La Comédie de REIMS

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Je veux créer   un lien fort avec le public de la Comédie
La Comédie de Reims emmène Molière en Chine

Ludovic Lagarde reste à La Comédie

La Comédie dévoile l'envers du décor

Trois ans de plus pour Ludovic Lagarde à la Comédie

Les affiches coloréesde La Comédie, c'est lui!

Nouvelle saison de la comédie : « Il faut décloisonner la culture »

Ludovic Lagarde, nouveau directeur de la Comédie de Reims.

L’Atelier : le petit bijou de la Comédie

Les femmes savantes de Molière

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je veux créer un lien fort avec le public de la Comédie

En janvier, à la Comédie de Reims, la metteuse en scène Chloé Dabert prendra la succession de Ludovic Lagarde. Première rencontre.


Cette année est particulièrement riche pour Chloé Dabert : une création à la Comédie-Française, une autre au Festival d’Avignon et une nomination à Reims. N.Blanc

Bio express

*.- NAISSANCE à Evreux, en 1976.

*.- DE 1999 À 2002, elle suit les cours du Conservatoire national supérieur d’art dramatique de Paris.

*.- DE 2008 À 2015, elle est artiste associée à Lorient.

*.- EN 2012, elle fonde, avec le comédien Sébastien Éveno, la compagnie Héros-limite.

*.- EN 2014, elle est lauréate du Prix du festival Impatience consacré aux jeunes compagnies, avec sa mise en scène d’« Orphelin s » de Denis Kelly.

*.- DEPUIS 2015, elle est artiste associée au Cent-Quatre à Paris.

EN JANVIER 2018, elle crée « J’attendais que la pluie vienne » de Jean-Luc Lagarce à la Comédie-Française.

*.- LE 20 JUIN 2018, elle est nommée par la ministre de la Culture directrice de la Comédie de Reims, à compter du 1 er janvier 2019.

*.- DU 8 AU 15 JUILLET, elle présentera au Festival d’Avignon, son « Iphigénie » de Racine.

Être la première femme nommée à la tête de la Comédie de Reims et l’une des rares directrices en France d’un Centre dramatique national (CDN), est-ce pour vous une grande fierté ?

Je suis très fière d’être nommée à la direction de la Comédie de Reims. Mais j’essaie de ne pas penser au fait que je suis la première femme. Car je ne veux pas me mettre trop de pression !

Qu’est-ce qui vous a poussé à postuler à la Comédie de Reims, alors que vous travailliez jusque-là au sein de votre compagnie Héros-limite ?

C’était compliqué pour moi de ne pas être attachée à un lieu. J’ai ce besoin de m’installer dans une maison, avec toute une équipe. Je crois très fort à la culture des Centres dramatiques nationaux qui est de nouer une relation forte avec le public. Mon attachement aux maisons de la culture ne date d’ailleurs pas d’hier. Car j’ai découvert le théâtre à la Maison de la culture de Bourges, un lieu où je me sentais vraiment bien. J’ai ensuite travaillé pendant huit ans au Théâtre de Lorient avec des scolaires, en tant qu’artiste résidente. C’est dans ce type de structure culturelle que j’ai affirmé mon identité artistique.

Ne craignez-vous pas, avec vos nouvelles responsabilités, de manquer de temps pour vos propres créations ?

Non, car je ne suis pas très productive, même si tout s’est accéléré ces dernières années. Comme des opportunités se sont offertes, j’ai réalisé deux créations par an. Mais ce n’est pas forcément un rythme que j’ai envie de maintenir. Je préfère prendre mon temps pour mener à bien un projet. C’est d’ailleurs important de vivre plein de choses différentes pour nourrir son travail d’artiste. Une création par an me paraît être un bon rythme.

Quelle est la première chose que vous comptez faire en arrivant à Reims ?

Rencontrer les gens ! J’ai déjà échangé avec les responsables de la mairie, les structures culturelles et quelques compagnies. J’ai aujourd’hui envie de faire connaissance avec l’équipe de la Comédie, les enseignants… Je ne vais pas arriver en disant que je vais tout changer. Je vais d’ailleurs beaucoup m’appuyer sur les projets précédents. L’important pour moi est de créer un lien fort avec le public que je souhaite associer à l’évolution du lieu.

Avec quels artistes allez-vous venir à Reims ?

Je vais travailler avec le comédien Sébastien Éveno avec qui j’ai monté ma compagnie. Comme à Lorient, il sera responsable pédagogique et s’occupera notamment de la Classe de la Comédie mais aussi des relations avec le public. Me suivent également à Reims Caroline Guiela Nguyen et son collectif (NDLR Caroline Guiela Nguyen a mis en scène la pièce Saïgon programmée à Reims en décembre dernier), le metteur en scène, écrivain et cinéaste Christophe Honoré qui prépare son spectacle Les Idoles, le scénographe, plasticien et vidéaste Pierre Nouvel, la jeune metteuse en scène Delphine Hecquet mais aussi Marie Rémond et Thomas Quillardet.

Qu’avez-vous envie de proposer au public ?

Je n’ai pas envie d’imposer ma vision du théâtre mais au contraire de rester très ouverte. J’ai surtout un vrai souci du public à qui il faut raconter des histoires, proposer des spectacles qui soient à la fois de qualité et pas trop hermétiques. Pour attirer du monde, il faut aussi faire venir des gens connus. Christophe Honoré travaille par exemple avec Marina Foïs… Par ailleurs, je tiens beaucoup à œuvrer pour les adolescents. PourIphigénie de Racine (lire plus loin), je suis par exemple allée rencontrer des jeunes en banlieue et ils ont adoré le texte. Il faut dire que ce drame épique se retrouve aujourd’hui jusque dans des séries télé comme Game of Thrones.

Quelle est votre perception de Reims, une ville que vous ne connaissiez pas avant de postuler à la direction de la Comédie ?

C’est une ville qui est belle et où je vois beaucoup d’étudiants. J’ai bien sûr conscience qu’elle est entourée d’une zone rurale avec laquelle il faut travailler. Il y a aussi des quartiers qui restent excentrés car ils ne sont pas desservis par le tramway.

Le public rémois a la réputation d’être assez froid. Cela vous inquiète-t-il ?

