Musée des Beaux Arts

 Les Expositions
 

Notice - Histoire - Presse

Répertoire 


La Presse

  

Un regard inedit sur l'oeuvre- e oujita

Reims prépare une grande exposition Foujita pour 2018

Chefs d'œuvre Néerlandais

Les souvenirs d’Italie de Brascassat

« Regard sur… Lhermitte dans le sillage de Millet ? »
Quand Millet et lhermitte magnifiaient la vie paysanne
LHERMITTE N'EST PLUS SEUL
« Regard sur… Lhermitte dans le sillage de Millet ? »
  

 Histoires paysagées
Histoire et paysage : trois expos pour un thème
Champs Libres sur les paysages
Paysages « historiques »

 Les Expositions

L'art du vitrail, du musée des Beaux-Arts à l’église Saint-Jacques

« Regard sur… Lhermitte dans le sillage de Millet ? »
--->
26/02/2017

« Regard sur… mère et enfant »
--->
13/05/2016 

« Regard sur… René de Saint-Marceaux ».
(12/12/2015 au 28/02/2016)

« Jours de guerre et de paix »
(14/09/2014 au  )

Le Musée des Beaux-arts a 100 ans
(07/122013 au 18/05/2014)

De la sculpture à la cité rêvée
(10/03/2010 au 06/06/2010)

Mohamed Racim, miniaturiste algérien
(
---> 0
3/11/2003)

Visitées

Les Toiles peintes
(Expo permanente)

« Les arts de l'effervescence »
(---> 26/05/2013)

Couleurs et lumière
(---> 26/02/2012)

Foujita monumental ! Enfer et paradis
(du 1er Avril 2010 au 20 Juin 2010)

de COROT à l 'Art moderne
(du 20 février 2009 au 24 mai 2009)

Sarrabezolles²
(du 17 octobre 2008 au 25 janvier 2009)

Hommage à Jules Dupré, le méconnu
(jusqu'au 24/02/2008)

Années folles, Années d'ordre
(11/10/2006 au 11/02/2007)

Autour de Giacomo Francesco Cipper
(15/10/2005 au 23/01/2006)

Histoires paysagées
Paysages « historiques »
(--->
16/08/2004)

Paysages de rêve de G Moreau
(22/10/2004 au 17/01/2005)

Le Grand Jeu
(---> 29/03/2004)

Fragile
20 ans FRAC
( 09/2003 ) 

LAPIE
 Les figures de bois de Christian LAPIE
(01-2003)

MILLET, DAUMIER, ROUSSEAU
Don VASNIER

(17/04/2002 au 07/07/2002)

Mythes et réalités de la Cathédrale de REIMS
Rodin, Bourdelle... et les artistes rèmois
(27/06 au 07/10/2001)

Le don Vollard
 GAUGUIN, RENOIR, CEZANNE, PICASSO...
(13/10/2OOO au 14/01/2001)

REDONT
Un architecte paysagiste rémois
(01/04 au 11/06/1997)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Reims prépare une grande exposition Foujita pour 2018

La Ville de Reims envisage, pour 2018, année du Japon, une exposition avec la Maison-atelier Foujita de Villiers-le-Bâcle dans l’Essonne.


Foujita avait préparé la fresque de Reims dans son atelier aménagé dans les combles de sa maison de l’Essonne
Laurence Godart

Quand les Japonais partent en Europe sur les traces du peintre Foujita, ils font escale dans deux lieux emblématiques : la chapelle Notre-Dame-de-la-paix qu’il a décorée rue du Champs-de-Mars à Reims, et sa maison-atelier nichée dans la vallée de Chevreuse, dans le village de Villiers-le-Bâcle.

Ouverte au public depuis septembre 2000, cette dernière a été offerte en 1991 au conseil départemental de l’Essonne, par Kimyo, la veuve de Foujita. Conservée en l’état depuis la mort de l’artiste, en 1968, cette petite maison rurale abrite l’atelier dans lequel Foujita a notamment imaginé les fresques de la chapelle rémoise, édifiée après sa conversion au catholicisme.

« L’atelier est émouvant car il est resté intact »

Mercredi, le maire de Reims, Arnaud Robinet, et son adjoint à la culture, Pascal Labelle, ont visité cette maison-atelier qui dévoile l’éclectisme esthétique du peintre japonais. « Dans cette demeure que la figure légendaire du Montparnasse des années folles avait acquise en 1960, se trouvent des peintures mais aussi de nombreux objets intimes comme des lettres et des kimonos. L’atelier est particulièrement émouvant car parfaitement intact », souligne Pascal Labelle.

Si Arnaud Robinet et Pascal Labelle ont fait le déplacement à Villiers-le-Bâcle, à l’invitation de François Durovray, le président du conseil départemental de l’Essonne, c’est parce qu’ils souhaitent créer un événement marquant autour de Foujita en 2018, année pendant laquelle sera célébré le 160e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la France et le Japon. 2018 marquera également le cinquantième anniversaire de la mort de Foujita.

À découvrir au musée des beaux-arts de Reims pour à la fin de 2018, année du Japon

Pour l’heure, les responsables politiques se sont mis d’accord pour monter une exposition commune. Car si le musée des beaux-arts de Reims possède un très riche fonds Foujita, la maison-atelier de Villiers-le-Bâcle abrite des objets personnels. « Ils ont des choses qu’on n’a pas et inversement. D’où l’intérêt de mettre plusieurs de nos pièces en commun et de proposer aux visiteurs une exposition inédite », explique Pascal Labelle.

Si la date de cette exposition n’a pas encore été fixée – « elle devrait avoir lieu fin 2018 » –, on sait déjà qu’elle sera successivement présentée à Reims et dans l’Essonne. Il n’est pas non plus exclu que cette exposition consacrée à Foujita tourne dans d’autres lieux, peut-être à Paris.

le 06/04/2017 à 18h22

Valérie COULET

 Extraits de l'union du 07/04/2017

  

    

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Les souvenirs d’Italie de Brascassat s’exposent au musée des beaux-arts de Reims

Le musée des beaux-arts ouvrira, samedi, une exposition consacrée aux « peintures italiennes » de Jacques-Raymond Brascassat. Visite en avant-première.


Peint vers 1829 »Tête de romine » dit aussi « Portrait d’une jeune paysanne d’Albano » est une des plus belles œuvres de cette exposition. Rémi Wafflart

Jacques-Raymond Brascassat n’est pas le plus illustres des peintres français du XIXe siècle. Cet artiste originaire de Bordeaux est même tombé dans l’oubli. De son vivant, il avait pourtant connu un beau succès, avec ses toiles animalières. Les familles fortunées, installées en France et dans toute l’Europe, lui commandaient des tableaux représentant des vaches, de chiens, de moutons ou des taureaux. Mais l’artiste, réputé pour son réalisme très pointilleux, avait fini par se faire voler la vedette par des peintres comme Constant Troyon qui représentaient le bétail de façon moins léchée et plus naturelle.

Quatre années passées en Italie de 1826 à 1830

Ce n’est pas cette période animalière de Brascassat que l’équipe du musée des beaux-arts de Reims a choisi de mettre en lumière, pour sa nouvelle exposition, à découvrir à partir de ce samedi 1er avril et jusqu’au 28 mai. « Nous avons préféré présenter plusieurs oeuvres que le peintre a réalisées lors de son long séjour en Italie, de 1826 à 1830 », indique Catherine Delot, la directrice du musée. Seule Taureau en courroux, une huile sur toile de 1833, retouchée en 1850, figure parmi les vingt-sept tableaux exposés. Jacques-Raymond Brascassat, qui a beaucoup voyagé - il a notamment peint en Hollande, en Angleterre, à Marseille, en Aveyron ... -, a été très inspiré par l’Italie dont il est revenu avec des paysages mais aussi et surtout de beaux portraits d’hommes et de femmes. Et ce voyage de quatre ans, il l’a sans doute d’autant plus apprécié qu’il a cru ne pas pouvoir le faire.

En 1825, le peintre avait présenté, pour le concours du prix de Rome du paysage historique, La Chasse de Méléagre, un tableau aujourd’hui conservé au musée des beaux-arts de Bordeaux. Comme il ne remporta que le second prix, Brascassat ne gagna pas le séjour à Rome. Sa déception fut de courte durée. Car la duchesse de Berry, l’un de ses plus grands soutiens, vanta ses mérites auprès du roi Charles X. Brascassat obtint alors une pension pour partir en Italie. Pendant quatre ans, le peintre sillonna tout le pays, découvrit Naples, Capri, Tivoli, la Calabre... En 1830, il revint en France avec Tête de Romaine dit aussi Portrait d’une jeune paysanne d’Albano, un très beau tableau où la jeune fille, yeux baissés, présente son profil droit tout en rondeur.

Rencontre avec Camille Corot

Cette exposition est l’occasion de découvrir plusieurs portraits dont celui d’un bel Italien aux cheveux bouclés et à la fine moustache, à l’épaule dénudée. On voit une porteuse d’eau, une femme à genoux dans une église ou un Calabrais coiffé d’un turban. À noter que la toile Berger se reposant près d’un rocher n’est pas sans rappeler le travail de Corot. Brascassat fit la connaissance du peintre lors de ce périple italien.

Un proche des Krafft


Brascassat a signé plusieurs autoportraits, dont celui-ci peint en 1852

C’est grâce aux Krafft que de très nombreuses œuvres de Brascassat figurent dans les collections du musée des beaux-arts de Reims. « On conserve quelque 950 œuvres dont 115 tableaux » , indique Catherine Delot. La directrice du musée rémois raconte que Brascassat a, vers 1850, fait la connaissance de Wilhelm-Hugues Krafft, connu sous le prénom de Guillaume, avec qui il voyagea en Écosse.

À Reims depuis 1836, Guillaume Krafft était l’associé de Louis Roederer, négociant et fondateur de la maison de champagne qui porte son nom. Il possédait la plus importante collection de dessins de Brascassat, « à qui il demandait aussi d’exécuter des peintures décoratives pour son château de Toussicourt, près de Villers-Franqueux dans la Marne ». « Krafft meurt en 1877, poursuit Catherine Delot. C’est son fils aîné, prénommé également Hugues qui, à sa mort en 1935, lègue une partie de la collection au musée Le Vergeur de Reims qu’il vient de créer et une autre au musée des beaux-arts, donnant ainsi un fonds exceptionnel de l’œuvre de cet artiste. »

À l’occasion de cette exposition, le musée des beaux-arts programme une série de visites guidées et d’animations. Programme complet sur www.reims.fr ou au 03 26 35 36 00.

