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2015 / 2017
 

  -  Numérique - Nouveautés - Actualités REIMS -  Vie Privée

Violences conjugales : un coup de fil contre les coups
Un parcours simplifié et sécurisé pour les femmes
La Légion d’honneur sera plus sélective 

  La Presse

 

 

 

Répertoire

2018

La seconde main  a la cote
A la hauteur   du talent de Cabu

De l’habitat évolutif et intelligent 

Vincent Lambert : le rapport des experts ajoute à la confusion

État de santé irréversible pour Vincent Lambert
État de santé irréversible pour Vincent Lambert

De nouvelles usines pour chasser pétrole et charbon

Donnez une seconde vie à vos vieilles radios

Maisons à ossature bois : Julien Courbet s’en mêle

NOUVELLE-CALÉDONIE : Le choix de la France
L’indépendance aux urnesL
Les archives dans   les cartons

Le plus long pont maritime au monde

Enquête sur un possible cartel du jambon

Une énorme fraude dévoilée en Europe

Arnaque à la maison à ossature bois

Les prix à la pompe, menace sur le pouvoir d’achat

800 millions d’euros d’amende pour Audi 

Pédophilie dans l’Église

Nouvelle signalétique pour le carburant 

Les prêtres face à la suspicion de pédophilie

Pour maîtriser les robots

Les bouchers sont visé
Nous ne sommes pas des quotas, nous sommes comme tout le monde 
!

Un parcours simplifié et sécurisé pour les femmes
Stéphane Sellami - Pour le banditisme, le foot est un magnifique casino

Il y a soixante ans naissait la Vème république

RECYCLAGE

Pollution plastique
Le pèlerinage républicain au pas de charge
Centenaire de 1918, Macron fait durer le suspense
L’homonymie est bien une réalité
Un arsenal pour muscler la lutte anti-fraude
L’immigration aux portes de la gauche
Vigilance face à la peste porcine
Produire en France n’est pas réservé au luxe
La folie des vieilles voitures
Un élu veut chasser Airbnb du centre de Paris

L’absentéisme   des salariés en hausse
Un an de retard pour la destruction des obus de la Première Guerre mondiale
Gratuité des transports, c’est l’avenir !
Clap de fin pour le changement d’heure ?
 
Julien Courbet   sauve leur mariage
Un curé brise l’omerta

Feux d’artifice des radars
Le jardinier qui va tuer le Roundup

L’Éternel débat sur l’heure d’été
De plus en plus de maires jettent l’éponge

Le problème majeur des Mineurs non accompagnés

Les canicules plus fréquentes
Les cathédrales prennent de nouvelles couleurs

 THAÏLANDE  - Sauvés !
Ils repèrent sur Google les camions à siphonner

Pourquoi le prix du gaz flambe 
Simone Veil, une cinquième femme au Panthéon
Des idées et des impasses sur la question des migrants

Ambigu cannabis light


Six parcs éoliens confirmés en mer

Affaire Lambert :   les experts se désistent

Bientôt des maisons en impression 3D

L’Audiovisuel public dans le viseur de Macron

Quand la bioéthique flirte avec la science-fiction

Bure, si loin, si proche

Ils balancent leurs voleurs sur Facebook
Eolien – Arrêtons de brasser de l’air !
Le service de collecte à domicile étendu
Haro sur les faux billets !
Armistice – Autour de cette table la face du monde a changé
Un débat sur la fin de vie qui en rappelle d’autres

Raphaël Pitti - La banalisation de l’horreur

Assécher le terrorisme à la racine

Ils veulent changer les règles

Que reste-t-il du rêve de Martin Luther King ?
Un héros du temps présent

Nouvelle attaque contre les compteurs Linky

Les plus grandes arnaques de 2017

Attention, les fréquences de la TNT vont changer

La réforme   qui inquiète nos sénateurs

REIMS/RETHEL :
En route !
Sous les éoliennes, des questions en béton armé

Ces instantanés de l’Opération Barkhane
Pour nombre de tables, le verdict des étoiles
Menace sur l’accueil de nos aînés

Le boîtier qui relance le carburant vert

Cinq propositions pour fluidifier la circulation entre Épernay et Reims

Déconstruction titanesque

Vitesse abaissée sur les routes secondaires

Bitcoin, une bulle spéculative sur le point de craquer ?

Dix-huit ans après la tempête, la nature a repris le dessus 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


La seconde main  a la cote

Récupération, recyclage et revente  sont les trois mamelles du pouvoir  d’achat en berne. La preuve par deux.


L'ancien bénévole Benoit Renard dirige actuellement l'association, Édouard Lantenols 

«  L a pratique de l’occasion a fondamentalement changé dans son aspect social. Très individuelle, parfois dévalorisante il y a quelques années, elle est passée au stade de pratique décomplexée et d’expérience collective valorisée. » Si le Soissonnais Benoît Renard tombait sur ces lignes d’une étude de l’institut Xerfi, spécialisé dans l’analyse des pratiques commerciales, il signerait des deux mains. Cet ancien directeur d’un site industriel rémois, «remercié » en 2013, est tombé littéralement amoureux de l’économie sociale et solidaire à la faveur de quelques heures de bénévolat à la Croix-Rouge française et à la mission locale.

QUAND LES CLIENTS REVIENNENT, C’EST PLUTÔT BON SIGNE

Sur de bons conseils, il s’est lancé en 2015 dans une aventure peu banale, qui fut aussi sa thérapie : la valorisation de bois de récupération, de toute forme, de toute provenance, de tout gabarit, poutres, planches, palettes, portes… Au total, cent tonnes collectées chaque année. Idée simple et géniale : faire avec ces rebuts-là des meubles nouveaux, originaux, colorés et compétitifs.

Il lui fallait une structure : elle fut associative et baptisée « SEVE – le bois de deux mains ». Ensuite, il lui fallait des bras. Ce furent 35 bénévoles et surtout une vingtaine de personnes (dont 30 % de femmes) très éloignées de l’emploi, éligibles à une IAE (insertion par l’activité économique). Trois ans après, les petites mains de SEVE, épaulées par deux encadrants techniques et un jeune designer, ont porté l’association à un niveau inespéré. Commercialement s’entend, car si l’insertion est la finalité, la vente est le moyen ou l’outil. Portée par l’air du temps et une dynamique d’entreprise quasi familiale, l’association ne se contente pas de stocker ce qu’elle récupère chez les particuliers, dans les collectivités et parfois les entreprises (dont Eiffage ou Center Parcs…).

Elle s’attache aussi à réparer, relooker et le plus souvent à créer de nouveaux mobiliers avec les vieux. Depuis le début, 400 clients ont ainsi été séduits par la métamorphose d’une palette en siège de jardin, de planches de scierie en table design, de caisses de vin en commode (photo) ou la renaissance d’un fauteuil usé. Sans doute, le chiffre d’affaires reste modeste : par an, 120000 euros de vente pour un budget global de 600 000 euros, y compris les subventions publiques pour couvrir les salaires. « Nous veillons à pratiquer des prix bas, en moyenne 30 % en dessous du marché. Les clients reviennent, c’est plutôt bon signe. Surtout parce qu’ils apprécient d’être associés à l’élaboration de l’objet commandé », note Benoît Renard. En l’occurrence, la clientèle, venue de loin parfois, associe aussi « l’acte d’achat avec une valeur de solidarité ». Laquelle n’a pas échappé à la fondation du Crédit coopératif qui a récemment décerné à SEVE son prix national de l’économie sociale et solidaire.

À LA BELL’OCCAS D’AUVILLERS-LES-FORGES, 5 000 CLIENTS-VISITEURS PAR AN!

Un tel prix ne déparerait pas sur la carte de visite de l’Atelier 9. Vitrine carolo de la Bell’Occas, pionnière ardennaise de l’économie sociale, le magasin ne vend que des vêtements féminins de seconde main. Créée en 1996, la Bell’Occas est devenue aujourd’hui un acteur clé du secteur dans les Ardennes. Les 6 000 m 2 de son principal point de vente, à Auvillers-les-Forges, sont une adresse courue des amateurs du genre, malgré son éloignement. Ce qu’on y vend ? À peu près tout ce qu’on trouve généralement sur les marchés et brocantes, autant de pièces collectées aux quatre coins du département et d’ailleurs. Au total, 1 000 tonnes par an! « Tout est pesé, tracé, remis en état, et quand ça ne l’est pas, mis en benne à destination d’opérateurs spécialisés, différents selon les produits », explique Christophe Felzine, qui dirige la Bell’Occas (également appelée laRessourcerie) depuis 2015.

Avec ses 45 emplois équivalents temps plein (une trentaine à Auvillers, deux à Charleville-Mézières, neuf à Rethel), la Bell’Occas, à l’instar de SEVE, ne se contente pas d’être un acteur de l’insertion.

Elle développe aussi une activité commerciale qui puise sa clientèle jusqu’en Belgique, dans la Marne ou l’Aisne. Le seul site d’Auvillers attire chaque année près de 5 000 acheteurs qui ont effectué cette année 120 000 actes d’achat. Le chiffre d’affaires est au diapason : 280 000 euros à Auvillers, 95 000 € à Rethel, 35 000 € à Charleville-Mézières. À la pièce près, l’association est même capable de préciser qu’elle a vendu cette année 96653 objets ! Avec quelles remises ? « Difficile à résumer. À moitié prix pour l’électronique, moins 80 % pour le reste », résume Christophe Elzine qui a le projet d’ouvrir à Charleville un nouveau site ouvert à des créateurs et avec une image « plus qualitative » . « Plus on vend cher, plus ça part vite, mais l’objectif, ce n’est pas d’avoir des chiffres de vente élevés, c’est d’avoir un taux de rotation élevé », dit-il, en insistant sur l’utilité « territoriale » de la Bell’Occas : « Nous participons à la dynamique du territoire et contribuons à y maintenir des populations. »

Depuis trois ans, Christophe Felzine travaille à l’élaboration d’un groupement d’économie solidaire (Coopelis) qui œuvre aussi dans l’écoconstruction, l’aménagement d’espaces ruraux, le maraîchage ou la restauration du site historique de Montcornet.


Dans l'atelier de l'association SEVEà Soissons où vingt-cinq salariés en insertion tranforrnent le bois de récupération en nouveaux mobiliers. Édouard Lantenois

 
Ci-contre, des clientes dans l'Atelier 9 à Charteville-Méziéres. Gilles Grandpierre


 «
 Plus on vend cher, plus ça part vite »
Christophe FEKZINE
La Bel’Ocas dans les ardennes

L’OCCASE A L’AVENIR DEVANT ELLE

Entre 2013 et 2015, le chiffre d’affaires des biens d’occasion aurait augmenté de 3,8 %, soit plus de deux fois plus que la consommation des ménages (1,6 %). En 2015, les ventes de biens de consommation d’occasion représentaient 1 % d  commerce de détail dans son ensemble. À en juger par la fréquentation et le succès de sites comme « le Bon Coin », la marge de progression de l’occasion paraît « énorme »  uisque près d’un Français sur deux n’y aurait pas encore cédé.

1 000

Dans les Ardennes, la Bell’Occas (Auvillers-les-Forges, Rethel et Charleville-Mézières) récupère environ mille tonnes de produits chaque année

SAUVEZ LES TEE-SHIRTS !

On connaît la célébrissime formule d’Antoine Lavoisier : « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. » L’économie sociale, et au-delà, tout ce qui ressemble ou s’assimile de près ou de loin à une brocante, un marché aux puces ou une friperie, bref le marché de la seconde main, connaît de longue date une vogue qui ne se dément pas. Si besoin, le succès des sites internet spécialisés dans la vente d’objets d’occase divers et variés, du livre à la voiture, de la commode à la poussette, du pot de fleurs à la robe de mariée collector de la grand-mère en apporte une preuve spectaculaire… Seul un produit pourrait échapper à cette frénésie acheteuse : le tee-shirt. Il paraît qu’il s’en fabrique beaucoup trop par rapport aux besoins des 7,5 milliards de terriens. Du coup, les friperies débordent et renvoient leur pesant de maillots vers des centres de tri qui n’en peuvent mais… Que faire des pauvres tee-shirts dont personne ne veut plus ? Voilà une mission dont devraient s’emparer illico les manifestants de tous bords et de toutes colères. Les récupérer, les transformer et les reteindre de toutes les couleurs, en rouge pour les syndicalistes, en vert pour les écolos, en bleu pour les footballeurs, et en jaune, si le cœur vous en dit…

LES SPECIALISTES DE L'ACHAT-VENTE MAROUENT LE PAS

 
CD, électro-ménager, 1téléphonie, instruments de musique ... Il se vend presque tout chez Cash Converter sauf des vêtements (à droite, Thomas Hanique).

La crise du pouvoir d'achat se fait aussi sentir chez les spécialistes de l'achat-vente, ce mode de consommation qui a explosé il y a une quinzaine d'années dans la foulée de Cash Converter, historiquement le premier d'entre eux. Depuis, les enseignes sont cinq ou six à se partager le marché. « Par rapport à l'an dernier, mon chiffre a baissé d'environ 20 %. C'est une baisse générale », reconnaît Thomas Hanique, directeur de trois magasins de la franchise à Reims, Laon et Château-Thierry. « La particularité de l'achat-vente est que les clients sont aussi nos fournisseurs. S'ils achètent moins de neuf, mécaniquement, ils en revendent moins. C'est sensible sur certains produits comme les consoles de jeux. En cette période de l'année, la rotation se fait habituellement sur quatre ou cinq PSA. Actuellement, nous n'en avons qu'une seule », explique Thomas Hanique. Le directeur de Cash Converter n ote aussi que « les achats sont de moins en moins paisibles». « Les clients qui achetaient pour se faire plaisir viennent surtout désormais pour avoir de l'argent liquide. C'est pourquoi les négociations son plus dures. Les gens se font parfois de fausses idées sur la valeur réelle de ce qu'ils revendent. » Cash Converter, qui se revendique comme « un professionnel de l'occasion », hésite aussi à parler de marge. « Essentiellement parce qu'elle varie d'un objet à l'autre. Un DVD racheté 20 ou 40 centimes d'euros, nous pouvons le revendre un euro. Les dessins animés de Walt Disney valent plus cher. Sur la téléphonie, en revanche, la marge est beaucoup moins importante. Je eux donner près de mille euros pour un iPhone qui en vaut 1200. C'est pourquoi je ne peux pas imposer une marge unique pour tous les objets, ça n'aurait pas de sens. » Entre lui et ses nombreux concurrents sur internet, Thomas Hanique établit enfin le même parallèle qu'entre les journaux et les fake news qui envahissent la toile. « Nous effectuons un travail de vérification et de contrôle-qualité des produits. Sur Internet, vous ne savez jamais si vous allez être ou non victime d'une arnaque l »

Gilles GRANDPIERRE

Extrait de l'union du 06/12/2018

    

    

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A la hauteur   du talent de Cabu

Châlons-en-Champagne. La Duduchothèque est inaugurée ce midi. Un lieu unique qu’évoque Véronique Cabut, la veuve du dessinateur.


«Merci à Benoist Apparu, aux Châlonnaises et Châlonnais, parce que ce sont eux qui vont faire vivre ce lieu», salue Véronique Cabut. J. Bolomey

L’ESSENTIEL

*.- 7 JANVIER 2015 : Cabu est assassiné par les frères Kouachi lors de la tuerie de Charlie Hebdo.

*.-  JANVIER 2017 : Benoist Apparu, maire de Châlons, annonce la création d’un espace Cabu avec l’accord de sa veuve et de son frère et sa soeur.

*.-  FÉVRIER 2018 : une convention approuvant la création d’un fonds d’archives châlonnais Jean Cabut est votée par le conseil municipal

*.-  MARS 2018 : le préambule de la Duduchothèque, est dévoilé.

*.-  1 ER DÉCEMBRE : inauguration de la Duduchothèque en présence de la famille du dessinateur, du ministre de la Culture, Franck Riester, et de nombreux invités.

Une Duduchothèque pour le Grand Duduche à Châlons, c’était évident ? Le plus drôle, c’est qu’on a d’abord appelé cela l’espace Cabu. Les journalistes du Canard Enchaîné, notamment Jean-Luc Porquet, qui a signé sa biographie (NDLR, Cabu, une vie de dessinateur, éditions Gallimard) m’ont dit : « C’est ridicule ! Qu’est-ce que tu dirais de la Duduchothèque ? »J’ai trouvé ça génial !

Comment ce projet a-t-il vu le jour ?

Ce projet est une aventure collective pour perpétuer la mémoire de Cabu. Avec le maire de Châlons-en-Champagne, Benoist Apparu, Marie-Thérèse et Michel, sœur et frère de Cabu, nous avons pensé que ses dessins de jeunesse devaient revenir à Châlons. Benoist Apparu a proposé un lieu, qui est cette maison du 68, de la rue Léon-Bourgeois. Léon Bourgeois a porté sur les fonts baptismaux la Société des Nations et des valeurs universelles telles que le pacifisme, chères à Cabu. Il a d’ailleurs été prix Nobel de la paix en 1920. C’est une maison adaptée au projet culturel qu’est la Duduchothèque. C’est quelque chose qui va vivre dans le temps : des animations avec les scolaires, des rencontres avec des Châlonnais amis de Cabu, des concerts, des conférences et débats lors de la semaine de la presse…

C’est sa ville qui s’empare de la mémoire d’un Châlonnais, avec les ressources d’une équipe municipale extrêmement motivée. Avec Pascaline Watier pour la Duduchothèque et son projet culturel, et Brigitte Milonas, qui a conçu l’exposition De K-Bu à Cabu. Il y a aussi Fabrice Legros à la direction de la Culture et toutes les équipes de la mairie.

C’est ça la Duduchothèque : c’est un acte qui réaffirme la liberté d’expression. Nous, on en est le vecteur, et j’en suis fière.

La Duduchothèque, c’est un acte qui réaffirme la liberté d’expression
Véronique Cabut

Dans De K-bu à Cabu, l’exposition inaugurale, quatre-vingts dessins seront présentés au public. Comment les avez-vous choisis ?

Cabu gardait tout et ne rangeait rien. On a retrouvé tous ses dessins de jeunesse. C’est là que je me suis dit : c’est Châlons, là où tout a commencé ! C’est ici qu’il a grandi et fait ses premiers pas de dessinateur. Châlons, c’est son laboratoire d’idées. C’est là où il est né et est enterré. Ses dessins de jeunesse sont magnifiques, c’est plein de gaieté, c’est joyeux.

Ce sont aussi ses débuts de journaliste…

Cabu est un journaliste, carte de presse 21991. Le plus important, c’est que tout a commencé à L’union, avec ses premiers dessins de presse. C’était son premier journal, après son journal de lycéen qu’il avait créé, Le Petit Fum’s.

Il fallait être gonflé d’accueillir un gamin de 15 ans. Jean-Marie Boëglin (NDLR, chef d’agence de L’union à l’époque) avait flairé le talent de Cabu.

C’est à Châlons que Cabu comprend la société qui l’entoure, c’est une première période, il est très jeune. Il dessine la société en réduction.

Certains des dessins publiés à l’époque dans L’union seront exposés ?

Oui, ils y sont ! Ils sont magnifiques.

Il a fallu du temps pour que ce projet mûrisse.

Cela prend du temps parce que, pour construire la mémoire de Cabu à travers ses dessins, on se doit d’être à la hauteur de son talent. C’est du temps, de l’énergie. La Duduchothèque, c’est le lieu pour Cabu. Après, il faut le faire bien. 2018 a été une année importante. Cabu aurait eu 80 ans, il y a eu sa biographie, et aujourd’hui la Duduchothèque.

La Duduchothèque accueillera des scolaires, c’est aussi un projet éducatif ?

Cabu, quand il rencontrait un enfant, il lui demandait : « Et toi, tu dessines ? Montre-moi ce que tu fais. » Il rentrait en contact avec les gens par le dessin.

L’époque du club Dorothée c’était ça ! Donner envie de dessiner, s’exprimer. Regarder la vie d’une manière tendre, juste et drôle. Le plus important lorsque l’on va voir ses dessins, c’est d’analyser, au-delà de l’idée, la composition graphique, la composition du trait. Tout l’amour du dessin

Cela prend du temps parce que pour construire la mémoire de Cabu à travers ses dessins, on se doit d’être à la hauteur de son talent
Véronique Cabut

Les Châlonnais vous témoignent-ils toujours autant de leur attachement à Cabu ?

Il y a des moments formidables. Par exemple, quand on a présenté l’espace Cabu, un monsieur est venu nous voir. Il a dit « J’ai donné à Châlons tout ce que j’avais collectionné sur Cabu. »

J’avais toujours entendu parler de lui. Je l’ai remercié du fond du cœur. Tout part de Châlons.

On imagine l’émotion qui sera la vôtre aujourd’hui lors de cette inauguration. Comment s’y prépare-t-on ?

Jean-François Pitet, qui travaille avec moi à la mémoire de Cabu, m’a téléphoné. Il est sur place depuis mercredi. Il m’a dit : « Véronique, il faut que tu te prépares : c’est beau, c’est vivant… et émouvant. » C’est la concrétisation d’une rencontre d’une ville avec un dessinateur. Avec Marie-Thérèse et Michel, on en est fiers pour Cabu.

K-Bu avant Cabu, une exposition visible jusqu’au 1er avril au 68, rue Léon-Bourgeois à Châlons-en-Champagne.

DE K-BU À CABU, PLONGÉE DANS SES ANNÉES LYCÉE

« Il n’aimait pas qu’on raconte ses dessins. Un dessin de Cabu, on ne le raconte pas, on le regarde ! » Pour cette première exposition, le visiteur va redécouvrir quatre-vingt œuvres de jeunesse du dessinateur datant de 1948 à 1960. « On va naviguer entre toutes ses années lycée, les filles, les jeunes filles chics du pensionnat, des dessins de son enfance », a dévoilé Véronique Cabut au micro d’Yves Calvi, jeudi sur RTL. Un moment à déguster.

Une exposition très riche


La façade met en avant le p ersonnage du grand Duduche
Joris Bolomey

On est rentré dans la Duduchothèque, mais on ne pourra rien vous dévoiler. Véronique Cabut, Jean-François Pitet, l’archiviste du fonds Cabu et Pascaline Watier, l’animatrice du patrimoine à la mairie de Châlons, tiennent à ce que tout reste secret pour réserver la surprise aux Châlonnais. Tout ce qu’on peut vous dire, c’est que la Duduchothèque est agencée de telle sorte qu’on apprend beaucoup de choses sur Cabu en seulement quelques coups d’œil. La Duduchothèque nous immerge très vite dans l’univers du dessinateur châlonnais. Les supports et les formes utilisés sont variés. En voyant tout ce qui est exposé, on sent Cabu revivre : on se remémore ses dessins parus dans la presse locale ou nationale, on revoit son sourire et sa coupe au bol. La Duduchothèque s’est appropriée naturellement et intelligemment l’espace Châlons, ville d’art et d’histoire. C’était sans doute le meilleur endroit de Châlons pour accueillir la Duduchothèque, puisque le site châlonnais était déjà dédié au patrimoine de la ville préfecture.

Kévin MONFILSKÉVIN MONFILS

3 QUESTIONS à


Benoist APPARU
Maire de Chalons

« Une dimentson pédagogique essentielle »

Qu’est-ce que la Duduchothèque va apporter à Châlons ?

Autour de cette œuvre et de ce que Cabu a fait, nous allons pouvoir engager de la recherche, par exemple. C’est un lieu d’expression pour faire découvrir son œuvre aux jeunes générations. C’est aussi un lieu de recherche où l’on souhaite que les chercheurs de Paris, New York… viennent s’immerger pour tirer des conclusions scientifiques, philosophiques de ce mélange d’œuvres d’un homme engagé.

Comment comptez-vous la faire vivre ?

Nous avons d’abord travaillé de façon très approfondie avec la famille du Cabu. Nous respectons ses souhaits.

Cet espace va vivre, évoluer au fil du temps. Après, dans la présence physique, on a de très gros clous un peu partout en ville, qui marquent de leur empreinte le lien entre Cabu et Châlons. Le vaisseau amiral, c’est la Duduchothèque, nous verrons comment nous réussirons à le faire vivre et le développer.

Êtes-vous aussi attaché à son volet pédagogique ?

Il y a une dimension pédagogique essentielle, il fallait un lieu comme celui-là pour faire vivre l’œuvre et celui qui a fait l’œuvre. Le lien entre les scolaires et les enseignants est un des trois piliers de laDuduchothèque : la recherche, la diffusion et le pédagogique.

À partir de 16 heures aujourd’hui et exceptionnellement demain de 10 à 18 heures. Du mardi au samedi, de 14 à 18 heures

Géraldine BAEHR

Extrait de l'union du 02/12/2018

    

    

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De l’habitat évolutif et intelligent 

Bezannes Deux maisons connectées ont été livrées. Bourrées des dernières technologies   en matière d’immobilier, elles feront office de showroom avant d’être occupées


Il s’agit de maisons aux caractéristiques techniques étonnantes, intelligentes et imaginées en logement adapté, évolutif selon la famille qui grandit mais aussi pour permettre aux seniors par exemple de rester autonomes. Dix-sept entreprises, la plupart champardennaises, apportent leur expertise. A.B.

L’ESSENTIEL

*.- EN OCTOBRE 2015, est évoquée pour la première fois, la construction des deux maisons connectées.

*.- EDEUX ANS seront nécessaires pour mener à bien la co-conception.

*.- ECES MAISONS CONNECTÉES à l’architecture inhabituelle ont été construites près du projet Bezannes Espéranto (5 maisons imaginées par 5architectes venant des 5 continents).

C’est un projet hors du commun qui se concrétise. Un condensé en quelque sorte des dernières nouveautés en termes d’habitat : un véritable laboratoire d’innovation architecturale et technologique a ainsi été construit au cœur du parc d’affaires de Bezannes près de Reims.

De quoi parle-t-on précisément ? De deux maisons aux caractéristiques techniques étonnantes, intelligentes et imaginées en logement adapté, évolutif selon la famille qui grandit mais aussi pour permettre aux seniors par exemple de rester autonomes, le plus longtemps possible : grâce à la télémédecine et à la domomédecine.

UN PROJET PORTÉ PAR UN BAILLEUR SOCIAL, PLURIAL NOVILIA

« On touche ici ce que devrait être le logement de demain , assure l’architecte, Bruno Rollet. Il ne s’agit pas de maisons catalogues pour autant . Toutes les solutions innovantes qui équipent les maisons fonctionnent de concert. »

Il a fallu deux ans pour la co-conception : dix-sept entreprises apportent leur expertise technique et technologique ; des sociétés en grande partie basées en Champagne-Ardenne.

Au cœur de ces deux logements « se cachent des ressources insoupçonnées en matière de domotique » , assure Jérôme Florentin, directeur de la maîtrise d’ouvrage chez Plurial Novilia.

Par le biais de ces deux maisons, on touche ici ce que devrait être le logement de demainBruno
Rollet, l’architecte

Les deux maisons s’appuient notamment sur des systèmes et des algorithmes permettant de mesurer les habitudes des locataires au fil des jours afin de créer des scenarii et des alertes selon le profil des occupants. Une grande partie des dispositifs est pilotable à distance par smartphone ou tablette.

La maison dédiée aux seniors est équipée d’un dispositif technique innovant en matière de santé. Le logement et ses occupants sont ainsi connectés avec le personnel soignant du service gériatrie de la polyclinique, juste à côté. Des prises de constantes quotidiennes à distance (pouls, tension, glycémie, température, saturation en oxygène…) seront possibles afin d’alimenter un carnet médical digital et partagé. L’objectif est d’éviter de multiplier les déplacements de personnes en situation éventuelle de fragilité, tout en assurant un vrai suivi adapté à la pathologie dont pourrait souffrir l’un ou l’autre des occupants. Ce logement de 90 m 2 est aussi équipé de chemins lumineux pour se déplacer la nuit en toute sécurité, d’un système d’alerte avec capteurs de chute…

Autres innovations présentes dans ces maisons : des peintures antifongiques, d’autres qui captent et transforment le formaldéhyde présent dans l’air, des poignées de porte antimicrobiennes, un récupérateur d’énergie sur eau grise ou encore un chauffe-eau thermodynamique.

Quant à l’aspect esthétique, il est assez surprenant. La maison familiale est entièrement recouverte de tuiles en bardage blanches, « faisant écho à la craie de Champagne-Ardenne » , et celle dédiée aux seniors casse résolument les lignes.

Les deux maisons vont servir durant six mois de showroom « pour tous les professionnels qui le souhaitent » , signale Alain Nicole, directeur de Plurial Novilia. Ensuite, les locataires prendront possession des logements.

Le loyer est de 540 €/mois sans les charges pour la maison de 90 m 2dédiée à un couple de seniors et de 890 €/mois pour la maison familiale de 153 m 2 . Signe s’il en est besoin que la maison de demain est accessible financièrement.

LE TÉMOIN

Mieux vivre   le logement


Jean-Pierre BELFIE
Maire de Bezannes

« Cela fait plusieurs années que la commune s’est fixé comme objectif de bousculer les lignes de la construction et de l’aménagement. Notre souhait est de promouvoir une ville adaptée et connectée, où le motinnovation ne serait pas là pour faire joli mais permettrait concrètement aux habitants de mieux vivre le logement. »

Aurélie BEAUSSART

Extrait de l'union du 27/11/2018

    

    

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 Vincent Lambert : le rapport des experts ajoute à la confusion 

S’ils ont confirmé l’état végétatif chronique irréversible de Vincent Lambert, les experts ont   dans le même temps considéré que le laisser vivre ainsi  ne constituait pas u n,        b       ne obstination déraisonnable.  De quoi donner à chaque partie du grain à moudre.

Mtrer Jean PA1ILLOT

 Les  REPÈRES

 *.- Mtre PAILLOT EST L’AVOCAT, AVEC Mtre TRIOMPHE, DES PARENTS de Vincent Lambert, d’un de ses frères et d’une de ses sœurs.

*.- CES DERNIERS S’OPPOSENT À L’ARRÊT DES SOINS de Vincent Lambert. Ils demandent notamment son transfert vers un établissement spécialisé dans lequel il serait, selon eux, bien pris en charge, ce qui permettrait de faire évoluer son état de santé.

 *.- Quels enseignements tirez-vous de ce nouveau rapport d'experts ?

Ce rapport des experts est une petite victoire même si mes clients en contestent une partie. Nous sommes satisfaits qu'un certain nombre d'éléments que nous ne cessons d'évoquer depuis plusieurs années aient enfin été pris en compte. Nous ne cessions de dire que l'alimentation et l'hydratation entérales de Vincent Lambert ne relevaient pas d'une obstination déraisonnable ou d'un acharnement thérapeutique. Enfin trois experts le disent. Ils confirment également le fait que Vincent peut êtreêtre transféré dans un établissement spécialisé, ce qui serait une solution de sagesse. Il peut même être dans sa famille avec un montage médical relativement léger.

*.- Les experts ont par contre clairement dit que l'état de santé de Vincent Lambert ne s'était pas amélioré, qu'il est susceptible de se dégrader et qu'il ne déglutit pas contrairement à ce que disent vos clients.

Nous ne sommes pas d'accord avec leurs conclusions sur l'état clinique de Vincent Lambert et l'évolution de son état de conscience. Pour tout vous dire, l'expertise ne s' st pas très bien passée. Elle  a manqué de contradiction. Tous nos arguments ont été écartés sans discussion. L'expertise a duré en tout et pour tout 1h 45 sur la base d'un IRM de 2014 alors que toutes les bonnes pratiques en la matière indiquent que cela doit se faire sur trois semaines. Pourquoi n'a-t-on pas pris le temps de bien faire les choses ? Pourquoi n'y a-t-il pas eu de nouvelle IRM faite ? Si on avait eu une évaluation plus correcte, on aurait eu un rapport d'expertise légèrement différent sur l'état clinique de Vincent

*.- Ce rapport n'ajoute-t-il pas à la  confusion dans cette affaire,  chaque partie pouvant y trouver son « intérêt » ?

Ce rapport ne fait qu'apporter de la confusion mais il montre aussi que le débat n'est pas terminé. En fonction de la décision qu'il prendra, nous allons demander au tribunal le transfert de Vincent et un complément d'expertises. La prise en charge de Vincent n'est pas suffisante aujourd’hui. Il y a des choses, a minima, qui n sont pas faites , comme le  sortir de son lit ou de sa chambre. Il faut que cela change.

 Mtre Gérard CHEMLA

 Les  REPÈRES 

 *.- MtreCHEMLA EST L’AVOCAT DE FRANÇOIS LAMBERT, neveu de Vincent Lambert.

*.- FRANÇOIS, AINSI QUE RACHEL,LA FEMME DE VINCENT, et la plupart des frères et soeurs de ce dernier demandent l’arrêt des traitements comme l’aurait souhaité selon eux Vincent et en application des décisions de justice déjà prises dans ce sens.

*.- Quels enseignements tirez-vous de ce nouveau rapport d’experts ?

Sur le plan médical, le rapport est totalement limpide. C’est extrêmement sain. On met un terme à tout le débat sur l’ambiguïté, sur la déglutition, sur la réversibilité de l’état de santé de Vincent Lambert. Cela va permettre de fixer le débat de façon moins passionnelle. Le tribunal a désormais tous les éléments en main même si ce n’est pas un scoop en soi. C’est la confirmation d’une information redondante depuis cinq ans. Cela correspond à ce que disent tous les médecins qui ont vu Vincent Lambert. Il n’y a pas une seule fausse note à part des gens qui sont dans un combat idéologique.

*.- Les experts ont par contre clairement dit qu’il n’y avait aucune obstination déraisonnable à le laisser en vie, ce qui va à l’encontre de la procédure de fin de vie souhaitée par votre client.

Les experts médicaux n’ont pas pu s’empêcher de faire du droit. Ils sont venus balancer une énormité juridique en estimant que l’alimentation et l’hydratation n’étaient pas des soins et de conclure derrière qu’il n’y a pas d’obstination déraisonnable. Leur avis est contre la jurisprudence du Conseil d’État. Ils viennent nous donner des cours de droit contre le droit ! Là, on est dans la loi et les experts sortent de leur rôle. Le tribunal leur demandait un avis sur l’état de santé de Vincent Lambert. Pas sur l’application de la loi Leonetti ! C’est l’un des problèmes de cette affaire Lambert : tout le monde donne son avis sur tout.

*.- Ce rapport n’ajoute-t-il pas à la confusion dans cette affaire, chaque partie pouvant y trouver son « intérêt » ?

On est depuis le début dans une mauvaise logique. On cherche à convaincre les parents de la justification de la décision médicale d’arrêt des soins. Cela n’est pas la bonne solution car il y a chez les parents une logique émotionnelle que l’on peut comprendre mais aussi une logique idéologique à laquelle rien ne pourra répondre. Même s’il confirme l’état de santé irréversible de Vincent Lambert, ce rapport n’est pas une victoire pour nous car nous ne sommes pas dans une logique d’affrontement. ce sera également le cas des prochaines décisions judiciaires qui pourraient aller dans notre sens. 

 RENDEZ-VOUS AU TRIBUNAL ADMINISTRATIF LE 19 DÉCEMBRE

Le rapport des experts sur l’état de santé de Vincent Lambert ne règle rien. D’un côté, la confirmation que l’état végétatif chronique de Vincent Lambert est irréversible, que cela lui interdit toute qualité de vie, qu’il ne déglutit pas, qu’il n’a pas progressé, qu’il n’a pas de conscience et que son état peut se dégrader conforte la demande d’arrêt des soins de la majeure partie de la famille.

Mais dans le même temps les experts considèrent que les traitements qu’il reçoit actuellement ne relèvent pas de l’acharnement thérapeutique ou d’une obstination déraisonnable. De quoi cette fois conforter la position des parents de Vincent Lambert (qui ne veulent pas l’arrêt des soins), l’acharnement thérapeutique ou l’obstination déraisonnable étant un critère majeur de la mise en œuvre d’une procédure de fin de vie selon la loi Leonetti.

Reste maintenant au tribunal administratif de Châlons-en-Champagne à rendre sa décision. L’audience est prévue, selon les proches des parents de Vincent Lambert, le 19 décembre à 14 heures (délai qui permet aux parties de déposer leurs conclusions suite au rapport définitif).

 Grégoire AMIR-TAHMASSEB

Extraits de l' union du 22/11/2018

 

État de santé irréversible pour Vincent Lambert

Trois experts ont examiné Vincent Lambert. Pour eux, son état général est susceptible «de se dégrader» mais sa condition actuelle «ne menace pas sa vie» et «il n’existe pas de syndrome douloureux».


Les trois experts mandatés par la justice viennent de rendre leur rapport, très attendu par la famille.

L’ESSENTIEL

*.- LE 29 SEPTEMBRE 2008, Vincent Lambert est victime d’un accident de la circulation près de Châlons-en-Champagne qui le plonge dans un état végétatif.

*.- DEPUIS, il est au centre d’un conflit familial et du débat sur la fin de vie avec d’un côté sa femme, la plupart de ses frères et sœurs, un neveu qui demandent l’arrêt des soins et de l’autre ses parents et deux de ses frères et sœurs qui sont pour le maintien en vie.

*.- PLUSIEURS PROCÉDURES collégiales d’arrêt des soins ont été lancées, les trois premières étant arrêtées ou pas appliquées soit en raison de décisions de justice, soit de renoncement des médecins sous pressions.

*.- UNE QUATRIÈME PROCÉDURE a été lancée en avril 2018. Saisi par les parents, le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a mandaté trois experts pour évaluer l’évolution de l’état de santé de Vincent Lambert.

Aucun examen clinique approfondi de Vincent Lambert n’avait été effectué depuis quatre ans. C’est pour connaître l’évolution de cet état de santé que le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a nommé le 4 juillet dernier trois nouveaux experts. Les professeurs Philippe Coubes, neurochirurgien au CHU de Montpellier, Fabrice Parker, neurochirurgien au CHU du Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne) et Virginie Woisard-Bassols, ORL notamment spécialiste de la voix et de la déglutition au CHU de Toulouse viennent de rendre leur rapport définitif. Leurs conclusions sont sans équivoque sur l’aspect irréversible de l’état de santé de Vincent Lambert. Par contre, ils estiment que son maintien en vie dans les conditions actuelles ne relève pas « de l’acharnement thérapeutique ou d’une obstination déraisonnable ». De quoi renvoyer dos à dos les différentes parties, charge maintenant au tribunal administratif de Châlons-en-Champagne, qui devrait rapidement se réunir, de suivre ou pas les conclusions des experts. Avec à la clé, une décision à prendre sur la fin de vie de Vincent Lambert.

Aucune amélioration de la situation neurologique n’est scientifiquement envisageable ce jour
Les experts médicaux

« Vincent Lambert est dans une situation d’impotence fonctionnelle totale du fait des lésions encéphaliques irréversibles dont il a été victime en 2008, écrivent les experts. Il s’en suit un état végétatif chronique irréversible lui interdisant toute qualité de vie. La limitation extrême ou totale de ses capacités d’accès à la conscience, de communication, de motricité, d’expression de sa personnalité, l’altération irréversible de son image, lui portent atteinte à un point qui n’est (n’était) pas acceptable par lui-même et par son épouse et tutrice, au principal degré. » Dans le détail, les experts estiment que « l’atteinte encéphalique sévérissime de Vincent Lambert lui interdit tout accès à la conscience de son être et de son environnement, le dépossède de tout ce qui constituait sa personnalité, lui interdit toute communication, le paralyse totalement, le rend totalement dépendant des soins et porte atteinte à son image. » Sur la déglutition, où les signes de vie de Vincent Lambert, les experts sont également formels.

Contrairement à ce qu’affirment les parents de Vincent Lambert qui estiment que leur enfant déglutit et progresse, les professeurs Coubes, Parker et Woisard-Bassols écrivent « qu’il n’est pas possible d’envisager que les résidus réflexes et/ou automatiques de fonctionnement puissent aboutir à restaurer une capacité de déglutition efficace en termes de nutrition, même après reprise d’une rééducation. L’assistance par gastrostomie sera donc nécessaire jusqu’à la fin de la vie du patient. La présence d’un aidant familial ne modifie pas cette donnée. » Et de préciser par ailleurs : « Aucune amélioration de la situation neurologique incluant la capacité de déglutition n’est scientifiquement envisageable ce jour (…) L’état général est susceptible de se dégrader. »

PAS D’OBSTINATION DÉRAISONNABLE

Si les experts dressent un tableau très noir de l’état de santé de Vincent Lambert et sont catégoriques sur l’état irréversible de sa situation, ils estiment que le maintenir ainsi en vie « ne relève pas de l’acharnement thérapeutique ou d’une obstination déraisonnable ». Pour eux, son état « ne menace pas sa vie. Il n’existe pas de syndrome douloureux sévère identifiable justifiant une analgésie et/ou une sédation ». Il pourrait également très bien être pris en charge ailleurs comme le demandent ses parents. « La gestion de l’alimentation par gastrostomie peut être prise en charge à domicile par les auxiliaires de vie, aidants familiaux ou autres, non médicaux et non paramédicaux », écrivent les experts qui précisent dans leurs conclusions : « La condition médicale de Monsieur Lambert n’est pas unique, ne pose pas de difficultés de prise en charge dans notre pays, n’appelle aucune mesure d’urgence. Il existe en France des structures pouvant l’accueillir jusqu’à sa disparition si le maintien au CHU de Reims s’avérait impossible pour des raisons autres que relevant de la simple technique médicale. »

 Grégoire AMIR-TAHMASSEB

Extraits de l' union du 22/11/2018

 

Affaire Lambert :   les experts se désistent

Les praticiens qui devaient réaliser une nouvelle expertise ont adressé un courrier au président du tribunal administratif.


L’affrontement familial autour de Vincent Lambert continue de rendre la situation inextricable.Remi Wafflart

Dans un courrier adressé au président du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne, les docteurs Bendaya, Eck et Gueguen expliquent pourquoi ils renoncent à accomplir leur mission. Nommés le 2 mai, ces trois experts devaient déterminer si « le tableau clinique » de Vincent Lambert, hospitalisé dans un état végétatif au centre hospitalier universitaire (CHU) de Reims, avait évolué depuis 2014. Le rapport réalisé cette année-là par le Conseil d’État avait souligné les lésions cérébrales irréversibles de Vincent Lambert et la « dégradation» clinique de son état.

Dans sa lettre, le trio regrette de n’avoir aucun moyen de mettre de l’ordre dans cette procédure d’expertise

Dans sa lettre, dont nous avons obtenu copie, le trio regrette de n’avoir « aucun moyen de mettre de l’ordre dans cette procédure d’expertise et d’affirmer une autorité qui mettrait au pas ceux qui manient opprobre et dénigrement ou fausses vérités ». Pointant un climat de « grande confusion », les experts proposent à l’autorité judiciaire de constituer un nouveau collège d’experts « faisant preuve d’une autorité tout à fait non contestable », allant jusqu’à proposer plusieurs noms.

L’un d’eux, s’il était désigné, « pourrait au mieux accueillir Vincent Lambert dans son service pour cette évaluation qui se doit d’être itéractive, soit réalisée en terrain neutre ». Et de conclure : « Cette façon de procéder nous paraît la seule qui puisse permettre que l’expertise qui sera menée ne soit pas ridiculisée, foulée aux pieds et qu’elle ne fasse au final qu’aggraver une situation déjà par trop compliquée et conflictuelle (…) Pensez bien que nous prenons cette décision à regret, conscients cependant que notre devoir nous l’imposait. »

Prévue le 26 mai, l’expertise que les docteurs spécialistes devaient réaliser à Reims avait été reportée, les avocats des parents de Vincent Lambert, qui contestaient la composition de l’équipe désignée d’experts, ayant déposé une demande de récusation. Malgré les décisions judiciaires successives favorables à l’arrêt des traitements, jusqu’à celle de la Cour européenne des droits de l’homme, en juillet 2015, son applicabilité a toujours été entravée par des recours en justice successifs et des pressions sur l’équipe médicale : trois procédures collégiales avortées et deux médecins écartés en cinq ans.

Avocat de François Lambert, le neveu de ce dernier, M e Gérard Chemla ne cachait pas sa colère à l’encontre de ceux qui ont tenté de déstabiliser les docteurs Bendaya, Eck et Gueguen : « C’est insupportable ! , confiait l’avocat rémois. On n’est que sur une expression nouvelle d’un problème qui dure depuis l’origine (de l’affaire Lambert). Aucun médecin n’est là pour risquer sa vie et voir mis en cause son honorabilité ! »

En 2015, M e Chemla s’agaçait déjà que « l’idée est de faire croire que les médecins ne peuvent pas être crus dans leurs expertises ». Vincent Lambert, ancien infirmier en psychiatrie âgé de 41 ans, est tétraplégique depuis un accident de moto le 29 septembre 2008.

Mathieu LIVOREIL

 Extraits de l' union du 15/06/2018

Le cas Vincent Lambert réétudié par l’hôpital

Une nouvelle procédure collégiale va être engagée par le CHU sur l’avenir de Vincent Lambert


Vincent Lambert est hospitalisé au CHU de Reims
Document Zone interdite M6

Nouvel épisode à venir, cette fois médical, dans l’affaire Vincent Lambert. Les parents de ce tétraplégique en état de conscience minimale depuis un accident survenu près de Châlons-en-Champagne, le 28 septembre 2008, viennent en effet d’être prévenus de la mise en place d’une prochaine procédure collégiale pour décider, ou pas, de l’arrêt de l’alimentation et l’hydratation de Vincent Lambert.

« La famille a été informée la semaine dernière que le Dr Sanchez (qui remplace depuis quelques mois le Dr Simon auprès de Vincent Lambert au CHU de Reims, NDLR) envisageait de lancer une quatrième procédure collégiale à la demande de François Lambert (son neveu) », confirme Me Paillot, avocat des parents.

Ces derniers, ainsi qu’une sœur et un frère de Vincent Lambert, s’opposent à tout arrêt de l’alimentation et de l’hydratation artificielle tandis que la femme de Vincent Lambert et six de ses frères et sœurs y sont favorables estimant ainsi respecter la volonté de celui-ci.

Les autres membres de la famille ont aussi reçu un courrier du CHU de Reims, en ce début de semaine, leur signifiant que le Dr Vincent Sanchez, chef du service de soins palliatifs, allait engager une nouvelle procédure collégiale qui sera donc la quatrième dans ce dossier. Deux premières avaient été lancées en 2013-2014 par le Dr Kariger qui avait abouti à une décision d’arrêt des traitements. Décisions contestées devant les tribunaux, jusqu’à la Cour européenne des droits de l’Homme (CDEH) qui confirmera, en juin 2015, l’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation de Vincent Lambert.

Quelle que soit la décision du CHU, elle sera sans aucun doute contestée ensuite devant les tribunaux

Une troisième procédure collégiale sera alors lancée dans la foulée par le Dr Simon, qui a succédé au Dr Kariger. Celle-ci tournera court, Daniéla Simon interrompant cette procédure le 23 juillet 2015, arguant que le climat de sérénité nécessaire n’était pas réuni. Depuis, de bataille judiciaire en bataille judiciaire, les deux « clans » n’ont jamais réussi à trouver un terrain d’entente, devenu d’ailleurs totalement impossible avec le temps.

Après avoir été informés des nouvelles intentions du médecin du CHU de Reims, les parents de Vincent Lambert ont demandé à le rencontrer « pour nous entretenir avec lui de l’état de santé de Vincent Lambert et voir dans quelle mesure des évolutions de sa situation pouvaient être envisagés » , explique M e Paillot. « Pour l’instant, nous attendons une réponse de sa part. Les rapports sont assez limités avec les parents. On espère qu’une chose, c’est qu’ils puissent s’améliorer. C’est la raison pour laquelle on a demandé un entretien avec lui. Si on ne se parle pas, les choses ne peuvent pas s’améliorer. »

Les différents membres de la famille devraient être tenus au courant dans les prochains jours des dates de rendez-vous pour cette nouvelle procédure collégiale.

Il est à noter que, quelle que soit la décision prise à l’issue, il y a fort à parier que l’une ou l’autre partie tentera une nouvelle fois des recours devant les tribunaux.

Grégoire AMIR-TAHMASSEB

Extraits de l' union du 29/09/2017

    

    

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De nouvelles usines pour chasser pétrole et charbon

Une usine qui transformera à Pomacle  des déchets végétaux en pellets, une autre qui en fera, à Vitry, de l’hydrogène vert… Les industriels investissent dans la transition énergétique.

Esquisse (à gauche) du projet d’usine porté par l’Européenne de Biomasse. Philippe Haffner avec une partie de son équipe et Jean-Pierre Bouquet maire de Vitry-le-François. Ils sont partie prenante du projet VitryHydrogène lié aussi à CentraleSupélec via un consortium.

LES FAITS

*.- L’EUROPÉENNE DE BIOMASSE va commencer la construction à Pomacle d’une usine de fabrication de pellets à partir de biomasse.L’investissement est de 110 millions d’euros.

*.- VITRYHYDROGÈNE veut produire de l’hydrogène à partir de biomasse à Vitry-le-François pour alimenter la chaufferie de la ville et un parc de véhicules captifs. L’investissement est de 5,4 millions d’euros

Le plus gros investissement industriel du moment sur nos territoires est un investissement vert. Le projet FICA-HPCI (Filière Industrielle Champagne-Ardenne Haut Pouvoir Calorifique Industriel) s’élève à 110 millions d’euros. Le chantier débutera bientôt sur une parcelle de 8 hectares sur le complexe bioéconomique de Pomacle-Bazancourt. À partir de 2020, l’usine ingurgitera chaque année 300 000 tonnes de déchets de bois, de ceps et charpentes de vigne (champenoise). Il en sortira chaque année 120 000 tonnes de matières et notamment de HPCI Black Pellet produit par un procédé exclusif de « vapocraquage ». Mis au point par l’Européenne de Biomasse, société porteuse du projet, ces pellets sont voués à se substituer au charbon dans l’industrie. « Nous nous adressons aux réseaux de chaleur, aux industriels de la chimie et aux producteurs d’électricité », explique Jean-Baptiste Marin, PDG. Compte tenu des coûts de transport, la production s’adresse à des clients de proximité. Ces pellets noirs pourront être utilisés dans des sites industriels consommant du charbon (sans modification des équipements) du fioul (avec une modification des équipements) ou du gaz (avec un remplacement des équipements).


Nous allons construire qui ,e consommera pas d’eau, qui ne dégagera pas d’odeur et bdont le bruit a été résonné.
JB MARIN

0 EMPLOIS DIRECTS À POMACLE

L’usine champenoise produira aussi des granulés de bois « HCPI White Pellet » pour le chauffage des particuliers de la région. La production de pellets générera de la vapeur d’eau et de l’électricité, par cogénération. La première pourra être vendue à des industriels de la zone et la seconde sera injectée dans le réseau, après rachat par Enedis, en bénéficiant de tarifs de rachat avantageux. « Nous allons construire une usine du XXIe siècle qui ne consommera pas d’eau et même produira la sienne, qui ne dégagera pas d’odeurs et dont le bruit a été raisonné », assure M. Marin. FICA-HPCI induira la création de 40 emplois directs dans l’usine et de 310 emplois indirects. Ce volume important (calculé selon les « abaques de l’Ademe ») sera issu de toute la partie approvisionnement et logistique de la matière première. L’entreprise marnaise est annoncée comme une «tête de série industrielle ». L’Européenne de Biomasse envisage de développer sa filière en lançant une usine par an. Où sont envisagées les suivantes ? La société soutenue par les fonds Meridiam et la Banque des Territoires (Caisse des Dépôts) laisse entendre qu’elle trouve beaucoup d’atouts à la région Grand Est, ses forêts et ses cours d’eau…

DE L’HYDROGÈNE ISSU DE LA BIOMASSE

À Vitry-le-François, on ne va pas produire de pellets mais peut-être en consommer pour générer de l’hydrogène. Le projet VitryHydrogène, chiffré à 5,4 millions d’euros, prévoit en effet de produire cet élément chimique à partir de biomasse (déchets agricoles et sylvicoles) grâce à un procédé thermolyse. Un démonstrateur industriel va être construit à Vitry-le-François pour une mise en service en 2020. Il pourra produire de 120 kilos d’hydrogène par heure. L’usine alimenterait d’une part la nouvelle chaudière biomasse de cette ville et d’autre part une station de stockage et de distribution d’hydrogène pour une flotte de véhicules captifs. La démarche a pour originalité d’émaner d’acteurs privés, publics et académiques. VitryHydrogène est un consortium créé par la société d’économie mixte Vitry Énergies (gestionnaire du réseau d’énergie dans la ville), le bureau d’études Haffner Energy et CentraleSupélec.