À vrai dire, les Bretons ne sont pas non plus très démonstratifs ! Et il ne faut jamais oublier que ce qui peut être perçu comme de la froideur est souvent de la pudeur. Cela dit, je n’aime pas mettre d’étiquettes sur tel ou tel public car tout dépend du spectacle. C’est d’ailleurs à nous, structures culturelles, de faire des propositions différentes et de construire une relation de confiance avec ce public.

Quelle artiste êtes-vous ?

J’aime travailler sur la langue. C’est d’abord un texte qui m’amène quelque part. Si j’ai été attirée par la Comédie de Reims, c’est d’ailleurs parce qu’il y a depuis longtemps dans cette maison une vraie culture du texte. Je m’intéresse autant à la forme qu’au fond et j’aime bien ne pas faire toujours le même spectacle, pour créer des musiques, des univers différents…

Quand pourra-t-on découvrir à Reims l’un de vos spectacles ?

La saison 2018-2019 a été imaginée par Ludovic Lagarde qui reste le directeur de la Comédie jusqu’à fin décembre 2018. Je ne présenterai donc ma première programmation qu’en 2019-2020 et je pense reprendre ma pièce Orphelins de Denis Kelly et sans doute Iphigénie.

Retrouvez dans notre journal de demain, nos informations sur la saison 2018-2019 à la Comédie de Reims.

Son Iphigénie programmée à Avignon

Chloé Dabert part ce mercredi à Avignon où elle est programmée dans le « In » du 72 e Festival. Du 8 au 15 juillet, au cloître des Carmes, elle présentera sa version d’Iphigénie de Racine avec les comédiens Yann Boudaud, Bénédicte Cerutti, Victoire Du Bois, Servane Ducorps, Olivier Dupuy, Sébastien Eveno, Julien Honoré et Arthur Verret. « Nous allons répéter sur place pendant quatre nuits », indiquait hier la metteuse en scène en évoquant le dilemme d’un roi et d’un père face au sacrifice de sa fille. Produit par la Cie Héros-limite, le spectacle est déjà programmé la saison prochaine dans plusieurs théâtres. On pourra notamment le voir à Gennevilliers.

Valérie COULET

Extrait de l''union du 27/06/2018

    

    

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La Comédie de Reims emmène Molière en Chine

L’affiche de «L’Avare», avec le dessin créé en 2014 pour la Comédie de Reims, s’expose en grand format dans le hall du Tianqiao Performing Arts Center de Pékin.

Depuis le 25 juin et jusqu’au 15 juillet, la Comédie de Reims est en Chine pour donner sept représentations   de « L’Avare ». Nous avons suivi la troupe   à Shanghai et Pékin.


Une grosse partie de la troupe, à son arrivée à Shanghai le 25 juin. L’aventure théâtrale en Chine se poursuit à Canton et bientôt à Harbin.

 « Et si on montait une pièce sur les aventures de Tintin en Chine ? Je serais le metteur le metteur en scène, toi tu ferais Tintin, toi Milou et toi la Castafiore ! » Éclat de rire général. Dans le minibus qui s’éloigne de la Grande Muraille, du côté de Mutianyau, et reconduit à Pékin une partie de la troupe de la Comédie de Reims, l’ambiance est à la rigolade. Pour un peu, on se croirait en colonie de vacances.

Il faut dire que cette journée « off », l’une des rares de ce long périple en Chine, est idéale pour décompresser. Car depuis le départ de Paris, le 24 juin, les journées sont plus que remplies. JouerL’Avare à l’autre bout du monde, dans de gigantesques théâtres de 1400 à 1 600 places, en ne sachant jamais comment va être reçue la pièce, réclame beaucoup d’énergie, d’engagement et de générosité. Sans compter que l’équipe doit faire face à des problèmes techniques et que c’est la première fois qu’elle est loin de chez elle pour une si longue période.

Moins d’une semaine après l’arrivée de la troupe, qui se connaît bien puisqu’elle a déjà assuré 90 représentations de L’Avare un peu partout en France mais aussi en Roumanie, après la création à Reims en octobre 2014, on repère vite ceux qui profitent à 100 % de l’aventure. Ils ne souffrent pas du décalage horaire, supportent très bien la forte chaleur humide, se repèrent facilement dans les villes chinoises à la taille XXL et se font comprendre malgré la barrière de la langue, quand d’autres se plaignent de la nourriture, ont des petites baisses de régime ou semblent déjà rêver au vol retour…

Lors de la première représentation à Shanghai, les comédiens ont été très agréablement surpris par la réaction du public, composé essentiellement de Chinois

Après une première étape à Shanghai, où les techniciens ont découvert que ce n’est pas parce que le théâtre est grand et moderne que tout est facile – « Le matériel fonctionne mal car il n’est pas entretenu et il faut régler mille petites choses… » , s’est désolé Jean-Luc Briand, le régisseur général –, la troupe a rallié Pékin, en train à grande vitesse. Le lendemain, pour leur journée « off », avant les deux représentations au Tianqiao Performing Arts Center, la plupart des comédiens ont donc choisi de découvrir une portion de la Grande Muraille, et saisir cette «chance incroyable » de visiter, même rapidement, une partie de la Chine.

EN FAIT, LE SPECTACLE, C’EST LA CHINE !

« Aujourd’hui, nous sommes décontractés car nous ne jouons pas ce soir. Les jours de représentation, c’est différent. Il faut savoir se préserver physiquement et ne pas perdre de vue l’objectif » , souligne Myrtille Bordier, la « fille d’Harpagon». Ses partenaires de jeu confirment. Ils ne sont pas en vacances et il n’est pas question d’arriver au théâtre sur les rotules. « Notre mission est de faire entendre le texte de Molière à un public qui ne le connaît pas forcément, mais aussi de partager la magie du théâtre! »

Lors de la première représentation à Shanghai, les comédiens ont été très agréablement surpris par la réaction du public, composé essentiellement de Chinois. « Les gens étaient hyper-réactifs. Ils étaient très concentrés sur l’intrigue et le texte de Molière. Ils lisaient très attentivement les sous-titrages en chinois et riaient beaucoup. Du coup, on a tous été boostés ! »

Pour l’heure, le groupe a un autre défi que de capter l’attention et de maintenir l’intérêt de quelque 1 600 spectateurs : grimper, sous une chaleur écrasante, jusqu’aux remparts de la Muraille de Chine, soit s’attaquer à une pente très raide de plusieurs centaines de marches. Si les plus sportifs ont déjà pris de l’avance, quelques-uns doivent, comme beaucoup d’autres touristes, faire des pauses pour reprendre leur souffle.

