Sécurité Publique  

 

 JUSTICE - POLICES - POMPIERS

Répertoire 

BANQUE

Presse

 

 

Du mieux grâce à la vidéo
Retour des jihadistes français, le casse-tête

Leur fonction ne les protège plus

Le drone, nouvel outil des forces de l’ordre pour repérer les infractions routières

Les gens du voyage, casse-tête de saison pour les élus rémois

Le championnat de tir il l'arc perturbé par l'invasion de centaines de nomades
Le plan Alerte enlèvement, un dispositif efficace

Ils sont fichés S... mais pas forcément surveillés
Richert veut connaître les lycéens fichés S

Sept idées reçues sur les agents de sécurité
Suspecté de vouloir rejoindre Daech, l'Ardennais Mourad Hamyd, était fiché «S» depuis août 2014
Richert veut savoir qui sont les lycéens fichés S dans le Grand Est
Le champ de bataille se robotise  

Surveillant de prison, profession en quête de respectabilité

Des chiens au flair exceptionnel

Souriez…Vous êtes filmés presque partout !

 À Guignicourt, le passage des migrants a laissé des traces

Les banques jouent la carte du « cryptogramme dynamique»

La guerre aux cartes prépayées

Leur métier : Votre sécurité

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Du mieux grâce à la vidéo

Les caméras de vidéosurveillance ont diminué les troubles et les attroupements, place Jean-Moulin. Ce sont les commerçants qui le disent, un an après l’installation.


 Les dix caméras ont pacifié les abords des commerce. «
 Il en manque ne Allée du Tyrol » estiment certains

LES FAITS

*.- EN AVRIL 2017 sont installées dix caméras sur la place Jean-Moulin et à ses abords.

*.- ATTROUPEMENTS, INCIVILITÉS ET TAPAGES diminuent pendant quelques semaines de façon manifeste.

*.- TOUS LES PROBLÈMES D’INSÉCURITÉ ne sont pas réglés mais les tensions ont régressé.

Des progrès à confirmer. C’est ainsi que l’on pourrait résumer l’avis des commerçants de la place Jean-Moulin, au cœur du quartier Europe, un an après l’installation de dix caméras de vidéosurveillance. Trois semaines après les premières images tournées dans le quartier, l’amélioration se faisait déjà sentir (L’union du 30 avril 2017).

« Ça a vraiment fait du bien, lance la boulangère. S urtout au début, quand il y avait en plus des patrouilles de la police municipale le soir. Les jeunes qui squattaient aux abords du magasin ont commencé par se cacher des caméras et donc à aller ailleurs. C’est sûr que ça ne fait que déplacer le problème car les habitants subissent encore les tapages nocturnes ou les insultes à travers la place, d’un attroupement à l’autre. Mais les clients sont plus tranquilles. Et nous aussi. »

EFFET DISSUASIF SUR LES INCIVILITÉS

Même satisfaction affichée au tabac-presse. Anne-Laure, qui a ouvert il y a huit ans, avait vu la situation « se dégrader » pendant trois ans. « Nous, on avait toujours réussi à canaliser les fauteurs de troubles, signale la jeune femme.Mais il faut reconnaître que les caméras ont eu un effet dissuasif sur les rassemblements intempestifs. » Elle se dit davantage inquiète de l’avenir du quartier en termes de rénovation urbaine : « On se demande bien ce qui va se passer, quelles seront les conséquences de travaux qui seront forcément très lourds… »

Les jeunes, il faut savoir les prendre et les comprendre, estime une coiffeuse qui a longtemps habité à Croix-Rouge. « Notre commerce n’a jamais été pris à partie ni embêté. On doit aussi savoir parler aux jeunes, calmement mais fermement. Ils sont souvent désœuvrés, il n’y a pas grand-chose pour eux dans le quartier et leurs parents ont souvent des situations précaires. Ce qui manque, c’est des grands frères. Ceux qui, à mon époque, nous recadraient au besoin mais venaient aussi nous chercher pour des activités à l’extérieur, pas forcément coûteuses… »

FERMETÉ TEINTÉE DE BIENVEILLANCE

La fermeté teintée de bienveillance, Angélique la pratique aussi. La patronne, depuis quelques mois, du magasin Chic et Choc Mod’, ne se laisse pas marcher sur les pieds. Ses propres rayons sont sous vidéoprotection et la seule fois que des jeunes « ont voulu se la jouer » , « ils ont trouvé à qui parler » , raconte la commerçante, qui aime son métier et le contact avec les clients et avoue avoir été «encouragée » à reprendre la boutique, il y a quelques mois, entre autres grâce à la présence d’une caméra juste dans l’angle de la place où se trouve son commerce. Elle ajoute, avec la force tranquille que donne l’expérience : « Il y a des coins bien pires qu’Europe… »

J’attends cet été pour voir si le bénéfice va durer. Pourvu que ce ne soit pas le calme avant la tempête Le gérant de la supérette

Rester optimiste n’est pas la chose la plus aisée pour le gérant de la supérette. Depuis sept ans qu’il exerce dans le quartier, il continue à lutter pied à pied contre les vols, les dégradations et les altercations. Le pouvoir d’achat de ses clients est encore en baisse : « Avant, je travaillais du 1 er au 15 de chaque mois. Maintenant, c’est seulement du 1 er au 10… » Il apprécie cependant ces caméras « que les jeunes ne peuvent pas atteindre ni dégrader » et qu’il faudrait même « renforcer en nombre » , notamment allée du Tyrol, où il en manquerait «au moins une » .

Quant à la quiétude accrue, pourvu qu’elle dure, soupèse le responsable. « J’attends l’été pour juger des effets à long terme des caméras. Pourvu que ce ne soit pas le calme avant la tempête… Je n’oublie pas les quatre fourgons de CRS qui, il y a quelques années, sont venus séparer des bandes rivales de Croix-Rouge et d’Orgeval, réglant leurs comptes.

Anne DESPAGNE

  Extraits de l' union du 10/06/2018

  

    

  Répertoire  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Retour des jihadistes français, le casse-tête

Le retour des jihadistes depuis   les zones de combat irako-syriennes est un sujet sensible pour Paris.


Emmanuel Macron a assuré que le sort des femmes et enfants serait examiné au « cas par cas ». Sur cette photo, une famille syrienne dans les décombres d’une rue de Raqa, fin décembre. AFP

1 - QUEL PAYS COMPÉTENT POUR JUGER CES JIHADISTES ?

La France est compétente car il s’agit de ressortissant français, mais aussi car l’infraction qui les vise, l’association de malfaiteurs terroriste criminelle, a débuté sur le territoire. Elle est caractérisée dès que la personne prépare son départ vers les zones de combat. La France a donc une compétence territoriale, tout comme la Syrie et l’Irak où les faits reprochés ont été commis par la suite. Par ailleurs, selon le Code pénal, « la loi française s’applique aux crimes et délits qualifiés d’actes de terrorisme (…) commis à l’étranger par un Français ».

Mais ce texte se heurte au principe du droit international de la souveraineté des États dans lesquels les jihadistes ont été capturés. Ces pays ont le droit « de décider s’ils veulent juger ces femmes et ces hommes ou au contraire (…) les rendre au pays de leur nationalité » , a relevé en novembre le procureur François Molins, chef du parquet antiterroriste. Contrairement à l’Irak, la souveraineté de l’État syrien est fortement diminuée au vu du chaos qui règne dans le pays.

Autre question épineuse : Paris peut-elle laisser un ressortissant aux mains d’un État qui pratique la peine de mort comme l’Irak ? « Il est interdit d’extrader un Français vers un pays qui applique cette sentence. Le rapatriement de nos ressortissants qui risque cette condamnation devrait donc s’imposer même s’il n’apparaît pas y avoir, à ce jour, de jurisprudence en ce sens dans ce cas précis » , estime Patrick Baudouin, président d’honneur de la Fédération internationale des droits de l’Homme.

2 - DES RETOURS AU CAS PAR CAS ?

Emmanuel Macron a assuré que le sort des femmes et enfants serait examiné au « cas par cas »,une ligne dénoncée par les avocats et familles des femmes concernées. L’avocat Henri Leclerc, président d’honneur de la Ligue des droits de l’Homme, s’interroge sur la légalité de cette doctrine. Il s’appuie sur le Code de procédure pénale, selon lequel « les personnes se trouvant dans des conditions semblables et poursuivies pour les mêmes infractions doivent être jugées selon les mêmes règles ».

Anne-Laure Chaumette, maître de conférences à l’université Paris Nanterre, n’est « pas choquée » par cette politique : elle met en avant « l’individualisation de la peine » prévue par la loi. « Il faut des faits parfaitement identiques pour exiger un droit identique », poursuit-elle.

3 - LES JIHADISTES JUGÉS AU KURDISTAN SYRIEN ?

La position de la France semble évoluer. Le gouvernement avait, jusqu’à présent, estimé que ceux capturés en Irak devaient y être jugés. « La difficulté, c’est la Syrie parce qu’en Syrie, il n’y a pas de gouvernance avérée » , relevait en novembre le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian. Mais jeudi, la garde des Sceaux Nicole Belloubet a estimé qu’ils pouvaient aussi être jugés dans ce pays à condition de bénéficier « d’un procès équitable » , tandis que le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a ouvert la porte à des procès dans le « Kurdistan syrien». « C’est une zone contrôlée par les Kurdes, mais ce n’est pas un État reconnu », souligne Serge Slama, professeur de droit public à l’université Grenoble Alpes. « Il n’y a pas d’institution judiciaire proprement dite puisqu’il n’y a pas d’État. Je ne vois pas comment ils pourraient assurer un procès équitable », relève-t-il.

4 - ONT-ILS DROIT À UNE PROTECTION DE LA FRANCE ?

« Tout Français incarcéré à l’étranger a le droit de prévenir son consulat de sa situation. Les fonctionnaires du consulat peuvent se rendre auprès de ces Français pour les aider à trouver un avocat ou un interprète », explique Anne-Laure Chaumette. Cependant, selon l’avocat Bruno Vinay, la « protection consulaire » a été refusée à sa cliente Émilie König, figure de la mouvance jihadiste détenue par les forces kurdes en Syrie, au motif que la France n’y « disposait pas de représentation » depuis 2012. Le Quai d’Orsay lui a alors suggéré de se tourner vers la Croix-Rouge,« susceptible d’apporter aide et conseil » , a expliqué l’avocat, en citant un courrier dans lequel lui a été signifié le refus du rapatriement de sa cliente.

5 - QUE VONT DEVENIR LES ENFANTS ?

Ceux nés sur place depuis l’offensive du groupe État islamique en 2014 sont irresponsables pénalement. Seuls ceux âgés de plus de 13 ans peuvent être jugés en France. À ce jour, seuls quatre enfants de jihadistes français partis en Irak rejoindre l’organisation État islamique (EI) ont été rapatriés sans leurs parents et placés dans des familles d’accueil.

  Extraits de l' union du 06/01/2018

  

    

  Répertoire  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Leur fonction ne les protège plus

Élus, médecins, enseignants, pompiers ne sont plus à l’abri de violences ordinaires… 


En 2016, il y a eu 7,8 agressions de pompiers pour 10.000 interventions dans le Grand Est et 8,4 dans les Hauts-de-France. Après la Nouvelle Aquitaine, ils sont parmi les plus élevés de France. Remi Wafflart

 Elle n’en croit toujours pas ses oreilles. Des maires, des collègues conseillers, sa députée, le président de la communauté d’agglomération de Châlons l’ont appelée pour l’assurer de leur solidarité. « Tout le monde a été très bien. Ça fait chaud au cœur. J’ai été bien encadrée », dit Nathalie Crémont. Même le sous-préfet de Châlons les a reçus, elle et Xavier Dannequin. C’est un peu comme si la République les prenait dans ses bras pour les consoler. Le 1 er novembre, les deux élus d’Aigny, village de 270 âmes au large de Châlons, étaient violemment agressés en pleine rue par une habitante. Après les insultes, les coups s’étaient mis à pleuvoir. Xavier avait d’abord reçu une gifle vigoureuse en plein visage… Il pensait la furie calmée quand elle est revenue à la charge, sur Nathalie cette fois, qu’un violent coup de poing a projetée au tapis. Perte de connaissance, luxation d’épaule, traumatisme crânien…

“J’INFORME LA GENDARMERIE. S’IL LE FAUT, IL Y A RAPPEL À LA LOI”

L’affaire – conclusion d’un vieux contentieux entre la mairie et l’agresseuse irascible – passera en justice en février prochain. Mais elle témoigne de la vulnérabilité des élus locaux parfois exposés aux emportements de concitoyens incontrôlables. « Heureusement, c’est rare. Il s’agit le plus souvent de différents verbaux qui portent sur des problèmes de voisinage ou de permis de construire » , constate Yolande Arts, la directrice de l’association des maires de la Marne dont la mission est davantage d’assister les maires en proie à des démêlés juridiques que de jouer les arbitres de boxe.

Le maire (UDI) d’Épernay, Franck Leroy, trouve dans la regrettable affaire d’Aigny la preuve que les élus ruraux ont de plus en plus « affaire à des administrés exigeants jusqu’à l’emportement ». « Plus souvent qu’on ne le croit, beaucoup vivent des situations tendues, sont l’objet de pressions, voire de menaces de la part de fortes têtes qui pensent que tout leur est dû et qu’ils ont forcément raison contre tout le monde ». Avocat de Nathalie et Xavier, Mtre Leroy est d’autant plus sensible au sort des élus qu’il est lui-même la cible depuis quinze ans d’un homme qui le poursuit de sa hargne obsessionnelle jusque dans l’enceinte du conseil municipal d’Épernay. Tantôt des menaces de mort déposées sur le répondeur de la mairie, tantôt l’envoi d’une photo de pierre tombale rappellent l’énergumène au souvenir du maire, qui a bien sûr porté plainte. « Je suis plus inquiet pour ma famille que pour moi », assure-t-il.

À Nouzonville, le jeune maire PS de la ville, Florian Lecoultre, cultive lui aussi l’esprit d’indifférence devant les insultes qui circulent régulièrement sur internet à son encontre. « Ça fait partie du boulot, même si c’est très désagréable. À chaque fois, je ne laisse pas passer, j’informe la gendarmerie quand c’est trop et s’il le faut, il y a rappel à la loi » , explique M. Lecoultre pour qui les administrés « se permettent aujourd’hui avec les élus des comportements qu’ils n’avaient pas il y a dix ou vingt ans. Il suffit qu’un problème les tracasse pour qu’ils laissent éclater leur colère ».

Depuis son bourg de Ville-en-Tardenois, le président des maires ruraux de la Marne, Thierry Barba, trouve lui aussi les gens « de plus en plus agressifs » , mais leur consent parfois un semblant de circonstances atténuantes, surtout lorsque les différents portent sur des questions immobilières. « Ils peuvent avoir des raisons, les réglementations sont de plus en plus contraignantes. Les élus sont là pour les appliquer. Parfois, ça passe mal. Mais savent-ils, au moins, que lorsqu’il se lève, un maire a déjà commis dix infractions ! » , ironise M. Barba qui ne justifie pas pour autant, évidemment, les comportements violents. « Quand il y avait un problème, avant, on discutait. La plupart du temps, les gens se calmaient. Maintenant, les élus ne doivent plus baisser la garde ».

