Nature

Espace - Nature  Animalière  -  Nature Grand Reims  -   Parcs Rémois - Parc de la Forêt d'Orient

Parc Montagne de Reims - Parcs Naturels - Parc de Sept-Saulx

 

Répertoire 

La Presse

 

 

  


PESTICIDES

Les océans souffrent du échauffement 
Des exemples concrets de transition écologique

Tara rentre à bon port avec ses trésors

Dix plantes anti-moustiques

L’ambre, ce musée des espèces,  a emprisonné des trésors 

Des rayons cosmiques pour épier les volcans
Quand des électrons dansent sur des ondes radio

Lorsque les coraux se font lanceurs d’alerte

  2017

Dix-huit ans après la tempête, la nature a repris le dessus 
Remonter le temps, puis découvrir les débuts de la vie

A Giverny, les fleurs éternelles de Monet

La forêt boréale est ravagée par les industriels
Reims en lutte contre la pyrale du buis
La mer, ce plus grand musée du monde
La lutte s'organise pour tenter de sauver les buis
Ausculter les coraux pour mieux les sauver
Le boom du méthane menace le climat 

  2016

Cette éolienne révolutionnaire change l’air en eau
Les forêts:de frêne agonisent
Du travail pour les vieux gréements
L'Antarctique, « mémoire » de la glace
Minis maisons écolos, maxi-liberté
La fin annoncée des sacs  en plastique
 Et revoilà les gaz et huiles de schiste
Quelques recettes pour fabriquer ses produits ménagers soi-même
 La résistance enfle contre les éoliennes
L'interdiction des sacs plastique un véritable casse-tête
 

 2015

Autour du laboratoire de Bure, on met la nature en conserve
 La Marne, pays des marais !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Les océans souffrent du échauffement 

Les volumes d’eau douce perturbent bien   la circulation océanique. Une étude montre l’implication des gaz à effet de serre.  


La montée des températures modifie notamment la vitesse des courants océaniques.

La hausse des températures n’a pas que des conséquences d’inconfort sur la vie quotidienne dans des contrées désormais soumises à des périodes caniculaires. Elle modifie également la vitesse des courants océaniques profonds ainsi que les secteurs de l’Arctique où les eaux froides plongent dans les profondeurs. C’est le résultat majeur d’une étude qui a été publié dans la très sérieuse revue Nature Climate change.

LA CIRCULATION OCÉANIQUE SE RALENTIT

Les scientifiques s’accordent désormais pour dire qu’en remontant vers l’Europe, les eaux chaudes des tropiques qui sont apportées par le courant du Gulf Stream se refroidissent et se chargent en salinité. Plus lourdes que les couches inférieures, ces eaux plongent alors dans les profondeurs et retournent vers les tropiques en ce qui est décrit comme un véritable tapis roulant baptisé circulation méridienne de retournement de l’Atlantique. Les mesures, qui ont été effectuées par l’équipe en charge du programme «Rapid », enregistrent déjà de grandes variations saisonnières et annuelles que l’on ne peut pas encore attribuer à la fonte de la glace arctique. Les masses d’eau douce diluent la salinité et inhibent la plongée des eaux.

DES CHANGEMENTS À ATTENDRE

Camille Lique du Laboratoire d’océanographie physique et spatiale du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et de l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer) ainsi que Matthew Thomas de l’Université de Yale, affirment dans l’article de référence qu’ils cosignent, que les lieux actuels de plongée en mer du Labrador vont changer et s’en expliquent : « Nous avons pour cela utilisé un modèle de climat simulant le comportement de l’océan sous des conditions extrêmes de multiplication par quatre des concentrations en CO 2de l’atmosphère par rapport au début de l’ère industrielle » , précise Camille Lique. Ce scénario apocalyptique s’appuie sur une activité humaine continue sans effort de limitation de gaz à effet de serre. Les teneurs passeraient alors de 280 parties par million (ppm) par m 3 d’air au XIX esiècle à 1 100ppm en 2100. Dans cette hypothèse dramatique, la banquise arctique disparaîtrait complètement en été.

Hervé CHABAUD

Extrait de l'union du 12/12/2018

    

      

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 Des exemples concrets de transition écologique

Aisne, Marne et Ardennes On en parle toujours avec gravité et avec raison dans les hautes sphères.   Mais la transition écologique est déjà une réalité bien ancrée dans nos départements comme en témoignent les exemples et projets suivants qui concourent à la préservation de l’environnement.


Dans les Ardennes, trois centrales villageoises vont produire de l’électricité à partir de panneaux photovoltaïques.

L’ESSENTIEL

*.- LES MAIRES DE LA MARNE se réunissent ce samedi à Châlons.

*.- LA THÉMATIQUE de leur congrès est la transition énergétique et écologique. Des exemples, autres que ceux mentionnés ici, seront développés, le but étant de démontrer que ce sujet est à la portée de tous.

*.- DANS LA RÉGION , de nombreux dossiers voient le jour ou sont à l’étude. En voici une sélection.

Les petits ruisseaux font les grandes rivières. Ce proverbe métaphorique devrait bientôt se vérifier à Sainte-Ménehould où la permaculture est un mot en passe de faire florès. Cette méthode naturelle d’agriculture ou, en l’occurrence, de jardinage, est liée à la vocation paysagère appelée à transformer littéralement la capitale d’Argonne dans les toutes prochaines années.

« Notre objectif est de commencer par aménager une friche d’un demi-hectare où il y avait auparavant une activité commerciale, en un jardin différent de ce que l’on connaît habituellement. Il s’agit de créer les conditions pour qu’un sol soit cultivé en permanence, d’où le nom de permaculture. Une forêt pousse et s’entretient d’elle-même sans l’intervention de l’homme », indique le premier magistrat Bertrand Courot.

Faire de Sainte-Ménehould une destination paysagère et  ironnementale remarquable
Bertrand Courot, maire de Sainte-Ménehould

Cette méthode, popularisée par deux Australiens au début des années 70, s’intègre parfaitement dans la transition écologique puisqu’elle induit une production durable, est économe en énergie et respectueuse de la nature. « Elle fait aussi se combiner entre elles des plantes qui ont chacune un apport bénéfique pour l’autre. Ainsi, parce qu’elles fixent l’azote de l’air, des légumineuses fonctionnent en symbiose avec des tomates. Nous allons passer à la réalisation l’année prochaine. La gestion en sera confiée à un public d’une quinzaine de personnes en insertion. »

Ce premier test urbain de permaculture doit essaimer.

La mairie vient d’embaucher une spécialiste qui va recenser tous les sites, sur un potentiel de 25 hectares qu’entretiennent les espaces verts de la Ville, susceptibles de connaître un relooking paysager. De quoi faire de Sainte-Ménehould une cité labellisée et si remarquable que les gens viendront de loin pour la voir. « Notre ambition est d’associer ce renouveau à l’ouverture du parc médiéval du Bois du Roy, en bordure de Sainte-Ménehould, prévue pour avril 2022. Les travaux préliminaires de déboisement vont débuter ce mois de novembre. L’affluence que le parc doit drainer est évaluée à 350 000 personnes la première année, l’idée étant d’en capter une partie dans la ville et d’en faire profiter les commerçants. »

CENTRALES VILLAGEOISES DANS LES CRÊTES PRÉARDENNAISES

94 communes, 22 508 habitants et davantage de vaches : c’est la structure de cette communauté de communes où l’on parle transition écologique depuis une vingtaine d’années, grâce à une forte mobilisation citoyenne.

À tel point que cette notion impacte de façon transversale tous les grands dossiers de cette collectivité précurseur dans la région. C’est sur son territoire que sont lancés un schéma éolien dès 2004, le premier marché paysan la même année, l’un des tout premiers dossiers de méthanisation en 2005, la création d’une société coopérative d’intérêt collective (Enercoop) pour le développement des énergies renouvelables. La liste est encore longue et l’on comprend mieux pourquoi la communauté des Crêtes s’est engagée dans un plan climat volontaire dont la finalité n’est autre que de couvrir 100 % de ses besoins énergétiques par des énergies renouvelables, tout en réduisant ses émissions de gaz à effet de serre de 20 % et sa consommation énergétique d’autant.

Maire de Poix-Terron et vice-président de la communauté en charge de ce secteur, Jean-Marie Oudart explique comment le faisceau d’actions est susceptible de concerner le plus grand monde, à l’instar du parc éolien citoyen. «Les habitants ont contribué à hauteur d’1,8 M€ sur 4 M€ dans l’installation de trois éoliennes qui fournissent de l’énergie pour 1 600 foyers. Nous sommes maintenant sur le développement de trois centrales  illageoises. Il s’agit de produire localement de l’électricité à partir de panneaux photovoltaïques sur toitures et de la vendre. »

Ces centrales concernent les communes de Signy-l’Abbaye dans un premier temps, puis de Poix-Terron et d’Attigny.

HABITANTS ACTIONNAIRES

Pour Signy-l’Abbaye, une société de type SAS a été créée. Les actionnaires sont des particuliers (74), des sociétés et des associations (4), des collectivités (8). Le dossier est financé à 30 % par les actionnaires, à 36 % par des subventions, à 34 % par des emprunts. La SAS signe des baux avec les propriétaires des toits, fait poser les panneaux. Environ mille mètres carrés sont en cours d’installation qui fourniront de l’électricité à plusieurs dizaines de foyers. On peut mettre un toit à disposition sans être actionnaire et inversement.

36
Le nombre de territoires engagés en France dans une démarche de centrale villageoise. Elles rassemblent plus de 2800 actionnaires. Dans la région, le département des Ardennes est pionnier.

Dans l’Asne, Des écoquartiers dont certains avec des béguinages


Cette perspective d’architecte de 2012 à Crouy devra être revue pour cause de ligne à haute-tension. 

Dans le Soissonnais, la transition énergétique se décline sous moult formes dont celle des écoquartiers. Trois dossiers portés par la communauté d’agglo sont en cours, le plus petit à Septmonts, le deuxième de 400 logements à Billy-sur-Aisne et le troisième à Crouy où est prévue la construction de 21 logements par an pendant vingt ans, soit, à terme, un total de 420 logements. Pour le maire Daniel Moitié, un écoquartier « c’est ce qu’il y a de mieux ». Pour l’environnement avec des aménagements végétalisés (deux étangs ont d’ores et déjà été achetés), pour la facture énergétique sensiblement réduite grâce aux normes basse consommation mises en œuvre, pour la convivialité et la qualité de vie, avec notamment des béguinages. Un terme ancien qui revient progressivement dans le paysage immobilier. Autrefois conçus pour des communautés religieuses féminines (les béguines), les béguinages étaient des ensembles de petites maisons regroupées autour d’une chapelle. Dans leur nouvelle destinée, les béguinages sont des ensembles immobiliers conçus à destination de personnes âgées dans une philosophie d’entraide et de solidarité. Mais il y a un problème de taille pour la réalisation de cet écoquartier dont on parle depuis 2010. Une ligne à haute-tension traverse la zone. Il a été un moment envisagé de l’enfouir, mais pour des raisons budgétaires, elle sera finalement surélevée. « La conséquence étant qu’il faudra revoir tous les plans ! », déplore Daniel Moitié. Le premier écoquartier de Reims, Remavert (une allusion au nom de l’ancienne entreprise Remafer qui s’étendait sur le terrain concerné) continue de sortir de terre pour arriver à terme à 700 logements construits en plusieurs îlots dans une approche bioclimatique. « L’exposition de l’appartement que je loue depuis une semaine à Plurial Novilla me permet d’avoir le soleil toute la journée. Je ne chauffe quasiment pas », se réjouissait dimanche dernier ce nouvel arrivant de 22 ans, alors que dans la nuit, le mercure était descendu sous zéro. Le prix attractif semble être le facteur déterminant à l’installation des ménages, à l’instar de cette jeune femme qui loue 450 euros son T2, chauffage compris. Si les économies d’énergie sont une réalité, d’autres locataires retiennent les malfaçons de leur logement, en termes de finitions et de problèmes de fuites. C’est à tel point qu’une pétition a été adressée à l’organisme logeur. D’autres occupants se plaignent des décharges sauvages qui s’amoncellent à quelques entrées d’immeubles. « Il y a pourtant des bennes installées à proximité, les gens ne s’en servent pas ! », déplore une habitante. Quand on sait que les écoquartiers doivent favoriser la convivialité, on se dit que dans ce secteur, ce n’est pas gagné d’avance !

Des Auxiliaires de culture dans la Marne  L’hôtel à insectes fait le plein !


L’hôtel à insectes fait le plein !

Symbiose

Pour comprendre ce que sont des auxiliaires de culture, c’est au pied du Mont de Berru, non loin de Reims, qu’il faut se rendre. Un parcours découverte de la biodiversité, sur une parcelle de vingt ares, y a été créé à titre d’exemple par l’association Symbiose, en collaboration avec le monde agricole et celui de la chasse. « Nous sommes partis du constat que des paysages de la Champagne crayeuse ont été très impactés par certains usages au fil du temps. Par exemple, les remembrements successifs ont débouché sur des kilomètres de chemins », explique Julie Portejoie, coordinatrice pour l’association symbiose. « On peut revégétaliser des bords de chemin et recréer ainsi de la biodiversité. C’est ce que nous démontrons sur ce site ouvert au public. » Buissons, haies, bosquets, arbres fruitiers ont été plantés sur un parterre herbacé. Ce qui a permis à des animaux de « petite faune » (lapins, oiseaux…) de revenir et de faire revivre les lieux, et avec eux, des pollinisateurs, des insectes et des auxiliaires de culture (carabes, coccinelles, etc.) qui se développent au détriment des ravageurs des plantes. Une ruche et un hôtel à insectes concourent à la restauration d’un écosystème utile à tous.

À SAVOIR

*.- LES TROPHÉES ÉCO ACTIONS sont un concours organisé par l’association des Éco Maires afin d’inciter les élus à engager des politiques environnementales et de développement durable innovantes. En 2018, le premier prix national a été décerné à Rosny-sous-Bois pour une action d’éco-groupe scolaire. La Ville d’Épernay a obtenu le « prix citoyenneté » pour son action « Le chemin des abeilles ».

*.- SELON SON ÉTUDE annuelle et mondiale sur l’écologie des grandes villes, Arcadis classe Zurich (Suisse) première du top 10 des villes les plus écolos du monde. Suivent Stockholm (Suède), Genève (Suisse), Vienne (Autriche), Francfort (Allemagne), Wellington (Nouvelle-Zélande), Rome (Italie), Sydney (Australie), Londres (Angleterre) et Hambourg (Allemagne). Paris n’arrive qu’en 32 e position.

jEAN-MICHEL FRANÇOIS

Extrait de l'union du 12/11/2018

    

      

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Tara rentre à bon port avec ses trésors

Retour au bercail pour Tara, après deux ans et demi passés à explorer des récifs coralliens  dans le Pacifique et à mesurer l’impact du changement climatique sur ces écosystèmes menacés


Le bateau (36 m de long et 10 m de large) est rentré hier à Lorient avec, à son bord, un état des lieux très poussé des récifs coralliens du Pacifique. AFP 

 L’expédition scientifique Tara, de retour hier à Lorient, a parcouru pendant deux ans et demi l’océan Pacifique d’est en ouest et du nord au sud pour étudier les récifs coralliens avec, à la clé, 36 000échantillons prélevés.

Les scientifiques espèrent mieux connaître ces écosystèmes très importants, mais menacés par les activités humaines et le changement climatique.

1 - COMMENT FONCTIONNENT LES CORAUX ?

Les formations coralliennes se composent d’une multitude de polypes, de minuscules animaux dotés de tentacules. Par leurs sécrétions, ils forment un squelette de calcaire qui grandit avec le temps. Ils vivent en symbiose avec des micro-algues, les zooxanthelles, qu’ils abritent dans leurs cellules. Ces micro-algues les alimentent et leur donnent leurs couleurs flamboyantes et, en échange, se nourrissent de leurs déchets azotés.

Il existe environ 1 500 espèces de coraux, de formes très différentes, branchues ou en massif, qui peuvent atteindre plusieurs mètres de haut. La formation corallienne la plus ancienne aurait 4 265 ans. Ils ne représentent que 0,2 % de la surface des océans mais regroupent environ 30 % des espèces marines connues, en offrant un abri contre les prédateurs et en leur fournissant de la nourriture. 500 millions de personnes dépendent des coraux pour la pêche et le tourisme. Ils protègent les côtes de l’érosion ou en cas de tsunami. La médecine espère que les coraux offriront des pistes pour lutter contre certains cancers.

2 - QUELLES SONT LES RECHERCHES ?

L’expédition Tara s’est intéressée à l’océan Pacifique car il regroupe 40% des coraux de la planète, avec une diversité très importante. Au cours des 2 677 plongées effectuées sur 32 sites de récifs coralliens, les scientifiques se sont intéressés à trois espèces de coraux (porites lobata, pocillopora meandrina et millepora platyphylla) qu’on trouve un peu partout dans le Pacifique, deux poissons des récifs (le chirurgien bagnard et le zancle cornu) et l’eau environnante. Ils ont photographié la santé du corail à un instant T, prélevé des échantillons à la main et par carottage de corail, examen de poissons et d’eau.

Depuis le 26 mai 2016, des dizaines de scientifiques de plusieurs nationalités se sont succédé au cours d’un périple de 100 000 km

Les eaux tropicales contiennent peu de nutriments et « les récifs coralliens sont comme des oasis dans le désert » , explique Denis Allemand, codirecteur de Tara Pacific et directeur scientifique du Centre scientifique de Monaco (CSM). Si les scientifiques ont déjà une bonne connaissance du fonctionnement du corail avec la micro-algue, ils ont beaucoup à découvrir sur les interactions avec les micro-organismes qui les entourent et leur milieu, en fonction de la lumière, de la chaleur, du pH de l’eau, des métaux…

3 - QUELLES SONT LES MENACES?

Les coraux sont soumis à de nombreuses pressions. L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) estime qu’un tiers des coraux constructeurs de récifs est menacé dans le monde. Ils sont mis à mal par les aménagements portuaires et touristiques, la pêche à l’explosif ou au cyanure, la pollution, des espèces invasives ou l’acidification des océans qui perturbe leur croissance. Le réchauffement des eaux entraîne le blanchiment des coraux : il suffit d’un degré de plus pour que les micro-algues et les polypes se séparent. Si l’épisode reste bref, le corail peut s’en remettre, sinon, il meurt. Les épisodes de blanchiment, traditionnellement provoqués par le phénomène El Niño, deviennent plus fréquents avec le réchauffement climatique, laissant moins de répit aux coraux pour se rétablir. Environ 20 % des récifs sont déjà détruits, 15 % risquent de l’être d’ici dix à vingt ans, 20 % supplémentaires sont menacés d’ici quarante ans.

4 - QUEL AVENIR POUR CES RÉCIFS ?

« Certains disent que les récifs vont disparaître en 2050, d’autres disent qu’ils vont s’adapter. On ne sait pas, indique Denis Allemand. Dans tous les cas, il n’y aura pas en 2100 de récifs tels qu’on les connaît aujourd’hui. On va de plus en plus vers des coraux massifs offrant moins de cachettes pour les animaux que les coraux branchus. »

Des expériences sont menées pour restaurer le récif. Une piste est l’évolution assistée, qui vise à rendre « le corail plus résistant aux changements futurs en jouant sur les micro-organismes qui les entourent. ».

Extrait de l'union du 28/10/2018

    

      

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Dix plantes anti-moustiques

Quoi de plus pénible que de se faire piquer par les moustiques ? Il existe des répulsifs vendus dans   le commerce, à base de citronnelle, mais il est possible de les éloigner directement grâce aux plantes.

JARDINER

La lune est descendante jusqu’au 18 septembre.

*.- Dimanche 9 septembre (graines et fruits) Plantez les fraisiers.

*.- Lundi 10 septembre (racines) Semez les radis de tous les mois.

*.- Mardi 11 septembre (racines) Arrachez les pommes de terre tardives avant que le temps se gâte.

*.- Mercredi 12 septembre (racines) Desserrez et consommez les premiers radis noirs.

*.- Jeudi 13 septembre (fleurs) Bouturez les géraniums.

*.- Vendredi 14 septembre (fleurs) Plantez les bulbes de printemps

*.- Samedi 15 septembre (feuilles) Semez les mâches sur un sol ferme.

1 - LA VERVEINE CITRONNELLE Lippia citriodora

Est un petit arbuste au feuillage fortement citronné. La verveine citronnelle est gélive : dans le nord de la France, mieux vaut la cultiver en pot pour la rentrer dans un endroit frais et éclairée (dans une véranda par exemple) dès que les températures sont négatives.

Ailleurs, où les hivers sont plus doux, plantez votre verveine au pied d’un mur dans un sol drainé exposé au sud. Elle peut monter jusqu’à 150 cm de hauteur.

2 - LA MELISSE Melissa officinalis,

Appelée aussi herbe au citron, car son feuillage, comme celui de la verveine, est très citronné. Il s’agit d’une plante vivace capable de pousser partout, elle aurait même tendance à se propager dans le jardin dans les interstices des murets entre deux pierres. Par son odeur, elle repousse les moustiques le soir, elle est très intéressante aussi pour lutter contre les aoûtats.

3 - LA CATAIRE (chataire, nepeta) Calendula officinalis

 Est connue sous le nom d’herbe à chat car ils apprécient se rouler sur la plante. Les chats sont attirés par la népétalactone qui agit comme appât. Cette plante vivace décorative pousse très vite et ses feuilles à forte odeur repoussent moustiques, blattes et termites.

4 - LE SOUCI Calendula

Est une plante annuelle sans histoire qui se ressème très facilement d’une année sur l’autre. Le souci est parfois envahissant ; peu importe, il éloigne les moustiques car il contient de la pyréthrine, que l’on trouve fréquemment dans les répulsifs vendus dans le commerce. Une plante dont les fleurs sont jaune orangé, idéale pour entourer votre maison : elle pousse aussi bien au soleil qu’à l’ombre.

5 - LE BASILIC Ocimum basillicum

Est bien connu pour aromatiser nos salades. Cette plante aromatique apprécie exclusivement la chaleur. Le basilic réclame un minimum de cinqheures d’ensoleillement par jour. Le basilic citron sacré est plus efficace pour éloigner les moustiques lorsqu’il est planté dans une jardinière sur le rebord d’une fenêtre. Pour gagner du temps, je vous conseille de vous le procurer prêt à planter début mai. C’est seulement à partir du mois de juin que vous réussirez un semis en pleine terre.

6 - LA LAVANDE Lavandula officinalis

Attire les insectes pollinisateurs comme les abeilles, bourdons et papillons, elle est surtout connue comme antimite ou pour repousser les pucerons. La lavande, par son parfum prononcé, est un excellent répulsif pour lutter contre les moustiques.

Dans votre jardin potager, pour travailler tard, le soir, sans être ennuyé par les piqûres de moustique, je vous conseille de planter une haie de lavande entre les légumes. Sur un balcon, plantez les lavandes dans un bac exposé en plein soleil.

7 - LA MENTHE POIVRÉE Mentha,

La menthe sauvage, porte le nom de « Pouliot », du latin pulex (« puce »), ce qui confirme son utilisation comme insecticide.

Les menthes poussent partout : au soleil, mi-ombre, à l’ombre… plutôt dans un milieu humide ; ça tombe bien, les moustiques aussi ! La menthe se développe donc très bien dans un pot ou un bac sur une terrasse ou le rebord d’une fenêtre pour empêcher les moustiques d’entrer à l’intérieur. De plus, si vous vous faites piquer par un insecte les feuilles froissées soulagent la piqûre. Pour avoir de la menthe fraîche même en hiver, plantez quelques tiges dans un pot profond et rentrez-le dans une pièce fraîche et bien éclairée.

8 - L’AIL

Si l’odeur de l’ail éloignerait les vampires, le soufre qu’il contient repousse les moustiques, tiques, puces et mouches.

Si vous êtes sensible aux piqûres d’insectes, n’oubliez pas de planter de l’ail dans le jardin ou dans vos massifs de fleurs ainsi que dans les carrés de potager.

L’ail se plante à partir du mois d’octobre jusqu’au printemps selon les variétés et se récolte en juillet. Il se conserve plusieurs mois à l’intérieur au frais.

9 - LE ROMARIN Rosmarinus officinalis

Est un superbe petit arbuste qui fleurit très tôt au printemps (parfois en hiver) et attire les premiers papillons. Le romarin apprécie un sol drainé exposé en plein soleil au pied d’un mur par exemple. Son odeur d’encens repousse les moustiques, surtout s’il est planté sous une fenêtre. Lorsque vous faites du barbecue le soir, n’hésitez pas à brûler des branches de romarin, la fumée éloigne les insectes piqueurs.

10 - LES GERANIUMS

Ont la réputation d’éloigner les moustiques lorsqu’ils sont accrochés aux fenêtres. Il y a une petite confusion car le véritable géranium qui éloigne les moustiques est celui dont le feuillage est très citronné. C’est un géranium gélif qui doit être rentré avant les gelées. À l’intérieur, il continuera à embaumer la citronnelle. Idéal pour une véranda, chauffée ou non.

Hubert LE JARDINIER

Extrait de l'union du 09/09/2018

    

      

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PESTICIDES

La carte des pesticides 
Glyphosate et cancer : un dossier très perturbé
Les pesticides néonicotinoïdes interdits en France à partir de demain

Le jardinier qui va tuer le Roundup
Le glyphosate, toujours défendu par Monsanto  

    

      

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La carte des pesticides 

La Marne, l’Aisne et l’Aube sont désignés mauvais élèves par Générations futures. 

L’ESSENTIEL

*.- MARDI 20 NOVEMBRE , Générations futures dévoile six cartes de vente des pesticides en France en 2017.

*.- L’ASSOCIATION DE DÉFENSE de l’environnement en profite pour décerner cinq Glyph’awards.

