, lui, raconte : « Il y avait aussi des scorpions dans la salle de bain et dans la chambre, il fallait faire attention de ne pas marcher dessus. Les Indiens les attrapent avec les mains. Il y avait aussi des cobras dans le jardin, je n'en ai pas vu mais ça peut être dangereux pour les chiens (et pour les hommes). Sinon, oui, c'est vrai : Ils mangent épicés, on demande "no spicy", mais ça pique très fort quand même. » Et les vaches sacrées allongées au milieu des carrefours qui créent des embouteillages, les concerts de klaxon, etc. Le Népal ? Des sommets enneigés, des serpents et des treks. « En Chine, la communication est compliquée car les Chinois ne parlent pas anglais. Pas de Facebook ni d'Instagram. Le langage des signes et une application de traduction sur notre smartphone sont indispensables », raconte Aurélie.

Ceux qui ne sont pas un tantinet envieux ou assaillis de regrets devant ces aventures familiales pourront aller s'enfermer dans l'un des 700 hôtels de la planète ... interdits aux enfants - selon le site allemand Urlaub ohne Kinder (« vacances sans enfant »). Si ce phénomène étonnant se fait encore rare en France, la formule des vacances sans enfants fait des émules dans certains pays, notamment en Allemagne..

DE L’INDE À l'ARGENTINE EN PASSANT PAR LE JAPON ET L'AUSTRALIE

La famille Arquié a quitté la France le 21 août. Direction le sud de l'Inde pour quarante jours, incluant des voyages en train manifestement croquignolesques. Cap ensuite au Népal pour deux semaines avant de ~Ier à Changdu, paisible bourgade de 9 millions d'habitants, capitale du Sichuan, province du centre-ouest de la Chine. Début novembre, les cinq voyageurs posaient leurs valises à Hong Kong. Actuellement à Pékin, ils iront e su~e, un mois durant à la découverte du Japon avant de s'offrir un réveillon en Australie. Après avoir arpenté le sud et le centre du pays, Aurélie, Sébastien et leurs enfants fileront en Argentine. Au programme: les paysages hallucinants de la Patagonie et, enfin, Buenos Aires, ultime étape d'un périple de dizaines de milliers de kilomètres et long de près de sept mois. Pour prendre des nouvelles, rendez-vous sur leperegrinatour.com

 

Mathieu LIVOREIL

Extrait de l'union du 12/11/2016

    

    

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ILS FONT LE PARI FOU DE LANCER DE NOUVEAUX PARCS

 Deux gros projets de parcs pourraient voir le jour à l'horizon 2020 dans la région. Le premier est déjà bien avancé tandis que le second attend le financement des études


S'il a déjà trouvé le terrain de 60 hectares et ficelé son projet, Alain Grumelart, fondateur de l'association Historium. Doit maintenant trouver les financements pour les études.
Jean-Marie Champagne

Un parc médiéval verra le jour en Argonne, un autre historique est en projet en Thiérache

Le premier, Alain Grumelart. est le responsable de l'association Historium au sud de l'Aisne. Le second, Thierry Fischesser, est le patron de la boîte de nuit l'Alegra à Châlons-en-Champagne. Tous deux mûrissent depuis dix ans, chacun de leur côté, le projet d'un nouveau parc. Et il ne s'agit pas de faire les choses à moitié. Les structures s'étendront en effet à chaque fois sur près de 60 hectares à Plomion, en Thiérache, pour le parc historique d'Alain Grumelart et à Sainte-Ménehould pour le parc de loisir médiéval de Thierry Fischesser et sa femme, Élodie.

Les deux projets n'en sont pas aujourd'hui au même point d'avancement  « Les études ont été faites et nous devrions déposer. les pennis de construire début 2017, indique Thierry Fischesser. Si tout se déroule comme prévu, l'ouverture se fera en deux temps. Une première fois à l'été 2020 avec des spectacles vivants notamment et une ouverture complète pour l'été 2021. » Le projet du patron de l'Alegra et sa femme est ambitieux. li prévoit notamment la construction d'un château-fort. Non pas à l'ancienne mais à l'identique avec une structure en bé- ton recouverte de pierre.  « Nous sommes passionnés, avec mon épouse, par tout ce qui tourne autour du médié- vaL du fantastique, des légendes. Nous avons toujours eu envie de reprendre un vieux château et de développer un concept autour. On en a cherché un existant mais cela ne s'est pasfait Alors quand on nous a parlé de cet espace à Sainte-Ménehould, on a déddé de construire de toutes pièces ce château. » Le budget prévisionnel est de 21 millions d'euros, puis 5 millions d'euros par an d'exploitation. Un projet risqué en cette période de crise? ((Toute activité commerdale comporte uit risque, mais les études que nous avons faites montrent que le projet peut être rentable. Il y a aujourd'hui un énorme engouement autour de cette période de l'histoire. Les gens vont de plus en plus dans les parcs de loisirs et nous sommes situés dans un secteur notamment proche de la Belgique où la tradition médiévale est très ancrée. »

À 150 kilomètres de là, le projet de parc historique à Plomion, baptisé Genèsia, est moins avancé dans les démarches. Mais sur le fond comme sur la forme, tout est en place. ( Vous trouverez dans l'histoire des tas de personnes qui ont lancé des choses qui paraissaient inimaginables et qui ont réussi, souligne Alain Grumelart. Nous, on se base sur des expériences de sites historiques qui ont réussi et on en a pris à chaque fois le meU/eurpour le développer autour de notre concept.» Genèsia est l'aboutissement de dix ans de réflexion, rencontres et déplacements pour proposer « la construction d'un environnement historique, animé et accueillant pour permettre aux visiteurs d'être immergés dans l'histoire de l'Amérique française et l'Aisne. »

Le projet total est réalisable en une quinzaine d'années, avec un premier objectif d'ouvrir en 2020. On y trouvera autant des spectacles impliquant les villageois, à l'instar du Puydu-Fou. que des villages et camps reconstitués, un fort en bois, pièce maîtresse du projet, et des chantiers de construction sur plusieurs années à l'image du château de Guédelon dans l'Yonne. le tout dans un respect absolu de l'histoire !

Mais avant de se lancer, il faut d'abord financer les études. Il manque pour cela 20.000 euros sur les 100000 nécessaires. L'association compte sur la mobilisation des habitants et des entreprises (0684980797). Ce n'est qu'à cette condition qu'Alain Grumelart saura si son projet est rentable, réalisable, ou pas, Lui n'a aucun doute, fort notamment des nombreux soutiens re- çus, dont celui de l'acteur et écrivain Lorànt Deutsch.

LES DEUX PRQJETS


Un château médiéval sera coostruit de toutes pièces à Sainte-Menehould

Genèsia, dans l'Aisne, sera notamment composé d'un fort en bois, de villages vikings amérindiens et du XVIII' siècle, de camps de trappeurs, américains et du premier empire, d'un parc aux loups, d'un chantier naval, d'une tranchée de la Première Guerre mondiale, d'espaces pour les reconstitutions de batailles avec tribunes de 2.000 places, de lieux pou r artisans. Et on pourra dormir dans la plupart des endroits. Le part médiéval en Argonne abritera notamment un château fort, une ville et une ferme médiévales, des espaces pour, entre autres, un grand spectacle historique de la Champagne, un village d'artisans, un campement militaire, un spectacle de rapaces, une forêt des contes...

Grégoire AMIR-TAHAMASSEB

Extrait de l'union du 12/11/2016

    

    

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Les secrets des espions dévoilés

15.400 objets et documents d'archives, rassemblés pour la première fois lors d'une exposition, dessinent l'univers très secret de l'espionnage mondial.


De nombreuses et subtiles variantes de machines Enigma ont été commercialisées en Europe et dans le reste du monde à partir de 1921. AFP

L’ESSENTIEL

•.- Le musée de l’Armée consacre une exposition aux Guerres secrètes, jusqu'au 29 janvier 2017·

•.- Objectifs, moyens, méthodes et hommes de l'ombre, le musée lève le voile sur plus d'un siècle d'espionnage dans le monde, et démêle le vrai du faux sur le sabotage, les enlèvements et les éliminations que l'on retrouve dans les films d'espionnage.

•.- Au musée de l’Armée, 129 rue de Grenelle, à Paris.

•.- Renseignements sur www.musee-armee.fr

« Vos succès sont tus et vos échecs retentissent »
J-F Kennedy, président américain. devant la ClA en 1961

« C'était une gageure, (... ) donner un visage à ce qui normalement n'en a pas », a dit le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian en inaugurant l'exposition « Guerres secrètes » qui s'est ouverte mercredi au musée de l'Armée des Invalides. Dans un décor aussi sombre que le sujet une galerie de photos légendées rappelle d'entrée le destin d'espions de légende : l'officier-écrivain britannique Thomas Edward Lawrence,  dit « Lawrence d'Arabie », dont le sabre et le poignard au fourreau doré sont exposés ; Vladimir Vetrov alias « Farewell », taupe du KGB qui à livré, au début des années 80, une liste d'espions soviétiques en Europe et aux États-Unis : la Britannique Violette Szabo, exécutée à 24 ans par les nazis à Ravensbrück.

 « L'objectif est de restituer la complexité de l'agent secret et de son environnement », explique François Lagrange, l'un des commissaires de l'exposition, qui présente aussi de nombreux extraits de films et témoignages d'ex-responsables politiques ou membres des services secrets.

Des objets insolites dignes de James Bond

Préparer la guerre, combattre l'ennemi dans l'ombre, a longtemps été l'apanage des militaires. « En France, c'est à la suite de l'affaire Dreyfus que le contre-espionnage a été confié au ministère de l'Intérieur », à l'aube du XX° siècle, relève M. Lagrange. La Première Guerre marque une étape importante du développement de véritables services secrets, avec les progrès du cryptage et la constitution de réseaux d'espionnage. Cette guerre souterraine s'amplifie ensuite dans une Europe submergée par les nazis avant d'atteindre son apogée pendant la Guerre froide.

Mythe et réalité se rejoignent parfois avec des objets insolites, prêtés par la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), des musées étrangers et des collectionneurs privés, que ne renierait pas le célèbre « Q » de James Bond, inspiré d'un personnage réel. Répondant au sobriquet de « baiser de la morts », un tube de rouge à lèvres dissimule un pistolet à un coup de calibre 6 mm. Un étui de pistolet se niche au fond d'un chapeau de tweed. Une courte lame surgit du talon d'un élégant soulier verni. Une pipe en bois se transforme en lance fléchette empoisonnée.

Durant la Guerre froide, où la priorité va à la recherche d'informations, les services rivalisent d'ingéniosité pour concevoir des appareils photo miniatures, tel le Minox allemand, de la taille d'un briquet, indispensable outil des espions de tout poil. « Mais on n'est pas dans James Bond », rappelle François Lagrange, « la réalité de l'agent secret, c'est que ça finit mal, le principe est celui du fusil à un coup.»

Extrait de l'union du 16/10/2016

    

    

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« On a tous un souvenir sur un son de Michel Berger » 


Gwendal Marimoutou 

Ce week-end, le chanteur Gwendal Marimoutou sera au Millesium d'Épernay avec Résiste, la comédie musicale de France Gall. Et il reste des places.

À SAVOIR

« Résiste »

•.- Spectacle au Millesium, avenue du Général-Margueritte à Epernay.

•.- Vendredi 3D septembre, à 20 heures, samedi 1" octobre à 15 et 20 heures.

•.- Tarifs : de 35 à 79 €.

•.- Infos : 03 26 56 95 00 ou www.lemiliesium.com

A tout juste 21 ans, Gwendal Marimoutou tient le haut de l'affiche dans Résiste, comédie musicale de France Gall.et Bruck Dawit dans laquelle il tient le rôle de Tennessee. Lejeune homme n'en est cependant pas à ses débuts sur scène. Déjà, à 11 ans, il avait intégré le casting du Roi Lion. Il a également participé aux émissions La France a un incroyable talent (M6) en 2009 et The· Voice (TF1) en 2014.

•.- Cela fait un an que vous tournez avec le spectacle Résiste, comment vous, jeune chanteur comédien, abordez-vous ce challenge ?

C'est incroyable parce que cela fait un an qu'on est sur scène, mais en vrai, cela fait deux 'ans qu'on a commencé à travailler. C'était beaucoup d'excitation pour moi car je n'ai jamais mis autant de temps pour pré- parer un spectacle. C'est hyper agréable mais, en tant qu'artiste, on a envie de monter sur scène. À l'été 2015, on n'en pouvait plus. Il y avait les fans inconditionnels de Michel Berger qui nous attendaient au tournant, donc on était pressés d'y être.

