Musée  des Beaux Arts

Exposition

 Autour de Giacomo Francesco CIPPER 

Quelques  œuvres exposées

  La Presse

 

 

 

Gens d'Italie aux XVII et XVIIIème siécles

Proverbe du mois : en janvier, bouge au musée !

La peinture italienne de genre revit au musée

  

    

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        Quelques œuvres exposées     

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Giacomo Francesco CIPPER dit Il Todeschini
Feldkirch 1664 - 17/10/1736 Milan

Giacomo Francesco Cipper dit " II Todeschini " a été baptisé le 15 juillet 1664 à Feldkirch (Vorariberg), sous le nom de Franz Jakob Zippeis. Son père, Hans Caspar Zipper était issu d'une famille aisée de Feldkirch et exerça au cours de sa vie diverses professions : après avoir assumé, pour le compte de marchands de Feldkirch, la responsabilité d'un comptoir d'exportation, il dirigea une école privée à Brunnenfeld et devint, en 1678, marchand de bestiaux puis boucher. La mère de Cipper Eva Rudolfin, était originaire de Bludenz et mourut en 1673, alors que Giacomo Francesco n'avait pas encore atteint l'âge de 9 ans.

Aucun témoignage ne permet de savoir où et de quelle façon se déroulèrent ses années d'apprentissage. Pigler évoque à ce sujet le nom d'un peintre viennois, Jacob Zieper. La présence de Giacomo Francesco Cipper est en revanche attestée à Milan à partir de 1696 : il habite alors casa Carcani, dans la paroisse San Vito al Pasquirolo (et où il épouse Giulia Francesca, fille du notaire Carlo Federico Galdone). De son mariage naissent dix enfants. Giulia Francesca meurt en 1735, Giacomo Francesco Cipper le 17 octobre 1736 ; il est enterré à l'église Santo Stefano Maggiore.

Peu d'éléments permettent de saisir l'évolution stylistique de Cipper dont quelques œuvres seulement sont signées et datées (celles des années 1700, 1703, 1705, 1715 et 1736) et dont une des caractéristiques est la répétition fréquente de motifs et figures similaires ne subissant que d'infimes modifications d'une œuvre à l'autre. En 1700, Todeschini est âge de 36 ans. Sa période d'apprentissage peut alors être considérée comme achevée depuis longtemps (on ignore où il a pu vivre entre 1683 et 1696). Une peinture datée de cette même année, Nature morte avec figues, fromage, olives et cèlèri, démontre la grande qualité de ses natures mortes - ce que l'on remarque aussi lorsqu'elles sont insérées dans des scènes de genre comme la Marchande de poissons d'Auxerre - et laisse supposer l'existence d'une production autonome de celles-ci ; le nombre grandissant de leurs publications, ces dernières années, semble également confirmer ce fait ".

La peinture de genre est toutefois le centre de gravité thématique de son œuvre. Une scène mythologique ou sacrée reste chez lui dominée par ce caractère, au point de la rendre parfois - comme pour Le Fils prodigue - difficilement reconnaissable.

Si la chronologie de l' œuvre de Cipper reste encore difficile à établir; certains traits de son œuvre datant de la première décennie du XVIII° siècle sont toutefois aisément reconnaissables. La Scène paysanne, datée de 1703, réunit quelques-uns de ces traits : un clair-obscur post-caravagesque, baigné dans une lumière froide, et des personnages solides, dotés d'une forte présence corporelle et interchangeables. Le peintre semble avoir délibérément renoncé au rendu d'un espace continu et ordonné autour d'une perspective centrale ; la simple disposition des différents groupes de personnages, placés l'un derrière l'autre selon une diagonale, suffit à définir son espace. Les proportions des personnages restent naturelles. Ils conservent toujours une expression profondément joyeuse et rustique, Ceux qui apparaissent dans les scènes secondaires - comme le petit mendiant au centre du premier plan -, semblent quelquefois isolés et absorbés en eux-mêmes. La palette des couleurs est empreinte de tons bruns froids, accentués par des bleus et rouges, étroitement localisés, mais intenses.