Avec l’hydrogène, on est à l’aube d’une révolution comme l’était internet dans les années 90Philippe Haffner, VitryHydrogène

Président de la société éponyme, Philippe Haffner, est convaincu d’être sur une filière stratégique. « Avec l’hydrogène, on est à l’aube d’une révolution comme l’était internet dans les années 90 », estime-t-il. Il pense notamment que la voiture électrique n’est qu’une alternative imparfaite à la voiture à moteur thermique car l’électricité ne peut être tirée d’énergies renouvelables que dans une proportion très minoritaire. Au contraire, l’hydrogène produit à partir de biomasse (et non issue d’énergie fossile ou d’électrolyse de l’eau comme c’est le cas souvent aujourd’hui) constitue un « chaînon manquant ». M. Haffner estime pouvoir sortir à Vitry de l’hydrogène décarboné au prix concurrentiel de 8,5 euros le kilo, et à terme descendre jusqu’à 3 euros. Sachant qu’un kilo d’hydrogène permet de faire un 100 kilomètres en voiture, le procédé Hynoca (Hydrogen no carbon) d’Haffner est dans les clous économiques. Enfin, si l’État accorde un gros coup de pouce fiscal à cette nouvelle ressource en énergie. Il faut aussi que les constructeurs automobiles et les distributeurs se mettent d’accord pour lancer la filière. Dans ce contexte, on comprend pourquoi VitryEnergie mise d’abord sur un client endogène : la chaufferie de la ville. Très motivée, Haffner a déménagé la quasi-totalité de son bureau d’étude de Nantes à Vitry où une douzaine d’ingénieurs travaille sur le projet VitryHydrogène comme pour d’autres clients qui lui assurent son chiffre d’affaires. Cette ambition d’Haffner est du pain béni pour le maire de Vitry, Jean-Pierre Bouquet, qui a engagé sa ville et la communauté de commune Vitry, Champagne et Der, dans la transition énergétique. Dans ce « Territoire à énergie positive pour la croissance verte », labellisé par le ministère de l’Écologie en 2016, on promeut l’électricité éolienne (365 gigawatts sont installés) et on veut réduire une facture énergétique plombée par un parc HLM vieillissant.

DUPLIQUER LES USINES AILLEURS

Cette démarche explique pourquoi la construction de l’usine Vitryate sera financée pour moitié par 2,7 millions d’euros de subventions et d’avances remboursables de l’Ademe ainsi que par le programme d’investissement d’avenir (PIA). Comme sa future cousine de Pomacle, la première unité de VitryHydrogène est vouée à être dupliquée sur d’autres territoires. À Vitry, on prévoit de construire un atelier de conception et préfabrication de ces autres usines. « C’est une façon de garder de la valeur ajoutée sur le territoire », estime M. Bouquet.

Démarrage de IBN-One prévu pour 2021


Deux sites sont toujours en compétition : Pomacle-Bazancourt et Arcis-sur-Aube.

La start-up Global Bioenergies (Évry) confirme vouloir lancer une usine de production d’isobutène (une brique chimique utilisée pour les carburants, les cosmétiques ou les  roduits chimiques de commodité) d’origine végétale en terres champenoises. « Le démarrage de IBN-ONE est prévu pour 2021 », fait savoir la start-up cotée en bourse. Elle estime que le financement sera terminé d’ici quelques mois (fin 2018- début 2019) et fera l’objet d’un tour de table avec l’intervention d’investisseurs institutionnels. Les blouses blanches ont atteint récemment un rendement de 87 % qui « permettrait déjà d’exploiter de façon rentable les marchés à haute valeur ajoutée du type cosmétiques » , ajoute l’entreprise. L’investissement dépasserait 100 millions d’euros. Deux sites sont toujours en compétition : Pomacle-Bazancourt et Arcis-sur-Aube. En vue de passer à cette ultime phase industrielle, Global Bionenergies a lancé en 2015 une joint venture avec le groupe coopératif sucrier Cristal Union. Si Global Bioenergies effectue ses expérimentations de montée en volume sur son démonstrateur industriel de Leuna, en Allemagne, elle a toujours un pied dans la Marne. Dans son pilote installé à Pomacle, au sein d’ARD, la start-up teste entre autres les nouvelles souches bactériennes et les différentes ressources comme dernièrement les sucres issus de paille de blé ou de bois. Elle produit aussi des échantillons pour ses industriels partenaires.

3  QUESTIONS à


JM CHAUVET
Fondation De BOHAN

On entre dans   une nouvelle phase

Comment la sucrerie de Bazancourt est-elle devenue le cœur d’une bioraffinerie végétale ?

Il faut remonter aux années 1989 et 1988. Les agriculteurs de la région, accompagnés dans leur réflexion par Régis De Baynast, fondateur d’Agroindustrie recherche et développement (ARD), Daniel Jeanson, directeur de la recherche de Champagne Céréales, ou le professeur Serge Kochman, fondateur du centre d’analyse et de valorisation industrielle des substrats agricoles (Cavisa), ont cherché de nouveaux débouchés alors que la production agricole européenne était en excédent. En 1992, on a implanté l’usine Chamtor à côté de la sucrerie pour produire de l’inuline et du fructose à partir de chicorée. Est venu ensuite ARD. L’autre événement important a été la création des pôles de compétitivité et la visite de Jacques Chirac sur le site en 2005.

En plus des acteurs de la coopération agricole, des sociétés privées internationales s’installent à Pomacle. Qu’est-ce que cela signifie ?

On a développé ce site avec le bon sens paysan mais on entre dans une nouvelle phase avec des acteurs internationaux comme Givaudan (qui a racheté Soliance) et ADM (nouvel actionnaire de Chamtor) qui fait plus 60 milliards de dollars de chiffre d’affaires. La fondation Jacques de Bohan a pour vocation de rassembler tout ce monde en assurant la promotion du site, en organisant un développement harmonieux avec une vision globale. C’est que l’on fait avec la CCI, et Bioeconomy Park, tout en travaillant avec Terralab. ARD et le CEBB sont aussi des porte-avions. Des start-up y viennent avec leurs projets pour être accompagnées dans la mise à l’échelle de leurs procédés. L’attractivité de notre agriculture et de notre plate-forme de recherche nous donne ensuite des chances que les start-up implantent leurs usines sur le site ou dans la région.

Les usines de transformation de biomasse vont-elles s’orienter vers l’énergie ?

On n’est plus aujourd’hui dans les excédents agricoles mais essentiellement dans le changement climatique. L’enjeu est de limiter les émissions de carbone fossile. La biomasse, qui est du carbone renouvelable, est l’une des possibilités mais pas la principale. Car à la différence des autres ressources d’énergies nouvelles, on peut aussi faire de la chimie avec de la biomasse. Ce n’est pas le cas avec le vent ou le soleil.

Julienn BOUILLÉ

Extrait de l'union du 06/11/2018

    

    

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Donnez une seconde vie à vos vieilles radios

Les vieilles radiographies ne se jettent pas ! Elles peuvent être recyclée


On peut déposer les vieilles radios à la MJEP de Cormontreuil notamment.

Vous ne savez que faire de vos vieilles radiographies qu’il est interdit de jeter à la poubelle… Jusqu’au 5 janvier, le centre ressource « Un autre regard sur le cancer » lance une opération ramassage des radiographies aux côtés du Lions club de Châlons Saint-Vincent et Groupama.

Lieu unique ouvert aux personnes atteintes de cancer et leurs accompagnants, regroupant des activités bien-être, un accompagnement psychologique et des activités physiques adaptées, le Centre Ressource de Reims vous accueille 14, rue Edouard-Mignot.

« Cette opération ramassage permet ainsi de participer à la sauvegarde de l’environnement et contribue à la recherche médicale. Les radiographies seront recyclées à Marseille », explique Lucile Jussy, en charge du projet. Plusieurs lieux de ramassage publics et privés sont mis en place. À Cormontreuil, une boîte est disponible au sein de la MJEP, parc Saintin, rue Manoël-Pinto. On peut y déposer les radios, sans papiers ni ordonnances (pour des raisons de confidentialité) aux heures d’ouverture. Des boîtes sont aussi installées à Cora Nord, Centre Ressource, à Lumidéco avenue Jean-Jaurès et à la Maison des agriculteurs

Extrait de l'union du 05/11/2018

    

    

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Maisons à ossature bois : Julien Courbet s’en mêle

De la Marne à l’Aube, le gérant d’une société aujourd’hui liquidée a semé ses victimes
Dans l’Aube, Gilles et Alexandra ont été victimes de l’escroquerie : 28000€ pour une dalle en béton !

L’information n’aura pas échappé aux auditeurs de RTL. Vendredi matin, dans l’émission Ça peut vous arriver, Julien Courbet et son équipe sont revenus sur les agissements de Goliath Schmitt, à la tête de Solibois Nature. L’entrepreneur vendait des maisons à ossature bois, dans la Marne, puis dans l’Aube, dont il détournait les avances.

L’histoire a débuté par des retards de livraison et des malfaçons.
Les dossiers s’empilent...

Certains clients ont tout perdu dans l’opération, des entrepreneurs n’ont jamais été payés. L’histoire a débuté par des retards de livraison et des malfaçons. Les dossiers s’accumulent rapidement, mais l’affaire ne s’arrête pas en si bon chemin. Il s’avère que de fausses coordonnées d’assurance apparaissaient dans les différents contrats souscrits.

Pour couronner le tout, l’entrepreneur liquide en douce sa société tout en demandant à l’un de ses commerciaux de monter sa propre société dans l’Aube. Goliath Schmitt a fait migrer certains clients de Solibois Nature vers Les Maisons auboises dans la plus parfaite illégalité. Quand les messages affluent, il est déjà trop tard... pour le gérant aubois qui découvre les ennuis allant avec ces contrats non honorés.

Pour M e Noachovitch, collaboratrice de Julien Courbet, « l’escroquerie ne fait aucun doute. » 

En tout, ce serait entre 1,5 et 2millions d’euros qui auraient été détournés par l’entrepreneur en l’espace d’un an. L’animateur a lancé à l’antenne un appel afin que les victimes se fassent connaître «rapidement » auprès de la station de radio.

Rendez-vous sur la page Facebook de l’émission ou via le site Web de la radio : www.rtl.fr

Extrait de l'union du 04/11/2018

 


Arnaque à la maison à ossature bois

De la Marne à l’Aube, le gérant d’une société aujourd’hui liquidée a semé ses victimes : des clients qui regardent une dalle désespérément vide ou des artisans floués.


Dans l’Aube, Gilles et Alexandra sont les seules victimes connues de l’escroquerie, ils ont versé 28000€ pour une dalle.

L’ESSENTIEL

*.- SPÉCIALISÉE DANS LE COMMERCE DES MAISONS À OSSATURE BOIS, Solibois Nature ouvre à Livre-Louvercy en 2014, puis à Reims en 2016. Très vite, des clients se plaignent de retards de livraison et malfaçons.

*.- ALORS QUE SOLIBOIS NATURE PÉRÉCLITE, son dirigeant ouvre une seconde agence à Troyes en 2017. Dans l’Aube aussi, la clientèle ne tarde pas à déchanter. A Reims, Solibois Nature est liquidée en juin 2018.

*.- L’UN DES CLIENTS LÉSÉS dans l’Aube a décidé de porter plainte.

 L’histoire démarre dans la Marne alors que la société Solibois Nature, créée en 2014 à Livry-Louvercy puis implantée avenue Jean-Jaurès à Reims en 2016, rayonne dans le commerce des maisons à ossature bois. Aux commandes, Goliath Schmitt en impose dans la posture et dans le verbe. Séduits par un produit en devenir, les clients signent au bas de la page les yeux fermés. Certains rêvent encore, d’autres en revanche affrontent la galère au quotidien.

Entre retards de livraison et malfaçons, les courriers s’empilent et le gérant de la boutique fait le mort. Goliath Schmitt ne répond plus, les clients lésés se tournent alors vers Pascal, l’un des commerciaux de la société. « Je reste seul aux commandes sans avoir de réponse. Les clients ont payé pour des maisons qui sont rarement terminées. Pourtant, en 2017, j’estime que nous avons rentré au bas mot entre 1,5 et 2millions d’euros. »

Alors où est passé l’argent ? D’autant que si certaines maisons ne sont pas terminées, les artisans tapent aussi à sa fenêtre pour être payés. C’est le cas de Miguel, un professionnel qui a failli mettre la clef sous la porte. « Il me doit toujours 25 000 €. Il s’agissait de deux maisons pour lesquelles j’ai assuré la maçonnerie. Pour notre petite structure, ça aurait pu être la fin. »

À deux pas de là, une société plus armée compte une dizaine de salariés. Montant de la note : 50000 €.

J’espère que le ou les responsables de ce que l’on peut décrire comme une escroquerie à grande échelle seront poursuivis
Gilles, une des victimes

Alors que la situation dégringole dans la Marne, que les clients envisagent de déposer, Goliath Schmitt orchestre sa sortie. Il sait que la liquidation lui pend au nez, alors il propose à l’un de ses agents commerciaux de vendre la marque dans le département de l’Aube. Une nouvelle enseigne est née, l’arnaque peut continuer.

Ignorant les dérives de son patron d’hier, Éric L. se lance dans la bataille avec fougue et passion. En septembre 2017, à Saint-Parres-lès-Vaudes, il inaugure Les Maisons auboises, entouré des huiles du département. « À l’époque, je mets toutes mes tripes et mes économies dans le projet. J’y crois. »

Goliath Schmitt est directeur général, Éric L. gérant. « Jamais je n’aurais pu imaginer ce qui allait me tomber sur le dos. Je suis une victime comme toutes les autres. » Alors que les messages des clients marnais affluent, il est déjà trop tard. « Il a liquidé sa société en douce. » Éric L. n’en sait rien, mais il va en subir les conséquences directes car Goliath Schmitt a fait migrer certains clients de Solibois Nature vers Les Maisons auboises dans la plus parfaite illégalité.

Gilles et sa compagne sont des Aubois qui trinquent. Comme les autres, ils se montrent séduits par le projet Solibois et s’engagent pour faire construire une maison à Fresnoy-le-Château. Aujourd’hui, ils regardent la dalle et… rien dessus. Montant de l’opération, près de 28000 €.

FAUSSES ATTESTATIONS

« Les deux premiers appels de fonds sont lancés par la société Solibois Nature, les deux derniers par Les Maisons auboises. Du coup, on ne sait plus vraiment vers qui se tourner . » Et Gilles n’est malheureusement pas au bout de ses surprises. « Apparemment, le gérant de Solibois a fait figurer dans les contrats de fausses coordonnées de compagnies d’assurances couvrant la responsabilité civile et décennale. »

Début septembre, la société SFS (Securities and Financial Solutions Europe), interrogée par d’autres clients, lève les derniers doutes. « Nous vous écrivons dans le prolongement de votre demande relative à l’existence de deux polices. Suite à vérification, nous regrettons de devoir vous informer que les polices précitées n’ont pas été souscrites par notre intermédiaire, de sorte qu’il s’agit de fausses attestations. »

DÉPÔT DE PLAINTE AUPRÈS DU PROCUREUR DE REIMS

Face au constat sans appel, Gilles a décidé de porter plainte auprès du procureur de Reims. « J’espère que le ou les responsables de ce que l’on peut décrire comme une escroquerie à grande échelle seront entendus et poursuivis. »

Le dernier recours, puisque côté liquidateur, les victimes sont vertement tancées. « En réponse à votre lettre, je vous précise qu’aucune suite ni aucune réponse favorable ne peut être apportée à votre demande. La société Solibois Nature est en liquidation et a cessé toute activité.  »

«  Avant de prendre des engagements sur un tel investissement, il eût été prudent de prendre tous renseignements utiles sur la société et son dirigeant, ce dernier ayant déjà fait l’objet d’une procédure collective à travers une autre structure. »

Goliath Schmitt n’en est donc pas à son coup d’essai. La nouvelle aventure sera-t-elle la dernière ? Joint par nos soins, il n’a pas souhaité répondre à nos sollicitations.

Céline TILLIER

Extrait de l'union du 18/10/2018

    

    

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  NOUVELLE-CALÉDONIE

Le choix de la France

La Nouvelle-Calédonie a fait le choix, hier, de rester dans le giron français, au terme d’un référendum d’autodétermination historique. Le non à l’indépendance l’a emporté avec 56,4 % des voix.

La participation au référendum a été massive, avec 80,63 % de votants, a indiqué le Haut-commissariat. AFP 

LES FAITS

*.- Les Calédoniens étaient appelés, hier, à voter pour ou contre l'indépendance de leur territoire.

*.- Le non l'a largement emporté avec 56,4 % des suffrages.

• Cette consultation, prévue par l'accord de Nouméa, est destinée à poursuivre le ravail de réconciliation entre Kanak, peuple autochtone du territoire, et Caldoches, po pu lation d'origine européenne, entamé avec les accords de Matig non de 1988.

*.- Les accords de Matignon avaient été signés après les violences des années 1980, qui avaient culminé avec la prise d'otages et l'assaut de la grotte d'Ouvéa en mai 1988, qui avait fait au total 25 morts.

À la question « Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante », la majorité des Calédoniens a donc répondu, hier, par la négative. Selon des résultats définitifs sur les 284 bureaux, le non à l’indépendance l’a emporté avec 56,4 % des voix contre 43,6 % pour le oui, un score en faveur du maintien nettement moins large que prévu par les sondeurs. Surtout, la participation a été massive, avec 80,63 % de votants, a indiqué le Haut-Commissariat.

Les Kanaks ont pris conscience que c’était à eux de montrer leur détermination à être enfin libres
 Alosio Sako, président du Rassemblement démocratique océanien

Ce résultat a été par les indépendantistes, qui s’estiment confortés par leur score, alors que les sondages tablaient sur une large victoire du non, dans une fourchette de 63 à 75 %. Fort de ce résultat supérieur à leurs attentes, ils ont aussitôt réaffirmé leur volonté d’aller jusqu’au bout de l’accord de Nouméa (1998) et de demander l’organisation de deux autres référendums dans les quatre ans à venir, comme prévu par l’accord. « Les indépendantistes sont encore plus motivés qu’avant pour demander le deuxième et troisième référendum. Dès demain on va préparer la mariée pour qu’elle soit encore plus belle en 2020 », a ainsi avancé Louis Mapou, chef du groupe UNI-FLNKS au Congrès. « Les Kanaks ont pris conscience que c’était à eux de montrer leur détermination à être enfin libres. On est à deux doigts de la victoire, et il nous reste deux consultations à venir », a aussi souligné Alosio Sako, président du rassemblement démocratique océanien (FLNKS).

LES NON-INDÉPENDANTISTES NE SOUHAITENT PAS DE NOUVEAUX SCRUTINS

Face à ces déclarations, Philippe Michel, secrétaire général de Calédonie Ensemble, le principal parti non indépendantiste, «continue de penser que c’est mieux si on peut se passer d’un deuxième et d’un troisième référendum » mais qu’il ne s’opposerait pas à l’accord de Nouméa, qui est « constitutionnalisé ». « Est-ce que la Nouvelle-Calédonie a vraiment quatre ans à perdre ? », a de son côté demandé Sonia Backès, présidente du groupe Les Républicains au Congrès. Cette élue plaide pour « trouver une solution et remplacer ce deuxième et troisième référendum » afin de «stabiliser enfin la Nouvelle-Calédonie ». Pour Pierre-Christophe Pantz, docteur en géopolitique, le score élevé du scrutin s’explique par « une forte mobilisation jamais atteinte dans les communes indépendantistes de la Grande Terre ». Selon lui, il est « clair qu’on ne discute pas de la même manière quand on fait 43 % plutôt que 30 %. Cela va forcer les non indépendantistes à revoir leur copie ». Alors que les différents responsables politiques ont salué la large participation et le déroulé du scrutin, plusieurs voitures ont été brûlées et deux « faits de caillassage » ont été signalés, selon le Haut-commissariat. En amont du scrutin, les autorités craignaient qu’une victoire du non puisse inciter une partie de la jeunesse kanak, marginalisée, à des débordements, alors que les inégalités entre les différentes communautés restent criantes.

EMMANUEL MACRON EXPRIME SA FIERTÉ

Quelques minutes après l’annonce des résultats du référendum, Emmanuel Macron a exprimé son «immense fierté que nous ayons passé ensemble cette étape historique » après que la Nouvelle-Calédonie a choisi de rester dans le giron français. « Je veux aussi dire la fierté pour le chef de l’État que la majorité des Calédoniens aient choisi la France », a déclaré le président de la République dans une allocution télévisée, en estimant qu’il n’y avait « pas d’autre chemin que celui du dialogue ». « Les électeurs ont pu choisir souverainement en connaissance de cause la relation entre la Nouvelle-Calédonie et la France. Ils se sont exprimés majoritairement pour que la Nouvelle-Calédonie reste française », s’est réjoui Emmanuel Macron, qui y a vu « une marque de confiance dans la République française, dans son avenir, et dans ces valeurs : cette fierté, chacun peut la ressentir et la partager ».

« Le seul vaincu est la tentation du mépris de la division, de la violence, de la peur », a encore considéré le chef de l’État. « Le seul vainqueur, c’est le processus en faveur de la paix qui porte la Nouvelle-Calédonie depuis 30 ans, l’esprit de dialogue que plus rien n’entamera ». Le Président a également annoncé que « le gouvernement proposera aux forces politiques de Nouvelle-Calédonie de se réunir dans les prochaines semaines ».

Extrait de l'union du 05/11/12018


NOUVELLE-CALÉDONIE : L’indépendance aux urnes

La Nouvelle-Calédonie décide, demain, si elle reste française ou si elle choisit l’indépendance.


Multiculturel, le petit territoire stratégique de 270000 habitants dans le Pacifique décide demain de son avenir. AFP

Près de 175 000 électeurs de cet archipel français depuis 1853 et disposant d’importantes réserves de nickel (lire par ailleurs) devront dire s’ils veulent « que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ».

Emmanuel Macron fera une déclaration télévisée à 13 heures (23 heures locales) à l’issue de la proclamation du résultat, attendue peu auparavant. « Je ne prendrai pas parti dans ce référendum » , avait déclaré le Président en mai lors de sa visite à Nouméa, soucieux de ne pas s’immiscer dans la campagne, ajoutant toutefois que « la France serait moins belle sans la Nouvelle-Calédonie » .

1 - LES FORCES EN PRÉSENCE

Les Kanaks, dont la tendance radicale a appelé à boycotter le scrutin, représentent moins de 50 % de l’électorat et tous ne sont pas indépendantistes. Les deux courants du FLNKS (Union calédonienne et Union nationale pour l’indépendance) appellent au changement, à plus de justice et d’égalité, et font de la reconnaissance de leur peuple une question de dignité vis-à-vis d’un passé colonial traumatisant.

Dans le camp non indépendantiste, trois partis défendent le maintien dans la France, Calédonie ensemble (droite modérée), le Rassemblement LR et les Républicains calédoniens. Ils mettent en avant la protection de la France, le passeport européen, le système éducatif ou encore les 1,3 milliard d’euros d’aides annuelles de la France.

2 - UN LONG PROCESSUS

Le référendum marque l’aboutissement d’un processus de décolonisation entamé en 1988 après plusieurs années de quasi-guerre civile entre Kanak et Caldoches. Ces affrontements avaient culminé avec la prise d’otages et l’assaut de la grotte d’Ouvéa en mai 1988 (25 morts au total).

Les accords de Matignon, signés en 1988 par l’indépendantiste kanak Jean-Marie Tjibaou et le loyaliste Jacques Lafleur, consolidés dix ans plus tard par l’accord de Nouméa, ont institué notamment un rééquilibrage économique et géographique en faveur des Kanaks et un partage du pouvoir politique.

3 - UNE JEUNESSE DÉSEMPARÉE

Les inégalités sociales restent criantes. « A Nouméa, les gens ont un salaire, en tribu la plupart des gens n’ont aucun salaire, aucun revenu monétaire », note Elie Poigoune, président de la Ligue des droits de l’homme.

Échec scolaire, chômage élevé, habitat précaire, une partie des Kanaks continuent de cumuler les difficultés, et certains jeunes ont sombré dans une délinquance de plus en plus visible.

Dans les deux camps, nombreux craignent que cette jeunesse désemparée ne manifeste violemment sa déception si le non l’emportait. Le Comité des sages, créé pour veiller à la sérénité du scrutin, a appelé « à respecter le choix exprimé » et les états-majors politiques ont recommandé la discrétion à leurs militants demain soir.

Deux cent cinquante « délégués » (magistrats, fonctionnaires de préfecture ou universitaires) et des observateurs de l’ONU seront déployés dans les bureaux de vote.

4 - LE DERNIER RÉFÉRENDUM ?

Selon l’accord de Nouméa, en cas de victoire du non, deux autres référendums sont possibles dans les quatre ans. De nombreux Kanaks se projettent déjà dans cette perspective. Certains loyalistes espèrent au contraire que le référendum de dimanche sera le dernier. Un sujet qui sera certainement évoqué par le Premier ministre, Édouard Philippe, attendu lundi sur le Caillou pour « rencontrer l’ensemble des forces politiques » et « discuter » de l’avenir du territoire.

5 - IMMENSES RÉSERVES

D’un point de vue économique, la Nouvelle-Calédonie, où se trouve environ un quart des réserves de nickel de la planète, permet à la France d’être le 5 e producteur mondial de ce métal indispensable à la fabrication d’acier inoxydable.

Vaste de 1,4 million de kilomètres carrés, la Zone économique exclusive (ZEE) du Caillou, deux fois et demie la superficie de l’Hexagone, recèle en outre d’immenses potentiels économiques : pêche, énergies marines renouvelables, réserves minières, micro-algues.

Joyau de la biodiversité, la Nouvelle-Calédonie possède aussi « un des trois systèmes récifaux les plus vastes au monde », selon l’Unesco qui a inscrit ses lagons au patrimoine de l’humanité, ainsi qu’une faune et une flore à l’endémisme exceptionnel. Elle est pour la France une tête de pont du « combat contre le réchauffement climatique » , selon les termes d’Emmanuel Macron, dans une région directement exposée à ses conséquences : montée du niveau de la mer, blanchissement des coraux, cyclones…

Un enjeu stratégique pour la France 

 La Nouvelle-Calédonie, déjà capitale pour la France en raison de ses ressources en nickel, est aussi un territoire clé pour répondre à l’hégémonie de la Chine en Océanie, au moment où « la France devient le dernier pays européen du Pacifique » , depuis le Brexit. Lors de sa visite à Nouméa, en mai, Emmanuel Macron avait livré sa stratégie d’axe indo-pacifique, dans laquelle il attribue un rôle essentiel au Caillou : « Je crois […] dans la place que ce territoire occupe dans une stratégie plus large que nous devons avoir dans toute la région » , estimant que « les États-Unis avaient plutôt tourné le dos à la région ces derniers mois et que la Chine était en train de construire son hégémonie pas à pas ». Entre 2006 et 2014, Pékin a injecté 1,8 milliard de dollars dans les pays insulaires du Pacifique, devenant le troisième pourvoyeur d’aide au développement après l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Face à la voracité chinoise, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, les deux puissances régionales, n’ont cessé de répéter que la France était nécessaire à la stabilité de cette partie du monde. L’archipel, situé à 2 000 km à l’est des côtes australiennes, abrite la plus importante base militaire française du Pacifique. « La perte du territoire calédonien serait pour la France synonyme d’une perte majeure de souveraineté dans la Pacifique , estimait en 2017 Bastien Vandendyck, expert en relations internationales, dans une revue de l’Iris (Institut de relations internationales et stratégiques).Tout à la fois intégrée au continent océanien et aux portes de l’Asie du sud-est, la Nouvelle-Calédonie offre un emplacement stratégique de premier choix. »

Extrait de l'union du 03/11/2018

    

    

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Les archives dans   les cartons

Laon (Aisne) Déménager des siècles d’archives départementales : l’opération est hors-norme,   à plus d’un titre.


Une dizaine de salariés du transporteur local Caille est en charge du déménagement des archives.


Michel Sarter garde un oeil sur ses précieuses archives pendant le déménagement. Le document qu’il a entre les mains date de 867.


Ce chantier est l’un des plus importants porté s par le Département ces dernières années.

LES FAITS

*.- CONSTRUIT DANS LES ANNÉES 1970, le bâtiment qui accueillait jusqu’à présent les Archives départementales de l’Aisne, à Laon, était devenu obsolète.

*.- DEPUIS 2008, TOUS LES MAGASINS ÉTAIENT PLEINS, obligeant le Département à construire une annexe dont la capacité de stockage était limitée.

*.- LE PARC FOCH, ancienne caserne militaire, a été choisi pour accueillir la construction d’un nouveau bâtiment. Montant de la facture : 22 millions d’euros.

*.- LES TRAVAUX TERMINÉS, l’heure est au déménagement d’environ 1 000 tonnes d’archives.

Vous avez des sueurs froides à l’idée de déménager vos 60 m 2 ? Imaginez un peu Michel Sarter, directeur des Archives départementales de l’Aisne. Il supervise actuellement le transfert de quelque chose comme 1 000 tonnes de documents en tous genres, ainsi que de quelques objets. « Cela représente environ 250 camions », calcule-t-il avec un certain flegme. Mieux vaut en effet en avoir, tant le contenu des cartons est précieux : des siècles de mémoire axonaise ! Si les documents les plus récents ont été édités en 2015 ou 2016, le plus ancien est un diplôme – encore auréolé de son sceau à cabochon – de Charles Le Chauve ordonnant à l’abbaye de Barisis de fournir la moitié de la boisson nécessaire au fonctionnement de l’abbaye de Saint-Amand-les-Eaux, datant de 867.

Le bâtiment actuel des Archives, rue Fernand-Christ à Laon, a été construit entre 1974 et 1977 et mis en service en 1980. « Avec ses 21km de rayonnages, il devait atteindre sa capacité maximale de stockage 25 ans plus tard. Ce fut le cas en 2008, si bien que nous avons dû construire une annexe, rue Gabriel-Péri, d’une capacité de 3km », indique Michel Sarter.

La capacité de stockage du nouveau bâtiment devrait être suffisante jusqu’en 2050

Il y a quelques années, il a bien fallu se rendre à l’évidence et trouver une solution pérenne. Les services du Département ont donc planché sur la construction d’un nouvel immeuble. Leur choix s’est porté sur l’ancienne caserne militaire de la ville, le parc Foch, dont la collectivité est propriétaire et où ce n’est pas la place qui manque.

Les travaux ont commencé en 2017 et ont été terminés à l’été 2018, pour un coût estimé à 22 millions d’euros.

CRÉATION D’UN PÔLE CULTUREL DÉPARTEMENTAL

Ce bâtiment accueille non seulement les Archives départementales mais aussi les réserves de la Caverne du Dragon et la Bibliothèque départementale de prêt (BDP) qui se trouvait jusqu’à présent à Soissons. « Regrouper ces trois services nous est apparu comme une évidence. Parce qu’ils travaillaient déjà ensemble donc le fait d’être au même endroit va faciliter les échanges. Mais aussi, avouons-le, cela va nous permettre de faire des économies d’échelle, ce qui n’est pas négligeable compte tenu de la situation dans laquelle se trouve le Département », indique François Rampelberg, vice-président du conseil départemental en charge de la culture, qui se félicite ainsi de « la création d’un pôle culturel départemental » .

OUVERTURE AU PUBLIC LE 3 DÉCEMBRE

Au parc Foch, 30 km de rayonnages ont été prévus pour les archives, sachant que le bâtiment est modulable jusqu’à 40 km. « Cela devrait être suffisant jusqu’en 2050», prévoit Michel Sarter. Ensuite ? « Il sera possible de construire un autre bâtiment, accolé au premier, pour atteindre 100 km de rayonnages. L’avenir nous dira si cela est vraiment nécessaire dans la mesure où l’on se dirige de plus en plus vers la dématérialisation des documents administratifs : nous devrions réceptionner moins de papier à stocker. »

Commencé fin août, le déménagement de ces milliers de cartons touche à sa fin. Il a été confié au transporteur local Caille, de même que celui des réserves du musée du Chemin des Dames et de la BDP, pour un montant de 140 000€.

L’inauguration est programmée le 10 novembre et l’ouverture au public, le 3 décembre. Chercheurs, historiens et autres amateurs de généalogie pourront découvrir ce nouvel endroit. Les archives, elles, n’auront pas changé !

LE SEUL DATA CENTER DES HAUTS-DE-FRANCE

Les Archives départementales axonaises disposent d’un centre de données pour les documents électroniques depuis 2015. « Nous sommes le seul département des Hauts-de-France à en avoir un », se félicite le directeur. Le temps de faire encore quelques réglages et les serveurs installés dans le nouveau bâtiment seront opérationnels au premier semestre 2019.

Il contient quantité de pièces éditées de manière numérique émanant en majorité du Département et de la préfecture. « Les documents que nous numérisons y sont aussi versés mais c’est vraiment infime dans la mesure où nous avons traité à peine 1 % de notre fonds. On ne pourra jamais tout numériser, c’est impossible en termes de temps et d’argent. Toutefois, l’heure étant à la dématérialisation, nous devrions recevoir de plus en plus d’archives numériques. »

LOULOU, UN DÉMÉNAGEUR HEUREUX

Employé chez Caille, Loulou a été affecté au déménagement des Archives. C’est à lui qu’incombe une mission ô combien périlleuse : il est au volant du camion qui transporte tous ces précieux documents d’un site à l’autre. « Je n’ai pas spécialement demandé à être sur ce déménagement, le hasard fait bien les choses, s’enthousiasme le chauffeur. Je m’intéresse à l’histoire de ma région, à ce qui s’est passé sur le Chemin des Dames. C’est un privilège de participer à ce déménagement, d’autant que c’est le genre de chose qu’on ne fait qu’une seule fois dans sa vie. »

Avec des dizaines d’allers-retours entre la rue Fernard-Christ et le parc Foch au compteur, il n’a eu à faire face qu’à un seul petit couac et là encore, le hasard s’est invité. « Sur les milliers de cartons que j’ai déjà transportés, seuls deux sont tombés de l’étagère. Ils n’ont pas du tout été endommagés, heureusement. Ils étaient entrouverts alors piqué par la curiosité, avant de les remettre à leur place, j’ai regardé ce qu’ils contenaient : des documents datant du XIX e siècle et qui concernaient… mon village. C’est fou ! »

PROTECTION MAXIMALE

Parmi les nouveautés que compte le nouveau site, des caméras de vidéoprotection équipent les différents magasins. « En cas d’alerte, elles nous permettront de connaître la nature de l’événement en temps réel, un dégagement de fumée, une intrusion, une agression. La nuit, cela évitera à la personne de permanence de se déplacer pour rien ou au contraire, de fournir des éléments concrets aux secours », détaille le directeur Michel Sarter. Sécurité toujours avec l’installation d’un coffre-fort dont la porte pèse rien moins que deux tonnes. « Nous y garderons les documents les plus précieux contenus dans nos archives, mais aussi ceux que l’on nous prête parfois à l’occasion d’expositions. 

De l’espace supplémentaire pour la Caverne du Dragon


De vastes espaces ont été prévus pour accueillir les pièces les plus encombrantes du musée du Chemin des Dames.

<>La Caverne du Dragon profite elle aussi de ce nouveau bâtiment. Jusqu’à présent, tout ce qui n’était pas exposé dans le musée du Chemin des Dames était stocké ailleurs sur le site. Les choses les plus encombrantes trouvaient quant à elles leur place dans d’anciens hangars militaires du parc Foch. Désormais, tout est rassemblé au même endroit, que ce soit des douilles, des armes, des objets sculptés, des uniformes, des pièces d’artillerie ou encore cette ambulance de la Croix-Rouge datant de la Première Guerre mondiale. « Les conditions de conservation sont optimales »,assure Michel Sarter. Des salles de travail sont aussi prévues pour accueillir les chercheurs, les historiens et autres universitaires qui n’auront plus qu’un seul endroit à arpenter pour mener à bien leurs travaux.

L’espace ainsi libéré à la Caverne du Dragon, environ 150 m 2 , va permettre l’aménagement d’une salle pour l’accueil des scolaires et une autre pourrait être dédiée aux expositions temporaires.

Les livres avaient pris de l’avance


La Bibliothèque départementale a quitté Soissons pour Laon.
Jean-Marie Champagne 

Les Archives départementales ne sont pas les seules à se voir doter de nouveaux locaux. En août, la Bibliothèque départementale, jusque-là installée à Soissons, a fait, elle aussi, sa transhumance. 80 000 des 320 000 documents qu’elle possède sont venus garnir les étagères de l’espace qu’elle occupe désormais au Parc Foch, à côté des Archives départementales et des réserves de la Caverne du Dragon. « Les 240 000 autres documents sont à leur place dans les diverses bibliothèques de l’Aisne » , précisait en août la directrice Émilie Thilliez. En effet, la Bibliothèque départementale a la particularité d’être « la bibliothèque des bibliothèques », c’est ici que 110 structures viennent régulièrement chercher les livres, documents, CD ou DVD qu’elles mettent à la disposition de leurs publics. Installée depuis 1978 à Soissons, la Bibliothèque départementale avait aussi une antenne à Vervins. L’arrivée au Parc Foch a changé la donne, désormais l’ensemble des activités est regroupé à Laon. « Malgré tout, même si nous disposons dans nos nouveaux locaux de salles de réunion, nous continuerons à délocaliser certaines de nos formations. » La nouvelle directrice se veut rassurante : ce transfert, s’il représente un changement important pour les salariés amenés à travailler à Laon, ne bouleverse pas toutes les habitudes. En revanche, le parking situé juste derrière les locaux permet le transport des caisses plus facilement. Un plus quand on connaît le poids des livres !

M.-P.D.

Lucie LEFEBVRE

Extrait de l'union du 28/10/2018

    

    

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Le plus long pont maritime au monde


Il faudra un permis spécial, délivré au compte-gouttes, pour emprunter ce pont.

 Plus d’un million de mètres cubes de béton, 55 kilomètres et une structure conçue pour durer 120 ans… Le plus long pont maritime au monde, qui relie Hong Kong, Macao et Zhuhai, en Chine continentale, a été inauguré hier. Voici quelques données clés sur cette prouesse d’ingénierie qui rapproche les deux rives de l’estuaire de la Rivière des Perles.

Un géant. Il est le plus long ensemble de ponts maritimes et de tunnel au monde. Les médias chinois rapportent que sa construction a englouti 420 000 tonnes d’acier (de quoi fabriquer 60 répliques de la Tour Eiffel) et 1,08million de m 3 de béton. Dans une région régulièrement balayée par les typhons, il est conçu pour encaisser des rafales à 340 km/h.

Serpent de mer. La structure ondule de façon inhabituelle afin de ne pas perturber le trafic maritime très intense dans un estuaire qui abrite certains des ports les plus actifs du globe. À l’ouest, le pont quitte Zhuhai et compte un embranchement vers Macao avant d’engager la traversée de l’estuaire. La section principale du pont est longue de 29,6 km et présente trois parties haubanées qui surélèvent la structure pour permettre le passage de gros bateaux. Au-delà, la route plonge dans un tunnel de 6,7 km dont l’entrée et la sortie se font sur des îles artificielles. Passé ce tunnel, la route grimpe à nouveau sur un pont qui rejoint l’île hongkongaise de Lantau et la gigantesque île artificielle où est construit l’aéroport international de l’ex-colonie britannique

Extrait de l'union du 24/10/2018

    

    

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Enquête sur un possible cartel du jambon

L’Autorité de la concurrence a lancé une enquête pour faire la lumière sur des soupçons d’entente sur les prix.


Les pratiques soupçonnées, qui concerneraient le jambon, mais également d’autres produits de charcuterie, auraient eu cours entre janvier 2011 et avril 2013. AFP

 Y a-t-il eu une entente sur les prix du jambon de la part d’une quinzaine d’entreprises ? Afin de faire la lumière sur des soupçons qui pèsent sur ce secteur, une enquête a été lancée par l’Autorité de la concurrence.« La société Fleury Michon, ainsi que certaines de ses filiales ont reçu de l’autorité de la Concurrence, une notification de griefs pour entente horizontale le 19 février 2018 suite à une procédure initiée en 2013 », a indiqué le groupe. Ce dernier précise avoir « contesté cette notification », ajoutant ne pouvoir en dire plus à ce stade. De son côté, l’Autorité de la Concurrence a partiellement confirmé ces informations, indiquant qu’un dossier était bien « en cours dans le secteur », mais ne pouvant « rien dire sur les pratiques ou les entreprises impliquées ».

Selon Le Monde, l’enquête, qui vise des jambons sous marque de distributeur ou premier prix, concernerait 14 entreprises, « avec une entente dans les deux sens, en amont et en aval », de « l’ex-Financière Turenne Lafayette à Fleury Michon, en passant par Les Salaisons celtiques (Intermarché) ou le groupe Nestlé ». Les pratiques soupçonnées, qui concerneraient le jambon, mais également d’autres produits de charcuterie, auraient eu cours entre janvier 2011 et avril 2013, selon le quotidien. Une demande de clémence, en octobre 2012, d’une entreprise des secteurs de l’approvisionnement en jambon et de la fourniture des produits de charcuterie, a abouti à l’ouverture de cette enquête, d’après Le Monde qui cite un arrêt de la cour d’appel de Paris, de 2014.

Ce n’est pas la première fois que la filière porcine se retrouve dans le collimateur de l’Autorité de la concurrence. Le 13 février 2013, celle-ci avait condamné à 4,5 millions d’euros d’amende cinq abattoirs bretons pour avoir «diminué de façon coordonnée leurs abattages de porcs » en 2009 afin de faire baisser le prix de la viande payé aux éleveurs.

Extrait de l'union du 21/10/2018

    

    

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Une énorme fraude dévoilée en Europe

Révélée en Allemagne, la fraude fiscale a coûté  55 milliards d’euros à une dizaine de pays européens.

L’Allemagne est le pays européen le plus lourdement lésé par le scandale révélé hier.AFP

Des manipulations sur les dividendes impliquant des banques et des fonds financiers ont lésé une dizaine de pays européens de près de 55 milliards d’euros d’impôts depuis 2001, affirment dix-neuf médias dans une enquête conjointe publiée hier. Ce travail, mené entre autres par le site internet allemand Correctiv, et des titres de presse comme Die Zeit, Le Monde ou la Reppublica, s’appuie sur des documents judiciaires en provenance d’Allemagne, où ces manœuvres ont été découvertes en 2012. Il concerne à la fois des cas de fraude et d’optimisation fiscale. Outre l’Allemagne, pays de loin le plus touché, dix pays européens sont concernés : la France, l’Espagne, l’Italie, les Pays-Bas, le Danemark, la Belgique, l’Autriche, la Finlande, la Norvège et la Suisse. Le gros de la facture, soit quelque 46 milliards d’euros, est liée à une pratique d’optimisation baptisée « cum cum ». Cette technique, située selon ce groupe de médias « à la limite de la légalité » , joue sur la fiscalité différenciée entre investisseurs nationaux et étrangers.

« Si les infractions sont confirmées, nous seront intraitables »
Gérard DARMANIN
Ministre des comptes publics

LES TROIS PRINCIPALES BANQUES FRANÇAISES CITÉES DANS L’ENQUÊTE DE DIX-NEUF MÉDIAS

Taxés plus lourdement sur les dividendes qu’ils perçoivent, les investisseurs nationaux revendent par exemple leurs titres à des investisseurs étrangers, pour une courte période permettant d’échapper à cet impôt, puis les récupèrent ensuite. Ce seul mécanisme aurait coûté en 15 ans 24,6 milliards d’euros à l’Allemagne, 17 milliards à la France et 4,5milliards à l’Italie, affirme cette enquête conjointe, sur la foi d’informations des autorités fiscales et judiciaires et d’analyse des données de marché. En France, « jusqu’à trois milliards d’euros par an » auraient été perdus pour les finances publiques à cause de ces manœuvres, écrit Le Monde, qui assure que les trois principales banques françaises (BNP Paribas, Crédit agricole et Société générale) y ont eu recours. À cette technique du « cum cum » s’est ajoutée une pratique clairement frauduleuse baptisée « cum ex » et attribuée à un avocat allemand, Hanno Berger, désormais visé par l’une des enquêtes pénales ouvertes en Allemagne et en attente de procès. Il s’agit cette fois d’acheter et revendre des actions autour du jour de versement du dividende, si vite que l’administration fiscale n’identifie plus le véritable propriétaire. La manipulation, qui nécessite l’entente de plusieurs investisseurs, permet de revendiquer plusieurs fois le même crédit d’impôt sur les bénéfices attaché au dividende, lésant ainsi le fisc. Cette escroquerie aurait coûté 7,2 milliards d’euros à l’Allemagne, 1,7 milliard au Danemark et 201 millions d’euros à la Belgique.

Extrait de l'union du 19/10/2018

    

    

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Les prix à la pompe, menace sur le pouvoir d’achat

 La conjonction de la flambée des prix du pétrole et d’une forte hausse des taxes  sur le carburant expose l’exécutif à de nouvelles critiques sur le pouvoir d’achat. 


Depuis le vendredi 12 octobre, les automobilistes doivent s’habituer à un nouvel étiquetage des carburants à la pompe mais ils constatent surtout l’envolée des prix, particulièrement du diesel.AFP

L’ESSENTIEL

*.- LE PRIX DES CARBURANTS à la pompe est un sujet de  préoccupation majeur pour les automobilistes et les ménages.

*.- L’ENVOLÉE ACTUELLE des cours du brut et des taxes grève leur portefeuille.

*.- DANS UNE STATION-SERVICE sur cinq, le gazole est désormais plus cher que l’essence.

*.- EN UN AN , l’essence, au plus haut depuis quatre ans, a bondi de 17,21 % et le gazole de 24,23 %.

« Une bombe atomique » , selon le député LR Marc Le Fur. Une « flambée dangereuse » pour l’association 40 millions d’automobilistes… Les mises en garde et les reproches se sont multipliés ces derniers jours, dans les médias comme à l’Assemblée nationale, sur l’envolée des prix à la pompe. Un phénomène lié à la hausse mondiale des cours du pétrole, qui dépassait, hier matin, les 80 dollars le baril contre 57 dollars voilà un an, mais aussi à la hausse de fiscalité, qui pèse pour 60 % des prix des carburants.

Il y a une vraie difficulté, je le reconnais
Bruno Le Maire, ministre de l’Économie

L’exécutif a en effet augmenté en 2018 les taxes sur l’essence et sur le diesel, respectivement de 4 et 7 centimes d’euros par litre, pour favoriser une convergence fiscale entre ces carburants et lutter contre le réchauffement climatique.

Cette politique devrait être renforcée en 2019, avec des hausses de 6 centimes pour le diesel et 3 centimes pour l’essence, puis à nouveau jusqu’en 2022, l’objectif étant de rendre l’essence moins onéreuse que le diesel, jugé plus polluant. « Le fait qu’il y ait un rattrapage du diesel sur l’essence pour des raisons de santé publique ne nous pose pas de problème, c’est même assez logique » , assure François Carlier, délégué général de l’association de consommateurs CLCV. « Le problème, c’est qu’aujourd’hui on cumule de fortes augmentations de taxe et la flambée des prix du pétrole » , ajoute M. Carlier, qui appelle l’exécutif à geler les hausses prévues l’année prochaine pour éviter de pénaliser les contribuables, « notamment dans les zones rurales » . Les prix du diesel sont en effet passés au-dessus de ceux de l’essence ces derniers jours dans plusieurs stations-service.

Un phénomène inquiétant pour le portefeuille des contribuables, le gazole représentant 80 % des volumes de carburant vendus en France. Pour l’exécutif, englué depuis plusieurs mois dans une polémique sur le pouvoir d’achat et accusé de négliger les populations rurales, le sujet est sensible, d’autant que les prix du pétrole devraient rester élevés au cours des prochains mois. « Il y a une vraie difficulté, je le reconnais » , a concédé, hier, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire, disant « entendre »  les problèmes rencontrés par « les personnes qui prennent leur véhicule diesel pour se rendre au travail le matin ». Pas question pour autant de revenir sur le calendrier fiscal du quinquennat.

DES PISTES POUR COMPENSER LES PERTES DE POUVOIR D’ACHAT

Signe que la question préoccupe la majorité : plusieurs pistes ont été avancées ces derniers jours pour compenser les pertes de pouvoir d’achat ou renforcer les dispositifs d’accompagnement des contribuables, à l’image du chèque énergie. Lors des débats en commission sur le projet de budget 2019, le député LREM Mathieu Orphelin a ainsi proposé d’aider les ménages des zones rurales et périrubaines en cas de forte hausse des prix sur une période de plusieurs mois. D’autres ont suggéré d’utiliser le gain de TVA lié à la hausse du prix du pétrole pour accroître les aides à la transition énergétique, et notamment la prime à la conversion automobile. Une proposition à laquelle Bruno le Maire s’est dit, hier, « favorable » . Instaurée le 1 er janvier, la prime à la conversion prévoit le versement de 1 000 euros voire 2 000 euros pour les ménages non imposables en cas de mise au rebut d’un vieux véhicule.

Elle connaît un net succès, avec plus de 170 000 dossiers déposés mi-septembre. Cela suffira-t-il à calmer la grogne des automobilistes ? Cette proposition va « dans le bon sens »mais cela reste « largement insuffisant » , estime François Carlier, qui rappelle que les taxes sur les énergies fossiles rapportent près de 23 milliards d’euros par an à l’État.

UN NOUVEL ÉTIQUETAGE À LA POMPE

Depuis le vendredi 12 octobre, les automobilistes trouvent un nouvel affichage aux formes géométriques pour identifier les carburants dans les stations-service de France et de toute l’Europe. Ces nouvelles étiquettes ne remplaceront pas les appellations actuelles. « Les pompes restent exactement comme elles sont aujourd’hui, avec des stickers jaunes par exemple pour le gazole. On va juste adjoindre en dessous la norme européenne », explique Francis Pousse, du Conseil national des professions de l’automobile (CNPA). L’essence est représentée par un cercle, avec à l’intérieur la lettre « E» traduisant la teneur en biocarburant : E5 (pour le super sans plomb 95 ou 98), E10 (pour le super SP95-E10) ou E85 (superéthanol). Le gazole est identifié par un carré, avec la lettre « B » suivie de la teneur en biocarburant : B7 (le diesel le plus courant), B10 ou XTL (pour le diesel synthétique).

Extrait de l'union du 18/10/2018

 


Nouvelle signalétique pour le carburant 

À partir de demain, un nouvel affichage doit identifier les carburants en France et en Europe. 


L’Union européenne a imposé ces nouvelles exigences en matière d’étiquetage. AFP

Le plein de carré, de cercle ou de losange ? À partir de demain, l’essence sera représentée, dans les stations-service de France et de toute l’Europe, par un cercle, avec à l’intérieur la lettre « E » traduisant la teneur en biocarburant : E5 (pour le super sans plomb 95 ou 98), E10 (pour le super SP95-E10) ou E85 (superéthanol). Le gazole sera identifié par un carré, avec la lettre B suivie de la teneur en biocarburant : B7 (le diesel le plus courant), B10 ou XTL (pour le diesel synthétique). Enfin, les combustibles gazeux seront figurés par une forme de diamant et une inscription à l’intérieur : LNG (GNL), H2 (pour l’hydrogène) etc.

Les nouvelles étiquettes viendront en complément des indications actuelles sur les carburants
Francis Duseux, président de l’Union française des industries pétrolières

C’est l’Union européenne qui a imposé ces nouvelles exigences en matière d’étiquetage, dans une directive datant de 2014. Le nouveau système harmonisé permettra ainsi aux automobilistes de s’y retrouver d’Helsinki à Palerme. Cette signalétique sera présente sur les véhicules neufs, à proximité du bouchon à carburant, ainsi que dans les stations-service.

Mais, insistent les professionnels, elle ne se substituera pas aux étiquettes actuelles, auxquelles sont habitués les automobilistes. « Les nouvelles étiquettes viendront en complément des indications actuelles sur les carburants », souligne Francis Duseux, président de l’Union française des industries pétrolières (UFIP). Concrètement, «les pompes restent exactement comme elles sont aujourd’hui, avec des stickers jaunes par exemple pour le gazole. On va juste adjoindre en dessous la norme européenne », confirme Francis Pousse, du Conseil national des professions de l’automobile (CNPA).

