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LES GÉO TROUVETOUT DU CHAMPAGNE

 Comment sabrer sans gâcher

2018

Les sept choses à savoir sur la flavescence dorée 
J’ai testé   le champagne en apesanteur
Un champagne au goût de la montagne de Reims

Usain Bolt : Je revivrais cette expérience tous les jours
Un vol en apesanteur inédit au-dessus  de la Champagne pour une nouvelle bouteille

Elle s’est lancée dans la micro-vinification
 Ça pétille
La Villa a trouvé sa Maison
En 1818 naissait le premier rosé d’assemblage connu chez la veuve Clicquot

Alberto Lupetti - Le champagne n’est pas du luxe mais du plaisir

2017

Le champagne suivi à la trace
Quand la mer devient une cave

Le bijou collerette fait son apparition 

 2016

Avant-première aux Crayères
Le cellier au cœur des préparatifs
Ils veulent faire mousser le champagne
Le champagne Hédiard, partenaire officiel de l'UEFA
Immersion dans les hauts lieux de Champagne
Pommery se lance dans le packaging anglais
La table de remuage inventée par la veuve Clicquot célèbre ses 200 ans
300 vignerons reunls au premier casse-croute
Le Google du champagne fait ses débuts
Le projet hors ... norme et très écolo de Veuve CLICQUOT
La maison de champagne Veuve Clicquot déménage
Des bouteilles habillées du goulot au culot
La confrérie la plus chic pour la promotion de la Champagne

 2015

Le champagne rose dans tous ses états en cuisine
Tout savoir sur le champagne

Mumm revisite son caveau

Pause fraîcheur et plaisir dans les caves de la maison Mumm 

  Val-de-Vesle sabre le champagne pour ses 50 ans

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Les sept choses à savoir sur la flavescence dorée

Depuis un mois, les techniciens du Comité Champagne arpentent la région   pour sensibiliser les vignerons à la lutte contre la flavescence dorée. Les sept points à savoir.


Lorsque la vigne présente des bois non aoûtés, retombants ou mous, que les nervures des feuilles sont décolorées et que les grappes sont desséchées ou flétries, c’est le signe d’une attaque de flavescence dorée.

 Elle est présentée comme « le phylloxera du XXI e siècle ». La lutte contre la flavescence dorée, jaunisse mortelle et incurable de la vigne, est un enjeu incontournable pour le Comité Champagne qui a mis en place des sessions de formation dans une quarantaine de communes. Elles démarrent de la fin des vendanges jusqu’à mi-octobre, durent deux à trois heures et se terminent par une prospection sur le terrain.

1 - UN INSECTE, LA CICADELLE

C’est généralement elle qui diffuse la maladie, en véhiculant le phytoplasme de la flavescence dorée, une bactérie qui vit dans la vigne. La cicadelle est arrivée en Europe avec les pieds de vignes américains, importés pour lutter contre le phylloxera. Mais, cette dernière ne serait apparue en Champagne qu’en 2011.

2 - DEUX CAS EN CHAMPAGNE

Le premier cas est apparu en 2005, à Mareuil-le-Port alors que la cicadelle n’avait pas encore fait son apparition dans la région. La contamination serait probablement due à un porte-greffe. Puis dernièrement, en 2017 un vieux cep âgé de 40 ans a été contaminé à Vindey dans le Sézannais. La Champagne n’est pas la seule à être touchée. Environ 73 % du vignoble français est en lutte obligatoire face à cette maladie.

3 - UN CARACTÈRE ÉPIDÉMIQUE

« En 3 ans, toute la vigne peut être touchée », rappelle le technicien du Comité Champagne, Elyesse Gabriel, exemple à l’appui, à la salle des fêtes de Cramant où avait lieu une formation vendredi. La propagation peut se faire soit par l’insecte, soit par « du matériel végétal contaminé », c’est-à-dire des porte-greffes ou des greffons. Les pieds touchés sont systématiquement arrachés et brûlés.

4 - LES SYMPTÔMES

« On les observe généralement à partir du 20 août, au moment de l’aoûtement », indique le technicien. Lorsque la vigne présente des bois non aoûtés, retombants ou mous, que les nervures des feuilles sont décolorées et que les grappes sont desséchées ou flétries, c’est le signe d’une attaque de flavescence dorée. Une vague de prospection a démarré après les vendanges et se poursuit jusqu’à la chute des feuilles.

5 - LA RÉGLEMENTATION

La protection contre la flavescence dorée est encadrée par une directive européenne, confortée par des arrêtés nationaux, voire des zones protégées, comme c’est le cas dans le Grand est.

Cela se traduit notamment par l’obligation de la mention ZP d4 sur le matériel végétal (plants, porte-greffes…). « Légalement, vous devez garder les étiquettes au minimum pendant un an », indique Pascale Pienne, technicienne au Comité Champagne à l’intention des vignerons. Et de les mettre en garde quant à l’achat de matériel à l’étranger « car la déclinaison de la directive européenne est propre à chaque état membre pouvant se traduire par quelques différences de mesures d’application ».

6 - LA PRÉVENTION

La seule façon d’éviter la propagation de la maladie est de surveiller les vignes.

Les techniciens du Comité Champagne et du Fredon (Fédération régionale de défense contre les organismes nuisibles) surveillent près de 400 hectares, sur les 34 000 que compte la Champagne.

Les résultats sur les vignes faisant l’objet d’un signalement sont ensuite regroupés par communes avant d’être transmises aux représentants AVC et SGV.

7 - VIGICA, L’APPLI

Pour mieux surveiller la propagation de la maladie, le Comité Champagne a mis au point, avec l’Institut national de recherche agronomique (Inra), une application qui permet aux vignerons de signaler eux-mêmes des plants suspectés d’être touchés par la flavescence dorée.

Laetitia VENANCIO

Extrit de l' union du  03/10/2018

    

     

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Un champagne au goût de la montagne de Reims

Aÿ-Champagne La forêt de la montagne est très peu utilisée pour fabriquer des fûts de chêne.   Un partenariat entre l’ONF et le champagne Giraud compte changer la donne et trouver des pépites.


Les chênes de la forêt d’Hautvillers ont retenu l’attention de l’ONF. Ils ont la particularité d’être bien droits et très grands. Parfait pour des usages nobles. Christian Lantenois

L’ESSENTIEL

*.- JEUDI MATIN,un partenariat a été signé entre le champagne Henri-Giraud, l’Office national des forêts et la Tonnellerie de Champagne.

*.- L’OBJECTIF : explorer, étudier et sélectionner des chênes de la montagne de Reims pour fabriquer des tonneaux de champagne.

*.- LE SITE DE LA FORÊT d’Hautvillers concentre toutes les attentions.

*.- AUJOURD’HUI, environ 90 % des fûts de champagne proviennent de la forêt d’Argonne, lieu de ressource historique.

La forêt de la montagne de Reims est bien connue des promeneurs pour sa biodiversité, ses chemins de promenade, ses lieux de mémoire... Elle le sera peut être bientôt pour ses fûts de champagne.

L’Office national des forêts (ONF) vient de signer un partenariat avec la maison de champagne Henri-Giraud d’Aÿ et la Tonnellerie de Champagne à Cauroy-lès-Hermonville ( voir ci-contre) pour exploiter le potentiel caché de la montagne de Reims. « On a commencé à y travailler pour trouver des pépites », explicite le patron de la maison de champagne, Claude Giraud. L’objectif : transformer des chênes de la forêt en fûts qui serviront à faire vieillir les vins de la maison.

Le tout dans l’espoir de lui donner un goût unique. La forêt d’Hautvillers est observée avec gourmandise.

C’est enthousiasmant de savoir que de beaux chênes dont on s’est occupés serviront à la vinification
Xavier Gonnet, de l’ONF

Pas de panique. Il n’est pas question ici de se lancer dans une déforestation à grande échelle. « On cherche un débouché intéressant pour la sylviculture, explique Xavier Gonnet de l’ONF,c’est enthousiasmant de savoir que de beaux chênes dont on s’est occupés serviront à la vinification. C’est une autre façon de valoriser le beau bois. »

Et de permettre à l’ONF d’engranger des revenus « pour transmettre des forêts en bon état à nos enfants. On va couper, mais on régénère en même temps. »

Une bonne nouvelle pour la maison Giraud qui fera partie des rares maisons de champagne à exploiter le bois de la montagne de Reims. « 90 % des fûts viennent de la forêt d’Argonne, réputée pour ses chênes hauts comme des mâts », souligne Claude Giraud qui a passé toute son exploitation en fûts de chêne il y a deux ans, lançant par la même occasion un champagne haut de gamme nommé Argonne, en l’honneur de la forêt.

Une opération qu’il veut poursuivre dans la montagne de Reims, et plus particulièrement la forêt d’Hautvillers, avec des essences aux qualités différentes. « On va travailler différemment, chercher de nouvelles pistes. On veut pousser nos vins à être meilleurs. En plus, la forêt d’Hautvillers, c’est le jardin de Dom Pérignon [le moine qui inventa le champagne, NDLR] », abonde Sébastien Le Golvet, le chef de cave. On ne saura pas tout de suite si le jeu en valait la chandelle. Entre les études de terrain, la fabrication du tonneau et celle du champagne, « il faudra attendre presque dix ans » , juge Claude Giraud. Les chênes ont tout leur temps.

Maxime MASCOLI

Extrait de l' union du  11/09/2018

    

     

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J’ai testé le champagne en apesanteur

Nous étions dans l’avion  où la bouteille spatiale Mumm était présentée. Reportage


Difficile de se concentrer sur tous les aspects de la dégustation en apesanteur. Mais une chose est sûre: les saveurs sont plus fortes. Paul-Antoine Boudet/France 3

L’ESSENTIEL

*.- MERCREDI 12 SEPTEMBRE, au départ de l’aéroport de Vatry, un avion Air Zero-G décollait pour tester en apesanteur le rituel de dégustation développé par le champagne Mumm (groupe Pernod-Ricard) autour de la bouteille spatiale conçue par l’agence Spade.

*.- C’EST LA PREMIÈRE FOIS dans l’histoire de l’aéronautique et de l’univers des vins et spiritueux qu’est développée une bouteille adaptée à la consommation de champagne pour l’espace.

Five, four, three, two, one… Pull-up.» Le capitaine de l’A310 estampillé «Air Zero G » cabre le nez de l’Airbus : 30 degrés, 40, presque 50. À bord de l’ancien aéronef d’Angela Merkel ce mercredi 12 septembre se trouvent les représentants d’une quarantaine de médias internationaux partis de l’aéroport de Vatry pour rejoindre le large de Brest ainsi que l’octuple champion olympique Usain Bolt – excusez du peu. À leurs côtés, je m’apprête à vivre une expérience inédite et unique. « Historique » même, pour la marque Mumm, le champagne et l’aéronautique. Un test en apesanteur de la première bouteille spatiale conçue pour servir du champagne.

ÉCRASÉE PAR MON PROPRE POIDS

Allongée au sol, tête droite, les yeux rivés sur un point fixe, mon corps s’emplit de sensations. Celle de l’écrasement de mon propre poids multiplié par 1,8. Presque deux « g » (pour gravité, accélération de la pesanteur). Comme si, pendant 20 secondes, une force invisible appuyait sur tous mes membres. Je sens mon visage se déformer légèrement. Pas de vertige, un léger inconfort dû à la pression mais pas de douleur.

Le briefing de la veille, mené par Jean-François Clervoy, spationaute et président de Novespace (qui propose les vols en apesanteur près de Bordeaux), le commandant de bord, Éric Delesalle, et Octave de Gaulle, designer de la bouteille brevetée avec Mumm, avait été suffisamment pédagogique. Une seule consigne à retenir : ne pas bouger la tête en phase de montée, pour éviter de perturber l’oreille interne.

Des sensations malheureusement de trop pour quelques passagers, repartis sur leur siège, attachés pour le reste du vol et surveillés par le médecin de bord Pierre Denise, habitués des vols paraboliques. « 10 % des passagers dans ces conditions tombent malades », indiquera plus tard Jérémy Saget, médecin aéronautique (encore en lice pour un voyage sur Mars) et instructeur de notre groupe de médias français. Quota atteint.

Entre 6 500 et 8 000 mètres d’altitude, l’avion effectue un vol parabolique, un U inversé qui atteint l’apesanteur au sommet de la trajectoire. Un tour de force permis par la coordination ultra-précise des trois pilotes, chacun concentré sur un axe (horizontal, vertical et longitudinal).

COMME NEIL ARMSTRONG

Les trois premières paraboles nous amènent à la gravité lunaire, c’est-à-dire à 0,16 g. « Injection. » Comme par magie, le corps se soulève, sans forcer. Cris de surprise mêlés de joie dans la carlingue. « Indescriptible » : voilà comment les scientifiques avaient qualifié l’expérience avant le vol. Je les rejoins. Bonne surprise : je ne ressens plus du tout le poids de mon corps. Me voilà aussi légère que la plume que j’ai emportée (sans le marteau), pour le symbole.

Pensant instantanément à Neil Armstrong posant le pied pour la première fois sur la Lune, je reproduis ce petit pas pour moi-même et ce grand pas pour l’événement. (Ou l’inverse ?) Mes pieds touchent à peine le sol mais suffisamment pour donner une légère impulsion et avancer. 22 secondes et un sourire béat plus tard, nous retombons.

La chute est brusque, pas brutale. Qu’importe, mon cerveau cherche encore à analyser ce que je viens de vivre. Deux autres paraboles de gravité lunaire nous permettront de nous adapter. Incroyable comme le corps humain intègre vite ces paramètres inédits. « Cette capacité, nous l’étudions toujours, m’avait expliqué le médecin Pierre Denise. Sur trois jours de vol en apesanteur, nous menons des expérimentations sur le système nerveux, la motricité etc. »

QUART D’HEURE DE GLOIRE

Deuxième série de trois paraboles, passage à l’apesanteur, le « zéro gravité ». Rester immobile pendant la montée. Stabilisation de l’avion et de nouveau, plus forte encore, ce sentiment de liberté. « Je vole. » Magique cette sensation de flotter dans les airs. Le salto est à ma portée. Plus loin, la journaliste de CNN déroule son reportage face caméra tout en évoluant dans l’air. Improbable.

Les 100 m 2 de l’habitacle ont été divisés en trois espaces : découverte de l’apesanteur (et images d’Usain Bolt), dégustation et « free-floating », histoire de s’amuser vraiment avec les conditions. Einstein aura d’ailleurs été du voyage : une petite poupée, mascotte du fils d’Ophélie Neiman, journaliste vins au Monde.

Dans mon champ de vision, je capte Octave de Gaulle, designer de la bouteille spatiale du champagne Mumm avec son équipe de l’agence Spade. Le designer est autant attaché à la culture, à la manière dont nous vivrons un jour dans l’espace qu’au design des objets du quotidien pour l’espace. N’oublions pas que nous sommes là pour découvrir ce fameux véhicule spatial du champagne, comprendre comment déguster les bulles. Ce sera le cas six paraboles plus tard (lire par ailleurs).

Il aura fallu trois ans pour trouver le bon design. La patience fait partie de l’ADN du champagne. Les données spatio-temporelles sont d’autant plus amusantes. En quatre vols (celui-ci inclus) pour tester la bouteille en apesanteur, à raison de quatre minutes cumulées d’apesanteur, la bouteille spatiale existe finalement depuis… 16 minutes. Un quart d’heure de gloire atteinte ce 12 septembre. En fan de Star Trek, le spationaute Jean-François Clervoy a su trouver les mots pour l’équipage et ce projet fou : « Live long and prosper. »

Opération marketing et recherche

Un coup de com’ ? Forcément. Avec ce vol en apesanteur, aménagé à grands frais (6 000 euros le siège), Mumm marque les esprits. Cerise «people » sur le gâteau : la présence de son ambassadeur ès divertissements, Usain Bolt. Les médias étrangers se sont régalés. La chaîne CNN – pas du tout intéressée par le champion – a diffusé son reportage le lendemain même. Les médias australiens, japonais, sud-africain et français ont joué leur rôle. Et pour cause. Le sujet paraît extrêmement lointain à monsieur et madame tout le monde mais la conquête de l’espace touristique passe aussi par là. Il faudra peut-être encore « deux ans, cinq ou dix pour que les vols commerciaux soient habitables », pour Quentin Meurisse. Mumm s’assure un coup d’avance. Le vice-président marketing précise que des contacts ont été pris avec Elon Musk, Richard Branson et Jeff Bezos, en lice pour la guerre commerciale des étoiles. Et l’aréopage scientifique et aéronautique se félicite de l’expérience. Les instructeurs, assistants et médecins de bord sont loin d’être des hommes en carton. L’instructrice basée à Cologne, Laura André-Boyet, a formé Thomas Pesquet. Neil Melville dirige des opérations scientifiques et Jérémy Saget, médecin aéronautique est en lice pour Mars One. Sans oublier Jean-François Cler voy. Le spationaute français l’a rappelé : « Cet avion est un réel labora toire scientifique, il ne s’agit pas d’un avion touristique. » De telles opérations participent au financement de la recherche aérona utique. Pour qu’un jour, la vie dans l’espace soit aussi agréable que la vie sur Terre. Ce qu’espère Octave de Gaulle. Pourquoi pas avec du cha mpagne 

3 QUESTIONS A


Jean-François CLERVOY
de Novespace

C’est une réelle innovation

C omment a débuté l’aventure de cette bouteille de champagne spatiale avec Novespace ?

Octave de Gaulle (designer) avait conçu une bouteille torique (sorte de boudin circulaire en caoutchouc) pour consommer du vin. Il a une très bonne amie, Évelyne, qui travaille chez Mumm et ils se sont dit : « Pourquoi ne pas faire ça pour du champagne ? » Octave nous connaissait parce qu’il était venu tester son concept de bouteille de vin. Mais là, le défi était plus élevé.

Quel a été votre rôle ?

Je leur ai expliqué les défis de la maîtrise du liquide en apesanteur. Quand vous renversez une bouteille tête en bas, l’eau s’approche du goulot par gravité terrestre. C’est pour ça que pour verser sur Terre, vous inclinez la bouteille. En apesanteur, le liquide reste où il est, collé aux parois. Donc, il faut un système qui force au moins un minimum d’une quantité de liquide à se diriger vers le goulot dans quelque orientation que soit la bouteille. Après, comme c’est sous pression parce que c’est une boisson gazeuse, il faut maîtriser l’ouverture d’une valve qui va le faire sortir puis s’arrêter. Le troisième défi, pour la maison, est ergonomique. La bouteille doit ressembler à une bouteille de champagne qui permet d’être servie d’une main avec le pouce dans le culot de la bouteille pendant que l’autre main est libre. Vous pouvez vous servir vous-même.

Sans avoir, donc, à utiliser une paille ?

Le problème de la paille, c’est que vous n’avez aucun moyen d’apprécier le liquide que vous buvez par l’odorat parce que c’est en circuit fermé : du sac, dans la paille et dans la bouche. L’avantage d’avoir un système qui permet de servir du liquide et en plus d’avoir un moyen de capter ce liquide en «open atmosphere », c’est de déguster olfactivement et gustativement. Et ça, ça ne s’est jamais fait dans ces conditions. C’est impossible dans l’espace. Tout est bu et mangé avec une paille. C’est une réelle innovation.

Les autres points

L’alcool interdit pour les vols spatiaux professionnels

S’il y a bien un élément à rappeler, c’est celui-ci. Officiellement, l’alcool est interdit à bord de la Station spatiale internationale donc aux astronautes, quelle que soit leur nationalité. Mais le choix de la maison de champagne Mumm de tester le dispositif avec Novespace, société exploitante de l’Air Zero-G relève d’un objectif commercial à terme (lire par ailleurs) : toucher le public qui partira dans l’espace. « Ils n’auront pas à réaliser des tâches professionnelles à bord et ils auront sans doute le droit de boire un peu d’alcool », rappelle Jean-François Clervoy.

