Musée des Beaux Arts

  La PRESSE
 

Notice - Histoire - Expositions - FOUJITA

  

Les réserves en attendant le nouveau musée
Le musée des Beaux-Arts   va enfin sortir de l’ombre

Pour le musée des beaux-Arts, l’année 2018 sera riche 

2017

Le tableau de Corot percé bientôt restauré
Le chantier du musée des Beaux-arts démarre

Les animaux du musée des beaux-arts de Reims les inspirent

Le futur musée des Beaux-arts est lancé

Le nouveau musée des beaux-arts de Reims : un projet à 60 millions d’euros 

 2016
Corot, Fouiita et les orientalistes
Treize dessins exceptionnels de Lucas Cranach
Des œuvres d'art font rayonner Reims dans le monde entier
Les Rémois qui lèguent leurs œuvres d'art
Une série de grandes toiles peintes uniques en Europe
Dimanche, cherchez l'amour dans les œuvres du Musée des beaux-arts de Reims
Les œuvres d'art qui voyagent à travers le monde

 2015

Un nouveau parcours au musée des Beaux-arts de Reims
Une centaine d'œuvrés rémoises seront exposées au Japon
Le Musée des Beaux-arts raccroche
À la découverte des trésors du musée des Beaux-arts de Reims
A Reims, les 52.800 trésors du musée des Beaux-arts doivent être passés au crible
Plusieurs chantiers en cours au musée des Beaux-arts

 2014

Le musée des Beaux-arts sera réhabilité et aggrandi
Le directeur du muséedes Beaux-Arts de Reims jette l’éponge
Fabien Leroux observe les Beaux-Arts à la loupe
Le Musée des beaux-arts de Reims prête 127 œuvres à l’Allemagne
Un exceptionnel ensemble Art déco confié à Reims

 2013
A l'origine le « legs Vasnier »
Un Chagall au musée des Beaux-arts
Retour à Reims du trésor d'Henry Vasnier

 2012

Musée des beaux-arts : agrandir ou reconstruire ?
Le musée des Beaux-Arts bientôt dans les halles ?
Le musée des Beaux Arts sort de sa réserve

    

     

  Répertoire  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

FOUJITA

Trois rendez-vous  autour du peintre Foujita
 Foujita, le peintre qui aimait les livres
Prêts et dépôts   au musée, comment ça marche

Paris redécouvre Foujita, entre Orient et Occident

Des Foujita prêtés au Musée Maillol à Paris

Les trésors rémois de Foujita se font admirer au Japon
Une nouvelle œuvre de Foujita à Reims

    

       

  Répertoire  

 

 

 

 

Trois rendez-vous  autour du peintre Foujita


Le peintre Foujita, un artiste qui a beaucoup marqué Reims.
 

Dans le cadre de son exposition « Regard sur…Foujita, l’élégance du trait », à voir jusqu’au 11 février, le musée des Beaux-arts de Reims propose plusieurs rendez-vous. Le premier est programmé ce jeudi 22 novembre, à 19 heures. Balade parisienne en poésie et musique est un spectacle-lecture qui invite à se pencher sur le « vent de liberté associé à un brin de folie » qui souffle « avec poésie et élégance dans les illustrations de Foujita » . Proposée par la comédienne Camille Soulerin, membre du Collectif 17 de la Comédie de Reims, et le comédien-musicien Florent Dupuis, cette soirée sera l’occasion de mieux connaître l’œuvre de Foujita, au gré des textes de poètes français comme Malherbe, Baudelaire, Mallarmé et Rimbaud.

Dimanche 25 novembre, à partir de 14h 30, l’équipe du musée des beaux-arts invite le public à suivre une visite guidée avec la conférencière Véronique Palot-Maillart, sur le thème « Le Paris des peintres ». L’occasion de faire un parallèle entre l’exposition consacrée à Foujita et les œuvres des peintres du XIX e et du XX e siècles, qui se trouvent dans les collections du musée de Reims.

Enfin, mardi 27 novembre, à 18 h 30, sera proposée une visite singulière autour de l’Apocalypse de Foujita , avec la chorégraphe Gaëlle Bourges et la guide-conférencière Véronique Palot-Maillart.

Renseignements et réservation au 03 26 35 36 10.

Extrait de l'union du 22/11/2018

Paris redécouvre Foujita, entre Orient et Occident

Bien connu à Reims, le peintre japonais Foujita est mis à l’honneur au musée Maillol, à Paris, jusqu’au 15 juillet. L’occasion de mesurer le talent de cette star des années folles.


Devant «Trois Femmes» (1930), au musée Maillol.AFP

Sa coupe au bol, ses lunettes rondes, son anneau à l’oreille, ses débardeurs… C’est l’image qui reste du peintre Foujita, arrivé en 1913 dans un Paris en pleine effervescence artistique, tout juste sorti de l’école des beaux-arts de Tokyo. Tsuguharu Foujita a 27 ans et ses amis auront bientôt pour noms Soutine ou Modigliani. « Foujita a joué de son image et gardé celle d’un dandy. Cela a pris le pas sur son œuvre » , regrette Anne Le Diberder, co-commissaire de l’exposition qui se veut une redécouverte du peintre grâce à des œuvres issues de collections majoritairement privées, rarement voire jamais montrées, pour le cinquantenaire de sa mort.

DEUX CULTURES

Foujita arrive à Paris avec tout son bagage artistique japonais –technique avec la peinture sur soie, sur papier, pigments végétaux – et se rend régulièrement au Louvre avec sa carte de copiste pour s’imprégner de l’art des primitifs français et des peintres siennois et florentins. « Il y a un syncrétisme qui s’installe chez Foujita à cette époque » , constate l’autre co-commissaire, Sylvie Buisson, devant l’aquarelle de 1918 Mère et enfant dont le mouvement qui lie les deux personnages rappelle celui du nœud des kimonos, en « union et cohésion » . Autre exemple, celui du lutteur Tochigiyama, de passage à Paris en 1926, et que Foujita peint sur soie sans ses attributs de sumo pour montrer l’homme derrière celui qui est considéré comme un demi-dieu. À l’époque, le peintre signe de son prénom en japonais et de son nom en écriture latine.

LE MYSTÈRE DES BLANCS OPALESCENTS

C’est un secret d’atelier du peintre, des blancs laiteux dont on a longtemps ignoré la composition pour des grands nus de femmes, un genre absent de la peinture japonaise. « Foujita voulait rendre l’opalescence de la peau humaine, il a réussi à faire vibrer le blanc. Ce mystère a longtemps fasciné ses contemporains » , raconte Anne Le Diberder. De ces blancs translucides, qui frisent le monochrome, émergent une chevelure rousse ou la fourrure tigrée d’un chat.

LES ENFANTS DE FOUJITA

Cet artiste du portrait et de l’autoportrait a peint une série d’enfants qui attire le regard par leur étrangeté : des yeux de chat dans des visages tristes et nostalgiques qui évoquent les mangas. Parmi eux, une curiosité, un petit portrait de 1927 du cinéaste Gérard Oury, à l’âge de 8 ans, dont la mère était une grande amie de Foujita. Sans oublier un autoportrait de l’artiste qui s’est peint enfant en 1940 au moment où de retour au Japon, ce fils de général est engagé comme peintre officiel de l’armée, ce qui lui vaudra de vives critiques.

LE SACRÉ

Le peintre s’est aussi aventuré du côté du sacré avec des « compositions religieuses » – une crucifixion, la Vierge et trois dames. À la différence de l’art occidental, il pose ses figures, comme autant de vignettes, puis travaille ses fonds d’or à l’encre noire et au galet pour qu’ils deviennent des « fonds salis ». De retour en France en 1950, Foujita, qui a obtenu la nationalité française en 1955, s’est converti au catholicisme avec son épouse Kimiyo, à la cathédrale de Reims. Il prend alors le prénom de Léonard en hommage à Vinci et consacre ses dernières années à la décoration de la chapelle Notre-Dame de la paix.

L’exposition « Foujita, peindre dans les années folles » est à voir jusqu’au 15 juillet au Musée Maillol, 61 rue de Grenelle à Paris (métro Rue du Bac).

Un artiste aux multiples facettes

Cette exposition est intéressante car si l’on découvre toute l’étendue du travail de Foujita, on apprend aussi beaucoup de choses sur la personnalité de l’artiste. Très pieux à la fin de sa vie, Foujita adorait plus jeune faire la fête et ne se privait pas de tous les plaisirs de la vie ! D’immenses photographies, qui habillent plusieurs murs, nous plongent dans l’intimité du peintre, en train de croquer ses modèles, de lire ou de faire une pause, une cigarette aux lèvres. Des films d’époque le montrent aussi dans le quartier Montparnasse. La scénographie, très réussie, met en valeur une centaine d’œuvres dont trois prêtées par le Musée des beaux-arts de Reims. Ces toiles et céramiques montrent combien le style de Foujita a évolué au fil des années.

Extrait de l'union du 24/03/2018

 

 Des Foujita prêtés au Musée Maillol à Paris

Pour une grande exposition consacrée à Foujita, le Musée des beaux-arts de Reims prête plusieurs œuvres au Musée Maillol à Paris.


Les toiles blanches de Foujita, que l’on a pu voir quelques années à Reims, appartiennent au Conseil départemental de l’Essonne.
Fondation Foujita / ADAGP 2018 

À l’occasion du 50 e anniversaire de la mort de Léonard Tsuguharu Foujita, le Musée Maillol à Paris consacre une grande exposition au peintre japonais qui a entretenu des liens très forts avec la ville de Reims. Organisée en collaboration avec le conseil départemental de l’Essonne, cette exposition a ouvert hier au public. Elle sera visible jusqu’au 15 juillet.

Intitulé « Foujita, peindre les années folles », cet hommage au peintre franco-japonais réunit plus d’une centaine d’œuvres majeures – des toiles et des aquarelles – créées pendant sa première période parisienne, dans le quartier de Montparnasse. Pour cette exposition, le Musée des beaux-arts de Reims, qui possède un riche fonds Foujita, a prêté trois œuvres au Musée Maillol : un paysage de Cagnes-sur-Mer datant de 1918,L’atelier de Soutine, une toile de 1913, et un autoportrait de Foujita à l’âge de 7 ans.

Les grands formats blancs étaient en dépôt au musée de Reims depuis 2011

Les visiteurs du Musée Maillol peuvent également découvrir les immenses, et superbes, toiles blanches de Foujita qui ont pendant longtemps été exposées à Reims. «Ces toiles blanches étaient en dépôt chez nous depuis 2011. Le conseil départemental, à qui elles appartiennent, les a, comme cela était convenu, récupérées » , explique Catherine Delot, la directrice du Musée des beaux-arts de Reims. Ces grands formats, confiés par Foujita à sa femme Youki, étaient considérés par l’artiste comme ses tableaux les plus aboutis. « L’exposition démontre le talent de l’artiste fou de dessin qui, après son illustre prédécesseur Hokusai, maniait le pinceau avec brio. Le trait de Foujita se révèle d’une sûreté infaillible et ses lignes d’une finesse calligraphique exemplaire avec l’utilisation du sumi (encre noire japonaise) autant sur le papier que pour ses huiles. Il laisse à la couleur un rôle secondaire mais si décisif qu’elle en sublime le trait » , indique-t-on au Musée Maillol.

VALÉRIE COULET

Extrait de l'union du 08/03/2018

 Une nouvelle œuvre de Foujita à Reims

La Ville vient de se porter acquéreur d'un livre rare « La Rivière enchantée », illustré par l'artiste, complétant ainsi la collection déjà riche de près de 700 œuvres du plus s Rémois des Japonais.


« 
Il s’agit du livre le plus rare et le plus recherché des ouvrages illustrés par l'artiste », indique Sabine Maffre. H. Oudin

L’ESSENTIEL

•.- Léonard Foujita, né en 1886 à Tokyo et mort en Suisse, en 1968, a passé la plus grande partie de la fin de sa vie à Reims. Il a fait partie de l'école de Paris dans les années 20. Il est tombé amoureux de Reims dans les années 50 et a choisi cette ville pour réaliser son plus grand chef-d'œuvre, entre 1963 et 1966 son testament artlstique : la chapelle Notre-Dame de la Paix, encore appelée Foujita. L'artiste y est inhumé.

•.- Depuis 2013, avec la donation de 663 œuvres de l'artiste, légués par ses héritiers, la Ville de Reims possède ainsi le plus grand fonds européen du célèbre artiste franco-japonais. Cette donation, est estimée à 1,7 million d'euros, est composée de 15 toiles, de vitraux, de céramiques et de nombreux dessins préparatoires des fresques et des baies de la chapelle Foujita.

•.- la bibliothèque patrimoniale Carnegie dispose d'un « budget » annuel de 50.000 €, alloué par la Ville pour acquérir des œuvres afin d'enrichir ces collections.

 42.500 €, c’est la somme que la ville a déboursée pour acquérir « La Rivière enchantée », le livre le plus rare et le plus recherché »des ouvrages illustrés par Foujita

Il a été conservé dans son coffret d'éditeur. L'exemplaire numéro 262 du livre La Rivière enchantée édité en 1951 à seulement 315 exemplaires est « un livre exceptionnel », assure Sabine Maffre, la conservatrice de la bibliothèque Carnegie. « En très bon état, sans accroc, sans quasiment aucune rousseur. L'une de ses particularités, c'est son grand format et le fait qu'il soit ni broché, ni relié. »

 « Le fleuron qui manquait à notre collection »

Ce qui rend particulièrement remarquable cet ouvrage de René Héron de Villefosse, c'est qu'il est illustré par 27 eau-forte (un procédé de gravures en creux) de l'artiste Foujita. « Il s'agit du livre le plus rare et le plus recherche des ouvrages illustrés par l'artiste, affirme Sabine Maffre. C'est le fleuron qui manquait à notre collection. Nous cherchons en effet à acquérir l'intégralité des livres illustrés par Foujita. II en existe une soixantaine. La bibliothèque en possède une trentaine. »

Le livre a été acquis aux enchères de Drouot à Paris le 2 février. « Ce livre était la pièce maîtresse de la vente et faisait d'ailleurs la couverture du catalogue. » Son prix de départ avait été fixé à 30.000 €. Le dernier à enchérir fut un japonais avec, une mise de 42.500 €. « Nous avons alors préempté. Un exemplaire de ce livre nous était déjà passé sous le nez, il y a quelques mois car les enchères avaient alors pas mal monté. »

On ne connait rien de cet exemplaire, depuis 'j~jj,stant où il est sorti de l'imprimerie jusqu'au moment où, 65 ans plus tard, il s'est retrouvé dans cette salle de vente parisienne. « C'était l'une des conditions de la vente : le propriétaire souhaite conserver l'anonymat. Mais, il faut admettre qu'on en a pris grand soin.

La Rivière enchantée est « un chant d'amour à la ville de Paris », précise Sabine Maffre. Les gravures imprimées dont le style mélange à la fois les cultures japonaises et occidentales « sont remarquables. Certaines ont été réalisées en noir et blanc, d'autres en couleurs. Elles représentent des scènes du quotidien parisien de l'époque. C'est vibrionnant. Les couleurs sont vives, fraîches. On a l'impression que l'ouvrage sort tout juste de l'imprimerie. »

Deux livres achetés et bientôt une conférence et une exposition

« L'artiste Foujita et Reims, c'est une belle, rencontre et une belle histoire qui se poursuit », déclare Pascal Labelle, l'adjoint au maire en charge du patrimoine. Le musée des Beaux-arts possède d'ailleurs les dessins préparatoires des illustrations de La Rivière enchantée « au niveau de la recherche, c'est une occasion inespérée de faire des comparaisons !» explique Sabine Maffre.

La bibliothèque Carnegie a aussi acheté en début d'année un autre livre illustré par Foujita : Le Verger des amours. « Nous en avons fait l'acquisition auprès d'un libraire, précise Sabine Maffre. Foujita a beaucoup pratiqué l'art de la gravure. C'était un artiste accompli et maniait avec maestria toutes les techniques. »

Une fois estampillé et catalogué, La Rivière enchantée pourra être consulté,  « pas par dilection personnelle mais sur demande motivée », fait savoir encore Sabine Maffre. Des conférences et une exposition autour de cet ouvrage et d'une grande partie des œuvres de Léonard Foujita seront organisées prochainement.

Au hasard des pages , voici quatre planches de Léonard FOUJITA

     

Aurélie BEAUSSART

Extrait de l'union du 20/06/2016

Les trésors rémois de Foujita se font admirer au Japon 

Depuis une semaine, le CityArt Museum de Nagoya, au Japon, présente une grande exposition, avec 54 œuvres de Foujita prêtées par le musée des beaux-arts de Reims


Les liens de Foujita avec Reims sont nombreux. en témoigne la fresque de la rue du Champ-de-Mars. Archives Christian Lantenois

« Nous avons été émerveillées » Tout juste rentrée du Japon, où elle a supervisé l'accrochage de 54 œuvres de Foujita, Catherine Delot, la directrice du musée des beaux-arts de Reims, se montre très enthousiaste. « L'exposition, inaugurée le 28 avril au Nagoya City Art Museum, est de toute beauté. Les œuvres rémoises côtoient d'autres œuvres provenant de plusieurs musées japonais. Ces dernières sont exceptionnelles. C'est une grande chance d'avoir pu les voir car elles ne sont quasiment jamais exposées en Europe. »

« Un art poétique entre l'Est et l'Ouest »

 Accompagnée de Marie-Hélène Montout-Richard, la responsable des arts graphiques au musée de Reims, Catherine Delot a passé une dizaine de jours à Nagoya, la 4° ville du Japon. « Après avoir convoyé les 54 œuvres, réparties dans 17 caisses de transport, nous avons réalisé tous les constats d'état à l'arrivée au musée de Nagoya Puis, nous avons vérifié l'accrochage et avons pris soin de contrôler que le système d'éclairage mette en valeur les œuvres, sans leur porter préjudice », explique-t-elle. Parmi les œuvres rêmoises de Foujita exposées au Japon, le pays d'origine de cet artiste qui fut l'ami de Picasso et de Modigliani, figurent deux vitraux.

Intitulée « Léonard Foujita : un art poétique entre l'Est et l'Ouest s, cette exposition est proposée à Nagoya jusqu'au 3 juillet prochain. À J'occasion de son inauguration, Catherine Delot a donné sur place, devant quelque 200 personnes, une conférence sur les liens qu'entretenait Foujita avec la ville de Reims. Elle a notamment raconté dans quelles circonstances le descendant de samouraï s'était converti, en octobre 1959, au catholicisme et comment, au cours de l'été 1966, à l'âge de 80 ans, il avait décoré la chapelle Notre-Dame-de-la-Paix. Après Nagoya, les œuvres rémoises seront présentées dans deux autres villes japonaises : à Hyogo, de juillet à septembre 2016, et à Tokyo, du 1er octobre au 11 décembre 2016. Le public nippon pourra aussi dé- couvrir d'autres trésors du musée des beaux-arts de Reims, à l'occasion d'une autre exposition qui tournera dans plusieurs villes. L'occasion de faire voyager de nombreux chefs-d'œuvre rémois dont la célèbre réplique de La mort de Marat, le tableau de Jacques-Louis David.

À l'occasion des rencontres internationales « Reims International Days », l'adjoint au maire de Nagoya sera reçu, lundi matin, en mairie de Reims, avec une quinzaine de chefs d'entreprise japonais.

