PATRIMOINE Rémois - Journées  


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Répertoire 

  La Presse  

 

Journées du Patrimoine

Les doléances de 1789 à Reims ont un petit côté gilets jaunes
Les Docks rémois, site remarquable

2018

Le mécénat en danger, la Ville inquiète
Patrimoine : Il faut trouver un équilibre

La belle maison de la rue Desteuque  est en cours de démolition

650 squelettes … pour le moment

Le Crypto prend l’eau, son état est jugé grave

Le mécénat au chevet du patrimoine

Il faut sauver l’orgue de la cathédrale

Des étudiants se lancent dans le sauvetage d’un Christ

Le mécénat s’organise pour sauver la piscine Art Déco

Il faut sauver la piscine Art déco

2017

Coup de jeune pour la plus vieille maison
Sacrés rois de France !

Ces sites remarquables menacés à Reims

Ils s’opposent à la démolition

« Patrimoine Art déco en péril »
La fontaine Bartholdi est bien à Washington

Deux ans de patience pour revoir la porte Mars

Reims préserve son patrimoine

La Maison des musiciens va renaître à Reims

QUAND REIMS SE DÉCOUVRE EN LETTRES
Ce patrimoine à sauvegarder
Reims va faire appel au mécénat pour illuminer ses monuments UNESCO
A L'OMBRE DE DIEU

2016

Le jour où l’hôtel de ville de Reims fut incendié
La pierre de Courville a fait revivre les monuments de Reims

Place d'Erlon, sous les pavés les marécages
Ils explorent des souterrains oubliés à Reims et aux alentours

 La Ville de Reims récompensée pour le projet de restauration de la Porte de Mars
Passé, présent et futur du sous-sol de Reims
Le palais de justice de Reims comme vous ne l'avez jamais vu (ni entendu)
1200 ans plus tôt, Louis le Pieux devenait le premier roi sacré à Reims
Foulé aux pieds par Louis XIV, un gisant historique toujours intact
En quête d'histoires de quartier Clairmarais
Entre souvenirs et anecdotes, ils racontent l'histoire de la Cerisai
La Ville souhaite protéger la richesse de son patrimoine
Reims: des œures à préserver

 2015

L'effet Unesco a créé un enthousiasme des caves
Vivre dans la plus ancienne maison de Reims
La façade aux allures des années 20
Objectif : le patrimoine en photo
Objectif : mélanger les époques

Il y a 250 ans, la statue de Louis XV était inaugurée à Reims

 Une passion commune : la restauration de tableaux
Le mécénat pour soutenir le patrimoine
LE COLLIER DE L'ORDRE, DU SAINT-ESPRIT AUX ENCHERES
Aider l’Histoire à se tourner vers l’avenir
 Les entreprises marnaises fondent un club
Les Rémois invités à sauver leur patrimoine
Un mois à marquer d’une pierre blanche pour le patrimoine rémois
Le label patrimoine mondial, un filon pour l'économie de la ville
L’Antiquité, un patrimoine inestimable à préserver
Reims adhère à la Fondation du Patrimoine

De l’ancien collège des Jésuites à Sciences Po Reims
 Il est urgent de préserver les trésors rémois

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Les doléances de 1789 à Reims ont un petit côté gilets jaunes

Grand Reims À la veille de la Révolution, la pression fiscale, qui a déclenché le mouvement  de protestation actuel, était déjà fortement critiquée.


ans les cahiers écrits à la veille de la Révolution, la question de la pression fiscale revient fréquemment.Remi Wafflart

L’ESSENTIEL

-.- LES REVENDICATIONS de nos Gilets jaunes peuvent rappeler celles que l’on trouvait dans les cahiers de doléances de 1789. Nous avons consulté ceux du bailliage de Reims.

-.- LA QUESTION de la pression fiscale y est omniprésente ; on parlait aussi déjà de réduire les dépenses publique s et de simplifier les lois.

-.- CES CAHIERS historiques sont accessibles au public, notamment aux archives départementales.

DES CAHIERS ACCESSIBLES

-.- LES CAHIERS de doléances que nous avons consultés ne sont pas réservés aux journalistes.

-.- N’IMPORTE QUI peut se présenter notamment aux archives départementales 44, rue de l’Yser à Reims, et il pourra les lire sur place dans la salle prévue à cet effet.

-.- IL FAUT juste penser à se munir de sa carte d’identité. Horaires : 8 h 30-17 heures, du lundi au vendredi.

Nous demandons : « La suppression de tous les impôts actuellement existants et surtout de ceux dont le poids ne pèse pas également sur tous les citoyens à raison de leur fortune.» Ceci ne provient pas d’un tract des Gilets jaunes. C’est un extrait des cahiers de doléance de... 1789 du bailliage de Reims. Nous avons en effet consulté ceux-ci, pour voir s’il n’y avait pas quelque rapprochement à faire entre les revendications des deux époques.

TAXE POUR FINANCER LES SACRES

Et de fait, quand on se plonge dans les textes écrits par nos lointains ancêtres, on ne peut s’empêcher de se dire que certaines de leurs demandes pourraient tout à fait se retrouver sous la plume de nos contemporains.

On sait que c’est l’excès de pression fiscale qui a déclenché la grogne jaune. Or, cette thématique, associée à celle du sentiment d’injustice sociale, revient abondamment dans les cahiers pré-révolutionnaires, comme nous l’avaient enseigné nos professeurs d’histoire. La citation du début de notre article émane de la corporation des bonnetiers rémois. Voici ce que disent les ouvriers charpentiers et couvreurs : « Il existe à Reims des impôts énormes sur la vente en détail des vins, lesquels impôts sont supportés par le seul même peuple. »

À Cormicy, on réclame d’être «déchargé de la contribution exigée par M. l’archevêque de Reims, aux droits du sacre des roys... » (c’est-à-dire de supprimer la taxe spéciale finançant les cérémonies du sacre).

À Coulommes-la-Montagne, on dénonce « l’impôt de la gabelle dans ce lieu (...) où le sel taxé à 14 sols la livre est une charge très onéreuse pour le peuple, surtout les pères de famille (...) tandis qu’une partie des nobles jouissent du droit de franc-salé »(exonération de cette gabelle, taxe sur le sel).

CHOC DE SIMPLIFICATION

Il est aussi question dans les cahiers de réduction des dépenses publiques, préoccupation largement partagée aujourd’hui : les bonnetiers déjà cités demandent ainsi à « voir quels sont les retranchements à faire dans les maisons du roi, de la reine et des princes, et en exiger le sacrifice ».

Et déjà à cette époque aussi, on pestait contre la complexité fiscale et administrative, si l’on en croit les maçons, demandant« que les lois soient simplifiées autant qu’il est possible, en sorte que tout citoyen puisse les connaître ». Ça ne vous rappelle pas un certain « choc de simplification » ?

Bref, nos ancêtres partageaient largement les mêmes genres de préoccupations que nous. Cela dit, les cahiers de doléance remplis sous Louis XVI avaient été le prélude à la Révolution. Il faut peut-être souhaiter que la comparaison avec les Gilets jaunes n’aille pas jusque-là.

Antoine PARDESSUS

Extrait de l'union du 24/01/2019

    

     

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Les Docks rémois, site remarquable

Ils étaient une trentraine d’amoureux du patrimoine à avoir pris part à cette visite des Docks rémois.


Bétheny À la découverte des Docks rémois grâce aux mercredis du patrimoine.

 C’est une bien belle découverte, dans le cadre des « mercredis du patrimoine », qui vient d’être proposée aux amoureux du patrimoine par l’APIC, l’association pour le Patrimoine Industriel en Champagne-Ardenne : celles des Docks rémois.

Et c’est à Bétheny qu’une trentaine de personnes s’est récemment réunie pour une visite exceptionnelle, sous la houlette de Maryse Baudson, nouvelle présidente de l’association des Amis du Vieux Bétheny qui a collaboré avec la municipalité à la mise en place d’un parcours découverte par panneaux apposés tout au long des anciens ateliers. L’après-midi, c’est le témoignage de Claudette, Françoise, Simone, Monique et Jacques, 5 anciens employés des Docks, qui a fait revivre cette entreprise qui fut en France, il y a 130 ans, la première grande chaîne de magasins à succursales multiples, les Familistères. Ils ont témoigné de l’importance des Docks, qui comptait de nombreux employés, jusqu’à 1 200 aux meilleures heures, et de ses derniers instants, lors de l’ouverture des grandes surfaces sur Reims dans les années 80. « Le patrimoine industriel , assure Loïc Hervé, trésorier de l’APIC, ce sont des bâtiments, bien sûr, mais aussi des hommes et des femmes qui l’ont porté, c’est pourquoi les témoins rencontrés aujourd’hui sont précieux. Ils sont les mémoires du patrimoine ». Outre cette mémoire vivante des Docks, les participants ont apprécié la volonté de conserver et reconvertir ces anciens bâtiments, où sont implantées aujourd’hui des entreprises très diverses.

LES MERCREDIS DU PATRIMOINE

L’APIC organise plusieurs mercredis par an des visites d’un site industriel remarquable dans toute la Champagne-Ardenne : base 112, musée de la bière, centrale nucléaire, forges, moulins… Cette association, créée en 1997, actuellement sous la présidence de Gracia Dorel-Ferré, docteur en histoire, met en avant la richesse du patrimoine  industriel par ces mercredi du patrimoine », qui attirent de nombreuses personnes, adhérents ou non.

Claudette MÉRIEUX

Extrait de l'union du 05/09/2018

    

     

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Patrimoine : Il faut trouver un équilibre

 Nouvelle réaction à la destruction de la maison rue Desteuque : la Ville avance sur la protection.


Lundi 3 septembre a débuté la démolition de la belle maison de la rue Eugène-Desteuque. Cela a suscité émotion de la part de Rémois et précisions de la part des élus, actuels et passés

LES FAITS

*.- LUNDI 3 SEPTEMBRE a débuté la démolition de la maison du nº6 de la rue Eugène-Desteuque, derrière la cathédrale.

*.- DANS LES HEURES ET JOURS qui ont suivi, cela a suscité de nombreux commentaires : souvent des regrets, parfois des reproches adressés à la mairie.

*.- ARNAUD ROBINET, le maire de Reims, a répondu à ces critiques via Facebook.

*.- JACQUES COHEN, l’ancien adjoint d’Adeline Hazan, a lui aussi apporté sa réaction dans nos colonnes.

*.- CATHERINE COUTANT ET PASCAL LABELLE, adjoints au maire, détaillent les efforts entrepris pour concilier urbanisme et patrimoine.

Ce n’est sûrement pas la dernière fois qu’on en parle… Après trois articles en une semaine (L’union des 4, 7 et 11 septembre) sur la démolition de la belle maison de la rue Eugène-Desteuque, en voici un quatrième. La municipalité a souhaité apporter à son tour des précisions sur les efforts consentis pour concilier évolution urbanistique et préservation patrimoniale.

Catherine Coutant, conseillère municipale déléguée au patrimoine, présente la démarche et l’état d’esprit : « Sur ce sujet, c’est un travail collégial qui garantira le succès. Il nous faut trouver un équilibre des forces entre la Ville, les promoteurs, les propriétaires, les services de l’État et ceux du conseil régional. » Préserver ne veut pas dire figer et c’est là, aussi, toute la difficulté. « Les communes qui se sont transformées ne l’ont pas fait sans détruire certains éléments anciens, poursuit Mme Coutant.Prenez Bordeaux, qui a su se moderniser et répondre à des besoins nouveaux. Forcément, cela est passé par des démolitions. Mais toujours en concertation. »

DE NOMBREUSES ÉTAPES

En mai 2016 se tient le premier comité de pilotage pour l’élaboration d’un Plan de sauvegarde et de mise en valeur du patrimoine (PSMV). Un mois après, une convention est signée entre la Ville et l’État pour l’étude historique du PSMV, sous l’autorité scientifique du service de l’inventaire de la région Grand Est.

En novembre 2016, le plan local d’urbanisme révisé, qui inclut l’Aire de valorisation du patrimoine (Avap) créée pour la butte Saint-Nicaise et le classement à l’Unesco, est approuvé en conseil municipal. Parallèlement est choisi le bureau d’études à qui est confié un diagnostic du centre-ville, qui permettra de faire des préconisations, aussi bien pour la préservation du patrimoine que pour les constructions nouvelles. Sur la base de ces préconisations, la mairie pourra s’appuyer pour aller jusqu’au refus d’un permis de démolir, par exemple. Ce périmètre de protection pourrait être connu début 2019.

3 700 BÂTIMENTS À INVENTORIER

Autant d’étapes juridiques, techniques et légales que rappelle Pascal Labelle, adjoint au maire chargé de la culture et du patrimoine, insistant sur le fait que pour l’instant, « ce sont les règles d’urbanisme qui régissent le patrimoine » . « À terme, l’Avap et le PSMV formeront un site patrimonial remarquable » , résume l’adjoint, qui attire l’attention sur le temps nécessaire à la rédaction de ces documents et sur l’ampleur de la tâche. Quelque 3 700 bâtiments sont à inventorier, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur.

Et Catherine Coutant d’enfoncer le clou : « Reims est une des premières villes à élaborer son secteur sauvegardé sur un patrimoine du XX e siècle, bien plus complexe que celui du Moyen Âge, car bien plus disséminé. »

Anne DESPAGNE

Extrait de l'union du 13/09/2018


La belle maison de la rue Desteuque  est en cours de démolition

C’est sous le regard des passants et au grand dam de certains Rémois que la maison derrière la cathédrale est en train d’être démolie. Elle n’était pas classée.


À l’angle des rues Saint-Symphorien et Eugène-Desteuque, la belle maison est en en train d’être abattue.

LES FAITS

*.- AOÛT 2016 : une association de sauvegarde du patrimoine alerte sur plusieurs démolitions de maisons intéressantes.

*.- OCTOBRE 2017 : une pétition est lancée pour la protection de ces édifices.

*.- SEPTEMBRE 2018 : la destruction débute rue Eugène-Desteuque.

De puis lundi, la belle maison située à l’angle des rues Saint-Symphorien et Eugène-Desteuque, derrière la cathédrale de Reims, est en train d’être démolie. De nombreux internautes, notamment via la page Facebook « Tu sais que tu habites à Reims si... », s’en émeuvent et regrettent la disparition d’un élément de ce qu’ils considèrent comme appartenant au patrimoine architectural rémois, celui de la reconstruction.

Notre maison était jolie mais elle n’avait rien d’exceptionnel ni de classé
Les anciens propriétaires

Il y a deux ans, déjà, l’association SOS Reims urbanisme et nature avait alerté contre cette destruction et avait lancé une pétition qui, en quelques semaines, avait recueilli 150 signatures. Les amoureux des belles bâtisses évoquaient la délicatesse de l’édifice, comportant par exemple en façade des sculptures florales au-dessus des fenêtres ou des flambeaux en canelures...

Hier matin, maints passants immortalisaient les derniers instants de la maison, sortant leurs téléphones portables pour filmer ou photographier. Parmi les badauds, deux Rémois discrets sur le trottoir le plus proche. Il s’agit des anciens propriétaires de la maison, qui ont choisi de vendre à un promoteur immobilier rémois. « Nous n’avons pas de pincement au cœur, confient-ils, sereins. Nous avons habité là pendant 52 ans et nos enfants y ont grandi. Nous y avons été très heureux mais ce n’est qu’un bien matériel... Cette maison était jolie mais elle n’avait rien d’exceptionnel ni de classé, elle n’était pas répertoriée Art Déco. Nous ne comprenons pas toute cette agitation sur internet... Ce sont nos enfants qui nous ont demandé de faire des photos de la démolition. » Le couple a fait le choix d’un appartement avec vue imprenable sur la cathédrale, synonyme de moins de fatigue, de plus de confort et de sécurité.

L’ARCHITECTE DES BÂTIMENTS DE FRANCE AVAIT DONNÉ SON ACCORD

Rappelons que, malgré l’émotion de certains Rémois et les alertes relayées à la mairie, rien n’empêchait cette démolition, qui est faite en toute légalité. L’Architecte des bâtiments de France avait donné son accord, la maison ne bénéficiant d’aucune protection particulière : elle ne faisait pas partie des monuments répertoriés comme historiques ni ne figurait sur la liste du patrimoine d’intérêt local versée au plan local d’urbanisme.

Précisons enfin que la mairie travaille à un plan de sauvegarde et de mise en valeur, qui s’appuie sur un inventaire complet du patrimoine local. Ce plan est dans une phase d’études prévue jusqu’à la fin de l’année. Il devrait être effectif en 2019 ou 2020.

Anne DESPAGNE

Extrait de l'union du 05/09/2018

    

     

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650 squelettes … pour le moment

Le cimetière découvert à Saint-Remi se révèle encore plus riche que prévu. Le site sera ouvert au public pour les Journées du patrimoine.


Dans la zone la plus densément occupée, on a découvert de «
longs boyaux, avec parfois une vingtaine d’individus »

« Si on avait 1000 tombes bien réparties, cela irait plus vite. La complexité, c’est qu’elles sont superposées, parfois jusqu’à sept niveaux, c’est-à-dire sept épaisseurs de squelettes ! On compte d’habitude une journée pour fouiller une tombe, mais là, malgré l’efficacité de l’équipe, c’est difficile. » Sandrine Thiol, anthropologue à l’INRAP (Institut national de recherches archéologiques préventives), et Mathilde Arnaud, archéologue au Grand Reims, ont présenté hier l’avancée délicate du chantier de fouilles au pied de Saint-Remi. Un cimetière utilisé vraisemblablement « du VI e au XVIII e siècle » , et fouillé dans le cadre de la rénovation du parvis de la basilique.

Après quatre mois d’un travail de fourmi, réalisé sur un hectare, sous une chaleur souvent écrasante, Mathilde Arnaud dresse un premier bilan : « Alors qu’on estimait qu’il y en avait 600, on a déjà mis au jour 650 sépultures, et on sait qu’on est en deçà de la vérité. » Le chantier doit durer encore quatre mois, officiellement jusqu’au 31 décembre, sans doute un peu plus, selon les conditions météo, mais aussi la nature des découvertes. Mathilde Arnaud ne cache pas que le temps manque : « On est pressés par le temps. Il y a une difficulté à concilier la conservation du patrimoine et les exigences en termes de travaux. » Pour mémoire, le nouveau parvis doit être achevé fin 2019, a rappelé la Ville hier, annonçant que les travaux de voirie débuteront ce mois-ci.

90 SQUELETTES SUR 2,5 M 2

Mais sur ce site immense où les squelettes s’entremêlent et les époques s’entrechoquent, rien n’est simple. « L’espace funéraire a été occupé de manière extrêmement importante pendant toute la période médiévale , insiste Mathilde Arnaud. Il y a des sépultures individuelles, mais aussi multiples, avec un important amoncellement d’os. » Sandrine Thiol a dénombré « 12 tombes et 90 individus, sur un carré de seulement 2,5 m 2. »

« On a avancé sur la compréhension de l’organisation de ce site funéraire » , explique toutefois Laure Koupaliantz, cheffe du service Archéologie du Grand Reims. Les tombes sont organisées selon deux axes, nord-sud et est-ouest, et trois ensembles ont été distingués, à rapprocher de différents édifices religieux, comme Saint-Remi ou Saint-Julien. En analysant les squelettes (sexe, âge, stature, pathologies), les anthropologues en apprennent aussi beaucoup sur cette « population préindustrielle » .

Les squelettes sont ensuite transférés dans un bâtiment du Grand Reims. De même pour les objets découverts, qui sont cependant peu nombreux. Après une petite gourde et des besicles mises au jour au printemps, les archéologues semblent avoir mis la main sur petite perle en os, sous le menton d’un squelette, dans la zone dite dite « des bébés » . Cinq petits squelettes ont en effet été trouvés à cet endroit. C’est une des curiosités de cette fouille : à cette exception près, « il y a très peu de squelette d’enfants, alors même qu’un enfant sur deux mourait en bas âge au Moyen-Âge » . Un mystère de plus à percer.


Les archéologues ont déccouvert ce qui pourrait être une petite perle en os (près de l’épingle jaune)


Analyse d'un squelette par un agent de l'INRAP. Depuis mi-avril les archéologues fouillent inlassablement le sol au pied de Saint-Reml souvent sous une chaleur écrasante

 
Les squelettes se superposent parfois sur sept niveaux, avec un amoncellement d'os compliqué à déchiffrer


Un squelette peut en cacher un autre

LE CHANTIER DE FOUILLES OUVERT AUX JOURNÉES DU PATRIMOINE

Ce sile exceptionnel sera ouvert aux Journées du patrimoine, les 15 et 16 septembre. la réservation est obligatoire (au 03.26.02.07.71),afin de consulter des groupes de vingt personnes, avec des départs toutes les quinze minutes entre 10 et 17 heures (durée de la visite: 30 minutes). Un chantier de fouilles étant avant tout ... un chantier, il est lortementconseiUé de venir « bien chaussé » conseille le Grand Reims.

55.000 visiteurs attendus aux Journées du patrimoine

Catherine Coutant, Pascal Labelle et André Secondé, hier au musée Saint-Remi. Pascal Labelle a dit l’importance à Reims de la culture et du patrimoine, qui « représentent 15% du budget de fonctionnement de la ville, d’un peu plus de 200 millions d’€ ». G.L

Soixante-huit sites à Reims, et cinquante-cinq villages du Grand Reims (essentiellement des églises), participent cette année aux Journées européennes du patrimoine, le week-end des 15 et 16 septembre, sur le thème « L’art en partage ». « Un très beau thème» pour Pascal Labelle, adjoint à la culture et au patrimoine à Reims, qui a présenté hier matin, au musée Saint-Remi, la déclinaison locale des JEP, et a souhaité « mettre de l’humain au cœur du patrimoine. Le rendez-vous a enregistré 55 000 visites l’an passé, soit « une fréquentation en constante augmentation » , a souligné Catherine Coutant, élue déléguée au patrimoine.

« Il ne suffit plus d’ouvrir les portes, il faut faire vivre le patrimoine .Notre volonté est donc d’associer le patrimoine et la création, à travers le spectacle vivant » , a indiqué l’élue, citant en particulier une lecture théâtrale à venir… dans la salle des assises du tribunal.

La profusion de l’offre oblige, chaque année, à faire des choix. Catherine Coutant a fait quatre propositions : d’une part « une sorte de chasse au trésor, tournée vers les familles et les enfants » , avec une troupe de théâtre faisant découvrir, près de la cathédrale, différents sites et personnages. D’autre part, on pourra profiter de l’accent mis sur l’archéologie, avec la visite du chantier de fouilles du cimetière médiéval (lire par ailleurs), ou bien une conférence sur les découvertes faites sur le chantier du Sernam, en particulier les vestiges d’un quartier d’habitat antique (samedi à 15 heures au Cellier). « À Reims, l’archéologie est très importante : on ne peut pas faire un trou sans découvrir quelque chose ! » , a plaisanté Catherine Coutant.

Troisième piste : partir à la découverte des nouveautés des JEP, en particulier la Tour Féry, autrement appelée le Château d’eau. L’ancienne usine des eaux de Reims, visible depuis la traversée urbaine, ouvrira ses portes pour la première fois. Dernière option dans cette liste non-exhaustive : 2018 étant la dernière année des commémorations du centenaire de la Grande Guerre, ce sera l’occasion de faire le plein de patrimoine mémoriel. Des animations théâtrales seront aussi organisées au fort de la Pompelle. De quoi séduire André Secondé, élu communautaire chargé de l’archéologie, et aussi maire de Puisieulx, où est situé le fort. À ses yeux, « le centenaire de la victoire » mérite largement de (re)découvrir le site, qui réessuscitera le quotidien de la Der des Ders, en fin de journée et en soirée, avec une troupe de comédiens.

Un bémol dans cette riche programmation : à l’exception de Pommery et Taittinger, les maisons de champagne seront fermées au public. « Ce n’est pas faute d’essayer, on fait tout ce qu’on peut… On le regrette », a confié Catherine Coutant.

Deux programmes des Journées du patrimoine (Reims et Grand Reims), tirés à 12 000 exemplaires, sont disponibles dans la ville. Sur internet, rendez-vous sur les sites de l’office du tourisme et du Trésor

Guillaume LÉVY

Extrait de l'union du 05/09/2018

    

     

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Le Crypto prend l’eau, son état est jugé grave

Reims Place du Forum, le Cryptoportique, deux fois millénaire, souffre de plus en plus d’infiltrations. Des amoureux du patrimoine viennent d’alerter la mairie.


Au bout de la galerie, l’eau de pluie s’amoncelle sous le second escalier. À côté, on voit l’eau traverser le plafond et tomber au compte-gouttes jusqu’au sol.Photos Christian Lantenois

Rien pour les Journées de l’archéologie

LE CRYPTOPORTIQUE NE FIGURE PAS au programme des Journées nationales de l’archéologie, qui ont lieu ce week-end. Seul le musée Saint-Rémi y participe à Reims.

UN ÉTÉ À REIMS

L’état dégradé du Cryptoportique n’a pas de conséquence sur la trentaine de concerts programmés sur la scène installée juste en face, dans le cadre du festival Un été à Reims. Premier concert ce jeudi à 19 heures.

Ils jugent son état « grave et préoccupant » . Des archéologues et responsables du patrimoine rémois viennent de tirer la sonnette d’alarme. L’un d’eux a prévenu le maire que le Cryptoportique voit son état se dégrader rapidement.

Lors d’un récent repas en présence de la presse, Richard Mathiot, responsable patrimonial de la Ville, connu pour ses visites historiques, a alerté Arnaud Robinet : « Monsieur le maire, j’attire votre attention sur l’état très préoccupant du Cryptoportique, qui nécessite des travaux. »

Le monument antique bâti entre la fin du I er et le début du II e siècle de notre ère, souffre de plus en plus d’infiltrations. Quand il pleut, l’eau traverse la dalle construite au niveau de la place, s’infiltre dans les murs, tombe sur le site et y crée des flaques. Selon les experts, la situation a encore empiré cet hiver et au printemps. La longue série d’orages et d’averses que nous connaissons depuis un mois n’a rien amélioré.

SUR LES MURS, PEINTURES ET MOISISSURES

Nous avons arpenté les deux nefs de la galerie, longue de soixante mètres, mardi après-midi, aux heures d’ouverture. Outre la beauté des lieux, ce qui surprend dès qu’on descend dans la galerie, c’est l’odeur de cave humide, dans ce site qui transpire l’humidité. Du salpêtre se développe sur les murs, tandis qu’au fond de l’allée, des flaques apparaissent. Une, très large, sous l’escalier de la seconde sortie (la pluie entre par là). D’autres, très petites et sans doute plus inquiétantes : en levant la tête, on voit l’eau qui ruisselle du plafond, les gouttelettes qui traversent la voûte, puis tombent jusqu’au sol trempé, en y formant des trous, sous l’effet de l’érosion.

Au cœur de l’ancienne cité de Durocortorum, le Cryptoportique en a certes vu d’autres en presque deux mille ans. Redécouvert en 1838, confondu d’abord avec des thermes, ce portique en partie souterrain servait en fait de lieu de promenade et de rencontre, ainsi que de marché couvert, en lien avec des boutiques extérieures bordant la galerie (on en voit les vestiges derrière le Cryptoportique). Le fond des anciennes boutiques enterrées révèle encore, par endroits, des traces de peintures murales (rouge, verte et blanche), à ne pas confondre avec des traces de moisissure, également présentes.

Ironie de l’histoire : alors que les architectes de l’époque étaient allés jusqu’à percer une galerie d’assainissement le long de la galerie (on la voit toujours), dans le but de protéger l’édifice de l’humidité, c’est justement de l’humidité que le Cryptoportique souffre aujourd’hui.

À ce jour, la Ville, occupée sur d’autres fronts patrimoniaux (lire par ailleurs), n’a pas encore pris de mesures particulières pour protéger le site antique. Les derniers travaux de restauration et protection remonteraient à une trentaine d’années.

Un chèque de 40 millions à prévoir pour rénover la basilique


Les gouttes tombant de la voûte creusent des trous dans le sol trempé. 