Valérie COULET

 Extraits de l'union du 28/03/2017

  

    

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« Regard sur… Lhermitte dans le sillage de Millet ? » 

 

Quand Millet et lhermitte magnifiaient la vie paysanne

  Le musée des beaux-arts expose des dessins et pastels de Léon Lhermitte et de jean-François Millet, tout juste restaures


Spécialiste des arts graphiques, Marie-Hélène Montout-Richard présente « Avril », un fusain de Léon Lhermitte de 1855.
Remi Wafflart

Yeux baissés, la jeune femme assise sur le tronc d'arbre fait une pause, une faucille à la main. Elle semble harassée. Elle vient de couper des herbes hautes. Debout derrière elle, chapeau vissé sur la tête et outil sur l'épaule, son mari la couve du regard. En arrière-plan, leur fils joue dans le verger en fleurs. Plus loin, on devine un clocher. Il s'agit du village de Mont-Saint-Père, dans l'Aisne, frappé pendant la Première Guerre mondiale. Intitulé Avril, ce fusain d'une grande finesse, créé en 1855 par Léon Lhermitte, pourrait représenter Louis Nourry et son épouse Hortense, tous deux employés, comme jardinier et servante, chez le peintre et dessinateur.

 LEON LHERMITTE CONSEILLAIT LE COLLECTIONNEUR REMOIS HENRY VASNlER

Ce dessin de grand format - le premier fusain vendu par Léon Lhermitte au Rémois Henry Vasnier, figure en bonne place dans l'exposition « Lhermitte dans le sillage de Millet ? », à voir depuis hier, et jusqu'au 26 février 2017, au musée des beaux-arts de Reims.

Né en 1844 à Mont-Saint-Père, près de Château-Thierry, « le peintre Léon Lhermitte conseillait régulièrement le collectionneur Henry Vasnier, à qui il vendait ses fusains. « II est bien souvent assimilé au mouvement réaliste développé par Jean-François Millet, né en 1814 », raconte Catherine Delot, la directrice du musée et commissaire de l'exposition. D'où l'idée de proposer un regard croisé sur les œuvres de ses deux artistes associés à l'école de Barbizon, que trente années séparaient

LES DEUX PEINTRES ETAIENT ADMIRES PAR VINCENT VAN GOGH

Cette exposition, qui présente plusieurs dessins et pastels qui viennent tout juste d'être restaurés, montre que Léon Lhermitte et Jean-François Millet se sont largement inspirés de la nature, et plus précisément de la vie paysanne. S'il est aujourd'hui méconnu du grand public, Lhermitte était très célèbre au XIX° siècle.

Vincent Van Gogh ne tarissait d'ailleurs pas d'éloges à son encontre, en écrivant : « II est le maître absolu du portrait, c'est un peintre qui tire ses sujets du cœur des gens ». Le célèbre peintre néerlandais vouait aussi une grande admiration à Millet qu'il copiait à ses débuts. « Quand je songe à Millet ou Lhermitte, je trouve l'art moderne aussi puissant que l'œuvre d'un Michel Ange ou Rembrand », a-t-il écrit. « Evoquer en peinture la paysannerie, qui s'est assagie depuis 1789, a quelque chose de rassurant. Elle symbolise la tradition, une certaine stabilité dans la vie sociale. Elle montre une image du travail rude et difficile. Lhermitte, en la représentant, va donc satisfaire la bourgeoisie qui achète ses œuvres », explique Catherine Delot. Construite autour des chefs d'œuvre graphiques de la collection Vasnier, cette exposition est une belle occasion de découvrir deux artistes de grand talent, qui ont su « rendre hommage à la vie qui les entourait.

DE NOMBREUSES ANIMATIONS PROPOSÉES AUX VISITEURS


«
A la fontaine » ou « La Source », un pastel que Léon Lhermitte signa en 1885

Catherine Delot et son équipe ont prévu un large éventail d'animations autour de cette exposition « Lhermitte dans le sillage de Millet ? », à voir jusqu'au 26 février 2017 au musée des beaux-arts de Reims. Pour préparer sa visite, le public peut se procurer gratuitement « Le Petit Journal », un livr.et très bien fait qui pré- sente les différentes œuvres exposées et donne de très nombreux détails sur le contexte dans lequel elles ont été réalisées par les artistes. Pour ceux qui veulent aller plus loin, plusieurs visites guidées, destinées aux adultes et aux adolescents, seront proposées certains dimanches après-midi d'ici a fin février 2017. La première aura lieu dimanche 27 novembre, à partir de 14 h 30. . Par ailleurs, les enfants, mais aussi les adultes, seront invités à participer à des ateliers dont un atelier plastique d'éveil artistique. Il y aura aussi des concerts deux dimanches matins, une conférence, des veillées contes et poèmes, une soirée cinéma et un spectacle pour les familles. ' Dédiée aux étudiants, mais ouverte à tous, une soirée « paysanne », mêlant littérature, musique et dégustation de produits du terroir, est prévue jeudi 24 novembre, de 18 h 30 à 21 heures.

Renseignements complémentaires et réservations auprès 

Valérie COULET

Extraits de l'union du 19/12/2016





 

LHERMITTE N'EST PLUS SEUL


Berger regardant un troupeau – Millet

Etriqué dans ses salles devenues trop petites en attendant sa restructuration, le musée des Beaux Arts de Reims déploie des trésors d'imagination pour créer l'événement. En celte fin 2016, les visiteurs découvrent un parfait inconnu, Léon Lhermitte, grâce à une sommité, Jean-François Millet. La directrice du musée, Catherine Delot rappelle combien cette « opposition " de deux peintre " ruraux " » se justifie à notre époque,.

Les deux artistes ont marqué le XIXe siècle de leur empreinte, Plus âgé que son confrère de trente années. Millet (1814-1875) était considéré comme le Michel-Ange des paysans. Qu'à cela ne tienne, Lhermitte (1844-1925) était « le maitre absolu du portrait. C’est un peintre qui tire ses sujets du cœur des gens », disait de lui Vincent Van Gogh.

En dix-neuf tableaux, l'exposition du « MBA » montre deux approches d'un même monde. Elle rappelle aussi l'importance des collectionneur> - ici Henri Vasnier, l'ancien directeur de Pommery - dons leur regard sur les artistes de leur époque et par leurs legs à la collectivité. Ce rapprochement fait aussi comprendre combien la vie d'artiste peut être injuste : pourquoi l'un est célèbre quand l'autre est tombé dans l'oubli ?

Autre intérêt de cette exposition hivernale : pour y accéder, il faut traverser la salle du rez-de-chassée consacrée en grande partie a l’ameublement Art-déco. Un régal pour les yeux.


A la fontaine (Lherrnitte,(1885)


3. La moissonneuse (Lhermitte, 1885)
(photos Christian Devleeschnauwer)

« Lhermitte dans le sillage de Millet ? » au musée des Beaux Arts de Reims, jusqu'au 26 février 2017, Infos : 03-26-35-36-00

 Extrait de mag'info de 11/2016

 

« Regard sur… Lhermitte dans le sillage de Millet ? » 

L’exposition met à l’honneur ces deux virtuoses du dessin et de la peinture, tous les deux associés à l’école de Barbizon, et qui avaient délibérément opté pour une représentation de la nature et du monde rural.


Le musée des Beaux-Arts redonne toute sa place à Léon Lhermitte.

Van Gogh lui-même a témoigné de son égale admiration pour Millet (1814-1875) et Lhermitte (1844-1925). Ainsi, il qualifia le premier de « Michel-Ange des paysans » et le second de « maître absolu du portrait ».

Tous deux ont voué à la vie rurale un fort attachement transparaissant dans leurs oeuvres, et s’expliquant sans doute par leurs origines assez semblables. Millet est assurément le plus célèbre, ne serait-ce que par la postérité de son Angélus (Paris, musée d’Orsay) cher à Salvador Dali.

Célébré de son vivant grâce à sa Paye des Moissonneurs (Paris, musée d’Orsay), Lhermitte a certes bénéficié d’une carrière « internationale » et « officielle », mais il est pourtant tombé dans l’oubli. En confrontant pour la première fois les chefs-d’œuvre graphiques de l’une de ses collections majeures (léguée par Henry Vasnier, directeur de la Maison de champagne Pommery), le musée des Beaux-Arts de Reims propose de redonner toute sa place à Léon Lhermitte. 19 oeuvres de Lhermitte et de Millet, principalement des pastels et des crayons, sont ainsi présentées _

Du 18 novembre 2016 au 26 février 2017 au musée des Beaux-Arts, 8 rue Chanzy. Ouvert tous les jours de 10h à 12h et de 14h à 18h, sauf le mardi. Tél. : 03.26.35.36.00

 Extrait de RA 326 de 11/2016

  

    

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Toute la tendresse dune mère

Le musée des beaux-arts de Reims présente, depuis hier, une belle exposition sur la relation mère-enfant. Seize œuvres dont émane beaucoup de douceur.

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Cette exposition, qui s’articule autour du tableau «
Roses et lys » de Mary Mac Monnies, est une très belle idée de sortie pour la prochaine fête des mères.

Vêtue de rose tendre, avec un ruban assorti dans ses boucles blondes, la fillette joue avec une poupée, dans un landau en rotin tressé, protégée par une ombrelle de dentelle. Sa mère, qui porte un chapeau bleu et une robe vaporeuse blanche, la couve du regard. Autour d'elles, en plan serré, se déploie, entre ombre et lumière, une profusion de fleurs dont on devine le parfum enivrant. La scène se déroule à Giverny, lors d'une belle journée d'été. Elle a été peinte en 1897, par l'Américaine Mary Mac Monnies, figure de l'impressionnisme, qui aimait recevoir ses amis dans ce petit paradis à la campagne.

Un prêt du musée des beaux-arts de Rouen Intitulé Roses et lys, ce tableau de grand format est l'élément central de « Regard sur ... mère et enfant », l'exposition à voir depuis hier, et jusqu'à fin septembre, au musée des beaux-arts de Reims. « C'est le musée de Rouen qui nous le prête, en échange de notre " Lecture du rôle " de Monet », indique Catherine Delot, la directrice du musée rémois. « Quand nous avons reçu cette œuvre magnifique, peu connue du grand public, nous avons eu l'idée de monter une petite exposition sur le thème de la maternité. Nous avons alors sélectionné plusieurs tableaux du XIX° siècle, mais aussi des sculptures, qui mettent en lumière la relation maternelle », poursuit-elle.

Présentée au rez-de-chaussée du musée, cette exposition-dossier présente au total seize œuvres dont se dégagent, pour la plupart, un sentiment je tendresse et une grande sérénité. "La leçon de lecture", une huile sur toile d'Adélaïde Salles-Wagner montre par exemple une jeune femme, assise sur un tapis d'Orient, enlaçant un garçonnet qui tient un bilboquet et dont la tête penche sur son épaule. « Le ciel bleu s'illumine d'un rose tendre et un or délicat, caractéristiques de l’artiste », fait remarquer Catherine Delot. Autre composition intimiste, " Jeune mère " de Pierre Carrier-Belleuse. Dans son boudoir, une femme veille sur sa fille, assise sur une petite chaise. D'autres tableaux, aux tonalités souvent adoucies, montrent des mères à la cuisine ou au jardin qui embrassent ou étreignent leur enfant. L'amour semble simple, paisible, évident.

