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Sous-sol Rémois 

Deux nouveaux sites archéologiques découverts

2017
Au cœur des fouilles sur l’ex Sernam

La tombe gauloise révèle ses secrets

2016

Un liard d'une valeur « inestimable »
Un four de verrier de la période antique découvert à Reims

Découvertes romaines sous le champagne Montaudon

1995  à 2010

MARCHÉ DU BOULINGRIN : Etat des lieux des découvertes
Zac du Vieux-port : plus de 1 000 objets mis à jour !
Fouilles : l'histoire sort de terre
La machine à remonter le temps précède le tram au Théâtre
Deux nouveaux sites au programme de la rentrée
A la recherche des Reims anciens
Une rue romaine mise à jour 
À la découverte de nos ancêtres les Gaulois
lnrap.fr :
les fouilles archéo de Saint-Symphorien en images
Un chantier de fouilles ouvert pour les journées du patrimoine
Reims dévoile ses dessous 
REIMS, métropole de l'Empire Romain
L'aqueduc de Reims au grand jour
Une nécropole gallo - romaine mise au jour au Chemin Vert
 A Reims, l'extraordinaire odyssée du temps se découvre par couches

 

 

 

 

 

 

 

 

Sous-sol Rémois

2018

Reims dévoile de nouveaux secrets
Une découverte à deux visages

Sous l’école Nicolas-Roland, cayères et galeries

St Remi – Le cimetière et ses mystères
Un cimetière mis au jour

2017
L’inspection du sous-sol de 7aint-Remi commence
D
ocumenter les pratiques funéraires

2016
Il y a bel et bien du vide sous la place de la mairie de Reims
Un énorme trou s'ouvre sous un camion en plein centre-ville de Reims

   

   

 Répertoire  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Une découverte à deux visages

Les archéologues ont découvert, en plein centre, un mystérieux bâtiment antique monumental, ainsi qu’un cimetière médiéval jusqu’ici inconnu.


Depuis ces profondeurs, vingt siècles vous contemplent. En particulier, deux rues très bien entretenues entre le Ier et le IVesiècle, avant qu’un grand bâtiment ne voie le jour. Ce site doit permettre, selon l’INRAP, de «
compléter les connaissances sur l’évolution d’un quartier gallo-romain». E.L


Depuis ces profondeurs, vingt siècles vous contemplent.t. En particulier, deux rues très bien entretenues entre le 1er et le  IV siècle, avant qu'un grand bâtiment ne voie le jour. Ce site doit permettre, selon l'INRAP, de «
complèter les connaissances sur l'évolution d'un quartier gallo-romain ». E.L

« On ne peut pas faire un trou à Reims sans découvrir quelque chose. » L’adage de Catherine Coutant, élue chargée du patrimoine, se vérifie encore. Pour la troisième fois cette année. Après le gigantesque site funéraire mis au jour au pied de Saint-Remi (plus d’un millier de sépultures déjà découvertes), après les commerces gallo-romains révélés rue Lesage, sous l’ancien Multicolore, c’est désormais en plein centre, non loin de la cathédrale, que les projecteurs sont braqués.

Sur une parcelle de 2500 m 2 comprise entre les rues Marie-Stuart, Diderot et des Filles-Dieu, six archéologues creusent le sol depuis l’été. Malgré les contraintes de ce chantier en hypercentre (habitations mitoyennes et manœuvres délicates pour les engins), les agents de l’INRAP (Institut national de recherches archéologiques préventives) doivent avoir fini pour le 21 décembre. En janvier, un autre chantier doit débuter, avec la construction de 56 logements, répartis en trois résidences, baptisées « Carré des sacres ».

Avant de bâtir des terrasses avec vue sur la cathédrale, le site appartient donc aux archéologues, qui braquent quant à eux leur regard dans le passé, donc dans le sol. « Nous avons creusé jusqu’à la craie naturelle, à cinq mètres de profondeur » , explique Pascal Neaud, responsable du chantier.

 Avec à la clef, sur un site très accidenté, non pas une, mais deux découvertes : un vaste bâtiment public du IV e siècle, entouré d’un mur « monumental » d’une largeur d’1,70 mètre, et juste à côté, un cimetière utilisé mille ans plus tard, mais fermé par le même mur gallo-romain.

« Nous sommes au cœur de la ville antique et de la ville médiévale , explique Stéphane Sindonino, responsable de l’INRAP pour la Champagne. Pour la partie antique, nous avons découvert un carrefour de rues, l’une sur un axe Est-Ouest, l’autre Nord-Sud. Elles sont particulièrement bien conservées, sur au moins deux mètres d’épaisseur. On ne connaissait pas ce terrain, et la fouille a permis de découvrir des choses inédites. » Certains objets du quotidien ont rejailli du passé : en céramique (vase ou vaisselle brisés), en métal (pièces de monnaie, aiguilles…), en marbre ou en os. Des enduits peints ont confirmé aux archéologues qu’ils étaient dans un « quartier riche, avec des maisons joliment décorées et des rues très bien entretenues » , selon Pascal Neaud.

Mais la vraie découverte, aussi imposante que mystérieuse, consiste dans ce mur colossal qui traverse le site. « On ignore encore la nature de ce bâtiment public » , indique Pascal Neaud. Il vit le jour à la fin de l’Antiquité, à l’emplacement de la rue Est-Ouest. « Cette découverte devrait renouveler nos connaissances sur la période des IV e et V e siècles à Reims, une période dont les vestiges sont habituellement mal conservés. » Une fois les fouilles achevées, un long travail d’étude et d’analyse va débuter, afin de répondre aux questions que ce site pose. Il faudra deux ans pour rendre un rapport. Soit la même durée que le chantier de construction de la résidence, qui doit être livrée fin 2020. 

Une centaine de sépultures du Moyen Âge mises au jour

Après l’Antiquité, le site semble avoir été abandonné pendant des siècles. Si ce n’est pour servir de « carrière », les habitants du Moyen Âge prélevant des pierres sur les vestiges gallo-romains.

Dans ce contexte historique, les archéologues ne s’attendaient pas à découvrir un cimetière médiéval sur une partie du site. Et il leur a fallu se démultiplier pour faire face à tous les ossements mis au jour, tout en poursuivant l’examen des vestiges antiques juste à côté.

Un trait d’union unit cependant les deux découvertes : un tronçon du mur du IV e siècle, large d’1,70 mètre, a été utilisé, mille ans plus tard, pour clôturer le cimetière paroissial. « Ce cimetière semble avoir été utilisé du XIII e siècle jusqu’au XVIII e siècle, et il est à relier à l’abbaye Saint-Pierre-les-Dames, qui se trouvait tout près et qui a disparu à la Révolution » , explique l’archéologue Pascal Neaud.

Selon le principe qui fait que plus le temps passe, plus on construit haut (on bâtit par-dessus) et plus les villes s’élèvent, la partie médiévale est, logiquement, moins profonde que la partie antique. Le cimetière est cependant assez enclavé, avec une forte densité de squelettes, entiers ou pas. « Nous avons dénombré une centaine de sépultures, de tous les âges et des deux sexes , explique Christèle Baillif-Ducros, anthropologue à l’INRAP. Le cimetière paroissial est un lieu fermé, où il faut enterrer tous les habitants du quartier, en les empilant, ce qui exige une certaine gestion de l’espace. »

Comme l’expliquent les archéologues aux élèves de l’école Voltaire, à deux pas, qui visitent le site avec leurs enseignants, « pour faire de la place au fil du temps, on poussait les corps, ce qui pouvait les abîmer » ... Lors des fouilles, les anthropologues ont ainsi découvert trois types de squelettes : «à leur place, manipulés, ou avec des os épars » , décrypte Christèle Baillif-Ducros. Très peu de choses ont été découvertes, à l’exception d’épingles de linceul et de clous. Une raison à cela : « Au Moyen Âge, lorsqu’on meurt, on se présente nu devant le Créateur. »

Les sépultures sont alignées et orientées selon un axe Est-Ouest, avec la tête à l’ouest. Un squelette a toutefois surpris les chercheurs : il a été découvert avec... un gros clou enfoncé dans le thorax. « Sans doute un vampire ! » , plaisantent les archéologues.

G.L


Un mur «
 monumental » traverse le chantier de fouilles. Sur une ancienne rue abandonnée à la fin de l'Antiquité, un vaste bâtiment public a été construit au IV siècle. Les archéologues vont étudier différents documents, dans les mols qui viennent pour comprendre ce qu'il abritait. E.L


Laseconde rue découverte, dans l'axe Nord-Sud, n'est autre que le prolongement de la voie commerçante gallo-romaine découverte, en septembre, rue Lesage, sous l'ancien Musicolor. Avec leur plan en damier, les rues romaines étaient en effet très longues ! E.L


Peu d'effets personnels ont été découverts dans le cimetière, car «
au Moyen Age, lorsqu'on meurt, on se présente nu devant le Créateur », E.L


Christèle Baillif-Ducros, anthropologue à l'INRAP, chargée de l'étude des sépultures, et de leur lien proche avec l’ancienne abbaye St Pierre les Dames. E.L


Des squelettes intacts, mals aussi des «
réductions de corms » ou des ossuaires ont été mis à jour,0 l'objectif était, au fil des siècles, de faire de la place dans le cimetière paroissial. E.L

Guillaume  LÉVY

Extrait de l'union du 01/12/2018

 


Sous l’école Nicolas-Roland, cayères et galeries

Des crayères ont été découvertes fortuitement sous l’école. Depuis, les primaires poursuivent leur scolarité   à la maison Saint-Sixte et les maternelles chez les Petites sœurs de l’Enfant Jésus. Qu’a-t-on trouvé précisément ?   Que va-t-il se passer maintenant ?


Ysoline Hannion, ingénieure-géologue en risques naturels au BRGM et Jean-Paul Batteux, spéléologue, sont descendus en rappel pour examiner les cavités sous l’école Nicolas-Roland. BRGM

 
Les archéologues ont creusé à moins d’1,50m de profondeur, dans la cour de récréation, et ont mis au jour les deux têtes de puits rebouchées avec des moellons, (le bouchon de la voûte). A gauche: la chambre d’1,40m de haut. En dessous, la partie décomprimée qui débouche sur la zone instable. BRGM et JP Batteux.


LES FAITS

*.- LE 22 OCTOBRE, les archéologues de l’Inrap ont investi la 2eème cour de récré de l’école Nicolas-Roland, située rue d’Oseille à Reims, afin de procéder à un diagnostic archéologique anticipé.

*.-L’ASSOCIATION IMMOBILIÈRE CATHOLIQUE propriétaire des bâtiments a un projet de rénovation avec reconstruction partielle de l’établissement scolaire.

*.-DEUX TÊTES DE PUITS sont mises au jour. Le lendemain, le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) mène une inspection et décèle une partie instable, le risque d’effondrement est réel. Le site est fermé au public.

Ce ne devait être qu’un simple diagnostic archéologique au cœur des vacances scolaires de la Toussaint. Située sur un flanc de la butte Saint-Nicaise classée par l’Unesco, l’école Nicolas-Roland se trouve dans un secteur chargé d’histoire, puisque à deux pas de la basilique Saint-Remi dont les abords ont fait l’objet de longues fouilles archéologiques ces derniers mois.

Un diagnostic demandé par l’association immobilière catholique (AIC), propriétaire des bâtiments de la rue d’Oseille. Dans le cadre de son programme de rénovation de ses écoles de Reims, l’AIC a en effet pour projet de restructurer Nicolas-Roland. L’école est composée de plusieurs bâtiments, dont deux en briques et deux grands préfabriqués (l’un désaffecté, l’autre abritant les CM1 et CM2).

Le projet envisageait ainsi la construction d’un bâtiment avec un sous-sol aménagé. « Si le terrain est susceptible d’intéresser les archéologues, ça n’entraîne évidemment pas les mêmes coûts » , expliquait il y a quelques jours dans nos colonnes Olivier Delalle, secrétaire de l’AIC. C’est pour cela que cette dernière avait fait une demande anticipée de diagnostic.

Les archéologues de l’Inrap avec leur pelle mécanique devaient sonder 5 à 10 % de la cour de récréation des grands, durant les vacances de la Toussaint. Ils avaient quasiment terminé lorsqu’ils ont mis au jour, à moins d’1,50m de profondeur, deux têtes de puits : des essors de crayères.

Dans la foulée, le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) est saisi par la Direction départementale des territoires (DDT Marne) pour mener des investigations en urgence.

ON NE SAVAIT PAS SUR QUOI ON ALLAIT TOMBER

Dès le lendemain matin de la découverte, Ysoline Hannion, ingénieure-géologue en risques naturels, se rend sur place, accompagnée d’un spéléologue. Le site est sensible. « C’est une école. On ne savait pas sur quoi on allait tomber. Il s’agissait donc de mener les investigations rapidement, tant que nous étions encore dans la période des vacances. » Les deux têtes de puits ne sont pas très loin l’une de l’autre. « L’un des deux puits a été remblayé en partie », avec de la terre végétale. « Nous n’avons donc pas pu l’inspecter. »

Après avoir vérifié qu’il n’y avait pas de poche de gaz, Ysoline Hannion et Jean-Paul Batteux, le spéléologue, descendent sous terre par le second puits, qui se révèle être un essor de crayère de 7 mètres environ de profondeur, peut-être un peu plus. « Il y a probablement 3 mètres de remblai » . Une crayère creusée à l’époque du Moyen Âge, pour récupérer la craie. « On a constaté quatre départs », l’un entièrement rebouché avec de la terre végétale qui va en direction du second puits ; « un deuxième avec une voûte maçonnée et remblayée par des blocs de pierres » , signe donc d’une occupation plus tardive. Un autre souterrain a lui aussi été comblé ; et un quatrième départ, « accessible en se faufilant à plat ventre. »

IL Y A UN RISQUE D’EFFONDREMENT

Après avoir rampé, les deux «explorateurs » atterrissent dans une chambre d’1,40m de haut. Un mur en pierre a été monté, on ne sait quand, «et une percée a été faite au centre sans que l’on puisse la dater non plus».

Voilà les deux visiteurs dans une autre pièce, spacieuse, creusée là encore dans la craie, d’une hauteur de 3,80 m, avec à droite « une zone décompressée » (éboulis). « On a réussi à se faufiler difficilement par là, jusqu’à un petit conduit amenant à un escalier. On aperçoit simplement les premières marches en pierre de taille. Il devait ramener à la surface mais ce n’est plus du tout accessible. »

C’est toute cette dernière partie après la zone décomprimée -susceptible de se situer sous le préfabriqué occupé- qui préoccupe le BRGM, car a priori creusée à une profondeur moindre : « Dans un horizon 0-3mètres. À ce niveau, le toit en craie est très fracturé. Ailleurs, la cavité est saine, il n’y a pas d’infiltration. »

Difficile de cartographier à l’heure actuelle ces cavités souterraines. « Nous sommes descendus simplement avec un laser-mètre et une boussole. On a exploré une surface de 15m sur 10 environ » , explique la jeune femme qui a passé 5 heures sous terre afin de réaliser un diagnostic rapide. Est-ce qu’une partie de ces cavités se situe bien sous le préfabriqué et à quelle profondeur exactement ? Qu’y a-t-il précisément au-delà des départs des galeries obstruées ? D’autres zones de vide résiduel se trouvent-elles ainsi sur cette parcelle ? « Il y a un risque d’effondrement, certifie Ysoline Hannion. Il nous manque des éléments pour déterminer si c’est à très court ou à moyen terme » . L’ingénieure-géologue a couché tout cela dans son rapport. Et le principe de précaution a immédiatement été appliqué par le diocèse.

DEUX ÉTUDES MENÉES CONJOINTEMENT

La suite ? « On traite avec l’État et le futur aménageur. » C’est au propriétaire de l’école de prendre en charge financièrement la suite des investigations.

Le service géologique national préconise des études approfondies afin de déterminer l’état exact des cavités découvertes et pas seulement la partie jugée instable. L’idée est de pouvoir inspecter au peigne fin la parcelle, de la cartographier, de modéliser en 3D le sous-sol afin de déceler le cas échéant d’autres «anomalies » significatives, notamment avec la méthode de microgravimétrie. On ne devrait rien trouver de plus profond car le site est situé sur le flanc de la butte Saint-Nicaise, « et à cet endroit, la nappe phréatique se situe à un peu moins de 15 m de profondeur» , renseigne Ysoline Hannion.

La municipalité a décidé de mener plus loin les investigations et a d’ores et déjà mandaté le BRGM pour une «radiographie » du sous-sol sur la voie publique, tout autour de l’école. « Le linéaire n’est pas encore défini précisément mais est concernée une partie des rues du Barbâtre, d’Oseille et d’Armonville. » Des études qui devraient être menées très rapidement, peut-être même avant la fin de l’année.