*.- L’AUBE ET LA MARNE font partie des départements les plus acheteurs mais pas seulement pour leurs propres territoires..-

L’humour noir comme arme de dissuasion massive. Avec cinq «Glyph’awards », Générations futures espère inciter les « plus accros à cet herbicide le plus vendu au monde » (le glyphosate) à changer de pratiques. « On donne un prix que personne n’a envie de gagner », plaisante le porte-parole François Veillerette. Ces «récompenses ironiques » accompagnaient six cartes autour de la vente de pesticides en France par département en 2017. Décryptage.

1 - QUE DISENT CES CARTES ?

Mauvaise nouvelle pour notre territoire : l’Aube et la Marne, grands territoires agricoles et viticoles, s’affichent premier et troisième acheteurs de pesticides en 2017 avec respectivement 3 276 et 2 804 tonnes. L’Aisne, à la 7 e place, comptabilise 2079 tonnes. La Gironde, autre terre viticole, se tient en deuxième place et, en queue de peloton, les départements d’élevage. Que signifient ces chiffres ?

Première lecture : nos départements consomment trop de pesticides. Afficher des tonnages, ça interpelle. « L’idée est de mettre la pression sur les départements qui restent de forts utilisateurs de produits », reprend Nadine Lauverjat, coordinatrice de l’association. Deuxième lecture : quels sont les produits ? Pour la Marne, le trio se compose du soufre pour pulvérisation, du chlormequat chlorure (produit de synthèse utilisé pour raccourcir le blé et améliorer son rendement) et du glyphosate (herbicide total). Voilà qui chiffonne un technicien de la Draaf Marne (direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt) : « Le soufre est un minéral, ce n’est pas un produit CMR (cancérogène, mutagène ou reprotoxique) , il est classé comme irritant. Il est de plus en plus utilisé pour remplacer des produits de synthèse, ce n’est donc pas forcément une mauvaise nouvelle. » Il est également utilisé en viticulture biologique.

Dans l’Aisne, le trio majoritaire est représenté par le chlormequat chlorure, le prosulfocarbe (herbicide partiel, s’attaquant aux mauvaises herbes) et le glyphosate. Dans les Ardennes, on retrouve le chlormequat, le glyphosate et… l’huile de vaseline. Cette dernière, issue du raffinage de pétrole, est une alternative au glyphosate, tolérée en agriculture biologique (AB). « Les pratiques doivent évoluer et il faut utiliser moins de pesticides, surtout de synthèse, mais, ici, j e regrette surtout que tout est mis dans le même panier. Ce genre de buzz crispe les gens qui font des efforts et conforte ceux qui n’en font pas… »

Générations futures a également présenté une carte des ventes de pesticides non utilisés en AB par hectare de surface agricole utile (SAU) – où l’Aube reste en tête des acheteurs, l’Aisne est 9 èmr.«  Elle prévoit d’établir une carte des pesticides utilisés en AB. Pour l’association, l’urgence c’est le changement, d’autant « qu’en dix ans de plan Ecophyto, il y a eu très peu d’évolution sur la question des pesticides ».

2 - PROBLÈME DE MASSE

La 2 e carte, celle de la vente de pesticides par hectare de SAU, est plus précise. Elle met en avant l’achat de matières actives par SAU, donc ce qui est rapporté réellement à la pratique agricole ou viticole de l’année. La Marne et l’Aisne tombent à la 11 e et 17 e places ; les Ardennes restent loin, à la 57 e position. Les masses, pour le technicien de la Draaf, ne reflètent pas complètement la réalité. « On parle de tonnage mais certains produits sont soumis à des doses réglementaires. Additionner par exemple le soufre homologué à 12,5 kg/ha avec un produit de synthèse réglementé à une dose différente n’a pas beaucoup de sens… »

3 - D’OÙ VIENNENT LES DONNÉES ?

Les masses de pesticides exprimées en kilogrammes sont issues de la base de données des ventes des distributeurs (BNVD), rendue publique il y a deux ans, grâce à « l’arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne(CJUE) » du 23 novembre 2016.

4 - LES CHIFFRES SONT-ILS FIABLES ?

Oui et non. L’association reconnaît elle-même avoir repéré des erreurs ou des incohérences. En particulier, «certaines déclarations de vente semblent avoir été faites par les sièges de certaines sociétés plutôt que par les lieux de ventes, c’est pourquoi nous avons des données de vente à Paris par exemple… bien qu’il n’y ait pas d’agriculture à Paris ». Les chiffres n’ont donc pas été pris en compte.

Ce qui est vrai à Paris est également vrai dans la Marne et l’Aube, où se trouvent d’importants distributeurs de pesticides, biaisant quelque peu les chiffres. Le siège de Vivescia se situe dans la Marne, celui de Tereos dans l’Aisne et celui de Soufflet dans l’Aube. Tous trois sont les plus importants céréaliers du territoire. De même, certains distributeurs de produits basés dans ces territoires irriguent une zone de chalandise plus importante que ces départements.

Le site data gouv menant à la BNVD l’indique bien : « Ces données sont issues des déclarations des distributeurs agréés de produits phytosanitaires. Elles peuvent donc être entachées de biais. Elles sont agrégées au département. Le volume indiqué est le volume vendu dans un département. La date et le lieu réels de son usage ne sont pas connus. »

La démarche de Générations futures a ainsi le mérite de mettre en place « un observatoire pour une prise de conscience », selon Nadine Lauverjat, avec ces derniers chiffres des ventes de pesticides par département qu’elle mettra à jour chaque année, mais ces données ont encore besoin d’être affinées.

L’association reconnaît d’ailleurs que les signalements par les riverains qui se trouveraient impactés par des pesticides sont presque mission impossible puisqu’ils n’ont pas accès aux registres d’utilisation des substances par les agriculteurs et viticulteurs. Ce qui leur permettrait de savoir quel produit a été utilisé et où.

QU’EST-CE QUE GÉNÉRATIONS FUTURES ?

En 1996, l’enseignant picard François Veillerette cofonde avec l’ingénieur Georges Toutain le Mouvement pour les droits et le respect des générations futures en Picardie. En 2008, l’association se rebaptise plus sobrement Générations futures. François Veillerette, directeur et porte-parole, cosigne différents ouvrages autour de la question des pesticides, comme « Pesticides : révélations sur un scandale français » coécrit en 2007 avec Fabrice Nicolino.

Est-ce que ce genre d’enquête fait avancer les choses ? NON !

Hervé Lapie : «En matière de pesticides, l’agriculture française est contrôlée plus qu’aucune autre. »

 « Plutôt que de faire de la délation, on ferait mieux de mieux accompagner les agriculteurs dans leurs efforts pour diminuer les intrants, estime le président de la FDSEA de la Marne, Hervé Lapie, visiblement agacé par l’enquête de Générations futures. Je les connais un peu. Ce genre d’association est dans la diffamation, elle pointe du doigt les agriculteurs mais ça ne fait rien avancer » .

En matière de pesticides, Hervé Lapie ne conteste pas que la France doive encore réaliser des progrès. « Nous sommes le premier pays européen en surface agricole mais le 9 e en termes de produits de santé végétale. Beaucoup a été fait. Depuis que j’ai commencé en 1992, ma consommation de ces produits a diminué de 27 %. Nous devons continuer. Encore faudrait-il que l’État s’engage à nos côtés et non en refusant, comme il l’a fait l’an dernier, de signer le contrat de solutions que nous avons mis en place pour réduire l’emploi de produits phytosanitaires. »

S’agissant du classement de l’Aube et de la Marne aux 1 er et 3 e rangs pour la vente de pesticides, Hervé Lapie est circonspect : « Ça n’a pas grand sens si un même point de vente dessert plusieurs départements alentour ! » , ironise-t-il, avant de prendre la défense d’une agriculture française qu’il assure être « la plus sûre et la plus traçable de toutes. Elle est contrôlée plus qu’aucune autre et tous les produits utilisés bénéficient d’une autorisation de mise sur le marché. Nous sommes tellement contrôlés que la France, en dix ans, a perdu 50 % de sa production d’asperges, de fraises ou de cerises. Nous préférons les acheter à l’étranger ! »

Pour Hervé Lapie enfin, l’utilité des pesticides, même s’ils doivent faire l’objet d’un usage « raisonné », n’est pas contestable : « S’en passer complètement, ce serait impossible. J’ajoute que les molécules qui s’y trouvent sont souvent les mêmes qui entrent dans la composition des médicaments pour l’homme. Alors… »

Gilles  GRANDPIERRE

3 QUESTIONS à


Christian TRONCHON
Dr de magasin bi

L’agriculture sans pesticide est possible 

Dans votre magasin d’alimentation bio Natureva, à Ormes, près de Reims, tous vos produits sont garantis sans pesticide ?

Oui, notre cahier des charges les interdit. Lorsque des organismes certificateurs, voire des producteurs eux-mêmes, trouvent des traces minimes de pesticides sur des produits, ceux-ci sont systématiquement détruits. C’est bien la démonstration qu’une agriculture sans pesticide est possible. De toute façon, les gens oublient l’histoire. Avant la Première Guerre mondiale, on ne parlait pas beaucoup de pesticides. Ceux-ci se sont développés surtout après la Seconde Guerre. Les chimistes s’étaient rendu compte que des pesticides venaient à bout de certaines maladies sur des plantes, à un moment où il fallait nourrir de plus en plus de monde sur Terre. Les défenseurs de l’agriculture traditionnelle opposent justement à l’agriculture bio qu’elle ne serait pas en capacité de nourrir tout le monde. Nous leur disons qu’on ne mange pas tout ce qu’on produit, qu’il y a beaucoup de gaspillage. Et puis, un kilogramme de carottes bio chargées en vitamines et minéraux nourrit plus de personnes qu’un kilogramme de carottes chargées en eau…

Se mettre au bio ne se fait pas du jour au lendemain ?

On est un peu prisonnier de l’appauvrissement des sols que l’on compense par la chimie qui appauvrit les sols. Le plus problématique est la période de transition qui permet de revenir à des sols naturellement riches, cela prend du temps. C’est pour cela qu’il existe des aides à la conversion, mais les agriculteurs bio se battent aujourd’hui pour recevoir les aides de 2016 de la part de l’État. Les versements ont deux ans de retard!

Les viticulteurs bio sont également dans le doute, car l’Union européenne pourrait baisser les doses de cuivre pour lutter contre le mildiou. Le cuivre est le seul produit toléré en agriculture bio. Un changement de règle supposerait une adaptation conséquente.

Diriez-vous que le bio est entré dans les mœurs de façon durable ?

Oui, ce n’est plus un phénomène de mode. Les chimistes tentent de gagner du temps face à ce développement inéluctable.

Tous les indicateurs sont au rouge, les prévisions alarmistes sont dépassées.

Propos recueillis par Jean-Michel François

LES AUTRES POINTS

UNE SEMAINE D’ACTIONS À CHAQUE PRINTEMPS

L’intitulé de cette initiative annuelle qui se tient du 20 au 30 mars est en réalité « Semaine pour les alternatives aux pesticides ». Il n’emploie pas le mot contre. Pour celle de 2018, qui fut la treizième organisée par Générations futures, « un millier d’événements ont été mis en place en France dans 85 départements et dans quatorze autres pays », annonce l’association.

UN LABEL TERRE SAINE

Le 21 mars dernier, pour la quatrième année consécutive, le ministère de la Transition écologique et solidaire ainsi que l’agence française pour la biodiversité ont remis le label « Terre saine » à 206 nouvelles communes, ce qui porte le nombre total de lauréats à 317 depuis la création du label. Celui-ci récompense les communes qui conduisent une gestion sans pesticides de leurs espaces publics et vise, à terme, à conduire l’ensemble des collectivités françaises vers le zéro pesticide. Un coup d’œil sur le site dédié à cette action nous apprend que 7 communes des Hauts-de-France et 21 du Grand Est sont labellisées. A priori, les départements de l’Aisne, des Ardennes et de la Marne ne sont pas représentés.

DES GLYPH’AWARDS

Pas de gaieté de cœur dans ces récompenses. Pour la première fois, Générations futures a remis cinq prix aux départements les plus consommateurs de glyphosate selon la carte que l’association a élaborée à partir du BNVD. Le Vaucluse (1,25kg/ha), la Réunion (1,21 kg/ha), la Martinique (1,14 kg/ha), la Gironde (1,03 kg/ha) et l’Aube (1,01 kg/ha) forment les « vainqueurs » malheureux (lire page précédente). La moyenne nationale se situe à 0,326kg/ha. Des diplômes seront bientôt envoyés aux Chambres d’agriculture de chacun de ces territoires.

Toutes les données sont à retrouver sur lunion.fr et lardennais.fr

Claire HOHWEYER 

Extrait de l'union du 11/11/2018


 Les pesticides néonicotinoïdes interdits en France à partir de demain

Après des années de controverses, les pesticides néonicotinoïdes seront bannis à partir de demain en France. Cette interdiction, destinée à protéger les colonies d’abeilles, est dénoncée par les agriculteurs


Les apiculteurs de l’Hexagone ont constaté une hausse de la mortalité dans leurs ruches depuis l’arrivée des néonicotinoïdes. AFP 

1 - INSECTICIDES LES PLUS UTILISÉS AU MONDE

Disponibles depuis le milieu des années 1990, les néonicotinoïdes, ensemble de sept insecticides neurotoxiques (acétamipride, clothianidine, imidaclopride, thiaclopride, thiaméthoxame, nitenpyrame et dinotéfurane), sont devenus les insecticides les plus utilisés dans le monde.

S’ils peuvent être utilisés en pulvérisation, en France ils servent principalement de manière préventive, en enrobant les semences. La substance, dite « systémique », est absorbée par la plante et se propage à tous ses tissus, y compris le pollen. Betteraves, blé, colza, arbres fruitiers, vigne… Ils sont utilisés pour débarrasser les cultures des chenilles, cochenilles, pucerons ou insectes mangeurs de bois.

2 - TUEUR D’ABEILLES

Comme tout insecticide, à certaines doses, les néonicotinoïdes tuent les insectes, donc les abeilles.

Depuis les années 2000, des scientifiques s’inquiètent du fait que même à faible dose, ces substances qui s’attaquent au système nerveux des insectes affectent les pollinisateurs (abeilles et bourdons désorientés, sperme des mâles altéré…). Les apiculteurs français constatent une hausse de la mortalité dans leurs ruches depuis l’arrivée des néonicotinoïdes. Mais « aucun élément scientifique rigoureux » ne prouve qu’ils sont la première cause de mortalité des abeilles, note le directeur scientifique de l’Institut de l’abeille, Axel Decourtye.

3 - INTERDITS, AVEC DÉROGATIONS

L’UE a décidé, en avril, d’interdire pour les cultures de plein champ l’utilisation de trois substances (clothianidine, thiaméthoxame et imidaclopride), objet de restrictions depuis 2013. La décision, qui permettra les usages sous serre, entrera en vigueur complètement le 19 décembre. La France va plus loin. La loi biodiversité de 2016 prévoit l’interdiction des néonicotinoïdes à partir de ce 1 erseptembre. Un récent décret d’application précise que les cinq substances jusqu’alors autorisées en Europe pour des usages phytosanitaires sont concernées (les trois visés par l’UE, plus thiaclopride et acétamipride). Des dérogations sont possibles au cas par cas jusqu’au 1er juillet 2020. Mais elles ne seront délivrées que pour des produits à base d’acétamipride, et dans de « faibles volumes », assure le ministère de la Transition écologique. Des dérogations inacceptables pour les ONG, qui réclament l’interdiction d’autres pesticides. « Ne nous limitons pas à cette famille. Beaucoup d’autres devraient être interdits », plaide François Veillerette, de Générations Futures.

4 - DES ALTERNATIVES ?

Les agriculteurs se retrouvent dans une impasse « dramatique », dénoncent la FNSEA et d’autres syndicats agricoles, assurant ne pas avoir de solutions de remplacement. Selon un rapport récent de l’Anses, il existe des alternatives « suffisamment efficaces, et opérationnelles », chimiques ou non chimiques, pour la grande majorité des 130 usages phytosanitaires des néonicotinoïdes. L’agence plaide pour une « lutte intégrée » : pas de traitement prophylactique, surveillance des cultures, priorité aux méthodes non chimiques, pesticides chimiques seulement si les ravageurs dépassent certains « seuils de nuisibilité ». Mais elle reconnaît que « l’impact sur l’activité agricole de l’interdiction des néonicotinoïdes est difficile à anticiper ».

5- ET L’HOMME ?

Les néonicotinoïdes se retrouvent dans le sol et l’eau. Pêches, laitues, tomates… L’acétamipride et l’imidaclopride sont présents respectivement dans 5 % et 4 % des échantillons alimentaires recueillis en Europe, selon un rapport de 2016 de l’Agence européenne de sécurité des aliments (EFSA). Mais en février 2018, l’Anses assurait que les données disponibles « ne mettent pas en évidence d’effet nocif pour la santé humaine », à condition que les consignes d’utilisation soient respectées.

Extrait de l'union du 31/08/2018


Le jardinier qui va tuer le Roundup

 Atteint d'un cancer incurable, Dewayne Johnson a attaqué en justice Monsanto.


Un tribunal de San Francisco a condamné Monsanto à payer près de 290 millions de dollars de dommages à Dewayne Johnson. AFP

BIO EXPRESS

*.- 1972 : Naissance aux Etats-Unis.

*.-  2012 : En tant que responsable de la lutte contre les nuisibles pour l'école de 8enicia (Californie), il répand des produits contenant du glyphosate.

*.- 2012 : Peu de temps après les 1èrespulvérisations, il voit des cloques aIlparaître sur sa peau.

*.- 2014 : 1 lui est diagnostiqué un cancer incurable du système lymphatique.

*.-  2016 : Il porte plainte contre Monsanto qui commercialise les herbicides incriminés.

Pourquoi parle-t-on de lui ?

Dewayne Johnson a attaqué en justice le géant agrochimique Monsanto, fabricant du Roundup, qu'il accuse d'avoir caché la dangerosité de son désherbant au glyphosate. Afin de « compenser » le cancer incurable qu'il estime avoir contracté en répandant ces herbicides considérés comme « probablement cancérigènes » par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) depuis 2015, il demandait plus de 350 millions d'euros de dédommagement à la firme. Les douze jurés californiens, qui ont débuté leurs délibérations le mercredi 8 août, ont déterminé que Monsanto avait agi avec « malveillance » et que le Roundup, ainsi que sa version professionnelle RangerPro, avaient « considérablement » contribué à la maladie du plaignant Le verdict, tombé vendredi, a finalement condamné Monsanto à payer 289 millions de dollars de dommages, La firme a annoncé faire appel de cette décision.

Qui est-il ?

 C'est un homme de 46 ans qui en paraît dix de plus et qui n'atteindra sans doute jamais l'âge de la retraite. Les médecins ne lui donnent plus que deux ans à vivre au maximum. Ce père de deux garçons âgés de 14 et 17 ans, est l'un des rares particuliers dans le monde à parvenir à mettre Monsanto sur le banc des accusés dans un procès, Il est le premier à voir son dossier, lié au glyphosate, arriver jusqu'au tribunal grâce à la loi californienne qui oblige la justice à organiser un procès avant la mort du plaignant.

Qu'en penser ?

Que l'action d'un seul homme, souvent, est suffisante pour changer le cours des choses. Selon Robert F.Kennedy Jr, l'un des avocats de Dewayne Johnson, le verdict va en effet « provoquer une cascade de nouvelles affaires ». Il serait aussi facile de pointer du doigt uniquement Monsanto alors que les pouvoirs publics continuent à autoriser l'utilisation du glyphosate, « probablement » cancérigène. Le gouvernement français, et son ministre de l'écologie Nicolas Hulot, ne viennent-ils pas de prolonger son usage pendant plusieurs années pour ménager les agriculteurs ?

Extrait de l'union du 12/08/2018


 Le glyphosate, toujours défendu par Monsanto 

Le groupe Bayer, propriétaire de Monsanto, a défendu hier l’innocuité du glyphosate au lendemain   de sa condamnation pour ne pas avoir informé de la dangerosité de son herbicide Roundup. 


L’herbicide contient du glyphosate, substance qui fait l’objet d’études scientifiques contradictoires quant à son caractère cancérigène. AFP

À SAVOIR

*.- CRÉÉ EN 1901 à Saint-Louis, dans le Missouri, Monsanto a d’abord produit de la saccharine, un puissant édulcorant, puis s’est lancé dans l’agrochimie à partir des années 1940.

Il a notamment été associé à la fabrication du défoliant connu sous le nom « Agent Orange », utilisé massivement par l’armée américaine pendant la guerre du Vietnam.

*.- LE ROUNDUP EST LANCÉ EN 1976, puis Monsanto met au point la première cellule de plante génétiquement modifiée avant de se spécialiser dans les OGM. Les premières semences génétiquement modifiées, conçues pour résister au même Roundup, sont commercialisées à partir des années 90.

Le Roundup contient du glyphosate, substance très controversée et qui fait l’objet d’études scientifiques contradictoires quant à son caractère cancérigène.

*.- HERBICIDE LE PLUS UTILISÉ AU MONDE sous diverses marques, depuis que le brevet détenu par Monsanto est tombé dans le domaine public en 2000, il est aussi accusé d’être néfaste pour l’environnement et de contribuer à la disparition des abeilles ou encore d’être un perturbateur endocrinien.

Malgré cette décision qui pourrait faire jurisprudence, le groupe pharmaceutique allemand ne semble pas vouloir arrêter la production du glyphosate, toujours plébiscité par les cultivateurs pour son efficacité et son faible coût mais très critiqué. « Sur la base de preuves scientifiques, d’évaluations réglementaires à l’échelle mondiale et de décennies d’expérience pratique de l’utilisation du glyphosate, Bayer estime que le glyphosate est sûr et non cancérogène », a déclaré un porte-parole de l’entreprise. Quelques heures plus tôt, un jury d’un tribunal de San Francisco avait condamné Monsanto à payer près de 290 millions de dollars de dommages à Dewayne Johnson. Ce jardinier américain de 46 ans estimait que les produits de Monsanto, notamment le Roundup qu’il avait vaporisé pendant des années, avaient entraîné son cancer et que la multinationale avait sciemment caché leur dangerosité.

MONSANTO SE DÉDOUANE

Les jurés ont déterminé que Monsanto avait agi avec «malveillance » et que son herbicide Roundup, ainsi que sa version professionnelle RangerPro, avaient « considérablement » contribué à la maladie de ce dernier..»

M. Johnson, qui n’avait pas de problème de santé auparavant, a expliqué qu’il n’avait aucune idée des controverses sur le glyphosate avant de voir des marques sur sa peau.

Ce père de famille souffre depuis 2014 d’un cancer incurable du système lymphatique. Pour ses avocats, Monsanto a fait passer ses bénéfices avant la santé publique en bataillant contre des études évoquant des risques cancérigènes autour du Roundup.

Car à l’instar de Bayer, Monsanto estime qu’il n’y a aucun lien entre cancer et glyphosate et donc aucune raison d’avertir d’un danger quelconque à propos de cette substance. « Nous ferons appel de la décision et continuerons à défendre vigoureusement ce produit qui bénéficie de 40 ans d’histoire d’une utilisation sans danger et qui continue à être un outil essentiel, efficace et sans danger pour les agriculteurs et autres usagers », avait expliqué le groupe. Cependant, ce procès historique, le premier à concerner le caractère possiblement cancérigène des produits au glyphosate de Monsanto, pourrait bien avoir des conséquences qui pourraient coûter cher à Bayer. Des milliers de procédures contre Monsanto et le Roundup sont déjà en cours aux États-Unis.

La Confédération paysanne veut sortir des pesticides


Cette condamnation est «la preuve qu’il faut sortir des pesticides»  AFP

« Ce jugement, c’est une nouvelle fois la preuve que les pesticides sont dangereux pour la santé, des utilisateurs en premier lieu, et donc des paysans et des paysannes –, et puis par ricochet, aussi de ceux qui consomment les produits », a indiqué Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération paysanne.

Selon lui il faut pour cela « des moyens techniques, avec la recherche, et puis des moyens économiques aussi, car les pesticides, c’est un outil de compétitivité dans la guerre économique ». Le responsable syndical a rappelé « cette promesse d’Emmanuel Macron de sortir du glyphosate ».

« Mais de façon globale », il a appelé le gouvernement à «accompagner par des politiques publiques le passage d’une agriculture aujourd’hui avec béquille chimique, vers une agriculture où on arrête d’utiliser des produits qui sont en train de tuer les paysans et les paysannes ».

« La justice agit là ou le gouvernement n’est pas présent. Il faut que les citoyens continuent de se mobiliser pour que le glyphosate soit enfin interdit en France et en Europe », a insisté Suzanne Dalle de Greenpeace France.

Extrait de l'union du 12/08/2018

    

      

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Péserver l’environnement

Consommer en limitant les emballages
Pour la sauvegarde des espèces vivantes

 Des potagers partagés à planter partout en ville  
Et si vous donniez une seconde vie aux objets que vous souhaitez jeter ?

Les déchets : à la poubelle plutôt que dans la nature

    

      

  Répertoire  

 

 

 

 

 

    

   Consommer en limitant les emballages

Fini les emballages à foison en revenant des courses. De nombreuses enseignes commencent à proposer d’acheter vos produits du quotidien en vrac.


Marylène De Sa Ramos propose près de 750 produits référencés dans son épicerie.Lena Levavasseur

Où acheter du vrac ?

*.- MAGASINS BIO : la plupart proposent, à l’image de Natureva et Naturalia, des rayons consacrés au vrac.

*.- BIO ET LOCAL : la boutique Symbiose propose en vrac des produits d’entretien et d’hygiènes écologiques fabriqués à Bazincourt.

*.- LES SUPERMARCHÉS : les grandes surfaces s’y mettent aussi à l’image du Leclerc Champfleury qui propose quelques produits sans emballages.

