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La PRESSE des MUSEES

 

Début des travaux de la grande réserve muséale
Le milieu de l’art face au coup de maître de Banksy

Les tops et les flops des monuments et musées

René Goutorbe L’amateur de bon verre

L’Hôtel-Dieu : Une visite au cœur d’un trésor
Le marché de l’art boosté par les musées

Le Grand Est offre 4,5 M€ pour le musée d'Épernay

Le tableau qui dormait dans un grenier à Vic-sur-Aisne est un Corot

Passer une journée au Musée de l’Armée

La 3D fait son entrée au musée

2017

Dons et legs enrichissent le musée
L’art italien s’installe au Louvre Lens

Le Louvre Abu Dhabi, un musée universel

Camille Claudel retrouve Nogent

1,18 million d'€  pour La Valse


Le musée du Quai Branly bien ancré

Qui a posé pour « l'Origine du Monde »

    

    

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Début des travaux de la grande réserve muséale

Le chantier de construction du bâtiment de 5000 m2, qui abritera la réserve externalisée de tous les musées de la ville, vient de démarrer. Livraison prévue fin 2019.


Tous les musées municipaux, qui manquent de place, profiteront de la future réserve externalisée dont les travaux viennent de démarrer. Christian Lantenois

Depuis de longues années, les musées de Reims manquent cruellement de place et leurs réserves ne sont pas toujours adaptées pour conserver dans de bonnes conditions les œuvres d’art. C’est pourquoi la Ville a décidé de construire une grande réserve externalisée de 5 000 m2. Pascal Labelle, l’adjoint à la culture et au patrimoine de la Ville de Reims, confirme que les travaux viennent de démarrer dans la zone Farman mais, pour prévenir tout risque de vol, garde l’adresse secrète.

Cette grande réserve externalisée, dont le coût est de 13 millions d’euros, devrait être livrée fin 2019. Le bâtiment, de 100 mètres de long et 52 mètres de large, traversé par un long couloir central, abritera 4000 m2 de réserves et 1 000 m2 dédié à la restauration et à la logistique.

Une porte blindée ne laissant passer ni l’air ni la lumière extérieure

« Avec l’aide de l’architecte conseil des musées de France du ministère de la Culture, nous avons imaginé un bâtiment qui se veut sûr et pratique. Il abritera les réserves de tous les musées municipaux mais aussi de la bibliothèque Carnegie, de l’Hôtel Le Vergeur et du Planétarium » , indique Pascal Labelle.

Protégé par une porte blindée ne laissant passer ni l’air ni la lumière extérieure, la partie réservée au stockage des œuvres disposera de quinze espaces différents. Il y en aura pour les tableaux, les sculptures, les arts graphiques, les cadres, les pièces textiles, les objets métalliques, les lapidaires, les céramiques etc..

L’espace logistique abritera quant à lui deux ateliers de restauration, un atelier photographique, une zone de stockage pour les caisses et emballages utilisés lorsque les œuvres sont prêtées à d’autres musées, ainsi qu’un lieu de stockage des pièces muséographiques (les cartels, les socles, les capots… que l’on utilise pour les expositions). La réserve disposera également d’un espace de quarantaine et de décontamination. « Cela est très utile quand une œuvre, qui arrive de l’extérieur, présente par exemple des traces de moisissures ou est habitée par des insectes. Il est indispensable de la traiter dans un espace à part », explique Catherine Delot, la directrice du musée des beaux-arts. En outre, la réserve externalisée disposera d’une zone d’acclimatation, pour que les œuvres s’habituent à la température du lieu, mais aussi d’une zone de stockage pour les engins utilisés pour déplacer les œuvres, et d’une salle de consultation pour les chercheurs, sans compter un local de sécurité. Climatisé, le bâtiment aura un taux d’humidité différent selon les espaces. Si le taux doit se situer entre 45 et 55 % pour les peintures et les arts graphiques, il doit par exemple être inférieur à 35 % pour les objets métalliques.

« Après avoir réceptionné le bâtiment fin 2019, nous le testerons pendant deux mois, avant de commencer à vider le musée des beaux-arts de Reims. Dans un premier temps, 20 000 œuvres de ce musée qui va faire l’objet de lourds travaux seront transférées, à partir de janvier 2020, dans la réserve externalisée » , annonce Georges Magnier, le directeur des musées de Reims.

3 000 Œuvres du musée des beaux-arts à déplacer


Le déménagement ne sera pas lancé avant fin janvier 2020.

À l’exception de céramiques et de quelque 32 000 pièces d’arts graphiques, tout le fonds du musée des beaux-arts est conservé rue Chanzy : au rez-de-chaussée, dans les étages et sous les combles. Dans la « réserve Pommery », par exemple, sont entreposées toutes sortes d’œuvres : du mobilier dont une chambre Gallé, des peintures, des toiles peintes de grand format, des tapis, des céramiques… Le sous-sol regorge, lui, de sculptures. Sous les combles, on découvre des cadres et, un peu plus loin, une collection de jouets anciens. Dans un petit espace, niché au-dessus de la grande salle d’exposition, des étagères sont aussi pleines d’objets d’art sacré. « Nous avons calculé qu’il nous faut entre 3 000 et 3 200 m2 dans la future réserve externalisée », souligne Catherine Delot, la directrice du musée, précisant qu’au final 53 000 œuvres y seront transférées.

Valérie COULET

Extrait de l'union du 14/10/2018

    

    

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Le milieu de l’art face au coup de maître de Banksy

L’autodestruction spectaculaire d’une œuvre de Banksy pourrait avoir des répercussions


Durant la destruction de la toile de Banksy, «
la maison de ventes est devenue actrice de la performance, et l’œuvre est devenue iconique », relève un expert. AFP. 

 Les images ont fait le tour du monde. Il y a quelques jours, une œuvre de Banksy s’est autodétruite juste après avoir été acquise pour plus d’un million d’euros chez Sotheby’s.

Mais ce nouveau « happening » survenu vendredi à Londres crée néanmoins un précédent et pourrait rendre « tendance » des œuvres déchiquetées, soulignent des experts. Pour Thierry Ehrmann, président de Artprice, spécialisé dans les cotations du marché de l’art, « le prix actuel » de Girl with Balloon, la toile du street artist de Bristol qui s’est autodétruite, devrait maintenant « se situer au-delà de deux millions d’euros ».

Banksy, qui a contribué à introduire cet art de rue sur le marché de l’art, « peut bien détruire son œuvre et croire nuire aux capitalistes qui l’acquièrent : il se méprend. Les résidus de cette destruction s’auréoleront d’un prestige nouveau et d’une valeur financière de surcroît , relève Mikaël Faujour de la revue Artension. Tout ceci illustre la profonde illusion où se fourvoient ceux qui conçoivent l’art comme un outil de changement de la société. »

LES CONNAISSEURS S’ACCORDENT SUR UN COUP MONTÉ

Un phénomène irrévérencieux qui ne va pas amener dans son sillon la chute du marché de l’art mais qui y instaure une incertitude durable, estiment plusieurs experts. Désormais, tout commissaire qui abattra le marteau pour une œuvre de Banksy « se demandera s’il va se passer quelque chose », constate pour sa part Arnaud Oliveux, expert en charge d’une vente le 24 octobre chez Artcurial à Paris où doivent être cédés trois sérigraphies et un objet (un rat en résine qui tient un pinceau) signés Banksy.

Les connaisseurs sont tous d’accord pour reconnaître que cette autodestruction était « un coup bien monté ». Même si de nombreuses zones d’ombre persistent.

Pour l’expert du Monde Harry Bellet, « il y avait sûrement quelques-uns de la bande à Banksy dans la salle ». Banksy pourrait avoir été le vendeur et l’acheteur, ou avoir confié l’œuvre à un de ses amis pour la vendre, spéculent d’autres spécialistes. Outre les prix, le dernier « coup » de l’artiste, digne d’un stratagème d’Arsène Lupin, continue de faire grimper la perplexité.

2 MILLIONS

Selon un spécialiste des cotations du marché de l’art, il s’agit, en euros, du prix actuel de la toile détruite par Banksy. Elle avait été adjugée  plus d’un mollion d’euros lors de la vente aux enchères

LES REBELLES DE L’ART CONTEMPORAIN

Le « coup de pub » de Banksy en forme d’acte de « rébellion » contre les ventes d’art n’est pas la première manifestation de révolte d’artistes depuis le mouvement Dada, à l’image de ce que pouvait faire l’artiste britannique Gustav Metzger, inventeur dans les années 60 de « l’art autodestructif ». D’autres se livrent à des provocations : ainsi, Fred Forest a vendu une œuvre d’art virtuelle que personne ne pouvait voir. Le street artiste Blu a détruit rageusement ses œuvres à Bologne. Maurizio Cattalan a fait se déguiser son galeriste parisien Emmanuel Perrotin en lapin rose, etc.

Ce n’est pas non plus la première action rebelle de Banksy. Il avait notamment fait vendre à Central Park des originaux signés, sans aucune communication, à des prix très bas. Il avait affiché au mur de la salle de la Joconde au Louvre une reproduction agrémentée d’un smiley.

Extrait de l'union du 12/10/2018

    

    

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Les tops et les flops des monuments et musées

Le Palais du Tau enregistre une forte hausse de la fréquentation, avec 32,5 % de visiteurs en plus par rapport à 2017. La chapelle Foujita affiche, elle aussi, une belle progression

Le palais du Tau fait partie des sites rémois qui affiche la plus belle progression en terme de fréquentatioln. Christian Lantenois

Le bilan de la fréquentation, dans les monuments et musées ouverts à la visite, serait-il un sujet sensible? Car les chiffres ne sont pas faciles à obtenir, sauf quand ils sont… en nette progression. Il faut dire que plus un site accueille un public nombreux et plus il a de chance de susciter l’intérêt des pouvoirs public et des mécènes, et de bénéficier ainsi de travaux et d’aides financières… À Reims, tout le monde s’accorde à dire que c’est la cathédrale qui attire le plus de visiteurs. Catherine Vautrin, la présidente du Grand Reims, annonce d’ailleurs que, lors de ce premier trimestre 2018, Notre-Dame a enregistré une hausse de 12 %, par rapport à 2017. Même si l’élue précise qu’un bilan complet ne sera dressé qu’à l’automne prochain, elle parle déjà de « belle saison » : « En interrogeant les professionnels du tourisme, les hôtels ont enregistré une hausse significative de réservations ainsi que les prestataires d’activité dans le vignoble. Le site de l’office de tourisme a été plus visité. C’est le signe que la destination Reims, avec son patrimoine historique et immatériel très riche, son offre de choses à voir et à vivre, rayonne toujours plus ! »

La chapelle Foujita, le fort de la Pompelle et le musée de la Reddition en progression

Le Centre des monuments nationaux se réjouit, lui aussi, de voir qu’une large partie des quelque cent sites qu’il a sous sa responsabilité a attiré davantage de visiteurs. C’est le cas du palais du Tau et des tours de la cathédrale Notre-Dame qui, à eux deux, cumulent 66 183 visites, soit 32,5 % de personnes supplémentaires par rapport au premier semestre 2017.

À Reims, l’autre monument qui, toutes proportions gardées, affiche de très bons résultats en termes de fréquentation est la chapelle Foujita. Le monument religieux qui abrite de magnifiques fresques du peintre japonais a vu son nombre de visiteurs passer de 5 275 à 7 329 entre les premiers semestres 2017 et 2018. Le Fort de la Pompelle tire également son épingle du jeu car son nombre d’entrées payantes passe de 14 440 à 17 796. Même chose pour le musée de la Reddition qui enregistre 12 577 entrées contre 10 227. S’il n’affiche pas une hausse de fréquentation très spectaculaire, le Musée historique Saint-Remi s’en sort plutôt bien, puisque son nombre de visiteurs est, ce premier semestre, de 14 569 contre 12 906 l’an dernier. Sa belle progression a été freinée par de mauvais résultats, en juillet et août dernier. « En raison des très fortes chaleurs de cet été, le public a délaissé de nombreux musées , fait savoir Pascal Labelle, l’adjoint à la Culture et au patrimoine à la Ville de Reims.Saint-Remi enregistre ainsi, en juillet et août, une baisse de 11,3 %. »

LE MUSÉE DES BEAUX-ARTS A ÉTÉ FERMÉ 10 JOURS CET ÉTÉ

La canicule serait aussi responsable de la baisse de la fréquentation – 15,4 % – cet été au musée des beaux-arts de Reims. « On a pris la décision de fermer le musée pendant dix jours, fin juillet et début août. Car c’était l’étuve au premier étage ! » , fait savoir Pascal Labelle. Il précise que les peintures n’ont pas souffert de la température excessive car « il n’y a pas eu de problème d’hygrométrie » .

L’histoire ne dit pas si c’est le personnel qui a expressément refusé de travailler dans un bâtiment non climatisé et surchauffé ou si c’est la Ville qui, d’elle-même, a pris la décision de prendre soin des équipes.

Cette fermeture de dix jours fait naturellement chuter le nombre total de visiteurs au musée des beaux-arts. De janvier à août, 22665 personnes ont été accueillies, contre 24 183 en 2017. Mais l’année n’est pas terminée...

1,2 million de touristes à l’arc de triomphe


A Paris, l’Arc de Triomphe reste un monument très prisé des touristes.

 Le Centre des monuments nationaux a accueilli plus de 7 273000 visites dans les monuments de son réseau entre le 1 er janvier et le 31 août 2018, soit une augmentation de près de 9,5% par rapport à 2017. A l’issue du premier semestre et de la période estivale, ce sont ainsi plus de 630 000 visites supplémentaires qui ont été enregistrées. Pour Philippe Bélaval, président du Centre des monuments nationaux, « ces chiffres exceptionnels illustrent une nouvelle fois l’importance du rôle du patrimoine dans l’attractivité touristique de la France ». L’Arc de Triomphe reste le monument du réseau le plus fréquenté avec 1 214846 visites en 2018 (près de +8,6%). L’abbaye du Mont-Saint-Michel a quant à elle reçu 1 049 363 visites (+11,2%).

Valérie COULET

Extrait de l'union du 09/09/2018

    

    

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René Goutorbe L’amateur de bon verre

Àÿ-Champagne (Marne) -  Vigneron, pépiniériste, hôtelier, grand voyageur, apiculteur et collectionneur acharné de vitraux et des œuvres de René Lalique… René Goutorbe est un véritable touche-à-tout.


René Goutorbe est un grand collectionneur d’œuvres du maître-verrier Lalique, natif d’Aÿ. Il en possède plus de 150.

BIO EXPRESS

*.- René Goutorbe est né en 1953, à AyChampagne_ Fils et petit-fils de vigneron, il est à la tête du champagne Henri GOUTORBE

*.-  Avec sa femme Nicole, ils ont eu trois enfants, qui forment la quatrième génération Goutorbe. Leur fille, Élisabeth, a même pris son envol en créant sa propre maison EGROT.

*.-  Il est également propriétaire  de l'hôtel Castel-Jeanson, juste à côté de chez lui, qu'il a fait rénover.

*.-  Passionné par le travail du verre, il collectionne vitraux et œuvres du maître verrier René Lalique.

 Que l’on trouve du verre chez un vigneron n’a rien d’étonnant. Qu’il s’agisse de coupes ou de bouteilles, ils font partie de leur vie quotidienne. Mais chez René Goutorbe, à Aÿ-Champagne, c’est sous d’autres formes qu’on le trouve. Vases, sculptures, plats… un style que les amateurs d’art reconnaîtront immédiatement. Il s’agit d’œuvres de René Lalique, maître-verrier et enfant du pays qui a chamboulé le monde de l’art au début du XX e siècle. « J’en possède aujourd’hui près de 150 », sourit René Goutorbe. Qui ne compte pas s’arrêter là.

C’est en voyant leur façon de travailler, comment ils s’y prenaient, que ça m’a passionné

Pourtant, sa passion est plutôt récente. Et ne concernait pas au départ le fameux artiste d’Aÿ. « En 1999, j’ai racheté une ancienne maison bourgeoise reconvertie en maison de champagne qui était plus ou moins à l’abandon, juste à côté de chez moi », se souvient-il. « On ne savait pas trop quoi en faire à l’époque, abonde sa femme, Nicole Goutorbe, mais on a saisi l’occasion. » L’idée d’ériger un hôtel germe petit à petit dans leurs esprits. Cet immeuble deviendra définitivement l’hôtel Castel-Janson en 2004. Un établissement qui occupe aujourd’hui une bonne partie des journées du vigneron qui laisse peu à peu la main à ses enfants pour le vignoble.

PASSION ET PHILANTHROPIE

Le rapport avec la passion de René Goutorbe ? Tout. « Il y avait de beaux vitraux alors on a demandé à une vitrailliste, Marie-Claire Thierry, de les rénover. C’est en voyant leur façon de travailler, comment ils s’y prenaient, que ça m’a passionné. » Résultat, des vitraux, on en trouve un peu partout dans l’hôtel de René Goutorbe, jusque dans les cuisines. Mais aussi dans sa maison de champagne. « Je viens de demander l’autorisation de la mairie pour pouvoir en installer de nouveaux sur ma porte », s’amuse le jovial sexagénaire. Il faut dire qu’il en stocke plus d’une dizaine qui attendent d’être rénovés et installés. « Je réfléchis en permanence pour savoir où les mettre », rigole-t-il.

Il faut dire qu’il passe du temps, pour assouvir sa passion, à courir les brocantes et ventes aux enchères. « Heureusement, ce n’est pas forcément très cher, on peut en trouver à partir de 100 euros. » Ce qui ne l’empêche pas parfois d’acquérir des raretés. « On m’a fait une offre pour quatre Mucha [un artiste tchèque fer de lance de l’Art Nouveau qui a essaimé au début des années 20, NDLR], quatre grands panneaux de verre qui représentent chacun quatre moments de la journée. » Comme il est du genre partageur, il les a exposés tout l’été chez lui, accompagnant l’exposition d’un artiste invité. Le collectionneur n’est pas du genre à tout garder pour lui.

La preuve, c’est qu’il expose même aux passants de la rue Jeanson, où il a concentré toutes ses activités, certains de ses Lalique dans des vitrines, comme le vase des Sauterelles en photo ci-dessus. Il a d’ailleurs racheté la collection d’un des plus grands spécialistes de René Lalique, André Garcia, décédé début juillet. « Il m’a contacté peu avant son décès. Il voulait vendre sa collection à quelqu’un qu’il connaissait, se souvient, ému, le vigneron. Je voulais lui en prendre quelques-uns, il m’a dit C’est tout ou rien. Bon, ben j’ai tout pris. » Un geste de philanthrope. Ce qui intéresse René Goutorbe avant tout chez René Lalique, « c’est que c’est un gars du pays ». C’est aussi simple que ça. Il préfère donc voir ses œuvres à Aÿ que dispersées à travers le monde.

D’ailleurs, ce grand voyageur n’hésite pas à parcourir le globe s’il le faut pour trouver une œuvre qui l’intéresse ou rencontrer un autre passionné. On se demande où il trouve le temps de s’occuper de tout cela à la fois. « L’hôtel, ce n’est pas du travail », s’amuse-t-il. Il vient même de se lancer dans… l’apiculture. « J’ai pris des cours auprès d’un apiculteur à Germaine pour fabriquer mon propre miel que j’utilise pour les clients de l’hôtel », poursuit René Goutorbe. Si le verre est éternel, l’énergie du vigneron d’Aÿ l’est aussi.

René Lalique, maître du verre

Né à Aÿ-Champagne en 1860 et mort en 1945 à Paris, René Lalique a marqué l’histoire de l’art. Créateur de bijoux laissant une large place au verre plutôt qu’aux pierres précieuses, ses pièces sont les dignes représentantes de l’Art Nouveau. Il fabriquera aussi vases, flacons de parfum et même des bouchons de radiateur pour voiture. Tombé dans l’oubli dans les années 30, il est revenu sur le devant de la scène dans les années 90. Aujourd’hui encore, ses œuvres s’arrachent lors des ventes aux enchères.

Maxime Mascoli

Extrait de l'union du 26/08/2018

    

    

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Le marché de l’art boosté par les musées

Fini les achats de milliardaires, ce sont désormais les musées qui acquièrent la majeure partie des œuvres mises aux enchères.

Avec un bond de 18 % au premier semestre, le marché de l’art est au beau fixe : le produit des ventes aux enchères de « Fine Art » (peinture, sculpture, dessin, photographie, estampe, installation) s’est établi à 8,45 milliards de dollars dans le monde, indique hier le rapport du leader mondial des banques de données sur la cotation et les indices de l’art.

Fait notable : « environ trois quarts (72 %) des achats supérieurs à un million de dollars sont aujourd’hui le fait de musées » , souligne le président-fondateur d’Artprice, Thierry Ehrmann, avec des ouvertures de musées qui ne cessent d’augmenter. « Il y a plus de création de musées depuis 2000 que durant tout le XIX e et XX esiècles. Et il s’en crée 700 par an en Chine », une des plaques tournantes du marché.

Début 2018, ce sont les États-Unis (3,3 milliards de dollars de ventes, 40 % du marché) qui ont tiré la croissance, devant la Chine (2 milliards, 24 %) avec qui ils sont souvent au coude à coude, et le Royaume-Uni (1,9 milliard de ventes, 22 %). La France conserve la quatrième position (4 % des ventes). Une prouesse réalisée sans vente exceptionnelle comme celle du « Salvator Mundi » de Léonard de Vinci en 2017, une transaction à 450 millions de dollars qui représentait à elle seule 3 % du chiffre d’affaires mondial.

