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L’HISTOIRE DE LA STATION SPATIALE INTERNATIONALE
 

Ces océans lointains  qui ne sont pas si accueillants que cela
Hypérion, ce géant cosmique de la constellation du Sextant

Une lune extrasolaire débusquée dans la constellation du Cygne

Des tempêtes de sable balaient aussi Titan

Quand la sonde Gaia fait parler la Voie lactée

La sonde Parker, prête à « toucher Je soleil »

Valetudo, cet étrange satellite qui se promène autour de Jupiter

La planète rouge loin d’avoir livré tous ses secrets

Destination Mars pour un mini-hélicoptère

De la Terre à la Lune, une nouvelle histoire

Objectif Lune, le retour du rêve américain

Lorsqu’une étoile naine dévoile son cortège de planètes

Les étoiles massives intriguent toujours plus

2017

La lumière artificielle pollue la terre
Une planète gigantesque peut en cacher une autre

Le voyage final de la sonde Cassini

À la conquête de la Lune
L'AVION LANCE-FUSÉES

La Terre
est vraiment un joyau fragile
Rosetta la fin d'une mission historique

Voyager dans une capsule, url transport futuriste
Un atlas d'un milliard d'étoiles
Ils ont vécu un an « sur Mars »

Un message envoyé de Jupiter
Une planète potentiellement habitable près de chez nous

La couche d'ozone se répare

  Lancement réussi du nouveau cosmodrome russe

 

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Ces océans lointains  qui ne sont pas si accueillants que cela


Cette illustration de la Nasa montre le satellite Tess, parti à la recherche d’exvoplanètes.AFP

Les quelque quatre mille exoplanètes découvertes à ce jour par les astronomes seraient des mondes riches en eau, qu’on peut qualifier de planètes-océans mais il faut se garder d’être débordant d’enthousiasme sur leur hospitalité. 

Rêve-t-on de se baigner un jour dans des océans et mers lointaines, chaudes et accueillantes ? Mieux vaut rester pragmatique à la lecture de ce que les chercheurs nous rapportent et qui n’en demeure pas moins passionnant. Ces planètes-océans sont des superterres dont la taille oscille entre deux et quatre fois le rayon de la Terre. Elles contiendraient jusqu’à 50 % d’eau, sous forme de vapeur dans leur atmosphère, d’un océan liquide en dessous, puis de glace dans les entrailles de la planète.

Ce sont quelques-unes des conclusions présentées dans une étude publiée dans une revue internationale de référence Monthly Notices of the Royal Astronomical Society où une équipe de l’université de Harvard, dirigée par l’astronome Li Zeng, démontre que les mondes riches en eau sont nombreux. Jusqu’à 35 % des planètes seraient constituées à moitié d’eau. Il s’agit d’une découverte déterminante pour la recherche de planètes similaires à la Terre et de la présence d’une vie extraterrestre.

UN MODÈLE POUR MIEUX EXPLIQUER

Avec une taille comprise entre deux et quatre rayons terrestres, une masse environ dix fois plus importante que celle de la Terre, ces planètes-océans se situent à la limite supérieure d’une catégorie d’exoplanètes que les scientifiques nomment des superterres, c’est-à-dire des planètes comprises entre une et dix masses terrestres ! Cela semble un peu complexe mais se révèle très parlant.

Les chercheurs ont conclu qu’un tiers des exoplanètes connues à ce jour sont des planètes-océans en développant un nouveau modèle sur leur structure interne. Li Zeng explique la relation qui existe entre la masse, le rayon et la composition des exoplanètes. Le modèle qu’il a validé avec ses experts indique que les planètes de petite taille, celles dont le rayon est inférieur à deux rayons terrestres, sont rocheuses et pauvres en eau.

En revanche, celles dites de taille intermédiaire, c’est-à-dire entre deux et quatre rayons terrestres, sont très riches en eau et c’est la raison pour laquelle on les dénomme planètes-océans. Celles qui sont au-delà de quatre rayons terrestres sont très fortement dotées en gaz. Enfin celles qui dépassent dix rayons terrestres dont des géantes gazeuses essentiellement composées d’hydrogène et d’hélium.

UN PEU CHAUD

Le terme de planètes-océans est sans doute trompeur car l’astronome américain précise qu’elles ont une température en surface qui oscille entre 200 ºC et 500 ºC. Ce qui laisse entendre que leur atmosphère serait constituée de vapeur d’eau, avec une couche liquide en dessous. Plus profondément, cette eau se transforme en glace sous haute pression. Dans la grande profondeur se trouverait bien un noyau rocheux solide. Dès lors, ces planètes apparaissent plutôt inhospitalières, ce qui n’exclut pas qu’une forme de vie puisse s’y développer dans des couches proches de la surface où la pression, la température et la composition chimique constituent un environnement favorable. Pour Li Zeng et son équipe, il y a une forte probabilité que ce type d’exoplanètes soit le plus abondant de notre galaxie.

Ces scientifiques attendent beaucoup des informations qui seront transmises par le satellite Tess qui est le successeur de Kepler et pourrait en identifier un certain nombre.

Hervé CHABAUD

Extrait de l'union du 05/12/2018

 

   

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 Hypérion, ce géant cosmique de la constellation du Sextant

Ce que les télescopes les plus aboutis permettent de regarder, pour nourrir  les travaux des astronomes et des astrophysiciens, offre aux scientifiques l’opportunité d’expliquer à l’homme le contenu des espaces lointains.


Hyperion, un groupe d'amas de galaxies d’un million de milliards de fois la masse du Soleil.ESO / AFP

Scruter avec une attention soutenue les espaces lointains pour mieux y identifier des présences jusqu’alors inconnues et profiter des opportunités offertes par les nouvelles technologies pour satisfaire une curiosité scientifique légitime est une passion qui anime les meilleurs experts. C’est ainsi avec méthodologie, détermination et rigueur que des astronomes ont découvert un « géant cosmique » !

UN ENSEMBLE MONUMENTAL

Il s’agit d’un groupe d’amas de galaxies d’un million de milliards de fois la masse du Soleil et constitué 2,3 milliards d’années « seulement » après le Big Bang, a annoncé l’Observatoire européen austral (ESO). C’est tout simplement énorme. « Cela a été une vraie surprise de constater l’existence d’une structure aussi évoluée au sein d’un Univers relativement jeune » , a indiqué Olga Cucciati, chercheur à l’Institut national d’astrophysique (INAF) de Bologne et qui dirige l’équipe à l’origine de cette découverte qui a fait l’objet d’une publication dans le journal scientifique européen Astronomics et Astrophysics.

Cette structure qu’on peine à s’imaginer, serait, parole de scientifiques, la plus vaste et la plus massive découverte à ce jour dans l’Univers primitif. « L’énorme masse du proto-superamas est estimée à plus d’un million de milliards de fois la masse du Soleil. Cette masse colossale est semblable à celle des structures les plus étendues de l’Univers contemporain » , précisent les experts de l’Observatoire européen austral (ESO).

Baptisé Hypérion, du nom d’un titan de la mythologie grecque, descendant d’Ouranos, le Ciel et de Gaïa, la Terre ; ce géant cosmique a été débusqué dans la constellation du Sextant, près de l’équateur céleste grâce au Very Large Telescope de l’ESO installé dans l’Atacama au Chili et auquel on doit bien des découvertes depuis son entrée en fonction. Cette région est l’un des meilleurs sites de la Terre pour scruter les espaces lointains. Si les dimensions d’Hypérion sont comparables à celles de superamas actuels, sa structure est, en revanche, très différente, assure l’équipe à l’origine de sa mise au jour.

UN TÉLESCOPE À LA VUE PERÇANTE

Selon les chercheurs qui cosignent cette étude précieuse pour la connaissance du lointain, Hypérion est doté d’une structure complexe. Elle est constituée d’au moins sept régions de densité élevée liées entre elles par des filaments de galaxies qui ressemblent à des passerelles permettant de s’y déplacer sans se perdre. Les superamas qui ont déjà été identifiés et sont situés bien plus près de la Terre sont plus âgés et caractérisés par une distribution de masse plus concentrée et une architecture davantage travaillée, détaille Brian Lemaux, astronome à l’université de Californie aux États-Unis.

Cette différence d’observation pourrait résulter des effets prolongés de la gravité : contrairement à Hypérion, les superamas observés dans l’univers proche, à plus de 13 milliards d’années après le Big Bang, ont disposé de plusieurs milliards d’années supplémentaires pour condenser leur matière en des régions de densité plus élevée, justifie le même astronome.

Selon les astrophysiciens et les astronomes, les dimensions qu’arbore Hypérion dans un Univers si jeune laissent entendre qu’il évoluera de façon similaire. Ce sera aux équipes du futur de le vérifier en se remémorant les travaux signés par leurs aînés.

Hervé CHABAUD

Extrait de l'union du 30/10/2018

 

   

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Une lune extrasolaire débusquée dans la constellation du Cygne  

Les conclusions de deux chercheurs américains, qui ont été publiées, vont être vérifiées au moyen du télescope Hubble au printemps prochain.  


Les chercheurs auraient découvert une lune, la première extrasolaire, dans la constellation du Cygne. 

Deux chercheurs de l’université Columbia de New York, David Kipling et Alex Teachey, ont publié dans la revue internationale de référence Science Advances les conclusions de leurs travaux qui pour eux, certifient l’existence d’une lune extrasolaire, la première exolune, qu’ils pensent avoir détectée dans la constellation du Cygne à 8 000 années-lumière de la Terre.

Cette hypothèse a déjà été avancée par d’autres équipes en d’autres endroits mais des vérifications plus approfondies n’avaient pas permis de conclure positivement. Cette fois le travail réalisé est, assure-t-on dans les cercles scientifiques plus convaincant. La communauté des astronomes est particulièrement intéressée par cette étude, tant l’objet céleste décrit y paraît insolite et paraît posséder des caractéristiques qualifiées d’inattendues.

UNE EXOLUNE TRÈS VOLUMINEUSE

Baptisée pour le moment « Kepler 1625b I », cette exolune est très volumineuse. Elle a environ la masse et la taille de Neptune, soit près de quinze fois le diamètre de notre satellite naturel, et elle orbite autour d’une planète (Kepler 1625b) qui a plusieurs fois la masse de Jupiter, à trois millions de kilomètres de celle-ci ! Une distance qualifiée d’énorme, sachant que la distance Terre-Lune n’est que de 380 000 kilomètres. Ce qui fixe mieux les distances !

L’exoplanète et sa lune se situent dans une région lointaine qui est considérée comme la zone habitable dans ce système stellaire. Les températures y sont, d’après les calculs des scientifiques, modérées et elles permettent à l’eau de demeurer liquide sur une surface rocheuse. Même si la prudence est de mise, ce scénario apparaît comme raisonnable.

La masse de l’étoile est par ailleurs équivalente à celle du Soleil, mais elle serait vieille d’environ neuf milliards d’années, soit deux fois plus que l’astre du jour. Ce qui signifie peut-être qu’elle est en fin de vie, ce qui expliquerait alors la distance aussi élevée entre l’exolune et sa planète mère.

KEPLER ET HUBBLE SCRUTENT

Cette découverte s’appuie sur des données fournies depuis plusieurs années par le télescope spatial Kepler, de la Nasa, et plus récemment par le télescope Hubble. On sait que ces appareils sont particulièrement performants et qu’ils ont servi à enrichir les connaissances des équipes qui travaillent sur l’organisation et la composition des espaces lointains. Les deux chercheurs américains David Kipping et Alex Teachey restent humbles sur leurs conclusions : « Nous n’ouvrons pas encore les bouteilles de champagne » , a déclaré l’un d’eux à la revue Nature tout en assurant que les résultats sont « excitants, alléchants, peut-être décisifs » .

Si cette découverte est confirmée par de nouvelles vérifications et pourquoi pas des travaux croisés d’autres équipes de très haut niveau, elle marquerait une étape importante dans l’exploration des systèmes planétaires de notre galaxie. Elle fournirait également de précieux renseignements sur la formation des lunes, en documentant le premier exemple identifié à l’extérieur du système solaire. Cette confirmation peut être prochaine.