Papiers, cartons, plastiques et bien d’autres emballages jetables viennent encombrer les poubelles des consommateurs quotidiennement. Les magasins spécialisés dans le bio sont en première ligne pour développer ce concept mais les grandes surfaces également tendent, sous la pression des consommateurs, à proposer leurs produits en vrac. Day by Day une enseigne française créée par Didier Onraita et David Sutrat en 2013 vend l’essentiel des produits du quotidien en vrac, c’est-à-dire sans emballages superflus. Pâtes, riz, fruits secs, bonbons, épices, hygiène… Ce sont plus de 700 produits disponibles en magasin. Marylène de Sa Ramos tient une de ces épiceries à Reims dans l’avenue Jean-Jaurès depuis le mois de mai.

PRESQUE ZÉRO EMBALLAGE

MARYLÈNE SE PLAÎT À RÉPÉTER CETTE PHRASE : « DAY BY DAY PROPOSE DES PRODUITS DE QUALITÉ, À LA JUSTE QUANTITÉ ET AU JUSTE PRIX. » DANS L’IDÉAL, CHAQUE CLIENT DOIT RAMENER SON CONTENANT (BOCAUX, BOUTEILLES, SACHETS, SACS EN TISSUS…) POUR Y VERSER DIRECTEMENT LES PRODUITS QU’IL SOUHAITE ACHETER. MAIS ELLE LE PRÉCISE : « DANS LE MAGASIN, JE METS À DISPOSITION DES SACHETS KRAFTS OU DES BOCAUX QUE LES GENS RAMÈNENT APRÈS POUR LES RÉUTILISER . » POUR L’INSTANT, LE MAGASIN REPRÉSENTE UNE PETITE SURFACE, DONC LA VENDEUSE REÇOIT SON STOCK DANS DES CARTONS. « APRÈS, ON REÇOIT EN GRANDE CONTENANCE, DONC C’EST TOUJOURS MIEUX QUE DES PETITS SACHETS INDIVIDUELS. PARFOIS, LES ALIMENTS ARRIVENT MÊME DANS DES SACHETS PLASTIQUES À CAUSE DES NORMES EN VIGUEUR. C’EST DOMMAGE MAIS JE N’AI PAS LE CHOIX. CELA NE TIENDRAIT QU’À MOI, TOUT SERAIT LIVRÉ DANS DES BOCAUX. » ALORS, POUR LIMITER SES DÉCHETS, MARYLÈNE GARDE LES CARTONS POUR SES CLIENTS. « CERTAINS S’EN SERVENT POUR COMMENCER LA PERMACULTURE OU TOUT SIMPLEMENT POUR STOCKER DES CHOSES. C’EST TOUJOURS MIEUX QUE DE LES METTRE À LA POUBELLE. »

« J’AVOUE QU’AU DÉBUT, J’AI JUSTE COMMENCÉ À FAIRE ATTENTION PARCE QUE J’AVAIS LA FLEMME DE SORTIR MA POUBELLE »
MARYLÈNE DE SA RAMO
S

L’ENSEIGNE EST AINSI TRIBUTAIRE DES FOURNISSEURS MAIS TOUT DEVIENT SANS DÉCHETS POUR LES CONSOMMATEURS. AU-DELÀ DE L’ALIMENTAIRE, LA VENDEUSE PROPOSE DES ALTERNATIVES AUX PRODUITS DU QUOTIDIEN POUR CEUX QUI SONT PRÊTS À RÉVOLUTIONNER LEUR SALLE DE BAIN. ELLE EXPLIQUE AUX CLIENTS : « POUR UNE FAMILLE BASIQUE, À L’ANNÉE, C’EST 32 FLACONS DE SHAMPOING SOIT 25,5 KG DE DÉCHETS À L’ANNÉE UNIQUEMENT POUR SE LAVER LES CHEVEUX. C’EST BEAUCOUP TROP POUR LA PLANÈTE. NOUS, ON VEND 7 GALETS DE SAVON POUR 1,9 KG DE DÉCHETS . »

MARYLÈNE EST AVANT TOUT ELLE-MÊME UNE CONSOMMATRICE SOUHAITANT LIMITER LES DÉCHETS DEPUIS DEUX ANS : «J’AVOUE QU’AU DÉBUT, J’AI JUSTE COMMENCÉ À FAIRE ATTENTION PARCE QUE J’AVAIS LA FLEMME DE SORTIR MA POUBELLE ! » ELLE RIT DE CETTE ANECDOTE QUI A ÉTÉ FINALEMENT LE DÉCLENCHEUR DE TOUT CE QUI A SUIVI. « DEUX ANS APRÈS, J’AI QUITTÉ MON EMPLOI D’INFIRMIÈRE ET J’AI OUVERT MON ÉPICERIE VRAC.»

AYANT OUVERT IL Y A PEU, ELLE AIMERAIT POURSUIVRE SON ENGAGEMENT EN DÉVELOPPANT DAVANTAGE LE LOCAL D’ICI LA RENTRÉE. « ON A DÉJÀ QUELQUES PRODUITS DE LA RÉGION À L’IMAGE DES LENTILLES DE CHAMPAGNE. MAIS CELA ME PARAÎT LOGIQUE DE PLUTÔT PRIVILÉGIER LES CIRCUITS COURTS POUR LIMITER LA POLLUTION DUE AUX TRANSPORTS. » ÉGALEMENT DANS SES PROJETS, UN PARTENARIAT AVEC CLAIRE DE LA PAGE WEB BICAR&CO : « EN SEPTEMBRE, JE VEUX COMMENCER À FAIRE DES ATELIERS POUR APPRENDRE AUX GENS À FAIRE LEUR PROPRE COSMÉTIQUE ET PRODUITS D’ENTRETIEN. »

LA PÉTILLANTE VENDEUSE A DÉJÀ COMMENCÉ À ÉTABLIR DES RÉSEAUX ET LE PLUS SOUVENT LOCAUX, BIEN ENTENDU : « JE TRAVAILLE DÉJÀ EN CUISINE AVEC UNE BLOGUEUSE RÉMOISE QUI VIENT RÉGULIÈREMENT TESTER MES PRODUITS ET RÉALISE DES RECETTES QUE JE PROPOSE PAR LA SUITE À MES CLIENTS. »

LASSÉS DES CONTENANTS INUTILES ET NOCIFS POUR L’ENVIRONNEMENT ET PRÊTS À CHANGER VOTRE CONSOMMATION ? LA SOLUTION EST AINSI TOUTE TROUVÉE ET SURTOUT, C’EST TOUT PRÈS DE CHEZ VOUS.

60 %
C’est la production française qu’il est possible de trouver en magasin.

Une carte des producteurs français est affichée dans chaque magasin

Léna LEVAVASSEUR

Etrait de l'union du 17/08/2018

 

   Pour la sauvegarde des espèces vivantes

Cernay-lès-Reims Les abeilles, les hérissons et la plupart des animaux : tous sont menacés   par l’impact invasif des hommes sur la planète. Certains ont choisi d’en prendre soin.


Dans son jardin, André-Claude Deblock a installé trois ruches en plus de ses points d’eau, de son poulailler, de l’hôtel à insectes et des nichoirs.L.L

Les abeilles, reconnues comme gravement menacées depuis 2016, voient leur population réduire tous les ans puisque des colonies entières dépérissent. On parle de Colony Collapse Disorder ou syndrome d’effondrement des colonies. Les apiculteurs, à l’image d’André-Claude Deblock, tirent la sonnette d’alarme depuis de nombreuses années. En effet, leur disparition représente un grand risque pour la planète. Nul besoin d’être pessimiste, il existe encore des solutions pour inverser la courbe.

1 - UNE ESPÈCE VIVANTE EN VOIE DE DISPARITION À CAUSE DE DIFFÉRENTS FACTEURS

Les abeilles symbolisent depuis déjà deux ans l’extinction des espèces vivantes : « On parle beaucoup des abeilles qui sont en voie de disparition. Mais, ce que l’on ne dit pas, c’est que si elles sont en danger, les autres espèces le sont davantage car les abeilles sont très résistantes. » La cause de cette extinction progressive est multifactorielle. Comme l’explique André-Claude Deblock, il y a un manque de biodiversité : « On est dans une région de grande culture. On a des ressources mellifères, certes, mais sur une courte période. Ce n’est pas suffisant pour les abeilles. » En cause également, l’utilisation des produits phytosanitaires dans l’agriculture qui est intensive, violente et tue à petit feu les abeilles. « En fait, elles butinent ces fleurs et les produits qui sont dessus les refroidissent, affaiblissent leur système humanitaire ou les désorientent ce qui fait qu’elles ne parviennent jamais à retrouver leur ruche »,précise l’apiculteur. Enfin, il y a le varroa, un acarien infectant les ruches dans le monde entier. « C’est apparu dans les années 1980 mais c’est vraiment préoccupant dernièrement, car ce parasite couplé aux autres facteurs décime encore plus rapidement les abeilles.»

2 - DES ABEILLES ESSENTIELLES POUR MAINTENIR L’ÉCOSYSTÈME DE L’HOMME

Au-delà du risque de perdre une espèce sur la planète, sa disparition serait compromettante pour la vie des humains. André-Claude Deblock aime évoquer cet exemple lorsqu’il vient à la rencontre des enfants. « Imaginez un petit-déjeuner sans les abeilles… Et bien, vous n’avez plus rien sur la table, mise à part quelques variétés de céréales. Tous les fruits et les confitures n’existeront plus, puisque les fleurs qui donnent plus tard des fruits n’ont pas été pollinisées. Comme ce sont les abeilles qui pollinisent, elles sont vitales pour notre nourriture. » Il existe d’ailleurs un dicton : « Si les abeilles disparaissaient, l’humanité n’aurait plus que trois ans à vivre. » Outre l’impact de l’extinction des abeilles sur le plan écologique, il y en aura un sur le plan économique également, puisque par la pollinisation et les services agricoles qu’elle rend, l’abeille représente près de 150 milliards de dollars dans l’économie mondiale. L’apiculteur explique à ce sujet : « En Chine, ils ont tellement traité dans certaines régions qu’il n’y a plus d’insectes. Ils sont obligés de polliniser à la main. C’est catastrophique. »

3 - LEUR PROCURER UN HABITAT PLUS SAIN POUR SAUVER LES ABEILLES ET L’HUMANITÉ

Le maître mot est la plantation naturelle. « Il faut mettre des plantes mellifères par exemple et surtout ne pas traiter. Que l’on arrête avec les grandes étendues de gazon. » L’apiculteur préconise un retour à une pratique de la culture traditionnelle qui ne nuit pas aux abeilles. « Cela ne dérange en rien de laisser des territoires en friche et d’avoir des endroits sauvages, au contraire. » Il s’agit de bien connaître sa terre et de ne pas faire pousser des plantes inadéquates. Une installation à laquelle on ne pense pas forcément : les espaces d’eau. Lorsque l’apiculteur place des ruches dans le jardin de particuliers, c’est d’ailleurs un des conseils qu’il livre. Avec le réchauffement climatique, les étés sont de plus en plus chauds, ce qui est problématique pour les abeilles. « Il y a moins d’eau et les abeilles boivent beaucoup donc leur vie est en danger », précise André-Claude Deblock.

Les abeilles n’ont pas encore disparu alors n’attendons plus, il est encore temps de planter et de changer nos habitudes

 

Bientôt UNE FERME Pédagogique à Cormontreuil pour sensibiliser

Les deux amies ont déjà créé une ferme itinérante, les Zanimonades.
L.L.

Marie Delreux, infirmière de formation, et Sophie Barher, documentaliste, ont toutes les deux été élevées à la campagne et nourrissaient depuis longtemps le projet d’ouvrir une ferme « C’est un milieu tellement riche. On voulait transmettre cela à nos enfants et sensibiliser tous les autres à l’urgence écologique. » Sur cinq hectares, les deux collaboratrices devraient accueillir prochainement environ 30 animaux dans leur Parc Eco Pédagogique du Moulin L’Abbesse à Cormontreuil.

L’objectif est de travailler sur la rencontre avec l’animal. « Dans les écoles où l’on intervient déjà avec notre ferme itinérante, les Zaninomades, on a créé quatre ateliers pédagogiques et, c’est là qu’on s’est rendu compte que beaucoup d’enfants étaient totalement détachés de leur environnement et des animaux », précise Marie Delreux. Elles souhaitent ainsi avec leur ferme rétablir et renforcer le lien entre les humains et les animaux. Sur le parc qui ouvrira prochainement, les deux amies ont travaillé sur la faune et la flore et elles le soulignent : « on a vraiment une démarche de biodiversité ».

Au bon miel, 4 rue du Lieutenant-de-Machet à Cernay-Lès-Reims. Tél : 06 51 28 87 29.

Léna LEVAVASSEUR

Etrait de l'union du 16/08/2018

 

   Des potagers partagés à planter partout en ville  

Reims Sensibiliser à l’environnement et végétaliser la cité en installant des potagers partagés : voici le projet des Incroyables Comestibles.


De gauche à droite, Marine Laurer, Élodie Hemmer et Juliette Moffroid font partie du projet de nourriture partagée lancé par les Incroyables Comestibles.Lena Levavasseur

À SAVOIR

*.- LES INCROYABLES COMESTIBLES : c’est une initiative citoyenne lancée en 2008 par deux mères de famille à la suite de la crise économique qui a frappé Todmorden, une petite ville du nord de l’Angleterre. L’action s’est «implantée » en France en 2012.

*.- LES INCROYABLES COMESTIBLES RÉMOIS : après une première tentative avortée en 2013, c’est lors d’une réunion du mouvement Colibri en 2016 que le projet est de nouveau arrivé à Reims. De nombreux bacs de nourriture partagée ont déjà vu le jour dans la ville.

*.- LE MOUVEMENT COLIBRI : né en 2007 à l’initiative de Pierre Rahbi et de Cyril Dion, il vise à mettre en place une société écologique et solidaire.Le projet est d’abolir le modèle pyramidal au profit d’un nouveau modèle de gouvernance qui serait circulaire.

D’un point de vue écologique, trois manières d’envisager l’avenir sont possibles. Il y a les adeptes de la politique de l’autruche qui refusent de voir les problèmes environnementaux se profilant à l’horizon. Il y a ceux qui en ont conscience mais restent dans un constat catastrophiste, pessimiste et sans solutions. Et puis, il y a ceux qui font le choix d’inventer une autre histoire et proposent de faire travailler l’imaginaire des gens en portant des projets à leur échelle. C’est l’initiative des Incroyables Comestibles, « implantés » depuis 2016 à Reims.

LIBRE CUEILLETTE

Tout est parti d’une réunion rémoise du mouvement écolo solidaire, Colibri, lorsque des membres ont proposé d’installer les Incroyables Comestibles dans la cité des sacres. Juliette Moffroid, bénévole aux Incroyables comestibles rémois, présente le principe : « On veut amener du vert dans la ville. Notre action, c’est d’installer un bac ou utiliser un espace cultivable pour planter des fruits et légumes libres d’être cueillis. » . Ce jardin citoyen nourrit trois objectifs : planter des légumes, revégétaliser la ville et créer du lien entre les personnes d’un même quartier. Juliette Moffroid, Marine Laurer, des Incroyables Comestibles rémois, et Élodie Hemmer, du mouvement Colibri, mènent le même combat et veulent pousser les habitants à sortir de leurs actions individuelles pour gagner une cause collective : « L’idée c’est que tout le monde peut avoir accès aux bacs. Il faut savoir qu’au début les gens avaient tendance à tout prendre pour eux. Mais quand ils voient que cela ne va pas disparaître, ils deviennent plus respectueux de ce qui est mis à leur disposition » .

Juliette Moffroid a installé un bac au coin de sa rue, pour montrer l’exemple, et les gérants de la pizzeria d’en face ont eux-mêmes été séduits par l’idée : « ils viennent entretenir le bac et songent même à installer un compost pour leurs déchets ».

Par le jardinage, le mouvement fait ainsi passer ses idées et transmet son combat, selon Élodie Hemmer : « lorsqu’on crée un bac, on discute forcément avec les gens et notamment des problèmes environnementaux. On parle des pesticides, des ruches, tout cela. C’est l’occasion d’en parler simplement et ils retiennent mieux que si on les fait s’asseoir dans une salle pour leur diffuser un PowerPoint. ». Œuvrer à la végétalisation permet ainsi de passer un message sur l’écologie, d’autant plus que « Reims est dans le top 10 des villes les plus polluées avec l’autoroute qui passe en centre-ville et tous les pesticides autour ».

Pour ceux qui ont peur de ne pas parvenir à entretenir le bac, les trois copines le disent elles-mêmes : « C’est en jardinant que l’on devient jardinier ! ».

Le 12 septembre : réunion d’information du collectif Les Incroyables Comestibles rémois de 18 h 30 à 20 h 30 à Quartier Libre, rue Vernouillet.

Comment se lancer dans l’aventure

Vous souhaitez installer un bac cultivable au coin de votre rue, en bas de votre immeuble ou n’importe où dans Reims ? Rien n’est plus simple et n’importe qui est le bienvenu ! Comme le précise Juliette : « On accepte tout le monde. La personne prend le temps qu’elle veut et quand elle le peut. »

Dans le cas de la création d’un potager partagé sur le domaine privé, aucune démarche n’est à faire auprès de la mairie mais vous n’en devenez pas moins un « incroyable comestible ». Dans le cas de la création d’un potager partagé sur le domaine public, quelques démarches sont à envisager mais Juliette l’assure : « C’est assez rapide. Une fois qu’on a le projet, tout peut être installé sous 15 jours ». Un premier contact avec la ville de Reims est nécessaire afin d’obtenir le fameux « permis de végétaliser » : « Pour occuper temporairement ou durablement le domaine public, il convient d’avoir l’autorisation au préalable » . Une fois l’accord obtenu, les Incroyables Comestibles rémois se chargent de faire le lien entre votre projet et la Ville. Pour la construction du bac, Marie précise : « On peut s’en charger mais dans l’idéal, on incite les gens à venir nous aider à construire le bac et à chercher les plants. L’idée, c’est qu’ils s’approprient l’espace et mènent leur projet de A à Z » . Pour le reste, vous avez carte blanche, notamment sur le contenu du bac : tomates, persils, animaux de décoration et bien d’autres éléments.

Léna LEVAVASSEUR

Etrait de l'union du 15/08/2018

 

  Et si vous donniez une seconde vie aux objets que vous souhaitez jeter ?

Transformer des objets sur le point de partir à la poubelle pour leur donner   une tout autre fonction : c’est l’initiative de Recycl’lab


Parmi tous les ateliers proposés, le local propose de confectionner ses lingettes démaquillantes lavables à base de serviettes de bain. Remi Wafflart 

Réduire, recycler et réutiliser : tels sont les mots d’ordre du local, Recycl’lab, place PaulClaudel, à l’initiative de la direction des déchets et de la propreté de la ville de Reims. Le local est tout neuf, inauguré à la fin du mois de mai, et déjà les habitants de la région se pressent aux ateliers. Le Recycl’lab est un espace collaboratif hébergeant entre autres trois associations : Vél’Oxygène qui entretient et réhabilite d’anciens vélos, le SEL (Système d’Echange Local) détourne les objets et propose notamment des ateliers de fabrication de meubles en carton. Enfin, la Jeune Chambre Économique de Reims s’est spécialisée dans le bricolage avec notamment une bibliothèque d’outils en location à moindre coût.

SENSIBILISER À LA RÉCUPÉRATION

Marion Dromzee, animatrice au local, a monté le projet en collaboration avec la Ville. Elle tâche de développer le local à la recherche de nouveaux partenariats et propose de nombreux ateliers. Quand on lui demande d’expliquer l’objectif de l’espace collaboratif, elle explique : « On veut tout simplement apprendre aux gens à consommer autrement et à ne plus voir ce qu’ils appellent déchets comme tels. Beaucoup jettent systématiquement. Ici, on leur montre que beaucoup d’objets peuvent être réparés. ».

Une permanence a été mise en place le mercredi mais ce sont surtout les ateliers qui attirent les adeptes de la récup’ et les petits curieux. Cela permet de faire de la prévention en leur apprenant non plus théoriquement mais pratiquement comme réduire leurs déchets. Marion Dromzee précise « les ateliers sont plus ludiques et les personnes qui y assistent retiennent mieux car elles sont amenées à le faire elles-mêmes ». Parmi les activités proposées, il y a la confection de lingettes démaquillantes lavables en récupérant des anciennes serviettes de bain. « L’idéal, c’est que les personnes viennent directement à l’atelier avec leurs tissus ou serviettes puisque l’objectif est de donner une seconde vie à leurs objets et pas qu’on leur en fournisse en plus », ajoute Marion Dromzee.

Saïna Lamonain, 11 ans, se rend pour la première fois à un atelier de récup’ : « J’y vais grâce au centre de loisirs. Je ne me maquille pas encore, mais je fais les lingettes pour ma grande sœur. J’espère convaincre ma famille d’arrêter d’acheter des cotons jetables » .

À l’image de Recycl’lab bien d’autres associations proposent déjà ces ateliers, comme les ressourceries, puisqu’elles sont de plus en plus plébiscitées par la population, sensible à la question des déchets.

Trop de vêtements ?  


Les bornes Relais sont installées partout dans Reims et alentours. L.L

Chacun a dans son placard un habit qu’il ne porte jamais. Nettoyage de printemps, soldes : il résiste contre vents et marées, restant sagement au fond de l’étagère pour ne jamais en sortir et encore moins être enfilé. Puis un jour, on se décide à s’en séparer mais, plutôt que la poubelle, si on leur donnait une utilité à ce jean, ce tee-shirt ou ce pull ? Le Relais et ses bennes, installées un peu partout dans la ville, offrent la possibilité de se débarrasser des vêtements jamais portés ou dits usagers afin qu’ils gagnent un nouveau foyer. Et pourtant, malgré ce dispositif, deux tiers des vêtements dont les personnes se séparent finissent à la poubelle. À Reims, sur les 10 kg de vêtements dont un habitant se débarrasse par an, seulement 3 kg sont collectés. Comme le dit Emmanuel Piloy, responsable des Relais : « Ces vêtements jetés coûtent à la collectivité, alors qu’ils pourraient générer un impact social positif ». Un vêtement donné au relais, c’est un déchet en moins à traiter sur la planète et c’est aussi une personne défavorisée en France ou à l’étranger qui a de quoi s’habiller à bas coût. Alors, n’attendez plus !

Léna LEVAVASSEUR

Extrait de l'union du 14/08/2018

Les déchets : à la poubelle plutôt   que dans la nature

 Premier volet de notre série consacrée aux gestes pour préserver l’environnement. Premier arrêt sur la gestion des déchets avec le tri truck et le World Clean up Day.  


Toutes les réponses aux questions des Rémois sur le tri tiennent dans ce camion, qui se déplace dans tous les quartiers !

Plastiques, cartons, emballages métalliques : le tri des déchets n’est pas une nouveauté et pourtant les bons gestes ne sont pas systématiques chez les consommateurs. Des installations, projets et événements sont ainsi mis en place pour sensibiliser à la question des déchets.

Le tri truck vient d‘arriver à Reims et a fait sa première sortie au parc Léo-Lagrange fin juillet. Le principe est simple, ce camion vert, customisé, se déplace partout dans la ville : au pied des immeubles, à la sortie des écoles, dans les nouvelles communes ou encore sur les marchés. Il vient ainsi directement au contact des foyers pour les aider sur les encombrants ou leur parler, entre autres, du compostage pour limiter la grosseur des poubelles.

« Les déchets organiques peuvent avoir une seconde vie : dans le jardin en devenant de la terre fertile. En plus, de cela on limite les déchets dans la poubelle », explique Christelle Renel au service du Grand Reims. Les habitants peuvent même s‘inscrire à des formations compostage : « Cela se déroule sur trois heures pour apprendre à faire son compost. Au bout de la formation, ils peuvent repartir avec un composteur gratuit. Plusieurs fascicules sont distribués et accompagnés de précieux conseils comme sur les produits cosmétiques. « C’ est un gros problème car la majorité de ces produits ne sont pas recyclables et sont surtout polluants pour l’environnement. Là on propose des alternatives plus écologiques et faciles d‘utilisation au quotidien. ». Toutes les réponses à vos questions sur le tri tiennent dans un camion.

Une journée pour nettoyer la planète 


L’affiche officielle de la manifestation du 15 septembre 2018. 

La Jeune Chambre Économique (JCE) de Reims va participer au World Clean Up, une opération d’ampleur mondiale pour nettoyer la planète, qui se déroulera le 15 septembre 2018. 120 pays sont engagés dans cette manifestation qui a été lancée en 2008 en Estonie. Comme l’explique Domitille Nodin, membre de la JCE et codirectrice de la commission World Clean Up de la JCE de Reims : « Cet événement avait réuni 50 000 volontaires et collecté en quelques heures 10 000 tonnes de déchets. On espère que notre action va également toucher le plus grand monde ! L’objectif est de toucher cinq pour cent de la population rémoise. ».

À Reims, les bénévoles seront positionnés au niveau des Basses Promenades et sur la place du Forum. Parmi les objectifs de la journée, la JCE en nourrit un propre à Reims : « On souhaite sensibiliser à la propreté des monuments les visiteurs qui vont venir à l’occasion des Journées du patrimoine. On va les inciter à nettoyer les déchets autour. »

Tous les organisateurs s’accordent pour dire que l’objectif principal est de laisser une planète plus propre aux générations futures.

Pour suivre les arrêts du tri truck : grandreims.fr ou 03 26 02 90 90.

Léna LEVAVASSEUR

Extrait de l'union du 13/08/2018

    

      

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L’ambre, ce musée des espèces,  a emprisonné des trésors 

Des paléontologues ont découvert un bébé serpent de 99 millions d’années conservé à l’intérieur d’un morceau d’ambre du Myanmar.   Il s’agit du premier spécimen d’une espèce inconnue. 


Par le hasard le plus total, ce bébé serpent a été emprisonné dans de l’ambe et a été retrouvé, 99millions d’années plus tard, au Myanmar. 

