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SPELEOLOGIE

Les archéologues, lecteurs des guerres et des invasions
Balades souterraines

Ne pas être injuste envers l’homme de Néandertal

Plus de trois millénaires s’ouvrent sous vos pieds

2017

Le spéléologue rémois fait découvrir de vieux véhicules bloqués sous terre
LES ÉTRANGES DECOUVERTES DES ARCHÉOLOGUES

Les archéologues poursuivent leurs investigations dans la plaine d’Aÿ

Dans les pas des Francs et des Poilus

En Champagne. il y a 11.500 ans

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les archéologues, lecteurs des guerres et des invasions

En observant sur site et en analysant ce qu’ils mettent au jour, les archéologues reconstituent l’intensité de certaines scènes de guerre et attestent la violence des combattants. Que les conflits soient récents ou anciens.


Mieux connaître les méthodes de combat et les souffrances endurées. Illustration

 Quelles sont les informations que l’archéologie peut apporter sur l’intensité des conflits entre les hommes qui s’inscrivent dans la profondeur des espaces parcourus. C’est aujourd’hui une science et la contribution de ses experts pour mieux connaître les méthodes de combats, les blessures portées, les souffrances endurées, l’intensité des pertes constatées, est devenue essentielle.

Sur les conflits les plus récents, le travail systématique qui est mené permet des identifications grâce aux progrès de la recherche scientifique et via l’ADN des descendants, comme cela a été le cas d’un poilu. Que dire aussi de la lecture des corps retrouvés à Katyn pendant la Deuxième Guerre mondiale et des charniers identifiés plus récemment dans les Balkans ! La dernière publication scientifique sur cette thématique autour des squelettes de deux adultes et d’un enfant mis au jour en Europe centrale, nous fait remonter le temps et est riche d’enseignements.

LES SQUELETTES RACONTENT LEUR HISTOIRE

D’après l’apparence des squelettes qui ont été soigneusement dégagés et étudiés en détail en Bulgarie, il s’avère que les deux adultes et l’enfant sont morts dans des souffrances atroces, soumis à des violences inouïes. Ils seraient décédés il y a 1 700 ans et, d’après l’archéologue Elena Bozhinova, référente de cette étude et attachée au Plovdiv Museum of Archaeology, les restes ont été découverts sur le site de la ville ancienne de Philippopolis, près de Plovdiv en Bulgarie.

À force de croiser les données et les connaissances historiques, les experts estiment que cette tragédie est en lien avec l’invasion de cette région d’Europe centrale par les Goths. Si des indices d’attaques menées par ce peuple ont déjà été collectés, il est très rare de mettre au jour des squelettes qui ont bien des choses à nous dire.

Ces squelettes révèlent que les trois victimes ont péri, immolées par le feu. Deux bracelets en bronze ont été retrouvés sur l’un des squelettes, laissant penser qu’il s’agissait d’une femme. Près des restes de l’autre squelette adulte, les archéologues ont trouvé six pièces et une figurine en bronze qui représente la déesse romaine Vénus nue, portant simplement un collier en or. En ce qui concerne le squelette de l’enfant, les scientifiques y ont trouvé la pointe d’une flèche, ce qui atteste sa mort violente.

UNE BRUTALITÉ CONFIRMÉE

« La position stratigraphique de la maison brûlée et des objets anciens mis au jour suggèrent que l’incendie a eu lieu au milieu du III esiècle après J.-C, lorsque les Goths ont conquis la ville » , considère Elena Bozhinova. Les Goths étaient un peuple germanique de premier plan au commencement du premier millénaire. Ils sont connus pour avoir attaqué l’Empire romain affaibli au III e siècle après J.-C, avant de piller Rome en 410. En 251, ils ont envahi et incendié la quasi-totalité de la ville de Philippopolis qui existait bien avant que l’Empire romain n’en prenne le contrôle. Elle est toujours aujourd’hui considérée comme l’une des plus anciennes villes d’Europe. Plus tard, elle a intégré l’Empire ottoman. Le site est régulièrement fouillé par des missions archéologiques. En plus des squelettes, les experts ont dégagé et balisé les restes d’une rue principale probablement bordée de maisons et de commerces. Une arche a aussi été découverte : il pourrait s’agir d’un monument, mais les archéologues n’en sont pas encore certains

HERVÉ CHABAUD

Extraits de l' union du 20/06/2018

    

     

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Ne pas être injuste envers l’homme de Néandertal

Ses capacités cognitives et sociales étaient moins importantes que les nôtres, affirment des scientifiques japonais après avoir comparé la structure de son cerveau à celle d’Homo sapiens.


«
Néandertal et Sapiens se sont croisés et ont sûrement cohabité », avance Antoine Balzeau, paléoanthropologue au Musée de l'homme. AFP 

L’Homme de Néandertal aurait disparu de la surface du globe en raison de ses faiblesses cognitives et sociales. Ce sont les conclusions d’une étude de chercheurs japonais publiée récemment dans Scientific Report. Ils ont modélisé la forme des cerveaux de quatre hommes de Néandertal, et y discernent la cause de sa disparition.

Leurs certitudes ne font pas l’unanimité. « C’est une conclusion un peu hâtive », prévient Antoine Balzeau, paléoanthropologue au Musée de l’homme. « L’étude montre bien qu’il y a des différences entre le cerveau de Néandertal et celui de Sapiens. Mais rien ne permet d’affirmer d’une part que ces différences font de Néandertal un individu plus bête, et d’autre part que ces différences sont la cause de son extinction », relève-t-il.

LES CLÉS DE L’IRM

Les scientifiques nippons ne sont pas les premiers à travailler sur le cerveau de Néandertal. « Sur bien des points, cette étude va dans le sens de plusieurs de nos travaux », observe Jean-Jacques Hublin, directeur du département de l’évolution humaine à l’institut Max Planck de Leipzig, auteur de plusieurs études sur les cerveaux néandertaliens. Avant de réagir : «Leur conclusion est, à mon sens, trop tranchée. »

L’évolution des moyens technologiques a permis une finesse d’analyse encore inenvisageable il y a quelques années. On est capable aujourd’hui au moyen des scanners de reconstituer fidèlement la forme des cerveaux préhistoriques. « Ce qui est très intéressant dans l’étude du cerveau de Néandertal, c’est qu’on a bien trouvé des différences avec l’homme moderne. Mais pas forcément là où on les attendait ! », ajoute Jean-Jacques Hublin.