A maints égards, l' œuvre de Cipper trouve ses racines dans l'art des maîtres de l'Italie du Nord : l'exemple de Pietro Bellotti l'aide à affirmer une tendance à '' psychologiser " nombre de ses personnages. La palette et les thèmes évoquent aussi Eberhart Keilhau (1624-1687), dont le nom reste encore inconnu aujourd'hui. Le maître identifié par le monogramme V. H, vraisemblablement originaire du Nord et actif en Lombardie dans la seconde moitié du XVII° siècle, pourrait lui aussi avoir exercé une forte influence sur Cipper. C'est du moins ce que laisse supposer une Vieille femme avec quenouille et volailles dont les traits du visage pourraient avoir servi de modèle à une peinture de Cipper datée de 1705, la Femme à la quenouille et garçon en train de manger. Une comparaison avec certains de ses contemporains comme Antonio Cifrondi (1656-1730) et Ulrich Glantschnigg (1661-1722) ne manque pas non plus d'intérêt.

Un autre groupe d'artistes a vraisemblablement joué un rôle important dans l'art de Cipper : celui formé à Rome autour de Pieter van Laer (1592/95-1642), dit Bamboccio. Chez Michelangelo Cerquozzi (1602-1662), on remarque le traitement similaire des arrière-plans. Dans ses Hommes Jouant à la mourre - un thème de prédilection de Cipper - le rendu des propriétés tactiles des objets est plus vague à mesure qu'ils sont éloignés du spectateur. Ceux situés tout à fait à l'arrière-plan ne sont plus représentés que de manière schématique. La rixe figurée au premier plan de la Fête à l'ambassade d' Espagne de Jan Both ( 1615-1652) anticipe quelques motifs propres à Cipper ; ici encore l'arrière-plan est rendu en tenant compte de phénomènes optiques. Suivant cet indice, Todeschini aurait effectué un voyage à Rome. Plus étonnant est l'affinité de ce dernier avec les tableaux de Jan van de Venne dit Pseudo van de Venne dont les personnages ont la même raideur et où se trahit également une tendance fortement marquée à la caricature. Après avoir interprété avec originalité ces différentes influences qui marquent son œuvre de jeunesse, Cipper s'est constitué une manière sienne, laquelle ne se modifiera par la suite que très graduellement : entre 1705 et 1715,,,, c'est pour l'essentiel sa palette de couleurs qui se transforme - les couleurs franches de la première décennie cèdent la place à des couleurs plus terreuses, plus mélangées, la lumière devient plus chaude. Les figures, dans l'ensemble, perdent en volume corporel, les proportions naturelles du corps sont en partie abandonnées, et la tendance à la caricature davantage marquée. La matière colorée s'amincit, même si elle reste toujours, par endroits, empâtée.

Le Petit Piffaretto d'Arbois est typique de cette période de transition. Par ailleurs, les variations de qualité entre les nombreux tableaux attribués à Cipper sont si sensibles qu'elles laissent croire à la production d'un atelier : Les innombrables copies et imitateurs attestent en tout cas le succès rencontré par l'artiste.

Comme beaucoup de peintres de genre, Cipper a occasionnellement trouvé ses sujets dans des estampes : sa Rixe de très grand format - plus de quatre mètres de large - s'appuie sur une gravure de Jan Baptist de Wael ( 1632-après 1669 ?), appartenant à une série dont s'est beaucoup inspiré Cipper. Une autre gravure de cette même série, Le Chirurgien de village, est à l'origine de L'Excision de la pierre de folie (Le Havre,Musée Malraux). La représentation de l'opération, bien qu'inversée, reste fidèle à la gravure. Cipper place par contre dans un plan médian le petit garçon désignant cette scène, repoussant ainsi à l'arrière-plan la vieille femme qui regarde le groupe principal avec des lunettes. La femme avec un nourrisson sur la droite, tout comme le paysan à la pipe sur la gauche ne figurent pas sur la gravure, ainsi que le paysage enveloppant la scène.

