PATRIMOINE NATIONAL  

   Rémois   -   Gd-REIMS  -  Mondial  -

 Le Sce Archéologique -  Les fouilles archéologiques dans REIMS
Edifices Rémois  .......  disparus  .......  rénovés
REIMS  ......   Autrefois
Les Remparts et Portes de REIMS
Les crayères de Reims

Sites à visiter

 

 

 

 

 

 

    

   



Répertoire 

  La Presse  

 

 

 

 

Ces passionnéz qui resstaurent le patrimoine

 Succès historique pour le loto
Le loto pimente les journées du patrimoine 

Emmanuel Macron ambitieux pour le château de Villers-Cotterêts

Patrimoine en berne cherche mécènes
Stéphane Bern se soucie du château de VILLERS-COTTERÊTS
Normandie-Niem 

Enquête autour de l’étendard de Jeanne

La folie médiévale est de retour

2017

Des ruines de châteaux bichonnées
Dans les entrailles de la ligne Maginot

Remise en question sur tout ce que vous avez appris sur l’origine de notre espèce

Chirurgiens esthétiques des tapisseries d’antan
Sur les traces d'Egon Pfende

Des ruines de châteaux bichonnées 

2016

Plus qu'un fac-similé, c'est une œuvre
Attila triomphe à La Cheppe
Descente avec les pionniers de Lascaux-4
A 18 ans, il perpétue le souvenir de la Der des Ders
CHAMPS CATALAUNIQUES ENTRE MYTHES ET VÉRlTÉS
Notre journal sur le Chemin des Dames
Aux petits. soins de l'Apocalypse
A l'écoute des vieilles pierres
7 civilisations antiques oubliées de l’Histoire
Emblèmes nationaux
Reims célèbre son patrimoine mondial
De vieux gréements à Brest
La forêt de Verdun, écrin vert créé par la guerre
L'archange prêt pour le sommet
Lascaux fait halte à Paris expo
Urbain Il va bénéficier d'un lifting avant d'être rouverte au public.
À Versailles, elles restaurent des trésors rémois
L'héritage symbolique de Verdun
La forêt de Verdun, écrin vert crée par la guerre
 Un nouveau Mémorial digne des combattants de Verdun
1914-1918 : la synthèse lumineuse d'un drame

   SITES Régionaux  

Une pièce archéologique de premier choix 
Un site néolithique fouillé à Vert-Toulon (51)

 
À la découverte de dix lieux d'exception qui cultivent la magie du champagne
L'incontournable monument de Navarrin
 Au pied des fantômes de 14-18, la nature a repris ses droitsun
Ce qui s'est joué à Mondement
Mondement, une ode monumentale à la Victoire de la Marne
Faire revivre le patrimoine du passé

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Succès historique   pour le loto 

Emmanuel Macron a salué  « les excellents résultats » du loto et   de la mission menée par Stéphane Bern pour la défense du patrimoine. 


La maire de Noisy-le-Grand associera Ricardo Bofill à la rénovation de la cité de béton rosé, qu’il a conçue en 1978.

Le chef de l’État a ponctué, hier matin, les Journées du patrimoine en visitant, avec son épouse Brigitte, la villa Viardot à Bougival (Yvelines), l’un des lieux emblématiques de la mission Bern en Île-de-France.

« Ils sont excellents » , a-t-il déclaré en commentant les premiers résultats de cette mission et du Loto du patrimoine, dont les recettes, estimées entre 15 à 20 millions d’euros selon la Française des Jeux (FDJ), viendront abonder un fonds spécial dédié à des monuments « emblématiques » en péril.

Leur succès « montre que les Français ont envie de réinvestir ces lieux, de leur redonner vie car ils veulent comprendre la force de notre pays, d’où nous venons » , a ajouté Emmanuel Macron.

À son côté, Stéphane Bern a qualifié de « vrai succès » le tirage du super loto Journées du patrimoine de la veille, ainsi que des tickets de grattage. « En dix jours, 20 % des tickets ont été vendus, c’est le record historique pour un jeu de grattage de la FDJ. J’espère doubler la somme avec le mécénat d’entreprise » , a-t-il ajouté, en soulignant aussi que « beaucoup de gens ont choisi de faire un don directement, car il est défiscalisé, à la Fondation du patrimoine, qui a déjà récolté six millions d’euros » .

« Il y a un effet induit de ce loto qui est très bénéfique pour la défense du patrimoine , a salué l’animateur de télévision. Je crois que les objectifs seront atteints et même dépassés, ce qui est une très bonne nouvelle pour notre patrimoine. » Stéphane Bern, qui a récemment menacé de quitter sa mission s’il n’était qu’un « cache-misère » , s’est félicité qu’Emmanuel Macron lui ait« publiquement manifesté son soutien ».

Je crois avoir porté cette mission avec beaucoup d’énergie mais je vais prendre un peu de recul maintenant qu’elle est sur les rails
Stéphane Bern

« Il me semble avoir été entendu. Je vais continuer à parler et à me battre pour le patrimoine car c’est le combat de ma vie, a rappelé Stéphane Bern. Je crois avoir porté cette mission avec beaucoup d’énergie mais je vais prendre un peu de recul maintenant qu’elle est sur les rails. »

Le président de la Fondation du patrimoine, Guillaume Poitrinal, a indiqué que l’objectif d’atteindre les 20 millions d’euros « devrait être dépassé car le succès populaire est au rendez-vous, mais nous avons besoin de 50 millions d’euros pour l’ensemble des 270 lieux aidés par la mission Bern, donc la mobilisation doit se maintenir » .

Adossée à la colline des Impressionnistes qui domine la Seine, la villa ayant appartenu à Pauline Viardot, l’une des grandes musiciennes du XIX e siècle, est aujourd’hui fermée au public en raison de son délabrement.

Dans cette maison acquise en 1874 par Ivan Tourgueniev, grand amour (resté platonique) de Pauline Viardot, le baryton Jorge Chaminé veut créer le Centre européen de musique (CEM) d’ici à 2022.

UN PREMIER CHÈQUE DE 500000 € VERSÉ

La Fondation du patrimoine a remis hier à la Villa Viardot un chèque de 500 000 euros issu des jeux de la FDJ, auquel la Fondation Total a rajouté 100 000 euros alors que le coût global de la restauration de la villa est estimé à 3 millions d’euros.

Emmanuel Macron, accompagné de la ministre de la Culture Françoise Nyssen, a jugé « émouvant » de visiter cette maison où Pauline Viardot a reçu de nombreux artistes de toute l’Europe. « C’est le symbole d’une Europe large, qu’on oublie aujourd’hui de penser, qui va de l’Atlantique à l’Oural » , selon lui.

Le président devait ensuite accueillir, en milieu d’après-midi, les visiteurs à l’Élysée, l’un des lieux les plus courus des Journées du patrimoine.

En banlieue, des cités érigées au rang de monuments


La maire de Noisy-le-Grand associera Ricardo Bofill à la rénovatio

En Seine-Saint-Denis, les spectaculaires immeubles des Abraxas, lieu de tournage de plusieurs films, voient défiler les curieux et d’autres cités ont désormais un label qui distingue leur qualité architecturale. « Le week-end, dès 7 heures, quand je sors mon chien, il y a des gens ici. Ils se prennent en photos, font des vidéos » , raconte Catherine Boukhiar, 59 ans, en montrant les marches du Palacio, bâtiment principal des Espaces d’Abraxas situés à Noisy-Le-Grand. « Il y a même des Coréens, des Allemands, des Américains qui viennent » , ajoute Mareme Fall, 47 ans. Présidente d’une association d’habitants, elle vit depuis quatorze ans dans cet ensemble de 600 logements, conçu en 1978 par le célèbre architecte catalan Ricardo Bofill. Marquée par la démesure, la cité de béton rosé aux lignes futuristes, dont la place centrale évoque un théâtre antique, sert régulièrement de lieu de tournage : du film culte d’anticipation Brazil de Terry Gilliam (1985), au blockbuster américain Hunger Games (2014). Dégradée et critiquée, à l’instar d’autres grands ensembles, elle a pourtant failli être démolie. Aujourd’hui, l’objectif est tout autre : d’importants travaux sont en cours. La maire LR Brigitte Marsigny, qui entend bien faire des Abraxas un atout pour sa ville, a décidé d’y associer l’architecte d’origine. La Maison de banlieue et de l’architecture, située en Essonne, organise expositions et visites de grands ensembles, qui font le plein et touchent 3 à 4 000 personnes par an. D’abord symboles de la modernité, ces quartiers sont ensuite dénigrés, mais unchangement de regard est en train de s’opérer. Signe de cette évolution, le ministère de la Culture a lancé au début des années 2000 le label « Patrimoine du XX e siècle ». Des églises, des stations de métro ou des squares ont été classés, mais aussi des cités.


« 
Nous avons besoin de 50 M€ pour l’ensemble des 270 lieux aidés par la mission BERN »

Guillaume POITRINAL
Pdt de la fondation du patrimoine

Extraits de l' union du 16/09/2018

Le loto pimente les journées du patrimoine 

Ce week-end, les journées européennes du patrimoine vont, pour la première fois,  être boostées par un tirage du loto lancé pour la restauration de dix-huit monuments.

UNE MULTITUDE D’INITIATIVES

Comme chaque année, une multitude d’initiatives sont prévues demain et dimanche, pour permettre au grand public d’explorer des univers inconnus. Parmi elles, des visites des studios de Radio France et de Bercy (en présence des ministres). À l’hôtel de Montmorin, ministère des Outre-mer, jeunes et moins jeunes pourront expérimenter des escape games dans un des rares bunkers parisiens de la Seconde Guerre mondiale.

Les journées européennes du patrimoine vont, pour la première fois, être pimentées par le tirage d’un loto afin de financer sa mise en valeur. La mission confiée par le président Emmanuel Macron à l’animateur Stéphane Bern contribue à médiatiser les journées européennes du patrimoine, qui se déroulent demain et dimanche un peu partout en France. Un loto et un jeu de grattage ont été lancés pour contribuer à restaurer dix-huit monuments « emblématiques » en péril, sur quelque 270 sélectionnés.

Les premiers chèques seront remis demain aux communes concernées. Le jeu « connaît un très bon démarrage » , affirme-t-on à la Française des jeux (FDJ). La ministre de la Culture, Françoise Nyssen, a donné, hier, le coup d’envoi de l’événement en se rendant au Mobilier national, dont les réserves seront ouvertes pour la première fois au public.

LA MINISTRE RÉPOND AUX CRITIQUES SUR LES ENGAGEMENTS DE L’ÉTAT

Elle a répondu aux critiques sur les engagements de l’État : « 326 millions d’euros par an pour la restauration du patrimoine ne sont pas une goutte d’eau. » L’intérêt des Français pour leur patrimoine « semble avoir été entendu en haut lieu » , s’était félicité mercredi Stéphane Bern. Il y a quelques jours, l’animateur proche du couple Macron avait menacé de quitter sa mission à la fin de l’année s’il n’était qu’un « cache-misère » . En jeu, la future loi ELAN sur le logement, qui risque d’affaiblir le contrôle de l’État en limitant le rôle des Architectes des bâtiments de France (ABF), chargés de donner leur avis aux maires dans les aménagements ou destructions de sites. Si le loto est plutôt bien vu dans les communes, il ne compensera en rien les financements des mécènes, de l’État et des entreprises. Mais les films de deux minutes diffusés chaque soir après le journal télévisé de France 2 ont eu un fort impact, et sont un format facile à reproduire sur les réseaux sociaux. Vanessa Colas, chargée de mission pour le Fort Cigogne de Fouesnant, en Bretagne, souligne ainsi l’effet immédiat du spot diffusé le 3 septembre sur Fouesnant : « Depuis lors, les dons et promesses de dons affluent. »

Extraits de l' union du 14 /09/2018

Patrimoine en berne cherche mécènes

 À la veille du lancement du ticket  à gratter et du loto du patrimoine, l’appel aux généreux donateurs a, pour l’instant, du mal à trouver un écho.


L’Hôtel-Dieu de Château-Thierry a été sélectionné comme le site emblématique des Hauts-de-France à sauver. Bernard Sivade


Sur le circuit de Gueux, près de Reims, le pavillon Lambert a besoin d’un de plus de 14000 euros.


Des églises de Thiérache (ici, Plomion), vont bénéficier de l’argent des tickets et du loto du patrimoine. D.T.

L’ESSENTIEL

*.- LE 16 SEPTEMBRE 2017, le président de la République charge Stéphane Bern, d’identifier les biens patrimoniaux en péril et de proposer des sources de financement innovantes afin de les sauvegarder.

*.- LE 31 MAI 2018, 251 projets prioritaires (une dizaine dans l’Aisne, les Ardennes et la Marne), sur plus de 2 000 répertoriés, sont présentés à l’Elysée. Est également annoncé à cette occasion le lancement d’une campagne de dons nationale et la mise en place de jeux « Mission patrimoine » portés par la Française des Jeux.

*.- 3 SEPTEMBRE 2018, 12 millions de tickets à gratter dédiés au projet sont mis en vente et les grilles de participation au super-loto Patrimoine du 14 septembre sont disponibles.

 Sur le papier, l’idée est belle. Dans les faits, la mayonnaise a encore du mal à prendre. Le 31 mai dernier, le président de la République recevait à l’Élysée les représentants des communes dont des projets de sauvetage du patrimoine avaient été sélectionnés par la mission qu’il avait confiée à Stéphane Bern. 269 lieux au total sur 2 000 recensés. Parmi ceux-ci, six dans l’Aisne (à Armentières-sur-Ourcq, en Thiérache, à Vauxrezis, Saint-Michel-en-Thiérache, La Ferté-Milon et Château-Thierry), trois dans les Ardennes (à Sedan, Montigny-sur-Meuse et Warcq) et un dans la Marne (Gueux).

L’État n’ayant pas les moyens de financer ces projets, il a été décidé d’en appeler à des moyens alternatifs avec le concours de la Fondation du patrimoine et de la Française des jeux. C’est ainsi que des tickets de grattage et un super-loto du patrimoine sont lancés cette semaine.

Dix-huit projets emblématiques (un par région) seront immédiatement dotés par la Fondation du patrimoine d’une somme permettant de démarrer les premières tranches de travaux. Il s’agit de l’Hôtel-Dieu de Château-Thierry pour les Hauts-de-France et du théâtre des Bleus de Bar à Bar-le-Duc pour le Grand Est.

Les 251 autres projets prioritaires sélectionnés seront, eux, abondés en fonction du montant précis des recettes tirées des jeux, estimé entre 15 et 20 millions d’euros pour 2018.

Seulement trois des dix projets sélectionnés dans l’Aisne, les Ardennes et la Marne ont, pour l’instant, reçu des dons.

Mais les produits des jeux ne suffiront pas à répondre aux besoins de financement exprimés (54 millions d’euros). D’où la campagne de dons nationale pour sauver le patrimoine en péril lancée par la Fondation du patrimoine avec la création fin mai du site www.missionbern.fr.

Et le moins que l’on puisse dire c’est que pour l’instant, les généreux donateurs ne sont pas au rendez-vous. Si l’on s’en tient au point effectué en cette fin de semaine pour les projets de nos départements, des dons ont uniquement été faits pour l’Hôtel-Dieu à Château-Thierry dans l’Aisne, les thermes gallo-romains à Warcq dans les Ardennes et le pavillon Lambert du circuit de Gueux dans la Marne. Rien pour les autres (qui ne sont d’ailleurs même pas accessibles à un don sur le site).

Quant à ceux qui ont eu le droit à quelques dons, il n’y a pas de quoi s’emballer pour l’instant : 500 euros, soit 4 % de la somme nécessaire, ont été récoltés pour le pavillon Lambert. 3 311 euros pour les thermes gallo-romains ardennais (3%) et 2 095 euros pour l’Hôtel-Dieu (1 % de la première tranche).

Il existe d’ailleurs de grandes disparités de l’état d’avancement selon les sites. Dans le Grand Est, la restauration de la tour canonnière de Vignory en Haute-Marne est ainsi déjà financée à hauteur de 43%. il est vrai que la somme nécessaire est relativement faible (8700 euros). Dans les Hauts-de-France, c’est l’église Saint-Pierre de Thiennes dans le Nord qui est la plus avancée avec 16 500 euros collectés soit 33 % de l’objectif.

Tous ces projets, et ceux qui n’ont rien pour l’instant, vont bien avoir besoin de la campagne de promotion qui doit débuter ce lundi à la télévision.

De trop nombreux freins

Pour cette première autour du patrimoine, on ne peut pas dire que la mission Bern ait simplifié les choses. Rien n’est fait pour aider les particuliers à mettre la main à la poche. Le ticket à gratter tout d’abord avec du jamais vu puisque le prix a été fixé à 15 euros. Il est vrai qu’une fois déduits les gains et les différents coûts, la Fondation du Patrimoine récupérera 1,52 € pour chaque ticket. Soit plus de 18 millions d’euros si les 12 millions sont vendus. Mais au prix de l’unité il est fort à parier qu’il restera de nombreux tickets en rade. Le second frein se trouve dans la souscription nationale lancée fin mai où chacun est censé pouvoir donner pour un des sites retenus. Pourtant impossible de trouver par exemple tous ceux de nos régions. Que l’on passe par thématique, par région, par département ou par ville, la plupart ne sont pas sur le site. Il faudra visiblement encore patienter si l’on veut participer par ce biais au financement des travaux (à l’automne pour certains). Même si on imagine que la torpeur de l’été ne favorise pas la mobilisation et que le lancement du ticket de la Française des jeux ce lundi va donner un bon coup de pub à l’opération, il aurait été bon de mieux caler les choses en amont.

Des tickets a gratter à prix d’or


15 euros le ticket pour un gain maximum de 1,5 million d’euros.

 Entre 15 et 20 millions d’euros. C’est la somme que pourraient rapporter les jeux mis en place dans le cadre de la mission Patrimoine en péril (tickets à gratter et super-loto).

À partir de demain lundi, ce donc 12millions de tickets qui seront proposés aux Français durant quatre à six mois dans les 30 800 points de vente de la Française des Jeux, en ligne et dans certains lieux symboliques ouverts au public lors des journées européennes du patrimoine. Parmi les 18 sites emblématiques de la mission Patrimoine en péril, 16 sont représentés sur ces tickets (5 par ticket, plus un site commun à tous : la maison d’Aimé Césaire en Martinique).

Le prix du ticket, 15 euros, devrait cependant en rebuter plus d’un. Il est pourtant assumé par les organisateurs comme l’expliquait il y a quelques semaine Stéphane Bern à nos confrères du Parisien : « La Française des jeux a voulu ainsi toucher un autre public. Faire de cet achat un acte citoyen. C’est cher mais je connais plein de gens qui m’ont dit qu’ils le feraient. Surtout, on oublie de dire que le prix du super-loto reste le même : 3 € la grille. Et ça, tout le monde peut le faire. »

La Française des jeux (FDJ) explique aussi qu’elle n’a jamais proposé un gain maximum de 1,5 million d’euros pour un jeu de grattage comme ce sera le cas cette fois. « Ce jeu à gratter bénéficie de l’un des plus forts taux de retour aux joueurs (72 % des mises retournés aux joueurs sous la forme de gains) et de la meilleure fréquence de gain : 1 chance sur 2 millions de gagner le jackpot de 1,5 M€ et 1 chance sur 2,92 de remporter un gain », précise par ailleurs la FDJ.

 

Dix projets dans la région


À Sedan, 320000 euros restent à trouver pour financer une partie des travaux. Archives 

*.- Dans la Marne, un seul site est concerné cette année par l’opération de sauvetage du patrimoine : c’est le pavillon Lambert, sur l’ancien circuit automobile de Gueux. La somme qu’il reste à trouver s’élève à 14 067€, ce qui laisse à penser que cela ne devrait pas poser trop de problèmes.

*.- Dans les Ardennes, trois projets ont été retenus : le château fort de Sedan, l’église Saint-Lambert de Montigny-sur-Meuse et les thermes gallo-romains de Warcq. Les sommes à trouver sont respectivement de 320 000 euros, 852 000 euros et 101 000 euros.

*.- Dans l’Aisne, six principaux sites auront les honneurs du loto cette année :

- le château d’Armentières à Armentières-sur-Ourcq (425 000 euros à trouver),

- les églises fortifiées de la Thiérache du centre (près de 2 millions d’euros), l’église Saint-Maurice d’Agaune à Vauxrezis (238 500 euros), le parvis et maison des hôtes de l’ancienne abbaye de Saint-Michel-en-Thiérache (330 000 euros), les remparts Philippe Auguste à La Ferté-Milon (324 500 euros) et l’Hôtel-Dieu de Château-Thierry (7,5 millions de travaux au total).

Ce dernier fait partie des 18 projets emblématiques (un par région) qui bénéficieront d’enveloppes particulièrement significatives. Pour le Grand Est, c’est le théâtre des Bleus de Bar à Bar-le-Duc qui a été choisi.

À noter que pour tous les projets qui n’ont pas pu être retenus cette année, une nouvelle campagne de sélection sera organisée l’année prochaine. Avec de nouvelles recettes liées à un nouveau loto.

LES AUTRES POINTS

Stéphane Bern en colère 

Pour le « Monsieur Patrimoine » du service public, ce loto a valoir de test : il a menacé vendredi de quitter à la fin de l’année sa mission s’il estimait n’être qu’un « cache-misère » ou un « pantin ».

« À la fin de l’année, on verra plus clair. On saura si le Loto du patrimoine est un succès. Ce que je voudrais, c’est que les Français me donnent raison. Y compris contre le gouvernement et certaines personnes dans les ministères », a-t-il souligné.

« J’entends qu’on est prêt à mobiliser 450 millions d’euros pour rénover le Grand Palais à Paris. Et pendant ce temps, on me laisse me décarcasser pour trouver 20 millions d’euros pour le patrimoine vernaculaire des petits villages », souligne-t-il.

Un super loto le 14 septembre

À la veille des journées européennes du patrimoine, la Française des jeux proposera un super-loto le vendredi 14 septembre. Un bulletin dédié porteur du nom «  Monsieur Patrimoine » proposera un jackpot exceptionnel de 13 millions d’euros. De plus, 50 codes « Mission Patrimoine » seront tirés au sort et permettront à 50 gagnants de remporter 20 000 euros chacun. Les bulletins de jeu sont disponibles dès ce lundi 3 septembre.

Le loto au service du patrimoine depuis plusieurs siècles

Un loto pour aider au financement du patrimoine en péril ... même si ce n'est pas dans les habitudes en France, ce n'est pas non plus une nouveauté. C'est même un retour aux sources. En effet, la loterie Royale, à l'origine de la loterie nationale et de la Française des jeux, a été créée par François 1er pour financer le patrimoine français. Et aujourd'hui, plusieurs grandes loteries mondiales financent le patrimoine (Camelot au Royaume-Uni, des loteries aux Etats-Urus... ). Le financement de grandes causes nationales fait aussi partie de l'ADN de la loterie nationale, créée en 1933 pour venir en aide aux blessés de guerre (« gueules cassées »).

Extraits de l' union du 02/09/2018

    

     

  Répertoire   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ces passionnéz qui resstaurent le patrimoine


Le chantier permanent du château fort de Guise continue d’attirer les jeunes
Au chevet des vieux moulins

Un château sauvegardé en famille

Charlemont, une exploration obsessionnelle 

Pas de répit pour le châtelain Condé-en-brie

La résurrection des croix rurales

 

  

 

  

  


Le chantier permanent du château fort de Guise continue d’attirer les jeunes 

Aisne - Depuis 1952, plus de 56 000 jeunes se sont succédé au château fort de Guise   pour le restaurer. L’œuvre est immense : l’édifice s’étend sur plusieurs hectares. 


Lily-Marie et Adrian ont décidé de passer une partie de leurs vacances à rénover le château en réalisant un sol pavé.TdL

L’ESSENTIEL

*.- LE CHÂTEAU FORT appartient à la ville de Guise (Aisne) depuis 1965.

*.- LE CLUB DU VIEUX MANOIR association créée à Guise, restaure le site depuis 1952.

*.- LES CHANTIERS DE RESTAURATION ont déjà mobilisé plus de 56 000 jeunes.

*.- EN PROJET : CRÉER UN BÂTIMENT D’ACCUEIL, réaménager le circuit des visites et le donjon.

*.- LE CHÂTEAU ATTIRE 15 000 VISITEURS par an. Entrée : 7 euros. Tél. 03 23 61 11 76.

Sa silhouette incarne la puissance. Le château fort de Guise témoigne de mille ans d’histoire guerrière. Entouré de 12 hectares de terrain, l’édifice s’étend lui-même sur 7 hectares. Une partie des murailles d’antan est visible par le chemin de ronde mais les fossés ont été remblayés. Les fortifications étaient donc plus impressionnantes encore. Le donjon a été édifié aux XII e et XIII e siècles, les autres constructions au XVI e siècle.

Nous participons à une œuvre qui a mille ans. C’est fascinant
Lily-Marie, étudiante

Après la Première Guerre mondiale, le site était une décharge et une carrière de pierres. Maurice Duton, originaire de la ville, entouré de quelques amis, n’accepte pas ce désastre. Il crée le club du Vieux Manoir en 1952 et invente, un an plus tard, les chantiers de jeunes. Peu à peu, le château fort, étranglé par la terre et la végétation, laisse apercevoir sa physionomie.

L’œuvre est récompensée en 1963 par André Malraux qui remet le premier prix des chefs-d’œuvre en péril au club du Vieux manoir. Le journal Le Monde trouve à cette occasion une belle formule : Le Goncourt des vieilles pierres.

L’aventure continue après la disparition de Maurice Duton. Depuis le début, plus de 56 000 jeunes sont venus restaurer l’endroit lors de vacances scolaires. Cet été encore, des groupes se succèdent toutes les deux semaines. « C’est une activité de loisirs, comme une colonie de vacances. À la place du poney, ils font de la restauration de patrimoine » , indique Emilie Mathot, 31 ans, du club du Vieux Manoir. À quelques mètres, deux étudiants parisiens, Lily-Marie et Adrian, agencent des pavés. Cela fait cinq ans que l’étudiante de l’école Boulle vient à Guise. « Nous participons à une œuvre qui a mille ans. C’est fascinant », dit la jeune fille âgée de 18 ans. Adrian, qui se destine à devenir informaticien, partage la même émotion en maniant silencieusement la truelle.