UN ÉQUIPAGE AGUERRI

Éric Delesalle, capitaine de l’appareil, est un pilote plus qu’expérimenté. Le commandant de bord des vols public de l’Airbus A310 d’Air Zero-G, pilote de chasse, n’est pas originaire de la région mais est passé par la BA 112 de Reims au début des années 1980. À 61 ans, il compte à ce jour 8 000 paraboles dans le cadre de vols en apesanteur. Parallèlement, il occupe toujours le poste de directeur des essais en vol chez ATR.

QUAND ARCHIMÈDE S’EN MÊLE

Entre les perceptions sur Terre, où les corps sont soumis à la gravité, et en apesanteur, les lois de la physique sont différentes. Et le goût et l’odorat sont modifiés. Pourquoi ? Un exemple, livré par le spationaute Jean-François Clervoy : « J’adorais les crevettes à la sauce piquante. Quand je les ai essayées au sol avant de partir dans l’espace, elles me faisaient pleurer. C’était trop fort. Mais en l’air, ce plat ne m’a jamais fait pleurer. Parce que les vapeurs des épices, les vapeurs d’alcool qui vous montent dans les fosses nasales comme quand vous épluchez un oignon, ne le font plus dans l’espace. Il n’y a plus de convection. Il n’y a plus de poussée d’Archimède qui fait que les fluides moins denses montent et que les fluides les plus denses descendent. Vous allez toujours sentir les saveurs mais elles ne vont pas vous agresser. En apesanteur, le flux sanguin est modifié donc l’alimentation des cellules dédiées au goût et à l’odorat ne sont plus alimentées de la même façon en sucre, en oxygène etc. Donc on a l’impression de sentir différemment. Un fait rigolo. On n’a pas de poivrière ni de salière dans la station. Tout est en liquide. On a des petites fioles en caoutchouc souple et pour poivrer nos plats, on presse et il y a un jet de poivre liquide. Cela marche bien ! »

L’impression d’aspirer une sphère de mousse


Octave de Gaulle, designer de l’espace, ouvre la bouteille spatiale. Mumm/NovespaceC. H.

Devant nous, Matthew Sindall, associé d’Octave de Gaulle, tient entre ses mains la fameuse bouteille de champagne de l’espace, au format demi-bouteille. Retenue par une sangle pour éviter d’évoluer en gravité pendant la dégustation, j’attends l’hypergravité à presque 2g (gravité). Assise, l’impression d’être compressée est encore plus forte. Mais supportable. De toute façon, en apesanteur, la libération des sphères de mousses de champagne capte mon attention.

Je tente, avec le fameux verre (du vrai) en forme de tee de golf (ou d’escarpin), d’attraper une bulle de mousse libérée par l’anneau fixé au-dessus du bouchon qui vient d’être retiré. J’y parviens du deuxième coup. Pas le temps de penser au nez, je ne sens rien. J’aspire la mousse avec l’impression d’avaler un espuma… mais non. Le liquide réapparaît en bouche, faisant éclater les bulles de champagne ainsi que toutes ses saveurs.

Deux autres paraboles me permettront d’observer que la valve de la bouteille actionne un piston qui pousse le liquide vers l’extérieur (lire par ailleurs). « Le plus gros challenge était de savoir comment on sert le liquide. Ici, on parle du champagne, un liquide pressuré, carboné. Ce qui, au départ, nous semblait un problème était en fait la solution », m’avait détaillé, la veille, Octave de Gaulle. « Il faut dix ans pour construire une Twingo. Là, nous avons mis trois ans et c’est difficile pour une maison de champagne de s’inscrire dans ce temps pour de l’innovation. Nous avons encore des améliorations à apporter. » D’autant que la maison souhaite, un jour, vendre ces bouteilles dans les vols commerciaux spatiaux.

Mumm avait déjà planché deux ans pour la bouteille Grand Cordon, désormais creusée à l’endroit du cordon rouge. Et puis le champagne lui-même demande du temps. La patience fait partie de son ADN.

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération

Claire  HOHWEYER

Extrait de l' union du 14/09/2018

 

Usain Bolt : Je revivrais cette expérience tous les jours

Le sprinteur retraité, devenu président de l’entertainment du champagne Mumm, était à bord de l’avion Air Zero-G ce mercredi pour tester en apesanteur la bouteille imaginée pour l’espace.


Usain Bolt est ici en compagnie du spationaute Jean-François Clervoy (combinaison bleue), président de Novespace, du designer de la bouteille Octave de Gaulle et d’Émilie Longleron, œnologue de Mumm.C. H.

L’ESSENTIEL

*.- EN JUIN 2018, le champagne Mumm annonce avoir, avec l’agence Spade fondée par le designer de l’espace Octave de Gaulle, conçu la première bouteille permettant de déguster du champagne dans l’espace.

*.- IL AURA FALLU TROIS ANS de travail autour du concept et de l’innovation, en testant les prototypes en apesanteur chez Novespace à Bordeaux pour finaliser le produit.

*.- CE 12 SEPTEMBRE, un vol Air Zero-G a été organisé au décollage de l’aéroport de Vatry pour présenter la bouteille aux médias internationaux, en présence de l’ancien athlète jamaïcain Usain Bolt.

Un vol en apesanteur pour tester une dégustation de champagne ? Mumm l’a fait ce mercredi. Cerise « people » sur le gâteau, Usain Bolt était de la partie. Il raconte son expérience lors d’une conférence de presse où il a également répondu aux questions.

Qu’avez-vous ressenti lors du vol ?

C’était l’expérience d’une vie. Quelque chose d’incroyable. Je souriais tout le temps, comme un enfant. Nous avons expérimenté le champagne dans l’espace, en apesanteur, sujet sur lequel travaillent Mumm et ses partenaires depuis des années. La bouteille est fascinante, très réussie. Elle a demandé beaucoup d’innovation et de technologie pour imaginer comment faire sortir le liquide en conditions d’apesanteur. Parce qu’on ne peut pas juste verser le liquide en réalité. Il m’a fallu un certain temps avant de comprendre comment on pouvait le faire. Ils ont réellement fait du bon travail et trouvé un moyen technique pour produire quelque chose d’innovant et d’esthétique en même temps. Elle sera utilisée dans le futur et peut-être que certains d’entre nous prendront part à cette expérience dans l’espace dans un avenir plus ou moins proche.

Quelle a été votre première réaction quand on vous a parlé de tester du champagne dans l’espace ?

Je pensais qu’on serait dans une pièce, une sorte de dôme, au sol, et que les conditions seraient aménagées pour supprimer la gravité. C’est ce que j’avais en tête. Et non, c’était un vrai vol. J’étais excité et nerveux à la fois. Mais je revivrais cette expérience tous les jours ! C’était incroyable. On a l’habitude de voir des films et des vidéos qui montrent ce que doit être l’espace. Mais c’est juste incroyable de vivre le fait que son corps flotte dans l’espace. C’est difficile d’en parler. C’est génial d’en avoir eu l’opportunité parce que peut-être que sans ça, je ne l’aurais jamais fait.

Qu’avez-vous ressenti en dégustant le champagne ?

Je l’ai trouvé aussi délicieux que d’habitude. Le goût est fantastique.

Vous êtes déjà venu en Champagne une fois. Vous avez appris à connaître le processus de fabrication. Quelque chose vous a-t-il surpris ?

Totalement. Je ne me souviens plus comment s’appelle ce métier qui consiste à tourner les bouteilles ? (demande-t-il en mimant le geste, ndlr) Je trouve que c’est l’une des choses les plus incroyables que j’ai jamais vues. Que quelqu’un le fasse tout le temps, c’est un talent. Ce n’est pas aussi facile que ce que l’on croit de tourner les bouteilles comme cela. C’était très pédagogique.

Vous avez couru pendant le vol en apesanteur, quelqu’un d’autre pourrait-il vous battre ?

Non, je pense que mes jambes sont trop longues. J’ai cet avantage. C’est de l’art. Donc je suis toujours le numéro 1.

L’espace est une expérience, le football, une autre. Où en êtes-vous ?

Je voulais un nouveau challenge. J’aime me dépasser. Après ma retraite, je m’imaginais rester à la plage, ne rien faire, mais chez moi l’ennui arrive vite alors comme j’ai toujours réellement eu envie de jouer au football, j’ai voulu relever le défi. J’ai démarré, je m’entraîne (chez les Central coasts mariners en Australie, ndlr). Je vais voir dans les mois qui viennent quelles sont les possibilités.

Manchester United représente toujours un rêve ?

Ce sera toujours mon rêve. C’est mon club préféré, alors j’ai toujours l’espoir qu’en cours de saison ou pour quelques matchs, je pourrais jouer là-bas. Ce serait quelque chose de grand. Mais il faut toujours rêver en grand.

Comment avez-vous rencontré Mumm ?

Pour moi, c’était une approche évidente et parfaite. Vous me connaissez depuis plusieurs années, vous savez que je suis quelqu’un qui aime m’amuser. Je suis numéro 1, je bosse dur. Alors travailler ensemble, avec la marque, était facile. Je donne de mon énergie pour laisser une trace dans le monde et nous continuons à faire de grandes choses ensemble.

Que ressent-on en apesanteur ?

 « Five… three, two, one. Injection. »Instantanément, comme par magie, plus de sensation de son propre poids. Sans forcer, le corps se soulève, lentement, dans l’attente d’une pichenette pour le diriger. Un geste brusque ou trop rapide et la trajectoire devient incertaine. Pendant 22 secondes, plusieurs fois pendant le vol, les passagers de l’Airbus A310 ont pu expérimenter le vol en gravité lunaire, pour commencer, puis sans gravité. Une sensation étrange qui se transforme rapidement en sentiment de bien-être et d’euphorie. Restait à appréhender le rituel de dégustation du champagne dans ces conditions. L’équipe de Spade a ouvert la bouteille « spatiale » libérant le liquide, transformé alors en mousse. Les passagers, retenus au sol par une sangle pour faciliter le mouvement, tentaient d’attraper les bulles de mousse grâce au verre en forme de tee de golf pour déguster. Opération délicate dans un laps de temps court mais une fois réalisé, les saveurs éclatent en bouche. La texture tapisse entièrement le palais, contrairement à une dégustation sur Terre. Étonnant. »

Plus d’informations à venir.

Claire  HOHWEYER

Extrait de l' union du 13/09/2018

 

Un vol en apesanteur inédit au-dessus  de la Champagne pour une nouvelle bouteille

Le champagne Mumm présente aux médias internationaux une bouteille à déguster  dans l’espace lors d’un vol en apesanteur qui décolle de l’aéroport de Vatry aujourd’hui.

Octave de Gaulle a imaginé le design de la bouteille « spatiale » de Mumm. Ce vol permettra de comprendre les conditions de dégustation en apesanteur. AFP

6.000 EUROS

C’est le prix d’une place à bord d’un vol Airbus Zero-G au centre Novespace à Mérignac 

Il s’agit d’une première en Champagne. Ce mercredi, un Airbus Zero-G, à savoir sans gravité, décollera de l’aéroport de Vatry. La maison Mumm, à l’initiative de l’événement, présentera en vol dans les conditions de l’apesanteur la bouteille Mumm Grand Cordon Stellar, inventée pour déguster du champagne dans l’espace.

La maison rémoise a fait appel aux services de l’agence Novespace de Bordeaux, présidée par le spationaute Jean-François Clervoy, afin de réaliser les tests de ce nouveau flacon ainsi que du verre qui l’accompagne.

Comment recréer l’apesanteur sans aller dans l’espace ? L’Airbus A310 de Novespace, aménagé spécialement pour ce type de vols, effectuera des paraboles (en forme de U) par palier pour supprimer toute sensation de gravité. Ce n’est pas la première fois que l’agence, basée à Mérignac (Gironde), délocalise un tel vol mais c’est bien la première fois que l’un d’eux se déroule en Champagne.

UN LABORATOIRE EMBARQUÉ

L’aéroport de Vatry, capable de recevoir toutes les gammes d’avions (A 380, Antonov…), est habitué des situations « hors normes ». Pour l’exemple, des générateurs électriques de 100 tonnes avaient été chargés à l’aide de camion-grue dans des avions-cargos. De plus, les créneaux horaires, moins saturés que dans les aéroports parisiens, sont adaptés à ce type d’opération ponctuelle et de relations publiques.

Le designer Octave de Gaulle, fondateur de l’agence Spade, a planché pendant trois ans sur le concept de bouteille et de verre à champagne dans l’espace car les conditions de dégustation sont totalement différentes. En juin dernier, le physicien rémois Gérard Liger-Belair, consultant sur le projet pour Mumm, nous l’avait expliqué : « Plus rien ne pèse sur les objets et les êtres humains. Ce qui est donc compliqué, c’est de servir et de boire parce que, sur Terre, la boisson a besoin de la gravité pour descendre. De la même manière, une fois le liquide sorti, on ne peut pas le servir dans un verre. »

Plusieurs journalistes internationaux auront la possibilité de vivre cette expérience inédite de « laboratoire embarqué » pour découvrir ce rituel de dégustation dans l’espace.

À ce jour, l’alcool est officiellement interdit aux spationautes à bord de la Station spatiale internationale mais le champagne peut entrer dans le cadre de vols spatiaux touristiques.

Les premiers vols de ce genre – pour qui pourra se les offrir – pourraient bien être organisés en 2019. C’est en tout cas ce qu’espèrent Jeff Bezos, à la tête de Blue Origin, et Richard Branson, créateur de Virgin Galactic, sur les rangs pour conquérir le tourisme de l’espace.

Avis au grand public : pas la peine de vous présenter à l’aéroport de Vatry puisque le vol n’est pas ouvert mais si vous rêvez de voler en apesanteur, il est possible de réserver une place à bord du fameux Airbus Zero-G en Gironde en mars 2019. L’agence propose des vols commerciaux aux chercheurs et aux particuliers. Avec certaines contraintes : une visite médicale ainsi qu’un test d’effort chez un cardiologue. Sans oublier le prix, conséquent : 6000 euros par personne.

Claire HOHWEYER

Extrait de l' union du  11/09/2018

    

     

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Elle s’est lancée dans la micro-vinification

Vert-Toulon - Margot Laurent a repris l’exploitation familiale, à Beaunay,   avec l’objectif de vinifier ses propres bouteilles grâce aux moyens de la coopérative.


La cuvée «des gamines», sera commercialisée en 2020 ou 2021 en hommage à la grand-mère maternelle de Margot qui l’appelait ainsi avec sa sœur.

À SAVOIR

*.- EN 2015, Margot Laurent quitte son métier de graphiste et revient au vignoble familial hérité de sa grand-mère, à Beaunay.

*.- ELLE REPREND des études de viticulture au lycée d’Avize et suit le parcours d’installation des jeunes agriculteurs.

*.- SA SŒUR, CHARLOTTE, gère la maison d’hôte la Poterne, à Épernay. Ensemble, elles proposent aux touristes d’aller se promener dans le vignoble où Margot leur explique les travaux de la vigne. La sortie se termine par un apéritif convivial avec dégustation des différents vins de champagne accompagnés de bons produits du terroir. Naissent ainsi les Sensations vigneronnes.

*.- EN 2017, Margot vinifie pour la première fois une partie de sa récolte afin de produire quelque 3.000 bouteilles. Sans outil de manipulation, elle se tourne vers la coopérative de Vert-Toulon où elle suit son propre cahier des charges.

Chez les filles Oudiette, on a du tempérament. Alors, quand il a été question il y a quatre ans pour Margot Laurent de reprendre l’exploitation familiale, la jeune femme, graphiste de profession, a imposé une condition : vinifier ses bouteilles à des fins de commercialisation. Une manière de contribuer au rayonnement de l’exploitation familiale héritée de ses grands-parents maternels et, plus largement, à celui du vignoble champenois. « Je voyais le résultat de ma récolte, mais je trouvais cela frustrant de ne livrer que du raisin. Je voulais avoir un but. J’avais envie de voir ce que mon terroir pouvait donner»

Margot Laurent utilise les outils de la coopérative mais suit son propre cahier des charges pour produire son vin.

C’est chose faite depuis l’année dernière, où sur ses 2,5 hectares de vignes, regroupant les trois cépages (dont 50 % de chardonnay, à égalité avec le pinot meunier, et 5 % de pinot noir), deux parcelles sont réservées à sa production maison. Au début, elle envisage d’investir dans les outils nécessaires à la manipulation car elle ne possède que ses vignes à Beaunay. Trop cher. Des investissements non viables à une époque où elle écrit une nouvelle page de l’histoire des Oudiette.

Elle se met en quête d’une coopérative capable de l’accueillir, mais qui lui laisserait l’entière liberté de produire son propre vin. « La Grappe d’or » de Vert-Toulon l’accueille à bras ouverts. « Avec le conseil d’administration, nous avons décidé de lancer la vinification à la carte et d’offrir un nouveau service à nos adhérents, indique Rémi Durand, le président de la coopérative depuis 2007. Pour avoir un vignoble fort, il est nécessaire qu’il reprenne des parts de marché et produise des bouteilles à forte valeur ajoutée dans un contexte de ventes de bouteilles de vignerons en baisse perpétuelles », poursuit-il, fier de présenter un outil qualitatif entièrement rénové. Concrètement, « la coopérative me presse un marc, soit l’équivalent de 4 000 kg de raisins. Il est séparé des marcs des autres adhérents et mon jus va dans une cuve qui m’est destinée » , raconte la jeune femme, âgée de 27ans, qui a entrepris deux ans d’études en alternance au lycée viticole d’Avize avant de prendre la succession de l’exploitation.

Je souhaite que mon champagne soit le reflet de ma vigne et qu’il me ressemble
Margot Laurent

Pour chaque étape de la vinification, et au-delà, Margot Laurent est à la manœuvre. Consciente que ses connaissances sont encore limitées, elle prend régulièrement conseil auprès de Georges Poure, responsable cuverie et cave à la coopérative. « Je fais beaucoup de dégustations pour éduquer mon palais » , souligne celle qui a des idées bien arrêtées.

« Je souhaite que mon champagne soit le reflet de ma vigne et qu’il me ressemble. J’ai envie qu’ils soient l’expression de l’année en bouteilles et je ne suis pas fermée à l’idée du vin qui change » , soutient la jeune femme.

Si elle a « adoré » son métier de graphiste, elle manquait un peu de liberté. « Je l’ai aujourd’hui et je suis épanouie. Je me rends tous les jours dans les vignes. Je veux apprendre et tout connaître du travail » , soutient-elle. Parallèlement, elle milite pour la promotion des Coteaux du Petit Morin, car Beaunay, « ce n’est ni la côte des Blancs ni les coteaux des Sézannais » , insiste celle qui espère commercialiser sa 1 ère cuvée, la « cuvée des gamines », en 2020 ou 2021, et ainsi apporter sa pierre à l’édifice des Oudiette, dans la lignée de ses grands-parents et de sa mère.

Adriane CARROGER

Extrait de l' union du  04/09/2018

    

     

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LES GÉO TROUVETOUT DU CHAMPAGNE

Il a créé un combiné de palettiseur simplifié
Claude Cazals et l’invention du gyro-palette

La robotique au service de la vigne
Pour que le champagne voyage en sécurité
L’effeuilleuse électrique montée en cinq minutes
Des caisses en partie en ceps de vignes

 

 

 

 

 

 

Il a créé un combiné de palettiseur simplifié

Nanteuil-la-Forêt - Jens-Petter Arnesen a conçu une machine   qui répond aux besoins des petits vignerons.