« France Gall est complètement à l'écoute de ce qu'on propose, on est dans l’échange permanent aveç elle »
Gwendal Marimoutou

•.- Justement, comment ont-ils accueilli cette version revisitée des textes de Michel Berger ?

On n'interprète pas les chansons en entier, on fait pas mal de petits morceaux en fait, du coup, on ne savait pas trop s'ils allaient apprécier ou applaudir, car on alterne le jeu et le chant, Et puis, cela fonctionne finalement super bien. Ils ont complètement été pris par le spectacle, ça fait plaisir à voir. On a un gros échange avec eux; c'est un pur plaisir.

•.- Vous avez 21 ans, vous êtes donc pas de la génération France Gal Michel Berger, Connaissiez-vous leurs chansons avant de vous lancer dans le projet ?

Je ne connaissais pas trop parce que mes parents n'écoutaient pas du tout de variété française, j'ai plutôt été bercé au rock alternatif ou au reggae. - Et puis, après avoir été pris, en répétant en amont avec les autres, je me suis rendu compte que je connaissais finalement toutes les chansons par cœur parce qu'elles font partie de l'inconscient collectif. À chaque fois que quelqu'un entamait une chanson, je me disais : « Ah mais, oui, d'accord, c'est celle-là l », En fait, on a tous un souvenir, je pense, sur un son de France Gall ou Michel Berger.

•.- Vous avez pu rencontrer et travailler avec France Gall, comment est-elle avec vous ?

Pendant l'audition, les gens qui nous faisaient passer le casting étaient dans le noir, pour ne pas qu'on les voit. À la fin d'Évidemment, j'ai entendu un « Lui, je l'adore » (il imite la voix de France Gall). C'était trop mignon, j'étais trop heureux d'entendre ces mots de sa part. Après, on ne s'est plus vus pendant quatre mois, puis on a enregistré le single et France nous a coachés. On était vraiment hyper impressionnés, mais elle était complètement à l'écoute de ce qu'on proposait On a même pu faire quelques petits changements mélodiques,. elle était d'accord tant que cela ne dénaturait- pas le morceau. On est dans l'échange permanent avec elle en fait

•.- Comment vous etes-vous ap- .pro priés les chansons ?

On ne fait pas de copier-coller, mais on ne change pas tout. Quand je chante La Groupie, je reste fidèle à ce qui se faisait à l'époque. Le son est juste modernisé. Aujourd’hui, cela fait plus d'un an que lés chansons sont imprégnées dans notre corps et, quand on les chante plusieurs fois par semaine, parfois à moins de deux heures d'intervalle, même si on a envie de mettre toute la spontanéité et la bonne volonté du monde, on est forcément dans une reproduction malgré nous. Alors, pour chasser cette routine, je me mets un petit peu en danger parfois en ajoutant ma touche, ça me donne de l’adrénaline, ça change et même le public trouve ça cool.

•.- Après Paris, vous avez entamé une tournée à travers la France, comment est le public ? Les générations se mélangent-elles sur les sons de Michel Berger ?

Complètement. On a commencé avec les fans inconditionnels. de France et Michel, la génération qui a grandi avec eux et puis, on s'est rendu compte. que les gens, pas seulement ceux qui écoutaient Michel et France, étaient happés par le show. Pourtant on ne savait pas trop à quoi s'attendre car « Résiste » change un peu des comédies musicales d'époque, je veux dire par là qu'il n'y a pas de costume, de grande robe, on ne change pas douze fois de tenue, donc on ne savait pas si cela allait faire rêver ou captiver un enfant de voir des gens qui travaillent dans lm bar. Au final, ça a bien pris, des gens de tous âges dansent dans les allées des salles. On est vraiment hyper gâté. Et, en plus, comme on est tous très jeunes dans la troupe, on sait ce qui plaît aux personnes de notre âge.

•.- Vous serez à Epernay ce weekend, là où le public n'est pas réputé pour être le plus remuant. Qu'allez-vous faire pour motiver les foules ?

Justement, on prend ça comme un challenge. On a eu des publics de dingue partout où on est passés. Les spectateurs ne sont pas toujours fidèles à leur réputation, cela peut être « chanmé » (méchant) n’importe où. Après cela reste une comédie musicale, mais les gens ont complètement le droit de se lever, de danser, de chanter. Il n'y aura aucun Jugement, on est dans le partage total.

Propos recueillis par Margaud DECLEMY

Extrait de l'union du 07/08/2016

    

    

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Marineland, ça repart à Antibes

Près de six mois après les inondations meurtrières sur la Côte d'Azur, le plus grand parc marin d'attractions d'Europe rouvre aujourd'hui avec une approche plus didactique.


PLuissantes et majestueuses. les orques sont l'attraction phare de ce parc marin fondé il y a quarante-cinq ans: AFP

Le 3 octobre 2015, lors de fortes intempéries, le parc d'Antibes, dans les Alpes-Maritimes, avait été submergé subitement par la boue et avait perdu une cinquantaine d'animaux, dont des tortues marines et des loups de mer. Six mois de fermeture dans une ambiance plombée : l'orque Valentin de 19 ans est morte d'une « torsion de l'intestin », le directeur a été muté dans  un parc sans animaux, une enquête préliminaire a été ouverte. après la plainte de trois associations françaises pour  actes de « cruauté envers les animaux » (lire à-contre). Le parc fondé voici 45 ans, propriété du géant espagnol Parques Reunidos, communiqué pour sa renaissance sur une scénographie repensée.  « Les visiteurs vont repartir avec des connaissances et une émotion » , assure Arnaud Palu, nouveau directeur du parc, pour qui les animaux captifs peuvent être « de véritables ambassadeurs de leurs congénères ». Les soigneurs qui se déhanchaient jadis sur le bord du bassin des orques sur des rythmes toniques, se font plus discrets, laissant la place aux orques, attraction phare.

Les soigneurs qui se déhanchaient jadis sur le bord du bassin sur des rythmes toniques. se font plus discrets, laissant la place aux orques

Une orque, puissante et majestueuse, surgit à la verticale sur une musique symphonique, dans l'eau redevenue turquoise du plus grand bassin de Marineland. Sur des écrans géants, l'océan apparaît dans son infinité, avec des recommandations en gros, caractères : « Protégeons nos ,océans », « Préservons l'équilibre de la-chaîne alimentaire ». Une voix « off » détaille toutes les nageoires, dont « la nageoire caudale qui permet des vitesses allant jusqu'à 50 km/h ».

Dans un plus petit bassin, des soigneurs s'accrochent à la nageoire dorsale des dauphins, propulsés comme sur des scooters des mers.

Une otarie de Steller de 900 kg, - la plus grande des espèces d'otaries au monde - fait des figures acrobatiques sur un rocher pour mériter ses rations de poissons.

Aux Etats-Unis, les célèbres parcs SeaWorld, également assiégés par les défenseurs des animaux, ont annoncé la fin de l'élevage d'orques en captivité. Les visiteurs pourront néanmoins continuer à les observer jusqu'à la disparition de la génération actuelle. « Cette décision extrêmement importante implique une contraception forcée ou une séparation des familles d'orques dans les bassins. « Or ce sont des animaux sociables », critique Arnaud Palu. À l'instar de Marineland, le groupe américain promet dans les prochaines années des spectacles plus  « naturels » et parle même de mettre fin aux pirouettes.

Extrait de l'union du 21/03/2016

    

    

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Visitez Chambord avec ... Google !

Google étend son royaume : le géant de l'internet a conclu un accord avec dix-huit châteaux de la Loire que vous pourrez désormais visiter virtuellement.


Un employé de Google prenant des photos panoramiques du chateau de Chambord en mai dernier. Les clichés sont ensuite utilisés par Google Map et Google Street View pour permettre aux internautes de visiter virtuellement le château. AF

A SAVOIR

*.- L'« Ait Camera », autre technologie développée par l'institut culturel de Google : entièrement automatisée, son niveau de résolution extrêmement élevé (plus de 1.000 mégapixels) permet de découvrir des détails d'une œuvre d'art invisibles à l’œil nu. Quelque 56 objets de collection ont été ainsi numérisés comme le « plafond oriental » du château de Villandry (3.600 pièces de bois) la célèbre tenture de l’Apocalypse d’Angers (plus de 100 m de long) ou les fresques du XVl° siècle de la salle capitulaire de l'abbaye de Fontevraud.

Visitez depuis Inez vous dix-huit chateaux dont Azay-le-Rideau,Chenonceaux, Viliandray ou encore Chinon

« Tout le monde n'a pas la chance de pouvoir se déplacer jusque dans Ici vallée de la Loire pour découvrir de ses propres yeux ces merveilles » explique l'institut culturel de Google qui a déjà signé des partenariats avec plus de 1.000 musées et institutions culturelles. « C'est pourquoi nous avons décidé de valoriser ces sites grâce aux outils et technologies numériques développés à destination du secteur culturel », précise l'institut qui a présenté hier cet accord à Paris.

Inaugurée en 2013 dans la capitale française, cette filiale du groupe américain travaille à la numérisation des œuvres d'art exposées dans les musées du monde entier. Grâce à la technologie de capture Street View, plusieurs châteaux de la Loire et quatre jardins peuvent désormais être visités virtuellement à 360° - y compris des espaces habituellement fermés au public - sur la plateforme de l'institut culturel.

Les dix-huit partenaires sont l'abbaye Royale de Fontevraud, la cité Royale de Loches, le domaine national de Chambord, le château d'Angers, le château d'Azay-le-Rideau, le château et le Jardin de Bouges, les châteaux de Chateaudun, de Chenonceaux, du Clos Lucé, de Fougères-sur-Bièvre, de Meung-sur-Loire, de Montpoupon, du Moulin, du Rivau, de Sully-sur-Loire, de Talcy, de Villandry et la forteresse royale de Chinon.

Vues aériennes

Pour les châteaux concernés, l'objectif est aussi que les visites virtuelles se traduisent plus tard en fréquentation nouvelle bien réelle : « Chambord c'est d'abord une image très forte, c'est une icône, et ce que j'espère, c'est que ça donnera l'envie de venir visiter », souligne ainsi Jean d'Haussonville, directeur du château.

Sept de ces sites peuvent même être survolés en trois dimensions grâce une nouvelle technologie des prises de vues aériennes, à la verticale et à 45°, qui ont permis de modéliser l'architecture extérieure de ces châteaux (Chambord, Sully-sur-Loir, Fougères-sur-Bièvre, Cité royale de Loches, Azay-le-Rideau, Chenonceaux, Villandry). Déjà très implanté dans le monde des arts plastiques et des archives avec plus de 1.000 partenaires dans soixante pays, Google s'est tourné récemment vers le théâtre, la danse, la musique et l'opéra. Son institut culturel a conclu des accords avec plus de soixante institutions, de 21 pays, du Bolchoï au Théâtre national de Corée, du Lincoln Center de New York à la Maison des cultures du monde à Paris.

Extrait de l'union du 06/07/2016

    

    

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Les fidèles gardiens de l’ile de Sein

Depuis 1866, les bénévoles de la station de sauvetage de l'île de Sein veillent sur l'un des détroits les plus périlleux de France, où les courants sont très violents.


Au creux de l’hivers, moins de 120 personnes résident sur cette ile posée à une dizaine de kilomètres de la pointe du Raz. AFP

Une mer parsemée de récifs et brassée par de violents courants : le raz et la chaussée de Sein sont des zones de navigation particulièrement périlleuses sur lesquelles veillent, depuis 1866, les bénévoles de la station de sauvetage du petit îlot du sure le vice-amiral Emmanuel de Oliveira, préfet maritime de l'Atlantique, à l'occasion du récent baptême sur l'île d'un canot de sauvetage, insubmersible et auto-redressable, de nouvelle génération. « Elle protège le raz de Sein et toute la zone de la chaussée de Sein qui sont des endroits extrêmement mal pavés où les accidents sont très nombreux », poursuit le vice-amiral.

« Le plus grand cimetière marin du mande »

L'île de Sein, sur laquelle résident, au creux de l'hiver, moins de 120 personnes, est posée à une dizaine de kilomètres de la pointe du Raz. Malgré son altitude moyenne de seulement 1,5 mètre, elle constitue la partie la plus élevée de la chaussée de Sein, prolongement sur 25 kilomètres des formations granitiques de la pointe du Raz. Les courants y sont très violents en raison des marées. « Qui voit Sein, voit sa fin »,assure le dicton breton.

