LES ABEILLES

 

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Aux petits soins pour ses abeilles
Des pesticides bannis pour sauver les abeilles

Des abeilles à la rescousse

Un geste pour sauver les abeilles
Un apiculteur sous les projecteurs

Les tueurs d’abeilles resteront interdits

Les apiculteurs ne font pas leur miel
Les apiculteurs en colère contre l'insecticide tueur d'abeilles
 
Des ruches sur le toit d'un supermarché
Des ruches installées dans les vignes 

Alerte au frelon asiatique dans la Marne

Nicolas HAVEZ, cueilleur d’essaims
Quand les abeilles arrivent en ville
Les abeilles ont trouvé un nouveau toit à Reims
Le cri de détresse des apiculteurs

Les abeilles font le buzz en ville
Expérimentation : Les agriculteurs au secours des abeilles
Les apiculteurs touiours en guerre contre les pesticides

Bienvenue aux abeilles

Aidons les abeilles, elles le rendent
Un citadin qui rêvait de vivre… chez les abeilles

Faites une fleur aux abeilles !
Abeilles / La génétique vient à leur rescousse 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Aux petits soins pour ses abeilles


Samuel Pocquet conseille aux amateurs d’acheter leur miel chez un apiculteur. «Si c’est en grande surface, il est important de bien regarder les étiquettes: il faut impérativement choisir du miel récolté en France.» Aurélien Laudy


L’apiculteur Philippe Lecompte explique qu’il n’y a pas d’alternative aux néonicothoïdes

Samuel Pocquet voit la mesure d’un bon œil sans pour autant crier au miracle. « C’est une bonne chose pour les abeilles, les apiculteurs et plus généralement les humains, réagit-il, mais cela ne résoudra pas tous nos problèmes. »

Comprenant des molécules néonicotinoïdes ayant des effets néfastes sur le système nerveux des insectes – « Les abeilles perdent leur sens de l’orientation, explique l’apiculteur ardennais, ne retrouvent plus leurs ruches et meurent » –, les trois produits phytosanitaires que l’Union européenne a décidé de bannir le 17 mai ne sont pas les seuls à les impacter. « D’autres pesticides portant la mention abeilles ne les tuent pas mais modifie leur odeur. Quand les abeilles rentrent à la ruche, elles ne sont pas reconnues par ses gardiennes qui les tuent. On retrouve ainsi des poignées d’abeilles mortes au pied de chaque ruche. »

DÉRÈGLEMENT CLIMATIQUE

Mais là n’est pas le principal ennemi que Samuel Pocquet combat sans relâche : « le dérèglement climatique ». L’apiculteur d’Avançon n’a alors d’autres choix que de visiter ses ruches au moins dix fois par an. « Il y a trente ans, deux visites suffisaient au printemps et à l’automne. Cela n’est plus suffisant. Il faut contrôler la colonie de chaque ruche, le couvain (l’ensemble des œufs, larves et nymphes), la reine. Il faut suivre sa fécondation, vérifier que les abeilles disposent de miel et de pollen en quantités suffisantes. »

Une colonie de 70 000 abeilles consomme, pour sa seule subsistance, 50 kg de miel, 35 kg de pollen frais et 70 l d’eau par an.

Samuel Pocquet, qui se passionne pour les abeilles depuis l’âge de sept ans – « Un voisin m’avait offert une ruche pour mon anniversaire, raconte-t-il, c’est parti comme ça » – possède 580 ruches. Au contraire de certains apiculteurs qui vouent les agriculteurs aux gémonies, il ne déplore pas de perte de population « alors qu’il est installé en pleine zone de culture ». « J’ai peut-être des agriculteurs qui travaillent bien», glisse-t-il avec malice.

Il n’enregistre « que » 3 % de mortalité par an. « Sensiblement plus, lorsque j’ai des ruches orphelines. » Soit les reines meurent de vieillesse – « Leur durée de vie est de quatre ans » –, soit elles souffrent lorsque nous déménageons des ruches sur des cultures. « Certaines ruches orphelines repartent, d’autres pas. »

C’est que les abeilles demandent une attention de tous les instants. Une implication payante – « Même si ma femme dit qu’il n’y a pas beaucoup de tarés comme moi » –, permettant à Samuel Pocquet de faire son miel. « Chaque ruche donne 25 kg de miel les années normales. » En 2017, il consent à déclarer qu’il a « fait mieux. Attention toutefois à ne pas prendre qu’en considération les kilos de miel récoltés. Il faut aussi veiller à ne pas perdre d’essaims au risque d’avoir à en racheter. Ce qui fait baisser le bénéfice. »


Pour Hervé Lapie (FNSEA), « 
tout ,’est pas tout blanc ni tout noir dans ce dossier »

Du miel et des machines

 « Quand j’ai démarré dans les années 90, le kilo de miel se vendait bien et les récoltes étaient abondantes. » Les aléas se multipliant, Samuel Pocquet a investi coup sur coup dans une chaîne d’extraction et une machine à gaufrer. Le temps gagné lui permet de faire de la prestation de services. « Cette année, je vais extraire le miel de 2.000 ruches », estime-t-il. Les siennes et celles d’une poignée d’apiculteurs.

L’Ardennais s’affaire en parallèle à fabriquer des feuilles de cire gaufrées épousant les cadres de ruche, pour sa propre production et celle de ses clients. « Ils viennent de partout : des Ardennes, de l’Aisne, de la Marne, de la Meuse… », indique-t-il, précisant être le seul apiculteur de Champagne-Ardenne à posséder une telle machine. Ces activités complémentaires lui permettent de vivre de son travail, même si l’investissement était important. S’y rajoutent la tenue d’un magasin accolé à sa miellerie où son miel et tout le matériel nécessaire aux apiculteurs sont proposés, la vente de son miel sur le marché couvert de Charleville-Mézières et dans divers points de vente (hypermarchés, cueillettes, maraîcher, magasins Piquets…), et celle de pains d’épice pendant les fêtes de Noël.

Sophie BRACQUEMART

Extrait de l' union du  04/05/2018

     

    

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Des pesticides bannis pour sauver les abeilles

L’Union européenne interdit l’usage de trois néonicatinoïdes à toutes les cultures en plein champ. 

 

Bernie l’abeille, insecte gonflable géant déployé par le collectif Avaaz, hier matin devant les bâtiments de l’Union européenne (UE) à Bruxelles, peut se réjouir.

Défendue par la Commission européenne, l’interdiction de trois néonicotinoïdes a été élargie à toutes les cultures en plein champ, des pesticides jugés dangereux pour les abeilles, à toutes les cultures en plein champ, au nom de la défense de la biodiversité et de l’environnement.

Seize États membres, le minimum requis, ont donné leur feu vert lors d’un comité technique à huis clos. Parmi eux, la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Espagne ou l’Italie, mais aussi les Pays-Bas ou le Luxembourg.

EN SUSPENS DEPUIS 2013 AVEC LE RECOURS DES GÉANTS DES PESTICIDES

Au total, les soutiens représentent «trois quarts de la population de l’UE» , a souligné la commission. « La santé des abeilles a toujours une importance cruciale pour moi, puisque cela concerne la biodiversité, la production alimentaire et l’environnement » , s’est félicité le commissaire européen à la Santé et la Sécurité alimentaire Vytenis Andriukaitis.

L’avenir de la clothianidine, l’imidaclopride et le thiaméthoxame – des substances neurotoxiques largement utilisées, qui s’attaquent au système nerveux des insectes – était en suspens depuis 2013, après une première évaluation négative de l’Efsa (Agence européenne pour la sécurité des aliments).

L’agence européenne a confirmé son opinion fin février, venant soutenir la volonté de l’exécutif européen d’élargir l’interdiction.

L’élargissement de l’interdiction est une immense victoire pour nos abeilles et plus généralement l’environnement

Sandra belle

Celle-ci s’appliquera désormais à toutes les cultures en plein champ, avec pour seule exception les usages en serres, à condition que graines et plantes ne quittent pas leur abri fermé. Bruxelles espère qu’elle rentrera en vigueur d’ici à la fin de l’année.

En 2013, l’UE avait imposé des restrictions d’usage pour ces trois substances, contestées en justice par deux géants des pesticides dont les produits sont directement concernés, le suisse Syngenta et l’allemand Bayer. Le moratoire partiel s’appliquait aux cultures qui attirent les abeilles (comme le maïs, le colza oléagineux ou le tournesol) sauf quelques exceptions. L’UE n’a donc pas attendu l’issue de cette procédure devant le tribunal de l’UE, toujours en cours.

JUGEMENT ATTENDU LE 17 MAI

« Avec un jugement de la justice européenne attendu le 17 mai, c’est une décision prématurée, malvenue, même si pas tout à fait inattendue » , a réagi Graeme Taylor, de l’ECPA, l’Association européenne des producteurs de produits phytosanitaires.L’agriculture européenne va souffrir de cette décision. »

Pour Bayer, la décision va « encore réduire la capacité des agriculteurs européens à se défendre contre d’importants parasites. Pour beaucoup d’entre eux il n’y a pas de traitements alternatifs disponibles ».

Son concurrent Syngenta affirme : « Les preuves montrent clairement que les néonicotinoïdes posent une menace minime sur la santé des abeilles comparée à une pénurie alimentaire, aux maladies et aux températures froides. »

La filière de la betterave, jusqu’ici épargnée par les restrictions, sera particulièrement exposée, selon le principal syndicat d’agriculteurs en Europe, le Copa-Cogeca : « Il nous faut de meilleures conclusions(scientifiques, NDLR) sur l’enrobage des semences et l’utilisation sur des cultures sans floraison. Pour nous, il n’y a pas de danger sur ce type de cultures » , a assuré Joachim Rukwied, président du Copa.

A contrario, pour Sandra Bell de l’ONG Friends of the Earth, «l’élargissement de l’interdiction est une immense victoire pour nos abeilles et plus généralement l’environnement » . Elle a appelé la commission à aider les agriculteurs à abandonner l’usage de pesticides.

« Nos gouvernements ont finalement décidé d’écouter leurs citoyens, la science et les agriculteurs qui savent que les abeilles ne peuvent pas survivre avec ces produits chimiques et que nous ne pouvons pas survivre sans les abeilles » , lui a fait écho Antonia Staats, chargée de campagnes chez Avaaz (organisation non gouvernementale internationale de cybermilitantisme, fondée en 2007).

Éric Andrieu, porte-parole des sociaux-démocrates pour l’Agriculture au Parlement européen, a salué un vote «essentiel pour l’avenir de la biodiversité et notre agriculture » , alors que « les abeilles pollinisent 84 % des cultures européennes et 4000 variétés de végétaux, et que le taux de mortalité des abeilles atteint les 80 % dans certaines régions d’Europe ».

Extrait de l' union du  28/04/2018

     

    

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Des abeilles à la rescousse

Lot-et-Garonne Une start-up élève et loue des abeilles, pour qu’elles volent au secours de vergers français.


Dans cette boîte, installée dans un verger près d’Agen, des abeilles qui vont se charger de la pollinisation des cultures.AFP

+10 % 
Entre 10 % et 15 % de rendement supplémentaire pour un verger : c’est ce qu’apporteraient les abeilles d’Osmia, selon un responsable de l’entreprise.

Elles ne vivent pas en ruche, ne produisent pas de miel, mais elles sont championnes de la pollinisation des cultures : le printemps venu, quelques milliers d’abeilles solitaires élevées par une start-up du Lot-et-Garonne sont envoyées en mission pour doper les rendements des vergers. Comme les abeilles qui font notre miel (Apis mellifera), ces solitaires (Osmia cornuta et Osmia rufa) fertilisent les plantes en butinant, transportant ainsi le pollen d’une fleur à une autre, mais mieux et plus vite. « Ces abeilles, appelées osmies, étaient déjà utilisées artisanalement par certains agriculteurs en Europe, mais nous sommes pionniers pour notre capacité à les élever en quantité et à les apporter sur une parcelle au moment voulu » , assure Franck Mariambourg, co-fondateur et président d’Osmia.

600 HECTARES COUVERTS CETTE ANNÉE

Créée en 2014, la PME de l’agropole d’Estillac, près d’Agen, emploie sept personnes et loue aux arboriculteurs les services de ses abeilles, sous forme de boîtes (une de mâles, une autre de femelles) disposées dans des abris adaptés. Cette année, elle intervient sur environ 600 hectares, en Rhône-Alpes et dans le Sud-Ouest, mais aussi pour la première fois dans les pommiers à cidre de Normandie.