Et ensuite ? Ça ne met pas forcément à mal le projet de restructuration de l’école, « une partie des cavités une fois consolidées pourrait être utilisée comme sous-sol. Il peut aussi être préconisé de combler le vide par du béton hydraulique par exemple. » Une chose est sûre, ce n’est pas demain que les 150 écoliers reprendront le chemin de leur classe de la rue d’Oseille...

« Nous sommes descendu avec un laser-mètre et une bousole. On a exploré une surface de 15 m sur 10 environ. »

Une réaction très rapide

« Dès la découverte des cavités, cela a été très rapide. Avec une prise de conscience immédiate par la DDT51 et les services de la ville, très sensibilisée à la question des cavités et leur problématique, avec la mise en place donc dans la foulée d’un diagnostic par microgravité » , indique Xavier Bourrat, qui rappelle au passage que « le BRGM intervient pour les expertises et les études concernant le sol ou le sous-sol comme la gestion des nappes d’eau souterraines, ou par exemple l’évaluation des risques liés aux nombreuses cavités sous nos villes (caves et crayères) » .

Il vient tout juste d’être nommé à la tête de la direction régionale de Reims.

Docteur es sciences, il est l’auteur de nombreuses publications et conférences scientifiques et inventeur de 6 brevets industriels. Il a pour mission de poursuivre l’excellent travail d’appui aux politiques publiques réalisé par Pierre Pannet son prédécesseur, auprès des responsables régionaux et des services déconcentrés de l’État. Il a également pour mission de développer la recherche et l’innovation dans le secteur de l’environnement. Parmi les axes identifiés par le BRGM, se trouve l’impact du changement climatique sur l’activité économique, notamment viticole, et ses opportunités pour l’économie locale. Il aura également pour mission de développer dans notre région les applications de pointe du BRGM en matière de « ville durable » : Châlons et Reims jouissent par exemple d’un bon potentiel géothermique encore inexploité.

LES AUTRES POINTS

DES OSSEMENTS MIS AU JOUR

Dans l’enceinte de l’école, au milieu de la deuxième cour de récréation, celle réservée aux enfants scolarisés en primaire, les archéologues ont réalisé deux petites tranchées de moins de 2 m de large. Les archéologues ont décapé le sol sous 1 m à 1,50m de profondeur. C’est en travaillant sur la deuxième tranchée qu’ils ont donc mis au jour les deux essors de crayères. Un chantier qui est allé finalement de découverte en découverte. Puisque au cours des premiers jours, ils ont réalisé une découverte archéologique majeure, en mettant au jour notamment plusieurs sépultures. Des fouilles approfondies devraient être ainsi préconisées.

EN 3 ANS, PLUS DE DIX CAVITÉS DÉCOUVERTES

À Reims, il n’existe pas pas de cartographie précise du sous-sol. « En 3 ans, on a découvert un peu moins de 15 cavités sur Reims », explique Ysoline Hannion. Le BGRM a mené à chaque fois un diagnostic. « À chaque fois, l’alerte a été donnée par la voirie ou des propriétaires qui ont découvert un trou ou ont constaté un affaissement de terrain chez eux et préviennent le service des risques majeurs de la ville ». En général, il s’agit de trous de 10 m de profondeur environ et d’1m de large « d’anciens puits asséchés ». La découverte réalisée il y a un peu moins de deux semaines est la plus grande cavité mise au jour à Reims depuis très longtemps.

DES TRACES D’OCCUPATION

De quand datent ces cavités ? La question reste, pour l’heure, sans réponse. «  On sait que les deux puits ont été creusés à l’époque du Moyen Age afin de récupérer la craie » . Difficile de déterminer quand les différents souterrains ont été creusés. Tous ne l’ont pas été a priori à la même période.  Des inscriptions ont été découvertes sur la craie. Des noms et des dates ont été aperçus, signes d’une occupation humaine, peut-être durant « la Révolution française où Reims a été assiégée ». Ou encore des graffitis plus récents du 19 e siècle et du premier conflit mondial. « On a découvert également des traces de noir de carbone dû à la combustion de bougies, des bancs en acier : des ancrages pour l’installation d’étagères et de lits », énumère Ysoline Hannion, ingénieure-géologue en risques naturels. « À la reconstruction, ça a été très vite. On a bouché rapidement et on a fini par oublier ces cavités. »

Extrait de l'union du 15/11/2018

 L’inspection du sous-sol de Saint-Remi commence

Avant l’aménagement des abords de la basilique, des sondages sont réalisés dès aujourd’hui. Image

L’ESSENTIEL

Le réaménagement des abords de la basilique et de son parvis devrait démarrer en octobre et durer deux ans, pour se terminer en juin 2019.

À la suite des diagnostics archéologiques prescrits par l’État, réalisés en fin d’année 2016 et début 2017, des inspections techniques visant à détecter la présence d’éventuelles cavités souterraines vont être entreprises rues Simon, Ambroise-Petit, Saint-Julien, Saint-Sixte, places Lenoncourt, Saint-Timothée et Chanoine-Ladame, à compter d’aujourd’hui.

La durée des inspections sur la voirie est estimée à 7 jours.

Le sous-sol va être passé au crible, toute cette semaine, afin de s’assurer qu’aucune cavité ne vienne jouer les trouble-fêtes à la fin de l’été, lorsque les tractopelles et les marteaux piqueurs auront pris possession des lieux, en vue du réaménagement des abords de la basilique Saint-Remi.

« Ces inspections techniques n’impliquent pas de travaux de sondages destructifs, explique-t-on au service de la voirie de la Ville de Reims. Mais ces mesures nécessitent l’absence de bruit routier et de masses statiques sur le domaine public », autrement dit de véhicules en stationnement.

Parvis redessiné, rue redressée et stationnement déplacé

On le sait, le sous-sol rémois est un gruyère. Des crayères se cachent dans les caves des habitations du quartier Saint-Remi notamment. Beaucoup ont été, au fil des années, murées sommairement et puis oubliées. Sauf que le temps a fait son œuvre et certaines sont devenues fragiles et risquent maintenant de s’effondrer.

Toute la semaine, localement, selon l’avancement des interventions techniques, des tronçons de rues seront donc ponctuellement interdits à tous véhicules. Par ailleurs, les bus seront déviés durant toute cette semaine d’inspection.

« Les abords de la basilique Saint-Remi n’ont pas été repensés depuis les années 60, et il est vrai que l’agencement des lieux n’inspire pas à la déambulation », concédait dans nos colonnes, il y a quelques mois, Valérie Beauvais, l’adjointe au maire de Reims en charge de la voirie.

La requalification prévoit de supprimer les bosquets et autres petites haies, de redresser la rue Saint-Julien et donc de déplacer les places de stationnement, collées quasiment à l’édifice. Le parvis va être redessiné et sera en pierre naturelle. « On va recréer tout un cheminement piétonnier autour de cet édifice, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco. Il ne s’agit pas de faire quelque chose de trop minéral », assurait encore l’élue.

Les fouilles archéologiques menées en début d’année devraient livrer leur secret, d’ici la fin du mois de juin, au cours d’une présentation au public dont les modalités sont encore tenues secrètes.

Quant à l’enquête réalisée en mai auprès des habitants du quartier Saint-Remi afin de connaître leur souhait quant à l’aménagement du parc attenant à la basilique, ses résultats ne sont pas encore connus.

Les cinq étapes du chantier

Étape 1 : fermeture partielle des rues Simon et Ambroise-Petit depuis la rue du Châtelet et jusque la rue Tournebonneau, ce mardi 6 juin de 8 à 19 heures ; le marché est maintenu. Le jeudi 8 juin en soirée à compter de 19 heures, dans le tronçon entre la rue du Châtelet et le rectorat.

Étape 2 : fermeture partielle de la place Lenoncourt jusqu’à la rue Féry (comprenant les parkings au niveau de la basilique) et de la rue Saint-Julien, entre la rue Féry et la place Saint-Timothée, les 7 et 8 juin de 8 à 19 heures (rue Saint-Julien à compter du 8 juin).

Étape 3 : fermeture de la place Saint-Timothée : les 12, 13 et 14 juin en soirée, de 21 heures à 1 heure du matin.

Étape 4 : fermeture de la rue Saint-Sixte, le mardi 13 juin de 12 à 19 heures.

Étape 5 : des mesures seront réalisées aux abords de la basilique (hors route).

Aurélie Beaussart 

Extraits de l'union du 04/06/2017

2016 -08-01- Il y a bel et bien du vide sous la place de la mairie de Reims

Les expertises consécutives aux effrondrements, rue Docteur-Jacquin, ont mis en évidence une « anomalie » devant l’hôtel de ville. Un périmètre de sécurité a été mis en place.


Un périmètre de sécurité a été installé vendredi après-midi place de l’Hôtel-de-Ville pour une durée indéterminée

De la rue de l’Arbalète à la place du Forum, en passant par la rue de Pouilly, et jusqu’à la place de l’Hôtel-de-Ville, aucun recoin n’a échappé au gravimètre des spécialistes du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM).

L’organisme public basé à Reims avait été appelé à la rescousse par la Ville après les deux effondrements spectaculaires survenus rue Docteur-Jacquin au mois de juin, pour s’assurer qu’il n’existait pas d’autres risques aux alentours. « Les services ont été très vigilants », se félicite l’adjointe à la voirie, Valérie Beauvais. « Après le phénomène, on ne s’est pas contentés de regarder au-dessus du trou… »

Les résultats des études, qui ont duré environ trois semaines, sont tombés vendredi matin. Bilan :huit « anomalies » ont été détectées dans le secteur, « dont cinq gérables » et en passe d’être solutionnées, note Alain Bertolotti, directeur de la voirie à la Ville. Il en reste donc trois qui posent question, toutes localisées sur la place de la mairie. « Deux s’expliquent certainement par l’existence de caves anciennes, attenantes à des habitations », note Pierre Pannet, directeur territorial au BRGM. S’il émet un doute, c’est que ses équipes n’y ont pas eu accès lors de leurs investigations sur le terrain. « Nous allons faire une enquête de voisinage pour en savoir plus », prévient-il.

Place de l’Hôtel-de-Ville, en revanche, le problème est plus sérieux. Pour savoir ce qui se cache sous les pavés, et expliquer le déficit de densité, le BRGM va missionner une société pour faire une campagne de sondages, « cinq ou six » au total. Une opération qui ne demande pas plus de deux ou trois jours et dont les résultats pourraient être livrés dans la quinzaine suivante. Reste à savoir si l’entreprise est disponible en cette période estivale. De ce verdict dépendra le traitement : s’il s’agit d’un « gros vide », il sera comblé par injection de coulis de béton ; s’il s’agit de sols décompactés, on préférera introduire de la résine, comme cela est préconisé sous le trottoir devant Sushi Shop, en raison du nombre de réseaux à cet endroit.

En attendant, même si le risque est infime, un périmètre de sécurité a été installé par la Ville au pied de la mairie, neutralisant sept places de stationnement. Une zone de 20 mètres par 15, que Pierre Pannet compare au diamètre d’un impact d’obus du canon Grosse Bertha de la Première Guerre mondiale...

Un gravimètre pour détecter les cavités

En plus de son enquête de voisinage, le BRGM a utilisé un gravimètre pour détecter d’éventuelles cavités aux abords de la rue Docteur-Jacquin. Il permet de mesurer le champ gravitationnel de la terre : s’il affiche un déficit de gravité, c’est qu’il y a du vide ou que le terrain est très décomprimé. Un bon moyen de délimiter les endroits qui nécessiteraient des sondages – coûteux et destructeurs. « On a visité et topographié dans le secteur toutes les caves qu’on a pu, soit une bonne trentaine ; sachant qu’il y a jusqu’à trois niveaux de caves », note Pierre Pannet qui précise que la ville repose sur 8 à 10 mètres de remblai depuis l’époque romaine. « Et on a appliqué un modèle mathématique permettant de modéliser le bâti et donc d’éviter d’avoir un résultat erroné à la mesure de la gravité à côté des bâtiments. »

Marion Dardard

xtraits de l'union du 01/08/2016

Un énorme trou s'ouvre sous un camion en plein centre-ville de Reims

Depuis cet incident, la circulation est totalement interdite de la mairie de Reims vers la place du Forum.


Entre 14h et 14h30, le camion de 12 tonnes a été retiré sans encombre par deux grues du trou dans lequel il s’était enfoncé. Les appareils de levage l’ont soulevé à un mètre de hauteur avant de le déposer sur le trottoir où son chauffeur a pu le récupérer.

L’impressionnante crevasse d’environ 4 mètres de profondeur et 5 à 6 mètres de longueur est à présent visible dans sa totalité, attirant de nombreux curieux. Les services de la Ville et une entreprise du BTP vont maintenant décaper la chaussée autour du trou, afin de sécuriser le site.

L’origine de l’effondrement ne sera connue qu’après le déblaiement du fond de la cavité. Il peut s’agir d’une fuite d’eau sur une canalisation (il en passe une à cet endroit) ou de l’effondrement d’une ancienne cave. Il faudra ensuite remblayer le trou. Les travaux peuvent durer jusqu’à la fin de la semaine.

Ce mercredi matin, vers 11 heures, un camion de 12 tonnes, qui circulait entre l’hôtel de ville de Reims et la place du Forum, a bien failli tomber au fond d’un trou rue du Docteur-Jacquin, devant l’hôtel de la Salle. La chaussée s’est affaissée à son passage et le véhicule est resté coincé au-dessous d’un trou dont la profondeur est estimée à 4 mètres sur 5 à 6 mètres de longueur.

Pour le sortir de là, il va falloir faire appel à deux grues. Elles devraient être sur place vers 14 heures. Ensuite, il faudra inspecter la chaussée pour savoir pourquoi elle s’est soudain effondrée. L’hypothèse privilégiée est celle d’une fuite d’eau sur une canalisation souterraine.

En attendant le dégagement du camion et les travaux de remise en état, la rue du Docteur-Jacquin est totalement fermée à la circulation. Les usagers sont déviés par le cours Langlet ou la rue Jean-Jacques-Rousseau.

xtraits de l'union du 08/06/2016

 

 

 

 St REMI


Le cimetière et ses mystères

La fouille du cimetière découvert au pied de Saint-Remi révèle peu à peu ses secrets. Mais les archéologues n’en sont encore qu’au tout début.


Magnifiquement conservée, cette gourde en céramique a été trouvée « sous la fesse droite d’un sujet masculin», qui aurait vécu il y a plus de 600ans.


Une dizaine d’archéologues du Gd Reims et de l’Inrap fouillent le site d’un ha au pied de lma basilique. Il pourrait contenir jusqu’à 500 tombes

Les cimetières du Moyen-Âge sont très souvent saturés. C’est le cas ici, avec une grosse densité de tombes, et parfois un enchevêtrement d’os.» Laure Koupaliantz, cheffe du service archéologique du Grand Reims, et Mathilde Arnaud, responsable du chantier de fouilles, ont présenté la semaine dernière aux élus et à la presse l’important cimetière médiéval mis au jour au pied de la basilique Saint-Remi (nos éditions des 10 et 18 mai).

Depuis un mois, une dizaine d’archéologues du Grand Reims et de l’INRAP (Institut national de recherches archéologiques préventives) creusent, grattent, balaient, nettoient, d’une sépulture à l’autre, sur un site funéraire d’un hectare. Le chantier qui les attend est colossal : selon les estimations hautes, le cimetière aurait été utilisé pendant plus d’un millénaire (de 500 à 1800 environ) et pourrait compter jusqu’à 500 tombes. De 1,80 à 3,50 mètres de profondeur, les sépultures sont superposées sur plusieurs niveaux (jusqu’à cinq niveaux), allant du plus récent au plus ancien.