À LA DÉCOUVERTE DE VESTIGES DU XVI E SIÈCLE

Le chantier est permanent. L’idée de construire un bâtiment plus accessible pour les groupes avance. Une plate-forme pourrait être aménagée au sommet du donjon. En attendant, le passé refait surface.

Un groupe de jeunes désherbe le logis de l’ancien gouverneur militaire. Camille, 19 ans, originaire du Cher, participe à la rénovation depuis quatre ans : « Cela me plairait de revenir avec ma famille, des amis et de montrer les marques de mon passage. » Une partie du sol datant du XVI e siècle, finement carrelé de couleur ocre, apparaît. Non loin, il y a la prison des gens de qualité. Il s’agissait de personnes fortunées disposant de cellules pourvues de cheminées. Les bâtiments ne sont pas accessibles. Il faut se montrer patient. Guise va encore raconter des histoires.

Thierry de LESTANG

 Extrait de l'union du 25/08/2018

 


Au chevet des vieux moulins

Ardennes - Christian Dupont-Fromageot a restauré sa maison familiale, à Semuy, avec le moulin attenant. Il en a restauré un autre cette année.


Christian Dupont-Fromageot, après avoir restauré le Moulin de Waroux, s’est attaqué à celui de la Tortue.

L’ESSENTIEL

*.- CHRISTIAN DUPONT-FROMAGEOT est agent des Voies navigables de France. Il a tout appris lui-même sur la restauration de patrimoine, uniquement en pratiquant.

*.- EN 1987, son père hérite du Moulin de Waroux, sur la route de Semuy. Ce moulin du XVIII e siècle a été entièrement restauré par Christian Dupont-Fromageot.

*.- LE 23 JANVIER 2018, l’Ardennais débute la restauration du moulin de la Tortue sur la rive gauche du canal des Ardennes.

Christian Dupont-Fromageot, habitant de Semuy, est un passionné des vieilles pierres. Autodidacte, il restaure tout lui-même. C’est un peu les hasards de famille qui l’ont conduit sur ces chemins amoureux du patrimoine. En 1987, son père hérite de la ferme familiale du Moulin de Waroux, sur la route entre Neuville-Day et Semuy. « J’avais passé ma jeunesse à cet endroit, j’ai toujours aimé ces lieux, je m’y sentais bien. Quand mon père a fait cet héritage, cela m’embêtait de voir la maison délabrée, je voulais la rendre habitable et jolie, en respectant les matériaux. C’est donc en autodidacte que j’ai tout restauré, et j’en ai fait des erreurs ! J’ai appris à travailler le mortier et le béton, moi qui ne suis pas du métier. » Christian Dupont-Fromageot est agent des Voies navigables de France. C’est ainsi que, petit à petit, il a restauré les murs et monté des murets de protection ; une entreprise a rénové la vanne du moulin de Waroux. « Il m’a fallu trois ans, rien que pour le moulin, et la maison n’est pas encore terminée. J’ai fait avec les moyens que j’avais, tout mon salaire y est passé. »

DEUX MOULINS RESTAURÉS

Quelque temps après, il a eu la possibilité d’acquérir un autre moulin qui appartenait à sa famille : le moulin dit de la « Tortue », qui se trouve sur la rive gauche du canal, après l’écluse 22 sur le territoire de Voncq. « Ce site m’a fasciné, car il y avait une roue de huit mètres de diamètre, à laquelle étaient attachés le moulin et la grande maison. En arrière-plan se trouvait la maison du garde qui est là toujours debout. »

Comme son amour des vieilles pierres ne s’est pas dissipé en si peu de temps, Christian Dupont-Fromageot a entrepris, depuis le 23 janvier 2018, la restauration du site. « Tous ceux qui l’ont connu voient la différence. Il y avait des arbres et de la végétation qui couvrait tout, on n’y voyait plus rien. J’ai tout abattu, pour dégager la vue sur la roue.J’avais connu l’endroit, il y a cinquante ans, je voulais le faire renaître.

Il a donné, à nouveau, de son temps, de sa sueur et de son argent pour que chacun puisse admirer cette roue. « Bientôt, on pourra s’attaquer à la maison du garde. Il faudra refaire la toiture et l’ensemble des pièces. »

Le passionné a pu compter sur l’aide de son épouse qui, elle, a embelli les lieux avec des massifs de fleurs.

Monsieur a dégagé la roue, l’a libérée de la végétation et, surtout, il a rénové une partie de la maçonnerie. « Je vais tout faire à mon rythme, rien ne presse. La roue restera dans l’état, je ne chercherai pas à la faire tourner. En revanche, je vais protéger les fondations du moulin pour entretenir sa mémoire. Nous avons refait la passerelle qui permet d’accéder au site.

« Le moulin dit de la Tortue aurait été construit en 1812. « Des photos d’Allemands qui se trouvaient près de la roue en 1917 existent. La grande maison qui servait de moulin aurait brûlé, mon grand-oncle se servait, lui, de la petite maison du garde que nous allons restaurer. »

Ce site est très connu dans le secteur de Semuy, car y passe le canal des Ardennes et, à cet endroit, de nombreux cyclistes et promeneurs font des haltes.

Le virus de la restauration n’a pas fini de contaminer les époux Dupont-Fromageot.

Il anime aussi un musée militaire

Le musée militaire de Semuy, c’est aussi l’affaire de la famille Dupont-Fromageot. « Notre musée est dédié à la bataille des Ardennes, sur la période mai-juin 1940, tout particulièrement les combats de Sedan jusqu’à la vallée de l’Aisne. » Cet historium regroupe plus de trente ans de collection de Christian Dupont-Fromageot. Exposé dans la maison familiale (moulin à eau du XVIII e ), le musée est en cours d’agrandissement pour offrir une meilleure visibilité, et une plus grande sélection de matériel militaire de l’époque.

Virginie KIEFER

Extrait de l'union du 23/08/2018

 

 


Un château sauvegardé en famille

Braux-Sainte-Cohière De Versailles à la Marne : c’est l’itinéraire choisi par une famille qui,   depuis quatre ans, retape un château du XVI e siècle laissé longtemps à l’abandon.


Dans la famille Pernin, tout le monde retrousse les manches pour remettre en état le château de Braux.
Édouard Lantenois

Cela fait tout juste quatre ans que la famille Pernin passe tous ses week-ends et vacances dans le château de Braux-Sainte-Cohière, à cinq kilomètres à l’ouest de Sainte-Ménehould. Le 31 août 2014, cette grande tribu, originaire de Versailles, voit pour la première fois cette bâtisse laissée à l’abandon depuis plus de quinze ans. « On ne connaissait pas cette région et on a eu un coup de cœur en voyant ça , se souvient Anne-Héloïse Pernin, la châtelaine. On voulait acheter un château depuis un moment. Celui-ci, il était vraiment dans son jus. Il était temps qu’on le reprenne, il aurait été dommage qu’un château du XVI e siècle soit abandonné ou pillé. »

Il y en a, leur passion, c’est pêcher. Nous, c’est restaurer des vieilles bâtisses

Seulement voilà, au moment de reprendre ces murs et jardins, l’état des lieux n’est pas reluisant : les toitures sont à refaire, des gouttières sont percées, la végétation a pris une très grande liberté, un arbre est tombé sur un mur... D’emblée, la famille Pernin sait qu’il faudra de l’huile de coude et beaucoup de temps pour remettre cette bâtisse dans un état présentable. Dans le village d’une centaine d’habitants, la famille versaillaise est vue comme la sauveuse d’un patrimoine local en péril. « Quand on est arrivé, on a organisé un goûter avec les habitants du village , se rappelle la quadragénaire. C’est important d’avoir un bon accueil et que les collectivités nous suivent. »

Les nouveaux propriétaires montent une association qui compte aujourd’hui une centaine de membres, fédèrent une équipe de bénévoles, organisent des visites et montent des actions pour accélérer le mouvement et récolter des fonds. « Dès le début, on a voulu que ce lieu soit le plus ouvert possible : c’est très intéressant pour le public de voir un château en restauration. »

Tout le monde met la main à la pâte. Les adultes, bien sûr, mais aussi les enfants. L’aîné de la famille, Tancrède, du haut de ses 18ans, met l’ambiance dans les chantiers jeunes. Le petit Stanislas, sept ans, file un coup de main pour la peinture. Quant à la jeune Alexandra, elle participe à l’accueil des visiteurs. Cet été, les enfants ont posé eux-mêmes les balises de la chasse au trésor qui anime le château. « On fait nous-mêmes les travaux avec notre association et les chantiers d’été , explique Anne-Héloïse Pernin. On a refait une partie de la toiture, la peinture des communs et des fenêtres, les joints d’une tour à la chaux... On regarde pour remettre le chauffage à l’intérieur, pour éviter que ça continue à se dégrader. »

UN APPRENTISSAGE QUOTIDIEN

Chacune de ces actions est mûrement réfléchie et étudiée avec la Direction régionale des affaires culturelles (Drac). Pour les Pernin, retaper un bâtiment classé aux monuments historiques nécessite de suivre scrupuleusement l’avis de cette autorité. « Elle nous donne des directives pour refaire le château d’une certaine façon , décrit la propriétaire. On ne fait pas ce qu’on veut, et heureusement. Par exemple, le ciment est à bannir. On est arrivé ici en sachant un peu bricoler mais sans plus. Au fur et à mesure, nous avons appris, et c’est ça qui est passionnant. »

Cette passion risque de durer encore longtemps : « On ne pense même pas au temps, on ne se dit pas que tout sera fini dans dix ans. Il y en a, leur passion, c’est pêcher. Nous, c’est restaurer des vieilles bâtisses. »

Loïc BECART

Extrait de l'union du 22/08/2018

 


 Charlemont, une exploration obsessionnelle 


Pascal Gaulain a mis les pieds dans le fort de Charlemont en 2013. Depuis, il n’en est plus jamais ressorti.
Aurélien Laudy

Givet Pascal Gaulain ne compte pas ses heures pour explorer les dizaines d’hectares du fort   de Charlemont. Actuellement, il s’intéresse au réseau d’eau pour mieux comprendre le lieu. 

C ’est du plaisir pur, je ne compte pas mes heures. Il restera encore du travail pour nos arrière-petits-enfants. Quand on écrit sur Charlemont, on n’a pas le vertige de la page blanche, on ne sait juste pas quand on repose le stylo. » Si toutes les zones ont été couvertes par les Sentinelles de Charlemont (qui animent une page Facebook), son fort devient une obsession permanente dans l’esprit de Pascal Gaulain, président de l’association, tant les secrets restent nombreux à être dévoilés. Un lieu « hors-norme » aux yeux de cet amoureux du patrimoine qui demande au ministère de la Défense, en 2013, s’il peut visiter la propriété militaire (lire par ailleurs). Puis, en 2015, naît l’association qui signe une convention avec le nouveau propriétaire, la communauté de communes d’Ardennes Rives de Meuse.

DÉFRICHER ET NETTOYER

« Nous ne sommes pas habilités à faire des fouilles, ni de gros œuvre », explique Pascal Gaulain, après nous avoir présenté le premier bastion. Avant la poudrière espagnole et la casemate d’artillerie. « Nous ne pouvons que défricher, nettoyer, dégager les maçonneries. » Un travail de fourmi, donc, souvent à la manière d’« un jeu de Sherlock Holmes » afin de mieux saisir la vie quotidienne passée dans le fort. « Par exemple, on a compris que des fours à pains mesurant 1,80 m de haut servaient à placer des pièces d’artillerie dessus. »

Le quinquagénaire, le verbe enflammé, souligne ensuite le rôle essentiel de Vauban, « passé plusieurs fois ici », avant d’indiquer des grilles situées dans un bastion. « Il y avait de la calcite formant des bouchons, sans parler de blocs de pierre. C’était pour éviter que la poudre ne prenne l’eau. » Sauf que ce qui intéresse notre enquêteur, c’est de comprendre le cheminement de l’or bleu dans son intégralité. « Nous avons déblayé les pierres et nous avions devant nous une énigme : on ne trouve pas où sort l’eau, on suppose qu’il existe l’évacuation dans la cour extérieure mais on ne sait pas où. » Bref, de quoi donner du fil à retordre à la dizaine de personnes, de tous profils et de toute la France, qui composent les Sentinelles de Charlemont. « Le réseau d’eau est soigné. Comme le fort a abrité des milliers d’hommes, l’entretien était plus aisé. Les réserves d’eau, à l’arrivée de Vauban, sont mises à l’épreuve des bombes. »

DES SAVOIRS HISTORIQUES QUI RESTENT À ÉCLAIRCIR

Dans ce voyage dans le temps, il arrive que « les déceptions et les bonnes surprises » soient de rigueur. Mais surtout la patience. « On ne doit jamais avoir de certitudes avant d’avoir recoupé toutes les informations. Je pense au tunnel sous la Meuse qui rejoindrait le fort, il n’y en a jamais eu. On doit prendre le temps de la réflexion. » Ce qui est sûr, insiste encore Pascal Gaulain, c’est que des savoirs historiques restent à éclaircir. Déjà, des séances de déblayage de végétation ont également permis d’y voir plus clair près de l’hôpital datant du XVIII e siècle.

Avant que la nature ne reprenne ses droits et invite les chèvres à revenir plus régulièrement. De là à donner des consignes à la communauté de communes ? « Nous n’avons pas cette prétention. On va mettre notre nez partout, on a le temps de faire les choses sans facturer les études. Ensuite, la communauté de communes se sert ou non de nos conseils… »

Nicolas PERRIN

Extrait de l'union du 21/08/2018

 


Pas de répit pour le châtelain Condé-en-brie

Le château des bords de la Dhuys est géré en indivision. Rencontre avec   Aymeri de Rochefort qui, chaque jour, veille à la préservation de ce joyau du patrimoine


Aymeri de Rochefort devant une peinture de Jean-Baptiste Oudry. Ces peintures sont inspectées quotidiennement, de même que l’ensemble des plafonds.

L’ESSENTIEL

*.- HAUT-LIEU DU TOURISME dans le sud de l’Aisne, le château de Condé-en-Brie est géré par la famille de Rochefort.

*.- AYMERI, le fils, fait chaque jour le tour du copropriétaire, attentif aux moindres détails.

*.- NÉANMOINS, les visites, environ 10 000 chaque année, ne permettent pas de financer complètement les travaux de restauration, qui sont permanents.

Châtelain, certes, mais surtout ancré dans la vie locale. Pas de séparation, à Condé-en-Brie, entre Aymeri de Rochefort et la population de ce bourg de quelque 670 habitants, situé à proximité de Château-Thierry. Une preuve, s’il en était besoin : notre châtelain « aristo » est conseiller municipal de ce village assurant la jonction entre le vignoble et le pays briard qui encercle l’Île-de-France à l’est.

ATTENTIF AUX MOINDRES DÉTAILS

Dans ce coin du département assez détaché de l’Aisne, la vie s’écoule sur les bords de la Dhuys entre les halles des XV e et XVI e siècles de la place, et donc ce château, de taille humaine, qualifiée autrefois de « maison des champs ». C’est Aymeri de Rochefort, l’un des copropriétaires des lieux, qui souligne cette appellation : « On la dénomme aussi tout simplement la maison. » L’édifice figure en bonne place sur la liste des curiosités à visiter dans le sud de l’Aisne et s’inscrit parfaitement dans la douceur de ces paysages champenois. Cette demeure des Princes a été classée monument historique il y a une quarantaine d’années. Quelques prescriptions architecturales découlent de ce classement, ce qui fait que les propriétaires aux alentours doivent respecter ce règlement. Alain Pasté de Rochefort (le patronyme complet de la famille), père d’Aymeri, avait acheté en 1983 cette belle bâtisse blanche. Alain disparaît en 1993, son épouse, Isabelle, puis ses enfants, sa fille Alice et donc son fils Aymeri, prennent alors le relais au sein d’une indivision (dirigée par Isabelle). Il fallait logiquement garder la propriété dans le giron familial. « C’est un chantier permanent », reconnaît encore ce copropriétaire, qui travaille toujours en étroite collaboration avec l’architecte des bâtiments de France. Le chantier le plus marquant, ce fut en 2012 celui lancé à la suite de l’effondrement de dix mètres carrés de plafond.

Même si ce n’est pas Chambord, les dimensions générales de l’édifice parlent d’elles-mêmes : 84 pièces, un hectare de toit et mille mètres carrés de peintures. Il s’agit des œuvres de Jean-Baptiste Oudry, portant pour l’essentiel sur des retours de chasse et de pêche. Chaque jour, Aymeri de Rochefort fait le tour du propriétaire, vérifiant justement l’état de ces peintures, « qui nécessitent l’intervention de spécialistes, qui travaillent aussi à Versailles ». Autrement dit, le coût d’entretien peut être très élevé. Attentif à tout, lors de son périple quotidien l’amoureux des lieux s’attache aux moindres détails, il regarde à la fois l’état du mastic des très nombreuses fenêtres, la qualité des pavés dans les couloirs. Il vérifie également si rien ne tombe des plafonds. Le château reçoit grosso modo 10 000 visiteurs à l’année. Le volume financier des entrées est affecté aux travaux, mais cela est bien sûr très insuffisant… Le classement au titre des monuments historiques peut entraîner des subventions de la part de l’État. Mais c’est à peu près tout. Reste donc la débrouille.

Quelques personnes travaillent certes au quotidien à l’entretien du château, mais, en tant qu’amoureux des vieilles pierres, Aymeri de Rochefort est devenu jardinier et bricoleur, entre autres. « Je suis aussi apiculteur », ajoute-t-il.

Quelques ruches sont effet cachées dans un coin de la vaste plaine située derrière le château, juste avant d’aborder le vignoble. Celui qui a travaillé il y a quelque temps dans un grand groupe d’audit et de conseil de la place de Paris, puis fut également ingénieur commercial, a donc changé de vie pour préserver ce joyau devenu familial, dont l’émouvante beauté impose une forme d’humilité.

Une ancienne principauté

À l’origine, le château n’était sans doute qu’une belle ferme gallo-romaine

Au XVI e siècle, le cardinal de Bourbon-Vendôme achève de transformer Condé en un grand château Renaissance pour son neveu, Louis de Bourbon, premier des princes de Condé. Par miracle, le château a résisté aux épreuves des deux conflits mondiaux du XX e siècle. Il n’a été que sérieusement endommagé par endroits, notamment par des impacts de balles.

Michel MAINNEVRET

Extrait de l'union du 20/08/2018

 

La résurrection des croix rurales

Sompuis - Cette semaine, notre série d’été s’intéresse à ces passionnés qui s’investissent   dans la sauvegarde du patrimoine local. Aujourd’hui, l’exemple de Philippe Jacquemin


À l’origine de l’engagement de Philippe Jacquemin, le vol d’une croix en fonte ensuite revendue à un ferrailleur. Une nouvelle, en fer, l’a remplacée.

L’ESSENTIEL

*.- PHILIPPE JACQUEMIN s’investit dans la restauration de croix rurales à Sompuis, près de Vitry-le-François, depuis plus de vingt ans.

*.- LA PLUPART DES CROIX avaient été oubliées et s’étaient dégradées.

*.- DIX SONT AUJOURD’HUI de nouveau visibles et peuvent être découvertes au cours d’une visite guidée.

*.- « LES CROIX RURALES EN PAYS DE SOMPUIS », ouvrage paru en 2015, compile les informations recueillies par l’historien local.

Quand certains consacrent leur vie à restaurer d’imposants monuments historiques, des églises ou des châteaux, d’autres s’attachent à sauvegarder le petit patrimoine local. C’est le chemin qu’a choisi de suivre Philippe Jacquemin, bienfaiteur des croix rurales de Sompuis. « Les croix rurales n’ont pas de classement comme il peut y en avoir sur des statuaires, des églises ou des bâtiments d’art, explique-t-il. C’est du petit patrimoine, assez bateau, souvent une simple dalle creusée avec une croix en bois. »

UN CIRCUIT DE DÉCOUVERTE ET UN OUVRAGE

Mais ces croix, dont la plus ancienne date de 1700, représentent surtout « 300 ans d’histoire à travers laquelle on peut raconter la vie locale, la vie des Sompuyots ». C’est la démarche de Philippe Jacquemin, qui a entrepris de rénover les croix rurales de Sompuis, qui en comptait 20 à l’aube du XX e siècle. « Petit à petit, la plupart étaient tombées en désuétude, raconte celui qui est agriculteur photographe et historien local. C’était souvent des croix en bois ou en métal, sur un socle. Et avec les remembrements successifs, les socles ont été broyés, enterrés ou réemployés quelque part. » Déjà passionné d’histoire, c’est au milieu des années 1990 qu’il commence à s’intéresser à ces témoins oubliés du passé, à la suite d’un incident survenu sur la croix du Hainault. « C’était une croix en fonte située dans les champs, se souvient-il. Elle a été volontairement cassée par quelqu’un pour être vendue à un marchand de ferraille du secteur vitryat, ce qui m’a terriblement choqué. » C’est à ce moment que débute un travail de longue haleine visant à réunir tout le savoir possible autour des croix rurales sompuyotes. Mais les écrits à ce sujet sont quasi inexistants, et c’est sur la tradition orale que Philippe Jacquemin a dû s’appuyer. « J’ai interrogé tous les anciens, j’ai fait appel à leur mémoire plusieurs fois, détaille-t-il. Et au bout d’un moment, comme les croix étaient cassées ou mal en point, je me suis dit pourquoi ne pas les réparer ou les remettre ? » Pour ce faire, il s’entoure d’amis ou de professionnels, tous bénévoles, pouvant amener leur savoir-faire. Ici, un charpentier refait deux croix en bois, là un de ses anciens employés, soudeur chevronné, en assemble une en métal. Peu à peu, ces petits pans d’histoire ressortent du sol. Celle dite Hainault, par exemple, est dotée d’une nouvelle croix en fer à l’origine très locale : «A une époque, toutes les balustrades des vieilles tombes étaient enlevées. Les gens, par superstition, ne les jetaient pas, ils les posaient contre l’église, témoigne Philippe Jacquemin. « Mon père, qui était maire, en a récupéré une qui traînait depuis des années et l’a gardée chez lui pour éviter qu’elle soit volée. On l’a retravaillée un petit peu, et on l’a réimplantée dans le socle d’origine.» Aujourd’hui, une dizaine de croix sont visibles, dont quatre restaurées par Philippe Jacquemin. Une cinquième devrait suivre, au bout de la rue Royer-Collard. Elles font l’objet d’un circuit de découverte animé par celui qui est également greeter, qui a déjà été arpenté par 250 personnes. «Refaire les croix, c’est réactiver l’histoire. Les gens ne se souvenaient plus, la mémoire de ces croix était presque perdue, développe-t-il. Le fait d’avoir parlé de ces croix rattache les gens à leur lieu de vie et les y intéresse. Maintenant, ils y font attention, dès qu’il y a quelque chose, ils viennent me le dire. » Les savoirs qu’il a rassemblés, Philippe Jacquemin ne se contente pas de les restituer à l’oral, mais il les a également compilés dans un ouvrage paru il y a deux ans. « Je l’ai écrit sur dix ans, au fil de mes recherches, conclut-il.Je voulais absolument faire ce bouquin, pour que ces histoires ne soient pas oubliées. » Et pour éviter à tous ceux qui s’intéresseront au sujet d’en faire le même sacerdoce que lui.

Des Origines accidentelles

En 1900, vingt croix rurales étaient disséminées à travers Sompuis. « Tous les villages en avaient plusieurs dizaines, précise Philippe Jacquemin. La plupart de ces croix ont pour origine des accidents, notamment des accidents de charrette, qui étaient très nombreux. » D’autres sont des croix de dévotion, érigées « en remerciement à quelqu’un ou pour quelque chose », ou encore des croix rogatoires, visant à «demander de bonnes moissons, un bon foin, ou du bon vin ». Aujourd’hui, dix restent visibles à Sompuis, parfois à leur emplacement d’origine, parfois déplacées. La plus ancienne, celle du cimetière, a toujours résisté depuis sa création, en 1700.

Robin PHILIPPOT

Extraits de l' union du 19/08/2018

    

     

  Répertoire   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Normandie-Niem 

 L’Association Aériastory, représent en ée par Jean-Côme Rivière et Bernard Finan, a présenté, le vendredi 27 avril 2018, une exposition sur le régiment de chasse Normandie-Niemen à Toussus-le-Noble (78117).

 

Cet événement auquel ont participé le Mémorial Normandie-Niemen et le service culturel de l’Ambassade de la Fédération de Russie s’est déroulé dans les locaux d’HélixAéro de l’aéroport de Toussus-le-Noble.

Parmi les sponsors et partenaires, nous retenons l’Armée de l’air, la Fédération Nationale André Maginot, BMW, Total

 Rappelons que durant les années le régiment Normandie-Niemen à Toussus-le-Noble. Réputé pour 1946-1947, stationnait sa grande combativité, cette unité française acquit une grande estime auprès des Russes.

Conférences, présentations expositions de photographies, de maquettes, de livres, de timbres et animations dans les stands encadraient les présentations statiques

Une belle journée pour les amateurs d’aviationancienne et les historiens de la Seconde Guerre mondiale, qui ont pu admirer à l’extérieur les avions d’époque, acteurs majeurs de ce conflit

Ils ont vu notamment :

Le Stampe SV-4, biplan conçu pour l’entraÎnement et utilisé plus tard pour la voltige aérienne. Entré en service en 1937, cet avion connut une très grande diffusion dès l’immédiat après-guerre. Depuis les années 1980, il attire des pilotes privés, amateurs d’avions anciens.

Le Yak 3 (Yakovlev 3), avion soviétique mis en service en 1944.

Il avait une maniabilité et une vitesse supérieure aux appareils allemands et alliés contemporains pour une masse bien inférieure, ce qui lui valut son surnom de « Moustique ».

Cet avion a permis aux équipages français de s’illustrer sur le front de l’Est.

Et enfin, le North American P 51 Mustang. Mis en service en 1942. L’avion très aérodynamique emporte presque deux fois plus de carburant qu’un Spitfire. Chaque aile contenant un grand réservoir, le rayon d’action de l’appareil est considérablement augmenté par rapport à celui de son prédécesseur : le Curtiss P-40. Équipé de moteurs Rolls-Royce Merlin, il est généralement considéré comme le meilleur chasseur à hélice de tous les temps.

 
Jules en admiration devant une maquette de Mustang
Une maquette de Yak 3.


Un Starnpe (appareil sur lequel le président fédéral, Henri Lacaille, a « appris » à piloter).


