Musée des Beaux Arts

Exposition

 de COROT à l 'Art moderne

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06/02/2009 - Corot : unique sur bien des tableaux 
03/03/2009 -
Corot fait un tabac au musée des Beaux-arts
02/2009 -
A ne pas manquer : une grande exposition Corot
COROT et les modernes
Corot à Reims
Corot : tous les chemins mènent à Reims
Exposition organisée en partenariat avec le Musée du Louvre
Camille Corot le passeur d'émotion
 

Répertoire 

Quelques œuvres

 

 

Corot à Reims : mémoire et héritage de Jean-Baptiste Corot


L'étang à l'arbre penché, vers 1865-70, huile sur toile, 43,6x65,5 cm, Reims, Musée des Beaux-Arts (Photo ©C. Devleeschauwer)

A l'entrée de l'exposition « De Corot à l'art moderne : souvenirs et variations » se dresse une grande photographie de Corot, un homme âgé trônant dans un coin de nature, face à son chevalet et à une toile déjà bien avancée. Parfaite représentation du peintre paysagiste de plein air, habitué à travailler en extérieur pour s'imprégner de son sujet, ce portrait transmet aussi l'image du patriarche et du maître que Camille Corot fut pour plusieurs générations d'artistes. Sisley, Cézanne, Monet, Renoir, Matisse, Mondrian, Derain... Autant de génies qui ont puisé une partie de leur inspiration dans les travaux de cet infatigable voyageur. Des inspirations soigneusement confrontées les unes aux autres au fil de cette exposition, basée sur une approche comparative et sur un parcours thématique. Plus de 70 toiles (31 Corot majoritairement issus des fonds du musée des Beaux-Arts et 42 de ses successeurs prêtés par le musée d'Orsay, le Louvre, le Centre Pompidou...) qui dialoguent, côte-à-côte et face-à-face, pour mettre en lumière Corot dans son rôle de passeur et de guide, ce Corot réaliste à l'oeil aiguisé, héritier du néoclassicisme français et italien, qui flirte pourtant avec une expression synthétique, sentimentale et poétique de la nature. Qu'il s'agisse de ses paysages de campagne, des lignes de la ville, des figures féminines ou des rideaux d'arbres, Corot exprime toujours librement ses émotions et ses souvenirs perdus dans la représentation du réel. Et c'est dans cette démarche que se trouve le lien entre Corot et les avant-gardistes, entre Corot et l'Impressionnisme, l'Expressionisme, l'Abstraction... Dans cette liberté qu'il prend avec son sujet, avec ce qu'il voit, pour lui préférer ce qu'il ressent. Par sa scénographie simple et efficace, l'exposition « De Corot à l'art moderne » montre assez clairement la pensée qui anime le maître et le rapport de ses nombreux héritiers avec son art. Au carrefour du classicisme et de la modernité, Corot a fait des propositions que ses successeurs ont su exploiter jusqu'au bout... Picasso et Kandinsky peuvent en témoigner.

 Baptiste Condominas - 24 février 2009

L'exposition « De Corot à l'art moderne : souvenirs et variations » a lieu du 20 février au 24 mai au Musée des Beaux-Arts de Reims, 8, rue de Chanzy.

Renseignements : www.ville-reims.fr et 03 26 35 36 00

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Visité

avec

   en 2009  

  Quelques œuvres

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Corot : unique sur bien des tableaux 

Unique escale française, le musée des Beaux-arts accueille jusqu’au 24 mai, De Corot à l’art moderne, une exposition qui connaît un franc succès depuis son ouverture.

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70 chefs-d’oeuvre sont exposés jusqu’au 24 mai. Une aubaine pour les passionnés et les curieux.

