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Comment sabrer sans gâcher

Du vin bleu pour bousculer les traditions
Nouveau cru pour les fo ires aux vins

 Un autre regard
Le ratafia, dans l’ombre du champagne

Les Crayères planchent sur un nouveau verre

Une bouteille dédiée au ratafia champenois

2017

Deux Rémois lancent le verre idéal
Joël Robuchon « Le champagne, un vin de soif »

Le tour du monde des vins passe par la Villa Bissinger

2016

À Reims, le chianti signe un partenariat avec le champagne
Le Chianti se cherche un nouvel élan
Le crémant d'Alsace, l'autre vin effervescent du Grand-Est

Du vin « made in Paris »
La dégustation de vins italiens et français séduit les amateurs
Le jus de pomme de Muizon médaillé d'or 2016

2015

Le muscadet dans la cour des grands
Un concurrent pour le champagne
De la vodka au pays du champagne 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Du vin bleu pour bousculer les traditions

 Trouvaille de cinq étudiants du Pays basque espagnol, le Gik Blue remporte déjà un joli succès. 


Aritz Lopez, cofondateur de Gik Live!, au milieu des vignes de la propriété viticole qui fabrique le Gik Blue, un vin bleu, dans la province de Saragosse.AFP

 Il y a cinq ans, cinq étudiants du Pays basque espagnol se sont lancé le défi de révolutionner un secteur et ont choisi celui du vin, considéré comme parmi les plus conservateurs, en créant un vin… bleu. La trouvaille d’Imanol, Iñigo, Gorka, Aritz et Taig, qui a nécessité deux ans de recherche et développement avec l’aide de chimistes, est l’une des nombreuses innovations qui fleurissent dans un monde encore très traditionnel. Leur entreprise Gik Live !, fondée en 2015 et qui compte désormais douze salariés, a vendu 30 000 bouteilles dès la première année et près de 500 000 en 2017. Elle compte aujourd’hui des clients dans 21 pays, son premier marché étant les États-Unis, et son deuxième… la France, haut-lieu du vin. « Nous comprenons que pour beaucoup de gens, le vin, c’est quelque chose avec lequel on ne joue pas. Le vin, c’est sacré » , raconte l’un des fondateurs de cette start-up, Taig Mac Carthy, mi-Irlandais, mi-Basque, au bar du siège de l’entreprise, à Portugalete, près de Bilbao. « Mais nous, on aime changer les choses et on n’a pas peur d’essayer », dit-il, alors que dans la pièce d’à côté, où trônent une batterie et des guitares, des employés pianotent sur leurs ordinateurs. Rien que la vue d’un verre de vin bleu pourrait suffire à faire hurler beaucoup de sommeliers. Il est pourtant fabriqué dans plusieurs propriétés espagnoles en suivant peu ou prou les mêmes étapes que le vin «classique ». Du côté des consommateurs, les réactions sont mitigées. Jean-Michel Deluc, ancien sommelier du Ritz à Paris, trouve le vin bleu « surprenant » .

« C’est pas mon goût, je dois l’admettre, mais c’est pas mauvais quand même, c’est plutôt bien fait », dit-il dans une vidéo postée sur le blog Le Petit Ballon, consacré à l’actualité du vin. Mais en août, le critique du journal britannique Daily Telegraph l’a qualifié de «gadget. […] Très doux. Trop doux ».

Pour Rafael del Rey, directeur général de l’Observatoire espagnol du marché du vin, ce vin bleu bouscule un secteur « conservateur, avec des consommateurs conservateurs et des producteurs conservateurs ».

500 000

Fondée en 2015, la société Gik Live ! compte désormais douze salariés. Elle a vendu 30 000 bouteilles de vin bleu dès la première année et près de 500.000 en 2017

PIGMENTS, COLORANT ET SECRET INDUSTRIEL

La recette pour obtenir du vin bleu? Mélanger beaucoup de vin blanc avec un peu de vin rouge et du moût, cette mixture obtenue par pressage des raisins et pas encore fermentée. Puis, pour obtenir une coloration bleu électrique, ajouter des anthocyanes, des pigments bleus que l’on trouve dans la peau des raisins rouges, et du carmin d’indigo, un colorant bleu naturel extrait de l’indigotier. L’entreprise n’en dit pas plus au nom du « secret industriel », précisant juste que la fabrication combine « nature et technologie ». Elle utilisait auparavant des édulcorants mais les a remplacés par du vin liquoreux pour conserver le goût sucré du produit.

Extrait de l' union du  18/10/2018

    

   

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Nouveau cru pour les foires aux vins

Dans les coulisses de la préparation   de l’événement dans un hyper rémois,   qui propose un millier de références.


Hier, avant le lancement officiel de la foire aux vins, avec, de gauche à droite : Jérémy Smith, Daniel Giacon et Charles de Aquino.Jean-Michel François

 A SAVOIR

*.- LES FOIRES AUX VINS sont devenues des événements commerciaux incontournables, particulièrement pour la grande distribution et pour une clientèle soucieuse de trouver de bons rapports qualité/prix.

*.- ELLES ONT progressé de 2,7 % en 2017 et généré plus d’1,1 milliard d’euros aux enseignes de la grande distribution.

*.- NOUS NOUS SOMMES RENDUS dans l’une d’elles qui prépare ce rendez-vous depuis de longs mois et qui mobilise toutes ses équipes de l’encadrement pour le réussir.


«
 On mise très fort sur le bio cette année car il y a un réel engouement pour »
France Karanakov, directeur CARREFOUR Tinqueux 

Vous aimeriez être reçu comme un VIP dans votre hyper ? Profiter d’une collation ? Goûter à quelques crus prestigieux, sinon triés sur le volet ? Dommage… C’était hier soir au Carrefour de Tinqueux, à côté de Reims. Il s’agissait juste du lancement de la foire aux vins d’automne. Elle se prolonge douze jours durant. Rien d’exceptionnel donc, mais l’événement est considérable en termes de notoriété et d’impact économique pour un hyper de cette taille qui ne louperait la tradition pour rien au monde. « Sur l’ensemble de l’année 2017, le groupe Carrefour a vendu 400 millions de bouteilles dont 10millions grâce aux foires aux vins. Nous savons que le panier moyen d’un client, pendant notre foire d’automne, se monte à 80 euros », explique Jérémy Smith, chef de secteur alimentaire dans cette enseigne du Grand Reims.

La préparation d’un tel rendez-vous se prépare des mois à l’avance, en réalité depuis la fin de la précédente édition. Si l’hyper rémois mobilise toutes ses équipes d’encadrement pour le montage des rayonnages, une à deux semaines avant le coup d’envoi et durant toute la foire avec le renfort d’une œnologue, il s’appuie d’abord sur la puissance du réseau national. « L’équipe de professionnels de notre comité de dégustation, composée de vignerons, œnologues, sommeliers dont le meilleur du monde 2013 Paolo Basso, a sélectionné – et négocié – 1 650 vins pour l’ensemble de nos formats de magasins, dont un millier pour les hypers, après avoir goûté à l’aveugle 6 000 bouteilles », détaille France Karanakov, directeur de cet hyper marnais. Autrement dit, tous les hypermarchés Carrefour de l’Hexagone proposent exactement les mêmes choix, en quantités évidemment limitées pour chaque magasin, sachant qu’il n’y aura jamais de réassort. Les premiers arrivés seront les mieux servis et il sera vain de commander sur Internet des références épuisées.

PUBLIC DE CONNAISSEURS

Qui achète dans les foires aux vins ? « Beaucoup de clients arrivent, catalogue en main, parfaitement au courant de ce qu’ils veulent, souvent pour se faire une petite cave. On en a parfois vu sortant avec deux Caddies  pleins ! » Pour ces gens, l’intérêt d’une telle foire réside dans la signature Paolo Basso, un gage de qualité, une garantie de tomber juste. Sur le millier de vins sélectionnés, le champion du monde en a lui-même identifié 103 qu’il appelle ses « pépites », comme ce Pouilly-Fuissé (bourgogne) 2017 à 14,95 € ou ce château Camille Gaucheraud (bordeaux) 2010 à 8,95 €. D’une année sur l’autre, chaque foire se renouvelle : celle-ci se distingue par 40 % de nouvelles références et 190 vins médaillés ou cités dans un guide.

DE 2,80 € À 790 €

Quelques amateurs, plus rares mais très éclairés, viennent aussi dans un souci de spéculation. Exemple avec un château d’Yquem. Cette année, le millésime 2015 est vendu… 350 euros la bouteille. Il ne doit y avoir que quatre ou cinq unités pour le magasin de Tinqueux. Pour un autre millésime lors d’une précédente foire, un seul acheteur avait pris les quatre bouteilles disponibles. On dénichera cette année un Cheval blanc 2010 à 790€, alors qu’on peut trouver le même presque deux fois plus cher sur Internet ! Reste que la palette des prix est extrêmement vaste, le premier démarrant à 2,80 €.

PRIORITÉ AU ROUGE ET AU BIO

L’été sur le point de s’achever, le rosé passe au dernier plan des préoccupations. Les acheteurs se concentrent sur les rouges qui représentent 70 % de l’offre de Carrefour, avec trois grands terroirs majeurs : Bordeaux (30 %), Bourgogne (12 %) et Côtes-du-Rhône (10 %). Toute la carte de France est cependant représentée avec un effort sensible sur le bio. « La clientèle y est de plus en plus sensible. Nous présentons deux à trois références par appellation et un total de 105 bios dont la gamme des prix s’étend de 3,10 € à 39,95 € la bouteille. »

Les cavistes non concurrencés


« Grandes surfaces et caves n’ont pas la même clientèle », explique le Rémois Eric Fèvre. 

Certains de ses confrères organisent des foires aux vins. Éric Fèvre n’y trouve pas d’intérêt. « Je ne me bats pas sur un prix mais sur un rapport qualité-prix », affirme le caviste rémois, gérant de Millésimes et Saveurs.

Ce qu’il recherche avant tout, c’est que ses clients « retrouvent le prix payé dans leurs bouteilles ». Pour ce faire, il procède à « une sélection rigoureuse ». « Je déguste tout »,affirme-t-il. Tout, ce sont « les échantillons » qu’il reçoit de la part de vignerons et de coopératives, ou qui lui sont remis sur les salons réservés aux professionnels.

« Grandes surfaces et caves n’ont pas la même clientèle de toute façon. Ceux qui achètent dans les premières pensent à tort que nous ne vendons que des produits chers. » Ce dont Éric Fèvre se défend, proposant des bouteilles de vin rouge, blanc et rosé à partir de 5 euros.