Un Yak 3, au roulage


Url PSI Mustang.


M. Jean-Côme Rivière

Pour en savoir plus : Association Aériastory blog : http://aeriastory.blogspot.fr/ ou email: aeriastory@gmail.com Association Anciens Aérodromes Base Eolys, Aérodrome de Merville-Calonne LFQT Rue de l'Épinette - 62136 Lestrem

Email: news@anciens-aerodromes

Extraits de La CHARTRE du 06/2018

    

     

  Répertoire   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Enquête autour de l’étendard de Jeanne

Les infatigables Amis de la cathédrale cherchent à connaître l’origine du drapeau   qui orne la statue de marbre. Une première restauration a livré quelques indices.


Avant de s’engager dans une restauration complète, les Amis de la cathédrale aimeraient savoir si l’étendard est bien celui de la statue offerte en 1909 par Henri Abelé.Christian Lantenois

 La soie était déchirée, usée par le temps, et tachée, depuis les fuites, aujourd’hui réparées, de la sacristie. À l’intérieur de la cathédrale, l’étendard de Jeanne d’Arc avait perdu de sa superbe. La statue de marbre, d’ivoire et d’étain veille depuis son inauguration en 1909 sur la petite chapelle située derrière le chœur. Elle a été offerte par Henri Abelé, propriétaire de la maison de champagne éponyme qui fondera en 1917 la Société des Amis de la cathédrale. Cette même association vient de financer une première restauration du morceau de tissu qui mesure 165 cm par 60.

De rares documents d’époque laissent apparaître des détails troublants

« Il n’était vraiment plus présentable», déplore Marie-Suzanne Poret, membre active et épouse du président des Amis. Il y a trois mois, la précieuse étoffe a été décrochée et envoyée dans une entreprise de Seine-et-Marne, une des rares en France spécialisées dans la fabrication et la rénovation de drapeau. La soie élimée a été remplacée ; les personnages, dont certains ont été partiellement rebrodés, ont été découpés puis recousus sur un nouveau tissu. Le galon à franges d’origine, encore impeccable, lui, a pu être récupéré.

Montant de cette première facture : un petit millier d’euros. Seulement voilà… « A bien y regarder, l’état de l’étendard est bien plus préoccupant que ce qu’il n’y paraissait. » Et le devis d’une restauration complète, comprenant cette fois une réfection de toutes les broderies, avoisine les 3 500 €. «Avant de nous engager, nous aimerions en connaître l’origine avec certitude », avance sagement Bernard Poret. Celui qui préside la Société depuis 2009 lance donc un appel à tous les Rémois, passionnés comme lui d’histoire et de patrimoine, afin d’en savoir plus. «Si quelqu’un a des informations ou possède des photos de cet étendard sur plaque de verre, qui auraient pu être prises avant la Grande Guerre, cela nous intéresse.» Les Amis de la Cathédrale sont bien en possession de quelques indices (lire ci-contre), mais rien qui puisse leur apporter, encore, des certitudes. À vos archives !

Une étoffe réalisée à la fin du XIX e siècle… en Angleterre


La statue de Jeanne d’Arc a été inaugurée en 1909. C.L.

Selon les artisans chargés de sa restauration, l’étendard aurait été réalisé à la fin du XIX e siècle. Il est donc antérieur à la statue. Et d’après les techniques de broderie utilisées, ceux-ci ont une certitude : il a été fabriqué, comble de l’histoire, en Angleterre. Lorsque les brodeuses ont « démonté » la pièce de tissu, elles ont trouvé les motifs peints sur l’envers de la soie. «Parfois, on s’aperçoit que les couleurs ne sont plus les mêmes entre le motif peint et la broderie, soit elles n’ont pas été respectées dès la conception, soit elles ont déteint. » Autre élément mis au jour: les lettres « PR Degraisse » inscrites au dos de la toile. « S’agit-il d’un nom, d’une recommandation ? », s’interroge Bernard Poret. Par ailleurs, les Amis de la cathédrale disposent d’un tableau réalisé juste après l’inauguration de la statue à la demande d’Henri Abelé et d’une carte postale datant de 1917. Les deux documents montrent la statue et son étendard. Sur le premier, les motifs du drapeau ne sont pas détaillés, mais la hampe et le format pourraient correspondre. Sur le second, les broderies sont identiques à l’actuel, mais pas les attaches en tissu sur la hampe… « Nous avons également un écrit indiquant que lors de l’inauguration en 1909, la statue, puis l’étendard ont été bénis. Le peintre ne l’a donc pas inventé. » Un doute demeure : « Et si l’original avait été caché pendant la guerre et remplacé par une copie ? » Bref, un cliché d’avant-guerre permettrait de clore une fois pour toutes cette enquête historique.

Renseignement au 06 76 62 73 53.

ALICE RENARD

Extraits de l' union du 26/06/2018

    

     

  Répertoire   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Une pièce archéologique de premier choix 


La découverte de ce culot a été faite en mars dernier. Jusqu’à aujourd'hui le secret avait été bien gardé afin d'éviter le même s’il faut être équipé pour soulever ce bloc d'une tonne et demie.

LA FERTÉ-MILON

Ils savaient qu’ils allaient très certainement trouver quelques petites choses, mais une découverte d’une telle ampleur, les archéologues du Département n’en font pas tous les jours. À l’occasion de la campagne de fouilles au château de la Ferté-Milon (en partie détruit puis reconstruit par le duc d’Orléans à partir de 1399), c’est une page d’histoire qui est réécrite. Le site n’avait jamais vu l’ombre d’une pelle ou d’une truelle d’archéologue. « Nous savions qu’il y avait eu une forteresse jusqu’à la fin du XIV e siècle et ensuite nous pensions qu’il n’y avait qu’une façade reconstruite. Dans les faits, en fouillant, nous nous sommes aperçus que le sous-sol était terminé, ainsi que le premier étage avec notamment une salle d’apparat » , détaille Thierry Galmiche, responsable du pôle archéologique de l’Aisne, qui a travaillé sur le chantier. Le spécialiste peut en dire autant car, en mars dernier, l’équipe a trouvé un culot de pilier sculpté, très bien conservé, d’une finesse assez exceptionnelle. La pièce, d’un poids d’une tonne et demie, est l’œuvre de sculpteurs qui auraient aussi travaillé au château de Pierrefonds, dans l’Oise, puisque lui aussi est l’œuvre des architectes et tailleurs de pierre du duc d’Orléans. « Cette pièce figure un homme et une femme et tous deux tiennent un collier. Pour l’instant, nous ne connaissons pas la symbolique de cette représentation. Cela a mis tout le petit monde de l’archéologie en effervescence. Chacun cherche ce à quoi cela peut correspondre. C’est là que notre travail est complémentaire de celui des historiens. À partir de certains écrits, nous pouvons mieux comprendre les découvertes, et les découvertes permettent d’affiner les écrits. Toujours est-il que la sculpture est remarquable de finesse. Après avoir complètement dégagé le bloc, il a fallu le sortir et le transporter dans nos bâtiments à Laon. Ce ne fut pas une mince affaire, mais nous y sommes arrivés grâce à une entreprise spécialisée et aux collègues de la voirie départementale qui ont des moyens que nous n’avons pas. » C’est ainsi que le fameux culot est aujourd’hui dans la salle de médiation du pôle archéologique, prêt à se dévoiler au public, ce dimanche 17 juin (de 10 heures à 18 heures) pour les journées nationales de l’archéologie.D’autres découvertes viendront peut-être s’ajouter sur le chantier archéologique de ce château resté inachevé, puisqu’en 1407 le duc d’Orléans est assassiné et le chantier est arrêté. Puis un siège d’Henri IV contre les ligueurs le détruit en partie. Il ne restera que la fameuse façade, qui fut longtemps le seul témoignage et le seul support d’étude pour les historiens. Grâce aux archéologues, ce n’est désormais plus le cas.

Samuel PARGNEAUX

Extraits de l' union du 13/06/2018

    

     

  Répertoire   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La folie médiévale est de retour

Les fêtes médiévales battent leur plein dans la région.  Un rendez-vous dont  le succès ne se dément pas. 


100000 personnes sont attendues lors des fêtes johanniques de Reims, les 2 et 3 juin prochain.
Christian Lantenois


La 23e édition du festival médiéval de Sedan se déroulera les 26 et 27 mai.
Aurélien Laudy


À Laon, l’heure de la ripaille est programmée les 2 et 3 juin.

L’ESSENTIEL

*.- TROUBADOURS, CRACHEURS DE FEU, compagnies de danseurs, cuisiniers spécialisés dans les recettes anciennes, artisans travaillant le bois, le fer ou le cuir, combattants en armures…

*.- LES FÊTES MÉDIÉVALES, à base de reconstitutions historiques et de spectacles typiques du Moyen Âge, se multiplient ainsi dans la région avec une dizaine de rendez-vous programmés d’ici la fin août dans l’Aisne, la Marne et les Ardennes.

PLUS DE 30 000 VISITEURS ATTENDUS À SEDAN

La 23 e édition du festival médiéval de Sedan se déroulera les 26 et 27 mai dans le plus grand château fort d’Europe. Une date décalée cette année en raison du week-end de la Pentecôte. Habituellement, le festival est en effet organisé le troisième week-end de mai. Trop d’événements s’y déroulaient en 2018, avec notamment la Fête de la bière à Charleville-Mézières ou encore un grand rendez-vous médiéval près de Bruxelles. Ce décalage ne devrait rien gâcher du festival sedanais qui, l’année dernière, avait battu des records de fréquentation : 30 000 visiteurs alors même que les tarifs d’entrée avaient été augmentés.

L’édition 2018 s’annonce encore très animée avec plus d’une centaine d’échoppes sur le marché médiéval, le traditionnel tournoi de chevalerie, une Accrotour médiéval de 8 mètres de haut, le grand cortège et ses 400 participants à travers la ville, les spectacles de feu… Pendant deux jours, les visiteurs flâneront ainsi au gré des campements, spectacles, lieux d’expositions sur la vie quotidienne tandis que plus d’une vingtaine de troupes animeront en permanence le château et ses alentours, des musiciens aux animations de rue en passant par les démonstrations de combats et les cracheurs de feu…

PAR MILLIERS À REIMS POUR JEANNE ET CHARLES

Les Fêtes Johanniques 2018 se dérouleront cette année les 2 et 3 juin, à l’ombre de la Cathédrale de Reims. Une fête qui permet de célébrer le sacre de Charles VII, conduit par Jeanne d’Arc le 17 juillet 1429 jusqu’à la cathédrale de Reims. 100 000 personnes y assistent chaque année, faisant de ce rendez-vous l’un des plus importants du genre en France.

Et comme on ne change pas une recette qui gagne, musiciens et artisans médiévaux, troupes, campements et spectacles prendront place cette année encore au pied de la cathédrale et à ses abords.

On notera parmi les temps forts le fameux cortège du sacre dont le défilé est prévu dimanche après-midi. Depuis quelques années, sécurité oblige, il ne sillonne plus une partie du centre-ville mais est concentré sur la rue Libergier qui remonte vers la cathédrale. 400 figurants escorteront à cette occasion Jeanne d’Arc et Charles VII jusqu’au parvis de la Notre-Dame. À signaler également, la veille, samedi à partir de 21h15, un défilé au flambeau de Jeanne en armure accompagnée de Charles VII et de sa cour. Suivra à 21h45 un spectacle avec une Jeanne d’Arc en 3D qui racontera son histoire, puis enfin, vers 22h10 un cabaret médiéval. Autant de spectacles qui sont tous gratuits.

DES TROUPES LE LONG DES REMPARTS DE LAON

Le même week-end que les Fêtes Johanniques à Reims, la ville de Laon accueille le long des remparts de sa citadelle des troupes médiévales qui vont établir leurs campements et proposer de nombreux ateliers et activités pour toute la famille. Des compagnies de théâtre de rue, de marionnettes, des jongleurs, des échassiers ou encore des musiciens (scandinaves, traditionnels…) sont attendues aussi les 2 et 3 juin sur les hauteurs de la ville préfecture où près de 15000 curieux devraient se presser.

À retenir parmi les temps forts, les Chevaliers de la montagne couronnée qui se défieront par équipe dans des jeux de tournois à cheval, des combats à l’épée et des joutes. À signaler aussi, le samedi, en fin de journée, la parade des troupes dans les rues à l’occasion du défilé costumé.

Preuve du succès de ces journées, les Médiévales de Laon sont en compétition, face à vingt-cinq autres événements en France, dont les fêtes Johanniques de Reims, pour le Grand Prix Télé-Loisirs dans la catégorie Fêtes et festivals.

1500 e anniversaire de la mort de saint Berthauld

L’association de sauvegarde du patrimoine de Chaumont-Porcien, dans les Ardennes, organise les 16 et 17 juin, une fête médiévale à l’occasion du 1500 e anniversaire de la mort de saint Berthauld. C’est à ce moine irlandais que l’on doit l’évangélisation du Porcien à la fin du V e siècle. selon la légende, il aurait vécu dans un ermitage au sommet d’une butte à l’entrée de Chaumont-Porcien. Différentes animations médiévales sont prévues ce week-end du 16 et 17 juin pour célébrer cet anniversaire. Un véritable petit village médiéval sera aménagé pour replonger au temps où saint Berthauld serait arrivé en barque, par l’Aisne, depuis son pays natal.

Week-end et marché médiévaux

Un week-end médiéval est organisé à Orbais-l’Abbaye les 7 et 8 juillet avec des festivités qui ont lieu au pied de l’Abbaye Saint-Pierre d’Orbais, datant du XII-XIII essiècles. Le même week-end, toujours dans la Marne, une fête et un marché médiéval est proposé à Mareuil-en-Brie. En août, c’est le site de Monampteuil, dans l’Aisne, qui du 11 au 19 août accueillera un rassemblement multi-époque avec notamment plus de 600 médiévistes.

CHEZ NOS VOISINS BELGES

Le château de la Roche-en-Ardenne (Belgique) propose chaque premier week-end d’août (4 et 5 août cette année), une fête historique avec de nombreuses animations autour du Moyen-Âge. La semaine suivante, les 11 et 12 août, ce sera la 33 eédition de la fête médiévale de Bouillon à la frontière belge. Des spectacles de rues ont lieu les deux jours un peu partout dans le centre-ville. Le soir, la fête continue au cœur même du château fort.

COUCY-LE-CHÂTEAU REMONTE LE TEMPS

Après « Coucy la Marveille, Sortilège » l’an passé, l’association de mise en valeur du château de Coucy, dans le nord de l’Aisne propose cet été un nouveau spectacle cette année intitulé « Les portes du temps », un voyage à la découverte de l’histoire de la cité de Coucy de Cro-Magnon aux poilus des tranchées ! Rendez-vous les 29 et 30 juin, 6 et 7 juillet, 13 et 15 juillet, 20 et 21 juillet.

En Images

NOUVELLE FORMULE POUR LES DUCALES DE GUISE

Habituellement organisées le premier week-end d’août, les Ducales de Guise (Aisne) auront désormais lieux à la mi-juin. Un changement de date qui devrait permettre d’impliquer d’avantage les scolaires. Rendez-vous 15, 16 et 17 juin dans l’enceinte du château fort du nord de l’Aisne pour des spectacles, marchés d’artisans, combats de chevaliers, campements… À noter qu’un nouvel événement est créé début août afin de continuer à animer la ville durant la période estivale. Programmées les 4 et 5 août, les Du’Celtiques élargiront la fête médiévale au monde celte.

900 ans de l’abbaye de Trois-Fontaines

Située dans le sud-est marnais, l’abbaye cistercienne de Trois-Fontaines célèbre cette année ses 900 ans. Le week-end du 30 juin et 1 er juillet sera le point d’orgue de cet anniversaire avec notamment la présence d’artisans médiévaux et du patrimoine, des visites guidées, une conférence-concert, une cérémonie religieuse et un grand spectacle pyrotechnique musical. Les festivités se clôtureront le 6 octobre à la collégiale Notre-Dame de Vitry-le-François, soit quelques jours avant la date officielle de la fondation de l’abbaye.

Provins, la plus grande fête médiévale de France 

Les 35 e médiévales de Provins (Seine-et-Marne) se déroulent les 9 et 10 juin au cœur de la cité inscrite depuis 2001 au patrimoine mondial de l’Unesco. Le thème de cette nouvelle édition sera « Des hommes et des bêtes » avec notamment une mise en avant des Foires de Champagne telles qu’elles étaient célébrées aux XII e et XIII esiècles. Au programme, troubadours, saltimbanques, spectacles sans oublier le traditionnel bal et concert médiéval. Côté musique, carte blanche a été donnée à Luc Arbogast (photo Ph. Prevet).

Grégoire AMIR-TAHMASSEB

Extraits de l' union du 20/05/2018

    

     

  Répertoire   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Des ruines de châteaux bichonnées

Les nombreux châteaux médiévaux en ruine-des Vosges alsaciennes ont une petite armée de bénévoles pour veiller sur leurs vieilles pierres longtemps délaissées.


De nombreuX murs de châteaux ont été sauvés par les bénévoles, sans qui des tours el des fenêtres ne sont plus là aujourd'hui AFP

Pour doper le tourisme autour de ces châteaux, une association prévoit, d'ici à l'été 2016, un itinéraire de randonnée balisé de 450 km pour relier 80 ruines

En grimpant le sentier forestier escarpé menant au château du Schoeneck, dans les Vosges du Nord près de Dambach, dans le BasRhin, le ronronnement d'un générateur se fait entendre, puis une bétonnière apparaît Le château, dont les origines remontent au XII' siècle et qui avait été démantelé en 1680, est de nouveau en chantier. C'est comme un gros puzzle « car même si le donjon, plusieurs tours et murs ont disparu, il le Schoeneck a la particularité d'avoir encore toutes ses pierres Il tombées autour de son éperon de grès rougeâtre, explique Gilles Becker, vice-président de l'association « Cun Ulmer Grün », qui entretient et consolide le site depuis quinze ans.

Ce maçon de 38 ans montre fièrement les réalisations de son association : débroussaillages, car « la végétation c'est beau mais ça fait beaucoup de dégâts », consolidation de murailles avec de nouveaux joints de mortier à la chaux ... Des membres de l'association travaillent sur place tous les week-ends. « En hiver, on creuse, on débroussaille, on fouille. En été, on maçonne », explique M. Becker. Mais même à ce rythme-là, « on en a encore pour 50 ans ! » estime Jean, 64 ans, un autre bénévole.

Vestiges peu visibles au milieu d'une jungle d'orties et de ronces

 Si le Haut-Koenigsbourg, restauré au début du XX° siècle quand l’Alsace faisait partie de l'Empire allemand, draine chaque année plus d'un demi-million de visiteurs, le charme plus pittoresque des quelque 80 ruines de châteaux de montagne en Alsace séduit un nombre croissant de randonneurs. D'autant que leur accès est très souvent libre et gratuit. Pourtant au début des années 2000, « leur état était assez alarmant : en dehors des chemins d'accès, entretenus par le Club Vosgien, vous étiez dans des jungles, avec des vestiges très peu visibles qui émergeaient de temps en temps des ronces et des orties », raconte Mathias Heissler, architecte du patrimoine au conseil départemental du Bas-Rhin.

Le département a mis en place depuis 2002 un dispositif de « veilleurs » bénévoles, un par ruine, afin de signaler aux autorités compétentes toute évolution ou dégradation nouvelle. Le Haut-Rhin s'apprête à mettre en place un observatoire similaire.

Pour aller plus loin, plusieurs de ces veilleurs ont fondé des associations de protection du patrimoine castrai régional. Elles sont aujourd'hui une quinzaine, fortes de 360 bénévoles actifs et regroupées dans un réseau, « Châteaux forts vivants » pour gagner en visibilité et harmoniser leurs procédés.

Des « ateliers bâtisseurs » ouverts à tous

Certaines associations organisent chaque été des « ateliers bâtisseurs » ouverts tous, pour faire découvrir leur travail. et susciter des vocations. Elles financent leurs travaux par de petites subventions, des dons de visiteurs et du mécéna d'entreprise.

Tout doit cependant se faire dans les règles de l’art. Les chantiers nécessitent l’aval du propriétaire du terrain et sont définis avec la Direction régionale des affaires culturelles (Drac) tandis que tout sondage archéologique implique supervision scientifique.

Extraits de l' union du 18/08/2015 

    

     

  Répertoire   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Dans les entrailles de la ligne Maginot

Ardennes -  L’ouvrage de La Ferté est le premier fort de la ligne Maginot. Tragique, son histoire est aussi atypique.


La chambre de tir est équipée d’un canon antichar pouvant être remplacé par un jumelage de mitrailleuses.


Dans les blocs de la galerie souterraine, on enregistre une température constante de 15°c et 18°c.


Au cours de la visite, les plus téméraires pourront monter jusqu’en haut d’une tourelle

Voici plus de six heures que nous portons le masque à gaz… une fumée épaisse a envahi la galerie… les générateurs se sont arrêtés… n’avons plus de lumière… la situation est angoissante… le lieutenant est avec moi… allons essayer de remonter…» Nous sommes le 19 mai 1940, il est 5 h 39. C’est le dernier appel téléphonique passé depuis l’ouvrage de La Ferté, premier fort de la ligne Maginot, dans les Ardennes. Ensuite, plus rien.

Les troupes allemandes devront attendre trois semaines pour explorer l’ouvrage qu’elles viennent de prendre. « Elles y sont entrées avant, mais ne sont restées que quelques secondes en raison des gaz toxiques qui ont tué tout l’équipage du 155 e Régiment d’infanterie de forteresse, soit 107 hommes âgés de 18 à 39 ans », détaille Rémi Dupont, l’un des guides qui fait découvrir aux visiteurs les deux blocs et la galerie souterraine, restés dans leur jus depuis toutes ces années.

UN VILLAGE SOUTERRAIN AUTONOME

L’ouvrage de La Ferté avait pour vocation de protéger les deux voies d’accès en direction de Verdun. L’équipage en prend possession en janvier 1938. «C’est en quelque sorte un village souterrain, les soldats peuvent y vivre dans l’autonomie la plus totale entre 45 et 90 jours », raconte Rémi Dupont.

À l’intérieur, l’alimentation en électricité est assurée par deux moteurs diesel, toujours en état de marche. «Il ne fallait que trois litres de gazole pour une heure d’utilisation, ce qui est très peu. » La ressource en eau est presque inépuisable puisque le fort est construit au-dessus d’une nappe phréatique.

On y trouve une salle de ventilation – « le poumon du bloc » avec la présence de nombreux filtres à air - des dortoirs, un central téléphonique, une cuisine, une infirmerie ou encore des sanitaires.

La plupart des corps ont été ensevelis dans une fosse commune par les Allemands au village de Villy. Les 17 qui manquaient ont été retrouvés en 1973, dans un trou d’obus

La campagne de France débute le 10 mai 1940 et dès le 16, les Allemands commencent à pilonner les deux blocs. Cela va durer trois jours et trois nuits. Ils détruisent le village fortifié de Villy, puis encerclent l’ouvrage.

Pendant un bombardement, des soldats parviennent à s’approcher de la cloche qui par malchance est restée bloquée en position haute. «Ils posent des charges explosives, dont on voit encore l’empreinte, sur les créneaux de tir. La cloche de trois tonnes se serait élevée d’un mètre avant de retomber. Ils lancent alors des grenades et autres explosifs qui vont faire exploser le stock de munitions se trouvant juste à côté. La porte blindée étanche est soufflée, le mur bétonné s’effondre. L’explosion produit du monoxyde de carbone. »

Les soldats français mettent leurs masques à oxygène et se réfugient dans la galerie souterraine, trente mètres plus bas. Ils attendent l’ordre de sortir. Il ne viendra jamais. Tous vont mourir asphyxiés.

La plupart des corps seront évacués par les Allemands et ensevelis dans une fosse commune à Villy. Les 17 qui manquaient à l’appel (parmi lesquels celui du commandant de l’ouvrage, le lieutenant Maurice Bourguignon) seront retrouvés en 1973, sur les indications d’un soldat allemand : ils avaient été ensevelis dans un trou d’obus, devant le bloc nº 2.

DE NOMBREUSES ANECDOTES PONCTUENT LA VISITE

La visite guidée dure deux heures, que l’on ne voit pas passer. Elle commence par la découverte de la pièce, complètement ravagée, qui accueillait le stock de munitions. On découvre ensuite la chambre de tir équipée d’un canon antichar de 47 mm et en état de marche « même si certains éléments ont été enlevés pour des raisons évidentes de sécurité », précise Rémi Dupont qui vous racontera mille anecdotes, comme cette astucieuse goulotte. «Grâce à cet équipement, la grenade explose trois secondes après avoir été dégoupillée. Elle tombe dans le fossé qui entoure les blocs si bien qu’il est impossible pour l’intrus de la jeter, il est pris au piège. »

Il vous emmènera ensuite voir les dortoirs, où un lit était prévu pour trois soldats qui dormaient en alternance, toutes les 8 heures. Seuls les officiers et les sous-officiers avaient un lit qui leur était réservé. La chambre du lieutenant Bourguignon est encore intacte avec son lit, son téléphone et son bureau, là même où il a été retrouvé mort, asphyxié lui aussi.

Commence ensuite la descente vers la galerie. En bas, on découvre la cuisine équipée d’une énorme cuisinière Arthur Martin. L’infirmerie ensuite, occupée alors par le médecin Henri Fontaine et l’infirmier Henri Darchu. Puis la fameuse galerie, où les corps des 90 soldats portant encore leur masque à oxygène ont été retrouvés.

Impossible de ne pas penser à eux à ce moment de la visite, qui se terminera par la découverte du mécanisme, encore intact lui aussi, des tourelles.

Que l’on soit jeune ou vieux, passionné par l’histoire ou simplement curieux, l’ouvrage de La Ferté est à voir absolument. Et ce n’est pas qu’une expression.

5 176 - Cela correspond au nombre de personnes qui ont visité l’ouvrage de lLa Ferté en 2016

 

L’ouvrage en chiffres


Pour rejoindre la galerie souterraine, il faudra descendre 130 marches... puis les remonter ! 

4 C’est le nombre d’années qui ont été consacrées à sa construction. De 1935 à 1938, le gros œuvre est réalisé par des ouvriers recrutés sur place. La plupart sont des Français mais on trouve aussi quelques Belges et des Italiens. Le site étant classé « secret défense », ils font au préalable l’objet d’une enquête de moralité et l’on s’intéresse à leurs opinions politiques. Il faudra une année supplémentaire pour réaliser les finitions.