La machine de Jens-Petter Arnessen s’adresse aux vignerons indépendants qui produisent de petits volumes de palettes avec différents formats de cartons

À SAVOIR

*.- EN 1998, Jens-Petter Arnesen entre chez Valeo à Reims comme chef de projet.

*.- EN 2008, il devient responsable de l’ingénierie chez Johnson & Johnson à Sézanne.

*.- EN MARS 2017, il crée sa société Arnesen, basée à Nanteuil-la-Forêt.

*.- DU 16 AU 19 OCTOBRE, il présentera son combiné de palettisation au Viti Vini à Épernay, stand CH12.

 Jens-Petter Arnesen a toujours travaillé dans l’industrie. Pour Valeo à Reims, puis chez Johnson & Johnson à Sézanne. C’est là, en tant que responsable de l’ingénierie qu’il a commencé à installer des robots et travailler sur les bouts de ligne de chaîne de production. « Ce sont souvent des postes pénibles et on cherchait des solutions pour faciliter le travail », explique l’ingénieur. Une démarche qu’il a ensuite eu l’idée d’étendre au monde viticole. « Je me suis aperçu que les petits vignerons qui font plus de 65 000 bouteilles par an n’étaient pas automatisés car ils ne trouvaient pas de solution adaptée à la taille de leurs locaux ni à leur budget », précise-t-il. En 2014, il commence à dessiner les plans en 3D d’un combiné de palettisation. Mais, « l’ergonomie, l’encombrement, le design, ça ne se voit pas sur un ordinateur » alors il réalise une maquette en bois qu’il installe dans sa grange.

Il faut faire des machines simples à utiliser et à réparer
Jens-Petter Arnesen

La machine doit être capable de réceptionner des cartons remplis de bouteilles de champagne qu’elle va ensuite déposer sur une palette. « Il y a un aspect qui est très important, c’est la simplicité. Lorsque l’on est dans l’industrie, on a des techniciens, des ingénieurs, des roboticiens pour réparer les pannes mais ce n’est pas le cas dans les petites structures. D’où la nécessité de faire des machines simples à utiliser et à réparer. » La machine doit pouvoir s’adapter à de petites configurations, aussi, Jens-Petter a voulu qu’elle soit complètement démontable. Elle a aussi été pensée pour limiter les pannes. « Sur cette machine, tous les moteurs sont électriques. J’ai fait le choix de ne pas utiliser de pneumatiques parce que ça impose d’avoir des capteurs, qui sont sources de pannes », indique l’entrepreneur.

PRÊTE À ÊTRE COMMERCIALISÉE

Le projet commence à prendre forme et, en mars 2017, Jens-Petter décide de prendre un congé pour créer sa société, baptisée Arnesen. Le prototype a fait l’objet de dernières finitions cette année. « On a travaillé tout l’hiver avec un automaticien. Je suis prêt à la commercialiser. » Le combiné de palettisation s’adapte à différents formats de cartons et de palettes, et permet de ranger jusqu’à 3.000 bouteilles (500 cartons) par heure. Il est vendu à partir de 50.000 euros, « contre 70.000 euros pour un palettiseur cartésien », précise Jens-Petter Arnessen qui sera présent au Viti Vini à Épernay du 16 au 19 octobre prochain. « Je proposerai des démonstrations », signale-t-il. 

Laetitia VENANCIO

Extrait de l' union du  04/09/2018

 

Claude Cazals et l’invention du gyro-palette

Mesnil-sur-Oger Vigneron et inventeur autodidacte, Claude Cazals a créé le gyro-palette avec Jacques Ducoin.


Claude Cazals a consacré sa vie à améliorer et simplifier les conditions de vie et de travail. Archives

À SAVOIR

*.- FIN DU XVII ÈME ET DÉBUT DU XVIII ÈME SIÈCLE, des moines se servent de bacs à sable, où ils disposent leurs bouteilles, à l’horizontale puis à la verticale pour rendre le vin plus limpide.

*.- EN 1818, Madame Clicquot aurait fait découper dans une table de cuisine « des trous percés obliquement, afin que les bouteilles puissent être inclinées à des angles variés » Mais c’est un certain Thomassin, ouvrier de la Maison Morizet, qui imagine la première table à remuer.

*.- EN 1864, M. Michelot dépose le brevet du pupitre.

*.- EN 1920, le premier pupitre à manivelle fait son apparition

*.- EN 1968, invention du concept de gyro-palette par Claude Cazals et Jacques Ducoin. Le brevet est déposé en 1971 et le premier gyro-palette commercialisé en 1972.

Claude Cazals était connu pour ses inventions et il a consacré sa vie à améliorer et simplifier les conditions de travail, aussi bien dans la viticulture que dans sa vie privée. Tables, canapés, grille de cheminée : tout y passait ! Pourtant, le vigneron du Mesnil-sur-Oger était un parfait autodidacte. « Il avait cette facilité que je trouvais véritablement formidable. Son état d’esprit était que tout ce qui existe peut être remis en question, que chacun peut créer de nouvelles choses. Cette ouverture de pensée m’a beaucoup apporté dans ma vie», exprimait ainsi sa fille Delphine, il y a quelques années. Le père de Claude, Olivier Cazals était lui-même ingénieur, Delphine ayant d’ailleurs retrouvé des documents publicitaires sur sa « fonderie à liqueur » ou sa « chaîne sans fin ».

Mais c’est véritablement l’invention, avec Jacques Ducoin, du gyro-palette qui a inscrit le nom de Cazals dans les annales. Il faut dire qu’à cette époque, le remuage des bouteilles n’était pas automatisé, les vignerons étant tenus d’utiliser un pupitre à manivelle. Mais Claude Cazals était soucieux de rendre le métier de vigneron moins pénible.

UNE INNOVATION JUGÉE FARFELUE AU DÉPART

C’est au cours d’une discussion avec Jacques Ducoin que Claude Cazals aurait sorti un crayon de sa poche et se serait mis à dessiner un petit plan. Très vite, l’inventeur arrive à la conclusion que, pour que le mouvement soit à la fois horizontal et vertical, la palette doit contenir 504 bouteilles. Ni plus, ni moins. Après plusieurs mois de tests et de réflexion, le brevet est déposé, en 1971.

Si l’innovation, jugée farfelue et inadaptée aux grands vins, n’a pas tout de suite séduit les producteurs de champagne, elle s’est finalement imposée comme un outil indispensable dans la fabrication des vins effervescents.

Extrait de l' union du  03/09/2018

 

La robotique au service de la vigne

Reims La société VitiBot a inventé Bakus, un robot autonome circulant dans les vignes.


Cédric Bache, fils de viticulteur et co-fondateur de VitiBot, tient à amener la robotique dans le monde de la vigne.Jean-Marie Champagne

L’ESSENTIEL

*.- 2016 : Cédric et Dominique Bache cofondent VitiBot à Châlons-en-Champagne.

*.- 2018 : la start-up déménage de Châlons pour gagner ses locaux actuels chemin de St-Léonard à Reims.

*.- 30 : c’est le nombre de personnes (salariés, stagiaires…) travaillant dans l’entreprise.

*.- 3 MILLIONS : c’est la somme annoncée en juin 2018 lors de la levée de fonds pour développer Bakus.

*.- 2019 : Bakus devrait être commercialisé au cours du deuxième semestre de l’année prochaine.

C’est un robot bien particulier qu’a conçu Cédric Bache, co-créateur de la start-up Vitibot : Bakus, le premier enjambeur électrique et autonome à 100 %. Tout a commencé dans son garage à Châlons-en-Champagne. Fils de viticulteur, Cédric a fait ses armes à l’UTC de Compiègne tout en commençant à développer la robotique pour les vignes. Grâce à du travail et des investissements, notamment celui de la BPI (Banque Pour les Investissements), le jeune patron est aujourd’hui à la tête d’une entreprise de 30 salariés et s’apprête à commercialiser courant 2019 son enjambeur autonome.

Nous avons envie de réussir un projet tellement révolutionnaire qu’il va transformer la façon de travailler la vigne
Bernard Boxho, directeur général de VitiBot

Le projet est en rupture totale avec la technologie utilisée dans l’entretien de la vigne jusqu’à présent. Pour autant, comme l’explique le directeur général de la société Bernard Boxho, l’idée n’est pas de s’imposer comme LA meilleure solution dans le monde de la vigne : « Nous avons envie de réussir ici en Champagne un projet avec un caractère tellement révolutionnaire qu’il va transformer la façon de travailler la vigne. Mais, nous ne nous considérons pas comme au-dessus des autres. Nous essayons simplement de proposer une alternative s’inscrivant dans le développement durable ». En effet, Bakus est présenté comme un investissement durable. Fonctionnant à l’électricité, la machine ne consomme plus d’hydrocarbures : « C’est un point non négligeable dans une logique environnementale » précise Bernard Boxho. Au-delà de l’aspect écologique, Bakus est présenté comme plus économique qu’un tracteur classique : « Il est plus rentable à l’achat et à l’exploitation : pas de frais d’hydrocarbures, une maintenance quasi nulle et un robot qui travaille en autonomie ce qui permet au viticulteur et aux ouvriers de se concentrer sur autre chose » avance Bernard Boxho.

Beaucoup de viticulteurs sont déjà intéressés par Bakus. Qu’ils soient de petits producteurs ou de grandes maisons de Champagne : tous voient en ce robot autonome l’avenir d’une viticulture plus performante et moins polluante.

Lena LEVAVASSEUR

Extrait de l' union du  01/09/2018

 

Pour que le champagne voyage en sécurité

Venizel - La cartonnerie Saica Pack a créé un emballage dédié au transport des bouteilles en petite quantité.


Placé dans un carton, le Saf-e-xpress cale et protège les bouteilles, souvent malmenées par les transporteurs quand elles sont livrées en petit nombre.

L’ESSENTIEL

*.- SAICA PACK EST UN GROUPE espagnol spécialisé dans la fabrication de papier et de carton ondulé.

*.- IL COMPTE 20 USINES en France dont une à Venizel, près de Soissons dans l’Aisne.

*.- EN 2017, LA SOCIÉTÉ A PARTICIPÉ pour la première fois au VitEff, le salon international des technologies des vins effervescents, à Épernay.

*.- ELLE A REMPORTÉ l’un des prix à l’innovation pour son Saf-e-xpress, un emballage pour transporter des bouteilles, facile à monter et résistant.

C’est un origami bien particulier qu’a conçu Saica Pack avec le Saf-e-xpress. Un système de calage qui se présente à plat, se déplie en quelques secondes, se verrouille avec une languette en carton pour immobiliser trois bouteilles dans un carton.

En effet, le champagne ne s’expédie plus seulement par cartons de six bouteilles solidement fixés sur une palette.

Avec le développement du e-commerce – 10 % des Français ont acheté du vin en ligne en 2016 selon une étude – les bouteilles voyagent par messagerie avec La Poste, Chronopost, DHL ou UPS.

« Les colis sont un peu plus malmenés. Quand on a un produit haut de gamme comme le champagne, c’est embêtant qu’une bouteille soit cassée pendant la livraison , pointe Océane Gillard, responsable du bureau d’étude de Saica Pack. « Pour être agréé par l’un de ces transporteurs, il faut que le carton puisse chuter de 7 mètres de haut plusieurs fois de suite sans se casser. On a fait des tests similaires pour valider la résistance de notre emballage.»

En effet, avec le Saf-e-xpress, un vide est fait autour des bouteilles et les chocs sont absorbés par les cartons. Les bouteilles bougent, mais ne se touchent pas.

« Il existait des solutions, mais elles étaient longues à monter. Il fallait aussi créer un système utilisable avec tous types de bouteilles : champagne, vin d’Alsace, bourgogne, bordeaux… Elles n’ont pas la même forme et pas les mêmes zones de fragilité »,explique Océane Gillard.

Il est possible de placer deux Saf-e-xpress dans un carton pour transporter six bouteilles, même si elles ne sont pas identiques. Depuis le prix de l’innovation obtenu au VitEff en 2017, Saica a développé un système quasi-identique adapté aux magnums.

Il faut que le carton puisse chuter de 7 mètres de haut plusieurs fois de suite sans se casser
Océane Gillard, responsable bureau d’étude

Aujourd’hui, le champagne ne représente que 3 % du chiffre d’affaires de l’usine de Venizel (qui dispose toutefois d’un commercial dédié). Le Saf-e-xpress est d’ailleurs fabriqué à Beaune, en Bourgogne. « On travaille davantage avec des revendeurs, comme Vente-privée.com (qui a vendu plus de 5 millions de bouteilles en 2016, ndlr).Le e-commerce n’est pas encore très développé chez les vignerons mais le Viteff nous a donné une bonne visibilité. »

Saica Pack sera cette année au Viti-Vini, l’autre salon professionnel des acteurs du vignoble champenois, toujours à Épernay. « Il y a aussi un concours d’innovation et on y participera », annonce Océane Gillard.

Rémi HAVYARIMANA

Extrait de l' union du  31/08/2018

 

L’effeuilleuse électrique montée en cinq minutes

Champillon -  Joël Chayoux et son fils Florent ont conçu une effeuilleuse adaptée aux petites exploitations.


Florent, le fils de Joël Chayoux, est à l’initiative de cette effeuilleuse électrique capable de s’adapter aux petits chenillards.

L’ESSENTIEL

*.- LA SAS CHAYOUX est une entreprise familiale fondée par Joël Chayoux et

sa femme en février 1983 à Champillon.

*.- ELLE EST SPÉCIALISÉE dans la construction de matériel viti-vinicole, notamment les laveuses de caisses, mais aussi les laveuses sécheuses de bouteilles et les bacs à glace pour le dégorgement.

*.- ELLE COMPTE DOUZE SALARIÉS, parmi lesquels les trois enfants du couple.

*.- EN 2017, JOËL CHAYOUX ET SON FILS FLORENT RÉALISENT UN PROTOTYPE d’effeuilleuse électrique. Le premier modèle est commercialisé au printemps 2018.

On n’est jamais mieux servi que par soi-même, surtout quand l’entreprise familiale est spécialisée dans la fabrication de matériel viti-vinicole. C’est probablement ce qu’a pensé Florent Chayoux lorsqu’il a imaginé une effeuilleuse électrique compatible avec un petit chenillard. « Florent a hérité d’un bout de vignes de son grand-père et il voulait travailler le plus efficacement possible, d’autant plus qu’il travaille avec moi dans la société », explique Joël Chayoux. Problème : il ne trouve pas d’effeuilleuse compatible avec son chenillard. « Ça existait pour les gros tracteurs mais il n’y avait rien d’adapté pour les petites machines.» Le père et le fils conçoivent alors un prototype pour faire les premiers effeuillages avant la vendange 2017.

L’avantage de ce système, c’est que c’est un petit appareil qui se monte et se démonte très facilement, en cinq minutes
Joël Chayoux

L’année suivante, ils la retravaillent et réalisent des essais afin de la commercialiser, car Florent Chayoux n’est pas le seul à voir l’intérêt de cette machine. « La tendance en ce moment, c’est l’effeuillage en vert. Ça permet d’habituer progressivement le raisin au soleil, d’éviter l’échaudage et d’aérer la vigne », souligne le directeur général de la SAS Chayoux. Le secret de cette machine ? « Traditionnellement, les effeuilleuses fonctionnent grâce à un système hydraulique, mais ça ne marche pas avec un petit chenillard car la puissance n’est pas suffisante. L’idée était d’avoir un groupe électrogène qui fabrique du courant électrique pour entraîner les moteurs et faire fonctionner les ventilateurs. C’est le seul moyen d’avoir de la puissance sur un petit tracteur ! » Cette effeuilleuse pour petit vignoble est commercialisée depuis le printemps au prix de 6600 euros hors taxes « contre 20000 à 30 000 euros pour un modèle sur un gros tracteur ».

Plusieurs exemplaires parcourent déjà les rangées du vignoble champenois. « L’avantage de ce système c’est que c’est un petit appareil qui se monte et se démonte très facilement, en cinq minutes sur le châssis d’un chenillard. Sur les gros tracteurs, il faut prévoir une demi-journée de mécanique », estime Joël Chayoux. Quant aux bénéfices de l’effeuillage précoce, ils sont plutôt encourageants d’après son fils : « Même si 2018 est tellement exceptionnelle que ce n’est pas l’année la plus indiquée pour faire des tests concluants. »

Laetitia VENANCIO

Extrait de l' union du  30/08/2018

 

Des caisses en partie en ceps de vignes

Bouzy  - Alexandre Hénin a créé l’écobox, une caisse   à vendanger conçue pour 20 % avec des ceps de vignes.


Les écoboxs sont actuellement testées par la maison Bollinger. Julia Clément

L’ESSENTIEL

*.- EN 2010, Alexandre Hénin crée sa société Écocep. Basée à Bouzy, 3 000tonnes de ceps y sont recyclées par an.

*.- EN 2015, il conçoit l’écobox, une caisse à vendanges à base de ceps (20 %) et de plastique recyclé (80 %).

*.- LA MÊME ANNÉE, l’écobox est récompensée et obtient le Prix de l’innovation lors du Sinal Exhibition à Châlons-en-Champagne et le Prix du public du salon VITeff à Épernay.

*.- EN 2018, il crée un prototype de coffret à vin, réalisé à 100 % en ceps de vignes.

C e qui vient de la vigne repart à la vigne. » Voilà comme Alexandre Hénin résume le concept ambitieux de son écobox. À la tête de la société Ecocep depuis 2010, cet ancien contrôleur de gestion originaire de Verzenay a imaginé et fabriqué en 2015 la première caisse à vendange à partir de ceps de vigne (20 %) et de plastique recyclé (80 %).

UNE INNOVATION RÉCOMPENSÉE

« Cela revient à enlever 20 % de pétrole et à les remplacer par 20 % de produits naturels, explique-t-il, faisant de ce produit une réalisation concrète de l’économie circulaire appliquée à la vigne » . Une nouvelle manière de penser le travail viticole… qui en a d’ailleurs agacé plus d’un. « Des organismes de contrôle locaux m’ont dit que ça ne marcherait pas, selon eux je n’étais pas sur le bon modèle économique. » Mais l’entrepreneur ne s’est pas laissé décourager et son écobox fut rapidement sur pied. « Une fois collectés, les ceps de vigne sont broyés puis criblés afin d’enlever le fer, la terre, les cailloux et autres résidus présents. Ils sont ensuite broyés de nouveau très finement et mélangés à du plastique recyclé », précise son concepteur, tout en ajoutant « avoir suivi les mêmes contraintes techniques que pour des caisses classiques ».

En dépit des réfractaires, son travail a été rapidement récompensé. En 2015, à l’occasion du salon VITeff à Epernay, Alexandre Hénin a en effet reçu le Prix du public et un chèque de 2 000 euros. Les visiteurs du salon devaient voter pour leur innovation favorite parmi les onze présélectionnées par un jury composé d’experts du domaine vitivinicole et de l’innovation.