Lorsque Richard Mathiot a alerté Arnaud Robinet sur l’urgence à intervenir, il a aussi reconnu « les efforts » du maire en matière de patrimoine. Ce dernier évoque l’hôtel de ville, en travaux « pour la première fois depuis un siècle » , ou encore la porte de Mars. Celle-ci est encore sous son emballage, le temps que les experts décident du mode opératoire pour la restaurer. L’objectif d’Arnaud Robinet est qu’elle puisse rouvrir en 2019, « à la fin du chantier de rénovation des Hautes Promenades » . Mais le gros morceau est ailleurs : « il s’agit de la rénovation à venir de la basilique Saint-Remi, qui incombe à la Ville, contrairement à la cathédrale (l’État). Le maire chiffre ce chantier à« 40 millions d’euros » , étalé sur «les dix à vingt prochaines années » . Pour l’instant, rien de prévu en revanche pour le Cryptoportique, même si Catherine Coutant, élue chargée du patrimoine, assure que la Ville est « sur le coup » et n’oublie pas « un de nos plus vieux sites patrimoniaux. »

Guillaume LÉVY

Extrait de l'union du 14/06/2018

    

     

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Le mécénat s’organise pour sauver la piscine Art Déco

La fermeture programmée de la piscine Art déco a suscité un vaste élan de solidarité. Les bénévoles qui gèrent le site ne désespèrent pas de trouver les financements d’ici à septembre.


À ce jour, les bénévoles du Tennis club de Reims, propriétaire de la piscine, ne désespèrent pas de collecter les fonds nécessaires à la réalisation du diagnostic obligatoire dans le cadre de l’inscription de la piscine à IME. Construite en 1922 selon l’esthétique des bains romains, la structure est inscrite à l’inventaire des monuments historiques. Christian Lantenois

À la croisée des chemins

 « La piscine a aujourd’hui 100 ans. C’est une vieille dame. Elle nous coûte très cher. Elle nous coûte de plus en plus cher », expliquait en janvier dernier Claude Auroux, président du Tennis club qui ne cachait pas « être à la croisée des chemins. De gros travaux sont à envisager… Sans l’aide de mécènes, c’est la fermeture assurée ». Et d’ajouter : « Sur une année normale, sans aléas, la piscine présente un déficit de 7 000 à 8 000 euros. Il y a plus de dépenses que de recettes ».

 Un don de 50 euros en espèces déposé à la mairie… C’est un anonyme qui a fait ce legs fin janvier, sensibilisé à la fermeture annoncée de la piscine à pergola de la rue Lagrive, chef-d’œuvre de l’architecture Art déco, propriété historique du Tennis club de Reims, aujourd’hui menacée de fermeture en raison de désordres structurels inhérents à son vieil âge. La dame est centenaire. Le dernier incident en date, une rupture de canalisation, a vidé cet été, en quelques heures, les 800 m 3 d’eau de la piscine. Coût de la réparation : 5.000 euros à la seule charge du club.

UNE ASSURANCE DE 15 000EUROS DE LA PART DES MONUMENTS HISTORIQUES

Car elle est là la problématique : tout en étant inscrite à l’inventaire des Monuments historiques, la piscine est propriété d’un club privé qui doit supporter seul les coûts des réparations. Aujourd’hui, pour prétendre à ouvrir en toute sécurité, c’est une somme de 50.000 euros que le club doit trouver, afin de réaliser un diagnostic, obligatoire. Diagnostic qui devra déterminer le montant des futurs travaux à mener (L’union du 23 janvier).

« La menace de fermeture a suscité un véritable remue-ménage », confie Alain Lobet, trésorier du Tennis club. « Il y a un réel attachement à cette piscine, symbole de l’effort de paix et de l’amitié franco-américaine. Pour l’instant, nous sommes approchés de part et d’autre. Nous sommes assurés d’obtenir 15.000 euros des Monuments historiques. D’autres donateurs, plus ou moins sérieux, nous ont contactés. À ce stade, nous en sommes au recueil des promesses… Ce que je peux dire, c’est que nous avons une piste sérieuse d’une personne capable de lever des fonds et qui l’a déjà prouvé par le passé à Reims. » Sans pouvoir en dévoiler davantage, Alain Lobet estime que les 50 000euros seront trouvés d’ici le mois de septembre. « Sachant qu’après, il nous faudra trouver 800 000 euros pour effectuer les travaux… »

Pour l’heure, le club envisage de mettre en place une cellule opérationnelle destinée à faire le tri entre les propositions « sérieuses et moins sérieuses ». Pour l’anecdote, comme le précise le trésorier, «nous avions espoir de toucher une somme d’un mécène… qui souhaitait en fait simplement savoir si la piscine serait ouverte cet été. »

Caroline GARNIER

Extrait de l'union du 16/02/2018

    

     

  


 Il faut sauver la piscine Art déco

La piscine à pergola, chef-d’œuvre de l’architecture Art déco, est aujourd’hui menacée en raison de désordres structurels. Sans l’aide de mécènes, elle est condamnée à fermer.


Le Tennis club de Reims ne trouve pas de mécènes pour financer le diagnostic obligatoire, demandé par l’État, la piscine Art déco, inscrite à l’inventaire des monuments historiques, est condamnée à fermer.
Christian Lantenois

Symbole de l’effort de paix et de l’amitié franco-américaine, la piscine Art déco de la rue Lagrive est un véritable petit bijou architectural, pensé dans le style des bains romains, avec ses deux bassins aux bandeaux de mosaïques, sa pergola, ses colonnades avec jardinières, ses bancs et ses plages… Élément de patrimoine unique à Reims, qui plus est, toujours en activité au moins 4 mois dans l’année, cette piscine extérieure est propriété historique du Tennis club de Reims, qui ne cache plus ses difficultés à lui maintenir la tête hors de l’eau.

« La piscine a aujourd’hui 100 ans. C’est une vieille dame. Elle nous coûte très cher. Elle nous coûte de plus en plus cher… Nous sommes à la croisée des chemins », concède Claude Auroux, président du club qui n’a toujours pas digéré l’incident de cet été où, en quelques heures, les 800 m 3 d’eau se sont vidés dans les évacuations.

En cause, la rupture d’une canalisation. « Rien que pour cela, il a fallu débourser 5 000 euros et la piscine a dû fermer trois semaines. Notre problème, c’est qu’aujourd’hui, elle a besoin de gros travaux, et le club, en tant que tel, n’a pas les moyens financiers de supporter de tels coûts. » Autre problématique : tout en étant inscrite à l’inventaire des monuments historiques (IMH), la piscine est propriété d’un club privé, qui doit de fait en supporter seul les coûts. La piscine n’est pas éligible aux subventions de la Ville, le Département ne peut intervenir…

UN DIAGNOSTIC À 50 000 €, DES TRAVAUX À HAUTEUR DE 500.000 €

« La situation est plus.que difficile aujourd’hui », insiste Claude Auroux. « C’est une piscine privée mais inscrite à l’inventaire des monuments historiques. Nous ne pouvons pas faire n’importe quoi et toute réparation doit être financée par le club. Il nous faut trouver des solutions et, à part le mécénat, nous n’avons pas vraiment de choix. On ne peut pas l’ouvrir au domaine public pour des raisons de sécurité. Déjà les plages sont trop petites et il nous faudrait un maître nageur à temps plein, ce qui n’est financièrement pas envisageable. Aujourd’hui, une fuite de canalisation peut arriver à tout moment… De gros travaux sont à envisager, mais avant cela, nous avons l’obligation de faire réaliser un diagnostic que nous ne pouvons pas financer. » Obligatoire et à réaliser sous deux mois pour prétendre à ouvrir cet été, le coût du diagnostic est chiffré à 50 000euros, dont 30 % seraient pris en charge au titre de l’IMH.

« La piscine se dégrade petit à petit », ajoute Alain Lobet, trésorier du club. « Il n’y a pas que les fuites, il y a tous les travaux de mise en sécurité… Le circuit d’eau date de 1920. Ce diagnostic doit nous permettre d’évaluer les travaux à réaliser, dont on sait déjà qu’ils vont se chiffrer entre 500 000 et 700 000euros, voire bien plus. » « C’est simple », confie le président Claude Auroux, « si nous ne trouvons pas de mécènes, nous sommes condamnés à ne pas faire de diagnostic… Sans diagnostic, c’est la fermeture assurée de la piscine. »

Des désordres structurels importants


Les travaux à envisager sont de l’ordre de 500.000 à 700.000 euros. C.L. 

Construite en 1922 d’après les plans de Jacques Rapin (à qui l’on doit de nombreux bâtiments rémois), la piscine Art déco du Tennis club a été influencée par l’esthétique des bains romains et la découverte des ruines de Timgad, en Algérie. Elle mesure 25 mètres de long sur 25mètres de large… et a été entièrement financée grâce au Comité américain pour les régions dévastées et à ses membres bienfaiteurs. Aujourd’hui, sans l’aide de nouveaux mécènes, elle est condamnée à fermer.

« Cette piscine nous coûte », reconnaît Claude Auroux. « Il faut savoir que sur une année normale, sans aléas, la piscine, présente un déficit de 7 000 à 8 000 euros… Il y a bien plus de dépenses que de recettes. Les recettes, ce sont les adhérents (environ 600) pour une ouverture 4 à 5 mois l’été. En sorties, il faut compter l’eau, les frais de structure, de nettoyage, d’analyses, qui se montent à près de 15 000 euros. Sans compter qu’il faut refaire les peintures régulièrement, réparer les fissures... Cette année, en raison de la rupture de la canalisation, nous avons payé le double de facture d’eau par exemple… C’est un vrai souci, d’autant que nous sommes obligés de la maintenir en eau toute l’année. »

Caroline GARNIER

Extrait de l'union du 23/01/2018

    

     

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Coup de jeune pour la plus vieille maison 

Après plusieurs semaines d’un chantier minutieux, celle qui semble être la plus ancienne maison (encore habitée) de Reims a retrouvé son lustre d’antan.


La façade de la maison située à deux pas de la basilique Saint-Remi a été remise à l’état d’origine.

Denise et Guy Thomas sont drôlement fiers. « Même s’il reste encore quelques retouches à faire. Les balconnières sont un peu basses… », s’empresse de préciser l’ancien boucher, un brin perfectionniste. Désignée par des guides comme la plus ancienne habitation de Reims, la maison qu’ils occupent depuis 1962, située sur la place Saint-Timothée, à l’angle avec la rue Saint-Julien, dans le quartier Saint-Remi, vient de subir un important lifting (notre édition du 21 octobre). Le chantier a duré un mois et demi et les échafaudages viennent d’être enlevés, révélant ainsi la demeure à pans de bois telle que les Rémois pouvaient la voir à sa construction au début du XVI e siècle. « On peut dire qu’on la redécouvre, confie le couple. On l’a toujours vue en peinture. » Avant le minutieux chantier, les poutres affichaient une teinte vert d’eau. « Quand nous l’avions fait repeindre en 1994, nous avions opté pour un marron, mais la couleur a viré avec le temps. » Exit les différentes couches successives de peinture, le bois est aujourd’hui à nu, ou presque. Brossées et poncées à la main, les poutres ont été recouvertes de brou de noix et d’huile de lin afin de les teinter et surtout de les protéger. «Nous n’avons utilisé aucun produit chimique, certifie Gaspard Cervin, de l’entreprise Habitat & Traditions, qui a mené les travaux. Tout a été fait dans les règles de l’art, avec des matériaux traditionnels. » Comme jadis.

RESTAURATION À L’ANCIENNE

« Les clients nous parlent beaucoup de ces travaux et du magnifique rendu, confirment de leur côté Christine et Philippe Cognigni, qui ont repris la boucherie de la place Saint-Timothée il y a tout juste 20 ans. C’est un sujet de conversation quotidien. » Les commerçants, qui tiennent la boutique avec leur fils Thomas, sont eux aussi « très heureux et fiers » de travailler dans l’une des plus vieilles maisons de la ville. « Les échafaudages assombrissaient le magasin, mais ça valait le coup de patienter. C’est beaucoup plus joli maintenant et certains ont découvert la boucherie grâce aux travaux. » Même satisfaction pour Cédric, pharmacien, dont les vitrines donnent sur la fameuse maison : «Ça la remet en valeur et ça rehausse la place. » Les riverains applaudissent la restauration. Ne reste plus qu’à installer les pensées dont rêve Denise pour ses bords de fenêtre.


La maison de Guy et Denise Thomas est l’une des rares de Reims à être restée (presque) intacte après la Première Guerre Mondiale. Une poutre du salon conserve l’impact du seul obus qui a touché la batisse.

1323 inscrit sur la façade d’une autre demeure remarquable


Le 5, rue du Marc, situé à deux pas de l’hôtel de ville, date du XVIe siècle. 

Située dans un angle, la bâtisse du 5, rue du Marc avec ses pierres sculptées est remarquable. Elle est d’ailleurs recensée depuis 1992 au titre de Monument historique, tout comme le Musée-hôtel Le Vergeur voisin. Mais non, cette splendide demeure n’a pas été construite en 1323 comme les chiffres inscrits sur sa façade pourraient laisser croire. « Il s’agit d’un code qui indiquait à l’époque le nombre de personnes qui y habitaient », croit savoir son propriétaire. « C’est un numéro d’inventaire, confirme Patrick Demouy, enseignant chercheur rémois. Il servait pour les impôts. » Ce numéro aurait été gravé au XVIIe ou XVIII e siècle, « bien avant que les numéros de rue ne soient précisés de façon systématique ».Michel Thibault, auteur de plusieurs ouvrages sur Reims, avance une autre supposition : « Un essai de numérotation des maisons fut fait en 1766. Depuis la porte de Vesle, les habitations étaient numérotées en continu avec tourne à gauche , à la première intersection, et cela jusqu’au numéro 4194, dernier numéro connu à cette date. Sauf erreur, il n’y a pas d’autre numéro encore visible aujourd’hui, tous n’ayant pas été gravés dans la pierre. » D’après la notice figurant sur la base Mérimée du ministère de la Culture, répertoriant le patrimoine architectural français, le 5, rue du Marc aurait été construit au XVI e siècle. Elle est l’une des rares constructions à avoir résisté aux bombardements de 14-18. Tout comme la maison de la place Saint-Timothée, édifiée, elle, entre 1520 et 1540.

L’hôtel des comtes  de champagne  date du XIIIe siècle 

Pour Patrick Demouy, spécialiste du Moyen âge, la maison rémoise la plus ancienne est l’Hôtel des comtes de Champagne, rue de Tambour, propriété actuelle du Champagne Taittinger. Et si elle n’est plus habitée aujourd’hui (elle accueille réceptions, expositions et concerts) après avoir été lieu de résidence des comtes de Champagne à l’occasion des couronnements royaux, il s’agissait bien d’une maison particulière à sa construction au XIII e siècle. « À l’époque, la place du Forum abritait un marché. Des commerçants occupaient sans doute le rez-de-chaussée, mais il s’agissait bien d’une habitation bourgeoise à l’étage. Elle a certes été restaurée à plusieurs reprises et notamment après la Grande Guerre, mais la plupart des murs ont été préservés.  »

Alice RENARD

Extrait de l'union du 05/12/2017

    

     

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Sacrés rois de France !

Le fastueux sacre de Louis XV a eu lieu à Reims le 25 octobre 1722. Ce tableau titré « Cavalcade de Louis XV après le sacre, 26 octobre 1722 » a été peint par Pierre-Denis Martin, dit Martin le Jeune.


Reims À l’occasion du colloque Les sacres des rois de France organisé hier par l’Académie nationale de Reims, nous vous proposons un petit quiz. Histoire d’être incollable sur le sujet.

1 - COMBIEN DE ROIS ONT-ILS ÉTÉ SACRÉS DANS LA CATHÉDRALE DE REIMS ?

A : 58

B : 31

C : 27

Réponse : Plusieurs décomptes existent, notamment parce que des princes sont morts avant de régner. Néanmoins, les historiens se sont mis d’accord pour dire que 31 rois ont été sacrés dans la cathédrale de Reims.

L’an dernier, l’association des Amis de la cathédrale et l’Institut de la maison de Bourbon ont d’ailleurs installé, à l’intérieur de Notre-Dame, une plaque avec la liste des noms des rois sacrés à partir de l’année 816.

Six rois ont été sacrés dans la cathédrale antérieure à celle que l’on connaît aujourd’hui et vingt-cinq l’ont été dans la cathédrale actuelle. Parmi eux, Louis VIII Le lion en 1223, Louis IX (saint Louis) en 1226, Louis XII en 1498, François I er en 1515, Louis XIV en 1654, Louis XV en 1522 et Louis XVI en 1775.

2 - QUI EST À L’ORIGINE DES SACRES À REIMS ?

A : Pépin le Bref.

B : Clovis.

C : Louis I er Le Pieux

Réponse : Clovis qui a été baptisé, en 498 (en 496 selon certains historiens) par l’évêque Remi, avec 3000 guerriers francs, dans la religion catholique. Grâce à ce baptême collectif, les Francs prirent l'avantage sur les autres barbares dans la conquête de la Gaule romaine.

C’est grâce à ce baptême de Clovis, roi des Francs, et à la fameuse sainte ampoule (une ampoule contenant une huile d'origine divine aurait été miraculeusement apportée par une colombe lors du baptême), que Reims pu plus tard s’imposer comme la ville des sacres.

3 - QUEL ROI N’A-T-IL PAS ÉTÉ SACRÉ À REIMS ?

A : Louis XVIII

B : Louis VI

C : Henri IV

Réponse : A, B et C ! Car aucun de ces trois rois n’a été sacré à Reims. Louis VI a été sacré à Orléans en 1108 et Henri IV le 25 février 1594 à Chartres.

Quant à Louis XVIII, il n’a pas, comme d’ailleurs Louis-Philippe, été sacré.

4 - QUEL EST LE DERNIER ROI À AVOIR ÉTÉ SACRÉ À REIMS ?

A : Louis XVI

B : Louis XVII

C : Charles X

Réponse : le dernier roi à avoir été sacré à Reims est Charles X. La cérémonie eut lieu le 29 mai 1825.

5 - QUEL ROI FUT-IL ACCOMPAGNÉ PAR JEANNE D’ARC LORS DE SON SACRE ?

A : Charles X

B : Charles VII

C : Charles VIII

Réponse : Le 17 juillet 1429, soit sept ans après la mort de son père, Charles VII fut sacré roi de France à Reims, en présence de Jeanne d’Arc. Grâce à la Pucelle, qui avait voulu ce sacre, il devint le seul roi légitime des Français, au grand dam des Anglais. Charles VII, dit Charles le Victorieux ou Charles le Bien servi, régna pendant de près de quarante ans.

Un livre de référence


L’éminent historien Yves-Marie Bercé était hier à Reims, ville où il a enseigné.

L’historien Yves-Marie Bercé, qui a enseigné à la faculté des lettres à Reims, de 1979 à 1989, est aujourd’hui membre de l’Institut de France. Hier, à la médiathèque Jean-Falala, il a présidé le colloque sur les sacres des rois organisé par l’Académie nationale de Reims. Rappelant que le sacre s’inscrit pleinement dans l’histoire des constitutions, l’historien a rappelé que plusieurs chercheurs ont fait avancé la connaissance sur les sacres royaux. Il a notamment évoquer Les Rois thaumaturges, le livre de référence que Marc Bloch publia en 1924. « À l’époque, c’était précurseur car, pour la première fois, on n’étudiait pas seulement l’aspect politique mais on mettait aussi en avant les opinions et les sentiments » , a-t-il dit en marge du colloque. Yves-Marie Bercé a aussi évoqué les « cérémonistes » américains des années 50-60.

 

Extrait de l'union du 12/10/2017

    

     

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Ces sites remarquables menacés à Reims

Inventaire non exhaustif de lieux et bâtiments appelés, au mieux, à être transformés, ou au pire, à disparaître.

« Il n’est pas question de figer la ville », précise d’emblée Francis Batteux. Ce membre de l’association SOS Reims urbanisme et nature a déjà regretté à plusieurs reprises dans nos colonnes la disparition de belles demeures, remplacées par des immeubles. Rue des Élus durant l’été 2016, puis plus récemment rue Eugène-Desteuque (notre édition du 23 octobre). Le retraité ne se dit pas opposé au renouvellement urbain. Ce qu’il déplore, c’est d’abord un manque de concertation, mais aussi et surtout « l’urbanisme de notaire qui est pratiqué à Reims, pour reprendre l’expression de l’ancien architecte des Bâtiments de France, Raphaël Gastebois (en poste jusque fin 2012, NDLR). C’est-à-dire qu’on rentabilise au maximum la parcelle et qu’on ne réfléchit pas à la cohérence de l’îlot. J’ai bien entendu les arguments de la Ville qui met en avant la future mise en place d’un secteur sauvegardé. Mais ce qui me gêne le plus, c’est qu’implicitement, ils reconnaissent que ces démolitions ne devraient pas avoir lieu. Cependant, ils laissent faire. Alors qu’il y aurait moyen d’intervenir grâce à un «sursis à statuer. » Comprenez des décisions suspendues en attendant l’élaboration du fameux plan de sauvegarde et de mise en valeur. Découverte des sites sur lesquels l’association veille, au nom de la sauvegarde du patrimoine rémois.

1 - La salle Armonville

Direction rue Armonville, petite artère pavée entre la rue du Barbâtre et le rectorat. La salle municipale Armonville est encore debout, mais plus pour longtemps. Cette ancienne salle de réunion aux multiples fonctions a été vendue il y a quelques mois. Bientôt entièrement rasée, elle laissera la place à une résidence de 17 appartements. « C’est dommage, ce bâtiment a une histoire et puis, il est sympa avec sa jolie façade. » Problème, il n’est plus aux normes. « Voilà, le gros mot est lâché ! Quand on veut se débarrasser d’un truc, on invoque toujours les normes… » En face, une résidence moderne a déjà poussé en lieu et place des bains-douches. « Avec les riverains, nous avons réussi à conserver la façade et à réduire la surface totale de l’immeuble. »

2 - L’îlot Saint-Gilles

L’association de Francis Batteux travaille sur l’îlot Saint-Gilles depuis de nombreuses années. Situé entre la rue du Barbâtre et la rue Ponsardin, ce pâté de maisons ouvrières compte plusieurs dizaines de petites parcelles reliées entre elles par d’étroites sentes, dont l’une, le passage Saint-Gilles, figurait déjà sur le cadastre napoléonien. « Dans les années 80, la municipalité avait un projet de réaménagement pour ce site. Plusieurs maisons ont été préemptées. Puis, le projet a été abandonné. » Deux associations, Frat Habitat et Cultures à l’îlot Saint-Gilles, ont repris le flambeau avec l’espoir de pouvoir conserver cette architecture typique de faubourg.

En attendant, un jardin partagé a remplacé une friche de 250 m2. « Après réflexions, en concertation avec les riverains, nous avons opté pour un projet d’habitat intergénérationnel. Puis la municipalité a changé, il a fallu tout reprendre à zéro. On nous a demandé de trouver un opérateur, histoire d’être plus crédibles. Reims Habitat s’est montré intéressé. Un architecte a été missionné. » Mais depuis, « le projet est bloqué. Les ventes n’aboutissent pas. Soit c’est le prix proposé par l’organisme HLM qui ne convient pas, soit ce sont des obstacles techniques… »

3 - Rue Libergier

Au 47, rue Libergier, le permis de construire, affiché sur un hôtel particulier, est bardé d’inscriptions acerbes : « Inadmissible », « C’est honteux » ou encore « Scandale ! ». La société de promotion immobilière a eu beau préciser que la démolition serait partielle et que la façade Art déco serait conservée, rien n’a pu calmer la colère de ces anonymes. Un immeuble comprenant 26 logements et un local commercial doit remplacer la belle demeure.

4 - Impasse du Levant

Petit poumon vert à deux pas de la place Godinot, le bout de l’impasse du Levant vit ses dernières heures de tranquillité. L’immense jardin d’une résidence sociale du Foyer rémois, véritable havre de paix, a été vendu il y a quelques mois.« Cet endroit si calme, en cœur d’îlot, va être livré à la construction. Tout sera fait dans les règles de l’urbanisme, mais ne faudrait-il pas essayer de réguler le PLU pour une évolution plus homogène de la ville ? », s’interroge Francis Batteux. « Ici encore, on travaille à la parcelle. Sans avoir une vision plus générale. »

5 - Rue du Champs de Mars

« Concernant le projet Reims Grand centre, nous déplorons la disparition du pavillon d’accueil du cimetière ainsi que l’immeuble du collectif d’associations de migrants, poursuit M. Batteux. Il est dommage de démolir deux bâtiments intéressants et de venir mettre des logements entre deux lieux consacrés au recueillement et au souvenir. Sur le reste, c’est bien que la Ville règle enfin le devenir de ce secteur. »

6 - Cours Anatole-France

Au 3, cours Anatole-France, où un programme immobilier est en cours, « l’essentiel a été préservé, grâce à l’intégration de la façade d’origine ». M. Batteux s’avoue gêné par le rehaussement. Et vu de derrière, depuis la rue Saint-Symphorien, le résultat est « indescriptible », selon le retraité qui ne trouve plus les mots pour décrire le bloc de béton sans âme érigé en quelques semaines et qui prive certains d’une vue sur la cathédrale. « C’est du n’importe quoi », s’insurge un membre de la page Facebook « Tu sais que tu as habité à Reims si… » où une photo a été publiée. « Pourquoi avoir autorisé une aussi grande hauteur ? C’est affreux… », commente un autre. « Pas vu ce bâtiment… je pense à un montage », écrit encore un internaute qui croit à un fake.