Du côté des automobilistes, on voit aussi cette harmonisation d’un bon œil. « C’est plutôt positif », juge Pierre Chasseray, le délégué général de l’association 40 millions d’automobilistes. « Au moins, quand on voyagera à l’étranger, on saura ce que c’est que du B7. Jusqu’à présent il fallait être Champollion pour comprendre que c’était du diesel », plaisante-t-il.

L’association de défense des automobilistes insiste toutefois pour que le nouveau système d’étiquetage continue de cohabiter à l’avenir avec les appellations habituelles. « Et ça se passera très bien. »

Pourquoi le baril de pétrole s’approche des 100 dollars 

Le prix du baril de pétrole a presque triplé depuis le début 2016 et s’approche dangereusement du seuil symbolique des 100 dollars. Selon la plupart des acteurs du marché, les prix ont grimpé quand les États-Unis ont rétabli leurs sanctions contre l’Iran le 7 août. Cette instabilité géopolitique est exacerbée par la baisse des réserves mondiales de brut, qui avaient atteint des niveaux records ces dernières années mais qui ont fortement diminuées quand l’Opep et ses partenaires, dont la Russie, ont limité leur production à partir du début 2017.

Les prix peuvent-ils continuer à grimper ? Même les dirigeants des grands groupes pétroliers ne s’aventurent pas à donner de réponse définitive. Le patron du géant britannique BP, Bob Dudley, a affirmé hier qu’il ne tablait pas sur un maintien des cours à 85 dollars, niveau auquel se situe actuellement le baril de Brent – la référence européenne du brut. « Les prix grimpent à chaque tweet », a également lancé le PDG de Total, Patrick Pouyanné, allusion aux commentaires acerbes du président américain Donald Trump contre l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep).

Qui souffrent le plus de cette hausse ? Pour le directeur de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), Fatih Birol, le marché de l’énergie s’approchera de la « ligne rouge », quand des prix trop élevés commenceront à peser sur l’économie mondiale. Le prix du baril a rarement dépassé les 100 dollars, une première fois en 2008 puis entre 2011 et 2014. À chaque fois, les premières victimes du bond des cours sont les économies asiatiques. En Inde, un des plus grands importateurs de pétrole au monde, la hausse récente a par exemple contribué à une chute de la monnaie locale qui rend les importations plus coûteuses.

Qui en profite ? Officiellement, les producteurs restent prudents sur les gains réalisés avec la hausse des prix.

Les dirigeants de Total et de BP ont ainsi nié multiplier les projets et les investissements. Mais les actionnaires des grands groupes pétroliers ne sont pas exactement à plaindre. Fin juillet, BP a augmenté son dividende pour la première fois depuis quatre ans.

Extrait de l'union du 11/10/2018

    

    

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800 millions d’euros d’amende pour Audi 

Le constructeur allemand est condamné pour sa responsabilité dans le scandale du « dieselgate »


Filiale de Volkswagen, Audi a accepté l’amende infligée par le parquet de Munich.AFP

La facture du « dieselgate » s’est encore alourdie, hier, pour Volkswagen, avec l’amende de 800 millions d’euros infligée à sa filiale Audi par la justice allemande. Audi renonce à contester la sanction décidée par le parquet de Munich et accepte donc « sa responsabilité» dans ce scandale tentaculaire, qui entache l’image des constructeurs allemands et précipite le déclin du diesel depuis 2015. Les magistrats bavarois indiquent avoir « mis en évidence » au sein de la filiale haut de gamme « des manquements au devoir de surveillance » concernant l’homologation de voitures diesel, soit la seule base juridique possible pour condamner pénalement une entreprise en Allemagne. Le paiement aura un impact négatif sur le résultat 2018 du groupe, a précisé Volkswagen, qui avait déjà intégré dans ses comptes du deuxième trimestre une amende d’un milliard d’euros infligée en juin par le parquet de Brunswick. Et la justice n’en a pas fini avec cette affaire, qui a éclaté en septembre 2015 lorsque l’Agence américaine de l’environnement (EPA) a accusé Volkswagen d’avoir équipé onze millions de ses voitures diesel d’un logiciel capable de fausser le résultat des tests antipollution.

VOLKSWAGEN AFFRONTE ACTUELLEMENT UN GRAND PROCÈS D’ACTIONNAIRES

Plusieurs parquets allemands ont ouvert des enquêtes pour fraude, manipulation de cours de Bourse ou publicité mensongère contre des salariés de Volkswagen mais aussi ses marques Audi et Porsche, ainsi que Daimler, l’équipementier Bosch et Opel, filiale du français PSA. Audi, dont les ingénieurs sont soupçonnés d’avoir contribué à élaborer les logiciels frauduleux, est dans le viseur de la justice allemande depuis le début des investigations. La seule enquête du parquet de Brunswick, compétent pour la région où Volkswagen a son siège de Wolfsbourg, vise plus de quarante personnes. En juin, la justice allemande a placé en détention provisoire le patron d’Audi, Rupert Stadler, première incarcération d’un très haut responsable dans cette enquête tentaculaire. L’ancien patron de Volkswagen, Martin Winterkorn, fait également l’objet d’une enquête, tout comme son successeur Matthias Müller, l’actuel PDG du groupe, Herbert Diess, et le président du conseil de surveillance, Hans Dieter Pötsch. Aux États-Unis, où Volkswagen a plaidé coupable pour fraude et obstruction à la justice, huit anciens et actuels dirigeants de Volkswagen, dont M. Winterkorn, et un cadre d’Audi ont été inculpés. Parmi ces neuf personnes, deux ingénieurs ont déjà été condamnés. Si l’amende d’Audi a mis un terme à deux des trois procédures contraventionnelles en cours, laissant ouverte celle contre Porsche, Volkswagen affronte actuellement un grand procès d’actionnaires, qui réclament au total quelque neuf milliards d’euros d’indemnités.

Extrait de l'union du 17/10/2018

    

    

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Pédophilie dans l’Église 

 il faut encourager les victimes à parler

Le 28 octobre, Éric de Moulins-Beaufort sera installé archevêque de Reims. Le prélat, jusque-là évêque auxiliaire de Paris, est très engagé dans la lutte contre la pédophilie.  


Selon Eric de Moulins-Beaufort, il faut notamment s’interroger sur la façon dont s’exerce l’autorité des prêtres.

Le 26 septembre, le journal Le Monde titrait « Lutte contre la pédophilie dans l’Église : la France à la traîne ». Êtes-vous d’accord ?

C’est exagéré, car nous faisons beaucoup de choses pour lutter contre les abus sexuels dans le clergé, surtout depuis mars 2016 où de nombreuses affaires ont éclaté au grand jour. Je constate d’ailleurs qu’il y a un avant et un après mars 2016. Dans le diocèse de Paris, pour lutter contre la pédophilie et les agressions sexuelles, nous avons par exemple créé une messagerie spécifique – signalement@diocese-paris.net – pour que les victimes ou les témoins d’actes répréhensibles puissent s’exprimer librement. Et je me réjouis de voir que cela porte ses fruits.

Cela dit, je reconnais qu’en France, il y a encore beaucoup à faire. Nous devons suivre l’exemple de la Suisse ou de la Belgique. La conférence épiscopale suisse a notamment très bien analysé le phénomène d’abus sexuel. (NDLR : en Suisse romande, l’église catholique a créé en 2016 une commission neutre et indépendante pour la réparation des crimes ou délits de pédophilie).

Vous réclamez un « vrai rapport complet » ou « une sorte d’étude épidémiologique » pour avoir « une vision plus scientifique » de la pédophilie dans l’Église. Pourquoi ?

Je pense que cela nous éclairerait beaucoup et qu’il ne faut pas se contenter de dire que la pédophilie est un phénomène individuel. Il faut notamment regarder s’il y a des situations qui rendent possible le passage à l’acte.

Pendant longtemps, on a cru ou voulu croire qu’il suffisait d’une admonestation pour régler le problème
Mgr Éric de Moulins-Beaufort

À quel genre de situations pensez-vous ?

Par exemple, quand il y a un phénomène d’emprise, qu’un prêtre a une place exagérément grande dans une famille.

Pourquoi l’Église n’a-t-elle pas pris plus tôt le problème à bras-le-corps ?

Pendant longtemps, les faits n’ont pas été connus car la parole n’était pas libérée. J’encourage d’ailleurs toutes les victimes à parler. Car la lutte contre les abus sexuels passe par la dénonciation des faits. Ces récits rendent service à l’Église mais aussi à la société tout entière. Par ailleurs, il faut rappeler que pendant longtemps, la violence faite aux enfants a été minimisée. Malheureusement, on faisait comme si les jeunes allaient oublier et, même au niveau de la justice, les peines étaient plutôt légères. Avec le temps, on a enfin pris conscience de la gravité des faits et des dégâts sur le long terme. Avant l’affaire Weinstein, les agressions sexuelles dont sont victimes les femmes étaient aussi minimisées… D’où, je le répète, l’importance de libérer la parole de toutes les victimes.

On reproche souvent aux évêques français de minimiser les faits. Qu’en pensez-vous ?

Il est vrai quand dans le passé, et même un passé récent, on a cru ou voulu croire dans l’Église que les abus sexuels sur mineurs étaient une « chute » et qu’il suffisait d’une simple admonestation pour régler le problème. On ne se rendait pas compte à quel point les prêtres faisaient du mal à leurs victimes, et qu’il ne s’agissait pas d’une erreur mais d’une dangereuse fragilité voire d’une perversité.

Selon un sondage pour le magazine Témoignage Chrétien, dévoilé mardi par Le Parisien, 87 % des catholiques sont favorables à la création d’une commission d’enquête parlementaire pour faire toute la lumière sur les crimes pédophiles commis au sein de l’Église. Qu’en pensez-vous ?

Comme les Français, je pense qu’il faut clarifier le passé. Il faut approfondir le problème et mettre en place des mesures de prévention. Il faut par exemple s’interroger sur la façon dont s’exerce l’autorité des prêtres.

LE MARIAGE DES PRÊTRES NE SERAIT PAS UN REMÈDE CONTRE LES ABUS SEXUELS

Vous avez dirigé le séminaire de Paris et avez notamment enseigné à la fac Notre-Dame. Abordiez-vous avec les jeunes les questions de sexualité et de célibat des prêtres ?

Pas vraiment car j’enseignais la théologie. Mais ce que je peux dire, c’est que j’ai eu la chance, quand j’étais moi-même séminariste, d’avoir une réflexion personnelle très approfondie sur la sexualité. Je travaillais sur les textes de Jean-Paul II qui n’étaient pas simplement théoriques mais abordaient les questions sexuelles et de rapport au corps de façon très pratique. Naturellement, il ne suffit pas de lire des textes. Chaque prêtre doit, tout au long de sa vie, faire un travail personnel.

Allez-vous, dans le diocèse de Reims-Ardennes, être particulièrement vigilant sur les questions de pédophilie et d’abus sexuels ?

Mon ambition est d’être attentif à la qualité des relations que les prêtres entretiennent avec tous ceux qui les entourent. Quand les scandales de pédophilie ont éclaté au grand jour, beaucoup de prêtres ont eu l’impression que les évêques se protégeaient. Pour passer de la sidération à l’action, j’ai alors publié, en janvier 2018, dans une revue théologique, un article intitulé «Que nous est-il arrivé ? ».

Êtes-vous favorable au mariage des prêtres ?

Non car le mariage ne réglera pas le douloureux problème de la pédophilie ou des abus sexuels. Le mariage n’est pas un remède contre les abus sexuels qui sont dus à un défaut de construction…

UN SOMMET MONDIAL À ROME EN FÉVRIER 2019

Alors que les scandales de pédophilie concernant l’Église catholique éclatent partout dans le monde, le pape François a décidé de convoquer à Rome tous les présidents des conférences épiscopales, du 21 au 24 février 2019, pour un sommet mondial sur les abus sexuels et la protection des mineurs.

En août dernier, un rapport de la justice américaine a révélé que 300 prêtres avaient été impliqués, ces cinquante dernières années, dans des faits de pédophilie en Pennsylvanie. En Allemagne, un rapport d’experts vient également de dévoiler qu’au moins 3 677 enfants ont été victimes d’abus sexuels entre 1946 et 2014.

ValérieE COULET

Extrait de l'union du 12/10/2018


Les prêtres face à la suspicion de pédophilie

Confrontés aux scandales sexuels à répétition, plusieurs prêtres décrivent un « climat lourd ».


Le président de la Conférence des évêques rend «hommage au plus grand nombre des 30 000prêtres de France qui exercent leur ministère de manière courageuse».AFP

Pétition pour une commission d’enquête

*.- PLUSIEURS PERSONNALITÉS ont appelé samedi à créer une commission d’enquête parlementaire pour faire la lumière sur l’ampleur des crimes pédophiles dans l’Église en France.

*.-« À CÔTÉ DES PROCÉDURES judiciaires qui permettront de sanctionner les crimes et les délits individuels (…), seule une commission parlementaire a le pouvoir de faire la lumière sur le passé pour éviter qu’il ne se reproduise », affirment les auteurs de cet appel, publié dans «Témoignage chrétien », qui s’accompagne d’une pétition.

Les scandales d’abus sexuels, « c’est une blessure pour toute l’Église, c’est une douleur pour moi. C’est bien que les choses sortent » , explique un prêtre parisien, qui préfère garder l’anonymat. Mais «on associe un peu vite le sacerdoce à des problèmes de pédophilie » . C’est un climat « lourd pour les prêtres » , regrette-t-il, disant ressentir « un sentiment d’injustice, parce que l’Église essaie d’affronter le scandale » . « Il y a un climat de suspicion qui nous touche nous » , renchérit un de ses pairs d’un autre diocèse, lui aussi sous couvert d’anonymat, expliquant : « On n’a pas très envie de s’exposer. » Le président de la Conférence des évêques Mgr Georges Pontier a reconnu la difficulté de leur tâche :« Je veux rendre hommage au plus grand nombre des 30 000 prêtres de France qui exercent leur ministère de manière courageuse et qui se font parfois traiter de pédophiles dans la rue ! » , a-t-il dit samedi au quotidien régional La Provence. Certains refusent de s’exprimer dans un climat alourdi par le suicide le 18 septembre, dans son église, d’un jeune prêtre du diocèse de Rouen, Jean-Baptiste Sèbe, accusé de comportements indécents et d’agression sexuelle sur une jeune femme majeure. Certains le considèrent « comme une victime collatérale de ce climat délétère » , analyse Jean-Louis Schlegel, sociologue des religions.

Est-ce qu’on peut encore avoir des gestes de tendresse qui sonnent juste ?
Un prêtre parisien

Le père Sylvain Brison officie dans le diocèse de Nice. Pour lui, « les prêtres sont meurtris » par les scandales de pédophilie, à la fois « comme hommes, comme chrétiens et comme prêtres » . Il affirme pour sa part ne pas subir de remarques désobligeantes, mais plutôt recevoir des messages de soutien. « Dans nos cercles les plus proches, les fidèles sont peinés. Ils cherchent des bases sur lesquelles avancer. » Le «contexte, complexe » a le mérite de « libérer une parole qui doit être libérée »et amène, selon lui, « à tous s’interroger sur le rapport qu’on a les uns avec les autres » , selon cet enseignant en théologie à l’Institut catholique de Paris. Sur ce dernier point, il y a le versant plutôt pessimiste, qui concerne les gestes du quotidien : « Maintenant, le moindre prêtre qui pose la main sur l’épaule d’un enfant… » est considéré comme un pédophile en puissance. Or « le pape invite à la tendresse. Est-ce qu’on peut encore avoir des gestes de tendresse qui sonnent juste ? » , se demande le prêtre parisien.

Plus optimiste, le père Brison voit dans cette crise l’occasion de réfléchir à « la formation » , à « la façon de vivre son ministère. » 

Extrait de l'union du 01/10/2018

    

    

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Pour maîtriser les robots

Une formation en robotique vient de voir le jour, associant IUT et métiers de la métallurgie


Les élèves seront formés, pour partie à l’IUT, pour partie à l’UIMM, et pour partie en entreprise. Remi Wafflart

«  L ’emploi est là, les entreprises recrutent, les élèves sont quasiment sûrs d’avoir une embauche à l’issue de leur formation. » Difficile de trouver meilleur argument pour promouvoir la nouvelle formation qui vient de démarrer cette semaine à Reims : une licence professionnelle en robotique et industrie du futur. Elle est le fruit d’un partenariat entre l’IUT, et les métiers de la métallurgie, à travers leur syndicat UIMM (Union des industries et des métiers de la métallurgie). C’est Patrice Autier qui nous « vend » ce nouveau produit, en tant que responsable formation local pour ce syndicat métallurgique, dans les murs de ce dernier, installés en zone Farman non loin du parc des expositions.

CINQ FOIS PLUS DE ROBOTS EN ALLEMAGNE QUE CHEZ NOUS

La première promotion compte 15 élèves, qui, en un an, selon le dispositif de l’alternance cours/entreprise, apprendront à maîtriser l’usage de ces robots, compagnons artificiels, infatigables, et pas trop gourmands en termes de salaire. « C’est un enjeu stratégique, enfonce le clou M. Autier : aujourd’hui au niveau mondial, on compte 1,4 million de robots en service ; en 2020, soit dans deux ans seulement, il devrait y en avoir 1,6 million de plus, on va plus que doubler ! » Il faudra donc du monde pour faire fonctionner toute cette armée, qui est appelée en outre à se faire toujours plus collaborative ; on parle alors de «cobotique ».

Et la France aurait même du retard à combler dans ces domaines: « Vous avez cinq fois plus de robots en service en Allemagne, insiste notre interlocuteur, trois fois plus en Italie que chez nous ! » La nouvelle licence pro proposée à Reims devrait donc contribuer à faire évoluer les choses, même s’il s’agit « seulement » ici d’utiliser plus que de concevoir les automates.

Après, se posera l’éternelle question: la robotique est-elle au bout du compte créatrice ou destructrice d’emplois (voir aussi par ailleurs)? Mais ceci est un autre débat.

Votre avis

La robotique est-elle créatrice ou destructrice d’emplois ?

Axel NICOLAS - ALTERNANT EN LICENCE PRO

Ce qui m'intéresse dans la robotique, c'est de faire le lien entre informatique et mécanique. l'intérêt de la robotique, c'est qu'elle peut apporter une assistance à des techniciens (humains) dans des tâches exténuantes. Je ne pense pas que les robots peuvent remplacer l'homme, en revanche, ils peuvent l'assister.

Francis MILARD - ALTERNANT EN LICENCE PRO

Pour moi cette, technologie c'est l'avenir! A mon avis, elle va détruire les emplois des opérateurs de ligne, de manutention : par exemple actuellement vous avez des gens qui prennent des bouteilles sur une chaîne pour les mettre dans une box; à l'avenir, ils piloteront un robot qui fera le travail.

Pierre GIACOMELLIi - ormateur en automatisme

C’est toujours la question ! La robotique va détruire des emplois, mais elle va aussi en créer, car il faudra bien former les gens à l’utilisation des robots ; et puis on aura besoin de réflexion sur la conception de ces appareils. En Allemagne, vous avez à la fois plus de robots et moins de chômage que chez nous

 Antoine PARDESSUS

Extrait de l'union du 30/09/2018

    

    

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Les bouchers sont visés

La filière viande en appelle à l’État face à la « terreur » dont ils seraient victimes.  


Samedi dernier, deux militants de « Boucherie Abolition » présentaient un petit cochon mort devant une boucherie parisienne. AFP

Les nuits sont d’ordinaire calmes à Saint-Arnoult-en-Yvelines, au sud-ouest de Paris. Alors, quand Elisabeth Curé, qui habite au-dessus de son magasin, a entendu l’impact de pavés projetés contre la vitrine de sa boucherie à 3 heures, la semaine dernière, elle a « été surprise » . Les inconnus ont aussi tagué « Stop répression », « c’est comme ça que j’ai su que c’était des vegan radicaux  » , explique M meCuré. Sa mésaventure est l’un des derniers avatars de la vague de dégradation et destruction de vitrines qui vise boucheries, charcuteries, fromageries et abattoirs, et va du faux sang versé sur la façade des magasins à la pose d’autocollants condamnant le « spécisme » et la « répression ».

Il faut que les pouvoirs publics prennent leurs responsabilités pour stopper cette montée de violence qui peut très mal finir
Marc Pagés, directeur général d’Interbev

Dans la nuit de jeudi à vendredi, un abattoir a été partiellement détruit par un incendie apparemment criminel dans l’Ain (lire ci-dessous). Dans la foulée, le président de l’interprofession des viandes bovines Interbev et celui de l’interprofession des viandes porcines Inaporc ont demandé à Emmanuel Macron d’ « enrayer immédiatement » les « violences sectaires qui ne peuvent qu’aboutir à une guerre civile » .

DIX-SEPT VITRINES DE BOUCHERIES DÉTRUITES CETTE ANNÉE

Pour les antispécistes, le spécisme (du latin « species », l’espèce) est une idéologie qui postule une hiérarchie entre les espèces, notamment entre l’être humain et les animaux. Cette philosophie, qu’accompagne une alimentation végétalienne (qui proscrit tout produit issu des animaux), connaît une fortune aussi fulgurante que récente en France. « Depuis le début de l’année, on en est à 17 vitrines de boucheries détruites et des dizaines de dégradations » , déplore Jean-François Guihard, président de la Confédération française de la boucherie, boucherie-charcuterie, traiteurs (CFBCT) qui représente 18 000points de vente. « L’État doit prendre les mesures nécessaires » , juge-t-il en demandant à rencontrer les ministres de l’Intérieur et de la Justice pour endiguer cette « forme de terreur » . Interrogé au début du mois sur RMC-BFMTV, Gérard Collomb, qui les a reçus cet été, a assuré aux bouchers-charcutiers qu’ils pouvaient « compter sur (lui) ».

Mi-septembre six personnes ont été interpellées dans l’enquête sur la vandalisation de neuf commerces, dont des boucheries et poissonneries, dans la métropole lilloise. Mais, si aucun groupe n’a revendiqué ces actions, bouchers et autorités pointent du doigt une frange minoritaire et violente de l’antispécisme militant.

Les extrémistes de la brutalité, ce sont les bouchers
Solveig Halloin, porte-parole de Boucherie Abolition

Parmi les mouvements et associations qui ont fait parler d’eux, L214, 269 Life France et Boucherie Abolition ont entrepris les actions les plus spectaculaires. L214 s’est fait connaître en diffusant des images choc tournées en cachette dans des élevages ou des abattoirs.

Créée il y a deux ans, Boucherie Abolition se bat « pour l’abolition du génocide appelé boucherie » , explique sa porte-parole Solveig Halloin. « Éleveur ne devrait pas être un métier. La routine de l’élevage c’est la violence et la persécution. La vache ne rit pas, elle crie » , dit-elle.

Si elle ne revendique aucune dégradation, Solveig Halloin ne les condamne pas, car « les extrémistes de la brutalité, ce sont les bouchers. »

PRÊT À ALLER EN PRISON POUR SA CAUSE

Samedi dernier, Boucherie Abolition a organisé avec 269 Life France des happenings devant des boucheries. À Paris, Vincent Aubry et une autre militante de Boucherie Abolition portaient un petit cochon mort qu’ils ont exhibé devant des boucheries pour dénoncer ces commerces qui « vendent du meurtre » . Vincent Aubry ne condamne pas non plus les destructions, il se dit « prêt à aller en prison s’il le faut » . « Notre seule limite, c’est la violence contre les êtres humains » , assure-t-il.

La piste criminelle privilégiée après l’incendie d’un abattoir

Un violent incendie a ravagé dans la nuit de jeudi à vendredi un abattoir de l’Ain : la piste criminelle était privilégiée sur fond de tensions croissantes entre certains militants de la cause animale et la filière viande.

L’incendie, qui n’a pas fait de blessé, s’est déclaré vers 1 heure sur la petite commune de Haut-Valromey, réduisant en fumée la moitié des 4000 m 2 des Établissements Gesler, un important employeur local. « Tout ce qui est abattoir pur et bouverie n’a pas été impacté. Par contre, la charcuterie est détruite à 100 %, l’administratif pareil et, pour tout ce qui est salle de découpe, il y aura de gros, gros travaux » de remise en état, a précisé Pierre Favre, un des dirigeants de l’entreprise, exprimant son « incompréhension » devant cet acte« gratuit ». « J’ai eu beaucoup de solidarité du monde paysan qui est arrivé tout de suite » pour mettre les bêtes en sécurité, a-t-il souligné.

« Plusieurs véhicules » garés sur le site ont été détruits, ont ajouté les pompiers qui, à l’aide de quinze engins, sont parvenus à maîtriser le sinistre au bout de quatre heures.

« Nous sommes certains que c’est criminel. Des experts sont attendus sur place pour des vérifications » , a confirmé le procureur de la République de Bourg-en-Bresse Christophe Rode, qui a ouvert une enquête pour « destruction volontaire de biens par substances incendiaires » . Selon la gendarmerie, «  plusieurs départs de feu » ont été en effet constatés sur le site, où « ni revendication ni tags» n’ont été relevés. « Il y a eu six départs de feu. La police a retrouvé six bidons d’accélérant, donc il est évident que c’est criminel. On ne sait pas qui a besoin ou envie de voir un outil de travail de cette nature partir en flammes » , dénonce Christelle Gesler, fille du fondateur de l’entreprise. Qui peut avoir « besoin ou envie de voir 80 familles au chômage technique ? » , s’est-elle demandé. La brigade de recherche de la gendarmerie de Belley a été chargée de l’enquête.

 Extrait de l'union du 29/09/2018

    

    

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Nous ne sommes pas des quotas, nous sommes comme tout le monde !

Les lois sur l’accessibilité se suivent   et se ressemblent… dans le retard qu’elles prennent.  Hier, journée nationale de mobilisation,  des handicapés ont témoigné de leur quotidien.


Badia Allard (en haut à gauche) a attendu 45 minutes et laissé passé quatre bus mardi avant de pouvoir monter dans un bus adapté...Gautier Richard (en bas), 22 ans, s’insurge contre les nouveaux établissements qui ne respectent pas les normes d’accessibilité. «C’est pas comme s’ils ne savaient pas...» Remi Wafflart


Après trois lois sur l’accessibilité non respectées et des délais sans cesse accordés, les militants d’APF France Handicap ont dénoncé hier, lors d’une mobilisation nationale, les retards accumulés... même si de réels efforts ont été réalisés à Reims. Remi Wafflar

 Quarante-cinq minutes… C’est le temps qu’elle aura dû attendre mardi, à l’arrêt Carnot, avant de pouvoir monter dans un bus pour se rendre à Saint-Brice-Courcelles. « J’ai dû en laisser passer 3 ou 4 avant de pouvoir monter dans un bus adapté, avec une rampe… Et pour le retour, il ne fallait surtout pas que je rate le dernier bus de 20 h 20. C’était le dernier et le seul adapté à mon handicap… Mais, je ne vais pas me plaindre, ça faisait 30 ans que je bataillais pour avoir le droit de monter dans un bus. Ma première fois, c’était le 5 septembre dernier. Un vrai bonheur pour moi, j’étais comme une enfant ! » Badia Allard est handicapée, en fauteuil roulant… La Rémoise n’est pas du genre à se plaindre, elle savoure d’ailleurs le « droit » qui est le sien aujourd’hui de pouvoir «  monter dans un bus comme tout le monde… Accéder pour exister, on en est là ».

Car voilà, depuis le 1 er septembre, 83 bus du réseau Citura sont enfin adaptés aux personnes à mobilité réduite… « À condition d’être sur la bonne ligne et à la bonne heure,ajoute Bernadette Marchand, en fauteuil roulant depuis 2002. Sur les 17 lignes, il y en a à peine 4 qui sont accessibles… Ils pourraient faire des progrès ».

Comme Badia ou Bernadette, ils étaient une trentaine hier après-midi à s’être retrouvés place d’Erlon, à l’appel d’APF France Handicap, pour interpeller les élus et l’opinion publique sur les difficultés d’accessibilité rencontrées au quotidien par les personnes en situation de handicap, mais aussi par l’ensemble de la population. Une mobilisation nationale motivée par la première échéance des agendas d’accessibilité programmée, les Ad’AP (lire par ailleurs).

C’est en effet ce mercredi que les établissements recevant du public de 5 e catégorie et les bus urbains auraient dû être à 100 % aux normes. « C’est loin d’être le cas , reconnaît Gaël Houée, président d’APF Marne/Ardennes. Ça n’avance pas assez vite, il faut dire que la loi de 2005 a eu bien du mal à se mettre en route. Les échéances sont à chaque fois reportées ».

À REIMS, EN 5 ANS, ILS ONT FAIT 50 % DES TRAVAUX INDISPENSABLES

Les bâtiments communaux, les magasins, la santé, les écoles… Les adhérents de l’association ont fait un petit point d’étape sur l’accessibilité à Reims et, avec honnêteté, ont reconnu que de nombreux efforts avaient été réalisés dans tous les domaines. C’est ainsi que tous ont salué l’arrivée du tramway. « C’est une vraie réussite , reconnaît Badia Allard. C’est le seul moyen de transport véritablement accessible à Reims, même s’il ne nous emmène pas partout. » Et de déplorer, en revanche, l’absence de taxi adapté.

« À Reims, en 5 ans, ils ont fait 50 % des travaux indispensables , lâche Bernadette Marchand. Il y a 7 ans, il n’y avait rien ! Le centre-ville n’était pas accessible. Les bâtiments publics, les magasins… Il y a eu de gros efforts. Même des petits magasins. Il y a cette boulangerie de la rue de Vesle qui n’est pas accessible, mais qui a mis une sonnette et sort une rampe quand il y a besoin… Mais bon, tout le monde ne joue pas le jeu ».

UNE PLAINTE DEVANT LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF

Ce que déplore APF France Handicap, c’est le manque de rigueur vis-à-vis de ces fameux agendas d’accessibilité programmée. « Il n’y a pas de contrôle, il n’existe qu’un très faible nombre d’indicateurs publics concernant l’état d’avancement de ces Ad’AP, regrette Gaël Houée. Et certains établissements qui se sont déclarés accessibles sur l’honneur à la préfecture ne le sont pas en réalité ! APF a d’ailleurs porté plainte contre une chaîne de boulangeries à Angers pour le non-respect de ces Ad’AP. À Reims, un grand nombre d’établissements ne sont malheureusement toujours pas accessibles ! » Le président marnais a, de son côté, engagé une action devant le tribunal administratif contre le nouvel hôtel de communauté de Suippes, qui n’est pas aux normes.

« Ce qui me révolte, moi, c’est le nombre de nouveaux bâtiments qui ne sont pas vraiment accessibles,renchérit Gautier Richard, un jeune homme de 22 ans, qui a connu les centres depuis son enfance. Il y a eu des avancées depuis que je suis jeune. Il y a eu des avancées dans les écoles, au quotidien ça bouge… Mais pourquoi, certains nouveaux bâtiments ne sont pas aux normes ! C’est pas comme s’ils ne savaient pas ! Ça, c’est intolérable pour moi. C’est dommage de refaire des travaux sur quelque chose de neuf.» Et Bernadette d’évoquer les maisons de quartier. « Elles ne sont pas toutes accessibles, c’est bien dommage. Ou alors, elles le sont faussement. À Orgeval par exemple, il y a une rampe, mais la pente est tellement raide qu’on ne peut pas la prendre ! Du coup, on rentre par-derrière, du côté des poubelles. C’est pas normal ! »

L’hôpital, la nouvelle polyclinique… « C’est aux normes, sans être aux normes , ajoute Badia Allard. Il y a fauteuil roulant et fauteuil. Le mien ne passe pas dans une salle de bain de la nouvelle clinique à Bezannes… On ne demande qu’à vivre facilement comme tout le monde. Qu’on soit assis ou debout. Nous sommes comme tout le monde. Je déteste ce mot, en fait. Nous ne sommes pas des quotas, mais comme tout le monde ! »


« 
Certains établissements qui se sont déclaré accessibles à la préfecture ne le sont pas en réalité »
Gaêl HOUEE – APF Handicap

DES AGENDAS D’ACCESSIBILITÉ PROGRAMMÉE, POUR QUOI FAIRE ?

Les Ad’AP (agendas d’accessibilité programmée) ont été introduits par le gouvernement en 2014. Il s’agit d’outils de programmation de mise en accessibilité d’un établissement recevant du public (une école, un cinéma, un restaurant, une agence Pôle emploi, etc.) ou d’un service de transport. C’est à la préfecture de valider ou non ces Ad’AP pour lesquels trois échéances ont été fixées.

La première échéance était pour… hier. La date du 26 septembre 2018 était la date butoir pour les établissements recevant du public de 5 e catégorie isolés, c’est-à-dire les commerces de proximité n’appartenant pas à une chaîne, ou les services publics accueillant un petit nombre de personnes, ainsi que pour les bus urbains.

Prochaines échéances : le 26 septembre 2021, pour les établissements recevant du public des catégories 1 à 4 (classifiés selon le nombre de public accueilli) et les services de transports interurbains et celle du 26 septembre 2024 pour les gestionnaires de patrimoine, à partir de 50 établissements recevant du public, ainsi que le transport ferroviaire.

 LE NOMBRE DE LOGEMENTS NEUFS ACCESSIBLES VA BAISSER

C’est l’un des nombreux coups de gueule d’APF France Handicap : la baisse annoncée du nombre de logements neufs accessibles aux personnes handicapées. Un point de crispation porté en avril dernier par le projet de loi Élan (Évolution du logement et aménagement numérique) et son article 18 qui prévoyait de passer du « 100 % de logements neufs accessibles »,prévu par la loi Handicap du 11 février 2005, à la notion de « 10 % de logements évolutifs », autrement dit susceptibles d’être adaptés pour accueillir une personne handicapée, en abattant, par exemple, des cloisons amovibles. Alors que l’Assemblée Nationale avait donné son feu vert en juin dernier à cette mesure, le Sénat, au regard de la polémique suscitée, a choisi de ramener ce quota à 30 %. Une décision tout simplement « inacceptable » pour nombre d’associations, dont l’APF France, qui, regroupées dans un collectif, se sont fendues d’un communiqué dans lequel elles dénoncent un « inepte marchandage », qui « accroît les inégalités entre les citoyens ! »

Hier, Gaël Houée, président de l’APF Marne, a déploré « l’adoption de cet article. C’est une décision irresponsable et contraire aux besoins des personnes en situation de handicap et des personnes âgées. » Aujourd’hui, APF France Handicap demande qu’au moins 60 parlementaires puissent saisir le Conseil constitutionnel pour censurer l’article 18 pour les motifs de « discrimination et de rupture d’égalité des citoyens devant la loi ».

Le Défenseur des Droits, la Commission nationale consultative des Droits de l’Homme et le Conseil national consultatif des personnes handicapées sont autant d’instances qui se sont élevées avec force contre le caractère « régressif » de l’article 18. Par ailleurs, le Conseil de l’Europe a mis en garde la France contre une « diminution significative » du nombre de logements neufs obligatoirement accessibles aux personnes handicapées.

Les autres points

180 ARRÊTS DE BUS ACCESSIBLES

Dans le cadre des Ad’AP, la Ville de Reims avait l’obligation de rendre accessible ses quais de bus sur les lignes prioritaires. « Ce programme de mise aux normes d’accessibilité des arrêts de bus est en cours de réalisation, il concerne les arrêts situés sur les cinq lignes armatures du réseau de bus Citura, soit 180arrêts de bus », précise Patrick Bedek, vice-président en charge des transports. « À la fin de l’année2018, soit d’ici 3 mois, ce programme sera achevé ainsi, la ligne de tram et ces cinq lignes seront accessibles au sens réglementaire. » Pas moins de 2,5millions d’euros ont été consentis. À noter que le service Trëma assure le porte-à-porte pour plus de 1 000abonnés.

LES BUS CITURA BIENTÔT ADAPTÉS

Le réseau Citura s’est engagé à ce que tous ses bus soient adaptés d’ici le 15 octobre sur les lignes 1 à 5, soient 60 % du réseau. À noter que depuis 2016, Citura a mis en place un service d’accompagnement au premier voyage pour les personnes à mobilité réduite.

PRISE EN COMPTE DE L’ACCESSIBILITÉ DANS LES PROJETS NEUFS

S’agissant des espaces publics, Laure Miller, adjointe au maire chargée des espaces publics, précise que la Ville « tient évidemment compte de la réglementation en matière d’accessibilité à l’occasion de chacune de nos rénovations de voirie. Cela passe par la largeur des trottoirs (1,40 m minimum), par les abaissés de trottoirs, par les bandes podotactiles notamment. Il n’y a pas de budget spécifique pour cela puisqu’il est intégré dans le budget global de la voirie concernée. Nous réalisons aussi un travail pour rendre les feux tricolores accessibles aux non-voyants. Nous avons pour cela un budget annuel de 5 000 euros ».

DES AMÉLIORATIONS AU QUOTIDIEN

Environ 2 millions d’euros par an sont également consacrés à l’accessibilité des bâtiments. La Ville réalise aussi des améliorations au quotidien à partir des remontées de terrain aussi bien par des Rémois à titre individuel que par le biais des conseils de quartier. À noter qu’à l’occasion de la concertation pour le projet Reims Grand Centre, la Ville avait un traducteur en langue des signes présent afin que cette concertation soit accessible aux malentendants.

UNE COMMISSION INTERCOMMUNALE D’ACCESSIBILITÉ CRÉÉE EN 2019

La commission intercommunale d’accessibilité, organisée en sous-commissions balayant la globalité de la chaîne de déplacement (cadre bâti, logement, espace public, voirie, transport), sera recréée début 2019 à l’échelle de la communauté urbaine du Grand Reims.

Caroline GARNIER

Extrait de l'union du 23/09/2018

    

    

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Stéphane Sellami - Pour le banditisme, le foot est un magnifique casino

Journaliste spécialiste du grand banditisme, Stéphane Sellami cosigne un livre coup de poing sur la mainmise du milieu sur le foot, particulièrement à Marseille.

Grâce à une centaine de témoignages, le livre cosigné par Stéphane Sellami, Mathieu Grégoire et Brendan Kemmet révèle les secrets inavouables qui unissent ballon rond et mafia, dans la plus grande opacité.

À quand remontent les liens du grand banditisme avec le foot ?

À une quarantaine d’années, mais cela a vraiment explosé avec l’arrivée de Tapie et de Lagardère, les premiers grands argentiers du football. Nous sommes dans l’après Coupe du monde de 1986. Une manne financière très importante arrive sur le marché et tout explose! Luis Fernandez signe au Racing pour 700 000 francs par mois. C’était énorme à l’époque et cela a tué le marché. Marseille a également ouvert les vannes pour recruter les meilleurs joueurs. Le milieu a vite compris que le foot était un magnifique casino, avec de l’argent qui coulait de partout. Il pouvait juste s’enrichir sans avoir à blanchir d’argent. À partir du moment où vous vous greffez sur les transferts de joueurs, vous n’apparaissez qu’en seconde ou troisième ligne, à travers par exemple les rétrocommissions (pourcentage rétrocédé sur le montant d’un transfert).

Comment se fait l’approche d’un joueur ?

Quand vous êtes joueur de foot, vous avez souvent un train de vie important, vous allez dans les restaus et les boîtes à la mode… Les gens du grand banditisme ont un peu le même style de vie, et souvent, ces lieux leur appartiennent. Le milieu sent très bien quand il y a une faille chez une personne ou dans un système, et là il s’engouffre. Certains joueurs acceptent cela sans trop de problèmes, pour d’autres cela devient très compliqué. Mais la «prise en main » d’un joueur fait qu’ensuite il est tranquille et que personne ne l’embête. Ensuite l’agent fait savoir qu’untel est son joueur et qu’il faut mettre tant sur la table pour l’avoir.

Comment s’exercent les pressions quand ce système est en place ?

Ce sont des coups de fils, des rencontres qui font monter la tension, en servant parfois des supporters pour accentuer la pression. Les enquêteurs notent une technique propre à Marseille, le home-jacking (séquestration de la famille à son domicile et cambriolage). Les joueurs dont on ne voulait plus ont eu quelques petites visites nocturnes assez effrayantes et demandaient aussitôt à partir. Je pense par exemple à Lucho Gonzalez. Une autre technique a consisté à cramer le joueur physiquement, en le poussant à l’entraînement pour qu’il soit complètement cuit à lors du match. Il faut bien sûr une entente en interne pour cela. N’oublions pas la pression sur l’entraîneur Jean Fernandez, dont la femme a été enlevée, conduite au bord d’une falaise et menacée d’être jetée dans le vide. Tout cela pour que son mari quitte le club. Ce qu’il a fait…

Vous décrivez un climat de terreur…

Oui, pour le moins malsain. Cela montre que des gens qui n’avaient rien à voir avec le club faisaient la pluie et le beau temps en matière de transfert. Les premiers pas de Tapie ont permis de canaliser tout cela, parce que la machine tournait, mais dès que les résultats ont été décevants et que les transferts se sont ralentis, la machine s’est grippée et tout s’est tendu.

Deschamps a vraiment souffert à Marseille ?

Oui. Vous aviez Deschamps d’un côté, Anigo de l’autre et au milieu le président Vincent Labrune qui jouait avec tout cela pour essayer de tenir les rênes. L’ambiance au club était terrible. À Marseille, Deschamps a fait comprendre que c’était lui seul qui faisait la composition de l’équipe. Mais José Anigo, en rivalité avec l’entraîneur, était encore plus sous la pression du grand banditisme marseillais, en particulier celle de Richard Deruda, qui voulait faire jouer son fils. La faiblesse d’Anigo, c’était d’être marseillais et d’avoir grandi avec ces gens-là.

C’est cette « tradition » marseillaise qui fait qu’il n’y a jamais de telles histoires à Toulouse ou à Reims ?

Cela paraît caricatural, mais c’est la réalité. Ça se passe dans les clubs ou il y a beaucoup d’argent et beaucoup de transferts. C’est sûr que cela ne pouvait pas arriver à Auxerre où à Guingamp !

Ce que vous appelez le néobanditisme des cités fait apparaître d’autres appétits et de nouvelles villes, comme Lyon et Paris ?

Cette évolution de la société et aussi celle des centres de formation qui intègrent de plus en plus de joueurs issus des banlieues. Ils ont une identité, une culture et un langage. Quand un copain d’enfance réussit, ils veulent aussi en profiter. Alors on fait tout pour se retrouver dans les milieux où l’on flambe. Il faut dire que les joueurs sont de grands enfants et de gros assistés avec des comptes en banque énormes… Ils ne savent rien faire tout seul et une faune qui a tout compris leur tourne autour.

Les joueurs emblématiques de ces relations à risque sont aujourd’hui, Benzema et Nasri ?

Et Blaise Matuidi. Il ne cède pas aux propositions mais on sent que ce n’est pas de son fait. C’est sa femme et son père qui disent stop. De plus, celui qui veut gérer sa carrière se retrouve derrière les barreaux. Benzema n’a pas laissé tomber ses potes de jeunesse, pour le pire, mais l’assume. Il est fidèle et n’avait rien à gagner dans l’affaire de la sextape. Nasri, c’est autre chose, car on a affaire à un entourage beaucoup plus méchant, plus gourmand et plus retors.

« Les Parrains du foot » (Mathieu Grégoire, Brendan Kemmet et Stéphane Sellami), Éditions Robert Laffont 418 pages, 21 euros

Philippe  MINARD

Extrait de l'union du 23/09/2018

    

    

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Il y a soixante ans naissait la Vème république

Née dans le tumulte et souvent brocardée, la Constitution de la V e reste, depuis le 4 octobre 1958, le pilier des institutions politiques et semble avoir encore de beaux jours devant elle.


Michel Debré, ministre de la Justice, présente l'exemplaire original de la Constitution de la Vè République, le 7 octobre 1958 à Paris. AFP

Voulue par Charles de Gaulle pour renforcer les pouvoirs du chef de l’État de la V e République, la loi fondamentale est entrée en vigueur au plus fort de la guerre d’Algérie, qui avait achevé d’épuiser une IV eRépublique fragile dès ses premiers jours.

1 - SORTIR DE LA CRISE

Dès le lendemain de la Libération, le chef de la France libre avait affirmé sa volonté de changer les institutions pour en finir avec l’instabilité ministérielle qui rendait le pays ingouvernable.

La toute-puissance de la Chambre des députés sous la III e République s’était effondrée avec le régime au lendemain de la défaite militaire de 1940 face à l’Allemagne et l’instauration du régime de Vichy. Mais en octobre 1946, la volonté des partis de conserver leurs prérogatives devait donner naissance à la IV e République.

De retour au pouvoir douze ans plus tard à l’occasion de la crise algérienne, de Gaulle peut enfin engager la réforme des institutions sans laquelle le régime risquait à nouveau de s’écrouler. Les députés l’investissent président du Conseil en juin 1958 avec les pleins pouvoirs, dont celui de rédiger une nouvelle constitution.

2 – RETROUVER UN EXÉCUTIF FORT

Pour de Gaulle, il s’agit avant tout de redonner au pays un exécutif fort. Le projet piloté par Michel Debré, alors Garde des sceaux, tend à assurer un régime politique stable en redonnant à l’exécutif les moyens de gouverner dans la durée. Pour ses initiateurs, le gouvernement ne doit plus être l’émanation des partis, qui pouvaient le mettre ensuite régulièrement en minorité à l’Assemblée, comme ce fut le cas sous la IV e République. Tout en respectant les grands principes démocratiques, le texte donne au chef de l’État une place prépondérante.

24
Régulièrement réformée, adaptée à l’évolution de la France et à son environnement international, la Constitution de la V e a été révisée 24 fois en 60 ans.

3 - PLÉBISCITE APRÈS RÉFÉRENDUM

Le bouleversement des institutions déconcerte les juristes. On parle alors de « régime semi-présidentiel» ou de « régime parlementaire régénéré » et les plus hostiles y voient le risque d’un pouvoir personnel et d’un régime autoritaire. Mais le référendum du 28 septembre sur le projet de constitution devient un vote pour ou contre

de Gaulle : le oui l’emporte avec près de 80 % des voix en métropole et la Constitution de la V eRépublique est promulguée le 4octobre.

4 – INSTAURATION DU SUFFRAGE UNIVERSEL

Quatre ans plus tard, un nouveau référendum parachève la réforme. Conséquence logique du processus engagé en 1958, le général de Gaulle propose que le président de la République soit élu au suffrage universel. Une évolution qui renforcerait la légitimité du chef de l’État et prendrait effet en 1965, à l’issue de son mandat. Nouvel affrontement entre partisans d’une République parlementaire, hostiles au référendum, et d’un régime semi-présidentiel. François Mitterrand dénonce « l e coup d’État permanent » dans un vigoureux pamphlet. Mais le 28 octobre 1962, les Français se prononcent à 62,2 % pour le suffrage universel.

3 QUESTIONS à


Jean-Louis DEBRE
Ancien ministre

Elle est adaptée   aux circonstance 

Comment parvient-on à rédiger la Constitution de 1958 en seulement quelques mois ?

Mon père (Michel Debré) et le général de Gaulle partageaient la conviction qu’une Assemblée constituante comme celle de la IV eRépublique est incapable de faire un projet de constitution cohérent, et que le texte de compromis aboutira à la paralysie du gouvernement.

C’est exactement ce qui s’est passé sous la IV e . Donc, il faut aller vite et qu’il y ait une cohérence dans le texte constitutionnel.

Pourquoi attendre 1962 pour y inscrire le suffrage universel ?

En 1958, Michel Debré et de Gaulle vont écarter le suffrage universel pour plusieurs raisons. D’abord parce qu’ils considèrent que de Gaulle, qui a une légitimité très forte, n’en a pas besoin. Ensuite, à l’époque la citoyenneté française va bien au-delà de la métropole et il est difficile, politiquement, de faire que toute l’Afrique francophone participe à l’élection du président de la République. Enfin, en 1958, l’opposition est très vive et ils n’ont pas envie de laisser un argument que les opposants ne manqueraient pas d’utiliser.

Comment expliquer la longévité de cette Ve République ?

Notre constitution a permis de gouverner à des présidents complètement différents. Elle a traversé des alternances, des crises politiques et elle est toujours là. Elle est adaptée aux circonstances.

Extrait de l'union du 23/09/2018

    

    

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RECYCLAGE

Déchets plastiques : Et si une partie de la solution était de les transformer en carburant ?
 C’est l’idée de Plastic Odyssey et de on catamaran, qui prépare un tour du monde de trois ans carburant aux déchets plastiques. Le but ultime ? Mettre un coup de projecteur sur la pyrolyse, vieille technique qui permet de transformer le plastique en diesel et essence...


Pastic Odyssey a conçu un prototype de son bateau carburant au déchet plastique qui sillonne les côtes françaises depuis juin 2018. — UCASSANTUCCI/ZEPPELIN/SIPA

 La pyrolyse, technique vieille comme le monde, permet de transformer le plastique en essence, en diesel, ainsi qu’en gaz, en le chauffant à haute température tout en le privant d’oxygène.

 Plastic Odyssey entend faire un tour du monde en bateau en carburant à cette seule énergie. D’autres associations s’activent également avec l’objectif affiché de concevoir des pyrolyseurs tenant dans des conteneurs maritimes facilement déployables L’intérêt ? Produire de l’énergie à partir de déchets dont nous ne savons pas toujours quoi faire tout en puisant moins dans nos ressources fossiles.

« Etre le nouveau solar impulse ». Le 26 juillet 2016, le pilote suisse Bertrand Piccard bouclait le premier tour du monde aérien sans carburant, à bord de l’avion solaire Solar Impusle 2. Le modèle tombe comme une évidence pour Alexandre Dechelotte et les trois autres cofondateurs de Plastic Odyssey.

Ces quatre jeunes ingénieurs, entourés aujourd’hui d’une équipe d’une vingtaine de personnes, veulent eux aussi lancer un tour du monde improbable. A bord d’un catamaran de 24 mètres, le long des côtes les plus polluées au monde et en utilisant pour seule source d’énergie des déchets plastiques transformés en carburant.

La pyrolyse pour remonter le temps

Pourquoi pas. Après tout, la majorité des plastiques sont fabriqués à partir de produits pétroliers. Le procédé qui permet de faire le chemin inverse est la pyrolyse. « Elle consiste à chauffer à haute température le plastique récupéré sans lui apporter de l’oxygène, précise Alexandre Dechelotte. Il manque alors un des trois éléments pour faire du feu si bien, qu’au lieu de brûler, le plastique se fragmente peu à peu jusqu’à devenir liquide et gazeux. »


La pyrolyse consiste à chauffer à haute température le plastique récupéré sans lui apporter de l’oxygène. Il manque alors un des trois éléments pour faire du feu si bien, qu’au lieu de brûler, le plastique se fragmente peu à peu jusqu’à devenir liquide et gazeux. - LUCASSANTUCCI/ZEPPELIN/SIPA

Plastic Odyssey a prévu de lancer l’expédition en mars 2020 et la construction du navire devrait débuter d’ici la fin de l’année à La Rochelle (Charente-Maritime). En attendant, l’équipe a mis au point un bateau prototype, de six mètres de long occupé en grande partie par un pyrolyseur. Ce drôle d’engin se balade dans les grands ports de France depuis mi-juin et sera à Marseille à compter de ce mercredi, avant La Rochelle, fin septembre, et Paris, début octobre.

Avec cette première machine, Plastic Odyssey se dit être en capacité de traiter par heure 4 à 5 kg de déchets plastiques, réduits au préalable en miettes de quelques millimètres puis chauffés dans une cuve à 430°. De quoi obtenir trois litres de carburant : 75 % de diesel et de kérosène et 25 % d’essence. Le processus de pyrolyse donne aussi des résidus de charbon ainsi que du gaz. « Nous récupérons les premiers en vue d’en faire d’autres produits, comme des pneus, explique Alexandre Dechelotte. Quant au gaz, il sera réinjecté dans la machine en tant qu’énergie. »


Plastic Odyssey@PlasticOdysse

Bien pour bon nombre de nos sacs et emballages plastiques

La pyrolyse du plastique ne sera pas la solution miracle à tout. L’utilisation de cette énergie ainsi produite émet déjà tout autant de carbone qu’un carburant classique. Le procédé se prête également mal à certaines familles de plastique comme les PVC ou les PET. Ils relâcheraient du chlore, toxique, s’ils étaient chauffés.

