Musée Le Vergeur

des l'expositions

 Hugues KRAFFT
 

La passion du japon -  au TURKESAN Russe  -  Hugues Krafft, artiste

 
L. Bonnat, Portrait d’Hugues Krafft, 1892

Sites à visiter

 

Notice

 La Presse


Sur les pas d'Hugues Krafft en Bavière
Hugues Krafft, pionnier de la photo et du tourisme en Bavière

    

      

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Visite avec

   de

l'exposition 


Le Musée-Hôtel Le Vergeur doit son existence à une personnalité rare. Hugues Krafft est né en 1853 de parents allemands venus à Reims pour travailler dans le négoce en vins de champagne.


L. Pallandre, Le jardin de Midori No Sato, octobre 1912

Peu passionné par les affaires, il profite de la fortune que ses parents lui lèguent à l’âge de 28 ans, pour parcourir le monde. Pendant plus de deux ans, accompagné de son frère et de deux amis, il découvre entre autres l’Inde, la Chine, le Japon, les États-Unis.

Il s’éprend de l’Asie et plus particulièrement du Japon, où le petit groupe séjournera 5 mois au lieu des quelques semaines prévues initialement.
À son retour, il se fait aménager, à Loges-en-Josas, un jardin et un pavillon japonais. Il aime à y recevoir la société parisienne intellectuelle et artistique et notamment les « Japonisants ».

Engagé dans différentes sociétés, dont l’Union Centrale des Arts décoratifs de Paris, il entretient de nombreuses relations dans les milieux intellectuels. Suite à ses voyages, il est reconnu en tant qu’ « historien et archéologue » (nous le qualifierions aujourd’hui d’ethnographe) ; il est souvent sollicité pour donner des conférences et exposer ses photographies, notamment lors de l’Exposition internationale de photographie de Bruxelles.
Il redécouvre la ville de son enfance dans la deuxième partie de sa vie et œuvre jusqu’à sa mort à la sauvegarde du patrimoine rémois et notamment de l’Hôtel Le Vergeur. Il décède à l’âge de 82 ans, en léguant sa propriété ainsi que toutes ses collections à la SAVR.

    

      

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Sur les pas d'Hugues Krafft en Bavière

La Société des Amis du Vieux Reims organise jusqu'au 12 février 2012 une exposition de photos d'Hugues Krafft réalisées en Bavière. Le Rémois fut un des premiers à pouvoir pénétrer en tant que touriste dans les châteaux de Louis II en 1886

Une photo d'Hugues Krafft et quelques objets qu'il emmenait lors de ses périples 

En cette année de célébration du 50e anniversaire de la réconciliation de l'amitié franco-allemande, l'exposition qui se tient au Musée Le Vergeur à Reims en est une très belle illustration. Il y a tout d'abord l'histoire même des photos qui sont présentées pour la première fois au public mais aussi la façon dont elles ont été redécouvertes plus de 125 ans après avoir été réalisées. Nous sommes en 1886 quand Hugues Krafft, photographe et grand voyageur, inaugure un jardin japonais dans sa propriété des Loges-en-Josas près de Versailles. Le Tout-Paris est présent. C'est là qu'il apprend la mort de Louis II, quelques jours auparavant. « Sa sensibilité allemande, il a la double nationalité, et vraisemblablement une précédente rencontre avec Louis II, lui donne l'envie d'aller en Bavière et de visiter les châteaux de Louis II qui n'ont jamais été montrés au public », explique Alain Cottez, président de la Société des Amis du Vieux Reims, association fondée en 1909 par Hugues Krafft et qui gère le Musée Le Vergeur acheté par Krafft en 1910.

Des prises de vues sous un angle inédit

C'est ainsi qu'en 1886 le jeune homme de 33 ans part sur place et photographie les châteaux de Linderhof, Neuschwanstein et Herrenchiemsee. Au total, 80 photos intérieures et extérieures sur des plaques de verre 13X18. « Ce qui est intéressant, c'est qu'il a pris des angles souvent différents de ceux que l'on connaît aujourd'hui », témoigne Marcus Spangenberg, historien allemand diplômé en histoire de l'art et à l'origine de la redécouverte des photos. « Il y a aussi des images rares de chantiers, certains de ces châteaux n'étant pas terminés à l'époque. ».
       