Voilà maintenant seize ans qu’il fait ce métier. « Quand j’ai démarré, j’étais un peu juste, admet l’autodidacte, mais j’ai beaucoup appris à passer beaucoup de temps dans le vignoble et sur des salons. »Il a tant appris qu’il s’est qualifié pour les demi-finales du concours du meilleur caviste de France. « J’ai passé ce lundi les épreuves permettant d’accéder à la finale au château Belgrave dans le Médoc. »En 2016, il s’était hissé à la troisième. Bientôt une bouteille à ouvrir pour fêter son succès.

 Les principales dates par enseigne

Sans être exhaustif, voici les dates des foires aux vins d’automne dans les principales enseignes de la région : Carrefour (hypermarchés) du 12 au 24 septembre, Carrefour Market du 21 ou 28 septembre selon les magasins jusqu’au 14 octobre ; Casino (hypermarché) du 4 au 16 septembre ; Cora du 19 septembre au 6 octobre ; Intermarché du 11 au 30 septembre; Leader Price du 4 au 16 septembre; Leclerc du 2 au 13 octobre ; Lidl du 5 au 11 septembre ; Hyper U et Super U du 25 septembre au 6 octobre ; Monoprix du 12 au 27septembre ; Netto du 4 au 16 septembre.

Les foires de 2017 avaient été un excellent cru


L’an passé, les ventes ont augmenté de 1,4% à 15% selon les enseignes.

Plus à la mode les foires aux vins ? Si l’on en croit les résultats de celles de l’année dernière, ce concept a encore de beaux jours devant lui. Les chiffres avancés par LSA, le magazine professionnel de la grande consommation en France, montre en effet que les foires aux vins d’automne avaient été exceptionnelles en 2017.

Chez Leclerc par exemple, la ScapEst (qui gère notamment l’approvisionnement sur l’ex-Champagne-Ardenne et l’ex-Picardie) a approché les 8 millions d’euros de chiffre d’affaires sur cette période avec des ventes en progression de +12,1 % par rapport à l’année précédente.

Plus globalement, les magasins du groupe Carrefour avaient vendu en 2017 pour 107,4 millions d’euros de vins lors de cette foire (+1,4 %). Suivent ceux de Leclerc avec 99 M € (+6,5 %), d’Intermarché avec 85 M € (+15 %), Système U avec 51,2 M € (+9 %), et Auchan avec 50 M € (+11%).

Selon une étude Nielsen pour le magazine Rayon Boissons réalisée en janvier 2018, les ventes ont progressé de 2,6 % lors des foires aux vins 2017 dans le circuit traditionnel (hypers, supers, drives et magasins de proximité), procurant un chiffre d’affaires de 1,12 milliard d’euros aux enseignes de la grande distribution.

Les autres points

Le boom des ventes sur Internet 

Sur la toile, où les foires aux vins n’en sont qu’à leurs débuts, les progressions des ventes sont impressionnantes. Pour sa deuxième foire aux vins, Vente-privée a ainsi doublé ses ventes (plus de 2 millions d’euros) l’an passé selon les chiffres de LSA (le magazine professionnel de la grande consommation en France) tandis que Cdiscount a expédié 306 000 bouteilles (+ 10 %). Ma Cave par E. Leclerc a vu ses chiffres progresser de + 75,5 %. Chez Auchan et Carrefour, le drive a bondi respectivement de 20 % et de 30 % grâce au site de préréservation. Si les ventes du site Auchan.fr sont encore faibles, elles se sont toutefois envolées de 24 %.

UN ENJEU EN MATIÈRE D’IMAGE POUR LES ENSEIGNES

Les foires aux vins sont source de recettes supplémentaires, y compris dans les autres rayons que les alcools, car leur attractivité fait venir davantage de gens qu’à l’accoutumée dans les rayons. C’est également un enjeu fort en matière d’image. L’ex-discounter Lidl en a ainsi fait un symbole de sa montée en gamme, en proposant des millésimes d’exception. Il s’agit aussi d’une occasion pour les distributeurs de montrer leur expertise, en proposant des vins médaillés ou en recourant à des spécialistes prestigieux. Afin de rendre le vin accessible à tous, conseils d’accord mets et vins (certains proposés par des sommeliers virtuels), soirées privées et dégustations gratuites ponctuent la période.

54 MILLIONS DE BOUTEILLES VENDUES

Aujourd’hui, ce sont quelque 54 millions de bouteilles, à des prix variant entre 5 et 20 euros en moyenne, qui sont écoulées sur les seuls mois de septembre et octobre. Pour Fabrice Beaugrand, expert du guide Bettane et Desseauve, « ça a failli devenir ringard » mais grâce aux acheteurs des grandes surfaces « qui ont fait le job » et à la qualité qui a progressé, les foires aux vins « restent un événement incontournable ». Selon le guide, l’opération a pris tellement d’ampleur qu’elle regroupe désormais plus de 30 enseignes, entre grande distribution, hard-discount et e-commerce.

J-M FRANÇOIS, S. BRACQUEMART, G AMIR-TAHMASSEB

Extrait de l' union du  06/09/2018

    

   

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Le ratafia, dans l’ombre du champagne

En marge du champagne, certains vignerons s’attellent aussi à la production du ratafia.


Le débourbage est l’une des étapes de fabrication du ratafia qui consiste à séparer le jus de la matière organique grossière du moût.Christian Lantenois

 A SAVOIR

*.- LE RATAFIA CHAMPENOIS est protégé depuis 2015 par une indication géographique.

*.- IL S’AGIT D’UNE BOISSON SPIRITUEUSE obtenue par aromatisation d’un alcool d’origine viticole avec du moût de raisins. Il contient entre 16 et 22% d’alcool.

*.- IL Y A ENVIRON 170 PRODUCTEURS DE RATAFIA CHAMPENOIS, pour une production qui avoisine les 800.000 bouteilles.

Une vendange exceptionnelle. C’est le constat sur lequel tous les vignerons semblent s’accorder, certains évoquant même la possibilité de faire des millésimes. En sera-t-il de même pour la production de ratafia champenois, issu des mêmes raisins que son prestigieux cousin ? « Je pense que l’on fera moins de ratafia car c’est une année à grands vins », estime Claude Giraud qui produit généralement 10 000 bouteilles de ratafia par an au pressoir.

Cette année, le vigneron prévoit d’en produire environ la moitié. Un choix motivé par la qualité du raisin. La maturité, d’abord. « Il ne faut pas de raisins trop sucrés car on ne doit pas du tout avoir de fermentation, c’est interdit dans la production du ratafia », explique le patron du champagne Henry Giraud, par ailleurs président de l’Association des producteurs de boissons spiritueuses à indication géographique champenoise. Autre argument, la peau des raisins, qui est assez dure cette année. « Cela peut entraîner des blocages dans le pressoir et ça rend le débourbage plus difficile donc autant se concentrer sur le champagne. »

Faire du ratafia, c’est vraiment un projet. On doit avoir le process complet dans la tête
Claude Giraud

Malgré tout, hors de question de faire l’impasse sur le précieux ratafia dont Claude Giraud est un ardent défenseur. « Faire du ratafia, c’est vraiment un projet. On doit avoir le process complet dans la tête mais, comme on le produit en même temps que le champagne, on doit aussi en tenir compte. » Le cahier des charges du ratafia prévoit que sa fabrication doit avoir lieu dans un délai de vingt jours après la date de pressurage des raisins entrant dans la composition des moûts.

En marge de la production du champagne, ses équipes ont donc commencé à extraire les fameuses rebêches. « C’est un terme qui ne correspond plus vraiment à la réalité car aujourd’hui, on fait le ratafia avec les deuxièmes tailles. » C’est-à-dire le jus obtenu après la cuvée et la première taille. Quel type de raisin faut-il pour faire du ratafia ? « On fait des assemblages deux tiers de pinot noir, un tiers de chardonnay, ça correspond à notre encépagement. On ne choisit pas des parcelles mais des jus. »

Vient ensuite le débourbage, par gravité et par froid, au cours duquel le jus est séparé de la « matière organique grossière ». Dans la foulée, le moût qui en est extrait est ajouté à de l’alcool préalablement versé dans une cuve. « On ajoute de la fine, et éventuellement du marc (pas plus de 20 %). Le but du ratafia, c’est de garder le goût original du raisin donc on essaie de mettre de l’alcool discret », rappelle Claude Giraud qui se fournit, non loin de là, auprès de la distillerie Jean Goyard.

Le ratafia va ensuite maturer dans la cuve pendant huit mois, avant d’être transvasé dans des fûts. « Nous travaillons en soléra, c’est-à-dire via un assemblage en cascade sur trois ans. Après, on les rassemble et on s’en sert au fur et à mesure. »

Lætitia VENANCIO

Extrait de l' union du  06/09/2018

    

   

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Un autre Regard

Daniel Romano explore la Champagne
Catalina Melniciuc, de l’énergie à revendre

L’hospitalité champenoise selon Kirsten Neubarth

Caroline Henry court les galipes

Une délicieuse attente

    

   

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  Daniel Romano explore la Champagne

Archéologue de formation, le journaliste italien s’est immergé dans sa terre d’adoption


Daniel Romano est ici dans les vignes Tarlant, dans la vallée de la Marne.
Claire Hohweyer

L’ESSENTIEL

*.-  Daniel ROMANO grandit en Basilicate, dans le sud de l’Italie. Il s'installe ensuite à Rome.

*.-  Après avoir rencontré en Italie Mélanie Tarlant, vigneronne è Oeuilly, il arrive en Champagne en 2016.

*.-  Archéologue de formation, il est plongé dans l’univers du vin grâce à des jobs dans la restauration. Il se réoriente dans le journalisme du vin et du champagne

Le 20 septembre 2016, c’est le baptême du feu pour Daniel Romano. L’Italien arrive en Champagne au début de la vendange. Il ne parle pas un seul mot de français et découvre un vignoble qu’il a toujours admiré, comme beaucoup d’Italiens.

« Les premières personnes que j’ai rencontrées, c’était les ouvriers viticoles au champagne Tarlant. » Une immersion complète qui le forme à la compréhension de la filière et lui permet de s’intégrer même si la Champagne, « c’est comme une écorce dure, il faut gratter ». Ce qu’il adore d’emblée ? « Une chose absolument incroyable, c’est l’organisation du travail. Il y a très peu d’imprévu. Pas d’improvisation. Cela aide même une personne qui arrive de l’étranger comme je l’étais. Une fois que tu as compris le mécanisme, c’est facile de se caler dedans. » Le calme des gens pour lesquels il y a toujours une solution l’impressionne. Les règles aussi. «Ce n’est pas qu’il n’y a pas de règles en Italie, mais ici c’est poussé, on va dans le détail et c’est aussi pour le consommateur. »

Il avait aussi pris le temps de faire le tour du vignoble, avec Caroline Henry (lire notre édition du 24 août, NDLR). « On est allé au champagne Bourgeois-Diaz. Jérôme, le vigneron, était ma première rencontre. » Pas tout à fait.