Sa vie a été éphémère mais le hasard a voulu qu’il soit conservé intact dans de l’ambre et mis au jour par une équipe de scientifiques chinois et américains coordonnée par Lida Xing, professeur à l’université des géosciences de Pékin, dont les conclusions ont été publiées dans la revue de référence Science Advances du mois de juillet. Le spécimen est le premier ainsi identifié fossilisé dans de l’ambre. Cette nouvelle espèce dénommée Xiaophis myanmarensis, vivait au Crétacé moyen peut-être contemporain du Tyranosaure, le tricératops ou le spinosaure. Cette espèce dont il faut finaliser l’arbre généalogique, a probablement d’intéressants liens de parenté avec des serpents aujourd’hui épanouis en Asie du Sud-Est.

PASSÉ AU SCANNER

Le fossile qui passionne les paléontologues mesure à peine cinq centimètres mais son crâne est absent.Pour en savoir plus, les chercheurs ont employé des microscopes et effectué des scanners afin de réaliser une analyse fine de sa taille, d’en savoir plus sur ses quatre-vingt-dix-sept os et leurs articulations. Forts des résultats obtenus ils ont effectué une comparaison de la structure osseuse du fossile avec les informations stockées dans une banque de données consacrées aux fossiles de serpents.

Les interprétations qui en résultent révèlent que les serpents se sont déplacés plus tôt qu’on ne l’estimait jusqu’alors des régions sous-marines et côtières vers des régions boisées. En revanche, il s’avère que le mécanisme par lequel ils ont développé leurs os spinaux a très peu évolué au fil des siècles. « Personne n’a jamais vu un bébé serpent fossilisé. Le fait que celui-ci soit âgé d’une centaine de millions d’années est incroyable », remarque l’un des coauteurs de ce travail, Michael Caldwell, enseignant chercheur à l’université de l’Alberta, à Edmonton. Avant d’ajouter : « On ne sait pas si ces premiers serpents étaient capables de naissances vivantes, ce qui est courant chez les serpents modernes, ou s’ils couvaient leurs œufs ; en revanche, vu sa taille et le stade de son développement, ce fossile était un nouveau-né ».

En revanche, le scientifique reconnaît qu’il ne peut pas certifier si le petit serpent se trouvait encore dans l’œuf qui se serait brisé et aurait laissé le fœtus dans une goutte d’ambre ou si l’œuf venait juste d’éclore. Cette découverte suggère bel et bien que les serpents du Crétacé moyen aimaient déjà se déplacer sur la terre ferme et en particulier dans des forêts. Ce qui oblige les experts à poser la question : ont-ils fait partie de populations bien plus importantes au sein des écosystèmes préhistoriques ?

DANS UNE FORÊT

Les scientifiques ont éprouvé plus de difficultés à percer le mystère du fragment de peau perdu près du bébé. La raison en est simple. Les débris sont de si petite taille qu’il est difficile d’affirmer qu’ils appartiennent à la même espèce que le squelette emprisonné dans l’ambre. D’autres éléments ont renseigné les chercheurs sur l’habitat de ces reptiles. « L’ambre recueille tout ce qu’elle touche, un peu comme de la colle et s’y accrochera pendant des centaines de millions d’années. Lorsqu’elle a saisi le bébé reptile, elle a aussi agrippé le sol de la forêt avec les insectes, les plantes. C’est la raison pour laquelle on peut dire que ce bébé vivait dans une forêt ». Bref, l’ambre conserve à merveille. Un petit serpent comme celui-ci se serait retrouvé écrasé, peut-être même réduit à néant dans de la roche sédimentaire.

Hervé CHABAUD

Extrait de l'union du 13/06/2018

    

      

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Des rayons cosmiques pour épier les volcans

La puissante éruption du Fuego et les conséquences tragiques du nuage du flux pyroclastique composé de cendres, de boue et de projections de roches à très haute température, repose la question de la prévision de ces cataclysmes


Près d'une semaine après l'éruption du Fuego, au Guatemala, près de 200 personnes sont portées disparues et plus de 100 corps sont en cours d'identification. AFP

Comment prévoir au mieux les éruptions volcaniques dont les réactions immédiates sur les populations et l’écosystème peuvent avoir des conséquences dramatiques, comme on l’a vu encore ce mois-ci avec le Fuego au Guatemala ? Les volcanologues disposent de plusieurs méthodes pour ausculter les volcans et essayer de prévoir quand surviendra un événement majeur et quelle en sera la violence. Ils ne se contentent pas d’employer les techniques brevetées par le passé. Ils en conçoivent de nouvelles.

TOUT VOIR À L’INTÉRIEUR

Parmi elles, la radiographie par les muons cosmiques ne manque pas d’intérêt. Cette méthode n’est pas sans rappeler la radiographie aux rayons x. Ces rayons qui traversent l’organisme, sont plus ou moins absorbés par les tissus et les os qu’ils rencontrent sur leur passage, et ils donnent des images de l’intérieur du corps humain, induits par une absorption variable. De même, les rayons cosmiques traversent la matière. D’où la question ô combien légitime : serait-il envisageable d’observer les entrailles des volcans au moyen de ces rayons cosmiques, plus ou moins absorbés par la matière qu’ils traversent ?

L’idée n’était pas neuve mais toutes les opportunités scientifiques n’ont pas encore été saisies pour en tirer un maximum d’utilité. Au milieu des années 1960, l’équipe de Luis Alvarez, lauréat du prix Nobel de physique en 1968 a alors recommandé d’utiliser les rayons cosmiques pour ausculter la grande pyramide de Khéphren en Égypte et y rechercher la chambre de la Reine. Découverts en 1912 par le physicien américain Victor Hess, les rayons cosmiques qui parviennent sur Terre sont constitués d’une pluie de particules qui bombardent l’atmosphère terrestre. Les particules produites sont variées. Il y a des électrons, des photons, mais aussi muons.

UNE PARTICULE DOUÉE

Le muon est une particule élémentaire qui a les mêmes propriétés que l’électron, si ce n’est qu’il est instable et que sa masse est environ deux cents fois supérieure. On les surnomme les électrons lourds. Ce sont ces muons, qui ont été employés pour voir à travers les épaisses parois de la pyramide. Vers 1990 l’équipe japonaise de Kanetada Nagamine a développé l’utilisation des muons cosmiques pour ausculter les volcans. Depuis, les détecteurs de particules ont été très améliorés, ce qui a convaincu plusieurs équipes de chercheurs à développer la radiographie des volcans à l’aide des muons. Avoir accès à de telles images permettrait de suivre l’évolution des entrailles des volcans et, détecter une remontée de magma ou l’apparition de poches de vapeur avant toute manifestation visible peut se révéler décisif pour prévenir une catastrophe.

On sait que le flux de muons décroît quand l’opacité augmente, et la mesure de son atténuation reflète les variations de densité à l’intérieur de l’objet sondé qui peut être un volcan. Les variations de densité dans le volcan, sont un indicateur fiable pour évaluer la menace. Le groupe Diaphane qui rassemble des géophysiciens et des physiciens des particules de l’Institut de physique du Globe de Paris, de l’Institut de physique nucléaire de Lyon et du laboratoire Géosciences Rennes, conduit des expériences sur plusieurs volcans aux Philippines, sur l’Etna en Sicile et aux Antilles. Leurs travaux sur des volcans potentiellement très dangereux peuvent être utiles sur toutes les zones sensibles

Hervé CHABAUD

Extrait de l'union du 13/06/2018

    

      

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 Quand des électrons dansent sur des ondes radio

C’est un petit satellite japonais Arase qui a prouvé que les aurores pulsantes proviennent d’électrons relâchés par la magnétosphère terrestre, ce qui offre un incroyable spectacle visuel.


Ces immenses draperies qui dansent dans le ciel résultent de l’interaction entre l’activité du Soleil et le champ magnétique de la Terre.

Le phénomène est bluffant et justifie la curiosité du profane. Plus on s’approche des pôles et plus les aurores offrent un festival de couleurs qui ressemble à un feu d’artifices de lumières qui irradient le ciel et l’horizon. L’observation est toujours un moment inouï tant cette animation est spectaculaire mais on ignore souvent que ce phénomène complexe résulte de l’interaction entre l’activité du Soleil et le champ magnétique de la Terre.

JEUX DE PARTICULES

On a l’habitude d’expliquer les aurores en évoquant des particules chargées qui sont émises par le Soleil et sont dirigées par le champ magnétique de la Terre vers les pôles où elles interagissent alors avec les molécules gazeuses de l’atmosphère. C’est cette rencontre particulière qui provoque ce phénomène lumineux qui captive toujours les chercheurs mais est aussi un gisement touristique ! Le scénario semble déjà compliqué mais les observations et les mesures qui ont été réalisées par des satellites ont contraint les scientifiques à revoir leur copie. Ils ont obtenu la certitude que ce qui se produit, lorsque le vent solaire heurte le champ magnétique de la Terre, résulte de plusieurs interactions.

Les informations précieuses qui ont été livrées par Arase attestent la fiabilité de ce satellite de taille modeste et d’un poids de 350 kilos. Les experts ont constaté que les aurores pulsantes ont un éclat qui varie en une petite poignée de secondes et qu’elles sont générées par « une reconfiguration globale de la magnétosphère qui relâche l’énergie du vent solaire qui a été stockée » , a expliqué Satoshi Kasahara, de l’université de Tokyo, et principal signataire d’une étude approfondie sur le sujet dans la revue scientifique « Nature » de février dernier.

BOUSCULADE COLORÉE

Ce que démontre cet expert, c’est l’afflux d’électrons par vagues puissantes dans l’atmosphère de la Terre à un rythme qui est celui des ondes radios émises par le plasma ambiant ! Le phénomène est le résultat d’une collision à grande vitesse entre ces électrons et des atomes de l’atmosphère qui provoquent l’émission de photons, ce qui donne à voir les aurores pulsantes.

Ce spectacle en plein air n’est pas visible partout et mieux vaut profiter de ces mouvements qui donnent l’impression d’un jeu de spot surplombant une piste de danse en se rendant vers des latitudes élevées. Là, on est certain d’être au premier rang et de profiter au mieux de ce qu’astronomes et physiciens nomment les belles ondulations des draperies célestes. Pour ceux qui n’iront jamais caresser les pôles, la Cité de l’espace de Toulouse dispose dans son planétarium d’un dôme qui permet une projection en très haute définition, de films qui permettent d’apprécier dans les meilleures conditions les lumières envoûtantes nées des aurores. On ne peut que se réjouir que cette équipe japonaise ait validé un mécanisme dont les scientifiques soupçonnaient l’existence depuis les années 1980, sans parvenir à le démontrer de manière didactique et satisfaisante.

Les physiciens ont comparé la fréquence et la position d’aurores pulsantes survenues dans le ciel du Canada, avec la fréquence de modulation des ondes radio mesurées au même moment par le satellite Arase, et la direction des électrons qui sortaient de la boucle. Eh bien, ils ont percé le secret des aurores pulsantes. Ce qui va donner de nouveaux arguments de vente aux agences de voyages !

Hervé CHABAUD

Extrait de l'union du 04/04/2018

    

      

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Lorsque les coraux se font lanceurs d’alerte

Leur décoloration est un thermomètre inquiétant de la détérioration des écosystèmes marins. La multiplication de ces épisodes témoigne   du stress d’espèces vulnérables qui meurent à petit feu.


La Grande Barrière de corail subit des épisodes de blanchiment de plus en plus fréquents.
AFP

Inconnu avant les années 1980, le blanchissement des coraux se répète à une fréquence accélérée et entraîne une mortalité significative de ces animaux, tandis que les températures continuent d’augmenter. Le diagnostic de l’Australien Terry Hughes, directeur du centre d’excellence pour les études sur les récifs coralliens de l’université James-Cook, est préoccupant. Ce n’est pas la première fois qu’il tire le signal d’alarme et son expertise est incontestée.

Il a montré que 93 % de l’iconique Grande Barrière de corail australienne avait blanchi en 2016. Avec une équipe internationale, il a mené l’étude la plus complète réalisée à ce jour sur l’ensemble des mers tropicales. Cent localisations de récifs coralliens, réparties dans 54 pays ont été passées au crible, pour recenser les épisodes de décoloration et évaluer leur intensité.

UNE PÂLEUR MORTELLE

Le changement de couleur des coraux est provoqué par un stress, dû à la hausse de la température de l’eau. « Le réchauffement entraîne une rupture de l’association symbiotique entre le corail et les algues vivant dans ses tissus, qui lui donnent sa couleur et lui fournissent jusqu’à 95 % de sa nourriture », résume l’expert monégasque Denis Allemand, directeur du centre scientifique de Monaco . Et d’expliquer : « Sous l’effet de 0,5ºC à 1ºC supplémentaire, les zooxanthelles sont expulsées du corail, qui se retrouve sans source de nutriments, et donc le squelette blanc apparaît.»

Les récifs peuvent récupérer leurs algues si l’eau refroidit, mais ils meurent si le phénomène persiste plusieurs semaines. Près de la moitié des coraux de la Grande Barrière australienne ont ainsi disparu entre 2016 et 2017, ce qui est considérable et bouleverse l’écosystème local. Si les coraux, ne représentent que 0,2 % de la superficie des mers, ils abritent 30% de la biodiversité marine connue, à laquelle ils fournissent des sources de nourriture. Ce n’est pas rien. Ils protégeant les côtes contre l’érosion, alimentent des populations et génèrent du tourisme. La multiplication d’épisodes sévères de dégradations souvent fatales remet en cause l’avenir de cette économie.

Les chercheurs affirment que ces phénomènes reviennent aujourd’hui tous les trois ans et les zones concernées sont de plus en plus étendues. Pis, ces blanchissements n’interviennent plus seulement en présence du phénomène El Niño, ce cycle naturel de réchauffement du Pacifique qui, tous les trois à sept ans, tire les températures vers le haut. Ils se produisent durant chaque été chaud, y compris pendant le phénomène La Niña, qui refroidit pourtant la température du globe !

UN AVENIR INCERTAIN

Cette fréquence d’accidents sanitaires empêche les coraux de se régénérer normalement. Les espèces à la croissance la plus rapide mettent entre dix et quinze ans pour se rétablir. Les scientifiques sont formels : toutes les régions sont touchées, en premier lieu l’Atlantique Ouest avec les Caraïbes, suivi par le Pacifique, l’océan Indien et l’Océanie.

Les récifs considérés jusqu’alors comme des arches de Noé sont éreintés par les changements brutaux de leur environnement.

Quelle sera la situation dans les prochaines décennies ? Certains scientifiques sont alarmistes, estimant que les coraux auront totalement disparu de la surface du globe d’ici à 2050. Un pessimisme que ne partagent pas les auteurs de l’étude, parue dans « Science de janvier ». Ils concluent que tout dépend dorénavant de l’action humaine.

Hervé CHABAUD

Extrait de l'union du 17/01/2018

    

      

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Dix-huit ans après la tempête, la nature a repris le dessus 

Dans la nuit du 26 au 27 décembre 1999, la tempête Lothar avait semé destructions  et désolation dans la région. Dix-huit ans après, les arbres des villes ont eu le dernier mot.  


Le jardin du Petit Jard à Chalons-en-Champagne, au lendemain de la tempête de décembre 99, qui avait abattu quantité de marronniers centenaires. Le parc est aujourd’hui quasiment rendu à son état d’origine. En mieux.
Philippe Murarot

SIX MILLIONS DE MÈTRES CUBES DE BOIS PAR TERRE

En quelques longues minutes, la tempête de décembre 1999 avait abattu plus de six millions de mètres cubes de bois en Champagne-Ardenne, soit de quatre à dix fois plus, selon les secteurs, que ce qu’elle en récoltait habituellement par an. La Haute-Marne avait été le département le plus touché (2,7 millions de mètres cubes), devant la Marne (2,5) et l’Aube (1,

Quel désastre ! Longtemps, Éric Lavoisy se souviendra de ce nombre-là : « 2 623… C’est la quantité, très précise, d’arbres, parfois centenaires, tombés au champ d’honneur de la tempête de 1999 dans les parcs et jardins de Reims. Le directeur des Espaces verts de la ville en garde soigneusement le recensement. Entre autres, 591 robiniers, 251 érables, 101 ailanthes, 67 prunus, 579 pins-cèdres, 585 peupliers argentés… «Tous les secteurs étaient concernés, surtout Croix-Rouge, Châtillons et Murigny. » À eux trois, ces quartiers populaires de la cité des Sacres concentraient près de la moitié des arbres arrachés, sectionnés, broyés parfois par la puissance dévastatrice de l’ouragan. « Paradoxalement, on a surtout retenu les dégâts dans le centre-ville, plus spectaculaires et visibles, mais il en était tombé dix fois plus à Croix-Rouge et Murigny. »

DES MILLIONS D’EUROS POUR DES MILLIERS DE REPLANTATIONS

Parmi les premières victimes, le peuplier argenté, arbre citadin à la mode dans les années 70, apprécié pour sa croissance rapide mais dont l’enracinement superficiel lui fut souvent fatal. « C’est pourquoi le parti a été pris de replanter des essences à vie durable, des merisiers, des tilleuls, des frênes, des érables. Environ 2 000 ont été replantés dans l’année et demie qui a suivi », se souvient Éric Lavoisy. Près de deux décennies plus tard, les espaces arborés de sa ville ont, à peu près, retrouvé leur aspect d’antan. Mais ce lifting a eu un prix : environ 1,6 million d’euros pour les replantations de 2 600 arbres et plus de 2,1 millions d’euros pour la totalité des opérations entreprises autour de ces replantations (abattage, clôtures, mobiliers…). Sur le passage de Lothar, Châlons-en-Champagne et ses trois Jards avaient aussi payé le prix fort : 1782 arbres abattus, 125 mètres linéaires de haies arrachées, six hectares de pelouses ravagées… Le directeur du Cadre de vie, Renaud Goud, n’en finirait plus de dresser le bilan de la catastrophe d’alors. Au petit Jard, l’image de ces marronniers géants couchés dans les allées est restée dans les esprits, tel un traumatisme. À toute chose malheur étant bon, l’ouragan avait accéléré la restauration prévue des trois parcs emblématiques de la ville. « L’objectif n’était pas de les reconfigurer à l’identique mais d’en profiter pour les réhabiliter et leur donner une nouvelle jeunesse », explique M. Goud. Jusqu’en 2004, la première phase d’un « plan vert » avait replanté sur toute la ville 1.371 arbres pour près de trois millions d’euros, suivie d’une seconde phase (400 arbres et 800.000 euros), outre quelque 5.000 plants forestiers sur la parcelle du Mont Choisy, près de l’hippodrome châlonnais.

À Charleville, aussi, la tempête avait fait des siennes, mais sans commune mesure avec les dégâts déjà évoqués. Sans doute, le responsable des espaces verts se souvient-il des ravages de l’ouragan au parc animalier de Saint-Laurent. Mais Rémi Korczynski évoque surtout ceux du coup de vent de juillet 98 et, plus encore, de la tornade qui avait tout renversé sur son passage, y compris les pierres tombales du cimetière local, le 16 septembre 2015, au nord de la ville. Tempête ou pas, Charleville replante chaque année autour de 1500 arbres sur un parc qui en compterait au total autour de 15000.

Autant dire une petite forêt comme celles dont nos départements sont si prodigues, à commencer par la Marne. En quelques heures, cette nuit-là, un million de mètres cubes de bois s’étaient retrouvés à terre, alors que les 32 000 hectares de la forêt marnaise en récoltaient annuellement 120.000 mètres cubes, soit près de dix fois moins. Provoquant une chute des cours, la surproduction soudaine de bois avait contraint l’Office national des forêts (ONF) à des plans importants de reconstitution. « La nature ayant horreur du vide, la végétation est repartie mais on ne fait pas une forêt en dix-huit années de temps », estime Jean Notat, le maire de Châtrices, dans le sud marnais, dont les mille hectares de forêt domaniale avaient particulièrement souffert.

Dans l’Aisne, enfin, les hêtraies de la célèbre forêt de Retz avaient payé un lourd tribut à la tempête. À l’époque, une responsable de l’ONF expliquait qu’une tempête plus violente encore, en 1990, avait fait davantage de dégâts. « Dans la région, la récurrence moyenne des vents de plus de 120 km/h, susceptibles de faire des dégâts en forêt, est de cinq ans et quatre mois », expliquait-elle encore. À ce rythme-là, avril 2021 ne se présente donc pas très bien…


Ci-contre, les vestiges du célèbre Moulin de Valmy, pulvérisé par la tempête. L'un des symboles de la République naissante a été reconstruit grâce â une souscription publique qui avait rapporté 530 000 euros au début des années 2000. Il a été inauguré le 20 septembre 2005. Le moulin actuel est le quatrième depuis la célèbre bataiHe de Valmy, le 20 septembre 1792. Il abrite aujourd'hui un intéressant centre historique qui accueille près de 70 000 visiteurs par an.

3 Questions à


Cyrille HONORE
Prévisionniste à Météo France

Un système d’alerte inédit

À l’époque, Météo France avait été accusée de ne pas avoir assez annoncé les tempêtes. C’était injuste ?

Oui et non. Oui, car les bulletins régionaux d’alerte météo sur quoi reposaient nos prévisions avaient bien annoncé l’arrivée de ces ouragans et la force des vents, comprise entre 100 et 130km/heure, avec, parfois, des pointes à 150. Non, car la force exceptionnelle de la tempête a pu être, parfois, sous-évaluée, en effet.

La prévision s’est-elle améliorée ?

Considérablement. La puissance accrue des ordinateurs permet de fournir des informations plus rapides et plus précises. La vitesse des calculs prévisionnels est aussi liée à la technologie satellitaire qui transmet une quantité phénoménale d’informations. Enfin, les capacités de nos modèles numériques de prévision, « Arpège» et « Arôme », ont été plus que doublés. Arpège, par exemple, qui calculait les prévisions sur une résolution horizontale d’une vingtaine de kilomètres et sur 41 niveaux d’analyse verticale est passé aujourd’hui à 7,5 km et 101niveaux.

La vigilance a-t-elle augmenté aussi ?

Le système a été totalement revu, grâce notamment au code d’alerte à quatre couleurs (vert, jaune, orange, rouge) qui envoie à tous,

y compris sur les réseaux sociaux, une information plus efficace et lisible. Ce système inédit a tellement fait ses preuves qu’il est aujourd’hui imité partout en Europe.

ENEdis (Ex-EDF) a bossé la réactivité


Le 30 décembre 1999, entre Damery et Dormans, la chute d’un pylône de haute tension avait entraîné celle des trois agents EDF qui y travaillaient 

« On ne peut jamais jurer de rien mais si une pareille tempête survenait aujourd’hui, notre réactivité s’est considérablement accrue », assure Géraldine Foucher, la responsable communication d’Enedis, qui gère le réseau de distribution d’électricité. En fin de matinée du 27 décembre, 150 000 foyers marnais étaient privés d’électricité. La mobilisation exceptionnelle des agents d’EDF avait parfois permis de réduire les délais de rétablissement des lignes, mais, 48 heures après, 130 000foyers étaient encore privés de courant en Champagne-Ardenne, dont 72 000 dans la Marne et 7.500 dans les Ardennes. « Depuis 1999, nous nous sommes équipés de nouveaux systèmes d’alerte qui fournissent une grande pluralité d’informations sur l’état du réseau », explique notre interlocutrice. Des alertes jeriko permettent notamment de fournir des informations météo précises capables d’évaluer l’impact d’un phénomène climatique afin de mobiliser nos équipes en conséquence. » Enedis a aussi mis sur pied un dispositif d’intervention (la FIRE, comme force d’intervention rapide électricité) susceptible de mobiliser 24 heures sur 24 quelque 2.500 agents formés aux situations de crise. Techniquement, l’entreprise a également tiré les enseignements de la tempête de 1999 en répartissant sur toute la France onze plates-formes (baptisées Serval) dotées de moyens lourds : groupes électrogènes, camions ou remorques motopompes. « Quand un phénomène climatique se produit, la ou les régions voisines doivent pouvoir mobiliser rapidement leurs plates-formes pour venir en renfort. » Cette logistique générale ajoute aux travaux d’enfouissement des lignes (7 700 kilomètres par an, environ) ou l’installation, sur le réseau, de capteurs capables de détecter les défauts sur les lignes. « Si une branche d’arbre interrompt la fourniture électrique, le déclenchement, à distance, d’une micro-coupure peut aider à la décoller et donc à rétablir le courant. » Selon la chargée de communication d’Enedis, l’activation de ces dispositifs a permis de limiter le nombre et la durée des coupures lors de la tempête Zeus en mars dernier. « 600.000 clients, qui avaient été coupés, ont été rétablis dans les 48 heures . »

Gilles GRANDPIERRE

Extraits de l' union du 29/12/2017

    

    

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Remonter le temps, puis découvrir les débuts de la vie

Des fossiles vieux d’environ 3,5 milliards d’années qui ont été découverts en Australie témoignent des plus anciens micro-organismes connus ayant vécu sur Terre.


Le fait que différents types de microbes étaient déjà présents il y a 3,5 milliards d’années indique que la vie a commencé bien plus tôt sur la Terre.

Cela est une certitude formulée par des scientifiques selon lesquels la vie est probablement apparue antérieurement. Ils ont publié leurs conclusions dans la dernière édition des Comptes rendus de l’Académie américaine des sciences (PNAS), et ils laissent entendre que la vie pourrait être fréquente dans l’univers, tout au moins sous forme de micro-organismes. Ces chercheurs des universités de Californie et du Wisconsin ont utilisé la spectrométrie de masse, pour identifier les signatures chimiques de onze spécimens microbiens. Ils appartiennent à cinq espèces dont certaines étaient similaires à celles qui existent aujourd’hui autour de nous.