Les Japonais ont modélisé, à partir des IRM d’environ 1 200 personnes, ce que l’on pourrait appeler un cerveau « moyen » d’Homo sapiens du XXI e siècle. Les chercheurs ont ensuite numériquement « déformé», le cerveau-type pour qu’il prenne la forme de crânes fossiles d’Hommes de Néandertal puis de crânes d’anciens Homo sapiens. « Ce qui est plus original, et plus discutable, c’est d’avoir projeté les zones du cerveau actives pour certaines compétences, et de conclure qui si ces zones sont moins développées chez Néandertal, il en va de même pour leur intelligence. »

CAPACITÉS COGNITIVES

La difficulté est de vouloir absolument caractériser l’intelligence. « On peut avoir une intelligence sociale très peu développée, et pour autant maîtriser à merveille des champs aussi complexe que la physique quantique. » détaille Jean-Jacques Hublin. Néandertal maîtrisait le feu, fabriquait des outils et était doté du langage.

« Ça me paraît difficile de dire que les capacités cognitives de Néandertal ne lui ont pas permis de s’adapter, » confie Antoine Balzeau. Avant de compléter : « On sait que les hommes de Néandertal ont vécu plus de 200 000 ans en traversant de graves crises climatiques. On sait désormais que Néandertal et Sapiens se sont croisés, mélangés et qu’ils ont sûrement cohabité . » « Moi, je fais partie de ceux qui pensent que c’est l’expansion de Sapiens qui a été fatale à Néandertal », explique Jean-Jacques Hublin. « C’est un peu simpliste d’y voir l’effet d’une supériorité intellectuelle. D’autres facteurs ont certainement joué. »

Homo sapiens et Homo neanderthalensis étaient deux espèces différentes. L’une a survécu, l’autre a disparu. Sapiens a pris le dessus, personne ne le nie. Chercher une cause unique à cet état de fait n’a probablement pas beaucoup de sens.

HERVÉ CHABAUD

Extraits de l' union du 22/04/2018

    

     

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Plus de trois millénaires s’ouvrent sous vos pieds

Aube Les expositions « ArkéAube – des premiers paysans au prince de Lavau »   et « Les Sénons » ouvrent une perspective unique sur l’histoire.


En haut : évocation de la cérémonie du « banquet » dans la société celte. En bas, dans la tombe du prince de Lavau.
Ru Mor / Bastien Dubuis
 

 Deux événements

*.-  « ARKÉAUBE – DES PREMIERS PAYSANS AU PRINCE DE LAVAU :   5 300 ANS / 450 AVANT NOTRE ÈRE », exposition à l’Hôtel-Dieu-le-Comte, du 5 mai au 30 décembre. Ouverte du mardi au dimanche, de 9 h 30 à 18 h. L’histoire de l’Aube racontée à travers 250 objets trouvés dans 50 sites du département, jusqu’au prince de Lavau.

*.- « LES SÉNONS, ARCHÉOLOGIE ET HISTOIRE D’UN PEUPLE », exposition au musée Saint-Loup – musée d’archéologie de Troyes et au Palais synodal de Sens, du 19 mai au 29 octobre. Ouverte de 10 h à 13 h et de 14 h à 18 h. Depuis la mort du prince de Lavau, jusqu’à la conquête romaine.

C’est à une plongée vertigineuse et inédite que nous convient le Département de l’Aube et la Ville de Troyes cette année et dès le printemps. Deux fenêtres ouvertes sur la Protohistoire et l’Antiquité de notre département. Plus de trois millénaires de l’histoire d’une « terre de passage », d’un « carrefour de voies commerciales » et d’une « zone de contacts féconds », relève Vincent Riquier, commissaire scientifique de l’exposition ArkéAube. L’archéologie de ce territoire du sud de la Champagne a montré, depuis trente ans, une incroyable richesse et une incroyable diversité.

« Depuis 2002, nous avons conduit 800 opérations archéologiques dans l’Aube. Soit 650 diagnostics et 150 fouilles », explique Dominique Garcia, président de l’Inrap (Institut de recherches archéologiques préventives). C’est dire que l’Aube est une terre de découvertes. Parfois spectaculaires comme la tombe du prince de Lavau, parfois moins médiatisées mais essentielles aussi à la connaissance de notre territoire. L’an passé, l’Inrap a collaboré à une quarantaine d’expositions en partenariat avec des collectivités, rappelle Dominique Garcia.

PREMIÈRE MONOGRAPHIE D’UNE TRIBU GAULOISE

Cette exposition et sa cohorte de conférences, visites et colloque, prend une ampleur peu commune dont témoigne un épais catalogue.

Président du conseil départemental, Philippe Pichery s’avoue très sensible à la «dimension pédagogique » de l’événement. À la possibilité offerte à tous « d’appréhender ces découvertes ».

Car si ArkéAube embrasse l’histoire du Néolithique à la fin du Hallstatt (Premier Âge du fer) dans un parcours qui s’achève sur l’impressionnante découverte de Lavau, la Ville de Troyes assure la continuité archéologique et historique à travers l’exposition «Les Sénons – Archéologie et histoire d’un peuple », qui ouvre le 19 mai au musée Saint-Loup.

« Les Sénons ont fait entrer les Gaulois dans l’histoire », rappelle Marc Sebeyran, premier adjoint au maire de Troyes. En 390 avant notre ère, les Sénons, qui occupent un vaste territoire compris entre Sens, Nemours, Melun, Troyes et Auxerre, fondent sur le nord de l’Italie, menacent la jeune Rome, poussent jusqu’en Grèce continentale… L’exposition coproduite par les musées de Troyes et de Sens, se révélera simultanément dans les deux sites le 19 mai. « Avec des thèmes communs et des thématiques propres à chacune. Le funéraire à Sens et le quotidien des Sénons, à Troyes », indique encore l’élu.

L’exposition a obtenu le label «d’intérêt national » et le label «Année européenne du patrimoine». Elle montrera des objets éblouissants de l’art celte le plus souvent inédits parce que tirés des réserves d’une demi-douzaine de musées français et du musée d’Ancône, en Italie.