À l’arrivée, l’effort physique se fait vite oublier. Car au milieu des montagnes, vertes et nappées d’une légère brume, apparaît un long ruban de remparts millénaires, sur lequel se détachent quelques tours de guet. « En fait, le spectacle, c’est la Chine ! » , s’enthousiasme Marion Barché, coiffée d’un chapeau pointu acheté en contrebas, dans l’une des innombrables boutiques de souvenirs.

UNE TOURNÉE SOUTENUE PAR L’INSTITUT FRANÇAIS DE CHINE

Cette tournée de « L’Avare » en Chine, qui s’entend sur trois semaines, comprend sept représentations de la pièce de théâtre, dans cinq villes différentes : Shanghai, Pékin (ou Beijing), Jinan, Canton (ou Guangzhou) et Harbin. C’est l’Institut français de Chine, dirigé par Robert Lacombe, qui a fait le lien entre l’équipe de la Comédie de Reims et les théâtres chinois. « Nous espérons que cette tournée permette de mieux faire connaître le théâtre français en Chine, que l’esprit de liberté et d’impertinence qu’il souffle y soit partagé, et qu’il soit davantage invité par les réseaux de salles chinoises, qui constituent un marché considérable pour le spectacle vivant français. Mais aussi que le théâtre français donne davantage envie aux jeunes, et moins jeunes, d’apprendre la langue de Molière », nous avait confié, en début d’année, Robert Lacombe. Ce dernier a aujourd’hui de quoi se réjouir. Car les représentations de « L’Avare » en Chine affichent presque toutes complet.

HARPAGON, CURIEUX ET CONCENTRÉ

Samedi 1" juillet, deux heures avant le début de la deuxième représentation de L'Avare, représentation de « L'Avare » à Pékin, Laurent Poitrenaux mange chinois dans sa loge. Et nous livre sa vision de la Chine. Arts Center de Pékin

Laurent Poitrenaux, qui interprète Harpagon, le rôle principal de L'Avare, découvre l'Asie pour la première fois à travers cette grande tournée en Chine.« C’est un autre monde, une autre planète, avec d'autres codes ... », commente le comédien qui a déjà joué sur de très nombreuses scènes, à Paris mais aussi en région dont à Reims et Avignon. « Ce qui me frappe dans ce pays, c'est que tout va très vite et que tout semble vertigineux. A Shanghai, j'ai aussi été saisi par le contraste entre la très forte densité de population et la grande sérénité qui se dégage », confiait-il, le 1 er juillet, à quelques heures de la représentation de « L’avare » au Tianqiao Performing Arts Center de Pékin.

Laurent Poitrenaux, qui souhaite s'adresser à chacun des spectateurs, même dans des salles de 1.600 places, remarque que face à L'Avare, le public chinois ne se comporte pas tout à fait comme le public français. « Les Chinois réagissent beaucoup aux questions de patriarcat et de mariage forcé. Ils ont aussi un rapport très direct au texte. Cette écoule et ce regard « premier degré » nous ramènent d'ailleurs à l'origine de la pièce. C'est très beau de voir Molière traverser les continents ... » Laurent Poitrenaux n'oublie pas que la réaction du public peut changer selon les villes. « Le pays est tellement grand et les régions tellement variées que tout peut être différent d'un théâtre à l'autre. C'est d'ailleurs ce qui rend cette tournée excitante ! » Lors de ce périple en Chine, le comédien ne s'accorde que de rares moments de détente. « J'ai un grand besoin de concentration avant de monter sur scène. Etsi je fais trop de sorties touristiques, je risque de perdre toute mon énergie », explique-til. Le comédien s'amuse à raconter une anecdote dans laquelle il se retrouve. Lors d'une tournée à Venise, des artistes avaient reproché à Louis Jouvet de ne même pas aller visiter la basilique Saint-Marc, Le grand homme de théâtre avait alors rétorqué : « Mais ma basilique, c'est le théâtre ! ».

3 QUESTIONS à


LUDOVIC LAGARDE
Directeur de la COMÉDIE

"Une expérience très riche ! "

Comment vivez-vous cette tournée ?

C'est formidable de pouvoir vivre tout cela. Car 'c'est très riche - il ya beaucoup de sensations différentes et c'est passionnant d'aller à la rencontre d'un public que l'on ne connaît pas, Bien sûr, gérer ce genre de tournée n'est pas tout le temps simple, On a par exemple dû résoudre plusieurs problèmes techniques mais tout va bien,

 Qu'est-ce qui vous frappe dans ce pays ?

Tout est marquant: le gigantisme des villes, la pollution, la gentillesse des gens, la concomitance entre le capitalisme et l'idéologie communiste ... Avec la croissance, une classe moyenne émerge dans le pays et ces Chinois-là ont envie de culture, d'où la création de nombreux beaux et grands théâtres. Le public qui est venu voir L'Avare s'est montré très attentif, très intéressé et très réactif. Nous sommes naturellement ravis.

Vous avez dû modifier une scène du spectacle, en ne montant plus les seins nus d'une comédienne. Pourquoi ?

C'est une demande de la commission de censure et cela avait été stipulé dès le départ. Car le tabou de la nudité est encore très fort en Chine. Si nous n'avions pas respecté cette demande, les théâtres qui nous accueillent auraient eu des problèmes. Franchement, cela ne me dérange pas car ça ne nuit en rien au spectacle, j'aurais néanmoins refusé la tournée si on m'avait demandé de supprimer les scènes de la fouille au corps ou de la soûlerie.