En mai 2019, lorsque Kepler 1625b et son exolune présumée passeront à nouveau devant leur étoile, cela se passera sous les « yeux « du télescope Hubble et il y aura un suivi assuré par des scientifiques qui s’y préparent déjà pour confirmer ou infirmer cette étude faisant déjà grand bruit.

Hervé CHABAUD

Extrait de l'union du 17/10/2018

 

   

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Des tempêtes de sable balaient aussi Titan

La sonde spatiale internationale Cassini qui a exploré Saturne et ses lunes  entre 2004 et 2017 a collecté une masse de renseignements scientifiques  qui ont révélé des phénomènes météorologiques d’une intensité impressionnante


Titan, devant Saturne.AFP / Nasa

Il n’y a pas que sur Terre que des images impressionnantes de tempêtes de sable qui font avancer un mur géant de particules denses de l’horizon vers des zones peuplées sont observées. Sur Titan, l’une des lunes de Saturne, un phénomène de grande ampleur peut être observé. Titan passionne les astronomes et les astrophysiciens parce qu’il est d’abord le deuxième plus grand satellite naturel du système solaire, après Ganymède, mais aussi parce qu’il s’agit du seul satellite connu à posséder une atmosphère dense et des paysages qui évoquent ceux de la Terre.

On y observe des collines, des lacs et des rivières… mais d’hydrocarbures ! Ces différentes caractéristiques expliquent pourquoi certains astronomes considèrent cet astre comme une planète. Une nouvelle étude qui a été conduite à partir des données récoltées par la sonde spatiale internationale Cassini qui s’est promenée dans le grand périmètre saturnien entre 2004 et 2017 établit une nouvelle similitude entre Titan et la Terre : il y souffle des tempêtes de sable ce qui est vrai aussi pour Mars.

SÉDUISANT MAIS INHOSPITALIER

Il ne faut pas se réjouir trop vite car Titan n’est pas aussi hospitalier qu’il pourrait y sembler. Sur ce satellite de Saturne, c’est le méthane qui règne en maître et, comme l’eau sur Terre, c’est un élément qui connaît un véritable cycle. Les molécules d’hydrocarbures qui constituent les lacs et les rivières s’évaporent sous le Soleil. Elles montent alors dans l’atmosphère et s’y condensent avant de retomber au sol sous la forme d’une pluie moléculaire. Ce sont ces molécules organiques qui forment à la surface de Titan d’immenses mers de sable.

C’est au-dessus de ces tapis de particules, à hauteur de l’équateur du satellite, que l’instrument VIMSVisual and Infrared Mapping Spectrometer installé à bord de la sonde Cassini a repéré d’impressionnants nuages à environ 10 kilomètres d’altitude. Leur structure a été analysée par Sébastien Rodriguez, qui est astrophysicien à l’université Paris-Diderot et l’auteur principal d’une communication de haut niveau sur le sujet qui a été publiée dans la revue de référence Nature Geoscience .

UN ÉPAIS MUR DE POUSSIÈRE

L’expert assure que ces nuages observés en 2009 et 2010 sont bien des nuages de très grande taille de poussières organiques qui sont soulevées par des vents d’une puissance inimaginée jusqu’alors sur Titan. Ces vents pourraient naître sur le front de grosses tempêtes de méthane qui se produisent dans la même région géographique du satellite, provoquant un scénario d’apocalypse mais qui ne met en danger la vie de personne. La genèse et le déroulement de ce phénomène est connu et compris puisque des observations comparables ont été menées sur Terre.

Il s’agit du haboob et il se produit après de violents orages dans des zones désertiques comme le Sahara mais aussi au Soudan, dans la péninsule arabique, dans les régions les plus arides de l’Irak, au Koweït où le cycle a été filmé et donne des images à la fois étonnantes, remarquables et effrayantes. Cela a même inspiré certains scénaristes de films d’horreur ou de cataclysmes météorologiques. Il est impératif de se protéger les yeux et l’appareil respiratoire.

Si sans explication cela fait peur, cela s’inscrit dans une succession d’événements qui rythme d’abord le temps terrien. Notre planète n’en a simplement pas le monopole.

Hervé CHABAUD

Extrait de l'union du 10/10/2018

 

   

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Quand la sonde Gaia fait parler la Voie lactée

 La sonde européenne, en voyageant loin de la Terre, révèle l’histoire mouvementée de la Voie lactée grâce à l’étude de six millions d’étoiles. Passionnant.


Gaia ouvre une nouvelle ère dans l’astrologie galactique.
AFP 

Si les voyages forment la jeunesse, l’envoi par l’homme de sondes dans l’espace lointain pour mieux en percer les secrets et en comprendre les évolutions enrichit à l’évidence les connaissances scientifiques. La sonde Gaia en apporte la preuve par ses mesures.

On sait désormais qu’il y a 300 à 900 millions d'années un événement d’une rare violence et d’une particulière intensité est venu chambouler la structure de notre galaxie. Que s’est-il produit pour que les astrophysiciens en arrivent à cette conclusion ? Il s’avère qu’une galaxie satellite l'a frôlée et la Voie lactée en garde encore les traces, comme pour mieux renseigner le temps présent sur son histoire.

AUSCULTATION LOINTAINE

Pour parvenir à ce résultat, toute une équipe d’experts a exploité, le plus systématiquement possible, les données du satellite Gaia de l'Agence spatiale européenne (ESA), et a publié dans Nature, une revue internationale de référence. L’équipe franco-espagnole, qui est constituée de chercheurs de l’Observatoire de Paris, de l’Institut de planétologie et d’astrophysique de Grenoble ( Ipag) et de membres des universités de Bordeaux et de Franche-Comté, a examiné les données relatives à six millions d’étoiles.

Comme la grande majorité des étoiles, elles sont concentrées dans ce mince disque qui s’étend autour du bulbe central mais qui s’avère très dense en données exploitables.

Le satellite Gaia dispose d’outils remarquables qui lui permettent de mesurer avec une très grande précision la position et la vitesse des étoiles et d’en obtenir une représentation tridimensionnelle. La base de travail pour les scientifiques est donc excellente. Les mesures ont été rassemblées dans un diagramme particulier très utilisé en physique pour l’étude des mouvements, qui est appelé « espace des phases ».

Il s’avère que dans ce diagramme, la vitesse verticale des étoiles est représentée en fonction de leur distance par rapport au plan galactique. Pour les astrophysiciens, il y a une heureuse surprise partagée parce que le diagramme obtenu, en forme de spirale, était bien différent de « l’espace des phases » habituel des galaxies qu’ils connaissent.

RENDEZ-VOUS DANS 100 MILLIONS D’ANNÉES

Dans un premier temps, prudente et soucieuse d’effectuer des vérifications très pointues, l’équipe a émis des doutes sur les données, mais après les avoir contrôlées plusieurs fois, et avoir discuté les résultats enregistrés, la conclusion s’est imposée. Il y a bien eu un événement singulier et majeur qui est survenu au sein de notre galaxie. L’hypothèse qui apparaît la plus crédible est qu’une galaxie a sans doute frôlé la Voie lactée, et la perturbation gravitationnelle qu’elle a générée n’est pas encore terminée !

Selon les estimations dites raisonnées et raisonnables, cet événement considérable a eu lieu il y a quelques centaines de millions d’années. Quant à l’intrus, qui s’est permis une telle taquinerie avec une pareille audace, les astrophysiciens soupçonnent la galaxie naine du Sagittaire, qui se déplace sur une orbite polaire à 50 000 années-lumière du centre de la Voie lactée.

Elle devrait, d’après leurs calculs, retraverser le disque de notre galaxie dans environ 100 millions d’années avec des phénomènes mesurables. Les sagittaires n’ont rien à craindre, cela ne va pas modifier demain leur horoscope !

Hervé CHABAUD

Extrait de l'union du 03/10/2018

 

   

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La sonde Parker, prête à « toucher Je soleil »

La sonde Parker part aujourd’hui frôler le soleil avec, à la clé, des réponses sur le fonctionnement de notre étoile
Fin 2024, Parker Solar Probe passera à 6.2 millions de kilomètres du Soleil AFP

Armée d'un bouclier high-tech pour la protéger de la chaleur intense, la sonde Parker doit s'envoler aujourd'hui pour « toucher le Soleil » et tenter de répondre à une question qui taraude les scientifiques: pourquor la couronne de l'astre solaire est-elle infiniment' plus chaude· que sa surface ? La sonde, qui doit s'envoler aujourd'hui de Cap Canaveral en Floride, sera le premier objet construit par l'homme à affronter les conditions infernales de cette pattie de l'atmosphère du Soleil: elle la traversera à 24 reprises à quelque 6,2 mil- lions de kilomètres de la surface du Soleil, pendant les sept ans que doit durer la mission. Pour survivre, le vjlisseau est équipé d'un bouclier en composite carbone d'une douzaine de centimètres d'épaisseur qui doit le protéger d'une température de 1.400 degrés, assez pour faire fondre du silicium et maintenir la suite d'instruments scientifiques à une _température confortable de 29 degrés.

« Quand vous allez de la surface du Soleil, qui est à 5500 degrés Celsius, à la couronne on se retrouve très vite à des millions· de degrés »
 Alex Youne, spécialiste du Soleil à la Nasa

Ces instruments doivent permettre de mesurer les particules à haute énergie, les fluctuations magnétiques et prendre des Images pour tenter de mieux comprendre cette couronne qui est « un environnement très étranlnge., peu familier pour nous. »

Ligne Nicky Fox, membre du laboratoire de physique appliquée de Johns Hopkins et responsable Univer,Sity scientifique de la mission. « Il nous faut aller là où ça se passe, là où toutes ces choses mystérieuses se produisent », estime-telle.

 PLUS LOIN PLUS CHAUD

Contrairement à un feu de camp, où la partie la plus chaude est au centre, la température augmente à mesure que l'on s'éloigne du Soleil.t

« Quand vous allez de la surface du Soleil, qui est à 5500 degrés Celsius, à la couronne on se retrouve très vite à des millions de degrés », explique Alex Young.

Il espère que Parker, le seul vaisseau de la Nasa a jamais avoir été nommé, d'après un scientifique toujours en vie, le célèbre astrophysicien Eugene Parker aujourd'hui âgé de 91 ans, aidera à apporter des réponses à ce que les scientifiques américains appellent le « problème-du réchauffement de la couronne. » L'enjeu est aussi d lmportance pour mieux prévoir la météorologie spatiale.

Ainsi, les tempêtes solaires se font sentir jusque sur terre, où elles peuvent perturber le fonctionnement du réseau électrique mais aussi provoquer des pannes dans les satellites qui orbitent autour de la planète, ou encore mettre en danger la vie des astronautes.

« Il est tout aussi important pour nous d'être capables de prévoir la météo spatiale que cela l'est de prévoir la météo sur Terre », affirme Alex Young.

BOLIDE

 Parker, qui va devenir le plus rapide engin spatial fabriqué par l'Homme avec une vitesse de pointe de 692 000 kilomètres par heure, doit décoller de la base spatiale de Cap Canaveral à 7 h 48 GMT (9 h48 heure française). L'engin, qui a la taille d'une voi- . ture et a coûté 1,5 milliard de dollars, est déjà installé au sommet de. la fusée Delta lV-Heavy qui doit l'emmener dans l’espace.

Extrait de l'union du 11/08/2018

 

   

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Valetudo, cet étrange satellite qui se promène autour de Jupiter 

Douze nouvelles lunes ont été découvertes autour de Jupiter. On y dénombre désormais 79 satellites, un record à battre parmi les planètes du système solaire. 


Jupiter, la plus grosse planète du système solaire (onze fois la taille de la Terre), compte 79 satellites.

 Une équipe américaine d’astronomes a certifié cette identification tout en laissant la porte ouverte à d’autres repérages possibles en raison de l’évolution des technologies qui permettent une analyse beaucoup plus systématique et fine de l’environnement jupitérien. Scott Sheppard, qui est un chercheur de la Carnegie Institution for Science, a qualifié l’une de ces nouvelles lunes de « boule étrange » en raison de sa petite taille.