Est-ce la raison pour laquelle l’association des maires de l’Aisne a désormais décidé de se porter partie civile à chaque contentieux judiciarisé qui concerne l’un de ses membres ? Son président, le sénateur et ancien maire de Laon, Antoine Lefèvre, ne le conteste pas.

IL NE SUFFIT PAS D’ACCOMPAGNER MORALEMENT LES MAIRES”

« Il ne suffit pas d’accompagner moralement les maires. Il faut aussi leur donner les moyens juridiques d’assurer leur mission. Dans une situation conflictuelle, ils sont des arbitres avec la volonté de calmer le jeu. Mais ce sont eux aussi qui prennent les coups… » Le président des maires ardennais et premier magistrat de Montcornet, Régis Depaix, ne dit pas autre chose quand il rappelle que le maire est à la fois le représentant de l’État dans sa commune et celui des habitants. « Les intérêts sont parfois contradictoires. Le maire doit souvent résoudre cette équation. »

AISNE-MARNE-ARDENNES :

UNE TRENTAINE D’AGRESSIONS DE POMPIERS EN 2016

Avec 366 signalements, les Hauts-de-France est la deuxième région où le nombre d’agressions contre les sapeurs-pompiers a le plus augmenté en 2016, selon un rapport de l’observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP). Seule la Nouvelle Aquitaine (406 signalements) la précède. Cette dernière région est aussi celle où les agressions contre les pompiers sont les plus fréquentes, à raison de 11,3 faits déclarés pour 10000 interventions. Ce taux est de 8,4 dans les Hauts-de-France et de 7,8 dans le Grand Est. C’est surtout dans le Grand Est que les agressions sont les plus violentes puisqu’elles ont entraîné, en 2016, 483 jours d’arrêt de travail à 267 pompiers.

Dans la Marne, le commandant Cédric Rigollet, chef du pôle d’opération au Sdis 51, fait part de 21 agressions en 2016 dont une douzaine a fait l’objet de dépôts de plaintes. Comme au niveau national, ces signalements cumulent agressions physiques et verbales et atteintes aux véhicules. Sur ce total, cinq ont spécifiquement concerné des agressions physiques, chiffre en « légère hausse ». «Il s’agit le plus souvent de bousculades, jamais de guet-apens délibérés », précise M. Rigollet.

Dans l’Aisne, le Sdis fait part de 91 signalements au total depuis 2013, dont treize agressions physiques. « Six ont entraîné une incapacité temporaire de travail inférieure à huit jours », signale le Sdis. Dans les Ardennes enfin, l’ONDRP signalait deux agressions en 2016.

Il ne faut pas donner l’impression que le médecin est isolé


Les urgences figurent parmi les services médicaux les plus exposés aux violences des patients

Près d’un millier d’agressions verbales ou physiques (exactement 968) ont été commises en 2016 contre des médecins, selon le conseil national de l’ordre. Ce recensement recouvre les déclarations d’incidents effectuées par les médecins auprès du Cnom. Dans la réalité, ces faits peuvent donc être plus nombreux. « Beaucoup de confrères pensent que l’agression verbale dont ils ont été victimes ne justifie pas de signalements. Nous prônons au contraire la tolérance zéro. Il faut les signaler pour nous permettre d’avoir une vision précise de ce qui se passe », recommande le président régional du conseil de l’ordre pour la Champagne-Ardenne, Jean-Marie Faupin.

Selon le Cnom, seuls 13 faits ont été signalés l’an dernier dans la Marne, 6 dans l’Aisne, mais aucun dans les Ardennes. Sur les 968 faits recensés nationalement, 32% ont fait l’objet de dépôts de plainte et 12 % d’une simple main courante. Les agressions verbales constituent la majorité de ces signalements (61 %). Elles précèdent les vols ou tentatives de vols (19 %), le vandalisme (10 %) et les agressions physiques (7 %). Globalement, les généralistes sont les premières victimes de ces agressions (65 % des faits). Par spécialité, les ophtalmologistes, les médecins du travail, les psychologues et les gynécologues sont les plus ciblés. Dans 98 % des cas, les agresseurs agissent sans arme, mais 2 % d’entre eux agressent leurs victimes avec un couteau, un revolver et même à l’aide d’une canne ! Ces agressions, commises pour moitié par les patients eux-mêmes, sont aussi imputables aux accompagnants. L’enquête du Cnom s’est aussi attachée à déterminer la cause première de ces agressions. Si le refus de prescription, le vol de médicaments ou le temps d’attente estimé trop long avant un rendez-vous sont souvent à l’origine de comportements colériques, la violence est majoritairement provoquée par une prise en charge considérée comme insatisfaisante par le patient. « Un simple refus d’arrêt de travail peut provoquer un conflit », rappelle Jean-Marie Faupin, pour qui l’augmentation des faits constatés « commence à être inquiétante, même si elle n’est pas nouvelle. Dans les années 80 déjà, les collègues qui intervenaient le soir dans le quartier Bernon, à Épernay, rasaient les murs ».

La profession tente donc de s’organiser en prônant, dans certaines situations, l’installation de systèmes de vidéosurveillance. « Dans tous les cas, il ne faut pas donner l’impression que le médecin est isolé. » Mais même quand ce n’est pas le cas, le médecin n’est jamais à l’abri de violences, telles celles qui se produisent de plus en plus souvent aux urgences hospitalières. L’hôpital de Soissons en est un exemple, théâtre depuis le début de l’année, de trois agressions particulièrement violentes. L’une d’elles a valu une jambe cassée à un urgentiste. Son agresseur a écopé, en juin dernier, de deux années de prison ferme. Souffrant d’une éraflure à l’avant-bras, il avait porté un violent coup de pied à un médecin parce qu’il trouvait les soins trop lents…

3 QUESTIONS à


Yves DETRAIGNE
Pdt des maires de la Marne

Des comportements   de consommateurs

L’agression dont ont été récemment victimes deux élus marnais vous surprend-elle ?

L’affaire est particulière dans la mesure où il semble que l’auteur des faits est apparemment une habituée de l’insulte. En l’occurrence, cette histoire rappelle les rivalités familiales dans les villages d’autrefois. L’agression n’est pas forcément liée à la fonction mais à un ancien contentieux. Évidemment, cela ne la justifie pas pour autant. Mais globalement, je ne peux pas dire que ce type d’agression est en augmentation, mais c’est un fait que les élus sont sans doute de plus en plus interpellés par leurs concitoyens à propos de tel ou tel problème de travaux ou d’aménagement communal qui les touche de près… Nos concitoyens ayant besoin d’explications, cela explique que les élus doivent faire preuve de plus en plus de pédagogie.

N’ont-ils pas aussi vis-à-vis de leurs responsables politiques locaux des comportements de consommateurs ?

Sans aucun doute ! Ils veulent être entendus et satisfaits tout de suite. Comme maire de Witry-lès-Reims, j’ai souvent fait cette expérience. Vous expliquez à un administré que satisfaire à telle ou telle demande prendra un peu de temps, un délai de quelques mois, parce que cela dépend du règlement global d’une situation qui concerne tout le monde. Eh, bien, il ne le comprend pas. Il y a une espèce d’impatience. Cela peut tenir au fait, également, que les gens comprennent peu ou mal comment fonctionne la prise de décision dans une commune. Il envisage leur intérêt particulier avant de penser au collectif.

Sur internet, les réseaux sont aussi le réceptacle parfois d’insultes plus ou moins violentes adressées aux élus. Comment s’en protéger ?

Dans l’immédiat, la première chose, selon moi, est de temporiser, ce qui permet parfois à l’auteur de se ridiculiser lui-même. Si cela persiste, alors le maire doit rapidement faire une mise au point et, si besoin, menacer de porter plainte. En vingt-sept années de mandat municipal, cela m’est arrivé deux ou trois fois. En général, c’est très efficace.


Nathalie Crémont et Xavier Dannequin : « 
Bien sûr que nous ne démissionneront pas. »

  Extraits de l' union du 16/11/2017

  

    

  Répertoire  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les gens du voyage, casse-tête de saison pour les élus rémois

Les caravanes ont fait parler d’elles ces derniers jours. Un problème récurrent, notamment à cette période de l’année, entre gens du voyage rémois et ceux qui sont plus ou moins de passage.


Les caravanes, installées sur le campus, ont changé d’emplacement. Elles sont désormais rue de la Cerisaie, sur un terrain privé

Nicolas Warnier prend soin d'être nuancé : « C'est agaçant bien sûr, mais je relativise, je n'oublie pas qu'il y a ravanes s'installer dans son champ de huit hectares. « Ils ont retiré la ficelle qui tenait mon panneau « Défense d'entrer », détaille-t-il. A un moment, Je me suis mis devant une voiture pout dire « Vouss n'avez pas le droit » mais évidemment ça n'a rien changé. L'année dernière des membres de la communauté des gens du voyage avaient déjà investi ce même champ. Nicolas Warnier avait déposé plainte et envoyé un courrier à la sous-préfecture. Le 7 septembre, celle-ci lui avait répondu : « Un nombre accru d'installations illégales de gens du voyage a été constaté à l'approche de la période des vendanges. Leur évacuation. selon les conditions prévues par la loi, est programmée. En attendant, qu'elle puisse être exécutée pour ce qui concerne le terrain susvisé, j'ai demandé aux services de la police nationale d'accroître le passage des patrouilles de proximité. »

Les années passent mais en cette période de rentrée, la question des occupations illégales des gens du voyage se repose avec constance. À cela une justification géographique : cette année encore, le grand rassemblement annuel évangélique « Vie et Lumière » s'est tenu à Semoutiers (Haute-Marne), réunissant environ 5000 caravanes et 25000 croyants. Parmi ces derniers, nombreux sont ceux qui espèrent ensuite travailler dans le secteur à l'occasion des vendanges, pour lesquelles les premiers coups de sécateur viennent d'être donnés.

« Il ne faut pas engendrer un désordre à l'ordre public plus grand que celui qu'on doit faire cesser »
Xavier Albertini

Entre ces deux échéances, il y eut, pour résumer, une valse en trois temps. Le 28 août, plus de 150 caravanes débarquent au stade des Églantines, à La Neuvillette, alors que s'achevait une compétition de tir à J'arc. « Ce qu'on avait mis trois jours à installer, on a mis moins de trois heures à l'enlever ». racontait, le lendemain, Norbert P erreux, témoin de la scène. Dépôt de plainte, arrêté d'expulsion. etc. Statu quo pendant une semaine.

Une semaine plus tard, le 4 septembre, les gens du voyage sont conviés à l'aire dite de grand passage qui leur est réservée, située à deux pas des campus de sciences et de Staps (sciences du sport et de l'éducation physique).

Un accord a aussi été trouvé pour qu'ils occupent une partie de l'espace universitaire. Mais les caravanes sont trop nombreuses et J'occupation déborde. Pour éviter que les embouteillages ne perdurent et qu'un bras de fer ne s'engage, la décision a été prise de laisser entrer quand même. « Quand vous avez plus de 250 caravanes qui bouchonnent, que la tension monte avec les automobilistes, il faut trancher rapidement. II ne faut pas engendrer un désordre à l'ordre public plus grand que celui qu'on doit faire cesser », témoigne Xavier Albertini, adjoint au maire à la sécurité, sur le terrain ces derniers jours.

Pour « raisons de sécurité », le président de l'université, Guillaume Gellé, se résout à fermer le campus. Le 5 septembre, jour de la rentrée, 3 000 étudiants, enseignants, chercheurs et personnels administratifs, sont invités à rester chez eux.

Le lendemain, un compromis est trouvé, les caravanes implantées au cœur des bâtiments universitaires reculent sur le parking réservé aux enseignants. Des barrières sont posées sur le campus en guise de frontière éphémère. Sans oublier de saluer « la parfaite coordination entre les différents acteurs (sous-préfecture, police, Ville et Reims métropole, NDLR) », M. Gellé résume :  « Cet accord nous permet de fonctionner mais soyons clairs : ce n'est pas le fonctionnement normal d'un campus, résume M. Gellé. Un campus n'est pas l'extension d'une aire d'accueil des gens du voyage. A un moment donné, il va falloir que les services de la mairie de la métropole trouvent une façon de régler cette question car nous ne pouvons pas, chaque année, faire face à ce problème. » L'accord trouvé avec les gens du voyage incluait leur départ du campus avant le 12 septembre.

Certains sont désormais sur le champ de Nicolas Warnier, rue de la Cerisaie. Celui-ci en sourirait presque : « Il y a deux semaines, un de leurs pasteurs qui était venu l'an dernier m'a appelé pour me demander s'ils pouvaient s'installer sur mon champ. J'ai dit non mais ils sont bien là. » Soucieux d'éviter le piège de la stigmatisation, l'agriculteur détaille: « Franchement, j'avais des a priori bienveillants sur ces gens-là - après tout, on vit comme on veut, mais quand ils me voient, ils me disent des choses... comment dire... C'est risible tellement c'est faux : "On va faire une quête", "On ne va rien abîmer", etc. Déjà, je ne veux pas accepter d'argent, ça reviendrait à accepter la situation. Et l'an dernier j'en ai eu pour quatre jours de travail avec mon salarié tour remettre le champ en état après leur passage. Sans parler que le rendement du terrain sera moindre. »

Les gens du voyage, rencontrés au cours de ces dernières semaines expliquaient - sous couvert d'anonymat - avoir obtenu des « accords » pour s'installer. Les intimidations rapportées par les participants à la compétition de tir à l'arc sont balayées d'un revers de la main : « Ils étaient très gentils avec nous », nous assurait-on. Idem pour l'épisode du campus : « On nous a ouvert les portes, Monsieur, » expliquait un pasteur - ce qui était vrai. Difficile cependant d'approfondir ces échanges puisque « les médias racontent toujours n'importe quoi sur nous. »

Xavier Albertini évoque, lui, la difficulté liée au fait de ne jamais avoir affaire aux mêmes interlocuteurs, « Ce serait plus facile. Ce sont des gens qui connaissent bien la loi et c'est pourquoi nous avons intérêt à chaque-fois à être bien dans les clous au niveau des procédures, qui ne sont pas simples. » Il faut par exemple relever à chaque fois les numéros de plaques d'immatriculation, mais comme les caravanes peuvent bouger ...