LES AUTRES POINTS

Un public très friand d'auteurs français

Dans les théâtres où « L'avare » est programmé, le public est composé en très grande majorité de Chinois. . Certains parlent français et ont même étudié quelques années dans l'Hexagone. Parmi eux, Zhao Zhang, une ingénieure en aéronautique qui est revenue vivre à Pékin en 20", après avoir passé quelques années en France. Le 1~'juillet dernier, avant la représentation de « L'Avare », la jeune femme racontait: « Molière, je ne, le connais pas bien mais je sais combien il est important pour la France. Je suis d'ailleurs très admirative de la culture française ! »

La troupe actuellement à Canton

L'équipe de la Comédie de Reims se trouve actuellement à Canton où ' elle devait, hier soir, faire l'ouverture du Festival des arts qui est proqrarnmé tout l'été. A cette occasion, Ludovic Lagarde, le metteur en scène et directeur de la Comédie, a participé, jeudi, à une conférence de presse de présentation de ce grand festival. Dans la soirée, il a aussi rencontré aveç son équipe 200 étudiants chinois et un professeur de théâtre. « Il a beaucoup été question de l'adaptation contemporaine d'un texte du . répertoire mais aussi des moyens dont on dispose pour aider les jeunes à se lancer dans une carrière théâtrale », raconte-t-il. Après son passage dans la très polluée ville de Jinan, l'équipe de la Comédie de Reims est ravie de se trouver à Canton. « La ville est très agréable, très moderne. . C'est une autre Chine que l'on découvre ... » Le Guangzhou Opera House dans lequel la troupe joue encore « L'Avare » ce dimanche soir est de toute beauté. Le bâtiment futuriste a été dessiné par par Zaha Hadid, la célèbre architecte lrako-britannique décédée en mars 2016.

Comment vivez-vous cette tournée ?

C'est formidable de pouvoir vivre tout cela. Car 'c'est très riche - il ya beaucoup de sensations différentes et c'est passionnant d'aller à la rencontre d'un public que l'on ne connaît pas, Bien sûr, gérer ce genre de tournée n'est pas tout le temps simple, On a par exemple dû résoudre plusieurs problèmes techniques mais tout va bien.

Qu'est-ce qui vous frappe dans ce pays ?

Tout est marquant: le gigantisme des villes, la pollution, la gentillesse des gens, la concomitance entre le capitalisme et l'idéologie communiste ... Avec la croissance, une classe moyenne émerge dans le pays et ces Chinois-là ont envie de culture, d'où la création de nombreux beaux et grands théâtres. Le public qui est venu voir L'Avare s'est montré très attentif, très intéressé et très réactif. Nous sommes naturellement ravis.

Vous avez dû modifier une scène du spectacle, en ne montant plus les seins nus d'une comédienne. Pourquoi ?

C'est une demande de la commission de censure et cela avait été stipulé dès le départ. Car le tabou de la nudité est encore très fort en Chine. Si nous n'avions pas respecté cette demande, les théâtres qui nous accueillent auraient eu des problèmes. Franchement, cela ne me dérange pas car ça ne nuit en rien au spectacle, j'aurais néanmoins refusé la tournée si on m'avait demandé de supprimer les scènes de la fouille au corps ou de la soûlerie.


L’affiche de « L’Avare », avec 10 dessins créés en 2014 pour la Comédie de Reims, s'expose en grand format dans le hall du Tlanqiao Performing Arts Center de Pékin.


L’équipe technique, qui n'a pas la tâche facile lors de cette tournée, prend quand même le temps de savourer la cuisine locale. De gauche à droite avec les patrons d'une très bonne adresse à Pékin; Cyrille Molé (régisseur lumière), Jean-Luc Briand (régisseur général), Antoine Reibre (régisseur son) et Benoit Muzard (régisseur plateau)


Le texte de Molière est sous-titré en chinois et en anglais. Photo de répétition Valérie Coulet

Valérie COULET

Extrait de l''union du 07/07/2017

    

    

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Ludovic Lagarde reste à La Comédie

 La ministre de la Culture vient de reconduire, pour trois ans, le metteur en scène Ludovic Lagarde à la tête du Centre dramatique national de Reims.


Le metteur en scène Ludovic Lagarde resigne à Reims peur trois ans. Guillaume Gellert

Ludovic Lagarde est un homme de théâtre heureux. Il va pouvoir poursuivre sa « belle histoire » entamée à La Comédie, une « institution tellement importante pour des générations de Rémois ». Arrivé à Reims en 2009, le metteur en scène a tenu à poursuivre son action au Centre dramatique national même si, reconnaît-il, « les temps sont durs » en matière budgétaire. Malgré une baisse de 5 % de la subvention de la Ville, qui correspond à une coupe de 93.000 euros dans le budget de fonctionnement, et une mise à mal du festival Reims Scène d'Europe à qui il a donné une « dimension internationale » (lire plus loin), Ludovic Lagarde ne baisse pas les bras. Bien au contraire. Il se montre plus que jamais « combatif », déterminé à « partager les valeurs humaines » du théâtre.

« On a perdu 450.000 euros de subventions depuis 2009 »

Si la période n'est pas facile -  « au total, on a perdu 450.000 euros de subventions depuis mon arrivée en 2009 et on doit faire des économies à tous les niveaux » -, Ludovic Lagarde ne s'est, paradoxalement, « jamais aussi bien senti à Reims ». Avec son équipe de trente-trois permanents, renforcée par des intermittents du spectacle, il se dit « fier et heureux  d'avoir pu créer une vraie cohésion de groupe, dans une ambiance de grande compagnie théâtrale. » Cette saison 2014-2015 est particulièrement riche. Nos créations L'Avare et Le Mariage de Figaro ont été de vrais succès. Recevoir Bob Wilson, Christoph Marthaler et Romeo Castellucci a aussi été un vrai bonheur partagé avec le public, se réjouit-il.