VENTE ROCKFELLER

Au début de l’année, le marché a été soutenu outre-Atlantique par la dispersion de la collection Rockfeller, forte de chefs-d’œuvre de Picasso, Matisse et Monet.

« La vente du 8 mai a totalisé à elle seule 646 millions de dollars », avec une toile de Picasso, période bleue, qui s’est envolée à 115 millions.

Point fort du marché américain : sa concentration en ventes haut de gamme (plus de 5 millions de dollars).

Résistant aux craintes suscitées par le Brexit, le marché britannique est également en bonne position sur ce créneau, notamment pour les grandes signatures européennes comme l’Allemand Gerhard Richter, « l’artiste vivant le plus performant du marché » et Picasso, écrasant numéro un des ventes mondiales.

En Chine, les ventes se sont en revanche repliées de 7 % au 1 ersemestre, période traditionnellement défavorable, les enchères les plus prestigieuses se déroulant en décembre à Pékin. La situation devrait s’inverser dans la seconde partie de l’année. Et une réorganisation du marché, visant à limiter les invendus (à hauteur de 57 % actuellement), pourrait encore renforcer la position de Pékin.

XX° SIÈCLE À L’HONNEUR

Cette santé éclatante du marché de l’art s’accompagne d’une domination des œuvres du XXe siècle (représentant 80 % du produit des ventes au 1er semestre ), avec un intérêt marqué pour la période comprise entre 1900 et 1940, rassemblant à la fois « les derniers chefs-d’œuvre impressionnistes et l’avènement de l’art moderne ».

Parmi les dix œuvres les plus chères de ce début d’année, huit appartiennent à ces décennies, dont une composition du Russe Malevitch vendue en mai dernier à 85,8 millions de dollars chez Christie’s à New York, soit 25 millions de plus que lors de son acquisition dix ans plus tôt.

Mais l’engouement des investisseurs se porte surtout sur les œuvres contemporaines, notamment celles de Warhol et Basquiat, qui figurent parmi les cinq artistes les plus cotés au monde.

450 millions d'€

Le montant exceptionnel en dollars US de la transaction du Salvator Mundi de Léonard de Vinci en 2017, une transaction qui représentait à elle seule 3 % du chiffre d’affaires mondial.

Extrait de l'union du 04/08/2018

    

    

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Le tableau qui dormait dans un grenier à Vic-sur-Aisne est un Corot

Depuis des années, Michel Elie, restaurateur à Vic-sur-Aisne, mène des recherches sur un « petit » tableau de sa famille. Ce portrait d’André Osmond, un cousin de son arrière-grand-père Isidore, a été peint par Corot. L’œuvre sera bientôt mise aux enchères chez Sotheby’s, à Paris.

Michel Elie a précieusement conservé quatre lettres que Camille Corot avait adressés à Isidore Elie, un négociant en vins et spiritueux avec lequel il s’était lié d’amitié. Christian Lantenoi

Dans la jolie courette fleurie du Lion d'Or, une auberge du XVIe siècle que son père dirigeait avant qu'il ne se mette à son tour aux fourneaux, a Vic-sur-Aisne, près de Soissons, Michel Elie se souvient, amusé, des années où le « petit » tableau était accroché dans l'une des deux salles du restaurant.  « A l'époque, on sabrait souvent le champagne. J'avais alors fini par le mettre à l'abri, de peur qu'il soit éclaboussé ! »

Le portrait d'André Osmond, un aristocrate d'origine normande qui fut le bibliothécaire de la duchesse de Berry et le conservateur de la bibliothèque Mazarine, a plus tard connu un épisode malheureux : avec des copains, l'un des fils de Michel s'était amusé a jouer aux fléchettes près du tableau de l'austère cousin éloigné de la famille. Une pointe lui perça un oeil. Par chance, le portrait fut sauvé, grâce à un minutieux travail de restauration. Le tableau fut ensuite oublié, avant d'être finalement déposé dans le coffre d'une banque de Soissons et transféré, il y a une dizaine de jours, chez Sotheby's à Paris.

Estimé entre 15.000 et 20.000 euros

Au terme de très longues recherches, la famille Elie a eu en 20121a certitude qu'il s'agissait bien d'une œuvre de Corot, même si elle n'est pas signée par le père de l'impressionnisme. Épilogue de J'histoire : le tableau, estimé entre 15 000 et 20 000 euros, sera mis aux enchères le 21 juin prochain, avec trois autres Corot.

« Je n'ai jamais pensé vendre ce tableau que Corot avait offert à mon arrière-grand-père Isidore. Mais le temps a passé. J'ai aujourd'hui 75 ans et mon frère Bernard 80 ans. Je crois que c'est le bon moment de s'en séparer, pour pouvoir aider nos enfants et petits-enfants », glisse Michel Elie. « Cela dit, j'ai bien conscience qu'il ne s'agit pas d'une œuvre majeure et qu'on n'en tirera certainement pas des millions ! », poursuit-il en souriant.

Moins intéressé par la valeur marchande du tableau que par l'histoire de Corot et des liens qu'il avait tissés avec sa famille, Michel Elie s'intéresse au portrait d'André Osmond depuis près de trente ans. « j'ai mené mes recherches de façan épisodique car mon métier de restaurateur ne m'a jamais laissé beaucoup de temps libre Il, raconte-t-il, en présentant une somme impressionnante de documents dénichés à la Bibliothèque nationale de France ou aux Archives mais aussi des livres et diverses correspondances avec des spécialistes de Corot.

Michel Elie, qui raconte avec passion les pérégrinations de ce portrait dont lui et son frère ont hérité. se souvient très bien du jour où il en a entendu parler pour la première fois. C'était en 1961. Il avait 18 ans. Ses parents. qui avaient tenu divers restaurants un peu partout en France, venaient de reprendre l'Hostellerie du Lion d'Or, à Vic-sur-Aisne. Ils ont ouvert des dizaines de caisses et de malles, restées pendant près de vingt ans dans un garde-meubles. à Puiseux-en-Retz, dans l'Aisne. « Mon père Jean a retrouvé dans ces caisses une scène de chasse du peintre René Princeteau. Il voulait décorer son nouveau restaurant comme son ancienne auberge de Fleurines où il recevait de nombreux amateurs de chasse à courre. Il a aussi mis au mur des gravures de l'Anglais Cecil Aldin. En sortant un autre tableau, il m'a dit « Celui-là, c'est le petit Corot ! » mais il l'a ensuite rangé au grenier. »

Michel Elie savait qu'Isidore, son arrière-grand-père. un négociant en vins, avait entretenu une relation amicale avec Corot. « Ils s'étaient souvent croisés chez les Osmond, des cousins de la famille, dans leur château près de Saint-Lô, dans la Manche », relate-t-il, en dévoilant quatre lettres de papier bleu et crème adressées à Isidore Elie et signées de la main de Corot. Isidore Elie s'était vu offrir par Corot plusieurs tableaux dont Souvenir de Tivoli, qui fut vendu en 1910 par Joseph Elie, l'aîné des quatre enfants d'Isidore, au collectionneur Moreau-Nélaton.

C’est en lisant un article paru au début des années 90 dans L’Union, sur le peintre et collectionneur axonais Étienne Moreau-Nélaton, à l’occasion d’une grande exposition au Grand-Palais, que Michel Elie a eu un « premier déclic ». « C’est à partir de ce jour que j’ai repris mes recherches sur Corot et notre tableau familial », raconte-t-il. Christian Lantenois

« Avec l’article de l’union, j’ai eu un déclic »

Avec le temps, Michel Elie oublie le portrait d'André Osmond, abandonné au grenier. «Dans les années 80, j'en ai parlé à un commissaire-priseur mais if m'a dit qu'if y avait énormé- menr de copies.j'ai donc laissé tomber. Mais au début des années 90, je suis tombé sur un article dujoumal L'union consacré à une exposition au GrondPalais et au collectionneur Etienne Moreau-Nélaton.j'ai eu un déclic er décidé d'en apprendre un maximum sur Cororer ses liens avec les Osmond et les Elie. JI Michel Elie a sollicité des spé- cialistes au Louvre dont Vincent Pomarède mais aussi l'auteur Rodolphe Walter et les responsables du musée des beaux-ans de Saint-Lê. En 2012, un certificat d'expertise délivré par Martin Dieterle a confirmé ce que l'arrière-petit-fils d'Isidore savait dé- jà: le portrait d'André Osmond est bien une œuvre de Camille Corot. l'illustre ami de la famille.

Peint à Paris vers 1822-1823

Le portrait d’André Osmond (1766-1837), peint au XIX e siècle par Corot, a été récemment transféré chez Sotheby’s à Paris. La vente aux enchères doit avoir lieu jeudi 21 juin.

On a longtemps pensé que « Portrait d’André Osmond », une huile sur toile de 40,5 sur 32 cm, a été peint vers 1834-1836. Or, chez Sotheby’s, on estime qu’il aurait plutôt été réalisé vers 1822-1823. André Osmond, qui avait rencontré Corot par le biais de son neveu Abel Osmond, a vraisemblement posé quai de Conti à Paris, dans le bâtiment de la bibliothèque Mazarine.

3 Questions à


Catherine DELOT
Directrice du musée des Beaux-Arts de Reims

Nous ne nous porterons pas acquéreurs 

Tenterez-vous d’acquérir le portrait d’André Osmond peint par Corot, le 21 juin prochain, chez Sotheby’s à Paris ?

Non, car acheter des tableaux de Corot ne fait pas partie, aujourd’hui, des priorités de notre musée. Nous souhaitons davantage consacrer l’argent disponible à la restauration des œuvres du musée qui en ont besoin. À ce jour, notre fonds de peintures du XIX e siècle est déjà très riche. Nous aurions donc plutôt besoin d’enrichir nos collections avec des peintures du XVII e siècle ou des œuvres de l’époque Art Déco.

Le Musée des beaux-arts de Reims est connu pour abriter un très riche fonds Corot…

En effet, nous avons la chance de posséder la plus grande collection Camille Corot, après celle du Louvre: vingt-six paysages et un portrait.

Il faut savoir que Corot est un artiste qui a beaucoup produit et qu’il lui est même arrivé de signer des tableaux peints par certains de ses élèves…

Combien le musée de Reims a-t-il, par le passé, acheté de toiles de Corot ?

Une seule. Il s’agit du portrait Jeune Italien assis, prêté depuis début février, et jusqu’au 8 juillet prochain, au Musée Marmottan Monet à Paris. Ce célèbre tableau, que Corot a peint à Rome vers 1825, lors de son séjour en Italie, a été acheté à un particulier, à Paris, en 1995. Tous les autres tableaux, c’est-à-dire les vingt-six paysages, proviennent de legs ou de dons. Le musée de Reims a reçu quatre tableaux en 1884, deux en 1887, un en 1893, dix en 1899, quatre en 1907, un en 1922, un en 1928 et trois en 1939. Les plus connus sont Le Coup de vent, Mantes, le matin et Mantes, le soir. Mais il faut savoir que les tableaux les plus connus ne sont pas forcément ceux qui ont le plus de valeur.

Le Louvre et le musée de Saint-Lô intéressés ?

Le musée du Louvre conserve un exceptionnel ensemble de dessins et d’albums de Camille Corot issu, en grande partie, de la collection léguée en 1927 par Étienne Moreau-Nélaton. Il n’est donc pas exclu que le plus grand musée de France puisse avoir envie d’enrichir sa collection, en achetant le portrait d’André Osmond. Si le Musée des beaux-arts de Reims, qui possède le plus grand fonds Corot après celui du Louvre, fait savoir qu’il ne participera pas à la vente aux enchères (lire plus loin « 3 questions à Catherine Delot »), le Musée des beaux-arts de Saint-Lô pourrait peut-être être intéressé. Il possède déjà « Homère et les bergers », le célèbre tableau de Corot. Le peintre l’aurait offert à la ville de Saint-Lô, vers 1863. « En réalité, c’est Isidore Elie qui a offert cette toile à Saint-Lô », souligne Michel Elie.

Les autres points

Une grande expo Corot au musée Marmottan Monet

Surtout connu pour ses paysages, Camille Corot n’a pratiqué le genre du portrait qu’occasionnellement au cours de sa longue carrière. Ces portraits d’intimes, de paysannes romaines, d’enfants, d’hommes en armures ou de modèles d’ateliers sont au cœur de l’exposition «Corot, le peintre et ses modèles », à voir jusqu’au 8 juillet au Musée Marmottan Monet à Paris. Dans cette exposition, on apprend notamment que Corot a peint l’essentiel de ses portraits dans les années 1830. Il exécutait « des petites effigies de ses proches, destinées à rester dans le cadre intime : des membres de sa famille comme sa mère, ses nièces, des amis comme le peintre François Auguste Biard, ou les enfants de ces derniers ». « Cette occupation était pour lui l’occasion de se perfectionner dans la représentation de la figure humaine. » Première manifestation parisienne dédiée à Corot depuis la rétrospective du Grand Palais en 1996, cette exposition présente une soixantaine d’œuvres provenant de collections privées et publiques. Parmi elles, le tableau « Jeune italien assis » prêté par le Musée des beaux-arts de Reims. Ce tableau fut réalisé vers 1825, à Rome, dans la chambre de Camille Corot.

200 lots dont trois autres Corot le 21 juin chez Sotheby’s

Le portrait d’André Osmond peint par Corot sera mis aux enchères jeudi 21 juin, chez Sotheby’s, rue du Faubourg Saint-Honoré à Paris. Il est estimé entre 15 000 et 20 000 euros. La vente comprendra en tout 200 lots - des tableaux anciens et du XIX e siècle ainsi que des sculptures - dont trois autres tableaux de Camille Corot : « Les ramasseuses de bois » (estimation : 30 000-50 000 euros), « Ville d’Avray» (estimation : 10 000-15 000 euros) et « Bohémienne à la mandoline » ( estimation : 60 000-80 000 euros). À Paris comme à Londres et New York, Sotheby’s met régulièrement aux enchères des tableaux de Corot. Le 15 juin 2017, à Paris, «Jeune fille à la poupée » était parti à 68 750 euros, « Forêt à Honfleur » à 68 750 euros et « Femme au bonnet de dentelle » à 28 750 euros. Le prix record pour une œuvre de Corot chez Sotheby’s est de 4 745 000 dollars, avec la vente de « Juive d'Alger (L'italienne) » le 2 novembre 2007 à New York.

Valérie Coulet

Extrait de l'union du 02/03/2018

    

    

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Passer une journée au Musée de l’Armée

Paris Depuis mercredi, ce sont huit cents mètres carrés supplémentaires   et de superbes collections qui sont proposées aux visiteurs et chercheurs.


En cette année du centenaire de la fin de la Grande Guerre, le tombeau du maréchal Foch est aussi à voir aux Invalides.
Christian Lantenois

L’ESSENTIEL

*.- MUSÉE DE L’ARMÉE - Hôtel national des Invalides, 129, rue de Grenelle, Paris VII e .

*.- LA SALLE GÉNÉRAL NIOX est en accès libre de lundi au jeudi de 10 à 13 heures et de 14 à 17 heures, le vendredi jusqu’à 16 heures. Autorisée à toute personne majeure après délivrance de la carte de lecteur.

*.- INFOS : 0 810 11 33 99 - et www.musee-armee.fr

Le cabinet des dessins, estampes et photographie du musée de l’Armée ainsi que la salle général Niox documentation et bibliothèque ouvrent leurs portes après une fermeture de dix ans en raison de l’agrandissement du parcours permanent de l’espace muséal. La valorisation de collections graphiques et photographiques facilite l’accès des chercheurs à des documents exceptionnels et met en lumière des trésors du patrimoine. C’est une opportunité pour les visiteurs de vivre une journée passionnante tant il y a de départements et de collections sont à découvrir à tous les âges.

DES RESSOURCES EXCEPTIONNELLES

Situées à l’angle sud-ouest de la cour d’honneur dans une aile réservée aux chambres des soldats invalides, la documentation et bibliothèque ainsi que le cabinet des dessins, estampes, et photographies du musée de l’Armée sont un autre trésor à découvrir parmi les parcours militaires qui nous promènent au fil des siècles.

Ces espaces réhabilités donnent sur l’ancien jardin des prêtres de la mission lazariste et proposent une atmosphère propice au travail. De fait pour les étudiants, les enseignants, la zone bibliothèque et documentation comprend 30 000 ouvrages, dont 1 200 en accès libre, 650 périodiques dont 200 titres vivants et 8 places lecteurs. Le cabinet possède 9 000 dessins, 20.000 estampes et affiches, 60.000 photographies dont 400 albums, 20.000 plaques, 4 000 négatifs souples et des milliers de tirages ! La salle général Niox du nom du directeur du musée de l’Armée et gouverneur des Invalides de 1905 à 1919 est dédiée à la communication des ressources documentaires est accessible à tous sans rendez-vous.

Il y a quelques beaux livres à voir comme le Grand traité de l’art de l’escrime du Siennois Ridolfo Capo Ferro da Cagli qui illustre l’évolution de la pratique de l’épée si prisée par les maîtres de l’Italie du nord dans la seconde moitié du XVI e siècle. Ce traité est riche de 42 eaux-fortes de Raffaello Schiaminossi qui représentent avec brutalité et cruauté les duels et les techniques et astuces employés par les bretteurs. Numérisées et animées à l’occasion de l’exposition Mousquetaires en 2014, les figures de Schiaminossi dialoguent avec les collections exceptionnelles d’épées et accessoires de duels du musée.

On peut goûter le talent de l’illustrateur des campagnes napoléoniennes et chroniqueur, Denis Raffet qui assiste aux manœuvres du camp de Compiègne en 1841. Son carnet a été montré pour la première fois l’an passé au Louvre dans l’exposition : « Dessiner en plein air ».

L’aquarelle de Guillaume Apollinaire, blessé à la tête dans l’Aisne, le 17 mars 1916, un autoportrait d’un cavalier masqué et décapité interpelle : « Venu à cheval jusqu’aux lignes, avec une corvée de rondins et enveloppé de vapeurs asphyxiantes, le brigadier souriait amoureusement à l’avenir lorsqu’un éclat d’obus de gros calibre le frappa à la tête d’où il sortit, comme un sang pur, une Minerve triomphale ». Et il y a tant d’autres choses à découvrir.

HERVÉ CHABAUD

Extrait de l'union du 02/03/2018

    

    

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La 3D fait son entrée au musée

Utilisée au cinéma ou dans les jeux vidéos, la 3D est aussi utilisée par les musées.


Le Centre de recherche en sciences et technologies de l'information et de la communication de l’Université de Reims a réalisé une image en 3D du tombeau de Jovin. 

Enseignant chercheur en informatique à l’Université de Reims Champagne-Ardenne, Éric Desjardin se passionne pour la réalité augmentée et les systèmes d’information géographique. Demain dimanche, au musée Saint-Remi, il animera une conférence sur le thème « La 3D au service des musées ».

Ouverte et accessible à tous, cette rencontre sera l’occasion de découvrir que la 3D permet d’affiner les recherches sur des œuvres d’art très anciennes, dont certains éléments ont disparu.

« La technique de la 3D est utilisée depuis déjà un moment dans les musées japonais et américains. En France, nous n’en sommes qu’aux débuts mais les avancées sont très prometteuses » , indique Éric Desjardin.

Estimation des volumes et travail sur la mise en couleur de l’œuvre étudiée

L’universitaire, qui travaille avec des archéologues de la région, explique que la 3D peut être très utile pour reconstituer un élément manquant, dans la mesure où elle permet d’estimer les volumes mais aussi de travailler sur la mise en couleur.

« Grâce à elle, les chercheurs peuvent faire de multiples hypothèses qu’ils peuvent visualiser. La 3D offre aussi la possibilité de réaliser des surimpressions et de travailler à plusieurs, même à distance. » Des spécialistes du monde entier peuvent alors plancher en commun sur un cas précis, en se connectant simplement à un ordinateur. Si elles ont longtemps été réservées au cinéma, aux hologrammes ou aux consoles de jeux, la 3D et la vision en relief sont donc de plus en plus souvent utilisées par les archéologues et les conservateurs de musée.

L’EXEMPLE DU TOMBEAU DE JOVIN

Lors de sa conférence, organisée en partenariat avec le Groupe d’études archéologiques Champagne-Ardenne et le Centre de recherche en sciences et technologies de l’information et de la communication de l’Université de Reims, Éric Desjardin s’appuiera sur plusieurs exemples. Il devrait notamment parler de l’image en 3D du tombeau de Jovin, une pièce exceptionnelle en marbre exposée au musée Saint-Remi.

Dimanche 7 janvier, à 14 h 30, au Musée Saint-Remi, 53 rue Simon. Conférence gratuite. Réservations au 03 26 35 36 91.

VALÉRIE COULET

Extrait de l'union du 06/01/2018

    

    

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Dons et legs enrichissent le musée


Au Tableaux, vitrail et mobiliers ont été offerts par des mécènes et des familles aux Beaux-Arts.

Les collections des 1er plan, une «Descente de croix» datant de 1917, réalisée par l’atelier rémois Barillet et offerte par la maison Vranken-Pommery, via le Cercle des mécènes. Il a été acheté 35 000€ à une galerie allemande il y a trois semaines.

