La porte de Mars   

12/09/2008 - Visite

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Porte de Mars

 

 

 

 

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La Presse

         

La Porte  de Mars  va bientôt  se dévoiler
Fin 2019, la Porte de Mars pourrait être dévoilée au grand jour

Deux ans de patience pour revoir la porte Mars
La porte de Mars bien couverte, mais les travaux vont durer

  Les Portes de Mars retrouvées
Une autre porte de Mars au Boulingrin

D'importants travaux de restauration ont permis de sauver la Porte Mars 

Reims, ville métropole depuis l'époque antique

La Porte Mars des fortifications

 La porte de Mars d'après C. Crouvezier

 VRI N° 233 - REIMS, métropole de l'Empire Romain

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 La Porte  de Mars  va bientôt  se dévoiler

Cachée depuis 2015 par un échafaudage, la portde Mars sera de nouveau visible fin décembre. Mais pour seulement un an. Car elle doit faire l’objet d’une seconde tranche de travaux.


Lancée en 2015, la première tranche de travaux est désormais achevée. La seconde tranche ne démarrera pas avant la fin de l’année 2019, car de nombreuses études doivent encore être menées. D’où la décision de retirer l’échafaudage.Sophie Delacroix 

Catherine Coutant, la conseillère municipale chargée du patrimoine, ne connaît pas encore la date exacte. Mais elle assure qu’à « la fin du mois de décembre, ou au plus tard au début du mois de janvier » , la porte de Mars ne sera plus masquée par un échafaudage. Le plus grand arc de triomphe roman d’Europe, dont la construction remonte au dernier quart du II e siècle, s’offrira aux regards.

Il faudra en profiter car, dès fin 2019 ou début 2020, le monument sera de nouveau dissimulé par une bâche, en raison du lancement de la seconde tranche de travaux.

Des études poussées avant d’entamer, fin 2019 ou début 2020, la 2 e tranche de travaux

La première étape, entamée en 2015, a consisté à installer une couverture en plomb pour régler de gravissimes problèmes d’étanchéité mais aussi de mettre en place une architrave (partie inférieure d’un entablement). Cette fois, il sera question de restaurer l’ensemble des façades et des voûtes, « pour consolider et préserver les exceptionnels témoins de sculpture antiques » . Sur les voûtes des arcades, apparaissent en effet des scènes romaines : Romulus et Remus allaités par la louve, Léda séduite par Jupiter transformé en cygne…

Mais pourquoi ce chantier de la porte de Mars n’est-il pas traité en une seule fois ? « Cet édifice exceptionnel est étudié à la loupe par un comité scientifique qui se réunit régulièrement sous la direction de Charlotte Hubert, architecte en chef des Monuments historiques » , fait savoir Catherine Coutant, en glissant que tous ces experts, qui ne sont pas forcément d’accord, étudient diverses pistes. Se pose par exemple la question de savoir s’il faut ou non maintenir les très contestées restaurations réalisées en 1845 par l’architecte Narcisse Brunette à l’ouest de la façade nord…

« La restauration des façades et arcs nécessite des études fines supervisées par un comité scientifique composé notamment de spécialistes de l’architecture antique : la restauration d’un tel édifice, plus grand arc de triomphe romain d’Europe, prend un temps important à la mesure de l’importance du monument qu’il traite » , confirme Charlotte Hubert.

CACHÉE PENDANT DES SIÈCLES DANS LES REMPARTS

La cité de Durocortorum, ancêtre de Reims, possédait quatre portes, positionnées à chaque point cardinal. La porte de Mars, qui marquait l’entrée nord de la ville, est la seule conservée. Pendant plusieurs siècles, cette porte a littéralement disparu car, dès le III esiècle, elle a été incluse dans l’enceinte de la ville. Elle n’a été redécouverte qu’au début du XVII e siècle.

Valérie OULET

Extrait de l' union du 03/12/2018

 

 Fin 2019, la Porte de Mars pourrait être dévoilée au grand jour

L’architecte en chef des Monuments historiques dans la Marne a fait le point sur le chantier de la Porte de Mars, l’heure étant à la restauration des parements et des décors.


Charlotte Hubert, l’architecte en chef des Monuments historiques dans la Marne, insiste: «La préciosité de cette porte est immense.»

L'ESSENTIEL

•.- Les travaux concernant la Porte de Mars ont débuté en 2015, le monument s'est ainsi retrouvé caché derrière une bâche. le chantier a été ouvert au mécénat par la Ville de Reims.

•.- Lors de la soirée des mécènes, Charlotte Hubert, l'architecte en chef des Monuments historiques dans la Marne, a rappelé l'histoire de cet arc, le plus grand arc antique conservé en Europe, et a fait le point sur les travaux réalisés.

•.- L'objectif est de pouvoir rendre le monument à la vue des Rémois à la fin de l'année 2019.

 À l’occasion de la soirée des mécènes, Charlotte Hubert, l’architecte en chef des Monuments historiques dans la Marne, a offert un coup de projecteur sur la Porte de Mars, actuellement cachée sous une bâche et l’objet de toutes les attentions. « La préciosité de cette porte est immense », rappelle Charlotte Hubert. C’est le plus grand arc de triomphe antique conservé en Europe, « voire dans le monde. Vous vous rendez compte que pour voir une telle chose, il ne faut pas aller à Rome, mais à Reims ! »,insiste-t-elle. Signe aussi de l’importance de Durocortorum (ancien nom de Reims) à l’époque romaine, capitale de la Gaule Belgique et à la croisée des routes de l’empire. C’est ainsi qu’au 2 e siècle est décidé d’ériger un bel arc, qui a pour vocation d’être la porte au Nord de la ville. Deux siècles plus tard, elle est intégrée dans l’enceinte de la cité. Au 12 e siècle, les archevêques, dont les relations ne sont pas au beau fixe avec la population, décident d’ériger un château à l’emplacement quasiment de l’actuel Boulingrin, la porte s’y retrouve englobée. « Il faut savoir qu’au 14 e siècle, une bulle papale menace d’excommunier l’ensemble des Rémois s’ils s’en prennent aux archevêques, c’est dire quelle était l’ambiance. » Les archevêques vont même boucher les arcades et les Rémois vont alors ouvrir un autre passage, la porte Mars, à proximité… La porte de Mars, elle, disparaît dans le château avant qu’Henri IV ne décide de le démolir, la porte se retrouve enfouie.