« Gens du voyage », appellation fourre tout

Les gens du voyage n'ont rien 'à voir avec des Roms, ce sont deux populations complètement différentes. Les premiers sont des citoyens français, parfois depuis des générations. À l'inverse, les Roms sont des migrants venus de Roumanie, Bulgarie ou de l'ex Yougoslavie. Le terme « gens du voyage, est une construction juridique relativement récente. Dans ce même terme sont englobés plusieurs sous-groupes aux traditions différentes : personnes de culture manouche, Yéniches et même descendants des familles paysannes françaises qui étaient sur les routes au XIX° siècle. Le seul point commun, c'est le statut juridique particulier auquel ils sont soumis. La première loi date de 1912 et visait les « nomades ». Elle a été remplacée par un autre texte en 1969, toujours en vigueur. On parlait alors de « personne sans résidence, ni domicile fixe ». Mais le terme de SDF a changé de sens. Dans les années 1989 est apparu dans les circulaires le terme « gens du voyage » repris ensuite dans la loi 2000 de Louis Besson sur les aires d'accueil.

Tous sont soumis à la même réglementation, notamment l'obligation d'avoir un « livret de circulation », demandé pour entrer dans une aire d'accueil. Ce sont des citoyens français à part entière mais ils ont parfois du mal à avoir une carte d'identité, certaines préfectures rendant les démarches difficiles.

M.L

Une cohabitation tumultueuse au Bois d'Amour


Dans le gymnase, des portes ont été fracturées, comme celle de l'aquariophilie

Des portes forcées, du matériel détruit, des meubles, raquettes et ballons disparus, des abords qui servent de toilettes. Les responsables des différents clubs du comité d'entreprise d'ErDF ne peuvent plus exercer leurs activités depuis l'arrivée de caravanes autour de la structure, dans le quartier Bois-d'Amour. Dans la pièce qui sert à l'aquariophilie, et dont la porte d'accès a été fracassée, il n'y a guère de matériel de valeur, mais ceux qui stockent leurs poissons ici ont peur pour leur fretin. Certains passent tous les jours, avec une certaine discrétion, pour constater d'éventuels nouveaux dégâts.

« Tiens, il y a encore un réfrigérateur qui a disparu. Pourtant, il était là hier », constate un responsable de club sportif dans la pièce qui sert au stockage du matériel.  « Personne n'a vu le frigo ? » J’interroge l'homme, incrédule, avant de se rendre à l'évidence. Il a disparu dans la nuit.

« Qui va réparer les dégâts et nous dédommager »

Les membres du club de musique, eux, ont tout enlevé avant d'avoir à le regretter. « Les associations stoppent leur activité les unes après les autres et c'est bien dommage que personne ne fasse respecter la loi », dénonce un président qui a aperçu des jeunes rôder dans les parages. Une plainte a été déposée. Rien ne se passe. Même le gros tas de sacs poubelles, devant le gymnase, attire les mouches depuis un moment

 « En mai, nous avions un tournoi de foot en salle. Des visiteurs du camp se sont invités. Cela a failli dégénérer », raconte un autre adhérent. « Quant au terrain de tennis, il a été rendu inutilisable par le passage de quads. Au mieux, ces personnes seront expulsées. Mais qui va réparer les dégâts, qui va nous dédommager ? », interroge un sportif. Foot, badminton, ping-pong, basket, gymnastique, pétanque, fonctionnent au ralenti ou plus du tout. Les tensions avec les gens du voyage sont à leur comble.

Les tensions avec les gens du voyage sont à leur comble. « On court à la catastrophe. On n'ose plus venir. Et avec le gros poste de transformation qui se trouve dans l’enceinte de l’entreprise, il y a des risques pour les enfants. Si l'un d'eux rentre dedans, il n'en sortira pas ». Un peu plus loin, dans le même quartier, les habitants de la rue de l'Epargne ont vu s'installer des caravanes derrière leurs maisons. Les nomades ont brisé une clôture et sont entrés puis ils ont réalisé un piquage sur un poteau électrique.

« On court à la catastrophe. On n'ose plus venir. Et avec legros poste de transformation qui se trouve dans "enceinte de "entreprise, il y a des risques pour les enfants. Si l'un d'eux rentre dedans, il n'en sortira pas ».

Un peu plus loin, dans le même quartier, les habitants de la rue de l'Epargne ont vu s'installer des caravanes derrière leurs maisons. Les nomades ont brisé une clôture et sont entrés puis ils ont réalisé un piquage sur un poteau électrique pour bénéficier du courant. Le câble passe juste derrière la maison d'une habitante qui ne profite plus de son jardin et ose à peine regarder par la fenêtre. « On est mal, on ne dort plus. Le tout est fait en toute impunité et on baisse les bras. Quand on appelle la mairie, on nous dit qu'il faut attendre les vendanges. Mais je pense que ces personnes sont en train d'installer un petit village et c'est pour y rester. Ils s'attaquent aux arbres quand ce n'est pas aux riverains. Un soir, ils sont passés près de moi en voiture et ont tenté de m'intimider. Nous vivons dans l'angoisse, nous pensons que nos maisons n'ont plus aucune valeur. Mais si je peux vendre, je m'en vais ». Un autre voisin estime qu'il faut modifier les lois. « Notre quartier pittoresque est devenu une zone de non-droit. Nous sommes sur les nerfs. Tous les matins, ils tirent au fusil. Ça va mal finir. »

M.C LARDENOIS

LES REPERES

Plus besoin de passer par le tribunal

•.- Le préfet peut procéder, depuis 2007 à l'évacuations forcée de caravanes, après mise en demeure, sans passer par le juge des référés du tribunal de grande instance.

Les communes pêchent toujours sur les aires d'accueil

•.-Fin 2014, seuls 18 des 96 départements métropolitains avaient atteint les objectifs fixés dans le cadre de leur « schéma départemental d'accueil des gens du voyage ». Le progrès par rapport à 2010 est indéniable, puisqu'ils étaient alors seulement cinq. Dans la Marne, huit des onze aires d'accueil attendues étaient réalisées, ainsi que trois des cinq aires dites « de grand passage »

•.- 3 le nombre d’aires d’accueil dans l’agglomération rémoise.

•.- 263 le nombre de caravanes recensées aux Eglantines.

Pour en savoir plus

•.- Parmi les ouvrages écrits sur bla communauté des gens du voyage, citons celui de l’anthropologue Marc Bordigoni, intitulé « Gitans, Tsiganes, Roms … idées reçues sur le monde du voyage. (2013)

LA PHRASE

•.- « Le dossier des gens du voyage fait partie des priorités du conseil local ou intercommunal de prévention de la délinquance » . Valérie Hatsch, sous-préfète.  

 Mathieu Livo&reil et Yann Le Blévec

 Extraits de l' union du 13/09/2016

  

    

  Répertoire  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le championnat de tir il l'arc perturbé par l'invasion de centaines de nomades.

Hier midi des nomades arrivés en force avec 150 à 180 caravanes ont profité du championnat de France de tir à l'arc pour envahir le stade des Églantines lors d'une opération commando.


Les participants au championnat de tir à l’arc ont dû ranger en catastrophe leur matériel.

L'ESSENTIEL .

•.- Situé à la sortie de Reims, route de Laon, le complexe sportif des Églantines a longtemps attiré les nomades. Pas moins de sept occupations entre 2012 et 2104

•.- La Ville à dépens6 150.000 eiros en 2015 pour sécuriser le sire. Depuis, les caravanes ne pouvaient plus rentrer.

•.- Ce week-end, 600 archers , étaient présents aux Eglantines pour participer au championnat de France-fédéral de tir à l'arc.

•.- La compétition s'est terminée hier à 12 h 30. Dix minutes plus tard, les gardiens ont ouvert le portail pour permettre aux premiers participants de partir, les nomades ont aussitôt déboulé, en pleine cérémonie de remise des prix.

•.- Entre 150 et 180 caravanes occupent désormais le site. La Ville de Reims a pris un arrêté d'expulsion. L'État promet d'agir vite.

Insultes, bousculades, menaces de mort, rugissements de moteurs ... Organisé cette année par la Compagnie d'arc de Reims, le championnat de France fédéral de tir à l'arc s'est terminé hier midi dans une pagaille invraisemblable au stade des Églantines. Alors que la cérémonie de remise des prix venait de commencer, les participants ont vu débarquer autour d'eux des dizaines et des dizaines de caravanes.

L'accès était surveillé par deux bénévoles. Sous le choc, l'un d'eux peine à retenir ses larmes. « La compétition s'est terminée à 12 h 30, j'ai ouvert le portail à 12 h 40 pour permettre aux premières personnes de partir. Tout de suite, un gars est arrivé en voiture, est entré, suivi de plusieurs caravanes. Je me suis mis devant. Ils m'ont dit de m'écarter, sinon j'allais me faire écraser. Un autre gars avait une clef à molette. Il a menacé de me frapper. Qu'est-ce que vous voulez que je fasse ? »

Touché pas une caravane !

La voie ouverte, le flot des caravanes s'est engouffré dans le stade. « On commençait à faire le podium avec le conseiller général, le président de la fédération nationale et les autorités locales du tir à l'arc », témoigne le président de la Compagnie d'arc de Reims, Norbert Perreux, « quand d'un seul coup, on a vu arriver une caravane, puis deux, trois, cinq, dix ... Ça n'arrêtait plus. En dix minutes, elles ont envahi les cinq terrains sur lesquels nous avions encore notre matériel. »

Des organisateurs ont tenté d'endiguer le flux. Peine perdue. « J'ai mis les mains sur le capot d'une voiture. Le type continuait d'avancer, j'ai dû m'écarter », dit l'un. « J'ai été menacé. Si tu continues à me parler comme ça, il y aura un mort », rapporte un autre. « On ne pouvait rien faire, alors on a fini la remise des médailles, on a bu le pot mais le cœur n'y était plus, la fête était gâchée » , soupire M. Perreux. « Le petit gueuleton qu'on avait prévu avec les bénévoles, c'est fichu. Normalement, on avait jusqu'à lundi soir pour tout ranger. Pas question de laisser notre matériel ici ! Il faut tout ranger avant ce soir (ndlr: dimanche). »

Organisateurs ou concurrents venus des quatre coins de la France, tous ont couru à droite à gauche pour évacuer leur matériel en catastrophe. « On devait passer entre les caravanes. Un nomade m'a 'menacée car je passais trop près de la sienne avec mes affaires », s'offusque une jeune femme. « Ils roulent comme des fous », s'indigne une autre. « On a vu une Austin Mini partir à fond vers la sortie alors qu'il y avait plein de gens sur le chemin, avec des enfants, qui regagnaient leurs voitures après la fin de la remise des prix. »

Embouteillage dans la ville

Sur l'ensemble du week-end, la compétition a rassemblé 600 archers, leurs proches, les organisateurs, soit environ 4.000 personnes. La plupart des visiteurs étaient pressés de repartir après l'irruption des intrus, mais il leur a fallu patienter. « Ce sont les nomades qui faisaient la circulation. Priorité aux caravanes qui arrivaient, et de temps en temps, ils laissaient sortir cinq - six voitures. Ma sœur, qui avait pu partir, m'a téléphoné. Vous n'avez pas fini d'en voir arriver: il y en a jusqu'à l'avenue de Laon, ça bloque à tous les ronds-points. »

Hier soir, entre 150 et 180 caravanes étaient comptabilisées par la police. Les organisateurs ont pu tout remballer. Restaient huit sanisettes mobiles, 50 barrières métalliques, 65 bancs, 90 tables et 300 chaises de la Ville de Reims, que celle-ci devait récupérer aujourd'hui. Mais déjà, ici ou là, on voyait des nomades venir se servir.

Un arrêté d'expulsion pris dès hier par la Ville

On prend les mêmes et on recommence ... Plusieurs des familles venues s'installer hier aux Églantines font partie de celles qui avaient occupé le terrain du foot du boulevard Albert-1er jusqu'à leur expulsion le 17 août (L'union du 18). Le groupe avait ensuite rejoint le rassemblement évangélique de Chaumont (Haute-Marne), avant de revenir sur l'aire de grand passage du Moulin de la Housse, prévu à cet effet, moyennant une modique somme à payer. « Ils avaient annoncé leur départ de Reims ce week-end. Alors que nous faisons tout ce qu'il faut pour les accueillir humainement, ils n'ont pas respecté leur parole et déclarent maintenant vouloir rester aux Églantines jusqu'aux vendanges. C'est inacceptable, inadmissible , » tempête Xavier Albertini, adjoint au maire délégué à la sécurité. « J'ai pris dès aujourd'hui (NDLR dimanche) un arrêté d'expulsion qui va être transmis à l'État dans les plus brefs délais pour que celui-ci donne le concours de la force publique. J'ai eu la sous-préfète au téléphone. Elle a donné son accord de principe. »

 Sur un plan plus général, l'élu en a assez de ces intrusions récurrentes qui concernent toutes les villes de France. « Ça ne peut plus durer comme ça. C'est permanent. Les riverains sont exaspérés. Il faut que les parlementaires se saisissent du problème. Il Mais comment le traiter ? Vaste affaire, d'autant que d'après une estimation effectuée il y a quelques années par le ministère de l'Intérieur, même si toutes les communes respectaient leurs obligations en termes d'accueil des gens du voyage, le nombre de caravanes excédentaires par rapport aux places disponibles atteindrait les 22.000.

Fabrice CURLIER

 Extrait de l'union du 29/08/2016

  

    

  Répertoire  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le plan Alerte enlèvement, un dispositif efficace

Le plan Alerte enlèvement, déclenché vendredi soir pour retrouver Nathaël, un garçon de 9 ans, est déployépour aider à la recherche d'un enfant présumé enlevé.

L’alerte enlèvement est diffusée sur une cinquantaine de canaux (télévision, radio, internet. panneaux d'affichage_ Archives AFP

Enlevé par son père vendredi en Saône-et-Loire, en l'absence de droit de garde, a été retrouvé hier en bonne santé dans le Vaucluse, au terme d'une nouvelle alerte enlèvement fructueuse. Les gendarmes l'ont découvert « en train de se détendre près d'une rivière » avec son père, « dans le secteur de Bédarrides », non loin du domicile de celui-ci, a précisé le vice procureur de Mâcon Frédéric Jacques. Les enquêteurs n'ont relevé aucune trace de violence ou de contrainte sur Nathaël, qui devait rapidement être remis à sa mère, Françoise Mari. C'est la 18ème fois que le plan Alerte enlèvement s'est révélé efficace en permettant de retrouver l'enfant enlevé.

  Il s'agit de mobiliser la population dans la recherche de l'enfant enlevé et de son ravisseur  

Ce plan est largement inspiré du plan « Amber Alert », créé au Texas en 1996, après l'enlèvement et l'assassinat de la petite Amber Hagerman. Adopté en France en février 2006, il consiste à lancer en cas de rapt d'enfant mineur une alerte massive, via une cinquantaine de canaux de diffusion (radio, télévision, sites internet, panneaux de gare et d'autoroutes, panneaux d'affichage urbain, réseaux de la SNCF ou de la RATP, 22000 bornes de la Française des Jeux) pour mobiliser la population dans la recherche de l'enfant enlevé et de son ravisseur. Les particuliers peuvent relayer l'alerte via Facebook et des applications de smartphones.