Elle mesure un peu moins d’un kilomètre de diamètre, ce qui à l’heure actuelle, en fait le plus petit satellite de Jupiter. Mais rien ne dit qu’il n’en existe pas un ou plusieurs de taille moindre. Une autre de ses spécificités relève de son orbite qui est « différente de celle de toutes les autres lunes jupitériennes connues ». Ce qui interroge l’astronome et l’encourage à en expliquer les raisons avec le concours de physiciens.

UNE SITUATION ÉVOLUTIVE

Il s’avère qu’il faut environ un an et demi à ce satellite très particulier pour faire le tour de Jupiter, dont l’orbite inclinée croise celles d’une nuée d’autres lunes se déplaçant dans le sens inverse de la rotation de Jupiter ! « Il s’agit d’une situation instable », insiste Scott Sheppard qui considère qu’on se situe dans un environnement très évolutif. Et de s’en expliquer : « Les collisions frontales peuvent rapidement disloquer les satellites et les réduire à la poussière. » Ce qui est observé un jour peut ainsi disparaître dans un délai incertain. La « boule étrange », comme deux des lunes récemment mises au jour par ces chercheurs aux yeux de lynx, tourne dans le même sens que Jupiter. On sait d’après des études antérieures qu’il faut un an environ aux satellites les plus proches pour faire le tour de la planète, contre deux ans pour ceux plus éloignés.

L’une des hypothèses qui est avancée est que ces lunes peuvent être des fragments issus de collisions entre des corps cosmiques plus larges. Les astronomes, qui se sont concertés, ont suggéré de baptiser « Valetudo» cette « boule étrange ». Il s’agit du nom de l’arrière-petite-fille du dieu romain Jupiter, déesse de la santé et de l’hygiène. Il fallait y songer. C’est dès 1610, l’année de l’assassinat de Henri IV par Ravaillac, que l’astronome italien Galilée a découvert les quatre premières lunes de Jupiter. Certains l’ont alors pris pour un illuminé !

DANS LE CHAMP DE LEUR TÉLESCOPE

L’équipe d’astronomes qui vient de réaliser cette nouvelle découverte ne menait pas une mission destinée à identifier de nouveaux satellites de Jupiter, mais ces derniers sont apparus dans le champ de leur télescope alors que les scientifiques étaient à la recherche de planètes au-delà de Pluton ! Ces nouvelles lunes ont été observées pour la première fois en 2017 dans l’optique d’un télescope de l’Observatoire astronomique national des États-Unis, stationné au Chili. Pour la certification, il a été nécessaire de confirmer la trajectoire de leurs orbites à l’aide de plusieurs autres télescopes tant aux États-Unis qu’au Chili.

Comme un événement ne survient pas seul, de nouvelles images de la sonde Juno révèlent la probable présence d’un volcan inconnu à la surface de Io, lune de Jupiter. Io est le satellite naturel le plus proche de la planète et également l’un des quatre plus grands du système solaire. On sait qu’une intense activité provoquée par les forces de marée de Jupiter règne à la surface d’Io. Le nouveau volcan est situé près du pôle sud et à 300 kilomètres d’un autre volcan déjà connu.

Hervé CHABAUD

Extrait de l'union du 01/08/2018

 

   

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La planète rouge loin d’avoir livré tous ses secrets

Mieux vaut ne pas trop se réjouir des communications opérées par la Nasa   sur les travaux menés sur Mars depuis près de six ans d’exploration du cratère Gale, via le rover Curiosity.


Curiosity a atterri dans le cratère Gale, sur Mars, le 6 août 2012. AFP

Des molécules organiques y seraient abondantes dans les roches et du méthane, qui est la molécule organique la plus simple, est libéré de façon saisonnière dans l’atmosphère de la planète, mais cela ne certifie pas que la vie a existé. Ces deux découvertes résultent des conclusions affichées par l’analyseur d’échantillons Sam ( Sample analysis at Mars) deCuriosity , un laboratoire de chimie miniaturisé. Il analyse les gaz de l’atmosphère et ceux dégagés par la combustion d’échantillons du sol.

Des échantillons d’argiles anciennes ont libéré plusieurs molécules organiques. Une autre étude qui porte sur cinq années d’échantillons atmosphériques, recueillis par l’instrument Sam, a permis de mesurer avec une grande précision, les fluctuations de la concentration de méthane, qui culminent au cours de l’été martien. Ces résultats ont été publiés dans le journal Science, ce qui témoigne du sérieux et de la qualité des observations réalisées et de l’interprétation qui en a été donnée.

DES OBSERVATIONS QUI NE VALENT PAS CERTITUDES

Bien qu’encourageantes, ces deux découvertes ne sont pas concluantes sur l’existence d’une vie passée ou présente sur Mars. La convergence des avis des experts est ici patente. Le méthane est omniprésent dans l’atmosphère des planètes géantes gazeuses. Il peut provenir d’interactions qui ne sont pas organiques entre de l’eau liquide et des roches chaudes. D’autres molécules organiques simples sont pour leur part présentes dans les météorites et les nuages de gaz interstellaires. « À moins de prendre en photo un fossile dans une roche martienne, trouver des preuves indiscutables de la vie est très difficile », tempère le chimiste Chris Webster, du Jet Propulsion Laboratory, qui est l’auteur principal de l’étude sur le méthane. Cet expert ne veut pas donner de faux espoirs et raisonne en fonction des connaissances d’aujourd’hui.

Il n’est pas étonnant que Mars possède des molécules organiques. Comme toutes les planètes de notre Système solaire, elle reçoit de l’espace une pluie incessante de micrométéorites et de poussières qui sont riches en carbone. Quand les sondes jumelles Viking de la Nasa sont arrivées sur Mars en 1976, leurs analyses ont révélé que le sol martien contenait moins de carbone que les roches de la Lune. « Ce fut une grande surprise », se remémore Caroline Freissinet, exobiologiste et coauteure de l’étude sur les argiles de Curiosityau laboratoire Atmosphère, milieux, observations spatiales (Latmos), de l’université de Versailles. Avant d’ajouter : « Cela a ralenti tout le programme consacré à Mars. » Depuis, les scientifiques ont beaucoup travaillé pour trouver une explication à cette absence de carbone.

UNE EXPLICATION PERTINENTE

Un indice crucial est apparu en 2008, quand l’atterrisseur Phoenixenvoyé par la Nasa a identifié des sels de perchlorate, c’est-à-dire des molécules très réactives contenant du chlore, dans des échantillons de sol relevés près du pôle nord de la planète. Combinés aux ultraviolets de haute énergie et aux rayons cosmiques, les perchlorates détruiraient toute matière organique à la surface. Ce qui expliquerait les mesures opérées par les atterrisseurs et les rovers à la recherche de carbone ! Bien sûr, des chercheurs ont pensé que les traces restantes d’éléments organiques, donc de signes de vie passée ou présente, étaient enfermées dans les profondeurs de Mars. Encore faut-il le vérifier et cela reste à faire.

Hervé CHABAUD

Extrait de l'union du 23/03/2018

 

   

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Destination Mars pour un mini-hélicoptère

À peine plus gros qu’une balle de baseball et équipé d’une technologie de dernière génération, ce nouveau robot doit aider les scientifiques à mieux connaître la Planète rouge.


La Nasa mise beaucoup sur ce robot extra-léger. L’objectif est de préparer des voyages humains.
AFP 

Comme l’Agence spatiale américaine ne manque pas de projets même si ses dirigeants considèrent toujours que leurs budgets sont contraints, les suggestions intéressées ne manquent pas. La dernière annonce du comité scientifique concerne un nouveau projet d’expédition en 2020 vers la Planète Rouge. Avec comme particularité, l’emploi du premier hélicoptère sur Mars, un engin miniature proche d’un drone qui devrait permettre d’en approfondir la connaissance. L’appareil dénommé « The Mars Helicopter » présente un fuselage à peine plus grand qu’une balle de baseball qui pèse moins de deux kilos.

Il doit être embarqué avec le rover Mars 2020, un robot sur roues qui a reçu comme mission d’étudier l’habitabilité de la planète, de chercher des signes d’une vie ancienne et d’évaluer les ressources naturelles et les dangers pour de futurs astronautes qui y seraient envoyés. Le lancement de l’opération est prévu pour juillet 2020, pour une arrivée en février 2021. ’est le délai nécessaire aux vecteurs actuels pour rejoindre Mars.

ÊTRE PIONNIER

La Nasa parie toujours sur l’innovation. Et la perspective d’être la première agence en capacité de faire voler un hélicoptère sur une autre planète en s’adaptant à son milieu est jugée comme un défi acceptable. Le projet a enthousiasmé les équipes depuis son lancement en août 2013. Au commencement, il s’agissait d’un programme de développement du Jet Propulsion Laboratory (JPL), un laboratoire d’une nouvelle génération capable de satisfaire les recherches de plusieurs groupes dans des disciplines différentes et cela loin de la Terre. Pour voler dans l’atmosphère martienne, l’engin doit être extrêmement léger mais aussi puissant que possible. Une équation dont la solution a été trouvée. « L’altitude record atteinte par un hélicoptère sur Terre est d’environ 40 000 pieds, soit plus de 12 000 mètres », a expliqué Mimi Aung, chef de projet du Mars Helicopter au JPL. D’après cette scientifique très respectée, l’atmosphère de Mars représente seulement 1 % de celle de la Terre, aussi quand l’hélicoptère est à la surface de Mars, il se trouve déjà à un équivalent sur Terre de 100 000 pieds, soit 30 500 mètres !

COMME UN DRONE

L’engin retenu est équipé de panneaux solaires pour recharger ses batteries de lithium-ion et d’un dispositif de chauffage pour le garder au c haud durant les nuits martiennes glaciales. L’hélicoptère sera piloté depuis la Terre, avec un décalage de quelques minutes. Pour la Nasa, il s’agit de réussir une prouesse technologique à haut risque mais qui doit avoir de grandes retombées pour l’exploration spatiale. Si cela fonctionne bien, l’appareil sera employé pour survoler les endroits inaccessibles aux véhicules sur roues en raison des failles ou du relief. En cas d’échec, cela n’affecterait pas la mission Mars 2020, assure-t-on.

« La capacité de voir clairement ce qu’il y a derrière le prochain obstacle est déterminante pour les futurs explorateurs », a résumé Thomas Zurbuchen, un responsable de la Nasa. Avant d’ajouter : « Nous disposons déjà de vues superbes de Mars depuis la surface mais aussi en orbite. Avec la nouvelle dimension d’une vue aérienne grâce au Marscopter, nous ne pouvons qu’imaginer ce que les missions pourront accomplir à l’avenir. » Bref, aux États-Unis, on est convaincu qu’il n’y a rien d’utopique dans les objectifs et les attentes liés à cet appareil.

Hervé CHABAUD

Extrait de l'union du 23/03/2018

 

   

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De la Terre à la Lune, une nouvelle histoire

Les conclusions d’une étude scientifique publiées dans une revue de référence attestent que l’astre serait né d’une collision entre la Terre et un objet  de la taille de Mars par la coagulation de matières.


Photo de la Lune et de la Terre, prise à une distance de 6,2 millions de kilomètres par la sonde de la Nasa Galileo, en 1992.AFP

Le mystère de l’origine de la Lune est peut-être résolu ! Les théories étaient nombreuses, mais aucune ne faisait l’unanimité. Une étude placée sous la direction de l’Américain Simon J. Lock, de l’université Harvard, a été publiée dans Journal of Geophysical Research : Planets. Elle met tout le monde d’accord. Jusqu’alors, c’est une théorie formulée en 1975 qui faisait référence. Au moment de la formation de la Terre, un objet de la taille de Mars, dénommé Theia, serait rentré en collision avec elle.

NAISSANCE BRUTALE

De cet impact serait née la Lune. « C’était un modèle crédible, car au moment des formations des planètes, beaucoup de gros objets rentrent en collision avec les jeunes planètes », explique Frédéric Moynier, de l’institut de Physique du globe de Paris. « Mais il y avait une vraie limite : dans ce cas, la Lune aurait dû avoir la même composition chimique que l’impacteur. » Or, les travaux qui ont été menés ont démontré qu’il en allait différemment. « La Lune et la Terre ont des compositions très proches, mais présentent des différences qu’il ne faut pas négliger » , insiste Sarah Stewart, de l’Université de Californie et cosignataire de l’étude. À moins d’envisager que Theia soit d’une composition similaire à la Terre, ce qui est statistiquement très improbable, la théorie ne tenait pas.