Ne comptez pas non plus sur la pyrolyse pour réduire le volume de déchets plastiques déjà en mer. « Ils sont trop dégradés pour que nous puissions les transformer en carburant », signale Alexandre Dechelotte. Le catamaran devra donc faire le plein à chacune de ses escales en utilisant le plastique non recyclé ramassé sur place. L’équipage devra alors calculer au plus juste la quantité de carburant nécessaire pour rallier deux étapes, sans tomber en rade ni, à l’inverse, s’alourdir inutilement. Pas une mince affaire quand il s’agit de traverser le Pacifique.

Ces limites mises de côté, la pyrolyse du plastique laisse entrevoir de belles potentialités. Celles de moins puiser dans les ressources fossiles tout en valorisant une plus grande partie des 320 millions de tonnes de plastiques produites sur Terre chaque année. « Le processus se prête bien au polyéthylène et au polypropylène, plastiques les plus utilisés au monde et qui composent bon nombre de nos sacs et films plastiques encore emballages alimentaires, rappelle ainsi François Danel, directeur d’ Earthwake, association cofondée par le comédien Samuel Le Bihan et qui a présenté son prototype de pyrolyseur la semaine dernière à Antibes. Un autre avantage est que la pyrolyse permet de traiter plus facilement les plastiques souillés, ce qui pose problème dans le recyclage mécanique [retransformation du déchet en matière plastique]. »

Un prix du baril qui freine la pyrolyse ?

Plastic Odyssey et Earthwake ne sont pas les seules sur le coup. Côté association, il faudrait aussi citer au moins Race for Water et son catamaran, lancé depuis avril 2017 dans un tour du monde dédié à la sensibilisation à la pollution plastique. La pyrolyse figure en très bonne place parmi les solutions présentées. « Les industriels et PME sont aussi très actifs sur le sujet, ajoute Philippe Hugeron, vice-président du club pyrogazéification qui fédère les sociétés françaises intéressées par le procédé. En quatre ans d’existence, nous en sommes déjà à 80 membres. Il s’agit notamment d’énergéticiens en quête de nouvelles énergies renouvelables ou des acteurs du recyclage qui cherchent des solutions à des déchets dont ils ne savent pas quoi faire. »

Des start-up émergent également. Dernière grande annonce en date, celle de Quantafuel, start-up norvégienne qui a annoncé début juin la construction desa première usine de transformation de plastique en carburant au Danemark. Elle devrait permettre dès l’an prochain de produire 350 barils d’essence par jour à partir de 60 tonnes de déchets.

Le hic, c’est que le contexte actuel n’encourage pas le développement à plus grande échelle de la pyrolyse « Le processus est aujourd’hui peu rentable et devrait le rester tant que le prix du baril du pétrole restera bas, rappelle Slavik Kasztellan, responsable du programme pétrochimie à l’IFP Energies nouvelles, un organisme public de recherche dans les domaines de l’énergie et des transports. On le voit pas forcément à la pompe, mais produire du carburant à partir de pétrole brut est très peu cher aujourd’hui. Le faire à partir de déchets plastiques nécessite au préalable de le récupérer, le trier, le convertir… »

François Danel estime que les règles sont en passe de changer, « à mesure qu’on prend conscience de l’ampleur de cette pollution plastique ». « S’il devient de plus en plus cher d’enfouir nos déchets ou que le prix de la tonne de C02 et/ou le prix des énergies fossiles augmentent, alors notre filière pourrait prendre un rapide essor. »

Concevoir des pyrolyseurs qui tiennent dans des conteneurs

Plastic Odyssey et Eartwake n’ont pas envie d’attendre. « Le prix du baril nous importe peu, nous nous focalisons sur la question des déchets plastiques, urgente à régler », lance Alexandre Dechelotte. Le tour du monde qu’il prépare n’est quelque part qu’un prétexte destiné à « montrer à un maximum de monde, que la pyrolyse du plastique marche d’ores et déjà et qu’elle ne nécessite pas de lourdes installations », insiste-t-il.

Les deux associations poursuivent un même objectif : concevoir au plus vite des pyrolyseurs qui tiennent dans des conteneurs maritimes déployables rapidement et un peu partout. « D’ici six mois, nous devrions être capables de mettre au point une machine bien plus grande, la Chrysalis 35, capable de traiter 70 kg de déchet par heure », explique François Danel pour Earthwake. Le tout pour un coût estimé à 50.000 euros que l’association prévoit d’amortir en un an. Cette machine sera en partie utilisée pour des applications vertueuses, notamment fournir du carburant à la SNSM (Société nationale de sauvetage en mer).

« Mais pourquoi pas un jour en déployer un ou plusieurs pyrolyseurs en Côte d’Ivoire, au Sénégal et au Burkina-Faso où nous menons déjà des projets et où nous aurons le plus besoin, poursuit François Danel. Autant pour réduire le volume des déchets plastiques que pour produire de l’énergie en circuit court et avec un bilan carbone réduit. « Du carburant pour les bateaux ou les tracteurs ou bien pour alimenter le générateur électrique d’une école », imagine le directeur d’Eartwake.

Fabrice Pouliquen

Extrait deLe Monde du 20/09/2018


Pollution plastique

 Le projet « Ocean Cleanup » peut-il vraiment nettoyer les océans ?

« Ocean Cleanup » peut-il vraiment nettoyer les océans ?

 Cet été, le jeune Néerlandais Boyan Slat mettra à l’eau le premier maillon de son projet  « Ocean Cleanup », des barrières flottantes destinées à nettoyer le vortex de déchets dans le Pacifique nord. Des scientifiques dénoncent un écran de fumée… 


«
200 millions de tonnes de déchets plastiques ont été rejetées dans les océans depuis 1950 », évalue la scientifique Alexandra Ter Halle. CATERS/SIPA

Le projet « Ocean Cleanup » prévoit de déployer une flotte d’une trentaine de barrières flottantes, en forme de fer à cheval, dans le vortex de déchets du Pacifique Nord. Une première barrière devrait être mise à l’eau en septembre.

 Derrière ce projet, il y a Boyan Slat, 23 ans et beaucoup d’ambition. Le jeune Néerlandais se dit en capacité de nettoyer 50 % de cet amas gigantesque de déchets plastiques en cinq ans.

     « Il est illusoire de croire qu’on va nettoyer les océans », mettent en garde plusieurs scientifiques qui préconisent bien plus de chercher des solutions à terre contre cette pollution plastique.

Boyan Slat promet «  le plus grand nettoyage de l’histoire ». Et c’est en septembre que l’aventure commence, indique-t-il ce mardi sur Twitter. Le jeune entrepreneur néerlandais, 23 ans, mettra alors à l’eau un premier système de barrières flottantes pour l’acheminer d’ici la fin de l’année dans le vortex des déchets qui flotte dans le Pacifique nord. Le fameux «septième continent », comme il est régulièrement appelé. A mi-chemin entre la Californie et Hawaï, grand comme trois fois la France, il s’est constitué au niveau d’un gyre océanique, un tourbillon d’eau formé de la rencontre de plusieurs courants marins drainant dans leur sillage des déchets en tout genre. Du plastique en particulier.

50 % du septième continent prélevé en cinq ans ?

Au départ, le Néerlandais partait sur l’idée d’une immense barrière de 100 km en forme de V arrimée au fond marin et équipée de filets dans lesquels s’engouffreraient les morceaux plastiques. Depuis, Boyan Slat et son équipe de 75 ingénieurs ont revu leur copie. Ils imaginent désormais une trentaine de barrières en forme de fer à cheval, d’un ou deux kilomètres. Elles ne seraient non plus arrimées au fond marin mais à une ancre flottante dérivant au gré des courants.

C’est l’un de ces fers à cheval, actuellement en cours d’assemblage en Californie, qu’Ocean Cleanup s’apprête à déployer dans le gyre du Pacifique nord. L’opération devrait être suivie de très près par les médias du monde entier. C’est que le Néerlandais promet régulièrement monts et merveilles : en cinq ans, il se dit en capacité de nettoyer 50 % du septième continent. Soit 36.000 tonnes de déchets plastiques sur les 73.000 comptabilisées lors d’une étude publiée en mars dernier. Ensuite, le Néerlandais s'attaquera aux quatre autres vortex de déchets dans le monde.


Le 23 juin 2016, aux Pays-Bas, Boyan Slat marche devant un prototype de barrières flottantes qu'il souhaite mettre en place dans le Pacifique Nord pour nettoyer les déchets. - Remko de Waal / ANP / AFP

« Juste les macrodéchets »

Un optimisme qui agace de plus en plus de scientifiques. Car même si le Néerlandais atteint son objectif, la vraie question est de savoir à quoi bon ? Jeff Ghiglione, directeur de recherche en écotoxicologie au CNRS, collaborateur de la Fondation Tara Expéditions, commence ainsi par une mise au point : « La technologie élaborée par Boyan Slat ne permettra de collecter que les macroplastiques, c’est-à-dire les déchets suffisamment gros pour être perçu à l’œil nu. » Soit la partie émergée de l’iceberg.

« Une première estimation globale et complète de ces particules flottant à la surface des océans évaluait à 269.000 tonnes la quantité de plastiques flottant à la surface, indique Alexandra Ter Halle chargée de recherche au CNRS où elle travaille sur la fragmentation des plastiques. Or, nous savons aussi que, depuis 1950, ce sont 200 millions de tonnes de plastiques qui ont été rejetées dans les océans. »

Les microplastiques, l’essentiel de la pollution ?

Où est passé le reste ? En mer, les plastiques ne se dissolvent pas mais se fragmentent en petites microparticules inférieures à cinq millimètres. « Ce sont ces microplastiques qui constituent l’essentiel de la pollution plastique des mers et océans, pas les macrodéchets », insiste le navigateur Patrick Deixonne, fondateur de l’association scientifique et de sensibilisation « Expédition 7e continent ».

Vendredi, pour la Journée mondiale des océans, WWF a illustré ce phénomène en faisant un focus sur la pollution plastique en Méditerranée. « Les microplastiques y atteignent des niveaux records », précise le rapportévoquant une concentration quatre fois plus élevée que dans le vortex de déchets du Pacifique nord.

Contrairement à l’idée de plus en plus répandue d’un seul « continent plastique », en réalité il y aurait des microplastiques partout. « Nous en avons même trouvé en Arctique qu’on pensait vierge de cette pollution », précise Jeff Ghiglione. Alexandra Ter Halle prend alors sa calculatrice. « En ramassant 36.000 tonnes sur les 200 millions déversées dans les océans depuis 1950, Boyan Slat ne s’attaquera qu’à 0,02 % de cette pollution, observe-t-elle. Il se dit en capacité de le faire en cinq ans. Mais sur ce laps de temps, si nous continuons sur cette mauvaise trajectoire de 20 millions de tonnes de déchets venus des continents et rejetés chaque année en mer, ce seront 100 millions tonnes de déchets qui auront terminé de nouveau leur course dans les océans. » Soit 2.777 fois plus que la quantité de déchets que Boyan Slat aura récoltée.

« Dommage qu’il survende son projet »

« C’est tout le problème d’Ocean Cleanup, s’agace alors Jeff Ghiglione. Il laisse penser qu’on peut nettoyer les océans et que cette pollution plastique est en passe d’être résorbée. » Plusieurs scientifiques tiquent aussi sur la méthode employée pour collecter les déchets. « Les barrières flottantes qu’il a imaginées sont l’équivalent d’un dispositif de pêche permanent laissé au beau milieu du Pacifique, note Patrick Deixonne. Si le système parvient à capter les macrodéchets, il est fort à parier qu’il affecte aussi les écosystèmes, bouleverse la faune autour. »

Yvan Bourgnon accorde tout de même un bon point à Boyan Slat : « Celui d’avoir sensibilisé des millions de personnes à la pollution plastique des océans ». Tout en continuant la course au large, le navigateur suisse planche lui aussi sur une solution visant à collecter des déchets plastiques en mer. Il veut construire pour 2022La Manta, le plus grand multicoque au monde qui sera doté de herses à l’arrière pour ratisser les déchets qui seront remontés à bord via un tapis roulant. « La capacité de collecte de la Manta serait de 1.200 m² avant de devoir regagner un port, précise-t-il. Nous n’allons pas nettoyer un continent de plastiques avec ce bateau et nous n’avons jamais eu la prétention de le faire. En revanche, à moins de 50 miles des côtes, à l’embouchure des grands fleuves et au large des mégapoles, la Manta peut faire sens sur la collecte des macrodéchets ou pour aider à résorber des épisodes de pollution très localisés. »

Yvan Bourgnon est convaincu que les barrières flottantes de Boyan Slat pourraient aussi faire sens dans ce cas de figure précis. « Et non en haute mer dans les gyres océaniques, estime-t-il. Dommage qu’il survende son projet. »

« Les solutions sont à trouver à terre »

Jeff Ghiglione et Patrick Deixonne, eux, n’en démordent pas. « Les solutions à la pollution plastique des océans sont à trouver à terre », martèlent-ils tous deux. Là où nous produisons, consommons puis jetons ces millions de tonnes de plastiques chaque année. Sensibiliser les consommateurs aux emballages superflus, améliorer la collecte et le recyclage des plastiques, ramasser efficacement les macrodéchets dans les cours d’eau, « ces véritables autoroutes à plastiques vers les océans »…

La liste des défis à relever est longue et complexe. Ce sera justement la thématique du prochain congrès, le 21 juin prochain, de la Fnade (Fédération française des activités de dépollution et de l'environnement).

Jean-Marc Boursier, directeur général adjoint de Suez et président de la Fnade, ajoute une autre priorité encore : « celle de donner de la valeur aux déchets plastiques ». « Autrement dit, nous devons arriver à instaurer un système dans lequel la valeur de la matière plastique est supérieure au coût de sa collecte et de son recyclage », explique-t-il. C’est le cas aujourd’hui pour l’aluminium [le cours était à 2.255 dollars la tonne en avril 2018] ou le cuivre [6.852 dollars la tonne à la même date]. « A ce tarif-là, il n’y a pas une tonne de cuivre qui traîne en Europe », poursuit Jean-Marc Boursier.

 Fabrice Pouliquen

Extrait deLe Monde du 12/06/2018

    

    

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Le pèlerinage républicain au pas de charge

La dernière phase commémorative de la Grande Guerre détaillée hier par la Mission   du Centenaire précise l’itinérance mémorielle d’Emmanuel Macron avant le 11-Novembre.

Que retenir de la présentation de l’itinérance présidentielle mémorielle de la Grande Guerre concernant les actuelles régions des Hauts-de-France et du Grand-Est et qui a été présentée hier par la Mission du Centenaire à Clermont-Ferrand, dans le Puy-de-Dôme, en présence du ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer et de la secrétaire d’État auprès de la ministre des Armées, Geneviève Darrieussecq ? Nous vous en donnions dès hier les grandes lignes, en voici le détail.

DE L’AISNE À LA MARNE

Cette itinérance présidentielle se déroulera du 4 au 9 novembre 2018, en amont de la célébration du centenaire de l’armistice à Paris où plus de quatre-vingts chefs d’État et de gouvernement sont attendus. Un seul lieu a été retenu dans la Marne : Reims, pour une inauguration du monument aux Armées noires.

Emmanuel Macron doit se rendre à Péronne puis à Albert avant de passer par Lens, l’Anneau de la Mémoire à Notre-Dame de Lorette, avant de se diriger vers Maubeuges. Il entrera ensuite dans le département de l’Aisne avec deux haltes qui sont signifiées, l’une à La Flamengrie, route utilisée par les plénipotentiaires allemands se rendant à Rethondes, l’autre à Rozoy-sur-Serre peut-être pour évoquer le sacrifice des soldats italiens. L’étape suivante est ardennaise avec l’indication donnée de Charleville-Mézières même si le site de Vrigne-Meuse est beaucoup plus symbolique. Dans l’éditorial qui ouvre ce dernier document du centenaire, le Premier ministre, Édouard Philippe entame ainsi son propos : « Le 11 novembre 1918, à 11 heures du matin, le silence tombe sur la ligne de front. Le dernier soldat français, Augustin Trébuchon, vient de tomber dans les Ardennes. Après cinquante mois d’une guerre mondiale et totale, un soulagement immense étreint le cœur des Français. Depuis août 1914, plus d’un 1,4 million de combattants sont morts pour la patrie. »

DES ARDENNES À LA MEUSE

Le président de la République doit faire deux haltes en Meuse, sur le champ de bataille de Verdun. Sans doute à Douaumont et aux Eparges, lieu terrifiant d’affrontements inouïs si sobrement et intensément décrits par Maurice Genevoix, sous-lieutenant au 106 e RI de Châlons-sur-Marne dans Ceux de 14. L’Académicien en disait ceci lors de son discours à la butte Chalmont dans l’Aisne, le 18 juillet 1968 : « Il faut avoir senti, à la poussée d’un parapet contre l’épaule, la brutalité effrayante d’un percutant qui éclate ; avoir entendu pendant des heures, du fond de l’ombre, en reconnaissant toutes leurs voix, monter les gémissements des blessés ; avoir tenu contre soi un garçon de vingt ans, la minute d’avant sain et fort, qu’une balle à la pointe du cœur n’a pas tué tout à fait sur le coup, et qui meurt, conscient, sans une plainte, les yeux ouverts et le visage paisible, mais de lentes larmes roulant sur ses joues. »

Le chef de l’État ira ensuite à Pont-à-Mousson, à Morhange, sans doute pour y évoquer les durs combats de 14 puis à Strasbourg pour insister sur l’Europe et la place de la paix dans une Alsace qui possède aussi ce haut-lieu de mémoire du Hartmannswillerkopf.

Hervé  CHABAUD

Extrait de l'union du 17/09/2018

 


Centenaire de 1918, Macron fait durer le suspense

D’ici le 11 novembre, le président de la République va effectuer une itinérance mémorielle marquant la fin du centenaire du conflit de 1914-1918. Quel sera son programme dans nos départements ?


Le président de la République doit réaliser,d’ici le 11 novembre, une itinérance mémorielle et politique sur le champ de bataillequi résonnera sur l’ensemble du territoirepour conclure les commémorationsdu centenaire de la Grande Guerre. La sépulture d’Augustin Trébuchon à Vrigne-Meuse (Ardennes, ci-dessus) et le monument aux hérosde l’armée noire, à Reims (ci-contre),semblent être les deux étapes quasi-certaines pour le moment dans nos départements...
AFP, Aurélien Laudy et Hervé Oudin

Dans moins de deux mois, le 11 novembre 2018 sera passé, mettant fin aux commémorations du centenaire de la fin du conflit de 14-18… Depuis 2014, nos départements, traversés par les lignes de front, théâtres de batailles sanglantes, dernières demeures pour des dizaines de milliers d’hommes, qui portent encore parfois les stigmates de premier conflit mondial, ont vu défiler nos dirigeants.

Voilà un an, le site de la Mission du centenaire indiquait que « quelques jours avant le 11 novembre 2018, le président de la République se rendra dans les départements français qui ont été le théâtre des combats de 1914 à 1918, au cours d’une itinérance mémorielle et politique sur le champ de bataille qui résonnera sur l’ensemble du territoire ». Douze mois plus tard, pour cette dernière ligne droite, le flou ne se dissipe que très modérément entre rumeurs, évocations ou souhaits locaux… L’Élysée nous a juste précisé que «le programme est encore en discussion ; nous donnerons le détail début octobre ».

1 - DU NORD AU SUD DANS L’AISNE

Emmanuel Macron viendra en Picardie le 11 novembre. Lors de sa visite à Villers-Cotterêts, le 7 septembre, le chef de l’État a confirmé sa présence à la clairière de Rethondes, à Compiègne, où fut signé l’Armistice il y a 100 ans. À Villers-Cotterêts, le président de la République a aussi indiqué que son « cabinet regarde à un possible circuit ». Du coup, la rumeur d’un passage dans le nord de l’Aisne s’est amplifiée. Le 7 novembre 1918, un cessez-le-feu fut prononcé à la pierre d’Haudroy près de La Capelle. Le Département mise beaucoup sur cet épisode pour organiser une cérémonie le mardi 7 au soir avec le président de la République.

À moins que Jacques Krabal, le député (LREM) du sud de l’Aisne, ne parvienne à faire venir Donald Trump, le 11 novembre, après les cérémonies parisiennes (lire par ailleurs). Emmanuel Macron ne pourrait-il pas accompagner en terres axonaises son homologue de la Maison-Blanche ?

2 - TRÉBUCHON ET DES MINISTRES POUR LES ARDENNES

Dans les Ardennes, depuis des mois, les élus ont argumenté leur demande. Le département a vu le dernier soldat français, Augustin Trébuchon, tomber sur le front, le 11 novembre au matin, à Vrigne-Meuse, entre Charleville et Sedan. Et puis, cette date marque aussi la libération des Ardennes, département occupé depuis le début du conflit…

Du coup, après un passage à Reims, le 6 novembre en fin de journée, Emmanuel Macron pourrait dormir ce soir-là à Charleville-Mézières. Et le 7 novembre, un hommage pourrait être rendu à tous les morts de la Grande Guerre à travers celui dont bénéficierait Augustin Trébuchon, qui repose au cimetière de Vrigne-Meuse. Avant cela, nombre d’élus ardennais espèrent qu’un comité interministériel, ou mieux un conseil des ministres décentralisé, se tienne à Charleville-Mézières le mercredi. Avec peut-être, entre autres, l’officialisation des mesures gouvernementales d’un « Pacte stratégique pour les Ardennes ». Cette « démarche globale » a déclenché des visites de représentants de l’Élysée. À l’inverse, l’inauguration, après rénovation, du monument allemand de Sedan, ne paraît pas avoir été retenue.

3 - MARNE : VITE FAIT À REIMS

« Le département de la Marne est oublié par l’Élysée ». Les mots de Christian Bruyen sont durs tant il sent que son département ne va plus accueillir de manifestation d’envergure (lire par ailleurs).

De fait, nombre d’échos font état d’un « passage rapide »d’Emmanuel Macron à Reims. Certains avancent la date du mardi 6 novembre à 18 h 30, sachant qu’une alternative le 7 est possible. Le chef de l’État viendra « inaugurer» le monument aux héros de l’armée noire (lire par ailleurs). Installé depuis 2013 dans le parc de Champagne, à Reims, on prête la volonté à l’Élysée de déplacer la sculpture à un autre endroit du parc afin que la cérémonie accueille plusieurs centaines de participants. Pour le reste, aucune autre cérémonie n’est envisagée dans la Marne.

Après, en deux mois, et cela vaut pour toute cette « itinérance mémorielle » , la présence présidentielle peut encore être « annulée six fois et reprogrammée sept fois », s’amuse presque un connaisseur des coulisses du sommet de l’État…

32
Ministres et secrétaires d’État réunis autour du Président à Charleville dans les Ardennes, le 7 novembre, pour annoncer entre autres un Pacte stratégique pour les Ardennes ? D’autres sources évoquent un conseil interministériel plus restreint

3 QUESTIONS à


Ch. BRUYSN
Pdt (LR) de la Marne

L’ignorance du sommet de l’État

Emmanuel Macron viendra-t-il dans la Marne ?

J’entends parler de sa présence au monument aux noirs à Reims. Ce n’est pas suffisant au regard de l’importance temporelle du département dans le conflit : la bataille de la Marne au début, en septembre 1914, puis la seconde bataille de la Marne pour la fin, en juillet 1918… Ce n’est pas rien ! Comme les huit villages entièrement détruits, comme l’accueil du plus grand nombre de sépultures de soldats français, 164000 dans 42 cimetières militaires, mais aussi 11 cimetières allemands, 8 britanniques, des sépultures polonaises, tchèques, russes…

François Hollande n’était pas venu dans la Marne pour le centenaire…

Oui, notre département est oublié par l’Élysée, n’ayant déjà pas reçu la visite de François Hollande, remplacé, en septembre 2014, par le Premier ministre, Manuel Valls, à Mondement en raison de soucis diplomatiques. En 2018, je trouve moins d’explication à l’absence du président de la République, aussi la déception est forte. J’imaginais qu’il pourrait consacrer plus qu’une visite rapide à Reims.

Avez-vous frappé aux bonnes portes ?

Nous avons fait des demandes à l’Élysée et au travers de la Mission du centenaire dont je suis membre. Mais la Marne n’y retrouve pas son compte. Les demandes émanent du conseil départemental mais aussi d’élus et d’associations locales, que nous aurions pu accompagner afin de donner du relief aux cérémonies dès lors qu’elles auraient été d’envergure nationale. Nos sites de mémoire ne sont pas que des tas de pierre. Et je suis convaincu que les autorités nationales le savent… Mondement, Navarin, La Pompelle, les monts de Champagne, l’Argonne, la main de Massiges méritaient autre chose que l’ignorance du sommet de l’État !

Les autres points

LE MÉMORIAL DE DORMANS À LA TRAPPE

Le mémorial des batailles de la Marne, construit dans les années 20 à Dormans (Marne) pour commémorer les deux batailles de la Marne (septembre 1914 et juillet 1918), sera-t-il une exception ? « Le pays compte quatre hauts lieux de mémoire nationale de la Grande Guerre. Trois auront reçu la visite d’un président de la République pour le centenaire. Sauf Dormans…», peste Christian Bruyen, ancien maire de la ville et président (LR) du conseil départemental de la Marne. En effet, François Hollande s’est rendu au mémorial de Notre Dame de Lorette (Pas-de-Calais) et à l’ossuaire de Douaumont (Meuse) alors qu’Emmanuel Macron a inauguré, en novembre dernier, l’historial franco-allemand de la Grande Guerre du Hartmannswillerkopf (Haut-Rhin). Christian Bruyen ne comprend pas cette impasse alors que l’État a décidé de consacrer 960 000 € à la restauration de cette chapelle. « Nous aurions pu l’inaugurer avec une présence nationale », regrette l’élu.

VERS UN NOUVEL EMPLACEMENT POUR LE MONUMENT AUX NOIRS DE REIMS ?

Depuis sa création en 1924, le «monument aux héros de l’armée noire », à Reims, n’en finit pas de connaître une destinée chaotique. En septembre 1940, l’armée allemande, qui occupe Reims, fait démanteler ce monument qui sera fondu des mois plus tard. Une stèle provisoire sera mise en place en 1958 à Reims. Il faudra attendre 2008 pour que l’État s’engage à la reconstruction, et une bataille judiciaire, pour que le monument soit installé dans le parc de Champagne, à Reims, en novembre 2013. Un emplacement qui pourrait n’avoir été que temporaire. Selon diverses sources, ce monument pourrait encore ajouter un chapitre à son histoire avec un déplacement de quelques dizaines de mètres à l’intérieur du parc afin de pouvoir être inauguré par Emmanuel Macron avec le faste, et 300 à 400 personnes autour, qui convient. Des entrepreneurs ont déjà été contactés pour effectuer cette transplantation du monument de plus de cinq mètres de hauteur…

LES SITES FUNÉRAIRES ET MÉMORIELS CLASSÉS PAR L’UNESCO AU PLUS TÔT EN 2021

Lancée depuis une dizaine d’années, l’inscription au patrimoine de l’humanité par l’Unesco d’une centaine de sites funéraires et mémoriels (dont 25 dans nos départements) du conflit mondial de 14-18 ne se fera désormais au plus tôt qu’en 2021 ! Au début de l’été, le comité de candidature croyait encore pouvoir décrocher le label Unesco en cette année du centenaire. Finalement, l’examen de la candidature est reporté de trois ans, un temps de réflexion pour voir comment et dans quelle mesure ce type de dossier «mémoriel » peut faire l’objet d’une inscription.

Donald Trump dans l’Aisne ?


Comme de nombreux chefs d’État, Donald Trump sera à Paris le 11 novembre. Et l’Aisne est si proche...
AFP

S’il est une caractéristique que tout le monde reconnaît à Jacques Krabal, c’est la ténacité. L’ancien maire de Château-Thierry, désormais député (LREM) de la circonscription, a l’oreille du président de la République. Deux fois, en 18 mois (mars 2017 et septembre 2019), il a suffisamment tiré sur la manche du costume d’Emmanuel Macron pour l’emmener dans l’Aisne, à Villers-Cotterêts. Alors, lorsque Jacques Krabal lance que « Donald Trump étant à Paris le 11 novembre prochain, pourquoi ne pas le faire venir à Belleau ? », on sourit d’abord. Et puis, l’idée qui semble inconcevable, apparaît comme plausible tant l’élu En Marche sait faire preuve de ténacité. Belleau et la cote 204, au-dessus de Château-Thierry, furent le théâtre d’une intense bataille, en juin et juillet 1918, entre marines américains et soldats allemands. « Et puis, cela pourrait être bien d’avoir d’autres responsables politiques étrangers, alliés comme opposants, comme une reconnaissance pour tous ces jeunes ayant versé leur sang sur le sol de l’Aisne », ambitionne Jacques Krabal…

Frédéric GOUIS

Extrait de l'union du 17/09/2018

    

    

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L’homonymie est bien une réalité

On le constate de plus en plus avec Internet, avoir le même prénom et le même nom   que d’autres personnes est assez commun.


En cas d’homonymie, c’est l’acte de naissance qui fait la différence.

Il arrive qu’une homonymie chagrine certains lecteurs qui vivent mal de voir leur nom associé à un courrier du lecteur ou à un événement dont ils sont bien éloignés. C’est une réalité sociétale. Il y a des gens qui portent les mêmes noms et prénoms et ne sont différenciés que par leur date de naissance et leur lieu de résidence. Ce qui s’avère bien nécessaire lorsqu’on a des abonnés dans les trois départements principaux de notre zone de diffusion qui, non seulement portent le même nom patronymique mais aussi le même prénom ! Cela est rarement préjudiciable sauf si une confusion peut apparaître dans une affaire judiciaire. Le journal a été confronté au cas de figure de deux personnes ayant les mêmes noms et prénoms et qui résidaient dans la même rue du même bourg. Seulement l’une des deux avait un casier judiciaire déjà garni et l’on comprend que l’autre ait voulu signifier qu’elle n’avait rien à voir avec une affaire jugée en correctionnelle.

Avec Internet, on constate l’ampleur de l’homonymie même si certaines personnes tentent de contourner le problème en n’apparaissant pas dans les annuaires ou en refusant de communiquer leur lieu de résidence. Il va de soi qu’un courrier signé, qui n’est pas diffamatoire ni discriminatoire et renvoie à une adresse existante, peut être publié. Les thématiques qui sont abordées sont des sujets de société auxquels tous les habitants et lecteurs sont confrontés. Ce sont des avis, des analyses que certains ont envie de partager et le journal est un média, donc il concourt à ce souhait et contribue au débat.

Extrait de l'union du 17/09/2018

    

    

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Un arsenal pour muscler la lutte anti-fraude

Afin de combattre plus efficacement l’évasion fiscale, le projet de loi anti-fraude prévoit d’accroître le recours au renseignement et de renforcer l’arsenal judiciaire.


Bercy veut, notamment, rendre « plus pertinente » la liste des paradis fiscaux. AFP

Création d’un service d’enquête spécialisé à Bercy, publication du nom des plus gros fraudeurs et encore « déverrouillage » du verrou de Bercy : après le Sénat, l’Assemblée nationale commence aujourd’hui l’examen en première lecture le projet de loi contre la fraude.

1 - VERROU DE BERCY

Il est prévu de mettre fin au monopole des poursuites détenu par l’administration fiscale, via « un mécanisme de transmission automatique des dossiers les plus graves, sélectionnés selon des critères objectifs inscrits dans la loi » , selon la rapporteure Émilie Cariou (LREM), qui a fait adopter en commission un amendement en ce sens.

2 - POLICE FISCALE

Le projet prévoit la création d’un service spécialisé à Bercy, dit de «police fiscale ». Cette structure, dotée dans un premier temps d’une cinquantaine d’agents, sera placée sous l’autorité d’un magistrat. Elle pourra être saisie par le Parquet national financier (PNF) dans le cas de dossiers nécessitant une expertise fiscale pointue, avec des enjeux budgétaires considérables. Ce « fisc judiciaire », censé épauler la Brigade nationale de répression de la délinquance fiscale (BNRDF, actuellement débordée), pourra par ailleurs procéder à des écoutes et des perquisitions.

3 - INTERMÉDIAIRES SANCTIONNÉS

Des sanctions administratives seront créées pour les « tiers complices de fraude fiscale et sociale », à savoir les officines (cabinets d’avocats, sociétés de conseil…) ayant élaboré les montages frauduleux ou abusifs. Ces intermédiaires, qui profitent aujourd’hui d’un certain flou juridique, pourront se voir infliger des pénalités allant de 10.000 euros à 50 % des honoraires perçus. Une mesure à peu près similaire avait été proposée voilà quelques années par le Parlement, avant d’être censurée par le Conseil constitutionnel. Un risque cette fois écarté, selon Bercy.

4 - NOM DES FRAUDEURS

La pratique du « name and shame » (« nommer et faire honte »), qui consiste à désigner publiquement le nom des fraudeurs à des fins dissuasives, via les journaux ou sur internet, sera développée pour les cas les plus graves. Elle deviendra obligatoire en cas de condamnation pénale, sauf décision expresse du juge, et possible pour certaines fraudes sanctionnées par l’administration, selon Bercy, qui évoque « un potentiel de plusieurs centaines de publications par an » .

Le Premier ministre Édouard Philippe a justifié : « Il faut que le peuple français sache qui cherche à s’exonérer des obligations fiscales légitimes. »

5 - PLAIDER COUPABLE

Une procédure de plaider coupable sera mise en place pour les fraudeurs poursuivis au pénal et disposés à reconnaître leurs torts. Ces derniers pourront ainsi éviter un procès, en acceptant la peine proposée par le parquet.

Ce dispositif, destiné à accélérer les procédures et à améliorer les résultats de la lutte contre la fraude, n’empêchera pas, le cas échéant, la publication du nom des fraudeurs.

BLANCHIMENT DE L’ARGENT DE LA DROGUE

Les millions d’euros en espèces du trafic de cannabis étaient recyclés avec les comptes de fraudeurs fiscaux français : quarante personnes comparaissent aujourd’hui à Paris dans le dossier «Virus », une affaire de blanchiment à grande échelle de l’argent de la drogue. Le procès est prévu jusqu’au 12 octobre. Trafiquants, blanchisseurs et « cols blancs » peu scrupuleux en quête de liquidités : âgés de 29 à 80 ans, les prévenus sont soupçonnés d’avoir pris part, à des degrés divers, à ce vaste réseau franco-suisse de blanchiment, dont le démantèlement à l’automne 2012 avait fait grand bruit. Tout a commencé par une enquête classique sur un réseau implanté en Ile-de-France, accusé d’avoir importé du Maroc en France des tonnes de résine de cannabis, via l’Espagne. L’organisateur présumé de ce trafic, Rachid Mimoun, 45 ans, un Franco-Algérien, comparaît détenu. En parallèle, les enquêteurs ont remonté la trace des espèces et réussi à mettre au jour un système « complexe », mais parfaitement rodé.

Détecter les cas les plus suspicieux 

Algorithmes. Des mesures seront prises pour accroître les échanges d’informations entre administrations. L’objectif est de développer l’exploration de données (ou « data mining »), afin de cibler les contrôles sur les cas les plus suspicieux. Cette technique permet de détecter les dossiers à risques grâce à des logiciels croisant les informations fiscales. D’après Bercy, une quinzaine de millions d’euros seront mobilisés pour développer l’équipement de l’administration. L’objectif est que le « data mining » soit à l’origine de la moitié des contrôles fiscaux à l’horizon 2021.

Plates-formes internet. Le texte de loi va clarifier l’amendement voté en décembre 2016 par le Parlement, qui impose aux Plates-formes en ligne du type Airbnb de transmettre automatiquement à l’administration fiscale les revenus générés pour leurs utilisateurs.

Liste noire. La France va revoir sa liste des paradis fiscaux pour la rendre « plus pertinente », selon Bercy. La liste française des États et territoires non coopératifs (son nom officiel) est en effet aujourd’hui uniquement basée sur le critère de la coopération administrative. Bercy souhaite aller plus loin, en intégrant les critères retenus par l’Union européenne, à savoir la « transparence fiscale », « l’équité fiscale » et la mise en œuvre du plan de lutte contre l’optimisation fiscale dit « BEPS », mis en place sous l’égide de l’OCDE. Actuellement, sept pays figurent sur la liste française : Bruneï, Nauru, Niue, le Panama, les îles Marshall, le Guatemala et le Botswana. La liste de l’UE quant à elle en comprend neuf.

Tabac. Les circuits illicites de vente seront plus durement sanctionnés et le montant des sanctions pour fabrication, détention, vente et transport illicites de tabac sera doublé.

Extrait de l'union du 17/09/2018

    

    

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L’immigration aux portes de la gauche

Cet « orateur » de La France insoumise bouscule la gauche sur un débat clairement posé dans d'autres pays


Djordje KUZMANOVIC en 2016. MAXPP-Thomas PADILLA

À SAVOIR

*.-  Djordje Kuzmanovic est spécialiste des questions internationales à la France insoumise depuis 2013.

*.-  Il figure dans la liste pour les européennes avec cette présentation. «45 ans, analyste géopolitique, militant assona tif dans l'hurnanitaire. »

*.-   Il est né à Belgrade d'un père serbe et d'une mère française, est diplômé en sciences politiques et a servi douze ans dans l'armée française.

*.-  Candidat à la députation dans la troisième circonscription du Pas-de-Calais en 2017, il a obtenu 11,19 % des  suffrages exprimés au premier tour3

Pourquoi parle-t-on de-lui ? Son nom : Djordje Kuzmanovic. Un proche, jusqu'à cette semaine, de Jean-Luc Mélenchon (LFI). Mais l'ex-candidat à la présidentielle vient de le désavouer, En cause, ses propos sur l'immigration publiés par L'Obs le 8 septembre. « La bonne conscience de gauche empêche de réfléchir con - ent à la façon de ralentir, voire d'assécher les flux migratoires », a entre autres-lancé Djordje Kuzmanovic. « J’engage des polémiques qui ne sont pas les miennes », a taclé le leader de LFI, lui-même jugé ambigu au sein de la gauche, r- sur le sujet sensible de l'accueil des réfugiés. Reste qu'il y a un vrai malaise autour de cette question, et « l'affaire » Kuzmanovic prend des allures de billard a trois bandes ou de retour de boomerang que le Parti communiste organise ce week-end sa traditionnelle fête de Huma, des députés de LFI ont annoncé leur boycott du discours du secrétaire national du PCF Pierre Laurent, La .raison : une passe d'armes enflammée par tweets interposés entre le communiste lan Brossat, tête de liste aux européennes et le député LFI Adrien Quaten, toujours à propos de l'immigration,..

Qui est-il ? Djordje Kuzmanovic; ancien garde du corps de Jean-Luc Mélenchon, connu comme un porte-parole -plus précisément un « orateur » de la ,France insoumise, est un révélateur de plus du malaise qui secoue la gauche dans ce débat brûlant de l'immigration. La question de fond consistant à savoir s'il faut s'attaquer aux causes de l'immigration plutôt que d'accueillir les réfugiés sans arrière-pensée.

Qu'en penser ? Qu'au-delà de la querellé profonde, sinon charismatique, que ,se livrent PCF et LA, le véritable enjeu idéologique est bien la position de la t gauche française. La politique anti-immigration de l'Italie de Salvini - simple ministre de l'Intérieur - n'existerait pas sans la coalition du Mouvement 5 étoiles, naguère réputé en dehors des partis. En Allemagne, la leader de la gauche radicale a lancé son propre mouvement début août pour s'opposer, comme le dirait Djordje Kuzmanovic, à la « bonne conscience de gauche sur fand culture de l'accueil. » Partout, l'immigration, cause naturelle de l'extrême droite, provoque divisions ou rassemblements. En cela, le scrutin européen du printemps prochain pourrait être une bombe à retardement.

Jean-Michel FRANÇOIS

Extrait de l'union du 15/09/2018

    

    

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Vigilance face à la peste porcine

Afin d’éviter toute propagation  de la peste porcine africaine, l’État  a annoncé la suspension de la chasse  et des mesures de sécurité dans les élevages de 43 communes ardennaises.


Vincent Rathueville possède plus de 400 truies. Impossible de pénétrer dans son élevage qui fait l’objet de mesures de biosécurité pour éviter toute contamination de la peste porcine. Archives

L’ESSENTIEL

*.- JEUDI 13 SEPTEMBRE, les autorités belges ont annoncé que trois sangliers découverts à Etalle, dans

la province belge de Luxembourg, étaient porteurs du virus de la peste porcine africaine.

*.- LE MINISTÈRE DE L’AGRICULTURE a demandé à quatre départements frontaliers (les Ardennes, la Meuse, la Moselle et la Meurthe-et-Moselle) de mettre en place un plan d’action renforcé pour éviter toute propagation.

*.- CE VENDREDI, la préfecture des Ardennes a pris deux arrêtés  réglementant la chasse et renforçant les mesures de sécurité à l’élevage dans une partie du département.

 La menace est aux portes des Ardennes. Ce jeudi, la présence de la peste porcine africaine a été confirmée sur les cadavres de trois sangliers à Etalle en Belgique, soit à une dizaine de kilomètres de la frontière française. En première ligne, le département fait l’objet d’un plan de lutte pour éviter la propagation de ce virus. Sans danger pour l’homme, la peste se transmet aux porcs, dont elle ravage les élevages. Un risque économique considérable. Si la filière porcine est minoritaire dans le secteur agricole ardennais, le territoire compte tout de même 279 éleveurs professionnels ou particuliers. « La situation est préoccupante,admet le préfet, Pascal Joly , mais il ne faut pas céder à la panique. Des mesures sont prises pour contenir et protéger au mieux, notamment les élevages. »

L’État a ainsi établi une zone dite d’observation dans laquelle des mesures de renforcement de la sécurité dans les élevages et une suspension de la chasse ont été établies. Comprise dans une bande longeant la frontière, quarante-trois communes sont concernées. Sauf autorisation de l’éleveur, il est désormais interdit à toute personne ou véhicule extérieurs de pénétrer au sein des exploitations porcines. Ces entrées supposent un changement complet de tenue, un lavage des mains et la désinfection du véhicule. Le transport des suidés (porcs, sangliers) hors de la zone est soumis à un laissez-passer établi par la direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations. L’arrêté prévoit un contrôle vétérinaire obligatoire une fois par semaine et la suspicion déclenchée dès la mort de deux animaux.

La plupart des agriculteurs sont déjà soumis à des normes de sécurité afin de « garder l’étanchéité des exploitations autant que possible » , explique Guy Chatry, éleveur à Blanzy-la-Salonnaise et représentant de la filière. Comme toute la profession, il ne cache pas son inquiétude face à ce fléau : « Je pense que les élevages fermés ne devraient pas poser trop de problème. Le plus difficile, ce sera au niveau de l’élevage en plein air. »

Aussi, le confinement a été décrété pour les porcs élevés en plein air. Pour Cécile Malvaux, à la tête du groupe de défense sanitaire du bétail, ce sont « les petits détenteurs, des particuliers que l’on craint le plus » : « On est en train, avec les services de l’État, de les recenser afin d’agir au mieux. » Dans l’ensemble de la zone, seuls trois élevages professionnels ont pour l’heure été répertoriés.

L’autre volet visant à prévenir toute contamination concerne la chasse. Pour le sanglier et les ongulés (le grand gibier), elle est purement et simplement suspendue dans la zone visée. « L’objectif, c’est d’éviter le mouvement, la dispersion des sangliers puisque malheureusement le virus se transmet très facilement du sanglier au porc , détaille le préfet. C’est évidemment un peu plus compliqué. »

DONNER L’ALERTE FACE À LA DÉPOUILLE D’UN SANGLIER

Selon toute vraisemblance, la mesure devrait s’étendre au-delà du 1 er octobre, date officielle d’ouverture de la chasse. Aussi la chasse à l’approche, en pratique depuis juin, est désormais interdite, « mais pas le reste !insiste Michel Hubert, président de la fédération de chasse des Ardennes. On s’y attendait. Pour l’heure, c’est une mesure de précaution. C’est évolutif. Pour nous, cela va être compliqué parce que la zone est constituée de communes boisées ». Cette année, les chasseurs ardennais devaient tirer entre 9 000 et 10 000 sangliers au vu de la surpopulation et des dégâts constatés. S’ils doivent ranger les fusils, ils n’abandonneront pas les forêts pour autant. Appelés à jouer « leur rôle de sentinelle », des comités de locaux avec des chasseurs référents devraient surveiller le milieu « pour identifier les cadavres de sangliers et alerter ». Mêmes consignes pour le grand public, appelé toutefois à se tenir à distance des suidés sauvages et, surtout, éviter de laisser des déchets alimentaires en zone naturelle ou bord de route, l’alimentation pouvant être un vecteur du virus. Un comité de suivi devrait être reconstitué réunissant l’ensemble des acteurs du dossier pour décider du renforcement ou l’assouplissement de ces mesures. « Nous sommes également en attente de directives de la part de la direction générale de l’alimentation qui doit se réunir. »

Une peste non transmissible à l’homme

La peste porcine africaine est une maladie strictement animale qui ne touche que les suidés (porcs et sangliers) chez lesquels elle entraîne de fortes mortalités. Elle ne présente aucun danger pour l’homme mais elle constitue une menace majeure pour les élevages de porcs français. L’incubation ne dure que quelques jours avant l’apparition des symptômes. Cela commence par une forte fièvre, une perte d’appétit, des rougeurs sur la peau au niveau des oreilles, de l’abdomen et des pattes. Elle provoque des difficultés à respirer, des vomissements, des saignements et parfois de la diarrhée. La maladie est très contagieuse. Elle se propage par contact avec le sang, les tissus, les sécrétions et les déjections des porcs infectés. La mort peut survenir en quelques dizaines d’heures et jusqu’à dix jours après les premiers symptômes. Les animaux peuvent aussi être porteurs sains. La mortalité atteint 70 % des animaux infectés et 100 % chez les jeunes porcs. Le virus s’attaque aux porcins mais contamine aussi les tiques (mais pas celles que nous trouvons chez nous). Il n’est pas transmissible à l’homme. Sa propagation est d’autant plus facile qu’il est capable de survivre plusieurs mois dans la viande de porc fraîche et les produits du porc transformés comme la charcuterie.

Il en va de la survie de la filière


Vincent Rathueville élève des porcs qu’il revend aux autres exploitations. Il est soumis à des mesures de sécurité renforcées. Karen Kubena

Sitôt le premier message délivré par son vétérinaire, Vincent Rathueville n’a pas traîné. Dès jeudi soir, le portail de son exploitation était fermé à double tour et les affiches d’interdiction d’accès placardées : « Élevage sous protection sanitaire ». Basé à Leffincourt près de Vouziers, l’agriculteur a l’habitude des mesures de biosécurité. Confinées dans un bâtiment, ses 420 truies ne constituent pas un élevage ordinaire. Naissance, engraissage et multiplicateur… l’éleveur fournit l’ensemble des autres exploitations. « Si nous, on est touché, on contamine tout le monde. » De la douche au changement total de vêtements, en passant par la prise de sang tous les trois mois du bétail, les contraintes, lui et ses dix salariés y sont soumis au quotidien. Un surcoût, notamment en moyens humains mais totalement nécessaire. « On se doit de fournir des porcs parfaitement indemnes de toute maladie, c’est ce qui fait notre force. » Aussi, Vincent Rathueville ne voit aucune difficulté à un renforcement des mesures appliquées. « Au contraire, c’est de notre intérêt. Il en va de la survie de la filière. À vrai dire, il n’y a pas de raison que cela n’aille pas. Notre avantage, c’est qu’on est dans un secteur d’exploitations dispersées, mais ce sont dans les élevages en plein air ou chez des particuliers que le risque est plus élevé. Il faut vraiment que tout le monde joue le jeu. » Comme beaucoup de professionnels, il s’attendait à voir la peste porcine arriver, mais pas si vite. « Les premiers signalements ont été faits en Europe de l’Est. Peut-être qu’on s’était dit que c’était loin, qu’il y aurait l’Allemagne au milieu… »En attendant, il va devoir annuler les portes ouvertes de ses unités de méthanisation qu’il avait prévues le week-end prochain. Il craint aussi la réaction des consommateurs. Comme Claude Huet, à la tête de la fédération départementale des syndicats d’exploitations agricoles (FDSEA), qui appelle à « ne pas surréagir »: « Les agriculteurs sont très volontaires pour mettre en place ces mesures. » Les incertitudes demeurent quant à de possibles restrictions à l’export. « J’ai un agriculteur qui a un lot en partance pour les USA, et là, c’est un point d’interrogation. »

LES AUTRES POINTS

VIGILANCE DU GIBIER DANS L’AISNE

Dans l’Aisne, la situation est aussi examinée avec beaucoup d’attention, notamment par les chasseurs. « Nous sommes en état d’alerte puisque la maladie concerne aussi les sangliers et se rapproche avec les cas identifiés en Belgique. Nous sommes très préoccupés car les mesures pour éviter la propagation sont souvent radicales avec un abattage systématique », a indiqué hier Nicolas Voyard, chargé de communication à la fédération départementale des chasseurs de l’Aisne. Si la vigilance est de mise, elle ne va pas jusqu’au catastrophisme. L’ouverture de la chasse va se dérouler normalement ce dimanche. Aucune contamination du gibier n’a été remarquée. Si celle-ci se manifestait, elle serait de toute façon assez facile à observer puisque la maladie est mortelle, mais, fort heureusement, ce cauchemar n’est pas la réalité. Après 12 500 sangliers abattus la saison dernière, les prévisions concernent cette fois 10 000 animaux pour parvenir à un rythme de 8 500 par an. La chasse continue.

COMMUNES ARDENNAISES CONCERNÉES

La zone d’observation où s’appliquent la suspension de la chasse et les mesures de biosécurité regroupe 43 communes dans les Ardennes. Il s’agit de Pouru-Saint-Remy, Mogues, Francheval, Villy, Moiry, Puilly-et-Charbeaux, Messincourt, Douzy, Matton-et-Clémency, Sailly, Escombres-et-le-Chesnois, Pure, Villers-Cernay, Les Deux-Villes, Pouru-aux-Bois, Linay, Amblimont, Tétaigne, Brévilly, Malandry, Bièvres, Fromy, Margny, Daigny, Sachy, Carignan, Auflance, Herbeuval, Bazeilles, La Moncelle, Mouzon, Sapogne-sur-Marche, Euilly-et-Lombut, Blagny, Williers, La Ferté-sur-Chiers, Osnes, Signy-Montlibert, Tremblois-lès-Carignan, Vaux-lès-Mouzon, Margut, Rubécourt-et-Lamécourt et Mairy.

DÉJÀ PLUSIEURS INCURSIONS EN FRANCE PAR LE PASSÉ

La peste porcine africaine est apparue en Espagne à partir de 1957. En France, la maladie a fait plusieurs incursions en 1964, 1967 et 1977. La maladie a été éradiquée au Portugal en 1993 et en Espagne en 1995. Elle est de retour par l’Europe de l’Est depuis 2014. C’est la Sardaigne qui détient le record de durée en Europe occidentale de la présence du virus de la fièvre porcine africaine. La maladie se trouve à l’état endémique en Sardaigne depuis 1978, soit depuis quarante ans. Elle circule parmi la population de sangliers et aussi chez les cochons semi-sauvages. Les producteurs de l’île n’ont pas le droit d’exporter leur saucisson et encore moins de la viande fraîche. En 2015, le ministère italien avait autorisé la vente du cochon de lait de Sardaigne dans d’autres régions italiennes.

3 QUESTIONS à


Hervé LAPIE
de la FRSEA du Grand EST

Trois ans que nous demandons des mesures

 Êtes-vous surpris ?

Pas vraiment ! J’en parlais mercredi à Strasbourg avec des députés européens ! Cela fait trois ans que la maladie tourne en Europe de l’Est (Ukraine, Roumanie, Pologne…) et cela fait trois ans que nous demandons des mesures pour enrayer la maladie. L’apparition du virus en Belgique démontre que nos inquiétudes étaient fondées… Surtout, en dépit de nos alertes, on mesure combien la gestion de ce dossier a été défaillante !

Que craignez-vous pour les élevages porcins de nos départements ?

Nous faisons déjà tout pour éviter les contaminations. Dans nos élevages, la protection sanitaire engendre des mesures draconiennes, on ne lève jamais le pied en la matière et ces mesures vont encore se renforcer après les échanges que nous avons eus avec les autorités.