 Avec plus de 2 500 visiteurs pour sa première semaine, l’exposition De Corot à l’art moderne, rendant hommage au peintre Jean-Baptiste Camille Corot (1796-1875), fait le plein au musée des Beaux-arts de Reims. La recette d’un tel succès ? L’implantation antérieure de Corot dans la Cité des Sacres, avec pas moins de vingt-sept oeuvres du peintre déjà abritées par le musée, mais surtout l’originalité d’une exposition proposant au public une approche comparative de l’oeuvre du peintre avec des toiles d’autres artistes de renom, à l’image de Renoir, Matisse ou Cézanne. « La force de cette exposition c’est d’abord qu’elle est inédite et unique en son genre, et qu’elle permet de dépasser le clivage souvent présent entre musées spécialisés dans l’art ancien et dans l’art moderne » explique David Liot, conservateur du musée des Beaux-arts de Reims. Accueillir autant d’oeuvres d’un artiste de cette envergure n’est pas courant à Reims, c’est pourquoi David Liot se félicite de ce choix : « Reims possède le deuxième fond Corot de France après celui du Louvre. Quand j’ai appris qu’il n’y avait pas d’étape française de prévue pour l’expo, j’ai insisté pour que le musée l’accueille coûte que coûte ». Vues panoramiques, architectures, paysages, jeux de reflets, portrait d’anonymes, de muses et de nymphes, la palette artistique de l’artiste est large et son influence considérable sur son siècle. Souvent considéré comme le dernier des classiques et le premier des modernes, Camille Corot reste l’un des peintres les plus admirés du 19ème siècle, l’affluence du public en atteste. En attendant, De Corot à l’art moderne n’a pas fini de voyager : forte d’une escale très remarquée au Japon, l’exposition migrera, après après Reims, direction Vérone en Italie.

Aymeric Henniaux

Extraits de l' hebdo du vendredi N° 114 du 06/02/2009

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

Corot fait un tabac
au musée des Beaux-arts


L'exposition Corot est visible jusqu'au dimanche 24 mai 2009.

Deux mille cinq cent quarante-neuf personnes la semaine qui a suivi l'inauguration, 1.531, dimanche, pour la journée portes ouvertes des musées : l'exposition Corot fait un tabac au musée des Beaux-arts
« J
'ai l'impression que ça démarre plus fort encore que pour l'exposition sur l'art déco  

Il y a eu 250 personnes samedi et près de 1.300 hier. « Ça n'a pas arrêté de l'après-midi. Je crois que les gens sont vraiment flattés de voir que « leurs » Corot soient si bien accompagnés. Ils ont eu un petit coup de cœur pour Le jeune italien assis. »

L'exposition « de Corot à l'art moderne » dure jusqu'au dimanche 24 mai.

Anne Mignot

Extrait de l'union du 03/03/2009

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A ne pas manquer : une grande exposition Corot

Formé dans la tradition classique du paysage italien et français, Jean-Baptiste Camille Corot s’est inspiré des maîtres du réalisme hollandais autant que de l’école anglaise. Son étonnant sens de la synthèse, sa régénération de la narration grâce aux rythmes et harmonies de la musique, et sa quête amoureuse de la représentation de "l’âme de la nature", en font l’un des peintres les plus admirés du XIXe siècle.

A partir de 1860, plusieurs générations de peintres, depuis les impressionnistes jusqu’aux cubistes, étudient et aiment son oeuvre. Monet, Renoir, Cézanne, Picasso, Matisse ou Kandinsky en extrairont le meilleur pour leurs propres créations. Aussi Camille Corot est-il bien souvent présenté comme "le dernier des classiques et le premier des modernes".

Organisée par le Musée des Beaux-Arts de Reims et en collaboration avec le Musée du Louvre, l’exposition « De Corot à l’art moderne, souvenirs et variations » (qui arrive du Japon où elle a été présentée jusque fin 2008) évoquera l’oeuvre du peintre à travers des chefs d’oeuvre venant du monde entier et, plus particulièrement, des collections du Louvre, et proposera une approche comparative des oeuvres de Corot en les rapprochant de celles de ses successeurs, pour mettre en lumière la postérité des thèmes et des schémas esthétiques qu’il développa.

Extrait de la revue R.M °107 - 02/2009

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

COROT et les modernes

 Après Tokyo, le musée des Beaux-arts de Reims accueille une grande exposition organisée en partenariat avec le musée du Louvre. Présentée en sept sections thématiques, “ De Corot à l'art moderne, souvenirs et variations ”, verra les toiles de Corot dialoguer notamment avec des oeuvres de Maurice Denis (les débuts de l'Italie), Cézanne (campagne de France et ateliers), Monet (cadrage et espaces, vues panoramiques et perspectives), Mondrian (rideaux d'arbres, rideaux de scène), Renoir (les reflets), Matisse (muses, nymphes et musique) ou Kandinsky (ouverture à l'abstraction). Cette approche comparative des oeuvres de Camille Corot (1796-1875) est assez singulière car le peintre lui-même « n'avait jamais voulu se couper de la tradition du paysage historique. Il n'était pas dans une rupture » rappelle Vincent Pomarède, Commissaire de l'exposition au côté de David Liot, Directeur du musée des Beaux-arts de Reims. « Pourtant, de 1900 à 1920, nombre de peintres ont été marqués par l'oeuvre de Corot.