Des « études d'après nature » ont probablement aussi servi à la composition de tableaux. Le Petit Mendiant , avec son visage remarquablement individualisé et dont les traits sont rendus avec précision, en est le témoignage. II Todeschini renonce ici à la grimace, sa " marque de fabrique " que l'on retrouve dans tant de tableaux ; le spectateur est ainsi plus sensible à l'expression de pauvreté et de misère rendue par le tableau. On retrouve une expression semblable, presque accusatrice, sur le visage de l'un des jeunes mendiants occupant le premier plan de la Scène paysanne datée de 1703. Il est tout à fait possible que Cipper ait trouvé le répertoire de tels types caractéristiques grâce à des études d'après nature. On retrouve ce même répertoire dans une série de tableaux de petit format habituellement attribués à Cipper. On prendra pour exemple les Joueurs de cartes en plein air ; les joueurs y sont traités avec une légèreté absente de sa version en grand format Joueurs de cartes de la Banca popolare di Sondrio. Le pinceau y est plus léger; plus dynamique, la corporalité moins soulignée et les membres légèrement étirés. Les personnages ont dans l' ensemble une allure plus déliée, l' expression des visages n' étant qu' esquissée. Ces tableaux se différencient encore de ceux de plus grand format par le traitement de l'espace : les personnages ne dominent plus celui-ci, ils en font partie ; tables et bancs semblent devenir plus étroits vers la gauche, produisant un effet de profondeur et un dynamisme qui restent absents des grands formats. Les sols sont toujours structurés par des flaques de lumière parfois très expressives, qui donnent aux œuvres une tonalité très vénitienne et les rendent proches d'un Antonio Marini (1668-172), d'un Marco Ricci (1676-1730) ou des Guardi. Dans d'autres tableaux de petit format, on trouve une influence plus marquée des bamboccianti déjà évoqués, mais aussi d' autres artistes du Nord comme Ostade ou Teniers le Jeune ; dans les peintures du musée de Vienne (Isère), les toits pointus renvoient aussi à l' architecture du Nord. A ce groupe appartient également une scène mythologique interprétée comme une peinture de genre, Jupiter et Mercure chez Phifémon et Soucis, au même dynamisme, où les objets du premier plan à droite témoignent d'un traitement différent de celui des natures mortes des grands formats, exécutées avec des empâtements et une forte corporalité des objets.

Le groupe est stylistiquement très proche de la petite Rixe qui a toujours été interprétée comme un bozzetto, une esquisse pour la Rixe figurant dans une collection bergamasque. Cipper pourrait avoir développé, à partir de ce style d'esquisse, le style dynamique de ses petits formats, empruntant aussi à la thématique de la peinture rococo. Une œuvre comme Colin maillard en plein air représente ainsi des paysans aux silhouettes élégamment étirées se livrant à des jeux insouciants.

Avec ses scènes de genre où dominent les représentations des classes humbles, II Todeschini suit un chemin déjà marqué de l'empreinte des caravagesques et de Monsù Bernardo. Son goût pour l'anecdote combiné au large éventail de thèmes qu'il choisit de représenter lui permet d'enrichir sensiblement ce courant. Il prépare ainsi de façon significative le terrain pour un Giacomo Ceruti dont l'interprétation de ces mêmes thèmes, inspirée des Lumières, exercera son influence sur la peinture réaliste jusqu'au XIX° siècle.

Traduction Christophe Jouanlanne - Extraits de la notice d'exposition

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 





 

Gens d'Italie aux XVII et XVIIIème siécles

autour de Giacomo Francesco Cipper, dit "Il Todeschini", au musée des  beaux-art


Un buveur
Giacomo Francesco Cipper, dit "Il Todeschini"
huile sur toile, 118,4 x 91,1 cm
© Amiens, musée de Picardie - Photo : Marc Jeanneteau.

Cette exposition rassemble une sélection inédite de peintures de Giacomo Francesco Cipper dit "II Todeschini" (1664-1736) issues pour la plupart des collections publiques françaises. D'origine autrichienne, Cipper s'installe à Milan en 1696. Il développe un style étrange qui justifie sa place dans l'histoire de l'art européen. Il théâtralise avec ses pinceaux les scènes anodines vécues par le petit peuple dont les visages énigmatiques, hilares, provocateurs sont source d'interrogations. Les musées français conservent aujourd'hui une vingtaine de toiles de " II Todeschini". Rassemblées pour la première fois, elles permettent de donner un éclairage particulier sur l'œuvre de Giacomo Francesco Cipper.


L'éducation en famille
Eberhart Keilhau dit Bernardo Keil
huile sur toile, 96,2 x 135,4 cm
© Chambéry, musée des Beaux-Arts

En écho, des œuvres d'artistes naturalistes de la même génération, celles notamment des Lombards Bocchi et Sebastione, du Romain Ghezzi, de Ceruti, rappelleront la veine réaliste du XVIII°siècle qui s'inscrit dans une tradition italienne nourrie d'influences nordiques. L'exposition qui présente 36 tableaux, est réalisée en partenariat avec le musée des Beaux-Arts de Chambéry et le musée Malraux du Havre.