«
 Les gens au Moyen-Âge voulaient être inhumés près de leurs proches du curé et de l'église.Il y a donc ici un grand nombre de tombes. »
Philippe Vidal anthropologue (lNRAP)

Parmi les tombes déjà fouillées, une a particulièrement retenu l’attention. « Nous y avons découvert une gourde en céramique, du XIV e siècle selon les premières observations , annonce Mathilde Arnaud. Elle était sous la fesse droite d’un sujet masculin, qui devait la porter en bandoulière. Un spécialiste en céramique va travailler dessus. » Dans la même tombe, une autre surprise attendait les archéologues : « Deux disques de verre avec du tissu, qui étaient rattachés à un pourtour métallique. Cela laisse à penser que ce serait des lunettes, ou des besicles. »

Excepté ces deux découvertes, les sépultures déjà fouillées ne contiennent pas d’objets. « Dans les tombes du Moyen-Âge, on trouve souvent très peu de matériel » , explique Philippe Vidal, anthropologue à l’INRAP. Lui va être particulièrement chargé de «l’analyse biologique des squelettes» , qui seront tous transférés dans les locaux de l’INRAP. « On prélève les os déjà pour pouvoir fouiller en dessous, ensuite pour étudier les populations enterrées ici. En l’absence d’objets découverts, l’analyse des os au Carbone 14 est très utile pour fixer précisément la date d’inhumation. »

La fouille et les analyses à venir doivent permettre de répondre aux trois objectifs des archéologues rémois : « comprendre l’organisation du cimetière, fixer sa durée d’utilisation, étudier ses populations et leurs pratiques funéraires » . Les fouilles doivent être achevées en janvier 2019, pour laisser la place ensuite au gros du chantier du parvis de la basilique. Le maire a indiqué que ces travaux de mise en valeur seraient bien achevés fin 2019, début 2020, «sans retard ». « La durée des fouilles avait été anticipée », précise Arnaud Robinet.


« Deux disques de verre, avec du tissus, qui étaient rattachés à un pourtour métallique »: les archéologues pensent avoir trouvé des lunettes du XIV° siècle !


Le chantier de fouilles doit durer neuf mois, jusqu’en janvier 2019.
D. MOUSSY D

 
Tous les squelettes seront prélevés et transférés dans les locaux rémois de l'INRAP. Ils seront étudiés biologiquement et analysés au carbone 14, ce qui permettra de les dater plus précisément.


Des canalisations traversent le site, ce qui rend le travail de fouille plus difficile, mai peut aussi permettre de s'asseoir un peu.


Les fouilles devancent le chantier de requalification des abords de la basilique. Celui-ci devrait s’achever fin 2019, sans retard. « 
La durée des fouilles avait été anticipé », indique le maire.Image


Les archéomogues font face à un «
 enchevêtrement d’os », le cimetière ayant vraisemblablement servi pendant plus d’un millénaire. Les tombes sont superposées jusqu’à 3.50 m de profondeur.

Guillaume LÉVY

Extrait de l'union du 28/05/2018


 Documenter les pratiques funéraires

Archéologue et anthropologue remettent en perspective la récente découverte d’un cimetière millénaire au pied de la basilique Saint-Remi


«
L’espace funéraire couvre potentiellement neuf siècles d’occupation, impliquant des superpositions de tombes sur au moins quatre niveaux. »
Guillaume Lévy

À SAVOIR

*.- LE CHANTIER a débuté le 14 mars et s’organise en 4 phases de fouille. La zone funéraire, sur le parvis, a commencé le 18 avril et doit durer 8mois.

*.- LA RESPONSABILITÉ d’opération repose sur Mathilde Arnaud du Service archéologie du Grand Reims, assistée de Sandrine Thiol, anthropologue à l’Inrap, et de Marie-Cécile Truc, responsable adjointe d’opération spécialisée dans la période médiévale

(Inrap). Huit techniciens de fouille (SAGR) complètent l’équipe.

La semaine dernière était révélée une découverte archéologique «majeure » . Dans le cadre du chantier du parvis de la basilique Saint-Remi venaient d’être mis au jour cent premières tombes d’un cimetière ayant probablement servi pendant plus d’un millénaire, de l’époque de Clovis à la Révolution française. Mathilde Arnaud, responsable d’opérations (SAGR), et Sandrine Thiol, anthropologue (Inrap), remettent en perspective les fouilles en cours.

Quelle est l’importance de la récente découverte au pied de la basilique Saint-Remi ?

Ce n’est pas une découverte exceptionnelle en soi dans la mesure où d’autres cimetières médiévaux sont connus à Reims. Cependant, ils demeurent peu nombreux et ont été fouillés sur des surfaces restreintes. Ici l’espace funéraire est vaste et couvre potentiellement neuf siècles d’occupation, impliquant des superpositions de tombes sur au moins quatre niveaux.

Saint-Remi est également connu traditionnellement comme le secteur ayant accueilli les premiers chrétiens, il s’agit donc d’une opportunité de documenter leurs pratiques funéraires et d’observer l’évolution de ces pratiques.

En effet, en dehors de Saint-Remi, il existait de nombreux autres édifices religieux – disparus depuis – qui devaient avoir leurs cimetières associés. Au cours des années 1990, une portion du cimetière lié à l’église Saint-Julien a été observée. La fouille doit nous permettre de distinguer ainsi différents groupes de populations et éventuellement de les associer à tel ou tel édifice religieux.

Que sera-t-il possible de déduire à l’issue de ces fouilles ?

L’étude anthropologique qui sera menée permettra de caractériser l’état sanitaire (maladie, carences…) et pourra peut-être renseigner sur le statut des individus – population plutôt de type paroissiale à Saint-Julien et population plus élitiste pour Saint Remi ? Les pathologies – voire leur absence – aideront quant à elles à documenter le type d’activités pratiquées par ces populations.

Quelle a été la genèse de ce chantier ?

L’intervention archéologique s’inscrit dans le cadre réglementaire qui définit l’archéologie préventive, c’est-à-dire la mise en œuvre, par arrêté préfectoral, de fouilles en amont de projets d’aménagement susceptibles de détruire des vestiges archéologiques. Un diagnostic archéologique a d’abord été réalisé suite à la décision de réaménager le parvis et ses abords, dans le but d’estimer le potentiel archéologique du secteur. Celui-ci nous a permis, dès cette étape, de s’attendre à une densité de sépultures importante, conformément à l’attraction exercée par une basilique si importante dans l’histoire de la ville de Reims.

C’est à partir du XVIII e siècle que la mise en œuvre de règles d’hygiène relègue les cimetières vers les extérieurs des villes

 Cette découverte n’est donc pas une surprise ?

Non, car il était connu de longue date, par les sources historiques, que des cimetières étaient associés à l’église Saint-Julien et à la basilique Saint-Remi. Au Moyen Âge, il est d’usage de chercher la protection des saints et de leurs reliques puis les églises deviennent les espaces funéraires de prédilection, l’enjeu pour la population étant de rester proche de Dieu. C’est à partir du XVIII e siècle que la mise en œuvre de règles d’hygiène en espace urbain, pour limiter les épidémies, relègue les cimetières vers les extérieurs des villes dans des espaces clos, propriétés des communes. L’histoire de la ville de Reims est riche, de l’Antiquité à nos jours, et le potentiel archéologique est donc important. Bien que de nombreuses opérations aient déjà été menées ces dernières années, du fait de nombreux projets d’aménagements, le total cumulé de ces zones fouillées ne représente qu’une infime partie de la ville. Ainsi, chaque nouvelle opération peut s’avérer riche en découvertes et compléter notre connaissance, en particulier pour la période médiévale qui demeure encore méconnue.

Quel est l’état de conservation des premiers squelettes découverts ? Pouvez-vous établir le sexe des défunts ? Leur âge ?

L’état de conservation est varié. Cependant, le problème majeur réside dans les nombreux recoupements, liés à une occupation importante du cimetière et aux aménagements modernes du parvis (réseaux d’eau, d’électricité…) qui perturbent les tombes.

CE TYPE DE FOUILLE (…) RENVOIE À NOTRE PROPRE MORTALITÉ

Or, pour apprécier pleinement l’identité d’un individu (sexe, âge), il est nécessaire de pouvoir disposer de la totalité du squelette. En effet, la détermination du sexe ne peut être assurée que si le bassin est bien préservé. Quant à l’âge, de nombreux critères doivent être observés : crâne, dents, colonne vertébrale… C’est donc le cumul de tous ces critères qui nous permet d’être le plus précis possible.

Sur un plan plus personnel, que ressentez-vous face à ce type de découvertes ?

Tout archéologue est un jour confronté à la fouille d’un squelette. Certains n’arrivent pas à prendre de la distance, d’autres sont plus habitués et se détachent. Cette habitude ne nous empêche pas, au contraire même, d’apporter un soin particulier à chaque squelette fouillé. Ce type de fouille interroge souvent car cela renvoie à notre propre mortalité. C’est parce que les sépultures vont être détruites par les nouveaux aménagements envisagés qu’elles doivent être prélevées. Le soin apporté à la fouille se poursuit durant toute leur étude. Par ailleurs, il est plus facile de prendre de la distance face à un cimetière qui s’est constitué dans le temps, comme celui du parvis, que face aux tombes de la Grande Guerre, si courantes dans notre département, et qui renvoient à des morts violentes.

MATHIEU LIVOREIL

Extrait de l'union du 17/05/2018


 Un cimetière mis au jour

Les archéologues ont découvert, au pied de la basilique Saint-Remi, un cimetière médiéval avec des tombes remontant au V e siècle. Cent tombes ont déjà été mises au jour.


Le chantier de fouilles de la basilique Saint-Remi, qui s’étend sur un hectare, a démarré en mars. Une centaine de tombes a été découverte, mais il pourrait y en avoir cinq fois plus. Dix squelettes ont été prélevés et transférés dans les locaux de l’INRAP. G.L

La découverte est qualifiée d’ « importante » , « rare » , voire « majeure » . Dans le cadre du chantier de mise en valeur de la basilique Saint-Remi, les archéologues du Grand Reims et de l’INRAP (Institut national de recherches archéologiques préventives) ont mis le doigt sur un cimetière ayant probablement servi pendant plus d’un millénaire, de l’époque de Clovis à la Révolution française. Cent tombes ont déjà été découvertes, mais selon les diagnostics initiaux, il pourrait y en avoir cinq cents, réparties sur près d’un hectare.

Hier sous un soleil de plomb, les archéologues fouillaient délicatement le sol, pour ne pas abîmer les squelettes enfouis, pour certains, depuis 1500 ans. « Après une phase de diagnostics en décembre 2016, le chantier a démarré le 14 mars et durera jusqu’à début janvier 2019 » , explique Laure Koupaciantz, cheffe du service archéologique du Grand Reims. Un « chantier très long » , en rapport avec l’importance de cet ancien cimetière.

« Après une phase de diagnostics en 2016, le chantier a démarré le 14 mars et durera jusqu'à janvier 2019 »
Laure Koupaciantz, cheffe du service archéologique du Grand Reims

PLUS ON AVANCE, PLUS C’EST PROFOND ET PLUS C’EST ANCIEN

EN LUI-MÊME, IL NE CONSTITUE PAS UNE SURPRISE POUR LES SPÉCIALISTES. « LA BIBLIOGRAPHIE INDIQUE CLAIREMENT QU’IL Y AVAIT UN CIMETIÈRE ICI, PRÉCISE LA RESPONSABLE. LA FOUILLE DE L’ÉGLISE SAINT-JULIEN (JUSTE À CÔTÉ, NDLR), DANS LES ANNÉES 90, L’AVAIT CONFIRMÉ, TOUT COMME LES DIAGNOSTICS ARCHÉOLOGIQUES PRÈS DE LA BASILIQUE, EN 2016. » CE QUI A DAVANTAGE SURPRIS, C’EST LA QUALITÉ DE CONSERVATION DES SQUELETTES ET DES TOMBES, AINSI QUE LEUR NOMBRE. CE SONT LES PLUS RÉCENTES QUI ONT ÉTÉ DÉCOUVERTES POUR L’INSTANT, SACHANT QUE «PLUS ON AVANCE, PLUS C’EST PROFOND ET PLUS C’EST ANCIEN » .

L’ÉQUIPE D’ARCHÉOLOGUES COMPTE DEUX AGENTS DE L’INRAP, DONT LA MÉDIÉVISTE MARIE-CÉCILE TRUC. POUR ELLE, L’UTILISATION DU CIMETIÈRE PENDANT PLUS D’UN MILLÉNAIRE SERA FORCÉMENT RICHE D’ENSEIGNEMENTS : « IL Y A UNE GRANDE VARIÉTÉ DE RITES FUNÉRAIRES, AVEC DES CERCUEILS EN BOIS, DES COFFRAGES EN PIERRE, DES INHUMATIONS SUPERPOSÉES JUSQU’À CINQ NIVEAUX » . UN DES DÉFIS, EN FAISANT DES RECOUPEMENTS, SERA DE « COMPRENDRE LES CONDITIONS DE VIE DES POPULATIONS INHUMÉES ICI : SAVOIR SI ELLES ÉTAIENT LIÉES À SAINT-REMI OU SAINT-JULIEN, SI C’ÉTAIT DES HOMMES OU DES FEMMES, CONNAÎTRE LEURS MALADIES OU LEUR DURÉE DE VIE PAR EXEMPLE. »

RESPONSABLE DU CHANTIER DE FOUILLES, MATHILDE ARNAUD CONFIRME L’EXISTENCE, SUR UNE TELLE PÉRIODE, DE « DIFFÉRENTS ENSEMBLES FUNÉRAIRES, C’EST-À-DIRE DE GROUPES D’INDIVIDUS » , QUI PEUVENT AUSSI AVOIR ÉTÉ RATTACHÉS AU COUVENT DES MINIMES. « ON VA TENTER DE LES DISTINGUER EN FONCTION DE DIFFÉRENTS POINTS COMMUNS : SARCOPHAGES OU CERCUEILS, PATHOLOGIES, COUTUMES, ETC. C’EST CE QUI PERMETTRA DE LES RAPPROCHER DE TELLE OU TELLE ÉPOQUE ET TEL OU TEL ÉDIFICE RELIGIEUX. »

À DEUX PAS, LAURE PLOQUIN, DU GRAND REIMS, FOUILLE PRÉCAUTIONNEUSEMENT UN SQUELETTE. ELLE EN APPREND PEU À PEU SUR LUI. « AU STADE DES OBSERVATIONS, IL S’AGIT D’UNE TOMBE MÉDIÉVALE, AVEC UN AMÉNAGEMENT EN PIERRE ET CERTAINEMENT UN COFFRAGE EN BOIS, CAR ON EN VOIT DES TRACES. CONCERNANT LE SQUELETTE, C’ÉTAIT UN ADULTE, PLUTÔT ÂGÉ CAR IL Y A DES TRACES D’ARTHROSE, MÊME S’IL FAUDRA LE CONFIRMER EN LABORATOIRE », AUTOPSIE L’ARCHÉOLOGUE ANTHROPOLOGUE.

À CE JOUR, DIX SQUELETTES, REMONTANT ESSENTIELLEMENT AU MOYEN-ÂGE, ONT DÉJÀ ÉTÉ FOUILLÉS ET TRANSPORTÉS DANS LES LOCAUX DE L’ANTENNE RÉMOISE DE L’INRAP. POUR MÉMOIRE, LES TRAVAUX D’EMBELLISSEMENT DES ABORDS DE LA BASILIQUE DOIVENT DURER JUSQU’EN 2020, POUR UN COÛT DE 4,4 MILLIONS D’EUROS.

Guillauùe LÉVY

Extrait de l'union du 10/05/2018

   

   

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Deux nouveaux sites archéologiques découverts  

Les découvertes s’enchaînent. Après les tombes à Saint-Remi, les archéologues ont mis au jour des boutiques antiques rue Lesage et un cimetière médiéval dans le centre.


Le chantier de fouilles de la rue Lesage, qui s’achève demain, a permis de mettre au jour une rue commerçante avec trois boutiques gallo-romaines, dotées de caves.Angèle Caucanas

L’œil profane ne décèlera peut-être rien de particulier. Mais pour les archéologues, le chantier de la rue Lesage, datant de 150 ou 200 après Jésus-Christ, est une découverte importante. « Elle vient combler une pièce manquante du puzzle de l’urbanisme antique » , explique Stéphane Sindonino, de l’Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives). Autrement dit, le chantier de fouilles qui s’étend sur 800 m 2 à l’emplacement de l’ancien Multicolor, révèle que les habitants de cette époque ne s’installaient pas n’importe où, mais en respectant des règles strictes.

Quatre archéologues fouillent depuis le 23 juillet ce terrain, avant la construction d’une résidence par le groupe Bouygues Immobilier. Le chantier s’achèvera ce jeudi. Entre pinceau et pelleteuse, ils se sont concentrés sur un tiers de la friche (les autres vestiges ont disparu depuis longtemps, pour laisser place entre autres à une discothèque).

RESSURGIS DU PASSÉ, UN DÉ À JOUER ET QUELQUES PIÈCES DE MONNAIE

En étudiant les différentes couches, l’INRAP a découvert un tronçon de rue, bordé par un trottoir recouvert d’un portique. Celui-ci était soutenu par des colonnades, dont on a retrouvé les bases. Puis venaient les boutiques, en pierre et à pans de bois. Trois ont été fouillées. « Elles étaient décorées, puisque l’on a retrouvé des enduits peints » , éclaire la responsable du chantier, Marie-Caroline Charbonnier. Sous les échoppes, trois caves ont été mises au jour, la plus vaste mesurant 40 m 2 .