Après, dans nos régions, nous ne sommes pas à l’abri d’un chauffeur routier venant d’Europe de l’Est qui jette le restant d’un sandwich contenant du porc porteur de la maladie. Cela n’a aucune incidence sur l’homme, mais si un sanglier mange ensuite ce reste de jambon, il est contaminé et va contaminer son entourage. Du coup, les mesures d’interdiction de la chasse dans les Ardennes vont permettre d’éviter de «remuer » les sangliers. Avec leur surpopulation, comme celle des cervidés, nous prenons un risque supplémentaire dans nos départements…

Le monde agricole français n’avait pas besoin de cela ?

C’est clair. Les éleveurs porcins risquent d’être pénalisés à l’export. C’est pourquoi il faut rappeler aux consommateurs qu’aucun élevage n’est contaminé à l’heure actuelle en France et que les humains ne peuvent être affecté par ce virus.

Frédéric GOUIS, Manessa  TERRIEN et Thierry DE LESTANG PARADE

 

Extrait de l'union du 14/09/2018

    

    

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Produire en France n’est pas réservé au luxe

Des biens à faible marge continuent d’être produits en France sur des sites largement automatisés


Les chaussettes font partie des biens de consommation qui continuent d’être produits en France. AFP

 Sacs-poubelle, étendoirs à linge ou chaussettes : contrairement aux idées reçues, ces biens continuent d’être produits en France sur des sites permettant de s’adapter rapidement aux demandes des consommateurs.

« Il y a une grande diversité des produits fabriqués en France, et souvent dans des secteurs où on ne s’y attend pas » , explique Yves Jégo, ancien député qui a lancé en 2011 le label « Origine France Garantie » et qui organisait hier à Paris les Assises du « Produire en France ».

LE MADE IN FRANCE, ÇA FAIT VENDRE !

« Oui on peut produire des sacs poubelles en France ! » , s’exclame John Persenda, le PDG du groupe Sphère, un des leaders européens de l’emballage ménagers qui fabrique 70 % de sa production dans l’Hexagone et y emploie plus de 700 personnes. Avec sa marque Alfapac, l’entreprise française commercialise en grande surface des sacs-poubelle 100 % biodégradables produits dans ses usines implantées en Normandie, en Lorraine ou encore à Beauzac, non loin de Saint-Etienne.

« Notre production est presque entièrement automatisée, ce qui nous permet d’être compétitifs sans fabriquer à l’étranger » , explique-t-il. Les shampoings de la marque DOP sortent d’une usine implantée à Rambouillet, dans les Yvelines, et Mayamax industrie produit des chargeurs de portable depuis une usine ultra robotisée située dans les Bouches-du-Rhône. « La clé de la réussite c’est l’innovation » , estime John Persanda. « Il faut pouvoir proposer un produit différent des autres » , ajoute le PDG qui a lancé en 2012 la première gamme de sacs-poubelle et autres sachets de congélation fabriqués en polyéthylène végétal et non plus fossile. Produire en Asie ? Une stratégie trop risquée pour lui, qui estime qu’en Chine, par exemple, l’innovation est mal protégée.

« Si nous allions produire nos sacs en Chine, notre technologie serait immédiatement piquée par nos confrères asiatiques » , dit-il. À cela s’ajou te « le coût des transports mais surtout des délais de livraison » , renchérit Yves Jégo. Dans une société ultra-connectée, il faut pouvoir répondre à une demande très rapidement, estiment les acteurs du secteur. Produire en France, c’est également espérer toucher des consommateurs de plus en plus désireux de connaître l’origine des produits.

Selon une étude Ifop, réalisée en 2016, sept Français sur dix déclarent être « plus vigilants » à la dimension Made in France dans leurs actes d’achat. Une tendance qui pousse aujourd’hui les grands distributeurs à ne plus s’intéresser « seulement au prix, mais aussi à l’origine du produit » , affirme Fabienne Delahaye, présidente de Mif expo, le salon des produits Made in France qui se tiendra en novembre à Paris. « Le Made in France, ça fait vendre ! »

Extrait de l'union du 14/09/2018

    

    

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La folie des vieilles voitures

 Sainte-Ménehould -  Le Rallye des mémoires d’Argonne débute demain. Des dizaines d’autos sont à admirer.


Les voitures paraderont dimanche dans les rues de Sainte-Ménehould.

Rallye des mémoires d’Argonne

*.- OÙ ? Place du Général-Leclerc, à Sainte-Ménehould

*.-QUAND ?

- Samedi 8 septembre,

de 8 h 30 à 9 h 30 (accueil des véhicules) puis dimanche, à partir

de 10 heures et toute la journée.

*.-PROGRAMME DE DIMANCHE : exposition des voitures à partir de 10 heures, concours d’élégance,à 11 heures, remise des prix, à 12 h 30, parade en ville à 15 heures, baptêmes à partir, de 15 h 30 (1 euro, reversé à l’association du don d’organes), et toute la journée prévention de la gendarmerie pour les enfants et animations musicales.

 Pour la sixième année, les voitures anciennes ont rendez-vous à Sainte-Ménehould, ce week-end. Demain, les passionnés de vieilles mécaniques se retrouvent à partir de 8 h 30, devant la mairie de Sainte-Ménehould pour le coup d’envoi du Rallye des mémoires d’Argonne. Une heure plus tard, ils mettront les voiles pour une journée de pérégrination dans le sud-est marnais et vers Bar-le-Duc.

Il y a de plus en plus de festivals de véhicules anciens, c’est de la grande folie
Claude Beau, président de l’Arma

Cette formule est une manière de se démarquer des autres rassemblements de ce type, très à la mode. « Il y a de plus en plus de festivals de véhicules anciens, c’est de la grande folie , remarque Claude Beau, président de l’association du Rallye des mémoires d’Argonne (Arma). Notre truc en plus, ce sont les itinéraires. On fait sortir les voitures des grandes routes pour leur faire prendre des voies secondaires et beaucoup de gens aiment ça. On leur fait découvrir le charme et le pittoresque de l’Argonne. »

La recette fonctionne si bien que des amateurs de tout l’est de la France et de la région parisienne se sont inscrits pour prendre le départ. Des Allemands de Bruchsal, ville jumelle de Sainte-Ménehould, sont également attendus. Au total, une quarantaine ou cinquantaine de voitures de collection seront au rendez-vous : des Porsche, Ford Mustang, Corvette, Citroën DS…

UN AS DU SPORT AUTO AU MICRO

Toutes ces belles mécaniques seront visibles longuement pour le grand public durant toute la journée de dimanche. Elles paraderont dans la ville et il sera même possible de faire des baptêmes à bord de ces bolides d’un autre temps. Au micro, Serge Béranger livrera les histoires et anecdotes de ces voitures. Et autant dire qu’il en connaît un rayon, puisqu’il a œuvré durant cinquante ans dans le sport automobile, du championnat du monde des rallyes aux coulisses du grand prix de France de Formule 1. « Je reconnais toutes les voitures que j’ai vues durant ma carrière, explique ce bénévole actif de l’Arma. On expliquera leurs histoires. Évidemment, j’aurai plus d’anecdotes à raconter sur les sportives. On verra des voitures qui ont de l’allure, qui sont reconnaissables au premier coup d’œil. » Et que le public prendra plaisir à découvrir ou redécouvrir.

Loïc BÉCART

Extrait de l'union du 07/09/2018

    

    

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Un élu veut chasser Airbnb du centre de Paris


De plus en plus de villes accusent Airbnb d’accentuer la crise du logement. AFP

« Explosion des locations illégales » et « manque de logements » : Ian Brossat, adjoint à la maire de Paris, a demandé hier au législateur d’interdire les locations d’appartements entiers via Airbnb dans quatre arrondissements touristiques du centre et la fin des résidences secondaires dans la capitale.

En 2014 Paris comptait 107 000 logements secondaires sur 1,1 million de logements

« Un logement sur quatre ne sert plus à loger des Parisiens », s’alarme Ian Brossat, adjoint communiste au logement de la Ville de Paris et proche de la maire Anne Hidalgo. La mairie de Paris n’a pas réagi à cette proposition qui ne l’engage pas. En guerre depuis plusieurs années contre le géant américain, Ian Brossat propose « d’interdire la location d’appartements entiers via Airbnb dans les quatre premiers arrondissements parisiens (I er , II e , III e et IV e ) » situés à proximité des sites touristiques de Notre-Dame-de-Paris, du Louvre ou de l’Opéra.

« Un Parisien sur cinq utilise aujourd’hui Airbnb pour améliorer ses revenus et faire face au coût de la vie », se défend la société. Après l’adoption de la limitation des locations à 120 jours par an et par logement, et l’obligation d’avoir un numéro d’enregistrement, l’élu espère que ses propositions seront adoptées lors du vote de la loi logement Elan, à l’automne. De plus en plus de villes dans le monde accusent Airbnb d’accentuer la crise du logement en incitant les propriétaires à louer à des visiteurs de passage plutôt qu’à ses résidents permanents. Avec 60 000 logements à louer, Paris représente son premier marché.

Extrait de l'union du 07/09/2018

    

    

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L’absentéisme   des salariés en hausse

Arrêts maladies, absences pour maladies professionnelles, accidents du travail   ou absences injustifiées… Les salariés français sont de plus en plus absents.


Yannick Jarlaud souligne un sentiment de démotivation chez les salariés français, suscité par l’absence de développement personnel et de reconnaissance de leur N+1.AFP

 Alors que les secteurs de la Santé, de l’Industrie et du Commerce voient leur absentéisme augmenter, celui constaté dans le secteur des Services continue à diminuer. L’écart du taux d’absentéisme entre les hommes et les femmes demeure important, avec des niveaux respectifs de 3,54% et 5,30 %.

17,2
Le nombre de jours d’absence moyen par an est passé de 16,8 en 2016 à 17,2 en 2018

Les Femmes occupent des postes générateurs de problèmes de santé plus importants (troubles musculo-squelettiques). De plus, en dépit des évolutions sociétales, les femmes gèrent toujours plus de charges domestiques. Elles sont également plus en situation monoparentale que les hommes. Moins reposées, davantage exposées, leur santé est fragilisée et leur guérison, plus difficile.

DES DISPARITÉS SELON LES RÉGIONS

De fortes hausses sont observables en Corse (6,99 %), en Normandie (4,90 %), dans le Grand Est (5,06 %) et en Occitanie (5,50 %). Ces régions présentent des taux de chômage élevés et la crainte de ne pas retrouver un emploi freine les salariés à partir d’un emploi insatisfaisant.

Dans la durée, l’insatisfaction d’un poste augmente l’absentéisme. À l’inverse, l’absentéisme est en baisse dans les Hauts-de-France (4,69 %) ou les DOM-TOM (4,02 %).

Le taux d’absentéisme des plus de 55 ans est plus élevé (7,11 %). 45 %de leurs absences sont de longue durée (plus de 1 mois d’arrêt consécutif).

Les jeunes de moins de 30 ans ont un taux d’absence bien plus faible (3,23 %), avec des absences plus fréquentes, mais pour des causes moins graves.

Chez les moins de 25 ans, l’absentéisme de longue durée s’élève tout de même à 7 % du total de leurs absences.

Elles sont plus liées à un désengagement au poste qu’à des maladies graves. En effet, les moins de 25 ans découvrent les réelles contraintes de leur métier.

Le niveau d’attente et d’exigences dans leur rapport au travail est peut-être plus élevé que celui que proposent leur employeur et leur emploi. En revanche, le taux d’absentéisme fluctue en fonction des années d’ancienneté.

Les jeunes s’absentent moins longtemps mais plus souvent. Les aînés s’absentent moins souvent mais plus longtemps

Quelle que soit la catégorie d’âge, le taux d’absentéisme est toujours plus élevé pour les salariés arrivés dans l’année que pour ceux d’une ancienneté plus grande. À partir de 5 années d’ancienneté, le taux d’absentéisme diminue de plus de 30 % pour certaines catégories d’âge.

Cette baisse s’explique par le fait qu’avec l’ancienneté au poste, le coût de l’absence devient plus contraignant : avec le temps, un salarié est davantage responsabilisé et a davantage de probabilité d’avoir pris des engagements astreignants dans sa vie privée.

Pour l’ensemble des générations, les facteurs de motivation déterminants sont très personnels et peu liés au travail. L’employabilité, les projets d’entreprises, ne contribuent que faiblement à la motivation des salariés à leurs yeux.

DÉMOTIVATION

Un sentiment de démotivation très français. Dans le détail, selon le baromètre, la moitié des absences des salariés est liée à leur santé et à celle de leurs proches, l’autre moitié trouve sa source dans l’organisation du travail (surcharge, mobilité, fusion etc.)

« L’analyse qualitative réalisée auprès de 3 000 salariés européens permet de détecter que nombre d’entre eux se situent davantage dans l’attentisme que dans la mobilisation spontanée », complète Yannick Jarlaud, directeur en charge du Baromètre Ayming, qui souligne un sentiment de démotivation, plus marqué chez les salariés français que chez leurs voisins européens.

Extrait de l'union du 07/09/2018

    

    

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Un an de retard pour la destruction des obus de la Première Guerre mondiale

 Les obus allemands et anglais seront traités début 2019 dans la chambre de détonation construite dans le camp militaire de Mailly. Les obus français n’y passeront qu’ultérieurement.

Une vue de la salle de contrôle du site d’élimination de chargements d’objets identifiés anciens (Secoia), à Mailly-le-Camp, dans l’Aube. À gauche, Patrick Bourreau, le chef du site.

L’ESSENTIEL

*.- SITUÉ À MAILLY-LE-CAMP, dans l’Aube, le site d’élimination de chargements d’objets identifiés anciens (Secoia) accueille la chambre de détonation qui doit détruire les munitions chimiques anciennes.

*.- CES MUNITIONS, issues de la Première Guerre mondiale, dont certaines ont été collectées dans la Marne et l’Aisne, sont stockées par la Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises (DGSCGC) du ministère de l’Intérieur.

 C’est à y perdre son latin. Des obus chimiques français, tirés contre les Allemands, que l’on ne peut pas facilement détruire à cause de l’acier américain.

Cela mérite explication, ça justifie en tout cas du retard dans le planning initial du site Secoia construit en bordure du camp militaire de Mailly pour détruire plusieurs centaines de tonnes d’obus de la Première Guerre mondiale. Ou quand l’histoire vient se mêler à la technique… Ce retard serait de l’ordre d’un an et dû à la difficulté de fragmenter les obus chimiques de 75 mm français. Concrètement, la chambre de détonation installée à Secoia affiche un triple objectif : fragmenter la munition en cassant l’enveloppe, produire une onde de choc qui va casser la structure moléculaire des agents chimiques, enfin commencer à brûler ces agents à 1800 degrés, sachant qu’ils seront ensuite soumis à une torche à plasma à 500 degrés. Pas de problème pour les obus allemands, environ 50 % du stock, mais les charges prévues aujourd’hui ne suffisent pas à fragmenter les obus français.

La raison de ces difficultés ? Un matériau différent pour fabriquer les obus français. Au début du conflit, l’armement français fonctionnait bien. Bien vite, cette guerre est devenue une guerre d’artillerie et elle s’enlise. La France avait prévu de produire 12 000 obus par jour, mais Joffre a rapidement eu besoin de 100 000 obus par jour. Le problème, c’est que les Allemands avaient envahi sept départements dans lesquels se trouvaient les capacités de production, privant la France de 60% de son acier, et de 80 % de la fonte. Les Français n’ont alors plus rien ou presque à tirer.

UN ACIER AMÉRICAIN DE MAUVAISE QUALITÉ

Ils se tournent vers l’étranger, tout d’abord l’Angleterre, mais ça ne suffit pas. Ils vont alors chercher l’acier aux États-Unis. On saura plus tard que les caractéristiques n’étaient pas du tout les mêmes. En Allemagne, on fabriquait les obus avec de la fonte ou bien de la fonte aciérée.

Les nouveaux obus français sont fabriqués avec un acier de moins bonne qualité, très ductile, dit acier mou. Certains obus éclataient même dans le tube du canon. La France avait besoin d’une telle quantité d’obus que la qualité passait au second plan. Les militaires balançaient, quel que soit l’effet à l’impact. Personne ne se préoccupait vraiment des propriétés des aciers. Il faut rappeler que c’est seulement en février 1918 que la production s’est révélée suffisante compte tenu des besoins.

Concrètement, le mode de destruction initialement prévu pour Secoia doit être adapté. « Il faut utiliser d’autres types d’explosifs plus brisants », annonce Patrick Bourreau, le chef du site Secoia pour ArianeGroup. Il ne faut toutefois pas perdre trop de temps car le stock de munition ne cesse de croître. On en compte déjà 300 tonnes à Suippes, dans la Marne. Cinq à quinze tonnes d’obus sont découvertes chaque année. Alors le programme Secoia s’oriente vers la destruction dans un premier temps des munitions allemandes, celles pour lesquelles il n’y a pas de problème. Et cela à partir du début 2019. Les obus français seront traités ultérieurement. Peut-être à partir de 2020.

Un des laboratoires les plus performants de France

« Nous avons besoin des résultats en une heure, et non pas après plusieurs jours d’attente. » Cette affirmation justifie la création sur le site de Secoia d’un laboratoire particulièrement efficace, « un des plus performants de France », assure Patrick Bourreau, le directeur d’exploitation du site aubois. Qu’il y ait une alarme ou pas, même si aucune contamination n’est redoutée, des analyses permanentes sont effectuées en surface. Y compris sur les conteneurs qui arrivent sur site, le contrôle est systématique. Un laboratoire suffisamment performant pour détecter « bien en dessous des seuils réglementaires d’identification d’une contamination ».

 Jean-François LAVILLE

Extrait de l'union du 05/09/2018

    

    

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Gratuité des transports, c’est l’avenir !

Les partisans de la gratuité des transports en commun estiment que ce système devra se généraliser.


En France, on compte désormais entre 20 et 30 réseaux gratuits, comme ci-dessus Dunkerque. AFP

Ils en sont convaincus, la gratuité des transports en commun est vouée à se généraliser : réunis à Dunkerque, dernière agglomération à avoir sauté le pas, les partisans des villes où tickets et contrôleurs ont disparu entendent combattre les « clichés » et défendre leur système.

« C’est une politique peut-être exceptionnelle, mais qui existe bel et bien (…). Il y a une volonté d’en faire un modèle » , analyse Wojciech Keblowski, chercheur, en marge des premières rencontres françaises organisées sur le sujet lundi et mardi dans la ville portuaire du Nord.

Selon les chiffres de ce spécialiste des mobilités, en 2017, les transports en commun étaient totalement gratuits dans 98 villes dans le monde, dont 27 aux États-Unis, 11 en Amérique du Sud, une en Australie, 3 en Asie, 56 en Europe. Contre une seule en 1970, et 60 en 2010.

LE CASSE-TÊTE DU FINANCEMENT

Cette démarche radicale suscite de l’intérêt : 300 élus, chercheurs, associations d’usagers français et étrangers se sont déplacés pour visiter l’agglomération nordiste, 200000 habitants, où roulent depuis samedi des bus « 100 % gratuits, 7j/7 » . En France, le nombre de collectivités locales, de droite comme de gauche, qui ne font plus payer continue d’augmenter depuis le début des années 2000. On compte désormais entre 20 et 30réseaux gratuits (selon les critères retenus), dont Gap, Niort, Figeac, Castres.

« C’est un changement de cap, de modèle dans l’appréhension de la mobilité » , estime Maxime Huré, maître de conférences à l’université de Perpignan, fustigeant des oppositions purement «idéologiques » .

Reste la question épineuse du financement. « La billetterie représentait 10 % du coût total (soit 4,5 millions, compensé par l’augmentation d’une taxe payée par les entreprises et des arbitrages budgétaires), c’est abordable » , reconnaît Patrick Vergriete, président de la communauté urbaine de Dunkerque. « Dans des villes, ce coût est plus important, c’est plus compliqué. »

La réflexion est néanmoins lancée dans plusieurs grandes agglomérations, comme Amiens et Grenoble. « Ça va être très clairement un enjeu des prochaines municipales », prédit Cyril Cineux, adjoint communiste au maire de Clermont-Ferrand.

L’argument du manque de respect balayé 

Avec le recul, les élus concernés n’y voient, presque, que des avantages. Ils rejettent l’argument de l’Union des transports publics et ferroviaires (UTP) et de la Fnaut qui estiment que la gratuité est souvent « associée en France à l’absence de valeur et, par ricochet, au manque de respect ».

« On a moins de dégradations : plus personne n’est en infraction, il n’y a pas cette peur du contrôle, les chauffeurs sont plus à l’aise », détaille Gil Averous, maire Les Républicains de Châteauroux, 78000 habitants, invité à témoigner d’une « politique de pouvoir d’achat et de redynamisation du centre-ville » instaurée en 2001.

À Aubagne (Bouches-du-Rhône), les actes de vandalisme ont baissé, la fréquentation triplée et la part de la voiture dans les déplacements stagné, selon Sylvia Barthélémy, présidente UDI du Conseil du territoire qui promeut la pérennité d’une mesure adoptée en 2008 par une majorité… communiste.

 

Extrait de l'union du 05/09/2018

    

    

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Clap de fin pour le changement d’heure ? 

Bruxelles va proposer la fin du changement d’heure dans l’UE, objet d’une controverse permanente, il a été institué pour la première fois en 1916 en Europe pour économiser de l’énergie.

Ce rituel, controversé, a été abandonné par plusieurs pays.

L’inventeur et homme politique américain Benjamin Franklin est considéré comme le premier à avoir émis l’idée du changement d’heure : en 1784, dans un essai satirique publié au Journal de Paris, il incite les Français à décaler l’heure du commencement de leurs journées pour économiser les bougies d’éclairage. La mise en place de deux heures une d’été et une d’hiver est adoptée en 1916 par les empires allemand et austro-hongrois afin d’économiser de l’électricité en pleine première guerre mondiale. Ils sont imités la même année, dans le camp adverse, par l’Empire britannique et la France.

1 - ÉCONOMIES D’ÉNERGIE

L’idée principale derrière le changement d’heure est de faire correspondre heures d’activité et heures d’ensoleillement pour limiter l’utilisation de l’éclairage artificiel. Sous la pression du monde agricole, de nombreux pays d’Europe et d’Amérique du Nord renoncent au changement d’heure entre la première et la seconde guerre mondiale. Avant de la rétablir dans les années 1970 en raison des chocs pétroliers, l’électricité étant alors largement produite à partir de centrales au fuel lourd.

Depuis 1998, les dates du passage à l’heure d’été le dernier dimanche de mars, et à celle d’hiver, le dernier dimanche d’octobre, ont été harmonisées dans l’Union européenne. Le Canada, les États-Unis à l’exception de certains États, le Mexique, la Jordanie, la Nouvelle-Zélande, le Liban, Israël et Cuba appliquent également le changement d’heure. Cette mesure est en revanche inexistante en Afrique, à l’exception du Maroc, et en Asie hors Moyen-Orient.

2 - RYTHMES BIOLOGIQUES PERTURBÉS

De nombreux mouvements se sont créés dans le monde pour dénoncer les effets négatifs du système du double horaire. Ils réfutent notamment l’argument des économies d’énergie qui, avec les progrès technologiques, a perdu selon eux de sa pertinence.

Les détracteurs du changement d’heure dénoncent les effets négatifs sur la santé (perturbation des rythmes biologiques, notamment chez les enfants et les personnes âgées), de l’environnement (accroissement en été de la pollution atmosphérique, les pics de circulation coïncidant avec l’ensoleillement maximum) et du travail (métiers de plein air).

Le changement d’heure compte également de nombreux ennemis dans le monde agricole, notamment en raison des perturbations que ce changement de rythme provoque chez les animaux d’élevage.

3  - ABROGER LE CHANGEMENT D’HEURE… OU PAS

Au Japon, l’occupant américain institue le changement d’heure en 1948, mais revenu à sa pleine souveraineté le pays l’abolit en 1952. La Chine a elle aussi tenté d’adopter le système du double horaire en 1986. L’essai ne s’étant pas révélé concluant, elle revient à une heure stable toute l’année en 1991. En 2011, le président Russe Dmitri Medvedev décide de protéger les Russes du « stress et de maladies » provoqués selon lui par le changement horaire, et de mettre la Russie en permanence à l’heure d’été en adoptant le fuseau GMT+4 à Moscou. Les changements d’heure annuels y avaient été introduits en 1917 et abandonnés une première fois en 1930, le pays conservant alors l’heure d’été avant de reprendre le passage aux heures d’été et d’hiver en 1981.

Mais à la suite de protestations de la population locale, mécontente de devoir se déplacer en pleine nuit dans le creux de l’hiver russe, le gouvernement décide en 2014 de passer définitivement à l’heure d’hiver, au fuseau GMT+3 à Moscou.

La Biélorussie, l’Islande et l’Argentine ont également abandonné les changements d’heure.

Cette mesure est en revanche inexistante en Afrique, à l’exception du Maroc, et en Asie hors Moyen-Orient

Au Chili, le changement d’heure est abrogé en 2015 mais réinstauré l’année suivante. Annoncé seulement deux mois avant son entrée en vigueur, ce rétablissement sème la pagaille dans les horaires des compagnies aériennes. Puis, en 2017, le gouvernement chilien décrète que l’extrême-sud du pays, que l’heure d’hiver austral plongeait dans le noir dès le milieu de l’après-midi, bénéficiera de l’heure d’été toute l’année contrairement au reste du pays.

Après le oui des Européens, l'UE va se prononcer

Bruxelles va proposer la fin du changement d’heure dans l’UE en s’appuyant notamment sur une consultation publique menée cet été.

« Des millions de personnes ont répondu et sont d’avis qu’à l’avenir, c’est l’heure d’été qui devrait être tout le temps la règle, et nous allons réaliser cela », a expliqué hierle président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, à la chaîne de télévision allemande ZDF. Quelques heures plus tard, lors d’un déplacement au Nigeria, la chancelière allemande Angela Merkel se prononçait elle aussi en faveur d’un tel changement. « Cela constituerait pour moi une très grande priorité », a-t-elle déclaré.

Un nombre record de 4,6 millions de réponses, en provenance des 28 États membres, ont été enregistrées au cours de cette consultation publique, qui s’est tenue du 4 juillet au 16 août.

Selon des résultats préliminaires, 84% des répondants, qui se sont exprimés via un questionnaire en ligne, sont favorables à la fin du changement d’heure.

« Nous sommes d’accord avec la proposition faite par M. Juncker », a pour sa part réagi la porte-parole du gouvernement espagnol, Isabel Celaa. Mais la proposition n’a pas reçu le même écho en Italie. « Je n’ai pas de mots, les Italiens payent des milliards pour changer les aiguilles d’une horloge… », a tweeté le ministre de l’Intérieur Matteo Salvini.

« Nous aborderons sérieusement la question de l’abolition de l’heure d’été, mais seulement lorsque l’UE fera face aux défis plus importants. C’est triste, l’Europe de Juncker », a commenté l’eurodéputé Ignazio Corrao, du Mouvement (m5S, antisystème), l’autre parti de la coalition gouvernementale italienne.

« Le message est très clair », a pour sa part estimé à Bruxelles la commissaire européenne chargée des Transports, Violetta Bulc.

« Nous allons maintenant agir en conséquence et préparer une proposition législative pour le Parlement européen et le Conseil, qui décideront ensuite ensemble », a-t-elle précisé.

Concrètement, la Commission ne va pas proposer de rester à l’heure d’été, mais uniquement de supprimer les deux changements d’heure annuels, a ensuite précisé un porte-parole de l’institution, Alexander Winterstein.

 

Extrait de l'union du 01/09/2018

    

    

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Julien Courbet sauve leur mariage

Épernay-Reims A une semaine de la cérémonie, l’hôtel qui devait accueillir une trentaine d’invités a annulé.


Joffrey et Pauline sont ravis. Leur problème a été résolu. Ils peuvent enfin se concentrer sur leur mariage.

L’ESSENTIEL

*.- EN OCTOBRE 2017, des invités ont commencé à faire leurs réservations à l’hôtel Comfort Suites, Les demeures champenoises d’Épernay.

*.- LE 22 AOÛT 2018, les invités apprennent qu’ils ne pourront pas loger dans l’hôtel car des vendangeurs prennent leur place.

*.- LE 29 AOÛT, Joffrey Zamba, passe dans l’émission de Julien Courbet.

*.- LE 30 AOÛT, le directeur général du groupe passe sur RTL. Il y confirme que les invités logeront bien dans l’hôtel Sparnacien.

L’histoire se termine bien grâce à l’émission « Ça peut vous arriver » animée par Julien Courbet sur RTL. Joffrey Zamba vient de passer sur les ondes de cette radio : « c’était mon dernier espoir. » La préparation n’a pas été de tout repos, particulièrement ces derniers jours pour celui qui va s’unir à Pauline Morizot ce samedi à Epernay. Une trentaine d’invités pour leur mariage se retrouvaient en effet sans logement.

À une semaine du mariage, l’hôtel a appelé des invités pour annuler leurs réservations
Joffrey Zamba, futur marié

L’organisation a commencé à tourner à la catastrophe. « À une semaine du mariage, l’hôtel a appelé des invités pour annuler leurs réservations. L’établissement logeait finalement des vendangeurs » , explique le futur marié. Deux types de réservations avaient été effectués. Certaines directement avec l’hôtel. Dans ce cas, il y avait annulation pure et simple. D’autres sur le site internet Booking, ils étaient alors relogés. « Certains viennent de Reims. On leur a proposé d’être relogés… sur Reims », raconte ironiquement Joffrey Zamba. « Des invités viennent même des États-Unis, de Martinique et de Montpellier. Qu’ils se retrouvent sans logement le soir du mariage était impossible. »

Sur une centaine d’invités, une quarantaine avait réservé une chambre dans l’hôtel. « Trente convives se retrouvaient avec leur réservation annulée. » . Joffrey contacte alors l’hôtel : « La personne qui m’a répondu était un stagiaire très énervé. Il en avait marre des nombreux appels reçus de diverses personnes à cause des annulations. » Le lendemain, Joffrey a le directeur de l’hôtel au téléphone : « Il était très compréhensif, il m’a assuré qu’il garderait le peu de chambres qui resteraient pour les invités du mariage et qu’il mettrait en place un service de taxi pour les personnes relogées. »  Le futur marié pense alors que son problème était réglé. Mais lundi, plusieurs invités le contactent pour lui annoncer que leur réservation viennent d’être annulée : « J’ai rappelé l’hôtel, on m’a répondu que l’ordre venait du siège. Le directeur était en vacances et impossible à joindre ! »

L’homme, totalement désemparé, voit la date de la cérémonie approcher à grands pas : « Ma belle-sœur écoute régulièrement Julien Courbet, elle m’a conseillé de l’appeler. » Après plusieurs contacts avec l’équipe de l’émission, il est passé à l’antenne, ce jeudi matin. Avec l’espoir de retrouver les réservations pour son mariage. Une fois cette affaire exposée au grand jour, Joffrey a vu les choses s’activer : « Je cherchais à joindre quelqu’un depuis lundi, après un passage à la radio, j’ai été contacté par le siège de Vacancéole et ils m’ont affirmé qu’ils étaient en train de trouver une solution. ». Le futur marié est rassuré, le problème a été résolu quelques heures après l’intervention de Julien Courbet. « C’est quand même fou de devoir en arriver là. Nous avons passé des journées à stresser ! » s’exclame en chœur le couple. « Sans Julien Courbet et son émission, on serait restés avec notre problème sans une solution valable, quand on est seul, on n’est rien. »

LES INVITÉS LOGERONT BIEN DANS L’HÔTEL

Le directeur de l’hôtel Comfort Suites, Les demeures champenoises, rue François-Bonal à Épernay, affirme que les invités logeront finalement dans son établissement : « Je n’avais pas notion que ces réservations étaient pour un mariage. Les personnes avaient réservé individuellement. Avec l’arrivée des vendangeurs plus tôt que prévu, nous avons été débordés » , explique Cédric Schacht. L’hôtel est actuellement en train de « reloger les vendangeurs, pour qu’ils ne se retrouvent pas à la porte non plus » . Les futurs mariés sont heureux, ils peuvent enfin se consacrer aux derniers préparatifs avant leur cérémonie.

Mélanie COUSIN

Extrait de l'union du 01/09/2018

    

    

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Un curé brise l’omerta

Dans une pétition en ligne, rédigée avec le soutien des associations de victimes d'abus sexuels, ce prêtre du Vercors demande la démission du cardinal de Lyon


Inspiré par la dernière lettre du pape François appelant le peuple de Dieu a se mobiliser contre les agressions sexuelles, Pierre Vignon a pris la plume. Quitte à s'attirer les foudres l'Eglise. AFP

Que la parole d'un petit prêtre comme moi reçoive un tel écho, c'est la preuve que c'était très attendu J, affirme le père Pierre Vignon, qui a relancé l'affaire Barbarin , en appelant l'archevêque de Lyonà tirer les conséquences des dernières déclarations du pape sur la pédophilie. La pétition lancée sur internet par ce curé rattaché au diocèse de Valènce avait recueilli 10000 signatures hier après-midi, au lendemain de sa mise en ligne.

Le père Vignon y appelle « publiquement et sans détour, le primat des Gaules à donner sa démission de cardinal et d'archevêque de Lyon « dans les plus brefs déiais ». « Je ne l'aipasfait dans l'intention d'avoir la tête de quelqu'un mais afin de permettre à chaque chrétien - et même au-delà - de dire: « Ça suffit »  explique-t-il. Philippe Barbarin est poursuivi par d'anciens scouts lyonnais pour ne pas avoir dénoncé à la justice de vieilles agressions pédophiles dans son diocèse, en particulier celles commises par le père Bernard Preynat En démissionnant, Mgr Barbarin tirerait, selon le père Vignon, les conséquences de la lettre adressée, lundi, à l'ensemble des catholiques par le pape François, après, la découverte d'un énorme scandale de pédophilie aux États-Unis, dont les auteurs ont été couverts pendant des années par l'Église locale.

Après ce « cri » du Pape, « le Peuple de Dieu, se devait de réagir », souligne ce prêtre de 64 ans, sans affectation depuis un grave accident de voiture et n e j qui vit depuis dans son petit village du Vercors.

« L'Église n'est pas une secte. J'appartiens à l'Église mais je n'admets pas que des pervers s'y soient infiltrés et que les responsables de l'Église ne les arrêtent pas », lance-t-il, en assurant ne pas avoir appelé « à une chasse à l'homme ». Les faits reprochés datent d'avant 1991 et sont donc bien antérieurs à l'arrivée de Mgr Barbarin à la tête du diocèse de Lyon. Mais, s'adressant au prélat, le père Vignon estime que celui-ci aurait dû remettre sa démission dès son fameux lapsus « Grâce à Dieu, lesfaits sont prescrits. , « Cette dissimulation, c'est le summum de l'hypocrisie, c'est tromper les hommes en se recommandant de Dieu. »

« L'affaire Preynat est d'ailleurs devenue l'affaire Barbarin. Pourquoi se retrouve-t-il du côté du prédateur »
 Pierre Vignon, curé du Vercors

Le porte-parole de la Confédération des évêques de France, Olivier Ribadeau-Dumas, a assuré qu'il n'y avait pas de « loi du silence » dans l'Église face aux affaires de pédophilie impliquant des prêtres. « Le fait que le père Vignon puisse écrire cette lettre pour dénoncer cela, ce n'est pas la loi du si· lence. Ça fait deux ans et demi que les évêques de France ont pris des mesures assez claires pour une collaboration avec la justice, la dénonciation des faits, les signalements, l'accueil et l'accompagnement des victimes » a-t-il affirmé. Olivier Ribadeau-Dumas a estimé que la question du renvoi de cardinaux pouvait se poser « mais il y a une action en justice qui existe. Cette justice doit passer pour qu'une décision puisse être prise. »

Au diocèse de Lyon, l'évêque auxiliaire Emmanuel Gobilliard a relevé qu'on ne pouvait pas « reprocher au cardinal de ne pas avoir ouvert les portes à la justice ». « Si le dossier prend du retard, ce n'est pas la  faute du cardinal » qui souhaite, au contraire, que le procès « arrive le plus vite possible », a indiqué Mgr Gobilliard. L'adjoint de Mgr Barbarin a rappelé que ce dernier avait parlé au pape d'une éventuelle démission. « Tl a été très clair. Si tu. veux, je démissionne, Le Pape lui a dit « Non ». Et on ne peut pas dire que le pape François tergiverse sur cette question », a-t-il relevé. Mg, Barbarin doit comparaître devant le tribunal correctionnel de Lyonmais son procès, déjà reporté une fois, risque un nouveau renvoi pour des raisons de procédure. Après sa lettre ouverte, le père Vignon affirme avoir reçu nombre de messages de haine de la part « d'ultras qui se disent catholiques ». Du côté de sa hiérarchie, c'est « silence radio ». «La règle non écrite, c'est: « Pas de vagues ». Mais à la fin, quand on ne fait rien, quand rien n'est réglé, ça devient un tsunami.

Le pape sous pression

Déstabilisé par une enquête sur des sévices sexuels qu’ont fait subir des membres du clergé à mille enfants aux États-Unis, le pape François a reconnu que l’Église avait « abandonné les petits » dans une lettre inédite aux catholiques, mais reste sous pression pour changer radicalement la donne dans les diocèses. « L’horloge tourne pour nous tous dirigeants de l’Église, les catholiques ont perdu patience avec nous et la société civile a perdu confiance en nous », a reconnu dans une déclaration écrite le cardinal Sean O’Malley, l’archevêque de Boston, qui dirige justement une commission de lutte contre la pédophilie conseillant le pape sur le dossier le plus explosif de l’Église cath olique-romaine.

70

Selon une étude de la Confédération des évêques de France de janvier 2017, près de 70 des 15 000 prêtres et diacres de France étaient alors mis en examen pour pédophilie ou avaient été condamnés pour de tels faits

Les dispositifs mis en place par l’Église de France

 L’Église de France, qui récuse toute « loi du silence » en matière de pédophilie, a mis en place, en avril 2016, plusieurs dispositifs destinés à mieux prendre en compte les plaintes de victimes et à sensibiliser le clergé.

Une meilleure écoute des victimes

« Reconnaissant et constatant la pauvreté des moyens existants », la Conférence des évêques de France (CEF) a créé des « cellules d’écoute et d’accueil des victimes » afin de leur offrir « un lieu où elles soient assurées d’être accueillies, écoutées et accompagnées ». Agissant au niveau du diocèse ou partagées sur plusieurs diocèses, ces cellules sont composées « de professionnels et de toute personne pertinente pour accueillir les victimes et/ou leurs familles » au niveau juridique, psychologique, médical, ecclésial, et parfois d’anciennes victimes ou parents de victimes. Ces cellules peuvent notamment être contactées via une adresse électronique spécifique (paroledevictimes@cef.fr).

Des outils de prévention

L’Église française a lancé un site internet dédié à cette question (contrerévolutionnaire.catholique.fr) à destination tant du grand public que des éducateurs et du clergé. On y rappelle, entre autres, les attitudes à adopter au contact des enfants, la détection des « signaux d’alerte » et les obligations et les sanctions prévues par la loi. Pour sensibiliser « à la maltraitance et à la pédophilie », la CEF édite également une brochure « Lutter contre la pédophilie, repères pour éducateurs », diffusée chez les prêtres et religieux, dans les séminaires et les lieux d’éducation religieuse.

Des instances spécifiques

Une Cellule permanente de lutte contre la pédophilie, dirigée par l’évêque du Puy-en-Velay, M gr Luc Crepy, a succédé à la « cellule de veille » déjà existante au sein de la CEF pour « organiser la lutte contre la pédophilie dans l’Église et être au service de chaque évêque dans son diocèse pour y concrétiser cette mission ». Une commission nationale d’expertise indépendante a également vu le jour. Elle est présidée par Alain Christnacht, ancien directeur de cabinet de Christiane Taubira au ministère de la Justice, et composée de quatre médecins, d’une ancienne Défenseure des enfants et d’une parent d’élève. « Saisie par les évêques », elle a pour rôle de « les conseiller dans l’évaluation des situations de prêtres suspectés ou convaincus d’actes de pédophilie, afin de les éclairer sur les missions pouvant être confiées à ces prêtres sans faire courir de risques à des mineurs », selon la CEF. « Elle n’interfère en aucune manière avec les procédures judiciaires. Elle se prononce, par conséquent, sur des cas pour lesquels la justice soit s’est déjà prononcée, soit n’a pu se prononcer, compte tenu des délais de prescription », détaille-t-elle

 Extrait de l'union du 21/08/2018

    

    

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L’Éternel débat sur L’heure d’été  

Jusqu’au 16 août, les citoyens européens peuvent donner leur avis sur les passages à l’heure d’hiver et d’été, via une grande consultation numérique lancée par la Commission européenne.

L’heure d’été, devenue inutile et même néfaste en période de canicule, est dans le collimateur de l’Union européenne. Chacun peut donner son avis en ligne jusqu’au 16 août. 


L’heure d’été esr née après la premiière Guerre mondiale. L’objectif était de réduire la consommation d’’énergie
Ed. Lantenois

L’ESSENTIEL

*.- LES DÉPUTÉS EUROPÉENS ont voté en février dernier une résolution en faveur de l’abandon de l’alternance entre heure d’été et heure d’hiver.

*.- LES CITOYENS EUROPÉENS ont jusqu’à jeudi 16 août pour donner leur avis et choisir entre l’heure d’été et l’heure d’hiver si l’alternance était abandonnée.

*.- LE QUESTIONNAIRE est accessible en tapant «changement d’heure consultation européenne » dans les moteurs de recherche.

Tous les citoyens européens ont jusqu’à jeudi prochain pour donner leur avis sur la suppression du changement d’heure. La consultation populaire est lancée par la Commission européenne.

Chacun peut y répondre en ligne. «J’ai moi-même porté la résolution d’abandonner le changement d’heure devant le Parlement européen en février dernier. Cette consultation citoyenne est la deuxième étape du processus » , indique Karima Delli, députée européenne écologiste EELV originaire des Hauts de France. « Les élus européens sont les seuls à s’être emparés de la question. Les gouvernements des États font régulièrement le constat que le changement d’heure et devenu inutile mais aucun n’a encore mis le sujet à l’ordre du jour. »

C’est aussi parce que la gestion du changement d’heure incombe à l’Europe depuis 2001. Conséquence directe, sa suppression nécessitera l’accord des 28 États. « Cela a toutefois des chances d’aboutir car il n’y a plus que des inconvénients. Il génère très peu d’économies d’énergie et augmente de 10 à 20 % les risques cardiaques. En perturbant l’horloge interne, il est facteur d’obésité et perturbe les diabétiques. De plus, il est générateur d’accidents de la route au moment du changement. Jusqu’à 40 % en plus » , affirme l’élue.

PAS DE CHANGEMENT À ATTENDRE À COURT TERME

En cas d’abandon, il faudra choisir entre garder l’heure d’été toute l’année ou bien l’heure d’hiver. « Personnellement, je choisis l’heure d’été car j’aime les longues soirées d’été » , confie Karima Delli. Maryvonne Bauer, présidente de l’association La Méridienne, répondrait à cette élue écologique que pour lutter contre la pollution, elle ferait mieux de choisir l’heure d’hiver : « Il est absolument reconnu que la pollution à l’ozone, liée à l’activité humaine sous l’ensoleillement, est plus importante pendant l’heure d’été. »Maryvonne milite carrément pour le retour à l’heure solaire. « Nous avons actuellement deux heures de décalage avec le soleil. Cela nous fait des matinées très courtes et des après-midi très longues. Nos journées seraient plus équilibrées en nous calant sur le soleil, et les canicules plus faciles à supporter. Ce sera déjà un progrès de rester à l’heure d’hiver décalée seulement d’une heure avec le soleil » , concède-t-elle. Certains pays de l’Union sont plus virulents que le nôtre pour abolir le changement d’heure. L’été dernier, plus de 70000 Finlandais ont signé une pétition pour sortir le pays de l’heure d’été.

Les réponses des citoyens européens à la consultation n’entraîneront pas un changement à court terme. Même dans le cas où 80 % des personnes demanderaient la fin du changement d’heure. Comme son nom l’indique, il s’agit d’un scrutin consultatif. En revanche, il servira d’appui pour négocier avec chaque État.

3 QUESTIONS à


Michel MAGNIEZ
ELLV Aisne Nord

« L’heure d’été n’est plus utile »

Vous êtes secrétaire du groupe local Aisne Nord pour Europe Écologie Les Verts. Quelle est votre position sur le possible abandon du changement d’heure ?

Je considère que ce serait une bonne chose. Cette mesure a été instaurée dans le but de faire des économies d’énergie. Son efficacité est largement remise en cause. Si on veut vraiment faire des économies de consommation d’électricité, il y a d’autres choses à faire plus intéressantes comme, par exemple, faire la chasse aux éclairages inutiles la nuit en ville. Je pense notamment à l’éclairage des magasins.

Même si le changement d’heure n’a plus son utilité énergétique, il permet d’avoir de longues soirées d’été, pourquoi faudrait-il s’en passer ?

Parce qu’il perturbe beaucoup de catégories de population comme les plus jeunes ou encore les personnes âgées. Elles sont déstabilisées pendant plusieurs jours. C’est même perturbant pour tout le monde de devoir se remettre dans un nouveau rythme tous les six mois alors que cela n’a plus d’utilité. De plus, le changement d’heure nécessite beaucoup d’organisation, notamment dans les transports. Il faut tout remettre à l’heure. Supprimer cette alternance aura pour effet de simplifier la vie des gens.

Une consultation des citoyens a été lancée par la Commission européenne. Y avez-vous répondu et, si oui, quel choix avez-vous fait entre conserver l’heure d’hiver toute l’année ou bien l’heure d’été ?

Je choisis l’heure la plus proche de l’heure solaire car cela semble plus naturel pour notre rythme biologique, c’est-à-dire l’heure d’hiver. Si la justification du choix reste celle de faire des économies d’énergie, cela pourra permettre de réduire le coût de la climatisation lors des périodes de forte chaleur en faisant tomber la nuit une heure plus tôt.

Les vaches sont partagées 


Le changement d’heure ne gêne que les vaches en élevage intensif.

On entend dire que les changements d’heure perturbent les vaches productrices de lait. « Pas vraiment. Du moins en ce qui concerne mon petit troupeau » , réagit Benoît Dave, président de la chambre d’agriculture des Ardennes. « Il est fréquent qu’on décale la traite d’une demi-heure, voire d’une petite heure selon nos activités. Cela n’a aucune influence, donc le passage à l’heure d’été n’en a pas. C’est plus le fermier que ce changement perturbe car on est réglé comme des horloges. Je n’ai pas de besoin de réveil-matin pour être à l’heure. Si l’heure d’été est devenue inutile, je suis partisan de la supprimer, mais davantage à mon profit que pour mes vaches. » Les vaches de Laurent Cousin à Regniowez, toujours dans les Ardennes, n’ont pas non plus le lait qui tourne au changement d’heure.« Elles ne le ressentent pas car, en tant qu’éleveur bio, je ne suis pas exigeant sur le quantitatif. Nous ne sommes pas à une heure près pour la traite. Seuls les éleveurs qui ont des vaches hautes productrices sont concernés. Les miennes produisent entre 20 et 25 litres de lait par jour, les leurs peuvent donner jusqu’à 40 litres. Avec une telle quantité, si on décale d’une heure la traite, elles se sentent mal et si on traite une heure plus tôt, la quantité attendue n’y est pas. »

 Catherine  FREY

Extrait de l'union du 13/08/2018

    

    

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De plus en plus de maires jettent l’éponge

Le nombre de maires démissionnaires est en hausse vertigineuse par rapport  à la précédente mandature. Ils déplorent l’attitude de l’État envers les communes. 


Les premiers magistrats se disent découragés face à la baisse des dotations de l’Etat et au pouvoir croissant des intercommunalités. AFP


« 
Demain, il ne restera plus au maire que le privilège de l'état civil et de l'écharpe »
  André Laignel, Vice-président de l'AMF

55 %

Le nombre de maires ayant quitté leur fonction depuis 2014 est en hausse de 55 %

Usés par leur fonction, de plus en plus de maires jettent l’éponge à moins de deux ans de la fin de leur mandat. « On se sent inutiles, il y a une désespérance face à l’arrogance de l’État », confie Philippe Rion, maire démissionnaire de Castillon (Alpes-Maritimes).

Si la démission la plus fracassante fut sans nul doute celle du maire de Sevran (Seine-Saint-Denis), Stéphane Gatignon, en mars, qui dénonçait le « mépris de l’État pour les banlieues », les maires de petites villes, parfois au bord du burn-out, sont tout aussi nombreux à se décourager. Selon un calcul de l’Agence France-Presse réalisé à partir du répertoire national des élus en tenant compte de l’effet du non-cumul des mandats, le nombre de maires ayant quitté leur fonction depuis 2014 est en hausse de 55 % par rapport à la précédente mandature.

« Il y a des mois où je ne savais plus comment payer les employés », déplore Philippe Rion, qui a dû «tailler sur tout », y compris en « arrêtant les commémorations nationales », avant de finir par augmenter la taxe d’habitation. « Les communes ne sont qu’une variable d’ajustement financière aux yeux de l’État », critique l’ancien maire, dont le village de 380 habitants a enregistré une baisse de 50 % en cinq ans de sa dotation globale de fonctionnement (DGF), principale contribution financière de l’État aux collectivités. Selon l’Observatoire des finances locales (OFGL), la DGF représentait 14,8 % des recettes de fonctionnement des communes en 2017, contre 21 % en 2013. Malgré une légère hausse de son montant global en 2018, près de la moitié des communes ont vu leur dotation baisser cette année, selon l’Association des maires de France (AMF), qui a réclamé mi-juillet la création « en urgence » d’un fonds spécial pour les communes les plus en difficulté.

REFONTE DE LA CARTE INTERCOMMUNALE

La suppression de la taxe d’habitation, qui représente 34 % des recettes fiscales des communes, et la forte baisse des contrats aidés, considérés comme une bouffée d’oxygène dans les campagnes, ont encore accru les mécontentements. Mais c’est la refonte de la carte intercommunale en 2016, issue de la loi NOTRe, qui a suscité le plus de dissensions, les maires devant se plier à des fusions souvent coûteuses en temps et en énergie pour intégrer des intercommunalités de plus en plus grosses. « Il y a une concentration des pouvoirs au sein des intercommunalités et les maires ont le sentiment de devenir les exécutants de décisions prises ailleurs », analyse Luc Rouban, chercheur au Cevipof. « Ils se retrouvent noyés dans un ensemble d’élus et voient leur capacité d’imagination et d’impulsion encore plus limitée, avec l’impression d’un dessaisissement », abonde Émeric Bréhier, de la Fondation Jean-Jaurès. Gilbert Parmentier, maire démissionnaire des Aulneaux (Sarthe), a vu passer le périmètre de la communauté de communes à laquelle il appartient de 13 000 à 29 000 habitants et de 43 à 78 représentants.

LES PETITES COMMUNES LÉSÉES

« C’est très usant, ça fait des réunions à rallonge, et les maires des petites communes sont souvent tournés en dérision quand ils prennent la parole face à des élus dont la politique est le métier », assure cet ancien instituteur, pourtant « dans les conseils municipaux depuis trente ans ». « Demain, il ne restera plus au maire que le privilège de l’état civil et de l’écharpe », regrette André Laignel, vice-président de l’AMF. Parallèlement, la mission du premier édile n’a cessé de se complexifier, avec « beaucoup de travail administratif et d’assistance sociale, et des indemnités très basses dans les petites communes », constate Luc Rouban.

Dans un communiqué justifiant sa démission en juin, la maire de Guérande (Loire-Atlantique) explique s’être engagée parfois «au-delà de (ses) forces » et «souvent au détriment de (sa) famille» dans un mandat qui nécessite de « s’investir à 200 % ». Face à cette situation, les associations réclament un véritable statut de l’élu, avec une augmentation des indemnités, un retour à la vie professionnelle facilité et une révision des conditions dans lesquelles la responsabilité pénale des maires peut être engagée.

Extrait de l'union du 09/08/2018

    

    

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Le problème majeur des Mineurs non accompagnés

Le nombre de mineurs non accompagnés ne cesse d’augmenter sur le territoire français. La question de leur prise en charge se pose donc avec acuité.