Les Beaux-Arts s’étoffent grâce au Cercle des mécènes et à des familles d’artistes. Vendredi soir, Catherine Delot, la directrice du musée, a eu le plaisir de présenter les nouvelles œuvres, dont certaines ont été acquises tout récemment.

La section Art déco se renforce, avec une Vierge consolatrice de Georges Desvallières datant de 1925. Cette huile sur toile a été achetée 7 500€ par le Cercle. Un Paysage symboliste de Jean Goulden, de 1928, a été offert, pour le même montant, par la Société des amis des arts et des musées. Une affiche pour la souscription à l’emprunt national, signée Jaulmes et remontant à 1920, a été donnée par la famille d’Emmanuel Journé, célèbre collectionneur.

LE RÔLE ESSENTIEL DES COLLECTIONNEURS

Spécificité du musée rémois, qui possède de très nombreux vitraux, uneDescente de croix, réalisée en 1917 dans l’atelier rémois Barillet Le Chevallier Hanssen, est désormais propriété de la Ville, grâce à la maison Vranken-Pommery, qui en a fait l’acquisition il y a trois semaines, auprès d’une galerie allemande, pour un montant de 35 000€.

Bernard Simon, le frère de Denise Esteban à qui une exposition a été consacrée cet été, a fait don de cinq tableaux de l’artiste rémoise, réalisés entre 1950 et 1986. Et côté mobilier précieux, l’arrière-petit-fils d’Émile Gallé offre un coffre, des chaises aux ombelles et une étagère aux libellules d’une grande beauté. Des ensembles « très riches » comme les a qualifiés MmeDelot, conservateur en chef du patrimoine, rappelant que le musée Beaux-Arts est « avant tout un musée de collectionneurs ».

Un guide pour (re)découvrir les chefs-d’Œuvre


L’ouvrage sera en vente cette semaine à la librairie du musée.

On le trouvera en vente au musée dès cette semaine (et à partir du 4 janvier dans toutes les bonnes librairies, selon la formule consacrée). Le Guide des chefs-d’œuvre des Beaux-Arts vient de paraître et c’est le conseil municipal, lundi soir, qui devra en valider le (modique) prix. Pour 20 €, les amateurs d’art vont pouvoir se (re)plonger dans les collections rémoises, très riches. Sur 250 pages, les responsables du musée présentent, à droite, un tableau, un meuble ou une sculpture et, à gauche, apportent un éclairage historique et esthétique. Il y a les pièces connues mais aussi des raretés, ce qui rend l’ouvrage d’autant plus intéressant. Georges Magnier, directeur des quatre musées de la Ville, s’est réjoui de cette publication, qui tombe opportunément à la veille des fêtes mais aussi quelques semaines avant la fermeture du musée pour travaux. Le livre, qui sera suivi d’autres parutions (notamment sur Foujita, en 2018), est une belle façon de ne pas perdre le lien.

Anne DESPAGNE

Extrait de l'union du 17/12/2017

    

    

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L’art italien s’installe au Louvre Lens

Depuis quelques jours et jusque fin mai, les maîtres de la peinture italienne ont élu domicile au Louvre-Lens


Mariel Hennequin, animateur culturel au musée Jeanne-d’Aboville de La Fère, a retrouvé à Lens les tableaux prêtés par l’éablissement axonais comme ce tableau où le peintre Filippo Napoletano a choisi de représenter ses héros, Persée et Andromède, perdus au milieu d’un paysage tourmenté.

À SAVOIR

*.- LE MUSÉE DU LOUVRE-LENS est situé à Lens, 99 rue Paul-Bert.

*.- OUVERT TOUS LES JOURS, sauf le mardi, de 10 à 18 heures. Il sera fermé le 25 décembre et le 1 er janvier.

*.- ENTRÉE GRATUITE mais billet obligatoire pour la Grande galerie et le Pavillon de verre. Tarifs pour l’exposition temporaire : 10 euros, réduit : 5 euros. Gratuit pour les – de 18 ans.

*.- INFOS Au 03 21 18 62 62.

L'année 2017 aura été celle de l'Italie pour différents musées picards. Beauvais, Compiègne, Amiens, Chantilly mais aussi La Fère ont, tour à tour, fait la part belle à la peinture italienne des XVlI°- XVIII°siècles. L'exposition qui vient de s'ouvrir au Louvre-Lens est en quelque sorte le point d'orgue de ces mois consacrés aux maîtres italiens. Parmi les premiers visiteurs de ces Heures italiennes, Martel Hennequin, animateur culturel au musée Jeanne d'Aboville de La Fère, curieux de voir la place accordée aux deux tableaux prêtés par le musée axonais pour cette exposition.

Quinze œuvres issues des musées picards, auxquelles s'ajoutent des tableaux venus de Valenciennes, Saint-Omer, Douai et Dunkerque, Les Heures italiennes, inaugurées mi-octobre proposent une vision assez complète de la peinture italienne. « J'aime assez ce mélange entre les œuvres du Nord-Pas-de-Calais et celles des musées picards » confie Mariel Hennequin.

Si la grande région Hauts-de-France semble parfois avoir encore des difficultés à exister dans le quotidien de ses habitants, en ce qui concerne l'art, le musée du Louvre-Lens vient de lui donner une nouvelle dimension en regroupant toutes ces œuvres au sein du Palais de verre. Mais au fait, pourquoi rendre un tel hommage à la peinture italienne ?

« L'Italie est, à l'époque, le lieu où un peintre doit être s'il veut être reconnu, » précise le spécialiste laférois. On vient de loin étudier la « manière italienne ». Ici, la richesse est partout, richesse culturelle mais aussi économique, cités marchandes, les villes italiennes ont de l'argent, s'installer ici pour un peintre était l'assurance de trouver des acheteurs pour ses tableaux.

L'exposition s'articule autour de quatre thèmes chers aux maîtres italiens, La Sainte famille, la tragédie du paysage, l'histoire mais aussi le Caravage et son influence. Parmi les œuvres présentées, sont exposés deux tableaux habituellement visibles au musée Jeannd'Aboville de La Fère. Dans la thématique de la « Tragédie du paysage », figure l'œuvre de Filippo Napoletano. Peinte dans les années 1620, cette huile sur toile narre la délivrance d'Andromaque, par Persée. Bien que présentant tous les critères du paysage historique, plusieurs récits en un, paysage composé; l'œuvre se caractérise par des personnages à une échelle peu commune. En effet, Andromaque et Persée semblent tous deux perdus au milieu d'un paysage tourmenté, car c'est cette vision de la nature qui caractérise cette partie de l'exposition. Paysage de tempête, es visions nocturnes, mer agitée, les NI paysages regroupés autour du tableau de Napoletano n'ont rien de paisibles. Cette vision de la nature est un apport des peintres du Nord, Flamant, Hollandais ou Allemands à la peinture italienne. Avec eux, les codes esthétiques et théoriques du paysage changent pour laisser place à la catastrophe, au désastre ou à l'effroi. Autre passage obligé des Axonais en visite, l'espace dédiée à la Maniera où trône une huile sur bois intitulée La Charité d'après Francesco Salviati. Cette copie représente une Vierge au sein nu, entourée d'enfants. « Ce tableau a été choisi pour illustrer la couverture du catalogue de l'exposition, pointe Mariel Hennequin. C'est une grande fierté pour un musée comme celui de La Fère. »

3 Questions à


Mariel HENNEQUIN
du Musée Jeanne d’ABOVILLE

« C’est un outil   de promotion »

L’exposition Heures italiennes du Louvre-Lens présente deux tableaux issus de vos collections, c’est une fierté pour vous ?

Oui bien sûr ! C’est aussi un bon outil de promotion pour le musée Jeanne-d’Aboville de La Fère. N’oublions pas que c’est la deuxième fois que nous sommes sollicités par le Louvre-Lens, cette année.

Votre musée était en effet présent pour l’exposition consacrée aux frères Le Nain, c’est payant ?

Tout à fait, nous avions prêté deux tableaux à cette occasion. Les premières retombées se font vite fait sentir en termes de visite.

Les personnes en parcourant l’exposition du Louvre découvrent notre petit musée axonais, nous avons eu cet été des visites directement liées à l’exposition consacrée aux frères Le Nain.

Votre exposition consacrée aux Secondes italiennes est prolongée jusqu’en décembre, est-ce lié avec l’ouverture des Heures italiennes ?

Pas vraiment. Il s’agit plutôt d’un concours de circonstances. Notre grand tableau Orphée charmant les animaux est actuellement en cours de restauration. Son absence s’avère plus longue que prévue, nous avons été contraints de reculer la présentation que nous devions en faire. nous avons donc saisi l’occasion pour maintenir les Secondes italiennes, la salle restant libre.

EN AVANT LA MUSIQUE !

Les expositions temporaires ont fait la réputation du Louvre-Lens. Il reste encore quelques semaines pour découvrir l’exposition temporaire consacrée à la musique sous l’antiquité. En seize haltes, le visiteur est amené à découvrir la place qui était dévolue à la musique à travers quatre civilisations majeures de l’antiquité, l’Égypte, la Grèce, Rome et l’Orient.

Instruments, bribes de musique, représentations de musiciens, cette exposition rappelle que si on retrouve souvent la musique sur les champs de bataille, elle est aussi bien souvent adossée au pouvoir tout en ayant une place de choix dans les temples, restant ainsi un auxiliaire précieux du sacré. Des vestiges du passé miraculeusement arrivés jusqu’à nous s’offrent au regard de vitrine en vitrine. L’exposition présente aussi quelques reproductions d’instrument d’époque, dont l’un arrive du musée de Laon.

Du mercredi au dimanche, il est possible de parcourir l’exposition avec un guide. Des ateliers sont proposés aux petits et aux grands sur cette thématique.

Le musée de Soissons passe à table


Pièce centrale de l’exposition, cette scène bachique dûe au talent de Niccolo Frangipane.

Depuis fin octobre et jusqu’en mars, le musée de Soissons s’est lui aussi mis à l’heure italienne. Sophie Laroche, conservatrice et directrice du musée a réuni une belle collection de tableaux sur la thématique de la peinture comique dans l’Italie de la Renaissance. « On peut même dire que l’on accueille l’intégralité des œuvres répertoriées dans les musées publics français », se plaît-elle à préciser. Baptisée La Grande bouffe, cette exposition savoureuse entraîne le visiteur dans un monde burlesque où la nourriture tient une place prépondérante. Scène bachique, victuailles, agapes entre gens du peuple, toutes ces scènes d’un réalisme cru ne manquent pas de piquant. Magnifiquement mise en scène, cette déambulation au-delà de la joie qu’elle procure au premier regard, invite le visiteur à s’interroger, cette peinture n’est-elle que bouffonnerie ? Pas si sûr.

Pour offrir une vision pluridisciplinaire de la thématique, Sophie Laroche a souhaité associer le 7e art en proposant des focus sur plusieurs chefs-d’œuvre du cinéma italien comme La Grande Bouffe de Fereri, Fellini-Satyricon de Fellini ou Le Pigeon de Monicelli. Avec la complicité du cinéma soissonnais, Le Clovis, plusieurs séances seront proposées tout le temps de l’exposition.

Musée Saint-Léger, 2 rue de la Congrégation, ouvert du mardi au vendredi de 9 à 12 heures et de 14 à 17 heures, et le samedi, dimanche et jour férié de 14 à 17 heures. Tarifs : 2 euros (tarif réduit 1 euro).

Les autres points

ENCORE UNE ŒUVRE EN EXPOSITION

La toile ci-dessus signée Georges Michel, datée de la fin du XVIII e -début XIX e représente le nord de Paris. «Avec cette œuvre, Georges Michel lance la peinture en plein air qui amènera à l’école de Barbizon et annonce l’impressionnisme », précise Mariel Hennequin. Jusqu’au 7 janvier 2018, le tableau est exposé au monastère royal de Brou à Bourg-en-Bresse (Ain) dans le cadre d’une exposition intitulée, « Georges Michel, le paysage sublime ». Fin janvier, il prendra la direction de Paris pour être présenté jusqu’en avril à la Fondation Custodia.

L’EXPOSITION PROLONGÉE AU MUSÉE DE LA FÈRE

A La Fère, l’exposition Les Secondes italiennes a connu un beau succès cet été. Ce succès a incité les responsables du musée à la prolonger exceptionnellement jusqu’au 17 décembre. Elle se propose de dévoiler plusieurs peintures italiennes que le musée a en réserve. Parmi ces peintures, une copie ancienne d’après Leonard De Vinci et un tableau de Giacomo Francia, ce sera également l’occasion de découvrir une Vierge à l’enfant très ancienne du XV e siècle peinte sur bois.

EN AVANT LA MUSIQUE !

Les expositions temporaires ont fait la réputation du Louvre-Lens. Il reste encore quelques semaines pour découvrir l’exposition temporaire consacrée à la musique sous l’antiquité. En seize haltes, le visiteur est amené à découvrir la place qui était dévolue à la musique à travers quatre civilisations majeures de l’antiquité, l’Égypte, la Grèce, Rome et l’Orient.

Instruments, bribes de musique, représentations de musiciens, cette exposition rappelle que si on retrouve souvent la musique sur les champs de bataille, elle est aussi bien souvent adossée au pouvoir tout en ayant une place de choix dans les temples, restant ainsi un auxiliaire précieux du sacré. Des vestiges du passé miraculeusement arrivés jusqu’à nous s’offrent au regard de vitrine en vitrine. L’exposition présente aussi quelques reproductions d’instrument d’époque, dont l’un arrive du musée de Laon.

Du mercredi au dimanche, il est possible de parcourir l’exposition avec un guide. Des ateliers sont proposés aux petits et aux grands sur cette thématique.

Marie-Pierre DUVAL

Extrait de l'union du 09/11/2017

    

    

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Le Louvre Abu Dhabi, un musée universel

Dix ans après le lancement du projet, le Louvre Abu Dhabi a été inauguré, hier, porteur d’un message de tolérance


Le Louvre Abu Dhabi est le fruit d’un accord intergouvernemental signé en 2007 entre Paris et Abu Dhabi, d’une durée de trente ans et d’un montant total d’un milliard d’euros. AFP

« Aujourd’hui, un monument culturel mondial est lancé : le Louvre Abu Dhabi rassemble des icônes de l’art reflétant le génie collectif de l’Humanité » , a dit cheikh Mohammed ben Zayed Al-Nahyane juste avant l’inauguration officielle, en présence du président français Emmanuel Macron et son épouse Brigitte. Le dirigeant d’Abou Dhabi, M. Macron et son épouse ont visité les immenses salles blanches du musée. L’architecte Jean Nouvel, qui s’est inspiré des médinas arabes pour concevoir ce musée, a accompagné la découverte de ce nouveau lieu culturel. Celui-ci ouvrira ses portes au public samedi avec des festivités prévues jusqu’au 14 novembre.

UN PARCOURS ATYPIQUE

Les visiteurs pourront déambuler dans des espaces de promenade surplombant la mer et sous un dôme de 180 mètres de diamètre, composé de 7 850 étoiles en métal à travers lesquelles les rayons du soleil créent ce que Jean Nouvel appelle une « pluie de lumière », inspirée des palmeraies et des souks. Quelque 5 000 visiteurs sont attendus dans les premiers jours, a indiqué Mohammed al-Moubarak, président de l’Autorité de la culture et du tourisme d’Abou Dhabi, qui voit dans ce musée le symbole d’une « nation tolérante » .

C’est « un musée universel, le premier du monde arabe » , a résumé Jean-Luc Martinez, président du Louvre à Paris, qui a fait le déplacement. Contrairement à d’autres musées dont le parcours propose un classement par styles ou civilisations, celui-ci met en lumière les thèmes universels et les influences communes entre les cultures, de la préhistoire à nos jours. Dans une salle figurent ainsi côte à côte une feuille d’un coran bleu du IX e siècle, une torah yéménite de 1498 et deux volumes d’une bible gothique du XIIIe siècle.

Mais la star du musée, selon ses promoteurs, est La Belle Ferronnière, ce portrait de femme de Léonard de Vinci prêté par Le Louvre Paris.

Extrait de l'union du 09/11/2017

    

    

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Entrez dans la maison de Camille et Paul Claudel

Après vingt ans d’efforts, la maison d’enfance de la sculptrice et de l’écrivain ouvre samedi  au public. Accompagnés des œuvres, les visiteurs remontent aux racines de deux imaginaires.


Madeleine Rondin, présidente de l’association Camille et Paul Claudel en Tardenois et Thomas Morel, directeur de la maison, entourés d’œuvres de Camille Claudel.Photos Jean-Marie-Champagne

 C’est le seul musée où le paysage, à la fenêtre, est une partie essentielle de la collection. D’ici, de Villeneuve-sur-Fère, petit village au nord-est de Château-Thierry, le jeune Paul Claudel a refait le monde. «Villeneuve, bâti sur une espèce de promontoire, jouit de quatre horizons, tous aussi peuplés pour moi, aussi riches de suggestions et de légendes, que ceux de l’Edda » , a-t-il écrit lors de l’un de ses séjours dans le village. À quelques kilomètres, les rochers tourmentés de la Hottée du Diable sont comme les ébauches des sculptures auxquelles sa grande sœur Camille Claudel parviendra presque à donner la vie.

Nous voulons ouvrirleur maison, parce que Paul et Camille ont été marqués par ce lieu
Thomas Morel, directeur

« Même si on a une belle collection, notre but n’est pas de faire un énième musée sur Camille Claudel , expose le directeur, Thomas Morel.Nous voulons ouvrir leur maison, parce que Paul et elle ont été marqués par ce lieu. On montre comment la sensibilité d’un enfant peut se développer dans son pays natal. » Au rez-de-chaussée, c’est donc une œuvre de jeunesse de Camille, un buste original de Diane acquis récemment par la communauté d’agglomération qui accueille les visiteurs. La première salle évoque l’atelier de la sculptrice, que l’on découvre sur deux grandes photos en train de travailler, à quelques années d’écart. Dans cette salle et la suivante, aménagée autour d’uneValse, on admire plusieurs tirages posthumes de sculptures de Camille Claudel : La Chienne rongeant un os, L’Implorante… Un diaporama préparé par Anne Rivière présente la vie et l’œuvre de l’artiste.

UN VOYAGEUR ET UN ENRACINÉ

Au 1 er étage, on arrive chez Paul Claudel. Sa chambre natale donne sur un couloir aux fenêtres ouvertes sur l’horizon. « Dans son œuvre, il évoquera ce pays à la fois beau et austère, une atmosphère qu’il a voulu recréer » , révèle Madeleine Rondin, présidente de l’association Camille et Paul Claudel en Tardenois. « Il décrit un pays où, quand il pleut, il pleut plus que partout ailleurs ! Mais il racontera aussi la beauté de ses couleurs… » , poursuit l’universitaire. Les visiteurs peuvent découvrir, grâce à une vidéo, la carrière diplomatique de Paul Claudel, qui l’a conduit en Extrême-Orient. Sur de précieux éventails rapportés du Japon, on lit des haïkus inscrits de sa main. « Il se voyait à la fois comme un voyageur et un enraciné, indique Thomas Morel, le directeur de la maison. C’était un homme très attaché à son pays mais aussi quelqu’un qui s’intéressait aux autres cultures, à l’Europe… »

Quelques livres de l’enfance du frère et de la sœur sont exposés dans la chambre natale de Paul. Un ouvrage est malicieusement dédicacé « de Sophocle à mon très cher maître Paul Claudel… » S’échappant d’un haut-parleur, on retrouve, dans la voix de celui qui est devenu écrivain, sa terre natale :« Il a gardé son accent du pays jusqu’à la fin de ses jours ! » , s’amuse Madeleine Rondin.

Les grandes œuvres de Paul Claudel sont évoquées dans la salle suivante par des affiches de théâtre. « C’est une façon de montrer qu’il reste quelque chose de son œuvre aujourd’hui. » On découvre que Tête d’or, L’annonce faite à Marie, Le Soulier de Satin, ont été mis en scène au théâtre de nombreuses fois mais ont aussi inspiré des cinéastes.

LEUR ADMIRATION MUTUELLE EST PALPABLE

Camille Claudel revient dans la dernière salle de la visite. L’un des bustes qu’elle a sculptés de son frère semble répondre à un texte de Paul élogieux pour sa sœur. « Leur admiration mutuelle est palpable » , explique Madeleine Rondin qui se refuse à « entrer dans le débat » sur leur relation compliquée. « Ce qui compte, ce sont les œuvres ! »

À défaut de pouvoir repartir avec une sculpture, on pourra emporter un morceau du paysage : autour de la maison, un circuit balisé permet d’emprunter les chemins sur lesquels Camille et Paul Claudel se promenaient, enfants.

Au 42, place Paul-Claudel à Villeneuve-sur-Fère.

Ouverture 2018 jusqu’au 30 septembre, du jeudi au dimanche, de 10 h 30 à 12 h 30 et de 13 h 30 à 17 h 30. Entrée adulte : 4€ ; de 12 à 18 ans : 3€; gratuit pour les moins de 12 ans.

Tél. : 03 23 82 07 84.

Charles MONTMASSON

 

    

  

Il était une fois, Camille et Paul Claudel

Avant l’été, la maison natale  de Paul Claudel deviendra un lieu d’exposition dédié à la mémoire  du oète et de sa sœur, sculptrice.