La rue était parallèle à l’actuelle avenue de Laon. Entre ces deux artères s’étendait, derrière les commerces, la partie habitation. « On pense que l’îlot d’habitation était très étendu, de l’ordre de 200 mètres de long. Dans cette vie à la romaine, on devait trouver des cours intérieures et des venelles » , précise les responsables de l’INRAP. Quelques objets du quotidien ont ressurgi du passé : des pièces de monnaie, un dé à jouer, des tessons de poterie, des récipients en céramique, ou encore des charnières de meubles en os.

Mais ce qui passionne les archéologues, c’est « le plan d’occupation des sols » . Dans l’immense Durocortorum, l’une des cités les plus vastes de l’Empire romain avec ses 500 hectares, un plan d’urbanisme rigoureux, en damier, a été tracé dès l’origine. De longues rues parallèles et perpendiculaires quadrillaient la ville. « Ici, on voit bien que les gens devaient respecter les alignements d’origine, avec les boutiques ouvertes sur le trottoir et les habitations derrière. Rien ne dépasse. Il y a un véritable urbanisme structuré, politique. »

Le site découvert aurait été en activité durant deux siècles, avant d’être abandonné à la fin de l’Antiquité. Quasiment tous les matériaux ont alors été démontés pour être réemployés ailleurs. Ce quartier a ensuite disparu pendant 1500 ans. « C’est devenu vraisemblablement un champ, avant que Reims grossisse et reconstruise ici au XIX e siècle » , précise Stéphane Sindonino.


« On a& découvert trois boutiques romaines des 1er et ème siècles , avec des caves de 40 et 20m²
M.C CHARBONNIER

Un nouveau cimetière ancien mis au jour dans le centre


Ce vaste chantier de fouilles court jusqu’à fin novembre.
Angèle Caucanas

Les passionnés de vestiges sont gâtés en ce moment. Mille curieux se sont d’ailleurs pressés, aux Journées du patrimoine, sur le chantier de fouilles à Saint-Remi. Or un autre cimetière a été découvert, cet été, entre les rues Marie-Stuart, Diderot et des Filles-Dieu, près de la place Godinot. Depuis juillet, l’Inrap fouille ce site complexe où doit pousser une résidence. Un terrain assez vaste, occupé pendant 2 000 ans, où les époques s’entrecroisent sur six mètres de profondeur. Pour la période gallo-romaine, de la vaisselle entre autres a été découverte. Mais ce qui occupe le plus les archéologues concerne un cimetière paroissial, peut-être lié à l’ancien couvent des Cordeliers tout proche. Des squelettes ont déjà été mis au jour. La présence d’engins et de fosses empêche encore toute visite. Jusqu’à la fin de la fouille en novembre, le stationnement rue Diderot est en partie impossible. À noter, la présence de panneaux d’informations sur le métier d’archéologue.

Guillaume LÉVY

Extrait de l'union du 20/09/2017

   

   

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Au cœur des fouilles sur l’ex Sernam

Vingt archéologues sont à pied d’œuvre sur le site   de l’ancien Sernam.


Le chantier de fouilles se fera par phase laissant la place au fur et à mesure au début de l’aménagement du terrain proprement dit. Christian Lantenois

LES FAITS

*.- HIER MATIN, a eu lieu une visite du chantier de fouilles de l’ex Sernam où seront construits le complexe aqualudique et la salle événementielle, dont l’ouverture est prévue respectivement en 2020.

*.- LE CHANTIER DE FOUILLES doit durer un an mais les travaux commenceront bien avant au fur et à mesure que les archéologues libéreront les parties de terrain, dans 15 jours pour la partie en cours de fouilles.

*.- C’EST LE SERVICE ARCHÉOLOGIQUE du Grand Reims qui officie. Une vingtaine d’archéologues sont sur place, dont Régis Bontrond, responsable de l’opération, qui a conduit la visite.

*.- ILS TRAVAILLENT ACTUELLEMENT sur une voie antique datant d’une période comprise entre le 1er  et le 3 e siècle après Jésus-Christ, avec des traces d’habitations ou d’un atelier de verrerie

*.- COÏNCIDENCE, cette voie antique se situe à l’endroit même qu’empruntera la nouvelle rue de la Justice, dont une partie va être déplacée de quelques mètres, parallèlement au tracé actuel.

Cette fois, ça y est. Les choses sérieuses ont commencé du côté de l’ancien Sernam. Il y avait eu les pelleteuses qui avaient rasé cette immense verrue au cœur de la cité des sacres. Depuis quelques jours, ce sont les archéologues qui fouillent sous la terre. Ils sont une vingtaine du service archéologique du Grand Reims, avec aussi un archéologue de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP). Des fouilles qui doivent durer un an. Mais le début des travaux interviendra bien avant. Les archéologues opèrent par zone en effet. Et dès qu’ils libèrent un espace, ce dernier peut accueillir le chantier d’aménagement proprement dit. « Dans quinze jours, la partie traitée actuellement sera terminée. On pourra commencer les travaux de la nouvelle rue de la Justice » , a expliqué Arnaud Robinet, maire. Il est prévu en effet de dévoyer une partie de cette rue. Elle sera déplacée de quelques mètres, parallèlement à la rue actuelle (partie entre le boulevard Jules-César et l’impasse Philippe).

Nous sommes sur des vestiges de la période romaine, une période sans doute comprise entre le 1 er et le 3 e siècle après Jésus-Christ
Régis Bontrond

En attendant, signe du destin, les archéologues travaillent sur une voie antique nord-sud qu’empruntera cette nouvelle rue de la Justice. « La boucle est bouclée », a souri le maire. « Nous sommes sur des vestiges de la période romaine, une période sans doute comprise entre le 1 er et le 3 e siècle après Jésus-Christ », a confié Régis Bontrond, responsable de l’opération. Les archéologues ne creusent pas très profond. « Nous suivons les prévisions du chantier. Là où il sera creusé un mètre, nous fouillons jusqu’à un mètre » , a expliqué l’archéologue. Le système choisi de construction sur pilotis fait qu’il n’y aura pas de fondations très profondes, un choix qui doit permettre aux fouilles de ne pas trop retarder le chantier. « Nous sommes dans les temps ! » a de nouveau asséné Arnaud Robinet.

DES ÎLOTS D’HABITATION POURRAIENT ÊTRE DÉCOUVERTS

Pour l’heure, les archéologues découvrent au nord de leur terrain de fouilles un espace qui a peut-être été une sorte de périphérie de la partie centrale antique de la ville. La façon de faire y est un peu différente en raison de la présence de murs de renfort sur les murs de façade. «Peut-être des problèmes d’infiltrations ? », se demande Régis Bontrond. Cette partie a pu ensuite être abandonnée lors de la construction du rempart à hauteur de la porte de Mars. On y voit clairement la rue Antique avec parfois des galets en surface, et même les signes des véhicules d’alors, mais aussi des trottoirs réalisés sans doute après. Dans la partie Nord, « cela ressemble plus à ce que l’on connaît ». Tout au bout, certains vestiges, comme des billes de verre, des traces de four, laissent à penser qu’il y avait à proximité un atelier de verrerie. Y a-t-il eu déjà des découvertes intéressantes ? « Pas de choses exceptionnelles », concède Régis Bontrond. Quelques pièces de monnaie, des céramiques… « Dans les autres parties du terrain, on devrait tomber sur des îlots d’habitation d’après les diagnostics établis au préalable. On espère alors que l’on pourra tomber sur des mosaïques ou des peintures murales. » Les archéologues vont travailler sur un espace d’environ trois hectares. Pour Catherine Vautrin, présidente du Grand Reims, et Arnaud Robinet, maire, c’est la satisfaction. « Nous entrons dans le concret en ce qui concerne ce grand projet. La validation du choix de l’équipe pour le complexe aqualudique sera soumise au vote du conseil communautaire jeudi prochain. » On met un pied dans l’histoire tout en se tournant vers l’avenir.« J’avais pour ambition de réaménager cette friche avec des équipements publics et c’est en train de se faire », a déclaré le maire.

Pour mémoire, sur cet ancien terrain du Sernam, il est prévu le complexe aqualudique avec la patinoire, mais aussi la salle événementielle. La patinoire (réservée aux loisirs) se complétera en hiver par un sentier de glace en plein air. L’été, il fera place à un pôle dédié aux sports et des activités telles que l’accrobranche ou l’escalade. La piscine comprendra un bassin olympique (avec 10 couloirs), un bassin d’apprentissage, un bassin ludique, des équipements extérieurs comme un bassin nordique, pentagliss, jeux d’eau… des zones de bien-être avec hammam, saunas et jacuzzi. Le tout doit ouvrir en 2020. Pour la salle événementielle, l’ouverture interviendra un peu plus tard de la même année. Cette salle pourra accueillir jusqu’à 9.000 personnes pour un concert et entre 5 à 6.000 personnes pour un match de basket par exemple.


Il s’agit d’un travail très minutieux

 DE NOUVELLES VOIES DE CIRCULATION

Le chantier actuel de fouilles se situe donc à l’endroit même de la nouvelle rue de la Justice, entre le cimetière et la future voie nord. Une partie du terrain a été cédée à Charbonneaux-Brabant et cette partie de la rue de la Justice est donc déplacée de quelques mètres, parallèlement à l’axe actuel. Elle rejoindra donc la voie nord (cette dernière étant à double sens) qui s’en va en direction de la Cartonnerie, du pont Neuf. Cette nouvelle voie nord se situe dans l’emprise de l’ancien Sernam, suivra la voie ferrée et partira du pont de Laon. Autre changement, le boulevard Jules-César aura une partie qui se transformera en mail, réservé aux bus, piétons et vélos, le tout rejoignant la rue de la Justice par une nouvelle voie également. Le projet sur l’ex Sernam fait craindre à certains, notamment à l’opposition municipale, un risque d’engorgement de la place de la République. La Ville a indiqué que la voie nord et la circulation en général font l’objet d’une étude par un cabinet leader en la matière, Transitec, qui mesure l’impact en temps réel au niveau des flux. En attendant, on sait que la priorité au tram sera conservée. En revanche, il reste des interrogations sur l’emplacement d’une passerelle au niveau de la rue Landouzy. Elle pourrait aussi être réalisée à hauteur du futur pôle multimodal, à l’endroit de l’ancien tri postal.

Extrait de l'union du 23/09/2017

   

   

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La tombe gauloise révèle ses secrets

Warcq (Ardennes) La tombe à char   fouillée en 2014 recelait   des trésors exceptionnels.   Ils seront exposés à Charleville.


La cellule archéologique  des ardennes vient de fouiller des thermes gallo-romains découverts à Warcq
Bruno Gouboury

LES FAITS

*.- AUTOMNE 2013 : Découverte d’une tombe à char gauloise du II e siècle avant notre ère, sur le chantier de l’autoroute A304, à Warcq (Ardennes).

*.- PRINTEMPS 2014 : Fouille par les archéologues de la Cellule départementale et ceux de l’INRAP.

*.- PRINTEMPS 2017 : Les travaux en laboratoire menés depuis trois ans confirment la rareté de la tombe mise au jour (quatre chevaux, un char recouvert d’or) et des objets découverts (vase, bijoux…).

*.- DANS DEUX OU TROIS ANS : Les pièces majeures de la tombe seront exposées au musée de l’Ardenne, à Charleville-Mézières

La rarissime tombe à char gauloise qui vient d’être mise au jour dans la région de Charleville par votre service archéologique des Ardennes, est exceptionnelle au plan national, et fait d’ores et déjà de cette découverte un apport majeur à la recherche française et européenne sur la civilisation de l’âge du Fer.» Ces mots datent du 7 juillet 2014. Ils ont été écrits par Hilaire Multon, directeur du musée d’archéologie nationale, à Saint-Germain-en-Laye. Qu’écrirait-il, trois ans plus tard, s’il voyait les trésors inestimables que recélait la sépulture de notre ancêtre, à l’époque recouverts par cette terre détrempée qui les a protégés pendant plus de deux millénaires ?


Vase décoré à l’étain de 50 cm de hauteur

Trois ans après la fouille minutieuse de la tombe à char de Warcq, sur le tracé de l’autoroute A304, les vases, bijoux et dorures apparaissent enfin au grand jour, grâce au travail d’orfèvre de différents laboratoires français, en particulier Arc-Nucleart à Grenoble. « Dans cette tombe, tout est rare. Chaque objet est quasi unique ! » , s’enthousiasme Bertrand Roseau, archéologue à la tête de la Cellule départementale d’archéologie ( lire par ailleurs), et qui a dirigé la fouille au printemps 2014. Par rapport aux autres tombes à char de la Champagne Crayeuse, celle-ci est située bien plus au nord, et s’avère bien plus récente (II e au lieu du V e siècle avant notre ère). Elle est aussi plus vaste : 5,50 par 2,80 mètres de côté, et une chambre funéraire profonde d’1,10 mètres. Enfin, elle est complète, et d’une richesse hors du commun.

LES CHEVAUX HARNACHÉS PUIS SACRIFIÉS

Le prince (ou la princesse, comme certains l’avancent, mais on ne le saura sans doute jamais) enterré ici l’a été avec un luxe rare. Le squelette a été découvert couché sur un char d’apparat à deux roues, décoré à la feuille d’or, encadré par quatre chevaux. Deux à l’arrière et deux à l’avant, harnachés, le mors aux dents, puis sacrifiés. « Tout démontre à quel point la cérémonie était ritualisée » , admire Olivier Brun, chef du service culture et patrimoine au Département des Ardennes, et lui-même archéologue. « La mise en scène funéraire constitue la principale différence par rapport aux autres tombes à char connues » , complète Bertrand Roseau. « Ce char devait briller de mille feux au soleil ! » Sa caisse est recouverte à la feuille d’or. Le manchon du joug est en bronze, orné d’une lyre en forme d’animal. L’extrémité des moyeux est décorée de perles en verre et en bronze, dont une pastille de verre bleu garnie d’un triskèle, « sans précédent » .

Près du squelette, enterré là vers -150, on a découvert une fibule (sorte de broche), une paire de forces (ciseaux), un rasoir et une pince à épiler, mais aussi un torque (collier), lui aussi recouvert d’or. Il se termine par deux boules dorées à chaque extrémité. Le mobilier funéraire comprend encore un important « dépôt alimentaire » , composé d’un demi-cochon, d’un couteau, de deux seaux en bois, et surtout de cinq vases en céramique, vraisemblablement remplis, il y a 2200 ans, de vins et de céréales. Le plus grand, mesurant près de 50 centimètres, a été reconstitué : « Il comporte un décor géométrique à l’étain, mais il est aussi gravé, grâce à des incisions réalisées avant cuisson. C’est ce double décor qui le rend tout à fait unique » , explique Olivier Brun.

DE LA RECHERCHE FONDAMENTALE

Warcq a donc été le théâtre d’une découverte capitale, dans un secteur déjà très riche du point de vue archéologique. Des thermes gallo-romains « somptueux » viennent encore d’être mis au jour (lire par ailleurs). Pour l’heure, l’étude en laboratoire se poursuit. Un travail qui tient parfois de la «recherche fondamentale » , s’extasient Olivier Brun et Bertrand Roseau. « Ce qu’ils doivent faire pour restaurer et analyser les objets trouvés, c’est du jamais vu ! » Il leur faut inventer de nouvelles techniques permettant à la fois de préserver et reconstituer des matériaux qui, comme le bois et le métal, ont des exigences contraires.

Une fois ce travail achevé, dans un délai de deux à trois ans, la tombe à char reviendra sur ses terres. Dès le début de l’aventure, il a en effet été convenu entre les élus ardennais et l’État que notre ancêtre, ses chevaux, son char, ses bijoux et ses autres trésors, seraient exposés place Ducale, dans les collections permanentes du musée de l’Ardenne. Sa directrice ( lire par ailleurs), Carole Marquet-Morelle, envisage déjà une exposition à l’horizon 2020. D’ici là, il y a fort à parier que la tombe gauloise aura d’autres secrets à nous confier.