Les MNA, dont la minorité est reconnue et validée, sont logés à Reims, sous la responsabilité du service d’accueil des mineurs isolés étrangers de la Sauvegarde. Édouard Lantenois

La présence de « Mama Picard » ne suffit pas à les rassurer. S’ils acceptent de répondre à nos questions, c’est de manière évasive. Ils ont quitté leur pays d’origine pour « fuir des conditions de vie difficiles » ; pour « pouvoir suivre une formation professionnelle, trouver du travail et devenir indépendant » ; pour « avoir une vie meilleure ». Ils se retrouvent pris en charge par les travailleurs sociaux du service d’accueil des mineurs isolés étrangers (Samie) de la Sauvegarde de la Marne, à Châlons-en-Champagne ou à Reims, en fonction de leur profil. Émilie Picard, qu’ils appellent « Madame » ou « Mama », est la chef de service.

Elle navigue entre les deux antennes : la première, consacrée aux mineurs non accompagnés (MNA) dont la minorité n’a pas encore été évaluée ; la seconde, aux mineurs non accompagnés dont la minorité l’a déjà été. « Nous offrons un sas de décompression aux néo-Châlonnais, en attendant que l’Aide sociale à l’enfance (NDLR, ASE) et le parquet de Châlons-en-Champagne se positionnent sur leur âge, explique Émilie Picard. Nous accompagnons les néo-Rémois dans leur parcours professionnel en vue d’une insertion rapide. » Ils sont 44 à Châlons, 27 à Reims ; là où les capacités d’accueil sont respectivement de 73 et 28 places. « Bien moins que les années précédentes, constate le directeur général de la Sauvegarde de la Marne, Philippe Colautti, qui rappelle que le Département a eu à accueillir jusqu’à 220 mineurs non accompagnés. Leur nombre n’a cessé d’augmenter de 2015 à 2017, au point que nous avons craint de ne pas réussir à les absorber. »

1 - MNA

Leur dénomination a changé le 7mars 2016 à l’initiative du ministre de la Justice de l’époque, Jean-Jacques Urvoas. Les mineurs isolés étrangers (MIE) sont devenus des mineurs non accompagnés (MNA). Il s’agit d’enfants âgés de moins de 18ans, privés de la protection de leur famille sur le sol français. Ils y sont entrés sans être accompagnés d’un adulte responsable d’eux, ou laissés seuls après être entrés sur le territoire.

DES MOTIVATIONS AVANT TOUT ÉCONOMIQUES

« Ils sont majoritairement originaires d’Afrique subsaharienne », précise Philippe Colautti. Ils viennent aussi des pays de l’Est, de Syrie, d’Égypte, de Tunisie… Leurs motivations sont avant tout économiques. « Ils ont parfois une vision erronée du pays développé dans lequel ils ont entrepris d’aller », relève Émilie Picard. Ils arrivent en France par le biais de filières.

Ils se présentent spontanément aux commissariats, indiquant qu’ils sont mineurs. « Dans certains départements, ils connaissent le nom de l’assistante sociale ou de l’éducateur », affirme la directrice de la solidarité départementale de la Marne, Isabelle Debailleul, démontrant ainsi la parfaite organisation des passeurs. Émilie Picard souligne qu’ils sont « bien amochés par leur périple. La Libye laisse des traces, physiques ou psychiques ». Parqués dans des camps « où pleuvent coups de bâton et de crosse de kalachnikov », ils sont à la merci de trafiquants, bandes criminelles ou groupes armés, qui réclament des rançons à leur famille. Si elles ne peuvent les verser, ils contraignent leurs prisonniers « à des travaux forcés ou à des relations sexuelles » avant de les emmener à des points d’embarcation.


« 
Ils sont bien amochés par leur périple. La Libye laisse des traces, physiques et psychiques »
Emme Picard,, chef de service

2 - PROTECTION DE L’ENFANCE

Parce qu’ils sont mineurs et isolés, les MNA relèvent de la compétence des départements dès lors qu’ils entrent dans le droit commun de la protection de l’enfance. « Nous en avons toujours eu à notre charge, note Isabelle Debailleul. Pas plus d’une dizaine, principalement des Chinois. Avant 2013, ça n’était pas un phénomène. » Amorcée en 2012, leur arrivée s’accentue l’année suivante avec la circulaire relative aux modalités de prise en charge des jeunes isolés étrangers du 31mai 2013. La garde des Sceaux, Christiane Taubira, met en place un dispatching des MNA sur l’ensemble du territoire national. Ils arrivaient jusque-là à Paris et en Île-de-France. Ayant atteint les limites de leurs capacités de prise en charge, tant sur le plan financier que sur celui de l’accueil physique, les Départements les plus impactés avaient tiré la sonnette d’alarme. Il est par ailleurs établi que l’État supporte financièrement la protection des MNA dans un délai de cinq jours (sur la base de 250 euros par jour), le temps que les conseils départementaux mènent l’évaluation de la situation de chaque jeune qui se déclare mineur.

3 - ÉVALUATION

Conformément à l’article L 226-2-1 du Code de l’action sociale et des familles, les Départements procèdent à l’évaluation des jeunes, puis déterminent les actions de protection et d’aide nécessaires.

CHAQUE DÉPARTEMENT CHOISIT LA MANIÈRE DONT IL VA PILOTER LE DISPOSITIF

Sur le papier, pas de problème. Sauf que les mineurs ne le sont pas forcément, et que les évaluations durent généralement plus de cinq jours. « Dans la Marne, 80 % des jeunes sont majeurs , indique Isabelle Debailleul. « Ils ont généralement 30 ans. Certains ont des cheveux blancs, des rides d’expression, voire même une calvitie… Mais nous ne pouvons pas faire de délit de faciès. » Le seul moyen possible de connaître leur âge est de procéder à des évaluations poussées : les papiers d’identité avec lesquels les jeunes arrivent sont expédiés à la police de l’air et des frontières pour contrôle, un examen d’âge osseux peut être réalisé à la demande du parquet (une radiographie de face de la main et du poignet gauche de la personne). « L’évaluation peut demander quatre mois, déplore la directrice de la solidarité départementale de la Marne,durant lesquels nous prenons le jeune en charge. »

4 - PRISE EN CHARGE

« Chaque Département choisit la manière dont il va piloter le dispositif », remarque Philippe Colautti. « Dans la Marne, nous avons créé le service d’accueil des mineurs isolés étrangers (NDLR, Samie),  explique Isabelle Debailleul, ce qui nous a permis de ne plus les loger à l’hôtel. » Y sont hébergés les 16-18 ans, à Châlons-en-Champagne et à Reims, tandis que les 14-16 ans le sont au foyer de l’enfance à Châlons-en-Champagne. « Ils prennent la place de mineurs marnais qui ne peuvent y être placés », regrette-t-elle. Entretien, apprentissage de la langue, intégration scolaire… Les jeunes sont accompagnés autant que faire se peut. « Nous faisons avec eux les démarches nécessaires à l’obtention d’un passeport, ajoute Émilie Picard, quand nous ne les accompagnons pas à l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (NDLR, Ofpra) pour faire une demande d’asile. » « Nous travaillons aussi sur la question de la santé, précise Philippe Colautti. Des gamins sont atteints de tuberculose contagieuse, du Sida… Nous faisons face à des problématiques que nous ne connaissions pas. » Le dispositif est forcément allégé pour les jeunes en cours d’évaluation. « Ne cessant de leur répéter que rien n’est acquis, et que nous ne sommes pas décideurs de leur avenir, nous faisons en sorte de leur donner une temporalité en leur proposant des activités quotidiennes », explique la chef de service du Samie. Le lundi, c’est futsal. Le mercredi, jeux de société. Le vendredi, cuisine et dessin… « Cela permet de mieux les connaître, de découvrir l’autre. C’est une rencontre interculturelle. C’est passionnant, passionnel. » Et c’est aussi pour cela qu’elle fait ce métier.

Un problème de politique migratoire


La prise en charge des MNA coûte 5millions d’euros par an au département de la Marne.
Édouard Lantenois

« Nous sommes englués dans la problématique des mineurs non accompagnés », fulmine la directrice de la Solidarité départementale de la Marne, Isabelle Debailleul. Leur prise en charge nous coûte cinq millions d’euros par an. L’État ne compense nos dépenses qu’à hauteur de 200000 euros. Cela nous empêche d’ouvrir d’autres foyers d’accueil. Je pense ici à ces enfants qui, au vu des troubles du comportement qu’ils ont développés après avoir subi un traumatisme, auraient besoin d’être placés dans une structure adaptée au sein de laquelle ils pourraient être à la fois éduqués et soignés. » Les MNA ne relèvent pas de la compétence des Départements, selon Isabelle Debailleul, mais de celle de l’État. « C’est un problème de politique migratoire, affirme-t-elle, pas un problème de protection de l’enfance. Quand un jeune est majeur, illustre-t-elle, il sort du dispositif, entrant dans ce qu’on appelle le droit commun. Il peut bénéficier d’un hébergement d’urgence via le 115, mais n’a plus de ressources. Or, il faut qu’il mange et se vêtisse ! Soit il est pris en charge par des associations, soit il tombe dans la délinquance. Et cela n’est pas un jugement de valeur. » Le directeur général de la Sauvegarde de la Marne aimerait lui aussi que « l’État soit plus présent », notamment sur la question de l’évaluation. « Elle ne peut être bouclée en cinq jours. » Il préconise la création d’un comité de pilotage dans chaque département, « qui réunirait autour du préfet des représentants de l’Aide sociale à l’enfance, de l’Éducation nationale, de l’Agence régionale de santé, d’associations… Nous déciderions, ensemble, de la manière dont nous ferions face aux problèmes que nous rencontrons : régularisation des MNA, cas de tuberculose contagieuse, etc. ». L’idéal, selon Philippe Colautti, serait même que les comités de pilotage départementaux soient gouvernés par l’État. « Ce qui permettrait d’obtenir une équité de traitement sur le territoire. »

Les autres points

Quelques données chiffrées

14 908 personnes ont été déclarées mineures non accompagnées (MNA) entre le 1 er janvier et le 31 décembre 2017, d’après le rapport annuel d’activité 2017 de la mission mineurs non accompagnés (MMNA). Elles étaient au nombre de 5 033 en 2014, 5 990 en 2015, et 8054 en 2016. Soit 85 % d’augmentation sur la seule dernière année. 128 places sont dédiées à l’accueil des MNA dans la Marne ; 73 au sein du service d’accueil des mineurs isolés étrangers (Samie) de Châlons-en-Champagne, 28 au Samie de Reims; 27 au foyer de l’enfance de Châlons-en-Champagne.

Il y a 88 places dédiées à l’accueil des MNA dans l’Aisne et 109 dans les Ardennes.

UN APPEL À PROJETS LANCÉ DANS LES ARDENNES

En raison de l’augmentation constante des MNA dans ce département depuis ces trois dernières années (130 en 2017 dont 96 mineurs ; 160 en 2018 dont 109 mineurs), le conseil départemental des Ardennes a lancé un appel à projets. Le but est d’améliorer la prise en charge des MNA, en créant un dispositif répondant aux besoins spécifiques de cette population, notamment sur le plan de la santé, de l’accès au droit, de l’apprentissage de la langue française… Et de permettre à la maison départementale de l’enfance et de la famille (MaDEF) de retrouver sa mission première d’accueil d’urgence des enfants confiés au Département. Une commission départementale de sélection d’appel à projets s’est réunie le vendredi 13 juillet pour étudier les réponses des candidats. Si l’appel à projets est fructueux, l’externalisation de la prise en charge des MNA pourrait être effective à partir d’octobre 2018.

Sophie BRACQUEMART

Extrait de l'union du 07/08/2018

    

    

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Les canicules plus fréquentes

La vague de chaleur exceptionnelle que subit l’hémisphère nord, avec son lot d’incendies, est appelée à devenir de plus en plus banale avec le réchauffement de la planète, selon les experts.


Comme ses voisins européens, l’Allemagne n’a pas connu d’été aussi chaud depuis au moins quinze ans. Outre quelques incendies de forêt, c’est surtout la sécheresse qui frappe le pays. AFP

 1 - UNE CHALEUR EXCEPTIONNELLE

En Grèce, où les incendies ont fait plus d e 91 morts selon le dernier bilan, des températures élevées sont habituelles en été. Mais la situation est exceptionnelle pour l’Europe du Nord, où l’Organisation météorologique mondiale (OMM) prévoit des températures supérieures à la normale jusqu’à début août, de l’Irlande aux pays Baltes en passant par la Scandinavie.

Les températures ont déjà atteint les 30ºC au niveau du cercle polaire. La Suède notamment, qui a dû faire appel à la solidarité européenne pour lutter contre le feu, connaît le mois de juillet le plus chaud depuis au moins deux siècles et demi. Jeudi, 34,6 degrés ont été relevés dans la ville d’Hästveda.

Phénomène extraordinaire aussi au Japon, où les températures ont excédé 35ºC par endroits la semaine dernière, faisant 80 morts, avant qu’une puissante tempête tropicale issue d’un typhon n’arrose dimanche le centre du pays d’un déluge de pluie.

Les chaleurs exceptionnelles ont également touché la Sibérie, tout comme les États-Unis, avec des températures dépassant 40ºC à Los Angeles début juillet.

« Généralement, il y a des vagues de chaleur sur une partie de la planète (…), mais là, la totalité de l’hémisphère nord a chaud, c’est stupéfiant » , expliquait vendredi le climatologue américain Anders Levermann.

2 - LE CHANGEMENT CLIMATIQUE EST-IL RESPONSABLE ?

« Chaque événement individuel est très difficile à attribuer directement aux activités humaines » , explique le climatologue français Jean Jouzel.

Mais les récents épisodes « sont compatibles avec les tendances à long terme causées par l’augmentation des concentrations de gaz à effet de serre » , estime l’OMM.

« Nous aurions de toute façon eu un été chaud et sec mais, vu que la planète est aujourd’hui un degré plus chaude qu’elle ne l’était il y a 100 ans, (la chaleur et la sécheresse) sont pires que ce qu’elles auraient été autrement » , a de son côté indiqué Bjørn Samset, du Centre norvégien de recherche sur le climat.

A posteriori, des recherches peuvent être menées pour estimer si un événement aurait pu ne pas se produire sans le changement climatique. Ainsi, en décembre dernier, pour la première fois, une étude publiée dans le « Bulletin of the American Meteorological Society » concluait que le réchauffement était le seul responsable du record de chaleur global pour 2016 et d’une canicule extrême en Asie. Mais alors que les trois dernières années ont été les plus chaudes jamais enregistrées sur Terre, « la question la plus importante est : “Verrons-nous (ces événements extrêmes) plus souvent si nous ne réduisons pas les émissions de CO2” » , insiste Anders Levermann. Et la réponse est « oui ».

3 - QUELLES PRÉVISIONS POUR LES PROCHAINES DÉCENNIES ?

Selon le rapport du groupe des experts climat de l’ONU (Giec) de 2012, les modèles « prévoient une intensification lors des prochaines décennies » des épisodes extrêmes.

Même si le monde respecte l’Accord de Paris qui vise à limiter le réchauffement moyen au pire à 2ºC par rapport à l’ère pré-industrielle, les sécheresses, canicules, inondations et ouragans risquent de se multiplier, de s’intensifier et de s’étendre à des territoires nouveaux.

Selon une étude parue en 2017 dans Nature Climate Change, même en respectant les engagements de Paris, la moitié de la population mondiale sera exposée à des vagues de chaleur meurtrières d’ici 2100, contre environ 30 % aujourd’hui. « Chaque année, nous aurons des températures record qui seront battues, une fois en Russie, l’autre fois en France ou au Japon » , souligne Jean Jouzel. Les canicules comme 2003 (70 000 morts en Europe) « risquent de devenir la norme après 2050 ou 2060 » , poursuit-il. Avec l’air plus chaud et la végétation plus sèche, les feux sont également appelés à se multiplier.

Selon la Commission européenne, 2017 a été l’une des pires années pour les incendies en Europe, avec 800 000 hectares brûlés au Portugal, en Espagne et en Italie.

Les autres points

UNE DIZAINE D’INCENDIES EN CALIFORNIE

Les gigantesques incendies en Californie ont déjà fait au moins sept morts depuis jeudi alors que 12 000 pompiers s’employaient toujours hier à lutter contre les différents brasiers qui, alimentés par la sécheresse, ont déjà dévoré des milliers d’hectares.

Une dizaine d’incendies ravageaient certaines régions de Californie. Des renforts envoyés par treize États, d’aussi loin que le New Jersey, la Floride et le Maryland sur la côte est, étaient en passe d’arriver pour lutter contre ces brasiers.

« Nous commençons à regagner du terrain au lieu d’être sur la défensive », ont déclaré les secours mais la menace de nouveaux feux reste exacerbée par les conditions de sécheresse et de chaleur. 38.000 personnes ont dû évacuer .

FRANCE : NEUF DÉPARTEMENTS EN VIGILANCE CANICULE

Neuf départements allant de la Vallée du Rhône aux départements méditerranéens ont été placés hier en vigilance orange canicule en raison de températures comprises «le plus souvent entre 32 à 39 degrés».

Cinq nouveaux départements du Sud-Est sont concernés : les Alpes-Maritimes, le Gard, l’Hérault, l’Isère et le Vaucluse, et l’alerte a été maintenue pour l’Ardèche, la Drôme, les Pyrénées-Orientales et le Rhône. Le thermomètre devant encore monter ces jours prochains, la vigilance devrait être étendue à d’autres départements.

Les autorités rappellent que le danger est plus grand pour les personnes âgées, les personnes atteintes de maladies chroniques ou de troubles de la santé mentale, les personnes qui prennent régulièrement des médicaments et les personnes isolées. Les symptômes d’un coup de chaleur sont : une fièvre supérieure à 40ºC, une peau chaude, rouge et sèche, des maux de tête, des nausées, une somnolence, une soif intense, une confusion, des convulsions

Extrait de l'union du 29/07/2018

    

    

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Les cathédrales prennent de nouvelles couleurs

Lancés pour certains   il y a plusieurs années, les sons et lumières sur les cathédrales sont en pleine mutation.


Cet été, c’est la dernière occasion de voir le spectacle projeté depuis 2011 sur la cathédrale de Reims. Une nouvelle version arrive pour la fin d’année.

L’ESSENTIEL

*.- AVEC PLUSIEURS CENTAINES DE MILLIERS de spectateurs, les sons et lumières sur les cathédrales rencontrent un franc succès.

*.- AFIN D’ATTIRER TOUJOURS PLUS DE VISITEURS, les villes essayent de renouveler la formule soit en changeant complètement de spectacles, soit en y apportant des touches de nouveautés, ou encore en étendant la durée de projection de ces sons et lumières.

Cet été encore, plusieurs cathédrales de la région se parent de couleurs à l’occasion de spectaculaires projections sur leurs façades. Reims fut en la matière l’une des pionnières. C’était il y a plus de vingt-cinq ans avec les premiers spectacles de mise en lumière de grande envergure sur la cathédrale Notre-Dame.

En 2011, pour le 800 e anniversaire de la cathédrale de Reims, un nouveau spectacle a été créé par Hélène Richard et Jean-Michel Quesne, de la société Skertzò. Auteur de nombreuses réalisations contemporaines (cathédrale d’Amiens, Cité Plantagenet du Mans, Fête des lumières de Lyon, Stade de France, Futuroscope, Capitole de Toulouse…) Skertzo est internationalement reconnu comme la référence des mises en scène patrimoniales.

À Reims, le succès a tout de suite été au rendez-vous, « Rêve de couleurs » ayant déjà attiré plus d’un million de spectateurs depuis sa première présentation.

Mais si la qualité du spectacle n’est pas remise en cause, une certaine lassitude est tout de même apparue chez les visiteurs du soir de la cathédrale. Ce ne sera bientôt plus le cas. Après avoir lancé en novembre dernier un appel d’offres pour renouveler son spectacle, la Ville de Reims a annoncé en début d’année qu’elle avait choisi Moment Factory, une société québécoise connue pour ses shows lumineux présentés à la basilique de Montréal, à la Sagrada Familia de Barcelone ou lors du fameux Super Bowl américain.

Impossible à mettre en place pour des raisons techniques pour cet été (le spectacle actuellement proposé est donc l’ancien), la nouvelle projection est attendue pour l’automne.

Le premier volet du nouveau spectacle de la cathédrale de Reims sera dévoilé cet automne

Le futur spectacle des Québécois s’annonce très spectaculaire et avant-gardiste car il se déploiera sur six surfaces de projection. Si le premier volet sera dévoilé à l’automne sur la façade de Notre-Dame, les suivants relieront la cathédrale à la basilique Saint-Remi.

La création musicale de ce spectacle numérique, qui attirera aussi bien les touristes que les habitants de Reims et sa région, est confiée au groupe rémois The Shoes. « Benjamin Lebeau et moi sommes très heureux de participer à ce projet. Ça va être un beau challenge ! » , réagissait dans nos colonnes Guillaume Brière lors de l’annonce du choix de Moment Factory, précisant que la musique allait être « artistiquement très éloignée » de la musique habituelle de son groupe électro-rock. « Notre défi sera de glisser des références historiques dans notre musique tout en l’ancrant en 2018 », poursuivait-il, en expliquant avoir déjà présenté à la Ville un extrait de deux minutes.

Pour le musicien, le spectacle de Skertzò, que l’on peut encore voir à Reims jusqu’au 31 août, était « vraiment pas mal ». « Depuis sa création, la technologie a bien sûr évolué. Avec cette nouvelle création de Moment Factory, on devrait atteindre des choses spectaculaires ».

À noter que pour les références historiques intégrées à la scénographie, l’équipe de Moment Factory compte faire appel à l’historien Franck Ferrand.

Spectacle Rêve de couleurs, parvis de la cathédrale de Reims. Jusqu’au 31 juillet tous les jours sauf les lundis à 23 heures à raison de deux séances de 25 minutes par soirée avec polychromie fixe entre les représentations, la première de 10 minutes et le second de 20 minutes. Du 1 er au 14 août à 22h30 et du 15 au 31 août à 22h sauf les lundis pour tout le mois.

Skertzo illumine aussi Beauvais

Sil elle fait cet été, pour une dernière fois, les beaux jours de la cathédrale de Reims, la société Skertzo est bel et bien toujours présente à Beauvais. 21 000 spectateurs ont ainsi assisté l’an dernier au spectacle projeté sur la cathédrale Saint-Pierre de Beauvais. « Cathédrale Infinie, Horizons Lointains » retrace la construction de cet édifice et le passé de la ville dans une série de tableaux qui mettent en valeur la verticalité de ce monument hors du commun. Labellisée Ville et Pays d’Art et d’Histoire, Beauvais conte ainsi son histoire en images et musique sur la façade de la Cathédrale Saint-Pierre, reconnue plus haut cœur gothique du monde, ainsi que sur le Quadrilatère la jouxtant, qui fut la Galerie Nationale de la Tapisserie. Représentations jusqu’au 15 septembre, à raison de deux représentations par semaine, le vendredi et le samedi, à la tombée de la nuit, sur le parvis de la cathédrale. Une représentation exceptionnelle se tiendra le mercredi 15 août.

Laon, le spectacle revient   tous les soirs dès le 10 août


Le spectacle sera projeté tous les soirs du 10 au 26 août.

Jusqu’à présent, la cathédrale de Laon ne s’illuminait que partiellement l’été, à raison des soirées des week-ends d’août. Pour sa treizième édition, Couleurs d’été, le spectacle son et lumière proposé sur les hauteurs de Laon, se déroulera désormais chaque soir du 10 au 26 août à 22h30.

Pour cette nouvelle édition plusieurs nouveautés attendent les spectateurs. Cette année, ce n’est en effet pas un, mais deux spectacles qui seront ainsi projetés chaque soir sur la cathédrale.

L’hôtel de ville sera également mis en lumière et la rue Châtelaine (reliant la cathédrale à l’hôtel de ville) se voit dotée d’un plafond lumineux.

À noter que cette année, durant la saison estivale, le parvis de la cathédrale est réservé aux piétons. La mesure a pris effet le lundi 2 juillet et s’arrêtera après les journées du patrimoine qui se déroulent les 15 et 16 septembre.De quoi profiter pleinement de cette nouvelle version de Couleurs d’été.

En images

AMIENS

Avec 312 740 spectateurs l’an dernier, la colorisation de la cathédrale d’Amiens a explosé tous les scores de fréquentation avec son nouveau spectacle « Chroma ». Elle revient cette saison jusqu’au 16 septembre, avec une surprise. Un nouveau tableau inspiré des chemins de Compostelle a en effet été ajouté aux 50 minutes de ce spectacle haut en couleur. L’autre nouveauté de cette édition réside dans l’application pour smartphone. Lancée par Amiens Métropole l’hiver dernier, celle-ci a été enrichie de vidéos et d’interviews dévoilant un peu plus les secrets sur ce spectacle monumental (tous les soirs à 22h30 en juillet, 22 heures en août et 21h45 jusqu’au 16 septembre).

METZ

En 2017, 600 000 personnes ont déambulé dans les différents parcours proposés par «Constellations ». Construit sous forme de saison culturelle estivale pluridisciplinaire, l’événement associe pour sa deuxième édition arts numériques et patrimoine avec au total 400 rendez-vous. L’un des points d’orgue est Lux Animae, un mapping-vidéo monumental de Yann Nguema (artiste ambassadeur de la Fête des Lumières de Lyon) qui sublime la façade de la cathédrale gothique Saint-Étienne de Metz (Les jeudis vendredis et samedis jusqu’au 15 septembre).

Les autres points

À Nancy, la place Stanislas sublimée

Inscrite depuis 1983 au patrimoine mondial de l’UNESCO, la place Stanislas se pare chaque soir, jusqu’au 16 septembre, d’une scénographie à base d’images monumentales à la hauteur d’une des plus belles places d’Europe. «Tout petit déjà, j’avais peur du noir… Toute ma vie je n’ai donc cessé de chercher la lumière… Toutes les Lumières » C’est par ces mots que Stanislas Leszczynski – nous invite à rêver à la flamboyance des artistes nancéiens, à s’éblouir des lumières des cinq continents et du génie de ceux qui ont créé l’une des plus belles places du monde ! En 2018, une nouvelle séquence est consacrée à l’Art, la nature et l’industrie, en clin d’œil à l’exposition « L’École de Nancy, art nouveau et industrie d’art » présentée au musée des Beaux-Arts depuis le mois de mai. Projection à 22h45 jusqu’au 15 août et à 22 heures du 16 août au 16 septembre 2018 (sauf les 7 et 8 septembre à 22h45).

Extrait de l'union du 29/07/2018

    

    

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 THAÏLANDE  - Sauvés !

Après deux semaines piégés dans le noir d’une grotte inondée, les 12 jeunes thaïlandais   et leur entraîneur sont tous sortis sains et saufs au terme d’une périlleuse opération de secours. 


Des volontaires célèbrent la bonne nouvelle : les douze garçons et leur entraîneur de football ont pu être évacués de la grotte sains et saufs. AFP 

Enfin ! Des plongeurs étrangers et de la marine thaïlandaise ont extrait, hier après-midi, les quatre derniers enfants et leur entraîneur de football âgé de 25 ans en les guidant le long des boyaux inondés à la visibilité nulle et dans les étroits passages dans lesquels il fallait se faufiler. Les quatre derniers plongeurs de l’équipe de sauvetage, dont un médecin, sont eux aussi ressortis mardi soir, selon Narongsak Osottanakorn, le chef de la cellule de crise.

L’opération aura duré trois jours, les douze enfants étant évacués chacun par deux plongeurs professionnels, sur un parcours très difficile, supposant de longs passages de plongée. Le parcours semé d’embûches prenait cinq heures à un plongeur aguerri. Pendant plusieurs jours, les secouristes avaient repoussé la date du lancement de l’opération, préférant envoyer des plongeurs prendre soin des enfants sur leur bout de rocher, le temps d’essayer de faire baisser le niveau de l’eau.

Après neuf jours sans contact avec l’extérieur, à ne pas savoir s’ils seraient jamais retrouvés, les enfants, bloqués depuis le 23 juin, ont enfin pu manger et se calfeutrer sous des couvertures de survie ces derniers jours.

Les huit premiers sortis dimanche et lundi, hospitalisés, sont « en bonne santé mentale », selon un responsable du ministère de la Santé publique.

LES ENFANTS SONT DANS UN ÉTAT NORMAL

Une fois évacués, les enfants ont subi des examens radiologiques et des tests sanguins. Deux garçons qui présentaient des signes de pneumonie ont reçu des antibiotiques et sont dans un « état normal », selon le responsable de la santé publique, précisant qu’ils resteraient tous en observation à l’hôpital pendant une semaine, dans un premier temps en quarantaine.

Les garçons ont tous subi des examens radiologiques et sanguins. Les tests sanguins ont été envoyés à Bangkok et les résultats ne devraient être connus que dans quelques jours. Ils ont aussi été vaccinés contre le tétanos mais aussi la rage. Le risque d’avoir été mordus dans leur sommeil par des chauves-souris, vecteurs de la maladie, est cependant très faible. Les jeunes footballeurs peuvent tous se déplacer, parler et manger, et certains ont pu manger du chocolat. La nourriture épicée, commune en Thaïlande, leur est pour l’heure refusée, leur estomac, privé de nourriture pendant longtemps, étant encore trop fragile. Privés de lumière pendant deux semaines, les garçons doivent par ailleurs porter des lunettes de soleil afin de permettre à leurs yeux de se réhabituer progressivement au jour. En attendant, ils devront rester à l’hôpital pendant une semaine pour surveiller l’éventuel développement d’infections.

Si les tests ne révèlent rien de dangereux, les parents « seront autorisés à approcher de leurs lits avec des vêtements de protection, en restant à une distance de deux mètres », a précisé le docteur Tosthep Bunthong lors d’une conférence de presse.

 

Extraits de l' union du 11/07/2018

    

    

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Ils repèrent sur Google les camions à siphonner

Deux voleurs ont utilisé Google maps pour chercher une société avec plein de camions. Ils regrettent leur choix …


Pris la main sur les quatre bidons, les deux siphonneurs ne s’attendaient pas à un tel accueil.

Dégaine de teufeurs, Richard est originaire de Rennes, Bruno de Grenoble. Ils vivent de petits boulots saisonniers aux quatre coins du pays, avec l’idée de mettre suffisamment d’argent de côté pour s’acheter un camping-car. En attendant, c’est à bord d’une vieille Volkswagen break qu’ils ont débarqué dans la région de Reims. Mercredi, contrat terminé, le duo décide de rendre visite à une connaissance en Picardie, mais la guimbarde a soif de carburant. Plutôt que de faire le plein dans une station-service, pourquoi ne pas s’approvisionner gratis, mais où ?

Des visites, nous en avons eu beaucoup, mais elles sont de moins en moins fructueuses car nous avons énormément investi dans la sécurité

Le directeur de la société Moroni

L’un des compères sort son smartphone et tape Reims sur Google maps, le célèbre service de cartographie aérienne. Délaissant le centre-ville au profit des zones industrielles, il cherche des alignements de camions trahissant la présence d’un transporteur. La société Moroni de Saint-Léonard apparaît dans le viseur. GPS programmé, il n’y a plus qu’à y aller. Ils ne sont pas les premiers.

« Ça fait 20 ans que nous sommes installés boulevard du Val-de-Vesle à Saint-Léonard. Des visites, nous en avons eu beaucoup, mais elles sont de moins en moins fructueuses car nous avons énormément investi dans la sécurité » , souligne Hugues Moroni, directeur général de la société. S’ils avaient su dans quel guêpier ils allaient se fourrer, les deux nouveaux visiteurs auraient renoncé : présence d’un gardien sur site, vingt caméras quadrillant la cour, détecteurs de mouvements plus une alarme silencieuse « pour attraper les voleurs sans qu’ils sachent qu’ils ont été repérés » .

FLAGRANT DÉLIT ODORANT

Jeudi vers 1 h 30 du matin, les intrus n’avaient pas franchi la clôture depuis cinq minutes que les gendarmes de Taissy leur tombaient déjà dessus. Pris la main dans le réservoir, ils avaient commencé à remplir quatre bidons de 20 litres.

Âgés d’une vingtaine d’années, Richard et Bruno n’ont pas de casier. Le parquet a profité de les avoir à demeure pour se les faire présenter dans le cadre d’une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité. La peine proposée a été acceptée : trois mois de prison avec sursis, trois années d’interdiction dans la Marne. Les deux hommes ont ensuite comparu dans le bureau du juge chargé d’homologuer la décision, lequel l’a validée.

Ressortis libres du palais, les siphonneurs ont promis de rejoindre au plus vite leur carriole pour partir fissa en Picardie (après avoir fait le plein, en station cette fois). Peut-être qu’arrivés à destination, leur première préoccupation sera de prendre une bonne douche. Le bureau du juge et les couloirs empestaient le gasoil après leur passage.

Fabrice CURLIER

Extraits de l' union du 07/07/2018

    

    

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Pourquoi le prix du gaz flambe 

Les tarifs réglementés de vente du gaz appliqués par Engie augmentent aujourd’hui e 7,45 % en moyenne. C’est la hausse la plus conséquente depuis six ans.


Les tarifs réglementés du gaz sont amenés à prochainement disparaître en France. AFP

C’est une douche froide pour près de 5 millions de clients. À partir d’aujourd’hui, les tarifs réglementés de vente du gaz appliqués par Engie vont augmenter de plus de 7 % en moyenne. Ils progresseront de «7,45 % TTC pour un client moyen chauffé au gaz », a précisé le ministère de la Transition écologique et solidaire.

Soit une hausse d’environ 90 € sur la facture annuelle d’un foyer moyen. La commission de régulation de l’énergie (CRE) avait évoqué une possible progression de 6,5 % au 1 er juillet. Mais la hausse est finalement plus importante car les cours ont continué à progresser depuis. Pour quelles raisons ?

1 - LE COURS DU PÉTROLE EN HAUSSE

Une partie du gaz est acheté sur des marchés de gros qui fluctuent en fonction de l’actualité géopolitique. Son prix dépend donc en partie du prix du pétrole. Or, aiguillonnés par la montée des tensions et la décision du président américain Donald Trump de rétablir des sanctions contre l’Iran, en visant en particulier le secteur pétrolier, le pétrole brut a atteint ces derniers jours des sommets plus vus depuis 2014, frôlant les 80 dollars.

Vendredi, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en août, dont c’était le dernier jour de cotation, a atteint 79,40 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en hausse de 2,13 % par rapport à la clôture de jeudi. Il s’agit d’un gain de quelque 12 dollars par rapport au 1 er janvier dernier. Le baril était tombé brièvement sous les 30 dollars début 2016.

2 - DES TENSIONS GÉOPOLITIQUES

Outre le dossier iranien, plusieurs éléments expliquent la tension actuelle sur les cours du brut, qui restent néanmoins loin de leurs plus hauts historiques de 2008 (146 dollars à Londres) : la dégradation de la situation dans le Nord-Est de la Libye, productrice de pétrole, et le doute dans la capacité de l’Opep à tenir sa promesse d’augmenter ses extractions. L’augmentation des tarifs du gaz annoncée vendredi s’ajoute à plusieurs autres ces derniers mois : +2,1 % en juin et +0,4 % en mai. « Cette année, les coûts de fourniture du gaz naturel sont en augmentation sensible, notamment du fait de la hausse du prix du gaz naturel sur les marchés, dans le contexte de la hausse des produits pétroliers » , remarque le ministère. Le gouvernement se dit toutefois « vigilant aux coûts d’Engie et rappelle la nécessité de leur maîtrise ».

3 - LA FIN DES TARIFS RÉGLEMENTÉS

Fin 2017, 5 millions de particuliers, copropriétés et petits professionnels étaient encore abonnés aux tarifs réglementés du gaz, fournis par l’ancien monopole Engie (ex-GDF Suez). Ces tarifs sont en outre amenés à prochainement disparaître en France. En juillet 2017, le Conseil d’État a jugé les tarifs réglementés contraires au droit européen, imposant donc à l’État de les supprimer. Le gouvernement envisage une fin progressive, avec leur extinction à l’horizon 2023 pour tous les particuliers. Près de 60 % des 11,5 millions de sites résidentiels et professionnels alimentés au gaz ont déjà quitté les tarifs réglementés pour des offres de marché, un chiffre en hausse continue, selon la CRE. Fin mai, le médiateur national de l’énergie avait appelé le gouvernement à préciser «rapidement » la manière dont il entend appliquer la suppression des tarifs réglementés du gaz, avec notamment un calendrier « très clair » pour donner le temps aux consommateurs de s’y préparer.

Extraits de l' union du 01/07/2018

    

    

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Simone Veil, une cinquième femme au Panthéon 

Un an après sa mort, Simone Veil sera, dimanche, la cinquième femme à entrer au Panthéon. L’hommage populaire à cette figure de la vie politique du XX esiècle débute dès aujourd’hui.  

BIO EXPRESS

*.- 13 JUILLET 1927 : naissance à Nice, dans les Alpes-Maritimes, de Simone Jacob, benjamine d’une famille de quatre enfants.

*.- MARS 1944 : déportée à Auschwitz avec sa sœur Madeleine (Milou) et sa mère. Cette dernière y mourra. Les trois sœurs Jacob retrouveront la liberté en 1945.

*.- 1946 : mariage avec Antoine Veil, futur inspecteur des finances.

*.- 1970 : première femme à devenir secrétaire générale du Conseil supérieur de la magistrature (CSM).

*.- 1974-1978 : ministre de la Santé.

*.- 17 JANVIER 1975 : promulgation de la « loi Veil » autorisant l’avortement en France, après des débats houleux.

*.- 1979-1982 : présidente du Parlement européen.

*.- 1993-1995 : ministre d’État, ministre des Affaires sociales, de la Santé et de la Ville (gouvernement Balladur).

*.- 1998-2007 : membre du Conseil constitutionnel.

*.- 2000-2007 : présidente de la Fondation pour la mémoire de la Shoah. Elle en restera présidente d’honneur.

*.- 2008 : élue à l’Académie française.

*.- 30 JUIN 2017 : décès.

Simone Veil est la cinquième femme inhumée au Panthéon, après Sophie Berthelot, la physicienne Marie Curie et les résistantes Germaine Tillion et Geneviève de Gaulle-Anthonioz. Sophie Berthelot, première à y reposer, au côté de son mari, le scientifique Marcellin Berthelot qu’elle avait assisté dans ses recherches, avait été distinguée «en hommage à sa vertu conjugale ». Antoine Veil, décédé en 2013, est le premier à entrer en tant qu’époux dans cette nécropole nationale qui regroupe environ 80 personnalités, dont beaucoup de militaires.

*.- 1 -  SOPHIE BERTHELOT

Marcellin Berthelot (1827-1907) était chimiste, biologiste et homme politique. De nombreuses rues, places, écoles ou lycées portent aujourd’hui le nom de celui qui déposa plus de 1 000 brevets scientifiques et fut ministre des Affaires étrangères et de l’Instruction publique. Quand sa femme, Sophie (née Niaudet), qui l’assistait dans ses recherches, tomba malade, il dit à ses enfants (le couple en avait six) qu’il ne pourrait pas lui « survivre » . Il décéda quelques instants après elle. Les causes de sa mort n’ont pas été clairement élucidées. La famille a accepté de le «panthéoniser » à la condition que Sophie soit enterrée avec lui. Le ministre Aristide Briand dit, dans son éloge, en 1907 : « Elle avait toutes les qualités rares qui permettent à une femme belle, gracieuse, douce, aimable et cultivée d’être associée aux préoccupations, aux rêves et aux travaux d’un homme de génie. »

*.- 2 - MARIE CURIE

Née à Varsovie en 1867, Marya Salomea Sklodowska vient à Paris étudier physique et mathématiques. Elle épouse le physicien Pierre Curie en 1895. Ils trouvent deux nouveaux atomes, radioactifs, baptisés polonium et radium, et obtiennent le Nobel de physique en 1903, avec Henri Becquerel. En 1906, Pierre Curie meurt, écrasé par un camion. Veuve, Marie Curie a une liaison avec le physicien Paul Langevin, qui lui aussi repose au Panthéon. Mais l’épouse trompée porte plainte contre elle et le scandale éclate en 1911, mettant fin à leur romance. Cette même année, elle reçoit le Nobel de chimie. Seule femme au monde deux fois nobellisée, elle meurt en 1934. En 1995, ses cendres sont transférées au Panthéon avec celles de son mari, en présence du président polonais Lech Walesa. Une décision du président François Mitterrand prise sur la suggestion de Simone Veil et d’autres personnalités.

*.- 3 - GENEVIÈVE DE GAULLE-ANTHONIOZ

Première femme décorée de la Grand-croix de la Légion d’honneur, Geneviève de Gaulle-Anthonioz (1920-2002) était la nièce du général de Gaulle. Étudiante en histoire, elle rejoint le célèbre Réseau de résistance du Musée de l’Homme, un des premiers créés à Paris. Dénoncée et arrêtée en 1943, elle est déportée en janvier 1944 à Ravensbrück où elle côtoie Germaine Tillion. Revenue de l’enfer, elle travaille un temps au ministère de la Culture auprès d’André Malraux avec son mari Bernard Anthonioz – avec qui elle a eu quatre enfants.

Mais, fin 1958, elle rencontre le père Joseph Wresinski, créateur du mouvement « Aide à toute détresse», qui deviendra ATD Quart-Monde. En 1964, elle prend la tête de l’association. En 1996, elle plaide devant les députés en faveur d’un projet de loi de cohésion sociale finalement adopté en 1998.

*.- 4 - GERMAINE TILLION

Ethnologue, Germaine Tillion (1907-2008) a été une inlassable combattante des droits de l’homme. Élève du sociologue Marcel Mauss, elle part en 1934 enquêter dans les Aurès sur la population berbère. Mi-historienne, mi-reporter, elle y effectue quatre missions. Pendant la guerre, elle participe à la création du Réseau du Musée de l’Homme. Elle aussi est déportée à Ravensbrück. À son retour des camps, elle travaille au CNRS et à l’École pratique des Hautes études, rédigeant plusieurs livres sur Ravensbrück, l’Algérie ou son métier. Son cercueil et celui de Geneviève de Gaulle-Anthonioz ont été installés au Panthéon en 2015, sans leurs dépouilles, à la demande de leurs familles qui ont souhaité les garder dans les cimetières où elles sont inhumées.

*.- 5 - SIMONE VEIL

Le 30 juin 2017, la France apprenait avec une forte émotion le décès, à 89 ans, de Simone Veil, ancienne déportée, ministre de la Santé et présidente du Parlement européen, l’une des personnalités préférées de l’hexagone.

Quelques jours plus tard, Emmanuel Macron annonçait que Simone Veil serait accueillie au Panthéon, la nécropole laïque des «grands hommes » français. Elle n’y reposera pas seule puisque le président a accepté que son époux Antoine, décédé en 2013, soit à ses côtés, ce qui en fera le troisième couple à être inhumé au Panthéon.

Un millier d’invités pour Une cérémonie forte en symboles 

 Un an après sa mort, le 30 juin 2017, Simone Veil entre dimanche au Panthéon, l’occasion de rendre un hommage populaire dans les rues de Paris à cette figure de la vie politique française et européenne du XX e siècle. Pour l’occasion, l’Élysée et le Centre des monuments nationaux ont mis en scène une cérémonie solennelle forte en symboles. Elle rassemblera un millier d’invités. Emmanuel Macron prononcera en fin de matinée un discours d’une quinzaine de minutes avant une minute de silence et une Marseillaise chantée par Barbara Hendricks. L’imposant portail s’ouvrira alors pour laisser entrer Simone et Antoine Veil, dont les cercueils seront exposés jusqu’à lundi. Ils seront alors descendus, en présence de la famille, dans la crypte où ils reposeront à proximité de Jean Moulin, André Malraux et Jean Monnet, le « père de l’Europe». L’hommage débute dès aujourd’hui, après la sortie des cercueils de Simone et Antoine Veil du cimetière du Montparnasse. Ils seront exposés durant deux jours dans la crypte du Mémorial de la Shoah. Dimanche matin, le cortège funèbre, escorté par des motards de la Garde républicaine, traversera la Seine et le Quartier latin. Puis, portés à l’épaule, les cercueils remonteront la rue Soufflot jusqu’au Panthéon sur une moquette bleue.

Extraits de l' union du /06/2018

    

    

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 Des idées et des impasses sur la question des migrants

Le mini-sommet européen, qui s’est tenu hier, n’a pas permis de trouver un consensus face au défi migratoire. Certains points seront de nouveau étudiés en milieu de semaine.


Le mini-sommet européen a été organisée dans un climat de fortes tensions, illustrées par le bras de fer autour d’un navire transportant des migrants, le Lifeline, à qui l’Italie et Malte refusent l’accostage. AFP

 L’Union européenne est toujours loin d’avoir trouvé une « solution européenne » globale à la question migratoire, mais les propositions sur la table ne manquent pas, anciennes ou plus récentes, comme l’idée encore floue de « plateformes de débarquement » pour les migrants secourus en mer.

1 - EMPÊCHER LES ARRIVÉES

Il s’agit sans doute du seul point de consensus entre les pays européens. Ils ont déjà pris des mesures qui ont fait chuter les arrivées de manière massive sur les côtes européennes par rapport au «pic » de 2015, comme l’accord controversé de mars 2016 avec la Turquie ou le soutien aux gardes-côtes libyens.

La plupart des pays sont d’accord pour poursuivre dans cette voie, et pour intensifier les pressions diplomatiques sur les pays d’Afrique pour freiner les départs et accepter davantage de renvois de migrants économiques, non éligibles à l’asile, dans leurs pays d’origine.

2 - CRÉER DES PLATEFORMES DE DÉBARQUEMENT HORS UE

L’idée de créer des « plateformes régionales de débarquement » des migrants secourus en mer, y compris hors de l’UE, a souvent été évoquée de manière isolée par certains États membres, mais elle est désormais à l’agenda officiel européen. Elle a ainsi été inscrite dans le projet de conclusions du sommet de l’UE des 28-29 juin à Bruxelles.

Le principe serait d’avoir des règles plus claires pour éviter les bras de fer diplomatiques pour chaque débarquement après une opération de secours et d’impliquer les pays d’Afrique du Nord (la Tunisie est souvent évoquée). Tout en envoyant le message que monter dans un bateau ne garantira pas une arrivée en Europe.

3 - LES MOUVEMENTS SECONDAIRES

Les « mouvements secondaires », c’est-à-dire les déplacements de demandeurs d’asile à l’intérieur de l’UE, sans respecter leur obligation d’attendre la fin de l’examen de leur cas dans leur pays d’arrivée, créent de fortes tensions entre États membres.

C’est pour y mettre fin que le ministre allemand de l’Intérieur menace d’instaurer un refoulement unilatéral aux frontières des migrants, dont la légalité est mise en doute par certains. La chancelière Angela Merkel, hostile à toute initiative unilatérale, voudrait de son côté nouer des accords bilatéraux ou trilatéraux pour pouvoir procéder à des renvois rapides.

4 - DES CENTRES FERMÉS DANS L’UE

La France et l’Espagne ont proposé de créer des « centres fermés » sur le territoire européen, dotés « de moyens européens », dans lesquels les migrants attendraient l’examen de leur cas, alors que l’Italie s’est toujours opposée à imposer cette contrainte. Ces centres permettraient « une solidarité financière immédiate, une instruction rapide des dossiers et une solidarité européenne pour que chaque pays prenne de manière organisée les personnes qui ont droit à l’asile », fait valoir l’Élysée. Quant aux migrants économiques, qui constituent désormais la majorité des arrivants, ils pourraient être renvoyés directement depuis ces centres vers leur pays d’origine.

5 - UNE RÉFORME DE L’ASILE ET DES QUOTAS

L’Italie s’agace de l’accent mis sur la lutte contre les « mouvements secondaires », alors qu’elle s’estime abandonnée par ses voisins dans la prise en charge des arrivées sur ses côtes. Rome a notamment demandé, hier, de « dépasser » le principe du Règlement de Dublin, qui confie aux pays de première entrée dans l’UE la responsabilité des demandes d’asile, et dont la réforme est au point mort depuis plus de deux ans. La Commission a proposé qu’en période de crise, une répartition ponctuelle des demandeurs d’asile soit prévue dans l’UE. Mais cette proposition est jugée insuffisante par les pays méditerranéens, qui souhaitent une répartition permanente.

Paris et Berlin appellent à avancer  sans attendre de consensus à 28 pays

 Emmanuel Macron et Angela Merkel ont appelé, hier, à des accords entre plusieurs États membres face au défi migratoire, pour dépasser l’absence de consensus qui n’en finit pas de paralyser l’UE sur ce dossier, lors d’un mini-sommet de crise à Bruxelles. Les dirigeants français et allemand ont retrouvé leurs homologues de 14 pays européens pour cette « réunion informelle ». Le président français y a réclamé des mesures respectant « les valeurs de l’Europe ». La « solution européenne se construira uniquement sur la coopération entre les États membres de l’UE, que ce soit une coopération à 28 ou entre plusieurs États qui décident d’avancer ensemble », a-t-il ajouté. La chancelière allemande Angela Merkel a plaidé dans le même sens. Le sommet à 28, prévu les 28-29 juin à Bruxelles, « n’apportera pas encore de solution globale au problème des migrations et c’est pourquoi il faut aussi des accords bilatéraux ou trilatéraux dans l’intérêt mutuel », a-t-elle expliqué.

Ce week-end, le ton est également monté entre Rome et Paris quand le gouvernement italien a fustigé l’«arrogance » d’Emmanuel Macron, après sa proposition de « centres fermés ». « Macron fait de son pays un candidat pour devenir l’ennemi public numéro un de l’Italie », a ainsi réagi le ministre Luigi di Maio, chef de file du Mouvement Cinq Étoiles (M5S, antisystème). Paris « n’a de leçon à recevoir de personne », a répliqué, hier, depuis Bruxelles le président français, faisant valoir que la France avait reçu davantage de demandes d’asile depuis le début de l’année que l’Italie.

Extraits de l' union du /06/2018

    

    

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Ambigu cannabis light

L’addictologue Alain Rigaud évoque les boutiques reprenant   les codes du cannabis à usage récréatif

Pour le psychiatre, parler de «coffee-shop» relèverait de « l’escroquerie commerciale à l’égard de ceux qui voudraient acheter du cannabis comme on en trouve dans les coffee-shops hollandais, par exemple. En réalité, ils vont acheter une super-camomille ».
Archives Christian Lantenois

Ce que dit la loi

*.- LE CHANVRE, ou cannabis industriel, dont est extrait le CBD (abréviation de la molécule « cannabidiol ») est utilisé depuis des siècles pour la fabrication de cordages ou textiles.

*.- L’ARRÊTÉ DU 22 AOÛT 1990 du code de la santé publique autorise la culture du chanvre si son taux de THC, le principe actif du psychotrope, est inférieur à 0,2 %.

*.- PAR EXTENSION, les produits contenant du CBD (liquides, bonbons, huiles...) profitent d’un vide juridique pour être vendus, toujours en respectant ce taux de 0,2 %.

Aux quatre coins du pays, c’est la ruée sur les boutiques où se vendent des produits contenant du CBD (cannabidiol), une molécule présente dans le cannabis mais dépourvue de THC, l’autre principe actif du stupéfiant. Reims n’échappe pas à cette mode et un projet d’ouverture d’un « coffee-shop », prévu pour fin juillet dans la galerie marchande de la place d’Erlon, est à l’étude (notre édition du 15 juin). Alain Rigaud, 66 ans, psychiatre, est président d’honneur de l’association de prévention en alcoologie et addictologie. Ancien chef du pôle d’addictologie de l’établissement public de santé mentale (EPSM) de la Marne, il est aussi président du centre d’accueil de soins pour toxicomanes (CAST).

Quel regard portez-vous sur l’agitation actuelle autour des boutiques de cannabis légal ?

On voit depuis deux-trois ans une série d’initiatives qui viennent interroger les limites et l’obsolescence des lois françaises concernant le cannabis. Vous avez des « cannabis club » avec des cultures plus ou moins légales ; des démarches de producteurs pour que l’État fasse évoluer les restrictions ; des demandes de légaliser le cannabis thérapeutique… Une partie de la population ne comprend plus cette prohibition qui continue à traiter le cannabis comme une drogue extrêmement dangereuse telle que l’héroïne et la cocaïne. Donc dès qu’il y a une faille trouvée dans le maquis juridique, des initiatives fleurissent.