Révolution des femmes au fil du temps

« Ces toiles sont intéressantes car elles permettent, grâce aux coiffures, aux vêtements mais aussi aux postures, d'observer l'évolution des femmes au fil du temps », remarque Catherine Delot. Cette exposition est aussi l'occasion d'admirer un plâtre de 1876 signé Jean Gautherin, représentant la poétesse Clotilde de Surville, un nourrisson dans les bras. L'œuvre était très abîmée - il manquait le bras gauche de la mère -, mais un récent travail de restauration a permis qu'elle retrouve tout son éclat.

Valérie Coulet

Extrait de l'union du 15/05/2016

 

« Regard sur… mère et enfant »
 de la douceur avant toute chose  

Après le « Regard sur… Cranach », le musée des Beaux-Arts accueille une exposition autour de la mère et de son enfant

La riche collection du musée des Beaux-Arts permet régulièrement des mises en scènes de chefs-d’œuvre enfouis dans les réserves, par le biais de petites expositions dénommées « Regard sur… ». Le prochain focus permettra aux visiteurs de découvrir une huile sur toile prêtée par les Beaux-Arts de Rouen, intitulée « Roses et Lys » de Mary Mac Monnies. Artiste peu connue en France (1848-1946), elle fait partie de ce mouvement que l’on peut appeler l’impressionnisme américain. Ce « Regard sur… Mary Mac Monnies » entraînera le public, simple curieux ou amoureux du mouvement, autour d’œuvres représentant le thème « mère et enfant » à partir du fonds du musée de Reims, sous l’égide de l’exposition générique « Les chefs-d’œuvre se re/mettent en scène ». Enfants et grands-parents seront sollicités au gré d’ateliers inter-générationnels.

 Extrait de RA 323 de 05/2016

 

   

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L’association Saint-Marceaux de Reims lance un appel aux dons

Lucette Turbet lance un appel aux dons pour le retour du gisant de l’abbé Miroy au cimetière du Nord, à Reims.


Lucette Turbet mobilise les rémois pour une copie du gisant de l'Abbé Miroy.

Enseignante en français et histoire-géographie en retraite, Lucette Turbet s’est toujours intéressée à l’histoire locale. Nous sommes allées la rencontrer chez elle, à Cormontreuil pour parler de l’association René de Saint-Marceaux (52 adhérents), qu’elle a fondée et qu’elle préside depuis quelques mois. Le site internet est en construction. Un bulletin est envoyé chaque mois aux membres.

Comment vous est venue cette passion pour Saint-Marceaux ?

Cela fait plus de 20 ans que je m’intéresse à ce sculpteur rémois. J’ai toujours été passionnée par le patrimoine de la ville de Reims et de la région. Enseignante, avec des élèves en difficulté, je me suis aperçue que l’histoire de la vie de Saint-Marceaux pouvait leur donner envie d’arriver à quelque chose.

En quoi peut-il être un exemple ?

Parce que Saint-Marceaux était un cancre ! Il désespérait ses parents et ses professeurs, qui cherchaient sans succès un moyen de le motiver à ses études. Ils décident de le confier à des professeurs particuliers. Parmi eux, un professeur de dessin, le « père Rêve » (sic). Ce dernier est déçu, car le jeune homme aime surtout vagabonder dans Reims. Il va voir la Maison des Musiciens, qu’il admire. Son professeur essaie d’exploiter cela. Ils se rendent au pied des statues et Saint-Marceaux dessine : ça ne rend pas grand chose... Il lui donne un peu de terre glaise et se dit : « On verra bien ce qu’il en fera ! » Saint-Marceaux modèle sa terre. Le lendemain, il se réveille en criant : « Je serai sculpteur ! » Et... depuis ce moment, il ne s’arrêtera plus jamais de sculpter !

De nombreuses œuvres sont restées à Reims ?

170 de ses œuvres sont au Musée des Beaux-Arts. Mais le public n’en voit que 3 ou 4. L’Arlequin, le buste de Charlotte Corday, non visibles actuellement. Au rez-de-chaussée, la Danseuse arabe et le Dante en marbre, sont restés à leur place : trop lourds à déplacer !

« Nous aimerions que le gisant de l’abbé Miroy revienne au cimetière du Nord sous forme de copie : nous lançons un appel aux dons »
Lucette Turbet, présidente

Un moulage de l’original qui est à Berne et représente les 5 continents, a été mis en morceaux. Des têtes ont été récupérées.

Au cimetière du Nord, on peut voir aussi le monument de la famille David et une très belle statue, étrange, presque effrayante, représentant une femme nue sous un suaire. L’épouse de Saint-Marceaux, qui la trouvait belle, l’a fait placer sur la tombe des parents de ce dernier.

Et la plus célèbre, celle de l’Abbé Charles Miroy ?

La statue de l’Abbé Miroy est enlevée en 2006 (pour éviter qu’elle ne soit volée, un buste de Saint-Marceaux représentant Drouet-D’Erlon avait déjà été dérobé) et on n’en a plus entendu parler jusqu’en 2013. C’est grâce à un article de l’union (5 mai 2013) qu’on a su enfin qu’elle était dans les réserves du musée des Beaux-Arts.

Votre association a un projet concernant cette statue ?

Nous aimerions que ce gisant, sous forme de copie en résine, revienne sur la tombe. Nous lançons un appel aux dons.

Association René de Saint-Marceaux. 1, rue d’Artois 51350 Cormontreuil. saintmarceaux@orange.fr

CHARLES MIROY, LE PREMIER GISANT COUCHÉ SUR LE VENTRE


La joue de l’abbé Miroy est marquée par les caresses des visiteurs

 Charles M~oy, prêtre de la montagne de Reims pendant la guerre de 1870, cache des armes dans son église. Dénoncé, il est fusillé par les Prussiens le 12 février 1871. Il a 42 ans. Une souscription est lancée et la statue est inaugurée le 17 mai 1873.

Extrait du discours du maire, Victor Diancourt, décrivant le gisant: « L'abbé Miroy, frappé par les balles prussiennes, . est tombé sur le côté droit. La mort a été instantanée, mais la rigidité cadavérique ne s'est pas encore produite. L'affaissement de ce corps que la vie vient à peine d'abandonner, est d'un saisissant et dramatique effet. »

« C'est une des premières statues de René de Saint-Marceaux, et elle qui marque un tournant de l'art funéraire en France. En effet, avant, les gisants étaient tous représentés couchés sur le dos. C'est la première fois qu'un gisant est représenté couché sur le ventre, la tête légèrement tournée vers le public )),explique Lucette Turbet.

Les visiteurs, le trouvant beau, lui caressaient la joue, qui porte une marque. Depuis, le socle de pierre est nu. Pourtant, des inconnus continuent de le fleurir.

Françoise Lapeyre 

Extraits de l'union du 06/05/2017

Regard sur … René de Saint-Marceaux


Le Gisant de l’Abbé Miroy

Célèbre pour son Arlequin, René de  Saint-Marceaux, se (re)découvre au musée des Beaux-Arts. Plus qu’une rétrospective, l’exposition invite à faire plus ample connaissance avec ce sculpteur contemporain de  Camille Claudel et Rodin, petit-fils de l’ancien maire de Reims Paul de Saint-Marceaux  et marié à une grande figure mondaine du début du XXe siècle. Un entourage représenté par des tableaux et des sculptures aux côtés de ses œuvres: un plâtre du Gisant de l’abbé Miroy ou encore La faute, une œuvre tout juste sortie de restauration et présentée pour la première fois au public

«Regard sur un artiste… René de Saint-Marceaux» au musée des Beaux-arts, 8rue Chanzy. Jusqu’au 28 février.

 Extrait de RA 321 de 01/2016

Art-nouveau, Art déco et René St Marceaux

 À compter de samedi 12 décembre, le musée des Beaux-arts présente un nouvel accrochage dans les salles Art nouveau-Art déco du rez-de-chaussée, prolongé par l’exposition « Regard sur… René de Saint-Marceaux ».


 
Ce bureau en zinc poli réalisé en 1928 par Michel Dufet, il avait été retenu pour le décor de « Donogoo », une pièce de théâtre de Jules Romains jouée au Théâtre Pigalle.

À SAVOIR

•.- L'exposition « Regard sur... René de Saint-Marceaux » est à voir du samedi 12 décembre au dimanche 28 février 2016.

•.- Le musée des Beaux-arts est ouvert tous les jours sauf le mardi, de 10 à 12 heures et de 14 à 18 heures.

•.- Tarifs: 3 ou 4 €. Visites commentées : 4 €.

Après avoir inauguré, l'été dernier, un parcours chronologique très réussi au premier étage du musée des Beaux-arts, où l'on peut notamment voir des tableaux de grand format récemment restaurés ainsi qu'une grande vitrine abritant de précieuses céramiques ayant appartenu à la Veuve Pommery, la directrice du musée des Beaux-arts, Catherine Delot, à revu tout l'accrochage du rez-de-chaussée.

Si le premier étage est consacré aux plus grands mouvements artistiques depuis le XVI° siècle, le rez-de-chaussée présente désormais plusieurs œuvres Art nouveau et Art déco. Les visiteurs vont notamment pouvoir admirer une chambre à coucher, dite « Aux dahlias », signée Émile Gallé, le fondateur de l'École de Nancy. L'équipe du musée rémois l'a récemment achetée au petit-fils de l'artiste, installé en Bourgogne. « Émile Gallé avait, pour chacune de ses filles, réalisé une chambre à coucher avec un gros travail de marqueterie », raconte Catherine Delot. Pour mettre l'ensemble en valeur, du papier peint ressemblant à celui en vogue à la fin du XIX° et au début du XX° siècle, orne les panneaux d'exposition. À proximité, apparaît Les baigneuses, un tableau de Clémentine Hélène Dufau, légué en 1978.

Dans cet espace consacré à l'Art nouveau, un mouvement qui faisait la part belle aux courbes et au monde végétal, le public peut également admirer la précision du travail de l'étagère « aux ombellifères, qui date du tout début des années 1900. Le meuble en bois est décoré par plusieurs paysages, des chardons - emblème de Nancy - dont certains sont incrustés de nacre, et d'une phrase du poète belge Émile Adolphe Gustave Verhaeren : « Un instant est si beau de lumière ».

Des meubles peu souvent exposés

« La plupart des meubles qui sont exposés ici étaient conservés depuis longtemps dans nos réserves. Nous sommes donc ravis de pouvoir les montrer aujourd'hui au public », indique Catherine Delot, La conservatrice en chef a choisi de présenter plusieurs meubles Art déco, dont un bureau en métal et acajou, signé Émile Guillot. Trône, à proximité, un drôle de bureau en zinc poli, composé de plusieurs disques amovibles. Réalisé en 1928 par Michel Dufet, ce bureau offert au musée rémois en 2014 par le galeriste Marcilhaç, avait été présenté au Salon d'automne, en 1929 à Paris. Un an plus tard, il avait été retenu pour le décor de Donogoo, une pièce de théâtre de Jules Romains, jouée en septembre au Théâtre Pigalle. Plus tard, Michel Dufet avait conçu deux autres bureaux, avec cette fois des disques en bois laqué rouge ... L'un d'eux fait partie des collections du musée d'Art moderne de la Ville de Paris.