« Au large de l'île, nous avons malheureusement le plus grand cimetière marin du monde », assure le président de la SNSM (Société nationale de sauvetage en mer) Xavier de la Gorce, lui aussi venu assister au baptême du tout nouveau canot « Il y a eu id des naufrages redoutables, terribles, il y a eu des milliers de morts »,souligne cet ancien secrétaire général de la Mer (2004-2008).

Le vaisseau de guerre « Le séduisant » (1796): les bricks anglais « Bellissima » (1835) et « Lady Hoover » (1875), le trois-mâts norvégien « Baltic » (1885), les vapeurs « Galdames » (1886) et « Pretoria » (1892), le pétrolier est-allemand « Boehlen » (1976) et jusqu'au dernier en date, le chalutier belge « Marco » (2011), la liste est longue des navires secourus par les bénévoles de l'île, sans compter les innombrables petits bateaux de pêche régulièrement en difficulté.

Les trois premiers canots de la station de l'île, à voilé et à avirons, ont sauvé plus de 330 vies, relatent les annales maritimes. « Autrefois, il y a eu énormément de naufrages dans cette zone où il y a des centaines et des centaines de rochers à fleur d'eau », témoigne François Spinec, patron du nouveau canot-de la SNSM, dont il est l'un des bénévoles depuis plus œ cinquante ans.

« Quand j'ai commencé à faire du sauvetage en mer. il ne se passait pas une semaine sans que l'on ne soit appelé pour une opération de sauvetage », se souvient celui qui, à 70 ans, est aussi l'un des derniers pêcheurs de l'île. « Depuis, ça a drôlement évolué », assure-t-il, « mais ce n'est pas parce qu'il y a de moins en moins de naufrages qu'il ne faut pas être là », assure le Sénan, dont le souvenir le plus lointain est celui du naufrage dans lequel périrent son oncle et un de ses cousins, alors qu'il n'avait que trois ans.

Le tout nouveau canot « Yves et François Olivaux », d'un coût de 1,4 million d'euros, entièrement financé par un legs privé, va faciliter l'évacuation des malades ou blessés de l'île vers le continent.

Extrait de l'union du 10/05/2016

    

    

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Tous fans d’histoire et de De GAULLE

85 % des Français se disent intéressés par l'histoire. Selon eux, le général De Gaulle i et Marie Curie sont les personnalités qui ont le plus marqué l'histoire de France.

L’ESSENTIEL

•.- Alors que, l’Europe célèbre le centenaire de Verdun, BVA a réalisé pour la presse quotidienne régionale, dont notre journal, un sondage sur les Français et l'histoire.

•.- L’enquête à été réalisée les 25 et 26 février auprès d'un echantillon de 1015 personnes représentatif de la population française l (méthode des quotas).

•.- Il en ressort une très forte adhésion pour l'histoire, dès l'école, avec un pourcentage un peu plus élevé chez les 65 ans et plus (91 %) que chez les 18-34 ans (79%).

1 – DE GAUULLE SUPER-STAR

Avec 59,3 %.le, gênêraf De. Gaulle' écrase la concurrence quand on demande aux Français quelle est la personnalité historique masculine ayant le plus marqué l'histoire de France. Il devance Napoléon 1" (45,2 %) et Louis XIV (30.3 %). Ce podium est valable toutes générations confondues et (presque) toutes régions confondues. C'est le cas, par exemple. en Nord - Pas-de-Calais -Picardie tandis que dans le GrandEst, le trio est le même si ce n'est que Louis XIV prend la deuxième place à Napoléon 1". On notera qu'en Bretagne, 'c'est Jaurès qui occupe la troisième marche ... Si l'on descend, un peu plus bas dans le classement, général, on trouve Louis Pasteur (23,3 %),l'abbé Pierre (16,1%) puis, toujours audessus de 10 %, Charlemagne (14,5 %), Jean Jaurès (13,2 %) et Jean Moulin (10.8 %). Pour ce qui est des hommes politiques plus contemporains. séuls Mitterrand (9,5 %) et Jacques Chirac (1,7 %) apparaissent dans le classement.

2 - MARIE CURIE ET SIMONE VEIL AU COUDE A COUDE

Si le Général est largement en tête, deux personnalités se disputent la première place du classement chez les femmes. La scientifique Marie Curie, détentrice de deux prix Nobel, devance très légèrement Simone Veil dont l'empreinte sur la société, par la promulgation de la loi sur l'IVG en 1975, notamment, est soulignée par ce classement. Jeanne d'Arc complète le podium. Derrière, on tombe très vite à des scores assez faibles avec parmi les vingt personnalités féminines ayant le plus marqué l'histoire de France, des noms aussi divers qu'Édith Piaf, Anne de Bretagne. Simone de Beauvoir, Françoise Giraud, Christine Lagarde, la Marquise de Pompadour ou encore Édith Cresson et Ségolène Royal. On notera que si en Nord-Pas-de-Calais-Picardie, on retrouve le même classement qu'au plan national. dans le Grand-Est, c'est Simone Veil qui est en tête. Pas très surprenant quand on voit à quel point cette région a été marquée par les guerres et si on se rappelle que l'ancienne ministre est une rescapée de la Shoah.

3 - LE 11 SEPTEMBRE 2011 DANS TOUTES LES MEMOIRES

Trois événements se détachent parmi les plus marquant de ces trente dernières années : le 11 septembre 2011, . la chute du mur de senm en 1989 et les attentats de Paris en janvier et novembre 2015.

On relève quelques nuances selon les catégories d'âge. Les plus de 65 ans sont beaucoup plus marqués par la chute du mur de Berlin qu'ils placent largement en tête tandis que les jeunes de 18-34 ans font re- , monter en deuxième position les ,attentats de 2015 à Paris. Pas totalement étonnant, car c'est cette génération qui a été touchée de plein fouet dans son mode de vie par ces sanglantes attaques.

C’est sur les bienfaits de l’entrée de la Francedans l’Union Européenne que l’opinion est la plus partagée

Deux événements franco-français ont été cités. par plus de 10 % des répondants : la victoire de la France à la Coupe du monde de 1998 (6ème place) et la présence du Front national au second tour de l'élection présidentielle de 2002 (8ème ).

4 - LA NOSTALGIE DES ANNEES FOLLES

Si les Français avaient une machine à remonter le temps, c'est avant tout dans les Années folles (1920-1930) qu'ils voudraient aller. Et cela très largement puisque cette période est sollicitée à 44,7 %, la Belle Époque (1870-1910) arrivant en deuxième position très loin derrière (15,1 %). Ces deux périodes sont plébiscitées quels que soient l'âge, le genre ou la région de résidence des interviewés. C'est la Renaissance qui arrive ensuite (7.6 %) avec une petite particularité dans le Grand-Est où les habitants placent l'Antiquité à cette place.

Appréciée à l'école mais pas assez enseignée

A la question de savoir quels sont les meilleurs moyens' pour entretenir la mémoire des grands événements de l'histoire de France, 81 % des Français déclarent que c'est avant tout par les cours à l'école que cette transmission s'epère, Six Français sur dix jugent ensuite' que les lieux de mémoire (61 %) et les reportages et films à la télévision (58 %) participent J l'entretien de cette mémoire. L'enseignement de l'histoire est, de plus, un agréable souvenir pour une majorité de Français. 76 % des Français déclarent. en effet, avoir apprécié leurs cours d'histoire à l'école, dont 41 % beaucoup. Bien que majoritaire, l'enthousiasme des 18-34 ans (72 %) est moins marqué que celui des 35-64 ans (76 %) et des 65 ans et plus (81 %). Pas certain que si on avait interrogé les jeunes scolarisés. les résultats seraient aussi élevés.

 « Au-delà de cet aspect très personnel, les Français jugent que l'histoire devrait être davantage -enseignée à l'école. Si les opinions sont partagées quant à savoir si cette discipline est suffisamment enseignée au collège (pour 48 % des sondés, c'est oui, et pour 49 %, c'est non), 54 % des Français jugent qu'elle n'est pas suffisamment enseignée en ordinaire et au lycée. »

 Grégoire AMIR-TAHMASSEB 

Extrait de l'union du 05/03/2016

    

    

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Il y a 60 ans, le froid paralyse toute l’Europe

Où comment février 1956 est devenu' le mois le plus glacial du siècle dernier et peut-être de l'actuel.

 
En haut, minage de glaces à Givet, et séances de patinage à la patinoire St Charles, à Reims.

L’ESSENTIEL

•.- L'hiver 2015-2016 que nous venons de connaître le printemps météorologique débute le 1er mars, alors que le printemps calendaire tombe cette année le dimanche 20 mars est le plus doux jamais enregistré depuis 1900.

•.- Si février a été le mois le plus 1roid de la saison écoulée, il na rien à envier à celui qui tétanisa littéralement l'Europe, il y a tout juste 60 ans.

•.-  Février 1956 fut si froid, qui causa la mort d'un millier personnes en Europe, dont 150 en France.

Après deux mois de décembre . et janvier qualifiés de «très doux» par Météo France, la terrible vague de froid s'abat dans . la nuit du 31 janvier au 1« février 1956 et persiste quasiment tout février de cette année-là, elle aussi bissextile.

Dès les premières 24 heures, le mercure chute par endroits de 15°, voire- davantage, sous l'effet' d'un puissant flux de nord-est venu de Pologne et d'Allemagne. Le 1" février, on enregistre déjà -2Qo sur le plateau de Rocroi et -13,90 à Laon. Dans la ville-préfecture de l'Aisne, la barre des -150 est atteinte ou dé, passée huit fois dans le mois, avec un pic à - 18.9° le mardi 21 février. Il faut attendre le 29 février pourretrouver enfin une température positive la nuit 1 À Reims, Thiéry Beaudenon, adjoint au chef de centre de Météo France, rapporte qu'il y eut vingt jours sans dégel et vingt-sept jours avec des gelées inférieures à -5°.

Dès les premiers jours de l'offensive polaire, des mesures sont prises un peu partout en France pour aider les personnes les plus vulnérables comme les personnes âgées et les sans-abri. A Reims, la Maison de Convalescence ouvre ses dortoirs aux' enfants des familles habituellement logées cc dans des locaux diffidlement chauffables », selon L'union.

La vie se déroule péniblement et plus encore là où' la neige et les vents s'ajoutent aux mauvaises conditions, bloquant souvent des axes routiers ou ferroviaires.

Tous les cours d'eau de France et de Navarre se figent comme par enchantement. « Les mariniers étaient bloqués, nous traversions le canal à pied », se souvient le' Rémois Michel Thibault, ancien employé de banque et grand collectionneur de cartes postales anciennes, aujourd'hui âgé de 81 ans. eJe ne pouvais plus me rendre au travail avec mon cyclomoteur tellement j'avais froid,je prenais le bus. » Les seuls à se réjouir sont les patineurs qui s'en donnent à cœur joie, comme en témoigne la vue ci-contre du bassin Saint-Charles à . Reims, où une couche de glace suffisamment résistante se forme dès la première nuit. Sur le canal des Ardennes, l'épaisseur de glace évolue de 6 centimètres, le 2 février, à 40 centimètres le lor mars! A plusieurs reprises au cours du mois, les prévisionnistes promettent quelque redoux. Ainsi, dès le 4 février, L'union annonce triomphalement une «prochaine amélioration par le nord et la remontée des températures cl bientôt plus 15°. Que nenni !

A Laon, la barre des -15° est atteinte ou dépassée à huit reprises au cours du mois. La nuit la plus froide avec – 18.9°, est le 21 février.

Faux, espoirs de redoux

Le 13février, notre quotidien titre à la une: «Accumulant les de.uilset les destructions, le froid n'a pas desserré son étreinte, mais la météo annonce un réchauffement accompagné de neige.» La photo d'accompagnement montre la Marne à Château-Thierry gelée sur toute sa largeur avec cette explication selon laquelle, «grâce à un jeu de barrages, les services de la navigation ont pu briser la couche et rétablir le courant en surface ». Là encore, ce n'est que provisoire. Sur la Meuse ardennaise, les- immenses blocs' de glace .dignes d'une banquise constituent de véritables menaces pour les piles des ouvrages d'art.

Des blocs de glace détruits à l’explosif .

À ce point que les Ponts et chaussées font sauter des blocs à l'aide d'explosifs qui créent d'impressionnants geysers comme à Givet. Mais le pire est à venir avec le vrai redoux de début mars: la fonte des neiges et les précipitations ajoutent a la furie des blocs de glace qui dévalent les rivières. Si certains résistent tant bien que mal, comme à Glvet ou Revin, plusieurs ponts finissent par céder. Ainsi ceux de Vresse, de Sorendal, de Thilay et pire, de Monthermé. Car en s'effondrant, «la troisième travée longue de ts mètres entraîne dans sa chute le câble téléphonique et les canalisations d'eau et de gaz qu'il portait, rapporte alors L'Ardennais.