Il faut dire que cette Porte de Mars comprend des sculptures qui mériteraient d’être au musée
Charlotte Hubert

On la redécouvre vraiment au milieu du 19 e siècle. Charlotte Hubert a même montré une photo exceptionnelle du monument puisqu’elle date de 1853. C’est là que les premières interventions sont décidées. « Et aujourd’hui ? Que se passe-t-il derrière cette bâche ? », poursuit Charlotte Hubert. La Porte de Mars est aujourd’hui à l’abri après des travaux débutés en 2015 qui ont consisté en des travaux d’étanchéité de la couverture, avec un revêAtement en cuivre recouvert d’un autre en plomb. Désormais, l’heure est à la restauration des parements et des décors. Pour ce faire, au préalable, un comité scientifique est à pied d’œuvre. « Il faut dire que la porte comprend des sculptures qui mériteraient d’être au musée »,glisse Charlotte Hubert. Un minutieux travail de dessin, cartographie, a été entrepris, « des essais de nuit avec UV ont été réalisés. La question, c’est comment traiter ces sculptures, quelle restauration et quelle vision ? On regarde ce qui a pu être fait comme au niveau de l’Acropole d’Athènes. » L’enjeu est de taille. « Il faut réussir à faire comprendre à tous ce monument, qu’ils se l’approprient, qu’ils se rendent compte de ce qu’ils ont chez eux. » L’architecte en chef des Monuments historiques penche pour des greffes ajustées qui permettraient plus de visibilité. « Ce qui est sûr, c’est que notre objectif est que l’on puisse enlever les bâches fin 2019. Il y aura peut-être avant une partie qui sera enlevée, pour un essai, pour qu’on puisse nous-même se rendre compte, avec du recul, ce que cela donne. » Charlotte Hubert aimerait aussi que les scolaires notamment puissent travailler sur ce magnifique arc de triomphe.

172
C'est le nombre de donateurs particuliers dans le cadre du mécénat ouvert pour la Porte de Mars, sans oublier 16 entreprises, un mécénat qui dépasse à ce jour les 300.000 euros.

Extrait de l' union du 19/03/2018

  

    

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 Deux ans de patience pour revoir la porte Mars

Les travaux de la Porte Mars se poursuivent. Mais le trésor gallo-romain se dévoilera exceptionnellement le week-end prochain à l’occasion des Journées du patrimoine.


Au sommet de la porte de Mars, le travail minutieux de mise en étanchéité a été réalisé. Il faut désormais restaurer les voûtes des arcades.
Christian Lantenois 

VISITES GUIDÉES EXCEPTIONNELLES

LE CHANTIER DE LA PORTE MARS sera exceptionnellement ouvert au public, lors de visites guidées samedi 16 septembre, de 14 à 18heures et dimanche 17 septembre, de 10 à 12 heures et de 14 à 18 heures (départ toutes les 45 minutes).

RÉSERVATION OBLIGATOIRE : par téléphone au Trésor au 03 2677 77 76, de mardi à samedi, de 12 à 19 heures.

RENDEZ-VOUS : place de la République, près de la Porte Mars.

Tout le monde ne pourra pas grimper au sommet de l’échafaudage. Car, pour des raisons de sécurité, les groupes seront limités à huit personnes. Ceux qui auront pu réserver leur place (lire plus bas) auront donc de la chance, d’autant que cette visite du chantier de la Porte Mars est exceptionnelle : elle n’aura lieu que ces samedi 16 et dimanche 17 septembre, lors des Journées européennes du patrimoine.

Il faudra ensuite attendre longtemps, soit environ deux ans, pour que le vestige gallo-romain s’offre de nouveau au regard de tous. Car ce plus grand arc romain de France, voire d’Europe, a encore besoin de soins.

La toiture de la porte ne souffre désormais plus de problèmes d’étanchéité

SI LE PREMIER VOLET DU PROGRAMME DE RESTAURATION, LANCÉ EN 2015, EST TERMINÉ – L’ÉTANCHÉITÉ DE LA TOITURE A ÉTÉ ENTIÈREMENT REFAITE –, LE SECOND VOLET DEVRAIT BIENTÔT DÉMARRER. IL CONCERNERA LES PAREMENTS ET LES DÉCORS DES FAÇADES SOIT DES FRISES ET DES GUIRLANDES.

LES RESTAURATEURS REDONNERONT AUSSI TOUT LEUR ÉCLAT AUX VOÛTES DES ARCADES, SUR LESQUELLES APPARAISSENT DES SCÈNES ROMAINES : ROMULUS ET REMUS ALLAITÉS PAR LA LOUVE, LÉDA SÉDUITE PAR JUPITER TRANSFORMÉ EN CYGNE, UN CALENDRIER AGRICOLE… POUR CETTE SECONDE PHASE DE TRAVAUX, DE NOMBREUSES ÉTUDES ONT ÉTÉ MENÉES EN AMONT. ET LA PREMIÈRE RÉUNION DU COMITÉ SCIENTIFIQUE COMPOSÉ D’UNE DIZAINE D’EXPERTS, AURA LIEU À REIMS VENDREDI 15 SEPTEMBRE. ELLE DEVRAIT ÊTRE DIRIGÉE PAR CHARLOTTE HUBERT, ARCHITECTE EN CHEF DES MONUMENTS HISTORIQUES. PENDANT CETTE RÉUNION SERONT DISCUTÉS DE NOMBREUX POINTS TECHNIQUES. L’ÉQUIPE ENVISAGERAIT NOTAMMENT À PLUS OU MOINS LONG TERME DE RETIRER UNE PARTIE DE LA BÂCHE POUR QUE LES RÉMOIS PUISSENT AVOIR UN APERÇU DES TRAVAUX EN COURS. UNE CHOSE EST CERTAINE : CES DERNIERS DURERONT DEUX ANS. « LORS DE LEUR TRAVAIL, LES RESTAURATEURS AURONT UNE DÉMARCHE DE RESTITUTION ET NON D’INTERPRÉTATION » , PRÉCISE CATHERINE COUTANT, CONSEILLÈRE MUNICIPALE DÉLÉGUÉE AU PATRIMOINE.