« C’est le premier lieu le plus ancien sur la planète où nous avons à la fois l’empreinte morphologique et chimique de la vie », résume John Valley, professeur de géochimie et de pétrologie à l’université du Wisconsin, l’un des auteurs de ce travail remarquable. Et d’ajouter : «Nous avons aussi découvert qu’il existait plusieurs types de métabolismes et différentes espèces avec des fonctions biologiques différentes : certaines produisaient du méthane, d’autres en consommaient ou utilisaient l’énergie solaire pour la photosynthèse. »

BEAUCOUP DE MÉTHANE

Il est probable que le méthane formait une partie importante de l’atmosphère de la toute jeune Terre bombardée par des comètes, et où l’oxygène était rare. Certaines de ces bactéries, aujourd’hui disparues, appartenaient aux archées, un groupe de micro-organismes unicellulaires procaryotes, c’est-à-dire des êtres vivants unicellulaires dépourvus de noyau. D’autres étaient similaires à des espèces microbiennes encore mise au jour actuellement. Cette étude est novatrice parce qu’elle envisage que certains des micro-organismes, décrits pour la première fois en 1993 dans la revueScience en fonction de leur morphologie cylindrique et filamenteuse, pourraient avoir vécu à un moment où il n’y avait pas encore d’oxygène sur la Terre.

Le fait que différents types de microbes étaient déjà présents il y a 3,5 milliards d’années indique que la vie a commencé bien plus tôt sur la Terre, mais sans que personne ne sache quand. Cela confirme également qu’il est simple pour une forme de vie primitive « d’évoluer vers des micro-organismes plus avancés », relève William Schopf, professeur de paléobiologie à l’université de Californie, coauteur de ces travaux. Pour lui, la vie pourrait être fréquente dans le cosmos.

UNE VIE PLUS FRÉQUENTE QU’IMAGINÉE

Des études qui ont été publiées dès 2001 par l’équipe du professeur Valley suggéraient que l’existence d’océans d’eau liquide remonterait à 4,3 milliards d’années, plus de 800millions d’années avant les fossiles décrits dans ces derniers travaux et tout juste 250 millions d’années après la formation de la Terre. «Nous ne disposons d’aucune preuve directe que la vie existait il y a 4,3 milliards d’années mais cela aurait très bien pu être le cas… et c’est quelque chose que nous voulons tous savoir », explique le professeur Valley qui estime que le travail à accomplir pour en savoir plus est encore considérable.

Des études parues en septembre dernier dans la revue britannique Nature ont fait part de la découverte d’indices de vie remontant à 3,95 milliards d’années, les plus anciens à ce jour mais ils restent à être confirmés. Ces fossiles ont été trouvés dans des grains de graphite, et étaient piégés dans d’anciennes roches sédimentaires au Canada.

Hervé CHABAUD

Extrait de l'union du 20/12/2017

    

      

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A Giverny, les fleurs éternelles de Monet

GIVERNY (EURE) Le génial fondateur de l'impressionnisme aimait les fleurs au point, à la fin de sa vie, de les préférer à son art.


Sur deux hectares en Normandie, les jardins du peintre Claude Monet proposent, saison après saison, une symphonie de parfums et de couleurs savamment orchestrée.

 
Une dizaine de jardiniers entretiennent quotidiennement le Clos Normand et le Jardin d'eau de Giverny. Gilbert Vahé, leur chef emblématique, a accompagné la renaissance des jardins de Monet, depuis le milizu des années 70. Gilles Grandpierre


« 
J’attends votre visite promise. C'est le moment, vous verrez un jardin, splendide, mais il faut vous hâter » Monet à Clémenceau

Son idée était simple et folle. Ce sont souvent les meilleures. Il voulait un jardin en floraison perpétuelle, une symphonie chromatique orchestrée de telle sorte que les vagues de parfums et de couleurs, saison après saison, déferlent les unes sur les autres, de telle manière que le vert soit présent partout et tout le temps sans.  Au vrai, on ne sait trop si Claude Monet avait dessiné ses jardins comme un tableau impressionniste ou s'ils servirent au contraire à lui fournir la matière première de ses toiles miraculeuses, laissant à la nature le soin d'inspirer son bras prodigieux. de le guider peut-être. Il est probable que les deux sont vrais.

Ce courant continu entre l'œuvre, l'artiste et son modèle ne cesse néanmoins d'interroger les historiens de l'art alors que Giverny s'apprête à hiverner pour quelques mois (du 1er novembre au 23 mars). On pourrait croire arrivée la saison morte mais il n'en est rien. Les dix jardiniers de la fondation Monet, gestionnaire du site (par ailleurs propriété de l'Académie des beaux-arts) n'en finissent jamais d'entretenir, de semer, de couper, de nettoyer ... Ils ont largement de quoi faire. Étendu sur deux hectares (en gros, un tiers pour le Clos normand, devant la maison, deux tiers pour le Jardin d'Eau), l'autre chef-d'œuvre de Monet est un joyau qui ne tolère aucun relâchement. L'emblématique chef jardinier des lieux, Gilbert Vahé, qui accompagne leur renaissance depuis les années 70 ne dirait pas autre chose. Les quelque 100.000 plantes - dont environ 160 espèces de fleurs - qui pullulent et prolifèrent dans cette sorte de paradis horticole ne poussent pas toutes seules mais répondent à un calendrier rigoureux, quoique toujours exposé aux aléas climatiques. « Nous essayons de maîtriser la nature sans que cela se voie trop. Monet a subi des inondations, des gelées, il s'est lamenté. Cest pareil aujourd'hui. Le jardin est si mélangé et riche que cela complique son entretien » explique le chef jardinier.

25.000 BULBES DE TULIPES ET DES POUSSIÈRES

 S'y promener, en tout cas, permet de mesurer le chemin parcouru depuis 1977, quand l'ancien conservateur du château de Versailles, Gérald Van der Kemp, prit en main les destinées des jardins de Giverny, abandonnés depuis 1947, à la mort de la belle-fille de Monet. Blanche Hoschedé-Monet fut la dernière à habiter le « Pressoir », comme s'appelait la maison lorsque le peintre la loua d'abord en 1883 avant de l'acheter sept ans plus tard.

En 1977 donc, non seulement la maison est en piètre état, au point que les herbes folles poussent dans les pièces; mais les deux jardins si bichonnés par le peintre sont rendus à l’état sauvage … Colonies de ronces, serres aux vitres brisées, arbres morts, treillis rouillés, rats omniprésents ... Même le célèbre pont japonais du Jardin d'eau pourrit dans l'eau noire. Financés par l'Académie des beaux-arts, les collectivités et du mécénat américain, la maison et ses deux jardins furent réhabilités en moins de trois ans avant leur réouverture en 1980. Rapporté à l'ampleur de la restauration, un chantier titanesque, car il ne suffisait pas seulement de remettre debout, mais aussi de reproduire à l'identique ce qu'avait été, trois quarts de siècle plus-tôt, l'environnement familier du peintre, du moindre bulbe de tulipe (Giverny en compte 25.000 !) au napperon le plus discret. Ainsi survit le paradis de Monet où capucines, mufliers et dahlias d'automne commencent en ce moment à baisser la tête. Dans quelques mois, azalées, jacinthes ou pastels des teinturiers les remplaceront. Beaucoup d'autres seront là aussi et il paraît que c'est tout les ans comme ça.


Le Jardin d’eau que Monet avait commencé à aménager en 1893 en y faisant creuser un bassin. Une œuvre d’art à part entière, qui évoque la passion du peintre pour le Japon. Fondation Monet


Claude Monet s'était installé en 1883 dans cette maison qu'il finit par acheter en 1890 et habita jusqu'à sa mort en 1926. Il y peignit notamment la magistrale série de nymphéas. C.G

Au rendez-vous des amis

Pendant quarante ans, Giverny est devenu le rendez-vous du Tout-Paris pictural. Monet a table ouverte pour ceux qui, depuis la naissance controversée de l’impressionnisme, ont accompagné ses doutes. Beaucoup les ont eux-mêmes vécus : Camille Pissarro, les deux Auguste Rodin et Renoir, Gustave Caillebotte y croisent parfois le célèbre marchand d’art Paul Durand-Ruel. Quand la politique lui en laisse le temps, l’ami de toujours, Georges Clemenceau, est souvent là et une fois au moins, un jeune écrivain et cinéaste est venu, caméra en main, rencontrer le maître : Sacha Guitry. À deux heures de Paris en train ou en automobile, tout ce petit monde ne vient pas forcément chercher ici un havre de paix – car les huit enfants légitimes ou adoptés du couple Monet assurent l’ambiance – mais la lumière si particulière de la campagne normande et des bords de Seine. À 11 heures, on se retrouve devant la grande table familiale. Monet a l’exigence culinaire des grands amoureux de la vie : poulardes, asperges, andouillettes, salades abondamment assaisonnées d’huile et de poivre… L’après-midi, la digestion se passe à déambuler au milieu des parterres de fleurs de la saison. Il y en a toujours assez pour épancher ses yeux.

LES AUTRES POINTS

À Marmottan, la collection retrouvée 

Désargenté, le jeune Monet était déjà collectionneur. Il le restera. Les peintures étaient souvent des cadeaux qu’il accrochait dans sa chambre, son atelier. Ce sont aujourd’hui des standards de l’impressionnisme. Au terme d’une enquête digne d’un polar, le musée Marmottan-Monet, légataire universel du peintre, a reconstitué cette incroyable collection qui réunit une centaine d’œuvres et les plus grands noms : Delacroix, Corot, Boudin, Jongkind, Manet, Renoir, Caillebotte, Cézanne, Morisot, Pissarro, Rodin, Signac… D’autres sont moins connus : les deux fils de Pissarro, Henri-Fantin-Latour et quelques autres… De New York à San Francisco, de Tokyo à São Paulo, une vingtaine de musées mondiaux ont été mis à contribution. « J’ai aussi ma collection. Seulement, je suis un égoïste. Ma collection est pour moi seul… et pour quelques amis. Venez la voir», proposait Monet. C’est le moment ou jamais.

(Musée Marmottan Monet, jusqu’au 14 janvier, 2 rue Louis-Boilly, Paris 16 e ).

TROIS LIVRES POUR ALLER PLUS LOIN

Sur Monet, on recommande encore et toujours la belle réussite de l’ancien sous-préfet de Reims, Michel Bernard. Portrait sensible, son « Deux remords de Claude Monet » parle magnifiquement de son amitié pour Frédéric Bazille, autre impressionniste fameux, et de son amour pour Camille et Alice, les deux femmes de sa vie. (La Table Ronde). Autre amitié, celle que raconte Alexandre Duval-Stalla entre Monet et Clemenceau, laquelle valut à la France d’hériter des célébrissimes Nymphéas («Une histoire, deux caractères», Folio). Enfin, le portrait que consacre le critique Pierre Assouline à « Paul Durand-Ruel, le marchand des impressionnistes » rappelle que l’art est aussi affaire souvent d’intuition et de business (chez Folio).

Plus qu’un décor, un musée avant l’heure


Une soixantaine de ses toiles étaient accrochées dans l’atelier du peintre. Ce sont aujourd’hui des copies. À gauche, un buste de Monet réalisé en 1910 par le sculpteur Paul Paulin. G.G.

Il est installé à l’extrémité ouest de la longue maison. L’antre de Monet était le premier de ses trois ateliers à Giverny. Il en fit notamment construire un autre à l’extrémité opposée de l’immense demeure, un atelier sous verrière plus vaste et d’où la lumière zénithale baignait les œuvres en cours. Monet y peignit notamment la magistrale série des Nymphéas, aujourd’hui à l’Orangerie, à Paris. En dépit des apparences, le premier atelier était beaucoup plus qu’un décor. « C’est une source capitale sur la manière dont l’artiste avait mis en scène sa carrière et sa vie (…) Monet y montrait les grandes périodes de sa vie artistique. Il y plaçait aussi, sur un chevalet, des œuvres récentes pour les montrer à ses amis ou à ses marchands » , explique l’historien de l’art Adrien Goetz, auteur du livre « Monet à Giverny » . Dans la grande et belle pièce qu’envahissent désormais les touristes, une soixantaine de peintures, en une profusion miraculeuse de chefs-d’œuvre, sont accrochées aux murs. Mais ce sont des reproductions, bien entendu. Les originaux sont pour la plupart exposés au musée Marmottan-Monet. Quand il finit par travailler durablement dans son nouvel atelier, Monet fit de l’ancien un salon, un lieu de discussion et de repos comme en témoignent les fauteuils profonds et le divan capitonné installés sous les toiles. « La fenêtre découpe dans le mur comme un tableau de plus », note l’historien. C’est très vrai, mais l’atelier lui-même est déjà un tableau.


La salle â mangeri où Monet aimait à savourer en famille asperges et perdreaux faisandés.
Fondation Monet


Depuis la chambrer, coup d’œil sur le Clos normand. C.G  


Les derniers coréopsis mexcains, l’une des 160 fleurs du jardin de Monet … au moins. C.G

Gilles GRANDPIERRE

Informations : Maison et jardins de Claude Monet (Giverny, Eure): 02 32 51 28 21 (www.claude-monet-giverny.fr)

Extraits de l' union du 29/10/2017

    

      

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La mer, ce plus grand musée du monde

La conférence des Nations unies sur les océans qui recouvrent 70 %   de la planète se tient à Paris et met en garde les États  contre le pillage organisé qui les menace


L’épave d’un chasseur allemand de la Seconde Guerre mondiale, près de l’île de Planier, près de Marseille. L’appareil avait été abattu le 7 mars 1944, son pilote avait survécu.Archives AFP

On l’oublie souvent mais les océans ne sont pas seulement l’avenir de l’humanité. Ils sont aussi son passé ! Ils constituent un laboratoire pour comprendre comment l’humanité s’est développée et pourquoi notre monde a évolué ainsi. Les fonds marins conservent un patrimoine considérable d’une diversité exceptionnelle, depuis les grottes paléolithiques jusqu’aux accidents maritimes majeurs et aux vestiges de conflits. C’est pourquoi l’archéologie sous-marine est une discipline à part entière.

La conférence de la Convention sur la protection du patrimoine subaquatique et la préservation des vestiges immergés qui se tient cette semaine à Paris sous l’égide de l’ONU est l’occasion de présenter un état du poumon bleu de la planète, avec ses implications environnementales et économiques. Il n’existe qu’une courte mention sur le patrimoine, alors que depuis 2001 un accord permet aux pays signataires de mieux protéger toutes les traces d’existence humaine immergées depuis au moins un siècle.

RICHESSES INSOUPÇONNÉES

Les cargaisons immergées comme les cités englouties sont menacées en raison des activités industrielles, de la pêche, du pillage organisé par des réseaux et par les plongeurs qui prélèvent, ici et là, un modeste souvenir amputant des trésors inestimables. Désormais, les câbles de fibre optique posés en mer, les récifs artificiels, les tonnes de sable dragués pour construire des plages artificielles, les infrastructures portuaires dans des lieux utilisés depuis l’Antiquité, altèrent ou détruisent des sites inexplorés ou jusqu’alors partiellement étudiés.

Ces trésors invisibles sont devenus des cibles avec l’invention, dans les années 40, du scaphandre autonome qui a facilité les explorations. L’évolution des techniques de plongée a rendu accessibles les grandes profondeurs. S’y est ajoutée la pêche massive. Le nombre de navires de pêche de 24 mètres et plus est estimé actuellement à 64000 ! Ces bâtiments rapportent régulièrement des objets du passé dans leurs filets. Et ils n’ignorent pas que quelques amphores romaines ont plus de valeur que leur cargaison de poissons.

Michel L’Hour, un expert de ces questions, résume bien la situation : « Si l’épave est ancienne, c’est le site qui est pulvérisé. Si les épaves sont contemporaines, c’est le chalut qui cède. » Néanmoins, il réfute toute   guerre« archéologues-pêcheurs » : « Quand une épave arrête un chalut, ça coûte cher aux pêcheurs. Pour eux, il serait préférable d’avoir une cartographie du patrimoine immergé, pour l’éviter. »

MIEUX CARTOGRAPHIER

Collecter les données, mieux cartographier car « on ne peut protéger que ce que l’on connaît » , adopter des mesures plus coercitives, informer et sensibiliser davantage le public sont quelques-unes des préconisations des experts qui les soumettent à la conférence pour une adoption franche. Ils recommandent une plus grande adhésion à la convention de 2001 adoptée pour lutter contre le pillage de masse, l’exploitation commerciale et le trafic illicite ou contraire à l’éthique patrimoniale et au respect des principes de la recherche scientifique.

Cette convention n’a été ratifiée que par 57 pays sur 190 à ce jour. Il y a du travail à faire pour convaincre, d’autant que dans quinze ou vingt ans il sera trop tard, affirment les archéologues.

Hervé CHABAUD

Extraits de l' union du 07/06/2017

    

      

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La lutte s'organise pour tenter de sauver les buis

 Apparue il y a deux ans dans la cité des sacres, la pyrale du buis poursuit ses ravages. Parcs publics et jardins privés sont 'touchés. Il existe trois façons de lutter contre cette espèce invasive, en suivant les' différents stades de son développement

LES FAITS

•.- La chenille dévoreuse de buis est apparue en France en 2008, via la Chine et le Japon, véhiculée par des végétaux d'importation.

•.- La pyrale a été remarquée à Reims peur la première fois il y a deux ans, après que la ville de Troyes (entre autres) avait été ravagée.

•.- En juin 2016, le parc de Champagne est à son tour infesté. Des pièges à phéromones sont installés et une pulvérisation réalisée.

•.- Ce printemps, de nouveaux lieux sont touchés, comme des jardins privés à la Neuvillette et le jardin d'horticulture Pierre Schneiter, les populations ont « explosé », confirment les spécialistes.

C'est un spectacle désolant pour ceux qui aiment la nature. Des buis entiers, souvent anciens, sont littéralement dévorés par une chenille que les jardiniers redoutent, la pyrale, Cydalima perspectalis, de son nom latin, est connue à Reims depuis deux ans et ses ravages se sont intensifiés l'an passé (L'union du 27 septembre 2016). «En 2015, on ne comptait que quelques foyers, note Alexandre Benoist, animateur du Bulletin de santé du végétaI en zone non-agricole, pour la Fédération régionale de défense contre les organismes nuisibles. L'an dernier il y en avait un peu plus mais cette année, les populations explosent.» La chenille, particulièrement vorace, n'est pas facile à éradiquer, d'autant que l'insecte se reproduit deux à trois fois par an et n'a pas de prédateur naturel spontané. Divers moyens coexistent pour tenter d'en venir à bout

1 - LES PIEGES A PHÉROMONES

De petites boîtes peuvent être installées au cœur des bosquets, à environ un mètre de hauteur. Elles contiennent des substances chimiques émises par les femelles de la pyrale pour attirer les mâles. En les amenant dans un piège, le but est de bloquer les papillons, de les empêcher de ressortir et, donc, de se reproduire.

« Les capsules de phéromones ne durent qu'un mois et ne protègent que 200 m² », précise toutefois Éric Lavoisy, responsable des espaces verts de la Ville de Reims. Les pyrales peuvent facilement se déplacer dans un rayon de 500 m à 2 km, Il faudrait pouvoir poser des pièges en grande quantité, ce qui n'est pas possible à l'échelle des parcs publics. De plus, on a vu, récemment, des boîtes vandalisées. par pure bêtise, au parc Schneiter par exemple.

Ces pièges ne sont actifs que pendant la phase de reproduction, soit pour la génération attendue pour le début juillet. Malheureusement, pour les cocons s'étant formés cet hiver et ayant éclos ce printemps, cette technique est inutile. Les boîtes à phéromones se trouvent dans le commerce (jardineries ou les grandes surfaces) ou s'achètent sur internet.

2 - LES TRICHOGRAMMES

De toutes petites guêpes peuvent également avoir une action bénéfique (et naturelle) à l'encontre de la pyrale. Les trichogrammes, qui mesurent moins d'un millimètre, sont un parasite de ses œufs. La pose de diffuseurs cartonnés dans les massifs de buis, développée depuis l'an dernier, leur permet d'aller coloniser la pyrale au tout début de son développement. Ce traitement ne peut s'appliquer qu'après les premières captures de papillons.

Les trichogrammes n'attaquent aucun autre insecte et ne sont pas dangereux pour les humains. Ils contribuent à limiter !

3 - LE BACILLE DE THURINGE

Une bactérie est également active contre l'insatiable chenille. Bacillus Thuringiensis peut être pulvérisé sur les feuilles : une toxine est générée, que la pyrale va ingérer et dont elle va mourir. La cible est, cette fois, les jeunes chenilles, les plus âgées étant plus résistantes. Cette toxine n'est pas dangereuse pour la plante, seulement pour l'insecte en question mais le produit nécessite des précautions d'emploi. Dans les parcs, par exemple, il faut attendre 48 heures avant d'autoriser le retour des visiteurs. Chez les particuliers, à qui sont vendus des produits moins fortement dosés, il suffit simplement de patienter jusqu'au séchage des feuille.

QUID DES DÉCHETS ?

Quand l'arbuste est mort, que faire des branches et du tronc ?

Mieux vaut les broyer, recommande le service des espaces verts de la Ville, et/ou les apporter en déchetterie. Il est en effet interdit de brûler les végétaux (ou tout autre détritus). S'ils rejoignent un compost, attention à ce qu'il monte bien en température (50° minimum), que les branchages y demeurent trois mois. « Si non, l'hygiénisations ne se fera pas », précise un spécialiste des composts.

Enfin, certains jardiniers pratiquent un traitement qui ne fait pas partie des recommandations de la Fredon. Un mélange d'huile de colza et de pyrèthre, un pesticide naturel qui s'attaque au système nerveux des animaux à sang froid. Pas seulement à la pyrale, donc, mais potentiellement aux abeilles, aux coccinelles, aux poissons.

Alexandre Benoist demeure optimiste et préconise l'alliance des trois premières méthodes, sans impact sur la santé humaine ni sur l'environnement : « Si tout le monde lutte, on pourra réduire les populations de pyrale. »

LES BUIS TAILLÉS DAVANTAGE VULNÉRABLES


La chenille sort de son cocon... Un nouveau cycle de vie va débuter pour la pyrale fin juillet

Rencontre avec Éric Lavoisy, directeur des espaces verts à la Ville de Reims, et Gilles Rofidal, agent de maîtrise responsable du secteur allant du monument aux morts à la Patte-d'oie. Au jardin Pierre Schnelter, les buis proches du bassin sont très touchés. On sait que cet insecte passe l'hiver sous forme d'œuf. Au printemps, la larve se nourrit des feuilles et s'y enroule jusqu'au moment où la chenille sort de son cocon et se transforme en papillon. Il y aura un second envol en été voire un troisième avant l'automne. Selon Éric Lavoisy et Gilles Rofidal, il semblerait que les buis taillés soient plus vulnérables mais « au parc Schneiter, il n'en existe que des non taillés et s'ils n'ont rien d'autre à dévorer, les ravageurs s'en contentent, en commençant par le bas des sujets ». Pour y remédier, des pièges à phéromones, destinés à tuer les papillons mâles, ont été disposés mais en ce moment ils ne servent à rien les pièges seront garnis de capsules à nouveau dans quelques jours, pour la prochaine génération. Il est impossible d'en mettre partout et en permanence.: .

A Reims, on trouve des buis essentiellement dans les « vieux » jardins comme la Patte-dole, autour du monument aux morts, à Saint-Rémi, au parc des Grenouilles vertes. Certains sujets très atteints devront sans doute être sacrifiés, sauf peut-être ceux qui ont encore un peu de vert au sommet : un sauvetage pourrait être tenté, au moins à titre d'expérience.

LES AUTRES POINTS

Pourquoi les buis de la Patte-d'oie sont épargnés pour l'instant

Les promeneurs attentifs ont pu remarquer que, dans le parc de la Patte d'oie, les buis sont intacts. Ce jardin public est pourtant quasiment mitoyen. de celui d'horticulture. Une explication est avancée par les spécialistes. Les buis de la Patte-d'oie sont tout à fait différents. Plus andans ; d'abord: leurs feuilles sont beaucoup plus foncées, moins tendres, alors que la pyrale préfère feuilles et rameaux jeunes. En forme d'arbre et non de buisson, ensuite : les branches sont plus ouvertes, les oiseaux peuvent s'y glisser plus facilement et manger quelques chenilles. Pour l'instant, seules des mésanges ont été observées dans cette fonction de prédateur.

Comment obtenir des conseils sur la conduite à tenir

Si vous remarquez que les feuilles de vos buis commencent à brunir, il ne faut pas tarder ... II est même unpeu tard. C'est que les jeunes che. nilles sont en train de « décaper» l'intérieur des feuilles. La présence de fils de soie ou de petites boules verdâtres de déjection au pied des arbres peuvent aussi témoigner de leur présence. Le site internet de la Fédératian régionale de défense contre les organismes nuisibles (Fredon) édite un Bulletin de santé du végétal dont une des fiches explique le cycle de vie de la pyrale et détaille les moyens de lutter contre elle. Pour se renseigner: www.fredonca.com ou a.benoist@fredonca.com ou 03 26 77 36 70 ou 2 esplanade Roland Garros à Reims. Pour une vision d'ensemble, consulter le site plante-et.cité.fr, onglet Savebuxus (Sauver le buis),

Pourquoi pas un relais d'alerte via les conseils de quartier

Des conseillers de quartier de La Neuvillette ont, il y a dix jours lors d'une « balade de quartier» (un tour thématique de différents lieux), remarqué le piteux état de certains buis. Dans la foulée, ils se sont renseignés auprès de la Fredon et ont diffusé les informations. Ils suggèrent que les autres conseils de quartier puisse faire le relais d’un maximum de rémois.


La chenille ravageuse est facilement reconnaissable, a ses stries vertes et noires et ses petites verrues. De petite taille à l'éclosion, elles peuvent mesurer jusqu'à 3,6 cm. A l'automne. les chenilles tissent un cocon entre deux feuilles pour hiverner. L'insecte connait plusieurs générations par an, ce qui le rend particulièrement nuisible. Les papillonssont bicolores(ailes blanches translucides entourées d'une marge brune),volent de ml-mai à mi-juin puis de mi-août à fin septembre et sont attirés par les lumières des habitations.