Etrangement, cela n'avait jamais été montré alors que c'est une chose que tout le monde savait. » Corot est ainsi souvent présenté comme "le dernier des classiques et le premier des modernes". Une exposition à ne manquer sous aucun prétexte, les soixante-quinze oeuvres en provenance des grands musées français, de Los Angeles, Londres, Norwich, Dallas, Madrid et Amsterdam, ne seront pas réunies avant longtemps dans notre ville. Un magnifique catalogue est publié à l'occasion de l'exposition.

 
« Odalisque à la culotte rouge »
Henri Matisse, 1922, huile sur toile 50 x 61 cm

Du 20 février au 24 mai 2009 au musée des Beaux-arts.

 Extrait de VRI N° 253

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Corot à Reims

 

APRÈS le musée du Louvre, le musée des beaux-arts de Reims possède le plus important fonds Corot en Europe. 29 toiles pour la plupart collectionnées par une poignée de donateurs rémois, persuadés à l'époque que la ville des sacres méritait un musée.

« Il était donc essentiel pour nous d'organiser enfin une exposition autour de Corot en partenariat avec le Louvre », indique David Liot, directeur du musée rémois. Vincent Pomarède, directeur du département des peintures du Louvre, est précisément le grand spécialiste français de l'œuvre de Jean-Baptiste Camille Corot.

« Nous accueillons une version renouvelée de l'exposition qui a eu lieu au Japon l'an dernier avec quelques-unes des toiles de Reims. » Le thème : comment les artistes d'avant-garde des XIXe et XXe siècles se sont nourris de leurs prédécesseurs dont Corot qui a fasciné ses pairs notamment par son approche suggestive des paysages.

« Il a interprété la nature avec son cœur et non plus seulement avec son œil », commente David Liot qui s'active avec son adjointe Catherine Delot en compagnie d'Ingrid Fersing, venue spécialement du Louvre avec les œuvres prêtées par le musée.

« Nous n'allons pas seulement de Corot aux impressionnistes. Nous montrons son influence jusqu'à Mondrian ou Kandinsky. »

Faire dialoguer des dessins de Corot jamais sortis des réserves avec ceux de Kandinsky est exceptionnel, comme découvrir sur les mêmes cimaises « L'Algérienne couchée » de Corot et « L'Odalisque » de Matisse ou les rideaux d'arbres de Corot, Renoir, Cézanne et Mondrian.

Avec des œuvres venues du Louvre, de Beaubourg, d'Orsay, de l'Orangerie, mais aussi de Dallas, de Los Angeles ou de Londres, cette exposition événement marque le début du renouveau du musée de Reims qui devra quitter les vieux murs noirs de l'ancienne abbaye Saint-Denis pour un écrin prometteur au Boulingrin.

Un musée régional d'envergure nationale en collaboration avec le musée du Louvre que viendront soutenir le nouveau cercle des mécènes qui vient de voir le jour à Reims, mené par Nathalie Vranken.

En attendant, il ne faut surtout pas manquer cette singulière valorisation de l'œuvre de Corot, poète d'un paysage souvent mélancolique aux subtiles douceurs et des Monet, Sisley, Cézanne ou Renoir, qui ont fait le voyage jusqu'à nous.

« De Corot à l'art moderne : souvenirs et variations » au musée des beaux-arts de Reims, du 20 février au 24 mai, tous les jours sauf mardi de 10 heures à 12 heures et de 14 heures à 18 heures. Entrée : 3 euros.

Extrait de l'union du 15/02/2009

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Corot : tous les chemins mènent à Reims

Il fallut bien un détour par le Louvre et le pour rappeler aux Rémois que leur musée des Beaux-arts possède la deuxième plus importante collection de tableaux de Jean-Baptiste Corot en Europe.


Vasque avec vue sur Florence depuis la Villa Médicis.

Détour par le Louvre d'abord, car c'est la collaboration entre Vincent Pomarède, à la tête de son département peinture et directeur du musée des Beaux-arts, David Liot, qui permit d'organiser l'exposition.