DES ANIMATIONS À VENIR

CETTE DERNIÈRE ANNONCE QUE LA VILLE ET LES RESPONSABLES DU CHANTIER N’EXCLUENT PAS DE PROPOSER AU JEUNE PUBLIC DIVERS ANIMATIONS ET ATELIERS AUTOUR DE CE GRAND CHANTIER DE RESTAURATION, NOTAMMENT AUTOUR DU THÈME DE LA MYTHOLOGIE. LES ÉQUIPES DU SERVICE CULTUREL DE LA VILLE PLANCHENT AUSSI SUR UN ÉVENTUEL PROGRAMME DE CONFÉRENCE

Un très précieux vestige gallo-romain

La porte Mars est l’un des plus importants vestiges gallo-romains de Durocortorum, construite au cours du III e siècle. C’est le plus grand des arcs romains : 32 mètres de long (contre 26 mètres à Rome et 18 mètres à Orange), 6,40 mètres de largeur pour une hauteur de 12 mètres qui devait dépasser largement les 15 mètres avec l’entablement supérieur. Elle doit sa survie au fait qu’elle fut incluse dans les remparts et englobée dans l’enceinte du château des archevêques, construit en 1230. Et ce n’est qu’en 1844, que l’on s’attaqua aux travaux de dégagement. Endommagée lors de la Première Guerre, la porte Mars fut restaurée dans les années 1920 et bénéficia de quelques travaux dans les années 80, mais elle souffrait depuis de nombreuses années d’importants problèmes d’infiltrations qui la mettaient en danger. En juillet 2015, cette porte – Durocortorum en possédait au départ quatre – a été entièrement couverte de bâches.

Valérie COULET

Extrait de l' union du 10/09/2017

  

    

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 La porte de Mars bien couverte, mais les travaux vont durer

La restauration de la couverture de la porte de Mars est quasiment terminée. Reste le plus difficile, la rénovation générale de ce très ancien monument dans les règles de l’art.

 
Au sommet de la porte de Mars, Denis Chrupek et Catherine Coutant (sur la gauche) admirent le travail minutieux de mise en étanchéité ave du cuivre et du plomb. Photographe: Christian Lantenois 

LES FAlTS

•.- La porte de Mars, édifiée au cours des Il' et III' siècles, faisait partie des quatre arcs devenus portes d'entrées et points de passage obligés de la cité.

•.- Elle est à ce jour le plus grand arc connu du monde romain. Elle mesure 32,4 mètres de long et 6,4 mètres de large. Sa hauteur actuelle-est de 13 mètres.

•.- Des' restaurations ont été menées en 18;1:4 et 1845, entraînant de vives critiques sur le fait de refai re des ruines neuves gallo-romaines

Un morceau de cuivre sur un tréteau, des outils, et des échantillons de plomb. Nous sommes sur un chantier. Et pas n’importe lequel. Tout en haut de la porte de Mars, sur la nouvelle toiture et derrière les grandes toiles qui entourent le monument historique en travaux. Ceux-ci ont démarré il y a un an. L’étanchéité de la couverture était ce qu’il y avait de plus urgent à entreprendre pour sauvegarder l’une des rares portes à trois arches construite en Europe au IIe siècle. Cette porte se dégradait du fait des infiltrations désastreuses et d’une absence de gestion des eaux de pluie du terrain  en contrebas malgré quelques travaux d'urgence menés dans les années 80.

« Nous avons envie d'en savair plus, de faire venir des scientifiques pour analyser ce bâtiment très ancien et très riche »
 Denis Chrupek

« Nous avons rebâti l'architrave (le couronnement du haut et la toiture) dans les règles de l'art », précise Denis Chrupek, chef de service maîtrise d'ouvrage et maîtrise d'œuvre de la Ville.

Le plus difficile reste à faire car si la porte est désormais à l'abri des intempéries, elle doit être auscultée pour comprendre les altérations et retrouver le monument tel qu'il a été construit alors qu'il se trouvait au milieu de remparts. C'est d'ailleurs ce qui l'a en partie protégé. Comment distinguer ce qui date de l'origine de ce qui a été rénové au cours du temps ? « Nous sommes partis pour des années d'études et de chantier », souligne Catherine Coutant, conseillère municipale déléguée au patrimoine immatériel. « Nous avons envie d'en savoir plus, de faire venir des scientifiques pour analyser ce bâtiment très ancien et très riche. Il est difficile de trouver la véracité de la porte de Mars.

Des questions ne sont pas tranchées comme le fait de savoir s'il faut garder ou pas les traces de la guerre, s'il faut conserver certaines noirceurs dues aux sulfates, aux sels, à la pollution. Des diagnostics, des analyses d'échantillons devraient permettre de trouver des pistes de restauration maintenant que la porte est étanche grâce à un revêtement en cuivre, recouvert d'un autre en plomb (matériau le plus pérenne) et un bon écoulement des eaux de pluie.

Ces travaux, menés avec soin par l'entreprise Coanus, ont un coût de 1,5 million d'euros. Pour mener à bien cette opération, la Ville a lancé une souscription ouverte aux entreprises et aux particuliers.

REIMS, VILLE PIONNIÈRE ET EXEMPLAIRE

Première ville de France à s'être dotée d'une mission mécénat, Reims mobilise désormais des mécènes en priorité en faveur de son patrimoine. En 2015-2016, elle a réuni plus de 1,5 million d'euros de mécénat financier. Elle a également réuni une cinquantaine d'entreprises pour un mécénat en nature et en compétences estimé à 600.000 € à l'occasion de la réhabilitation et la valorisation de la fontaine Subé. Les souscriptions publiques sont mises en œuvre avec l'appui de la Fondation du patrimoine. En 2016, la Ville s'est vue attribuer un prix saluant la « mobilisation numérique » autour de la restauration partielle de la porte de Mars.

Lancée er mai 2015., la souscription pour cette restauration a se mobiliser la générosité de nombreux internautes avec plus de 15.000 € collectés en ligne sur le site de la Fondation du patrimoine, sur un total d'environ 100.000 euros, les mécènes de la Ville, particuliers et représentants d'entreprises, vont d'ailleurs être invités le 21 février à l'hôtel de ville, à échanger avec des professionnels, des jeunes engagés sur quatre opérations et les élus rémois. En matière de mécénat, Reims est exemplaire en France. Elle sollicite des mécènes pour, en priorité, protéger, restaurer et valoriser le patrimoine. Une rencontre est prévue avec les acteurs de quatre projets soutenus par le mécénat, la fontaine Subé, l'église Saint-Maurice, le luchrone et la porte de Mars

M.C LARDENOIS

Extrait de l' union du 21/02/2017

  

    

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 Les Portes de Mars retrouvées

 
Les associations culturelles et savantes se sont donné la main !