Dans cette nouvelle étude, les chercheurs n’excluent pas l’hypothèse d’un impact géant mais ils y ajoutent un élément nouveau : la synestia. Que se cache-t-il derrière ce mot savant ? Définie en mai dernier, la synestia est un nuage très dense fait de matière terrestre en évaporation qui entoure la planète, un peu comme un donut. De quoi exciter la gourmandise scientifique ! Ce nuage résulte de l’impact qui « fait tourner la Terre sur elle-même de manière rapide et en vaporise une partie », détaille Alessandro Morbidelli, expert des modèles de formation du système solaire à l’observatoire de la Côte d'Azur.

COUP DE CHAUD

La Lune se serait ainsi formée dans des températures supérieures à six mille degrés et une pression équivalente à dix fois la pression atmosphérique actuelle. Les débris de l’objet percuteur se sont mélangés et ont formé le noyau lunaire, autour duquel s’est agrégée la matière terrestre évaporée. Bref, la Lune serait, une pièce de cette «atmosphère » condensée. Cette période a été courte, une centaine d’années, le temps pour la matière de « coaguler », selon l’expression usitée par les chercheurs.

« En ajoutant la synestia, les auteurs donnent un contexte à la formation lunaire qui permet de comprendre les similitudes et les différences de composition », explique Alessandro Morbidelli. Des éléments restent à préciser, tels que la présence de certains composants chimiques mais, « 99 % de la composition de la Lune est expliquée », constate Frédéric Moynier.

Ce modèle peut-il être extrapolé pour d’autres planètes ? On en saura un peu plus quand l’étude des satellites de Mars aura débuté. « Si leur proximité avec la planète rouge est la même que celle de la Terre avec la Lune, alors il y aura de fortes chances que le processus de création soit le même », ajoute Frédéric Moynier.

Les scientifiques convergent pour reconnaître que les synestias ne se produisent qu’avec des impacts particuliers. C’est une des spécificités de la Terre d’avoir terminé sa croissance par un impact de cette nature. Est-ce que cela a joué un rôle dans l’apparition de la vie sur Terre ? La question est ouverte

Hervé CHABAUD

Extrait de l'union du 13/03/2018

 

   

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Objectif Lune, le retour du rêve américain

Le président des États-Unis relance l’idée d’un retour sur notre satellite et imagine une succession de missions nouvelles sans fixer un calendrier bien précis. Ce qui suscite bien des hypothèses.


L’équipage d’Apollo 11 avec Neil Armstrong, Michael Collins et Edwin E. Aldrin Jr (g. à d.).

Donald Trump veut y renvoyer des Américains tandis que deux missions robotisées sont annoncées par la Chine et l’Inde plus déterminées que jamais à être reconnues comme des puissances spatiales. On va remarcher sur la Lune. C’est plus qu’une probabilité même si cela n’aura pas le même impact qu’en 1969, lorsque la première mission américaine y est parvenue avec Apollo et le Lem.

Il y avait alors un tel engouement, une telle impatience qu’en plein été, des familles se sont serrées la ceinture pour s’acheter un téléviseur portable et être en capacité de suivre le direct depuis leur lieu de vacances. Combien d’enfants ont alors été autorisés à veiller très tard ou à se lever très tôt pour ne pas rater cet événement historique : le premier pas d’un homme sur une autre planète, la Lune.

RENDEZ-VOUS À PRENDRE

Le président Donald Trump a relancé cette idée et s’est montré très démonstratif à l’endroit de ce projet. Par un décret signé le 11 décembre 2017, l’homme fort de la Maison blanche a, en seulement quelques mots, remis notre satellite au cœur de la politique spatiale de son pays. N’a-t-il pas déclaré : « Les États-Unis vont mener le retour des humains sur la Lune pour de l’exploration et de l’exploitation à long terme, suivi par des missions humaines vers Mars et d’autres destinations . » Un choix assez inattendu d’après bon nombre d’experts. Francis Rocard, responsable des programmes d’exploration du Système solaire au Centre national d’études spatiales (Cnes), considère que « Donald Trump a pris tout le monde à contre-pied, y compris la Nasa. Qui est en train de phosphorer ».

Ce n’est pas la première fois que l’agence spatiale américaine subit un changement de cap majeur en raison d’une invitation ou d’une décision souveraine du Président. En 2004, presque par surprise, le Républicain George W. Bush avait donné le coup d’envoi du programme Constellation, destiné à renvoyer des hommes et des femmes sur la Lune et sans exclure qu’ils puissent être assistés d’animaux de compagnie ! Six ans plus tard, son successeur, le démocrate Barack Obama, avait annulé le projet qui avait pris du retard par un manque de travail patent des équipes alors que les budgets étaient largement dépassés.

OUBLIER L’ASTÉROÏDE

Il y substituait l’idée d’envoyer un équipage vers un astéroïde, pour une observation approfondie dans son environnement immédiat, avec un voyage vers Mars dans un futur très lointain. Donald Trump, peut-être en raison de son envie de détricoter ce que son prédécesseur a fait, redonne un coup de barre vers la Lune. Il n’invente rien mais revient au plan esquissé par George W. Bush. Ce qui est loin de satisfaire plus d’un connaisseur du monde spatial. L’un, d’où sous réserve de préserver son anonymat, glisse cinglant : « Tout le monde se moque de 90 % des décisions de Donald Trump. Pourquoi, sous prétexte qu’il s’agit de la Lune, faudrait-il le prendre cette fois au sérieux ? »

Quoi qu’il en soit, presque cinquante ans après les premiers pas de Neil Armstrong et de Buzz Aldrin sur le Lune, en juillet 1969, cette directive du président américain a le mérite de remettre notre satellite un peu plus sous le feu de l’actualité et de stimuler le rêve américain d’un grand retour sur notre satellite. 2018 a déjà l’occasion d’une belle coloration lunaire justifiant des observations exceptionnelles. Est-ce un signe, mais elles ont été effectuées, en Amérique !

Hervé CHABAUD

Extrait de l'union du 28/02/2018

 

   

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Lorsqu’une étoile naine dévoile son cortège de planètes 

Elle n’est pas si lointaine que cela et présente un tel intérêt dans son sillage que les meilleurs experts scrutent sa périphérie pour rechercher la vie hors du système solaire.


Trappist-1 compte en son orbite sept planètes rocheuses dont la masse est proche de celle de la Terre.
AFP

Il s’agit d’un système planétaire qui intéresse de plus en plus les astrophysiciens en raison des observations qu’ils effectuent et des conclusions qu’ils valident ! Il y a un an, une équipe scientifique internationale, parmi laquelle gravitent plusieurs chercheurs français, révélait la présence d’un cortège de sept planètes qui se trouvent en orbite autour de l’étoile naine rouge Trappist-1. Présentées dans la revue de référence Nature, ces planètes affichent toutes une masse voisine de celle de la Terre.

Dès le début, les astronomes acquièrent la certitude d’avoir déniché, dans la constellation du Verseau, à simplement quarante années-lumière de la Terre, une opportunité sans précédent pour la recherche de la vie hors du système solaire. Et leur intuition se confirme !

QUESTION DE LUMINOSITÉ

L’architecture très spéciale du système de Trappist-1, où les orbites des planètes sont en résonance les unes avec les autres, permet de contraindre la masse de ces corps. Or, on en connaît déjà la taille puisque la méthode utilisée pour les détecter consiste à mesurer la baisse de luminosité provoquée par le passage d’une planète devant son astre. Avec ces deux informations, les scientifiques en déduisent une troisième, déterminante: leur densité.

Ces nouvelles données, combinées aux modèles de composition des planètes, indiquent que ces mondes voisins sont largement rocheux mais surtout que ces planètes semblent composées de matière volatile, et donc probablement d’eau, en quantité même supérieure à celle présente sur Terre (jusqu’à 5 % contre 0,02 % pour notre planète). Ce sont les conclusions d’une équipe scientifique dirigée par le Suisse Simon Grimm de l’université de Berne qui a publié deux nouvelles études sur le système planétaire de Trappist-1 dans les revues Astronomy et Astrophysics et Nature Astronomy. La première porte sur la composition des planètes et la seconde sur leurs atmosphères.

DE L’EAU MAIS SOUS QUELLE FORME

Les experts assurent que les planètes intérieures du système, c’est-à-dire celles qui sont les plus proches de leur étoile, Trappist-1b et c, sont probablement composées d’un noyau rocheux et entourées d’une atmosphère de vapeur plus épaisse que celle de la Terre. Trappist-1d est, la moins massive, moins d’un tiers de celle de la Terre. Les scientifiques n’en savent pas beaucoup plus puisqu’ils ne sont pas parvenus à déterminer si elle possède une atmosphère étendue, un océan ou une couche de glace en surface.

De son côté, Trappist-1e a une densité voisine de celle de la Terre qui laisse croire qu’elle est dotée, comme elle, d’un noyau de fer, même si les chercheurs ne s’expliquent pas bien pourquoi elle serait ainsi plus rocheuse encore que les autres.

Quoi qu’il en soit, elle est, tant en termes de taille ou de densité que d’irradiation en provenance de son étoile, la plus semblable à la Terre. Enfin, Trappist-1f, g et h, les plus éloignées de leur étoile, seraient recouvertes d’une couche de glace. Ce n’est que la première ébauche de portrait d’un système planétaire autre que le nôtre parce que Trappist-1 et ses planètes vont rester une cible de choix pour les astronomes dans les prochaines années. La quête d’un savoir supplémentaire sur l’histoire des espaces lointains motive les chercheurs qui veulent aussi en savoir plus sur la Terre.

Hervé CHABAUD

Extrait de l'union du 31/01/2018

 

   

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Les étoiles massives intriguent toujours plus

La pouponnière qui se situe dans le Grand Nuage de Magellan, là-bas, dans l’univers, forme plus de gros soleils qu’on ne le pensait jusqu’alors. Ce n’est pas une révolution dans la cosmologie mais cela ouvre d’autres pistes de recherche


Le Grand Nuage de Magellan est situé à environ 160.000 années-lumière du Soleil. 

Combien y a-t-il d’étoiles dans l’Univers ? C’est une question à ne pas poser, parce qu’on est simplement en capacité de fournir une approximation et qu’aucun scientifique, aujourd’hui, n’est en mesure de donner un nombre exact. Les meilleurs experts s’accordent pour évoquer cent mille milliards de milliards.

On est sans doute loin du compte, aussi des équipes travaillent-elles le sujet. D’abord pour présenter une statistique plus rigoureuse, il y a le besoin de connaître le nombre de galaxies dans l’Univers ainsi que le nombre d’étoiles contenues dans chacune d’elles. Hormis dans les galaxies les plus proches, il est aujourd’hui impossible de distinguer la lumière individuelle des étoiles.

SI PRÈS ET SI LOIN

On s’astreint à déduire le nombre d’étoiles contenues dans une galaxie de l’intensité de la lumière qui parvient jusqu’à nous. Et c’est un peu au doigt mouillé puisqu’une étoile dix fois plus massive que le Soleil émet trois mille fois plus de lumière ! Dès lors, le nombre d’entre elles dans chaque galaxie peut beaucoup varier en fonction de leur taille. Les relevés et synthèses validées par les meilleurs astronomes attestent cette conclusion : quel que soit l’endroit, les petites étoiles, les moyennes et les massives semblent toujours naître dans des proportions similaires.

Les plus grosses, c’est-à-dire celles qui font plus de dix masses solaires, ne représentent qu’une étoile sur environ cinq cents. Des conclusions récentes, publiées par l’université d’Oxford dans la célèbre revue Science et qui concernent la nébuleuse de la Tarentule, nous renseignent à bon escient. Dans ce monde lointain, situé dans le Grand Nuage de Magellan à environ 160000 années-lumière du Soleil, les observations réalisées d’une pouponnière et leurs traductions scientifiques ouvrent de nouvelles questions complexes !