Lors du Sinal Exhibition (Salon international des valorisations non alimentaires des ressources agricoles) à Châlons-en-Champagne, il a également obtenu le Prix de l’innovation 2015. Des distinctions qui ont vite su convaincre de grandes maisons champenoises. C’est ainsi que Bollinger et Pommery ont accepté de les tester pour la première fois lors de ces vendanges 2018. Laurent Pertois, responsable du secteur Verzy-Verzenay pour la maison Bollinger, se dit entièrement satisfait : « C’est exactement la même manipulation qu’avec une caisse classique. J’apprécie même davantage les poignées qui sont plus arrondies. Elles entaillent moins les mains ! »

C’est véritablement une philosophie de vie et une nouvelle manière de consommer le vin
Alexandre Hénin, gérant d’Écocep

Soixante-douze caisses de vendanges sont actuellement expérimentées. Alexandre Hénin espère les commercialiser rapidement au même prix que des caisses standards. « Je suis relativement confiant que ce soit le jeu définitif », avoue-t-il. Le responsable d’Écocep travaille déjà sur un nouveau produit inédit : un coffret à vin réalisé à partir de 100% de ceps de vignes. « C’est donc 100 % naturel ! », se réjouit-il. Produisant un champagne biologique, la maison Hugues Godmé s’est déjà montrée intéressée. Pour Alexandre Hénin, « c’est véritablement une philosophie de vie et une nouvelle manière de consommer le vin qui voit le jour. »

Julia CLÉMENT

Extrait de l' union du  28/08/2018

    

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  Ça pétille

Les bulles de champagne, quel mystère ... Elles fascinent et pour cause : elles obéissent à une règle chimique bien précise qui n'enleve rien à leur poésie. Une bulle de champagne, c'est du gaz carbonique. Du C02, donc. Ce gaz est la réaction typique et nécessaire qui transforme le sucre en alcool. Il s'aqit de la fermentation alcoolique. Dans le vin de champagne, on ajoute du sucre et des levures. on ferme hermétiquement, et la ~ chimie opère

levures • Alcool + Gaz carbonique

levures • 2.CH,CH,OH + 2.CO,

Selon la loi de Henry, la pression en bars du gaz en haut de bouteille est égale â la concentration en g/L de gaz dans le liquide, multiplié par le coefficient de proportionnalité.

Avec tous ces éléments, il y a forcément NUCLEAllON à l'ouverture d'une bouteille de champagne : la formation spontanée et naturelle de bulles !

Le C02 ne doit absolument pas s'échapper de la bouteille, pour s'accumuler dans le liquide et se concentrer dans l'espace libre entre le liquide et le bouchon.

Extrait de l' union du  20/08/2018

    

     

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La Villa a trouvé sa Maison

Ne l’appelez plus Villa Tassigny, mais Villa Castelnau.  La maison de champagne l’a achetée au Grand Reims.  


Dotée de deux étages, la Villa a une superficie de 665 m2 : Castelnau veut aménag
r des salons privés au premier étage et trois chambres au second

Les militaires avaient du goût. Les Tassigny aussi. Ces derniers étaient propriétaires de la villa du même nom, construite dans les années 20. Escaliers en fer forgé, cheminées en marbre, 660 mètres carrés habitables, plus 300 de dépendances, le tout au cœur d’un vaste jardin. L’armée avait racheté la maison bourgeoise du boulevard Pasteur en 1953, avant d’en faire le logement de fonction du commandant de la BA 112 et le centre de recrutement de l’armée de l’air. À la fermeture de la base, l’hôtel particulier changeait à nouveau de main : à titre de dédommagement, l’État le cédait pour l’euro symbolique à Reims métropole. Pas fou, il prévoyait qu’en cas de revente, 50 % du montant devaient lui revenir.

Pas de chance en 2015 : une première vente échoue, lorsque la collectivité découvre que l’acquéreur veut démolir le jardin protégé, pour construire un immeuble. Le Grand Reims aura plus de chance en 2018 : ciblant les maisons de champagne, dans l’objectif de créer un axe effervescent entre la butte Saint-Nicaise et le boulevard Lundy, il trouve enfin preneur. La Villa Tassigny sera cédée, officiellement en novembre, au champagne Castelnau, pour 1,5 million d’euros, soit l’estimation des Domaines. La maison investira deux millions pour la rénover, la mettre aux normes et la décorer, avec la volonté de l’ouvrir en juin 2020.

IDÉAL POUR NOUS

À l’occasion d’une déambulation, hier, dans des pièces luxueuses et d’autres plus vétustes, le directeur général de la marque s’est enthousiasmé. « Il faut se projeter dans ce qui sera un écrin pour Castelnau, sur un axe touristique merveilleux. » Sur le seuil de marbre, Pascal Prudhomme poursuit : « Castelnau est une très jolie marque, mais assez peu connue hors de Reims. C’est donc idéal pour nous d’avoir un lieu aussi grandiose. On ne pouvait pas passer à côté de cette opportunité.»

Si le siège demeurera rue Gosset, sur un axe discret mais dans des bâtiments plus vastes, la Villa rebaptisée Castelnau deviendra la vitrine de la marque, ouverte aux clients et tournée vers l’art contemporain et le sport. Partenaire du Tour de France depuis 2012, présent dans le domaine artistique, Castelnau veut créer « un univers de réceptions, d’échanges, de mises en valeur de certaines collections » .

Dès l’accueil du rez-de-chaussée, il faudra « surprendre celui qui entre» . Le premier étage accueillera les professionnels, dans des salons privés et des salles de restauration. Quant au second, comme aujourd’hui, il abritera des chambres, « pour que nos clients puissent se reposer » . La demeure ne sera ouverte au grand public que pour des occasions précises, comme les Journées du patrimoine.

Castelnau veut encore créer des salles de réception dans les anciens bureaux militaires et un musée dédié à l’histoire centenaire de la maison dans les caves et l’ancien mess. Dans le jardin classé, des réceptions en plein air seront organisées. Enfin, un bâtiment au fond du domaine, appelé le Chalet, et qui servait de « mess pour les femmes d’officiers » , permettra d’accueillir des réunions et des séminaires.

C’est donc une résurrection qui se profile pour la villa, et une révolution pour Castelnau, qui ne cache pas ses fortes ambitions à court terme : « un million de bouteilles en 2020, deux millions en 3030, deux milllions en 2025.


Dotée de deux étages, la Villa a une superficie de 665 m² : Castelnau veut aménager des salons privés au premier étage et trois chambres au second.


Santé ! Pascal Prudhomme, directeur général de Castelnau, trinque à l'acquisition pour 1,5 milllon, de l'hôtel particulier du 25 boulevard Pasteur. Il va connaitre un chantier de rénovatlon, de mise aux normes et de décoration a 2 millions d’euros


Souvenir de l'ancienne vocation aérienne de la Villa Tassigny, ce squelette de maquette d’avion, qu! a atterri dans les combles de la maison.


Au fond du vaste jardin, le « Chalet » abrite des garages au rez-de-chaussée et une curiosité a l’étage : un ancien mess pour les femmes d'offlciers.


Le boulevard Pasteur vu depuis la Vila. La mairie aimerait créer un axe touristique du champagne entre la  place Saint-Nicaise et le Boulingrin.


Au second étage de la Villa qui abritait des chambres et des salles de bain (très) confortables, la maison de champagne veut créer trois chambres pour que ses clients et partenaires puissent passer la nuit.

Les autres points

L’union a fait le larron

Le directeur de Castelnau l’a confié hier : c’est un article de L’union qui a servi de « déclic » pour déposer une offre au Grand Reims. Début avril, nous avons en effet annoncé la nouvelle mise en vente de la Villa Tassigny, la collectivité cherchant absolument une maison de champagne pour l’acquérir. Or la maison Castelnau n’était pas encore au courant de cette vente à ce moment-là. « Le titre Villa cherche Maison (voir photo ci-contre) a retenu notre attention. Puis on a lu l’article et on a commencé à y réfléchir sérieusement. » C’est finalement en un temps record que le groupe a déposé, fin avril, son dossier. Et a été retenu. « D’ailleurs, le nouvel article pourrait s’appeler La Villa a trouvé sa Maison , non ? »

LE TOUR DE FRANCE À REIMS ?

Partenaire du Tour depuis 2012, Castelnau annonce un possible retour de la course cycliste à Reims, en 2019 ou 2020. Retour en arrière : lorsque le Tour est passé à Reims en 2014, la maison de champagne avait organisé une grande fête rue Gosset. Des organisateurs de la Grande boucle avaient alors annoncé à Arnaud Robinet, fraîchement élu maire, que le peloton reviendrait dans la cité des sacres avant la fin de son mandat. Ce qui veut dire, théoriquement, en 2019 (année où le Tour partira de Bruxelles…). Après, si c’est en 2020, tout le monde s’en contentera. Et l’étape coïnciderait alors avec l’ouverture de la Villa Castelnau.

Guillaume LÉVY

Extrait de l' union du  17/04/2018

    

      

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Comment sabrer sans gâcher

Faire sauter le bouchon d’une bouteille avec un sabre, ça en jette, à condition de maîtriser quelques subtilités. Petite leçon de sabrage, histoire d’épater la galerie sans rester en carafe.

Sabrer est un art délicat. Un coup trop rapide, et c’est une partie de la bouteille qui part avec son bouchon. Hervé Oudin

À SAVOIR

*.- SABRER OU SABLER : mettons un terme une fois pour toutes à cette hésitation tenace ! «Sabler » n’a aucun rapport avec l’ouverture d’une bouteille : le verbe décrit le fait de boire cul sec. On peut donc « sabler son champagne», après l’avoir sabré. Un usage un brin moins chic.

*.- SABRER SANS SABRE. Bonne nouvelle pour ceux qui ne se baladent pas avec leur sabre : il est tout à fait possible de sabrer avec n’importe quel couteau de cuisine. Et même avec une flûte !

*.- LA CONFRÉRIE DES SABREURS DE CHAMPAGNE, LA CONFRÉRIE DU SABRE D’OR existe depuis 1986. Elle réunit plus de 34.000 amoureux et passionnés du champagne dans le monde entier.

*.- RECORD DU MONDE DE SABRAGE : le 31 décembre 2014, un restaurateur new-yorkais a battu le record du monde de sabrage de champagne. Il a ouvert 48 bouteilles en 60 secondes.

 Magistral, impressionnant, mémorable et… pas si compliqué. Sabrer le champagne fait toujours son petit effet. Même entre Rémois, ça en jette. Au show-room Pol Couronne, une adresse à mi-chemin entre bar à champagne et atelier de dégustation, le bouchon saute avec classe et solennité « au moins une fois par semaine ». Car si sabrer est ultra-simple, le geste nécessite d’en connaître les quelques subtilités au risque, au mieux, de perdre de précieux centilitres de breuvage (et, accessoirement, sa fierté), et au pire, d’y laisser un œil.

Voici donc, pas à pas, la technique transmise par le maître du lieu, Jean-Baptiste Prévost. L’œnologue, issu d’une famille de vignerons, dirige régulièrement avec son épouse Sixtine des masterclass autour du champagne.

Il débute l’atelier « sabrage » par une entrée en matière historique. « Plusieurs versions coexistent, mais selon la plus courante, les premiers à avoir sabré le champagne seraient des hussards de Napoléon. » Les cavaliers avaient pris la petite habitude de célébrer leurs victoires par une bonne rasade de bulles champenoises. Pressés qu’ils étaient, les militaires ouvraient les flacons avec les moyens du bord, leur arme de service, un sabre. Voilà pour l’origine, dans sa version chevaleresque (lire aussi par ailleurs). Le spécialiste poursuit la théorie par un chapitre consacré à la Champagne, son vignoble, ses cépages, son « souci de l’excellence», sans oublier le patrimoine culturel de Reims. Il attaque alors la technique proprement dite.

1 - PRÉPARER LE MATÉRIEL

Commencer par s’assurer que la bouteille est ultra-fraîche. Dans le cas contraire, la chaleur augmentant la pression, elle risque purement et simplement « de vous péter au nez ». « À 7-9ºC, il y a quand même 6 bar dans une bouteille de champagne, trois fois plus que dans un pneu de voiture !» Deuxième précaution : s’équiper de lunettes de protection (une paire de vue fera l’affaire) : « Ça doit rester ludique, mais ça peut être dangereux », prévient le Rémois. Retirer la coiffe (l’habillage métallisé autour du col), le muselet (la cage de métal qui entoure le bouchon) et sa capsule. Côté matériel, pour un effet waouh, prévoir un sabre à champgne d’une quarantaine de centimètres.

2 - TROUVER LE BON ANGLE

Se saisir de la bouteille de sa main gauche si on est droitier. L’incliner à bout de bras entre 30 et 45º (le bouchon vers le haut, afin d’éviter tout drame). Penser à repérer auparavant « la ligne de couture » du flacon, c’est-à-dire le fil qui apparaît sur le verre, la trace du moule de fabrication et donc le point de fragilité. Elle doit être orientée vers le haut afin de guider le sabre.

3 - FAIRE VIBRER LE VERRE

Positionner la lame à 45º. La faire glisser sur le verre « entre 5 et 10 fois, histoire de se familiariser avec le geste », conseille Jean-Baptiste Prévost. Des frottements qui « excitent la bouteille, créent une cinétique ».

4 - OSER

Si vous êtes normalement constitué, c’est à ce moment-là que votre palpitant se réveille. « Pas besoin de forcer, le geste doit être ferme… et pouf ! C’est comme un swing de golf, faut être détendu mais faut y aller franchement. »

J’ai voulu tenter l’expérience. Après avoir fait évacuer le cours Langlet et jeté un dernier regard à la cathédrale en implorant saint Vincent, j’ai saisi le manche en palissandre du sabre d’apparat. En bonne élève, sous les yeux de mon professeur es élégance, du photographe et, petite pression supplémentaire, d’un groupe de touristes hollandais chauds comme des supporters à la veille d’une montée en ligue 1, j’ai penché la bouteille, frotté ma lame et… laissé s’envoler le bouchon… à plus de deux mètres. Un geste « parfait »,selon l’œnologue. On ne peut plus fière, et un brin retournée par le micro-événement, j’ai vérifié qu’aucune goutte de champagne ne s’écoulait et récupéré le goulot de ma bouteille guillotinée, tel un trophée. « C’est assez rare de réussir du premier coup, a-t-il poursuivi. Seuls 10 % y parviennent.» Petite coquetterie : « Vous pouvez recouvrir le col ainsi ouvert avec la lame du sabre. » À moins que vous n’ayez peur de pousser le bouchon un peu loin.

Showroom Pol Couronne : 11, cours Langlet, 06 80 60 53 70.

Elégance ou débauche militaire ?

Officiellement, l’origine du sabrage remonte aux coutumes des hussards de Napoléon qui célébraient leurs victoires de ce geste majestueux. D’autres l’attribuent à l’armée bavaroise, dans un contexte moins élégant. Les militaires stationnés près de Châlons en juillet 1815 « et pris d’une soif avide devant l’océan de bouteilles s’offrant à eux, ne prenaient même plus le temps de déboucher les flacons », rappelle Yves Tesson, historien de la Champagne, dans La Champagne Viticole qui cite un extrait des Souvenirs d’un demi-siècle racontés par un grand-père à son petit-fils (de L. Salle) : « Après deux jours de repos, cette armée se remit en marche sur Paris, par la route de Montmirail. Après son départ, les curieux allaient visiter ses bivouacs, et on put voir que les soldats avaient trouvé le chemin des caves de M. Jacquesson ; la plaine était jonchée de bouteilles de champagne qu’ils n’avaient pas su déboucher et dont ils avaient cassé le col. »

Alice RENARD

Extrait de l' union du  17/04/2018

    

      

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En 1818 naissait le premier rosé d’assemblage connu chez la veuve Clicquot


Ce 13 mars, la maison célèbre les 200 ans du premier assemblage entre du vin rouge, de Bouzy   en l‘occurrence, et du vin blanc pour obtenir un champagne rosé. Une innovation signée Madame Clicquot.

LES FAITS

*.- 1818 : Madame Clicquot, dans l’idée d’élaborer un champagne rosé se distinguant par le goût plus que par la couleur, assemble des vins rouges et des vins blancs. Le témoignage le plus ancien actuellement. Aujourd’hui, la Champagne est la seule région viticole autorisée à utiliser cette technique.

*.- EN DEHORS DE L’ASSEMBLAGE, il est possible d’élaborer un rosé de macération encore appelé rosé de saignée.

*.- LE CHAMPAGNE ROSÉ représente alors une niche. Il aurait initialement été inventé par Ruinart en 1764.

*.- DEPUIS PLUS DE DIX ANS, les exportations de champagne s’accélèrent, atteignant plus de 10 % en 2016.

*.- POUR CÉLÉBRER CES 200 ANS, la marque a logiquement choisi un objet marketing en forme de gâteau d’anniversaire. Un coffret composé de pots de peinture se transformant en seau à glace. Contenant une bouteille de rosé bien sûr.

 

À SAVOIR

*.- CET ANNIVERSAIRE sera l’objet d’un focus particulier lors des visites de la maison à Reims. Une visite thématique lui sera consacré (40 euros par personne) dès la réouverture au public. Il sera possible d’en savoir plus lors des journées particulières de LVMH, en octobre. Des portes ouvertes gratuites sur réservation.

*.- POUR CETTE ANNÉE PARTICULIÈRE, la marque édite un nouveau jéroboam rosé non millésimé avec un message caché dans la coiffe (comme pour toutes les cuvées rosé non millésimées).

À ce jour, aucune maison ni aucun vigneron ne s’est revendiqué d’une origine plus ancienne que 1818. La seule archive connue concernant la naissance d’un champagne rosé d’assemblage se trouve dans l’un des livres de tirages de la maison Clicquot. Ce fameux cahier dans lequel le chef de cave, le chef tonnelier à l’époque, consignait les assemblages. « Dans un de ces volumes, nous avons bien la mention, en 1818, de vin rouge de Bouzy utilisé pour créer un champagne rosé », raconte Isabelle Pierre, responsable du patrimoine de Veuve Clicquot, Krug et Ruinart.

Au début du XIX e siècle, « la principale méthode d’élaboration de champagne rosé consiste à colorer le vin avec des baies de sureau », poursuit l’historienne. Cette technique continue à être utilisée jusque dans les années 60. De nos jours, le rosé d’assemblage tel qu’initié par Madame Clicquot demeure le principal moyen de créer un champagne rosé. Le rosé de saignée ou rosé de macération étant l’autre technique, utilisée notamment par la maison Duval-Leroy.

Lorsque Barbe-Nicolas Clicquot-Ponsardin reprend, sans y être préparée, les rênes de la maison de champagne tenue par son mari François disparu en 1805, elle apprend et s’implique rapidement dans l’entreprise. « Elle échange avec les collaborateurs et fait des essais. » Elle participe aux réunions collégiales, déguste, donne son avis… Grâce aux livres de tirage et aux correspondances, on apprend ainsi qu’elle entame de premières expériences avec des vins de Bourgogne, dont la réputation est déjà établie à l’époque. Évidemment aujourd’hui, il serait impossible d’utiliser des vins d’une autre appellation que celle de Champagne pour produire du rosé.

UN CHAMPAGNE DE NICHE

Mais, avec l’âme d’un ingénieur, « elle cherche à élaborer un vin qui se distingue des autres ». « Pas seulement par sa couleur mais aussi par les saveurs ». « Elle explique aux vignerons qui la livrent qu’elle souhaite un vin fort en couleur et qui ne sente pas trop le Bougogne parce qu’il est destiné à être recoupé avec le champagne ».

Les essais ne semblent pas si concluants puisque, et c’est tant mieux pour la Champagne, elle se tourne vers les vins rouges de Bouzy, vignoble historique de la maison par la famille du fondateur Philippe Clicquot.

En 1810, année où elle millésime le champagne (le plus ancien millésime connu), les vins rouges de Bouzy sont de qualité «exceptionnelle » d’après la circulaire vendange. Elle tente l’assemblage. Et trouve « la bonne recette », poursuit Isabelle Pierre. Bien entendu, le champagne rosé reste une niche. Les premières expéditions sont destinées aux pays de langue germanique (Allemagne, Suisse, Autriche) puis, ponctuellement, à la Grande-Bretagne et l’Italie.

