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PATRIMOINE - Les fouilles - Portes et Remparts

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Les crayères de Reims

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Répertoire 

Présentation de l'archéologie en France

Un grand musée historique rémois anéanti avant d’avoir existé
 
La Presse

 

   

  

  

Ces femmes et ces hommes qui font parler le passé
La Vénus découverte place d Erlon s'est refait une beauté

2016

Les archéologues exposent leurs découvertes au musée de l'Aéronautique
L'Inrap met au jour 530 tombes allemandes à Boult-sur-Suippe
Délicat lifting pour la mystérieuse Vénus découverte place d'Erlon à Reims
Les travaux de la fontaine Subé de Reims mettent au jour une statuette en bronze
Un petit trésor sous la fontaine Subé
Le coup de massue des fouilles préventives
L'État suspecté de vouloir rendre son monopole à l'Inrap
Le match public-privé des fouilles

2015

À Rosnay, la terre a livré ses secrets du Mésolithique et de l'époque gauloise
André Secondé, le dévoué serviteur de la collectivité

2014

Le sol de la ZAC de Bezannes a livré de vieux secrets

2013

Le service archéologique de Reims Métropole dévoile ses trésors

2012

1 700 ans d'Histoire sous nos pieds

2011

Archéologie : une histoire à creuser
Des sesterces sous l'A4

Un numismate gallo-romain ?

2007 à 2009

Très chères fouilles archéologiques
À la recherche du temps perdu
Fouilles archéologiques - Un sacré gain de… temps
Un jardin archéologique au milieu des enseignes
Un patrimoine exceptionnel à préserver
L’Actipole Neuvillette rend hommage à son passé gaulois
Les dessous de Reims
Le service qui soulève des montagnes .... de terre
Archéologie : le nouveau centre de recherches inauguré 
REIMS, métropole de l'Empire Romain
 REIMS, métropole Romaine 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ces femmes et ces hommes qui font parler le passé

La collectivité est l’une des rares à disposer d’un service d’archéologie. Depuis 2008, ses membres ont déterré de quoi permettre d’en savoir plus sur les ancêtres qui vivaient là.


Sidonie Bundgen, Sidonie Richez, Hélène Tilmant, Laure Koupaliantz, Frédéric Poupon et Régis Bontrond, devant la maquette d’une occupation au Néolithique devant la Porte de Mars médiévale.

A SAVOIR

*.- 8e édition des Journées de l’archéologie, du 16 au 18 juin.

*.- À Boult-sur-Suippe, à la salle des fêtes, conférence « Le cimetière allemand de la grande guerre », le 16 juin à 18h, par Bruno Duchêne et Sandrine Thiol, archéologue et anthropologue à l’Inrap.

*.- À Reims, au fort de la Pompelle, atelier « Vaisselle et vie quotidienne sur le front de la Grande Guerre », les 17 et 18 juin, de 10 à 12 h et de 14 à 18 h. Projection en continu « Un camp allemand sur le front de la Champagne de 14-18 », le 17 et 18 juin de 10 à 18h.

*.- À Reims, musée Saint-Remi, présentation « découverte de la tablée antique et médiévale avec les archéologues », les 17 et 18 juin, de 14 h à 19 h; atelier « découverte du métier de céramologue », les 17 et 18 juin, de 14 h à 19h.

*.- À Reims, musée Le Vergueur, conférence « un quartier artisanal gallo-romain à Reims », le 16 juin à 18 h 15, par Pascal Stoecker et Philippe Rollet, archéologues à l’Inrap.

*.- À Cernay-lès-Reims, à la salle des fêtes, « Au temps des Gaulois », le 17 juin, le service archéologique du Grand Reims organise une expo d'objets archéologiques et d'agriculture, des animations et initiations à la poterie, au tissage, de 10 à 18h


lors des fouilles de la porte de Mars médiévale, en 2011. 

« Reims et sa périphérie sont, sans nul doute, depuis quelques années, la ville où l’on réalise le plus de fouilles archéologiques en France ! » Cette affirmation est à mettre sur le compte d’un promoteur immobilier bien implanté sur la place. Pas de chiffres existants pourtant pour confirmer cette déclaration.

Au service archéologique du Grand Reims, une chose est sûre, on ne chôme pas. Alors que les Journées nationales de l’archéologie se profilent, on en profite pour découvrir l’un des services de la communauté urbaine qui suscite le plus d’intérêt de la part du grand public.

1 - Un service indispensable

C’est sous l’impulsion d’Adeline Hazan que le service voit le jour. Nous sommes en 2008, la communauté de communes regorge de projets d’aménagements mais les chantiers menacent d’être retardés car l’Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives) ne peut assumer tous ces diagnostics préventifs préalables aux travaux.

En 2008, la communauté de communes de Reims métropole était alors la 49e collectivité territoriale à se doter d’un service autorisé par le ministère à faire des fouilles archéologiques préventives. Aujourd’hui, « toutes les collectivités n’en sont pas dotées mais il existe tout de même 74 autres services comme le nôtre. » Laure Koupaliantz, responsable du service Archéologie à la direction de l’Urbanisme, est là depuis le début de l’aventure.

Le service est actuellement composé d’une équipe de responsables scientifiques, seize spécialistes permanents. « Selon les chantiers que nous avons à mener, on peut être jusqu’à 35 personnes. C’est très variable d’une année sur l’autre. On est tributaire des projets d’aménagement : 2013 est notre année la plus intensive avec 25 opérations menées. »

Les traces les plus anciennes d’occupation découvertes par le service remontent au néolithique (-2 500 avant notre ère) sur le site actuel de Champigny. Pour Reims, les archéologues ont une idée de l’agencement de la ville au Ier siècle avant notre ère.

2 - Un sol chargé d’histoire

« C’est une chance d’être archéologue ici ! », affirme Sidonie Bundgen, responsable opérations pour la période proto-histoire. Reims et sa périphérie proche est un territoire particulièrement riche. Durocortorum (dont Reims a été construite sur les fondations) était l’une des cités gallo-romaines les plus importantes de l’empire romain d’Occident, « deux fois plus vaste que Lyon qui était pourtant la capitale des trois gaules », poursuit Régis Bontrond, responsable opération pour la période romaine. Il intervient essentiellement en zone urbaine. On estime que le patrimoine archéologique de Reims s’étendrait aujourd’hui sur plus de 600 hectares dans l’une des parties les plus urbanisées. « C’est aussi très enrichissant de travailler ici, car on a une vision large du territoire avec une fenêtre sur les territoires alentours, quadrillés par des exploitations agricoles, parfois assez importantes et pour lesquels on trouve parfois de beaux vestiges », commente Sidonie Bundgen.

3 - Trésors rémois

La première opération menée par le service fut un diagnostic, celui de la zone d’activités de Bezannes, en mai 2009 qui a débouché sur un chantier XXL : « 85 hectares de diagnostic et 16 hectares de fouilles », détaille Sidonie Bundgen.

Un terrain de jeu gigantesque et rare en France qui a permis d’en savoir plus sur les méthodes d’occupation du territoire, le long d’un axe de circulation importante.

Découverte étonnante pour Frédéric Poupon archéo-zoologue qui vient d’intervenir sur des fouilles à Champigny remontant à la période du néolithique : « On a retrouvé des restes d’un auroch, ancêtre du bovin, mesurant 2 m au garrot, dans une fosse servant de piège. »

L’opération la plus courte ? 20 jours, un diagnostic sans découverte particulière. La plus longue ? 8 mois.

Des fouilles réalisées, l’année dernière, sur le site d’un futur gros programme immobilier, rue des Capucins à Reims, ont été riches en enseignements. « On a trouvé des traces qui laisseraient penser à une activité artisanale à l’époque romaine qu’il nous faut encore confirmer », dévoile prudemment Régis Bontrond.

Dans Reims, la plupart des opérations sont de petites superficies, « des îlots d’habitations ou l’aménagement de carrefours. » Parfois les archéologues arrivent à avoir une vision globale d’un secteur, comme avec, ces dernières années, la transformation de Clairmarais en quartier d’affaires.

Autre découverte marquante, « la porte de Mars médiévale au niveau du Boulingrin. On connaissait évidemment son existence mais on ne pensait pas qu’elle serait en aussi bon état, avec des murs de plus de 5 mètres de haut », poursuit Régis Bontrond. Du projet Reims Grand Centre, les archéologues rémois attendent beaucoup : « C’est la dernière fenêtre exceptionnelle qu’on pourrait disposer sur la ville historique. »

Diagnostic, fouille et étude

Depuis 2001 et la loi relative à l’archéologie préventive, tout aménageur doit déposer un dossier au Service régional de l’archéologie (DRAC) qui décide de l’opportunité de prescrire un diagnostic archéologique. Objectif  : vérifier si le terrain recèle des traces d’anciennes occupations humaines susceptibles d’être détruites. Des sondages sont effectués sur 5 à 10 % du terrain. À l’issue, les archéologues remettent un rapport. Sur la base de ces conclusions, soit l’aménageur est autorisé à entreprendre immédiatement ses travaux, soit une fouille préalable est prescrite. Chaque année, moins de 8 % des projets d’aménagement font l’objet d’un diagnostic archéologique. L’aménageur peut choisir alors l’opérateur qu’il souhaite: « On est chargé évidemment de tous les chantiers dont l’aménageur est la collectivité », fait savoir Laure Koupaliantz. L’inrap et le service archéologique du Grand Reims sont les deux principaux opérateurs du secteur. Après les fouilles, place à l’étude des éléments découverts.

 Aurélie Beaussart

Extraits de l'union du  14-06-2017

    

    

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Les archéologues exposent leurs découvertes au musée de l'Aéronautique.

Bétheny d'une guerre à l'autre : cette exposition à voir au musée de l'Aéronautique à partir du 17 septembre a été imaginée en collaboration avec les archéologues-de Reims-Métropole


Les organisateurs de l’exposition attendent le public du 17septembre au 31 octobre 2016

A SAVOIR

.- Bétheny d'une guerre à l’autre : exposition visible du 17 septembre au 31 octobre au musée de l'Aéronautique locale.

•.- Inscriptions pour les scolaires à la mairie au 03 26 0712 71.

•.- Pour le grand public : ouverture les mardis el vendredis de 14 h 30 à 17 h 30 elles 1er et 3ème dimanches du mois. .

•.- Entrée libre les 17 et1B septembre

 Avis aux amateurs d'histoire : du 17 septembre au 31 octobre, la ville de Bétheny et son musée de l'Aéronautique locale accueilleront une exposition présentant les dernières découvertes réalisées par les services archéologiques dans la commune. Cette exposition a été montée en collaboration avec les archéologues de Reims-Métropole, la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles) Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine et le conseil départemental des Ardennes. Terrain d'aviation militaire, tranchées, soldats oubliés de la Grande Guerre, camp de prisonniers de la Seconde Guerre mondiale ont en effet été retrouvés dans le sous-sol de la commune, à la Husselle et ailleurs depuis 2008, permettant aux visiteurs de se replonger dans un passé récent et particulièrement riche.

Plusieurs conférences

 « La mise en valeur des vestiges de 1911 à 1945, commente Nicolas Garmond, employé dans le service archéologie de Reims-Métropole, se développe de plus en plus. L'exposition partira des débuts de l'aéronautique, ce qui permet de l'intégrer au musée, et donnera des deux guerres une vision archéologique, avec mobilier, couverts, objets du quotidien, et, notamment, un scooter de para américain. » Avec sa collègue Hélène Filmant, chargée de médiation, il installera panneaux et vitrines avant les journées du Patrimoine des 17 et 18 septembre et proposera des ateliers en direction des publics jeunes et adultes, sur l'artisanat en temps de guerre, les messages codés, et un livret jeux distribué aux plus petits. Cette exposition restera en place jusque fin octobre pour les scolaires. Elle s'accompagne de plusieurs conférences à la salle commune de l'InterG, les vendredis 7 et 29 septembre. ainsi que le vendredi 11 octobre, à 20 heures.

Pendant les journées du Patrimoine, sera projeté un petit film réalisé avec la collaboration de M, Jarmula, un Béthenyat aujourd'hui âgé de 94 ans, qui a été gardien au camp de prisonniers allemands après la guerre de 40, apportant ainsi un témoignage vivant. 

Extraits de l'union du  08-09-2016

    

    

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 La Vénus découverte place d Erlon s'est refait une beauté

 Découverte au pied de la fontaine Subé l'an dernier, la statuette en bronze a subi un délicat nettoyage. Une restauration' qui confirme qu'il s'agit d'une représentation de Vénus

La figurine telle qu'elle a été mise au Jour en février 2016

Après nettoyage, la Vénus apparaît d'une finesse remarquable.

L'ESSENTIEL

•.- Le8 février 2016, une statuette en bronze est découverte lors de travaux près de la fontaine Subé.

•.- L'objet, qui mesure une dizaine de centimètres, gisait au fond d'une tranchée, à plusieurs mètres sous terre, dans la cave d'une maison antique, à l'emplacement de l'actuel local technique et souterrain de la fontaine remise en eau.

•.- Grâce à un mécène, la Maison Veuve Clicquot Ponsardin, qui a financé sa restauration (estimée à 1.200 €), la Vénus a retrouvé de sa superbe.

« C'est un très bel objet. En témoignent sa coiffe et son diadème ou les plis de sa draperie fortement détaillée » Anne-Laure Brives, archéologue

On est loin de la masse verte repérée l'an dernier par une archéologue, surveillant les travaux autour de la fontaine Subé. Partie durant quelques mois pour subir une délicate restauration, la précieuse statuette gallo-romaine a retrouvé de sa superbe. De retour à Reims, elle apparaît désormais telle que ses propriétaires pouvaient la voir et la vénérer il y a plus de dix-sept siècles.