Il pourrait se former, dans cette zone-là, 30 % de plus d’étoiles massives que ce qu’on pensait jusqu’alors. Ce qui remettrait en cause l’universalité de la distribution en masse des étoiles à leur naissance, avance David Elbaz, directeur du laboratoire Cosmologie et Évolution des galaxies du Centre d’études atomiques (CEA).

UNE COMPTABILITÉ SÉLECTIVE

Si l’on écoute les grands chercheurs, on s’aperçoit que l’inventaire des étoiles de l’Univers n’est pas de premier intérêt, alors que le recensement des étoiles massives présente un intérêt cosmologique patent. Ces monstres lointains ont une combustion accélérée et ont une durée de vie mille fois moins longue que les étoiles de type solaire.

En revanche, ces étoiles massives achèvent leur vie par une prodigieuse explosion que l’on dénomme supernova. Bref, elles produisent et envoient, dans tout l’univers, tous les éléments lourds comme le carbone, l’oxygène, le fer et le calcium. Pour les spécialistes de la modélisation de la formation des étoiles, cela empêche une partie de la matière de s’effondrer et allume de nouvelles étoiles. C’est en particulier ce qu’avance Patrick Hennebelle, autre sommité du CEA.

On sait aussi qu’une partie de ces étoiles massives finit sous la forme de trous noirs mais leur taille a une influence sur le nombre de naissances d’étoiles dans les grosses galaxies où ils s’établissent. Dans ce domaine également, il y a encore beaucoup à apprendre. Des hypothèses sont formulées, encore faut-il disposer des moyens pour les vérifier et accréditer ainsi leur pertinence.

Hervé CHABAUD

Extrait de l'union du 31/01/2018

 

   

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La lumière artificielle pollue la terre

Une étude scientifique menée à partir de mesures collectées depuis un satellite fait déjà du bruit parce qu'elle démontre que la pollution lumineuse s'accroît malgré l'usage des lampes à LED.


La pollution lumineuse affecte la santé des hommes comme ceux des animaux et des plantes. AFP

Ce n'est pas une observation que tout habitant regardant autour de lui est en capacité de faire. Néanmoins, des chercheurs, dont les travaux ont été publiés dans la revue Science Advances, ont déterminé que l'éclairage de la Terre s'était accru, tant en quantité qu'en intensité, d'environ 2 % chaque année de 2012 à 2016. Notre planète subit de plus en plus de lumière artificielle, et ce phénomène est aggravé par la nouvelle technologie des lampes à diode électroluminescente (LED)..Ces conclusions résultent d'une analyse më- .thodologiqu·e des observations d'un satellite, qui confirme l'existence d'une pollution lumineuse grandissante qui affecte la santé aussi bien des hommes que des animaux et des plantes,

EN TROMPE-L'ŒIL

L'accroissement de la lumière artificielle est inégal avec des régions peu éclairées auparavant où la luminescence a augmenté en raison du développement, observe le géophysicien allemand Christopher Kyba, principal auteur de l'étude. Les effets examinés depuis l'espace de la transition en cours dans le monde vers l'éclairage led, moins gourmand en énergie est intéressant. D'abord, les économies d'électricité qui résultent de cette technologie sont plus faibles que ce qui était espéré. Comme les lampes LED produisent la même quantité de lumière avec moins d'électricité, les spécialistes pensaient que les dépenses d'éclairage public dans le monde auraient diminué. Or cela a causé un suréquipement ! « Il y a un bon potentiel pour une véritable révolution de l'éclairage permettant à la fois d'économiser de l'énergie et de réduire la pollution lumineuse, mais seulement si on ne consacre pas les économies réalisées à créer encore plus de lumière », résume Christopher Kyba. Or, il constate que la luminosité artificielle continue d'augmenter la nuit dans le monde avec des conséquences néfastes sur l'environnement. « Nous espérons que les résultats de cette recherche vont encore davantage tirer la sonnette d'alarme quant aux nombreuses conséquences sur la nature d'un usage excessif de la lumière artificielle la nuit », commente Scott Feierabend, directeur de l'Association internationale des nuits noires. Il insiste sur le fait que les éclairages led émettent beaucoup de lumière bleue, ce que l'instrument utilisé dans le satellite de la Nasa pour cette étude ne peut pas détecter. Aussi n'exclut-il pas que l'étude peut avoir sous-estimé l'ampleur de la pollution lumineuse.

GARE À LA LUMIÈRE BLEUE

Cette lumière se diffuse davantage dans l'atmosphère que les autres sources lumineuses d'autres couleurs. Ce qui fait que le satellite n'a pas capté toute l'intensité de la lueur des villes la nuit, qui étaient moins brillantes qu'avant l'adoption des ampoules led. D'après le nouvel atlas mondial de la pollution lumineuse publié en 2016, plus de 80% de l'humanité vit sous des cieux inondés de lumière artificielle et un tiers de la population de la planète ne peut jamais voir la Voie lactée. Cette carte permet d'étudier les éclairages artificiels comme un polluant aux conséquences nuisibles pour la santé et l’écologie, a justifié l'équipe internationale de scientifiques qui l'a mise au point. Ces experts, autour de FabIo FaIci, chercheur de l’Institut italien de la technologie et de la science de la pollution lumineuse (Istil), expliquent que « les niveaux !umineux de la technologie led et ses couleurs pouvaient entrainer un doublement, voire un triplement, de la luminescence du ciel pendant des nuits noires ». Et ils ne sont pas fans de ce scenario pour la Terre et ses habitants.

Hervé CHABAUD

Extrait de l'union du 06/12/2017

 

   

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Une planète gigantesque peut en cacher une autre


OGLE-2016-BLG-1190Lb fait 13,4 fois la masse de Jupiter.

Les techniques d’observation classiques et les innovations validées par les astrophysiciens favorisent l’identification dans l’univers de nouvelles planètes qui jouent à cache-cache avec leur étoile 

Jupiter, qui est la plus grosse planète du Système solaire et pèse 317 fois la masse de la Terre pour un diamètre dix fois plus grand, fait figure de rachitique devant une planète encore treize fois plus lourde ! En effet, une équipe internationale d’astronomes vient d’identifier un mastodonte de l’univers. Leur démonstration scientifique est suffisamment sérieuse pour faire l’objet d’une première publication sur le site arXiv qui est une référence pour tous les passionnés des découvertes lointaines !

EN DIRECT DU BULBE GALACTIQUE

Cette nouvelle planète répond au nom complexe d’OGLE-2016-BLG-1190Lb, mais surtout, elle fait 13,4 fois la masse de Jupiter, soit plus de six fois la masse de tous les objets qui orbitent autour de notre étoile. Les astronomes et les physiciens sont formels. Il n’y aurait jamais eu assez de matière dans notre système solaire pour former un tel objet. C’est prodigieux et cela donne le frisson. Ce mastodonte orbite autour d’une étoile comparable à notre Soleil et qui fait 90 % de sa masse, cela à environ deux unités astronomiques, ce qui représente deux fois la distance Terre-Soleil. On l’aura compris, cette planète est très lointaine. Elle est positionnée au cœur de la Voie lactée, à 20 000 années-lumière, dans une zone dénommée bulbe galactique. De la forme d’une cacahuète, cette région concentre 10 milliards d’étoiles, soit un dixième du total de notre galaxie !

OGLE-2016-BLG-1190Lb n’est pas la première planète à être découverte dans le bulbe galactique, mais une identification est rare. Comment procède-t-on pour acquérir cette certitude ? Il existe deux techniques de détections d’exoplanètes. Elles consistent à observer les micro-éclipses provoquées par le passage de planètes devant leur étoile ou à débusquer de petites variations de couleurs d’une étoile se déplaçant d’avant en arrière sous l’effet de l’attraction gravitationnelle de ses planètes. Le mastodonte de l’univers n’a pas été ainsi débusqué. C’est une troisième technique qui a été utilisée : l’effet de microlentille gravitationnelle.

IL Y A PLUS GROS ENCORE

OGLE-2016-BLG-1190Lb n’est pas la plus grosse exoplanète jamais identifiée. On en recense une bonne centaine, avec un record à 93,6 fois la masse de Jupiter ! Mais, au-delà de treize masses de Jupiter, on ne sait plus si l’on a affaire à une planète ou à une naine brune, c’est-à-dire une sorte d’étoile avortée, expliquent les astrophysiciens. « Je ne pense pas que la masse soit le bon critère. On pourrait définir une planète comme un objet qui se forme dans le disque de débris qui entoure une étoile. Il ne fait pas trop de doutes selon moi que c’est bien le cas ici » , justifie Jean-Philippe Beaulieu, directeur de recherche à l’Institut d’astrophysique de Paris.

Cette observation a la spécificité d’avoir été réalisée par deux télescopes en orbite ainsi que par plusieurs observatoires au sol, ce qui permet d’améliorer la précision des données recueillies sur l’objet. L’astrophysicien Jean-Philippe Beaulieu recommande une observation de l’étoile autour de laquelle orbite la planète géante. Ce qui serait possible avec l’un des télescopes de dix mètres situés au sol, comme le Keck à Hawaï.

Sur les 3 700 exoplanètes recensées dans le catalogue Exoplanet.eu qui est tenu à jour par l’expert français Jean Schneider, une soixantaine ont été découvertes par de nouvelles techniques d’identification, dont une dizaine en 2017. Ce qui n’est pas anecdotique.

Hervé CHABAUD

Extrait de l'union du 15/11/2017

 

   

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Le voyage final de la sonde Cassini

Les heures sont comptées pour la sonde américaine Cassini dont le plongeon final, demain, dans l’atmosphère de Saturne mettra fin à une fructueuse mission de treize ans


Saturne possède un système d'anneaux, composés principalement de particules de glace et de poussière. 

Cassini-Huygens est une mission extraordinaire qui a révolutionné notre compréhension des confins de notre système solaire », explique Alexander Hayes, professeur d’astronomie à New York. Au cours de près de 300 orbites autour de Saturne, Cassini a permis de faire d’importantes découvertes : les mers de méthane liquide sur Titan, son plus grand satellite naturel, et l’existence d’un vaste océan d’eau salée sous la surface glacée d’Encelade, une petite lune saturnienne. Les données recueillies par le spectromètre à bord de Cassini en traversant un panache de vapeur au pôle sud d’Encelade, a montré la présence d’hydrogène jaillissant de fissures dans la couche de glace. Cet hydrogène révèle une activité hydrothermale propice à l’existence de la vie, avaient expliqué les scientifiques en annonçant cette découverte au mois d’avril.

Cassini, une sonde de 2,5 tonnes lancée en 1997 et dotée de douze instruments, a amorcé le 22 avril la première manœuvre qui la fera plonger dans l’atmosphère de Saturne.

ULTIME “BAISER D’ADIEU”

Pour ce faire, le vaisseau s’est approché de Titan, bénéficiant de la poussée gravitationnelle de cette lune, pour effectuer la première de vingt-deux orbites qui la feront descendre entre les anneaux de Saturne et le haut de sa couche nuageuse, explorant pour la première fois cet espace vide de 2700 kilomètres.

Un dernier « baiser d’adieu », selon les termes des ingénieurs de la Nasa qui profiteront de cette dernière communication pour s’assurer que le vaisseau est bien sur la trajectoire qui le fera plonger dans l’atmosphère de la géante gazeuse. « Cassini a connu de nombreuses premières scientifiques et cela va continuer car les instruments recueilleront des échantillons de l’atmosphère de Saturne jusqu’à la dernière seconde», explique Linda Spilker, la principale scientifique de cette mission. « La sonde transmettra des données en temps quasiment réel durant le plongeon dans l’atmosphère ce qui est sans précédent pour Saturne » , précise-t-elle.

Cassini entrera dans l’atmosphère de Saturne avec ses antennes orientées vers la Terre et ses moteurs à plein régime pour maintenir sa trajectoire. Une minute plus tard, à 1 510 kilomètres au-dessus de la couche nuageuse, les communications s’arrêteront et peu après Cassini commencera à se désintégrer.

Extrait de l'union du 14/09/2017

 

   

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À la conquête de la Lune

Moon Express, une jeune pousse de Floride, espère être la première société privée  à lancer un petit vaisseau non-habité vers la Lune avant la fin de l’année.