EXPLOSION DU CHAMPAGNE ROSÉ

« L’élaboration de champagne rosé sera plus régulière dans le dernier tiers du XIX e siècle. Cependant, jusqu’à la fin du XX e siècle, il ne représente pas un marché énorme.» Mais un petit bijou supplémentaire dans une gamme de champagne.

C’est particulièrement depuis une dizaine d’années que l’engouement pour le champagne rosé se fait sentir. De près de 11 millions de bouteilles expédiées hors de France en 2007, on est passé à quelque 15millions en 2016 soit près de 10 % des exportations de champagne. En 1989, il ne représentait que 800 000bouteilles (export et France).

Chez Clicquot, après avoir longtemps concentré l’attention du rosé sur le millésime, en 2006, la maison relance un rosé non millésimé avec un joli succès. Deux cents ans après l’innovation de Madame Clicquot, que personne ne conteste à ce jour, il eût été dommage de rater l’occasion de la célébrer.

CLAIRE HOHWEYER

Extraits de l' union du 13/08/2018

   

      

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Alberto Lupetti

Le champagne n’est pas du luxe mais du plaisir

Son visage, son accent ensoleillé et sa passion pour les fines bulles sont reconnus en Champagne. L ’expert it alien Alberto Lupetti vient d’éditer la version 2018-2019 de son guide « Grandi Champagne ».


Alberto Lupetti affiche 130 séjours en Champagne à son compteur à la rencontre des chefs de cave des maisons et des producteurs dans leur vignoble.

Bio express

*.- 1969 : Naissance d’Alberto Lupetti.

*.- IL PASSE SIX ANS dans l’armée de l’air italienne.

*.- IL DEVIENT ENSUITE JOURNALISTE PROFESSIONNEL, écrit sur l’univers des voitures puis des vins, en tant que néophyte au début.

*.- SA PREMIÈRE RÉVÉLATION DE CHAMPAGNE ? En 1990, un Dom Pérignon.

*.- IL FAIT DÉSORMAIS PARTIE des cinq meilleurs experts au monde des fines bulles.

*.- « GRANDI CHAMPAGNE » 2018-2019 est la quatrième édition de cet ouvrage lancé en 2012.

Vous venez de lancer la quatrième édition du guide « Grandi Champagne ». Pourquoi ne paraît-il que tous les deux ans ?

Parce que les grands champagnes ne sortent pas tous les ans, tout simplement. Chaque édition comporte de plus en plus de cuvées. La troisième édition comptait 450 pages, celle-ci en a 520, dont une centaine concernant les petits producteurs et des avant-premières : Clos des Goisses 2008 de Philipponnat, blanc des Millénaires 2004 de Charles-Heidsieck, Selosse 2004 en magnum, Joyau de France 2004, Jacquesson 2009 qui sortira peut-être en 2018. Pour celui-ci, je suis le seul au monde à en parler.

Vous avez un parcours atypique, de l’armée de l’air au journalisme automobile puis du vin. Comment en êtes-vous venu au champagne ?

Je crois que la révélation est venue avec un Dom Pérignon en 1990. Chaque semaine, entre amis, on apportait une bouteille à découvrir. En 2000, 2001, le champagne est devenu une réelle passion. J’ai acheté beaucoup de livres pour me documenter. Puis, je suis venu. D’abord une fois, puis deux puis trois… Aujourd’hui, j’ai 130 voyages en Champagne derrière moi.

Votre fidélité et votre connaissance des domaines vous ont même amené à devenir ami avec certains acteurs champenois. Parvenez-vous à conserver votre objectivité ?

C’est vrai que je connais maintenant assez bien certains chefs de cave et producteurs (Olivier Krug, Dominique Demarville, Jean-Baptiste Lécaillon, Cyril Brun. Richard Geoffroy, Erick De Sousa ou Anselme Selosse...). Je suis chanceux parce qu’on a tissé une véritable relation professionnelle et une amitié. Mais je reste concentré sur mon travail, la dégustation, la découverte. Après 130 voyages en Champagne, à chaque fois que je viens, je vais à la découverte de quelque chose de nouveau. Et je trouve toujours : dans la vinification, dans la vigne, dans l’histoire…

Comment expliquez-vous l’engouement actuel pour les vieux millésimes ?

Ce sont quand même les meilleurs vins pour le vieillissement dans le monde, la meilleure machine à remonter le temps. La première fois que j’ai donné la note maximale (cent points), c’était à un Krug 1988. Ensuite, il y a eu Krug 1990, Dom Pérignon œnothèque 1990 et Bollinger R.D. 1988. Dans la nouvelle édition de mon guide, Dom Pérignon P3 1985, Roederer 1995 et Cristal Roederer 2008 l’ont eu aussi. Ce dernier est le plus «jeune » champagne à l’avoir obtenu.

Comment les jugez-vous parfaits ?

Il ne s’agit que de votre palais, pas de celui d’un autre…Je me demande toujours ce qu’il manque. Et là, rien. Tout simplement.

Vous qui êtes italien : que pensez-vous de l’évolution fulgurante du prosecco ?

Non, non, le prosecco n’est pas un bon vin. Je suis extrême, je sais. Mais en Champagne, il y a un groupe qui essaie de garder un trésor. En Italie, c’est une question de produit ; en Champagne, c’est une question d’appellation. Les raisins, ce sont des glera et pas des chardonnays, meuniers ou pinots. Le prosecco n’a pas de deuxième fermentation. Peut-être que le Francia corta, le Trento tendent vers la qualité, avec des méthodes et une production proches de ce qu’on fait en Champagne. Mais cela reste complètement différent. Ferrari, c’est le meilleur producteur italien parce qu’il est dans une région froide. Mais le vrai secret du champagne, c’est son terroir, ses sols, son climat et ses 300 ans de tradition. Il ne faut pas qu’il ait peur du prosecco.

Vous parlez de terroirs, c’est ce que travaillent de plus en plus les vignerons et les maisons. Le ressentez-vous dans vos dégustations ?

La jeune génération est très attentive à la viticulture naturelle mais c’est important de rappeler que le champagne doit d’abord être bon. S’il est naturel, c’est super. Mais l’inverse, non. Beaucoup ont compris qu’il fallait d’abord faire un bon vin. J’avoue que je suis plutôt “maisoniste” mais il y a de très bons vignerons, qui font d’ailleurs partie de mon guide. Le champagne, ce n’est pas du luxe mais du plaisir. Pour tous les jours si on veut, tous les moments et avec tous les plats.

Comment les Italiens consomment-ils les bulles ?

Déjà, les Italiens sont meilleurs que les Champenois pour les verres ! Il y a encore des producteurs qui proposent des blidas ici, c’est une catastrophe. C’est encore difficile de trouver de bons verres dans les restaurants. C’est pourtant indispensable. Le même champagne dans cinq verres différents donne cinq nez différents.

Une maison qui vous surprend ?

Mumm. Avec Pernod-Ricard, c’est une renaissance. Mais les vins ont besoin de temps. Dans dix ans, tout peut changer. Le travail de Didier Mariotti n’est pas encore fini ; Mumm peut encore évoluer.

Un vigneron qui vous épate ?

Fabrice Gass au champagne Alexandre Filaine. Son travail est incroyable. Il parvient à une qualité et une régularité comme dans une grande maison. J’avais goûté une bouteille à Rome, trouvée il y a trois ans chez un caviste qui m’a dit : Je pense que tu ne connais pas ce producteur . Et je suis venu le rencontrer. Les Italiens sont fous de petits producteurs.

Un rêve que vous n’avez pas encore réalisé ?

J’adorerais travailler avec un chef de cave pendant un an et mener avec lui un assemblage. Ce serait une consécration.

www.lemiebollicine.com www.

facebook.com/lemiebollicine

« Grandi Champagne » 2018-2019, uniquement en italien, pour le moment. Attention à l’abus d’alcool, à consommer avec modération.

Claire HOHWEYER

Extraits de l' union du 13/02/2018

   

      

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Le champagne suivi à la trace

Un nouveau moyen de lutte contre les fraudes et le vol


Grâce à la nouvelle coiffe Cloé, commercialisée depuis septembre, il est désormais possible de suivre, à la trace, une bouteille de champagne.

C’est une innovation. Il sera désormais possible de suivre le champagne, grâce à la nouvelle coiffe Cloé. Une façon de lutter contre les vols.  

Victime pour la 4 e fois de cambrioleurs, Mathieu Copin, vigneron à Verneuil, a posté la semaine passée, sur son compte Facebook, des images de cette énième tentative de cambriolage, filmée grâce à ses caméras de vidéosurveillance (L’union du 16 décembre). Une publication partagée plus de 800 fois en moins de 4 heures. La période des fêtes est, on le sait, avec celle des vendanges, particulièrement propice au vol de bouteilles de champagne, mais aussi de liquide ou de capsules CRD (capsules représentatives de droit). Cible favorite des voleurs, les celliers font désormais l’objet de toutes les attentions. Caméras de surveillance, barres de renfort installées sur les portes d’entrée… Les vignerons, malheureusement trop souvent visés par les malfrats, ont véritablement à cœur de protéger leur production, même si rien ne peut vraiment empêcher un cambrioleur de s’aventurer dans une propriété.

En 2015, pas moins de 40 vols avaient ainsi été signalés dans les celliers de la région, soit l’équivalent de 18 844 bouteilles de champagne et 64 470 capsules CRD. Si certains ont la chance de retrouver leur marchandise, d’autres ne l’ont pas. On se souviendra de cette rocambolesque course-poursuite en 2015 qui avait permis de déjouer le vol de 2 400 bouteilles de champagne dérobées chez un viticulteur de Verzy, ou encore, de l’arrestation en janvier 2014, de quatre individus accusés d’avoir soustrait 1 893 bouteilles à l’occasion de divers raids nocturnes dans la montagne de Reims, à Mailly-Champagne, Ludes ou encore Trois-Puits.

Avec un simple portable, un policier, gendarme ou douanier, pourra scanner une bouteille n’importe où dans le monde
Léa Holmes, Syndicat général des vignerons

UNE COIFFE INTELLIGENTE POUR PROTÉGER DES VOLS

Confronté à cette problématique récurrente des vols de champagne, le Syndicat général des vignerons (SGV) a décidé de protéger la bouteille elle-même, en la dotant d’une coiffe intelligente, nommée Cloé, un système de traçabilité révolutionnaire garantissant à la fois l’authenticité des bouteilles de champagne aux consommateurs, et facilitant la lutte contre les fraudes (fiscales, usurpation d’AOC, vols…).

Commercialisée depuis le 21 septembre par Vipalux et Seti Cap, et déjà usitée par une quinzaine de vignerons, elle dispose de différentes technologies embarquées : médaillon holographique infalsifiable et QR code unitaire infalsifiable. « C’est une réelle innovation », précise Léa Holmes, du Syndicat général des vignerons. « Cette coiffe nouvelle génération a une double vocation. Elle sert d’outil de communication pour le vigneron. Le client, en flashant le QR code, peut avoir accès à une information voulue par le viticulteur. Ce peut être une information sur une nouvelle cuvée, sur un événement… C’est aussi l’assurance pour lui d’être en possession d’une véritable bouteille de champagne. Mais, surtout, c’est un moyen de lutte contre les fraudes et contre les vols. Le SGV vient d’ailleurs de signer un partenariat avec les douanes en ce sens, le 12 décembre dernier. Avec un simple portable, un policier, gendarme ou douanier, pourra ainsi scanner une bouteille n’importe où dans le monde. Par simple alerte à venir sur notre base de données, nous saurons qu’une bouteille volée a été retrouvée. C’est une réelle avancée, tant pour le viticulteur que le consommateur, et c’est un moyen supplémentaire pour lutter contre les vols. »

Caroline GARNIER

Extraits de l' union du 22/12/2017

   

      

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Quand la mer devient une cave

La maison Veuve Clicquot a enclenché, en 2014, un programme de vieillissement en mer. Il y a dix jours, elle menait une première dégustation comparative.

DANS LES ÎLES ÅLAND


Deux lots de Carte jaune en bouteille, Carte jaune en magnum, vintage rosé 2004 et demi-sec ont été dégustés comparativement, le premier lot issu de la cage plongée en mer, le second provenant des crayères rémoises.
Claire Hohweyer

EN CHIFFRES

*.- 47 bouteilles de Veuve Clicquot datant d’entre 1839 et 1841 sont découvertes en 2010 dans une épave au large de Silverskår, en mer Baltique.

*.- À 40 MÈTRES DE PROFONDEUR dans la mer Baltique est plongée en 2014 une cage comportant 350 bouteilles. Dans le même temps, dans les Crayères est constitué le lot témoin en cave pour étudier le vieillissement.

*.- LE 21 JUIN 2017 a lieu la première dégustation comparative entre ces deux lots. L’expérience durera 40 ans, la dernière dégustation étant prévue en 2054.


De gauche à droite au premier plan : Fabienne Moreau, responsable du patrimoine de Clicquot, Christian Ekström, plongeur et homme d’affaires, Ella Grussner, sommelière sur l’île d’Åland, première à avoir certifié qu’il s’agissait de champagne en 2010, et Anders Näsman, l’autre plongeur; derrière à gauche: Dominique Demarville, chef de cave de Clicquot, et Jean-Marc Gallot, DG de Veuve Clicquot.C.H.

Ce 21 juin, 13 h 20, sur l’île de Klobben, à 2 079 km de Reims. Les fameuses flèches Clicquot balisent cet ensemble de roches et de pins. La mer Baltique s’étend à perte de vue ; le regard s’arrêtant ici et là sur les amas de roches de l’archipel des îles Åland. Le bleu du ciel se confond avec celui des eaux, en ce soltice d’été. On en oublierait presque se trouver en Scandinavie. Le mercure atteint les 23 degrés; la canicule en France est bien loin.

À quelques encablures de ce petit paradis en pleine nature, il y a sept ans, ont été découvertes 168 bouteilles de vin dans une épave à près de 40 mètres de fond, par les plongeurs Anders Näsman et Christian Ekström (lire par ailleurs). Ce même plongeur qui passera le coup de fil qui déclenchera tout, amenant jusqu’au large de Silverskår les experts de Clicquot. Après recherches et recoupements historiques, 47 bouteilles de vin sucré (à l’époque le champagne était dosé à 150 grammes de sucre par litre) seront identifiées « Clicquot ». Ouvrant dès lors un champ d’expérimentation iné dit dans lequel s’est plongé avec enthousiasme Dominique Demarville, chef de cave de la maison depuis 2009.

UNE EXPÉRIMENTATION MENÉE SUR QUARANTEANS

Le 18 juin 2014, la maison a lancé un programme de vieillissement des vins comparatif, « Cellar in the sea ». Objectif : étudier sur le très long terme (dernière dégustation en 2054), l’évolution de vins plongés en mer Baltique à proximité de l’endroit de la découverte. Un deuxième lot, témoin, a été constitué dans les crayères rémoises. Dans la cage immergée, la « Åland vault » construite par un Scandinave (lire par ailleurs), 350 flacons de Carte jaune (en bouteille et en magnum), de vintage rosé 2004 et de demi-sec. Température sous la mer : 4degrés constants, en cave : 10 degrés. L’obscurité en mer est totale et le sel, 20 fois moins présent là que dans l’océan.

En ce jour le plus long de l’année, se retrouve un petit groupe de sept journalistes et experts en vin internationaux dont certains étaient présents en 2014, les découvreurs scandinaves et l’équipe de Clicquot dont son dirigeant Jean-Marc Gallot et, pour la partie œnologique, Gaëlle Goossens, œnologue en charge du projet « Cellar in the sea » et Pierre Casenave, œnologue responsable développement innovation communication et vins. Sans oublier Stéphanie Marchand et Nicolas Le Menn, chercheurs bordelais étudiant le vieillissement qualitatif des vins de façon chimique (lire par ailleurs).

Un sourire, une inspiration. Dominique Demarville se sentait particulièrement ému de mener cette première dégustation comparative. Le vin allait-il être protégé ? Complètement différent de son pendant en cave ? «Nous avons goûté les vins il y a trois ans avant de les plonger. Je ne m’attendais pas à autant de différences », indique Dominique Demarville.

QUE RÉSERVE LE FUTUR ?

Alors quel résultat ? Globalement, le nez des bouteilles en mer Baltique s’avère plus fermé. Surtout, la mer agit sur le temps de vieillissement sans enlever le style de la maison. Ce qu’ont notamment relevé les experts en champagne, Richard Juhlin et Essi Avellan. « Le Carte jaune en bouteille, plongé en mer, semble plus réduit », commente Richard Juhlin, d’origine suédoise. «Go back to the future or to the past, appuie la Finlandaise Essi Avellan, première master of wine de son pays. C’est comme si le vieillissement était ralenti. » Les vins vieillis en cave, en revanche, semblaient complètement expressifs et à maturité. À ce jour et après une première dégustation comparative, le premier constat réside surtout dans le ralentissement du vieillissement. Clicquot n’en est qu’aux balbutiements de son étude. D’autres ont déjà sauté le pas ailleurs dans l’océan (lire ci-contre) avec la société Amphoris. L’un des trois fondateurs, Denis Drouin, trouverait d’ailleurs intéressant de mener une comparaison entre un lot de bouteilles dans la Baltique et un lot immergé au large d’Ouessant, là où ils ont ancré leur société. « En Baltique, il n’y a quasiment pas de marnage (jeu des marées) tandis que nous en avons quatre par jours. Oui, je pense que la comparaison serait intéressante… » Un nouveau terrain de jeu peut-être pas aussi profond qu’à 20 000 lieues sous les mers mais Jules Verne aurait apprécié.

Une opportunité pour l’île Åland


Cette aventure inédite, née d’une découverte dans une épave, permet de faire connaître ce site de la mer Baltique.
Veuve Clicquot

 « Mais où se trouve Åland ? » Voilà la première question que l’ancien dirigeant de Clicquot, Jean-Marc Lacave, posa à Christian Ekström lorsque le solide plongeur scandinave appela Clicquot pour évoquer sa découverte. Il faut dire que l’archipel, comptant près de 30 000habitants, représente un tout petit point dans la mer Baltique, entre les côtes suédoises et finlandaises. À ce jour, cette province de la Finlande est la seule à disposer de son propre gouvernement autonome… mais la communauté parle suédois. « C’est une formidable opportunité de nous faire connaître du monde » , assure le plongeur, également acteur, brasseur et investisseur dans un pub et une maison d’hôtes. En 2010, l’histoire avait commencé par une sortie en plongée entre amis, trouvant ces bouteilles dans une épave parmi 650, indiquée par un pêcheur local. Le dessin de l’ancre avait orienté la réflexion vers Juglar puis Clicquot, et Ella Grussner, sommelière d’Åland, fut la première à déceler dans ce vin sucré les qualités du champagne. La confirmation par les experts œnologues a ensuite accéléré l’histoire. Et les Scandinaves, loin d’être restés observateurs, se sont impliqués. Comme Sven Erik, propriétaire de l’île de Silverskår, qui a proposé le prototype de cage pour immerger les bouteilles. Avec ce projet en collaboration active avec Clicquot et le gouvernement, propriétaire de l’épave et des bouteilles (rachetées par la maison de champagne), Christian Ekström espère bien développer le tourisme en mettant en avant cette découverte exceptionnelle. Un projet en ce sens est d’ailleurs en discussion avec le gouvernement.