À peine arrivées, les abeilles se reproduisent. « Elles restent notre propriété et on récupère les cocons sur les parcelles en été, à la fin de la floraison. Ces cocons sont triés puis conservés en chambre froide jusqu’au printemps suivant » , détaille Béatrice Tournier, responsable administrative de la jeune pousse. Le froid fige le développement des cocons, qui se réactivent à la chaleur. En jouant sur la température, Osmia est capable de programmer le réveil de ses abeilles avec une précision d’une demi-journée. « Tous les arbres fruitiers ne fleurissent pas à la même période, donc il faut pouvoir échelonner le réveil des osmies » , explique-t-elle. Responsable technique d’Osmia pour le Sud-Ouest, Nicolas Denis a longtemps été arboriculteur, avant de faire faillite. « Je n’ai jamais mis une abeille de ma vie dans mes vergers ! Je me disais : Pourquoi payer pour quelque chose que la nature nous offre ? » , confie-t-il. Une erreur, selon lui : « On arrive à améliorer les rendements de 10 à 15 %. Par rapport aux engrais ce n’est vraiment pas cher » , de 250 à 350 € par hectare. Car l’abeille solitaire est bien plus performante que celle à miel. Pour rapporter le pollen à la ruche, les abeilles mellifères « mouillent le pollen pour en faire des boules qu’elles collent sur leurs pattes arrière, ce qui le dégrade » , explique M. Denis Les osmies, elles, se couvrent mécaniquement de pollen en entrant dans la fleur grâce à leurs poils fournis qui forment comme une « brosse » sur le ventre. Résultat, un taux de pollinisation exceptionnel : plus de 90 % pour l’osmie à chaque visite de fleur, trois fois plus que la mellifère.

Surtout, l’abeille domestique est volage ! Avec un rayon d’action pouvant dépasser trois kilomètres, elle a une fâcheuse tendance à délaisser le verger qu’on lui a assigné pour aller butiner ce si attrayant champ de colza voisin...

En butinant, l’abeille solitaire fertilise les plantes du verger

Extrait de l' union du  25/11/2017

     

    

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Un geste pour sauver les abeilles 

La justice française a suspendu, hier, l’autorisation de mise sur le marché de deux nouveaux pesticides.


«L’abeille vaincra !», a lancé, sur Twitter, l’Union nationale de l’apiculture française. Elle déposera, lundi, un recours au fond «pour rendre définitive cette suspension».
AFP

Deux pesticides, le Transform et le Closer, du fabricant américain Dow, étaient accusés, par une association, de présenter un risque pour la santé des abeilles. Déjà autorisés dans 41 pays dont les États-Unis, le Canada et l’Afrique du Sud, ils avaient reçu un accord de vente, fin septembre, par l’Agence française de sécurité sanitaire (Anses).

« Cette autorisation « est suspendue jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur sa légalité », a déterminé le tribunal administratif de Nice (sud-est), saisi par une association écologiste.

« Dow fera un recours contre cette ordonnance devant le Conseil d’État », l’instance suprême de la justice administrative, a réagi l’avocat de la société, Me Éric Nigri. Il s’est dit « étonné » de cette décision dont « les conséquences immédiates sont, précisément, un préjudice pour les agriculteurs français qui vont s’orienter vers d’autres produits qui n’ont pas un profil éco toxicologique aussi favorable » .

UNE FAMILLE DE PESTICIDES REDOUTABLE POUR LES ABEILLES

Ces pesticides servent à traiter les cultures de grands champs et les fruits et légumes, contre les pucerons, grâce à une substance active, le sulfoxaflor, présenté par l’association Générations Futures comme « un néonicotinoïde de nouvelle génération » sur la base de plusieurs études scientifiques. Les pesticides de la famille des néonicotinoïdes, redoutables pour les abeilles, sont en passe d’être interdits en France.

Dans son ordonnance, le juge Didier Sabroux appuie sa décision sur le principe de précaution qui s’applique « lorsque des incertitudes subsistent sur l’existence et la portée des risques ». Il souligne aussi que l’Anses admet le caractère toxique du sulfoxaflor pour les abeilles, dont la population est « déjà fragilisée », et il estime qu’il n’y a pas de garantie certaine que les deux pesticides seront épandus exclusivement par des professionnels formés et à la bonne dose.

Extrait de l' union du  25/11/2017

     

    

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Un apiculteur sous les projecteurs

André-Claude Deblock, apiculteur amateur, est sous les feux de l’actualité. Il va passer dans « Les carnets de Julie » et son nectar va se retrouver dans un magasin prestigieux.


Les ruches de l’apiculteur sont toujours joliment décorées par des artistes.

*.- ANDRÉ-CLAUDE DEBLOCK - 68 ans, est un ancien enseignant en négociation pour les banquiers. Retraité depuis trois ans.

*.- ENTOURÉ DE SCIENTIFIQUES - il a installé quelques ruches sur le toit du Centre de recherches en environnement et agronomie (Fredon).

*.- L’APICULTEUR AMATEUR - a aussi déposé des ruches dans un endroit ensoleillé du clos Pommery. Il a une dizaine de ruchers en tout.

*.- IL REVÊT TOUJOURS - une tenue de protection car à force d’être piqué, il est devenu allergique… Il a participé à une émission de télévision qui passera à l’automne sur le petit écran.

Son miel moelleux au champagne et ses idées originales, comme celle d’installer des ruches sur le toit du Centre de recherche en environnement ou dans les vignes du clos Pommery, ont valu une petite notoriété à l’apiculteur amateur André-Claude Deblock, de Cernay-lès-Reims.

Cette fois, celui dont le site internet est visité un millier de fois par jour, va étendre sa notoriété grâce à l’émission « Les carnets de Julie », sur France 3.

Ils ont filmé dans ma cuisine où j’ai présenté trois plats différents à base de miel André-Claude Deblock

« Tout s’est préparé par téléphone, raconte-t-il. Puis, la présentatrice Émilie est venue chez moi pour tourner avec son équipe dans le cadre d’une émission sur la cuisine laquée. C’était le 22 juin. Il faisait une chaleur terrible. Le matin, nous sommes allés au fort de Montbré où j’ai installé quelques ruches. Et ensuite, ils ont filmé dans ma cuisine où j’ai présenté trois plats différents à base de miel. »

L’ancien enseignant, comédien à ses heures, attend maintenant un DVD de l’émission pour voir ce que vaut sa prestation et connaître la date de son passage sur le petit écran.

Sensible à la protection de la nature, il se passionne pour les abeilles depuis sept ans. Son jardin est un refuge pour toutes sortes d’insectes et d’oiseaux, entretenu avec soin par son épouse, sécateur à la main dès que le soleil pointe son nez.

« J’apprécie l’idée que l’on valorise les terroirs comme dans cette émission » , affirme-t-il. Et ce n’est pas tout, le Commissariat général à la Fête de la gastronomie l’a contacté pour qu’il participe à cet événement. Une occasion d’initier le grand public à la gastronomie et à ses enjeux. L’apiculteur aime aussi faire découvrir la vie des abeilles aux enfants. Il organise souvent des animations dans les maisons de quartier. Par ailleurs, l’office de tourisme de Reims souhaite vendre son miel à la foire de Châlons.

Enfin, André-Claude Deblock a été sélectionné par des chefs pour la qualité de son miel. Ses pots vont être vendus prochainement au Printemps du boulevard Haussman à Paris.

M-C LARDENOIS

Extrait de l' union du  29/08/2017

     

    

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Les tueurs d’abeilles resteront interdits

Le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot a obtenu gain de cause face à son collègue de l’Agriculture : l’interdiction des insecticides « tueurs d’abeilles » est confirmée.  


Les néonicotinoïdes, qui visent le système nerveux des insectes, désorientent les pollinisateurs, et contribuent ainsi au déclin spectaculaire des colonies d’abeilles. AFP

Le Premier ministre Édouard Philippe a donné raison, hier, au ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot aux dépens de son collègue de l’Agriculture Stéphane Travert et a confirmé l’interdiction des insecticides « tueurs d’abeilles », tranchant le premier désaccord public au sein du nouveau gouvernement. « Le gouvernement a décidé de ne pas revenir sur les dispositions de la loi de 2016. Cet arbitrage a été pris à l’occasion d’une réunion tenue à Matignon le 21 juin dernier », a indiqué Matignon, tout en précisant qu’un « travail est en cours avec les autorités européennes. »

La législation française « n’est pas conforme avec le droit européen » , avait déclaré tôt hier M. Travert sur RMC/BFM TV, interrogé à propos d’un «document de travail » datant du 21 juin obtenu par RMC, et qui déplorait que « la réglementation française (aille) plus loin que ce qui est prévu par la réglementation de l’UE » . Votée dans le cadre de la loi sur la biodiversité de2016, l’interdiction des néonicotinoïdes, appelés pesticides « tueurs d’abeilles» par leurs détracteurs, a été vivement combattue par le monde agricole, en particulier les producteurs de betteraves, et fait l’objet d’âpres débats au Parlement. La mesure prévoit d’interdire dès le 1 er septembre 2018, avec des dérogations possibles jusq u’au 1er juillet 2020, les principales molécules de cette catégorie de produits accusés de contribuer au déclin des abeilles.

DÈS LORS QUE LA SANTÉ EST MISE EN CAUSE, JE NE VEUX FAIRE AUCUNE CONCESSION

« Nous avons un certain nombre de produits aujourd’hui qui ont été estimés dangereux et qui sont au fur et à mesure retirés du marché, mais (pour) d’autres produits (…) qui n’ont pas de substitutions, nous devons pouvoir autoriser des dérogations pour en permettre l’utilisation afin que nos producteurs continuent à travailler dans de bonnes conditions », a déclaré M. Travert. « C’est ma proposition », a spécifié le ministre, en affirmant alors que l’arbitrage du Premier ministre, Édouard Philippe, n’était « pas rendu ». Une interprétation immédiatement contestée par Nicolas Hulot, qui, dans un tweet en réponse à ces propos, a assuré que les interdictions de néonicotinoïdes « ne seront pas levées, les arbitrages ont été rendus en ce sens » . « Dès lors que la santé est mise en cause, je ne veux faire aucune concession », a insisté M. Hulot un peu plus tard, devant la presse en marge d’un déplacement à Lyon. Les arbitrages « ont déjà été faits, on ne va pas revenir sur la loi », a-t-il insisté, ajoutant qu’ « on ne reviendra pas sur des acquis. »

Une étude pour connaître les effets sur l’homme

Les pesticides néonicotinoïdes sont des substances neurotoxiques qui, en s’attaquant au système nerveux des insectes, ont contribué au déclin des abeilles constaté notamment en Europe et en Amérique du Nord. Désorientées, les abeilles ont du mal à reconnaître les fleurs, à butiner. Ces produits sont, en outre, accusés d’altérer le sperme des mâles. Peu biodégradables, ces produits persistent dans l’eau et les sols. L’Agence de sécurité sanitaire doit publier fin 2017 une expertise sur l’impact sur l’Homme.

Extrait de l' union du  27/06/2017

     

    

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Les apiculteurs ne font pas leur miel

Cette année, la récolte de miel est très mauvaise. « Il faut remonter aux années 70 pour trouver l'équivalent », dit un apiculteur, La météo « catastrophique » est en cause.


Le volume de miel importé a quasiment doublé en dix ans, la production intérieure ne suffisant pas à notre consommation

Le maigre butin des apiculteurs

Si l'agriculture française est en berne cette année, l'apiculture l'est aussi, La récolte de-miel . 2016 n'a jamais été aussi mauvaise depuis les années 70.Principale cause: la météo, bien sûr


« Si nous récoltons quinze kilos de miel par ruche, ce sera bien. En moyenne, nous faisons 25 kilos depuis dix ans. En 2015, c'était cinquante kilos » indique Samuel Pocquet apiculteur dans les Ardennes
Hervé Oudin

« C'est général ! Tous les apiculteurs que je côtoie dressent le même constat : après un bon cru 2015, la récolte est très mauvaise cette année. JI faut remonter aux années 70 pour trouver l'équivalent » assure Richard Charleux, président de l'Abeille-sparnacienne. Son association regroupe 72 adhérents pour plus de deux mille ruches. Lui-même en possède une quinzaine dont seule une petite dizaine est actuellement productive. « C'est difficile de donner un chiffre, mais il se pourrait bien que la baisse atteigne les 50 % », estime ce retraité âgé de 66 ans. Dans certaines régions françaises, des apiculteurs parlent d'une différence de rendement de deux tiers.

