Nature  Animalière
 

Nature Grand Reims

 Parcs Rémois - Parc de la Forêt d'Orient - Parc Montagne de Reims - Parcs Naturels - Parc de Sept-Saulx

 

Répertoire 

La Presse

 

  

 Ces animaux momifiés  de la vallée de Memphis
Il croquait ses proies comme le piranha d’aujourd’hui

Des espèces animales en danger 

Le maki catta, cet étonnant lémurien

Les jeunes diplodocus étaient différents de leurs parents

Plus de cent signalements de frelons asiatiques

Peste porcine : les chasseurs se rebiffent

Ces curieux habitants des grandes profondeurs océaniques
P
ourquoi le redouté frelon asiatique s’installe en France
Une chauve-souris enragée à la maison

L’incroyable garde-robe des coccinelles
Un fossile qui renseigne sur les dinosaures volants

Lorsque l’insuline fait la reine des fourmis

À la chasse aux phoques

Lorsque les dents de la mer parlent des requins

L’anthrax sévit dans les pâturages
Préserver les nids  des hirondelles
L’anthrax sévit dans les pâturages

Ce très vieux panda qui garde ses secrets 

La peste ne doit pas arriver
La baleine boréale compose et interprète

Les sangliers sans pitié

Un cheval aux multiples attraits

Sur les pas des chirurgiens du Néolithique

Un ichtyosaure plus grand qu’une baleine bleue

Le petit oiseau ne sort plus

Pourquoi les élevages suscitent autant d’animosité

L’archéoptéryx était bien un dinosaure volant
Lorsque ('histoire des équidés est remise en cause
Découverte surprise de plus d’un million de manchots Adélie isolés en Antarctique

Le loup, un débat toujours aussi passionné
Le blaireau, une espèce en danger
L’homme doit sauver d’urgence les insectes de la planète
Carnet de vol et de santé des chauves-souris d’hier
16.000 grues hivernent au lac du Der
Ces nouvelles espèces  découvertes presque par hasard

2017
LA SURVIE DU PANDA EST UN MIRACLE

Les pigeons n’ont pas une cervelle de moineau

Les sangliers se rapprochent du centre
Ils veulent faire revivre le lion des cavernes

Un véritable trésor paléontologique vient d’être dévoilé près de Lyon

Très rapides pour survivre

Ces oiseaux de Paradis, arc-en-ciel de la beauté

Ces bestioles essentielles à la vie des hommes

Défenseur du silure

Ces dinosaures du crétacé qui aimaient herbe et crustacés

Patagotitan, géant fossilisé

Ces vers marins trois fois centenaires

L’extinction de masse des animaux atteint des records

La fouine, animal nuisible … ou pas !

Un chien-loup rôde dans la campagne

« Le loup devrait continuer vers· les Ardennes »
Un loup aperçu à l’entrée de Pomacle ce jeudi soir

Les confidences de l'embryon d'un casoar géant

  2016

Les castors se plaisent en bord de Meuse
A l’affût des grues du nord au sud

N’ayez pas peur du loup !

Massacrés pour « l'ivoire rouge »
L’enfer vert menace l’Europe
Rencontrez le boto, ce dauphin rose qui évolue en eau douce
Invasion de chenilles et de plantes dangereuses pour l'homme
Prenez garde aux rencontres mordantes
Victimes des sacs plastiques
Fini le commerce de l’ivoire en France
La maladie de la langue bleue est de retour

 2015

 Une grande fête en l'honneur du retour des grues cendrées

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 Ces animaux momifiés  de la vallée de Memphis 

Des momies de scarabées vieilles de 2 600 ans ont été découvertes  en plus de chats, et de serpents, dans la nécropole de Saqqarah, en Égypte,   par une mission locale d’archéologues qui a enrichi son patrimoine de données. 


Des dizaines de chats  momifiés ont été trouvés.AFP

Sept tombes, dont quatre qui datent de plus de 6 000 ans, ont été mises au jour sur le site de Saqqarah, près du Caire, par une mission archéologique égyptienne avec notamment des scarabées et des chats momifiés, ont confirmé les autorités à la mi-novembre. La découverte a eu lieu près d’une zone difficile d’accès proche du complexe funéraire d’Ouserkaf dans la nécropole royale de Saqqarah, capitale de l'Ancien Empire, a indiqué le ministre des Antiquités égyptiennes Khaled el-Enany.

DES CHATS EN NOMBRE

Trois de ces sépultures remontent à l'époque du Nouvel Empire, dans la seconde moitié du deuxième millénaire avant notre ère . Elles ont été employées comme nécropoles pour accueillir les dépouilles de chats de différentes tailles. Les quatre autres tombes sont de l'Ancien Empire, soit 4300 ans avant J.-C. La plus importante est incontestablement celle de Khufu-Imhat, gardien des édifices qui appartenaient au palais royal. Elle aurait été construite à la fin de la V edynastie et au début de la VI e , d’après le communiqué diffusé par les autorités égyptiennes. Une mission française, par le passé, avait déjà fouillé la partie est de ce site et y avait découvert de nombreuses momies d'animaux, confectionnées avec soins.

Pour les égyptologues, le site de Saqqarah est une vaste nécropole de la région de l'ancienne Memphis, où a été établi un important réseau de tombes ainsi que les premières pyramides pharaoniques. Le secrétaire général du Conseil suprême des antiquités, Mostafa Waziri, a indiqué que la mission égyptienne, travaillant sur le site depuis avril 2018, avait aussi exhumé les premiers scarabées momifiés jamais découverts dans cette nécropole. On connaissait déjà cette pratique mais on ne savait pas qu’elle avait été pratiquée sur ce site. «Enveloppés dans du lin, deux grands scarabées momifiés se trouvaient à l'intérieur d'un petit sarcophage rectangulaire, en calcaire » , a précisé cet expert.

UN MILLIER D’AMULETTES EN FAÏENCE

Une autre collection de scarabées momifiés a également été découverte dans un coffret scellé, décoré d'un de ces coléoptères peint en noir. Des dizaines de chats momifiés ont également été trouvés ainsi qu'une centaine de statues de ces animaux en bois doré, ainsi qu’une statue en bronze, dédiée à Bastet, la déesse à tête de chat. Une collection de statues en bois doré où figurent un lion, une vache et un faucon font également partie des objets mis au jour, d’après l’inventaire qui en a été réalisé. Les chercheurs ont également mis de côté deux sarcophages en bois de crocodiles, un millier d'amulettes en faïence, des vases canopes, des papyrus recouverts d'écriture démotique, ainsi que quelques chapitres du Livre des Morts, des formules funéraires généralement placées à proximité des momies. Cela en dit long sur la richesse de ce site et les éléments collectés par les archéologues pour approfondir et conforter leurs connaissances. Les anciens Égyptiens croyaient en l'immortalité, et se faisaient momifier pour préserver leur corps après la mort, tandis que les momies animales étaient utilisées en tant qu'offrandes. Elles étaient vues comme des manifestations physiques des divinités vénérées. Ces découvertes devraient être présentées parce qu’elles sont aussi un atout touristique comme toute l’histoire de l’Égypte ancienne par les passionnés de civilisation.

Hervé CHABAUD

Extrait de l'union du 28/11/2018

    

      

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Il croquait ses proies comme le piranha d’aujourd’hui

L’examen d’un nouveau fossile permet de dire que des poissons osseux  du temps des dinosaures se comportaient comme le piranha moderne  et dévoraient les nageoires et ailerons de leurs proies.


Les piranhas souffrent aujourd’hui d’une bien mauvaise réputation.CC Wikipedia Luc Viatour

 Il s’agit du poisson effrayant par excellence. Hollywood a fait du piranha la star de films d’horreur plus ou moins réussis. Du fait de sa cruauté sanguinaire mise en scène avec des effets spéciaux garantis il fait peur aux générations d’aujourd’hui et est détesté comme jamais. Si c’est un prédateur redoutable, il joue un rôle dans son milieu de vie.

Qu’en était-il de ses ancêtres ? Disposaient-ils des mêmes comportements ? Avaient-ils les mêmes aptitudes physiques et un appétit insatiable ? Des archéologues qui s’intéressent à la lignée de ces poissons hideux et carnassiers apportent des réponses scientifiques aux questions de tous les béotiens.

CHASSEUR ET PROIES CÔTE À CÔTE

Piranhamesodon pinnatomus est un poisson osseux à nageoires rayonnées de la famille des pycnodontiformes qui vivait dans les mers il y a 150 millions d’années. Son fossile a été découvert par des scientifiques affiliés au Musée du Jura à Eichstätt, et il ne témoigne pas de cette élégance reconstituée chez d’autres fossiles marins. Il provient d’un site très réputé et connu des paléontologues : la carrière d’Ettling dans le sud de l’Allemagne.

Dans ces mêmes dépôts calcaires qui ont été examinés avec soin, ont été découverts plusieurs fossiles bien conservés du célèbre Archaeopteryx. Ce qui a facilité les observations et a permis aux scientifiques de poser leurs commentaires et de confronter leurs analyses. L’examen du crâne de ce poisson si étrange a révélé la présence de dents de même morphologie et aussi tranchantes que celles des piranhas modernes suggérant que l’animal se nourrissait d’autres poissons. Il s’agit du plus ancien spécimen de poisson à nageoires rayonnées pour lequel ce mode d’alimentation est identifié.

RAGE DE DENTS

Les paléo-odontologistes ont identifié chez ce poisson préhistorique des dents de deux types. Celles du haut saillent d’un os formant le toit de la bouche, à l’avant des mâchoires. Elles sont longues et très pointues. D’autres, triangulaires avec des bords tranchants en dents de scie, sont très visibles sur les os le long de la mâchoire inférieure.

L’équipe internationale de chercheurs qui a étudié ce fossile si intéressant rapporte, dans la revue de référenceCurrent Biology, que le motif et la forme des dents, la morphologie de la mâchoire et la mécanique suggèrent que l’animal possédait une bouche équipée pour trancher la chair ou les nageoires. Ce qui lui donnait un pouvoir évident pour se nourrir mais aussi pour se défendre contre de potentiels agresseurs.

Outre ses dents de carnassiers, d’autres éléments vont dans le sens que Piranhamesodon était bien un poisson carnivore. En effet, sur le même site et à proximité du fossile étudié ont été retrouvés des fossiles de poissons d’autres espèces avec des nageoires partiellement croquées. Les signes d’une agression et de violences à leur endroit sont avérés. Or les piranhas modernes pratiquent ce type de chasse. Les observations contemporaines qui ont été rapportées attestent que ces animaux ne se nourrissent pas principalement de la chair des poissons mais de leurs nageoires et de leurs ailerons.

Ils mutilent les autres pour se nourrir et de fait les font pour la plupart du temps mourir. Il est fort probable qu’il y a 150 millions d’années,Piranhamesodon agissait de même et était redouté par les autres poissons qui vivaient dans son écosystème.

Hervé CHABAUD

Extrait de l'union du 14/11/2018

    

      

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Des espèces animales en danger

Nos régions ne sont malheureusement  pas épargnées par la disparition  de certaines espèces animales. 


Les équipes du conservatoire régional des espèces naturelles ont notamment pour mission de surveiller la prolifération d’espèces invasives. Édouard Lantenois

L’ESSENTIEL

*.- LE WWF, organisation qui lutte pour la préservation des espèces, a publié mardi son rapport sur la population d’animaux sauvages dans le monde.

*.- CETTE NOUVELLE ÉTUDE est basée sur le suivi de 16 700 populations (4.000 espèces).

*.- L EN RESSORT que les populations de vertébrés ont chuté de 60 % au niveau mondial depuis 1970.

*.- LA DISPARITION DES ESPÈCES concerne également des animaux qui vivent dans nos régions.

Par tous les temps, cette semaine, Marine Bochu, chargée de mission pour le conservatoire d’espaces naturels de Champagne-Ardenne, était en repérage au bord des étangs d’Argonne. « Je surveille la présence d’individus invasifs qui menacent l’existence de notre population locale. » Surveiller ne suffit pas, il faut également impliquer tous les acteurs du secteur pour mieux lutter contre ces invasions. « Nous organisons une réunion le mercredi 7 novembre sur la digue de l’étang de Belval-en-Argonne pour sensibiliser la population. » Les propriétaires d’étangs, les pisciculteurs, les pêcheurs, les élus et tous les amoureux de la nature sont particulièrement attendus. « Cette réunion aura lieu en partenariat avec l’agence française de la biodiversité. Le but sera d’apprendre à reconnaître les espèces invasives. Il est important de donner l’alerte dès que l’une de ces espèces est repérée. Il est ainsi plus simple d’empêcher sa prolifération. » Cette réunion est organisée en Argonne mais tous les plans d’eau de la région sont concernés. L’enjeu de ces actions de sensibilisation est d’empêcher la disparition de certains poissons mais aussi d’oiseaux voire de petits mammifères.

1 - LES ENVAHISSEURS

Le Pseudorasbora parva ou goujon asiatique est à chasser de nos plans d’eau. Non seulement il mange les œufs des autres poissons mais surtout il est porteur sain d’un virus qui peut décimer nos populations de poissons. Il est apparu dans nos eaux il y a une dizaine d’années et ne cesse de se multiplier. Sa force : « Comme il passe inaperçu, ce poisson est très facilement transportable par inadvertance d’un étang à l’autre. Il arrive, par exemple, qu’il voyage dans la bouche des carpes. » L’anodonte asiatique, ou moule d’eau douce chinoise, est arrivé par la Belgique en 1999. Il a tôt fait d’investir les Ardennes et de s’installer dans nos départements. C’est problématique car là où il s’installe, la moule d’eau douce française disparaît. Sa force : « Il se reproduit trois fois plus vite que nos espèces de moules. Il est aussi beaucoup plus grand. »

L’écrevisse américaine aux pinces géantes est originaire de Louisiane. Elle aurait été introduite par des mareyeurs. Mal leur en a pris car « elle détruit nos berges » . Au point parfois de fragiliser des fondations d’ouvrages hydrauliques. En plus de cela, elle s’attaque aux têtards. Sa force : la puissance de ses pinces.

2 - LES MOYENS D’ACTION

« Le meilleur moyen de se débarrasser des espèces invasives consiste à faire un assec, c’est-à-dire vider l’eau de l’étang » , explique Marine Bochu.« Si l’assec n’est pas possible, on peut poser des pièges, arracher les végétaux envahissants ou encore pêcher mais c’est moins efficace. Il faut surtout faire attention de ne pas contaminer, par négligence, de nouveaux plans d’eau. Il est, par exemple, déconseillé de vider le contenu de son aquarium exotique dans la nature ou même dans l’eau courante. »

3 - LES ESPÈCES MENACÉES

Les espèces menacées de notre région ne le sont pas toutes du fait des animaux invasifs. Parmi les causes, il faut ajouter la perte de lieu de nidification du fait de l’homme et le changement de climat. Les oiseaux sont les plus concernés dont le butor étoilé en voie de disparition. Ce petit héron vit près des eaux douces ou des marais. Il est connu pour son chant proche du son de la corne de brume qu’il émet la nuit au printemps. On l’entend de moins en moins dans nos campagnes. En cause : le drainage des zones humides qui le prive d’habitat, et donc de lieu de reproduction. Le râle d’eau, petit oiseau qui vit dans les roseaux, est menacé car les roselières qui sont les espaces humides où poussent des roseaux sont de plus en plus rares. Les chauves-souris se font rares. C’est regrettable car elles se nourrissent de moustiques qui, eux, se portent très bien. Ces petits mammifères ont du mal à trouver des lieux d’hibernation. Être dérangé en plein hiver peut leur être fatal car chaque réveil leur demande une grosse dépense d’énergie. Il est recommandé de ne pas calfeutrer complètement les greniers. Il suffit de laisser un trou de quelques centimètres pour que la chauve-souris puisse entrer s’installer au chaud.


L’anguille se fait de plus en plus rare dans l’Aisnr


Le rat d’eau dépend de l’existence des mlassifs de roseaux


La chauve-souris est en mal de lieu d’hibernation

3 QUESTIONS à


 Eva POILVE
Parc Naturel de la montagne de Reims

Des changements visibles et surprenants

Vous êtes coordinatrice du pôle milieux naturels au Parc naturel régional de la Montagne de Reims. Observez-vous des évolutions inattendues ?

Oui. Elles sont même très récentes puisque j’en ai observé deux la semaine dernière, liées aux températures chaudes que nous avons connues récemment. Les premières orchidées sauvages ont commencé de sortir avec plus de six mois d’avance. Habituellement, elles poussent à la fin du printemps. Mais à cause du brutal refroidissement accompagné de gelées que nous venons juste de connaître, ces orchidées ne vont pas pouvoir résister. C’est exactement la même chose pour des amphibiens qui commencent à naître, avec là aussi beaucoup d’avance et la même sanction au bout du compte. Au niveau des conséquences, on peut les comparer à un gel de printemps sur des vignes dont la vendange va être affectée, voire compromise quatre mois plus tard. Bien d’autres phénomènes s’observent, comme en ville où la pollution liée à l’éclairage nocturne pose problème à des variétés de chauve-souris. Les insectes nocturnes apparaissent principalement entre 20 heures et 23 heures et sont attirés par les lumières. Or, ces chauves-souris, peu sensibles à la lumière, sortent plus tardivement et peuvent manquer le pic de sortie des insectes et, du coup, se nourrissent moins bien avec les conséquences que cela peut entraîner pour leur reproduction.

Quelles sont, à terme, les menaces de ces évolutions ?

On voit que le climat suscite des changements rapides et drastiques auxquels des animaux n’ont pas le temps de s’adapter. Les espèces « spécialistes » habituées à une plante précise qui risque de disparaître, sont menacées. Les chances de survie des jeunes s’amoindrissent. Dans le Grand Est, un observatoire de la biodiversité destiné à évaluer l’évolution des espèces est à l’étude.

À l’inverse, des espèces animales profitent-elles de la situation ?

Oui. Ce sont celles qui sont « généralistes », qui mangent de tout et s’adaptent facilement, comme le raton laveur dans la Montagne de Reims. Des espèces nouvelles pour nos régions arrivent. On parle depuis quelques mois du frelon asiatique identifié dans nos départements et maintenant de l’araignée « argiope frelon » que l’on ne voyait avant qu’autour de la Méditerranée.

Dans l’Aisne, l’anguille est L’Espèce la plus sensible 

Les civelles (alevins de l’anguille) constituent des mets d’exception qui se négocient à plusieurs milliers d’euros le kilo. « C’est l’une des raisons qui font que l’anguille se pêche de moins en moins dans l’Aisne. Cette espèce vit alternativement en eau de mer où elle se reproduit et en eau douce où elle grossit après avoir remonté les rivières. Mais les braconniers prélèvent beaucoup de civelles dans les estuaires pour les faire grossir dans des bassins, le marché asiatique est très intéressé. Les civelles qui parviennent à passer rencontrent d’autres obstacles dans les cours d’eau » , note Jean-François Alavoine, inspecteur de l’environnement et chef de service de l’agence française pour la biodiversité dans l’Aisne. Il constate également des baisses de population chez les espèces qui ont des modes de reproduction particuliers, comme le brochet qui préfère les zones inondées, la truite fario qui affectionne les gravières, l’écrevisse à pattes blanches qu’on ne trouverait que très rarement du côté de Saint-Michel et de Château-Thierry. Les principales causes de ces évolutions sont « l’aménagement des cours d’eau, la pollution et la prolifération des espèces invasives ».

J.-M FRANÇOIS et C. FREY

Extrait de l'union du 02/11/2018

    

      

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Les jeunes diplodocus étaient différents de leurs parents

Des scientifiques canadiens, qui ont étudié le crâne d’un jeune spécimen  de cette famille de dinosaures, ont relevé des éléments qui les distinguent beaucoup des adultes de leur espèce.


Les scientifiques ont travaillé à partir d’un fossile découvert aux États-Unis.

Andrew, tel est le nom de baptême d’un jeune diplodocus dont le fossile a été mis au jour dans la formation de Morrison dans le Montana par une équipe canadienne dirigée par le professeur Cary Woodruff de l’université de Toronto. Les diplodocus ont toujours intéressé les passionnés des dinosaures en raison de leur taille et de leur flegme supposé. Ces pensionnaires du Jurassique supérieur, il y a 146 à 135 millions d’années, étaient impressionnants. Les spécialistes assurent qu’ils étaient bien de très grands dinosaures sauropodes herbivores caractérisés par un long cou et une longue queue pouvant atteindre quatorze mètres et qu’ils marchaient lentement à l’aide de leurs quatre pattes particulièrement robustes pour supporter leur poids.

Ils faisaient en moyenne 30 mètres de long, 4 mètres de haut et pouvaient peser de 6 à 20 tonnes ! Leur queue qui servait à les stabiliser dans leurs déplacements était aussi un moyen de défense redoutable aux caractéristiques d’un fouet très rapide.

PETITS SECRETS D’UN CRÂNE

Le spécimen qui est décrit dans une communication publiée par la revue de référence Scientific Reports n’a rien d’un de ces géants. Il s’agit d’un dinosaure juvénile dont la taille du crâne est de seulement vingt 24 centimètres, ce qui en fait le plus petit crâne de diplodocus jamais découvert ! Les experts l’ont étudié dans les moindres détails et leurs conclusions permettent de mieux comprendre le mode de vie au quotidien de ces animaux. Depuis la découverte des premiers squelettes en 1899 dans le Wyoming aux États-Unis, son ossature assez complexe a été expliquée et a démontré qu’il n’était sans doute pas aussi pataud qu’on se plaît à le décrire, notamment en raison de ses vertèbres creuses.

En comparant le crâne à d’autres spécimens plus grands, les auteurs ont constaté que les dinosaures juvéniles n’étaient pas simplement des versions plus petites des adultes, mais qu’ils présentaient des caractéristiques physiques qui ressemblaient davantage à celles de leurs aïeux qu’a celles de leurs propres parents.

Les auteurs de ce travail rappellent que ce phénomène dénommé «récapitulation » a alimenté une théorie très soutenue au XX e siècle qui soutenait que l’on pouvait « lire» l’histoire évolutive d’une espèce en observant la croissance d’un spécimen depuis sa naissance. Il s’avère que c’est, partiellement, le cas pour un très petit nombre d’animaux. Le diplodocus possède des caractères ancestraux dans sa jeunesse mais qui disparaissent lorsqu’il devient adulte. Pourquoi, les scientifiques en arrivent-ils à cette conclusion ?

FORME DU MUSEAU

Le crâne examiné présente les caractéristiques d’un museau court et étroit qui suggère que le régime alimentaire des jeunes diplodocus comprenait probablement une plus grande variété de végétaux que celui des adultes, dont le museau était large et carré, comme l’attestent les fossiles dont les caractéristiques ont été vérifiées. Les auteurs estiment que ces jeunes dinosaures vivaient plutôt dans des forêts que dans des habitats ouverts chers aux adultes. Qu’en déduire ? Au moins ce scénario qui peut être discuté : les diplodocus vivaient probablement dans des troupeaux séparés selon leurs âges. Sans doute, expliquent les auteurs, cela permettait-il aux dinosaures juvéniles de vivre sans se faire écraser par des adultes qui faisaient dix fois leur taille !

Hervé CHABAUD

Extrait de l'union du 24/10/2018

    

      

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Ces curieux habitants des grandes profondeurs océaniques

Trois nouvelles espèces de poissons-limaces ont été découvertes dans les profondeurs de l’océan Pacifique. Elles sont capables de résister à des pressions particulièrement élevées


Ces étranges poissons vivent à 7 500 m de profondeur, là où l‘homme ne peut aller.

Transparents, sans écailles ni arêtes. Non, il ne s’agit pas d’un monstre surgissant dans l’imaginaire au cours d’un rêve et provoquant un réveil brutal. Il s’agit d’une découverte scientifique des plus sérieuses confirmée par une équipe internationale de chercheurs.

Ce sont trois nouvelles espèces de poisson qui ont été identifiées dans les grandes profondeurs du Pacifique, au large du Chili. Les scientifiques à l’origine de la découverte n’ont pas caché leur surprise en raison des conditions extrêmes qui sont constatées et mesurées par les appareils de haute technicité qu’ils emploient.

DANS LA FOSSE D’ATACAMA

Ces animaux étranges ont été repérés au début du mois de septembre 2018 dans la fosse d’Atacama, à quelque 7 500 mètres de profondeur, par des caméras à haute définition capables de résister à la pression intense qui s’exerce sous l’eau dans les abysses. Les observations et les échanges des membres d’une équipe internationale constituée de quarante personnes et composée de chercheurs de haut niveau de dix-sept nationalités ont permis de partager des conclusions d’un grand intérêt.

Tous s’accordent pour dire leur étonnement de trouver ces poissons particuliers en une telle quantité dans un périmètre maritime aussi inhospitalier. « Ces individus vivent à la limite de ce que n’importe quel autre poisson pourrait supporter. On aurait donc pu s’attendre à n’en voir qu’un ou deux ! » , remarque le professeur Alan Jamieson, chercheur en écologie marine à l’université de Newcastle au Royaume-Uni, dans un entretien accordé à l’Agence France Presse.

Ces poissons si spéciaux ont été temporairement baptisés poissons-limaces rose, bleu et pourpre. Il s’agit de créatures longues de vingt à vingt-cinq centimètres qui sont translucides et sans squelette. Ce sont ces caractéristiques particulières qui leur permettent à la fois de résister au froid de l’eau, là où la température atteint à peine 2ºC, et à la pression extrême. « Elle est équivalente à 800 kilos sur votre petit doigt » , illustre Alan Jamieson.

D’UNE MATIÈRE GÉLATINEUSE

« Les éléments les plus durs de leur constitution sont les os de leur oreille interne et leurs dents » , détaille Thomas Linley, chercheur à la même université et membre de l’expédition. En fait, ces poissons, formés quasi entièrement de matière gélatineuse, mourraient s’il n’y avait pas cette pression extrême le maintenant en une pièce. « Leur corps est très fragile et fond rapidement s’il est ramené à la surface. Ils ne sont pas faits pour vivre dans notre proximité » ,ajoute-t-il. Quelque 300 variétés de poissons-limaces ont déjà été recensées, insiste Alan Jamieson. Ces poissons, de la famille des Liparidae, ont une capacité d’adaptation étonnante effectivement favorisée par leurs corps gélatineux. Ils résistent bien à cette pression des fonds marins qui rend impossible la présence de l’homme et le contraint à employer des robots pour explorer ce monde profond et parfaire ses connaissances.

Cette découverte rappelle aussi qu’aujourd’hui, 80 % des océans restent inexplorés. Les poissons qu’ont connaît ou pour lesquels on finalise des documentaires remarquables ne sont qu’un échantillon de la diversité de la vie sous-marine. Il reste énormément à apprendre. Encore faut-il disposer des budgets pour ouvrir de nouveaux programmes de recherches.

Hervé CHABAUD

Extrait de l'union du 26/09/2018

    

      

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Plus de cent signalements de frelons asiatiques

Le 100 e cas de frelon asiatique dans la région a été signalé fin septembre à Épernay.


Le frelon asiatique, au premier plan, est plus petit que son homologue européen, et de couleur plus foncée. 

Apparu en 2004 dans le sud ouest de la France, le frelon asiatique a été signalé pour la première fois en 2015 dans le périmètre de l’ex-région Champagne-Ardenne. « C’était dans la Marne du côté d’Anglure et dans l’Aube, indique Louis Audren, référent « frelon asiatique » à la Fredon (Fédération régionale de défense contre les organismes nuisibles). En 2016, on a eu des signalements en Haute-Marne, et depuis cet été dans les Ardennes. La barre des 100 signalements dans la région a été franchie le 28 septembre dernier avec un nid près d’une école à Épernay. Depuis nous en avons eu huit de plus. »

Des nids qui peuvent faire plus d’un mètre de haut et 80 centimètres de diamètre

C’est la moitié ouest de la région qui est aujourd’hui la plus touchée. Les experts pensent que l’automne venu, les feuilles des arbres commençant à tomber, les nids vont être de plus en plus visibles et les signalements de plus en plus nombreux. « S’ils ont bien été nourris, qu’ils n’ont pas été abîmés par les intempéries, les nids peuvent faire plus d’un mètre de haut sur 80 cm de diamètre, précise Louis Audren. C’est très impressionnant. Il ne faut pas s’en approcher. »

Le frelon asiatique se distingue principalement de son collègue européen par sa taille et sa couleur. Il est en effet un peu plus petit que lui, avec un abdomen noir présentant des rayures jaunes là où l’Européen a une dominante jaune. Contrairement à ce qu’on peut lire ici ou là, ces frelons ne sont pas plus dangereux qu’une abeille. « Leur venin est comparable que ce soit pour la composition et en quantité. Il n’y a donc pas moins, mais pas plus de risque non plus qu’avec une abeille. »

AGRESSIVITÉ

La seule différence se situe au niveau de l’agressivité : quand on attaque son nid, le frelon asiatique réagit en nombre là où les autres sont plus isolés. Mais là encore, Louis Audren tient à relativiser. « Le grand public n’a aucune raison d’approcher ou d’attaquer de tels nids. Les risques éventuels se situent davantage chez les professionnels, tels les élagueurs, qui pourraient tomber dessus par hasard. »

Dans tous les cas de figure, l’expert marnais insiste sur la nécessité de ne pas intervenir. « Il faut le signaler en mairie pour qu’ils interviennent et ne pas hésiter également à nous remonter l’information pour que nous puissions bien suivre l’évolution au fil des mois sur la région et confirmer qu’il s’agit bien de ce type de frelon. »

À noter que la Fredon prévoit une journée d’informations sur le sujet le 29 novembre prochain à Reims.

Signalement et informations auprès de Louis Audren l.audren@fredonca.com

Grégoire TAHMASSEB

Extrait de Le Monde du 17/10/2018

 


LEPourquoi le redouté frelon asiatique s’installe en France

L’hyménoptère introduit en 2004 a depuis colonisé quasi tout le territoire métropolitain. Il est responsable de la mort, mardi, d’un homme de 57 ans dans le Calvados.

Dans le Calvados, un homme âgé de 57 ans est mort, mardi 18 septembre, après avoir été piqué par un frelon asiatique. Quand les sapeurs-pompiers, appelés au secours de deux personnes, sont arrivés, l’homme était déjà mort, l’autre personne a été hospitalisée.

L’insecte a désormais colonisé quasi tout le territoire métropolitain. David Philippart, directeur de la Fédération régionale de défense contre les organismes nuisibles (Fredon) de Basse-Normandie, où le frelon asiatique est particulièrement virulent, fait le point sur cette invasion et sur ses conséquences.

Pourquoi le frelon asiatique est de plus en plus présent en France

Les frelons asiatiques ont a priori été introduits en France en 2004. Ils se trouvaient dans un conteneur de poteries importées de Chine par un horticulteur du Lot-et-Garonne, selon l’Inventaire national du patrimoine naturel. Ils se sont ensuite largement répandus. « Ils se développent très rapidement parce qu’ils n’ont pas de prédateur, explique David Philippart. Et le géoclimat qu’on leur propose en France leur va très bien. »

Le réchauffement prolonge la période de prédation des frelons asiatiques, qui peut aller jusqu’à la fin de novembre.


Le frelon asiatique occupe désormais quasi toput e territoire français

Pourquoi le frelon asiatique est dangereux

Pour l’homme, le frelon asiatique est plus dangereux que son congénère européen en raison de la violence de son réflexe de défense. « Quand il attaque pour défendre son nid, ce sont tous les individus du nid qui attaquent. Cela peut aller jusqu’à plusieurs centaines ou milliers de frelons », prévient David Philippart. Le frelon européen, lui, attaque à quelques dizaines d’individus, ce qui suffit à éloigner le danger. De plus, la piqûre du frelon asiatique est plus profonde.

Mais ces hyménoptères sont également dangereux pour la biodiversité. Leurs nids peuvent compter plusieurs milliers d’individus, ils s’attaquent donc à tous les insectes pour nourrirles nombreuses nymphes. « Ils pillent les ruches, précise le directeur du Fredon. Ils attendent devant et tuent les abeilles qui en sortent. Les dégâts sont de 30 % à 60 % de ruches en moins selon les endroits. »

Comment le reconnaître et s’en protéger


Les frelons asiatiques sont plus foncés que leurs congénères européens. Guillaume SOUVANT-AFP

Le frelon asiatique est reconnaissable à sa couleur à dominante noire, avec le bout de l’abdomen orangé et les pattes jaunes, tandis que le frelon européen est jaune, rayé de noir, avec une tête jaune et des pattes brunes. Le frelon asiatique est un peu plus petit que l’européen.

Il ne présente aucun danger lorsqu’il est en prédation, loin de son nid, occupé à se nourrir, selon David Philippart. « Mais autour du nid, les frelons asiatiques sont extrêmement dangereux, il ne faut absolument pas s’en approcher. » Il est donc impératif de signaler un nid en mairie, afin qu’il soit détruit par un professionnel, équipé d’une combinaison spéciale.

Quant à s’en débarrasser pour de bon, « c’est impossible », affirme David Philippart. « Nous n’avons pas les outils suffisants. Il faudrait détruire 100 % des nids courant août, mais ils sont cachés en haut des arbres. Quand on les découvre à la chute des feuilles, les fondatrices, celles qui passent l’hiver, sont déjà parties. »

Extrait de Le Monde du 21/09/2018

    

      

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Une chauve-souris enragée à la maison

C’est la désagréable surprise qu’a eue une habitante de Sainte-Ménehould.   Un cas rare dans la région.


Rage ou pas, la chauve-souris reste une espèce protégée.
Photo d’illustration CC Wikimedia Commons / Mnolf

La scène se déroule il y a environ trois semaines, dans une maison de Sainte-Ménehould, dans la Marne. Une femme aperçoit une chauve-souris en train de se promener dans son habitation. La pauvre bête ne sait plus voler. Soucieuse du bien-être de l’animal, la Ménéhildienne décide de le transporter jusqu’au cabinet vétérinaire de la ville.