Par le Japon ensuite parce que la dite exposition fut d'abord montrée au «. Pays du soleil levant ». Amusant quant on sait qu'il « impressionna grandement les impressionnistes »,  et en  particulier Monet. En effet, le peintre du fameux tableau qui leur donna son nom, « Impressions, soleil couchant, n'hésitait pas a affirmer qu' il y a un seul maitre, Corot. Nous ne sommes rien en comparaison. » Et il suffit d'observer quelques unes des œuvres de celui qu'on appelle souvent «le dernier des classiques, le premier des modernes » pour se rendre compte de la virtuosité de ce maître incontesté qui fit grandir son art sans avoir la prétention d'en abattre les fondations.

 Car le talent de Corot (1796-1875) n'a nul besoin, pour s'imposer, de ces déclarations de guerre tonitruantes de       provocateurs à la Rastignac, « A nous deux, Beaux-Arts : qui prétendent révolutionner le monde à la force de leurs subversion. Rares d'ailleur sont ceux qui se présentent ainsi et dont l'œuvre est à la hauteur des ambitions. Mais est plus aisé de détruire que de construire pour faire parler de soi.

Non, si le petit père Corot révolutionna la peinture, ce fut par sa façon de peindre d'après nature, s'immergeant entièrement dans la beauté d'un paysage, dans la duré tranquille d'une journée en plein air, manière dont l'école de Barbizon fut l'héritière.

Qu'on n'oublie donc pas, une fois l'exposition terminée, qu'une salle entière lui est consacrée en permanence grâce aux collections judicieusement rassemblée par le goût éclairé de donateurs privés comme Henry Vasnier ou la maison Pommery. Car on passe  bien  trop  souvent; devant ce musée installé dans les vénérables murs de l'ancienne abbaye Saint-Denis, pourtant fort bien situé à côté du Grand Théâtre, sans savoir les trésors qu'il recèle.

Mais les foules sont ainsi faites quelles ne se déplacent que pour les « événements » et qu'elles ne remarquent que ce qui bouge, insensibles à la beauté immobile d'un somptueux paysage qu'elles côtoient chaque jour sans le voir. A tel point que le musée devra, pour mieux se faire remarquer, quitter d'ici quelques années son antique cocon plein d'âme pour intégrer les futurs bâtiments qui sortiront de terre à la suite des rails du tramway du côté des Halles du Boulingrin.

Anne Mignot

Extrait de l'union du 02/2009

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

MUSÉE DES BEAUX-ARTS

 De Corot à l’art moderne, une grande exposition organisée en partenariat avec le Musée du Louvre


L’étang à l’arbre penché
Camille Corot, Huile sur toile, Reims, Musée des Beaux-arts.

 « S'il y avait un musée en France qui devait accueillir cette exposition après le Japon, c'est bien le Musée des Beaux-arts de Reims » affirme sans détours Vincent Pomarède, conservateur en chef, chef du département des peintures du Musée du Louvre et commissaire de l'exposition au côté de David Liot, conservateur en chef, directeur du Musée des Beaux-arts. Après Tokyo et Kobe, où elle a " fait " 500 000 entrées, Reims accueille cette prestigieuse exposition qui propose une approche comparative des oeuvres de Camille Corot avec celles de ses successeurs. Mais, à la différence de l'exposition présentée au pays du Soleil Levant qui comportait encore une trame chronologique, celle de Reims « a été entièrement repensée par thèmes en concentrant les sections afin que les comparaisons soient plus fortes. » Corot, voisinant avec Picasso, Matisse, cela peut paraître surprenant.

D'autant plus que le peintre du XIXe siècle n'avait pas l'obsession de la modernité. « Il n'avait jamais voulu se couper de la tradition du paysage historique. Il n'était pas dans une rupture. » L'exposition montre ainsi un certain nombre de thèmes développés par Corot et qui ont trouvé un écho par la suite « un rideau de feuillage au premier plan pour composer un paysage. Comment utiliser un arbre penché pour stabiliser une oeuvre. Le thème de l'eau, de la figure humaine. Un univers poétique repris ensuite dans plusieurs oeuvres impressionnistes et surtout dans la peinture de 1900 à 1920.