Mesurant une dizaine de centimètres, la figurine est debout en appui sur sa jambe droite. « Le buste dénudé, elle tient dans sa main gauche, au niveau des hanches, une draperie qui couvre la partie inférieure de son corps, décrit Mathilde Arnaud, archéologue responsable de l'opération de surveillance des travaux lors de la fameuse découverte, Son avant-bras droit est plié à 90° et sa paume ouverte, visiblement en position de maintien d'un objet qui n'aurait pas été restitué. » Un miroir, une pomme ? « Impossible de savoir, nous n'avons rien trouvé d'autre si ce n'est des tessons de céramiques. Et puis, ce n'est qu'une hypothèse. Elle ne portait peut-être rien ... »

DE NOMBREUX DÉTAILS À NOUVEAU VISIBLES

Toujours est-il que l'ensemble est finement exécuté : « C'est un très bel objet, en témoignent sa coiffe et son diadème ou les plis de sa draperie fortement détaillée ». Sous les concrétions de terre et de calcaire mêlées aux produits de la corrosion, ôtées minutieusement à l'aide de bâtonnets de bois, de scalpels et d'une micro sableuse. la surface originelle a été retrouvée. Des mèches de cheveux, les cinq orteils d'un pied, les dix doigts, le nombril ou encore des muscles au niveau de l'abdomen sont à nouveau visibles. « Ces travaux ont été effectués dans un laboratoire de la société Eveha situé en région parisienne, indique Anne-Laure Brives, archéologue et régisseur des collections du service archéologie du Grand Reims. Ce nettoyage a été suivi d'une stabilisation du processus de corrosion, La statuette a été plongée dans un bain de produits chimiques pendant plusieurs jours, puis elle a été recouverte d'une cire ou d'un vernis, ce qui lui donne cet aspect brillant et lui permet d'être désormais exposable. »

VENUS, DÉESSE DE FERTILITÉ ET DE FÊCONDITÊ

Les deux archéologues confirment qu'il s'agit d'une représentation féminine « identifiable à Vénus, déesse du panthéon gréco-romain vouée aux notions de fertilité et de fécondité ». La découverte d'une statuette de dévotion dans une cave antique illustre l'importance de la place accordée aux divinités dans le quotidien de nos ancêtres.

BEAUCOUP DE FIGURINES EN TERRE CUITE

« Il leur semble primordial de s'accorder leu bienveillance lors de cérémonies ritualistes publiques (sacrifices, banquets, prières) comme privées, explique Mathilde Arnaud. Chaque famille possédait son panthéon où divinités publiques côtoyaient dieux et esprits protecteurs de la maison. La statuette était logée dans un laraire, c'est-à-dire un autel au centre d'une pièce ou une niche aménagée dans un mur et y faisait l'objet de prières et offrandes. » Et de rappeler la rareté d'une telle découverte. « Â Reims quelques laraires et de nombreux exemples de niches dans les murs de caves ont été recensés. Beaucoup de figurines de Vénus ont déjà été relevées mais il s'agit majoritairement de productions en argile blanche, diffusées dans toute la Gaule depuis des ateliers implantés dans l'Allier. Des découvertes anciennes, notamment durant le XIX° siècle, donc à une époque où ce n'était pas réglementé, mentionnent des statuettes en bronze, mais elles restent le plus souvent liées à un cadre funéraire ou sans contexte précis. »

 Une nouvelle vie attend la statuette dont l'alliage cuivreux lui confère désormais un aspect doré. Après accord des services de l'État, elle pourrait par exemple intégrer d'ici quelques mois le musée historique Saint-Remi.

De précieux renseignements


 Mathilde ARNAUD -  .Archéologue

Ce qui est remarquable ici, c'est le contexte dans lequel la statuette â été découverte. A l'époque, les métaux nécessaires à la réalisation de bronze étaient onéreux, car importés. De tels objets étaient rarement laissés intentionnellement. Ils accompagnaient leurs propriétaires lors de déménagement par exemple, ou étaient recyclés. La présence de la statuette dans le remblaiement de la cave apporte de nombreuses informations. Elle documente un pan du quotidien des habitants] de Reims antique et parfait notre connaissance sur la nature des occupations mises au jour. Ici, elle confirme la vocation résidentielle d'une parcelle occupée par des personnes bénéficiant d'un statut social privilégié. Son abandon renseigne enfin sur une probable destructlon accidentelle de la cave et de la demeure qui lui était associée.

Alice RENARD

Extrait de l'union du 11/03/2017

    

    

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Délicat lifting pour la mystérieuse Vénus découverte place d'Erlon à Reims

Découverte en février au pied de la fontaine Subé, la précieuse statuette gallo-romaine va pouvoir livrer ses secrets. Un mécène s’est proposé pour financer sa restauration


La statuette gisait à environ trois mètres sous les pavés de la place d’Erlon.

L'ESSENTIEL

•.- Le 8 février dernier, une statuette en bronze datant de l'époque gallo-romaine est découverte alors que des engins creusaient près de la fontaine Subé.

•.- L’objet, qui mesure une dizaine de centimètres, gisait au fond d'une tranchée, à plusieurs mètres sous terre, à l'emplacement du futur local technique et souterrain de la fontaine, dans ce qui semble être la cave d'une maison antique.

•.- D'après sa coiffe et sa position, il pourrait s'agir d'une divinité, peut-être Vénus.

L'exceptionnelle statuette découverte près de la Fontaine Subé vient de quitter Reims pour se refaire une beauté. Les fonds nécessaires à sa restauration ont été réunis en moins d'une journée. À peine l'appel au don était-il lancé (notre édition du 14 mars dernier) que la Maison Veuve Clicquot Ponsardin prenait contact avec la Ville de Reims pour prendre en charge le projet dans sa globalité. « Grâce à une lettre de Prosper Mérimé que nous conservons dans nos archives, nous savons que Madame Clicquot était une personne très attentive au patrimoine de sa ville », explique Fabienne Moreau, responsable patrimoine chez Veuve Clicquot Ponsardin. « Nous nous attachons à perpétuer cette tradition. Aussi, avions-nous envie de nous associer à cette Vénus découverte qui plus est, dans une cave. »

Un lien avec la féminité et un lieu de découverte symbolique, il n'en fallait pas plus pour retenir l'attention de la première maison de champagne dirigée par une femme, dont le sens aigu des affaires forgea l'identité de la marque à l'étiquette jaune.

Représentant un .$coût d'environ 1200 E, le délicat nettoyage de la statuette en bronze a d'ores et déjà débuté. La mission vient d'être confiée à un laboratoire de la société Eveha, situé en région parisienne à Ivry-sur-Seine. « Les opérations prévues sur cet objet consistent en un nettoyage mécanique et chimique de sa surface afin de la débarrasser des concrétions et des produits de la corrosion, indique Anne-Laure Brives, régisseur des collections du service archéologie de Reims Métropole. Ce nettoyage sera suivi d'une stabilisation soit par application de produits spécifiques, soit par immersion en bains de produits chimiques afin de stabiliser le processus de- corrosion du bronze. « Une cire ou un vernis de protection sera ensuite appliqué afin de protéger la statuette cc d'une finesse remarquable. On voit très bien les cinq doigts, un peu son nombril, sa poitrine, sa coiffe. C'est vraiment un très bel objet.

Des recherches pour dater et identifier la divinité

Ce lifting de haute précision « assurera une meilleure lisibilité de l'objet et permettra sans doute de proposer de manière plus assurée une identification de la divinité représentée et peut-être également une datation », complète la scientifique. Durée estimée de la cure de jouvence : « maximum une année ». À son retour dans la cité des Sacres, la précieuse statuette sera étudiée par les archéologues de Reims Métropole puis remise au service régional de l'archéologie avec l'ensemble des objets découverts lors des travaux de la fontaine Subé comme des morceaux de céramiques et autres, « rejets de consommation », comprenez d'antiques détritus à haute valeur historique. « Dans l'idéal, elle pourrait faire par la suite l'objet d'une présentation temporaire ou permanente au public, après accord des services de l'État, au musée archéologique de Saint-Remi par exemple. »

Alice RENARD

Extrait de l'union du 29/04/2016

    

    

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Les travaux de la fontaine Subé de Reims mettent au jour une statuette en bronze

Les archéologues viennent de faire une jolie découverte place d’Erlon. Alors que les engins creusaient près de la fontaine Subé, une statuette gallo-romaine en bronze a été mise au jour.

Au moins dix-sept siècles qu’elle attendait, plusieurs mètres sous les pavés de la place d’Erlon. Et il s’en est fallu de peu pour que les engins ne l’éborgnent ou ne l’enterrent pour une autre éternité. C’était sans compter le regard avisé des deux archéologues chargés de surveiller de près les travaux visant à la rénovation de la fontaine Subé. Au premier jour du chantier, le duo a découvert parmi les déblais une statuette gallo-romaine. Elle gisait à deux pas du monument, au fond d’une tranchée, à l’emplacement du futur local technique souterrain qui permettra sa remise en eau dans ce qui semble être la cave d’une maison antique, située en bord de voie. Constituée d’un alliage cuivreux, du bronze, elle mesure une dizaine de centimètres. « D’après sa position -un bras tendu, l’autre couvrant pudiquement son bas-ventre- et sa coiffe, ou ce qui ressemble à une sorte de chignon surmonté d’un diadème, semblent indiquer qu’il pourrait s’agir d’une Vénus, mais rien n’a encore été confirmé », avance Anne-Laure Brives, responsable des collections du service archéologie de Reims Métropole. « La statuette pourrait aussi bien être une divinité domestique, une sorte de dieu anonyme », complète-t-elle. Difficile de dater la découverte. « Il faut sans doute remonter aux trois premiers siècles de notre ère. » Une chose est sûre, son matériau indique que les maîtres de la maison avaient un statut social assez élevé. « On retrouve parfois des statuettes de ce type en terre cuite ou en pierre. En bronze, ce n’est pas si fréquent. À Reims, nous n’avions pas fait de découverte de ce type ces dix dernières années. » À côté de la divinité, les archéologues ont récolté ce qu’ils appellent du « mobilier archéologique », comprenez des céramiques fractionnées et « des rejets de consommation », ou ce qu’ils nomment encore « les reliefs de la vie quotidienne ». Bref, leurs poubelles. De quoi en apprendre encore un peu plus sur nos ancêtres les Rèmes, en attendant que la statuette livre tous ses mystères.

Alice RENARD

Extrait de l'union du 14/03/2016

    

    

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Un petit trésor sous la fontaine Subé 

Les archéologues viennent de faire une jolie découverte place d'Erlon. Alors que les engins creusaient près de la fontaine Subé, une statuette gallo-romaine en bronze a été mise au jour


La statuette découverte mesure une dizaine de centimètres.


La « Vénus » en bronze gisait à 4 ou 5 mètres sous terre au fond d'une tranchée, réalisée afin d'accueillir le futur local technique de la fontaine Subé

Au moins dix-sept siècles qu'elle attendait, plusieurs mètres sous les pavés de la place d'Erlon. Et il s'en est fallu de peu pour que les engins ne l'éborgnent ou ne l'enterrent pour une autre éternité. C'était sans compter le regard avisé des deux archéologues chargés de surveiller de près les travaux visant à la rénovation de la fontaine Subé. Au premier jour du chantier, le duo a découvert parmi les déblais une statuette gallo-romaine. Elle gisait à deux pas du monument, au fond d'une tranchée, à l'emplacement du futur local technique souterrain qui permettra sa- remise en eau dans ce qui semble être la cave d'une maison antique, située en bord de voie. Constituée d'un alliage cuivreux, du bronze, elle mesure une dizaine de centimètres. « D'après sa position un bras tendu, l'autre couvrant pudiquement son bas-ventre et sa coiffe, ou ce qui ressemble à une sorte de chignon surmonté d'un diadème, semblent indiquer qu'il pourrait s'agir d'une Vénus, mais rien n'a encore été confirmé », avance Anne-Laure Brives, responsable des collections du service archéologie de Reims Métropole. « La statuette pourrait aussi bien être une divinité domestique, une sorte de dieu anonyme », complète-t-elle. Difficile de dater la découverte. « Il faut sans doute remonter aux trois premiers siècles de notre ère. » Une chose est sûre,son matériau indique que les maîtres de la maison avaient un statut social assez élevé. « On retrouve parfois des statuettes de ce type en terre cuite ou en pierre. En bronze, ce n'est pas si fréquent À Reims, nous n'avions pas fait de dé- couverte de ce type ces dix dernières années. » À côté de la divinité, les archéologues ont récolté ce qu'ils appellent du « mobilier archéologique », comprenez « des céramiques fractionnées et des rejets de consommation,»  ou ce qu'ils nomment encore « les reliefs de la vie quotidienne. » Bref, leurs poubelles. De quoi en apprendre encore un peu plus sur nos ancêtres les Rèmes, en attendant que la statuette livre tous ses mystères.

L’EXPERTE

Mathilde ARNAUD

archéologue

« Une certaine aisance du quartier durant l'Antiquité », Mathilde Arnaud a assisté aux travaux d'excavation place d'Erlon. Selon elle, les éléments relatifs à l'Antiquité mis au jour confirment que la zone était urbanisée. « Un carrefour de voies a été ainsi pu être clairement localisé.» Un puits et un caniveau ont été également découverts, illustrant « l'importante gestion publique de la ville pendant la période antique, notamment autour de la question de la gestion des eaux ». j Quant à la statuette, « sa présence au sein d'une pièce privée témoigne

 à la fois d'une certaine aisance du quartier durant l’Antiquité, mais également  de l’importance de la religion et dès dévotions accordées aux divinités protectrices.» Pour finir, contrairement aux attentes elle souligne qu'« aucun vestige n'a pu illustrer l'occupation du secteur pendant l'époque médiévale. »

Alice RENARD

Extrait de l'union du 11/03/2016

    

    

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Le coup de massue des fouilles préventives

Les fouilles archéologiques font peur à ceux qui montent des projets et déposent des permis de construire. Deux gros aménégeurs expliquent comment s’y prendre pour maîtriser les dépenses.


Plus le projet de construction implique de creuser en profondeur, plus la facture des fouilles est susceptible de monter.
Ch Lantenois

L'ESSENTIEL

•.- L’archéologie préventive a pour but de sauver le patrimoine archéologique menacé par les travaux d'aménagement.

•.- Depuis 2003. les aménageurs ont le droit de choisir leur opérateur de fouilles (lnrap, services  territoriaux agréés, sociétés privées agréées).

.- • Le prix moyen facturé d'une opération de fouilles oscille entre 230.000 et 365.000 euros selon les opérateurs (chiffres 2013). Ce coût peut atteindre plusieurs millions sur certaines opérations.