Paul Claudel est né au 1er étage du presbytère de Villeneuve, le 6 août 1868. Camille, âgée alors de 3 ans et demi, était née à Fère-en-Tardenois en 1864. Entre eux deux, Louise, née en 1866. À partir de 1870, leur père est muté à Bar-le-Duc, la famille ne reviendra à Villeneuve que l’été. Le presbytère sera cédé à la commune en 1872, mais les Claudel reviendront régulièrement dans la maison d’en face, qui appartenait aussi à la famille. Remi Wafflart


Écrivain, Paul Claudel a aussi été consul en Chine pendant quinze ans, ambassadeur aux États-Unis... Il meurt en 1955, quelques jours après la première représentation de L’Annonce faite à Marie à la Comédie-Française. Archives Paul Claudel


Passionnée de sculpture dès l’âge de 12 ans, Camille Claudel fut la collaboratrice et l’amante d’Auguste Rodin. En 1913, elle est internée pour raisons psychiatriques. Elle ne retrouvera jamais la liberté et mourra en 1943, à 78 ans. Archives Paul Claudel

C’est un lieu féerique ou digne d’un cauchemar. Enlacés pour une lutte et une étreinte éternelles, les blocs de grès de la Hottée du Diable ont nourri l’imagination de deux enfants, un frère et une sœur…

La maison de famille des Claudel ne se trouve qu’à quelques kilomètres, entourée de paysages que ni l’écrivain, ni la sculptrice n’oublieront jamais. « Villeneuve, c’est l’endroit où ils se plaisaient beaucoup, où ils rêvaient » , raconte Madeleine Rondin, présidente de l’association Camille et Paul Claudel en Tardenois. En cette année du 150e anniversaire de la naissance du poète, l’ancienne professeure de littérature voit enfin son projet se réaliser : « Cela fait vingt ans que nous voulons faire de cette maison un lieu consacré à Camille et à Paul Claudel. On a décidé d’y réunir un maximum d’œuvres et de documents, dont beaucoup ont été offerts par la famille Claudel. » Sous la responsabilité de Thomas Morel, conservateur du pôle muséal de la communauté d’agglomération de Château-Thierry, propriétaire des lieux, l’ancien presbytère pourrait ouvrir au public dès le mois de juin.

REGARDS CROISÉS

Un sol à carreler, un chauffage à poser… Dans la petite maison de Villeneuve, les ouvriers s’activent pour que tout soit prêt. Malgré le bruit des travaux, malgré l’absence des œuvres – la maison est encore toute vide – Madeleine Rondin peut déjà nous guider dans la future collection (lire ci-contre).

« L’escalier paraît monumental pour une si petite maison » , remarque-t-elle en montant les marches qui sépareront l’espace dédié à Camille de celui de Paul. « C’est là, grâce à la lumière de cette fenêtre, que Bruno Nuytten a tourné l’une des plus belles scènes de son film » , ajoute-t-elle en évoquant le Camille Claudel de 1988, avec Isabelle Adjani et Gérard Depardieu. Les relations tumultueuses entre la sculptrice et son frère sont l’un des thèmes du film. « Amour fusionnel, rejet passionné… On n’entre pas dans ce débat » , tranche Madeleine Rondin.

Pour l’ancienne professeure, c’est l’œuvre des deux artistes qu’il s’agit de mettre en avant. Pourtant, une pièce de la maison ne manquera pas d’intéresser les visiteurs, celle qui sera consacrée aux regards croisés de l’un sur l’autre. « Camille a réalisé trois bustes de Paul : enfant, adolescent (photo ci-contre, archives ACPC) et à 37 ans (il sera exposé dans la maison) ; Paul a écrit sur les sculptures de Camille, rappelle notre guide. Cela sera posé dans la visite et les gens feront leur petit travail intérieur. » Une photo de Paul Claudel, l’ambassadeur, coiffé d’un bicorne, sera montrée dans cette pièce. À ses côtés, une autre photo : celle d’une jeune Camille Claudel, qui, par jeu, a emprunté la coiffe de son frère.

Le rez-de-chaussée pour Camille, l’étage pour Paul

 Après une première salle consacrée à la vie de Camille Claudel, illustrée par des photographies léguées par Anne Schaefer, les visiteurs pourront découvrir dans une deuxième salle du rez-de-chaussée l’un des trésors de la maison : le buste de Diane, acquis récemment par la communauté d’agglomération, dans une vente aux enchères. Autour de cet original sculpté en 1881, des tirages posthumes réalisés à partir des moules de l’artiste, œuvres à part entière, permettront notamment d’admirer la Chienne rongeant un os et une Valse. « Pour des expositions temporaires, nous ferons tourner les œuvres de Camille, ce sera super-sécurisé » , précise Madeleine Rondin.

Un diaporama préparé par Anne Rivière présentera

aux visiteurs la vie et l’œuvre de la sculptrice. « Malgré ce qu’on a pu dire et ce qu’elle a pu dire elle-même, de très grands écrivains et critiques d’art l’ont soutenue dès le début » , rappelle Madeleine Rondin. Également au rez-de-chaussée, un espace permettra de découvrir les matériaux et les outils des sculpteurs. Et l’ancienne cuisine de la maison, réaménagée en bibliothèque, accueillera des scolaires en petits groupes.

À l’étage, la chambre où Paul Claudel est né, le 6 août 1868, sera consacrée à ce qui a pu inspirer l’enfant et le jeune écrivain. Depuis les fenêtres, « nous sommes dans la même situation que lui, quand il a été impressionné par les paysages ».

Une petite pièce abritera quatre éventails orientaux, où Paul Claudel a écrit de petits poèmes au pinceau. Une manière d’évoquer sa carrière de diplomate, notamment en Extrême-Orient. « Grand bourgeois, grand ambassadeur, grand chrétien, il est tout ça. Mais c’était aussi un homme d’une curiosité ! » , tient à souligner Madeleine Rondin, qui nous promet un « bain d’écriture et d’image » pour le présenter. Une seconde pièce accueillera des expositions temporaires. Au programme, à l’ouverture : une collection d’affiches de théâtre, dont plusieurs du Soulier de satin.

3 QUESTIONS à


Marie-Victoire NANTET
Universitaire, Pte fille de Paul CLAUDEL

Ils sont inscrits dans le paysage de leur enfance

Que représente pour vous l’ouverture de cette maison ?

La famille est extrêmement heureuse et reconnaissante de l’aboutissement de ce projet. Au moment même où l’on marque le 150 e anniversaire de sa naissance, dans une chambre du presbytère… Claudel dirait que c’est la providence ! Plus encore, nous sommes heureux que ce lieu soit dédié au frère et à la sœur. Il est juste et pertinent que Paul et Camille Claudel, le poète et la sculptrice, soient ici inscrits dans le paysage de leur enfance.

Avez-vous des souvenirs de cet endroit ?

Je suis souvent venue à Villeneuve, par tous les temps et notamment par un temps tempétueux, nuageux, pluvieux… Je connais bien les textes du poète sur « son pays. » Rien n’a bougé, c’est le paysage des Claudel. Il y a une telle justesse dans sa façon de décrire cette terre mélancolique, violente, solitaire.

Quel est votre souvenir de Paul Claudel ?

Sur cette photo (en médaillon, sur la gauche), vous posez avec lui. J’ai des souvenirs, ceux d’un grand-père. Mais Claudel, c’est d’abord un immense écrivain, j’ai une très grande admiration pour lui. Je me rappelle très bien du moment où a été prise cette photo. Il est habillé en académicien. Nous devions tenir la pose et on s’est beaucoup amusés tous les deux. Je crois que ça se voit.

UNE VISITE GUIDÉE AGRÉMENTÉE DE LECTURES

En images

Paul Claudel écrit son pays natal

Lorsqu'il revient à Villeneuve, l'écrivain se plonge dans les paysages qui entourent le presbytère. « Et il Y avait aussi les explorations personnelles que je dirigeais du côté de l'horizon, car Villeneuve, bâti sur une espèce de promontoire, jouit de quatre horizons, tous aussi peuplés pour moi, aussi riches de suggestions et de légendes, que ceux de l'Edda ... » (Paul Claudel, © Gallimard) Photos Remi Wafflart

Du lavoir du village à la butte des grès magiques

« ... il y a le sombre horizon du Sud qui est la forêt de la Tournelle, précédée par la fontaine de la Sibylle. » Après le lavoir du village, les chemins partent dans la campagne. « Habité très tôt par sa vocation créatrice, le poète partage avec sa soeur Camille la passion des balades », est-il raconté sur le site de l'association de Madeleine Rondin. « Le futur poète rêve de conquêtes fabuleuses, chantées tout bas, tandis que sa soeur ébauche en pensée les groupes à tirer de l'argile trouvée en chemin. » Plus loin, en arrivant à la Hottée du Diable, les deux enfants retrouvent un décor digne de l'imagination.

Une visite guidée agrémentée de lectures

Il y a plus de dix ans, l'association Camille et Paul Claudel en Tardenois a créé un circuit balisé « qui permet d'évoquer les Claudel et leurs souvenirs d'enfance, on passe par les chemins fréquentés par les deux artistes, pour se rendre à la Hottée du Diable», présente Claire Debout, de la Maison du Tourisme Les Portes de la Champagne.

« Long de six kilomètres, il peut se faire en autonomie ou bien lors de visites guidées de 3 heures, agrémentées de lectures de textes de Paul Claudel.» Prochaines visites: mercredi 11 juillet à 14 heures et mercredi 8 août à 14 heures. Tarif: 8 €, gratuit pour les moins de 12 ans. Tél. : 0323835114.

Extrait de l'union du 18/02/2018

 

    

  

 

Camille Claudel retrouve Nogent

Nogent-sur-Seine Depuis bientôt   six mois, Camille Claudel est revenue dans l’Aube,  là où tout a commencé.


Une jeune fille, les yeux clos, accueille le visiteur dès ses premiers pas dans l’univers de Camille.

MUSÉE CAMILLE-CLAUDEL

*.- OÙ ? À l’angle des rues Gustave-Flaubert et Saint-Epoing, à Nogent-sur-Seine.

*.- QUAND ? Du mardi au vendredi de 11 à 18 heures, les samedis et dimanches de 11 à 19 heures.

À compter du 1 er novembre, fermé le lundi et le mardi, et ouvert de 11 à 18 heures. Le dimanche, ouvert de 11 à 19 heures.

*.- TARIF : 7 euros (plein tarif), 4 euros (demi-tarif), gratuit pour les moins de 26 ans.

Alors que la maison de Paul et Camille Claudel devrait bientôt voir le jour à Villeneuve-sur-Fère dans l’Aisne, Nogent-sur-Seine présente depuis peu la plus grande collection des œuvres de l’artiste axonaise. Si Camille Claudel reste la petite fille du Tardenois, dans l’Aube, personne n’a oublié que c’est ici, en 1876, alors qu’elle n’avait que 12 ans qu’elle a modelé ses premières figurines avant d’apprendre les rudiments de son art avec le sculpteur nogentais Alfred Boucher.

La maison bourgeoise qu’elle a occupée pendant trois ans avec ses parents, accueille depuis mars le premier musée consacré à Camille Claudel. 2 645 m 2 , 250 œuvres exposées dont 43 sculptures de Camille Claudel réparties dans quinze salles, le musée nogentais est à la mesure du talent de son hôte.

Dès l’entrée, on est accueilli par l’odeur caractéristique du plâtre frais, pas celui des statues, non, celui des nouveaux bâtiments. Neuf, le lieu n’a pas encore reçu la patine que lui conférera le temps. Dès les premiers instants de sa visite, le visiteur se sent tel un explorateur en terre inconnue. Avant lui, nul n’a foulé le parquet, personne ne s’est assis sur les banquettes. Tout est à découvrir. Quinze salles s’ouvrent à lui. Pas à pas, il pénètre dans le monde de la sculpture. Malgré son impatience, il devra attendre avant de rencontrer la maîtresse des lieux.

Ramus, Dubois, Boucher. Nogent est terre d’artistes. Le premier, Marius-Joseph Ramus, est arrivé sur les bords de la Seine, en 1845 à la suite de son mariage avec une fille du cru. L’homme décèle très tôt chez le fils de son jardinier, Alfred Boucher, un talent certain pour la sculpture. Il l’engage comme assistant avant de lui présenter un autre artiste nogentais, Paul Dubois. C’est avec cette trilogie nogentaise que le visiteur s’initie, au cours de sa visite, à la subtilité de la sculpture.

Il était indispensable de replacer l’œuvre de Camille Claudel dans le contexte de l’époque
Cécile Bertran, conservatrice

Des études, des plâtres avec leurs marques de mise au point, des bustes en cire sur âme en plâtre, des plâtres de fonderie : peu à peu, tel l’élève dans l’atelier du maître, le visiteur se familiarise avec la technique. De salle en salle, il découvre la sculpture dans tous ses états, l’âge d’or de la sculpture française, le nu, le courant néo-florentin, la mythologie. Œuvre après œuvre, le voilà enfin prêt à s’émerveiller par celle qui a donné son nom au musée. « Il était important de replacer Camille Claudel dans le contexte de l’époque » , précise Cécile Bertran, la conservatrice du musée. Au temps de l’apprentissage succède très rapidement celui de l’éblouisseement, dès que le visiteur, néophyte ou amateur éclairé, pose le pied dans la salle 11 et découvre la première œuvre de la jeune Axonaise. Finesse des traits, mouvement perpétuel du marbre ou de la pierre, profondeur des regards de plâtre, l’idée que l’on se fait de la sculpture est à jamais bouleversée par le talent de Camille.

Difficile d’imaginer qu’il a fallu attendre le milieu des années 1980 pour que le monde découvre enfin le génie de la sculptrice axonaise. L’oubli est réparé, reste à suivre la trace des 38 000 visiteurs que le musée a déjà comptabilisés et à courir à Nogent avant de retrouver, le plus tôt possible, on l’espère, Villeneuve, si cher au cœur de Camille.

  
Le musée met en avant totes les déclinaisons d’une œuvre, comme ces sculptures de Rodin.


Une Jeune fille, les yeux clos, acceuille levisiteur dès ses premiers pas dans l’univers de Camille

VILLENEUVE-SUR-FÈRE VA RETROUVER LA SCULPTRICE

À Villeneuve-sur-Fère, tout près de Fère-en-Tardenois, dans le sud de l’Aisne, Camille Claudel a vécu des moments précieux de son enfance.

Un hommage va enfin lui être rendu avec l’ouverture de la maison Paul et Camille Claudel. Il s’agira d’un lieu d’évocation où le visiteur marchera véritablement sur les traces de l’artiste. Tout le rez-de-chaussée sera consacré à Camille Claudel.

Les racines familiales sont là : dans l’ancien presbytère où Camille Claudel a passé de nombreux étés, gardant le village dans ses souvenirs et dans son cœur : « Quel bonheur si je pouvais me retrouver à Villeneuve ! Ce joli Villeneuve qui n’a rien de pareil sur la terre ! » , écrivait-elle à son frère en 1927.

Si elle n’a jamais retrouvé Villeneuve, Villeneuve l’a enfin retrouvée : elle y est déjà présente, sur une fresque murale dévoilée lors du lancement des travaux d’aménagement, en décembre 2016. C’est la reproduction d’une des seules photos où sont unis le frère et la sœur. « Mon rêve serait de regagner tout de suite Villeneuve et de ne plus en bouger, j’aimerais mieux une grange à Villeneuve qu’une place de première pensionnaire ici » , disait encore Camille.

Patience, l’ouverture, probablement repoussée de quelques semaines ou mois, était annoncée pour le dernier trimestre 2017.

Un petit air de déjà-vu !

 
Jeanne trône triomphante et à cheval dans l’une des salles du musée Claudel.

Quiconque connaît Reims et sa cathédrale se trouvera vite en terrain connu au Musée Camille-Claudel de Nogent-sur-Seine. L’une des salles consacrées à l’âge d’or de la sculpture française (1880-1914) abrite en effet une magnifique statue équestre de Jeanne d’Arc. Le visiteur averti reconnaîtra sans mal la sœur de celle installée sur le parvis de la cathédrale de Reims.

En 1896, à l’issue d’une souscription lancée par l’Académie nationale, une représentation à cheval de Jeanne d’Arc est installée à Reims, cette œuvre est signée Paul Dubois (1829-1905), le sculpteur nogentais. Le musée de Nogent abrite un modèle en plâtre de cette statue, ainsi qu’une étude pour la tête de Jeanne d’Arc. Ces deux plâtres datent de 1889, ils ont été donnés au musée par l’artiste. Paul Dubois est, avec Alfred Boucher, à l’origine de la création du premier musée municipal de Nogent-sur-Seine consacré à la sculpture. L’établissement rassemblait alors une partie de leurs fonds ainsi que des œuvres de leurs amis. Ce musée a servi de base à l’élaboration de l’actuel musée Camille-Claudel.

Né à Nogent-sur-Seine, le sculpteur a beaucoup travaillé à Paris. Grand ami d’Alfred Boucher, Paul Dubois a connu la gloire de son vivant, notamment grâce à sa Jeanne d’Arc à cheval. Enfin, il est à noter que cette version équestre de Jeanne possède encore et pour longtemps son épée !

3 QUESTIONS à


Cécile BERTRAN
Conservatrice du musée

Le pari, maintenant, est de durer

Quel bilan tirez-vous des six premiers mois du musée Claudel ?

Le public est au rendez-vous, nous avons enregistré 38 000 visites depuis l’ouverture, nous en sommes très heureux. Les retours sont très bons, le public est ravi de découvrir autant d’œuvres de Camille Claudel.

Vous avez mis un soin particulier à la pédagogie en expliquant pas à pas la genèse des œuvres. Cela vous semblait indispensable ?

Oui, comme dans de nombreux musées, nous nous attachons à remettre les artistes dans le contexte de leur époque. Là, nous avons pleinement profité du fait que notre musée est jeune, même si à la base, tout partait du musée Dubois-Boucher. Cette volonté de médiation, on la retrouve aussi dans la composition des équipes. Nous avons par exemple une médiatrice qui propose aux plus jeunes des activités pratiques, comme le modelage afin qu’ils intègrent au mieux les œuvres lors de leur visite. Nous proposons des visites adaptées à tous nos publics, jeunes et moins jeunes.

Le pari de mettre l’art à la portée de tous semble gagné, non ?

Le plus dur reste à venir ! Même si les premiers chiffres sont bons, maintenant, il nous faut durer. Dans un musée, ce qui est compliqué, c’est de maintenir l’intérêt et de faire en sorte que le public revienne.

LES AUTRES POINTS

Audioguides et QR code pour votre visite 

Le musée Camille-Caudel propose des audioguides pour profiter pleinement de la visite. Il y a deux parcours : l’un pour adulte en français, anglais et allemand et l’autre à destination des familles en français. Ces audioguides sont délivrés gratuitement à l’entrée du musée.

Il est possible de retrouver les commentaires des audioguides tout au long de la visite par le biais de QRcode que l’on peut scanner grâce à son smartphone après avoir téléchargé l’application.

À noter que le billet d’entrée est valable toute la journée. Le visiteur peut ainsi sortir du musée et y revenir plus tard pour poursuivre sa visite.

2017, L’ANNÉE RODIN

En cette année 2017, est célébré le centième anniversaire de la mort d’Auguste Rodin, l’un des maîtres de Camille Claudel, dont on peut découvrir plusieurs œuvres au musée nogentais. Cet anniversaire peut être l’occasion de se rendre à Paris, 77 rue de Varennes, pour découvrir ou redécouvrir le travail de l’auteur du Penseur. Le musée Rodin de Paris a rouvert en 2015 après avoir fermé pour cause de travaux. À l’occasion du centenaire de la mort de l’artiste, le musée donne carte blanche à un artiste contemporain, Anselm Kiefer. L’exposition est visible jusqu’au 22 octobre.

LA PETITE CHÂTELAINE DE LA PISCINE DE ROUBAIX

De novembre 2014 à février 2015, Camille Claudel a été l’invitée du musée La Piscine à Roubaix. Durant cette exposition, plusieurs versions de La Valse ont été exposées, dont une de très grande taille exceptionnellement prêtée par un collectionneur chinois. Plusieurs œuvres de Camille Claudel sont toujours exposées à Roubaix, dont La Petite Châtelaine. Ce buste a été prêté au musée de Nogent-sur-Seine lors de son inauguration avant de revenir à « la maison » dans le Nord où on peut désormais l’admirer. Musée La Piscine, 23, rue de l’Espérance à Roubaix.

Marie-Pierre DUVAL et Laurence PICANO

Extrait de l'union du 02/07/2017

    

    

  

 

1,18 million €  pour La Valse

Le bronze de Camille Claudel a été adjugé aux enchères pour 1,18 million d’euros.


Le bronze de la sculptrice axonaise est réapparu cette année après un siècle passé dans un placard

 Un bronze de 46,7 cm de haut représentant un couple dansant enlacé, et signé de la sculptrice originaire de l’Aisne Camille Claudel, a été adjugé aux enchères à Montbazon (Indre-et-Loire) pour 1,18 million d’euros à la petite-nièce de l’artiste, Reine-Marie Paris. Nous avions présenté la sculpture dans le cahier Dimanche du 11 juin.

« C’est Camille ! C’est toute ma vie, Camille… Elle est flamboyante ! », s’est exclamée très émue Reine-Marie Paris après avoir emporté la sculpture, fondue aux alentours de 1900, face à cinq enchérisseurs au téléphone, dont certains aux États-Unis.