Le plan Alerte enlèvement, lancé sous l'autorité du procureur de la République, doit être déclenché le plus tôt possible après l'enlèvement car les enquêteurs ont constaté que les premières 24 heures étaient cruciales pour la survie de l'enfant. Il n'est cependant activé que si plusieurs critères sont réunis : il faut un enlèvement avéré et pas une simple disparition, la victime doit être mineure et son intégrité physique ou sa vie doivent être en danger ; des éléments d'information doivent permettre de localiser l'enfant.

Selon les modalités du plan, le signalement de l'enfant ainsi qu'éventuellement celui de la personne soupçonnée de l'avoir enlevé et tout renseignement pouvant permettre de retrouver leur trace sont diffusés à intervalles réguliers. A la télévision, une bande défile tous les quarts d'heure, tandis qu'un message en plein écran, avec éventuellement une photo, s'affiche entre les programmes. Les chaînes de la région concernée diffusent des messages plus rapprochés.

Un plan déclenché dix-huit fois avec succès depuis 2006

•.- 9 juillet 2006 : disparition la veille à Bouillé-Ménard (Maine-et-Loire) de deux sœurs de 8 et 10ans, Emeline et Mélissa, confiées à une amie par leur mère, qui était ivre.

•.- 11 janvier 2007 : deux enfants de 11 et 8 ans, Christophe et Lucie, disparus la veille avec leur voisin, handicapé mental léger, retrouvés dans un centre commercial de Limay (Yvelines).

•.- 13 janvier 2007 : un bébé de 18 jours, Bilel, enlevé par une adolescente de 12ans, retrouvé le lendemain avec sa ravisseuse dans une rame de RER à Brétigny-sur-Orge(Essonne). L'enfant lui avait été confié par sa mère le temps d'une consultation à l'hôpital.

•.- 19 aout 2007 : Enis,5 ans, disparu à Roubaix le 14août alors qu'il jouait devant chez lui, est retrouvé. Francis Evrard, un pédophile récidiviste, a été condamné en 2009 à Douai à 30 ans de réclusion pour l'enlèvement et le viol de l'enfant.

•.- 21 février 2008 : un nourrisson d'un mois et demi, Kinsley, disparu à l'lIe-Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), est retrouvé à Garges-lès-Gonesse (Val d'Oise). Le ravisseur présumé est arrêté.

•.-  12 mars 2008 : disparition de Raphaël, 9 ans, à Nantes. L'enfant est retrouvé dans la nuit.

•.- 10 décembre 2008 : Diango,  âgé de deux jours, enlevé la veille à Ia maternité d'Orthez (Pyrénées-Atlantiques), retrouvé chez une mère de six enfants de 48 ans, qui avait simulé une grossesse.

•.- 20 mars 2008 : Élise, 3 ans, enlevée à Arles (Bouches-du-Rhône) sous les yeux de son père, un Français auquel elle sera rendue après l'arrestation en avril en Hongrie de sa mère russe.

•.- 16 février 2010 : un bébé de 18 mois, Ibrahima, à Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne), est retrouvé quelques heures après son enlèvement à Châtillon (Hauts-de-Seine) avec son père, qui avoue le meurtre de la mère le matin même.

•.- 18 septembre 2011 : Charline et Julie, deux sœurs de 12 et 10 ans, parties se promener avec un couple de leur voisinage à La Flèche (Sarthe), ramenées saines et sauves par des tiers à la gendarmerie.

•.- 28 aout 2012 : une femme de 25-30 ans recherchée après l'enlèvement d'un bébé de quatre jours, Zacharia, dans une maternité à Marseille.

•.- 10 décembre 2012 : un nouveau-né est enlevé dans une maternité de Nancy par une femme vêtue en infirmière. La jeune femme est retrouvée chez elle avec l'enfant le lendemain.

•.- 18 avril 2014 : une fillette de 4 mois, prénommée Miah, est enlevée au Centre maternel de Nancy par sa mère, déficiente mentale, et son compagnon. Ils sont condamnés à 18 mois et 12 mois de prison.

•.- 23 avril 2015 : enlèvement de Berenyss, 7 ans, à Sancy (Meurthe-et-Moselle). La fillette est retrouvée huit heures après son rapt, dans les Ardennes, et son ravisseur est arrêté le 28 avril.

•.- 18 aout 2015 : le plan est déclenché après l'enlèvement à Rennes d'un garçon de 4 ans, Rifki, retrouvé le lendemain à Libourne (Gironde).

•.- 29 mai 2016 : Le dispositif est activé pour retrouver trois enfants de 5 à 10 ans, qui ont disparu à Pontcharra-sur-Turdine (Rhône) avec leur père, leur mère a été victime d'une « mort violente ». Les trois enfants sont retrouvés moins de deux heures plus tard et le père se présente à la gendarmerie.

•.- 8 juillet 2016 : une fillette de 4 ans est enlevée à L'Isle d'Abeau (Isère). L'enfant est retrouvée et deux hommes sont arrêtés.

•.- 18 aout 2016 : Nathaël, 9 ans, enlevé la nuit précédente par son père, qui n'avait ni droit de visite ni droit de garde, à Romenay (Saône-et-Loire). Il est retrouvé le lendemain dans le Vaucluse.

Les REPERES

UNE ALERTE VISUELLE ET IDENTIFIABLE

•.- le contenu de l'alerte ; enlèvement est fourni par les ï autorités. ll sst reconneissebie par = sa charte graphique rouge et le : signal sonore qui le précède.

•.- Le message est court; prénom de la victime, sa photo, le jour et l'heure de son enlèvement et tout détail permettant de retrouvèr l'enfant ou le suspect.

Le  CHIFFRE : 23

•.-  Enfants ont été retrouvés sains et saufs grâce au dispositif Alerte enlèvement mis en place en 2006.

LA PHRASE

•.- « Je suis contente qu'il ait pu être retrouvé, mais je ne suis pas encore très bien ; (...) J'aurais voulu ne jamais vivre ce jour-là. » Françoise Mari, mère de Nathaël retrouvé sain et sauf hier.

 

Extraits de l'union du 21/08/2016

  

    

  Répertoire  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ils sont fichés S... mais pas forcément surveillés

Gardé à vue après la tuerie de Charlie Hebdo, le Carolomacérien Mourad Harnyd avait été remis en liberté par des policiers qui semblaient ignorer que l'individu faisait l'objet d'une fiche S, y a-t-il eu dysfonctionnement ? Voici ce qu'implique cette procédure.

  Les fiches S, made d'emploi  

L'Ardennais Mourad Hamyd est fiché S depuis août 2014, soit six mois avant sa garde à vue à Charleville-Mézières, puis sa remise en liberté. Le plus normalement du monde …


Depuis 1985, le fichage est européen. Les fichés S sont parfois repérés au passage des frontières. Ici, un contrôle douanier à  La Chapelle, dans les Ardennes, en Juin dernier. Aurélien Laudy

A SAVOIR

•.- Le fichier des personnes recherchées (FPR) comporte 21 catégories identifiées par une lettre :

- E pour « police générale des étrangers »,

- IT pour « interdiction du territoire »

- R pour « opposition à résidence en France »,

- TE pour , « opposition à entrer en France »,

- M pour « mineurs fugeurs »,

- V pour « évadés »,

- PJ pour «recherches de police judiciaire »,

- T pour « débiteurs du Trésor» ou

- S donc, pour « sûreté de l'État ».

•.- En juin, le préfet de la Marne évoquait dans ce département la présence d'une « quarantaine» de  personnes faisant l'objet d'un suivi en raison de « signes avérés de radicalisation». Paradoxalement, ces personnes ne sont pas forcément fichées S.

Les questions affluent ... Elles sont légitimes. Recueillant ses déclarations pendant quarante longues heures au lendemain de l'attentat de Charlie Hebdo, comment les policiers ne se sont-ils pas rendu compte que Mourad Hamyd, dont la France a demandé l'extradition à la Bulgarie (nos éditions de lundi et mardi) faisait l'objet d'une fiche S depuis le mois d'août précédent ? Pas pour un motif bénin mais pour « appartenance à la mouvance radicale locale ». Deux jours après la tuerie parisienne, cela n'a pas empêché le jeune beau-frère de Chérif Kouachi, l'un des deux tueurs de Charlie Hebdo, de recouvrer la liberté sur ia foi de dénégations qui avaient l'apparence de la sincérité. Mais l'apparence seulement, on le sait désormais.

Toutes les fiches, y compris la fiche S, n'impliquent pas de surveillance systématique

Pour éclairer la question I'avis d'un policier syndicaliste est utile (voir ci-contre). Fabrice Poli rappelle notamment une évidence, qui ne l'est toujours pas pour tout le monde. La désormais fameuse fiche S ne vaut pas infraction, encore moins culpabilité, tout au plus suspicion. Mais suspicion de quoi ? C'est justement le problème, qui nécessite de rappeler brièvement l'historique de ce signalement, l'un parmi (beaucoup) d'autres.

400 000 noms sur le fichier des personnes recherchées.

Établie par les services du renseignement, plus exactement la Direction générale de la sûreté intérieure (DGSI), la fiche S est une émanation du Fichier des personnes recherchées (FPR) créé en 1969. En l'occurrence, c'est le plus vieux fichier du renseignement français. Quel en était l'objectif ? Rechercher et surveiller de près toute personne en délicatesse avec la loi et la justice. Actuellement, ce fichier comprendrait près de 400.000 noms ! Qu'on se rassure, pas tous des apprentis jihadistes ou activistes patentés, mais un large' éventail de personnes réparties dans 21 catégories distinctes, du mineur en fuite aux aliénés, du fraudeur fiscal aux militants politiques ... Chacune de ces catégories est affectée d'une lettre (voir le détail par ailleurs) dont le S pour «sûreté de l'État », s'agissant des activités susceptibles de troubler J'ordre public. Comme rien n'est simple, ce fichier S est lui-même subdivisé en seize niveaux de classification, qui ne correspondent pas, contrairement à ce qu'on croit souvent, à la dangerosité supposée des personnes concernées, mais aux procédures policières spécifiques à mettre en œuvre pour assurer leur surveillance. Ainsi, les frères Kouachi étaient-ils fichés S 14. Mais cette classification peut aussi concerner des antinucléaires opposés au laboratoire de Bure, des zadistes en guerre contre le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, un hooligan ou un militant altermondialiste. Précision importante: le fichage S n'implique pas une surveillance systématique, encore moins une arrestation.

Que contiennent ces fiches ? Rien que de très prévisible : un nom, une adresse, une photo, les motifs de la recherche etc. Depuis l'entrée en vigueur des accords de Schengen, en 1985, ce fichier est européen mais il est (théoriquement) remis à jour tous les deux ans. La fiche S peut aussi disparaître des tablettes de la DGSI si la personne concernée ne se fait plus remarquer. Avec les risques que cela comporte ... L'auteur de l'attentat de Saint-Quentin-Fallavier, en juin 2015 avait fait l'objet d'une fiche S de 2006 à 2008. Sept ans avant de passer à l'acte.


« La police territoriale devrait être informée »


Fabrice Poli IAlliance): « Le seul signalement n'est pas une infraction. »

« Je n'ose imaginer que les policiers qui ont entendu Mourad Hamyd en garde à vue n'aient pas pris au moins cinq minutes pour le passer au fichier S. Je pense que ça a été fait parce que c'est un réflexe chez tout policier »; assure Fabrice Poli, le secrétaire du syndicat Alliance pour le Grand-Est. Au lendemain de l'attentat contre Charlie Hebdo, les 7 et 8 janvier 2015; le beau-frère de Chérif Kouachi avait été retenu pendant 40 heures dans les locaux du commissariat de Charleville-Mézières. « J'ignore si ce sont des policiers de la DGSI ou de la territoriale qui l'ont interrogé. Dans le premier cas, la sûreté intérieure dispose d'un accès direct au listing alphabétique des fiches S. Dans le second cas, non. On peut le regretter. Je pense, en effet, que les services de sécurité publique devraient être informés, même si la protection des sources est aussi nécessaire.

Le syndicaliste insiste toutefois sur le caractère « particulier » de la fiche S. « Elle n'est pas synonyme d'infraction. Regardez Farouk Ben Abbes, ce jihadiste transféré en juin de Toulouse à Brienne-le-Chateau. Il circulait comme il voulait. Quand bien même il est fiché pour appartenance à une mouvance radicale, comme l'est Mourad Hamyd, tant qu'un individu n'a pas été confondu pour un acte répréhensible au regard de la loi, il est difficile de le priver de sa liberté de circuler. »

Le fait que le fichage S n'apparaisse pas non plus sur le casier judiciaire systématiquement consulté par les policiers, suscite une explication comparable :  « Le seul signalement n'est pas une infraction susceptible de figurer sur le fichier des antécédents judiciaires. » Quoi qu'il en soit, le syndicaliste rappelle enfin que la remise en liberté de Mourad Hamyd avait Il été décidée par un magistrat. »

Les REPERES

PLUS DE TRANSPARENCE DEMANDÉE

•.-  Début juillet, le président du Grand Est, Philippe Richert, avait écrlt à Bernard Cazeneuve pour lui demander à être informé de la présence de jeunes fichés S, dans les lycées de sa région.

•.- Le ministère s'est contenté d'un accusé de réception daté du 26 [uillet.« Une suite sera donnée », dit le courrier.

Le CHIFFRE : 10.500

Personnes figuraient sur le fichier S fin 2015, selon le Premier Ministre Manuel Valls.

LA PHRASE

 « La mise en rétention des personnes fichées S serait anticonstitutionnelle et inefficace.

C'est ce qui permet à la Franc de démanteler un très grand nombre de réseaux terroristes et de travailler sans que ces individus le sachent, »

Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur.

Gilles GRANDPIERRE

Extraits de l'union du 10/08/2016

  

    

  Répertoire  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sept idées reçues sur les agents de sécurité

Particulièrement sollicitées, les agences de sécurité sont soumises à des exigences strictes de la part du ministère de l'Intérieur. Nous avons passé en revue sept a priori pour mieux comprendre leur fonctionnement.


Souvent décriée, la profession d'agent de sécurité nécessite plus de compétences que d’être seulement en bonne condition physique. Concentration, sang-froid et rigueur sont de mise. Hervé Oudin

 

L’ESSENTIEL

•.- Près de 151.000 agents de sécurité sont employés en France ; quelque 1.710 en Champagne-Ardenne (source : Syndicat national des entreprises de sécurité, chiffres 2014 publiés en 2015, l'étude 2016 est lancée.  •.- Selon les données de la Cour des Comptes. en 2015,  la police compte près de 144.000 membres et la gendarmerie quelque 95.500 militaires et civils.

•.- En 2012, l'Etat a créé le Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) sous l'égide du ministère de l'Intérieur.

1 – Mesurer 2 mètres et peser 110 Kg suffisent : Ce temps-là est révolu

« Avant, on voyait beaucoup d'amateurs iie sports de combat, des personnes au physique impressionnant. Mais ce n'est plus un critère. » Laurent Amou, gérant d'Elite sécurité à Reims, pose les bases. Une bonne condition physique est indispensable mais pour la formation initiale il est surtout nécessaire d'avoir un casier judiciaire vierge et d'être inconnu des forces de l'ordre. Un grand excès de vitesse ou avoir été impliqué dans des affaires de vols, violences, trafics de stupéfiants, escroquerie ... peuvent suffire à une disqualification.