2,50 mètres Cela correspond à l’épaisseur de la dalle de béton au sol. Le mur arrière de l’ouvrage fait 1,10 m d’épaisseur et le mur avant, situé face à la frontière belge, 2,75m.

30 mètres C’est à peu près la profondeur de l’ouvrage, l’équivalent de 6 à 7 étages.

130 C’est le nombre de marches qu’il faudra descendre pour arriver au niveau le plus bas… et ensuite remonter : un emplacement avait été prévu pour un ascenseur mais le temps a manqué pour le mettre en place.

280 mètres Cette distance correspond à la galerie souterraine qui permet de relier entre eux les deux blocs.

1,5 km de rails antichars est toujours visible autour des deux blocs. Il s’agit de rails enterrés à différentes profondeurs, sur cinq rangées, et réputés infranchissables par les chars qui basculeraient en essayant de passer.

109 À l’origine, la ligne Maginot, longue de 700 km, comptait 109 forts. Une vingtaine d’entre eux sont visitables aujourd’hui. Seuls deux sont restés dans leur état d’origine, celui de La Ferté et celui de Fermont (Meurthe-et-Moselle).

LES AUTRES POINTS

Pratique 

L’ouvrage se situe à La Ferté-sur-Chiers (Ardennes), à 30km de Sedan. Il est ouvert tous les jours, du 15 mars au 15 novembre. Les visites se font uniquement avec un guide, du lundi au samedi à 14 et 16 heures. Les dimanches, jours fériés, en juillet et en août, visites à 14, 15 et 16 heures. Tarifs : 6 € pour les adultes et 3 € pour les moins de 14 ans. Renseignements au 03 24 5297 47.

MUSÉE

Le bâtiment d’accueil, ouvert dès 10 h 30, est en accès libre. Un petit musée y a été aménagé. On peut y voir l’uniforme du commandant de l’ouvrage, le lieutenant Maurice Bourguignon, le képi du médecin Hervé Fontaine et aussi toutes sortes d’objets qui proviennent tous de l’ouvrage : du matériel de l’infirmerie, des armes, des gamelles. Un film retraçant l’histoire du fort est également projeté.

UN AUTRE SITE À DÉCOUVRIR

Rémi Dupont, guide de l’ouvrage de La Ferté, recommande vivement la visite de la citadelle de Montmédy située à une quinzaine de kilomètres, dans la Meuse. Elle a été construite au XVI e siècle, sous le règne de Charles Quint.

Faisant partie des Pays-Bas espagnols, elle a été assiégée par les troupes de Louis XIV pour devenir française en 1659. Au XVII e siècle, Vauban effectua des modifications majeures en accord avec ses propres principes défensifs et à partir de 1870, ce fut Séré de Rivières qui l’aménagea.

Également à découvrir à proximité : le Musée de la fortification qui retrace l’évolution des systèmes défensifs depuis les invasions romaines en Gaule jusqu’au XVIII e siècle ainsi que le musée du peintre meusien Jules Bastien-Lepage.

3 Questions à


René Dupont
Guide à l’ouvrage de La Ferté

“Bizarrement, l’attaque l’a préservé”

Comment expliquer que cet ouvrage n’ait pas été détruit par les Allemands ?

Les Allemands vont faire de sa prise un outil de propagande. Ils vont dire que c’est le plus grand fort de la ligne Maginot, alors qu’en réalité, c’est l’un des plus petits. Durant l’été 1940, un film de propagande est même tourné ici, sous l’impulsion de Goebbels, pour renforcer le mythe de l’invincibilité du III e Reich. Bizarrement, l’attaque de cet ouvrage l’a préservé car les Allemands vont en quelque sorte en faire un musée, ils ne vont toucher à rien. D’ailleurs, toutes les photos anciennes dont nous disposons ont été prises par les Allemands, les Italiens et les Hongrois.

À la fin de la guerre, que se passe-t-il ?

De 1947 à 1973, le site est géré par l’armée française. Il est restauré, mais très peu en réalité car on estime qu’il est dans son état d’origine à 90 %.

Ce fort aurait pu être détruit, mais on a sans doute pensé qu’il pouvait encore servir…

À partir de quand le Comité du souvenir des défenseurs de Villy-La-Ferté a-t-il pris le relais ?

L’association a été créée dans les années 70, elle compte à ce jour une quarantaine d’adhérents. Dès 1947, des visites du site étaient organisées, cela ne s’est jamais arrêté. Toutefois, elles ont pris un réel essor il y a cinq ans seulement.

Lucie LEFEBVRE

Extrait de l'union du 23/07/2017

    

     

  Répertoire   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 Chirurgiens esthétiques des tapisseries d’antan

En Belgique, à la Manufacture royale De Wit à Malines, de prestigieuses œuvres d’art sont patiemment nettoyées,  restaurées et renforcées pour résister à l’usure du temps.


La Manufacture teint elle-même les fils de soie et de coton, au moyen de pigments synthétiques. AFP

Dans cette cité flamande, des artistes de la restauration sont chargées d’une chirurgie reconstructrice respectueuse de l’histoire. Leur patience et leur concentration sont exemplaires, aussi peuvent-ils rester un an sur une même tapisserie, avec un fil et une aiguille, pour faire disparaître les vilaines traces de leur âge.

Le Louvre, le Metropolitan Museum de New York, L’Hermitage de Saint-Petersbourg confient aux praticiens belges leurs plus belles tapisseries en fils de coton et de soie, en fils d’or et d’argent. C’est ainsi que la « Dame à la licorne » de l’hôtel de Cluny à Paris ou des « Chasses de Louis XV », signées de la manufacture des Gobelins du Château de Compiègne, y ont été hospitalisées. La Manufacture De Wit est le premier restaurateur de tapisseries anciennes au monde. Elle travaille depuis douze ans, sur la plus grande tenture ancienne conservée à ce jour : un ensemble de vingt-neuf tapisseries de Saint-Jean de Malte.

DES CENTAINES DE PATIENTS

Ces tapisseries flamandes du XVII e siècle représentent la vie du Christ d’après des cartons de Rubens et sont acheminées par paires en Belgique. Une fois à Malines, elles sont dépoussiérées, nettoyées au moyen d’un brumisateur géant, séchées avec délicatesse, puis consolidées et restaurées. Un chantier d’au moins un million d’euros.

Pour ne pas subir la crise de l’industrie textile en Europe, la Manufacture a choisi, il y a une quarantaine d’années, de mettre son savoir-faire artisanal au service d’un marché à niches exigeant une haute valeur ajoutée. «Nous avons innové dans différents domaines » dont «le plus connu » est celui du «nettoyage de la tapisserie ancienne avec une méthode d’aspiration et d’aérosols très efficace et respectueuse des fibres protégées contre toute torsion » , explique le directeur.

La démarche scientifique de la Manufacture De Wit, répond à un cahier des charges. Chaque phase de travail est consignée et documentée avec minutie. Elle fait référence et garantit le sérieux et le niveau d’exigence attendus. L’établissement a encore développé une expertise pour décrocher les tentures monumentales, un travail complexe en raison des dimensions, du poids et de la fragilité des fibres utilisées. Yvan Maes De Wit cite l’opération inouïe qu’il a ainsi préparée pour décrocher, à l’aide d’échafaudages géants, une tapisserie de 9 mètres sur 14, accrochée à 25mètres de hauteur dans le hall d’entrée des Nations unies à New York !

UNE EXTRÊME PRÉCISION

Dans l’atelier où sont installés d’impressionnants métiers à tisser, les praticiens travaillent concentrés et en silence.

Ces couturières si particulières aux mains de fées ont l’ « œil pour la couleur » . Il faut savoir que la Manufacture teint elle-même les fils de soie et de coton qu’elle emploie, au moyen de pigments synthétiques, « afin de respecter les coloris des tapisseries et en garantir la qualité » , précise-t-on. Ainsi, le vert, dont la présence est fondamentale et habille les motifs végétaux à l’origine très vif des tapisseries, passe avec le temps pour devenir « caca d’oie » . Eh bien, la Manufacture dispose d’une palette qui lui assure une série de tonalités et de variantes à même de respecter la couleur d’origine. Une belle médecine qui atteste un savoir-faire exceptionnel, au service du patrimoine mondial, dont la préservation garantit la compréhension de l’évolution des modes d’expression.

Extrait de l'union du 31/05/2017

    

     

  Répertoire   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Sur les traces d'Egon Pfende

Porter un autre regard sur la Seconde Guerre mondiale, en utilisant l'image et le parcours de soldats à partir d'une iconographie inédite est une réussite


Le pont de la gare à Sedan, vu ici dans le prolongement de l'avenue Philippoteaux, depuis l'est, a été détruit par le génie français le 12 mai 1940 afin d'empêcher la progression des chars allemands vers l'ouest. Egon Pfende

Pour donner de la cohérence à son projet, Hans-Jürgen Schneider s'est appuyé sur les clichés réalisés par le jeune soldat Egon Pfende qui montrent d'abord son séjour dans l'Eifel et le Palatinat durant la drôle de guerre, puis décrivent et illustrent son parcours lors de l'attaque aéro-terrestre de la Luftwaffe et de la Wehrmacht déclenchée le 10 mai 1940. Le soldat, qui traverse les Ardennes et la Marne avant de rejoindre la Normandie, atteste par ses photographies l'ampleur des destructions provoquées par cette nouvelle guerre

UN AUTRE REGARD SUR LA GUERRE

Deux des cinq ouvrages prévus sur le sujet sont parus dans cette collection Le regard des autres. Le premier volume s'intitule « Attente dans l'Ouest allemand et entrée au Luxembourg (1939-1940) » et le deuxième « les débuts de l'Occupation entre le Luxembourg et la Normandie ». Toutes les images soigneusement classées et présentées sont commencées par Valentin Schneider, 33 ans, docteur en histoire contemporaine et docteur en sciences politiques et relations internationales, spécialiste de la présence allemande en France durant et après la Seconde Guerre mondiale. Les volumes 3, 4 et 5, respectivement consacrés à « Saint-André-sur-Orne et la plaine de Caen (1940-1941) », « De la plaine de Caen au Cotentin (1941) », « Du Cotentin aux îles anglo-normandes », « de Douai à la Provence (1941-1943) » sont en préparation. C’est avec le concours de l'un de ses collègues de l'université de Caen que le docteur Schneider a mesuré en 2013, la grande valeur d'une collection privée dans laquelle se trouvait un fonds comprenant plus de 1.600 négatifs en noir et blanc. Ce sont ceux d'Egon Pfende, un jeune photographe né en août 1920 à Neisse. Il a été engagé volontaire dans la Luftwaffe au service de construction après six mois de service du travail obligatoire du Reich. Après la guerre, il obtiendra un doctorat en science de l'ingénieur.

Les photographies du jeune Egon Pfende sont mises en valeur par le travail soigné de Valentin Schneider

L'identification des lieux pris en photo par Egon Pfende a demandé un travail considérable mais il a été mené à bien et les comparatifs proposés dans le premier volume qui concernent les Ardennes, Sedan puis Tannay, dans le Vouzinois sont parfaits. Le travail de Valentin Schneider est soigné, précis, pédagogique et il offre un regard sur la guerre auquel on n'est pas habitué

Les lecteurs champenois apprécieront les chapitres consacrés à l'arrivée des forces d'invasion dans le Sedanais puis leur déplacement en direction du Vouzinois avec des images que l'on reconnaît très bien lorsqu'on connaît la route entre Sedan et Vouziers, des communes comme Le Chesne, Tannay, jusqu'aux portes de Reims avec une arrivée via la route de Luxembourg. De belles vues concernent des secteurs de Bétheniville puis de Cernay-les-Reims avant J'entrée dans Reims et la découverte d'un pont hors service. Egon Pfende continue jusqu'en Normandie et utilise toujours à bon escient son déclencheur pour immortaliser des scènes quotidiennes dont l'exode n'est pas absent. Il y a aussi beaucoup de portraits tendres qui sont éloignés du chaos de la guerre. À lire et à visualiser. Tous ceux qui sont passionnés par l'histoire de la Seconde Guerre mondiale y trouveront de l'inédit et d'authentiques documents.


L'église et le monument aux morts du Chesne ont été sévèrement touchés par les bombardements allemands de mai 1940.


Armement français abandonné à Cernay-les-Reims, à l'actuel numéro 21 de la rue de Luxembourg.

HERVÉ CHABAUD

Le regard des autres, la collection inédite Egon Pfende,

Volume 1 : Attente dans l'Ouest allemand et entrée au Luxembourg (1939-1940), Schneider Media, 128 pages, 239 photos noir et blanc inédites, 19,90 euros.

Volume·2 : Les débuts de l'Occupation, entre le Luxembourg et la Normandie (1940), Schneider Media, 128 pages, 231 photos noir et blanc inédites, 19,90€

Extrait de l'union du 12/02/2017

    

     

  Répertoire   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Plus qu'un fac-similé, c'est une œuvre

« Lascaux -4 » a reçu la visite de François Hollande avant son ouverture au public


La nouvelle réplique « Lascaux-4 » ouvrira ses portes au public le 15 décembre 2016

Le chef de l'État a expérimenté la visite « immersive» de la reproduction de la grotte, effectuant le parcours tel qu'il sera proposé aux visiteurs à partir de la semaine prochaine, « C'est plus qu'un fac-similé, c'est une œuvre ! », s'est félicité le chef de l'État, s'informant sur la datation de la grotte, peinte il y a environ 18.000 ans, sur les techniques utilisées à l'époque et sur les technologies mises en œuvre pour cette reproduction à 100% et à l'échelle réelle.

Le chef de l'État a d'ailleurs reçu en cadeau un fac-similé d'une trentaine de centimètres reproduisant un dessin d'oiseau présent dans la Salle du puits de la grotte, une reproduction réalisée par l'équipe de l'Atelier des fac-similés du Périgord, qui a relevé le défi scientifique et artistique de reproduire intégralement, le joyau préhistorique, À son arrivée, François Hollande a dévoilé une plaque, inaugurant officiellement le Centre international d'art pariétal de Montignac, situé sur le versant opposé de la colline où se trouve la grotte originelle,

Pour ce nouveau projet de 8.500 m², à la fois scientifique, artistique et touristique, l'objectif est de faire revivre au visiteur les « mêmes sensations » que les quatre jeunes adolescents qui, croyant dénicher le souterrain d'un château, découvraient l'exceptionnel sanctuaire préhistorique.

66 La Région et le Département ont été les deux plus gros financeurs du budget du Centre international estimé à 57 millions d'euros (66 millions avec les équipements périphériques)

SANCTUARISATION TOTALE OU SITE

Nichée dans un sobre bâtiment de béton et de verre tout en longueur (150 m de long) semi-enterré, qui s'inscrit telle une « faille dans le paysage », la réplique reprend les dimensions, reliefs et couleurs de la grotte originale. Le début de la visite simule l'extérieur de la colline de Lascaux, jusqu'aux aboiements du chien qui avait trouvé l'ouverture éboulée de la grotte. Une fois à l'intérieur, c'est l'obscurité totale, puis le parcours commence avec un éclairage discret, qui s'allume el s'éteint au passage des touristes, guidés par les explications volontairement minimales.

L'objectif de « Lascaux-4 » est aussi d'assurer une  « sanctuarisation totale » du site historique que l’aflux de touristes et de véhicules visitant « Lascaux-2 », à proximité immédiate de la grotte originelle, avait fini par menacer

« Lascaux-2 », un fac-similé de 90 % des fresques, inauguré en 1983 après la fermeture, en 1963, de la grotte originale que l'engouement du public avait dégradée, sera désormais réservé aux visites pédagogiques, Pour l'exploitant du site, Sémitour, l'objectif avec cette nouvelle réplique est d'attirer près de 400.000 visiteurs par an, contre 270.000 par an jusque-là pour « Lascaux-2 », Une exposition itinérante, reprenant l'essentiel des merveilles de la grotte périgourdine, « Lascaux-3 », complète le dispositif.

Extrait de l'union du 11/12/2016

    

     

  Répertoire   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Attila triomphe à La Cheppe

Dans l'imaginaire collectif, la légende du Camp d'Attila a pris le dessus sur l'oppidum gaulois.


L'oppidum de La Cheppe, l'un des mieux préservés en France, une spectaculaire trace archéollll!iqu9 dans la plaine champenoise. Jacques Philippot

La Cheppe dans un brouillard à couper au couteau. Dans les nappes de brume, le site de l'oppidum gaulois dit le Camp d'Attila laisse entrevoir ses profonds fossés, une enceinte talutée et une porte monumentale.

Près du panneau installé par l'AC, l’association« Autour du camp d'Attila », un mât laisse pendre des étoffes bleu turquoise. Depuis une dizaine d'années; le Camp d'Attila est devenu un lieu de pèlerinage pour tous les peuples qui revendiquent l'héritage du chef des Huns: Mongols, Kazakhs, Turcs et Hongrois.

Descendants avérés ou supposés du chef des Huns, ils ont trouvé dans ce coin de la plaine marnaise, à une vingtaine de kilomètres à l'est de Châlons-en-Champagne, un site qu'ils jugent propice à la célébration de la mémoire d'Attila. Dans le volume qu'il publie, l'Inventaire général raconte aussi ce paradoxe.

L'oppidum de La Cheppe est le mieux conservé de tous ceux que l'on connaît dans le nord de la France, explique Michel Chossenot, Maître de conférences honoraire en archéologie celtique et gallo-romaine à l'Université de Reims Champagne-Ardenne, l'homme est l'auteur d'un « Parcours du patrimoine » édité récemment à l'initiative de l'Inventaire général de Champagne-Ardenne. L'archéologie l'atteste cet oppidum a été construit entre 150 et 120 avant J-C. Cet enclos de trente hectares ceint de fossés parfois profonds de 6 m, longé sur un tiers des 2 km de sa circonférence par la rivière La Noblette, cantonné de talus défensifs qui mesurent encore parfois 10m de hauteur a nécessité la mise en œuvre de 15.000 à 25.000 m3 de terre végétale et surtout de craie. Un véritable travail de … Romains !

Son empreinte dans le paysage est telle que la structure est citée dans les textes dès 850 et que les historiens s’y intéressent dès le XVI° siècle

 Le site est alors connu sous le nom de Vetus Catalaunum, le Vieux Châlons, au XIX° siècle il est rebaptisé le Camp d'Attila, à la faveur de ce que l'on sait alors de la bataille des champs Catalauniques, qui marque le coup d'arrêt, en 451, de l'avancée des Huns en Occident. Le site attire alors l'attention du professeur Balogh, de l'université hongroise de Pesth. Après examen des lieux et du mobilier récolté, il atteste du caractère hunnique du site. La venue à plusieurs reprises de l'empereur Napoléon III assiéra le mythe. Le mobilier récolté dans les fouilles qu'il diligente est interprété en ce sens.

Près d'un siècle et demi plus tard, les historiens sont encore partagés sur la localisation du site de la bataille. La plaine de Châlons, ce campus catalaunum, ou la plaine de Troyes et son campus mauriacus ?

Ce qui est certain, c’est que l’analyse globale du site atteste aujourd’hui d’une origine gauloise, La Cheppe est un site défensif gaulois lié au peuple des Catalaunes, vraisemblablement étape d'une route commerciale prospère, de la Méditerranée au nord de l'Europe, explique Michel Chossenot. Une « route du vin », comme semblent l'attester les nombreux fragments d'amphores en provenance de Naples, de Rome et du Latium en général, qu'on trouve dans la région. La réalité est là presque sans aucun doute et qu'importe le sens qu'y trouvent les peuples qui revendiquent l'héritage d'Attila, estime l'archéologue. « Pourvu que le site vive... », estime-t-il.

Les habitants de La Cheppe vont plus loin, qui ont élevé au cœur du village une statue d'Attila. Quant à l'ACA, elle profite de la situation. Elle qui se consacre depuis vingt ans à réhabiliter le site et à accueillir le public, programme aujourd'hui, avec l'accord de la DRAC Grand Est, de nouvelles fouilles archéologiques. Pour découvrir quel était le type d'occupation du site par nos ancêtres les Gaulois ...

Jean-Michel VAN HOUTTE

« La Cheppe, un oppidum gaulois - le Camp d'Attila », dans la collection Parcours du patrimoine, textes de Michel Chossenot, photos de Jacques Philippot - 64 pages, 7 €

 Extrait de l'union du 04/12/2016

    

     

  Répertoire   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Descente avec les pionniers de Lascaux-4

Les tout premiers touristes ont découvert hier la nouvelle réplique du site préhistorique.

« Face à cette merveille reconstituée, c'est un message d'espoir à l'ensemble du monde »
François Hollande, le 10/12/2016

« Très émouvant », « extraordinaire, « impressionnant ». Une cascade de superlatifs, une voix basse comme par révérence pour les lieux, une réelle émotion sur les visages, traduisaient le ressenti des premiers privilégiés à pénétrer Lascaux-4. Les tout premiers, hier matin, étaient les gagnants d'un jeu concours lancé par l'exploitant du site, Sémitour. Puis se sont égrenés, au fil de la journée, des visiteurs payants qui avaient réservé leur billet ces dernières semaines. À la mi-journée, 400 visiteurs avaient déjà été envoûtés, près des 500 à 600 attendus pour cette première journée publique. « C'est très émouvant de voir ceci, et d'être parmi les premiers visiteurs au monde. Vraiment un jour très spécial » s’enthousiasmait une Britannique en visite chez sa famille installée en Dordogne.

DANS LES PAS DES DECOUVREURS

Chaque visite réunit un maximum de 32 personnes accompagnées d’un guide, qui se rendent d'abord sur le toit du sobre bâtiment de verre et de béton du Centre international de l'art pariétal pour une « mise en condition », avec vue sur le relief où est nichée la grotte originale, à moins d'un kilomètre. Puis vient la visite « immersive » proprement dite, dont la scénographie entraîne le visiteur au plus près des émotions ressenties par les quatre adolescents du village de Montignac qui, pensant dénicher le souterrain d'un château, mirent au jour la grotte à l'été 1940, en pleine Seconde Guerre mondiale.

Au total, 2000 éléments peints ou gravés ont été identifiés sur le site historique, reproduits à échelle réelle par les artisans de l'Atelier des fac-similés du Périgord (AFSP). Soit un bestiaire de plus de 600 animaux, en majorité des chevaux, mais aussi des aurochs, cerfs, bouquetins, etc. qui ont fait la renommée mondiale de la grotte ornée de 18.000 ans. Et la magie opère. « C'est émouvant de se dire que c'était possible de réaliser il y a des milliers d'années ce genre de choses. On ressent une réelle émotion », chuchote un visiteur pendant le circuit immersif.

UN SITE A "SANCTUARISER"

Conçu comme un centre d'interprétation, le Centre international associe la « contemplation » des fac-similés (30 minutes environ et la « compréhension » (sans limite de temps) avec plus de 700 m² consacrés à la mise en perspective historique, scientifique et artistique des fresques. Une tablette interactive accompagne les visiteurs. Ces nouvelles technologies perpétuent la politique lancée dans la foulée de la fermeture de la grotte originale, en 1963, par souci de préservation, alors que 1.800 personnes s'y pressaient chaque jour (lire ci-dessus)

Avec Lascaux-4, nichée contre le flanc opposé de la colline, il s'agit de procéder à une « sanctuarisation totale » du site historique, gagné au milieu des années 2000 par d'inquiétantes taches noires, tout en continuant d'attirer le public

QUATRE CENT MILLE VISITEURS ATTENDUS CHAQUE ANNÉE


Deux mille éléments du site d'origine ont été reproduits. AFP

L’exploitant Sémitour mise sur 400.000 visiteurs par an contre 270.000 annuels pour Lascaux-2, dont 20 % d'étrangers, en majorité des Européens, mais aussi des Américains et des Asiatiques (8 %). « Des opérateurs étrangers ont déjà pris contact pour réserver des créneaux de visite en 2017 », se félicite Clémence Djoudi, responsable de la communication. Selon elle, la presse étrangère s'est montrée très intéressée par le lancement du site.

 

Extrait de l'union du 16/12/2016

    

     

  Répertoire   

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


A 18 ans, il perpétue le souvenir de la Der des Ders

Virgile Tassin, tout juste 18ans, est féru de l'histoire de la Grande Guerre depuis l'âge de 7 ans. Sa chambre est devenue un véritable musée dédié à sa passion.


Virgile Tassin (au centre), lors de la reconstitution de la reprise des forts à Verdun le 22 octobre 2016. Luc Pottier

Des douilles. Des éclats d’obus. Virgile Tassin avait à peine 7 ans lorsque la terre a recraché, près de La-Harazée, ce que la Grande Guerre avait englouti. C’était en forêt d’Argonne, haut lieu des combats de 14-18 où le sol vomit à chaque pas, encore aujourd’hui, un éclat d’obus rouillé.

« Les tranchées, les trous, les obus qui affleurent le sol… Rien n’a bougé », confie le jeune homme, actuellement en première année à l’UFR d’Histoire. « À l’origine, j’accompagnais mon grand-père pour la cueillette des champignons. Aujourd’hui, c’est là que je viens me ressourcer. C’est un endroit qui me fascine. J’y retourne dès que je peux. Pour moi, c’est un retour aux sources. »

À 12 ans, il achète son premier casque à pointe

Des petites pièces rejetées par la terre, Virgile s’est très vite passionné par la Grande Guerre. Féru d’histoire, de l’histoire de la Première Guerre mondiale en particulier, il n’a cessé dès lors de rechercher la pièce de collection. « J’ai commencé par récupérer tout ce que mon grand-père et mon arrière-grand-père avaient retrouvé dans la forêt. J’ai récupéré une baïonnette Rosalie de mon arrière-grand-père, ainsi que des baïonnettes qui avaient été retaillées en tournevis… Ça m’est venu progressivement. Je me suis inscrit sur des forums. J’ai lu des carnets de soldat, des documents, tout ce que j’ai pu trouver sur le sujet… »

Avec son grand-père, Yves, Virgile a alors commencé à arpenter les brocantes, les bourses aux armes. À 12 ans, il a cassé sa tirelire pour acheter sur Le Bon Coin son premier casque à pointe. Il a déboursé 330 euros. « Au départ, mes parents étaient un peu sceptiques », reconnaît l’adolescent. « Ils ont attendu de voir si ça me passerait … »

Virgile a aujourd’hui 18 ans. Il ne s’est jamais autant investi pour sa passion. Membre de l’association du poilu de la Marne… depuis qu’il a 14 ans, il aime à perpétuer le souvenir de ceux qui ont combattu et sont morts pour la France. Il participe au devoir de mémoire lors de chaque reconstitution historique, à la Main de Massiges notamment, ou encore à Saint-Martin-d’Ablois comme les 12 et 13 novembre derniers où les Poilus ont reconstitué un véritable camp et installé leur bivouac. « Pendant deux jours, on a vécu comme ils ont vécu à l’époque. On a dormi sur la paille… »

Il a acheté sa tenue de mobilisation pièce par pièce

Sa tenue de mobilisation, il l’a achetée pièce par pièce. Son pantalon rouge garance, son képi, sa capote gris clair, ses brodequins… Il lui manque encore ses guêtres et son bidon d’un litre. Des pièces qu’il a, pour certaines, lui-même restaurées. « J’ai appris à coudre », précise Virgile qui ambitionne de devenir archéologue spécialiste de la Grande Guerre ou démineur dans la sécurité civile. « Avec les poilus, on travaille beaucoup de nos mains. On restaure… » Pour l’heure, il essaye de se confectionner sa tenue bleu horizon.