« De fin mai à début juillet, nous avons subi une météo catastrophique. Durant de telles périodes, les abeilles ne sortent plus, les reines ralentissent terriblement leur production et, parfois, cessent même de pondre », explique Richard Charleux. Samuel Pocquet, 39 ans, est installé à Avançon dans les Ardennes. L'apiculture est chez lui une passion vraiment très ancienne. « Il a eu sa première ruche à 2 ans. Moi, j'étais plombier. Une fois, un client m'a payé avec deux ruches, j'en ai donné une à Samuel », raconte Gérard, son père.

 

« Zéro miel dans la vallée de l’Aisne »

Samuel est aujourd'hui l'un des rares professionnels du département : le miel est sa seule source de revenus. Il exploite près de 500 ruches réparties sur cent kilomètres à la ronde et développe une activité d'extracteur en prestation de service, après avoir fait construire les bâtiments aux normes et investi dans une chaîne automatique capable d'extraire jusqu'à 700 kg de miel à l'heure. « Nous les avons atteints l'an dernier ! » Cela n'arrivera pas cette année. L'exploitant montre les cadre sortis d'une hausse.« Il n’y a presque ,rien dessus ! » 80 à 90 % de sa production sont revendus en vrac à des négociants. Le reste est écoulé au détail dans le magasin familial, au prix de neuf euros le kilo. « Avec cinnquante kilos de miel par ruche, la récolte 2015 était exceptionnelle, sachant que sur dix ans, la moyenne est de 25 kilos. Cette année, si on obtient quinze kilos ce sera bien. J'en suis à ma dix-septième campagne, je n'ai jamais vu ça ... Certains secteurs sont plus couchés que d'autres, certaines fleurs aussi. « Dans la vallée de l'Aisne, je fais zéro miel. L'acacia, zéro aussi. Avec le tilleul, on arrive à sept kilos. Quand on descend vers la Marne, c'est un peu mieux. »

Les prévisions météo mises en cause

Pour Samuel Pocquet, comme pour son père Gérard, les conditions climatiques ne sont pas seules responsables de cette pauvre récolte. Ils mettent aussi en cause les prévisionnistes.  « Ce sont les bouchers qui les ont payés pour pouvoir vendre leurs merguez », plaisante le père. Plus sérieusement, le fils assure que « les prévisions à quinze jours étaient complètement fausses. » Or, ces données sont essentielles pour l'organisation du travail des apiculteurs. « Nous avons commencé à nourrir les abeilles avec un sirop, moins bon que le miel ; parce qu'elles ne produisaient plus assez, dès le 13  juin, ce qui ne s'était jamais produit avant. Le retour du beau temps a été annoncé plusieurs fois alors que ce n'était pas exclus

Enmilieu de semaine dernière, ce producteur calculait avoir déjà roulé 1200 km de plus que l'année dernière, alors que la saison n'est pas finie, pour entretenir au mieux ses ruches en fonction de la météo. Il s'attend à une perte de 50 % de son chiffre d'affaires, « Il ne pourra pas y avoir deux années comme ça de suite, sinon il n’y aura plus d'apiculteurs. » Faut-il craindre une explosion des prix ? « Les prix vont flamber pour certains miels, comme l'acacia, le sapin ou le châtaignier, pas pour toutes les fleurs. ll y a des stocks. »

LA FRANCE IMPORTE DE PLUS EN PLUS DE MIEL

•.- Selon France Agrimer, le volume de miel importé a quasiment doublé en dix ans, la production intérieure ne suffisant pas à notre consommation.

•.- La France a consommé 40.600 tonnes en 2014 mais n'a produit que 13.200 tonnes.

•.- Espagne, Chine et Ukraine sont nos principaux fournisseurs

Le CHIFFRE 2.000

C’est le nombre d’œufs pondus par jour par « une bonne reine » selon Richard Charleux

LA PHRASE

« Confronté aux pesticides, au varroa, à l'impact d'une agriculture intensive, au frelon asiatique, au bouleversement climatique, l'avenir de l'abeille est incertain. »

Union nationale de l’apiculture française

Jean-Michel FRANCOIS

Extrait de l' union du  14/08/2016

     

    

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Les apiculteurs en colère contre l'insecticide tueur d'abeilles

Les apiculteurs s'insurgent contre un insecticide utilisé pour éradiquer le moustique-tigre. Des œufs de cet insecte ont été découverts à Laon.


Philippe Richer est inquiet pour les abeilles
J.M Champagne

Les apiculteurs soulignent qu'un insecticide prévu est particulièrement dangereux pour les oiseaux et les abeilles

Le département de l'Aisne est concerné par la présence du moustique-tigre. Cet insecte est susceptible de transmettre un certain nombre de virus. Notamment le chikungunya, ayant tué des personnes à La Réunion. La présence de l'insecte a été décelée en décembre à Laon. Une quarantaine d'œufs ont été découverts dans deux pièges contenant de l'eau. « Le moustique-tigre ne serait toutefois pas encore implanté durablement dans l'Aisne », selon une estimation de l'établissement interdépartemental pour la démoustication du littoral atlantique.

Cet organisme, mandaté par le ministère de la Santé. a dépêché deux de ses agents pour contrecarrer l'expansion de l'insecte à l'endroit où Ies œufs avaient été repérés. Une intervention manuelle était, donc, prévue hier soir chez un grossiste de pneus à Laon.

« S’il y a du vent, il y a des risques »

Du bacille de Thuringe et de la deltaméthrine ont été utilisés. C'est ce second produit qui provoque des craintes chez les apiculteurs. Philippe Richer, président du syndicat apicole de l'Aisne, représentant trois cents producteurs de miel, ne cache pas sa colère. « Je suis inquiet des conséquences de la deltaméthrine. On en balance dans l'environnement sans s'inquiéter des retombées. Cet insecticide tue tous les insectes, les abeilles, les oiseaux sont en danger. Il était utilisé par les Américains comme défoliant au Vietnam. » À Laon, la zone concernée s'étend sur un hectare. Elle se situe dans la zone industrielle. Pour les apiculteurs, des impacts sont redoutés dans un rayon de six kilomètres ..Philippe Richer souligne qu'il n'a pas bénéficié d'assez de temps pour prévenir tous les producteurs de miel. D'autant plus que plusieurs d'entre eux sont venus dans l'Aisne pour que leurs abeilles se nourrissent de tilleul.  « S'il y a du vent, il y a des risques », insiste le représentant des apiculteurs. La polémique risque d'enfler. Les traitements prévus à Laon devraient s'étaler sur plusieurs jours. « Il n’y a aucun risque pour la population et la nature », lui répond Sebastien Chouin, directeur scientifique de l'établissement interdépartemental pour la démoustication. Il précise que les abeilles ne sont pas actives, la nuit, quand les traitements, avec des doses d'un gramme par hectare, seront effectués.

Thierry DE LE5TANG PARADE

Extrait de l' union du  03/08/2016

     

    

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Des ruches sur le toit d'un supermarché 

 Deux essaims d'abeilles ont élu domicile sur le toit ~u Carrefour de Tinqeux par une association rémoise, pour la réinsertion professionnelle. Première récolte hier


sont repoussées à l'aide d'en enfumoir, le temps de récolter la hausse de étages de la ruche remplie de miel. David Gauthier

« La récolte de l'an dernier, au jardin, était incroyable. Le miel avait un goût mentholé »
Eddy, salarié à l'Epis

Une nuée de milliers d'abeilles se dispersent en désordre, délogées pour quelques minutes des deux ruches. « Le temps de récupérer les hausses, les compartiments en bois où le miel est stocké », commente Pascal Friquot, employé de l'association Ensemble pour l'insertion et la solidarité (Epis). Un enfumoir à la main, il encadre quatre travailleurs d'Epis venus en renfort pour cette première récolte de miel. L'endroit est inhabituel : les palais des abeilles trônent sur le toit du Carrefour de Tinqueux,  « C'est un partenariat avec l'enseigne. On leur revendra une partie des pots, qui seront vendus dans le magasin. » Un accord gagnant-gagnant, affiché par la marque comme un 'engagement pour la biodiversité et l'insertion professionnelle.

L'initiative ravie les salariés d'Epis. Sous leurs combinaisons blanches, les quatre hommes ressemblent à des cosmonautes en mission. Leurs mouvements sont lents, appliqués, « il ne faut jamais se positionner devant l'entrée de la ruche, et éviter les mouvements brusques », préconise Anthony, responsable des aromates au jardin de l'association. Il garde u' vif souvenir de son premier contact frontal avec les insectes. « J'ai un peu paniqué. Avoir des milliers d'abeilles qui se jettent sur vous, comme ça ... » Pas d'hésitations ce mardi matin. Anthony transporte l'une des hausses - 20 kilos de miel - vers la camionnette. La précieux substance sera retirée des alvéoles, puis empoter le lendemain.

Le quotidien d'Eddy s'est éclairé lorsqu'il a rejoint Epis, il y a 18 mois, après trois ans d'inactivités. « J'ai subi une lourde opération du dos. Avant j'étais chauffeur routier. » Les missions dans les différents ateliers (récupération de pain, travail de la vigne, d'un jardin ... ) ont remplacé les heures passées à avaler du bitume. La récolte de l'an dernier au jardin, était incroyable. Le miel avait un goût mentholé. »

Le quarantenaire a été piqué par le virus de l'apiculture. Il a fureté de longues heures sur internet, pour affiner ses connaissances. L'idée a bourdonné dans sa tête depuis des mois : « Et pourquoi ne pas en faire mon métier ? J'ai une petite ruche chez moi. Ma fille, Tiziano, raffole du miel. Et près de notre maison, des dizaines de ruches semblent abandonnées. » Qu'en est-il, de la récolte du jour ? Chacun plonge son doigt dans les alvéoles gorgées de miel puis le porte à sa bouche. « C'est quand même autre chose...

David GAUTHIER

Extrait de l' union du  08/06/2016

     

    

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Des ruches installées dans les vignes

Dans le domaine Pommery, près du parc de Champagne, un apiculteur amateur a installé trois ruches. Le but est de favoriser la biodiversité de ce lieu emblématique.


André-Claude Deblock, à droite, a installé ses ruches en compagnie d’artistes peintres et de salariés de chez Pommery.

Un beau ciel décoré de cumulus, la ville qui s'étend au' pied du vignoble et le soleil qui inonde le mur plein sud. Le cadre est idéal. Les abeilles goûteront-elles ce site prestigieux qu'elles vont découvrir dans les jours qui viennent ? L'idée n'est pas en tout cas de leur faire butiner la vigne du clos Pompadour de Pommery pour obtenir un miel moelleux au champagne dans le thé du petit-déjeuner.

Elles ne vont pas polliniser la vigne. Elles préféreront sans doute la jachère toute proche qui va être fleurie à cet effet Si cela ne leur convient pas, elles s'éloigneront un peu plus de leurs abris pour trouver des tilleuls ou autres arbres qu'elles affectionnent Leur surface de butinage est de 3.000 hectares et ces buckfasts (nom de ces abeilles) ont leur système de repérage. Elles peuvent fournissent autour de 40 kg par an de délicieux nectar.

Si l'on comprend aisément l'intérêt du viticulteur, quel est celui de Pommery ? « Nous souhaitons nous inscrire dans une démarche de viticulture durable et de haute qualité environnementale. C'est pour cela aussi que nous avons installé des gîtes à chauve-souris et des nichoirs à mésanges », affirme Clément Pierlot, directeur des vignes, accompagné de quelques amateurs et deux des artistes, Olivier Perot et Danielle Silland, qui ont peint les ruches pour en faire des objets d'art. « Le projet est né il y a un an avec quelques amis rencontrés à la Fileuse. Un véritable engouement s'est créé autour de cette idée de jolies ruches colorées », raconte André-C1aude Deblock, l'apiculteur, qui espère récolter son premier miel en juin. C'est Reims Métropole qui a mis tout ce petit monde en relation pour agrémenter ce lieu emblématique de 8 hectares (25 hectares de vignes en tout autour du parc). Mêler l'art, le vignoble, l'élégance du paysage, et la protection environnementale, une intéressante initiative.