Je me suis fait mordre. J’ai tout de suite suspecté la rage
Fabien Pekus, vétérinaire

À la clinique de la Haute-Source, le mammifère est traité en urgence. Mais la chauve-souris montre une grande nervosité et est plutôt d’humeur agressive. « Je me suis fait mordre, raconte Fabien Pekus, le vétérinaire qui l’a prise en charge.J’ai tout de suite suspecté la rage. »

Le corps de la chauve-souris est ensuite transféré à Paris, à l’institut Pasteur, spécialisé dans la détection de cette maladie. Le diagnostic est confirmé : il s’agissait bien du lyssavirus, une forme de rage existant chez cet animal. « C’était une chauve-souris sérotine et cette espèce est sensible au virus , ajoute Fabien Pekus. Dans notre secteur, ce cas est assez exceptionnel, c’est peut-être même le premier dans la Marne. »

Admettons qu’une chauve-souris enragée arrive chez vous, que faut-il faire ? Pour répondre à cette question, il y a quelques jours, les services vétérinaires du Département ont fait circuler un communiqué auprès des cliniques vétérinaires pour sensibiliser à ce cas de rage et dispenser les conseils utiles. La clinique du docteur Bruno Remiot, à Épernay, a relayé quelques recommandations sur les réseaux sociaux : « Si vous découvrez une chauve-souris, ramassez-la avec un gant. Si vous étiez mordu, contactez absolument votre médecin. Si votre chien ou chat est en contact fréquent avec des chauves-souris, il peut être souhaitable qu'il soit vacciné contre la rage, même si ce n'est pas obligatoire pour un animal qui ne quitte pas le territoire français. » « Il faut contacter le centre antirabique le plus proche » , poursuit Fabien Pekus. Celui de la Marne se trouve au CHU Robert-Debré de Reims.

Gare toutefois à la tentation de tuer l’animal : la chauve-souris est une espèce protégée.

25

Depuis 2010, 25 cas de rage ont été détectés chez les chauve-souris, sur l’ensemble du terri

Les derniers cas importants

Dans l’ancienne Champagne-Ardenne, le dernier cas connu et relayé dans nos colonnes de chauve-souris enragée date d’octobre 2010. Cela s’était produit à Sècheval, dans les Ardennes, à une quinzaine de kilomètres au nord de Charleville-Mézières. Là encore, il s’agissait d’une chauve-souris sérotine. En France, l’un des derniers cas marquants date de septembre 2017, dans le Béarn. En Europe, la Belgique n’est pas épargnée non plus : à l’automne 2017, l’agence de l’alimentation avait lancé un appel à la vigilance après la découverte du virus sur cet animal.

LOÏC BÉCART

Extrait de l'union du 13/09/2018

    

      

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L’incroyable garde-robe des coccinelles

Les coccinelles arlequin peuvent arborer jusqu’à 200 formes de coloration différentes grâce aux variations d’un seul gène : telle est la conclusion   d’une étude remarquée qui a percé l’un de leurs secrets.


Un seul géne est à l’origine de la multitude de coloris des coccinelles.

On les surnomme les bêtes à bon Dieu, on les regarde se promener sur les plantes tant elles sont élégantes dans leurs mouvements mais, parfois, on s’agace lorsqu’elles ont tendance à entrer en nombre dans une maison sans y avoir été invitées et colonisent rideaux et plafonds.

Elles ne laissent jamais indifférent et, d’hier à aujourd’hui, dans les cours de récréation, c’est encore à celui qui aura trouvé le spécimen ayant le plus de points sur les ailes, même si cela n’a rien à voir avec leur âge, c’est un moyen ludique d’apprendre à compter ! Mais on est loin de s’imaginer leur complexité et leur rôle de choix dans les écosystèmes.

Une importante étude scientifique, qui vient d’être publiée dans la revue de référence Current Biology, démontre que les coccinelles arlequin, Harmonia axyridis, peuvent arborer jusqu’à 200 formes de coloration différentes, et ce, en raison des variations d’un seul gène. Il a été identifié par des scientifiques de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) de Montpellier et du Centre national de la recherche scientifique de Marseille.

UN SEUL GÈNE

Les coccinelles revêtent des motifs colorés très différents. Néanmoins, elles appartiennent toutes à une seule et même espèce ! L’existence de formes distinctes au sein d’une même espèce est, en réalité, un phénomène très courant chez les insectes, et qui se manifeste fréquemment par des motifs de coloration variés. D’après les scientifiques signataires de cette étude, les coccinelles arlequin sont des championnes de la discipline, avec plus de 200 formes de coloration décrites dans les populations naturelles de par le monde. Ce n’est pas rien.

Quelle en est la cause ? Il s’agit d’une question pertinente à laquelle l’équipe de Mathieu Gautier de l’Inra apporte une réponse argumentée et précise. Les chercheurs ont bien identifié la région du génome associée à ces motifs en comparant le génome de coccinelles de différentes couleurs repérées sur tous les continents. Ce gène, appelé « pannier », « est activé pendant le développement des coccinelles, et notamment dans les élytres qui sont leurs ailes antérieures, au moment de leur formation » , mentionnent les scientifiques dans un communiqué.

JEU D’AILES

L’endroit où le gène s’active sur l’aile de la jeune coccinelle préfigure la formation d’une pigmentation noire chez l’adulte. Les motifs qui décorent les coccinelles arlequin trouvent ainsi leur origine dans des variations de l’activation spatiale d’un seul gène qui orchestre la mise en place des différents motifs de coloration des élytres. L’histoire ne dit pas si, au cours de leurs observations, les curieux de la nature penseront à cette explication lorsqu’ils seront tout à la description du dernier spécimen repéré.

Les coccinelles figurent parmi les insectes les plus employés par l’homme puisque beaucoup d’espèces se nourrissent de pucerons et font donc fonction d’insecticide naturel. À l’heure où l’on parle de la préservation de l’environnement et des espèces, il n’est pas inutile de rappeler qu’il existe des solutions simples profitables au bien-être de tous.

Nombre de coccinelles sont des auxiliaires précieuces des agriculteurs, des arboriculteurs et des jardiniers. Des atlas sont réalisés en Europe et en France pour mieux localiser et justifier leur utilité dans les différents écosystèmes présents.

Hervé CHABAUD

 Extrait de l'union du 12/09/2018

    

      

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Un fossile qui renseigne   sur les dinosaures volants

Une nouvelle espèce de ptérosaure, le premier vertébré « construit » pour voler, vieux de plus de 200 millions d’années, a été mise au jour aux États-Unis   et a fait l’objet d’une publication scientifique.


D’une envergure d’un mètre cinquante, le reptile pouvait aussi marcher à quatre pattes.

Cette découverte est d’autant plus importante qu’il est très difficile de retrouver des fossiles de ces animaux si particuliers. En effet, comme le détaille Brooks Britt de l’université Brigham Young, principal auteur de l’étude publiée dans la revue Ecology et Evolution, ces dinosaures nés pour voler ont des os très fragiles qui disparaissent avec le temps.

Les paléontologues estiment que les ptérosaures sont apparus il y a environ 225 millions d’années et ont dominé le ciel pendant plus de 160 millions d’années, c’est-à-dire jusqu’à la fin du Crétacé. Ils ont alors complètement disparu comme les autres dinosaures. Une histoire qui ne va pas manquer d’intéresser les nombreux passionnés des grands reptiles sur lesquels il reste encore beaucoup à apprendre.

UN BIJOU D’ÉTUDES

Contrairement à la plupart des fossiles de ptérosaure, Caelestiventus hanseni a été trouvé dans un état remarquable de conservation. Ce qui a permis aux experts d’examiner et d’analyser son long crâne étroit, haut de dix-huit centimètres, fendu d’une impressionnante mâchoire très dentée, sûrement pourvue d’un goitre. « Il avait environ 112 dents dont certaines pointues en forme de crocs sur l’avant de la mâchoire», résume Brooks Britt.

L’animal était d’une envergure de 1,5 mètre, et est grand comparé aux autres ptérosaures primitifs connus, d’autant qu’il est mort avant d’avoir atteint sa taille normale, d’après l’étude publiée. Les ailes des ptérosaures étaient constituées d’une membrane de peau rattachée au quatrième doigt de leurs mains. Lorsqu’ils ne volaient pas, ces dinosaures marchaient à quatre pattes, leurs ailes repliées verticalement !

De la famille des « ptérodactyles »,ce reptile volant, vieux de 210-201 millions d’années, a été mis au jour dans l’Utah, un État de l’ouest des États-Unis. À cette époque, d’après les scientifiques, on y trouvait une oasis encerclée par un immense désert de 2,2 millions de kilomètres carrés recouvert de dunes de sable géantes. Les chercheurs ne s’imaginaient pas découvrir dans un environnement aussi extrême, un dinosaure à un stade aussi primitif et capable de les renseigner sur son histoire et sa filiation.

Cette identification dans un milieu inhabituel pose une série de questions et elle nourrit de nouveaux travaux en cours. En effet, les autres ptérosaures du Trias ont été retrouvés près de la mer, là où se situent actuellement l’Europe et le Groenland.

CAPABLES DE S’ADAPTER À UN MILIEU HOSTILE

Cette découverte montre que, même au commencement de leur évolution, les ptérosaures étaient présents dans de nombreuses régions du monde et étaient capables de s’adapter à des milieux très différents. Il semble qu’ils s’acclimataient aux contraintes rudes de leurs milieux, ce qui est estimé comme un atout majeur qui les a peut-être aidés « à survivre à l’extinction de la fin du Trias (200 millions d’années), qui a tué la moitié des espèces vivant à cette époque » , mentionne l’étude.

Ces scientifiques se réjouissent d’avoir identifié aux USA une nouvelle espèce de ptérosaure, ces reptiles volants qui ont longtemps dominé leur milieu et fait la police du ciel. Ils ne désespèrent pas de découvrir d’autres spécimens à même d’enrichir leurs travaux alors que leur programme de recherches a de ce fait déjà beaucoup progressé.

Hervé CHABAUD

 Extrait de l'union du 04/09/2018

    

      

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 Lorsque l’insuline fait  la reine des fourmis

C’est un gène particulier qui couronne la reine et lui procure une longévité   et des missions insoupçonnées dans une société d’insectes organisés en castes où chacun a une mission bien définie.


La vie des fourmis a toujours passionné les chercheurs comme les curieux intrigués de l’organisation de ces petites bêtes. AFP

La vie des fourmis a toujours passionné les chercheurs comme les curieux intrigués de l’organisation de ces petites bêtes dans la collecte de la nourriture et son rapatriement à l’intérieur de leur lieu de vie. Le travail incessant et harassant exécuté par les ouvrières de petite taille contraste avec la dimension de la reine et sa longévité. Une étude qui a été publiée en juillet dans la revue de référence « Science » en explique les raisons. Il suffit d’un gène et tout change. De vocation de laborieuse dans le périmètre de la fourmilière, se substitue celle de reine reconnue et respectée de la colonie ! Les scientifiques répondent à cette question essentielle : comment toutes les fourmis d’une colonie qui partagent le même patrimoine génétique sont-elles promises à des destins différents ?

UNE INÉGALITÉ MORPHOLOGIQUE

D’autant que la reine a une durée de vie de quinze à trente ans, tandis que celle de l’ouvrière ne dépasse guère un an ! Le professeur Daniel Kronauer, de l’université Rockefeller de New York livre cette première explication : « Chez les fourmis, les différences entre reines et ouvrières sont épigéniques. Elles ne sont donc pas liées à des différences dans la séquence d’ADN de leurs gènes mais elles résultent de différences dans la régulation de leur gènes » . Coauteur de cette communication, scientifique, Romain Libbrecht enseignant-chercheur à l’université de Mayence en Allemagne détaille la société des fourmis qui est constituée de castes, avec les reproductrices et les femelles stériles. Ces dernières ont néanmoins une fonction de nounous, dans les soins apportés aux œufs et aux larves. Pour ces experts, on est face à un insecte qui est qualifié de « subsocial » qui lorsqu’il s’occupe de son couvain ne se reproduit pas. Ce n’est qu’une fois les larves devenues adultes qu’il retrouve une activité reproductrice.

Ce cycle venant des ancêtres des fourmis d’aujourd’hui a été brisé au cours de l’évolution. Chez sept espèces de fourmis, les spécialistes ont comparé le cerveau des reines et celui des ouvrières. ainsi que l’expression de tous les gènes. Leur conclusion est formelle : un seul gène chez ces sept espères est nettement plus actif chez les reines, en raison probablement d’une meilleure nourriture reçue. On apprend que ce gène produit une hormone de la famille de l’insuline. Or, rappelle Romain Libbrecht : « L’insuline agit au carrefour de la régulation de la nutrition, de la reproduction et de la longévité ». Quel a été le rôle de ce gène chez les ancêtres de nos fourmis d’aujourd’hui ?

ENVIRONNEMENT CLONAL

Pour en savoir plus les chercheurs ont usé d’un modèle de laboratoire, la fourmi clonale « Ooceraea biroi ». Il s‘agit d’une espèce qui n’a pas de reine. On observe que les ouvrières pondent en même temps, s’occupent toutes du couvain. On constate chez elle la présence du gène particulier repéré très actif dans leur cerveau. Mais si on installe des larves dans leur environnement, le gène est immédiatement inhibé et cela sans qu’on intervienne sur leur nourriture. les auteurs ont injecté cet analogue de l’insuline dans l’abdomen des fourmis clonales alors qu’elles soignaient leurs larves. C’est alors que les insectes ne s’intéressent plus aux larves et se remettent à pondre. « Cette injection durant les soins au couvain permet aux fourmis clonales de développer des ovaires malgré la présence de larves dans leur environnement immédiat ». La reine doit bien se tenir !

Hervé CHABAUD

 Extrait de l'union du 29/08/2018

    

      

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À la chasse aux phoques

Baie de Somme La colonie de phoques veaux-marins attire bon nombre de curieux.   Sébastien Roche nous fait découvrir l’attrait numéro un de la côte picarde

Sébastien Roche est guide depuis maintenant 20 ans. Il connaît la baie de Somme comme sa poche, et surtout les meilleurs meilleurs endroits pour observer la colonie de phoques veaux-marins.

Le temps est parfait, le ciel dégagé, pas un nuage à l’horizon. Nous voilà au Hourdel sur les pas de Sébastien Roche, guide depuis 20 ans, qui nous fait découvrir les phoques en plein cœur de la baie de Somme. Muni d’un télescope, il nous emmène au plus près de ces mammifères, au nombre de 480 sur le littoral picard durant l’été.

Une question vient immédiatement à l’esprit : pourquoi les phoques sont-ils venus jusqu’ici ? Un peu d’humour de la part du guide du jour : « Parce que le Picard est accueillant ». Plus sérieusement, les premiers phoques ont fait leur apparition dans la région au milieu du XIX e siècle. « L’estuaire sablonneux et abrité leur convient parfaitement ».

En 2017, environ huit cents phoques ont consommé près de 1 500 tonnes de poissons sur notre littoral - Sébastien Roche

Au cours du XX e siècle, ils étaient chassés et ont disparu. « Ils sont revenus dans les années 1980 et ont obtenu en 1972, le statut d’espèce protégé », souligne Sébastien Roche. Depuis 1992, la colonie de la baie de Somme se reproduit. L’an passé, il y a eu pas moins de 106 naissances. Un record. Ce jour-là, les visiteurs auront droit d’admirer un bébé phoque.

Sur le littoral picard, on retrouve deux espèces : le veau-marin, la plus courante, et le phoque gris. Les premiers peuvent mesurer jusqu’à 2,2 mètres et peser 170 kilos maximum pour un mâle.

Et puis il y a toujours l’éternel débat: les phoques font-ils du tort aux pêcheurs ? Sachant qu’un veau-marin mange entre deux et trois kilos de poissons par jour, et un phoque gris 4 à 6kg : des poissons plats, du mulet… « Il y a moins de poissons sur la côte et l’impact des phoques est certain. L’humain aussi est responsable. L’ensablement y est également pour quelque chose. En 2017, environ 800 phoques ont consommé près de 1 500 tonnes de poissons sur notre littoral. Un nombre assez faible », explique le guide. Pour lui, il faut davantage considérer le phoque comme un atout. « Aujourd’hui on vit du tourisme. Et ces animaux sont devenus l’attrait numéro un du littoral ».

REGROUPÉS SUR LES BANCS DE SABLE

La vie des phoques est calée sur le rythme des marées. Les animaux passent la marée haute dans l’eau, dispersés, explorant leur territoire, s’alimentant ou dormant dans des zones calmes. À marée descendante, ils se regroupent sur certains bancs de sable. Moment privilégié pour venir les observer à quelque 300 mètres du rivage.

Sébastien Roche ne manque pas d’anecdotes sur ces mammifères qui peuvent rester longtemps sous l’eau, en raison d’une apnée performante, et nagent rapidement. « Ils sont très à l’aise dans l’eau, beaucoup moins sur le sable. Et s’ils s’approchent de l’activité humaine, c’est d’abord par curiosité mais aussi parce qu’ils seraient myopes ».

Enfin si vous voyez un phoque prendre la position de la banane alors qu’il est sur un banc de sable, ne vous inquiétez pas, c’est juste qu’il veut limiter les pertes de chaleur. Dorénavant, on les observera différemment.

Des enfants de la Baie 

Sébastien et Arnaud font découvrir tous les secrets du littoral picard. Leur philosophie, c’est de partager leur passion et leurs connaissances sur la vie et le fonctionnement de la baie. Ils espèrent qu’à votre tour, vous participerez à la protection de ce joyau inscrit aux Grands sites de France. Ils ont créé leur structure, « Découvrons la baie de Somme », qui propose des sorties nature pédestres et thématiques. Ils vous invitent aussi à découvrir les plantes, les galets, les oiseaux migrateurs… et bien d’autres surprises encore.

Contact : Arnaud Lenguignon 06 83 72 02 83 ou Sébastien Roche 06 87 63 67 41.

CHRISTOPHE BERGER

 Extrait de l'union du 27/08/2018

    

      

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Lorsque les dents de la mer parlent des requins

Des chercheurs passionnés par l’histoire des squales ont signé une étude passionnante sur l’évolution de leurs populations lors de l’extinction massive d’espèces au Crétacé, il y a quelques dizaines de millions d’années.


Les chercheurs se rapportent aux dents de requins pour étudier leur évolution. AFP

La revue Current Biology vient de publier une importante étude scientifique qui délivre les résultats obtenus par des enseignants chercheurs travaillant sur la diversité des requins fossiles. Deux équipes appartenant à l’université d’Uppsala, en Suède, et à l’université de Nouvelle-Angleterre en Australie, ont étudié comment plusieurs groupes de requins ont réagi à l’extinction massive du Crétacé, qui a anéanti bon nombre de dinosaures.

Tout comme plusieurs autres groupes de vertébrés au Crétacé il y a 142 à 66 millions d’années, la diversité des requins semblait très différente à l’époque. Le requin de fond relevant du groupe des Carcharhiniformes le plus diversifié vivant aujourd’hui, avec plus de deux cents espèces. Cependant, alors que les dinosaures dominaient les milieux terrestres, les requins-maquereaux du groupe des Lamniformes dominaient dans les océans.

PASSAGE DE RELAIS

« Notre étude montre que ce passage de relais enter les requins Lamniformes et les requins Carcharhiniformes pourrait avoir été le résultat de l’extinction massive du Crétacé » , explique Mohamad Bazzi, qui est le principal auteur de cette étude qui synthétisent des données discutées et croisées par l’ensemble des participants. Les Carcharhiniformes sont actuellement représentés par les requins-tigres, les requins-marteaux et ceux à pointes noires, tandis que les Lamniformes sont incarnés par les grands requins blancs. A l’opposé d’autres vertébrés, les squelettes cartilagineux des requins ne se fossilisent pas aisément ce qui ne facilite pas le travail des chercheurs. Aussi se reportent-ils sur les dents de requins pour étudier leur évolution. « Elles peuvent nous en dire beaucoup sur la biologie des squales ainsi que sur leur alimentation ».

En employant des techniques analytiques de pointe pour évaluer précisément la variation de la forme des dents chez les Carcharhiniformes et les Lamniformes, les chercheurs ont pu mesurer leur diversité en calculant la gamme de variation morphologique. Ils ont constaté avec étonnement, contrairement au scénario qu’ils avaient imaginé, que la richesse des espèces des requins n’a pas été réduite de manière significative durant et après l’extinction des principaux dinosaures. « Nous n’avons trouvé pratiquement aucun changement dans la disparité au cours de cette transition majeure » , mentionnent les cosignataires de l’étude.

D’UNE ESPÈCE À L’AUTRE

Cette étude qui repose sur une méthodologie rigoureuse et des modèles mathématiques certifiés a révélé que l’extinction a touché davantage les requins Lamniformes. Les chercheurs ont aussi remarqué et acté une prolifération des Carcharhiniformes. « Ils sont incontestablement le groupe de requins le plus commun aujourd’hui, et il semblerait que les premiers pas vers cette domination aient commencé il y a environ 66 millions d’années » , assurent-ils.

Bien que les mécanismes qui ont conduit à ce « passage de relais »soient difficiles à interpréter, les deux équipes formulent l’hypothèse que des changements dans la disponibilité des proies servant à les nourrir ont pu jouer un rôle déterminant. L’extinction du Crétacé final a abouti à des pertes significatives chez les reptiles marins et les céphalopodes, comme les calmars. Dans le même temps, on a observé une sérieuse augmentation des poissons osseux.

Hervé CHABAUD

 Extrait de l'union du 22/08/2018

    

      

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  L’anthrax sévit dans les pâturages

Plus de 50 animaux morts dans 28 exploitations : le département des Hautes-Alpes est confronté depuis le mois de juin à une importante épidémie animale de fièvre charbonneuse.


Provoquée par la bactérie «
bacillus anthracis », la fièvre charbonneuse provoque une mort foudroyante, souvent en moins de 24heures, chez les ovins, bovins et équidés. AFP

Transmise par des spores pouvant rester inactives pendant des dizaines d’années dans le sol, fièvre charbonneuse, appelée anthrax en anglais, est transmissible à l’homme et potentiellement mortelle dans ses formes les plus rares. Les premiers cas chez l’animal ont été observés à Montgardin, à une quinzaine de kilomètres à l’est de Gap, où six vaches ont été retrouvées mortes le 28 juin. En deux mois, la maladie s’est étendue à treize communes, sur lesquelles les autorités sanitaires recensent 23foyers distincts.

Dès qu’un foyer est confirmé, la préfecture « prescrit la vaccination de tous les animaux concernés » indique Serge Cavalli, directeur adjoint à la Direction départementale de protection des populations. Des « mesures de blocage de l’exploitation » d’au moins 21 jours sont prises, « le temps d’acquisition de l’immunité vaccinale et de la réalisation des opérations de nettoyage et de désinfection », ajoute le responsable. Le lait collecté doit être pasteurisé et détruit.

Si les antibiotiques fonctionnent, le vaccin est le moyen le plus efficace pour limiter la propagation. Mais les vétérinaires font face à une pénurie temporaire, le laboratoire espagnol qui les produit étant fermé au mois d’août, et traitent en priorité les troupeaux infectés et les exploitations limitrophes. « L’État a entamé des discussions avec ses partenaires européens pour évoquer la disponibilité et le rachat des vaccins » dont ils disposent, précise Agnès Chavanon, secrétaire générale de la préfecture des Hautes-Alpes.

Provoquée par la bactérie « bacillus anthracis », la maladie cause une mort foudroyante chez les bovins, souvent en moins de 24 heures.

La transmission de cette maladie entre deux personnes n’a jamais été observée

L’animal présente notamment un gonflement abdominal et des hémorragies au niveau des orifices naturels. La maladie est rare mais non exceptionnelle. Depuis 1999, plus d’une centaine de foyers ont été enregistrés en France, de 0 à 10 par an en moyenne, davantage durant les étés chauds qui suivent des périodes de pluies abondantes.

Également appelée charbon, en raison des escarres noirâtres qu’elle provoque, cette zoonose (maladie animale transmissible à l’homme) est connue de longue date. Les cas de transmission à l’être humain sont toutefois « extrêmement rares et aucun malade n’a été observé à ce jour » dans les Hautes-Alpes, rassure le docteur Christine Ortmans, responsable du service de veille et sécurité sanitaire à l’Agence régionale de santé (ARS).

La transmission entre deux personnes n’a, par ailleurs, jamais été observée, relève le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, qui précise que chez l’homme la contamination est principalement due au contact ou à l’ingestion d’animaux infectés. Dans les Hautes-Alpes, 103 personnes entrées « potentiellement en contact » avec la maladie ont été recensées par l’ARS, notamment du personnel d’une entreprise d’équarrissage, d es éleveurs ou des vétérinaires. La moitié bénéficie d’un traitement antibiotique préventif allant de 10 à 35 jours, selon le type d’exposition.

La forme cutanée de la fièvre charbonneuse, de loin la plus fréquente, est rarement mortelle lorsqu’elle est traitée avec les antibiotiques. Elle connaît une variante gastro-intestinale ainsi qu’une autre dite « par inhalation », la plus grave.

Extrait de l'union du 21/08/2018

    

      

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Préserver les nids  des hirondelles

 Cormicy - La rénovation de l’hôtel de ville a été interrompue pour ne pas gêner l’espèce protégée.


Ce mardi, le maire a procédé à un tour des bâtiments publics avec la responsable de la LPO afin de dénombrer les nids artificiels à installer.

Concilier travaux de rénovation et nids d’hirondelles : rien n’est moins simple. Pourtant, le maire de Cormicy, Dominique Décaudin, tente de s’occuper des deux. Il a fait appel à la ligue de protection des oiseaux (LPO) qui va se charger de créer des nids artificiels en parfaite cohésion avec les nouvelles fenêtres de l’hôtel de ville.

DES NIDS ARTIFICIELS POUR DE VRAIES HIRONDELLES

Chaque année, Cormicy accueille des hirondelles aux fenêtres : « leur concentration est assez exceptionnelle. Je ne vois pas d’autres villages et alentours où il y en a autant. Rien que sur les bâtiments publics, on en dénombre au moins cinquante » . Nulle envie pour le maire de chasser ces locataires seulement : « Leur présence nous a obligés à reporter nos travaux ». Alors, Cormicy a fait appel à Ligue de protection des oiseaux pour parvenir à rénover sans les gêner mais aussi et surtout pour sensibiliser les habitants. « Beaucoup trop de nids sont retirés soit-disant tous seuls. On veut leur montrer qu’il existe des solutions alternatives à celles consistant à détruire l’habitat des hirondelles » . Des nids artificiels vont ainsi être posés par la LPO en fin d’année de façon à pouvoir installer les nouvelles fenêtres de l’hôtel de ville sans gêner le retour des hirondelles au printemps 2019.

C’est pourquoi Julia D’Orchymont, responsable de la LPO, explique que cette installation ne se fera pas à n’importe quel moment : « Il faut qu’elles soient absentes, donc pendant l’hiver ». Afin d’encourager les habitants à faire de même, la mairie est même prête à fournir gratuitement les nids artificiels à ceux qui s’estiment gênés par les déjections sur les fenêtres et rebords que peuvent causer les hirondelles : « On veut faire changer leur regard sur cette espèce. Ainsi, en plus des nids gratuits, on veut proposer une journée de sensibilisation à l’école ».

Protéger les hirondelles, tout en assurant un cadre de vie agréable aux riverains : Cormicy va démontrer que c’est possible.


  
« On ne peut pas intervenir à n'importe quelle période. Il faut qu'elles soient absentes donc pendant l'hiver »
Juiie D'Orchymont responsable de LPD

L’enfouissement des lignes électriques : un problème ?

C’est bien connu, lorsque les premiers vents froids de l’hiver arrivent, les oiseaux quittent notre région pour regagner des territoires plus chauds le temps de la période hivernale. Les hirondelles se posent souvent sur les lignes électriques avant leur grand départ. Avec l’enfouissement des fils, bon nombre de riverains, comme le maire de Cormicy, craignent que cela soit contraignant pour les hirondelles. À cela, Julia D’Orchymont, de la LPO, répond : « Il est vrai que c’est pratique pour elles de s’envoler ensemble depuis les fils des lignes électriques parce qu’il n’y a rien qui les gêne. Mais s’il n’y en a plus, elles feront comme les autres oiseaux : depuis un toit ou un arbre. Il y avait des hirondelles avant les fils électriques ! »

Léna LEVAVASSEUR

 Extrait de l'union du 22/08/2018

    

      

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Ce très vieux panda qui garde ses secrets 

On ne parle pas seulement des pandas lorsqu’il s’agit de signifier les bonnes relations diplomatiques entre la France et la Chine   et d’en justifier une présence zoologique dans l’Hexagone.


Les pandas sont une espèce isolée du point de vue génétique. AFP 

Si l’animal d’aujourd’hui séduit de par le monde, ses grands ancêtres mobilisent les meilleurs anthropologues. Les restes d’un panda découvert dans une grotte en Chine du sud qui appartiennent à une lignée aujourd’hui disparue, interrogent. Il s’avère, d’après les premières conclusions scientifiques, que la diversité génétique de l’espèce était jadis plus grande à l’époque.

UN VÉNÉRABLE ANCÊTRE

Aujourd’hui menacés d’extinction, les pandas géants vivent dans des parcs protégés au cœur de la Chine. En revanche, il y a 22 000 ans, sa population était plus disséminée. Des chercheurs chinois ont séquencé l’ADN mitochondrial d’un morceau de crâne retrouvé dans la grotte de Cizhutuo, située dans la province du Guangxi. Il s’agit de la plus vieille trace d’ADN mise au jour de l’animal. Son analyse a été publiée dans la revue Current Biology. Ce panda était légèrement différent de ses cousins actuels. Séparé de ses congénères il y a 144000 à 227 000 ans, sa descendance n’est pas arrivée jusqu’à nous. « Il s’agit d’une autre lignée, mais en aucun cas d’une autre espèce », relève Céline Bon , paléogénéticienne au Musée de l’Homme. Et d’ajouter : « Cela prouve qu’il y a 22 000 ans, les pandas avaient une population beaucoup plus diversifiée qu’aujourd’hui. Son territoire était aussi bien plus étendu. »

Les pandas sont une espèce isolée du point de vue génétique. Ils se sont séparés des ours il y a douze millions d’années. On ne leur connaît aucun proche cousin. Désormais, leur population se divise en deux sous-espèces : les pandas géants et les pandas de Qinling dont, hélas, il ne reste que quelques centaines d’individus. Ces deux sous-espèces se seraient séparées il y a 10 000 ans et souffrent d’un manque de diversité génétique mettant en grand danger leur survie, assurent plusieurs groupes de spécialistes. Un diagnostic préoccupant.

« Découvrir une nouvelle lignée peut nous permettre de comprendre comment la population a pu se réduire à ce point », détaille Céline Bon. « Il y a entre 10 000 et 15 000 ans, beaucoup d’espèces de grands mammifères ont soit disparu, soit connu un très fort rétrécissement de leurs populations qui s’est ressenti dans leur diversité génétique. » Plusieurs facteurs expliquent cette diminution des populations animales. Les hommes ont mieux maîtrisé leur environnement en se sédentarisant, ce qui a désorganisé l’habitat des animaux. S’est ajouté un bouleversement climatique majeur lors de la dernière période glaciaire.

BIEN DES ZONES D’OMBRE

On sait peu de choses sur le passé des pandas, dans les régions situées en dehors de leur habitat actuel. Le sud de la Chine est différent des territoires centraux. Les pandas du Guangxi ont développé des mutations qui ont changé l’architecture de bien des protéines produites dans leurs cellules. « Le climat du sud est plus chaud », rappelle Céline Bon. « Les pandas ont dû s’adapter avec une production plus en adéquation à leur nouvel environnement. »

Il est compliqué de remonter l’histoire génétique qui a conduit à la séparation de ces deux lignées. L’ADN mitochondrial n’est transmis que par la mère, on ne dispose donc dans ce cas de figure que d’une moitié de l’arbre généalogique du panda. Le climat tropical du Guangxi, rend la préservation de l’ADN très difficile. Pour l’instant, aucun échantillon d’ADN nucléaire ne s’est avéré suffisamment bien conservé pour être séquencé.

Hervé CHABAUD

 Extrait de l'union du 04/07/2018

    

      

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Peste porcine : les chasseurs se rebiffent

Mis en place pour éviter la propagation du virus, le périmètre d’interdiction de la chasse ne serait pas en cohérence avec celui de la Belgique.


Les sangliers ont fait des dégâts en forêt de Pouru-aux-Bois. Président de la société locale, Patrick Bosserelle déplore l’interdiction de chasser.Karen Kubena

LES FAITS

*.- LE 13 SEPTEMBRE, deux cas de peste porcine africaine sont identifiés sur des cadavres de sangliers, à Étalle en Belgique (10 km de la frontière française).

*.- S’IL NE PRÉSENTE AUCUN DANGER POUR L’HOMME, le virus se transmet chez les suidés, sangliers et porcs. Présentant une forte mortalité, il constitue une menace redoutable pour les élevages.

*.- POUR ÉVITER TOUTE PROPAGATION, l’État a interdit la chasse au grand gibier et a renforcé les mesures de biosécurité dans les élevages (hygiène stricte, laissez-passer pour déplacer le cheptel…) dans un périmètre de 43 communes des Ardennes, appelé zone d’observation renforcée.

Jeudi matin, dans l’épaisse forêt de Pouru-aux-Bois, un solide gaillard, perché sur talus, déclame : « À gauche, c’est la Belgique, Le Grand-Hez : chasse autorisée. À droite, la France : chasse interdite. Allez comprendre ? »

À la frontière franco-belge, la scène est aussi incongrue que la situation lui semble incohérente. Patrick Bosserelle, trente-trois années à la tête de la société de chasse locale, a rangé le fusil. Les mille hectares qu’il gère à Pouru-aux-Bois, Francheval et Villers-Cernay sont situés dans la zone où il est désormais interdit de chasser le grand gibier.

PAS DE REMISE EN CAUSE DE L’ARRÊTÉ PRÉFECTORAL

Il n’est pas question de remettre en cause la mesure prise par le préfet des Ardennes après la découverte de cas de peste porcine africaine en Belgique. L’objectif est d’éviter la dispersion du gibier qui pourrait propager le virus.

« C’est un danger mortel pour la chasse et l’élevage, l’affaire est grave », reconnaît-il, mais le périmètre de cet arrêté, Patrick Bosserelle ne le comprend pas.

Côté français, la zone dite d’observation renforcée s’étend de Daigny à Margny, soit une bande de quinze kilomètres de profondeur le long de la frontière, dans le Sedanais. En total décalage avec les Belges qui font commencer leur propre zone d’interdiction plus à l’est, de Florenville à Aubange. Le massif forestier de Bouillon est donc ouvert à la chasse, juste en face de Pouru et ses bois. « Vous n’allez pas me dire que le gibier s’arrête à la frontière ? », fustige-t-il.