« Constatant que les Rémois ont un intérêt poussé pour ce qui s'est passé dans le sous-sol de Reims, nous avons eu l'idée de demander à des sociétés archéologiques et culturelles de les éclairer sur ce sujet », expliquent Pierre Longuet, président de l'Amic'Halles, et Marie Descazaux, présidente du Grand Musée au Boulingrin, à l'initiative de la rencontre autour du Boulingrin intitulée « Les Portes de Mars retrouvées ».
La Porte de Mars, Arc de Triomphe antique, était loin d'être la seule. Trois autres portes avaient été intégrées au IVe siècle : la Porte Bazée, la Porte Cérès et la Porte de Vesle. «
Ces quatre portes délimitaient la partie la plus importante de la ville ancienne (à peine 60 ha) mais la ville romaine s'étendait bien au-delà, sur environ 600 ha », explique Olivier Rigaud, du « Reims Histoire Archéologie ». Entre le XIIIe et le XIVe siècle, une seconde grande muraille est édifiée : l'arc antique est muré dans ces remparts, une autre « Porte de Mars » est ouverte à quelques mètres de là, qui fonctionnera jusqu'à la démolition des remparts en 1849. C'est cette porte qui a été retrouvée lors des fouilles du Boulingrin.

       Images et cartographies

Les vestiges de l'enceinte médiévale sont encore visibles à la butte Saint-Nicaise, comme l'explique Patrick Prillieux, du Groupe d'études archéologiques de Champagne-Ardenne, qui a retracé l'histoire des deux pôles de l'enceinte, et proposera de la découvrir lors des Journées du Patrimoine.

Il est possible de visualiser les détails du quartier du Boulingrin grâce aux plans qu'Ernest Kalas, architecte et artiste, a entrepris dès 1910. « Son génie était de faire des plans de façon très schématique, qui, grâce à des légendes très fournies, mettaient en évidence, de période en période, ce qui avait été modifié dans la ville », explique Alain Cottez, président de la Société des Amis du Vieux Reims. C'est un peu le travail qu'entreprend aussi, avec ses « diatopes », Dominique Pargny, du Groupe d'étude sur les géomatériaux et environnements naturels anthropiques et archéologiques : « On superpose les plans anciens en une sorte de « millefeuille » que l'on regarde par transparence. En les associant à Google Earth®, on arrive à un résultat surprenant ».

Tous ces passionnés apporteront leurs expériences et leurs archives pour satisfaire la curiosité des Rémois, dans l'attente du résultat des conclusions archéologiques des fouilles.

Ce samedi 10 septembre 2011, de 17 à 20 heures. Médiathèque Jean-Falala. Entrée libre.

  

Autour du quartier du Boulingrin : le programme

 Les associations culturelles et savantes se sont donné la main !
 La seconde Porte de Mars, médiévale, émerge des fouilles du Boulingrin.

De multiples interventions-présentations, de courte durée sont proposées.
1 - Zoom cartographique : du carrefour de Reims antique à l'enceinte de la Guerre de Cent ans et sa démolition.
2 - L'enceinte médiévale encore visible à la butte Saint-Nicaise.
3 - Archéologie urbaine et recherche pour le paysage rémois historique : les laboratoires de l'Université.
4 - L'ancien château des Archevêques : textes, images, essai de reconstitution en 3D.
5 - La fouille de l'enceinte romaine tardive sous la médiathèque. Le diagnostic archéologique de la place de la République.
6 - Le quartier de l'Hôtel-de-Ville à la Porte de Mars vu à travers les plans d'E. Kalas conservés au musée Le Vergeur.
7 - Les enceintes fortifiées : l'archéologie urbaine à Reims.
En prolongement : questions-réponses. Propositions de visites, manifestations, conférences, pour la « Saison du Boulingrin » à venir.

Extrait de l' union du 09/09/2011

  

    

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ARCHÉOLOGIE 

Une autre porte de Mars au Boulingrin


      Le chantier de fouilles préventives ouvert à l’emplacement du futur musée des Beaux-Arts a permis la mise à jour d’une partie des ouvrages défensifs de la ville au Moyen-Age.  

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La phase de diagnostic ayant confirmé en 2010 la présence de vestiges importants, le service archéologique de Reims Métropole a été chargé par la Ville de pousser plus avant les investigations au printemps 2011. Une équipe de 7 personnes a méthodiquement ratissé la place du Boulingrin jusqu’à dégager des pans de fortifications datant du Moyen-Age, dont une barbacane entourée de fossés et une porte de Mars (distincte de la porte galloromaine du même nom). Des celliers et une petite glacière de 6 m de diamètre où nos ancêtres arrivaient à stocker la glace pendant 5 ans ont également été identifiés. A l’aide d’un plan de 1778 conservé aux Archives Départementales, les archéologues ont pu recoller les éléments de ce puzzle à ciel ouvert. La qualité de conservation d’une partie des maçonneries, entre lesquelles avec un peu d’imagination on croit voir les ponts-levis manquants, renforce l’intérêt de cette découverte. Deux décisions ont été prises pour la mettre en valeur et la partager avec les Rémois : d’une part, l’ouverture au public du chantier tout l’été avant qu’il soit rebouché pour l’hiver, d’autre part, la mise en visibilité de certains vestiges au sein du futur musée des Beaux-Arts  

 NE RATEZ PAS LA VISITE!

Les archéologues assurent jusqu’au dimanche 16 septembre inclus des visites guidées et gratuites du chantier de fouilles. Les départs ont lieu du mardi au dimanche à 15h15, 15h45, 16h15, 16h45, 17h15. Se présenter 15 mn avant. Les visites se poursuivront les 17 et 18 septembre lors des Journées Européennes du Patrimoine, de 10 h à 12h30 et de 14 h à 17 h.

 C. R.

 Extrait de VRI N°281 de 09/2011

  

    

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 Reims, ville métropole depuis l'époque antique  

 
J.J. Maquart, Vue de la porte de Mars, d'après Israël Silvestre (1850)
© Bibliothèque municipale de Reims, 20-010

  Dès l'époque gauloise, Reims est une ville métropole, d'abord en tant que cité principale du peuple des Rèmes, mais surtout, depuis l'époque antique, comme capitale de la province de Belgique, vaste territoire qui comprend alors tout le nord de la Gaule.

L'évêque de Reims hérite naturellement de cette situation à l'effondrement de l'empire romain.

Durant le haut Moyen Âge, il se pose comme le garant légitime de l'autorité publique. Au VIIIe siècle, il prend le titre d'archevêque, avant de récupérer, dès 1023, l'autorité comtale sur la ville. Devenu seigneur justicier, il possède alors les pouvoirs de haute et basse justice.

  

    

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 La porte de Mars



La porte de Mars est le vestige le plus monumental de l'époque gallo-romaine.

Complètement dépouillée des aménagements liés a sa transformation en porte lors de la construction de l'enceinte. Des campagnes de dégagement se sont succédé du XVII siècle au milieu du XIX siècle.

Le monument est composé de trois arcs. Lors de la construction de l'enceinte, la fermeture de deux arcs s'imposa pour donner la priorité à l'efficacité défensive.