Ouverture des enveloppes. Société Eveha : 1,3 million d'euros, Reims Métropole : 1.5 million, Inrap: : 990.000 euros. La facture des fouilles archéologiques préventives sur le futur parc d'activité de Cernay Saint Léonard aménagé par la CCI de Reims ne sera pas anodin. C’est notamment le site où la maison de champagne Veuve Clicquot va installer sa cuverie. Il arrive que des projets avortent ou vacillent lorsque tombe la note des archéologues. Pour les aménageurs, Promoteurs, collectivités, CCI ou simple particuliers, buter sur un morceau d'amphore en parcourant un terrain à construire peut ne pas être vécu comme une découverte historique. C'est plutôt la tuile. Le tout est de s'y préparer. Directeur des programmes du groupe Frey depuis 15 ans, Cyrile Demarque explique comment rendre le plus indolore possible le pas- sage obligatoire par la case fouilles préventives. «Le maître mot est : « anticipation ». Cela dit je suis conscient qu'il est plus simple d'anticiper à l'échelle d'un grand groupe comme le nôtre que pour un petit opérateur. De plus, je touche du bois, nos sites de construction situés en périphéries des villes sont moins propices aux découvertes archéologiques. Nous n'avons jamais dépensé des sommes astronomiques. Nos factures sont comprises entre 15.000 et 100.000 euros, voire plus si le projet est étendu en profondeur à cause, par exemple, de la construction d'un parking souterrain. »

Le secret serait de faire réaliser les fouilles avant même de mettre en route le projet d'aménagement. Cela a été le cas notamment sur la ZAC de Bezannes près de la gare TGV. Lors de la première pierre de sa future clinique, le président du groupe Courlancy, Jean-Louis Desphieux l'avait souligné avec soulagement : « Les fouilles avaient été faites avant acquière le terrain. »

Cyrille Demarque recommande d'entamer les démarches dès l'acquisition de la surface à construire : « Je commence par saisir la DRAC (direction régionale des affaires culturelles). C’est une initiative personnelle pour savoir si ce terrain pourrait être amené à faire l'objet d'un diagnostic archéologique. Comme la tendance est de systématiser les diagnostics, en général elle répond oui. Je demande alors un diagnostic anticipé. »

Le coût du diagnostic n'est qu’indirectement à la charge de l'aménageur. Il est financé via la redevance d'archéologie préventive (RAP) (lire par ailleurs). « Même sans avoir à payer le diagnostic. Il reste des frais pour l'aménageur. Il faut louer une grue, faire venir un géomètre... à l'échelle de mon groupe c'est une goutte d'eau mais pour une petite entreprise c'est déjà un coût ».

C'est au moment où l'opérateur vient faire le diagnostic qu'il faut retenir son souffle. « Soit on a beaucoup de chance et ils n'ont rien trouvé. Soit on n'a pas de chance et des éléments sont découverts. ll faudra alors faire réaliser des fouilles complémentaires. » Cette fois ce sera aux frais directs de l'aménageur. Il faut choisir un opérateur dans un secteur qui n'est pas très concurrentiel. En sachant que le programme scientifique- de fouilles présenté doit être validé par la DRAC. Il existe des opérateurs privés mais choisir une société de fouilles qui n'est pas connue dans son secteur c'est prendre le risque d'être invité à revoir sa copie. Je crois que la Drac ne décortique pas les dossiers qui arrivent de l'lnrap ». L'une des raisons pourquoi Cyrile Demarque choisit quasi toujours l'Inrap : « Pour 80% de nos fouilles. J'ai mes habitudes avec eux, on se connaît, il y a un gage de qualité, la Drac suit forcément, bref, on fonctionne bien ensemble. »

Le groupe Plurial qui représente 68.000 logements dans tout le Grand Est jusqu'à l'Île de France n'a pas d'opérateur attitré. « On travaille avec tout le monde. À Reims, on choisit alternativement l'Inrap ou le service de Reims Métropole », précise Michel Ferro, directeur de la promotion et de l'aménagement. Pour le reste. la méthode est similaire au groupe Frey : « On demande également un diagnostic avant même d'arrêter le projet. Cela permet de pouvoir l'adapter en fonction du contenu du sol ». Aménageur de centre-ville, Plurial a beaucoup plus de chance de tomber sur les vestiges des « promoteurs » romains de l'époque. « Le risque augmente quand on construit en profondeur. Comme les villes se reconstruisent sur elles-mêmes, plus on creuse, plus il faut s'attendre à faire des découvertes », D'où l'intérêt d'avoir le diagnostic avant de déposer un permis de construire pour un parking en sous-sol de 5 niveaux à creuser au milieu de torques (collier) ou de fibule (épingle) gaulois en or. « Il nous est arrivé de modifier un projet en supprimant le parking souterrain. Quitte à remonter un peu le bâtiment en hauteur pour mettre les voitures dans un espace semi-enterré. » Seule solution pour limiter les coûts : « Nous avons eu jusqu'à 3 millions d'euros de fouilles …» Pour Plurial, qui est également bailleur social, c'est moins fâcheux que pour un promoteur classique :  « 75% de nos fouilles sont financées par le fonds national pour l'archéologie préventive (FNAP), il reste 25% à notre charge ».

Un secteur discrètement en crise

Si le gouvernement revient au monopole de l’Inrap, les emplois des archéologues du privé ou des collectivités sont menacés.

Près de trois semaines n'auront pas suffi pour obtenir un interlocuteur à l'Inrap. Le responsables de I ‘établissement public refusent toujours de communiquer sur la situation budgétaire de l'établissement public. Même silence de la part du ministère de la Culture. Le président de l'Institut national de recherche archéologique préventive, Dominique Garcia, a réagi négativement sur Twitter à l'article paru dans nos colonnes samedi 30 janvier mais n'a pas souhaité répondre à nos questions.

Nous voulions notamment l'interroger sur le « dumping » que mènerait l'Inrap pour tenir face aux opérateurs privés et aux collectivités. «  Il est devenu 40% moins chers que nous en cassant les prix. Et pour soutenir son budget, il demande et obtient des rallonges budgétaires au ministère de la Culture. Ce sont les contribuables qui financent sa guerre des prix », révélait le dirigeant d'une société privée de fouilles préventives.

Inquiétude et incompréhension dans les collectivités

«  L'omerta » comme qualifie la situation un conseiller ministériel qui a tenté en vain d'avoir des informations, aurait une cause précise. Pour comprendre il faut remonter à un discours prononcé à Saint-Rémy-de-Provence le 22 juin 2012 par Aurélie Filippetti, alors ministre de la Culture. Ce jour-là, la ministre a quasi promis aux puissants syndicats de l'Inrap que l'Etat allait mettre fin à la concurrence du secteur privé et des collectivités territoriales : « De nombreuses voix réclament aujourd'hui un retour au monopole instauré en 2001 et je n'ignore pas que les parlementaires de gauche s'étaient opposés à la loide 2003. J'écouterai les arguments avancés en ce sens avec attention. » Depuis, le gouvernement tenterait de rétablir le monopole de l'Inrap en s'appuyant sur différents rapports qu'il a commandé mais n'aurait pas encore réussi. D'où le silence.

« L’objectif de l’Etat est d’anéantir les petits services de collectivtés set les petits opérateurs privés. »

En attendant, le petit monde de l'archéologie, observe que l'État manœuvre à travers un projet de loi actuellement en discussion entre les chambres. Personne ne sait encore ce qui va en sortir. Voici, pour illustrer, le contenu d'un échange de mails entre des responsables de collectivités territoriales. « Désormais, toutes les collectivités territoriales seront obligées d'aller quémander une subvention auprès du ministère de la culture pour recevoir les sommes qui leur sont dues pour l'exercice d'une mission de service public. Le montant annuel de l'enveloppe budgétaire allouée à l'ensemble des collectivités dépendra ainsi du bon vouloir du gouvernement. Cette enveloppe étant par ailleurs fermée (10 millions d'euros alors que les collectivités devraient en recevoir 15), le ministère de la Culture trouve ici un moyen d'empêcher la prise de compétence du diagnostic par de nouvelles collectivités territoriales (...) L'objectif de l'Etat est d'anéantir les petits services de collectivités et les petits opérateurs privés pour ne laisser survivre que les grosses structures en espérant que leur taille induira des coûts de fonctionnement identiques à ceux de l'Inrap », écrit l'un.

« L'État est tout simplement en train de scier la branche de l'archéologie. Stratégie déjà en place et affirmée de voir diminuer les sociétés privées agrées : refus de toute nouvelle demande d'agrément, refus d'extension des agréments et demain, réduction des agréments. À ce rythme le privé risque de disparaitre à 5 ou 6 ans. Allez ! et 500 emplois en moins sans compter les emplois CDD. Se met en place parallèlement, mais de façon plus hypocrite, la même stratégie en l'encontre des services de collectivités territoriales, stratégie qui va être, en l'occurrence, facilitée par les difficultés financières des collectivités et leur légitime inquiétude. Allez ! encore quelques centaines d'emplois menacés (CDI et CDD) et la probable fermeture de services », répond un autre. Interrogée sur cette situation et sur le devenir de son service d'archéologie, Reims Métropole a fait savoir qu'elle ne souhaitait pas communiquer sur le sujet. Elle non plus.

•.- Un conseil fait la sélection

Le conseil national de la recherche archéologique (CNRA) étudie les demandes d'agrément des opérateurs d'archéologie préventives.

•.- Une taxe fouilles   

Un entrepreneur ou un particulier qui construit doit verser une redevance archéologie préventive (RAP) destinée à financer les fouilles

•.- Fonds national dans le rouge

Le Fnap (fonds national pour l’archéologie préventive) qui aide certains aménageurs à financer leur fouilles est régulièrement en déficit

•.- Protection des trouvailles

- La loi actuellement en discussion entre les chambres parlementaires prévoit que 100% des trouvailles réalisées dans le cadre de l'archéologie préventive deviendront la propriété de l'État.

- Le but étant de diminuer le risque de dispersion des collections archéologiques.

•.- Le CHIFFRE : 192 millions par an

Coût moyen de l’archéologie préventive pour l’ensemble des aménageurs.

•.- La PHRASE

J'ai trouvé un glaive romain en faisant mon jardin. Nous avons réparé sa poignée et je l'ai mis sur ma cheminée mais je me suis bien gardée de le déclarer. De peur qu’on me retourne mon terrain.

Marie-PauIe Chatallain. gestionnaire de flux pour un opérateur téléphonique

Catherine FREY

Extraits de l'union du 16-02-2016

    

    

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Le match public-privé des fouilles

Des millions d'euros de fonds publics sont dépensés pour concurrencer les opérateurs privés de fouilles archéologiques. C'est ce que dénonce Françoise Férat, sénatrice de la Marne.

Des crises de trésorerie obligent l'Inrap à demander des rallonges il son ministère. Ici des fouilles en cours à Reims. Christian Lantenols.

LES FAITS

•.- L’Inrap a été créé en 2001 pour s'occuper des fouilles préventives. Cet établissement bénéficiait d'un monopole.

•.- En 2003, les aménageurs ont été autorisés à faire appel à des sociétés privées ou aux services créés par certaines collectivités.

•.- Depuis l’Inrap perd des parts de marché. Le budget de la Culture est de plus en plus amputé pour lui permettre de garder une compétitivité. C’est ce qui est dénoncé aujourd'hui.

Les fouilles archéologiques préventives coûtent cher aux aménageurs. Sans qu'ils le sachent, elles coûtent aussi de plus en plus cher aux contribuables. La sénatrice (UOI)de la Marne Françoise Férat s'apprête à le dénoncer. Sont mis en cause les fonds que l'État a versés à l'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) pour qu'il reste compétitif face aux sociétés privées. Ce ne sont pas de petites sommes qui sont ainsi prélevées sur le budget de la Culture. Entre 2006 et 2014, le ministère a déployé 247 millions d'euros de crédits exceptionnels pour financer dans J'urgence l'lnrap et son budget annexe, le Fonds national pour l'archéologie préventive (Fnap). De l'argent prélevé sur le programme Patrimoines.

« Avant on devait payer le prix fort pour l’Inrap »

La loi « CAP » (liberté de création architecture et patrimoine), actuellement en discussion, prévoit de soutenir encore davantage l'lnrap. La députée socialiste de Gironde Martine Faure, dans un rapport demandé par Manuel Valls, suggère de tripler la subvention pour charge de service public allouée à l'Inrap. Dans un document qui devrait être mis en ligne sur le site du Sénat lundi, Françoise Férat dénonce  ce fonctionnement qui revient à utiliser de l'argent public pour reprendre des marchés à des sociétés privées pourtant agréées.

Pour bien comprendre: les tarifs de fouilles de l'Inrap sont plus élevés que ceux des opérateurs privés. Les aménageurs ont donc pris l'habitude de faire appel au privé. C'est le cas dans notre région.

« Avant, on devait payer le prix fort avec l'lnrap. Depuis qu'il existe, le service d'archéologie de Reims Métropole, et surtout depuis qu'une société-privée, à savoir Eveha, répond à nos appels d'offres, nous avons des prix plus intéressants », confie-t-on à la CCI de Reims. L'opérateur public Inrap réalisait en 2009 54 % des fouilles, il n'en faisait plus que 48 % en 2013 et la baisse continue.

« Pour reprendre ses marchés, l'lnrap s'est mis à casser ses prix. Mais pour financer cette baisse de tarifs, il compte sur l'argent de l'État. Nous, opérateurs privés, avons déposé une plainte pour dumping auprès de l'autorité de la concurrence. Ce que le Sénat s'apprête à dénoncer est un véritable scandale », estime Julien Denis, directeur scientifique d'Eveha.