 Gilles Rofidalet Éric Lavoisy examinent les buis touchés au parc Schneiter. où des pièges à phéromones (pour attirer les papillons mâles) ont été Installés.


 Dans un jardin de La Neuvillette, un petit buis qui servait de support à des guirlandes lumineuses ressemble bien à un triste sapin après Noël

Anne DESPAGNE

Extraits de l' union du 24/05/2017

    

      

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Ausculter les coraux pour mieux les sauver

On s’émerveille lorsqu’on les voit, tant leur élégance et leurs couleurs embellissent la mer mais ils sont menacés par le réchauffement climatique qui agit sur le milieu marin


Le blanchissement des coraux montre le dépérissement de ces organismes vivants. AFP

Pourquoi mener une grande expédition scientifique destinée a une étude systematJque et approfondie des coraux des îles volcaniques japonaises ?  Depuis le rivage de l'Atlantique et la côte méditerranéenne cela semble bien lointain el pourtant le questionnement des experts est motivé par leurs observations. Les membres de l'expédition Tara Pacifie qui intervient depuis l'an dernier sont conscients que les équilibres de l'écosystème marin sont en danger. L'action du réchauffement climatique Provoqué par les gaz à effet de serre a des conséquences sur le métabolisme des coraux et leur capacité à endurer des variations nouvelles des températures qui ne sont pas en phase avec leurs besoins. L'augmentation de la température de l'eau océanique accroît l'acidification ce qui a, comme première conséquence, le blanchissement des coraux qui, ne l'oublions pas, sont des « animaux à squelette calcaire. Cet état de fait conduit à leur mort.

LE LABORATOIRE DE SHIKlNE

Les plus pessimistes estiment que ce processus est inexorable et que taus les coraux sont à terme condamnés et vont disparaître des océans de la planète. S'il faut s'alarmer de cette situation, rien n'interdit de tout faire pour la stopper ou la corriger. Que se produit-il quand la nature géologique des fonds marins n'est pas sédimentaire mais plutôt volcanique, donc légèrement acide ? Eh bien dans ces zones bien identifiées, il existe des coraux qui semblent s'être adaptés à cet environnement particulier. C'est la raison pour laquelle les spécialistes de Tara Pacific multiplient leurs observations et leurs mesures pour valider leur diagnostic et comprendre comment se comportent les coraux dans des conditions dégradées ou modifiées.

À moins de deux cents kilomètres au sud-ouest de Tokyo se trouvent une demi-douzaine d'îles dont celle de Shikine qui se situe dans un périmètre volcanique à climat tempéré. Ce sont d'après les chercheurs les coraux les plus septentrionaux du monde dans un milieu acidifié par des bulles de CO2 surgissant des failles sous-marines. Ils préfèrent travailler sur place plutôt que de reconstituer les conditions du milieu dans un laboratoire. Si certaines zones sont menacées, les biologistes marins n'excluent pas une migration des coraux par le déplacement de leurs larves. « Nous espérons que les zones de haute latitude pourront servir de refuge. Mais reste la question de l'acidification des océans et c'est à Shikine qu'on espère obtenir la réponse », résume le professeur Sylvain Agostini de l'université de Tsukuba.

BIEN COMPAIRER

C'est pourquoi les équipes comparent la faune, les algues, le plancton dans un espace acidifié et dans un autre qui ne l'est pas. Et les premiers résultats contrôlés et vérifiés attestent une vie réduite là où le milieu est acide tandis que dans un espace normal, la vie est abondante. Le rapport est de douze à cent !

On apprend que le corail vit en symbiose avec une microalgue verte qui lui fournit 90 % de son énergie et est sensible à une hausse de température de 0,5 à 1 C. Si les coraux ont bien évolué avec des changements lents de leur milieu de vie l'accélération des modifications perturbe gravement leur horloge biologique. D'où le besoin de trouver des clés pour empêcher leurs maux ou leur permettre d'y faire face.

Hervé CHABAUD

Extraits de l' union du 10/05/2017

    

      

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Le boom du méthane menace le climat

Gaz à effet de serre plus nocif que le CO2, le méthane perturbe la lutte contre le réchauffement

DU GAZ DANS LE SOL GELÉ

Le permafrost - sols gelés des hautes latitudes - peut dégager du méthane en dégelant, une grande crainte des climatologues. À ce stade, « on ne voit pas d'augmentation anormale des concentrations », explique le chercheur Philippe Bousquet, pour qui ces « émissions risquent d'augmenter sur des décennies ».

36% des rejets de méthane viennent de l'agriculture, en particulier de ['élevage des ruminant

« Il faut de toute urgence s'attacher à quantifier et réduire les émissions de méthane », plaident dans un éditorial des chercheurs qui ont coordonné un bilan mondial mené par plus de 80 scientifique de 15 pays. Après un léger ralentissement entre 2000 et 2006, la concentration de méthane dans l'atmosphère a crû dix fois plus rapidement la décennie suivante, relève l'étude, parue dans le journal Earth System Science Data. « Contenir le réchauffement sous 2° c’est déjà un défi considérable », soulignent ces mêmes chercheurs dans le bulletin Environmental Research Letters, à propos de l'objectif que la communauté internationale s'est fixé fin 2015 dans l'accord de Paris. « Un tel objectif deviendra de plus en plus difficile à tenir si l'on ne réduit pas les émissions de méthane fortement et rapidement », ajoutent-ils, Les concentrations augmentent de plus en plus vite depuis 2007, avec en particulier une forte accélération en 2014 et 2015. AU point qu'aucun scénario le plus pessimiste » souligne Marielle Saunois, de l’université de Versailles-St Quentin (UVSQ).

Pour expliquer la hausse des émissions, les chercheurs pointent notamment du doigt l'agriculture : selon la FAO, le nombre de têtes de bétail est passé d' l,3 milliard en 1994 à 1.5 milliard vingt ans plus tard.

Mais ils n'excluent pas non plus le rôle des énergies fossiles dans ce boom. Quelque 21 % des émanations de méthane sont de fait dues à l'exploitation du charbon, du pétrole et du gaz : de l'extraction jusqu'aux réseaux de distribution, les fuites de méthane sont très fréquentes. « A partir des années 2000 il y a eu une exploitation du charbon en chine et l’exploitation du gaz aux Etats-Unis a aussi augmenté », rappelle Mme Saunois.

Une accélération mystérieuse depuis 2 ans

Quant au boom spectaculaire des deux dernières années, les scientifiques ont encore plus de mal à l'expliquer. « Cela peut être d'origine naturelle », dit le chercheur Philippe Bousquet. « Mais s'il se prolongeait au-delà de trois ou quatre ans, cela signifierait forcément un lien avec l’homme. ». Il est en tout cas possible d'agir : méthaniseurs dans les fermes, modification des protocoles d'irrigation des rizières, chasse aax fuites ... « On peut réduire ces émissions plus facilement, de manière moins coercitive, que celles de CO2, en encourageant aussi l'innovation et les emplois. Alors il ne faut pas s'en priver ! », insiste Philippe Bousquet.

VINGT-HUIT FOIS PLUS CHAUFFANT QUE LE DIOXYDE DE CARBONE

Deuxième grand gaz à effet de serre lié aux activités humaines, après le dioxyde de carbone (C02), le méthane contribue pour quelque 20 % au réchauffement en cours.

Jusqu'ici les mesures contre le réchauffement se sont largement concentrées sur le CO2, issu pour une large-part des énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz), et qui représente 70 % de gaz à effet de serre. Or, le méthane est 28 fois plus « réchauffant » que le CO2 tout en persistant moins longtemps dans l'air (environ dix ans). Il est plus difficile à pister que le CO2, car plus diffus et une bonne part provient de sources « naturelles » (zones humides, formations géologiques ...).

Cependant, selon l'étude, 60 % de ces émissions sont liées aux activités humaines, notamment 36% viennent de l'agriculture (éructations des ruminants et rizières) et du traitement des déchets,

Extraits de l' union du 13/12/2016

    

      

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Nouveau bras de fer autour des pesticides  

Les agriculteurs sont vent debout contre un projet d'arrêté qui doit étendre en 2017 les zones agricoles où l'usage de produits phytosanitaires serait interdit.


Le nouvel arrêté imposerait aux agriculteurs des zones non traitées. non seulement le long des cours d'eau mais également le long des forêts, bosquets, bandes enherbées, haies, fossés et habitations ... Christian Lantenois

L'ESSENTIEL

•.- En juillet, le Conseil d'État a annulé un arrêté ministériel de 2006 encadrant l'utilisation des produits phytosanitaires, au motif qu'il n'avait pas été soumis à la Commission européenne pour avis.

•.- Un nouveau texte est à l’étude. Il interdirait le traitement non seulement le long des points d'eau comme c'est le cas actuellement, mais également à proximités de nombreux nouveaux sites

Depuis quelques jours, les routes de certaines régions et les réseaux sociaux voient apparaître un étrange slogan : « Royal affame le peuple » À l'origine de cette action, les agriculteurs de la FNSEA remontés contre un projet de nouvel arrêté encadrant l'utilisation des pesticides et fongicides. « Les ministères de l'Agriculture, de l'Environnement, de la Santé et du Travail viennent de rédiger un projet de nouvel arrêté bafouant les principes de base de l'élaboration des nouvelles normes définis en 2015 par le Premier ministre, indique Hervé Lapie, responsable de la FDSEA de la Marne. Le nouveau texte rédigé par les ministères imposerait aux agriculteurs ces zones non traitées, non seulement le long des cours d'eau mais également le long des forêts, bosquets, bandes enherbées, haies, fossés et habitations ... et ce jusqu'à 50 mètres dans certains cas. Pour le département de la Marne, ce sont plus de 21.000 hectares de terres agricoles qui seraient retirés de la production. »

« Cela va toucher des productions bio »

Dans les Ardennes, une estimation fait état de près de 20.000 hectares potentiellement concernés tandis que dans l'Aisne, on évoque le chiffre de 50.000 hectares. En réduisant ainsi les zones exploitables, ce sont à l’arrivée « des milliers d'hectares qui viendraient alors à manquer pour produire et nourrir nos concitoyens », précisent les agriculteurs. Ces derniers sont d'autant plus remontés qu'ils estiment être sur la bonne voie sur cette question sensible des pesticides dont la dangerosité pour la santé est établie selon l'utilisation qui en est faite. « Si nous ne sommes pas d'accord avec cet arrêté, ce n'est pas pour dire : " Laissez-nous polluer ou laissez-nous faire n'importe quoi " » précise Thierry Huet, patron de la FDSEA des Ardennes.

« Vous ne trouverez pas un agriculteur aujourd'hui qui n'est pas sensible à la santé publique. Il y a une amélioration qui est en train de se faire autour des produits phytosanitaires. Par exemple, des études montrent que la teneur de l'eau en pesticides est à la baisse. Nous sommes responsables. Les choses vont mieux et là, on veut imposer de nouvelles contraintes sans tenir compte du terrain. De plus, il n'a aucune cohérence avec nos voisins européens. En Belgique par exemple, il y a beaucoup plus de pragmatisme. »

« La France est le pays européen possédant la plus grande surface agricole et viticole. Pour autant, nous ne sommes qu'au neuvième rang de l'utilisation des produits phytosanitaires à l'hectare », renchérit son collègue de la Marne. « Bien sûr, il ne faut pas s'en satisfaire et continuer à améliorer nos pratiques, mais arrêtons d'ajouter encore et encore des réglementations. » Ce nouvel arrêté, s'il entre en vigueur, devrait aussi avoir des conséquences inattendues puisqu'il pourrait entraîner la suppression d'éléments de biodiversité comme les haies, les bandes enherbées... « Le problème, c'est que les choses sont très floues, note Olivier Dauger, responsable de la chambre de l'agriculture de l'Aisne. Cela va toucher des productions bio. Je pense aussi au vignoble où cela risque d'être compliqué s'il faut sacrifier des vignes sur une bande de vingt mètres près des villages. »

Les REPERES

INTERDICTION DANS LES JARDINS EN 2019

•.- Dans le cadre de la loi de transition énergétique pour la' croissance verte, les pesticides seront interdits dans les espaces publics, à compter du 1 er janvier 2017.

•.- Pour les jardiniers amateurs, la commercialisation et la détention de produits phytosanitaires seront interdites a partir du 1er janvier 2019.

•.- Le CHIFFRE : 4 millions

d’hectares seraient retirés de la production avec cette mesure selon les données de la FDSEA

•.- La PHRASE

« Le lobby de la production des pesticides est très puissant en France et il est temps que ça cesse (...) Lest aussi dans l'intérêt des agriculteurs de réduire les pesticides quand on , voit le nombre de cancers chez ceux qui les utilisent»
        Ségolène ROYAL, Ministre de l’Ecologie.

G.A TAHMASSEB

Extraits de l' union du 22/10/2016

    

    

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Des océans remplis a explosifs

Une par une, des milliers de mines sous-marines de la Seconde Guerre mondiale restent à neutraliser. Les plongeurs-démineurs de l'Orion sont en première ligne


Désamorcer une mine ou la faire exploser ? Les plongeurs de la Cephismer, à Toulon, doivent s'adapter à la situation. AFP

« La moitié des mines de la Seconde Guerre mondiale sont encore en mer » : au total, ce sont donc quelque 300.000 engins que les plongeurs-démineurs comme ceux dirigés par Jérôme Pernot, capitaine d'un chasseur de mines, recherchent pour les neutraliser. Son navire, l'Orion, en a trouvé et désactivé six depuis septembre 2015, explique le capitaine, indiquant le tableau de chasse placardé dans le couloir étroit du bateau, stationné dans le grand port de Toulon : « Il est tout à fait ordinaire de neutraliser encore aujourd'hui des mines de l'Allemagne nazie, par exemple.»

« L’exploration de domaines inconnus fait fantasmer, on rêve d’épaves, de trésors… »
Nathaniel, 28 ans

Sur les écrans de la salle de contrôle, un petit objet noir se détache sur un fond gris-bleu. À l'avant du bateau, sur le pont, deux membres de l'équipage reliés par une « sangle de vie » s'apprêtent à plonger pour l'identifier. S'il s'agit d'une mine, ils se chargent de la désamorcer ou de la faire exploser dans un périmètre sécurisé. Fausse alerte : l'écho qui avait été repéré n'est finalement pas une relique de la Seconde Guerre mondiale. Sur le dos, ces plongeurs portent un «Crabe », l'appareil leur permettant de respirer sous l'eau. « Les plongeurs-démineurs peuvent plonger jusqu'à 80 mètres, mais on ne peut y rester qu'une dizaine de minutes. À moindre profondeur on peut rester plusieurs heures. C'est de la profondeur que dépend le mélange de gaz dans leur bouteille de plongée, explique Nathaniel, 28 ans, responsable de l'atelier dans lequel se font ces mélanges de gaz.

« Ce n'est pas fait pour tout le monde »

En plus du travail sur les mines, les plongeurs-démineurs effectuent également des travaux sous-marins ou participent aux opérations de sauvetage en mer.

Lorsqu'on plonge, « c'est l'obscurité, la solitude, le calme », décrit le capitaine de frégate Bertrand de Lorgeril, chef de la Cellule de plongée humaine et intervention sous la mer (Cephismer) de Toulon, un centre de recherche sur la plongée à la renommée internationale, fondé par le commandant Cousteau et ses camarades en 1945. « Il faut avoir une maîtrise de soi, de ses limites. Ce n'est pas fait pour tout le monde, il y a une grande inégalité par rapport à la plongée, et malgré la sélection rigoureuse, on ne peut totalement exclure les accidents », précise-t-il. Sur 250.000 plongées militaires par an, effectuées par les plongeurs-démineurs ainsi que par tous les autres plongeurs des armées, on ne compte cependant qu'une petite dizaine d'accidents. « Ça reste une activité à risque, l'homme n'est pas fait pour aller sous l'eau », reconnaît Nathaniel. « Mais l'exploration de domaines inconnus fait fantasmer, on rêve d'épaves, de trésors, d'aller où peu de gens vont ».

À bord de l'Orion, les souvenirs les plus marquants de l'équipage sont éclectiques : tomber nez à nez avec des dauphins, repêcher des corps humains, chercher les boîtes noires du vol Egypt Air qui s'est abîmé en mer au mois de mai, déminer le détroit de Bab-el-Mandeb, entre le Yémen et Djibouti,  pendant la guerre du Golfe.

Extraits de l' union du 22/10/2016

    

    

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Les forêts:de frêne agonisent

Face à une épidémie portée par un champignon, cinq forêts du nord de la France vont être fermées au public le temps -de re sécuriser, une première dans l'Hexagone.


Certaines des forêts du Nord sont peuplées jusqu'à près de 50 % de frênes davantage que partout ailleurs. AFP

Sans remède pour combattre « Chalara fraxinea », un minuscule champignon attaquant exclusivement les frênes, particulièrement répandus dans les forêts du nord et de l'est, les autorités n'ont d'autres choix que d'abattre certains arbres dont les futures branches mortes pourraient blesser les promeneurs. A l'entrée des cinq forêts - Boulogne-sur-Mer, Desvres, Hardelot, Vimy (Pas-de-Calais) et Nieppe (Nord) - fleurissent ainsi ces panneaux annonçant l'interdiction d'y pénétrer entre le 15 septembre et l'été 2017.

Avec le numéro  « 18 » placardé sur le tronc, ce majestueux frêne d'une vingtaine de mètres de la forêt domaniale de Boulogne-sur-Mer, la plus grande du Pas-de-Calais, semble en pleine forme. Mais son sort est scellé. Son tort : être situé au bord d'un sentier. Plus loin, un autre, flétri et dégarni, agonise. « Cela fait mal de couper un arbre symbolique de la région, pouvant vivre qu'à 200 ans, mais la sécurité passe avant tout », explique, l'air grave, Bruno Dermaux, chargé de mission à l'Office national des forêts (ONF). Dépité, il lâche : « nous sommes pour le moment très impuissants face à la chalarose. En France, le premier foyer a été découvert en 2008 en Haute-Saône, un an plus tard dans le Pas-de-Calais puis dans le Nord, région la plus touchée du territoire actuellement », car certaines de ses forêts sont peuplées jusqu'à près de 50 % de frênes, davantage que partout ailleurs, explique Benoît Marçais, directeur de recherche à l'INRA de Nancy.

Depuis, le champignon a colonisé la moitié de l'hexagone, progressant-de 60 kilomètres par an : des foyers ont été retrouvés jusqu'au Poitou et dans la vallée du Rhône, Une fois touché l'arbre est condamné. « Notre malchance est qu'une fois touché, l'arbre peut encore vivre cinq à quinze ans avec la maladie. Pas question de tous les abattre d'un coup ! », abonde M. Dermaux pour qui les forêts ne sont pas menacées car la nature a horreur du vide : « elles seront juste profondément transformées. »

Les gestionnaires des forêts planchent désormais sur les essences locales qui pourraient remplacer le frêne, « comme le hêtre, le chêne ou le bouleau pour ne pas dépeupler nos forêts », affirme Benjamin Cano, correspondant-observateur du département Santé des forêts, dépendant du ministère de l'Agriculture. En parallèle, c'est l'impact économique sur la filière du bois qui le préoccupe. Avec 85 millions de m3 sur pied recensés pour un prix de vente situe entre 80 et 120 euros le m3 , la France est l'un des leaders mondiaux de la vente de frêne, utilisé notamment pour l'ornement et l'ameublement, et dont l'un des plus gros acheteurs est le numéro un mondial de l'ameublement, IKEA.

Extraits de l' union du 12/09/2016

    

    

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L'Antarctique, « mémoire » de la glace

Une équipe de chercheurs va se rendre en août sur le Mont-Blanc pour y prélever de la glace. Ces échantillons seront ensuite stockés en Antarctique


Sur les glaciers du Mont-Blanc, les chercheurs peuvent éludier notamment l'évolution de la pollution sur une cenlaine d'années. AFP

« Ce n'est pas pour le plaisir de garder quelques glaçons. La glace est un puits d'information », explique Jérôme Chappellaz, directeur de recherche au Laboratoire de Glaciologie et Géophysique de l'Environnement (LLGE) à Grenoble. Au total, une douzaine de glaciologues français, italiens et russes vont passer plusieurs jours à 4300 mètres d'altitude, au col du Dôme, pour forer trois carottes de glace de 140 mètres de long.

Ces « échantillons » de plusieurs tonnes seront conditionnés dans des caisses isolantes puis une des carottes sera analysée au laboratoire de Grenoble pour constituer une base de données ouverte à tous les scientifiques. Les deux autres devraient rejoindre la base franco-italienne Concordia, en Antarctique, à l'horizon 2019 ou 2020. Objectif : conserver pour des siècles la mémoire de la glace, une « matière première » extrêmement précieuse pour les scientifiques.

Une opération de carottage est également programmée au printemps 2017 sur le glabier de l’Illinani, à 6300 m d’altitude, en Bolivie

En se formant sous l'effet des chutes de neige, les glaciers emprisonnent en effet de petites bulles d'air et des impuretés, témoins (en profondeur) de l'atmosphère d'il y a plusieurs dizaines ou milliers d'années. C'est ainsi que les glaciologues ont pu établir le lien entre températures et gaz à effet de serre. Sur les glaciers du Mont-Blanc, les chercheurs peuvent étudier l'évolution de la pollution ou de l'activité industrielle au niveau européen sur une centaine d'années. « On a ainsi un joli pic de césium 137 en avril 1986 » après la catastrophe de Tchernobyl », sourit Jêrome Chappellaz.

Et au regard de l'évolution très rapide des technologies, « on est incapables de dire ce qu'on sera capables de faire scientifiquement dans 50 ans ou 100 ans », souligne-t-il : « Qu'est-ce qu'on pourra mesurer ? Pour en tirer quoi comme information liée à l'environnement, au climat ou à la biologie ? » Le chercheur cite notamment les recherches sur les mutations de virus ou de bactéries, piégés dans la glace, comme piste de travail possible.

Mais les glaciers évoluent, fondent, tout aussi rapidement, à tel point que ceux qui culminent à moins de 3500 mètres devraient disparaître avant la fin du siècle dans les Alpes. Dans les Andes, le glacier de Chacaltaya (Bolivie), qui culminait à 5300 mètres, a disparu dès 2009.

 « Cette année, il y a eu de la fonte à 6000 mètres sur l'Illimani avec le phénomène climatique El Ninio », souligne Patrick Ginot, ingénieur de recherche à l'Institut de recherche pour le développement (lRO) et un des initiateurs du projet. Dans cinquante ans, « on aura sans doute les outils pour analyser mais on n'aura peut-être plus les carottes de glace », pointe Jérôme Chappellaz.

 Extraits de l' union du 13/07/2016

  

    

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La fin annoncée des sacs  en plastique

L'interdiction des sacs fins en plastique va entrer en vigueur en deux temps : Le 1er juillet pour les sacs de caisse, puis le 1er janvier pour les sacs de fruits et légumes.


Inscrite dans la loi sur la transition énergétique, l’interdiction des sacs fins en plastique se mettra en place dès vendredi. AFP

1 - POURQUOI INTERDIRE CES SACS FINS EN FLASI1QUE  ?

Ces sacs sont à l'origine d'un énorme gaspillage : fragiles, ils sont souvent jetés sitôt rentré chez soi et la marchandise déballée.

Selon le gouvernement, il y a chaque année, 5 milliards de sacs fins en plastique distribués aux caisses et 12 milliards aux rayons fruits et légumes. Une partie se retrouve dans les océans, où ils sont une catastrophe pour une partie de la faune marine, qui les ingère. Ils viennent aussi alimenter les gigantesques « mers » de plastique formées par de grands courants marins.

2 - QUELS SACS INTERDITS LE 1er JULILIET ?

Les sacs fins en plastique ne pourront plus être distribués à la caisse des grandes surfaces, des petits commerces (boulangeries, pharmacies, boucheries, etc.) et des marchés. Les sacs dont l'épaisseur est supérieure à 50 microns seront encore autorisés. Depuis une dizaine d'années, la grande distribution a commencé à faire payer les sacs de caisse, qu'ils soient fins ou solides, ce qui a fait passer le nombre de sacs qu'elle distribuait à ce niveau de 12 milliards à 700 millions. Certaines enseignes proposent aussi des sacs en papier payants.

3 – ET LES SACS POUR LES FRUITS ET LEGUMES ?

 Les sacs ultrafins utilisés pour les fruits et légumes seront interdits au 1orjanvier 2017. Après cette date, il faudra les remplacer par des sacs en papier ou des sacs qui sont à la fois « bio sourcés » et compostables de manière domestique selon le décret paru en mars 2016.

4 – QU'EST-CE QU'UN SAC BIOSOURCE COMPOSTABLE ?

 Un sac biosourcé est composé en partie de matière organique (amidon de maïs ou de pomme de terre) et contient encore du plastique, mais qui pourra se dégrader totalement. La loi prévoit des sacs biosourcés à 30 % en 2017, 40% en 2018, 50% en 2019 et 6O% en 2025. Un matériau compostable a la faculté (dans certaines conditions et même s'il contient du plastique) de se dégrader tout seul et de se transformer en eau et en CO². Le compostage nécessitant un certain taux d'humidité, de chaleur, d'aération, la norme c compostage domestique » correspond à ce qui peut se faire à la maison, en quelques semaines, et pas dans des conditions industrielles optimales. Mais attention aux sacs oxo-dégradables, que certains disaient biodégradables. Ils ne le sont pas et ne sont pas autorisés. Sous l’action de la chaleur et de la lumière ils se décomposent en minuscules granules de plastique.

5 - EST-CE PLUS CHER ?