Mais, revenons sur terre et aux innombrables dégâts que cause cette mémorable vague de froid. Particulièrement dans le domaine agricole.

A la mi-février, alors que les températures remontent momentanément, la FNSEA alerte le gouvernement sur la nécessité d'abonder urgemment le fonds de garantie en faveur des calamités agricole, de mettre en place des quantités de semences de céréales pour le réensemencement. de printemps des emblavures gelées et d'allouer davantage de carburant détaxé. En deux semaines, le désastre atteint des limites inimaginables, sans distinction: deux millions d'oliviers sont perdus dans la moitié sud de la France et deux millions d'hectares ensemencés en blé ne seront pas récoltés cette année. Dans les jardins, en pleine terre ou sous serre, les productions de légumes sont irrémédiablement grillées, comme s'en plaint alors  M. Ledru, le président des maraîchers de la Marne. Sur les marchés, les cours explosent, d'autant plus que l'Espagne et l'Italie ne sont pas épargnées. Dans les assiettes, les pâtes et les légumes secs remplacent choux, salades, épinards et autres poireaux. Pour tenter d'enrayer la hausse des prix; le gouvernement arrête' la taxe de 12 % sur les produits alimentaires, autorise des importations supplémentaires et suspend les droits de douane. Dans le vignoble, l'inquiétude monte. On sait que la vigne résiste à des froids sévères, mais pas à ce point. « Beaucoup de vignes ont dû être arrachées pour être replantées », se souvient Roger, 60 ans plus tard. Ce viticulteur de la Montagne de Reims, aujourd'hui à la retraite, avait 36 ans en février 56.

Après 1956, les principales vagues de froid


Le 4 Février 2012, le mercure à chuté à -19,7° à Reims

On devait s'attendre au pire pour cet hiver 2015-2016. Du moins le disait-on dès novembre dernier quand les ours du zoo de Thoiry ont tapissé leurs tanières d'épaisses couches de feuilles. Puis, en décembre, des météorologues russes Cà contre-courant des autres, certes) ont prévenu de l'imminence de l'hiver le plus froid depuis 100 ans sur l'ensemble de l'Europe ... Il n'en fut rien. La dernière grosse vague de froid en France remonte à 2012. Elle fut sévère avec des minima négatifs du 29 janvier au 13 fêvrier, dont oeuf nuits à -100 à Charleville-Mézières. Quelques pics glacés ont ponctué l'hiver 2009-2010 (dont un -12,2° le 20 janvier à Reims), mais davantage encore l'hiver précédent avec notamment .; 13,30 le 10janvier 2009 à Saint-Quentin. Plus loin, on se souvient de l'hiver 1996-1997 où l'on enregistra – 23° dans l'Aube, puis le redoutable mois de janvier 1985. Le mercure chuta à -41° à Mouthe, dans le Doubs, et à -22,3° à Reims le 6 février, nous indique Météo France. A noter encore les -13° de la nuit de la Saint-Sylvestre du 31 décembre 1978, et surtout, l'hiver Ie plus rigoureux du siècle dernier qui se prolongea de la ml-novembre 1962 au 7 mars 1963, avec un mois de janvier particulièrement glacial.

Ardennes, les souvenirs de Yanny Hureaux


La Marne à Château-Regnault. Archives l’Ardennais.

La Semoy présente la particularité d'avoir un lit en schiste. Elle commence à geler pin le fond. « On dit alors qu'elle bettine », explique l'écrivain et chroniqueur dans L'Ardennais, Yanny Hureaux, né en 1939. « En 56, elle ressemblait à une banquise. Juste avant l'arrivée brutale du froid, elle avait débordé dans les rues basses de Haulmé. Tout a gelé.» Vanny conserve de nombreux souvenirs de cette rude époque, e où l'on pouvait traverser la Meuse à certains endroits et où les spectateurs d'Emile Albeau tapaient des pieds sur les gradins pendant qu'ils encourageaient l'équipe de Sedan qui jouait en première division.

S'il se rendait très souvent chez sa grand-mère à Gespunsart, il habitait Rethel. «Nous n'avions plus d'eau, les canalisations.

Mais pas les chambres! «On mettait des briques dans le four de le cuisinière puis on les entourait de papier journal. Je sens encore l'odeur du roussi ou dans un linge puis on les glissait au fond du lit. » Mais ce n'était rien à côté de ce qu'enduraient ceux qui vivaient dans les baraquements en bois montés après la guerre. En 56, il en restait beaucoup. « Un camarade de classe, Gérard, vivait avec sa famille dans l'un d'eux installés quartier de la Pertinguette. Mon père m'a demandé d'aller le chercher pour le faire dormir à la maison. Je le vois encore chez lui, debout contre la cuisinière. Il faisait tellement froid chez eux qu'ils avaient posé l'aquarium sur le bord de la cuisinière pour faire fondre la glace qui prenait ! »

Les REPERES

Du chauffage pour ce policier   

•.- Malgré le froid qui sévit, cet agent de police chargé de régler la circulation aux abords du théâtre, à Reims, garde le sourire. Il peut de temps en temps venir se réchauffer près de l’appareil qui lui a été fourni.

•.- 1956, juste deux ans après « l’appel de l'abbé Pierre »

C'est le 1er février 1954 que l'abbé Pierre lança son appel à l'aide pour les sans-abri victimes de la vague de froid, qui sévit d'abord du 1er au 9 Février, puis revint à partir du 2J janvier pour se prolonger jusqu'au 3 février. On releva -25 à Luxeuil, en Haute-Saône.

•.- CORREZE

- 35° y sont trelevés le 12 février 1956, record de France ce jour-là.

•.- NEIGE

La Normandie fut particulièrement exposée avec 1,20m de neige

•.- Le CHIFFRE : 5 Millions

Le nombre estimé d’oliviers qu’il a fallu finalement couper sur l’ensemble de la Provence après constation des dégats causés par la vague de froid de 1956

•.- La PHRASE

« Ce ne sont plus des promeneurs à l'allure dégagée, mais une foule engoncée et pressée qui circule dans nos rues balayées par un vent glacial. »

 

Jean-Michel FRANCOI5 

Extrait de l'union du 12/02/2016

    

    

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 Les douaniers, des sentinelles de première ligne

 A la veille de 1914, le corps militaire des douanes est constitué de 33 bataillons et de deux bataillons de forteresses, À ces unités, il convient d'ajouter des compagnies et des sections indépendantes ou de forteresse, et des sections alpines

PRÉAMBULE

Au premier août 1914, les 8 200 agents du service actif et de forteresse sont mis à la disposition du ministère de la Guerre, Ils sont affectés à des opérations de couverture et de renseignement soutenant la concentration des forces armées. Les douaniers sont aux avant-postes. Les autres troupes sont positionnées 10 kilomètres en retrait. Il s'agit d'une décision de l'État-major des armées, dans un souci d'éviter tout incident de frontières. Les unités douanières de première ligne occupent des postes à l'extrême frontière et rendent compte des mouvements et autres agissements des troupes allemandes.

Les douaniers se sont illustrés et ont eu une conduite héroïque

Le 2 août, les unités les plus exposées à la frontière de l'Est consignent les premiers incidents et autres violations. Georges Laibe, douanier, est le premier blessé du conflit. Ce même jour, les douaniers font le premier prisonnier

Le 15 août 1914, ordre est donné de recueillir le témoignage des douaniers des directions de l'[st sur les violations des frontières, meurtres, violences, dommages aux personnes et aux propriétés commis par les troupes allemandes avant le 3 août 1914, date de la déclaration de guerre. Les incursions allemandes visent à reconnaître les positions françaises, notamment à Hussigny, région de Longwy.

 Le plan Schlieffen, chef d'état-major de l'armée allemande de 1891 à 1905, prévoit de passer par la Belgique et le Luxsmhourq pour contourner par le Nord les forces françaises, puis de faire pivoter l'aile droite allemande vers le sud pour prendre Paris et encercler les troupes françaises. Les axes d'offensive passent notamment par Longwy, Montmédy et Maubeuge.


Le Drapeau des Bataillons de Douaniers reçoit la Croix de Guerre avec palme à Strasbourg.

LES DOUANIERS DANS L'ENFER DE LA BATAILLE

A l'école nationale des douanes de La Rochelle, lorsque l'on pousse la porte de la salle d'honneur, le regard se porte immanquablement sur un cadre de verre qui renferme une pièce d'étoffe tricolore. C'est le drapeau des bataillons douaniers. Sur le revers, on peut lire: Honneur et Patrie et le nom d'une ville de Lorraine, Longwy. Cette citadelle, située en Meurthe-et-Moselle,. fut le théâtre d'une bataille de. La première Guerre mondiale , au rs de laquelle les douaniers se sont illustrés et, sous les ordres du capitaine des douanes Genesseaux, ont eu une conduite héroïque.

Après 1870, la France perd une partie de l'Alsace et de la Lorraine. Longwy, qui appartenait à la Moselle, est rattachée à la Meurthe et reste ainsi en territoire français. En 191--1, la forteresse doit être démembrée. La place, éditiée par Vauban, n'a pas subi de modifications depuis. Cependant l'imminence de la guerre conduit les autorités à confier à la citadelle comme à Montmédy, un rôle de fixation des troupes allemandes, de couverture et de retardement pendant un temps limité.

Longwy doit également servir éventuellement de point d'appui aux forces françaises engagées dans la bataille aux frontières. Sous le commandement du lieutenantcolonel Darche, la garnison est constituée d'un bataillon du 164c régiment d'infanterie, d'un bataillon territorial, d'une batterie et demie d'artillerie, d'une demi-compagnie du génie, d'une compagnie de forteresse des douanes et des auxiliaires, soit environ 3 500 hommes. Une cinquantaine de pièces d'artillerie complète et appuie ces effectifs.


Tentative de percée de la garnison de Montmédy. L’Illustration

 QUAND LES DOUANIERS PRATIQUENT UNE GUERRE D'ESCARMOUCHE

Le 3 août 1914, l'Allemagne déclare la guerre à la France. Le 6, le lieutenant Menu marche vers Hussigny, il se heurte à une patrouille de cavaliers ennemis. Il fait halle à la ferme de Larimont, puis reprend par Godbrange, la direction d'Hussigny. Des éclaireurs le préviennent que . ces villages sont tenus par un fort parti de cavalerie. Menu se retire sur Herserange, non sans avoir fait feu contre une patrouille adverse.

La section reçoit l'ordre de se positionner au chemin de la Moulaine à l'est d'Herserange.

Dans la soirée du 11, les douaniers de Saulnes repoussent sur Hussigny des cavaliers.

Pendant ce temps, le lieutenant Menu et ses douaniers se portent du chemin de fer de la Moulaine vers Godbrange abandonné par l'ennemi.

Le 13, avec le groupe cycliste de la 13e compagnie du 164c , ils engagent des pelotons de cavalerie adverses et leurs causent des pertes. La cavalerie allemande qui menait des reconnaissances vers les postes avancés du sud de la place, apparaît à la frontière belge


L'escadrille MS12 en 1915, commandant, pilotes, observateurs, mécaniciens et « missionnaires ».

LONGWY, VILLE MARTYRE

 Le 10 août, les troupes allemandes sont devant Longwy. Le lieutenantcolonel Darche est sommé de se rendre. Sa réponse est sans appel: « La place de Longwy ne se rendra pas ! », Débutent alors 16 jours de siège, qui sont marqués par les mouvements de troupes mettant aux prises les unités d'infanterie et de cavalerie, dont les agents des douanes.

Le 16, un peloton du 2 e Uhlans attaque le poste de douane de Fontaine-Ribeaud. Les douaniers ouvrent le feu et les cavaliers allemands se replient vers Musson.

Prévenu de leur mouvement, le lieutenant Descamps, du poste douanier de Cussigny, leur tend une embuscade à l'ouest de Baranzy.

Un cavalier est tué et un officier est capturé. Il est conduit à Longwy pou r y être interrogé. (1)

A partir du 21 août, un déluge de fer et de feu s'abat sur la forteresse. Les Allemands tirent depuis le Luxembourg et la Belgique.


La porte de France à Longwy

Dans la nuit, une compagnie du 164e réussit à rejoindre la IW Armée française. Le lendemain, cette force se heurte à la ve Armée allemande. Des éléments arrivent néanmoins près de Longwy. Malheureusement l'intensité du feu allemand oblige à se replier.


Vue de Longwy

Le 22 août, la ville est écrasée par l'artillerie lourde. La ville haute est en ruine. Le bombardement est continu, de jour comme de nuit, et l'entrée en action de nouvelles batteries a détruit les abris et les magasins.