EN CHAMPAGNE PAR AMOUR

Car si le jeune homme, originaire de Basilicate dans le sud de l’Italie, s’installe en Champagne, c’est par amour. Pour Mélanie Tarlant, vigneronne avec son frère Benoît à Œuilly. Mais Daniel Romano n’est pas un novice en matière de vin.

Son réseau de vignerons italiens est conséquent. C’est d’ailleurs lors d’une dégustation, alors qu’il travaille pour un distributeur à Rome, qu’il fait la connaissance de la pétillante jeune femme. « J’ai toujours eu une petite passion personnelle pour la viticulture comme pratique ancienne », raconte Daniel. Archéologue de formation, il mûrissait un projet autour de l’archéologie du vin. « À la fin de mes études, je me suis tourné juste vers le vin. » Une rencontre sera déterminante : celle de Fabrizio Pagliardi. Le propriétaire du Remigio, bar à champagne à Rome réputé comme « le lieu où aller chercher des champagnes de vignerons », l’embauche et lui propose de participer à l’écriture du guide « 99 Champagne ».

La Champagne, c’est comme une écorce dure, il faut gratter
Daniel Romano

Daniel a toujours été « passionné d’écriture, de communication » alors son implication est naturelle. Il s’occupait de la communication d’un festival, Cantinando, créé avec des amis autour de la culture du vin. En Champagne, il approfondit son activité de journaliste puisqu’il a obtenu le diplôme « Du journalisme du vin », lancé à l’université de Reims en 2017/2018. Ses fouilles s’orientent désormais dans les coulisses de la Champagne. À la fois « admiratif » et curieux de saisir « la vérité des vignerons, des coopératives », le journaliste considère son immersion champenoise comme une chance et une responsabilité. « Par rapport aux gens qui viennent quatre fois par an et pensent comprendre la Champagne parce qu’ils connaissent un vigneron, moi je suis là, je fais les vendanges, je vais dans le détail. »

MON REGARD A BEAUCOUP CHANGÉ DEPUIS QUE JE SUIS ARRIVÉ

« Être là donne une responsabilité. J’écris pour des gens qui ne sont pas là. Parfois, je vais casser un mythe mais c’est important de dire les choses. Et mon regard a beaucoup changé depuis que je suis arrivé. » De la vision « très italienne » des petits vignerons, il a approché les maisons via des jobs de guide et multiplie les échanges avec des acteurs champenois dans les organisations et les coopératives aussi. « Ce que j’aime de la champagne, c’est plutôt la confiance, de voir les choses à long terme. Dans les difficultés (phylloxera, les guerres, la crise de 1929…), ils ont réussi à construire des choses qui font la champagne aujourd’hui. Tu ne peux pas comprendre quand tu es dehors. »

 Claire HOHWEYER

Extrait de l' union du  28/08/2018

 

Catalina Melniciuc, de l’énergie à revendre

Multipliant les expériences, la jeune Franco-Moldave s’engage dans un tout nouveau projet en Champagne.


Catalina Melniciuc est ambassadrice champagne 2018 pour la France.
Claire Hohweyer

L’ESSENTIEL

*.-  CATALINA MELNICIUC naît en 1985 et grandit en Moldavie, dans la capitale Chisinau mais aussi un peu à la campagne chez sa grand-mère.

*.- INGÉNIEUR EN AGROALIMENTAIRE de formation, elle décroche le diplôme d’œnologue en 2011.

*.- FORMATRICE AU CFPPA D’AVIZE DEPUIS 2015, elle entame cette année, en tant qu’œnologue-conseil indépendant l’accompagnement du projet de création d’une marque de champagne.

L’oisiveté n’est pas sa tasse de thé. C’est même « un cauchemar » pour Catalina Melniciuc. Derrière son apparente sérénité bouillonne un sacré dynamisme.

Avant de reprendre les formations qu’elle dispense au CFPPA d’Avize depuis 2015, la voilà à un tout nouveau poste pendant ces vendanges. En tant qu’œnologue-conseil indépendante, elle accompagne le projet de Maxime Ullens de création d’une marque de négociant-manipulant. L’étudiant belge qu’elle a formé il y a deux ans part de zéro. Réjouissant pour la jeune femme franco-moldave (elle détient la double nationalité depuis l’année dernière) qui n’imaginait pas du tout quitter son pays ni ne parlait un mot de français il y a quinze ans.

AMBASSADRICE DU CHAMPAGNE 2018

Le vin, c’est un peu par hasard qu’elle est tombée dedans. La Moldavie fait partie des plus importants producteurs de vin au monde alors, à 18 ans, Catalina opte pour ce domaine. Motivée par une amie, elle passe un diplôme d’ingénieur agroalimentaire, option « filière francophone » « sur un coup de tête ». « Je n’avais jamais trop cru au français jusqu’à ce que je vienne ici », sourit la jeune femme. Sa première fois en France? En Vendée dans une pépinière près de La Rochelle, à 20 ans. « C’était ma première sortie du territoire. Je suis allée voir de la famille à Vérone et Venise. J’ai adoré voyager. »

Une bourse Erasmus lui permet de suivre un master « vintage » à Angers, spécialisé dans le marketing du vin, avec de nombreux voyages viticoles à la clé.

Catalina atterrit finalement en Champagne en 2009 à la station œnotechnique. « J’ai reçu un très bon accueil, se souvient-elle. On m’a dit c’est bien ton master mais il te faut un vrai diplôme. » Elle obtient le diplôme national d’œnologue deux ans plus tard. Alors installée en Champagne après avoir rencontré le futur père de ses jumelles, elle aspire à trouver un travail en cuverie ou laboratoire, en tout cas au contact du vin. Pas si simple en Champagne. « C’est un peu une lutte de rester en Champagne. Je suis française désormais mais je serai toujours la Moldave. »

Heureusement, « les œnologues champenois sont très appréciés dans les autres régions ».

Bordeaux pour la vinification de crémants, côtes du Rhône pour la vinification en rouge : elle accumule de l’expérience en attendant un poste chez elle. Faute d’opportunité, elle devient guide chez Pommery en 2014/2015 grâce à sa maîtrise du français, de l’anglais, du moldave (dialecte du roumain) et du russe. Parallèlement, elle déguste, multiplie les découvertes du monde vigneron, participe aux vendanges chez Alexandre Chartogne en 2017.

Complètement intégrée, participant à l’ouverture à l’international d’Avize viti campus, elle a aussi décidé « comme ça » de participer au concours d’ambassadeurs du Comité Champagne en 2017. « Ce sont mes stagiaires qui m’ont un peu poussée. » Avec raison : la jeune femme de 33 ans est devenue ambassadrice du champagne en France pour l’année 2018.

Et maintenant, ce projet d’accompagnement d’une création d’une marque de champagne. « Depuis que j’ai choisi le domaine du vin, je rêve d’être dans la production, de faire les vins », réagit-elle les yeux brillants. La vendange 2018 lui apporte les premiers fruits de ce challenge.

Claire HOHWEYER

Extrait de l' union du  27/08/2018

 

L’hospitalité champenoise selon Kirsten Neubarth

L’Allemande a exercé différents métiers dans l’univers du vin et a décidé de s’impliquer en Champagne


Kirsten est une passionnée de champagne, qu’elle a appris à découvrir au contact des vignerons depuis 2001. Claire Hohweyer

 

L’ESSENTIEL

*.- KIRSTEN NEUBARTH naît et grandit à Hanovre dans le nord de l’Allemagne.

*.- ELLE SUIT PENDANT TROIS ANS des études d’économie-gestion aux États-Unis. Elle choisira de les achever à Paris et ne quittera plus la France.

*.- KIRSTEN S’INSTALLE À REIMS en 2001 puis à Champillon en 2010.

*.- SES DIFFÉRENTS POSTES, dans la vente par correspondance de vins puis chez des  bouchonniers, l’ont amenée à découvrir le et la Champagne et à se former à la dégustation.

*.- ELLE VIENT DE LANCER son activité d’organisation de séjours œnotouristiques sur-mesure pour les étrangers : Your hospitality manager in Champagne.

« Rien ne me prédestinait au vin ni à la Champagne. » À Hanovre, la culture tourne plutôt autour de la bière. Aucun membre de sa famille n’avait non plus d’appétence particulière pour le vin. Kirsten Neubarth approche la culture française en achevant à Paris ses études d’économie-gestion démarrées trois ans plus tôt aux États-Unis. Là encore, le vin n’entre pas dans son quotidien.

Après avoir travaillé dans la publicité et la communication, elle décroche un job chez Savour club, leader de la vente par correspondance de vin. Hormis « une demande en mariage au Gevrey-Chambertin », c’est réellement en région lyonnaise, lorsque la société, rachetée par la Camif en 1997, lui propose de prendre la direction du pôle alimentaire, qu’elle s’immerge dans l’univers des jolis canons. Des cours au conservatoire du vin à Lyon et à Suze-la-Rousse structurent ses dégustations mais son arrivée en Champagne déclenche chez elle, « tombée amoureuse de Reims », une passion pour les bulles.

PREMIÈRES VENDANGES : 2001, 2002 ET 2003

Son premier contact professionnel ? En 2000, Didier Depond, président des champagnes Delamotte-Salon. Sa première vendange ? 2001. Aïe. Entrée en matière difficile : de la pluie, une qualité moyenne qui ne restera pas dans les annales. « Elles étaient horribles. L’année où les mustimètre (pour calculer le degré d’alcool) sont tombés en panne … »

Embellie l’année suivante : 2002, « à laquelle certains comparent d’ailleurs la vendange 2018 », apporte de très belles cuvées. « Avec la récolte 2003, après de la grêle et la canicule, j’avais tout vu m’avait dit James Darsonville (alors œnologue conseil à la station œnotechnique, NDLR). » Kirsten s’est aussi constitué un joli réseau de vignerons grâce à ses postes dans un petit négoce puis en tant que directrice adjointe chez Prioux et directrice régionale de Diam bouchage jusqu’en 2017. « J’ai toujours adoré déguster les vins et en Champagne, je me suis formée avec Franck Wolfert à la villa Bissinger. »

Avec « l’éclosion » de l’œnotourisme en Champagne, elle s’implique depuis l’année dernière et son départ de Diam. « Hospitality manager », elle vient de lancer son activité pour proposer des séjours œnotouristiques sur-mesure aux visiteurs étrangers. Ce qui ne semble pas si évident. « J’avais dû organiser une semaine entière ici pour trente Espagnols. Il m’a été très difficile de trouver quelqu’un parlant espagnol pour mener des visites. Il y a beaucoup d’activités mais, parfois, la main droite semble ne pas parler à la main gauche. » Bientôt, elle ouvrira une location saisonnière à Champillon et s’orientera vers les opérateurs champenois pour leur proposer « un travail en prestation pour organiser des séjours et/ou l’accueil des étrangers chez eux ». Son souhait : « Devenir une clé pour l’accès à la diversité de la Champagne pour les étrangers. »

Claire HOHWEYER

Extrait de l' union du  25/08/2018

 

Caroline Henry court les galipes

Journaliste et auteure belge, Caroline Henry foule les vignes, surtout pendant les vendanges, depuis 2012.