« Je ne veux pas passer pour un redresseur de torts », précise en-préambule la Sénatrice de la Marne. « Le Sénat va en effet proposer des amendements à la loi CAP pour contrer ce qui se prépare. Notre objectif est de rééquilibrer ce que l'Assemblée a fait. Il n’y a pas de raisons d'amputer autant le budget de la Culture alors que le service des fouilles est fourni par ailleurs. Et ce avec des garanties de qualité. Il faut savoir que les archéologues qui travaillent dans les services des collectivités ou pour les opérateurs privés sont souvent des anciens de l'lnrap. »

 

 L'indispensable rôle de l'État

Nous n'avons pas eu, pour l'instant, de réponse à nos demandes de contact avec les services du ministère de la Culture et de l’Inrap. Peut-être parce que la polémique actuelle cache un certain malaise de l'archéologie préventive. Il s'agit au départ d'une compétence régalienne. Il est donc normal que l'Etat y consacre des fonds. Il est indispensable qu'il opère un contrôle sur les opérateurs privés. D'un côté, les fouilles préventives permettent d'éviter à des vestiges du passé d'être broyés par des pelleteuses. Ce patrimoine appartient à tous. Plus qu'une prestation, les fouilles relèvent d'une mission de service public. L'Etat doit s'assurer que les archéologues qui opéreront seront à la fois compétents et à l'abri d'une possible pression des aménageurs. D'où son souhait de renforcer encore la mainmise de son établissement public, l'Inrap.

D'un autre côté, le paysage des opérateurs privés s'est stabilisé. Deux opérateurs peu sérieux qui s'amusaient à casser les prix ont mis la clef sous la porte. Aujourd'hui, deux grosses sociétés, six entreprises moyennes et sept petites structures occupent le marché. Leur compétence est reconnue. Elles aspirent à davantage de confiance de la part de l'État et à moins de paperasse à fournir. Un équilibre est encore à trouver.

PUBLIC-PRIVÉ, LA CONCURRENCE S'ENVENIME

•.- L'lnrap affirme subir dans certaines régions une guerre des prix qui l’évincerait à terme, des territoires    concernés. Et dénonce des crédits d'impôt recherche accordés au privé.

•.- Les opérateurs privés estiment que l'Inrap met à profit son statut national pour bénéficier du soutien    financier de l'État.

Le CHIFFRE : 318.000

Une fouille menée par l’Inrap coûte, en moyenne 318.000€ par hectare.

La PHRASE

« Les ministères de tutelle sont invités à opérer un contrôle vigilant sur-la gestion de l'Inrap. Contrôle qui    pourrait s’appuyer sur la mise en place d'une comptabilité analytique. »
   Martine Faure, députée socialiste de Gironde

Catherine FREY

Extraits de l'union du 30-01-2016

    

    

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À Rosnay, la terre a livré ses secrets du Mésolithique et de l'époque gauloise

Aux portes de Reims, des fouilles ont permis la mise au jour de vestiges datés de – 8.500 et -140 avant notre ère. Les archéologues évoquaient, hier, des découvertes « majeures »

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Hier, dans les locaux de l'entreprise Moroni, lors de la présentation des principaux objets découverts en 2010. Christian Lantenois

Au départ de cette histoire, il y a la chance. Celle,  « incroyable », selon le mot d'Agnès Balmelle, membre du centre de recherches archéologiques de Reims, « d'avoir pu détecter ce site à la pelleteuse », C'était en 2008 et la pelleteuse appartenait à l'entreprise Moroni, alors occupée à la fouille préventive d'une carrière située à Rosnay, aux portes de Reims. Quelques premiers vestiges apparaissent à ciel ouvert. L'alerte est donnée. Peu de temps après, un premier diagnostic est réalisé par des archéologues. L'État prescrit une fouille minutieuse du site.

« Tant mieux pour les archéologues et tant pis pour l'entreprise Moroni », souriait, hier, Agnès Balmelle, lors d'une conférence de presse organisée justement dans les locaux de ladite entreprise. En 2010, deux mois de fouilles minutieuses sont organisées sur 1,8 hectare : « D'abord, il a fallu décaper la terre végétale à la pelleteuse puis mettre au jour les contrastes des sédiments et, s'il y en a, les vestiges. » Viendra ensuite le temps des analyses des pièces récoltées, de leur datation au carbone 14 - six mois en moyenne pour un retour d'analyse - et de la capitalisation des données. Jusqu'à cette présentation organisée hier en avant-première, quelques jours avant que le grand public puisse avoir accès à ces trouvailles (voir plus loin).

« Collection d'objets métalliques et militaires »

Quoi de neuf au final ? « Des vestiges laissés par des chasseurs cueilleurs durant la période mésolithique et une ferme gauloise du II° siècle avant notre ère ont été mis au jour, livrant notamment une belle collection d'objets métalliques et de trophées militaires », résumait Estelle Benistant, chargée du développement culturel et de la communication à l'Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives).

1 - POUR L’EPOQUE MESOLITHIQUE « UNE DECOUVERTE MAJEURE »

Cette période se situe de -9000 à -8000 avant notre ère, entre le Paléolithique et le Néolithique. À cette époque, nos ancêtres se déplacent par petits groupes et ne sont pas encore sédentarisés. À Rosnay a été localisée une « trace de foyer de 2,5 m de diamètre », ont été retrouvés des restes osseux de sangliers brûlés des fragments de coquilles de noisettes grillées, des grès chauffés et « environ 770 silex terminés, cassés ou qui sont des rebus d'autres pièces » , a-t-il été détaillé. Des armatures de flèches ainsi que des grattoirs ont pu être identifiés. La fonction principale de ces outils était le travail de la peau (des animaux tués, donc) et la boucherie.

« On a pu trouver plein de choses sur un tout petit site, c'est vraiment l'un  des plus denses qu'on connaisse sur cette période. Après, ce 1,8 ha, c'est juste une petite fenêtre de lumière dans une pièce noire », expliquait l'archéologue Hervé Bocquillon. Deux hypothèses sont privilégiées : « Soit ce site a pu abriter une activité saisonnière, ponctuelle qui impliquait un groupe itinérant : il s'agissait d'une occupation satellite d'un autre site plus important situé à proximité (... ) On a déjà retrouvé de très nombreux silex dans la Montagne de Reims. Concernant l'époque mésolithique, ce site est considéré comme  une découverte majeure. Il existe très peu de sites mésolithiques dans la région », s'enthousiasmait hier Agnès Balmelle.

Concernant l’époque gauloise, la découverte d'armes - épées, etc - a rappelé l'omniprésence du fait militaire

2 – POUR L’EPOQUE GAULOISE,. ÉPEES  ET FOURREAUX PIEUSEMENT COBSERVESN

Dans cette terre sablonneuse et riche en argile, le travail des archéologues a permis de révéler « la vision incomplète d'une ferme d'habitation, de zones artisanales ou agricoles. » Datation ? Entre -150 et -130 avant J-C. De nombreux déchets domestiques ou liés aux travaux de forge, ainsi que des fragments de céramique ont été collectés. « Là encore, au vu de la taille du site. la quantité de ce qui a pu être recueilli est exceptionnelle (... ) La forme des objets fabriqués en céramique a contribué à préciser la datation - eux aussi avaient leurs modes à l'époque », souriait Hervé Bocquillon, spécialiste de l'époque gauloise.

La localisation des habitats – qui pouvaient servir d'espace de stockage du grain - fut rendue possible par les traces des poteaux de bois qui servaient d'ossature aux constructions. La présence d'armes a également rappelé l'omniprésence du fait militaire: épée et fourreaux pieusement conservés, etc. « A cette époque, tout avait une âme, y compris les objets, éclairait encore M. Bocquillon, Ceux qui vivaient là étaient sans doute d'un certain niveau social car on a pu constater qu' l % de leur alimentation était du chien qui, à l'époque, était un mets de choix ». Pour le reste, le bœuf était la viande la plus consommée devant le porc et le cheval. Voilà pour un premier bilan. Pour le moment, aucune autre fouille n'est programmée dans les-environs.

 Une conférence à la médiathèque Falala

Fondus du Mésolithique et curieux de tous poils, notez : jeudi 12 février, à 19heures, une conférence  -gratuite - se tiendra dans l'auditorium de la médiathèque Jean-Falala, Intitulée «  Chasseurs-cueilleurs et ferme gauloise à Rosnay », elle présentera les découvertes et intérêts des vestiges mis au jour par les archéologues de l'lnrap. Parmi ces derniers, Emilie Millet sera présent. A terme, aucune exposition n'est envisagée. Au final, l'ensemble des pièces recueillies sera placée sous la responsabilité de la Direction régionale des affaires culturelles (Drac), qui possède une antenne à Châlons-en-Champagne.

MATHIEU LIVORElL

Extraits de l'union du 11-02-2015

    

    

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André Secondé, le dévoué serviteur de la collectivité

Il n’y connaissait rien en archéologie préventive, pourtant André Secondé a accepté de s’y intéresser pour le compte de Reims métropole. Illustration de son souci de la collectivité.

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André Secondé, maire, fils de conseiller municipal et petit-fils de maire. 

« Quand Mme Hazan m’a proposé de prendre l’archéologie préventive, ma première pensée a été de me dire : mais je n’y connais rien ! » Pourtant, André Secondé a accepté, pour rendre service à la collectivité. Il est comme ça, le maire de Puisieulx et désormais douzième vice-président dans l’agglomération de Reims. Et toujours chargé de cette archéologie préambule à tous les grands chantiers, puisque Catherine Vautrin lui a à nouveau confié ce portefeuille après le changement de majorité en mars dernier. Petite nuance cependant : cette fois, notre homme a accepté non plus tant pour rendre service que parce qu’il avait eu le temps de découvrir dans l’intervalle que « finalement, ce sujet pouvait être très intéressant » (lire par ailleurs).

Ce qui n’enlève rien au dévouement d’André Secondé pour ses concitoyens. Il est vrai qu’il a de qui tenir : « Il y a toujours eu quelqu’un de la famille au conseil municipal de Puisieulx ! affirme-t-il non sans fierté : mon grand-père André Secondé a été maire, mon père a siégé lui aussi au conseil. » Leur descendant n’allait pas faire entorse à cette civique tradition. Oh, il a certes un peu attendu pour ça. Après avoir tenté une expérience de vie citadine à Reims prolongée par un séjour à Mailly-Champagne, il revient à Puisieulx, son village natal, en 1969. Et ce n’est que huit ans plus tard, en 1977, qu’il entre au conseil, « parce que des anciens m’ont sollicité, mais ça me tentait déjà par ailleurs ».

André Secondé, qui venait de se mettre à son compte comme artisan peintre, découvre alors combien l’élu doit savoir faire preuve de patience : « Quand je suis arrivé au conseil, j’avais deux objectifs en tête, raconte-t-il : l’assainissement collectif (le tout à l’égout) et réaliser un terrain de jeux pour les enfants. » Le premier objectif a été atteint au bout de huit ans, avec l’aide de l’intercommunalité (la communauté de communes de Taissy à l’époque) ; pour le terrain de jeux, il fallut attendre vingt ans ! « La grosse difficulté était de trouver du foncier » se souvient-il.

Avec tout ça, les années passent et notre homme, marié et père de trois enfants, affichant 69 ans aujourd’hui, et se déclarant « sans étiquette », fait désormais figure de vieux routier dans le monde politique du secteur rémois. Il fut tout étonné un jour de se retrouver le doyen d’âge d’un syndicat intercommunal, qu’il présida pendant quelques minutes du fait de ce privilège des ans.

Ajoutons que cet élu amateur de sport se définit avant tout comme un manuel : entré dans la vie active de bonne heure, à l’âge de 14 ans, titulaire du certificat d’études et d’un CAP de peinture, il confie que « ma vraie passion, c’est le bricolage ». En plus du souci de l’intérêt collectif bien sûr.

Antoine Pardessus

 Extrait de l'union du 04/01/2015

    

    

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1 700 ans d'Histoire sous nos pieds

Si l'on se souvient du lieu comme celui de l'ancien restaurant Le Vigneron, l'angle des rues Ponsardin et Diderot vient de dévoiler un passé bien plus lointain qu'on ne pouvait l'imaginer...

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 Parmi les vestiges les plus précieux : les restes d'un hypocauste.
© l'Hebdo du Vendredi

Installés sur le site depuis la dernière semaine d'août, les archéologues de l'Inrap (Institut National de Recherches Archéologiques Préventives) n'imaginaient peutêtre pas tomber sur pareilles trouvailles. « On est ici sur le sud-est de l'enceinte de la ville, période de l'Antiquité tardive, c'est à dire sur des constructions datant du IIIème siècle après J.C. », expose d'emblée Yoann Rabasté, archéologue à l'Inrap. « Notre équipe a mis à jour une ancienne domus, c'est-à-dire une grande maison d'habitation qui était probablement occupée par des gens fortunés. Ce qui nous fait notamment dire ça, ce sont les restes d'enduits peints retrouvés, qui faisaient office de décoration murale, les traces de marbre et le plancher posé sur le sol de l'une des pièces. Car pour ce dernier point, contrairement aux logements classiques de l'époque où l'ensemble du sol était en pierre, poser un parquet en bois était un signe ostentatoire de richesse », poursuit celui qui est aussi responsable d'opération sur ce chantier. Au total, ce ne sont pas moins de 300 m2 de vestiges qui ont été découverts. Particularité de cette domus, sa pièce centrale pourvue d'un hypocauste (un système de chauffage par le sol utilisé à l'époque gallo-romaine) plutôt très bien conservé. Deux pièces juxtaposent cet espace principal, le tout étant entouré d'un système de couloirs distributeurs.

Comme à leur habitude, les archéologues de l'Inrap agissent dans la prévention. Ils répertorient, dessinent et photographient les vestiges découverts, procédant toujours par étape. « On appelle cela des décapages ; ça nous permet de séparer les unités stratigraphiques. En clair, il s'agit par cette méthode de creuser en identifiant les différentes périodes de l'Histoire. Le premier décapage nous a permis de retrouver les restes d'une habitation médiévale, le second est en cours et a déjà révélé la domus et son hypocauste pour l'ère galloromaine. Le troisième décapage nous permettra de voir s'il reste des traces de la période gauloise », développe Yoann Rabasté.

Et ensuite ? Comme pour chaque chantier, les spécialistes de l'Inrap reboucheront les vestiges, laissant bulldozers et pelleteuses prendre le relai pour de nouvelles constructions, bien contemporaines cette fois. En l'occurrence, c'est un immeuble de bureaux et de cellules commerciales, comprenant également 22 logements de résidence qui devrait s'ériger d'ici la fin 2013. L'Histoire continue...

Aymeric Henniaux

Extraits de l' hebdo du vendredi N° 274 du 29/09/2012

    

    

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Archéologie : une histoire à creuser

 De plus en plus de collectivités s'y mettent et Reims est un terrain fertile. Les fouilles fleurissent pour le plaisir du public. Comment fonctionne le service, monté il y à 3 ans ?