Marie-Christine LARDENOIS

Extrait de l' union du  20/04/2016

     

    

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Alerte au frelon asiatique dans la Marne

Une campagne de dépistage et de lutte contre le frelon asiatique vient d’être lancée dans le département. Sa présence y a été décelée pour la première fois il y a quelques mois.


Le taux de mortalité hivernale des abeilles est actuellement de 10 % dans la Marne. Dans les départements où le frelon asiatique est présent depuis longtemps, ce taux peut monter à plus de 50 %.

Les FAITS

•.- Les frelons asiatiques sont arrivés en France en 2004 dans  le Lot-et-Garonne à l'intérieur

d'un container venu de chine.

 •.-  Cette espèce est particulièrement dévoreuse d’abeilles. Elle est aussi très agressive pour l'homme.

•.- Le premier nid découvert dans la Marne a été éliminé le 1er  décembre 2015 à Granges-sur-Aube près d'Anglure, dans le sud-ouest du département, quelques mois après que deux reines ont été détectées à Reims et à Dormans

Cela faisait quelques mois déjà qu’ils surveillaient la progression du frelon asiatique. Alors, quand à la fin de l’été 2015 une reine fondatrice de l’espèce est repérée à Reims, près de la gare, et une autre à Dormans, les responsables de la fédération des groupements et syndicats apicoles marnais n’ont pas forcément été surpris. « Aujourd’hui, 80 % du territoire est concerné », indique Denis Duhaut, « Monsieur frelon asiatique » à la fédération.

« Partis du Sud-Ouest, ils avancent en moyenne de 80-90 km par an. Dans le département, on peut estimer que cette année 2016 va être celle de l’infestation. Il y a les deux foyers potentiels de Reims et Dormans (ce frelon aime la ville)et puis le nid découvert fin novembre près d’Anglure. Dans cette zone, même si ce nid a été détruit, on peut facilement imaginer qu’il y en a d’autres. »

« Plus dangereux que son cousin européen »

Mais pourquoi ce frelon asiatique fait-il plus peur aux apiculteurs que son cousin européen ? « Il est plus dangereux que lui car il préfère davantage les abeilles que le frelon européen, explique Denis Duhaut. Il a un grand besoin de protéines pour nourrir ses larves. Tant que son nid est petit, ça va, mais dès que l’on passe à la taille supérieure, le besoin devient plus grand. Il s’attaque alors aux abeilles en se plaçant en vol stationnaire devant les ruches. Il les attrape quand elles entrent ou sortent puis coupe la tête et les pattes pour ne garder que le thorax riche en protéines. Il en fait une boulette qu’il emporte pour nourrir les larves de sa colonie. »

Le stress engendré par la présence des frelons a des conséquences sur une ruche où les abeilles ne sortent plus et ne récoltent donc plus de pollens. On estime qu’il n’y a pas de conséquences particulières jusqu’à trois frelons en vol stationnaire devant une ruche. Entre trois et cinq frelons, il y a danger et au-dessus de cinq la ruche est condamnée. « Actuellement, le taux de perte hivernal est d’environ 10 % dans la Marne. On a vu dans d’autres départements où le frelon asiatique est présent depuis longtemps que ce taux peut monter à plus de 50 % ! Cela a des conséquences économiques pour les apiculteurs, notamment ceux qui ont peu de ruches. » Afin de contenir la prolifération des frelons asiatiques, « il va falloir vivre avec, son éradication n’est pas imaginable », les apiculteurs de la Marne sont en train de mettre en place un plan de lutte spécifique. Il tournera autour de trois axes. La sensibilisation du public tout d’abord avec des affiches dans les mairies et différents lieux publics.

« On a besoin de remonter sur son évolution dans le département. Et pour cela il faut que les gens sachent l’identifier. » Le frelon asiatique est un peu plus petit que l’Européen, plus sombre, avec une alvéole orangée sur l’abdomen et ne sort pas la nuit. Le piégeage va ensuite être renforcé, surtout au printemps quand les reines fondatrices sortent. Enfin, troisième aspect de ce plan de lutte : la destruction des nids. Une opération pas toujours simple car les nids sont cachés tout en haut des arbres, sous les feuilles. Des nids qui peuvent faire plus d’un mètre de haut sur 90 cm de large et contenir plus de 3 000 frelons là où un nid de frelons européens en contient « seulement » plusieurs centaines. Des équipes de deux vont être créées, une à terme dans chaque secteur (Reims, Épernay, Châlons, Vitry, Saint-Ménehould). « Après, le gros défi va être de rester mobiliser sur la durée. Ce n’est pas le plus simple mais c’est notre intérêt pour protéger nos ruches. »

Plus de 600 pièges déjà commandés


 Jean-François Maréchal va collecter les résultats des piégeages afin de suivre l'expansion du frelon dans la Marne. C.Lantenois

En attendant que leur plan de lutte contre le frelon asiatique soit validé, les apiculteurs de la Marne ont lancé dans l’urgence une campagne de piégeage. « L’objectif est de capturer un maximum de reines fondatrices qui sortent en ce moment pour créer les premiers nids », explique Jean-François Maréchal, secrétaire de la fédération des groupements et syndicats apicoles marnais. « Il existe plusieurs types de pièges et nous avons préféré en prendre un beaucoup plus sélectif et avec une efficacité bien plus importante que la bouteille en plastique que l’on peut souvent voir et d’où le frelon arrive à s’échapper. Nous venons de faire une commande de plus de 600 pièges qui vont être installés près de nos ruches. » À noter qu’il est toujours possible de se rapprocher de la fédération pour obtenir un piège même si vous n’en aviez pas fait la demande en amont (jeanfrancois.marechal@orange.fr)

Les REPERES

•.- DANGEREUX AUSSI POUR L'HOMME

Son venin est le même que son voisin européen. Mais quand il se sent menacé (près : de son nid), le frelon asiatique  est plus agressif plus nombreux à attaquer avec une piqûre plus douloureuse. On estime que sept ou huit piqûres sont suffisantes pour tuer quelqu'un.

•.- Le CHIFFRE : 380

C’est le nombre d’apiculteur dans la Marne. Ils sont environ 70000 au plan national.

•.- LA PHRASE

« Le frelon asiatique est considéré comme un danger sanitaire de deuxième catégorie. Pour autant, un appui financier du gouvernement pour les mesures de destruction proprement dites n'est pas envisagé. ».
     Stéphane Le FOLL ministre de l’Agriculture

Grégoire Amir-Tahmasseb

Extrait de l' union du  28/03/2016

     

    

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Nicolas HAVEZ, cueilleur d’essaims

A Brugny-Vaudancourt, Nicolas Havez, serrurier de métier et apiculteur à ses heures, enlève les essaims d'abeilles. Il en a déjà récupéré 26 qu'il transvase dans ses ruches.


Nicolas Havez produit entre 17 et 25 kg de miel par ruche. Un nectar qu’il vend à ses amis installés au Canada ou aux USA

 « C'est devenu une passion ! » Depuis trois ans, Nicolas Havez, serrurier de 38 ans domicilié à Brugny-Vaudancourt, s'est lancé dans l'apiculture. « J'ai commencé par hasard, raconte cet homme qui a élevé plein d'insectes tout au long de sa vie. Un essaim d'abeilles était logé chez moi, dans une vieille cheminée. J'ai voulu le récupérer. Je me suis alors mis à m'intéresser aux abeilles et je me suis rendu compte qu'elles étaient de formidables pollinisateurs ».  Il observe les arbres fruitiers de son jardin et dresse ce constat : « nos cerisiers et pêchers croulent sous les fruits quand certains disent que ce n'est pas une année à cerises ou à pêches ! Cela se voit vraiment. »

Nicolas Havez commence par déposer 15 ruches dans sa propriété pour fabriquer du miel. Rapidement, il en incorpore 25 autres constituées d'essaims récupérés. Le moyen pour cet apiculteur semi-professionnel « de compléter les pertes hivernales, de relancer la production en démarrage d'année ». II a perdu 30 % de ses abeilles au cours de l'hiver, contre 5% l'année dernière. « II y a toujours des pertes l'hiver parce que c'est la période où l'on ne peut pas s'occuper de l'abeille, confie-t-il. Selon les années, elles sont plus ou moins fortes. Dans les Ardennes, des collègues ont perdu jusqu'à 70% en une année ! »

Un « aspirateur à abeilles »

Chaque fois qu'il « cueille » un essaim, il passe une abeille au microscope et étudie sa morphologie. Nicolas Havez est à la recherche de l'abeille locale sauvage. Un insecte de couleur plus sombre dotée d'une langue un peu plus courte. Sa préférée « l'abeille locale, lorsqu'elle se loge elle-même, n'a pas beaucoup de chance de survivre l'hiver. Alors que si on la récupère et que l'on s'occupe d'elle, ses chances augmentent », assure ce passionné qui veut les préserver. Pour récupérer ces précieux essaims, il est prêt à se déplacer jusqu'à 20 km autour d'Épernay. Il revêt alors ses baskets, sa combinaison blanche, ses gants, son chapeau muni d'un voile noir. Dans ses mains, un enfumoir. À ses pieds, un seau aéré. Lorsque le nid d'abeilles se cache dans un arbre, Nicolas Havez secoue la branche jusqu'à ce que l'essaim tombe dans le seau puis referme le couvercle. Lorsqu'il est logé à l'intérieur d'une cheminée, derrière des volets ou sous des combles, la tâche peut s'avérer plus ardue.

Pour faire face, ce serrurier de métier s'est fabriqué tout un arsenal. Il a ainsi conçu une sorte « d'aspirateur à abeilles. » « J'ai installé un filtre à l'intérieur pour ne pas les tuer, indique-t-il. Et j'ai conçu des tuyaux que l'on peut emmancher les uns sur les autres pour atteindre la hauteur désirée, jusqu'à 11 mètres maximum. » Chez lui, à Brugny-Vaudancourt, cet apiculteur transvase le contenu bourdonnant du seau dans la ruche contenant déjà des cadres cirés « pour faciliter le travail des abeilles ». Et pour perturber le moins possible les essaims logés à un endroit particulier, Nicolas Havez a même conçu des ruches en forme de cheminée par exemple. « De cette manière, elles retrouvent leur emplacement naturel», indique ce bricoleur très à l'aise en métallerie.

Pour l'instant, il a récupéré 26 essaims d'abeilles. C'est plus que l'année dernière où il en avait repris 17. La période d'essaimage étant achevée, Nicolas Havez récupère les essaims logés depuis longtemps. Ce dimanche, il doit en enlever un à Champigneul, coincé dans une cheminée. « Grâce aux pompiers et aux réseaux sociaux, je commence à me faire connaître », avoue-t-il. Nicolas Havez est actif comme une abeille. » Il tient une page Facebook « Apiculture-Miel du cœur de la Champagne » et après la récolte de miel, il compte créer une association pour promouvoir... l'abeille sauvage locale.

 

Pourquoi les pompiers ne se déplacent pas

« Les sapeurs-pompiers d'Épernay ne se déplacent pas pour détruire et tuer un essaim d'abeilles. ils renvoient le plus souvent vers un apiculteur. Selon le lieutenant Thisse, ils n’interviennent que lorsque l'endroit demeure difficilement accessible et qu'ils doivent déployer du matériel spécifique comme une grande échelle par exemple. Concernant les essaims de guêpes ou de frelons, les soldats du feu n’interviennent que si les nids représentent un danger pour les personnes ou empêchent les artisans de travailler. La destruction de ces essaims de demeure alors payante. »

 Stéphanie GRUSS

Extrait de l' union du 01/08/2015

     

    

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Quand les abeilles arrivent en ville

Les ruches urbaines, sur les toits, c'est tendance, c'est un truc écolo en vogue. Ici, c'est du sérieux, c'est le centre de recherches en environnement qui va héberger des abeilles


L'apiculteur, entouré de scientifiques du frelon, dont la directrice, en rouge, Eve Moreau.

« Ici, elles seront bien à ['abri du vent, en plein soleil le matin. Elles partiront au travail de bonne heure car en dessous de 10°, elles ne sortent pas. » Sous les regards intrigués et un brin méfiants de quelques salariés du centre de recherches en environnement et agronomie (Fredon). André-Claude Deblock installe deux ruches sur une partie haute du bâtiment et commence à les ouvrir non sans avoir pris soin de calmer les hyménoptères avec de la fumée pour inhiber un peu leurs réflexes. Ce qui n'a qu'un effet relatif sur les abeilles... Lui-même a revêtu une tenue de protection. « A force d'être piqué, je suis devenu allergique », explique-t-il.