Mis à prix à 300 000€, le lot avait été estimé à 500 000€. Avec les frais, le montant de l’enchère s’établit à 1,463 million d’euros : « C’est un record mondial pour une œuvre de cette taille , a commenté le commissaire-priseur Aymeric Rouillac qui organisait la vente au château d’Artigny, à Montbazon. Selon M e Rouillac, C’est le plus bel exemplaire des cinq tirages connus en bronze d’époque ».

Cette épreuve en bronze à patine brun noir, fonte au sable réalisée par l’artiste de son vivant, vers 1900, était accompagnée d’une lettre autographe signée de sa main, adressée à Joseph Honoré Allioli, premier propriétaire de l’œuvre. Représentant une femme, vêtue seulement d’une longue jupe, dansant avec un homme entièrement nu, « La Valse » avait été jugée indécente et reléguée dans un placard par la famille de son premier propriétaire, Joseph Allioli. Ce n’est qu’en avril dernier qu’elle a été exhumée.

L’ŒUVRE POURRAIT REJOINDRE LE MUSÉE DE NOGENT-SUR-SEINE

À terme, « La Valse » rejoindra le musée consacré à Camille Claudel à Nogent-sur-Seine dans l’Aube, espère Mme Paris qui a déjà cédé à cet établissement de nombreuses œuvres de sa collection privée. « Grâce au musée, Camille va être connue dans le monde entier », s’est félicitée sa petite-nièce.

Mme Paris, petite-fille de Paul Claudel -poète et frère de Camille- a indiqué qu’elle collectionne des œuvres de sa parente « depuis l’âge de 20 ans ». « Je n’ai hérité d’aucune œuvre mais j’en ai acheté 70 au total, dont j’ai gardé en propre 23 » (24 avec « La Valse »), a-t-elle expliqué.

Les enchères pour un «  Minotaure » en plâtre patiné d’Auguste Rodin, amant de Camille Claudel, a plafonné à 73.000 € au cours de la même vente, en dessous du prix plancher de 80.000 € exigé par le vendeur. Cette sculpture dans une version dite « aux cornes courtes » a été réalisée en 1886, trois ans après sa rencontre avec Camille Claudel.

Extrait de l'union du 02/07/2017

    

    

  Répertoire  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le musée du Quai Branly bien ancré

Voulu par le président Chirac, le musée du Quai Branly, né il y a dix ans, a trouvé sa place dans le paysage parisien, fort d'un indéniable succès public.

A SAVOIR

Le musée en chiffres

•.- 1.350.000 visiteurs en moyenne par an, près de 14 millions depuis son ouverture.

•.- Les subventions publiques atteignent 77 % du budget annuel, alors qu'elles représentent la moitié du budget du Louvre et un quart de celui du musée d'Orsay.

 •.- Avec 300.000 œuvres, 700.000  photographies, 350.000 documents, et 10.000 instruments de musique, ses collections s'écrivent au superlatif. Quelque 500 pièces ont été acquises en 2015. 3.500 œuvres sont exposées sur le plateau des collections.

•.- Festivités ce week-end : trente heures d'ouverture non-stop de samedi matin à dimanche soir. Pour sont 10° anniversaire, le musée propose deux jours d'animations. Yoga sur le toit, ateliers autour du tatouage ou du tiki polynésiens, concert de la chanteuse marocaine Oum.

« Il n'y a pas beaucoup d’expositions de Branly que Jacques Chirac n'ait pas vues »
Stépnane Martin. Pdt du musée

Pour ses dix ans, l'établissement vient d'être rebaptisé « Quai Branly - Jacques Chirac », une appellation justifiée tant a été grande l'implication de l'ex-président dans la création de ce musée des arts d'Afrique, d'Océanie et des Amériques. L'ancien chef de l'Etat était en effet passionné par les civilisations premières.

Le musée présente à cette occasion une exposition conçue par l'ancien ministre de la Culture, Jean-Jacques Aillagon, et intitulée « Jacques Chirac ou le dialogue des cultures ». L'événement a été inauguré cette semaine par François Hollande qui a rendu un vibrant hommage à Jacques Chirac pour avoir favorisé la création du Quai Branly. L'ancien président n'était pas présent au vernissage, mais « il ira voir l'exposition, c'est certain », a déclaré sa fille Claude sur France 2. « Il n’y a pas beaucoup d'expositions de Branly qu'il n'ait pas vues », a souligné le président du musée Stéphane Martin. « Il est toujours venu discrètement et je pense qu'il voudra voir celle-là ». L'engagement de l'ancien président est en partie lié à une rencontre : celle du collectionneur Jacques Kerchache, qui militait pour l'intégration de l'art non occidental dans les grandes collections, comme, celles du Louvre. Son approche est controversée, mais il trouve une oreille attentive auprès de l'ancien chef de l'Etat, qui, dès son élection en mai 1995, lance le projet d'un grand musée des cultures non européennes.

Un terrain est retenu sur les bords de Seine, à deux pas de là Tour Eiffel, et Jean Nouvel est choisi pour concevoir le bâtiment : il en fera quatre, réservant plus de la moitié de la superficie à un jardin, protégé de la circulation par un mur de verre. Le bâtiment principal, abritant les collections, est une longue courbe sur pilotis. La galerie permanente d'un seul tenant est certes diversement appréciée, mais la polémique viendra d'ailleurs. Pour constituer ses collections, la direction du Quai Branly a en effet prélevé massivement des œuvres dans d'autres institutions publiques. En 1998, le Musée de l'Homme est dépouillé de quelque 300.000 pièces, et celui des Arts d'Afrique et d'Océanie de 25.000 objets. Des déménagements qui passent mal chez les chercheurs, choqués par la « brutalité de l'opération. »

Extrait de l'union du 24/06/2016

    

    

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Qui a posé pour « l'Origine du Monde »

ET SI LE MODÈLE DE COURBET ÉTAIT ... RÉMOISE

Le célèbre tableau de Courbet pourrait avoir un lien avec Reims, en la personne d'une demi-mondaine dont certains pensent qu'elle aurait posé pour l'artiste. Enquête d'un spécialiste.


Le musée Courbet à Ornans

Il y a de ces énigmes qui obsèdent. Telle la question toujours sans réponse 150 ans après : qui a posé pour Gustave Courbet pour « L'Origine du Monde » ? Ce célébrissime tableau montre sans vergogne l'intimité d'une femme, lascivement allongée, dont il est Impossible de savoir qui elle est. Seul le centre de son corps est visible. L'Histoire de l'Art n'a pas de nom à nous donner pour l'identifier formellement. Cependant, la femme qui nous ouvre « la porte du temps », comme dirait l'académicien Michel Serres, pourrait être rémoise. C'est ce qu'explique « le » spécialiste de la chose, Thierry Savatier, qui a mené l'enquête* et aboutit à trois solutions possibles.

Une œuvre transgressive

Selon ce fin connaisseur du XIXe siècle, « Courbet n'était pas un obsédé. Il a eu une sexualité libre et ludique ». Ses liaisons étaient de courte, durée : « Pourquoi emmener une femme, alors qu'on peut en avoir une dans chaque ville ? », S'Interrogeait-il. De ce fait, poursuit M. Savatier, « son œuvre érotique est transgressive par rapport à son époque ». Dans ses reproductions, « la femme n'est pas idéalisée. Elle est naturelle. Ses modèles ne sont pas choisis selon les canons de l'esthétique », L'un de ses petits péchés mignons est la représentation de scènes saphiques. Il sera un précurseur dans le genre.

En 1866, Courbet rencontre un diplomate turc, Khalil Bey. un collectionneur éclairé qui a dilapidé un énorme héritage en trois ans, mais achète les œuvres des artistes les mieux cotés. Sainte Beuve lui dit avoir vu chez Courbet un magnifique tableau de « Vénus et Psychée », Hélas, la toile est déjà vendue. Courbet en promet la suite à Khalil Bey : cela donnera l'autre tableau célèbre, « Le Sommeil ». Le collectionneur turc en estime le prix excessif. Le peintre ne le baisse pas, mais propose de créer un second tableau qui sera ... « L'Origine du monde »,

La maîtresse de Khalil Bey

Khalil Bey a pour maîtresse une certaine Jeanne de Tourbey. Une jolie brune née à Reims. Son élégance masque des origines plus que modestes. Née en 1837 de père Inconnu, elle voit le jour dans une famille ouvrière et porte le nom de Marle-Anne Detourbey, rappelle M. Savatier. Après un court séjour à l'école, la voilà rinceuse de bouteilles de champagne.

Vite lassée de cette vie sans relief, la jeune fille « monte» à Paris à l'âge de 16 ans. Elle y rencontre Alexandre Dumas fils, à qui elle plaît, qui la présente à Marc Fournier, un directeur de théâtre. Lequel croit en son potentiel et l'introduit auprès de Sainte-Beuve qui se charge de son éducation intellectuelle.

Avec ce bagage tout neuf, Mlle Detourbey poursuit sa progression dans le grand monde, protégée par le patron de presse Emile de Girardin, jusqu'à devenir pour un temps la favorite du prince Napoléon. Ce qui l'incite à anoblir son nom en « de Tourbey », De 1864 à 68, elle est proche de Khalil Bey et croise donc le chemin de Courbet ... qui ne sera pas Insensible à son charme. D'où cette idée selon laquelle elle aurait pu poser pour « L'Origine du Monde ». Pourquoi pas ?

Une rouquine flamboyante

D'après Thierry Savatier, une première hypothèse prétend que la maîtresse du peintre américain James Whistler, Joanna Hiffernan pourrait être « l’Origine » d'autant qu'elle a posé pour « le Sommeil » et « la Belle Irlandaise ». L'amie en question était une rouquine flamboyante, mais c’est la thèse officielle. Le tableau provoquera la rupture entre les deux amants et brouillera les deux peintres.

Seconde hypothèse : Khalil Bey aurait pu demander à sa maîtresse de poser pour « son » tableau. Possible, si l’on en croit « la carnation proche du tableau d'Orsay » peint par Amaury Duval et qui la représente. Et selon les Goncourt, qui disaient que « Jeanne ne refusait rien aux hommes », Dernière solution : Courbet avait pour ami le photographe Auguste Belloc, qui a réalisé de nombreux clichés érotiques de ce type. Le peintre aurait pu tout simplement copier une telle photo.

Bref : le mystère reste entier.

DE JEANNE DE TOURBEY À MME DE LOYNES


La rémoise Jeanne de Tourbey, devenue Mme de Loynes.

Une fois séparée de Khalil Bey en 1868, la Rémoise a poursuivi son chemin vers la fortune. Deux ans plus tard. Jeanne de Tourbey rencontre Ernest Baroche, le fils richissime d'un avocat d'affaires qui lui propose de l'épouser. Le prétendant est tué la même année par un Prussien pendant la guerre de 1870. Jeanne hérite de tout ! Bientôt, elle devient comtesse en épousant Edgard de Loynes. C'est sous ce nom qu'elle posera pour Amaury Duval dans un portrait magnifique. Elle s'éteindra en 1908 sans laisser d'enfant.

GUSTAV COURBET : LE PEINTRE À SCANEALES


L'enquête a été menée par Thierry Savatier

Né en 1819 à Ornans (Doubs), fils de fermier. Gustave Courbet apprend le dessin et la peinture au petit séminaire, puis aux Beaux-Arts. A Paris, il rencontre de nombreux artistes dont il fait souvent le portrait. De très nombreux scandales éclateront il cause de nombre de ses tableaux. Son retour à Ornans changera sa façon de peindre : il inventera lui-même le courant réaliste. Anticlérical, socialiste, proche des anarchistes, il s'engagera dans la Commune, dont il sera un élu. Cette période lUI vaudra de devoir s'exiler en Suisse où il meurt le 31 décembre 1877. Sa dépouille sera transférée à Ornans en 1919. Un musée Courbet y a été ouvert dans trois magnifiques demeures médiévales.

Jean-François Scherpereel

* « Essai : L'origine du monde, histoire d'un tableau de Gustave Courbet »

Extrait de Mag'Info N°152 de 11/2015

    

    

  Répertoire  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  Musées Régionaux

 Musée de l'Aéronautique
Bétheny - 51
Musée de l'Aviation - BA 112

Musée des B.A
Chalons - 51

 Musée de l' Aquarelle
à Cormontreuil - 51

Musée Agricole
Faverolles - 51

Musée du Champagne
AY - 51

Musée de la boulangerie
Fismes - 51

 Musée de la vigne
Verzenay - 51

 

Centre d'Interprétation
Suippes - 51
 

Musée de la Caverne du Dragon
02

 

Musée de l'Arsenal
à Soissons (02)

Musée Verlaine
à Juniville - 08

 

Musée du feutre
à Mouzon (08)

Musée de l'Outil
à Troyes (10)

 

Musée de l' Apothicairerie
à Troyes (10) 

 

Musée de L'Auditoire
à Joinville (52)

 

     

     

   Répertoire   

  

 La Presse des Musées Régionaux et Collectionneurs

 

Dans les coulisses du chantier du musée d'Épernay
Entrez dans la maison de Camille et Paul Claudel

Il était une fois, Camille et Paul Claudel

Trois guerres et un musée

2017

Se remettre en selle pour le bicentenaire du vélo
Il cache une sacrée collection de motos

Le jeu en vaut vraiment la chandelle

Futur musée du Champagne, c’est parti
Garagiste des voitures stars très chère

Une collection d'anciens pressoirs et d'outils de la vigne impressionnante
Les grands crus mécaniques de Jean-Pierre

Plongée dans le temps à la Bertauge
Il carbure aux vieilles américaines
À Trépail, elle attire le monde entier avec son musée scénographique
Eric GANCI, LE MAGICIEN DES ATELIERS DES LÉGENDES 

Revivre les années 1900 à l'écomusée

Fous de tracteurs de père en fils

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Trois   guerres   et un musée

Ardennes Le musée Guerre   et Paix a rouvert ses portes à Novion-Porcien. Il est dédié à la guerre de 1870 et aux deux guerres mondiales.


Le char américain M4 Sherman est l’une des pièces les plus impressionnantes du musée Guerre et Paix à Novion-Porcien.  

PRATIQUE

*.- ADRESSE ET HORAIRES : musée Guerre et Paix en Ardennes, impasse du Musée, 08 270 Novion-Porcien, tél. 03 24 72 69 50. Ouvert tous les jours sauf le lundi de 10 à 17heures, et du 1 er juin au 31 août tous les jours (jours fériés inclus) de 10 à 19 heures.

*.- TARIF : tarif plein 8 €, réduit 5 € pour les 6-18 ans, plus de 65 ans notamment, gratuit pour les enfants de moins 6 ans.

*.- ANIMATIONS : des conférences et ateliers seront proposés dans les semaines à venir. Une exposition sur la bande dessinée et la Grande Guerre est annoncée.

En moins d’un siècle, les déflagrations de l’Histoire ont retenti par trois fois dans les Ardennes. D’une terre meurtrie et d’une population éprouvée par l’occupation, demeurent des cimetières et des noms qui jalonnent les manuels d’histoire : la défaite de Sedan en 1870, le dernier mort tombé à Vrigne-Meuse le 11 novembre 1918 ou encore la percée allemande de la Meuse en 1940. Rouvert en janvier après dix ans de fermeture, le musée Guerre et Paix à Novion-Porcien expose sur 4 000 m 2 une multitude d’objets et matériels ayant trait à la guerre de 1870 et aux Première et Seconde Guerres mondiales.

IMMERSION AU SEIN DES TRANCHÉES

Une mise en scène moderne qui s’appuie sur une collection unique composée de 14 000 objets, acquise et étoffée notamment pendant les dix années de fermeture du site, à la suite de problèmes techniques. Ainsi, le visiteur est amené à suivre la chronologie des événements en découvrant notamment les uniformes, coiffes et armes des belligérants. Le musée en possède 135 différents, dont un très rare exemplaire d’uniforme japonais. En parallèle, l’imposant char Sherman, une station complète de défense antiaérienne ou encore un canon 75 à tir rapide constituent des pièces maîtresses parmi 50 engins lourds exposés. À noter, l’espace dédié à la campagne de France en 1940 qui voit la percée allemande à Sedan, Monthermé et Dinant. « C’est quand même chez nous que cela s’est joué. Sur cet épisode précis, c’est encore l’image de la 7 e Compagnie qui reste. Assez peu de musées, hormis ceux de Normandie et du long de la ligne Maginot, la décrivent. »

DES CIVILS ÉPROUVÉS PAR TROIS OCCUPATIONS

Mais pour parler de la guerre, les armes ne suffisent pas. Cartes animées, vidéos, affiches de journaux, tableaux, photos… sont autant de manière d’aborder les faits. Bien plus efficace, l’immersion! Lumière tamisée, coups de feu, maison déchiquetée, sols gravillonnés. Les visiteurs sont plongés au cœur de la maison de la Dernière Cartouche à Bazeilles. Avant de découvrir les méandres d’une tranchée reconstituée. « Vous avez ici des objets du quotidien des soldats, ceux qui les aidaient à tenir, leurs outils pour l’entretien des lieux et corvées… détaille Marie-France Devouge, responsable du musée.Nous allons d’ailleurs installer une sorte de vestiaire où les visiteurs pourront passer les habits de Poilus pour se rendre compte. »

Au-delà du fait militaire, le musée s’attache à contextualiser les conflits. « Nous avons voulu parler des avant et après guerre pour comprendre les faits, ne pas oublier les mémoires, ne pas se contenter d’un musée militaire mais au contraire intégrer toutes les dimensions de ce qu’implique une guerre. » Du progressisme de la Belle Époque, à la militarisation de la société en passant par le douloureux impact de l’invasion… les civils ne sont pas oubliés. Affiches de la Kommandantur, ticket de rationnement mais aussi « l’exemple concret de la ration de nourriture accordée par jour à un adulte », sont tout autant parlants qu’émouvants. Sur le magnifique mur-rideau de 10 mètres de haut qui illumine l’atrium, c’est bien l’image de cet homme qui assiste en pleurs au défilé nazi sur les Champs-Élysées qui saisit le visiteur.

Enfin, une colonne d’engins lourds symbolise l’avancée des libérateurs à travers le pays avant de finir sur l’espace dédiée à la paix. « L’enjeu majeur, citoyen de ce musée finalement, résume Marie-France Devouge. De 1852 à 1945, nous avons suivi ces conflits, la réconciliation franco-allemande, mais nous avons élargi à l’après. On est sur un concept, difficile à montrer dans un musée, mais essentiel. »


Le musée possède 135 uniformes complets de différentes nationalités belligérantes

14.000
C’est le nombre d’objets exposés.

À l’origine, trois collections militaires privées (Alexandre, Forget et Avril). En plus des acquisitions diversifiant le fonds, le musée a bénéficié des dépôts de musées français et étrangers..

Ailleurs dans les Ardennes


Les visites guidées du fort à La Ferté valent le détour.

Le département des Ardennes garde les stigmates des conflits et invasions des trois guerres franco-allemandes. Quelques idées de visite.

Guerre de 1870 : incontournable, la maison de la Dernière Cartouche à Bazeilles où ont résisté les troupes de marine face aux soldats bavarois pour défendre Sedan. Au château fort de Sedan, une collection de peintures militaires, sculptures, armes et uniformes liées à la bataille de Sedan.

Première Guerre mondiale : le fort et la batterie des Ayvelles, qui surplombe Mézières, furent en première ligne face à l’invasion allemande en août 1914. Le fort de Charlemont et la citadelle de Givet méritent aussi le coup d’œil. En Argonne, le circuit du Sergeant York. Héros de guerre américain, Alvin York à la tête d’un groupe de 7 hommes attaque une position allemande, faisant 132 prisonniers allemands. Un circuit en forêt de 3 km depuis Châtel-Chéhéry fait revivre ces faits d’armes d’octobre 1918. La tombe et stèle de Roland Garros à Saint-Morel. Cette année, ne pas manquer les cérémonies du 11-Novembre à Vrigne-Meuse où est tombé le dernier soldat de 14-18.

Seconde Guerre mondiale : pour les grands comme les petits, direction la Ferté-sur-Chiers pour découvrir en immersion les entrailles de ce petit fort de la ligne Maginot. Le musée des Spahis (troupe d’Afrique du Nord) à La Horgne ou le circuit de la bataille de Stonne où 14 totems retracent les combats où 5000 soldats français sont tombés en mai et juin 1940. Le monument aux morts des Manises à Revin qui rend hommage aux maquisards massacrés par la SS en juin 1944.

ZOOM sur

UNE COLLECTION DE PLUS DE 400 COIFFES

Ici, les célèbres casques à pointe allemands. Une magnifique collection de couvre-chefs issus des différentes régions d'Outre-Rhin qui permet de rappeler avec ingéniosité que l'Etat-Nation allemand s'est constitué à l'occasion de la guerre 1870. De manière générale, les nombreux uniformes et armes sont mis en scène pour illustrer un épisode historique ou une problématique particulière.

Un DES ESPACES LES PLUS IMPRESSIONNANTS

Ce mur en plexiglas est criblé de cinq cents balles qui ont été tirées par une mitrailleuse Saint-Etienne en ... une minute ! « La cadence de tir est très élevée, ce qui explique pourquoi le conflit de la Première Guerre mondiale va vite s'enliser et que l'on se terre dans les tranchées », commente Marie-France Devouge.


