La Culture Biologique
 

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Exploitation agricole biologique de M. Le Beuf

La Bio en Champagne-Ardenne

 

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Le marché bio restera au Boulingrin
Voilà pourquoi le bio est plus cher (et meilleur)

Avec le bio, on m'a pris pour un fou »

Du bon, du beau, du bio !
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le marché bio restera au Boulingrin


Actuellement, environ dix commerçants bio animent le Boulingrin, chaque vendredi de 16 à 20h. 

Depuis la semaine dernière, les habitués du marché Saint-Remi sont ravis. Les commerçants ambulants installés rue Simon, le mardi matin, vont retrouver leur emplacement initial : la place Museux.

Il faudra néanmoins que les clients patientent encore un peu : « Ce sera effectif une fois la place réhabilitée. La fin des travaux est programmée pour l’instant à la fin octobre 2019. C’était important pour nous de les faire revenir. Il y aura des discussions quant à l’emplacement de chacun, peut-être que le marché pourra s’étendre sur la rue Saint-Simon. On verra d’ici là. »

DES EFFORTS DE COMMUNICATION

Quid du marché bio, qui a été déménagé aux Halles du Boulingrin, en avril 2013 ? Gérard Crouzet, ancien président et trésorier actuel de l’Association pour la promotion de l’agriculture biologique qui chapeaute le marché bio, se rappelle encore très bien la catastrophe que cela avait été : « À l’époque, on ne nous avait pas laissé le choix. C’était le Boulingrin ou rien. Le déménagement a fait perdre à tous une bonne partie de la clientèle. Depuis, on a récupéré des clients bien sûr mais on paye toujours ce déménagement. » Charles Germain, l’adjoint au maire en charge du commerce, a rassuré ceux qui s’inquiétaient déjà : il n’y a pas de nouveau déménagement en perspective. « Le marché bio vient de fêter ses 10 ans. Il contribue chaque vendredi après-midi à dynamiser les Halles. D’ailleurs, des efforts de communication sont faits pour le rendre plus attractif. » Les commerçants bio peuvent donc souffler.

Aurélie BEAUSSART

 Extrait de l'union du 19/09/2017

    

    

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Voilà pourquoi le bio est plus cher (et meilleur)


Page de gauche : Estelle Pouyet, alias « MmeTomate » et Thomas, le chef de culture des Maraîchers d’Arduina à Eteignères. J.-M. F


Christian Tronchon, directeur du magasin spécialisé bio Natureva à Ormes, près de Reims. J.-M. F


Jérôme Soblet, directeur de l’hypermarché Cora à Villers-Semeuse.
Archives Karen Kubena

Que Choisir accuse la grande distribution de pratiquer des marges exorbitantes sur les fruits et légumes bio,  79 % plus chers que les produits conventionnels. « Faux »   répond la fédération du commerce et de la distribution.  Enquête dans la région. 

« Hum… Revenir à une rouge après une black cherry… c’est une erreur !, commente à la dégustation Estelle Pouyet, directrice des maraîchers d’Arduina, à Eteignères, à deux pas de la frontière belge. De fait, une black cherry, forcément bio comme tout ce qui se fait ici, a une chair goûteuse et parfumée, presque sucrée. Dans le palais, cette petite tomate à la peau semblable à une noire de Crimée, distille ses saveurs et fond en bouche. « Une autre ? ». Hum… Oui, sans hésiter !

Le bio a un beau potentiel, l’offre régionale est insuffisante au regard de la demande

Estelle Pouyet

« C’est certain que la grande distribution se sert correctement au passage. », explique Estelle Pouyet, devenue « M me Tomate » après avoir quitté sa vie de bureau. Elle s’est formée, a appris à déterminer ses prix avec la chambre de commerce. « La grande distribution les multiplie par 1,7 » dit-elle avec Thomas, le chef de culture des Maraîchers d’Arduina, une entreprise d’insertion conventionnée qui ne pourrait pas vivre sans aide financière. « Ce n’est pas rentable », lâche la directrice.