Pétition « Patrimoine Art déco en péril à Reims » : plus de 2000 signataires en une semaine

Les signatures contre la démolition de deux maisons affichant des éléments Art déco rue Eugène-Desteuque, à deux pas de la cathédrale, se multiplient. Après la pétition lancée par des riverains cet été, une seconde campagne a été mise en ligne le 23 octobre sur le site change.org. Baptisée elle aussi « Patrimoine Art déco en péril – Reims », elle rassemble déjà pas moins de 2 158 signatures. « Je suis écœuré de voir ce qui se passe depuis quelques années dans notre ville », s’insurge Laurent Béthune, à l’origine de cette 2e pétition. À 48 ans, il travaille dans une maison d’édition à Paris. Lui qui est né à Reims et qui y revient fréquemment parle même d’un « véritable massacre »  : « La Première Guerre n’a-t-elle pas assez fait table rase du passé pour qu’aujourd’hui le patrimoine hérité de la reconstruction soit lui aussi rasé ? Plus de 400 architectes se sont penchés sur notre ville. Autant de styles et de variantes Art déco qui font aujourd’hui la richesse de Reims. » S’il a lancé l’alerte, «  c’est aussi et surtout pour faire comprendre à nos élus que beaucoup de Rémois commencent sérieusement à s’inquiéter de l’évolution de notre espace urbain (…). Si on ne fait rien, dans 20 ans notre ville ne sera plus qu’une succession de programmes immobiliers qui se veulent très souvent de luxe et qui pourtant vieilliront très mal. Certains nouveaux immeubles qui ont à peine 10 ans sont déjà dans un état pitoyable. Il y a de la place à Reims pour faire ces programmes en dehors du centre ou de l’hyper-centre qui regroupe l’essentiel des immeubles issus de la reconstruction. Il est évident qu’une ville évolue. Il est aussi évident que ce que nous perdons aujourd’hui sur le plan patrimonial ne sera jamais remplacé. Certes tout n’est pas perdu pour tout le monde… L’aspect financier prime sur la sauvegarde de notre histoire… »

Du côté des signataires, la colère et l’incompréhension dominent : « Je trouve honteux que les élus ne fassent rien et laissent un promoteur défigurer notre ville de la sorte. Reims a assez souffert », commente Magali. « La ville de mes souvenirs ne doit pas disparaître », implore Olivier. Même supplication pour Isabelle : « Reims doit garder tous ses bâtiments Art déco qui participent à la beauté de la ville. Pour densifier Reims autant choisir d’autres bâtiments qui ne valent rien. »

Alice Renard  

Extrait de l'union du 31/10/2017


Ils s’opposent à la démolition

Devant la disparition programmée de deux maisons affichant des éléments Art déco à deux pas de la cathédrale, une poignée de Rémois se mobilise pour tenter de les sauver


Le 6, rue Eugène-Desteuque présente des éléments Art déco : ces sculptures florales au-dessus des fenêtres, dont le haut est en arrondi, des flambeaux en cannelures

« Le plan de sauvegarde et de mise en valeur, qui s'appuie sur un inventaire complet, sera effectif pour 2019-2020 »
 Fabien Balderelli, en charge de l'urbanisme

La démolition d'un hôtel particulier au 25, rue des Élus durant l'été 2016 avait déjà suscité beaucoup d'émotion. Rebelote. Cette fois, c'est rue Eugène-Desteuque, à deux pas de la cathédrale, que deux maisons sont à nouveau menacées et que des Rémois, attachés à leur patrimoine, s'insurgent. En août 2016, l'association SOS Reims urbanisme et nature avait déploré dans nos colonnes la prochaine destruction du N° 6 de la rue, une maison située à l'angle avec la rue Saint-Symphorien « affichant plusieurs éléments Art déco. » L'association regrettait que le permis de démolir soit « affiché sur une annexe. Du coup, on a l'impression que la maison n'est pas concernée ... » Aujourd'hui, Francis Batteux, membre de cette association, regrette toujours « qu'entre l'effet d'annonce d'une politique patrimoniale et le quotidien à Reims, il y (ait) autant d’écart. Après, tout le business est fait dans les règles. Le promoteur immobilier, finalement, c'est à lui que j'en veux le moins. »

Depuis l'été 2016, la demeure de la rue des Élus-a été rasée et les choses ont évolué rue Desteuque. Le permis est désormais affiché sur la grille, toujours pas sur l'habitation elle-même, mais surtout, une pétition intitulée « Patrimoine Art déco en péril. Sauvons-le ! » a été lancée par une poignée de voisins inquiets de voir disparaître la fameuse maison, « un modèle unique, comme chaque maison de la Reconstruction », et s'ériger une résidence neuve : « Le gigantisme sans âme n'a pas sa place ici. Objectif du manifeste : «Nous pouvons nous rassembler pour faire pression et éviter le massacre. »

En quelques semaines, les membres de ce collectif de défense ont rassemblé environ 150 signatures, -n'hésitant pas à intervenir lors du dernier conseil de quartier ou encore à participer à des circuits Art déco, pour divulguer l'information et rassembler un maximum de paraphes. « L'autre jour, un signataire m'a glissé ironiquement qu'on finirait par démolir la cathédrale... », glisse un des lanceurs d'alerte. Une autre riveraine est allée plus loin. « En discutant avec le propriétaire de la maison voisine, le N° 8 (la maison jumelle de celle où est affiché le permis de démolir, NDLR), j'ai appris que plusieurs fois sollicité par le promoteur immobilier, il avait fini par céder et vendre lui aussi. Il a eu peur que sa maison ne vaille plus tripette. » Le sang de cette ancienne professeur d'histoire n'a fait qu'un tour, elle a écrit deux courriers au maire et obtenu deux rendez-vous. « Lors du premier, fin août, il m'a répondu qu'il fallait bien loger des gens en centre-ville... mais lors du second, on m'a laissé entendre qu'il s'agissait peut-être d'une erreur... »

Interrogé en août 2016, la ViIle avait expliqué qu'à partir du moment où le projet était validé par l'ABF (architecte des bâtiments de France), il lui était impossible de s'opposer.  Le maire est très sensible à la question de la protection du patrimoine, faisait savoir, dans nos colonnes, Fabien BaldereJli, directeur en charge de l'urbanisme. C'est pour cette raison qu'il a souhaité mettre en place un « secteur sauvegardé », dont l'objectif est précisément de protéger le patrimoine des destructions ou des restaurations inadaptées, sans pour autant figer la ville.  Il s'agira d'un périmètre au sein duquel un plan de sauvegarde et de mise en valeur va déterminer les conditions selon lesquelles des éléments seront protégés et d'autres pourront être modifiés. Nous travaillons sur ce projet depuis 2015, mais ça ne se fait pas du jour au lendemain. La première phase d'études qui doit définir le périmètre court jusque début 2018. Le plan, qui s'appuie sur un inventaire complet, sera effectif pour 2019-2020. » Sollicité, le promoteur immobilier, qui rappelle qu'« il respecte le droit », ne tient pas ici s'exprimer sur ce sujet.

Ces maisons ne relèvent pas du style Art déco

Du côté de la Drac Grand Est (Direction régionale des affaires culturelles), on fait savoir que ces deux maisons ne font l’objet d’aucune protection au titre des monuments historiques et elles n’ont pas non plus été repérés dans la liste du patrimoine d’intérêt local du Plan local d’urbanisme de la commune. « L’autorisation de démolition a donc été donnée au vu du projet, du contexte environnant et du travail réalisé en amont avec la ville et le promoteur. » Et selon les services de l’Etat, « ces maisons ne relèvent pas du style Art déco ».

L’architecte des bâtiments de France autorise la démolition

« Les personnes qui s’opposent à cette destruction ont raison », reconnaît Catherine Coutant, conseillère municipale déléguée au patrimoine. « C’est à nous, municipalité, de mettre en place des outils pour discuter ensemble », poursuit-elle faisant référence à la future mise en place du fameux « secteur sauvegardé ». « C’est vrai qu’il y a eu des destructions de choses remarquables à Reims. Mais nous avançons. Un bon travail d’analyse a déjà été effectué. » L’élue ajoute cependant que concernant le cas précis des 6 et 8 rue Desteuque, « après un avis favorable de l’architecte des bâtiments de France, la Ville est un peu coincée ».

Alice RENARD


 « Patrimoine Art déco en péril »

Devant la disparition programmée de deux maisons affichant plusieurs éléments Art déco à deux pas de la cathédrale, plusieurs Rémois se mobilisent pour tenter de les sauver.


La demeure du 6, rue Eugène-Desteuque, située à deux pas de la cathédrale, présente plusieurs éléments Art déco : des scultures florales au-dessus des fenêtres, dont le haut est en arrondi, des flambeaux en canelures... « Elle est surtout dans un superbe état, s’insurge une voisine. Quel gâchis !»

La démolition d’un hôtel particulier au 25, rue des Elus durant l’été 2016 avait déjà suscité beaucoup d’émotion. Rebelote. Cette fois, c’est rue Eugène-Desteuque, à deux pas de la cathédrale, que deux maisons sont à nouveau menacées et que de nombreux Rémois, attachés à leur patrimoine, s’insurgent. En août 2016, l’association SOS Reims urbanisme et nature avait signalé dans nos colonnes la prochaine démolition du 6, rue Eugène-Desteuque, une maison située à l’angle avec la rue Saint-Symphorien « affichant plusieurs éléments Art déco ». L’association regrettait que le permis (de démolir) soit « affiché sur une annexe. Du coup, on a l’impression que la maison n’est pas concernée… » Aujourd’hui, Francis Batteux, membre de cette association, regrette toujours que « entre l’effet d’annonce d’une politique patrimoniale et le quotidien à Reims, il y (ait) autant d’écart. Après, tout le business est fait dans les règles. Le promoteur immobilier, finalement, c’est à lui que j’en veux le moins. »

Depuis l’été 2016, la demeure de la rue des Elus a été rasée et les choses ont évolué rue Desteuque. Le permis est désormais affiché sur la grille, toujours pas sur l’habitation elle-même, mais surtout, une pétition intitulée « Patrimoine Art déco en péril ! Sauvons-le ! » a été lancée par une poignée de voisins inquiets de voir disparaître la fameuse maison, « un modèle unique, comme chaque maison de la Reconstruction », et s’ériger une résidence neuve : « Le gigantisme sans âme n’a pas sa place ici. » Objectif du manifeste : « Nous pouvons nous rassembler pour faire pression et éviter le massacre. » En quelques semaines, les membres d’un collectif de défense en gestation ont rassemblé environ 150 signatures, n’hésitant pas à intervenir lors du dernier conseil de quartier ou encore à participer à des circuits Art déco, proposés par l’office de tourisme, pour divulguer l’information et rassembler un maximum de paraphes. « L’autre jour, un signataire m’a glissé ironiquement qu’on finirait par démolir la cathédrale … », glisse un des lanceurs d’alerte. Une autre riveraine est allée plus loin. « En discutant avec le propriétaire de la maison voisine, au 8 de la rue Eugène-Desteuque (la maison jumelle de celle où est affiché le permis de démolir), j’ai appris que plusieurs fois sollicité par le même promoteur immobilier, celui qui veut démolir le nº6, il avait fini par céder et vendre lui aussi. C’est-à-dire qu’il a eu peur que sa maison ne vaille plus rien après la construction d’une résidence juste à côté. » Le sang de cette ancienne professeur d’histoire n’a fait qu’un tour, elle a écrit deux courriers au maire et obtenu deux rendez-vous en mairie. « Lors du premier, fin août, le maire m’a répondu qu’il fallait bien loger des gens en centre-ville… mais lors du second, on m’a laissé entendre qu’il s’agissait d’une erreur. Le permis de démolir n’aurait pas dû être accordé. »

Interrogée en août 2016, à propos de la démolition du 25, rue des Elus, la Ville avait expliqué qu’à partir du moment où le projet était validé par l’architecte des bâtiments de France, il lui était impossible de s’opposer à une démolition. « Le maire est très sensible à la question de la protection du patrimoine, faisait savoir à l’époque Fabien Balderelli, directeur général en charge de l’urbanisme et des services à la population. C’est pour cette raison qu’il a souhaité mettre en place un « secteur sauvegardé », dont l’objectif est précisément de protéger le patrimoine des destructions ou des restaurations inadaptées, sans pour autant figer une ville qui a forcément besoin d’évoluer. Il s’agira d’un périmètre au sein duquel un plan de sauvegarde et de mise en valeur va déterminer les conditions selon lesquelles des éléments seront protégés et d’autres pourront être modifiés. Tout l’enjeu est d’élaborer le bon curseur. Nous travaillons sur ce projet depuis 2015, mais ça ne se fait pas du jour au lendemain. La première phase d’études qui doit définir le périmètre court jusque début 2018. Le plan de sauvegarde et de mise en valeur, qui s’appuie sur un inventaire complet, sera effectif pour 2019-2020. »

« Les personnes qui s’opposent à cette destruction ont raison », reconnaît Catherine Coutant, conseillère municipale déléguée au patrimoine. « C’est à nous, municipalité de mettre en place des outils pour discuter ensemble », poursuit-elle faisant référence au futur « secteur sauvegardé ». « Je suis moi-même passionnée par le patrimoine. Même si on ne peut pas tout garder et qu’une ville doit évoluer. C’est vrai qu’il y a eu des destructions de choses remarquables à Reims. Mais nous avançons. Un bon travail d’analyse a déjà été effectué. Des fiches vont être réalisées sur chacune des maisons repérées. » L’élue concède cependant que concernant le cas précis des 6 et 8 rue Desteuque, « après un avis favorable de l’ABF, la Ville est un peu coincée ».

Sollicité, le promoteur immobilier, qui rappelle qu’ « il respecte le droit », ne tient pas à s’exprimer sur ce sujet.

Alice Renard

 Extrait de l'union du 21/10/2017

    

     

  Répertoire   

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


La fontaine Bartholdi est bien à Washington

M. Beaupuy a envoyé à la rédaction une photo de la fontaine qui trônait place de la République.


Cet édifice « de lumière et d’eau », comme dit la présentation dans le jardin tout proche de la Maison blanche, trôna sur la place de la République à Reims jusqu’en 1923.

 Rêvons un peu... Alors qu’une consultation a eu lieu en septembre pour trouver un lieu de réimplantation pour le Luchrone, des Rémois avaient fait part à la rédaction de leur souhait de voir réinstaller, un jour, la fontaine Bartholdi sur la place de la République (L’union du 15 septembre). C’est à cet endroit que trôna, entre 1887 et 1923, l’édifice dessiné par Frédéric-Auguste Bartholdi (à qui l’on doit par exemple la statue de la liberté à l’entrée du port de New York).

UN PEU PLUS PETITE QUE L’ORIGINAL FRANÇAIS PRÉSENTÉ EN 1878

À défaut de pouvoir admirer la fontaine dans la cité des sacres, Jean-Marie Beaupuy, président du Mouvement européen de la Marne, a eu la chance d’en contempler la quasi-réplique, aux États-Unis, à Washington. Et la gentillesse de nous envoyer la photo!

Cette « fontaine de lumière et d’eau », comme la décrit la pancarte américaine, est située dans un parc dédié aux cultures durables. Il se trouve non loin de la Maison blanche et porte le nom du sculpteur français, né à Colmar en 1834. Elle est, dans sa version outre-Atlantique, un peu plus petite et un peu moins travaillée que l’original français... aujourd’hui disparu. Elle représente trois figures féminines supportant une vasque en cuivre, elle-même surmontée de quatre visages enfantins coiffés d’une couronne.

La fontaine rémoise avait été présentée à l’Exposition universelle de 1878 à Paris, avant d’être acquise par la Ville. Elle fut endommagée par un obus lors de la Première Guerre mondiale, avant d’être démontée.

Anne DESPAGNE

Extrait de l'union du 12/10/2017

    

     

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Le mécénat au chevet du patrimoine

Lever des fonds par le biais du mécénat pour permettre la restauration du patrimoine, voilà un levier de plus en plus usité.

L’orgue de la cathédrale, la piscine Art déco, le Christ de Saint-Maurice, la synagogue ou le mausolée de Bourgogne... Sans le mécé
at, aucune de ces restaurations ne sera possible.

Vers quel projet va votre préférence ?

En cette année 2018, année européenne du patrimoine, ferez-vous partie du cercle de ces généreux donateurs qui aident à la revalorisation du patrimoine ? Si vous aviez quelques euros en poche, lequel de ces 5 projets saurait vous mobiliser ? L’orgue de la cathédrale, le mausolée de Bourgogne, la synagogue, la piscine Art déco ou la statue du Christ de Saint-Maurice ? Votez sur notre site L’union.fr. Choisissez votre projet parmi les cinq présentés.

Quand le mécénat vient au secours du patrimoine… Nombreuses sont les associations qui utilisent ce levier pour collecter des fonds et permettre des restaurations jusque-là rendues impossibles au regard de leur coût. Petit inventaire non exhaustif des projets qui comptent fédérer les énergies et… la générosité de donateurs.

1 - L’ORGUE NE RÉSONNE PLUS

Les Amis de la cathédrale ne manquent ni d’idées ni d’énergie. Après s’être longuement mobilisés pour lever des fonds destinés à la restauration de la Grande Rose et de la statuaire qui l’entoure, ils souhaitent aujourd’hui s’atteler à un autre gros chantier : remettre en état l’orgue qui présente de graves défaillances. En théorie, il aurait dû bénéficier d’un relevage, c’est-à-dire d’une révision, tous les vingt ou vingt-cinq ans. Mais il n’y en a eu aucun depuis la Seconde Guerre mondiale… Au final, plus aucun concert d’orgue n’est aujourd’hui possible. Bernard Poret, le président de la Société des amis de la cathédrale de Reims, entend donc de nouveau faire appel à des mécènes et donateurs pour remettre en état l’instrument de douze mètres de haut, qui compte exactement 6 742 tuyaux. Pour restaurer le grand orgue, il faudra 2,5 millions d’euros… Dans le meilleur des cas, 18 mois seront nécessaires pour recueillir cette somme.

(Email : be.poret@orange.fr)

2 - LA PISCINE A DES FUITES

Il faut sauver la piscine Art déco de la rue Lagrive. Cinquante mille euros… C’est la somme que le Tennis-club de Reims doit impérativement trouver d’ici la fin de l’été pour sauver sa piscine Art déco, pensée dans le style des bains romains, avec ses deux bassins aux bandeaux de mosaïque, sa pergola et ses colonnades. C’est en effet à l’automne que devra être réalisé le diagnostic obligatoire qui décidera de la pérennité de l’équipement, aujourd’hui menacé en raison de désordres structurels dus à son grand âge. Les fondations de la piscine ont subi des dommages importants, en raison notamment d’infiltrations d’eau. La rupture d’une canalisation cet été avait ainsi entraîné la fermeture de la piscine pendant 3 semaines… Afin de réaliser ce diagnostic obligatoire, le Tennis-club de Reims a décidé de faire un appel au mécénat, un mode de financement historique au TCR, puisqu’il a été mis en place dès la construction dans les années 1920. Pour ce faire, le club a donc validé la création d’une commission mécénat qui devra se charger de récolter les fonds nécessaires. À ce jour, sur les 50 000 euros nécessaires à la réalisation du diagnostic, le club peut compter sur 15 000 euros de l’architecte des Bâtiments de France. Reste donc à trouver 35 000 euros d’ici le mois d’octobre. Et ce n’est que le début : le coût global des travaux est estimé à 800.000 euros…

(Email : tennis.club.reims@wanadoo.fr)

3 - LA STATUE FAIT GRISE MINE

Une souscription est lancée pour restaurer une statue auréolée de mystère, classée monument historique et exposée à l’église Saint-Maurice. Il s’agit d’un Christ aux liens, une représentation de Jésus attendant le supplice de la crucifixion (l’un des trois derniers qui restent dans la région). Souvent, les Christ de pitié représentent Jésus assis et les statues sont petites. Or, celle de l’église Saint-Maurice étonne par sa taille humaine. On ne sait pas qui a façonné et peint cette statue, ni même d’où elle provient. « On sait simplement qu’elle est en pierre de calcaire et fabriquée au XVI e siècle» , explique Élisa Jaucourt-Perroy, étudiante en première année à Sciences Po. Depuis trois ans, un partenariat existe entre les campus de Sciences Po et la fondation de La sauvegarde de l’art français. « L’an passé, nos prédécesseurs du campus rémois se sont mobilisés pour restaurer déjà une œuvre de l’église Saint-Maurice, un tableau de Jean-Joseph Enders. Ils y sont parvenus. On espère pouvoir en faire autant » , poursuit Élisa Jaucourt-Perroy.

Ils sont six étudiants à travailler sur ce projet. La statue est en très mauvais état. L’intervention envisagée propose un nettoyage, un refixage des couches, une consolidation et une fabrication de socle. Il faut pour cela récolter 5 423€, précisément. Depuis mars, 640 € ont été versés.

(Email : info.lpgmfreims@gmail.com)

4 - LA SYNAGOGUE PREND L’EAU

L’unique synagogue de la cité des sacres se dresse au 49 de la rue Clovis depuis 1879. « Cet ensemble est l’un des plus originaux de France par l’unité de son style orientaliste », affirme Julianne Unterberger, auteur d’un livret relatant l’histoire de l’édifice rémois. Seulement voilà, le bâtiment prend l’eau, son parquet pourrit en raison d’un défaut d’étanchéité et une partie de sa toiture est percée, sans compter sa peinture et ses motifs qui s’écaillent et des travaux de remise aux normes devenus indispensables pour continuer à accueillir le public. Ajoutez un grand orgue dont les 672 tuyaux se délitent tant que l’instrument ne chante plus (depuis l’an dernier)… Selon une première estimation, un minimum de 153.000 € serait nécessaire. Contrairement à la plupart des églises catholiques qui sont propriétés de l’État et des collectivités, les synagogues appartiennent aux communautés juives. « Nous n’arrivons plus à faire face aux dépenses », alerte Valérie Maison, chargée du dossier de recherche de subventions. Le conseil d’administration de l’association cultuelle, qui gère le bâtiment, a donc décidé le mois dernier de se tourner vers le mécénat. L’appel aux dons s’adresse aux juifs rémois – la ville compterait une centaine de familles juives – mais aussi à tous les habitants, particuliers ou entreprises.

(Email : vamaison@gmail.com)

5 - LE MAUSOLÉE SE DÉGRADE

Jusque-là fermé au public, le mausolée de Bourgogne, véritable merveille architecturale, est aujourd’hui au cœur d’une restauration, qui ne pourra se poursuivre sans la générosité de mécènes. Cette chapelle funéraire, aux décors majestueux, habillée de marbres et de mosaïques dans la droite lignée de l’architecture byzantine, veut retrouver son lustre d’antan. « On fait avec les moyens du bord… Il faudra au moins 10 ans pour en venir à bout », confie Louis de Luca, président de l’association de sauvegarde, qui ne désespère pas que l’édifice soit un jour classé à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques. De quoi prétendre à une petite subvention. En attendant, c’est grâce aux mécènes et au bénévolat que le chantier de restauration avance peu à peu. L’estimation faite en 2012 annonce un minimum de 150 000euros de travaux à mener. Après le nettoyage du mausolée, la restauration de la toiture afin d’éviter toute nouvelle infiltration et le changement des plaques de marbre, c’est aux mosaïques que les bénévoles s’attaquent. « Ce sera long, mais c’est à ce prix que le mausolée retrouvera toute sa splendeur », ajoute le président, sachant qu’un nouvel appel à souscription a été lancé en juin dernier par les bâtiments de France. À ce jour, celle-ci se monte à… 50 euros. (Renseignements au 06 83 24 50 73).

..La ville de Reims primée en la matière


Une campagne de financement participatif a été lancée pour la statue de Raymond Kopa.

En termes de mécénat, la Ville de Reims est plutôt pionnière, voire exemplaire. Une mission mécénat existe depuis le mandat d’Adeline Hazan. « Et depuis 2011, le mécénat représente 450 000 euros par an, dont 25 % en argent, le reste en matériel et compétence » , expliquait récemment Jean-Marc Roze, adjoint au maire en charge des finances. Et environ 180 entreprises ont contribué aux différents projets ouverts au mécénat depuis cette même année 2011. Plus de 65 % des dons collectés proviennent de TPE et PME du territoire rémois. Si les TPE ont majoritairement recours aux dons en nature ou en compétence (78 % des dons), les PME contribuent aux projets de la collectivité via un don financier dans 40 % des cas.

Depuis 2014, la mission mécénat a été tournée en particulier vers la préservation et la mise en valeur du patrimoine. Et on peut retenir quelques exemples emblématiques, comme la fontaine Subé, qui a beaucoup mobilisé les Rémois. La porte de Mars, elle aussi, a séduit les mécènes. Le sauvetage de ce gigantesque arc de triomphe, le plus grand connu du monde romain, malmené par les intempéries, illustre parfaitement la dynamique locale du mécénat. Après des travaux commencés en 2015, le chantier va se poursuivre avec la restauration des parements et des décors jusqu’en 2019. Ce projet a reçu le prix numérique de la Fondation du patrimoine en 2016. Le mécénat pour la porte de Mars a dépassé à ce jour 300.000 euros, provenant de 172 donateurs particuliers et de 16 entreprises mécènes.

À l’heure actuelle, quatre projets principaux sont ouverts au mécénat. Outre la porte de Mars pour laquelle l’appel à mécénat court toujours, on trouve par exemple la campagne de financement participatif, lancée en mars dernier, pour la statue de Raymond Kopa. Une statue en bronze à taille humaine sera installée à l’automne prochain sur le parvis du stade Auguste-Delaune. Le budget de la création est estimé à 200 000 €. L’objectif de la collecte est fixé à 10 ou 20 % du montant total. Il s’agit d’aller sur la plateforme www.commeon.com. Par ailleurs, la Ville de Reims a aussi prévu de solliciter le Real Madrid.

Parmi les autres projets, on trouve encore l’église Saint-Maurice. Ici, les travaux devraient être achevés en septembre 2018. La collecte des dons a atteint 64 183 € dont plus de 20 000 euros issus de dons de particuliers. Pour récompenser cet engouement, la Fondation du patrimoine a accordé une subvention supplémentaire de 8649 euros. Enfin, on peut encore évoquer la mise en lumière du patrimoine de l’Unesco, concernant la cathédrale et la basilique Saint-Remi.

Contact mission mécénat : 03 26 24 54 16 ou mecenat@mairie-reims.fr

YANN LE BLÉVEC

Des avantages fiscaux pour les mécènes

Le mécénat se définit comme « le soutien matériel apporté, sans contrepartie directe de la part du bénéficiaire, à une œuvre ou à une personne pour l’exercice d’activités présentant un intérêt général » (arrêté du 6 janvier 1989 relatif à la terminologie économique et financière). Si les notions centrales de cette définition – soutien, absence de contreparties et intérêt général –, conservent toute leur valeur, le développement du mécénat en France doit beaucoup aux mesures incitatives apportées par la loi du 1er août 2003 relative au mécénat, aux associations et aux fondations, et à ses avancées successives.

En fiscalité et en comptabilité, il est considéré comme un don. Concrètement, le mécénat bénéficie d’un régime fiscal avantageux dans la mesure où il existe une disproportion marquée entre le versement et les contreparties reçues. Le mécénat n’est cependant pas à confondre avec le parrainage car il ne demande pas – à l’inverse du parrainage – une contrepartie.

Caroline GARNIER, Alice RENARD, Aurélie BEAUSSART ET Valérie COULET

Extrait de Gd-REIMS du 25/04/18

    

     

  

 


 Reims préserve son patrimoine

Cité labellisée « Art et Histoire » depuis 1987, Reims est reconnue pour la diversité de son patrimoine. Comment valoriser cette richesse sans mettre la ville « sous cloche » ? La Ville de Reims se dote d’outils pour préserver son patrimoine qu’il soit architectural, paysager, historique ou industriel…

Le patrimoine rémois s’étend des vestiges romains au bâti de la Reconstruction, en passant par l’architecture industrielle, entre autres, sans oublier les biens inscrits au Patrimoine mondial de l’UNESCO. « Les équipes et les élus en charge du patrimoine et de l’urbanisme travaillent en parfaite collaboration à la mise en œuvre des outils destinés à protéger et à valoriser le patrimoine de la ville » explique Nathalie Miravete, adjointe au maire déléguée à l’Urbanisme. « Pas question de sanctuariser notre patrimoine, de le mettre sous cloche, précise Catherine Coutant, conseillère municipale déléguée au Patrimoine. Il faut au contraire qu’il respire, qu’il retrouve des couleurs, de la vitalité. »

L’Aire de mise en Valeur de l’Architecture et du Patrimoine Saint-Nicaise

Complémentaire au PLU et aux textes relatifs aux Monuments historiques, l’AVAP est un document d’urbanisme destiné à la valorisation et à la préservation du patrimoine bâti et paysager. Le secteur de l’AVAP Saint-Nicaise correspond à l’un des sites les plus prestigieux de la production de Champagne. Il se situe au sud-est du centre historique de Reims, sur un ancien territoire à cheval sur la ville médiévale et la butte investie par les grandes propriétés champenoises. Il inclut également le quartier de la basilique Saint-Remi, la cité-jardin du Chemin Vert et le secteur du Moulin de la Housse et du parc de Champagne, dont les perspectives ont été mises en valeur.

L’AVAP du site patrimonial remarquable de Saint-Nicaise a été approuvée le 14 novembre 2016, aujourd’hui les habitants sont accompagnés pour s’y conformer.

330 immeubles d’intérêt architectural

La mise en conformité du PLU avec les lois Grenelle et ALUR et divers documents intercommunaux, en cours d’approbation a été l’occasion d’augmenter le nombre d’immeubles dits d’intérêt patrimonial (330 contre 180) ainsi que 43 séquences architecturales et 9 cités-jardins également concernées par la démarche.

Le projet de PLU prévoit aussi la limite de l’extension urbaine, l’augmentation mesurée des hauteurs des constructions sur certaines parties de plusieurs grandes avenues (Laon, Jean-Jaurès, Général de Gaulle, etc.), la poursuite de la reconquête des friches industrielles, ferroviaires et urbaines ou l’inscription de deux nouveaux quartiers, Europe et Châtillons, en secteur de renouvellement urbain (zone « UR »).

Vers un Site Patrimonial Remarquable étendu

La dynamique de préservation du patrimoine rémois se poursuit avec le lancement d’une étude sur le classement du centre-ville en Site Patrimonial Remarquable. Cette démarche, menée en collaboration avec l’Etat et la Région Grand Est, a pour finalité de redéfinir les règles de préservation du patrimoine bâti, urbain et paysager, afin de renforcer l’attractivité du centre-ville rémois. A terme, l’AVAP Saint-Nicaise et le centre historique de Reims doivent former un Site Patrimonial Remarquable continu.

INFOS COMPLÉMENTAIRES

Pour aider les habitants du périmètre de l’AVAP Saint-Nicaise (Aire de mise en Valeur de l’Architecture et du Patrimoine) qui souhaitent engager des travaux, des permanences sont proposées. 

La direction de l’urbanisme du Grand Reims et l’Unité Départementale de l’Architecture et du Patrimoine (UDAP) unissent leurs services lors de rendez-vous mensuels : 

Les mardis 28 mars, 25 avril, 23 mai et 20 juin au 36, rue de Mars

Contact : 03.26.77.73.92.

A noter que dans ce même périmètre, le label Fondation du Patrimoine permet à un propriétaire privé détenteur d’un bien immobilier présentant un intérêt patrimonial et non protégé au titre des monuments historiques, de bénéficier de déductions fiscales pour des travaux de restauration.

Extrait de Gd-REIMS du 03/2017

    

     

  

 


 Ce patrimoine à sauvegarder

La municipalité met en place tout un arsenal pour protéger son patrimoine bâti et paysager


La Ville veut aller plus loin dans la protection et travaille depuis un an avec l'État autour de la création d'un site patrimonial remarquable. A.B.