Picasso, Derain, Matisse, Mondrian ont été marqués par l'oeuvre de Corot. Nous avons aussi ajouté une comparaison frontale entre des dessins de Corot et de Kandinsky. » L'exposition, conçue en partenariat avec le Musée du Louvre, présente plus de soixante tableaux dont quatre à cinq Corot* du musée rémois, une douzaine de tableaux du Louvre ainsi que des oeuvres issues des collections de divers musées américains et européens. Ce type d'exposition thématique est un peu dans l'air du temps. « Les expositions monographiques traditionnelles, à l'ancienne, lassent un peu un public aujourd'hui plus averti. Le jeu des influences, c'est très important dans l'histoire de l'art. Il permet de renouveler le regard porté sur un artiste. »

Le catalogue de l'exposition, publié aux Editions Hazan, sera disponible courant février  A. C.

De Corot à l'art moderne, souvenirs et variations du 20 février au 24 mai au musée des Beaux-arts de Reims.


Pins à Cagnes
Pierre-Auguste Renoir, 1919.
Collection SENN, Musée Malraux Ville du Havre

Le fonds Corot du musée de Reims - 27 peintures permettant d’illustrer toutes les facettes de la production de l’artiste - est, sur le plan international, l’un des plus important

 Extrait de VRI N° 252 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Camille Corot le passeur d'émotion


Vincent Pomarêde, directeur du département des peintures du Louvre, spécialiste de Corot, partenaire de David Liot, directeur du musée de Reims.

     • L'exposition événement, « De Corot à l'Art moderne » s'est ouverte samedi au musée des Beaux-arts de Reims,
     • Elle montre comment ce peintre chouchou de son époque a exercé une influence décisive sur les impressionnistes et les modernes, 
     • Elle inaugure un partenariat inédit avec le musée du Louvre qui accompagnera pendant six ans la genèse du nouveau grand musée rémois promis pour 2015. 

  Dossier : Françoise Kunze - Photos : Christian Lantenois  


  Le peintre du paysage  

Après les deux derniers événements majeurs autour du Grand Jeu du Surréalisme et de l'Art Déco, qui ont inscrit le musée des Beaux-Arts de Reims au palmarès des grandes expositions nationales sur l'art du XX° siècle, David Liot et toute son équipe se sont replongés au cœur des collections rémoises riches de ses paysages du XIX° siècle qui ont fait sa réputation. Son trésor : le fond européen le plus important après celui du Louvre, des œuvres de Jean-Baptiste Camille Corot.

« Le petit père Corot », comme le rappelle avec une certaine tendresse, le spécialiste français de ce peintre majeur, chouchou de son époque. Vincent Pomarède, directeur dû département des peintures du musée du Louvre, a justement passé toute sa jeunesse au pied des cimaises du musée rémois. Son père en fut le conservateur.

C'est tout naturellement que l'œuvre de Corot fut son sujet d'étude favori.

L'exposition qui s'est ouverte samedi avec la collaboration exceptionnelle du musée du Louvre, propose un voyage inédit de la peinture de Corot, couramment appelé le peintre du paysage ou le dernier des classiques, à la peinture moderne, il ne fut pas de ces artistes maudits trop tard découverts et réhabilités. Il fut au contraire, le peintre de son époque. Il fît même fortune, imposant une œuvre qui a tranquillement révolutionné la peinture, mais sans rompre avec le milieu académique.

« S'il a fait changer la peinture en profondeur, c'est sans bruit », remarque Vincent Pomarède.

Corot peignait d'après nature, mais c'est dans son atelier ensuite que le génie recomposait, réinterprétait le motif qu'il chargeait alors de toutes les émotions accumulées. En ce sens, « il fut un révolutionnaire. »

Il a inspiré nombre dé ses contemporains et des grands peintres qui lui ont succédé.

L'exposition rémoise montre simplement par la juxtaposition des œuvres, comment Maurice Denis, Paul Cézanne, Claude Monet, Alfred Sisley, Pierre-Auguste  Renoir ou encore Piet Mondrian, et Vassily Kandinsky, ont trouvé dans l'Œuvre de Corot la source de leur propre génie. les thèmes, les cadrages, les techniques, toute son Œuvre préfigure 1'impressionnisme et la peinture moderne qui s'est peu à peu détachée des acadèmismes et des réalismes pour laisser place à l'imaginaire, au ressenti, a l'éclatement des formes et des couleurs. jusqu'à l'abstraction.

« Au lieu défaire l'analyse des ornements de la nature, il en fait la synthèse et s'attache plus à livrer des émotions par des à-plats de peinture et des touches de lumière. » Corot faisait de la peinture comme de la musique : pour donner de l'émotion.