On parle du taux de 0,2 % de THC mais tout le débat est de savoir si on parle de la plante ou du produit fini qui est vendu
Alain Rigaud, addictologue

Les coffee-shops vendant du «cannabis light » se sont multipliés en France depuis six mois, et un projet est également en cours à Reims…

On peut se demander s’il n’y a pas eu une concertation de producteurs. Des gens estiment que c’est le moment de se placer si cela venait à être légalisé ou encadré. Et si ça ne marche pas, ils continueront à pousser leurs revendications pour réviser la loi.

Peut-on rapprocher ce cannabis à très faible taux de THC du cannabis thérapeutique ?

« Cannabis thérapeutique » est une mauvaise expression car elle induit des confusions. Il faut parler d’usage thérapeutique, et savoir pour cela ce qu’on utilise. Est-ce la plante ou la résine qu’on va fumer ou manger ? Ou est-ce que c’est un cannabinoïde extrait de la plante qui sera utilisé sous la forme d’un médicament autorisé ? L’expression « cannabis thérapeutique » provient des pays qui ont légalisé l’usage thérapeutique du cannabis, tels que certains états américains. Les militants de la dépénalisation du cannabis mettent en avant son usage thérapeutique. En France, il existe d’ailleurs le Sativex, un médicament à base de cannabis (spray buccal réservé aux malades de sclérose en plaques, autorisé depuis 2014, NDLR) qui n’est toujours pas commercialisé car l’État et les laboratoires ne se sont pas accordés sur son prix.

Parler de cannabis light à propos du CBD n’est-il pas un terme trop «vendeur » ? Il n’y a aucune «défonce », selon ceux qui l’ont testé…

Justement, c’est une autre ambiguïté. Ceux qui ouvrent une boutique avec ce « cannabis légal » – bien que ce ne soit pas si simple – ont intérêt, face à la demande de cannabis d’une partie de la société civile, à présenter ça comme du cannabis, d’où l’appellation « coffee-shop ». Mais c’est de l’escroquerie commerciale à l’égard de ceux qui voudraient acheter du cannabis comme on en trouve dans les coffee-shops hollandais, par exemple. En réalité, ils vont acheter une super-camomille ! Mais les vendeurs pourront écouler la marchandise et compter sur la naïveté de certains.

La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a déclaré cette semaine que « la législation sur les 0,2 % du THC peut être un peu floue »…

On parle du taux de 0,2 % de THC mais tout le débat est de savoir si on parle de la plante ou du produit fini et vendu. La MILDECA (mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives) précise que la plante ayant moins de 0,2 % est autorisée. Mais le produit fini, lui, n’est pas autorisé s’il contient du THC. Or, les gens qui ouvrent en France des « coffee-shops » jouent, là encore, sur cette ambiguïté. La ministre a compris qu’il fallait clarifier ce point-là. Si ce type d’enseignes se développait, il pourrait y avoir des arrière-boutiques destinées à vendre des choses un peu moins clean.

En cas de contrôle de police, il est impossible de différencier à l’œil nu une plante qui respecte le taux autorisé d’une autre…

Oui, cela nécessiterait des examens complémentaires, forcément plus longs.

Quelle sera, selon vous, l’orientation prise par gouvernement ?

Le président avait évoqué (en 2016, dans son livre-programme, NDLR) l’idée de la dépénalisation du cannabis, puis à une contraventionnalisation de l’usager. L’idée de légaliser l’usage de cannabis ne semble clairement pas aujourd’hui dans les tuyaux. Les coffee-shops sont comme une fuite à colmater.

Cela serait-il facile ?

Oui, bien sûr. Il suffit de rajouter un article de loi avant les vacances des parlementaires. Qu’ils disent « il est interdit de vendre des produits contenant du THC », et c’est terminé. Il suffirait de changer une ou deux virgules par rapport à la loi actuelle. S’ils autorisent, la police devra passer son temps à analyser des plantes. Déjà qu’elle n’a pas le temps de tout faire aujourd’hui, la situation serait intenable

Mathieu LIVOREIL

Extraits de l' union du /06/2018

    

    

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 Bientôt des maisons en impression 3D

Reims Plurial Novilia projette de construire, grâce à un robot, cinq maisons sur l’éco-quartier Réma’Vert


La start-up XtreeE supervisera la technologie 3D.

 Plurial Novilia a remporté l’appel à projets Architecture de la transformation 2018 de la Caisse des dépôts et de l’Union sociale pour l’habitat (USH). Avec Viliaprint, le bailleur social souhaite expérimenter l’impression 3D, comme l’a déjà fait Nantes Métropole Habitat en mars avec une nuance de taille : « A Nantes, ils ont conçu seulement le coffret perdu, avec la technologie 3D. Là, il s’agit d’élaborer l’ensemble des éléments porteurs » , expose Jérôme Fromentin, directeur de la maîtrise d’ouvrage à Plurial. L’architecte Christian Pottgiesser n’a pas encore dessiné les maisons (des T4 de 100 m² , plain-pied, mais cinq habitations individuelles devraient être réalisées sur l’éco-quartier Réma’Vert à Reims, grâce à ce procédé.


«
Notre métier connaît un réel bouleversement, se doit d'être en constante réflexion pour penser logement de demain »
Alain Nicole, le directeur général

EN PERMANENCE, 15 PROJETS À L’ÉTUDE

C’est la start-up XtreeE qui supervisera l’opération. « On ne sait pas encore si on pré-fabrique les éléments puis on les assemble sur le chantier ou si on installe le robot directement sur le chantier » , détaille Alain Guillen, co-founder et directeur général. Viliaprint ne dispose pas encore de toutes les certifications nécessaires à la construction. Le projet entre dans une phase d’incubation de 9 mois pour un démarrage du chantier envisagé à la fin 2019. La technologie pourra ensuite être transférée aux entreprises qui le désirent.

« Notre métier connaît un réel bouleversement. On se doit d’être en constante réflexion pour penser le logement de demain »,commente Alain Nicole, le directeur général. L’innovation chez ce bailleur social remonte aux années 90. L’ex-Effort rémois livre l’immeuble Goldorak, en 1993, situé rue des Moulins à Reims et dessiné par les frères Serge et Lipa Goldstein, son architecture futuriste fait la une à l’époque des plus grandes revues mondiales d’architecture.

Fin 2012, Plurial livre son premier immeuble dit « Zéro énergie », au cœur du quartier Jeanne-d’Arc à Reims : 26 appartements avec cette spécificité de consommer autant d’énergie qu’ils en produisent (isolation renforcée, triple vitrage, eau chaude sanitaire solaire, installation de panneaux photovoltaïques). En 2013, le lotissement « Maisons 2020 » à Sillery étonne encore avec ses bâtiments « basse consommation » au design résolument étonnant, comme la villa en forme de vague et au toit végétal de l’architecte Patrick Nadeau. « Les 10 maisons innovantes à Bazancourt, avec les dernières technologies de pointe ont été livrées en 2017 (et dont la construction a été lancée fin 2015) ; vont suivre les maisons connectées à Bezannes. » Aujourd’hui, « la démarche d’innovation est structurée via un comité de pilotage qui a donc la charge de sélectionner les projets : on travaille sur 15 projets en permanence, avec l’idée d’en faire aboutir 4 ou 5 par an » , complète Alain Nicole.

AURÉLIE BEAUSSART

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L’Audiovisuel public dans le viseur de Macron

Six groupes et 17 000 salariés sont aux premières loges de la réforme de l’audiovisuel public voulue par l’Élysée pour la fin de l’année. Les grandes lignes en sont présentées aujourd’hui.


La fusion de France 3 et des locales de France Bleu est envisagée. AFP

Présidence unique, suppression ou fusion de chaînes, réforme du CSA… La ministre de la Culture présente aujourd’hui les grandes lignes de la réforme de l’audiovisuel public, voulue par l’Élysée pour la fin de l’année.

Les acteurs du secteur planchent depuis plusieurs mois sur ce chantier, copiloté par Matignon et la Culture. La réforme vise à répondre aux nouveaux usages (montée en puissance des programmes à la demande, de la SVOD, du numérique…) et à créer plus de synergies entre les groupes. Elle devrait permettre de réaliser des économies, chiffrées entre 250et 500 millions d’euros d’ici 2022, selon la presse, surtout à France Télévisions.

Prévue dans un premier temps à Matignon, la présentation du « scénario d’anticipation » pour l’audiovisuel public aura finalement lieu au ministère de la Culture par Françoise Nyssen.

1 - SEPT GROUPES CONCERNÉS

Outre France Télé, Radio France, France Médias Monde (France 24, RFI), l’INA, Arte et TV5 Monde mais aussi le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), qui pourrait se voir retirer son pouvoir de nomination des dirigeants, entrent dans le champ de cette réforme.

2 - CINQ CHANTIERS PRIORITAIRES

Depuis le début de l’année, elle mobilise les services du ministère de la Culture, mais aussi de Matignon, des parlementaires, sans oublier des patrons et cadres des groupes concernés qui se sont réunis régulièrement pour mettre au point leurs propositions. Ils ont planché sur les cinq chantiers prioritaires identifiés par Françoise Nyssen : la reconquête du jeune public, les coopérations internationales, l’offre de proximité, une offre commune en ligne et des synergies de ressources.

3 - SUPPRESSION DE CHAÎNES

« On ne doit pas avoir de tabou sur la réforme de la structure : est-ce que, par exemple, il va falloir peut-être avoir moins de chaînes sur France Télévisions ? Il faut se poser la question de la pertinence du nombre de chaînes » , a estimé Aurore Bergé, porte-parole des députés LREM. Plusieurs hypothèses ont circulé, notamment après la fuite d’un document de travail en fin d’année dernière : suppression de France Ô ou de France 4, fusion de France 4 et France 5, basculement vers le numérique de France 4 ou fusion de France 3 et France Bleu (des rapprochements sont déjà en cours autour des matinales selon les syndicats).

4 - LA PROCHAINE ZONE À DÉFENDRE ?

Des perspectives qui ont hérissé les syndicats. « L’audiovisuel public sera-t-il la prochaine ZAD ? » , s’est interrogée la CGT de France Télévisions, estimant que « la demande pressante d’économies voulue par le gouvernement n’épargnera pas le modèle social si laborieusement construit à France Télévisions. » Pour le Syndicat national des journalistes (SNJ), « ce président comme ses prédécesseurs abandonne France Télévisions comme une terre agricole fertile qu’on décide d’abandonner un peu plus chaque jour… En quelque sorte, le président des friches. »

En décembre dernier, une petite phrase prêtée à Emmanuel Macron, mais démentie par l’Élysée sur l’audiovisuel public « honte de la République », avait suscité une énorme polémique.

5 - DAVANTAGE DE PUBLICITÉ

Pendant sa campagne, Emmanuel Macron avait défendu un rapprochement des groupes de l’audiovisuel public et un assouplissement des règles du financement publicitaire, en concentrant les moyens sur des chaînes moins nombreuses.

Plusieurs acteurs, comme la société d’auteurs Scam, le syndicat des radios indépendantes Sirti ou encore le patron de M6 Nicolas de Tavernost, ont plaidé, au contraire, pour la suppression totale de la publicité sur le service public.

Deux mastodontes de la radio et la télévision  

France Télévisions (France 2, 3, 4, 5, Ô et franceinfo) : 9 840 salariés et un budget de 2,8 milliards d’euros. Dirigé depuis avril 2015 par Delphine Ernotte, le 1 er groupe télévisuel français risque d’être le plus touché par la réforme. Il est engagé dans un vaste plan de réduction de dépenses (50 millions d’euros cette année), qui passe ) par la suppression de 180 postes à la faveur de départs à la retraite, touche les émissions de divertissement (jeux, magazines) et le sport mais épargne le numérique et l’information. En 2017, il a enregistré des résultats à l’équilibre pour la troisième année de suite (avec un bénéfice net de 6,8 millions d’euros), conformément à la politique de redressement des comptes entamée par sa présidente.

Radio France : le 1 er groupe radiophonique français rassemble sept stations (France Inter, franceinfo, France Culture, France Musique, Fip et Mouv’), ainsi que les 44 locales de France Bleu, qui devraient être un des chantiers de la nouvelle dirigeante, Sibyle Veil. Elle a remplacé en avril Mathieu Gallet à la tête de ce groupe qui compte 4 700 salariés. Un vaste plan d’économies a reprogrammé la fin des travaux prévus dans son siège parisien et prévoit le non-remplacement de 75 départs à la retraite en 2018. Il table cette année sur un budget à l’équilibre après trois ans de déficit, malgré une baisse des ressources publiques de 24,6 millions d’euros.

Plus de synergies France 3 - France Bleu


Gabriel ATTAL
Député LREM chargé du dossier à l’Assemblée

« J’ai plaidé cette semaine pour lacréation d’une holding de l’audiovisuel public, avec un directeur non exécutif chapeautant des directeurs exécutifs. Il faut regarder le pouvoir de nomination du CSA, travailler sur la question des territoires en trouvant plus de synergies entre France 3 Régions et France Bleu, et se pencher sur les questions sociales pour dégager des moyens qui permettent d’investir dans des contenus […] Dans le projet de loi de finances de 2019, dont les arbitrages sont en cours de finalisation, on va demander des économies à tous les opérateurs de l’État et il est donc normal et légitime que l’audiovisuel y participe. »

 Extraits de l' union du 25/05/2018

    

    

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Quand la bioéthique flirte avec la science-fiction

Ciseaux génétiques, médecins robots : ce sont quelques-uns des thèmes débattus lors des États généraux de la bioéthique, qui font maintenant place à la synthèse en vue d’une nouvelle loi


Tous les thèmes débattus lors des États généraux de la bioéthique soulèvent des questions dignes de dissertations de philo. Deux ont particulièrement mobilisé le public: procréation et, dans une moindre mesure, fin de vie. AFP 

L’ESSENTIEL

*.- LE COMITÉ CONSULTATIF NATIONAL D’ÉTHIQUE (CCNE) doit remettre deux rapports au gouvernement dans les prochaines semaines.

*.- LE PREMIER doit faire la synthèse des débats organisés, depuis janvier, dans le cadre des états généraux, sur les questions de bioéthique et des positions exprimées sur le site du CCNE : il doit être bouclé le 4 juin.

*.- LE SECOND est destiné à exprimer la position du CCNE : la publication de ce texte, qui devait être remis début juillet, a été décalée après l’été.

*.- LE PROCESSUS LÉGISLATIF prendra ensuite le relais à l’automne, pour réviser la lo

Modifier ses gènes, se faire opérer par des robots… Entre questionnements complexes et fantasmes de science-fiction, tour d’horizon de thèmes débattus lors des États généraux de la bioéthique.

1 - CELLULES SOUCHES ET RECHERCHES SUR L’EMBRYON

Les cellules souches embryonnaires seront peut-être l’un des piliers de la médecine du futur. Capables de réparer ou remplacer des tissus endommagés, elles peuvent être multipliées à l’infini. Mais elles soulèvent aussi de nombreuses questions éthiques, car elles supposent de travailler sur des embryons.

Interdites sauf dérogation jusqu’en 2013, les recherches sur l’embryon et les cellules souches embryonnaires humaines sont aujourd’hui strictement encadrées. Faut-il faire évoluer ce cadre ?

2 - NEUROSCIENCES

Grâce aux progrès des techniques d’exploration du cerveau, dont l’IRM (imagerie par résonance magnétique), on connaît un peu mieux le fonctionnement de cet organe aussi essentiel que mystérieux. Mais jusqu’où peut-on pousser les recherches en neurosciences, terme englobant toutes les disciplines qui étudient l’anatomie et le fonctionnement du système nerveux ? Cela rappelle des thèmes chers aux meilleurs auteurs de science-fiction. Pourra-t-on un jour lire dans le cerveau comme dans un livre ouvert, en connaissant tout de l’intimité du sujet ? Modifier le fonctionnement cérébral, au risque d’avoir une caste de privilégiés au cerveau « augmenté »?

3 - DONNÉES DE SANTÉ

Les données de santé collectées dans le cadre des soins sont couvertes par le secret médical et peuvent être utilisées pour la recherche. Mais hors de ce cadre, nombre de données sont recueillies via des applications grâce auxquelles on peut, par exemple, surveiller son poids ou son rythme cardiaque. Cela pose des problèmes de confidentialité, alors que la protection des données personnelles sur internet et les réseaux sociaux comme Facebook est une question de première importance. Ces gigantesques masses de données représentent en effet un enjeu économique énorme.

4 - EXAMENS GÉNÉTIQUES ET MÉDECINE GÉNOMIQUE

Prévoir avec plusieurs années d’avance l’apparition d’une maladie en repérant des gènes défectueux. Corriger des gènes dans l’embryon pour épargner au bébé une maladie héréditaire. Tout cela est encore impossible mais ne semble plus irréaliste. On peut déjà dépister la trisomie 21 dans l’ADN du foetus après une simple prise de sang chez la mère. Sur internet, des sociétés étrangères vendent des tests génétiques, bien que la France interdise d’y avoir recours. Et la recherche sur les gènes progresse à grands pas, grâce à un outil baptisé Crispr-Cas9. Ces ciseaux génétiques peuvent enlever et remplacer des parties indésirables du génome, comme on corrige une faute de frappe sur ordinateur.

Revers de la médaille : des inquiétudes éthiques dignes du «Meilleur des mondes » d’Aldous Huxley, car l’ombre de l’eugénisme plane sur ces techniques. Comment garantir qu’elles ne serviront pas un jour à produire des bébés génétiquement modifiés afin de choisir la couleur de leurs cheveux ou d’augmenter leurs capacités intellectuelles ?

5 - INTELLIGENCE ARTIFICIELLE ET ROBOTISATION

La robotisation transforme la médecine : des machines sont désormais capables de réaliser des tâches jusque-là réservées aux personnels soignants, comme par exemple des opérations très pointues de neurochirurgie ou d’urologie. La question que cela soulève est celle que posait le film «2001 : l’Odyssée de l’espace » : jusqu’où les robots doivent-ils remplacer les humains ?

6 - SANTÉ ET ENVIRONNEMENT

Pollution de l’air, pesticides, perturbateurs endocriniens… La crise écologique fait prendre conscience des conséquences que peut avoir la dégradation de l’environnement sur la santé. Et pose une question sans doute loin de trouver une réponse : comment protéger les générations futures ?

 Extraits de l' union du 25/05/2018

    

    

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Bure, si loin, si proche

Le projet CIGEO à Bure dans la Meuse s'invite au Temps des Cerises, samedi 12 mai. Projections et débats autour du futur centre de stockage des déchets les plus radioactifs du parc nucléaire français sont au programme.

L'ANDRA, qui a déjà construit un laboratoire dans les profondeurs de Bure, est l'agence chargée par l'Etat de piloter le projet. © Philippe Demail – ANDRA

Le Temps des Cerises est décidément le théâtre de toutes les cultures et de tous les débats. Une fois n'est pas coutume, il sera question, cette fois, du projet CIGEO (centre industriel de stockage géologique) et de déchets nucléaires. Mais pas n'importe lesquels, les plus dangereux produit par la France et que le gouvernement souhaite enfouir dans les profondeurs de Bure, petite commune de 90 âmes située dans le département de la Meuse, à 150 km au sud-est de Reims. Pour évoquer cette problématique, le Temps des Cerises accueillera donc la projection du film « A Bure pour l'éternité » (16 h), réalisé par Aymeric et Sébastien Bonetti. Cette séance sera suivie par la présentation du livre « Bure, la bataille du nucléaire » (18 h), écrit par Gaspard d'Allens et Andréa Fuori, ce dernier sera d'ailleurs présent pour l'occasion. Le film et le livre militent de même pour l'arrêt du projet.

Enfouir les déchets nucléaires les plus dangereux à 500 m sous terre

Ces deux événements seront ainsi l’occasion de débattre de la question du traitement des déchets nucléaires, une problématique qui dépasse largement les frontières du département de la Meuse, comme en son temps le nuages radioactif de Tchernobyl. Pour rappel, l'Etat travaille depuis près de 20 ans à Bure sur la construction d'un centre de stockage des déchets des centrales nucléaires françaises. Le projet est hors norme, de par son coût financier, entre 20 et 30 milliards d'euros selon les estimations, et de son coût humain, avec certains déchets qui resteront radioactifs pendant plus de 100 000 ans. Financé par EDF et piloté par l'ANDRA (agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs), ce projet pharaonique consiste en la construction d'un site de stockage enfoui à 500 mètres sous terre, destiné à terme à être définitivement fermé et capable de résister aux affres du temps durant des centaines de milliers d'années. La demande d'autorisation de création du CIGEO doit être déposée en 2019. Seul projet durable pour gérer les déchets les plus radioactifs pour les uns ou poubelle nucléaire, voire futur Tchernobyl pour les autres, CIGEO divise à Bure et à Reims, comme partout en France.

Julien Debant

4 Samedi 12 mai, au Temps des Cerises, 30, rue de la Cerisaie, à Reims : projection à 16 h du film « A Bure pour l’éternité

Extraits de l' Hebdo du Ven,dredi du 12/05/2018

    

    

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Ils balancent leurs voleurs sur Facebook

Exaspérés par les vols dont ils sont victimes, des commerçants se font justice eux-mêmes.


Diverses mesures ont été prises à la jardinerie Floralie’s Garden de Béheny pour éviter les vols d’animaux. Le box de présentation des lapins nains a ainsi été rehaussé. Remi Wafflart

L’ESSENTIEL

*.- VICTIME D’UN VOL DE PERROQUET commis le dimanche 29 avril à Bétheny, la jardinerie « Floralie’s Garden » a diffusé la photographie de l’auteur présumé sur sa page Facebook.

*.- LE POST A FAIT BOULE DE NEIGE. Le malfaiteur a été identifié par plusieurs internautes. Mais la pratique, notamment en raison des dérives qu’elle pourrait entraîner, est formellement interdite.

*.- DEUX AFFAIRES SIMILAIRES ont eu lieu précédemment, à Reims et à Charleville-Mézières.

« Les enregistrements n'ont pas vocation à faire l'objet d'une diffusion, quel que soit le mobile choisi »Matthieu Bourrette, procureur de Reims

Alerte vol ! Ce dimanche 29 avril, nous nous sommes fait soustraire notre petite mascotte, Oasis, un perroquet de race youyou. Nous sollicitons votre aide pour retrouver l’auteur du vol, photo à l’appui. » Le message a été posté le lundi 30avril sur la page Facebook deFloralie’s Garden, après le dépôt de plainte contre X de son directeur pour vol au commissariat de police de Reims. La plainte est illustrée par trois photographies, dont une de l’auteur présumé du délit, tirée d’une caméra de vidéosurveillance. « Ce qui est proscrit par la loi », explique le procureur de la République de Reims, Matthieu Bourrette, en précisant que « l’utilisation des images de vidéoprotection, à d’autres fins que celles pour lesquelles elles sont employées, est sanctionnée par une peine pouvant aller jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende ». « Nous savions que nous encourions un risque », admet l’un des vendeurs du magasin. Ce qui n’a pas empêché le message d’alerte d’être publié sur les réseaux sociaux. « Si nous avons tenté le tout pour le tout, c’était pour retrouver Oasis. Si possible, dans de bonnes conditions. »

C’est que le petit oiseau de toutes les couleurs « stresse beaucoup et a le cœur fragile ». Le jeune Oasis réclame une attention de tous les instants. « Il lui faut des grains et une cage spécifiques, indique le chef animalier du magasin.

CŒUR FRAGILE POUR LE PERROQUET YOUYOU

« Il faut également le stimuler pour qu’il n’ait pas peur de l’homme, au risque de le voir retourner à l’état sauvage. » Ayant découvert avec une grande satisfaction que le perroquet avait été « super-bien élevé main (NDLR, apprivoisé dès son plus jeune âge) », les vendeurs de la jardinerie s’étaient pris au jeu. Ils s’y étaient attachés au point d’en faire leur mascotte. « Autant dire que nous avons été fortement déçus, lorsque nous avons constaté sa disparition. » Les faits se sont produits dans l’après-midi du dimanche 29 avril. La cage d’Oasis était alors installée à l’animalerie, contre le box de présentation à lapins. Visiblement venu en famille, l’auteur du vol a tout simplement ouvert la cage à perroquet pour se servir. Puis il a dissimulé l’oiseau sous sa veste et est parti. « Parce qu’il était apprivoisé, Oasis n’a pas montré de résistance particulière », regrette le directeur de la jardinerie, précisant qu’un oiseau se recroqueville sur lui-même dès qu’il est plongé dans le noir.

Le fait que le voleur ait commis son larcin en famille n’a fait qu’attiser la colère des salariés du magasin. Rajouté à l’agacement causé par de précédents vols – « lapins, tortues et même chiots, de jour comme de nuit » –, il a achevé de convaincre l’équipe de diffuser la photographie du malfaiteur sur Facebook. Vendredi midi, le post y avait été partagé 9 078 fois, suscitant 1 194 réactions et 617 commentaires !

UNE RÉPONSE PÉNALE ENVISAGÉE

« C’est là qu’on se rend compte de la force des réseaux sociaux », déclare avec étonnement le directeur de la jardinerie, confiant avoir été destinataire de renseignements ayant permis d’identifier l’auteur. « L’enquête se poursuit », confirme le procureur de la République de Reims qui, bien que la méthode semble avoir payé, ne peut y souscrire. « Les images de vidéoprotection n’ont pour finalité que de sécuriser des locaux commerciaux », martèle-t-il, rappelant que « l’installation de caméras de vidéosurveillance est autorisée par le préfet, après avis d’une commission départementale ». Ne prenant pas la problématique à la légère, Matthieu Bourrette ajoute que les commerçants autorisés à installer des caméras de vidéosurveillance dans leur établissement s’engagent à respecter des conditions. « En diffusant des images sur les réseaux sociaux, ils contreviennent à la loi et à leurs engagements. Ces images n’ont pas vocation à faire l’objet d’une diffusion, développe-t-il, quel que soit le mobile choisi. On imagine assez facilement quel type de dérives pourrait en découler : montages vidéo, fake news… Il y a, par ailleurs, un risque de dérapage, si la personne que l’on croit reconnaître n’est pas la bonne. C’est une manière moderne d’en appeler à la vox populi , cela revient à se faire justice soi-même. Cela démontre aussi nos limites : les gens n’ont plus confiance en la police et en la justice. » Le procureur recommande aux commerçants victimes de vols de remettre leurs enregistrements aux enquêteurs. « Je préfère que ce soit eux qui fassent ensuite la démarche, s’ils le jugent nécessaire.» Arguant que les policiers n’auraient probablement pas enquêté sur la disparition d’Oasis en raison d’affaires plus importantes, des vendeurs de la jardinerie font remarquer que la diffusion de la photographie du voleur a permis de faire avancer les choses. « Le résultat obtenu ne les absout pas, réagit Matthieu Bourrette. S’il existe des lois, c’est aussi pour assurer un équilibre entre sécurité et liberté. » Conscient que le phénomène puisse s’amplifier, il explique que des solutions radicales pourraient être envisagées dans le but de l’endiguer. « Les commerçants contrevenants pourraient ne plus être autorisés à utiliser leurs caméras et nous pourrions, aussi, finir par engager des poursuites à leur encontre… » Et le représentant du ministère public de conclure : « S’il advenait un dérapage, on se dirait que le commerçant, bien que sinistré, n’aurait pas dû chercher à se faire justice soi-même. »

Des rapts de lapins, de tortues et de chiots

Le perroquet youyou n’est pas le premier animal qui disparaît subrepticement de la jardinerieFloralie’s Garden. Les lapins nains et autres tortues terrestres font régulièrement l’objet de convoitises… Le directeur de la jardinerie a ainsi pris une série de mesures, pour refréner les ardeurs des indélicats. « Nous avons rehaussé le box des lapins, montre-t-il, empêchant les adultes de s’en emparer en tendant simplement le bras. Nous avons également renforcé le système de fermeture du terrarium pour tortues terrestres. Il suffisait auparavant d’appuyer sur les grilles pour pouvoir les ouvrir. » Les chiots sont eux aussi très prisés par les voleurs. Certains n’hésitent pas à forcer la porte du box de présentation pour s’y introduire et se servir. Ce, en pleine journée. D’autres attendent la nuit. « Il nous arrive une fois par an de nous faire voler tous nos chiots », déplore le directeur. Une fois les portes du magasin forcées, les malfaiteurs s’introduisent dans le box de présentation sans ménager ses cadenas. Et repartent avec des petites bêtes à poil, telles que des chihuahuas. Particulièrement à la mode, ils sont vendus 1 500 euros pièce.

Deux précédents à Reims et À Charleville


Le vol d’un manteau de 1400 euros en direct live.Photo d’archive 

La jardinerie Floralie’s Garden n’est pas la première à user d’une telle méthode. Le 9 décembre 2017, la gérante du magasin rémois Marcel e… et les créateurs s’y était essayée après s’être fait voler un manteau de la marque Pellessimo d’une valeur de 1 400 euros. La diffusion de la bande-vidéo de l’une de ses caméras de surveillance sur Facebook lui avait valu d’être convoquée en sous-préfecture pour un rappel à l’ordre. Ce qui l’avait ébranlée. « On a du mal à finir nos fins de mois, avait-elle déclaré, et on se fait voler ! Ça me met en rage.» Le 7 octobre 2017, c’est la victime d’un vol de smartphone qui a diffusé la photographie des deux coupables sur le réseau social. « Comme c’est un ami d’enfance, raconte le gérant du Grillardin à Charleville-Mézières, nous avions visionné ensemble les enregistrements à la fermeture du restaurant. On y voyait les deux complices à l’œuvre ; l’un faisant diversion, l’autre fouillant dans ses poches. » Le duo avait photographié la scène pour des raisons différentes. Le patron voulait alerter ses confrères et leur montrer la trombine des deux suspects. La victime voulait pouvoir « se souvenir » de leur tête « pour les retrouver ». Prise dans son élan, elle avait pris l’initiative de publier la vidéo sur Facebook. Les auteurs du vol avaient fini par être interpellés. Bien que ne cautionnant pas le procédé, le commissaire Philippe Miziniak avait volontiers admis que la diffusion des images avait permis de faire avancer l’enquête. Mais l’iphone 7 n’a jamais été retrouvé.

Des modalités d’utilisation  très encadrées

LA VIDÉOSURVEILLANCE DES LIEUX OUVERTS AU PUBLIC PEUT ÊTRE AUTORISÉE POUR DIFFÉRENTS MOTIFS. LES COMMERÇANTS – APRÈS INFORMATION DU MAIRE ET AUTORISATION DE LA PRÉFECTURE – PEUVENT AINSI INSTALLER UN DISPOSITIF DE VIDÉOPROTECTION DANS LES LIEUX ET ÉTABLISSEMENTS PARTICULIÈREMENT EXPOSÉS À DES RISQUES D’AGRESSION OU DE VOL ; OU/ET SUR LA VOIE PUBLIQUE, POUR ASSURER LA PROTECTION DES ABORDS IMMÉDIATS DES BÂTIMENTS ET DES INSTALLATIONS EXPOSÉS AUX MÊMES RISQUES. LA DEMANDE D’AUTORISATION D’INSTALLATION DE CAMÉRAS S’EFFECTUE AUPRÈS DU PRÉFET DU LIEU D’IMPLANTATION. ELLE EST DÉLIVRÉE POUR UNE DURÉE DE CINQ ANS RENOUVELABLE. LE PUBLIC DOIT ÊTRE INFORMÉ DE L’EXISTENCE DU DISPOSITIF ; L’INFORMATION DOIT ÊTRE FAITE PAR AFFICHE OU PANCARTE, COMPORTANT UN PICTOGRAMME REPRÉSENTANT UNE CAMÉRA. UNE COMMISSION DÉPARTEMENTALE DES SYSTÈMES DE VIDÉOPROTECTION CONTRÔLE LE FONCTIONNEMENT DES DISPOSITIFS, FAIT DES RECOMMANDATIONS ET PROPOSE LA SUSPENSION OU LA SUPPRESSION DES DISPOSITIFS NON AUTORISÉS, NON CONFORMES À LEUR AUTORISATION OU S’IL EN EST FAIT UN USAGE ANORMAL.

VÉRIFIANT PAR AILLEURS QUE LE DISPOSITIF RESPECTE LES RÈGLES, LA COMMISSION NATIONALE DE L’INFORMATIQUE ET DES LIBERTÉS (CNIL) PROCÈDE À SON CONTRÔLE, DE SA PROPRE INITIATIVE, DE CELLE DU RESPONSABLE DU DISPOSITIF OU À LA DEMANDE DE LA COMMISSION DÉPARTEMENTALE DES SYSTÈMES DE VIDÉOPROTECTION. EN CAS DE MANQUEMENT, ET APRÈS MISE EN DEMEURE DU RESPONSABLE DU SYSTÈME, ELLE PEUT DEMANDER AU PRÉFET DE SUSPENDRE OU DE FAIRE SUPPRIMER LE DISPOSITIF.

AUX GRANDS MAUX…

PAS DE FACEBOOK DANS LES ANNÉES 80, MAIS DES IDÉES JUTEUSES… FAISANT FACE À DE NOMBREUX IMPAYÉS, LA PATRONNE D’UN SEX-SHOP RÉMOIS AVAIT AFFICHÉ SUR SA DEVANTURE LE NOM DE SES CLIENTS INDÉLICATS. IL NE LUI AVAIT PAS FALLU ATTENDRE BIEN LONGTEMPS AVANT QUE CES MESSIEURS NE PAIENT LEURS DETTES. SURPRISE DE L’EFFICACITÉ DE LA MÉTHODE, ELLE S’ÉTAIT OUVERTE À QUI VOULAIT L’ENTENDRE. CE QUI AVAIT EU POUR MÉRITE DE FAIRE RIRE AUX ÉCLATS BIEN DES RÉMOIS.

Sophie BRACQUEMART 

Extraits de l' union du 12/05/2018

    

    

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Six parcs éoliens confirmés en mer

Ces projets seront bien réalisés, avec quinze milliards d’euros de financements publics en moins.

Soulagement pour la filière éolienne et de nombreux élus des territoires concernés : le gouvernement a confirmé, hier, les six premiers projets de parcs éoliens qu’il menaçait d’annuler, mais en réduisant considérablement l’aide financière de l’État. En déplacement près de Saint-Brieuc, dans les Côtes-d’Armor, où l’un de ces parcs doit être construit, Emmanuel Macron a annoncé la « bonne nouvelle » , fruit de plusieurs mois de négociation avec les industriels. Les parcs « sont confirmés » et la négocia tion « a permis de diminuer de 40 % la subvention publique et d’avoir un ajustement des tarifs (de rachat de l’électricité qui sera produite par ces parcs) de 30 %, ce qui veut dire qu’on va économiser sur la période 15 milliards d’euros d’argent public pour les mêmes projets, la même ambition » , a déclaré le président. Le gouvernement avait décidé de renégocier les financements publics accordés à ces parcs, attribués lors d’appels d’offres en 2012 et 2014, estimant que les tarifs prévus à l’époque, compris entre 180 et 230 euros par mégawattheure durant vingt ans, étaient devenus excessifs étant donné la baisse du coût de l’éolien en mer ces dernières années. Les projets, encore suspendus pour certains au traitement de différents recours, ont déjà pris beaucoup de retard. Les premiers ne verront pas le jour avant 2021. Malgré les discours volontaristes des gouvernements successifs, la filière française de l’éolien en mer peine à décoller. Fin 2017, le Premier ministre Édouard Philippe avait reconnu « le retard » de la France par rapport au Royaume-Uni, à l’Allemagne ou aux Pays-Bas.

Engie doit rembourser 120 millions d’euros


L’État français est le principal actionnaire du groupe énergétique. AFP

Après Fiat et Amazon, la Commission européenne estime que le groupe Engie a lui aussi bénéficié d’avantages fiscaux illégaux au Luxembourg, qui devra récupérer 120 millions d’euros auprès de l’énergéticien, dont l’État français est actionnaire principal. « Engie a payé un taux d’imposition effectif sur les sociétés de 0,3 % sur certains bénéfices au Luxembourg pendant une dizaine d’années. Ce traitement fiscal sélectif est illégal », a souligné la commissaire européenne à la Concurrence Margrethe Vestager. Engie a assuré dans un communiqué avoir « pleinement respecté la législation fiscale applicable » . Le groupe, qui « considère ne pas avoir bénéficié d’une aide d’État » , a annoncé son intention de faire appel de cette décision. Bruxelles avait ouvert une enquête approfondie en septembre 2016 sur « deux montages »financiers douteux, qui ont permis à Engie d’échapper en partie à l’impôt au Luxembourg, avec la complicité du Grand-Duché.

Extraits de l' union du 21/06/2018

 Arrêtons de brasser de l’air !

Les éoliennes s’entourent   de légendes et d’idées parfois préconcues. Démontage...


Les éoliennes engendrent bien des désagréments. Plus que d’autres sources d’énergie ? Archives Aurélien Laudy

Les éoliennes sont partout. En ville, sur les affiches de certaines publicités. Dans les campagnes, réelles cette fois. En une décennie, ces moulins du XXI e siècle sont devenus un symbole. Du développement durable pour certains, du ras-le-bol pour d’autres, manifesté lors des réunions publiques en amont d’implantation de parcs. Nous avons tenté de mesurer le réel bénéfice entre bienfaits et nuisances de cette source d’énergie.

Une implantation trop permissive ? FAUX

Entre le lancement de l’idée d’implanter un parc éolien et son raccordement au réseau électrique, il s’écoule de huit à dix ans en France. « En Allemagne, c’est deux à trois ans », souligne un opérateur qui implante des parcs dans le secteur et souhaite rester anonyme. Entre les études diverses, les réunions avec les populations, les recours devant les tribunaux, le public a largement les moyens de faire bouger un projet sachant que le feu vert final est délivré par le préfet. De plus, l’État pourrait encore limiter les zones autorisées. Actuellement, l’armée a obtenu qu’un rayon de trente kilomètres autour des radars militaires soit vierge d’éoliennes. Cette zone pourrait être portée à 70 kilomètres à la demande de l’armée. À l’avenir, ce temps de dialogue pourrait aussi déboucher sur des compensations directes pour les habitants. Actuellement, les collectivités locales (communes et intercommunalités), en échange de l’implantation d’éoliennes sur leur territoire, perçoivent des rentrées financières. « Je trouverais normal que lorsque des gens sont impactés par un projet, ils bénéficient, à leur tour, d’une compensation, payant un pourcentage en moins pour leur électricité par rapport à ceux qui ne sont pas du tout impactés », avance Yannick Jadot, député européen EELV. « Localement, c’est tout à fait possible. »

Une faible productivité ? FAUX

<> « L’éolien ne fonctionne pas souvent et quand les pales tournent, on ne peut stocker leur énergie… » La remarque sent la critique du siècle dernier. Les techniques ont évolué et la méconnaissance du sujet perdure. « Une éolienne fonctionne en moyenne plus de 80 % du temps. C’est son niveau de charge qui s’avère variable durant cette période », décrypte un opérateur . Une éolienne ne fonctionne à sa pleine puissance nominale que sur une durée équivalente à 30 % du temps annuel. » Elle tourne donc plus ou moins vite pendant plus de 80 % du temps. Les éoliennes ne produisent pas en cas de panne, de maintenance, de vent trop faible (moins de 15 km/h) ou trop fort (plus de 90 km/h). Après, stocker l’énergie produite par ces éoliennes nécessiterait des batteries hors de prix. Mais cette énergie est déjà stockée d’une manière indirecte via les stations de transfert d’énergie par pompage (STEP). Lorsque l’électricité disponible est plus élevée que la demande, une dizaine de STEP entrent en action en France. Ces stations pompent de l’eau d’un bassin inférieur pour la stocker dans un bassin d’accumulation. L’eau fait le chemin inverse lorsque la demande d’énergie est forte, produisant alors de l’électricité en passant dans une turbine. Enfin, le vent souffle plus en hiver qu’en été, or la demande d’énergie la plus forte se rencontre en hiver en France…

48 %

La puissance du parc éolien français raccordé au réseau s’élevait à 13559 mégawatts fin 2017. Près de la moitié (48 %) l’était dans deux régions : les Hauts-de-France (3 367mégawatts) et le Grand Est (3 102 mégawatts). Néanmoins, en leur sein, l’implantation des éoliennes n’est pas uniforme. Dans le Grand Est, elle se concentre dans les départements de l’ancienne Champagne-Ardenne et dans la Meuse. Dans les Hauts-de-France, la concentration s’est faite dans la Somme, le Pas-de-Calais et, dans une moindre mesure, l’Aisne.

Un coût élevé ?  FAUX

Plus les années passent et moins l’argument du surcoût de l’énergie éolienne recèle une once de véracité. « Des leaders mondiaux au Danemark ou en Allemagne ont créé des géants dans le secteur, faisant baisser le coût des infrastructures à tel point que l’éolien est aujourd’hui moins cher que le gaz et le nucléaire » , dévoile un opérateur qui a requis l’anonymat. « Le rapport est actuellement de 1 à 2 voire de 1 à 3 au bénéfice de l’éolien. Et ce rapport va encore augmenter car le parc nucléaire français va nécessiter cent milliards d’euros de travaux pour mettre aux normes les centrales », renchérit Yannick Jadot. De plus, au-delà des collectivités locales qui perçoivent des rentrées financières, de plus en plus de projets font appel à des contributions citoyennes. Ce sont de plus en plus des collectifs de citoyens qui s’organisent pour réaliser des parcs afin de bénéficier à la fois de la rentabilité industrielle (5 à 6 % de rentabilité annuelle) et de l’énergie produite localement.

Est-ce vraiment du développement durable ? VRAIFAUX 

Empreinte écologique de la fabrication et recyclage des infrastructures, pied en béton, nuisances pour l’homme, nuisances pour la faune, pollution sonore et visuelle… Tous les griefs sont listés contre l’éolien. Comme toutes les énergies, il produit des pollutions diverses. Après, reste à savoir si c’est moins que les autres…

« L’énergie consommée pour la fabrication d’une éolienne est compensée en quelques semaines de fonctionnement », assure notre opérateur. « Pour le recyclage, des filières s’organisent. Et aucune matière n’est radioactive… » , lance-t-il en référence à l’énergie nucléaire dont on peine à trouver des lieux de stockages pour des centaines d’années… Au sujet des nuisances sur l’homme, « les éoliennes émettent bien des ultrasons, mais l’environnement naturel lui aussi émet de telles ondes, et dans de plus fortes proportions. Le syndrome des éoliennes apparaîtrait en raison d’un ensemble de facteurs psychologiques, dont l’opposition à l’implantation ». Pour la faune, si les réserves naturelles sont exclues des zones autorisées à l’implantation d’éoliennes, la LPO a réalisé des comptages de mortalité d’oiseaux autour d’éoliennes, révélant « des résultats hétérogènes et une mortalité relativement faible », bien plus que d’autres facteurs humains. Au sujet du bruit, le volume sonore d’une éolienne en fonctionnement à 500 mètres de distance s’élève, à l’extérieur d’une habitation, à 35 décibels, soit l’équivalent d’une conversation chuchotée, et de 55/60 décibels au pied tandis que le niveau gênant de bruit se situe autour de 60 décibels et les premiers risques pour la santé autour de 90 décibels. « La loi limite le bruit en se fondant sur son émergence. Il s’agit de mesurer combien l’éolienne modifie le bruit de l’environnement », précise l’opérateur. Enfin, pour la pollution visuelle, les préfets refusent aujourd’hui l’implantation de parcs générant un sentiment d’encerclement pour les habitants.

Trop nombreuses dans nos départements ?  VRAI

Du fait de la faible densité de population et du potentiel éolien de nos territoires, nos départements ont été un terrain propice à l’implantation de nombreux parcs depuis quinze ans. Trop ? Certains s’en alarment. Ainsi, la mission « Coteaux, maisons et caves de Champagne », qui gère ces lieux inscrits depuis 2015 au patrimoine mondial par l’Unesco, vient d’établir une « charte éolienne ». Le but est d’établir « une aire d’influence paysagère autour de la zone d’engagement afin de réduire l’impact paysager du développement éolien ». Mots choisis. Car l’Unesco a bien prévenu. Après l’inscription au patrimoine mondial, les lieux doivent être « sacralisés ». Car chaque année, des sites sont retirés de la liste… Autrement dit, les éoliennes ne devraient plus pousser dans les zones du site Unesco Champagne situées dans la Marne et dans l’Aisne. Sans aller jusqu’à reconnaître que nos départements sont trop « éolienisés », Yannick Jadot, estime qu’ils sont « en avance par rapport à d’autres ». Le député européen écologiste estime que « l’idée n’est pas de les concentrer sur quelques départements, mais d’avoir des parcs à échelle humaine, trois à cinq mâts, développés autour d’une communauté de communes. Et si l’éolien terrestre bénéficie encore d’une marge de développement, c’est vers l’éolien off-shore que le potentiel est énorme. Mais on n’a pas sorti une seule éolienne sur l’eau alors qu’elles sont encore plus efficaces que sur terre. Le problème tient dans l’État qui n’a pas de politique publique en la matière… »

3 Questions à


Yannick JADOT
Député Européen EELV (Aisne)

Toute production génère des pollutions

 Certains mettent dos à dos nucléaire, éolien et solaire comme une même mécanique capitaliste qui change simplement de forme. Qu’en pensez-vous ?

Je n’opposerai jamais éolien et photovoltaïque. Car l’objectif est d’avoir un paquet d’énergies renouvelables pour répondre à nos besoins. L’éolien et le photovoltaïque sont, aujourd’hui, les énergies renouvelables les plus dynamiques car les plus compétitives et décentralisées. Aujourd’hui, le coût du nucléaire est deux à trois fois plus cher que l’éolien. Et ce dernier crée trois fois plus d’emplois que le nucléaire. L’enjeu n’est pas de remplacer notre addiction au nucléaire, qui produit 75 % de notre électricité, par une autre à l’éolien mais de poursuivre nos efforts en matière de réduction de consommation d’énergie. À chaque fois que vous isolez un logement, que vous réduisez la consommation d’un équipement, vous réduisez notre besoin en énergie. Or, l’énergie la moins chère, celle qui pollue le moins, est celle que l’on ne consomme pas. L’éolien s’inscrit donc dans une diversification et dans une réduction de notre production électrique.

Néanmoins, de fortes oppositions se manifestent régulièrement contre l’implantation de tels parcs, en faisant une énergie à la production décriée ?

Oui une frange de la population s’organise pour la combattre. Dans le même temps, les enquêtes donnent autour de 80 % d’opinion favorable au développement de cette énergie. Regardez, Total, Shell, EDF ou Engie, pour leur promotion institutionnelle, vous ne voyez jamais une centrale nucléaire, à gaz ou des lignes électriques mais des énergies renouvelables car cela répond à une attente de l’opinion. En raison de notre électrification majoritaire au nucléaire, vous avez énormément de lignes à haute tension pour l’acheminer à travers le pays et je suis surpris quand des associations se battent contre des éoliennes mais n’ont rien à dire sur ces énormes pylônes. Toute production d’électricité génère des pollutions. Moi cela me plaît de dépendre du vent plutôt que de Poutine ou de je ne sais qui pour notre électricité… Mais je n’ai jamais dit qu’il fallait en installer une sur la cathédrale de Reims !

L’éolien sera donc un moindre mal ?

La question de la concertation, sa situation et ses impacts sur les paysages, les territoires, y compris sur le patrimoine culturel, je comprends tout cela. Après, la réalité est que nous avons tous besoin d’électricité. Or, nous prenons le risque d’accidents nucléaires avec nos centrales vieillissantes, on envoie des déchets à Bure, mais on ne voudrait pas d’éoliennes près de chez nous.

Et si nous vivions sans électricité ?

Sans verser dans l’éolien béat, cette source d’énergie recèle quelques qualités… Ses émissions en matière de CO 2 sont anodins en comparaison des antiques centrales à charbon. Quand on voit le coût du démantèlement d’une centrale nucléaire et la problématique de la gestion des déchets radioactifs, les griefs faits à l’éolien apparaissent bien dérisoires. Même face au solaire, pourtant estampillé développement durable, qui « mange » un espace au sol bien plus conséquent, l’éolien apparaît comme une solution. Une solution aux impacts certes nombreux. Plus que ceux de l’énergie nucléaire et de la menace constante qu’elle fait planer invisiblement à une centaine de kilomètre autour de chaque centrale et aux conséquences sur des siècles ? À moins que le retour à une vie sans électricité ne soit l’avenir de l’homme ? On pourra alors démonter tous ces réseaux aériens qui la transporte et polluent déjà nos paysages. F.G.

Frédéric GOUIS

Extraits de l' union du 11/06/2018

Sous les éoliennes, des questions en béton armé


Isabelle Pestre devant la nouvelle éolienne de La Chaussée-sur-Marne, construite à une trentaine de mètres de la précédente dont les pales attendent patiemment au sol d’être évacuées.
Remi Wafflart


En 2016, le coulage des fondations bétonnées d’une éolienne à Ménil-Annelles, dans les Ardennes.
Archives Aurélien Laudy

L’ESSENTIEL

*.- COMPTE TENU DE LEUR DURÉE DE VIE (entre quinze et vingt ans), 1500 éoliennes françaises seront remplacées d’ici 5 ans, dont plusieurs centaines dans la Marne, les Ardennes et l’Aisne.

*.- ISABELLE PESTRE, la maire de La Chaussée sur Marne, redoute le maintien dans le sous-sol, après la phase d’exploitation, de « milliers de tonnes de béton armé». Les opérateurs contestent.

*.- UN LYCÉE DE CHARLEVILLE accueille une formation de maintenance. A Châlons, des industriels ont lancé un projet inédit en France de valorisation des éoliennes en fin de vie.

 Que deviendront les imposants blocs de béton armé qui soutiennent les éoliennes par huit mètres de fond après leur démantèlement ? Une maire de la Marne s’interroge. Nous aussi.  

 Elle a écrit à tout le monde, au préfet, au député, au président du conseil régional. Le courrier date du 5 janvier. Officiellement, personne n’a encore répondu. La maire de La Chaussée-sur-Marne et conseillère régionale (MoDem) du Grand Est, Isabelle Pestre, pose pourtant une bonne question. Les terres agricoles de Champagne-Ardenne, où poussent comme des champignons les éoliennes de la transition énergétique, sont-elles condamnées à digérer ad vitam aeternam les blocs de béton qui portent et soutiennent ces centaines de gigantesques mats (1) une fois qu’ils seront mis au rencart ? Ce qui ne saurait plus tarder, après quinze à vingt années de fonctionnement.


« 
A la fin du contrat entre promoteur et propriétaire ce dernier devient responsable de l’éolienne »
Jean DOUCY, Stop Eolienne 02 »

ON NE CULTIVE PAS SUR UN MÈTRE DE TERRE !

Or, il se trouve que la plus ancienne éolienne de Champagne-Ardenne – propriété privée –, est justement installée depuis 2002 à La Chaussée-sur-Marne. La pionnière a récemment fait place à sa grande sœur, plus haute (200 mètres), plus moderne, plus puissante aussi. L’engin flambant neuf s’est planté sur le même périmètre que sa devancière mais à 30 mètres de là, faute de pouvoir se fixer sur l’ancien socle.

Comme Mme la maire (elle-même agricultrice) n’est pas chez elle, ça aurait pu lui faire ni chaud ni froid. Mais ses propres terres accueillant aussi deux éoliennes, elle s’est inquiétée de savoir, lors du dépôt du permis de construire, ce qu’allaient devenir les fondations des anciennes. « Et là, catastrophe ! La loi occulte complètement cette problématique », assure-t-elle.

Isabelle Pestre n’a pas tout à fait raison, mais pas tort non plus. Quand une éolienne est démontée, la loi impose aux opérateurs d’araser son emprise (entre 500 et 1000 m 2 ) sur un mètre de profondeur en zone agricole, sur deux mètres en zone forestière. « Une catastrophe écologique », répète pourtant l’élue. « On ne cultive pas sur un mètre de terre. Les racines du blé plongent à 1,20 mètre, celles de la luzerne entre 2 et 3 mètres, du maïs à 1,80 mètre. Pour que la terre soit nourricière, il faut que l’eau puisse s’infiltrer et remonter par capillarité. Les fondations en béton ne permettent pas ces échanges. La terre est morte ! Il faut contraindre les opérateurs à rendre la terre agricole à son état d’origine. »

Pour chaque mât, ce nettoyage intégral les obligerait donc à soustraire quelque 1 000 à 1 500 tonnes de béton et de ferraille du sous-sol, l’équivalent de 500 mètres cubes de matériaux et de gravats a priori recyclables et valorisables dans le bâtiment et les travaux publics. « La loi nous impose actuellement des obligations impératives que nous respectons. Si demain, le contexte réglementaire évolue, nous saurons techniquement nous adapter », réplique Benoît Comfaits, le directeur régional de Net Wind, l’un des gros bras du secteur en France.