Un avis partagé par Philippe Chopineaux : « C’est une aberration que nous avons fait remonter aux services de l’État, indique cet administrateur de la fédération départementale des chasseurs des Ardennes. De la même manière, nos voisins belges ont pris des mesures strictes, à bon escient d’ailleurs, en interdisant la pénétration des promeneurs ou cueilleurs dans leur zone. Ici, on laisse ouvert. »

Si les services de l’État n’ont pas souhaité répondre à nos sollicitations sur ce sujet, il semblerait que le zonage ait été défini par rapport aux barrières naturelles que sont l’autoroute et la Meuse.

Face à la surpopulation de sangliers, il faudra trouver un moyen de prélever, plaident les chasseurs

Sans être un fou de la gâchette, le chasseur du Sedanais souhaiterait une évolution de mesures préventives. C’est aussi le cas de la présidente de l’association ardennaise des chasseurs de grand gibier, Martine Goffinet, qui appelle à une réintroduction de la chasse : « Il y a un très grand nombre de sangliers qui sont possiblement des vecteurs de la peste et font des dégâts. Il n’est pas question de chasser en battue, parce que cela bouge trop et les ferait gagner des zones qui ne sont pas infectées ; mais il pourrait être mis en place des chasses à l’affût, en individuel. On n’en est pas là. » Quoi qu’il en soit, les chasseurs sont d’ores et déjà mobilisés pour détecter des cadavres de sangliers, « surtout le long des ruisseaux, car comme ils ont de la fièvre, on pense qu’ils viendraient mourir là », détaille M. Bosserelle. C’est d’ailleurs dans ces bois qu’un sanglier a été découvert mort vendredi dernier. Le test était revenu négatif.

ManessaTERRIEN

Extraits de l' union du 01/10/2018

 

La peste ne doit pas arriver

La peste porcine africaine peut apparaître du jour au lendemain.  La prévention s’organise.


Le moindre cas de peste obligera Guy Chatry à abattre tous ses animaux. Du jour au lendemain, plus aucun éleveur en France ne pourra exporter sa production.

LES FAITS

*.- LA PESTE PORCINE AFRICAINE qui sévit en Europe de l’Est peut arriver d’un jour à l’autre.

*.- LA MOINDRE CONTAMINATION D’UN PORC provoquera immédiatement l’interdiction d’exporter pour tous les éleveurs français.

*.- POUR EMPÊCHER CE FLÉAU ÉCONOMIQUE , la Draaf (direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt) s’organise en région pour lancer une campagne de prévention dans le Grand Est.

L’épidémie de peste porcine africaine avance de quelques kilomètres par mois. Inéluctablement. Pour l’instant, elle est dans les pays de l’est. « Selon les calculs, elle devrait arriver dans six ans » , annonce Pierre Pirson, éleveur bio de cochons à Sugny, en Belgique, à quelques encablures de Sedan.

La maladie arrivera dans six ans, véhiculée par les sangliers mais elle peut aussi tomber d’un camion demain matin, n’importe où dans la région et même n’importe où en Europe. « Elle peut être apportée par un routier qui abandonne un reste de sandwich au jambon sur une aire d’autoroute qu’un sanglier avalera. Elle peut aussi arriver par un travailleur détaché polonais ou tchèque qui la transportera dans les rainures de ses bottes. C’est le problème. »

À Aire, dans le sud des Ardennes, Guy Chatry a installé un pédiluve à l’entrée de la nursery où ses deux cents truies mettent bas. C’est un peu par acquit de conscience. « Le jour où il y aura un cas en Allemagne, je commencerai à m’inquiéter vraiment, précise-t-il. Comme mes bêtes ne sortent pas du tout, les risques de contamination sont limités. »

Ce n’est pas comme chez Pierre Pirson où les truies passent leur journée en plein air à fourailler la terre. « J’en ai même qui vont se balader sur la route. Il va falloir que je les en empêche car les services sanitaires vont commencer à surveiller de près. Si la maladie arrive, il faudra rentrer tout le monde dans le hangar du jour au lendemain. Ce ne sera pas simple. »

Confinement général, abattage du troupeau entier au moindre cas déclaré et surtout interdiction d’exporter pour tous les éleveurs du pays… voilà ce qui se passera le jour où la peste montrera le bout de son groin. « Il n’y a aucun risque pour l’homme mais ce sera une véritable catastrophe économique. Les éleveurs qui sont endettés ne s’en relèveront pas. Même ceux qui n’exportent pas comme moi seront touchés car tous les porcs se retrouveront sur le marché français. Les prix s’effondreront » , prédit Guy Chatry.

À Sugny, Pierre Pierson ne veut pas trop se tracasser à l’avance : « Je vais tout de même prévoir des doubles clôtures pour empêcher les sangliers d’approcher. Si la Belgique est touchée, je ne pourrai sans doute plus aller faire abattre mes bêtes à Charleville et les faire découper à Vrigne-aux-Bois. J’ai déjà connu la peste porcine classique il y a trente ans. On ne pouvait plus vendre, tous les marchés étaient fermés » .

Pour empêcher ce scénario, les autorités sanitaires, en France et en Belgique, sont en train de se bouger. Des panneaux de prévention ont été installés sur les aires d’autoroute à l’intention des routiers et plus largement des personnes qui viennent de pays infestés.

Des réunions se succèdent pour informer les éleveurs, les professionnels du tourisme, les chasseurs ou encore les organismes qui gèrent les travailleurs détachés. « Le risque est présent en Europe depuis 2014, la Tchéquie a été touchée en 2017 et la Hongrie vient de l’être à son tour. On se met en ordre de bataille. L’arrivée de la maladie n’est pas inéluctable si des précautions sont prises » , assure Guillaume Gerbier, épidémiologiste à la Draff Grand Est (Direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt).

Les truies qui vivent sur le domaine de Saint-Isidore, à Lametz dans le Vouzinois, n’ont pas vent du climat anxiogène qui gagne les porcheries. La sérénité de leur éleveur bio, Gilbert Nizet, les préserve : « Je ne m’inquiète pas du tout On a tellement sélectionné qu’on a affaibli les races. Elles ont perdu leurs défenses naturelles. En bio, c’est l’inverse. Nos bêtes résistent bien. Elles n’attraperont pas cette peste. » Il faut l’espérer. Les quelque 200 exploitants de Champagne-Ardenne et de l’Aisne espèrent surtout que les bêtes n’auront pas l’occasion de l’attraper.


« Mes truies se baladent parfois sur la route, je vais devoir clôturer un peu plus »
Pierre Pierson. éleveur bio

Une maladie qui tue massivement

L’incubation ne dure que quelques jours avant l’apparition des symptômes. Cela commence par une forte fièvre, une perte d’appétit, des rougeurs sur la peau au niveau des oreilles, de l’abdomen et des pattes. Elle provoque des difficultés à respirer, des vomissements, des saignements et parfois de la diarrhée. La maladie est très contagieuse. Elle se propage par contact avec le sang, les tissus, les sécrétions et les déjections des porcs infectés. La mort peut survenir en quelques dizaines d’heures et jusqu’à dix jours après les premiers symptômes. Les animaux peuvent aussi être porteurs sains. La mortalité atteint 70 % des animaux infectés et 100 % chez les jeunes porcs. Il n’existe ni vaccin, ni traitement (il existe un vaccin pour la fièvre porcine classique mais pas pour l’Africaine). Le virus s’attaque aux porcins (cochons et sangliers) mais contamine aussi les tiques (mais pas celles que nous trouvons chez nous). Il n’est pas transmissible à l’homme. Sa propagation est d’autant plus facile qu’il est capable de survivre plusieurs mois dans la viande de porc fraîche et les produits du porc transformés comme la charcuterie. La peste porcine africaine est apparue en 1960 en Espagne, au Portugal et en Sardaigne. La maladie a été éradiquée au Portugal en 1993 et en Espagne en 1995, mais elle reste présente en Sardaigne. Elle est de retour par l’Europe de l’Est depuis 2014.

3 QUESTIONS à


Alain MAYER
Groupement vétérinaire du Gd EST

Ce sera un fléau économique

 Pourquoi faut-il autant s’inquiéter de cette peste inoffensive pour l’homme ?

Parce que ce sera un fléau économique. Le jour où le virus touche un élevage, la France perdra dans l’heure son statut d’indemne à cette maladie. Aucun pays ne prendra le risque d’importer sa viande. Tous les porcs devront être écoulés sur

le marché français. Notre région sera d’autant plus touchée que nous n’avons pas assez d’abattoirs. On ne pourra même plus aller les faire abattre en Allemagne. On se retrouvera à devoir euthanasier nos porcs.

Puisqu’il n’existe pas de vaccin, comment faire pour qu’elle n’arrive pas ?

Il ne faut pas laisser traîner lamoindre nourriture de porc qui ne serait pas produite en France. Le virus peut survivre plus d’un mois dans de la charcuterie. Il faut faire attention aux saucissons qu’on rapporte de vacances, ne rien laisser derrière soi après un pique-nique si la viande n’est pas française. La maladie se transmet également par les liquides biologiques des sangliers dans lesquels on peut marcher sans s’en rendre compte. Les travailleurs qui viennent des pays infestés ne doivent pas s’approcher d’une porcherie sans précaution. Il faut aussi sensibiliser les groupes qui vont dans les fermes pédagogiques où se trouvent des cochons. Laprévention peut être efficace sichacun fait attention. La Sardaigne est un très bon exemple de réussite puisque la maladie, présente chez elle depuis 1978, n’est jamais arrivée chez son voisin corse.

Si toutefois nous étions infestés, au bout de combien de temps retrouverions-nous notre capacité à exporter ?

Tout dépend de notre capacité à contenir la maladie et à l’éradiquer. Cela pourra durer, au mieux, plusieurs mois qui seront catastrophiques pour nos producteurs. C’est pourquoi il faut surtout l’empêcher d’arriver.

LES AUTRES POINTS

L’Europe doit agir 

Hervé Lapie, éleveur de porcs et président régional du syndicat agricole FNSEA, demande que l’Europe prenne la mesure du risque d’infection : « Il faut construire une ligne Maginot pour empêcher cette peste d’arriver, c’est-à-dire un mur de mesures fortes pour éviter la propagation. Pour l’instant, l’Europe ne prend pas les mesures radicales qui s’imposent. »

METTRE FIN AUX IMPORTATIONS DE SANGLIERS POUR LA CHASSE

Parmi les mesures qui pourraient être prises par l’Europe, les éleveurs aimeraient qu’il soit interdit de faire venir des sangliers des pays de l’est pour animer des parties de chasse. « On est censé faire confiance aux services vétérinaires polonais qui envoient les bêtes. C’est mettre en danger toute une filière pour un simple agrément », dénonce Hervé Lapie.

IMPORTATIONS ET EXPORTATIONS

La France importe 25 % de sa consommation, notamment certaines pièces de viande telles que les jambons. Ces pièces proviennent de pays européens, principalement l’Espagne et l’Allemagne.

À l’inverse, d’autres parties du porc, comme la poitrine et les abats, sont moins appréciées des Français. Celles-ci sont destinées à l’exportation à hauteur de 600 000 tonnes par an. La filière porcine exporte 30 % de sa production, principalement en Europe et en Asie : Chine, Philippines…

LA SARDAIGNE INFESTÉE DEPUIS 1978

L’île italienne détient le record de durée en Europe occidentale de laprésence du virus de la fièvre porcine africaine. La maladie se trouve à l’état endémique en Sardaigne depuis 1978, soit depuis quarante ans. Elle circule parmi la population de sangliers et aussi chez les cochons semi-sauvages. Les producteurs de l’île n’ont pas ledroit d’exporter leur saucisson et encore moins de la viande fraîche. En 2015, le ministère italien avait autorisé la vente du cochon de lait de Sardaigne dans d’autres régions italiennes.

LES PAYS DÉJÀ TOUCHÉS

Voici la liste des pays où la maladie a été déclarée depuis 2014 : la République tchèque, la Hongrie, la Roumanie, le Bulgarie, la Pologne, la Fédération de Russie, l’Ukraine, la Biélorussie, la Moldavie, les trois pays baltes et la Roumanie.

Extraits de l' union du 06/06/2018

    

      

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La baleine boréale compose et interprète


Une bale ine boréale, au large de l’Alaska.CC BY-SA 2.0 Bering Land Bridge National Preserve

Du côté du Groenland, cette géante de l’immensité salée est une virtuose  dont le répertoire ne cesse pas de se renouveler et témoigne d’une capacité créative en même temps que d’une sensibilité traduisant son intelligence.

Il est des compositeurs prêts à un bain de mer, même glacé, pour acquérir les aptitudes de création et les qualités d’interprétation que possède ce géant des océans, capable de concerts impressionnants par leur mélodie fruit d’une recherche esthétique qui surprend les mélomanes. Peut-être qu’un jour, cet animal hors du commun deviendra une star lorsqu’on reconnaîtra enfin sa capacité à créer un tube ! Figure des grandes espèces de cétacés à fanons, la baleine boréale ou du Groenland est d’une taille et d’un poids exceptionnels. Elle mesure de quatorze à dix-huit mètres de long et pèse à l’âge adulte de soixante-quinze à cent tonnes ! Mieux vaut se garer à son passage.

CONCERTISTE MONUMENTALE

Sa force lui permet de briser une couche de glace déjà épaisse pour respirer et son espérance de vie est de deux siècles. On connaît bien des hommes qui aimeraient un tel pronostic à condition de conserver toutes leurs facultés. Cette baleine dispose dans le même temps des qualités de compositeur, d’interprète et même de chef d’orchestre. La musique lui semble une motivation permanente. L’animal s’exprime vingt-quatre heures sur vingt-quatre, de novembre à avril, dans une zone où le soleil prend de longues vacances.

Bien des stars aimeraient disposer de tels atouts pour multiplier les scènes et consolider leur trésorerie. « Ces mammifères marins ont un répertoire vocal étonnamment diversifié et en constante évolution ce qui nourrit des études passionnantes et questionne le chercheur comme celui qui écoute», explique Kate Stafford, océanographe et enseignant-chercheur à l’université de Washington à Seattle. Elle est rejointe dans son analyse par ses collègues norvégiens de l’institut polaire de Tromsoe qui dépend de l’université d’Oslo. Est-ce à dire que cette baleine est une bête à part ? Bien des animaux fabriquent et utilisent des sons pour communiquer entre eux. Qui n’a pas observé les oiseaux dont les discussions sont parfois d’une telle intensité qu’elles semblent dominer l’espace des échanges ? La cigale est aussi une belle spécialiste des vocalises de l’été tandis que le grand dauphin que certains s’épuisent à appeler le cétacé à dents, siffle merveilleusement.

PROCHE DU JAZZ

Comment a-t-on pu évaluer les performances musicales de cette baleine ? L’équipe de Kate Stafford a immergé des hydrophones dans les mers du globe pour alimenter ses programmes d’études sur la communication sonore des cétacés. De 2010 à 2014, des enregistrements ont été effectués entre le Groenland et l’archipel de Svalbard dont on connaît la plus grande île, Spitzberg. Les conclusions sont certifiées : les baleines boréales y ont produit 184 types de chansons différentes. Le travail scientifique qui le démontre a été publié dans Biology Lettersd’avril 2018. « La baleine boréale produit des sons plutôt intermédiaires entre ceux, très expressifs de la baleine à bosse et ceux plus élémentaires de la baleine bleue », résume Olivier Adam, professeur de bioacoustique à l’université de Paris-Sud. Avant d’ajouter : « Ce qui est étonnant, chez la baleine boréale, c’est sa capacité à moduler sa fréquence, ce qui nous permet de constituer des catalogues de chants de baleines. » Selon les experts, si les baleines à bosse font de la composition classique, la boréale est plutôt jazz !

Mieux, son répertoire se renouvelle, signe qu’elle crée et se remet en question. Une leçon que ce cétacé menacé d’extinction donne à l’homme d’aujourd’hui.

Hervé CHABAUD

 Extrait de l'union du 30/05/2018

    

      

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Les sangliers sans pitié

Les dégâts agricoles causés  par les sangliers sont de plus  en plus importants dans la région


Il n’y a pratiquement pas de trêve dans la lutte contre le sanglier détruisant des cultures.
Archives fédération des chasseurs de l’Aisne

Les dégâts causés par les sangliers coûtent cher dans l’Aisne. La facture réglée par les chasseurs s’élève à 884 000 euros en 2017, contre 544000 euros en 2016. Spécialiste du grand gibier à la fédération des chasseurs de l’Aisne (FDC02), Nicolas Voyard ne parle pourtant pas de guerre pour décrire ce conflit. Il évoque plutôt « une gestion raisonnée, en prenant en compte les intérêts agricoles ».

Mais derrière ces mots, il y a bien une lutte féroce. Les deux adversaires se disputent des territoires. 675 km de clôtures électriques ont été posés en 2017 pour un budget de 190.000 euros. Sans compter qu’il y a des manœuvres sur le terrain. De fin mars à fin mai, les chasseurs et les agriculteurs ont obtenu de la préfecture de l’Aisne l’autorisation de pratiquer « des tirs de dissuasion ».

25 MARCASSINS ABATTUS

Ce sont les marcassins qui sont visés. Vingt-cinq d’entre eux ont été abattus entre le mois de mars et le jeudi 17 mai. « Cela ne change rien en nombre. L’objectif est surtout de créer de l’insécurité dans la plaine en tirant sur des jeunes », affirme Nicolas Voyard. Le spécialiste explique que les laies prennent conscience du danger lorsqu’elles constatent la mort de leurs petits. Elles rebroussent alors chemin, plutôt que de choisir des champs de blé, maïs ou betteraves, comme lieux de restauration.

En 2017, les sangliers ont détruit 834 hectares de terres agricoles dans l’Aisne, contre 542 hectares en 2016

La mesure concerne les animaux âgés au plus de 6 mois, en plaine et dans les secteurs dévastés. Mais Nicolas Voyard constate lui-même « la réticence psychologique » des chasseurs à abattre des bêtes de moins d’une quinzaine de kilos.

Un frein qui n’existe pas vraiment dans le domaine de la gastronomie. Le gibier tué est consommé sans réticence. Même s’il ne correspond pas à un acte de chasse, mais bien à une action de destruction. En 2017, les sangliers ont détruit 824hectares de terres agricoles contre 542 hectares en 2016. Dans l’Aisne, le gros des troupes occupe « La Souche » dans un secteur géographique englobant Sissonne et Marchais mais aussi trois autres lieux. Il y a l’Orxois près de Marigny-en-Orxois, le Tardenois et la vallée de l’Aisne avec Vailly-sur-Aisne.

Cette dernière saison, les chasseurs ont mis au tapis 12 500 sangliers. «C’est un record absolu. En moyenne, nous étions sur une base comprise entre 8 000 et 9 000 bêtes», indique le chargé communication de la fédération. La méthode semble porter ses fruits. En 2018, il y a eu 120 dossiers de dégâts de moins par rapport à 2017 avec 567 démarches pour obtenir des remboursements contre 443 au 1 ermai. « Nous espérons que c’est le signe d’une diminution des populations », souligne Nicolas Voyard.

Les occasions de poursuivre le bras de fer ne manquent pas. Du 1 erjuin au 10 août, l’approche individuelle avec des tirs est possible dans l’Aisne. Ensuite, il y aura des battues dans les cultures jusqu’à l’ouverture de la saison prévue le 17 septembre.

Les chasseurs n’en ont pas fini avec les sangliers. Un gibier qui attise leur envie de parcourir les campagnes, le fusil ou l’arc à la main. La relation est complexe avec ce gibier qui ensorcelle et nourrit des récits extraordinaires. Sans la présence du sanglier, il y aurait bien des chasseurs malheureux.

Des agrainages de dissuasion dans les Ardennes

Le montant indemnisé pour la récolte 2017 est de 405 113 euros dans les Ardennes. Moins salée que dans l’Aisne, la note reste conséquente. Elle a presque doublé en un an de temps, étant de 217381 euros en 2016.

La population de sangliers a elle aussi augmenté. 9 200 bêtes ont été tuées lors de la saison de chasse 2017-2018 ; 2 200 de plus qu’en 2016-2017. « C’est la première fois que nous en prélevons autant, commente le directeur de la fédération départementale des chasseurs des Ardennes (FDC 08), Sylvain Debrielle. D’ordinaire, nous tournons autour de 7 000, parvenant alors à contenir les dégâts. »

Ces derniers ne s’expliquent pas que par l’évolution de la population de sangliers, les aléas de la météo jouant aussi un rôle. « Plus les cultures restent en place, et plus il y a de risques qu’elles soient mises à la dent du gibier », explique le directeur de la FDC 08. Gourmands de maïs et de blé, les sangliers pêchent dans tout le département, avec une petite préférence pour les communes de Signy-l’Abbaye et Vendresse. Ils sévissent autour des massifs forestiers.

Au contraire de l’Aisne, pas de tirs dissuasifs dans les Ardennes. «Nous pratiquons les agrainages de dissuasion dans les grands massifs forestiers », indique Sylvain Debrielle. Maïs et pois y sont distribués avec parcimonie. « Les sangliers se focalisent sur les céréales et ne sortent plus en plaine pour aller manger », explique le directeur, ajoutant que des études ont démontré que l’agrainage n’influait pas sur l’évolution de la population.

Peu de répit pour les sangliers marnais


Une chasse spécifique ouvrira le 1er juin pour protéger les cultures.

Les chasseurs marnais n’échappent pas à la règle. Les dégâts de la saison 2017-2018 sont eux aussi en forte hausse.

« En termes de quantités détruites, nous passons de 39 000 à 65 615 quintaux », indique le directeur de la fédération

des chasseurs de la Marne (FDC 51), Emmanuel Maillart.

Et la facture de suivre la même courbe, passant de 376 456 à 579956 euros.

La FDC 51 use d’un certain nombre d’outils pour endiguer le phénomène. « Le plus efficace reste le prélèvement des animaux », affirme le directeur. 13 846 sangliers ont été tués dans le département de la Marne lors de la saison passée, « alors que notre objectif de routine se situe autour des 10 000. Autant dire que nous ne lèverons pas le pied sur les prélèvements ».

Comme dans l’Aisne et les Ardennes, les chasseurs investissent dans la protection linéaire le long des bois. Ils ont également recours aux agrainages dissuasifs. Ils ont aussi la possibilité de prélever des sangliers du 1 erjuin au 14 août, pour protéger les cultures. « C’est une ouverture spécifique, avec des chasses spécifiques, pratiquées exclusivement à l’approche ou à l’affût », précise Emmanuel Maillart.

De la même manière, ils peuvent tuer des sangliers du 15 août à la fermeture générale, en battue, à l’approche ou à l’affût. « Ce qui apporte, en sus, de la diversité à la chasse. »

3 QUESTIONS à


Philippe MEURS
Agriculteur

Toutes les chasses   ne jouent pas le jeu

Philippe Meurs est exploitant agricole et éleveur à Oulchy-le-Château. Il est représentant de l’union des syndicats agricoles dans le sud de l’Aisne.

Est-ce que les agriculteurs sont préoccupés par l’augmentation des dégâts de sangliers dans l’Aisne ?

Cela fait vingt-cinq ans que l’on traîne un point noir sur les communes de Brécy et d’Épieds. Il a été très mal géré depuis de nombreuses années. Au début il y a eu des répercussions locales. Maintenant, elles finissent par concerner tout un arrondissement. Des efforts ont été réalisés depuis très peu de temps. Il y a eu une évolution dans la gouvernance de la fédération de chasse mais revenir à une situation plus sereine va prendre encore de nombreuses années.

Toutes les chasses ne jouent pas le jeu. Il y en a encore dont on a l’impression qu’elles pratiquent plus l’élevage de sangliers que la chasse.

Mais les agriculteurs sont remboursés pour les dégâts ?

Oui, mais avec des constatations qui ne reflètent pas la réalité sur le terrain. Le problème, c’est la reconnaissance des dégâts et leur estimation à la hauteur des pertes d’exploitation. Un hectare n’est jamais entièrement détruit. Une commission nationale fixe le prix des denrées et une expertise est faite par un technicien formé par la fédération départementale des chasseurs (et l’ONCFS). Cela peut créer des insatisfactions. L’estimation est subjective car il y a des dégâts indirects : des parcelles sont creusées avec le risque de casser du matériel. Nous sommes obligés de rouler lentement avec une perte d’efficacité du travail. Dans une pâture, on traîne les dégâts pendant une dizaine d’années. L’herbe ne repousse pas bien et une partie du sol est retournée.

Est-ce que vous observez des tensions avec les chasseurs ?

De plus en plus. Un certain nombre d’agriculteurs sont des chasseurs. Mais plusieurs d’entre eux reconnaissent qu’il y a un souci que l’on ne parvient pas à résoudre avec ces dégâts et leurs conséquences économiques.

Thierry de Lestang-Parade

Les autres points

LES DÉGÂTS SONT À LA CHARGE DES CHASSEURS

C’est aux fédérations de chasseurs que revient la responsabilité d’indemniser les agriculteurs dont les cultures ont été endommagées par de grands animaux. La somme qui leur est attribuée tient compte des surfaces détruites, mais aussi des rendements attendus des parcelles. « Nous missionnons alors des estimateurs indépendants pour expertiser le sinistre. »

Son montant fluctue également en fonction du coût des matières premières. Une commission départementale, supervisée par le préfet, fixe un barème annuel. « Cela peut générer des augmentations ou des baisses importantes d’une année sur l’autre, explique le directeur de la FDC 08, sans que les dégâts aient été plus ou moins importants. »

GESTION DE LA FAUNE SAUVAGE, FORMATION DES CHASSEURS…

L’activité des fédérations de chasseurs ne se résume pas aux dégâts de grand gibier, aussi importants soient-ils. « En plus de notre mission de service public consistant à gérer la faune sauvage, nous formons les chasseurs », rappelle le directeur de la FDC 51.

Plusieurs parcours ont été pensés à cet effet dans le parc fagniérot de 10 ha, où est récemment sortie de terre la maison de la chasse et de la nature, « des parcours de formation pour la chasse à l’arc, le piégeage, les gardes particuliers et la venaison ».

CHASSE ET TERROIR EN FÊTE

« Parce qu’ils croient en leur passion », les chasseurs marnais la partagent, profitant de leur nouvelle maison de la chasse et de la nature pour organiser leur troisième fête « Chasse et terroir » les samedi 23 et dimanche 24 juin à Fagnières, au lieu-dit du Mont-Choisy.

Long comme une journée sans pain, le programme est consultable sur www.fdc51.com. Les hostilités débuteront par un concert de trompe de chasse gratuit le vendredi 22 juin, à 20 heures, à l’hippodrome.

Sophie BRACQUEMART et Thierry de LESTANG-PARADE

 Extrait de l'union du 14/05/2018

    

      

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Un cheval aux multiples attraits

Samedi, Hervé Lenice (à gauche) a convié ses clients à s’essayer eux-mêmes aux travaux dans les vignes avec des chevaux de trait ardennais.


Pierry. Hervé Lenice est éleveur de chevaux de trait ardennais. Cet amoureux de l’une des plus anciennes races équines française dresse le portrait de cet animal ô combien polyvalent. 

On peut tout faire avec. » Voilà qui résume bien la relation qu’entretient Hervé Lenice avec ses chevaux de trait de race ardennaise. Une espèce « rustique et polyvalente » qu’il élève et fait travailler dans le cadre de sa société « Cheval de trait service », installée à Pierry depuis 3 ans.

1 - BALADE

Même avec son corps massif, son ample poitrine et son poids allant jusqu’à 1 000 kilos, le cheval de trait ardennais peut être monté. Hervé Lenice le fait régulièrement. Il n’en demeure pas moins que sa fonction première est de tracter, et qu’il fait merveille attelé à une calèche. Un exercice qui fait d’ailleurs partie de l’apprentissage des chevaux élevés par Hervé Lenice. « Il faut 2 ans pour former un cheval : apprendre les directions, se déplacer dans la circulation et le bruit, tracter du matériel, d’abord roulant comme une calèche qui n’offre pas de résistance, puis les outils pour le travail du sol » , explique l’Ardennais, Pierrytier d’adoption. Tous les samedis, Hervé Lenice organise des découvertes du vignoble en calèche pour les touristes où les personnes logées dans son gîte au cœur de Pierry. Le dimanche, c’est sur l’avenue de Champagne à Épernay que ses fidèles compagnons emmènent les volontaires en balade.

2 - VIGNES…

Cheval de trait service est avant tout prestataire de services pour la viticulture. « Cela représente 80 % de mon activité » , confie le responsable qui travaille seul, et «avec un saisonnier quand c’est nécessaire » . « Labourage, désherbage mécanique, semis d’engrais vert, apport d’engrais organique… L’Ardennais est un allié pour tous les travaux du sol dans les vignes » , énumère l’éleveur. Et même au moment des vendanges pour le débardage ! L’avantage du cheval est « qu’il passe dans des parcelles où le dévers empêche l’usage de l’enjambeur » . Dans la limite du respect de l’animal. Hervé Lenice refuse « de flinguer » ses bêtes dans des parcelles trop pentues, « je veux qu’ils aient une belle retraite » . « Comme il est capable de tourner sur lui-même, le cheval peut travailler dans des routes de vignes dont la sortie est limitée, par un talus par exemple. » Autre avantage, « un cheval ne marche jamais à la même place, il y a donc moins de tassement au solce qui permet de multiplier par deux la durée de vie des ceps. »

3 - … MAIS PAS QUE

Les chevaux d’Hervé Lenice ne voient pas que des rangées de vignes. Ils interviennent aussi dans les bois, pour le débardage « même sur des sols détrempés » , comme c’était le cas cet hiver où les engins à moteur étaient interdits. Dans l’entretien de la nature ou le maraîchage également. Hervé Lenice qui a acquis une parcelle à Pierry pour se lancer dans l’activité y a entraîné ses chevaux.

4 - CRÉATEUR D’EMPLOI

« Pas question d’entrer dans une vigne où des produits phyto sont utilisés. Avec le cheval, c’est un travail au naturel, dans le respect de la nature » , prévient Hervé Lenice. Un état d’esprit adopté par de nombreux vignerons. « Je forme donc des hommes en même temps que des chevaux » , sourit l’éleveur. Depuis qu’il a créé sa société en 2009, cinq personnes ont appris à travailler dans les vignes avec un cheval d’Hervé Lenice. « Elles sont employées chez un vigneron ou prestataires de services ». Ne s’invente pas laboureur qui veut, prévient-il. « Il faut de longues heures de travail et la passion des chevaux. » Il ne se sépare d’ailleurs pas de ses protégés sans l’assurance qu’ils seront bien traités.

Elever pour sauver

Les effectifs du cheval de trait ardennais sont en baisse constante en France. Moins d’éléveurs, moins de juments et donc moins de naissances. 518 ont été recensées en 2016, contre 844 en 2008 (source : institut français du cheval et de l’équitation).

Nombre de représentants de l’espèce partent à l’étranger. « Pour l’élevage en Chine et en Pologne, explique Hervé Lenice. Pour la viande au Japon. Le prix y est multiplié par 2,5, c’est loin d’être négligeable pour des éleveurs en difficulté. »

C’est pour sauvegarder cette race, l’une des plus anciennes de trait français, qu’Hervé Lenice s’est lancé dans l’élevage, d’abord dans les Ardennes avec son frère, maintenant seul à Pierry. Il en possède actuellement 12 dont la moité est née chez lui.

Hélène NOUAILLE

Extrait de l'union du 14/05/2018

    

      

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Sur les pas des chirurgiens du Néolithique

Opéraient-ils déjà des animaux, s’entraînaient-ils pour intervenir sur des humains, des paléoanthropologues ont livré les conclusions  de leurs recherches.


En 3000 avant Jésus-Christ, les hommes faisaient déjà commerce du bétail.

Souhaitaient-ils soigner l’animal où cherchaient-ils un cobaye pour s’exercer à la chirurgie ? L’étude d’un crâne de bovin percé d’un trou, découvert sur un site néolithique français, montre que la trépanation sur un animal était pratiquée il y a plus de 5 000 ans, assurent des paléoanthropologues. Il s’agit peut-être du premier cas certifié de chirurgie vétérinaire, selon une étude parue dans le dernier numéro de la très sérieuse revue Scientific Reports.

On savait déjà que l’homme pratiquait la chirurgie crânienne sur d’autres hommes dès la période mésolithique qui a commencé environ 10 000 ans avant Jésus-Christ. « En Europe, il y a beaucoup de crânes humains datant du néolithique qui montrent des signes de trépanation. Mais on n’avait encore jamais retrouvé de crâne animal trépané », résume Fernando Ramirez Rozzi, paléoanthropologue au Centre national de la recherche scientifique (CNRS).

NE PAS SE PRENDRE LA TÊTE

Le crâne de vache provient du site de Champ Durand, en Vendée qui a été découvert dans les années 1970. Occupé par l’homme entre 3 400 et 3 000 avant Jésus-Christ, ce camp fortifié, entouré de fossés, a été un centre commercial important, probablement centré sur la vente du bétail.

L’équipe, dirigée par Fernando Ramirez Rozzi et Alain Froment du Musée de l’Homme, a démontré que la vache en question n’avait pas eu le crâne percé par un coup de corne asséné par un autre bovin, ou par une pierre reçue sur la tête.

« Si le trou situé sur un lobe frontal avait été provoqué par un coup de corne ou un autre élément, on devrait voir que l’os était enfoncé vers l’intérieur. Or ce n’est pas du tout le cas », argumente Fernando Ramirez Rozzi. Avant d’ajouter : « En revanche, on trouve autour du trou des marques de grattage qui sont similaires à celles que l’on observe sur des crânes humains trépanés au néolithique. » Le chercheur estime avoir montré que les crânes de la vache et les crânes humains ont bénéficié de la même technique.

DEUX HYPOTHÈSES

Le bovin était-il vivant au moment de la trépanation ? Il n’y a pas de certitude. En revanche, l’os ne s’est pas reformé. Ce qui veut dire que, soit la vache était soit déjà morte, ou qu’elle est morte pendant l’opération ou encore très peu de temps après. Les scientifiques ont vérifié que le trou ne résultait pas d’une maladie osseuse.

Pourquoi des hommes préhistoriques ont-ils trépané un bovin ? Les scientifiques envisagent deux hypothèses. Cela peut être pour soigner la vache et alors cette chirurgie crânienne du Champ Durand atteste la plus ancienne pratique chirurgicale vétérinaire. Les hommes cherchaient peut-être à s’exercer sur l’animal avant d’opérer des hommes. Si la trépanation était utilisée pour s’exercer à des techniques, la vache de Champ Durand fournit la plus vieille preuve connue d’une expérimentation sur un animal.