DES BAINS ROMAINS «SOMPTUEUX » DÉCOUVERTS À WARCQ

« On savait le sous-sol de Warcq exceptionnellement riche. Un sixième site archéologique, dont la fouille s’est achevée en mai, vient encore le démontrer. Des thermes gallo-romains qualifiés de « somptueux » par le conseil départemental ont été mis au jour. C’est un ensemble complet, « hors du commun par son luxe et son état de conservation », qui a été découvert sur le tracé du futur barreau de raccordement, entre l’A304 et la N43. Le bâtiment gallo-romain est de grande dimension (300 m 2 ) et composé de plusieurs pièces admirablement conservées. Les sols et murs sont ornés de marbres blancs et colorés. La fouille a permis de trouver des salles dédiées aux bains chauds, tièdes et froids, avec un système de chauffage au sol. « Des fouilles complémentaires permettraient de dévoiler le reste des vestiges qui dorment encore dans le sous-sol de Warcq », estiment les archéologues. Parallèlement, un programme d’aménagement va être lancé, moyennant 362000 €, pour valoriser le site, avec entre autres une passerelle et un cheminement piéton pour embrasser du regard l’ensemble des vestiges

3 Questions à


Carole MARQUET-MORELLE
Directrice du Musée de l’Ardenne

« Une exposition sur les tombes à char en 2020 »

En quoi cette tombe est exceptionnelle ?

D’une part elle est très septentrionale par rapport aux autres (dans la Champagne Crayeuse, ndlr). Elle est aussi postérieure de trois siècles. Il y a encore la présence de quatre chevaux, alors qu’il n’y en a pas dans les tombes à char de Semide et Bourcq (Sud Ardennes, ndlr). Il y a enfin tous les objets qu’elle contient, décorés à la feuille d’or.

Quels sont vos atouts pour les accueillir ?

On a le savoir-faire. On a déjà fait nos preuves avec la restitution virtuelle de la fresque de Montcy, en 2007, et on expose déjà les tombes de Semide et Bourcq. Cela permettrait de faire un état des lieux pédagogique et didactique.

Le musée devra toutefois investir pour accueillir au mieux ces pièces inestimables.

L’aménagement s’inscrit dans une réflexion globale, avec notre projet d’extension aux collections de marionnette. On a un espace pour accueillir la tombe, au sous-sol. L’objet sera au cœur du projet, mais on doit attendre de le connaître mieux. Le défi sera de mêler archéologie et 3D, avec une reconstitution pour donner vie à l’Histoire et à ces objets. Après il va falloir monter un solide plan de financement. On compte sur les fonds de l’État, mais pourquoi pas ouvrir la porte à une opération de mécénat privé ? C’est un magnifique projet à développer, avec une exposition sur les tombes à char prévue en 2020.

La cellule archéologique ne chôme pas


Les sept agents de la cellule viennent de fouiller des bains romains exceptionnels à Warcq.

Depuis 2009, le conseil départemental des Ardennes s’est doté d’une « cellule d’opérations archéologiques», afin de « concilier sauvegarde du patrimoine archéologique et développement de nouveaux projets d’aménagement ». Cette cellule, qui compte sept agents, intervient en amont des projets économiques et industriels (gros projets d’urbanisme, réhabilitation de friches, construction de lotissements…), pour réaliser des diagnostics et éventuellement mener des fouilles préventives commanditées par l’État. Agrée pour les deux périodes principales du département (période gallo-romaine et Moyen Âge), elle permet aux opérateurs publics et privés de perdre moins de temps avant de réaliser leurs chantiers. Concrètement : le délai moyen est passé de deux ans en 2009 à six mois en 2017.

La Cellule participe également à la valorisation du patrimoine ardennais, au moyen d’actions ponctuelles (Portes ouvertes, Journées du patrimoine…), ou d’expositions temporaires. Le travail de ses archéologues se divise en quatre étapes : la phase de détection et de diagnostic (sondages effectués avec une pelleteuse) ; les fouilles à proprement parler, avec des outils variés allant de la pelle mécanique au pinceau, afin de dégager les vestiges ; l’étude en laboratoire, qui permet de trier et nettoyer ce qui a été découvert ; enfin, la présentation au public. En huit ans, la Cellule archéologique départementale a réalisé 111 opérations de diagnostic (545 hectares sondés) et mené onze fouilles.


Décoration en bronze sur la caisse du char 


Exceptionnelle pastille de verre bleu garnie d’un triskel (symbole celte) 

 

Guiullaume LÉVY

Extrait de l'union du 23/07/2017

   

   

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ARCHÉOLOGIE

Un liard d'une valeur « inestimable »

Lors d'une fouille non déclarée, ce particulier avait mis la main sur une pièce de monnaie du XVIe siècle. Celle-ci a récemment été saisie par les gendarmes.


Voici la pièce en question

Le responsable des monnaies françaises de la Bibliothèque nationale de France a confirme la « rareté » et « l’intérêt national » de cette pièce

C 'était en octobre dernier. Un homme domicilié dans ta Marne demandait à un agriculteur la permission de fouiller son champ agricole - le lieu n'a pas été dévoilé par les enquêteurs - à l'aide d'un détecteur de métaux. L'agriculteur accepte. La fouille commence. Et ce particulier met la main sur une pièce de monnaie à l'apparence très ancienne. Peu après, il diffuse une photo de sa découverte sur un forum internet afin d'en apprendre un peu plus sur sa valeur potentielle.

Sur ce même forum, un administrateur de la Bibliothèque nationale de France (BNF) découvre cette photo et, vite, soupçonne sa valeur. Puisque l'État peut faire valoir son droit de préemption, une plainte est déposée. Celle-ci est transmise au parquet de Châlons-en-Champagne. Les gendarmes de la compagnie de Reims sont saisis de l'enquête.

Un inédit de la seigneurie de Vauxvillers

Les investigations démarrent. Les as de l'informatique s'échinent à remonter jusqu'à l'homme en possession de cette pièce de monnaie. Remontant de site en site, les gendarmes finissent par identifier une adresse IP, correspondant à l'ordinateur utilisé pour mettre en ligne ta photo de la pièce sur le forum. Et voilà comment, récemment, cet amateur de fouilles a eu la surprise d'une visite des gendarmes. Saisie, la pièce est transmise à la direction régionale des affaires culturelles (Drac), à Châlons-en-Champagne. Selon le responsable des monnaies françaises de la BNF, cette découverte « d'intérêt national » serait d'une valeur « inestimable » sur le plan historique de par sa rareté. La pièce retrouvée est un liard, pièce de monnaie de l'Ancien Régime. Précisément, ce liart du 16° siècle est un inédit de la seigneurie de Vauxvillers de Nicolas II du Châtelet, imitant le liart au dauphin (l'animal héraldique du Dauphiné, rattaché à la France en 1339 et qui, pendant un siècle, put conserver une certaine indépendance incluant le droit de battre monnaie à ses armes) de François 1er

Poursuivi pour « non-déclaration de découverte archéologique fortuite », celui qui avait découvert ce liart, âgé de 52 ans et sans antécédent judiciaire, sera convoqué le 10 octobre prochain dans le cadre d'une convocation par officier de police judiciaire (COPJ).

Mathieu LIVOREL.

      Extraits de l'union du 21/01/2016 

   

   

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ARCHÉOLOGIE

Un four de verrier de la période antique découvert à Reims

C’est la première fois à Reims que les archéologues font une telle découverte : un four témoigne du travail du verre, au cœur de plusieurs activités artisanales.


Le four aurait servi à un potier et/ou à un verrier. Christian Lantenois

La construction de nouveaux logements a des côtés inattendus. Rue Marie-Clémence Fouriaux, dans le quartier de Clairmarais, cohabitent archéologues et maçons. Le promoteur Brooks est en train de construire un vaste programme d'appartements sur l'ancienne filature Pouliot et l'ex parfumerie Parchimy. Les scientifiques de l'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) travaillent eux aussi.

Sur cette emprise, ce sont 3000 m2 qui ont bénéficié d'une prescription de fouilles de la part de la direction régionale des affaires culturelles. Un sondage a d'abord lieu, sur 8 à 10 %, qui motive, ou non, cette décision. Depuis le 6 janvier a débuté la troisième phase de cette campagne de fouilles, qui donnent des résultats inédits, C'est la première fois qu'est mis au jour un four de verrier de la période antique. Il se situe dans un quartier artisanal, quadrillé de façon très ordonnée, dont les rues et les voies sont visibles avec leurs ornières et leurs caniveaux. Dans la partie c privée li de ce quartier, les scientifiques ont découvert la structure d'un four circulaire datant du Ile siècle ou du début du ILL°. « On est dans une période un peu plus tardive que ce qu'on croyait au début », commente Pascal Stocker, responsable des fouilles. La prudence est toujours de mise dans de telles affirmations, car des études en laboratoire devront confirmer les premières hypothèses, émises sur le terrain.

«Recyclage» et non pas fabrication

 Four de potier et/ou four de verrier? La question n'est pas non plus tranchée. De nombreux déchets issus du travail du verre ont été retrouvés près de ce four et sur ses parois.  « Le verre est une matière visqueuse, il y avait là des débris en forme de gouttes étirées, des fils, de toutes petites billes et de minces fragments qui se forment entre la canne à souffler et les tubes », détaille Aurore Louis, spécialiste de l'étude du verre de la période tique. Tous ces indices font pencher en faveur de la présence d'un atelier de potier. Des fosses avec des déchets de verre avaient déjà été découvertes lors de fouilles préventives ailleurs à Reims, rues de L'Équerre ou Roosevelt. Mais jamais un four.

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Au II° siècle, il s'agit de pâtes de verre naturelles (alors qu'au I° siècle, elles sont colorées), plutôt bon marché parce que la production s'est élaborée, simplifiée, développée. À cette époque, le verre n'est pas fabriqué de ce côté-ci de la Méditerranée mais en Égypte et Syrie-Palestine. Conditionné en gros blocs, il est achemine par bateaux jusqu'à Marseille. Des épaves ont été fouillées aux abords des îles d'Hyères ce qui a permis de reconstituer les étapes de cet acheminement. Le tout s'appuyant aussi sur des écrits de Pline l’ancien et Strabon, qui situent ces ateliers primaires en Afrique du nord et au nord de l'Italie.

Une fois arrivé sur le continent européen, ce verre est vendu à des ateliers secondaires, où il est à nouveau fondu. Il s'agit bien de recyclage et non de fabrication sur place. Les Rêmois qui voudraient voir dans ce four de verrier une préfiguration des entreprises liées au champagne devront freiner leur enthousiasme ou... continuer à faire fonctionner leur imagination.

Dans cette partie de la Reims antique, les archéologues ont égaiement repéré des indices du travail de l'os (cela avait déjà été le cas rue Maucroix, à quelques centaines de mètres de là). « On a retrouvé les "ratés" de la fabrication, avec des morceaux d'épingles, de charnières de portes ou de parures de meuble », révèle encore Pascal Stocker. Son équipe a jusqu'au 10 février pour poursuivre ses découvertes.

Anne Despagne  

      Extraits de l'union du 29/01/2016 

   

   

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ARCHÉOLOGIE

Un port romain au centre-ville, rue Folle-Peine

Les archéologues sont optimistes. En faisant un diagnostic su r la Zac du vieux Port, rue Folle-Peine, ils ont mis au jour les vestiges d'un port romain vieux de 2000 ans aménagé en bordure de Vesle. Ils sauront en février s'ils pourront poursuivre les recherches


Les archéologues parlent d'un site « exceptionnel » qui recèle des pontons en bois et des quais en craie et en pierre.

Les aménageurs ont baptisé le site Zac du vieux Port. Ils ne pouvaient pas mieux imaginer. Des archéologues de l'inrap viennent de mettre au jour un port gallo-romain sur le terrain en friche de la rue Folle Peine


Un quai en craie et en pierre aménagé entre le 1er et le 2ème siècle après Jésus-Christ le long de la Vesle qui se trouvait à cette époque à la hauteur de la Zac du Vieux Port, rue Folle Peine. Photo lnrap

« C 'est fou de penser qu'il y a deux mille ans il y avait un port aménagé par les Romains le long de la Vesle. » Chargé d'opération et de recherches à Institut national de recherches archéologiques préventives, le Rémois Stéphane Sindonino est particulièrement enthousiaste.

Les fouilles diagnostic menées sur le terrain en friche de la Zac du Vieux port, rue Folle Peine, se révèlent très intéressantes. « C'est un site exceptionnel » n'hésitent pas à dire en chœur les archéologues de la Drac et de l'Inrap.

Dans cette zone recouverte puis bordée par la Vesle ils ont notamment découvert et des pontons en bois presque intacts datant d'Auguste (10 avant JC) et des quais en craie et en pierre construits pour permettre l'accostage des bateaux (entre 50 et 300 après JC).

Conservés en zone humide

« On savait qu'en intervenant dans cette dernière zone humide de la ville de Reims, du bas de la vallée de la Vesle, on pourrait trouver des choses intéressantes car le milieu humide, au contraire de la craie acide, conserve les matériaux organiques comme le bois, le cuir, les graines, les pollens etc. Nous n'avons pas été déçus » affirme François Berthelot, ingénieur à la Direction régionale des affaires culturelles. « Pour ces fouilles, nous avons décapé à la pelleteuse, à différentes profondeurs, environ 60 m2 des 1,3 hectare de la Zac du Vieux port » détaille Stéphane Sindonino.

« Nous avons effectué jusqu'à 8 m de profondeur une douzaine de carottages de 10 cm de diamètre qui nous ont permis d'avoir une stratigraphie fort intéressante. On a découvert des indices d'occupation (poterie, céramique, poteaux en bois) de la fin du protohistoire (80 à 50 avant JC). On a mis au jour un aménagement de berges avec un ponton en bois fait de bastaings en parfait état datant des débuts d'Auguste (10 avanrjC). On a aussi retrouvé une monnaie de cette époque partiellement fondue : un as d'Auguste fait entre 8 et 3 avant JC, des fragments de chaussures en cuir romain, des branchages, des feuilles et de la paille sur le sol. »

Les Romains jetaient trop d'ordures dans la rivière

Cet aménagement a été abandonné vers 50 après JC car les Romains jetaient tellement d'ordures dans  la rivière qu'il y a eu envasement, Ils ont du remblayer les berges avec de la craie pour permettre aux bateaux d'apponter et de ce fait ils ont déplacé la berge vers l'Ouest.

Cela a permis la fossilisation des aménagements précédents.

« On a aussi trouvé perpendiculairement à la rivière un molle de pierre maçonné en moellons de 10 cm sur 10 posés sur une semelle de craie reposant elle-même sur des pieux en bois. »

À une époque où la Vesle devait avoir 1,50 m à 1,80 m de profondeur il y avait des bassins pour permettre aux barques à fond plat d'accoster.

Des bateaux qui devaient sans doute transporter des meulières de la montagne de Reims, des graviers de la Vallée de l'Aisne etc. Une rue qui passe sous l'ancienne cartonnerie conduisait à ce port embarcadère.

Traces d'animaux

Le rapport des fouilles va être examiné par une commission scientifique.

On devrait savoir courant Février si les archéologues vont pouvoir pousser plus loin leurs recherches.

« On pourra marcher sur le quai, découvrir des traces d'animaux, trouver pourquoi pas un aménagement de berge de l'époque gauloise. Ce serait carrément génial si l'on pouvait même retrouver les vestiges d'un bateau » espère Stéphane Sindonino

Si les aménageurs du site sont aujourd'hui pressés, il n'est pas inutile de leur rappeler que la Zac est restée en jachère plus d'une décennie. Alors, quelques mois de plus à attendre c'est tout de même pas la mer à boire !


Stéphane Sindonino (à droite) avec dans la main des morceaux de bois encore intacts datant de près de deux mille ans.

Alain Moyat

      Extraits de l'union du 21/01/2016 

   

   

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ARCHÉOLOGIE

 FOUILLES ARCHÉOLOGIQUES
 MARCHÉ DU BOULINGRIN

Etat des lieux des découvertes

Quatre tranchées, quatre semaines de fouilles. Du 12 avril au 7 mai dernier, les archéologues de Reims Métropole ont été missionnés par les services de l’Etat pour opérer des fouilles sous le marché couvert du Boulingrin

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Laurent Camerini, archéologue médiéviste à Reims Métropole, et son équipe,
ont fouillé pendant un mois sous le marché couvert du Boulingrin

« Nous avons réalisé un diagnostic archéologique de la place du Boulingrin pour estimer si il restait des vestiges, essayer de les dater, connaître leur état de conservation », explique Laurent Camerini, archéologue médiéviste à Reims Métropole et responsable de l’opération. Un précédent chantier a déjà été mené aux abords des Halles en décembre 2009, mettant au jou d’anciennes habitations occupées de l’époque médiévale à la guerre de 1914, ainsi que des niveaux plus anciens datant de l’époque gallo-romaine.

 « Quatre tranchées ont été ouvertes mécaniquement, s’accompagnant d’un travail sur le terrain. Et pour ne pas gêner la bonne organisation du marché le samedi matin, les tranchées ont été ouvertes les unes après les autres et rebouchées le vendredi », explique Laurent Camerini. Et d’ajouter : « Ce diagnostic nous a permis de confirmer ou d’infirmer des hypothèses basées sur des sources écrites ou iconographiques. Grâce à elles, nous savions déjà que les fossés médiévaux qui entouraient la ville passaient ici ».