On  ne  dispose  pas d'informations précises sur la structure du bâtiment mis à part quelques textes décrivant la structure du monument. Le monument au Moyen Age était reconnu par son allure et la qualité des sculptures qu'il portait.

Il est aujourd'hui l'un des plus grands monuments du monde romain.

Êva Labéribe

 Extrait de l'union du 09/08/2007

  

    

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La Porte Mars des fortifications

  
 Porte de Mars des remparts. Dessin de J.-J. Maquart d'après Baussonnét. 


Après la démolition du château des archevêques une nouvelle porte d'enceinte fut édiftée en 1624. Elle devait disparaître en 1854. Elle portait au sommet une figure du dieu Mars de 1 m 2.0 de haut, en fer battu, doré, traité avec beaucoup de fantaisie dans le costume.
C'était l'oeuvre de Pierre-!e-Cceur, maître-couvreur rémois. Desiin de J.-j. Maquart.

 Vue  côté ville

Extraits de " La vie d'une cité "REIMS" au cours des siécles " par C. Crouvezier

  

    

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 La « Porte Mars »

 

 L'arc de triomphe romain au court du dégagement au XIX° s. et dans son état actuel.

 L'arc de triomphe gallo-romain de Reims est habituellement appelé Porte Mars, ce qui n'est pas tout-à-fait exact. On édifla, en effet, tout à côté de celui-ci, en 1595, une seconde porte beaucoup plus réduite, à un seul passage, surmontée d'une statue, en cuivre martelé, représentant le Dieu Mars. Ccette porte, qui fait partie des édifices rémois du Moyen Age, fut démolie seulement en 1853.

L'arc romain, tel qu'on le voit présentement, n'est plus complet, il s'en faut ! L'entablement, l'attique, le quadrige doré qui devait le surmonter ont disparu.

La décoration ornementale, les sculptures, statues, bas-reliefs et médaillons sont inexistants ou à peu près effacés ;  cependant certaines portions subsistantes sont suffisamment indiquées pour qu'on puisse se faire une idée de l'ensemble. On pense qu'il a été édifié au début du III° siècle, sous le règne de Probus et sans doute en l'honneur de Jules César. Il est le plus grand arc connu du monde romain, puisqu'il mesure 32,44 m de longueur (celui d'Orange a 18 m, celui de Constantin à Rome a 26 m). Complet, il devait atteindre une hauteur d'environ 20 m.

On relève une particularité, si on le compare aux autres arcs connus, tant en Europe qu'en Afrique : la hauteur de l'arcade centrale ne dépasse que de très peu celle des deux arcades latérales, les impostes pour les trois ouvertures sont sur le même niveau.

Si cet arc de triomphe a pu être conservé jusqu'à nous, cela tient à deux chances : il est resté enterré pendant une dizaine de siècles au moins (10) ; ensuite et grâce à l'heureuse intervention de l'archéologue rémois Duquesnelle et l'appui que ce dernier rencontra auprès de Mérimée, alors inspecteur des monuments historiques, la destruction totale fut évitée au XIX° siècle. Un professeur au lycée de Reims, Victor Duruy (qui fut plustard ministre de l'Instruction publique sous Napoléon III intervint également. Leurs efforts conjugués sauvèrent le monument.

Pour le visiteur, nous signalerons quelques détails de sculptures encore visibles qui présentent un intérêt certain. Le plafond de l'arcade du milieu,dite arcade des Saisons, figure la terre, entourée de quatre enfants. Douze bas-reliefs sculptés dans des compartiments figurent les travaux des douze mois de l'année, paysan avec sa herse, moissonneurs, chasseurs, vendangeurs, etc. (La réforme du calendrier, en douze mois et année de trois cent soixante-cinq jours, est due à Jules César, suivant Suétone).

Sous la voûte de droite (côté près des halles actuelles), sont représentés Romulus et Rémus allaités par la louve. Une large frise encadre des caissons alternativement carrés et octogones, avec ornementation de délicates rosaces.

Sous la voûte de gauche, le motif représenté est dit de Jupiter et Léda, symbolisant vraisemblablement l'amour et la quiétude, (certains archéologues y voient Castor et Pollux.)

 Cet arc de triomphe ne fut dégagé qu'au XIX° siècle. Muré et entièrement recouvert de terre après les premières invasions barbares, compris dans la ligne des fortifications érigées hâtivement, on ne commença à le déterrer, en s'arrêtant au sommet des voûtes, qu'en 1677. On n'osa pas aller plus loin de peur que l'arc ne fût plus soutenu et s'effondrât.   .

La démolition des remparts qui l'emprisonnaient ne fut reprise qu'au XIX° siècle et terminée qu'en 1846, à cet endroit. on trouva dans les terres avoisinantes de nombreux fragments de chapiteaux, débris de colonnes et sculptures, dont nous avons des dessins faits sur place à l'époque. Les arcades furent débouchées en 1857.

On a examiné la pierre qui avait servi aux Romains à édifler le monument et on en a retrouvé l'origine; elle provenait de carrières de Colligis(sur la voie romaine allant de Reims à Soissons).

Plus récemment, en abaissant le sol sous l'arcade principale on aretrouvé le sol primitif, le pavage et les deux sillons parallèles creusés parle passage des roues, qui témoignent d'une intense circulation dans le passé.

Extraits de " La vie d'une cité "REIMS " au cours des siécles " par C. Crouvezier

 

  

    

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-  Au  cours  des  travaux  de  dégagement  du  XIX°  siècle,  on  trouva  des monnaies à l'efTigie de Constantin II (qui régna de 337 à 340) ; elles seraient donc de peu postérieures a l'édification.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- Un fossé très profond avait été creusé et la terre rejetée sur le monument, qui se trouva enterré.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- Victor Duruy est l'auteur d'une Histoire des Romains.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

- Qui étaient les parents de Romulus et Rémus ? Faustus le gardien de porcs, et sa femme Acca Laurentia ? Etaient-ils enfants de  Silvia ? Légende romaine qu'il faut accueillir avec réserve.

On attribuait aussi à des soldats de Rémus, fugitifs de leur patrie, la fondation de Reims, d'où viendrait son nom. Il est curieux de retrouver la persistance de cette légende dans un récit du sacre de Charles VIII, comme dans l'inscription figurant au bas d'un très ancien plan de Reims dessiné par Edme Moreau.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

- On suppose que .les portes latérales avaient été détruites un siècle plustôt, pour faciliter la construction du second monastère de Saint-Pierre-les-Dames,en  remplacement du précédent, tombé  en  ruines, fondé  au X* siècle parGondebert.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- Le rémois Tinois, qui fut un temps, à Berlin, le secrétaire de Voltaire, s'éleva vivement à l'époque contre cette décision et dit : * Qui'il manquait une Société de Gens de lettres pour protester contre la démolition de la Porte Bazée »...