La Joueuse de Mandoline
Gaspare Traversi
huile sur toile, 76 x 63 cm
© Aix-en-Provence, musée Grenet- Photo : Bernard Terlay

A Reims, la visite de "Gens d'Italie aux XVII et XVIII siècles " offre l'opportunité d'un prolongement possible dans les collections du musée sur le thème de la "scène de genre" (cf. encadré ci-dessous), de la nature morte, du réalisme et du natura-lisme, du XV' au XIX' siècle.

De nombreuses activités culturelles accompagnent ces "Gens d'Italie...".


L'Excision de la pierre de folie
Giovanni Francesco Cipper, dit Todeschini
Huile sur toile - 175 x 229 cm
Le Havre, Musée André Malraux
Photo : Service de presse

La " scène de genre ""

« On pourrait aller chercher les lettres de noblesse de la peinture de genre dans l'Antiquité sur les fresques égyptiennes ou sur les mosaïques romaines, au Moyen-Age sur les sculptures des cathédrales ou dans les calendriers des livres d'heures et, à la charnière des Temps Modernes, dans les visions cauchemardesques de Bosch. Pour le sujet qui nous intéresse, tout part de l'Europe du Nord où Pieter Brueghel peint sur un même tableau des foules de personnages minuscules, mais bien individualisés, ou quantité de scènes et saynètes portant chacune leur projet particulier ».

(Béatrice Sarrazin, conservateur en chef a l'inspection générale des musées de France, et commissaire de l'exposition, aux côtés de Chantal Fernex de Mongex, Annette Haudiquet et David Liot, respectivement conservateurs du musée des Beaux-Arts de Chambéry, du musée Malraux du Havre et du musée des beaux-arts de Reims).

 Extrait de VRI 10/2005


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 





 

Proverbe du mois : en janvier, bouge au musée !

Au musée des Beaux-Arts, l'exposition des toiles du peintre II Todeschinise poursuit jusqu'au 23 janvier. Des ateliers d'expression corporelle en lien avec l'œuvre de l'artiste sont organisés pendant tout le mois de janvier.


l' excision de la pierre de folie
Une gestuelle marquée, des postures théâtrales, les tableaux de II Todeschini se prêtent bien à des exercices de mimétisme.

.Ça va bouger au musée des Beaux Arts. Tout au long du mois, des stages-ateliers d'ex-pression corporelle sont organisés. Une initiative originale étant donné le lieu mais l'art ne sera jamais très loin au lors de ces séances.

C'est en effet à partir de toiles de Giacomo Francesco Cipper (dit Il Todeschini) exposées au musée jusqu'au 23 janvier que l'idée de ces ateliers a germé dans l'esprit des responsables du musée, avec l'aide de la comédienne et danseuse Suzanne Cloutier, de la compagnie La Licorne.

Il Todeschini, qui vécut entre 1664 et 1736 s'était spécialisé dans les représentations qui témoignent d'un souci de restituer scrupuleusement la réalité. « Le spectateur est mis dans la position de témoin privilégié, explique Suzanne Cloutier. Le cordonnier, le maçon, le buveur, le joueur de cartes, la brodeuse, le jeune mendiant, la jeune femme, l'enfant jouant de la flûte et tous les autres l'imitent à partager une tranche de vie saisie par l'artiste. »

Une peinture très théâtrale, « dont l'expression des visages et l'attitude des corps donnent à l'observateur le désir d'en expérimenter les sensalions », résume l'actrice. C'est sur ce constat que s'appuient les ateliers d'expression corporelle. L'occasion rêvée puisque l'exposition en cours rassernblé pour la première fois toutes les scènes du genre de II Todeschini conservées dans les musées français.

 

Le stage est destiné aux adultes et aux enfants à partir de 8 ans. Gratuits, ils ont pour objectif de faire exprimer aux participants différents types de regards, gestuelles, déplacements, expressions, postures en relation avec les toiles du peintre. Une partie des séances sera réservée à l'improvisation, permettant de mettre en forme un échange entre les personnages, leur expression dramatique, leur relation aux autres, à l'espace et à la fable construite par l'artiste.

Enfin, à travers des extraits de textes comiques italiens contemporains du peintre, notamment Carlo Goldoni, les participants pourront concrétiser ces « états de corps, ces émotions; ces flux de pensée et ces sonorités », explique Suzanne Cloutier.

En tout, six séances vont avoir lieu à partir du 4 janvier, trois pour les enfants, trois pour les adultes. Il reste encore des places, sachant que chaque séance ne comportera pas plus de dix personnes.