La haine de l’allemand

Elle s’instille dans toutes les strates de la société jusque dans ses aspects les plus quotidiens. Caricatures, calendriers, assiettes, briquets ou encore ce porte-aiguille anti-allemand en sont les preuves. Les enfants n’échappent pas à cette culture de guerre : jeux de société et livrets scolaires font l’éloge de la revanche que devront porter ces futurs soldats. La militarisation passe aussi par la construction de casernes sur tout le département.

Manessa TERRIEN et Karen KUBENA

Extrait de l'union du 12/02/2018

    

    

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Se remettre en selle pour le bicentenaire du vélo


L’une des répliques du vélocipède Michaux exposée au musée du vélo de l’abbaye de Trois-Fontaines.

 TROIS-FONTAINES-L’ABBAYE (MARNE)

À l’occasion des 200 ans de la bicyclette, le musée du vélo de l’abbaye de Trois-Fontaines, près de Vitry-le-François, permet de comprendre l’univers du vélocipède. Jean-Michel Althuser possède l’une des plus belles collections privées de vélos et l’expose tous les dimanches du mois et, exceptionnellement, ce mardi 15 août. Ce surprenant musée retrace l’histoire du vélocipède, de la draisienne à la bicyclette à pédales. Inventé en 1817 par l’Allemand Karl Drais, l’ancêtre du vélocipède « fête ses 200 ans d’existence. Mais, sur ce premier vélo, il n’y avait pas de pédales » , affirme le directeur du musée. Il fallait l’enfourcher puis avancer en poussant sur le sol, avec ses pieds. Le vélocipède à pédales est, quant à lui, né en 1861, inventé par le Barisien Pierre Michaux, qui décide « d’ajouter une manivelle à la roue avant d'une draisienne ». Cette riche collection retrace l’évolution de la bicyclette, à travers des modèles rares et anciens. De l’ancestrale draisienne au vélo de La Poste mis en scène dans le film à succès « Bienvenue chez les Ch’tis », en passant par les grands bis du XIX e siècle, cette sélection donne à découvrir tout l’univers du cycle. Jean-Michel Althuser loue une véritable passion pour l’histoire et particulièrement celle de la « petite reine ».

UNE COLLECTION SANS CESSE AMÉLIORÉE

Avec une collection de près de 200 vélos, d’objets et d’affiches d’époque, ce passionné connaît la plupart des évolutions et innovations technologiques des deux-roues. « La collection tourne sans arrêt. Ça va et ça vient », affirme Monique Parisot, la présidente de l’association des Amis des sites de Trois-Fontaines. Et d’ailleurs, Jean-Michel Althuser vient d’ajouter à sa collection « l’ancêtre du VTT, fabriqué non pas aux États-Unis, mais en France. Nous avons tout inventé avant les Américains », sourit-il. Si ce riche collectionneur le permet, vous pourrez peut-être déambuler dans les allées du parc de l’abbaye au volant d’une des répliques du vélocipède Michaux avant de vous promener et de contempler le patrimoine sauvegardé de la commune.

Tarifs : 2,50 € ; 1,50 € pour les moins de 12 ans. Ouvert les dimanches et ce mardi 15 août de 14 à 19 heures. Renseignements et réservations au 0329 79 04 17.

PERRINE CARILLET

Extrait de l'union du 14/08/2017

    

    

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Il cache une sacrée collection

Il pourrait être un jeune retraité comme les autres   s’il n’avait pas plus de 80 motos de toutes les époques dans son garage.


Dans ce qu’il appelle son « bloc opératoire », Philippe L’Huillier s’occupe de garder en état de marche toutes les pièces de sa collection

Quelle ne fut pas notre surprise en tombant, par hasard, dans une petite ruelle de Reims, sur un homme penché dans le moteur d’une Simca pick-up de 1948 en excellent état.

Quelques minutes de conversation plus tard, l’information est lâchée : si Philippe L’Huillier, 69 ans, est un passionné de voitures anciennes, il l’est encore plus des deux roues. « Je dois avoir 6 ou 7 vieilles voitures comme ça encore, oui ! », dit-il en se fendant d’un large sourire. Par contre, au niveau des motos, c’est une autre histoire : « Oh, des motos, j’en ai un peu plus de 80... ». Il n’en fallait pas plus pour éveiller notre curiosité.

UNE VIE FAITE D’AVENTURES

Celui qui est retraité depuis seulement deux ans a eu une vie bien remplie. À 18 ans, en 1965, il devient mécanicien dans la Marine française. Pendant plusieurs années, il navigue à travers mers et océans : Papeete, Djibouti... À ce moment, celui qui sort à peine du lycée Roosevelt nourrit déjà une passion exacerbée pour les motos. « Ma mère refusait de m’en offrir une, sûrement pour des raisons de sécurité ! Mais j’ai quand même eu ma première mobylette à 16 ans. D’ailleurs c’est l’une des seules bécanes que j’ai vendu de toute ma vie ! », confie le mécanicien. Ses voyages lui font prendre une expérience non négligeable en mécanique, et surtout lui donnent l’occasion de débuter sa collection, en achetant à bas prix des motos à Djibouti, par exemple, ou en Algérie. « Après avoir travaillé sur d’énormes bateaux, mes voitures et mes motos ce sont des jouets pour moi ! » explique ainsi le collectionneur. Le jeune officier de la Marine prend sa revanche sur l’interdiction que sa mère lui avait posée : au fil des années, il commence à réunir de plus en plus de motos.

« C’est une vraie passion, je passe mes journées à m’occuper de ma collection, tous les véhicules que je possède, même les plus anciens, sont en état de marche. Je veux de l’authenticité. J’ai hérité des terrains de mon père et j’y entrepose mes motos, c’est juste un peu compliqué de circuler dans les allées... ». Philippe L’Huillier usait ici d’un euphémisme : la visite de ses terrains commence par ce qu’il appelle son « bloc opératoire ». Y sont entreposées quelques motos ainsi qu’une Citroën C4 de 1929. Parmi les deux roues, deux modèles retiennent l’attention : une Zündapp K500 et une BMW R75 de la Wehrmacht. En parfait état de marche et présentée comme neuves, ce sont des motos que les collectionneurs s’arrachent à prix d’or.


« 
Après avoir travaillé sur des bateaux, mes voitures et mes motos sont bdes jouets pour moi »
Philippe L’HUILLIER, collectionneur de motos

PLUS DE 80 MOTOS DE TOUS CALIBRES

Plus loin est renfermé le gros de la collection : 80 motos, de toutes les époques, de tous les calibres. Sur quasiment chacune d’elle, le propriétaire s’arrête et raconte quelques anecdotes. Passionné, l’homme passe de son Automoto ayant participé à la course du Bol d’Or en 1928 à des prototypes de motos de la police qui n’existent qu’en quelques rares exemplaires sans autre transition que sa passion de la mécanique. Chaque pièce est sujette à raconter des histoires, et Philippe se plie parfaitement à l’exercice.

Un ami à lui, venu le visiter inopinément, Loïc Puru, est impressionné de la vivacité de celui qu’il nomme affectueusement Phiphi : « Il a des doigts en or, en mécanique il est incroyable. Quand il parle de ses motos, il fait vraiment ressentir sa passion, il a un regard de gosse émerveillé en permanence ». Sans aucun doute, le meilleur vecteur de l’inspiration reste la passion.


Dans ce qu’il appelle son «bloc opératoire», Philippe L’Huillier s’occupe de garder en état de marche toutes les pièces de sa collection.


Au premier plan, la BMW R75 utilisée par les allemends lors de la Seconde Guerre mondiale


Philippe L’HUILLIER possède aussi des  américaines, comme c’est le cas pour cette Harley Davidson rare.

Motos de la wehrmacht, motos rares


L’authenticité fait que le collectionneur a même tenu à garder les symboles de l’Afrikakorps. Ici, la K500.

Philippe L’Huillier est un passionné de la Seconde Guerre mondiale. Ce sujet pourrait l’occuper des heures durant et il le concerne au premier chef puisque son père avait lui-même été fait prisonnier durant l’Occupation.

Il a trouvé le moyen de concilier ses deux passions puisque certaines de ses plus belles motos datent de cette époque. C’est surtout le cas de deux véhicules qui furent utilisés par l’armée allemande du III e Reich : une K500 Zündapp de 1933 et une BMW R75 de 750 cm3 .

La première n’a pas été construite expressément pour les besoins de la guerre. Produites entre 1933 et 1940, les K500 firent sensation dans la société civile, jusqu’à ce que la société Zündapp ne tourne ses usines exclusivement vers un usage militaire. La moto de référence de la Wehrmacht, à partir de 1941, était la Zündapp KS750. La K500 possédée par Philippe L’Huillier est encore dotée de son side-car d’origine, à qui il était fait la part belle dans les publicités vantant les mérites de cette moto au début des années 30. Cette moto précisément avait été produite avant le début de la guerre donc, avant d’être réquisitionnée par l’armée nazie. Elle a ensuite servi pendant plusieurs mois sur le front africain, au sein de l’Afrikakorps, dont elle porte toujours le blason sur l’avant de son side-car. Lors de la retraite des troupes du général Erwin Rommel, la moto a été laissée sur place et récupérée avant d’être achetée après la guerre, au Portugal, par un ami de Philippe.

La BMW R75 est une grande dame de la Wehrmacht. Avec la KS750, elle fut la principale moto utilisée par l’armée allemande, même si elle était considérée comme moins résistante que sa cousine de Zündapp. Elle fut utilisée en Afrique et en Russie, et était occupée par trois soldats : l’un conduisait le véhicule, un observateur était placé dans le side-car avec une mitrailleuse et un troisième passager portait une mitraillette de type MP-40. Cette moto est surnommée « le 4x4 à trois roues » par le passionné, puisqu’elle était utilisée comme véhicule tout-terrain et, surtout, avait la particularité de posséder une troisième roue motrice sous le side-car.

Si Philippe L’Huillier préfère collectionner du matériel allemand, il a ses raisons. « C’est plus rare. En partant, les américains nous ont laissé leurs véhicules mais sont partis avec ceux de la Wehrmacht ! ».


Pour tout férud’histoire, le garage de Philippe L’HUILLIER est une caverne aux trésors


Dans son hangar, il est parfois compliqué de pouvoir marcher entre les 80 motos de sa collection

 Jérémy DENIEULLE, Christian LANTENOIS

Extrait de l'union du 05/08/2017

    

    

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Le jeu en vaut vraiment la chandelle

Sainte-Ménehould - Alors que l’inventaire de la collection de jouets est quasiment terminé, le projet d’un musée entre dans une nouvelle phase. Explications avec la responsable du dossier.


Émeline Lecomte, ici à gauche aux côtés de Jean-Hugues et Élisabeth Crétin, avait préparé une mini-exposition de jouets dans la salle du conseil municipal.

L’ESSENTIEL

*.- EN DÉCEMBRE 2014, Jean-Hugues Crétin, chirurgien-dentiste à Reims, lance un appel pour sauver sa collection de plusieurs milliers de jouets.

*.- FAUTE DE REPRENEURS , la collection est transférée à Sainte-Ménehould

en mars 2015, la municipalité ayant décidé de l’accueillir en vue

de la création d’un musée.

*.- PLUSIEURS LIEUX ont été évoqués pour abriter le futur espace culturel (l’ancienne gare, l’ancien hôpital). Finalement, le choix n’est pas encore déterminé.

DEPUIS DEUX ANS ET DEMI, Émeline Lecomte se charge de faire l’inventaire de cette impressionnante collection.

*.- CE MERCREDI - , elle a présenté le résultat de ses travaux et a dévoilé ce à quoi pourrait ressembler le futur musée du jouet.

Doucement mais sûrement, le projet d’un centre culturel dédié aux jouets dans la capitale de l’Argonne prend forme. Mercredi soir a eu lieu une réunion de présentation de l’inventaire de l’impressionnante collection de Jean-Hugues Crétin, estimée à près de 10.000 pièces. « Nous avons passé un accord avec le propriétaire pour que ses jouets puissent trouver une seconde vie à Sainte-Ménehould » , a rappelé le maire, Bertrand Courot.

Quant à Émeline Lecomte, qui supervise tout ce dossier, elle a expliqué comment elle était parvenue à faire l’inventaire de ce patrimoine ludique vraiment unique. «Quatre mille cinq cents pièces ont été référencées (année de fabrication, origine, créateur, description…), explique la jeune femme, ce qui représente deux mille huit cents fiches d’inventaire, car il y a des jouets en double ou qui sont en lots. Je les ai classés en deux catégories : les jouets phares, qui seront des incontournables de la future scénographie du musée, et les objets plus communs. »

72.289 - comme le nombre de visiteurs au musée de Colmar l’année dernière (dont 25 % d’étrangers). Une structure qui a réalisé un chiffre d’affaires de 272.082 € en 2015.

1 - Á QUOI POURRAIT RESSEMBLER LE MUSÉE ?

« Notre objectif est de créer une structure culturelle qui proposerait un voyage dans le temps à travers les jouets, annonce Émeline Lecomte. Cela passerait par une structure démontable sur laquelle il y aurait des projections vidéos en 3D. Les visiteurs pourraient interagir et faire la visite comme ils le veulent. » Cette structure ferait office d’une exposition permanente qui évoquerait l’historique du jouet à travers les âges.

« À partir de cela, il faudrait également monter deux expositions temporaires par an sur différents thèmes , continue d’expliquer la spécialiste, cela permettrait de faire revenir les visiteurs. »

2 - DE QUOI EST COMPOSÉE LA COLLECTION ?

Le fond est constitué à 80 % de jouets qui datent des années 50 à 1999. Il y en a 10% qui viennent de la première moitié du XX e siècle, 8,5 % après 2000 et 1,5% entre 1850 et 1899. Les jouets sont en bois, en métal ou en plastique.

« Ils ne se conservent pas tous de la même façon , souligne Émeline Lecomte.Pour chacun d’entre eux, les conditions sont différentes (température, taux d’humidité…). »

Ils ont été répertoriés en neuf familles (jouets en bois, culture populaire, héros de notre enfance, jeux vidéos, le cinéma, jouets anciens, jeux de construction, jeux de société et les transports).

3 - QUELS SONT LES ENJEUX ?

« À travers ce projet, nous voulons d’abord mettre en valeur la collection de Monsieur et Madame Crétin , assure Émeline Lecomte. Ensuite, ce serait l’occasion de faire du musée un lieu dynamique et innovant, et dans lequel nous pourrions entraîner une partie de la jeunesse. »

Enfin, le but serait également de faire rayonner le territoire argonnais, en y implantant une activité économique autour du jouet. »

4 - COMMENT FINANCER CE PROJET ?

Premièrement, le but est de développer un projet économique viable. Ce que parvient à faire le musée du jouet de Colmar, l’une des références en la matière. Pour cela, il faudra faire appel à du mécénat, des financements participatifs, des dons, mais aussi, des subventions de la Région ou de la chambre de commerce et d’industrie. Par ailleurs, une partie de la collection étant remarquable, elle pourrait faire l’objet de prêts, et donc être source de revenus. Ce qui sera le cas pour la prochaine exposition temporaire à Colmar qui ouvrira ses portes en septembre prochain.

5 - QUE FAIRE DE LA COLLECTION EN ATTENDANT ?

D’ici l’ouverture du musée, les jouets devront retrouver une seconde jeunesse. Aussi, il est envisagé de tisser des liens avec des institutions culturelles, mais aussi de prêter des jouets à d’autres musées. « Il faudra également que l’on participe à des événements locaux , suppose Émeline Lecomte, et qu’on profite de l’Allée des couleurs pour exposer certains jouets. Comme cela serait possible à la médiathèque dans le cadre du mois des tout-petits, mais également dans la coursive de L’Aquarelle. On pourrait proposer du retrogaming à la cyberbase ou des expositions au centre de Valmy ou au musée de Sainte-Ménehould.»

Stephen THIEBAULT

Extrait de l'union du 14/07/2017

    

    

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Futur musée du Champagne, c’est parti

AY-CHAMPAGNE - L'étude économique et juridique du projet de centre d'interprétation sensorielle du champagne a été présentée aux élus du secteur. En voici les grandes lignes


Le Centre d'interprétation du champagne verrait le jour dans les anciens pressoirs Pommery, acquis par la communauté de communes de la Grande Vallée de la Marne en 2007.

À SAVOIR

•.- 2004: un diagnostic est réalisé pour mesurer la pertinence du projet . et des études menées pour vérifier sa faisabilité.

•.- 2007 à 2008-: acquisition des anciens pressoirs Pommery à Aÿ.

•.- 2010 à 2013 : la CCGVM entame une démarche de communication. La communauté de communes Épernay Pays de champagne propose de rejoindre le projet. Mais se retire finalement en 2013. Elle se consacrera à la réhabilitation du château Perrier où un musée régional d'archéologie et du vin de champagne est acté.

•.- 2014 et 2015: la CCGVM réactualise ses études.

•.- 2017: convaincus du bienfondé de la démarche, les élus décident de lancer le projet dit du « Pressoir ».   

1 - UN CENTRE D'INTERPRÈTATIDN, OUEZACO ?

C'est un espace, type musée, mais sans collection, et destiné à accueillir du public. Tout est basé sur la scénographie. L'idée étant de mettre en scène de façon ludique et attractive un patrimoine, ici le terroir champenois et le champagne. Le public sera acteur de sa visite et ses cinq sens seront mis à contribution, notamment via des bornes interactives. Ces établissements sont très connus chez nos voisins anglo-saxons et canadiens. Chez nous, la Cité du vin à Bordeaux, avec son parcours de visite libre ponctué de 20 espaces thématiques faisant appel aux sens en est un parfait exemple.

2 - POURQUOI UN TEL PROJET ?

Dominique Lévêque, président de la CCGVM, communauté de communes de la Grande Vallée de la Marne, y attache une importance particulière. Il y pense d'ailleurs depuis les années 2000. C'est selon lui et son équipe, « le moyen de « diversifier » l'offre touristique en proposant une alternative aux visites de caves, et le moyen d'augmenter la durée de séjours des visiteurs sur le territoire » . Ce dernier étant inscrit à l'Unesco, les touristes sont attendus nombreux. Et Dominique Lévêque de rappeler cette anecdote : « Un samedi matin, des Australiens sont venus en mairie pour voir ce qu'ils pouvaient faire dans le secteur. Ils avaient prévu de voir un vigneron et une grande maison et nous demandaient que faire l'après-midi. Il nous faut donc pouvoir proposer d'autres produits sinon l'effet Unesco ne durera pas longtemps ! »

Le projet d'AY pourra être complémentaire avec le Musée Régional d'Archéologie et du Vin de Champagne au château Perrier à Épernay, dont l'ouverture est prévue en 2019.

3 - QU'Y FERA-T-ON ?

Plein de choses! Comme s'amuser, déguster, apprendre, découvrir. Le site comportera un espace d'accueil avec boutique, l'espace d'interprétation, un autre où seront accueillies des expositions permanentes et temporaires. Les visiteurs pourront aussi assister à diverses animations et ateliers (œnologie par exemple, spectacles, conférences, séminaires ... ). Et se détendre dans le bar-restaurant prévu dans l'enceinte. « L'idée étant, selon Chloé Léonetti, consultante au cabinet ln Extenso, de s'adresser au plus grand nombre, les touristes mais également à la population du territoire qui fera aussi vivre ce lieu. Les missions de l'équipement, selon le cabinet d'études In extenso basé à Boulogne-Billancourt, sont de promouvoir le territoire, la culture champagne, spécificité de l'élégance à la française, enrichir l'offre touristique, et développer une programmation culturelle » . Pour mémoire, cette étude a coûté 12.486 € TTC à la collectivité.

4 - OU ET QUAND ?

Dans les anciens pressoirs Pommery, rue Pasteur, à deux pas du centre-ville et à flanc de coteaux. Le projet provisoirement baptisé « Le pressoir » s'étendrait sur 2.000 m2 de surface.

Les travaux devraient débuter fin 2017 pour une ouverture prévue en 2020. « Il faut vraiment passer à l'action maintenant, nous avons assez perdu de temps », déclare Dominique Lévêque.

Coût du projet : 7,5 M € TTC. Les travaux de réhabilitation seraient de l'ordre de 5 M€. Le budget annuel de fonctionnement est estimé à 600.000 €. Il concerne pour une grande partie la masse salariale (une dizaine de personnes à temps plein, des charges diverses et la communication). Le cabinet d'étude table sur 50.000 visiteurs par an, Je ticket d'entrée étant de 10€.

5 -  OU EN EST-ON DES DÉMARCHES ?

La consultation pour le choix du programmiste est lancée. Son rôle : élaborer un préprogramme architectural et fonctionnel et accompagner la collectivité dans le cadre d'une mission d'assistance à maîtrise d'ouvrage pour choisir l'équipe de maîtrise d'œuvre et le suivi des études de conception. Il faut compter environ 18 mois de procédure.

La CCGVM qui veut créer une SPL, Société locale publique (pour passer des marchés, gérer le dispositif...) va voir quelles sont les communes intéressées. La collectivité a aussi lancé des demandes de subvention auprès de l'Europe, I'État, le conseil départemental et la région Grand-Est. « On peut espérer 50% d'aides », indiquait Dominique Lêvêque lors du dernier conseil communautaire où deux délibérations ont été prises concernant le futur centre d'interprétation. Le restant serait emprunté.