  

    

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D'importants travaux de restauration ont permis de sauver la Porte Mars 

 ...et de lui refaire une jeunesse

Depuis de longs mois, la Porte Mars était entourée d'échafaudages au grand désespoir des touristes gênés pour l'immortaliser en photo. C'est que ce vénérale monument était, comme on dit, « mal en point ».

La Porte Mars a retrouvé aujourd'hui une nouvelle jeunesse après de délicats travaux. Les échafaudages ont été démontés au début du mois de décembre et la réception des travaux a eu lieu ces jours derniers.

La Porte Mars est sauvée pour quelques décennies sinon quelques siècles (on n'ose plus se prononcer de nos jours en raison de la pollution, grâce aux techniques les plus modernes d'injection de plastique et de résine. C'est ce qu'ont pu constater M. Jean Falala et M. Jean-Louis Schneiter, qui étaient accompangés par M. André, architecte des bâtiments de France: Mlle Isabelle Frossard, inspectrice des monuments historiques ; M. Neiss, inspecteur des antiquités, M. Nomine, receveur des travaux aux monuments historiques, M. Bourbon, ancien pensionnaire de la villa Médicis qui a été chargé de la restauration des bas reliefs ; M. Jean Rocard, architecte en chef des monuments historiques étant maître d'œuvre.

Une pierre farineuse et délitée

La Porte Mars a certes une longue histoire puisqu'elle a sans doute été construite à la fin du II° siècle (elle aurait donc 1.800 ans), mais c'est depuis son dégagement total des remparts en 1848 où elle aura passé la plus grande partie de son existence, qu'elle cause des soucis aux Rémois et aux services des monuments historiques.

Sa stabilité, son étanchéité et la conservation même de la pierre ont souvent semblé compromises.

Il est vrai qu'à cette  époque certains avaient  demandé la démolition pure et simple de « ce monument inutile et encombrant ». On sait pourtant que les Rémois y sont très attachés de nos jours.

Dans un rapport sur les travaux de restauration qui viennent d'être entrepris, Mlle Frossard, inspectrice des monuments historiques explique : « Lorsqu'on commence les travaux d'étanchéité, lavage et rejointement, les échafaudages ont permis de mieux se rendre compte de l'état grave d'altération des sculptures des trois arcs attaquées par ce qu'on a coutume d'appeler la maladie de la pierre. Sous la croûte noire, épaisse et granuleuse qui recouvrait toute la surface, la pierre était complètement délitée, farineuse et le moindre contact pouvait faire tomber d'importants fragments. On observait également de nombreuses fissures et décollements qui pouvaient faire craindre dans un laps de temps assez court la disparition pure et simple de la sculpture de la porte ».

A la suite de ces constations alarmantes, le laboratoire de recherche des monuments historiques a été chargé d'une étude précise des causes de cette altération et des remèdes à apporter. Le laboratoire a conclu à la nécessité de procéder à un traitement de la pierre par un procédé mis au point en Italie et qui a été appliqué avec succès à Bologne, Ferrare, Venise et chez nous, à la cathédrale de Chartres et à la basilique Saint-Denis.

De la résine au secoursde l'architecture romaine

C'est donc une technique très moderne qui a été employée comme l'expliqué Mlle Frossard dans son rapport.

« Ils ont consisté à pratiquer des compresses de pulpe de cellulose en solution acqueuse qui extraient par applications successives, et sans action mécanique, les salissures et concrétions. Ce nettoyage extrêmement doux s'accompagne, en alternance, de refixage par injection ou imprégnation d'une résine acrylique dissoute dans un solvant. Celte résine possède la faculté de consolider la pierre sans modifier de façon importante sa porosité, en « tapissant » d'une certaine façon les pores sans les boucher. Ainsi, les échanges d'humidité inévitables peuvent se faire normalement, sans créer de barrière dangereuse pour la conservation. de « l'épiderme » de la pierre (accumulation d'eau,  et donc risque de gel). Ce traitement de plus est totalement réversible. Il nécessite au moins trois ou quatre passages de pâte et de résine.

Tous les fragments décollés ont été fixés au moyen de points de collages aux résines époxy, et; les fissures ont été injectées en profondeur au moyen d'une résine de même nature.

Ce sauvetage de la sculpture, s'est accompagné d'un rejointoiement général des intrados : en effet, par deux fois, à la fin du siècle dernier et après la guerre de 1914, l'ensemble de la porte a été rejointoyé au ciment. Ce ciment par sa dureté et sa composition mettait en danger les pierres avoisinantes qui avaient tendance à se déliter à son contact. Tous les joints des intrados ont donc été dégradés et remplacés par des joints de chaux grasse et sable, harmonisés à la couleur de la pierre.

Un traitement analogue a été appliqué sur les archivoltes des trois arcs et les parements qui les surmontent afin d'assurer une bonne étanchéité des arcs aux pluies fouettantes et éviter les infiltrations.

Ces travaux ont été suivis d'une double étude :relevé photo grammétrique et analyse des matériaux pour le centre de récherche des monuments historiques ».


Pendant la réception des travaux, M. J.-L. Schneiter et Mlle Frossard ont évolué sous ces voûtes historiques...en nacelle.

(a suivre)                     J-P. K

Un monument qui a bien failli disparaître


La porte Mars. lors du dégagement des remparts au siècle dernier, d'après une gravure d'époque conservée à l'hôtel Le Vergeur

Dans son livre « Reims, ses rues, ses places et ses monuments », publié récemment, Daniel Pellus consacre une douzaine de pages illustrées de gravures anciennes, à l'histoire de la Porte Mars.

Il écrit  :  « Cet arc de triomphe a une histoire étonnante. Construit vers l'an 300 par les Gallo-Romains, il a été saccagé en partie par les Vandales. Puis, emmuré et entoui sous les remparts de la ville, il a disparu pendant quinze siècles avant d'être redécouvert. On a commencé à s'occuper de lui au début du siècle dernier. Les architectes et les archéologues ont dû batailler pour obtenir sa restauration, qui a été enfin entreprise avec prudence et par petites doses. A deux reprises, il frôla encore la destruction complète recommandée par de nouveaux vandales, d'un genre plus intellectuel que les premiers ».