Valérie COULET  

     Extrait de l'union du 07/05/2016

    

       

  Répertoire  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les réserves en attendant le nouveau musée

La première pierre des réserves externalisées des musées de Reims a été posée hier, rue Fulton, dans la zone Farman. Ce chantier de 9,6 mil1ions d'euros doit être livré fin 2019.


La première pierre des réserves muséales a été pJoée meraedi dans la zone Farman, après trois ans d'études. Sophie Oelall'o[(

Longtemps resté secret, le site des futures réserves muséales de la Ville de Reims a été dévoilé hier, lors de la pose de la première pierre. Il s'agit d'un terrain, rue Robert-Fulton, dans. la zone Farman, sur lequel sont déjà implantées les archives municipales et communautaires. Présentées par le maire Arnaud Robinet comme « une pierre angulaire d'une politique muséale ambitieuse » , ces réserves externalisé, qui doivent être achevées fin 2019, permettront d'abriter dans de bonnes conditions des œuvres d'art de tous les muées appartenant à la Ville mais aussi d'autres structures comme le musée Le Vergeur et le Planétarium.

Une surface totale de 5483 m² et un budget de 9,6 millions d'euros pris en charge à 28 % par la Région

Le nouveau site, qui mobilise depuis octobre entre 50 à 100 ouvriers, de quinze entreprises implantées dans la région, s'étendra sur exactement 5483 m2. Il cornprendra 3900 mz² de réserves organisées par matériaux et types d'œuvres - mobilier, peintures, sculptures, textiles et métaux ...  et comprendra des espaces techniques dédiés à la sécurité et à la décontamination des œuvres. Présentées hier comme un « centre de conservation et de recherche » , ces réserves abriteront également deux ateliers de restauration et une salle de consultation pour les chercheurs.

Le coût de ce chantier, qui a nécessité trois ans d'études, est important : 9,6 millions d'euros dont 2,7 millions sont pris en charge par la Région Grand Est et 1.2 million par l'État. L'intérêt de ces réserves externalisées sera de pouvoir garantir de façon optimale la conservation des œuvres - une porte blindée ne laissera par exemple passer ni l'air ni la lumière de l'extérieur mais également de permettre aux musées de disposer de davantage de place pour leurs expositions et I ‘accueil du public. En outre, quand ces réserves seront livrées fin 2019 et que le musée des beaux-arts de Reims aura déplacé dans la zone Farman quelque 53 000 œuvres, les travaux du futur musée qui prévoient, rue Chanzy, une réhabilitation mais aussi une extension du bâtiment existant, pourront enfin commencer.

EN 2023, LE MUSÉE DES BEAUX-ARTS AURA DOUBLÉ SA SUPERFICIE

« Au final, a souligné hier Arnaud Robinet, le musée des beaux-arts de Reims doublera sa superficie. Il disposera d'une nouvelle salle d'exposition temporaire et d'une salle dédiée au peintre Léonard Foujita. » À l'horizon 2023, le musée des beaux arts de Reims doit, en effet, passer de 3500 à 7000 m2.  

Un bâtiment pour des véhicules militaires

Juste à côté des réserves externalisées sera construit un bâtiment destiné à abriter une vingtaine de véhicules militaires de la Première et Seconde Guerres mondiales. Parmi ces véhicules historiques se trouvent deux chars d'assaut dont un Sherman qui est un char américain.« Aujourd'hui, cesvéhicules militaires sont conservés dans deux hangars différents, situés sur la commune de Cormontreuil » indique Georges Magnier, le directeur des musées de Reims.

Valérie COULET

Extrait de l'union du 30/11/2018

 

Le musée des Beaux-Arts   va enfin sortir de l’ombre

À l’horizon 2023, le musée des Beaux-Arts de Reims aura doublé de volume.  Ce qui permettra de mettre en avant les trésors d’un lieu injustement ignoré.


Faute de place, une infime partie des collections du musée est actuellement exposée. Le musée va donc être rénové et agrandi vers le parking situé sur le côté et le jardin à l’arrière.
Christian Lantenois

Calendrier et coût du projet

Des travaux d’urgence de la toiture ont déjà été lancés. D’ici mars 2018 le programmiste va faire des propositions sur ce que sera le futur musée, son aménagement. Avant cet été, les travaux du bâtiment qui abritera toutes les réserves des musées de Reims (sur un site à part dans l’agglomération), débuteront pour une durée d’environ 15 mois. Fin 2018, début 2019, l’architecte sera désigné. Fin 2019, le musée des Beaux-Arts sera vidé, les œuvres transférées vers les nouvelles réserves pour un début des travaux de rénovation et extension prévu pour début 2020. Ouverture du nouveau musée prévue en 2023. Le coût de l’ensemble du projet est d’environ 59 millions d’euros, à raison de 45 millions pour le musée et 13 à 14 millions pour les réserves.

À quelques mètres de là, la cathédrale de Reims accueille chaque année plus d’un million de touristes. Le palais du Tau, 80000… Avec ses quelque 40 000 visiteurs annuels, le musée des Beaux-Arts souffre de la comparaison. Et pourtant, il possède sans aucun doute une des plus belles collections des musées de province, avec notamment des œuvres de Corot, Cranach, Monet, Pissaro, des frères Le Nain, Gauguin, Foujita. Des œuvres qui aujourd’hui sont mal mises en valeur, voire pas du tout, une infime partie des collections du musée étant actuellement exposée, faute de place.

D’UN NOUVEL ESPACE AU BOULINGRIN À UNE EXTENSION SUR LE MÊME SITE

Depuis une dizaine d’années, les différentes municipalités se sont penchées au chevet du musée pour lui offrir un écrin digne de ce nom. L’idée de créer un nouvel espace dans le secteur du Boulingrin avait germé. Mais à son arrivée à la tête de la mairie en 2014, Arnaud Robinet, remet à plat le projet. « Lorsque nous sommes arrivés le projet n’était pas financé et ne correspondait pas forcément à ce que l’on voulait faire, explique Pascal Labelle, adjoint au maire de Reims délégué à la culture et au patrimoine. De plus, il n’y avait aucun projet pour l’abbaye Saint-Denis où se trouve aujourd’hui le musée. On a donc décidé d’abandonner le Boulingrin pour proposer une réhabilitation-extension sur place, afin d’avoir un musée digne de ce nom, à un endroit stratégique, juste en face de l’office du tourisme et à proximité de la cathédrale. »

À terme, en 2023, le nouveau musée des Beaux-Arts de Reims devrait ainsi doubler de volume. « On va passer de 3500 m 2 à environ 7000 m 2 , indique Georges Magnier, directeur des musées de Reims. La surface d’exposition va être triplée avec 3600 m 2 contre 1 200 m 2 aujourd’hui. Nous n’avions pas de salle d’exposition temporaire, là on va en avoir une de 650 m 2 … Tout cela permettra notamment de mettre en avant notre collection des grands peintres du XIX e , qui est une de plus grandes de France et qui aujourd’hui occupe un simple couloir. On pourra également présenter les portraits de Cranach qui sont très fragiles, sans oublier 240 m 2 prévus pour accueillir la donation Foujita… »

À cela s’ajoutera tout ce que doit aujourd’hui avoir un musée moderne, à savoir une boutique, un lieu de restauration rapide, un espace enfant avec un parcours spécifique pour le jeune public… Sans oublier un élément important de ce nouveau projet : une extension qui se devra d’être, selon Pascal Labelle, « un geste architectural assez fort ».

Parallèlement à ce grand lifting, un lieu d’accueil des réserves de tous les musées rémois va être créé. Il conditionnera d’ailleurs en partie le lancement des travaux du nouveau musée des Beaux-Arts, les œuvres de ce dernier devant y être transférées avant d’entamer toute rénovation.

LES COLLECTIONS VONT VOYAGER PENDANT LES TRAVAUX

Et si le musée doit être fermé au public entre la fin 2019 et 2023, la Ville entend bien faire vivre ses collections hors les murs. Cela passera par des expositions dans des musées rémois comme Saint-Remi mais aussi des prêts à l’étranger. Une pratique qui existe déjà mais qui sera développée. Dès cette année d’ailleurs, plusieurs œuvres du musée partiront aux États-Unis. En 2019, cela devrait être au Japon.

« Aujourd’hui, sur les 40 000 visiteurs, on a environ 25 % de touristes étrangers, indique Pascal Labelle. On a une marge de progression importante. Ces expositions qui circulent à l’étranger sont une bonne manière de nous faire connaître à l’international. Cela donnera envie de venir à Reims et découvrir le nouveau musée en 2023 »

Grégoire AMIR-TAHMASSEB

Extrait de l'union du 10/01/2018

 

Pour le musée des beaux-Arts, l’année 2018 sera riche

La réhabilitation-extension se poursuivra   toute l’année avant que le musée ferme  ses portes au public ; après le guide   des chefs-d’œuvre, deux autres livres sont  en préparation, un site internet vient d’être lancé...  


La première étape du chantier de restauration du musée des beaux-Arts va s’étaler jusqu’à la mi-2018. Au total, 59 M€ seront consacrés à la restauration avec extension du musée (un projet financé par la Ville, l’Etat et la Région.) Les collections du musées des beaux-Arts pourtant très riches restent méconnues des spécialistes; pour y remédier, la Ville vient de publier un guide des 110 chefs-d’oeuvres. Ci-dessus : Georges Magnier, Catherine Delot et Pascal Labelle avec le guide qui vient de sortir. Bernard Sivade et Christian Lantenois

53.000
Seuls 5 % des 53.000 œuvres appartenant aux collections du musée des beaux-Arts sont actuellement exposés. Une fois le musée réhabilité et agrandi, 1.560 œuvres seront exposées dans un espace qui sera triplé

Ce n’est pas l’actualité qui va manquer au musée des beaux-Arts de Reims, ces prochains mois.

1 - LES TRÉSORS DU MUSÉE MÉCONNUS DES SPÉCIALISTES : UNE LACUNE À COMBLER

Seuls 5 % des 53 000 œuvres sont actuellement exposées. Les historiens de l’art, eux-mêmes, méconnaissent la richesse des collections qui dorment dans les réserves. Le musée des beaux-Arts de Reims est pourtant l’un des plus grands musées de France.

C’est l’une des lacunes auxquelles souhaite remédier Georges Magnier, conservateur du patrimoine et directeur des musées de Reims. Les moyens pour faire sortir de l’ombre les collections sont multiples. Avec Catherine Delot, conservateur en chef du patrimoine et directeur du musée des beaux-Arts, ils présentent ainsi leur ambassadeur, tout juste sorti de chez l’éditeur Liénart : le Guide des collections du musée des beaux-Arts, dans lequel 110 chefs-d’œuvre sont commentés : des peintures, des sculptures, du mobilier, de la céramique mais aussi des vitraux. Le lecteur est invité à un voyage de cinq siècles.

Un ouvrage que l’on peut trouver dans toutes les bonnes librairies depuis le 4 janvier. « Le format est pratique, la couverture cartonnée et mate, au tarif très accessible de 20 € » , commente avec une once de fierté Catherine Delot.

Il a fallu une année à l’équipe (conservateurs et attachées de conservation soit sept personnes au total) pour élaborer ce guide « pratique à manipuler, accessible à tous » .

Ce n’était pas du luxe puisque le dernier guide du musée remonte à 1909, il s’agissait du catalogue Sartor du nom de son auteure.

« Ce guide permettra déjà aux professionnels de connaître nos œuvres les plus remarquables ; on poursuit aussi la numérisation » , explique Gerges Magnier.

Un gros travail reste à faire. Sur la base de données nationale Joconde, la fiche technique de seulement 760 œuvres du musée des beaux-Arts est consultable.

2 - FOUJITA AU CŒUR D’UNE PUBLICATION À VENIR

« Si le musée des beaux-Arts a toujours publié des catalogues pour ses expositions d’ampleur, puis proposé systématiquement et gratuitement un journal de l’exposition avec notices d’œuvre pour chacune de ses expositions-dossiers, il n’est pas habituel que nous publiions le travail de recherche ou que nous réalisions des publications intégrales » , rappelle Catherine Delot.

L’œuvre inclassable de l’artiste franco-japonais Léonard Foujita va être mise en lumière, 2018 étant l’année du Japon. La Ville va éditer un catalogue sur l’artiste d’ici la fin de l’année, deux tomes retraçant l’histoire de l’artiste étroitement liée avec celle de Reims, l’histoire de la donation, de la chapelle et des œuvres.

Par ailleurs, dans le cadre de l’année du Japon, le musée Saint-Remi sortira un ouvrage consacré aux collection d’art japonais, en octobre.

3 - EN 2019, LE MUSÉE SERA FERMÉ, TOUTES LES COLLECTIONS SERONT DÉPLACÉES

Cette année, alors que les travaux de toiture se poursuivront au niveau de l’aile Est (incluant l’entrée principale du musée, c’est-à-dire la partie située le long de la rue Chanzy), le projet du futur musée , poursuit Pascal Labelle, adjoint à la culture, avec la réalisation des fouilles sur l’emprise du musée, et « le lancement du concours de recrutement du maître d’œuvre au printemps » . L’année 2018 permettra aussi, ajoute Georges Magnier, « de préparer la fermeture et le déménagement des collections du musée vers les nouvelles réserves, en 2019. Le musée des beaux-Arts sera alors fermé au public. Il vivra via le site internet et par le prêt de nos collections un peu partout en France et à l’étranger, au cours d’expositions intitulées hors les murs » .

Une fois les travaux de réhabilitation avec extension terminés, 1 560 œuvres pourront être exposées, grâce à un espace d’exposition qui sera ainsi triplé.

Visite du musée de demain : une réalité d’ici 2020

L’ANCIENNE ABBAYE SAINT-DENIS CONSTITUE « UN ÉCRIN EXCEPTIONNEL POUR PRÉSENTER AU PUBLIC LE PLUS LARGE LES COLLECTIONS DE LA VILLE DE REIMS » , DÉTAILLENT CATHERINE DELOT ET GEORGES MAGNIER. « UN PROJET DE RESTRUCTURATION IN SITU EST EN COURS. IL DOIT PERMETTRE L’AGRANDISSEMENT DE LA SURFACE DES SALLES D’EXPOSITION PERMANENTE AINSI QUE CELLE D’EXPOSITION TEMPORAIRE » , D’ICI 2020, EXPLIQUENT-ILS. LE PROJET DE RÉNOVATION LANCÉ EN 2016 PERMETTRA « DE RÉHABILITER L’ÉDIFICE EN VALORISANT SES QUALITÉS ARCHITECTURALES ET DE CRÉER UNE EXTENSION CONTEMPORAINE QUI FERA DIALOGUER L’ANCIEN ET LE MODERNE. » CONCERNANT L’IDENTITÉ DU NOUVEAU MUSÉE : « UN ACCUEIL PENSÉ COMME UN ESPACE DE DÉTENTE ET DE SERVICES, LARGEMENT OUVERT SUR L’EXTÉRIEUR ET NOTAMMENT VERS LE PARVIS DE LA CATHÉDRALE, CONSTITUERA UNE INCITATION À LA DÉCOUVERTE DU MUSÉE, RENFORCÉE PAR LA VISIBILITÉ DÈS L’EXTÉRIEUR DE CERTAINES ŒUVRES. » UN NOUVEAU MUSÉE QUI SE VEUT AUSSI « UN LABORATOIRE POUR LA MÉDIATION, PARTICULIÈREMENT ORIENTÉ VERS LE JEUNE PUBLIC ET LES FAMILLES » , IL Y AURA « DES ESPACES D’INTERPRÉTATION » et « DES OUTILS D’AIDE ASSUMÉE À LA VISITE ET DIDACTIQUES » . AU SEIN DU FUTUR PARCOURS DE VISITES, QUATRE POINTS FORTS DES COLLECTIONS SERONT MIS EN VALEUR : LA PEINTURE DU GRAND SIÈCLE « CONSTITUANT LA SECTION DE PEINTURE ANCIENNE LA PLUS RICHE ET LA PLUS MARQUANTE DU MUSÉE PAR LA PRÉSENCE DE CHEFS-D’ŒUVRE ET DE PEINTURES GRAND FORMAT » , LE PAYSAGISME DU 19 E SIÈCLE « CONSTITUANT DEPUIS LE LEGS D’HENRY VASNIER, LE CŒUR DES COLLECTIONS DU MUSÉE » AVEC LES PEINTURES DE COROT ET L’ÉCOLE DE BARBIZON JUSQU’AUX PRÉ-IMPRESSIONNISTES ET POST-IMPRESSIONNISTES ; L’ART DÉCO « DEVENU DEPUIS LES ANNÉES 2000 UN POINT FORT DES COLLECTIONS » ; ENFIN LA COLLECTION FOUJITA « CLÔTURERA LE PARCOURS PERMANENT » . IL Y AURA ÉGALEMENT UNE PLACE FAITE À « D’AUTRES ASPECTS REMARQUABLES DE LA COLLECTION, TELS LES PORTRAITS DE CRANACH LE JEUNE, LA COLLECTION DE CÉRAMIQUE ET DE SCULPTURES, LE SURRÉALISME RÉMOIS DU GRAND JEU OU ENCORE L’ART SACRÉ ET LE VITRAIL DU 20 E SIÈCLE. » L’AMBITION DU MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE DEMAIN : « ATTIRER LE VISITEUR PAR CE QU’IL CONNAÎT ET LE VOIR REPARTIR ÉTONNÉ PAR LA DÉCOUVERTE DE CE QU’IL NE CONNAISSAIT PAS. »

Des réserves pour tous les musées


Les réserves du musée sont devenues trop petites et inadaptées. Des réserves mutualisées et externalisées vont sortir de terre d’ici 2019.

Le site de l’abbaye Saint-Denis est bien trop étroit pour accueillir l’ensemble des collections du musée des beaux-Arts. Dans les salles actuelles dédiées aux réserves, les œuvres s’entassent et les conditions de conservation ne sont pas optimales. La situation est identique pour les autres musées de la ville.

La municipalité a donc décidé de construire des réserves communes, externalisées en périphérie, dans la zone Farman. La localisation précise est tenue secrète pour des raisons de sécurité.

La construction de ce bâtiment débutera avant l’été 2018. Durée prévisionnelle du chantier : 15 mois environ. Coût : 4 M€ sont prévus en crédits de paiement pour l’année 2018. Livraison estimée à la mi-2019.

Image

 Les richesses entreposées dans les réserves font l’objet d’un important travail de numérisation afin de faire connaitre les œuvres du musée hors les murs.

LES AUTRES POINTS 

ENFIN UN SITE INTERNET !

« Jusqu’il y a peu, si on souhaitait avoir des informations sur l’un des musées (beaux-Arts, Saint-Remi, Reddition, Fort de la Pompelle et la chapelle Foujita), il fallait se rendre sur le site de la Ville où simplement une page était consacrée à chaque site ; nous avons maintenant un site internet dédié aux musées, à leur histoire, expositions, actualités », détaille Georges Magnier, directeur des musées de Reims. « Un bel outil appelé à s’enrichir. On souhaite y mettre progressivement les œuvres phares. »

L’ESPACE DU PROJET AU TRÉSOR

Aménagé au sein du Trésor (les anciens locaux de l’office de tourisme) situé au pied de la cathédrale, un espace du projet présentera le futur du musée des beaux-Arts. Sur grand écran : une projection poétique d’œuvres du musée, la diffusion de six émissions D’Art D’Art de Frédéric Taddéï, consacrées à des œuvres rémoises. Il y aura aussi deux grandes bornes tactiles : l’une sur l’histoire du musée, l’autre sur l’artiste Foujita. Les contenus évolueront au fur et à mesure de l’avancée du projet.