Caroline Henry a emménagé en Champagne en 2012 et «fait» les vendanges tous les ans.Claire Hohweyer

L’ESSENTIEL

*.- CAROLINE HENRY NAÎT EN Belgique et grandit en Afrique du Sud. Son approche du vin démarre en Belgique où « c’est un peu comme en France, le vin appartient à notre culture ».

*.- ELLE TRAVAILLE CINQ ANS ET DEMI en Nouvelle-Zélande en tant que directrice des ventes et marketing d’un domaine viticole.

*.- EN 2012, ELLE POSE SES VALISES À HAUTVILLERS, en Champagne, où elle s’implique. Journaliste anglophone, elle est aussi l’auteure d’un ouvrage publié en 2017, « Terroir Champagne ».

 S’il y a bien une journaliste étrangère qu’on ne manque pas de croiser dans les rangs de vigne, c’est bien Caroline Henry.

Ce jeudi dès 7 h 15, elle était sur le pont à Ambonnay au côté de Marie-Noëlle Ledru, viticultrice depuis 1984, pour tâter et goûter les raisins. « C’est une belle vendange : que veux-tu dire de plus ? », lance-t-elle avec l’accent du plat pays, les mains dans les pieds de vigne.

Question rhétorique, la journaliste belge est intarissable sur « sa Champagne » comme elle aime le dire et l’écrire sur les réseaux sociaux. Ce vignoble, elle l’a adopté en 2012 en s’installant à Hautvillers.

La vendange l’enthousiasme autant que les vignerons et cueilleurs. «L’année est abondante en quantité et en qualité. » Pas comme en 2012, lors de sa toute première vendange.

CE PETIT GRAIN DE FOLIE

Chaque année, elle adore l’ambiance « joviale, cette atmosphère, cette proximité », qui l’amène chez Vincent Laval, à Cumières, profitant de la musique dans la cuverie par exemple. Avec ce petit grain de folie : « En 2011, avec la chaleur, il avait aménagé une piscine sur un camion pour aller chercher ses vendangeurs. J’aimerais bien qu’il le refasse », sourit-elle.

« Même si tu ne vois les gens qu’une fois par an, tu rigoles, tu crées des liens. Je trouve que c’est un peu mourant d’ailleurs parce que les saisonniers sont de plus en plus payés à la tâche, de moins en moins logés. Ce n’est pas la faute des vignerons mais des décisions du gouvernement. C’est toujours une question d’argent… »

ON NE FAIT PAS DU COCA-COLA, ICI

Au tutoiement facile, énergique, elle détonne dans un paysage parfois policé qui n’accepte pas toujours son franc-parler. Elle le sait mais ne s’en émeut pas plus que ça.

Celle qui a grandi en Afrique du Sud et travaillé comme directrice ventes et marketing dans un domaine de Nouvelle-Zélande, s’intéresse d’abord à ces grains dorés et noirs. « On ne fait pas du Coca-Cola, ici. L’enjeu, c’est la qualité. Tu ne peux pas faire du bon vin avec des raisins pourris. » Le constat a l’air évident ; pourtant la vendange 2017 prouve qu’il ne l’était pas pour une (petite) partie des récoltants.

Les pratiques culturales agitent les réflexions de Caroline Henry qui a choisi son camp : les bios et biodynamistes, ceux qui travaillent leur sol également. En 2017, elle publiait un ouvrage – Terroir Champagne : the luxury of sustainable, organic and biodynamic champagne – sur cet univers.

« Après sept ans, je connais la réalité en Champagne. » Qui le lui rend bien. Côtoyant les vignerons, «qu’il pleuve ou qu’il vente » témoignait l’un d’eux, la jeune femme a reçu un joli témoignage de leur reconnaissance.

Lors de la dernière édition du Printemps des champagnes que l’association d’une vingtaine de vignerons a relancé, lui fut remis le 10 e prix symbolique « Terres et vins de Champagne ».

Claire HOHWEYER

Extrait de l' union du  24/08/2018

 

Une délicieuse attente

Des conditions rêvées, des raisins impeccables : les dieux se sont penchés sur cette vendange. Des vignerons nous expliquent pourquoi ils font durer un peu le plaisir avant de couper.


L’année dernière, à cause de la pourriture, les vendanges ont été bousculées et les raisins cueillis sur un temps ramassé. Cette année, les conditions sont idéales pour permettre aux vignerons d’attendre le bon équilibre pour couper les raisins au bon moment. Christian Lantenois

L’ESSENTIEL

*.- À chaque prélèvement de raisins sont calculées l'acidité et la teneur en sucre qui détermine le degré potentiel d'alcool puisque pendant la fermentation alcoolique, les sucres sont transformés en alcool,

*.-  L'acidité résulte d'une somme d’acides différents, l'acide en baisse ces derniers jours est l’acide malique (contenu dans la pomme ou la rhubarbe). II est responsable du goût acidulé. Trop d'acide malique et la « verdeur » d'un champagne se révèlera. L’équilibre sucre/acide est recherché en fonction du style de champagne souhaité

À l’école de la vendange 2018, il y a ceux qui coupent dès le ban levé et le degré atteint (au minimum 9,5º). Et il y a ceux qui vont patienter, à la recherche de raisins promettant plus de profondeur à leurs futures bulles.

Tout dépend du style de champagne affectionné par le vigneron-vinificateur mais aussi par l’acheteur de raisins. Pour un champagne plus léger, visant la fraîcheur, le vigneron va éviter de laisser trop baisser l’acidité. Pour un champagne plus profond, moins acide, il attendra un peu. Question d’équilibre sucre/acide.

« L’acidité ne m’a jamais fait peur », assure Benoît Féry qui coupera ses premiers raisins le 27 ou 28 août, quatre à cinq jours après le top départ de son village, Vrigny. Le vigneron-twitteur avait affiché la couleur sur le réseau le 18 août : « Il est urgent d’attendre ! (Selon les situations de mes vignes) ». « Je recherche plutôt un beau degré alors cette année, on peut attendre un maximum. D’habitude, une semaine avant le début, quelques grains de raisins tombent. Là, pas du tout. Les baies vertes continuent de rougir, les feuilles sont belles. » Pas de stress.

UNE RÉCOLTE FASCINANTE

L’acidité ? Pas un souci non plus pour Yves Couvreur, à Rilly-la-Montagne, président des vignerons indépendants. « Je grignote les raisins pour avoir le côté gustatif qui m’intéresse et constater si l’équilibre que je recherche est là. D’un vigneron à l’autre, il n’y aura de toute façon pas la même maturité. »

Révéler le plein potentiel des sols champenois et le talent des vignerons : de quoi enthousiasmer Jean-Baptiste Lécaillon qui estime cette récolte 2018 « fascinante ». « Nous avons 410 parcelles et nous aurons 410 goûts différents », assure le chef de cave du champagne Roederer. Impatient comme un gamin un jour de rentrée, il a hâte d’avoir « le nez dans les jus ». « Ce sera un vrai millésime de plaisir pour les vinificateurs. » Pressé d’être en cave mais pas d’aller trop vite en besogne dans les galipes.

Le directeur adjoint du champagne Roederer appartient aussi à l’école de la patience, option « sourire confiant ». « Il y a peu de crainte que les raisins se détériorent puisqu’il n’y a pas de risque sanitaire. » Les quelques traces de mildiou apparues avec la canicule et l’humidité de juin-juillet (cf. édition du 10 juillet) n’ont pas impacté le vignoble, protégé par une chaleur estivale stimulante pour le fruit.

Aucune maladie, pas de pourriture, pas de bis repetita après 2017. Et les prévisions météorologiques restent clémentes. Les quelques millimètres d’eau annoncés samedi sont même bienvenus. « Nous disposons là d’un millésime de choix comme on en a un sur une décennie. » Un point de vigilance tout de même : «  Les peaux, notamment des pinots noirs, sont épaisses donc chargées de tanins ». Attention au pressurage donc, à mener « en douceur » pour éviter de garder l’amertume.

Rodolphe Péters, vigneron de la côte des Blancs, abonde. Il considère l’état sanitaire des raisins « parfait voire historique ». « On est plus beau que 2009 ou 2015, avec une quantité qui nous permet de trier pour ne garder que le meilleur et d’être raisonnable sur le pressurage. » L’œnologue estimait mercredi qu’il pouvait grappiller encore une semaine au moins avant de lancer ses équipes dans les rangs de vigne.

La plus grande patience à ménager, finalement, sera celle des amateurs de champagne. Il faudra quelques années pour déguster des cuvées issues de sols en grande majorité crayeux. Grâce aux réserves d’eau alimentées par les pluies d’hiver, les vignes livrent là l’une de leur meilleure copie. Et révéleront, selon les mots de Jean-Baptiste Lécaillon, « le triomphe de la craie ».

Claire HOHWEYER

Extrait de l' union du  23/08/2018

    

   

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Une bouteille dédiée au ratafia champenois

Avec le printemps des champagnes vient le printemps du ratafia, qui présente son propre flacon


Claude Giraud devant la bouteille proposée. Claire HOHWEYER.

L’ESSENTIEL

*.- LE RATAFIA EST ÉLABORÉ par mutage (arrêt de la fermentation alcoolique) du moût de raisin auquel sont ajoutés de la fine ou du marc champenois. Titrage : 17 à 18 degrés.

*.- IL EXISTE DEPUIS LE XIII ESIÈCLE mais n’avait pas réellement de reconnaissance du public.