Installer des ruches en ville. Est-ce vraiment une bonne idée ? Les spécialistes sont un peu partagés sur les initiatives censées préserver la biodiversité. Le centre de recherches, situé en sortie de la cité des Sacres, vers Châlons, a décidé de tenter l'expérience avec l'apiculteur amateur de Cernay-les-Reims.

« Ce sont des essaims de l'année dernière. Il y a deux fois 40000 abeilles qui devraient produire entre 5 et 100 kg de miel, poursuit André-Claude Deblock. Elles ont une surface de butinage de 3000 hectares et produiront du miel toutes fleurs ».

L'apiculteur, ancien professeur d'économie et président de la Champagne apicole, est aussi en train de monter un projet avec une vingtaine d'artistes qui peignent des ruches. Elles seront exposées au Parlement européen et à l'Exposition universelle 2015, à Milan.

Un organisme a vocation sanitaire du végétal

Le centre de recherches ou Fédération régionale de défense contre les organismes nuisibles (Fredon) est un syndicat professionnel qui agit sur tout le paysage agricole champardennais et qui emploie 14 ingénieurs et techniciens à Reims. Il a plusieurs missions les sentinelles comme la surveillance des maladies qui ravagent les végétaux, la préservation de l’environnement et de la santé humaine, et la sensibilisation des jardiniers aux techniques naturelles. Avec cette installation des ruches, elle est soucieuse de s’engager dans la biodiversité urbaine.

Marie-Christine LARDENOIS

Extrait de l' union du 30/04/2015

     

    

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Les abeilles ont trouvé un nouveau toit à Reims

Les ruches urbaines, sur les toits, c’est tendance, c’est un truc écolo à la mode. Ici, c’est du sérieux, c’est le centre de recherches en environnement qui va héberger des abeilles.


L’apiculteur, entouré de scientifiques du Fredon, dont la directrice, en rouge, Eve Moreau.

Marie-Christine Lardenois

  Extrait de l' union du 28/04/2015

     

    

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Le cri de détresse des apiculteurs

Chaque printemps, les ruches dévoilent des cheptels ravagés. Déforestation, pesticides, acariens ...les raisons sont multiples. Les apiculteurs se disent abandonnés.


En dix ans, la production de miel en France a chuté de deux tiers, une grande partie des abeilles ne, résistent plus à l'hiver

Maya et ses copines méritent qu'on les défende

En ouvrant les ruches après l'hiver, les apiculteurs constatent, année après année, une surmortalité des abeilles qui n'existait pas il y a trente ans.


Son enfumoir à la main. Philippe Richer part inspecter les ruches de son jardin d'Essômes-sur-Mame, dans l’Aisne. Photos Jean-Marie Champagne

Pas la peine d'enfiler une combinaison de protection: nous ne sommes qu'au début du printemps, et les abeilles ne sont pas encore très nombreuses dans les ruches. Pffffff, pffffff, en deux coups de soufflet. Philippe Richer projette un nuage de fumée. Les ouvrières, perturbées un instant, laissent l'apiculteur d'Essômes-sur-Marne, près de Château-Thierry, empoigner un cadre en bols de leur « maison ». « Regardez, celle-là, vous la voyez ? » Parmi les abeilles qui dansent, en construisant leurs alvéoles, l'une d'elle porte ce qui ressemble à une minuscule robe jaune fluo. La reine. Sans elle, la ruche n'existe pas. Pour la repérer, Philippe Richer l'a marquée d'un point de couleur. Dans quelques semaines, elle sera au centre d'une communauté de 4000,0 abeilles. « Et voilà! Dans chacune des ruches, c'est comme ça », explique l'apiculteur en remettant le toit de la structure de bois.

Des reines importées de Grèce

Frôlant ses jambes, les deux gros chiens de la maison slaloment entre les cubes de toutes tailles disposés dans le jardin personnel de Philippe Richer. Au moins trente ruches, dont certaines ont été déménagées depuis d'autres terrains du département Parmi celles qui ont été laissées, cet hiver, dans le jardin d'Essôrnes, plusieurs ont réservé à l'apiculteur un triste spectacle. Pour ouvrir celles-là, pas besoin de projeter de la fumée. Un à un, l'apiculteur sort les cadres de la ruche. A chaque fois, les abeilles sont mortes, collées en un amas. Au centre d'un cadre, le point fluo ne bouge plus. « Quand je vois ça, c'est un crève-cœur, dit simplement Philippe Richer. Je ne connais pas d'éleveur, dans aucun secteur agricole, qui accepterait de perdre 30 à 100% de son cheptel tous les ans. C'est un temps, un investissement perdus. »

Celui qui est aussi président de l'Abeille de l'Aisne, structure qui regroupe les apiculteurs du département, soupçonne l'action des pesticides, même si les facteurs de la surmortalité des abeilles sont multiples (lire en page suivante). « Quand j'ai commencé, il y a trente-cinq ans, on ne connaissait pas une telle mortalité. Des abeilles qui meurent alors qu'il leur reste de la nourriture dans la ruche, ça ne se voyait jamais. » Résultat ; Philippe Richer doit importer une partie des reines de ses 250 ruches axonaises. .Certaines viennent de Grèce! Pas de voyage en première classe, les précieuses reines arrivent par la poste, dans des petites boîtes en plastique. Pour qu'elles tiennent le coup, elles voyagent avec quelques ouvrières, et bien sûr, un peu de sucre pour s'alimenter. Des reines achetées à l'étranger, parfois même en Australie... La profession d'apiculteur a bien changé. « C'est toujours un beau métier, mais c'est devenu un métier très technique Il. confie Philippe Richer. La baisse de la production est indéniable: selon l'Unaf (Union nationale de l'apiculture française) elle est passée de 32 000 tonnes en 1995 à moins de 10 000 tonnes en 2014. Pour l'expliquer, Didier Prévot, président de l'Abeille ardennaise, pointe notamment le varroa. «Le monde entier est touché : c'est un acarien qui se met dans les cellules des abeilles, avant même qu’elle ne viennent au monde », explique l'apiculteur de Tourteron. Autres facteurs, « le mauvais temps et la déforestation. » La disparition des haies réduit la variété d'alimentation des abeilles. Dans les Ardennes, les apiculteurs ont perdu en moyenne 40 % de leurs abeilles entre 2012 et 2013, et 30 % l'année suivante.

« On travaille avec le monde agricole »

La situation semble meilleure dans la Marne: pour Francis Etienne, coordinateur départemental, les derniers chiffres disponibles, ceux de 2013, ne font état « que » de 12 % de mortalité. « il y a dix ou vingt ans, on était à 7 % ou 8% », convient-il. Cet apiculteur de Bassu, près de Vitry-le-Fançois, s'inquiète également du varroa, « On travaille énormément avec le monde agricole, pour qu'ils réimplantent de la biodiversité, du moins dans la mesure où la PAC (Politique agricole commune) le permet. » Logique : 80 % de la reproduction des plantes à fleur dépend des abeilles. Leur disparition serait une catastrophe pour l'agriculture.»

3 Questions à Philippe RICHER

« Des ruchers sont sinistrés »


Président du syndicat des apiculteurs de l'Aisne, constate une baisse inquiétante du nombre d'abeilles dans son département.

•.- Comment se portent les abeilles de l’Aisne ?

On est à plus de 50 % de perte, cette année, avec des pointes allant jusqu'à 100 % sur certains ruchers, qui sont donc complètement sinistrés. À chaque fois, on trouve les ruches remplies de nourriture, c'est-à-dire que les abeilles avaient de quoi passer l'hiver. Mais on ne retrouve plus qu'une poignée d'abeilles, au maximum cinquante, mortes, sur un cadre, avec la reine au milieu.

•.- Comment l’expliquer ?

On a de très forts soupçons contre les pesticides, mais on ne peut pas l'affirmer haut et fort avec des preuves à l'appui. Pour cela, il faudrait pouvoir faire des analyses très poussées, hors de prix et hors de la portée des apiculteurs. Et puis, il s'agit de quantités tellement infinitésimales de produits toxiques qu'on n'est même pas sûr que le seuil de détection des machines suffise à identifier la molécule. On n'en veut pas aux agriculteurs, mais aux firmes phytosanitaires, qui imposent des produits qui n'ont pas lieu d'être. S'agissant des néonicotinoïdes, nous essayons de les faire interdire depuis 1993. En février dernier, les sénateurs. qui devaient voter un moratoire sur ces produits soutenu par le ministre de l'Agriculture, ont voté contre. Ce n'est pas une valse, que l'on nous joue, c'est un pas en avant, deux pas en arrière, systématiquement.

•.- Vous ne vous sentez pas assez soutenus par les pouvoirs publics ?

Nous ne sommes pas soutenus du tout ! Sans faire de politique, je me rappelle du premier ministre de l'Écologie que l'on a eu en France, Monsieur Brice Lalonde, qui avait dit qu'il ferait de l'abeille son totem. Je dirais plutôt que l'abeille a été mise au totem depuis les années 1980, et que les apiculteurs sont en train de suivre leurs abeilles, c'est-à-dire de tous crever de faim. On vient de passer trois années plus que catastrophiques : d'une production nationale de 30000 t de miel, on est descendu à 20000 t, et là on parle de la 10000 t produites l'an dernier. Or, les besoins de la France sont de 40000 t. Quand on voit que des directives européennes sont en train d'autoriser la commercialisation de miel édulcoré au sucre, c'est inadmissible ! Pour la législation française, quand on a la mention miel, c'est du miel uniquement produit par les abeilles. Un consommateur vous lui dites « miel », il pense « abeille », il ne pense pas « sucre issu  de la betterave ou du riz concentré », Il n'y a de miel que de la ruche.


Vous reconnaissez la reine ?


Au-delà d'un certain nombre d'abeilles, mieux vaut être équipé. Archives

 

Le cycle de la ruche

LES REPÈRES

Zoom sur les abeilles

•.- Le parc de Champagne accueille jusqu’au 2 novembre une exposition photographique d'Eric Tourneret intitulée « Des abeilles et des hommes ».

 

•.- Une centaine d’apiculteurs dans l'arrondissement de Reims

La Fédération des groupements et syndicats apicoles marnais regroupe 5 syndicats, qui réunissent 282 adhérents (soit 90 % des apiculteurs du département) pour 11046 ruches. Sur l'arrondissement de Reims, La Champagne apicole compte à elle seule 107 adhérents (ils étaient 70 en 2009).

•.- Le frelon asiatique se rapproche

Cauchemar des abeilles venu du sud, le frelon asiatique aurait déjà atteint la Seine-et-Marne.

•.- La couleur du miel dépend de la flore environnante

Philippe Richer reconnaît la provenance de son miel à sa couleur: du miel de tilleul, ambré clair, de la forêt de Saint-Gobain, au miel de colza ou d'acacia, jaune clair, de la région entre Soissons et Château-Thierry.

•.- 500 €

 L'investissement pour débuter avec une ruche et une colonie d'abeilles.

•.- 80 % de la pollinisation serait due aux abeilles.

•.- Le CHIFFRE

300 apiculteurs environ, participent aux associations affiliées à l’Union Nationale de l’ apiculture dans les départements de la Marne, de l’Aisne et des Ardennes.

•.- LA PHRASE

« L’abeille pose les questions essentielles: quelle agriculture, quelle alimentation, quel lien entre l'homme et la nature ? » -  Henri Clément (Union de l’apiculture) dans «Libération»

Charles MONTMASSON

Extrait de l' union du 28/03/2016

     

    

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 Les abeilles font le buzz en ville

  Les abeilles ne font pas que du miel en ville. De plus en plus nombreuses à y butiner, elles créent du lien social, se transforment en chargées de communication et leur nectar devient objet marketing.


Daniel Failly, apiculteur amateur depuis une vingtaine d’années, possède trois ruches installées sur le toit du siège du Foyer rémois, rue Lanson, à Reims

A SAVOIR

•.- Le rucher-école de Thillois accueille des cycles de formation d'initiation à l'apiculture, organisée par le syndicat de la Champagne apicole depuis cinq ans. La formation, qui s'adresse autant aux particuliers qu'aux professionnels. se compose de cinq demi-journées, réparties sur une année. L'an dernier, ce sont trente-six candidats qui se sont présentés, i 1contre une vingtaine les années précédentes. « Nous avons même dû refuser du monde », explique Dominique Maregner, président du syndicat. La prochaine session, qui débutera en mars prochain, compte déjà une dizaine d'inscrits. Tarif: 25 €. - Renseignement au 06 09 13 72 26.