Aurélie BEAUSSART

Extrait de l'union du 10/01/2018

    

       

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  Prêts et dépôts   au musée, comment ça marche

 Le Musée des beaux-arts de Reims négocie avec les grands musées, dont le Louvre, pour enrichir ses collections grâce à des dépôts. Ces derniers   ne sont pas à confondre avec les prêts


Musée des beaux-arts de Reims conserve un fonds estimé à 52898 œuvres. Chaque année, il prête et se voit prêter un nombre important de dessins, tableaux, meubles ou sculptures.
Christian Lantenois

IMPOSSIBLE DE SE VOIR PRÊTER LA JOCONDE !

S’il profite de plusieurs œuvres du Musée du Louvre, le Musée des beaux-arts de Reims ne peut espérer se voir prêter un jour La Joconde. Car le chef-d’œuvre de Léonard de Vinci, que la ministre de la Culture rêvait de voir temporairement exposé au Louvre-Lens, est trop cher à déplacer. D'après une expertise relayée cette semaine par Le Parisien, une échappée de trois mois en province du tableau coûterait entre 30 et 35 millions d'euros !

Les œuvres d’art sont destinées à être partagées avec le plus grand nombre. C’est pourquoi les musées acceptent de les « faire tourner » quand elles sont en état de voyager. Quand un tableau n’est pas exposé, qu’il ne se trouve pas en réserve ou qu’il n’est pas en cours de restauration, c’est qu’il est donc prêté - en général le temps d’une exposition temporaire - ou qu’il est mis en dépôt dans un autre musée, pour une période souvent très longue. Nous avons demandé à Catherine Delot, la directrice du Musée des beaux-arts, et Georges Magnier, le directeur des musées de Reims, de faire le point sur ces transferts d’œuvres d’art. Ils nous livrent plusieurs informations sur les négociations en cours, destinées à faire entrer de nouvelles œuvres dans les collections rémoises mais aussi à faire découvrir les trésors de Reims au-delà des frontières de la région.

1 - LES PRÊTS

Le Musée des beaux-arts de Reims prête et se fait régulièrement prêter des œuvres, pour des expositions thématiques temporaires. Actuellement, il présente 62 œuvres, un peu partout en France et à l’étranger. 45 œuvres sont notamment parties aux États-Unis pour une exposition sur l’impressionnisme, prévue jusqu’au 8 avril à Winter Park en Floride puis du 5 mai au 29 juillet à Seattle.

Dix-sept autres œuvres rémoises sont exposées dans neuf musées dont le Musée Marmottan Monet, le Musée Maillol et le Musée de l’Homme à Paris, le Palais Lumière d’Évian, le Musée Daubigny d’Auvers-sur-Oise et le Musée de Dordrecht en Hollande. Par ailleurs, pour la grande exposition du Louvre dédiée à Eugène Delacroix, que l’on peut voir jusqu’au 23 juillet à Paris, le Musée des beaux-arts de Reims prête Desdémone maudite par son père, une huile sur toile de 1852.

Le musée de Wuppertal en Allemagne, qui avait travaillé en 2014 avec le Musée des beaux-arts de Reims pour le centenaire de la Première Guerre mondiale, a d’ores et déjà contacté Catherine Delot pour une exposition consacrée au siècle des Lumières qui sera montée l’automne prochain. Le musée de Wuppertal devrait se voir envoyer une dizaine d’œuvres : des tableaux, des arts graphiques et du mobilier.

DÉJÀ DES RÉSERVATIONS POUR 2019

Pour 2019, le Musée des impressionnismes à Giverny a déjà réservé Les rochers de Belle-Ile de Claude Monet, que le musée de Reims possède grâce au legs du collectionneur Henry Vasnier. Le Musée Marmottan Monet empruntera pour sa part, de mars à juillet 2019, la Juive de Tanger de Charles Landelle, pour son exposition « L’Orient des peintres, du rêve à la lumière ».

Si le Musée des beaux-arts de Reims prête autant de tableaux, c’est parce qu’il manque de salles d’exposition. Avec les travaux de réhabilitation-extension, prévus pour durer quatre ans à compter de 2019, les collections rémoises seront d’ailleurs encore davantage amenées à vivre hors les murs.

En attendant, l’équipe rémoise a emprunté 36 œuvres dont une majorité de dessins pour l’exposition sur Simone Boisecq, à voir jusqu’au 21 mai. Le mois prochain, elle va aussi recevoir La fille de ferme, une huile sur toile de Soutine que lui prête le musée de Nagoya, dans le cadre du jumelage de la ville japonaise avec Reims.

« Les prêts entre musées sont gratuits mais l’emprunteur doit payer le transport et l’assurance. Le transport d’une œuvre dans le monde coûte entre 15 000 et 30 000euros. Quant au montant de l’assurance, elle est très variable car tout dépend de la notoriété de l’œuvre mais aussi du contrat souscrit par le musée » , indique Georges Magnier.

2 - LES DÉPÔTS

Depuis le début du XIX e siècle, le Musée des beaux-arts de Reims profite de la politique de dépôts des musées nationaux comme Le Louvre et Orsay mais aussi de grandes institutions comme le Mobilier national dont l’objectif est d’enrichir les collections des musées de province.

UN PEU PLUS DE 950 ŒUVRES EN DÉPÔT

Le musée rémois bénéficie ainsi d’un peu plus de 950 œuvres de toutes sortes, « déposées » par une vingtaine de partenaires, pour une période déterminée. Il arrive que des particuliers soient à l’origine des dépôts. Dans ce cas, Catherine Delot constate que, « souvent, le dépôt est une première étape avant un don ou une vente » . La directrice du Musée des beaux-arts de Reims se souvient notamment du Paysage symbolique de Jean Goulden qui avait été déposé pour l’exposition sur le centenaire de la Grande Guerre et qui, l’an dernier, a été acheté par la Société des amis des arts et des musées (Saam) de Reims.

Parmi les œuvres déposées à Reims se trouvent L’Assomption de la Vierge de Simon Vouet (dépôt du Louvre), L’Estacade à Sainte-Adresse de Raoul Dufy (dépôt du Musée national d’art moderne de Paris) et Combat d’animaux d’Alexandre-François Desportes (dépôt du Musée du Louvre).

« Nos collections ont été beaucoup enrichies à l’occasion de notre exposition, en 2008, sur l’Art nouveau et l’Art déco. Car nous avions fait le tour des réserves de plusieurs institutions qui ont été nombreuses à nous déposer du mobilier » , souligne Catherine Delot. « Pour la réouverture du musée en 2023 , poursuit-elle, nous négocions dès aujourd’hui avec plusieurs musées nationaux, pour enrichir notre collection. Nous manquons par exemple de grands formats et d’œuvres néo-classiques. Nous espérons recevoir du Louvre trois ou cinq dépôts. Nous sommes aussi en contact avec le Musée d’Orsay pour des sculptures et avec le Centre Pompidou pour des œuvres signées d’artistes liés à Foujita. »

L’idée n’est pas d’avoir le plus d’œuvres possible mais de disposer d’une collection la plus complète possible. Dans le même esprit, le musée rémois fait, lui aussi, bénéficier d’autres musées de France du dépôt d’une ou plusieurs œuvres. Un peu moins de 500 éléments de la collection rémoise sont ainsi présentés dans d’autres institutions comme le Musée du tabac à Bergerac, le Musée d’art et d’histoire de Cholet ou le Musée d’art et d’histoire de Sainte-Ménehould. Le dernier dépôt consenti concerne le Musée Camille-Claudel de Nogent-sur-Seine. Pour sa réouverture en mars 2017, le Musée des beaux-arts de Reims lui a confié Au But, une sculpture d’Alfred Boucher représentant trois athlètes nus saisis en pleine course.

3 QUESTIONS à


Catherine DELOT
Directrice du Musée des B.A

Nous participons à tous les convoiements

*.- Les prêts sont-ils gratuits ?

Oui. Ce qui revient à la charge du musée qui emprunte une œuvre, c’est le transport. Parfois, le musée qui se voit prêter une ou plusieurs œuvres doit prendre en charge le coût de la restauration.

*.- Quelle est la procédure à appliquer quand vous prêtez une œuvre à un autre musée ?

Nous réalisons un constat d’état avant le départ de Reims et un autre constat d’état à l’arrivée, à l’aller comme au retour. Que l’œuvre soit envoyée en France ou à l’étranger, nous devons être présents lors du convoiement. Quand une œuvre est par exemple transportée en camion jusqu’à Paris, nous devons monter dans le camion avec le chauffeur et surveiller le poids lourd lors des pauses sur les parkings.

Pour un voyage à l’étranger, nous devons aussi nous trouver dans l’avion dans lequel les œuvres sont mises en soute. Pour l’exposition sur les impressionnistes aux États-Unis, j’ai par exemple pris un vol jusqu’en Floride, après avoir suivi les œuvres jusqu’en Allemagne. Ces voyages peuvent parfois paraître longs et fastidieux mais ils sont indispensables car nous devons veiller à ce que les œuvres ne soient pas endommagées pendant leur transport. Quand le temps nous le permet, c’est aussi l’occasion de tisser des liens avec les équipes des musées qui reçoivent nos œuvres et de travailler sur d’éventuelles expositions communes.

*.- Seule la directrice du musée peut réaliser ces convoiements ?

Non, aujourd’hui, nous sommes sept personnes à être habilitées à le faire. Il faut savoir que pour les voyages à l’étranger, comme au Japon où nous prêtons beaucoup d’œuvres de Foujita, les tableaux sont répartis dans deux avions différents, pour qu’une partie soit sauvée en cas de crash...

Des tableaux estampillés Musées nationaux récupération


« L’Odalisque » de Boucher (1743) a été déposé le 3 juillet 1951 à Reims par le Musée du Louvre.

 À l’instar de nombreux autres musées de France, le Musée des beaux-arts de Reims abrite des œuvres MNR c’est-à-dire des œuvres Musées Nationaux Récupération. Les MNR sont des œuvres d’art qui ont été spoliées par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale. À la fin du conflit, de nombreuses œuvres ont été récupérées. La plupart d’entre elles ont été rendues à leurs propriétaires ou vendues par l’administration des Domaines. Environ 2 000 œuvres ont aussi été confiées à des musées nationaux français. Ces œuvres MNR n’appartiennent pas à l’État ni aux collectivités territoriales qui en sont simplement dépositaires. Contrairement à la législation s’appliquant ordinairement aux objets volés, aucun délai de prescription ne s’applique aux demandes de restitution des biens MNR. Entre 1951 et 1953, le Musée des beaux-arts de Reims a reçu en dépôt de l’État sept tableaux estampillés MNR, et un huitième, provenant du musée d’Épernay fermé pour travaux, en 2010. Parmi eux, se trouvent L’Odalisque de François Boucher, Portrait des enfants Montmor de Philippe de Champaigne et Nature morte au lièvre d’Anne Vallayer-Coster.

Fermeture à partir de l’été 2019 et jusqu’en 2023

Le Musée des beaux-arts de Reims, qui va faire l’objet de grands travaux dans le cadre d’une réhabilitation-extension et qui verra sa surface d’exposition tripler, sera fermé au public à partir de l’été 2019. « Le bâtiment ne rouvrira ses portes qu’à l’horizon 2023 », indique Georges Magnier, le directeur des musées de Reims. Avant le lancement de ce gros chantier, les quelque 52 898 œuvres d’art auront dû être mises à l’abri, dans la réserve externalisée que la Ville de Reims va construire, en 2019, zone Farman. « Avant la fermeture au public du musée, nous envisageons de proposer toute une série d’animations festives », annonce Georges Magnier.

VALÉRIE COULET

Extrait de l'union du 20/12/2017

    

       

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Le tableau de Corot percé bientôt restauré

Le tableau de Corot, qui avait été endommagé par une fillette lors d’une visite scolaire, est en cours de restauration. Il sera, dès le 8 février, exposé au Musée Marmottan Monet à Paris.

 
Le tableau «
Jeune italien assis » fut réalisé vers 1825, à Rome, dans la chambre de Camille Corot.

Pendant des mois, l’information est restée confidentielle. Mais, lundi, elle a éclaté au grand jour, avec une question que Jean-Claude Philipot, le président du groupe Reims Bleu Marine, avait prévu de poser lors du conseil municipal et qu’il a finalement préféré, pour une raison que nous ignorons, passer sous silence. Un tableau de Camille Corot, d’une valeur inestimable, a été dégradé en juin dernier, au Musée des beaux-arts de Reims.

UN TROU DANS LA PARTIE BASSE DE LA TOILE

Le drame s’est produit lors d’une visite scolaire. En s’approchant de trop près duJeune Italien assis, une fillette de 10 ans a fait déraper son crayon à papier. La toile de 23,5 cm sur 29,3cm, que le célèbre peintre français avait réalisée vers 1825, dans la chambre qu’il occupait à Rome, a été percée, en bas à gauche. Devant la gravité des faits, la visite au musée avait tourné court. Traumatisée par l’accident, la maman de la fillette a eu la chance de ne pas payer les frais de restauration. Car cette dernière, d’un montant d’environ 2.000 euros, a été prise en charge par l’assurance de la Ville puis de l’école.

Plus de 5 000 élèves visitent chaque année le Musée des beaux-arts de Reims

« En trente-quatre ans de carrière, c’est la première fois que j’ai affaire à un tel problème » , indique Catherine Delot, la directrice du Musée des beaux-arts de Reims, précisant qu’en 2016, 5 325 élèves ont été accueillis au musée, à l’occasion de visites scolaires.

« Après cet accident de juin dernier, nous avons encore davantage briefé nos agents et les enseignants pour que la vigilance soit maximale. Nous avons aussi installé des casse-pieds supplémentaires, ces barres que l’on place devant les œuvres pour tenir le public à distance » , poursuit-elle.

Le tableau, qui est toujours dans les mains d’un restaurateur rémois, devrait être rendu au Musée des beaux-arts en janvier prochain. Il ne restera pas très longtemps à Reims car, dès le 8 février, il sera présenté au public au Musée Marmottan Monet, rue Boilly, dans le XVI e arrondissement de Paris. L’exposition « Corot, peindre la figure humaine » aura lieu jusqu’au 8 juillet 2018.

ACHETÉ EN 1995 PAR LA VILLE DE REIMS AVEC L’AIDE DE L’ÉTAT

Elle réunira une soixantaine de chefs-d’œuvre provenant des plus importantes collections publiques et privées d’Europe et des États-Unis : musée du Louvre, musée des Beaux-Arts de Lyon, musée d’Art et d’Histoire de Genève, Fondation Collection E.G. Bührle de Zurich, Metropolitan Museum of Art de New York, National Gallery of Art de Washington, collection Thyssen-Bornemisza de Madrid, Musée des beaux-arts de Reims…

Sur les vingt-sept tableaux de Corot que possède le Musée des beaux-arts de Reims, leJeune Italien assis est le seul qui n’a pas été donné ou légué. La Ville l’avait acheté en 1995, avec l’aide de l’État.

VALÉRIE COULET

Extrait de l'union du 20/12/2017

    

       

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Le chantier du musée des Beaux-arts démarre

La rénovation avec extension de l’abbaye Saint-Denis est lancée. Dès demain, les échafaudages vont prendre place. La première étape de ce chantier va durer 1 an.


C’est en 1913 que l’ensemble des collections d’œuvres d’art de la ville, alors entreposées à la mairie, ont été transférées à l’abbaye Saint-Denis.
Christian Lantenois

À SAVOIR

59 MILLIONS : L’État et la Région vont accompagner le projet porté par la Ville. En janvier 2017, l’enveloppe budgétaire a été décidée entre les trois parties. Le coût comprend la construction des réserves externalisées et mutualisées, les travaux de rénovation et l’extension.

Il a bien triste mine le musée des Beaux-arts de Reims. Sa façade est recouverte de crasse, son toit fuit, des fenêtres condamnées laissent passer l’air et les œuvres s’entassent dans des réserves improvisées.

La réhabilitation des lieux, l’agrandissement, voire même le déménagement… C’était presque devenu un serpent de mer : l’épineux dossier s’est retrouvé sur le bureau de trois maires successifs.

Demain, dix ans après les premières démarches, des ouvriers vont enfin prendre possession des lieux.

DE SCHNEITER À ROBINET EN PASSANT PAR HAZAN

Déjà sous Jean-Louis Schneiter, des études sont menées : faut-il agrandir ou bâtir un nouveau musée ? La seconde option est choisie. À la fin du mandat en 2007, on s’oriente vers un musée au Boulingrin.

Adeline Hazan poursuit la réflexion, en ce sens. En mai 2012, le projet de l’architecte Chipperfield est présenté aux Rémois.

Deux ans plus tard, Arnaud Robinet gagne les élections municipales. Le nouveau maire de la cité des sacres suspend d’abord le projet d’un grand musée au Boulingrin, avant d’annoncer le 4 décembre 2014, -lors de l’assemblée générale des Amis du musée des Beaux-arts-, que le projet est définitivement abandonné, faute de financement, au profit donc d’une rénovation avec agrandissement. La municipalité fera un chèque de 2,9M€ à l’architecte britannique ainsi évincé.

DES TRAVAUX DE RESTRUCTURATION DÈS LA FIN 2019

Il y a quinze jours, lors de la rencontre avec les Rémois organisée par L’union, Arnaud Robinet a été questionné sur l’état d’avancement du dossier, l’occasion pour lui de revenir sur ce dossier sensible de début de mandat.

« J’ai été élu sur un programme et il ne comprenait pas la construction d’un musée. J’assume. J’ai toujours assuré que ma priorité était le projet de l’ex-Sernam. Et puis, qu’est-ce que l’on aurait fait de l’abbaye Saint-Denis ? Il n’était pas question de la vendre à un promoteur. Certains proposaient d’en faire un nouveau lieu culturel, pour cela il fallait bien la rénover : 50 millions au bas mot. »

Le maire a ensuite annoncé le commencement imminent du chantier de réhabilitation :« On refait les toitures en premier, puis les façades. »

En parallèle, les nouvelles réserves « pour tous les musées municipaux mais pas que (le musée Le Vergeur par exemple) vont sortir de terre.» Un bâtiment gigantesque, ultra sécurisé, et à la localisation précise tenue secrète.

D’ICI 5 ANS, IL SERA TROIS FOIS PLUS GRAND

Une fois les réserves externalisées et mutualisées opérationnelles, le grand déménagement s’opérera à l’abbaye Saint-Denis afin de permettre aux travaux de restructuration du site de se dérouler. « La première pierre sera posée au cours du mandat, sans doute fin 2019 », promet même le maire.

À quoi devrait ressembler le musée d’ici 5 ans ? Il va falloir patienter pour s’en faire une idée. Le choix de l’architecte sera connu courant 2018. La municipalité confirme que l’extension va se faire, dans un premier temps, au niveau du parking et des jardins, puis dans un second temps – et si l’Esad déménage –, à l’emplacement libéré. On sait aussi que le projet doit permettre de tripler la superficie d’exposition. La municipalité aimerait l’aménagement d’espaces dits immersifs : les visiteurs évoluent dans des décors reconstitués. Et un musée des enfants sera mis sur pied pour une découverte des œuvres plus pédagogique.