Une maison de caractère, trop vétuste pour être rénovée ou ne présentant aucun aspect architectural précieux selon l'Architecte des bâtiments de France lui permettant d'être protégée c'est démolie pour laisser place à un immeuble moderne. Cela arrive au moins une fois par trimestre dans la cité des Sacres. Et rarement dans l'indifférence générale.

Des Rémois - mais pas que - regroupés en associations s'élèvent régulièrement contre la disparition de ce qu'ils estiment faire partie du patrimoine de la ville. Ce sont ces mêmes Rémois qui appréhendent aujourd'hui de découvrir comment le promoteur immobilier qui a racheté le cinéma Opéra va redonner une seconde jeunesse à ce bâtiment délabré.

« Il faut le reconnaître, en matière de protection du patrimoine, très peu de choses ont été mises en place par nos prédécesseurs. » Nathalie Miravete, adjointe au maire en charge de l'urbanisme, le répète à tous ceux qui l'interpellent à ce sujet : « A partir du moment où le permis de démolition et de construction est dans les clous, que l'Architecte des bâtiments de France a été consulté et a donné son feu vert, nous ne pouvons pas nous opposer au projet. »

Immeubles classés set centre-ville remarquable

Une grande réflexion est menée depuis plus d'un an pour renforcer la protection du patrimoine bâti et paysager. « Nous sommes en pleine révision du plan local d'urbanisme, il comprend une liste de 180 immeubles d'intérêt architectural, repérés comme étant remarquables. Nous sommes en train d'élargir cette liste. Prochainement, elle comptera 330 immeubles. » Parmi ceux qui viennent tout juste d'être inscrits, l'ensemble d'immeubles du 9 au 15 rue de Savoye.  « C'est ce que l'on appelle une séquence architecturale : un marqueur de l'histoire de la ville, en particulier de la période de la reconstruction. »

Au total, ce sont une quarantaine de séquences et neuf cité-jardin qui vont grossir la liste. Qui dit immeubles « classés » induit une protection particulière mais aussi la possibilité pour les propriétaires d'obtenir une subvention pour entamer des travaux de réfection. Avant qu'il ne soit trop tard. La plupart sont en effet en mauvais état.

« Une grande partie du bâti rémois a été détruite lors de la guerre. C'est peut -être çà qui fait que, ici bien plus qu'ailleurs dans des villes de même strate ou dans des villes plus importantes, on semble si attaché au bâti existant, poursuit Nathalie Miravete. Mais il ne faut pas, non plus, empêcher la ville d'évoluer. »

La Ville veut aller plus loin dans la protection. Des études sont en cours pour créer un « Site patrimonial remarquable autour d'un centre-ville élargi, ce que l'on appelait auparavant un Secteur sauvegardé » et co-financées à parts égales entre l'État et la Ville. « Nous sommes en plein recensement. Cet outil va plus loin en permettant de protéger les intérieurs d'immeubles comme un escalier en fer forgé, une verrière, une mosaïque ... »

Au sein du périmètre prochainement défini, des défiscalisations pourront être accordées sur des travaux d’intérêt architectural. Et les propriétaires bénéficier de subventions de la fondation du patrimoine et de la fiscalité Malraux. Le Site patrimonial remarquable devrait voir le jour en 2019.

UNE AVAP, POURQUOI FAIRE ?

L’Awvp, pour Aire de mise en valeur de l'architecture et du patrimoine, a été mise en place autour de la butte Saint-Nicaise, en novembre 2016. « Il s'agit d'un outil de préservation et de gestion maitrisée d'un territoire remarquable, reconnu par une inscription au patrimoine mondial de l'Unesco. Il doit permettre la valorisation et la préservation du patrimoine bâti et paysager », commente Nathalie Miravete. Initiée par l'ancienne municipalité et finalisée par l'actuelle, l'Avap comprend un périmètre allant de la basilique Saint-Remi jusqu'à la cité-jardin du Chemin-Vert avec l'église et la Maison commune, en passant par la butte Saint-Nicaise. Le périmètre s'étend jusqu'au Parc de Champagne et même jusqu'au Moulin de la Housse. Tous travaux à l'intérieur du site doivent respecter les prescriptions de l'Avap et du plan local d'urbanisme. Ils sont aussi soumis à l'accord de l'Architede des bâtiments de France

3 QUESTIONS à

Francis  BATTEUt DE SOS REIMS URBANISME ET NATURE

« C'est mieux que rien » Que pensez-vous de ces nouvelles mesures ?

Elles vont dans le bon sens. C'est mieux que rien. Cependant,j'ai assisté à toutes les réunions de concertation et j'ai encore beaucoup de questions sans réponses. Il y a des immeubles qui ne font pas partie de la liste élargie et qu'on aimerait voir protégés, comme celui des Magasins généraux par exemple.

Y a-t-il d'autres destructions de bâtiments au patrimoine remarquable à venir ?

Celle de la demeure de la rue des Ëlus a désolé beaucoup de monde. Une autre belle maison, de style cottage, doit être détruite rue Roger-Salengro et remplacée par un immeuble de 5 étages. II y a aussi celles annoncées des Bains-douches et de la salle Armonville. C'est désolant On aurait aimé que ces bâtimerits soient protégés plus sérieusement. JI est vraiment dommage que les élus ne nous consultent pas plus, nous qui avons les connaissances du terrain. C'est pourtant ce qui nous avait été promis avant les élections municipales. Savez-vous qu'il n'y a même plus un seul architecte au sein de la direction de l'urbanisme.

Quels sont les buts de l'association ?

Notre principale préoccupation est la sauvegarde du patrimoine rémois. Nous souhaitons pour cela être un interlocuteur privilégié des élus pour travailler de concert. Tous ceux qui souhaitent en savoir plus peuvent venir assister à notre assemblée générale qui se tient ce vendredi 3 février à 18 h 30 à la Maison de la vie associative.

Aurélie BEAUSSART

Extrait de l'union du 02/03/2017

    

     

  


 La Ville souhaite protéger la richesse de son patrimoine

La municipalité souhaite créer un « secteur sauvegardé » dans le centre-ville. Des études vont être lancées pour 400.000 €, cofinancées à parts égales entre l’État et la Ville.


Un recensement à grand échelle de tout le patrimoine bâti et non bâti va être mené.
Archives Christian Lantenois

A SAVOIR

•.- Un patrimoine remarquable déjà protégé et mis en valeur par quelques mesures de valorisation et de protection comme les deux inscriptions au patrimoine mondial de l’Unesco, les 64 Monuments Historiques, la labellisation Ville d'Art et d'histoire, la dizaine de sites labellisés patrimoine du 20° siècle et les 210 bâtiments protégés dans le plan local d'urbanisme.

Reims possédera bientôt son secteur sauvegardé. La nouvelle de sa création et du démarrage des études nécessaires ont été évoqués hier soir, lors du conseil municipal.

Après le lancement des réflexions pour la création de l'AVAP, (l'aire de mise en valeur de l'architecture et du patrimoine) sur la zone récemment classée Unesco -  et comprise entre la butte Saint-Nicaise et le domaine Pommery - et après le lancement de la rénovation de la Porte Mars et de la Fontaine Subé via le mécénat, cette nouvelle mesure s'inscrit dans le cadre de la politique de la «  mise en valeur du patrimoine de Reims, particulièrement riche et remarquable ainsi que de sa sauvegarde », a détaillé le maire Arnaud Robinet. La municipalité a d'ailleurs fait savoir qu'elle souhaitait renforcer la préservation des environs de la cathédrale et du Palais du Tau, tous deux inscrits au patrimoine mondial de l'Unesco.

Le patrimoine de la reconstruction préservé

Mais en quoi va consister ce « secteur sauvegardé » ? « Il vise à préserver et mettre en valeur le patrimoine du 20° siècle, celui de la reconstruction », explique Nathalie Miravete, adjointe au maire en charge de l'urbanisme. « Les études vont permettre te délimiter précisément le secteur. Cet outil va plus loin que ce que prévoit déjà le Pian local d'urbanisme, en permettant de protéger les intérieurs d'immeubles comme un escalier, une mosaïque ... », mais aussi les cavités souterraines repérées remarquables. Et de préciser: « Ce secteur sauvegardé ne figera pas pour autant l'évolution de la ville Car il permet aussi la réalisation de bâtiments neufs. » Au sein du périmètre prochainement défini, des défiscalisations pourront être accordées sur des travaux d'intérêts architecturaux, Les propriétaires pourront aussi bénéficier de subventions de la fondation du Patrimoine et de la fiscalité Malraux. Les études menées et cofinancées donc par l'État et la Ville vont notamment consister au recensement de tous les éléments du patrimoine bâti et non bâti afin de définir un périmètre pertinent pour le secteur sauvegardé puis à l'élaboration du plan de sauvegarde et de mise en valeur.

Aurélie BEAUSSART

Extrait de l'union du 02/02/2016

    

     

  

 


 Reims: des œuvres à préserver

MAINTENIR L'ART SUR LA VOIE PUBLIQUE

 
L'œuvre est impressionnante mais les collégiens se la sont appropriée.

2. Les dégradations de la place sont impressionnantes, les tags sont réguliers.

Difficile de faire cohabiter l'art et la voie publique. Le temps et les hommes combinent leur action pour défaire ce qui a été fait. Exemple à Reims, à deux pas du Conservatoire de musique, sur la place des Loges Coquault. Ce point de passage de milliers de collégiens, d'écoliers et de leurs parents devait être l'un des « temps forts » de la Voie des Sacres, que l'ancien maire Jean-Louis Schneiter voulait remettre au goût du jour. Vingt ans après son aménagement, son aspect général est bien triste. Les dalles du trottoir n'ont pas résisté aux millions de pieds qui les ont foulées. Et l'œuvre de Renonciat semble rongée par la rouille ...

« Pas d'inquiétude ! », tempère pourtant l'adjoint à la Culture, Pascal Labelle. Ce qui semble être de la rouille ne serait qu'une patine du métal. L'impression visuelle est pourtant celle d'un chef d'œuvre en péril, très dégradé sous le ciel gris et humide de l'hiver. De grosses taches brunes couvrent les parois de la partie triangulaire, effaçant les lettres gravées sur cette pièce de 15 tonnes.

Très régulièrement, la Ville envoie ses agents pour nettoyer cette sculpture contemporaine que Christian Renonciat a surnommée la La Pierre d'Heure, un cadran solaire en référence aux « six cadrans » qui ont donné leur nom à cet espace urbain situé entre le collège Université, la Maîtrise de la cathédrale, l'école du Jard et le Conservatoire.

C'est justement là que le problème se situe. Les ados en ont fait un point de ralliement. Certains un terrain d'escalade. D'autres, le support de leurs humeurs traduites en tags. Rares sont ceux qui respectent l'oeuvre. Nombreux ceux qui l'ignorent. Les plus tolérants diront que la population s'est appropriée la sculpture. Laquelle a déjà été remise en état par Prisme.

Aux alentours, c'est la bérézina. Les dalles de pierre claire se sont effritées. Dans le « meilleur» des cas, elles ont été remplacées par du macadam. Autant dire que cela ne ressemble plus à rien. Mais surtout, cela donne une apparence délabrée du pire effet. M. Labelle admet cette usure prématurée du dallage, mais renvoie à sa collègue chargée de la voirie, Valérie Beauvais.

Celle-ci a conscience du niveau de dégradation de la place. Mais, explique l'élue, le collège Université doit faire l'objet de travaux importants dans les trois prochaines années, pour la rénovation de ses bâtiments et la requalification de ses abords. L'entrée située à l’arrière du Café le Sans Souci devrait être fermée au profit d’une nouvelle entrée rue de Contray. En attendant, des engins étant susceptibles de passer par la place, il serait dommage de refaire le pavement et de le voir aussitôt abîmé. Le dossier est donc en attente. Mais les points potentiellement dangereux sont traités au cas par cas.

Dossier de Jean-François Scherpereel

Extrait de mag'info N°  157 du 27-01-2016

    

     

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La Maison des Musiciens bientôt visible

La façade d'une demeure médiévale détruite pendant la Grande Guerre pourrait bien réapparaître à Reims


La façade côté rue a été Classée en 1923

Elle n'existe plus, cette somptueuse maison 1 Détruite pendant la Première Guerre mondiale, seul un mur témoigne encore de son emplacement au numéro 20 de la rue de Tambour, en plein centre historique, juste à côté de la demeure des Comtes de Champagne, Comptant parmi les plus anciennes de Reims, la façad' XIIIe siècle de la Maison des Musiciens, qui abritait jadis des échoppes, des logements et dont le nom évoque seulement sa ressemblance avec une demeure parisienne, pourrait bien s'ériger à nouveau d'ici à quelques années, Pierre-Emmanuel Taitlinger, propriétaire de l'ensemble, aidé par l'association Renaissance de la Maison des Musiciens, aspire en effet à reproduire une copie de cette façade. Les statues originales qui l'ornaient, heureusement préservées des bombardements, demeureront au musée historique Saint-Remi.

Extrait de RA N° 328 de 05/2017

 


La Maison des musiciens va renaître à Reims

La famille Taittinger et une association se sont lancées dans la reconstitution de la façade d’une demeure du XIIIe siècle, à la statuaire remarquable. Un projet hors du commun.


Frédéric Coqueret, architecte rémois, a pensé la reconstitution des cinq statues de la façade. La Maison des musiciens est située rue de Tambour, en plein cœur du Reims médiéval, détruit pendant la Grande Guerre.

LES FAITS

 •.- La Maison des musiciens date de 1250 ou 1260. Elle est située en plein cœur du Reims médiéval, commerçant et bourgeois.

•.- Son propriétaire n'a pas été identifié mais une « femme Buiron » y a vécu au XIV° siècle. Elle appartient aujourd'hui à la famille Taittinger.

•.- Sa façade, exemple exceptionnel en Europe de statuaire médiévale profane, intéresse de grands noms de l'architecture au XIX° siècle. Viollet-le·Duc et Leblanc en font des relevés.

•.- Son démontage en 1917 est effectué pour ta préserver des bombardements. L'édifice est détruit mais les statues préservées et exposées au musée Saint-Remi où elles sont toujours visibles.

•.- L'association Renaissance de la Maison des musiciens de Reims (RMMR)est fondée en juin 2015. Elle a pour objectif de reconstituer cette façade in situ.

La renaissance d’un joyau. Rue de Tambour, la Maison des musiciens va retrouver sa façade, formée de cinq statues datant du milieu du XIII°. C’est au cœur du Reims médiéval que, dans quelques années, habitants et touristes pourront admirer cet ensemble que l’historien Patrick Demouy qualifie volontiers d’« exceptionnel ». Ces cinq statues, aujourd’hui bien visibles dans l’une des galeries du musée Saint-Remi, constituent « l’un des rares exemples » de décor profane au Moyen-Âge. « Par leur polychromie originelle, leur volume, les drapés, on note de fortes similitudes avec les statues des musiciens de la cathédrale, dévoile le professeur. Le chantier de Notre-Dame était alors en plein essor et, même si nous n'en avons pas la preuve, on peut imaginer que le propriétaire de la maison a eu recours aux mêmes artisans ... »

LA PROMESSE FAITE A JEAN TAITINGER PAR SON FILS

Propriété de la famille Taittinger, l'édifice, entièrement détruit en 1917, jouxte la Demeure des comtes de Champagne. La Maison des musiciens avait une grande importance pour l'ancien maire de Reims, Jean Taittinger. « Mon père m'a fait promettre de mener à bien la reconstitution .de la façade, révèle Pierre-Emmanuel Taittinger. C'était l'un de ses grands regrets de n'avoir pu le faire lui-même. » Plusieurs tentatives ont eu lieu ces dernières décennies, mais cette fois, le projet a fort avancé.

Une association s'est constituée en juin 2015, baptisée Renaissance de la Maison des musiciens de Reims (RMMR) et présidée par Jacques Douadi. « Nous voulons avancer sans précipitation avec sérénité et efficacité », souligne l'ancien maire de Sillery, soucieux de franchir tous les obstacles techniques (lire ci-contre). Objectif ambitieux que cette réédification qui sera précieuse pour la Ville mais aussi pour la Marne et la région, vu la rareté et la beauté de la statuaire.

Sur le site, rue de Tambour, il ne reste rien de la Maison, à part une petite tête qui servait d'amorce à la première ogive. C'est sur ce fragment que viendra reposer la reconstruction imaginée par l'architecte Frédéric Coqueret.

« La statuaire de la Maison des musiciens est ['un des rares exemples profanes de cette époque »
Patrick Demouy, professeur d'histoire

« NE RECONSTRUIRE QUE CE OUI EST CONNU ET ÉVITER LE PASTICHE »

Une possibilité à laquelle il réfléchit depuis cinq ans, avec l'aval de l'architecte des Bâtiments de France; « Nous nous sommes mis d'accord sur un principe: ne reconstruire que ce qui était connu Et j'ai pour ma part opté pour un parti pris: éviter le pastiche. » Les statues du XIII° resteront à Saint-Remi et les nouvelles, reproduites à l'identique, « retrouveront » leur place au premier étage. La question du rez-de-chaussée est beaucoup plus épineuse. La Maison des musiciens (qui n'a jamais été ni une école de musique ni une salle de concert) abritait en son soubassement divers logements, boutiques et échoppes. Cela a donné lieu à de nombreux remaniements : les relevés menés au XIX° siècle attestent de portes cochères, arcatures et autres percements.

LE MÉCÉNAT SOLUCITE UNE SOUSCRIPTION PUBLIQUE EN RÉFLEXION

Face à ce casse-tête historique, qui se double de la nécessité de conserver un accès à la Demeure des comtes de Champagne, Frédéric Coqueret fait le choix d'une façade « palimpseste » - comme ces parchemins grattés et réécrits - sur laquelle seront matérialisées les anciennes structures. La porte coulissante sera de chêne clair, souligné de minces colonnes en tonte et évoquant les colombages.

Avant d'en arriver là, RMMR devra réunir tous les fonds nécessaires. Si la discrétion est encore de mise sur l'enveloppe globale (plusieurs centaines de milliers d'euros), l'association fait part du soutien effectif d'une fondation américaine. « Nous faisons appel au mécénat d'entreprise, confirme Jacques Douadi. Et nous réfléchissons à lancer une souscription publique. » Vu l'attachement des Rémois à leur patrimoine, l'opération pourrait susciter l'engouement « Notre souhait à tous, s'enthousiasme Pierre-Emmanuel Taittinger, est que ce joyau soit restitué au monde entier. »

D'ABORD « DÉCLASSER » CE MONUMENT HISTORIQUE

Le conseil d'administration de la maison Taittinger a voté a l'unanimité la cession de l'emprise de la façade à l'association RMMR. Cette «division parcellaire)) ne sera effective qu'à la condition que la Maison, Monument historique, soit déclassée. Il faut pour cela l'intervention du Conseil d'État (ce pourrait être effectif d'ici un an). Quand l'association sera propriétaire, elle pourra lancer une souscription auprès de la Fondation du patrimoine. D'autres étapes restent à franchir: recherche de mécènes, estimation financière, appel d'offres, dépôt du permis de construire et consultation des administrations (la rue de Tambour se trouve dans le périmètre classé et dans l'Aire de valorisation de l'architecture et du patrimoine). Derrière l'aspect romantique de cette reconstitution, il y a de nombreux obstacles à surmonter, analyse Jacques Douadi, le président de RIvlMR.Mais nous sommes confiants. Et quand les barrières de chantier. seront posées, tout ira très vite. » Léchéance de fin 2019 ou début 2020 semble réaliste.

ÉRIGÉ EN 1250, DÉMONTÉ EN l917

Il existe plusieurs photos anciennes de la maison datant d'avant la Première Guerre Mondiale. La Maison des musiciens, datant du milieu du XIIIe siècle, sise rue de Tambour a été démontée en 1917, avant que sa structure ne soit détruite par les bombardements. Les cinq statues ont été conservées puis exposées au musée Saint-Remi. Elles représentent quatre musiciens et vraisemblablement le maître de maison ou un ménestrel (poète). Ce dernier tenait un faucon sur son poing, cassé lors du sacre de Charles (en mai 1825) parce qu'il « gênait le cortège royal » est entouré de joueurs de rebec (sorte de violon), harpe, cornemuse, tambourin et flûte. L'identité du commanditaire n'est pas connue. La musique et la chasse au faucon étaient des loisirs aristocratiques mais un riche bourgeois pouvait les pratiquer et montrer ainsi son opulence. Au XIV° siècle, on relève dans la maison la présence d'une « femme Buiron », dont la famille, notable, a donné plusieurs échevins, les magistrats élus. D'après la note rédigée pour la conférence de Patrick Demouy, donnée le 5 mars au musée Saint,Remi, en partenariat avec le Groupe d'études archéologiques de Champagne-Ardenne.

 

Jacques Douadl président de l’association Renaissance de la Maison des Musiciens de Reims avec Frédéric Coqueret architecte qui a pensé la reconstitution et son intégration dans la rue (voir ci-dessus), ey Pierre-Emmanuel TAITINGER, propriétaire actuel. Les cinq statues et quelques éléments des ogives sont aujourd'hui visibles au musée Saint-Remi. Leur finesse, leur expressivité, sont remarquables. Tout comme le fait qu'il s’agit d’un des rares exemples en Europe de statuaire médiévale non-religieuse.
Remi Vafflart

Anne DESPAGNE

Extrait de l'union du 12/03/2017

    

     

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QUAND REIMS SE DÉCOUVRE EN LETTRES

Ils aiment leur ville et vous invitent à la regarder sous un autre angle, celui de la typographie


Kévin Laurent et Mathilde Giron : « 
Type in Reims est le fruit d’innombrables heures de ballades et d’explorations dans les rues de la ville pour dénicher ces inscriptions, vecteurs d'histoires et de souvenirs, ui font la richesse de la cité des Sacres. » B. Sivade

« L'idée est aussi d'ouvrir les yeux aux Rêmois, qu'ils arrêtent de marcher la tête dans leurs chaussures pour qu'ils contemplent ce qu'il y a autour d'eux »
Mathilde Giron

Le projet, ils l'ont en tête depuis une dizaine d'années mais se sont réellement mis à le concrétiser, il y a un an. ((Reims est notre villena tale. On y est attaché. On a tous en tête, une inscription sur un mur de la ville qui a, unjour, attiré notre attention », assure Kévin Laurent, 27 ans, graphiste et webdesigner.

Avec Mathilde Giron,~5 ans, photographe et graphisre; il souhaite répertorier « toutes ces topographies différentes que l'on ne regarde pas », explique la jeune femme.

D'anciennes enseignes ou des publicités d'une autre époque : « auxquelles on finit par ne plus faire attention. »

Type in Reims, tel est le nom du site internet créé par les deux Rémois est un projet ambitieux. Il consiste à « mettre en lumière ces lettres en les sortant de, leur contexte grâce à un travail graphique. »

L'idée est aussi cc d'ouvrir les yeux aux Rémois, qu'ils arrêtent de marcher la tête dans leurs chaussures et qu'ils contemplent ce qu'il y a autour d'eux. »

ON INSPECTE MINUTIEUSEMENT LES RUES

Un travail de fourmi réalisé durant leur temps libre.  « On quadrille la ville. On fait un premier repérage devant notre ordinateur par le.biais de Google maps. On inspecte minutieusement la rue. Une fois trouvé une inscnption avec une typo intéressante, on se rend sur place pour la prendre en photo », explique Kévin Laurent. ((On donne la priorité au beau, à l'anecdotique », poursuit Mathilde Giron.

Mathilde Giron et Kévin Laurent ne s'arrêtent pas au travail graphique. « On effectue aussi des recherches sur des sites historiques, notamment afin de recueillir une anecdote sur l'endroit. » Chaque dimanche, ils postent une photo sur le site, « En plus du clin d'œil historique, on poste un lien vers une carte pour repérer où se situe précisément èette inscription et donner ainsi envie d'aller la contempler en vrai. » Type in Reims s'adresse aux Rémois et aux touristes, « pour qu'ils ne se contentent plus de visiter la cathédrale. »

Le duo a déjà répertorié une vingtaine d'inscriptions, « gravées, sculptés, inscrites en peinture mais aussi en néons », énumère Kévin Laurent, sans se limiter au seul terrain de recherches du centre-ville, bien au contraire.  « Le bar club de la placè Lobet, Tout pour l'auto du boulevard Marceau: Au petit Paris de ia rue de l'Étape sont parmi les inscriptions les plus connues. » S'il vous vient en tête quelques inscriptions, vous pouvez en informe les créateurs de Type in Reims en leur envoyant un mail.

AVANT/APRÈS, CES INSCRIPTIONS QUI  INVITENT A LA CONTEMPLATION

Les bains-douches, au 42, rue Paul-Vaillant-Couturier. « Cette enseigne est tout simplement un de nos coup de cœur ! Et nous permet de remettre en avant cet endroit récemment fermé. » avant cet endroit récemment fermé. C. Lantenois

Magasin de vente au 25 rue du Temple. « Nous avons fait ce choix, car au-delà de la beauté de cette typographie, il y a l’ensemble du bâtiment qui est superbe et mérite que l’on s’y attarde quelques instants. De plus elle est au cœur d’un de nos quartiers préférés de Reims. » C. Lantenois

Mail : bonjour@ballade.studio.com

Aurélie BEAUSSART

Extrait de l'union du 17/02/2017

    

     

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A L'OMBRE DE DIEU

UNE CATHËDRALE, DEUX BASILIQUES, DE NOMBREUX COUVENTS ET ABBAYES, UNE MULTITUDE DE CLOCHERS ... LES RACINES CHRÉTIENNES  DE REIMS NE FONT AUCUN DOUTE, MATÉRIALISÉES DANS LA PIERRE DEPUIS LE XIII° SIÈCLE. LA RËVOLUTION ET LES GUERRES DU XX° SIÈCLE ONT FAIT DISPARATTRE OU BLAISSÉS DE NOMBREUX ÉDIFICES RELIGIEUX. L'URBANISME MODERNE POURSUIT CETTE MUTATION. IL EN RESTE CERTAINS, INTÉGRÉS AU DÉCOR URBAIN.

LA PAIX


L'ancienne chapelle donne un cachet unique à l'hôtel. On y communie, mais sous forme de réunion, ou de banquets

Quand il était gamin, l'actuel patron de l'Hôtel de la Paix suivait le « cathé » dans le jardin situé à l'arrière de l'hôtel, tenu par sa famille depuis 1911. Aujourd'hui, M. Renardias se souvient de ce couvent de Bonnes Sœurs que l'hôtel a repris en 1981.

Ce rachat à permis de sauver la chapelle du XIX° siècle que certains acquéreurs potentiels voulaient détruire pour faire de l'immobilier. En l'an 2000, cette chapelle désacralisée et été restaurée et s'est restaurée et s’est intégrée à l’établissementqui y a aménagé des salles de réunion et de banquet. Certains Rémois viennent spécialement pour voir cet élément du patrimoine, qui attire l'œil et donne du cachet à l'établissement.

LE CARMEL


Les vitraux religieux ont été conservés.

   
La chapelle aéré requalifiée en bureaux sur trois niveaux

Il y a 30 ans, l’Effort Rémois a racheté l’ancien Carmel de la rue du Barbâtre. Il a transformé les lieux en un immeuble d'habitation très confortable. L'organisme logeur a conservé la chapelle, qu'il a aménagé en bureaux sur trois niveaux et 300 m². Une agence de communication y a longtemps exercé ses activités. Mais depuis 2014, les locaux sont occupés par à-coups.

LES CLARISSES


 Le couvent est devenu un immeuble d'habitation paisible.


La rosace donne un point de vue spectaculaire

A l'origine, il y avait les Capucins, En 1933, des sœurs Clarisses ont pris possession des lieux, le long de la rue Roger-Salengro, à la frontière entre Reims et Tinqueux. Elles y ont entrepris la construction d'un couvent qui connaîtra bien des événements jusqu'à la consécration de la chapelle dans les années 1950. A la fin du XXe siècle, les Sœurs peinaient à entretenir le bel édifice. Elle, l'ont donc revendu à un promoteur immobilier rémois pour financer un nouveau couvent à Cormontreuil. Le promoteur en a fait un havre de paix élégant et cossu, en conservant l'essentiel de la structure autour du cloitre, Le couple qui vit dans partie haute de la chapelle souligne la sérénité de son logement. Et ne se lasse pas de regarder Reims à travers la « rosace. »

 J.-F. SCHERPEREEL

Extrait de Mag'infos N° 179 du 01/2017

    

     

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Le jour où l’hôtel de ville de Reims fut incendié


Après l’incendie du 3 mai 1917, il ne reste qu’un squelette noirci. L’hôtel de ville sera reconstruit à partir de janvier 1924, sous la direction des architectes Paul Bouchette et Roger-Henri Expert

C’était il y a un siècle, presque jour pour jour. Relativement épargné jusque-là, alors que les bombardements défigurent Reims depuis trois ans, l’hôtel de ville flambe le 3 mai 1917, touché par des obus incendiaires ennemis. Le feu se propage aux maisons alentour, plongeant cette partie du centre-ville dans un épais nuage de fumée.