•.-  Tout nouvel apiculteur doit de lui-même déclarer son rucher auprès des services sanitaires. Cette déclaration annuelle est obligatoire. Elle peut se faire via Internet à l'adresse suivante : http://mesdemarches. agriculture.gouv.fr /TeleRuchers.

•.-  Des essaims d'abeilles peuvent se former dans votre jardin ou à proximité. Sur l'arrondissement de Reims, le syndicat de la Champagne apicole se mobilise pour les récupérer gratuitement (tél. 07 81 22 48 89). L'an dernier, les professionnels ont reçu une centaine d'appels, principalement durant la période d'essaimage, de fin avril à fin juillet. À savoir qu'un essaim d'abeilles est toujours composé uniquement d'insectes agglutinés autour de la reine. Si vous apercevez une sorte d’enveloppe en papier, il s'agit probablement de guêpes ou de frelons.

•.- Un arrêté préfectoral datant de 1927 réglemente l’installation de ruches en ville: « les dépôts de ruches d'abeilles ne pourront être établis le long de la voie publique ou  des propriétés voisines, à une distance moindre de 5 mètres » sauf si un mur, une palissade ou une haie de 2 m de haut et au moins 2 m de long de chaque côté, permet d'isoler la ruche. « Nous respectons en tout état de cause un périmètre d'acceptation, explique Thomas Dubois. Vice-président chargé de la biodiversité à Reims Métropole. Et chaque nouvelle installation de ruches fait l'objet d'une large concertation »

•.- Si les apiculteurs et Reims Métropole préfèrent rester discrets sur l'emplacement exact des ruchers, c'est parce qu'en ville, les installations apicoles comme le mobilier urbain  subissent parfois des dégradations. « Nous avons eu deux expériences malheureuses explique  le directeur chargé du développement durable à l'agglo. L'an dernier un premier rucher a été incendié quartier Charles-Arnould. D'autres ont été dégradés deux fois à la Cerisaie. Nous avons fini par les enlever. »

Alors que la production française de miel est en nette baisse cette année, pour ne pas dire catastrophique chez certains apiculteurs, Daniel Failly a fait, lui, « une bonne récolte » fin août avec ses trois ruches installées sur le toit du siège du Foyer rémois dans le quartier du Chemin-Vert. « Comme l’an dernier, mes abeilles ont produit une centaine de kilos de miel. Ici, les températures sont douces et il y a moins de pesticides. Elles trouvent aussi beaucoup de fleurs dans les parcs et les jardins des particuliers. Elles vont butiner dans un rayon de trois kilomètres : au parc de Champagne et même jusqu’au square Colbert devant la gare. Ce n’est pas si loin à vol d’abeille ! » Cet apiculteur amateur possède également quelques ruches à la campagne. « Les résultats sont un peu moins bons là-bas, mais cette année, il y avait peu de champs de colza dans mon coin. »

Une miel party au Chemin-Vert

Daniel Failly, 65 ans, se passionne pour le monde des abeilles depuis une vingtaine d’années. « Mon beau-père avait quelques ruches sans vraiment s’y connaître. Et puis un jour, il m’en a donné une. » L’habitant de Witry-lès-Reims enchaîne alors un stage apicole à Thillois, puis un autre d’agent sanitaire, afin de parfaire ses connaissances. Devenu trésorier et formateur au sein du syndicat local La Champagne apicole, il est aujourd’hui à la tête d’une quinzaine de ruches. La moitié en ville sur les toits de l’Esad (École supérieure d’art et de design), rue Libergier, et du Foyer rémois, l’autre « chez moi à la campagne ». Première leçon du jour : un apiculteur ne dit jamais exactement où il installe ses ruches, ni combien. « C’est top secret ! » Sauf en ville évidemment, où les abeilles ne sont pas là que pour faire leur miel…

Si le Foyer rémois a fait appel à Daniel Failly et ses milliers d’ouvrières, c’est d’abord pour « s’inscrire aux côtés de Reims Métropole dans une démarche de développement durable », explique Laetitia Barbara, chargée de développement social des territoires. En 2012, l’organisme logeur a signé la charte Biodiver-cité, lancée par l’agglomération, qui vise à développer la nature en ville et notamment faciliter l’installation de ruches. En plus de soigner l’image du bailleur, «  les abeilles servent de support pour des actions d’animations et de lien social ». Entre les habitants du quartier historique du Chemin-Vert et ceux du nouveau programme « Les terrasses du Chemin-Vert », situé de l’autre côté du siège de la société, et qui vient tout juste d’être livré. « Une miel party aura lieu courant novembre à la Maison commune avec démonstration et dégustation. Les habitants présents se verront remettre un pot de miel du Chemin-Vert. L’idée, c’est vraiment de fédérer tout un quartier. » Contre un mince « loyer » (un kilo de miel par an et par ruche), le Foyer rémois met son toit à disposition de l’apiculteur qui s’engage à lui revendre sa production annuelle. Le miel devient alors objet marketing, distribué aux partenaires. L’organisme a même poussé en travaillant en amont, avec un paysagiste, l’aménagement du nouvel ensemble pour que de nombreuses essences mellifères soient plantées. Chacun, abeilles, apiculteur et bailleur, y trouve donc son intérêt.

L’apiculture, c’est tendance

Jean-François Maréchal, cadre chez Orange et apiculteur amateur, possède lui aussi une quinzaine de ruches à Reims. Sur les toits de Neoma (ex-RMS) à Croix-Rouge et au parc Mendès-France à Murigny, en partenariat avec Reims Métropole. « En ville, mes ruches m’aident à vulgariser l’abeille, à lutter contre sa disparition. » Membre de La Champagne apicole et de la FGSAM (Fédération des groupements et syndicats apicoles marnais), il propose démonstrations et conférences. Selon lui, « Reims n’est pas une ville assez grande pour que les abeilles soient de pures urbaines. La campagne n’est jamais bien loin. Ici, elles trouvent les avantages de la ville, la quantité et la diversité de ressources, à disposition toute l’année, et les petits inconvénients de la campagne, c’est-à-dire, un peu de pesticides. »

Concernant la production dans le département, « la récolte a été plus faible cette année pour deux raisons : d’une part, la météo a été très humide en juillet-août, et d’autre part, il y a eu beaucoup d’essaimages au printemps. Et quand une partie des abeilles quitte la ruche pour former une nouvelle colonie, elle ne produit pas dans l’année ». Selon lui, les apiculteurs marnais trouvent une oreille attentive auprès du monde agricole. « Depuis une dizaine d’années, ça marche plutôt bien. Nous comprenons les impératifs des agriculteurs qui, eux, nous laissent des bandes de luzerne non-récoltées (lire par ailleurs), des chemins fleuris et nous préviennent avant de traiter leurs cultures. »

À Neoma, ses ruches n’ont pas essaimé et les rendements sont même légèrement supérieurs à ceux de l’an dernier. « La différence aussi, c’est qu’en ville, nous ne rajoutons pas de sirop pour aider les abeilles à passer l’hiver. Elles réussissent à se débrouiller toutes seules. » Mais il n’y a pas que des avantages. « L’accessibilité est souvent une contrainte. À Neoma, par exemple, j’ai beaucoup d’escaliers. Et puis, je dois faire pas mal de communication pour rassurer les riverains. »

Le passionné observe depuis trois-quatre ans un véritable engouement pour l’apiculture. « Il y a eu une vraie prise de conscience du grand public. De plus en plus de particuliers, dont beaucoup de citadins, veulent avoir une ruche chez eux et nous réclament des formations. Ils nous arrivent même de refuser du monde. »

Agriculteurs et apiculteurs main dans la main

Il n'y a pas qu'en ville que les butineuses sont chouchoutées, « Les agriculteurs s'engagent pour nourrir les abeilles » : les pancartes affichant ce message fleurissent autour de Beine-Nauroy. La commune, située à une dizaine de kilomètres à l'est de Reims, est le siège d'une expérimentation unique en France, le projet Apiluz : contre une petite indemnisation (versée par la coopérative), seize agriculteurs laissent sur leurs parcelles de luzerne une bande non fauchée, véritable oasis de fleurs et de biodiversité à disposition des insectes pollinisateurs. Et les premiers résultats ont de quoi rendre le sourire aux apiculteurs qui y ont installé leurs ruches : ils montrent une forte augmentation de la production de miel cette année, jusqu'à 100 kg de miel pour certaines ruches au cours de la saison (quand la moyenne tourne autour de 40 kg). Un solide espoir pour une filière aujourd'hui aux abois, la production de cette fin d'été ayant, partout en France, particulièrement chuté.

« L’objectif : participer à une action positive pour l’environnement et … redorer l’image de l’agriculteur »
Jean-Pol Verzeaux, agriculteur

Balances interrogeables à distance

Jean-Pol Verzeaux, agriculteur et par ailleurs président de Coop de France Déshydratation, soigne les abeilles en leur réservant des bandes de luzerne fleurie depuis plusieurs années. Ce qui l'intéresse, c'est de « participer à une action positive pour l’environnement ». L'occasion de « redorer l'image de l'agriculteur et trouver une solution aux problèmes des abeilles ». L'autre intérêt réside en la valorisation de la culture de la luzerne, « menacée il y a deux ans par des suppressions d'aides européennes », explique Pierre Testu, chargé de communication du Réseau Biodiversité pour les abeilles.

Le projet Apiluz à Beine-Nauroy doit s'étaler sur trois ans. Trois années durant lesquelles, les apiculteurs disposent de moyens pour suivre l'état des colonies (balances interrogeables à distance pour connaître le poids des ruches, suivi de la production en temps réel). Pour cette expérience, 5 à 600 ruches sont dispersées sur ces terres de craie, idéales pour la culture de la luzerne, elle-même très mellifère c'est-à-dire produisant du nectar, cette substance liquide très sucrée récoltée par les insectes butineurs. Sachant que la Champagne-Ardenne totalise à elle seule 80 % de la production de luzerne en France, elle pourrait, si cette action se pérennise, devenir un formidable garde-manger pour les abeilles.

A.R

 L'insecte à son « fan club »

Reims Métropole mise sur l'abeille pour sensibiliser le grand public à l'importance de la biodiversité. « Je ne vais pas vous dire qu'on fait du marketing avec les abeilles, mais le sujet est assez attractif et porteur », confie Sylvain Villière, directeur du développement durable à l'agglo. Il faut savoir être pédagogue. « En 2012, un club de partenaires, signataires de la charte «Biodiversité », a donc été créé pour développer les ruches dans l'agglomération. Animé par Reims Métropole, il rassemble apiculteurs, entreprises, communes, écoles ... » On y trouve l'Esad, Neoma, l'entreprise de BTP Iprema-Moroni, le Foyer rémois ... En tout, environ six cents ruches réparties sur les seize communes de l'agglomération. Cette année, le club a accompagné l'installation de deux ruchers à Saint Brice-Courcelles et un à Sillery. L'Urca (Université de Reims Champagne-Ardenne) devrait bientôt en accueillir. Et le parc de Champagne disposera aussi prochainement d'un rucher pédagogique pour les écoles primaires « afin de sensibiliser les plus jeunes au devenir de notre abeille domestique et pourquoi pas susciter des vocations », explique le maire Arnaud Robinet.

Le club organise une conférence, ouverte à tous, sur le thème de « L'apiculture urbaine d'aujourd'hui » ce mercredi 24 septembre à la salle des fêtes de Sillery, de 10 heures à 12 h 30, suivie d'un apéritif offert à base de produits locaux bio. Henri Clément, porte-parole de l'Union nationale de l'apiculture française, expliquera les enjeux de l'apiculture, les causes du déclin constaté, et les réponses pouvant être apportées, jusqu'au cœur des villes.

Les REPERES

ZOOM sur les abeilles

•.- Le parc de Champagne accueille jusqu’au 2 novembre 2014 une exposition photographique d'Eric Tourneret intitulée « Des abeilles et des hommes ».