6 - LE PROJET EST-IL VIABLE ?

Selon le cabinet In extenso, « oui ». Il est dit-il, « opportun et réalisable économiquement ». Selon les prévisions présentées aux élus, c'est au bout de la troisième année que l'équipement atteindrait un équilibre. Les recettes étant évaluées à 600.000 euros, les dépenses à 610.000. « Le déficit de fonctionnement est minime, rebondit le président de la CCGVM, et tout projet de ce type est difficilement à l'équilibre, d'où l'importance de la communication dès le lancement ». A noter que la zone de chalandise est de l'ordre 376000 personnes à 30 minutes d'Aÿ et de 2,1Mà 90 minutes.

Frédérique PETRE

Extrait de l'union du 13/02/2017

    

    

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Garagiste des voitures stars très chère

Rouler en « Franco Lernbo », c'est être à bord d'une, voiture rare et souvent intégralement restaurée dans le discret atelier de ce Rémois que l'on va bientôt voir sur C8


Vue partielle du garage. Franco Lembo est à côté de la 136ème Porsche fabriquée dans l'histoire de la gamme. Derrière, 011 voit une Dina, une Corvette ... Hervé Oudin

PARCOURS

•.-  Naissance de Franco Lembo en 1968 à Reims.

•.-  Sa devise « Le bonheur est d'avoir sa passlon pour métier » figure au bas de sa carte de visite.

•.- Self-made-man, il n'a pas suivi d'études spécifiques. « Je n'ai qu'un bac pro en poche décroché au lycée Roosevelt.»

•.- Ila été le premier à mettre une Ferrari (de 1.986) en vente sur E·Bay, lorsque le site est arrivé en France. Prix de départ : 1 €. Prix de vente réalisée : 250.000 €

•.- Création d'« Automobilla » en 1997. Depuis, 1.200 voitures de sport et de collection sont passées par son atelier.

L 'adresse de son garage ne relève pas du secret d'état. Mais bien qu'il soit situé au centre Ville de Reims, rien, hormis le nom « Automobilia » écrit au-dessus de la sonnette, ne permet de savoir quelles activités se déroulent derrière la vaste porte coussante. Et quand l'un des employés du site ouvre le portillon qui donne sur la rue, on le sent sur ses gardes, comme si la sécurité d'un Fort Knox en dépendait... Avant d’entrer dans cet antre au luxe il faut traverser un sas et franchir une autre porte. La vision qui s'offre alors au visiteurs est spectaculaire, équivalente à une salle d'exposition, un showroom, truffé d’œuvres d’art sur des centaines de mètres carrés, si l'on considère le caractère exceptionnel des voitures qui sont entreposées. Sur plusieurs d’entre elles, des mécaniciens, orfèvres dans leur art, s'affairent en silence dans un décor qui tient plus du musée très propre que du garage de quartier. Les Porsche et les Ferrari dominent. Chevrolet Facel Vega, Alfa Romeo, Maserati, complètent le rez-de-chaussée. Que des noms qui font frissonner les collectionneurs du monde entier commente Franco Lembo, le fringant quadragénaire à la tête d'« Automobllia », souciété qui emploie sept salariés. « C'est le résultat de vingtt ans de travail. Cette entreprise a été créée en 1997. »

Franco Lembo est un dénicheur de merveilles, en France et au-delà des océans. « J'achète des autos d'époque en plus ou moins bon état. « Certaines réclament plus d'un millier d'heures de restauration dans le respect de leur origine, d'autres n'ont besoin que d’une révision. Je les remets en conformité puis je les revends ensuite, partout dans le monde. Mais pas par internet ! » précise-t-il en souriant, alors qu'il est sur Facebook. « Tout fonctionne par réseau. Je participe aussi à des salons internationaux sur lesquels je présente mes voitures transportées par semi-remorques. »

DES VOITURES À PLUS D'UN MILLION D'EUROS

Discret sur ses affaires, Franco Lembo révèle vendre « une cinquantaine » de voitures par an, toutes comme neuves, voire plus belles encore ! Il travaille souvent sur d'authentiques raretés, des bêtes de courses lauréates au Mans ou sur d'autres circuits, des pièces numérotées, comme cette Porsche connue pour être la 136ème produite par la firme allemande. Cette Corvette Sting Ray de 1963, cette Dino dont la fabrication a été limitée à 2500 exemplaires. Quant aux prix des transactions. il rappelle que les écarts peuvent être considérables d'un modèle à un autre, de 70.000 E la Porsche classique à plus d'un million d'euros la voiture d'exception.

Lui-même est collectionneur, mais une partie de ses voitures se cache ailleurs. Franco Lembo explique avoir toujours aimé ce milieu de la mécanique. Une véritable passion qu'il s'est créé seul. « Ce ne sont pas mes parents. Siciliens immigrés, qui me l'ont transmise. Mon père était artisan dans le bâtiment. À 18 ans, je possédais déjà une Porsche 356 et une Alfa Duetto. » La marque au trèfle à quatre feuilles est l'une de ses préférées, particulièrement en compétition puisque Franco Lembo est aussi pilote. « J'ai arrêté l'an dernier », précise-t-il. Il a participé à de mémorables Tour Auto, des Le Mans Classic et autres Carrera Panamericana courues au Mexique.

Les locaux de Franco Lembo recèlent aussi des pièces détachées, des objets décoratifs ou hétéroclites liés à l'automobile. Ou pas. C'est ainsi qu'on trouve dans un coin du garage un énorme moteur de Dakota DC3.Une partie d'une de ses ailes en aluminium rivetée lui sert de bureau au-dessus duquel fonctionne un éclairage de bloc opératoire. De cet avion, Franco Lembo sait juste qu'il s'était crashé au Touquet. il y a une vingtaine d'années

J'AI COMMENCÉ DANS LA RESTAURATlON

Reconnu comme expert dans son milieu (lire par ailleurs), régulièrement interviewé dans la presse spécialisée et les magazines télé, Franco Lembo n'a pourtant pas vécu une carrière tout en ligne droite. Quand il dit avoir « débuté dans la restauration », il ne parle pas d'automobile mais de cuisine. Avec son frère, il a en effet participé à la création, puis à l'essor, de la chaîne de pizzerias " La Storia ». « Nous avons eu jusqu'à dix adresses à Reims et dans l'est de la France avant que la maladie de la vache folle affecte gravement le secteur». explique-t-il. Il ne lui reste qu'un seul restaurant mais se dit parfaitement heureux dans ce qu'il fait.

CONSEILLER SUR UNE SÉRIE TÉLÉVISÉE

La première émission aurait dû passer sur C8 le samedi 4 février. Elle a été déprogrammée quelques jours avant, sans qu'on connaisse encore la nouvelle date de lancement de cette série en six épisodes dans laquelle Franco Lembo conseille des apprentis garagistes. Ceux-ci sont du GARAC, « le Graal des écoles du milieu automobile », indique le spécialiste rémois qui a déjà tourné plusieurs épisodes. Dans cette série, la cinquantaine de l'école nationale des filières auto, moto et poids lourd, en banlieue parisienne (Argenteuil), ont pour mission de recréer intégralement une Alta-Roméo de collection, sortie d'usine en novembre 1957, afin qu'elle puisse participer réellement à la 26ème édition du fameux Tour Auto. L'épreuve se déroulera du 24 au 30 avril prochains. Le modèle de la belle italienne a déjà été présenté aux apprentis du GARAC : ils n'ont plus que quelques mois pour la réaliser. Un « sacré défi », selon Franco Lembo.

J-M FRANCOIS

Extrait de l'union du 12/02/2017

    

    

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Une collection d'anciens pressoirs et d'outils de la vigne impressionnante

Le musée de la vigne et du vin initié par le vigneron Bernard Launois regorge de collections liées à la viticulture mais pas seulement, Le visiteur en prend plein les yeux


Le tourne broche automatique. actionné par Nicolas Vassilyevitch, qui date du 18ème siècle est une pure merveille.

L’ESSENTIEL

•.- Le musée de la vigne et du vin i creusé dans la craie au Mesnil-sur- f Oger expose l'histoire du travail de la vigne et de l'élaboration du vin.

•.- Un nombrei!1D"oyable d'outils, les plus simples comme les plus insolites, sont visibles. Au programme : pompes, boucheuses. Pulvérisateurs, sécateurs, bouteilles entre autres ... sans oublier des pressoirs des 17,18 et 19° siècles. ,

•.- La visite guidée dure deux heures et inclut une dégustation de trois champagnes.

•.- Il est ouvert la semaine à 10 et 15 heures, le week-end à 10 h 30. Tarifs : consulter le musée au 03 26 57 50 15.

« Ici, on va de surprise en surprise. Pour tout voir, il faudrait y passer des journées entières ! »
Nicolas Vassilyevitch, guide

Où donner de la tête ? À droite, à gauche, au sol, sur les murs ? Où poser son regard pour ne pas rater un objet ? Telle est la difficulté lorsqu'on visite le musée de la vigne et du vin de Bernard Launois, au Mesnil-sur-Oger, Car l'homme, un collectionneur invétéré, a amassé tellement d'ustensiles divers et variés au fil des ans, sur l'histoire du travail de la vigne et du vin, qu'il n'est pas aisé de tout voir. Tant pis, on s'en fait une raison.

La visite guidée se décline sur deux sites. Qu'on se rassure, ils sont à proximité l'un de l'autre, pas besoin de reprendre sa voiture. Le premier se situe dans la tour Launois. Au sous-sol recouvert de jolies tomettes, reposent sagement de vieux pressoirs. Dont un qui date de 1600, venu de Bourgogne. Il y en a même un à double vis de 1770, déniché en Haute-Savoie. Un autre â cabestan, de 1862. Et des plus récents, notamment de 1910. Ils viennent du Languedoc, du Beaujolais ... Pas facile de les convoyer jusqu'au Mesnil et pourtant, ces gigantesques pièces de bois sont bien là !

Accrochés aux murs, des séries d'outils utilisés par des tonneliers, Au fond de la salle, des caisses en bois du champagne Launois, avec des paillons. « Des bottes de paille qui étaient utilisées pour protéger les bouteilles des chocs. Aujourd'hui, on met des plaques de carton moulé pour les caler », précise le guide. Au beau milieu du passage, une enfilade de vieilles boucheuses.  « Qui fonctionnent », souffle Nicolas Vassilyevitch, le guide, démonstration à l'appui. D'ailleurs, les outils présentés sont nickels. Pas de poussière, ni de trace de rouille. Une douce odeur d'huile de lin chatouille même les narines. Bernard Launois accumule les objets certes, mais en prend aussi grand soin. Au pied de l'escalier qui mène aux étages de la tour, une autre collection de poêles à bois, de gazinières et de machines à calculer de toutes les couleurs. Des portraits en noir et blanc, certains de familles tapissent les murs jusqu'en haut. Car le vigneron collectionne aussi d'autres objets qui n'ont pas forcément de liens avec la viticulture. Dans une autre salle, une cave a été spécialement creusée pour accueillir un colossal pressoir de 18 tonnes. Le guide se délecte à raconter l'anecdote : « M. Launois a profité du départ en vacances de ses beaux-parents pour défoncer le sol de leur jardin. Seulement, les travaux ont pris un peu plus de temps que prévu. Je vous laisse imaginer la réaction de ces derniers à leur retour ! »

Pour accéder au deuxième site, il faut repasser par la cour où sont exposés une flopée de plaques de cheminée et un alambic itinérant. Derrière une porte en bois, une grande de restauration baptisée « salle de la broche royale ».Car Bernard Launois a récupéré un ancien tourne broche automatique datant du XVIII° siècle, « qui marche ». Un mécanisme basé sur le principe de l'horloge de toute beauté. En face, un confessionnal avec des chasubles suspendues. Cherchez l'intrus ! En contrebas, un autre pressoir de 1721. Puis vient un couloir aux poissons (où vit effectivement un poisson rouge), creusé pour rejoindre d'autres caves. Suit le métro du Mesnil, un couloir qui rappelle une ligne de métro parisien. Au bout, des pelletés d'outils (sécateurs, cisailles, serpes ...) encore et toujours. Des flacons, des sculptures en cep de vigne, des collections de plaques de muselet, des affiches publicitaires anciennes, une salle dédiée à l'imprimerie avec moult étiquettes, une autre évoque le travail du liège, des pierres lithographiques, des cendriers.

« Ici, on va de surprise en surprise », note le guide en souriant. ll ajoute : « Pour tout voir, Il faudrait venir avec son sac de couchage et y passer des journées entières. » Le musée a été ouvert dans les années 80. « Au départ, il était réservé aux clients de la maison de champagne puis c'est devenu un vrai musée ouvert à tous », précise Nicolas Vassilyevitch.

Frédérique PETRE

Extrait de l'union du 15/08/2016

    

    

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Les grands crus mécaniques de Jean-Pierre

Il y a 60 ans, conserver les vieilles bagnoles faisait de vous un farfelu. Aujourd'hui, Jean-Pierre Bécret est un sauveur du patrimoine.


Mission accomplie pour Jean-Pierre Bécret ses protégées ne risquent plus la destruction.

L’ESSENTIEL

•.- Jean-Pierre Bécret a 9 ans quand il tombe sous le charme de la Delage 06 11de son grand-père.

•.- À 19 ans, en 1956. il refuse la 2cv qu'on lui propose pour une Citroën 5 Hp de 1925. C'est sa première restauration, elle roule toujours.

•.- En 1964 il participe à la création du Gavap, un des premiers clubs de passionnés en France.

•.- Victime de vols, il préfère désormais réserver l'accès de sa collection.

Mon camping-car est le plus grand, le plus haut et le plus rapide. Mais, comparé aux quatre voitures que Jean-Pierre Bécret vient de sortir des granges de sa ferme de Chéry-les-Pouilly, il ne la ramène pas. CGV 1905, Brasier 1912, Peugeot 1924, Voisin 1927, elles sont toutes plus belles les unes que les autres. Beaucoup dorment à l'ombre des étables. Certaines sont restaurées parfois depuis plus de cinquante ans, et roulent. D'autres prennent poussière. Au hasard d'un rayon soleil, je tombe sur des noms nostalgiques : Delahaye, Licorne, Facel-Vega, Talbot, Panhard-et-Levassor ... Telles des grands crus attendant sagement le dégustateur averti, elles patientent. Certains amateurs d'anciennes autos, venus Sur le tard, ont du mal à comprendre la raison d'être de cette réserve. « Je ne leur en veux pas, il faut se remettre dans le contexte des années 55-60 pour saisir. A l'époque, on ferraille sans état d'âme, les vieilles bagnoles », résume en souriant le collectionneur. Il n'acceptait pas qu'elles soient condamnées à mort. « J'ai commencé à en sauver, il y avait de la place à la ferme », explique Jean-Pierre. Tout ne peut pas être sauvé, tout ne le mérite pas non plus. Mais quand on connaît le destin de certaines pièces, on mesure l'évolution de l'intérêt de la population pour les autos anciennes.

Promettre de ne pas ferrailler le cabriolet. C'est le cas d'un cabriolet Citroën Traction. En 1970, une femme se présente : « Elle, était veuve depuis peu. Ce cabriolet, c'était le décor de leur histoire d'amour. ils l'avaient acheté jeunes, n'avaient pas voulu s'en séparer, mais la femme partait en maison de retraite. Elle m'a donné le cabriolet à condition que je promette de ne pas le détruire. J'ai tenu promesse. » Le septuagénaire poursuit : « Mes enfants ont le virus, ils vont continuer et puis, restaurer, cela maintient en forme et j'ai encore quelques voitures à finir. » De toute façon pour Jean-Pierre, le principal est fait : ses protégées ne sont plus menacées de finir sous la presse. Le farfelu d'hier a gagné ses galons de sauveur du patrimoine. Jean-Pierre s'en amuse, son plus grand plaisir, c'est avant tout de rouler... en ancêtre évidemment.

Philippe DUFRESNE

 

Extrait de l'union du 08/08/2016

    

    

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Il carbure aux vieilles américaines

Sa voiture est rouillée, ne possède ni essuie-glace, ni capot, ni fenêtre et c'est volontaire. Rencontre avec Vincent Bécret, qui passe plus de temps à la bichonner, qu'à rouler.


Vincent Bécret, 36 ans. et son Hat Rad : une Ford de 1931, largement modifiée, achetée en Californie en juillet dernier.

Impossible de le rater! Son moteur ne ronronne pas, il gronde. Vous avez sans doute déjà "croisé le drôle de pick-up de ce Rémois. Vincent Bécret se balade souvent dans les rues de Reims en fin de semaine au volant de son Hot Rad: une Ford de 1932, largement modifiée, achetée en Californie en juillet dernier et arrivée en France- par bateau trois mois' plus tard. « À l'origine, les GIs qui s'ennuyaient après la guerre ont commencé à bidouiller de vieilles voitures pour faire des courses sur des lacs salés », raconte le passionné. « Ils ont gonflé le moteur, allégé la carrosserie en enlevant les garde boue, le capot, les marchepieds... et rabaissé le châssis pour améliorer la tenue de route. » Le Hot Rad était né : une vieille américaine au moteur surpuissant et au look déjanté qui commence tout doucement à pointer le bout de sa calandre en France. Aujourd'hui, ils ne sont qu'une centaine d'heureux propriétaires de ces engins rugissants dans l'Hexagone. . Des passionnés forcément Car le Hot Rod n'est pas une simple voiture, c'est un mode de vie, entre vitesse et vintage. Achetés à prix d'or, entre 20 et 80000 €, les véhicules n'ont conservé que leur carrosserie d'origine.

Premier coup de foudre pour une Mustang

Sous le capot qui a disparu, le moteur du pick-up de notre Rémois développe désormais pas moins de 350 chevaux (contre 75 lors de sa sortie d'usine). Forcément, Vincent garde toujours un œil sur la jauge, « ma meilleure copine ». Consommation moyenne : 15 litres de sans-plomb 98 pour 100 km. Mais s'il appuie un peu sur le champignon,« je monte facilement à 200 km/heure (sur circuit, la précision s'impose, NDLR) et là c'est plus de 30 litres/100 km ! »

Quand il ne roule pas des mécaniques, Vincent Bécret, 36 ans, est salarié dans l'internet le jour et... rockeur la nuit. Le guitariste et chanteur enflamme régulièrement, pour ne pas dire chaque mercredi soir, le bar de l'Hemingway, place d'Erlon.  « C'est du gros rock'n'roll et ça se termine avec du ACDC debout sur Je comptoir !» le bad boy rémois - aussi sympathique que son Hot Rod est bruyant - a vécu deux ans à Los Angeles. Entre cours de musique et réparation d'ordinateurs, il se lance en 2006 dans un road trip entre los Angeles et San Francisco. « C’est là que j'ai attrapé le virus. » Chez le loueur. il jette son dévolu sur une Mustang cabriolet. « Là-bas, c'est pas cher, c'est le modèle de base. C'est comme louer une Mégane ou une Clio ici ». Sauf que la Mustang incarne le rêve américain, « Elle est hors-norme, puissante, avec une telle personnalité ... » C'est le coup de foudre. De retour dans la cité des sacres, Vincent Bécret achète une première Mustang en 2010. Une seconde en 2013. « Et puis, je commençais à en croiser un peu trop. » Il se rancarde sur les Hot Rods, plus « répandus ». de l'autre côté de l'Atlantique où il se rend régulièrement. Je l'ai cherché pendant un an. Même aux États-Unis, il en existe peu et seulement dans les états chauds comme la Californie, le Texas ou la Floride. « Finalement, c'est sur le site internet Graigslist, l'équivalent US au Bon coin, qu'il déniche la voiture de ses rêves, rouillée juste ce qu'il faut » Le véhicule est homologué, son contrôle technique OK, j'ai juste fait poser un logo au pinceau par un artiste rémois (à l'effigie d'une célèbre marque de whisky, NDLR).

Aujourd’hui, Vincent avoue passer plus de temps dans son garage que sur les routes. « J'en prends soin, c'est comme une vieille dame ... » Mais, quand il part en vadrouille, il ne passe pas inaperçu. « Les gens sont très curieux. À commencer par la police. D'abord, ils contrôlent les papiers. C'est normal, c'est leur boulot Après, ils s'intéressent à la voiture. Sinon, elle plaît aussi pas mal aux enfants. Et beaucoup la prennent en photo. » Celui qui roule au quotidien dans une « vulgaire » 106 préfère annoncer la couleur : « ll faut savoir qu'un Hot Rad. est très puissant, il faut faire attention. C'est comme les Harley. C’est fait pour rouler peinard ». Sur de petites routes. Et les jours de beaux temps.

FBI débarque à Bermericourt le 14 Juin


Une centaine de voitures américaines sont attendues. N. Aubin

La petite commune de Bermericourt, près de Loivre, au nord de Reims, s'apprêtent à accueillir plus d'une centaine de voitures et de motos anciennes, principalement américaines lors de la Bermeri Car Meet le dimanche 14 juin prochain de 10 à 19 heures. La manifestation est organisée par l'association FBI (French Bum Impact). Au programme: de nombreuses animations dont l'inauguration de la brasserie artisanale Masclaux, l'exposition de voitures et motos US, Hots-Rods, Kustoms, Low-riders et VW aircooled, des concerts et de la musique en continu ! Restauration et buvette assurés. Entrée gratuite. Créée en 2012 et présidée par Gilles Perruchoud, l'association FBI rassemble une trentaine de passionnés de voitures américaines. Ils se retrouvent chaque 3éme  vendredi du mois sur le parking des Trois-Brasseurs, zone Ikea. Renseignement sur leur page Facebook c team FBIracing team J. Une centaine de voitures ïttnéricaines sont attendues. N. Aubi.