2 – Un diplôme n’est pas nécessaire

Depuis une dizaine d'années, des formations de BEP, CAP jusqu'au DUT proposent des cursus dans la sécurité. Les policiers et gendarmes détiennent de fait tous les agréments pour couvrir les branches de la profession. Aujourd'hui d'ailleurs, les règles pour travailler dans les agences de sécurité sont aussi strictes que pour passer le concours de police », poursuit le responsable. « Avant, il y avait une forme de laxisme. C'est fini. D'ailleurs, l'État nous pique parfois de très bons éléments qui entrent dans les forces de l'ordre. »

3 - L'agent de sécurité n’est qu’un vigile

Là encore, il ne s'agit pas que de garder des accès, avec .ou sans chien. Lors des 80 heures de formation de base, les candidats apprennent le droit et l'éducation civique (constitution, fonctionnement du gouvernement, de l'Assemblée nationale ... ). L'affirmer paraît évident mais parler français, savoir lire et écrire sont devenus indispensables.

« Il y a plusieurs années, j'avais recruté un Géorgien qui parlait six langues mais pas très bien français. Depuis la mise en place de toute la réglementation, il a obtenu toutes ses validations des acquis de l'expérience », précise Laurent Amou. Rédiger un rapport, une main courante, maîtriser l'outil informatique, avoir des rudiments de langues étrangères sont nécessaires. « Nous sommes par exemple présents chez Mc Cain à Matougues. Aux accès peuvent arriver des chauffeurs étrangers, il faut comprendre et se faire comprendre. »

4 – Physionomiste est une spécialité

« Non, cela fait partie du boulot. Si vous ne savez pas reconnaître et imprimer 'les visages, il faut changer de métier. ,. La psychologie est tout aussi importante. Face à des jeunes, ou moins jeunes, alcoolisés, conserver son sang-froid n'est pas forcément inné. CI Nous avons commencé par les soirées étudiantes, appuie Laurent Amou. Il était hors de question d'avoir un geste déplacé contre un étudiant. Il faut de la pédagogie, savoir discerner la personne qui s'amuse de celle qui peut être agressive. »

5- C’est un métier d’homme

Isabelle Derulle, géante de LADP à côté de Sedan, prouve que c'est faux. Une poignée de femmes dirigent des sociétés. Mais beaucoup font partie des, effectifs d'agents et sont reconnues pour leurs qualités ! « Elles abordent les problèmes différemment; désamorcent plus facilement les conflits », reconnaît Laurent Amou. De façon plus pragmatique, elles sont très recherchées pour les palpations. En France en 2014, elles représentaient 15% de la profession.

6 – Les agents de sécurité peuvent être armés

La loi le prévoit (article L613-S). Les convoyeurs de fonds disposent déjà d'armes létales  (au-delà de la quatrième catégorie), Le port d'arme reste soumis à l'autorisation du préfet. Mais une majorité de gérants de société se montrent prudents. « Pour les transferts de fonds. je trouve cela normal », lâche Sébastien Noël, gérant d'Arden' sécurité. « Pour le reste, c'est plus délicat. Pourquoi pas le port du taser ? Ce serait un premier pas », suggère l'ancien flic. « Sous formation et pour certaines missions, cela pourrait être utile », appuie Didier Bionaz, de la société éponyme à Abbêcourt, dans l'Aisne.

7 – La profession est de plus en plus demandée.

Oui et non. Les demandes de stage affluent. Riad Krid, responsable de Global sécurité privée, à Reims, en atteste. « Mais je n'en propose pas. De toute façon, ce n'est pas en trois jours que le métier s'apprend. » Par contre, les besoins en recrutement se font sentir. Surtout que les collectivités où organisateurs d'événements, même à petite échelle, réclament plus d'agents. « Ces derniers temps; nous doublons les effectifs », assure Didier Bionaz. « Nos besoins sont réguliers mais ponctuels. » Les CDD (deux tiers des contrats signés en France en 2014) sont donc plus proposés que des CDI. Ce que confirme Sébastien Noël qui n'a jamais aussi bien travaillé. « En enregistrant des contrats en début d'année, j'avais déjà du travail jusqu'à la fin de l'année.  

Une profession sous contrôle


Impossible aujourd'hui de s'improviser gérant de société de sécurité. Karen Kubena

 « Il y a encore du ménage à faire », selon Sébastien Noël, gérant d'Arden' sécurité, société fondée il y a onze ans.  « Certes, la création du CNAPS a permis d'établir des règles fermes mais c'est encore assez récent. « J'ai été contrôlé en 2013, poursuit le responsable. Tout s'est bien passé, j'ai mes agréments mais on sait que certains ne sont pas dans les clous. » Car le circuit peut fonctionner si les règles sont respectées. Comment contrôler une entreprise si, pour toute coordonnée, n'est trouvée qu'une boîte aux lettres ? Début janvier, les gérants de la société Cynoprotect (devenue Urban protect) avaient été condamnés au tribunal correctionnel pour abus de biens sociaux et reconnus coupables d'emploi illégal de plusieurs salariés, écopant d'une amende de 25.000 euros.


Votre Avis ?

Sollicitez-vous plus fréquemment des agents de sécurité ?

« Vérallia est une industrie lourde mais n’est pas classée en Sévéso (présentant un risque industriel majeur, NDLR). Mais le périmètre du site est fermé et contrôlé. Cela a toujours été ainsi. Nous avons renforcé la sécurité pendant notre période de travaux. Mais pas par rapport au conteste national. Nous avons analysé la situation, mais notre dispositif est déjà efficace. »

« Les autorités m'ont demandé pour la Super brocante du 7 août, d'avoir des vigiles mais il faudra 300 €  par personne pour slx agents de 6 heures à 18 heures. Je n'ai pas les moyens: Alors, je fonctionne avec des bénévoles dont d'anciens policiers et gendarmes. C'est rassurant de le demander mais pas évident à mettre en place.»

« Pour le moment, nous n'en avons pas pris plus. Cela été le cas, par  exemple, pour les fêtes de Noël mais nous n'avons pas spécialement, fait appel aux agences de sécurité depuis. SI le besoin s'en faisait sentir, nous analyserions la situation et  prendrions les mesures en conséquence. Pour la place Ducale, nous' avons renforcé le disposltif  mais avec un double barlérage, la pollce municipale et de la vidéo protection. »


3 Questions à Laurent ARNOU

« Nous sommes en mutation » 

Laurent ARNOU est gérant d'Élite Sécurité à Reims. Il a monté sa société en 2005. Il évoque les évolutions du métier d'agent de sécurité et les demandes des clients. 

•.- Etes-vous pIus fréquemment sollicités par les collectivités ou  par les organisateurs de manifestations publiques ?

 Oui, mais à nous de décortiquer. Toutes les semaines, je refuse des demandes pour des agents de sécurité parce qu'il ne s'agit pas que de placer du personnel. D'autres sociétés sont peut-être moins, regardantes. Mais il faut un dispositif réfléchi et costaud. Le coût est aussi variable en fonction des missions. Aujourd'hui, quand on peul avoir vingt euros de J'heure, sachant qu'il y a les charges sociales, structurelles etc, on est content. Il y a une prise de conscience. Les clients comprennent que la sécurité est primordiale.

•.-  Le débat est de plus en plus fréquent sur le port d'arme pour les agents de sécurité. Quelle est votre position ?

Je n'y suis pas favorable même si la loi le prévoit. Le préfet peut nous donner l'autorisation de porter des armes létales (au-delà de la quatrième catégorie. NDLR). Mais je suis contre car il y a une notion de responsabilité et, toujours à titre personnel, on peut avoir un phénomène de surenchère. En face, les gens vont s'équiper en conséquence.La question est récurrente en tout cas, J'ai déjà été consulté par des maires pour l'armement de la police municipale par exemple.

•.- Comment voyez-vous l’avenir de votre profession dans un contexte où les attentats font malheureusement partie de notre quotidien ?

 On est en guerre. Et nous sommes face à un vrai problème de recrutement. Nous manquons d'agents parce que le niveau d'exigence des clients évolue. Nous sommes dans une phase de mutation. Il faut faire comprendre aussi que mettre à disposition de nombreuses compétences payées au smic, c'est compliqué. Il y a une prise de conscience mais nous avons un vrai souci à ce niveau. Car nous savons aussi que l'État s'appuiera de plus en plus sur nous.


« Les yeux et les oreilles des forces de l'ordre »


Forces de l'ordre et agents de sécurité sont régulièrement présents ensemble lors de manifestations d'envergure. Bernard Sivade

Que les agents de sécurité soient des compléments aux effectifs des forces de l'ordre, même si le métier est différent, cela paraît de plus en plus évident dans un contexte tourmenté. En 2014 déjà, aux Assises de la sécurité intérieure, Bernard Cazeneuve ne s'en était pas caché, affirmant : « Le partenariat et la coopération entre les forces publiques de sécurité intérieure et les activités de sécurité privée sont plus que jamais indispensables. » À l'époque. le ministre de l'Intérieur avait en tête l'Euro 2016 de football. Mais les attentats qui se sont produits en 2015 et 2016 ne l'ont, malheureusement, pas fait mentir. De plus en plus sollicitées, les agences de sécurité sont « les yeux et les oreilles des forces de l'ordre, assure Didier Bionaz, gérant de la société éponyme dans l'Aisne. « Notre boulot, c'est d'alerter et nous sommes souvent présents les premiers » en cas d'événements nécessitant la présence de sécurité privée ou de gardiennage. Il suffit également de comparer les effectifs pour comprendre leur importance : plus de 151.000 salariés en 2015 en France alors que la police n'atteint pas tout à fait les 144.000 membres.

Les REPERES

6 Milliards

•.- Le marché de la sécuruté est de six milliards d’euros en France.

0.40 %

•.-  Le taux de la taxe des soelëtës de sécurité, reversée à l'État;

1983

•.- C’est la loi du 12 juillet qui régissait, jusqu‘en 2012, la sécurité

70

•.- Nombre d'entreprises en Champagne-Ardenne.

1710

•.- C’est environ le nombre de salariés embauchés par ces agences.

Un permis de travailler

•.- Un numéro professionnel préalable  est délivré aux entrants en formation. À l'issue. si tout est validé. notamment ile passé judiciaire, un numéro définitif, valable cinq ans est attribué aux agents.

Le CHIFFRE : 2

•.- La société et le gérant de cette société disposent chacun d’un agrément officiel pour fonctionner et exercer dans le domaine de la sécurité.

La PHRASE DU JOUR

•.- « La priorité absolue du secteur privé, pour sa professionnalisation, est d'abord la formation, » Bernard Cazeneuve. lors d'un discours aux Assises de la Sécurité privée, en 2014

 

Dossier réalisé par Claire HOHWEYER 

Extraits de l'union du 05/08/2016

  

    

  Répertoire  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 


Surveillant de prison, profession en quête de respectabilité

Alors que 2 500 postes s’ouvrent cette année en France, quelle est la réalité de ce métier ? Éléments de réponse avec une jeune surveillante, un ancien surveillant devenu directeur de maison d’arrêt et un syndicaliste.


La maison d’arrêt de Reims est réservée aux détenus purgeant une peine inférieure à deux ans. D’une capacité de 154 places, elle accueillait la semaine dernière 200 détenus.

L’ESSENTIEL

•.-  La maison d'arrêt de Reims, située sur le boulevard Robespierre et théoriquement réservée aux peines inférieures è deux ans, est d'une capacité de 154 places. Le 1er juillet, elle enfermait environ 200 détenus (hors semi-liberté).

•.- 47 surveillants (hors gradés), parmi lesquels neuf femmes, y travaillent.

•.-  A l’échelle nationale, une vaste opération de communication a été lancée pour la campagne de recrutement de 2.500 surveillants pénitentiaires pour l'année 2016.

          Puisqu'elle souhaite l'anonymat, appelons-la Marion. Âgée de 35 ans, elle a entamé depuis moins d'un mois sa nouvelle vie professionnelle: après avoir travaillé dans « les travaux publics », la voilà « dans la pénitentiaire », à la maison d'arrêt de Reims. Pour y arriver, Marion a réussi l'épreuve écrite puis les oraux, incluant tests psychotechniques, épreuve sportive et entretiens « pour savoir si on est capable de faire ce métier ». Entrée concrètement dans l'univers carcéral par le biais des deux stages découvertes prévus après l'obtention du concours, la jeune femme estime que son métier « est mal connu. Les gens ne savent pas ce que c'est de travailler en prison. Il faut un fort caractère, c'est sûr. C'est obligé d'avoir une crainte par rapport aux situations potentiellement compliquées auxquelles nous pouvons être exposés. Si vous n'avez pas, à un moment, cette crainte, c'est que vous n'avez pas conscience du métier que vous faites. » Face à elle, le directeur de la maison d'arrêt, Joël Bigayon, et Lulien Romero, responsable de la communication grand-est et venu de Dijon pour l'occasion, acquiescent. Sur une étagère, on distingue un curieux musée : téléphones portables miniatures saisis lors de fouilles, bouteille de sirop de menthe ayant servi à planquer des stupéfiants, etc.