Suivi scientifique du projet avec l’université de Bordeaux

Nicolas Le Menn, thésard à l’université de Bordeaux, a choisi de plancher depuis 2015 sur « L’évolution lors du vieillissement des vins de réserve de la maison Veuve Clicquot Ponsardin. Impact et gestion œnologiques d’une contamination de la vendange par Botrytis cinerea. ». Le projet « Cellar in the sea » est donc complètement intégré dans son objet de recherche, en lien avec Stéphanie Marchand, maître de conférence à l'université de Bordeaux. « L’idée est de suivre l’évolution chimique des vins, des arômes etc. C’est quelque chose qui nous intéresse particulièrement , commente Dominique Demarville. Et puis mener ce projet très technique a aussi quelque chose d’amusant. Quand on le mélange à l’expérience œnologique, c’est fabuleux. » De premiers résultats pourraient être livrés à l’automne.


En 2014, immersion de la cage à 40m

30.000 EUROS

C’est le prix d’une de ces bouteilles Clicquot retrouvée dans l’épave du XIX e siècle en 2010, emportée lors d’une vente aux enchères à Mariehamn en 2011

3 Questions à


Dominique Demarville
Chef de cave de Vve Clicquot

Ce bébé, on va   le laisser évoluer

Vous avez constaté plus de différences que ce que vous imaginiez, pourquoi ?

Je ne m’attendais pas à en avoir autant entre les bouteilles de Carte jaune et de vintage rosé. On retrouve aussi plus le style Clicquot dans les bouteilles vieillies en cave. Ce qui paraît logique et est rassurant. L’effet température (4 degrés contre 11 dans les crayères) et manque d’oxygène ralentit le temps.

Qu’est-ce que cela implique ?

La question qui se pose est de savoir si cet effet réducteur du vieillissement en mer ne va pas devenir négatif, avec une bouche trop austère par exemple.

Qu’avez-vous ressenti lors de cettetoute première dégustation comparative ?

Il y a à la fois une sorte d’appréhension, « est-ce que le vin va bien vieillir ? » et une excitation car les choses se présentent bien. Ce bébé, on va le laisser évoluer. Ces vins font partie de la même famille mais ils vont avoir une éducation différente et auront forcément un caractère différent. C’est une mise en danger mais c’est passionnant.

D’autres maisons et vignerons champenois testent la cave sous-marine


Les cages d’immersion des vins sont réparties au large d’Ouessant sur plusieurs milliers de mètres carrés
Carole Boghossian/Amphoris

Si l’aventure sous-marine de Clicquot reste unique par son histoire, l’expérimentation du vieillissement de bouteilles de vin dans les fonds marins avait déjà commencé. Par des viticulteurs d’autres régions immergeant leurs bouteilles dans les parcs ostréicoles ou dans l’océan. La maison Roederer avait tenté un essai en 2007/2008 dans la baie du Mont Saint-Michel pour Cristal, Brut premier mais aussi les autres marques de vins du groupe (Ott, Pichon Lalande et Porto Ramos Pinto), en conservant un témoin.

En Champagne, depuis quelques années, une dizaine de vignerons et maisons ont fait appel à la société brestoise Amphoris, la seule en France voire « au monde », selon Denis Drouin l’un des trois fondateurs, à proposer une prestation de conservation de bouteilles en mer. Au large d’Ouessant, à 60 mètres de fond, sous la surveillance du Sémaphore de la marine nationale, les trois associés d’Amphoris, ingénieurs de formation et spécialisés dans le offshore et les fonds marins, ont trouvé un site idéal « en termes de température (entre 10 et 13 degrés, comme en cave, grâce à un brassage de l’eau permanent) , d’obscurité totale , de sécurité (pas de vol) , de nature du fond et de coactivité (par rapport aux activités de pêche par exemple) ». « Nous nous sommes rendu compte qu’il y a très peu de sites éligibles. Celui qui se trouvait juste en face de nous, près de Brest était l’un d’eux. » N’y connaissant pas grand-chose en vin, Amphoris a fait appel à des laboratoires spécialisés « pour établir un protocole comparatif ». « Nos clients ont également mis en place leurs propres analyses… » Il y a trois semaines, ils ont immergé deux nouveaux caissons de bouteilles de Champagne, du Bordelais, de Bourgogne… Au total, plusieurs centaines ou milliers de bouteilles sous la mer par client.

Drappier, Leclerc-Briant, Hostomme, Heucq…

Pour l’expérimentation, « très rigoureuse », pour le marketing aussi. « Les clients veulent proposer un vin différent dans leur gamme mais aussi par rapport aux autres. » Avec ses concrétions marines, « la bouteille attire ». Michel Drappier, du champagne Drappier à Urville, a démarré l’expérience en 2013, avec la SNSM (société nationale de sauvetage en mer) à Saint-Malo. « On avait d’abord essayé le vieillissement en altitude, à 1 500 m dans la fraîcheur des Alpes, mais ce n’était pas concluant à cause de la pression qui provoquait une perte de gaz. » Des cimes, il est passé aux profondeurs. D’abord à but caritatif. Ce qui est toujours vrai pour une partie des bouteilles immergées. Depuis 2014, c’est avec Amphoris que la maison poursuit l’immersion de Carte d’or, brut nature et grande sendrée. Les premières ventes de ces bouteilles auront lieu en septembre à des prix forcément valorisés. Intégrant les 15 euros par bouteille immergée facturés par Amphoris ainsi que « le transport, le coffret bois… c’est un autre produit ». « On croit à ce mélange terre/mer » qui protège si bien le vin. Le champagne Leclerc-Briant, Hostomme et le domaine Heucq se sont également lancés. D’autres Champenois conservent encore la surprise. Pour Denis Drouin, c’est réellement « le début d’une aventure incroyable ».

Claire HOHWEYER

Extraits de l' union du 04/07/2017

   

   

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Le cellier au cœur des préparatifs

Pendant toute la durée des vendanges, nous suivons comment la maison Bollinger vit cette période intense et cruciale. Aujourd'hui, le premier épisode, celui des préparatifs.


La dernière étape de préparation des tonneaux. L’enchantelage, consiste il les remettre correctement en ligne pour recevoir le moût de raisin. Bernard Sivade

L’E5SENTIEL

•.- La maison Bollinger a été créée le 6 février l829 et c'est t f une histoire de famille depuis plus de 180 ans.

•.- Le domaine s'étend sur 170 hectares de vignes exclusivement dans la Marne sur sept vignobles distincts.

•.- Le parc de fûts est constitué de plus de 3.500 tonneaux anciens.  

•.- La destination première des vins fermentés en fûts est de reconstituer/augmenter le parc de magnums de vins de réserve, constitué de plus de 750.000 bouteilles.

Les vendanges ne débutent que le lendemain, mais vendredi, au cellier de la maison de champagne Bollinger, c'était déjà l'effervescence. « Chez nous, les vendanges commencent au mois d'août », lance, un brin provocateur, Patrick Laforest, responsable œnologie et vinification depuis 26 ans chez Bollinger. En effet, les 3.500 tonneaux présents dans le cellier sont au cœur du processus de vinification de la maison de champagne qui n'a jamais abandonné cette méthode très ancienne de micro-oxygénation: Et contrairement à une cuve en inox, le tonneau a besoin d'être préparé afin d'avoir une qualité optimale au moment de recevoir le moût de raisin. Six à huit semaines en amont des vendanges sont nécessaires à la préparation. La préoccupation principale : l'étanchéité. Première étape, les tonneaux sont abreuvés d'eau. Ils sont ensuite nettoyés, intérieur et extérieur, grâce à une machine puis sont séchés à l'air libre. Enfin, ils sont méchés avec une pastille de soufre afin d'éliminer les dernières bactéries. « On travaille avec des tonneaux âgés de 15 à 20 ans, explique Patrick Laforest. Non Pas pour que le vin prenne une note boisée mais parce que le tonneau agit comme un révélateur. Il est là en soutien, en support. C’est pour cela qu'on s'approvisionne en fût d'occasion, vieux d'environ six ans. »

Un tonnelier MOF employé au sein de la maison

Bollinger est la seule maison de champagne à employer un tonnelier salarié. Denis Saint-Arroman entretient, répare et vérifie les tonneaux durant la vinification depuis 20 ans. Tout d'abord promis à reprendre le domaine viticole familial à Mercurey, en Bourgogne, il découvre le travail du bois et le préfère à celui de la vigne. « Un vrai coup de foudre », confie-t-il, malicieux. Depuis, il a été sacré Meilleur Ouvrier de France. « Un MOF tonnelier en Champagne, ça en a étonné plus d'un ! » Chaque année, il répare environ 300 fûts de la tonnellerie- Chanson qui fournit Bollinger. « La fermentation en tonneau est très importante pour retranscrire la signature du produit Bollnger, insiste Patrick Laforest. Ça permet, au moment des assemblages, d'avoir énormément de choix, de nuances. Cette oxydation particulière, grâce à la respiration du tonneau, révèle le caractère du produit.» Ici, on ne parle pas de chimie œnologique mais plutôt de mariage, d'assemblage. Les vins millésimés sont uniquement vivifiés en tonneaux, tout comme les magnums de réserve qui serviront à élaborer le brut spécial cuvée. Et pour permettre une production idéale, le cellier est tenu de garder des conditions de températures constantes pour limiter l'évaporation, « ce que l'on nomme la part des anges », sourit Patrick Laforest. Une fois les tonneaux remis en place, il ne reste plus qu'à attendre l'arrivée du jus de raisin qui aura été préalablement pressé à Mareuil-sur-AY. « On attend avec impatience le remplissage des fûts, les odeurs qui vont revenir, le tonneau qui va vivre ... Ici, les anges sont très heureux ! »

« Une année à millésime »


Jérôme Philipon prévoit une année à millésime.
Bernard Sivade

« L'année 2016 s'annonce comme une excellente année Il, se réjouit Jérôme Philipon, le président du directoire de Bollinger. « La récolte sera certes pauvre en quantité, mais visiblement très bonne en qualité. Il y a de grandes chances que 2016 soit une année millésimée ! » Le dernier millésime de la maison est celui de 2005. Et pour que les conditions de récolte soient optimales, les équipes de permanents et de vendangeurs se tiennent prêtes à entamer un ballet de quinze jours.

Une grande maison comme Bollinger emploie durant cette période plus de 400 personnes. Pour autant, la maison tient à son indépendance. « C'est un des marqueurs de notre philosophie. Nous sommes farouchement indépendants et nous tenons à rester singuliers. Pour nous, c'est l'arôme différencié de Bollinger qui fait son originalité. »

Le brut spécial cuvée a en effet une identité bien à lui. « Une robe dorée, donnée par le pinot noir; principat cépage, des arômes de fruits dans tous leurs états : fruits frais et fruits compotés ainsi qu'une texture en bouche crémeuse. Expressif tout en restant élégant. »

Nastasia DE5ANTI

Extraits de l' union du 19/09/2016

   

   

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Ils veulent faire mousser le champagne

Ces trois jeunes chefs d'entreprise se lancent dans l'organisation d'un événement grand public axé autour de notre boisson emblématique, qui manque selon eux dans notre région.


Benjamin. Franck et Matthias: « Dans chaque grande région viticole, il y a un événement autour du vin », A.P

L’E5SENTIEL

*.- Les samedi 25 et dimanche 26 juin aura lieu aux halles du Bou- 1 ingrin un nouvel événement axé autour du champagne, intitulé la Champenoise .

*.- Trois jeunes chefs d'entreprise en ont pris l’initiative, estimant qu'un tel rendez-vous faisait défaut dans le calendrier rémois.

*.- Cette Champenoise réunira une soixantaine de producteurs de notre boisson phare, ainsi qu'une dizaine d'autres, d'alimentaire. Le but est de permettre de se restaurer sur place au champagne.

Matthias Collard, Benjamin Carteret et Franck Moussié sont à l'origine d'un nouvel événement rémois lié au champagne, la Champenoise ; il aura lieu au Boulingrin les 25 et 26 juin. Ses organisateurs répondent à nos questions.

.- Commençons par des présentations; quel est votre âge, et bque faites vous dans la vie ?

Nous avons 30 ou 31 ans, et nous sommes chefs de petite entreprise. Celle de Matthias, Vine-escape, exploite un circuit touristique, Benjamin a un bar à vin, le Clos, rue du Temple à Reims, et Franck est dans l'événementiel et le négoce de vin. Matthias et Benjamin sont Sparnaciens d'origine, Franck est Bordelais.

•.- Comment est née cette idée de fête autour du champagne ?

Benjamin, Matthias et moi, nous sommes amis depuis longtemps. Et cela fait déjà six ou sept ans que l'on pense à créer un événement autour du champagne, parce que dans chaque grande région viticole, cela existe, à Bordeaux vous avez la fête du vin et les Épicuriales,  en Bourgagne, les fameuses ventes aux enchères des Hospices dé Beaune ... ici à Reims, nous n'avons rien de ce genre !

•.- Pourquoi ne pas avoir concrétisé plus-tôt ?

Ce qui nous bloquait, c'était le lieu. Nous voulions un lieu de qualité, et suffisamment vaste. La maison des Comtes de Champagne, c'était trop petit, le parc des expositions pas assez qualitatif... C'est quand nous avons su que les halles du Boulingrin pouvaient-se louer que nous nous sommes lancés, c'était tout à fait le lieu qu'il nous fallait un lieu représentatif, bien situé, et suffisamment grand.

•.- Comment va se dérouler votre événement ?

L'idée c'est de rassembler en un même lieu des producteurs de champagne, une soixantaine, et des producteurs alimentaires locaux, de façon à ce que le public puisse choisir et acheter son champagne, mais aussi se restaurer sur place en buvant du champagne. Avec une animation musicale, de type disque-jockey le samedi. Pour le dimanche, l'idée est davantage celle d'une grande dégustation, c'est-à-dire qu'une fois que vous avez acheté votre billet, vous pouvez déguster gratuitement différents champagnes.

•.- Cela veut dire que l'entrée sera payante. Vous pensez attirer du monde ?

Tout à fait. Parce qu'un tel rassemblement de producteurs de champagne, et qui ne soit pas réservé aux professionnels, cela reste rare. Les gens viendront de loin pour ça. Nous avons pas mal communiqué sur Paris et dans les pays voisins, nous faisons de la vente en ligne, et nous avons déjà 500 à 600 personnes qui s'annoncent ! Et nous attendons autour de 2.500 personnes sur chacun des deux jours.

Antoine PARDE5SUS

•.- La Champenoise, samedi 25 juin (19 heures à 1 heure du matin) et dimanche 26 (11 à 20 heures), 15.99 € la journée. 25,99€ pour les deux jours.

Extraits de l' union du 11/06/2016

   

   

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Le champagne Hédiard, partenaire officiel de l'UEFA

 La marque Hédiard, élaborée par Mailly Grand Cru, a été choisie pour être le champagne officiel de l'organisateur de l'Euro 2016. Une première ... discrète.


Jean-François Préau se réjouit du choix de la marque élaborée par Mailly Grand Cru qu’il dirige.
Bernard Sivade

780 euros par personne et par match, le prix minimum d'un package en loge incluant le champagne Hediard. Des tarifs visibles dans la partie « hospitalité » du site de l’UEFA

Les bouchons de champagne résonnent aussi pendant l'Euro-2016. Mais beaucoup moins fort que les sifflets pour les coups d'envoi. Loi Evin oblige, aucun alcool ne peut être vendu dans l'enceinte des dix stades choisis comme théâtre des 51 matchs. Seuls les invités et amateurs fortunés (à partir de 780 euros par personne pour un package en loge, excusez du peu, ndLr) pourront découvrir le premier champagne partenaire officiel de l'UEFA pour un Euro : Hédiard Grand Cru, une cuvée 75 % pinot noir, 25 % chardonnay, minimum trois ans d'âge.

La marque, propriété de la société autrichienne Do&Co, a été choisie en finale face à de grands noms du champagne lors d'une dégustation il y a plus d'un an. Une fierté pour l'élaborateur de la cuvée, Mailly Grand Cru, situé dans la montagne de Reims. « Do & Co a racheté Hédiard, marque d'épicerie fine, il y a deux ans, après un dépôt de bilan » explique Jean-François Préau, directeur de la coopérative Mailly Grand Cru. La société a déjà collaboré avec l'UEFA.

La tactique des réseaux sociaux

« C'est doncl’occasion de mettre Hédiard en avant » dans le cadre de la loi Évin, aucun hors-jeu ne sera permis : pas de publicité, pas de communication, simplement la mention du nom sur les menus concoctés par le chef français Joël Robuchon. Le monde champenois se souvient du précédent de Taittinger, fournisseur officiel du Mondial brésilien (lire par ailleurs, ndlr). Jean-François Préau mise plutôt sur le bouche-à-oreille, les blogs et les réseaux sociaux, particulièrement actifs lors de ces grands événements populaires grâce aux privilégiés en loge alors que le grand public n'aura pas accès aux bulles. Le volume de bouteilles et magnums fournis n'est pas communiqué mais on peut estimer à plusieurs centaines de milliers le nombre de personnes touchées directement par la dégustation du champagne élaboré par Mailly Grand Cru qui produit 500.000 bouteilles par an. Jean-François Préau botte en touche. La commande est significative, c'est tout ce que je peux dire. Mais si les gens sont un peu curieux. Ils regarderont le nom de la marque et se renseigneront. » D'autres, hors de France, se sont déjà démarqués en important le fameux nectar. A commencer par les États-Unis, pourtant loin d'être le pays du ballon rond. Il existe une diaspora française, italienne, allemande, anglaise... Cela aide. Viennent ensuite la Chine et quelques pays européens. L'UEFA avait communiqué en premier en juillet dernier sur le choix du champagne, clin d'œil à l'art de vivre à la française, à sa symbolique festive et à l'organisation de la compétition en France. Une affiche autorisée pour une organisation européenne non soumise aux cartons rouges distribués par la loi Evin, Invisible dans les tribunes, le champagne fera donc pétiller uniquement les privilégiés et les vainqueurs qui brandiront le 10juillet la fameuse coupe ... sans bulles celle-ci.

Claire HOHWEYER

Extraits de l' union du 11/06/2019

   

   

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Immersion dans les hauts lieux de Champagne

Dix sites du patrimoine champenois, rarement ouverts au public, pourront être découverts la semaine prochaine.


Dans les tunnels de la maison Ruinait on trouve des millions de bouteilles de champagne.
Christian Lantenois

A SAVOIR

Les Journées particulières du groupe LVMH.

•.- Quand ? les 20 21 et 22 mai.

•.- Où ? Abbaye Dom Pérignon à Hautvillers, Fort Chabrol à Epernay, le vignoble Veuve Clicquot de Verzy, la maison Krug à Reims. etc.

•.- Entrée gratuite. Réservation conseillée sur internet pour infos : www.lvmh.fr/lesjour neesparticulieres/

Le groupe LVMH ouvre les sites de ses nombreuses marques les 20, 21 et 22 mai lors des Journées particulières. Dix lieux champenois accueilleront gratuitement les curieux pour cette troisième édition.

Pour commencer par le commencement, les amateurs de champagne pourront se rendre sur les hauteurs d'Hautvillers. C'est là, dans la fameuse abbaye de ce petit village, que le moine bénédictin Dom Pérignon a théorisé au XVII° siècle l'art des assemblages des raisins du champagne. Les visiteurs auront l'occasion de voir l'unique aile du cloître restante et d'avoir une vue imprenable sur les coteaux de la Marne depuis la terrasse.

Pour continuer cette balade marquée sous le sceau des bulles fines, les visiteurs pourront ensuite se rendre â Épernay, où la maison Moët & Chandon ouvrira les portes de trois de ses sites. La visite du venir sur les méfaits du phylloxéra, insecte qui a décimé les vignes de Champagne à la fin du XIX° siècle, avant de visiter l'orangerie et les jardins de la résidence Trianon, ou encore les caves Moët & Chandon. À Reims, trois maisons seront de la partie. Tout d'abord, chez Ruinart, les visiteurs pourront plonger dans les crayères où sont conservées les bouteilles de la maison. À 40 mètres de profondeur, éclairés par des lumières au sodium, les badauds pourront jeter un œil aux essors, sortes de cheminées, de ces anciennes carrières de craie.