Alice RENARD

Extrait de l'union du 18/05/2015

    

    

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Plongée dans le temps à la Bertauge

Le musée rural et artisanal accueille chaque année plus d'un millier de visiteurs. Les bénévoles passionnés se chargent de transmettre leur passion. Petite visite.


Les bénévoles gèrent une collection de plus de 3.000 objets. G.H

SOMME-VESLE - Ils se retrouvent chaque mercredi et vendredi comme une vieille bande de copains. Pour gérer la Bertauge, une dizaine de passionnés démultiplient leurs efforts : « On se donne rendez-vous pour boire l'apéro ensemble, manger un morceau. Cela fait partie de l'ambiance conviviale qui règne ici. » Ces bénévoles, tous retraités et bien souvent issus du monde agricole, forment la pierre angulaire du musée rural et artisanal à l'histoire bien singulière : « En 1976, une personne travaillant à Châlons-en-Champagne mais originaire du Massif central est passée devant une ferme où il y avait une charrette. Elle semblait à l'abandon. Il a demandé au propriétaire combien il en voulait pour la racheter et la ramener dans sa région d'origine. Le fermier s'est dit que c'était vraiment dommage de laisser partir ce patrimoine champenois », développe Pascal Delacou, le président de la structure gérant le site. Depuis, le musée s'est construit pièce par pièce. « Il y a tout d'abord eu un hangar à L'Epine pour faire une exposition. Quand on a dû le rendre, les objets ont été dispatchés un peu partout. Alors que les membres de l'association trouvent un bâtiment pour accueillir leur impressionnante collection, celui-ci est ravagé par la tempête de 1999. Grâce au conseil général, le site actuel sort de terre en 2005. Depuis, il accueille plus d'un millier de visiteurs par an, « Nous sommes traditionnellement ouverts les dimanches et les jours fériés. Nous avons décidé d'ouvrir les mercredis et vendredi après-midi pour le mois d'août. » À chaque fois, les mêmes horaires : 14 h 30-18 h 30. Il est également possible le reste de l'année de passer un coup de fil pour réserver une visite. L'occasion d'une merveilleuse plongée dans l'histoire de l'agriculture, entre tradition et savoir-faire. « Nous avons développé une véritable partie rurale pour intéresser tout le monde. Nous y tenons beaucoup. » On se balade ainsi dans une ancienne école, une mairie de l'époque. Un Voyage pas comme les autres.

Gauthier HENON

•.- Pour plus de renseignements : 03 26 66 64 97

Extrait de l'union du 03/08/2015

    

    

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À Trépail, elle attire le monde entier avec son musée scénographique

Au cœur de cette commune de moins de 500 âmes, nichée aux milieux des coteaux, Pré en bulles est un site touristique original qui accueille 10 000 touristes chaque année. Le projet un peu fou d’une femme très attachée à son territoire.


Gérard-Mézières se lance en en 2010. Depuis son site touristique est fréquenté par des Japonais, des Australiens comme des Suédois ou encore des Anglais.

L'E5SENTIEL

•.- Pré en bulles est situé dans un joli village viticole surnommé la Perle Blanche car on y cultive du Chardonnay, un raison blanc au milieu de raisin noir, au cœur de la Montagne  de Reims, dans le triangle d'or Epernay, Reims. Chalons.

•.- En 2010, Sylvie Gérard-Maizières se lance dans l'aventure. Elle reçoit le prix agro-affaires du 12+ concours de la création et de la reprise d'entreprises de la Ville de Reims, appelé Créator dont l’objectif est de favoriser le développement d'activités porteuses d'avenir et qui valorise l'image de marque du bassin d'emploi.

•.- En 2010, après deux ans de réflexion, de travaux, de conception de la scénographie, le site accueille ses premiers clients.

•.- Cinq ans après, les touristes du monde entier poussent la porte.

D’aussi loin qu’elle se souvienne, Sylvie Gérard-Maizières a toujours voulu être artiste. La batterie devait être le moyen d’accéder à son rêve. Mais à 19 ans, une chute d’échelle de 6 mètres, l’oblige à revoir ses plans. « J’étais paralysée des deux bras. La musique, devenir une rock star, tout ça, c’était fini. Il a fallu que je reprenne le chemin de l’école. » Ce sera des études de comptabilité. Mais celle qui rêve d’espace et de tour du monde n’arrive pas s’épanouir assise derrière un bureau à longueur de journée. Elle devient pépiniériste, « spécialisée dans les greffages de plants champenois ». Ces parents sont vignerons. Elle achète ses premières vignes à l’âge de 25 ans, avant de reprendre l’exploitation de ses parents, à leur départ en retraite. « J’ai toujours eu quelque part cette idée en tête de monter un projet qui pourrait me permettre d’allier mon amour pour le territoire champenois, mon envie d’aller vers les autres, mon goût de la communication et le milieu d’artistes. Je voulais un musée du champagne vivant, pas quelque chose de poussiéreux avec l’exposition d’outils d’autrefois. »

Trouver 2,5 millions d’euros

Les saisons se succèdent et si l’envie de se lancer, de repartir à nouveau de zéro, est bien là, la peur de l’inconnu et surtout de perdre son confort de vie, l’empêchent de mener à bien son projet. Puis, « un évènement dramatique m’a fait réaliser que, quoi qu’il puisse arriver dorénavant, je ne pouvais pas perdre davantage. » Elle lance une étude de marché, en 2008, alors que se profile la crise financière mondiale. « J’étais un peu dans l’oenotourisme, j’accueillais déjà quelques visiteurs avec la visite de cave et le gîte. Je voulais un site un peu à la carte avec une scénographie ludique, un espace de réception pour les séminaires, les associations, et poursuivre un peu l’hébergement. » Elle fait appel à un architecte pour la construction, prend attache avec un photographe, des peintres, marionnettistes, costumières pour la scénographie. Deux ans seront nécessaire pour la concevoir. Et puis, surtout il faut trouver les fonds nécessaires pour mener à bien ce projet : 2,5 millions d’euros. « Il m’a fallu vendre des terres ainsi que ma maison et emprunter une grosse somme d’argent. » Un projet fou. Si Sylvie Gérard-Maizières croit fort en son concept, elle est loin de susciter l’engouement. Ils sont peu à parier sur son succès et aucun organisme ou institution ne va l’aider. « Je voulais appeler le site, la champagnerie des arts, mais le nom a été refusé par le CIVC (Comité interprofessionnel du vin de Champagne). Au final, ils ont bien fait : Pré en bulles correspond d’avantage à l’esprit des lieux. »

Cinq ans après l’ouverture, les premiers clients affluent d’un peu partout dans le monde. «  L’important est d’avoir un bon site internet et qu’il soit bien référencé. Il faut être présent sur les réseaux sociaux, sur les sites comme Booking.com.» Chaque année, le musée accueille 4 000 visiteurs, 3 500 personnes dorment sur le site, sans oublier ceux qui viennent en séminaire ou pour des réunions de famille. Au total, plus de 10 000 personnes passent par Trépail grâce à Pré en bulles, dont 80 % d’étrangers, «  essentiellement des Chinois, Japonais mais aussi des Australiens, Norvégiens, Italiens, Belges ... » Le site est ouvert sesept jours/7 et toute l’année, sauf le jour de Noël. Sylvie Gérard-Maizières est la seule salariée à l’année. En cinq ans, «   j’ai fait de jolies rencontres, il y a eu des concerts improvisés à l’heure du petit déjeuner, des clients qui reviennent de temps en temps. Parfois, je reçois un petit mot, une fois les touristes rentrés dans leur pays. Et moi qui ne peux pas bouger à cause de la vigne, aujourd’hui, c’est le monde qui vient à moi. »

Les autres points

Touristes surpris et ravis


À gauche, Serge et Marœlle Montillaud, avec leur petits-fils Thomas.

•.- 5erge el Marielle Montillaud sont venus avec leur petit fils Thomas, 10 ans, découvrir la région en camping-car. Ils viennent de Magné, près de Niort. Ils sont enchantés par la scénographie. « Ce musée est vivant avec tous les automates. On apprend des choses sur la fabrication du champagne sans que ce soit rébarbatif. Le petit robot que l’on suit tout au long de la visite permet de capter l’attention des plus jeunes. <le musée est complémentaire avec une visite de cave. »

•.- Lusa Zeglova, un univers à découvrir


Exposition du moment : l’univers étonnant d'une artiste russe: A.B

Digital Art, c’est le nom de l’exposition actuellement visible à Pré en bulles et jusqu’au 31 aout. Une dizaine de tableaux de l’artiste russe Lusa Zeglova sont ainsi à découvrir. Lusa Zeglova vient commenter son exposition, le 15 aout dans l’après-midi. Il sera alors possible de la rencontrer. Entrée libre, tous les jours de 10 h à 18 heures

Aurélie Beaussart

Prévoir une heure pour la visite. Adultes 7 € / Enfants : 5 €. Du lundi au vendredi : de 10 h à 18 h. Week end et jours fériés fermeture à 19 heures.

Extrait de l'union du 24/07/2015

    

    

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Eric GANCI, LE MAGICIEN DES ATELIERS
"
DES LÉGENDES"

Dans une petite rue d'Ay est installé un musée vivant de l'automobile ancienne. Un musée parce que les voitures ne sont que des pièces rarissimes des années 30 à 60f70, et vivant parce qu'elle ne sont jamais les mêmes et changent d'aspect entre le moment ou elles arrivent et celui où elles repartent. Car dans les Ateliers des Légendes, on ressuscite des vieilles gloires du patrimoine mondial, qui seraient sinon a jamais perdues.


La Trlumph TR3 de Jacques Laffite, ensevelie sous la boue, et remise à neuf dans les Ateliers de Légendes

Ici, une TR3 jaune poussin que l'on vient juste de débarrasser de la housse qui la protégeait. Cette voiture, propriété de Jacques Laffite, l'ancien pilote de F1, est une miraculée. Elle a été retrouvée dans l'ouest de la France, piégée dans un local totalement inondé. L'eau et la boue l'avait ensevelie, habitacle et moteur ... Là, une Mercedes 190 SL, qui elle aussi revient de loin ; un peu plus loin, une Jaguar 420 G Webasto, une merveille à la peinture vert bronze qui a tourné dans la série « Amicalement Vôtre ». Puis la coque d'une De Tomaso Pantera, une Ferrari 365 GTB4, une fabuleuse AC Cobra courte, acier mat, qui a couru aux championnats d'Europe d'endurance en Sixties, et encore une Alpine A110 dans sa cabine de peinture ... Du rêve, beaucoup de rêve.

Toutes, plus ou moins abîmées par la vie, sont velues à Ay pour retrouver une seconde jeunesse. Mais quand elles vont repartir des Ateliers de Légendes, elles seront aussi belles et performantes qu'aux premiers jours.

Sur la route des Compagnons

Cette cure de jouvence, elles la devront à Éric Ganci, 51 ans, un homme qui a voué son destin à l'automobile, à la passion pour les belles voitures. A 14 ans, il était déjà apprenti chez Lecocq, à Saint-Ouen. C'est là qu'il va appendre, comprendre, aimer l'automobile et passer un CDD avec le compagnonnage qu'il embrasse à 16 ans.

Le voilà sur les routes de France et d'Europe, chez les meilleurs artisans qui forment à tous les métiers de l'automobile. Comme en Italie, où il fait une pause de deux ans et demi chez Ferrari. A 21 ans, il est à Liège, où il a déjà un atelier de restauration. qu'il partage avec un compagnon. Il revient en France, passe par Saumur puis est contacté par Renault. Une nouvelle existence professionnelle qui va le conduire à lancer Renault Minute Carrosserie, inventer un procédé (EG Mask) d'optimisation de la peinture, à créer une filiale, Sodicaux, pour les produits d'après-vente ... Il voyage, beaucoup, surtout dans les pays du Maghreb et du Golfe. Et pourtant, dès qu'il a un moment, pour lui ou ses amis, il retourne à ses premières amours, la restauration de voitures de collection. Il n'a rien oublié de Facel Vega, d'Hispano Suiza, de Ducati, des Delage ou des Delay, des constructeurs qui ont marqué sa jeunesse.

2011, nouveau virage. Sous la pression de sa femme, une Rémoise, et de ses deux filles, Éric décide de renoncer à sa vie de nomade et de se fixer ... en Champagne-Ardenne bien sûr. Il a déjà, et depuis longtemps, son projet en tête. Et ce n'est pas vraiment une reconversion, plutôt un retour aux Sources. il affine pendant un an, le temps de trouver les locaux où il va s'installer, et se décide pour Ay. Il fonde les Ateliers des Légendes. Un même lieu qui regroupe les cinq spécialités majeures pour restaurer dans la grande tradition des véhicules de collection; carrosserie-tôlerie-formatage ; peinture haute définition; mécanique-préparation; électricité; sellerie-boiserie. Tout est fait sur place. Il n'est que le Chromage qui sera traité à l'extérieur, chez un maître compagnon.

Eric Ganci soigne aussi la qualité de son recrutement. Ses huit collaborateurs sont tous des références, souvent issus du compagnonnage, et ont la même règle d'or, la passion. Il leur faut entre six mois et un an pour réhabiliter une voiture. « Les automobiles de collection se répartissent en deux grands profils, explique Eric Ganci. Les voitures de tourisme et leurs marques mythiques, et les voitures de course « classic », qui ont couru dans les années 50 à 70. »

Des œuvres d'art

Aujourd'hui, le véhicule de collection, qui n'était auparavant que l'enjeu de la passion, est aussi devenu un véritable placement financier, au même titre que les œuvres d'art. Le marché des ventes aux enchères a fait des bonds, de 46 millions de dollars en 1994 à 120 millions de dollars en 1999 jusqu'à 2004, puis de 181 M$ en 2007 à 457 M$ en 2007. Il était à à 800 M$ en 2012. Le marché est tiré par des amateurs à la recherche de voitures rares, qui se constituent de véritables collections. Et pourtant, quelle que soit la valeur de leur voiture, les propriétaires n'hésitent pas à prendre leur volant pour aller faire une balade champêtre. Pour profiter de leur « légende ».

Certains d'entre eux seront présents ce 1er juillet, où rendez-vous est donné dès 8h30 aux Ateliers des Légendes avant de prendre la route à travers le vignoble pour le Circuit des Ecuyers (Aisne) où chacun, après le déjeuner, pourra assouvir totalement son bonheur lors de séances de roulage libres. Et le plus heureux sera certainement Jacques Laffite, à qui Eric Ganci remettra les clés de sa Triumph TR3 totalement ressuscitée.


La Mercedes 190 SL, restaurée de fond en comble, va retrouver une nouvelle jeunesse


Une Berlinette à la robe impeccable


La caisse d’une autre voiture mytique : la De Tomoso Pantera.


Une AC Cobra de compétition, une des voitures préférées des collectionneurs du monde entier.


La Jaguar 420 G qui a tourné dans « Amicalement vôtre »

Christian CHARDON

 Extrait de NEW MAG N°144 de 07/2015     

    

    

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Revivre les années 1900 à l'écomusée

L'écomusée d'Œuilly, près d'Epernay, invite à découvrir la vie dans un village champenois des années 1.900, en visitant maison, école, et ancienne distillerie à champagne ...

Cathia Oudart (à droite) emmène ses visiteurs dans l'ambiance de la Champagne du début du siècle dernier

A SAVOIR

•.- Écomusée à Œuilly (Marne),à quinze minutes d'Épernay.

•.- Ouverture Toute la semaine sauf ; le mardi; visites à partir de 10h30, le matin (sauf le dimanche) et de 14h à 16h30 l'après-midi (la visite dure environ lh30).

 •.- Tarifs 6.50 €pour les adultes, 4 € pour les moins de 16 ans.

•.- Infos : Tél: 03 26 57 10 30 et www.ecomusee-oeuilly

A deux pas d'Épernay se trouve un lieu d'un autre âge, un lieu où l'on se remémore avec nostalgie la vie dans la champagne d'antan, celle des années 1900. Cet endroit, c'est, ou plutôt ce sont les écomusées d'Œui1ly. En effet, ce musée est divisé en trois sections, chacune destinée à évoquer un lieu de vie tel qu'il était il y a plus d'un siècle: La maison champenoise, le musée de la goutte ; ainsi que l'école 1900. Tous sont remplis d'objets d'époque, donnés au musée par les habitants d'Œuilly ou des communes alentours, et permettent aux visiteurs d'être immédiatement dans J'ambiance.

La maison vous emmène dans la vie quotidienne du début du siècle dernier, avec le vieux four à pain, les lits où l'on dormait assis, et les premières machines à laver. Le musée de la goutte, seconde partie de la visite, est en fait l'ancienne distillerie d'Œuilly, utilisée jusque dans les années 70 par tous les vignerons de la commune afin de fabriquer notamment le fameux marc de champagne. On peut y observer les anciens modes de fabrication à l'aide d'un immense alambic.

Le dernier des trois musées est sans doute le plus populaire des trois, d'après Cathia Oudart, qui assure la visite. « On termine toujours par là, parce que c'est ce qui plaît le plus à nos visiteurs » : vieux pupitres, stylos-plumes à l'ancienne et bonnet d'âne, voilà la recette qui fait le succès de cette partie du musée. « Les gens aiment sentir l'odeur de cire sur les tables, observer les vieilles cartes accrochées au murs », assure-t-elle. Quant aux groupes scolaires pour lesquels elle organise parfois des animations, «  ils sont souvent surpris quand on leur explique un peu comment fonctionnait la discipline il y a cent ans... même si certains se disputent parfois le bonnet d'âne !  » 

Sylvain MIONNET

Extrait de l'union du 15/08/2014

    

    

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2011-12-18 - Fous de tracteurs de père en fils 

JOISELLE (Marne). C'est une passion : le père et le fils collectionnent des tracteurs. Attention, ce ne sont pas des pièces de musée. Ces machines sont en parfait état de marche


Ces tracteurs sont totalement « retapés » de leurs mains.


Jannick et Samuel Heuering possèdent une vingtaine de tracteurs dans leur collection. 


Le plus ancien date de 1948. 

Passionnés de tracteurs, Jannick et Samuel Heuering en collectionnent une vingtaine dont la plupart sont en état de marche.

Jannick, le père, agriculteur, connaît bien les tracteurs et les bichonne avec son fils Samuel, qui, lui, a véritablement une âme de collectionneur. Tous deux se sont mis à garder, acheter de vieux tracteurs et les sortent lors de manifestations.

Férus de mécanique

C'est d'ailleurs pour cela que Jannick, dernièrement, était au Vézier lors de la journée « troc aux plantes », proposant à la vue des badauds quatre tracteurs anciens en parfait état de marche. « Ils sont venus par la route de Joiselle au Vézier », a-t-il précisé.

Il est certain que ces deux Joiselliens ne manquent pas d'originalité. Ce ne sont pas des maquettes qu'ils entreposent dans les vitrines d'un salon, mais de vrais tracteurs pour lesquels il faut trouver de la place. Et ils en ont une vingtaine, rangés dans des hangars chez eux à Joiselle et à Villeneuve-la-Lionne chez un ami, prêts à être sortis pour être présentés au public. D'ailleurs, tous les ans, plusieurs sont visibles à la fête des moissons de Provins. Et nombreux sont les curieux qui posent des questions sur ces drôles de machines qui ont travaillé les champs des générations antérieures.

Samuel reconnaît : « Depuis tout petit, j'ai toujours vécu avec des tracteurs autour de moi. Réparer le matériel agricole m'a toujours intéressé. Aussi, j'ai commencé par suivre une formation de mécanicien agricole avant de travailler sept ans pour un concessionnaire. Aujourd'hui, je suis formateur au CFA de Coulommiers, dans la maintenance de matériel agricole et parc et jardin. »

Le plus ancien tourne comme une horloge

Un prof qui transmet sa passion aux jeunes en leur apprenant la mécanique. Et dès qu'il en a le temps, Samuel se plonge dans la réparation de ses tracteurs avec son père.

« Le plus vieux que nous ayons est un Renault essence 3041, il date de 1948. Je l'ai acheté en 1995 à Limoges. J'étais encore au lycée. J'ai aussi un Vendeuvre qui vient de l'Aube, il tourne maintenant comme une horloge. Dans le hangar près de la maison, il y a un Golden Bellus des années 50. C'est un tracteur marnais avec un moteur à essence Renault, il a été fabriqué par un artisan de Reims. Pour le moment, il ne fonctionne mais une fois réparé, il va pétarader. Dernière acquisition, la semaine dernière, j'ai acheté un Société Française dans la Somme. Celui-ci, en revanche, n'a besoin de rien, c'est un plaisir de l'entendre tourner. »

Mais il n'est pas toujours facile de réparer ces machines anciennes, aussi, internet peut être utile : « Je trouve des pièces d'occasion, par connaissances, certaines sont refaites », ajoute Samuel.

Une chose est sûre, ces tracteurs sont totalement « retapés » de leurs mains. Et quel plaisir pour le père et son fils quand, après des heures, des jours passés dans la mécanique, ils entendent le bruit du moteur du tracteur rénové.

Extrait de l'union du 18/12/201

    

    

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