Ce gigantesque incendie, le plus important de toute la guerre avec celui de la cathédrale (en septembre 1914), a entièrement détruit le quartier circonscrit par la rue Thiers, le boulevard de la République (actuel boulevard Foch), la rue de Mars et la place de l’Hôtel-de-Ville..


Sauveteurs et brancardiers posant devant les ruines de l’hôtel de ville.


L’hebdomadaire illustré national « Le Miroir » publie ce cliché du 3 mai 1917. On y distingue l’hôtel de ville dans la fumée.Coll. Michel Thibaul


Des militaires évacuant un tableau pendant l'incendie, par la rue de la Grosse-Ecritoire
.BDIC Gallica

L'incendie de la cathédrale en septembre 1914, le « crime de Reims », bénéficia d’une médiatisation internationale. On se souvient moins de l’embrasement de l’hôtel de ville, trois ans plus tard, le 3 mai 1917. Un gigantesque brasier qui a pourtant entièrement détruit le quartier circonscrit par la rue Thiers, le boulevard de la République (actuel boulevard Foch), la rue de Mars et la place de l’Hôtel-de-Ville.

Début mai 1917, Reims est défigurée par trois années de bombardements intensifs ennemis. La ville est traversée par les tranchées et encombrée de déblais. Le matin du 3, les obus incendiaires tombent dru. Comme les jours précédents. Vers midi, un soldat tombe, fauché devant le 6 rue de Mars. Le bombardement s’intensifie et finit par se concentrer sur l’hôtel de ville.


Il ne reste rien ni de la salle du conseil, ni de la bibliothèque située juste en dessous.

Les pompiers impuissants faute d’eau

Depuis une dizaine de jours, les employés des quelques bureaux de l’administration municipale encore en fonctionnement ont trouvé refuge dans les caves de la maison de champagne Werlé au 6, rue de Mars (devenues aujourd’hui l’espace culturel le Cellier). Ils y occupent une longue galerie où des tables placées en enfilade accueillent les différents services : comptabilité, état civil, secrétariat du maire, police… Avec pour seul éclairage, une trentaine de lampes à pétrole.

Malgré les obus qui continuent à tomber, agents et volontaires accourent pour sauver livres, dossiers, tableaux et objets de valeurs

Le 3 mai, vers 14 h 10, le feu entoure l’hôtel de ville. L’incendie progresse à vive allure dans la toiture du bâtiment principal. Des agents transportent d’urgence des documents restés dans les bureaux jusqu’à la cave au 6, rue de Mars. À la comptabilité, la caisse est enlevée du coffre ainsi qu’un certain nombre de liasses de papiers importants. L’incendie descend, gagne le premier étage, au-dessus de la salle des appariteurs et empêche tout autre sauvetage tandis que charpente, combles et toiture sont en flammes.


L’une des rares photographies montrant le bâtiment en feu. Elle est signée E. Lacourt et a illustré une carte postale
des éditions Jules Matot.

Les pompiers arrivent, mais faute d’eau, ne peuvent que s’efforcer de sauver tableaux et objets utiles ou précieux dans la partie non encore en feu. Les sergents de ville, brancardiers, bonnes volontés les aident dans leur triste besogne, sous les obus qui continuent à tomber. L’incendie embrase les immeubles voisins comme les bureaux de la Société des pompes funèbres (au nº6, place de l’Hôtel-de-Ville) et le café Dalamant (au nº2). D’autres bâtiments et habitations de la place et de la rue de la Prison-du-Baillage sont touchés. La Chambre des notaires brûle également, ainsi que la chapelle de la Mission qui lui est attenante (dont l’entrée est rue Cotta).


Des militaires évacuant un tableau pendant l’incendie, par la rue de la Grosse Ecritoire
BDIC Gallica

À l’aube du 4 mai, les Rémois contemplent avec tristesse les ruines fumantes de leur hôtel de ville. Sa reconstruction débutera en janvier 1924. Quatre ans plus tard, la nouvelle mairie sera inaugurée par Gaston Doumergue, Président de la République.

« TOUT CELA BRÛLE DANS UN SILENCE ABSOLU »

 
La cloche du beffroi de l’hôtel de ville est tombée pendant l’incendie

Dans l'ouvrage, intitulé « J'étais médecin dans les tranchées » (sorti en 2008, chez Robert Laffont), Louis Maufrais évoque Iors d’une « Vislte a Reims » l’incendie du 3 mai 1917 Extraits.

« Fin avril 1917, puisque tout est calme, je décide d'aller visiter Reims, guidé par un officier rémois, une trotte d'au moins 14 km aller et retour. Nous abordons la ville par le faubourg de Vesle au sud, où il y a encore quelques civils, terrés dans les caves. Nous nous procurons des légumes frais et quelques conserves, puis nous nous dirigeons vers le centre, attirés vers la cathédrale (…) A peine sommes nous arrivés sur le parvis qu’un obus énorme, au moins de 210, arrive contre une des tours. Nous nous précipitons dans un trou déjà creusé où la terre est encore chaude, signe qu'il est récent. Sur le portail la statue de Jeanne d’Arc est emmitouflée d'énormes tas de sacs de terre. La cathédrale est évidemment fermée et nous ne restons pas trop longtemps, cela sent trop mauvais. Nous revenons par la place Royale, la place de l'Hôtel-de-Ville où nous trouvons un café encore ouvert.

« Ce n’est plus tenable, nous explique le patron, je vais m'en aller. » Il veut bien nous vendre trois bouteilles d'apéritif et je lui demande s'il n'a pas des jeux de cartes même usagés à nous donner. « Ben, je vais regarder cela, me répond-t-il. Revenez après-demaln, mais pas après parce que je ferme. »

« Le jour dit peu désireux de rester trop longtemps dans Reims, je vais droit vers la place de l'Hôtel-de-Ville ; sur mon chemin je croise un homme, qui court dans la rue, l'air absorbé, et il me semble reconnaître notre patron de bistrot. En arrivant sur la pace, je tombe devant un spectacle tel que les bras m'en tombent. L’Hôtel de Ville est en feu, puis dans des flammes qui atteignent presque la hauteur de l'immeuble. On voit les gouttières de plomb et toute l'armature fondre et s'en aller baer par plaques sur la façade. Et tout cela brûle dans un silence absolu, rompu seulement par le vague ronflement des flammes et quelques crépitements. Sur la place ici et là des civils rassemblés en petits groupes regardent sans dire un mot. Un homme pleure, Un autre me dit: « Qu'est-ce que vous voulez faire ? Rlen. Il y a bien longtemps que les conduites sont crevées. Il n’y a pas de pompiers, Il faut laisser tout bruler. »

Nous constatons que feu a gagné une maison de la place. Mon café est vide, les rideaux sont baissés. Alors nous rentrons aux positions les mains vides.

 Michel Thibault et Alice Renard

Sources : Paul Hess, La vie à Reims pendant la guerre 1914-1918 « Notes et Impressions d’un bombardé ». Gustave Laurent et Georges Boussinecq, « Histoire de la Ville de Reims », Matot Braine 1933

Extrait de l'union du 20/11/2016

    

     

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La pierre de Courville a fait revivre les monuments de Reims

Les Américains en achetaient par conteneurs. Connue dans le monde entier, la pierre de Courville, à l’origine des plus grands édifices rémois, est aujourd’hui inexploitable.


Christian Lécaille, entreprise Léon Noël, possède encore un bloc de pierre de Courville, à l’origine de monuments mondialement connus.

Deux mètres cubes, Voilà tout ce qu'il reste de pierre de Courville, cette pierre dure, peu poreuse et fort blanche qui a servi à bâtir et, reconstruire, au cours des siècles, de nombreux édifices ré mois. On y compte de manière certaine la cathédrale de Reims, la place Royale, la porte des Tisserands, l'ancienne abbaye Saint Rémi. Sans compter les mètres cubes exploités outre-Atlantique.

Ces deux derniers mètres cubes sont actuellement en stock à l'agence Léon Noël, dont l'activité principale est la restauration du patrimoine bâti. Christian Lécaille, son directeur est l'un des derniers à en posséder encore quelques vestiges.

La pierre de Courville, cette pierre du lutécien connue dans le monde entier, il l'a transformée à de nombreuses reprises au cours de ces 25 dernières années. C'est d'ailleurs grâce à son stock que le Pèlerin. la Reine de Sabbat ou encore le David et le Goliath de la Grande Rose de la cathédrale ont pu être récemment restaurés à l'identique.

Pourtant la carrière souterraine de Saint-Julien près de Courville, exploitée depuis 1856, n'est pas tarie. Il reste au moins un banc de pierre sous terre ... « Elle n'est simplement plus exploitable, confie Christian Lécaille, trop dangereuse. Elle menaçait de s'effondrer. Cela faisait des années qu'elle ne répondait plus aux normes de sécurité. »

UN ÉBOULEMENT DE LA CABRIÈRE PASSÉ SOUS SILENCE EN 2005

Un accident en 2005, passé sous silence au moment des faits, a précipité la fin de la carrière souterraine. « Il y a eu un éboulement à l'entrée nord. Les gars ont entendu un bruit sourd. Ils ont juste eu ·le temps de sortir. Tout a été broyé en dessous, même lé matériel... L'affaire n'a pas été ébruitée. Moi-même, je ne l’ai su qu’un mois après. »

À cela, il faut ajouter des problèmes financiers rencontrés par l'exploitant de l'époque, le marché de la pierre n'étant plus ce qu'il, était. C'est ainsi que les derniers bancs de pierre de la dernière carrière de pierre de taille de la Marne - elles étaient 9 en 1895 - ont été extraits jusqu'en 2005, année où la carrière a commencé à péricliter.

« La carrière a été placée en liquidation judiciaire ... Jusqu'en 2008, il y a eu des tentatives de reprise, des propositions, mais rien n'a abouti », regrette Christian Lécaille. La préfecture a fait fermer le site. Un éboulement de l'entrée sud a été provoqué, afin de mettre un terme à la fréquentation du site par des raveurs.

« C'est dommage, mais économiquement ce n'est pas viable. Le seuil de rentabilité pour. une carrière c'est 1 000 m3 par an Iii. on était à peine à 150 m3 par an : quand on sait que sur un projet comme ici Grande Rose de la cathédrale ; il a fallu 100 m3 sur 3ans.  Ça a toujours été le problème avec cette carrière, il y a toujours eu un faible rendement. »

Un faible rendement, mais une qualité exceptionnelle. « C'est une pierre magnifique, suffisamment dure pour tenir dans le temps et suffisamment fine pour permettre de sculpter le petit détail. Si on a pu faire une statuaire comme celle de la cathédrale de Reims, c'est bien grâce à la pierre de Courville. Cette carrière a toujours été un plus pour la région. C'était du marbre, cette pierre. »   

LES DERNIERS BLOCS UTILISÉS POUR LE PÈLERIN


Le Pèlerin d'Emmaüs a pu être restauré avec de la pierre de Courville. HD

Pour la dernière restauration de la Grande Rose de la cathédrale, 8 m3 de blocs de pierres de Courville, en stock à l'agence Léon Noël, ont été transformés pour remplacer le Pèlerin d'Emmaüs de plusieurs mètres de haut, la Reine de Sabbat, un David, un Goliath sur la façade nord, deux moutons et deux arbres. Pour le reste, Christian Lécaille a dû faire appel à de la pierre des Aucrais de la région de Caen. Pas moins de 60 m3 de pierre à traiter ont ainsi été fournis par les carrières Degan. Ne reste plus aujourd'hui que deux petits mètres cubes qui il serviront à de menues restaurations. « Aujourd'hui, la pierre de Coûrville, c'est de l’histoire. Cette période est révolue, a regretté Christian Lécaille.

 Caroline Garnier

Extrait de l'union du 20/11/2016

    

     

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Entre souvenirs et anecdotes, ils racontent l'histoire de la Cerisaie

Mettre à jour des faits inédits, recueillir des documents rares : deux Rémois ont entrepris un formidable travail de collecte et en ont fait un ouvrage qui rend vie au passé.


Josette Labbe et Daniel Lecasse devant la Villa 1900, symbole de la Belle Epoque

A SAVOIR

« Reims Histoire de la Cerisaie »

*.- En vente au prix de 28 €.

*.- Où : chez les auteurs.

 *.- Contacts: Josette Labbe est joignable par mail à labbe.josette®wanadao.fr mais aussi par téléphone : 03 26 85 17 40. Vous pouvez joindre Danielle Lacsse via l’adresse mail suivante : daniellecasse@sfr.fr ou par téléphone : 07 80 4754 61.

 Le faubourg de la Cerisaie : Daniel Lecasse, dont la famille y habite depuis 80 ans, et Josette Labbe, qui connaît cet endroit depuis toujours, souhaitaient faire partager l'histoire et les souvenirs de ces lieux évocateurs de vacances, de jardins et de bals populaires.

Daniel Lecasse réside non loin de la Villa 1900, cette belle grande bâtisse Art Nouveau, désormais fermée, qui s'élève au milieu du parc de la Cerisaie, propriété de la ville qui en a réhabilité les espaces naturels : « je m'étais rendu aux réunions du conseil de quartier, pour défendre cette maison, qui, actuellement, est clôturée et non restaurée. Je voulais montrer son intérêt architectural.je voulais aussi conserver la mémoire des habitants, de ceux d'autrefois, de ceux que j'ai connus, et dont certains ont construit eux-mêmes leurs maisons. »

C'est là qu'il rencontre, Josette Labbe, ancien professeur d'histoire, qui vit à proximité, en bordure de Vesle et qui lui propose sa collaboration : « On pensait au départ se fixer seulement sur la Villa 1900. Ensuite, on s'est pris au jeu ... » Ils ont passé près de trois ans à collationner documents, témoignages, photos, anecdotes., « On voulait savoir qui avait fait bâtir la Villa. Un archiviste nous a conseillé de chercher dans les dossiers des dommages de guerre, et on est tombé sur le dossier déposé par la veuve de Léon Simon, son premier propriétaire. On avait le descriptif complet de la demeure, compris les meubles et un plan du parc. »

Une promenade à travers les époques

Le livre est construit comme une promenade, qu'on ferait en flânant devant les demeures cossues ou modestes, les jardins, le canal, l'écluse.

La rue de la Cerisaie commence au pied du Pont-Huon. en vis-à-vis de l'écluse, suit le chemin de halage et se termine au pied d'un autre pont, dit de Vrilly. En 164 pages et 335 photos, le lecteur va admirer les belles résidences, conservées ou disparues, grâce aux photos souvent prêtées par les descendants des familles - qui y habitaient. Connaître la vie des bateliers, des maraîchers, nombreux à l'époque. Ghislaine Royer y parle de son père, Daniel, horticulteur. Elle n'est autre que la célèbre footballeuse rémoise « Gig » Souef ! « La parcelle sur laquelle se trouve la maison était constituée de jardins destinés aux employés de Goulet-Turpin, et l'allée s'appelait « Allée Josetti » du nom du vin que distribuaient les magasins. L'électricité ne fut pas branchée tout de suite ; d'ailleurs, ma mère accoucha d'une petite-fille à la mi-janvier ... avec une bougie dans chaque main ! »

Et ... pour tous les Rémois qui ont connu le dancing « La Cerisaie  », puis « Le Moonlight », une dizaine de pages rappellent que ce lieu festif, fondé en 1.920, s'est d'abord appelé « Le bal champêtre ». Les fans des sixties y retrouveront Dick Rivers et Johnny Halliday ... Cet ouvrage est un véritable voyage à travers les époques, assorti de tranches de vie pleine de saveurs …

Retour sur l’histoire des lieux en cartes postales

   

Françoise LAPEYRE

Extrait de l'union du 24/04/2016

    

     

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Ils explorent des souterrains oubliés à Reims et aux alentours

Une fois par semaine, Jean-Paul Batteux et Bernard Watier plongent sous terre pour décrypter cavités naturelles, souterrains, crayères, carrières et autres tunnels.


Dans la Marne, des centaines de cavités souterraines courent sous nos pieds. Plus de 1.500 ont déjà été répertoriées, comme ici près de Trigny.

À SAVOIR

•.- De tris nombreux témoignages du passé sont laissés, dans ces galeries : graffitis, sculptures, peintures, poteries, objets ou ossements.

•.- La plupart des souterrains sont aujourd'hui à l’abandon « ce qui les rend particulièrement instables et dangereux », prévient Jean-Paul Batteux. Pour cette raison et pour préserver les traces fragi1es du passé gravées dans la roche, le duo ne dévoile jamais les lieux exacts des entrées des cavités

Une chauve-souris en peluche accrochée au rétroviseur et des tapis de sol couverts de .terre. La voiture de Jean-Pierre Batteux trahit sa passion pour la spéléologie. Dans son coffre un casque, une lampe frontale un grand sac à dos. Cinq kg de cordes et de matériels d'orientation et de survie. Au cas où.

En chemin, il retrouve Bernard Watier, qui arrive de Fismes. Le duo de jeunes retraités se forme au moins une fois par semaine. L'un a « quarante ans d'expérience sous terre », l'autre se passionne pour la guerre 14-18. Ils unissent leurs connaissances pour décrypter les sous-sols de Reims et ses environs.

Direction une forêt d'Hermonville, ils empruntent un petit chemin avant de pénétrer dans un bois lardé de tranchées. « La ligne de front n'était pas très loin », explique Jean-Paul avant de montrer un trou. Au fond, l'entrée aux trois-quarts rebouchée de ce qui semble être une cavité. « C'est un abri militaire, une salle de 2 mètres par 3, creusé à environ 3 mètres sous terre. Ça permettait aux soldats de se reposer, à l'abri .des intempéries et des tirs. »

ENTRE DEUX TALUS, L'ENTRÉE D'UN TUNNEL

Après une dizaine de minutes de marche, ils rejoignent une ancienne carrière. Impossible de savoir quand l'homme a commencé à l'exploiter, ni quand il a cessé. « On suppose que les premières pierres utilisées pour la porte, Mars et le cryptoportique provenaient du massif de Saint-Thierry. Ça remonte... » Ce qui est sûr, c'est que les 2 kilomètres de souterrains ont été occupés par des soldats français pendant la Première Guerre mondiale. « Comme la plupart des carrières du coin. C'étaient des points stratégiques, situés en hauteur. Et ça évitait de devoir monter des camps. »

« 5i des gens connaissent des souterrains, je leur déconseille vivement de s'y engager seuls »
Jean-Paul Baneux, spéléologue

Du passage des poilus, il reste quelques traces. « Essentiellement du fléchage, qui reprend plusieurs noms de stations du métro parisien. On trouve aussi quelques graffitis, dessinés au noir de fumée. » Un certain Paul Desmeulle a ainsi tracé son nom et son unité. « En faisant quelques recherches, j'ai trouvé qu'il était mort au combat en janvier 1918. »

910 - C'est le nombre de cavités souterraines abandonnées dans là Marne et recensées en 2010 par le BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières 

Entre les cieux guerres, la carrière sert de champignonnière. « J'ai lu aussi qu'en octobre 1943, des résistants y seraient passés. Ils y auraient entreposé du matériel parachuté. » Entre deux talus, apparaît une entrée de tunnel, et une grille fraîchement installée. La « visite» de la galerie, située sur une propriété privée, était jusque-là tolérée. Mais protection des chauves-souris (qui débutent leur hibernation) oblige, la voilà désormais inaccessible. « Les réveiller pourrait leur être fatal » Demi-tour. Jean-Paul en profite pour alerter les curieux tentés par ce type d'exploration : « Ça peut être très dangereux : Il y a des risques d'éboulements, de se perdre, de montées des eaux en cas d'orage et il y a les gaz, vestiges de guerre, qui peuvent survenir sans prévenir. Si des gens connaissent des souterrains, je leur déconseille vivement de s’y engager tout seuls. »

« ON NE PREHO RIEN, ON NE LAISSE RIEN »  

Cap vers Trigny cette fois, une autre carrière « que personne ne connaît », sauf Jean-Paul, Bernard et le club de spéléologie de Reims Adrénaline, dont ils sont membres. À l'entrée : reposent depuis plusieurs décennies un touret et sa ficelle de chanvre. Un fil d'Ariane abandonné par de précédents amateurs de sensations fortes, Premier conseil : éviter de toucher le « ciel », comprenez le plafond. Et deux principes: « on ne prend rien et on ne laisse rien ». Sous terre, l'ambiance n'est plus la même. Fini la randonnée champêtre, place aux frissons de l'exploration souterraine.

Muni de puissantes lampes, le duo balaye les Iieux creusés dans le calcaire. Partout sur les parois, des traces de pics. Première découverte: un bassin de récupération d'eau. Sans doute maçonné entre les deux guerres par Les champignonnistes. Sur un mur, des bâtonnets ont été gravés. « Vraisemblablement des comptes de carrier. L'ouvrier notait son travail pour se faire payer. » Plus loin, une première encoche dans la roche à environ l,50 m du sol, « pour poser une lampe à huile ou une bougie. » Le duo progresse de quelques mètres. Sur une autre paroi, il découvre des inscriptions tracées à la peinture rouge : « TOTAL 7 POT ». « Il pourrait s'agir d'un hôpital militaire, imagine Jean-Paul. Ce qui signifierait que la galerie accueillait 7 Postes Opératoires et de Triages des blessés.»

DU BARBELE, UN GODILLOT ET CINQ OBUS

Au sol, posés dans un angle, cinq obus en attente de déminage. Dans une autre « salle », un chapelet de clous rouillés décore un mur. « Les soJdats s'en servaient pour accrocher leurs victuailles, éclaire Bernard. C’étaient pour éviter que les rats ne se régalent ... » . Un éboulement bouche la galerie suivante, d'es fils de fer barbelés émergent. « Du français, assure Bernard. Les picots sont petits et espacés. lis sont plus grands et plus serrés sur le barbelé allemand. » La visite se poursuit avec la découverte d'un godillot, un brodequin militaire. « Ça fait toujours quelque chose de trouver des restes de soldats. On tombe souvent sur des bouteilles de vin aussi. Parfois des vestiges de lits militaires ... »

Il y a un an, Jean-Paul a ouvert une page Facebook, intitulée « Souterrains de la Marne », pour partager ses découvertes. « L'idée, c'est de montrer ce qu'il y a sous terre. J'ai même écrit un livre. Il me reste encore quelques photos à faire. » Et un éditeur à trouver.


Bernard Watier et Jean-Paul Batteux tombent, régulièrement sur des munitions. Ici, cinq obus de calibre 75. Christian Lantenois


Devant l'entrée d'une carrière d'HermonvIlle. Elle est inaccessible depuis peu. Christian Lantenois


A l’entrée d’une carrière , Bernard Watier découvre une gourde en métal rouillé, un vestige de la Première Guerre mondiale. Il n’est pas rare aussi de tomber sur des bouteilles en verre, dans ce type de cavité iccupé pendant 14·18. »Le poilu buvait jusqu’à 7 litres de vin par jour. Christian Lantenois


Le duo part parfois explorer dans l’Aisne. Ici, une flasque sculptée. Dans cette carrière proche du fron de Champagne et occupée par les soldats de la Première Guerre mondiale, de nombreuses sculptures y ont été vandalisées ou découpées pour être volées. Jean-Paul Batteux

LA LÉGENDE OU LAC SOUS LA CATHÉDRALE


Pas la moindre goutte d'eau sous Notre-Dame, mais un sarcophage a été découvert  dans un souterrain situê sous le quartier Salnt·Remi .Il a malheureusement été vandalisé. Jean-Paul Batteux

« Il n'y a aucun lac sous la cathédrale. Rien du tout », assure Jean-Paul Batteux. « C'est une rumeur qui vient d'un poisson d'avril inventé par L'union et les sapeurs-pompiers il y a une paire d'années. » La légende urbaine remonterait aux années 1970. « Le problème du sous-sol rémois, c'est que les archives ont brûlé lors de l'incendie de l'hôtel de ville en 1914. Du coup, on n'a plus de plans du " gruyère ". Mais sous la première enceinte gallo-romaine, en gras le centre-ville, il y a trois niveaux de caves. Il y a quelques souterrains de fuite ou de refuge en cas d'attaque sous la 2ème enceinte, dans des quartiers comme Saint-Remi et Jean-Jaurès. Le quartier de la butte Saint-Nicaise est lui truffé de crayères. C'est d'ailleurs là que se sont installées les maisons de champagne. » Lors d'une récente « expédition », le spéléologue a pu pénétrer dans un souterrain du quartier est de la ville. Impossible de s'y engouffrer sans autorisation, puisque comme beaucoup de réseaux souterrains, il passe sous des propriétés privées. « Il mesure un peu plus de 200 mètres, pour la partie explorée. » Sur la page . Facebook, « Souterrains de la Marne», le spécialiste a publié une trentaine de clichés. On y voit le tunnel, traversé de tubes remplis de béton, des piliers de soutènement des habitations du dessus, un mystérieux sarcophage « malheureusement vandalise » et plusieurs inscriptions, dont la plus ancienne retrouvée : « Debar 1632 » (voir ci-dessous).


Gravé dans un souterrain de refuge ou de fuite du réseau Est de Reims, creusé dans la craie, ce graffiti de 1632 est le plus ancien que le spéléologue ait croisé sur sa route. Jean-Paul Batteux


Au cours de Ieurs expéditons sous terre, les deux passionnés dénichent parfais d'insolites vestiges comme cette voiture abandonnée   dans une carrière. J.P Batteux. Christian Lantenois

 Alice RENARD

Contact : Icsp51@orange.fr ou adrenalinereims@yahoo,fr

Extrait de l'union du 16/11/2016

    

     

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Place d'Erlon, sous les pavés les marécages

Communément appelée la place-D'Erlon, la place Drouet-d'Erlon n'a pas toujours été celle que l'on connaît. Des marécages, un lieu d'exécutions ... Petit retour dans le passé.


Si l'heure est au remplacement des pavés en pierre bleue par des pavés de granit gris, un chantier de 2,5 millions d'euros qui devrait s'étaler jusqu'en 2018, l'emblématique place Drouet d'Erlon recèle un passé riche d'anecdotes plus ou moins insolites.

1 - UN LIEU MARÉCAGEUX

La place Drouet-d'Erlon a longtemps été marécageuse. Son aménagement a été progressif à compter de 1183. Avant cette urbanisation, le quartier était occupé par des cultures maraîchères. Il a porté le nom de place de la Couture (du mot « culture ») jusqu'en 1850.


Lancés avant l'été, les travaux de remplacement des pavés s'achèveront en 2018

2 - PLACE DES MÉTIERS BRUYANTS

C'est l'archevêque Guillaume aux blanches mains qui décida en 1183 de l'urbanisation du site. Il y installa les métiers dits « bruyants » tels que tonneliers, forgerons ou chaudronniers et leur demanda d'édifier des loges-ayant pignon sur rue. C'est l'origine des arcades des façades de la place et de la rue Buirette (anciennement rue Large ). Les maisons à pans de bois, notamment au pied de l'église Saint-Jacques, ont été remplacées, au début des années 1900, par des bâtiments qui existent encore aujourd'hui.

3  - ELLE DOIT SON NOM À UNE STATUE

 La place de la Couture est devenue la place Drouet-d'Erlon suite à l'édification en 1849 d'une statue en hommage au maréchal Jean-Baptiste Drouet d'Erlon, comte d'Erlon, général sous Napoléon, Maréchal de France sous Louis Philippe, né à Reims en 1765. Jugée peu artistique, la statue en bronze, de 10 mètres de haut, a été démontée en 1903.Elle trône désormais en haut des boulevards de la Paix et Pasteur. En 1904, on procédera à la pose de la première pierre de la fontaine Subé, en lieu et place du comte d'Erlon. C'est un enfant du pays, Auguste Subé, mort en 1899, qui avait fait un don pour la construction d'une fontaine gigantesque. À l'époque, pas moins de 25 maquettes avaient été déposées.