*.- DEPUIS LE 22 JANVIER 2015 et après cinq années de bataille des Champenois, le ratafia, comme la fine et le marc champenois, est reconnu comme indication géographique protégée (IGP).

*.- EN 2014 A ÉTÉ CONSTITUÉE l’association des producteurs de boissons spiritueuses à indication géographique champenoise, reconnue par l’INAO en qualité d’organisme de défense et gestion (ODG) des trois IG.

Le petit frère du champagne s’est trouvé un parrain de haut vol pour signer son sacre. Le chef rémois triplement étoilé Arnaud Lallement a accepté d’accueillir et de soutenir la présentation de la bouteille officielle du spiritueux champenois ce 16 avril, pour le premier « Printemps du ratafia ». Une bouteille gravée, un modèle unique, déposée à l’Inpi (Institut national de la propriété intellectuelle) en deux formats à 50 cl et 70 cl.

UNE TRAÇABILITÉ UNIQUE

Enthousiaste et fédérateur de quelque 400 adhérents sur le sujet, Claude Giraud n’hésite pas : « Le ratafia est le roi des spiritueux. » Si le président de l’association des producteurs de boissons spiritueuses à indication géographique champenoise veut rendre ses lettres de noblesse au spiritueux, c’est tout simplement parce que le ratafia champenois dispose de caractéristiques uniques.

« Nous avons un potentiel d’environ 20 millions de bouteilles de ratafia en Champagne (6 % de l’appellation). Depuis 2017, les moûts destinés à sa production sont distingués sur les carnets de pressoir de l’AOC Champagne. C’est unique. » C’est-à-dire que les rebêches extraites (vins issus des dernières presses) et capables d’être intégrées à la fabrication du ratafia sont tracées sur le carnet, selon un maximum de 116 litres par marc de 4.000 kg. Traçabilité totale. Le ratafia est ainsi le seul spiritueux lié à une appellation d’origine contrôlée au monde, issu donc des mêmes raisins et valorisant ce qu’on appelle les co-produits.

« Tous les autres spiritueux, aujourd’hui, sont industrialisés. Nous en avons la maîtrise. » C’est aussi le seul à avoir obtenu, le 22 janvier 2015, son inscription en tant qu’indication géographique protégée (IGP) en Europe. Une belle reconnaissance qui implique aussi des devoirs, de qualité et de contrôle.

200.000 BOUTEILLES

Mais pourquoi lancer une bouteille spéciale ? « Car le ratafia est totalement inconnu en dehors de la région » , reprend Claude Giraud, particulièrement investi depuis plus de cinq ans. « Il nous faut construire une réelle identité, y compris pour le marc et la fine, et la base de la communication, pour nous, devait passer par une bouteille identifiable. » Mais pas obligatoire. La CSGV a financé les moules servant à la fabrication à la verrerie OI. « 200 000 bouteilles ont été lancées, dans un premier temps. Jusqu’ici, les bouteilles utilisées pour le ratafia rappelaient le whisky, le gin, et n’étaient pas marquées vin de terroir. »

Le flacon proposé ressemble en effet plus à une bouteille de vin, avec un col étroit et élancé, une grande piqûre, mais ne ressemble pas non plus à un col de vin mousseux. De cet alcool de vigneron né au XIII e siècle, le ratafia devient un produit rare, raffiné et associé à la gastronomie. Une belle entrée dans la cour des grands.

www.ratafiachampenois.com

CLAIRE HOHWEYER

Extrait de l' union du  17/11/2017

    

   

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Les Crayères planchent sur un nouveau verre

Après Synergie, voici Sixty. Encore au stade du prototype, il est résolument d’un nouveau genre.


Hervé Fort a mené différentes recherches avec le physicien Gérard Liger-Belair pour parvenir à Sixty.
Claire HOHWEYER

L’ESSENTIEL

*.- HERVÉ FORT a imaginé un nouveau verre avec le physicien Gérard Liger-Belair qui mène l’équipe Effervescence, champagne et applications à l’université de Reims.

*.- PHILIPPE JAMESSE, CHEF SOMMELIER DES CRAYÈRES, travaille depuis dix ans à la réflexion sur les verres à champagne. Il a noté signé, avec la marque Lehmann Glass, les verres Grand blanc, grand rouge et le dernier en date, Synergie, sorte de fusion de ces deux derniers concepts.

*.- LES VERRES devraient être disponibles à la vente cette année aux Crayères.

À première vue, difficile d’imaginer comment boire dans ce verre. Sixty a des allures de coquillage, d’une conque de verre juchée sur un pied, comme prête à être exposée. La surprise, d’abord, de se trouver face à ce format peut-être incongru, en tout cas iconoclaste pour un verre, laisse place à l’envie de le prendre en main pour le comprendre. Avant même de sentir, de déguster et de parler de champagne, le sens de la vue est réactivé. Plus encore qu’avec un verre classique.

Une fois le champagne servi, vient le besoin de le faire tourner dans ce contenant original que l’on observe aussi sous toutes les coutures ou plutôt sous toutes les courbes. Le buvant est en effet incliné, à soixante degrés. L’explication du nom « Sixty ». Mais pour en arriver là, deux ans et demi de recherches et le dépôt d’un brevet auront été nécessaires après qu’Hervé Fort, directeur général des Crayères, a été stupéfait par un chiffre. « 90 % des saveurs olfactives se retrouvent hors du verre lorsque le champagne est servi. Quand on le respire, on n’a donc plus que 10 % au nez ! », s’étonne-t-il.

200 000 BULLES DE CHAMPAGNE RETROUVÉES

Cette proportion ou plutôt cette perte de saveurs liée à la hauteur de chute du champagne dans le verre, a été révélée par les études du physicien Gérard Liger-Belair avec son équipe Effervescence, champagne et applications de l’université de Reims. Un partenariat avec le domaine des Crayères, qui compte plus de 1 000 références de champagnes, a été noué il y a dix ans. Mais ce dernier constat a généré l’envie de trouver une solution. « Notre job, c’est aussi celui-ci, de faire en sorte que l’appréciation du vin soit optimale. Nous avons un rôle pédagogique à jouer, auprès des Champardennais mais aussi des étrangers, qui voient toujours le champagne comme un vin de célébration. À nous de le révéler comme un vin. » N’en déplaise aux hardis défenseurs de la flûte et de la coupe.

Des heures de discussions ont mené les deux hommes à des croquis dessinant toutes sortes de formes de verre imaginant des appendices ou même des couvercles. « Finalement, pencher le verre pour contrer la hauteur de chute semblait la meilleure approche. » Toutes les inclinaisons ont été testées jusqu’à celle qui paraissait optimale, à soixante degrés, pour douze centilitres de vin.

« Rendez-vous compte qu’on retrouve 200 000 bulles de champagne en plus grâce à celui. On passe de 10 à 45 % de saveurs olfactives », s’enthousiasme le dirigeant qui assume aussi de n’avoir pas voulu, dans la réflexion, du conseil du sommelier en chef Philippe Jamesse – qui a évidemment testé le verre – ou d’un œnologue. « J’aime bien me mettre dans la peau du client. Je ne voulais pas qu’on me dise d’écarter tel ou tel aspect… »

Il n’a, pour le moment, fait expérimenter la dégustation dans ce verre qu’à trois personnalités du champagne : Richard Geoffroy, chef de cave de Dom Pérignon, Michel Fauconnet, celui de Laurent-Perrier et Margareth Henriquez, présidente de Krug. Ils ont tout trois apprécié et validé le principe d’après Hervé Fort.

Restait ensuite à trouver le verrier qui trouverait à travers la conception le juste équilibre dans la forme. Malheureusement pas en France – « nous avons cherché » – mais en Europe de l’est. Le verre est encore au stade du prototype, attend d’être affiné dans sa conception sans rien perdre de son originalité. Sans donner plus de délai, Hervé Fort compte le proposer au service du domaine et à la vente auprès des professionnels et des particuliers dès cette année.

CLAIRE HOHWEYER

Extrait de l' union du  15/05/2018

 

 Deux Rémois lancent le verre idéal

Deux Rémois ont créé Sydonios, une nouvelle marque française de verre à vin soufflé-bouche. Une campagne participative est mise en place pour lancer les commandes.


Un panel de 100 professionnels du monde du vin a été réuni pour tester et sélectionner les modèles les plus performants sur différents vins.

Créer « le verre idéal, un verre qui marie la précision œnologique à l’extrême finesse. » C’est le défi que se sont lancé deux Rémois, Baptiste Larbre et Antoine Schvartz en créant, en janvier dernier, leur start-up Sydonios (anagramme de Dionysos) de fabrication de verres à vin, réalisés à la main.

Un défi un peu fou, parti d’un simple constat : « Si le choix est vaste en matière de verre à vin, on a tendance à nous raconter tout et n’importe quoi sur le verre de bordeaux, de bourgogne ou de champagne », relève Baptiste Larbre, 29 ans, consultant. Avec Antoine Schvartz, 28 ans, courtier en vins, son ami d’enfance, les deux hommes, qui ont conservé un attachement tout particulier à l’univers du vin et au terroir, ont décidé de créer « un verre d’exception », le verre idéal en fait.

Pour le créer, ils ont mis en place « une démarche scientifique inédite en s’appuyant sur l’expertise d’un panel de 100 professionnels du monde des grands vins. Nous avons rencontré plus de 50 propriétés viticoles ». Ainsi, après des mois de recherches scientifiques et d’études « sur l’impact du verre sur le vin », ils ont imaginé 7 modèles différents en jouant sur « les ratios d’ouverture du verre et de diamètre ».

Deux modèles en cristal sans acier

Des différentes dégustations organisées notamment à Reims à la Brasserie du Boulingrin ou encore au CFPPA d’Avize, deux verres sont ressortis du lot : le Racine R.1,4 « un verre qui se marie parfaitement avec les vins rouges élégants, mais qui fonctionne également sur les champagnes et les vins blancs. Ce verre est le plus universel de la gamme… C’est sur ce verre que nous avons travaillé l’effervescence et la cinétique de la bulle » et le Racine R.1,3 « pour les vins plus puissants et tanniques, tels les bordeaux ».

Autre particularité, les deux verres en cristal sans plomb sont fabriqués exclusivement à la main par des maîtres verriers selon la méthode artisanale du soufflé-bouche. « Seul ce savoir-faire ancestral permet de garantir la plus grande finesse et une paraison irréprochable », confient Baptiste Larbre et Antoine Schvartz qui, pour lancer leur première production, ont fait appel à un verrier basé dans la région historique du verre : la Bohême, en République tchèque. Sachant que le rêve des deux Rémois est de produire du made in France. « Notre objectif, c’est d’ouvrir notre propre atelier en France d’ici à 3 ans. » Les deux hommes envisagent d’ailleurs d’y former leurs propres verriers. Ils sont actuellement en négociations avec une verrerie de la région Grand-Est.