A priori oui. Le coût d'un sac fin en plastique est en général produit en Asie, d'environ 0,5 centime. Ceux biosourcés, qui pourraient être fabriqué France et en Europe, coûtent une de centimes.

6 - QUE DEVIENDRONT LES SACS BIOSOURCES JETÉS DANS LA POUBELLE ?

 Si une ville a collecte séparée des bio-déchets (matière organique), ces sacs pourront être mis dans le bac ou le sceau. Si un particulier fait du compostage individuel, il pourra le mettre dans le composteur.

En revanche, en l'absence de collecte séparée, le sac se retrouvera dans la poubelle d'ordures ménagères clasique et finira soit enfoui, soit incinéré.

7 -COMMENT FONT NOS VOISINS ?

Il existe une grande disparité entre les Européens. Les Danois ou les Finlandais consomment quelques sacs par habitant et par an, les Français 80 , les Portugais et les Polonais plus de 400.

Mais l'Union européenne a incité aux États de rendre payants les sacs fins non biodégradables au plus tard au 31 décembre 2018 ou de prendre des mesures pour réduire consommation annuelle à 90 sacs par habitant et par an fin 2019.

 Extrait de l'union du 27/06/2016

    

    

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Minis maisons écolos, maxi-liberté

Les « tiny houses », nées dans les années 2000 aux États-Unis, débarquent en France. Ces maisons minuscules vont de pair avec une vie à l'économie.


Une véritable maison à ossature bois, avec une isolation épaisse. AFP

Un poêle minuscule dans l'entrée, un coin cuisine-salle à manger surmonté d'un lit mezzanine, une douche, des toilettes sèches et la photo de sa fille : chez Muriel, qui vit dans l'une des premières « tiny houses s (mini-maisons) en France, l'essentiel tient sur 16 m².

Nées dans les années 2000 aux Etats-Unis, après le passage de l'ouragan Katrina et la crise des subprimes qui ont nécessité des logements d'urgence, ces maisons miniatures en bois, montées sur remorque, ont déjà séduit plusieurs milliers d'Américains. Le concept a rallié des partisans de la décroissance et de la transition écologique, et émerge timidement dans l'Hexagone, où l'on compte au moins une trentaine de ces habitats alternatifs, selon plusieurs constructeurs.

« Ma maison tient dans une chambre », s'amuse Marielle, qui s'est installée dans le jardin d'un ami, en Bretagne. Ravie d'échapper aux corvées d'aspirateur, la septuagénaire - qui admet la nécessité d'être ordonnée pour habiter une « tiny house » - se félicite de faire « des économies de choses et d'argent, tout en vivant correctement. »

« On est dans l'objectif de consommer moins d'objets, tout simplement parce qu'ils ne rentrent pas »
Laëtitia Dupé. Designer

« C'est minimalisé mais ça fonctionne », assure le charpentier Bruno Thiery, cofondateur de la société «La tiny house », pionnière en France pour leur fabrication. Depuis sa création, début 2015, quelque 23 minimaisons de 18 à 25 m2 – vendues entre 25000 à 40000 euros - sont sorties de son atelier de Poilley (Manche), près du Mont Saint-Michel, essentiellement des résidences principales. Le carnet de commandes est plein jusqu'en avril prochain.

« Plus spacieuses qu'une roulotte, plus durables qu'une caravane, les maisons miniatures, limitées à un poids de 3,5 tonnes pour pouvoir être tractées, sont conçues « comme une véritable maison à ossature bois, avec une isolation épaisse assurant un bon renfort intérieur », explique Bruno Thiery.

Et nul besoin de « s'endetter sur vingt à trente ans pour devenir propriétaire », souligne Laëtitia Dupé, une jeune designer qui a quitté son studio parisien pour auto construire sa mini-résidence, près de Nantes. « C'est une solution d'habitat très économique puisqu'elle consomme très peu d'énergie, et très écologique car on est dans l'objectif de consommer moins d'objets, tout simplement parce qu'ils ne rentrent pas », explique-t-elle.

Une sobriété volontaire qui engendre un sentiment de « soulagement », selon Stéphane Boléat, un charpentier de 28 ans qui a construit à Landeleau (Finistère) une « ty-rodoù » bioclimatique (maison sur roues, en breton), où il vit avec sa compagne. « Se délester de tous ces objets, ça redonne une liberté et pour rien au monde je ne repartirai avec tout ce que j'avais dans un appartement classique », raconte le jeune homme. « Elles répondent vraiment à cette demande de transition dans nos modes de vie, dans nos modes de consommer, dans nos mobilités, parce qu'aujourd'hui les jeunes travailleurs se déplacent énormément », estime Stéphane Boléat.

 Extraits de l' union du 18/06/2016

  

    

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Et revoilà les gaz et huiles de schiste

Ségolène Royal veut interdire l'importation de gaz de schiste américain. Dans la région, toutes les craintes des adversaires de cet hydrocarbure interdit en France ne sont pas levées.


Porte-parole du collectif Carmen, Christine Lecque demande l'abrogation de tous les permis de recherche. Gilles Grandpierre

L'ESSENTIEL

 •.- La France a interdit en 2011 le recours à la fracturation hydraulique, réputée polluante pour explorer les ressources de notre sous-sol en gaz et huiles de schiste.

•.- Mardi la ministre de l’Environnement a dit vouloir «examiner juridiquement» l'interdiction d’importer en France cet hydrocarbure controversé.

•.- Dans l’Aisne, la Marne et les Ardennes, dix permis de recherche d'hydrocarbure conventionnel [pétrole) sont actuellement valides.

•.- Près de Château-Thlerry les adversaires résolus du gaz de schiste veulent rester «vigilants .

La plate-forme de forage devait s'implanter non loin de sa belle maison, à Guillauche, un hameau de Rozoy-Bellevalle, à quinze kilomètres au, sud de Château-Thierry. Ce risque a disparu depuis que la compagnie canadienne Vermillon, jugeant son potentiel conventionnel «insuffisant li, a récemment décidé d'abandonner le permis de- recherche pétrolière dit de Château-Thierry. Oliviers Alers est satisfait sans exulter. « Le danger est écarté mais, la vigilance s'impose. Désormais, le permis revient à l'État. Mais qu'en fera-t-il » , s'interroge le fondateur et président honoraire des Intouchables 19,01, une association locale qui, depuis cinq ans, soupçonne les pétroliers de masquer, sous couvert d'exploration conventionnelle, des recherches de gaz et huiles de schiste. Or en juillet 2011, la France a interdit la fracturation hydraulique de la roche-mère seul moyen de libérer ces hydrocarbures controversés qui font depuis dix ans, la fortune des pétroliers aux USA.

Fameux entre tous, le permis de Château-Thierry avait défrayé la chromque. Lorsque le pétrolier Américain Hess Oil l'avait cédé à Vermilion en 2013 et 2014, son périmètre avait été divisé par deux, soit 382 km au lieu de 764 à cheval sur l'Aisne, la Marne et la Seine-et-Marne. L'opposition du collectif Carmen, un regroupement d'une vingtaine d'associations environnementalistes et de 150 membres, dont beaucoup d'élus locaux (souvent écolos) ne s'était pas apaisée pour autant. «Abandonner un permis, ce n'est qu'un début. Il faut abroger la totalité des 54 permis de recherche accordés partout en France et geler les 135 demandes de permis », assène Christine Lecque, porte-parole de Carmen

« Il faudra une génération pour sortir des énergies fossiles »

Un cade minier « trop favorable aux gaz de schiste »

L'une des craintes du collectif est qu'un futur gouvernement revienne sur la loi dé 2011 : « Emmanuel Macron, par exemple. s'est beaucoup investi dans la réforme du code minier dans le sens qu'attend l'industrie extractive. si favorable aux  az et huiles de schiste.

Or, il faut mettre ce code en débat, déclarer un moratoire SUT tous les permis, y compris conventionnels », estime Mme Lecque, Olivier. Alers, lui-même, dénonce le « revirement »  de Nicolas Sarkozy, aujourd'hui partisan d'une exploitation qu'il réprouvait hier, et se souvient de la position de l'ancien ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, favorable aux gaz de schiste sous couvert d'une extraction propre (c'est-à-dire sans fracturation hydraulique), ce que les opposants continuent de croire impossible.

Concrètement, l'abandon du permis de Château-Thierry ne représente pas un bouleversement colossal. Seules deux plates-formes avaient été construites par Hess Oil à Doue, en Seine-et-Marne, et à la Ferté-sous-Jouarre dans l'Aisne. Ce même site accueillait également un forage. « Son rebouchage est en cours et les deux, plates-formes construites en 2010. seront paysagées ici fin 2016 comme la loi nous en fait l'obligation », explique Jean-Pascal Simard, le directeur de communication de Vermilion en Europe.

Rendus à leur êtat agricole initiai, les terrains qui accueillaient ces équipements ne seront théoriquement plus accessibles à l'exploration pétrolière. Mais M. Simard n'explique par pourquoi Vermilion juge « insuffisant » aujourd'hui un potentiel pétrolier que Hess Oil, détenteur du permis depuis 2009, n'avait pas jugé bon d'abandonner hier. (c Les approches des deux compagnies sont différentes li, se contente de commenter M. Simard. Il faudra s'en contenter.

Dix permis en cours, trente demandes.

•.- Dix permis de recherches d’hydrocarbures conventionnels ont ete octroyes dans l’Aisne (1) la Marne (8) et les Ardennes (1), Ce dernier couvre 1176 km² !

•.- Une trentaine de demande de permis sont à l’instruction dont une vingtaine dans la Marne et huit dans l’Aisne, Aucun dans les Ardennes.

Le CHIFFRE : 32%

•.- Les réserves de gaz de schiste représentent environ un tiers des réserves de gaz naturel dans le monde

La PHRASE

•.- « On ne peut pas interdire le gaz de schiste sur le territoire français pour des raisons environnementales graves et en même temps accepter l'importation. »

Ségolène ReyaL ministre de l’Environnement.

Cilles  GRANDPIERRE

Extrait de l'union du 15/05/2016

    

    

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Quelques recettes pour fabriquer ses produits ménagers soi-même

Pour entretenir sa maison au naturel, rien de plus simple. Voici les gestes à adopter pour changer ses'habitudes et quelques recettes saines et efficaces.

 
Mathilde Garros, 39 ans, confectionne presque tous ses produits d'entretien dans sa cuisine. Remi Wafflart

Pas franchement reluisant, le résultat de l'enquête du magazine 60 millions de consommateurs sorti le mois dernier et consacré aux produits d'entretien : la quasi-totalité d'une centaine de références du commerce sont allergisantes, irritantes, corrosives. et/ou risquées pour l'environnement. A Merfy, Mathilde Garros, maman de trois enfants, est une véritable fée du logis, écolo depuis un peu plus de deux ans, depuis qu'elle a choisi d'adopter un mode de vie (presque) « zéro déchet » (notre édition du 6 janvier dernier), Nous la retrouvons dans sa coquette maison, « Depuis pas mal de temps, je réfléchissais à tous ces produits toxiques qu'on utilise pour nettoyer la maison, que l'on respire, que nos enfants respirent tous les jours, que l'on touche et que l'on envoie direct chez mère Nature… »

Elle commence par se documenter sur internet, teste plusieurs recettes, tente de remplacer un à un ses habituels produits d'entretien avant de réaliser que la clef de la réussite pour faire son ménage au naturel consiste d'abord à  « simplifier ». En changeant ses habitudes. « Je trouvais ridicule d'avoir un produit pour chaque endroit dans la maison. » Aujourd'hui, Mathilde n'utilise plus que quelques ingrédients de base et 5-6 flacons faits maison. « ll y a guère plus que le liquide vaisselle et la lessive écologiques que j'achète tout prêts.» Résultat : « Tout tient dans mon tiroir sous l'évier. » Cerise sur le gâteau bio, la maman en congé parental a réalisé de menues économies. Premier conseil : « Ne pas vouloir tout changer du jour au lendemain. Il vaut mieux procéder par étape. » Celle qui achète désormais son vinaigre blanc en bidon de 5 litres nous livre quelques recettes et astuces

•.- 1 - « Je conseille de commencer par ce simple geste : remplacer les 30 ml d'adoucissant classique par du vinaigre blanc, anticalcaire et désinfectant. » Il suffit de verser un volume équivalent dans le compartiment adéquat. C'est tout. « Et ça ne laisse aucune odeur ! » Libre à chacun de parfumer le vinaigre avec quelques gouttes d'huiles essentielles. Mathilde a opté pour une solution plus économique : « Je glisse des écorces d'orange ou de citron et je les laisse mariner. C'est moins entêtant que les fameuses « odeurs de propre ». Concrètement, un litre de vinaigre d'alcool coûte moins de 50 centimes d'euro quand un adoucissant premier prix revient à environ 1 € le 1 litre, soit plus du double.

•.- 2 – Un nettoyant multi-usages

Désinfectant et dégraissant, il s'utilise sur la table, dans la cuisine, la salle de bains, pour les sols carrelés ... Pour fabriquer ce nettoyant multi-usages, Mathilde mélange 200 ml de vinaigre blanc, 50 mI de liquide vaisselle, 500 ml d'eau et ajoute 5 gouttes d'huile essentielle au choix (citron, mandarine, eucalvptus, lavande ... ). « Certains ajoutent aussi des feuilles de menthe, mais je n'ai pas encore essayé. 11 La maman conserve le mélange dans une bouteille en verre sur laquelle elle fixe un spray réutilisable.

•.- 3 – Un anti-calcaire ultra-simple

Dans notre région, passer un coup d'éponge imbibée de vinaigre blanc ne suffit pas pour venir à bout du calcaire. Voici une recette imparable : mélanger 200 ml de vinaigre blanc et 2 cuillères à soupe d'acide citrique (on en trouve dans les magasins de bricolage). Pour un entretien régulier, préférer une formule moins concentrée : ajouter dans ce cas 500 ml d'eau. « Il est également possible de le gélifier en ajoutant de l'agar-agar. » Pratique pour la cuvette des toilettes.

•.- 4 – Huile d’olive ou savon  noir pour le bois

« J'ai quelques meubles en bois, poursuit Mathilde. Pour les nettoyer, j'ai testé la recette de Bea Johnson (auteur du best-seller « Zéro déchet » sorti en 2013 aux États-Unis, NDLR) : 250 ml d'eau, 250 ml d'huile d'olive auxquels j'ajoute 5 gouttes d'huile essentielle d'orange pour l'odeur. » Pour astiquer son parquet, elle utilise du savon noir liquide.

 •.- 5 – Une poudre maison pour le lave-vaisselle

Après plusieurs semaines de test, Mathilde vient de réussir à mettre au point une poudre pour lave-vaisselle :  « 400 g de cristaux de soude, 100 g d'acide citrique, 150 g de sel (gros ou fin) et 300 g de percarbonate de soude. Je  trouve tous les ingrédients dans les magasins bio. J'utilise la même dose qu'une poudre classique et je verse du  vinaigre blanc en guise de liquide de rinçage. »

•.- 6 – Vive les microfibres

« Si vous polluez moins avec vos produits ménagers, il va falloir aussi penser à remplacer les éponges classiques et l'essuie-tout par des microfibres, une matière qui nettoie, absorbe et dépoussière parfaitement. » Mathilde s'est même confectionnée des lingettes réutilisables « un côté microfibres, un côté coton. « Je les ai depuis plus de deux ans et elles tiennent le coup. » Aujourd'hui, la blogueuse ne met quasiment plus les pieds dans un supermarché.  « J'ai gagné du temps. Ça demande juste un peu d'énergie au départ, pour changer ses réflexes, prévient-elle. Mais ce n'est vraiment pas compliqué. »

AIice RENARD

Retrouvez les recettes et les bons conseils de Mathilde 'Garros sur son blog ; touteseulecommeunegrande.blogspot.fr

Extraits de l' union du 07/05/2016

    

    

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Quand l'électricité nait de la glace

 Loin des curieux, la centrale EDF de la Mer de Glace produit de l'électricité avec l'eau de fonte du Mont-Blanc, le plus grand glacier de France.


    Des ouvriers équipés de lampes frontales fignolent les travaux de maintenance hivernale de la centrale. AFP

Pour accéder au site, il faut monter à bord du téléphérique EDF des Bois, un hameaü de Chamonix où la Mer de Glace descendait encore au début du XIX' siècle. Elle est désormais cachée derrière la montagne, la glace ayant reculé d'un peu plus de -deux kilomètres depuis 1850.

A 1560 m altitude, au pied du Mont-Blanc, où des ouvriers s'activent dans de longues galeries creusées dans la roche, débouchant sur une immense cavité glaciaire

À la gare d'arrivée sur la falaise, débute une série de galeries creusées dans le granit puis un escalier abrupt de 320 marches. On accède alors à 1490 mètres d'altitude à l'endroit où les ingénieurs d'EDF, avaient aménagé leur première « prise d'eau » en 1973 pour capter le torrent sous-glaciaire qui va permettre de produire l'équivalent de la consommation annuelle d'électricité de 50.000 personnes. « Soit une ville comme Annecy », souligne Cyrille Perier, directeur du groupement d'exploitation hydraulique Savoie-Mont-Blanc.

Mais en 2009, le recul du glacier, sous l'effet du réchauffement climatique, a laissé ce captage à l'air libre. Des rochers sont tombés dessus, bouchant la prise d'eau. Heureusement, EDF avait pris les devants en reculant son captage un peu plus haut sous la glace. Et, depuis 2011, une nouvelle galerie de 1,1 kilomètre va chercher l'eau glaciaire encore plus en amont, presque à l'aplomb de la gare du Montenvers. Ce site touristique, accessible par un train à crémaillère, attire chaque année des centaines de milliers de curieux venus faire quelque pas sur le glacier.

L'eau de fonte canalisée dans une galerie

Sous leurs pieds, et sous cent mètres de glace, dès ouvriers équipés de lampes frontales fignolent les travaux de maintenance hivernale de la centrale, qui fonctionne à plein régime de mai à novembre, pendant la période de fonte, Michel Arizzi, guide de haute montagne au visage buriné par le vent, asperge la glace turquoise d’eau chaude pour éviter que la cavité ne se referme. « La glace avance de 20 centimètres par jour, on doit toujours entretenir », explique-t-il, L'eau de fonte, qui jaillit de la glace en jets puissants, est canalisée dans une galerie d'environ trois kilomètres de long et vient s'engouffrer dans un puits blindé de 300 mètres de haut, avant d'être turbinée dans une centrale nichée dans la montagne. L'ensemble de l'aménagement est presque invisible depuis la vallée.

L'an dernier, la Mer de Glace a encore perdu trois mètres d'épaisseur, selon les mesures des chercheurs du Laboratoire de Glaciologie et Géophysique de l'Environnement (LGGE) de Grenoble. Ils estiment que le front du glacier devrait encore reculer de 1,2 kilomètre d'ici à 2040, avec une marge d'erreur de plus, ou moins 200 mètres. Le captage d'EDF se retrouverait alors à nouveau à J'air libre. « On suit l'évolution du glacier, on va s'adapter », promet Cyrille Perier.

« On a encore de belles années de production devant nous », espère François-Régis Chevreau.

 Extraits de l' union du 23/03/2016

    

    

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L’avenir Incertain du nucléaire français

La date de fermeture de la centrale de Fessenheim et la prolongation des autres centrales nucléaires font de nouveau polémique.


Les Verts allemands viennent de sévèrement pointer la sécurité du site nucléaire de Cattenom, en Moselle. AFP

La confusion entretenue autour. de la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim et le débat sur la prolongation des autres centrales, tout récemment relancé par Ségolène Royal, interviennent dans un contexte compliqué pour la filière nucléaire.

•.- Quand Fessenheim doit -elle fermer ?

La centrale de Fessenheim, dans le Haut-Rhin, fermera-t-elle effectivement en 2016 comme l'a affirmé la ministre du Logement. Ex patronne d'Europe Écologie-les Verts, Emmanuelle Cosse, dimanche ? Ou en 2018, selon de précédentes déclarations de la ministre de l'Energie Ségolène Royal ? Le gouvernement a lié le sort de la plus vieille centrale française à celui du réacteur nucléaire EPR en construction à Flamanville, dans la Manche. La loi sur la transition énergétique fixe en effet un plafond pour la capacité du parc nucléaire des 58 réacteurs français, à son niveau actuel de 63,2 gigawatts (GW). EDF avant annoncé que l'EPR de Flamanville serait mis en service en 2018, cela oblige l'électricien à fermer Fessenheim à cette date.

•.- Fessenheim pourrait-elle être fermée en 2016 ?

Théoriquement, le plafond fixé par la loi n'empêche pas EDF de fermer avant 2018 cette centrale, critiquée pour sa vétusté par l'Allemagne et les écologistes, comme celles du Bugey, dans l'Ain, ou de Cattenom, en Moselle. Mais est-ce possible ? « Le processus est assez simple pour arrêter un réacteur » , assure Emmanuelle Cosse. « Il Ile suffit pas de tourner un bouton », avait précédemment déclaré Sêgolène Royal. Le vrai problème pourrait être « le cadre juridique de fermeture de Fessenheim qui n'est pas stabilisé », avance Arnaud Leroi, du cabinet Bain and Company, notamment sur l'indemnisation des actionnaires de la centrale, EDF, mais aussi l'allemand EnBW et les suisses Alpiq, Axpo et BKW.

.- Que vont devenir les autres centrales françaises ?

On n'a pas l'intention de fermer d'autres centrales, a dit à la mi-février son PDG Jean-Bernard Lévy, même s'il entend respecter la loi qui vise une réduction de 75 % à 50 % de la part de l'atome dans la production d'électricité d'ici à 2025. La ministre de l'Énergie a même indiqué qu'elle était prête à donner son feu vert pour prolonger la durée de vie des réacteurs, qui passerait de 40 à 50 ans.

Elle n'a en revanche pas précisé combien de réacteurs seraient concernés. Selon des documents provisoires dévoilés par l'avocat Arnaud Gossement, le gouvernement envisageait d'« engager, au cours de la première période de la programmation pluriannuelle de l'énergie (soit entre 2016 et 2018, NDLR) les investissements pour préparer une première tranche de 25 GW de prolongations (40 % du parc) ». Reste à savoir si cette décision sera maintenue dans la version finale de la PPE. Il reviendra ensuite à l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) de donner son accord pour la prolongation de chaque réacteur

•.- Quelles conséquences pour EDF ?

 EDF a prévu un vaste programme d'investissements d'environ 50 milliards d'euros pour allonger la vie de ses centrales, ce qui lui permettra d'étaler davantage la durée d'amortissement du parc nucléaire dans ses comptes et donc d'améliorer son équation financière.

EDF, endetté à hauteur de plus de 37 milliards d'euros, doit aussi financer le rachat de la branche réacteurs d'Areva, une partie de la construction du site d'enfouissement des déchets radioactifs Cigeo, tout en se développant dans les énergies renouvelables.

L'EPR, un fleuron qui accumule les revers

L'EPR est un réacteur nucléaire de troisième génération conçu pour offrir une puissance et une sûreté améliorées, mais dont les deux premiers prototypes en construction, en France et Finlande, ont accumulé les revers. Lancée en 1992, cette technologie présentée comme le fleuron de la filière nucléaire française a été développée en collaboration par le français Areva et l'allemand Siemens, au sein de leur filiale commune Areva NP, dont Siemens s'est, depuis, retiré. Conçu pour fonctionner 60 ans, l'EPR se base sur la technologie des réacteurs a eau sous pression, la plus utilisée dans le monde. Il offre une puissance très élevée (1650 mégawatts) et, selon Areva, consomme 15% de combustible de moins qu'un réacteur à eau pressurisée classique, avec 10% de déchets radioactifs à vie longue en moins. Quatre EPR sont en construction dans le monde. Le premier chantier a été lancé à Olkiluoto (Finlande) en 2005, pour le compte de l'électricien TVO, avec Areva et Siemens directement maîtres d'œuvre. Mais les contretemps et dérapages budgétaires se sont accumulés. La centrale devrait finalement entrer en service « fin 2018 », selon TVO, plus de neuf ans après la date initialement prévue. Le deuxième EPR, en chantier depuis 2007 à Flamanville, a également accumulé les déboires. Deux autres EPR sont en construction à Taishan, en Chine, par une coentreprise détenue à 51% par l'électricien étatique chinois CGN, à 30 % par EDF et, depuis 2012, à 19% par l'électricien de la province du Guangdong,

REPERES

LE DIRECTEUR FINANCIER· D’EDF CLAQUE LA PORTE

•.- EDF a confirmé hier la démission de son directeur financier.

•.- Il était en désaccord sur «Ia faisabilité â court terme » du projet de construction EPR à Hinkley Point. en Angleterre.

•.- Paris et Londres ont renouvelé, hier, leur soutien à ce projet.

•.- LE CHIFFRE : 23,2 Milliards d’€

Le projet gigantesque d’ Hinkley Paint est évalué à 23,2 Milliards d’€.

•.- LA PHRASE

« Le processus complet de fermeture prend quelques dizaines d’années. Mais on peut techniquement mettre en arrêt une centrale. On peut l’empêcher ds produire demain matin. »

 Arnaud Leral, cabinet en stratégie et management. Bain and Company

 Extraits de l' union du 01/03/2016

    

    

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La résistance enfle contre les éoliennes

Des Ardennes au sud de la Marne en passant par la Thiérache, des associations se constituent contre l'arrivée massive des éoliennes. Leurs membres veulent sauver les paysages.


Carte des implantations. réalisée par l'association de défense née aux Essarts-lès-Sézanne. Montage l’union

Les mouvements de résistance contre «l'invasion) des éoliennes naissent un peu partout dans la région. « C'est une catastrophe. Ils veulent nous faire le plus gros parc éolien d'Europe au Mont des Quatre Faux. On en a déjà partout. Des parcs à Leffincort, Machault, Pauvre, Hauviné, Rethel, Avançon, Annelles sont en cours de construction, une enquête publique est en cours à Sémide. Nos élus sont-ils devenus fous ? », demande Philippe Lebé, président de la toute nouvelle association de défense des riverains du Mont des Quatre Faux, situé dans les Ardennes, entre Pontfaverger et Juniville.