La tombe du prince sera exposée au musée Saint-loup

Lavau à Troyes Entièrement réaménagé à l’horizon 2021, le musée Saint-Loup accueillera le mobilier de la tombe de Lavau.

Publication scientifique Quatre ans après la révélation au monde de la découverte de Lavau, le découvreur du site, Bastien Dubuis, en collaboration avec Émilie Millet, poursuit l’étude scientifique de la nécropole de Lavau à travers un Projet collectif de recherches (PCR) qui associe le C2RMF. Il sera livré en 2021, précisément pour l’installation de la tombe du prince au musée Saint-Loup.

Hors-série spécial L’exposition ArkéAube fera l’objet d’un hors-série spécial de la revue « Archéologia ».

J.-M. VAN HOUTTE

Extraits de l' union du 22/04/2018

    

     

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LES ÉTRANGES DECOUVERTES DES ARCHÉOLOGUES

Les fouilles archéologiques préventives permettent de dévoiler petit à petit le mode de vie de ceux qui nous ont précédés il y a bien longtemps dans la région


À Isle-sur-Suippe, au nord de Reims, les restes d’un jeune homme reposent au fond d'un puit avec du bétail. Quelles en sont les raisons ? P. Huart

Nous avons trouvé des moules de faux monnayeurs. Un fait assez classique pour l'époque
Jérôme Marian et Vincent Le Quellec

L'ESSENTIEL

•.- Les récentes découvertes des archéologues ont été présentée-s,à Ghâlons.en-Champagne, lors de la journée archéologique champenoise.

•.- Elles résultent de fouilles spontanées et de fouilles préventives dans Je cadre des projets d'aménagement. Celles-ci peuvent être menées par des opérateurs publics (lnrap, Reims Métropole, conseil départemental des Ardennes ou de l'Aisne) ou bien des sociétés privées, Cette année ne figurent que des résultats du secteur public.

•.- L'Aisne n'est pas en reste puisque plusieurs belles fouilles y ont été réalisées cette année. Notamment à Vermand dans un atelier gaulois de poteries.

1 - UN HOMME ENTERRÉ AVEC SES VACHES

Mystère à Isles-sur-Suippe, dans la Marne, Au fond d'un puits construit en 100 avant notre ère (environ), les archéologues ont trouvé les ossements de six bovidés, d'un cheval et d'un homme. La dépouille de l'homme semble avoir été déposée sur tes carcasses animales. Humain comme animaux étaient dans la force de l'âge. L'homme avait entre-20 et 30 ans. « Nous avons relevé des signes de stress au cours de sa croissance mais aucune trace de mort violente » précise Anne-Charlotte Baudry, qui a présenté le résultat des fouilles menées sur le parc d'activité aménagé par la CCI.

« La question de la signification de ce dépôt se pose. » Il est rare de trouver les restes d'un homme mélangés à ceux de plusieurs animaux. « Est-ce une sépulture 7 Un puits à offrandes ? Plusieurs hypothèses sont possibles. » L'homme avait-il émis le souhait d'être enterré avec ses vaches préférées ? Sont-ils tous morts en même temps ? « L'arrivée du défunt et celles des animaux qui le précèdent sont très rapprochées dans le temps. On peut penser qu'il s'agit d'une seule opération. » Mais sans qu'on sache quelle en est la finalité. Normalement, au 1er siècle avant notre ère, on n'enterrait pas les éleveurs avec leur bétail.

2 -  Un ATELIER MËTALLURGIQUE A CHARLEVILLE ET DE FAUX-MONNAYEURS

On fabriquait du laiton daris le quartier du Clos-Paul à Charleville au III° siècle. La découverte de creusets (pots en métal servant à la fusion) et les vestiges d'un four en attestent. « II faut ajouter la présence d'une fosse de rejet toute proche », ajoutent Jérôme Marian et Vincent Le Quellec, respectivement du conseil départemental des Ardennes et de l'Aisne, Les services d'archéologie des deux départements ont travaillé ensemble pour ces fouilles. « Cet atelier date du dernier quart du Ill' siècle. » A J'époque, on polluait déjà et on ne dépolluait pas, c'est ainsi que les archéologues ont repéré le site : « Il y avait dans le sol une concentration importante de zinc et de cuivre, les deux éléments qui servent a produire du laiton. » Le four était semi enterré, fait de schiste avec un système de circulation de l'air chaud, « Le zinc fond à 500 degrés, le cuivre à 1100 degrés, tout l'art est d'arriver à associer les deux pour former le laiton », expliquent les scientifiques. Ils estiment qu'une tonne de laiton a pu être produite dans ce four.

« Nous avons aussi retrouvé des moules de faux monnayeurs. Une production assez marginale. C'est un cas très classique de copies de monnaies à cette époque de perte de confiance dans le monnayage officiel et de problèmes économiques. » Reste à savoir à quoi servait cette production de laiton. « Il y a peut- être un lien à chercher avec la vaisselle en laiton qu'on trouve dans la vallée. » Les ouvriers habitaient peut-être sur place puisque les fouilles ont révélé un secteu d'habitation d'habitations artisanale (voir photo). Tout cela confirme que la tradition métallurgique ardennaise ne date pas d'hier. Le savoir-faire des faux monnayeurs ardennais s'est un peu plus perdu.


Le four métallurgique de Charleville apparait à droite. Une zone d’habitations se trouvait à l’opposé.
J. Marian 

Tout cela confirme que la tradition métallurgique ardennaise ne date pas d'hier. Le savoir-faire des faux monnayeurs ardennais s'est un peu plus perdu.

 
Les Ardennes sont une terre de métallurgie. Sur ce document la galerie de la mine de fer de Revin. M. Pieters

3 - CIMETIÈRE PEUPLÉ D'ENFANTS A ESCLAVOLLES-LUREY

 Intéressantes mais pas très Joyeuses les découvertes des archéologues de !'Inrap à Esclavolles dans la Marne. Au lieu-dit « Chemin du Chardonneret » , à 68 kilomètres au sud-ouest de Châlons, Ils ont trouvé une nécropole datant des VIll° et IX° siècles, composée de plus de 170 individus. Fait notable : de nombreux enfants y reposent. « Leur présence va nous permettre d'en savoir plus sur les pratiques funéraires entourant la mort des enfants ainsi que sur leur état sanitaire ». se félicitent les scientifiques.