4 - UN LIEU D'EXÉCUTIONS PUBLIOUES

 Lieu de fête de tout temps, la place de la Couture a longtemps été le théâtre d'exécutions des condamnés à mort : bûcher, pendaison, supplice de la roue ... Le spectacle était fort apprécié à l'époque. Une exécution a particulièrement marqué : celle de la Grande Jeannette (lire par ailleurs) en 1796, responsable de l'assassinat de 7 personnes.

Durant la Révolution, la guillotine a fonctionné à quatre reprises. Peu à peu, les exécutions ont laissé place à d'autres fêtes, notamment la Foire de Pâques, événement incontournable, qui a perduré de 1170 à 1870.

5 - INTERDITE AUX FILLES DE JOIE

Un arrêté du 12 décembre 1842, toujours en vigueur, interdit aux « filles publiques », terme employé à J'époque, les galeries de la Couture, autrement dit la place d'Erlon.

6 - LE TRAMWAY Y PASSAIT

 De 1900 à 1939, la ligne C ou n°3 du tramway (Gare-Faubourg Sainte-Anne) passait par cette place, de même que la ligne Laon-Sainte-Anne-Maison Blanche et la ligne Bétheny-Foyer Rémois. L'avenue, large de 20 mètres et agrémentée d'arbres sur chaque trottoir, avait été dessinée entre 1903 et 1906.

7 - DÉTRUITE PENDANT LA GUERRE

 La place a particulièrement souffert des bombardements lors de la Première Guerre Mondiale. Il n'en restera qu'un champ de ruines. Seule la Fontaine Subé, bien qu'endommagée, restera debout avec sa gloire à son sommet.

8 - PAS DE PHOTOS D'ALLEMANDS

Lors de la seconde Guerre Mondiale, il était strictement _interdit de prendre des photos avec les Allemands. Une photo clandestine a été prise le 20 avril 1941. Elle fait apparaître un drapeau tricolore avec une croix de Lorraine au sommet de la Fontaine Subé, œuvre d'un collégien patriotique.

LA VICTOIRE AILÉE ENLEVÉE PAR L’OCCUPANT NAZl

Peu de temps après, la fontaine Subé sera privée de sa « Victoire ailée », enlevée par les Allemands pour être fondue en canon ou obus ... Il aura fallu attendre 1989 pour qu'une reproduction de Jean Barat orne à nouveau la fontaine et 2016 pour sa restauration.

9 - PIÉTONNE DEPUIS 1993

C'est à la suite de la construction du parking d'Erlon, inauguré en décembre 1993, que la place est devenue entièrement piétonne. La circulation avait été interdite le temps des travaux de 1991 à 1993. Les commerçants qui avaient demandé que la circulation soit rétablie n'ont pas eu gain de cause. Les rues Condorcet et Marx-Dormoy étaient devenues piétonnes dès 1980, une partie de la rue de Vesle en 1982. Mais à y regarder de plus près, les cartes postales du début du siècle démontrent une place déjà relativement piétonne.

Un arrêté municipal du 5 juillet 1821 fait « défense à tout individu de conduire des bêtes de somme, brouettes ferrées et autres, sous les loges de la Couture », Arrêté qui est toujours en vigueur à ce jour !  

LE PROCÈS DE LA GRANDE JEANNETTE SOUMISE À LA « OUESTION »

Complice dans un assassinat de sept personnes au moulin de Cuissat, Jeanne Delozanne, dite la Grande Jeannette, une habitante de Prouilly, avait été condamnée à être pendue et étranglée jusqu'à ce que mort s'ensuive par l'exécuteur de la haute justice à une potence dressée sur la place de la Couture le 11 février 1786. Au préalable, elle avait été soumise « à la question » autrement appelée la torture des brodequins. La torture des brodequins fut utilisée en France jusqu'en 1780 pour soutirer des aveux. Inscrits dans le système judiciaire du Moyen Age et de l'Ancien Régime, ils étaient conçus pour broyer les jambes. Les blessures étaient souvent si sévères que les os éclataient. L'accusé était assis sur un fauteuil massif.

Deux planches étroites et solides étaient alors fermement attachées de part et d'autre de chaque jambe, et une corde solide liait étroitement les quatre planches entre elles. Des coins étaient ensuite enfoncés à coups de marteau entre les deux planches centrales, ce qui, en resserrant les planches autour des jambes de l'accusé, leur imprimait une force cruelle. la Grande Jeannette fut la dernière « cliente » de ce terrible supplice.

 

 

Ce cliché photographique (ci-dessus) a été fait par Emile Matot, fondateur de l’imprimerie Matot-Braine montrant la place Drouet-d'Erlon prise du clocher de Saint-Jacques. Au de la rue ChâtivesIe, on remarque la statue du comte d'Erlon. Au fond, la gare construite en 1860 et à l'arrière, des champs qui deviendront le quartier Clairmarais. (Documents Michel Thibault)

 
Seule la fontaine Subé a survécu aux bombardements lors du conflit 1914/1918


Un café existe à l'angle Ife la Place d'Erlon et de la rue de Vesle depuis 1894. Il a été repris sous l'enseigne les Colonnes après la guerre. Aujourd'hui, ce café, c'est l'Hemingway.


Le tramway a circulé Place d’ERLON de 1900 à 1939


Instituée en 1170, la Foire de Pâques a perduré jusqu'en 1870.


Dans les années 1950, on circulait tout autour de la place, même si les voies piétonnes étaient très développées. les premiers arbres ont été plantés dès 1882.

Caroline GARNIER

Sources Michel Thibault, auteur d'ouvrages sur l'histoire de Reims.

Extrait de l'union du 09/11/2016

    

     

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1200 ans plus tôt, Louis le Pieux devenait le premier roi sacré à Reims 

Le 5 octobre 816, le fils de Charlemagne était sacré à Reims par le pape Etienne IV. Ce 1200ème anniversaire sera notamment célébré, samedi, par un colloque au palais du Tau.

 
Un portrait de Louis le Pieux, prêté par le château de Versailles, est exposé au palais du Tau, dans la salle du Trésor

Dans la chapelle du palais du Tau, des panneaux relatent la vie de Louis, né en 778 et mort en 840. Juste à côté, dans la salle du Trésor, les visiteurs découvrent, dans la « vitrine bleue », un portrait de Louis le Pieux réalisé au XIX' siècle. IlCe tableau, prêté jusqu'au 6 novembre par le musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, avait été cornman~é qu peintre Jean-Joseph Dassy par Louis-Philippe, pour son musée historique de Versailles, qédié à toutes les glOires de la France Il, explique Angélique Bretaudeau, chargée d'action culturelle au palais du Tau. Sur cette toile, tout juste restaurée, Louis le Pieux est représenté en costume d'empereur d'Occident. Il porte un diadème orné de perles et de pierres

Si Charles X. le dernier roi de France à avoir été sacré à Reims, le 29 mai 1825, fait beaucoup parler de lui dans les livres d'histoire et les expositions consacrées à la royauté, Louis 1" dit Louis le Pieux reste, lui, méconnu du grand public, Le fils de Charlemagne est pourtant le premier roi à avoir' été sacré et couronné à Reims, le 5 octobre 816, et le premier de sa dynastie à avoir porté le même nom - Hludowicus - que Clovis. Ce mois d'octobre est l'occasion de découvrir la personnalité et le parcours du seul fils qui survécut à son père Charlemagne. Car, dans Je cadre du 1200° anniversaire de ce premier sacre à Reims, plusieurs rendez-vous sont programmés.

Dans la chapelle du palais du Tau des panneaux relatent la vie de Louis, né en 778 et mort en 840. Juste à côté, dans la salle du Trésor, les visiteurs découvrent, dans la « vitrine bleue », un portrait de Louis le Pieux réalisé au XIX' siècle. « Ce tableau, prêté jusqu'au 6 novembre par le musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, avait été commandé qu peintre Jean-Joseph Dassy par Louis-Philippe, pour son musée historique de Versailles, dédié à toutes les gloires de la France », explique Angélique Bretaudeau, chargée d'action culturelle au palais du Tau. Sur cette toile, tout juste restaurée, Louis le Pieux est représenté en costume d'empereur d'Occident. Il porte un diadème orné de perles et de pierre précieuses, tient un sceptre et l'orbe, ce globe surmonté d'une croix représentant le pouvoir politique de droit divin Le 1200° anniversaire du premier sacre à Reims sera aussi marqué par un grand colloque, prévu ce samedi g octobre après-midi, au palais du Tau. Organisées par l'Université de Reims et l'Institut universitaire de France, les conférences seront assurées par des spécialistes de Louis le Pieux dont Mayke de Jong, auteure d'un livre de référence. Dans la matinée du 8 octobre, une plaque des rois sacrés à Reims sera égaiement dévoilée à Notre-Dame, en présence de Louis de Bourbon (lire plus loin).

Destitué pendant deux ans

« Si Pépin le Bref fut le premier roi sacré, en 751 à Soissons et en 754 à Saint-Denis, Louis le Pieux fut bien le premier roi sacré à Reims. C'était un personnage très puritain qui ne s'entendait pas du tout avec son père Charlemagne. Il était si sérieux qu'on le désignait comme « l'homme dont on ne voit jamais les dents ». Très intéressé par les choses ecclésiastiques, il a donné beaucoup de poids aux évêques, envoyant les femmes de son entourage , au monastère », raconte l'historienne Sylvie Joye, qui coordonne le colloque du 8 octobre. La spécialiste précise que le roi fut destitué en 833 par l'évêque de Reims, avant de reprendre le trône deux ans plus tard.

Par ailleurs, samedi 8 octobre, à 18h30, un concert gratuit sera donné à la cathédrale. L'occasion d'entendre les chants contemporains du sacre de Louis le Pieux.

  

 Par Valérie Coulet

Extrait de l'union du 02/10/2016

    

     

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Foulé aux pieds par Louis XIV, un gisant historique toujours intact.

Le 18 mai 1590, le gouverneur de Vitry-le-François, Jean de Mutigny, membre de la Ligue est tué au cours de l'assaut de la Citadelle. Sa pierre tombale est exposée dans la collégiale.


 L’historien local Bernard Sartori est l'auteur de nombreux articles sur le gisant de Jean de Montigny.

« Le Roi-Soleil l'a piétiné lorsqu'il est venu à Vitry-le-François le 14 février 1678 », rappelle Bernard Sartori. L'historien local, auteur de plusieurs articles sur le sujet, fait toutefois remarquer l'excellent état du gisant de marbre noir aujourd'hui accroché à gauche de la nef de la collégiale Notre-Dame.

Soigneusement dressée contre le mur blanc de l'édifice, la pierre tombale de Jean de Mutigny impressionne toujours les visiteurs. Personnage illustre, catholique-ultra, membre de la Ligue (antiprotestante), le gouverneur de la Cite rose est tué en 1590 lors du siège de la citadelle où il s'est retranché avec la garnison. « Alors que la ville était du côté des protestants, l'armée était en faveur des catholiques. La situation était très paradoxale », analyse Bernard Sartori.

« Alors que la ville était du côté des protestants, l'armée était en faveur des catholiques, la situation était très paradoxale »
 B. Sartori

Un paradoxe renforcé par la présence d'Henri de Navarre à la tête des assaillants. Encore protestant, le futur Henri IV mène le siège de la citadelle vitryate le 17 mai de la même année au cours duquel Jean de Mutigny est tué « la cuirasse percée d'un coup de lame », selon les écrits de Bernard Sartori. Reprise dès le lendemain soir par les troupes du Duc de Guise, la Nille est confiée à un nouveau gouverneur, le Sire de Frignicourt « qui aurait fait édifier, selon la légende, cette splendide pierre tombale », indique toujours l'historien.

Un gisant digne du défunt puisque celui-ci mesure 2,30 mètres de long pour 1,15 mètre de large. La silhouette aux mains jointes d'Honoré Jehan de Mutigny y est entourée de quatre écus : les armes de Mutigny, Olicourt, Lisoun et Marmier. Une inscription gravée est lisible sur le contour de la pierre: « Cy gist, Honoré Seigneur Jehan de Mutigny, lui vivant, Seigneur de Minecourt, Saint-Vrain, Tournisiet et gouverneur de la ville et citadelle de Vitry, qui décéda le XVIIème may mil cinq cens quatre-vingt et dix. Priez Dieu pour son âme. »

Le 14 février 1678, la Cité rose reçoit un hôte de marque : le Roi-Soleil. Comme le relate Bernard Sartori dans un article publié dans l'Est Républicain en 1994, le souverain est « accompagné de son épouse, la reine Marie-Thérèse d'Autriche et de sa maîtresse Madame de Montespan, enceinte de cinq mois, suivi de toute la cour. »  C'est au cours de cette visite officielle (la première de trois) que Louis XIV entre dans la collégiale pour la première fois. « Désireux de ne pas déplaire au souverain en laissant apparente une représentation d'un ennemi de son aïeul Henri IV, les dignitaires vitryats de l'époque avaient fait retourner le gisant face contre terre au point que Louis XIV a marché dessus sans y prêter attention pendant sa visite », assure aujourd'hui l'historien. Oubliée, puis redécouverte en mars 1823 « selon les Mémoires de Jean Racine, alors historiographe de Louis XIV », rappelle Bernard Sartori. Peu de temps après, ce sont les supports du gisant, quatre petits lions, également en marbre noir, qui sont retrouvés. Fixée depuis debout dans le transept de l'édifice religieux, cet élément de sépulture n'a gardé que peu de séquelles de la royale foulée.

A l'exception de quelques éclats, cette pièce de musée vieille de quatre siècles est restée intacte. Un projet de revalorisation de cet ornement est à l'étude (lire encadré). « Par la suite, Louis XIV honorera encore Vitry-le-François de deux visites en 1680 et 1681 », conclut Bernard Sartori.

Deux passages au cours desquels le gisant, toujours au sol, aurait été, a priori épargné par les souliers de sa majesté.

Charles-Henri RAFFIN

Nous avons tenté de joindre, sans succès, le Père François de Mianville, curé de Vitry-le-François.

Extrait de l'union du 07/08/2016

    

     

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Pour ne pas oublier le village détruit de Nauroy

Le 11-Novembre a revêtu un caractère particulier à Nauroy où les Amis du village détruit ont inauguré, devant la foule, les panneaux retraçant son histoire.

L'ESSENTIEL

.- L'association des Amis de Nauroy et de l'église de Beine a été constituée en octobre 2011 pour faire revivre les ruines du village détruit pendant la Grande  Guerre en remettant le site abandonné depuis un siècle, en état.

•.- À l’occasion de la cérémonie  du l1-Novembre, hier, les quatre panneaux historiques qu'elle a i , créés, retraçant la vie à Nauroy avant la guerre, pendant et après, ;ont été inaugurés.

•.- Les Amis de Nauroy ont aussi accueilli les visiteurs toute la journée sur le site pour partager leurs découvertes.

Le village détruit a repris des couleurs, hier. C'est en effet en ce jour de commémoration de l'Armistice de 1918 que les Amis de Nauroy avaient choisi d'inaugurer leurs panneaux historiques retraçant l'histoire de la commune disparue il y a un siècle. Pour l'occasion, ils avaient sorti, de leur réserve, calicots explicatifs et planches de photos, pour présenter aux visiteurs, venus en nombre, les fruits de leurs fastidieuses recherches réalisées sur le site depuis la création de l'association en 2011. Sous les tentes, plantées à l'orée du petit bois où se dressaient jadis les maisons de dix-neuf familles, les bénévoles proposaient aussi, toute la journée, de découvrir leurs trouvailles et des collections privées d'objets en lien avec la Grande Guerre ... avant de visiter la chapelle, le cimetière restauré où 40 tombes de soldats-allemands ont récemment été mises au jour et de deviner les ruines de l'église détruite.

Lors de son allocution, la maire de Beine-Nauroy, Catherine Renard, a d'ailleurs chaleureusement remercié les Amis de Nauroy pour « ce magnifique travail réalisé sur ce site ».  « Vous êtes des gens passionnés, passionnants et vous savez transmettre votre passion », a-t-elle encore lancé avant de passer la parole au sénateur Yves Détraigne, qui tenait à être présent en ce jour particulier auquel il a contribué en piochant dans sa réserve parlementaire pour aider à financer le quatre panneaux affichés sur les murs du cimetière.


Les quatre panneaux historiques fixes ont été inaugurés avant que les enfants ne fleurissent les tombes du cimetière

« Je suis heureux d'avoir pu participer à ce devoir de mémoire. C'est important à Nauroy comme ailleurs que les héritiers de ces événements douloureux se souviennent (.. .) Que l'hÎstoire des familles de Nauroy ne soit pas oubliée et que notre mémoire collective soit entretenue. »

Aux côtés des pompiers, les enfants du groupe scolaire de Beine ont, dans la foulée, entonné La Marseillaise, avant de gravir les marches qui mènent au cimetière, une fleur à la main. Chacun l'a déposée avec délicatesse sur l'une des tombes, civiles ou militaires, de son choix. La cérémonie en l'honneur des soldats morts pour la France et des familles du village détruit s'est poursuivie par un dépôt de gerbe au pied de la chapelle, qui pourrait bien, prochainement, être dotée de trois nouveaux vitraux, sur lesquels ces mêmes enfants ont travaillé avec un maître verrier. En les associant ainsi, les Amis de Nauroy espèrent qu'ils reprendront le flambeau le moment venu. Et qu'ils deviendront, à leur tour, passeurs de mémoire.

À la recherche des descendants des habitants


Les descendants Chamelot devant le panneau s leur famille.

Le président des Amis de Nauroy et de l'église de Beine, Jacques Gallois: souhaite remettre sur pied Il vers 2018 », les « cousinades » comme le village détruit en a connu, chaque dimanche de la Saint-Jean, jusqu'en 1939. L'objectif est de réunir les descendants des dix-neuf familles qui vivaient à Nàuroy en 1914. L'appel est lancé 1 Ceux de la famille Chamelot, eux, seront bien sûr de la partie, Présent hier pour

célébrer le Il-Novembre, Claude, accompagné de son fils Freddy et de son petlt-fils Gaël, était heureux, une nouvelle fois, de voir le site qui a abrité ses aïeux, ainsi revivre; et d'admirer tout le.travail déjà accompli, mis en valeur.

« C'est mon autre fils, Thierry, qui s'est intéressé à la famille Chamelot et qui est remonté très loin dans l'arbre généalogique», raconte Claude, aujourd'hui installé à Bêtheniville. « Lorsque j'ai quitté Lyon et que je suis revenu dans la région,

par son intermédiaire, j'ai appris l'existence de l'association et j'y suis entré. Il Toute la famille apporte desormais sa pierre à l'édifice, Il Aussi bien mes enfants que moi-même, avons le souvenir de venir nous recueillir id avec mon père », confie Claude, « Il a quitté Nauroy à 7 ans, La date correspond à la première évacuation vers Signy. Mon père avait une sœur très conservatrice. A sa mort, il y a 3 ans environ, elle laissé beucoup  dz courriers, de photos, qui ont permis d’alimenter l’association. » Et Freddy, domlcilié à Compiègne, d'ajouter :  « Chacun essaie de participer a son niveau, d’aider selon ses compétences ». Pour que la mémoire des anciens.

Marion Dardard

Extrait de l'union du 11/11/2015

    

     

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La façade aux allures des années 20

Un bâtiment du centre-ville historique, datant de la reconstruction à l'issue de la Grande Guerre, vient d'être rénové d'une façon remarquable.


L’immeuble a abrité l'ancienne quincaillerie Le comptoir de l’industrie.

Les touristes qui passent dans la rue Cérès, s'arrêtent, admirent et prennent des photos de cet immeuble, dont la rénovation vient de s'achever et qui a repris ses superbes couleurs d'origine, un très beau vert. li a été créé à l'origine par Le comptoir de l'industrie (maison Laurent et Carrée), comme en attestent les deux superbes médaillons polychromes qui ont conservé les initiales de l'enseigne.

Détruit en 1917, il a été reconstruit en 1922 par les architectes Émile Thion et Marcel Rousseau, dans un style qualifié d'art nouveau tardif, version école de Nancy, avec un aspect très « modern style ». Lors de sa restructuration, seule la façade, faite de béton et céramique, a été conservée. L'immeuble, inscrit à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques, abrite désormais une maison de retraite médicalisée, Korian.

La façade, qui a subi des dégradations dues au temps, vient d'être entièrement rénovée. « Ce bâtiment étant situé dans le périmètre historique de la cathédrale et de la place Royale, on a travaillé en commun avec l'architecte des Bâtiments de France. La rénovation devait être conforme aux règles de l'art et redonner à cette façade ses couleurs d'origine », explique Philippe Prévost, responsable du patrimoine du groupe Korian. Les entreprises, sélectionnées pour leur expertise en la matière, sont toutes, à une exception près, de Champagne-Ardenne.

Le coût total de la réfection atteint 1.400.000 euros, financés par le propriétaire des lieux (une union foncière parisienne) et le locataire (Korian). Les travaux commencés en 2013 ont duré deux ans.

« Nos résidants sont évidemment très contents de cette réfection. On participe à la valorisation du quartier », a commenté Véronique Magron, la directrice de la résidence, lors de l'inauguration.

 Extrait de l'union du 11/10/2015

    

     

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Vivre dans la plus ancienne maison de Reims

Denise et Guy coulent des jours heureux dans l'une des plus vieilles demeures de la Marne.
Leur maison est désignée par les guides de l'office de tourisme comme la plus ancienne de la ville.


Denise et Guy Thomas (à la fenêtre) aimeraient bien redonner un coup de jeune à la façade de leur maison, mais cela s'apparente à un vrai parcours du combattant A.B.

Elle est un peu biscornue. Sa façade à pans de bois, un peu décrépie. La maison de Denise et Guy Thomas n'est pas d'emblée celle qui suscite forcément le plus d'attention. D'autant que, en face, de l'autre côté de la place Saint-Timothée, la pharmacie Dieu Lumière, de style néo-classique, avec sa façade à colombages récemment rénovée et sa tourelle, attire l'œil. On pourrait même croire que la construction de la pharmacie est plus ancienne alors qu'elle remonte seulement à 1924.

« Nous n'avons jamais su précisément de quand date la construction de notre maison », explique Guy Thomas, 77 ans. Nous avons d'abord acheté le fonds de commerce en 1962, puis Ies murs en 1971. M. Savoye, le propriétaire de l'époque, nous a dit que sa construction remontait au moins à 1500. Et que l'ancien propriétaire lui avait même confié que Jeanne d'Arc était sans doute passée devant, lors de sa venue à Reims. »

La maison de Denise et Guy Thomas a traversé bien des époques, résisté à bien des conflits. Et a tenu bon lorsque les bombes ont rasé quasiment l'intégralité des halles du quartier Saint-Remi durant la Première Guerre mondiale.

A l’étage, dans la salle à manger, sur l'immense poutre qui soutient en grande partie la maison, un trou. L'impact du seul obus qui a touché la bâtisse. « Cette poutre, selon l'architecte qui était venu lorsque nous avons réalisé quelques aménagements, il y a quelques années, aurait tout de même plus de 900 ans », explique Guy Thomas, pas peu fier d'habiter cette maison.

Denise Thomas nous, entraîne vers le salon. Dans la cheminée, une plaque en fonte, une date inscrite : 1716. « Ce qui est-sûr c'est que la maison était déjà debout lors de la Révolution. »

De l'histoire de leur maison, ils connaissent peu de chose, si ce n'est que le fonds de commerce, aussi loin qu'il soit possible de remonter, « a, toujours été une boucherie ». Déjà au début du XIX° siècle, un certain Simon Brimessaux vendait escalopes de veau et autres gigots d'agneau. Eux-mêmes ont tenu une boucherie de 1962 à 1997, dans ces mêmes locaux. « On est arrivés à Reims et dans ce quartier un peu par hasard. Mon mari cherchait une boucherie à reprendre. Il est de Châlons et je suis sparnacienne, explique la maîtresse des lieux. A l'époque, la réglementation n'était pas aussi contraignante. On a pu enlever les grilles de la façade. Ensuite, casser les murs pour descendre la vitrine jusqu'au sol. On nous a autorisés à mettre du carrelage, plutôt que de garder les tommettes en terre cuite. »

Il y a 20 ans encore, « on a redonné sans difficulté un petit coup de peinture sur la façade. » Impossible aujourd'hui de réitérer aussi simplement l'opération, « il faut commencer par faire venir un architecte des bâtiments de France et la note est salée », assure Denise Thomas.

Même si habiter une telle maison a ses contraintes – « on ne peut évidemment pas mettre de volets » -, hors de question de déménager. Guy surtout est très attaché à ces murs. « Ce qui est assez étonnant, c'est que, même avec des fenêtres très anciennes, on ne chauffe pas beaucoup l'hiver.  


À gauche la maison. toujours debout, après les bombardements dévastateurs de 1914


Denise et Guy Thomas aiment collecter des vieilles photographies de la maison. A.B.

AUTRES POINTS MONUMENT HI5TORIQUE

Une maison inscrite Selon le service du patrimoine de la Ville, « cette maison est protégée au titre des monuments historiques. Il y a deux mesures le classement et d’inscriplion. Cette maison est inscrite. »

NUANCE

La plus vieille « intacte »

Impossible de déterminer avec exactitude l'année d'édification de cette maison. Les services municipaux se réfèrent au fichier Mérimée, une base de données sur le patrimoine architectural français du ministère de la culture et de la communication, Direction de I ’Architecture et du Patrimoine. On y apprend ainsi que par arrêté du 7 décembre 1970, les façades et la toiture sont inscrites au Monument historique.

Elle aurait été construite au début du XVI° siècle. Toujours selon les services de la Ville et si on met de côté les édifices à caractère religieux,  elle fait partie des plus anciennes maisons de Reims. La nuance apportée par la Ville est la suivante : l’hôtel le Vergeur ou la maison des comtes de Champagne sont plus anciens, même si ces bâtiments ont été en très grande partie reconstruits après la guerre.

REGLEMENTATION

Travaux sous surveillance

« Si les propriétaires veulent faire des travaux, ils doivent faire appel à un architecte du patrimoine, et le dossier doit être déposé à la conservation régionale des monuments historiques, qui va donner son accord ou pas. La DRAC pourra potentiellement aider financièrement le propriétaire » informe encore la mairie.

Aurélie BAUSSART 

Extrait de l'union du 30/09/2015

    

     

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Objectif : le patrimoine en photo

Nathalie Schaeffer déambule dans la ville en regardant en l'air. Elle repère et photographie des détails de l'architecture rémoise. À voir sur son blog.


Un sanglier dans la basilique Saint-Remi ? II faut être attentif pour voir l’animal. Christian Lantenois

Comment découvrir la ville d'une autre façon ? Nathalie Schaeffer a la réponse. En marchant, tout simplement Elle arpente les rues sans regarder où elle met les pieds, en levant les yeux, souvent, vers les bâtiments qui l'entourent. « Je fais beaucoup de trajets à pied. De cette façon, je remarque des choses que les autres personnes ne discernent pas parce qu'ils sont trop pressés. »

« Je vais à l'essentiel, je fais des textes concis pour ne pas barber les gens »
Nathalie Schaeffer

Le petit détail intéressant, les éléments d'architecture un peu cachés et s'extasie sur les trésors qu'elle dégote à l'intérieur comme à l'extérieur des édifices. Depuis le mois d'avril, elle a créé un blog sur lequel elle poste ses photos assorties de quelques infos et commentaires, souvent sous forme d'énigme, et avec humour. « Je vais à l'essentiel, je fais des textes concis, pour le pas barber les gens. J'essaye de poster une énigme par semaine », sourit la jeune femme.

« Je ne suis ni journaliste ni photographe mais je garde un œil sur la ville pour continuer à m'émerveiller », dit-elle encore. « Mon objectif, c'est de transmettre et de partager. Un jour, j'aimerais proposer le blog en anglais et puis aussi, créer un autre blog, sur le cinéma. » Une autre passion liée aux images et parfois à l'histoire.

 M-C LARDENOI5

•.- reimsenmillemorceaux.unblog.fr

Extrait de l'union du 31/08/2015

    

     

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Objectif : mélanger les époques

Quand les images superposent différents moments pour un même lieu ....  C'est l’idée de ce photographe pour admirer le patrimoine autrement.