Depuis les fouilles préalables aux travaux du tramway, la population s'intéresse aux sous-sols, symboles du passé.

Dire que les "cailloux" ont la cote ferait grincer des dents nombre de  techniciens,  mais force est de constater qu'ils suscitent la curiosité et que Reims, 12ème ville en terme de surface de vestiges (600 ha), remue beaucoup de terre. Elle n'est d'ailleurs pas peu fière des 2500 visites reçues cet été sur le chantier du Boulingrin. « En ce qui concerne le futur musée, au budget prévisionnel de 55  millions d'euros, trois  architectes ont été retenus sur 150, pour un choix définitif au printemps », annonce Serge Pugeault, adjoint  en  charge des grands projets. Car le défi principal et le plus attendu, consiste en la valorisation des vestiges découverts, plutôt concrets et « parlants » pour le public. « Les utilisera-t-on tout de suite, ou y reviendra-t-on plus tard ? Ça dépendra du coût ». Pour l'heure, les travaux continuent aux quatre coins de l'agglomération  (et jusqu'à  St-Martin-sur-le-Pré, près de Châlons). Cormontreuil, Bezannes et Bétheny creusent aussi leur sillon.

« Reims était jusqu'alors une Belle Endormie. Or, elle se trouve à un carrefour européen qui présente un réel intérêt dans sa phase de reconstruction », résume Laure Koupaliantz, archéologue et chef du service.

     Déjà historique

Perdu au fond de la zone Farrnan, dans un bâtiment sombre et vétuste, Reims-Métropole Archéologie cache bien son jeu. Le service a obtenu son agrément en février 2009, six ans après l'ouverture du marché de l'archéologie préventive. « On l'a créé pour mieux contrôler les délais des chantiers et raccourcir les procédures. L'INRAP ne pouvait plus suivre », complète Serge Pugeault. « La rapidité d'exécution inspire confiance aux entreprises qui voudraient venir s'installer chez nous ». Et si la page Web datant d'avant leur première fouille annonce « 19 agents permanents en 2011 », on en est à 12 dont 10 archéologues (zoologie, anthropologie, céramologie...).

Pour le reste, 22 techniciens sont recrutés en CDD sur les projets en cours, à grande majorité féminine et pour la plupart issue du Master ouvert à Reims il y a quelques années... Mais déjà au bord de la fermeture. Les emplois sont instables, mais renouvelables au regard du planning déjà prêt pour 2014 ; la caserne Colbert, le site de Renault  Pont-de-Vesle et la Sernam. « Pour cette dernière, rien n'est sûr. Il y en aurait pour 7 millions, ils cherchent à construire sur pilotis pour éviter de toucher au sol ».

Côté rentabilité, Serge Pugeault annonce que « l'activité ne fait pas perdre d'argent à la collectivité ».

Doit-on en  déduire  qu'elle  en gagne ? L'élu n'en dira rien, seulement que le service était « un peu excédentaire cette année. Mais il reste équilibré ».

A Bétheny, des tranchées et des obus viennent d'être découverts, ralentissant l'ouvrage par un long déminage. Pour découvrir d'autres secrets, rendez-vous sur le site de Bezannes le 16 octobre, dans le cadre de la journée de la science...

 Extrait de Mag'Info du 08 au 21/10/2011

    

    

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Des sesterces sous l'A4

  THILLOIS (Marne). En fouillant  le chantier du contournement sud de l'A4, l'Inrap a découvert une cassette pleine  de sesterces.  Et de mystères.

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Les 345 pièces en laiton devaient appartenir à un collectionneur car elles sont toutes décorées de figures féminines ou de marines. Il a enterré sa collection et n'est jamais venu la rechercher.

SI on lui avait dit qu'en 2011, il aurait un article dans le journal sur sa collection de pièces de monnaie, il aurait éclaté de rire.

Il, c'est un individu qui a vécu vers 200 et des poussières, au IIIe siècle de notre ère. Il collectionnait, et sans doute économisait par la même occasion, les sesterces décorés de figures féminines ou de marines. Un beau jour, il s'est mis à les compter en faisant des tas de quatre et de cinq et les a rangés dans un pot en céramique. Il en avait 345.

Sans que l'on sache pourquoi, il a entrepris d'enterrer son trésor dans un petit bâtiment construit en craie. C'est là qu'en 2009, sur le territoire de la commune des Mesneux, les archéologues de l'Inrap chargés des fouilles sur le chantier du contournement sud de l'A4, l'ont retrouvé.

Au bord de la route romaine

« Il s'agit de 345 sesterces en laiton. La valeur de cette collection est énorme pour l'époque puisqu'elle représente trois mois de la solde d'un légionnaire ou encore un an de farine pour une famille avec un enfant », a précisé l'archéologue Aurélie Marchadir lors d'une conférence de presse organisée hier par l'Inrap.

« Ramenée en monnaie actuelle, la somme équivaut à environ 16 000 euros. C'est énorme pour l'époque. » Tellement énorme que les archéologues se demandent bien pourquoi le collectionneur a enterré son trésor et n'est jamais venu le récupérer : « Nous avons plusieurs hypothèses dont celle d'une dévotion. Le bâtiment en craie à ciel ouvert où ont été enterrés les sesterces avait peut-être une vocation cultuelle, le collectionneur a peut-être voulu faire un don. » Cette hypothèse est d'autant plus crédible que les archéologues ont aussi retrouvé deux personnes inhumées au pied de ce bâtiment cinq siècles plus tard : « Ce serait la preuve que le bâtiment avait une certaine importance. »

Toujours dans le même périmètre, l'Inrap a mis au jour 24 tombes dans lesquelles reposaient 12 hommes et 4 femmes, sans doute une nécropole de plein champs comme il en existait à l'époque. Les églises n'avaient pas encore poussé partout. L'ensemble de ces trouvailles ont été faites au bord de la route romaine qui reliait Reims à Dormans. Elle était tellement défoncée que les archéologues l'ont découverte toute striée par les roues des chariots. « Nous pouvons conclure de ces fouilles que le pied de la montagne de Reims était habité aux époques mérovingiennes et carolingiennes. »

Les recherches de l'Inrap ont coûté 1,2 million d'euros à la Sanef sur un budget total du contournement sud de 245 millions. Une somme qui aurait donné le vertige à notre collectionneur.

Extrait de l' union du  06/02/2011

    

    

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Un numismate gallo-romain ?

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Dans les mains de Sandrine Thiol, archéologue à l'INRAP, l'un des crânes retrouvés dans la nécropole.

Cette semaine, l'INRAP a enfin dévoilé le fruit de ses recherches réalisées dans le cadre de l'aménagement du contournement autoroutier du sud de Reims : des découvertes pour le moins surprenantes.

 Trois mois après l'inauguration de l'A4 bis, l'Institut National de Recherches Archéologiques Préventives (INRAP) a dévoilé ses trouvailles faites en amont de ce gigantesque chantier. Après des diagnostics menés sur 161 hectares, les archéologues ont en effet réalisé quatre fouilles, du 2 février au 24 avril 2009, sur les communes des Mesneux, d'Ormes et de Thillois. Et une fois de plus, les membres de l'INRAP ont déterré quelques trésors venant enrichir l'histoire de Reims et de sa région.

Ainsi, les recherches ont permis de confirmer l'occupation de ce territoire situé au pied de la Montagne de Reims dès l'âge de Fer. Les archéologues y ont retrouvé les traces d'une voie romaine reliant Reims à Dormans dont l'existence n'était jusqu'alors que supposée. Mais c'est aux Mesneux que les découvertes sont les plus originales : un lieu de culte antique et une surprenante nécropole. Au sein de ce lieu cultuel, un dépôt monétaire datant du IIIe siècle et pesant plus de 8 kg a été trouvé. Composé de 345 monnaies, cet ensemble constituait une importante somme à l'époque « correspondant à trois mois de solde d'un légionnaire ou à un an de farine pour une famille de quatre personnes ». Mais l'élément le plus étrange de ce dépôt, reste l'iconographie rare de certaines pièces ainsi que la surreprésentation des monnaies aux effigies féminines. Des éléments qui laissent penser aux archéologues « que ce dépôt aurait appartenu à un collectionneur ».

Une famille singulière

Les interventions de l'INRAP ont aussi révélé une occupation datant du Moyen Âge grâce à la mise au jour d'une surprenante nécropole carolingienne (IXe-Xe siècles). Au sein de celle-ci, 24 individus « probablement de la même famille » ont été découverts, inhumés seuls ou à plusieurs. Mais à cette époque où la France était christianisée, il est admis que les défunts étaient enterrés autour des églises. Cette nécropole en plein champ témoigne donc de la persistance de pratiques antérieures. Plus étrange encore, aucun enfant de moins de un an n'a été identifié alors que la mortalité des tout petits est alors très importante. Par ailleurs, les deux tiers des individus adultes sont des hommes ce qui ne correspond pas non plus au schéma habituel. Enfin, dernière singularité, ils mesurent pour la plupart plus de 1,75 m : une taille importante pour l'époque.

Au final, l'accumulation de ces particularités suscite davantage de questions qu'elles n'apportent de réponses, faisant de cette nécropole « un site de référence ».

Julien Debant

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La surreprésentation des monnaies aux effigies féminines laisse penser que ce dépôt datant du IIIe siècle aurait appartenu à un collectionneur.

Extrait de l'hebdo du vendredi du 06/02/2011

    

    

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Très chères fouilles archéologiques

Si l'intérêt des fouilles n'est pas contesté, les aménageurs en paient le prix fort. Et les délais.

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Le coût du diagnostic préalable est passé, depuis 2004, de 0,29 à 0,50 centime du métré carré.

Reims, sa cathédrale, ses champagnes... Et son patrimoine  archéologique. Les fouilles, c'est sacré. Mais hors deprix pour le commun des aménageurs : 0,50 centime d'euro par m² pour le diagnostic préalable. Osons la comparaison avec un simple détartrage avant même d'attaquer une carie.

« Si les archéologues estiment qu'un site mérite un rapport de fouilles approfondi l'appel d'offres ne donnera qu'un devis provisoire » : directeur adjoint du développement économique à la CCI de Reims, Jean-Claude Humbert sait qu'à ce stade, les mauvaises surprises ne sont pas esclues. « Sur la Zac d'Oiry, l'addition est passée de 100 000 € à 220.000 €. »

Avec, de surcroît, un délai d'attente de deux ans et demi, qui a fini par redonner la priorité à la Zac Caurel de Witry-lès-Reirns, alors plus urgente.

« Depuis 2004, le cou t du diagnostic préalable est passé de 0,29 à 0,50 centimes. Faites le calcul sur 200 hectares à Bazamourt »...

Le président de la CCI rémoise s'est publiquement inquiété de cette inflation, qui plombe les marges sur le prix de revient des terrains. « Notre objectif est de faciliter l'installation des entreprises », rappelle Jean-Claude Humbert. Pas de faire des profits sur leur dos. Les investisseurs ont d'ailleurs tout intérêt à passer par un aménageur comme la CCI, qui leur livrera un terrain fouillé et aménagé. Sinon, bonjour les démarches auprès de la direction des affaires culturelles. Et des appels d'offres infructueux qui vous ramènent à la case Inrap, l'opérateur historique.

Le réveil de la terre

Les aménageurs ont cependant besoin de vendre des terrains pour en financer les acquisitions. A la Zac Croix-Blandin à Reims, les surcoûts pour l'agglo ont été tels que sa vocation est devenue commerciale.

Le prix des fouilles n'est pas le seul en cause. " Autrefois, les prix des terrains achètes oux agriculteurs étaient dérisoires », admet Jean-Claude Humbert. « Depuis le parc de Bétheny- Les Naux en 1995, la CCI n'avait plus aménagé grand-chose ».

Elle s'est réveillée en même temps que les propriétaires terriens. Lesquels ont fait monter le m² urbanisable (en zone d'activitê) autour de 5€. Avec les études des d'impact environnesmental, la loi sur l'eau et autres contraintes réglementaires,  « un  dossier de Zac fait maintenant 700 pages ».

  Et: le prix de vente moyen du m' aménagé se situe, selon Claude Humbert, entre 23 et 26 € HT sur l'agglomération rémoise. « La question, c'est le prix du marché. Nos concurrents se situent  plutôt entre 19 et 21euros »

 Avec des constructions estampillées durables, et donc plus chères, et un domaine foncier moins extensible que l'aire des fouilles archéologiques, les prix de revient ne risquent pas de baisser

D'où l'idée, pour les aménageurs, de mutualiser le fardeau par des partenariats financiers. D'autant que les demandes de terrains ont chuté de 50 % depuis la crise. Ce qui n'est pas le cas pour l'immobilier

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Laure Koupaliantz et un ce ses colllègues devant les ossements découverts à Bezannes

 

« Humilité devant 2 000 ans d'histoire »

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Davantage de réactivité pour concilier les fouilles et les projets des aménageurs

« On n'a jamais autant aménagé, et l'on n'a jamais autant fouillé », se réjouit Laure Koupaliantz. Responsable de l'archéologie à Reims métropole, elle dirige  ce nouveau service depuis neuf mois. « Les Zac aménagées en zone périurbaine  permettent  aux archéologues d'explorer des secteurs nouveaux ». Cette médiéviste parie même de « course poursuite », pour ne rien perdre des précieux vestiges. Sur le bassin rémois, « le haut empire de la période romaine représente, à lui seul, 600 hectares ».

Pas un souci pour ce service qui a reçu un agrément couvrant la période néolithique jusqu'à la période moderne. « Nous sommes un service public », insiste Laure Koupaliantz, « pas des nettoyeurs. Nous avons un rôle de conseil auprès des colfecfivifés, pour les inviter à anticiper ce volet archéologique. Ça dédramatise ».

Au passage, elle fait passer un message « d'humilité » en mettant en balance « des vestiges vieux de 2 000 ans et des projets pour 30 ans»...