  Quelques mois après son séjour en Bavière, Hugues Krafft publie au premier semestre 1887 une série d'articles sur son périple dans « Le Tour du Monde
». « C'était une revue assez luxueuse destinée aux personnes qui voyagent, raconte Alain Cottez. A l'époque la reproduction des photos n'était pas possible. Ce sont donc des gravures d'après les photos de Krafft qui accompagnaient les textes. » C'est cet ouvrage qui est à l'origine de l'exposition « 1886. Sur les traces de Louis II, roi de légende : Hugues Krafft en Bavière ». « Un jour, par hasard, j'ai trouvé ce livre chez un spécialiste des livres anciens sur internet, indique Marcus Spangenberg. Je l'ai fait traduire et ai été étonné de la précision de ce récit de voyage qui, en plus, était inconnu en Allemagne. Les gravures montraient des vues inconnues des châteaux. J'ai voulu savoir si les photographies originales existaient encore. En cherchant sur internet, je suis tombé sur le Musée Le Vergeur et la Société des Amis du Vieux Reims. Je leur ai envoyé un mail pour savoir si par hasard ils avaient quelque chose ou s'ils connaissaient un endroit où pouvaient exister ces photos. »

Un miracle de retrouver les photos

A l'autre bout de la chaîne, à des centaines de kilomètres, le mail arrive sur l'ordinateur d'Alain Cottez et de Colette Cortet, archiviste bénévole depuis de très longues années à Le Vergeur. Des plaques et photos de Krafft, le musée en a des milliers dont certaines ont déjà servi pour des expositions sur les voyages de leur propriétaire au Japon et au Turkestan. Mais sur la Bavière, les bénévoles de la Société des Amis du Vieux Reims n'avaient rien. A première vue du moins car les archives de Krafft sont loin d'être encore toutes répertoriées tant le musée regorge de trésors cachés derrières des livres, au fond des tiroirs. « Un jour, je regardais quelques-unes de ces boîtes de plaques, qui traînent un peu partout, confie l'archiviste. Je tombe sur quelques-unes d'entre elles, je regarde, je vois des noms allemands de châteaux. Comme j'y étais déjà allée, je me dis d'un seul coup : Mais les voilà les plaques des châteaux de Louis II ! Je crois que c'est un petit miracle ! ».
        Un jour, on a reçu un message : «
On a trouvé une boîte ! ». On s'est dit : « Ce n'est pas possible, ils ont retrouvé les plaques ! » Le lendemain, autre message : « On en a encore trouvé deux ou trois ! Pour nous, c'était une nouvelle fantastique ! », se souvient Marcus Spangenberg qui débarque en septembre 2009 à Reims avec son ami traducteur Sacha Wiedenmann. « J'étais très surpris, après des années de recherche, de trouver, ici, quelque chose de neuf et de le trouver à Reims. Cela m'a fait un énorme plaisir, car Louis II aimait beaucoup la ville de Reims, Il avait fêté son 30e anniversaire à Reims en 1885. Il avait voulu voir de ses propres yeux la cathédrale où avaient été couronnés les rois de France. Il était aussi un admirateur de Jeanne d'Arc. Il a passé la nuit ici, dans un hôtel près de la cathédrale. » De cette visite - celle de Marcus Spangenberg pas de Louis II ! naîtra le livre bilingue franco-allemand 1886. Louis II, ses châteaux et la Bavière selon Hugues Krafft et l'exposition actuellement présentée au Musée Le Vergeur.

Grégoire Amir-Tahmasseb avec Françoise Lapeyre
Photos Bernard Sivade 

 Une vie intimement liée à Reims

1836 : arrivée à Reims de Guillaume Krafft, père d'Hugues, voyageur pour la Maison Roederer, puis associé de Louis Roederer en 1845. Il se marie en 1852 avec Emma Mumm et s'installe à Paris, rue de Rivoli.
1853 : naissance d'Hugues Krafft à Paris, rue de Rivoli. En 1855, la famille achète le château de Toussicourt, à Villers-Franqueux et s'installe à Reims, boulevard du Temple (actuel boulevard Lundy). En 1860, Hugues entre au Petit-Lycée de Reims. En 1866, la famille se réinstalle à Paris

1875 : entrée à la Maison Roederer.

1881 : départ pour le tour du monde avec Edouard H. Krafft (son frère), Charles Ressler et Louis Borchard. Séjour aux Indes. Voyage aux Indes, Ceylan, Cochinchine, Java, Chine, Japon (1882). Départ de Yokohama pour Honolulu et les Etats-Unis (1883)

1883 : retour du voyage autour du monde en mars, expose des photos à l'exposition internationale de Bruxelles (juillet) et à la société géographique (décembre)

1887 : parution dans Le Tour du Monde de « Voyage aux châteaux favoris du roi Louis II de Bavière ».
1896 : voyages en Russie, puis en 1898 en Transcaucasie, en 1899 au Turkestan, Caucase et Russie.
1900 (janvier/avril) : déménagement et installation au 42 rue de Lubeck, à Paris.

1904 : exposition de photographies à l'Exposition universelle de Saint-Louis, sous l'égide du Photo Club de Paris. Il obtient le grand prix collectif.

1908 : projet de Société des Amis du Vieux Reims (il a 55 ans).

1909 (3 février) : fondation de la Société des Amis du Vieux Reims.

1910 : acquisition de l'Hôtel du Vergeur à Reims.