Un succès devrait ouvrir la voie à des vols réguliers pour livrer des équipements scientifiques et d’exploration afin d’exploiter les ressources du sol lunaire et son potentiel commercial. « Nous continuons à travailler d’arrache-pied pour essayer de respecter ce calendrier », assure Robert Richards, PDG et cofondateur en 2010 de Moon Express, basée à Cap Canaveral. Mais, concède ce Canadien, « c’est très optimiste vu que la fusée n’a pas encore atteint l’orbite terrestre dans les vols d’essai et que nous construisons encore notre vaisseau ».

Ce redoublement d’efforts pour tenter un premier vol dans ce court délai s’explique en partie par les vingt millions de dollars offerts par le Google Lunar X-prize, même si « ce n’est pas la motivation fondamentale »,explique Robert Richards. La condition : être une entité privée et lancer un engin vers le sol lunaire avant le 31 décembre 2017. Une fois arrivé sur la Lune il faudra, comme autre condition, faire déplacer le vaisseau ou un robot à son bord sur 500 mètres et de transmettre une vidéo et des photos vers la Terre.

Ils sont un peu en retard sur le calendrier mais tout se passe très bien
Le patron de Moon Express

Moon Express qui paraît la mieux placée, fait partie des cinq finalistes de ce concours sur les 33 en lice. Les quatre autres concurrents sélectionnés sont l’équipe japonaise Hakuto, israélienne SpaceIL, indienne Team Indus et Synergy Moon, une collaboration internationale dans plus de quinze pays. « Nous entendons mettre sur pied une entreprise visionnaire capable d’offrir des vols économiques vers la Lune afin de pouvoir développer de nouveaux marchés », ajoute M. Richards, précisant que le premier vol coûtera moins de dix millions de dollars, un faible coût. « L’objectif à long terme est de prospecter les richesses lunaires et les exploiter, à commencer par l’eau », précise l’entrepreneur. Il note que cette ressource précieuse est encore plus abondante sur la Lune qu’on ne le pensait, citant une étude récente.

L’eau est l’élément essentiel pour l’exploration humaine du système solaire, fournissant l’oxygène nécessaire à la vie et l’hydrogène pour le carburant des fusées. « La lune deviendra ainsi une sorte de station-service » pour les vaisseaux spatiaux du futur, prédit-il. Le sol lunaire est aussi riche en platine et hélium-3, rare sur la Terre, qui pourrait être utilisé pour la fusion nucléaire.

ENCORE TROIS VOLS D’ESSAI AVANT LE LANCEMENT

Le petit vaisseau lunaire de Moon Express, baptisé MX1-E mesure 91 cm de largeur sur 1,37 m de hauteur. De la forme d’une canette de soda avec des pieds, il est composé d’un seul étage et son moteur lui permet de voler de l’orbite terrestre à la Lune. Il faudra de cinq à six jours entre le lancement et l’alunissage, selon Robert Richards. En fait, dit-il, MX1-E est le premier module d’un système d’exploration, un peu comme un Lego que l’on assemble pour obtenir des véhicules plus grands capables de transporter de plus lourdes charges. Les autres vaisseaux sont MX2, MX5 et MX9, les numéros correspondant au nombre de modules. Vu ses dimensions, MX1-E peut être lancé par la nouvelle fusée Electron fabriquée pour 5 millions de dollars par la start-up américaine Rocket Lab, qui lance depuis ses installations en Nouvelle-Zélande. Il y a encore trois vols d’essai avant le lancement de MX1-E sur les quatre prévus.

« Ils sont un peu en retard sur le calendrier mais tout se passe très bien » , a assuré le patron de Moon Express, qui prévoit trois missions vers la Lune d’ici 2020.

Outre le premier vol avec MX1-E, un second est programmé vers le pôle sud lunaire, riche en glace, pour y établir une station de recherche robotisée. Enfin, la troisième mission a pour objectif de ramener sur Terre des échantillons du sol lunaire. 

DÉJÀ DE NOMBREUX CONTRATS

La jeune société a déjà conclu plusieurs contrats avec des clients dont quatre avec l’Institut national italien de physique nucléaire pour acheminer des rétro-réflecteurs sur la surface lunaire.

Ils compléteront ceux apportés pendant les missions Apollo il y a plus de quarante ans et permettront entre autres des recherches en astrophysique.

Un autre contrat avec International Lunar Observatory Association prévoit de transporter des télescopes au pôle sud de la Lune en 2019.

Extraits de l'union du 22/07/2017

 

   

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01net

L'AVION LANCE-FUSÉES


Ce ma   stodonte aux ailes démesurées repose sur 28 roues. Six moteurs de Boeing 747 sont nécessaires pour le propulser dans les airs.

Avec ses deux fuselages de 72 m reliés par une aile gigantesque atteignant 117m de longueur, le Stratolaunch est un aéronef étonnant. Et pour cause, cet avion, le plus grand au monde par son envergure, est conçu pour envoyer des satellites en orbite basse. Equipé de six réacteurs, ce géant du ciel serait capable d'embarquer jusqu'à trois lanceurs entre ses deux carlingues. De quoi diminuer les coûts d'accès à l'espace selon son concepteur, Paul Allen, le cofondateur de Microsoft. Le projet Stratolaunch avait été initié en 2011. L'engin vient tout juste de sortir de son hangar pour être présenté au public. Il devrait effectuer ses premiers lancements en 2019.

 Extraits de 01net N° 867 de 06-2017

 

   

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La Terre est vraiment un joyau fragile

L’astronaute Thomas Pesquet reviendra vendredi avec « un regard changé » sur la planète bleue.


« De voir la planète, de voir sa fragilité, de prendre du recul, cela permet d’apprécier cette fragilité-là », dit Thomas Pesquet.
AFP / European Space Agency / STR

A SAVOIR

•.- Vendredi, Thomas Pesquet quittera la Station spatiale internationale pour regagner la Terre, après un séjour à plein régime.

•.- Ce séjour dans l'espace aura été de 196 jours, soit Ia plus longue durée en continu pour un spationaute français.

•.- Quelques heures après son retour sur Terre, Thomas Pesquet s'envolera pour Cologne, en Allemagne, où se trouve le Centre européen des astronautes. Il y passera une batterie de tests et d'examens médicaux. Le but est de comparer les données médicales et physiologiques recueillies avant, pendant et après le vol de l'astronaute.

Après un peu moins de 200 jours passés dans la Station spatiale internationale (ISS), à 400 km de la Terre, Thomas Pesquet se sent « prêt » pour le retour. « J’ai même fait ma valise » , a-t-il dit hier, interrogé en direct depuis le module européen de l’ISS. L’astronaute français de 39ans et son collègue russe prendront place vendredi dans un vaisseau Soyouz qui se désamarrera de l’ISS pour atterrir environ 3 h 20 plus tard dans les steppes du Kazakhstan.

« L’espace m’a changé un peu» , reconnaît Thomas Pesquet, qui a pris de très nombreuses photos de la Terre postées ensuite sur les réseaux sociaux. Il revient avec la « conscience que la planète est vraiment un joyau » . « De voir la planète, de voir sa fragilité, de prendre du recul, cela permet d’apprécier cette fragilité-là » , dit-il. « On n’a pas conscience à quel point l’atmosphère, c’est mince (…), à quel point on est capable d’abîmer la planète, à quel point il faut la protéger. »

Pendant son séjour, Thomas Pesquet a mené de nombreuses expériences scientifiques, il a effectué deux sorties dans l’espace, tout en partageant son aventure avec le grand public grâce aux réseaux sociaux. « J’ai fait à peu près tout ce que je voulais faire (…). Les objectifs principaux de la mission ont été remplis » , a-t-il souligné en jonglant avec son micro dans cet environnement en apesanteur.

Je suis un peu triste de quitter cet environnement d’autant que je ne sais pas si j’y retournerai un jour

Comme à la fin des vacances, lorsqu’on est enfant, l’astronaute trouve qu’ « au bout d’un moment, on est content de rentrer, de retrouver son chez-soi, sa famille, ses amis d’enfance et sa vraie vie ». Son séjour dans l’espace a été comme «une petite parenthèse en dehors de la vie normale ». «Je suis un peu triste de quitter cet environnement d’autant que je ne sais pas si j’y retournerai un jour. » « En même temps, six mois, c’est long », dit l’astronaute. Ce qui lui a manqué le plus là-haut, ce sont sa compagne, sa famille, ses proches. Mais aussi « le fait de pouvoir se promener en liberté, d’aller dehors » , de faire des sports de plein air. Et de pouvoir ressentir « le vent, la pluie » .

Avec son collègue russe, le Français s’est préparé pour le retour, il a testé son scaphandre, répété les procédures. « Le meilleur antidote au stress, c’est la préparation. Techniquement, on est prêts. On fait confiance au matériel. On fait confiance aux gens au sol qui vont nous aider. » « C’est un peu dangereux, la rentrée » dans l’atmosphère. « On ressent plusieurs fois le poids de son corps, ça secoue. Physiquement, il y a beaucoup d’effets pas forcément agréables. »

Quelques heures après son atterrissage, Thomas Pesquet rejoindra par avion la ville de Cologne (Allemagne), où se trouve le centre européen des astronautes. Les médecins vont surveiller son état de santé et sa réadaptation après ce long séjour en apesanteur. Mais ils seront aussi là pour poursuivre la partie scientifique de la mission. « Dès le retour, j’aurai une biopsie du muscle, c’est-à-dire qu’on me prélèvera des petits morceaux de muscle » dans la jambe. L’astronaute fera aussi des analyses de sang, d’urine. « Pendant des semaines, je serai livré aux mains des docteurs. » « J’ai très souvent l’impression d’être un cobaye », reconnaît-il en riant. « Mais cela fait partie du jeu. »

 Extraits de l' union du 31-05-2017

 

   

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Rosetta la fin d'une mission historique

La sonde européenne s'est écrasée volontairement hier sur la comète Tchouri, signant la fin, d'une odyssée spatiale pour tenter de percer les mystères de la formation du système solaire.


Cette photo de la comète Tchouri est un des derniers clichés pris par Rosetta avant que la sonde ne s'écrase volontairement sur cette comète. hier. AFP

QUELQUES CHIFFRES

 •.- 7.9 milliards de kilomètres : c'est 1a distance totale parcourue par Rosetta depuis son lancement par une fusée Ariane tirée depuis Kourou (Guyane française),

•.- 12 ans. 6 mois et 28 jours : c'est le temps qui s'est écoulé depuis le lancement de Rosetta le 2 mars 2004.

•.- 786 jours : c'est le temps passé par la sonde à escorter la comète Tchouri,

•. -720 millions de kilomètres : c'est la distance à laquelle se trouvait Rosetta par rapport à la Terre lorsqu'elle a reçu l'instruction de se laisser tomber vers la comète.

•.- 1.4 milliard d'euros : c'est le coût de la mission Rosetta approuvée en 1993 par l'E5A.

•.- 500 : c'est le nombre de scientifiques et d'ingénieurs impliqués dans le projet

•.- 40 minutes : c'est le temps que met un signal envoyé par Rosetta pour parvenir à la terre.

La fin de la mission a été annoncée, hier, sous les applaudissements par Sylvain Lodiot, responsable des opérations de vol de Rosetta au Centre européen d'opérations spatiales (ESOC) à Darmstadt, en Allemagne, qui contrôle la sonde. « C’est la fin de la mission », at-il dit, avec émotion.

« Merci Rosetta. Bien joué », a tweeté Jan Wômer, le directeur général de l'ESA. La sonde, elle-même, a envoyé via Twitter une dernière image alors qu'elle ne se trouvait plus qu'à 51 mètres de la surface de la comète. « Mes amitiés depuis 67P », écrit-elle sur son compte animé par l'ESA. Une photo un peu floue qui montre l'endroit où elle repose désormais. L'ESOC a déclaré la mission officiellement terminée à 13h19 après avoir constaté la perte du signal de Rosetta au moment de l'impact contrôlé.