Et pourtant, elle sait que « le bio a un beau potentiel » , que « l’offre régionale est insuffisante au regard de la demande » . Leurs productions se vendent sur les marchés de producteurs, sur place, avec un collectif bio et via l’association Manger bio Champagne-Ardenne qui alimente la restauration collective. Mais pas en grande distribution. « Elle est pourtant très intéressée à vendre du bio. C’était même sur le point de se réaliser avec le Carrefour de la Croisette (Charleville-Mézières) qui est, à notre sens, le plus grand espace de vente bio du département. Mais, ça bloque au niveau national. »

Les Maraîchers d’Eteignères produisent une vingtaine de variétés de tomates, des melons charentais trop gros pour être calibrés dans la grande distribution, quantité de fruits, légumes et autres épices sous 2 500 m 2 de serres chauffées. Estelle Pouyet a cherché à écouler ses « cœur de bœuf » auprès d’un magasin bio de Reims. « Chez nous, elles sont vendues 4,5€ le kilo. Le commerce spécialisé m’en proposait 2,95 € pour les revendre entre 5 € et 6 €. » Presque le double ! À 2,95 €, Estelle Pouyet et son équipe ne s’y retrouvent pas. D’autant que pour acheminer et vendre ses produits à Reims, c’est la demi-journée minimum.

FORT SURPLUS DE MAIN-D’ŒUVRE

Estelle Pouyet et le chef de culture racontent comment ils récoltent les pommes de terre à la main, désherbent à la main, s’interdisent évidemment tout apport non naturel, assurent une main-d’œuvre autrement plus exigeante que dans le conventionnel. Autant de choses que connaît la Cueillette de la Pompelle, près de Reims, qui n’est pourtant pas labellisée bio mais agriculture raisonnée. « L’un des obstacles à cette labellisation vient de ce qu’on ne trouve pas d’herbicide homologué en bio, beaucoup de nos cultures n’ont pas de traitement, mais ce n’est pas suffisant », indique M. Michau. Pourrait-il franchir le pas ? « Très honnêtement, je ne suis pas sûr de cela, ce ne serait pas justifié », indique notre interlocuteur qui s’étonne de l’importance de certains prix en bio observés cet été dans le sud. « Des tomates anciennes à 8,80€/kg, c’est excessif ! »

PAS D’ŒUFS CONTAMINÉS CHEZ NOUS

Au magasin spécialisé Natureva d’Ormes, près de Reims, le bio s’étale sur 400 m 2 de rayons et nombre de prix semblent abordables : tomates anciennes à 5,57 €, concombres (produits dans l’Aisne) à 1,33 € le kg sachant que la taille, énorme, de chaque pièce n’a pas d’équivalent en grande distribution, Royal Gala à 3,83 € : kg, etc. « Quand un producteur local veut travailler avec nous, qu’il veut donc intégrer un intermédiaire, il fait son prix mais nous lui demandons d’intégrer aussi le prix du marché. Il n’y a pas de contrainte », explique le directeur Christian Tronchon, plutôt remonté contre la grande distribution. Et plutôt fier d’affirmer son indépendance, quand certaines enseignes de bio sont des succursales de la grande distribution. « On ne trouvera pas des œufs contaminés chez nous parce que la traçabilité est totale. Avec tous les contrôles qu’exige le bio, on peut vendre les yeux fermés. Bien sûr que nous sommes plus chers, mais il faut établir des comparaisons à produits égaux. Entre nos produits bio et ce que vend la grande distribution, c’est le jour et la nuit, en termes de mise en œuvre, de qualité et de santé. Tant que les grandes surfaces gagnent, elles jouent. Exemple avec les poireaux. Il suffit qu’il gèle pour qu’elle multiplie les prix par 4, alors que le gel n’a aucune incidence. » Quant à la question de savoir si oui ou non le bio est scientifiquement bon pour la santé, Christian Tronchon oppose les études empiriques, l’expérience étant la meilleure des réponses.

ÉTHIQUE ET ÉCOLOGIE

Si Christian Tronchon parle aussi d’éthique, Thomas l’Ardennais insiste sur l’importance écologique du bio. « Certes, on mange pour moins cher avec le conventionnel, mais les prix de ses produits n’incluent pas les conséquences qu’ils causent sur la dégradation des sols et de la santé des consommateurs. C’est considérable. »