Ikea en fait un atout

Même Ikea, qui va ouvrir à Thillois, a su en saisir l'opportunité en finançant la plaquette des portes ouvertes sur ce site antique... Le service d'archéologie compte déjà douze personnes, bientôt rejointes par un céramologue. Incontournable pour les phases de diagnostic, il est agréé sur la totalité du territoire français. « Notre première opération a été menée sur te chantier autoroutier de la Sanef, à Reims ». Tout un symbole pour Laure, qui a reçu des projets émanant d'aménageurs privés.

La création de son service est née de l'impatience d'élus face à des chantiers qui traînaient. Comme à Croix Blandin, ou sur la Zac de Bezannes. « Nous en aurons achevé les diagnostics en avril 2010. Les fouilles seronf menées au fur et à mesure de la commercialisafion ». Le temps d'éclaircir des traces de bâti, qui datent a priori de l'époque romaine.

Les archéologues ont aussi fouillé autour de la halle du Boulingrin. Avec un courant de sympathie qui leur vaut de recevoir des demandes de jeunes en stage,   

   DOMINIQUE HERBEMONT .

Extrait de l' union du  22/12/2009

    

    

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ARCHÉOLOGIE

À la recherche du temps perdu

Le nouveau service archéologie de Reims Métropole est opérationnel.
Premier chantier : la ZAC de Bezannes.

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L'équipe du service archéologie a démarré son premier chantier à Bezannes.

Si  l'agglomération rémoise peut s'enorgueillir de disposer sous ses pieds d'une immense richesse archéologique, ses trésors du passé peuvent vite devenir un handicap quand les permis de construire se multiplient. Car avant de débuter un chantier, le terrain doit au préalable être fouillé. C'est logiquement la mission de l'INRAP (Institut National de Recherche Archéologique Préventive). Mais voilà, faute de moyens, les délais s'allongent au détriment des investisseurs économiques. Face à ce constat,le conseil communautaire de Reims Métropole a donc voté la création d'un service archéologie.« L'idée est venue avec les retards observés sur la ZAC de Bezannes » explique Adeline Hazan, présidente de l'agglomération rémoise. Dirigé par Claire Koupaliantz, le service s'est constitué au cours des 12 derniers mois avant de recevoir, en février 2009,son agrément émanant de l'Etat, lui permettant d'être opérationnel. Bien sûr, ce nouveau service a un coût : 500.000 euros d'investissement et 1,9 million d'euros de fonctionnement. Cependant,l'équilibre financier pourrait être atteint dans les 3 ans grâce aux recettes provenant de la redevance archéologique pour les diagnostics et de la rémunération des opérations de fouilles. De plus,en cas d'une baisse d'activité sur le territoire rémois,l'équipe d'archéologue de Reims Métropole, qui devrait compter une vingtaine d'agents en 2011, pourra répondre à des marchés au niveau départemental ou régional.

1er objectif : Bezannes

Le premier terrain de jeu des archéologues de Reims Métropole est donc la ZAC de Bezannes, au pied de la Gare TGV Champagne-Ardenne, une zone économique où plusieurs milliers de m2 de bureaux attendent de pouvoir sortir de terre. Depuis lundi et jusqu'au 3 juin, l'équipe,composée de 7 agents permanents,y effectue un diagnostic archéologique. Sa mission : « tester la zone afin d'évaluer d'éventuels vestiges et s'il y a lieu, suivant leurs importances, de réaliser des fouilles » indique Laurent Camerini, le responsable de ce premier chantier. Cela faisait 3 ans que cette surface de 27 hectares attendait d'être fouillée.

Évidemment, le maire de Bezannes, Jean-Pierre Belfie, ne cache pas sa satisfaction. « Ce service est un véritable atout commercial pour notre territoire » assure l'élu, déclarant ensuite avec humour que Claire Koupaliantz allait certainement devenir « la femme la plus courtisée de l'agglomération rémoise ».

Julien Debant

     Extraits de l' hebdo du vendredi N° 123 du 15/05/2009

    

    

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Fouilles archéologiques
Un sacré gain de… temps

Le service mis sur pied par l'agglomération est désormais opérationnel. Il a désembourbé le dossier de la Zac de Bezannes. Le service archéologique dirigé par Laure Koupaliantz a jusqu'au 4 juin pour son diagnostic sur la Zac de Bezannes. Pour le moment rien de spectaculaire à signaler.

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Le service archéologique de Reims métropole est désormais en ordre de marche. Et même en action. Son premier chantier a démarré cette semaine sur la zone d'activités de Bezannes, non loin de la gare TGV. Pour marquer le coup, une cérémonie officielle a eu lieu hier après-midi sur place.

Les participants ont été invités à se rendre compte de visu du travail déjà effectué. Pour l'heure, rien de vraiment spectaculaire à la vérité : une série de belles tranchées creusées au cordeau dans des champs, bordées par quelques monticules évoquant de grosses taupinières. Et c'est à peu près tout. Ah si ! On aurait aussi trouvé un peu de mobilier gallo-romain.

Mais ce ne sont probablement pas ces découvertes, aussi émouvantes soient-elles, qui intéressent le plus les responsables de l'agglo, même si à l'heure des discours, la présidente-maire Adeline Hazan a bien déclaré que « le patrimoine archéologique est une richesse ». « Mais », a-t-elle ajouté, « il ne faut pas que cette richesse devienne un handicap ! » Elle voulait signifier par là les délais supplémentaires - parfois à la limite du supportable - que l'intérêt porté aux vestiges laissés par nos lointains ancêtres impose désormais aux chantiers décidés par les hommes du XXIe siècle depuis une loi de 2001.

Jusqu'au 4 juin

Pourquoi ces délais ? Parce que les services archéologiques d'État (l'Inrap*) n'ont pas les moyens de faire face à toute la demande. « Avec cette zone de Bezannes, on a l'exemple d'un projet qui se trouvait en panne », explique ainsi Mme Hazan, « du fait du manque de moyens de l'Inrap : le diagnostic archéologique était prescrit depuis fin 2006 ! » Et si ce diagnostic vient enfin d'être lancé, plus de deux ans après, c'est donc uniquement parce que la communauté d'agglomération a créé ce fameux service d'archéologie « personnel », sinon, on pourrait attendre encore longtemps…

Bien sûr ce service a un coût pour l'agglo, de l'ordre de 500.000 € d'investissement et 1,9 million de fonctionnement selon Mme Hazan. Mais on pourrait tenir l'objectif d'un autofinancement partiel.

En tout état de cause, ce n'est pas l'élu concerné au premier chef, Jean-Pierre Belfie, qui regrettera cette dépense : le maire de Bezannes, présent à la cérémonie d'hier, commençait à s'impatienter de ne pas pouvoir donner de réponses précises sur le début des chantiers à « ses » investisseurs.

Désormais, il peut y voir plus clair en matière de calendrier. Ainsi les diagnostiqueurs ont jusqu'au 4 juin pour faire leur travail, après quoi ils libèrent le terrain. Ce qui ne veut pas dire pour autant que les pelleteuses et les terrassiers pourront immédiatement entrer dans la danse pour réaliser les constructions, car au diagnostic pourraient succéder des fouilles proprement dites.
Tout dépendra de ce que l'on aura trouvé dans le sol d'ici le 4 juin. Mais au moins, les choses ne sont plus figées : la Zac sort de l'ornière.

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Antoine PARDESSUS

*Institut national de recherches archéologiques préventives.

 Extrait de l'union du 14 mai 2009

    

    

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Un jardin archéologique au milieu des enseignes

LA NEUVILLETTE

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La découverte d' une nécropole celtique dans la zone d'activité va être valorisée sur place dans un mémorial à vocation pédagogique.

A Reims et aux alentours, il suffit bien souvent aux archéologues de creuser pour trouver. La preuve encore avec le chantier d'extension de la ZAC de la Neuvillette en 2001 qui, dans le cadre de la procédure d' archéologie préventive (voir encadre), leur a permis de mettre au jour  un cimetière celtique, le long de la RD 966, une ancienne voie romaine. Cette nécropole de 2 ha, datée des IV° et V° siècles avant notre ère, regroupait 72 individus et comprenait trois monuments funéraires.  Les vestiges des sépultures ont livré une foule d'indices sur les pratiques funéraires de l' époque, mais aussi les caractéristiques physiques, la vie quotidienne, l' organisation  sociale de la population. Parmi les objets extraits, ont été identifiés des bijoux (torques de bronze, bracelets en bronze ou schiste, perles montées en  pendentif...), armes (pointes de lance, épées...), accessoires vestimentaires (fibules en fer ou bronze, anneaux de ceintures...), instruments de toilette (pince à épiler, rasoir...), céramiques (jattes, pots, gobelets, coupelles, assiettes...). Ce mobilier, classé et répertorié, est aujourd'hui stocké au Musée Saint-Remi et dans différents dépôts de fouilles,en attendant une éventuelle exposition.

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Une évocation stylisée

Après avoir pris en charge le coût des fouilles en tant qu' aménageur de la ZAC de la Neuvillette, la SAEM Reims Développement a cherché à valoriser le travail des archéologues et éveiller la curiosité  du  public  pour  cette  page d' histoire. Voilà comment elle a décidé,en partenariat avec la D.R.A.C. (Direction Régionale des Affaires Culturelles), les Directions de la voirie, des espaces verts et de l'urbanisme de la Ville de Reims, de créer dans cet environnement industriel et commercial une sorte d' oasis portant témoignage de la présence gauloise au second Age du fer. Dessiné par le cabinet BLP Architectes, ce « jardin archéologique » s' étendra sur 1 100 m2 à la pointe de l' Îlot de jonction entre les rues Henri Lelarge et Maurice Prévoteau. Il donnera à voir une évocation stylisée d' une tombe à char, devancée par un tumulus de pierre. Juste en face, le giratoire formera un avant-poste du jardin archéologique, avec tumulus, plantations en grappe et identification du site. Les automobilistes  ne  pourront  pas le manquer. Les travaux sont prévus cette année. Si ce mémorial pouvait donner envie aux passants d' approfondir la question dans les salles gallo-romaines du Musée Saint-Remi, la SAEM Reims Développement aurait atteint son objectif !

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Un aqueduc romain à la Croix Blandin

La zone de la Croix Blandin inspire aussi les archéologues de l' INRAP (Institut Natiuonal de Recherches Archéologiques Préventives).

Le diagnostique préalable mené sur la partie ouest , financée par la SAEM Reims Développement  ( à raison de 0,32 €/m°), qui a révélé la présence de sépultures et débouché sur une prescription de fouilles.

Des phases de diagnostic sont annoncées en 2006 sur d'autres secteurs de cette vaste zone, qu' on sait traversée par un aqueduc romain du début du 1er siècle.

De sondages en fouilles, le programme de commercialisation des parcelles connaît un sérieux flottement. « Nous avons acheté les terrains, fait les travaux de viabilisation, pris des engagements avec des constructeurs. Il faut néanmoins, precise Jacques SESTI, le directeur de la SAEM, que l' archéologie soit compatible avec les impératifs (prix et délais) de commercialisation des zones d' aménagement ». De la difficulté de concilier les objectifs de sauvegarde du patrimoine et de développement économique de notre agglomération...

Comment ça marche ?

L'archéologie préventive intervient lorsque des travaux d' aménagement sont susceptibles de porter atteinte à des éléments du patrimoine archéologique.

Elle s' impose à tous les aménageurs, qui ont à intégrer le temps de détection et de fouilles dans leur calendrier et à participer au coût des opérations.

Du diagnostic aux fouilles

Pratiquement, comment cela s' organise-t-il ?

Le maître d'ouvrage d'un chantier dépose un dossier à la préfecture qui peut délivrer une prescription de diagnostic préalable.

Celui-ci, effectué avec des moyens mécaniques sur 5 à 10% de la surface totale, permet d' évaluer le potentiel du site. En fonction des résultats, cette phase peut être suivie d' une prescription de fouilles. François Berthelot, archéologue à la Direction Régionale des Affaires Culturelles de Champagne-Ardenne, explique la suite:

« Quand on fouille,on détruit le site mais avec discernement. On sort le mobilier qui sert à reconstituer la vie quotidienne des gens. Si on a delà chance,on trouve des macro restes: graines, arrêtes de poisson, pollen, parasites... La phase post-fouilles est souvent plus longue que les travaux de terrain et mobilise de nombreux spécialistes de disciplines complémentaires. Ces travaux sont restitués dans un rapport de fouilles qui préfigure une publication dans une revue scientifique. »

Ça se bouscule !

L' agglomération, dont les premières traces d' occupation remontent à la fin du l' âge de fer, est on ne peut plus riche. Les constructions immobilières générées par le TGV, l' aménagement du parvis de la cathédrale, le tramway fournissent de nouvelles opportunités... et du travail à gogo pour les archéologues (de la DRAC pour le secteur urbain et de l'INRAP Grand-Est Nord en dehors) qui ne savent plus où donner de la tête.

« Partout où on tape, c' est occupé. En ville,on fait bingo a chaque fois ! » s' enthousiasme et s' inquiète à la fois François Berthelot. Car les équipes prennent du retard dans leur programme, ce qui ne fait pas l' affaire des aménageurs ».

         Extraits de RM 12/2008

    

    

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ARCHÉOLOGIE

Un patrimoine exceptionnel à préserver

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Laure Koupaliantz, chef du service Archéologie à la direction de l’Urbanisme.
“ 
Le patrimoine culturel est une ressource de qualité de vie et de cohésion sociale. Il donne de la valeur à un site. Il le rend exceptionnel

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Avec la création d’un service intercommunal d’archéologie, la collectivité se dote d’un outil indispensable pour la protection et la valorisation d’un patrimoine rare.

Créé officiellement depuis le 29 septembre dernier, le service intercommunal d’archéologie est rentré immédiatement dans sa phase de recrutement afin que son dossier de demande d’agrément soit rapidement instruit par le ministère de la Culture et de la Communication.

Effectif en mars prochain, son objectif immédiat sera de donner un coup d’accélérateur aux projets d’aménagements en contribuant à réduire les délais de prise en charge des fouilles. Le service comprendra quatre responsables scientifiques d’opération, un topographe, un régisseur des collections archéologiques et « une dizaine de personnes en renfort sur le terrain » confie Laure Koupaliantz, chef du service Archéologie à la direction de l’Urbanisme et de l’Habitat.