M.B

Toujours au musée

Serge Gaymard, directeur du Grand Théâtre de Reims invite le public à découvrir jeudi 5 janvier ce lieu exceptionnel daté du XIX' siècle et réhabilité en 2000, qui continue à faire rêver les spectateurs par son décor Art Déco et par la cohabitation des styles et des architectures.

La séance sera consacrée à la présentation de ce théâtre à l'italienne et il sera plus particulièrement question de sa magnifique fresque qui orne le plafond. Par ailleurs, dans le cadre de l'exposition consacrée à II Todeschini, des visites thématiques vont avoir lieu le dimanche 8 janvier. Sur le thème du portrait, puis une visite générale. Enfin, un concert sera donné par deux professeurs du Conservatoire de Reims, en lien avec les toiles.

 

 


Portrait de vieille femme.
Une visite guidée de l'œuvre de II Todeschini sur le thème du portrait est organisée dimanche.

 Extrait de l'union du 03/01/2006

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 





 

La peinture italienne de genre revit au musée des beaux-arts

 
Vernissage vendredi soir en présence de la ministre Catherine Vautrin, de Mario Rossi et David Liot,
attentifs aux commentaires éclairés de Béatrice Sarrazin.

Évoquer le courant réaliste des XVIIe et XVIIIe siècles en Italie à travers la peinture d Il Todeschini, petit maître italien, parfaitement inconnu des néophytes, pouvait paraître risqué ou élitiste. Mais le premier tableau de la nouvelle exposition temporaire du musée des beaux-arts suffit à vous rassurer.

Vous êtes en terre connue : la peinture de genre. Cette peinture qui décrit avec force détails la vie quotidienne des contemporains du peintre. Des scènes étonnamment familières et répétées comme une chaîne sans fin qui ferait jouer des personnages au type générique. Des personnages et des accessoires que l'on retrouve dans les tableaux comme des repères.

Béatrice Sarrazin, conservateur en chef à l'inspection générale des musées, spécialiste de la peinture italienne du XVIIe siècle a conçu cette exposition particulièrement originale.

Elle a permis de rassembler les œuvres  d' Il  Todeschini, éparpillées dans plusieurs muées de France dont celui de Reims. Giacomo Francesco Cipper dit II Todeschini d'origine autrichienne et installé à Milan a livré à l'histoire peu de choses de sa vie. Il travaillait en atelier et s'est inscrit dans un courant naturaliste. Peu signées et datées, ces œuvres sont difficiles à repérer.

L'être humain occupe la première place dans son œuvre.

« Une comédie humaine en images » dit Béatrice Sarrazin touchée par cette peinture des visages burinés, souvent complices du spectateur par un sourire bienveillant ou simplement moqueur. Des gens simples saisis dans leur quotidien et qui montrent ostensiblement d'un geste de la main ou du doigt, leur réalité.

Parfaitement mise en scène, la collection, qui réunit des tableaux d'II Todeschini mais aussi des artistes contemporains de la même veine, a de quoi surprendre et retenir.

  Françoise Kunzé           

Cette exposition a été réalisée avec les musées de Chambéry et du Havre. Elle est visible jusqu'au 23 janvier.  Musée des beaux-arts de Reims, 8 rue Chanzy - Tél. : 03.26.47.28.44.

Histoire de sorcières

 
Tête de sorcière
Pietro Bellotti, attribué (1625-1700),
huile sur toile, 45 x 38 cm
Inv : 36, @ Nancy, musée des beaux-arts, c. Philippot

Dans la série du mercredi, « Histoire racontée », pour les enfants âges de 4 à 8 ans (l'enfant doit être obligatoirement accompagné par un adulte) demain mercredi 19 octobre 2005 sera consacré à une histoire de sorcière.

Dans le cadre de l'exposition « Autour de Giacomo Francesco Cipper, dit " II Todeschini " - Gens d'Italie aux XVIIe et XVIIIe siècles », c'est le tableau " Tête de sorcière " de Pietro Bellotti qui servira de supportà la lecture d'histoires qui font peur, demain à 14 heures. Ensuite, Francine Bouré, animatrice au service des publics du musée, invitera les enfants à une séance d'expression plastique.

Cette activité proposée parle service des publics du musée des beaux-arts suggère les multiples dialogues possibles entre un jeune spectateur et une œuvre d'art (tableau, sculpture ou objet du musée).

L'histoire racontée aux enfants devant l'œuvre facilitera cet échange.

Entrée gratuite pour les enfants. Se présenter à 14 heures à l'accueil du musée.

Extrait de l'union du 18/10/2005