Fernando Ramirez Rozzi privilégie la seconde hypothèse. « Je ne vois pas très bien l’intérêt de vouloir sauver un bovin, qui faisait partie d’un gros troupeau. Sauf peut-être si c’était un reproducteur très important. »

Dans cette étude, les chercheurs ne croient pas à une trépanation pour des motifs rituels puisque le crâne a été mis au jour dans un fossé parmi des déchets. Bref, il n’y a pas de certitude mais seulement deux scénarios raisonnables qui confirment l’intérêt porté pour ce qui peut être une chirurgie à des fins thérapeutiques.

Hervé CHABAUD

Extrait de l'union du 02/05/2018

    

      

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 Un ichtyosaure plus grand qu’une baleine bleue

Une étude récente apporte des informations capitales sur la taille possible du dauphin dinosaure qui était un géant des mers, disposant  d’une impressionnante capacité de déplacement.


Ce reptile marin au museau allongé pourrait avoir mesuré plus de 25 mètres de long.

Il s’agit d’un morceau de mâchoire d’un mètre de long et vieux de 205 millions d’années, découvert sur une plage anglaise, qui a suscité un intérêt appuyé de scientifiques. Il appartiendrait à un reptile marin au museau allongé qui pourrait avoir mesuré plus de 25 mètres de long. De grands reptiles dénommés ichtyosaures, ont sillonné les océans il y a 250 à 90 millions d’années.

L’existence de ces « dinosaures des mers », dépourvus de branchies, est connue depuis deux siècles mais cette fois, c’est un spécimen d’une taille exceptionnelle qui a été mis au jour sur une plage de Lilstock, dans le Somerset, au sud-ouest de l’Angleterre. C’est un collectionneur de fossiles qui sait bien où chercher, Paul de la Salle, qui a trouvé ce trophée, daté de 205 millions d’années par un géologue professionnel, Ramues Gallois.

LE PRINCIPE DU RÂTEAU

C’est en ratissant le sable que ce collectionneur a dégagé un premier fragment d’os en mai 2016. Des recherches plus approfondies ont permis de dégager cinq fragments supplémentaires. L’ensemble forme un morceau de mâchoire inférieure de quatre-vingt-seize centimètres de long. Ce sont les paléontologues spécialistes des ichtyosaures Dean Lomax de l’université de Manchester et l’Américaine Judy Massare du Suny Collège at Brockport de New York qui ont publié avec Paul de la Salle, l’analyse du fossile dans la revue de référence PlosOne. Les chercheurs ont établi des similitudes entre ce morceau de mâchoire et celle du plus grand spécimen d’ichtyosaure connu, un Shonisaurus sikanniensis de vingt et un mètres de long conservé au musée royal de Paléontologie Tyrell d’Alberta, au Canada. Sa tête ressemble à celle d’un dauphin et sa morphologie laisse penser qu’il était capable de sauter dans l’eau avec beaucoup de souplesse et était en capacité de respirer lorsqu’il se déplaçait.

« Comme nous n’avons retrouvé qu’un gros morceau de mâchoire, il est difficile de fournir une estimation de la taille » de l’animal, justifie Dean Lomax dans un communiqué de l’université de Manchester. « Mais en utilisant un facteur d’échelle simple et en réalisant une comparaison avec le même os de Shonisaurus sikanniensis, le spécimen de Lilstock serait environ 25 % plus grand », complète-t-il. Il pourrait donc avoir mesuré vingt-six mètres de long, soit un à deux mètres de plus qu’une baleine bleue, le plus grand animal vivant actuellement sur Terre.

D’AUTRES FRAGMENTS

Cette découverte éclaire aussi d’un jour nouveau un mystérieux fragment d’os vieux de 208 millions d’années découvert non loin de là, à Aust Cliff, en 1850. Quatre autres fragments retrouvés au même endroit laissaient également les paléontologues perplexes. Cela ressemblait à des bouts de côtes de gros dinosaures. Seul problème, ces mastodontes herbivores, dont le plus célèbre restera le diplodocus, ne sont apparus que plusieurs dizaines de millions d’années après.

Les nouveaux travaux présentés laissent penser que ces fragments osseux pourraient aussi appartenir à des mâchoires d’ichtyosaures. « Si c’est le cas, ce serait un animal plus gros encore que celui de Lilstock », analyse Dean Lomax. Autant dire que les recherches sont loin d’être terminées car il s’agit de confirmer ou d’infirmer la présence de mastodontes impressionnants.

Hervé CHABAUD

Extrait de l'union du 25/04/2018

    

      

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Le petit oiseau ne sort plus

Face à la disparition en cours   des oiseaux dans nos campagnes, la LPO contre-attaque.


En stage à la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) Champagne-Ardenne, Léa Schlemmer apprend à reconnaître et à déceler la présence des oiseaux dans nos campagnes
Sophie Bracquemart

L’ESSENTIEL

*.- ENVIRON UN TIERS DES OISEAUX ont disparu des campagnes ces vingt dernières années,  elon les observations du CNRS et du Muséum d’histoire naturelle.

*.- ATTRIBUÉ PAR LES CHERCHEURS à l’intensification des pratiques agricoles ces vingt-cinq dernières années, le déclin observé est plus particulièrement marqué depuis 2008-2009.

J ’ai grandi à la campagne », raconte Julien. Son envie de travailler dans les secteurs de l’environnement lui est venue naturellement. « Nous faisions des balades en famille. Je préférais les documentaires aux dessins animés à la télévision… » Notamment titulaire d’une licence professionnelle formant aux techniques d’inventaires et d’analyses de la biodiversité, il a eu l’opportunité de faire son nid à la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) Champagne-Ardenne où il est devenu chargé de mission.

Les insectes, amphibiens et oiseaux n’ont presque plus de secrets pour lui. Le concert que ces derniers donnent dans la commune nouvelle de Rives-Dervoises, en Haute-Marne, est bien plus qu’une simple mélodie. Julien Rougé identifie le chant d’une mésange charbonnière, celui d’un rouge-queue à front blanc. Mieux encore, il les interprète. Autant dire que les conclusions des deux nouvelles études menées par le Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) et le Centre national de recherche scientifique (CNRS) ne l’ont pas laissé indifférent. « Un tiers de l’effectif des populations d’oiseaux vivant en milieu agricole a disparu en dix-sept ans, rapporte-t-il. Une tendance s’étant visiblement accélérée ces dernières années. » Outre le bilan « alarmant », les études ont démontré une corrélation entre la disparition des oiseaux et l’agriculture intensive. Les remembrements menés tambour battant depuis les années1950 sont à l’origine de graves atteintes au milieu naturel. « Le paysage a distinctement changé,note Julien. Ses éléments fixes ont progressivement disparu, avec la pratique de la monoculture. » Le passage d’un système extensif à un système intensif a également nui au milieu

« L’emploi de pesticides contenant des molécules néonicotinoïdes a eu pour effet de faire baisser l’effectif des populations d’insectes, explique Julien. Des études menées dans des réserves naturelles allemandes ont démontré une baisse de 75 % en trente ans. »

IDENTIFIER LES RÉSERVOIRS DE BIODIVERSITÉ ET LES CORRIDORS ÉCOLOGIQUES

Tous les oiseaux, et même les granivores, se nourrissent d’insectes au moins une fois dans leur vie. « Éliminer un maillon de la chaîne n’est pas sans conséquences. » Plusieurs espèces d’oiseaux ont disparu de nos campagnes champardennaises. « La pie-grièche grise », cite Julien en exemple. D’autres sont actuellement menacées, telles que le milan royal dont il ne reste plus qu’une quarantaine de couples dans le département de la Haute-Marne et la pie-grièche à tête rousse. « Une espèce classée vulnérable sur la liste rouge des oiseaux », précise le jeune chargé de mission. Une espèce dont plusieurs spécimens se plaisent toutefois à vivre aux Rives-Dervoises. Ce qui a, en partie, décidé ses élus à solliciter la LPO Champagne-Ardenne pour établir un diagnostic.

« Après avoir dressé la liste des espèces vivant sur la commune, ce que nous appelons un atlas de biodiversité communale, nous lui avons proposé de s’inscrire dans une démarche de trames verte et bleue. » Cela consiste à identifier les réservoirs de biodiversité et les corridors écologiques pour déterminer où replanter des haies, où recréer des mares… « Des milieux propices à la reproduction, où il fait bon se reposer et où l’on n’est pas prédaté. » Lancée en 2016, la démarche concerne huit communes volontaires aujourd’hui. Trois nouvelles chaque année. «Une fois les espaces communaux aménagés, nous nous concentrons sur les jardins des particuliers », précise Julien Rougé. Des flyers sont ainsi distribués dans les boîtes aux lettres. « Les habitants qui le souhaitent s’inscrivent dans le projet. Nous leur expliquons ce qu’ils peuvent faire en faveur de la biodiversité, comme laisser un carré fleuri dans le jardin plutôt que de faire un green à l’anglaise. »

Dans la même logique, le chargé de mission travaille avec la fédération des agriculteurs biologiques. « Je me rends sur leurs exploitations. Je fais un diagnostic. Nous essayons de mettre en place un certain nombre d’aménagements pour améliorer le fonctionnement écologique de leur exploitation. » Les petits ruisseaux font les grandes rivières.

Les populations d’oiseaux suivies de très près

Les naturalistes (professionnels comme bénévoles) recueillent leurs données via des suivis temporels des oiseaux communs (STOC). Ils procèdent à des écoutes dans des carrés STOC de dix kilomètres de côté, qui leur sont attribués par les ligues de protection des oiseaux. Ils doivent s’y rendre deux à trois fois par an, d’avril à juin, pour capter le plus grand nombre d’espèces. Ils se postent, pour ce faire, à dix points d’écoute de leur choix, espacés de 300 mètres. L’idée étant de référencer toutes les espèces qu’ils entendent et de relever le type d’habitat autour de chaque point d’écoute.

Un niveau proche de la catastrophe écologique

 « Le déclin des oiseaux en milieu agricole s’accélère et atteint un niveau proche de la catastrophe écologique. » C’est le constat auquel sont arrivés par les chercheurs du Muséum national d’Histoire naturelle et du CNRS à travers deux études de suivi des oiseaux, l’une menée à une échelle nationale, l’autre plus localement. Les relevés effectués en milieu rural mettent en évidence une diminution des populations d’oiseaux vivant en milieu agricole depuis les années 1990.

Les espèces spécialistes de ces milieux, comme l’alouette des champs, la fauvette grisette ou le bruant ortolan, ont perdu en moyenne un individu sur trois en quinze ans. Et les chiffres montrent que ce déclin s’est encore intensifié en 2016 et 2017. Mais ce déclin frappe toutes les espèces d’oiseaux en milieu agricole, aussi bien les espèces dites spécialistes que les espèces dites généralistes, retrouvées dans tous les types d’habitats, agricoles ou non. « Cette disparition massive observée à différentes échelles est concomitante à l’intensification des pratiques agricoles ces vingt-cinq dernières années, plus particulièrement depuis 2008-2009. Une période qui correspond entre autres à la fin des jachères imposées par la politique agricole commune, à la flambée des cours du blé, à la reprise du sur-amendement au nitrate permettant d’avoir du blé sur-protéiné et à la généralisation des néonicotinoïdes, insecticides neurotoxiques très persistants », indiquent ainsi les chercheurs. « En 2018, de nombreuses régions de plaines céréalières pourraient connaître un printemps silencieux (« Silent spring ») annoncé par l’écologue américaine Rachel Carson il y a 55 ans à propos du tristement célèbre DDT, un pesticide interdit en France depuis plus de 45 ans. Si cette situation n’est pas encore irréversible, il devient urgent de travailler avec tous les acteurs du monde agricole pour accélérer les changements de pratiques ; et d’abord avec les agriculteurs qui possèdent aujourd’hui les clés pour infléchir la tendance. »

3 QUESTIONS à


Hervé LAPIE
Pdt de la FRSEA Gd EST

Peut-être mieux expliquer notre métier

Marnais, agriculteur et éleveur de porcs à La Cheppe, près de Châlons-en-Champagne, Hervé Lapie est également président de la fédération régionale des syndicats d’exploitants agricoles du Grand Est.

Êtes-vous surpris par les conclusions des études du CNRS et du Muséum d’histoire naturelle qui associent la disparition des oiseaux à certaines pratiques agricoles ?

L’étude dit bien à la fin que plutôt que d’incriminer le monde agricole, il faut trouver des solutions et travailler en partenariat avec lui. C’est ce qu’on essaye de faire depuis cinq ans avec l’association «Symbiose, pour des paysages de biodiversité » où on met en place des aménagements dans la campagne agricole pour favoriser les insectes, les pollinisateurs, la petite faune de plaine. On a des programmes de gestions des bords de chemins, des replantations de haies. On a aussi une commune expérimentale à Tilloy-et-Bellay, au nord-est de Châlons, où, depuis 2 ans, on a créé un groupement d’intérêt économique et environnemental pour tester avec les agriculteurs mais aussi avec la communauté de communes et le conseil départemental, la remise en place d’aménagements dans notre parcelle agricole. On travaille également avec la LGV et l’autoroute pour savoir ce que l’on peut tous faire ensemble. Avec Symbiose, on a, nous agriculteurs, une vision de projet, pas de déclin.

Le monde agricole est-il prêt à évoluer ?

Depuis que l’on s’est mis en place avec Symbiose, on a toujours fonctionné en mode projet. On a été une fois à Berru, une fois à Beine-Nauroy, aujourd’hui Tilloy-et-Bellay. À chaque fois que l’on est arrivé sur un territoire, on a eu une adhésion entre 70 et 90 % des agriculteurs.

Une fois de plus les agriculteurs sont tout de même montrés du doigt…

Il y a des amalgames qui sont faits entre les agriculteurs, les pratiques agricoles. On est quand même dans un pays d’excellence agricole en termes de traçabilité, de qualité de nos produits alimentaires que tout le monde nous envie. Et nous, au sein de notre environnement, on est de temps en temps discrédité et on ne comprend plus. Le problème, il est peut-être chez nous. Notre métier a fortement évolué et peut-être qu’on a été défaillant, qu’on n’a pas su bien expliquer ce qu’on faisait..

Les autres points 

COMPTAGE NATIONAL DES OISEAUX EN MAI

Il n’y a pas qu’à la campagne que les oiseaux disparaissent. On constate également une évolution en ville. Des comptages sont régulièrement organisés par l’Observatoire des oiseaux des jardins mis en place par la LPO et le Muséum national d’histoire naturelle. Le prochain comptage national aura lieu le dernier week-end de mai, les 26 et 27. Pour y participer, il suffit de s’inscrire sur le site www.oiseauxdesjardins.fr. Ensuite, à vous de jouer en trouvant un lieu (idéalement un jardin, public ou privé), puis observer et noter durant une heure tous les oiseaux qui visitent votre jardin (des fiches peuvent être téléchargées pour vous aider à les reconnaître). Ensuite, vous n’avez plus qu’à saisir vos relevés sur le site de l’Observatoire. Lors du dernier comptage national, début janvier, 110 jardins avaient pris part à l’opération dans la Marne, 49 dans les Ardennes et 33 dans l’Aisne

FESTIVAL DE L’OISEAU ET DE LA NATURE DANS LES HAUTS-DE-FRANCE

La 28 e édition du festival de l’oiseau et de la nature se déroule jusqu’au 29 avril en baie de Somme. Au programme, de nombreuses animations, expositions photos, sortie nature. Si l’essentiel est concentré dans la baie de Somme, quelques rendez-vous sont programmés dans l’Aisne. Ce sera le cas dans les prochains jours, notamment à Saint-Michel en Thiérache le 25 avril pour une sortie nature autour des oiseaux forestiers du pouillot siffleur, le 26 avril à Vincy Breuil et Magny pour aller à la rencontre de la fauvette babillarde ou encore le 27 avril à Marly-Gomont avec une sortie à la découverte du tarier pâtre, un oiseau de la haute vallée de l’Oise. Réservation obligatoire sur le site www.festival-oiseau-nature.com.

Sohie BRACQUEMART  et Grégoire AMIR-TAHMASSEB

Extrait de l'union du 24/04/2018

    

      

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Pourquoi les élevages suscitent autant d’animosité

De plus en plus, l’implantation d’élevages d’animaux déclenche des oppositions, environnementales ou non, dans nos territoires. En plus de l’aspect économique, ces conflits posent la question du regard posé par les Français sur les agriculteurs et nos campagnes


Au-delà de l’installation contestée d’élevages, c’est la place générale de l’agriculture dans notre société qui inquiète le monde de la terre...
Photos Aurélien Laudy

« Nous devenons les responsables de tous les maux. » Le constat de cet agriculteur met en lumière le sentiment de culpabilité, de honte, du milieu agricole. De fait, pour ce sujet, nombre d’éleveurs contactés ont préféré témoigner anonymement, lorsqu’ils ne se taisaient pas… Honte d’être pointés du doigt. Honte de ne pas gagner leur vie tel qu’ils le mériteraient. Honte de devoir, parfois, produire des aliments de piètre qualité car il leur faut bien vivre…

Alors, quand les tensions se font fortes pour s’opposer à leur projet d’installation ou d’agrandissement d’un élevage, avec des mobilisations à coup de manifestation ou de pétition, la question taraude : pourquoi ? Actuellement, deux projets, dans l’Aisne et les Ardennes(lire ci-contre), agitent les campagnes, sachant que la Marne n’a pas été épargnée par de tels conflits… Tentons d’en esquisser les raisons.

1 - TRANSPARENCE

Bruit des animaux, des camions qui apportent leur nourriture ou repartent avec, odeurs… Les désagréments supposés d’un élevage hantent l’esprit de bien des riverains. « Justement, il ne faut pas avoir peur des réactions négatives alors que l’on n’a rien à cacher »,avance Sébastien Manscourt, qui cherche à agrandir son unité de méthanisation, couplée à un élevage de truies, à Hartennes-et-Taux (Aisne). « Il faut jouer carte sur table, expliquer notre façon de travailler, pour ne pas rester sur les on-dit . Cela évite que des personnes ne se fassent influencer

Dans un supermarché, vous verrez des consommateurs de viande bas de gamme. Ce sont parfois les mêmes qui s’opposent à l’installation de nos élevages…
Un producteur axonais de porcs

De fait, la situation s’avère plus simple lorsque le projet vise à augmenter la surface d’élevage. « Dans ce cas, les villageois connaissent l’activité et le peu de nuisances qu’elle entraîne » , note Sébastien Dubois, qui va doubler son activité de poules pondeuses à La Neuville-en-Tourne-à-Fuy (Ardennes). « Ce qui n’empêche pas d’expliquer. Car les remarques sur les registres, lors des consultations du public, dénotent d’un manque d’informations » . Et puis, si des soucis apparaissent, « il ne faut pas être fermé mais répondre aux demandes, quitte à modifier le projet » , rappelle un Sébastien Manscourt plein de bon sens. Toutefois, un éleveur de la Marne concède que, « oui, il y a des odeurs. Des améliorations sont toujours possibles pour les atténuer. »

« Tout le monde est en défiance vis-à-vis de tout le monde dans notre société » , estime Thierry Huet, président de la FDSEA des Ardennes. « Si le paysan est bien intégré, cela se passe bien » . « D’ailleurs, c’est parfois juste un problème de personne », abonde Sébastien Manscourt. « Et face à des anti-tout , on ne peut rien faire», renchérit Thierry Huet.

2 - RESPECT ANIMAL

Les images de poules, vaches, cochons, maltraités tournent sur les écrans. « Tous les paysans ne sont pas au top, c’est vrai » , convient Thierry Huet. « Mais ce n’est pas parce que certains parents maltraitent leurs enfants, que tous sont des Thénardier ! Oui, il existe des éleveurs maltraitants, mais tous ne pas des tortionnaires ! » Encore une fois, c’est par la communication et la transparence que cette image peut s’embellir. « Venez dans nos élevages », lance Sébastien Dubois, car « on ne peut être éleveur sans aimer les animaux ». « Des animaux maltraités, sans parler de la mortalité ou des maladies, ne grandissent pas… » détaille un éleveur marnais.

3 - IL FAUDRA TOUJOURS DES PETITS PRIX

« Allez dans un supermarché »,interpelle un producteur axonais de porcs. « Vous verrez des consommateurs de viande bas de gamme. Parfois les mêmes qui s’opposent à l’installation de nos élevages… » « Tout le monde veut du label, du bio. Mais dans les faits, le consommateur fait selon son portefeuille, selon ses priorités », relève notre éleveur marnais de poules. Alors, cela ferait presque rire un autre éleveur axonais. « Les gens consomment des produits qui viennent de chez nous, car ils cherchent un prix dans les grandes surfaces, mais ne veulent pas que les élevages soient près de chez eux… C’est assez incompréhensible.» Du coup, « on produit selon la demande ! S’il y a une clientèle pour des produits bas de gamme… »

La raison économique s’applique totalement. « Si nous nous mettions à tous faire des produits labellisés ou bio, nous crèverions tous. Le marché n’est pas assez important vu le prix de revient ! » explique le Marnais. « Il faut aussi des productions standard. »

4 - DÉVELOPPEMENT DURABLE

Allez, avouons-le, lorsque ces agriculteurs (car leur activité d’élevage est quasiment toujours adossée à la polyculture) évoquent développement durable et circuits courts pour leur production, cela prête à sourire…

La campagne, ce sont des lieux de vie, de travail, pas des dortoirs
Un éleveur marnais de poules

« Le marché existe ici. Alors, si nos productions ne sont pas réalisées localement, elles arriveront d’autres régions, ou même importées », réplique sereinement Sébastien Dubois. Et pour appuyer encore son raisonnement, il souligne que « la nourriture de nos animaux est produite localement. Nous sommes vraiment dans un circuit court. » « Dans une aire de 200 km autour de nos départements, le bassin de population est énorme », martèle l’éleveur marnais de poules, « c’est durable ! » Et d’enchaîner que le fumier de ses poules épandu ensuite « permet de faire 30 % d’économies par an sur les engrais pour mes polycultures tout en assurant la pérennité des sols… »

5 - LA CAMPAGNE N’EST PAS DISNEYLAND

La conversation s’achève, mais Thierry Huet n’en a pas fini. « En tant que responsable syndical, mon rôle est de rappeler que la campagne n’est pas le terrain de jeu de citadins en mal de plein air. » Le ton de l’Ardennais est solennel. «L’acceptation de l’agriculture s’avère de plus en plus compliquée, souvent par des gens qui ne vivent pas depuis longtemps à la campagne, qui en ont une vision idyllique. » Ce constat, notre producteur marnais de poules le partage. « La campagne, c’est des lieux de vie, de travail, pas des dortoirs ! » Et l’homme de la terre de redouter que, « comme pour les activités industrielles, on veuille parquer l’agriculture. Or, la ruralité, c’est un lieu d’activités économiques diverses ». Et de lancer à ceux qu’il nomme des « doux rêveurs » que «nous avons une vision active de la campagne, pas que celle des vacances… »

3 QUESTIONS à


Yannick JADOT
Député Européen EELV de l’Aisne

Avoir des bêtes   dans les champs

Des élevages de plus en plus grands, c’est inéluctable ?

Cela fait des années que nous assistons à un processus grandissant de concentration dans l’élevage qui engendre la disparition de paysans, baisse les revenus de ceux qui restent, pour conquérir des marchés internationaux face à des pays comme le Brésil ou la Russie aux normes sociales et environnementales bien différentes. Cette concentration transforme le paysan en ouvrier soumis à des cadences infernales et avec des animaux vivants dans des conditions plus que contraintes afin de produire de la viande low-cost. Sachant que dans le même temps, nous en France, avons porté notre gastronomie afin qu’elle soit reconnue par l’Unesco et inscrite au patrimoine mondial…

Vous défendez donc le monde agricole ?

Nous avons envie d’avoir des paysans, proposant une alimentation saine car nous adorons les bonnes choses alors que l’industrialisation condamne l’agriculture à une certaine image… Avoir un élevage concentrationnaire de cochons, ce n’est pas l’amour des bêtes. Regardez les canards, pour éviter les crises sanitaires, ils ne doivent plus voir le jour ! Et cette concentration, soutenue par de l’argent public (l’Europe verse 10milliards d’euros chaque année à notre agriculture), crée des crises sanitaires, sociales pour les paysans, et pour les territoires.

Moi, je me bats pour avoir des paysans partout à la campagne, avec des bêtes dans les champs. Ceux qui ont choisi l’élevage de label ou bio vivent mieux que les prisonniers de la course à la concentration. Soutenons les réorientations vers un élevage de qualité, permettant aux paysans de bien vivre et aux populations de bien se nourrir.

Cela n’évolue-t-il pas ?

Sur le terrain, je ressens un changement de mentalité par rapport à voilà cinq ou dix ans. À l’époque, les agriculteurs se lançaient dans la concentration pour viser les marchés mondiaux. Ils ont vu leur vulnérabilité, dépendant des prix mondiaux du phytosanitaires et de l’alimentation des bêtes, et la fragilité du marché de l’export. En se tournant vers plus de qualité, cela nous permettrait d’exporter de la valeur ajoutée, plutôt que de l’importer. Car nous importons du bio !

Deux dossiers très chauds dans la région

Si la Marne ne connaît pas de bras de fer dans un dossier d’implantation actuellement, la situation s’avère bien plus tendue dans l’Aisne et les Ardennes.

À Cœuvres-et-Valsery près de Soissons, dans l’Aisne, le « collectif sud-axonais 2035 » a lancé une pétition, avec plus de 37 000 signatures, contre un projet d’élevage de 40 000 poules pondeuses en plein air sur seize hectares. « Je respecte toute la réglementation », rétorque le porteur du projet. En fait, cet élevage se trouve juste sous le seuil nécessitant une autorisation, donc une procédure plus lourde.

Dans les Ardennes, à Saint-Morel (près de Vouziers), le projet d’un élevage de 40 000 volailles provoque des manifestations depuis plus de six mois. Trop près d’habitations, engendrant un fort trafic routier de camions et risque de pollution d’une pisciculture proche, arguent les opposants. Si l’enregistrement de l’installation a été validé le 21 décembre dernier, un recours au tribunal administratif a été formé.

Procédures d’installation selon la taille


Pour les volailles, les règles sont plus strictes pour les élevages de plus de 40000 bêtes.

Selon le risque de nuisance et le nombre d’animaux élevés, les règles d’installation diffèrent. Ovins, caprins, équins ne sont pas soumis à autorisation spéciale, l’élevage doit juste respecter le règlement sanitaire départemental. Pour les volailles, porcs et bovins, l’activité relève des installations classées. Ces normes visent à protéger les animaux et prévenir leurs nuisances sur l’environnement. Plus l’élevage est important, plus la réglementation est sévère.

De fait, selon l’espèce, différents niveaux de procédure existent : la déclaration (sans consultation publique) ; l’enregistrement, procédure de six mois avec consultation publique pour les communes dans un rayon d’un kilomètre et celles concernées par l’épandage des fumiers/lisiers ; l’autorisation, avec enquête publique et rapport réalisé par un commissaire enquêteur, et décision, après un an de procédure, du conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques, présidé par le préfet, souvent assortie de prescriptions.

Pour les élevages bovins, l’autorisation n’est requise qu’à partir de 200 bêtes (engraissement) ou 400 (vaches laitières).

Les élevages porcins ne sont soumis à autorisation qu’à partir de 750emplacements de truies ou 2 000 de porcelets charcutiers.

Enfin, pour les volailles, l’autorisation est nécessaire à partir de 40 000 bêtes.

Frédéric GOUIS

Extrait de l'union du 11/02/2018

    

      

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L’archéoptéryx était bien   un dinosaure volant

Cet animal, long d’une soixantaine de centimètres, ressemblant à un oiseau, vivait il y a 150 millions d’années et, contrairement à ce qu’on croyait jusqu’alors,   était capable d’un vol actif


Les chercheurs ont démontré que les os des ailes de l’archéoptéryx lui permettaient de voler.

Il aura fallu un long travail savant et de subtiles vérifications scientifiques pour obtenir une certitude qui satisfait la communauté des paléontologues. L’archéoptéryx, qui a été longtemps comparé à une poule préhistorique et a fait l’objet de quelques moqueries, a enfin révélé ses secrets. Il aura fallu de la patience depuis la découverte du premier spécimen, en 1861, à Langenaltheim dans le sud de l’Allemagne.

Les paléontologues n’ont pas cessé d’hésiter sur sa capacité à voler. Ils se sont concertés, ont échangé leurs observations, croisé leurs connaissances, leurs déductions et leurs conclusions. L’équipe scientifique de l’ESRF (European Synchrotron Radiation Facility) a définitivement balayé les suppositions et écarté des hypothèses superficielles et mal étayées pour affirmer désormais que ce dinosaure à plumes était capable de voler !

LE VERDICT DU SYNCHROTRON

Pour aboutir à ces conclusions, les scientifiques ont utilisé les technologies les plus abouties qui sont aujourd’hui disponibles. L’analyse du spécimen a été réalisée grâce au synchrotron. Cet instrument dispose comme atouts, de produire une source extrêmement puissante de rayons X, ce qui a permis une analyse microscopique des os fossiles et une reconstruction en 3D entièrement fidèle de l’archéoptéryx.

Le paléontologue Paul Tafforeau, cosignataire de cette étude remarquable, indique même que ce dinosaure : « pratiquait le vol actif, mais pas le vol battu des oiseaux modernes » . Avant d’ajouter : « L’archéoptéryx a un mouvement dorso-ventral. Son anatomie ne permet pas le vol actif de longue durée. »

Cet oiseau préhistorique ne disposait donc pas des aptitudes pectorales pour voler comme les oiseaux d’aujourd’hui, son sternum ne permettant pas l’attache des muscles du vol. Si l’archéoptéryx est bien l’ascendant le plus lointain de l’oiseau d’après les connaissances actuelles, il n’est pas son ancêtre direct, mais se situe à la base de l’arbre généalogique, selon les paléontologues. Le plus vieil ancêtre des oiseaux modernes reste d’après ces mêmes experts à découvrir.

TOUJOURS SOURCE D’ÉTUDES

Il y a sans doute encore beaucoup à apprendre sur ce dinosaure aux ailes imposantes qui disposait également, selon les fossiles retrouvés et certifiés comme de cette espèce, une longue queue osseuse dotée de 25 vertèbres pré-sacrées libres, de six vertèbres dans la région du sacrum et une vingtaine non soudées dans la queue, alors que celle des oiseaux modernes est réduite à un moignon. Il vivait vraisemblablement dans les arbres et se nourrissait des insectes qu’il y repérait. Il se déplaçait sans doute d’arbre en arbre, en battant des ailes et en planant. Il portait des plumes y compris sur ses pattes. Ce qui faisait dire aussi qu’il était alors handicapé pour le vol… Tous les fossiles d’archéoptéryx proviennent de Bavière. Ils sont conservés dans le calcaire de Solnhofen. Ce dinosaure est considéré comme très intéressant en raison de sa position dite de chaînon manquant entre les reptiles et les oiseaux et il demeure un élément de choix pour tous les spécialistes qui travaillent sur l’évolution des espèces.

Les archéoptéryx possèdent à la fois des caractéristiques de dinosauriens archaïques et d’oiseaux actuels, aussi leur étude est loin d’être achevée ! De quoi susciter quelques sujets de thèses.

Hervé CHABAUD

Extraits de l' union du 07/03/2018

    

    

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Lorsque ('histoire des équidés est remise en cause

Les certitudes sur le cheval moderne et sa domestication sont battues en brèche par une étude internationale dont les conclusions excitent les anthropologues.


Selon l'étude, le cheval de Prewalsky serait le descendant du cheval de Botaï. qui vivait il y a 5.000 ans. AFP

Au fil de l'histoire, ils ont été mis en valeur pour leur concours remarquable au travail des hommes, pour leur rôle conséquent dans les guerres et les activités économiques. Qui ne mentionne pas de bonne foi l'aptitude des chevaux ardennais pour les travaux de la forêt et leur efficacité dans les zones-pentues et accidentées, dans les vignes notamment ? Si l'origine des chevaux domestiques passionne avec la même constance les chercheurs, c'est en raison de leur questionnement encore insatisfait même si de nouvelles études attestent les convergences des observations conduites par les meilleurs experts des équidés. Des analyses génétiques montrent que les premiers chevaux connus qui ont été apprivoisés par l'homme il ya cinq mille ans ne sont pas les ancêtres des chevaux actuels! On s'en étonne et pourtant cette conclusion résulte d'une étude internationale qui a été conduite par quarante-sept chercheurs de treize nationalités, opérant dans vingt -huit laboratoires. Ils ont travaillé sur l'ADN d'équidés dont les plus âgés vivaient il y a 5.500 ans. Cette révolution dans l'histoire des équidés est publiée dans le dernier numéro de la revue de référence Science.

AU CŒUR DE l’ASIE

On se souvient que les preuves les plus anciennes de la domestication du cheval ont été mises au jour dans les steppes d'Asie centrale, dans le nord de l'actuel Kazakhstan, près de Botaï. Ce sont des fouilles archéologiques qui ont permis la parfaite identification d'enclos qui contenaient des quantités appréciables de crottin de cheval ainsi que des dents usées montrant l'utilisation de mors. En outre, ont été identifiées en toute certitude, dans des pots en céramiques des traces significatives de lait de jument fermenté. Les archéologues, qui ont croisé leurs observations, en ont conclu que des chevaux étaient bien élevés et associés aux tâches de la vie quotidienne et que, par conséquent, ils n'étaient pas simplement chassés.

Les chercheurs ont passé au crible l'ADN de 42 chevaux anciens dont 31 étalons et 11 juments dont 20 retrouvés sur le site de Botaï. Ils ont aussi considéré les analyses effectuées sur 46 autres génomes à savoir 18 qualifiés d'anciens et 28 de modernes. Cela leur a donné une visibilité scientifique sur l'histoire du cheval depuis 4.800 ans jusqu'à nos jours.