« Il faut attendre 1677 pour entendre parler de ce « monument antique ». Le conseil de ville intéressé conseille des travaux de dégagement des remparts qui sont vite interrompus. Lorsque les touilles arrivent au niveau des remparts, les entrepreneurs hésitent avant de creuser plus bas. Ils  craignent de voir l'ensemble s'écrouler. Quelques travaux sont effectués en 1812 à la suite d'un rapport de l'architecte Le Serrurier au conseil municipal. Mais, ce n'est qu'en 1834, après l'arrivée à Reims de Narcisse Brunette, un architecte dynamique et bagarreur, que les choses commencent à bouger...

« L'architecte, choqué parl'état de délabrement du monument. dresse alors un projet de restauration qui est exposé au Louvre. Mais. il lui faut patienter encore des années, jusqu'en 1844, pour voir le début des travaux... et subir aussi les attaques virulentes des gens qui lui reprochent de vouloir refaire des « ruines neuves gallo-romaines ».

« Nouvelle alerte, quelques années plus tard, avec la révolution de 1848. Les ministres ont d'autres soucis et le sort de cet « arc romain » ne les intéresse guère.C'est à cette époque que l'on décide la démolition des remparts. La Porte Mars se trouve enfin entièrement dégagée, isolée, toute bête au milieu d'un espace vide. Des voix s'élèvent alors, réclamant la destruction pure et simple de « cette vieillerie gallo-romaine qui a fait son temps ». Peu après, à la même époque, on a inventé le chemin de fer et des techniciens se penchent sur le tracé de la future voie ferrée qui va traverser Reims. L'administration municipale envisage à nouveau, et sérieusement, de faire raser « ce monument inutile et encombrant ».

 « L'arc de triomphe romain va-t-il disparaître définitivement ? Non heureusement ! Un archéologue rémois, M. Duquennelle, intervient énergiquement auprès de Prosper Mérimée. L'écrivain, l'auteur de « Colomba » et de « Carmen n était aussi inspecteur des monuments historiques, détail un peu oublié. Mérimée prit fait et cause pour les « défenseurs » de la Porte Mars. Il envoya à Reims un architecte. M. Labrousse, et malicieusement, délégua aussi un « négociateur » auprès de Mme veuve Clicquot M. Werlé était alors maire de Reims ».

Daniel Pellus raconte ensuite corrment cette démarche aboutît. Les travaux de restauration commencèrent en 1857 avec un subside de huit mille francs, accordé par l'Etat.

La Porte Mars ne subit pas dedommages importants au cours de la guerre 14-18, alors que le quartier fut rasé et c'est un Allemand. note encore Damel Pellus, qui entreprit des fouilles pendant l'occupation de la dernière guerre. On lui doit la découverte sous l'arcade centrale des profondes ornières qui marquent le passage des chars.

Ainsi, comme on peut le voir au cours de cet historique bien documenté, la Porte Mars revient deloin !

 La porte Mars est sauvée... mais elle demeure sous surveillance


Essai de reconstitution de la Porte Mars à l'époque gallo-rornaine (maquette présentée à l'occasion d'une exposition « L'archéofogie dans la ville », en 1982)

Débarassée de la couche noirâtre qui la recouvrait et qu'il est difficile de ne pas appeler « de la crasse ». soignée à la résine selon une méthode très moderne qui a déjà permis de sauver d'autres grand monuments à Florence ou des cathédrales en France, la porte Mars a retrouvé, sinon sa blancheur originelle, du moins une nouvelle jeunesse.

Malgré son aspect massif et ses 33 mètres qui en font l'arc le plus grand que nous ait laissé le monde romain,  la porte Mars reste cependant fragile et les experts sont formels : il faut poursuivre les travaux de restauration et dans les années qui viennent, assurer une surveillance constante.

Quand on a (environ) Î .800 ans, à une époque très dure pour les vieilles pierres en raison de la pollution, on mérite bien quelques égards !

Usées par le temps, sculptures et décorations restent difficilement lisibles malgré la restauration

 
Détail de l'arc occidental. le mieux conservé.


Un détail des décorations des voûtes (cette partie est une des mieux conservées).


Nettoyée, cette tête romaine a retrouvé son expression. Elle avait. déjà été très restaurée au siécle dernier

Dans « L'histoire de Reims », œuvre collective sous la direction de Maurice Crubellier. une brève étude est consacrée à la Porte Mars, comme témoin de l'importance et du rayonnement de la ville romaine de Duroconorum.

A propos des sculptures, on peut y lire : « Entre  les colonnes étaient creusées des niches à frontons triangulaires, qui reposaient sans doute, car ifs sont maintenant indiscernables, sur les bas-reliefs. L'encadrement de la niche était décoré d'une femme nue dansant. Le décor de ces niches n'est conservé d'une manière satisfaisante que sur deux d'entre elles. Sur le deuxième pylône, vers l'ouest, et sur la façade nord on peut voir Énée emportant son père Anchise sur ses épaules et entraînant par la main son fils Ascagne dans sa fuite.

Sur fa façade orienta/e on distingu4con personnage assis, le torse nu. mettant la main sur l'épaule d'un jeune adolescent nu. Sur le piédroit occidental, du côté intérieur, it est possible d'apercevoir un personnage féminin nu et accroupi.

« La décoration la plus intéressante et la plus significative était celle du plafond des arcades. Chaque porte, en son centre comporte un vaste tableau carré avec une scène mythologique entourée de caisson dans les passages latéraux ».

Citons le tableau de l'arcade centrale, représentant la louve allaitant Remus et Romulus. Léda et le Cygne sous l'arcade occidentale, des Victoires assises sur des boucliers, un personnage portant une corne d'abondance, etc. Mais le plus intéressant est sans doute, le calendrier rural, qui n'a malheureusement pas conservé tous ses mois. avec la représentation d'une étonnante « moissonneuse » gallo-romaine dont ou ne soupçonnait même pas l'existence à cette époque

Dans cette histoire de Reims, on note que « de tout cet ensemble décoratif. bien peu de choses subsistent. sauf le pylône occidental, très bien restauré au XIX° siècle, par Narcisse Brunette »

De fait, et malgré « le décapage » qui a permis de faire disparaître la couche noirâtre, ces décorations sont très usées et difficilement lisibles par un simple amateur. On ne peut donc que se féliciter de la réalisation de moulages qui, reposés à hauteur humaine, permettront de découvrir véritablement ce témoignage de la grandeur de Reims gallo-romaine.

Pour lés sculptures qui étaient déjà difficilement lisibles, il s'est donc agit d'un véritable sauvetage d'œuvre en péril. Dire qu'après ce traitement on peut les déchiffrer sans aucun problème serait sans doute exagéré car il faut une certaine expérience pour découvrir les scènes vdes travaux des champs, les trophées, les figures de Leda, de Remus et de Romulus et la fameuse moissonneuse gauloise (ou gallo-romaine) un des rares témoignages de la technologie agricole champenoise à cette époque.