Le lancement des deux modèles Racine n’est qu’un premier pas pour eux. « Nous avons d’autres idées : d’autres gammes de verres et d’autres produits. »

Une campagne de financement participatif

Baptiste Larbre et Antoine Schvartz ont lancé lundi une campagne de financement participatif sur le site Ulule, afin de pouvoir démarrer la production des verres. Une campagne qui s’est avérée un franc succès. « Nous avons atteint 100% de notre objectif en moins de 24 heures », se félicite Baptiste Larbre. « Il nous fallait 200 commandes (un lot de 2 verres pour 50 euros) pour lancer la production chez notre artisan et poursuivre l’aventure. » Hier, les précommandes se montaient à 286 préventes. « À 300 % de notre objectif, nous pourrons financer la formation de 3 verriers. »

Pour plus d’informations : https://fr.ulule.com/sydonios/

 Caroline GARNIER

Extrait de l' union du  17/11/2017

    

   

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Joël Robuchon « Le champagne, un vin de soif »

Le chef le plus étoilé au monde était présent à Reims pour proposer un repas saluant la dernière création de la maison Veuve Clicquot. L’occasion de l’interroger sur sa vision du champagne.


« Je ne suis pas un très grand consommateur de vins mais ce que je préfère c’est le champagne. C’est le vin de la fête, qu’on peut boire avec presque tout. »

Vous travaillez avec Veuve Clicquot depuis 2013, qu’est-ce qui vous a fait accepter cette collaboration ?

Je ne suis pas un très grand consommateur de vins mais ce que je préfère c’est le champagne. Cela a toujours été parce qu’il y a un symbole dans le champagne. C’est le vin de la fête, pour les grands événements et qu’on peut boire facilement avec presque tout. C’est déjà très agréable, en particulier chez Veuve Clicquot. Quand on est venu me voir, j’avais beaucoup de clients dont le président de l’époque, Jean-Marc Lacave. Il m’a proposé cette collaboration. J’avais déjà beaucoup fait d’accords mets et vins avec le champagne. J’ai dit oui mais j’ai dit aussi que je voudrais que, dans mes restaurants, partout dans le mode, même où c’est difficile comme aux États-Unis, les champagnes soient servis en magnum.

Pour quelle raison ?

Parce que cela n’a rien à voir en termes de dégustation. D’autant qu’au même moment, ils ont sorti leur verre Veuve Clicquot. Quand on boit le champagne, quelle que soit la marque, dans ce verre, il est complètement différent, il est amplifié. Quand on sert son champagne au client, qu’il arrive en magnum et qu’il est servi dans ces verres-là, c’est fabuleux. Vous savez, même à Las Vegas, les magnums sont difficiles à obtenir car ils sont réservés aux boîtes de nuit à des prix exorbitants. Nous, on ne pouvait pas les vendre à ces prix-là en restaurant mais la marque a accepté et on arrive à les vendre en restaurant.

En termes de dosage, peut-on établir un parallèle entre la baisse de celui du sel dans la cuisine et celle du sucre dans les champagnes ?

Tout à fait. Aujourd’hui, on n’aime plus le sucre et les gens mangent de moins en moins salé. Quand j’ai commencé dans le métier, on mettait 300 grammes de sucre pour un litre de glace. On est descendu à 250grammes, 220 et maintenant à 180 grammes. Après, on ne peut plus parce qu’autrement ça cristallise, ça fait des paillettes et la glace ne tient pas. On salait toutes les terrines à 18grammes ; après, on est descendu à 15, 14 et maintenant à 10 grammes. On a des saveurs beaucoup plus authentiques lorsqu’il y a moins de sucre et moins de sel. Et c’est meilleur pour la santé. Il faut en tenir compte.

Vous y faites d’ailleurs particulièrement attention, en travaillant avec des nutritionnistes, est-ce vrai ?

Oui. Même dans la cuisine, on utilise beaucoup d’antioxydants, de produits qui sont bons pour la santé. Cela réussit puisque j’ai testé des recettes sur moi et j’ai perdu beaucoup de kilos. En essayant des recettes qui sont gourmandes et bonnes pour la santé en même temps. Dès qu’on fait cela, avec moins de gras, de sucre, de sel, en choisissant bien les produits, automatiquement, on peut faire maigrir n’importe qui.

C’est quoi le secret alors pour réussir à trouver l’équilibre entre le plaisir et la santé ?

Prendre du temps. On n’a pas envie, par exemple, de manger des haricots verts sans sel. Il faut alors prendre le temps de les apprêter de manière goûteuse et savoureuse.

Vous qui êtes reconnu partout dans le monde, en continuant à ouvrir des établissements aux quatre coins du monde, comment appréhendez-vous la perception du champagne par les différentes populations ?

Il y a des pays qui ne s’intéressent encore qu’aux grands noms, comme la Chine avec Dom Pérignon, parce que c’est le luxe. Le Japon a commencé aussi comme ça. Maintenant, les Japonais commencent à comprendre qu’il y en a d’autres tout aussi intéressants. Même si le Dom Pérignon reste extraordinaire.

Vous n’envisagez pas d’ouvrir un établissement ici ?

Non, ce n’est pas une envie. J’ai deux concepts : les ateliers et les restaurants gastronomiques. Je ne pense pas qu’on répondrait aux attentes de la clientèle en ouvrant un atelier ici. C’est très proche de Paris. Ce n’est donc pas prévu, même si j’adore Reims qui est une très belle ville.

Avez-vous un souvenir particulier, une anecdote autour du champagne ?

J’ai parrainé le bateau de Philippe Poupon pour la route du Rhum et voir ce champagne qu’on brise contre le bateau, c’est un symbole. Sabrer le champagne, connaître l’histoire des formes des bouteilles participent à tout un cérémonial… Je vis beaucoup en Espagne. Si vous en prenez un rosé très frais avec du jambon iberico, c’est merveilleux. Même quand un champagne est très frais, on peut se désaltérer avec.

Tout comme la cuisine, on peut parler de moment plaisir et d’art de l’assemblage ?

Pour moi, le champagne, hormis quelques cuvées, c’est presque un vin de soif. Faire des mariages, des harmonies avec le champagne, c’est vrai que c’est agréable. Je n’aime pas trop les repas où on fait des associations vins et plats. Quand il y a deux plats, ça va. Mais quand il y en a plusieurs, je ne supporte pas d’avoir deux ou trois vins blancs différents. Avec le champagne, on n’a pas de mal. Si on mange tout un repas au champagne, je conseillerais de servir presque tous les vins en même temps. Comme avec les autres vins. On n’est pas obligé de remplir les verres mais j’aime cette idée. Les sommeliers ne comprennent pas. Mais je leur dis : Dans mes restaurants, proposez aux clients de servir le vin blanc et le vin rouge en même temps, pour qu’ils testent les saveurs avec les plats. Sur les champagnes, c’est encore plus agréable.

Attention à l’abus d’alcool. À consommer avec modération.

C HOHWEYER

Extrait de l' union du  13/06/2017

    

   

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À Reims, le chianti signe un partenariat avec le champagne

Le fameux vin italien et la boisson emblématique champenoise vont coopérer, notamment en matière de protection juridique.


La signature de l’accord de coopération a eu lieu à l’hôtel de ville de Reims
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Le comité interprofessionnel du vin de champagne et son homologue italien pour le chianti « classico » ont signé ce vendredi 16 décembre au matin un accord de coopération dans les murs de l’hôtel de ville de Reims, en présence du député-maire de Reims Arnaud Robinet et du maire de Florence, ville jumelée à Reims, Dario Nardella. Avec cet accord, les deux comités se rapprochent, entre autres, en matière de protection juridique de leurs appellations respectives, plus particulièrement pour lutter contre les usurpations hors d’Europe, le nom des États-unis ayant été nommément cité.

Extrait de l' union du  16/12/2016

    

   

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Du vin « made in Paris »

À des centaines de kilomètres des vignobles, des « chais urbains» se lancent dans l'élaboration de vin, avec l'idée de faire rev-.ivre la tradition viticole francilienne.


Leurs vins se retrouvent chez certains cavistes et sur quelques tables bistronomiques ou de chefs étoilés (Piège, Alleno…).AFP

« C’est la première fois qu'une société privée presse du raisin dans Paris intra-muros.» Aux pieds de Mathieu Bosser, un des fondateurs des Vignerons Parisiens, un jus pourpre s'écoule du pressoir. Le premier millésime est sorti l'an dernier, mais le jus avait été extrait sur les lieux de récolte, dans la vallée du Rhône, avant d'être vinifié à Paris. Le 2016 est, lui, pressé â l'arrière de la boutique de 200 m² dans le quartier du Marais. Les raisins sont arrivés trois semaines plus tôt, avant d'être stockés dans une des cinq cuves en inox (30 hectolitres chacune).

« On se considère comme un domaine avec une cave déportée de 500 kilomètres »
Mathieu Bosser

Le travail de la vigne est la seule étape qui ne soit pas réalisée dans la capitale. « Mais on suit le raisin du cep à son arrivée ici. On travaille avec des vignerons dont on connaît la méthode de travail, on connaît l'historique de chaque parcelle », assure Mathieu Bosser. Avec ses quatre associés, ils ont officiellement ouvert leur chai au printemps, quelques mois après la Winerie Parisienne, désormais installée à Montreuil (Seine-Saint-Denis) dans une ancienne imprimerie de 1.200 m².

« Avant l'épidémie de phylloxera du XIX- siècle, ct la région était un des premiers bassins de production français avec 44 000 hectares plantés, il y a eu du vin fait sur l'île de la Cité, en petite couronne », rappelle Adrien Pelissié, un des deux fondateurs de la Winerie Parisienne, guidé également par un « intérêt pour la production en circuit court et la réimplantation de l'artisanat au cœur des villes ». Il souhaite « ressusciter le patrimoine viticole de Paris » avec l'objectif de produire d'ici quatre à cinq ans un vin issu à 100% de l'agriculture francilienne ». Il y a bien déjà le vin du clos Montmartre, issu des vignes de la célèbre butte, mais la production reste confidentielle (moins de 2.000 bouteilles par an).