Un fauteuil pivotant, de 1927, signé Charlotte Perriand, la célèbre designer qui travailla pendant dix ans avec Le Corbusier, un bureau en placage d'acajou et parchemin de Marcel Coard de 1928, un membre à bijoux d'André Marc « à la limite de l'Art nouveau et de l'Art déco » sont d'autres curiosités à découvrir au fil de la visite.

Cette dernière s'achève par une autre petite exposition, cette fois temporaire, dédiée à René de Saint Marceaux. Ce sculpteur, né à Reims en 1845 et élu membre de l'Académie des beaux-arts à Paris en 1905, était le petit-fils de l'ancien maire de Reims. On lui doit notamment Le gisant de l'abbé Miroy, un impressionnant bronze qui avait déjà été exposé au musée pour la grande exposition « Jours de guerre et de paix, regard franco-aJlemand sur l'art de 1910 à 1930 ». Les visiteurs peuvent voir, juste à côté du gisant, des mains en plâtre que René de Saint-Marceaux avait réalisées pour son travail préparatoire.

À ne pas rater, L'Arlequin, l'un des chefs-d'œuvre de Saint-Marceaux, ou La faute, un plâtre toute juste restauré qui représente une femme nue repliée sur elle-même.


Le «
Paravent aux poissons », une huile sur bois avec feuille d'or de Paul Jouve, lait partie du legs Molet de 2001


Catherine Delot devant un très beau meuble en laque de Maurice Jallot, orné d'un macaron doré représentant Adam et Eve


La très travaillée étagère «
aux ombellifères » signée Emile Gallé. Le meuble en bois est décoré par plusieurs paysages, des chardons dont certains sont incrustés de nacre, et d'une phrase du poète belge Adolphe Gustave Verhaeren


«
Le gisant de l’abbé Miroy » de René de Saint-Marceaux


Des photos de famille du sculpteur Saint-Marteaux ont été accrochées pour cette exposition temporaire
.

Valérie COULET

Extraits de l'union du 10/12/2015

  

    

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« Jours de guerre et de paix »

Dans les coulisses de « Jours de guerre et de paix » au Musée des beaux-arts de Reims

Dans les coulisses de « Jours de guerre et de paix »

Le Musée des beaux-arts de Reims prête 127 œuvres à l’Allemagne

Deux regards pour une même guerre  

 

  

    

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Dans les coulisses de « Jours de guerre et de paix » au Musée des beaux-arts de Reims

Le musée des beaux-arts prépare une exposition sur la Grande Guerre. Experts et déménageurs prennent un soin extrême des œuvres tout juste livrées.

« On lève les freins », lance calmement un manutentionnaire spécialisé dans le déménagement d’œuvres d’art, tandis que ses collègues sortent, avec une infime délicatesse, la gargouille d’une grande caisse en bois. Grâce au palan, la pièce de 100 kilos est alors, tout doucement, montée jusqu’au pilier spécialement construit pour l’occasion. David Liot, le directeur du musée, donne ses instructions sur l’orientation à donner à ce précieux élément de la cathédrale de Reims, jusque-là exposé au palais du Tau.

À ses côtés, Maeva Méplain, du Centre des monuments nationaux, précise que la gargouille sera sécurisée par un cerclage en métal. « Sa langue de plomb a été taillée après guerre, mais on ne sait pas quand précisément… » Cet animal fantastique rappelle que lors de l’incendie de la cathédrale, le plomb fondu de la toiture avait été craché par les statues servant à l’évacuation des eaux de pluie…

Une seconde gargouille, provenant elle aussi du palais du Tau, est bientôt installée sur un autre pilier. L’opération est encore plus délicate. « Une fissure, aussi fine qu’un cheveu, la fragilise. Malheureusement, on ne peut rien y faire », explique Maeva Méplain. La jeune femme précise que les deux autres gargouilles du palais du Tau – deux aigles – sont actuellement exposées au Louvre-Lens et à Cologne.

L’équipe du musée des beaux-arts installe actuellement des centaines d’autres œuvres pour « Jours de guerre et de paix, regard franco-allemand sur l’art de 1910 et 1930 », une exposition conçue avec le Musée de Wuppertal en Allemagne, avec la collaboration de plusieurs musées français. Cette exposition, à découvrir à partir du 14 septembre, sera notamment l’occasion de voir plusieurs toiles poignantes d’Otto Dix. « Nous avons choisi d’être sur le terrain de l’émotion et des arts », souligne David Liot.

Valérie Coulet

     Extrait de l'union du 22/08/2014

            

 

  Le Musée des beaux-arts de Reims prête

127 œuvres à l’Allemagne

Le Musée des beaux-arts de Reims s’associe à celui de Wuppertal en Allemagne pour une grande exposition croisée sur la Grande Guerre.


Marie-Hélène Moutout-Richard présente quelques dessins qui partiront demain en Allemagne.

Grosse effervescence, hier, au Musée des beaux-arts. Longue liste à la main, Marie-Hélène Moutout-Richard, l’attachée de conservation chargée des collections d’art graphique, répertorie toutes les œuvres encadrées qui doivent être mises en caisse, tandis que du personnel spécialisé cale une petite statue aux faux airs de Vénus de Milo dans des morceaux de mousse prédécoupés.

Jours de guerre et de paix

Dès demain, cent vingt-sept œuvres – des peintures, des sculptures, des arts graphiques et des éléments lapidaires c’est-à-dire des éléments de décor ou d’architecture – doivent quitter Reims par camion. Direction, le « Von der Heyd-Museum » de Wuppertal, à l’est de Düsseldorf en Allemagne.

Ces trésors, qui dormaient jusque-là dans les réserves du musée rémois, seront visibles à Wuppertal jusqu’au 27 juillet. Puis, à compter du 14 septembre, ils reviendront à Reims, avec d’autres œuvres appartenant au musée allemand.

Cette exposition croisée, baptisée « 1910-1925, jours de guerre et de paix, l’art franco-allemand entre fronts et coulisses », entend marquer le centenaire de la Première Guerre mondiale, mais aussi la réconciliation franco-allemande.

Si le musée rémois avait déjà travaillé avec son homologue allemand, c’est la première fois qu’il monte avec lui une exposition d’une telle ampleur. Son intérêt est de porter un nouveau regard sur la Grande Guerre et de voir comment les artistes des deux camps ont vécu le conflit. L’originalité de l’exposition réside aussi dans le fait que la période choisie – 1910 à 1925 – inclut l’avant et l’après-guerre.

Parmi les œuvres prêtées aux Allemands figure un grand tableau d’Emile Auguste Wery, un ami de Matisse né à Reims en 1868 et mort à Paris en 1935. Sur cette toile apparaît le cardinal Luçon dont le rouge sang de la soutane se fond dans les flammes qui embrasent la cathédrale. Spécialement restauré pour cette grande exposition croisée, le tableau révèle « les souffrances patrimoniales de la ville de Reims », note David Liot, le directeur du Musée des beaux-arts. « L’approche du peintre est très romantique. Elle fait penser à une œuvre de Delacroix. » Cette pièce maîtresse, qui ne trouve naturellement pas le même écho du côté français et allemand, sera notamment entourée de caricatures de Francisque Poulbot, d’émouvants dessins de Jean-Louis Forain, ou de sculptures comme un plâtre de René de Saint-Marceaux et une femme aux bras levés de Carlo Sarrabezolles évoquant une France debout.

A voir, aussi, « L’art en deuil », un très beau pastel d’Adrien Sénéchal daté de 1914  : un voile noir flotte sur la cathédrale tandis qu’une nuée de corbeaux envahit le ciel sombre…

« Les œuvres sélectionnées ne sont pas toutes signées d’artistes renommés. Mais elles révèlent toutes une grande force plastique », commente David Liot. Elles traitent de la dure réalité des tranchées, des ruines, de la nature meurtrie, du temps qui passe ou de la douleur de soldats amputés. Des témoignages poignants oscillant entre l’art et le documentaire.

Ils ne les ont jamais oubliés


On remarque au sommet de la croix le casque de ce sous-officier du 29° RAC, mort pour la France.

Beaucoup de poilus qui ont. vécu des séquences effroyables de la Grande Guerre et ont perdu sur le front, dans une tranchée auprès d'eux un camarade avec qui ils avaient partagé beaucoup de ce du quotidien du soldat n'ont jamais oublié.

Ils ont souvent raconté sur une carte ou dans une lettre adressée à sa famille les derniers moments de leur ami ou expliqué la terrible explosion d'un obus ennemi dans la tranchée qui avait tué ou blessé une section. Lorsqu'ils ont appris que leur camarade de régiment avait été inhumé dans le tombeau familial d'un cimetière communal, dans une nécropole nationale, ils n'ont pas hésité à s'y rendre régulièrement en pèlerinage. Le 11 novembre a souvent été privilégié mais le jour anniversaire d'un souvenir particulier et partagé a souvent motivé ce temps du souvenir.

Un matin de mai

C'est ainsi que le 18 mai 1961, Maurice Vinet (classe 16), ex-maitre-pointeur à la batterie, se rend au cimetière de Bouffignereux dans l'Aisne pour s'incliner devant la tombe de Victor-Paul Rousseaux, maréchal des logis au 29e régiment d'artillerie coloniale, tué le 12 avril 1917 à l'âgé de 25 ans, alors qu'il montait à l'observatoire des tranchées en avant du bois de Gernicourt (Aisne). Il prend une photo de la tombe et la légende ainsi: « A mon chef de pièce que j'ai moi-même enseveli en ce lieu en compagnie de mes camarades de pièce et du capitaine de la 5° batterie, Denys, décédé ». Cette photo était en bonne place dans son album personnel jusqu'à ce qu'il ferme les yeux.

Elle n'a pas été perdue et témoigne modestement d'une démarche qui a été partagée par beaucoup d'autres. Les plus vaillants ont été accompagnés de leurs enfants pour maintenir cette fidélité du cœur et de l'esprit par un déplacement qui fait sens aux liens particuliers qui se créent au combat.

Valérie Coulet

     Extrait de l'union du 17/03/2014 

   
        

 

Deux regards pour une même guerre  

Le Musée de Wuppertal en Allemagne présente une grande exposition sur la Première 'Guerre mondiale imaginée en lien avec le Musée des beaux-arts de Reims. Poignant.


Gerhard Finckh (à gauche) et David Liot ont inauguré ensemble l'exposition de Wuppertal.