•.- Une centaine apiculteurs dans l'arrondissement de Reims   

La Fédération des groupements .et syndicats apicoles marnais regroupe 5 syndicats, qui réunissent 282 adhérents (soit 90 % des apiculteurs du département) pour 11046 ruches. Sur l'arrondissement de Reims, La Champagne apicole compte à elle seule 107 adhérents (ils étaient 70 en 2009).

•.- 600 Ruchers sont installées sur le territoire de Reims-Métropole

•.- Depuis 2010 Reims n’utilise plus de produits phytos dans les espaces verts.

•.- L’enjeu

Depuis quelques années, les abeilles connaissent un taux de mortalité important. Or, elles sont un maillon important pour la pollinisation des plantes à fleurs et l’équilibre des écosystèmes.

•.- LA PHRASE

« Si l’abeille disparaissait de la surface du globe, l'homme n'aurait plus que quatre années à vivre. » Albert Einstein

 Alice Renard

Extrait de l' union du 21/09/2014 

     

    

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Expérimentation

Les agriculteurs au secours des abeilles

A Beine-Nauroy, les agriculteurs se sont engagés à laisser fleurir des bandes de luzerne de 7 mètres de large. © l'Hebdo du Vendredi

 C'est un projet qui me tient forcément à coeur, assure Hervé Lapie, président de Symbiose et de la FDSEA, car nous avons réussi à faire travailler ensemble agriculteurs et apiculteurs. Il faut arrêter d'opposer les uns et les autres, car tous nous participons à la dynamique de notre territoire. » En effet, alors que l'utilisation des pesticides est régulièrement citée comme étant l'un des facteurs contribuant au déclin des populations d'abeilles, l'association Symbiose a réussi le tour de force de réunir agriculteurs et apiculteurs autour d'une même table afin de tenter de préserver les insectes pollinisateurs. Ces derniers sont en effet essentiels en termes de préservation de la biodiversité, car ce sont eux qui permettent la fécondation et la reproduction des espèces végétales en transportant le pollen des fleurs qu'ils butinent sur le pistil d'autres fleurs. Ces échanges entre agriculteurs et apiculteurs viennent donc de donner naissance à une expérimentation à Beine-Nauroy. Sur le territoire de cette commune, 16 agriculteurs producteurs de luzerne se sont engagés à ne pas récolter une partie de leurs champs, afin de la laisser fleurir au profit des abeilles. Sur le terrain, les agriculteurs de Beine-Nauroy ont laissé une bande de luzerne non-fauchée d'environ 7 mètres de large. Cette pratique permet de disposer de façon constante d'environ 10 hectares de luzerne en fleur, sur les 400 hectares de luzerne cultivés sur la commune, à disposition des insectes pollinisateurs : une véritable ressource de pollen et de nectar pour les abeilles, boudons et autres papillons.

Cette expérimentation doit durer trois ans. Durant cette période, des suivis et comptages seront réalisés dans des ruchers sur la commune de Beine-Nauroy et sa voisine de Prosnes. S'il s'avère que ce projet a un réel impact sur la population des abeilles et la qualité du miel, alors Symbiose tentera de le décliner sur un territoire encore plus large.

J.D

Symbiose, pour des paysages de biodiversité

L'association Symbiose rassemble les acteurs de la région Champagne-Ardenne avec pour mission la gestion de la biodiversité. Force de proposition, elle engage des réflexions et des actions contribuant notamment à mettre en cohérence les réglementations environnementales avec les réalités du territoire.

 Extrait l'hebdo du Vendredi N° 353 du 06/2014 

     

    

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Les apiculteurs toujours en guerre contre les pesticides

La production française de miel a encore baissé en 2013. Les apiculteurs accusent de nouveau certains pesticides mais aussi le mauvais temps.

L'apiculture bénéficie d'un plan de soutien depuis un an. AFP

Un an après le lancement d'un plan de soutien à l'apiculture, la production française de miel a encore baissé en 2013. Avec un nombre de ruches presque égal (de 1,25 à 1,3 million), la production de miel a été plus de deux fois moins importante en 2013 qu'en 1995, date de début d'utilisation de certains pesticides, dont. les néonicotinoïdes. met en avant : l'Unaf (Union nationale des apiculteurs français). Le syndicat d'apiculteurs professionnels. qui bataille depuis des années contre l'utilisation de pesticides sur les cultures pollinisêes par les abeilles, a de nouveau sonné la charge contre plusieurs produits dont ceux contenant les molécules de thiaclopride (Protéus, Sonido) et d'acétamipride (Suprême). Ils réclament leur interdiction par la France et demandent 'à l'Europe de revoir l'évaluation de leur toxicité.

Au printemps dernier. Bruxelles a interdit pour deux ans et sur certaines cultures trois substances actives (clothtanidine, imidaclopride et thiaméthoxame) appartenant à la famille des néonicotinoïdes en raison de leur rôle dans la mortalité accrue des abeilles (environ 30 % du cheptel par an).

"La production française s'avère très faible et inférieure a 15000 tonnes " 
Henri Clément. Union nationale des apiculteurs français

 Extrait de l' union du 12/02/2013

     

    

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BIODIVERSITÉ
Bienvenue aux abeilles

  Un programme de développement des ruches dans l’agglomération est en cours. Objectif : que les abeilles s’installent durablement en ville et contribuent à la biodiversité.

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 Les ruches s’importent dans les villes depuis quelques années. Chacun y trouve son compte : les abeilles qui ont de moins en moins de fleurs à butiner à la campagne et trouvent en milieu urbain une plus grande variété de plantes mellifères, les apiculteurs qui bénéficient de nouveaux espaces pour développer leur activité et récoltent un miel de qualité, et les communes qui accueillent avec intérêt ces insectes pollinisateurs, véritables agents de la biodiversité.

Préserver et requalifier

Préserver la biodiversité écologique est précisément l’objectif du programme que Reims Métropole a engagé au titre de la protection de l’environnement et la qualité de vie, l’un des défis identifiés dans l’Agenda 21 et mis en oeuvre par la Direction du Développement Durable. Réalisé dans ce cadre, l’inventaire du potentiel apicole de l’agglomération a révélé la présence de 14 apiculteurs pour 73 ruches, ce qui est assez peu ramené aux 8000 hectares de l’agglomération. Pour renforcer le parc, plusieurs nouveaux sites seront prochainement équipés et sécurisés, en partenariat avec la Champagne Apicole, le syndicat d’apiculteurs du secteur, et en concertation avec les propriétaires : place Max Rousseaux le long de la voie ferrée, sur la Noue Saint-Nicolas, près des jardins familiaux Pays de France et dans le parc Mendès France. Ces implantations présentent un autre avantage : en préparant le terrain pour installer les ruches, on réhabilite certaines de ces parcelles peu entretenues.

Le nectar à disposition

Il est également prévu cette année de mener une étude sur la ressource pollinique à travers quatre ruchers situés dans des environnements différents. Cela consiste à suivre pendant toute une saison la production de miel, à analyser sa qualité et la diversité des pollens qui entrent dans sa fabrication. Où les abeilles trouvent-elles leur nectar ? Dans les tilleuls alignés dans les rues, dans la végétation des bords de canal et de Vesle, dans les fleurs des parcs publics et des jardins particuliers. Associée de près au programme, la Direction des Espaces Verts veille aussi à la variété de leur approvisionnement en cultivant par exemple des jachères fleuries. Le miel qui sera issu de toutes ces ruches sera proposé à la dégustation dans certaines manifestations publiques de Reims et Reims-Métropole   

C. R.

A VOL D’OISEAU
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Le maintien de la biodiversité en ville passe aussi par les conditions d’accueil réservées aux oiseaux. Parallèlement au déploiement dans les parcs d’une centaine de nichoirs, dont le 100e a été posé le 20 mars à la Patte d’Oie en l’honneur des 100 ans de la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO), une convention a été signée le 14 avril pour renforcer le partenariat entre cette association et la Ville de Reims. Elle porte plus spécialement sur le Parc de Champagne dont les aménagements et l’entretien doivent profiter non seulement aux promeneurs mais aussi aux oiseaux, et qui sera, en tant que “refuge LPO”, un objet de veille et d’inventaires.                   

 Extrait de VRI N° 289 de 05/2012

     

    

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Aidons les abeilles, elles le rendent

Si le monde agricole est préoccupé par l'un des pires épisodes de sécheresse de l'histoire, il n'en est pas moins sensible au monde des abeilles.

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 En Champagne, des centaines d'hectares habituellement réservés à la culture de céréales sont cette année en jachère. Une jachère un peu particulière, puisqu'ici, on n'abandonne pas le champ à rien, mais on y permet le développement de fleurs consacrées exclusivement à l'alimentation des abeilles. On parle de jachères apicoles. Récemment, Champagne Céréales a fait découvrir l'une de ses jachères apicoles, située à Prigny, près de Vitry-le-François. Les apiculteurs étaient présents, et le réseau Biodiversité pour les Abeilles également. À l'origine de cette initiative, la prise de conscience d'une mortalité anormale des abeilles. Les experts réunis récemment par les Nations unies, à Paris, ont estimé que divers facteurs expliquaient cette mortalité. Et le bol alimentaire des productrices de miel est une des raisons. La mise en place des jachères apicoles représente ainsi une réponse pour lutter contre la disparition des abeilles.

Les « oasis de biodiversité » ainsi créées améliorent ainsi l'alimentation des abeilles, insecte clé de voûte de la biodiversité par sa fonction de pollinisation des plantes cultivées. En 2011, les agriculteurs de Champagne Céréales ont consacré 250 hectares de jachères apicoles. Sainfoin, phacélie, mélilot, minette ou trèfle violet ont remplacé les plantes de grande culture lorsqu'elles n'étaient plus en fleur. D'après les études menées par le réseau Biodiversité pour les Abeilles, ces jachères apportent deux tiers des apports quotidiens en pollen des abeilles. Un pollen qui représente l'unique source de protéines pour elles, indispensable au maintien de leurs défenses immunitaires. Une réponse pour lutter contre la fragilité sanitaire d'un monde ailé frappé par les parasites (Varroa, Nosema), la pollution et les virus.

En plus des jachères apicoles, les agriculteurs peuvent également consacrer leurs champs, après les récoltes d'été, en cultures intermédiaires pièges à nitrates. Elles permettent de limiter le lessivage d'azote excédentaire et améliorent la structure du sol. Quand des espèces nectarifères sont choisies, les abeilles peuvent profiter d'une floraison tardive, à l'automne, et précoce, au printemps, pour leur garantir une alimentation riche dans les moments de l'année où les fleurs sont peu présentes en plaine.

TV

Extrait de l'hebdo du Vendredi N° 223 du 29/07/2011

     

    

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Un citadin qui rêvait de vivre… chez les abeilles

 
Chaque ruche abrite 40 000 à 50 000 abeilles.

 Patrick Vialle est apiculteur. Une vocation tardive, une passion plutôt, qu'il a « héritée » de l'intérêt porté par son fils, Brice, lors de l'étude de ces insectes en cours de SVT, alors que d'ordinaire, c'est plutôt le père qui transmet un savoir ou une passion à sa progéniture. Il habite à Germaine, où il a posé ses valises et installé sa miellerie, afin de traiter et de conditionner la précieuse récolte. Mais c'est dans la plaine d'Aÿ qu'il entretient une quinzaine de ruches qu'il nous fait visiter, revêtus d'une combinaison protectrice.

« Aujourd'hui, il fait beau, pas de vent, pas d'orage en vue, les abeilles ne sont pas agressives. Durée de vie moyenne, 5 à 6 semaines en été, 5 à 6 mois en hiver, grâce à un métabolisme qui fonctionne au ralenti, 3 à 5 ans pour une reine. Je les marque d'une couleur différente chaque année. Chaque ruche abrite 40 000 à 50 000 abeilles, elle est constituée d'un rez-de-chaussée (corps de ruche) avec un orifice d'entrée et de sortie, qui abrite un ensemble de cadres verticaux, d'une hausse éventuelle, quand l'essaim atteint un beau développement, d'un couvre cadres et d'une toiture. C'est une société très structurée, très organisée. Si on les déplace de plus de trois kilomètres, elles se repositionnent par rapport à leur nouvel environnement, aux formes, aux couleurs …».

Ce qui frappe, quand on prend en main ces cadres, c'est la parfaite régularité hexagonale des cellules fabriquées par les abeilles qui servent au stockage de la nourriture, du miel et du pollen, mais également à la reproduction : œufs et larves. Les apis mellifera - c'est la variété la plus commune dans nos régions - produisent du miel à partir du nectar extrait des fleurs ou du miellat des insectes « suceurs », des pucerons, principalement.