Porte de Mars médiévale et fossé défensif gallo-romain « Dans les deux premières tranchées, on a pu resituer l’emplacement de la porte médiévale et du système défensif de la barbacane », informe le responsable de l’opération. Les deux dernières tranchées, entre le chapiteau de la place du Boulingrin et la rue Andrieux ont mis au jour le fossé défensif gallo-romain précédant l’enceinte du Bas-Empire. « Une étude post-fouilles aura lieu pour analyser les différents relevés ainsi que les céramiques découvertes. En outre, un rapport sur toutes ces recherches sera ensuite envoyé aux services de l’Etat qui se chargeront de juger si un approfondissement des fouilles est nécessaire », insiste-t-il

  S. C.

 LE SERVICE ARCHÉOLOGIQUE DE REIMS MÉTROPOLE

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Laure Koupaliantz, responsable du service Archéologique à Reims Métropole

Après les fouilles du marché du Boulingrin, nos archéologues ont entamé début mai un nouveau chantier au sein du quartier des Epinettes pour le compte de l’Effort Rémois. Une journée porte ouverte est d’ailleurs organisée sur le site le 5 juin prochain. Venez nombreux nous rencontrer !

 La ville de Reims, dont le sous-sol est l’un des plus riches de France (avec pas moins de 600 ha de vestiges contre 300 estimés pour Lyon) serait donc un véritable paradis pour les archéologues. C’est d’ailleurs cette richesse qui l’a décidé à se doter il y a un an d’un service archéologique. Objectifs : mieux faire face à l’ensemble des opérations archéologiques préalables aux chantiers du grand projet urbain “Reims 2020” mis en oeuvre par la municipalité, mais aussi pallier le manque de moyens de l’Inrap (Institut National de Recherches Archéologiques Préventives), et réduire les délais à des fins économiques. Le service compte actuellement quatre responsables d’opération (spécialisés sur les périodes néolithique, protohistorique, antique et médiévale), un topographe, une régisseuse des collections, un archéo-anthropologue, un archéozoologue, une céramologue et des techniciens

 DÉBUT DU DIAGNOSTIC D’ARCHÉOLOGIE PRÉVENTIVE


Gravure du site du Pont-de-Vesle datant du 17e siècle.

Le service archéologique de Reims Métropole va procéder à partir du 14 juin au diagnostic archéologique du site. Celui-ci se déroulera en deux phases : du 14 juin au 1er juillet et du 2 au 19 août. Lors de ces fouilles préventives, les archéologues aideront à déterminer la nature des sols et affineront la documentation relative à l’occupation médiévale du site. L’histoire de celui-ci d’ailleurs est liée à la proximité de la Vesle, puisque les sources iconographiques attestent de la présence de lavoirs publics. Le site, à l’écart du reste de la ville médiévale, accueillait un cimetière et un hôpital. Autant d’éléments de l’histoire de Reims que les archéologues dévoileront.

      Extraits de VRI   N° 268 Juin 2010

   

   

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ARCHÉOLOGIE

 Zac du Vieux-port :

plus de 1 000 objets mis à jour !

Débuté en été 2008, le chantier archéologique mené par l’INRAP sur l'îlot Folle - Peine permet de découvrir la nature des aménagements antiques du bord de Vesle.  Depuis près d'un an.

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 Les archéologues de l'INRAP n'ont plus que quelques mois pour mettre à jour
les vestiges du port antique de Durocortorum.

 Depuis près d'un an, les archéologues de l'INRAP (Institut National de la Recherche Archéologique Préventive) effectuent des recherches sur la ZAC du Vieux-Port, une zone située à quelques pas du pont de Venise. Sur les 3 800m2 de fouilles prescrits, une première moitié a été intégralement fouillée, permettant de mettre au jour les vestiges d'un port antique datant du Ier au IVème siècle, une époque où Reims se nommait Durocortorum, alors la deuxième plus vaste cité de l'Empire romain après Rome. Ainsi, de nombreuses constructions ont été découvertes, principalement des ateliers et des entrepôts de stockage. Parmi celles-ci, un imposant bâtiment de 20m de long sur 12m de large, doté de murs de 1,5m d'épaisseur, avec la présence de fours à l'intérieur : « Cette construction repose sur 700 pieux en chêne, capables de supporter des murs de 15m de haut » explique enthousiaste Philippe Rollet, le responsable scientifique du chantier.

Grâce à ces fondations en bois, le bâtiment a pu être précisément daté. Sa construction remontrerait au IVème siècle, en 306 ou 307. Mais la plus importante découverte est celle du port elle-même, ou plutôt son quai et ses berges. « C'est le seul lieu à Reims où nous pouvons fouiller une zone portuaire datant de l'époque romaine » assure Philippe Rollet. Les archéologues ont découvert une rue antique, où les caniveaux se déversaient dans la Vesle. Dans ce milieu humide, plus la fouille s'enfonce dans le sol, plus les objets découverts sont sauvegardés et retrouvés dans un état exceptionnel. À ce jour, plus d’un millier d’objets (dés, jetons, charnières, épingles, aiguilles, statuettes, monnaies, outils, peignes, etc.) de la vie quotidienne a été trouvé. Parmi ces trésors, comme le souligne Philippe Rollet : « des chaussures en cuir qui ressemblent à une paire de Converse » et une semelle en bois « qui rappelle notre tong actuelle ».

Julien Debant

Extraits de l' hebdo du vendred N° 127 du 12-18/06/2009

   

   

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 Fouilles : l'histoire sort de terre

 Les fouilles archéologiques qui se déroulent sur la place de la République, le cours Langlet et la place Myron-Herrick révèlent de nouveaux aspects du passé de la ville de Reims.


Une fosse d'aisance (du XVI° siècle, découverte cours Langlet.
Christian LANTENOIS

La richesse archéologique de la ville de Reims n'est plus à prouver. Depuis cet été, des fouilles archéologiques sont effectuées par l'Institut national de recherches archéologiques préventives sur le tracé du futur tramway, la place de la République, le cours Langlet et la place Myron-Herrick.

Les travaux d'infrastructures que doit effectuer l'entreprise Mars sont une occasion pour les chercheurs de révéler de nouveaux aspects du passé de la ville.

Où se trouvaient les fameuses arènes  romaines ?  Depuis quand ces lieux étaient-ils habités ? Peut-on dater précisément la porte de Mars ? Quelques éléments de réponse devraient surgir de terre dans les jours qui viennent.

Place de la République

A cet endroit, les fouilles ont révélé l'axe principal qui traversait la ville du nord au sud, à l'époque romaine.

Une découverte les intrigue beaucoup : la partie de rue dégagée laisse imaginer une bordure de portiques,

Pour les scientifîques, cet aménagement serait lié à la porte de Mars. Datée approximativement du troisième siècle, elle constitue le plus grand arc monumental de l'époque romaine conservé en France.

L'étude de ces traces d'infrastructures permettra de dater beaucoup plus précisément le monument et de le replacer dans son contexte.

Lundi 28 janvier, les parties les moins intéressantes du chantier commenceront à être rebouchées.

Cours Langlet

 Les fouilles s'y présentent sous la forme d'un puits blindé de six mètres de profondeur et devraient se dérouler jusqu'au milieu du mois d'avril.

« Ici nous avons mis au jour une fosse d'aisance qui date du 16° siècle. C'est très intéressant pour nous », explique le responsable du chantier de fouille, Stéphane Sindonino, « Ces lieux servaient de poubelle, donc nous pensons trouver toutes sortes d'objets de la vie quotidienne ». Mais ce qui Intéresse encore plus M. Sindonino, c'est l'éventualité de découvrir les preuves de la présence du théâtre antique de Reims à cet endroit. « Nous avons des textes d'érudits datant du 19° siècle qui ont détecté les traces de ces arènes du côté impair de la rue, dans ce secteur. »

Autre indice qui questionne : sur les plans de la ville médiévale, les archéologues constatent que la rue s'est déportée et a adopté une trajectoire courbée à cet endroit.

Les chercheurs attendentdonc des vestiges pour confirmer l'hypothèse de la présence du théâtre, dans ce périmètre.

Place Myron-Herrick

Devant le palais de justice, les fouilles ont révélé les vestigesde la porte Valoise. Cette porte médiévale fut détruite en 1776, car son étroitesse gênait la circulation.

Elle était située sur la voie Decumanus, la grande rue qui traversait Reims d'est en ouest,et qui suivait le tracé de la rue de Vesle au boulevard Jean Janrès. Sur ce site, les efforts devraient se concentrer sur une pièce de maçonnerie de 2 m de large et 1.80 m de hauteur : un égout romam. «Il semble très bien conservé. Sa voûte est presque intacte ». Les recherches, interrompues à cet endroit depuis hier, ne reprendront que le 4 février avant d'être achevées une quinzaine de jours plus tard.

Marion Soullié                       

Extrait de l'union du 25/01/2008

   

   

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La machine à remonter le temps
précède le tram au Théâtre

Comme cela a été fait avenue de Laon, place de la République ou cours Langlet, les fouilles archéologiques préventives vont être lancées ce lundi place Myron-Herrick. Resteront ensuite les Promenades et le square Colbert.

 
Après l'avenue de Laon, la place Saint-Thomas, la place de la République et le cours Langlet,
ces fouilles vont maintenant s'attaquer à la place Myron-Herrick à partir du lundi 7 janvier 2008.
 

DEPUIS quelques mois, les Rémois se sont habitués à vivre au rythme des fouilles, annonciatrices des travaux du tramway... dès lors que la déclaration d'utilité publique aura été annoncée par le préfet.

Ce dernier avait notifié la « prescription » de fouilles archéologiques préventives le 1er mars 2007, à réaliser impérativement avant les travaux de construction du tramway.

Après l'avenue de Laon, la place Saint-Thomas, puis la place de la République et le cours Langlet, ces fouilles vont maintenant s'attaquer à la place Myron-Herrick à partir du lundi 7 janvier.

Avant de mener ces fouilles, un diagnostic a limité le champ de recherche au tracé du tramway(*), dans son tronçon allant de la rue Danton (avenue de Laon) au pont de Vesle. Cette partie est à la charge du « concessionnaire », le groupement d'entreprises MARS.

D'autres fouilles seront menées au terminus de Bezannes, mais sous la responsabilité de Reims-Métropole.

Diagnostic

Les fouilles sont conduites par l'institut régional d'archéologie préventive (INRAP), dont le contrat avec MARS prévoit la recherche de vestiges et l'étude des éléments trouvés. Lequels complèteront les travaux d'études des documents anciens commandés à l'historien Bruno Decrock par la CAR.

Sur le terrain, les fouilles sont achevées avenue de Laon et place Saint-Thomas. Elles se poursuivent actuellement place de la République, à une profondeur de 4 ou 5 m.

En effet, dans la plupart des cas, le « décaissement » du tramway étant assez superficiel, les archéologues descendent à moins d'un mètre.

Place de la République, il faut fouiller plus profondément en prévision de l'implantation de deux gros collecteurs d'eau pluviale et d'un bassin de rétention qui sera situé sous le Luchrone. Fin février, le chantier sera achevé et la circulation restaurée.

Cours Langlet, les fouilles ont déjà bien avancé dans le terre-plein central. On se souvient qu'elles devaient se poursuivre en décembre vers la fontaine des Bouchers, sur une emprise plus large et plus profonde, là où sera enterrée une sous-station électrique. Ces travaux ont été repoussés après les fêtes, à la demande des commerçants. Ils reprendront le 7 janvier.

Nouveaux chantiers

Place Myron-Herrick, deux nouveaux chantiers vont s'ouvrir également lundi. L'un devant le théâtre, l'autre devant le palais de Justice. Chacun devrait durer une quinzaine de jours. Les travaux devraient être achevés dans les deux mois. Seule la circulation des bus devrait être affectée.

Pas de fouilles prévues dans la rue de Vesle, où l'on se « contentera » de refaire les réseaux. En revanche, on fouillera au printemps rue du Colonel-Driant, en fait la branche descendante (vers la gare) du square Colbert.
La circulation automobile sera déviée. Les Hautes-Promenades seront également fouillées dans la même période. Ce « site important » sera alors fermé au stationnement.

Enfin, le futur souterrain automobile de liaison entre les boulevards Joffre et Roederer fera l'objet de fouilles en parallèle des travaux de génie civil pour modifier le devant de la gare

J.F.Scherpereel

(*) Ce tracé sera long de 11,2 km. Il ira de Neufchâtel au CHU (ligne 1 A) ou de la gare centre à la gare de Bezannes (1 B). La ligne de tramway passera essentiellement par l'avenue de Laon, les Promenades, le cours Langlet, la rue de Vesle et l'avenue du général de Gaulle.
(**) Informations travaux : 0.960.165.479 (prix d'un appel local).

 Extrait de l'union du 5 janvier 2008

   

   

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DECOUVERTE

Deux nouveaux sites au programme de la rentrée

Etape obligatoire avant le démarrage du chantier, les fouilles archéologiques sur le tracé de la future ligne de tramway concerneront
l’avenue de Laon et la Place de la République

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Les fouilles sur le cours Langlet ont permis de mettre au jour des fontaines datant des années trente et des vestiges médiévaux.

 Dans le courant de l’été, c’est sur le cours Langlet qu’a démarré la campagne de fouilles archéologiques préalables au chantier du tramway. Les archéologues ont mis au jour des fontaines datant des années trente ainsi que des vestiges de l’époque médiévale. En attendant le démarrage des travaux du tramway, programmés pour mars 2008, il a été décidé de ne pas remblayer le site afin de permettre aux Rémois d’avoir une vue sur ce site à ciel ouvert qui a été délimité par des grilles blanches.

A compter de la première quinzaine de septembre, deux nouveaux sites vont faire l’objet d’une intervention des archéologues, à commencer par l’avenue de Laon. L’artère sera mise en sens unique (dans le sens Laon-Reims) dans sa portion comprise entre la rue Danton et la rue Emile Zola. Afin d’éviter les surcharges sur ce segment de voirie, les automobilistesallant en direction de la Place de la République se verront orientés, au niveau de la Place des Belges, vers des itinéraires conseillés (boulevard Albert 1er et boulevard des Belges). Quant aux véhicules allant en direction de Laon, une déviation sera mise en place jusqu’à la Place des Belges via la rue Emile Zola et le boulevard des Belges. Ce chantier devrait se dérouler jusqu’au mois de décembre.

Dans la foulée du démarrage des travaux sur l’avenue de Laon , la Place de la  Républiqe sera également auscultée par les archéologues, sur la partie comprise entre le monument aux morts et le boulevard Joffre. Le chantier se déroulera en plusieurs phases nécessitant la neutralisation de portions de voiries et le déplacement de feux tricolores. La circulation des véhicules sur la Place sera assurée tout au long du chantier.


L’avenue de Laon sera mise en sens unique (dans le sens Laon - Reims) entre la rue Emile Zola et la rue Danton

Extrait de VRI N° 240  09/2007

   

   

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A la recherche des Reims anciens

  Reims va innover en mettant à la disposition de la population une base de données sur l’histoire locale, enrichie du résultat des fouilles archéologiques préventives sur le tracé du tramway.


L’étude, réalisée par l’historien Bruno Decrock et son équipe, s’appuie sur un immense fonds d’archives comprenant notamment de nombreuses illustrations d’époque. Sur cette gravure de M. Mériau de 1645, on voit la porte de Vesle ouverte sur les remparts avec le quartier St Victor à droite.

Reims va innover en mettant à la disposition de la population une base de données sur l’histoire locale, enrichie du résultat des fouilles archéologiques préventives sur le tracé du tramway.La ville de Reims est un vaste musée archéologique dont une partie des collections repose sous nos pieds. Les professionnels le savent bien : dès que l’on creuse dans ce luxuriant “millefeuille”, on est quasiment sûr de faire mouche et de trouver des traces de vie gallo-romaines ou médiévales, qui viennent enrichir notre connaissance de l’histoire locale. C’est bien pour préserver ce patrimoine encore enfoui que tous les aménageurs doivent respecter une procédure contraignante de fouilles préventives avant de lancer un chantier dans l’agglomération. La construction de la plateforme du tramway n’échappe pas à la règle. D’une obligation souvent vécue comme un frein à la réalisationdes projets, la société concessionnaire Mars et Reims Métropole ont voulu faire un événement valorisant pour la ville et instructif pour ses habitants.

