Musée  des Beaux Arts

 de l'exposition

 Christian Lapie 

 

L'Exposition

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L’art sur les rails !

05/2010 - Artiste sans frontières
13/7/2006 - Un mèmoriaI juif signé Lapie inauguré à Sceaux 
30/12/2005 -Les figures de Lapie planent sur le Rajasthan
1/2003 - L'esprit des lieux visité par Christian Lapie
 
C'est le terroir qui façonne l'artiste

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  Les figures de bois de Christian LAPIE

révèlent l'inquiétude d'un groupe ou d'une culture face à un site ou un espace. Elles sont les éléments d'installations monumentales qui conduisent le regardeur à s'interroger sur les strates historiques du lieu choisi.

A Reims, il s'agit de rappeler la place du musée des beaux-arts dans la ville - l'établissement restant méconnu par un grand nombre de Rémois : lieu fermé, énigme urbaine, forteresse aveugle...

Ce projet est l'aboutissement d'une démarche personnelle qui s'est peu à peu structurée durant les années 90 et qui s'est développée à un niveau international grâce à une succession de projets en Australie, Allemagne, Japon, Cameroun, Suisse, Canada...

Axe est le titre de cette installation en trois parties présentée pendant un an rue Jadart, dans la cour du musée et sur le parking de la rue Libergier.

Dans ce cadre, une exposition sur les travaux récents de l'artiste sera installée dans les espaces intérieurs du musée.

A cette occasion, un catalogue sera édité par la ville de Reims et les éditions Adam Biro.

Notice du musée

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Insolite - Tramway

L’art sur les rails !

La place Stalingrad vient d'accueillir de nouveaux Rémois... des oeuvres monumentales de l’artiste Christian Lapie ou quand l’art permet de faire le lien entre passé et futur, ancien mode de transport et nouvelle façon de se déplacer dans la ville

 

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Des sculptures extraites d'imposants troncs d'arbres, choisis pour leur rectitude.

Après deux ans de réflexion, d’études, de finalisation de choix d’emplacement, sept sculptures monumentales de Christian Lapie (la plus imposante pèse 1 250 kg) viennent de trouver un socle hospitalier pérenne sur la place Stalingrad à Reims. Mondialement connu pour ses oeuvres essaimées sur les cinq continents, Christian Lapie a su séduire un ensemble de partenaires privés (Prisme, MARS, SNC Lavallin, Richez et associés) pour aboutir à cette installation hors du commun, baptisée « Dans l’intervalle ». Pour Didier Janot, directeur de Prisme (Club d’entreprises mécènes dans le domaine culturel) et à la genèse de l’aventure, cette mise en perspective n’est qu’un juste retour des choses. « Christian est du coin, il se devait d’avoir ses oeuvres dans la cité des sacres. Nous avons voulu lui offrir un endroit où les Rémois, mais aussi les visiteurs et les touristes puissent découvrir sa sensibilité et son talent ».

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Moment délicat: le levage de la scultpture (1 250 kg pour la plus imposante).

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Christian Lapie en compagnie d'Adeline Hazan lors de l'installation des sculptures de l'artiste place Stalingrad.

Clin d’oeil à l’histoire

À l’image de la porte Mars qui est leseul subsistant des quatre arcs monument aux romains qui donnaient accès à la ville de Durocortorum ou à ses quartiers centraux, l’oeuvre de Christian Lapie s’inscrit également dans cette notion d’ouverture, comme en atteste l’artiste : « J’ai cherché des endroits symboliques praticables pour implanter mes sculptures, la place Stalingrad s’est révélée idéale pour symboliser l’ouverture de l’ancienne ville vers la nouvelle  avec l’arrivée du tramway ».

L’ouverture vers d’autres horizons sera renforcée en mars prochain, puisque 9 autres sculptures du même type trouveront leur place au pied de la gare Champagne-Ardenne TGV à Bezannes… Des sentinelles qui accompagneront les piétons du terminus tramway vers la gare… comme une invitation au voyage.

O.ML

 Christian Lapie, un artiste marnais

Né en 1955, Christian Lapie vit et travaille à Val de Vesle (près de Reims). Ses figures sont extraites d’imposants troncs d’arbres qu’il choisit pour la rectitude de leur fût, puis fendus manuellement, taillés à la tronçonneuse en forme humaine, recouvertes d’une gangue sombre qui les charge d’intemporalité.