Tout comme leur voisine rémoise, les maisons Krug et Veuve Clicquot-Ponsardin dévoileront, elles aussi, leurs dessous à travers des démonstrations de remuage et des visites de caves.

Pierre-Louis CURABET

Extraits de l' union du 12/05/2017

   

   

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Pommery se lance dans le packaging anglais


L
e PDG du groupe, Paul-François Vranken voit cet investissement anglais  comme une « expérience », Remi Wafflàrt

« Nous menons le processus inverse de Taittinger », sourit Paul-François Vranken, qui assure que l'implantation proche dans le temps des deux maisons en Angleterre est le fruit du hasard. ffectivement, la méthode est différente. La marque Taittinger vient d'acquérir des terres pour produire son vin effervescent. Vranken-Pommery s'associe avec Simon Robinson du domaine Hattingley Valley pour vendre, dans un premier temps, du vin pétillant issu des hectares du Hampshire avant de se lancer dans la plantation l'hiver prochain, « Nous serons les premiers, Champenois à vendre du sparkling anglais. » De fait.

« C'est sous la marque Louis-Pommery que ces vins seront créés », poursuit le PDG qui explique revenir aux sources de l'histoire : « Le mari de Madame Pommery a fondé la maison et est resté à sa tête deux ans avant de mourir. Ensuite, Madame Pommery s'est réellement, comme elle l'a dit, « substituée à son mari en tout. » Le futur sparkling « Louis-Pommery » renvoie aussi à l'éducation anglaise de la veuve et aux débuts de la cuvée brut. « En 1874, Adolphe Hubiné, directeur commercial, a d'abord vendu en Grande-Bretagne. Ce brut, c'était pour l'Angleterre, un vin fruité , facile à boire. Elle l'a écrit. »

Etre présent sur le marché  du sparkling

Les discussions avec le domaine Hattingley Valley se sont ainsi nouées en moins d'un an par l'intermédiaire de Nick Hyde de la filiale anglaise du groupe. « Nous avons effectué la première vendange en Californie en 2015 ; en 2016, ce sera en Angleterre. Pour cette première année, nous aurons peut-être 60.000 bouteilles  à vendre, si tout va bien. Après la plantation de chardonnay et de pinot dans le Hampshire, dans cinq ou six ans, quelque 120.000 bouteilles pourront être produites. Si l'implantation en Californie relève d'une stratégie de groupe «pour apporter » du chiffre d'affaires servant bien entendu aussi la cause du champagne Pommery, l'arrivée du groupe en Angleterre relève plus « d'une expérience », d'un « galop d'essai. » 120.000 bouteilles, c'est peu. C'est pour ne pas être absent » du marché du premier exportateur européen et du paysage du sparkling dans lequel les concurrents grappillent des parts de marché en volume. De plus, les terres anglaises du sud semblent apporter des conditions météorologiques intéressantes à investir. « Ce n'est pas le gel, le plus gêant, mais la pluie. Mais nous serons bien présents si les conditions météo permettent un développement. Le champagne est reparti à la conquête. On ne peut pas craindre le futur. Les Champenois sont chanceux, il faut en profiter. » Taittinger en décembre, Pommery en mai, la concurrence des sparklings anglais produits par des Champenois est lancée.

 Claire HOHWEYER

Extraits de l' union du 10/05/2016

   

   

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La table de remuage inventée par la veuve Clicquot célèbre ses 200 ans

Les Journées particulières, les 20, 21 et 22 mai, du groupe LVMH, dont fait partie la marque, seront l'occasion de (re)découvrir cette trouvaille technique du XIX° siècle


Mario Irla, remueur pour Veuve Clicquot a appris son métier à l'âge de 16 ans,
Remi Wafflart

1816 en France. L'Académie française est réorganisée, la frégate la Méduse fait naufrage inspirant le peintre Géricault et ... la veuve Clicquot invente un procédé technique qui fera date dans l'histoire du champagne. « Après deux ans d'expérimentation, Barbe Clicquot Ponsardin parvient à la table de remuage, un plan incliné portant des trous creusés en biais », raconte Fabienne Moreau, responsable patrimoine de Veuve C1icquot.

Un outil qui semble aujourd'hui très simple mais qui puise sa fabrication dans une méthode d'ingénierie assez poussée à l'époque. « La veuve Clicquot est comme une chef de laboratoire, poursuit l'historienne. Dans les archives, nous avons retrouvé des rapports qui en attestent. Elle cherche des solutions, travaille avec ses équipes, impulse des expériences. » Pour aboutir à ce premier outil, cette table de remuage particulièrement utile quoiqu'imposante.

Tout part d'une gêne pour Barbe Nicole Clicquot-Ponsardin, l'une des premières femmes d'affaires du champagne. En 1805, à 27 ans, après le décès de son) mari, elle reprend les rênes de la maison. Et s'investit particulièrement dans I’élaboration du vin. « A l'époque, le champagne est encore un peu un mystère autour du fonctionnement des levures, du sucre ... », poursuit Fabienne Moreau. On comprendra mieux plus tard avec les travaux de Jean-Baptiste François, pharmacien de Châlons sur les tannins notamment et Louis Pasteur sur la production de mousse. Mais dans ce processus encore trouble, Madame Clicquot n'aime pas les dépôts. « C'est très clair dans sa correspondance, elle pense beaucoup à la clarté du vin. Et cherche donc dès 1814 une parade à son souci donnant naissance à la table de remuage.

Participer à l'Histoire

« La table est très vite adoptée et même copiée, relate Fabienne Moreau. Elle se généralise très rapidement pourtant la veuve Clicquot ne dépose pas de brevet. » Dans l'intérêt général de la Champagne, tant mis en avant encore aujourd'hui ? En tout cas, le fait est avéré, « c'est une réelle innovation. » Un progrès au moment où sont mis également en place les quarts de tour pour remuer les bouteilles et ramener le dépôt de sédiments vers le goulot.

De 1816 à 2016, il n'y a ainsi qu'un pas ou un quart de tour que Mario Iria représente. Le Sparnacien a appris le métier de remueur à 16 ans et l'exerce toujours aujourd'hui, chez Veuve Clicquot, 20 ans plus tard. Du haut de son 1,87 mètre, il effectue 40 à 45.000 tours par jour. Impressionnant, d'autant que le salarié, discret mais passionné, prend la mesure de son métier, aujourd'hui largement remplacé par des machines dans d'autres maisons. « Quand je touche un 1904, mon père n'est même pas né, cela fait quelque chose. Ces bouteilles ont passé les deux guerres. »

À son niveau il participe à l'Histoire comme la veuve Clicquot en son temps. Et 200 ans plus tard, on en parle toujours.

Que visiter lors de ces Journées particulières ?

Les amateurs des marques de LVMH ont peut-être déjà eu l'occasion de participer aux deux premières éditions de ces portes ouvertes, Dans le cas contraire, les visiteurs vont découvrît pour le domaine du champagne, des sites ré- mois et sparnaciens dont voici la liste :

- Les crayères de Ruinart à Reims (30 minutes de visite) ; - L'abbaye Dom Pérignon à Hautvillers (30 minutes) ; - La salle d'œnologie de Veuve Clicquot et une master-class du chef de cave Dominique Dernarville (pré-inscription ligne) ; - L'hôtel du marc (Veuve Clicquot) à Reims (40 minutes) ; - Les caves de Moët & Chandon à Épernay (45 minutes) ; - Le vignoble Veuve Clicquot de Verzy (40 minutes) ; - L'orangerie de Moët & Chandon à Épernay (30 minutes) ; Les crayères de Veuve Clicquot à Reims (40 minutes) ; - La maison Krug à Reims (45 minutes) ; - Le Fort Chabrol (Moët) à Epernay (30 minutes),

Les REPERES

1805 – BARBE Nicole Clicquot-Pousardin reprend les rênes de la maison.

1816 - Elle invente avec son équipe la table de remuage pour clarifier le vin.

1986 – Début de l’histoire entre LVMH et Veuve Clicquot.

2005 – La désigner Andrée Putman modernise la table de remuage.

2015 – 200 ans de » la table de remuage visible pendant les Journées particulières.

Claire HOHWEYER

Extraits de l' union du 08/05/2016

   

   

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300 vignerons reunls au premier casse-croute

Le rendez-vous convivial imaginé par les Crayères pour les producteurs du champagne hier au Boulingrin ne.demande qu'à se répéter et à grandir.


L'appétissant buffet avait été préparé par l'équipe des Crayères.


Maëlle Delavenne (àdroite) ici  avec Matyhilde et Jean-Luc Weber :
« C’est une bonne idée, ça permet de découvrir ce que font les aotres. »

« C'est une bonne idée ; ça permet de découvrir ce que font les autres, et on vient pour le plaisir. » Maëlle Delavenne semble ravie du premier « casse-croûre des vignerons » organisé hier matin sous les halles du Boulingrin de Reims, à l'initiative des Crayères. « Un partage d'expériences et un moment de rencontre et de fraternité, résume Hervé Fort, le directeur du prestigieux établissement gastronomique, entre des gens qui n'ont pas beaucoup d'autres occasions pour ça. » Au menu, gigot d'agneau, terrine de campagne, jambon des Ardennes et autre épaule de cochon, le tout à disposition sur un buffet avec groupe musical pour l'ambiance; et abondamrnent arrosé de notre boisson emblématique comme il se doit.

Quelque 6000 cartons d'invitation avaient été lancés; hier matin les hôtesses chargées de l'accueil ont vu venir à elles autour de 300 personnes, chacune avec sa bouteille maison à la main : c'était la règle du jeu. « Pour une première ce n'estpas si mal, commente l'instigateur Hervé Fort. Je me souviens que lorsque nous avons lancé le marché des producteurs, on m’a prispour un dingue; il faisait moins cinq, et on avait eu 12 visiteurs. Mais l'an dernier, ils étaient 6000 ! » Ce « casse-croûte » vigneron suivra-t-il la même trajectoire ? Les organisateurs y comptent bien-qui parlent déjà de renouveler l'initiative l'an prochain. « Il ne faudra pas le faire plus tôt dans le calendrier, conseille Pierre Georgin, vice-président de Reims Métropole, qui faisait partie des quelques privilégiés de ce moment typique champenois, sinon, il risque de faire trop froid dans ces halles. »

Mathilde Weber, du champagne Alfred Trltant, de Bouzy, ne demandera, semble-t-il, pas mieux que de revenir I'année prochaine : « Pour une fois que c'est à nous qu'on propose iune dégustation ! »


De bons produits arrosé à la champenoise


Hldéakl, roi des suchis.


Chacun devait venir avec une bouteille de sa maison, ce qui offrait un  large choix.

Antoine PARDESSUS

Extraits de l'union du 12/04/2016

300 vignerons réunis par les Crayères à Reims pour leur premier « casse-croûte »

Le rendez-vous convivial imaginé par les Crayères pour les producteurs du champagne ce lundi matin au Boulingrin ne demande qu’à se répéter et à grandir.


L’équipe des Crayères travaille sur ce nouvel événement depuis plusieurs mois déja. MU
 

L'ESSENTIEL

 •.- Le domaine des Crayères organise, pour la première fois, le Casse-croûte des vignerons aux halles du Boulingrin, ce lundi 11 avril de 10 à 12 heures.

 •.- L’lidée : réunir autour de produits régionaux les grandes maisons de champagne et les vignerons, de l'Aube à la Champagne week, qui rassemble chaque année les professionnels.

•.- 6.000 invJlaIions ont été envoyées. Hervé Fort. Directeur général des Crayères, qui imagine un événement· convivial, avait, mercredi déjà reçu 400 réponses posilives.

Aprês la Soirée branche, le Marché des producteurs et le Jardin des arts…Voici le. Casse-croûte des vignerons ! Le dernier-né des événements imaginés par les Crayères, soutenu par la Ville, se dérouJera ce lundi 11 Avril aux Halles du Boulingrin, de 10 à 12 heures. Hervé Fort, le directeur général du domaine, le voit déjà comme  le rendez-vous du printemps dans l'appeIlation.

L'idée : « Rssembler la Champagne » en roure « amitié » : réunir les grandes maisons, les petits vignerons, et toutes les associations qui, dans le cadre de la Champagne week, du 18 au 23 avril, organisent leur salon chacune de leur côté. Histoire de «casser les habitudes », glisse Hervé Fort qui mûrit ce projet avec son équipe depuis longtemps.  « Au quotidien, on met nous mêmes en avant les grandes maisons et les vignerons », poursuit-il, « 0n a plus de 600 référenœs de champagne à la carte. On travaille avec six sommelier(e)s. En aIlant à la rencontre des vignerons, on redécouvre des vins, un terroir - même si on les connaît -, et les hommes et femmes qui composent la maison. Ils soint magiques individuellement, alors pourquoi ne pas un casse-croûte pour les réunir ? » 

« Cette Champagne est riche de son sol et de ses  hommes. On veut leur montrer la force qu'ils représentent.
Hervé Fort, directeur des Crayères

6.000 cartons, â l'invitation du chef des cuisines de la maison Philippe Mille, et de Philippe Jamesse, le chef sommelier, ont ainsi été envoyés aux professionnels. 400 avaient déjà, mercredi dernier, été séduits par l'idée de venir, avec leurs bouteilles, déguster des produits du terroir local. Une occassion rare pour eux  de « se voir ou de  se revoir ». « C’est un clin d'œil qui se veux amical, un break, une bouffée d'oxygène dans ce quotidien des vignerons, au cœur de la ville de Reims, pour partager un moment convivial autour d'un casse-croûte préparé par un chef 2 étoiles et Meilleur ouvrier de Prance » Et ça ressemble à quoi, lecasse-croûte d'un cuisinier hors pair ? « C'est un bel exercice ! Peu de chefs s'y aventureraient ! » sourie Hervé Fort. « Le principe est que ce soit facile à manger. »  Point d'argenterie, nie de faïencerie pour s'en délecter. Mais uniquement du « jetable ». « Ce qui n'empêche pas l'élégance », note le directeur. Au menu, les convives auront droit à de belles terrines de campagne maison, des miches de pain, de la cochonnaille des Ardennes et d'autres réjouissances, fromages, légumes ... bien de chez nous. Pour ce faire, « Philippe Mille a frappé à la porte des attisans locaux avec lesquels il travaille depuis longtemps... confie M. Fort, avant d’insister : Je crois que cette Champagne est riche de son sol et de ses hommes. On veut leur montrer la force qu'ils représentent. Ça devait être nous; c’-rest notre rôle. Le directeur des Crtayères l’affirme d’ ores et déjà : il y aura une deulième édition. « On a le temps de construire une jolie fête des vignerons. » Synonyme pour lui de « rassemblement de toute cette richesse, de tous ces regards sur la Champagne ».

Marion DARDARD

Extraits de l'union du 11/04/2016

   

   

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Le Google du champagne fait ses débuts

Daria Giorgi crée une base de données où il répertorie les vignerons et leurs cuvées. Sparkling-world.com est une mine d'informations pour professionnels et particuliers.


Le site Sparkling-world.com permet d'effectuer des recherches très ciblées sur le monde du champagne

 Comment trouver un champagne brut, blanc de blancs, vinifié en fût, dans la côte des blancs où vous vous rendez ce week-end ? Le moteur de recherche de votre ordinateur risque de vous proposer des dizaines de sites, pas toujours en adéquation avec votre demande. Vous risquez d'y passer des heures. Si en plus vous ne parlez pas français ...

C'est devant la difficulté à trouver des réponses, qu'un groupe de passionnés de champagne, issus du monde de la finance, du Web, de l'œnologie et de la restauration, s'est lancé dans l'aventure de Sparkling World. Créer une base de données consacrée au champagne, proposant une cinquantaine de critères de recherché.

« Sparkling, parce que même si le mot champagne est connu dans le monde entier, à l'étranger on parle plus souvent de sparkling wine of Champagne. World, parce que c'est tout le monde du champagne que nous voulons y faire figurer. du plus modeste des vignerons aux grandes maisons, sans au Chine sélection comme cela est le cas dans les guides par exemple », explique Dario Giorgi qui mène à bout de bras ce projet ambitieux depuis dix-huit mois.

Un travail colossal, le but étant que les 4.500 vignerons champenois et leurs 30.000 cuvées soient enregistrés. « Les débuts ont été difficiles, reconnaît-il. Il fallait convaincre : gagner la confiance des viticulteurs qui s'étonnaient que leur inscription soit gratuite. »

« Les visiteurs choisissent à 80% la version anglaise du site et se connectent depuis tous les continents. On peut dire que tout le marché traditionnel ou émergent se connecte », précise Dario Giorgi.

Depuis que le site a été mis en ligne au moment du Viteff, en octobre dernier, les visites y sont chaque mois en augmentation. Sans aucune campagne de communication, entre janvier et février, 2.500 recherches y ont été effectuées. « Le temps moyen de connexion est de 7 minutes. Le taux de rebond (consultation qui ne dépasse pas la page d'accueil d'un site, NDLR) n'est que de 15% », preuve s'il en est que le site a trouvé son public.

La base de données rassemble des renseignements basiques sur les cuvées, (blanc ou rosé ... jusqu'aux caractéristiques très techniques, (quantité de S02, type de remuage ...) C'est pourquoi il y a trois façons de consulter la base, en fonction de ses besoins. Gratuitement, sans enregistrement, pour le consommateur lambda. En s'enregistrant, pour le passionné. En payant, dans le cas d'un professionnel, sommelier, caviste ... (48 € pour1S mois).

Après un an et demi d'activité, Daria Giorgi sait qu'il reste beaucoup à faire : « Faciliter l'enregistrement dans la base, mais un effet boule de neige est en train de se produire, je suis serein. Montrer la valeur de la base au public, parce que c'est le trafic qui fera vivre et permettra de vendre des espaces publicitaires, seule source de revenus avec les abonnements ».

Une partie du site permet de tout savoir sur la méthode champenoise et de tester ses connaissances, Sparkling-world.com, bientôt nouvelle référence du champagne ?

 Hélène NOUAILLE

Extraits de l' union du 05/04/2016

   

   

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Le projet hors ... norme et très écolo de Veuve CLICQUOT 

La société MHCS veut créer un nouveau site de vinification, plus grand, plus moderne, sur la ZAC Cernay-Saint-Léonard. Les travaux vont s'étaler jusqu'en 2034, pour un coût estimé à 280 M€.


Le site de production acquis en 1909 est devenu trop étroit sera progressivement abandonné en même temps que la construction du nouveau site sur la ZAC Saint-Léonard avancera.
VCP souhaite conserver I’Hôtel du Marc. Archives Bernard Sivade

 L'ESSENTIEL

•.- Novembre 2015 : Veuve Clicquot annonce par courrier à la CCI et au maire de Saint-Leonard son projet de constructicn.

•.- 3 décembre 2015 : la SCS MHCS Veuve Clicquot Ponsardin  formule auprès de la préfecture une demande d'enregistrement, pour la création d'un site industriel dédié à l’élaboration de vins de champagne sur la ZAC Cernay-Saint Léonard.

•.- Le 4 décembre 2015 : le permis de construire est déposé. Le délai d'instruction devrait être de trois mois.

•.-  Le 26 janvier 2016 : ouverture d'une consultation publique par arrêté préfectoral dans les mairies Saint-Léonard, Cernay et Reims t jusqu'au 26 février.