LA PREUVE PAR L’ADN

On y rencontre trois chevaux dits archaïques, 78 domestiqués il y a environ 5 000 ans, 7 datant de l'âge de bronze18 de l'âge de fer, un Parthe, deux Romains, trois post-romains et 22 modernes de dix-huit races. Ils ont examiné également l'ADN de 7 chevaux de Przewalski, un datant du XII° siècle et 6 autres actuels. Cela a le mérite de démontrer la méthodologie et le sérieux du travail mené. On croyait en toute bonne foi que les chevaux modernes étaient les enfants des chevaux de Botaï, il n'en est rien ! Les chevaux de Przewalski, aujourd'hui en danger d: disparition, sont les descendants des chevaux domestiqués a Botaï !

Ludovic Orlando, chercheur au CNRS au laboratoire d’ anthropologie moléculaire et d'imagerie de synthèse de l’université de Toulouse III, qui a dirigé les travaux, reconnaît que les équipes ne s'attendaient pas à de telles conclusions. Pis, on n'est pas sûr que la domestication ait été inventée a Botaï. De quoi alimenter de nouvelles recherches.

Hervé CHABAUD

Extraits de l' union du 07/03/2018

    

    

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Découverte surprise de plus d’un million de manchots Adélie isolés en Antarctique

Grâce à l’analyse d’images satellite, des chercheurs ont découvert une colonie géante  de manchots Adélie dans les Dangers Islands, dans l’est de la péninsule antarctique.


Le manchot Adélie se caractérise par son ventre blanc, sa tête noire et ses yeux cerclés de blanc. Sa population est globalement en augmentation depuis trente ans. AFP

Plus de 1,5 million de manchots Adélie isolés par les glaces : c’est la surprise de taille qui attendait sur un archipel de l’Antarctique des chercheurs désormais soucieux de voir ces colonies protégées dans un sanctuaire marin. Une protection d’autant plus nécessaire pour les manchots des Dangers Islands, dans l’est de la péninsule antarctique, que certaines colonies de la même espèce sont en déclin à moins de 200 kilomètres de là, à l’ouest de la péninsule touchée par la fonte des glaces attribuée au changement climatique.

Ça a été une expérience incroyable, de trouver et de compter autant de manchots
Tom Hart, chercheur au département de zoologie d’Oxford, au Royaume-Uni

À l’origine de cette découverte publiée hier dans la revue Scientific Reports, l’analyse d’images satellite de ce petit archipel de la mer de Weddell, raconte Heather Lynch, de l’université américaine de Stony Brook. Les scientifiques savaient que des manchots Adélie, avec leur ventre blanc, leur tête noire et leurs yeux cerclés de blanc, étaient installés sur au moins un des neuf îlots rocailleux, où un recensement en 1996-97 avait évalué les nids entre 285.000 et 305.000. Mais les images satellite du programme Landsat d’observation de la Terre de la Nasa ont révélé la présence de guano sur d’autres îles de l’archipel et les algorithmes étaient formels : les manchots y sont bien plus nombreux. « Au début, j’ai pensé que c’était une erreur », explique Heather Lynch. « Mais quand nous avons mis la main sur des images satellite commerciales haute résolution, nous avons su que c’était une découverte majeure. » Profitant d’une rare ouverture dans les glaces qui emprisonnent presque toute l’année cette zone hostile très rarement visitée, une expédition internationale se rend sur place en décembre 2015 pour confirmer de visu la découverte. À l’aide de drones, de photographies et de comptage manuel des nids et des oiseaux hauts de 70 centimètres, les chercheurs réalisent enfin un recensement complet : 751.527 couples de manchots Adélie, soit « plus que dans tout le reste de la péninsule antarctique » , cette région la plus au nord du continent, note l’étude. Les îlots abritent ainsi la troisième et la quatrième colonie la plus importante au monde. « Ça a été une expérience incroyable, de trouver et de compter autant de manchots » , commente Tom Hart, chercheur au département de zoologie d’Oxford. « Scientifiquement, même si c’est un nombre énorme de nouveaux manchots, ils ne sont nouveaux que pour la science » , poursuit-il. Fort de leur recensement, les scientifiques ont en effet remonté le temps, analysant notamment des images aériennes en noir et blanc datant de 1957. « Ils ont toujours été là » , insiste Tom Hart. Mais cachés derrière la banquise, sur un archipel dont l’îlot le plus accessible ne voit accoster en moyenne qu’un bateau par an.

UNE ZONE À PROTÉGER DE LA PÊCHE AU KRILL

De manière générale, la population de manchots Adélie, installée tout autour du continent blanc, est globalement en augmentation depuis trente ans, selon l’Union internationale pour la conservation de la nature. Mais de précédentes études ont observé un déclin de certaines colonies, en particulier côté ouest de la péninsule antarctique.

Un « contraste saisissant » avec la nouvelle découverte, note Tom Hart. L’est de la péninsule antarctique a été plutôt épargnée par le réchauffement et cette situation devrait perdurer, selon ces chercheurs. « On se retrouve donc avec une population importante de manchots Adélie dans une région qui va probablement rester accueillante pour eux pendant quelque temps » , prédit Heather Lynch. Mais les scientifiques s’inquiètent d’une autre menace : la pêche au krill, minuscule crevette à la base de l’alimentation de ces manchots. « Maintenant que nous savons que ce petit groupe d’îles est si important, on pourrait envisager de plus le protéger de la pêche », plaide la chercheuse. Les chercheurs appellent ainsi à ce que cette zone soit incluse dans de futures Aires maritimes protégées.

Extraits de l' union du 03/03/2018

    

    

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Le loup, un débat toujours aussi passionné

Présenté hier, le plan loup 2018-2023 ne satisfait ni les éleveurs ni les défenseurs de la vie sauvage.


Le loup vit en meute, au sein de laquelle un seul couple, dominant, se reproduit.
AFP

« Il n’y a pas de choix parfait », résumait récemment le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot. « Je suis obligé de tenir compte des éleveurs, donc je suis obligé malheureusement de prendre des mesures qui me font mal aux tripes, de dire il va quand même falloir tuer quelques loups » , lançait-il ainsi à des enfants dans l’émission Au Tableau sur C8. Résultat, le plan loup 2018-2023, publié hier après plus d’un an de concertations tendues, fixe un plafond d’abattage de quarante loups pour 2018. Toutefois, ce nombre sera « actualisé » une fois connus les chiffres de population au printemps et porté à 10 % de la population.

Fin 2016, la population était estimée à environ 360 individus, contre 292en 2016. Et les scientifiques recommandent de ne pas abattre plus de 10 à 12 % de l’effectif chaque année pour ne pas remettre en cause la viabilité de l’espèce et atteindre les 500 individus que vise le gouvernement d’ici 2023. Ainsi, à partir de 2019, le plafond annuel sera fixé à 10 % de la population, avec possibilité de relèvement à 12% « en cas d’atteinte du plafond avant la fin de l’année civile et de dommages particulièrement importants » , a précisé le ministère de la Transition écologique. Les tirs de prélèvement ne pourront se faire qu’entre septembre et décembre, mais les éleveurs pourront « toute l’année » se défendre « en cas d’attaque » , a-t-il ajouté. « Notre inquiétude, c’est qu’il faudra l’accord du préfet coordonnateur pour dépasser la limite des quarante loups autorisée quand il y a une attaque » , a toutefois réagi la présidente de la FNSEA Christiane Lambert.

MESURES DE PROTECTION ET D’EFFAROUCHEMENT INNOVANTES

« Nous avons demandé qu’à chaque attaque, on tue le loup en cause. Cela permet d’éliminer le loup agressif et d’apprendre aux autres ce qui se passe quand on s’approche des troupeaux » , a-t-elle ajouté. Côté défenseurs de l’environnement, le mécanisme n’a pas non plus été bien accueilli. « Le tir indifférencié de loups est plus qu’inefficace, contre-productif (éclatement des meutes, dispersion, absence d’apprentissage de la cohabitation…) » , ont commenté dans un communiqué commun plusieurs ONG dont WWF et France Nature Environnement, dénonçant un « manque de courage politique ». « L’État montre ainsi qu’il est dans une position défensive et qu’au lieu d’assumer un objectif de coexistence, il n’a ni le courage de rappeler le cadre de la loi ni celui d’affirmer qu’il est nécessaire que l’élevage s’adapte à la présence de cette espèce protégée » , ont-elles ajouté. Le plan prévoit des aides à la protection des troupeaux (bergers pour le gardiennage, chiens, parcs électriques) et le développement de mesures de protection et d’effarouchement « innovantes » . Mesure particulièrement contestée dès l’annonce du projet, les indemnisations des éleveurs seront en revanche désormais soumises à la mise en place préalable de mesures de protection.

Une vingtaine de députés LREM de zones de montagne avaient réclamé début février une modification du plan, en particulier de cette mesure, « pas acceptable » selon eux. Le plan plaide d’autre part pour de nouvelles études scientifiques pour mieux connaître et comprendre le comportement du loup et ses mécanismes d’attaque.

Fin 2017, on comptait 52 meutes et 360 individus en France

Le loup gris (« canis lupus ») étend sa présence en France, mais aussi dans les pays voisins, loin cependant de retrouver ses effectifs d’antan. Espèce très adaptable, le loup était jadis présent partout en France, en plaine, en bord de mer comme en montagne. Éradiqué avec les encouragements de l’État, il finit par disparaître dans les années 30, avant de revenir en 1992, par l’Italie. Cette année-là, deux individus sont repérés dans le parc du Mercantour. Depuis, la colonisation s’est faite par « taches». À l’origine de ce retour, la re-forestation, l’exode rural, l’augmentation des proies, et de strictes mesures de protection (convention de Berne de 1979, directive de l’UE de 1992). En 2002, le loup est installé dans dix massifs alpins. Aujourd’hui, il est dans les Alpes et en Provence, dans l’est des Pyrénées, le sud du Massif central, recense l’Office national de la chasse et la faune sauvage (ONCFS). À l’automne 2017, un loup gris a été vu dans la Somme. Fin 2017, la population était estimée à environ 360 individus, contre 292 en 2016. L’animal vit en meute, au sein de laquelle un seul couple, dominant, se reproduit : fin 2017, on comptait 52 meutes. Dans les pays voisins aussi, la population croît. En Espagne, le dernier recensement, en 2011, relevait 2 200 à 2 500 loups, qui descendent vers le sud. L’effectif italien se situe entre 1 000 et 2 400, avec un essor notamment dans les Alpes. La Suisse fait état de quatre meutes, l’Allemagne de 47, et la Belgique d’une présence sporadique. Pour autant, le loup, hier parmi les mammifères les plus répandus sur la planète, est loin de retrouver ses effectifs passés. Un loup adulte (dont le poids varie de 20 à 40 kg) consomme en moyenne de deux à quatre kilos de viande par jour. Mais il peut manger jusqu’à huit kilos puis jeûner quelques jours. Opportuniste, il prend les proies à disposition : cerf, chamois, sanglier… ou bétail domestique. « Le nombre actuel est encore insuffisant, et nous visons au moins 500 avant la fin du quinquennat, conformément à nos engagements pour la biodiversité »,avait dit en janvier le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot.

3 QUESTIONS à


Jean-Marc LANDRY
Ethologue Suisse

Il nous faut comprendre ce nouveau loup

Comment expliquer l’expansion du loup ?

Ce phénomène est normal, car le loup a une capacité de dispersion énorme. L’espèce est organisée en cellules familiales, dont les jeunes vont, une fois à taille adulte, coloniser des territoires en parcourant souvent de grandes distances. On peut donc potentiellement trouver du loup n’importe où en France, et en Europe puisque certaines dispersions atteignent 2 000 kilomètres. En France, on parle de 15 à 25 % de croissance annuelle. Avec plus de 90 meutes, l’arc alpin commence à être bien colonisé, aussi bien en France, en Italie qu’en Suisse.

Le loup est-il utile ?

Certes on s’est très bien débrouillés sans lui. Mais, d’un point de vue philosophique, nous homo sapiens qui avons colonisé tous les milieux, devons laisser de la place aux autres. On réalise aussi que le loup, à moyen et long terme, contribue à régénérer les forêts en réduisant la densité de cerfs, sources de dommages. Il pourrait également réguler la population d’ongulés réservoirs de bactéries responsables de maladies comme Lyme.

Homme et loup peuvent-ils cohabiter ?

Nous ne sommes pas dans une impasse, même si des lobbies, des syndicats agricoles, voudraient le faire croire. La question n’est plus de savoir si on veut du loup ou pas : il est là. Il faut imaginer une troisième voie, et nous pourrons trouver des solutions de coexistence. D’abord donner les moyens aux éleveurs de travailler. Améliorer les moyens de protection existants inventer des outils, voir s’il est possible d’adapter les conduites des troupeaux. Les tirs doivent être à effet immédiat, pour sortir l’éleveur d’une situation intolérable. Ne faisons pas n’importe quoi ! Par exemple, la déstructuration d’une meute peut potentiellement accélérer sa croissance démographique. Il faudrait comprendre quels sont les individus à problèmes, comment se fait l’interaction avec les chiens, ce qui leur apprend à avoir peur. La protection est quelque chose de complexe, il faut mettre de la science derrière l’émotion. Et se détourner d’un imaginaire qui remonte au Moyen Âge. À l’époque 95 % de la population était paysanne ! Le loup du passé a été exterminé, il nous faut comprendre ce nouveau loup.

 

Extraits de l' union du 19/02/2018

    

    

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Le blaireau, une espèce en danger


Depuis trente ans, l’ASPAS a engagé plus de 2.000 procédure devant les tribunaux pour protéger différentes catégories d’animaux dont le blaireau. JP Formet

Il n’est pas question ici de s’amuser du blaireau de ville, aperçu en début de mois à Montcornet dans l’Aisne (L’union du 7 février), mais d’en savoir plus sur le blaireau « des champs », très présent en Champagne-Ardenne.

Du 12 février au 9 mars 2018, l’Association pour la protection des animaux sauvages (ASPAS), vous propose de découvrir l’exposition «Vive le Blaireau ! » à l’initiative de la Ligue de protection des oiseaux (LPO), parce qu’il le vaut bien…

Le blaireau, animal secret, nocturne mais attachant, mène une drôle de vie que présente cette exposition, qui dénonce également les multiples persécutions dont ce mustélidé est victime. L’exposition sensibilise le spectateur à la protection de cet animal souvent mal connu et injustement mal aimé, grâce à une meilleure connaissance de son mode de vie.

L’association a ainsi fait appel à des photographes naturalistes renommés et prévoit des ateliers pour les enfants, ainsi qu’une sortie dans le bois de l’Argentolle à la recherche des traces et indices laissés par les animaux de la forêt. Celle-ci aura lieu le mercredi 7 mars de 14 à 17 heures.

Malgré le travail des associations de protection de cet animal, le blaireau est fréquemment pointé du doigt. Dans le viseur, des dégâts aux cultures et sa mise au cause comme vecteur de la tuberculose bovine. Cet animal, encore peu protégé, mène en effet une vie dangereuse en étant chassé, notamment par la technique du déterrage. Cette pratique de chasse dénoncée comme « barbare » par l’ASPAS, consiste à piéger le blaireau dans son terrier avec un chien, et ainsi permettre de le déterrer. L’adoption de plusieurs arrêtés autorisant le déterrage des blaireaux dans plusieurs départements, fait de la France le terrain le plus hostile au célèbre animal noir et blanc.

L’association organisatrice célèbre donc un animal indispensable à la biodiversité et à la chaîne alimentaire, qu’il apparaît nécessaire de protéger face à un milieu de vie de moins en moins favorable. C’est aussi l’occasion de découvrir sa manière de vivre : son habitat, son alimentation, les diverses menaces qui pèsent sur lui, et les traces qu’il laisse derrière lui.

L’exposition, gratuite, se déroule jusqu’au 9 mars, du lundi au vendredi de 9 h 30 à 16 h 30, et les dimanches 25 février et 4 mars de 14 à 17 heures sur les bords du lac du Der-Chantecoq à Der Nature, entre les villages d’Arrigny et de Giffaumont-Champaubert.

Chloé ARNOULT

Extraits de l' union du 19/02/2018

    

    

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L’homme doit sauver d’urgence les insectes de la planète

Environnement L’alerte déclenchée par les scientifiques est motivée. Le tissu   du vivant se fragilise alors que les grands équilibres des écosystèmes doivent être préservés et se dégradent très vite. 


Deux Azuré bleu céleste se nourrissent d’une crotte : une mission de recyclage. CC William M. Connolley

Les insectes représentent les trois quarts des animaux qui vivent sur la Terre. Sait-on qu’un million d’espèces ont été identifiées par les scientifiques du monde mais ils estiment qu’il pourrait y en avoir dix fois plus et ils ne fixent pas de limites !

Rien qu’en France trente-cinq mille espèces ont été recensées. Les plus nombreuses sont les coléoptères (9.600) suivies par les hyménoptères comme les abeilles, les guêpes, les fourmis (8.000), les diptères, mouches et moustiques (6.500), sans oublier les lépidoptères, avec des papillons ordinaires ou flamboyants (5.100). Aussi lorsque les experts insistent dans leurs études et affirment que 75 % des insectes ont disparu en vingt-cinq ans, mieux vaut ne pas prendre leurs conclusions à la légère. Ce sont les écosystèmes qui sont en danger, bref, la planète !

IL N’Y A PAS QUE LES ABEILLES

Ce sont les apiculteurs qui tirent très régulièrement avec raison le signal d’alarme, parce qu’ils constatent que les colonies sont décimées mais leur vigilance ne doit pas tromper. Les abeilles domestiques vivent ce que d’autres espèces subissent aussi, des montagnes aux plaines jusque sur les rivages. Toutes les études convergent dans leurs conclusions : on assiste à une diminution rapide des populations ce qui entame considérablement la biodiversité de la Terre. Il ne suffit pas de s’intéresser aux espèces les plus jolies et rares parce que parmi les plus communes, l’état de santé général n’est pas bon.

Pis, on manque d’informations sur les espèces détestées ou qui ne sont pas photogéniques mais qui comptent dans les grands équilibres. Qui est préoccupé par la diminution du nombre de mouches, de mites, de moucherons et de vers de terre ? S’est-on vraiment passionné pour leur place dans le tissu vivant de notre planète ? Si les coléoptères séduisent plus par leur anatomie quelquefois surprenante, se demande-t-on quelle est leur part dans le recyclage des déchets naturels ? Sait-on que les nécrophores ensevelissent les cadavres des petits mammifères et enrichissent ainsi le sol ?

Imagine-t-on que les coprophages décomposent la bouse de vache ou les crottes de mouton et de biquettes avec une patience efficace? Sans leurs concours bien des prairies seraient asphyxiées par l’accumulation des besoins naturels de combien d’animaux également essentiels à la vie quotidienne de l’homme.

DES RAISONS IDENTIFIÉES

Alors comment se fait-il qu’on assiste à une telle hécatombe ? On peut évoquer les changements induits dans les pratiques agricoles, en particulier la transformation des paysages pour obtenir des parcelles plus vastes et facilement cultivables. Combien de haies, de murets, de mares, de parcs qui servaient d’abris et de réservoirs à bien des espèces ont été rayés de la géographie des territoires ? L’emploi accéléré de produits chimiques n’a rien arrangé. On sait que l’utilisation déraisonnable des pesticides et des insecticides a fait de lourds dégâts. Comme les insectes sont des maillons essentiels des écosystèmes et des chaînes alimentaires, les dérèglements enregistrés sont graves. Il ne faut jamais oublier que les insectes jouent un rôle majeur dans le fonctionnement des écosystèmes agricoles et contribuent même indirectement à la production et à sa qualité.

Pour bien des chercheurs, il y a une urgence supérieure à celle du réchauffement climatique pour agir sur la protection des écosystèmes et de leurs populations car la dégradation enregistrée est très rapide.

Hervé CHABAUD

Extraits de l' union du 07/02/2018

    

    

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Carnet de vol et de santé des chauves-souris d’hier

L’étude systématique de sites riches en fossiles permet de découvrir de curieux ancêtres de l’histoire animale dont les secrets révèlent  bien des choses sur l’évolution.


L’animal mis au jour et étudié fait trois fois la taille d’une chauve-souris d’aujourd’hui et pèse quarante grammes. AFP

On s’amuse parfois à la belle saison à repérer les petites chauves-souris qui, à la nuit tombée partent en balade. Mais s’imagine-t-on qu’elles ont des ancêtres aux mensurations parfois surprenantes ? Les restes fossilisés d’une chauve-souris fouisseuse qui vivait il y a des millions d’années ont été retrouvés en Nouvelle-Zélande, par une équipe internationale de scientifiques. Ils appartiennent à une « superfamille de chauve-souris qui vivait jadis sur les territoires méridionaux d’Australie, de Nouvelle-Zélande, d’Amérique du Sud et peut-être même de l’Antarctique » , a précisé Sue Hand, professeure à l’Université de Nouvelle-Galles du Sud, et auteur d’une étude passionnante. Les dents et les os de l’animal, qui vivait il y a 16 à 19 millions d’années, ont été découverts près de St-Bathans, au centre de l’Ile-du-Sud de la Nouvelle-Zélande, sur un site d’une grande richesse anthropologique dans lequel travaillent les chercheurs depuis seize ans.

GRANDE TAILLE ET PETIT POIDS

L’animal mis au jour et étudié fait trois fois la taille d’une chauve-souris d’aujourd’hui et pèse quarante grammes, mentionnent les experts dans leur étude publiée par le journal de référence Scientific Reports. Cette chauve-souris présente des aptitudes et des caractéristiques particulières. Bien sûr, elle volait mais elle parcourait aussi le sol à quatre pattes, fouissant la couverture végétale à la recherche de sa nourriture. Comment peut-on en être certain ? Simplement parce que ses dents spécialisées et sa grande taille suggèrent qu’elle avait un régime différent, qu’elle était capable de manger des végétaux mais aussi de petits vertébrés, un régime qui ressemble plus à celui de certaines de ses cousines sud-américaines. « On ne voit pas cela aujourd’hui chez les chauves-souris d’Australasie » , explique encore Sue Hand.

L’animal n’a pas été baptisé Vulcanops jennyworthyae, au hasard. Il s’est agi d’associer le nom de Jenny Worthy, la scientifique qui a retrouvé le fossile et de Vulcain, dieu romain des volcans et du feu, en référence au caractère tectonique de la Nouvelle-Zélande. « Il figure parmi les fossiles les plus bizarres qu’on ait trouvés », affirme Alan Tennyson, membre néo-zélandais des chercheurs à l’origine de cette découverte et qui compte aussi des scientifiques australiens, britanniques et américains. « Cette nouvelle chauve-souris est apparentée à la chauve-souris à queue courte de Nouvelle-Zélande, à des espèces australiennes disparues et aux vampires américains, ce qui suggère que les chauves-souris vivant au sol étaient auparavant plus répandues. »

D’AUTRES CURIOSITÉS

Dans ce secteur très riche en fossiles complets, d’autres animaux disparus ont été découverts et identifiés sur le site de St-Bathans comme des espèces de sphénodon qui étaient des reptiles, de moas qui eux étaient des oiseaux ne volant pas. L’énumération serait fastidieuse mais il a également des grenouilles, des perroquets, des pigeons, des tortues ou des crocodiles. Il y a environ 500 millions d’années, les territoires d’Australie, de Nouvelle-Zélande, d’Amérique du Sud et de l’Antarctique étaient reliés, derniers vestiges du supercontinent Gondwana. Lorsque Gondwana s’est fragmenté, le rafraîchissement du climat et la formation de glace dans l’Antarctique ont fait que les chauves-souris fouisseuses d’Australasie se seraient séparées de leurs sœurs sud-américaines, concluent les chercheurs.

Hervé CHABAUD

Extraits de l' union du 24/01/2018

    

    

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16.000 grues hivernent au lac du Der


Les grues cendrées sont plusieurs milliers à hiverner chaque année au lac du Der

« Un oiseau migrateur comme la grue cendrée ne migre pas par plaisir, mais par nécessité. S’il pouvait se passer de voyager, il le ferait bien volontiers », assène Aurélien Deschartes, ornithologue auprès de la Ligue de protection des oiseaux de Champagne-Ardenne (LPO) et coordinateur national du Réseau grues France.

Et pourtant, sur les 360 000 grues cendrées qui pointent le bout du bec chaque année dans le ciel français, en provenance des pays nordiques, toutes ne poussent par leur périple jusqu’au terminus. À savoir le sud de l’Espagne ou, pour les plus motivées, les côtes de l’Afrique du Nord. Les observateurs estiment qu’entre 100.000 et 120.000 individus préfèrent hiverner dans l’Hexagone lors de la période de migration, entre octobre et mars. Au lac du Der, ce sont 16.480 grues cendrées qui ont été comptabilisées cette semaine. Loin du record de janvier 2014 avec plus de 33.000 individus et même des chiffres de 2015 avec plus de 28 000 oiseaux. « Contrairement à ce qu’on pourrait croire, le nombre de grues hivernantes a tendance, globalement, à baisser. Au point que le Der est en passe de devenir, cette année, le premier site d’hivernage devant Arjuzanx en Aquitaine, où elles sont, d’ordinaire, beaucoup plus nombreuses. »

Mais qu’est-ce qui pousse une grue à poser ses valises prématurément? « C’est le mystère. On sait que les jeunes ont tendance à faire comme les parents et à revenir sur les lieux de nidification ou d’hivernage. De manière générale, à moins que le sol ne soit gelé ou enneigé, ce n’est pas la température qui fait qu’une grue décide de poursuivre ou pas son voyage, mais la quantité de nourriture qu’elle pourra trouver. » Et visiblement, le lac du Der est un endroit propice pour trouver pitance. « Une grue peut faire 20 km pour aller se nourrir et revenir au bercail pour passer la nuit. Elle apprécie les îlots, qui lui assurent une certaine sécurité » , poursuit l’ornithologue. Bref, si plusieurs milliers de grues passent l’hiver au lac du Der et dans d’autres endroits de France et de Navarre, ce n’est pas une question de courage. Mais plutôt d’opportunité. Déjà, le mouvement de migration s’inverse. Les premiers oiseaux partis croisent les derniers. C’est ce qu’on appelle le chassé-croisé des grues cendrées…

Damien ENGRAND

Extraits de l' union du 22/01/2018

    

    

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Ces nouvelles espèces  découvertes presque par hasard

Si l’urbanisation, la pollution et les trafics conduisent à la disparition   d’animaux et de plantes, on en découvre encore de nouvelles. Ce qui  témoigne que des zones de nos continents sont encore mal explorées. 


Le crocodile lézard du Vietnam figure parmi les 115 nouvelles espèces découvertes en 2016 dans la région du Grand Mékong, en Asie du Sud-Est. AFP

Régulièrement, l’alerte est lancée pour signaler une espèce menacée dont la disparition est annoncée si rien n’est fait pour la protéger. Des campagnes sont même organisées pour sensibiliser les pouvoirs publics et développer des programmes de protection de ces animaux et de ces plantes dans leur environnement naturel. Si nombre d’animaux disparaissent, d’autres continuent d’être découverts. Certains espaces compliqués à pénétrer sont les écosystèmes de bestioles plus puissantes dont la présence est ignorée.

TORTUE GOURMANDE D’ESCARGOTS

Un crocodile lézard du Vietnam et une tortue qualifiée de mangeuse d’escargots figurent parmi les cent quinze nouvelles espèces qui ont été découvertes en 2016 en Asie, dans la région du Grand Mékong, un signe encourageant en ces temps de menaces sur la biodiversité, a révélé en décembre le Fonds mondial pour la nature, Word Wildlife Fund (WWF). « Alors que la tendance globale est inquiétante et que les menaces sur les espèces et leur habitat dans la région du Grand Mékong sont importantes, la découverte de ces nouvelles espèces nous donne espoir », commente un responsable du WWF.

Le Mékong, qui naît sur les hauteurs de l’Himalaya pour terminer son parcours au Vietnam, donne son nom à une région tropicale, largement occupée par la jungle, et qui comprend des pays comme le Cambodge, le Laos, la Thaïlande, la Birmanie et la province chinoise du Yunnan. Si certains se réjouissent de l’extinction d’animaux nuisibles, on oublie souvent que leur présence garantit aussi un équilibre dans un environnement précis. Chaque année, les scientifiques du WWF énumèrent les découvertes ces nouvelles espèces qui enrichissent les connaissances. Cela s’effectue au terme d’un long processus d’évaluation. C’est ainsi qu’en 2015, cent soixante-trois nouvelles espèces ont été découvertes.

COMPARER, VÉRIFIER, DÉCRÉTER

Les chercheurs redoutent que les espèces s’éteignent avant d’avoir été répertoriées tant le développement de la région du Mékong est rapide, avec de nouvelles infrastructures, mais aussi les trafics. Sur les 115nouvelles espèces découvertes en 2016, parmi lesquelles onze amphibiens, trois mammifères, deux poissons, onze reptiles et 88plantes, la nouvelle espèce de tortue, dite mangeuse d’escargots, a été repérée inopinément par un scientifique thaïlandais sur un marché du nord-est de son pays. Le crocodile lézard du Vietnam avait été pisté dès 2003 dans la jungle du nord du pays, mais cela avait pris des années avant que les experts établissent qu’il s’agissait bien d’une nouvelle espèce dont il ne resterait qu’environ 200spécimens menacés par les trafiquants et le développement des mines.

Depuis vingt ans, rien que dans cette région du monde, plus de 500espèces ont été recensées, soit deux découvertes chaque semaine. Un dixième de l’étendue des écosystèmes sauvages de la planète ont disparu ces vingt dernières années, selon un rapport de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) publié fin 2016. Le délai entre la découverte d’une nouvelle espèce et son inscription à la liste du WWF résulte des tests génétiques, de la comparaison avec les bases de données mondiales, pour garantir que l’espèce n’a pas déjà été répertoriée.

Hervé CHABAUD

Extraits de l' union du 03/01/2018

    

    

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LA SURVIE DU PANDA EST UN MIRACLE

José Frèches rend justice au missionnaire français Armand David qui sauva le panda d'ure disparition certaine


Un roman écrit par un amoureux de la Chine, José Frèche

Passionné par la Chine, José Frèches n'en finit pas de nous la faire aimer par ses volumineux romans. Le dernier, « Le Père David, l'Impératrice et le Panda », nous emmène sur les traces de l'animal le plus choyé du monde. En 1869, le père David, natif d'Espelette près de Bayonne, identifie le panda et le sauve d'une mort certaine, par la chasse et la déforestation. Rendez-vous au Sichuan, en remontant le fleuve bleu, via la Cité interdite et Shanghai, avec un parfait sinologue.

D'où vous vient cette passion pour la Chine ?

Mais de Tintin pardi ! Du « Lotus bleu » que je découvre à 8 ans grâce à Hergé, La Chine m'a tout de suite intéressé avec ses idéogrammes, ses dragons, son étendue, ses yeux bridés. J'ai appris le chinois et cette passion ne m'a jamais quitté. J'ai tenu à la partager dans mes livres, dont « Le disque de Jade ».

Le dernier parle d'un animal qui est adulé, le panda aurait-II vraiment pu disparaitre ?

En 1869, la race se serait éteinte. Le panda est facile à tuer. C'est un animal très pacifique, il ne se méfie pas. Il peut difficilement se camoufler avec son pelage. Et comme vous le savez sans doute, il se reproduit avec énormément de difficultés. Heureusement, le père David l'a mis en évidence. Le panda géant a fait J'objet d'énormément de protections de toutes sortes. Les Chinois ont compris qu'ils détenaient là un trésor vivant. Le panda est devenu un instrument diplomatique pour la République populaire. II a survécu à toutes les guerres. On lui a offert un sanctuaire au Sichuan. Cette histoire du père David n'était connue que des spécialistes. J'ai visité son village. Il possède un musée avec des photos de lui car il est considéré comme un héros national sur place. Mais seul le substrat historique est véridique, le roman est simplement plausible. Il permet aussi de décrypter un peu la mentalité chinoise qui est difficilement accessible pour nous.*Chine continue à taire peur et à intriguer.

Le panda conserve-t-Il toute cette aura encore aujourd'hui ?

La Chine a des préoccupations très consuméristes. Mais le panda reste adulé. Il est tout de même l'emblème du WWF en termes de préservation. En chinois, « panda » signifie « ours chat » car il a un corps d'ursidé et des attitudes de chat. Un enfant chinois sur deux a un panda en peluche. Le mythe est inépuisable. le mérite en revient au départ à ce missionnaire français qui était aussi naturaliste et qui envoyé en Chine, crapahutait dans les campagnes et les forêts et qui envoya des milliers de relevés au Muséum d'Histoire naturelle.


Le Père David, l’impératrice et le panda
par José Frèches - XO Editions

Bernard MEEUS

Extraits de l' union du 28/12/2017

    

    

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Les pigeons n’ont pas une cervelle de moineau

Ces squatteurs des toits et greniers, qui picorent dans les jardins st sur les marchés et ont mauvaise réputation, ne sont pas des volatiles idiots comme en témoigne une étude scientifique qui donne un coup de bec aux clichés.


Les pigeons sont capables de faire la distinction entre les concepts abstraits du temps et de l'espace. Christian Lantenols

Ils sont mal-aimés. On les chasse parce que leurs déjections sont infernales et qu’on les dit souvent porteur de parasites et de maladies. Néanmoins, les pigeons que l’on croise dans les villes sont bien plus intelligents qu'on ne pense. C'est un cliché supplémentaire qui est effacé en raison d'une étude scientifique publiée par une revue de référence, Current Biology. Ce qui va sans doute changer le regard porté sur ces volatiles. Les pigeons sont capables de faire la distinction entre les concepts abstraits du temps et de l'espace, comme les hommes et les grands singes, rapportent les scientifiques qui cosignent ce travail.

UNE TÊTE BIEN FAITE

 « La capacité cognitive des oiseaux est encore plus proche de celles des humains et des grands singes », estime Edward Wasserman, professeur de psychologie expérimentale à l'université d'Iowa et principal auteur de cette étude très commentée. « En réalité, ces systèmes nerveux aviaires ont beaucoup plus de capacités que ne le suggère l'expression péjorative : avoir une cervelle d'oiseau », s'amuse-t-lL On se doit de sortir d ces plaisanteries qui ne reflètent, en rien, la capacité d s pigeons. Pour mener a bien leur travail, les chercheurs ont présenté à des pigeons un ligne horizontale statique, qui apparaissait pendant deux ou huit secondes, sur un écran d'ordinateur. La ligne mesurait une fois six centimètres de longueur, tune autre fois vingt-quatre. Les oiseaux avaient le choix entre quatre symboles visuels pour indiquer si la ligne qu'ils voyaient était courte ou longue, si elle apparaissait brièvement ou alors longtemps. Toute bonne réponse était récompensée par un peu de nourriture.