Les structures de Christian Lapie ont pris possession du musée des Beaux- arts dès 2002. Elles se dressent en groupe dans la cour. L’imbrication des figures totémiques au centre du bâtiment suggère la possible ouverture de la cour aux rues avoisinantes, autorise le dialogue avec la vie de la cité, entre l’histoire présente et passée… vers un renouveau d’espérance de l’homme « re-dressé » sur ses cendres. Vous pouvez également retrouver les oeuvres monumentales de l'artiste « la constellation de la douleur », près de la Caverne du dragon sur le Chemin des Dames !

Extrait de l'hebdo du Vendredi N° 186 de 11/2010

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

PORTRAIT

Artiste sans frontières

Né à Val-de-Vesle, où il vit toujours, Christian Lapie sculpte, dans le bois principalement, des formes qui symbolisent l’être humain. Un être commun à toutes les sociétés, ce qui lui vaut d’être sollicité aux quatre coins de la planète.

La vue de ces étranges silhouettes en bord de route a déjà dû surprendre plus d’un promeneur. C’est là, à quelques dizaines de mètres de son domicile, que Christian Lapie a établi son atelier et qu’il entrepose ses oeuvres entre deux expositions. Des sculptures monumentales, taillées dans le bois, du chêne de préférence, traité à l’huile de lin pour le rendre encore plus résistant. À travers ces formes originales, l’artiste a créé un nouveau mode d’expression, un moyen de perpétuer la mémoire de l’histoire à travers un langage accessible à tous.

La Marne, terreau de son oeuvre

Une oeuvre mûrie au terme d’un long parcours : fils, petit-fils, arrière-petit-fils d’agriculteurs, il a su très tôt qu’il ne poursuivrait pas cette belle lignée. À 17 ans, il entre aux Beaux-Arts à Reims, puis à Paris et se lance dans la peinture. « Très vite, j’ai commencé à exposer, raconte-t-il. Mais je n’avais pas les moyens de vivre à Paris. Et puis je n’étaispas de culture urbaine, il me fallait développer une oeuvre qui me ressemble. » Il s’installe alors à Val-de-Vesle dans une ancienne ferme familiale, « un des seuls bâtiments du village qui n’a pas été détruit par la guerre de 14-18. » Il se penche sur l’histoire des lieux, l’histoire de sa famille et travaille sur la notion de « traces », à travers des matériaux comme la rouille, la craie, la cendre. Petit à petit, sa peinture devient volume, son oeuvre plus engagée.

 1992 marque un nouveau tournant : invité à participer à une exposition à Rio, en plein sommet sur la Terre, il réalise au coeur de la forêt amazonienne que son art ne peut être compris que par les Occidentaux. À son retour, il traverse un passage à vide. « J’ai réfléchi à nouveau au message que je souhaitais faire passer. Je voulais une oeuvre qui s’adresse à toutes les cultures, revenir à un langage minima sans être minimaliste. »

Sur tous les continents

Depuis, ses figures symboliques taillées dans le bois,parfois aussi la pierre ou le bronze, s’exposent sur tous les continents. Belgique, Allemagne, Canada, Japon, Inde, Cameroun, Australie il réalise des installations partout, à la demande de commanditaires publics ou privés. Dans la Marne, une de ses sculptures est exposée dans la cour centrale du musée des Beaux-Arts de Reims. En 2007, il est sollicité par le département voisin de l’Aisne pour créer une oeuvre en hommage aux tirailleurs sénégalais sur le Chemin des Dames. Elle marque la concrétisation du parcours engagé depuis quinze ans. « Cela m’a permis de clore cette page liée à l’histoire locale », confie Christian Lapie. Aujourd’hui, il vogue vers d’autres horizons mais ne renie pas ses racines : « Mon travail est né ici, je ne pouvais pas échapper à moi-même… »

En savoir plus sur Christian Lapie : rendez-vous sur www.christianlapie.net

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Bio express

11 janvier 1955 : naissance à Reims

1972-1977 : École des Beaux-Arts de Reims

1977-1979 : École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris

1992 : exposition au musée d’Art Moderne de Rio

2002 : exposition au musée des Beaux-Arts de Reims

2007 : Constellation de la Douleur, installation permanente sur le Chemin des Dames (Aisne)

Extrait de LaMarne > LEMAG du 13/7/2006


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

Un mèmoriaI juif signé Lapie inauguré à Sceaux 


Douze figures sans bras ni visage intitulées « Pupitre des étoiles ».