Frappes chirurgicales

Qui dit fouilles, dit chantier. Qui dit chantier, dit gêne passagère pour le fonctionnement de la ville, et dit aussi risque d’impact sur le planning des travaux du tramway. « La Direction Régionale des Affaires Culturelles est arrivée à la conclusion que, pour abaisser le seuil de gêne et de risque, il fallait anticiper au maximum et se concentrer sur les sites les plus prometteurs. Pour que tout se passe au mieux, nous mettons au service des archéologues d’importants moyens humains et matériels » explique Christian Messelyn, président de la société Mars. Alors que les travaux de la première ligne de tramway doivent être mis en route au printemps 2008, les fouilles commenceront dès cet été. Elles s’opéreront par “frappes chirurgicales” sur une dizaine de secteurs identifiés comme ayant le plus fort potentiel archéologique (voir encadré). Ce potentiel a été estimé en croisant les informations détenues par les archéologues avec les premiers éléments de l’étude documentaire réalisée par Bruno Decrock et son équipe (voir encadré) à la demande de Reims Métropole. Opérateur choisi sur appel d’offres par Mars, l’Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives) va déployer ses équipes sur le terrain. « Suivant l’endroit où on se trouvera dans la ville, on va atteindre différentes époques et pouvoir vérifier nos hypothèses, trouver des pièces manquantes. Par exemple, nous supposons qu’il y avait des arènes près de la place Saint-Thomas. Peut-être aurons-nous la chance d’en avoir la confirmation ? » espère Agnès Balmelle, chargée d’étude et de recherche à l’Inrap, qui attend aussi de cette opération qu’elle sensibilise encore davantage les Rémois à l’exceptionnelle richesse historique de leur ville.

Une première en France

C’est le sens de la mission confiée à l’historien Bruno Decrock. « Nous avons souhaité que le formidable matériel qu’il aura rassemblé sur l’histoire de notre ville ne reste pas à l’usage des spécialistes mais profite à toute la population » indique Jean Manca, de la Mission Tramway. Plusieurs bornes informatives, de fonctionnement simple,seront installées le long de la ligne de tramway dès le début de sa construction. Elles délivreront d’une part des informations pratiques sur les travaux eux-mêmes et sur le tramway, et permettront d’autre part de se plonger dans 2 000 ans d’histoire. Un habitant pourra aussi bien visualiser sa rue à l’époque de Napoléon que savoir combien il y avait de boulangers à Reims au Moyen-Âge, ceci grâce à un système d’interrogation par entrée géographique, thématique ou nominative. Ce mode de consultation de l’histoire locale en libre accès dans la ville est une première en France. Qui sait, le sujet passionnera peutêtre autant les touristes que les Rémois !

 

10 Sites ciblés

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Présentant pour les archéologues un intérêt scientifique important, les sites suivants feront l’objet de fouilles adaptées:

• Hautes Promenades

• Cours Langlet

• Place Myron Herrick

• Place de la République

• Place de l’église Saint Thomas

• Trémie de la Gare

• Avenue de Laon

• Basses Promenades et parvis de la gare

• Rue de Vesle

• Rue Thiers

INTERVIEW

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Bruno Decrock, historien et historien d’art

« C’est un voyage extraordinaire ! »

En quoi consiste votre mission ?

Avec mon équipe, nous réalisons une étude documentaire sur l’histoire du territoire qui sera traversé par la première ligne de tramway. Nous exploitons une bibliographie, des documents anciens, plans, cartes et images issus de nos recherches à la bibliothèque Carnegie, aux archives municipales, départementales et même nationales. C’est un voyage extraordinaire! Après quoi nous les numérisons et les indexons par mots-clés au sein d’une base de données. Tout site mentionné est géoréférencé. Pour être complet, ce travail est augmenté d’une couverture photographique totale et de l’inventaire du patrimoine bâti intéressant. Nous avons recensé une centaine d’immeubles et édifices.

Qu’apportez-vous aux archéologues ?

Nous leur permettons de mieux connaître par transparence ce qu’il y a dans le sol. Par exemple, nous avons établi qu’il y avait autrefois un prieuré Saint-Bernard à la hauteur du 106 rue de Vesle. Sa façade se situe juste sous le tracé du tramway. Il y a donc intérêt à sonder à cet endroit. Les sources archivistiques, qui commencent à devenir moins rares à partir du 12e siècle, comblent les lacunes de l’archéologie, et réciproquement.

A quel stade de la mission en êtes-vous ?

Le dépouillement des documents a pris six mois. Il nous faut encore une année pour rendre toute la richesse de la documentation accessible au plus grand nombre, en associant étroitement le texte et l’image. Cette base de données intégrera également un résumé des découvertes que feront les archéologues.

Sous quelle forme cette mine sera-t-elle restituée au public ?

Grâce à plusieurs points d’information disposés sur le parcours du tramway, que les gens pourront librement interroger. Le module de documentation sera également consultable sur internet. L’ambition est que chacun s’approprie l’histoire qui l’intéresse. C’est une autre manière de lire l’histoire, pas en continu, mais en picorant dans les textes, en feuilletant et en interrogeant la base de données en fonction de sa curiosité propre.

 VRI N° 239 - Juin / Juillet / Août 2007

   

   

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Fouilles archéologiques à Reims :

une rue romaine mise à jour 

 


la découverte à Reims d'un bout de rue datant du ler siècle après Jésus-Chnst sera riche d'enseignements pour les archéologues.

Nous venons de découvrir une rue romaine dont  l'implantation date du début du ler siècle âpres Jésus-Chtrist.  C'est  la séquence  :  rue, caniveau, trottoir, portique et façade de maison qui offre un intérêt archéologique indéniable. Paradoxe temporel, c'est la construction future de 45 appartements rue Chanzy à Reims, à quelques centaines de mètres de la cathédrale, qui a lancé le chantier et permis cette découverte. « Une convention a été passée avec l'aménageur qui finance les fouilles. On rencontre parfois des gens plus optus » souligne Agnès Balmelle, archéologue.

Quoi qu'il en soit et à moins d'une découverte " exceptionnelle ", le chantier prendra fin le 15 juin.

Jamais un chantier archéologique n'a retardé de travaux sur Reims, les conventions sont passées bien en en amont » tient à reppe1er Agnès  Balmelle,  un  bout  de céramique à la main. Dehors, protégée sous une bâche, une fresque romaine attend patiemment que l'on s'occupe d'elle et prie pour que le ciel ne lui tombe pas sur la tête . « Avec ces orages, nous sommes oblgés de prendre quelques précautions ». La moindre des choses. Sous le plastique, de superbes carreaux de terre, rouges et noirs, géométriquement répartis, constituent autant de preuves de l'occupation de cette maison, il y après de 2.000 ans !

Paysage urbain

« Cette pièce bien conservée fait environ 25 maires carrés. Le foyer avec son âtre y est encore visible, tout comme les peintures murales ». Quelques scènes paysagères, des fragments de colonnes donnent une idée de la décoration intérieure. Et apparemment, le «papier-peint » de l'époque résiste très bien aux stignates du temps. « Le mortier était très solide, ce qui explique cet état de conservation ».

D'autres trouvailles tout aussi intéressantes ont, elles aussi, été répertoriées : des aiguilles d'os finement travaillées, quelques morceaux de poteries sans doute postérieurs à la découverte de la maison, un peu de monnaie, des fragments de céramiques, une fresque,.. permettent d'évaluer les activités quotidiennes des  occupants, « Ces découvertes ne sont pas vraiment une surprise. Reims était la plus gante ville en superficie de l'époque romaine ».

Un nouveau morceau du puzzle vient donc d'être mis à jour : « Tout ceci sera riche d'enseignements sur la topographie et le paysage urbain de l'époque ».

 Reste qu'à partir de lundi, ce ne sera plus sur le terrain que les archéologues apprendront leurs leçons. Place aux pelleteuses, sans lesquelles, il est vrai, la mise à jourde cette rue romaine n'aurait pu être réalisée. Comme quoi, le progrès bien utilisé...

Patrick Seghi                              

 Extrait de l'union du 06/2007

   

   

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 À la découverte de nos ancêtres les Gaulois

 Avant de commencer les travaux du tramway, des archéologues vont effectuer des fouilles préventives dont les résultats seront mis à disposition du grand public.

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Les fouilles archéologiques du parvis de la Cathédrale avaient été prolifiques. Qu’en sera t il pour la future ligne du tramway ?

Dans le sous-sol de Reims, il y a toujours quelque chose à découvrir. Et c’est bien le souci des constructeurs. Dès qu’ils creusent, un site antique peut apparaître. Et il faut appeler les archéologues. Pas facile de livrer en temps et en heure les projets ! Il faut dire que Reims, autrement dit Durocortorum pour se replonger dans l’histoire est un ancien carrefour commercial. On en a pour preuve quelques vestiges visibles comme la porte de Mars ou le cryptoportique. Et en sous-sol, ça foisonne encore de sites cachés ! Alors comment faire pour livrer le tramway dans les délais prévus si on tombe sur des vestiges ?

La Ville de Reims a pour cela une solution : faire des fouilles préventives comme le prévoit la loi. Bien, mais où creuser ? Il y a tellement de possibilité le long des 11,2 kms de ligne de tramway. Pour mieux maîtriser ces difficultés, Reims Métropole a décidé d’être rationnelle et logique. Elle a donc commandité à Bruno Decrock, historien, une mission particulière et unique en France : rassembler toutes les documentations connues sur l’histoire de Reims. Il tente ainsi de faire un inventaire du patrimoine qui pourrait se trouver en sous-sol sur le tracé du futur tramway. Les archéologues sauront alors où et quoi chercher pendant leurs fouilles. Ainsi, a priori, les surprises lors de la construction des lignes du tram devraient être minimisées ou évitées. Le travail semble bénéfique car Bruno Decrock a déjà identifié 11 secteurs de fouilles à prévoir comme les Promenades sous lesquelles il y aurait des vestiges de villas romaines, le Cours Langlet où l’on trouverait des caves gallo-romaines, la place Myron Herrick où règne l’espoir de dénicher une porte comparable à la porte de Mars…

L’histoire en s’amusant

Pour Bruno Decrock, effectuer cette recherche de documentation est un travail colossal. Outre le fait que les résultats serviront à entrer dans les délais de construction du tram, l’aboutissement de cette mission consistera aussi à disposer d’une documentation électronique unique. L’historien va en effet numériser toutes ses trouvailles : plans, gravures, photos… Un vrai trésor pour les archéologues mais aussi pour le grand public. Chacun pourra par le biais d’Internet visionner ce qu’était la ville auparavant, voir l’historique de son quartier, sur quel ancien site est construit son habitation, où se trouvait le boulanger à l’époque… et peut être même voir où Astérix a bien pu acheter son champagne lors de son tour de Gaule ! De nouvelles connaissances accessibles à tous car Reims Métropole prévoit aussi d’installer  des bornes le long des lignes de tramway pour consulter ces infos. En attendant, un peu de patience car l’historien travaille encore !

Anne-Lise Fournier

Extrait de l'hebdo du vendredi N° 37 du 01/06/2007

   

   

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lnrap.fr : les fouilles archéo de Samt-Symphorien en images

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Les fouilles archéologiques de Saint-Symphorien, en centre-ville, ont été très riches.
Les Rémois peuvent les découvrir sur inrap.fr

Plusieurs mois durant, une équipe d'archéologues de 1'lnrap a fouillé un chantier situé près du parking Saint-Symphorien, en centre-ville. Au fil des semaines, les chercheurs sont allés de découvertes en découvertes, plongeant dans 2000 ans d'histoire ! Les habitants du quartier ont suivi pas à pas ces fouilles, regrettant parfois de ne pouvoir aller plus près du chantier. Désormais, grâce à Internet, une découverte plus approfondie est possible. Sur son site, l'institut de fouilles archéologiques et préventives a, en effet, mis en ligne toutes les découvertes réalisées.

Reportage

L'histoire du quartier y est reconstituée. Un album photo permet de découvrir une superbe statue mise au jour au début du chantier, mais aussi des amphores, les fondations d'une grande villa romaine, ou encore une véritable miche de pain calcinée mais encore en état, datant... du l° siècle après J-C.!

Les visiteurs du site pourront également visionner un reportage réalisé tout au long du chantier avec le responsable des fouilles, Stéphane Sindonino. « Les niveaux stratigraphiques les plus anciens datent du 1er siècle avant notre ère, » explique-t-il, « Des premières années du règne d'Auguste (de 27 à 5 avant notre ère), seules quelques constructions en bois sur sablières et poteaux ont été mises au jour. En revanche, à partir du 1er siècle de notre ère, les premières constructions en pierre apparaissent...». Un édifice d'au moins 500 m2 a été découvert, avec des enduits peints et une superbe mosaïque... Un bâti gallo- romain dense, des vestiges du haut Moyen âge, ainsi que des restes de l'église Saint- Symphorien ont aussi été mis au jour. « Cette opération archéologique permet aux chercheurs de l'inrap de retracer l'histoire d'un quartier occupé dès l'époque gauloise

Patricia Bufffet                     

Extrait de l'union du 24/01/2007

   

   

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Un chantier de fouilles ouvert pour les journées du patrimoine


Les tombes en cours d'inventaire seront exposées au public ce week-end, à l'occasion des journées du patrimoine.

Les Rémois pourront, exceptionnellement, visiter le chantier de fouilles archéologiques Saint-Symphorien lors des journées du  patrimoine. L'occasion de découvrir notamment les sépultures de chanoines en cours d'inventaire.

EXCEPTIONNELLEMENT, à l'occasion des journées du patrimoine, les archéologues de l'Institut national de recherches archéologiques préventives (lNRAP) ouvriront, en accord avec les promoteurs immobiliers du chantier de la rue Saint-Symphorien, le site de fouilles en cours.

Ce chantier, entamé à la mi-juin, apporte chaque semaine son lot de découvertes.

Les archéologues poursuivent actuellement la fouille du cloître de l'ancienne église. Une vingtaine de sépultures de chanoines enterrés a déjà été mise au jour. « Étonnamment, deux sortes de populations ont été découvertes,» annonce Stéphane Sindonino, responsable du chantier.

« Outre les chanoines, nous avons découvert des tombes contenant des femmes et des enfants. Nous nous demandons s'il ne s'agît pas de familles riches qui auraient monnayé leurs places de cimetière au plus près de l'église. » Pendant un mois, un anthropologue a rejoint l'équipe afin d'étudier en profondeur le mode d'inhumation des corps, leur taille, leur sexe... Chaque corps est ensuite démonté et inventorié avant d'être envoyé en institut pour y être lavé et étudié de nouveau.

Deux cheminées et un pavement

A l'extérieur du cloître, les chercheurs ont trouvé plusieurs maisons médiévales bien conservées datant du XIII au XVII°. Deux cheminées sont bien visibles, ainsi qu'un pavement en céramique. « Sous ces maisons, nous avons dêcelê un aménagement de type habitat », annonce Stéphane Sindonino. « Un habitat qui daterait de la fin de l'époque carolingienne, vers l'an 1.000 de notre ère. Nous en avons sorti quelques portions. » Le chantier de fouilles archéologiques de Saint-Symphorien va durer encore au moins deux mois. Deux mois qui seront bien utiles pour déblayer toutes les couches de terre et bâtiment encore explorables. Les chercheurs ont déjà repéré plusieurs bâtiments romains datant du début du 1er siècle au  IVe de notre ère.

Peut-être une piscine...

« Au vu des portions de murs trouvés, et, même s'il reste beaucoup à déblayer, il y aurait deux types d'occupation : l'un serait de l'habitat, l'autre un monument à caractère public. Pour ce bâtiment, un mur de 1,20 m d'épaisseur a été trouvé, ainsi qu'un sol en béton de 40 cm d'épaisseur, poli comme un billard. Peut-être s'agit-il du fond d'une piscine ou de thermes...

Tous ces bâtiments sont bien mieux conservés que ceux mis au jour lors des fouilles de la rue des Trois Raisinets. Ici, l'occupation ecclésiastique a comme fossilisé le site romain. »

 Pour les journées du patrimoine, les visites se feront par petits groupes. Les visiteurs pourront accéder à un promontoire qui leur permettra de découvrir les murs du cloître et les tombes en cours de déblaiement.

 
Un anthropologue étudie les sépultures et les corps afin de mieux comprendre
comment ont vécu et comment sont morts les chanoines.
Photos Charles LANTENOIS          

Patricia Buffet                 

Extrait de l'union du 16/09/2006

   

   

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Reims dévoile ses dessous 

Le sous-sol de Reims est peut-être moins riche que celui de l'Egypte. Il n' en est pas moins intéressant pour les archéologues. Le cryptoportique présente les dernières trouvailles découvertes dans quatre sites en cours d' aménagement.

Qui dit construction nouvelle, dit fouilles archéologiques préalables ou « préventives ». A Reims, plusieurs zones sont en cours d' aménagement et ont donné lieu à des fouilles dont le produit est actuellement présenté au cryptoportique, sous la responsabilité de Catherine Delot, conservateur du service animation des musées de Reims.