Sur ce monument de dix-huit siècles le temps a malheureusement fait de gros ravages depuis bien longtemps.

« Ce long et minutieux travail qui a demandé tant de temps et de réflexion pour les scientifiques et d'action pour les restaurateurs, poursuit Mlle Frossard, ne doit pas cacher ce qui reste à réaliser et qui doit suivre impérativement, si on veut assurer la survie de la porte Mars ».

II ne s'agissait en effet que d'une première phase.

Les dépenses engagées, rappelons-le, s'élèvent à un million de francs et ont été partagées par tiers entre la ville de Reims, la région. et l'Etat.

Couvrir la porte

De nouveaux travaux seront donc repris dans le courant de cette année. Ainsi, à la demande de la commission supérieure des Monuments historiques, une meilleure étanchéité de l'ouvrage doit être réalisée. On a opté pour une couverture en plomb de la porte Mars.

L'évacuation des eaux doit être revue. Il sera nécessaire de modifier l'aspect du jardin, qui par sa configuration en cuvette, fait converger toutes les eaux de pluie vers le pied de la porte où elles peuvent stagner des jours et des jours. C'est le cas actuellement où les ornières creusées au fil des siècles dans la pierre par les roues des chars et des charrettes. sont remplies d'eau.

Les sculptures enfin restent fragiles malgré ce sauvetage et les experts ont pensé qu'il était. « hautement souhaitable » de réaliser des moulages qui permettront, d'une part de conserver un témoin de l'état de cette sculpture en 1983, et qui, exposés par la suite, montreront, de près, aux Rémois et aux touristes « tout l'intérêt et la saveur d'un des monuments les plus insignes de Reims ».

Pour terminer, en guise de bilan de ce sauvetage qui fut une réussite, il faudra se rappeler que rien n'est jamais définitif en matière de conservation des sites archéologiques et suivre le conseil de Mlle Frossard :

« II est nécessaire d'insister sur la précarité de la conservation de la porte Mars qui demandera au cours des années à venir une surveillance constante et attentive ainsi qu'un entretien régulier ».

Ce n'est pas facile d'avoir 1.800 ans !

J-P. K                    

Extraits de l'union des 8 et 9/01/1984

  

    

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Porte de Mars : Les voutes latérales

"Ils sont l'oeuvre de Jean Colin. On les avait crus, jusqu'à une époque récente d'une qualité très discutable comme ceux de Bence ( ), mais l'observation récente des sculptures (pendant les travaux de restauration de 1983) a permis d'en juger autrement."

Quel nom peut-on donner à cette représentation ? Un calendrier agricole

Mois

Scène représentée

1. Juin

Saillie

2. Juillet

Fenaison

3. Août

Cueillette des pommes et moisson

4. Septembre

Labour et chasse au cerf à cheval

5. Octobre

Pressoir à raisin

6. Novembre

Sacrifice des porcs

7. Décembre

Rentrée des provisions

8.

Un homme et 4 enfants : l'année et 4 saisons

Production de céréales, vignes et élevages. sont les trois grandes richesses de la campagne rémoise à l'époque.

La campagne ne devait pas, comme aujourd'hui d'ailleurs, être très peuplée. Et les hommes de cette époque ont mis au point deux instruments pour faciliter le travail, faux et moissonneuse

 

VOUTE DE L'ARCADE EST (partie centrale)

Romulus et Rémus têtent la louve sous les yeux
du berger Faustulus et d'Acca Laurentia.

VOUTE DE L'ARCADE OUEST (partie centrale)

Jupiter pour approcher L'Ida se transforme
en cygne. De leur rencontre naissent Castor et Pollux.

 

 

  - Utilisez le vocabulaire d'architecture pour nommer (flèches)

- Quelles sont les dimensions ?
Longueur totale :
32 m
Largeur :
6,40 m
Pourquoi ne peut-on pas connaître sa hauteur totale ?
Il a perdu son attique.

- Il s'agit du plus grand arc connu du monde romain. Qu'est-ce que cela nous apprend sur la cité de Reims (Durocortorum) au IIIe siècle après J.C. ?
Reims était une cité prospère capable de construire de grands monuments.

- A quoi servait ce grand monument ? Quels éléments nous le prouvent ?
Il s'agissait d'une porte car des ornières sont taillées pour le passage des véhicules sous l'arcade centrale. Il s'agissait aussi d'un arc marquant l'entrée du quartier central puisque la ville s'étendait bien au-delà vers le nord (voir plan).

- Ce monument est imposant et richement décoré? Qu'est-ce que cela peut signifier ?
Les constructeurs voulaient montrer que Reims avait tiré profit de son alliance avec les Romains.

 

C) PISTE DE REFLEXION

A propos de l'avenir du patrimoine de l'humanité et pour mémoire :

"Je suis l'affaire de Reims qui est grave. Le Conseil Municipal, qui est parfaitement champenois, voudrait bien qu'il (l'arc de Mars) tombât, mais n'ose le démolir. Nous voudrions le soutenir mais sans trop payer. Or, il apparaît que c'est une affaire de 30 à 40 000 F. Nous envoyons Labrouste (architecte) faire un devis, étayer s'il le faut et promettre 20 000 F. D'un autre côté nous détachons le marquis de Pastoret à Madame Clicquot qui est reine de Reims et qui a mis à la mairie son premier commis (M.E. Werlé, maire de Reims de 1852 à 1868). On nous dit que si elle daigne dire un mot l'arc est sauvé. .. ".

Extrait d'une lettre du 26/07/1853 de Prosper Mérimée à Ludovic Vitet, inspecteur des Monuments Historiques reproduit dans les "Arcs Antiques de Reims".

Ce témoignage sur la Porte de Reims ainsi que les nombreuses polémiques sur le devenir de ce monument qui ont émaillées le XIXe siècle nous amènent à réfléchir sur l'action des pouvoirs publics, des autorités locales, des personnalités en vue en matière de sauvegarde et surtout de transmission du patrimoine aux générations futures.
Quel en est le prix à payer ? (selon les deux sens communément admis)
L"'affaire" récente qui a fort peu ébranlé l'opinion publique rémoise (il devait à coup sûr en être de même en 1853) sur le sort des Halles du Boulingrin et de son voile de béton mince sur grande portée qui fut l'un des premiers de France est une illustration tout à fait exemplaire de nos questions. Son analyse pourrait, avec une revue de presse, montrer la reproduction de perceptions similaires à travers le temps.
N.B.: Ce qui figure en italiques constitue
une réponse possible sur les fiches proposées.

  

    

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