On privilégie les produits de terroir et les circuits courts

Pas si facile de faire réagir la grande distribution à un sujet aussi sensible que le bio. Le directeur régional de Carrefour, qui a compétence sur l’Aisne, la Marne et les Ardennes, a décliné notre offre, tout comme le directeur du Leclerc de Fagnières. Il est vrai que de plus en plus d’enseignes développent leur propre ligne de bio. Jérôme Soblet, directeur du Cora de Villers-Semeuse a joué le jeu. D’abord en se livrant à un comparatif de prix en direct des rayonnages. « Les six œufs bio Cora sont à 1,99 €, les non bio à 1,50 € ; le litre de lait de soja bio à 1,49 €, le non bio à 1,41 €… On ne peut pas comparer ! Les produits bio sont soumis à beaucoup plus de contraintes, de respect de normes, de certifications. Les prix de revient sont toujours plus chers. Je discutais voici peu avec un éleveur ardennais de vaches salers, absolument tout est contrôlé chez lui, même le fourrage est analysé. Tout cela à un coût qui se répercute sur le ticket de caisse. Pour nous, le bio est un marché de niche réservé à une certaine clientèle. » Sous-entendu, à une clientèle qui a les moyens de se l’offrir et peut-être aussi, de rouler en voiture électrique. « Nous sommes le département le moins équipé dans ce domaine. »

Ce sont les raisons pour lesquelles Jérôme Soblet ne fait pas du bio une priorité. Contrairement aux principaux concurrents de son enseigne, il n’a pas démarqué le bio des produits conventionnels dans des rayons spécialisés. « Nous avons un produit bio dans chaque famille de produits, les clients choisissent. En revanche, je développe les circuits courts, ça marche mieux. Les gens demandent des produits locaux, c’est un secteur qui monte en puissance, que nous allons théâtraliser davantage. Nous réalisons un meilleur chiffre en viande locale qu’en viande bio. Tenez, là je suis dans le rayon boucherie, à côté de pièces de viande limousine. C’est juste magnifique ! »

C’EST QUOI UN PRODUIT BIO ?

Le tableau de prix ci-dessus est sans appel. À une ou deux exceptions près, pour des produits comparables, les produits bio sont toujours plus chers, parfois dans d’importantes proportions. Il nous est arrivé de trouver des avocats bio moins chers, ce qui, selon Christian Tronchon, peut s’expliquer par le caractère « spéculatif » de ce produit.

Par définition, les aliments bio ne contiennent ni produits chimiques de synthèse, ni organismes génétiquement modifiés, ni exhausteurs de goût, ni colorants, ni arômes chimiques de synthèse. Avec l’élevage biologique, les animaux disposent obligatoirement d’un accès au plein air et d’espace. Ils sont nourris avec des aliments bio principalement issus de la ferme et sont soignés en priorité avec des médecines douces. Aux contrôles effectués sur l’ensemble des produits agroalimentaires s’ajoutent des contrôles spécifiques au bio, réalisés par un organisme indépendant agréé par les pouvoirs publics. Le logo bio européen et le logo AB garantissent que le produit respecte les règles de l’agriculture biologique.

J-M FRANÇOIS

Extraits de l' union du 09/09/2017

    

    

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Visite avec

de l'      


 Exploitation agricole biologique

de M. Le Beuf  

 en Juin 2009
 

 

 

 

 

 

 

 

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Avec le bio, on m'a pris pour un fou »

Lancement, aujourd'hui, de la semaine européenne du développement durable. A cette occasion, un agriculteur explique pourquoi il a choisi le bio, dès 1979


Les cultures de Christian Le 8euf sont labellisées AB et certifiées ISi114001.

A SAVOIR

*.- A partir d’aujourd’hui, et jusqu'au dimanche 5 juin, Reims Métropole propose une série de visites et d'animations, accessibles à tous,  sur le thème du développement durable.

*.- Au menu. demain samedi : rencontre autour du local bio à l’office de tourisme de Reims, atelier d'initiation au compostage à la mairie de Trois-Puits, portes ouvertes à l'ilôt Saint-Gilles et « Discosoupe », à Reims. !

•.- Programme complet sur . www.reimsmetropole.fr

Regardez, au bout de ce champ d'engrain, ou petit épeautre, comme cette allée de tilleuls, que mon père avait tenu à préserver, modèle le paysage ! Il ne faut pas grand-chose pour que la terre soit belle... Et vous voyez, ces talus, au bord du chemin, si on ne les tond pas, c'est pour préserver la biodiversité. »

Quand il fait visiter sa c ferme La Bertonnerie J, qui s'étend sur une centaine d'hectares, à hauteur de Prunay, Christian Le Beuf s'attache à partager son amour de la nature. Au terme d'agriculteur, cet homme à l'allure citadine préfère d'ailleurs celui de paysan.« Carpaysan renvoie au pays, au paysage. »

« Produire propre »

Dans sa c ferme », ne croyez pas voir des poules, des vaches ou des cochons. Au mieux, apercevrez-vous quelques chevreuils au milieu des parcelles. Le Champenois n'élève pas d'animaux. Il cultive toutes sortes de céréales: du blé, de la luzerne et de l'orge, mais aussi des espèces moins communes comme l'avoine de printemps, le grand et le petit épeautre, le seigle et le sarrasin. Des cultures entièrement bio.