La Winerie Parisienne produit pour sa part environ 50 000 bouteilles annuellement, des assemblages de cépages de différentes régions pour une Il signature innovante » mêlant, dit-elle, « gourmandise, intensité du fruit et équilibre. » Après 19000 bouteilles en 2015, leurs homologues du centre de Paris tablent sur 35 000 flacons pour le millésime 2016, des mono-cépages (syrah, cinsault, grenache, grenache blanc) cultivés en bio ou biodynamie, axés sur la « fraîcheur. »

« On se considère comme un domaine avec une cave déportée de 500 kilomètres. On veut produire le vin là où les gens le boivent. On pourrait faire le même vin en Bretagne mais on a un fil rouge pédagogique : montrer aux Parisiens comment on fait du vin », explique Mathieu Bosser, dont le chai se visite. a Paris est une des villes où on boit le plus de vin au monde mais il n'est pas facile de voir comment il est fait. Aujourd'hui, on fait deux stations de métro et c'est possible. Si ça intéresse les gens, on les pousse à aller voir des vignes. »

Extrait de l' union du  31/10/2016

    

   

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Le Chianti se cherche un nouvel élan

Toscane, on fait du vin depuis des siècles et les choses semblent immuables. Mais dans la région du Chianti, des producteurs veulent changer la donne


Susanna Grassi a repris une exploitation familiale vieille de quatre siècles en Toscane. AFP

Certains producteurs veulent faire « labelliser » leurs vins selon des micro-zones, sur le modèle de ce qui se lait en Bourgogne

Le 24 septembre 1716, Cosimo III, grand-duc de Toscane, décide par décret que le vin de Chianti devra uniquement provenir d'une zone délimitée entre Florence et Sienne. La toute première appellation contrôlée pour un vin est née. Aujourd'hui, cette région de 70.000 hectares produit 35 millions de bouteilles par an de chianti classico, l'un des vins les plus connus de la planète.

Environ 80% de cette production est exportée vers une centaine de pays et la réputation de cette région toscane n'a cessé de se renforcer pour en faire l'un des lieux culte des amateurs de vin. Diya Khanna, Canadienne installée à Berlin, a fait le voyage jusqu'à Greve in Chianti, et ne le regrette pas. « Au Canada, on pense que le chianti est un seul et unique vin, mais quand on vient ici, on comprend vraiment ce qu'il en est. Il y a tellement de styles différents », se réjouit-elle, un verre à la main. « Les classicos que nous avons goûtés ont tous cette touche veloutée sur la fin, comme une chanson qui finit en douceur », explique-t-elle. Pourtant, le chianti n'a pas toujours été associé avec cette douceur et du chianti ordinaire est aujourd'hui produit dans toute la Toscane, au-delà de l'appellation d'origine (chianti classico). Car depuis 2010, il n'est plus possible d'en produire dans le « classico », où les grands producteurs ont obtenu gain de cause pour protéger leur appellation. Généralement moins cher, plus léger et moins contraignant à produire, le chianti ordinaire reste associé pour beaucoup à la bouteille entourée de paille que des centaines de trattorias dans le monde utilisaient dans le passé comme bougeoirs. L'idée à l'origine du décret pris en 1716 était de garantir un style et une qualité liés à une combinaison bien précise : la terre de Toscane, son climat et le savoir-faire local. Trois siècles plus tard cette idée perdure, mais l'accent est également mis sur certains micro « terroirs » : la nature de certains sols, leur exposition, leur altitude.

À QuerciabeIla, non loin de Greve in Chianti, Manfred lng, originaire d'Afrique du Sud, considère avec satisfaction les grappes de sangiovese - le principal cépage rouge du chianti - qui promettent une belle récolte et un bon cru. Querciabella est à l'avant-garde d'une volonté de certains producteurs de chianti classico de changer les règles afin de leur permettre de labelliser leurs vins selon des micro-zones, sur le modèle de ce qui se fait en Bourgogne où pas moins de 84 appellations d'origine contrôlée cohabitent.

Comme beaucoup de grands crus de Bourgogne, les vins de Querciabella sont produits sans engrais artificiels ou pesticides et selon des principes biodynamiques. « Si nous voulons être en mesure de faire encore du chianti ici dans 300 ans, c'est la route qu'il faut prendre », assure Manfred lng, tout en expliquant par exemple que des récoltes en hiver de moutarde sauvage aident à reconstituer les sols sans avoir recours aux engrais.

Extrait de l' union du  29/09/2016

    

   

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La dégustation de vins italiens et français séduit les amateurs


Ms Blancardi (à gauche) fait découvrir ses vins de la côte ligure aux visitaurs.

Élégance discrète, charmant accent et amour de son terroir. À écouter Aris Blancardi, vigneron sur Ia côte de Ligurie (à une demi-heure de route de Venise), on achève de se convaincre que l'œnologie n'est pas réservée aux Français. Le producteur italien a mis en avant, hier à l'hôtel de ville, à l'occasion du salon Nostravinus organisé par les Caves du forum, trois de ses vins : vermentino (cépage blanc), rucantu (lui aussi banc) et rossese (un rouge épicé venant d'un raisin très ancien dans le nord du pays).

« Les vins et les gens vibrent ensemble »

« Ça sent la pierre à fusil, quasiment le cramé » , s'étonne un connaisseur rémois, fermant les yeux à l'évocation de la mer en contrebas des vignes. Les curieux se pressent, qu'ils soient amateurs éclairés, touristes de passage ou clients réguliers des Caves. À la table d'Aris, on peut même goûter l'huile d'olive de son domaine de SelvadoIce.

« Les vins sont vivants. Certains jours, ils ne veulent pas se laisser déguster, sourit le vigneron italien. D'autres jours, ils éclatent de toutes leurs saveurs. Les vins et les gens vibrent ensemble ... » Fabrice Scholivet, Rémois féru de cuisine et de vins, ne peut qu'acquiescer à ces propos. Avec l'Amicale Jamin et Geoffrey Orban, d'Educavin, il anime des cours, plusieurs fois par an. Il goûte ce rendez-vous, synonyme de découvertes. « C'est le saIon qui nous manquait â Reims, apprécie-t-il. Et pas question, pour lui, d'arbitrer un éventuel "match" entre les vins des deux côtés des Alpes, comme l'ont fait récemment les présidents Hollande et Renzi : « Comparer est artificiel. Chaque terroir, chaque pays a ses vins d'exception, avec des méthodes de vinification et des approches différentes. Et c'est cela qui est passionnant ».

Extrait de l' union du  25/04/2016

    

   

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Le jus de pomme de Muizon médaillé d'or 2016

Le 125ème   concours général agricole a récompensé la cueillette de Muizon et Esprit Terroirs pour son jus de pomme naturel et local.


Didier Vecten a reçu la médaille d’or du concours général agricole pour son pur jus de pomme de Muizon.

Les FAITS

 •.- 1910 : premières plantations.

•.- 1911 : ouverture des 20 hectares de culture aux cliants.-

•.- D'avril à novembre de chaque 1année : période des cueillettes.

•.- 2016 : 25 ans .de la cueillette de Muizon.

•.- mars 2016 : obtention de lia médaille d'or du concours  général agricole pour son pur jus de pomme.

•.- 2 et 3 avril 2016 : participation au Festival du bon et du goût à Reims.

 Un bâtiment de bois dans un espace de campagne, le magasin Esprit Terroirs de Muizon s'intègre harmonieusement dans l'environnement. Didier Vecten, qui était d'abord commercial, a contribué à la naissance de la cueillette et l'a développée, à la fin des années 1990. Aimant le contact avec les consommateurs et appréciant la production, M. Vecten répond au souhait de ses clients, soucieux de la traçabilité des produits qu'ils achètent. Outre les fruits et légumes cultivés sur place, les aliments proposés proviennent majoritairement de Champagne-Ardenne et des Hauts-de-France.

Fier de sa production, Didier Vecten décide, l'an passé, de s'inscrire au concours général agricole. Défaite en 2015 mais victoire en 2016. « Parmi les jus de pommes et les gelées, la chambre régionale d'agriculture a fait le choix des bouteilles et des bocaux, sur lesquels ont été apposés des scellés. Les produits ont été testés par un jury, qui nous a décerné la médaille d'or », détaille encore M. Vecten.

Pressées à Nantes

Ses premiers pommiers plantés l'ont été en 1993. Les vergers s'étendent aujourd'hui sur quatre hectares. « Ce jus est réalisé avec cinq variétés de pommes et parfois plus, en fonction de la production. Seuls les fruits venant de la Cueillette sont utilisés pour sa confection. » Ces pommes sont ensuite envoyées à Nantes, où elles sont pressées, D'autres étapes suivent : la décantation, la clarification avant la mise en bouteille. Le liquide passe également par la flash pasteurisation afin de supprimer les bactéries et permettre une plus longue conservation, qui fixe la limite de consommation à deux ou trois ans.

Produit à plusieurs milliers de bouteilles par an, « le jus de pomme est sans sucre ajouté, sans conservateurs ». La boisson est par ailleurs appréciée par quelques restaurateurs locaux, qui le proposent à leurs clients au petit-déjeuner et l'utilisent dans leurs plats cuisinés. Depuis le 9 mars Didier Vecten est heureux de pouvoir présenter sa médaille d'or  « Paris 2016 » à ses clients. Il fait partie des trois médaillés d'or de la catégorie jus de fruit. « Je suis content pour le personnel des champs, de la production, de la récolte, mais aussi pour ceux qui s'occupent du magasin. C'est une distinction Importante qui récompense notre travail et une reconnaissance de la qualité de notre produit. »

L'événement  est encore plus marquant, du fait qu'il arrive l'année des 25 ans de la cueillette et du magasin. « On organisera probablement une journée pour cet anniversaire à la cueillette. »

 Caroline PUISSANT

 • Renseignements: WWW.espritterroirs.fr ou  www.cueiIJettedemuizon.fr

Extrait de l' union du  23/03/2016

    

   

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Le muscadet dans la cour des grands

Depuis 15ans, les vignerons du muscadet, désireux de rompre avec l'image de «'petit blanc », façonnent des vins haut de gamme issus de leurs meilleurs terroirs


« Dans la tête de beaucoup de gens. le muscadet est un vin à boire rapidement », déplore un vigneron. AFP

A SAVOIR

« Une mosaïque de terroirs »

 •.- Si le cépage du muscadet, le melon de Bourgogne, est unique, les vignes sont situées sur « une mosaïque de terroirs », chaque sous-sol (granit, gabbro, schiste ou gneiss) donnant aux vins « des qualités et des expressions différentes »; dit un ingénieur en charge des crus communaux à la Fédération des vins.