Plusieurs scènes de guerre sont projetées sur des écrans qui se suivent ou se font face. Ces films d'archives de la Première Guerre mondiale semblent identiques. Ils proviennent pourtant des deux camps opposés: l'allemand et le français. Dans le grand musée de Wuppertal, à l'est de Düsseldorf, ces images de conflit jouxtent toutes sortes d'œuvres d'art réalisées avant, pendant et après les combats. Ces huiles, pastels, sculptures, caricatures ou dessins au fusain sont signés d'artistes renommés ou d'inconnus. Des hommes qui ont parfois crayonné sur les champs de bataille et qui témoignent d'e toute l'horreur de la guerre. Des soldats que l'art a aidés voire sauvés. Des êtres meurtris à jamais mais qui gardent, le plus souvent, le goût de la vie.

L'exposition « Das Menschenschlachthaus », que, l'on peut traduire par « La grande boucherie », s'articule autour de neuf chapitres, « Nous avons voulu raconter non seulement les événements et les activités de la guerre mais aussi les faits historiques, les conditions de vie et les souffrances des gens qui vivaient loin du front, les destructions et les champs de ruines, la fin de la guerre, la révolution et le renforcement des parties conservatrices en Allemagne, la misère individuelle et les bénéfices que certains en ont tiré », explique Gerhard Finckh, le directeur du Von der Heydt-Museum de WuppertaL.

Pour monter cette exposition, à voir à partir d'aujourd'hui et jusqu'au 27 juillet, ce dernier a sélectionné 350 œuvres. Certaines viennent de Wuppertal, de divers musées allemands et de collections privées. D'autres - une centaine - ont été prêtées par le Musée des beaux-arts de Reims. Car pour marquer le centenaire de la Grande Guerre, un partenariat a été mis en place entre les deux' villes. Une seconde exposition aura d'ailleurs lieu à Reims, à compter du 14 septembre.

David Liot, le directeur du musée rémois, participait Ia semaine dernière à Wuppertal, à la présentation en avant-première de cette grande exposition qui s'accompagne d'une série de lectures et de conférences. « Nous avons à Reims près de 5000 représentations de lu-- guerre. Or, elles sont peu connues, même des Français. La célébration de ce centenaire permet le réveil d'une culture oubliée », a-t-il souligné devant un parterre de journalistes allemands. « Si cette exposition accorde une grande place à l'Histoire, celle de Reims, à découvrir en septembre, sera davantage basée sur les différents courants artistiques. Car les Français, et plus particulièrement les Champenois, ont très vite utilisé l'art pour surpasser cette épreuve. Les artistes ont même eu tendance à esthétiser la guerre comme en témoignent des tableaux de l'incendie de la cathédrale de Reims. »

À Wuppertal, les œuvres ré- moises sont particulièrement bien mises en valeur. On remarque d'emblée, au fond d'une longue aIlée, un magnifique tableau représentant le cardinal Luçon devant la cathédrale incendiée. Il a été peint par Emile Auguste Wery en 1920, bien après la triste journée du 19 septembre 1914... Juste à côté de cette toile imposante, qui attire tous les regards, trône un buste de l'ange au sourire, symbole de la folie allemande et du patrimoine . français détruit. Il est signé Emile-Antoine Bourdelle. Les visiteurs peuvent aussi voir des éléments de décor et d'architecture de la cité des sacres.

Parmi la centaine d'œuvres prê- tées à Wuppertal par le Musée des beaux-arts de Reims, figure une sé- rie de caricatures de Gustave Wendt: « La gourde la famille des kukurbitacées (la coqueluche des Berlinoises) » datée d'octobre 1915, « La betterave (produit vulgaire de Prusse) » ...


De nombreuses oeuvres du peintre expressionniste Otto DIX sont présentées. Parmi les plus impressionnantes, cet autoportrait

Le saisissant autoportrait d'OHo Dix

Le directeur du musée de Wuppertal avoue avoir été très touché: par « Le retour de l'artiste », un dessin du Rémois Jean-Louis Forain représentant un peintre qui a perdu un bras lors du conflit. « Il m'a fait penser à l'Allemand Ernst Ludwig Kirchner qui, au début de la guerre, s'était représenté avec un bras en moins. Or, c'était purement imaginaire, Chez Forain, c'est la réalité d'où cette émotion qui nous submerge ! »

Les tableaux français sont placés juste à côté d'œuvres allemandes. Histoire de montrer deux visions, deux sensibilités différentes. À ne pas rater, le très impressionnant autoportrait recto verso d'Otto Dix. Sur une face, le peintre se présente en uniforme, un casque allemand sur la tête. Même s'il baisse la tête et ferme les yeux, il garde fière allure. Sur l'autre, il apparaît chauve, les traits émaciés et le regard d'une grande cruauté. La chair meurtrie de son cou se fond dans son vêtement rouge sang ... Une toile qui résume toute l'ambiguïté et les blessures de cette « grande boucherie ».

Des liens se tissent avec Reims


Cette exposition traite de l'art franco-allemand. V.C

Le Von der Heydt-Museum de Wuppertal développe une collaboration avec le Musée des beaux-arts de Reims depuis plusieurs années. Mais c'est la première fois qu'une telle exposition croisée est organisée dans les deux villes. « Je suis venu pour la première fois à Reims en 2008. Avec David Liot, nous avons d'abord échangé quelques tableaux impressionnistes. Reims nous a par exemple prêté un tableau de Monet », explique Gerhard Finckh qui travaille aussi en lien avec le Musée des beaux-arts de Besançon. L'idée de monter cette exposition croisée pour le centenaire de la Première Guerre mondiale a peu à peu germé. Le directeur du musée allemand indique qu'il prépare d'ores et déjà, pour l'automne, une exposition consacrée à Camille Pissaro. « Reims va nous prêter deux tableaux représentant le boulevard de l'opéra Garnier et une vue du Louvre », précise-t-il.

 

Valérie Coulet

 

Extrait de l'union du 04/2014 

           

 

  

    

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Le Musée des Beaux-arts a 100 ans

Le Musée des Beaux-arts a 100 ans
Les coulisses et l’histoire du musée des Beaux-arts s’exposent pour son centenaire
L’envers du décor au Musée des Beaux-arts
Cent ans, 52 000 oeuvres
Les coulisses et l’histoire du musée des Beaux-arts s’exposent pour son centenaire
Centenaire du musée des Beaux-arts

  

    

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Le Musée des Beaux-arts a 100 ans 

L’exposition retrace l’histoire du Musée des Beaux-arts de Reims avec en perspective le futur Musée au Boulingrin Qu’est-ce qu’un projet muséal? C'est une question récurrente à Reims depuis 100 ans. 1913-2013, cent ans , 5 2 0 0 0 oeuvres… retrace l’histoire du musée des Beaux-arts de Reims - depuis les origines de sa collection jusqu’à son installation dans l’abbaye Saint-Denis, en passant par son hébergement dans l’Hôtel de Ville - puis évoque son avenir. Pour 2018, la Ville de Reims a choisi d’édifier un bâtiment contemporain conçu par l’un des plus grands architectes de notre temps, David Chipperfield. C’est ce nouvel écrin que présente la dernière section de l’exposition. L'exposition montre également les coulisses d'un musée : stockage, inventaire, restauration, emballage, transport…

A. C.

Musée des Beaux-arts, du 7 décembre au 18 mai 2014.

    Extrait de V.R.I N° 305 - 12/2013

 

  L’envers du décor au Musée des Beaux-arts

Palpitante nouvelle exposition, à partir de samedi ( et jusqu'au 18 mai). Les coulisses et l’histoire du musée se dévoilent, en attendant le futur écrin.


David Liot, conservateur en chef, dans la salle consacrée aux donateurs.

Christian Lantenois

 Situé dans l’ancienne abbaye Saint-Denis, le musée des Beaux-arts de Reims est reconnu pour la richesse de ses collections. Afin de célébrer son centenaire, le musée propose l’exposition« 1913-2013 Cent ans, 52 000 œuvres ». Voici l’occasion de découvrir l’histoire et les coulisses du musée, dont la traversée mouvementée du dernier siècle a permis de préserver un fond d’une ampleur insoupçonnée. « Seuls 3 % de nos réserves sont à ce jour accessibles au public », précise le conservateur en chef, David Liot, fort impliqué dans la naissance du futur Grand musée du Boulingrin (GMB).

Du futur au passé, le lien était tout trouvé. Le GMB est l’horizon mais le passé du musée est porteur d’enseignements, renvoyant à des débats très actuels. L’exposition s’en fera largement l’écho. À l’instar de cet appel à souscription « pour la construction d’un musée au Boulingrin » qui date de… 1887.

La première salle de la nouvelle exposition retracera l’histoire du musée, de son inauguration par Raymond Poincaré à aujourd’hui. Un hommage sera rendu aux principaux donateurs, reflets de l’histoire de la ville. Le visiteur pourra ensuite découvrir l’exceptionnelle donation Foujita qui a enrichi les collections du musée de 663 œuvres en mars 2013. Dans un troisième temps, les métiers de la conservation et de la restauration seront expliqués. La quatrième section permettra d’entrer dans l’univers des caves et réserves du musée, véritable caverne d’Ali Baba habituellement bien loin du public. La cinquième section sera consacrée à la logistique et au transport des œuvres lorsqu’elles doivent voyager à travers le monde. Coulisses, vie cachée, envers des toiles et du décor : des trésors sont à dénicher.

Extrait de l'union du 02/12/2013 

 

  Cent ans, 52 000 oeuvres

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 La cour d’entrée du Musée de Reims, telle qu'elle était vers 1926.
© J. Bloumine - Archives du musée des Beaux-arts.

Avant son déménagement programmé dans le quartier Boulingrin en 2018, le musée des Beaux-arts de Reims ne pouvait pas passer à côté de son 100e anniversaire ! C'est en effet le 19 octobre 1913 que l'actuel musée a été officiellement inauguré par le président de la république Raymond Poincaré. Baptisée « 1913-2013 : Cent ans, 52000 oeuvres », cette exposition retrace donc l’histoire du musée des Beaux-arts de Reims depuis les origines de sa collection jusqu'à son installation dans l’abbaye Saint-Denis en passant par sa période au sein de l’Hôtel de Ville, pour évoquer enfin son avenir.

Comment se sont constituées ses collections ?

Quelle fut l’importance du legs Vasnier au début du siècle dernier ? Comment gère-t-on en coulisses les grands événements comme la donation récente des 663 oeuvres de Léonard Foujita, l’acquisition de la fameuse Salle à Manger d’Emile Gallé ou la préparation du déménagement des 52 000 oeuvres ? Autant de questions qui trouvent ici une réponse grâce à un parcours conçu de manière collective par l’équipe du musée. C'est même toute la vie d’un musée d’aujourd’hui qui est abordée dans cette exposition au travers d’activités parfois méconnues : récolement, inventaire, recherche, stockage des oeuvres, emballage, transport, conservation-restauration, etc. Bien sûr, l'avenir du musée des Beaux-arts est aussi abordé avec des photos et des plans du du futur écrin imaginé par le cabinet d'architectes David Chipperfield.