4 - DES POTIERS GAULOIS DANS l'AISNE

On savait que Vermand était un oppidum gaulois, on en sait un peu plus sur l'atelier de poterie qui se trouvait près de l'actuel collège.

« Nous avons dévoilé cinq fours de potier dans cet atelier qui date de l’époque de l'occupation romaine. C’est-à-dire entre le 1er et le III siècles », précise Alexandre Audebert, conservateur en charge de l’Aisne. Les archéologues ont pu évaluer la quantité et la qualité de production en récupérant des restes de céramiques. « Il y avait toujours des ratés dans les ateliers de poterie. A l'époque, il n'existait pas de thermomètre pour- surveiller la cuisson. Tout se faisait à l'œil. Les artisans avaient un savoir-faire. Ils commençaient à acquérir à l’âge de 12 ans mais même les plus aguerris avalent des ratés. Si la poterie n'est pas assez sèche, elle explose dans le four. Si elle est cuite à trop forte température, elle casse. Si elle est sortie trop brusquement, elle casse également. » Tous les ratés étaient jetés dans une fosse à proximité de l'atelier. Ils ont permis aux archéologues de faire les études.

« On découvre ainsi qu'il y a 2.000 ans existaient déjà des gammes de produit. Si la vaisselle en métal était réservée aux plus riches, on fabriquait des poteries qui imitaient le métal pour faire plus chic. » La productIon était écoulée localement. « Il est vraisemblable qu'une partie partait pour Reims avoir qui il y avait des échanges économiques. Le territoire des Rèmes s'étendait à l’époque dans l’Aisne et était voisin de celui des Viromanduens de Vermand. »

UNE VIE ÉPHÉMÈRE EN FORÊT D'ARGONNE


Moulages dentaires en plâtre retrouvés dans le camps de  Borrieswalde en Argonne. Yves Desfossés

Les combattants allemands de la Première Guerre mondiale ne rentraient pas en permission se reposer dans leur famille entre deux périodes au front. Contraints de rester dans nos contrées hostiles, ils ont créé des camps villes de repos cachés dans les bois. L'une d'elle nichée dans la forêt d’Argonne, s’appelait le « Borrieswalde Lager ». On y trouvait des maisons, des bâtiments communs tels les bains et les cuisines. Il y avait des rues entretenues à l’allemande, un tramway et même un cinéma. Il y avait bien sûr un hôpital. Les fouilles archéologiques ont permis de retrouver les moulages dentaires, trace des opérations du dentiste opérant dans le camp. Plus poétique, les archéologues ont aussi retrouvé des cartes postales de « Bonne fête » fabriquées sur des écorces de bouleau. Ces villes éphémères destinées à permettre aux soldats de souffler en vivant normalement avant de rejoindre l’enfer des premières lignes, n'ont pas été conservées par la population rurale française quand elle a repris possession des lieux. Personne n'avait envie de conserver les réalisations de l'ennemi. Les travaux d'archéologie préventive en milieu rural permettent aujourd'hui de les révéler.

Caroline FREY

Extrait de l'union du 29/12/2016

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Les archéologues poursuivent leurs investigations dans la plaine d’Aÿ

La deuxième tranche du diagnostic archéologique est en cours sur le terrain qui doit accueillir la base de loisirs. La route est cependant encore longue avant la première baignade


« Des tranchées sont creusées pour sonder la parcelle derrière le stade d'Aÿ», expliquent BenoîtMoittié et Laurent Leemans.

L’ES5ENTIEL

•.- En 1973, l'aménagement de • la plaine située entre Epernay et Aÿ est évoqué pour la première fois.

•.- En 200S. le projet de base de loisirs mené, par les communes d'Ag et Epernay est reconnu d'utilité publique. Les propriétaires des parcelles sont expropries .

•.- En 2014, le Syndicat intercommunal à vocation unique t de l'aménagement de la plaine 1 d'Ag rachète les terrains. Un exploitant, Cemex-Morini, est désigné.

•.- En juillet 2016, la deuxième tranche du diagnostic archéologique est lancée sur l’emprise de 68 ha.

Les pelleteuses s'activent de nouveau entre Épernay et Aÿ, sur l'emplacement de la future base de loisirs, des tranchées d'une trentaine de mètres de long, profonde d'environ deux mètres sont creusées régulièrement pour sonder le sol depuis le 4 juillet dernier, « I ‘Institut national de recherches archéologiques préventives (lnrap) a entamé la deuxième phase du diagnostic, détaille Laurent Leemans, délégué du syndicat intercommunal à vocation unique de l'aménagement de la plaine d'Ay (Sivu), Après la quarantaine d'hectares sondés l'an dernier, les vingt derniers sont actuellement vérifiés. » Après quoi, en fonction des découvertes réalisées (lire par ailleurs), il sera décidé si des fouilles plus approfondies seront menées. « C'est à l'État de décider en fonction des résultats des études réalisées, nous aurons la réponse au cours du premier semestre 2017 », fait savoir Benoît Moittié, président du Sivu, qui regroupe des représentants des communes d'Ay et Épernay.

D6but des aménagements prévus en 2018

Tout doucement, le projet évoqué depuis les années 1970, sous différentes formes, se dessine. Les 68 hectares achetés pour 2,4 millions d'euros par le Sivu ont été confiés à un groupement d'intérêt économique conduit par Cernex et Moroni en 2014. Celui-ci exploitera les gisements du site et assurera sa remise en état ainsi que l'aménagement de la base de loisirs. Il est cependant encore loin le moment où les habitants du territoire pourront embarquer sur un pédalo et se laisser flotter sur le plan d'eau.

Car la base de loisirs, égaiement appelée l'lie bleue, en est encore à ses prémices. « En plus du diagnostic archéologique, des investigations poussées doivent être menées par la Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (DREAL) pour étudier la faune, la flore, l'écoulement 'de l'eau, le bruit, détaille Benoît Moittié. On espère que cela aboutira en 2017 pour que les travaux démarrent en 2018. » Et ils seront longs ces travaux. « On part sur une dizaine d'années », annonce Laurent Leemans, délégué du Sivu. Ce qui repousse l'inauguration de cet espace ludique à 2028, selon le calendrier prévisionnel

En attendant ce jour les Champenois qui désirent profiter des loisirs nautiques peuvent toujours se rendre au lac du Der dans le sud de la Marne, ou au lac de l'Ailette, un peu plus au nord. dans l'Aisne.