Etre encouragé par le ministère de la Culture, qui a mené une inspection sur le fonctionnement de la structure, lui met, naturellement, du baume au cœur. Cet amoureux du théâtre se montre alors très enthousiaste à l'idée de pouvoir continuer sa mission au service d'un « vrai théâtre populaire » de qualité. Et de citer le grand poète et metteur en scène Antoine Vitez qui militait pour « l'élitisme pour tous ». Ludovic Lagarde ne comprend d'ailleurs pas certaines accusations selon lesquelles la programmation de La Comédie serait trop élitiste. « C'est erroné et injustifié. J'ai vraiment la volonté id de partager avec le plus grand nombre. Nous travaillons d'arrache-pied pour toucher un public le plus large possible. Certes, des propositions sont davantage pointues ou exigeantes mais nous respectons une grande diversité. Le public nous le rend bien. »

45.000 entrées cette saison

Autre point sur lequel le directeur-metteur en scène tient à mettre les choses au point : « Nous n'avons pas perdu de spectateurs. A la fin de cette saison, nous devrions même atteindre 45.000 entrées, ce qui est réconfortant. En revanche, comme partout ailleurs, nous constatons un changement de comportements : les gens s'abonnent moins et attendent le dernier moment pour réserver leurs places. » Pendant les trois ans à venir, Ludovic Lagarde veut poursuivre son travail de soutien aux jeunes artistes. Le « Nouveau collectif » restera associé à La Comédie pendant un an. Cependant, l'équipe sera moins présente à Reims puisqu'elle partira pour une longue tournée de L'Avare, une création 100 % maison. Avant la mise en place, en 2016 - 2017, d'un nouveau collectif, de jeunes compagnies seront invitées et des comédiens mèneront des actions pour « aller encore chercher de nouveaux publics. » Ludovic  Lagarde, qui s'apprête à mettre en scène des lectures de textes français à Athènes, montera en mars prochain à Lille l'opéra Marta de Wolfgang Mitterer. Des créations qui viendront ensuite enrichir son travail sur la scène rémoise.

Budget en chute libre pour Reims Scènes d'Europe

 La nouvelle-est tombée mercredi lors d'une réunion avec tous les partenaires du festival Reims Scènes d'Europe : la Ville ne verser à plus une subvention de 610.000 euros mais de 270.000 euros. « Cette baisse de 60 % est considérable », se désole Ludovic Lagarde qui avait proposé un montant de 390.000 euros. Malgré cela, La Comédie, Le Manège, l’Opéra, Nova Villa, La Cartonnerie, Césaré et Le fonds régional d'art contemporain Champagne-Ardenne ont décidé de maintenir l’édition 2016, du 28 janvier au 6 février. « Nous tenons tous beaucoup à ce festival » indique Ludovic Lagarde. « J’espère qu'Arnaud R0binet et Catherine Vautrin vont réaliser que test One erreur stratégique de fragiliser autant, le festival à l’heure de la Grande Région … »

Valérie COULET

Extrait de l''union du 17/09/2010

    

    

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La Comédie dévoile l'envers du décor

À la Comédie de Reims, on ne travaille pas que les soirs de spectacle. Tout un travail en amont, et en parallèle, est mené par une équipe de passionnés. Le Centre dramatique national vous ouvre ses portes,


Vue plongeante sur le plateau lors du démontage du décor de la pièce « Nobody ». Christian Gras
 

Le bâtiment, un pur produit des années 60, manque singulièrement de charme. Trop grise. Trop bétonnée. Pas assez élancée. L'architecture ne séduit plus depuis Iongtemps, à part quelques inconditionnels de cette période. Pour masquer la froideur de la façade s'affichent de grands dessins colorés annonçant le programme de la saison. Mais pour trouver de la chaleur à La Comédie, il faut plutôt pousser la porte, où les 36 permanents sont unanimes : « Ici, on se sent un peu en famille. Un travaille dans la bonne humeur car on a la même passion du spectacle. « Une bonne ambiance salutaire en ces temps de crise et de coupes budgétaires, Car le Centre dramatique national de Reims, comme toutes les structures culturelles de France, n'échappe pas à la baissé des subventions.»

Si l'activité bat son plein les soirs de représentation, l'équipe renforcée par des intermittents du spectacle, est sur le pont pour une multitude de tâches. Il faut par exemple réceptionner et monter les, décors, livrés par camion la veille ou l'avant-veille de la première. « De plus en plus souvent, on nous demande de faire les « pré-implantations lumière » avant l'arrivée du décor. Car les réglages des projecteurs peuvent être plus précis et cela fait gagner du temps. On travaille dans ce cas à partir de plans détaillés. Cela permet d'anticiper l'éventuelle location de matériel supplémentaire », explique Christian Gras, le régisseur général. Ce pilier de La Comédie doit faire face à plusieurs contraintes techniques.

Le bâtiment, qui n'a pas été conçu pour être un théâtre mais une maison de la culture (lire plus loin), n'est pas très haut de plafond. « Nous n'avons que 11 mètres sous perches alors que l'idéal serait d'en avoir une vingtaine. Par ailleurs, notre cintre électrique ne permet pas, comme avec un cintre manuel et le système de contrebalancés, de faire apparaître ou disparaître de façon subtile des éléments de décor. De plus, nos perches ne peuvent pas prendre en charge plus de 250 kilos. Quand c'est trop lourd, j'utilise alors des moteurs. Dans ce métièr il faut toujours penser au système D ! »

Christian Gras, pour qui « les décorateurs doivent, aussi savoir s'adapter aux théâtres dans lesquels ils veulent jouer », se dit intransigeant en matière de sécurité. « Il y a des années, je suis monté en urgence à hauteur du cintre pour faire un réglage lors d'une répétition. J'avais oublié de retirer tout ce que j'avais dans mes poches. En me penchant, une paire de ciseaux est tombée à quelques centimètres d'un comédien. Ça m'a fait froid dans le dos et... servi de leçon. »

À ses côtés, Stan Daubié, le régisseur plateau, compare l'entraide des techniciens à celle des marins. « Quand un élément de décor est endommagé ou qu'il y a un problème technique, tout le monde se serre les coudes. » Comme Christian Gras, il ne perd jamais de vue l'objectif : « Régler le plus rapidement possible les questions d'ordre technique pour laisser aux artistes le temps de répéter. »

Un studio, une classe, des loges confortables

La Comédie ne ressemble Ras à une ruche uniquement les jours de montage ou de' démontage de décor. Car il se passe toujours quelque chose, à chaque étage du bâtiment. Sous le toit terrasse, le musicien Yuksek travaille ses morceaux dans un studio mis à sa disposition, un temps partagé avec Clément Daquin alias Alb. Un peu plus loin, dans l'ancien studio de danse, la « classe » fait travailler onze étudiants qui rêvent de devenir comédiens. Sélectionnés lors d'une audition en juin dernier, ils ont fait leur rentrée le 7 octobre. La formation durera deux ans, à raison de 25 heures de cours par semaine.