Rien de spectaculaire, mais des indices qui font parler le sous sol de Reims sur les habitudes de nos ancêtres les Gaulois. Les sites concernés sont la Médiathèque (devant la cathédrale) ; la rue de l'Equcrre ; le boulevard de la paix (place Jamot) et la nouvelle zone commerciale de la Neuvillette. En ce dernier lieu, les archéologues ont mis au jour une nécropole sur laquelle nous nous attarderons.

Il est à noter que l'ensemble ces chantiers de fouilles - 30 depuis deux ans - comme le dit Catherine Delot, s' inscrit dans un ensemble plus vaste qui permet de reconstituer peu à peu le puzzle de ce que fût le , Reims antique (Durocortorum). Une fois les travaux archéologiques achevés, cependant, les constructeurs passent à l'action et les traces du passé sont irrémédiablement perdues.

D' où l' intérêt du travail de restitution des archéologues.

J.P.Scherpereel 

La Neuvillette : une nécropole à la façon d' une pyramide

Elle mène actuellement des fouilles en Normandie. Pourtant Lola Bonnabel est intarissable sur le chantier auquel elle a participé à la Neuvillette, avant l' aménagement de la zone commerciale qui a pris pied sur le site de l' ancienne ferme Pierquin. Dans quelques mois, les consommateurs qui fréquenteront ce vaste espace situé entre les Tondeurs et la BA 112 n' imagineront même pas qu' ils se déplaceront sur une ancienne nécropole.

D' après Mlle Bonnabel, cette dernière peut être datée des Ve ou IVe siècles avant Jésus-Christ. La jeune femme juge cette fouille « intéressante » parce qu' elle entre dans un système assez vaste de la plaine crayeuse. De très nombreuses nécropoles de ce type existent dans le sous-sol de la Marne et de l' Aisne au nord de Reims.

Il semblerait que nombre d' entre elles ont été pillées dans une époque assez récente. Mais les profanateurs se sont essentiellement portés sur les objets funéraires métalliques, délaissant le « matériel » humain ou céramique. L' étude scientifique reste donc possible.


 
Reconstitution d' une tombe féminine à partir des éléments trouvés sur place à la Neuvillette.
Il semble qu' il s' agissait d' une femme de la couche aisée de la population.
(Dessin
de S. Thouvenot)

 Panoplie

Quatre-vingts tombes celtiques ont été découvertes dans une vaste nécropole de 2 ha. Les archéologues ont découvert les restes de 72 individus. Dans « 5 » cas, les corps des défunts ont été superposés, laissant penser qu' il s' agissait là de concessions familiales. En revanche, l' ensemble du cimetière n'est pas organisé méthodiquement. Plusieurs monuments funéraires ont été localisés, situés dans des enclos circulaires ou à appendice. L' un d' entre eux comprenait une tombe à char.

Dans les tombes, les fouilles ont permis de retrouver les squelettes des défunts, mais aussi les objets placés à leurs côtés, qu' ils soient métallique ou en céramique. Hommes et femmes avaient chacun leur « panoplie ». Des offrandes animales pouvaient s' y trouver. De même que des aliments. Le tout était enterré dans une fosse fermée.

D' après les observations des archéologues, il semble que l' on peut classer les sépultures en les hiérarchisant selon le degré de richesse de leurs occupants. Trois niveaux existent pour la plupart des individus, des plus pauvres aux plus aisés. Un quatrième niveau correspond à de grandes tombes, avec ou sans monument, parfois destinées à ensevelir le char avec son propriétaire, sans doute issu de l' élite locale.

Actuellement, Une étude est réalisée à partir des céramiques, sous le regard avisé de Sophie Dessene. Un laboratoire de Compiègne se charge aussi de la restauration et de la datation de certains éléments. On en connaîtra les résultats d' ici à 2003.

J.F.S.

Les autres sites : des découvertes inédites

La médiathèque centrale

Une découverte « rarissime », voire même peut-être « inédite en France » a eu lieu à l'emplacment de la médiathèque centrale. Il s' agit d' un pan de mur «d'escarpe », précédé d' un large fossé en « V » de 5 mètres. Il semblerait que cette découverte soit à relier à la fortification carolingienne reconstruite à partir de 892 à la demande de l' archevêque Foulque, pour affronter les invasions normandes de l' époque.

De même, les archéologues ont procédé au démontage exhaustif du mur de l' enceinte gallo-romaine « tardive » (IVe siècle) pour en étudier le mode de construction et de fondations. L' étude a été menée sur près de 500 blocs issus de plusieurs monuments et réemployés. Certains portent les mêmes enduits que ceux de Pompéi.

Les archéologues Agnés Balmelle, Stéphane Sindonio et bien d' autres spécialistes ont également travaillé sur l' alimentation - à partir notamment de 11.000 fragments osseux. Mais aussi sur l' artisanat (cornetier, tablettier, meunier) pratiqué il y a près de 2.000 ans.

Parmi les particularités, un « corps d' Eve », disparu du socle de la Vierge situé sur le trumeau du portail central de la cathédrale.

 
Le chantier de la médiathèque : le sons-sol a parlé et révélé
certains « trésors archéologiques, parmi lesquels une trouvaille « rarissime ».
Photo AFAN 

Rue de l' Equerre

Ici, l' étude du sous-sol a été menée pendant dix ans sur une surface globale de 20.000 m2. Un travail de fourmi qui a permis de resituer le réseau de rues, de préciser les activités de ce quartier densément peuplé pendant le « Haut-Empire ».

Les fouilles permettent de retracer trois siècles d' histoire. Un atelier de potier du 1er siècle avant J.C. a également été mis au jour.

Boulevard de la Paix

Ce secteur se trouve aux abords de l' ancien fossé de « l 'oppidum » et d' un secteur fortement occupé à la période gallo-romaine. Mais la parcelle concernée ne représente que 850 m2.

Extraits de l'union 08/2006

   

   

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DECOUVERTE

   L'aqueduc de Reims au grand jour

 Les archéologues connaissaient depuis de nombreuses années le parcours de l'ouvrage, mais celui-ci n'avait encore jamais été dévoilé au grand jour.

C'est désormais chose faite depuis la fin du mois d'août grâce au service régional d'archéologie préventive de Champagne-Ardenne. Les fouilles, réalisées dans le secteur de la Croix Blandin ont permis de découvrir l'aqueduc qui ravitaillait Reims en eau à l'époque romaine. Construit entre le premier et le troisième siècle ap J-C, l'ouvrage de 44 km alimentait les thermes et les fontaines de la ville.

Extrait de VRI N° 232

   

   

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 Une nécropole gallo - romaine mise au jour au Chemin Vert

Les travaux de voirie commencés place du 11 Novembre sont arrêtés. Des vestiges archéologiques de ce qui pourrait être une grande nécropole gallo-romaine ont été trouvés.


Les fouilles ont lieu à deux pas de l'église Saint-Nicaise,
autour de la place du 11 Novembre. 

Nous n'avons pas connaissance de nécropoles gallo-romaines qui aient été fouillées à Reims. C'est pourquoi quand deux crânes et des tessons de céramique ont été trouvés dans des remblais lors de travaux de voirie effectués dans la cité du Chemin Vert, place du 11 Novembre, nous avons été très intéressés. Il pourrait s'agir de tombes datant de l'Antiquité tardive (1er siècle av. JC à 476). « Peut-être pourra-t-on en savoir un peu plus sur la pénétration de l'influence romaine en Gaulle dont Reims était une des capitales. »:  

Tandis qu'à l'ombre de l'église Saint-Nicaise, avec patience et méticulosité, trois archéologues s'attachent à proximité du réseau d'assainissement, à dégager à la pelle, à la truelle, à la brosse ce qui a dû être des tombes, Raphaël Durand, responsable de l'opération pour l'Institut national de recherches archéologiques et préventives, livre ses  premières hypothèses. « Dans   un   premier diagnostic nous avons regardé s'il y avait beaucoup de sépultures dans ce quartier créé au début du Xe siècle. Nous ne sommes pas déçus. Ce serait bien s'il y en avait aussi sous la place qui n'a pas dû être retournée. On est en procédure. de sauvetage il faut aller vite, mais grâce à la signature d'une convention on va pouvoir fouiller au fur et à mesure des travaux ».

 Comme une enquête criminelle

Après un premier décapage de 80 cm au tracto-pelle, c'est à l'archéologue de jouer. À la  pioche d'abord jusqu'au niveau  du squelette, ou de ce qu'il en reste, avant de passer à l'outil de dentiste. « L'avantage de la craie c'est qu'on peut facilement détecter les structures. L'inconvénient c'est que c'est fastidieux à déblayer et qu'à cause des eaux de ruissellement les os délavés résistent mal parfois. C'est un peu comme pour une enquête criminelle, il faut parfaitement localiser tous les éléments pour observer leurs relations entre eux, voir comment a été déposé l'individu, les objets ; essayer de voir si des éléments (NDLR : biodégradables)  ont  disparu.  Ensuite commence un long travail d'anthropologie biologique, un peu comme une enquête de médecine légale, pour faire parler les os. En labo on procède à des mesures, des constats pour voir l'état des dents du crâne, le développement général de l'individu pour déterminer son sexe, son âge, sa stature, ses éventuelles pathologies. Savoir s'il a été soigné (fractures, trépanation etc...). Cela peut indiquer le niveau social de la personne et le niveau des connaissances de l'époque ».

Recherche documents

« On peut rechercher aussi les liens génétiques entre les individus.  Cela peut même aller jusqu'à l'étude ADN avec la paléogénétique ». Des habitants du quartier Chemin Vert affirment en passant à proximité du site interdit au public qu'ils ont déjà eux aussi trouvé des os dans leurs jardins.

Pour compléter leurs connaissances, les archéologues vont s'attacher à chercher dans la littérature locale pour voir si des érudits ont par hasard fait des communications sur d'éventuelles découvertes dans le quartier.

Toutes les personnes qui posséderaient de leur côté des témoignages écrits peuvent s'adresser aux archéologues sur le chantier ou à la base de Vinrap, tél. 03.26.84.91.07

Alain MOYAT

Carole, passionnée par les sites funéraires

Carole : au pied de ce squelette il y avait des os de cheval en offrande.
Photos Alain MOYAT

Comme Raphaël Durand, responsable du chantier du Chemin Vert pour l'Institut national de recherches archéologiques et préventives, Carole, 22 ans, est parisienne.

Étudiante en archéologie, la jeune femme n'est pas venue sur le site du Chemin Vert par hasard. Ni pour rechercher un trésor d'ailleurs.

« Je prépare un DEA et je voudrais me spécialiser en anthropologie. Mon sujet de mémoire est: « la topographie des sites funéraires de Durocortorum. Voilà pour moi un bon moyen de me familiariser avec le terrain et ces fouilles sur un site répertorié sont une bonne opportunité ». Travail de recensement des nécropoles trouvées et accumulations des communications et des parutions dans les journaux devront compléter son étude. Pour l'heure, la jeune femme munie d'une mini pioche et de deux truelles triangulaires gratte avec une infinie patience au pied d'un trottoir où il y a quelques morceaux d'os brisés.

« C'est intéressant de voir qu'à une certaine époque les gens inhumaient leurs proches à l'extérieur de l'habitat, le plus haut possible,avec un effet ostentatoire en bordure des voies. » Sans préjuger de ce qu'elle va découvrir au Chemin Vert avec toute l'équipe, Carole, au moins, ne reviendra pas bredouille. J'ai trouvé une petite cuillère sur le site. Il paraît que c'est très pratique pour enlever la terre entre les côtes ! »

A.M.

 Extrait de l'union du 10/12/2004

   

   

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 A Reims, l'extraordinaire odyssée du temps se découvre par couches

Voyage dans le temps. Les fouilles archéologiques engagées sur le site de la cathédrale de Reims laissent entrevoir une succession d'anciennes constructions.


Dans la crypte de Deneux,invisible du publc, les vestiges s'étendent sur 40 mètres.

 Le Reims d'autrefois était sans doute une ville beaucoup plus importante qu'on le dit. Phrase pleine de mystères, riche d'espérance. Lancée par un archéologue scrutant les sous-sols magiques de Notre-Dame de Reims.

On pense aujourd'hui que Reims était un centre thermal des plus importants de la civilisation gallo-romaine : l'étendue des thermes de Reims, alimentés par trois aqueducs, aurait été d'une taille égale à deux fois .celle du très contemporain centre des congrès, qui s'étire tout de même sur280 mètres ! La taille imposante de la porte Mars, vestige triomphal de cette période, conforte cette hypothèse. Bref, en matière de thermes, les archéologues placent Rome et Reims sur une semblable échelle.

Superpositions

Des traces de thermes se dévoilent de mieux en mieux au furet à mesure qu'avancent les fouilles entreprises dans le périmètre de la cathédrale, dans la perspective de la commémoration du 1.500e anniversaire du baptême de Clovis, fixée à l'année prochaine. Des fouilles qui ont aussi permis de retrouver les restes de ce qui pourrait bien s'avérer être le vrai baptistère de Clovis, sous la nef de la cathédrale gothique (notre édition du samedi 26 août). Les prochaines semaines devraient apporter leur lot de confirmations, Mais, dans le fond, qu'importe ! Vrai ou pas, positionné sous la nef ou sous la rue Robert de Coucy comme le pensaient d'autres chercheurs - dont Henri Deneux, architecte en chef des monuments historiques après la Grande Guerre - le baptistère de Clovis n'est qu'un symbole de l'histoire, un élément de plus dans l'impressionnante évolution de la vie rémoise.

Car si les fouilles actuelles reprennent le travail laissé jadis par Henri Deneux sur trois sites différents, elles confirment et livrent aujourd'hui de précieuses informations.

Une par une, les différentes couches de terres mises au jour par les archéologues sont répertoriées, étiquetées,  comparées. Pouvoir dater une couche de sédiments ou de remblais, retrouver des traces de bois brûlé, permet de dater les constructions dont beaucoup se superposent. Or, Henri  Deneux avait souvent dégagé les couches de terre entre les vestiges, comme dans l'étonnante crypte qui porte son nom, laquelle, à l'abri des regards du public, abrite sous la cathédrale les restes d'un bâtiment de 40 mètres, érigé entre le V et le VI e siècle ! Peut-être s'agit-il de l'une des deux    basiliques élevées jadis.

Autre possibilité de dater les pierres anciennes : la découverte de céramiques identifiables, de monnaies, de mobiliers, d'ossements, Chaque jour, les archéologues retrouvent plusieurs de ces objets qui sont immédiatement lavés, protégés, archivés.

Vaste ensemble épiscopal

Rien qu'à l'endroit des feuilles visibles depuis la  rue Robert de Coucy, les chercheurs ont parfaitement identifié des murs des 5° et 6° siècles, un cloître du 9° dont l'histoire rappelle qu'il avait été financé par Louis ler le Pieux, un autre cloître du 13°, une chapelle du 17°. On sait effectivement, et depuis longtemps, que sur le périmètre de la cathédrale - et sans doute bien au-delà - s'étendait autrefois un vaste ensemble épiscopal. Des glacières de la fin du Moyen Age, profondes de 7 à 8 mètres, dans lesquelles les religieux conservaient leur nourriture, existent également. Dans  l'une d'elles ont été retrouvées des faïences de Dijon facilement datables. Ailleurs, ce sont des dés en os et de différentes tailles .qui permettent de penser que l'attribution des offices et cérémonies se jouait aux dés.

Sous la crypte de Deneux, les archéologues sont convaincus que des piliers en bois sont les dernières traces d'une maison datant du premier siècle avant Jésus-Christ.

L'inventaire est inépuisable. Et, à l'issue des fouillés, les archéologues vont pouvoir mieux comprendre comment les choses se sont organisées au fil des siècles dans ce lieu-mémoire de la ville de Reims. Car il faudra bien un jour cesser de sonder les sous-sols de la cathédrale, et mettre en valeur les découvertes accumulées. Avec cette idée claire qu'il restera toujours quelque chose à fouiller, sur des distances considérables : le potentiel archéologique de Reims est à l'évidence de première importance, tout comme l'exploitation touristique et culturelle qu'il doit  immanquablement  susciter.

Robert Neiss, conservateur en chef du patrimoine, responsable scientifique des travaux, expliquait récemment dans la revue « Archeologia » qu'il est possible de fouiller sur deux hectares et demi !


Ces toiles plantées sur des structures rigides, rue Robert de Coucy, abritent un premier site de fouilles. Ces installations seront conservées pour permettre au public de les visiter l'année prochaine dans de bonnes conditions, Photo Jean-Michel François

 Extrait de l'union du 04/09/1995

   

   

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