Rosetta commençait à manquer de puissance. l'ESA a donc choisi de mettre fin à la mission pendant qu'elle contrôlait encore la sonde

Décidée en 1993 par l'Agence spatiale européenne (ESA) ,la mission est auréolée de plusieurs succès : Rosetta est la première, sonde à avoir escorté une comète dans sa course, pendant plus de deux ans. Elle a récolté une abondante moisson de données qui occuperont les scientifiques « pendant des décennies », selon l'ESA. Son petit robot laboratoire Philae a réalisé le 12 novembre 2014 une première historique en se posant sur un de ces petits corps qui sont parmi les plus primitifs du système solaire. La mission Rosetta vise à mieux comprendre la formation du système solaire. Les comètes sont apparues il y a 4,5 milliards d'années et sont en quelque sorte restées dans le « congélateur » de l'espace pendant quasiment tout ce temps. Ce qui en fait des témoins d'exception.

Dotée de grands panneaux solaires, la sonde commençait à manquer de puissance. L'ESA a donc choisi de mettre fin à la mission pendant qu'elle contrôlait encore la sonde et que celle-ci avait encore assez de puissance pour travailler. Rosetta n'avait pas été conçue pour atterrir mais elle avait, été programmée pour s'éteindre dès qu'elle entrerait en contact avec la surface du noyau cométaire.

 Extraits de l' union du 01-10-2016

 

   

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Voyager dans une capsule, url transport futuriste

S'asseoir dans une capsule et se retrouver projeté dans un tube à la vitesse d'un avion, un mode de transport futuriste qui pourrait devenir réalité d'ici 2020


Hyperloop One a procédé à un premier test de propulsion en mai dans le désert du Nevada aux USA. A.F.P

Si l'idée de voyage dans des capsules s'affranchissant de tout frottement a depuis longtemps traversé l'esprit de divers chercheurs, le milliardaire américain Elon Musk l'a remise sur le devant de la scène en 2013. Le fondateur des voitures électriques Tesla et de l'entreprise d'exploration spatiale SpaceX a alors détaillé par écrit sa propre idée d'un « cinquième mode de transport », devant permettre d'aller de Los Angeles à San Francisco dans des tubes à basse pression en trente minutes. JI faut actuellement cinq ou six heures en voiture ou une heure en avion pour relier les deux métropoles californiennes. Estimant n'avoir pas le temps de s'en occuper, Elon Musk a laissé son projet ouvert aux entreprises souhaitant le développer et n'a investi d'argent dans aucune.

De Roissy CdG au centre de Paris « en quelques minutes »

C'est un voyage dans ce qui ressemble à un wagon de train régional aux fenêtres virtuelles avec des sensations proches de celles d'un déplacement en avion que projettent les différentes entreprises sur les rangs pour être la première à donner vie à l'Hyperloop. Pour l'heure, il faut encore se contenter d'imaginer. Hyperloop One, créé en 2014, a procédé à un premier test du système de propulsion en mai dans le désert américain du Nevada, avant une commercialisation en « 2020-2021 », promet J osh Giegel, responsable de l'ingénierie chez Hyperloop One. « Notre objectif est que le produit soit prêt à être commercialisé en 2020 », vise Sébastien Gendron, le Français à la tête de Transpod, voulant d'abord faire ses preuves sur du transport de fret avec des trajets de 400 à 800 kilomètres. Pour son concurrent de Hyperloop Transportation Technologies (HTT),la cible est de 2019.

Plus besoin de se loger dans un petit appartement à Paris, on peut désormais s'imaginer vivre loin et aller travailler dans la capitale en tube, fait miroiter Sébastien Gendron. Ou bien relier l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle au centre de Paris « en quelques minutes », propose Rob Lloyd. Un prix très abordable, avec un ticket à 25 euros pour relier Stockholm à Helsinki en 28 minutes, selon des projections d'Hyperloop One, l'absence d'émissions de C02 et une grande sécurité, avec des capsules automatisées à l'abri de tout dégât météo, sont aussi les potentiels avantages de J'Hyperloop mis en avant.

 Extraits de l' union du 25-09-2016

 

   

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Un atlas d'un milliard d'étoiles

Une cartographie de la Voie lactée d'une précision inégalée, avec la localisation de plus d'un milliard d'étoiles, a été présentée par l'Agence spatiale européenne.


Les scientifiques disposent désormais de la cartographie du ciel la plus précise et la plus vaste, jamais réalisé
e.

À SAVOIR

Gaia, un outil sur l’origine de l’Univers

•.-  Les observations du télescope Gaia devraient permettre de percer l'une des plus grandes énigmes de l'univers, la nature de la matière noire. Invisible, cette dernière, formerait 25 % de l'Univers.

•.- Bien que sa cible première soit la Voie lactée, Gaia voit bien plus loin, collectant même des données à des milliards d'années lumière comme les positions de 250.000 quasars, des objets ultra-lumineux qui émettent une énergie colossale. Or, en astronomie regarder loin … c'est remonter le temps, vers l’origine de l'Univers.

 L 'Agence spatiale européenne ouvre de nouveaux horizons pour la recherche en astronomie. Le télescope spatial européen Gaia « a épinglé la position précise dans le de 1,142 milliard d'étoiles », a annoncé mercredi l'ESA dans un communiqué. Un record en termes de recensement, même si cela représente moins de 1 % des étoiles de la Voie lactée, la galaxie à laquelle appartient notre système solaire, qui en contient probablement entre 100 et 200 milliards.

Anthony Brown, membre de l'équipe, a salué cet « atlas d'un milliard d'étoiles» lors d'une conférence de presse à Madrid. « Tous les domaines de l'astronomie reposent sur ces données », précise le chercheur de l'université de Leyde aux Pays-Bas.

« Ces données vont révolutionner notre compréhension du mouvement des étoiles de notre galaxie »
Alvaro Gimenz, ESA

Avec plus d'l milliard d'étoiles référencées, les scientifiques disposent maintenant de la cartographie du ciel la plus précise et la plus vaste, jamais réalisée. « C'est une quantité d'information phénoménale », note François Mignard, directeur de recherche au ÇNRS et membre de la Gaia Science Team de l'ESA, En outre pour 2 millions de ces étoiles, les scientifiques, issus de 25 pays européens, ont mis à la disposition des chercheurs du monde entier des données comprenant leur vitesse de déplacement et leur distance par rapport au Soleil. Les astronomes disposent maintenant de la position exacte de « près de 20 fois plus d'étoiles », selon l'ESA. Ce qui, à terme, permettra de percer le mystère de l'origine de la Voie lactée. « Une nouvelle révolution est en marche », s'enthousiasme Antonella Vallenari, de l'Institut national d'astrophysique de Rome. « Une page de l'astronomie se tourne » pour François Mignard.

L'ESA et le consortium européen qui pilotent Gaia prévoient d'obtenir, vers fin 2017, la vitesse et la distance du milliard d'étoiles désormais identifiées. Ces données vont « révolutionner notre compréhension de la distribution et du mouvement des étoiles à travers notre Galaxie », explique AIvaro Giménez, directeur de la science à l'ESA. Depuis son lancement le 19 décembre 2013, le télescope scrute l'immensité de la galaxie (100.000 années-lumière de diamètre), et enregistre chaque jour les données de 50 millions d'étoiles. Et il va continuer à le faire jusqu'en 2020. « Ceci n'est qu'un début » selon Gisella Clementini (Bologne). « C’est un avant goût des avancées spectaculaire que Gaia va bientôt permettre sur les distances cosmiques ».

Car la mission du télescope spatial européen, d'un coût de 740 millions d'euros, ne se limite pas à un atlas du ciel. « Gaia est destiné à répondre à une question fondamentale : comment s'est formée notre Galaxie », souligne Antonella Vallenari.

Le télescope devrait également débusquer de nouvelles planètes et il va continuer à surveiller les astéroïdes pour évaluer les risques de collision avec la Terre.

Extraits de l' union du 17-09-2016

 

   

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Ils ont vécu un an « sur Mars »

Les six volontaires qui ont vécu en vase clos pendant un an sous un dôme à Hawaï en vue d'une mission habitée sur Mars sont sortis dimanche, avides de ... fruits frais.


Le Français Cyprien Verseux à droite, sortant de la tente était parmi les participants. AFP

Trois hommes et trois femmes étaient confinés depuis le 28 août 2015 dans un espace de 11 mètres de diamètre sur six mètres de hauteur sur la côte nord et aride du volcan Mauna Loa, Hawaï. L'expérience s'est déroulée sans aucun problème, Il s'agissait de la plus longue expérience américaine d'isolement, mais les Russes en ont mené une qui a duré 520 jours. Le président Barack Obama a salué lundi le travail des participants. « Félicitations à la Nasa et aux scientifiques qui nous ont permis de faire un pas de plus vers Mars », a-t-il écrit sur Twitter. « Profitez maintenant de HawaÏ et allez déguster un shave ice (un dessert hawaïen, ndlr) », a-t-il ajouté.

Marqué par la « monotonie », le Français Cyprien VERSEUX conseille aux prochains volontaires d’emporter beaucoup de livres avec eux.

L'équipage comptait un exobiologiste français, une physicienne allemande et quatre Américains : un pilote, un architecte, un médecin et journaliste ainsi qu'une scientifique spécialisée dans les sols, Une vidéo les montre en train de sortir du dôme avant de poser pour des selfies avec des visiteurs. Les organisateurs leur ont distribué des fruits et légumes frais »

 « Une mission sur Mars est réaliste »

 Pendant un an, ils se sont beaucoup nourris de fromage en poudre ou de boîtes de thon. Le Français Cyprien VERSEUX s’est dit « très emballé de retrouver des sensations comme se balader à l'air libre, rencontrer des inconnus et manger des produits frais ». Le plus difficile pour les isolés était « la monotonie », a-t-il expliqué dans une interview sur Périscope, conseillant aux prochains volontaires éventuels d'emporter beaucoup de livres avec eux. Il s'est dit satisfait des résultats de l'expérience. « « Une mission sur Mars est réaliste dans un futur proche », a-t-il dit, estimant que « les problèmes techniques et psychologiques peuvent être surmontés ».

 L'un des principaux défis pour ces missions prévues à l'horizon des années 2030 sera de produire de la nourriture sur le sol martien, qui est très sec et où l'eau est rare. Deux autres missions HI-SEAS sont prévues en janvier 2017 et 2018 et dureront au moins huit mois chacune. Les organisateurs sont déjà à la recherche de volontaire

L’EXPERT

FRANCIS ROCARD Astrophysicien au CNES

« Une petite pierre »

« C'est un vrai défi. Car pour aller sur Mars, il faut 200 jours, et les séjours de 500 jours seront la norme, compte tenu de l'investissement. Au total ce sera presque trois ans, ce qui est considérable !

Ce type de simulation sert à dégrossir le sujet, c’est une petite pierre en plus. Mais je ne suis pas sûr qu’ïl y ait beaucoup à en tirer. (...) Le problème est que la représentativité n'est pas parfaite car les participants ne sont pas dans une situation psychologique de non-retour possible.»

 Extraits de l' union du 01/09/2016

 

   

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Un message envoyé de Jupiter 

Après un périple de cinq ans, la sonde Juno de la Nasa était enfin sur le point, hier soir, de se mettre en orbite de la plus grande planète du système solaire.


Pendant les survols de Jupiter les instruments de la sonde étudieront ses gigantesques aurores boréales, son atmosphère et sa magnétosphère. Illustration Nasa

A 5 h 18, ce matin, un signal radio devait -parcourir les 869 millions de kilomètres qui séparent la sonde Juno de la Terre, et confirmer le bon allumage de son moteur. Vu la distance, la confirmation mettra 48 minutes à arriver aux techniciens de la Nasa, l'agence spatiale américaine.  « Nous sommes prêts », a lancé hier Scott Bolton, responsable scientifique de la mission au Southwest Research Institute à San Antonio, au Texas. « Il y a une excitation extraordinaire dans l'équipe scientifique avec l'arrivée à Jupiter (... ) qui offre des vues spectaculaires à ces distances », a-t-il ajouté. La sonde de 3,6 tonnes, propulsée par l'énergie solaire et qui avance à 64 km/seconde, allumera son moteur principal pendant 35 minutes pour freiner sa course. Elle sera ainsi happée par la gravité de Jupiter et s'insérera dans une orbite polaire de 53,5 jours. En octobre, une autre orbite de 14 jours lui fera frôler successivement les deux pôles de la planète dissimulée sous une épaisse couche nuageuse. La sonde effectuera 37 survols, dont la plupart entre 4500 km et 10.000 km au-dessus des nuages de la géante gazeuse, pour un total de 18 mois. Les survols de Juno seront beaucoup plus proches que le précédent record de 43.000 km établi par la sonde américaine Pioneer 11 en 1974.