•.- Pour différencier les-appellations communales des quatre autres AOC  du muscadet les vignerons engagés depuis 2001 dans celte démarche de reconnaissance auprès de l'Institut national de l’origine et de la qualité (lnao) définissent ensemble un cahier des charges « exigeant ». Outre la sélection des terroirs. ils limitent les rendements à 45 hectolitres par hectare (contre 55 hl pour un muscadet Sèvre-et-Maine et 65 hl pour le Muscadet générique) et imposent un élevage sur lies fines de 18 à 24 mois minimum. 

 L'origine de ce long travail de hiérarchisation au sein du plus vaste vignoble mono cépage. blanc en France, la « conviction de cinq vignerons de Gorges (Loire Atlantique) de détenir dans leurs caves « des vins d'excellente qualité, sur des vignobles tardifs » , mais échappant à toute distinction, retrace l'un de ces pionniers, Thierry Martin, à la tête avec son frère jumeau du domaine Martin-Luneau.

« Chez tous !es vigerons, il y avait des cuvées spéciales des meilleurs terroirs qui était des vins de garde. On parlait de muscadets de garde même à la fin du XIX°, mais c'est resté un usage local. Il y a eu une prise en main des vignerons pour faire comprendre la complexité et la diversité des muscadets », renchérit Romain Mayet. ingénieur en charge des crus communaux à la Fédération des vins de Nantes, Dix ans plus tard, en 2011, les trois premiers crus communaux du muscadet (gorges, clisson, le pallet) sont officiellement reconnus par l'Inao, « le summum » pour les vignerons qui ont « travaillé ardemment sur ces crus » , souligne un vigneron. Malgré « des déboires au départ » car « dans la tête de beaucoup de gens, le Muscadet est un vin à boire rapidement », Vincent Perraud, exploitant à Gisson, doit maintenant « freiner les exportations, aux États-Unis où il y a un engouement notamment, car on n'a pas assez de bouteilles », « 6 500 de cru maison en moyenne sur les quelque 85000 » bouteilles de différents vins produites au domaine des Cognettes, repris avec son frère en 1989.

« En 2011, les trois premiers crus communaux du muscadet sont officiellement reconnus par l’INAO. » 

 « C'est plutôt agréable, vu le contexte », s'empresse-t-il d'ajouter, jetant un œil, sécateur en main, au travail des vendangeurs en train de récolter manuellement les raisins d'un « millésime 2015 qui va faire du bien », après de «petites récoltes » des années précédentes.

À quelques kilomètres de là, dans la commune de Tillières (Maine-et-Loire), Jean-Yves Bretaudeau aussi « sent bien un engouement depuis quelques années  pour ce vin d'excellence , vendu  trois à quatre fois plus cher qu'un muscadet classique », même s'il « commence à trouver le temps un peu long », le cru mouzillontillières sur lequel il travaille depuis près de 15 ans n'ayant toujours pas été officiellement reconnu par l'Inao. « Les crus, c'est une petite production qui restera toujours marginale, mais qui permet de tirer l'ensemble de l'appellation vers le haut » , se réjouit Thierry Martin. « Aujourd'hui, moi vigneron du muscadet, je n'ai pas honte de mettre en avant nos crus par rapport à un chablis ou un grand bourgogne blanc. »

Extrait de l' union du  01/10/2015

    

   

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Un concurrent pour le champagne

Les producteurs de « cava» catalan sont prêt à repartir à la conquête du monde pour rivaliser, cette fois en prestige, avec le champagne français


Singapour, la Chine ou le Japon sont notamment conquis par le cava de réserve et grande réserve. AFP

Cette aventure internationale a débuté il y a une trentaine d'années dans la petite région viticole du Penedes, une vallée verdoyante du nord-est de l'Espagne, à quelques kilomètres de la Méditerranée. Les producteurs ont misé sur un bon rapport-qualité prix. Les exportations ont bondi de 10 millions de bouteilles en 1980 à 154,7 millions en 2014, dépassant pour la sixième année consécutive celles  du champagne français, 144.9 millions de bouteilles. Toutefois, seulement huit millions de bouteilles contenaient du cava de réserve (vin ancien, conservé en cuve ou élevé en bois) ou de grande réserve, des catégories prestigieuses que les producteurs veulent développer.

La conquête du « cava »passe par les marchés émergeants et surtout les clients asiatiques qui apprécient la qualité et sont disposés à y mettre le prix.

 « Nous avons· déjà conquis le monde avec les cavas standard. Nous allons le conquérir de nouveau avec, cette fois, des cavas de qualité supérieure », affirme Pere Guitera, président de l'association des PME du cava, Dans sa petite « bodega » familiale, une ancienne maison de campagne entourée de vignobles, M. Guilera produit uniquement du cava de réserve et de grande réserve, quelque 30000 bouteilles annuelles, dont 20 % partent à l'étranger.

La bouteille à environ 20 euros

Un choix méticuleux du raisin, un mélange précis et une longue conservation (jusqu'à douze ans) autant de prérequis pour obtenir «une richesse gustative et aromatique, une bulle fine et une tessiture harmonieuse, ainsi qu'une saveur « douce et légèrement fruitée ».

La bouteille se vend à environ 20 euros. trois fois moins cher que du champagne de qualité comparable, « Nous offrons la qualité à des prix très bas » déplore le viticulteur. C'est pourquoi les producteurs catalans ont entrepris un repositionnement, profitant de l'élan pris pendant la crise économique de 2008. Alors que le marché national stagnait, ils se sont tournés vers l'étranger, exportant un retord de 161 millions de bouteilles en 2012. « Le cava a encore du chemin à faire pour améliorer son image d'excellence », reconnaît Pedro Bonet, directeur de la communication de Freixenet, un des géants mondiaux du vin effervescent « C'est une question de temps, d'investissement, d'image et de mise en scène », estime M. Benet, dont le secteur commence à « recueillir les fruits de plusieurs années d'efforts »,

Dernièrement, les ventes de bouteilles haut de gamme ont augmenté, des « cuvées de prestige » telles que le Casa Sala ou le Reserva Real ayant remporté de nombreux prix dans des concours internationaux.

Extrait de l' union du  14/08/2015

    

   

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De la vodka au pays du champagne

De la vodka distillée à partir de raisin champenois : c’est le pari pas si fou d’une bande de copains. Les premières bouteilles sont en passe d’être commercialisées.


Chaque bouteille est sérigraphiée et le bouchon est trempé dans un bain de chrome.

Les vignes autour de Reims ne produisent pas que du champagne. Depuis quelques mois, elles permettent d'élaborer ... de la vodka. La production a été lancée fin décembre. Mais la boisson. dont l'abus est dangereux pour la santé (ça, c'est fait), n'est pas encore commercialisée. « Elle sera disponible à la vente dans le courant de l'année », promet l'un des créateurs du produit. A l'origine, une bande de potes, même pas 30 ans : deux locaux, originaires d'Epernay, Valentin Lefebvre et Nicolas Dumoulin, et un Parisien, Raphaël Lancry. Depuis six ans, ils passent leur vie entre Reims, le siège social de leur société, et Paris, où se trouvent d'autres bureaux. Le trio exporte des. pépins de raisin en Asie, principalement en Chine, où en sont extraits des polyphénols qui servent à la fabrication de crèmes anti-rides. Les trois jeunes entrepreneurs travaillent avec plusieurs coopératives de la région dont l'une possède une distillerie. Il y a deux ans, ils entendent parler d'un projet de création d'une vodka distillée à base de raisin de la région champenoise. Ni une ni deux, ils décident de se lancer dans l'aventure. « Nous continuons à exporter des pépins de raisin, mais nous voulions quelque chose qui soit plus en rapport avec la région et qui s'apparente plus à un produit fini », confie Raphaël Lancry.

La vodka est le spiritueux le plus consommé dans le monde « et de loin », précise le Parisien. « Nous sommes attachés à Ia région. Ça nous plaisait de nous lancer dans cette aventure. Et puis, c'était un vrai défi.» Leur vodka sera haut de gamme, « grand cru ». Les trois associés dessinent une bouteille ultra-épurée. Elle s'appellera Cobalte. Du nom de ce minerai qui, épuré, devient bleu. « C'est une comparaison entre la façon d'obtenir le bleu cobalt et celle dont est élaborée la vodka. » Le jus extrait des raisins issus des cépages chardonnay, pinot noir et pinot meunier (récoltés uniquement en Champagne-Ardenne) est en effet distillé cinq fois dans un alambic traditionnel en plein cœur de la montagne de Reims le selon un processus lent qui permet d'en conserver la finesse et le caractère ».

Les premières bouteilles ont été produites fin décembre. Depuis, le trio affine sa stratégie. « Des vodkas, il s'en lance des dizaines chaque semaine dans le monde. Nous, nous préférons travailler sur l'image de notre produit Nous prenons notre temps. Nous voulons vraiment l'associer au luxe et au chic français.

En janvier et en mars derniers, quelques privilégiés ont ainsi pu déguster le précieux breuvage lors des Fashion weeks à Paris. D'autres événements de présentation auprès d'œnologues, d'acteurs du monde de la nuit et de professionnels de la restauration et de l'hôtellerie de luxe sont organisés actuellement. «  On essaie de créer une demande, un buzz en quelque sorte. C'est la première vodka de Champagne! » La boisson sera lancée dans quelques mois.  « Elle sera disponible chez les cavistes, dans les hôtels, cafés et restaurants de luxe ou branchés ou encore dans les épiceries fines », assure Raphaël Lancry. La bouteille de 70 cl affichera 40° d'alcool et sera vendue autour de 38 euros. « Au début, elle ne sera disponible qu'à Reims et sa région. Nous lui réservons l'exclusivité.»

Ensuite, .direction les grandes villes françaises et surtout l'export, puisque c'est bien sur l'image du savoir-faire champenois, mondialement reconnu, que les associés, qui ne manquent pas d'ambition, comptent surfer. « En une année, nous sommes capables de produire 4 millions de bouteilles. »

 

L'alcool fort le plus consommé

L'origine de la vodka, le spiritueux le plus consommé dans le monde, se situerait en Russie ou en Pologne selon les sources. Il s'agit généralement d'une eau-de-vie de pomme de terre, de blé ou de seigle, mais d'autres matières premières peuvent être utilisées (betterave, raisin ...), comme l'indique le règlement sur les boissons spiritueuses adopté en 2007 par la commission européenne. Depuis cette date, la vodka obtenue à partir de céréales ou de pommes de terre peut être étiquetée simplement comme vodka. Celle obtenue à partir d'autres matières premières doit juste porter sur son étiquette la mention « produit à partir de », complétée par le nom des matières premières utilisées. 

 

 Alice RENARD

Extrait de l' union du  05/04/2015

    

   

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