900 000 € pour restaurer les toitures de l’aile Est  


MBA Architecte Florent Basset 

La première phase de ce chantier monumental va s’étaler sur un an et se concentrera sur l’aile Est, incluant l’entrée principale du musée, c’est-à-dire la partie située le long de la rue Chanzy à Reims. Cette aile, classée monument historique, fut construite de 1743 à 1752 par M. Bonhomme, un architecte rémois. Pour cette première étape de chantier, il s’agira de reprendre à la fois une partie de la charpente (entreprise Coanus), de changer l’intégralité de la couverture (entreprise ATB) et de revoir par endroits la pierre trop desquamée (entreprise de pierre de taille Léon Noël).

Coût de cette première étape : 908 000€ précisément. La Ville devrait solliciter une subvention de la Drac (direction régionale des affaires culturelles) du Grand Est.

Extrait de l'union du 23/10/2017

    

       

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Les animaux du musée des beaux-arts de Reims les inspirent

Des enfants et des adultes exposent des travaux inspirés d’œuvres du musée des beaux-arts de Reims.


L’artiste plasticienne Gladys Bourdon montre les dessins des élèves de l’école maternelle Paul-Bert qui, demain mercredi, seront assemblés pour former une fresque

Pour mieux faire connaître la richesse des collections rémoises, le GMBA, une association qui milite pour un « Grand musée des beaux-arts à Reims », a lancé en début d’année une opération de sensibilisation à l’art pictural dans le quartier Cernay-Epinettes-Jamin-Jaurès. Les animations, qui ont concerné 90 écoliers mais aussi une vingtaine d’adultes, s’inspiraient de plusieurs tableaux exposés au musée des beaux-arts de Reims, sur lesquels apparaissent des animaux.

« En lien avec l’équipe du musée des beaux-arts, nous avons proposé une série de visites et d’ateliers, explique Marie Descazaux, la présidente du GMBA. Encadrés par des plasticiens dont l’artiste rémoise Gladys Bourdon, l es groupes ont notamment réalisé des dessins qui seront utilisés pour une grande fresque. »

Cette opération, intitulée « Musée dedans… musée dehors. Les animaux s’échappent du musée », a concerné trois établissements scolaires : les écoles Paul-Bert et Prieur de la Marne ainsi que le collège Maryse-Bastié. Les adultes ont quant à eux été mobilisés par le biais des centres sociaux et du Conseil de quartier. Leurs travaux sont actuellement exposés dans vingt-trois boutiques de l’avenue Jean-Jaurès (lire plus bas).

Avec les écoliers et collégiens, Gladys Bourdon a travaillé à partir de plusieurs tableaux du musée des beaux-arts dont Rentrée du troupeau de Constant Troyon et Caravane traversant le désert de Charles-Théodore Frère. « Nous avons réalisé un puzzle en bois, des gifs animés et des dessins colorés où les animaux ont été déformés en étant scannés », raconte la jeune femme. « Tous les dessins seront assemblés ce mercredi 14 juin, pour former une fresque sous le préau de l’école maternelle Paul-Bert », poursuit-elle.

Samedi 17 juin, le GMBA participera à la fête du quartier Jean-Jaurès. L’association profitera de l’occasion pour présenter des jeux réalisés lors des ateliers de pratique artistique menés cette année.

Extrait de l'union du 13/06/2017

    

       

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Le nouveau musée des beaux-arts de Reims : un projet à 60 millions d’euros

Le projet du futur musée des beaux-arts est sur les rails avec une première réunion du comité de pilotage, hier. Le début des travaux est programmé fin 2019.


Des nouvelles réserves externalisées et mutualisées des musées seront construites à partir de 2019

L'ESSENTIEL

•.- Hier s'est déroulé le premier comité de pilotage du projet de réhabilitation et extension du musée des beaux-arts.

•.- Début 2018, débutera la construction des réserves externalisées et mu1ualisées des musées.

•.- En 2018 sera aussi choisi l'architecte du nouveau musée des beaux-arts.

•.- En 2019, les collections du musée des beaux-arts seront déménagées.

•.- En 2019, début 2020, les travaux du nouveau musée débuteront.

De l'aveu même d'Arnaud Robinet, ce n'était pas dans son programme, mais « le nouveau musée sera bien lancé avant la fin du mandat ». En fait, une première réunion importante s'est déroulée vendredi 20 janvier. Un premier comité de pilotage s'est déroulé en présence de Marie-Christine Labourdette, directrice du service des musées de France au ministère de la Culture, et de Pascal Mangin, président de la commission culture du Grand Est. L'Etat et la Région vont en effet accompagner le projet porté par la Ville. Rappelons qu'il prévoit la construction de réserves externalisées et mutualisées pour les différents musées, suivie de la rénovation et extension du site accueillant le musée actuel des beaux-arts. Le coût prévisionnel est de 59 millions d'euros. Les réserves seront réalisées dans le secteur de la zone Farman, avec l'appui de l'architecte-conseil du service des musées de France et du centre de recherche et de restauration des musées de France. Les réserves du musée des beaux-arts seront doublées au sein d'un ensemble de 5.000 mètres carrés. Le chantier de construction doit commencer en 2018.

Parallèlement, le programme architectural du nouveau musée des beaux-arts s'élabore à partir du nouveau projet scientifique et culturel. Le souhait est que les travaux démarrent avant la fin du mandat, fin 2019 ou début 2020. En attendant, dès 2018, il est prévu le choix de l'architecte du nouveau musée. En 2019, aura lieu le déménagement des collections du musée.

Le but avancé est de révéler des collections peu ou jamais exposées. La surface d'exposition triplée permettra ainsi de présenter les fonds inédits. On pense notamment aux œuvres de Foujita comportant plus de 660 dessins. Une galerie de sculptures est encore prévue. Des espaces dits immersifs sont aussi envisagés. Les visiteurs évolueront dans des décors reconstitués avec du mobilier d'époque, Art déco notamment. Enfin, un « musée des enfants » devrait conduire à une découverte de l'ensemble du musée de manière novatrice et pédagogique.

Pour la Ville, cette rénovation fait écho au projet d'aménagement Reims grand centre, sur plus de 100 hectares, au cœur de Reims.

Yann LE BLEVEC

Extrait de l'union du 20/01/2017

    

       

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Les Rémois qui lèguent leurs œuvres d'art

Depuis sa création, le musée des beaux-arts s'est enrichi grâce à plus d'un millier de donateurs. Qui sont-ils? Et qui donne encore aujourd'hui ?


En 201l une exposition est consacrée aux donateurs qui ont confié des milliers d'œuvres au musée, comme ici la collection de céramiques de Mme Pommery rassemblant plus de six cents pièces.
Archives Christian Lantenois

L'ESSENTIEL

•.- Durant le XIX° siècle, dons , et legs de collectionneurs privés, dépôts de l'État et achats par la Ville complètent progressivement ce fonds.

•.- En 1907, le legs d'Henry Vasnier donne une nouvelle impulsion. Depuis la création du musée, on compte plus de 1 000 donateurs.

« Les grands noms de Reims sont souvent associés à l'histoire du musée. Il ne serait pas ce qu'il est sans la générosité de tous ces amoureux d'art. « Le plus important de tous les legs est celui d'Henri Vasnier, au XIX° siècle. Ensuite, on peut retenir la collection de céramiques (plus de 600 pièces) léguée par Mme Pommery. Des familles textiles ont aussi contribué à enrichir le fonds. Jean-Pierre Lundy a légué une centaine de toiles, dont les quatre premiers Corot du musée. La famille Warnier-David a aussi donné dix Corot. Et, au moment de la Seconde Guerre mondiale, Paul Jamot, ancien conservateur du Louvre mais aussi ancien conservateur du musée des Beaux-arts, a fait un legs important au musée », énumère Catherine Delot, conservatrice en chef du musée.

Tous les dons ne sont évidemment pas aussi importants que ceux -là, Ils sont tout de même plus d'un millier à avoir décidé de confier leurs chefs-d'œuvre à la ville de Reims. Ils ont ainsi contribué à enrichir la collection du musée des Beaux-arts. Des dons qui continuent aujourd'hui. Plusieurs chaque année. Un courrier envoyé au musée, voilà le premier contact. « A chaque fois qu'une personne souhaite faire un don, on organise une rencontre. On se rend chez elle pour découvrir les œuvres, les répertorier et les examiner. C'est un moment un peu magique : on ne sait pas précisément ce que l'on va découvrir », assure Catherine Delot.

Des œuvres majeures, d'autres mineures, parfois en mauvais état ... Les dons ne sont pas acceptés d'office ni dans leur intégralité. « C'est un moment difficile pour nous lorsque l'on doit expliquer que ces œuvres ne correspondent pas aux projets, à la ligne du musée ou que le coût de la restauration est rédhibitoire. »

C'est la commission interrégionale d'acquisition de Lorraine Champagne-Ardenne, composée de représentants des musées de France, de conservateurs ainsi que des représentants de la Direction régionale des affaires culturelles qui prend la décision finale.

Mais qu'est-ce qui motive ces généreux donateurs à céder ainsi leur patrimoine culturel ? « Ils n'ont pas d'héritiers ou ne souhaitent pas que leur collection soit éparpillée après leur mort , détaille Catherine Delot. La déduction fiscale ne les motive pas. » Le justificatif n'est quasiment jamais demandé.

« Il nous arrive régulièrement d'exposer des œuvres qui proviennent de donations. On prévient à chaque fois le donateur ou des membres plus ou moins éloignés de sa famille s'il est décédé, au cas où ils souhaiteraient revoir les pièces. »

Des dons qui ne prennent pas toujours la forme de tableaux et de dessins. « On nous propose beaucoup de mobilier et aussi quelques sculptures. »

Zoom sur un tableau

Cette toile a été peinte en 1649. Christian Lantenois Philippe de Champaigne, dont la famille était rémoise, laisse à Reims une de ses œuvres les plus remarquables : Les enfants Habert de Montmor.

Les REPERES

•.- UN DON ET DES OBLIGATlONS

La Ville s'engage, en contrepartie des donations, à faire figurer le nom du donateur sur les cartels de présentation des œuvres et lors de toute reproduction dans quelque ouvrage que ce soit. ._ Les droits patrimoniaux restent la propriété des ayants droit des artistes. Pour chaque donation, un accord par écrit de tous les héritiers est exigé.

•.- Le CHIFFRE 1.130

Amateurs d’art qui ont légué leur collection au musée depuis sa création.

•.- LA PHRASE

 « Sans la générosité de nombreux Rémois, le musée des beaux-arts ne constituerait pas aujourd'hui l'une des plus belles collections de province. » Pascal Labelle, adjoint au maire au maire chargé du patrimoine.

Aurélie BEAU55ART

      Extrait de l'union du 23/03/2016

    

       

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Corot, Fouiita et les orientalistes

Le musée des beaux-arts de Reims abrite le premier fonds Corot après celui du Louvre. Il est aussi connu pour ses Foujita et ses peintures au parfum

1 - UN FONDS COROT D'EXCEPTION

Le musée de Reims abrite vingt-sept peintures de Camille Corot qui constituent le plus riche ensemble conservé dans un musée en Europe, après celui du Louvre. Ce fonds permet d'illustrer toutes les facettes de la production de ce pionnier de la peinture en plein air, qui baignait ses paysages de halos argentés ou dorés. Les visiteurs du musée peuvent notamment voir Jeune italien assis (vers 1825-1827) - Corot avait été émerveillé par la lumière du sud lors de son premier voyage en Italie en 1825 - et toute une série de paysages que l'artiste recomposait dans son atelier après les avoir longuement observés. Parmi eux, Le lac, effet de nuit, l'un des rares paysages nocturnes connus.

2 - UN FONDS FOUJITA

En 2013, la Ville a reçu, pour le musée des beaux-arts, une donation de 653 œuvres de Léonard Tsuguharu Foujita, le célèbre artiste japonais. Parmi ces œuvres figurent plusieurs peintures monumentales dont les « grands fonds blancs » formant deux diptyques et constituant son « manifeste » des années 1920. « Ces toiles, ainsi que ['Apocalypse, témoignent de l'équilibre trouvé par Foujita entre l'art occidental et l'art japonais », indique-t-on au musée. Quelques œuvres plus tardives évoquent sa quête spirituelle qui le mène, en 1959, à réaliser à Reims une chapelle, dédiée à Notre-Darne-de-la-Paix, témoignage de sa conversion tardive au catholicisme.

3 - UN ENSEMBLE ORIENTALISTE TRES VARIE

Le musée des beaux-arts de Reims possède plusieurs tableaux d'Eugène Fromentin, de Théodore Frère ou d'Étienne Dinet, un peintre né à Paris qui, après plusieurs voyages en Algérie, fit le choix de se convertir à l'islam. L'orientalisme relève d'une véritable quête d'exploration du temps et de l'espace, caractéristique du XIX° siècle.


«
Jeune italien assis » de Camille Corot le tableau fut réalisé à Rome, dans la chambre du peintre d'Orient.


« 
Au bord de l’Oued » d’Alphonse-Etienne Dinet


Détail de «
 La balançoire » d'Etienne Dinet. L'huile sur toile avait été achetée en mars 1900. à Paris à la galerie Durand-Ruel. Elle fait partie du « legs Vasnier »


« 
Juive de Tanger » de Charles Landelle


« 
Le Lac, effet de de nuit » de Corot l'un des rares paysages nocturnes connus

Valérie COULET  

Extrait de l'union du 23/03/2013

    

       

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Treize dessins exceptionnels de Lucas Cranach

Des portraits de Cranach, qui ont servi de modèles pour des tableaux à l'huile, sont conservés à Reims. Ils ne sont que rarement exposés, car très fragiles.


Maurice de Saxe a été dessiné par Lucas Cranach le Jeune vers 1545-1550

Ces portraits n'étaient pas destinés il être exposés mais à servir de base de travail pour des tableaux officiels

Le musée des beaux-arts de Reims possède une riche collection d'arts graphiques, soit 30000 dessins, estampes, imprimés et photographies. Parmi ces pièces, qui doivent le moins possible être exposées à la lumière, se trouve un trésor de la Renaissance artistique allemande (XVI' siècle): treize portraits de Lucas Cranach, le célèbre peintre et graveur né en 1515 à Wittemberg, en Allemagne, fils de Cranach l'Ancien, qui travailllait lui aussi pour la Cour de Saxe.

Ces portraits sont arrivés jusqu'à Reims grâce à Antoine Ferrand de Monthelon qui, à sa mort en 1752, légua à la Ville une collection de plus de 3 000 dessins et de nombreux tableaux. constituant les premiers éléments du musée des beaux-arts. Il tenait les treize portraits de Cranach de son père, Jacques Philippe Ferrand. qui les avaient achetés lors d'un voyage en Allemagne. Au total, la série de Cranach compterait une vingtaine de portraits. Si la plupart se trouvent à Reims, les autres sont notamment conservés à Vienne, à Berlin et à Los Angeles.

Berlin et à LosAngeles. Ces dessins sur feuilles de papier chiffon représentent onze hommes, une femme et un enfant. Les recherches se poursuivent aujourd'hui pour connaître l'identité exacte de tous ces personnages de haut rang, ayant appartenu à la famille de Saxe. Deux d'entre eux restent encore anonymes.

Dans cette galerie de portraits réalisés à la pierre noire, apparaissent notamment Philippe 1er, duc de Poméranie-Wolgast, la princesse Catherine et le duc Ernest III de Brunswick-Grubenhagen, Maurice, duc de Saxe, ou JeanErnest de Saxe-Cobourg.

Andy Warhol et Picasso inspirés par Cranach

Datés pour la plupart entre 1540 et 1550, ces portraits out Id particularité de se trouver, d'un point de vue technique, à mi-chemin entre le dessin et la peinture. Ils n'étaient pas destinés à être exposés. mais à servir de base de travail pour des tableaux officiels de la Cour de Saxe. Ils pouvaient en effet être accessoirisés, par exemple avec des plumes et des chapeaux.

Ces créations ont ainsi permis aux différents princes électeurs de Saxe, de la branche Ernestine ou Albertine, d'asseoir leur pouvoir et de promouvoir leur engagement pour le protestantisme qui était en train de s'étendre en Allemagne.

Ce qui frappe, et donne toute la valeur à ces dessins, c'est l'expressivité, la puissance des regards et la présence des personnages qui offrent un véritable face-à-face. « Les contrastes entre les rapides esquisses des bustes, des oreilles ou des parures, et la précision des traits du visage, modelés avec des tonalités douces et une technique en demitons pour la plupart cernés de contours, donnent vie à ces treize nobles ayant vécu en Allemagne orientale, à l'époque mouvementée de la Réforme », souligne Marie-Hélène Montout-Richard, la responsable de la collection d'arts graphiques au musée des beaux-arts de Reims.

Selon elle, Cranach a inspiré plus tard de très nombreux artistes dont l'Américain Andy Warhol qui a repris l'idée de la série et Pirassn qui a signé, en 1958, son Portrait de jeune Fille, d'après Cranach le jeune.

Selon elle, Cranach a inspiré plus tard de très nombreux artistes dont l'Américain Andy Warhol qui a repris l'idée de la série et Pirassn qui a signé, en 1958, son Portrait de jeune Fille, d'après Cranach le jeune.

     
De gauche à droite: Philippe 1er, duc de Poméranie-Wolgast ;  Ernest Ill, duc de Brunswick-Grubenhagen ; un prince anonyme; un prince de Saxe ; Catherine, princesse de Brunswichk- Grubenhagen

Cranach le Jeune ou Cranach l'Ancien ?

 Pendant longtemps, les spécialistes se sont interrogés sur l'origine des Cranach de Reims: s'agit-il d'une série de Cranach l'Ancien ou de son fils Cranach le Jeune 7 Une récente étude scientifique a été menée avant l'exposition consacrée à Cranach, en 2015, à Lutherstadt-Wittenberg en Allemagne, pour le 500' anniversaire de sa naissance. Il en résulte que les dessins sont de Cranach le Jeune. Or, comme à chaque fois dans ce genre de débats, des historiens de l'art ne seraient pas complètement convaincus et continuent d'émettre des doutes. Au musée des beaux-arts de Reims, on parle néanmoins des dessins de Cranach le Jeune.

Valérie COULET

Extrait de l'union du 23-03-2016

    

       

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Des œuvres d'art font rayonner Reims dans le monde entier

Partons à la découverte des trésors du musée des beaux-arts de Reims qui possède l'une des plus prestigieuses collections des musées de France établis en province.

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Catherine Delot devant l'une des pièces majeures du musée. « La Mort de Marat » par Jacques-Louis David ». 1793

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« Le spectre de Banquo », huile sur bois de Théodore Chasseriau, peintre 1854 et 1855).

L’ESSENTIEL

•.- Le musée a été fondé en 1794 à partir des saisies révolutionnaires opérées sur les biens des émigrés et des collectivités religieuses. Il était au départ abrité Il l'hôtel de ville.

•.- En 1901 la Ville acquiert l'ancienne abbaye Saint-Denis et, après travaux, y transfère le musée en 1913.

La collection est prestigieuse car elle comporte des œuvres majeures. Elle a aussi la particularité de couvrir les plus grands mouvements artistiques du XVI° au XXI° siècle, à travers peintures, sculptures ainsi que mobiliers et objets d'art.