Le sculpteur rémois Christian Lapie.est l'auteur du Mémorial de la déportation des juifs, inauguré cet après-midi dans le parc de Sceaux par le président du conseil général des Hauts-de-Seine, Nicolas Sarkozy.

Pour honorer la mémoire des familles juives d'origine étrangère réfugiées en France pendant la Seconde Guerre mondiale et raflées par centaines, le département des Hauts-de-Seine a lancé, il y a un an, un concours à projet.

Une bonne centaine d'artistes se sont mis sur les rangs, trois ont été retenus et un seul, Christian Lapie, s'est vu finalement confier la réalisation du monument.

En fonte

L'œuvre, intitulée « Pupitre des étoiles », consiste en une douzaine de Figures représentant les fils de Jacob, une famille de sept personnes et les Justes, ces Français qui ont sauvé des juifs pendant la guerre.

Dans la manière qui est celle dé Christian Lapie, les figures, sans bras ni visage, se dressent telles des sentinelles placides le long d'un sentier qui serpente au cœur du beau Parc de Sceaux, autrefois écrin du château de Colbert.

Les douze silhouettes en fonte de fer ont été réalisées par la fonderie Roche, dernier fondeur de Fismes (Marne).

« Je les ai voulues si présentes qu 'il semble qu 'elles ont toujours été là, qu'elles font partie du paysage, de son histoire », explique Christian Lapie qui, pour sa première commande publique, a dû se plier à « un cahier des charges rigoureux qui.prenne encompte la dimension historique du projet et son environnement. J'ai dû tout à la fois me transformer en chef de travaux, en architecte et en entrepreneur ».

Mille enfants

L'une des originalités du « Pupitre des Étoiles » est d'avoir intégré près de mille noms de victimes de la Shoah.

« Mille enfants des Hauts-de-Seine ont chacun écrit le nom d'un juif déporté. Gravées dans la fonte, ces écritures fragiles, à la limite du lisible, nous disent qu'il faudra constamment extraire ces noms de la gangue de l'oubli », commente le sculpteur.

Outre Nicolas Sarkozy, le mémorial sera également inauguré par plusieurs personnalités de la  communauté juive dont Haim Korsia, conseiller du grand rabbin de France et ancien rabbin de Reims.

G.G.

Extrait de l'union du 13/7/2006

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

L'esprit des lieux visité par Christian Lapie

Le plasticien rémois entre au musée des Beaux-Arts de son vivant. Le public aura ainsi la possibilité de remonter le temps pour mieux comprendre la démarche de ce créateur dont l'œuvre se dépouille au fil du temps.

C'est un endroit tellement familier, que je connais depuis que je suis enfant. A tel point que je me sens chez moi.

D'une année à l'autre (2002/2003), Christian Lapie a les honneurs du musée, des Beaux-Arts. Il y a quelques semaines, l'union a présenté son installation « transversale » extérieure. Cette fois, l'artiste présente une exposition explicative de sa démarche en remontant dans le temps, mais sans qu'il s'agisse pour autant d'une rétrospective,

Oeuvres charnières

L'idée qui préside à cette exposition « intérieure » est de montrer le lien entre les différentes étapes créatrices de Christian Lapie à l'aide « d'œuvres charnières qui ont amené au travail aCtuel». Le point de départ remonte à 1989, quand l'artiste s'intéressait au paysage champenois, sous l'angle 3e l'Histoire, des guerres et des « traces » quelles ont laissé.