 « Juno s'approchera de Jupiter à une distance sans précédent pour percer ses mystères », a souligné Diane Brown, responsable du programme à l'Agence spatiale américaine. L'un des objectifs principaux de la mission sera de mieux comprendre de quoi se compose l'intérieur, jusqu'ici inobservable, de la planète géante. Juno, une mission à 1,1 milliard de dollars, lancée le 5 août 2011, va ainsi cartographier les champs gravitationnels et magnétiques de Jupiter pour déterminer la structure interne.

Savoir si la planète possède encore une atmosphère est cruciale pour déterminer ses chances d'abriter une forme de vie

Une équipe internationale

Les neuf instruments de l'orbiteur, entre autres français et italiens, vont également mesurer l'émission radiométrique de l'atmosphère profonde de la planète, ce qui permettra de connaître sa composition, sa structure thermique et son environnement ionisé. « Aujourd'hui on ne sait pas si Jupiter possède ou non un noyau central », note Tristan Guillot, directeur de recherche au Centré national français de la recherche scientifique (CNRS) et membre de l'équipe scientifique de la mission.

Pour se protéger du champ magnétique de Jupiter, Juno est munie d'une solide armure de titane qui entoure ses équipements et instruments électroniques, son ordinateur de bord et les câblages électriques. Pesant 172 kilos, cette voûte réduira l'exposition aux radiations 800 fois par rapport à la partie non protégée.

Juno compte aussi à son bord trois statuettes Lego d'aluminium. Elles représentent respectivement Jupiter, le roi des dieux dans la mythologie romaine, Junon, son épouse et sa sœur, ainsi que Galilée, le savant italien qui a découvert les quatre grandes lunes de Jupiter en 1609. 

  Extraits de l' union du 26/08/2016

 

   

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Une planète potentiellement habitable près de chez nous

Une planète en orbite autour de l'étoile la plus proche du système solaire, et potentiellement habitable, a été découverte par des scientifiques.


Cette image représente ce à quoi pourrait ressembler la surface de la planète Proxima b. AFP

Baptisée Proxima b, cette planète vraisemblablement rocheuse, dotée d'une masse proche de celle de la Terre, est située dans une zone dite « habitable » ou « tempérée », permettant en théorie la présence d'eau liquide à la surface, une condition nécessaire à la vie, selon les chercheurs qui publient leurs travaux dans la revue Nature. En raison de sa proximité, « Proxima b pourrait être la première exoplanète cl recevoir la visite d'une sonde si l'homme parvient un jour à développer les technologies nécessaire», déclare l'un des auteurs de l'étude, Julien Morin, du laboratoire Univers et Particules CNRS/Université de Montpellier.

Depuis1995, des milliers d'exoplanètes (des planètes situées en dehors de notre système solaire) ont été découvertes, quelques dizaines paraissant potentiellement habitables. Mais elles se trouvent très loin. La petite dernière, en revanche, est quasiment sous notre nez, à l'échelle de l'Univers. Elle tourne autour de Proxima du Centaure, une naine rouge bien connue des astronomes et des amateurs de science-fiction, qui se trouve à seulement 4,2 années-lumière du Soleil. Une année-lumière correspond à 9461 milliards de kilomètres. Proxi ma du Centaure est trop faiblement lumineuse pour être visible à l'œil nu.

Une équipe internationale d'astronomes, coordonnée par Guillem Anglada-Escudé de l'Université Queen Mary de Londres, a découvert Proxima b grâce à une campagne de recherches menée sur deux ans. Elle a mobilisé notamment le spectrographe HARPS installé sur un télescope de l'ESO (Observatoire européen austral) au Chili. Les astronomes ont mis e évidence Proxima b en parvenant à détecter la très faible oscillation de l'étoile résultant de l'attraction gravitationnelle générée par la petite planète en orbite.

Proxima b met 11,2 jours pour faire le tour de l'astre. Elle n'est distante que d'environ 7 millions de kilomètres de son étoile (soit 5 % de la distance Terre-Soleil) mais celle-ci est 700 fois moins lumineuse que le Soleil. Cela permet à Proxima b « de se trouver dans la zone habitable qui entoure son étoile ; la température régnant à la surface permettant d'envisager la présence d'eau liquide » en surface, souligne l'ESO. La question de savoir si la planète possède encore une atmosphère est cruciale, pour déterminer ses chances d'abriter une forme de vie.

Savoir si la planète possède encore une atmosphère est cruciale pour déterminer ses chances d'abriter une forme de vie

Avec une atmosphère, « il est plausible que les températures soient de l'ordre de -30 degrés Celsius sur le côté dans l'ombre et de +30 degrés sur le côté exposé à la lumière », déclare M. Anglada-Escudé. Mais il y a une sacrée ombre au tableau : en raison de sa proximité avec son étoile qui est assez active, Proxima b subit beaucoup plus de rayons X et de rayons ultra-violets extrêmes que la Terre n'en reçoit du Soleil (environ 100 fois plus, selon les chercheurs), Et sur Terre, l'atmosphère et la présence d'un champ magnétique nous protègent des rayonnements et des particules solaires.

 Extraits de l' union du 26/08/2016

 

   

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La couche d'ozone se répare  

Bonne nouvelle pour les êtres vivants : le trou dans la couche d'ozone continue à se résorber. C'est ce bouclier atmosphérique qui nous protège des rayons ultraviolets.


A vingt kilomètres au-dessus de nos têtes, l’ozone de l'atmosphère nous protège du rayonnement solaire. Archives AFP

Quatre millions de kilomètres carrés, soit environ la moitié de la superficie des États-Unis, ont été regagnés sur le trou dans la couche d'ozone depuis 2000. Face à cette béance au-dessus de l'Antarctique, des mesures avaient été prises en 1987, avec le protocole de Montréal. D'après les scientifiques dont les travaux ont été publiés hier dans la revue américaine Sdence, elles ont porté leurs fruits. « Globalement, le trou d'ozone paraît être sur la voie de la "guérison" alors que les émissions de gaz chlorés, les chlorofluorocarbones ou CFC, continuent à diminuer  », concluent les scientifiques. Ces substances chimiques appauvrissent l'ozone et leur concentration atmosphérique a baissé de 10 à 15 % par rapport au pic de la fin des années 1990, selon le dernier rapport quadriennal de l'Organisation météorologique mondiale et du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) publié en 2015. Selon les modèles sur ordinateur, une guérison complète de la couche d'ozone est prévue avant 2050. À haute altitude, la couche d'ozone, qui s'étend entre vingt et quarante kilomètres absorbe la plus grande partie du rayonnement solaire ultraviolet qui est-dangereux pour les organismes vivants et joue donc un rôle protecteur pour les êtres vivants. le Protocole de Montréal un traité international conclu en 1987, prévoit l'interdiction progressive des gaz chlorés qui étaient présents dans les systèmes de climatisation, de réfrigération, les aérosols pour les laques à cheveux et dans certains processus industriels.

2 millions de cancers de la peau seraient évités chaque année grace aux mesures prises en 1987 lors du Protocole de Montréal. Les émissions de gaz chlorés ont été progressivement interdites par ce traité international.

Ballons météo et satellites

« Nous pouvons désormais être confiants dans le fait que les mesures internationales prises ont mis la planète sur la voie du rétablissement », pointe Susan Solomon, professeur de chimie et de science du climat au Massachusetts Institute of Technology (MIT), principal auteur de cette étude. « D'ici à 2030, le Protocole de Montréal - adopté par tous les pays -  aura évité deux millions de cancers de la peau par an, des dégâts oculaires et immunitaires sur ies humains, et aura aussi protégé la faune et l'agriculture », selon des simulations du Programme des Nations unies pour l'environnement.

Le trou dans la couche d'ozone a été découvert en analysant des relevés à partir de stations au sol qui remontaient aux années 1950. Au milieu des années 1980, les scientifiques ont constaté que la quantité totale d'ozone en octobre diminuait fortement.

Pour cette nouvelle étude, les chercheurs ont utilisé les données fournies par les ballons météorologiques  et les satellites. Ces derniers mesurent également le dioxyde de soufre dans l'atmosphère émis par les volcans et qui peut contribuer à réduire la couche d'ozone. L'étude a en outre montré que la diminution du trou d'ozone correspond aux prédictions des modèles et que plus de la moitié de cette réduction a résulté exclusivement de la dirninution des chlorofluorocarbones dans l'atmosphère.

Une éruption au CHILI a perturbé le processus

L'étude scientifique, basée sur des mesures prises en septembre depuis quinze ans, révèle pour la première fois une pause passagère dans le processus de résorption du trou dans la couche d'ozone, en octobre 2015. En cause, une éruption du volcan Calbuco dans le sud du Chili six mois plus tôt.

 Extraits de l' union du 02/07/2016

 

   

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Lancement réussi du nouveau cosmodrome russe

La Russie a fait décoller avec succès une fusée depuis le nouveau cosmodrome Vostotchny, premier succès pour ce nouveau pas de tir


Premier décollage réussi d’une fusée Soyouz sur le site de Vostotchny. AFP

Le secteur spatial russe a inauguré avec succès, jeudi, le cosmôdr me d'extrême-Orient appelé à remplacer la légendaire base de Baïkonour et censé marquer la renaissance d'une industrie humiliée, par plusieurs échecs-ces dernières années.

« Le lancement de la fusée Soyouz a eu lieu avec succès Il à l'heure prévue à 11h 01 (heure loeale), a indiqué l'agence spatiale russe Roskosmos. « Les satellites sont désonnais tous les trois en orbite Il, ajoutait le communiqué. Les télévisions russes ont diffusé des images de la fusée s'élevant dans un ciel bleu et sous un léger vent

Initialement prévu à la même heure mercredi matin, le lancement de la fusée s'est déroulé sous les yeux du président Vladimir Poutine, qui a fait le déplacement pour l'occasion dans l'Extrême-Orient russe.

« Je veux vous féliciter. Nous avons de quoi être fiers. Hier, la technique a été mise à rude épreuve et le lancement a été arrêté, mais cela arrive. C'est un phénomène normal », a déclaré devant les responsables du secteur Vladimir Poutine peu après le lancement « Le plus important, c'est que le pas de tir fonctionne. (...) Il y a encore beaucoup de travail mais c'est un pas sérieux et résolu vers le développement du secteur spatial russe », a-t-il ajouté.

 

Une première tentative de décollage avait été stoppée in extremis quelques instants avant l'heure prévue suite à un « arrêt automatique» de la procédure. Les responsables du secteur spatial russe avaient alors décidé de reporter de 24 heures le lancement du vaisseau, déjà prévu à l'origine pour fin 2015 et reporté de plusieurs mois.

Le président russe avait critiqué cet échec au cours d'une réunion avec les responsables du secteur, mercredi, exigeant « une réponse appropriée et professionnelle Il, tout en soulignant que le report était dû à la fusée et non au cosmodrome. « Malgré tous les échecs, la Russie reste la puissance dominante pour le nombre de lancements spatiaux », a rappelé M. Poutine,

Le secteur spatial russe a connu une série d'échecs en 2015, avec notamment la perte d'un vaisseau cargo Progress devant ravitailler l'ISS en avril et l'échec d'un lanceur Proton qui devait mettre en orbite un satellite de communications mexicain en mai. La Russie, qui dispose déjà d'un cosmodrome à Plessetsk, dans le nord du pays, espère renouer avec ses ambitions spatiales. Le cosmodrome de Vostotchny, construit sur une ancienne base de missiles, est plus proche de l'équateur que le pas de tir de Plessetsk, un paramètre qui facilite les mises en orbite.

Mais ce chantier gigantesque il été émaillé de multiples affaires de corruption. Enjanvier,lajustice a ouvert des dizaines d'enquêtes pour détournement de fonds.

Quant à la base de Baïkonour, elle sera toujours utilisée pour envoyer des hommes dans l'espace jusqu'en 2023.

 Extraits de l' union du 30-04-2016

 

   

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