Surtout beaucoup de travail

Du miel, Patrick Vialle en produit 30 à 40 kg en moyenne par ruche et par an, mais aussi du pollen, de la gelée royale, de la propolis que lui achètent les laboratoires spécialisés, de la cire… Une recette simple, en apparence seulement, qui nécessite des butineuses en grand nombre, des ressources et la chaleur du soleil… mais surtout, beaucoup de travail.
«
C'est une activité permanente, il y a quelque chose à faire à chaque saison. En début d'année, une visite des ruches s'impose pour les préparer à la miellée de printemps. La ruche est nettoyée, passée au chalumeau, la cire des vieux cadres est fondue. En avril, la ponte augmente et le couvain se développe. C'est le moment d'installer une hausse à la ruche. Vient ensuite la phase d'extraction du miel, le conditionnement en vue de la commercialisation. Après la belle saison, nouvelle visite des ruches s'impose, en prévision cette fois de l'hivernage. Et la boucle est bouclée ».

Patrick Vialle, apiculteur, 3, rue des Haies 51160 Germaine. Tél. 03.26.52.88.06

Extrait de l' union du 29/07/2011

     

    

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Faites une fleur aux abeilles !

C’est une réalité désormais incontournable : la survie des abeilles est menacée. Or, leur disparition serait une véritable catastrophe pour notre alimentation. Face à cette menace, un apiculteur marnais a trouvé une solution : développer des « jachères apicoles ».

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 Près de la moitié de notre alimentation serait menacée si les abeilles venaient à disparaître

Pouvez-vous imaginer un monde sans fruits, sans légumes et sans fl eurs ? Un scénario catastrophe, qui pourrait pourtant bel et bien se réaliser si les abeilles disparaissaient. En transportant le pollen, ces « butineuses » jouent en effet un rôle essentiel dans la pollinisation, un mode de reproduction indispensable à de nombreux végétaux. Sans elles, point d’abricots, de poires, de pommes ou de kiwis, point non plus de poivrons, courgettes, carottes ou radis… Au total, on estime que près de la moitié de notre alimen tation pourrait être menacée.

Manque de nourriture

Or, depuis le début des années 1980, le nombre de ruches dans le monde a considérablement diminué. Un phénomène qui s’est encore accentué ces dernières années. De nombreuses explications ont été avancées : ondes électromagnétiques, OGM, effets des pesticides… « Aujourd’hui, les analyses scientifi ques nous montrent que le problème vient en réalité de deux facteurs essentiels, affi rme Philippe Lecompte, apiculteur bio à Ville-en-Tardenois. D’une part l’abeille est attaquée par deux parasites, le varroa et le nosema ceranae, qui provoquent un affaiblissement de ses défenses immunitaires. D’autre part, les modes d’occupation de l’espace rural ont conduit à une diminution des ressources fl orales indispensables à la survie des abeilles. Par exemple en France, les surfaces de luzerne ont été divisées par cinq entre 1970 et 2002. » En clair : les abeilles manquent de nourriture…

Création d’un réseau

Dès 1992, cet apiculteur marnais a donc eu l’idée de lancer des « jachères apicoles ». Pour mieux gérer les surplus agricoles, des jachères obligatoires venaient d’être mises en place dans le cadre de la politique agricole commune (Pac) européenne. Il a alors proposé à un oncle agriculteur Faites une fl eur aux abeilles ! de planter sur ces terres des plantes dites « mellifères », susceptibles d’être butinées par les abeilles.

Rapidement, sa démarche a séduit, d’autres apiculteurs, mais aussi des agriculteurs, des distributeurs de semences, des organisations institutionnelles, associations, chambres d’agriculture… L’an dernier, le Réseau biodiversité pour les abeilles a vu le jour et rassemble déjà près de 300 partenaires, résolus à s’engager de façon concrète pour favoriser la biodiversité par une agriculture soucieuse du développement durable. Grâce à ce réseau, 1 000 hectares de jachères sont aujourd’hui cultivés sur 66 sites pilotes répartis dans toute la France. L’objectif est désormais de multiplier ce chiffre par dix à l’horizon 2010.

En savoir plus : www.jacheres-apicoles.fr

 C’EST DANS LA MARNE

1 000 hectares de jachères sont aujourd’hui cultivés sur 66 sites pilotes répartis dans toute la France

La Marne en pointe sur ce dossier

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Champ de plantes « melliflères » susceptibles d’être butinées par les abeilles.

 Le 8 avril dernier, le palais des congrès de Reims a accueilli les 2e assises du Réseau biodiversité pour les abeilles. Le Conseil général s’est associé à cet événement et souhaite s’engager dans ce combat pour la survie des abeilles et la sauvegarde de la biodiversité. C’est dans la Marne qu’ont été lancées en 1992 les premières jachères apicoles. Aujourd’hui, notre département abrite une quarantaine d’hectares de jachères et entend rester un département pilote dans ce domaine. Le Conseil général réfl échit actuellement à plusieurs actions, notamment la mise en place d’une gestion raisonnée des bords des routes, favorable à la biodiversité.

Une trame verte

Lors de ces assises a également été dévoilé le projet de trame verte en Champagne Issue du Grenelle de l’environnement, la réfl exion sur les trames vertes a pour objectif de créer des « corridors écologiques » entre des zones refuges existantes, pour la plupart labellisées « Natura 2000 », afi n de les relier entre elles et de favoriser ainsi la préservation des espèces.

Chacun peut agir !

Participer à la survie des abeilles et produire de la biodiversité est aussi à la portée de chacun d’entre nous. Sans aller jusqu’à installer une ruche sur son balcon, chacun peut en effet agir à son niveau, par exemple en plantant dans son jardin ou ses balconnières des plantes et des fl eurs riches en pollen et en nectar : phacélie, lotier, sainfoin, mais aussi des espèces comme la vipérine ou l’onagre par exemple, à la fois intéressantes d’un point de vue décoratif et de l’apport aux insectes. En France, les jardins privés représentent plus d’un million d’hectares : une surface loin d’être négligeable ! Le Réseau biodiversité pour les abeilles propose ainsi une sélection de quelques gestes et techniques pour faire de votre jardin ou de votre balcon un repère privilégié pour les butineurs, abeilles, bourdons, mais aussi papillons, et d’une manière générale favoriser la biodiversité, aussi bien végétale qu’animale.

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TÉMOIGNAGE DE…Philippe Lecompte

L’ idée des jachères apicoles repose sur un principe simple : il faut reconstituer des milieux propices aux animaux qu’on élève. Aujourd’hui, les abeilles ne disposent plus de ressources fl orales suffi santes Grâce au Réseau biodiversité pour les abeilles, nous avons pu mettre en place à l’échelle locale des pilotes de développement de jachères apicoles. L’objectif est ensuite de réunir autour d’une table tous les décideurs politiques, administratifs, techniques, syndicaux pour parvenir à une modification réelle de l’occupation de l’espace. Pour l’instant, les jachères sont fi nancées essentiellement par les distributeurs de semences. Nous avons besoin désormais du relais des collectivités territoriales, de l’État et aussi d’intégrer notre préoccupation environnementale à la réforme de la politique agricole commune européenne. Nous avons constaté qu’en modifiant intelligemment moins de 0,5 % de l’espace, nous pouvons apporter aux abeilles 66 % de leurs nutriments : ce n’est pas énorme par rapport à l’ensemble des surfaces agricoles.

Tout le monde est concerné par cet enjeu majeur qu’est la biodiversité. C’est pour cela aussi que nous invitons chacun, et en particulier les jardiniers amateurs, à agir avec nous.

Extrait de LAMARNE > LEMAG N°15 de 05-2008

     

    

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Abeilles / La génétique vient à leur rescousse

 Quel mal a bien pu décimer les abeilles du Nord des États-Unis pendant l'hivermage ?

Parasites, virus, pesticides, malnutrition... les candidats ne manquent pas à l'appel !


Des reines saines + un virus ultra-violent = un désartre.

A la fin de l'hiver dernier, les apiculteurs nord-américains ont vu leurs ruches se vider inexorablement de leurs ouvrières. Une véritable hécatombe puisque ce Colony Collapse Disorder(CCD),ou Syndrome d'effondrement des colonies, a tué de 50 à 90 % des abeilles.

Pour mettre la main sur le mystérieux meurtrier, une équipe de chercheurs, dirigée notamment par Ian Liplon, de l'université Columbia (NewYork), a procédé a une étude d'un genre particulier, baptisée « métagénomique ». Soit le recours aux dernières méthodes de la génétique (puces à ADN, traitement informatique) afin de révéler la présence de génomes étrangers dans un organisme.

Un virus inconnu sur le sol américain

Plus précisément, l'idée a consisté à procéder à l'analyse du génome de tous les parasites, bactéries et autres virus qui vivent sur et dans une abeille - ce qu'on appelle son métagénome - . Sachant que le génome de l'abeille domestique Apis mellifera a été décrypté en mars 2006 par plus d'une centaine de scientifiques.

Dans un premier temps, cette recherche métagénomique a confirmé ce qu'on pensait déjà : l'abeille est une véritable « boîte noire » dans la quelle grouille une flore bactérienne très abondante, composée de champignons, de virus et de bactéries dont la plupart des membres sont inoffensifs. Puis l'étau s'est resserré  autour  d'un  viru inconnu sur le sol américain.

Car le Israeli acute paralysis virus (IAPV), c'est son nom, découvert en Israël en 2004, a été pour la première fois détecté outre-Atlantique. Les scientifiques l'ont retrouvé systématiquement dans le métagénome des abeilles issues des ruches frappées par le syndrome d'effondrement des colonies, alors qu'il était absent des colonies saines. Il s'agit là d'une souche ultra-virulente, qui tue plus et plus vite que le virus israélien. Le virus connu en Israël provoque des tremblements, puis une paralysie létale des butineuses dont les corps inanimés s'amassent au pied de la ruche.

Mais aux États-Unis, les propriétaires de ruchers ont observé  un  phénomène  plus étrange : aucun cadavre n'est retrouvé à proximité des ruches, comme si les ouvrière étaient parties à la recherche de pollen et n'étaient plus jamais revenues, laissant derrière elles une reine au milieu de larves saines. Le virus a probablement muté et acquis à cette occasion une nouvelle virulence associée par exemple à une perte de mémoire ou du sens de l'orientation des abeilles. Mais, pour l'instant, cette probable mutation reste inconnue.

Des reines saines venues d'Australie

Les regards des spécialistes se sont essentiellement tournés vers l'Australie. Pourquoi ? L' IAPV aurait en fait été introduit aux États-Unis à partir de 2004, date à laquelle a été autorisée l'importation de reines australiennes, vierges de Varroa destructor, redoutable acarien rouge qui se nourrit de l'hémolymphe des abeilles. Or, les abeilles australiennes sont infectées par l'IAPV qu'elles se transmettent par frottement ou par trophallaxie (échange  de  nourriture).

L'IAPV restant inoffensif  en Australie, il était impossible de prévoir le fléau qui allait s'abattre sur les abeilles américaines. Car, seul, le virus n'est pas agressif. Il n'acquiert sa virulence qu'avec l'aide d'un complice : le fameux varroa, Dont l'absence en Australie explique justement que l'IAPV reste, là-bas, inoffensif. Lorsque le varroa s'accroche sur l'abeille, cela provoque la multiplication des virus présents dans l'insecte, notamment des virus cousins de l'IAPV. Et c'est l'augmentation du nombre de microbes qui les rend pathogènes. Resre que pour le moment, personne n'a encore trouvé de méthodes efficaces contre le virus.

D'après Marine Cygler   

Dans la gelée royale

Comment le virus israélien a-t-ll envahi les ruchers américains ?

Pour le savoir, l'équipe de Ian Lipkin a d'abord analysé la gelée royale importée de Chine. Cette substance nourrit l'ecouvain (ensemble des larves de la ruche) pendant trois jours. Si ce régime « royal » se poursuit jusqu'au cinquième jour, la larve devient alors reine. Les Etats-Unis importent donc de la gelée en quantité depuis la Chine, premier producteur mondial. Or, la gelée royale soumise au test des chercheurs américains contenait le fameux virus IAPV...                      

 Extrait de l'uion du 14/01/2008

     

    

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