Autour de la Renaissance, un ensemble de peintures religieuses, de portraits et de paysages présentent des facettes intéressantes du XVI° siècle. Au détour des allées, le visiteur peut admirer des toiles de Monet, Eugène Delacroix, Gustave Courbet, Camille Pissarro Pierre-Auguste Renoir, Henri Fantin Latour. Pour ne citer que quelques grands noms du XIX° siècle. Le musée des beaux-arts peut aussi s'enorgueillir de posséder la deuxième plus grande collection au monde des œuvres de Camille Corot, après celle du Louvre, 27 toiles provenant de diverses donations (Henry Vasnier et Jean-Pierre Lundy entre autres). Le musée possède aussi le premier fonds européen du plus Rémois des Japonais, Léonard Foujita, avec la donation, en 2013, de 663 œuvres d'art.

Depuis quatre ans, le musée se consacre à la restauration de son patrimoine. Budget annuel alloué par la Ville : 350.000 €. « On essaye de procéder chronologiquement. Ce ne sont pas uniquement des peintures mais aussi des sculptures, du mobilier, des pièces de céramique qui se refont une beauté », détaille Catherine Delot, conservatrice en chef du musée. Ainsi, la série de toiles peintes, exécutées entre 1460 et le milieu du XVI° siècle pour orner les murs de l'ancien hospice de Reims a-t-elle été restaurée. « Des pièces uniques au monde telles La vengeance de notre seigneur Jésus-Christ, La Passion du Christ pour lesquelles il y avait urgence à intervenir. » Les treize dessins de Cranach L'Ancien et le Jeune sont aussi passées entre les mains des experts.

On reconnaît également la grandeur d'un musée à ces œuvres d'art qui s'exposent ailleurs, en France, en Europe, dans le monde entier. « Ce sont d'excellentes ambassadrices de la ville », assure le maire de Reims, Arnaud Robinet. L'année 2016 semble être un bon cru puisque le musée a acté le départ programmé de 200 de ces pièces majeures pour deux tournées au Japon sur deux ans et une tournée aux États-Unis en 2018. Des prêts inédits par leur ampleur. Le rayonnement, c'est là le premier intérêt du prêt d'une œuvre d'art. Mais le musée qui prête négocie en même temps « une restauration ou un changement d'encadrement, en plus du fait que le musée demandeur paye l'intégralité du transport », précise Catherine Delot.

Ne lui demandez pas quelle est la pièce du musée qui a le plus de valeur. « On me pose souvent la question. Toutes ont leur histoire, leur particularité, représentative aussi d'une technique ... C'est aussi une question de sensibilité propre à chacun. Mais les Corot et les Cranach constituent le cœur de la collection.»

 Des toiles ne quittent plus le musée

Elles sont devenues trop fragiles, Venus dans la forge de Vulcain J'œuvre des frères Le Nain (1641) ainsi que Les Ravins de la Creuse au déclin du jour de Claude Monet (1889) ne sont plus prêtées.


« Nature morte au citron », huile sur bois de Maerten Boelema de Stomme, XVII' siècle


«
Roses et statuette ». Paul Gauguin. 1889.

En 2004, un Millet est dérobé en plein jour !


Le tableau fait partie de ceux choisis pour l’exposition au Japon

« C'est le cauchemar de tout conservateur et ça m'est arrivé le jour de ma reprise après un long arrêt maladie. I » Catherine Delot, la conservatrice en chef du musée des beaux-arts de Reims, se souvient de ce 13 décembre 2004 comme si c'était hier. Ce fut la seule fois en plus de cent ans qu'un vol était commis au musée. Cinq minutes avant midi et la pause méridienne, un homme distrait deux employés pendant qu'un autre décroche une toile et la retire de son cadre. Il s'agit de Portrait d'homme de Jean-François Millet. Ils repartent comme ils étaient venus sans être inquiétés par les agents de sécurité. La disparition est constatée peu de temps après. Le vol rend perplexes les autorités locales et encore plus la manière dont cette peinture va finalement refaire son apparition. » Elle a été retrouvée lors des journées du patrimoine, dans le mois de septembre qui a suivi le vol. se rappelle Catherine Delot. La toile se trouvait dans un sac-poubelle qui avait été déposé à l'abbaye Saint-Remi. « Au cours de son périple qui nous est encore totalement inconnu, elle a été légèrement abîmée. Elle a dû être restaurée. »

 Les autres points

INVENTAIRE

Qu'est-ce que le récolement ? C'est l'opération qui consiste il vérifier, sur pièce el sur place, à partir d'un bien ou de son numéro d'inventaire, la présence du bien dans les collections, sa localisation, son état, son marquage, sa conformité avec l’inscription à l’inventaire.

ORIGINE

Un millier d'œuvres en dépôt Le musée des beaux-arts de Reims abrite aussi des œuvres déposées, c'est-à-dire appartenant à d'autres musées de France. Un exemple célèbre : le tableau l'Odalisque blonde de François Boucher confié, depuis 1951, par le musée du Louvre.

CONSERVATI0N


«
L'avenue de l'opéra ou Place du théâtre-français » de Camille Pissarro. 1898.

La lumière, ennemie des dessins Le musée des beaux-arts recèle aussi pas mal d'arts graphiques. « La conservation des dessins est très délicate. Ils sont présentés en alternance, c’est-à-dire qu’ils sont exposés trois ou quatre mois, puis se reposent ensuite trois ou quatre ans », détaille Catherine Delot, conservatrice en chef.

Aurélie BEAUS5ART

Extrait de l'union du 23-03-2016

    

       

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Une série de grandes toiles peintes uniques en Europe

Le musée des beaux-arts possède 25 toiles peintes de très grand format des XVe et XVIe siècles. Plusieurs sont en cours de restauration.


Détail de la toile peinte « Jésus devant Hérode/ Jésus devant le Sanhédrin ». Christian Lantenois

Ce ne sont ni des tableaux ni des tapisseries. Mais des « toiles peintes», c'est-à-dire des peintures sur de grandes toiles de lin, conçues pour être laissées libres, flottantes ou suspendues, et non pas tendues sur un châssis. Cette technique fut très répandue aux XV° et XVI° siècles car elle était bon marché. Les toiles étaient notamment utilisées pour donner un air de fête aux édifices religieux lors des cérémonies les plus prestigieuses. À Reims, on les déroulait un peu partout, lors des fastueux sacres royaux.

Des œuvres de 3.4 mètres sur 3.4 mètres

Fragiles, ces détrempes sur toile sont peu à peu tombées dans l'oubli. Aujourd'hui, il en reste peu. Sauf à Reims, où le musée des beaux-arts possède vingt-cinq toiles de très grand format - 3,40 mètres sur 3,40 - des XV, et XVIe siècles. Selon les spécialistes, cette collection est exceptionnelle et unique en Europe.

Les toiles peintes, dont les auteurs restent anonymes, ont été déposées au musée en 1876, par les Hospices civils de Reims. Elles représentent la Passion du Christ, des saints et des apôtres ainsi que des scènes du Nouveau Testament. Pendant de très longues années, elles ont été exposées au premier étage du musée, avant qu'une grande campagne de restauration ne soit décidée. Une étude a d'abord été menée. en 2009, sur quatre toiles peintes. Puis, une toile-test a été restaurée à partir de septembre 2011. La restauration d'une première série de dixhuit toiles a ensuite démarré en janvier 2015. Elle devrait se poursuivre jusqu'à fin 2018.

La remise en état de ces œuvres est confiée au Centre de recherche et de restauration des musées de France (C2RMF) qui dépend du ministère de la Culture. Les restaurateurs interviennent sur le site de la Petite Écurie du Roi, à Versailles, et dans l'atelier privé de Lydianne Chomienne, à Lyon. L'équipe doit contourner plusieurs difficultés dont la taille imposante et l'extrême fragilité des toiles. Comme le support n'est pas tendu. la couche picturale est par exemple très sensible à l'abrasion. 11 faut aussi réparer les «erreurs. d'anciens restaurateurs qui avaient cru bon de coller du tissu sous la toile de lin. Pour restaurer dix-huit toiles, il faut compter au moins trois ans de travail et un budget de 850.000 euros.


Pour exécuter un travail de haute précision, les restaurateurs du C2RMFchaussent des lunettes grossissante


Les morceaux de lin neuf qui sont utilisés doivent être exactement de la même couleur que le tissu d'origine


Pour faire des points minuscules, la restauratrice se sert d'une aiguille utilisée pour la chirurgie des yeux


L'équipe qui restaure les toiles peintes de Reims fait preuve d'une habileté et d'une patience hors pair.

VALÉRIE COULET

Extrait de l'union du 23/03/2016

    

       

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Dimanche, cherchez l'amour dans les œuvres du Musée des beaux-arts de Reims

Dimanche, une guide conférencière fera découvrir une vingtaine de tableaux, exposés au Musée des beaux-arts. Ces œuvres ont un point commun : elles parlent d’amour


Geneviève Esposilo devant « L’odalisque » de François Boucher et la commode écritoire cachant sept tiroirs secrets dans lesquels on pouvait glisser des mots doux. Bernard Sivade

La barque semble arrêtée sur le lac sur lequel se reflètent les rayons argentés de la lune. À son bord, deux personnes se tiennent serrées l'une contre l'autre. Ce pourrait être des pêcheurs. Mais la scène, d'un grand romantisme avec d'immenses arbres sombres qui débordent de la rive, fait plutôt penser à un couple d'amoureux. Au loin, sur le côté droit, une petite lumière orangée attire le regard. Elle émane d'une demeure plongée dans la pénombre, Le mystère reste entier : est-ce leur nid d'amour qu'ils retrouveront tout à l'heure, après cette balade au clair de lune ?

Ce magnifique tableau, Le Lac effet de nuit, a été peint vers 1869 par Jean-Baptiste Camille Corot.  « Le paysage est romantique. Or Corot n'avait pas une vie amoureuse très épanouie. Certes, il avait des aventures mais cet artiste ne vivait que pour sa peinture. Il n’y avait pas de place dans sa vie pour une femme. Lui-même disait qu'il n'aurait pas su rendre une femme heureuse tant il était absorbé par son art », remarque Geneviève Esposito.

Pour cette visite, une vingtaine d'œuvres évoquant le sentiment amoureux ou le plaisir charnel ont été sélectionnées

Pour marquer la Saint-Valentin, la guide conférencière a sélectionné une vingtaine d'œuvres, exposées au rez-de-chaussée et au premier étage du Musée des Beaux-Arts de Reims. Elles ne parlent pas toutes directement de l'amour mais évoquent le sentiment-amoureux ou le plaisir charnel.

Des tiroirs secrets pour mats doux interdits

« Avant le XVII° siècle, il était surtout question de l'amour de Dieu même si, à la période antique, on relève quantité d'illustrations érotiques ou grivoises », indique l'historienne de l'art, en s'arrêtant devant une huile sur toile de 1641 - Vénus dans la forge de Vulcain - signée des frères Le Nain et sur laquelle on peut voir Cupidon. À quelques mètres, Geneviève Esposito décrit l'artiste peignant sa femme, un tableau de la fin du XVIII° siècle de l'Ardennais Jacques Wilbault. Le peintre semble très fier de son épouse, croquée de profil. Parmi les œuvres exposées à Reims qui évoquent l'amour et ses plaisirs, L'Odalisque de François Boucher apparaît comme une pièce maîtresse. Le fessier plantureux de la dame, l'opulence des velours, les perles, les plumes et le paravent aux décors mauresques suggèrent l'abandon et une forte sensualité, Devant le célèbre tableau de 1743 est exposée une commode-écritoire de Jean Saddon dans laquelle se cachent sept tiroirs secrets, des cachettes qui, jadis, devaient receler de longues lettres et de mots doux interdits.

Pour cette visité spéciale Saint Valentin, Geneviève Esposito a également choisi de mettre l'accent sur Noce arable au Caire, une grande toile de Théodore Frère, peinte entre 1865 et 1866, récemment restaurée. Cachée sous un voile rouge, la mariée s'approche de la maison de son époux. Des hommes portent de hautes torches qui éclairent la rue sombre. « Cette toile très lumineuse malgré l'obscurité de la-nuit dégage beaucoup de mystère », remarque la guide, attirant l'attention sur plusieurs détails comme le dais rouge au-dessus de la mariée, les musiciens ou les moucharabiehs. Geneviève Esposito invite aussi à observer volupté, la grande composition blanche de Foujita. « Cette œuvré de 1928 est exceptionnelle, non seulement pour sa beauté mais aussi parce que l'artiste y a glissé de très nombreux clins d'œil. ll fait par exemple allusion à Vénus, au Baiser de Rodin, à Aïcha, son modèle favori ou à Kiki de Montparnasse », indique-t-elle. Sur ce diptyque se côtoient des hommes et des femmes aux corps parfaits dont Yuki, l'une des nombreuses amantes de Foujita qu'il avait surnommée « neige rose » en référence à sa jolie peau laiteuse

Une visite guidée sur les paysages et une soirée lecture

Geneviève Esposito proposera une autre visite guidée au Musée des beaux-arts de Reims, dimanche 28 février à 14h 30. Elle aura cette fois pour thème « Le paysage du XVI° au XX° Siècle » et mettra en avant dès toiles de Poussin, Corot et Monel. Par ailleurs, pour clore !’exposition consacrée au sculpteur René de Saint-Marceaux, une soirée lecture sera organisée jeudi  25 février à 19 heures. Les comédiens Gisèle Torterolo et Fabien Joubert liront des poèmes et des extraits du journal et de la correspondance de Marguerite de 5aint-Marœaux

Valérie Coulet

Extrait de l'union du 12/02/2016

    

       

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Les œuvres d'art qui voyagent à travers le monde

 Le musée des Beaux-arts va voir près de 200 pièces de ses collections partir à l'autre bout du monde, au Japon mais aussi aux États-Unis. Des prêts inédits par leur ampleur

 
« 
La mort de Marat » de Jacques-Louis David va partir pour une tournée de sept étapes au Japon, jusqu’à la fin 2017. C Lantenois

L’ESSENTIEL

•.- En 2015, le musée des Beaux arts a prêté 83 de ses œuvres.

•.- Depuis le 1er janvier 2016, déjà 38 pièces de collections sont sorties pour prêts.

•.- Le musée s'apprête à laisser , partir pour deux tournées au Japon une centaine d'œuvres et une cinquantaine pour une série de trois expositions aux USA en 2016.•. -

« Elles seront d'excellentes ambassadrices de la Ville ». Le maire Arnaud Robinet fait références aux œuvres d'art du musée des Beaux-arts de Reims qui vont être prêtées pour des expositions itinérantes au cours de ces trois prochaines années, au Japon et aux États-Unis et dont la liste précise a été communiquée aux élus lors du dernier conseil municipal. Il s'agit tout de même de près de 200 œuvres. « Cette démarche permet de faire connaître les collections de la Ville à l'échelle internationale », a ajouté Pascal Labelle, adjoint au maire en charge de la culture. Ainsi, dans deux mois, « 52 œuvres de Foujita dont 16 peintures vont être acheminées par avion à Nagoya », explique Catherine Delot, conservatrice en chef et directrice du musée des Beaux-arts de Reims. L'exposition montrera entre autres les relations particulières que l'artiste a entretenues avec la ville de Reims. » Le rayonnement, c'est là le premier intérêt de prêter une œuvre. Le musée qui prête négocie aussi en même temps « une restauration d'œuvre ou un changement d'encadrement d'une autre œuvre, en plus du fait que le musée demandeur paye l'intégralité du transport. » La deuxième exposition composée d'une tournée de sept étapes, toujours au Japon, avec la société Brain Trust, permettra de faire découvrir une soixantaine de chefs-d'œuvre du musée des Beaux-arts de Reims, dont la plupart sont actuellement visibles en salles : « Des Delacroix, Corot, Daumier; Pissarro, Raphaelli. Courbet Gauguin .... », énumère Catherine Delot. Autant de noms d'artistes célèbres qui illustreront la qualité et la richesse du fonds du musée rémois. Pour la petite anecdote, parmi les prêts, on trouve aussi le Portrait d'homme anonyme de Jean-François Millet, la seule œuvre qui avait été volée au musée, en décembre 2004 avant de réapparaître, lors des journées du patrimoine quelques mois après, dans un sac poubelle à l'abbaye Saint-Remi.

« En contrepartie de ce prêt exceptionnel la société Broin Trust va verser une somme conséquente au musée, qui représente tout de même le budget annuel que la Ville alloue à la restauration des œuvres du musée ».

Procédure très encadrée

Lorsqu’un musée souhaite emprunter des pièces d'une collection d'un autre musée. le premier contact se fait par écrit avec un descriptif précis du discours scientifique de l’exposition en projet. « Certaines œuvres restent au musée car elles sont devenues trop fragiles telle Les ravins de la Creuse De Monet par exemple » . expIique Catherine DeIot. Le prêt se décide en commission. Une convention de partenariat est élaborée. Un constat d'état est réalisé pour chaque œuvre au départ et à l’arrivée et à chaque étape d'une expo itinérante par un membre du musée prêtant l’œuvre. « On vérifie aussi l’installation afin de s’assurer que les œuvres sont bien en sécurité. » 

Itinéraires de ces joyaux prêtés

Six expositions concernées par cette série de prêts s'écheIonnant jusqu'en 2018. Du 29 avril 2016 au 3 juillet 2016, le Nagoya city art museum accueille l'exposition itinérante  « Léonard Foujita : un art poétique entre l'Est et l'Ouest. Des œuvres peintes et graphiques dont une partie a été donnée par les héritiers de Kimyio Foujita en 2013 et 2014 au musée des Beaux-arts de Reims. Elle sera complétée de toiles du Musée d'art moderne de Paris et d'un musée japonais. L'expo se suivra au Hyogo prefectural museum of art (du 16 juillet au 22 septembre 2016) et au Fuchuart museum (du 1er octobre au 11 décembre 2016). Une 2° exposition consacrée aux chefs d'œuvres du musée de Reims, de juillet 2016 à la fin 2017, une tournée de sept étapes, au Japon, organisée par la société Brain Trust lne. Dernier prêt, en 2018, 50 œuvres impressionnistes de l'Ecole de Barbizon et de la collection de Corot seront présentées aux USA pour trois expositions successives, notamment à Seattle.•. -

Aurélie BEAUSSART

Extrait de l'union du 10/02/2016

    

       

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Un nouveau parcours au musée des Beaux-arts de Reims 

En attendant que le bâtiment soit agrandi, le musée des Beaux-arts modifie son parcours de visite au premier étage. L'occasion de découvrir des œuvres magnifiées.


Une grande vitrine met en valeur la collection de Mme Pommery, grande dame de la Champagne

Les visiteurs devaient le découvrir à l'automne. Mais sa mise en place a été plus raide que prévu. Le nouveau  parcours de visite du musée des Beaux-arts de Reims est donc visible dès ce mois d'août, même si deux ou trois éléments restent à ajuster. Rendez-vous au premier étage où la promenade chronologique s'ouvre sur une série d'œuvres du XVI' siècle. Sur un fond bleu canard, se détachent par exemple des paysages de deux anonymes hollandais et trois portraits de saint Jérôme restaurés depuis peu. Sur la gauche, trône un ensemble de quatre panneaux - un polyptyque - peint recto verso. II représente la vie et la Passion de Jésus-Christ. Plus loin, le regard expressif voire énigmatique d'une femme attire l'attention. Il s'agit de Julie Gonzague, l'arrière-petite-fille de Louis Ill, portant un voile et un corsage brun.