La cathédrale et son parvis, deux époques réunies sur un cliché. Vincent Zénon Rigaud

L 'appareil. numérique, grand angle en bandoulière et une tablette dans la poche, il se balade le plus souvent le nez en l'air, marche parfois en crabe, un œil fermé... Vincent Zénon Rigaud, photographe rémois de 34 ans, se passionne depuis trois ans pour la « reconduction photographique », ou en plus court : la « re-photo ».. Une technique qui consiste à « reconduire » la démarche d'un précédent cliché le plus exactement possible, « afin de mettre en avant les différences, ou absence de différences, d'un sujet à travers le temps. Plus l'intervalle temporel entre les photos est grand, plus la comparaison/superposition peut s'avérer fructueuse et pertinente selon les critères historiques », explique le jeune trentenaire.

« C'est devenu tendance ces dernières années et c'est vrai qu'avec les nouvelles technologies, ça devient plus facile qu'avant. » Car la technique n'est pas nouvelle : elle a été inventée au XIX° siècle afin de mesurer l'évolution des glaciers.

Le lieu est le même, mais le moment est différent

Vincent Zénon Rigaud, lui, concentre toute son attention sur -le patrimoine rémois et en particulier sur la cathédrale, Dans sa tablette, il possède plus de 3 000 clichés anciens de la cité des sacres, la plupart prêtés par de généreux collectionneurs. Pour chaque montage, il procède en trois étapes. « Je passe déjà pas mal de temps à observer l'image qui doit  en général de la fin du XIX! siècle ou du début du XX°. » Ensuite, sur place, il analyse les perspectives, les lignes fuyantes : « On arrive à savoir si le photographe de l'époque était grand, petit, s'il avait un trépied ou s'il était monté sur un tabouret. Certains poussent le vice jusqu'à attendre la bonne heure du jour, histoire d'avoir exactement la même luminosité ». Une fois les clichés saisis, le Rémois branche son ordinateur et compare les images sur un mode avant/après grâce à un logiciel de retouche. « Je superpose le cliché ancien et celui que je viens de réaliser. Après, il faut corriger les déformations de l'objectif, redresser les perspectives ... »

Au final, grâce à un fondu et des techniques ultra-précises, il réussit à mélanger deux époques. Aujourd'hui, Vincent Rigaud compte pas moins de 250 vues avant/après montrant Reims et les alentours (visibles sur son site internet). « C'est devenu viscéral. Je passe mon temps à scruter les toits ou la moindre corniche et... à voyager dans le temps. C'est grisant de faire revivre un tramway d'avant-guerre tiré par des chevaux ou de faire apparaître des contrastes dans les tenues vestimentaires.

Renseignements : www.vincentzenon.com

Alice RENARD

Extrait de l'union du 30/08/2015

    

     

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Il y a 250 ans, la statue de Louis XV était inaugurée à Reims

Le 26 août 1765, la statue du bien-aimé Louis XV était inaugurée. 250 ans après, et malgré une histoire mouvementée, elle veille toujours sur la place Royale.


Carte postale datant d'avant 1914. Coll. M. Thibault

A SAVOIR

•.- La statue a été plusieurs fois menacée :

- en 1848. l'ancien maire De Saint-Marceaux propose de fondre la statue pour la remplacer par une de Colbert.

- en 1894, C!ovis Chezel, conseiller municipal, s’étonne que Ion ait encore une place Royale à Reims et réclame la suppression de la statue;

- en 1900, le maire Charles Arnould propose de mettre Colbert (celui du square) à la place de Louis XV. Devant les réactions de l'opinion publique et de la presse ces projets ne seront pas suivis d'effets.

•.- Seules les sculptures entourant le piédestal, qui avaient été conservées, sont de Pigalle (la statue d'origine ayant été fondue en 1792). La signature de l'artiste est encore visible.

De nombreux automobilistes la contournent chaque jour sans lui prêter attention. La statue de Louis XVveille pourtant sur la place Royale depuis son inauguration le 26 août 1765.

Fondue en 1763 à Paris, dans l'atelier de Pierre Coz, la statue est l'œuvre du grand sculpteur Jean-Baptiste 'Pigalle (celui-là même qui donna son nom au fameux quartier parisien). Voici la description. Que donne Jean-Gabriel Legendre, ingénieur de cet ensemble destiné à  « transmettre aux siècles à venir la douceur du gouvernement et la félicité des peuples sous le règne de Louis XV le bien-aimé » : « Le roi est véto à la romaine. couronné de lauriers. et il étend la main pour prendre le peuple sous sa protection. Aux deux côtés du piédestal sont deux figures, dont l'une exprime la douceur du gouvernement, et l'autre la félicité des peuples. La douceur du gouvernement est représentée par une femme tenant d'une main un gouvernail et conduisant de l'autre un lion, emblème d'un peuple fier mais docile (...). La félicité des peuples est rendue par un citoyen heureux, jouissant d'un parfait repos (...). L'olivier croit aux pieds du citoyen assis sur des ballots de marchandise. Sa bourse ouverte marque sa sécurité, et un agneau qui dort entre les pattes d'un loup est le symbole de la paix et de la tranquillité.»

Lors de son inauguration, la nouvelle place Royale n'est pas encore terminée. Commencée le 5 décembre 1757, elle a été exécutée sur l'emplacement du quartier c Le Grand Crédo t, un enchevêtrement de vieilles maisons en bois bordant des rues étroites sillonnées en leur milieu de ruisseaux engorgés de détritus s'écoulant vers la Vesle. On prétend qu'en 1744, la reine Marie Leczinska, se rendant à Metz auprès du roi Louis ~ malade, avait été obligée de traverser à pied le Grand Crédo, car .la rue n'était pas assez large pour laisser passer le carrosse ! Ce 26 août 1765, le conseil de la ville ne regarda pas à la dépense. Les festivités, ponctuées de spectacles, concerts, bal, feu d'artifice et illuminations, dureront cinq jours.

La statue va connaître une histoire mouvementée. Lors de la Révolution, elle est abattue et envoyée dans les fonderies de Metz en 1792 pour faire des canons. Les révolutionnaires la remplacent par une statue en bois représentant la Liberté. C'est là, sur les marches du monument, que le 7 octobre 1793, le conventionnel Philippe-Jacques Ruhl brisa la Sainte Ampoule qui contenait l'huile des sacres royaux.

La place est ensuite plusieurs fois débaptisée, rebaptisée place de la liberté, place du Peuple, place Nationale, puis plus tard place Impériale, Elle a manqué de s'appeler, en 1885, place de la République tout en gardant Louis XV, Entre-temps en 1816, une copie de la statue de Louis XV, réalisée par le sculpteur Pierre Cartellier, est remise en place en conservant autour du piédestal les restes des sculptures de Pigalle.

Un nouveau regard sur le monument


Cérémonie de l’inauguration de la statue de Louis XV (gravure de arinl - Coll. M. Thibault

Grâce à l'exposition  « Reims au temps des Lumières », un nouveau regard sur la statue de Louis XV, au musée-hôtel Le Vergeur, le public peut redécouvrir ce monument incontournable de la cité des Sacres et ce, à travers notamment la présentation du dessin de Charles-Nicolas Cochin le Jeune (1715-1790), représentant la statue du roi telle qu'elle était avant sa destruction pendant la Révolution française. Une pièce unique puisqu'elle constitue le seul vestige iconographique de la statue originale du roi de France. Outre le dessin du contemporain, près de vingt documents sont aussi exposés, issus pour la plupart des collections du musée Le Vergeur, de la bibliothèque Carnegie et des archives municipales et communautaires.

L'exposition est visible jusqu'au 20 septembre 2015, du mardi au dimanche de 14 à 18 heures.

Tarifs: entre 1 et 3 E. A noter également, le musée propose deux conférences (gratuites mais dans la limite des places disponibles).

_  Les places royales sous le règne de Louis XV : l'exemple de la place Royale de Reims, par Yvonne Rickert le samedi 12 septembre à 15 heures;

_ «  La statue du roi dans l'espace public en France aux XVII- et XVIII" siècles : évolutions iconographiques et enjeux politiques », par Hendrik Ziegler le samedi 10 octobre (à 15 heures)

Musée-hôtel Le vergeur : 36, pLace du Forum. Tél 03 26 47 20 75.

De notre correspondant MICHEL THIBAULT

•. Sources : Annuaire de la Société des Amis du Vieux Reims 1940-1944.

Extrait de l'union du 27/08/2015

    

     

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Une passion commune : la restauration de tableaux

Depuis 1992, Christian et Catherine Vibert s'attellent à restaurer des tableaux. Une passion qui les pousse, parfois, à aller loin.


« On génère de la satisfaction. Nous faisons un très beau métier », confie Christian Vibert. Rémi Wafflart

Sur cuivre, bois, tissus, papier ou toiles, Christian et Catherine Vibert, de l'Atelier de la renaissance, restaurent des tableaux, depuis 1992. Particuliers, Églises, musées ou monuments historiques, l'atelier ne fait pas la différence. « Nous avons une sensibilité artistique qui fait que notre champ est large, raconte Christian Vibert. Nous travaillons aussi bien sur une icône, un portrait de famille que sur une toile de 20 m².  La qualité sera la même, C'est un travail minutieux. »

En ce moment, il travaille à Paris sur une œuvre du musée d'Orsay, L'Atelier de l'artiste, de Courbet. « Il est composé de sept morceaux de toiles qui ont été ajoutés au fur et à mesure de la création. Le travail est donc très complexe, précise le restaurateur. On nous a fait une cage en verre pour travailler en public et protéger l'oeuvre. Le boulot s'effectue en, plusieurs étapes et toujours en fine collaboration avec les conservateurs. A chaque étape, il faut qu'on sache quel est notre degré d'intervention, si l'on va plus loin ou non. »

Du temps et de la précision, paramètres indispensables

« Avec ma femme, nous travaillons en duo depuis 20 ans », révèle Christian Vibert. Catherine Vibert, son épouse, était éducatrice spécialisée. Le projet de travailler ensemble a rapidement fait son chemin. « Il m'a enseigné beaucoup de choses. Nous faisons beaucoup de travaux à deux Nous sommes en symbiose. Pourvu que cela dure 1 L'élève a dépassé le maître, sourit Catherine Vibert. C'est toujours un plaisir de venir travailler.» Ce qui leur plaît le plus, c'est de générer de la satisfaction, que ce soit chez le particulier ou un conservateur de musée. On redécouvre une œuvre, ça donne du plaisir, aux détenteurs de l'oeuvre comme à nous Il, livre le couple. Qui se souvient de nombreuses anecdotes, comme si c'était hier. « Des personnes nous ont un jour apporté une œuvre directement sortie d'une benne à ordures. Elle était vraiment dans un piteux état. À la fin, ils ont été bluffés du résultat. Une autre fois, un des tableaux que nous avons restauré, retrouvé dans un poulailler, a été revendu 10 000 euros.» 

 Quand le couple reçoit une œuvre, il sait qu'il est en situation de concurrence. « Nous n'obtenons pas le marché tout de suite. Il y a l'étape des devis qui comprend constat d'état, analyse, proposition de traitement et chiffrage, explique Christian Vibert. II y a plusieurs niveaux de restauration. Il faut du temps pour choisir les priorités. » .

La priorité absolue ? « Il faut penser aux prochains. La réversibilité est très importante ! Il s'agit de pouvoir revenir sur ce que l'on a déjà fait, sans altérer l'œuvre » , raconte le restaurateur. Ensuite vient la lisibilité, consistant à retrouver la lecture de l'œuvre. « On restitue le message de l'artiste. Il faut rétablir les plans de la composition et l'équilibre entre les lumières. Dans certains cas, avec l'accord du responsable, nous pouvons reprendre des modifications apportées au tableau au cours de son histoire. »

Le restaurateur a établi un partenariat avec l'hôpital pour effectuer des radios. « Aux rayons X, on peut trouver des éléments sous-jacents. En fonction, de leur état, faire des choix. Parfois, nous avons quelques surprises et de belles histoires qui se cachent. Restaurer un tableau prend du temps. On ne compte, pas les heures, cela n'a pas d'importance. Nous faisons un très beau métier. »

•. Atelier de la renaissance au 5.rue des Toumelles.

Des travaux conséquents et parfois prestigieux

Diplômé de l’institut national du patrimoine et d'un master 2 de conservation préventive, Christian Vibert s'associe avec d'autres restaurateurs et conservateurs pour de lourdes tâches. «Pour des gros. ouvrages nous travaillions en groupement de 4 à 10 personnes. Nous avons restauré un ouvrage de 60 m² au Château de Versailles. Nous avons été jusqu'au Japon, en Corée du Sud. pour accompagner des tableaux. C’était prestigieux. »

Capucine Lantenois

             Extrait de l'union du 20/08/2015

    

     

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Le mécénat pour soutenir le patrimoine


Jean-Marc Roze, adjoint aux finances et Catherine Coutant conseillère déléguée aux événements culturels

La ville de Reims vient de lancer un mécénat de grande envergure, en partenariat avec la Fondation du patrimoine, Une première du genre. L'objectif est de restaurer la Porte Mars, le plus large arc du monde romain, vieux de 1800 ans. Des échafaudages entourent désormais le monument. Un chantier, qui vise le remplacement de la couverture, est estimé à 1,35 million d'euros. Et donc, il est notamment fait appel aux mécènes pour participer au financement. « Nous sommes heureux d'agir sur le patrimoine, mais aussi de transmettre la mémoire. Une façon aussi de dire aux gens : le patrimoine n'appartient pas qu'à la Ville, il est à tout le monde, il est à vous », explique Jean-Marc Roze, adjoint au maire délégué aux finances. Le grand argentier rémois a un autre argument. Pour lui, en étant mécène, « on choisit à quoi servent nos impôts et, personnellement je préfère choisir ». Car ce mécénat ouvert aux particuliers et aux entreprises offre des déductions fiscales importantes. Une entreprise peut ainsi déduire de son impôt 60 % du montant de son don (dans la limite de 0,5 % du chiffre d'affaires sur les cinq dernières années); pour un particulier, c'est 66 % (limite de 2O% du revenu imposable) et pour les assujettis à l'impôt de solidarité sur la fortune, c'est 75 % (limite annuelle de 50.000). Et cela fonctionne plutôt bien. Deux mois après le lancement, environ 100.000 euros ont été recueillis. Une quarantaine de particuliers entre autres ont franchi le pas, en offrant des sommes importantes. De bon augure pour les prochains projets portant sur la fontaine 5ubé ou l'abbaye Saint-Remi.

Yann LE BLEVEC

Les particuliers peuvent donner en allant directement sur www.fondalion-patrimoine.com/31907 ou en envoyant un chèque accompagné du bon de souscription, à la Fondation. du patrimoine, 25 rue Libergier 51100 Reims.

Plus de renseignements au 03 26 77 75 27.

  Extrait de l'union du 30/07/2015

    

     

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LE COLLIER DE L'ORDRE, DU SAINT-ESPRIT AUX ENCHERES

Le 29 septembre prochain, l'un des trésors du Palais du Tau devrait être vendu aux enchères par la famille du comte de Paris. Reims perdra son collier de l'Ordre du Saint-Esprit


Le symbole de l'Ordre du Saint-Esprit devait être important puisque le collier a été représenté au pied de la statue de Louis XV place Royale à Reims.

C'est le genre d'objet que l'on regarde sans voir quand on visite le Palais du Tau. Tout au plus s'arrête-t-on sur la mention « dépôt du comte de Paris » gravée sur une plaque en son centre. A défaut de l'avoir vu, les visiteurs vont bientôt regretter le collier de l'Ordre du Saint-Esprit de la cité des Sacres, qui sera mis aux enchères chez Sotheby's le 29 septembre, en même temps que 195 autres objets entrant dans la succession compliquée du comte de Paris. Ainsi, Reims perdra-t-elle l'un de ses trésors ....

Le lundi 1er juin, les Musées de France ont décidé du sort de toutes ces merveilles du passé qui ont appartenu aux dynasties des Bourbon et des Orléans, et qui étaient entreposées au château d'Amboise, dans des garde-meubles, etc. Parmi celles-ci, le collier de l'Ordre du Saint-Esprit, qui est encore en dépôt au palais du Tau ... pour quelques semaines. L'Etat ne compte pas conserver ce collier déposé à Reims, car il en possède c'autres exemplaires.

Le collier fait partie des insignes de cet Ordre de chevalerie considéré comme le plus présenté religion par Henri III qui voulait s'assurer de la loyauté de l'élite du pays, l'Ordre sera suspendu pendant la Révolution, avant d'être rétabli quelques années jusqu'à sa suppression par Louis-Philippe en 1830. Son siège était le couvent des Grands Augustins à Paris. Depuis, il n'est plus qu'un Ordre monarchique représenté aujourd'hui encore par Louis de Bourbon et Henri d'Orléans.

Le collier est en or émaillé, est composé de fleurs de lys, alternant avec des langues de feu rappelant la Pentecôte et des monogrammes « H » en mémoire d'Henri III. Sa croix d'or à huit branches est ornée d'une colombe descendante en argent. Les dignitaires de l'Ordre portaient également un habit spécifique et une plaque sur le côté gauche. Celui de Reims daterait du sacre de Charles X (1825), est d'ailleurs exposé pour quelques jours encore dans le trésor de ce sacre. Comme il provient de la maison du roi, sa valeur pourrait dépasser les 100000 €. Ainsi va la vie des objets historiques qui n'ont pas été volés ou saccagés pendant les guerres ou la Révolution française.


La valeur du collier de l'Ordre du Saint-Esprit pourrait dépasser les 100000 euros.

COMME UN SECOND SACRE

L'entrée dans l'Ordre du Saint-Esprit n'étart pas anodine. Elle concernait certains membres de la noblesse héréditaire depuis quatre générations, catholiques, âgés de plus de 3S ans. Les princes de sang elles fils de France y entraient dès leur baptême. Depuis Henri IV, le lendemain de son sacre, le nouveau roi de France revêtait une tenue blanche, quittait le palais du Tau et rejoignait la cathédrale comme pour un second sacre. Pendant l'office, il y recevait un manteau de velours noir et le fameux collier, des mains de l'archevêque de Reims. Puis il rentrait au palais archiépiscopat pour y présider un chapitre et procéder à des promotions dans l'Ordre. Parmi les membres célèbres, Chateaubriand qui sera fait chevalier par Charles X le lundi 30 mai 1825.

J.F SCHERPEREEL

Extrait de mag'info 143 de 07/2015

    

     

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Aider l’Histoire à se tourner vers l’avenir

Récemment recentré autour du patrimoine, le mécénat bat son plein à Reims avec plusieurs projets en cours (Porte Mars) ou prochainement lancés (Fontaine Subé)


Porte d'entrée de l'antique Duocortorum, la porte Mars est une véritable vitrine de la cité rémoise.

Comme beaucoup de particuliers mais aussi d’entreprises, je suis moi aussi mécène. Le mécénat, c’est véritablement un impôt choisi, une manière valorisante de montrer son implication dans l’aménagement du territoire que l’on occupe. Jean-Marc Roze, adjoint au maire délégué aux finances et au mécénat.

Mécénat : soutien matériel et/ou financier apporté par une personne physique ou morale à une œuvre ou à une personne pour l’exercice d’activités présentant un intérêt général. Ainsi, depuis le 21mai, les donateurs, Rémois ou non, professionnels ou particuliers, peuvent par exemple prendre part à la grande souscription ouverte pour soutenir les travaux sur la Porte Mars. Ce monument unique, vestige de l’époque gallo-romaine construit probablement au IIIesiècle lorsque Reims se nommait encore Durocortorum, connaît en effet une dégradation depuis plusieurs années. Le mécénat permettra ainsi de financer les travaux dits de reprise, dont le montant global est estimé à 1350000euros. Prévus pour l’automne prochain et jusqu’à la fin de l’année 2016, ces derniers porteront sur le haut de l’édifice, avec l’installation d’une couverture en plomb et d’un réseau d’évacuation des eaux de pluie.

LE MÉCÉNAT, UNE SPÉCIALITÉ RÉMOISE

En créant sa mission mécénat en 2010, la ville de Reims fut pionnière en la matière en France avec, depuis, plusieurs projets déjà menés à bien via cette pratique. « Depuis son arrivée, la nouvelle municipalité a souhaité resserrer le mécénat autour du patrimoine, à travers certains projets jugés prioritaires (l’idée étant de travailler un monument par année en y associant un maximum de mécènes). Des projets « coup de cœur » en quelque sorte auxquels chacun peut s’identifier», détaille Laura Exposito Del Rio, responsable de la mission mécénat. Par projets, entendons surtout monuments caractéristiques du patrimoine et de l’histoire de Reims et qui, suite à un diagnostic réalisé par les services de la ville, ont été ciblés comme prioritaires pour profiter d’une reprise. C’est le cas de la Porte Mars donc, mais aussi du cryptoportique, des vitraux du XIIesiècle de la basilique Saint-Remi, de la façade de l’Hôtel de Ville ou encore de la Fontaine Subé.

LA FONTAINE SUBÉ POUR L’ÉTÉ 2016

Concentrer les projets en mécénat sur des monuments célèbres de la cité des Sacres, comme la Porte Mars et bientôt la Fontaine Subé, permet aussi d’y associer un maximum de Rémois (pouvant par exemple donner en ligne via la Fondation du Patrimoine). «  Nous souhaitons développer la fierté d’être Rémois, d’être fier de son patrimoine et de l’histoire de sa ville », poursuit Laura Exposito Del Rio. « C’est pourquoi le mécénat, qui jusque-là concernait davantage les entreprises, s’ouvre désormais largement aux particuliers. Tout le monde a sa place dans le cercle des donateurs. D’une certaine façon, c’est une participation à la vie de la cité.»Prochain édifice à en profiter : la Fontaine Subé. Près de 100 ans après sa construction (1906), elle connaîtra donc bientôt une seconde jeunesse avec une reprise, un nettoyage prévu de sa statuaire et surtout une remise en eau. Un nettoyage et une consolidation des parties s’effritant le plus seront également prévus, ainsi qu’un effort particulier apporté à l’éclairage sur l’ensemble de l’édifice. Une opération évaluée à 650000euros TTC pour les travaux de remise en eau et de reprise de statuaire, et qui devrait s’achever à l’automne 2016.

FLORENCE CHOMBINHO Directrice commerciale et de la communication chez Montroyal Immobilier

Comment Montroyal Immobilier est-il devenu un mécène important de la ville de Reims? Montroyal est un promoteur un peu particulier… Il y a trois ans, nous cherchions à « communiquer » différemment qu’avec de la publicité classique. Nous nous sommes alors rapprochés de la mission mécénat peu de temps après sa création, celle-ci étant, pour nous, le meilleur moyen de mettre en valeur le territoire de Reims. Peu de temps après, nous avons commencé à soutenir ses projets, pour le Planétarium, le Cellier et maintenant la Porte Mars. Pourquoi avoir choisi de soutenir les travaux de restauration partielle de la Porte Mars? D’une certaine manière, le récent recentrage de la mission mécénat autour du patrimoine nous correspond bien. En s’évertuant à sauvegarder les monuments de la ville pour les valoriser aux yeux du monde, la politique rémoise en matière de mécénat reprend les valeurs que Montroyal Immobilier défend. C’est pour cela qu’il nous paraissait évident de soutenir cette restauration. Quel gain retirez-vous finalement à être mécène? Nous sommes tous des amoureux de notre ville, heureux de pouvoir contribuer à sa préservation. C’est une fierté, au même titre que lorsque Montroyal livre un nouveau bâtiment à l’un de ses clients. Et cette démarche, nous comptons bien la pérenniser dans les années à venir…

A. H. 

Extrait de RA N°318 de 07-2015

    

     

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Un mois à marquer d’une pierre blanche pour le patrimoine rémois

Les choses se précisent pour la préservation et la mise en valeur du patrimoine rémois. En attendant l’installation des nouveaux vitraux d’Imi Knoebel, le 11 mai, dans la cathédrale de Reims, c’est la porte Mars et la statuaire de la cathédrale qui sont au centre de l’actualité.


La statue de Goliath a repris sa place d’origine, pratiquement cinquante ans plus tard.

Déposée et conservée au palais du Tau depuis 1966, la statue de Goliath a retrouvé sa place sur la façade occidentale de la cathédrale de Reims. Il ne s’agit évidemment pas de la statue originale, qui demeure conservée au palais du Tau, mais de sa copie conforme. Son remplacement avait été décidé de longue date par un comité scientifique créé en 1988 et sur une proposition de Lionel Dubois, alors architecte en chef des monuments historiques.

LA STATUE DE GOLIATH RETROUVE SA PLACE SUR LA FAÇADE DE LA CATHÉDRALE

Il aura fallu donc beaucoup de temps et l’abnégation des Amis de la cathédrale pour parvenir à réunir, grâce à des mécènes, les fonds nécessaires à l’opération. La reconstitution de cette statue monumentale de 5,40 m a également été un véritable défi technique. Il a fallu d’abord scanner l’original et en faire une maquette grandeur nature. C’est à partir de cette maquette que le sculpteur Léandro Berra a effectué un modelage en plâtre. Une fois achevé, le canevas a de nouveau été scanné pour permettre la construction d’un moule en élastomère en trois parties correspondant aux pieds, à la taille et à la partie supérieure du corps de Goliath. Les blocs ont été livrés le 14 avril et installés le 22 avril dernier en présence des nombreux mécènes.

PORTE MARS : LANCEMENT DE LA SOUSCRIPTION PUBLIQUE

L’autre grand temps fort est le lancement, en mai, de la souscription publique pour la réhabilitation de la porte Mars, l’un des grands témoignages de l’architecture gallo-romaine. 1,350 million d’euros a déjà été budgété pour les travaux d’étanchéité de la toiture qui débuteront en septembre prochain. En parallèle, la ville de Reims lancera une étude pour connaître l’état des nombreuses sculptures et des arches de l’édifice. D’autres opérations suivront, en septembre prochain, avec la souscription pour la remise en eau de la fontaine Subé et la programmation de la restauration de la Basilique Saint-Remi

H. C.

Pour plus de renseignements contactez la mission Mécénat : Laura Exposito Del Rio 03.26.77.75.27,

laura.exposito-delrio@mairie-reims.fr,

 Extrait de RA N°317 de 05-2015

    

     

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Le label patrimoine mondial, un filon pour l'économie de la ville

Dans deux mois, on connaîtra la décision du Comité du patrimoine mondial pour l'inscription ou non des « Coteaux, maisons et caves de Champagne ». Quelles seront les retombées possibles pour Reims?

 
Conscient des enjeux économiques. Arnaud Robinet veut mettre en place une vraie politique touristique autour du champagne et valoriser Ies abords des monuments classés au patrimoine mondial.
Archives Remi Wafllart

«Un classement qui ne sert il rien si on ne sait pas le mettre en valeur»

Arnauld Robinet - maire de Reims

« Il est clair que l'on croise les doigts pour que la candidature des Coteaux, maisons et caves de Champagne soit validé car les retombées économiques pourraient être importantes. » Arnaud Robinet, le maire de Reims l'assure: « Des études ont été menées. Les retombées touristiques sont indéniables. Elles montrent notamment que lorsqu'un site rejoint la liste du patrimoine mondial de l'Unesco, il attire 30% de touristes supplémentaires. »

Mais cette demande de classement concerne peu la cité des Sacres, concède Arnaud Robinet. « Il s'agit d'un dossier atypique associant 319 communes sur le territoire vaste du Champagne. »

Sur le secteur, on retrouve « la Montagne de Reims et dans la ville, la zone allant de la butte Saint-Nicaise aux Crayères et au Parc de Champagne, détaille Arnaud Robinet. Sans oublier, la cité-jardin du Chemin-vert avec l'église Saint-Nicaise. » La candidature a reçu tous les feux verts des experts qui, durant ces 18 derniers mois, ont étudié rigoureusement le dossier. Mais pas question de crier victoire avant l'heure. « Il faut rester prudents et surtout mobilisés. Si les experts ICOMOS ont bien saisi la valeur universelle et exceptionnelle du champagne, la décision revient aux ambassadeurs dont une partie doit venir vendredi à Reims. Ils se rendront aussi à Épernay », précise Arnaud Robinet. A la délégation rémoise de les convaincre, s'il en est encore besoin, de la richesse de la Champagne viticole.