Des rideaux d'arbres, des eaux tranquilles... La technique impressionniste était déjà née dans la dilution des formes, dans la transparence de l'air et de la lumière.

Et c'est en pratiquant le souvenir visuel des émotions ressenties, que Corot fut un véritable passeur.

Des paysages aux portraits

 En échos  


Le « Jeune Italien assis » de Jean-Bâptiste Camille Corot a inspiré 1e « Garçon étendu sur l'herbe » de Paul Cézanne.

 
« Femme à la lettre » d'Auguste Renoir.

Le thème de la lecture interrompue a été inspiré par une œuvre de Corot. La toile de Renoir côtoie celle de Corot et les jeunes filles se répondent.

 
La « Liseuse couronnée de fleurs ou La muse de Vigile »

de Corot appartient au musée du Louvre ; Une jeune fille rêveuse, mélancolique dans un paysage bucolique. Le thème a été repris par Renoir et sa « femme à la lettre ».

L'exposition montre encore deux œuvres sur la même cimaise :.

 - La première est signée Henri Matisse. « Liseuse en robe violette » montre également une femme penchée sur un livre. Cette œuvre qui appartient au musée des Beaux-Arts de Reims est de la même inspiration. Matisse adorait Corot.

- La seconde est beaucoup plus récente et poursuit le même thème. Elle date de 1917 et c'est  une toile d'André Lhote baptisée « Portrait de femme face / profil ».

 
« Jeune algérienne couchée sur le gazon ».

 occupe la section 6 de l'exposition qui regroupe les muses, les nymphes et la musique. Cette œuvre de Corot vient du musée d'Amsterdam.

Ce thème de Figures de fantaisie de là jeune fille langoureusement a demi couchée et pensive, est récurent au XIX° siècle. Corot peignait d'après modèle. Des modèles qui se plaignaient parfois de ses assiduités. Le peintre n'a eu ni vie conjugale, ni enfants et se consacrait entièrement à sa peinture. On peut imaginer que ce fut une blessure. Aucune lettre ne fait mention d'une quelconque aventure. Néanmoins, il avait une réputation de coureur de jupons.

Cette œuvre a inspiré nombre de peintres modernes dont Henri Matisse.


« Odalisque à la culotte rouge »

Henri Matisse a peint cette « Odalisque à la culotte rouge » en 1922, soit cinquante ans après « L'Algérienne couchée » de Corot. La toile de Matisse vient du musée national de l'Orangerie.

Même pose lascive, même costume anachronique typique des Figures de fantaisie. Les modèles de Corot furent nombreux et fidèles.

La « petite Bobigny » qui « ne tenait pas en place » était l'une des préférées du maître. Elle fut son Algérienne. « C'est justement cette mobilité que j'aime en elle. Mon but c'est d'exprimer la vie. Il faut un modèle qui remue. »                        '

On voit que cinquante ans plus tard, Matisse : donné vie à son Odalisque à sa manière. Avec un exotisme nettement plus coloré. Mais l'émotion suscitée est la même d'une oeuvre à l'autre.

  Un espace européen  

Une exposition charnière pour l'avenir du musée de Reims


Paul Césanne, avec cette toile « Arbres et maisons » s'est nettement inspiré de Corot et notamment de « la clairière »

Un nouvel espace d'envergure européenne dédié aux Beaux-Arts , c'est le projet qui devrait voir le jour en 2015 au cœur rève baptisé Reims 2020 ». A côté des Halles classées du Boulingrin, il devrait accueillir l'ensemble des collections de l'actuel musée des Beaux-Arts, soit 50,000 œuvres dont seulement 10 % sont exposées. On devrait connaître à la fin de l'année, le dessin architectural de cet équipement régional porté par l'Etat, la Région Champagne-Ardenne et l'Office régional culturel.

Le Fonds régional d'art contemporain actuellement accueilli par l'ancien collège des Jésuites devrait également rejoindre la nouvelle structure, dont les travaux pourraient être lancés en 2012 pour une ouverture en 2015.

 « Nous voulons un musée à la mesure de ses collections, dont la richesse n'est aujourd'hui pas assez mise en lumière », a déclaré Adeline Hazan. maire de Reims qui indique que « cette exposition Corot arrive à un moment charnière pour l'avenir du musée de Reims ».