Ensuite, le visiteur se laisse entraîner dans trois salles dans lesquelles les pièces exposées montrent bien la progression du créateur, qui va vers plus de simplicité et 'plus de compréhension. Une démarche qui s'est affinée à partir de 1992, quand M. Lapie s'est rendu en Amazonie à l' occasion du premier sommet de la Terre de Rio

Catalogue

II y a découvert une forme d'art brut grâce au dépouillement extrême dans lequel vivent les habitants de ces terres lointaines. Grâce à cette « découverte », le concepteur s'est interrogé pour savoir pour qui et pour quoi il travaillait. De cette réflexion est sortie une sorte de « langage universel » par les formes et les matériaux - notamment les « bois brûlés » - accessible au plus grand nombre. Maquettes et dessins préparatoires résument bien le cheminement.

A partir de cette base, Christian Lapie a décliné son œuvre dans plusieurs coins de la planète. Un travail semblable à celui du musicien qui répète inlassablement ses gammes et ne sort jamais tout à fait la même mélodie. On en retrouve des illustrations dans le superbe catalogue édité à l'occasion de cette exposition intitulée « l'esprit des lieux ». A voir au musée des Beaux-Arts pendant l'hiver. Tandis que l'installation, extérieure sera en place pendant un an, jusqu'à l'automne prochain.

J.F. Scherpereel

Extrait de l'union


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

Les figures de Lapie planent sur le Rajasthan

Le sculpteur rémois Christian Lapie, fameux pour ses figures de bois calciné, s'est installé au Rajasthan pendant un an. Le grès et le marbre remplacent le chêne. L'installation sera inaugurée le 21 janvier. Un film est en tournage pour France 3.


Christian Lapie (à droite) avec le réalisateur Rémi Duhamel : cinq séjours au Rajasthan pour un documentaire de 26 minutes.

Ce sont des blocs énormes de pierre rosé et bleue, taillés dans la masse des carrières qui entourent Jaipur, capitale du Rajasthan. Christian Lapie les a découvertes pour la première fois au printemps 2005. Quelques mois plus tôt, le plasticien rémois avait été contacté par la « Jaipur Virasat Fundation »,  principal acteur culturel de cette province du nord de l'Inde ou l'activité artistique dépend de fondations privées. Entre les futurs partenaires, une rencontre fortuite avec la directrice d'une grande banque française à Delhi, également présidente de l'association des « Amis de Jaipur », avait permis d'établir le contact.

Organisatrice, chaque année en janvier, d'un festival renommé de musique et de danse, la Fondation Virasat cherchait à lui donner une dimension plastique. Les sculptures totémiques de Christian Lapie lui ont tapé dans l'œil.

Depuis dix ans, le sculpteur, originaire de Val-de-VesIe, près de Reims, s'est fait une notoriété internationale dans la création de hautes Figures de bois calciné qu'il sème aux quatre coins du  monde, comme autant de témoins imposants et muets. Ses silhouettes hiératiques sont aujourd'hui plantées en France, en Allemagne, en Australie, au Japon, au Canada, au Cameroun.

Les Indiens de Jaipur voulaient une installation permanente. Lapie s'est rendu une première fois au Rajasthan en janvier. L'idée d'origine était d'utiliser le bois des forêts du Karnataka, proches de Jaipur.

Les moussons et l'appétit des termites en ont décidé autrement. Le sculpteur s'est donc rabattu sur le marbre noir et le grès rouge des carrières locales.

« A la main et en tongs ! »

Comme il le fait habituellement, Lapie s'est adapté à la magie des lieux. Ville d'astrologues et d'architectes, Jaipur inspirait un projet, à proprement parler, « spatial ».

Lapie s'est inspiré de la constellation du Capricorne, des mouvements du soleil et de la lune pour installer ses figures en deux endroits choisis, aux abords d'un lac et dans le principal parc de la ville.

L'ensemble comprend quinze silhouettes, d'un poids total de 300 tonnes.

Sur ses recommandations, les blocs ont été extraits par une trentaine de tailleurs de pierre. « A la main et en tongs l », sourit Lapie qui s'émerveille de l'habileté démoniaque de ces artisans locaux, capables de travailler sans répit, sept jours sur sept, le plus souvent avec des moyens rudimentaires.

En quatre mois

A cinq reprises, le sculpteur s'est rendu sur place pour peaufiner son projet, le présenter à ses commanditaires et, parfois, batailler avec les administrations locales.

Les tailleurs ont réalisé ses quinze figures en quatre mois.