Sa chambre est devenue son musée personnel. Il y possède de véritables trésors, comme ce coupe-papier fait à partir d’un clou ciselé et aplati sur lequel est gravé « Fait par un prisonnier français au camp de Rastatt en 1915 ». « C’est une vieille dame qui me l’a donné. J’y tiens beaucoup. »

Il possède également un fusil Lebel, une pièce de fouille. « Il a été retrouvé dans la terre. On me l’a donné. Je n’ai que la ferraille, même s’il n’est pas trop piqué. Je l’ai eu j’avais 11 ans, mais mon rêve serait d’avoir un Lebel en état de tir avec toutes les pièces au même numéro. Ce genre d’objet, ça vaut plus de 1 000 euros, alors pour moi ça reste un rêve ! »

En attendant, il se contente de petites pièces qu’il déniche au fil de ses expéditions sur le net, sur les brocantes ou en forêt d’Argonne. Sa dernière acquisition est un ceinturon de soldat français presque complet…

 Caroline Garnier

Extrait de l'union du 01/12/2016

    

     

  Répertoire   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


CHAMPS CATALAUNIQUES ENTRE MYTHES ET VÉRlTÉS

APRÈS SON OUVRAGE SUR LA CAMPAGNE DE France, FABRICE DELAÎTRE, MILITAIRE ET HISTORIEN, RFVIENT EN CHAMPAGNE AVEC « LA BATAILLE DES CHAMPS CATALAUNIQUES »


La rencontre entre Attila et le pape Léon 1er en 451 par Raphaël


Attila, Le Fléau de Dieu, vu par Eugène Delacroix,

Dans son cinquième ouvrage de la collection « Les Batailles oubliées » (Historic'One Editions), Fabrice Delaître traite de l'une des plus célèbres batailles de l'Antiquité, Elle n'a pas vraiment été oubliée, mais sur ces fameux Champs Catalauniques, entre mythes et vérités, planent encore nombre de zones d'ombre. De façon pertinente et méthodique, l'auteur s'attache patiemment à les lever, autant que faire se peut plus de 1.500 ans plus tard.

Son grand mérite, au-delà d'une recherche très fouillée au plus près des rares sources d'époque et des écrits d'historiens sérieux, est de resituer cette bataille dans son contexte d'ensemble exceptionnel – le crépuscule de l'Empire Romain d'Occident, rongé de l'intérieur et ébranlé par les assauts « barbares » - et de rétablir certaines vérités assez éloignées des souvenirs que peuvent avoir du « Fléau de Dieu » ceux qui ont appris l'Histoire de France il y a quelques décennies sur les bancs de l'école primaire. Certes, les terribles hordes d'Attila qui ravagent la Gaule au mitan du e siècle après avoir soumis l'Empire Romain d'Orient - ne sont guère enclins à la pitié. Et les massacres qui leur sont imputés (par exemple à Metz en 451) ont justement fait la mauvaise réputation des Huns. Mais il n'y a là rien qui les différencie de leurs contemporains, Romains y compris. A barbare, barbare et demi ! Autre vérité ensevelie sous la légende: Attila n'a jamais assiégé Paris, que Sainte Geneviève n'a donc pu sauver par ses prières. Ce qui est certain en revanche, c'est qu'il échoue à prendre Orléans, porte de l'Aquitaine, et qu'il se replie en direction de Troyes.

On n'en dira plus afin de ne pas frustrer le lecteur, mais il faut tout de même préciser que M. DelaÎtre réussit pleinement à rendre compte d'une bataille complexe (80.000 hommes en présence), décrit le plus simplement possible, notament~ l'aide d'une précise et abondante cartographie, Un travail minutieux salué par Patrick Demouy, que l'on ne présente plus, dans la préface qu'il consacre au livre : Beaucoup d'historiens, professionnels ou amateurs, ont émis des hypothèses plus ou moins contradictoires. Fabrice Delaîlre a eu le courage de reprendre la question. Après avoir tout lu, il est allé sur le terrain avec sa culture militaire qui lui permet d'analyser la situation en stratège et de faire des choix raisonnés, qu'il expose avec pédagogie (...) Cet ouvrage assurément fera date par sa méthode : il illustre les mérites de la pluridisciplinarité, Il avance de vraies thèses convaincantes, qui ne manqueront pas de faire débat, car elles remettent en cause des dates et de lieux admis par beaucoup.

G. BEAUQUIER

 
« Les Champs Catalauniques 1er et 2 septembre 451 »
de Fabrice Delaitre, Historien.

Extrait de M&g'info du 15/10/2016

    

     

  Répertoire   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Notre journal sur le Chemin des Dames

 Dans un supplément érudit, notre confrère Hervé Chabaud raconte les offensives de Picardie en -1916 et l'hécatombe du Chemin des Dames d'avril et mai 1917.


Un commerçant distribue du vjn rouge aux Rémois et aux poilus pendant la guerre.

« Pour rien au monde, je n'aurais fait passer un soldat en conseil de guerre pour avoir pris une bouteille dans une cave particulière.» C'est un certain capitaine Adam qui parle. Il commande la 9ème  compagnie du 403e régiment d'infanterie, l'une de celles qui participent à l'offensive du Chemin des Dames en avril 1917. Ses hommes ont passé les jours qui précèdent au repos, à Reims, dans les caves de champagne vidées de leurs bouteilles. Il en reste quelques-unes que les poilus chipent au passage. Qui oserait une seule seconde le leur reprocher ?

L'anecdote est l'une de celles, innombrables, qui parsèment le deuxième tome d'une série de suppléments que notre confrère Hervé Chabaud consacre à l'évocation de la Grande Guerre. Le premier était paru en avril dernier, avec succès. Celui-ci est tout entier dédié aux offensives picardes chargées, en 1916, d'alléger la pression qui pèse sur Verdun et dont l'épouvantable bilan annonce, d'une certaine façon, celle du Chemin des Dames qui occupe la deuxième partie de l'ouvrage.

Pour la première lois, des chars d'assaut furent utilisés par les Français à Berry-au-Bac, en 1917

En une centaine de pages touffues, riches en péripéties, faits d'armes et verbatim, Hervé Chabaud retrace le déroulement et les préparatifs de l'offensive où s'illustra le désormais fameux général Nivelle, resté sourd à ceux qui l'alertaient sur le danger que constituait l'opération Alberich, un repli stratégique allemand destiné à densifier les lignes de défense ennemies.

Portraits d'héroïnes

On connaît la suite que le journal du capitaine Adam raconte par le menu. « II ne s'agit pas d'un récit exhaustif j'en ai picoré la matière çà et là, notamment dans les ouvrages de l'historien rémois François Cochet ou de Pierre Miquel, explique Hervé Chabaud, un rien modeste, car on lui doit ici de mettre en lumière les portraits de femmes qui mériteraient autant d'ouvrages.

Ainsi de ces quatre sœurs de Vertus, Marie, Hélène, Camille et Cécile Vatel qui, au péril de leur vie, cachèrent et soignèrent des soldats égarés; ainsi de Suzanne Noël, pionnière de la chirurgie maxillo-faciale française; ainsi de ces religieuses de Clermont-en-Argonne qui osèrent s'opposer aux soldats allemands venus chercher des blessés jusqu'à s'offrir en otages : ainsi enfin d'Émilienne Moreau, une fille du Nord, devenue malgré elle héroïne du renseignement et qui, par deux fois, s'illustra lors des deux guerres mondiales.

L'ouvrage consacre enfin quelques pages à l'évocation du commandant Charles de Tricornot de Rose, créateur, le 1er mars 1915 à Jonchery-surVesle, de l'aviation de chasse, avant de s'illustrer lors de la bataille de Verdun et auquel un homage fut rendu en mai dernier.

Gilles GRANDPlERRE

Extrait de l'union du 12/10/2016

    

     

  Répertoire   

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Aux petits. soins de l'Apocalypse

L'État a entamé une « autopsie » de la plus grande tapisserie médiévale au monde, pour mesurer les effets de l'exposition permanente de ce chef-d'œuvre au château d'Angers


La tenture, est d'abord minutieusement passée à l'aspirateur. La poussière récoltée étant elle-même pesée. AFP

À SAVOIR

 Une histoire, mouvementée !

•.- Léguée à la fin du XV siècle par le roi René à la cathédrale d'Angers. la tenture de l'Apocalypse a, par la suite, connu une histoire mouvementée. L'évêché tente de s’en débarrasser quand elle passe de mode au XVIII° siècle.

•.- Mutilée et mise au rebut pendant la Révolution, elle est sauvée dans les années 1850 par le chanoine Joubert, qui la récupère « en mille morceaux » et entreprend sa première restauration, retrace  Clémentine Mathurin, conservatrice à la Direction des Affaires cultureIIes des Pays de la Loire.

Commandée en 1373 par le duc Louis 1er d'Anjou, propriété de l'État depuis 1905, la tenture de l'Apocalypse selon Saint Jean est une série de tapisseries longue de 104 mètres. Autrefois vifs, les rouges, bleus, verts et jaunes ont perdu de leur superbe à cause de leur exposition prolongée à la lumière du jour, depuis les années 1950 jusqu'au comblement des fenêtres de la galerie quarante ans plus tard.

Pour « voir dans quel état se porte cette vieille dame de plus de 600 ans », le ministère de la Culture a lancé une vaste opération de collecte de données, comme « une autopsie qui doit permettre de décider ce qu'on fait comme restauration et garantir sa présentation au public pendant longtemps », explique Hervé Yannou, administrateur du château.

Dans la galerie plongée dans la pénombre, deux échafaudages aident à scruter « centimètre carré par centimètre carré » cette œuvre gigantesque courant sur deux niveaux. Il s'agit de relever et « quantifier tous les types de dégradations », indiquent les restauratrices Suzanne Bouret et Montaine Bongrand, chargées de faire ce diagnostic par la Direction régionale des affaires culturelles des Pays de la Loire.

Les tapisseries sont-elles plus empoussiérées si elles sont disposées à l'entrée ou à la sortie ? Sont-elles plus dégradées si elles sont situées dans la partie inférieure ou la partie supérieure ? Taux d'humidité, température, encrassement, déformations ou tensions liées à l'accrochage, tout est mesuré.

Quatre tapisseries, choisies parmi quelque 70 pour ne pas déshabiller totalement la galerie qui reste ouverte au public, ont été décrochées du mur et déposées dans la réserve du château où elles sont dédoublées pour un examen à la loupe de la tenture, qui a la particularité d'être réversible. Sur la table des « médecins légistes », l'envers de la scène représentant «  La moisson des élus. »

« Le Sommeil des justes » offre à ses observateurs « un choc de couleurs renversant », s'exclame Hervé Yannou, car ses couleurs d'origine n'ont pas subi les altérations de l'endroit. « L'envers raconte aussi les différentes interventions qui ont eu lieu. On voit des techniques de repiquage avec de la laine neuve et des fils qui partent dans tous les sens », décrit Suzanne Bouret, penchée sur l'œuvre. « Sur l’envers, on voit énormément de choses qui ont été faites pour être cachées. C'est comme une radio, on est vraiment dans le squelette de la tapisserie », souligne Montaine Bongrand, qui espère, en comptant « le nombre de fils de chaînes et le nombre de fils de trames connaître la technique de réalisation. »

Extrait de l'union du 27/09/2016

    

     

  Répertoire   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


A l'écoute des vieilles pierres

Philippe Seydoux, ancien contrôleur de gestion, a écrit une quarantaine d'ouvrages sur les richesses architecturales de nos régions, de Picardie et de Champagne.


Philippe Seydoux édite lui-même des ouvrages sur le patrimoine de nos régions

L'ESSENTIEL

•.- Philippe Seydoux est né le 3 novembre 1942 à Paris.

•.- Il à été contrôleur de gestion dans une banque pendant une quarantaine d'années.

•.- Il a passé seul son doctorat d'histoire de l'art à La Sorbonne en 1971.

•.- Il a écrit une quarantaine d'ouvrages sur le patrimoine.

•.- En 2012. il a publié sur l'Aisne, aux éditions parisiennes La Morande qui sont aussi présentes sur internet.

•.- Il a reçu en 2013 le prix du livre de l'association la Demeure historique pour sa collection. Des ouvrages ont aussi été consacrés à la Marne et aux Ardennes.

•.- C’est en 2016 qu'il va publier un ouvrage sur l’Aube.

Philippe Seydoux, un élégant retraité, à la silhouette et au visage minces, estime que le temps presse. « Le patrimoine est en danger. Les nouvelles générations ne veulent pas reprendre souvent un bien. Ce n'est plus à la mode, les chefs-d'œuvre en péril, c'est terminé. Ce qui est enfoui dans la terre, on a le temps de le trouver, ce n'est pas le cas pour l'architecture abandonnée. » Cette dernière phrase a finalement déterminé une grande partie de la vie de ce fils d'un maître de requêtes au conseil d'État mort en 1944.

« Il y a des maisons raides, sans charme, mais la qualité vient de ses habitants »
Philippe SEYDOUX

S'il a passé une quarantaine d'années dans les banques, Philippe Seydoux consacre son existence à découvrir les maisons de nos régions. En une journée, il est capable d'accomplir 650 kilomètres en voiture. Sa passion est née dans l'enfance. À chaque voyage avec ses deux frères et sa mère, il prenait le temps d'apprécier un site. Cette habitude s'est imprimée dans sa vie. Après la Somme. il a sillonné le Nord, l’Aisne, les Ardennes, la Marne, la Belgique et bien d'autres terres. À chaque fois, il se montre émerveillé, attentif. « Ma démarche n'est pas celle d'un historien classique. Je m'intéresse à une maison ancienne pour elle-même. Je me livre à un jeu de piste pour retrouver le commanditaire. À la base, il y a une volonté ostentatoire. Le propriétaire veut montrer qu'il est bien en cour. La  terre, elle, ne montre rien »

Terribles épreuves

Dans sa quête, il y a aussi le souvenir de sa femme décédée en 1998. « Je me suis jeté dans les livres pour réagir. Elle est là dans mes esprits, je pense à elle tous les jours, surtout quand je me promène à la rencontre de châteaux »,dit ce père de quatre enfants. Elle est tellement omniprésente qu'une autre expérience sentimentale s'avère un échec. Il parle « d'essai raté » et continue à se montrer émerveillé pour de belles demeures. Cela ne guérit pas d'une autre blessure profonde, un bégaiement survenu à l'âge de 7 ans.

Plusieurs fois, li a tenté de le vaincre, sans succès. « C'est un handicap terrible, j'ai beaucoup souffert. Cela m'a mis des bâtons dans les roues tout le temps. Je choisis une boulangerie où je peux désigner facilement un pain. Les femmes se moquent moins que les hommes. Il y a quelques fois des fous rires nerveux, c'est moins gênant " que des ricanements à plusieurs, » dit cet homme pudique.

À l'oral de HEC, une grande école de commerce, il a été recalé en raison de son inaptitude à s'exprimer sans bredouiller. Il connaissait pourtant toutes les réponses. Philippe Seydoux s'est finalement retrouvé à l'Ecole supérieure de commerce de Paris car il n'y avait alors qu'une épreuve écrite

Un mande respectueux

 Ce n'est donc pas -un hasard s'il est attiré par un monde qui ne se moque pas de lui, les pierres. Un univers qui ne condamne pas, qui cherche à être apprécié. « Une demeure reste une chance, toujours. Il faut l'aimer d’abord. Il y a des bâtisses raides et sans charme mais la qualité vient de ses habitants. »

Dans les Ardennes, il se montre conquis par « beaucoup de petites constructions fortifiées comme les églises de Thiérache ». Il est ainsi sensible aux formes du château de Dournely, près de Rethel, avec ses tours en pierres et en briques. Dans la Marne, il n'oublie pas la disparition du château de Coolus près de Châlons-en-Champagne en mai 2009. La pierre était friable mais la volonté des hommes a sans doute manqué pour sauvegarder cette construction blessée qui méritait de vivre. Des histoires de belles demeures il y en a de nombreuses dans « Gentilhommières et maisons fortes en champagne », paru en 1997, qui s'intéresse aussi aux Ardennes. Chaque fois, comme dans Gentilhommières des pays de l'Aisne, édité en 2013, il réalise tout, la maquette, les photos et les textes nourris de recherches personnelles et de rencontres avec les habitants. Souvent, les portes s'ouvrent, les occupants trouvent en lui un amoureux passionné, patient et attentif. Il est sincère, s'enthousiasme sur les tons orangés d'une brique, la forme généreuse d'un escalier. Philippe Seydoux veut capturer encore bien des beautés fragiles. Après la consécration obtenue en 2013 avec un prix pour sa collection remis par l'association « La Demeure historique », il va se consacrer au département de l'Aube. Le promeneur n'a pas fini d'être émerveillé.

Coups de cœur dans l’Aisne pour deux Châteaux magnifiques

Il y a plusieurs sites qui séduisent l’auteur dans l’Aisne. Notamment le château de Fère en Tardenois. « Si c’est une ruine elle est exceptionnelle à la démesure des Montmorency qui l’ont fait élever. Il y a une sorte de cône-pyramide gigantesque eu sommet duquel sont posés des éléments qui rappelle les chateaux des croisés au Liban ou encore les pyramides au  du Mexique. »

Philippe Seydoux apprécie aussi le château de Condé-en-Brie. « II à été pratiquement reconstruit au XVI° siècle par Louis de Bourbon-Vendôme, dit le Cardinal de Bourbon, évêque de Laon, un personnage ambitieux, flamboyant et dépensier, qui avait également fait construire le château Renaissance d'Anizy-le-Château dont les vestiges ont disparu en 14-18. »

THIERRY DE LESTANG PARADE

Extrait de l'union du 12/09/2016

    

     

  Répertoire   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Emblèmes nationaux

Les inégalités sociales, dénoncées au cours du siècle des Lumières et aggravées par les disettes des années 1780, ont préparé le foyer de la Révolution, foyer dont la mise à feu a été opérée r la prise de la Bastille.

Avec la Révolution que sont les symboles de la République lt l'officialisation n'est interlUe que plus tard. Ainsi en est-il du drapeau, de la Marseillaise la devise de la République, des marines.

DRAPEAUX

Ancêtre du drapeau, la bannière servait au ralliement des combattants d'un même camp. Le drapeau repris la même fonction de rassemblement étendu à l'échelle me nation. Le premier drapeau dont il est fait mention en France, est le blanc placé à partir de 1638 à la poupe de tous ,les navires de guerre de la marine nationale. Le drapeau représentait le roi, donc le royaume. Auparavant le rouge de l'oriflamme de Clovis, le blanc du panache d'Henri IV en passssant par le bleu du manteau du sacre de Charlemagne, les trois couleurs avaient été utilisées différemment par les rois.


Vaisseau de guerre français arborant le pavillon blanc royal en 1779.

COULEURS

L’association du bleu et du rouge pour la ville de Paris a été arrêtée ua milieu du XIVe siècle par Etienne Marcel, prévôt des marchands.

Invité par Bailly, maire de Paris, Louis XVI se rendit à la mairie le 7 juillet 1789. Sur le conseil de La Fayette, il agrafa trois rubans à son chapeau, intercalant le blanc, sa couleur, entre le bleu et le rouge de Paris. Ce geste peut être interprété de deux façons, selon que l'invitation ait été antérieure ou postérieure à la prise de la Bastille. Dans le premier cas, ce pourrait être un honneur rendu à son hôte, et dans le second, un signe d'apaisement après l'émeute.

COCARDE

Dès lors, les gardes nationaux portèrent une cocarde tricolore et obligation fut faite d'installer un drapeau tricolore à la poupe de tous les navires français, de guerre comme de commerce.

Mais n'étaient alors définis, ni l'ordre des couleurs, ni leur disposition par rapport à la hampe, ni les dimensions respectives des bandes.

En 1793 la Convention chargea le peintre David de faire des propositions qu'elle adopta.

DRAPEAU BLANC

Sous la Restauration le drapeau blanc remplaça le tricolore, lequel retrouva sa place en 1830 avec Louis-Philippe.

DRAPEAU ROUGE

Le drapeau tricolore connut par la suite deux alertes. La première, en 1848 sous la II° République lorsque les révolutionnaires voulurent imposer le drapeau rouge, ce à quoi s'opposa Lamartine.

La seconde eut lieu lors de la tentative de restauration de la royauté en 1873, le Comte de Chambord exigeant le retour au drapeau blanc.

L'HYMNE

Si on ne connaît pas l'auteur de la musique, nul n'ignore, par contre, les circonstances de l'écriture des couplets de la « Marseillaise» par Rouget de l'Isle.

Le « Chant de marche pour l'Armée du RHIN » fut rédigé dans la nuit du 25 au 26 avril 1792 à la demande du maire de Strasbourg.

Diffusé jusque dans le midi de la France, il a été repris par les volontaires marseillais au cours de leur marche vers Paris, ce qui a occasionné le changement d'appellation. Déclaré chant national le 14 juillet 1795, ce n'est toutefois qu'en 1879 que la « Marseillaise » est devenue hymne national.

Les paroles sont violentes au point que certains, dont l'Abbé Pierre, auraient souhaité qu'elles soient quelque peu adoucies ou que la musique soit moins guerrière. Peuton imaginer la « Marseillaise » de Rude sur l'Arc de Triomphe chantant une berceuse alors qu'on la devine hurlant « Aux armes citoyens ... » Trop de souvenirs sont attachés à cet hymne pour songer à le modifier en quoi que ce soit.

DEVISE

« Liberté, égalité, fraternité » sont des notions largement répandues au siècle des Lumières. Cette formule a été utilisée pour la première fois sous la Révolution parmi de nombreuses autres propositions. En décembre 1789, Robespierre demanda qu'elle soit inscrite sur les uniformes et les drapeaux. La motion fut refusée.

Ce n'est que le 27 avril 1848 qu'elle fut adoptée comme devise nationale et en 1880 qu'il fut décidé de la faire figurer sur les édifices publics.

Ses trois principes sont évoqués dans la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1793.

« La liberté est le pouvoir qui appartient à l'homme de faire ce qui ne nuit pas aux droits d'autrui ... Tous les hommes sont égaux par nature et devant la loi … Ne faites pas aux autres ce que vous ne voudriez pas qu'on vous fit ; faites constamment aux autres le bien que vous voudriez en recevoir »

SYMBOLE

Marianne est la figure allégorique de la République Française. Elle incarne la République et représente par là-même les valeurs républicaines contenues dans sa devise. Elle a l'apparence d'une femme coiffée d'un bonnet phrygien. Dans l'Antiquité le bonnet phrygien était la coiffe des esclaves libérés.

Allégorie de la République, le buste de Marianne est présent dans les mairies depuis 1877. Les détails de ce buste sont particulièrement intéressants par leur symbolique. Citons, par exemple, les chaines brisées pour la liberté, le triangle pour l'égalité, et les mains croisées pour la fraternité.

Marianne provient de la contraction de deux prénoms très répandus à la fin du XVI° siècle.

Quatre des cinq dernières reines de France s'appelaient Marie et la cinquième Anne. Le nom de Marianne donné à la République a plusieurs origines. La première est une chanson occitane de 1792. On raconte par ailleurs qu'en 1797, Barras, apprenant au cours d'une  réception que la charmante hôtesse se prénommait Marianne, lui aurait dit : « Parfait, ce prénom est bref, il sied à la République autant qu'à nous-même. »

Rappelons enfin qu'une « Marianne» est aussi le cachet officiel servant à l'authentification des documents administratifs.

Au IVe siècle av JC les gaulois prirent une. « Gallus » signifiait à la fois coq et gaulois.

D’où l'assimilation faite entre les deux termes et l'origine du coq gaulois qui n'est pas un emblème officiel bien qu'il figure sur les maillots des sportifs représentant France dans les compétitions internationales.

Rappelons en outre qu'un coq surmonte la grille située au fond du Parc du Palais de l'Élysée, connue sous l'appellation de « Grille du coq ». Drapeau, hymne national, devise, sont des symboles dans lesquels se retrouvent les citoyens d'une même nation. En connaître l'origine apporte un « plus ». Leur choix n'a rien d'anodin. Ils représentent un héritage du passé. L'histoire peut apporter, sinon des solutions aux difficultés du présent, du moins des explications qu'il est bon de connaître et d'apprécier !

Rouget de Lisle chantant la Marseillaise pour le 1re fois à l'hôtel de ville de Strasbourg en 1792.


Marianne représentée comme la liberté guidant le Peuple. Eugène Delacroix.

Général Dominique Surville

Extrait de La Chartre de 08/2016

    

     

  Répertoire   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Reims célèbre son patrimoine mondial

Mise en bouche dimanche et lundi

 1 - REIMS. UNE DES PREMIERES VILLES DE FRANCE EN SITE UNESCO

 La Cité compte en effet deux inscriptions regroupant plusieurs sites. La Cathédrale. le palais du Tau et l'ancienne abbaye Saint-Remi (depuis 1991) et les .Coteaux, Maisons et Caves de Champagne (depuis le 4 juillet 2015).

2 - UN DOUBLE ANNIVERSAIRE À mtR PENDANT 6 MOl5

 Le programme d'animations a pour objectif de permettre aux Rémois mais aussi aux touristes de passage de s'approprier le patrimoine et d'en apprécier la valeur universelle exceptionnelle. Les festivités vont s'étaler sur six mois, de juillet à décembre.