« C’est un sacré challenge et une opportunité magnifique pour valoriser l’exceptionnel patrimoine archéologique de la communauté d’agglomération. » ajoute-t-elle. En France, ce sont 49 collectivités territoriales qui sont autorisées par le ministère à faire des fouilles archéologiques préventives. Le territoire qui nous concerne est particulièrement riche, puisque Reims est l’une des cités gallo-romaines les plus importantes de l’empire romain d’occident. Reims, ville deux fois plus importante que la cité antique de Lyon avait pour nom antique: Durocortorum.Elle avait le statut de citée fédérée et son patrimoine archéologique s’étend aujourd’hui sur plus de 600 ha intra muros ! Cela sans compter, les territoires alentours, très peuplés, quadrillés par d’importantes exploitations agricoles et où l’on peut encore trouver de beaux vestiges. La prescription des fouilles est assurée par le Service Régional de l’Archéologie (DRAC). En collaboration avec l’INRAP (l’Institut National de Recherches Archéologiques Préventives), avec les équipes du Service Régional de l’Archéologie, l’Université et les association concernées, comme la Société Archéologique Champenoise, le service d’archéologie préventive poursuivra deux objectifs stratégiques : réduire significativement, dans le cadre des opérations d’aménagement, les délais de prise en charge des projets et contribuer à la valorisation des richesses culturelles et scientifiques de l‘archéologie pour la collectivité.

« Aujourd’hui, confie Laure Koupaliantz, il faut prendre conscience que le patrimoine archéologique est une ressource du sous-sol non renouvelable et qu’il a toute légitimité à être pris en compte dans une démarche de développement durable. Comme évoqué par la Convention-cadre du Conseil de l'Europe sur la valeur du patrimoine culturel pour la société (Faro 2005), le patrimoine culturel est une ressource de qualité de vie et de cohésion sociale. Dans les opérations d’aménagement, il donne de la valeur à un site. Il le rend exceptionnel. » Un juste retour sur le passé qui bénéficie aujourd’hui d’un service qui lui sera entièrement et passionnément dévoué.  

La petite histoire… de la porte de Mars

La porte de Mars est un vestige archéologique remarquable. Avec ses 33 m, il demeure l’arc de triomphe le plus long du monde romain, subsistant encore de nos jours. Et pourtant, il a bien failli disparaître en 1840 au moment où les remparts de la ville furent détruits pour percer le canal. Mme Veuve Cliquot alertée par ce projet, demanda à Prosper Mérimée, alors inspecteur général des Monuments Historiques, de classer l’arc antique et de le sauver ainsi de la destruction.

Reims Métropole Magazine - N° 106 - décembre 2008

    

    

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L’Actipole Neuvillette rend hommage à son passé gaulois

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 La zone commerciale de la Neuvillette a inauguré vendredi 25 un nouveau monument, au croisement des rues Maurice Prévoteau et Henri Lelarge. Construit pour évoquer les vestiges gaulois découverts auparavant sur le site, il est composé de deux éléments. Sur le rond-point, au centre du carrefour, on découvre d’abord la représentation sous forme végétale d’une nécropole gauloise. En face, au bord de la route, un monument en granit noir représente un plan de coupe de la même nécropole, dévoilant une reconstitution de la tombe à char d’un aristocrate gaulois. L’ensemble permet de rajouter une petite touche artistique au milieu de tous les commerces qui peuplent la zone. C’est l’entreprise « Paysagistes d’Europe » basée à Saint-Brice Courcelles qui a assuré la réalisation des éléments végétaux de ce « jardin archéologique »

        Extraits de l' hebdo du vendredi N° 63 du 01/12/2008

    

    

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PATRIMOINE

 Les dessous de Reims

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On peut considérer les fouilles entreprises le long de la ligne de tramway comme une contrainte supplémentaire…
ou comme une chance unique d’explorer le passé de Reims.

L’intérêt du tramway pour notre agglomération s’apprécie en termes de déplacements, de cadre de vie, de développement durable, d’image et d’attractivité. On oublie dans cet inventaire qu’il ouvre aussi pour les archéologues un champ d’investigations et d’enseignements hors normes. Puisque la construction de la ligne oblige à battre le sol et le sous-sol, creusons d’abord pour explorer, inventorier et, le cas échéant, sauvegarder les traces du passé. Tel est l’objet des fouilles préventives entreprises sur 4 km des 11,2 km de la ligne et financées par la société Mars dans le cadre de la loi sur l’archéologie préventive. Les fouilles ont commencé à l’été 2007 et doivent s’achever en novembre 2008.

Un film en préparation

Réalisées par l’Inrap (Institut National de Recherches Archéologiques Préventives) qui a mobilisé sur ce chantier une trentaine de professionnels, elles sont considérées comme majeures pour la connaissance de la ville gauloise, gallo-romaine et médiévale. « En 10 mois, les fouilles ont déjà permis d'explorer des sites d'une richesse exceptionnelle: l'amphithéâtre, le cardo et le decumanus, un arc et un égout monumentaux. Les recherches ont aussi porté sur des niveaux gaulois, l'urbanisme antique, et des zones d'occupation paléochrétienne et médiévale. Bien que généralement les vestiges apparaissent à une faible profondeur, leur état de conservation est impressionnant. »

Tirant profit de la structure de spectacle vivant installée tout l’été sur la place du Forum par la Ville de Reims, il a été organisé dans le cadre des Journées européennes du Patrimoine les 20 et 21 septembre des projections sur écran géant de trois courtsmétrages documentaires sur le patrimoine archéologique rémois. L’occasion à la fois de mettre en valeur le cryptoportique et de faire un premier bilan des fouilles menées sur le tracé de la ligne de tramway. La ville de Reims, Reims Métropole et l’Inrap envisagent de signer une convention en vue de la production, en partenariat avec France 5, d’un film de 52 minutes sur Reims la Romaine.  

Raconte-moi

Sur une initiative de Reims Métropole, Bruno Decrock, historien et historien d’art, entouré d’une équipe de spécialistes, a réalisé une étude documentaire sur le patrimoine archéologique, historique et monumental situé sur le tracé du tramway. L’ensemble des données collectées ont donné lieu à une exploitation informatisée. Le résultat de ce travail de recherche, réalisé pour la première fois sur notre territoire, sera mis prochainement à la disposition du plus grand nombre sur le site Internet www.lesreimsanciens.fr. Alors que l’agglomération va créer une émulsion autour de son grand projet urbain (voir dossier) et se projeter à 20 ans, il n’est pas inutile de porter un regard sur son passé…

 Extrait de Reims Métropole Magazine - N° 105 - octobre 2008

    

    

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ARCHÉOLOGIE

Le service qui soulève des montagnes .... de terre 

Là où l'agglomération bouge, le service archéologique de Reims Métropole est de plus en plus souvent amené à intervenir : le contoumement autoroutier, la ZAC de Bezannes, lkéa à Thillois, le futur parc d'activités de Cormontreuil, et bientôt les halles du Boulingrin.


La régisseuse des cellections extrait une cruchede l'époque romaine. 

 Une très belle exposition au Cryptoportique de Reims, inaugurée pour les journées du patrimoine, a donné à voir en photos (signées Alain Hatat) le travail des archéologues à travers des chantiers locaux réalisés par le service archéologique de Reims Métropole avant l'été:  le chantier de fouilles commandité par Sanef sur le contoumement sud de Reims et le chantier de fouilles d'un site antique à Bezannes près de la gare TGV.

Complément d'information

Pour Sanef, le service a passé au crible un site d'environ 4000 m² sur le territoire de Les Mesneux, remontant à la Tène ancienne ou moyenne (450-180 av. J-C). Sidonie Bündgen, responsable d'opération, y a rencontré plusieurs vestiges dignes d'intérêt : « une maison à pans coupés, un silo pour la conservation des céréales, un foyer à pierres chauffantes, des trous de poteaux qui pourraient correspondre à un petit grenier et des traces de découpage cadastral de la période romaine.» Sur la ZAC Bezannes, le secteur de 6000 m² fouillé en juin dernier a permis de compléter des informations issues d'opérations antérieures ; « nous avons relevé la présence d'un bâtiment correspondant probablement à une occupation rurale datant du Bas Empire (lII° et IV siècle après J-C) près duquel nous avons trouvé un puits profond de 9 m et les ossements d'un animal au fond d'une fosse » rapporte Régis Bontrond, responsable d'opération.

Un autre chantier de fouilles, ouvert surle  site  des  " Terres  soudées "  à  Thillois,  à l'emplacement du futur lkéa, a récemment pris fin. Quatre périodes d'occupation ont été identifiées: une petite occupation gallo-romaine, deux fosses artisanales de la Tène moyenne, des traces de maisons et plusieurs silos  du  1° âge du Fer, et une batterie remarquable de sept fosses en Y de l'âge du Bronze. A quoi il convient d'ajouter des vestiges de la guerre 1914-1918, notamment un boyau secondaire de tranchée et des impacts d'obus. « La  succession d'occupations et de mobilier abondant en font un site très riche. C'était un gros travail mais qui a réservé de belles surprises » constate Sidonie Bündgen.

 En phase d'analyse

Dans ces trois cas, la phase terrain est achevée, la phase d'analyse est en cours. Les techniciens de fouilles ont  rapporté au dépôt des échantillons de terre qu'ils tamisent pour extraire d'éventuelles "piècesà conviction" (du grain par exemple), et bien sûr les objets trouvés qui vont être lavés, triés, dessinés, marqués à l'encre de chine, conditionnés, inventoriés, consignés dans le rapport de fouilles et éventuellement envoyés dans les laboratoires spécialisés pour datation ou analyse approfondie. C'est dans cette phase post-fouilles qu'entre en scène Anne-Laure Brives qui, en sa qualité de régisseuse des collections, gère le mobilier, prélève elle-même sur le terrain les objets les plus délicats et s'occupe de la mise en place des protocoles de conservation préventive des matériels.

En phase de diagnostic

Un premier diagnostic a été effectué par le service en mai et juin à Bezannes, à la hauteur des futurs équipements hôtelier et golfique. « Notre mission consistait à faire des sondages du terrain, à caractériser les éléments présents et à rédiger un rapport à l'intention du Service Rêgional d'Archéologie pour suite à donner » explique Laurent Camerini, responsable d'opération. Trois autres parcelles ont été diagnostiquées en septembre. Nicolas Garmond responsable d'opération, a localisé deux sites :  « un petit endos de l'époque romaine, sur lequel on a prélevé une cruche complète,

et des vestiges des Âges des Métaux qui font penser à un ensemble d'habitations. » Une nouvelle phase de diagnostic est déjà inscrite en novembre sur le planning de travail. Le service dirigé par Laure Koupaliantz n'en a pas fini avec le parc d'activités tertiaires de Bezannes. « Bezannes est un puzzle comportant de nombreuses traces d'occupation. Nous n'avons pas encore de vision d'ensemble. Il faudra pour cela recroiser nos résultats avec les fouilles précédentes menées par l'inrap et ainsi restituer l'histoire de ce territoire. »

Une équipe interviendra très prochainement en milieu urbain pour un diagnostic autour des halles du Boulingrin. « C'est une opération lourde mais passionnante car il y eu peu de travaux récents sur ce quartier » résume Régis Bontrond qui en aura la responsabilité.

Trois  nouveaux spécialistes sont attendus fin 2009, début 2010: un archéozoologue, un anthropologue et un céramologue, qui viendront apporter leurs compétences particulières et renforcer un service décidément très sollicité.

 Les plans, mémoires des fouilles

Topographe attaché au service archêologiflue de Reims Métropole, Fabrice Laudin est chargé de faire les repérages et l'implantation des zones de fouilles avant les travaux,et pendant les travaux de faire le relevé des éléments extraits de chaque tranchée et de produire les plans détaillés des fouilles. « C'est un support essentiel au rapport de fouilles. Il permet de garder la mémoire du chantier au cours de son évolution, Le théodolite robotisé dont le service a été récemment équipé lui permet désormais de lever ces plans seul.

Extrait de Reims Métropole Magazine N° 111 - 10/2007

    

    

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Archéologie : le nouveau centre de recherches inauguré 

 Hier, le nouveau centre de recherches archéologiques de l’Inrap a été inauguré en zone Farman.


Une salle de remontage est à la disposition des chercheurs
Christian Lantenois

Hier, les nouveaux locaux du centre de recherches archéologiques de l’INRAP ont été inaugurés en grande pompe en zone industrielle Farman (28 rue Robert-Fulton). Depuis 1996, la base d’études de l’INRAP, alors logée au musée Saint-Remi, avait emménagé dans une petite maison de la rue Chanzy.

Désormais, les archéologues rémois disposent de 1.000 m2 de locaux, dont environ 400 de bureaux.

Une vingtaine de chercheurs y sont installés, avec du matériel de chantier, et tout le nécessaire aux études : matériel informatique, salles de remontage, stockage des matériaux découverts en attente d’être étudiés…

Un planning qu’on puisse tenir

En présence des équipes d’archéologues, de représentants des universités, et des partenaires institutionnels ou privés de l’INRAP, la directrice générale de l’institut de recherches archéologiques préventives, Nicole Pot, a rappelé que l’archéologie préventive « s’est construite très progressivement depuis une trentaine d’années. Aujourd’hui, à Reims, on dispose enfin d’un véritable lieu de travail. C’est un lieu de partenariat et d’accueil, ouvert à tous ceux qui s’intéressent à l’archéologie. »

Le maire Jean-Louis Schneiter s’est dit « passionné, en tant que citoyen » par les fouilles archéologiques. Il a souligné que Reims est « dans une période de chantiers de tous ordres, nécessaires à la vitalité de la collective. Il y a l’arrivée du TGV et le contournement autoroutier. Mais aussi le tramway. » Et d’indiquer que la municipalité « rencontre quelques problèmes de délais. Il y a deux sortes d’intérêts : public et privé (entrepreneurs et investisseurs). Il faut que nous arrivions à une très bonne cohésion au niveau des services. Car il est important que nous puissions présenter un planning qu’on puisse tenir ».