Des travaux « pharaoniques » en perspective

Il faut l'imaginer cette base de loisirs tant attendue. Un plan d'eau d'une trentaine d'hectares, une plage de sable blanc, des pédalos, des planches à voiles, des dériveurs, des installations ludiques ... Mais avant d'en arriver là, il faut passer par la phase des travaux. Une liste d'aménagements qui n'est pas des plus courtes. Et pour cause. « C'est un projet pharaonique, remarque Benoît Moittié, président du Sivu. En plus du bassin, il faut créer un canal de dérivation autour pour réguler l'aspect hydraulique, une rampe pour la mise à l'eau des bateaux, une zone d'observation de la faune dans la partie sud, un coin dédié aux pêcheurs, une zone d'agrément pour les promenades à vélo ou à pied, imaginer un parcours santé ... » Soit un sacré chantier pour aménager ces 68 ha de plaine. Pour accueillir le public « venant principalement du triangle Reims-Épernay-Châlons », les accès au site devront également être pensés. Le parking devant se situer le long de la D201, il faudra ainsi adapter cet axe à cette nouvelle activité. « L'entrée pourrait se trouver face à l'ancienne station-service, il faudra voir s'il faut créer un giratoire ou une voie de décélération, développe l'élu. Une piste cyclable devrait également voir le jour. »

Margaud DECLEMY

Extrait de l'union du 01/08/2016

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Dans les pas des Francs et des Poilus

Des fouilles sont menées sur les 145 hectares de la future Zac Saint-Léonard/Cernay. Les archéologues ont exhumé ta dépouille de six soldats allemands et des milliers d'objets.

Les huit archéologues ont retrouvé des objets permettant de mieux comprendre le quotidien des soldats. Hervé Oudin

  

L'ESSENTIEL

•.- La CCI aménage une nouvelle zone d'activités sur les communes, de Saint-Léonard et Cernay-Ies-Reims.

•.- On parle de 145 ha : Une centaine d'hectares a déjà été diagnostiquée (1ère phase en 2013, 2ème  tranche 'en 2014). Elles ont permis de déceler six secteurs. La troisième zone est en cours d'exploration et concerne une emprise de 3 hectares.

Des champs de colza au loin, un immense tas de terre à l'opposé. Et, au milieu, un rectangle d'un hectare de terrain décapé. C'est là, au bord de la RD 944, non loin de la Croix-Blandin, que se trouvent les fouilles actuelles de l'Institut de recherches archéologiques préventives. Visite de chantier avec Stéphane Sindonino, directeur adjoint scientifique et technique à l'Inrap.

 Qu'avez-vous découvert ?

Nous avons ici deux sites qui se superposent. Le plus ancien remonte à l'époque antique, à la période 300 à 400 après Jésus-Christ. Un site rural marqué par le travail de la terre, des activités agro-pastorales, de production, extraction, valorisation. On a d'ailleurs l'aqueduc qui passe à proximité. À l'époque, Reims était déjà une grosse agglomération avec plusieurs millier d'habitants, Un site qui n'était pas référencé. On a retrouvé les traces de plusieurs bâtiments gallo-romains dont un de 6 mètres sur 6. Par ailleurs, antérieurement aux vestiges, des traces d'occupation de l'âge du bronze, datées plus précisément de 1000 à 500 avant notre ère, sont également identifiées. Il s'agit de bâtiments en matériaux périssables. Et puis, ici, ce fut le théâtre d'intenses combats durant la Première Guerre mondiale.

Les vestiges sont-ils nombreux ?

La fouille se situe sur la ligne de front Qui n'a quasiment pas bougé pendant quatre années, côté français, face au champ de bataille, les traces du conflit sont intenses. De septembre 1914 à novembre 1918, beaucoup d'hommes se sont battus ici. Nous avons d'ailleurs découvert la dépouille de six soldats, allemands qui ont dû périr au début du conflit, car les plaques d'identification en métal n'étaient pas appliquées. Des études vont être menées pour tenter de les identifier. On a mis au jour aussi des abris, fosses et latrines qui livrent des objets liés à la vie quotidienne des soldats : flacons pharmaceutiques, bouteilles de vin ou de champagne, brasero, restes de masques à gaz, cuillères, vaisselles diverses ...

Quels enseignements allez-vous pouvoir tirer de l'exploitation de ces milliers d’objets ?

L'organisation spatiale des tranchées et l'évolution de leurs tracés, au gré des combats, peut être retracé. L'étude menée complétera les données d'archives de la Première Guerre pour le front de la Marne de 1918. Tous les objets retrouvés : vaisselles. artisanat de tranchée, restants de repas, objets personnels, permettent d'expliquer, de reconstituer .le quotidien des soldats que l'on connaît mal, un instant de vie en quelque sorte. Des relevés sont aussi faits dans les latrines pour que soient étudiées les maladies, les carences dont pouvaient souffrir à l'époque les soldats. Il nous reste encore près de deux mois de travail.

Aurélie BEAIJ55ART 

Extrait de l'union du 12/05/2016

    

     

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En Champagne. il y a 11.500 ans

Les analyses des prélèvements sont unanimes. Les fouilles réalisées en 2013 et 2014  à Recy, près de Châlons, ont révélé le plus important gisement mésolithique du continent.


Grattées centimètre par centimètre, ces fosses, de 50 cm à 2,50 m ont révélé de nombreux secrets.

L'ESSENTIEL

•.- Les fouilles préventives t sur le lite de Recy ont eu lieu au " cours des prthtemps 2013 et 2014, avant l'installation de l'entrepôt de la Scapest lE.Ledercl, 1 dévoilant le plus important site ' 1 mésolithique d'Europe.

•.- Sur place. les archéologues I de l'inrap ont trouv6 280 fosses mésolithiques. 180 fosses néolithiques ainsi que des vestiges de' i l'âge du bronze et de l'âge du fer.