Dans un deuxième temps, les scientifiques ont compliqué le test en affichant sur l'écran la ligne, mais en variant sa taille et sa durée d'apparition de manière aléatoire. Les pigeons n'ont pas été perturbés par ce changement puisqu'ils ont été dans la plupart des exercices capables de déterminer que les lignes qui apparaissaient plus longtemps étaient également les plus longues ! Les scientifiques ont renouvelé l'exercice et ont obtenu des résultats conformes aux premières expériences.

UNE INTELLIGENCE DÉMONTRÉE

Le professeur Wasserman en conclut que les pigeons utilisent la même région cérébrale pour jauger l'espace et le temps, ce qui laisse penser que ces concepts abstraits ne sont pas traités séparément dans leur cerveau. Des résultats similaires ont été constatés lors de tests menés avec des hommes et des hommes ainsi qu'avec des singes, même si précisent les membres de l'équipe, les pigeons utilisent pour leur part un autre région cérébrale. Chez les humains et les autres primates, c'est en anatomie cérébrale, le cortex pariétal du cerveau qui traite ces informations abstraites de l'espace et du temps. Les pigeons ne possèdent pas de cortex pariétal, ce qui signifie qu'ils utilisent une autre partie de leur cerveau pour distinguer ces concepts, assurent les auteurs.

Les résultats de cette expérience confortent l'opinion grandissante dans la communauté scientifique que d'autres espèces animales comme les oiseaux, les reptiles et les poissons sont capables de prendre des décisions a partir de concept abstraits. On se souvient que des expériences antérieures ont montré que les corbeaux sont aussi intelligents que les primates et qu'ils fabriquent des outils si besoin pour saisir leur nourriture.

Hervé CHABAUD

Extraits de l' union du 14/12/2017

    

    

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Les sangliers se rapprochent du centre

Un habitant constate que les incursions des sangliers dans son jardin se font plus fréquentes.


« Regardez comme la terre a été retournée sur ce plant de framboisiers ! »
A.P.

ESSENTIEL

*.- UN HABITANT DE SILLERY constate régulièrement le passage de sangliers dans son jardin.

*.- CES VISITES nocturnes se feraient plus nombreuses, preuve que la population augmenterait.

*.- DES TRACES font supposer que les animaux se rapprochent maintenant du centre du village, et même de l’ancienne autoroute, au niveau de Cormontreuil.

Plus tôt dans l’année, plus souvent, plus près du centre du village. Cet habitant de Sillery que nous appellerons Claude décrit ainsi la progression des sangliers. Il est bien placé pour en parler: il trouve régulièrement des traces du passage des animaux dans son propre jardin. « Eux, je ne les ai jamais vus , admet-il, parce qu’ils viennent la nuit, mais j’ai repéré un des endroits où ils traversent la Vesle à la nage. Les traces de sabot sont effacées, mais j’ai trouvé des déjections. Généralement, ils labourent la pelouse, les massifs ; chez mon voisin c’est un plant de framboisiers qui a été retourné… » Effectivement, en plusieurs endroits du jardin de quelque 7 000 mètres carrés, on voit nettement que la terre a été remuée. Idem chez ledit voisin.

En bon ancien vétérinaire qu’il est, Claude a dressé un tableau aussi précis que possible du passage des bêtes. « Ça a commencé en 2012, affirme-t-il ; avant, il n’y avait rien ! Depuis cette année-là, j’ai noté qu’ils venaient deux à trois fois par an généralement, sauf en 2013, où j’ai constaté 9 passages. Habituellement, ils viennent entre début avril et fin mai, je pense que c’est notamment pour manger les rhizomes de mes arums. »

TRACES REPÉRÉES À CORMONTREUIL

Mais cette année, la première apparition a eu lieu dès le mois de février, et, depuis, on en est déjà à 8 en tout. « La colonie a dû augmenter »suppose Claude. Ce qui correspond à la perception que l’on a de la situation à la préfecture (lire par ailleurs).

Ce qui inquiète notre homme, outre les «labourages » commis dans son jardin, c’est que les s us scrofas, de leur nom latin, semblent se risquer de plus en plus profondément à l’intérieur de la commune. À l’appui de ses dires, il évoque un cadavre de sanglier qui s’est retrouvé gisant au bord de la route entre Sillery et Taissy en octobre dernier. «Et on ne sait pas ce qui pourrait arriver si jamais ils arrivent jusqu’au centre aéré, voire jusqu’à l’autoroute… »Justement, le maire de Cormontreuil, Jean Marx, a été alerté il y a quelques jours par des habitants, sur des traces de terre remuée le long de la route venant de Taissy, qui pourraient bien être signées par ces animaux; et qui ne sont plus si éloignées que ça de l’échangeur de la traversée urbaine…

LE PRÉFET PRÉOCCUPÉ

Lors d’un récent conseil départemental de la chasse et de la faune sauvage, le préfet, Denis Conus, avait fait part de ses préoccupations sur l’expansion des sangliers dans le département. Il avait été notamment décidé que certains territoires feraient l’objet d’un classement en «points noirs » avec obligations de résultats d’abattage accrues. Cinq sites en Montagne de Reims, un en Argonne ont été déterminés. Un bilan devait être effectué au courant de ce mois de décembre pour décider ou pas d’accentuer la pression de la chasse.

Antoine PARDESSUS

Extraits de l' union du 14/12/2017

    

    

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 Ils veulent faire revivre le lion des cavernes

Ce bébé découvert en Sibérie dans un état de conservation exceptionnel est une opportunité pour les paléontologues de mieux connaître l’espèce,  ses forces et ses fragilités et de tenter un clonage


Le lionceau a conservé son pelage et sa tête intacts.
The Siberian Times

On connaît les vertus de la congélation. Même s’il suscite de légitimes inquiétudes, le réchauffement climatique offre des opportunités par la mise au jour d’individus ou d’animaux riches d’enseignement pour mieux comprendre l’évolution des espèces au fil des siècles. L’animal qui a été retrouvé en parfait état de conservation intéresse au premier chef les scientifiques. Les plus audacieux n’excluent pas de le cloner pour faire revivre l’espèce ! Ils disposeraient de technologies rendant l’opération envisageable. Ainsi, des lions des cavernes pourraient réapparaître sur Terre.

LA TENTATION DE LE CLONER

Ce qui relève encore du domaine du rêve mais tenaille quelques biologistes prêts à tenter ce retour d’une espèce disparue au XXI e siècle suscite enthousiasme et interrogations dans la communauté médicale internationale. Cet espoir un peu fou est entretenu par des scientifiques russes, après la découverte en Sibérie d’un petit lionceau de cette espèce vieille de 20.000 à 50.000 ans, congelé et dans un très bon état de conservation, rapporte le Siberian Times . Le journal insiste sur la qualité du spécimen qui fait l’objet des soins les plus attentifs pour donner toutes les chances à des maîtres du clonage de parvenir à leurs fins.

D’une taille de quarante-cinq centimètres pour quatre kilos, le lionceau qui est très reconnaissable a conservé son pelage et sa tête intacts. Il a été découvert un peu par hasard par un habitant sur les rives de la rivière Tirekhtykh. La première évaluation par les paléontologues indique que l’animal concerné est « parfaitement préservé, tous les membres ont survécu. Il n’y a pas de traces de blessures extérieures sur sa peau ». Cette première expertise a été effectuée par l’un des maîtres de l’art, Albert Protopopov. Néanmoins pour l’instant, le sexe de l’animal reste inconnu, tout comme la raison de sa mort, mais l’expert est formel : le lionceau était âgé d’un mois et demi à deux mois au moment de son décès.

FAIRE AVANCER LA SCIENCE

Cette découverte qui ravit les passionnés n’est pourtant pas la première. Deux autres lionceaux ont été découverts il y a deux ans. En revanche, Ulyan et Dina n’étaient pas dans le même état de conservation, ce qui ne rendait pas les expertises scientifiques aussi riches en termes de résultats que celles qui vont être exécutées.

Néanmoins, un scientifique alors missionné avait identifié dans l’estomac de l’un des deux bébés des traces évidentes de lait maternel. « À l’époque tout le monde était émerveillé et personne ne pensait qu’une telle chose était possible », se remémore le paléontologue Albert Protopopov. Et de se réjouir : « Maintenant, deux ans plus tard, un autre lion a été trouvé et c’est une opportunité immense pour la communauté scientifique en raison de son état de conservation exceptionnel ». Les lions des cavernes pouvaient mesurer jusqu’à trois mètres de long et étaient des animaux puissants mais peut-être fragiles face à certaines maladies. Comme le petit lionceau est bien conservé, Protopopov a confié aux journalistes qu’il n’excluait pas de tenter de le cloner pour faire revivre l’espèce comme d’autres de ses confrères qui aimeraient réussir la même opération pour faire revivre des mammouths dans le monde contemporain. Des travaux sont en cours à partir des cellules de spécimens, là encore découverts dans un état prédisposant à tenter l’aventure qui pourrait se révéler comme un grand événement scientifique.

Hervé CHABAUD

Extraits de l' union du 22/11/2017

    

    

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Très rapides pour survivre

Des animaux ont évolué vers une masse qui leur permettait d'enter leurs chances de survie.


La vitesse du guépard cache une loi universelle. AFP

Le guépard, champion du monde de vitesse à la surface, avec des pointes à 115 km/h, dépasse de loin des animaux terrestres plus imposants

De nombreux processus comme le métabolisme, la croissance ou l’alimentation des animaux suivent une loi qui est en lien avec leur masse. Par exemple, plus un animal est gros, plus il mange. Pourquoi la vitesse, paramètre lié notamment à la musculature, dérogerait-elle à la règle ?

Une équipe de chercheurs du Centre allemand de recherche intégrative de la biodiversité, à Leipzig, a recensé les vitesses de pointe de 474 espèces animales de toutes tailles, de l'acarien à la baleine, vivant dans tous types d'environnement. Très vite, une règle simple a émergé : plus un animal est gros, plus sa vitesse de pointe est élevée. Toutefois, cette loi semble ne fonctionner que jusqu'à un certain point. Le guépard, champion du monde de vitesse à la surface avec des pointes à 115 km/h, dépasse de loin des animaux terrestres plus imposants comme le rhinocéros. Si la relation entre masse et vitesse maximale s'appliquait à tous, l'éléphant d'Afrique, plus gros animal terrestre, devrait dépasser les 600 km/h », s'amuse Ulrich Brose, un des auteurs de l'étude. Ainsi, quel que soit le mode de déplacement (aquatique, terrestre, aérien), l'évolution de la vitesse maximale semble suivre la même courbe en cloche, qui croît jusqu'â une certaine masse critique, avant de se retourner.

Les chercheurs ont construit un modèle reposant sur deux principes. Primo, la taille des muscles a bien une influence sur la vitesse maximale théorique des animaux. Secundo, certains animaux trop gros ne peuvent atteindre leur vitesse maximale théorique car ils dépensent trop vite l'énergie à disposition dans les muscles.

De gros muscles pouvant stocker beaucoup d’énergie

En effet, les animaux atteignent leur maximum de vitesse sur des sprints courts, où seule l'énergie contenue dans les muscles est sollicitée pour l'accélération, dite anaérobie (sans besoin d'oxygène), et ils n'ont pas le temps de se recharger avec l'énergie stockée dans d'autres parties du corps, comme ils peuvent le faire sur de longues distances - en utilisant le métabolisme aérobie (qui nécessite de l’oxygène).

En théorie, de gros muscles pouvant stocker beaucoup d'énergie permettraient donc bien d'augmenter la vitesse maximale d'un animal. Toutefois les animaux lourds ont besoin de beaucoup plus d'énergie que les autres pour initier le mouvement de leur corps massif, et prendre de la vitesse. Le temps que ces animaux atteignent des vitesses élevées, les réserves d'énergie contenues dans leurs muscles sont épuisées, et leur vitesse commence déjà à baisser.

Sur la base de ces deux principes, l'équille d'écologues a construit un modèle mathématique capable de deviner la vitesse maximale d'un animal en fonction de sa masse. Ses prédictions sur la vitesse maximale des animaux rejoignent les données expérimentales, avec une précision de 90 %. Cette étude confirme que les animaux de taille moyenne sont les plus rapides, leur masse les situant au point d'équilibre entre musculature trop faible corps trop lourd. Et ceci est également vrai pour les espèces éteintes, telles que les dinosaures. Malgré sa taille et sa puissante musculature, le T.rex avait une vitesse maximale plutôt faible et était même dominé à la course par certains herbivores comme le tricératops.

Pour Adrian Bejan. de l'université Duke à Durham (États-Unis), « cette étude est un intéressant développement de la théorie de la locomotion animale, qui veut que les caractéristiques physique des animaux dépendent de leur mode de vie.

Le physicien, connu pour avoir fondé la théorie constructale, voit dans chaque objet de la nature une sorte de machine optimisée pour vivre clans un certain environnement « Les espèces animales onc évolué en fonction de ce qui leur permettait d'accroître leurs chances de survie, un guépard compte plus sur su vitesse de sprint qu’un éléphant, il n'est donc pas étonnant qu'il ai évolué vers une masse optimale afin de maximiser sa vitesse. » En définitive, le corps du guépard a évolué par rapport au critère vitesse : celle-ci est une cause et non une conséquence de son évolution.

La vitesse étant un critère de survie parmi d'autres, certains animaux ont naturellement évolué vers une masse (qui leur permettait d'augmenter leurs chances de survie. Dans les airs comme dans les autres environnements, ce sont les prédateurs qui dominent l'épreuve de la course de vitesse. Les proies, généralement plus petites, Ont celtes des vitesses assez faibles en comparaison, mais ont développé d'autres caractères leur permettant d'assurer la survie de leur espèce : la plupart sont plus agiles et capables d'effectuer des virages plus serrés. À l'avenir, Ulrich Brose compte bien tenter de lever le voile sur le rôle exact de la vitesse maximale dans les interactions proie-prédateur.

Simon DEVOS

Extraits de l' union en partenariat avec Science & Vie du 01/11/2017

    

    

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2017-11-01 –  Ces oiseaux de Paradis, arc-en-ciel de la beauté

Ces volatiles qui émerveillent le regard sont en danger et, pourtant, les préserver c’est aider au développement raisonné  de ces contrées lointaines riches de trésors de la faune et de la flore. 


Les paradisiers, dénommés cendrawasih en indonésien, sont menacés de disparition. AFP

Les célèbres oiseaux de Paradis sont un des trésors de la jungle en Papouasie indonésienne. Ces petits volatiles aux couleurs éclatantes sont d’une beauté inouïe mais ils sont victimes de la déforestation et de trafics de braconniers. Ils sont très recherchés pour être empaillés et vendus à des collectionneurs prêts à mettre le prix pour disposer de larges collections dans leurs propriétés cossues. Si l’on peut comprendre qu’un Paradisier royal rouge cramoisi sur le haut et blanc dessous, avec des plumes violacées et une queue au bout vert émeraude, est remarquable, ce n’est pas une raison pour le chasser à des fins égoïstes. Si bien que l’espèce est en grand danger. Les forêts tropicales indonésiennes abritent quarante et une espèces d’oiseaux de Paradis, dont trente-sept vivent dans la jungle.

Ces paradisiers, dénommés cendrawasih en indonésien et capables d’exécuter des mouvements qui ressemblent à une danse, sont menacés de disparition. L’Union internationale pour la conservation de la nature n’est pas aussi pessimiste. Ses experts ne pensent pas que les oiseaux de Paradis de Papouasie indonésienne soient sur le point de disparaître, contrairement à plusieurs espèces de Paradisiers vivant dans la partie orientale de l’île, la Papouasie-Nouvelle-Guinée.

UNE FASCINATION DÉRAISONNABLE

Ces oiseaux sont admirés pour leurs couleurs vives, comme le Paradisier petit-émeraude à la tête jaune pâle, la gorge vert émeraude et les ailes marron. Il est reconnaissable au filament jaune vif et blanchâtre de ses longues plumes ! Et que dire du paradisier multifils dont le plumage pourpre et jaune soufre, ainsi que les très longues plumes, ne passent pas inaperçus. Ils sont capables de parades nuptiales inimaginables qui constituent de vrais spectacles.

Leurs plumes sont recherchées par les tribus papoues pour des décorations comme celles de leurs coiffes. Ces oiseaux sont protégés par la loi indonésienne, mais le trafic se poursuit vers d’autres régions d’Indonésie ou en Asie du Sud-Est.

La police et les douanes manquent de moyens pour déjouer ces marchés clandestins. Les volatiles sont vendus, pour la plupart, empaillés et les plumes valent une petite fortune et assurent des marchés parallèles juteux. Lorsqu’un lot se vend jusqu’à 90 euros, là où des habitants vivent avec moins de 2 euros par jour, il ne faut s’étonner de rien.

LA PISTE DE L’ÉCOTOURISME

La province de Papouasie abrite un tiers des forêts tropicales d’Indonésie, mais la réduction de leur surface s’accélère pour y substituer des plantations de cacao et d’huile de palme. En 2014-2015, plus de 100.000 hectares de forêt ont été abattus. D’où l’idée de développer des îlots préservés et d’y favoriser l’écotourisme permettant aux visiteurs de découvrir ces oiseaux multicolores et aux aptitudes en vol qui méritent vraiment le coup d’œil. C’est d’autant plus pertinent que des habitants sont volontaires pour servir de guide et accueillir les touristes passionnés de faune et de flore !

« Si nous développons l’écotourisme, les touristes dépenseront ainsi un peu de leur argent pour que les villageois puissent subvenir aux besoins de leurs familles, envoyer leurs enfants à l’école, acheter des vêtements… Et avec ça, ils auront conscience qu’ils sauvent la nature », explique un responsable local. Comme quoi le développement passe aussi par la préservation des écosystèmes.

HERVÉ CHABAUD

Extraits de l' union du 25/10/2017

    

    

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Ces bestioles essentielles à la vie des hommes

Plus de 75 % des insectes volants auraient disparu d’Europe   depuis une trentaine d’années, une étude tire le signal dalarme  et recommande pragmatisme et bon sens.


Les abeilles, qui ne sont pas les seuls pollinisateurs, sont susceptibles de disparaître. AFP 

Les résultats d’une étude très sérieuse, publiés dans la revue Plos One, sont d’autant plus préoccupants que s’ils sont centrés sur ce qui a été constaté en Allemagne, ils conduisent les scientifiques à estimer que le bilan n’est pas meilleur ailleurs en Europe. De fait, si les insectes volants s’éteignaient, la pollinisation de 80 % des plantes qu’ils assurent ne se ferait plus.

Les abeilles, les papillons et leurs collègues jouent un rôle majeur dans la conservation des écosystèmes. S’ils disparaissaient, les plantes, qui dépendent entièrement d’eux pour assurer leur pollinisation, et bien des arbres fruitiers, seraient condamnés à l’infertilité.

PROTÉGER LES ÉCOSYSTÈMES

Ces mêmes insectes jouent un rôle essentiel de la chaîne alimentaire. La plupart des oiseaux s’en nourrissent pendant la période de reproduction. Sans eux, de nombreux oiseaux pourraient être rayés de la population comme les hirondelles, les perdrix et leurs cousins. Bref, les bestioles sont indispensables. On n’imagine pas des sociétés humaines capables de vivre et de se développer sans un écosystème préservé ni des espèces indispensables à la vie protégées.

Dans un avenir lointain peut-être, mais sûrement pas aujourd’hui, en l’état des connaissances. L’essentiel de nos ressources provient des écosystèmes. Cette étude interpelle l’homme et l’encourage à une attitude pragmatique et responsable pour envisager l’avenir, même si elle n’évoque pas de disparition des insectes, mais décrit une diminution préoccupante de leur biomasse. La réflexion menée s’inscrit dans le temps car on sait que les dizaines de milliers d’espèces connues ont des dynamiques très différentes et variables. Une seule espèce peut connaître d’impressionnantes variations de population d’une année sur l’autre. C’est la raison pour laquelle cette étude a été menée sur trente ans, afin de ne pas aboutir à des conclusions hâtives ou insuffisamment motivées.

Est-ce à dire qu’un drame est proche ? En science, lorsqu’on obtient des corrélations, ce n’est pas suffisant pour déterminer une causalité puisque deux ou trois phénomènes qui se produisent en même temps ne sont pas nécessairement liés. L’un n’est pas forcément la cause de l’autre. Il faut des preuves expérimentales, qui sont compliquées à valider. Ainsi, les abeilles qui sont très exposées ne sont pas les seuls pollinisateurs.

PESTICIDES SOUS HAUTE SURVEILLANCE

Les pesticides sont suspectés par les scientifiques, parce que leur effet est de tuer les insectes. Les néonicotinoïdes sont particulièrement visés parce qu’ils les tuent sans distinction. On évoque peu les herbicides et plusieurs experts estiment que c’est un tort, parce qu’ils éliminent aussi des sources de nourriture des insectes. Enfin, l’intensification de l’agriculture est citée parce qu’elle entraîne une diminution des éléments semi-naturels, comme les prairies, les haies, réduit le débit des cours d’eau, qui sont les lieux de reproductions des insectes.

L’emploi des pesticides, des herbicides et la réduction des espaces semi-naturels contribuent à la grande diminution de la biomasse des insectes. La solution est donc d’être plus raisonnables sur l’utilisation des produits chimiques dans les espaces ouverts et de mieux protéger les prairies, les bosquets et tous les espaces où se reproduisent les animaux. Une chose faisable.

HERVÉ CHABAUD

Extraits de l' union du 25/10/2017

    

    

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Défenseur du silure

Président de l’association nationale Silurus glanis, Nicolas Thierry est un Axonais qui milite pour la sauvegarde des silures. Il défend ce poisson qui fait l’objet d’une sale réputation.


Nicolas Thierry attrape les silures, comme celui-ci qui fait 2m34, immortalise l’instant et remet le poisson à l’eau, avec l’espoir de le recroiser une autre fois.

LES FAITS

*.- IL Y A QUELQUES SEMAINES un pêcheur laonnois attrapait un silure de 2 m 15.

*.- UNE HISTOIRE qui a rapidement fait le tour des amoureux de la gaule faisant ressurgir la peur du silure.

*.- NICOLAS THIERRY, qui préside l’association nationale Silurus glanis a souhaité faire une mise au point.

*.- IL EXPLIQUE que le silure n’est pas un poisson dangereux, qu’il est loin des histoires racontées à son propos.

Le silure et les pêcheurs. Ce n’est pas le titre d’une fable, mais ça fait parler.

Il y a quelques semaines, un passionné sortait de l’eau un silure de 2m15, le plus gros jamais pêché dans l’Aisne. Cette prise a réveillé les ardeurs des anti-silure et les fantasmes de ceux qui voient ce poisson comme un prédateur particulièrement dangereux.

Pour Nicolas Thierry, président de l’association nationale Silurus glanis, il n’en est rien. Cet Axonais qui vit aujourd’hui dans le sud de la France tente de faire passer le message que le silure est certes un prédateur mais pas plus dangereux qu’un brochet.

« Il est coupable d’un délit de sale gueule. C’est vrai que c’est un poisson poubelle, mais il rend bien des services. C’est un omnivore opportuniste. Il mange les poissons morts, les rats, les mulots, les pigeons. C’est un nettoyeur, il évite des épidémies. Et quand il tue c’est pour manger, à la différence du sandre et du brochet. D’ailleurs ce dernier mange bien plus de canards, que le silure. »

S’il comprend une certaine crainte, celui qui pêche des spécimens de plus de 2m30 dans le sud, souhaite changer le regard sur le silure. Il estime malgré tout que le poisson n’a rien à faire dans les étangs.

Le silure défend sa progéniture, c’est comme celui qui s’approche d’une lionne et de ses petits. Il n’a pas touché les bébés qu’il est déjà mort Nicolas Thierry

« Dans les rivières, les milieux ouverts il a sa place et il va se réguler tout seul. D’ailleurs la régulation s’est déjà faite dans le sud. Dans le nord c’est encore l’expansion. Il faut laisser faire la nature. Le silure existait déjà il y a 8 millions d’années. Il a reculé lors des périodes de glaciation puis a fait son retour. »

Pour ce qui est des attaques sur des chiens voire des hommes, le président balaie ces affirmations d’un revers de main. « Un silure qui s’attaque à un chien, c’est un mythe. Sa gueule n’est pas assez grande. Pour les attaques sur l’homme, c’est comme tous les animaux, il défend sa progéniture. Il y a eu une attaque en Bavière. Une nageuse de triathlon s’entraînait dans les nénuphars, là où les frayères se trouvent. Je ne sais pas ce qu’elle faisait là-bas, mais elle s’est fait attraper la jambe, cela s’est arrêté là. C’est comme celui qui s’approche d’une lionne avec ses petits. Vous n’avez pas touché les bébés que vous êtes déjà mort. Le silure vous fera juste peur. »

Nicolas Thierry sillonne les salons de pêche, les écoles pour présenter un poisson qu’il qualifie d’arme de guerre. Non pas par sa dangerosité mais parce qu’il est bien équipé pour contrer les pêcheurs. « Il a de petits yeux mais des sens hyperdéveloppés. Il peut vous manger les vers sur l’hameçon sans que vous vous en aperceviez. » Pour défendre un peu plus le silure, l’association s’appuie sur une cinquantaine d’études qui permettent 35 ans de recul sur l’évolution de l’espèce. « C’est le seul poisson à faire l’objet d’autant d’études. Le silure n’est pas le monstre que l’on veut nous montrer. Il fascine autant qu’il fait peur. »

L’objectif de Silurus glanis est aussi de préserver les plus gros spécimens. Sans cela, la régulation ne sera pas possible. « Il faut savoir que le silure est cannibale. Les gros mangent les petits. Si tous les gros sont pêchés et tués, la régulation ne peut pas se faire correctement.»

Au-delà de toutes les histoires et du combat de l’association pour faire reconnaître le silure, Nicolas Thierry est un adepte de la pêche sportive.

Avec le silure il n’est pas déçu. « C’est un super poisson à pêcher. D’ailleurs, dans le sud où je suis, la pêche au silure ramène beaucoup de monde. Des touristes viennent spécialement pour ça. C’est là où l’on voit que le Nord a 15-20 ans de retard par rapport au sud dans ce domaine. » L’un des derniers poissons de taille qu’il a attrapé faisait 2m34.

C’est sa passion et l’intérêt pour ce poisson qui le poussent à le défendre. Il note d’ailleurs que l’espère est protégée en Europe du nord. Nicolas Thierry, souhaite rétablir la vérité sur ce gros poisson qui à ses yeux est un coupable tout trouvé, qui ne peut pas se défendre.

Samuel PARGNEAU

Extraits de l' union du 29/09/2017

    

    

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Ces dinosaures du crétacé qui aimaient herbe et crustacés

Les grands herbivores gastronomes ne craignaient pas une surcharge pondérale. Selon des scientifiques américains, surpris par leur fin palais, ces géants d’hier étaient gourmets de crustacés


Karen Chin, conservatrice de paléontologie au musée d’histoire naturelle de l’université du Colorado.
AFP

Ils vivaient en Amérique du nord il y a soixante-quinze millions d’années et, herbivores d’habitude, ils enrichissaient leurs repas en consommant des crustacés à certains moments de l’année, ont révélé des paléontologues dont les conclusions sont formelles. Ils ont identifié des traces de ces dégustations de gourmets en analysant de volumineux excréments fossilisés. Ces coprolithes de dinosaures sont une bibliothèque d’informations soigneusement classées et à l’épreuve du temps. Ils ont été mis au jour dans la formation de Kaiparowits, dans le sud de l’Utah. Ils ont été datés selon la mémoire géologique du Crétacé supérieur.

LES SECRETS DE COPROLITHES

Les analystes y ont inventorié à la fois des fragments de bois de conifères décomposés et des restes d’exosquelettes de crustacés, d’après Karen Chin, conservatrice de paléontologie au musée d’histoire naturelle de l’université du Colorado à Boulder et principal auteur de l’étude parue jeudi dans le dernier numéro de Scientific Reports. Ce travail a été réalisé avec des chercheurs de l’université de Kent dans l’Ohio. L’apport de cette étude est important puisqu’on a ainsi découvert que ces grands dinosaures herbivores avaient mangé de la nourriture animale et mangé des crustacés. Karen Chin, qui a fouillé la zone si riche en coprolithes, a été accompagnée par une équipe du musée de la nature et des sciences de Denver spécialisée dans les prélèvements.

Plutôt qu’un menu du dimanche ou de fête choisi par ces géants, l’hypothèse la plus raisonnable est que la consommation de crustacés était saisonnière et potentiellement liée à la période de ponte. Les oiseaux d’aujourd’hui qui sont les enfants lointains de certains dinosaures mangent davantage de protéines et de calcium pendant la période de reproduction. Les chercheurs souhaitent identifier et inventorier les crustacés ingérés par ces animaux. Des restes fossilisés de pinces de crabe ont été trouvés dans la même zone, dans une couche géologique un peu plus ancienne.

LE CÉLÈBRE BEC DE CANARD

Les paléontologues soutiennent l’hypothèse que ces crustacés du Crétacé se réfugiaient dans des souches de bois en décomposition qui leur procuraient un environnement humide et leur propre nourriture. Ils pensent que les dinosaures amateurs de ces menus particuliers pourraient être des hadrosaures, les célèbres « dinosaures à bec de canard ». Il est établi qu’ils vivaient bien sur le territoire de l’Utah, dans la formation de Kaiparowits. Ces animaux pouvaient mesurer neuf mètres de long, peser jusqu’à trois tonnes et avaient une mâchoire avec des dents capables de broyer des plantes.

Plusieurs paléontologues pensent aussi qu’ils vivaient en groupe et qu’ils s’occupaient de leurs petits après l’éclosion des œufs. Pour aboutir à leurs conclusions, les scientifiques mobilisés sur cette étude ont examiné en laboratoire de nombreux fragments. Ils ont tronçonné des morceaux de coprolithes en fines tranches pour les examiner avec une microsonde électronique et ainsi déterminer leur composition chimique. Le calcium s’est avéré prépondérant.

Ils ont identifié des restes de coquilles de crustacés dans au moins dix échantillons et cela dans trois couches stratigraphiques sur une distance de vingt kilomètres. Ce qui a convaincu Karen Chin que l’ingestion de ces crustacés par les dinosaures était volontaire et qu’elle représentait un apport significatif de protéines et de calcium, bien utile à leur santé.

HERVÉ CHABAUD

Extraits de l' union du 27/09/2017

    

    

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Patagotitan, géant fossilisé

Découvert en Argentine, ce sauropode vivait il y a plus de cent millions d’années. Il mesurait l’équivalent de sept éléphants d’Afrique actuels


Patagotitan mayorum est 10% plus gros que le précédent titanosaure argentin, appelé Argentinosaurus, ici exposé.AFP

Des os fossilisés d’une taille impressionnante ont été mis au jour en Argentine et ils auraient appartenu au plus gros animal à avoir marché sur la Terre, affirme des spécialistes qui ont publié le résultat de leurs recherches. « Ces fossiles, qui comprennent des vertèbres et des côtes et proviennent de six dinosaures jeunes adultes, ont tous été découverts dans la même carrière en Patagonie » , affirme le magazine New Scientist.

UN VRAI COSTAUD

L’animal a été baptisé Patagotitan mayorum. Il est d’après les évaluations opérées 10 % plus gros que le précédent record détenu par un autre titanosaure argentin, appelé Argentinosaurus. Quatre ans après la découverte de cette nouvelle espèce, les scientifiques confirment ses grandes dimensions et détaillent ses caractéristiques évolutives dans la revue Proceedings of the Royal Society Of London qui fait autorité. Ce qui a intéressé les paléoanthropologues est la qualité des pièces retrouvées. Ils admettent que ces fossiles constituent une « pièce clé pour expliquer le gigantisme des dinosaures qui vivaient il y a plus de cent millions d’années dans la région au crétacé » . Les raisons pour lesquelles ces animaux sont devenus si imposants sont méconnues, même si l’on sait qu’à la même période la flore s’est diversifiée et le climat s’est réchauffé. Charlotte Brasey, de l’université Manchester Metropolitan qui n’a pas participé à l’étude, s’interroge aussi sur leurs dimensions : « Ont-ils changé la forme de leur squelette ou la façon dont ils grandissaient ? Leur métabolisme ou leur comportement ont-ils été modifiés ? Ou tout cela à la fois ? », questionne-t-elle dans The Atlantic.

S’AFFRANCHIR DES CLICHÉS

Les dinosaures conservent bien des secrets mais qui ne sont pas éternels. C’est ainsi qu’une autre étude affirme que le T Rex n’était pas capable de courir. C’est la conclusion de chercheurs de l’université de Manchester qui ont mis au point une nouvelle simulation numérique pour évaluer la vitesse de déplacement de ce bipède massif. Leurs conclusions ont été publiées dans Peer, une revue en ligne. « En se basant sur les muscles de l’animal, le modèle montre que T Rex pouvait atteindre une vitesse maximale de 30 km/h, mais elle tombe à 20 km/h lorsque son squelette est pris en compte » , détaille BBC News. Et d’ajouter : « S’il s’était mis à passer d’une marche rapide à un sprint, ses jambes se seraient brisées sous le poids de son corps. » Par chance, sa proie favorite, le sauropode, un herbivore à quatre pattes, était encore plus lente !

Depuis une quinzaine d’années, les études scientifiques qui s’appuient sur une approche biomécanique tendent contrairement aux représentations anciennes et cinématographiques à affirmer l’impossibilité de courir pour le T Rex, ce que confirment ces nouveaux résultats. Les chercheurs doivent retravailler la façon dont ce dinosaure chassait. Pour le paléontologue et biologiste de l’évolution de l’université d’Édimbourg Steve Brusatte : « Le tyrannosaure n’en était pas moins un prédateur redoutable, mais la vitesse ne faisait pas partie de ses armes. Il comptait sur sa force brute et non sur d’hypothétiques talents de sprinter. » La représentation donnée du monstre T Rex au cinéma ne correspond plus à ses aptitudes prouvées. Les prochains réalisateurs devront en tenir compte. Jusqu’à la prochaine découverte.

HERVÉ CHABAUD

Extraits de l' union du 23/08/2017

    

    

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Ces vers marins trois fois centenaires 

Ils peuvent vivre des siècles et ne donnent pas l’impression de vieillir.  Ce sont des locataires des grandes profondeurs, des vers très spéciaux vivant dans des tubes qu’ils fabriquent au cours de leur développement.