« Une vision à court terme »

« Nous avons déposé nos statuts il y a une semaine. Nous allons tout faire pour empêcher ces nouvelles implantations. Neuf communes sont concernées. Ils veulent nous installer 71machines hautes de 200 mètres. Nos paysages vont être gâchés. » Des tracts ont été distribués dans les neuf communes. L'association compte ensuite écrire au préfet pour lui demander de suspendre le projet. « On demandera également aux élus d'organiser un référendum. Eux ne voient que l'intérêt financer immédiat des éoliennes mais, selon nous, c'est une vision à court terme.» Le gain financier n'a toutefois rien d'anodin. « Les éoliennes géantes peuvent rapporter à son propriétaire, 20.000 euros par semaine ! », révèle Valérie Bemardeau. En Thiérache, elle aussi continue activement la lutte avec son association. « Dans le nord de l'Aisne, il va y avoir un parc éolien tous les 5 kilomètres », se désole-t-elle. La présidente de « SOS Danger Éolien » continue à traquer les élus municipaux qui se font installer des éoliennes sur leur propre terrain. « J'ai soixante dénonciations chez le procureur mais pour l'instant aucune nouvelle de la justice. » Aux Essarts-lès-Sézanne, au sud de la Marne, les choses bougent Là-bas aussi les habitants viennent de monter une association. « Nous sommes déjà 58 adhérents et notre pétition dépasse les cent signatures », précise Jacques Bilesirno, secrétaire de l'association. Ils ne veulent pas voir arriver quatorze éoliennes à 750 mètres de leurs fenêtres. L'un des habitants a déposé plainte contre plusieurs élus, dont la maire, car ils ont prévu une éolienne sur leur propre terrain. Dans un souci d'apaisement, la maire a décidé, lundi soir, de faire annuler les délibérations et même de faire adopter une délibération défavorable au projet. « On était un village bien tranquille jusqu'à cette affaire d'éoliennes. Je pense qu'on se fait un peu avoir avec ces projets. Aujourd'hui, notre image d'élu est altérée alors qu'au moment de la première délibération, le 24 janvier2013, on ne connaissait pas encore les emplacements des éoliennes. Notre objectif était de rapporter des revenus à la commune. Ils nous avaient alors promis entre 80.000 et 90.000 euros par an. » Que la commune donne un avis défavorable n'empêche pas le préfet, s'il le souhaite, d'autoriser l'implantation. Le combat de l'association va se poursuivre. « D'autant plus qu'il y a d'autres projets en gestation dans le coin. Ils veulent en mettre partout. »

Catherine FREY

Extraits de l' union du 24/02/2016

    

    

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L'interdiction des sacs plastique un véritable casse-tête

La loi prévoit l'interdiction des « sacs de caisse en matières plastique à usage unique »
 En attendant le décret d’application, commerçants et industriels  naviguent à vue.


Le début de l’année 2016 était censé marquer la fin d’une époque : velle des sacs en plastique à sage unique. AFP

Monji Ben Amar a caché des liasses de sacs en plastique sous la caisse de son épicerie parisienne pour ne pas les distribuer mais « les clients les exigent », se plaint-il, alors que leur interdiction est censée être effective depuis le 1er  janvier. « Pour une canette ou même une barre chocolatée, ils veulent un sac plastique », déplore l'épicier de quartier. L'interdiction des sacs à usage unique en caisse reste en réalité suspendue à la publication d'un décret d'application. Certains commerçants continuent donc d'en distribuer sans risquer de sanctions et les industriels de l'emballage sont en quête de détails pour savoir quels sacs produire. « La filière est dans l'attente », confirme Marc Madec, directeur développement durable de la Fédération nationale de la plasturgie et des composites. Aujourd'hui, si les commerçants ne distribuent plus de sacs à usage unique, c'est uniquement de « la bonne volonté », poursuit-il, « car il manque une base légale pour les contrôles. »

« On attend le décret pour investir dix millions d’euros »

La loi sur la transition énergétique, promulguée en août, prévoit l'interdiction des cc sacs de caisse en matières plastiques à usage unique, gratuits ou payants. Lesemballages ou sacs plastique qui ne sont pas en caisse, utilisés notamment pour les fruits et les légumes en rayon, ou sur les marchés, doivent suivre au 1er  janvier 2017.

Le décret sera prêt pour la fin mars, assure-t-on du côté du ministère de l'Écologie. Des échanges sont en cours avec la Commission européenne pour définir les caractéristiques techniques de l'interdiction. Le texte fixera notamment les seuils d'épaisseur et de contenance au-dessus desquels les sacs seront autorisés. « On attend le décret pour investir dix millions d'euros », explique John Persenda, PDG du groupe Sphere, l'un des plus gros fabricants de bioplastique en Europe, qui commercialise notamment auprès du grand public les films alimentaires Alfapac. Sphere a déjà investi 45 millions d'euros, selon M. Persenda, pour concevoir des emballages biodégradables et compostables à partir de fécule de pomme de terre pour les fruits et légumes. « Cette mesure nous ouvre un marché d'une trentaine de milliers de tonnes », explique-t-il. « Ces emballages étaient en grande majorité importés d'Asie. Mais les Asiatiques n'ont pas la technique pour répondre aux nouvelles nonnes », ce qui laisse de la place pour de nouveaux acteurs. Pour lui, une course contre la montre s'engagera dès la publication du décret pour être prêt au 1er  janvier 2017.

Cette loi, c’est une aberration. Nos clients ne sauront plus comment faire »

Bruno GUELY, industriel en Isère

Bruno Guely, qui produit des sacs plastique avec son frère à Tullins, en Isère, redoute de son côté, de mettre la clef sous la porte une fois que l'interdiction sera actée. « Cela fait quarante ans qu'on fournit en sacs des bouchers, des charcutiers, des petits commerçants... Cette loi, c'est une aberration. Nos clients ne sauront plus comment faire », explique-t-il. « Nous faisons (aussi) des sacs bio-sourcés (à partir de matières végétales) mais ils sont trois fois et demie plus chers (à produire) que ceux en polyéthylène », poursuit ’il. Moins vendus car plus onéreux, ces sacs fabriqués à partir d'amidon ne suffiront pas pour que son entreprise survive à l'interdiction, craint ’il. « En attendant, ce sont les sacs papier qui en profitent, car les enseignes doivent bien se fournir quelque part », remarque Marc Madec.

Des stratégies différentes en Europe

 Si tous sont d'accord pour réduire leur consommation de sacs plastique afin de limiter la pollution, les pays européens ont adopté des stratégies différentes, sans forcément opter pour l'interdiction comme la France. Tour d'horizon chez nos voisins.

En Allemagne, les sacs plastique ne sont pas interdits en caisse mais les commerçants, notamment les chaînes de supermarché, les font payer, généralement 10 ou 20 centimes la pièce. Pour éviter de se retrouver avec une loi contraignante comme en France, la fédération du commerce de détail HDE planche sur un engagement volontaire du secteur qui verrait chacun fixer son propre prix.

En Grande Bretagne, la loi ne prévoit pas d'interdiction pour les sacs plastique à usage unique, mais les commerces avec 250 ou plus d'employés doivent les faire payer 5 pence (environ 7 centimes), une taxe du gouvernement en vigueur depuis octobre, Les sacs biodégradables sont aussi concernés par la mesure. L'argent récolté sera reversé à de bonnes causes, promet Londres qui espère en tirer environ 950 millions ros pendant les dix prochaines années.

L’Italie a interdit dans les supermarchés et les magasins les sacs en plastique dès 2011, une décision alors que le pàys faisait face à un grave problème de déchets (l'Italie consommait à elle seule le quart des 100 milliards de sacs en Europe). Ceux-ci ont été placés par des équivalents en matière biodégradables ou en papier. lIs sont payants dans certains supermarchés. Les commerçants - généralement des petites boutiques - qui distribuent encore des sacs en plastique s'exposent à des amendes de 2500 à 25 000 euro.

L’Espagne n'interdit pas les sacs plastique en caisse, mais au niveau régional, les communautés autonomes ont pris des initiatives pour limiter leur consomation. La Catalogne, par exemple, interdit la distribution gratuite de sacs en plastique à usage unique sur son territoire depuis le 1er janvier, L'Andalousie, la région la plus peuplée du pays, impose une taxe de cinq centimes depuis 2011 sur chacun de ces sacs.

LE NOUVEAU SAC COUTERA PLUS CHER.

•.- Les nouveaux sacs, qu'ils et les consommateurs. 1soient en tissu, en papier ou Monoprlx a annoncé , bio-sourcés, coûteront plus char, que tous les sacs distribués 1 Un surcoût que porteront en caisse deviendront payants f les commerçants... à partir du lef février.

•.- Le CHIFFRE : 3.000

Emplois ,sont menacés par cette intrdiction, selon la Fédération de la plasturgie.

 •.-  LA PHRASE

« En attendant le décret, qui va fixer les critères techniques de l'interdiction, on est dans le flou. Quelle est, par exemple, la définition du sac de caisse ? »

Marc Marier. directeur développement durable

Extraits de l' union du 24/01/2016

    

    

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Autour du laboratoire de Bure, on met la nature en conserve

L'écothèque de Bure, dans la Meuse, veut garder en mémoire les éléments naturels qui composent l'environnement de Cigéo, le possible (et controversé) stockage souterrain de nos déchets nucléaires.

Les 1.728 mètres Itinéraires de la pédothèque permettront à terme d'accueillir soixante tonnes d'échantillons secs conservés à 18°C.


L’espace où seront stockées 4 tonnes d'échantillons cryogénisés.

S'ils y arrivent un jour, les premiers déchets hautement radioactifs produits par J'industrie nucléaire française ne gagneront pas le sous-sol de Bure, entre Meuse et Haute-Marne, avant une quinzaine d'années. Mais les chercheurs de l'Andra (agence nationale de gestion des déchets radioactifs) s'interrogent déjà sur les conséquences que pourrait avoir sur son environnement un tel stockage (également appelé Cigéo *) si contesté par les antinucléaires, Les adversaires de l'enfouissement craignent en effet que nos lointains descendants finissent par oublier, dans quelques siècles, que notre génération a enterré ces déchets par 500 mètres de fond.

Or conserver pour se souvenir, c'est précisément l'objectif d'une écothèque, autrement dit une banque d'échantillons naturels prélevés dans les prés, les cours, d'eau ou les forêts qui entourent l'actuel laboratoire sur une zone de référence de 240 km².

Des « biobanques » comparables existent déjà dans d'autres pays (Allemagne, Japon, Norvège, USA) mais appliquées à des activités industrielles d'une autre nature ou avec des priorités différentes, En Europe, c'est la première fois qu'une écothèqus est développée autour d'un site à caractère nucléaire.

C'est surtout la première fois qu'elle porte sur une quantité si importante d'échantillons (200.000) et pendant si longtemps. À terme. la conservation de quelque 70 tonnes de matrices- pendant un siècle devra en effet permettre de .mesurer J'impact du stockage à partir de l'état de référence initial des prélèvements effectués entre 2007 et 2017. Autrement dit, il s'agit d'établir actuellement une:. sorte d'état zéro de l'environnement basé SUl' l'étude de plusieurs cycles saisonniers.

Conservés à - 170°C

Planté à quelques dizaines de mètres du laboratoire de l'Andra, le bâtiment flambant neuf de l'écothèque a coûté 6 millions d'euros, et son fonctionnement pèse chaque année, quelque 400 000 E. Il est l'élément le plus spectaculaire de « l'observatoire pérenne de l'environnement » (OPE) créé par l'agence en 2007 pour assurer le suivi des sols, de la faune, de la flore, de l'air et des eaux autour de Bure. Une quinzaine de chercheurs s'activent dans cet OPE mais seuls quatre sont affectés à l'écothèque elle-même.

Depuis huit ans, le travail de ces techniciens du vivant consiste d'abord à collecter les échantillons à intervalles réguliers, À raison de un à quatre prélèvements annuels, la récolte a débuté par les pollens, les fruits et légumes, Je miel ou le lait. Elle se poursuivra d'ici 2017 par les poissons, les lichens, les gibiers et des céréales.

Mais ce sont les conditions de conservation de ces matrices qui étonnent le plus. Une partie des échantillons (fruits, légumes, miel, pollens ...) est cryogénisée, c'est-à-dire conservée dans l'azote liquide à -170°, après avoir été transformée à l'état de glaçon, réduite en poudre et introduite dans de minuscules flacons rangés dans des bacs en Inox qui occupent cinq cuves installées au sous-sol de l'écothèque. D'autres échantillons (sols, eaux, os... ) seront surgelés à -8O° mais la plus grande part des matrices bénéficiera d'une conservation sèche à 18 ° et stocké sur les 1728 mètres linéaires d'une pédothèque. La conservation sèche concerne essentiellement les végétaux (lichens, mousses ... ou des échantillons de feuilles ou de céréales. »

« A raison d'une tonne d'échantillons prélevée chaque année, nous disposons actuellement d'une capacité de stockage d'une vingtaine d'années, explique Jean-Patrick Verron, l'ingénieur environnement responsable de l'écothèque (voir • par ailleurs), Pour mener à bien cette tâche inédite, l'OPE s'est associée avec des laboratoires privés et publics (CNRS-INRA), I ‘université de lorraine, Météo France et même la fédération de pêche ... L'Andra a aussi intégré le réseau international des écothèques. »

Une journée portes ouvertes au public dimanche prochain

Dimanche 17 septembre, le laboratoire souterrain du Centre de Meuse Haute-Marne à Bure accueillera le public. de 11h à 18h. En rencontrant les collaboraleul5 de l'Andra. Le public pourra prendre la mesure du projet et de son calendrier, se rendre compte du programme de creusement et de construction prévu, découvrir le mode d'exploitation de Cigéo, comprendre les règles de sûreté. Cette journée est ouverte à tous, prévoir un temps de visite de 2h environ, les plus jeunes pouront profiter d'animations ludiques et pédagogique propos »s dans les bâtiments d’accueil du public. Pour tout renseignement, contacter le 0 805 107 907


Les échantillons seront conservés dans l'écothèque pendant au moins cent ans.

3 Questions à


Patrick VERRON

« Notre devoir, cest de protéger l'environnement ! »

Patrick VERRON est ingénieur en environnement et responsable technique de l'écothèque de Bure,

*.- L'écothèque à installé cinq ruches autour du laboratoire. Dans quel but ?

 Cette initiative fait suite à une étude lancée en 2009 sur le comportement des abeilles. Il est question ici de récupérer des matrices apicoles, du miel et du pollen. Cette récolte a lieu deux fois dans l'année, au printemps et en été. Nous en gardons à chaque fois deux kilos que nous mélangeons ensuite afin d'être cryogénisés. Même si elle peut paraître a priori curieuse, cette observation est pertinente , pour deux raisons. La première raison est que les abeilles évoluent généralement dans un rayon de deux ou trois kilomètres autour de la ruche, donc dans un environnement très localisé. La deuxième raison est que le miel et le pollen sont deux marqueurs représentatifs de la diversité de la flore autour de Bure. Le miel permet de mesurer le « bruit de fond », comme on dit, c'est-à-dire les traces de tout ce qu'on peut trouver dans l'environnement. Le pollen, lui, est une matière brute qui permet d'évaluer et de mesurer la présence d'éventuels polluants. Toutes les analyses polliniques sont réalisées avec un laboratoire privé. Quand au miel, nous en conservons une partie et le reste, nous le distribuons en interne ou aux acteurs locaux.

*.- Parmi les dispositifs de csurveillance de l’environnement en France et à l’étranger, l’écothèque de Bure est présentée comme un équipement exceptionnel.  Pour qu’elle raison ?

 D'abord parce que l'écothèque est adossée au projet Cigéo qui est unique en France et en Europe, Ensuite parce qu'il est mis en œuvre sur un temps long, de l'ordre d'une centaine d'années. Un suivi environnemental sur une telle échelle de durée, c'est peu courant. Enfin, l'observatoire pérenne de l'environnement (OPE) dont l'écothèque n'est qu'un élément est exceptionnel aussi par la surface êtudiée, de l'ordre de 900 kilomètres carrés. L'écothèque elle-même travaille sur une zone plus localisée qui a l'avantage de rassembler des écosystèmes différents - la forêt, la prairie, les cultures - mais suffisamment étendue pour nous permettre de recueillir le plus grand nombre, possible de matrices.

*.- Les adversaires du projet de stockage souterrain de Bure dénoncent l’alibi que constituerait la création de cet OPE et de l’écothèque. Selon eux, c’est ine façon pour l’Andra de se donner bonne conscience. Que leur répondez-vous ?

Je ne partage pas ce point de vue, mais c'est le scientifique qui parle. Il me semble qu'il est du devoir de tout industriel de protéger son environnement, a fortiori quand on travaille sur un projet qui vise, s'il se réalise, à accueillir les déchets radioactifs les plus dangereux. Les personnels qui travaillent à l'OPE ne sont pas dans l'esbroufe et l'Andra n'est pas dans l'affichage. Certes, nous disposons d'importants moyens mais l'écothèque n'est pas une réalisation qui fonctionne coupée de tout. Nous formons beaucoup d'étudiants. accueillons beaucoup de chercheurs, de France et de l'étranger, qui regardent ce qui se passe ici avéc beaucoup d'intérêt.

Un inventaire national des déchets radio actifs


A terme. 25.000 mètres de galeries seront creusées dans le sous-sol de Bure par 500 mètres de fond.

L'Audra a publié le 18 juillet dernier l'inventaire national des matières et déchets radioactifs. Édité tous les trois ans, ce recensement permet de prendre la mesure des stocks de déchets de toute nature produits par les installations nucléaires françaises, civiles et militaires. Mais il évoque aussi les quantités prévisionnelles de déchets estimés fin 2020, fin 2030 et à la fin du siècle.

Fin 2013, selon ce document, la France comptait 1.460.000 mètres cubes de déchets, contre 1.320.000 m3 fin décembre 2010 mais elle devrait en compter trois fois plus en 2095 (4,3 millions de m3) ! Actuellement, les centrales sont à l'origine de 60 % des déchets radioactifs, devant le secteur de la recherche (27 %),Ia Défense (9 %), l'industrie hors nucléaire (3%) et le secteur médical (1%).

L'une des informations les plus édifiantes de cet inventaire porte sur le degré de nocivité de ces déchets dont 30 % du volume global constituent des déchets de faible radioactivité, selon l'Andra. En l'occurrence il s'agit de gravats, de béton ou de terres provenant du démantèlement des installatons. « Mais ils ne représentent qu une quantité négligeable de la radioactivité totale » précise l'organisme. 60 % du volume sont des déchets à haute et moyenne activité et à vie courte (FMA-VC) liés à l’exploitation des centrales. Ces vêtements, ces outils ou ces gants ne représenteraient « que » 0,02 % de la radioactivité totale : 6 % sont des déchets historiques dits de faible activité (0.01 % de la radioactivité totale). Les déchets de moyenne activité et vie longue (MAVL) représentent 3 % du volume et 2 % de la radioactivité.

Enfin et surtout, les déchets de haute activité ne pèsent  « que» 0,2 % du volume global mais 98 % de la radioactifs viré totale ! Ce sont eux qui seraient accueillis à Bure si le stockage se réalise. Actuellement, 90 % du volume global de tous les déchets sont stockés en surface dans l'Aube (à Soulaines-Dhuys et Morvilliers).

LES REPERES

*.- Cinquante experts à Nancy

50 experts venus de 17 pays ont assisté fin juin à Nancy à une rencontre internationale des banques d'échantillons.

*.- Un système d'observation en continu »

Dans l'entrée de l'écothèque, une carte au sol permet de localiser la vingtaine de stations d'observation des eaux, des terres, de l'atmosphère ou des forêts installées autour du laboratoire de Bure (photo de gauche).

*.- INFORMATIONS .  

Visites gratuites les samedis et dimanches de 15 à 18 heures (au préalable, téléphoner au 805107·907, sur internet: Andra.fr

*.- Le CHIFFRE 2020

La date à laquelle pourrait débuter la construction du stockage de Bure si l’autorisation est accordée. Après une phase pilote, l’exploitation commencerait vers 2035.

*.- La PHRASE

« En matière de surveillance de l'impact du labo sur son environnement, on fait plus que ce qu'exige la règlementation. »

Marc-Antoine Martin, porte-parole de l’Andra.

Gilles GRANDPIERRE

* Cigéo: centre industriel de stockage géologique.

Extrait de l'union du 24/10/2015

    

    

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La Marne, pays des marais ! 

 Notre département abrite un grand nombre de marais, qui sont un refuge de premier choix pour la faune et la flore locales. Ces milieux exceptionnels permettent à des espèces parfois très rares de survivre. itinéraire découverte.

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la Boulaie de Han au marais de la vesl
e 

Lorsque l’on évoque les marais, on pense tout de suite à de grandes étendues d’eau, des roseaux immenses et une myriade d’insectes. Cette image d’Épinal n’est pas si éloignée de la réalité. En ce printemps, La Marne > Le MaG vous propose de découvrir ces paysages uniques, que l’on ne peut que très rarement visiter. Notre département compte de nombreux marais, mais quatre d’entre eux sont particulièrement réputés : le marais de Saint-Gond, dans la vallée du Petit-Morin ; le marais de la Superbe, près de l’Aube ; les marais de la Vesle en amont et aval de Reims et, enfin, le marais du Vivier de Chenay, une zone humide très sensible.

Caractère sauvage

Les marais sont certes des zones humides, mais n’allez pas imaginer de grands lacs sur lesquels il est possible de naviguer ! Au contraire, l’eau y est omniprésente mais elle se mélange à la tourbe et aux roseaux, empruntant tout de même parfois de petits sillons qui zigzaguent dans la végétation. L’ensemble offre un paysage sauvage et touffu, au coeur duquel les espèces animales et végétales apprécient grandir ou se cacher. Un tel environnement n’est pas vraiment propice aux grandes promenades en famille. Cependant, le Conservatoire du patrimoine naturel de Champagne-Ardenne propose quelques visites durant les beaux jours, sur des sentiers aménagés (lire notre encadré). Car l’intérêt de ces marais, outre le simple plaisir de se laisser surprendre par un paysage original, est d’observer les oiseaux, insectes, fleurs et plantes qui ont élu domicile dans cet environnement qui peut sembler hostile pour l’homme.

Le respect de la biodiversité

Les marais sont un véritable poumon pour la biodiversité locale. Autrement dit, ils permettent à certaines espèces de continuer à vivre dans notre département. Le Busard des roseaux ou la Gorge bleue à miroir, par exemple, sont des oiseaux qui affectionnent particulièrement les roselières et les petites surfaces d’eau. Les insectes, également, sont friands de cet environnement humide propice à leur développement : la Cordulie à corps fin, l’Agrion délicat, l’Agrion de Mercure ou l’Azuré des Mouillères comptent parmi les espèces d’insectes les plus emblématiques des marais. La fl ore est, elle aussi, exceptionnelle, spécifi quement dans les marais de Saint-Gond ou du Vivier de Chenay, qui accueillent les uniques stations de certaines espèces végétales dans la région. Parmi les espèces végétales remarquables, on peut noter la Grande Douve, une jolie fl eur jaune d’or, l’Oeillet superbe, d’un rose poudré, le Rubanier nain, l’Orchis négligé ou encore la Grassette, qui est l’une des rares plantes carnivores de notre département.

Pourquoi protéger ces milieux ?

Les marais de la Marne ont, dans le courant du XXe siècle, beaucoup souffert : assèchement et drainage, abandon (ces terres étaient considérées comme « incultes »), plantation de peupliers, exploitation de tourbe, urbanisation, etc. Aujourd’hui, leur protection est une priorité, non seulement pour préserver l’habitat des espèces locales, mais aussi parce que ces marais rendent service à l’homme. Ils agissent, par exemple, comme un fi ltre, où les matières en suspension sont déposées dans le fond, contribuant ainsi à la limpidité de l’eau. Certaines plantes ont la faculté d’emmagasiner les polluants dans leurs racines, purifi ant ainsi les eaux. Les zones humides sont aussi comme d’immenses réservoirs, qui retiennent l’eau pendant les crues pour la libérer lors des sécheresses estivales.

Les marais sont donc des milieux très sensibles, indispensables à la survie de certaines espèces mais aussi à l’équilibre de notre environnement.

Prenons-en soin !

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Tapis de mouron délicay

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 Parnassie des marais  

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Rainette arboricole


Le Conseil général protège les Marais

Le Conseil général s’investit aux côtés du Conservatoire du patrimoine naturel de Champagne-Ardenne depuis le milieu des années 1990. Cette structure gère en effet, parmi les 450 hectares de milieux naturels qu’il préserve sur l’ensemble du département, plus de 200 hectares de marais et met en oeuvre des actions concrètes pour protéger ces milieux sensibles. Le soutien du Conseil général permet depuis toutes ces années d’établir des plans d’actions écologiques, avec des moyens parfois expérimentaux et innovants, pour le respect de la biodiversité. Et les résultats sur le terrain sont au rendez-vous.

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Grande Douve

Des visites exceptionnelles

Le Conservatoire du patrimoine naturel de Champagne-Ardenne propose quelques visites thématiques dans les marais, encadrées par un guide. Il existe aussi un sentier de découverte des marais de Saint-Gond en accès libre, situé sur la réserve naturelle régionale du marais de Reuves. Un balisage et des bornes thématiques permettent de découvrir le territoire selon différents thèmes : le patrimoine naturel, la gestion mise en place par le Conservatoire, les anciennes pratiques sur le marais, etc. Il est ouvert du 1er avril au 30 août.

en savoir plus : Conservatoire du patrimoine naturel de Champagne-ardenne :

03 26 56 35 11 ou www.cpnca.org

Extrait de LAMARNE > LEMAG N° 21 de 01/2009

    

    

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