L'œuvre, désormais installée, sera inaugurée le 21 janvier à l'occasion du festival musical de Jaipur.

Dans le public, Remi Duhanel sera en bonne place. Depuis six mois, le réalisateur parisien, caméra à l'épaule, écrit la chronique en image de l'aventure de Lapie à Jaipur pour le compte de la productrice rémoise Marie-Noëlle Hennegrave et de France 3 Lorraine-Champagne-Ardenne. France 3 cofinance ainsi un film documentaire de 26 minutes, également aidé par la région, la ville de Reims, le département de la Marne et la maison de production MC4 : D'un coût total proche de 50.000 euros, le film ne dispose encore ni de titre ni de date de diffusion.

Gilles Grandpierr»


Les tailleurs de pierre de Jaipur ont extrait et travaillé à la main quinze blocs de grès rouge et de marbre pendant quatre mois.


Dans une carrière de marbre proche de Jaipur.
Des moyens souvent rudimentaires mais une habileté démoniaque !

Extrait de l'union du 30/12/2005

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 Portrait

Christian Lapie

A Val-de-VesIe, après s'être essayé à la peinture, Christian Lapie recourt, depuis une quinzaine d'années, aux matériaux élémentaires pour créer des formes archaïques symboliques. L'Arbre, par excellence, constitue le signe propre à figurer un être au monde commun à toutes les sociétés humaines.

 
Christian Lapie devant une de ses oeuvres 

C'EST LE TERROIR QUI FAÇONNE L'ARTISTE

La rivière coule dans le jardin de sa maison entre les coteaux de Verzy et la plaine champenoise à l'Est de Reims. Ses racines sont là, au cœur de ce terroir où, hors des courants et des écoles, il a puisé la sève nécessaire à la création d'un nouveau mode d'expression. C'est sur cette terre, où flottent encore les rémanences des combats de 14-18, là où l'Humanité se renia un jour, qu'il a conçu de perpétuer la mémoire de l'histoire. De faire de son œuvre, un message de paix universelle.

FAUX SCULPTEUR

Réussir cette transcendance nécessitait d'être simple et accessible. Car porter l'Art au contact du plus grand nombre est son souci premier. Maiscomment dépasser la subjectivité de toute création pour communiquer à l'autre son émotion ? Lapie a réinventé un langage voisin de celui des symboles. Un système de reconnaissance établi, en des temps archaïques, où les hommes ne savaient ni lire ni écrire.

D'où l'arbre comme référence, symbole d'enracinement et d'élévation. Lapie est un faux sculpteur. " Le ciseau qui fait appel à l'œuvre tridimensionnelle n'est pas mon affaire" dit-il. S'il a fréquenté un jour l'école des BeauxArts de Reims, c'était pour y suivre des cours de dessin.

ARPENTEUR D'ESPACES

Depuis 25 ans, ses expositions "in situ" qui s'étendent parfois sur des kilomètres, lui ont donné une stature internationale.

Il a, de la sorte, tissé une chaine qui relie les cinq continents du Japon au Canada et l'Australie à la Suisse. C'est un arpenteur d'espaces. Là où il travaille, il parcourt le terrain, déambule, se charge de l'air du temps et de l'histoire des lieux. Il projette ensuite ses émotions sur la matière qu'il taille à coups de hache ou de tronçonneuse. Car Lapie vit avec son temps.

L'une de ses dernières réalisations, une forêt de colonnes de pierre à Jaïpur, en Inde, a été soutenue par le Conseil Régional de Champagne-Ardenne.

AMBASSADEUR

Partout dans le monde, Christian Lapie parle de sa région à ses hôtes. Le mot " Champagne ", dit-il, " agit souvent comme un sésame ". Mais il revient toujours à son point de départ. La terre de Champagne et la forêt des Ardennes où il se sent si bien. Il y choisit ses futaies à Haybes, se fait convoyer les troncs par un transporteur de Revin. Il travaille aussi avec deux fonderies régionales. Roche à Reims et Harde à Saint Clément à Arnes.

Chez Christian Lapie, c'est vraiment le terroir qui façonne l'artiste.

Michel Cossardeaux      

Extrait de RCA Mag été 2006