•.- Les analyses scientifiques i des prélèvements arrivent 1 progressivement. charbons datés ~ au carbone 14, micromorphologie,' 1 archéozoologie, anthracologie, malacologie ... La synthèse sera , publiée à la fin de l'année.

 

Dans les locaux de l'Institut national des recherches archéologiques préventives (Inrap), à Saint-Martin-sur-le-Pré, l'archéologue Nathalie Achard-Corompt fait le point sur les découvertes du site de Recy, près de Châlons-en-Champagne. C'est elle qui a dirigé les fouilles préventives avant l'installation des entrepôts E. Leclerc, au printemps 2013 et 2014. Les résultats se sont avérés au-delà de ses espérances.

 •.- Comment se sont déroulées les fouilles sur le site de Recy ?

Au début, c'était un pari et puis, après les premières datations, on s'est rendu compte que l'on tenait quelque chose de gros. Entre mars et juin 2013, on a trouvé une centaine de fosses du Mésolithique, c'est-à-dire datée entre 10 boa et 5 000 av. J-C. En y retournant au printemps 2014, on en a trouvé 180 autres : En tout, cela fait 280 fosses mésolithiques, et 180 fosses du Néolithique (de 5000 , à 2200 av. J-C).

•.- Qu'est-ce qui rend ce site exceptionnel ?

Jusqu'ici, le site d'Auneau, en Île-de-France, était le premier gisement mésolithique avec 70 fosses. Là, nous avons 280 fosses, c'est une toute autre échelle. Recy est un site unique en Europe, le seul gisement comparable au monde se trouve au Japon.

Nous étions sur un site exceptionnel et nous y avons réalisé de nombreux prélèvements en grattant le sol centimètre par centimètre, parfois jusqu'à 2,50 m de profondeur. Par manque de temps, nous avons parfois prélevé la fosse intégralement.

• Quelle découverte majeure cela peut-il impliquer ?

En six ans, nous avons fait un bond de 5 000 ans en arrière. C'est une fenêtre ouverte dans le temps, une photo encore floue Qui devient de plus en plus nette et qui nous amène à repenser l'histoire de nos ancêtres.

À Recy, nous avons des traces datant de 9 500 av. J.-C à 500 av. J-C c'est-à-dire qu'elles couvrent le Mésolithique, le Néolithique, les âges du bronze et du fer. On le voit à travers l'évolution des 70 silex qu'on a retrouvés et qui retranscrivent toutes ces périodes. On a aussi constaté que les premières traces d'agriculture se situent tardivement. À cet endroit, l'âge du bronze n'arrive qu'autour de 2000 av.]-C

•.- Qu’avons-nous appris sur la vie de nos ancêtres du Mésolithique ?

Entre 9500 et 5000 av. ]-C, on savait déjà qu’ils étaient chasseurs-cueilleurs mais on n’imaginait pas qu’ils laissaient autant de traces derrière eux. Ils étaient nomades et on pense désormais qu’ils effectuaient le même circuit chaque année à l’échelle de la vallée de la Marne. Ils installaient probablement des réserves de nourriture et tendaient des pièges aux animaux. Les découvertes sont assez proches de celles faites au Japon où des réserves de noisettes ont été retrouvées sur un terrain semi-boisé. D’après les ossements d’animaux, on constate aussi qu’ils chassaient surtout en hiver.

•.- Dans quel environnement évoluaient-ils à l’époque ?

Recy était une forêt peuplée essentiellement de, pins et de noisetiers, au moins entre – 9500 et – 7 500. Au-delà, le chêne est apparu. On le sait grâce à la malacologie, c’est-à-dire l’étude des petits escargots retrouvés sur place. Avec l’archéozoologie, nous avons retrouvé des ossements d’aurochs (espèce de bovins disparue au XVII’ siècle), de cerfs, de sangliers et, ce qui est plus rare pour l’époque, de chiens

• D’autres analyses ont-elles également été effectuées en parallèle ?

Nous avons pris le’ charbon pour la traditionnelle d.1t :ltiQn au carbone 14. Des analyses anthropologiques sur l’essence des arbres ont été réalisées et puis il y a l’analyse micro morphologique, étude très fine et très Poussée de la répartition des sédiments, que nous avons commandée aux Pays-Bas, et dont nous attendons encore les résultats.

Je rédigerai un rapport de synthèse scientifique d’ici la fin de l’année en resituant ces résultats au niveau de la Champagne, de la France et de l’Europe. C’est la première étude de cette ampleur pour le Mésolithique.

Les REPERES

UN COLLOQUE INTERNATIONAL à CHÂLONS :

•.- Pour partager ses découvertes t avec le monde de l'archéologie, l'inrap a organisé un colloque international à l’Ensarn de Châlons-en-Champagne, mardi et mercredi derniers.

•.- Pas moins de huit nationalités . de scientifiques y étaient représentées, dont des Japonais, Néerlandais, Irlandais, Danois

Le CHIFFRE : 9500 avant J.C

C’est la datation la plus ancienne obtenue à partir d’un prélèvement de Récy.

LA PHRASE

« Nos ancêtres du Mésolithique étaient nomades et on imagine qu'ils effectuaient le même circuit chaque année à l'échelle de la vallée de la Marne, en installant des réserves de nourriture et en tendant des pièges aux animaux. »

Nathalie Achard-Corompt, archéologue de l’Jnrap

Propos recueillis par Sylvain FAUZE

Extrait de l'union du 24/03/2016

    

     

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SPELEOLOGIE

Balades souterraines
Le spéléologue rémois fait découvrir de vieux véhicules bloqués sous terre 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 Balades souterraines

Jean-Paul Batteux signe un ouvrage consacré aux souterrains de la Marne. Un autre monde, fait de silence, de dangers et d'émouvantes découvertes .