1914 : évacuation au début de la guerre des collections de la Société des Amis du Vieux Reims au Pavillon de Marsan, à Paris.
1924 : déclaration d'entreprise et reconstruction de l'Hôtel Le Vergeur après les destructions liées à la guerre. En 1925, Krafft vend sa collection d'objets d'art d'Extrême-Orient, à l'Hôtel Drouot. Les recettes consacrées aux frais de reconstruction de l'Hôtel Le Vergeur.
1932 : inauguration du nouveau Musée de la Société des Amis du Vieux Reims.
1935 : décès le 10 mai d'Hugues Krafft, à Reims.
1936 : délibération le 28 mai du conseil municipal de la Ville de Reims proposant de donner le nom d'Hugues Krafft à la rue nouvellement ouverte, reliant le boulevard des Belges à la rue de Guignicourt.

 Extrait de l'union du 22/02/2012

    

      

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 Zoom sur Hugues Krafft,

pionnier de la photo et du tourisme en Bavière

 
Sur les traces de Louis II, roi de légende : Hugues Krafft en Bavière

À 125 ans d'intervalle, la passion pour les voyages d'un grand bourgeois rémois et l'intérêt porté par un historien allemand à Louis II de Bavière se rejoignent pour donner lieu à un livre et une exposition.


Neuschwanstein : photo, remarquable de qualité

C'est une succession de coïncidences et de rebondissements qui est à l'origine de cette exposition au Musée Le Vergeur. Hugues Krafft, grand voyageur, a passé 25 ans de sa vie à parcourir le monde. En 1881 - il a 28 ans -, il part au Japon muni d'un appareil de conception récente qui permet de faire des photos à partir de plaques de verre au gélatino-bromure d'argent. Alain Cottez, président de la Société des Amis du Vieux Reims, montre une des boîtes « La Daguerrienne » qui contient une douzaine de plaques 13 x 18 : « Il devait bien avoir une demi-tonne de plaques photo dans ses bagages ! Il emportait aussi son laboratoire, pour développer sur place ».

Le 19 juin 1886, il inaugure une maison japonaise construite à partir d'éléments qu'il a rapportés, en présence du « Tout Paris ». Il apprend la mort de Louis II, le 13 juin, dont l'enterrement a lieu le jour même ! Krafft décide alors de se rendre en Bavière et obtient les autorisations nécessaires pour visiter les trois demeures royales : Linderhof, Neuschwanstein et Herrenchiemsee, y compris le droit de prendre 80 photos intérieures et extérieures. « Il devient, en quelque sorte, le premier touriste à visiter les châteaux de Louis II, et, de par la promotion qu'il va faire de ce voyage, sera le précurseur du tourisme bavarois. » De retour en France, il écrit un long article dans la revue « Le Tour du Monde », illustré de gravures sur bois reproduisant une sélection de ses photos.

Huit boîtes de douze plaques

Un chercheur allemand en histoire de l'art, Marcus Spangenberg, découvre cet article en 2009. « Il nous demande si nous avons les clichés. Notre archiviste répond par la négative : Krafft les avait donnés à la Société de Géographie… », explique Alain Cottez. L'archiviste en question, Colette Cortet, continue à chercher parmi les quelque 4 000 clichés légués par Krafft et finit par découvrir huit boîtes de douze plaques. M. Spangenberg débarque à Reims avec un ami traducteur, Sacha Wiedenmann. « On a passé la journée à visionner les plaques. Il était fou de joie ! ». Un livre a été réalisé, publié dans le cadre du programme de promotion culturelle du ministère français des Affaires Etrangères (voir encadré). L'exposition présente les photos en noir et blanc, à partir des plaques numérisées, et celles, prises récemment, exactement sous le même angle et en couleurs, sur les lieux des photos anciennes.
Leur rapprochement montre les transformations survenues au fil de ces 125 ans.
Du 12 janvier au 12 février. Musée-Hôtel Le Vergeur, 36, place du Forum.

Louis II et ses châteaux : vues d'hier et d'aujourd'hui

L'ouvrage, bilingue, illustré des photos d'Hugues Krafft et de photos contemporaines en couleurs, présente les châteaux dans leur état d'origine, tel que Louis II les connaissait, mais établit aussi un parallèle avec les prises de vue actuelles et celles de 1886. Il commence par la reproduction intégrale de l'article écrit par Krafft : « Il avait une très belle plume. C'est une analyse d'artiste, non dépourvue de sens critique : il trouvait, en particulier, que beaucoup de pièces des châteaux avaient été réalisées un peu à la va-vite et peut-être pas avec tous les moyens financiers qui auraient été souhaités », commente Alain Cottez. La seconde partie est l'œuvre de Marcus Spangenberg, qui analyse le texte de Krafft et apporte de nombreux commentaires historiques et descriptifs. Une biographie, rédigée par Alain Cottez, termine un ouvrage remarquablement documenté.
    «
1886 : Louis II, ses châteaux et la Bavière, selon Hugues Krafft », en vente au musée.

Extrait de l'union du 10/01/2012

    

      

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