3 - LE CHEMIN VERT A L'HONNEUR

Lundi 4 juillet, le Chemin Vert fête l'anniversaire de son tnscription. , Dès 17 heures, moment d'échange à destination des habitants sur l'inscription de leur quartier. Au programme : visite de l'exposition sur le-Patrimoine mondial, découverte des cépages et des terroirs de ).'AOC proposée par le Syndicat général des Vignerons de la Champagne, découverte du Parc naturel régional de la Montagne de Reims (sentiers de randonnée, projections de vidéo ...), projection de photos du quartier Chemin Vert, expérience 36Qo Champagne du Comité Champagne.

4 - UNE FÊTE NATIONALE SOU5 LES COULEURS DE L'UNESCO

 Le spectacle pyro-mélodique du 13 juillet qui se déroulera dès 23 h au Parc Léo Lagrange a été composé en référence au patrimoine mondial. Musique magistrale, morceaux issus de la bande originale du film Jeanne d'Arc de Luc Besson ou formes évoquant les joyaux l'émois seront ainsi autant de clins d'œil qui donneront une tonalité Unesco au traditionnel feu d'artifice de la fête nationale (durée : 25min).

Extrait du mag'info de 07/2016

    

     

  Répertoire   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De vieux gréements à Brest

Plus de 1.000 bateaux ont reçu le précieux sésame pour participer aux Fêtes maritimes de Brest qui prendront fin mardi avec la grande parade. Des passionnés racontent.

Une minute de silence a été observée. Vendredi sur les quais des ports de Brest en hommage aux victimes de Nice. AFP

Tout le monde me disait « Fous-moi ça au-feu.» Mtre Michel Pellê s'est entêté : il voulait son propre bateau. Quarante ans plus tard, dont sept consacrés à sa restauration, le Keugant navigue toujours, et participe aux Fêtes maritimes de Brest, comme de nombreux voiliers restaurés par des amoureux des vieux gréements et de la mer. Dans les années 70, le Keugant, un ancien goémonier de Plouguerneau, dans le nord du Finistère, est voué à la destruction. Construit après guerre, il fait peut-être partie de ces bateaux construits pour remplacer rapidement ceux disparus pendant le conflit, raconte son propriétaire

Michel Pellé, après avoir rénové un ancien goémonier, est heureux de partager sa passion de la mer avec ses filles et ses petits-enfants

« C'est mon frère qui m'a signalé un jour ce bateau qui venait d'arriver au cimetière (maritime) à LampauL A ce moment-là, je voulais mon bateau ; l'engin, était convenable, j'ai retrouvé le propriétaire » raconte Michel, 64 ans.

S'ouvre alors un chantier de sept ans. « J'ai commencé ma restauration sur la plage, fin 1977. Acheter du chêne, refaite les membrures, la quille, les aménagements intérieurs, mais aussi le mât avec de simples rabots et un herminette ... J'y consacrais mes soirées, mes week-ends et mes vacances », raconte ce retraité de la Sécurité sociale, « jusqu'au jour où j'ai rencontré une très jolie jeune fille et là, j'ai arrêté trois ans. » Ce n'est qu'en juillet 1985 que le Keugant sera remis à l'eau, Un moment « inoubliable ». « On se dit : Enfin ! Il navigue. » Et voilà plus de trente ans que l'ancien goémonier navigue et participe à des fêtes maritimes : « On ne peut pas aller en mer sans que les gens se détournent et mitraillent » dit Michel Pellê, qui reste modeste car sa restauration ne lui a pas donné entière satisfaction.

Sur un autre quai, le Saint-Pierre, un cotre de 10 mètres, réplique d'un thonier, est amarré non loin d'une des stars de ces Fêtes, le Créoula, une goélette portugaise à quatre mâts de 67 mètres qui a jadis écumé les mers Pour pêcher la morue sur les bancs de Terre-Neuve. « Quand j'ai acheté le Saint-Pierre, en 2009, il était en mauvais état, creux, » l'ancien propriétaire ayant supprimé la cabine, raconte Cédric Mathia. Lui qui avait déjà retapé un voilier de 6 mètres se lance dans la restauration de son cotre, Quinze mois de travail, pour lui aussi, « tous les soirs. tous les week-ends et toutes les vacances », assure ce Camaretois dont le « coup de foudre pour les vieux gréements » remonte à sa saison passée à bord de la Belle Étoile, un langoustier de Camaret, en tant que matelot.

« J'ai beaucoup de compliments sur mon bateau. Quand les gens viennent me dire qu’il est joli, je suis content, il y a une satisfaction. Mais je ne suis pas vantard sur le travail effectué », dit-il.

 Extrait de l' union du 17/07/2015   

    

     

  Répertoire   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


La forêt de Verdun, écrin vert créé par la guerre

La forêt de Verdun, terre saccagée pendant la Grande Guerre, est devenue un havre de biodiversité


Entre les tranchées, sous les arbres, 80.000 corps sont encore ensevelis. AFP

A SAVOIR

Une souscription pour des sentiers pédestres

•.-. Pour préserver le caractère historique de la forêt verdunoise, l'ON, en collaboration avec le Département de la Meuse et la Fondation du patrimoine, vient de lancer une souscription populaire pour aménager des sentiers à travers les tranchées, les villages détruits,les vestiges d'ouvrages militaires, et conserver ainsi la mémoire de la guerre.

L'Allemagne, pays vaincu, a proposé de payer une partie de sa dette de guerre en semences

On les prendrait pour des myosotis, mais les petites fleurs bleues qui poussent près de la nécropole.de Douaumont ne sont en France que depuis un siècle, arrivées sous les sabots des chevaux venus faire Verdun. Aujourd'hui symboles d'une forêt créée par la guerre.

« Du coup, on l'appelle l'herbe aux yeux bleus 'du Montana », sourit Patrice Hirbec. Chargé de mission pour la biodiversité à l'Office national de forêts, il s'émerveille encore de la particularité de la forêt de Verdun. Si la flore et la faune sont si spéciales, c'est que le sol a subi, entre 1914 et 1918, l'équivalent de 10.000 ans d'érosion naturelle, explique Jean-Paul Amat, professeur de géographie, spécialiste des forêts de la Grande Guerre, qui a travaillé avec l'ONF sur le label « Forêt d'exception » obtenu en 2014.

Forêt linceul

« Avec un tel retournement de terre, « la flore s'est adaptée », résume M. Hirbec. Sur certains talus, le sol était si sec que du thym s'est mis à pousser, comme sur les bords de la Méditerranée. Ailleurs des poiriers apparaissent, vestiges des vergers détruits par la bataille ou témoins des habitudes alimentaires des poilus.

Pour ce qui est des Allemands, ils apportaient tout, raconte Stéphanie Jacquemot, archéologue à la Direction régionale des affaires culturelles. C'est d'ailleurs pour cela que la gentiane, que l'on ne trouve pas en Loraine, s'épanouit autour de Verdun. Plus pratique pour l'eau-de-vie, « Il y a 15 espèces de fougères, des orchidées en mai et juin, .. », décrit Patrice Hirbec en se penchant pour ramassez un bout de ferraille, qu'un œil peu habitué confondrait avec de la glaise. C'est un éclat d'obus. Les forts, eux hébergent des chauves-souris, qui nichent dans leurs aérations. Au-dessus de celui de Douaumont, pilonné des semaines durant par l'aviation allemande, des hirondelles rustiques planent. Ces oiseaux au dos bleuté sont une espèce protégée.

Derrière les hirondelles on peut, depuis le fort, observer la forêt à 360 degrés. Le vert clair des jeunes feuillus se mêle au vert sombre des pins plantés après le conflit. Dès la fin de la guerre, alors que 20.000 hectares de la Meuse sont ravagés, ce sont les forestiers qui proposent de reboiser les c zones rouges», celles sur lesquelles plus personne ne vivra, comme l'a décidé l'État au lendemain de l'armistice.

La terre, labourée par les millions d'obus qui s'y sont abattus, manque, d'humus par endroits-et il faut donc reboiser en conséquence. Des milliers de pins noirs d'Autriche, résistants et adaptés au nouvel état du sol, sont plantés : le pays vaincu a proposé de payer une partie de sa dette de guerre en semences.

Entre 1923 et 1931, 36 millions d'arbres sont ainsi plantés au milieu des abris allemands et français, des tranchées et des corps. Aujourd'hui, sous les orchidées et les pins, 80.000 soldats reposent encore. « Cette forêt est le linceul de 350.000 morts, elle les abrite », explique M. Hirbec. « C'est aussi rendre hommage que de la visiter et d'en prendre soin. »

Extrait de l'union du 25-05-2016

    

     

  Répertoire   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


L'archange prêt pour le sommet

L'archange Saint-Michel retrouve demain le mont normand. Il a été restauré dans un atelier de Dordogne qui 'œuvre à travers le monde, mais s'inquiète pour le patrimoine


Lucie Gohard : « l'or fait ressortir toutes les particularités, car il accroche la lumière différemment,bien plus que la peinture.» AFP

À SAVOIR

*.- L'archange célèbre bénéficie de la pose d'un or particulièrement épais. 32 g par 1.000 feuilles, au lieu de 23 g habituellement, pour l’aider à braver l'érosion et les vents marins, la foudre, l'abrasion du sable.

*.- Finement sablé, pansé de ses impacts de foudre, qui font fondre l'or, doté d'un paratonnerre supplémentaire sur les ailes, repeint à  l'époxy, doré et lissé à l’eau gélatineuse, l'archange va retrouver l'abbatiale, pour un bail de 40 à 50 ans avant la prochaine restauration.

Depuis son envol en hélicoptère le 15 mars du Mont St Michel, l’archange à drainé en Dordogne médias par dizaines et visiteurs par centaines

Délicatement, la doreuse appose une a une de fines feuilles d'or sur l'archange allongé, appuie légèrement avec sa palette, reproduisant le geste millénaire de la plus ancienne méthode de dorure. Entre deux appositions, elle caresse furtivement du blaireau sa joue : il y glane un peu d'électricité statique qui permet de décoller d'un geste la feuille d'or du cahier.

À 25 ans, Lucie Gohard, troisième génération du plus illustre atelier de doreurs français (grilles de Versailles, dôme des Invalides, flamme de la Statue de la Liberté ... ), peaufine avec son père à la Socra, à Marsac-sur-l'Isle près de Périgueux, la dorure de l'archange, touche finale à la restauration de la statue de 1897 d'Emmanuel Fremiet.

L'archange redoré doit être présenté aujourd'hui à la presse au pied du monument classé au patrimoine mondial de l'Unesco avant d'être hélitreuillé au sommet de la flèche de l'abbaye demain entre 8 heures et 9 heures.

Le temps de son lifting, Saint-Michel voisine dans le « hangar aux trésors » de la Socra avec la statue de Saint-Martin (1890) de la basilique de Tours, dont le bronze est en train d'être repatiné. À deux pas, des décors de la Samaritaine. Au fil des ans s'y succédèrent les quadriges du Grand Palais et les fontaines de la Place de la Concorde parmi toutes les œuvres restaurées par la Socra, qui officie en Serbie, en Ouzbékistan et plus récemment sur la cathédrale d'Oran.

Mais depuis son envol en hélicoptère le 15 mars du Mont-Saint-Michel, c'est l'archange qui a drainé en Dordogne médias par dizaines et visiteurs par centaines. « Sur le plan économique, ce chantier est loin d'être important pour nous, une opération à moins de 30.000 euros. Mais niveau communication, cela dépasse tout ce qu'on pouvait imaginer ... C'est un peu excessif mais c'est bien, cela met un coup de projecteur sur notre patrimoine, sur les métiers de restauration. Car l'avenir ne brille pas forcément pour tout ce qui est d'or. Nos métiers ont tendance à disparaître, notamment en raison de la baisse des budgets des monuments historiques, divisés par deux en quinze ans. » Il y a 10-15 ans, les commandes publiques représentaient 90 % de l'activité de la société, cette part a fondu à 30 %.

Pour l'archange ou le Louvre, « il n’y aura jamais de problème », tempère Patrick Palern, qui appelle à « une réflexion globale » sur la pérennisation du « petit patrimoine » de proximité, à « intérêt extraordinaire » et aux retombées touristiques avérées. « Le laisse-t-on un peu à l'abandon, en le maintenant sous perfusion, comme c'est le cas un peu partout ? Ou pourrait-on imaginer une gestion adaptée, quitte à associer du privé, quitte à réutiliser différemment le lieu tout en le respectant ? », s'interroge M.Palem.

Extrait de l'union du 25/05/2016

    

     

  Répertoire   

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lascaux fait halte à Paris expo

Tout juste revenus de Bruxelles où ils ont attiré 92 000 visiteurs, les fac-similés de la célèbre grotte périgourdine prennent leurs quartiers d'été, à la porte de Versailles


Avec Lascaux 3, ce sont les fresques de la Nef et la Scène du puits que le public peut découvrir grandeur nature. JML

On l'appelle la « Chapelle Sixtine de la préhistoire » Et pour cause : cette œuvre intemporelle et universelle, découverte en 1940, en Dordogne, par quatre adolescents curieux, est aujourd'hui la plus célèbre grotte ornée du monde. Pendant vingt ans, la trouvaille extraordinaire des quatre garçons va connaître un retentissement mondial sans précédent, bouleverser la communauté scientifique et déchaîner les passions du grand public.

Les visiteurs, plongés dans cette impressionnante caverne qu'an appelle la Nef, peuvent voyager dans toute la grotte

Mais l'engouement est tel que l'état de santé de Lascaux se dégrade rapidement On découvre que les peintures sont fragiles et qu'il est nécessaire de limiter la présence humaine pour les protéger. Fermée au public en 1963 par André Malraux, Lascaux rentre dans le secret d'où on l'avait tirée.

Mais comment priver l'humanité d'un témoignage aussi exceptionnel de son histoire? En 1983, le conseil général de la Dordogne s'engage dans un ambitieux programme de reconstitution muséographique avec l'ouverture de Lascaux 2, qui reproduit grandeur nature la célèbre Salle des taureaux et le Diverticule axial. Puis, vient Lascaux3 : face au succès rencontré par le site, une troisième reproduction consacrée cette fois à la Nef et à la Scène des puits voit le jour èt s'expose en première mondiale à Bordeaux en 2012.

Destinée à une carrière itinérante, cette collection de cinq fac-similés grandeur nature parcourt depuis le monde entier, offrant aux visiteurs une expérience unique, instructive et émotionnellement intense.

Fruit du mariage entre la technologie de pointe et l'art d'excellence, le parcours de visite relate ainsi l'histoire de la célèbre grotte, à travers un dispositif interactif inoubliable: entre simulateurs de présence humaine et projections en relief 3D, les visiteurs, plongés dans cette impressionnante caverne qu'on appelle la Nef, peuvent voyager dans toute la grotte en totale immersion avant d'admirer les cinq facsimilés plus vrais que nature où vaches, bisons et cerfs leur font face depuis le fond des âges !

A.SAMAKE

 Extrait de l' union du 22/05/2015   

    

     

  Répertoire   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Urbain Il va bénéficier d'un lifting avant d'être rouverte au public.

La statue qui surplombe la vallée de la Marne va être rénovée cet automne. En 2017, le public pourrait à nouveau gravir les marches jusqu'au sommet.


A la fin de la saison touristique 2016 la statue sera affublée d'un échafaudage qui permettra son nettoyage.

« La statue s'est usée avec le temps. Le granit s'est noirci, le socle en pierre a subi l'érosion », détaille José Pierlot, maire de Châtillon-sur-Mame. En, haut .de la commune, Urbain il a pris un coup de vieux. La statue de 33 mètres qui veille sur les habitants depuis 1887 a perdu de sa superbe. La municipalité a donc décidé d'entreprendre une série de travaux pour la rénover.

Après la haute saison touristique, un échafaudage sera positionné autour de l'édifice pendant quelques semaines. « Nous allons procéder au nettoyage de la statue par sablage et refaire le socle, précise l'élu. La pierre sera retravaillée et les écussons remis à neuf. L'éclairage, sera également modifié. Pour l'instant, ce sont des gros phares qui illuminent le pourtour mais on va revoir l'ensemble pour cibler plus précisément Urbain Il. On va poser un système de leds qui nous permettra de réaliser des économies d'énergie », poursuit José Pierlot. Le chantier, d'un coût global de 80.000 euros, sera subventionné à hauteur de 25.000 euros par le Département et la réserve parlementaire de la sênatrice UDI Françoise Férat.

15.000 personnes se rendent à l’Office de tourisme chaque année, le nombre de visiteurs de le statue est néanmoins plus conséquent car beaucoup se rendent directement sur le site et ne sont pas comptés

La municipalité n'entend cependant pas s'arrêter à ce ravalement de façade. Elle compte également rouvrir l'édifice fermé au public il y a une dizaine d'années. « Avant, les gens pouvaient entrer dans la statue grâce d l'escalier en colimaçon construit d l'intérieur. Ils pouvaient accéder au niveau des épaules d'Urbain Il et profiter d'un large panorama sur Dormans d'un côté et les hauts d'Epernay de l'autre. « Mais au début des années 2000 mon prédécesseur l'a fait fermer car un visiteur est resté coincé », développe le maire.

Depuis, la décision a fait de nombreux déçus. Car les touristes qui font une halte au monument réclament de gravir la centaine de marches de l'édifice : « On a beaucoup de grands-parents marnais qui l'ont visité en culottes courtes qui reviennent pour le montrer à leurs petits-enfants et ne peuvent plus y accéder, c’est dommage » indique Isabelle Berlandi, guide à l'office de tourisme. Une pétition non officielle demandant la réouverture a recueilli plusieurs dizaines de signatures. Une situation qui a poussé la municipalité en place à reconsidérer l'accès au site. « En 2017, on compte l'ouvrir à nouveau. On va regarder ce que l'on peut faire pour sécuriser la montée. On réfléchit d’installer une main courante dans les escaliers étroits qui mènent au sommet de la statue », note José Pierlot.

De quoi satisfaire les 15.000 visiteurs, en majorité belges, franciliens et marnais, qui s'arrêtent chaque année dans le village un peu par hasard. « Les gens ne savent pas forcément qu'il s'agit du pape Urbain Il mais ils sont interpellés par cette imposante statue qui domine la Vallée de la Marne, remarque Isabelle Berlandi. Ils ne viennent pas pour l'aspect religieux du monument mais plus par curiosité ou pour bénéficier du panorama qu'offre le site. » Afin de les retenir à Châtillon-sur-Marne, le maire souhaite développer un parcours touristique au sein de la commune. « À côté de la statue, on a également une église classée, un très beau lavoir, des contreforts, explicite José Pierlot. L'objectif à terme est de faire de Châtillon une vitrine de la Vallée de la Marne, ce qui est assez logique car il s'agit de sa porte d'entrée. »

 Margaud DECLEMY

Extrait de l'union du 15/04/2016

    

     

  Répertoire   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


À Versailles, elles restaurent des trésors rémois

À Versailles, le Centre de recherche et de restauration des musées de France (C2RMF) met en œuvre le plan de sauvegarde des œuvres du Musée des beaux-arts de Reims, dont 18 toiles peintes uniques en Europe


Les grandes toiles peintes de Reims sont restaurées dans une salle dédiée du C2RMF, à Versailles. Le chantier est notamment mené par Lydiane Chomienne et Claire Beugnot.

Les gestes sont sûrs et lents, les paroles rares et posées. Au Centre de recherche et de restauration des musées de France (C2RMF), tout signe d'agitation et de nervosité est banni. Pour travailler dans cet antre du patrimoine français, il faut faire preuve d'un immense sang-froid. D'une habileté hors pair. Et d'une infinie patience.

Les chefs-d'œuvre confiés par les musées arrivent en mauvais état. La plupart du temps, ils ont traversé des siècles. Ils ont besoin de soins ciblés, souvent intensifs, pour ne pas périr et retrouver tout leur éclat, leur force et leur puissance évocatrice. Quand ils quitteront les lieux, des générations de visiteurs pourront de nouveau les admirer.

Du fil de soie et des aiguilles de chirurgie des yeux

En ce mardi 16 février, à la Petite Écurie du Roi, l'un des trois sites du C2RMF situé juste en face au château de Versailles, plusieurs personnes s'affairent autour de Jésus devant Hérode / Jésus devant le Sanhédrin, une œuvre de grand format – 3,40 mètres sur 3,40 mètres - datée fin XV° début XVI° siècle. Composée de deux scènes, l'œuvre fait partie d'un ensemble de dix-huit toiles peintes confié par le Musée des Beaux-Arts de Reims. Son auteur, dont le talent ne fait aucun doute, reste anonyme.

« Ces toiles étaient utilisées à Reims lors des festivités liées aux sacres »

Claire Beugnot restauratrice

Dans ce vaste atelier, sans moulure ni dorure, le confort paraît bien sommaire. Des murs défraîchis, quelques chaises, un lavabo. Une table, immense, occupe les trois quarts de l'espace, Sur elle, repose, en partie déroulé, le trésor au centre de toutes les attentions. Jésus devant Hérode/Jésus devant le Sanhédrin est pris en charge depuis juillet 2015. « La collection de toiles peintes de Reims est exceptionnelle car rarissime. Elle est même unique en Europe. Les peintures ont été exécutées sur une toile souple. Ces toiles étaient conçues pour être laissées libres, flottantes ou suspendues et non pas tendues sur un châssis », explique, Claire Beugnot, la spécialiste textile. « Cette technique était très répandue aux XV° et XVI' siècles car elle ne coûtait pas cher. Ces détrempes sur toile font d'ailleurs partie du patrimoine rémois car elles étaient utilisées lors des festivités liées aux sacres », poursuit-elle, en tressant des fils de soie tirés d'un écheveau. Pour réparer un accroc ou faire un point invisible à l'œil nu, elle n'utilisera qu'un seul de ces fils, avec une aiguille d'une extrême finesse, habituellement utilisée pour la chirurgie des yeux.

Experte en couture et en tissus anciens. Claire Beugnot travaille sur le chantier avec Lydiane Chomienne, une spécialiste de la couche picturale. Les deux femmes, restauratrices privées, animent une équipe de onze personnes dont le Rémois Christian Vibert, sous le regard attentif de Roberta Cortopassi, la responsable de la filière «  Arts décoratifs » au C2RMF. « Comme on ne peut pas traiter, toutes les toiles peintes rémoises à Versailles, une partie est restaurée dans mon atelier à Lyon », indique Lydiane Chomienne qui fait régulièrement le point avec Catherine Delot, la directrice du Musée des beaux-arts de Reims. « On discute de points précis, comme par exemple la largeur du Velcro placé au revers de la toile pour l'accrochage. Au final, c'est la direction du musée qui a le dernier mot. »

Lydiane CHOMIENNE reconnaît que la restauration des toiles peintes de Reims est particulièrement délicate. L'équipe doit contourner plusieurs difficultés dont la taille imposante et l'extrême fragilité des œuvres. Le support n'étant ni tendu ni maintenu, la couche picturale est très sensible à l'abrasion, d'autant qu'il n'y a pas de vernis protecteur et que le recours à l'eau est exclu. Autre obstacle : pendant longtemps, ces toiles ont été traitées comme des peintures à l'huile et non des œuvres textiles. En matière de restauration d'art, les connaissances et les matériaux évoluent. Ce qui a été fait quinze ou vingt ans plus tôt est aujourd'hui proscrit. Par exemple, pour Jésus devant Hérode, les anciens restaurateurs avaient collé du tissu sous la toile de lin pour la consolider. La première étape du travail a alors consisté à enlever ce tissu et la colle sèche. Les restauratrices avaient auparavant ôté, point par point, le surjet qui n'était pas d'origine. Elles ont également retiré d'anciennes reprises très couvrantes qui créaient de dangereuses « tensions. »

Des boyaux poreux utilisés par les charcutiers

 Pour décrasser l'ensemble, sans altérer le dessin peint, Lydiane Chomienne a eu recours au système D.  « Le recours à l'eau est indispensable pour solubiliser et retirer la crasse accumulée dans la matière mais l'eau dégrade la peinture et la porosité empêche le recours aux méthodes laissant des résidus. D'où l'idée d'utiliser des membranes alimentaires en cellulose régénérée, celles que les charcutiers prennent pour la mortadelle », explique la restauratrice. Remplis d'eau, ces boudins, dont la porosité est de l'ordre moléculaire, sont placés pendant plusieurs heures sur la toile, avec un buvard placé sous le lin. Au final, l'eau chargée de saleté remonte comme par magie dans le boyau…

Une fois la toile nettoyée, place au remplacement de certaines pièces de lin. « II est de plus en plus compliqué de trouver du lin sans apprêt. La difficulté consiste aussi à teindre le tissu pour trouver le ton le plus proche de la pièce d'origine », explique Claire Beugnot. Parmi une multitude d'autres tâches, la restauratrice doit coudre une doublure, en faisant en sorte qu'il n'y ait aucune tension entre les deux épaisseurs. « Pour les petits points, les nœuds sont interdits. Ils pourraient fragiliser l'œuvre, en créant des tensions. » Il faut consolider la toile, non pas sur le court mais le long terme.

Dernier problème, le stockage de la toile restaurée. Les restaurateurs placent l'œuvre sur des rouleaux très larges. Pour combler la différence d'épaisseur entre la toile et le Velcro fixé sur la partie supérieure, l'ensemble est enroulé dans du molleton de coton. Une mesure préventive : la toile peinte ne supporte ni les plis ni les abrasions, même minimes.


Les restauratrices utilisent des lunettes-loupes pour les plus petits détails. Ch. Lanlenols

3 OUESTIONS À  CATHERINE DELOT

« Une restauration archéologique »

Catherine DELOT, conservatrice en chef, dirige le Musée des Beaux-arts de Reims. Elle supervise le chantier de restauration du C2RMF,en se déplaçant tous les deux mois à Lyon et à Versailles.


L
es boyaux utilisés dans l’agroalimentaire sont remplis d'eau. Posés sur l'œuvre. ils permettent de faire remonter la crasse sans causer de dommages. Christian Lantenois

•.- Depuis quand le musée de Reims possède t’il ces toiles peintes et que sait-on d'elles ?