Avec ses 850 mètres de développement dais la craie, la rivière souterraine de Trépail est la plus la plus ancienne cavité découverte dans la Montagne le Reims. Elle sert de réservoir en eau potable pour la commune. Ure alarme est directement reliée à la gendarmerie en cas d'intrusion. JP. Batteux


La plupart des carrières souterraines se situent au nord-ouest du département comme Ici prés de Vandeuil où demeure cet ensemble de blocs prédécoupés. Les pierres qui en étalent extraites servaient à la construction. Celles de Courville ont par exemple été utilisées pour la cathédrale de Reims. J.P Batteux


En avril 2015 une crayère est découverte à Bourgogne après un effondrement provoqué par le passage -engin de travaux publics. Une multitude d’ossements humains, des morceaux de poteries, de pierres taillées en fer à cheval très fin, des tomettes et du charbon de bois sont mis au jour. J.P Batteux

Il se souvient de sa première sortie sous terre comme si c'était hier. Jean-Paul Batteux avait 14 ans et la séance de spéléologie, en Montagne de Reims était encadrée par la MJC de Fismes. «  C'était une époque un peu épique. On n'avait pas le matériel qu'on a maintenant. Surtout les tenues ... Je me souviens d'un passage très étroit et en partie noyé. II y avait juste la place pour respirer. Ça a été le déclic. Depuis, le retraité « descend » au moins une fois par semaine.» Entre-temps, il a joint l'utile à l'agréable, la profession à la passion. Jean-Paul Batteux a servi durant trente-sept ans chez les sapeurs-pompiers de Reims, dont trente ans chez les plongeurs. « J’ai eu la chance d'être responsable de l'équipe du Grimp, le Groupe de reconnaissance et d'intervention en milieu périlleux.  Les 911 cavités recensées du département, il les connaît quasi toutes et a même élargi ses explorations aux riches sous-sols des régions voisines (Aisne, Oise ... ). « On n'a jamais fait le tour. Et puis, certaines cavités se rouvrent avec le temps. D'autres se referment. »

Quarante ans d’expérience sous terre

De ses quarante ans d'expérience sous ferre, Jean-Paul Batteux a remonté à la surface des centaines de clichés. Une jolie compilation de ses découvertes parfois insolites, vient de sortir dans un ouvrage de 200 pages intitulé Les Souterrains de la Marne, un patrimoine exceptionnel, paru début mai à compte d'auteur. Le spéléologue a accompagné ses magnifiques photos d'explications cc accessibles à tous.

Le livre présente deux grandes familles de cavités, les naturelles, celles façonnées par l'eau, et les anthropiques, celles creusées par l'homme le plus souvent pour exploiter la pierre, matière première nécessaire à la construction. « Je suis fasciné par la beauté des cavités, leurs variétés ainsi que par les techniques utilisées pour creuser. »

 Mais ce qui motive notre homme, c'est d'abord la découverte. « C'est toujours très émouvant de tomber sur des traces laissées par des carriers, des champignonnistes, des soldats, français, allemands ou américains, des civils aussi, qui se sont réfugiés, à l'abri des bombardements.» La plus ancienne qu'il ait croisée est un graffiti datant de 1632 et signé d'un certain S. Debar : Il a été gravé dans la craie dans un souterrain de refuge ou de fuite de Reims.

Des grottes funéraires à d’anciens égouts

 Son « spot » préféré ?  « La rivière souterraine à de Trépail. Elle est fermée et sous surveillance car la commune y capte son eau potable. C'est magnifique. Comme toutes les cavités de la Montagne de Reims, elle est creusée dans le calcaire. C’est pratiquement unique en France. II y a de splendides concrétions polies blanches, parfois teintées d'oxyde de fer. »  L'ouvrage permet de plonger également dans les hypogées, ces grottes funéraires creusées par l'homme vers -3500 avant JC, dont regorge la Vallée du Petit Morin, du côté de Sézanne (la plus grosse concentration d'Europe), mais aussi dans les fameuses crayères « sauvées par les maisons de champagne », les carrières souterraines d'où était extraite la pierre qui servir par exemple à la construction de la cathédrale de Reims. les anciens égouts rémois, les habitats troglodytes, les aqueducs romains (ou ce qu'il en reste, plusieurs tronçons ayant été récupérés pour la construction des villages voisins) et autres dispositifs souterrains de la Grande Guerre ... De quoi effectuer un incroyable voyage au centre de la Marne.


Passionné de spéléologie, Jean-Paul Baneux, 60 ans, plonge sous terre au moins un fois par semaine.


Bel exemple de souterrain en voûte clavée à Orbais·I'Abbaye, où le ru a été couvert afin de gagner de la place pour les constructions, J·P. Batteux


Au sud-ouest de Crugny, à flanc de coteaux, se trouvent onze habitations troglodytes. Elles sont toutes rectangulaires avec une entrée le plus souvent centrale. La surface de chaque chambre varie entre 6 et 9 m². J-P. Batteux

Explorer n’est pas sans risque

L’ouvrage regorge de merveilles, jusque-là réservées à un tout petit nombre de spécialistes. De splendides découvertes qui ne doivent pas faire oublier les dangers de l’exploration souterraine : « Il y a toujours des risques d’éboulement, de se perdre, de montées des eaux en cas d’orage… Et puis, il y a les gaz, vestiges de guerre, qui peuvent survenir sans prévenir. Si les gens veulent faire de la spéléo, je conseille de se tourner vers le club Adrénaline (207, rue de Cernay à Reims) ». En introduction, l’auteur a une pensée pour Dominique Dupuy, « ami et collègue de travail, décédé sous terre en portant secours à un adolescent disparu ».

Ce jour-là, le 12 juin 1982, les spécialistes du secours en sites souterrains sont engagés pour retrouver un jeune disparu dans une grotte au Mont de Sapigneul près de Cormicy. « Après plusieurs minutes de recherche, c’est le drame. Un premier secouriste s’écroule, laissant supposer la présence de gaz. » L’alerte est déclenchée. Deux autres corps seront remontés, celui d’un second pompier et de l’adolescent recherché. « Après enquête, il s’avéra que cette grotte était un tunnel allemand de la Première Guerre mondiale et que les gaz létaux incriminés provenaient de la combustion d’une poudre (…) utilisée pour remplir les fourneaux de mines et les faire sauter. Soixante-dix ans après la guerre des mines n’est pas terminée ! Ce drame doit nous interpeller et rappeler que d’aller dans les cavités n’est pas sans risque. Un minimum de connaissances et une très grande prudence sont requis. »

Le trésor oublié des soldats artistes


Bas relief d’un cheval au galop, découvert dans une carrière souterraine de la vallée de l’Aisne.
J.-P. Batteux 

Fin 1914, les lignes ne bougent plus. Débute une guerre des positions. Sur la ligne de front, qui passe au nord-est de Reims, les soldats des deux camps investissent d’anciennes carrières souterraines. Sur les parois des cavités, ils laissent de très nombreuses traces de leur passage : du simple graffiti à la véritable œuvre d’art, tous ont été réalisés dans des conditions difficiles, sous les bombardements, avec un taux d’humidité aussi élevé que le niveau d’éclairage était bas. Lors de ses expéditions souterraines, Jean-Paul Batteux ne manque pas de les photographier. Il propose une exposition photos, baptisée L’art pariétal de la Grande Guerre dans les calcaires du Lutétien. Elle sera visible les 26 et 27 mai au fort de Chenay ainsi que le 10 juin à Cormicy à l’occasion de la fête de la rando.