       « Mon premier jour n'a pas été une journée ordinaire »

       C'est son choix : Marion est affectée au quartier des mineurs à Reims, quatre surveillants, deux hommes et deux femmes, peuvent gérer jusqu'à dix mineurs . « Ce n'est pas la même approche, résume M.Bigayon. Les mineurs qui arrivent ici n'ont pas de repères, certains n'ont jamais vu leurs parents travailler, le travail. est quand même un repère social important (...) Mais à partir du moment où un mineur est incarcéré, derrière, il y a la fracture d'une famille. » Marion liste les spécificités du surveillant de quartier mineurs :  « II faut plus de patience, plus de discussion, plus de fermeté. En tant que femme, on va plus facilement réussir à calmer une situation, à développer un rapport "maternel". »

Point d'angélisme au moment d'évoquer son premier jour : « j'ai eu un peu le baptême du feu, sourit-elle. Ils ne vous connaissent pas, ils vous testent et il faut qu'ils apprennent à vous connaître. Mon premier jour n'a pas été une  journée ordinaire. En quoi consistent ces « tests » ? « Ils vont vous demander des choses que vous n'avez pas le droit de faire et que vous ne ferez pas : passer du tabac aux mineurs, laisser un détenu homme aller boire un café dans une autre cellule que la sienne, etc. Ça, vous pouvez le marquer en grandes lettres : le métier de surveillant ne s'arrête pas à ouvrir et fermer des portes. Nous sommes amenés à faire du social et de la comptabilité, par exemple. »

« Les détenus ont obtenu de plus en plus de droits et l’autorité n'est plus ce qu’elle était »

      Le représentant local du syndicat Force ouvrière (FO), arrivé à la maison d'arrêt de Reims en 2003 et chargé depuis 2011 des détenus en semi-liberté, estime que « notre métier fatigue beaucoup - il y a pas mal d'arrêts de travail. Lors des stages découvertes beaucoup préfèrent abandonner. » Fustigeant la naïveté des « élites qui croient que tous les détenus veulent se réinsérer », il résume : « Aujourd'hui, l'uniforme n'est plus respecté: les insultes, les agressions sont de plus en plus courantes. Taubira, notamment, a choisi une autre priorité que la sécurité: Les détenus ont obtenu de plus en plus de droits – la fin des fouilles à nu, notamment - et l'autorité, à l'intérieur des prisons, n'est plus ce qu'elle était. »

      S'il estime que les vagues de recrutement sont « une bonne chose », il rappelle que « ça fait des années qu'on demande plus de moyens. Il a fallu des attentats pour se rendre compte qu'il fallait embaucher des uniformes. »

      M. Bigayon, qui fut surveillant de prison au début de sa carrière (voir par ailleurs), tranche : « Je pense que tous les métiers dont l'être humain est la matière première sont des métiers nobles. Et je pense que le métier de surveillant fait partie de ces métiers. »

       Avant d'enfoncer le clou : « Je ne me suis jamais senti porte-clés durant les années où j'étais surveillant. Ces années furent les plus belles de ma vie professionnelle. »

EUX AUSSI TRAVAILLENT EN MAISON D’ARRET

Outre les surveillants pénitentiaires et autres représentants de cette administration. d'autres corps de métier ont un pied en maison d'arrêlt. Dans l’établissement du boulevard Robespierre viennent régulièrement deux éducateurs da la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), deux enseignants à temps plein pour l’ensemble des détenus, quatre autres (sport, arts plastiques, français, histoire-géographie) qui y donnent des cours chaque semaine.

Les prisons françaises, un malaise qui dure

Ce n'est plus tout à fait un scoop : les prisons françaises sont en crise. En octobre dernier, une manifestation nationale des personnels de l'administration pénitentiaire suivie d'une rencontre des représentants syndicaux avec le président François Hollande avait permis aux premiers d'énoncer une nouvelle fois leurs revendications : plus d'effectifs, plus d'équipements et de meilleures payes. Les surveillants dénonçaient des conditions de travail impossibles, faute de personnel et de moyens.  

Environ 65000 personnes (source : justice.gouv.fr) sont incarcérées aujourd'hui en France. En 2014, leur taux d'occupation ( le nombre de détenus par rapport au nombre de places) a avoisiné les 115%. Ces établissements emploient 36000 agents de l'administration pénitentiaire, dont près de trois quarts - 26 000 - sont des surveillants.

Vétustes, surpeuplées, les prisons françaises sont régulièrement dénoncées par les instances européennes ou les ONG comme étant les pires d'Europe. La France, a été épinglée en 2013 par le conseil de l'Europe pour\ sa surpopulation carcérale et un taux de suicide en prison deux fois supérieur à la moyenne des autres pays européen. Deux ans auparavant, en 2011, la justice administrative française avait condamné l'État à indemniser des détenus du fait de leurs conditions d'incarcération.

Une profession qui attire peu

Au cours des dernières années, la faible hausse du nombre de places de détention n'est pas parvenue à réduire une surpopulation chronique.

Le profil des détenus à également changé : parmi les motifs d'incarcération, les violences volontaires représentent désormais la catégorie majoritaire, loin devant les vols simples ou aggravés qui constituaient le principal motif d'incarcération dans les années 1980. Conditions de travail dégradées, populations incarcérées violentes, la profession attire peu. D'autant moins qu'elle n'est pas· très bien rémunérée: 1468 euros net par mois pour un surveillant au 1er échelon et, au maximum, 2100 euros net en fin de carrière.

L'administration pénitentiaire, qui a relancé une nouvelle campagne de recrutement, ne cache pas ses difficultés pour trouver des personnels.

3 OUEST10NS À JOËL BIGAYON

« Un échec de la société »

Avant de devenir directeur de la maison d'arrêt de Reims en 2002, a commencé sa carrière en tant que surveillant de  prison, durant huit ans, de 1988 à 1996. Un métier qui, à l'évidence, le passionne toujours.

•.- Comment jugez-vous l’évolution du mélier de surveillant de prison ?

 Aujourd'hui, un surveillant est un gardien de la paix et la prison une ville, dans la ville. Une partie de la société croit qu'un détenu va sortir de prison avec des ailes dans le dos. C'est un avis personnel mais la prison est un échec de la société : on demande à l'administration pénitentiaire de réussir là où la société a échoué, sur les plans social et professionnel. Notre rôle, c'est de leur donner une caisse à outils qui est composée de différents partenaires institutionnels - Pôle emploi, Croix-Rouge, etc. À l'époque où j'ai commencé, cet aspect n'existait pas. Les détenus attendaient devant les portes et ne devaient pas se parler. Quand ils se déplaçaient, ils devaient marcher sur une ligne jaune tracée au sol. La tenue pénale, le travail étaient obligatoires, ce n'est plus le cas aujourd'hui. Une dizaine d'années avant que j'arrive, les gens étaient encore déplacés avec la cagoule sur la tête.  

•.- Les  règles sont changées mais la population carcérale a également évoluée …

Oui, la délinquance a changé, il n'y a plus de repères au sein de la voyoucratie, il n'y a plus le respect que pouvaient avoir les jeunes détenus pour les plus anciens. Et il y avait souvent un respect mutuel entre détenus et surveillants. Aujourd'hui, lorsqu'on critique la prison, soit c'est pour dire que c'est l'école du crime, soit c'est pour dire qu'elle n'est pas assez dure. Il n'y a jamais d'entre-deux. Mais la prison n'est que ce que la société a voulu qu'elle devienne.

Et elle oblige à rester humble: quel que soit le critère social, qui peut dire qu'il n'aura pas une belle-sœur, un ami d'enfance qui sera de l'autre côté des barreaux  ?

•.- Qu'en ést-t-il du manque de moyens souvent dénoncé par les syndicats ?

Prendre conscience de l'état de nos prisons a pris du temps, Aujourd'hui, l'administration pénitentiaire, qui doit être parmi les plus contrôlées de France, a plus de moyens et elle a énormément évolué depuis dix-quinze ans, dans l'autorité, le code de déontologie, la prise en charge des détenus, etc .

Un exemple : quand j'ai commencé, les détenus n'avaient pas la télé. C'était inimaginable, les syndicats étaient contre. Six mois après, tout le monde était content : la télé permettait de couper les détresses sociales et affectives qui rejaillissaient la nuit, quand les gens ne faisaient que penser. La télé a fait du bien, y compris pour les surveillants.  Aujourd'hui, notre administration est stigmatisée parce qu'elle est méconnue ou vue uniquement au travers des faits divers. Si nous avons une mission de garde, nous devons aider à la réinsertion des détenus.

Mais c'est le rôle de l'ensemble de la société. Or, qui est prêt. aujourd'hui, à récupérer ceux qui sortent de prison ? À leur donner une chance ? Un autre exemple : un samedi, je croise un détenu qui allait retrouver la liberté, je lui dis « Alors, ça y est, la prison, c'est fini ? » Et il me dit : « Ah non, elle commence, je ne sais ni lire ni écrire. Quand je recevais un courrier de ma femme ou mon avocat, j'appelais le surveillant pour qu'il me le lise; quand j'avais mal aux dents : j'appelais le surveillant, Dehors, qui va faire ça pour moi ? » Le surveillant amène aussi de l'humanité dans un milieu hermétique et très sécurisé.

LES AUTRES POINTS

EDUCATION : 30 % des détenus ne savent ni lire ni écrire.

Selon une étude de l'administration pénitentiaire. 30 % des détenus ne savent ni lire ni écrire lorsqu'ils commencent leur détention durant laquelle ils peuvent tenter de combler leurs retards scolaires.

VIOLENCES : Agressions en hausse contre les surveillants

Selon un rapport parlementaire, on comptait en 2012, 778 agressions physiques contre des personnels pénitentiaires, dont 111 ayant entraîné une interruption temporaire de travail d'au moins une journée.

ETUDE : Davantage de suicides chez les détenus français

En France, une centaine de détenus se suicident chaque année, soit environ 15 pour mille. Un taux qui se révélé deux fois plus élevé que la moyenne européenne,

LES REPERES

•.- Plus de 2.000 surveillants pénitentiaires ont été recrutés en 2015 ; plus de 2.500 sont annoncés pour cette année.

La troisième farce de sécurité intérieure du pays

•.- Avec 38.000 agents, dont 27.000 personnels de surveillance et 5.000 personnels en  Service Pénitentiaire d'insertion et de probation,  l’admlnlstration pénitentiaire représente la 3ème  force de sécurité intérieure française. Selon les candidats, les motivations pour devenir surveillant sont la possibilité d'évoluer dans sa carrière (B7%), le salaire (72 %) et le sentiment d'utilité (63%).

•.- 187 en France, le nombre d’établissements pénitentiaires.

•.- 6.200 le nombre de surveillants recrutés pour la période 2012-2017

•.- Huit mois de formation à l’ENAP

Une fois admis les élèves surveillants suivent une formation énumérée associant cours théoriques et pratiques durant 8 mois à l’Ecole nationale d’administration pénitentiaire (ENAP à Agen).

•.- LA PHRASE

  « J’entends régulièrement dire que la prison entraîne immanquablement la récidive. On voit souvent des exceptions à ces conclusions pessimistes ».

          Mathieu LlVOREIL

Extrait de l'union du 06/07/2016

  

    

  Répertoire  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Souriez…Vous êtes filmés presque partout !

La vidéo protection connaît un développement sans précédent. En ville comme en zone rurale. Et ce n’est qu’un début si l’on en croit les demandes qui fleurissent un peu partout


Actuellement situé dans le quartier Boulingrin, le centre de supervision de Reims va s’agrandir et déménager cette année, rue Ernest-Renan, dans le nouvel hôtel de Police. Christian Lantenois

L'ESSENTIEL

•.- 2 280 caméras de vidéoprotection sont installées dans la Marne, selon le dernier chiffre officiel. Dans ce département, rien que lies 156 nouvelles demandes déposées en 2015 correspondent à 967 caméras, soit 288 de plus ; que l'année précédente.

•.- Dans les Ardennes, dix-sept  communes sont dotées de caméras, douze en zone gendarmerie et cinq en zone police.

•.- Dans l’Aisne, cinquante-deux communes ou communautés de communes sont équipées d'un système de vidéo protection.

•.-  Une installation de caméra de surveillance sur la voie publique doit obligatoirement avoir été validée par le préfet.

Il n'y a pas que les villes pour s'équiper en vidéosurveillance. Dans l'Aisne. qui compte 805 communes. déjà 52 d'entre elles (chiffre qui englobe des communautés de communes) en sont dotées. Parmi elles figurent, bien sûr, les cités les plus peuplées (Saint Quentin, Laon, Soissons, Château-Thierry. Villers-Cotterêts, Tergnier, Chauny, etc) mais aussi des villages comme Grisolles (205 habitants), Effry (403 habitants) ou Pontavert (595 habitants). Surprise, lorsque nous avons cherché à savoir ce que l'on pouvait bien craindre à Pontavert (entre Laon et Reims) on nous a d'abord répondu que la mairie n'avait fait installer aucune caméra et qu'elle n'avait d'ailleurs déposé aucune demande. En réalité, il y a bien au moins deux caméras dans ce village. Elles sont situées à la déchetterie et ont été posées à l'initiative du Sirtom du Laonnois. « Toutes nos déchetteries en ont pourvues, à raison d’au moins deux par site. Les installations sont complétées depuis l'été dernier », explique Fabienne Wast. Deux raisons majeures ont incité le Sirtom, qui gère une bonne dizaine de déchetteries, à se prémunir de la sorte, La première : les intrusions intempestives de personnes potentiellement intéressées par la récupération de matériaux. À leur intention, les systèmes de sécurité comprennent égaiement des bornes anti-intrusion, des alarmes sonores et lumineuses. Et si d'aventure la nuit noire empêchait une vision nette, le dispositif enregistre en infrarouge. « Nous sommes reliés 7 jours sur 7, 24 heures sur 24. Les forces de l'ordre se déplacent quand il le faut. »

L'autre raison tient au comportement de certains usagers dont Madame Wast n'hésite pas à dire qu'ils manquent singulièrement de courtoisie vis-à-vis des gardiens, « Ce n'est pas du flicage et çà ne doit pas le devenir », assure la directrice du Sirtom. Les utilisateurs sont en tout cas prévenus dès l'entrée qu'ils sont sous vidéosurveillance. Résultat : « Les déchetteries sont devenues beaucoup plus calmes avec les caméras », se félicite Madame Wast.

195 caméras prévues dans Reims intra-muros

Dans la plus grande ville de la région, la sécurité est l'une des priorités qu'avait annoncées le maire (LR) Arnaud Robinet, élu en 2014. « Nous ne répondons pas à une surenchère sécuritaire, nous œuvrons pour que chacun se sente bien dans sa ville », justifie le premier magistrat. Avec  le doublement  programmé de la police municipale, le fort développement de la vidéoprotectlon est un axe essentiel de sa politique sécuritaire et son adjoint Xavier Albertini (LR) est à la manœuvre, « Nous étions en retard sur ces deux secteurs, Reims avait installé ses 36 premières caméras en 2007 sous la municipalité de Jean-Louis Schneiter (DVD). Il s'agissait de surveiller des bâtiments publics et quelques axes », se souvient M. Albertini, qui faisait déjà partie de l'équipe municipale aux affaires. « Sous la mandature d'Adeline Hazan (PS), absolument rien ne s'est passé. C'était dogmatique », analyse-t-il.

En 2014, la nouvelle municipalité lance une assistance de maîtrise d'ouvrage (l'opérateur Procedo a été choisi) pour un programme ambitieux concernant 159 caméras supplémentaires à installer au, rythme d'une quarantaine par an, de 2015 à 2018, dont plus de soixante seront déployées dans les quartiers; Reims compte sur des subventions substantielles, un accord de principe a été récemment donné. Entre-temps, la crainte de « l'effet plumeau » (le travers selon lequel la vidéo protection urbaine ferait se déplacer la délinquance alentour) a incité la Ville à raisonner à l'échelle de l'agglomération. Si bien que le projet a grossi pour se fixer sur un programme global de 230 appareils, nombre incluant les 36 premières caméras rémoises. « Il s'agit d'une mutualisation des moyens avec une capacité de décision qui incombe à chaque maire », précise Xavier Albertini.

Centre de supervision urbaine

Quarante caméras auraient dû  être installées dès 2015. L'écart doit être rattrapé dès cette année puisque quatre-vingts sont annoncées pour 2016.