 J.D

 « 1913-2013 : Cent ans, 52000 oeuvres », une exposition à découvrir du 7 décembre au 18 mai 2014

Extrait de  Hedo 329 - 12/2013

 

Les coulisses et l’histoire du musée des Beaux-arts
s’exposent pour son centenaire

Cela fait 100 ans que le musée des Beaux-Arts de Reims a élu domicile dans l'ancienne abbaye Saint-Denis. En 2018, il s'exportera dans un nouvel endroit, un bâtiment contemporain conçu par David Chipperfield.

 A l'occasion de ce centenaire, le musée propose, du 7 décembre au 18 mai, une exposition qui plongera le visiteur dans son histoire et ses coulisses, occasion inédite de découvrir le fonctionnement d’un musée d’aujourd’hui entre inventaire, récolement ou restauration des œuvres…

Intitulée "1913-2013 Cent ans, 52000 œuvres", l'expo retracera l’histoire du musée des Beaux-arts de Reims depuis les origines de sa collection jusqu’à son installation dans l’abbaye Saint-Denis en passant par sa période au sein de l’Hôtel de Ville, pour évoquer enfin son avenir. Comment se sont constituées ses collections, grâce à quels grands hommes, avec quelles ambitions ? Quelle fut l’importance du legs Vasnier au début du siècle dernier ? A quel rythme les collections se sont-elles enrichies au fil du XXe siècle, entre guerres et années folles, entre passé et reconstructions ? Enfin comment gère-t-on en coulisses les grands événements comme la donation récente des 663 œuvres de Léonard Foujita, l’acquisition de la fameuse Salle à Manger d’Emile Gallé ou la préparation du déménagement des 52000 œuvres ?

A partir d’un parcours conçu de manière collective par l’équipe du musée, c’est toute la vie d’un musée d’aujourd’hui qui sera abordée à Reims au travers de métiers parfois méconnus :récolement, inventaire, stockage des œuvres, emballage, transport, conservation-restauration, exposition ou médiation culturelle - rendre l’art accessible à tous.

La rétrospective rémoise plongera aussi dans un avenir proche puisque 2018 verra la naissance du futur écrin du musée, un bâtiment conçu par David Chipperfield, lauréat en 2013 du prix « Praemium Imperiale ». Sur place, des photos et des plans présenteront aux habitants et aux passionnés son geste architectural : celui de construire aux portes du centre historique un véritable objet d’art lui-même, structure à trois nefs se déployant en hauteur à partir d’une halle archéologique, musée de demain qui irradiera sur la ville

Extrait de l'union du 19/11/2013

 

 Centenaire du musée des Beaux-arts

 Le grand chambardement

Inauguré en octobre 1913, le musée des Beaux-arts de Reims fête, à partir du 14 octobre, son centenaire, riche d'histoires, de projets et, bien sûr, d'oeuvres d'art. A cette occasion, deux associations, la SAAM et le GMB, proposent de redécouvrir le passé, le présent et l'avenir du musée, dont le futur se dessine dans le quartier du Boulingrin, au travers d'expositions et de conférences.

Inauguré par le présidentde la république Raymond Poincaré le 19 octobre 1913, le musée des Beaux-arts de Reims fête donc ses 100 ans : un siècle d’existence mouvementé pour cet établissement voué à renaître en 2018 à côté des Halles du Boulingrin.

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Bien avant la création du musée des Beaux-arts, la Société des Amis des Arts organisait, dès 1834, des ventes d'art, sorte d'expositions temporaires, dans d'illustres lieux de la ville, à l'image ici du Cirque. © BM de Reims 

 Bien avant son installation au sein de l'abbaye Saint-Denis, le musée des Beaux-arts de Reims, alors appelé sobrement musée de Reims, était abrité dans l'Hôtel de Ville. C'est le fameux « legs Henry Vasnier » qui va entraîner ce déménagement. Quand cet illustre collectionneur d'art, négociant en vins de la Maison Veuve Pommery et membre de la Société des Amis des Arts, décède en 1907, la Ville de Reims se voit donc léguer son immense et magnifique collection ; plus de 600 oeuvres et objets d'arts dont des réalisations majeures du XIXe signées Corot, Boudin, Courbet, Delacroix, Monet ou Pissarro. Le don est si colossal que la municipalité de l'époque décide de déménager son musée. Profitant que les séminaristes soient chassés

de l'abbaye Saint-Denis, suite à la loi de séparation de l'église et de l'Etat, elle décide d'acquérir en 1908 les locaux laissés à l'abandon et qui appartiennent alors au département de la Marne. Des travaux d'aménagements sont menés pendant cinq années. Le musée des Beaux-arts, tel qu'on le connaît encore aujourd’hui, naît donc officiellement le 19 octobre 1913, date de son inauguration par le président de la république Raymond Poincaré. Mais si la richesse des collections trouvent enfin un lieu digne, il s'avère que le musée va, au cours du XXe siècle, apparaître comme trop exigu et loin des standards, en termes de confort et d’installation, mis en place dans de nombreux autres établissements du même type. C'est ainsi que la question de l'avenir du musée s'est posée très régulièrement ces 30 dernières années.Un réaménagement in situ est d'abord envisagé.

 Mais devant les contraintes qu'un tel projet entraînerait, cette idée est abandonnée. « Outre le coût important, une telle opération présentait de nombreux obstacles », explique Mario Rossi, ancien adjoint à la culture de Jean-Louis Schneiter. Le chantier notamment qui entraînerait une fermeture du musée pendant plusieurs années. Dans ces conditions, et sachant, selon des études, que sa position près de la cathédrale n'est pas un facteur d'attractivité, il est logique que cette idée n'ait pas abouti ». En revanche, au tout début des années 2000, la municipalité étudie un autre projet. « A cette époque, nous réfléchissions à la rénovation des Halles et à leur valorisation. Sachant qu'Henry Vasnier souhaitait l'implantation du musée dans le quartier du Boulingrin et que les Halles disposent d'une superficie de 15 000 m2, en comptant les sous-sols et les galeries, on imagine installer le musée des Beaux-arts dans la Halle du Boulingrin. Mais catastrophe, on s’aperçoit d'une part qu'il faut construire un autre bâtiment pour accueillir les réserves et d'autre part qu'il faut réaménager l'intérieur des Halles afin que la voûte soit laissée au contact de l'air ». Le projet vise donc à construire un bâtiment sous les Halles, « une sorte de boîte dans la boîte ». Il s'avère que l'opinion publique n'est pas du tout favorable à cette idée, entre ceux qui souhaitent préserver la vue sur la majestueuse voûte et ceux qui veulent que les Halles conservent leur rôle historique, à savoir l'accueil d'un marché. La page est tournée jusqu'à l'élection d'Adeline Hazan en mars 2008. La maire prend à bras le corps le dossier des Halles du Boulingrin, menant à sa rénovation en 2012, puis celui du musée des Beaux-arts en décidant la construction d'un tout nouvel établissement.

Son architecture est aujourd'hui connue, comme son coût. Et alors que le permis de construire doit être déposé très prochainement, pour un début de chantier espéré en 2015, des voix s'élèvent pour critiquer ce projet. Certains le jugent trop cher, d'autres estiment que son architecture va étouffer celle les Halles ou évoquent un manque d'ambition en termes de m2. Bénéficiant actuellement de 6000 m2 environ, le futur musée disposera de 11 000 m2, quand les études montrent qu'il faudrait 15 000 m2 pour exposer au mieux la richesse des collections... A l'approche des élections de mars 2014, l'histoire du musée des Beaux-arts de Reims pourrait donc connaître de nouveaux rebondissements.

Julien Debant

Au programme des festivités : expositions et conférences avec la SAAM et le GMB

Les festivités du centenaire du musée des Beaux-arts débuteront dès le 14 octobre sous l'égide de la Société des Amis des Musées (SAAM),avec une exposition à la Maison de la Vie Associative. Investissant l'ensemble du hall, l'association présentera à travers ses nombreuses archives son illustre histoire commencée en 1834 ! La SAAM, s'appelait alors la SAA (Société des Amis des Arts). « A une époque où les musées sont rares, sa vocation est d'organiser des salons de peinture sur le mo-dèle des salons parisiens, explique Yves Laval, président de la SAAM. L'idée est de faire naître et d'encourager le goût des arts et d'offrir aux artistes un placement avantageux de leurs oeuvres ». Ces salons seront organisés jusqu'en 1931, investissant plusieurs lieux emblématiques de Reims, de l'Hôtel de ville au Palais de Justice en passant par le Cirque. En 1933, ses missions évoluent, et la SAA devient la SAAM avec pour objectif « de favoriser le développement et la mise en valeur des collections des musées rémois ». L'association organise notamment de grandes expositions en collaboration avec le musée des Beaux-Arts (Rouault, Dufy, Sima, etc.) et joue même les pionniers en créant en 1947 la première Société des Jeunes Amis du Musée. Ces dernières années, la SAAM a accentué ses missions pédagogiques proposant régulièrement des conférences ou des visites croisées, mais aussi en oeuvrant pour l'accès au musée des malentendants grâce au financement de visio-guides et d'audioguides. En plus de cette exposition, l'association organise deux conférences. La première, le 16 octobre à 18h15 au musée des Beaux-arts, verra David Liot, actuel directeur du musée, s'exprimer sur le thème : 1913-2013, le musée dans tous ses états. La seconde, le 17 octobre à 18h15 à la médiathèque Jean Falala, sera dédiée à l'histoire de la SAA et de la SAAM.

Du côté de l'association GMB (Grand Musée au Boulingrin), pas de grand déménagement pour célébrer cet événement, mais une exposition baptisée Musée dedans, musée dehors. « Nous avons invité toutes les personnes qui le souhaitaient à choisir une oeuvre au sein du musée des Beaux-arts et à l'interpréter librement, explique Marie Descazaux, présidente du GMB. Des artistes, mais aussi des anonymes de la maternelle à la maison de retraite ont joué le jeu sous. » Réalisées sous la con duite artistique de la plasticienne rémoise Florence Kutten, ces dizaines d'oeuvres vont être exposées dans les vitrines d'une cinquantaine de magasins partenaires du 19 au 27 octobre. Le premier jour, une grande visite inaugurale est prévue. Ouverte à tous, elle partira du musée des Beaux-arts à 15h pour arrivée rue du Temple vers 17h. Entre-temps, la balade sera ponctuée d'arrêts pour vivre des performances musicales et artistiques.