Il s'agit d'un dépôt des Hospices de Reims, qui remonte à 1876. Au total, nous possédons 25 toiles peintes de très grand format des XV'-XVI' siècles, représentant la Passion du Christ, des saints et des apôtres ainsi, que des scènes du Nouveau Testament. Pendant de très longues années. elles étaient exposées au premier étage du musée, Elles ont toutes été retirées en 2010 pour présenter nos œuvres du XX' siècle, On réfléchit à un lieu pour en exposer quelques-unes. quand la campagne de restauration sera bien avancée. Letravail derestauration sera également présenté au public quand nous pourrons profiter des locaux de l'ancien office de tourisme, près de la cathédrale. Nous ne disposons pas de documents écrits sur ces toiles peintes mais elles témoignent de la richesse de la création artistique de l'époque.

•.- Comment se déroule la restauration ?

Une étude a d'abord été menée, de mars à juin 2009, sur quatre toiles peintes.  Le chantier a ensuite débuté en septembre 2011 avec La mise au tombeau/ La descente de croix, une toile-test qui n'avait jamais été restaurée, Nous l'avons présentée en 2013, lors de l'exposition sur les 100 ans du musée. Puis, la restauration de 18 toiles peintes a démarré en janvier 2015, sur le site de Versailles et à l'atelier de Lydiane Chomienne à Lyon, Ces toiles sont réparties en trois séries: celle de la Passion (9 œuvres avec la toiletest), celle de la Vengeance (7 œuvres) et celle des Apôtres ou du Credo (3 œuvres), Aujourd'hui, quatre toiles peintes restaurées sont déjà revenues à Reims, La fin de la première tranche est prévue pour fin 2018.

•.- Pour quel type de restauration avez vous opté ?

Avec l'équipe du C2RMF, nous n'avons pas choisi une restauration illusionniste où on ne voit pas que l'œuvre a été restaurée mais une restauration dite archéologique. Par exemple, un motif qui a disparu n'est pas redessiné.

LES REPERES

•.- Face au château de Versailles Le C2RMF,qui dépend du f ministère de la Culture, est • installé à la Petite Écurie du : Roi, un beau bâtiment en arc • de cercle édifié en 1678.

•.-  Trois sites différents. à Paris et à Versailles   

•.- Le C2RMF dispose de trois sites; le site souterrain du Carrousel du Louvre pour; la partie laboratoire, les sites de la Petite Écurie du Roi à Versailles et le pavillon • . de Flore au Louvre pour la partie restauration. Le.C2RMFcompte 160 agents Î permanents qui travaillent sur les trois sites. À cette équipe, il faut ajouter plus de: 300 restaurateurs, de statut libéral et de toutes spécialités, qui travaillent ! régulièrement dans les locaux.

•.- 850.000 €

C’est le coût de la restauration des 18 toiles peintes de REIMS.

•.- TROIS ANS c'est le temps qu'il faudra pour .restaurer les 18 premières toiles

•.- 1.200 musées de France

Le Musée des Beaux-Arts de Reims fait partie des 12.200 musées de France (musées territoriaux) qui peuvent faire appel au C2RMF. A ne pas confondre avec les 38 musées nationnaux.

•.- LA PHRASE

« La collection de toiles peintes de Reims est exceptionnelle et unique en Europe. La détrempe sur toile était une technique du pauvre. »  - Lydiane Chomienne, Restauratrice.

Par Valérie Coulet  

Extrait de l'union du 24/02/2016

    

     

  Répertoire   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


La forêt de Verdun, écrin vert crée par la guerre

La forêt de Verdun, terre saccagée pendant la Grande Guerre, est devenue un havre de biodiversité


Entre les tranchées, sous les arbres. 80.000 corps sont encore ensevelis. ·AFP

A SAVOIR

Une souscription pour des sentiers pédestres

•.- Pour préserver 1e caractère historique de la forêt verdunoise, l'ONF, en collaboration avec le Département de la Meuse et la Fondation du patrimoine, vient de lancer une souscription populaire pour aménager des sentiers à travers les tranchées, les villages détruits. les vestiges d'ouvrages militaires, et conserver ainsi lz mémoire de la guerre.

 On les prendrait pour des myosotis, mais les petites fleurs bleues qui poussent près de la nécropole de Douaumont ne sont en France que depuis un siècle, arrivées sous les sabots des chevaux venus faire Verdun. Aujourd'hui symboles d'une forêt créée par la guerre ...

« Du coup, on j'appelle l'herbe aux yeux bleus du Montana », sourit Patrice Hirbec. Chargé de mission pour la biodiversité à l'Office national des forêts, il s'émerveille encore de la particularité de la forêt de Verdun. Si la flore et la faune sont si spéciales, c'est que le sol a subi, entre 1914 et 1918, l'équivalent de 10000 ans d'érosion naturelle, explique Jean-Paul Amat, professeur de géographie, spécialiste des forêts de la Grande Guerre, qui a travaillé avec l'ONF sur le label « Forêt d'exception » obtenu en 2014.

Forêt linceul

Avec un tel retournement de terre, « la flore s'est adaptée », résume M. Hirbec. Sur certains talus, le sol était si sec que du thym s'est mis à pousser, comme sur les bords de la Méditerranée. Ailleurs des poiriers apparaissent, vestiges des vergers détruits par la bataille ou témoins des habitudes alimentaires des poilus.

Pour ce qui est des Allemands, ils apportaient tout, raconte Stéphanie Jacquemot, archéologue à la Direction régionale des affaires culturelles. C'est d'ailleurs pour cela que la gentiane, que l'on ne trouve pas en Lorraine, s'épanouit autour de Verdun : plus pratique pour l'eau-de-vie. « Il y a 15 espèces de fougères, des orchidées en mai et juin ... », décrit Patrice Hirbec en se penchant pour ramasser un bout de ferraille, qu'un œil peu habitué confondrait avec de la glaise. C'est un éclat d'obus. Les forts, eux, hébergent des chauves-souris, qui nichent dans leurs aérations. Au-dessus de celui de Douaumont, pilonné des semaines durant par l'aviation allemande, des hirondelles rustiques planent, Ces oiseaux au dos bleuté sont une espèce protégée.

  L'Allemagne, pays vaincu, a proposé de payer une partie de sa dette de guerre en semences  

Derrière les hirondelles on peut, depuis le fort, observer la forêt à 360 degrés. Le vert clair des jeunes feuillus se mêle au vert sombre des pins plantés après le conflit Dès la fin de la guerre, alors que 20000 hectares de la Meuse sont ravagés, ce sont les forestiers qui proposent de reboiser les « zones rouges », celles sur lesquelles plus personne ne vivra, comme l'a décidé l'état au lendemain de l'armistice

La terre, labourée par les millions d'obus qui s'y sont abattus, manque d'humus par endroits et il faut donc reboiser en conséquence. Des mil-· tiers de pins noirs d'Autriche, résistants et adaptés au nouvel état du sol, sont plantés: le pays vaincu a proposé de payer une partie de sa dette de guerre en semences.

Entre 1923 et 1931, 36 millions d'arbres sont ainsi plantés au milieu des abris allemands et français, des tranchées et des corps. Aujourd'hui, sous les orchidées et les pins, 80.000 soldats reposent encore. « Cette forêt est le linceul de 350.000 morts, elle les abrite », explique M. Hirbec. « C'est aussi leur rendre hommage que de la visiter et d'en prendre soin. »

 Extrait de l'union du 24/05/2016

    

     

  Répertoire   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


L'héritage symbolique de Verdun

Il y a cent ans, le matin du 21 février 1916, éclatait la bataille de Verdun. Cette terre, où plus de 300.000 soldats sont tombés, est aujourd'hui devenue un symbole de réconciliation.

Le Mémorial de Fleury-devant-Douaumont a rouvert à l’occasion du centenaire. AFP

Avec ses tombes à perte de vue et son vaste champ de bataille sanctuarisé, Verdun a d'abord été un mythe français, teinté de deuil et d'unité nationale, avant d'incarner la réconciliation franco-allemande et, au-delà, l'inutilité de la guerre. Dès les jours qui ont suivi l'assaut allemand du 21 février 1916, l'enjeu de la bataille - le risque d'une défaite française - a contribué à la naissance du mythe, remarque l'historien Antoine Prost, qui vient de signer avec son homologue allemand Gerd Krumeich « Verdun 1916 », une histoire franco-allemandes de cette bataille et de sa « légende ».

Le soldat de Verdun « récupéré » par les nazis

Paradoxalement, comparée par exemple à la Somme, Verdun ne sera pas la bataille la plus meurtrière du conflit. Mais « Verdun fait partie de l'histoire individuelle de millions de Français », note l'historien militaire Jean-Marc Mari. De fait, près des trois quarts des divisions d'infanterie s'y sont retrouvées. « En France, c'est une bataille qu'on est fier d'avoir faite », remarque Antoine Prost. Derrière le mot d'ordre « lis ne passeront pas » se forge dès le départ un symbole de la résistance nationale.

 « Verdun est un endroit qui explique la Grande Guerre et son inutilité comme peu d'autres »

Gerd Krumeich, historien allemand

Côté allemand. Verdun est d'abord considérée comme une bataille parmi d'autres, avant que sa mémoire ne soit ressuscitée à la fin des années 1920 par un courant nationaliste et revanchiste : le soldat de Verdun qui monte à l'assaut sous le feu des obus sera « héroïsé », puis « nazifié» sous le Ill' Reich, pour préfigurer l'image du soldat SS, remarque Gerd Krurneich. Pourtant, dès le milieu des années 1920, des mutilés des deux bords se rapprochent, â Genève d'abord, puis aussi à Verdun, pour former le vœu de « sauvegarder la paix » : un mouvement qui culminera avec le « Serment de Verdun » en 1936, qui rassemble des Français mais aussi des Allemands ou des Italiens. Côté allemand, ce mouvement n'était toutefois pas dépourvu d'arrière-pensées : le souhait de laver l'humiliation de la défaite de 1918 restait fort, pointe Gerd Krumeich.

Commémorations de paix

La fraternisation entre anciens belligérants reprendra au fil des commémorations de l'après 194S.

En 1966, le chancelier allemand Konrad Adenauer aurait aimé être convié à Verdun par le général de Gaulle, mais c'était encore trop tôt, avance Antoine Prost : « La Deuxième Guerre mondiale a largement réactivé les sentiments antiallemands de 1914. » Il faudra attendre 1984 pour qu'un dirigeant allemand soit officiellement admis à Verdun : ce sera l'image célèbre de Helmut Kohl et François Mitterrand, main dans la main.

Depuis, « avec la disparition des derniers poilus, les commémorations de la bataille de Verdun sont désormais tournées vers la transmission aux jeunes », souligne Jean-Marc Todeschini, secrétaire d'État aux Anciens combattants et à la Mémoire. C'est pourquoi des milliers de jeunes français et allemands ont été conviés cette année à participer à la commémoration, comme déjà en 2006. «  Ce seront des commémorations de la paix, pas de la défaite de l'Allemagne », promet M. Todeschini.

Ces images de la grande histoire

Deux instantanés marquent la réconciliant franco-allemande après tant d'affrontements, dont les deux guerres mondiales du XX° siècle. Le 8 juillet 1962, Konrad Adenauer et le général de Gaulle se retrouvent auprès de Mgr François Marty sur le parvis de Notre-Dame de Reims, cathédrale martyre de la Grande Guerre, fracassée et incendiée le 19 septembre 1914 par un obus qui explose et embrase l'échafaudage de la tour nord, provoquant un brasier gigantesque. Le chancelier allemand et le président de la République française, visionnaires d'une Europe prospère dans la paix manifestent alors plus encore l'envie de développer une fraternité transfrontalière, sans oublier les douloureuses blessures infligées par l'histoire de deux peuples si souvent déchirés et pour que cela ne se reproduise plus jamais.

Le 22 septembre 1984,à deux pas de l'ossuaire de Douaumont, François Mitterrand prend la main d'Helmut Kohl alors que retentit la Marseillaise en cette année du soixante-dixième anniversaire du début du conflit. Geste prémédité ou spontané, cette communion de respect aux morts étonne de chaque côté du Rhin, mais pas seulement Aussi fait-elle le tour du monde et donne du sens à l'œuvre des hommes de bonne volonté.

Hervé CHABAUD

Les REPERES

UN LIEU DE PARTAGE DE LA MÉMOIRE

•.- Érigé en 196Z à l'initiative des anciens combattants, comme un musée-sanctuaire, le Mémorial de Verdun rouvre après deux 1 ans de transformation.

•.- Avec un but nouveau: transmettre une mémoire fran(o-at!~lQande partagée. L'ttat allemand a apporté sa participation au projet.

Le CHIFFRE : 306.000

•.- Du 21 février au 18 décembre 1916, 163.000 français et 143.000 allemands sont tués ou portés disparus.

La PHRASE

•.- « Le capital symbolique de Verdun ne se limite pas à la réconciliation franco-allemande : c’est un lieu où les Européens peuvent réfléchir à leurs guerres fratricides. Si les hommes politiques n'exploitent pas ce capital, il va s’amoindrir. »

Antoine Prost, historien français

Extrait de l'union du 21/02/2016

    

     

  Répertoire   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Un nouveau Mémorial digne des combattants de Verdun

Fermé depuis trois ans pour travaux, le Mémorial de Verdun rouvre ses portes le 21 février, date anniversaire du centenaire du début de la bataille. Il rend hommage à tous les combattants, français comme allemands.

Si l'on retrouve des objets phares de l’ancien Mémorial, comme cet avion, la scénographie a été totalement changée et enrichie par de nouvelles collections.
Photos Chrlstian Lantenois

Si depuis son ouverture en 1967 vous avez déjà eu l'occasion de visiter le Mémorial de Verdun, oubliez tout ce que vous avez vu. Le nouveau Mémorial est certes au même endroit. On y retrouve aussi quelques objets symboliques comme les deux avions suspendus au-dessus de l'espace central. Mais pour le reste, il n'a plus rien à voir avec celui qui existait jusqu'en 2013.

L'architecture tout d'abord. Les lieux ont gagné en espace avec 1900 m² de plus, deux ailes latérales ajoutées de toutes pièces, une surélévation moderne du bâtiment et un accès qui se fait dorénavant sur le côté en contrebas du Mémorial. Mais au-delà de ces changements significatifs visibles dès l'arrivée, c'est surtout l'ensemble du parcours de visite qui a été repensé.

Le visiteur se met dans les pas des combattants

« En discutant autour du projet, il y a deux choses qui se sont imposées comme des évidences, explique Édith Desrousseaux, commissaire de l'exposition permanente. La terre tout d'abord. Contrairement à des musées comme Meaux ou Péronne, le Mémorialde Verdun est à l'endroit même des combats qui le concernent. On estime qu'il y a ici encore 80.000 corps enfouis sur le champ de bataille. Lors des travaux d'extension on est d'ailleurs tombés sur les dépouilles de cinq combattants. Cette identité particulière est très importante et la présence de cette terre capitale dans le parcours du visiteur. Cela se traduit par la reconstitution très réaliste de la boue, de l'eau, dans laquelle les soldats ont combattu.»

« Le second aspect mis en avant dans le nouveau parcours de visite, essentiel, est la mémoire de tous les combattants de Verdun, français comme allemands. « Durant toute la visite, on croise les regards des deux camps et on se rend compte que c'est souvent le même quand on parle du quotidien des combats, relève Édith Desrousseaux. Le fait le plus marquant, c'est l'épuisement de ces combattants et l'écart entre le gigantisme, le chaos du champ de bataille et leur quotidien qui est fait de petites choses. On n'arrête pas de se poser la question: comment ont-ils pu résister ? »

C'est ainsi que toute la première partie du Mémorial, le rez-de-chaussée, invite le visiteur à se mettre dans les pas d'un combattant. On entend des bruits, ressent les tremblements des bombes, découvre le terrain boueux à travers un plancher de verre. On est dans le quotidien de la bataille. « À chacune de ces séquences on a des évocations à la fois française et allemande, souligne Thierry Hubscher, directeur du Mémorial. Sur tout le parcours, on alterne des présentations de témoignages, d'objets et des éléments d'interprétation. On a, par exemple, quand on entre, une première explication, pour dire où se situe la bataille de Verdun dans le premier conflit. On présente les combattants. Il y a une maquette 3D qui fait le dérouler de la bataille sur les trois cents jours puis on arrive sur le champ de bataille qui, lui, sera présenté de façon virtuelle. »

Appel au virtuel pour traduire l'horreur de la bataille

Situé au cœur du mémorial, cet espace de 100 m² est composé de trois écrans géants inclinés au sol sur lesquels le champ de bataille est raconté au travers d'images d'archives et d'expressions artistiques des combattants. « Dans l’ancien Mémorial, il y avait déjà ce champ de bataille mais qui était symbolisé de façon réelle. Au fil du temps on a tellement amené d'objet sur cet endroit qu'à la fin cela ne représentait plus grand-chose... Les historiens ont validé le principe que, quels que soient les éléments réels dont on dispose, on ne pourra jamais traduire l'horreur de la bataille de Verdun. Les scénographes ont donc plutôt préféré faire appel au virtuel.

La seconde partie de l'exposition, au premier étage, est davantage consacrée à l'environnement de la bataille et le contexte des pays en guerre (les états-majors, le ravitaillement, les blessés, la religion, l'aviation...). À travers, une fois encore, de nombreux objets ou témoignages des deux côtés du conflit, Car l'idée est bien dans ce nouveau Mémorial de mettre à égalité combattants français et allemands.  

« Le temps a fait son œuvre depuis l'ouverture du Mémorial en 1967, souligne son directeur, On est quand même aujourd'hui dans l'Europe quelles que soient les difficultés que l'on rencontre. Le rapprochement franco-allemand est quand même à l'origine de l'unité de l'Europe. Souvenez-vous de la rencontre Adenauer de Gaulle à Reims au début des années 60 et puis surtout en 1984, ici à Verdun, François Mitterrand et Helmut Kohl. Verdun, c'est aussi devenu le symbole de l'horreur absolu avec les 300.000 morts et les 400.000 blessés et disparus. On est dans cet esprit là aujourd'hui : le combattant quel qu'il soit a souffert à Verdun et mérite d'être commémoré. »

La visite se termine enfin par un dernier niveau, baigné de lumière avec de grandes baies vitrées et terrasses qui permettent d'avoir une vue panoramique sur les champs de bataille. Sans oublier un espace consacré aux expositions temporaires et un centre de documentation fort de plusieurs milliers de documents.


La superficie du bâtiment a doublé et son accès a été totalement repensé

Quelques objets du nouveau parcours

     

3 QUESTIONS Â  THIERRY HUBSCHER


Est le directeur du Mémorial de Verdun

 « Ancré dans les familles »

•.- Comment est né le projet de ce mémorial ?

Il y a environ cinq ans, Ie comité national du souvenir de Verdun, qui est propriétaire du site, a souhaité réaliser un projet de modernisation du Mémorial. Après 45 ans d'existence, il commençait à souffrir des stigmates d'un bâtiment qui n'est plus conforme aux normes. Et puis le constat a été fait que si on touchait le bâti sans remettre en question la scénographie, on passait à côté de beaucoup de chose. La scénographie laissait quand même beaucoup à désirer puisque les collections étaient alimentées par les dons des familles des combattants. Et après quarante et quelques années de dons, la présentation n'avait plus grand sens. Donc ils ont décidé de refaire quelque chose de tout à fait contemporain. D'autant plus qu'il n'y avait plus de survivant de la Bataille de Verdun et qu'il était aussi nécessaire de donner un message complètement nouveau aux jeunes générations. Parallèlement à cette réflexion, le département de la Meuse, dans le cadre de la préparation du centenaire de la Grande Guerre, souhaitait réaliser un centre d'interprétation de la bataille de Verdun. On a fait en sorte de mutualiser les ambitions des uns et des autres et c'est ce qui aboutit au projet milles.

•.- Q'est-ce qui est changé ?

La grande différence c'est qu'aujourd'hui on parle du combattant quelle que soit sa nationalité, Français ou Allemand. On n'est plus dans le combattant de Verdun tel qu'il était célébré après la Première Guerre mondiale en mémoire uniquement des Français. On est aussi dorénavant un centre d'interprétation avec des moyens contemporains de médiation. On fait beaucoup appel au son, à l'image, à l'interactivité. D'un point de vue architectural enfin, on a doublé la surface. On a gardé l'ancien bâtiment, scalpé la coupole, rehaussé d'un niveau, étendu de deux ailes latérales et on a fait devant toute l'extension dans le talus de la route.

•.- Pourquoi le Verdun résonne-t-il encore autant auprès des gens ?

Si un nom est connu mondialement comme étant l'emblème de la Première Guerre mondiale, c'est bien Verdun même si les gens ne savent pas trop le situer entre 14 et 18.Tout le monde à eu dans sa famille un ancien qui est passé à Verdun. Cela s'explique notamment par le fait qu'à l'époque la stratégie de l'état-major était de faire beaucoup tourner les troupes à Verdun. Les gens restaient au front une semaine, quinze jours. Puis- revenaient plus tard... C'est pour cela que Verdun est ancrée dans toutes les familles.

L'impressionnant ossuaire


L’ossuaire est un des lieux les plus marquant de la bataille de Verdun.

Si vous venez à Verdun, impossible de ne pas faire une halte à l'ossuaire de Douaumont situé à quelques minutes en voiture du Mémorial. L'ossuaire qui recueille les ossements de 130 000 soldats inconnus, français et allemands, et la nécropole qui s'étend à son pied et qui regroupe plus de 16 000 corps, sont les représentations les plus terribles et spectaculaires de l'hécatombe de 1916 à Verdun. C'est à cet endroit qu'avait eu lieu, le 22 septembre 1984, la célèbre poignée de main entre François Mitterrand et Helmut Kohl.Un des gestes parmi les plus symboliques de la réconciliation franco-allemande.

LES REPERES

•.- Hollande et Merkel pour l’inauguration    

Ouvert le 21 février, le Mémorial sera officiellement inauguré le 29 mai par François Hollande et Angela Merkel.

•.- Des villages morts pour la France

Neuf villages ont été rayés de la carte lors de la bataille de Verdun et n'ont jamais été reconstruits. Ils ont été déclarés « morts pour la France » et conservent un statut particulier puisqu'ils ont encore un maire (nommé par le préfet) chargé de perpétuer leur mémoire.

•.- Ouverture le 22 Février

La date symbolique du 21 février est bien celle de réouverture du Mémorial. Mais l'accès sera réservé ce jour-là aux habitants de la Meuse. Pour le grand public, c'est le 22 février.

•.- Le CHIFFRE : 12,52 millions d’euros

C’est le coût du projet du nouveau Mémorial, financé principalement par l’Etat, la Région et le département de la Meuse. Il a également été fait appel au mécénat.

•.- LA PHRASE

« Le Mémorial présentera le double point de vue, français et allemand, sur la bataille. Il sera amené à devenir un lieu essentiel de la mémoire partagée entre nos deux pays. »

Jean-Marc Todeschini, secrétaire d'Etat chargé des Anciens Combattants et de la Mémoire.

Dossier Grégoire AMIR-TAHMASSEB

•. Le Mémorial est à Fleury-devant-Douaumont (au nord de Verdun). Ouvert tous les jours à partir du 22 février (le 21 est sur réservation) de 9h30 à 17heures (jusqu'à19 heures d'avril à mi-novembre) - Tarifs de 7 à 11 €. forfait famille à 25€.

Extrait de l'union du 16/02/2016

    

     

  Répertoire   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


1914-1918 : la synthèse lumineuse d'un drame 

Le travail de François Cochet offre.au lecteur un tableau de l'ensemble de la période, ne se limitant pas seulement à l'étude du front occidental

Comment faire une lecture de la Première Guerre mondiale à la fois renouvelée et reposant sur une problématique intellectuelle balayant toutes les situations rencontrées, en France mais aussi sur les fronts excentrés, en première ligne mais également à l'arrière'? Comment faire une lecture de ce conflit abordant les questions militaires, politiques, économiques et sociales ainsi que les transformations sociétales provoquées par des combats inouïs 7 En lisant l'ouvrage remarquable du e Rémois François Cochet, professeur d'histoire contemporaine à a l'université de Lorraine-Metz.

Ce spécialiste de la Grande Guerre, de l'histoire des conflits a contemporains et des questions militaires pose cette question essentielle : « Comment dire la Grande Guerre un siècle après ». S'il tient à expliquer que 1914 est bien la fin d'un monde, il propose une progression pédagogique pour comprendre le pourquoi de ce conflit et respecte la chronologie pour mieux argumenter.

Les raisons de l'embrasement

L'auteur répond d'abord à cette première interrogation : pourquoi la guerre éclate-t-elle entre les principales puissances européennes à l'été 1947 ? C'est l'occasion pour le lecteur de passer en revue les différentes approches et interprétations qui ont été proposées depuis un siècle par les enseignants-chercheurs français, allemands et autres. Cochet nous dépeint aussi comment les états-majors et les chancelleries abordent les grandes questions de leur temps et, en particulier, l'importance du rapport de forces pour attester que l'on a raison.

On entre alors dans le conflit avec ce qui sera une découverte pour beaucoup à savoir que l'été 1914 est la période la plus meurtrière. L'auteur explique le rôle de la puissance de feu. À la veille de la Grande Guerre jusqu'en 1916, un bataillon rassemble un effectif de 1100 hommes. La cadence de tir du Lebel pour un soldat moyennement entraîné est de l'ordre de quinze coups à la minute. Le mur de feu qu'une unité dresse devant son adversaire est de l'ordre de 500 bailes. François Cochet écrit : « En moins de cinquante ans, entre 1870 et 1914, la puissance de feu a donc été multipliée par près de 2,5, sans même tenir compte de la dotation en armes collectives. »

À l'ampleur des pertes l'auteur associe la surprise imposée du système de tranchées. Il plante le décor où le barbare c'est forcément l'autre. Il montre au lecteur comment en 1915, la guerre s'invente dans les tranchées et combien l'espérance d'un conflit court disparaît.

Une violence incarnée

On revit les offensives de Champagne mais aussi les spécificités du combat en montagne, l'intervention alliée dans les Dardanelles, en Afrique et en Mésopotamie.