Parallèlement, la ville prépare un nouveau CSU (centre de supervision urbaine, il sera aménagé rue Ernest-Renan) pour le second semestre de cette année. Il sera en mesure de traiter toutes les informations, du dispositif, mais aussi d'accueillir le futur centre de commandement de la police municipale. « Celle-ci était auparavant composée de 60 personnes, soit un policier pour 3250 habitants alors que la moyenne française est d'un policier pour 1500 habitants. Nous avons déjà réalisé un recrutement de dix-sept fonctionnaires, une vague de vingt est en cours pour cette année et vingt de plus seront embauchés en 2017 » Pour Xavier Albertini, la croissance des moyens technique et humains au service de la sécurité est une nécessité. « Reims est un point de passage, un carrefour des axes est- ouest et nord-sud. Quant à l'usage des caméras, elles ne filment que le domaine public, en aucun cas l'intérieur des logements. »


Dans l’Aisne, à Pontavert 595 habitants, deux caméras sont installées à la déchetterie.

« Ce n'est pas de la délation »


Franck Ventriboul commandant de la compagnie de gendarmerie de Château-Thierry, dans l'Aisne.

Oui dit mieux ? Dans l'Aisne, qui compte 805 communes, quelque 593 conventions de participation citoyenne ont déjà été signées sur les deux zones police et gendarmerie confondues. Dans la Marne, 205 sont valides ou en préparation. Pour sa part, la préfecture des Ardennes nous indique que seules quatre communes sont concernées par une convention « citoyens vigilants » signée en 2015 (Châtelet-sur-Retourne, Neuflize, Prix-lès-Mézières et Chooz). Une appellation qui diffère sensiblement de «Voisins vigilants» mais qui englobe celle de participation citoyenne. Concrètement, les habitants d'un quartier ou d'une commune s'entraident en ayant une attitude vigilante et en appelant policiers ou gendarmes en cas de problème.

Témoignage spontané félicité

« J'ai deux exemples en tête », raconte le chef d'escadron Franck Ventribout, commandant de la compagnie de gendarmerie de Château-Thierry. Le premier date de quelques jours et s'est déroulé à Brasles. « Une personne rentre chez elle en plein milieu d'après-midi. L'alarme sonnait. En regardant à l'extérieur, elle voit un jeune homme marchant dans un chemin de vignes. La personne nous appelle. En moins de dix minutes, nous sommes sur place. Ce jeune homme nous dit qu'il cherche son téléphone. Nous lui demandons son numéro. Nous l'appelons et le téléphone ... sonne dans la maison où il l'avait perdu! Au cours de sa garde à vue, il a reconnu le vol d'un ordinateur portable. Il sera convoqué pour répondre de ses actes devant la justice. »

L'autre fait concerne Chézy-sur-Marne et remonte au 20 août dernier. Une dame âgée, intrigué par la présence régulière d'un jeune qui rôde dans les parages alors que plusieurs cambriolages ont été commis ces derniers temps, compose le 17. « L'appel arrive au centre opérationnel de Laon qui contacte aussitôt la patrouille la plus proche. Nous intervenons et nous décidons d'interpeller ce jeune homme qui nous avoue six cambriolages ! » Le commandant Ventribout ne peut garantir que l'appel de la dame âgée résulte d'une démarche influencée par le dispositif de démarche citoyenne. Mais il encourage vivement ce genre d'attitude. « Ce n'est pas de la délation, mais de la solidarité. Nous vérifions les informations. Si la personne pour laquelle nous nous déplaçons n'a rien à se reprocher, les choses en restent là, voilà tout ! En revanche, dans le cas contraire, nous prenons les mesures qui s'imposent. » Aussi, quelques jours après la résolution de l'affaire de Chézy-sur-Marne, le commandant de la compagnie castelle a adressé un courrier à la dame pour la tenir informée de l'enquête et, surtout, la remercier « pour son action et son sens civique ». « Votre témoignage et l'aide que vous nous avez apportés sont des actes de solidarité envers les victimes. Ce genre d'initiative tend malheureusement à se raréfier. » Il a également écrit au maire pour valoriser « le renforcement du lien social et du sens du bien commun. »

Voisins Vigilants, concurrence et confusion

Si l'on en croit le site internet des Voisins Vigilants, qui est en réalité une entreprise privée immatriculée à Marseille (elle a réalisé un chiffre d'affaires de 125800 € en 2014), « trente nouveaux quartiers deviennent chaque jour Voisins vigilants ». Vingt communes des Ardennes seraient ainsi concernées par ce réseau, elles seraient 65 dans la Marne et 128 dans l'Aisne, sachant qu'une même commune peut abriter plusieurs communautés différentes de Voisins Vigilants. Le système ressemble à s'y méprendre à celui de la Participation citoyenne : des personnes' d'un même périmètre assurent une vigilance passive. Si l'une d'elles observe un fait suspect, elle avertit son référent de quartier qui appelle alors les autorités compétentes. « Leur charte prévoit en effet qu'ils avertissent les gendarmes », indique le chef d'escadron de gendarmerie Franck Ventribout (lire par ailleurs). Que pense-t-il de cette procédure ? « On ne peut pas l'interdire et si ce système vient en complément, qu'il incite les particuliers à s'impliquer dans la lutte contre la délinquance, qu'ils se prennent en main, c'est bien. Mais il faut faire attention aux possibles dérives et au manque d'encadrement. Et puis, c'est payant, cela marche par abonnement. » En fait, l'inscription au site et l'utilisation du site sont gratuites, mais pour le reste, il existe une « boutique» sur laquelle les membres inscrits peuvent acheter le matériel (panneaux, autocollants). Voisins Vigilants invite aussi les particuliers à faire financer l'achat de leur signalétique par leur mairie. Il faut pour cela qu'elle devienne « Mairie vigilante ».

 

Les REPERES

•.- Forte adhésion du public

Selon un sondage réalisé fin 2013 par l'Ifop, 83 % des personnes interrogées approuvent la mise en place de caméras de vidéo protection. La barre du million de caméras en France a été franchie en 2012.

•.- À la SNCF, les agents de sécurité prêts à filmer.  

À dater du 1er janvier 2017, les agents de sécurité de la SNCF et de la RATP seront autorisés, à enregistrer leurs interventions en cas d'incident conformément à la loi relative à la sécurité dans les transports collectifs des voyageurs. Un prochain décret en Conseil d'État en précisera les conditions d'application

•.- 2006

Première participation citoyenne mise en place à Nice.

•.- 2011

Généralisation du dispositif par Claude Guéant

•.- Des résultats encourageants

Sur 51 communes marnaises concernées par une participation citoyenne signées avant le 31/12/2014, il a été constaté une baisse de 11,16%des faitrs enregistrés en 2015 par rapport à 2014.

•.- LA PHRASE

« Une caméra, c’est un policier qui patrouille avec ses yeux. » Dominick Lemullois, directeur de la police municipale de Meaux, cité par Les Echos.fr le 9 septembre 2015.

 

 

Jean-Michel FRANCOIS

Extraits de l'union du 29/03/2016

  

    

  Répertoire  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

À Guignicourt, le passage des migrants a laissé des traces.

Située près de l'A26, la commune a toujours été un point d'étape pour les migrants. Une réalité qui s'est imposée aux habitants, marqués par la présence importante je cette population en 2015


Les migrants empruntaient ce chemin qui mène au plus près de l'aire d'autoroute, à la vue des agriculteurs et des habitants. Certains d'entre eux ont été contraints de camper dans un bosquet situé le long de ce sentier. Jean-Marie Champagne

LES FAITS

•.-  Le 27 octobre dernier, trois Irakiens étaient interpellés et condamnés pour avoir fait passer des migrants depuis plusieurs aires de repos de l'A26, à destination de Calais et du Royaume-Uni.

•.- Cette action des forces de l’ordre et de la justice a mis un coup de frein à l'arrivée de migrants à Guignicourt.

•.- De l'avis des Guignicourtois, l'année 2015 a été marquée par un fort afflux dans leur commune située à proximité de l'aire de repos du Champ Rolland, sur l'A26, et bénéficiant d'une gare SNCF.

Le flux s'est arrêté quasiment net il y a un peu plus d'un mois, mais il a laissé des races. Pas uniquement sous les branchages de ce bosquet où les restes d'un feu entouré de sacs, médicaments et divers déchets jonchent encore un sol archi piétiné. Mais dans les esprits des habitants de Guignicourt, pendant des mois, les migrants se sont succédé dans cette commune, située près de la Marne, à l'est de Laon. Comme dans ce sous-bois, un peu à l'abri des regards, mais ni de la pluie ni de la chaleur. Des Syriens, Irakiens, Kurdes, Palestiniens ... largués en plein champ à quelques centaines de mètres de leur salut : l'aire de repos de l'autoroute où les attend peut-être un camion qui les emmènera à Calais.

La crainte qu’il ne s'agisse que d'une accalmie

Depuis des années, Guignicourt constitue un point d'étape pour les migrants du Moyen-Orient rêvant de rejoindre l'eldorado anglais. Située à une encablure de l'A26, la commune a connu un record de fréquentation clandestine en 2015. « Depuis qu'ils ont mis la main sur les passeurs, du jour au lendemain, ça s'est calmé », souffle cet habitant. De sa maison située dans le lotissement de Fleuricourt, il a vue directe sur le petit chemin qui mène aux champs et à la voie ferrée. Quatre bons kilomètres jusqu'au bosquet sur une route carrossable où on en voyait passer en plusieurs groupes. Et puis les gendarmes, plusieurs fois par jour. Ils ne me gênaient pas. Mais bon, c'est fini et c'est tant mieux.

À la gare aussi, les usagers s'étaient habitués à la vue de ces voyageurs, « pas rassurés, fatigués mais toujours calmes », précise cette habituée. Des bancs parfois remplis de migrants, « qui n'ont jamais posé le moindre souci », ajoute cet agent SNCF. « Ils venaient seuls ou en groupe prendre .des tickets, qu'ils payaient - insiste-t-il - pour Laon, puis Amiens, c'était leur trajet. » Beaucoup les voyaient débarquer, souvent se défaire de leurs affaires, longer la voie ferrée plus légers ou bien se cotiser pour aller chercher à manger au Carrefour Market.

Michel Bellaire, lui, a récupéré la jouissance de son bien. Une petite parcelle de bois, près du chemin de fer, où ce retraité a été plusieurs fois en contact avec les migrants. Ils y stationnaient en attendant la confirmation d'un rendez-vous sur l'aire du Champ Rolland. « II y a un abri et du bois qu'ils pouvaient utiliser (...) Ils sont plus à plaindre qu'autre chose. Une fois je les ai conduits à Carrefour pour qu'ils achètent à manger. »

Un élément du paysage, que d'autres avaient bien plus de mal à supporter. « Ce n'est même pas les déchets qu'ils laissent, c'est le sentiment qu'ils provoquent. De les voir dans la rue, comme des clochards, ce n'est pas normal. Et ils n'ont rien à faire là », tempête ce jeune homme. Au comptoir de la Maison de la presse, la gérante en a entendu des récriminations de ce genre. Et pas forcément de personnes entrées en contact avec les migrants. « Les gens avaient peur, vous savez. Ils en parlaient souvent. C'est le sentiment qu'ils ont parce qu'on ne sait pas ce qu'ils pouvaient bien faire à Guignicourt. Comment ils vivaient ? » Beaucoup craignent que l'accalmie ne s'achève avec le retour des beaux jours et la mise en place d'un nouveau réseau.

Les autres points

« Ce n'est pas un problème de sécurité »

Les faits et statistiques ont beau être martelés, ils ne résistent pas au sentiment d’insécurité. Elus ou autorités, tous l'affirment : ils n'ont constaté aucune mendicité ni agressivité de la part des migrants à Guignicourt. « Cela fait des années qu’îl y a des migrants à Guignicourt, cela a commencé par la vague des Irakiens ail début des années 2000 pendant le conflit en Irak, se souvenait le maire, PhilippeTimmerman, interrogé à l'automne dernier. Les migrants, ce n’est pas un problème de sécurité à Guignicourt. Je n'ai jamais été témoin de quoi que ce soit. C’est une étape pour eux. »

Page Facebook désactivée

Sur les réseaux sociaux, un groupe intitulé «Non aux migrants à Guignicourt», réunissant près de 400 personnes sur Facebook. a ainsi vu le jour. Dénonçant les conséquences de l’immigration en France, cette page a été désactivée. Elle a toutefois fait parler. Certains ont craint une agitation des peurs en vue d'une récupération au profit du Front national. juste avant les élections régionales.

La tenue d'une marche en hommage aux victimes des attentats, organisée par des membres de ce groupe, a également été remarquée, bien que beaucoup de personnes sans réelle affiliation s'y soient rendues. « Ca a été les premiers et les seuls à en parler, défend cette mère de famille. On les voit tous les jours et cette année ça a été le pompon. On ne nous dit rien, c’est facile de dire qu’on psychote. »

 «On ne s'y arrête plus la nuit»

Pour ce chauffeur routier belge, il est clair que la prudence est de mise: «L’A26, on essaie de ne plus s'arrêter la nuit. Je fais ma pause à 15 heures. C’est plus calme. Mais on doit rester sur nos gardes. Parce qu’il y a les migrants, mais aussi le carburant»

L'aire d'autoroute va être aménagée pour plus de sécurité


Depuis les champs, les migrants passent par le grillage pour rejoindre l'aire. J-M.C.

Couché, découpé et déformé. Le grillage de l'aire du Champ Rolland porte encore les stigmates des assauts plus ou moins discrets des migrants. En traversant les champs situés à proximité de Guignicourt, l'accès est direct sur cette aire de l'A26, pile poil dans le sens Reims-Calais, où stationnent des poids lourds. C'est d'ailleurs à cet endroit que les gendarmes ont repéré, à l'automne, des passeurs qu'ils interpelleront un peu plus loin sur l'aire de Samoussy·

Une meilleure visibilité des remarques pour les camions

Au-delà des opérations de surveillance liée à l'immigration clandestine et au siphonage de carburant, les autorités ont décidé d'agir. Ainsi la Sanef et l'État travaillent à la sécurisation des aires d'autoroute dans l'Aisne, notamment celle du Champ Rolland. Du côté de la société exploitant le réseau, on annonce avoir déjà acté des travaux. Il s'agit de « modifier la circulation des poids lourds sur la zone et changer le stationnement des camions. »

L'objectif ? « Que le porte-remorque soit éclairé par des lampadaires. Dans la lumière, cela sécurise aussi les chauffeurs poids lourds qui craignent l'intrusion de migrants, mais aussi la dégradation de leurs marchandises. » Contrairement à d'autres aires, aucun programme d'élagage. voire de déboisement n'a été entrepris afin d'améliorer la visibilité. Même si on remarque la trace du déracinement d'arbres le long du grillage.

Des mesures qui pourraient être complétées au cours des mois à venir. La Sanef tient toutefois à rassurer, l'aire de Guignicourt n'est pas « la zone la plus problématique concernant les migrants ». Certes mais elle l'est plus qu'autrefois, dans la mesure où les contrôles s'étant fait plus prégnants dans les aires près de Calais, certains réseaux n'ont pas hésité à «reculer» leur lieu de rendez-vous.