La pompe assurant l'approvisionnement du puits est détruite. L'eau, puisée avec un seau à une profondeur de 90 mètres, ne tarde pas à se raréfier. Elle est distribuée en priorité aux blessés. Du vin, trouvé dans les approvisionnements, devient la boisson principale.


La porte de France à Longwy

Entre le 23 et le 24, les Allemands lancent leur infanterie à l'assaut. Elle est repoussée. Des officiers du 164e , le capitaine Barthelemy et le lieutenant Rihf', avec quelques fantassins et des douaniers, détruisent un convoi automobile ennemi de 18 camions, près de Longlaville. Une résistance héroïque justement récompensée.

Les 24 et 25, les artilleurs allemands f1i1onnent méthodiquement la place et la situation des défenseurs, qui subissent le feu ennemi sans pouvoir répondre, devient désespérée. Les Allemands refusent une trêve afin d'inhumer les morts. Le 26 août, l'ennemi progresse

(1) - Le 22 août 1914, cette action aura des conséquences désastreuses et dramatiques pour la population belge des villages de Baranzy et de Musson. 222 habitant sont fusillés. 204 des 361 maisons sont également incendiées.

De nombreux blessés sont ensevelis sous les décombres de l'hôpital. La place n'a pas de nouvelles des armées. Le gouverneur, après consultation du conseil de défense, décide de capituler.

La douane est la seule administration civile qui participe au ravivage

De leur côté, deux lieutenants des douanes, 50 douaniers et 150 soldats refusent l'inéluctable et franchissent les lignes.

Ils réussissent à rejoindre Verdun. Parmi eux, se trouve François Mathieu, préposé à Longlaville, cité à l'ordre de l'armée: « A réussi à s'évader de la place de Longwy tombée entra les mains de l'ennemi et a gagné, cinq jours après, la place de Verdun en traversant les lignes allemandes sous un déguisement »

Le 21 janvier 1921, les douaniers seront récompensés pour leur conduite au feu et leurs actes de bravoure. Le drapeau des bataillons douaniers reçoit la Croix de guerre 1914-1918 avec palme, pour la citation à l'ordre de l'armée attribuée à la compagne de forteresse de Longwy.

« La compagnie de forteresse de Longwy, sous le commandement du Lieutenant-Colonel Darche, a rempli complètement le rôle qui lui et Verdun. était assigné, dépassant ce que l'on ~ pouvait attendre d'une aussi faible 1 troupe, isolée dès les premiers jours de mobilisation. »

Depuis 2011, les directeurs généraux des Douanes et M. Gabriel Bastien, président de l'Association Nationale des Anciens Combattants et Victimes de Guerre des Douanes, accompagné des membres du bureau national, procèdent au ravivage de la Flamme sous l'Arc de triomphe. Un groupe d'enfants dépose une gerbe au nom de l'Œuvre des orphelins des douanes sur la tombe du Soldat inconnu. Cette cérémonie, sobre et émouvante, a pour ambition de réunir douaniers d'hier et d'aujourd'hui dans un même hommage rendu à la mémoire de tous les Douaniers « Morts pour la France » ou en service commandé. Le drapeau des douanes et sa garde d'honneur sont associés à cette manifestation. La douane est la seule administration civile qui participe au ravivage.

La Flamme de l'Arc de triomphe abrite la tombe du Soldat inconnu, mort pour la France durant la Première Guerre mondiale. Brûlant en permanence, elle symbolise le souven ir du sacrifice des combattants français et alliés tombés depuis, au champ d'honneur.

Chaque jour à 18h30 depuis 1923, le président du comité de la Flamme ou son représentant invite un groupe, civil ou militaire, voire parfois des enfants à procéder au ravivage de la Flamme.

MONTMÉDY


Les remparts de Montmédy.

La citadelle de Montmédy est construite sur un promontoire entre Longwy et Sedan. Elle surplombe une voie ferrée et les axes en direction de Sedan et Verdun.

La voie ferrée relaie miniers locaux aux usines sidérurgiques disséminées dans la région jusqu'à Sedan. Montmédy doit servir de point d'appui aux troupes qui combattent dans la région. La garnison doit également assurer la protection du réseau ferré, que le gouverneur, en cas de reddition, doit détruire après en avoir référé au commandant en chef, le général Joffre.

LES DOUANIERS MOBILISÉS

Dès le 31 juillet 1914, les douaniers de la région rejoignent Montmedy afin de constituer une compagnie de forteresse et participer à la défense de la place. La garnison est également constituée d'un bataillon d'infanterie du 65e RI, une compagnie de dépôt, un demi bataillon d'infanterie territoriale, une batterie d'artillerie à pied, une demi-compagnie du génie territorial, de petits détachements de chasseurs forestiers, infirmiers et enfin des auxiliaires de places fortes, soit un total de 2 500 combattants.

La compagnie des douanes, commandée par le capitaine Ferrot, les lieutenants Klein et Laurent, doit remplir une mission de sûreté et de surveillance de la région.

Cette mission est effectuée avec des détachements d'autres unités. Des escarmouches ont lieu à partir du 9 août. Le 16, les douaniers du poste d'Ecouviez abattent un Uhlan.

L'ARMÉE ALLEMANDE FOND SUR LA France

Le 18, cinq armées allemandes, entre Metz et Liège, s'ébranlent. Le 21, la V· armée allemande bombarde Longwy. Le soir, elle est à une vingtaine de kilomètres de Montmédy. Face à cette avancée, le général Joffre ordonne aux 3e et 4 c armées d'attaquer entre Neufchâteau et Arlon.

Le 22 août tout le sud de la province du Luxembourg s'embrase et 15 batailles se déroulent simultanément de Longwy à Neufchâteau.

Devant les mitrailleuses et l'artillerie allemande, l' « offensive à outrance » trouve vite ses limites et les troupes françaises engagées doivent faire retraite. L'offensive du 22 août se solde par un échec cuisant. 52 000 soldats français sont morts ou blessés, 29 000 du côté allemand.

Les 23 et 24 août, ordre est donné de prendre les mesures préparatoires à la destruction des ouvrages d'art importants de la région et de Montmédy, en préparant le dynamitage des ponts sur la Chiers de Montmedy et de ses environs. La garnison doit évacuer et rejoindre ~' .~I les armées françaises.

BRANDEVILLE OU LA FIN TRAGIQUE DE LA GARNISON DE MONTMÉDY

Le 29, les forces françaises se heurtent d deux corps d'armée ennemis sous le feu terrible des mitrailleuses Maxim qui refoule les soldats français dans les bois avec d'énormes pertes.

Quatre douaniers tomberont au cours de ce combat. Le reste de la garnison encerclée et démoralisée, vaincue par la fatigue et les privations, sera capturée par les Allemands. Des éléments isolés, dont des douaniers, réussiront toutefois à s'échapper et à rejoindre Verdun.

Sur les 2300 hommes de la garnison de la forteresse de Montmédy, quelques six cents sont tombés lors de cette bataille.

La capture des places de Longwy et Montmédy sont certes des défaites militaires mais elles permettent surtout à l'Allemagne de disposer d'une grande partie du ferfrançais et de l'intégralité du luxembourgeois. Ainsi, les hauts fourneaux de la Ruhr pourront alimenter l'industrie de guerre allemande jusqu'en 1918.

MAUBEUGE, DERRIÈRE LA DÉFAITE UNE GRANDE VICTOIRE


Les casemates de la forteresse de Maubeuge détruites

Les forces engagées à Maubeuge ont pu retenir, sous ses murs, des troupes ennemies aguerries avec une nombreuse artillerie et contribuer de cette manière, par leur longue résistance, à la première victoire de la Marne.

DES FORTIFICATIONS FRAGILES

En ce mois d'août 1914, l'état-major allemand considère Maubeuge comme un objectif stratégique. En eftet, la citadelle est située au carrefour des voies ferrées venant de Belgique et convergeant vers Paris. Elle est constituée également d'une garnison importante. Pas moins de 47 000 hommes constituent ses effectifs dont trois bataillons douaniers, soit 700 hommes. Le siège commence le 25 août 1914. 60 000 soldats allemands sont devant la place. Les bombardements débutent le 29.


Occupation allemande à Maubeuge


l.a forteresse de Maubeuge.

Ce sera le plus long siège de la Première Guerre mondiale. Les défenses de la ville, construites principalement en briques, sont particulièrement vulnérables. Un seul ouvrage, le fort Bourdiau, est bétonné.

Les douaniers sont pratiquement de tous les combat

LES DOUANIERS SUR TOUS LES FRONTS

Les douaniers participent à la défense du camp retranché et des avant-postes, à l'est et au nord de Maubeuge. Ils foumissent, également du personnel aux travaux de défense des centres de résistance. Ils creusent des tranches, dressent des abattis, établissent des batteries et mettent en place des réseaux de barbelés. Les douaniers effectuent des missions de reconnaissance, ils défendent les différents forts et sont pratiquement de tous les combats.

La garnison tente une sortie d'infanterie le 1er septembre, sans succès. Plus de 900 soldats tombent fauchés par les balles allemandes. La forteresse est encerclée et les communications sont coupées. Seul un pigeon, le 4 septembre, permet de connaître la situation désespérée assiégés.

UN SACRIFICE HÉROïQUE QUI PERMET LA VICTOIRE SUR LA MARNE

Face à la résistance inattendue de la garnison, les Allemands intensifient le bombardement. Le 6 septembre, l'infanterie allemande passe à l'attaque.

Les forts tombent les uns après les autres. L'artillerie écrase les fantassins français, un quart des effectifs est tué ou blessé.

La situation est intenable. Le 7, le drapeau blanc est hissé. La garnison capitule le 8.

Si le siège de Maubeuge a duré 15 jours, il a surtout permis de retenir 60 000 soldats allemands qui n'ont pas pu participer à la bataille r de la Marne.

LES DOUANIERS EN MISSIONS SPÉCIALES

Les « missions spéciales» consistent à déposer des agents secrets, les « missionnaires », derrière les lignes ennemies par la voie des airs, pratique officialisée dès 1915 en France.

La préparation de la grande offensive de septembre 1915 en Champagne et en Artois passe par la mise en œuvre préalable de missions de collectes de renseignements et de sabotages derrières les lignes allemandes.

La réussite de ces missions nécessite de disposer de volontaires qualifiés et connaissant parfaitement les zones ciblées. En 1915, la situation militaire amène le GQG2 français à s'intéresser aux Ardennes.

Ainsi, les douaniers du 5e bataillon et de la compagnie de forteresse de Charlemont, qui exerçaient avant-guerre dans la direction de Charleroi, vont se voir confier les missions spéciales dans cette zone.

DES COMMANDOS AVANT L'HEURE

En Champagne, les douaniers volontaires effectuent un entraî- nement commando (vols, connaissances de l'avion, exercices de surveillance de troupes au sol, connaissance de la composition des trains, utilisation des pigeons, mémorisation et préparation d'itinéraires, initiation au sabotage, etc.). Des militaires de l'aviation et des renseignements, le 2 e bureau notamment encadrent le stage


Ravivage de la Flarnme par les douaniers le 22 septembre 20'14

Pour les déposer derrière les lignes, on fait appel à la fine fleur de l'aviation de chasse, Jules Védrines, Jean Navarre et Georges Guynemer, Les missions se déroulent essentiellement en arrière du front de l'Aisne, non loin de la frontière belge des Ardennes. Elles consistent à collecter des renseignements sur les mouvements de troupes ennemis et à saboter des voies ferrées utilisées pour les transports de troupe.

Les missions perdureront tout au long de la guerre et elles permettront très souvent de disposer d'informatlons cruciales à la conduite des opérations et offensives militaires sur le front occidental.

L'ÉQUIPEMENT TYPE DU MISSIONNAIRE

Dans le cadre de leur mission, les missionnaires endossent une veste d'aviateur en cuir pour se protéger du froid; ils abandonnent cet effet vestimentaire dans la carlingue après avoir quitté l'avion.

Tous les missionnaires sont porteurs d'un sac dont le contenu varie en fonction de la nature et la durée de leur mission.

On y trouve d'abord des vivres (conserves, chocolat biscuits, lait sucré) qui permettent d'éviter tout contact avec la population pendant la mission et ainsi d'empêcher les dénonciations r en dernière extrémité, ces aliments serviront à négocier un passage en Hollande ou tout autre chose avec des personnages corruptibles.

Tous les missionnaires douaniers ne reviendront pas de ces missions

On y trouve ensuite des vêtements civils, deux bottes de fer étanches contenant six pétards de cavalerie (TNT) ou plus tard des pains de mélinite, une pince universelle pour d'un sac dont le contenu varie en fonction de la nature et la durée de leur mission.

On y trouve d'abord des vivres (conserves, chocolat biscuits, lait sucré) qui permettent d'éviter tout contact avec la population pendant la mission et ainsi d'empêcher les dénonciations r en dernière extrémité, ces aliments serviront à négocier un passage en Hollande ou tout autre chose avec des personnages corruptibles.

On y trouve ensuite des vêtements civils, deux bottes de fer étanches contenant six pétards de cavalerie (TNT) ou plus tard des pains de mélinite, une pince universelle pour sertir les détonateurs, de la mèche lente, deux cordeaux détonants métalliques « Bickford » remplis de mélinite, des crochets de fixation pour solidariser les charges aux rails, une carabine et des cartouches, du poivre pour dépister les chiens, enfin une boussole, des cartes et une lampe électrique. On remet aux missionnaires des faux papiers grâce auxquels ils usurpent l'identité d'un habitant de la contrée dans laquelle ils évoluent.

À partir de l' été 1916, le 2e bureau de la V Armée remet des ordres de mission aux douaniers qu'il expédie en mission de renseignement ou de sabotage " cette mesure préservatrice sauve au moins deux d'entre eux du poteau d'exécution. Ces documents ont pourtant une valeur protectrice très aléatoire, compte tenu de l'exaspération des Allemands et surtout de la présence des pigeons voyageurs, synonyme d'espionnage pour l'occupant.

UN COURAGE RECONNU

Tous les missionnaires douaniers ne reviendront pas de ces missions. Après la guerre, Jules Védrines exprima son admiration, en ces termes, pu ur les missionnaires : « Notre travail, à nous, aviareurs était bien pâle à côté du leur et de la somme de courage et de volonté qu'il devait déployer pour réussir (,.). Les douaniers furent merveilleux et nous donnèrent, bien souvent, des exemples d'héroïsme et de stoïcisme qu'on ne mettra jamais assez en valeur. C'étaient des hommes! ».

A GUERRE ÉCONOMIQUE OU LA RUINE DES EMPIRES CENTRAUX

Lorsqu'éclate la Première Guerre mondiale, la France n'est pas préparée à la guerre économique. L'Ëtat-major a prévu une guerre courte et les questions économiques n'ont pas été prises en considération. A l'improvisation succède, à partir de 1916, une véritable machine de guerre.


Le bureau des douanes à Villars-les·Blamont (Doubs), 191

LE CONTEXTE DE LA GUERRE ÉCONOMIQUE

Dès le mois d'août 1914, le commerce maritime inLernational des empires centraux a été pratiquement supprimé et c'est par le biais de la guerre sous-marine (voir encadré 1) à outrance que l'Allarnaqne a cherché, sous prétexte de représailles contre l'extension des listes alliées de contrebande de guerre et un blocus irrégulier, à paralyser les relations navales entre l'Angleterre, la rrance et le reste du monde.

LA DOUANE, UNE ADMINISTRATION INCONTOURNABLE DANS LA GUERRE ÉCONOMIQUE

Au c6té d'autres administrations et départements ministériels, la Marine Nationale et la douane participent à la guerre économique (voir encadré 2). Le but poursuivi est d'assurer le ravitaillement et de désorganiser les forces économiques et le commerce des empireç centraux. La lutte contre la contrebande se heurte à deux difficultés: assurer l'unité d'action avec l'Angleterre et ne pas léser le commerce des pays neutres et plus particulièrement des États-Unis, pays avec lequel les alliés souhaitent préserver de bonnes relations.

En outre, la France comme l'Angleterre n'ont pas ratifié la déclaration de Londres (voir encadré 3).

Dès le 11 août 1914, sur la base de cette déclaration, la France établit une liste de marchandises susceptibles de faire l'objet de contrebande de guerre (voir encadré 4), confirmée par décret. Ces dispositions seront modifiées tout au long de la guerre.

LES PREMIÈRES MESURES PORTENT SUR L'INTERDICTION DE COMMERCER AVEC LES EMPIRES CENTRAUX

La France impose à tous ses nationaux, même résidant hors de France, l'interdiction d'entretenir un commerce ou des relations économiques quelconques avec les sujets des puissances ennemies, les personnes résidant en territoire ennemi et les personnes interposées (décret du 27 septembre 1914 sanctionné pénalement par la loi du 4 avril 191


Une mitrailleuse allemande Maxim MG 08 (Maschinengewehr 08) au Canadian War Museum


Les douaniers ont permis la capture du sous-marin allemand UC 61

Ces mesures de caractère personnel furent d'ailleurs complétées par la mise sous séquestre judiciaire des biens et intérêts des sujets ennemis en France, par leur déclaration obligatoire (loi du 22 janvier 1916), par celle des biens et intérêts privés des Français en pays ennemi ou occupé, par les règles spéciales concernant les brevets, assurances, réassurances (décret du 29 septembre 1914 ; lois du 27 mai et 31 décembre 1915, du 15 février 1917), ainsi que par la suspension ou la résiliation des contrats antérieurs êI la guerre (décret du 27 septembre 1914 ; loi du 21 janvier

Au milieu de l'automne 1914, l'Entente complète les mesures sur la contrebande par un engagement des pays neutres sur les articles de contrebande auxquels les alliés permettent de franchir le blocus.

Le 3 novembre 1914, un mémorandum est envoyé aux pays neutres afin de leur demander d'interdire l'exportation de tous les produits figurant sur les listes de contrebande.

Si les neutres voulaient bien interdire la réexportation de toutes les marchandises classées comme contrebande, les Alliés leur promettaient en retour de ne pas s'occuper des importations de ces produits.

Les marchandises en provenance ou originaires d'Allemag.ne, d'Autriche-Hongrie sont soumises aux dispositions des lois de douane concernant les marchandises prohibées et des. restrictions quantitatives sont mises en place, loi du 17 août 1915 notamment.

Cependant. dans le même temps, afin de limiter les entraves à l'industrie et au commerce causées par la décision de prohibition de sortie, le gouvernement Instaure une commission des dérogations aux prohibitions, présidée par le directeur général des douanes. Une commission internationale des contingents est également instaurée.

Elle veille à l'instauration de restrictions quantitatives qui permettent de contingenter les importations.

Des dérogations sont également prévues. t'État instaure également des réductions de droits de douanes sur les grains et les farines, par exemple, des suspensions ou des admissions exceptionnelles (matériels, ambulances et médicaments).

Le but est de faciliter les approvisionnements en produits nécessaires à la Défense nationale.

Le but est de priver les puissances ennemies de ressources indispensables à l'effort de guerre. Par la suite, c'est la sauvegarde des réserves du pays en métaux précieux et en devises qui devient prioritair Dès le début du conflit, les métaux précieux monnayés et les papiers représentatifs de la monnaie sont inscrits dans la liste des articles considérés comme contrebande de guerre.

Les contrôles douaniers renforcés en ce sens et des limites sont fixées jusqu'à l'instauration d'un contrôle des changes, en avril 191

1916 : PASSAGE À UNE GUERRE D'OFFENSIVE ÉCONOMIQUE

En 1916, le blocus de l'Allemagne représente surtout une menace. 1 es alliés envisagent l'organisation d'une offensive économique et le terme de blocus se confond avec celui de guerre économique.

La guerre économique poursuit un double but: gêner l'Allemagne dans son commerce, son industrie et son ravitaillement et, en même temps, ménager ou accroître les ressources économiques ou financières de la France de façon à lui permettre de prolonger la guerre d'usure à laquelle elle est contrainte.

La conférence économique de Paris, en juin 1916, marque le début de la coopération interalliée dans le domaine de laguerre économique et le passage d'une guerre d'offensive économique.

Lors de cette conférence, il a été prescrit une liste spéciale des «personnes, maisons de commerces et sociétés dont les affaires sont contrôlées par des sujets ennemis ». Les listes noires prennent ainsi un caractère officiel.

I.C. (Bureau de l'Information et de la Communication de la D.G.D.D.I) ANAC & VG DOUANES (GR 155)

Extrait de La CHARTRE du 4°Trim 2015

    

    

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30 ans de sciences à la Villette 

La Cité des sciences fête ses 30 ans demain, avec près de 90 millions de visiteurs au compteur. Elle a présenté 336 expositions et organisé plus de mille conférences.


Le site accolé à la Géode se veut un « atelier de bricolage du XXI' siècle ». AFP

À SAVOIR

•.- Le 13 mars 1986, jour de la rencontre entre la sonde européenne Giotto et la comète de Halley, la Cité des sciences est inauguré par François Mitterrand.

•.- L’institution s'est installée au nord-est de Paris dans un immense bâtiment en béton construit à la fin des années 1960. Il devait servir à commercialiser la viande des abattoirs de la Villette mais n'a jamais ouvert ses portes.

•.- Les abattoirs eux-mêmes sont fermés en 1974. El trois ans plus tard, le président Valéry Giscard d'Estaing décide de faire de ce parallélépipède monumental un musée des sciences.

« Cela a failli être la salle des ventes d'un abattoir parisien. C'est devenu Ille vaisseau amiral de la culture scientifique en France », selon son président. « Comme le Centre Pompidou, la Cité des sciences est née de l'élan de modernisation profonde du secteur culturel français », souligne Bruno Maquart, président d'Universcience, qui regroupe la Cité ét le Palais de la Découverte. « Elle interroge la science dans ses relations avec la société. » Elle est située à la Villette à Paris, juste à côté de la Géode, une grande sphère miroitante abritant un amphithéâtre à donner le vertige et un écran hémisphérique de 1000 m². « Il ne s'agit pas d'un musée mais d'une cité, d'un lieu d'interaction » avec le public, déclare à l'époque le professeur de physique Maurice Lévy, concepteur du projet et premier président de l'établissement. Le succès est immédiat. Très novatrice, la Cité des enfants, accessible à partir de deux ans, est ouverte. en 1992. Depuis elle a essaimé dans huit pays. « Nous souhaitons elle a essaimé dans huit pays. Nous sommes un musée de la nouveauté, une vitrine de l'innovation », relève Bruno Maquart.

« Notre établissement a pour mission d’œuvrer à réconcilier les Français avec le progrès »
Bruno Maquart, Universcience

La Cité des sciences et de l'industrie vient de présenter le cœur artificiel de Carmat. Elle montrera bientôt les voitures sans conducteur et prépare un festival des drones. À ce jour, la Cité a reçu 89 millions de visiteurs. 2005, avec l'exposition Climax sur le changement climatique, est la meilleure année en termes de fréquentation. 2014 la seconde. En revanche, 2015 a été marquée par une baisse du nombre de visiteurs, notamment scolaires, en raison des attentats. De plus, un violent incendie dans une travée en travaux a nécessité la fermeture de l'établissement pendant sept semaines. L'âge moyen des visiteurs est de 27 ans. « Nous souhaitons que la Cité devienne un lieu de sortie pour les jeunes adultes », indique M. Maquart qui va lancer des soirées pour les 18-30 ans. Il compte aussi ouvrir un espace permanent dédié aux jeux vidéo dans les 18 mois.

La Cité doit être une sorte « d'atelier du bricolage du XXI° siècle », s'appuyant sur tout ce qu'offre le numérique. Ne craignant pas le débat, elle a organisé des expositions sur la sexualité. Et n'entend pas « rester les bras ballants » face au scepticisme  « étonnant » à l'égard des vaccins. « Notre établissement a pour mission d'œuvrer à réconcilier les Français avec le progrès. »

Extrait de l'union du 03/12/2015

    

    

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 Une pièce unique au fond de l'eau

Rongée par le sel, une « cuisine-distillatoire» a été remontée de l'épave de La Seine, un navire français naufragé en 1846 au large de la Nouvelle-Calédonie.


Couvert de calcaire de lichens le bloc de cuisson a été remonté en décembre dernier. AFP

C'est un appareil un peu cabossé d' l,2 tonne qui a été remonté des débris de La Seine. Il permettait aux équipages des navires long-courriers de cuisiner et d'avoir toujours de l'eau douce à bord. II se présente sous la forme d'un gros cube en cuivre, avec des robinets et des cavités destinées aux marmites et au foyer. Entreposé au laboratoire du Musée maritime de Nouméa, il va subir un traitement électrochimique de plusieurs mois pour arrêter la corrosion et ôter la croûte de calcaire.

« Nous avons contacté de nombreux musées et il semble qu'il s'agisse du dernier exemplaire au monde de cette cuisine-distillatoire », se réjouit Philippe Houdret, président de l'Association Fortunes de mer, qui regroupe des passionnés d'archéologie sous-marine. L'association a effectué plusieurs campagnes de fouille sur l'épave de La Seine, ce navire de 40 mètres qui gît au large du village de Pouébo, dans le nord de la Nouvelle-Calédonie.

"La Seine" s'est fracassée sur un récif

Des sabres, de la vaisselle, des boulets de canons, des poignées de coffre... en ont été ramenés et sont au centre d'une exposition jusque fin février au Musée Maritime. Très à l'écart de l'épave, la cuisine-distillatoire, dont l'association connaissait la présence à bord, n'a été repérée qu'en septembre 2015 et sortie de l'eau en décembre. L'engin a été inventé vers 1840, « Les aliments cuisaient dans les fours, allumés au bois. En même temps, de l'eau de mer était pompée pour chauffer les marmites à la vapeur, la quelle était refroidie et transformée en eau potable », explique Marie Arnautou, conservatrice-restauratrice. Cette machine ingénieuse se trouvait dans les entrailles d'un navire au destin particulier, « La Seine » » parti de Brest le 3 septembre 1845 avec, aux commandes, le capitaine de corvette François Leconte, chargé par le roi Louis-Philippe d'une mission secrète dans le Pacifique, destinée à y apaiser les tensions avec les Anglais. Or, le 3 juillet 1846, pensant mettre le cap sur la mission catholique française de Balade au nord de la Calédonie, l'homme se trompe de passe et fracasse son navire sur le récif. Toute la nuit, avec ses 232 hommes, Leconte essaie de sauver « La Seine » mais les naufragés, épuisés, finissent par gagner le rivage, À Balade, le commandant remet à Monseigneur Douarre, évêque de la mission, la lettre confidentielle confiée par le ministre de la Marine et des Colonies. Avec stupeur, l'ecclésiastique y apprend que la France a décidé de « n'exercer aucune part de souveraineté sur ce pays » et d'annuler la déclaration de souveraineté conclue en 1844 entre le commandant d'un autre navire de la Marine royale, le Bucéphale, et quelques chefs kanaks de la région.

Discrètement, le pavillon tricolore qui flottait sur la mission mariste est retiré, mettant un terme dans la confusion à la première tentative de prise de possession de la Nouvelle-Calédonie par la France. Les Anglais n'ayant manifesté aucun intérêt particulier pour cette terre, sept ans plus tard, le contre-amiral Febvrier-Despointes prendra officiellement possession de la Nouvelle-Calédonie, au nom de l'empereur Napoléon III.

Extrait de l'union du 15/11/2015

    

    

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Deux maisons innovantes, vitrines du savoir-faire régional


Quinze entreprises de la région à la pointe de l'innovation mettent leurs savoir-faire en commun. Objectif : penser la maison de demain. Perspective Bruno Rollet

Deux maisons « intelligentes » sortiront de terre fin 2016. Ces maisons au service de leurs habitants seront équipées avec des technologies de pointe développées par des entreprises de la région. Elles préfigurent l'habitat de demain.

Le projet est né sur un coin d'une table, en 2014, au cours d'une discussion à bâtons rompus sur ce que pourrait être l'habitat du futur. « Notre mission ne se résume pas à construire, gérer, aménager des logements. Nous travaillons aussi à ce que pourrait être l'avenir », explique Jean-Claude Walterspieler, le président de Plurial Novilia. « Au sein du groupe, on a beaucoup travaillé sur des innovations architecturales ces dernières années. On a maintenant la volonté de mettre les nouvelles technologies au service des nouveaux usages des populations », ajoute Alain Nicole, directeur général de Plurial Novilia. « On savait qu'il y avait dans la région un vivier in croyable de talents et d'expertises, dont certains uniques en France, poursuit Arnold Houdry, directeur du développement chez Plurial Novilia. « Ces deux maisons vont être une véritable vitrine à ciel ouvert des expertises innovantes régionales ». Les ceux maisons seront construites en ossature bois et disposeront de toit végétalisé. Elles ont été dessinées par l'architecte Bruno Rollet. Celle de plain-pied est destinée à accueillir un couple de retraités. On y entre via une serre. D'une superficie de 87 m², elle comprend également un studio, avec sa propre entrée. « L'idée serait d'y accueillir un élève infirmier ou un étudiant en médecine », poursuit Alain Nicole. Le logement comprendra aussi des équipements de télémédecine et de domo-médecine avec la prise de constantes (pouls, température, oxygène, tension et glycémie) en lien avec le service gériatrique de la polyclinique Courlancy. « Le principe est d'éviter de multiplier les déplacements de personnes en situation éventuelle de fragilité, tout en assurant un suivi adapté à la pathologie dont pourrait souffrir l'un ou l'autre des occupants du logement.»

 Quelles innovations et technologies pourra-t-on trouver à l'intérieur?  « Des peintures comme des sols antimicrobiens, des peintures phosphorescentes pour éviter les chutes la nuit. Quant à la seconde maison, de 150 m², elle ressemble un peu à la première. On y trouve une serre, un patio et surtout des espaces de vie adaptables au fil des années. Les garages peuvent aussi se transformer en une pièce supplémentaire. « Ici, la domotique est avant tout au service du confort et de la sécurité des occupants », poursuit l'architecte Bruno Rollet, avec un contrôle du chauffage à distance, des tuiles photovoltaïques produisent de l'énergie, en stockent même pour pouvoir l'utiliser le moment venu. Les deux maisons seront mises en location, milieu 2017, avec un loyer social classique. « Elles serviront de test avant que ces procédés innovants n'équipent les logements de tous d'ici quelques années », prédit Catherine Vautrin.

Aurélie BEAUSSART

Extrait de l'union du 15/11/2015

    

    

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La fontaine de Trevi fait peau neuve

Rome et ses milliers de touristes ont retrouvé-hier la splendeur de l'un des monuments les plus emblématiques de la Ville éternelle.


La fontaine de Trevi n'avait pas été restaurée depuis 23 ans. AFP

A SAVOIR

•.- Financés par la maison de couture Fendi [groupe LVMHI, les travaux de restauration de la fontaine de Trevi ont duré seize mois.

•.- Lafontaine, reliée à un aqueduc . faisant arriver reau depuis l'extérieur de Rome,est haute de 26 mètres pour une largeur de vingt mètres. .

•.- Typique de rift baraque. ce chef-d'œuvre architectural a été J rendu célèbre par une scène inoubliable de « la Dolce Vita » de Federico Fellini: l'actrice suédoise Anita Ekberg y prenant un bain de minuit en robe du soir aux côtés de Marcello Mastroianni

C'est vers 17h30, hier, que l'eau a commencé à couler de nouveau vers le grand bassin séparant la petite place de l'immense sculpture baroque adossée au palais Poli. La cérémonie d'inauguration de la fontaine de Trevi, rénovée pour un coût estimé à plus de deux· millions d'euros, s'est déroulée en présence du patron de la maison de couture Fendi (groupe LVMH), Pietro Baccari. « Nous sommes fiers et orgueilleux que notre nom soit lié à cette beauté. C’est un message d’amour à cette ville », a-t-il dit « Nous ne nous arrêterons pas ici nous avons quatre autres projets pour Rome », a-t-il ajouté. « C'est une très grande émotion pour tous, surtout pour nous citoyens de Rome », a déclaré à cette occasion Silvia Fendi, petite-fille des fondateurs de la marque.

Les travaux de restauration de la fontaine, achevée en 1762, avaient débuté le 30 juin 2014. Le maire de Rome Ignazio Marino, destitué la semaine dernière, avait alors symboliquement jeté une pièce de monnaie dans le bassin de la fontaine. Celle-ci a repris vie au moment précis où le patron de Fendi, Silvia Fendi, et le responsable des biens culturels de Rome ont refait ce geste.

Celui qui jette une pièce de monnaie, dos à la fontaine, est assuré de revenir un jour dans la  ville éternelle.

Des centaines de milliers de touristes l'ont fait avant eux, conformément à la tradition. Celui qui jette ainsi une pièce, dos à la fontaine, est assuré de revenir un jour dans la Ville éternelle. Chaque année, près d'un million d'euros de piécettes sont récupérées dans la fontaine et intégralement reversées à des organisations caritatives. Pendant toute la durée des travaux, et pour éviter de trop décevoir les milliers de touristes qui n'ont jamais cessé de se presser auprès de la fontaine une passerelle en plexiglas avait été aménagée et un petit bassin installé pour recueillir les pièces de monnaie.

Le patron de Fendi avait expliqué au début des travaux de restauration fin juin 2014 que le système des passerelles était apparu comme « le moyen le moins pire pour continuer de voir la fontaine et pour la montrer comme jamais personne ne l'avait vue avant ». Il n'empêche, nombre de touristes se sont montrés très déçus de ne pas pouvoir admirer ce chef d'œuvre de l'art baroque. Les chiffres ont été cependant encourageants et trois millions de personnes ont quand même visité la fontaine de Trevi pendant les travaux de restauration, selon M. Beccari, Fendi a également financé à Rome la restauration du palais de la Civilisation italienne, un symbole de l'ère fasciste, appelé aussi le Colosseo quadrato (le Colisée carré), avant d'y installer son nouveau siège social. Silvia Fendi a indiqué qu'une partie de ce bâtiment, moins connu des touristes mais également très emblématique de la Ville éternelle, serait accessible au grand public. Commandée à Nicolas Saivi en 1732 par le pape Clément XII pour remplacer le modeste bassin installé à cet endroit, la fontaine de Trevi fut achevée trente ans plus tard par Niccolo Pannini.

Extrait de l'union du 04/11/2015

    

    

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Le lin décliné à toutes les sauces 

Alternative aux produits pétroliers, la fibre de lin tenté de se faire une place dans les matériaux composites en investissant les voitures, les skis, les guitares


Plusieurs entreprises européennes utilisent le lin, travaillant avec des designers pour en faire des meubles ou des éléments de déco.

La France représente 65 % de la production de lin mondiale avec près de 70000 hectares de lin cultivés le long de la Manche et une production estimée à plus de 100000 tonnes pour 2015, selon l'interprofession. Et si 80 % à 90% de la production est dédiée au textile et part le plus souvent pour la Chine et l'Inde pour y être tissée, il reste de quoi chercher de nouveaux débouchés.

L’argument écologique de l’utilisation du lin ne suffit pas à séduire les industriels…

Grâce à sa légèreté et sa résistance, la fibre de lin a les capacités de remplacer les matériaux composites d'origine pétrolière pour la fabrication d'un grand nombre d'objets avec l'avantage d'être biosourcée et recyc1able. Plusieurs entreprises européennes utilisent déjà ce matériau, travaillant avec des designers pour en faire des meubles ou des éléments de décoration en petite série mais aussi avec des industriels de l'automobile ou de l'aéronautique pour l'aménagement intérieur des habitacles. Certaines de ces entreprises compétences comme les groupes Dehondt et Depestele, d'autres toutes récentes fonctionnent sur le modèle des start-up de haute technologie.

Toutes sont épaulées par le Centre européen du lin et du chanvre (CELC) qui, depuis dix ans, accompagne les initiatives et soutient la recherche sur les applications de ces fibres dans les textiles techniques et composites.

« L'Asie est spécialisée dans le carbone, les États-Unis dans la fibre de verre, l'enjeu aujourd'hui est de retrouver une création de marge, une valeur ajoutée, en exprimant ce savoir-faire européen » dans les fibres naturelles telles le lin et le chanvre, assure julie Paris et, responsable du pôle technique du CELC. Lebut n'est toutefois pas de Se cc cantonner à une démarche de remplacement-des produits issus du pétrole li, renchérit la directrice du CELC Marie-Emmanuelle Belzung, mais de mettre en avant la « performance impliquée par l'utilisation des fibres naturelles ». En effet, l'argument écologique ne suffit pas à séduire les industriels. Pour les convaincre, te il faut d'abord répondre au cahier des charges, le marketing c'est en plus», explique le président de la coopérative normande Terre de Lin, Alain Blosseville.

« Pour l'aéronautique, l'intérêt du lin c'est sa légèreté, pour les skis c'est l'absorption des vibrations et il permet une meilleure qualité du son pour une enceinte », ajoute-t -il. ll faut aussi convaincre les industriels d'utiliser un matériau agricole alors qu'ils « se méfient de l'agriculture », avec ses variations de prix et l'inconnu sur la qualité et la quantité pour chaque récolte; souligne M. Blosseville.

 

 Extrait de l'union du 02/11/2015

    

    

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Les mystères de l'Egypte engloutie 

Exposition événement de la rentrée, Osiris, mystères engloutis d'Égypte lève le voile sur un pan ignoré de l'histoire antique : les cérémonies secrètes vouées au dieu des morts.