 Louis XIV sur une peau de léopard

 Après cette partie « Autour de la Renaissance », place au « grand siècle » soit le XVII°. Sur fond violine, les natures mortes côtoient les scènes religieuses, les portraits et les scènes de genres c'est-à-dire les scènes à caractère anecdotique ou familier. Un imposant tableau, dont le cadre a été recréé, montre Louis XIV à cheval, assis sur une peau de léopard, la cape rouge sang volant au vent. À quelques mètres, La nature morte au citron de Maerten Boelema de Stomme se fait admirer. Pas pour longtemps. L'huile sur bois partira bientôt en restauration.

Le visiteur pénètre ensuite dans la partie, sans doute la plus réussie, consacrée au XVIII' siècle. Une grande vitrine en aluminium brossé,  réalisée dans les ateliers municipaux de la Ville de Reims, met en lumière quelque 120 pièces de la collection de Mme Pommery. On y voit notamment des assiettes d'art, trois vierges en faïence de Nevers, des créations de l'atelier de Chigny-Ies-Roses, toutes sortes de pots, de bouquetières murales ou de petites soupières. La veuve Pommery, dont le buste trône au milieu de la vitrine, était une grande collectionneuse. Le musée rémois possède 640 œuvres lui ayant appartenu.

Cet espace consacré au XVIII° siècle présente de nombreuses autres pièces à ne pas rater. Parmi elles, une commode-écritoire à secrets de l'ébéniste Jean Saddon. Juste au-dessus, a été accroché, sur un mur vert d'eau, L'Odalisque, le fameux tableau de François Boucher montrant une femme aux fesses nues, alanguie sur un sofa couvert d'étoffes. La visite se poursuit par la partie dédiée au XIX°.

Apparaissent les plus grands chefs d'œuvre du musée: une vingtaine de tableaux signés Corot dont Jeune Italien assis, Mantes, le matin et Mantes, le soir mais aussi des huiles de Camille Pissaro comme Le Louvre ou L'avenue de l'opéra. À ne pas rater, La lecture de rôle, le tout petit tableau de Renoir qui mesure 9 cm sur 7.

 Huit «fonds blancs » de Foujita

 « Ces œuvres célèbres sont très prisées du public et sont régulièrement prêtées à d'autres musées. Néanmoins, certains tableaux ne doivent plus quitter Reims car ils sont devenus trop fragiles. C'est le cas des "Ravins de la Creuse" que Monet a peint en 1889 » , indique Catherine Delot, la conservatrice en chef du musée rémois.

Le visiteur emprunte bientôt le «couloir orientaliste» où défilent, entre autres, la superbe Caravane traversant le désert de Théodore Frère, La Balançoire d'Etienne Dinet ou la Juive de Tanger au regard triste de Charles Landelle. L'espace « XIX°» se referme par L'éclusée, le magnifique tableau de Ferdinand Gueldry qui vient tout juste d'être restauré. S'ouvre alors la partie réservée aux œuvres du XX° siècle, avec notamment La femme au chien de Pierre Bonnard qui pose dans l'herbe, sous une ombrelle rouge ...

Or, le clou de cette dernière partie de la visite est sans conteste la petite salle consacrée aux huit «fonds blancs» de Foujita. Ces œuvres, qui semblaient autrefois un peu perdues dans la plus grande salle du musée, prennent ici toute leur dimension. Reste à observer La chute d'Icare de Chagall, qui repartira bientôt au Centre Pompidou, ou le vitrail de Knoebel à travers duquel se dévoile la cathédrale ...

 

 «
L'éclusée» de Ferdinand Gueldry attire tous les regards. Le tableau il été parfaitement restauré. Christian Lantenois

 
 «L'Odalisque», au dessus d'une commode-écritoire. Ch. L

TROIS QUESTIONS à
Catherine DELOT


« Nous voulons mettre en valeur nos chefs-d’œuvre »

Catherine DELOT est la conservatrice en chef du musée des Beaux-arts de Reims. C'est elle qui, avec son équipe, a imaginé ce nouveau parcours de visite.

•. Pourquoi ce nouveau parcours de visite ?

Depuis la fin de l'exposition temporaire  « Jours de guerre et de paix », en début d'année, rien n'avait été proposé au public. Ce nouveau parcours chronologique est l'occasion de mettre en valeur les chefs-d’œuvre de notre collection permanente dont beaucoup n'avaient pas été présentés depuis longtemps voire très longtemps.

Plusieurs œuvres ont été restaurées et sont particulièrement remarquables.

•. Comment s'articule le programme de restauration ?

Il débuté il y a cinq ans et est toujours en cours. À l'exception des toiles peintes, le plus gros du travail devrait être achevé d'ici à quatre ans. Nous travaillons ·chronologiquement. Actuellement, nous nous occupons par exemple de la partie XIX°-XX° siècle. Pour ce qui est des toiles peintes, une série d'œuvres font en ce moment l'objet d'une restauration.

•.  Où sont restaurées les toiles peintes ?

Au C2RMF,le centre de recherche et de restauration des musées de France à Versailles, et dans un atelier privé à Lyon. Nous nous réunissons régulièrement. avec une équipe de spécialistes, pour débattre de certains points. Par exemple, nous avons décidé d'accrocher les toiles peintes avec du Velcro. Une fois par mois, nous nous rendons dans les ateliers pour voir l'avancement du travail et discuter des éventuelles difficultés.

Un gros travail de restauration

 
Catherine Delot devant le dyptyque du XVI° siècle peint recto verso. Christian Lantenois

Le musée des Beaux-arts de Reims dispose d'un budget de 350000 euros par an pour son programme de restauration, alloué par la Ville de Reims. Depuis mercredi, la restauratrice parisienne Nadège Dauga travaille par exemple sur une série d'œuvres et de documents du sculpteur français Arthur Guéniot qui doivent être exposés en novembre prochain à l'Historiai de la Vendée, à La Roche-sur-Yon. Il s'agit d'une dizaine de dessins, de collages et de montages pour des projets de monuments aux morts. « Mon premier travail consiste à dresser des constats et à photographier les documents, j'entame ensuite le travail de restauration proprement dit Pour cette exposition à l'Historiai de la Vendée, il va falloir encadrer tous les documents. À la fin de l'exposition, je retirerai les cadres pour replacer les œuvres dans leurs pochettes protectrices », explique Nadège Dauga. La restauratrice indépendante, qui intervient régulièrement pour le compte du musée rémois, va notamment s'occuper de plusieurs dessins préparatoires pour le monument aux morts de la commune de Champ-Saint-Père en Vendée. Elle doit aussi prendre en charge une maquette composée de trois photographies en tirage sépia et un dessin du monument pour la paroisse de Saint-Honoré d'Eylau dans le 16e arrondissement de Paris.

LES REPÈRES

•. Adresse et contact

Le musée des Beaux-arts  de Reims est situé 8 rue Chanzy. Tél.' : 03 26 35 36

•. Horaires et tarifs

Le musée est ouvert tous les jour 12 heures et de 14 à 18 heures.

Plein tarif à 4 euros, tarif réduit à guidées reprendront en octobre.

•. AUDIOGUIDE

On peut faire la visite avec un audioguide gratuit.

•. 35 000

C'est le nombre de personnes qui, visitent chaque année le musée

•. Des projets pour le musée

Le musée des Beaux Arts de Reims doit faire l’objet de travaux de rénovation et d’agrandissement. Or, le chantier ne devrait pas démarrer avant 2018 ou 2019.

•. LA PHRASE

« Je donne et lègue à la Ville de Reims tout l'ensernble de mes collections d'objets d'art et principalement de tableaux » - Le collectionneur Henry Vasnier, décédé en 1907.

Valérie COULET

Extrait de l'union du 16/08/2015

    

       

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Une centaine d'œuvrés rémoises seront exposées au Japon

Le musée des Beaux-arts de Reims va prêter au Japon une centaine d'œuvres, dont un tableau de Corot et de nombreuses pièces signées Foujita


Les Japonais ont été notamment accueillis par Catherine Delot et Xavier Albertini, adjoint au maire de Reims. Bernard Sivade

140 œuvres du musée rémois seront exposées au Japon à compter du printemps 2017 et jusqu'à fin 2017

Au japon, Junichi Shibata est un homme influent. PDG de Brain Trust lnc, une entreprise basée à Tokyo, cet amateur d'art organise de grosses expositions internationales. Il était hier de passage à Reims pour finaliser, au musée des Beaux-arts, un projet d'exposition itinérante au japon consacrée aux chefs-d'œuvre du musée rémois, qui aura lieu du printemps 2016 à fin 2017.

Accompagné du responsable d'un des musées japonais dans lesquels les œuvres rêrnoises seront présentées, Junichi Shibata s'est entretenu avec la conservatrice en chef, Catherine Delot. Quelque 140 œuvres devraient faire le voyage au pays du Soleil-Levant, dont 75 œuvres graphiques qui seront exposées en alternance pour respecter les règles de conservation.

Junichi Shibata, qui apporte à la Ville de Reims la coquette somme de 300.000 euros en échange de ce prêt d'œuvres, se réjouit de pouvoir montrer dans son pays les plus belles pièces du musée des Beaux- arts dont La liseuse sur la rive boisée, un tableau de Corot de 1874. La Ville lui prêtera aussi des œuvres de Foujita, Boudin, Sisley, Courbet ou le Marat assassiné, célèbre tableau de Jacques-Louis David, Or, certaines œuvres sur lesquelles Junichi Shibata avait « flashé » resteront à Reims car leur taille, très importante, ne permet pas un voyage en avion. C'est par exemple le cas de l'Anachorète endormi, le tableau de Joseph-Marie Viens, « L'exposition consacrée à Reims au Japon couvrira la période du XVll° et le XX° siècles », précise Catherine Delot.

Valérie COULET

     Extrait de l'union du 01/08/2015

    

       

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 Le Musée des Beaux-arts raccroche

En prévision du déménagement dans un nouveau musée, les salles des Beaux-Arts se fermaient peu à peu. Le projet ayant changé, on raccroche les œuvres.


Des spécialistes sont venus de Paris pour accrocher les grands formats. L'accrochage sera terminé à la mi-juillet


Les couleurs désignent un siècle et valorisent les œuvres (ici l'Orientalisme)

A la mi-juillet, tous les travaux de « ré-accrochage » des œuvres devraient être chevés au Musée des Beaux-Arts de Reims. Le projet de nouveau musée au Boulingrin avait entrainé la fermeture de plusieurs salles et l'emballage de nombreuses œuvres en prévision d'un déménagement. Mais un vent nouveau souffle depuis le changement de majorité municipale (lire ci-contre), avec notamment l'abandon définitif du transfert au profit d'une rénovation-extension qui verra le jour Jans les prochaines années. En attendant, le musée doit vivre, alors on raccroche.

Pour ce faire, les peintres et les menuisiers nt redonné des couleurs à 1.200 m2 de salles d'exposition au rez-de-chaussée et à l'étage, qui sont organisées selon un mode chronologique. Des spécialistes sont venus de Paris pour procéder à la remise en place des œuvres majeures qui permettent au visiteur de se faire le idée de la richesse des collections. Les opérations sont suivies attentivement par Catherine Arnold, le régisseur du musée de la rue Chanzy.

Le musée possède plus de 52.000 œuvres, dont la plupart sont invisibles faute de place ou pour des raisons de conservation. Aussi, explique Catherine Arnold, a-t-il été décidé de rendre provisoires les expositions ... permanentes. En clair, les œuvres exposées resteront en place le temps d’une saison allant de septembre à juin, puis cèderont leurs cimaises à d'autres œuvres, etc.

Le  raccrochage » et cette politique de rotation annuelle permettront aux Rémois de voir des œuvres qu'ils ignorent totalement car elles n'ont jamais été présentées. Certaines d'entre elles ont été restaurées récemment. Toutes sont installées dans un décor renouvelé, qui les valorise réellement.

Pour mémoire, le musée est implanté dans l'ancienne abbaye Saint-Denis depuis 1907, à l'ocasion du legs Henri Vasnier. A l'époque, les concepteurs ont voulu en faire un « petit Louvre », avec la mise en place de verrières dans les toits pour bénéficier d'une lumière « zénithale » (désormais, elles sont obstruées pour cause de travaux).

Les collections sont riches. Elles comportent des œuvres allant jusqu'au XVIe siècle. Beaucoup d'art graphique; des peintures surtout du XVIIe au XIXe, avec entre autres, les séries de Cranach (prêtées pour l'été dans un musée proche de Berlin) et celles de Camille Corot (deuxième collection après le Louvre) ; des Céramiques, dont celles du XVIIIe léguées par Louise Pommery qui seront installées dans une vitrine spécialement conçues pour elles : du mobilier Art Déco, Art Nouveau, avec le projet de présenter les dernières acquisitions à l'automne : des sculptures, dont certaines signées Rodin, Camille Claudel ou Pigalle, et celles de René de Saint-Marceau qui seront exposées cet hiver. Et puis la collection Foujita, dont une partie de la donation récente est en cours de restauration,

DES CHANGEMENTS À VENIR

Les années à venir vont marquer une nouvelle étape dans la vie des musées rémois (Beaux·Arts, Saint-Remi, Reddition, Pompelle), indique l'adjoint à la Culture, Pascal Labelle. Le plus « spectaculaire » en interne sera d'ici à la rentrée 2015, la nomination d'un directeur unique, en remplacement des deux grandes figure, David Liot qui a quitté Reims et de Marc Bouxin, qui mettra bientôt fin à sa carrière. Le deuxième changement sera l'externalisation des réserves. La Ville fera construire un bâtiment spécial pour y entreposer les surplus de collection de ses musées. Une façon de les gérer autrement, de gagner de la place d'exposition, voire d'en générer de nouvelles. Enfin, on attend la rénovation-extension du Musée des Beaux-Arts, suite à l'abandon du projet de nouveau musée au Boulingrin (déjà, à la fin du XIXe siècle, un projet de ce type avait été abandonné par les élus faute de financement, ndlr)

 Jean-François Scherpereel

     Extrait de mag'info N°144 du 07/2015

    

       

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À la découverte des trésors du musée des Beaux-arts de Reims

Il s’agit de l’une des plus prestigieuses collections des musées de France établis en région. À l’abbaye Saint-Denis, on n’expose qu’une infime partie des 52.000 pièces. Direction les réserves où se reposent des œuvres inestimables.


Des centaines de tableaux, parfois des pièces inestimables, attendent de s’exposer au public. Le musée change actuellement de scénographie. Tout devrait être prêt très prochainement.

Dans cette galerie de salles en enfilade, située à l’étage de l’abbaye Saint-Denis, de grandes étagères en fer supportent des tableaux de différentes tailles posés les uns à côté des autres. Nous sommes dans l’une des réserves du musée des Beaux-arts de Reims. Des centaines de peintures s’y reposent sous l’œil des caméras de vidéosurveillance en attendant d’être exposées ou prêtées à d’autres musées. Voyage à travers le temps, les saisons, les courants alors que les œuvres s’offrent au regard du visiteur privilégié que nous sommes. Au détour d’un couloir dont l’accès est uniquement réservé au personnel, deux Monet (Ravin de la Creuse au déclin du jour et Les Rochers de Belle-Isle) entourent un tableau de David (La Mort de Marat). Le musée abrite d’autres œuvres prestigieuses du XIX e  siècle, de Jean-François Millet, Eugène Delacroix, Gustave Courbet, Camille Pissarro, Pierre-Auguste Renoir, Henri Fantin-Latour… Il suffit de demander pour que les tableaux de maîtres défilent sous nos yeux.

Le musée des Beaux-arts de Reims dispose également d’une réserve externalisée, un bâtiment dont l’implantation est tenue top secret et où des pièces fragiles sont préservées de la lumière et des changements climatiques.« Essentiellement les arts graphiques, car la conservation des dessins est très délicate. Ils sont présentés en alternance, c’est-à-dire qu’ils sont exposés 3/4 mois, puis se reposent ensuite 3-4 ans », explique Catherine Delot, conservateur en chef et directeur par intérim du musée.

Depuis trois ans, le musée se consacre à la restauration de son patrimoine. Budget alloué par la Ville : 350 000 € par an. « On essaye de procéder chronologiquement. Ce ne sont pas uniquement des peintures mais aussi des sculptures, du mobilier, des pièces de céramique qui se refont une beauté. » Parmi les plus importantes en cours, la série de toiles peintes, exécutées entre 1460 et le milieu du XVI e  siècle, pour orner les murs de l’ancien hospice de Reims. « Il s’agit de pièces uniques au monde telles La vengeance de notre seigneur Jésus Christ, La Passion du Christ. Il y avait urgence à intervenir . » La poussière s’était accumulée dangereusement sur les œuvres. « Une série a été confiée au Centre de restauration des musées de France, une autre série à Lyon. » Les treize dessins de Cranach l’Ancien et Le Jeune ne sont également plus visibles. Il s’agit de portraits peints sur papier. « Ils sont aussi partis en restauration. On commence à en récupérer quelques-uns. »

Le musée des Beaux-arts de Reims peut aussi s’enorgueillir de posséder la deuxième plus grande collection au monde des œuvres de Camille Corot, après celle du Louvre, 27 toiles provenant de diverses donations (Henry Vasnier et Jean-Pierre Lundy). Ne demandez pas à Catherine Delot, quelle est la pièce de la collection qui a le plus de valeur. « On me pose souvent la question mais on ne fonctionne pas ainsi. Toutes les pièces ont leur histoire, leur particularité, une technique… C’est aussi une question de sensibilité propre à chacun. »

« L'éclusier » de Paul Jamin revient tout juste de restauration. Il évoque une époque révolue, celle des balades au bord de l’eau. Il devrait être prochainement exposé.

La vocation d'un musée, c'esl aussi de sauver des œuvres d'art en péril. C'est ainsi que l'abbaye a ouvert ses portes au gisant de l’abbé Miroy réalisé par René de Saint-Marteaux, qui se trouvait dans le cimetière nord de Reims et dont le mauvais état et le risque de vol menaçaient l'œuvre. Il repose dans la réserve des céramiques en attendant d'être, peut-être, un jour restauré.


Philippe de Champaigne dont la famille était rémoise laisse à Reims, «
Les Enfants Habert de Montmor », peint en 1649.


Des sculptures sont venus au fil des années enrichir le fonds. En 2010, la fille de Carlo Sarrabezolles a offert en donation une série d’œuvres préparatoi


 Au détour d’un couloir à l’accès réservé strictement au personnel, à côté du « Ravin de la Creuse au déclin du jour » de Monet,«
La Mort de Marat » par Jacques-Louis David.


Dans les collections, de belles pièces de mobilier attendent d’être exposées. La commode-écritoire à secrets de Jean Saddon  est l’un des joyaux remarquables, tout comme la commode «
 Le sang d’Arménie » d’Emile Gallé.