La Sanef l'affirme, aucune consigne particulière à l'égard des migrants n'a été délivrée : « Un piéton, c'est un piéton, l'important pour nous c'est qu'il ne se mette pas en danger et ne mette pas en danger la vie des autres. »  Avant de nuancer, « on est peut-être plus vigilant ». Sur ce sujet, les forces de l'ordre n'ont pas tenu à communiquer.

LES REPÈRES

•.- Un phénomène  de longue date      

La commune de 2200 habitants est un point d'étape pour les migrants en partance pour l'Angleterre, via l'A26. Beaucoup ont, en mémoire, la vague des migrants irakiens lors de la Seconde Buerrs du Golfe.

•.-  Des migrants contraints de camper     

- Un certain nombre de migrants ont été contraints de camper provisoirement sur place.

- Dans des bosquets près de l'autoroute, de petites parcelles privées avec abri ou dans les anciens bâtiments de la SNCF

•.-  DES AUTORITÉS PEU BAVARDES

- Contactées lors de la préparation de ce sujet, ni la préfecture ni la gendarmerie n'ont souhaité communiquer sur le sujet.

- Le nombre de migrants présents, contrôlés ou estimés ne nous a ainsi pas été délivré.

•.- Sur l’A26, la sécurité avant tout.

- Pour la Sanef, la sécurité prime avant tout.

- La présence d’un piéton, quel qu’il soit, est signalée au centre d’explmoitation de Senlis. Auyx autorité de gérer l’identité et la situation des individus.

•.-  LA PHRASE

« Il nous faut le renfort de l'armée et il n'y a que le président de la ° République, chef des armées, qui peut indiquer qu'il y aura l'armée à  Calais.»

XavIer Bertrand, président de la Région

 

Reportage réalisé par Manessa TERRIEN

Extraits de l' union du 03/02/2016

  

    

  Répertoire  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les banques jouent la carte
du
« cryptogramme dynamique »

Pour lutter contre la fraude, les banques misent sur la technologie. Demain, on paiera notamment avec une carte à code éphémère.


Le code de sécurité réclamé à chaque achat sur la toile devient «dynamique » - AFP

Dans quelques mois. tout devrait changer dans votre portefeuille. Votre carte bancaire devrait s'offrir un relooking nommé : « cryptogramme dynamique ». En clair, les trois petits chiffres, situés au verso de la carte à puce, changeront toutes les vingt minutes, grâce à une horloge interne. Aussi épaisse et de même taille qu'une carte classique, elle serait dotée d'un écran miniature assez large pour afficher, en noir et blanc, les trois chiffres en question. En changeant à fréquence rapprochée, ceux-ci compliqueraient ainsi la tâche des pirates informatiques. qui n'auraient Que vingt minutes maximum pour effectuer un grand nombre d'achats ou revendre ces informations à d'autres escrocs. BNP Paribas. la Banque postale, la Société générale… La quasi-totalité des établissements financiers français sont en train de la tester auprès de leurs clients afin de lutter contre la fraude.

Pourtant, les banques se laissent encore quelques mois pour un développement à grande échelle de cette carte bancaire plus sécurisée. Car un petit détail reste encore à trancher. Qui paiera ce petit bout de plastique bourré de technologies qui coûte plus cher â produire.

Par ailleurs, les banques pourraient ainsi restaurer la confiance des clients dans leurs services. Et elles réduiraient surtout fortement le coût que représente la fraude pour leur propre trésorerie, alors que 840000 ménages en ont été victimes en 2014.

 Extraits de l'union du 29/12/2015

  

    

  Répertoire  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La guerre aux cartes prépayées

Le gouvernement a annoncé hier une série d'initiatives visant à améliorer la traque des financements du terrorisme, dont un meilleur encadrement des cartes bancaires prépayées.


Selon le ministère des finances, les cartes prépayées, dont certaines peuvent être rechargées parfois sans vérification d'identité, ont joué un rôle dans la préparation des attentats du 13 novembre. AFP

« Si des terroristes parviennent à commettre des attentats, c'est parce qu'ils peuvent se procurer les ressources financières pour ce faire, en France et à l'étranger, » a souligné, hier, le ministre des Finances Michel Sapin. « Les sommes en jeu sont souvent modestes », les terroristes cherchant à « èchapper à toute traçabilité », a reconnu M. Sapin. Il faut donc « resserrer les mailles du filet, pour rendre plus difficile et plus repérable » l'argent du terrorisme, a-t-il ajouté.

Parmi les dispositifs annoncés figure le renforcement des pouvoirs de Tracfin, cellule en charge de la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme, mais aussi un encadrement « plus strict » des cartes de paiement prépayées. Ces cartes, semblables à des cartes téléphoniques, à cette différence près qu'elles ne contiennent pas des unités de communication mais des euros, ont joué un rôle dans la préparation logistique des attentats du 13 novembre, selon Bercy.

« Ces cartes prépayées sont délivrées à l'étranger, pas très loin. et utilisées sur le territoire national, au hasard pour payer des chambres d'hôtel », a expliqué le patron de Tracfin, Bruno Dalles, en référence aux chambres d'hôtel de banlieue parisienne où les assaillants ont dormi la nuit précédant les attentats.

Des dispositions pour limiter le montant total crédité

« C'est utilisé dans l'économie souterraine, dans la criminalité organisée ». a ajouté M. Dalles. « C'est un outil qui remplace le cash, qui est très discret, pas tracé. C'est quelque chose qu'iI faut absolument corriger. » Aujourd'hui; il est possible d'utiliser ces cartes sans vérification d'identité jusqu'à un montant de 250 euros pour les cartes non-rechargeables, et jusqu'à 2.500 euros sur un an pour les cartes rechargeables.

Selon Bercy, des dispositions seront prises pour limiter le montant total pouvant être crédité sur les cartes et pour mieux encadrer l'anonymat des clients. Ces mesures feront l'objet d'un décret en Conseil d'État au premier trimestre 2016. Pour gagner en réactivité dans la surveillance des transferts suspects, les agents de Tracfin pourront par ailleurs, désormais accéder directement au fichier des personnes recherchées (FPR).

Jusqu'ici, l'accès à ce fichier, qui comprend notamment les fameuses « fiches S » des personnes soupçonnées de radicalisation, était « extrêmement limité », et devait passer par des « officiers de liaison », a souligné Bruno Dalles. « Désormais, les agents de Tracfin pourront travailler en temps rêel », a-t-il ajouté.

Le plan mis en œuvre dès le premier trimestre 2016

Le gouvernement. qui avait déjà annoncé après les attentats de janvier plusieurs dispositifs de lutte contre le financement du terrorisme, dont certaines ne sont pas encore entrées en vigueur, entend enfin durcir les mesures de gel des biens visant les personnes impliquées dans des actes terroristes, en les étendant aux biens immobiliers et aux voitures mais aussi à certaines prestations sociales.

Ainsi, « l'ensemble du plan » annoncé après les attaques de janvier sera mis en œuvre au premier trimestre 2016 », assure M. Sapin.

À une échelle plus large, M. Sapin a réclamé un travail « plus subtil » du GAFI (groupe d'action financière), organisme international de lutte contre le blanchiment et le terrorisme, dans l'identification des Etats «non coopératifs ». Sa liste noire en la matière ne comprend que l'Iran et la Corée du Nord.

M. Sapin a, par ailleurs, réclamé un meilleur accès pour les Européens aux données sur les transactions SWIFT. Ce système, par lequel passent plus de 90 % des transferts de fonds internationaux, est essentiellement contrôlé depuis les Êtats-Unis. ce qui a donné lieu à plusieurs reprises à des frictions diplomatiques entre Washington et les Européens.

Un moyen de paiement sans réglementation

Les cartes prépayées que Bercy souhaite mieux encadrer après avoir révélé leur utilisation pour préparer les attentats du 13 novembre, se veulent une alternative aux cartes de paiement classiques, notamment pour ceux qui n'ont pas de compte en banque. Estampillées Visa ou Mastercard et munies d'un code secret, ces cartes permettent de retirer du liquide dans les distributeurs, de faire des achats en magasin ou en ligne, comme des cartes bancaires classiques. Mais à la différence de ces dernières, elles ne sont pas nominatives.

Initialement distribuées par les banques, ces cartes ciblent notamment les parents en quête d'un moyen de paiement sûr et plafonné pour leurs enfants (il faut être majeur pour l'acheter mais pas pour l'utiliser). « Cela permet aux parents de maîtriser les finances de leurs enfants », explique la Banque postale, qui a lancé une Carte prépayée dès 2008. Selon la banque, ces cartes sont également beaucoup utilisées par les tuteurs et curateurs des majeurs incapables. Quand elles sont commercialisées par les banques, les cartes prépayées sont rattachées à un compte bancaire et soumises à la même réglementation que les cartes classiques. « Elles sont rechargées par virement et la traçabilité est assurée », souligne-t-on à la Fédération bancaire française, qui demande depuis plusieurs années à ce que tous les acteurs du paiement soient soumis aux mêmes, obligations. Car deux directives européennes (transposées en France en 2009 et 2013), visant à harmoniser le droit des paiements et favoriser la concurrence, ont introduit deux nouveaux statuts (établissement de paiement et établissement de monnaie électronique) qui ont permis à des acteurs non bancaires d'investir ce marché.

Parmi ces nouveaux acteurs, certains proposent des cartes prépayées qui ne sont rattachées à aucun compte bancaire, disponibles en grande surface, dans les bureaux de tabac, ou en ligne. Accessibles à toute personne majeure sans condition de revenu, ces cartes permettent notamment aux personnes frappées d'interdit bancaire de disposer d'un moyen de paiement. Elles peuvent aussi être utilisées pour les transferts d'argent à l'étranger

MISE EN ŒUVRE D'UNE DIRECTiVE EUROPÉENNE

•.- Le ministre va demander aux autres membres de rUE d'«accélérer considérablement » la mise en œuvre de la dernière directive européenne anti blanchiment.

•.- Désormais. « il faut aller au-delà de l'émotion et être dans l'action », a-t-il exigé de ses collègues à l’étranger.

Le CHIFFRE : 48

Etablissements disposaient en France du statut d’établissement de paiement, en 2014.

LA PHRASE

« Lorsque ces cartes sont anonymes, elles soulèvent des risques d'utilisation à des fins de blanchiment d'argent ou de financement du terrorisme. II faut limiter leur usage sur le plan national, européen voire international.»

Observatoire de Ia sécurité des cartes de paiement

Extraits de l' union du 24/11/2015

  

    

  Répertoire  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Leur métier : Votre sécurité

 Policiers fiais aussi secouristes ... Tous ceux qui veillent sur vous au quotidien, ont dévoilé les ficelles de leur métier, le temps d'une journée,


La protection civile a multiplié les démonstrations,
Les fonctionnaires de police ont répondu à toutes les questions.  A.B

Comment un portrait-robot prend-il forme? Quels sont les gestes qui peuvent sauver une vie ?, Pourquoi est-ce dangereux de conduire après avoir consommé un joint? La journée de la sécurité intérieure a été l'occasion, cette année encore, pour les femmes et les hommes du commissariat de Reims, ainsi que pour les agents de la CR.S, comme pour les membres de la protection civile, d'aller à la rencontre de la population, de se plier pour une fois à de véritables interrogatoires et de montrer les outils high-tech dont ils disposent.

Adrien, 13 ans, pour la première fois au guidon d'un scooter via un simulateur, ne met pas deux minutes à percuter un camion, venant en sens inverse. « Je me trouvais trop sur la gauche », analyse-t-il. Il recommence, cette fois, au bout de trois minutes, il ne peut éviter une voiture qui subitement lui a coupé la route, « Ce n'est pas de ma faute! », s'exclame-t-il, Le moniteur intervient et lui explique qu'il roulait trop vite et que même s'il a freiné rapidement, il ne pouvait pas s'arrêter à temps.

En face, au stand de la police technique et scientifique, un «expert» détaille son quotidien à des adolescents-à l'aide d'un logiciel de scène de crime en 3D, À côté, des membres de l'école nationale de police de Reims expliquent la différence entre un gardien de la paix et un adjoint de sécurité, évoquent les conditions d'entrée à une jeune femme qui se laisserait bien tenter par une formation de Cadet de la République,

Séduction, démonstrations, et prise de conscience

Bien plus qu'une opération de séduction, la journée de la sécurité intérieure est l'occasion de faire passer des messages de prévention de manière ludique. Des dizaines d'enfants ont pu repartir avec leur diplôme d'apprenti policier, et plein de cadeaux après avoir résolu une affaire policière - avec plusieurs suspects - digne des plus fins limiers.

De leur côté, les adultes ont pu se rendre compte qu'ils n'étaient pas tous égaux face à l'alcool, grâce à un simulateur. Ils ont pu aussi réaliser, par le biais d'un réactiomètre, à quel point la fatigue pouvait être dangereuse lorsque l'on conduit. La Prévention routière avec le jeu des dix erreurs à ne pas commettre dissimulées dans une voiture, a permis, pour beaucoup, une prise de conscience. « On se met en danger et on ne s'en rend même pas compte », lâche ainsi cette jeune femme. Un policier à la retraite a amené ses objets de collection : anciens uniformes de police et cartes professionnelles  ainsi qu'une ancienne voiture de service. La R18, floquée Police, il rappelé bien des souvenirs à beaucoup de visiteurs.

Les CRS avaient choisi de montrer leur équipement d'intervention et d'expliquer le fonctionnement du hibou, ce radar que vous apercevez au bord des routes : tandis que les policiers dévoilés le fonctionnement de Lapi, le logiciel de reconnaissance de plaques d'immatriculation, dont certaines voitures de police sont équipées, et qui permet ainsi de repérer immédiatement les voitures volées, Sur le parking du supermarché de Saint-Brice-Courcelles, les policiers du centre loisirs jeune qui sensibilisent chaque année 6000 ados rémois en particulier dans les quartiers en difficulté de la cité ont proposé des initiations de conduite de deux roues ainsi qu'un parcours piéton semé d'embûches lorsque l'on porte des lunettes modifiant la perception. Histoire de se rendre compte comment l'on agit soit lorsque l'on a plus d'1 gramme d'alcool dans le sang, soit que l'on est très fatigué ou encore sous l'emprise de produits stupéfiants,

Les pompiers ont fait leur show


Ils ont expliqué les techniques de désincarcération. AB

Sur la place d'Erlon, les sapeurs -pompiers ont multiplié Ies exercices, surtout des manœuvres de, désincarcération. Ils ont aussi sensibilisé le public sur ce qu'il fallait dire en priorité lorsqu'il s'agit d'appeler le 18, expliqué  les geste qui peuvent sauver une vie.

Des photos, une vidéo, des objets et quelques flyers étaient aussi là pour sensibiliser aux risques domestiques et montrer la réalité de leur métier.

 Aurélie BEAU55ART

Extraits de l'union du 12/10/2015

  

    

  Répertoire