Les chercheurs assurent que sa longévité réside dans le métabolisme très particulier de ce ver. 

Escarpia laminata. Bigre, ce nom ne dit pas grand-chose et pourtant il s’agit d’une famille de vers dont le milieu est les fonds marins profonds du golfe du Mexique et dont l’histoire est incroyable tant leur capacité à s’adapter à leur milieu de vie dans l’espace du grand silence en fait une curiosité de l’environnement.

Les biologistes nous l’assurant, les vétérans de cette espèce sont nés au XVIIIe siècle, alors que Louis XV était roi de France ! Ce sont des animaux d’une grande longévité qui appartiennent à une espèce dont le milieu se situe entre mille et trois mille trois cents mètres de profondeur océanique. Ils s’épanouissent dans des eaux froides et dans des secteurs où se dégagent du plancher maritime de l’hydrogène sulfuré, du méthane et d’autres fluides très riches en hydrocarbone. Grâce à des bactéries, ces vers si particuliers se nourrissent goulûment de ces substances.

DATATION MÉTHODOLOGIQUE

Comment les scientifiques sont-ils certains de l’incroyable longévité de ces rampants des grandes profondeurs ? Pour certaines espèces qui partagent leur vie dans le périmètre immédiat de l’homme, la chose est plus simple et l’exemple régulièrement cité. Celui de Tui Malila, une tortue dorée de Madagascar offerte en cadeau par l’explorateur anglais James Cook à la famille royale des îles Tonga en 1773 ou 1777 et morte en 1965 à l’âge d’au moins 188 ans. Pour les autres, on fait des estimations à partir de modèles scientifiques sur une base comparable à celle servant à dater les arbres : les cernes de croissance. Pour être sûr de soi alors qu’on s’intéresse aux populations des abysses, il faut des outils très élaborés. Concernant ces bestioles marines, les experts ont mobilisé d’importants moyens océanographiques.

Deux navires de recherche, leRonald H. Brown de l’administration américaine de l’océan et de l’atmosphère et le R/V Atlantis de l’institution océanographique Woods Hole ont été nécessaires. Ce deuxième bâtiment a l’avantage d’armer un petit sous-marin capable d’emporter trois passagers et descendant jusqu’à six mille mètres. Avec un pilote expérimenté, deux scientifiques sont en capacité de s’approcher du milieu où vivent les vers de leurs travaux ! C’est ainsi que des publications de la plus haute importance ont été réussies en raison de la qualité des informations recueillies et de l’analyse qu’elles ont permises.

UN COLORANT BLEU

Les scientifiques ont repéré des colonies d’escarpia laminata en s’aidant d’un GPS puis ils ont utilisé un colorant bleu écologique pour les repérer. Si bien qu’un an plus tard, ils ont prélevé grâce à un appareil qu’ils ont breveté, des échantillons de vers sur les six positions qu’ils avaient retenues. Environ quatre cents petites bêtes ont été mesurées et ont donné des tailles de vingt à soixante-cinq centimètres. Les biologistes ont remarqué que la partie haute de chaque ver était plus claire et dépourvue de traces de colorants. Ils ont estimé que la croissance annuelle était de 2,4 mm.

Dès lors un escarpia liminata de soixante-cinq centimètres aurait 262 ans ! Et de considérer que certains ont bien 300 ans. Les chercheurs assurent que cette longévité réside dans le métabolisme très particulier de ce ver. C’est mieux que la moule perlière dont la durée de vie peut aller jusqu’à 250 ans mais moins que la praire d’Islande qui pourrait atteindre un demi-millénaire.

HERVÉ CHABAUD

Extraits de l' union du 03/08/2017

    

    

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L’extinction de masse des animaux atteint des records

Une nouvelle étude annonce une sixième extinction de masse à grande vitesse.  La précédente, celle des dinosaures, remonte à 66 millions d’années.


Un guépard dans le parc d’accueil dédié à ces mammifères, en Afrique du Sud, le Ann van Dyk Cheetah Centre. Environ 40% des mammifères de la planète survivent désormais sur 20%, voire moins, des territoires sur lesquels ils vivaient autrefois. AFP

 Rhinocéros, gorilles, mais aussi des lions autrefois en sécurité… L’extinction de masse des animaux s’accélère et il ne reste sans doute plus que 20 ou 30 ans pour juguler cet « anéantissement biologique » qui met en danger « les fondements de la civilisation humaine », alerte une nouvelle étude.

Plus de 30 % des espèces de vertébrés sont en déclin, à la fois en termes de population et de répartition géographique, indique cette étude parue dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS).

« Il s’agit d’un anéantissement biologique qui survient au niveau global, même si les espèces auxquelles appartiennent ces populations existent toujours quelque part sur Terre », affirme l’un des auteurs de l’étude, Rodolfo Dirzo, professeur de biologie à l’Université de Stanford.

« La sixième extinction de masse est déjà là, et la fenêtre de tir pour agir efficacement est très étroite, sans doute deux ou trois décennies au maximum », écrivent-ils.

LA DERNIÈRE EXTINCTION REMONTE À 66MILLIONS D’ANNÉES

La Terre a connu jusqu’à présent cinq extinctions de masse, la dernière en date, celle des dinosaures, remontant à 66 millions d’années. Selon la plupart des scientifiques, une sixième est en cours. Pour les auteurs de cette nouvelle étude, elle est déjà « allée plus loin » qu’on ne le pensait jusqu’à présent, au vu d’études précédentes qui portaient exclusivement sur l’extinction des espèces et pas seulement sur la taille et la répartition des populations.

Les chercheurs de l’Université de Stanford et de l’Université nationale autonome de Mexico se sont intéressés aux populations d’animaux sauvages. Ils ont dressé une carte de la répartition géographique de 27.600 espèces d’oiseaux, amphibiens, mammifères et reptiles, un échantillon représentant près de la moitié des vertébrés terrestres connus. Ils ont analysé aussi les baisses de population dans un échantillon de 177 espèces de mammifères, pour lesquelles ils disposaient de données détaillées, sur une période allant de 1900 à 2015.

PLUS QUE 203000 LIONS

Sur ces 177 mammifères, tous ont perdu au moins 30% de leurs aires géographiques de répartition et plus de 40 % en ont perdu plus de 80 %.

Les mammifères d’Asie du Sud et du Sud-Est sont particulièrement touchés : toutes les espèces de gros mammifères analysées y ont perdu plus de 80 % de leur aire géographique. Environ 40 % des mammifères – dont des rhinocéros, des orangs-outans, des gorilles et de nombreux grands félins – survivent désormais sur 20%, voire moins, des territoires sur lesquels ils vivaient autrefois.

Le déclin des animaux sauvages est attribué principalement à la disparition de leur habitat, à la surconsommation des ressources, la pollution ou le développement d’espèces invasives et de maladies. Le changement climatique pourrait aussi y contribuer de plus en plus. Ce mouvement alarmant s’est récemment accéléré.

Un prélude à la disparition de nombreuses autres espèces et au déclin des écosystèmes qui rendent la civilisation possible
Gerardo Ceballos, auteur principal de l’étude

« Plusieurs espèces d’animaux qui étaient relativement en sécurité il y a dix ou vingt ans », comme les lions et les girafes, « sont désormais en danger ».

Le lion, par exemple, était présent sur la plus grande partie de l’Afrique, dans le sud de l’Europe et au Moyen-Orient, jusque dans le nord-ouest de l’Inde. « Il est désormais réduit à des populations éparpillées en Afrique subsaharienne, avec une population résiduelle dans la forêt de Gir » (ouest de l’Inde). « Une immense majorité des populations de lions a disparu », indiquent les auteurs.

Selon l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), il ne reste plus que 203000 lions dans le monde.

Ces pertes « massives » en termes de populations et d’espèces sont « un prélude à la disparition de nombreuses autres espèces et au déclin des écosystèmes qui rendent la civilisation possible », avertit l’auteur principal de l’étude, Gerardo Ceballos. Les chercheurs appellent à agir contre les causes du déclin de la vie sauvage, notamment la surpopulation et la surconsommation.

Extraits de l' union du 12/07/2017

    

    

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La fouine, animal nuisible … ou pas !

Les fouines marnaises ne connaissent pas leur bonheur : on n’a plus le droit de les chasser ni de les piéger depuis le 14 juin. Dans l’Aisne et les Ardennes, rien ne l’interdit.


La fouine fait partie de la famille des mustélidés, comme le blaireau, la belette, la loutre, le putois et le furet

1207 - Le nombre de fouines «  régulées » dans l’Aisne sur la saison 2015-2016, dont 856 par piégeage. Les 351 autres l’ont été par tir

Voilà une déclassification qui fait le bonheur des défenseurs des animaux. En date du 14 juin dernier, le Conseil d’État a retiré plusieurs espèces de la liste des « nuisibles ». Le mot est en réalité un raccourci parce que tous les animaux ont une utilité. La bonne expression est « animaux susceptibles d’occasionner des dégâts ». Sont, par exemple, sortis de cette nomenclature la belette, mais uniquement pour la Moselle, l’étourneau, mais juste pour la Haute-Vienne, et la fouine, mais rien que dans la Marne et en Savoie (semblable mesure pour la fouine avait cependant déjà été prise en 2014 pour la Dordogne, le Rhône, l’Isère, la Seine-Maritime et l’Eure-et-Loir). Autant dire que les fouines de l’Aisne et des Ardennes ont tout intérêt à traverser les frontières départementales pour sauver leur fourrure…

C’EST UNE ESPÈCE PRÉDATRICE

Du côté des chasseurs, cette décision est purement incompréhensible. Nicolas Voyard, directeur de la fédération de l’Aisne, assure que ce mustélidé, à l’apparence plutôt mignonne en dépit de sa mauvaise réputation, cause des dégâts dans les poulaillers et les cultures, attaque d’autres espèces sauvages (comme la perdrix grise) et peut potentiellement transmettre des maladies infectieuses. « C’est une espèce prédatrice qui peut provoquer d’importants dommages, c’est la raison pour laquelle un arrêté ministériel de 2015 autorise sa destruction, avec d’autres animaux, par piégeage ou par tir. » Pour preuve, L’union, dans son édition rémoise du 14 août2016, avait rapporté les mésaventures d’un habitant en zone urbaine qui avait perdu 14 poules et poulets en deux ans ! À bout de nerfs, il avait placé un piège dans son jardin, à proximité du poulailler. Une fouine (que nous avions pu photographier) avait fini par se faire prendre… Si la Marne et la Savoie font exception à la règle, c’est que des recours ont été déposés contre l’arrêté de 2015 par deux associations nationales, France nature environnement et Humanité et biodiversité. Et que le Conseil d’État leur a donné raison pour une quinzaine de cas. Mais pourquoi spécifiquement la fouine marnaise ? Pour un vice de procédure, ainsi que le suggère Emmanuel Maillart, directeur de la fédération de chasse de la Marne ? Toujours est-il que pour Claude Maireaux, président de Marne nature environnement, la raison vient du national et la décision est « tout à fait justifiée ». « Il existe des différences considérables d’un département à un autre quant à la nuisibilité des animaux. Il n’y a pratiquement plus d’élevages dans la Marne, les risques sont limités, ils sont essentiellement matériels » (particulièrement dans les combles des maisons où vont nicher les fouines). « En revanche, on comprend la situation générée par les sangliers classés nuisibles qui prolifèrent et qui, l’an dernier, ont accentué les dégâts sur les cultures dus aux intempéries. » De même, le défenseur de l’environnement évoque-t-il une « situation d’alerte depuis deux ou trois ans, toujours en cours, qui concerne un foyer de blaireaux dans le sud des Ardennes susceptibles de transmettre des maladies à d’autres animaux. » À son tour, Emmanuel Maillart s’insurge contre l’idée que la fouine causerait peu de dégâts.

C’EST LA CHASSE QUI EST VISÉE

Il demande même à toutes les personnes qui ont subi des dégâts à cause de cet animal de le faire savoir auprès de la fédération, afin de pouvoir renforcer les arguments contre la décision du Conseil d’État. Il craint que celle-ci ne soit qu’un début, que le renard ne soit plus, lui aussi, considéré comme nuisible au motif qu’il est un prédateur des campagnols dans les champs. « L’objectif, c’est la chasse. C’est elle qui est visée. » Il insiste sur le rôle « de régulation et de protection » que jouent les chasseurs. « Notre vocation est de gérer la faune sauvage, de favoriser les équilibres entre les espèces, pas d’exterminer ! »

La liste des nuisibles dans nos départements

Ceux qui dépendent d’un arrêté ministériel : bernache du Canada, chien viverrin, ragondin, rat musqué, raton laveur, vison d’Amérique.

Ceux qui dépendent d’un arrêté ministériel triennal établi pour chaque département : fouine (sauf la Marne), martre (sauf la Marne et les Ardennes), renard, corbeau freux, corneille noire, pie bavarde (sauf la Marne et pas sur la totalité du département des Ardennes), étourneau sansonnet (sauf les Ardennes).

Ceux qui dépendent d’un arrêté préfectoral : lapin de Garenne, sanglier, pigeon ramier.

Et si l’on connaît le nombre de fouines « régulées », c’est que les piégeurs et les chasseurs sont obligés de faire état de leurs prises.

J-M FRANÇOIS

Extraits de l' union du 02/07/2017

    

    

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Un chien-loup rôde dans la campagne

Une grosse bête a encore été vue près du village. Il s'agirait d'un chien-loup, et non d'un loup.


La bête aperçue à deux reprises près de Pomacle serait-elle un chien-loup semblable à celui-ci, de race Saarloos ? Archives

« J’en ai eu la chair de poule » Domiciliée à Witry-lès-Reims, Manon Haudidier n’oubliera pas de sitôt l’étrange rencontre vécue vendredi soir avec son mari sur une petite route de la campagne rémoise. « Il était 19 heures. Nous sortions de Pomacle en direction de Fresne-lès-Reims quand mon mari m’a dit « Regarde ! » Il y avait un animal au bord de la route, sur la droite. C’est moi qui conduisais. J’ai ralenti pour mieux observer. Ça nous a fait penser à un loup. Je me suis garée pour tenter de prendre une photo mais il est tout de suite parti dans le champ. Il y a des cultures assez hautes à cet endroit. Il a disparu dedans. »

« L’observation n’a duré qu’une poignée de secondes. « Nous n’avons pas eu le temps de l’observer en détail. Par contre, nous avons vu son regard, le regard très puissant d’un prédateur. J’en ai eu la chair de poule, à tel point que j’ai fermé la voiture à clé », indique la conductrice. « Ce regard semblait dire : «J’ai faim, j’ai envie de manger»  », ajoute son mari, Cyprien Haudidier.

Est-ce le même animal qu’un automobiliste a pu photographier le 18 mai dernier, vers 18 h 30, entre Witry-lès-Reims et Pomacle ? Évoquant un loup, la bête se déplaçait dans les champs, le long de la voie ferrée. Le témoin l’a perdue de vue alors qu’elle s’éloignait en direction de Pomacle.

Un gros chien en fugue ?

Ces témoignages s’ajoutent à celui d’un routier qui a vu, non pas une mais deux bêtes à l’allure de loup, le 11 mai entre Thillois et Ormes, au niveau du péage autoroutier. Alors, loup ou pas loup ? Les spécialistes mettent en garde contre une possible confusion avec des chiens issus de croisement. Concernant la bête de Pomacle, certaines informations laissent justement à penser qu’il s’agirait en fait d’un chien-loup en fugue, de race Saarloos (croisement loup sibérien – berger allemand), mais cette piste n’a pas pu nous être confirmée ce samedi par l’Office national de la chasse et de la faune sauvage, injoignable en ce week-end de l’Ascension. À condition de ne pas leur chercher d’ennuis (mais qui en aurait envie ?), les Saarloos sont décrits craintifs, sans danger pour l’homme.

Trois questions que vous vous posez sur la présence du loup dans la Marne

Un loup dans la région de Reims, c’est pourtant possible. Selon les données de l’ONCFS (L’union du 7 décembre 2016), deux cas de « présence occasionnelle » sont attestés – vieux de deux ans – avec une remière « observation visuelle » le 5 mars 2015 à Saint-Gilles, près de Fismes, la seconde à Thillois mi-avril 2015. D’après l’Observatoire du loup, association de bénévoles, trois loups seraient même arrivés simultanément dans la Marne en 2013-2014. L‘un d’eux serait celui abattu à Coole en janvier 2014, les deux autres se seraient déplacés vers le nord du département. Entre tous ces chiens, loups, chiens-loups, difficile d’y retrouver ses petits.

F.C

Extraits de l' union du 28/05/2017

    

    

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« Le loup devrait continuer vers les Ardennes »

Anne Frézard, directrice du parc Argonne découverte, près de Vouziers, explique que des loups sont déjà dans la Marne.


Loup ? Chien ? Il est très compliqué de savoir â quel animal on a affaire

Le loup est dans les yeux et dans les têtes des Marnais. Le jeudi 11 mai, un chauffeur routier apercevait un animal errant à l'allure du prédateur au niveau du péage à la sortie de Reims, entre Thillois et Ormes; sa belle-mère avait assuré la même chose, deux mois auparavant, cette fois entre Jonchery et Fismes. Un troisième témoignage évoquait une rencontre similaire mais plus ancienne, aux abords de Thillois également. Jeudi, c'est au tour d'un habitant du village de Pomacle d'apercevoir l'animal à travers les champs. Vrai loup ? Faux chien ? Pour clarifier les esprits au sujet de cette bête à la mythologie terrifiante, nous avons posé trois questions Anne Frézard, directrice du parc Argonne découverte près de Vouziers.

Comment différencier un chien d'un loup ?

C'est quelque chose de quasi-impossible même pour un spécialiste. Les nouvelles races de chiens ressemblant de plus en plus au loup comme le chien-loup tchèque rendent la chose de plus en plus difficile. De loin, à l'œil nu, il est facile de confondre les deux animaux. Certains indices peuvent aider ou du moins, donner des pistes. Le moment de la journée, la façon de se déplacer, le lieu de l'observation sont des indications déterminantes sachant que le loup est un animal très méfiant qui préfère se déplacer de nuit en milieu couvert.

Une rencontre avec l'homme peut-elle être dangereuse ?

Une rencontre peut être conflictuelle mais pas dangereuse, donc pas de panique. Il faut se souvenir que le loup est chassé en France depuis Charlemagne et qu'il a complètement disparu de notre territoire dans les années 1930. Il a appris à craindre l'homme et une rencontre avec un loup d'Europe est un fait d'une rareté extrême. Il nous perçoit, il nous sent, il nous entend et partira pour éviter le face-à-face. Il y a plus de risque de se faire attaquer par le chien du voisin que par un loup dans les bois.

Le loup est-II implanté dans la région ?

L'animal s'installe peu à peu dans la Marne, Il est déjà présent en Lorraine et devrait continuer vers les Ardennes et la région parisienne.

Guillaume OBLET

Extraits de l' union du 21/05/2017

    

    

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 Un loup aperçu à l’entrée de Pomacle ce jeudi soir

Un habitant de Pomacle a aperçu, ce jeudi, entre 18 h 30 et 19 heures, un animal ressemblant fort à un loup.

Un animal ressemblant fort à un loup a été aperçu, ce jeudi en fin de journée, aux abords de Pomacle. Cet habitant du village l’a d’abord vu, vers 18 h 30, dans les champs le long de la voie ferrée entre Witry-les-Reims et Pomacle. Quelques minutes plus tard, le canidé se dirigeait paisiblement vers Pomacle, à travers champs, se trouvant très près de l’entrée de la commune.

Rappelons que jeudi 11 mai, un chauffeur routier a, lui aussi, aperçu un animal errant à l’allure de loup au niveau du péage à la sortie de Reims, entre Thillois et Ormes ; sa belle-mère avait assuré la même chose, deux mois auparavant, cette fois entre Jonchery et Fismes. Un troisième témoignage évoquait une rencontre similaire mais plus ancienne, aux abords de Thillois également.

Interrogé dimanche par L’union, Olivier Hennegrave, spécialiste local du loup, émettait un sérieux doute quant à la présence de loups en plaine, notamment parce qu’aucune attaque de gibier ou de troupeau n’avait été remarquée. Il rappelle que les loups ont besoin d’un espace boisé pour vivre. Attention, aussi, à ne pas confondre loup authentique et chien-loup tchèque ou de race saarloos.

 Anne Despagne 

Extraits de l' union du 19/05/2017

    

    

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  Des loups aperçus aux portes de Reims

Ce chauffeur routier, qui est aussi chasseur, est formel : ce sont deux loups qu’il a vus à hauteur de Thillois.

Damien M., chauffeur routier domicilié à Reims, est formel : « ce sont deux loups qu’il a aperçus jeudi dernier 11 mai, vers six heures et demie du matin, à hauteur du péage autoroutier de l’A4 de la sortie de Reims, entre les villages de Thillois et Ormes. « J’en suis sûr à 95 % ! » affirme-t-il, ajoutant qu’il est chasseur, ce qui lui donne une certaine connaissance du monde animal.

Lui n’a pas pu s’arrêter, mais a signalé la présence des animaux à un collègue qui est passé un quart d’heure après au même endroit, et qui lui n’a rien vu : les animaux avaient disparu.


Damien M. situe précisément le lieu où se trouvaient les loups : à hauteur du péage de l’A4, entre Thillois et Ormes

Extraits de l'union du 14/05/2017

    

    

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N’ayez pas peur du loup !

L’observateur du loup l’affirme, le canidé est établi dans nos départements. Il fuit l’homme, mais il s’en prend aux moutons.


Les estimations sur la présence du loup dans l’Hexagone varient entre 300 et 700 individus

Le loup est là, et alors ...

« Pas de panique, ce n'est pas dangereux pour l'homme, qui peut toujours aller aux champignons. » Anne Frezard, directrice du parc Argonne découverte près de Vouziers (Ardennes), rassure d'emblée. Le loup, elle connaît pour en avoir fait son sujet de doctorat. Car oui, le loup est aux portes de Paris ! Forcément, lorsque cela concerne la capitale, la nouvelle fait frémir les 20 heures télévisés. Sauf qu'en province, dont nos départements, le loup serait déjà là ... Du moins, selon l'Observatoire du loup, association indépendante, information que conteste quelque peu l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), s'emberlificotant dans ses explications (lire ci-dessous). Chacun met en avant ses méthodes pour vérifier les témoignages qui remontent du terrain car beaucoup sont erronés. « Le loup fuit l'homme par nature », explique un spécialiste, ce sont donc souvent des « chien-loup » qui sont observés. Un fait déclenche l'unanimité, le loup étend sa présence en France. Parti du sud-est, venant d'Italie, il remonte vers le nord-est (présence officielle en avril 2011 dans le Grand Est) et se dirige vers l'ouest désormais. D'ailleurs, l'observation d'un loup à Saint-Gilles (près de Fismes dans la Marne) est la plus occidentale au nord de Lyon en France.

292 en France, le nombre de loups présents en France selon l'ONCFS en mars 2016. L'Observatoire du loup avance le chiffre de « 400 à 450 », la Fédération nationale des chasseurs l'estime « plutôt à 700 ».

L'ABATTAGE TIENT DU CERCLE INFERNAL

Alors que change cette présence ? Pour le commun des mortels, même si l'État entretient la psychose via sa chape de plomb sur le sujet, on ne craint rien, répondent nos interlocuteurs. Après, il faut combattre l'imaginaire car « le loup c'est le diable qui mange le chaperon rouge », résume Anne Frezard, sans parler de la bête du Gévaudan. Un requin terrestre ? « C'est pire que pour le requin, car contrairement à lui, le loup n'attaque pas l'homme », relève-t-elle.

Alors, oui cela embête un peu les chasseurs, car un loup disperse le gibier. « Il n'a pas de prédateur naturel chez nous et nous allons retourner au Moyen Âge », décrit Hubert Moquet, président de la Fédération de chasse de l'Aisne. La présence du loup perturbe donc surtout les éleveurs. C'est ce qui avive les tensions avec ces images de moutons et de brebis déchiquetés.  « Loup et agriculture ne font pas bon ménage », peste Thierry Huet, président de la FDSEA des Ardennes. « Lorsqu'une meute dépasse les huit ou dix membres, des loups doivent la quitter et trouver une nouvelle aire de chasse de 80 km de diamètre », explique un chasseur. Alors, il ne fait pas le difficile sur son alimentation. Et comme les éleveurs ovins ne sont pas ou peu équipés de moyen  de défense (filets de protection, chiens spécialisés …  ), Thierry Huet en est réduit à lancer à ses adhérents :  « Faites ce que vous pouvez pour ne plus avoir de loups. »

Pour le moment, les éleveurs victimes du loup sont indemnisés par l'État qui décide aussi des « prélèvements », 36 par an. Mais l'abattage tient du cercle infernal. « Il accélère la dispersion et agrandit naturellement la taille des portées », assure Jean-Luc Valérie, le responsable de l'Observatoire du loup qui essaye « d'expliquer l'absurdité du système ». Le loup et sa légende n'ont pas fini de générer le débat …

CHIEN OU LOUP ?

 Entre le loup (d'Italie ou d'Europe centrale, les deux races en France) d'une part, le chien de Saarloos (croisement loup sibérien et berger allemand) et le chien-loup Tchèque {croisement loup des Carpates et berger allemand) d'autre part, vous pouvez crier à tort « au loup ». Anne Frezard, docteur en comportement animal, tente de les différencier.

• Queue : le chien peut se déplace la queue dressée, pas le loup.

• Train arrière : chez le chien il s'affaisse, chez le loup, le train arrière est normalement au même niveau que le train avant.

• Oreille : le bout est arrondi chez le loup mais après croisements avec des huskies, elle le devient chez les chiens.

• Allure : le loup, plus athlétique, peut trotter à grande vitesse alors que le chien sera déjà au galop.

L'ÉTAT ENTRETIENT LE FLOU


Longtemps annoncée aux portes de nos départements, la présence désormais confirmée du loup ne doit pas déclencher de psychose. Ses proies ne sont pas humaines !

La carte que nous avons réalisée se base sur deux sources. L'une est l'Observatoire du loup, association de bénévoles depuis 2007, l'autre est l'ONCFS, organisme dépendant de l'Etat qui publie une carte sur son site. « Les seules infos fiables sur le loup, c'est notre carte », indique ainsi Catherine Lhote, déléguée pour le Grand Est de l'ONCFS. « Il n'y a pas eu de signalement et d'observation de loup dans la Marne et les Ardennes ». Sauf que la fameuse carte fait état de la présence « occasionnelle » du loup dans trois communes de la Mame. « Les informations de la carte sont erronées », nous prévient alors notre interlocutrice de l'ONCFS. Avant de nous envoyer un mail détaillant la présence du loup dans les trois communes marnaises indiquées sur la carte : à Coole, entre Vitry·le-François et Vatry, (animal retrouvé abattu le 31 janvier 2014, dont l'analyse a prouvé que c'était bien un loup), à Saint-Gilles, près de Fismes (observation-visuelle le 5 mars 2015 « retenue », avec des éléments qui 1e peuvent permettre d'exclure le loup, à Thillois (observation visuelle mi-avril 2015 « retenue » ainsi qu'à  La Neuville-aux-Ponts, commune de Haute·Marne proche de Saint·Dizier et limitrophe de la Marne, (en 2014, prélèvement d'urine « non retenu » et empreintes « retenues ». Jean-Luc Valérie, l'animateur de l'Observatoire du loup, se montre encore plus précis. « Trois loups sont arrivés en même temps dans la Mame selon des relevés de pistes. L'un a été tué à Coole en 2014, les deux autres se sont déplacés, une reproduction dans le secteur de Reims étant relevée la même année ». Un spécialiste des animaux sauvages s'esclaffe : « Il est normal que l'on ne trouve pas de loups dans la Marne, il n'y a pas de réseau de surveillance. » Pour les Ardennes, « le loup d'Europe centrale est présent en Moselle via la Belgique », affirme Jean-Luc Valérie, qui indique aussi « des présences au sud de Charleville et autour de Rethel ». Pour l’Aisne, il est moins affirmatif, même si des histoires circulent entre chasseurs.

« Quand c'est flou, c'est qu'il y a un loup ! » Martine Aubry ne croyait pas si bien dire ... En dehors du loup de Coole en 2014, le grand public n'avait pas entendu parler de ces faits. Normal, les gendarmes demandent aux maires ce ne pas médiatiser la chose et certains élus réfutent totalement les faits. Sauf que l'ONCFS, donc l'Etat, finit par les confesser …

Frédéric GOUIS

Extraits de l' union du 12/11/2016

    

    

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Les confidences de l'embryon d'un casoar géant

Les fossiles sont une mine d'informations sur l'évolution des espèces et renseignent les paléontologues sur la vie révolue d'animaux à la taille


Des oiseaux géants pouvant peser jusqu'à trois tonnes.

La mise au jour des fossiles et le travail des paléontologues passionnent parce. que la curiosité sur l'histoire heurtée des espèces et l'évolution des formes de vie nous interrogé sur nos propres origines. Baby Louie, cet embryon fossile de dinosaure découvert en Chine il y a maintenant plus de vingt ans, réveille le questionnement de l'homme en raison des conclusions insoupçonnées de la recherche scientifique, Des paléontologues ont annoncé qu'il s'agissait d'une nouvelle espèce géante d'oviraptorosaure, un animal proche des oiseaux mais inapte au vol.

D'après les calculs opérés et la démonstration argumentée des experts, une fois adulte, ce dinosaure, aux allures de casoar géant, aurait fait jusqu'à huit mètres de haut pour un poids de trois tonnes ! Ce sont les conclusions formulées par la paléontologue canadienne Daria Zelenitsky qui enseigne à l'Université de Calgary. Cet animal impressionnant confectionnait des nids de deux à trois mètres de diamètre. On apprend que Baby Louie vivait il y a environ 90 millions d'années, au Crétacé, dans ce qui est l'actuelle province du Henan, dans le centre-est de la Chine. D'après l'étude parue dans Nature Communications, la nouvelle espèce appartient à la famille des caenagnat hidae.

UN BEC ROBUSTE

Cet oiseau, condamné à être terrien, était doté d'un bec robuste dépourvu de dents et coiffé d'une crête. Des études antérieures ont démontré que ces oviraptorosaures étaient pour la plupart couverts de plumes. L'embryon Baby mesurait soixante centimètres de long pour un poids de quatre kilos. Son squelette se trouve au-dessus d'un groupe de six à huit œufs qui mesurent plus de quarante centimètres. « Ils comptent parmi les plus grands œufs de dinosaures connus », insiste Daria Zelenitsky. Le nid contenait sans doute plus de deux douzaines d'œufs. « Cela devait être un sacré spectacle de voir un animal de trois tonnes comme cela assis sur ses œuf », commente l'universitaire. Et d'ajouter: « Pendant des années, cela a été un grand mystère de savoir quelle espèce de dinosaure pondait ce type d'œufs énormes. » Grâce à l'étude de Baby Louie, les paléontologues ont la réponse.

LES TRIBULATIONS DU FOSSILE

L'histoire récente du fossile a été plus qu'agitée. En 1993, un fermier découvre ce qui s'avérera être une partie d'un grand nid de dinosaures avec des œufs et des os fossiles. Tandis qu'il n'a pas encore fait l'objet d'une préparation pour une exploitation scientifique, le bloc sort illégalement de Chine et est acheté par un préparateur et marchand de fossiles américain du Colorado, Charlie Magovern. Ce passionné comprend alors l'intérêt de son acquisition et s'adresse à des paléontologues.

Darla Zelenitslcy et Philip Curie de l'université d'Alberta, coauteurs de l'étude, découvrent le fossile en 1995. Il devient célèbre en 1996 par une publication dans National Geographic où Charlie Magovern surnomme le fossile « Baby Louie », du prénom du photographe qui a illustré l'article. Acheté en 2001 par le Children's Museum d'Indianapolis, le fossile y est exposé pendant douze ans avant d'être restitué à la Chine en 2013. « Tant que le fossile n'avait pas été rapatrié en Chine, il n'était pas possible de le décrire dans une publication scientifique et de nommer la nouvelle espèce, explique le professeur Philip Curie. Les paléontologues chinois ont donné au fossile le nom de Beibeilong sinensis «bébé dragon »

Hervé CIIABAUB

Extraits de l' union du 17/05/2017

    

    

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Les castors se plaisent en bord de Meuse


Cette taille en biseau est caractéristique Iles castors. Plusieurs arbres à Saint-Menges, près de Sedan, en font fait les frais.

On vous parlait du loup dans notre édition du 11 décembre qui s'est établi de façon durable dans la Marne et dans la Meuse, avec parfois quelques incursions dans les Ardennes, Mais il y a un autre animal sauvage qui semble bien se plaire dans nos contrées ... le castor. S'il est déjà bien établi autour de Charleville-Mézières, il semble descendre de plus en plus la Meuse vers le Sedanais. Dernièrement, on l'a aperçu à Saint-Menges. « J'étais en train d'inspecter mon terrain quand j'ai vu des arbustes taillés et un arbre couché au sol, se souvient Jacky Scara dirigeant du club de football (photo). Au début, je pensais que c'était des gens qui étaient venus couper un peu de bois de chauffage. » Mais en discutant avec le maire, il apprend qu'une famille de castors s'est installée non loin de là, dans la boucle formée avec Iges. Il a fini par les apercevoir un soir. « C'est la première fois que je les vois ici. C'est incroyable comment ils vont vite pour grignoter un arbre. »

Ça, Charleville-Mézières en sait quelque chose. En début d'année, un barrage de castors près d'un point de captage d'eau potable à Aubigny-les-Pothées faisait craindre une pollution de la source aux autorités. Et, en 2013 déjà, la ville avait dû mettre en place un « plan castor » pour lutter contre ces rongeurs protégés. Autour de Sedan, pour le moment, pas de tel scénario en vue. « C'est vrai qu'il y en a tout au long de la Meuse désormais, réagit le maire de Saint-Menges, Roger Watelet, mais ce n'est pas très gênant. D'autant plus que nous ne sommes pas sur une voie navigable. » Par mesure de précaution, il a prévenu Voies navigables de France et les fédérations de pêcheurs. Le castor a été réintroduit par des Belges du côté de Vieux-Moulins de Thilay, il y a une petite vingtaine d'années. Visiblement. il a pris ses aises.

Maxime MASCOU et Michel SIMON

Extraits de l' union du 13/12/2016

    

    

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A l’affût des grues du nord au sud

Francis Hengy, réalisateur bernois, retrace tout le parcours de migration des grues cendrées.