Au détour d'un couloir, Jean-Michel Hossenlopp, le directeur adjoint de La Comédie, fait visiter huit loges confortables, une cuisine, une lingerie-salle-de couture et la « petite salle » de spectacle, aménagée dans l'ancienne salle de cinéma. Avant d'abriter un centre dramatique, le bâtiment accueillait une maison de la culture où l'on pouvait visionner des films. « L'an dernier, on a donné à la Cinémathèque française le projecteur qui datait de 1969 », raconte-t-il, montrant un vieux pupitre de lumière et une régie son obsolètes. Dans les étages supérieurs de La Comédie, plusieurs espaces sont aussi réservés aux costumes.

« Pour nos décors et les accessoires, nous louons un local à Bêtneny », précise le directeur adjoint. Si l'atelier de fabrication de décors, qui était installé au 13 rue du Moulin-Brûlé, a fermé, « l'Atelier » continue en revanche d'accueillir le public pour quelques représentations, En face de la salle de spectacle, se trouve la « Maison des artistes », une bâtisse de quatre à cinq chambres où sont régulièrement hébergés de jeunes comédiens ou metteurs en scène, lors de résidences de travail. Un lieu précieux d'échanges et de création.


Au niveau des perches et Jean-Michel Hossenlopp au milieu des costumes. Photos Bernard Sivade

Votre AVIS

   

 

Un bâtiment inauguré en 1969


 La comédie a fêté cette année ses 46 ans

 Le bâtiment de l'actuelle Comédie a été inauguré en octobre 1969 en tant que maison de la culture. Le premier diœcteur fut René Jauneau. Puis ce fut Alain Guy qui collaborait avec Robert Hossein (directeur du Theatre Populaire de Reims) et ensuite Jacques Darrolles (1978-1986). L'Espace André-Malraux, nom de baptême du bâtiment, a été conçu pour répondre aux missions des maisons de la culture, c'est-à-dire être un lieu de diffusion culturelle pluridisciplinaire. À l'origine, le bâtiment était constitué d'une grande salle pouvant accueillir tous types de spectacles, avec une fosse d'orchestre, une salle de cinéma, une médiathèque, une salle d’exposinon et une cafétéria. Le Centre dramatique- national fut, lui, créé en 1979 et installé à l'ancien collège des Jésuites. La maison de la culture a ensuite emménagé dans les locaux situés rue Eugène-Wiet (anciens locaux du CDN) et réhabilité les salles du Manège et du Cirque tandis que le CDN a pris possession de l'Espace André-Malraux. À cette occasion, une partie du personnel fut affectée au Cnat qui deviendra Le Manège. C'est Christian Schiaretti, directeur de 1991 à 2001, qui opéra les modifications les plus significatives : la salle de cinéma devint une salle de théâtre de 198 places, la salle d'exposition un lieu de travail pour les ateliers de formation, et la « classe », cours de formation initiale pour jeunes acteurs de la région, fut créée. Il recentra aussi le Centre dramatique national, appelé dorénavant La Comédie de Reims, sur la permanence artistique et la formation.

 

3 QUESTIONS A


Ludovic LAGARDE

« Les théâtres sont encore des abris magnifiques »

Ludovic LAGARDE dirige La Comédie depuis 2009. Le metteur en scène est très attaché à cette maison dans laquelle il a débuté dans les années 90 auprès de Christian Schiaretti.

•.- Quel regard portez-vous aujourd’hui sur la Comédie ? Est-il différent de celui de vos débuts ?

Oui, forcément, d'autant que le lieu a beaucoup changé. En 1990, c'était froid, vide, immense. Les traces de la réunification entre les deux structures (lire plus haut) étaient encore très présentes. Pour moi, tout était nouveau. Je découvrais les choses avec un immense bonheur mais je ne connaissais pas bien l'histoire de cette maison.

•.- Pour vous, que représente aujourd'hui ce lieu ?

 C'est ma maison, même si je sais que c'est éphémère ! Je suis heureux de constater que c'est devenu un théâtre à part entière. Car les théâtres sont encore des abris magnifiques où la priorité n'est pas de faire de l'argent. Depuis mon arrivée en 2009, en tant que directeur, j'ai beaucoup œuvré pour que le lieu soit ouvert et accessible à tous. J'ai aussi voulu, au niveau de l'équipe, créer une ambiance de compagnie.

•.- Comment voyez-vous ce lieu évaluer dans les années à venir ?

Je pense déjà à ma succession et mon rôle de directeur est d'assurer la pérennité d'un tel lieu. Dans quatre ans, l'équipement aura 50 ans. Il faudrait qu'il puisse bénéficier de travaux pour le faire repartir dans le XXI° siècle. La grande salle est très belle et chaleureuse. Mais les fauteuils auraient besoin d'être changés. II faudrait aussi revoir le parterre en le concevant comme un gradin.

 

Les Repères

•.- Une grande szllz de 834 places

A l'origine, la grande salle comptait 1.000 places. Elle en compte aujourd'hui 834. Pour changer les fauteuils, et la moquette usagée, il faudrait environ 400.000 €.

•.- Un budget annuel de 5,4 millions d'euros

Le budget annuel, de La Comédie s'élève à quelque SA millions d'euros. la part du festival Reims Scènes d'Europe comprise. 50 % de cette somme est affecté au budget de fonctionnement, l'autre moitié étant réservée à la partie artistique. Une , représentation coûte en moyenne 10 000 euros. Le coût réel d'une place se situe, lui, dans une fourchette comprise entre 50 et 100 euros,

•.- 6.000

C’est le nombre de scolaire – 2.000 coll »giend et 4.000 lycéens – qui ont été reçu, la saison dernière à La Comédie

•.- Les représentations « hors les murs »

•.- LA PHRASE

 « Le monde entier est un théâtre, et tous, hommes et femmes, n'en sont que les acteurs. Et notre vie durant nous jouons plusieurs rôles » William Shakespeare.