Plus d'infos sur la SAAM et le GMB :

www.amis-musees.fr

http://grandmuseeboulingrin.free.fr

Rendez-vous en 2018


En 2018, de nuit, le futur musée des Beaux-arts illuminera la place de la République.
© (c) David Chipperfield Architects

     Projet phare de la mandature d'Adeline Hazan, le nouveau musée des Beaux-arts de Reims doit voir le jour en 2018. Coût annoncé de cet écrin haut de 38 mètres : 55 millions d'euros. Résolument moderne, le futur bâtiment marquera les esprits par son architecture qui tranche singulièrement avec ce qui existe aujourd'hui à Reims. Le cabinet David Chipperfield, retenu parmi 139 candidats, a en effet imaginé un bâtiment constitué de trois nefs culminant à 38m de hauteur et dont les façades translucides, constituées de marbres et de verres recyclés, apporteront de jour une lumière naturelle. Le soir venu, ces dernières brilleront dans la nuit, marquant l'entrée de la ville historique, au côté de la Porte Mars et des Halles. A l'intérieur, les salles se distingueront de par leur grande modularité, tandis que le passé historique du site sera pris en compte.En effet, le futur musée abritera une halle de 12 mètres de haut dédiée aux vestiges médiévaux retrouvés lors des fouilles réalisées en 2011. Il s'agit d'une porte et d'une barbacane qui marquait alors l'entrée de la cité rémoise au Moyen- Âge. Au total, le musée se déploiera sur une surface de plus de 11 000 m2, dont 4 884 m2 dédiés aux expositions permanentes, 831 m2 aux expositions temporaires et 765 m2 aux animations culturelles et éducatives.Une fois traversée la halle des vestiges, les visiteurs pénétreront dans un large foyer où accueil et billetterie jouxteront un café, une librairie et un auditorium. Sous leurs pieds, deux niveaux abriteront les réserves. Au dessus de leur tête, trois niveaux et quatre entresols recevront les collections allant du XVe au XXIe siècle, dans de vastes salles pensées pour être réaménagées facilement selon les besoins grâce à des panneaux modulaires. Une bibliothèque et une salle de restauration sont également prévues. Quand à l'atmosphère générale, elle se veut sobre et neutre, marquée par un calme visuel et sonore, afin de favoriser la rencontre du visiteur avec les oeuvres exposées.

Extrait de l'Hedo 321 - 17/10/2013

                            

  

    

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K.-J. Longuet et S. Boisecq sculpteurs 

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Karl-Jean Longuet

Couple 3, 1952.

Bronze 163 x 53 x 39 cm - 2008.3.1
(c) Adagp, Paris 2011
Musée des Beaux-arts de Reims
(c) Christian Devleeschauwer

Simone Boisecq La Forêt, 1952

Terre cuite 122 x 85 cm

D.2005.1.1
(c) Adagp, Paris 2011
Musée des Beaux-arts de Reims
(c) Christian Devleeschauwer

 Les musées des Beaux-arts de Reims, d’Agen, de Limoges, du musée Sainte-Croix de Poitiers et du musée d’Unterlinden de Colmar se proposent d’apporter un nouvel éclairage sur l’histoire de la sculpture du XXe siècle avec la rétrospective d’un couple de deux sculpteurs célèbres dans les années cinquante : Karl-Jean Longuet (1904-1981) et Simone Boisecq (née en 1922). Ce couple d’artistes s’est trouvé confronté aux métamorphoses formelles les plus radicales avec le passage de l’art figuratif et commémoratif des années 30, ou art classique, à l’art abstrait des années 50 sans pour autant les vivre comme une rupture absolue. Karl-Jean Longuet et Simone Boisecq ont également participé au développement de l’art urbain dans les villes nouvelles et dans les quartiers nouveaux, à partir des années 70. « En résumé, Longuet, tout en restant l'un des jeunes représentants reconnus des années trente et d'un certain retour à l'ordre classique, va par la suite trouver une place à part dans l'aventure de l'abstraction et dans l'affirmation d'un nécessaire dialogue avec l'architecture » explique dans le catalogue de l'exposition David Liot, Conservateur du musée des Beaux-arts de Reims et commissaire de l'exposition. « Durant les années quarante et cinquante, il est ouvert aux recherches sur les formes primitives et méditatives de Constantin Brancusi (1876-1957).

Les différentes facettes de l'oeuvre de Longuet sont représentatives d'un XXe siècle français inédit et libéré de tout manichéisme stylistique, assumant à la fois l'héritage gréco-romain, « les formes primordiales de la nature  », et la question de là figuration-abstraction (…). Des années trente aux années quatre-vingt, Longuet est l'un des fils méconnus de l'art du XXe siècle dont les caractéristiques principales pourraient être, selon le critique Denys Chevalier, la qualité naturelle de son émotion (…) la nature, non dans ses aspects objectifs, mais dans ses infrastructures cachées (…). Depuis l'après-guerre, les nombreuses commandes publiques qui accompagnent encore nos écoles, lycées, universités, places et grands ensembles vieillissants lui permettent de les affirmer à travers de grandes sculptures architecturales exposées à tous les vents. Avec évidence, Longuet fait partie de ces principaux artistes impliqués dans ces débats, toujours d'actualité, autour de la place de la sculpture dans la ville (…). L'exposition trouve à ce titre un écho particulier à Reims, ville laboratoire reconstruite entre les deux guerres et qui voit beaucoup de sculptures érigées au cours des années soixante et soixante-dix au titre du 1 % (procédure spécifique de commande d'oeuvres d'art à des artistes. Elle impose aux maîtres d’ouvrage publics de réserver un pour cent du coût de leurs constructions pour la commande ou l'acquisition d'une ou plusieurs oeuvres d'art spécialement conçues pour le bâtiment considéré). « Le sculpteur nous offre des clés de lecture intéressantes sur ce sujet ». « Karl-Jean Longuet rencontre en 1946 Simone Boisecq, jeune journaliste de l’Agence France-Presse arrivant d’Alger. Elle est nourrie de sa fascination pour les arts premiers et des paysages algérois et bretons qui sont ceux de son enfance » précise dans ce même catalogue Anne Longuet-Marx, Maître de conférences à l’université Paris XIII. « Longuet s’ouvre alors à un autre langage, se dégageant définitivement d’une dépendance au modèle. Simplifiant les plans, il s’attache à un équilibre des volumes (Couple 3, 1952, Musée des Beaux-arts de Reims). Une grande sensibilité aux matériaux caractérise déjà sa production : la taille directe de la pierre, du bois, le travail du plomb, alterne avec le modelage. Simone Boisecq commence par la terre cuite et restant plus sensible au modelage, développe d’emblée sa propre mythologie, avec des Idoles et Figures totémiques, puis une série de Soleil, Arbre, Forêt (La Forêt 1952, Musée des Beaux-arts de Reims) qui va peu à peu se transformer en architecture.

Outre une cinquantaine de sculptures du couple, l’exposition montre des dessins de sculptures, d’impression, ainsi que des oeuvres d’artistes contemporains telles que Vieira da Silva, Marie Raymond, mère d’Yves Klein, et diverses photographies retraçant les liens du couple avec Picasso, Hadju, Bissière, présentant au public un parcours engagé dans l’histoire récente de la sculpture : celui d’un couple d’artistes majeurs mais trop longtemps discrets.   

A. C.

> Karl-Jean Longuet et Simone Boisecq. De la sculpture à la cité rêvée. Du 10 mars au 6 juin 2010 au Musée des Beaux-arts, 12 rue Chanzy.

Extrait de VRI N° 275 de 02/2010

  

    

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Histoires paysagées



 

Histoire et paysage : trois expos pour un thème


«
Le Rebecca, c'est une résurrection », Marie-Odile Guy à la régie des œuvres du musée des Beaux-arts est particulièrement heureuse du résultat de la restauration de cette œuvre de Casimir Destrem.

Ce tableau fait partie des huit toiles restaurées grâce au financement par la Drac et la ville de Reims pour l' exposition « Histoires paysagées » dont le vernissage avait lieu jeudi soir en présence de la secrétaire d'Etat, Catherine Vautrin.

« Ce thème est né de la rencontre entre l' exposition « Champs libres » organisée par l' ORCCA consacrée au paysage et celle du « Printemps des musées » consacrée à l'histoire », explique Mario Rossi, adjoint à la culture.

Ouverte depuis le 2 mai au musée des Beaux-arts, l' exposition se déroule aussi dans la nouvelle salle Diderot au Fonds régional  d'art  contemporain (FRAC) et à l'ancien collège des jésuites depuis le 7 mai.

Jacqueline Pierson, chargée de communication à l' Orcca, précise : « Huit artistes contemporains sont exposés à l'ancien collège des jésuites et le Frac s'est associé à cette manifestation dans le cadre de ses 20 ans » en proposant des oeuvres de Marcel Dinahet, vidéaste français, et Holger Trüizsch, photographe allemand. « L' idéal est de faire circuler le public entre ces trois lieux afin qu' il découvre ou redécouvre les richesses de ces musées ». Le musée des Beaux-arts offre donc un panorama des histoires paysagées de la fin de la Renaissance au début du XXe siècle au travers de toiles de Nicolas Poussin, Gaspard Dughet, Camille Corot ou encore. Certaines viennent du Louvre et l' une du palais Pitti de Florence, « un clin d'œil au cinquantième anniversaire du jumelage avec Florence ».

Quant à l'exposition « champ libre » présentée à l'ancien collège des jésuites, elle propose des toiles et des photos dont celles d'Abbas Kiarostami cinéaste iranien internationalement reconnu.

Marie-Noëlle D'hooge, représentante du conseil régional, Georges Poul, directeur régional des affaires culturelles, et Alain Boyer, sous-préfet, étaient également présents au vernissage de cette exposition.

« Champ libre » s'expose aussi à Troyes, Charleville-Mézières, Joinville et Langres.

 
David Liot, directeur du musée des Beaux-arts, Alain Boyer, sous-préfet,
Mario Rossi, adjoint à la culture, Catherine Vautrin, secrétaire d' Etat,
et Georges Poull, directeur régional des affaires culturelles.

Nathalie Diot

Champs Libres « paysages » jusqu'au 18 juillet 2004, à l'ancien collège des jésuites et au Frac.

« Histoires paysagées » jusqu'au 16 août 2004. au musée des Beaux-arts

Extrait de l'union du 10/5/2004



 

Champs Libres sur les paysages

Depuis neuf ans, la région Champagne-Ardenne organise un événement artistique annuel. Baptisée « In situ » puis « Champs libres », cette manifestation associe l'art contemporain à des monuments.

 Le paysage a été choisi comme fil d'Ariane de cette nouvelle édition qui se déroule jusqu'à la mi-juillet 2004. Les œuvres d'une quinzaine d'artistes, peintres ou photographes, sont exposées dans quatre sites avec une majorité d'entre eux à l'ancien collège des Jésuites de Reims.

Les grands maîtres présents

L'office régional culturel de Champagne-Ardenne a pris une heureuse initiative pour cette nouvelle édition de « Champs libres » au regard du thème de cette année sur les paysages : des musées de la région ont été associés à cette manifestation contemporaine.

Le musée des Beaux-Arts de Reims est connu pour sa richesse en ce domaine. Ses collections comportent un nombre impressionnant d'œuvres représentatives de l'école de Barbizon, du réalisme, du naturalisme ou de l'impressionnisme.

Une exposition présente donc le paysage historique à travers l'approche d'une vingtaine d'artistes devant !e spectacle de la nature. Les pièces dont huit ont été restaurées pour l'occasion partent du seizième siècle avec deux anonymes de l'école du Nord.