L'auteur montre les duretés de la guerre y compris les violences exercées contre les civils dans les régions occupées. « Une véritable économie de prédations s'installe » écrit-il. Il recense les réquisitions, les humiliations qui ponctuent le quotidien évalue aussi l'espionnage contre l'ennemi qui se met en place et évoque ces hommes déposés sur le plateau des Hauts-Buttés dans les Ardennes. On passe au temps des hyper batailles de 1916 et 1917, Verdun bien sûr mais aussi la Somme, puis les fureurs et les déchirements du Chemin des Dames. Il y décrit les combattants à la peine, l'assaut qui demande des efforts surhumains : « Je me dresse, crie de toutes mes forces: en avant et court à toutes jambes, tête baissée, sans regarder devant moi, au milieu des balles qui claquent à mes oreilles. Ma section me suit dans un tintamarre de gamelles et de bidons heurtés par les fourreaux des baïonnettes. Hors d'haleine, je me jette par terre en pleine course et chacun m'imite. »

Hervé CHABAUD

Extrait de l'union du 06/04/2014

    

     

  Répertoire   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

SITES  Régionaux

Un site néolithique fouillé à Vert-Toulon (51)
À la découverte de dix lieux d'exception qui cultivent la magie du champagne
 
L'incontournable monument de Navarrin
 Au pied des fantômes de 14-18, la nature a repris ses droitsun
Ce qui s'est joué à Mondement
Mondement, une ode monumentale à la Victoire de la Marne
Faire revivre le patrimoine du passé

 

   

   

Répertoire 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Un site néolithique fouillé à Vert-Toulon (51)

L’exploration de La Crayère reprendra en mai pour six semaines.

Les archéologues vont de nouveau investir le site de La Crayère à Vert-Toulon (51) à la fin du printemps. Depuis 2013, une équipe pluridisciplinaire mixte du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et de l’université Bourgogne Franche-Comté œuvre plusieurs semaines par an dans les bois de la commune, où des traces du Néolithique ont été découvertes. « Leurs recherches ont permis la mise au jour de trois hypogées (une chambre funéraire, NDLR) ainsi que de trois puits d’extraction de silex », remarque Pascal Launois, vice-président chargé du tourisme à la communauté d’agglomération Épernay, coteaux et plaine de Champagne. Soit des vestiges âgés de plus de 5 000 ans que le CNRS continuera d’explorer en mai prochain.

Soutenue par le ministère de la Culture, cette nouvelle campagne de fouilles est également financée à hauteur de 10 000 euros par l’Agglomération sparnacienne. Cette aide permet d’épauler l’équipe de quinze personnes qui étudiera le site pendant six semaines. « Les frais induits par les travaux concernent l’hébergement et la restauration des étudiants travaillant bénévolement sur le chantier, les opérations de décapage à la pelle mécanique, les frais de déplacement… », précise Pascal Launois au moment du vote de l’attribution de la subvention lors du dernier conseil d’agglo la semaine dernière.

Cette opération menée à La Crayère pourrait permettre, à terme, de valoriser ce site néolithique. Une réflexion a effectivement été engagée en ce sens au sein de l’ex-communauté de communes de la Région de Vertus. Un aménagement pourrait être réalisé pour protéger les vestiges néolithiques et, surtout, permettre au public de les visiter dans un futur proche.

 Margaud Déclemy

Extrait de l'union du 15/03/2017

    

     

  Répertoire   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


  L'incontournable monument de Navarrin

L'ossuaire accueille chaque année plus de 4 000 visiteurs. Un lieu chargé d'histoire qui rend hommage aux soldats morts pour leur patrie.


Situé le long de la départementale 911, au nord de Châlons. il est impossible de louper le site.

Impossible de louper les trois imposants soldats prêts J partir au combat Cette sculpture d'un assaut réalisée Maxime Real dei Sarte par trône fièrement sur l'ossuaire de Navarin.

L’incontournable monument aux Morts des armées de Champagne se situe le long de la Départementale 977. Bâti en 1924, il a été érigé à la gloire des combattants morts pour leur patrie. À l'époque, il y avait des centaines de cimetières de circonstance et beaucoup de corps ne pouvaient être identifiés. Le ministère des pensions voulait trouver une solution pour rassembler ces soldats, dévoile le colonel Norbert Mery, président de l'association en charge du site.

Un véritable passionné connaissant chaque recoin du site et ne manquant pas d'anecdotes. On compte chaque année, plus de 4000 visiteurs sur ce lieu commémoratif, partagé entre les communes de Souain-Perthes-les-Hurlus, Sainte-Marie-à-Py et Sommepy-Tahure. Il est possible de visiter le monument les vendredis et samedis de 14 à 18 heures et les dimanches et jours fériés de 10 heures à midi et de 14.à 18 heures grâce à la présence de Jacques Baur, le gardien.

Pour conserver ce lieu exceptionnel, un grand plan de restauration a été lancé cette année. À l'extérieur un nettoyage complet des parois et la réfection des joints sont en cours de réalisation. Prochainement, la , chapelle et la crypte vont égaiement pouvoir profiter d'une nouvelle jeunesse.

Une bonne nouvelle, en vue de la commémoration du centenaire des batailles de 1915 prévu au monument de Navarin le 20 septembre prochain, en présence de Jean-Marc Todeschini, le secrétaire 1J'':LdL aux anciens combattants.

Le colonel Norbert Mery est le président de l'association.

Ces touristes américains sont venus visiter l’ossuaire.

L'une des plaques  commémoratives

  
En entrant dans l'ossuaire,
le visiteur arrive directement sur la chapelle.

             Extrait de l'union du 11/08/2015

    

     

  Répertoire   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Au pied des fantômes de 14-18, la nature a repris ses droits

 Dans le sud de l'Aisne, les Fantômes de Landowski témoignent de la bataille de la Marne. Autour, la plaine, la vallée de l'Ourcq et les plateaux calcaires s'offrent aux marcheurs.

 
Le contraste est saisissant entre les témoins de pierre d'une bataille sanglante et la sérénité de la plaine picarde. 

Le sculpteur Paul Landowski est l'auteur du Christ du Corcovado, à Rio de Janeiro, vu et revu lors de la récente Coupe du Monde au Brésil. Médaillé de la Croix de guerre pour avoir combattu dans la Somme, il a aussi créé un émouvant groupe monumental près d'Oulchy-Ie-Château, entre Soissons et Château-Thierry. Au premier plan, une statue de femme de huit mètres de haut symbolise la France. Par quatre volées de marche figurant les quatre ans de guerre, on atteint le groupe des Fantômes, huit soldats, les yeux clos, sur deux rangées : la jeune recrue, le sapeur, le mitrailleur, le grenadier, le colonial, le fantassin, l'aviateur et le spectre de la mort. Autour, dans une campagne préservée, quelques fermes semblent s'effacer devant la beauté de la nature.

 Extrait de l'union du 25/10/2014

    

     

  Répertoire   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Ce qui s'est joué à Mondement

 La commémoration, demain, de la Bataille de la Marne, à Mondement, figure comme l'un des temps forts nationaux de l'année du centenaire.

 
C’est le symbole du poissant du sursaut stoppant.l’avancée allemande vers Paris qui sera commémoré demain à Mondement. Christian Lantenois

La mission du centenaire de la Première Guerre mondiale, créé par le gouvernement, a fléché - quatre temps- forts pour cette année 2014: le 14-Juillet, début - août pour J'entrée en guerre et le tt-Novembre. En septembre, c'est la Bataille de la Marne, celle cie 1914, qui bénéficie de ce label avec, demain, une commémoration à Mondement (Marne).

Ce village d'une cinquantaine d'habitants est dominé depuis les années 30 par un monument de 35 mètres. Demain, 4 000 personnes, dont plus de 1 500 scolaires, y sont .attendues comme trois membres du gouvernement (lire ci-dessous). Un déplacement à l'ampleur justifiée?

Bravoure extrême

« En septembre 1914, les combats les plus durs, les plus meurtriers, se sont déroulés dans les communes voisines » admet Michel Tellier, maire de Soizy-aux-Bois, village voisin de Mondement et président de l'association Mondement 1914. »  En fait, Mondement, c'est un point d'arrêt de l'avancée allemande yers Paris. d'ailleurs, le monument incarne cette borne contre l'envahisseur », suite à l'appel à l'assaut du général Joffre. En l'église et du château le 9 septembre,

le village de Mondement n'a donc pas été le théâtre de moments de bravoure extrêmes même s'il' s'avérait comme un lieu clé sous -le contrôle des hommes de Foch, «Le ioup d'arrêt du 12septembre a évité que les Allemands ne prennent la vallée du Grand-Morin au sud et filent ensuite à l'ouest sur ParisIl, détaille Michel Tellier.

« Et puis, ce tournant a marqué la fin de la guerre de mouvement, fin septembre 1914, et la stabilisation de la ligne de front qui va engendrer l'installation de la guerre de tranchées pour les quatre années qui allaient suivre. » Alors, pourquoi, ce monument à Mondement? « En plus de son rôle de verrou avant Paris, cette colline où est situé le monument offre un point de vue sur l'ensemble de la Bataille de la-Marne JI, avoue simplement Michel Tellier. -

Dans la base du monument, sont sculptés les différents généraux autour de Joffre qui prend par l'épaule un simple poilu. Demain, en plus des jeunes des écoles et collèges environnant, ((beaucoup d'anciens seront présents. Les maisons de retraite nous appellent pour emmener leurs pensionnaires », commente Michel Tellier.

En attendant, il se démène avec la cinquantaine de bénévoles de l'association Il pour préparer au mieux ce jour avec les services de Matignon Il. À partir de 11 heures, «tout le monde peut venir, aucune carte d'invitation n’est demandée » ne manque-t-il pas de souligner souhaitant donner  ce centenaire le plus d'éclat possible.

Frédéric Gouis

 www.mondement1914.asso.fr

 Extrait de l'union du 11/09/2014

    

     

  Répertoire   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 CENTENAIRE 14-18

Mondement, une ode monumentale à la Victoire de la Marne

 
Le Monument de Mondement, un hommage aux soldats de la première bataille de la Marne. (© DR)

 
Le monument de Mondement. (© l'Hebdo du Vendredi)

Du haut de ses 35 mètres, le Monument national de la Victoire de la Marne surplombe les marais de Saint-Gond et commémore la première bataille de la Marne, survenue en 1914 à Mondement. Construit entre 1931 et 1937 sous l’impulsion du Parlement, il représente les généraux qui commandaient les armées sur le front. Et parmi les inscriptions gravées dans la pierre de l’édifice : un extrait de l’ordre du jour prononcé par le maréchal Joffre le 6 septembre 1914. « Tous les efforts doivent être employés à attaquer et repousser l'ennemi. Toute troupe qui ne peut plus avancer devra coûte que coûte garder le terrain conquis et se faire tuer sur place plutôt que de reculer. » Cette œuvre pèse à elle seule 2 000 tonnes, et ses fondations descendent à 22 mètres sous terre. Un hommage gigantesque, à l’image du sacrifice des soldats tombés aux combats. A visiter également : le musée de Mondement, installé dans l’ancienne école du village.

S.L

Liens :www.mondement1914.asso.fr. 

 Extrait de l'union du  27/05/2014

    

     

  Répertoire   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


TOURISME DE MÉMOIRE

Faire revivre le patrimoine du passé

 La Champagne-Ardenne regorge de sites touristiques dits « de mémoire », souvent trop méconnus du grand public et qui, pourtant, permettent de se réapproprier le passé historique d'un territoire. Le Conseil économique, social et environnemental régional (Ceser) s'est récemment penché sur ce dossier. 

 
La Chapelle Russe de Saint-Hilaire-le-Grand, l'un des joyaux du patrimoine de mémoire champardennais (© Champagne-Ardenne Tourisme) 


À Suippes, le Centre d'interprétation Marne 14-18 permet de (re)découvrir l'Histoire de manière pédagogique (© Champagne-Ardenne Tourisme)

Deux anniversaires marqueront l'année 2014 : le centenaire du début de la Grande Guerre et le bicentenaire des batailles napoléoniennes. L'occasion rêvée de marquer aussi le coup en Champagne-Ardenne, particulièrement empreinte de ces périodes du passé. S'il permet de préserver l'héritage combattant et de le transmettre aux jeunes générations, le tourisme de mémoire offre également de valoriser le patrimoine civil et militaire d'un territoire. Et en région, c'est sur ce point, semble-t-il, que le bât blesse.

Coordonner les initiatives

« Fortifications, abbayes cisterciennes, tranchées, etc. La Champagne-Ardenne dispose d'atouts incomparables qui la placent aux racines de l'Histoire de France et d'Europe, mais elle manque cruellement de lisibilité, de communication et d'organisation en matière de tourisme de mémoire », déplore Patrick Tassin, président du Ceser. « Nous interpellons le Conseil régional sur la nécessité de réaffirmer l'identité historique de la région. Des acteurs locaux, publics et privés se sont d'ores et déjà investis pour célébrer les commémorations de 2014, d'autres rejoindront le mouvement. Il est impératif de coordonner ces initiatives. Encore faudra-t-il se donner les moyens de le faire ».

Parmi les initiatives programmées et en cours de réflexion : une reconstitution en 3D sur le circuit de mémoire « Entre Marne et les deux Morins » à Mondement ; l'ouverture d'une nouvelle galerie et d'une muséographie au Fort de la Pompelle ; un festival international des cinémas de guerre piloté par le Pays de Châlons-en-Champagne et la Comète. La Ville de Reims planche sur des actions scolaires en lien avec l'Inspection Académique et le Centre départemental de documentation pédagogique, tandis que le Conseil général de la Marne prévoit d'améliorer la signalétique des sites de mémoire.

Un levier pour l'économie régionale

Le Ceser avance aussi l'argument économique. Le tourisme de mémoire constitue un véritable levier pour l'activité régionale. En France et en 2010, la filière rapportait un chiffre d'affaires de 45 millions d'euros avec 6,2 millions de visites - dont 2,7 millions dues aux touristes étrangers - et 1 050 emplois équivalents temps plein générés par les sites payants. En terre champardennaise, on évaluait à environ 340 000 visiteurs la fréquentation des sites de mémoire en 2007. Soit une évolution de 13 % comparé à 2000. « Les sites basés en zones rurales se heurtent, entre autres choses, à une offre alentours insuffisante en termes d'hébergement et de restauration. Ce qui n'incite évidemment pas les touristes à prolonger leurs séjours ». Il reste encore beaucoup à faire, donc, pour ne pas oublier.

Sonia Legendre

 Extrait de l'union du 13 décembre 2012

    

     

  Répertoire   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 L' HERMIONE

 

 11-08-2015 - Bienvenue à Brest, Hermione !

 05-07-2015 - L'Hermione salue la Statue de la Liberté

L’HERMIONE repart dans le sillage de LA FAYETTE

Hollande et Obama souhaitent "bon vent" à l'Hermione

 Incident technique à bord de « L’Hermione », amarrée au Grand Port de La Rochelle

En images

L'Hermione entre dans la forme de radoub du Grand Port maritime

Vidéos

 

Immersion à bord de "L'Hermione"

Une journée à bord de "L'Hermione" au large de l'île de Ré

Assèchement de la forme de radoub

Rochefort : mise à l'eau de l'Hermione sur la Charent

La reconstruction de l'HERMIONE

    

     

  Répertoire   


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Bienvenue à Brest, Hermione !

Près de quatre mois après son départ des côtes françaises, le navire est apparu hier dans le port brestois. Coups de canon, applaudissements et émotions ont ponctué l'événement.

 
La foule a salué l'équipage de l'Hermione, quand le trois-mâts est arrivé à Brest AFP

Saluée par les jets d'eau géants de l'Abeille Bourbon, L'Hermione. de retour d'Amérique du Nord, a donné 18 coups de canon avant d'accoster à Brest hier, peu avant 15 heures, sous les applaudissements de milliers de spectateurs, émerveillés par le navire et les prouesses des matelots dans les haubans.

Et parmi les matelots en teeshirt rouge et pantalon noir, il y a Manon, 21 ans, postée sur le hunier à plusieurs mètres au-dessus du . pont, que son' père, Nicolas Dubrel, regarde depuis -le quai, ému et fier. ((Nous n'avons pas eu de nouvelles d'ellé depuis Saint-Pierre-et-Miquelon >J, explique ce passionné, qui a accompagné sa fille jusqu'au Canada pour qu'elle participe à l'aventure. ((En plus elle a eu droit à une bonne tempête. On s'est fait un peu de souci ... Je suis très content de la revoir », dit-il.

Ému aussi, un peu plus loin sur le quai, il y a Michel et sa barbe blanche de marin d'antan. L'Hermione, il l'a connue dans les limbes, quand, volontaire sur le chantier de sa construction, il a participé au chargement de son lest de 230-tonnes de fonte et de granit. « C'est une grande émotion de revoir le bateau dans ce bel état. »

Deux heures plus tôt, toutes ses voiles blanches dehors sous un ciel gris bleu, entourée d'une forêt de mâts de voiliers de plaisance et de vieux gréements, avec les traditionnelles voiles rouge cachou des navires bretons, L'Hermione, réplique du trois-mâts de La Fayette, est apparue à l'entrée du goulet de Brest Devant elle, contrastant par sa modernité, la Latouche-Tréville, une frégate en acier sortie deux siècles plus tard des arsenaux de la marine, ouvrait la mer, tandis que la Recouvrance, symbole de Brest et réplique d'une goélette aviso de 1817, fermait élégamment la marche. Des sonneurs de bagad, formation traditionnelle bretonne, accompagnaient en musique la manœuvre, depuis le coquillier de 1948 Général Leclerc.

Le «phare du « Petit Minou », qui marque l'entrée de la rade de Brest, a été passé vers 13 h 15 par cette' magnifique armada ».

L'Hermione, désormais amarrée quai Malbert, à une encablure du château de Brest, restera jusqu'au 17 août dans le port finistérien.

Plus de 7 000 billets pour la visiter ont été vendus. Un « village terre» dédié proposera une exposition sur le navire, mais aussi de démonstrations et initiations nautiques, des débats et des rencontres avec les membres de l'équipage, pour entendre le récit de leur odyssée...

Il sera de nouveau à Brest l'an prochain, pour les Fêtes maritimes internationales.     

L'HERMIONE DE RETOUR EN FRANCE

Le navire avait quitté l'arsenal de Rochefort en Charente-Maritime, pour rejoindre Boston où la Fayette avait débarqué en 1780

La frégate historique reconstruite à l'identique, achève sa traverséz akker-retour de l'Atlantique

 img1.gif 

A SAVOIR

Un trois-mâts d'envergure

•. Copie conforme de la frégate à bord de laquelle le marquis de la Fayette était allé en 1780 apporter le soutien de la France aux insurgés américains contre l'Angleterre, l'Hermione a quitté Iîle d'Aix le 18 avril dernier, en présence du président François Hollande.

•. Même le président américain 8arack Obama avait souhaité «bon vant » à l'équipage.

•. Ainsi adoubé symbole de l’amitié franco-américaine, le navire a fait route vers les côtes de l’Est américain. À New York. il a navigué au pied de la statue de la Liberté, invité d'honneur de la parade nautique organisée à l'occasion de la fête nationale américaine, célébrant l'indépendance du pays le 4 juillet 1776.


UN PÉRIPLE TRANSATLANTIOUE

•. Au total. le périple transatlantique aura été marqué par 18 escales, la dernière à Saint-Pierre-et-Miquelon, avant un retour un peu mouvementé. •. En quittant Brest dens une semaine, le trois-mâts ira vers Bordeaux, puis il regagnera son

•. Le CHIFFRE
17ans. La construction se l’hermione, réplique de la frégate de La Fayette, a durée dis-sept années.

•. LA PHRASE
« Tout il l'heure j'avais même la larme à l'oeil, comme une grande partie des bénévoles qui ont participé au chantier. C'est une grande émotion de revoir le bateau dans ce bel état.»
Michel qui a travaillé comme bénévole lors de la construction de l'Hermione.

 Extrait de l'union du 12/07/2015

 

    

     

  Répertoire   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 L'Hermione salue la Statue de la Liberté

La réplique du bateau de La Fayette à New York pour la fête nationale américaine. AFP

La frégate «L'Hermione » a salué hier la Statue de la Liberté à New York, point d'orgue symbolique de son voyage. à l'occasion de la fête nationale américaine célébrant l'indépendance du pays le 4 juillet 1776.

La réplique du trois-mâts de La Fayette, symbole de l'amitié franco-américaine, a salué la Statue aux environs de midi, entourée d'une flottille de dizaines de bateaux qui l'avaient auparavant rejointe près du pont du Verrazano, dans la baie de New York. Tous ont ensuite fait route ensemble vers l'île de la Statue de la Liberté, autre symbole de . l'amitié franco-américaine puisqu'elle a été donnée par la France aux États-Unis en 1884.

Le passage près de la Statue, saluée par deux avions F18 de l'armée américaine, et un jet de lances de pompiers, était le' point d'orgue symbolique du voyage américain de L'Hermione, entamé le 5 juin à Yorktown (Virginie).

Les ministres français de l'Écologie Ségolène Royal et de la Défense Jean-Yves Le Drian y ont assisté depuis un bateau des garde-côtes, avant que L'Hermione n'effectue une boucle sur la rivière Hudson, qui longe Manhattan.

lle devait ensuite jeter l'ancre pour la .nuit sur la petite île de Governors island.

Symbole fort

« Cette image de L'Hermione à New York devant la Statue de la Liberté, nous l'attendions depuis plus de vingt ans. Elle a été plus belle encore que ce que nous avions imaginé Il, a déclaré Benedict Donnelly, président de l'association Hermione-La Fayette, exprimant. son «immense gratitude pour tous ceux qui nous ont aidés à être aujourd'hui à New York ».

À New York, pendant trois jours de festivités, des milliers de personnes ont pu visiter le majestueux trois mâts, amarré au pied des gratte-ciel.

  Extrait de l'union du 05/07/2015 

    

     

  Répertoire   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’HERMIONE repart dans le sillage de LA FAYETTE

 Symbole de l'amitié franco-américaine, la réplique du navire de LaFayette a pris son départ, hier soir, pour les États-Unis. Arrivée prévue le 5 juin 2015.


Hier midi un drapeau américain a rejoint le drapeau français à la poupe du navire. AFP 

Malgré une météo incertaine, des dizaines de milliers de visiteurs sont venus hier saluer sur les berges de l'estuaire de la Charente le départ de l'Hermione et de ses 80 membres d'équipage. En 1780, la première Hermione avait emmené le Français La Fayette se battre aux côtés des « Insurgés» américains contre l'Angleterre. Une figure historique dont les mots ont été empruntés hier par François Hollande, après sa visite de la frégate: « Pour que vive la liberté, il faudra toujours que des hommes se lèvent et secouent l'indifférence ou la résignation. Le président de la République a ensuite enchaîné par un message d'actualité : « Et encore aujourd'hui, pour que la France puisse avancer, il faut vaincre la résignation, l'indifférence, il faut faire preuve de volonté d'engagement. » Au pied du Fort Vauban, à Fouras-les-Bains, François Hollande a ainsi célébré la frégate cc inspirée de l'esprit des Lumiêres qui porte l'amitié entre la France et les États-Unis.»

« Notre partenariat avec la France en fait le plus ancien allié  de notre Nation »

Barack Obama

Dans un message lu en français par le consul des États-Unis à Bordeaux, Thomas Wolf, Barack Obama a célébré à son tour cc les liens indéfectibles d'amitié et de solidarité » entre les deux pays. « Notre partenariat avec la France en fait le plus ancien allié de notre Nation », a déclaré le chef de la Maison Blanche avant de conclure par un message à l'équipage de l'Hermione : « Bon vent, mer calme » et « Bon voyage! »

Toute la journée, l'équipage s'est affairé sous un ciel bas et gris aux derniers préparatifs sur l'Hermione. Avant de rejoindre le mouillage de l'île d'Aix, le trois mâts devait encore effectuer hier soir une remontée de la Charente, escortée pour sa sortie de l'estuaire par l'. escadron La Fayette », deux Mirage-2000 de la base aérienne 12S d'Istres, dans les Bouches-du-Rhône. Point d'orgue de ces festivités populaires: un feu d'artifice tiré entre Port-des-Barques, Fouras et l'île d'Aix au-dessus du Fort Vauban, une heure avant l'appareillage de la frégate.

Puis, 235 ans, presque jour pour  jour, après l'original, la réplique de l'Hermione entamera un périple de six semaines et 7 500 miles (13 000 km) dans l'Atlantique nord. Coque de 45 m de long, grand mât culminant à 54 rn, 2200 rn- de voilure, 25 km de cordes et vitesse maximale de 14 nœuds (26 km/h) toutes voiles déployées, avec cette frégate, le « pacha» table sur une vitesse. moyenne de 4,5 nœuds.

Apothéose à New York

Sauf vents contraires, l'Hermione accostera le 5 juin à Yorktown pour la première de ses onze escales sur la côte est, avant Baltimore, New York, Annapolis, Philadelphie, Newport, Boston, etc. Yorktown, une escale chargée de symboles puisque les «patriotes» américains et leurs alliés français y ont remporté la bataille décisive contre l'armée anglaise le 19 octobre 1781.

Apothéose des célébrations côté américain : l'arrivée de l'Hermione dans la baie de New York, escortée de centaines de bateaux à voile ou à moteur, pour la grande parade du 4juillet, jour de l'Indépendance américaine, sous l'oeil de la statue de la Liberté.

Le voyage de l’HERMIONE

A SAVOIR

•. UN SOUTIEN DE POIDS FACE AUX ANGLAIS
Le 28 avril 1780, après 38 jours  de mer, la Fayette débarque à Boston et rejoint le général Washington pour lui annoncer ,l'arrivée des Français.
À la tête des troupes de Virginie, il participera aux victoires de la baie de la Chesapeake puis de Yorklown, qui signent la capitulation anglaise.

•. LE CHIFFRE
13.000 Kms c’est la distance que parcourra l’Hermione pendant son périple de six semaines dans l’atlantique nord. A son bord, 80 personnes.

•.  LA PHRASE
« la Fayette était le jeune homme que George Washington considérait comme son fils adoptif et le symbole éternel de l'amitié franco-américaine.

Un équipage de marins et bénévommes

La Marine nationale, partenaire du projet depuis l'origine, a fourni quatre marins pour la traversée et pour l'escorter le jour du départ, la frégate de lutte anti-sous-marine « Latouche-Tréville », du nom du lieutenant de vaisseau et futur vice-amiral commandant de l'Hermione lors de la mission historique de 1780. Yann Cariou, 53 ans, commandant de la réplique du XXIème siècle, a lui-même servi dans ses rangs durant plus de trente ans. Son équipage, outre des marins aguerris, comprend 59 bénévoles, dont de nombreux étrangers et un tiers de femmes.

Extraits de l' union du 18/04/2015

    

     

  Répertoire