Valérie COULET

Extrait de l''union du 17/09/2010

    

    

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 Nouvelle saison de la comédie :

« Il faut décloisonner la culture »

 Le patron du centre dramatique a présenté sa nouvelle saison. Neuf mois, dont la programmation aura pour but de susciter l'intérêt de nouveaux publics.


Ludovic Lagarde a présenté sa nouvelle saison, hier soir, devant un public déjà conquis.
Reste à savoir si de nouveaux aficionados vont se dévoiler cette année.

 Pour Ludovic Lagarde, la rentrée des classes, c'était il y a deux jours. Le patron de la Comédie, une des scènes rémoises les plus importantes, c'était aussi l'occasion de marquer de son empreinte la programmation de cette nouvelle saison. « 2010-2011 marquera la seconde année complète que j'effectuerai à la tête de la Comédie. » Arrivé en janvier 2009, Ludovic Lagarde n'est plus un bleu et semble plein d'espoir, notamment en terme de conquête de public.

« Cette année sera marquée par deux événements importants pour la Comédie. Tout d'abord, il y aura un arrêt de tramway à proximité de notre salle, ce qui drainera, espérons un public plus nombreux et plus varié. Et puis, les travaux d'aménagement urbain sont aussi des générateurs d'espoirs. La salle deviendra plus accessible. Le but, c'est ça, qu'un maximum de personnes de conditions sociales différentes puissent accéder à cet espace », argumente le patron du centre national dramatique. Il faut bien dire que le garçon a de quoi être motivé par l'une des plus belles saisons de la salle l'année passée. Yne saison qui correspondait d'ailleurs aux quarante bougies du prestigieux édifice.

Shakespeare, Feydau et les jeunes

Les créations données à Avignon cet été dans le cade du « in » seront de retour dans la cité des sacres. « Nous avons désormais une notoriété nationale, il faut continuer à travailler dans ce sens pour que les troupes et les artistes viennent s'exprimer dans nos murs », confie Ludovic Lagarde.

Cette saison encore, les grands auteurs seront portés au pinacle. Les mots de Ionesco, Feydau, Racine ou encore Shakespeare résonneront sur les planches rémoises. Mais il ne faudrait pas oublier que la Comédie est aussi un centre dramatique, il dispose donc d'une véritable structure de formation. « Sept jeunes artistes pourront s'exprimer dans la salle. C'est aussi un de nos objectifs, que les plus jeunes aient la possibilité de montrer leurs travaux et leurs créations au plus grand nombre. Bref, tout cela pour prouver que le théâtre peut devenir un lieu ludique, accessible au plus grand nombre », exprime Ludovic Lagarde.

Développer la convivialité

Autre projet dans les cartons, loin des prestations scéniques, Ludovic Lagarde souhaite développer la convivialité du lieu. À l'avenir, il ne souhaiterait plus que les spectateurs arrivent dix minutes avant les spectacles avant de repartir tout de suite, une fois la prestation terminée. « Le restaurant sur le site sera développé. Nous espérons pouvoir organiser des repas à thème, en relation directe avec les œuvres présentées. Ce sera un travail long mais nous y travaillerons », poursuit le responsable d'une salle qui se bat pour ne plus être étiquetée comme réservée à une élite de cultureux. Il y a du pain sur la planche, mais, apparemment les défis, Ludovic Lagarde aime ça.

Thomas DUPRAT

 Extrait de l''union du 17/09/2010

    

     

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Ludovic Lagarde
nouveau directeur de la Comédie de Reims.
Esquisses d'un projet
 

Arrivant à Reims entouré d'un collectif artistique « avec un auteur, Olivier Cadiot, et une équipe de comédiens emmenée par Laurent Poitrenaux - je vais étendre ce collectif à de jeunes comédiens, à de jeunes metteurs en scène. Ce qui démontre un effort supplémentaire dans le domaine de la jeune création », Ludovic Lagarde, nouveau directeur de la Comédie de Reims s'apprête à « rencontrer tous les acteurs de la vie culturelle, prendre contact avec les partenaires de la Comédie (institutions, lycées, facultés…). Je vais recevoir, écouter tous ceux qui font la vie culturelle de la région. Le public aussi. Tout ce qui permet de développer le projet de la Comédie au niveau de la région. Je vais poursuivre la programmation à l'Atelier. Tout comme le festival Reims à Scène ouverte avec quelques modifications. La réflexion à mener à la suite de Reims, scènes d'Europe me tient à coeur. Je souhaite amplifier ce beau projet ». Précisant que « les classes de la Comédie vont continuer » Ludovic Lagarde ajoute qu'il souhaite « accroître les liens - très bons - avec les grandes structures culturelles de Reims ». Notamment un partenariat avec l'Esad. Concernant le futur tramway « l'arrêt proche de la Comédie va en modifier l'accès. Il va modifier la perception de cette structure par le public. Je m'inscris dans cet horizon-là. Je vais m'y atteler à partir de janvier ». Quant à la programmation 2009-2010, il y travaille « depuis l'été dernier avec la volonté d'aller chercher de nouveaux publics ». Côté mise en scène et direction d'acteurs, le nouveau directeur du CDN de Reims déclarait récemment dans un entretien accordé à David Sanson à propos de Paroles d'acteurs, mise en scène d'après Manque de Sarah Kane (1971-1999), présentée en décembre au Théâtre de la cité internationale dans le cadre du Festival d'automne à Paris « Mon travail part des comédiens, c'est certain. De leur humanité. Des êtres autant que des comédiens qu'ils sont. Cela ne peut donc s'aborder autrement u'en mettant son intimité, sa sincérité, sa légèreté aussi, sa tendresse au service d'un projet, d'un texte. Un acteur est quelqu'un qui a lui-même des outils - son corps, ses émotions, sa voix, son énergie - à sa disposition, et dont le métier est, à travers tout cela, de délivrer des émotions de manière spontanée. (…) Au fond, je cherche un naturel. Mais en même temps, cela va dépendre de l'écriture. Plus c'est écrit, et moins il faut se soucier de la forme, au contraire : il faut être le plus léger, et au fond le plus naturel, presque le plus "simple possible". A l'inverse, moins c'est écrit, et plus cela oblige à faire des efforts stylistiques et à inventer… »

A. C.        

Extrait de Extrait de VRI N° 251 de Janvier 2009

    

     

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 Reims, autrefois...