Il n’est pas prévu que ces locaux soient ouverts au public. Les découvertes des chercheurs non réclamées par leurs propriétaires continueront à être stockées, pour l’instant, au musée Saint-Remi. L’inauguration d’hier a également été l’occasion pour l’INRAP d’éditer une petite brochure rappelant les 20 dernières années d’archéologie préventive à Reims. Photos à l’appui, on y retrouve les chantiers les plus prolifiques comme celles du parc des Capucins, de la place d’Erlon, de la rue des Moissons ou de la médiathèque…

Patricia Buffet                                          


Pour l’inauguration, quelques pièces exceptionnelles ont été exposées…

Centre de recherches archéologiques de l’INRAP, parc industriel la Pompelle-Farman-Sud, 28 rue Robert-Fulton à Reims.

 Extrait de l'union du 04/07/2007

    

    

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REIMS, métropole de l'Empire Romain

Les fouilles archéologiques, menées depuis une vingtaine d'années à Reims, prouvent que la ville était une cité majeure de l'Empire romain. François Berthelot et ses collègues archéologues ont même fait admettre l'idée que Reims était probablement la plus grande surface urbanisée de l'Empire après Rome.


Les archéologues fouillent actuellement derrière la cathédrale, à proximité du terrain  de sport  Saint Symphorien
ils ont   découvert ce qui était probablement une Domus, demeure bourgeoise de l'époque.

 Les Rémois peuvent se vanter d'avoir sous leurs pieds l'un des plus importants patrimoines de l'Empire romain. Pourtant, malgré les efforts des archéologues de la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) de Champagne-Ardenne, cette réalité historique peine à être admise du grand public. D'ailleurs, l'idée que Durocortorum disposait de la plus vaste surface urbanisée de tout l'Empire, après Rome, n'a été admise que récemment par la communauté scientifique. Pourtant, c'est un fait, d'après les études des archéologues, Reims au II' siècle ap J-C, s'étendait sur près de 600 hectares.

Reims a les faveurs de Rome

Comment expliquer l'ampleur de cette  superficie alors qu'à la même période, Lyon, pourtant une ville romaine de première importance, ne dépassait pas les 150 hectares! D'abord Reims était le centre du pouvoir de la tribu des Rèmes. L'épigraphie (étude des textes anciens) fait référence à plusieurs reprises à ce peuple gaulois. Jules Cesar, dans la Guerre des Gaules, mentionne ce peuple et s'étonne des proportions colossales. de leur oppidum. Celui-ci s'étendait sur 80 hectares, une surface qui, à peu de choses près, correspondait à l'hyper centre-ville actuel. Cet oppidum .était entouré dé remparts en terre et d'un large fossé de 5 à 7 mètres de profondeur. Les Rèmes, rivaux d'autres tribus gauloises implantées à Soissons et Châlons-en-Champagne, ont certainement vu dans les 'velléités de conquête du jeune Jules Cesar un moyen d'affirmer leur puissance localement. Les Rémes furent ainsi les plus fidèles alliés des Romains: La conquête achevée, en guise de récompense, le Sénat romain leur accorda le statut de peuple fédéré. Un statut qui octroyait aux bénéficiaires une. relative autonomie et des faveurs fiscales.

L'empereur Auguste, vers 28 av J-C réorganise son Empire et fait de Reims la capitale de la Gaule Belgique. Une immense et généreuse province qui comprenait alors tout le Nord et l'Est de l'actuelle France, l'Ouest de  l'Allemagne, la Hollande et la Belgique. La civilisation romaine fut une civilisation très urbaine. Toute la province s'organisait alors autour d'un pôle urbaine » explique François Berthelot, archéologue à la Drac.

Une expansion fulgurante

Le nouveau statut de la ville .provoque évidemment des bouleversennents. La ville s'enrichit d'une nouvelle population venant du monde rural environnant et sans doute d'une population de citoyens romains en quête d'un avenir dans une capitale de province.

Dans le dernier demi-siècle avant notre ère un premier plan d'urbanisme voit le jour avec un quadrillage des rues à angle droit de l'ancien oppidum gaulois. Sous  l'impulsion d'Auguste, la surface urbanisée de Reims explose littéralement, passant en moins d'un siècle de 80 hectares â 600 hectares. La poussée de l'urbanisme est tellement forte que l'on commence à construire sur des terres pourtant peu propices aux constructions, â proximité par exempte de l'ancien fossé gaulois ou sur des terrains inondables proches de la Vesle. Mais à quoi pouvait ressembler Reims au premier siècle ? « Sans doute à un ensemble, assez hétéroclite composé de maisons faites de torchis et de bois, et de Domus (riches demeures) appartenant à des citadins fortunés. Celles-ci étaient plus rares du fait de l'éloignement des carrières de pierres », conjecture François Berthelot. « Il est probable aussi que Reims était le lieu d'une intense vie artisanale ».


François Berthelot, archéogue à la Direction régionale des affaires culturelles de Champagne -Ardenne,
tenant un vase en bronze découvert sur le site archéologique de la rue Belin.

Une cité aux dimensions monumentales

Durant les II et III' siècles l'Empire jouit d'une relative période de calme. Cette Pax Rornana va procurer à Reims, un développement de ses bâtiments monumentaux. Le travail et les découvertes des archéologues depuis une vingtaine d'années, montrent les dimensions colossales des édifices gallo-romains.

* D'abord, il y a la fameuse Porte Mars, plus grand arc connu du monde romain, il faut se la figurer avec un décor situé sur un étage supérieur aujourd'hui disparu. Cette porte marque symboliquement l'une, des entrées de la cité mais, selon toute vraisemblance, elle ne matérialisait pas la fin ou le commencement de la ville, puisque celle-ci, aux II et III° siècles, s'étendait largement vers l'actuelle avenue de Laon.

* Le forum constituait le centre administratif, politique et religieux de la Cité. Il s'étendait en forme de U de la place Royale à la place du Forum actuelles. A l'extrémité du forum, sous1a sous-préfecture devait être installée la Curie (centre administratif et politique de la cité. Le forum devait servir également de centre commercial de la cité. Le Cryptoportique, dont les vestiges sont encore incroyablement conservés, ne représentait qu'une petite partie du forum et devait servir de lieu de stockage de biens consommables ou de lieu destiné au commerce. Assurément, ce forum est le plus vaste de toute l'Europe du nord.

* Les thermes se situaient en partie sous l'emplacement actuel de la cathédrale. Fouillès épisodiquement, les archéologues savent major Hui qu'il s'étendait sur plus d'un hectare. « Rien d'étonnant à cela », explique François Brother. l'étendue des thermes est fonction de l'ampleur de la ville. D'ailleurs, il existait peut-être des thermes à d'autres endroits de la ville ». Ces thermes disposaient de plusieurs bassins de températures variables et bénéficiaient d'un système de chauffage très élaboré.

* Les différents chantiers de fouilles ont aussi montré les dimensions importantes des rues. « Nous avons deux catégories de rues, celles de 14,50 m de largeur et dés axes plus importants qui font jusqu'à 17 m de largeur. Il s'agit-là de dimensions importantes ». Les fouilles menées rue de l'Equerre ont permis aux archéologues de suivre le tracé d'une des voies centrale de la cité. « Celle-ci s'étend sur 2,6 km de long. C'est la plus longue rue connue de l'Empire. Même dans les cités orientales on n's pas de dimensions identiques. »

Les archéologues n'ont pas fini de faire la lumière sur l'incroyable passé gallo-romain de la ville. Reims,avant de sacrer les rois, faisait parler d 'elle dans tout l'empire romain.

      Pour en savoir plus :

- Le musée St Remi d'une galerie entièrement consacrée à l'archéologie.

- La Médiathèque Cathèdrale dispose d'une exposition permanente sur les fouilles archéologiques et le patrimoine gallo-romain à Reims.

- La société archéologique champenoise à édité un ouvrage sur Reims et son enceinte du IV° siècle

Extrait de VRI N° 233 02/2006

    

    

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 REIMS, métropole Romaine

Très tôt le site de Reims a été utilisé par les Rèmes - une tribu gauloise parmi d'autres - comme point de rassemblement et de refuge.

Lors de la conquête de la Gaule par César, ils préférèrent s'allier à la puissance romaine, ce qui leur valut une totale indépendance pour bons et loyaux services.

" Durocortorum " prit alors une place prépondérante dans la vie économique du Nord-Est de la Gaule. Les richesses affluèrent et la ville connut une importante expansion. Des vestiges exceptionnels témoignent de cette période faste sous la houlette de Rome.

 
La "Porte Mars" le plus grand arc connu du monde romain

Les anciens érudits n'ont pas manqué de faire le rapprochement entre le nom de l'évêque, saint Remi, qui fut à I l'origine de l'alliance entre Francs et Gallo-Romains et celui du peuple gaulois, les Rèmes, qui par son alliance avec Jules César engagea le destin de leur cité. Le proconsul raconte dans la Guerre des Gaules comment les " Remi " apportèrent leur appui à Rome et lui restèrent fidèles (comme les Lingons de Langres). 

Les fouilles récentes ont montré qu'un oppidum (1) gaulois occupant la rive droite de la Vesle fut l'objet, dès l'époque d'Auguste (27 avant Jésus-Christ - 14 après Jésus-Christ), d'une volonté d'urbanisme et d'une faveur impériale remarquables. On traça des voies, bientôt empierrées, on détermina des modules pour les îlots d'habitation, suivant un carroyage régulier dont le centre était marqué par le forum, à l'intersection des deux axes principaux.


Mercure gallo-romain trouvé rue des Templiers. Bronze du II° siècle 

Le développement économique fut rapide, servi par une étoile routière que nous connaissons toujours ; non seulement les voies romaines sont encore bien visibles dans les environs de Reims, mais encore la fonction de carrefour a été réactivée par l'ouverture récente des auto-routes perpétuant les axes antiques.

Des activités artisanales ont été étudiées en particulier dans le quartier Saint-Remi, là où la Vesle est proche de la Via Caesarea, la route de Rome... et il y a toujours au sud de l'agglomération une importante zone industrielle.


 
Avers et revers d'un aureus de l'empereur Valérien (245 après J.C)

Des rues bordées de portiques ont été découvertes, ancêtres lointains des " passages " encore nombreux autour de l'actuelle place d'Erlon. Quatre fois plus étendue que Lutèce (alias Paris), estimée à 8 000 habitants dans une étude récente, Durocortorum occupait au II° siècle un espace bâti comparable à celui de Reims au début du XX°.

Il n'est pas déraisonnable d'estimer sa population à 20-25000 habitants, mais ce n'est qu'une hypothèse. De toutes façons la métropole de la Gaule Belgique avait un poids considérable dans la province, comme en témoignent les vestiges.

Des édifices de prestige

On date de la dynastie des Sévère (193-235) la construction des grands édifices publics. Les quatre entrées du centre ville, sur les axes principaux (cardo et decumanus) furent marquées par quatre arcs, inspirés des arcs de triomphe ; ils ne célébraient pas la guerre mais au contraire la paix romaine qui assurait la richesse de la cité. 

Le décor de la " Porte Mars ", seul arc conservé, a beaucoup souffert mais on peut y distinguer les travaux des mois sur l'arcade centrale dont le dallage porte encore la trace des sillons qui guidaient les roues des chariots chargés de céréales ou de vin.


Détail du décorde la "Porte Mars" 

Avec ses 33 mètres, c'est le plus grand arc connu du monde romain ; son homologue méridional, la " Porte Bazée ", avait la même ampleur. Les deux autres (proches du Théâtre et de l'esplanade Cérès) sont moins bien connus.

Le cryptoportique de la place du Forum est un ensemble gigantesque, encore incomplètement dégagé. Flanqué de boutiques, surmonté d'un portique de promenade il était le centre d'une activité commerciale qui traversa les siècles.

Les voûtes-d'arêtes en blocage sur de gros piliers de pierre ont résisté au temps ; des traces d'enduit peint rappellent qu'il y avait à l'origine un décor.

Contraction et christianisation


 
Un ensemble gigantesque : le cryptoportique

La partie visible, déjà impressionnante, ne représente qu'à peine le tiers de l'ensemble supposé. Il faut y ajouter un temple, une basilique civile, peut-être la curie des magistrats locaux, un peu plus loin un théâtre (vers le cours Langlet), des thermes (sous la cathédrale) et à la sortie nord, l'amphithéâtre, à l'origine du nom de la me du Mont d'Arène.

De nombreuses habitations privées étaient dotées de mosaïques, dont certaines sont conservées au Musée Saint-Remi.


Mosaïque du II° siècle représentant un combat de gladiateurs

Sous la menace des invasions barbares, vers la fin du III° ou le début du IV° siècle, la ville se replia à l'intérieur d'une enceinte prenant appui sur les arcs monumentaux qui devinrent alors de véritables portes.

La qualité du rempart alors édifié montre un travail organisé par les édiles (2) Des quartiers entiers ont été méthodiquement abandonnés, les matériaux  soigneusement récupérés et les tranchées d'extraction des fondations rebouchées pour permettre la mise en culture.

Une page était tournée, la civilisation urbaine connaissait une éclipse : pendant près de l 000 ans cette enceinte gallo-romaine d'environ 3 000 mètres de circuit suffit à défendre Reims ; le tracé se retrouve rues de Contrai, des Fuseliers, Tronsson-Ducoudray, du Clou-dans-le-fer, des Telliers, Deseaubeau, Andrieux, Rogier, Ponsardin et des Murs.

A la fin du III siècle, un diocèse fut créé dans les limites de la cité romaine ; au IV°, une première cathédrale dédiée aux Saints-Apôtres, fut sans doute élevée dans le quartier Saint-Symphorien.

On attribue à Saint-Nicaise, au début du V" siècle, la construction d'un " groupe épiscopal " à l'emplacement de l'actuelle cathédrale Notre-Dame. Outre une grande église, il y avait un baptistère, sans doute une église des catéchumènes, une maison de l'évêque, un " hôtel-Dieu "pour l'accueil des pauvres et des malades.

Un important programme de fouilles étant en cours sur ce site, nous devrions prochainement mieux connaître la topographie religieuse de Reims au Bas-Empire. Quand ce dernier s'effondra l'Eglise assura le relais pour reconstruire avec Clovis, un nouvel ordre dans l'ancienne Gaule ; la métropole romaine devint tout naturellement une métropole religieuse. Mais cela, c'est une autre histoire...

Patrick Demouy, Université de Reims-Champagne-Ardenne          

(1) oppidum : lieu fortifié.

(2) édile : magistrat romain chargé de l'administration municipale.

Extrait de VRI 1995

    

    

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