Le dix-septième est très représenté avec Nicolas Poussin (copie du " Paysage avec la femme qui se lave les pieds " , Sébastien Bourdon, Laurent de la Hire et Agostino Carrache (prêt du palais Pitti a Florence). Le dix-huitième est illustré par Jacques-Philippe Hackert et le dix-neuvième par Jean-Victor Bertin, Achille-Etna Michallon, deux maîtres de Camille Corot dont sont exposées deux esquisses (« Diane au bain » et « Samt-Jêrôme ») et une huile sur toile ( « La vasque de la villa Médics »).

Cette période est complétée par Jacques-Raymond Brascassat et trois tableaux du courant symboliste avec Casimir Destrem, Pierre Puvis de Chavannes et Octave Penguilly-L'Haridon.


L'ancien collège des Jésuites à Reims accueille huit artistes qui participent
à la manifestation, dont Abbas Kiarostami et ses photographies.


Le musée des Beaux-Arts de Reims est connu pour
la richesse de ses collections ayant pour thème les paysages (Hervé Oudin)

Reims à l'état de nature

L'ancien collège des Jésuites à Reims rassemble huit des treize artistes qui participent a la manifestation  Champs   res »   en   Champagne-Ardenne. Au cœur des rumeurs de la ville, la tranquillité du lieu du dix septième siècle qui a conservé une atmosphère de méditation dans ses deux cours encadrées de hauts murs s'est fondue dans le thème choisi cette année : le paysage.

D'entrée, le visiteur est séduit par le caractère étrange et onirique de neuf photographies colorées, sous cadre, d'Abbas Kiarostami. A l'étage, une autre série du cinéaste iranien, plasicien d'origine, a été exposée, cette fois en noir et blanc, avec des vues d'arbres sous la neige.

Des photographes .

Ce roi du monde végétal a aussi beaucoup inspiré l'Écossais Andy Goldsworthy qui présente quelques clichés gigantesques et d'autres plus petits dans une salle puis dans la montée de l'escalier. L'art photographique  prédomine d'ailleurs dans les hauteurs du bâtiment avec les représentations énigmatiques du Maubeugeois Thibaut Cuisset dont les pastels délicats font découvrir l'infinie poésie d'horizons montagneux austères.

Invité à la dernière Biennale de Venise, le Toulousain Jean-Marc Bustamante évolue aux antipodes de son congénère, il a photographié des endroits anodins, ruraux, beaucoup plus riches par les détails mais sans présence humaine.

Toute une aile de rez-de-chaussée est consacrée au champenois Thierry Pertuisot qui vit à Epernay. Elle alterne des miniatures avec une variation sur les feuilles dans des tons plutôt pâles, paisibles, et de grandes huiles sur toile plus tourmentées représentant des flots pleins d'écume.

La partie droite de l'exposition en bas alterne trois très grands peintres à la palette complètement différente dans un style abstrait. Zao Wou-Ki, Leroyet Vimard

Autant le Chinois Zao Wou-Ki qui vit en France depuis plus d'un demi-siècle préfère le dépouillement dans sa quinzaine d'encres et lavis, aquarelles en papier, eaux-fortes ou même huiles sur toile traitées dans des tonalités entre le blanc et le noir, autant le Nordiste Eugène Leroy, décédé en l'an 2000, aime la couleur et même la matière avec une pâte épaisse qui surcharge ses huiles sur toile et ses eaux-fortes en leur insufflant une étrange profondeur comme si le regard pouvait plonger  dans  une  faune grouillante éclairée  par sa science des clairs-obscurs et des contre-jours.

Le dernier du lot ne donne pas sa part du gâteau. Jacques Vimard remporterait même la mise avec ses douze huiles qui témoignent de son sens de la composition en montrant un assemblage de formes qui s'épousent dans une association surprenante de teintes vives entre le vert, le bleu, le noir et surtout le rosé omniprésent.

Cette vision d'un univers si original, déconcertant, animé d'un lyrisme flamboyant et d'une force tranquille provoque un choc esthétique et fait même éprouver au promeneur cette même sensation initiale de silence. Pour « Champs libres », Reims a pris son état de nature si reposant pour l'âme en ces temps troublés.


Le Toulousain Jean-Marc Bustamante a photographié des endroits anodins,
ruraux, riches par les détails mais sans présence humaine.


Une des huiles du Champenois Thierry Pertuisot.

Extrait de l'union du 10/4/2004

 



 

Paysages « historiques »
aux Beaux-Arts

Le 2 mai 2004, le musée des Beaux-Arts présentera sa nouvelle exposition « Histoires paysagées » : une sélection de paysages peints depuis là fin de la Renaissance jusqu'au XIXème siècle

Le paysage historique est un concept apparu à la fin du XVIème siècle, avec le peintre italien Annibale Carrache, décorateur du palais Farnese à Rome.

Dans ces tableaux, la nature est idéalisée car elle doit suggérer la « force morale de l'action humaine ». A cette époque, les artistes considèrent qu' il faut interpréter la nature, et non la copier. Ils en extraient les plus beaux éléments, les recomposent, magnifiant une histoire littéraire ou mythologique.

Le concept va perdurer, notamment avec la création du prix de Rome de paysage historique.

Le musée des Beaux-Arts, organise l' exposition « Histoires paysagées » dans le cadre de la manifestation nationale du Printemps des Musées consacrée au thème « Histoire, histoire(s) » et de Champs libres, opération annuelle de l'office régional culturel de Champagne-Ardenne, intitulée : Paysages, 2004.

Des tableaux du fonds XVIIème du musée, actuellement en réserve pour cause de travaux, seront exposés à cette occasion, témoignant des différentes approches de la nature par les artistes : Laurent de La Hire, avec Le sacrifice d' Abraham, Sébastien Bourdon, Giulio Carpioni...

Œuvres restaurées

Une grande partie des œuvres exposées a été restaurée pour l' occasion : XVI, XVII, XVIII et XIXème siècles seront représentés.

Dans le cadre du jumelage Reims-Florence, quelques tableaux de musées florentins devraient être prêtés pour l' exposition (sous réserve : les coûts de transport étant très élevés).

Le dimanche 2 mai, Printemps des Musées, l' exposition « Histoires paysagées » sera ouverte, succédant au « Grand Jeu et Surréalisme », accompagnée de musique à 10 h 30. A 14 heures : rencontre avec des professionnels du musée pour « L'exposition racontée », suivie d'une visite guidée à 15 heures.


« Bacchanale », huile sur toile de Giulio Carpioni
(Venise 1613 - Vicence 1679

A.G

« Histoires paysagées » : à voir jusqu' au 16 août 2004 au musée des Beaux-Arts, 8, rue Chanzy. Tél. 03.26.47.28.44.

Extrait de l'union du 19/01/2004

  

    

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 Mohamed Racim
miniaturiste algérien au musée des beaux-arts
 

 
Laveuse, peinture à l'Oeuf sur toile. Dinet Etienne (Nasreddine) 1929-1979.
© musée des beaux-arts de la Ville de Reims. Photo: C. Devleeschauwer

Issu d'un milieu favorable à la vocation artistique, Mohamed Racim incarne l'intuition de ce que sera l'Algérie Nouvelle. Déchiré entre l'idée qu'il se faisait de son identité à travers son passé et la modernité, il s'attelle à perpétuer le nom des "Racim" et à l'associer à l'élaboration patiente d'un art plus universel. Ce qu'il n'a pu connaître dans son entourage immédiat, il le cherchera dans les sources arabes, persanes, ottomanes, hispano-mauresques, françaises, dans les musées d'Istanbul, de Paris, de Londres, de Grenade, du Caire, ou auprès de ses amis Georges Marçais, Klein, Andisio et surtout Dinet, peintre orientaliste représenté dans les collections du musée des Beaux-Arts de Reims (photo ci-dessus). Cette exposition qui présente un ensemble unique de miniatures-enluminures du peintre algérien provenant des collections du musée national des beaux-arts d'Alger est proposée dans le cadre de " Djazaïr, une année de l'Algérie en France ".

Jusqu'au 3 novembre 2003, au musée des Beaux-Arts,

Extrait de VRI 201 - 09/2003 

  

    

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 Vingt ans du Frac

attention « Fragile »

 Pour célébrer ses vingt ans, le fonds régional d'art contemporain s'associe au musée des Beaux-Arts pour une
« intervention autour de la céramique
»


L'un des artistes, Jean-Michel Othoniel,
pendant l' installation de son œuvre

Rapprochement.

A ceux qui croient que le musée des Beaux-arts est un lieu figé, le conservateur Catherine Delot et le directeur du Fonds régional d' art contemporain, François Quintin, vont apporter un vif démenti.

À partir du 5 septembre, l' exposition « Fragile » va mettre en relation les œuvres de douze artistes vivants et celles des créateurs de faïences et de céramiques des XVIIIe et XIXe siècles. Une manifestation qui s' inscrit dans la célébration du vingtième anniversaire du FRAC.

Pièces uniques

Habituellement, le musée dispose d*une salle dans laquelle sont exposées les céramiques léguées par Louise Pommery au début du XXe siècle. « De très belles pièces, uniques, des ateliers traditionnels français (Nevers, Moustiers, Les Islettes, Rouen, Delft, etc.) », s'empresse de préciser le conservateur Catherine Delot.

L'idée de MM. Liot, directeur du musée des beaux-Arts, et Quintin était de « mettre en relation cette collection avec des artistes contemporains  «ayant travaillé sur la fragilité ». En fait,des plasticiens céramistes ou non, qui ont un jour essayé ces matières « fragiles » que sont la terre cuite ou le verre. Le but est simple: « Le regard des contemporains obligera à voir la céramique ».

Ces artistes européens ont été sélectionnés selon un critère simple : « la subjectivité avant tout », sourit François Quintin.

Ce dernier s*est adjoint l' une des douze artistes, Fabienne Auzolle, céramiste de son état pour en faire une «commissaire» de l' exposition et profiter de son expérience.

Collaboration

S'agissant des vingt ans du FRAC, M. Quintin explique que ce travail commun avec le musée est le fruit de la « continuité d'une collaboration née avec l'opération « Alchimie de la rencontre », suivie de « La magie des lieux ».

Mais surtout, cela rappelle que « le FRAC n'est pas un musée. Il ne présente que cinq expositions sur les 28 qu' il monte chaque année. Nous ne sommes donc pas enfermés », conclut François Quintin.

J.F.Scherpereel

*.- A voir du 5 septembre au 1er décembre 2003. Tous les jours sauf mardi, de 10 à 12 heures et de14 à 18 heures. Renseignements :03.26.47.28.44.

*.- Les artistes sont : Fabienne Auzolle ; Johan Creten ; MichelGouéry ; Patrick Loughran ;Patrick Neu ; Emanuetia Not ;Jean-Michel Othoniel ; Marie Ponchelet ; Bernhard Rüdiger ;Elsa Sahal ; Jean-François Texier ;Fabien Verschaere.

Extrait de l'union 09/2003 

  

    

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