Portrait du maréchal Paul von Hindenburg (1847-1934), chef du grand état-major de l'armée Impériale allemande de 1916 à 1918. Réalisé sur le site du Chemin des dames, J.-P. Batteux

Alice RENARD

«  Les souterrains de la Marne, un patrimoine exceptionnel », de Jean Paul Batteux, 200 pages, 30

Extrait de l'union du 21/05/2018


Le spéléologue rémois fait découvrir de vieux véhicules bloqués sous terre

Au cours de ses pérégrinations, Jean-Paul Batteux, spéléologue, fait parfois d’étranges découvertes. Comme ces quelques véhicules, restés bloqués sous terre, depuis presque un siècle pour certains.


Cette vi
eille traction, sans doute une Citroën C6 limousine, rouille depuis plusieurs décennies dans une carrière du Soissonnais. Jean-Paul Batteux

« Le véhicule le plus ancien semble être le châssis de camion. Il pourrait bien intéresser les collectionneurs »
Didier Carayon, du musée Automobile

Il a déjà croisé la route de centaines de chauve-souris. Mais en plusieurs décennies d’explorations souterraines dans la Marne et l’Aisne, Jean-Paul Batteux compte sur les doigts de la main ces fois où il est tombé sur des carcasses de véhicules. Fidèle à sa devise « On ne prend rien, on ne laisse rien », le spéléologue rémois a pris l’habitude de photographier ces rares découvertes. Didier Carayon, responsable du musée Automobile Reims-Champagne, a bien voulu les examiner

1 - UNE CITROEN C6 LIMOUSINE

On est tombé sur cette vieille traction dans une carrière du Soissonnais, Ce qui est curieux, c’est qu’elle est facilement accessible, loin de l'entré. Il est étonnant qu'elle soit encore là. Son moteur à été volé, mais la carrosserie est encore en bon état. Quant à la carrière, elle a été occupée par des soldats français pendant la Première Guerre mondiale. Ils y ont laissé pas mal de graffitis et de sculptures, » raconte Jean-Paul Batteux. « Cette voiture me laisse penser à une Citroën C6 limousine de 1929, estime M. Carayon. Les photos sont prises de loin, mais quelques indices permettent d’avancer cette hypothèse comme l’emplacement de l’exhausseur sur l’auvent de la voiture, les tambours de roue à 4 gougeons, la conduite à gauche, les ailes avant cintrées er bordées, la carrosserie tout acier et étroite ou encore les trois vitres par côté. »

2 - UN SURPRENANT CHASSIS

Ce châssis de camion a été découvert dans le même secteur que la traction. « Il s'agit d'un véhicule datant d'avant 1920, certifie M. Carayon, mais lequel ? Je pensais au bon vieux Berliet CBA (camion utilisé pendant la Première Guerre Mondiale pour les ravitaillements, la logistique et le transport des hommes vers le front de la Marne, NDLR), mais ce n'est pas le cas car les roues jumelées arrière ont des bandages et la colonne de direction est surprenante. Elle laisserait supposer que c'est un camion en cabine avancée, le moteur serait à l'arrière du pilote. »

3 – UNE OPEL KAPITAN 1961/63

Cette carcasse découverte dans une carrière du Chemin des dames où de nombreux graffitis laissés par des soldats français, allemands et anglais en 14-18 sont encore visibles. « Ce qui est remarquable, note Jean-Paul Batteux, c'est que chaque corps d'année a gravé ses écussons à côté du précédent sans détruire celui de l'ennemi. » Pour le spécialiste automobile, il pourrait s'agir des restes d'une Opel Kapitan 1961/63.

4 – UNE VOITURE DE LUXE DE 1931/34

« Ce beau camion, aux pneus pleins et non gonflés, gît dans une carrière du Soissonnais, indique le spéléologue. Il se situe à une centaine de mètres de l’entrée. A l’origine il servait à l'exploitation pour sortir les cailloux.» Pour M. Carayon, « c'est certainement une voiture de 1931/34, de luxe ayant été transformée en camion au moment de la 2ème guerre, pour obtenir plus facilement du carburant. Peut-être une Hotchkiss, une Delahaye ou encore une Talbot ... »

5 – UN BRANCARD OU UNE CHARRETTE

Ce chariot rouillé git à environ 200 mètres de l'entrée dans une carrière peu fréquentée du Soissonnais.

« Curieux qu'il n'ait jamais été volé par un collectionneur », s'étonne Jean-Paul Batteux. Impossible de savoir s'il s'agit d'un porte-brancard ayant servi à déplacer les blessés de la Grande Guerre ou d'une charrette de maraîcher plus récente.

6 – UNE RENAULTL 4L  

Pas de doute possible ici, il s'agit bien d'une « Renault 4 de 1961 à 1965 ».


1.Jean-Paul Batteux (debout), spéléologue rémois, croise parfois de surprenants vestiges


2. Ce châssis date d'avant 1920. Il est équipé à l'arrière de roues jumelées composées de bandages enroulés autour des jantes.


3.Cette carcasse pourrait être une Opel Kapitan 1961/63


4. Ce véhicule semble être une voiture de luxe de 1931/34, transformée en camion.


5. Impossible de déterminer s’il s'agit d'un porte-brancard ou d'une charrette de maraîcher


6. Cette 4L a été abandonnée à l’entrée d’une carrière dans le secteur du Chemin des DamesJP Batteux

D'autres photos sont visibles sur la page Facebook « souterrains de la Marne »

Alice Renard

Extrait de l'union du 22/01/2017

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