« Mes parents se sont installés ici dès 1948. j'ai pris la relèveen 1972 », raconte le sexagénaire. L'agriculture biologique. il la pratique depuis 1979. Par respect de la nature et souci de vendre des produits sains.

« Au départ, on m'a pris pour un fou ! Mais j'ai tenu bon »), se souvient -il, « Aujourd'hui encore, ce n'est pas simple de faire du bio. Car, dans notre pays comme ailleurs, on pousse les agriculteurs à intensifier l'intensifiable, en produisant à outrance et à utiliser toutes sortes de cochonneries », s'enflamme celui qui, au début des années 70, s'opposait fermement à l'insecticide DDT.

Heureux de « produire propre », Christian Le Beuf se désole d'avoir perdu de très nombreux, amis agriculteurs et viticulteurs. Selon lui, leur mort prématurée est due aux produits chimiques qu'ils épandaient dans leurs terrains. Aujourd'hui, il se dit inquiet des allergies dont souffrent ses neuf petits-enfants « qui ne mangent pas tout le temps bio. »

Pour promouvoir l'agriculture biologique et sensibiliser le public au travail de la terre, le propriétaire de La Bertonnerie prépare un sentier pédagogique le long de ses terrains. Tous ceux qui le souhaitent pourront l'emprunter à partir du printemps 2017. En attendant, le Marnais participe à cette semaine européenne du développement durable en faisant visiter son domaine 2 juin. Cet homme de goût aurait juste préféré que la semaine soit décalée d'un mois. Pour que les champs soient en fleurs et donc « plus esthétiques. 

Visite de la ferme de grande culture La Bertonnerie jeudi 2 juin, de 15 à 17heures.

Prix ; 6,5 euros (avec : collation bio. Réservation au 03 26 24 48 09 ou 06 80 10 74 99

Valérie COULET

 Extrait de l'hebdo de l'union du 27/05/2016

    

    

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Du bon, du beau, du bio ! 

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À la veille du salon de l’Agriculture qui se déroule Porte de Versailles à Paris du 21 février au 1er mars 2009, l’exploitation d’Odile et Christian Le Beuf, située à Prunay, a été retenue pour concourir à la 1ère édition des Trophées de l’Agriculture durable. Une reconnaissance pour cet agriculteur qui s’est lancé dans le bio… il y a trente ans !

 AGRICULTURE – ENVIRONNEMENT

Le bio n’attend pas le nombre des années

À la veille du salon de l’Agriculture (du 21 février au 1er mars), l’exploitation d’Odile et Christian Le Beuf, située à Prunay a été retenue pour concourir à la 1ère édition des Trophées de l’Agriculture durable.

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A
griculture  raisonnée, voilà ce que peuvent découvrir les curieux lors des  visites organisées sur l'exploitation de Christian LEBEUF

Le 14 septembre dernier, lors de la finale nationale des labours, Michel Barnier, ministre de l’Agriculture lançait officiellement la 1ère édition des Trophées de l’Agriculture durable, avec le but louable de distinguer des démarches individuelles ou collectives exemplaires d’une agriculture conjuguant productivité, santé économique des exploitations et respect de l’environnement. 184 dossiers venant de tout le territoire ont été reçus par les services du ministère… Parmi ces derniers, celui de l’exploitation « La Bertonnerie » d’Odile et Christian Le Beuf à Prunay.

Loin d’être un effet de mode

Marié et père de trois enfants, à 58 ans, Christian Le Beuf exploite une surface de près de 120 ha, qu’il loue en occupation précaire (les 2/3) depuis son installation. Il cultive sur des parcelles en partie converties en agriculture biologique des céréales (seigle, blé, épeautre, orge…), des plantes fourragères et des légumineuses (lentillons de la Champagne) aidé en cela par un salarié et son épouse. Constatant un certain nombre de dérèglements sur sa production et sur la biodiversité, Christian Le Beuf décide dès 1977 de s’engager dans une agriculture raisonnée. L’utilisation à outrance d’insecticides, de pesticides et de DDT dans les années 70 le font réfléchir, une prise de conscience s’opère. « Ça devenait affolant, un jour j’ai dit stop ! Déjà au lycée agricole, je me posais des questions sur le bien fondé d’utiliser de tels produits, ensuite en tombant sur des oeufs de perdrix sans coquille au milieu des terres, je me suis rendu compte qu’un truc ne tournait pas rond. Quand je me suis lancé, j’ai été pris pour un clown, mais je voulais travailler autrement. C’était une sorte de challenge, la difficulté créant le dynamisme… Maintenant tout le monde veut dans les discours repeindre sa vitrine en vert ! ».