•.- Au printemps 2016, la CCI devrait lancer l'aménagement de la ZAC, prémices au lancement des travaux.

 Au pied des vignes de Cernay-les-Reims et de celles de Nogent-I'Abbesse va se dresser, d'ici deux décennies, la toute nouvelle unité de production de Veuve Clicquot. Un ensemble asymétrique aux courbes avantageuses, bardages en bois et vitrages, d'une hauteur de 16mètres. Parmi les autres matériaux utilisés, de la terre cuite et du zinc.

Le projet consiste à construire et exploiter un entrepôt de préparation (pressurage, tirage et dégorgement), et à stocker le vin dans trois cuves d'un volume de 210000 hectolitres. Car la prestigieuse maison a besoin d'augmenter sa production. Le site actuel, rue Albert-Thomas à Reims (cuveries, lignes de production et caves), ainsi que la cuverie de la Place des Droits de l'homme, non loin de là, se sont révélés trop étroits pour l'accroissement. souhaité des volumes. Et faute de pouvoir augmenter le foncier, la « marque jaune » s'est résolue au déménagement. Elle s'est donc mise en quête d'un site idéal, pas trop éloigné pour pouvoir conserver des salariés hautement qualifiés.

 Au-delà de !'aspect esthétique particulièrement travaillé, le nouveau site de production vise l'excellence environnementale 

Un projet pilote et complexe dans sa réalisation

C'est en octobre 2015 que les maires de Saint-Léonard et Cernay-les-Reims entendent parler, pour la première fois du projet d'implantation. Sur les 140 hectares de la toute jeune ZAC, pas encore aménagée, le géant du champagne souhaite ainsi acquérir un peu plus de 44 hectares, pour y construire près de 15 hectares de bâti.

Seule condition émise : que le rond-point qui doit être aménagé, sur la RD944, pour desservir la ZAC le soit avant le lancement partiel de l'activité du site, en 2018.

Alors que le plan de financement des trois millions d'euros nécessaires est acté, « il a pourtant fallu que Catherine Vautrin aille dans le bureau de René-Paul Savary pour avoir l'assurance que l'aménagement serait bien fait en temps et en heure, car Veuve Clicquot menaçait vraiment de claquer la porte », raconte un proche du dossier.

Le projet est ambitieux, novateur même. On est loin du hangar rectangulaire. La lumière naturelle sera optimisée pour chaque bâtiment; les matériaux nobles seront privilégiés. Mais au-delà de l'aspect esthétique particulièrement travaillé, ce nouveau site de production, autonome et performant, vise aussi J'excellence environnementale. Un projet pilote en la matière.

Les toits et terrasses seront pour la plupart végétalisés, afin de réguler J'écoulement des eaux pluviales, qui seront également gérées grâce à des bassins paysagers. L'eau potable sera recyclée sur le site. Les espaces verts occuperont quant à eux vingt hectares de la parcelle. Des bornes de rechargement pour voitures électriques ont aussi été pensées. Un projet complexe, dont la construction sera réalisée en plusieurs étapes. Dès qu'une phase sera terminée sur le nouveau site, l'activité correspondante sera progressivement arrêtée sur le site rémois,

Les travaux sont prévus en six tranches. Ils devraient s'étaler jusqu'en 2034. Le site de Saint Léonard sera néanmoins autonome à partir- de 2028. À terme, sur le site des Crayères, à Reims. seules les caves seront conservées, ainsi que les visites. Que compte faire le groupe des installations désaffectées 7 Il est encore trop tôt pour le dire, tant l’échéance est lointaine.

  Un chantier qui doit s'étaler sur vingt ans

2016-2018 - Construction d'une cuverie de 120000 hectolitres, d'une ligne de tirage, d'une partie des caves permettant de stocker vingt millions de bouteilles, sans oublier l'aménagement du site, dont les voiries périphériques.

2018-2020 -  Construction d'une cuverie vin rouge.

2020-2023 - Construction du hall transfert, du hall de dégorgement, de l'atelier remuage, de zones de stockage de vins, d'une deuxième tranche de cuverie et d'un deuxième tranche de caves.

2023-2029 - Construction du hall d'habillage et de stockages associés, d'une troisième tranche de cuverie, d'un atelier de dégorgement manuel, d'un atelier d'habillage manuel et d'un atelier de co-packing.

2029-2031 - Construction d'une quatrième tranche de cuverie et d'une troisième tranche de caves.

2031-2034 - Construction d'une cinquième tranche de cuverie et d'une quatrième tranche de caves.

 3 Questions à Jean-Marc GALLOT


Jean-Marc GALLOT est le directeur général de Veuve Clicquot.

« On est à l'étroit. Il fallait donc déménager »

•.-  On avance des chiffres qui donnent le tournis : un objectif de 30 millions de bouteilles une fois le site entièrement opérationnel et un chantier qui avoisine les 300 M€. Chez Vve Clicquot on ne fait pas les choses à moitié ?

À LVMH, on a un principe  : on ne communique jamais aucun chiffre. Le projet dont on parle n'est pas totalement fixé, il peut encore évoluer et c'est tout à fait normal. Rendez-vous compte, on parle de travaux qui pourraient bien durer vingt ans. C'est pour cela que nous ne dévoilons pas de visuels. Nous sommes vraiment au début, dans la phase de démarrage du projet. Les fouilles archéologiques ont été faites.

•.- Pourquoi transférez-vous vos activités ?

Dans le cadre de notre politique d'expansion, on souhaite s'agrandir et c'est malheureusement impossible dans la configuration actuelle. Clairement, on est à l'étroit. Il fallait déménager, chercher un site à proximité car nous sommes très attachés à Reims. Parmi les sites envisagés, celui de Saint-Léonard répondait réellement à toutes nos attentes.

•.- Vous semblez attribuer beaucoup d'importance à ce que le site futur de 5aint-Léonard soit dans une démarche environnementale poussée

Oui, notre besoin de construire l'avenir se fait dans une démarche environnementale, de développement durable. Il est impossible, aujourd'hui, de prévoir un tel projet sans se soucier des événements de demain. D'où cette recherche de certification de haute qualité environnementale. Il en va aussi du confort du personnel. Ce projet, qui sera détaillé en temps et en heure, est vraiment une bonne nouvelle pour le développement économique de Reims

  Histoire, d'une ZACqui a bien failli ne jamais voir le jour


Le maire de Reims a obtenu l'assurance que les caves historiques accueilleront toujours les (rayères.
Bernard Sivade

En 2009, Patrick Bedek, déjà maire de Cemay-les-Reims, lance pour la première fois l'idée de créer une zone d'aménagement d'activités artisanales, Industrielles et de services. « Nous étions en pleine crise économique, personne ne croyait en un tel projet. j'ai toujours répété le même discours, si une entreprise a besoin d'un terrain, il faut pouvoir lui proposer un espace disponible de suite. De peur de la voir partir, car elle n'attendra certainement pas trois ans un hypothétique aménagement de ZAC.» Le maire se heurte en plus à une autre difficulté. « Nous n'étions pas intégré à Reims Métropole. Il existait pourtant des conventions possibles pour que le projet puisse se concrétiser. »

L'élu ne lâche rien, poursuit les démarches. « Les choses se sont simplifiées lorsque la commune a intégré l'agglomération en janvier 2013 », reconnaît Patrick Bedek. Le Plan local d'urbanisme est modifié, une convention finit par être signée avec la CCI, les fouilles archéologiques sont menées. Le préfet prend un arrêté pour annoncer ta création de la ZAC. « Il y a trois mois à peine. » La nouvelle ZAC tombait à point nommé en créant un vaste terrain non loin de l'unité de production historique de cette prestigieuse maison.

 LES AUTRES POINTS

ÉCONOMIE

Quelles retombées pour Saint-Léonard et Cernay ?

Avec !implantation de l'une des maisons de champagne les plus prestigieuses, la commune de Saint-Léonard sera étroitement liée à l’image du luxe et du prestige que véhicule le groupe MHCS à travers le monde. Et pour Cernay-les-Reims. « il semblerai  que depuis l'annonce de la venue de Veuve Clicquot des entreprises travaillant aussi dans le domaine viticole aient contacté la CCI pour évoquer leur volonté de réimplanter juste derrière », explique Patrick Bedek qui avoue ne pas en savoir plus. « si ce n’est qu’iI s'agit de créations d'activité donc des emplois en perspective. » Ces entreprises pourraient ainsi investir rapidement 30 hectares supplémentaires. La création du rond-point permettra aussi de désengorger la traversée du village. «Entre 5000 et 7000  véhicules par jour. Ce rond-point relié à la Croix Blandin facilitera les déplacements pour Châlons mais aussi un gain de rapidité vers l'A34 et les Ardennes.

Quelles conséquences pour Reims ?

À celle question Arnaud Robinet de répondre du tac au tac: « Il n’y a pas de conséquence car Veuve Clicquot reste sur le territoire rémois ! » Et de préciser que le site administratif reste rue du Temple, que les activités de l'hôtel du Marc sont maintenues. Enfin, le maire de Reims a obtenu l'assurance que les crayères, les caves historiques accueilleront toujours les touristes même après le départ de l'unité de production. « Par contre les conséquences d'un tel déménagement pour l’emploi et l’investissement sont importants pour Reims et ses entreprises.

 LES REPERES

Une modernisation régulière

•.-Les investissements sont réguliers au sein du groupe.

•.-Il y a cinq ans, une nouvelle cuverie  a été construite pour le champagne Moët et Chandon, à Oiry, près d'Epernay. On avançait alors le chiffre de 150 M€.

Deux cent quarante-trois années de savoir-faire

•.- En 1772, c'est la fondation de la maison Veuve Clicquot Ponsardin, rue de l'hôpital, auiourd’hui rebaptisée rue du Général Baratier. En1822, VCP investit la rue du Temple. Peu de temps après est érigé l'hôtel du Marc. En1909, c'est l'acquisition de l'actuel site de production. Veuve Clicquot intègre le groupe LVMH en 1987. La société MHCS (Moët-Hennessy Champagne Services) regroupe les marques Moët, Veuve Clicquot, Ruinart et Krug depuis 2009. En 2014, MHCS a réalisé un CA de 1581 M€.

•.- 18 Millions

Le nombre de bouteilles Vve Clicquot expédies en 20104.

•.-30 MILLIONS Le nombre de bouteilles qui devraient sortir du nouveau site de production

•.- Le personnel en chiffres

L’effectif du site des Crayères est de 273 personnes. Au démarrage du nouveau site, en 2018, 64 salariés y seront affectés. A la fin de la 3ème phase (vers 2024) ils seront alors 96 personnes.

•.- LA PHRASE

« Nous pouvons affirmer notre ambition pour étendre notre zone de production grâce à la qualité et les volumes de nos vins. » Jl!an--Malt 611101.en avril 2015, dans l'union

Aurélie BEAUSSART

Extraits de l'union du 06/02/2016

   

   

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La maison de champagne Veuve Clicquot déménage et investit plus de 200 millions d'euros à la Croix-Blandin à Reims 

Les investissements privés s’enchaînent dans l’agglomération de Reims. Alors que l’on posait ce jeudi matin, la première pierre de la nouvelle clinique Courlancy de Bezannes, un chantier à 135 millions, on apprend qu’un autre projet privé encore plus coûteux est sur les rails du côté de la maison de Champagne Veuve Clicquot.


La cuverie va quitter la place des Droits de l’Homme pour aller à la sortie de la ville, près de la Croix-Blandin.

Le groupe MHCS, filiale viticole et vinicole du géant du luxe LVMH, va construire un nouvel outil de production pour sa maison Veuve Clicquot. Les installations actuelles situées place des Droits de l’Homme, à Reims, ont atteint en effet leurs limites de capacité et de vétusté. La cuverie déménagera un peu plus loin, à la sortie de la ville, en direction de Châlons-en-Champagne au niveau du parc d’activité de Cernay Saint-Léonard aménagé récemment par la chambre de commerce, au pied de la Croix-Blandin et au bord de la D944.

L’outil représenterait, selon nos informations, un investissement situé entre 200 et 300 millions d’euros et s’étendrait sur plus de 40 hectares. C’est donc un projet très ambitieux qu’engage le groupe LVMH. La « locomotive » du champagne avait déjà investi, il y a cinq ans, dans une nouvelle cuverie pour le champagne Moët & Chandon à Oiry, près d’Épernay, qui avait déjà coûté la bagatelle de 150 millions d’euros.

Les enquêtes publiques seront lancées la semaine prochaine à Saint-Léonard, commune concernée par la construction.

Cet investissement privé va induire un investissement public puisqu’il sera nécessaire de créer un nouveau rond-point d’un coût de 3 millions d’euros. Près de la moitié serait financée par Reims Métropole, les autres contributeurs étant le département de la Marne et la CCI de Reims Épernay.

Ce n’est pas la première fois dans l’histoire que la maison fondée en 1772 déménage sa production. Au début du XX e  siècle, la cuverie a quitté la rue du Temple, dans le centre de Reims, pour le site actuel des crayères, aujourd’hui rattrapé par la ville. Un siècle plus tard l’histoire va se répéter

Julien Bouillé avec Frédéric Gouis

Extraits de l'union du 21/01/2016

   

   

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Tout savoir sur le champagne

 Spécialiste des vins et de la gastronomie, le Marnais Pierre Rival vient de publier « Le champagne pour les nuls ». De quoi avoir l'air brillant lors des fêtes de fin d'année


À la fin de son ouvrage. Pierre Rival propose une dizaine de recettes permettant de jouer sur les accords mets-vins

Il fallait le faire. Pierre Rival, écrivain et journaliste vitryat, vient de publier son ouvrage dans la fameuse série « Avec les nuls, tout devient facile ». Son livre se nomme donc comme il se doit « Le champagne pour les nuls ». Pour l'auteur, il s'agit là de faire un vrai point sur ce vin dont l'aura de luxe et d'effervescence rayonne sur toute la planète. « Tout au long de ce livre, mon but a été d'instruire en distrayant et de permettre à une personne qui dispose de peu d'informations sur le champagne de se trouver en capacité, après l'avoir lu, de choisir le bon champagne selon le moment, en fonction de ses goûts », explique Pierre Rival. Il a divisé son ouvrage- en cinq sections. Comme celle consacrée à l'invention du champagne, de Dom Pérignon à la constitution des maisons. Une autre s'ouvre sur les typicités et les climats du terroir champenois. Une troisième partie présente une sélection, «forcément subjective », insiste l'auteur, de maisons et de domaines de vignerons en Champagne. « Mon choix concerne des champagnes issus de terroirs situés dans les Grands et Premiers crus, mais aussi ceux qui se trouvent dans des vignobles de régions moins connues et pourtant tout aussi importantes. » Maisons, vignerons, coopératives, l'équilibre champenois est important pour Pierre Rival. Autre point développé par cet amoureux des bulles, une route du champagne, permettant de mettre en avant, à travers des cartes, des lieux emblématiques pour déguster le vin des rois ainsi que des adresses sympathiques de quelques bonnes tables pour accompagner cette ballade en Champagne. D'ailleurs, épicurien, Pierre Rival propose dans une dernière partie une dizaine de recettes permettant de jouer sur les accords mets-vins. Dont deux desserts concoctés par Yannick Alleno et Guy Savoy, trois étoiles au guide Michelin.

 

 cela, on peut ajouter que l'auteur a agrémenté. son livre de nombreuses anecdotes, de coups de cœur et de portraits permettant' de déguster cet ouvrage sans modération. Ce  Champagne pour les nuls» est une réussite car il permet à chacun de ne pas s'ennuyer tout en découvrant un monde technique et passionnant.

Sophie CLAYES-PERGAMENT

Extraits de l' union du 01/12/2015

   

   

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 Pause fraîcheur et plaisir dans les caves de la maison Mumm

  

Quand le soleil tape à l’extérieur, une visite du site de la firme au cordon rouge permet un agréable bain de fraîcheur, avant la dégustation des produits maison.


Toute visite se termine obligatoirement par une dégustation des produits maison.
Un moment généralement apprécié.

On vient parfois de loin pour visiter la maison Mumm. Ce jour-là, arrivent à l'accueil, Gemma et Carol,  un couple venu de République Dominicaine. Se présentant comme deux retraités, ils entreprennent un joli petit tour d'Europe. Après Lille et Strasbourg, les voici à Reims. Malheureusement, ils n'ont pas réservé. Et, chez Mumm, on fonctionne essentiellement sur réservation.  « On nous a dit d'essayer de revenir à 16h30 si la visite de 14h30 est complète », explique Carol.

Dommage pour eux car cet après-midi-là à Reims, le soleil tape fort : le thermomètre affiche plus de 31 degrés. Et dans les caves de Mumm, les visiteurs vont goûter à la fraîcheur. « Au premier niveau, à sept mètres de profondeur, la température est constante à 16 degrés, indique Sandra, chargée de visites. Au deuxième niveau, à moins, 14 mètres, on descend à 11 degrés. Avec un taux d'humidité de 90 %. »  Le visiteur avisé aura, bien fait de prendre un petit pull, pour limiter les chocs thermiques ...

Cette maison installée au 34 de la rue du Champ de Mars est bien rodée à l'accueil des touristes. « Notre circuit est en place depuis 1966, mais il a été renouvelé en 2004, explique Laura Sileo-Pavat, chef des visites et de l'accueil : nous avons été la première maison de champagne à être classée en ERP, établissement recevant du public, et à tous mettre aux normes de l'accueil des personnes handicapées » C'est ainsi qu'il existe un ascenseur pour permettre à ceux qui ont des difficultés à se déplacer de descendre dans les différents niveaux sans emprunter l'escalier.

Sandra Peroche nous cite en cours de route quelques chiffres clés: data de fondation, longueur des galeries, nombre de bouteilles (lire par ailleurs) ...Si le promeneur est ainsi abreuvé de données mathématiques, la maison lui propose aussi enfin de parcours une autre façon de s'abreuver: avec la dégustation des produits maison. Un moment fort apprécié, et d'autant plus par ces grandes chaleurs.

Antoine PARDESSUS

Autant de kilomètres que de millions de cols

Fondée en 1827, l'entreprise Mumm dispose de 25 km de galeries, où sont stockées 25 millions de «cols» (bouteilles de différentes contenances). Elle possède 218 hectares de vignoble, et travaille avec 800 viticulteurs indépendants ; elle produit 8 millions, de bouteilles par an. Elle accueille quelque 60.000 visiteurs par-an. parmi lesquels les Français arrivent en tête, suivis des Américains et des Anglais. Les visites incluant une flûte à déguster varient selon la prestation de 20 à 39 euros par personne. Pour ce dernier prix, le visiteur a droit à une dégustation comparative entre un 100 % chardonnay et un 100% pinot noir.

 Extrait de l'union du 02/08/2015

   

   

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Val-de-Vesle sabre le champagne pour ses 50 ans


L’actuel directeur de la maison Mumm, Michel Letter, initié au sabrage.

La commune de Val-de-Vesle, née de la fusion de trois villages, Courmelois, Thuisy et Wez, fête cette année ses 50 ans d’existence. Ce samedi 13 juin, pour marquer l’événement, une cérémonie était organisée au mausolée d’Alexandre de Bary, superbe sculpture abritée par la commune, et qui fut érigée à la mémoire d’un ancien directeur de la maison de champagne Mumm. À cette occasion, la Confrérie des Sacres de la Champagne procédait à un « chapitre de sabrage », au cours de laquelle plusieurs personnalités ont été initiées à cette technique très folklorique de débouchage d’une bouteille.

Plus de détails dans notre édition papier du dimanche 14 juin.

Extraits de l' union du 13/06/2015

   

   

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