La ville de Reims peut s'enorgueillir d'abriter trois Monurnents classés au patrimoine mondial de l'Unesco: la cathédrale, le Palais du Tau et l'Abbaye Saint-Remi Une adhésion qui ne comporterait « aucun inconvénient mais que des avantages, selon le maire, pour peu que l'on sache mettre en valeur ce classement », précise encore Arnaud Robinet « Il se dit que la cathédrale de Reims accueille tout de même 1,5 million de touristes par an. »

Ainsi, la Ville souhaite mener quelques aménagements et rénovations autour des trois sites existants. « La réfection de_1a voirie à proximité de la cathédrale est en cours. Et une réflexion est aussi menée pour valoriser le parvis de l'ancienne abbaye Saint-Remi. » La municipalité envisage également la création d'une Aire de valorisation de l'architecture et du patrimoine (AVAP) autour des Crayères et de la butte Saint-Nicaise. « Et nous menons des négociations avec l'État afin qu'il soit rétrocédé la portion de route allant du boulevard de la Paix aux Crayères qui est, par endroits, en mauvais état. »

Objectif : ville touristique

Arnaud Robinet de préciser: « il ne s'agit pas de mettre l'accent seulement sur la valorisation des secteurs classés Unesco et ainsi de laisser d'autres richesses de notre patrimoine s'abîmer. Reims recèle plusieurs sites patrimoniaux importants, des joyaux inestimables. Il faut aussi en prendre soin. C'est pour cela que nous signons, oe. jeudi, une convention avec la Fondation du Patrimoine pour conserver; restaurer et valoriser le patrimoine rémois avec un volet mécénat pour la Porte Mars »(lire par ailleurs).

Arnaud Robinet veut aussi mettre en place une vraie politique touristique autour de la boisson locale. « Le-champagne attire à lui seul des touristes. Épernay l'a compris depuis longtemps. Nous avons un vrai travail de fonds à mener pour créer des produits touristiques autour des vignes, de la fabrication, des caves ... L'office de tourisme sy attèie. Les grandes maisons de champagne rémoises comme Krug, Roederer; Taittinger et Vranken investissent d'ailleurs pour mettre en valeur leur maison. »

L'idée, on l'aura bien compris, est de faire de la 12'ville de France une destination touristique à part entière : « Nous avons un vrai potentiel, on est à 30 mn de Roissy, 45 mn de Paris. On soutient par ailleurs la candidature de Paris pour accueillir l’exposition universelle en 2025 et dans ce cadre, divers évènements pourraient être délocalisés à Reims.»

Les Rémois à la rescousse

 « Il n'y a pas de patrimoine classé par l'Unesco, mis en valeur et qui attire les touristes et. de l'autre côté, tout le reste. qu'on laisse se dégrader.»

• Arnaud Robinet, le maire de Reims signera ce matin deux conventions avec la Fondation du Patrimoine.  « Reims est une Ville d'art et d'histoire. Notre patrimoine historique est un atout à nous de le valoriser pour en tirer le plus de profit. » La Porte Mars, Arc de triomphe érigé à l'époque romaine, et qui se situe aujourd'hui sur les Hautes Promenades près des Halles du Boulingrin a grand besoin d'être rénovée. La dernière restauration remonte à la fin du XIX siècle. Classé Monument historique en 1840, il est aujourd'hui menacé par des infiltrations. Une souscription est lancée dès aujourd'hui pour permettre de financer les travaux nécessaires. Pour inciter les entreprises à participer financièrement et les mettre en valeur, une bâche de 400 m² sera apposée sur le bâtiment. Et la maison Fossier vend, dès ce jeudi, une boîte de biscuits à l'effigie de la  Porte Mars dont une partie des profits ira au financement de la restauration. Lundi, lors du conseil municipal,  a été évoqué.  « 1.350.000 euros seront nécessaires  pour la couverture en plomb, a indiqué Jean-Marc  Roze, adjoint au maire, délégué aux finances et chargé du mécénat. Nous profiterons de l'échafaudage pour faire un état des lieux de l'ensemble des statues. »

La convention avec la Fondation du Patrimoine comprend aussi la restauration de la fontaine Subé et d'une partie de la basilique Saint-Remi.

ESSENTIEL.

•. La cathédrale, le Palais du Tau et l’ancienne abbaye Saint-Remi sont les trois sites rémois inscrits depuis 1991 sur la liste du Patrimoine mondial de l'Unesco.

•. La candidature « Coteaux, maisons et caves de Champagne » est  portée par l’association Paysages de Champagne créée spécialement  en 2008 pour soutenir l'inscription sur la fameuse liste.

•. Le territoire concerné par la candidature s'étend sur trois sites (allant de Seine-et-Marne, Aisne, Marne, Aube et Haute-Marne).

•. Le 15 mat après 18 mois d'expertise rigoureuse, ICOMOS, organisation consultative indépendante,   recommande l’inscription auprès de la Commission.

•. Entre le 28 juin et le 8 juillet à . Bonn, en Allemagne, la candidature !sera soumise au vote des membres : de la commission lors de la 39° session annuelle du comité. dans la catégorie Paysages culturel.

Aurélie BEAUSSART

Extrait de l'union 22/05/2015

    

     

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L’Antiquité, un patrimoine inestimable à préserver

La porte Mars, le cryptoportique… à Reims, les vestiges de la période antique sont légion et régulièrement mis à jour lors des fouilles réalisées par le service Archéologie de Reims Métropole.

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Pour Régis Bontrond, de nombreuses découvertes restent encore à faire…

 Reims aujourd’hui, Durocortorum hier, la cité des Sacres figure parmi les villes françaises où l’empreinte antique, du Haut-Empire au Bas-Empire, est fortement présente. « On est sur un territoire qui fut densément peuplé à toutes les périodes, en particulier la période antique qui nous a laissé des vestiges spectaculaires », précise Laure Koupaliantz, chef du service Archéologie à Reims Métropole. Au centre mais aussi en périphérie, les dernières fouilles menées sur site ont presque à chaque fois permis de mettre à jour des objets antiques caractéristiques : « En 2010, lors de fouilles réalisées sur la ZAC de Bezannes, nous avons par exemple découvert un sarcophage, que l’on a pu dater, de par son style, du Bas-Empire. » Des vestiges trouvés en périphérie directe de la ville et qui s’expliquent par le fait qu’à cette période, de nombreux établissements ruraux se trouvaient sur les pourtours des cités...

 UN POTENTIEL ANTIQUE CONSIDÉRABLE

 A l’époque, Durocortorum (alors chef-lieu de la tribu des Rèmes), avec une superficie de quelque 600 ha, était plus étendue encore que Lyon (Lugdunum), pourtant capitale des trois Gaules.

« C’est donc une ville qui compte pour le patrimoine antique, il suffit de voir la quantité de mosaïqes, d’objets statuaires, armes, outillages, parures, instruments de toilette et d’écriture et autres céramiques retrouvés sur la dernière décennie », énumère Régis Bontrond, antiquisant et responsable d’opérations. Cependant, une grande partie de ce patrimoine resterait encore aujourd’hui enfouie : « Bon nombre de monuments typiques de cette époque (monuments de culte, théâtre, thermes, bâtiments de l’administration romaine…) n’ont pas encore été retrouvés, la majorité de Durocortorum reste donc encore à découvrir », s’enthousiasme Régis Bontrond.

Un patrimoine inestimable qu’il conviendra ensuite d’entretenir pour le conserver au mieux. C’est la démarche entreprise par la mission Mécénat de la ville de Reims, près de laquelle chaque mécène potentiel est invité à se rapprocher.

  Le cryptoportique était avant tout une place publique pouvant servir soit de marché, de lieu pour rendre la justice ou d’espace cultuel.

A. H.

 Pour contacter la mission Mécénat : missionmecenat@mairie-reims.fr www.reims.fr (rubrique Mécénat)

Reims Métropole Magazine N° 143 - 04/2015

 Extrait de RM N° 143  de 04-2015

    

     

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 Il est urgent de préserver les trésors rémois

Trop longtemps délaissé, le patrimoine rémois est en mauvais voire très mauvais état. Pour le sauver, la Ville veut engager plusieurs actions, en lien avec la Fondation du patrimoine.

    
La basilique Saint-Remi, la fontaine Subé et la porte Mars font partie des monuments  qu'il faut restaurer. Christian Lantenois

Les passants ne s'en rendent pas. compte. Mais plusieurs toitures et façades de monuments rémois sont très endommagées. Si des travaux ne sont pas engagés à, moyen terme, ces usures du temps pourraient poser de gros problèmes dans les années à venir. La pérennité de ces trésors historiques ou architecturaux serait alors menacée. « Il faut reconnaître qu'il y a à Reims un vrai déficit de suivi en matière patrimoniale, et cela depuis de très longues années, D'où le souhait du maire Arnaud Robinet de remédier au problème », indique Pascal Labelle, adjoint à la culture et au patrimoine.

Manque de connaissance et de reconnaissance

La Ville, qui vient d'adhérer à la Fondation du patrimoine (lire plus Ioin), s'est appuyée sur un diagnostic lancé en 20B, sous l'ère Adeline Hazan, et achevé en 2014.

Constat: avec 64 monuments classés . et 4 sites estampillés «Unesco», le patrimoine rémois est d'une très grande richesse. Il souffre pourtant d'un manque de connaissance et de reconnaissance, tant chez les touristes que les habitants de la ville. Par exemple, peu de personnes savent que Reims abrite deux basiliques - Saint-Remi et Sainte-Clotilde -, l'histoire du cryptoportique reste méconnue et Sainte-Clotilde n'accueille encore que peu de visiteurs.

De novembre à janvier dernier, les services municipaux ont organisé des visites de terrain pour dresser un état sanitaire précis de ce patrimoine délaissé. Les conclusions ne sont pas réjouissantes : les travaux à réaliser sont colossaux. «Le chantier est énorme. De très nombreux bâtiments, la mairie y compris, sont en mauvais état », se désole Pascal Labelle. Avec Catherine Coutant, sa 'conseillère déléguée au patrimoine, l'adjoint a dressé la liste des dossiers les plus pressants.

« Notre volonté est de mettre en place une politique patrimoniale sur le long terme, en alternant les urgences et les projets qui demanderont plus de temps et...d'argent, explique-t-il, Des opérations très coûteuses comme les réfections de toitures ne seront pas forcément très visibles. Elles seront pour au tant indispensables.» Le premier chantier de restauration profitera à la porte Mars dont la toiture est en piteux état. « Il faut tout refaire. Les travaux qui débuteront en septembre prochain dureront au moins un an. Nous profiterons du chantier pour étudier la façade et notamment le calendrier romain qui se trouve sous l'un des arches. Nous envisageons pour se faire installer un double échafaudage, sur lequel nous souhaitons organiser des visites encadrées, ouvertes au public », annonce Catherine Coutant, Parmi les autres projets de la Ville, figure la réfection de la fontaine Subé, place d'Erlon. La pierre calcaire est vraiment très abîmée,

« À un moment, on s'est même demandé s'il ne fallait pas mieux (a refaire à neuf On a finalement opté pour des travaux de restauration », raconte Pascal Labelle. L'élu espère une remise en eau pour 2016. Autre projet, et non des moindres, la réfection de la basilique Saint-Remi. L'édifice se trouve. lui aussi, en très mauvais état. Même si elle ne fait courir aucun risque à ses visiteurs, la toiture souffre de gros problèmes. Pascal Labelle et Catherine Coutant aimeraient bien sûr que les travaux démarrent le plus vite possible. Mais il faudra d'abord récolter des fonds. « Les Rémois sont très attachés à Saint-Remi. Il faudrait que ce projet, à long terme, fédère un maximum d'habitants et d'amoureux de la ville de Reims », avancent-ils. En d'autres termes, ils espèrent que ces "amoureux " mettent la main à la poche.

Valérie COULET

Extraits de l' union du 08/02/2015

    

     

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JOURNEES


Nos coups de cœur du patrimoine
Un joyau au-sous-sol du palais de justice
Un menu un peu moins riche pour la deuxième journée
Ce qu'il faut savoir sur les journées rémoises du patrimoine
Les monuments et sites Unesco à visiter
Les nouveautés à ne pas manquer

 

 

 

 

 

 

Nos coups de cœur du patrimoine

 Sport, justice, champagne…   Le patrimoine est partout ! Voici une sélection, forcément subjective, pour découvrir notre Histoire ce week-end.  

L’ESSENTIEL

*.- LA 35 E ÉDITION des Journées européennes du patrimoine a lieu samedi et dimanche, à Reims et dans 56 communes du Grand Reims.

*.- CE RENDEZ-VOUS POPULAIRE a enregistré 55 000 visites l’an passé à Reims. Une fréquentation en hausse constante.

*.- SOIXANTE-HUIT SITES RÉMOIS participent cette année, du stade Delaune à la Comédie, en passant par le lycée Clémenceau, une quinzaine de lieux de culte et autant de parcs et espaces verts.

*.- DES ANIMATIONS sont prévues dans la plupart des sites, sur le thème retenu cette année : « L’art du partage ».

1 - DÉTOUR PAR LES TOURS

Les Parisiens ne visitent pas la Tour Eiffel, dit-on. Combien de Rémois n’ont jamais gravi les 249 marches qui mènent aux tours de la cathédrale ? L’ascension offre un regard neuf sur la vieille dame, et la ville à ses pieds. Sa charpente du XXe siècle vaut le détour, comme les ornements de la toiture récemment redorés. Attention, l’attente peut être longue (la montée s’effectue par groupe de 18 personnes).

Samedi de 9 h 30 à 11 h 30 et de 14 à 17 h, dimanche de 14 à 17 h.

2 - CHASSE AU TRÉSOR

Une fois redescendu sur terre, une animation vous attend au Trésor. «A la recherche du héros oublié de Reims : quand le patrimoine, l’art et l’histoire se mêlent » propose de partir à la découverte de glorieux anciens et de neuf lieux mystérieux, en assistant… Victor Hugo. Ouvert à tous à partir de 8 ans, cette déambulation est animée par trente comédiens âgés de 10 à 70 ans. Le final s’accompagne d’une remise de cadeaux et d’un goûter pour les chercheurs.

Dimanche de 14 h à 15 h 30, départ toutes les 15 minutes.

3 - DE LA CAVE AUX ASSISES

On n’y entre pas tous les quatre matins, sauf contraint et forcé : le palais de justice participe, pour la troisième année, à la fête du patrimoine. La visite guidée, par des magistrats, greffiers ou avocats, donne à voir les geôles et salles d’audience du tribunal, ainsi que les superbes caves voûtées des XII e et XIII e siècles, d’habitude inaccessibles. À voir aussi : dans la salle des assises, des élèves du conservatoire joueront des textes sur le thème du procès.

Samedi de 10 à 12 h et de 14 à 17 h. Lecture « Les procès dans l’art » à 17 h (30 min).

4 - POUSSEZ LA PORTE DE MARS

Ce fut une première couronnée de succès, lors des Journées du patrimoine 2017 : le chantier de la porte de Mars rouvre ses... portes. Plus grand arc de triomphe gallo-romain encore debout, avec ses 32 mètres de long et ses 12 de haut, le témoin massif de l’antique Durocortorum en impose aussi par la finesse de sa décoration intérieure, d’ordinaire invisible. Si le chantier est pour l’instant arrêté, on peut toutefois découvrir les coulisses de cette restauration hors-normes.

Samedi et dimanche de 14 à 18 h, samedi de 10 à 12 h.

5 - QUE D’OS, QUE D’OS

C’est un des temps forts du week-end : la visite du chantier de fouilles archéologiques au pied de la basilique Saint-Remi. Sur un hectare, des centaines de sépultures ont déjà été mises au jour, dans un cimetière ayant probablement servi de l’époque de Clovis à la Révolution française. À ne pas rater.

Samedi et dimanche de 10 à 17 h, par groupes de 20 personnes et sur réservations (03 26 0207 71). Durée 30 min.

6 - COINCEZ LES BULLES

Elles sont rares, alors mieux vaut en profiter. Encore une fois, la plupart des maisons de Champagne n’ouvrent pas leurs portes pour les Journées du patrimoine. « Ce n’est pas faute d’essayer » , peste la mairie. Taittinger joue pourtant le jeu, pour une visite d’une heure, qui comprend un film, la visite guidée des caves (gallo-romaines et médiévales) et une dégustation.

Samedi et dimanche de 9 h 30 à 17 h 30, 9 € de réduction sur les tarifs habituels. Vranken-Pommery ouvre aussi ses salons privés : samedi et dimanche de 10 à 13 h et de 14 à 18h (17 h le dimanche).

7 - TOUR FÉRY, PREMIÈRE

La Tour Féry, souvent appelée «Château d’eau », ouvre pour la première fois au public, rue de Taissy. Féry inventa la machine pour remonter les eaux puisées dans la Rivière Neuve, afin d’alimenter les fontaines Godinot au XVII e siècle. La visite de ce vestige méconnu passe par une exposition et une présentation des installations encore en activité pour abreuver les Rémois.

Samedi et dimanche de 14 à 18 h.

8 - UN SIÈCLE DE VOITURES

C’est l’un des cinq plus gros de France : le musée automobile Reims Champagne présente 250 autos et motos, au milieu de publicités d’époque. Entre une SCAR fabriquée à Witry en 1908 et un monoplace de course de 1992, une belle histoire de la voiture est à découvrir, à petits prix pour l’occasion.

Samedi et dimanche de 10 à 18 h. Tarifs : 5 € (au lieu de 9 €), et gratuit pour les moins de 14 ans accompagnés d’un adulte.

9 - LA BELLE HISTOIRE DU STADE

Aller à Delaune pour les Journées du patrimoine ? Mais oui madame ! Le stade, ce n’est pas que du foot, c’est aussi une enceinte de 22 000 places, qui fêtera ses dix ans en fin d’année. Avec une architecture privilégiant la lumière et la légèreté, quatre mâts identifiables de loin, l’antre des Rouge et blanc peut séduire même ceux qui n’aiment pas le ballon rond.

Visites guidées samedi et dimanche de 14 à 17h, groupes limités à dix personnes.

3 QUESTIONS à


Alain WANSCHOOR
Maire de Bétheny

Associer les gens à la transformation

 Les journées du Patrimoine vont prendre, à Bétheny, la forme de balades urbaines pour (re)découvrir le Petit Bétheny et appréhender les projets dans ce quartier en pleine évolution. Alain Wanschoor en dit plus sur la volonté d’associer la population à cette transformation.

Le patrimoine, ce n’est pas que le patrimoine passé ?

Non, mais le passé ne sera pas oublié pour autant. Avec, le dimanche à 11 heures et 17 heures, une découverte de l’histoire du succursalisme aux Docks Rémois, avec Maryse Baudson, qui fera découvrir ce quartier emblématique avec un flash code. De même, le samedi et le dimanche, notre musée de l’Aéronautique sera ouvert de 10 heures à midi et de 14 à 18 heures, place de la mairie, pour aller à la découverte de cette facette de notre histoire. Une navette gratuite partira du Petit Bétheny samedi à 15 heures et dimanche à 10 et 15 heures, pour visiter le musée, qui est adapté aux enfants comme aux adultes.

Les balades urbaines, c’est aussi de l’histoire, mais de l’histoire à venir ?

Tout à fait. C’est la volonté de faire participer la population à une histoire en devenir, avec une visite, commentée par Julien Paul, président du directoire au Foyer Rémois et par moi-même, des projets mis en place sur l’accession Lor, le parc Camille Guérin, le projet seniors Arpavie et le futur gymnase. À 11 h 30, le samedi, la résidence des jeunes actifs sera inaugurée. Le mercredi 19 septembre, à la mairie annexe, à 18 h 30, une nouvelle réunion publique est programmée.

Quelle est l’idée-force qui sous-tend ces Journées du patrimoine ?

L’idée, c’est que les gens découvrent la richesse de leur quartier. Nous souhaitons les associer à sa transformation. D’ailleurs, le samedi, nous commencerons ces Journées du patrimoine par un petit-déjeuner ouvert à tous à la Passerelle, en présence du directeur et des animateurs du centre, avant la visite du secteur sur tablettes. Des projets participatifs seront présentés.

Tous renseignements sur le site de la mairie ou au 03 26 07 12 71.

Les autres points

PATRIMOINE RELIGIEUX, MILITAIRE OU FUNÉRAIRE DANS LE GRAND REIMS

Sur les 143 communes du Grand Reims, 56 participent aux Journées du patrimoine, essentiellement avec des visites d’églises. Mais le patrimoine sera aussi rural (lavoir, halles), militaire (blockhaus de Prosnes, fort de Montbré à Taissy, musée de la Grande Guerre à Warmeriville), et de mémoire : monument aux morts de Pontfaverger, mausolées de Val-de-Vesle et Bourgogne, nécropole de Sillery. Parmi les musées, le phare de Verzenay proposera des tarifs réduits tout le week-end.

TRIGNY : RÉUNION ET CONCERT AVANT LES TRAVAUX DE L’ÉGLISE

À l’occasion des Journées du patrimoine, le maire Francis Blin et le conseil municipal invitent la population à une réunion publique, afin de présenter le diagnostic de l’église Saint-Théodulphe, réalisé par l’agence Nathalie T’Kint, architecte du patrimoine. La réunion a lieu samedi à 16 heures à l’église. Ce diagnostic est la première étape en vue de la réalisation des travaux de l’édifice. Elle sera suivie d’un concert du Quatuor de Champagne (entrée libre), avec petite restauration à l’issue.

GUEUX REND HOMMAGE À FANGIO

Les nostalgiques des sports automobiles parcourront le circuit de Reims-Gueux. L’ancien temple de la vitesse a été inscrit au titre des Monuments historiques le 7 mai 2009. Un hommage à Fangio, qui s’illustra sur cette piste, sera rendu. À voir aussi : concentration de véhicules anciens, expositions de peintures et photos, concours d’élégance.

PENSEZ À VOUS RENSEIGNER (ET À RÉSERVER)

Beaucoup d’animations nécessitent de bien préparer sa visite, voire de réserver. Deux guides (pour Reims et le Grand Reims) ont été tirés à 12000 exemplaires, avec toutes les informations pratiques, et sont disponibles en différents endroits. Pour plus de renseignements, vous pouvez contacter le Trésor (03 26 77 77 76) ou l’office de tourisme (03 2677 45 00) ou bien vous rendre sur leur site Internet.

Claudette MÉRIEUX

Guillaume LÉVY

Extraits de l' union du 14/09/2017

    

     

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Un joyau au-sous-sol du palais de justice

 


La crypte du palais, le 23 novembre dernier. Bernard Sivad
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Pour des raisons de sécurlté, elles ne sont plus accessibles. Mais une exception sera faite pour les prochaines journées du patrimoine : le public pourra visiter les vestiges médiévaux qui subsistent sous la partie ouest du palais de justice. Des celliers-caves, datées entre le milieu du XIIIème siècle et la fin pu XVème, qui ont été dégagés en 1912-13. Par la suite, ces celliers accueillirent le greffe du tribunal pendant la Première Guerre mondiale avant d'être classés monument historique en 1930. Quelques réceptions de notables avaient encore lieu il y a quelques années, avant la fermeture du lieu. Les plus fins connaisseurs pourraient avoir la berlue : cette crypte sombre, humide et impressionnante est la sœur jumelle de la grande salle basse du palais du Tau, ancien palais archiépiscopal reconstruit au XVII° siècle - ce qui donne une idée de la cohérence architecturale envisagée par les bâtisseurs d'antan. Samedi 17 septembre, magistrats, fonctionnaires et avocats assureront des visites du palais de justice qui incluront également les geôles et les salles d'audience. Ce sera une première.

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Par Valérie Coulet  

Extrait de l'union du 07/09/2016

    

     

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Un menu un peu moins riche pour la deuxième journée

Les Journées du patrimoine se poursuivent ce dimanche, avec quelques rendez-vous en moins par rapport à hier.


Cette année, il ne faut pas avoir trop le vertige pour la visite de la porte de Mars, puisque l'on peut grimper sur ses échafaudages, pour contempler de plus près les travaux de restauration en cours. Cet arc de triomphe constitue l'un des plus importants vestiges gallo-romains de la ville ; ceux-qui s'en approcheront verront qu'il est notamment décoré sur le thème cher aux Romains de Romulus et Rémus, les deux frères allaités par la louve, il faut donc aussi être un peu rêveur. Des visites guidées ont lieu toutes les 45 minutes, de 10 heures à midi et de 14 à l8 heures. Pour des raisons de sécurité, les groupes sont limités à 8 personnes

Il y avait d'intéressantes nouveautés cette année à Reims pour les Journées du patrimoine. Mais, ceux qui ont loupé le coche hier ne pourront pas forcément se rattraper aujourd'hui : plusieurs de ces nouveautés en effet ne reviendront pas en deuxième journée, Au premier rang de celles-ci bien sûr l'impressionnant spectacle nocturne donné sur le parvis de la cathédrale par la compagnie des Quidams, avec la cavalcade de ses chevaux de lumière. Ce n'était -qu'un fusil à un coup. De même l'accès pour le moins exceptionnel aux geôles du palais de justice (lire en page ).

Clavecin aux archives.

Pour notre part, nous avons eu un coup de cœur pour une autre nouveauté, l'animation artistique venant accompagner la visite des archives départementales de l'avenue de J'Yser. Des salles aux murs nus remplies d'étagères garnies de cartons, des alignements de tables banalement équipées d'un ordinateur, cela pouvait constituer un menu quelque peu austère de prime abord. Mais pour sa troisième année de participation aux Journées du paf, la direction des archives a eu la bonne idée d'inviter des élèves du conservatoire à se produire dans ses murs, qui au clavecin, qui à la flûte, qui en dansant. Et tout de suite, cela rend la découverte bien plus attrayante. Mais là encore, dommage pour ceux qui n'en ont pas profité hier ; car si ces archives seront bien à nouveau ouvertes aux curieux ce dimanche (de 14 à 18 heures), ce sera sans les jeunes artistes. Les visiteurs pourront toutefois se consoler un peu en profitant des commentaires fort documentés de la directrice adjointe Manonmani Restif.

Cela dit, il reste quand même suffisamment de sites ouverts pour passer de bons moments aujourd'hui. Nous n'allons pas les passer tous en revue, ils sont trop nombreux : nous vous en conseillerons donc simplement deux : la porte Mars et la montée sur ses échafaudages, pour ceux qui n'ont pas le vertige, et la butte Saint-Nicaise avec des démonstrations d'arts martiaux historiques par l'association Ex Machina. Ces rendez-vous étaient déjà proposés hier, et le seront à nouveau aujourd'hui.

C'est ainsi qu'on se battait en Europe au Moyen-Âge, si J'on en croit l'association Ex Machina, qui s'est spécialisée dans l'histoire vivante. À l'occasion de ces Journées du patrimoine, elle propose des démonstrations d'arts martiaux historiques européens sur la butte, Saint-Nicaise, ce dimanche de 13 h 30 à 17 h 30)


La grande mosquée de la chaussée Saint-Martin participe depuis plusieurs années aux Journées du patrimoine. Hier matin. Najia et Khalid accueillaient les visiteurs pour leur commenter le site. On pourra encore y accéder ce dimanche, entre 10 heures à midi, et de 14 heures à 17 h 30


Un grand classique : Annie, de Reims, a fait visiter la basilique Saint-Rémi à son petit-fils Yanis, qui, lui, demeure dans les Ardennes.


Le souterrain de la butte Saint-Nicaise vous sera commenté par l'association Geaca, groupe d'études archéologiques de Champagne-Ardenne, En collaboration avec un laboratoire de recherches de l'Urca, elle vous présentera une fresque sur les remparts médiévaux de Reims (rendez-vous de 13 h 30 à 17 h 30.


Comme on le voit, la butte Saint-Nicaise a fait recette hier. Il faut dire ou rappeler que c'est le seul endroit de Reims ou I ’on trouve des traces des remparts médiévaux. Des visites guidées sont proposées aujourd’hui de 13h30 à17h30 avec un départ toutes les 30 minutes, dernier départ à 17 heures. Rendez-vous place des Droits-de-l ’Homme, à l'angle du boulevard Victor-Lambert.


Au musée de l'automobile, le directeur Didier Carayon se fera une joie de vous montrer sa nouveauté: une petite, mais vraiment petite voiture de pompier. Précision :  l'entrée n'est pas gratuite, mais à tarif réduit (5 € au lieu des 9 € habituels). Rendez-vous pour les mordus de mécaniques de 10 heures à midi et de 14 à l8 heures.


Les archives départementales ont eu la bonne idée celte année d’inviter des jeunes élèves du conservatoire à se produire. Ainsi, hier, Léna, Eva et Amaya ont ravi leur auditoire avec leurs pièces de clavecin. Malheureusement elles ne reviennent pas ce dimanche. Les archives accueilleront néanmoins à nouveau le public de 14 à l8 heures.


La nouveauté la plus notable des Journées du patrimoine rémoises de cette année, c'était incontestablement le spectacle d'hier soir sur le parvis de la cathédrale, donné par la compagnie des Quidams. