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Métiers

Quelques - Persnnages  -  

     La Presse

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Répertoire 

Technicien fibre optique, le haut débit fait exploser les recrutements
Frédéric BEAUSOLEIL: Profession LUNETIER

L’audiovisuel, une formation technique aux débouchés multiples

Paysagiste, un métier qui a de l'avenir

À Reims, un nouvel outil pour former des façadiers

Géomètres-experts  les pros de la mesure

Les métiers de sécurité privée constituent des emplois d’avenir

Contrôleur aérien, c’est beaucoup d’infos à gérer en même temps !

Et si vous appreniez l’art de la reliure ?

2017

La pierre dans le sang
Première apprentie infirmière de la région
Traiteurs, une profession intraitable sur les produits et la clientèle

Comment réformer l’apprentissage

L’apprentissage, un pied dans l’entreprise, l’autre en formation

Pâtissiers, chocolatiers et confiseurs, des métiers pour régaler

La fabuleuse aventure des apprentis

Le talent dans les talons

Encadreur : une affaire de famille

La chaussure sous toutes les coutures
Le parfum du succès

L’art de   fabriquer des bijoux

Visite exceptionnelle d'AEds

Il taille dans les règles de l’art 
Glisser sous les nuages dans un planeur

Des ivoirines à l'effet bœuf

Cordiste, un métier de haut vol

L’agriculteur qui vous transporte dans les airs
L’autre vocation des sœurs

2016

MANUFACTURE DES GOBELINS
Photographes clandestins en zone interdite
 Claude Lambert couve du regard ses autruches
La clarinette « made in France »

2015
Les pigments dorés du moulin a couleurs d'Écordal
Ces métiers qui disparaissent à cause de l'automatisation

2013
Apprennons à réparer ensemble !
www.repaircafe.fr 

2012
Localisez les artisans d'art près de chez vous

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Technicien fibre optique, le haut débit fait exploser les recrutements


Le secteur de la f ibre optIque, dit FTH, fait naître des postes très demandés et des nouveaux métiers à créer. IstocK/Citypresse

GROS PLAN

Et après ? Les métiers du « Smarth  homze »

On peut bien sûr se ~pser la question du futur. Une fois la fibre optique Installée partout, quel est l’avenir des techniciens? En plus de l'entretien des installations, le déploiement d'internet à haut débit engendrera de nouveaux services, liés aux objets connectés (les équipements électriques, multimédia ou robotiques de la maison), qu'il faudra à leur tour installer, paramétrer et réparer. Ces métiers du «Smart Home» émergent à peine et sont des promesses d'emploi dans les années a venir. Depuis fin 2017, un troisième titre certifie a été reconnu par l'État : celui de Technicien service de la  maison connectée, qui forme à la fois aux technologies du raccordement internet, mais aussi à la gestion de ces nouveaux appareils.

Le développement de laf ibre optique a fait naître des métiers dans des domaines spécifiques, de la fabrication du matériel aux études pour concevoir les réseaux, en passant par la négociation commerciale. Parmi eux, le technicien en fibre optique, gérant l'installation et le raccordement, est très demandé. Avec l'avènement des nouvelles technologies, impossible aujourd'hui de passer à côté d'internet. Pour toutes les démarches adrmnistratives,l a recherche d'emploi, les correspondances privées ou encore tout simplement les loisirs, y avoir accès est devenu quasiment indispensable. Pour faciliter une connexion satisfaisante aux usagers, la France s'est lancée dans le pari fou d'installer la fibre optique sur tout le territoire d'ici à 2025. Profitant directement de l'appui des pouvoirs publics, le « Plan très haut débit J est synonyme d'embauches. Cette technologie augmente la rapidité et la puissance du réseau internet et téléphonique, révolutionnant ainsi le secteur des télécommunications depuis ces dernières années. Le but est donc d'apporter aux gens l'internet très haut débit (30 Mbili), y compris dans les zones rurales et éloignées (qui représentent 43 % de la population). Dans le métier, on utilise l'acronyme FITH ( Fiber To The Home») pour évoquer ce domaine d'expertise, qui regroupe trois catégories de postes: les commerciaux (négociateurs, chargés d'affaires ...), les chargés d'études (les dessinateurs projeteurs, les piqueteurs qui font des prélèvements de terrain, bref tous ceux qui travaillent en amont pour vérifier la faisabilité du projet) et les « manuels l » autrement dit ceux qui effectuent les travaux sur place (tireur de câbles, monteur-raccordeur ...). Le technicien est exemple préparer un certificat de qualification professionnelle (CQP) de Monteur-raccordeur FITH,  proposé, entre autres, par le centre Novéa à Mortain ou le Centre national de formation au très haut débit à Auriac. N'hésitez pas à vous renseigner auprès de Pôle emploi ou de la mission locale qui devraient financer ce genre de cursus vu la demande croissante. Aujourd'hui en plein boum, le secteur de la fibre optique recrute énormément. D'après l'estimation du site Afpa, 3800 recrutements par an ainsi que 10000 formations en déploiement et maintenance de la fibre sont prévus. 22000 seront ainsi créés d'ici à 2022. Le salaire mensuel se situe en début de carrière entre 1800 et 2300 e bruts, selon les compétences  plus qualifié puisqu'il contrôle les fibres raccordées. Homme de terrain (ily  passe 80 % de son temps en moyenne), ce spécialiste doit être mobile et avoir l'esprit d'équipe. Il réalise les travaux d'étude, de mise en service et de maintenance du réseau. Enfin, il doit pouvoir lire les documents en anglais ainsi que le langage informatique (Windows, iOS ou Linux) afin de maîtriser complètement les techniques de transmission et de communication.

FOORMATION ET PERSPECTlVES D’EMPLOI

Les entreprises sont friandes de ces techniciens qualifiés, que ce soit dans le privé (Orange, Bouygues Télêcom, Free, SFR, etc.) ou le public. Il existe deux principaux certificats professionnels reconnus par l'État, qui sont directement liés à l'installation de la fibre :  Installateur de réseaux câblés de communication (IRCC) et Technicien de réseaux câblés de communication (TRCC).

Pour préparer ces titres, accessibles aux titulaires du bac, il existe des formations courtes, proposées en apprentissage, comme dans les CFA du réseau Ducretet] qui compte plusieurs sites en France). L'avantage : d'une durée courte (12 mois), ce cursus très opérationnel permet aux apprentis d’exercer sur le terrain, en entreprise ou via des plateaux techniques reproduisant le réel. Pour les plus de 26 ans en réorientation professionnelle, il existe également des formations rapides allant de quelques semaines à quelques mois.  On peut par exemple préparer un certificat de qualification professionnelle (CQP) de Monteur-raccordeur FITH, proposé, entre autres, par le centre Novéa à Mortain ou le Centre national de formation au très haut débit à Auriac. N'hésitez pas à vous renseigner auprès de Pôle emploi ou de la mission locale qui devraient financer ce genre de cursus vu la demande croissante. Aujourd'hui en plein boum, le secteur de la fibre optique recrute énormément. D'après l'estimation du site Afpa, 3800 recrutements par an ainsi que 10000 formations en déploiement et maintenance de la fibre sont prévus. 22000 seront ainsi créés d'ici à 2022. Le salaire mensuel se situe en début de carrière entre 1800 et 2300 e bruts, selon les compétences.

Extrait de l'union du 10/12/2018

    

    

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Frédéric BEAUSOLEIL : Profession LUNETIER

 Frédéric Beausoleil n'est pas un simple créateur.· Il est lunetier. Une appel/ation qu'il revendique fort des valeurs de la Maison pour laque/le, depuis 2010, il dessine tous les modèles. Le directeur artistique de la marque française Acuitis s'est confié sur son parcours et son coup de foudre pour le concept Acuitis.

On ne devient pas lunetier par hasard. Il s'agit d'un art spécifique, délicat. Frédéric ne déroge pas. Avant lui, sa mère avait excellé dans cet exercice de style en devenant l'une des premières opticiennes françaises, Pourtant, à 17 ans, il se rêve sculpteur. Cependant ses parents lui conseillent la prudence: il se dirige vers une école d'optique. S'il ne peut travailler la glaise, il façonnera des montures comme il l'aurait fait avec n'importe quel autre matériau. Très vite, la passion le gagne et il se lance corps et âme dans la profession. Avec sa propre identité, d'abord, créée en 1987 : Lunettes Beausoleil.

En 2010, Frédéric Beausoleil rejoint l'incroyable aventure Acuitis. Le challenge ? Offrir à leurs invités - c'est ainsi qu'ils désignent leurs clients - des produits de luxe à des prix ultra accessibles. Un pari osé, relevé avec maestria. Avec une gamme de lunettes de vue et de solaires allant de 30 à 300 euros, Acuitis impose sa signature dans le secteur de l'optique. Un constat évident qui achève de sceller leur destin et leurs valeurs. « Nos maîtres mots ? Authenticité, savoir-faire et sens du conseil. Notre parti pris était de mettre l'humain au cœur de nos boutiques. »

S'il n'échappe à la logique commerciale et à la concurrence qui fait rage dans le secteur Frédéric Beausoleil n'en reste pas moins ~n esthète, amoureux de l'élégance à la française, qui prend un plais incommensurable à travailler les matières. La encore, le lunetier impose sa patte et son mantra. cc Que le produit que je dessine soit ostentatoire ou classique, je n'ai qu'un seul critère: l'élégance.

Quant à la conception de ses lunettes, Acuitis a sa propre usine, à Nantes, dans laquelle sont fabriquées les modèles les plus haut de gamme. Les verres sont quant à eux tous fabriqués dans l'Hex~- gone, assurant ainsi le label « made ln France.

Pas question de clore cet entretien sans évoquer la délicate question du style. Le créateur confesse que, comme dans la mode en général, il n'y a plus une tendance mais plusieurs, dont trois se dessinent plus nettement : les iconiques toutes en élégance, les originales, futuristes et audacieuses portées par des stars comme Rihanna et enfin les sportives, travaillées dans un'aspect plus pragmatique, afin de répondre à des besoins spécifiques. Frédéric Beausoleil insiste enfin sur l'importance du conseil, plus que dans n'importe quel autre secteur. « Quand on porte la même monture, tous les jours, pendant plusieurs années, aller vers une autre forme est parfois difficile. Je conseille de demander à votre opticien Acultis d'effectuer une sélection et de vous guider dans votre choix. Bien sûr, on peut suivre les tendances et les règles morphologiques. mais parfois il faut oser aller au-delà, dépasser ses préjugés. » Il achève de nous convaincre en nous rappelant que les lunettes de soleil sont avant tout des accessoires de mode, et que se constituer une collection au fil du temps permet d'en changer en fonction de nos humeurs, de nos looks, de nos envies... Cela fait combien de temps que l'on ne s'est pas offert une paire de lunettes, d'ailleurs ?


Monture en fleur de coton

En vous rendant chez Acuitis, vous pourrez notamment échanger avec Catherine, qui vous accueillera et vous fera partager la passion de son métier. Elle se fera également un plaisir de vous accompagner dans toutes vos démarches administratives.

Extrait de NEW'MAG du 21/05/2018

    

    

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L’audiovisuel, une formation technique aux débouchés multiples

Étudiant en 2e année de BTS Métiers de l’audiovisuel au lycée Henri-Martin de Saint-Quentin, dans l’Aisne, Florent décrit une formation tournée vers la pratique.


Des formations dans la région

À SAVOIR

*.-  Plusieurs lycées du Grand Est et des Hauts-de-France proposent toutes ou certaines spécialités du BTS Métiers de l'audiovisuel (en deux ans, après le bac)

*.-  Grand Est : À Metz, au lycée de la Communication. Site : www.lycom.org - Tél. : 03 87 75 87 00.

*.- À Reims, au lycée polyvalent Saint-Jean-Baptiste de La Salle. Site : http://sjbs.fr/ - Tel. : 03 26 77 17 00.

*.- Hauts-de-France : À Saint-Quentin, au lycée Henri-Martin. Site : www.btsav-picardie.fr - Tél. :03.23.06.38.38

*.- À Roubaix, au lycée Jean-Rostand. Site: www.lycee-jeanrostand-roubaix.com - Tél. :03 20 20 59 30

Quelles sont les spécialités proposées en BTS Métiers de l’audiovisuel ?

Au lycée Henri-Martin, nous pouvions choisir entre cinq spécialités : « production », «exploitation », « image », « montage » et « son ». Chacune a des fonctions propres, on a pu le voir lors de notre projet de fin d’études. Il s’agissait de monter une émission de télévision. Nous sommes d’abord partis deux jours en tournage en ville, pour filmer par exemple les animations de la soirée de la Saint-Patrick, ou les activités au parc d’Isle.

Ensuite, avec une présentatrice et nos reportages, nous avons réalisé notre émission. Spécialisé en « exploitation », j’étais en régie, je devais m’occuper des changements de caméra, vérifier que les couleurs à l’écran étaient les bonnes, en utilisant un mélangeur. Il fallait aussi convertir les images des reportages pour qu’ils puissent être diffusés sur le plateau.

Pourquoi avoir choisi cette spécialité ?

C’est une position idéale pour avoir un bon aperçu général de tout ce qu’on peut faire en télévision. On doit aussi savoir comment travaillent les autres maillons de la chaîne, savoir cadrer, pouvoir se débrouiller en montage…

Quelles sont les matières enseignées en BTS ?

On étudie la physique, la technique des équipements. Il y a de l’optique, de l’électricité, de l’informatique… Mais aussi de l’anglais. Je me suis aperçu qu’il y avait plein de choses que je ne connaissais pas sur l’électricité. C’est déjà passionnant de comprendre comment se forme l’image sur un écran de télévision ! On a des cours pratiques, sur le plateau, qui peuvent durer de quatre à six heures.

Quels sont les débouchés pour les étudiants en audiovisuel ?

Nous pouvons travailler dans des sociétés de production, pour des chaînes de télévision. Mais aussi dans l’événementiel, équiper les scènes ou filmer pendant des concerts. Il y a aussi de la communication institutionnelle. Pendant mon stage de première année, j’ai participé à un film sur les fêtes de fin d’année à Soissons.

On peut aussi se lancer en indépendant, mais dans ce cas il faut investir dans du matériel, c’est important pour être pris au sérieux par les clients. Mais il y a des limites : il faut savoir qu’une caméra de télévision peut valoir 30 000 ou 40000 euros !


"
Nous pouvons travailler dans des sociétés de production, pour des chaînes mais aussi dans l'événementiel "
Florent, de Laon

Charles MONTMASSON

Extrait de l'union du 15/05/2018

    

    

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Paysagiste, un métier qui a de l'avenir

De plus en plus de particuliers font appel à des paysagistes ou architectes d'extérieur pour réinventer leurs jardins et terrasses. Zoom sur ce métier et ses différentes facettes.


Les paysagistes et architectes d'extérieur sont de plus en plus sollicités par les particuliers. (© .)

Espaces paysagers, terrasses en bois, décoration extérieure et mobilier design : les particuliers chouchoutent de plus en plus leurs jardins et cherchent à y construire des nids douillets, à l'instar d'autres pièces de vie. Pour les accompagner, les professionnels se sont spécialisés et vendent du rêve sur le web. Certains misent sur l'innovation, la différenciation et le sur-mesure, d'autres, sur les plans en 3D, la qualité des matériaux et des végétaux choisis ou encore l'aspect économique. Et ils sont nombreux à mettre en avant leurs compétences d'architecte ou d'ingénieur pour séduire les clients. Installé dans la Marne depuis 2003, Cyril Ledoux a suivi une formation de paysagiste du CAP au BTS, et le concède : ces nouvelles appellations tendent à se démocratiser, mais ne représentent pas toujours bien le métier. « On parle plutôt de concepteurs et de réalisateurs pour les aménagements extérieurs. L'architecte paysagiste intervient davantage sur les grands espaces, et travaille sur le côté écologique, l'environnement et l'urbanisme. Nous sommes plutôt orientés vers les particuliers. »

CONSEIL ET ESPRIT COCOONING

Au fil du temps, les jardins et les attentes de leurs propriétaires ont considérablement évolué. « Les clients recherchent avant tout le conseil. Nous sommes là pour les guider dans la concrétisation de leurs projets. Nous travaillons avec une dessinatrice pour la conception des jardins, et nous gérons les aménagements. Dans nos régions, on est peu souvent dehors. Mais lorsqu'on y est, on cherche à y être bien. Avec une notion de cocooning très demandée. Depuis 2008, les espaces sont beaucoup plus petits. On voit par exemple des jardins de ville de 20 ou 30 m2, que les gens souhaitent embellir grâce à du mobilier et des éléments de décoration. Notre mission première de jardinier s'est donc beaucoup développée. » Le paysagiste est aussi amené à œuvrer sur des opérations délicates, comme l'aménagement de toits-terrasses. « A vingt mètres de hauteur, tout est un peu plus complexe : l'acheminement des matériaux, l'accessibilité, etc. Il faut aussi anticiper le vent et l'arrosage de l'espace. »

Côté prix, difficile de chiffrer avec précision ce que peuvent représenter les différents aménagements possibles tant ils sont variables d'un espace à l'autre. « Un projet global peut aller de 5 000 à 30 000 euros, mais tout dépend de ce que l'on souhaite installer et des matériaux utilisés. Certaines plantes vivaces coûtent 1,50 euros, quand les bonsaï peuvent grimper jusqu'à 5 000 euros. La couleur des pots, le type de revêtement au sol ou encore le choix des éléments (de la plantation simple à la fontaine, en passant par le système d'éclairage) peuvent changer la donne. » L'éphémère s'avère évidemment moins coûteux, mais aussi moins durable dans le temps.

Sonia Legendre

Extrait de l'hebdo du Vendredi N°525 de 03/2018

    

    

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À Reims, un nouvel outil pour former des façadiers

On inaugure ce mercredi 21 mars un nouveau plateau technique au lycée Arago.


Les murs d’exercice du plateau technique sont déjà utilisés par un groupe de demandeurs d’emploi. A.P.

On commençait à manquer en France d’enduiseurs façadiers bien formés : de ces professionnels qui « habillent » les murs de votre habitation une fois que le maçon a posé ses briques. « En 2010, indique Carlos Ferreira, secrétaire général de l’union nationale de cette corporation, la profession en certifiait une centaine par an. La crise passant par là, on était tombé autour de 25 seulement... Depuis un an et demi, un besoin de formation est réapparu, d’abord timidement. » Puis il s’est accentué. D’où l’idée de créer de nouveaux outils de formation, à Reims notamment.

Ce plateau technique, aménagé dans les murs du lycée Arago du quartier Croix-Rouge, a été inauguré officiellement hier.

Il n’est pas d’abord destiné à nos lycéens, mais à des adultes, demandeurs d’emploi ou salariés
Yannick Tschens, proviseur

Il se compose d’une demi-dizaine de murs d’exercice, en briques ou parpaings, garni de tous les ingrédients ou accessoires susceptibles de se trouver sur le chemin des façadiers : portes, fenêtres, débords de toit et autres saillies.

« Il n’est pas d’abord destiné à nos lycéens, explique le proviseur Yannick Tschens, mais à des adultes, demandeurs d’emploi ou salariés, envoyés par le Greta » (l’organisme de formation continue de l’Éducation nationale). Ce plateau est déjà utilisé par un groupe de 9 personnes.

« Avant, assure Francisco Santos, chef d’entreprise à Reims , si l’on voulait former, il fallait envoyer les gens à Vesoul ou à Lille. » Nul doute qu’à présent, les frais de déplacement seront sensiblement réduits.

Antoine Pardessus

Extrait de l'union du 22/03/2018

    

    

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Géomètres-experts  les pros de la mesure

Grand Est - La profession cherche   à recruter très largement.


Parmi les qualités d’un géomètre-expert, les professionnels s’accordent sur une grande rigueur.

À SAVOIR

*.- UN GÉOMÈTRE-EXPERT est un professionnel libéral dont l’activité est encadrée par la loi du 7 mai 1946.

*.- L’ACCÈS À LA PROFESSION est protégé (diplôme d’ingénieur de niveau bac + 5 ou diplôme de géomètre-expert foncier DPLG) garantissant la maîtrise de solides compétences à la fois techniques et juridiques.

*.- POUR EXERCER SON ACTIVITÉ, un géomètre-expert doit être inscrit au tableau de l’Ordre des géomètres-experts.

*.- IL EST ÉGALEMENT SOUMIS À DE NOMBREUSES OBLIGATIONS : respect de règles déontologiques, formation continue, assurance, transparence du prix de ses prestations…

1 - LE MONOPOLE POUR LA PROFESSION

La profession dispose d’un monopole pour dresser les plans et les documents topographiques qui délimitent les propriétés foncières. « Cela permet d’avoir un cadre et une méthodologie en commun », précise François Breton, professionnel basé à Sainte-Ménehould. Le géomètre-expert est ainsi le seul habilité à « définir les limites de la propriété et pouvoir modifier le parcellaire cadastral ».

À ce titre, il joue un rôle de premier plan dans le respect de la propriété et des biens fonciers qui constitue l’un des fondements de la société française.

Collectivement, les 2 000 géomètres-experts contribuent également quotidiennement à la mise à jour et à la conservation des données relatives à la propriété foncière.

2 - DE TRÈS NOMBREUSES MISSIONS

La division et le bornage font partie des missions premières des géomètres-experts mais la liste est bien loin d’être exhaustive. « Nous pouvons effectuer des relevés topographiques, une sorte de photographie d’une situation existante à un instant T. Cela permet d’identifier le plus clairement possible les réseaux, le mobilier urbain, etc. »

Les géomètres-experts peuvent également intervenir avant et après les travaux sur un ouvrage d’art afin d’effectuer une série de contrôles. De même pour les distances réglementaires quant à l’implantation d’un nouveau bâtiment.

3 - UN MÉTIER TROP MÉCONNU

Une large tendance se dégage depuis plusieurs mois chez les géomètres-experts : la profession recrute très largement. Et pour cause. La crise de 2008 s’éloigne et les différents chantiers et projets sont de nouveau sur les rails. Problème, les cabinets ont du mal à recruter.

« C’est une profession méconnue et c’est bien dommage car c’est un métier passionnant. Il y a la fois du terrain et du bureau. On est au contact des clients. C’est enrichissant », assure François Breton. Pour intégrer ce milieu, il faut obtenir un BTS géomètre.

Dans la région Grand Est, deux endroits sont spécialisés : le lycée professionnel Yser à Reims (Marne) et le lycée Henri-Loritz à Nancy (Lorraine). Voilà pour devenir technicien géomètre. Pour être géomètre-expert, il existe des filières ingénieurs. Après les diplômes en poche, il faut effectuer un stage de deux ans au sein d’un cabinet avant de pouvoir s’inscrire à l’Ordre.

4 - DES PROFILS CIBLÉS

Les qualités d’un géomètre-expert sont clairement identifiées : « Il faut afficher beaucoup de rigueur, être beaucoup à l’écoute des clients qui ont besoin d’être rassurés. Ne pas oublier non plus la neutralité et la pédagogie », résume François Breton.

Les spécificités liées au champagne

« Quand on voit le prix du mètre carré dans les vignes, on est tout particulièrement attentif lorsqu’on fait des calculs dans un vignoble », assure François Breton. Sans parler de monde à part, l’univers du champagne comporte tout de même quelques spécificités pour les géomètres-experts.

« Nous avons des cas récurrents comme par exemple celui d’une cave d’un domaine privé qui passe sous une route qui appartient au domaine public. » Dans ce cas, s’applique la division en volume.

Autre particularité de la région, le remembrement, le regroupement de parcelles, exige un agrément spécifique pour cette réorganisation foncière.

Gauthier HÉNON

Extrait de l'union du 27/02/2018

    

    

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Les métiers de sécurité privée constituent des emplois d’avenir

Grand Est Profession en pleine expansion depuis plusieurs années, les agents sont   désormais formés tout au long de leur carrière qui les verra évoluer sans cesse.


La fouille automatique à l’entrée des divers événements en France, comme ici à la Foire de Châlons, a notamment permis d’augmenter l’activité. Archive L’union

En bref

*.- LES MÉTIERS DE LA SÉCURITÉ concernent trois secteurs bien identifiés : les établissements recevant du public (E.P.R.), le contrôle des accès aux industries et l'ensemble de la partie événementielle.

*.- LA PROFESSION EST EN PROFONDE MUTATION avec des exigences toujours ciblées et primordiales.

*.- ELLE FAIT PARTIE DES SECTEURS où l'on embauche énormément.

170.000
Il s'agit du nombre de professionnels travaillant pour la sécurité privée. Il y a dix ans, ils étaient 100 000. Preuve de l'évolution

« Le grand costaud qui n’a rien entre les deux oreilles, ça ne va pas le faire du tout. » D’entrée, Laurent Arnou, patron d’Élite sécurité balaye d’un revers de la main « le problème d’image » dont souffre sa profession.

« Notre métier est dans l’ombre et doit le rester. La discrétion est l’une de nos exigences. Quand on ne voit pas, on a du mal à imaginer », poursuit le gérant de la boîte créée en 2005.

On peut être provoqué, insulté. Il faut savoir gérer et résister. Il faut être bien construit dans sa tête, fort psychologiquement

Pas simple donc de parler de métiers qui ont subi une véritable transformation depuis plusieurs années. « C’est plus qu’une évolution, c’est une mutation. » Sur la législation de la sécurité privée tout d’abord. « En 2012, un organisme d’État s’est mis en place : le Conseil national des activités privées de sécurité (C.N.A.P.S.).Avant cela, n’importe qui pouvait lancer sa société s’il avait un casier judiciaire vierge. »

Désormais, les agents doivent présenter une carte professionnelle. « Il s’agit de 170 heures de formation. Le point positif, c’est que cela se développe. Il faut être de plus en plus compétent. Pour exemple, l’année dernière, c’était 70 heures. Et il faut la renouveler tous les cinq ans », indique Laurent Arnou.

Le tout pour répondre aux attentes: « Il ne se passe plus une journée sans que la sécurité ne soit pas évoquée. L’action terroriste est notamment au centre de l’actualité. L’État est mobilisé sur beaucoup de secteur et délègue ainsi beaucoup de missions aux entreprises privées. Nous sommes complémentaires. On apporte un complément de sécurité. Les métiers de sécurité privée constituent des emplois d’avenir », insiste le patron d’Élite sécurité.

D’où cette volonté de qualification des effectifs. « Nous ne sommes ni policiers, ni gendarmes mais nous devons agir et intervenir. Cela demande d’être extrêmement discipliné, rigoureux et à l’écoute. Nous sommes confrontés à de la gestion de conflits où il faut faire preuve de pédagogie. De même, l’accueil est primordial. Quand vous faites face à un agent, vous êtes contents quand on vous dit Bonjourou Faites attention sur la route. Des choses simples, évidentes mais importantes. » Et dans cette profession qui embauche énormément, les profils idéaux sont clairement identifiés. « On peut être provoqué, insulté. Pour autant, il faut savoir gérer et résister. Il faut être bien construit dans sa tête, fort psychologiquement. » Et les candidatures féminines sont plus que bienvenues. « Malgré l’image que le métier peut renvoyer, nous en recherchons car nous savons parfaitement qu’elles auront une autre approche, une réflexion différente dont nous avons besoin », analyse Laurent Arnou.

Gauthier HÉNON

Extrait de l'union du 13/02/2018

    

    

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La pierre dans le sang

Le jeune tailleur de pierre exerce son métier avec passion depuis 14 ans. Il restaure actuellement une glacière du XVIIe siècle à Vitry-la-Ville.


Le tailleur de pierre manipule des blocs qui pèsent 42 kg chacun.

BIO EXPRESS

*.- 2002 : Paul Pierret est originaire de la région strasbourgeoise. À 15 ans, il débute son apprentissage chez les Compagnons Tailleurs de pierre, à Paris.

*.-2005: comme le veut la tradition des compagnons, il entame son tour de France pour poursuivre sa formation.

*.- 2009: il est fait Compagnon Tailleur de pierre, à son tour,

*.- 2012: il travaille sur le Micul Trianon, en Roumanie.

*.-2014: il revient en France et s'installe à Tilloy-et-Bellay.

*.- 2016: il commence la restauration de la glacière de Vitry-la-Ville.

Chapeau de cow-boy, lunettes vissées sur le nez, chaussures de sécurité recouvertes de poussière blanche. Voilà la tenue de travail quotidienne de Paul Pierret, tailleur de pierre. Le jeune homme de 29 ans partage ses journées entre son atelier basé à Tilloy-et-Bellay, dans la Marne, et ses différents chantiers: « Je taille les blocs chez moi et ensuite je viens les poser directement sur place. »

Actuellement, il restaure une glacière du XVII' siècle, sorte de chambre froide de plusieurs mètres de profondeur qui permettait aux nobles de stocker la viande dans la commune de Vitry-la-Ville. Un chantier qui devrait lui prendre deux à trois mois car il va devoir déblayer le puits bouché depuis plusieurs dizaines d'années, remplacer certains blocs de pierre endommagés - sans fragiliser la structure générale - et reconstruire la voûte de l'entrée. Un travail titanesque quand on sait que chaque pierre pèse en moyenne quarante kilos.

 « Oui, ce sont des tâches physiques et très techniques mais c'est un travail noble. Chaque chantier est unique. Etre tailleur de pierre, ce n'est pas faire du bâtiment, c'est être artisan d'art. Nous travaillons et restaurons des biens d'exception qui ont parfois des milliers d'années. Chaque bloc est différent, il a sa propre densité, parfois des fissures internes avec lesquelles il faut savoir composer. Une machine ne peut rien faire devant une façade du Moyen Âge », raconte le jeune homme le sourire aux lèvres.

Paul Pierrer exerce son métier avec passion depuis près de quatorze ans. « Depuis que j'étais petit, je voulais de- . venir maçon. En troisième, j'ai fait un stage dans une entreprise à Strasbourg qui s'occupait de travaux de voiries mais aussi des ponts et chaussé.es.Par un concours de circonstances, j'ai passé ma semaine avec le seul tailleur de pierre; Dès le deuxième jour, j'ai taillé et en rentrant, je savais que je voulais faire ce métier », se rappelle l'Alsacien: presque avec nostalgie.

Restauration en Roumanie

Il entame sa formation auprès des Compagnons du Devoir à Paris, en 2002 qu'il termine après un tour de France d'une année. Il passe par Beaucaire (Gard), Toulouse et Bordeaux où en 2009, il est fait à son' tour Compagnon, Il part ensuite au. Canada, puis revient travailler à Reims, notamment sur la façade de la cathédrale. Il passe aussi deux ans en .Roumanie à restaurer en partie le Micul Trianon, un palais qui s'inspire de l'architecture versaillaise.

Finalement, il pose ses valises à Tilloy-et-Bellay, il y a deux ans, dans le village d'où est originaire sa compagne et se lance à son compte. « Il ne faut pas se voiler la face, c'est difficile. Les tailleurs de pierre exercent leur métier par passion, pas par envie de faire fortune. Nous ne faisons que du sur-mesure. Du travail, il y en a mais chaque chantier prend tellement de temps qu'il faut parfois faire des travaux de maçonnerie pour compléter »,  exphque-t-il.

Paul Pierret l'avoue, même après plus de dix' ans d'expérience, il ne maîtrise qu'une partie de la taille de pierre. La palette d'expression est large: restauration, façade, ornementation, décoration ... De quoi se perfectionner pendant des dizaines d'années. « L'un de mes formateurs m'a dit, il y a longtemps. Tant que tu ne sais pas utiliser des ciseaux et une massette, tu oublies le reste.  C'est ce que j'ai fait et je me suis spécialisé sur ce qui est à la base de notre métier : la pose, la taille, le déplacement des masses et leur agencement. » Un vocabulaire technique qui devient poésie dans la bouche de cet artisan bâtisseur.

Déborah COEFFIER

Extrait de l'union du 25/08/2016

    

    

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Et si vous appreniez l’art de la reliure ?

Parchemin, maroquin, demi-chagrin, plioir, cousoir… Devenez incollable sur l’art de la reliure.


Dominique Néouze dispense avec patience et pédagogies son savoir-faire aux élèves relieurs.

Pour accéder à l’atelier de l’Amicale des relieurs amateurs de Reims, on effectue une sorte de parcours initiatique dans l’obscurité… Le sous-sol du Foyer Léon-Paindavoine, qui abrite le local, est en travaux ! On entre dans une salle éclairée et qui sent bon le cuir, le papier, la colle !

« Comment accueillez-vous une personne débutante ? », demande-t-on à Dominique Néouze, qui, avec patience et pédagogie, dispense son savoir-faire aux adhérents. Il sourit : « Je commence par lui demander si elle a des ouvrages qu’elle souhaite restaurer ? Je lui demande d’amener deux ou trois livres et on choisit ensemble. Je fais en sorte que chacun, à son niveau, trouve du plaisir à cette activité. »

PATIENCE, PERSÉVÉRANCE…

Si le livre est très ancien, il est formé de cahiers cousus. Le débutant commence plutôt par le livre en feuilles, broché. C’est le cas de Lucette Turbet, qui en est à sa seconde séance sur un ouvrage des années trente, Scènes de la vie de Montmartre de Francis Carco, illustré de gravures sur bois.

J’ai été fascinée par ce que l’on pouvait faire avec un morceau de peau ou un simple papier
Lucette Tourbet, élève

Pourquoi vient-elle ? « Parce que j’aime les livres, notamment ceux du XIX e siècle, dans les domaines artistiques. Je trouve des documents intéressants dans les brocantes, mais souvent en mauvais état : couverture manquante ou déchirée, pages rafistolées… » On se souvient d’une exposition à Carnegie, en janvier 2007, « Lire, relire, relier Paul Wenz» (ndlr : auteur rémois). Lucette Turbet faisait partie du comité d’organisation : « j’ai été fascinée par ce que l’on pouvait faire avec un morceau de peau ou un simple papier. La reliure, la couverture, incitent ou pas à entrer dans le livre… »

Son livre prend forme. Les feuillets ont été « grecqués » à la scie pour pouvoir passer les ficelles, à l’aide du cousoir (à gauche sur la photo…). Elle apprend l’arrondissure : serrés dans un étau, les feuillets cousus sont tapotés au dos avec un marteau pour donner un joli arrondi. « Il faut que les différentes étapes soient soignées. Si une opération n’est pas bien faite, elle ne se rattrapera pas. Relier demande du soin, de la persévérance… et de l’humilité ! »,insiste Dominique Néouze. Lucette Turbet s’applique : « Je me rends compte qu’il y a beaucoup d’opérations, de gestes à retenir. Il faut accepter de défaire, surtout au début ! »

L’Association a des projets : un stage de dorure et un autre de restauration, animés par des professionnels. Il reste aussi des places pour des débutants. Matériel et fournitures de base sont mis à disposition.

Contact : 03 26 97 94 61 ou 06 09 99 19 30. jacquesmoth@yahoo.fr

Françoise LAPEYRE

Extrait de l'union du 29/12/2017

    

    

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Première apprentie infirmière de la région

La formation au diplôme d’État infirmier est désormais possible par la voie de l’alternance dans la région. Rencontre avec Justine Labaty, première apprentie infirmière.


Mardi, Justine Labaty (à gauche), 19 ans, a effectué sa première journée de travail en tant qu’apprentie infirmière. Edouard Lantenois

Mardi matin, une nouvelle recrue au statut inhabituel a intégré le personnel de la clinique Terre de France à Cormontreuil. Justine Labaty a reçu une blouse blanche et s’est vue attribuer un vestiaire. La Rémoise de 19 ans n’est pas une étudiante infirmière comme les autres. Elle est également salariée de l’établissement puisqu’elle vient de signer un contrat d’apprentissage infirmier, le premier de l’ancienne région Champagne-Ardenne. En 2 e année au sein de l’IFSI de Châlons-en-Champagne, elle alternera désormais cours théoriques et journées de travail en qualité d’aide-soignante jusqu’à l’obtention de son diplôme d’État infirmier en fin de 3 e année. Un cursus sur-mesure pour celle qui ne supporte pas de ne rien faire pendant ses vacances.

C’est un plus pour ma carrière. Je crois qu’on apprend beaucoup plus sur le terrain
Justine Labaty, 19 ans

« J’aime bouger et me sentir utile, lance la jeune femme. J’ai toujours travaillé pendant mes congés comme aide-soignante ou auxiliaire de vie. Et puis, je trouve que c’est un plus pour ma carrière. Je suis contente de me poser dans une structure. Je crois qu’on apprend beaucoup plus sur le terrain. » À ses côtés, Laurence Drutowski, infirmière coordinatrice, acquiesce. Tout juste formée maître d’apprentissage, elle a accueilli Justine et lui a présenté ses collègues (12 infirmiers et 22 aides-soignants) ainsi que les nombreux autres professionnels qu’elle sera amenée à croiser (médecins, kinésithérapeutes, ergothérapeutes, diététiciens…).

UN VIVIER DE RECRUTEMENT

Mardi, Justine a commencé à effectuer des tâches d’aide-soignante comme l’aide à la toilette ou au repas. Elle pourra également dispenser des soins infirmiers (pansement, prise de sang, pose de perfusion…) en compagnie de sa tutrice. L’apprentissage lui permet de préparer son diplôme d’État exactement comme les autres étudiants de son école, mais aussi de poursuivre ses études sans aucun frais ni de formation ni pédagogiques. Elle bénéficie en outre d’une rémunération (46 % du Smic). « Cette formule est un catalyseur d’expérience et de maturité, explique Houcine Ouafi, directeur de Terre de France. Justine va progressivement connaître nos méthodes de travail, les équipes et s’habituer à nos locaux. C’est un bon moyen pour alimenter sa formation théorique, en plus des stages, que d’ajouter une expérience terrain en tant que salariée. » Et après ? « Si l’expérience est concluante », il n’exclut pas d’embaucher un autre étudiant en apprentissage. « C’est notre rôle de former, mais c’est aussi un vivier de recrutement. Si un poste se libère à la fin du contrat de Justine, il lui sera d’ailleurs proposé. »

Se former autrement pour un même diplôme


Lors de la signature du premier contrat d’apprentissage infirmier de la région.

Devenir infirmier en passant par l’apprentissage, c’était possible en Lorraine depuis 2015. Ce dispositif est désormais étendu à l’ensemble de la région Grand Est. Organisé par Sant’Est CFA, ce parcours progressif d’intégration est accessible aux étudiants inscrits en 2 e ou 3 e année dans un IFSI (Institut de formation en soins infirmiers) agréé par le CFA, ayant validé toutes leurs unités d’enseignement de première année et étant âgés de moins de 30 ans. Ils s’engagent à effectuer contre rémunération environ 300heures de travail par an.

« Il s’agit d’un cursus peu connu, mais efficace, poursuit Jean-Pierre Teyssier, président de Sant’Est CFA.L’intérêt est double. D’abord, l’apprenti infirmier fait partie d’une équipe. Il n’est pas un simple stagiaire mais il est intégré comme un collègue. Ensuite, cette forme de compagnonnage présente un intérêt financier. Ça évite de devoir courir travailler au fast-food. L’étudiant peut ainsi se consacrer à 100 % à ses études. » Depuis 2015, une demi-douzaine d’apprentis infirmiers ont été diplômés en Lorraine. Ils ont tous signé un CDI dans l’établissement où le contrat d’apprentissage a été conclu.

Le concept est tout nouveau dans le département. Et Sant’Est CFA entend bien développer le dispositif, car les candidatures d’étudiants ne manquent pas.

Les Champardennais tentés par ce parcours alternatif pour obtenir le diplôme d’infirmier peuvent contacter le Sant’Est CFA à Nancy au 03 83 41 62 70 (ou envoyer un mail : contact@santestcfa.fr).

Alice RENARD

Extrait de l'union du 29/12/2017

    

    

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Traiteurs, une profession intraitable sur les produits et la clientèle

Alors que les fêtes de fin d’années débarquent à toute vitesse, gros plan   sur celles et ceux qui régalent les papilles et s’adaptent à toutes les situations


«
Il faut avoir l’esprit de corps dans ce métier, car on est tous dans le même bateau. Au feu, c’est l’explosion d’adrénaline. On se donne la main et on y va », décrypte Benoît Deport.

 Gauthier Hénon L’univers des traiteurs, c’est avant tout de la flexibilité. Face aux clients, aux tendances mais aussi aux époques. « C’est un métier qui a pris le pas sur celui de boucher traditionnel », assure Benoît Deport, professionnel châlonnais issu d’une famille traditionnellement inscrite dans les métiers de bouche. Pour quelles raisons ? « Il y a eu un changement d’habitude alimentaire. Avant, la tranche de jambon, c’était presque obligatoire. Par la suite, la charcuterie a eu mauvaise presse. On disait que c’était gras, que ce n’était pas bon pour la santé. Pour avoir des rentrées d’argent dans les périodes creuses, notre profession a évolué », développe-t-il.

On est là pour indiquer les cuissons, les accompagnements mais aussi prendre soin de son client
Benoît Deport, traiteur

Aujourd’hui, le traiteur doit être en mesure de proposer un repas complet, de l’entrée au dessert, avec plusieurs choix. « Et pour tous les régimes alimentaires (végétarien, vegan, végétalien, etc.) , ce qui évolue de plus en plus », constate Benoît Deport. On se rend chez son traiteur pour le conseil, la proximité. « On est là pour indiquer les cuissons, les accompagnements mais aussi prendre soin de son client. »

Outre le magasin où les papilles salivent, le professionnel est également sur le terrain. « On amène la cuisine à la clientèle. Cela peut se faire pour cinq personnes comme pour des centaines. Il nous faut une table et un peu d’électricité », assure le Châlonnais.

Ainsi qu’un peu de patience dans certains cas. « Les émissions de télévision sur la cuisine nous desservent parfois. Les gens ont l’impression de tout savoir car cela peut paraître simple.» C’est oublier la maîtrise des cuisiniers et la gestion des stocks. « Pour le reste, tout est faisable. On s’adapte à la demande. Si la personne veut du canard, on va lui faire un ensemble de propositions autour de ce produit », complète Benoît Deport.

Évidemment, en ces périodes de fêtes, mieux vaut éviter les commandes de dernière minute et prévoir assez tôt. « C’est notre période majeure avec Pâques et la Saint-Valentin. Nous avons tout de même un temps de réaction pour s’approvisionner et travailler. Certains veulent tout pour hier. »

En pleine évolution depuis plusieurs années, la profession embauche. « Nous avons la confiance de notre clientèle qui n’a pas forcément le temps ou les capacités pour faire les plats qu’elle souhaite . » D’où la nécessité de repérer les bons profils. « On part sur des bases CFA. En vente pour s’occuper et servir la clientèle en magasin. En CAP charcuterie pour les uns, brevet professionnel pour les autres. Et tout cela en alternance. Pendant ces fêtes, on récupère nos jeunes. C’est dans des moments comme ça qu’on apprend vraiment le métier. »

DANS LES HYPERMARCHÉS, LA PART BELLE AU WEB

C’est la tendance qui ne cesse de croître ces dernières années. Dans les grandes structures commerciales, comme le Carrefour Croix-Dampierre à Châlons-en-Champagne, les commandes via internet prennent une grande part du marché. «C’est un système qui marche bien, confirme Johann Videira, directeur de la structure. On fait en sorte de mettre en place un parcours client afin de rendre la démarche le plus simple possible. »

Comme pour les traiteurs traditionnels, les homologues des grandes surfaces ne chôment pas en ces périodes fastes et particulières. « Nous avons basculé nos contrats étudiants en 35 heures afin de répondre à la demande. Cela représente une vingtaine de personnes », conclut-il.

Gauthier HÉNON

Extrait de l'union du 19/12/2017

    

    

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Comment réformer l’apprentissage

 De la réforme de l’apprentissage, actuellement en préparation, dépend l’avenir de milliers  de jeunes Français


Après un passage à vide, les formations de boulangerie-pâtisserie connaissent un regain d’intérêt de la part des jeunes. Remi Wafflart

Valérie Debord a le mérite de la clarté. Interroger la vice-présidente (LR) du conseil régional Grand Est sur la pertinence de la réforme de l’apprentissage provoque un passing-shot immédiat. « Si l’objectif est de revenir sur la décentralisation pour transférer l’apprentissage aux branches, alors on se dégagera de la négociation et nous gèlerons nos investissements. Puisqu’elles veulent décider, les branches paieront tout ! »

C’est dire si la réforme en cours, attendue comme le messie pour relancer une filière en manque de dynamisme, ne passe pas comme une lettre à la poste auprès de ceux qui ont en charge son pilotage. En jeu, l’équité territoriale. En leur laissant la main, la crainte des Régions est que les branches les plus puissantes se servent d’abord. « On risque de précariser les CFA les moins riches. C’est une réforme impréparée, qui n’écoute pas ceux qui connaissent le terrain », assène M me Debord qui souhaite, au contraire, profiter de la réforme pour voir renforcer les compétences des Régions. «Elles doivent récupérer l’orientation, clé du problème, et pousser à la mutualisation des plateaux techniques des CFA professionnels et de ceux des lycées » .

Cela suffirait-il à ripoliner l’image de l’apprentissage qui, avant ses modes de financement ou l’identité de ses pilotes, se préoccupe d’abord et inlassablement de corriger une image injustement méconnue et dégradée. « Quand je pense qu’en 3 e , l’apprentissage ne fait même pas partie des vœux possibles proposés aux élèves ! », regrette la Rémoise Christine Adriant, responsable de service à la chambre des métiers de la Marne qui signe un millier de contrats par an.

L’URGENCE, C’EST D’ABORD DE NOUS FOURNIR DES APPRENTIS MOTIVÉS !

Hormis les experts avertis, qui sait en effet que l’apprentissage dispense des titres qui vont du CAP au diplôme d’ingénieur, en passant par le BP, le bac pro, le BTS ou le DUT ? Qui sait qu’il existe plusieurs voies pour y parvenir, selon les métiers et les formations, CFA professionnels, CFA académiques (en lycée), CFA consulaires (CCI, chambre d’agriculture…) ? Qui sait qu’en dépit du niveau de chômage et des 100 000 jeunes qui quitteraient chaque année le système éducatif sans formation, plusieurs milliers de places resteraient vacantes dans les CFA, dont 450 en Champagne-Ardenne dans les métiers de l’artisanat et un millier dans ceux de la métallurgie ? Et qui sait enfin que le taux d’insertion des apprentis oscille entre 60 % et 80 % selon les formations et les diplômes ?

C’est précisément pour le faire savoir que le gouvernement mène sa réforme au pas de charge.  « L’objectif est de faire de l’apprentissage une voie d’excellence et de réussite » , a annoncé la ministre du Travail Muriel Pénicaud, alors que les discussions entre partenaires sociaux débutées le 10 novembre devraient aboutir à un débat parlementaire au printemps. « L’urgence, c’est d’abord de nous fournir des apprentis motivés. On envoie trop souvent dans les entreprises des jeunes gens qui se retrouvent en apprentissage par défaut », regrette le président de la Capeb Marne (bâtiment). Lui-même artisan électricien, Dominique Hautem réclame donc une « meilleure évaluation de la motivation des candidats ». « Même si l’entreprise qui embauche perçoit une prime annuelle (de 1 000 à 3 000 € par an, selon les régions), employer un apprenti est toujours un investissement dont le retour n’est jamais garanti ! »

Le vice-président des Hauts-de-France en charge de l’apprentissage, l’Axonais Christophe Coulon, préfère insister, lui, sur la grande absente du débat en cours : « La défiance qu’éprouvent l’un pour l’autre l’apprentissage en CFA et en milieu scolaire. La réforme cible les Régions, mais ne nous le cachons pas, c’est une difficulté qu’elle ne résorbera pas. » Parce qu’elles fonctionnent avec des profils d’encadrement différents – des professionnels dans les CFA, des enseignants dans les lycées –, ces deux cultures paraissent irréconciliables, aux yeux de certains employeurs. Mais est-ce pour cette raison que le taux de remplissage des CFA des Hauts-de-France n’est cette année que de 68 % ? Non, mais parce que beaucoup de candidats à l’apprentissage ne trouvent pas… d’employeur, précisément. Et si c’était la bonne santé de l’économie qui faisait la vitalité de l’apprentissage, et non l’inverse ?

Le Grand Est compte 38.300 apprentis dmt 13.000 dans les seuls métiers de l'artisanat, les pourcentages Indiqués ici correspondent au taux de pénétration de l'apprentissage dans les entreprises. Dans notre région, il y a un apprenti pour 6 entreprises, soit un taux de pénétration de 16 %, Il y en a davantage dans l'ouest de la France, dont la Normandie (20 %),

La Région qui compte le moins d'apprentis par entreprise est la Provence-Alpes-Côte d'Azur (10 %),

En 2015-2016, le Grand Est a formé 930 apprentis-pâtissiers, 910 coiffeurs et 700 boulangers,

Ces trois diplômes représentent 20 % des apprentis de la Région.

LES PATRONS NE DEMANDENT PAS TOUS LES LEVIERS

« Cette réforme va mettre les entreprises au cœur du système, c’est hyper-positif », se réjouit le Rémois Bruno Arcadipane, président du Medef Grand Est. « Il ne s‘agit pas de laisser tous les leviers aux branches ou aux entreprises en matière de carte des formations, mais de leur demander leurs besoins. Ce schéma doit se faire en bon équilibre et en concertation avec les Régions et l’Éducation nationale ».

Animateur, jeudi, d’une table ronde autour de l’alternance, M. Arcadipane avait insisté en préambule sur l’existence de « seulement » 400 000 apprentis en France, contre 800 000 en Angleterre et 1,5 million en Allemagne. « C’est la preuve que quelque chose ne va pas. » Selon une donnée difficilement vérifiable mais souvent répétée, la France compterait 700 000 emplois non pourvus, soit autour de 70 000 dans le Grand Est. « Dans les métiers de la métallurgie, il y en a un millier en Champagne-Ardenne et 100 000 en France », assure Christian Brethon, président de l’UIMM Champagne-Ardenne, pour qui il faut «revoir les clés de répartition de la taxe d’apprentissage » prélevée sur les entreprises. « Il y a des métiers en tension dont on ferme les formations faute de candidats. Ce sont des savoir-faire qui disparaissent », note M. Brethon qui admet une « concurrence » entre CFA professionnels et CFA de l’Éducation nationale. « Elle n’aurait jamais dû aller sur le terrain de l’apprentissage. En temps que branche, en tout cas, je ne tiens pas à gérer ses CFA. »

VERS UNE REFONTE DE LA TAXE D’APPRENTISSAGE

L’apprentissage coûte 8,2 milliards par an à la France, selon le ministère du Travail, dont deux milliards à l’État. Les Régions et les entreprises assurent le reste. Il s’agit d’une évaluation, tant ce coût résulte de financements croisés et complexes. Les entreprises paient la taxe d’apprentissage, soit 0,68 % de leur masse salariale. Plus de la moitié de cette taxe (51%) est reversée aux Régions, un quart aux CFA gérés par les branches, un quart vers d’autres structures de formation (université, grandes écoles, organismes consulaires…). La Région Grand Est consacre 148 millions d’euros à ses 104 CFA (25 en ex-Champagne-Ardenne dont 9 dans la Marne, 4 dans les Ardennes) et la Région des Hauts-de-France 200 millions (dont 92 M€ pour le seul fonctionnement des CFA) pour plus de 200 structures (CFA, lycées professionnels).

La refonte de la taxe d’apprentissage constitue l’un des gros morceaux de la réforme. Le gouvernement souhaite une taxe unique de 0,85 % de la masse salariale pour financer l’apprentissage et la professionnalisation. Les Régions ne seraient plus destinataires des 51 % qui leur reviennent actuellement (soit 1,6 milliard !), mais les branches professionnelles, par l’intermédiaire des organismes collecteurs.

AU CFA BTP de Laon, de 832 à 356 apprentis en dix ans !


Parmi une vingtaine de diplômes (CAP et BP), le CFA de Laon prépare au BP d’installateur sanitaire.

 « Enfin, on redresse la tête », se réjouit Patrice Berthelot, le directeur du CAF BTP de Laon. De 2007 à 2017, les effectifs de son établissement sont passés de 800 à 356 apprentis. Dans le même temps, le nombre des entreprises du secteur avait chuté dans l’Aisne de 26 %, celui des emplois de 34 %. Ceci explique cela. « Il y a eu un sur-effet, mais il y a du mieux. En raison d’une légère reprise, l’effectif est de 400 jeunes actuellement », explique le directeur. Le CFA, il est vrai, s’est aussi battu pour rétablir la confiance entre les professionnels, les familles et les jeunes. Réunions d’information, entretiens d’orientation, aide à la décision… Récemment instaurés, ces dispositifs ont permis de réduire de 25 % à 4 % les ruptures de contrat en cours de diplôme.

Globalement, il reste encore une cinquantaine de places disponibles. Dans le même temps, 47 jeunes cherchent une entreprise, faute de quoi ils ne peuvent intégrer le CFA. « Entre l’offre et la demande, il y a des problèmes d’adéquation parce que les parcours, les motivations, la capacité de mobilité et d’autonomie des jeunes diffèrent », explique le directeur. Généralement, plus le niveau du diplôme d’apprentissage est élevé, moins ces difficultés posent problème. Or, le CFA est ouvert aux BP et CAP.

La consolation est que l’établissement, ouvert depuis 1974, présente un taux d’insertion professionnelle de 80 % !

« Et nous avons eu, cette année, 95 % de réussite à nos diplômes » , précise M. Berthelot qui réfute l’idée selon laquelle l’apprentissage souffrirait toujours d’une mauvaise image. « Depuis dix, douze ans, ça a beaucoup évolué, notamment en raison de l’élévation du niveau des diplômes. » Mais le directeur estime aussi que l’orientation scolaire ne met « pas assez » l’accent sur l’apprentissage parmi les voies d’excellence et de la réussite.

3 QUESTIONS à


Bernard STALTER
Chambre des Métiers

Pour un salaire variable selon le diplôme

L’Alsacien Bernard Stalter est président national et régional des chambres des métiers. Il est aussi conseiller régional LR du Grand Est.

Réformer l’apprentissage, vous y croyez encore ?

Je constate pour une fois qu’un gouvernement prend le problème à bras-le-corps. On en a entendu qui promettaient beaucoup et qui supprimaient dans la foulée l’indemnité compensatrice de formation versée aux maîtres d’apprentissage ( NDLR : en 2013, par le gouvernement Ayrault ). Cette fois, un Président parle de valoriser l’artisanat, une ministre du Travail se concerte avec celui de l’Éducation nationale, lequel ne se replie pas sur son pré carré et veut redonner ses lettres de noblesse à l’apprentissage. Ça me convient…

Les chambres des métiers préconisent sept mesures de réforme. L’une d’elle veut « adapter l’apprentissage à de nouveaux publics, à de nouvelles pédagogies ». C’est-à-dire ?

Il s’agit de permettre à des gens de 30 ou 40 ans, dotés d’un diplôme du supérieur, de se reconvertir, à des chômeurs de se réorienter, à des publics nouveaux de trouver une solution en adaptant les parcours, en modularisant les formations et en repensant les rythmes de l’apprentissage. Il devrait être possible d’entrer dans un CFA toute l’année alors qu’actuellement, les admissions vont de septembre à mi-décembre. Je pense aussi à l’enjeu du digital et à ce que pourrait être un CFA numérique.

Vous souhaitez un nouveau système de rémunération. Lequel ?

Actuellement, les rémunérations dépendent de l’âge des apprentis, ce qui nuit à l’embauche des plus âgés. Nous proposons donc de créer un salaire minimum légal basé sur le niveau du diplôme préparé. Au niveau du CAP, il serait à 25 % du Smic la 1 re année, 35 % la seconde année ; au niveau du bac pro, 40 % la première année, 50 % la seconde, au niveau du BTS, 55 % la première année, 65 % la seconde. Bien entendu, les branches pourraient négocier des conditions de rémunération plus avantageuses, l’État et la Région se réservant la possibilité de compléter ces aides. Je crois enfin utile de faire bénéficier à l’ensemble des apprentis, quel que soit leur âge, des aides à l’apprentissage actuellement ciblées sur les seuls mineurs.

Gilles Grandpierre 

Extrait de l'union du 18/12/2017

 


 L’apprentissage, un pied dans l’entreprise, l’autre en formation

Après plusieurs années de baisse, l’alternance entre monde professionnel et études reprend. Cela tombe bien, les entreprises recherchent activement ces profils intéressants


Des secteurs d’activité comme l’industrie sont en recherche constante d’apprentis.

500
C’est en milliers et le nombre d’apprentis en France. Après des années de baisse, la tendance de l’apprentissage est à la hausse

1 -QUEL EST LE PRINCIPE ?

Le contrat d’apprentissage est un contrat de travail pour les élèves qui se forment en alternance. En clair, cela consiste à combiner des périodes d’activité et de formation professionnelle et théorique.

Ce moyen d’insertion dans le monde de l’entreprise est en plein essor depuis plusieurs années. Pour les jeunes, il est ainsi d’apprendre une profession tout en obtenant des diplômes et qualifications.

JUSQU’À 7 000 € D’AIDES POUR LES EMPLOYEURS

Pour les employeurs, c’est l’occasion de former d’éventuels futurs salariés. Ils sont également soutenus par l’État avec des aides pouvant aller jusqu’à 7 000 € selon les entreprises.

2 - COMMENT CELA FONCTIONNE ?

Cela se concrétise par la signature d’un contrat à durée déterminée (CDD) qui se calque sur le nombre d’années pour obtenir le diplôme visé. En règle générale, la moyenne est de deux années.

Pour le salaire, La rémunération est calculée en fonction de l’âge du jeune apprenti et de la durée de son contrat et sur la base du salaire minimum de croissance (Smic) ou, pour les plus de 21 ans, du minimum de la convention collective.

Le minimum est de 25 % du Smic pour les jeunes de moins de 18 ans, la première année de leur contrat, et le maximum est de 78 % du salaire de référence pour les plus de 21 ans dans leur troisième année de contrat.

3 - À QUI S’ADRESSE-T-ON ?

Le contrat d’apprentissage est ouvert aux jeunes de 16 à moins de 26 ans. À 15 ans, il est également possible de commencer sous statut scolaire un cursus d’insertion personnalisé ou un dispositif d’initiation aux métiers en alternance (Dima).

Certains publics peuvent entrer en apprentissage au-delà de 25 ans : les apprentis préparant un diplôme ou titre supérieur à celui obtenu, les travailleurs handicapés, les personnes ayant un projet de création ou de reprise d’entreprise.

4 - QUELLE EST LA FINALITÉ ?

En accueillant un apprenti, l’entreprise forme le jeune exactement pour le profil dont il a besoin pour son activité. Un sérieux avantage qui tourne généralement à l’embauche à l’issue de sa période d’apprentissage.

Ainsi, le taux d’accès à l’emploi (CDD et CDI) est de 70 %. Un chiffre qui devrait encore s’améliorer dans les prochaines années.

LES ATELIERS ROCHE, L’EXEMPLE

Les entreprises à la recherche d’apprentis ne manquent pas dans la région. Profils idéaux pour de nombreuses sociétés, les jeunes ne manquent pas de propositions. Parmi les structures mettant l’apprentissage au cœur de leur stratégie, les ateliers Roche font figure d’exemple : « C’est un moyen idéal pour nous de préserver et relever nos compétences. Nous avons un très bon niveau en interne et nous devons continuer notre montée en puissance pour être réactifs quant aux nouvelles technologies. Pour nous, c’est l’occasion de préparer le jeune au monde de l’entreprise », assure Céline Harant, responsable des ressources humaines.

Même satisfaction du côté des jeunes apprentis. « Cela ne m’intéressait pas de rester assis tous les jours à suivre les cours. Ce qui me captivait, c’était la pratique. C’est pourquoi, j’ai fait le choix de l’alternance. Cela permettait de marier les cours tout en ayant un pied dans le monde du travail », développe Louis-Marie.

G.H.

Extrait de l'union du 21/11/2017

    

    

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Pâtissiers, chocolatiers et confiseurs, des métiers pour régaler

2017-10-24 – Pâtissiers, chocolatiers et confiseurs, des métiers pour régaler

Les orfèvres du sucre, du chocolat et des crèmes n’ont jamais été autant dans la lumière. Cela tombe bien, il s’agit de professions où on embauche beaucoup


Plus de 200 jeunes garnissent actuellement les rangs de la pâtisserie à Alméa à Châlons-en-Champagne.
G.H.

85
Il s’agit, en pourcentage, du nombre de jeunes qui ont trouvé un emploi ou qui poursuivent leur formation 6mois après l’obtention du CAP
.

1 - LE PRESTIGE DE LA PROFESSION

Si Cyril Lignac est une star depuis des années, voir Mercotte devenir une vedette chaque mardi soir dans Le meilleur pâtissier sur M6 est révélateur du retour au premier plan de cette profession.

« Il y a un effet de mode énorme, confirme Sébastien Hourlier, formateur pâtisserie à Alméa (Alternance métiers et accompagnement) à Châlons-en-Champagne. La génération est visuelle, avec de belles images diffusées. Donc ça crée des vocations. Et tout le monde a un blog pour diffuser ses recettes. »

Olivier Mulpas, conseiller d’éducation dans la structure châlonnaise, appuie : « Au salon Avenir & Carrières le 11 octobre dernier, nous étions en démonstration, les gens s’arrêtaient presque automatiquement car il y a une part de rêve dans ces splendides métiers. »

2 - LES FORMATIONS DE LA RÉGION

La région bénéficie de plusieurs structures. Dans son antenne au Lycée Gustave-Eiffel, le Centre de formation d’apprentis (CFA) propose un Certificat d’aptitude professionnelle (CAP) Chocolatier-confiseur ainsi que Pâtissier.

À Châlons-en-Champagne, Alméa propose la formation complète avec un CAP Pâtissier, une Mention complémentaire (MC) ainsi qu’un Brevet technique des métiers.

Dans l’Aube, plus précisément à Pont-Sainte-Marie, Le CFA propose également un CAP Pâtissier.

3 - DES PROFILS DE PASSIONNÉS

Pour devenir un bon professionnel, il faut clairement s’accrocher. Car derrière une œuvre monumentale, il y a des des années de pratique et d’études. « Pour faire ces métiers, il faut de la persévérance, de la motivation car il y a beaucoup de choses et de techniques de très haut niveau à assimiler. Il faut en vouloir pour faire partie des meilleurs », développe Sébastien Hourlier.

« Il y a une base artistique, avec de la dextérité, de la minutie. Cela ne pardonne pas quand on fait une erreur », complète Olivier Mulpas.

4 - IL Y A DE L’EMBAUCHE

Les chiffres sont là pour le prouver : on emploie dans la pâtisserie, chocolaterie, confiserie. « Plus ils poursuivent leurs études, plus on parle de diplôme d’excellence et d’ouvriers hautement qualifiés qui vont se placer sur une création et une reprise d’entreprises », insiste Véronique Pieret, responsable du pôle des métiers de bouche à Alméa.

« On parle de professionnels qui vont pouvoir faire leur preuve dans des grands restaurants étoilés, qui vont se mettre à leur compte ou qui vont peut-être tenter l’aventure à l’étranger », reprend Olivier Mulpas.

Du côté de Châlons, la performance est au rendez-vous : 76 % de réussite à l’issue du CAP, 77 % pour la MC et 70 % pour le BTM sur les trois dernières années. Plus qu’encourageant.

Six mois après l’obtention d’un CAP, 85 % des jeunes ont trouvé un emploi ou poursuivent leur formation. La preuve que la profession est actuellement en pleine ébullition.

GAUTHIER HÉNON

Extrait de l'union du 23/08/2017

    

    

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La fabuleuse aventure des apprentis  

L’équipe de France des métiers vient d’achever  à Abou Dhabi les Worldskills 2017,  une incroyable compétition riche  en émotions.


Plus de 450 supporters français étaient présents à Abou Dhabi pour encourager les apprentis.
Région Grand Est / Jean-Luc Stadler

Les jardiniers paysagistes, Cédric Clauss (à gauche) et Lucas Meyer, concouraient en duo. Ils ont terminé l’ultime épreuve dans le temps imparti. Ils devaient réaliser quatre jardins en quatre jours.
Véronique Chauvin


L'ébéniste alsacien Romain Kauffman dans les ultimes minutes de la dernière épreuve
 Véronique Chauvin

Les treize hectares de l’immense centre international d’exposition d’Abou Dhabi ont retrouvé le calme vendredi, après avoir été transformés pendant dix jours en une gigantesque ruche rassemblant 1 200 apprentis du monde entier. Dans une cinquantaine de métiers allant de la restauration à la menuiserie en passant par la mode ou la production industrielle… ces derniers, tous âgés de moins de 23 ans, se sont affrontés pendant quatre jours d’épreuves commencées le 14 octobre. En lice, trente-neuf jeunes Français, entraînés comme des sportifs de haut niveau. Et façon poupées russes, au sein de cette équipe de France, dix représentants du Grand Est et un des Hauts-de-France.

Tous les participants à ces Olympiades mondiales l’affirment : l’aventure est fabuleuse. Mais elle a commencé bien avant Abou Dhabi. Dès les sélections régionales mises en place dans les centres de formation. Deux candidats issus de nos régions expliquent leur parcours.

AURÉLIEN BRUNO, 21 ANS, INFORMATICIEN À BEAUVAIS


« 
Humainement, on apprend à travailler en équipe. On apprend à gérer son stress »

Les Hauts-de-France ne comptaient qu’un seul candidat engagé cette année en équipe de France, mais quel candidat ! Aurélien est administrateur des systèmes et des réseaux informatiques. En clair, il met en place et vérifie le bon fonctionnement technique du système informatique dans une entreprise.

C’est au centre de formation Promeo à Beauvais que le jeune homme a entendu parler des Olympiades des métiers. « Lorsque j’étais en BTS, il y avait le précédent candidat, Alexandre Etienne, qui s’entraînait pour cette compétition mondiale. C’était une vraie machine de guerre ! J’ai voulu faire le même parcours pour étendre mes compétences, pour faire ensuite la différence sur le marché de l’emploi. »

Aurélien, épaulé à son tour par Alexandre Étienne, décroche alors la première place aux sélections régionales au printemps dernier, puis à la finale nationale à Bordeaux. Et là tout s’enclenche pour le champion national : « Je voulais rapporter à Paris la première médaille mondiale de notre métier. » Ce n’est finalement pas l’or, mais une belle médaille d’excellence que le candidat des Hauts-de-France a décrochée dans les Émirats, au terme d’une bataille très serrée.

Le jeune informaticien, calme et discret, garde des étoiles dans les yeux après cette compétition. « Il ne faut pas hésiter à se lancer dans cette aventure, explique-t-il. Humainement, on apprend à travailler en équipe. On apprend à gérer son stress. »

Le plus beau souvenir qu’il retiendra de ce séjour passé aux portes du désert avec l’équipe de France : « Avoir fait en un jour, la connaissance de 40 personnes et avoir tissé des liens hyperforts entre nous. »

KERIM IBIS,  21 ANS, CRÉATEUR DE MODE À STRASBOURG


«
Quand mon nom a été appelé et que je suis monté sur scène, c’était un moment inoubliable »

Il est l’un des dix candidats à avoir représenté le Grand Est au sein de l’équipe de France à Abou Dhabi où il a également décroché une médaille d’excellence. S’il n’a pas obtenu l’or que d’aucuns lui prédisaient, Kerim ne regrette rien. Il a de toute façon marqué son monde lors de ce concours où son travail a été particulièrement observé par les experts. Des Olympiades des métiers, le jeune créateur entendait avant tout faire un tremplin pour sa notoriété. C’est ainsi qu’il s’est lancé dans les premières sélections régionales.

« C’est une ancienne candidate qui est venue parler de la compétition dans mon lycée où j’étais en première anne de BTS », explique-t-il. « J’ai bien aimé cette idée de concours pour me faire connaître, alors je me suis inscrit sur l’incitation de mes professeurs. » Le talent a fait le reste et Kerim est parvenu sans encombre jusqu’en finale nationale. « Quand mon nom a été appelé et que je suis monté sur scène, c’était un moment inoubliable , confie-t-il. Il faut que les candidats osent se lancer, quoi qu’il arrive c’est une aventure extraordinaire. Moi cela m’a apporté de la maturité, et vivre ça avec toute l’équipe de France, c’est que du bonheur. »

Les sélections régionales des Olympiades des métiers 2018 sont ouvertes jusque fin novembre. Infos dans les CFA ou sur le site grandest.fr

ANTHONY LE MENUISIER DONNE DE L'OR AU GRAND EST


Antonny Chatelain vient d’être fété par toute l’équipe de France et ses supporters
Région Gd Est / J.L Stadler

Ainsi va une cérémonie de clôture, une médaille pour certains, la déception pour d'autres. Jeudi soir 22h30, les dernières lumières du stade de l'île de Vas blanchissent les visages harassés par une journée de suspense. Anthony Chapelain, lUI, rayonne de bonheur. le Jeune menuisier de 22 ans, en brevet de maîtrise au CFABTP des Vosges, vient de décrocher la médaille d'or des Olympiades mondiales. « C'est un truc incroyable, je ne m'y attendais pas du tout », confie le jeu ne nomme qui a rangé son pantalon de travail et endossé le seyant costume noir de l'équipe de France. Deux jours plus tôt, alors que le gong sonnait la fin de l'ultime épreuve, Anthony avait achevé un pupitre, dans la douleur, avouant même avoir « limite la casse ». le candidat du Grand Est était persuadé que le podium lui échappait. « J'ai dû récupérer des points ailfeurs », dit-il. En quinze heures, les candidats devaient réaliser un pupitre de discours et un tableau représentant une tour de Dubaï, pour laquelle finalement, le Vosgien s'est montré à la hauteur. Selon son employeur Bernard Colin, patron d'une menuiserie près d'Epinal venu le soutenir à Abu Dhabi, Anthony peut être très fier de lui. « a voulu décrocher cette médaille, il l'a eue. Grâce à sa ténacité », explique-t-i]. la fierté n'est pas moins grande pour les enseignants du CFA des Vosges où le lauréat s'est préparé pendant plus de sept mois.

Le tableau des médailles

La plus grande compétition mondiale des apprentis a décerné au total à la France douze médailles et quinze médailles d’excellence. Ce qui la classe au 7 e rang sur 59 pays. Le Grand Est a récolté une médaille d’or et cinq médailles d‘excellence. Les Hauts-de-France, qui ne comptaient qu’un représentant, remportent une médaille d’excellence.

Hauts-de-France :

Aurélien Bruno (Beauvais), administration des systèmes et réseaux : excellence.

Grand Est :

Anthony Chatelain (Vosges), menuiserie : or.

Kerim Ibis (Alsace), mode et création : excellence.

Romain Kauffmann, (Alsace), ébénisterie : excellence.

Florian Long, Antonin Romano (Alsace), mécatronique : excellence.

Théo Marchandeau, Aurélien Siat et Julien Heyer, (Alsace), production industrielle : excellence.

 

LES AUTRES POINTS

PORTE-DRAPEAU ET FUTUR CHEF  

Il n’a que 21 ans, mais déjà des gestes et une dextérité de professionnel. Cette patte d’un futur grand des fourneaux, Paul Marcon la doit beaucoup à trois ans de travail acharné, et un peu aux conseils de son père, Régis Marcon, chef triplement étoilé installé en Haute-Loire. Parmi les supporters de celui qui, par ailleurs, a été choisi comme porte-drapeau de l’équipe de France, figuraient ses parents: sa maman, jamais très loin du stand où opérait le jeune cuisinier ; son père beaucoup plus éloigné, dévoré par le stress. Le chef en devenir a finalement remporté une médaille d’excellence.

460 SUPPORTERS FRANÇAIS

Qui dit équipe de France, dit supporters ! Ils étaient 460 à avoir fait le déplacement pour soutenir les candidats tricolores aux Worldskills. Un hôtel complet était d’ailleurs réquisitionné à Abou Dhabi pour les loger. T-shits bleus floqués « France » dans le dos, accessoires bleu-blanc-rouge, la panoplie était fournie par Worldskills France.

DU DÉSERT À LA MOSQUÉE

Au terme de quatre jours, soit 24 heures d’épreuves, les Bleus ont plongé à partir de mercredi soir dans l’ambiance émiratie : leur étaient proposées une sortie dans le désert avec son repas touareg, la visite de la mosquée Sheikh Zayed, la 5 e plus grande du monde à Abou Dhabi et la découverte de la ville verte « Masdar City».

Le Grand Est, terre d’apprentissage

Respectivement présidente de la commission Formation professionnelle et présidente de la commission Lycées et apprentissage à la Région Grand Est, Véronique Marchet et Atissar Hibour ont accompagné à Abou Dhabi les jeunes régionaux en lice aux Olympiades des métiers.

Pourquoi la Région Grand Est s’implique-t-elle autant dans les Olympiades des métiers jusqu’au niveau mondial et quel est le montant du budget dédié ?

Atissar Hibour L’objectif est de mettre un vrai coup de projecteur sur les formations issues de l’apprentissage et de la voie professionnelle. On souhaite démontrer que ces formations sont des voies d’excellence et cette manifestation en est une démonstration concrète. Le budget des Olympiades mondiales pour la Région est de 80 000 euros, mais pour l’ensemble des sélections, régionales, nationale et mondiale, il se monte à 350000 euros.

Avec dix candidats, la délégation Grand Est représente un quart de l’effectif de l’équipe de France. Comment expliquer cette force ?

Véronique Marchet Il faut noter la qualité des établissements, des CFA, et la très forte implication des formateurs pour accompagner les jeunes. Nous avons des filières spécifiques avec par exemple, l’industrie en Lorraine, la filière bois dans les Vosges. Nous avons une culture de ces métiers et les moyens financiers mis dans les CFA sont importants, à hauteur de 170 000 euros par an.

Atissar Hibour Nous avons aussi développé la communication sur ces Olympiades, via les réseaux sociaux, premier canal de communication chez les jeunes, pour leur donner l’envie de se présenter.

La Champagne-Ardenne ne compte aucun candidat dans la délégation régionale : à quoi est due cette absence ?

Véronique Marchet C’est simplement le jeu de la sélection. Il y avait des candidats champardennais au niveau des sélections régionales et nationale. Ils sont évalués sur leurs compétences et ils n’ont pas été qualifiés.

Atissar Hibour Ça démontre aussi que l’apprentissage est moins développé en Champagne-Ardenne qu’en Alsace où il y a cette culture. On communique désormais beaucoup avec les CFA champardennais afin qu’ils n’hésitent pas à proposer des candidats, et qu’à terme, on ait un panel équilibré issu de tous les territoires.

Véronique CHAUVIN

Extrait de l'union du 23/08/2017

    

    

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Le talent dans les talons


A la tête de La Cordonnerie fantastique, rue Henri-IV, depuis quelques mois, Virgile Faria, 28 ans, répare mocassins, escarpins, bottines et chaussons de danse... mais pas uniquement.
Christian Lantenois 

Entre loft et cabinet de curiosités, sa boutique trône rue Henri-IV, à deux pas du Boulingrin, depuis fin mai. De l’ancienne boucherie-triperie des années 1920, il a retrouvé et restauré le sol granito, l’imposant monte-charge, les poutres métalliques et l’ancienne chambre froide. Sur ses étagères, des dizaines de paire de chaussures attendent de passer entre ses mains.

À 28 ans, Virgile Faria veut réinventer le métier de cordonnier. Ou plutôt lui rendre ses lettres de noblesse.

Talonnettes, cirages, pommadiers et autres embauchoirs n’ont plus de secret pour ce cordonnier pas comme les autres

Non seulement, il remplace semelles et talons, pose patins et protections, recoud, répare… mais il cherche (et bien souvent trouve) une solution pour offrir une seconde vie à n’importe quel objet en cuir. Qu’il s’agisse de mocassins, d’escarpins, de rangers, de chaussons de danse, d’un ceinturon, d’une antique mallette à liqueurs, des lanières d’une cantine de l’armée ou d’un gant de base-ball vintage. « C’est ça qui est formidable, s’enthousiasme l’artisan. Ici, j’ai une clientèle très variée. Je ne fais pas que dans la chaussure. L’autre jour, un hussard est venu me demander de refaire son ceinturon, sans doute pour une prochaine reconstitution historique. Ensuite, c’est un biker qui voulait réparer le support de son porte-bagages. Puis une cavalière. Le harnais de sa monture était abîmé.» Et si le professionnel est dans l’incapacité de réparer, il oriente ses clients vers des artisans spécialisés, comme un sellier ou un tapissier.

RIGUEUR ET PRÉCISION

Virgile a mis le pied dans la cordonnerie un peu par hasard, il y a 4-5 ans. « Je me suis toujours dit que j’aurai une boutique, mais pas forcément dans le cuir. » Au fil de rencontres, de stages et de petits boulots, le commerçant s’est fait artisan. Talonnettes, cirages, pommadiers et autres embauchoirs n’ont plus de secret pour lui. Aux petits soins pour les souliers, sacs et cartables, il bichonne aussi leurs propriétaires. Son immense magasin compte un espace détente: un canapé en cuir, forcément, quelques magazines, dont des numéros de « Pointure » et une machine à café « pour se poser et patienter le temps de la réparation». Virgile n’est décidément pas un cordonnier comme les autres. Il suffit de baisser les yeux pour s’en convaincre. Une Dr Martens décorée d’un Union Jack à gauche, un classique et sobre modèle 1460 noir à droite, ses bottines dépareillées annoncent la couleur. «C’est mon côté rock’n’roll », balance-t-il goguenard. « Les cordonniers sont les plus mal chaussés, non ? »

La Cordonnerie fantastique : 25, rue Henri-IV à Reims. www.lacordonneriefantastique.fr - Tél. 03 26 09 37

ALICE RENARD

Extrait de l'union du 23/08/2017

    

    

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Encadreur : une affaire de famille

Il est la quatrième génération d’encadreur de sa famille. A Reims, rencontre avec Benoit Raoul, passionné par la restauration de tableaux et dorures et animé par le souci du « cadre pertinent ».


Benoit Raoul, hier matin, dans son atelier de la rue Jean-Jacques Rousseau.Photographe: Christian Lantenois

Dès la devanture se devine l’aventure familiale : « L’atelier de l’encadreur – de père en fils depuis 1908 ». Derrière la porte, Benoît Raoul, blouse blanche et sourire chaleureux, accueille. Il est la quatrième génération épanouie par la même passion : celle de restaurer tableaux, dorures et créer l’encadrement le plus pertinent. Ce qui est considéré comme un métier d’art.

Par ordre d’apparition, il y eut d’abord l’arrière-grand-père, Maurice Drouaillet, apprenti en 1908 installé à son compte dans la rue des Poissonniers après la Première Guerre mondiale. Après la Seconde guerre, l’enseigne, portée par le grand-père, Roger Drouaillet, déménagera dans la rue Linguet. L’une de ses filles sera épousée par Alain Raoul et l’activité sera transférée dans la rue de Vesle, peu après la naissance, en 1970, de Benoît Raoul. Ce dernier a repris l’enseigne familiale en 1998, après huit années passées au Cameroun. « Au bout d’un moment, c’est la passion qui m’a ramenée à ça, résume-t-il. Quand j’avais 15 ans, j’aidais déjà mon père à l’atelier pour avoir une pièce et pouvoir sortir au cinoche avec les copains. »

Comme ses prédécesseurs, Benoît Raoul a appris sur le tas car « ce n’est seulement depuis quelques années qu’existe un diplôme de CAP d’encadreur », précise encore celui qui s’est basé depuis cinq ans dans la rue Jean-Jacques Rousseau.

« J’ai eu entre les mains trois Modigliani, des Raoul Dufy ou, plus récemment, un dessin de Camille Pissarro »

Aujourd’hui, 70 % du chiffre d’affaires de son activité est de « l’encadrement pur », le reste étant consacré à la restauration de tableaux et dorures. La clientèle, elle, se découpe en 60 % de particuliers et 40 % entreprises – maisons de champagne, notamment.

Benoît Raoul est parfois amené à manipuler des œuvres prestigieuses : « J’ai eu entre les mains trois Modigliani, des Raoul Dufy ou, plus récemment, un dessin de Camille Pissarro. » Au quotidien, son plaisir premier réside d’abord dans le souci de « construire un cadre vraiment unique autour d’une image, un cadre vraiment unique » à base d’une baguette constitué d’or fin, d’or blanc, de platine, d’aluminium, etc. Dans l’enseigne, 2600 modèles de baguettes attendent d’être sélectionnées. Il lui faut aussi parfois se confronter à « un véritable défi technique ». Avec fierté, il s’en va retrouver un cadre-boîte renfermant six sagaies ramenées de ses années passées en Afrique. « Elles ne sont pas collées ou percées, seulement fixées par-derrière avec du fil de fer » laissé hors du champ de vision.

Dans l’arrière-boutique, une coupure de presse du 16 juillet 1953

Dans l’arrière-boutique, des tableaux en attente d’une cure de jouvence. « La restauration, ça dépend de tellement de choses… Pour un simple nettoyage, il faut dévernir et revernir le tout. Quand ils sont très abîmés voire percés, on peut faire ce qu’on appelle un « réentoilage »  : on va recoller une toile neuve derrière l’ancien tableau pour gommer les imperfections de surface et le retendre sur un châssis. » Faut-il le préciser : des dizaines d’heures peuvent être nécessaires. « Quand on recolle toutes les écailles sur un tableau, les heures filent vite », rit-il.

À l’écouter lister les différences entre biseau anglais, biseau français et biseau romantique, Benoît Raoul demeure à l’évidence, un passionné. « Ça n’a l’air de rien mais c’est hypertechnique », insiste-t-il. L’entretien s’achève et il ajoute, humble : « J’espère que je n’ai pas été trop nul… »

Y aura-t-il une cinquième génération d’encadreur ? « La cinquième génération est adolescente, elle n’a pas décidé ce qu’elle voulait faire… Mais elle fera ce qu’elle voudra ! » Derrière lui, accroché sur un mur de cette foisonnante arrière-boutique, une page du journal l’Union, datée du 16 juillet 1953. Le titre : « Et chaque jour en famille, les Drouaillet mettent en valeur des demi-mètres carrés de plusieurs millions » Quelques lignes plus bas : « Monsieur Drouaillet, cent kilos, visage coloré, blouse blanche, encadrait depuis 45 ans. Roger, cent kilos et le visage coloré, est le fils. Une légère différence dans la taille de la moustache mais on peut les prendre l’un pour l’autre. Monsieur Drouaillet reste le seul artisan encadreur de cette région. » On ne vous surprendra pas si l’on vous précise que cette coupure de presse a été mise sous cadre.

« J’ai déjà encadré des choses complètement dingues »

Deux décennies de vie professionnelle ne vont pas sans charrier son lot d’anecdotes croquignolesques. Parmi les requêtes les plus insolites formulées par la clientèle de Benoit Raoul, celle-ci : « J’ai déjà encadré des choses complètement dingues, se souvient ce dernier. Des cheveux, par exemple. C’était il y a une quinzaine d’années : un matin, une dame est passée avec des cheveux jusqu’au bas du dos pour me dire qu’elle allait chez le coiffeur. Le lendemain, elle était coupée au carré et m’a demandé de lui mettre sa natte sous cadre. » Dans un tout autre registre, il y eut aussi ce plombier pour qui Benoit Raoul s’employa à mettre dans un cadre-boîte « d’une douzaine de kilos » « trois énormes robinets en cuivre ».

Voilà pour l’insolite. Dans la catégorie « franchement bizarre », il y a ce client qui avait demandé qui « réalisait des tableaux exclusivement avec des poils et des cheveux. C’est super chelou, non ? Il y avait des cheveux roux, blonds, etc. Et ça ressemblait à quelque chose, en plus ! » A côté de ça, forcément, encadrer des maillots de football dédicacés peut apparaître d’une banalité confondante.

 Mathieu Livoreil

Extrait de l'union du 23/08/2017

    

    

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La chaussure sous toutes les coutures

 Ils ne sont plus beaucoup dans le monde à exercer cette profession. Hervé Brunelle est formier embauchoiriste : il réalise des embauchoirs et des moules pour la fabrication de souliers sur mesure.


Hervé Brunelle, le dernier formier embauchoiriste du pays, fabrique des moules et des embauchoirs à glisser dans les chaussures pour qu’elles gardent leur forme.

À SAVOIR

*.- LES EMBAUCHOIRS ONT ÉTÉ CRÉÉS dans les années 1850, « pour que les chaussures gardent leur forme quand les gens partaient dans les colonies, en Asie du Sud-Est où il y a beaucoup d’humidité ».

*.- HERVÉ BRUNELLE RÉALISE ÉGALEMENT DES MOULES à partir de mesures précises envoyées par ses clients et qui vont servir à fabriquer des chaussures.

*.- iL TRAVAILLE À PARTIR DE PLUSIEURS ESSENCES principalement du hêtre, du charme, de l’aulne ou de l’érable.

Tout le monde met des chaussures mais personne ne sait réellement comment on les fabrique », estime Hervé Brunelle en ajustant son tablier en cuir. Des chaussures, oui, mais pas n’importe lesquelles : la Roll’s Royce du soulier, des pièces sur mesure fabriquées grâce à Hervé.

Son métier ? Formier embauchoiriste. Des comme lui, on n’en fait plus. Pour preuve, il est le dernier tenant du savoir-faire de cette profession quelque peu confidentielle dont il ne reste, en Europe, que quelques héritiers, que l’on compte sur les doigts de la main.

« Je ne travaille que pour le sur-mesure. Je fais toutes les formes et embauchoirs des bottiers parisiens. Je travaille aussi dans le paramédical, l’industrie, la création et les défilés de mode », explique-t-il mystérieusement. Des grands noms de la mode comme Hermès, mais aussi des personnalités connues : acteurs, chanteurs, têtes couronnées, stylistes, militaires de la Garde républicaine, danseuses du Crazy Horse… Bref, il fait du pied à tout le gotha. Mais surtout à des hommes, car, si les femmes aiment collectionner les paires de chaussures, elles n’ont plus trop l’habitude de les faire réaliser sur mesure. « 80 % des clients sont des hommes. Ils veulent de belles chaussures, confortables et qui durent alors que les femmes préfèrent changer à chaque saison », analyse Hervé Brunelle dont les talents s’exportent jusqu’en Angleterre, Russie, Chine, Émirats…

Dans son atelier où flotte une odeur de bois coupé, quelques chaussures de luxe dépassent de leur boîte. Des modèles tout en cuir dont le prix oscille entre 2 000 et 8000 euros. Les embauchoirs, eux, ne coûtent qu’une centaine d’euros en moyenne, pour les modèles les plus simples. Si la profession est si rare, c’est aussi parce que le savoir-faire demeure artisanal. « Il faut tout faire à la main. Là par exemple, je vais faire mon débit. » Comprenez : la découpe du bois, mais attention, pas n’importe comment. « Le sens du bois est très important si on ne veut pas qu’il se fende. »

UN ENJEU DE FORMATION

Axonais d’origine, il a commencé sa carrière comme cordonnier réparateur à Paris. « J’ai voulu aller plus loin en fabriquant des chaussures. Comme j’avais arrêté l’école à 16 ans, j’ai repris des formations en candidat libre. » Il intègre également les compagnons du Devoir, au sein desquels il apprend les ficelles du métier et ses différentes spécialités. Il entre ensuite dans les plus grandes maisons parisiennes avant de décider de s’installer à son compte. « Je sentais qu’il y avait quelque chose à faire, ce métier n’était pas bien fait. J’ai contacté mes anciens patrons et en moins de trois mois, j’avais du boulot ! »

Revenu depuis une dizaine d’années dans sa région natale, il continue à réaliser des moules et embauchoirs pour des clients du monde entier. D’ailleurs, ses carnets de commandes sont tellement remplis qu’il ne prend plus de nouveaux clients. Mieux, il a commencé à former un de ses contacts dans le sud de la France. « Je lui ai trouvé le matériel et les clients. Pour l’instant, il pratique environ 30 % du métier. » Un petit renfort qui ne sera sans doute pas suffisant pour faire face à la demande lorsqu’Hervé prendra sa retraite, dans quelques années. « Il y a un véritable enjeu de formation », reconnaît-il.

Hervé Brunelle a souhaité garder secrète l’adresse de son atelier.

LE MÉTIER DE FORMIER EMBAUCHOIRISTE EST RESTÉ TRÈS ARTISANAL

 
Hervé Brunelle travaille principalement à partir d’essences de hêtre, charme, érable...

Hervé Brunelle réalise des embauchoirs sur mesure . Il en existe autant qu’il y a de paires de chaussures différentes


Certains clients lui envoie des mesures afin qu’il r&alise des moules qui serviront à fabriquer des chaussures en cuir de luxe

Laetitia VENANCIO

Extrait de l'union du 10/08/2017

    

    

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Le parfum du succès

 Gregory Piaud de Glencoe est créateur de parfum. Dans ses bougies, cires et parfums d’intérieur, il rend notamment hommage à la cité des Sacres, où il a créé la marque Lampyre


Gregory Piaud de Glencoe possède plus de 300 flacons de parfum chez lui. Une passion dont il a fait un métier en créant la marque de parfums d’intérieur Lampyre. 

C’est au deuxième étage d’un immeuble rémois que Gregory Piaud de Glencoe nous reçoit. Des effluves de parfum flottent dans les escaliers, un soupçon d’agrumes, de vanille et peut-être de rose ? Difficile, pour un néophyte, de reconnaître les différentes senteurs. D’autant plus que l’appartement de Gregory est un véritable laboratoire d’odeurs et son salon, un atelier de chimiste. « On a tous un sens de l’olfaction. Il est juste plus ou moins développé », nous rassure cet autodidacte qui accumule les parfums comme on collectionne les chaussures. Il en possède plus de 300 dans sa salle de bain. Ce qui ne l’empêche pas de continuer à se parfumer toutes les nuits avec le même flacon, Shalimar. « Un parfum n’a pas de sexe, c’est un prolongement de soi. C’est presque comme un ami ou une histoire d’amour. On peut garder le même parfum toute sa vie, ou changer au grès de son humeur, de la météo, des saisons… »

Arrivé, par amour, dans la région il y a près de quatre ans, le jeune homme aux origines bretonnes et écossaises, n’a pas mis longtemps à laisser son propre sillage. « J’ai toujours travaillé dans la parfumerie, notamment pour la marque japonaise Nippon Ménard, mais aussi pour des parfumeries comme Sephora, Nocibé ou l’Occitane en Provence. »

J’avais besoin de laisser parler ma créativité en passant de l’autre côté du flacon.
Gregory Piaud de Glencoe

Issu d’une formation scientifique, Gregory se destinait au départ à travailler en laboratoire, un univers qui ne correspondait pas à sa fibre artistique. « J’avais besoin de laisser parler ma créativité en passant de l’autre côté du flacon. » Son travail en parfumerie lui permet de se frotter à la clientèle et au commerce, mais il lui manque encore quelque chose. Il commence à animer, en extra, des ateliers de création de parfum. Trois heures à l’issue desquelles les participants – seuls, en couple ou entre amis … repartent avec 50 cl d’un parfum qu’ils ont eux-mêmes créé.

Sa vocation est là. Il décide de se lancer à temps plein dans sa passion et de créer sa propre marque, Lampyre, une gamme de parfums d’intérieur inspirée de l’art nouveau et notamment des œuvres d’Alphonse Mucha. «L’art nouveau est un courant que j’aime beaucoup par rapport à la sacralisation de la femme et à la place de la nature. » Associant son travail de parfumeur et sa passion pour ce courant artistique, il a créé un univers olfactif autour des œuvres de Mucha. « Je me suis demandé : et si Reims était une femme ? » Il lui a donc taillé sur-mesure plusieurs produits comme le parfum d’intérieur La Rémoise, illustré par le dessin « Ruby » de Mucha, aux notes de champagne, framboise confite et grenade. La Sparnacienne possède elle aussi son parfum, « Topaze », où le champagne se mêle à la poire, à la pomme et à la bergamote. Lampyre, ce sont aussi des bougies, comme la bougie rose de Reims, ainsi que des joyaux (à utiliser dans un brûle-parfum) ou encore des brumes d’oreiller. Chaque produit est élaboré à partir de formules spécifiques avec des produits naturels mais aussi synthétiques. « Les essences naturelles sont les plus allergisantes. Et puis certains fruits et fleurs ne peuvent pas être distillés, il faut donc utiliser des parfums synthétiques », assume Gregory.

À défaut d’avoir son propre magasin, Gregory est partout, dans le sillage envoûtant d’une femme (ou d’un homme !), dans l’émanation d’une bougie, le parfum d’une maison… Plusieurs boutiques, à l’instar de la Lunetterie champenoise et Bazarine, ont elles aussi fait appel à ses services pour se fabriquer une identité olfactive.

Où trouver la marque Lampyre ? À l’office de tourisme de Reims, chez Decagone, Diapason, Marcele et les créateurs. À Château-Thierry, chez Les emplettes de Jeanette.

QUE SENTENT VOS PARFUMS PRÉFÉRÉS ?

Certains parfums ne s’oublient pas. Créés par les plus grands « nez », portés par les plus belles actrices, ils ont marqué leur temps. Mais savez-vous ce qu’ils sentent vraiment ?

« Shalimar » de la maison Guerlain : créé par Jacques Guerlain en 1925, ce grand classique de la parfumerie est composé à majorité de bergamote en note de tête, ainsi que de citron, mandarine, sauge sclarée. Du jasmin et de la rose en note de cœur et, pour les notes de fond, de la vanilline, vanille, fève tonka, iris et opoponax.

Chanel « Nº5 » : c’est Ernest Beaux qui l’a créé en 1921, à la demande de Gabrielle. On y trouve en notes de tête des aldéhydes, de la bergamote, du citron, du néroli ; en notes de cœur, de la rose, du jasmin, de l’ylang-ylang et en notes de fond de l’iris, de la vanille et du vétiver.

« J’adore » de la maison Christian Dior : réalisé en 2010 à partir de notes de tête fruitées et vertes, de notes de cœur de jasmin, rose, fleurs blanches et, pour les notes de fond de labdanum ciste, vanille, patchouli, fève tonka et ambre.

« Angel » de Thierry Mugler : créé en 1992 par Olivier Cresp, il contient des notes de tête de bergamote, et mandarine ; des fruits de la passion en notes de cœur et, pour les notes de fond, du patchouli, caramel, cacao, héliotrope, miel et vanille.

« Opium » d’Yves Saint-Laurent : c’est en 1977 que Jean-Louis Sieuzac imagine ce parfum culte. Notes de tête à partir d’aldéhydes, coriandre, mandarine, orange et prune. Pour les notes de cœur, de l’ylang-ylang, girofle, cannelle, jasmin, rose et du patchouli, benjoin, labdanum, myrrhe, opopanax et vanille en notes de fond.

Laeticia VENANCIO

Extrait de l'union du 27/07/2017

    

    

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L’art de   fabriquer des bijoux

Comment sont fabriqués les bijoux qui nous font tant rêver ? Nous avons suivi la réalisation d’une bague en diamants à l’atelier de la bijouterie Argaur.


Après avoir préparé la monture, le joaillier place les pierres précieuses sur le chaton. Elles seront maintenues grâce à de petites griffes.

Des pierres colorées et des barres de métal. Voilà à quoi ressemblent nos bijoux avant de nous faire rêver dans les vitrines. C’est seulement après être passés entre les mains expertes de toutes sortes de professionnels – polisseur, sertisseur, lapidaire, graveur, diamantaire… – que ces derniers deviennent des ornements précieux. Mais comment sont-ils fabriqués ?

À l’atelier de la bijouterie Argaur, c’est Rachid Boudrika qui est à l’œuvre depuis une quinzaine d’années, sous la direction de Patrick Weber. Le joaillier manie l’art de la minutie dans son établi où les pierres et métaux précieux attendent de rentrer dans le rang. Tout commence par la réalisation de la base, ici, le corps d’une bague via un moule en cire. Celui-ci est fabriqué soit à partir d’une imprimante 3D, soit auprès d’un fondeur d’art, soit manuellement à l’atelier. À partir de cette base, il faut encore réaliser un important travail de limage pour donner la bonne forme au métal. Pour ce faire, Rachid dispose d’une multitude d’outils : des limes en veux-tu en voilà, des pinces, des scies ou encore une pièce à main, sorte de fraise de dentiste. «C’est le meilleur ami du joaillier, avec le chalumeau », précise Patrick Weber, lui-même gemmologue, diamantaire et lapidaire. La monture est prête à recevoir les pierres précieuses sur le «chaton », la partie centrale de la bague. Six petits diamants et un beau saphir prennent place sur la monture. Le joaillier poursuit son travail par l’application d’une pâte abrasive pour polir le bijou. Une fois que la monture est ébarbée, que toutes les rayures ont disparu, on applique le rhodiage pour la faire briller. Un passage par le bac à ultrasons pour enlever tous les dépôts sur le bijou, puis quelques minutes de séchage dans la sciure de buis et notre bague est prête. Enfin, celle de la cliente…

Si les nouvelles technologies ont beaucoup fait évoluer le métier, Patrick Weber a tenu à conserver son vieil établi de lapidaire. « Je trouve qu’être gemmologue sans savoir comment tailler une pierre, c’est comme être cuisinier sans savoir faire une sauce », estime cet ancien juriste diplômé de l’Institut national de gemmologie de Paris et du conseil supérieur du diamant d’Anvers.

Laeticia VENANCIO

Extrait de l'union du 26/07/2017

    

    

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Visite exceptionnelle d'AEds

AEds Technologie est probablement l'usine la plus secrète de la Marne. Classée « sécurité nationale », elle fabrique des réservoirs équipant surtout des avions militaires. Pour la première fois, L'union a eu accès au site.

L'ESSENTIEL

 •.- Créé il y à douze ans le groupe  AEds Distribution Service est spécialisé f dans la fabrication de sous-ensembles mécaniques destinés à l’industrie aéronautique. Le groupe fabrique des pistons de rappel, de la visserie, des roues de trains d'atterrissage. Au fil des années, le groupe a su développer des procédés spéciaux, gère les traitemenls de surface et assure également des opérations de contrôle.

•.- À ce jour. le groupe compte 160 salariés répartis sur six sites et affiche un chiffre d'affaires en 201S de 30 M€.

•.- L'usine de la Marne, ex-Secan , a été acquise pour 4 M € auprès du groupe américain Honeywell. Le site est spécialisé dans la conception, la fabrication et la réparation de réservoirs à carburant et de bâches hydrauliques (réservoirs à huiles) pour l’aéronautique civile et militaire.

« Le chemin de notre site n'est pas fléché. Simplement parce que nous n'avons pas spécialement besoin que l'on nous situe. D'ailleurs, je suis persuadé que la majorité des habitants de Witry-lès-Reims n'a aucune idée de ce que nous faisons ici. » Jean-Christophe Bertolo, le directeur général d'AEds Technologie explique d'emblée à quel point son entreprise est à part. « Je n'ai pas de commercial. » Ni de budget pub « et un site internet qui n'a pas été remis au goût du jour depuis deux ans. » Le groupe AEds travaille pourtant avec les cinq plus grands de l'aéronautique au monde.

L'aéronautique fonctionne avec des critères standards de performance, « on vous note comme à la petite école : vert, orange, rouge, selon votre faculté à livrer conforme à au moins 95 %. Et il faut livrer à l'heure, ni avant ni après le délai imparti. Si vous n'êtes pas dans ces objectifs, il est illusoire d'aller voir les donneurs d'ordre pour proposer vos produits. Une fois que vous y êtes, que vous remplissez les critères, ça se développe tout seul pour peu que vous atteigniez la taille critique. »

S'agrandir pour ne pas mourir

C'est ainsi que le groupe AEds a été obligé de s'agrandir ces dernières années (rachat de Baccarat Précision en 2013, puis Secan Witry et Belzane Decolletage en 2014).

Le site marnais était déjà spécialisé dans la fabrication des réservoirs avant qu'il n'entre dans le giron du groupe AEds. « Pendant 25 ans, 2.500 réservoirs d'avions sont sortis du site mais il y a dix ans, la maintenance et la réparation ont fini par constituer l'activité exclusive du site des réservoirs qui ont équipé des Etandard, Super-Etandard, Mirage Fl, Mirage 2.000 ou encore Alphajet. »

Le site de Witry est intimement lié à l'histoire du Rafale. Secan a conçu, développé et fabriqué les tout premiers réservoirs du Rafale avant de perdre le marché au profit d'un concurrent étranger. Le groupe a récemment récupéré le marché. Des réservoirs neufs, dédiés à cet avion de chasse vont donc sortir à nouveau de l'atelier de production marnais. « C'est exceptionnel dans le milieu aéronautique, une chance qui se produit rarement deux fois dans la vie d'une entreprise. » Un gros contrat sur dix ans, qui nécessite une transformation totale de l'unité de production. Un RPL ,comprenez réservoir pendulaire largable, fait sept mètres de long. Au plus fort de la cadence, on pourra se retrouver, à l'atelier, avec dix réservoirs à différentes étapes de fabrication. Un million d'euros vont être investis dans la réimplantation de l'unité de production et l'achat d'outillage précis. Les travaux ont commencé. « Un réservoir n'est pas un bidon de carburant, il comprend des centaines de pièces des plus techniques. »

Le site de Witry compte actuellement 27 personnes au savoir-faire très pointu, voire, exceptionnel. Parmi elles, Gwladys Taton, 20 ans, seule femme chaudronnier de l'entreprise. « Ce n'est pas un travail vraiment physique mais plutôt minutieux. « Il y a une réelle fierté de faire ce que je fais, même si je ne peux pas vraiment détailler mon travail à mes proches. » AEds Technologie va recruter une dizaine de personnes prochainement pour pouvoir sortir d'ici un an, les premiers réservoirs Rafale.


Vingt-sept personnes travaillent actuellement sur le site. Essentiellement des soudeurs et des chaudronniers


Ces bâches hydrauliques (réservoirs à huile) doivent équiper des Airbus A330


Chaque pièce lait l'objet d'un soin particulier lors de son emballage avant d’être livrée un peu partout dans le monde.


Dans le magasin, des centaines el des centaines de pièces sont référencées.


Le savoir-faire exigé est très spécifique, il nécessite une qualification en aéronautique

Cruellement cinq bâtiments pour une surface totale de 10.000 m² sont nécessaires à l'activité du site. Ici, l'atelier de production (4.000 m².)

Le site assure aussi la maintenance et la réparation des réservoirs qu'il fabrique. L’impact sur la tête de ce réservoir est dû à un oiseau.

Aurélie BAUSSART

Extrait de l'union du 06/10/2015

    

    

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Il taille dans les règles de l’art

 Tailleur de pierres, Paul Pierret œuvre sur le chantier de l’hôtel de ville.


Paul Pierret façonne actuellement deux Savonnières de 400 kg qui serviront à restaurer des lucarnes situées en haut de la façade de l'hôtel de ville de Reims.

Il a toujours voulu travailler dans le secteur du bâtiment, rien ne prédestinait vraiment Paul Pierret à devenir tailleur de pierres. Et encore moins à venir poser ses outils à Tilloy-et-Bellay, près de Suippes. Mais le hasard des rencontres va bouleverser la vie de cet Alsacien de 30 ans, actuellement occupé sur le chantier de restauration de l’hôtel de ville de Reims. Il façonne actuellement deux Savonnières de 400 kg qui serviront à restaurer des lucarnes situées en haut de la façade de l’hôtel de ville.

« Quand j’étais jeune, je voulais devenir maçon , explique le jeune entrepreneur. Lors de mon stage découverte d’entreprise en 3 e , je suis allé au service de la voirie de la communauté urbaine de Strasbourg à la section ouvrage d’art. L’équipe de maçons était au complet et on m’a dit d’aller avec le tailleur de pierres. » Une révélation. « J’ai accroché tout de suite avec ce métier , reprend Paul Pierret. De fil en aiguille, j’ai découvert que l’on bâtissait autant que les maçons, mais d’une autre façon. C’est comme ça que j’ai fait mon choix, car l’envie de construire a toujours été présente en moi. »

COMPAGNON DU DEVOIR À REIMS

Sa décision prise, il sait qu’il peut compter sur ses parents qui l’ont « toujours soutenu dans (son) projet. À mes 16 ans, je suis parti chez les compagnons à Paris » . « Mes professeurs voulaient que je m’oriente dans une filière scientifique, mais ça ne me disait rien , se souvient encore le Strasbourgeois. Je voulais faire un travail manuel. Et ce qui est bien chez les compagnons, c’est qu’on apprend vraiment le métier. » Il commence ainsi son apprentissage en 2002, puis part faire son tour de France. Paris, Beaucaire, près de Nîmes, le Québec, Caen, Toulouse, Bordeaux, puis compagnon itinérant du côté de Reims… Il découvre toutes les ficelles du métier. « J’ai ensuite été formateur pendant deux ans , assure encore l’artisan, et puis je suis parti en Roumanie. Entre-temps, j’avais rencontré ma compagne à la fin de mon tour de France à Reims. C’est elle qui est de Tilloy-et-Bellay et c’est pour cette raison que je suis venu m’installer ici avec elle. »

Après avoir exercé ses talents pour des entreprises, il décide de se mettre à son compte en mars 2016. « Je préférais cela car ça me permettait de relever un challenge , explique Paul Pierret. Et puis ça me permettait également d’apprendre plus de choses, que ce soit pour la partie commerciale, mais aussi pour faire des devis ou encore, gérer du personnel. »

Dans son atelier, où chaque centimètre carré est recouvert de poussière, les outils sont posés çà et là. « Je travaille beaucoup avec un pistolet pneumatique que j’équipe d’un burin , précise-t-il. Je me sers également d’une disqueuse, d’un chemin de fer (l’équivalent d’un rabot à bois, NDLR), ou encore d’équerres réglables ou d’un maillet en bois pour certaines finitions. Il faut faire preuve de précision pour que le résultat soit conforme à la demande. »

S’il reconnaît qu’il lui a fallu un peu de temps pour se faire connaître, son carnet de commandes a fini par se remplir. « J’ai du travail jusqu’au mois de décembre, assure Paul Pierret. En ce moment, je travaille en tant que sous-traitant pour une entreprise qui refait la façade de l’hôtel de ville de Reims. Avant cela, j’avais restauré l’église de Tilloy-et-Bellay. Nous sommes garants d’un savoir-faire et c’est important de vouloir préserver le patrimoine architectural. » À Reims, l’objectif est de redonner tout son lustre au bâtiment, face après face, un siècle après l’incendie qui, l’avait ravagé

Stephen HIEBAULT

Extraits de l' union du 11/07/2017

    

    

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Glisser sous les nuages dans un planeur

 Se déplacer dans les airs en silence et gagner de l’altitude en sautant d’un cumulus à l’autre avec des passionnés de vol à voile. Allez, on décolle !


Chek-list avant décollage. Le pilote est derrière. À genoux, Jean-Luc Gagnon qui va bientôt monter dans l’avion pour tirer le planeur avec un câble. Christian Lantenois

On dit de lui qu’il vole davantage que certains oiseaux. Mon « instructeur » du jour est un pilote très expérimenté. Il a été champion de France des moins de 25 ans en planeur et pratique aussi l’avion, l’ULM et le parapente. On trouve Cédric Niay au terrain de Reims-Prunay dès qu’il n’est plus dans son collège à enseigner l’histoire et la géographie.

Le pilote de l’avion largueur, Jean-Luc Gagnon, vice-président de Reims Planeur, est aussi très qualifié. « J’ai commencé par le planeur,dit-il, puis j’ai fait de l’avion mais j’ai toujours préféré le premier. C’est la même différence qu’entre un bateau à voile et un bateau à moteur. En vol à voile, chaque fois que l’on décolle, c’est une aventure. On peut partir pour plusieurs heures ou pour 15 minutes si on ne réussit pas à accrocher d’ascendance. »

Nous voici au seuil de la piste 25 en herbe d’où vont décoller les deux appareils reliés par le câble. Il faut passer un parachute et accrocher la ceinture de sécurité. Des « gueuses », sortes de poids, sont ajoutées devant pour respecter le centrage de l’appareil, la copilote du moment n’étant pas assez lourde.

Cédric Niay est le meilleur. Il a toujours un temps d’avance pour analyser les phénomènes
Jean-Luc Gagnon de Reims Planeur

L’avion va tirer le planeur le temps qu’il prenne de l’altitude. Une fois largué, ce dernier recherche les courants ascendants. Quand de petits cumulus décorent joliment le ciel bleu, la tâche est plus facile. Ces nuages indiquent la présence de courants transportant l’air vers le haut. Il suffit alors de tourner en dessous pour prendre de l’altitude. En sautant d’un courant à l’autre, il est possible de rester en l’air pendant des heures et de parcourir de grandes distances, des centaines de kilomètres.

Jean-Luc Gagnon m’a prévenue. « Cédric Niay est le meilleur. Il a toujours un temps d’avance sur les autres pour analyser les phénomènes. »

La montée dure quelques minutes. Puis le vélivole décroche l’appareil, trouve une bonne colonne et le variomètre affiche un excellent taux positif. La ville de Reims est devant nous. Nous suivons le canal, plutôt porteur.

La vitesse est de 100 à 110 km/h. Voici le petit port de Sillery. Puis, on aperçoit au loin le parc de Champagne. Il est temps de faire demi-tour pour perdre de l’altitude et effectuer un atterrissage impeccable avec une grande précision. Le pilote repart aussitôt pour un vol d’initiation. Ça pourrait être vrai qu’il vole plus souvent que certains oiseaux.

PASSEZ L’ÉTÉ EN L’AIR !

Pendant la période des vacances, un instructeur est présent chaque jour à l’aérodrome de Reims Prunay pour proposer des vols et des stages découverte aux jeunes à bord d’un des trois biplaces du club, des petites merveilles de technologie et d’esthétique. Différentes formules sont proposées pour découvrir un nouvel univers à partir de 13 ans. Si vous vous laissez tenter, vous commencerez à voler en compagnie d’un instructeur diplômé d’État. L’activité, qui dépend de la météo, est souvent imprévisible. Pour les mineurs, il est nécessaire de fournir une autorisation parentale. Des formules découverte de 3 ou 6 vols ou bien des stages de 2 à 3 semaines sont possibles durant tout l’été. Tous renseignements et tarifs sur www.reimsplaneur.fr ou au 06 72 20 38 74.

M.C LARDENOIS

Extrait de l'union du 01/07/2017

    

    

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Cordiste, un métier de haut vol

L'activité explose depuis des années. La preuve dans la région


Suspendu à plusieurs dizaines de mètres du sol, le cordiste doit être capable d’effectuer de nombreuses taches

« Un corniste doit savoir faire de la maçonnerie, des travaux d'étanchéité, de la peinture, de la chaudronnerie et encore pleins d'autres choses »

Si les techniques sont ancestrales, la législation encadrant la profession ne date que de .... 2004. Auparavant, les sociétés ne pouvaient faire appel qu'à des nacelles ou des échafaudages.

« Il y avait une grosse appréhension quant aux risques », raconte Guillaume Meura qui a créé la société Cap-Altitude, il y a trois ans à Cormontreuil.

Depuis, le métier de cordiste a littéralement explosé. « On est en pleine expansion », confirme Clément Arrestier, directeur de la société, avant de développer les avantages à faire appel aux alpinistes du bâtiment

« Nous pouvons accéder là où les nacelles et les échafaudages ne peuvent pas se rendre. Surtout, nous offrons une solution économique et réactive. Disponible 7 jours sur 7, 24 heures sur 24 », appuie-t-il.

« Dans ce métier, on a une sensation de liberté ultime, un gros plaisir. C’est absolument anti-routine »

Avec des missions des plus variées : on parle d'un emploi multifonction, polyvalent où l'on travaille en hauteur à l'aide de cordes. « On emprunte à 80 % de nos techniques à la spéléologie », révèle Clément Arrestier. Pour les tâches à réaliser suspendues dans les airs, la liste est longue : « On travaille notamment sur le secteur éolien et industriel. Cela peut être l'entretien d'un silo, très nombreux dans la région, ou le nettoyage des vitres d'un bâtiment. Un cordiste doit savoir faire de la maçonnerie, des travaux d'étanchéité, de la peinture, de la chaudronnerie et encore plein d'autres choses. Nous nous devons d'être très complet. »

Avant, les alpinistes repèrent les lieux, prennent des photos, analysent et décortiquent chaque espace du site sur lequel ils s'apprêtent à travailler.

5.000 - Il s'agit du nombre de cordistes en France. Environ 1.000 sont en CDI, 4.000 en intérim

« On est à la recherche des points d'ancrage. S'il n’y en a pas, nous pouvons les créer », assure Clément Arrestier, En hauteur, la sécurité reste la priorité. « On travaille en binôme. Cela permet d'intervenir si l'autre, à un problème. Il faut toujours rester attentif », rappelle Guillaume Meura.

« C'est dans ce but que nous devons toujours être en bonne condition physique », insiste les deux professionnels. Avec un cadre de travail hors du commun, suspendu à plusieurs dizaines de mètres du sol : « Dans ce métier, on a une sensation de liberté ultime, un gros plaisir. C'est absolument anti-routine. »

Prochainement, on pourra voir les cordistes sur les bâtiments de Reims habitat et Aquacité, la future piscine de Fagnières. Preuve que l'activité de l'alpinisme du bâtiment ne cesse de s'envoler.

LA FORMATION POUR DEVENIR CORDISTE

La voie royale pour devenir alpiniste du bâtiment reste le certificat de qualification professionnelle (COP) qui comprend trois niveaux.

« Pour le premier, on retrouve au programme les techniques de progression sur corde, l'amarrage de l'équipement, le déplacement de charge, le levage et les premiers secours pour venir en aide à son binôme en cas de problème », révèle Clément Arrestier.

Il faut 1.600 heures de travail pour accéder au deuxième niveau (professionnel confirmé). Pour le troisième (professionnel expert), même chose, Il faut accumuler 1 600 heures supplémentaires.

Plusieurs structures existent en France pour obtenir cette qualification. Un certificat agent technique cordiste (CATC) existe également au Greta de Die (Drôme)

Gauthier HENON

Pour plus d'informations sur l'entreprise, rendez-vous sur www.capaltitude.net

Extrait de l'union du 25/04/2017

    

    

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L’agriculteur qui vous transporte dans les airs

Agriculteur ou pilote ? Christel Noizet est un peu les deux. Sa société, Hélitel, a élu domicile dans sa ferme. Deux beaux hélicoptères sont abrités dans un hangar, à côté des tracteurs...


Christel Noizet propose des baptêmes de l’air à partir de 155 euros, en fonction de la durée du vol, et des heures d’école à 760 euros l’heure sur ce bel Ecureuil.

« En 2016, notre activité a diminué de 40 %, notamment le travail avec les photographes »
Christel Noizet

N’allez pas croire que Chritel Noizet est un pilote du dimanche qui se fait plaisir avec ses deux machines. Ce monsieur de 51 ans est pilote professionnel et pratique ce deuxième métier par passion. Il a sa propre hélistation derrière son exploitation agricole dans une commune de 200 habitants.

D’abord, il cultive les céréales, les betteraves et le colza dans la ferme familiale. Et quand la météo le permet, il peut transporter des passagers, proposer des baptêmes de l’air, vols d’initiation, ou du travail aérien à bord d’un de ses deux rutil

ants hélicos, un Écureuil et un Robinson.

Il assure aussi des relevés de lignes pour EDF, des services de levage pour le transport de fret, le transport de charge, l’emport jusqu'à quatre tonnes et le levage avec crochet électrique déporté.

Le traitement aérien, en revanche, est interdit depuis 2014. « On n’en pratique plus sauf un peu de démoustication sur les marais », précise Christel Noizet.

La ferme est aussi une école de pilotage

Les contraintes médicales et techniques sont écrasantes pour exercer à ce niveau. Et la réglementation est très contraignante et changeante. Souvent, c’est à cause de l’Europe. Parfois c’est la France qui est tatillonne.

Les manuels se multiplient et les audits se font à tour de bras. Dans le berceau de l’aviation, on peut regretter les tracasseries administratives qui découragent les plus fortes motivations. Mais il en faut plus pour stopper Christel Noizet.

«  L’hélicoptère, c’est une machine avec laquelle on peut faire ce qu’on veut, se poser où l’on veut et en sécurité. Même en cas d’arrêt moteur, il ne faut pas croire que l’on tombe comme une pierre. On continue avec l’auto-rotation et on peut atterrir sur un tout petit terrain. »

Le pilote est aussi instructeur. Il apprend aux novices à prendre les commandes de ces délicats engins. Et quand le brevet est passé et que la confiance est là, Christel Noizet laisse voyager ses élèves à bord d’un de ses petits bijoux à une vitesse de 180 à 230 km/heure. La ferme est aussi une école de pilotage.

«  On se fait voler des marchés par les pilotes d’ULM (ultra-légers motorisés) alors que l’on ne joue pas dans la même cour », se désole le pilote. «  En 2016, l’activité a diminué de 40%. Le travail avec les photographes est en baisse en raison de la concurence des drones qui peuvent faire des photos. »

 Marie-Christine Lardenois

Hélitel, 21, rue de l’Éspérance Auberive. Tél. : 03 26 03 76 90.

Extrait de l'union du 18/02/2017

    

    

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L’autre vocation des sœurs

Elles expliquent leur recherche d'un subtil équilibre entre productivité et vie spirituelle.


L’abbaye du Val d'Igny. à Arcis-le-Ponsart, dans la Marne, dispose d'un grand magasin où l'on trouve un large panel de produits monastiques.  Lantenois

« Il faut faire comprendre que si l'on passe trois heures à réutiliser des chocolats ratés, on perd de l'argent »
Sœur Joseph Marie, chocolaterie d'Igny

Logée dans une belle construction parée de bois, c'est une grande boutique de 200 mètres carrés flambant neuve. Sous un éclairage chaleureux, les étals re- .gorgent de biscuits fins, de bières artisanales, de miels aux saveurs variées, de tisanes rares et surtout d'un bel éventail de chocolats fins. De grandes baies vitrées s'ouvrent sur la campagne vallonnée à la lisière du joli village marnais d'Arcis-le-Ponsart, Ceci n'est pas la description d'un concept innovant d'épicerie fine en milieu rural. C'est le nouveau magasin de l'abbaye cistercienne du Val d'Igny où l'on retrouve sa propre production chocolatière comme les multiples spécialités d'autres communautés religieuses.

AU TRAVAIL DEPUIS NEUF SIECLES

 Le raffinement et l'abondance de l'assortiment sont loin de l'idée que l'on se fait de l'ascétisme et de la frugalité monastiques. Un- pêché de gourmandise ? Bien sûr que non. Les sœurs marnaises restent sur les rails de l'idéal monastique qui repose sur une économie  vouée essentiellement a la subsistance de la communauté. Selon la règle de Saint-Benoît, prière et travail sont intimement liés. Fondée il y a presque neuf siècles par les moines de Clairvaux, la communauté a longtemps vécu de la culture de la terre, Refondée près d'un siècle après la Révolution  par les moines du Désert, l'abbaye a créé un premier atelier de chocolaterie à la fin du XIX° siècle. À l'époque les frères travaillaient la fève de cacao brute et produisaient des tablettes de chocolat dans lesquelles ils. glissaient des images pieuses.

Détruite lors de la Première Guerre mondiale, cette abbaye est reconstruite pour des moniales en 1949. Ces dernières renouent avec une économie rurale, font de l'élevage, du fromage et du maraîchage. Après 1945, elles s'orientent vers une production moins physique et, sans doute déjà plus lucrative, les confiseries et les chocolats. Dans les années soixante, elles innovent en créant un bouchon de champagne en chocolat dont la particularité est d'être à taille réelle. Cette belle portion de 30 grammes a fait la renommée de l'abbaye qui a déposé son invention. La chocolaterie et la boutique, qui affichent un chiffre d'affaires annuel d'environ 300.000 euros aujourd'hui, se sont imposées comme la principale ressource financière de l'abbaye, à l'heure où les dons des fidèles sont moins importants qu'hier.

UNE MACHINE « ONE SHOT » A L’ATELIER

Les forces vives se tarissent également. L'abbaye d'Igny est confrontée au vieillissement de ses membres. Pour perdurer, elle s'est récemment regroupée avec trois autres communautés. En parallèle, pour continuer â produire et dégager des ressources tout en ménageant l'énergie des sœurs, Igny a lourdement investi. Elle est dotée depuis une dizaine d'années d'une machine dite «one shot », comme on en voit chez de grands chocolatiers de ville. « Objectivement aujourd'hui on est trop outillé par rapport au volume que l'on produit. La raison, c'est que l'on veut garder une activité qui participe à notre économie et qui aussi nous donne une activité », explique sœur Anne joseph, responsable de l'atelier. Une vingtaine de moniales de tous âges participent, suivant leurs capacités, à la production. « Pour quelques-unes c'est plus de l'ergothérapie qu'autre chose », reconnaît la responsable. « On aurait parfois aussi vite fait de faire le travail soi-même que de préparer les ingrédients pour la sœur, lui expliquer ce qu'il faut qu'elle fasse, vérifier en cours de route que cela ne déraille pas et ranger à la fin. Mais je crois que c'est quelque chose d’important pour nous. » Une sœur de 90 ans se rend tous les jours à l'atelier pour emballer des chocolats. « En matière de réflexion sur le travail des seniors, on a des décennies d'avance », plaisante la responsable.

Pour autant, l'Atelier du Val d'Igny ne doit pas oublier les réalités de l'entreprise. Cette EURL, assujettie à la TVA, ne verse pas à proprement parler de salaires aux sœurs mais des indemnités d'entretien proportionnelles au temps passé. Mathématicienne et philosophe de formation sœur Anne Joseph s'est mise sans trop de difficulté à la gestion d'entreprise. « C'est un monde différent, mais j’avais le processeur pour installer le logiciel. Et elle a saisi la différence de sensibilité économique d'une génération de moniales à l’autre.

LE MONASTIQUE FAIT VENDRE

« Les plus jeunes d'entre nous ont cette notion de productivité, mais les anciennes pas du tout ou très peu. Il faut leur faire comprendre que si l'on passe trois heures à réutiliser des chocolats ratés, on perd de l'argent. Elles viennent d'une époque où elles étaient suffisamment nombreuses pour ne pas avoir de souci à ce niveau-là. Quand il y avait un potager à désherber, on envoyait une équipe de novices et, à vingt de front, ça y allait. » En plus de surveiller ses coûts, l’Atelier du Val d'Igny fait aussi de l’innovation et même mine de rien, de la veille concurrentielle. « Quand on va à Paris pour des réunions monastiques ou autres, je regarde les vitrines des chocolatiers Pour voir comment ils présentent les choses. Je pense que tous les professionnels font pareil », confie Anne Joseph. La sœur sait aussi qu'il ne faut pas aller trop loin dans le professionnalisme. « Je dis régulièrement : « Attention, si notre activité de chocolaterie ne nous permet plus de vivre notre vie monastique, ce n'est plus du chocolat monastique que l'on fera. » Elle n'ignore pas-que les chocolats d'Igny doivent aussi leur succès à cette différenciation forte. « Sur le plan marketing, les clients savent qu'il y a une valeur d'authenticité, d'éthique, de la qualité dans les produits monastiques. »

Un pied dans deux univers très différents, les sœurs d'Igny sont en quête pemanente d'un équilibre subtil entre production viable économiquement et vie spirituelle accomplie, repli monastique et ouverture au monde. « On est dedans et à distance, c’est un chemin de crête », conclut sœur Anne Joseph.

3 QUESTIONS à


Frère BENOIT
Pdt de l’Association Monastique

« Contre l'usage abusif de l'image des moines »

Qu'est-ce que la marque Monastic ?

C'est une marque collective, déposée à l'INPI, propriété de notre association, qui donne l'autorisation à ses membres de l'utiliser, pour des produits désignés, contre l'engagement à respecter un certain nombre de critères. Nous luttons contre l'usage commercial abusif de l'image du moine. Prenez certaines publicités de camembert avec un moine bien ventru en train de déguster un fromage et vous verrez de quoi je parle. Le produit Monastic doit être fabriqué en cloitre, par des moines ou moniales, sous leur responsabilité. Sachant qu'il y a des matières premières que nous ne fabriquons pas, nous nous appuyons aussi sur une jurisprudence d' « ouvraison substantielle. »

Les produits et entreprises monastiques sont-ils comme les autres ?

Les produits, ça dépend desquels et comment ils sont commercialisés. Pour-les fromages monastiques commercialisés au-delà de la centaine de tonnes en grande surface, cela serait difficile de faire la différence. L'hostie est à l'autre bout du spectre. Entre les deux, il y a de tout, Nous avons une communauté qui produit des chiens de berger avec la marque Monastic. L’entreprise monastique n'est pas franchement comme les autres ne serait-ce que par ses horaires de travail. Quand on interrompt toutes les trois heures pour un office, çà change les données, mêmes économiques. Puis, dans tout ce que nous faisons, il y a l'ambition de témoigner de notre vie. Il y a enfin des aspects juridiques et fiscaux particuliers et notamment la « valeur d'entretien » (NDLR : contre-partie financière au travail des moines ou moniales versée à leur communauté).

•.- Pourquoi le monastique faut-il vendre ?

Il y a d'abord l'idée, que je ne jugerai pas, qu'un produit est monastique est forcément un produit de haute qualité. Il y a l'idée que l'on aide la communauté et que l'on est prêt à payer plus cher pour cela. Il y a l’idée que l'on achète un produit artisanal. Il y a parfois l'idée qu'il est forcément bio ou relève de l'économie solidaire, toutes choses qui ne sont pas forcément exactes.

L’EXPERT


Elise LEONARD
Conseillère CCI Marne

« Aborder les choses différemment »

 « Lors des longs échanges que j'ai eu avec les sœurs, j'ai constaté qu'il n'était pas possible d'adapter les modèles de marketing ces entreprises classiques à l'abbaye d'Igny. Quand les sœurs m'appellent-pour me dire qu'elles ont un projet d'investissement, on mène une longue réflexion, on parle de développement mais j'ai mis du temps à comprendre qu'il fallait que j’aborde les choses différemment. Pour l'investissement dans la nouvelle machine « one shot », il ne fallait pas raisonner comme avec une entreprise ayant des prévisions de marché. A la base, la réflexion était de soulager le travail des sœurs, car de moins en moins de femmes prenant le voile, se posait la question de l'avenir de la chocolaterie. Il fallait moderniser la production. Je me souviens que pour la préparation de cet investissement, lors d'une réunion dans le parloir, la mère abbesse, la sœur financière et la sœur chocolatière m'ont glissé un petit papier avec le nom de quatre grands maîtres chocolatiers. Elfes voulaient que je les mette en relation avec l’un d’eux pour qu’il les conseille sur le chois de la machine..

Intérieurement, je me suis dit : « Ce n’est pas possible, ce sont des concurrents, ils ne vont pas vouloir ». Mais l’un d’eux a accepté tout de suite. Aller dans la chocolaterie d’Igny, c’était son rêve d’enfant

UNE FABRIOUE D’OSTIES CHEZ LES CLARISSES


Après avoir travaillé dans une usine de l’Aisne, sœur Elisabeth Marie est entrée dans les ordres. Dans le monastère Sainte-Claire de Cormontreuil, elle chapeaute la production d'hosties. J.B

Près de quatre millions d’hosties sortent chaque année de l'atelier des Clarisses, du monastère Sainte-Claire de Cormontreuil. Elles font partie de la vingtaine de communautés française qui fournissent aux diocèses ces petites pastilles de pain sans levain que les chrétiens partagent pendant la messe. Cormontreuil livre les diocèses de Reims, de Châlons-en-Champagne, Troyes et Verdun. Mais le monastère a deux gros dépôts à Lille et Paris. Les grandes hosties de 18 centimètres utilisées pour Ies grandes cérémonies seraient consommées jusqu’à l'autel de Notre-Dame de Paris. Les Clarisses vivent traditionnellement de la quête. Mais les dons s'amenuisant avec les-années, Ia vente d'hosties représente désormais environ deux tiers des ressources du monastère. Comme les offices et les prières,  la production d'hosties rythme les semaines. Les mercredis et vendredis sont jours de cuissons, sauf pendant les semaines liturgiques où le monastère vit sur ses stocks. L'atelier est doté d'une machine professionnelle. Une sœur opératrice y fait cuire de grades plaques de pâte. Une fois séchées on y découpera des pastilles qui seront ensuite ensachées et expédiées. La production se trouve sous l'autorité de sœur Elisabeth Marie. Avant d'entrer dans les ordres, cette titulaire d'un DUT de génie mécanique et productique a travaillé cinq ans dans une usine de l'Aisne, et cinq ans dans les Ardennes, dans l'entreprise familiale d'équipement d'élevage. « En entreprise, le but c’est de gagner de l'argent, d'être rentable. Au monastère, c'est différent On doit produire, mais ce n’est pas l'essentiel. C'est la personne qui est au centre. Chacune doit avoir sa place. On est en interaction. J’ai connu ça en entreprise mais ce n'était pas une chose première. » Toutes les sœurs de 41 à 83 ans sont mises à contribution, de l'emballage à l'expédition en passant par la facturation. Le monastère n'est pas une entreprise, mais il est confronté pourtant à des problèmes similaires, à commencer par la concurrence de la production étrangère et notamment celle de l'entreprise américaine Cavanagh qui a Industrialisé et automatisé la production. Sa filiale de Pologne perturbe le marché qui séduit certains diocèses avec ses prix bas. Comme d'autres entreprises, le monastère cherche aussi à valoriser ses déchets de fabrication. Ceux qui ont une solution de valorisation pour Ia pâte de blé cuite peuvent toujours frapper à la porte de Sainte-Claire ...

Les autres points

Les Bénédictines de Saint-Thierry restaurent des tapis

Le monastère Sainte-Bathilde, à Saint-Thierry au Nord de Reims, est spécialisé dans la restauration de tapis. Les Bénédictines savent remédier aux trous et refaire les bordures. Les sœurs se rendent régulièrement au siège de leur congrégation à Paris afin proposer leurs services aux particuliers. Elles font aussi des travaux de composition pour une maison d'édition et de l'impression de petites brochures, le monastère a un magasin de vente de produits monastiques. On y trouve des savons, du miel, des biscuits monastiques et beaucoup de livres.

Travaux multiples au Carmel de la Fontaine Olive dans les Ardennes

Elles ne sont que onze mais les carmélites de la Fontaine Olive dans les Ardennes ont un atelier assez varié. Dans la forêt d’Aublgny-Ies-Pothées, au nord de Signy-l'Abbaye, elles confectionnent des habits liturgiques, des vêtements pour les cérémonie, cannent des chaises, tissent, fabriquent des bougies et peuvent réaliser quelques travaux de retranscription de conférence et de photocopie-impression.

Julien BOUlLLE

Extrait de l'union du 24/01/2017

    

    

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MANUFACTURE DES GOBELINS
LES DEUX RÉMOIS QUI ONT FAIT L'HISTOIRE

QUE SERAIT LA PRESTIGIEUSE MANUFACTURE DES GOBELINS SI DEUX RÉMOIS N'AVAIENT MARQUÉ LE COURS DE SON HISTOIRE ? SEUL LOUIS XIV POURRAIT NOUS LE DIRE !

Il y a une sorte de fierté à savoir que l'on a un lien, même lointain, avec une institution prestigieuse, C'est le cas des Rémois à l'égard de la célèbre Manufacture des Gobelins à Paris. Sans deux personnages nés dans la cité des Sacres qui ont eu une influence sur le cours de son histoire, ce haut lieu du savoir-faire français n'existerait peut-être pas. Ou serait différent de ce qu'il est. Seul Louis XIV pourrait nous le dire, lui qui a donné son feu vert à son ministre Colbert en 1662,

C'est en effet à Colbert - dont la maison natale est située rue Cérès - que l'on doit les fondations de la Manufacture, dans les deux sens du terme. Mais c'est un certain Jean Gobelin, lui aussi originaire de Reims, qui a donné son nom à cette entreprise si particulière, dont l'histoire s'étire sur près de quatre siècles.

En 1443, Jean Gobelin s'installe à Paris, dans le faubourg Saint-Marceau. Son activité de teinturier le conduit à choisir un terrain en bordure de la Bièvre, cette rivière aujourd'hui souterraine. Le sieur Gobelin acquiert une solide réputation professionnelle pour sa teinture en écarlate réalisée à partir de la cochenille. Pendant plus de 150 ans, ses descendants entretiennent le savoir-faire familial au point d'éclipser les autres teinturiers du secteur et de donner leur nom au cours d'eau qui devient « la rivière des Gobelins ».

En 1601, le roi Henri IV intervient pour le rachat de la teinturerie Gobelin qu'il confie à deux compagnons issus de la fameuse école flamande. Lesquels finiront par se séparer. Soixante ans plus tard, Colbert est le ministre très proche du Roi Soleil. Il souhaite accompagner Louis XIV dans l'expression de sa gloire terrestre à Versailles. Aussi, Colbert rachète-t-il le site des Gobelins pour y installer une Manufacture royale et réaliser le mobilier de très haute facture qui meublera la somptueuse demeure. Parmi les activités, la tapisserie, qui emploie jusqu'il 250 lissiers ! Colbert nomme le peintre du roi, Charles Le Brun, à la direction et fait construire les locaux dont une grande partie a traversé le temps rnalgré les dégradations liées au percement de l'avenue des Gobelins en 1859, ou les évènements de la Commune. Entre autres ...

La manufacture reprend le nom du secteur dit « des Gobelins », aucun Gobelin n'ayant participé à l'aventure. Louis XIV rendra visite à cette maison de l'excellence, donnant naissance à une célèbre tapisserie. Napoléon compte parmi les acteurs directs de la magnificence de la Manufacture des Gobelins, auquel il fait lui aussi appel pour l'ameublement de ses résidences impériales, le temps de son règne. En 1826, il est décidé que la Manufacture sera exclusivement destinée à la tapisserie. Tout au long de ses 355 ans d'existence, la Manufacture des Gobelins a eu recours aux plus grands artistes de chaque époque pour imaginer ses tapisseries. La liste est impressionnante. Mais si les hommes ont changé, le savoir-faire est resté et s'est transmis à chaque nouvelle génération.

LA MANUFACTURE SE VISITE

 Trois après-midis par semaine, une conférencière du Mobilier national fait visiter l'enclos historique et deux ateliers de tissage ; point plat tapisserie ou de point noué tapis. Le visiteur voit un lieu hors du temps, il revisite l'Histoire depuis le XVIIe siècle et a la chance de voir des techniciens d'art en train de réaliser ries pièces textiles qui enrichiront le mobilier de la Présidence de la République, d'une ambassade, d'un ministère ...

42 avenue des Gobelins - Paris XIIIe - Métro Gobelins sur la ligne 7. Tous les jours sauf le lundi, de 12h30 à 18h30. Infos : 01-40-13-46-46,

COLBERT CONTRE FOUQUET

Pendant que Colbert fondait les Gobelins, son rival Fouquet cherchait à montrer sa puissance à Vaux-le-Vicomte. Pour ce faire, il créera notamment la Manufacture de tapisserie de Maincy. Après sa disgrâce et sa mise à l'écart savamment orchestrée par Colbert, Louis XIV placera Maincy sous la coupe ... des Gobelins.

UNE ENTREPRISE D'UN GENRE PARTICULIER

La Manufacture des Gobelins est une entreprise à part entière ... même si elle dépend entièrement de l'Etat. Elle est rattachée depuis 1937 à la direction du Mobilier national. Concrètement, elle compte neuf sites de production et sept ateliers, elle emploie 118 agents et totalise 48 projets à ce jour. La production dépend des commandes de l'Etat pour ses grandes institutions. Ou de commandes d'Etats étrangers.

Dans le détail, les activités sont réparties en plusieurs secteurs d'activités :

*.- La teinture : indispensable à la création, cet atelier n'a pas changé d'emplacement depuis Louis XIV. Les colorants synthétiques ont remplacé les colorants naturels. Mais les trois agents travaillent toujours à partir des couleurs primaires jaune-rouge-bleu.

*.- Le nuancier de couleurs : la palette de couleurs à la disposition des liciers est immense (plusieurs dizaines de milliers), selon 72 tonalités pour les échantillons de laine. Grâce au numérique, un logiciel spécial a été élaboré pour la gestion des stocks répartis dans cinq magasins, Le nuancier emploie deux agents.

*.- Les sites de production : les Gobelins sont le plus connu et emploient 26 agents pour les tapisseries de haute lice (travail vertical). Les fils utilisés sont la laine, le lin, la soie et l'argent.

La Savonnerie : 42 agents y fabriquent le tapis au point noué sur des métiers de haute lice, dans les ateliers de Paris et Lodève (Hérault).

Beauvais est spécialisé dans la tapisserie au point plat sur des métiers de basse lice (à l'horizontal). Cette manufacture emploie 28 agents à Paris et Beauvais.

Au Puy-en-Velay, un atelier crée de la dentelle aux fuseaux, avec dix agents

A Alençon, la Manufacture crée de la dentelle à l'aiguille selon le célèbre point d'Alençon, avec huit agents. Cette technique étant dangereuse pour la vue des dentellières, elle n'est pratiquée que le matin. L'après-midi elles font de la broderie.

MARIE-HÉLÈNE BARSINI :

« LA TAPISSERIE TISSE UN LIEN AVEC LE TEMPS »

LE RËMOIS JEAN GOBELIN N'A JAMAIS TRAVAILLÉ POUR LA MANUFACTURE, MAIS LUI A LAISSÉ SON NOM. QUELLE FUT L'INFLUENCE DE CETTE FAMILLE EN SON TEMPS POLIR LA MANUFACTURE ?

Ce n'est pas grâce au savoir teinturier de la famille Gobelins que la manufacture porte son nom. C'est parce que la famille était très importante dans le quartier de la Bièvre et que Colbert a racheté les terrains et un hôtel qui portaient ce nom. Gobelin a pris le pluriel. Aucune influence sur le travail de la manufacture. C'est un simple concours de circonstance.

UN AUTRE RÉMOIS, COLBERT, A POSE LES BASES DE LA MANUFACTURE SOUS LOUIS XIV. LUI DOIT·ON LA SOLIDITÉ DE L'INSTITUTION ?

Oui ! Colbert a joué un rôle essentiel dans la mise en place et le fonctionnement de la Manufacture. L'institution lui doit beaucoup.

QUELLE DIFFÉRENCE ENTRE LA MANUFACTURE DES GOBELINS ET D'AUTRES DU MËME GENRE ?

Il ne reste plus beaucoup de manufactures de tissage dans le monde. Une à Madrid, une au Portugal, une en Australie. Rien de comparable avec la nôtre. Il reste des ateliers privés en Europe de l'Est, et surtout à Aubusson dans la Creuse. La technique très particulière sur métier de haute lice avec tissage sur l'envers n'est pratiquée nulle part ailleurs. Le tissage coûte très cher, il a toujours été un produit de luxe. Quand les Etats des grands pays européens se sont désengagés du financement, les grandes Manufactures ont périclité. Je compare ça à la Haute Couture : pour vivre, les grands couturiers font des parfums et du prêt-à-porter pour fonctionner.

L'État est notre mécène. Nous ne commercialisons pas nos productions. Nous répondons à des commandes d'autres Etats (18 tapisseries pour le Danemark), de musées (musée Whanki à Séoul), etc.

LA MANUFACTURE A TOUJOURS FAIT APPEL À DES ARTISTES DE RENOM. SELON QUELS CRITERES ?

- Depuis 1960, une commission de douze membres étudie une fois l'an l'intérêt du projet, les conditions de sa réalisation et il compatibilité avec l'ameublement d'un lieu de pouvoir. Notre production a vocation .J servir. Nous ne sommes pas Url musée. L'évolution du choix correspond à l'évolution de la scène artistique internationale. L'idée est de refléler son temps, les préoccupations des artistes contemporains.

LES GOBELINS ONT 1 RAVERSEQUATRE SIËCLES. LA TRANSMISSION EST ELLE FONDAMENTALE ?

Oui. Notre école forme des jeunes pendant quatre ans dans la technique choisie. A l'issue d'un cursus technique, dessin, couleur, histoire de l'art, ils passent un concours pour devenir technicien d'art de l'État. En production, ils apprendront en permanence, à chaque nouveau projet puisqu'on ne fait que du sur mesure, et avec les anciens. La jeune génération s'intéresse de plus en plus aux métiers d'art.

QUEL AVENIR POUR LES GOBELINS ?

Cela put paraîtra anachronique. A notre époque où l'on peut faire des tableaux avec ries projections, on peut penser que la tapisserie n'a pas d'avenir. Au contraire elle en a beaucoup : plus on ira vers le dématérialisé, plus on aura besoin de choses tactiles, de toucher, de sensations. Rien ne remplacera cela. On va de plus en plus vite, on consomme, on zappe. La tapisserie va à l'inverse de cette rapidité, puisqu'on met longtemps à tisser. Le geste, le temps apportent quelque chose de différent, superflu en apparence, mais c'est souvent du superflu dont on a besoin. Le caractère humain contrebalance la vitesse, l'immatériel. On est hors du temps ici. Les visiteurs sont toujours très touchés. Chaque lissier apporte quelque chose de lui, c'est un bout d'humanité, comme un sourire. Une tradition réécrite tous les jours avec du cœur, avec du temps.

J.F SCHERPEREEL

Extrait de l'union du 09/2016

    

    

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 Claude Lambert couve du regard ses autruches

Croiser des autruches à Autruche, quoi de plus normal ? Et pourtant, il a fallu une solide dose de motivation à l'ancien maire pour y arriver.

 
Les autruches ont beau être habituées aux visites, elles restent des animaux à l’instinct sauvage. Karen Kubena

L’ESSENTIEL

•.- Une autruche peut vivre , jusqu’â 25 ans, dépasser 2,10 m de haut et peser 150 kg.

•.- Un œuf d'autruche pèse entre 1.6 et 2,2 kg. la femelle pond tous les deux ou trois jours, sauf quand la météo est mauvaise.

•.- Il faut compter trois heures pour cuire un œuf dur contre neuf minutes pour un œuf de poule.

•.- Impossible de casser un œuf d'autruche contre un bol. Une perceuse est nécessaire pour faire un trou à chaque extrémité. Il faut envoyer de l'air sous pression.

Dans la rosée du matin un long cou sort de la cime d'un arbre. Un œil rond et noir me fixe et, soudainement, la tête se rapproche de moi. Ce n'est pas un remake de Jurassic Park mais Anatole qui me rappelle clairement que le mâle dominant ici, c'est lui. L'argument venant d'un oiseau de 2,10 m de haut et affichant 150 kg sur ta balance, je bats en retraite.

Ces ratites, c'est-à-dire des oiseaux incapables de voler, sont arrivés à Autruche en 1999. Claude Lambert est alors le maire de ce village d'une quarantaine d'âmes. « On venait à Autruche par hasard ou parce qu'on s'était perdu et généralement la question des visiteurs involontaires était de savoir s'il y avait-des autruches à Autruche », se souvient-il. L'idée de faire vivre des autruches dans la commune s'est imposée d'elle-même, offrant une vitrine originale à ce village du Vouzinois. « Il a fallu une dizaine d'années pour que tout se concrétise, de l'achat de terrains au passage de la capacité pour détenir ce genre d'animaux en passant par la pose de clôtures. Au début, les habitants avaient un peu de mal à prendre le projet au sérieux mais très vite, ils y ont cru et s’y sont investis », précise Claude Lambert. Et un jour d'août 1999, trois autruches, deux émeus et trois nandous sont arrivés dans la commune. « Tous sont nés en France c'est obligatoire pour un particulier. Ils ont pris rapidement leurs repères », poursuit Claude Lambert. Trois enclos distincts sont nécessaires pour accueillir ces pensionnaires exotiques. Chaque jour, Claude et son épouse nourrissent les vedettes de la commune. Les repas se composent de céréales concassées, de luzerne, mais aussi de l'herbe que les ratites apprécient et à l'occasion d'escargots, grenouilles et autres protéines qui leur tombent sous le bec au hasard de leur balade dans les pâtures. Mais leur vrai régal, c'est le pain sec. Elles, en mangeraient sans limite », confie l'ancien maire. La visite de l'élevage est gratuite et les groupes se succèdent toute l'année. L'objectif de Claude Lambert est donc atteint : « Les gens viennent parfois de loin pour les voir, on a des Hollandais, des Allemands. Elles ne sont pas effrayées. Mais même si elles nous connaissent et ne sont pas farouches, il faut rester vigilant, les autruches restent des animaux sauvages avec un instinct imprévisible. »

Philippe DUFRESNE

Extrait de l'union du 07/08/2016

    

    

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La clarinette « made in France »

 Hier soir, pendant le concert du 14-Juillet, à Paris, la clarinette de Patrick Messina a résonné devant la foule, Une Buffet Crampon, fabriquée avec soin à Mantes-la-Ville.


Quetque 18000 clarinettes professionnelles sont sorties des ateliers de Buffet Crampon en 2015.
Archives AFP

A SAVOIR

•.- Buffet Crampon est né en 1825 dans un petit atelier à Paris, avant ide sÎnstaller, pour pouvoir s’agrandir, à Mantes-la-Ville en 1850.

•.- La société emploie aujourd'hui 800 personnes dans le monde, dont 260 dans les Yvelines. Autrefois entreprise familiale, Buffet Crampon appartient depuis 2012 à Fondations Capital, un fonds d'investissement.

•.- Chiffre d’affaires : 85 millions d’euros en 2015, dont 94 % à l'export, avec 20 % de croissance annuelle.

Soliste de l'Orchestre national de France, Patrick Messina devait jouer hier soir devant la tour Eiffel. Pour le clarinettiste. Le concert du 14-Juillet, au Champ de Mars, à Paris, est une nouvelle occasion de montrer la qualité de son instrument : une Buffet Crampon. Un instrument haut de gamme, fabriqué dans les ateliers historiques de . Mantes-la-Ville, dans les Yvelines. Patrick Messina. est fidèle depuis près de trente ans» à cette marque prestigieuse, deuxième plus 'grand' facteur d'instruments à vent après le ' mastodonte japonais Yamaha. « Au moment de mon prix au Conservatoire de Paris, j'ai senti que j'avais besoin d'aller plus loin, je suis venu visiter l'usine et j'ai choisi quelques clarinettes », explique-t-il.

85% de part de marché assure une place incontestée de leader à la marque française Buffet Crampon auprès de clarinettistes du monde entier.

« C'est le timbre-avant tout qui l'attire dans le modèle choisi : « un grave chaleureux; des aigus lumineux « un instrument » assez facile, y'a qu'à souffler dedans » s'enthousiasme le musicien, devenu conseiller artistique et ambassadeur de la marque à l'instar d'autres solistes. Et ce n'est pas Woody Allen, grand amateur de jazz et de clarinette, qui le démentira. «Thank you for helping me sound OK » (merci de m'avoir aidé à obtenir un bon son), a-t-il écrit sur un autographe conservé précieusement par l'entreprise dans une vitrine après sa visite il y a quelques années aux ateliers, en région parisienne. Pour obtenir ce produit d'exception qui peut aller jusqu'à 6000 euros pièce à l'achat, pas moins d'une vingtaine d'intervenants doivent se pencher sur ce qui, au départ, n'est qu'un carrelet (morceau prédécoupé de quelques dizaines de centimètres de long) de grenadille, bois sombre très dense importé du Mozambique ou de Tanzanie.

 Jusqu'à onze heures de finissage

Séchées, puis plongées dans un bain d'huile de lin, les différentes parties en bois composant l'instrument passent ensuite d'atelier en atelier où elles sont tournées, poncées, teintes, puis évidées, trouées ... L'essentiel du travail, sur le bois comme sur les parties métalliques, se fait à la main. « Il faut vraiment être concentré. Il y a des cotes à respecter et c'est ça qui permet de donner le son. Le cœur de la clarinette, c'est vraiment ici », témoigne Hicham Maddoun, chargé de percer l'instrument en son centre. Un geste qui demande cinq ans d'apprentissage, selon lui.

Le travail se poursuit dans les ateliers de finissage où 35 personnes assemblent les instruments. Cette étape prend deux heures pour une clarinette en si bémol (la plus courante), mais onze pour une clarinette basse, beaucoup plus imposante. Chaque clarinette est enfin testée par un essayeur qui donne son satisfecit ou la renvoie vers l'atelier.

Extrait de l'union du 15/07/2016

    

    

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Les pigments dorés du moulin a couleurs d'Écordal

C'est la dernière fabrique de terres colorantes du pays. Emmanuel Poix, le maître des lieux accueille gratuitement les visiteurs pour leur faire découvrir les secrets d'une activité haute en couleurs.

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Sur réservation uniquement. la visite du moulin il couleurs d'Ecordal permet de découvrir le pro. de fabrication des pigments de couleurs. Photos Aurélien Laudy

Les rayures multicolores habillent les façades du moulin à couleurs d'Ecordal. Nul besoin d'être un grand savant pour comprendre ce qui se fabrique derrière les murs. En brique de cet endroit singulier. Ici, le temps semble s'être arrêté. Le soleil se reflète sur le sol jauni par la terre de Sienne et distille, sur les murs ocre et les machines cuivrées-une lumière mordorée. Un masque. sépia qui plonge les visiteurs dans un lieu hors du temps.

Le seul lieu en France où l'on extrait de la terre de Sienne

Il n'y a pas si longtemps, douze moulins à couleurs tournaient encore dans les Ardennes. Celui d'Écordal est un peu le dernier des Mohicans, unique en France. C'est au bord de la Foivre, grâce à la force hydraulique transmise par la roue à aube - laquelle a été emportée par des inondations dans les années 1950 - que le moulin a été implanté en 1866 par la famille Boizet. En 1992, Bernard Poix rachète l'entreprise. 


Six personnes travaillent au moulin à couleurs.

C'est son fils, Emmanuel Poix, qui a repris le moulin en 2002. C'est lui qui anime la visite où l'on découvre les différents stades de la transformation de la terre en pigments. Il en faut huit pour réaliser jusqu'à 45 teintes naturelles. Les noires viennent de Bourgogne, la rouge de Madras, la grise de l'ardoise ardennaise et la jaune est issue de la terre de Sienne, riche en oxyde de fer, extraite dans une carrière située non loin de là. « Nous allons chercher la terre une fois par an, à quinze kilomètres d'ici », indique Emmanuel Poix. De la terre de Sienne dans les Ardennes ? « On n'en trouve plus beaucoup en Italie. Il nous arrive même d'en envoyer là-bas. »

Le kilo de pigment naturel se vend entre 4 et 5 euros

Il faut une tonne de terre pour produire 700 kg de pigments. Séchée ou chauffée jusqu'à 700 degrés au calcinateur, elle est en-suite passée au broyeur. Un procédé qui 'n'a guère évolué au fil du temps. « Nous n'avons rien inventé. C'est l'homme préhistorique qui a fait les premières terres colorantes quand il a inventé le feu », fait remarquer le chef d'entreprise. Une fois la terre transformée en poudre de couleur, elle est vendue en pot de 200 grammes ou en sachet de 5 kg pour une clientèle d'industriels (peinture, crépis, engrais ... ) ou d'artistes. « La terre de Sienne naturelle est utilisée en restauration du patrimoine. Par exemple, nos pigments ont servi à restaurer les pavillons de la place Ducale, l'abbaye du Mont Saint-Michel ou encore sur la reconstitution des peintures pariétales de la grotte Chauvet. » Environ 75 % de la production est vendue en France. Le reste est exporté en Europe principalement, ainsi qu'au Brésil, Canada, Madagas, car ... Le kilo de pigment naturel est vendu entre 4 et 5 euros, entre 8 et 12 euros pour les couleurs de synthèse. On peut les acheter sur internet ou directement dans le magasin du moulin. La couleur à la mode? « En ce moment, ce sont les gris et les taupes. Il y a même quelqu'un qui nous a demandé une couleur hippopotame ! », révèle Emmanuel Poix qui en voit vraiment de toutes les couleurs ...

LAETITIA VENANCIO

• Visites gratuites sur réservation auprès de l’office de tourisme des Crêtes préardennaises au 03 24 35 02 69


Un moulin très haute couture à Orges 


On fabrique des accessoires pour la haute couture au moulin de la fleuristerie.

 C'est dans un cadre bucolique, en plein cœur de la Haute-Marne, à Orges, que le moulin de la fleuristerie se distingue depuis une centaine d'années dans une discipline bien particulière : l'art floral. La roue à aubes du moulin entraîne encore aujourd'hui des machines du XIX' siècle puisque la société Artamin,  dernier centre en France de production d'accessoires pour la haute-couture et la décoration, fabrique de façon traditionnelle encore aujourd'hui pistils, pétales, feuilles et fruits pour les plus grandes marques comme Chanel. Des mariages sont souvent organisés le week-end dans l'ancienne halle du temps des forges.

Visite guidée des ateliers, film vidéo et passage par la boutique du moulin tous les après-midi du mois d'août de 15heures et 16h 30. 1 heure environ. Tarif: 7 euros pour les adultes, 3,50 euros pour les 6-12 ans.

« Il y a eu 15 moulins à Sézanne »

 

3 questions à Jean-Luc Pergent

Marcheur passionné, Jean-Luc Pergent est intarissable sur sa ville. Pendant 1 h30 ou plus. il fait découvrir aux visiteurs le circuit des moulins de Sézanne.

•. Les moulins ont une pIace dans l’histoire de la ville de 5ézanne. Pourquoi ?

Tout d'abord, il faut savoir que nous n'avions pas d'eau. Ce sont les moines des Cordeliers, fin du XII' siècle, qui ont amené l'eau à Sézanne en créant un ru, c'est-à-dire une fausse rivière. Ils ont détourné l'eau du Grand-Morin, à la hauteur du pont de Meures. C'est grâce à ça que le premier moulin, celui de la ville, a pu être construit pour moudre des grains et faire de la farine. Ce ru a ensuite été transformé en auges.

•. A quoi servaient-ils ?

Grâce à cette fausse rivière, il y a eu quinze moulins à Sézanne, ce qui a permis à la ville de progresser industriellement. Cinq d'entre eux appartenaient à une entreprise de lunettes et d'optique qui s'est installée en mai 1846. En progressant, cette société a installé d'autres moulins dans la ville. Il y avait aussi le moulin du tanneur, qui fabriquait des peaux, celui des teinturiers ainsi que des moulins à farine privés.

•. Que peut-on voir dans le circuit des moulins ?

On peut voir l'emplacement des anciens moulins. Il n'en reste plus qu'un, celui de la ville. Il ne tourne plus mais il a été conservé en mémoire de cette époque. La visite permet aussi d'admirer un certain nombre de lavoirs ainsi que le système hydraulique que les moines avaient inventé pour arroser les jardins communaux. On peut encore voir les vannes de dérivation, les puits, les abreuvoirs et admirer la roue d'un ancien moulin dans une petite ruelle,

Tout sur la fabrication de la farine avec un vrai meunier 


Le moulin à vent de Dosches a été inauguré en 2OO7.

Ce bel édifice qui se dresse au cœur du parc naturel régional de la forêt d'Orient a été entièrement reconstruit sur le modèle des 140 moulins à vent qui existaient dans l'Aube, au XVIIIe siècle.

Inauguré en 2007, il a nécessité 40000 heures de travail et six-années de chantier d'insertion. On peut y rencontrer un véritable meunier et découvrir la fabrication de la farine, le fonctionnement du four à pain, se promener dans les jardins anciens qui se trouvent au pied du moulin ou encore faire la visite de la grange à dime du XV° siècle.

• Visite guidée du moulin de Dosches le vendredi à 17 H et jusqu’à fin d’août, le samedi de 14 à 18H

LES REPÈRES

•. Quinze moulins à Sézanne

En lB53, il y avait quinze moulins à Sézanne, actionnés par les eaux du ruisseau des Auges. Le premier moulin à farine se trouvait au pont de Mœurs,

•. Des stages d’initiation au Moulin à couleurs

Amateur de bricolage ou de loisirs créatifs? ? Deux fois par an, le Moulin à couleurs d'Écordal organise des stages d'initiation à la chaux, à la patine à l'huile ou à l'acrylique, Mieux vaut réserver car ils affichent complet. Renseignements sur www.moulincouleurs.fr

•. Réaliser une boutonnière de fleur

Pour les groupes à partir de quinze personnes, le moulin de lia fleuriste rie propose une visite guidée des ateliers suivie d'une animation au cours de laquelle les participants vont pouvoir fabriquer une boutonnière de fleur qu’ils garderont en souvenir de la visite.

•. Le Chiffre : 700 degrés.

C’est la température à laquelle il faut chauffer la terre de Sienne pour qu’elle devienne rouge.

•. LA PHRASE

« Ils avaient fini par croire que la race des meuniers était éteinte, et, trouvant la place bonne, ils en avaient fait quelque chose comme un quartier général, un centre d'opérations stratégiques: le moulin de Jemmapes des lapins.»

Alphonse Daudet. Les lettres de mon moulin.

 Extrait de l'union du 19/08/2015

    

    

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Ces métiers qui disparaissent à cause de l'automatisation

 Éclusiers, sténos, rémouleurs, pompistes ou poinçonneurs ont disparu, Aujourd'hui, des caissières et conducteurs de métro sont remplacés par des machines. Jusqu'où ira-t-on ?


Sur les chaines automatisées « l'opérateur machine » est désormais aux «commandes d'un ordinateur »

Plusieurs études (université d'Oxford, MIT) convergent à dire qu'environ 50 % des métiers seront automatisables d'ici vingt ans. 42 % en France, selon le cabinet Roland Berger pour qui les outils numériques pourraient détruire trois millions d'emplois d'ici 2025. La plupart des secteurs seraient touchés, y compris les services et professions « intellectuelles », « qu'on croyait préservés » : fonctions administratives et d'encadrement, juristes.

Cette  « troisième révolution industrielle », digitale, après la vapeur et le moteur à explosion, a commencé avec l'essor d'internet dans les années 2000; explique le cabinet qui n'a toutefois mesuré que la perte « brute » d'emplois, sans quantifier les effets des gains de productivité et les nouvelles activités créées. Or, « tout l'enjeu » repose sur la capacité de l'économie à produire ces nouvelles tâches.

« Le robot n'est pas l'ennemi de l'emploi »

Le gouvernement mise clairement sur cet effet. « Le robot n'est pas l'ennemi de l'emploi », c'est une « fausse idée », a insisté le ministre de l'Économie Emmanuel Macron, en présentant, lundi, son plan pour l'industrie.

La France a, selon lui, « raté, dans les années 90, la vague d'investissement dans la robotisation. On se retrouve aujourd'hui avec cinq fois moins de robots en France qu'en Allemagne. »

Faute de données, il n'existe pas de consensus sur l'impact net en termes d'emplois. Parmi 1900 experts du secteur des nouvelles technologies, interrogés par le centre de recherche américain Pew, 48 % voient une balance négative et 52 % pensent qu'élie sera positive car il faudra créer et entretenir les équipements de demain.

Chez Stivent, PME de 28 salariés en Poitou-Charentes, l'arrivée en octobre 2014 d'un robot, couplée à une réorganisation de la production , a permis de créer deux emplois. « On est plus rapides pour répondre aux commandes », explique Philippe Becel, son dirigeant. « Là où i fallait une semaine pour faire 40 pièces à trois personnes, le robot les fait en deux jours.» À lui, les « tâches répétitives et peu valorisantes. L'ouvrier libéré est devenu  son « programmateur », Le coût de l'engin, plus de 260000 euros, présente « une fois et demie » le bénéfice annuel mais le patron espère un retour sur investissement avant cinq ans.

Le Syndicat des machines et technologies de production (Symop), qui a accompagné la PME, assure que dans toutes les entreprises suivies depuis deux ans ayant un robot, « il y a eu maintien, sinon création d'emplois »,  y

« Un robot, c'est pour faire plus et mieux », explique Jean Tournoux, délégué général du Symop, La robotisation « agrandit », en outre, les tâches des salariés, ce qui implique une élévation du niveau. 

On se retrouve aujourd’hui avec cinq fois moins de robots en France qu’en Allemagne »

Emmanuel Macron

La révolution numérique a créé de nouveaux métiers

Dans l'industrie du verre, « l'opérateur machine» est passé « de simples opérations de manutention » aux « commandes d'un ordinateur », confirme Mohammed Oussedik, chargé des questions industrielles à la CGT, pour qui « il n’y a pas de débat sur les bienfaits » en termes de productivité.

Il relativise le rôle de l'automatisation dans les pertes d'emplois peu qualifiés depuis trente ans dans certains secteurs : le textile où ils ont été divisés par quatorze: mais aussi le bois, l'agriculture, le BTP. Dans l'industrie, « l'essentiel des pertes vient du fait que beaucoup de métiers ont été externalisés vers les services », de la mondialisation et d'un retard d'investissements. 

« La plupart des métiers disparus ou en voie de disparition passaient par une pratique manuelle qui a été, dévalorisée socialement » explique l'historien Julien Arbois. Certaines « pratiques sociales » ont aussi périclité.

La révolution numérique a « accéléré le  processus » mais a aussi « favorisé la création de nouveaux métiers : webdesigners, community managers, créateurs de jeux en flash ou traiteurs de métadonnées », des professions inconnues il y a une quinzaine d'années, relève-t-il.

Taylorisme, fordisme et toyotisme

Le taylorisme est une méthode de travail qui tire son nom de l'ingénieur américain Frederick Wioslow Taylor (1856-1915). Cette méthode repose sur une division du travail en tâches simples et répétitives individuellement optimisées et sur le paiement des employés au rendement (mesuré au nombre de pièces et avec J'aide du chronométrage). Taylor rencontra une grande efficacité dans la sidérurgie et il formalisa sa méthode dans un livre intitulé « The Principles of Scientific Management » (1911). Ce système ne doit pas être confondu avec le fordisme, procédé de travail à la chaîne qu'Henry Ford fut l'un des premiers à mettre en œuvre ; et dont le taylorisme ne constitue qu'une composante, Taylor a permis aux ateliers d'être organisés pour une moindre fatigue de l'ouvrier (la juste journée de travail). Aujourd'hui, le taylorisme se retrouve prolongé par une méthode de travail d'origine japonaise, le toyotisme, qui donne davantage d'autonomie aux individus; mais reste cependant largement inspiré par le projet initialisé de Taylor : la rationalisation méthodique du travail humain afin d'accroître son efficacité en réduisant les coûts de production, évitant la surproduction, diminuant les délais et produisant de la meilleure qualité possibl

Qui se souvient encore du cardeur ?

•.- Le cardeur - un ouvrier qui démêle des fibres textiles et les peigne à l'aide d'une carde - passait à partir du printemps pour découdre ou raccommoder les matelas de laine de nos ancêtres.

•.- Aujourd'hui, ce métier a été évincé par « les matelas à ressort industrialisés et "jetables" ».

Le CHIFFRE : 3 Millions

Pourraient être détruits à cause des outils numériques d’ici 2025.

LA PHRASE

•.- « Le phénomène est inéluctable. À l’avenir, s’ils ne vont pas complètement disparaître, caissiers ou contrôleurs vont voir leur nombre baisser fortement. »

Julien Arbois, Historien.

 Extrait de l' union du 25/05/2015   

    

    

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Localisez les artisans d'art près de chez vous



C'est dans le même esprit que la carte interactive de la maison de l'histoire de France qu'a été lancée il y a quelques semaines une application originale du groupement Ateliers d'art de France. Ce dernier fédère 5.400 artistes et manufactures d'art à travers toute la France. Une fois téléchargée gratuitement, l'application permet de recherche des ateliers par type de création, par métier et, c'est sans doute là le plus intéressant, en fonction de l'endroit où vous vous trouvez. En quelques secondes, vous pouvez ainsi savoir, parmi près de 1.500 ateliers référencés, quels sont ceux qui sont proches de vous, dans un rayon de 20 kilomètres (pour voir ceux qui sont plus loin, il suffit d'élargir la carte).

Un petit clic sur le repère qui indique le lieu où est installé l'artisan d'art en question et vous voilà avec son nom, son adresse, une fiche plus ou moins détaillée de ce qu'il fait, une photo de son travail. Très pratique aussi, un lien direct avec son numéro de téléphone pour savoir s'il est ouvert ou pas et passer le rencontrer.

Cette application est évidemment utilisable partout en France. Dans la région y sont recensés dans l'Aisne une créatrice de bijoux à Flavy-le-Martel, une céramiste à Barisis-au-Bois, un sculpteur, potier de porcelaine à Tartiers, une sculpteur-céramiste à Soissons, une artisan dinandier chaudronnière à Epaux-Bézu. Dans la Marne, il est possible de découvrir un céramiste à Reims, une fabricante d'objets décoratifs en tissu à Chigny-les-Roses, deux mosaïstes, plasticiennes à Dizy, une créatrice de bijoux à Montmort-Lucy, une sculpteur à Le Breuil, un sculpteur sur bois à Saint-Remy-en-Bouzemont et une décoratrice sur bois à Saint-Hilaire-le-Grand.

Si dans les Ardennes un décorateur sur métal, émailleur à Donchery est bien recensé parmi les 5.400 membres du groupement, il ne figure pour l'instant pas sur l'application mobile.

G. A.-T.

L'Application Ateliers d'art de France est disponible gratuitement en téléchargement chez Apple comme pour Androïd.

 Extrait de l' union du 05/08/2012     

    

    

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