Quand bien même le monde agricole n’est pas le dernier à bénéficier de la manne éolienne (en moyenne 5 000 à 6 000 euros de revenu annuel pour un mât de 2,2 à 3 MgW), il n’est pas complètement insensible à la qualité de son sous-sol. « Les protocoles d’accord entre opérateurs et propriétaires doivent prévoir le démantèlement intégral, sinon c’est le système Ponce Pilate, j’installe, j’exploite et quand le contrat est terminé, je m’en lave les mains », ironise Thierry Poncelet, chargé des questions d’environnement à la chambre d’agriculture de la Marne.

C’est bien ce que redoutent, en effet, les propriétaires fonciers et que dénoncent, par ricochet, les anti-éoliens. « Quand le bail emphytéotique signé entre le promoteur et le propriétaire arrive à expiration, donc en fin d’exploitation, le propriétaire devient entièrement responsable de l’équipement ou de ce qu’il en reste. S’il souhaite enlever les fondations résiduelles qui ne l’auront pas été au moment du démantèlement, ce sera entièrement à sa charge », assure l’Axonais Jean-Louis Doucy, membre de « Stop Éolien 02 ».

C’est précisément pour financer a priori le démantèlement (désormais imminent) de leurs parcs éoliens que la loi impose aux promoteurs de provisionner 50 000 euros pendant la période de production. « C’est largement insuffisant ! C’est bien pour ça qu’ils se contentent du strict minimum », persifle M. Doucy. Logiquement, Benoît Comfaits ne partage pas cet avis. « Je suis incapable de chiffrer le coût d’un démantèlement, différent selon le type d’éolienne et les recettes attendues de la valorisation de ses matériaux. Mais je peux vous assurer qu’on ne verra pas demain en France d’éoliennes abandonnées comme on en voit aux États-Unis. » Si c’est par malheur le cas, elles pourraient toujours servir de perchoirs pour les oiseaux migrateurs…

Actuellement, il y a environ 510 éoliennes en fonctionnement ou autorisées (donc non encore construites) dans la Marne, 210 dans les Ardennes, 270 dans l’Aisne.

3 QUESTIONS à


Charles lhermitte
Sté QUADRAN

Tout ou presque   est recyclable !

Charles Lhermitte est directeur régional pour le Nord et l’Est de la société Quadran, spécialisée dans la production d’énergie verte.

Combien coûte le démantèlement d’une éolienne ?

Entre 0 euro – si elle est rachetée – et 100.000 euros ! On entend beaucoup de chiffres supérieurs à ceux-là, mais ils sont mal informés. Le coût du recyclage dépend de la taille et du type de la machine. En gros, il existe deux filières. La première récupère l’acier, le cuivre et les granulats concassés du béton qui entre dans la composition, soit du mât ou du socle, ou des deux. Ces granulats peuvent être notamment réutilisés pour construire de nouvelles plates-formes. La deuxième filière récupère la génératrice, le démultiplicateur et les pales de l’éolienne dans lesquelles on trouve de la fibre de verre, du silicium, parfois de la fibre de carbone.

Ces pales seraient pourtant irrécupérables !

C’était en partie vrai avec les premières éoliennes, c’est désormais inexact. Si elles sont en bon état, les pales peuvent être valorisées et réinstallées sur d’autres éoliennes. La fibre de carbone et la fibre de verre peuvent aussi servir à fabriquer des briques réfractaires et des matériaux énergétiques à forte valeur ajoutée. Enfin, ces matériaux très caloriques peuvent également être brûlés en cimenteries.

Quelles sont les obligations légales de l’opérateur quand l’exploitation est terminée ?

Les contraintes de la loi sont simples. Pendant la phase d’exploitation, il doit provisionner la somme de 50 000 euros pour financer le démantèlement ultérieur. Tous les démantèlements ne coûtant pas 100 000 euros, c’est généralement suffisant. La deuxième obligation est le démontage de l’éolienne. Quadran s’impose un démontage intégral, celui du mât et des pales bien entendu, mais aussi des fondations en béton armé. Nous allons donc plus loin que la loi.

Maintenance à Charleville


La formation en technicien de maintenance des éoliennes accueille seize élèves au lycée Bazin à Charleville-Mézières.

Championnes de France de l’éolien, Champagne-Ardenne et Picardie ne veulent pas rater la filière émergente du démantèlement. « Notre pays a déjà manqué celle de la fabrication, à nous d’être présents sur celle-là » , soutient Charles Lhermitte, directeur régional de Quadran (lire ci-contre). La société est l’une des quarante intéressées par la constitution à Châlons-en-Champagne d’un pôle industriel portant sur le stockage, le reconditionnement, la revente et l’expédition de matériaux et de pièces récupérées sur les éoliennes (nos éditions locales du 7 février). « La ville est au cœur d’un périmètre qui concentre la moitié du parc éolien national. Profitons-en » , rappelle Benoît Comfaits, de Net Wind. Les études du projet – baptisé AD3R – ont obtenu un coup de pouce de 253 000 euros du CRSD, le contrat de redynamisation du site de défense de Châlons. D’après le patron de Net Wind, Didier Evano, le site pourrait fonctionner, si tout se passe bien, à partir de 2020.

À Charleville-Mézières, en revanche, la formation de technicien de maintenance en parc éolien est une réalité depuis une dizaine d’années. Elle accueille au lycée François-Bazin seize élèves pour vingt semaines de formation pratique et théorique et huit semaines en entreprises. Ses étudiants sont recrutés à bac +2 sur des compétences mécanique, électronique, informatique, tests d’anglais et même de… vertige. Son taux de reclassement professionnel (95 %) dans l’est et le nord de la France plaide pour elle.

Giulles GRANDPIERRE 

Extraits de l' union du 09/01/2018

    

    

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Le service de collecte à domicile étendu.

Déjà opérationnel dans les seize communes de l'ancienne Reims Métropole depuis 2012, ce service de proximité est désormais accessible à l'ensemble des habitants du Grand r~eims depuis le 1" avril. Il permet aux particuliers qui ne disposent pas de moyen de 1 Comptez deux à trois semaines entre la prise de rendez-vous et la collecte de vos encombrants. transport pour se rendre en déchetteries, ou qui ne peuvent pas y acheminer des objets trop volumineux, de se séparer de certains encombrants. Le mobilier(matelas, armoire ... ) et les déchets électriques et électroniques type téléviseur entrent dans cette catégorie, contrairement aux déchets de travaux ou d'entretien de jardin. Réalisée par Emmaüs, la collecte se fait uniquement sur rendez-vous. Les usagers sont invités à appeler le 03.26.02.90.90 pour fixer une date de ramassage. Ce service est facturé 10 € par tranche de 3 m3 de déchets, et est limité à deux ramassages par an (au-delà la collecte est facturée 66 € par tranche). Lors de la prise de rendez-vous, le volume sera calculé avec un logiciel informatique suivant la liste exhaustive des objets à évacuer.

Extraits de l' union du 08/05/2018

    

    

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Savez-vous reconnaître un faux billet ?

 

 Haro sur les faux billets !

La Banque de France nous livre des techniques simples qui permettent d’authentifier en quelques secondes les vrais billets.


Yannick Schmitt, formateur à l’authentification de billets à la Banque de France sur le territoire champardennais, nous montre deux billets de 20 euros, nouvelle génération. Seul le second est authentique. Contrairement au premier, on voit bien par transparence qu’il est percé d’une petite «fenêtre» permettant de voir un hologramme à travers la lumière. Une petite difficulté de plus pour les faussaires... Photos Remi Wafflart

On a trouvé (au moins) un domaine où l’archaïque être humain reste plus performant que la machine : la détection de faux billets. Même à la Banque de France, pourtant équipée de détecteurs sophistiqués, l’œil, la main, voire l’oreille sont les outils en dernier ressort pour authentifier la monnaie papier. « Il existe sept signes de sécurité sur les billets. Si trois réagissent bien, cela veut dire que le billet est authentique », assure Yannick Schmitt. Ce spécialiste de l’authentification à la Banque de France dispense des formations gratuites sur le territoire de champardennais. Ils sont destinés notamment aux commerçants. Ce sont eux qui en manipulent le plus et qui se font donc le plus souvent piéger. La méthode repose sur le principe TRI : toucher, regarder, incliner. Voici quelques trucs faciles à retenir.


Le vrai billet s'authentifie aussi grâce au filigrane. On y voit la figure de la princesse Europe ainsi que la valeur du billet l'image que l'on voit à la lumière doit réapparaitre en négatif lorsque l'on pose le billet sur un fond sombre. Si les formes claires ne s'obscurcissent pas, le billet est faux.


Il faut observer aussi le « nombre émeraude », La valeur est imprimée avec un effet de lumière qui roule de haut en bas lorsque l'on incline le billet. La couleur passe du vert émeraude au bleu profond.


Un vrai billet sa reconnait déjà au toucher. Il a une texture ferme et craque sous les doigts. Le papier pour billet n'est pas fait à basa de pâte à papier mais de fibre de coton. Cela lui confère une texture inimitable et une résistance qui lui permet de durer plus longtemps ... et de résister à un passage en machine à laver quand on l'oublie au fond d'une poche.


Les motifs de billets sont en relief. Effleurer un billet dans la longueur avec l'ongle permet de bien ressentir l’impression en taille douce. Sur les bords du billet, on peut voir, et sentir au toucher, des petits traits obliques (photo du haut). Ils diffèrent en fonction de la valeur des billets.


Sur les nouveaux billets de 20 et 50 euros, l'hologramme représentant la princesse Europe doit être bien visible sur les deux faces les traits doivent êtres fins et précis. Un halo Irisé et mobile doit entourer le portrait.

Formation dans la Marne et les Ardennes (Yannick Schmitt – 03 26 89 52 52

JULIEN BOUILLÉ

Extraits de l' union du 08/05/2018

Des billets de 50 € sécurisés

LE NOUVEAU BILLET DE 50 EUROS

Ce matin, les nouveaux billets de 50 euros seront mis en circulation en France et dans les autres pays de la zone euro. Comme les précédentes coupures modernisées de 5 euros, 10 euros et 20 euros lancées ces dernières années, ils incluent des dispositifs renforcés anti contrefaçon. Les anciens billets resteront utilisables en parallèle, aucune date de retrait n'étant pour l'instant programmée.

L’année prochaine, de nouvelles coupures de 100 € et 200 €

D'après la Banque centrale européenne (BCE), le billet de 50 euros est le plus utilisé dans les 19 pays de la zone euro, avec 8 milliards d'exemplaires aujourd'hui en circulation, représentant 45 % des billets en euros. Ce nouveau billet sera imprimé à 6,5 milliards d'exemplaires, dont un 'milliard issus de l'imprimerie de Chamalières, près de Clermont-Ferrand.

De nouvelles coupures de 100 euros et 200 euros devraient être également imprimées, fin 2018. En revanche, la BCE a déjà fait savoir qu'il n'y aura pas de nouveaux billets de 500 euros: leur production sera arrêtée à la fin de l'année prochaine pour rendre plus difficiles les opérations frauduleuses en espèces.

Extraits de l' union du 04/04/2017

    

    

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Autour de cette table la face du monde a changé

Un musée de Reims attire plus de visiteurs étrangers (65 %) que français : c’est la salle   de la Reddition où a été signée la capitulation nazie, le 7 mai 1945 à 2 h 41 du matin, mettant fin à la Seconde Guerre mondiale. Visite d’un lieu qui a fait l’histoire


La salle des cartes aujourd’hui et, en bas à droite, une photo prise lors de la capitulation nazie.
Edouard Lantenois

À SAVOIR

*.- L’ACCÈS AU MUSÉE de la Reddition, 12, rue Flanklin-Roosevelt à Reims, est gratuit ces lundi 7 et mardi 8 mai de 10 à 18 heures.

*.- OUTRE LA SALLE DES CARTES, le musée propose un film sur le 7mai 1945 avec des images d’archives et permet de voir toute une collection de matériels et d’uniformes portés par plus d’une cinquantaine de mannequins.

Rien n’a changé dans cette salle. Les chaises n’ont pas bougé, comme si leurs occupants venaient de partir. La lumière du jour n’y pénètre plus depuis longtemps, pour tenter de préserver le plus possible les cartes qui en couvrent tous les murs. Elles indiquent, en temps réel à la date du 7 mai 1945, les positions précises des Alliés et de l’ennemi ; les sites stratégiques telles que les pistes d’atterrissage en Europe, les voies de communication, notamment ferroviaires, encore opérationnelles, les routes d’acheminement du carburant ; les nombres de prisonniers allemands au fil du conflit et des bombes larguées par les aviations unies contre l’oppresseur… Même les opérations, côté Pacifique, sont répertoriées sur une carte.

De cette salle de guerre, ici à Reims, – le siège du quartier général allié commandé par le Général Eisenhower –, le monde libre gardait l’œil rivé sur la Terre entière et particulièrement sur les armées du III e Reich. C’est sur la vaste table en bois, à l’époque sortie de la salle des professeurs du collège moderne et technique (devenu le lycée Roosevelt), que les Allemands signèrent leur capitulation sans condition le 7 mai 1945 à 2 h41. C’était un lundi.

PREMIÈRE CAPITULATION

« Est-ce vraiment ici que cela s’est passé ? est l’une des questions que l’on nous pose le plus fréquemment, souvent de la part d’élèves », raconte la responsable du site, Marie Lefèvre. Les scolaires représentent 21 % des 15 000 visiteurs qui viennent en moyenne chaque année (hors Journées du patrimoine et du 8-Mai), dont une majorité d’étrangers. 60 % d’entre eux sont anglo-américains (37 % des États-Unis et 23 % du Royaume-Uni). Loin derrière, les Allemands arrivent en troisième position, devant les Belges, les Australiens et les Canadiens. Tous curieux de découvrir les cheminements qui ont conduit à cette signature historique, si tardive, intervenue le 7 mai et non le 8 mai. Compte tenu de son rang, Eisenhower n’y participait pas directement. Il a attendu la fin pour entrer dans la salle et expliquer l’histoire aux dix-sept correspondants de presse de guerre. La capitulation qui s’est déroulée à Berlin le lendemain fut une réplique organisée à la demande de Staline. C’est celle-ci que l’Histoire a retenue. À Reims, on commémore les deux. Pour les 70ans, en 2015, le musée était resté ouvert jusqu’à 3 heures du matin dans la nuit du 6 au 7 mai.

L’AFFAIRE DES CENDRIERS

En réalité, quelque chose a changé dans cette pièce. Sur cette table qui fait quasiment la largeur de la salle des cartes, on dénombre deux gros cendriers en verre et un petit, blanc, en porcelaine. « Le petit n’a pas toujours été là, il a été rendu il y a quelques années à l’ancien conservateur, M. Bouxin », indique Mme Lefèvre. « C’est exact, confirme l’intéressé. Il faut savoir que le 7 mai 1945, il y avait bien les deux cendriers en verre mais aussi une huitaine de petits en porcelaine. Après la signature, les officiers accompagnateurs se sont partagé les petits. Lors du 50 eanniversaire, un Américain s’est approché de moi, a sorti quelque chose de sa poche, emballé dans un mouchoir. C’était l’un de ces cendriers. Il y a cinquante ans, je me suis permis de prendre ce souvenir , a-t-il dit. Il l’a reposé exactement où il se trouvait, devant le siège du général Spaatz . » Aucun des autres cendriers n’a été restitué à ce jour.

VERS UNE CURE DE JOUVENCE

« Dès juillet 1945, la salle de commandement fut ouverte au public, ce qui en fit le tout premier site de la Seconde Guerre mondiale, mais durant des années, il n’y eut que cette salle à visiter », rappelle Mme Lefèvre. Le musée n’existe que depuis les années quatre-vingt et son actuelle conservatrice, Bénédicte Hernu, nourrit le projet de le rendre à la fois plus attractif et plus moderne, en associant le numérique, en créant un système de protection plus léger (une paroi de verre sépare les visiteurs). De même songe-t-elle à l’ouvrir sur l’après 1945 dans la mesure où Reims a aussi joué un rôle primordial dans le processus de réconciliation franco-allemande, avec notamment la rencontre entre le général de Gaulle et le chancelier Adenauer, le 8 juillet 1962 dans la cité des sacres.


Sur la croix gammée la colonne rouge Indique comme un thermomètre, la nombre de prisonniers de guerre capturés par las forces alliées.


Au 17 du Bd Lundy, l’hôtel particulier où résidait Eisenhower entre février et mai 1945
Christian Lantenois


L’escalier monumental, à tonalité Art nouveau, est une des élégantes curiosités de l’ancien hôtel Mignot.
Christian Lantenois

Ike, son hôtel et sa vache 

Sous ses airs abandonnés, l’imposant vaisseau de pierre posé au mitan du boulevard Lundy, à Reims, somnole sous le soleil. Entouré d’une végétation touffue quoique disciplinée, le monumental hôtel particulier n’a pas toujours été aussi paisible. Entre février et mai 1945, le généralissime des armées alliées s’y installe avec armes et bagages, à la suite de l’état-major allemand qui a occupé les lieux pendant quatre ans, avant de déguerpir sous la pression ennemie.

Le futur président des États-Unis, Dwight Eisenhower, n’a que quelques centaines de mètres à parcourir pour gagner le Shaef, le quartier général allié installé au collège moderne et technique (futur lycée Roosevelt) dont une partie est devenue le musée de la Reddition (lire ci-contre).

Au 17, boulevard Lundy, « Ike » a sans doute d’autres chats à fouetter que de s’informer sur l’histoire particulière de sa résidence temporaire et fort cossue. L’eut-il fait, il aurait appris que l’hôtel avait été construit en 1911 à l’initiative de l’entrepreneur rémois Édouard Mignot, pionnier du succursalisme et richissime fondateur des «Comptoirs français ».

Le sieur Mignot n’a que 44 ans lorsqu’il emménage avec sa petite famille dans sa nouvelle et très belle demeure dont le style « Louis XVI modernisé » (!) emprunte plutôt aux lignes de l’Art nouveau finissant.

Quand les Américains arrivent, le patriotisme d’Édouard ne fait qu’un tour. La maison et la totalité de son personnel sont mises à disposition des militaires américains, bien contents peut-être de bénéficier des équipements techniques que leurs prédécesseurs germaniques y ont laissé. Ensuite, l’histoire du lieu appartient à la vie privée de son célèbre occupant.

Une romanesque et persistante rumeur rapporte qu’il y est venu accompagné de son chauffeur, en réalité « sa » chauffeure, la jeune et jolie capitaine Kay Summersby, une Anglaise à laquelle il était, paraît-il, fort attaché…

Amour platonique, jurera la belle, trente ans plus tard, dans son livre de mémoire. Admettons.

Plus avérée est l’histoire du verre de lait quotidien dont Eisenhower ne pouvait pas se passer, chaque matin. Une vache rapportée de Normandie y pourvoyait. Ruminait-elle dans le parc, comme l’assurent certains, ou dans une ferme proche? Le débat n’est toujours pas clos.

Gilles GRANDPIERRE

Racheté par un groupe de luxe


Cette salle de bains n’existait pas du temps d’Eisenhower. C. Lantenois

Le groupe de luxe EPI (propriétaire des champagnes Charles Heidsieck et Piper-Heidsieck) a racheté l’an dernier l’ancien hôtel particulier à son dernier propriétaire qui l’avait transformé en bureaux et appartements. Or, Mignot – qui l’avait lui-même cédé en 1954 – avait été après la Première Guerre mondiale PDG de Heidsieck Monopole. Même s’il n’y a pas de rapport entre ces différentes entreprises Heidsieck, le clin d’œil est savoureux.

EPI veut en faire un lieu d’accueil et de résidence pour la clientèle de ses deux marques de champagne. L’ouverture est programmée pour 2020 ou 2021. Un concours d’architectes est lancé. Le potentiel est magnifique : escalier central, profusion de boiseries, de parquets et de pièces (environ 1 000 m 2 ). Cerises sur le gâteau, la maison est équipée d’un ascenseur à banquette et, dans l’un de ses anciens logements, d’une salle de bain simili-mauresque, construite après-guerre. Ike n’a pas pu en profiter…

J-M FRANÇOIS

Extraits de l' union du 07/05/2018

    

    

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Raphaël Pitti - La banalisation de l’horreur

Autrefois médecin de guerre, aujourd’hui urgentiste, Raphaël Pitti s’est rendu une vingtaine de fois en Syrie pour aider à la formation des médecins. Il dénonce « le plus grave conflit depuis la Seconde Guerre mondiale ».


«
Même les Nazis ne s’attaquaient pas aux médecins. Pour Bachar El-Assad, il faut terrifier les gens pour les obliger à partir.»

Alors que des bombardements ont été menés sur la Syrie par les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne, vous plaidez pour une solution diplomatique. Pourquoi ?

Parce qu’il ne sert à rien de bombarder sans avoir derrière un plan solide. Bombarder sans volonté politique, ça ne fait qu’ajouter des bombardements aux bombardements. Ce qui est parfaitement insensé. Le pays est déjà détruit à 80 %, comme le tissu économique, le tissu sanitaire et le système éducatif. Les insuffisants rénaux, les cancéreux, les diabétiques meurent de ne plus pouvoir être soignés… Et on voudrait bombarder ? Cette action, ciblée sur les installations de production des armes chimiques, n’a rien réglé sur le plan humanitaire. Elle ne changera rien pour la population.

Les Occidentaux ne devaient-ils tout de même pas finir par montrer qu’ils étaient prêts à agir par la force ?

Si l’idée est de montrer les muscles avec la volonté affirmée d’imposer des négociations, d’installer un gouvernement, de déployer des Casques bleus, ça a du sens. Dans ce cas-là, il aurait fallu se servir de cette action militaire pour imposer des couloirs humanitaires et une « no-fly zone », afin de protéger les populations. Mais j’ai l’impression que cette action relève plus de la politique intérieure : il s’agit de montrer qu’on fait quelque chose contre une situation intolérable, même si cela ne règle rien sur le terrain.

Vous rappelez que la particularité de ce conflit, ce sont ces bombardements systématiques des structures de soin…

La volonté du régime syrien est de désertifier ces zones. C’est pour cela que les hôpitaux, les écoles, les marchés ont toujours été des cibles prioritaires. J’ai fait suffisamment de terrains de guerre pour savoir que les médecins et les personnels soignants sont habituellement protégés. Pas là, pas en Syrie. Même les Nazis ne s’attaquaient pas aux médecins pour la seule raison qu’ils soignaient des gens. Pour Bachar El-Assad, il faut terrifier les gens pour les obliger à partir.

Comment tous les personnels que vous avez croisés font-ils pour continuer à soigner dans ce chaos ?

Dans la Ghouta, les gens sont assiégés depuis plus de huit mois, avec des pénuries d’eau, de nourriture, de courant… Vingt-sept structures hospitalières ont été détruites. Et malgré tout, les médecins continuer à soigner, les ambulanciers à aller chercher des victimes. Malgré l’afflux permanent de blessés, l’absence de moyens, la menace du prochain bombardement, ils continuent. C’est tout simplement de l’héroïsme. Pas celui qui consiste à se mettre en avant. C’est un héroïsme anonyme, celui qui vous fait aller au secours des autres sans penser à vous.

Vous avez été reçus le lundi 16 avril avec une cinquantaine d’autres organisations humanitaires, par Emmanuel Macron. Que retenez-vous de cette rencontre ?

Le Président nous a annoncé le déblocage d’un fonds de 50 millions d’euros pour venir en aide aux populations syriennes. Est-ce qu’il s’agit de se donner bonne conscience ? Parce que s’il s’agit de saupoudrer cette somme entre quelques associations, ça ne servira à rien. Il faut absolument inscrire cet effort dans un plan coordonné avec le Haut-Commissariat aux réfugiés des Nations Unies et la Croix-Rouge. Les besoins sont énormes puisqu’il faut intervenir sur les plans sanitaire, alimentaire, éducatif, psychologique, et cela pour des millions de déplacés. Face à cette catastrophe, 50 millions d’euros c’est évidemment totalement insuffisant. Il faut que la France attire d’autres pays dans son sillage pour qu’on passe de la communication à l’action.

Vous trouvez nos hommes politiques beaucoup trop timorés, naïfs face à Bachar El-Assad, aux Russes…

Tous les leaders occidentaux sont dans le refus de la confrontation. Même les Américains, avec un budget de 500 à 600 milliards de dollars pour leur défense, n’ont pas bougé, à part quelques tirs de missiles. Pendant ce temps la Russie, qui entend bien garder ses implantations militaires en Syrie, s’est repositionnée. L’Iran et la Turquie ont également avancé leurs pions. Mais que font l’Europe et les États-Unis ?

Comment expliquer l’absence de mobilisation mondiale pour les Syriens ?

La globalisation, la circulation de l’information, l’immédiateté font que nous sommes submergés d’informations, en général dramatiques voire catastrophiques. Il y a une banalisation de l’horreur. Souvenez-vous de la guerre du Vietnam ou de celle d’Algérie : les gens se mobilisaient, s’indignaient, se révoltaient. Là, alors que le conflit syrien est le pire depuis la Seconde Guerre mondiale, avec 450000 morts et des millions de déplacés, il n’y a rien. Pas une manifestation. Parce que les gens ne se sentent pas concernés comme ils peuvent l’être à propos du mariage pour tous ou de la SNCF…

Vous dites être guidé par votre foi. Mais on se demande toujours comment les témoins de drames humanitaires comme vous peuvent continuer à croire…

Je ne vis pas ma foi comme ça. Je ne pense pas que Dieu veille sur les hommes. Sinon il n’y aurait pas eu la Shoah. J’ai une conception responsabilisante de la foi, parce que je pense que Dieu nous offre le choix de mettre de l’amour là où il y a de la haine. Et que cela ne dépend que de nous.

À Lire : « Va où l’humanité te porte, un médecin dans la guerre ». Éditions Tallandier, 304 pages, 18,50 €.

Samuel RIBOT

Extraits de l' union du 29/04/2018

    

    

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 Assécher le terrorisme à la racine


Quatre-vingt ministres, représentant 72 pays, ont participé à la conférence «No money for terror». AFP

Au terme de deux jours de travaux à Paris, Emmanuel Macron a appelé, hier, les participants internationaux à la conférence « No money for terror » sur le financement du terrorisme, à mieux coopérer pour priver les mouvements jihadistes de fonds et de moyens d’opérer.

FRANCHIR UNE NOUVELLE ÉTAPE CONTRE DAECH ET AL-QAÏDA

« Nos ennemis s’infiltrent au cœur de nos sociétés. Ils utilisent toutes les formes contemporaines de financement. Il nous faut franchir une nouvelle étape dans la lutte contre Daech et Al-Qaïda » , a lancé, dans la grande salle de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), le chef de l’État. « Il faut assécher le terrorisme à la racine : il se nourrit des trafics d’êtres humains, de drogues ou d’armes. Il y a toujours un sous-jacent économique. Pour être efficace nous devons prendre l’engagement de la transparence et de la mobilisation » , a-t-il ajouté. Emmanuel Macron s’est félicité que les 80 ministres présents, représentant 72 pays, aient « parachevé un Agenda de Paris , avec une liste d’engagements forts : le partage de renseignements, la lutte contre l’anonymat des transactions, l’identification des sources de financement, l’anticipation du détournement des nouveaux instruments financiers, l’engagement collectif vis-à-vis des pays vulnérables ou défaillants » .

Extraits de l' union du 28/04/2018

    

    

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Ils veulent changer les règles

Moins de parlementaires, une dose de proportionnelle aux législatives… Voici les propositions de l’exécutif.

404 DÉPUTÉS

 contre 577 actuellement. Si le projet du gouvernement est adopté, le nombre de parlementaires de chaque chambre sera réduit de 30 %

 Il ne s’agit ni de revenir à la IV e République, ni de passer à la VI° , il s’agit bien au contraire de revenir aux sources de notre V e République » dans laquelle « le gouvernement gouverne, le Parlement légifère et contrôle » , a affirmé hier Édouard Philippe. Après des semaines de tractations, avec l’espoir d’un accord avec le Sénat, le Premier ministre a présenté cette « nouvelle ambition » pour les institutions, lors d’une brève allocution à Matignon, sans grandes surprises.

1 - UNE PART DE DÉPUTÉS ÉLUS À LA PROPORTIONNELLE

Parmi les sujets les plus scrutés, la dose de proportionnelle a été fixée à 15 % pour les législatives à compter de 2022. Le MoDem, principal allié du gouvernement, poussait pour un quart des députés élus selon ce mode de scrutin. Le projet global présenté n’est qu’« un point de départ » et il y aura « beaucoup de choses à améliorer » lors du débat parlementaire, a aussitôt fait savoir le président du parti centriste, François Bayrou.Cette part de 15 %, c’est « une aumône à la démocratie » , a tweeté la présidente du FN Marine Le Pen. « C’est plus qu’un chiffre symbolique, c’est quasiment rien » , a critiqué dans les couloirs de l’Assemblée Éric Coquerel (France insoumise).

À l’inverse, des députés LREM favorables à un taux le plus bas possible pour ne pas déstabiliser le « fait majoritaire » ont dit leur déception.

Et le patron des députés LR Christian Jacob, opposé à toute dose de proportionnelle, a lâché dans l’hémicycle après une question offensive de Bruno Bilde (FN) sur le terrorisme : « Avec la proportionnelle, vous en aurez une centaine comme ça ! »

2 - MOINS DE DÉPUTÉS, MOINS DE SÉNATEURS

Autre chiffre clé : la réduction du nombre de députés et sénateurs, fixée à 30 % par l’exécutif, ce qui aboutira à 244 élus à la chambre haute, 404 à la chambre basse, dont 60 à la proportionnelle. 30 % de réduction, cela « sacrifierait les territoires les plus fragiles », avait prévenu dans la matinée le chef de file des sénateurs LR Bruno Retailleau. Le Conseil économique, social et environnemental (Cese), doté de 305 membres, sera quant à lui « réduit de moitié » , a indiqué Édouard Philippe.

3 - INTERDICTION DE CUMULER DES MANDATS CONSÉCUTIFS

En outre, le non-cumul de plus de trois mandats « identiques, complets et consécutifs » dans le temps s’appliquera aux parlementaires et présidents d’exécutifs locaux, « à l’exception des maires des communes de moins de 9 000 habitants » . Le seuil envisagé à 3 500 habitants a donc été relevé.

4 - LA CORSE DANS LA CONSTITUTION

le chef du gouvernement a confirmé que la Corse « trouvera sa place dans notre Constitution ce qui permettra d’adapter les lois de la République aux spécificités insulaires et sous le contrôle du Parlement » – une des rares revendications nationalistes retenues par Emmanuel Macron.

5 - FIN DE LA PASSERELLE ENTRE ÉLYSÉE ET CONSEIL CONSTITUTIONNEL

Le projet « organise la fin de la présence de droit des anciens Présidents de la République au Conseil constitutionnel » , a encore annoncé Édouard Philippe. Parmi les anciens Présidents, seul Valéry Giscard d’Estaing siège actuellement rue de Montpensier. Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy ont renoncé à leur place après l’avoir occupée, et François Hollande n’a pas souhaité y siéger.

6 - ADOPTION PRÉVUE EN 2019

L’exécutif a découpé en trois sa réforme : un projet de loi ordinaire (dose de proportionnelle, habilitation à établir une nouvelle carte électorale), un projet de loi organique (baisse du nombre de parlementaires et non-cumul dans le temps) et une révision constitutionnelle (réforme du Conseil supérieur de la magistrature, suppression de la Cour de Justice de la République, Corse, rythme parlementaire, réforme du Cese…). La droite sénatoriale a déjà fait savoir qu’elle voulait un accord « global ».

Ces textes, qui vont partir au Conseil d’État dans les prochains jours, seront présentés en Conseil des ministres le 9 mai. « L’objectif du gouvernement est de permettre à l’Assemblée nationale de procéder à une première lecture de ces textes avant la pause estivale » , puis de «parachever cette réforme en 2019 », a précisé le locataire de Matignon, alors que le Président avait fixé comme dernier terme l’été 2018. Mais les consultations en vue de cette réforme, les tractations en coulisses et l’encombrement des travaux parlementaires ont eu raison de ce calendrier. Des responsables des groupes politiques et des présidents de l’Assemblée et du Sénat François de Rugy (LREM) et Gérard Larcher (LR) vus en mars, Édouard Philippe a retenu que « tous ont insisté sur le nécessaire respect de l’équilibre (…) en particulier dans la répartition des pouvoirs entre le gouvernement et le Parlement » . Le Premier ministre n’a à aucun moment évoqué un éventuel recours à un référendum pour faire adopter l’un ou l’autre volet de la réforme, conformément à ce qu’a toujours privilégié Emmanuel Macron, à savoir la voie parlementaire. Le référendum, très encadré par la Constitution (articles 11 et 89), « je pense qu’il pourrait être gagné, mais il suffit d’un contexte défavorable pour que ça échoue » , avait mis en garde un membre du gouvernement.

Recul sur la limitation des amendements

La limitation des pouvoirs d’amendement des parlementaires n’est plus à l’ordre du jour. « Le gouvernement a pris en compte l’opposition formulée par les présidents de groupes parlementaires à l’idée d’un contingentement des amendements. Cette disposition, qui avait été envisagée, a donc été retirée », a déclaré le Premier ministre à Matignon, précisant qu’une limitation des amendements « sans portée normative » serait engagée.

Les Réactions

CHARLES DE COURSON : D’ACCORD SUR TOUT SAUF LE CUMUL

« Je suis tout à fait favorable à cette réduction du nombre de parlementaires ainsi qu’à l’introduction d’une dose de proportionnelle pour l’élection des députés » commente le député A GIR de la Marne. « Cela va faire entrer beaucoup d e députés du FN ? Ce parti a fait des scores importants aux élections, il est normal qu’il soit représenté à l’Assemblée. Et je préfère les avoir dans l’hémicycle, cela ouvre les yeux des Français quant à leurs propositions… Concernant la limitation du nombre de mandats consécutifs, je suis contre. Si vous êtes élu à 30 ans, à 50 ans, vous ne pouvez plus vous représenter ? Je souhaitais plutôt une limite d’âge, 70 ou 75 ans, au-delà de laquelle, on ne pouvait briguer un mandat ! Et non, je ne suis pas concerné, la mesure ne sera effective que dans quatorze ans pour les députés. »

JEAN-LOUIS BRICOUT : UN PROBLÈME DE PROXIMITÉ

« Si la fin du cumul après trois mandats consécutifs m’apparaît légitime pour un renouvellement, je m’interroge sur la réduction du nombre de parlementaires », se méfie le député PS de l’Aisne. « Ma circonscription compte déjà 180 communes, si on augmente encore sa taille, va se poser un problème de proximité avec le territoire. Le lien sera plus distendu avec le peuple ! Quant à la proportionnelle, cela va permettre à des petits partis d’être représentés, mais on va retrouver beaucoup d’apparatchiks, pas des élus de terrain… »

BENOÎT HURÉ : AU MOINS UN SÉNATEUR PAR DÉPARTEMENT

« Je veux que chaque département ait au moins un sénateur » prévient le sénateur (LR) des Ardennes. « Sur l’introduction de la proportionnelle, je suis prudent quand je vois ce qui se passe dans certains pays où elle ne favorise pas la création d’une majorité stable. Je voulais moins de 15 %. Pour la fin du cumul au-delà de trois mandats, je soutiens cette mesure depuis un moment déjà dans une volonté de renouvellement. Après, en écartant les maires des communes de moins de 9 000 habitants de ce dispositif, on a fait preuve d’intelligence, tant il est souvent difficile d’y trouver des candidats. »

Extraits de l' union du 05/04/2018

    

    

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Un héros du temps présent

L’attitude remarquable de cet officier de la gendarmerie méritait le portrait de celui  qui a porté au plus haut les valeurs de la France.


Arnaud Beltrame adhérait aux valeurs de courage et de devoir de la gendarmerie.
AFP

Il y a toujours quelques réactions déroutantes de lecteurs mais, dès lors qu’elles sont signifiées poliment, elles méritent une réponse qui le soit aussi. En avons-nous trop fait sur le mort du lieutenant-colonel Arnaud Beltrame en lien avec le raid terroriste en trois temps de Carcassonne et Trèbes revendiqué par Daech ? Notre réponse est non. Si rapporter les crimes et les délits est une part de l’information, s’attarder sur les hommes et les femmes qui, par leur courage, leur sang-froid, leur attitude exemplaire face au danger sauvent des vies et préviennent des drames encore plus douloureux, relève aussi de notre mission. Il existe de beaux gestes, des témoignages poignants, des réactions exemplaires qui méritent d’être dites.

Cela montre que le quotidien de la société n’est pas composé que de tragédies et de mauvaises nouvelles mais qu’il y a de belles séquences d’humanité même si elles traduisent le sacrifice héroïque de celui qui vit jusqu’au bout ses convictions et son sens du service. Ce qui est généreux, grand, désintéressé mérite d’être montré et cité parce que la société n’est pas rythmée que par les maux les plus vils et abjects.

Il y a besoin sur l’horizon de chacun de ces éclaircies qui sont autant de coups de pouce pour dominer ses peurs et ses angoisses et repartir du bon pied sans se laisser rejoindre par les ténèbres. Votre quotidien a fait tout simplement son métier, en conscience, et assume ce choix qui a aussi été salué par des lettres émues d’autres lecteurs.

Extraits de l' union du 02/04/2018

    

    

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Nouvelle attaque contre les compteurs Linky

L’antenne d’UFC que choisir relaie une pétition pour dénoncer le fait que les compteurs communicants d’Enedis allaient finalement coûter de l’argent au consommateur.


Le consommateur sera-t-il finalement perdant ou gagnant avec les Linky? Selon la Commission de régulation de l’énergie, il ne devrait rien perdre. L’UFC que choisir en doute.
Christian Lantenois

L’ESSENTIEL

*.- FIN FÉVRIER, la Cour des comptes publie un rapport sur les compteurs Linky. Elle y pointe « un dispositif coûteux pour le consommateur ».

*.- L’ANTENNE MARNAISE d’UFC que choisir à Reims relaie à partir de mars une pétition nationale lancée pour « refuser de payer pour ces compteurs ».

*.- ENEDIS cite pour sa défense la Commission de régulation de l’énergie, qui affirme que globalement, la facture de l’usager ne sera pas affectée.

 Dès le début elle était critique. À présent, elle est franchement contre. L’association de défense des consommateurs UFC que choisir a lancé une pétition contre le compteur électrique Linky. « Elle a débuté le 9 mars au niveau national, indique Christian Marréaud, spécialiste de l’électricité au sein de l’antenne rémoise de la fédération Marne ; pour notre part dans le département, nous allons finaliser la diffusion auprès de nos adhérents ce vendredi après-midi (16 mars) » . Soit un millier de personnes, auxquelles on peut ajouter les quelque 3.500 abonnés de la revue de l’association.

PROMESSES DE GRATUITÉ

Quel est l’élément nouveau qui a fait évoluer l’attitude de cette dernière vis-à-vis de ces compteurs communicants ? « L’annonce par la Cour des comptes, fin février, que l’usager allait finalement devoir payer pour l’installation de ces compteurs : à partir de 2021, à hauteur de 15 euros par an, pendant dix ans. »

De fait, si la Cour ne remet pas fondamentalement en cause le déploiement de ces boîtiers jaune-vert, parlant d’une « modernisation utile », elle pointe quand même dans son copieux topo d’une quarantaine de pages « un dispositif coûteux pour le consommateur ,citant entre autres le chiffre d’un coût de 130 € par compteur, que l’usager devrait en quelque sorte «rembourser » à partir de 2021. Et ça, ce n’est pas du tout ce qui avait été initialement annoncé et réaffirmé en haut lieu lors du lancement des compteurs. « Leur installation, rappelle M. Marréaud, devait être prise en charge par ERDF (devenu depuis Enedis) et rester par conséquent gratuite pour l’usager. » Il a ainsi retrouvé la trace de plusieurs déclarations allant dans ce sens : d’Éric Besson, ministre de l’Énergie du président Sarkozy, de la présidente d’ERDF Michèle Bellon, de la ministre de l’Écologie Delphine Batho, du Premier ministre Jean-Marc Ayrault.

D’où la pétition, intitulée « Linky : refusons de payer pour Enedis ». En une journée, celle-ci aurait recueilli 1003000 signatures pour l’ensemble du pays. Il est vrai que le terreau était favorable : les critiques techniques formulées pratiquement dès l’origine contre lesdits compteurs restent toujours valables, comme leur plus grande sensibilité qui fait disjoncter les installations au moindre dépassement, ainsi que les risques potentiels sur la santé en raison de l’émission d’ondes, même s’ils ne sont pas démontrés formellement. C’est ce dernier point qui avait décidé le maire de Warmeriville par exemple à faire prendre par son conseil une délibération interdisant la pose des appareils (lire par ailleurs).

Que répond Enedis ? L’entreprise renvoie vers un communiqué de la Commission de régulation de l’énergie (CRE), où l’on peut lire : « Sur le coût de ce projet, le président de la CRE élève le ton pour rappeler que son financement sera totalement neutre pour les clients grâce aux nombreux gains que ces compteurs permettront, notamment pour maîtriser la demande d’énergie : au global, leur facture n’en sera pas affectée. » Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’UFC que choisir en doute.

Gazpar aussi dans le collimateur

Si Linky pose manifestement problème, on ne peut s’empêcher de poser la question de l’autre compteur communicant que l’on nous annonce, celui du gaz, Gazpar. Et l’UFC que choisir ne s’en empêche nullement non plus : « Pour Gazpar, estime Christian Marréaud, le contexte est un peu différent, puisque, de toute façon, un compteur de gaz doit être changé tous les 20 ans. La question du remplacement des compteurs actuels est par conséquent plus légitime. Cela dit, Gazpar pose lui aussi le problème des ondes, mais d’une autre façon que Linky : car Linky transmet ses informations via la ligne électrique, alors que Gazpar ne peut pas faire pareil avec le gaz ; lui, il lui faut une liaison radio, comme votre téléphone portable. C’est donc comme si on installait un nouveau téléphone portable chez vous. »

Antoine PARDESSUS

Extraits de l' union du 21/03/2018

    

    

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Les plus grandes arnaques de 2017

Des faux côtes-du-Rhône aux abus sur internet, l’année écoulée a été dense pour la répression des fraudes.


Contrôle de la répression des fraudes, en janvier, en pleine affaire Lactalis.
AFP

Le rapport annuel de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) établit un catalogue d’arnaques en tous genres débusquées par les agents au fil de l’année 2017.

1 - AGRICULTURE ET ALIMENTATION

Une fraude géante portant potentiellement sur plus de 480 000hectolitres de faux vin AOC côtes-du-Rhône, soit « l’équivalent de 13 piscines olympiques » et « 15 % de la production de côtes-du-Rhône » a été mise au jour dans le Vaucluse et transmise à la justice.

Trois autres affaires ont ponctué l’année : les œufs au Fipronil pendant l’été, les salmonelles découvertes en décembre dans des produits infantiles fabriqués par Lactalis dans son usine de Craon et le Nutella vendu à prix cassé par Intermarché. « La DGCCRF a enquêté très rapidement sur des promotions illicites effectuées par Intermarché sur des produits tels que le Nutella, avec à la clé un rapport transmis à la justice fin février » a rappelé la secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie, Delphine Gény-Stephann. »

Plus globalement dans l’alimentaire, après 5.200 contrôles de résidus de pesticides, 4 % des fruits, légumes, céréales, et épices contrôlés dépassaient les limites maximales de résidus autorisés. Côté cosmétiques, 85 produits ont été déclarés dangereux sur 650 analyses.

2 - COMMERCE EN LIGNE

La ministre s’est félicitée de « l’assignation d’Amazon pour ses relations avec les entreprises » utilisant sa place de marché, ainsi que de l’assignation en justice de Google et Apple pour « pratiques commerciales abusives » . La DGCCRF va « développer son savoir-faire en matière d’algorithmes » pour mieux contrôler le commerce en ligne, a-t-elle dit.

Les consommateurs participeront d’ailleurs à cette évolution au moyen d’une « application mobile »qui doit être développée courant 2018, afin de « signaler directement et simplement » des dysfonctionnements constatés. L’application ne devrait pas être disponible avant 2019. Sur le numérique, en 2017, la DGCCRF a notamment mené une vaste enquête sur les ventes en ligne de billets d’avion, qui a donné lieu à 45 avertissements, 12 injonctions, 2 procès-verbaux et 4 amendes administratives, a indiqué Virginie Beaumeunier, la directrice générale de la DGCCRF.

Une autre enquête portant sur les pièges à la souscription et arnaques aux faux sites administratifs a permis d’établir quatre procès-verbaux pour « pratiques trompeuses » à l’encontre d’éditeurs de sites.

Au total, quelque 12 414 sites internet ont été contrôlés en 2017, avec un taux d’anomalie de 22 %, notamment des sites de billetterie, des comparateurs en ligne et de faux sites administratifs.

Extraits de l' union du 16/03/2018

    

    

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La réforme qui inquiète nos sénateurs

Ils seront les premiers touchés par la réforme constitutionnelle en cours.  Majoritairement à droite, les sénateurs sont disposés à se faire entendre


Le président du Sénat Gérard Larcher (à droite) avec René-Paul Savary, le sénateur (LR) de la Marne, en septembre 2017 à la foire de Châlons-en-Champagne. À l’époque, l’humeur n’était pas (encore) à la mélancolie...
Christian Lantenois

L’ESSENTIEL

*.- UN PROJET DE RÉVISION CONSTITUTIONNELLE prévoit, notamment, de réduire d’un tiers le nombre de députés et de sénateurs, de limiter dans le temps le nombre de leurs mandats à trois et d’accorder une spécificité à la Corse.

*.- CES TROIS POINTS font surtout débat au Sénat, à majorité de droite.

*.- POUR ÊTRE ADOPTÉE, la révision devra recueillir les trois cinquièmes des suffrages des membres du Congrès (Assemblée nationale + Sénat).

*.- EN CAS DE BLOCAGE SÉNATORIAL, Emmanuel Macron pourrait recourir au référendum.

*.- LES HUIT SÉNATEURS de la Marne, des Ardennes et de l’Aisne réagissent.

 1 - LA RÉDUCTION DU NOMBRE DE PARLEMENTAIRES

« Réduire le nombre des parlementaires ne me choquerait pas », confie Yves Détraigne, sénateur UDI de la Marne. « Le fait qu’ils ne puissent plus être à la fois sénateur et maire ou député et président de collectivité leur laisse du temps pour leur circonscription. Si l’on ajoute à cela les moyens technologiques qui évitent les déplacements, je ne trouverais pas incongru que la Marne passe de trois à deux sénateurs » . Un modèle à ne pas uniformiser, selon lui : « Dans d’autres départements où les déplacements sont plus compliqués, comme en montagne, il faudra veiller à ne pas trop réduire le nombre d’élus. »

Son collègue marnais René-Paul Savary (LR) adresse toutefois une mise en garde : « Avec cette réforme, on risque de passer à des circonscriptions régionales et non plus départementales. Imaginons que le nombre de parlementaires dans le Grand Est passe de 31 à 20, avec une dose de proportionnelle, comme c’est prévu, les départements qui comptent le plus d’électeurs mettront en tête de liste leurs candidats. On pourrait se retrouver avec quinze sénateurs alsaciens et meusiens et un seul de Haute-Marne, voire aucun. Il faut empêcher que certains territoires se retrouvent sans représentant. »

C’est aussi l’avis de la sénatrice de la Marne Françoise Férat (UDI) qui « n’ose imaginer un département sans élu » , tandis que le sénateur des Ardennes Marc Laménie (LR) juge cette perspective « tout à fait déraisonnable ». « Si, au moins, cela permettait de faire des économies ! Mais on a vu ce que ça a donné avec le redécoupage des cantons. Moins d’élus, mais plus de déplacements, donc plus de dépenses… ! » Dans l’Aisne, Antoine Lefèvre (LR) acquiesce : « J’approuvais cette réduction jusqu’à ce que le président de l’Assemblée rappelle qu’elle se ferait à moyens constants. À quoi bon, alors, une telle réforme si elle doit, de surcroît, déséquilibrer les territoires. On voit bien qu’avec cette révision, M.Macron cède à nouveau à son tropisme urbain. »

2 - LA LIMITATION À TROIS MANDATS DANS LE TEMPS

« Ce n’est pas un sujet. L’enjeu du fonctionnement démocratique de notre pays ne tient pas à une limitation du nombre de mandats. C’est aux électeurs de renouveler les assemblées » , estime le sénateur de l’Aisne Yves Daudigny (PS) qui exerce son deuxième mandat. « J’ajoute que s’il y a eu des exagérations dans le passé, ce n’est plus le cas aujourd’hui. »

Son collège axonais est beaucoup plus critique : « Cessons d’infantiliser les électeurs. Pourquoi ne pas leur laisser le choix de décider qui peut se présenter ou pas, et le soin de choisir celle ou celui qui les représentera ? Est-ce que l’efficacité parlementaire ne peut pas être aussi affaire d’expérience ? », s’interroge M. Lefèvre. A contrario, Marc Laménie juge qu’il n’est « pas bon de s’accrocher à son mandat, quel qu’il soit. Dix-huit ans, c’est bien, il faut faire tourner, il faut de nouveaux visages », résume le sénateur ardennais. « Pourquoi on ne fait pas confiance aux électeurs ? Je connais de vieux sénateurs qui ne sont pas forcément les moins travailleurs »,se demande Françoise Férat.

3 - UNE SPÉCIFICITÉ POUR LA CORSE

Le sénateur de la Marne Yves Détraigne ne trouverait pas choquant que la Corse puisse avoir un statut particulier : « Elle en a déjà un mais imaginer le renforcer ne me dérangerait pas. La Corse n’est pas un département comme les autres, c’est une île, il faut en tenir compte. À la condition, toutefois, qu’elle continue à faire partie de la République, je ne voudrais pas qu’elle devienne une entité à part. »Peu ou prou, ce sentiment est partagé, avec quelques nuances : «Chaque territoire ayant son identité, et particulièrement celui-là, ça ne me choque pas qu’on en tienne compte » , résume M. Laménie. Sa collègue marnaise est plus prudente : « On peut considérer qu’il s’agit d’un territoire particulier, mais de grâce, la Corse, c’est la France ! Dans les demandes des responsables politiques de l’île, il y en a qui, à mes yeux, sont difficilement réalisables », estime Mme Férat, sans préciser lesquelles, même si on se doute qu’elle évoque (notamment) la revendication de la co-officialité de la langue corse. Sur cette seule question, le gaulliste Antoine Lefèvre prend moins de gants : « La Constitution n’est pas un fourre-tout dans lequel chacun vient se servir à sa guise. On peut respecter l’identité corse tout en prenant garde à ne pas fragmenter la République. Il n’y a pas une Constitution par région, il n’y en a qu’une seule. »

3 QUESTIONS à


Benoit HURE
Sénateur (LR) des Ardennes

Est-ce vraiment une révision prioritaire ?

Faut-il diminuer le nombre de parlementaires ?

La France est dans la moyenne européenne mais, globalement, je m’interroge sur l’opportunité de cette révision. N’y avait-il pas plus urgent ? Tant qu’à réformer, j’aurais préféré qu’on s’interroge sur les moyens de moderniser l’action publique. Dans un souci d’équilibre, pourquoi ne pas réduire aussi la haute administration ? Cela dit, je tiens à l’ancrage territorial du Sénat. Les circonscriptions doivent rester départementales. Un département sans sénateur, ce serait la ligne rouge à ne pas franchir.

S’il estime les territoires sous-représentés, croyez-vous à un blocage du Sénat ?

Bloquer un débat, ce n’est pas dans notre nature. Mais je regrette que l’approche de cette révision ne se soit pas faite dans un autre état d’esprit, plus ouvert à la concertation. C’est, en tout cas, le sens des quarante propositions formulées par le sénateur Pillet. Au lieu de quoi, j’ai l’impression que les choses s’accélèrent…

Craignez-vous l’hypothèse d’un référendum ?

A priori, on s’achemine vers trois lois, une simple, une organique, une constitutionnelle. Sur ce type de dossier, le Président aurait tort de jouer avec le référendum. Il y prendrait des risques inutiles. S’il compte piéger le Sénat, le piège pourrait bien se refermer sur lui.

G.G.