L'exposition trouve sa genèse dans les découvertes archéologiques sous-marines faites à l'ouest du delta du Nilaaz.
Christoph Gerigk & Franck Goddio/Hilti Fondation

L'Égypte antique n'a pas fini de nous révéler ses mystères et l'exposition présentée cet automne à l'Institut du monde arabe, en est une preuve supplémentaire. Issue des investigations menées par l'archéologue Franck Goddio ces dix dernières années, elle nous présente quelque 250 objets retrouvés lors de ces fouilles sous-marines. Ces découvertes, à la signification historique hors du commun, nous livrent un témoignage sans précédent de la légende d'Osiris, l'un des mythes fondateurs de la civilisation égyptienne, et nous laisse entrevoir à quoi pouvait ressembler la célébration des « Mystères d'Osiris », grande cérémonie de l'Égypte antique qui commémorait, perpétuait et renouvelait annuellement cette légende.

Osiris sauvé des eaux

Grâce à la stèle dite « de Canope », découverte en 1881à Kom-el-Hisn, on avait connaissance que, dans le grand temple d'Amon Géreb, à Héracléion, étaient célébrées, comme dans la plupart des villes d'Égypte, les cérémonies des Mystères d'Osiris. Celles-ci se terminaient, selon le texte de la stèle, par une longue procession nautique sur les canaux qui emmenait le dieu antique du temple d'Amon Géreb à son sanctuaire de la ville de Canope.

En 1996, Franck Goddio lance, en étroite collaboration avec le ministère des Antiquités en Égypte, un vaste projet de prospection géophysique dans cette zone. La mission découvre alors, à quelques kilomètres d'Alexandrie, les cités de Thônis-Héracléion et de Canope, submergées depuis le VIlI° siècle, ainsi que des vestiges des temples mentionnés dans le décret. Les fouilles sur ces deux sites mettent au jour de nombreux témoignages archéologiques en relation directe avec la cérémonie des Mystères : monuments, statues, instruments et autres offrandes cultuelles attestent la lieux. Rarement présentés au public, ces objets du fond des âges vous attendent en cette rentrée à l'lMA pour vous initier à l'un des rituels les plus secrets de l'Antiquité égyptienne…

A SAVOIR

•.- La légende d'Osiris

Osiris, fils de la Terre et du Ciel, fut tué par son frère Seth. Ce dernier démembra le corps de sa victime en 14 morceaux avanl de le jeter dans le Nil. Isis, sœur et épouse d'Osiris, grâce à ses pouvoirs divins, remembra le corps de son époux. avant de lui rendre la vie et de concevoir leur fils :Horùs. Osiris devint alors le Mailre de l'Au-delà et Horus. victorieux de Seth, eut l'Egypte en héritage. D'une durée de 21jours. la cérémonie initiatique des Mystères honorait chaque année le dieu-roi pour qu'il apporte stabilité et prospérité à l'Egypte.

Extrait de l'union du 10/09/2015

     

    

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Dans les coulisses de l'Assemblée Nationale

Cinquante Rémois de Paris, invités par le député-maire de Reims Arnaud Robinet, ont pu assister à un débat dans l'Hémicycle, et découvrir les dessous du palais Bourbon.

 
L’accès à la bibliothèque est réservé aux députés,. à leurs collaborateurs, aux fonctionnaires de L’assemblée et sur autorisation. aux chercheurs. Elle comprend 700000 ouvrages. Le plafond a été peint par Eugène Delacroix.

 « On garde Reims dans notre cœur », explique· Philippe Germain, le président de la toute jeune association « Des Rémois de Paris », Ils sont nés à Reims, ou y ont passé quelques années au cours de leur formation ou carrière professionnelle. S'ils sont devenus depuis Parisiens tous ont gardé un attachement tout particulier à Reims.

En début de semaine, ils étaient les invités du député et maire, Arnaud Robinet pour une visite complète de l'Assemblée nationale. « Le rendez-vous était fixé depuis longtemps, depuis le mois de juin, malheureusement Arnaud Robinet ne pourra être présent. »

Après la déception de l'annonce de Philippe Germain, les cinquante Rémois de Paris sont allés de surprise en découverte. D'abord la rotonde Alechinsky avec la grande fresque du peintre belge, inspirée d'un poème de Jean Tardieu, ensuite la galerie des Fêtes de style Renaissance rappelant étrangement la galerie des Glaces du Château de Versailles et qui permet de rejoindre l'hôtel de Lassay où le président de l'Assemblée a ses appartements.

Les Rémois de Paris ont ensuite traversé la Grande Rotonde avec son accès à la tribune presse, puis la salle des Pas perdus débouchant sur l'emblématique salle des Quatre Colonnes. Là où les parlementaires répondent aux questions.

L'Assemblée nationale fonctionne comme une petite ville. Plus de 1 250 personnes y travaillent. On y trouve des cuisiniers, architectes, plombiers, secrétaires, agents techniques et administratifs, mais aussi des Gardes républicains.

L'Assemblée nationale fonctionne comme une petite ville. Plus de 1 250 personnes y travaillent

Sans oublier une poste où 8 millions de lettres arrivent et 11millions d'enveloppes sont postées chaque année, soit une activité comparable à une ville de 60000 habitants.

A pas feutrés, le groupe pénètre dans l'Hémicycle où siègent les 577 députés. « Ça paraît plus petit qu'à la télé », lâche l'un des visiteurs tandis que la dizaine de députés présents étudient les amendements à la proposition de loi sur la fin de vie. 

La visite a ensuite conduit les Rémois de Paris à' découvrir la majestueuse salle de Conférences, richement ornée, où les parlementaires s'attardent pour lire le journal de leur région, où ils viennent aussi chercher leur courrier, sur l'immense « piano » (meuble à casiers où les huissiers déposent les lettres et autres messages).

A quelques mètres de là, au détour d'un couloir, la bibliothèque de l'Assemblée avec son plafond et ses coupoles peints par Eugène Delacroix. 700000 volumes dont des ouvrages de grande valeur (La Marseillaise, des ouvrages manuscrits de Victor Hugo, un exemplaire de la Constitution annoté par Robespierre, les minutes du procès de Louis XVI) sont gardés précieusement dans une salle froide.

Mais la visite est déjà terminée. L'Assemblée nationale a un peu dévoilé sa grandeur et ses richesses, mais conserve encore pas mal de mystère. Alors que sur, Paris, la nuit est tombée, au palais Bourbon, les députés siègent toujours à l'Hémicycle ou en commissions. D'autres étudient dans leur bureau. Les débats peuvent parfois durer toute la nuit.

Aurélie BEAU55ART


Dans l’hémicycle, la salle des Séances où siègent 571 députés.

Les autres points

HISTOIRE

Du palais Bourbon à l'Assemblée nationale

Avant de devenir un haut lieu de la République, le palais Bourbon était à l’origine la résidence de Louise-Françoise de Bourbon. fille de louis XlV. En 1722 deux bâtiments sont construits : le palais Bourbon et l’hôteI de Lassay.

À la Révolution, les lieux'sont réquisitionnés. Affecté au conseil des Cinq-Cents en 1795. un hémicycle est aménagé dans le palais Bourbon.

À la Restauration. le palais revient aux princes de Condé, descendants de la duchesse de Bourbon, qui le louent puis le vendent à fa chambre des députés.

ASSOCIATION

Objectif, faire rayonner Reims

« Ne te demande pas ce que l’association des Rémois de Paris peut faire pour toi mais demande-toi ce que tu peux faire pour elle, et donc pour Reims »  s’est exclamé Philippe 6ermain le président des Rémois de Paris.

Il  a rappelé le but de l’association ; contribuer à faire connaitre les initiatives et les nouveautés rémoises à l’ensemble des adhérent  mais aussi aide, au développement économique, culturel, relationel, social et touristique de la métropole rémoise.

L’association qui existe depuis maintenant huit mois compte. à ce jour 50 adhérents et 300 sympathisants.

INTERNATIONAL

Ces Rémois aux USA et au Japon .

« Le Rémois de Paris Deis Mercier, ancien chef d'état-major de l'armée de l'Air, rejoint les États-Unis dans de nouvelles fonctions à Norfolk pourl’Otan» a fait savoir Philippe Germain.

le Rémois de cœur Thierry Voisin (il a conservé un pied-à-terre sur Reims) était aussi de la visite « Celui qui fut longtemps aux côtés de Gérard Boyer,3 étoiles aux Crayères, et qui officie depuis une dizaine d'années à l‘Impérial de Tokyo, est présent à Paris quelques jours, avec sa brigade japonaise, à l’invitation de Lucas Carton.»

 
La rotonde Alechinsky, où l’on peut découvrir le travail du peintre belge.

 
la Grande Rotonde est un des lieux de passage les plus empruntés du palais.
la salle des Quatre Colonnes où les journalistes interviewent les députés.

 
Le porche à quatre colonnes a été rajouté en 1830 pour représenter l’idéal de justice. La sphère en granit noir de l'artiste américain Walter de Maria est posée sur un socle où sont gravés les 17 articles de la déclaration des Droits de l'homme et a été réalisée pour le bicentenaire de la Révolution.

 
Dans la salle des Conférences, le meuble à casiers qu'on appelle le piano.

 Extrait de l'union du 19/08/2015

    

    

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 Le combat des villes johanniques

Qui a les plus belles fêtes, Reims ou Orléans ? Petit duel (amical) entre les deux villes qui organisent les plus éblouissantes animations annuelles autour de Jeanne d’Arc 


Ce week-end, Reims plongera au cœur du Moyen-Âge autour de Charlotte Ferreira Alves et Mayronn Vicente

Elle en a fait du chemin Jeanne d'Arc lors de son incroyable épopée. De Domrêrny, son lieu de naissance, au bûcher de Rouen, la Pucelle a notamment sauvé-Orléans, (humiliant les Anglais au passage, et toc) avant de gagner Reims pour y faire sacrer Charles VII. Compiègne, où elle a été capturée, lui consacre deux jours de festivités. Rouen célèbre aussi Jeanne mais de manière moins festive, évidemment, En fait, ce sont surtout Orléans et Reims qui rendent les plus prestigieux hommages à la sainte avec des fêtes exceptionnelles même si les contextes historiques sont différents. Orléans célèbre la délivrance par Jeanne, le 8 mai 1429, de la ville assiégée avec des animations qui commencent le 29 avril. Reims commémore le sacre de Charles VII dans la cathédrale qui a eu lieu le 17juillet 1429.

Mais entre les deux villes, laquelle a les plus belles réjouissances? Comptons les points.

1 – Sur Internet Reims arrive en tête quand on googolise le terme «Fêtes johanniques » avec le programme de 2015 puisque Reims. ville des Sacres de Clovis à Charles X, fête son héroïne ce week-end. Un point pour nous.

2 - LA PALME DE LA LONGEVITE revient sans contestation possible à Orléans puisque la ville célèbre sa libération depuis près de 600 ans sans pratiquement d'interruptions (une trentaine de fois seulement). À Reims, les fêtes existent depuis 1921. C'est pas si mal.

3 - INVlTES D'HONNEUR. Orléans réussit chaque année à faire venir une personnalité. Beaucoup de présidents de ~a République se sont rendus dans cette ville du Loiret. Cette année, c'est Audrey Pulvar qui y est allée de' son petit discours. Un point pour la ville du Loiret.

4 - LE NOMBRE DE VISITEURS. À prendre avec précaution car les animations sont gratuites dans les deux villes et la durée des festivités n'est pas la même. Entre 250000 et 300000 personnes se sont pressées à Orléans cette année (mais les fêtes ont eu lieu sur dix jours dont deux weekends) contre 100000 à 200 000 visiteurs habituels à Reims (ce dernier chiffre a été annoncé pour, cette année. C'est aussi le nombre de visiteurs en 2014 tout dépend donc du temps qu'il fera).

S'il faut beau encore cette année 200000 personnes sur deux jours placerait Reims en tête.

5 - POUR LE GRAND CORTEGE DU 5ACRE. près de 500 figurants et . 40 troupes escorteront Jeanne d'Arc et Charfes VII dans leur périplejusqu'à la cathédrale. Il y avait 2000 participants au cortège commémoratif d'Orléans. Bigre.

6 - LE VILLAGE MEDIEVAL sera animé à Reims par 130 artisans. Il a duré quatre jours à Orléans mais ne comptait que 111 exposants. Ouf, un point pour nous. Résultat 3 à 3. Égalité. L'honnéur est sauf  

Marie-Christine LARDENOIS

 Extrait de l' union du 05/06/2015     

    

    

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