«
Le Jeune Italien » de Corot revient tout juste de restauration. Il se repose à la réserve

Aurélie Beaussart

Extrait de l'union du 2015/06/10

    

       

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A Reims, les 52.800 trésors du musée des Beaux-arts doivent être passés au crible

 Au musée des Beaux-arts, deux personnes sont chargées de l’inventaire et du récolement. Un travail de fourmi qui réclame rigueur, minutie et patience

Pour chaque objet, Maxence julien doit remplir à la main les dix-huit colonnes d'un grand registre au format à l'italienne, à l'épaisse couverture noire: « Mode d'acquisition », « Prix d'achat », « Signes particuliers », « Marques et inscriptions », « Mesures », « Provenance géographique »i, « Observations », etc. « L'idée est de donner un maximum d'informations, les plus précises possibles, sur l'œuvre et son parcours. Malgré les recherches, certains objets gardent néanmoins une part de mystère », explique l'attaché de conservation du patrimoine. Ces dix-huit colonnes ont été imaginées dans les années 1970 par Georges-Henri Rivière, ancien directeur du musée national des arts et traditions populaires de Paris. Elles sont aujourd'hui utilisées par tous les musées de France.

À l'heure du tout numérique, l'utilisation d'un support papier n'est-elle pas obsolète? « On sait comment l'encre des stylos et le papier vieillissent au fil des siècles. A Reims, un registre date de 1795 ... On ignore cependant comment l'encre des documents imprimés se comporte à très long terme. D'où le recours papier, rétorque Maxence Julien. Bien sur les données sont également enregistrées dans une base de données informatique. »

Depuis la création de son poste en octobre 2012, Maxence julien est chargé de l'inventaire du musée. Avec Fabien Leroux, assistant de conservation du patrimoine principal, il doit inscrire au registre toutes les oeuvres qui entrent au musée. « Depuis 2012, nous avons reçu 3000 œuvres. La grande majorité provient du fonds Foujita », indique-t-il La réglementation prévoit que les objets d'art doivent être inventoriés au plus tard un an après leur arrivée au musée. « Fin 2015, nous devrons avoir inscrit au registre d'inventaire les 1500 objets reçus en 2014. »

Maxence julien et Fabien Leroux mènent ce travail d'inventaire parallèlement à une mission de récolement. Cette dernière, définie par la loi sur les musées de 2002 et un décret de 2004, consiste à vérifier, à partir des inventaires, la présence des œuvres dans les salles du musée ou dans les réserves. Il faut passer au peigne fin l'ensemble des collections: les biens du musée mais aussi les œuvres qui sont déposées et ne lui appartiennent donc pas. « Nous avons id des dépôts vieux de 150 ans. Au XIX° siècle, les musées parisiens et l'État prêtaient de nombreux trésors à des musées de province; pour démocratiser l'art. Aujourd'hui, un millier d'œuvres sont déposées au musée (lire plus bas). A l'inverse, plusieurs œuvres nous appartenant sont déposées à l'extérieur. Des portraits de maires sont par exemple exposés à l'hôtel de ville, d'autres oeuvres se trouvent au musée' de Cahors Henri-Martin ou au Musée d'art et d'histoire de Meudon », expli4u~ Maxence Julien.

Des notices accessibles sur le portail « Joconde »

Au total, quelque S2 800 œuvres, dont la plupart dorment dans les réserves, doivent passer entre les mains de l'attaché de conservation du patrimoine et de son assistant. Une tâche titanesque menée sur plusieurs années. Fin 2014, 15 % des collections avaient été récolées. « À la fin de cette année, nous espérons en avoir traité 25%, notre objectif étant de récoler un peu plus de 6000 œuvres par an », indique Maxence Julien.

Le récolement est notamment l'occasion de vérifier la conformité administrative et juridique d'un objet - le musée a-t-il bien le droit de l'avoir en sa possession? :- mais aussi son état de conservation. Soit l'équipe travaille dans une salle spécifique du musée, soit elle se rend directement dans les réserves externalisées, l:idée étant de manipuler le moins possible les œuvres pour ne pas risquer de les abîmer. Généralement, le planning du récolement suit l'actualité du musée.

 « Nous allons prêter à ['HistoriaI de Vendée des oeuvres du sculpteur Arthur Guéniot. Nous récolons donc dès aujourd'hui certains de ses travaux dont un projet de monument commémoratif pour la commune de Corseul », informe Maxence Julien.

Sur le plâtre, ce dernier cherche d'abord le numéro d'inventaire pour vérifier l'absence d'erreur. S'il a disparu, il l'écrit au feutre sur une couche de vernis réversible ou sur une étiquette. Il rédige ensuite une description détaillée de l'objet, précisant par exemple la présence d'une guirlande décorative sur le soubassement, dès salissures et un léger éclatement de l'armature. L'œuvre est ensuite photographiée. comme certains détails (des éléments particuliers. des craquelures ... ). Le récolement permet aussi de faire le point sur toutes les expositions pendant lesquelles elle a été présentée.

Entrées dans un logiciel spécifique, quelques· notices sont transmises à « Joccnde ». le portail des collections des musées de France géré par le ministère de la Culture. A ce jour, le grand public a accès à 30 notices du musée des Beaux-Arts de Reims.  « Un versement de 90 nouvelles notices est prévu en juin prochain, annonce Maxence julien, A terme, les internautes pourront en découvrir plus de 400. » L'occasion de profiter du travail de fourmi réalisé au sein du musée rémois.

Un millier d'œuvres en dépôt

Le musée des Beaux-arts abrite d'un millier d'œuvres déposées. Le célèbre tableau L'Odalisque blonde de François Boucher est par exemple confié, depuis 1951, par le musée. du Louvre. En février 2014, un exceptionnel ensemble Art déco, en provenance du Musée des arts décoratifs, a aussi été déposé à Reims. Ce chef-d’œuvre, réalisé dans les années 20 pour l'hôtel particulier de la famille Fels à Paris, est composé d’un salon et d'une salle à manger. Démonté en 1980, l'ensemble fut reçu en dation par l'État (une dation est l'utilisation d'œuvres aux fins de payer des droits de succession) le 9 mars 1983 par les musées du Louvre et d'Orsay. En 1985, il fut déposé au Musée des arts décoratifs. Or, impossible, faute de place, de remonter ces deux grandes pièces de 200 m'. En 2010, le musée parisien les proposa à Reims, ville marquée par l'Art déco. Le transfert au musée des Beaux-arts eut lieu quatre ans plus tard.

À SAVOIR

•.- L'appellation « Musée de France» a été instaurée par la loi du 4 janvier 2002. 1 218 musées, dont le musée des Beaux-arts de Reims, ont cette appellation.

•.- L’inventaire a pour but d'assurer la conservation administrative et de préserver l'identité des objets acquis par les musées ou qui y sont déposés. Le numéro d’inventaire permet l'identification exacte de tout objet appartenant aux collections  du musée. Il est le garant de l'identité d'un objet.

•.- Le récolement est l'opération qui consiste à vérifier, sur pièce et ! sur place, à partir d'un bien ou de son numéro d'inventaire: la présence du bien dans les collections, sa localisation, son état. son marquage, sa conformité avec l'inscription à l'inventaire.

Par Valérie Coulet

Extrait de l'union du 26/05/2015

    

       

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Plusieurs chantiers en cours au musée des Beaux-arts

Malgré des travaux en cours et à venir, l’équipe du musée des Beaux-arts ne chôme pas. Elle prépare plusieurs projets dont un parcours chronologique, à découvrir fin juin.


Lancés en mars dernier, les travaux se poursuivent au premier étage du musée. Bernard Sivade

Depuis la fin de la grande exposition « Jours de guerre et de paix, regard franco-allemand sur l'art de 1910 à 1930 », le musée des Beaux-arts de Reims est partiellement fermé. Car après la phase de décrochage en début d'année, les salles du premier étage sont entièrement réaménagées. Après avoir démonté et remonté les cloisons, les équipes techniques, qui repeignent actuellement les murs, attendent notamment une grande vitrine d'environ six mètres de large, en cours de fabrication aux ateliers municipaux. Cette vitrine abritera de précieuses céramiques ayant appartenu à  Mme Pommery.

« Nous avons entièrement repensé la présentation des œuvres au premier étage du musée. Nous avons opté pour un parcours chronologique que le public pourra découvrir à partir de la fin du mois de juin », indique Catherine Délot.

Vingt-sept tableaux de Corot sortis des réserves

La conservatrice en chef, qui dirige le musée, des Beaux-arts depuis le départ de David Liot, précise que ce nouveau cheminement permettra de sortir des réserves vingt-sept tableaux de Jean-Baptiste Corot. Parmi ces chefs-d’œuvre, le très célèbre Jeune Italien assis daté autour de 1825.Ce nouveau parcours sera aussi l'occasion de mettre en valeur de nombreux paysages du XIX° siècle, l'idée étant de proposer aux visiteurs un beau voyage allant du XVI' au XX° siècle.

Les œuvres ont été choisies avec la « volonté d'alléger la présentation ». Les visiteurs pourront voir l'une des deux versions - l'autre se trouve au Louvre - de L'odalisque blonde, ce célèbre tableau peint en 1743 par François Boucher représente une jeune femme nue, allongée sur le ventre sur un sofa.

Parallèlement à la création de ce nouveau parcours chronologique au premier étage du musée, l'équipe de Catherine Delot prépare, pour septembre, une exposition à la Villa Demoiselle. Elle portera sur la collection d'œuvres d'art de Henry Vasnier, Le public pourra admirer des peintures mais aussi des céramiques. des meubles et des verreries. Le musée des Beaux-arts transférera notamment, à la Villa, la salle à manger Emile Gallé, ode à la nature et à la vigne champenoise.

Une exposition sur le sculpteur René de Saint-Marceaux

Fin 2015, le rez-de-chaussée du musée sera à son tour réaménagé. « Nous souhaitons y présenter des œuvres Art nouveau et Art déco, comme du mobilier, explique Catherine Delot. Or, dès l'été prochain, la conservatrice en chef prévoit une petite exposition, très pédagogique, consacrée au sculpteur rémois René de Saint-Marceaux, dont on marque cette année le centenaire de la mort.

Autre projet: présenter au public un meuble articulé en zinc poli. Réalisé en 1928 par Michel Dufet, il a été offert fin 2014 au musée des Beaux-arts par le galeriste parisien Félix Marcilhac. Dufet avait créé deux exemplaires de ce meuble. L'un se trouve donc à Reims, l'autre au Musée d'art moderne de la ville de Paris.

Par ailleurs, le musée des Beaux-Arts de Reims va prochainement participer au 500· anniversaire de la naissance de Cranach le Jeune, en prêtant au musée de Wittenberg en Allemagne treize portraits signés de l'illustre peintre et graveur du XVI' siècle, Dans cette exposition qui débutera le 26 juin prochain, une salle sera spécialement consacrée aux dessins venus de Reims ...

« En 2016 et 2017, nous devrions aussi participer à des expositions autour de Foujita dans plusieurs villes du japon dont Tokyo et Nagoya », annonce encore Catherine Delot. Parallèlement à tous ces projets d'expositions, la conservatrice planche aujourd'hui, avec la Ville, sur la future grande réserve muséale, externalisée et mutualisée. « Nous allons voir ce qui se fait dal]s les autres agglomérations comme Nancy, Dijon ou Montpellier pour mesurer les points positifs et négatifs », raconte-t-elle, rêvant déjà d'un futur musée ...

Des tableaux grand format


L’Eclusée, huile sur toile (1888) de Ferdinand Gueldry. © MBA Reims 2015/Christian Devleeschauwer

Le nouveau parcours chronologique, à découvrir à partir de la fin du mois de juin prochain, mettra notamment en valeur un certain nombre de tableaux de grand format dont le superbe l'éclusée de Ferdinand Gueldry. Réalisée en 1888, cette huile sur toile, de 216,5 cm de large sur 171,8 cm de haut cadre compris, fait partie du legs Henry Vasnier et appartient donc au, musée des Beaux-arts de Reims depuis 1907. Ce tableau, qui n'a pas été exposé depuis de très longues années, a récemment été restauré à Reims par Christian Vibert, dans son atelier proche de la cathédrale. La couche picturale, protégée par du papier Japon, était très abîmée, Le cadre a, pour sa part, été restauré à Paris, aux Ateliers Gohard. On ne sait pas où Ferdinand Gueldry, qui a été membre de la Société nautique de la Marrie, a peint 'Cette toile, Il n'est pas exclu que la scène ait été saisie sur le canal, à Reims ou ses environs ...

Valérie Coulet

Extrait de l'union du 17/05/2015

    

       

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Le musée des Beaux-arts sera réhabilité et agrandi

Hier soir, À Robinet a annoncé la réhabilitation avec extension du musée des Beaux-arts et l’ouverture, en 2017, d’une maison du projet pour valoriser les collections.


 Nous avons la chance que le musée soit situé à deux pas de la cathédrale... La réhabilitation, ça plaît ou ça déplaît mais c’est mon choix.04/12/2014» Dixie M. Robinet. Christian Longtemps

« Il n’y aura pas de nouveau musée des Beaux-arts, ailleurs. Je souhaite la réhabilitation de l’abbaye Saint-Denis avec extension dans un premier temps, au niveau du parking et des jardins, puis dans un second temps - et si l’ESAD déménage -, à l’emplacement libéré. » Brouhaha dans la salle, la nouvelle pourtant prévisible a suscité de vives réactions. Hier soir, Arnaud Robinet avait réservé son annonce aux membres de l’association pour un grand musée au Boulingrin. Le maire de Reims s’attendait à susciter des déceptions et souhaitait justifier son choix. « J’assume totalement le changement de projet urbanistique. Je n’ai pas trahi les Rémois. J’ai toujours assuré que ma priorité était la construction d’un espace ludique. Et, il y a des réalités auxquelles il faut faire face : ce projet, très beau sur le papier, n’était pas financé. »

La baisse de la dotation de l’État devrait se traduire à Reims par un manque de 72 millions d’euros dans les cinq ans à venir : « soit la capacité d’investissement de la Ville sur un an. Je suis donc dans l’incapacité de financer le projet Chipperfield, si ce n’est en augmentant de 5 % le taux d’imposition ce que j’ai promis de ne pas faire si j’étais élu.  » Quant au coût de l’annulation du projet : « J’ai entendu et lu, tout et n’importe quoi. Il s’agit précisément de 4,9M € dont 2M € pour les fouilles et sondages. Cette étape n’a pas été réalisée en vain. Je souhaite valoriser ces découvertes archéologiques dans le cadre du projet d’aménagement du Sernam, du Boulingrin, des Promenades et du tri postal. » Et histoire de couper court aux attaques dont il a fait l’objet ces derniers mois : « La culture n’est pas réservée aux gens de gauche. Je ne suis pas en guerre contre la culture. »

Des collections visibles aux anciens celliers Jacquart

Arnaud Robinet veut mettre en place « une véritable politique muséale à Reims. Nous avons 20-30 ans de retard. Il faut rendre nos musées plus ludiques et interactifs pour nos enfants. C’est pourquoi, il faut un directeur pour coordonner l’ensemble des musées et surtout élaborer un projet culturel et scientifique cohérent ».

Si aucun projet de rénovation de l’abbaye ne se trouve actuellement sur le bureau du maire, Arnaud Robinet a une idée précise du calendrier. « En 2015, nous lançons les études de faisabilité. Parallèlement, nous disposerons, dès juin, des anciens celliers Jacquart réhabilités. Je souhaite que la salle d’exposition de 850 m2 puisse servir à mettre en valeur les collections du musée . En 2017, nous disposerons d’une maison du projet dont j’annoncerai l’emplacement dans quelques semaines. Elle abritera, entre autre, la donation Foujita. »

À ceux qui se languissent de voir le musée agrandi, il va falloir prendre son mal en patience : « Il nous faut être raisonnable et réaliste, commente Arnaud Robinet. Le nouveau musée des Beaux-arts ne sera pas fonctionnel d’ici 2020. »

A savoir

Le GMB, depuis quand ? L’association pour un grand musée au Boulingrin a été créée en décembre 2005.

Pourquoi une association ? Pour défendre le projet de construction d’un musée des arts ambitieux à l’échelle nationale et internationale et mettre en œuvre des actions de sensibilisation, d’éducation et de création pour rendre les collections du musée accessibles au public le plus large.

Pourquoi y a-t-il urgence ? Le musée est exigu, (il ne peut exposer que 7,5 % de ses 50 000 œuvres), inadapté (conditions de conservation très moyennes pour les œuvres et le site ne peut accueillir les personnes à mobilité réduite) et puis le risque de perdre des œuvres inestimables (la donation Foujita -700 œuvres estimées à 5 M €- est conditionnée par la création d’un espace dédié de 240 m2 d’ici 3 ans, le legs Pommery (1892) -des faïences estimées à 1M €- doit être restitué en 2018 s’il ne dispose pas d’un espace dédié, de même pour les dépôts du centre Pompidou s’ils ne sont pas rapidement mis en valeur).

Aurélie Beaussart

     Extrait de l'union du 05/12/2014

    

       

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Le directeur du musée des Beaux-Arts de Reims jette l’éponge

À Reims, un départ dans le milieu culturel peut en cacher un autre. Après le Manège et La Cartonnerie, c’est le musée des Beaux-Arts qui perd son directeur.


Nommé à Reims en 1999, David Liot a travaillé pendant de très longues années sur le projet de Grand Musée...

La nouvelle équipe municipale ferait-elle fuir tous les acteurs culturels ? Devant les annonces de départs qui s’enchaînent – Stéphanie Aubin au Manège, Gérald Chabaud à La Cartonnerie et David Liot au musée des Beaux-arts –, on est en droit de se poser la question. Et de se demander : à qui le tour ? Évidemment, chaque cas est particulier et les raisons de ces changements d’horizons ne sont pas forcément liées à des incompatibilités avec la mairie. Il n’empêche que ces démissions, avec pour certaines d’entre elles des promotions à la clé, bouleversent le paysage culturel rémois et posent la question d’un éventuel malaise.

« Je n’aurais pas eu la même passion »

« Ce n’est pas fini ! », ironise Serge Pugeault, l’ancien adjoint à la culture dans l’équipe de la socialiste Adeline Hazan, prédisant d’autres départs. Dans le même temps, des directeurs de structures comme Serge Gaymard à l’Opéra et Ludovic Lagarde à La Comédie affirment leur souhait de poursuivre leur mission à Reims et de défendre la création culturelle. Ce dernier, dont le contrat signé avec l’État s’achève fin 2015, se dit prêt à s’engager pour un troisième mandat. « Les liens tissés entre les différentes structures culturelles rémoises sont très forts et uniques en France. Il faut absolument les préserver », assure Serge Gaymard, en déplorant la « baisse des budgets » qui complique tout.

« J’avais déjà été tenté de partir ailleurs en France mais j’estimais que c’était une grande chance de pouvoir travailler sur un projet de création d’un musée », raconte aujourd’hui David Liot. Quand le projet de David Chipperfield pour le Grand Musée de Reims, voté à l’unanimité en 2012, a été annulé par Arnaud Robinet car jugé trop coûteux, le directeur du musée des Beaux-Arts a naturellement été très déçu. « Repartir sur d’autres bases, pour un nouveau projet, m’a paru compliqué car nous avions déjà mené un travail de titan. Je préfère passer la main car je n’aurais pas eu la même passion », explique ce diplômé de l’École du Louvre, nommé à Reims en 1999, sous la mandature Jean Falala.

« Nous ne sommes pas propriétaires des musées »

En avril prochain, David Liot rejoindra Dijon où il prendra la tête des cinq musées et du patrimoine de la Ville. Une belle opportunité pour ce Normand d’origine du Louvre qui a démarré sa carrière au Centre de recherche et de restauration des musées de France à Versailles.