Francis Hengy, le réalisateur bernois présente son documentaire baptisé Migration au rythme des saisons. Avec son épouse, il a suivi les grues cendrées du nord au sud

À SAVOIR

•.- Le DVD est disponible depuis-le jeudi 20 octobre, Il peut s'acheter aujourd'hui lors du festival international de la photo animalière de Montier·en·Der, ou au Village musée du Der de Sainte-Marle-du-lac.

•.- Le réalisateur présentera son film ce dimanche, à 16 heures, au pôle socioculturel, à l'occasion du festival de Montier. Il sera également présent demain, à 16 heures, au Village musée du Der.

•.- Le tarif du DVD est fixé à 15 euros. Rens. : migration.grue@gmail.com

Postés sur la digue du lac du Der, les amoureux de nature consacrent de longues heures a observer le comportement des grues cendrées, marquant, par milliers, une bien heureuse étape sur leur parcours de migration. Certains passionnés écoutent les explications des guides ornithologiques ou des spécialistes de la Ligue pour la protection des oiseaux, d'autres plus contemplatifs, se contentent' de fabuleux spectacle offert par le très bavard volatile.  « Nous étions abasourdis d'entendre le cri de ces oiseaux. Ça nous prenait au ventre » confient Francis Hengy et son épouse, originaires du Jura suisse de retour au bord de la large étendue d'eau dont ils font un point de passage obligé chaque fois que se termine l'un de leurs voyages.

Leur aventure avec le nomade ailé, familier de nos contrées, date de 2009. Le couple de retraités, imbu de nature, souhaitait simplement prendre quelques bonnes photos du site. Il s'est laissé envoûter par le grand échassier, se mettant immédiatement en quête de ce qu'il faut en savoir, jusqu'à réaliser un documentaire extrêmement didactique sur le sujet, conçu comme s'il devait s'adresser à ses enfants et petits-enfants. « On a voulu faire partager notre enthousiasme. » Leur travail maîtrisé s'élabore étape par étape, parfois à l'aide de cartes géographiques. On y voit le début de la migration, en automne, enrichi d'apports pédagogiques sur l'anatomie de l'animal, son régime alimentaire ; on y voit les parades nuptiales au printemps, le vol en escouade ... « Nous avons passé quatre ans sur les routes pour faire ces images, du Cap Nord aux latitudes les plus au sud du trajet migratoire, expliquent-t-ils. En bout de course, nous avons fait valider notre film par des spécialistes du sujet. »

Francis Hengy a adapté l'aménagement intérieur d'un camping-car pour se lancer sur des routes exigeantes, aux accès difficiles par endroits, notamment à l'approche des lieux de nidification, dans des conditions météorologiques parfois extrêmes. « Dans le Grand Nord, les conditions de tournage sont très rudes. Saisir une scène d'accouplement demande des jours de patiente observation, sous des températures pouvant descendre jusqu'à -20°C De même pour ce qui concerne les images des prédateurs, ours, loup, ou encore glouton, mammifère peu connu, et pourtant plus féroce que l'ours. La prise de vue en milieu naturel se révèle périlleuse, mais jamais nous n'avons pris le risque de déranger les oiseaux. »

UNE PRÉCISION MÉCANIOUE.

Les grues cendrées captivent un nombreux public et véhiculent des légendes dans les territoires qu'elles fréquentent ou traversent. Francis Hengy poursuit : « On a découvert un village dénommé Grues. En Afrique, des danses s'inspirent de leur vol » Du résultat obtenu, fouillé, précis, émane une grande beauté. Le cinéaste improvisé montre un talent qui doit beaucoup à la minutie héritée de son ancien métier exercé dans le domaine de la mécanique.

Mathilde ESCAMILLA

Extraits de l' union du 22/10/2016

    

    

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Massacrés pour « l'ivoire rouge » 

Bel oiseau à la tête étrange des forêts tropicales d'Asie du Sud-Est, le calao à casque tond est chassé pour son « ivoire rouge », revendu à prix d'or au marché noir

« L'ivoire rouge » caché dans le casque du calao est plus mou que ivoire des éléphants, donc plus simple à sculpter et très recherché. AFP

Depuis quelques années, les gardes forestiers indonésiens, de la forêt de Bornéo le constatent: les calaos à casque rond se font rares et l'espèce est même sur le point de disparaître, chassée par les braconniers pour son «ivoire rouge », revendu à prix d'or au marché noir. Cet oiseau, qui vit dans les forêts tropicales d'Asie du Sud-Est, est important pour la biodiversité et la culture locale.

Dans la seule région de Kalimantan Ouest jusqu'à 500 calaos ont été abattus chaque mois depuis 2013,
soit 6.000 par an

Mais « l'ivoire rouge » caché dans son casque de kératine est devenue •.• une matière à la mode en Chine, revendu cinq fofs plus cher que des dé- fenses d'éléphants, en toute illégalité : il est recherché pour en faire des sculptures miniatures, des bijoux et ,... des ornements décoratifs. « La demande pour ces objets de luxe explose littéralement », explique Chris Shepherd, un responsable de l'ONG de surveillance du commerce de la faune et de la flore TRAFFlC,à Kalimantan, dans l'ouest de la partie indonésienne de l'île de Bornéo. les braconniers ne s'int€ressent pas au plumage brillant ou au long bec de l'oiseau, seul le casque compte. Au marché noir, sa valeur atteint jusqu'à t 000 dollars (900 euros), indiquent des experts, selon qui l'oiseau peut valoir plus que son poids en or conséquence de la demande frénétique de ces produits: dans la seule région de Kalimantan Ouest, jusqu'à 500 calaos ont été abattus chaque mois depuis 2013, soit 6000 par an, selon certaines estimations. c l'ivoire rouge» est apparu en 2011 sur des sites internet où s'approvisionnent des acheteurs chinois et sur de luxueux marchés de faune et de flore dans des pays frontaliers de la Chine,  tels la Birmanie et le Laos. Depuis, la chasse aux calaos s'est intensifiée, en particulier via des réseaux de trafiquants bien implantés à Kalimantan Ouest, dont la capitale Pontianak est dotée d'un aéroport international. L'abattage de l'espèce est « total et systématique », affirme Chris Shepherd. Désormais, l'unit@:ij'élite dé la police forestière indonésienne aperçoit rarement ces oiseaux. Au cours de leurs patrouilles, les policiers dé- couvrent en revanche des crânes de calaos dans des cachettes utilisées par les braconniers, ainsi que des restes d'oiseaux jetés en forêt le commerce de calaos à casque rond est pourtant interdit en Chine et dans les pays de son habitat naturel en Asie du Sud-est, Thaïlande, Birmanie, Malaisie, Brunei et Indonésie. Car outre son importance pour la culture locale, l'oiseau disperse les graines dans les forêts tropicales, contribuant ainsi à la croissance d'espèces florale.

 Extraits de l' union du 18/10/2016

    

    

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L’enfer vert menace l’Europe

Une invasion de perruches argentines, petits perroquets verts venus d'Amérique latine, menace Madrid et d'autres villes d'Espagne et d'Europe.


la perruche argentine a un régime alimentaire varié: jeunes pousses. herbe. fruits secs, dattes, fleurs, fruits. AFP

Au départ, c'était un oiseau de cage, arrivé d'Amérique du sud. Puis peut-être après une fugue ou après avoir été abandonnées par des propriétaires peu prévenants, ces perruches moines, petits perroquets au plumage vert pomme et à la gorge gris souris, ont goûté à la liberté et se sont installées dans la très arborée capitale espagnole. Ce fut le cas il y ci quelques années dans le quartier populaire des Carmenes, dans le sud de Madrid, selon Maria Moreno, une habitante.

 20 000 selon un recensement réalise par la Société espagnole d'ornithologie ISEO/Birdlifel. quelque 20000 spécimens de la perruche argentine ont elu domicile en Espagne

 Un « couple » a élu domicile dans le quartier il y a trois ou quatre ans » et maintenant on en compte des dizaines, qui se font la guerre, rivalisant aussi avec pigeons et moineaux, dit-elle. Leurs cris perçants sont « horribles », se plaint Maria Moreno.

Dans certains parcs de Madrid, mais aussi à Barcelone (nord-est de l'Espagne) ou Malaga (sud), de véritables colonies de ces oiseaux exotiques se sont installées. Les perroquets ont construit des nids qui peuvent peser jusqu'à 50 kilos, y compris sur des installations électriques, à l'aide de milliers de branches qu'ils arrachent des arbres, les laissant parfois nus. A la faveur des échanges intercontinentaux, beaucoup de ces perruches moines ont été exportées « vers d'autres régions du monde pour y être vendues comme des animaux de compagnie », avant l'interdiction de leur commercialisation, en 2011, explique José-Luis Postigo, chercheur à l'univ ersité de Malaga et spécialiste de cette espèce, sur laquelle il prépare une thèse de doctorat.

Le problème se pose aussi en Europe avec sa grande cousine la perruche à collier, venant d'Asie et d'Afrique, qui s'est notamment installée en région parisienne, à Rome ou à Londres et que l'on juge beaucoup plus agressive avec d'autres oiseaux.

La perruche moine est « très adaptable », poursuit José-Luis Postigo : elle peut vivre dans un pays chaud comme l'Espagne, mais aussi à Bruxelles ou encore à Chicago, dans le nord des États-Unis. Elle a un régime alimentaire varié : jeunes pousses, herbe, fruits secs, dattes, fleurs, fruits ... et adapte son nid aux intempéries, construisant des parois plus épaisses si le climat est froid. Pour lutter contre l'invasion, des mairies concernées en Espagne ont coupé les branches et détruit des nids, « mais cela n'a fait que déplacer les individus ailleurs », ajoure-r-il.

A Madrid, où quelque 5000 perruches sont recensées, la mairie prépare un plan d'attaque pour identifier les colonies et « agir de la manière la plus correcte » selon Blas Molina, qui n'aborde pas le sujet tabou de leur élimination. Pacma, le Parti animaliste contre la maltraitance animale, s'oppose aux méthodes de lutte « létales ». « Si elles (les perruches) sont dans la nature, c'est en raison d'une mauvaise gestion » de la part des hommes, déclare la porte-parole Silvia Barquero. « Les animaux n'ont pas à payer pour les erreurs humaines. »

Extraits de l' union du 14/10/2016

    

    

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Invasion de chenilles et de plantes dangereuses pour l'homme

Des espèces dangereuses pour l'environnement ou pour l'homme ont été repérées à Reims. L’organisme de défense contre les nuisibles donne l'alerte.


P
armi les solutions contre ces pyrales du buis, des pièges à papillons. Les grandes berces doivent, elles, être arrachées avec une combinaison complète. Bernard Sivade

C'est une belle plante, fleurie et plutôt grande, qui trône à la lisière des arbres. Son parfum anisé la rendrait presque sympathique, si elle n'était pas très dangereuse pour l'homme. Son nom : la grande berce. Elle mesure entre deux et quatre mètres et se propage très rapidement. Récemment, elle a élu domicile sur le parking du parc des expositions, près de la zone Farman. Et ce qui la rend dangereuse, c'est sa sève photo sensibilisante

 La longue tige de la grande gerce est parfois utilisée comme sarbacane par les enfant, ce qui les expose à de graves brûlure

En d'autres termes, elle rend la peau allergique à la lumière, ce qui peut occasionner de graves brûlures pouvant aller jusqu'au second degré. « C'est un véritable enjeu de santé publique car cette plante pourrait très bien pousser chez de particulier qui seraient tentés de la couper à la main », alerte Aurélie Meloni, représentante de la Fédération régionale de défense contre les organismes nuisibles (Fredon). La plante est également dangereuse pour les professionnels chargés de l'éradiquer, mais surtout pour les enfants. « Sa tige, d'un diamètre de 10cm, est creuse. Les petits s'en servent parfois comme sarbacane, ce qui est très dangereux », explique Alice Rodicq, éditrice du bulletin de santé des plantes produit par le Fredon. C'est d'ailleurs elle qui a découvert la présence de l'autre parasite qui envahit la cité des sacres cet été : la pyrale du buis. Cette chenille s'attaque uniquement à la plante dont elle porte le nom. Du haut de ses 5cm, elle prend ses quartiers sur les feuilles, avant de les ronger, très rapidement. Deux heures lui suffisent pour qu'il ne reste que la branche.

Pour l'instant, sa présence a été détectée en centre-ville, devant la cathédrale et au parc de Champagne où elle pourrait faire des ravages car le parc abrite des buis centenaires. D'autant plus que l'extermination de cette chenille rongeuse peut s'avérer ardue. « Même les oiseaux. qui sont les prédateurs naturels de ces nuisibles, n'en veulent pas. Leur apparence striée de noir ne les rend pas appétissantes à leurs yeux », ajoute Sophie Fontana, également animatrice du bulletin de santé du Fredon.

Complexes à exterminer

Parmi les seules solutions contre la pyrale, des pièges à papillons, qui limitent en amont la prolifération de leurs chenilles. Pour ces dernières, il faudra soit avoir recours à un traitement biologique ou effeuiller la plante infestée, avant de bruler les parties coupées.

« Heureusement, le niveau d’infestation est encore assez peu élevé. il faut simplement que les particuliers qui possèdent des buis vérifient la présence de ces pyrales afin qu'ils ne soient pas entièrement rongés », conseille Sophie Fontana, qui assure avoir prévenu la Ville de la présence de ces parasites dans l'agglomération rémoise. Une invasion encore limitée dont les conséquences seront minimes si l'on applique les bons réflexes.

Surveiller la santé des plantes

C'est le Fredon Champagne-Ardenne qui a donné l'alerte sur la prolifération de ces nuisibles. Cet organisme est un syndicat professionnel agricole qui surveille l'état sanitaire des végétaux. Il effectue des missions de surveillance, de prévention et de lutte contre les nuisibles aux végétaux. Il en existe un pour chacune des anciennes régions. Ce syndicat est mandaté par l'État pour le contrôle des végétaux circulant en Europe. Il publie également un bulletin de santé des plantes de la region, diffusé a ses adhérents. En cas de doute sur la présence de berce ou de pyrale du buis dans votre jardin, vous pouvez les contacter sur le site www.fredonca.com ou ao 03 26 77 36 64.

Alexandre HÉBERT

Extraits de l' union du 29/08/2016

    

    

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Prenez garde aux rencontres mordantes

Parmi les divers dangers auxquels peuvent être confrontés les randonneurs et amateurs de grand air, les serpents venimeux nécessitent de redoubler de vigilance.


Si vous croisez la route d'un serpent lors de vos balades, passez votre chemin sans le déranger. Thlnkstock

À SAVOIR

Un randonneur se doit d'être responsable et prudent. Petit florilège des attitudes les plus dangereuses à ne surtout pas adopter !

•.- Comme à la plage : short et tongs, voilà une tenue qui convient pour le sable chaud mais certainement pas pour partir en balade en pleine cambrousse. Optez à l'inverse pour des chaussures fermées et montantes et un pantalon.

•.- à l’aveuglette : dans la nature, on ne doit jamais s'asseoir n’importe où, ni envoyer les mains dans les fourrés ou retourner des pierres sans précaution.

•.-  un survivor en puissance : oubliez les films d'aventure et ne tentez surtout pas d'aspirer le venin d'une morsure de serpent, de faire un garrot ou d’inciser la plaie.

Qu'il est agréable d'enfiler ses chaussures de marche et de partir à l'aventure sur des sentiers inconnus ! Mais que ce soit dans l'Hexagone ou à l'étranger, il ne faut jamais oublier que tout un petit peuple est tapi dans les broussailles, dont des serpents venimeux.

À chique virée, ses dangers

Ces reptiles ont une tendance naturelle à fuir au moindre bruit de passage. Pour autant, si vous croisez leur route et qu'ils se sentent menacés, leur instinct les poussera à attaquer. Ce peut être le cas en vous allongeant dans l'herbe pour prendre une photo, en vous asseyant pour un piquenique, en mettant par mégarde la main près d'un nid en cueillant des baies ou tout simplement en marchant sur un sentier ensoleillé. En France, il n'est pas si fréquent. de tomber sur un serpent au détour d'un chemin. Toutefois, les morsures de couleuvres et de vipères peuvent être réellement dangereuses, voire mortelles.

Randonner malin

Il est tout d'abord essentiel de porter de véritables chaussures de marche qui montent au-dessus de la cheville. De même, malgré la chaleur estivale, un pantalon est toujours préférable à un simple short. Très utile, le bâton de marche accompagnera votre effort tout en vous servant à fourrager dans les herbes sans y plonger les mains.

Il s'agit ensuite d'annoncer votre arrivée pour permettre aux serpents de déguerpir. Pour ce faire, n'hésitez pas à avoir le pied lourd et à taper le sol lorsque vous passez dans des broussailles.

Les bons réflexes

 Les crocs d'un serpent venimeux laissent deux points enflés dans la peau. Des douleurs au niveau de la morsure, ainsi que divers symptômes digestifs (nausées, vomissements, maux de ventre ...), respiratoires et cardiovasculaires (malaise, chute de tension ...) peuvent aussi apparaître.

Dans une telle hypothèse, il faut évidemment appeler au plus vite les secours et rester calme en les attendant. Désinfectez si possible la plaie avec un antiseptique et limitez-vous au paracétamol pour atténuer la douleur. Enfin, immobilisez le membre lésé et allongez-vous sur le côté, la tête légèrement plus bas que le corps pour retarder la diffusion du venin.

À noter : si vous avez vu le serpent, essayez de mémoriser son aspect pour en avertir les secours mais ne cherchez surtout pas à l'attraper ou à le tuer car ces reptiles sont tous protégés en France.

 Extraits de l' union du 04/08/2016

    

    

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Victimes des sacs plastiques

Les tortues, dauphins ou oiseaux d'outre-mer sont les premières victimes des sacs' plastique jetables, dont l'interdiction est entrée en vigueur vendredi.


Plusieurs siècles seraient nécessaires avant qu'un sac plastique ne se décompose dans la nature_ Archives AFP

Miri, une petite tortue imbriquée (dite aussi tortue à , écailles) de 10 kg a failli mourir en avalant un sac plastique., À La Réunion, cette tortue connue de tous les apnéistes a été remise à la mer mardi dernier, après plusieurs mois de soins, après avoir avalé un sachet dérivant dans l'eau, qu'elle avait confondu avec une méduse, comme beaucoup de ses congénères avant elle. La matière provoque d'es occlusions intestinales et l'animal finit souvent par mourir de faim après des semaines de souffrance : « Presque toutes les tortues qui arrivent ont du plastique dans l'estomac », selon Stéphane Ciccione, directeur du centre de soins Kêlonia, heureux de l'interdiction mais lucide. « Les gens sont responsabilisés, mais ce n'est que la partie émergée de l'iceberg. »

En petits morceaux, le sac plastique reste indigeste. Il se retrouve en microparticules dans l’estomac des tortues ou poissons

Même constat pour Emilie bumont-Dayot, de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage de, Martinique. Si l'interdiction des sacs jetables permet « de régler le problème des déchets plastique à la source", elle rappelle que les tortues avalent toutes sortes d'autres déchets, comme celle qui avait ingéré une pelote de fil en nylon utilisée par les pêcheurs.

« Bannir le plastique des océans »

 Même en petits morceaux, le sac plastique reste indigeste. Il se retrouve en microparticules dans l'estomac des tortues ou poissons, souligne Mariane Aimar, responsable pédagogique de l'École de la mer, en Guadeloupe. Pour elle, il faudrait une concertation régionale dans toute la caraïbe, pour en finir avec les sacs. « Si tout le monde arrête vraiment, on peut s'attendre à des effets dès l'année prochaine.»

En Polynésie et Nouvelle-Calédonie, où l'environnement est une compétence locale et non nationale, l'interdiction des sacs plastiques n'est pas applicable, mais les autorités y réfléchissent.

«  Les sacs ont un impact important sur la faune marine. Il faut trouver une alternative », insiste Matthieu Petit, biologiste responsable de la clinique des tortues de Moorea, en Polynésie. « Il faut qu'on bannisse le plastique des océans. » Une nécessité aussi pour Marc Oremus, du WWF à Nouméa. Les sacs jetables sont « un fléau pour les cétacés, les tortues, les oiseaux », dit-il, évoquant ces deux baleines à bec échouées dans le sud de l'île, des sacs dans l'estomac.

Dans l'ouest guyanais, les commerçants ont devancé l'interdiction. Ils ne distribuent plus de sacs plastiques « depuis le 1er mars, parce que ça fait trop longtemps qu'on attend », explique Alain Chung, président de Saint Fa Foei Kon, association chinoise de Saint-Laurent-du-Maroni qui rassemble 150 points de vente. II dit économiser « 6000 sacs par mois » dans ses deux supérettes.

 Extraits de l' union du 04/07/2016

    

    

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Fini le commerce de l’ivoire en France

La ministre de l'Écologie, Ségolène Royal, a signé ce mercredi un décret interdisant totalement le commerce de l'ivoire en France. On vous explique ce que cela va changer.


En mai 2015, le Fonds international pour la protection des animaux (lFAW) a détruit 217 objets en ivoire. L'opération s'est déroulée au centre de valorisation énergétique des déchets Veolia-Remival de Reims.

Vous pensiez qu'il n'était déjà 'plus possible d'acheter ou de vendre de l'ivoire en France ? En-fait, si. Mais depuis mercredi, c'est terminé. L'État français interdit totalement le commerce de l'ivoire sur le territoire français, Il devient, du coup, le premier état européen à prendre cette décision.

1 - Pourquoi on pouvait encore vendre et acheter de l’ivoire en France ?

Le commerce de l'ivoire est officiellement interdit en France depuis le 18 janvier 1990. Mais il existe des dérogations ! La première concerne les objets travaillés datant d'avant le 1er juin 1947. Pour les vendre, il suffit d'avoir un certificat précisant la date de l'objet. Comme le souligne la directrice France du Fonds international pour la protection des animaux (IFAW) basé à Reims, Céline Sissler-Bienvenu, « il n'existe aucun expert ivoire référencé par l'État. » Ce sont donc les antiquaires qui datent les objets. Avec les dérives que l'on peut imaginer ... Autre dérogation : les pièces d'ivoire brut entrées sur le territoire français avant le 18 janvier 1990. Là, il suffit d'un certificat, délivré par la Direction régionale de l'environnement de l'aménagement et du logement, pour pouvoir les vendre et les acheter.

2 - Ce qui va changer

Depuis mercredi, les Dreal sont informées de l'interdiction totale du commerce de l'ivoire. Aussi bien de manière physique (dans les salles de ventes par exemple), que sur les sites internet. Les dérogations n'ont donc plus aucune valeur.

3 -  Un commerce qui pèse lourd

L'IFAW a mené une enquête pour savoir combien d'ivoire était proposé à la vente en France. Il en ressort une quantité non négligeable. « En moyenne, c'est l'équivalent d'une tonne d'ivoire qui est mise en vente chaque mois et qui trouve preneur l », explique Céline Sissler-Bienvenu. La majeure partie des acheteurs se trouve en Asie.

4 – Qui achète et pourquoi faire ?

En Chine, il existe un marché domestique légal de la vente d'ivoire. Mais ce marché ne suffit pas à combler la demande. Du coup, un trafic illégal se développe égaiement et les acheteurs piochent aussi sur les marchés européens. En Chine, l'ivoire sert essentiellement à faire des objets décoratifs, des baguettes, des bijoux et des sceaux.  « Ce sont uniquement des objets futiles » , résume Céline Sissler-Bienvenu.

5 – Un éléphant tué toute les 15 mibutes

Le trafic d'ivoire est le cinquième commercé illégal le plus lucratif au monde. Ses adeptes ont une définition qui dit bien ce qu'elle veut dire : « Gros profits, petits risques », Évidemment, les conséquences sur les populations d'éléphants sont énormes. Actuellement, on considère qu'il y a 470.000 éléphants dans le monde.

« Une statistique sans doute surévaluée », insiste Céline Sissler-Bienvenu. Au rythme actuel des braconniers, il n'y aura plus aucun éléphant en Afrique centrale dans dix ans. Et la population totale des éléphants d'Afrique est menacée d'extinction à l'horizon 2060 !

6 – Un trafic qui finance le crime organisé

En Afrique, une centaine de rangers sont tués chaque année par des braconniers. « La consommation d'ivoire ne tue pas uniquement des éléphants mais aussi des hommes, souligne Céline Sissler-Bienvenu. Sur le terrain, on est en situation de guerre. Les trafiquants sont lourdement armés. » Si la lutte contre le trafic d'ivoire mobilise de plus en plus les agences gouvernementales et Interpol c'est qu'elles ont compris qu'il ne s'agit pas uniquement d'un enjeu environnemental. Il en va également de la sécurité globale. La directrice France de l'IFAW explique : « Ce trafic finance le crime organisé. Autrement dit le trafic de drogue, d'drogues ou d'êtres humains ... » Pourtant, il n'avait jamais été considéré comme une priorité. Jusqu'à ce que les liens entre les trafics soient clairement établis ...

Stéphanie VERGER

Extraits de l' union du 04/05/2016

    

    

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La maladie de la langue bleue est de retour

La moitié des Ardennes est en zone rouge et la Marne est sur le point d'y passer. Les éleveurs ne peuvent plus déplacer leurs bêtes hors de la zone. Même pour aller aux pâturages.


«
A cause des restrictions de circulation, un éleveur du nord des Ardennes qui vient vendre son bétail à la foire de Rethel ne peut pas ramener chez lui les bêtes invendues ». explique Alain Mayer, vétérinaire à Vouziers (au premier plan).
Remi Wafflart

La langue bleue menace à nouveau la région. Le sud des Ardennes est classée zône réglementée depuis le 7 avril. La Marne est en zone saisonnièrement Indemne mais pourrait passer dans le rouge d'ici une semaine. Cela ne signifie pas que tous les moutons et, bovins ardennais ont attrapé cette maladie transmise par un moucheron. Cela veut dire que les éleveurs situés dans la zone ne peuvent plus vendre et faire circuler leur bétail librement.

« Le problème est exclusivement commercial. Les bêtes ne peuvent plus bouger si elles ne sont pas vaccinées », explique Jean-Luc Mercier, vétérinaire à Vouziers. La-vaccination implique deux injections espacées de trois semaines et dix jours pour être certain de l'immunité, soit presque un mois et demi de blocage. « C'est un manque à gagner sensible pour les éleveurs qui exportent. »

La réglementation pose aussi des problèmes locaux. Il Si un éleveur du nord des Ardennes vient vendre ses bêtes à la foire de Rethel, il ne pourra pas repartir chez lui avec ses vaches invendues. Une fois qu'un bovin a mis les sabots en zone réglementée, il n'a plus le droit d'aller en zone blanche )J, souligne Alain Mayer, également vétérinaire à Vouziers

Aucun cas n'a été décelé dans les Ardennes et la Marne On peut se demander pourquoi le département à été coupé en deux, avec une partie où l'on peut théoriquement attraper la langue bleue et une partie où il n'y a plus de risque: Il La zone est déterminée à partir d'un foyer de contamination. Il y en a un en Haute-Marne. L'administration a pris le compas et a déterminé un rayon de 150 kilomètres autour », précise Alain Mayer. Il n'est pas tenu compte de la composition des exploitations. C'est ainsi que certains éleveurs se retrouvent avec leur ferme située en zone « rouge » et leurs pâtures en zone  blanche . Officiellement, ils n'ont pas le droit d'emmener leurs bêtes dans leurs propres champs. Alors comment faire ? Ils ne peuvent que passer outre l'interdiction.

La maladie n'est pas transmissible à l'homme. Elle n'est pas mortelle pour l'animal. Et aucun cas n'a encore été décelé dans les Ardennes ou la Marne, Les restrictions ont seulement pour but d'empêcher la propagation de la maladie, via l'exportation, dans des pays où elle n'existe pas, comme la Belgique ou encore le Danemark. « La maladie est transmise par les moucherons qui l'ont ·eux-mêmes attrapée sur un mouton ou sur une vache. Cela signifie que si un mouton porteur du virus est envoyé dans un pays qui n'est pas touché, il peut contaminer les moucherons locaux qui, à leur tour, répandront la maladie », note Jean-Luc Mercier. « Puisqu'un vaccin existe, on peut , se demander pourquoi le choix n'a pas été fait de vacciner toutes les bêtes par prévention. « Ce n'est pas si simple. Il y a des raisons financières et sanitaires. Un animal vacciné ne sera pas malade mais peut être porteur. Il sera plus compliqué de déceler la maladie à cause du vaccin », répond Jean-Luc Mercier. Les vaccins arrivent en quantité suffisante pour l'instant.  « On espère en avoir assez Ce n'est pas certain. »

 Son arrivée aurait pu être évitée


Cette carte a été établie par la direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt.

Si les vétérinaires avaient commencé à vacciner début mars, les éleveurs ne seraient pas bloqués aujourd'hui. Ils doivent maintenant attendre un mois et demi, le temps que le vaccin agisse. C'était pourtant simple à éviter. .. « On n'a pas eu le droit de vacciner tant que la zone n'était pas réglementée. On n'avait même pas les doses pour le faire », précisent les vétérinaires. Le premier foyer est apparu dans le Massif central le 11 septembre. Le conseil national d'orientation de la politique sanitaire, composé de professionnels, et le ministère de l'Agriculture ont fait le choix de vacciner les bêtes situées en 'Zone réglementée. « Il aurait peut-être été plus judicieux de vacciner, de façon préventive, en zone blanche. pour empêcher l'épidémie de progresser. « C'est exactement ce que j'ai soulevé », assure Cécile Malvaux, présidente du comité de défense de défense sanitaire des Ardennes qui regroupe les éleveurs. « Ne vacciner qu'en zone touchée ne permet pas de stopper la propagation. Lors de la dernière épidémie, en 2007, 00 avait fait autrement.» Nous avons demandé à la direction régionale de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt, les raisons de ce choix. Elle n'a pas vraiment répondu mais, selon les éléments recueillis, on peut en déduire que la raison est financière.

Les bêtes guérissent au bout de huit à dix jours

La maladie de la langue bleue (ou fièvre catarrhale ovine), atteint les muqueuses en plus de donner de la fièvre. Le mufle, les naseaux, la peau des mamelles, la langue, deviennent violacés avec des vésicules qui font des croûtes. « La maladie est douloureuse pour les bêtes. C’est une sensation comparable à celle des aphtes. Une vache qui est atteinte a mal dès qu’il touche ses mamelles. Elle ne produira quasiment plus de lait pendant sa maladie. C’est un autre ~=mangue à gagner pour les éleveurs.» L’animai guérit au bout de huit à dix jours mais le bovin peut rester porteur du virus pendant cent jours. Il ne pourra pas quitter la zone réglementée.

LA MARNE-BIENTOT  DANS LE ROUGE

•.-  La Marne est classée en zone saisonnièrement indemne. Son passage en zone réglementée, avec toutes les restrictions Inhérentes, est imminent.

•. Il se fera lorsque le nombre de moucherons retenus dans les pièges sera un peu plus important. Donc sans doute dès qu'il fera un peu plus doux.

Le CHIFFRE : 8 Millions

De vaccins auraient été commandés par l’Etat mais il y a 20 millions de bovins à vacciner.

La PHRASE

« L'absence d'un stock de vaccins na pas permis  d’envisager une vaccination obligatoire et généralisée. La vaccination est donc facultative, y compris dans les foyers où la maladie a été décelée. » la direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt 

Catherine FREY

Extrait de l'union du 28/04/2016

    

    

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Une grande fête en l'honneur du retour des grues cendrées

Des animations sont prévues toute la semaine autour de la grue cendrée. Au lac du Der, l'échassier s'accorde une étape sur son long chemin migratoire


Les grues cendrées s'observent dès maintenant au lac du Der. Archives

Sur le site de Chantecoq, les promeneurs observent le V formé par le vol ravissant des grues cendrées. En milieu d'après-midi, l'oiseau migrateur revient se poser sur les bords du lac du Der, après s'être régalé dans le biotope des champs alentours, une grande partie de la journée. À une vingtaine de kilomètres de Vitry-le-françois, le spectacle se répète d'année en année, mais le plaisir de l'observation se renouvelle sans cesse. Chaque jour, l'œil curieux peut même se donner plus d'acuité derrière la lentille d'une longue-vue, mise à disposition par les membres de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO).

À partir de demain, l'office de tourisme et ses partenaires proposent une nouvelle édition de la fête de la grue, avec pas moins de 70 rendez-vous concoctés, et répartis sur la durée d'une semaine. Une manière de braquer les .projecteurs sur cette espèce protégée, dont la migration massive d'effectifs variables se produit d'octobre à mars.

La LPO, le Village-musée du Der, les membres de l'association Manque pas Der, le guide ornithologique Antoine Cubaixo encadreront des sorties d'observation guidées, riches d'informations spécifiques sur le milieu nature l'histoire du lac, et les caractéristiques du volatile vedette, Certains départs sont organisés dès le lever du soleil, aux environs de 7 heures, afin de surprendre le réveil des grues et admirer leur envol, par groupes, vers les lieux voisins de pitance quotidienne. Leur retour étant tout aussi spectaculaire, Jérémy Zwald, animateur nature à la LPO, a annoncé une nouveauté, à savoir l'organisation « d'apéros-grues », à base de boissons d'origine locale.

Antoine Cubaixo accompagnera trois sorties quotidiennes. Celle de l'après-midi focalisera sur la grande variété des espèces recensées, au bas mot 316, dont la présence se révèle parfois exceptionnelle, Intéressé aussi à la réussite de la manifestation, l'office national de la chasse et de la faune sauvage ouvrira la maison de la réserve pour sensibiliser le visiteur à la biodiversité.

La magnifique population de grues cendrées, forte de dizaines de milliers d'individus, leurs impressionnantes escadres précédées du cri incessant de leur puissant bréchet, voilà qui vaut le détour en ce haut lieu de l'observation ornithologique, unique en son genre.

A SAVOIR

•.- La 8éme fête de la grue commence demain et se poursuivra jusqu’au dimanche 1er novembre.

•.- Un salon bio est organisé demain au Village-musée du Der. Il y aura des sorties pour assister au lever ou au coucher des grues, des balades, commentées en petit train, des expositions, des contes le jeudi 29 octobre, des points d'observation, des discussions avec l'Office national de la chasse et de la faune sauvage.

•.- Renseignements: 03 26 72 62

Mathilde ESCAMILLIA

Extrait de l'union du 24/10/2015

    

    

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