L’Atelier : le petit bijou de la Comédie

Inaugurée officiellement mardi, la nouvelle salle dédiée aux spectacles vivants se caractérise par sa modularité permettant toutes sortes d’innovations dans la création.


L’Atelier possède un esp
ace scénique à dimensions variables permettant la création de pièces encore plus innovantes.

La Comédie de Reims s’est dotée d’un nouvel outil d’avant-garde simplement dénommé l’Atelier. C’est la dernière grande réalisation d’Emmanuel Demarcy-Mota sur le territoire rémois, directeur du Centre Dramatique National de Reims depuis 2002, il partira en effet pour le théâtre de la Ville de Paris à la saison prochaine.

L’Atelier, directement géré par la Comédie, marque l’avènement à Reims d’un nouveau théâtre moins conventionnel et plus évolutif. « Il y avait un manque profond de salle de répétition. Le lieu où l’on fabrique les spectacles. Or, la production et la création sont, avec la diffusion et l’élargissement des publics, des missions essentielles d’un centre dramatique nationale », justifie Emmanuel Demarcy-Mota. Financé conjointement par la Ville de Reims, la région Champagne-Ardenne, le département de la Marne et la Comédie elle-même, l’Atelier aura coûté au total 1 156 000 euros. Les travaux n’auront duré qu’un an, s’achevant en septembre dernier pour une ouverture finale de la structure en octobre. Installé dans un ancien hangar, l’Atelier n’a pas vocation à devenir une simple annexe de la Comédie de Reims mais au contraire une valeur ajoutée à celle-ci. Avec sa grande salle de 1200m² qui ouvre directement sur l’extérieur, elle peut accueillir près de 300 spectateurs. Sa modularité permet des entrées sur scène inédites et offre par exemple, la possibilité de faire venir simplement sur le plateau des éléments de théâtre originaux comme des chevaux ou des voitures. Mieux encore, une mezzanine de 150m² offre un espace scénique à deux étages ! Mais l’Atelier est aussi une vraie salle de répétition pour la Comédie de Reims. Cerise sur le gâteau, on retrouve sur le site une « Maison des comédiens » où les artistes peuvent se loger à deux pas de leur lieu de représentation. Et pour fêter comme il se doit un lieu de création et de diffusion si original, la Comédie de Reims a créé le festival « Scènes d’Europe ». Ainsi, jusqu’au 24 novembre prochain, l’Atelier accueillera des spectacles européens dans leur version originale sur-titrée. Une occasion unique d’entendre jouer en Portugais, Lithuanien, Polonais, Italien, Espagnol et bien sûr Français.

J.D.

Concert rock

Ce vendredi à 20h30 au Centre Culturel du Crous, rue de Rilly la Montagne sur le Campus Croix Rouge, venez écouter et applaudir le groupe parisien Unlogistic (hardcore), les Marseillais de Binaire (électro punk) et Generic (Rock noise) de Besançon.

Tarif : 3 euros. Renseignements au 06 80 36 16 00.

Extraits de l' hebdo du vendredi N° 54 du 16 au 22/11/2007

    

     

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Les femmes savantes

de Molière 

  Extrait de  00 01
10e SAISON DE LA COMEDIE

 

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Mise en scène Loïc BRABANT. CC

Costumes Annika NILSSON et Frédéric RENOIS.

Maquillages et coiffures Nathalie CHARBAUT.

Lumières Julia GRAND et Nicolas CHARLES.

Avec les élèves de la deuxième promotion des classes de La Comédie de Reims : Elisabeth ABT Henriette;Thomas BIDINI Chrysale; Lucie BOSCHER Ariste; Mathilde MICHEL Philaminte; Isabelle MORIN Bélise; Clément NEMERY Clitandre; Caroline OUDART Armande; Claire-Marie REIBEL Martine, Vadius; Marine RIGOLO Trissotin et Arnaud FREMONT ou David BOUVRET Lépine, Julien, le notaire.


Les classes de La Comédie de Reims bénéficient du soutien moral et financier de la Région Champagne-Ardenne.

Molière avait la dent dure contre les pédantes. Il les a tournées en ridicule à plusieurs reprises. Ni féministe, ni vraiment misogyne, Molière restait dans les limites sociales fixées par la morale de classe. Quand il écrit Les femmes savantes, il est aigri par la maladie, enrage contre l'impuissante médecine et vit un cauchemar avec Armande Béjart. Sa plume se fait hargneuse pour épingler l'intolérante Philaminte qui entend mener son monde à la baguette, imposer le fourbe, opportuniste et exaspérant Trissotin et lui marier sa cadette, la sage Henriette qui aime Clitandre, un jeune homme bien élevé et intelligent comme on les aime à la cour. Dans la famille " Savants " on trouve encore aînée, l'insupportable et arriviste armande, qui n'aura jamais le talent de sa mère et Bélise, la tante coquette et mythomane. La philosophie précieuse, battue en brèche par le bon sens, c'est la reddition de la figure autoritaire de la mère et la critique du paraître. Chrysale, le père, gentiment soumis à sa femme de tête, fait mollement de la résistance passive, heureusement épaulé par son frère, Ariste, par sa fille Henriette et son prétendant et même par Martine, la domestique, renvoyée pour offense à la langue française. Le subterfuge utilisé pour faire tomber les masques profite à la comédie et au propos de l'auteur, vif défenseur de l'intelligence du cour. Corrinne Denailles

A l'initiative de Christian Schiaretti, et sous la responsabilité de Françoise Roche, La Comédie de Reims héberge depuis novembre 1995 les Classes de La Comédie, à l'usage des jeunes acteurs de la région désirant suivre une formation. Durant leur cursus de trois ans, les élèves comédiens travaillent avec des metteurs en scène, auteurs, chanteurs, danseurs, professeurs d'arts martiaux, acteurs . . .

Les femmes savantes est " le spectacle de sortie " de la 2ème promotion d'élèves, créé la saison dernière sous la direction de Loïc BRABANT comédien de La Comédie

 

 

 

 

 

    

    

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