Ce passionné de l’art du XXe siècle dit aujourd’hui ne pas vouloir avoir de regrets. « Il ne faut pas oublier que nous ne sommes pas les propriétaires des musées que nous dirigeons. Nous ne sommes que des passeurs, chargés de transmettre les œuvres aux générations futures », dit-il. David Liot rappelle aussi que les « carrières dans la culture sont faites d’imprévus ». Des imprévus qui secouent le microcosme rémois.

Valérie Coulet

Extrait de l'union du 04/12/2014

    

       

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Fabien Leroux observe les Beaux-Arts à la loupe

Chargé de la description complète des 52000 pièces du musée des Beaux Arts, Fabien Leroux sera parmi ceux qui auront le rare privilège de contempler et d'étudier les 139 nouvelles oeuvres de la donation Foujita déjà riche de 663 pièces d'exception.

 C'est sans doute ici, dans cette immense pièce du rez-de-chaussée du musée des Beaux-Arts aux allures d'atelier, baignée ce matin-là par l'intense luminosité d'un printemps précoce, que passeront, à un moment donné ou à un autre, les 139 nouvelles oeuvres, et 87 lots d'objets divers, de la donation Foujita déjà riche de 663 oeuvres. Chargé de conservation au grand musée historique du 8 rue Chanzy, Fabien Leroux sera l'un des quelques privilégiés qui découvriront en premier ses nouvelles pièces du célèbre peintre franco-japonais, baptisé en 1959 en la cathédrale de Reims et réalisateur d'une oeuvre d'art total : la fameuse chapelle Notre-Dame de la Paix dite Foujita.

« On a inventorié les 663 premières oeuvres de la donation en trois mois» se félicite le diligent Fabien Leroux, attendant déjà les prochaines oeuvres avec la gourmandise d'un gourmet. « Nous recevons surtout des fonds d'atelier, des croquis, des dessins préparatoires comme ceux de la chapelle Notre-Dame de la Paix. Ces pièces fragiles, dont certaines devront passer sous les mains de restaurateurs, nous permettront aussi de mieux connaître le processus de création artistique de Léonard Foujita » explique-t-il. Dans l'exposition « 1913-2013, Cent ans, 52 000 oeuvres» que le musée consacre à son centenaire, une section est d'ailleurs réservée à ce patient travail d'inventaire, de description et de sauvegarde des oeuvres.

Musée virtuel

Fabien Leroux est le M. Récolement du musée des Beaux-Arts. Venu tout droit de l'insondable richesse de la langue administrative, le « récolement » désigne l'opération qui oblige à vérifier la présence des biens dans les collections.

« Cest une description très complète d'une pièce, un état des lieux qui permet de lui donner une vraie identité juridique » indique-t-il. « On arrive à reconstituer toute l'histoire d'une pièce. On établit également un constat d'état pour planifier au mieux la restauration des oeuvres. On réalise aussi une campagne photographique » poursuit Fabien Leroux, l'une des deux personnes embauchées spécialement pour ce récolement rendu obligatoire par la loi-musée de 2002. « Cest un vrai travail à temps plein » assure-t-il. A raison d'environ 5000 pièces « récolées» par an, il reste encore dix ans pour terminer le travail. Il faudra sans doute alors recommencer ...

« Ce récolement est devenu un vrai outil de valorisation des trésors un peu oubliés des collections du musée » aime à souligner Fabien Leroux. «L'informatique est un outil important. D'ailleurs, La base documentaire est déjà numérisée. Et on va bientôt verser nos oeuvres à la base de données « Joconde », le portail des collections des musées de France". Tout un chacun pourra alors, quand il le souhaite, partir à la découverte de toutes ces pièces qui dorment dans les collections. Un véritable « musée virtuel» !....

A l'occasion de son centenaire, le Musée des Beaux-Arts. 8 rue Chanzy ci Reims. propose jusqu'au 18 mai 2014 l'exposition « 1913-2013. Cent ans, 52 000 oeuvres

Par Dominique Charton

     Extrait de mag'info 04/2014

    

       

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  Un exceptionnel ensemble Art déco confié à Reims

  Deux camions en provenance du Musée des arts décoratifs ont été déchargés hier matin au Musée des beaux-arts. Ils contenaient la dation Fels.


Le déchargement des deux camions à démarré hiers à 9H30 


David Liot observe « Les éléphants du Maduraï ».

Le silence s'est naturellement imposé, hier matin, quand le carton de plus de 3 mètres de large et de ,2,90 mètres de haut a été posé dans la réserve déjà bien encombrée. Dans leur tenue bleu roi, les déménageurs ont, avec des gestes précis et sûrs, déshabillé l'immense paquet composé de plusieurs .épaisseurs de carton, de papier bulle et d'une fine couche protectrice. Munis de gants, et perché, pour l'un .d'eux sur un escabeau, ils, ont peu à peu dévoilé le tableau qui est ... apparu à l'envers. Urie erreur vite rectifiée, sans précipitation.

• Les.élêphants de Maduraï » s'est alors offert au regard des quelques privilégiés entourant David Liot, le directeur du Musée des beaux arts, et la conservatrice Catherine Delot. L'huile sur toile, mettant en scène trois magnifiques éléphants marchant majestueusement devant un temple, devra être restaurée, La toile est notamment distendue.


Mme DELOT montre une photo du salon


Le salon tel qu'il était installé. ADAGP.Paris 2014/Studio Sébert

« Contrairement à celles de l'Art nouveau, les cotes de l'Art déco sont actuellement en train de s'envoler.»

David Liot, directeur du musée

Peint en 1926 par lé peintre Paul Jouve, un ami du Rêmois Jean Goulden, ce tableau décorait autrefois le salon de l'hôtel particulier de la riche famille Fels, au 31 rue Octave Feuillet, dans le 16° arrondissement de Paris, Il fait partie de l'ensemble Art déco déposé hier au Musée des beaux-arts de Reims.

Ce chef-d'oeuvre est composé d'un salon et d'une salle à manger, imaginés par les artistes les plus en vue des années vingt. Pendant des années, ces deux salles de réceptions mondaines ont été fréquentées par les grands noms du monde artistique, politique et littéraire comme Gide, Claudel, Hemingway ou Churchill.

Dêmoritê sur place en 1980, l'ensemble fut reçu en dation par l'Etat (une dation est l'utilisation d'oeuvres aux fins de payer des droits de succession) le 9 mars 1983 par les musées du Louvre et d'Orsay. En 1985, il fut déposé au Musée des arts décoratifs. Or, impossible, faute de place, de remonter ces deux grandes pièces ,de 200 m2. D'où l'idée du musée parisien de les proposer à Reims, une ville très marquée par l'Art déco. C'était en 2010. Quatre ans plus tard, le transfert a enfin pu avoir lieu, grâce notamment au Cercle rêrnois des mécènes qui a pris en charge les 11 500 euros du transport.

Des ensembles exceptionnellement complets

L'ensemble est destiné à être exposé dans le futur musée ... En attendant, il va être déposé dans les réserves. Une fois que tout sera déballé et inventorié, une liste de ce qui doit être restauré sera établie. Mais rien ne sera engagé avant l'an prochain.

Composé d'un canapé, d'une cheminée en marbre noir, de lustres, d'appliques, d'une table gravée, d'un miroir, de pilastres haut de 4 mètres, de boiseries d'art, de peintures et de tapis, ce salon et cette  salle à manger sont exceptionnels car " très complets ".

"L'ensemble a une valeur d'au moins deux millions' d'euros ",  estime David Liot, en précisant que l'Art déco voit actuellement, et contrairement à l'Art nouveau, sa  cote monter en flèche.

Les Rémois vont devoir faire preuve de beaucoup de patience avant de découvrir cette exceptionnelle dation.

Valérie COULET

Extrait de l'union du 12/02/2014

    

       

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   Un Chagall au musée des Beaux-arts


La "Chute d'Icare" exposé à Reims jusqu'en 2015.

                    Un nouvel arrivant est accueilli ce vendredi au musée des Beaux-arts de Reims : une huile sur toile intitulée La chute d’Icare, de Marc Chagall. Cette oeuvre est  prêtée par le Musée national d’art moderne de Paris. Le tableau sera exposé au sein du musée rémois jusqu’en janvier 2015

Extrait de l'union du 12/09/2013

    

       

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Musée des beaux-arts : agrandir ou reconstruire ?

Agrandir le musée des Beaux-arts existant ou le reconstruire dans le secteur Boulingrin.

La ville a décidé de lancer une étude de faisabilité.


Un nouveau musée des beaux-arts verra-t-il le jour ?
 Gérard PERON

 La ville, propriétaire des locaux du musée des beaux-arts, a voté lors de son dernier conseil municipal le lancement d'une étude « de faisabilité sur sa restructuration in situ ou sa reconstruction sur le secteur du Boulingrin ».

« Cette délibération fait suite à une étude sur la possible intégration du musée des beaux-arts dans les halles, qui n'y était pas favorable d'ailleurs, » explique Mario Rossi, adjoint au maire chargé de la culture. La question pertinente aujourd'hui est où doit être installé le musee des beaux-arts ? ».

Après l'exposition Art déco, les collections du musée des beaux-arts sont en train d'être réinstallées. « Nous allons pouvoir présenter 6% descollections, c'est très peu. Le pourcentage idéal serait de présenter 20 à 30% des collections. Notre réflexion porte sur un grand musée. » Actuellement, le musée des beaux-arts présente une surface de 4.500 m2 et (salles d'exposition et réserves) « le musée idéal devrait en faire 15.000 »

Deux hypothèses : « soit agrandir sur place, mais même en creusant, agrandir sur les jardins, la cour et pourquoi pas en empiétant sur l'emprise de l'ESAD. » La 2°' hypothèse « que je défends », confie l'adjoint, « est de construire un musée sur le secteur des haltes, mais surtout pas dans les halles. »

« Surtout un comparatif »

L'étude va être lancée et « devrait être rendue d'ici 6 à 8 mois. Nous disposons déjà de nombreux éléments grâce aux études précédentes. Il s'agit plus de faire un comparatif avantages/inconvénients. Les halles présentent deux avantages : c'est un pôle facilement attractif et un inusée créerait une centralité supplémentaire. » Dans la délibération, le maire est également autorisé à demander des subventions à l'État.

«Nous devons rencontrer au mois de mai,» précise Mario Rossi, « la directrice des musées de France - Mme Mariani-Ducray - a l'invitation du directeur régional des affaires culturelles. »

Car au cours du dernier conseil d'administration du FRAC, «État et Région se sont intéressés à la création d'un grand fond régional d'art contemporain. Si le site du Boulingrin est retenu pour les Beaux-arts, nous sommes prêts à envisager d'y adjoindre un nouveau FRAC. «La ville serait  ainsi dotée d'un grand musée, un lieu très important. Ce serait un attrait capital en terme de public. »

Quant aux travaux de l'actuelle façade (classée) du musée des beaux-arts, une étude a également été lancée pour la refaire, mais l'étude n'est pas encore revenue.

Patricia Buttet                           

Extrait de l'union du 07/04/2007

    

       

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Le musée des Beaux-Arts bientôt dans les halles ?

La décision de lancer l'étude sera prise à la mi-décembre.

Les halles Boulingrin abandonnées et classées en 1990 vont revivre. Si c'est techniquement et  financièrement possible, le bâtiment accueillera dans quelques tannées le musée des Beaux-Arts.

C'est officiel. Si l'étude de faisabilité que va lancer la ville à la mi-décembre avec le concours financier de l'Etat est concluante, le musée des Beaux-Arts pourrait bien déménager dans quelques années dans les halles Boulingrin rénovées.

Le projet a pour but de permettre à la ville, en symbiose avec les services culturels del'Etat, de faire d'une pierre deux coups.

Les halles classées en 1990 et abandonnées pourront enfin retrouver leur superbe. Le musée des Beaux-Arts dont 90 % des richesses dorment en sous-sol rue Chanzy et qui doit être totalement repensé pourra enfin trouver un écrin à la mesure de son importance et de la qualité de ses collections.

« Mais il s'agit dans un premier temps de voir si le musée idéal souhaité pour le musée des Beaux-Arts tient dans la boîte que constituent les halles. Si la dalle est capable de tout supporter », prévient le maire Jean-Louis Schneiter

« II faut vérifier la  faisabilité, le coût par rapport aux besoins du musée de façon à ce que l'investissement et le fonctionnement ne soient pas insupportables » complète Georges Poull, directeur de la direction régionale des affaires culturelles de Champagne-Ardenne heureux de constater que depuis trois ans l'Etat, la Drac et la ville « travaillent en parfaite intelligence »,

De 4.600 à 15.000 m2

Il aurait pu être édifié au Boulingrin. Il a finalement trouvé sa place rue Chanzy dans l'ancienne abbaye Saint-Denis pour abriter à l'origine la collection Henri Vasnier. Le musée des Beaux-Arts à l'étroit dans son costume usé de 4.600 m2 doit être réhabilité.

« La direction des musées de France a mis dans ses priorités la rénovation de ce musée » explique Mario Rossi, adjoint à la culture. « Avec David Liot, conservateur du  musée,  un groupe réfléchit au musée idéal.

Dans ce contexte, les 15.000 m2 des  halles  (6,000 en rez-de-chaussée, 6.000 en sous-sol et 3.000 m2 de mezzanine) pourraient constituer un site idéal.

Reste à savoir si c'est techniquement possible. Reste à déterminer le prix à payer pour l'ensemble du transfert du musée des Beaux-Arts sachant que la seule réhabilitation des halles (voûte etc...) est déjà aujourd'hui estimée à 11 millions d'euros.

Doubler la fréquentation

Considérant ce dossier avec la plus extrême attention, la municipalité et les différents responsables culturels (région,état) n'hésitent pas, toutes proportions gardées, à l'imaginer comme l'un des plus beaux projets à venir en matière culturelle. Ils voudraient le réussir comme Roubaix a su transformer sa piscine en musée d'art contemporain. « On pourrait doubler, voire tripler le nombre des visiteurs qui est actuellement d'environ 34.000 en moyenne chaque année » affirme Mario Rossi.

Invité à. accepter cette étude du transfert du musée aux halles co-financée par l'Etat, le conseil municipal devra aussi dire s'il est d'accord pour accepter le lancement d'une seconde étude qui concerne cette fois l'utilisation du Boulingrin.

« II s'agit de voir si on peut faire sur cet emplacement un parking un marché et d'autres réalisations » précise le maire.

Réponse dans une quinzaine.          

Alain Moyat                 


Si l'étnde est positive le musée des Beaux-Arts dont 90% des collections dorment en sous-sol
pourrait être transféré dans les halles rénovées

L'école de design a planché sur les halles

Si la ville réfléchit à un projet de déménagement du musée des Beaux-Arts, rien ne dit que cela sera possible techniquement. Le maire a alors parlé d'un musée archéologique. Mais d'autres pistes ont été envisagées comme l'implantation dans les halles, sur un même lieu, du Fonds régional d'art contemporain, de l'école supérieure de Design et de Césaré.

On vient d'apprendre qu'à l'occasion de son 10e anniversaire, l'Essad, dont les élèves de 3e année ont planché l'an dernier sur le dossier des halles, exposera justement des projets et des maquettes le mardi 17 décembre au Conservatoire de région, rue Gambetta. Il y a notamment un projet gastronomique proposé par la section design culinaire qui permettrait d'associer marché permanent et Essad. Nous y reviendrons.

A.M.

 Extrait de l'union du 12/2002

    

       

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 Le musée des Beaux Arts sort de sa réserve

Mise aux normes de sécurité des réserves du musée des Beaux Arts.
Création d'issues de secours.

Traitement du mobilier et passage en revue de toutes les œuvres. Le musée des Beaux Arts fait sa toilette. Etat des lieux.


Les tableaux ont été sortis des réserves et répertoriés
dans l'attente d'être un jour accrochés sur les cimaises du musée.

Depuis le mois de juillet, trois « réserves » du musée des Beaux Arts sont en travaux. Elles sont mises aux normes de sécurité : installation d'un système de sécurité incendie, cloisonnement et réhabilitation  des plafonds.  Du coup, toutes les œuvres qui y étaient entreposées (peintures, meubles et céramiques) doivent être déménagées et déposées dans plusieurs salles du musée qui ne sont plus accessibles momentanément au public : la salle Diancourt (présentation d'une  partie des œuvres jusqu'au samedi 12 octobre), Kasparck (inaccessible du jeudi 3 octobre jusqu'à mi-novembre) et Pommery (cloisonnée jusqu'au samedi 9 novembre 2002).'

Les travaux dureront cinq mois. De plus trois issues de secours vont être percées dans le bâtiment. Cet aménagement est  loin d'être négligeable quand on sait que le musée a accueilli 34.626 visiteurs l'année dernière. Le budget global de cette opération financée par la vile de Reims s'élève à 289.700 euros.

 Mais attention : durant tous ces  travaux le musée reste néanmoins ouvert. Le public peut accéder aux autres salles et voir l'exposition temporaire « Mazeppa-Autour des Orientales de Victor Hugo » (jusqu'au 6 octobre 2002).

Toile retrouvée

« On s'est trouvé à la tête d'une véritable caverne d'Ali Baba, souligne David Liot, directeur du musée. Pour faire le travail, nous avons fait appel à une société spécialisée car les manipulations sont très délicates. Tout est répertorié protégé et classé, ce qui nous donne l'occasion de faire un inventaire précis des richesses du musée.  On compte environ 12.000 œuvres mais jusqu'à présent on ne pouvait en exposer que 10 %. Nous espérons en présenter beaucoup plus prochainement »

« A l'occasion de ces travaux,  nous avons retrouvé une œuvre qu'on croyait «perdue» à la guerre de 1914. Il s'agit d'une toile religieuse d'Hellarty peintre local du début du XVIIIe siècle, et intitulée « Laissez venir à moi les petits enfants ».

Parallèlement à cela, un bilan de l'état sanitaire de chaque pièce est fait. C'est ainsi que côté mobilier un exercice fort original est entrepris.

Sous la bulle


Coincés sous la bulle, les insectes indésirables
ayant élu domicile dans le mobilier sont condamnés à mourir 

Afin de libérer chaque meuble des insectes xylophages (mangeurs de bois) qui s'y sont installés avec le temps, les meubles ont été regroupés. Puis emballés sous un grand plastique soudé pour éviter tout échange avec l'extérieur. A plusieurs reprises cette « bulle » de 100 mètres cubes a été vidée de son oxygène et on y a insufflé de l'azote. L'emprisonnement va durer trois semaines afin que tous les insectes soient exterminés. Pour ne pas dessécher l'environnement gazeux ambiant, ce qui risquerait d'endommager le bois et les tissus, un humidificateur a été installé à l'intérieur de la bulle. Le tout est surveillé par informatique.

« Ce procédé d'anoxie a d'abord été employé aux Etats Unis en agroalimentaire puis sur les œuvres d'art explique Alain Renard, conservateur parisien des temps modernes, venu du Centre de recherche et de restauration  des  musées  de France (C2RMF). Une fois l'opération terminée il faut veiller à ce que de nouveaux insectes ne s'installent pas. Les murs des réserves doivent être enduits de produits insecticides, ainsi que certaines parties des meubles qui y sont rangés ».

  
 Une société spécialisée manipule les œuvres d'art : Attention, fragile !

 Extrait de l'union 09/2002

    

       

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