Reims, qui possède la plus belle collection d'œuvre de Jean-Baptiste Camille Corot, met en lumière vingt-sept toiles et deux dessins de Corot, dans cette exposition exceptionnelle qui fut présentée en partie au Japon l'an dernier.

« Les grandes familles rémoises du textile et du Champagne dont Henry Vasnier, furent nombreuses à faire l'acquisition d'œuvres de Corot pour en faire don au musée », rappelle David Liot.

L'exposition qui vient de s'ouvrir participe de ce souvenir au moment où le vieux musée prépare sa renaissance dans des murs neufs.

En attendant, les cimaises de l'ancienne abbaye Saint Denis ont fait peau neuve pour le maître incontesté de ses collections.

La salle Corot a été rénovée par la ville pour en faire un nouvel espace permanent dédié au peintre.

« Il y a un seul maître, Corot. Nous ne sommes rien en comparaison, rien », avait affirmé Monet. Quand autant d'œuvres majeures prouvent combien l'influence de Corot fut grande dans l'histoire de la peinture, il est temps de poser un autre regard sur les paysages bucoliques et les figures de fantaisie de ses modèles parfois énigmatiques. Des verts tendres de ses rideaux d'arbres au fil de l'eau calme, n'est-ce pas une étrange mélancolie qui fut livrée à l'infini ?

  Avec le Louvre  

Partenaire du musée du Louvre

Un partenariat avec le musêe du Louvre, voila ce que prefiigure l'exposition Corot à Reims.

Administratrice générale adjointe du Louvre, Catherine 'Sueur réaffirme que « les collections nationales du musée du Louvre sont au service de la nation ».

C'est pourquoi le grand musée développe de nouveaux partenariats avec certains musées en région dont le musée des Beaux-Arts de Reims.

« Pendant les six années qui nous séparent du nouveau musée au Boulingrin, le musée du Louvre va nous accompagner », se réjouit David Liot, directeur du musée, Concrètement, un partenariat direct pour des expositions, mais aussi des actions culturelles dans le domaine des nouvelles technologies et des dépôts temporaires d'œuvres qui pourront enrichir les collections du futur musée.

« Nous sommes actuellement partenaires également du musée d'Arles avec une exposition « De l'esclave à l'empereur » avec des œuvres de la collection romaine du Louvre , indique Catherine Sueur,  mais aussi du musée de Lyon avec des œuvres de Poussin. » Elle annonce un autre partenariat qui concerne notre région avec une exposition exceptionnelle qui va s'ouvrir à Troyes sur la sculpture champenoise des XVI°' et XVII° siècles.

Un autre rendez-vous en avril prochain à ne pas manquer.

 
« Souvenir de Ville d'Avray, la clairière », le chef-d'oeuvre incontesté de Corot a été prêté par le musée d'Orsay.

  Mécénat  

Le cercle des mécènes est né

Soutenir et promouvoir le développement du musée des Beaux-Arts de Reims par l'enrichissement et la valorisation des collections, c'est l'objectif du cercle des mécènes particulièrement fier d'apporter sa contribution à l'exposition Corot.

« Les entreprises et les organismes professionnels intéressés par l'art et qui veulent soutenir et promouvoir le musée sont conviés à nous rejoindre », souhaite Hervé Savournin, directeur de groupe de Reims de BNP Paribas, l'un des mécènes.

Présidée par Nathalie Vranken qui a initié la rénovation de la Villa Demoiselle, l'association qui vient de naître entend apporter son assistance financière pour l'organisation de manifestations au musée, concevoir et organiser des conférences pour assurer la promotion du musée et lever des fonds pour acquérir ou restaurer des œuvres.

Une aubaine pour David Liot qui compte bien profiter de l'aubaine pour mieux faire connaître le musée rémois.

Le cercle des mécènes a pour projet la création d'un produit audiovisuel proposant une visite virtuelle du musée. Histoire de garder dans la mémoire collective les images d'un musée voué à disparaître. pour renaître dans d'autres murs.

Pour rejoindre le cercle : Catherine Delot, conservateur du  musée de Reims au 0326353603 -  

http://www.societe.com/societe/cercle-mecenes-musee-beaux-arts-reims-511865461.html


« L'étang à l'arbre penché ». Le thème de l'arbre penché de Corot a été maintes fois repris par ses successeurs.

 De Corot à l'art moderne « Souvenirs et variations » au musée des Beaux-arts de Reims du 20 février au 24 mai

  Extrait de l'union