Décidant de fait que l’agriculteur doit être le premier acteur de la ruralité, Christian Le Beuf « commence petit » comme il le souligne… avec 70 ares de culture bio, puis se fait ensuite aider par deux ingénieurs agronomes spécialistes du bio. « Nous avons observé les règles de rotation, la saisonnalité des cultures, les apports en fumures, j’ai appris le  n de la Champagne), Christian Le Beuf regrette que seuls 2% de la surface agricole utile en France soient occupés par des cultures bio.

 « Dans la Marne, on arrive à seulement 0,3%... les derniers des Mohicans qui sont contre le bio sont les agriculteurs eux mêmes, la faute aux lobbies mais aussi aux mentalités. Pour beaucoup, le bio signifie régression, à l’heure de la mécanisation et de la chimie d’après guerre ».

 Néanmoins, si l’agriculture durable doit être un modèle de production et non pas de productivisme, elle se doit d’être modélisable et viable et non pas uniquement un phénomène de mode. C’est pour cela que loin de s’endormir sur ses lauriers, l’exploitant entend bientôt installer une éolienne, des panneaux photovoltaïques et créer des sentiers pédagogiques sur son domaine. À noter que Christian Le Beuf entretient également le terrain d’aviation mitoyen (herbage bio), propose des chambres d’hôtes et organise des visites de son exploitation… Une diversité qui a de quoi susciter des vocations…

Renseignements au 03 26 49 10 02.

O.M

FARRE 51 : quelle agriculture pour demain dans la Marne ?

Le Forum de l'agriculture raisonnée respectueuse de l'environnement (FARRE) a tenu son assemblée générale la semaine dernière au Complexe du Mont Bernard à Châlons-en-Champagne.

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L'association FARRE 51 tenye d'anticiper les conséquences écologiques de l'agriculture Marnaise

 Créé en 1993, à l'époque où les questions écologiques ne prenaient pas beaucoup de place dans les discussions d'agriculteurs, FARRE est aujourd'hui un organisme de référence dans la gestion des enjeux climatiques de notre planète. Décliné en 96 relais départementaux, ce forum a pour but de communiquer auprès du personnel agricole les récentes études et nouvelles orientations qui peuvent modifier leurs techniques de production. Selon Benoît Collard, le Président de FARRE 51, la légitimité de l'association a évolué avec le temps : « Au début, on nous regardait comme des écolos de service sans comprendre vraiment notre mission. Aujourd'hui les agriculteurs se sont rendu compte que nous parlons de la vie de la terre et de son avenir. Dans les premières années, nous avons été submergés de questions, maintenant nous commençons à apporter des réponses ». Epaulé par un comité scientifique, FARRE 51 organise des réunions, des colloques ou des visites pour orienter les producteurs vers les nouveaux types d'exploitation définis. À l'heure actuelle, la politique écologique privilégie par exemple le désherbage mécanique plutôt que l'utilisation de produits phytosanitaires. Une démarche justifiée puisque les récentes analyses ont démontré une forte présence d'azote dans le sol crayeux de la Marne (180 kg par hectare), une concentration due aux techniques utilisées, il y a maintenant 20 ans.

C'est donc avec une longueur d'avance que doit penser l'association pour que les bilans soient positivement durables. Après ce « bilan azote », un « bilan carbone » devrait suivre pour évaluer les répercussions dans l'atmosphère des engins mécanisés. « Nous avançons au rythme de l'agriculture » ajoute Benoît Collard, « le contexte économique actuel met tout le monde sur la défensive et les agriculteurs n'échappent pas à la règle. Nous devons nous montrer diplomates en tentant de mesurer ce qui va se passer si nous entreprenons telle ou telle orientation ». En plaçant l'agriculture sur le credo « Haute Qualité Environnementale », FARRE 51 espère raisonner l'exploitation des cultures de demain. Le président de l'association souhaiterait que le nombre d'adhérents double d'ici l'année prochaine pour que la nouvelle révolution verte soit un réel succès dans le département.

Emmanuel Lagain

 Extrait de l'hebdodu vendredi N°112 du 20/26-02-2009

    

    

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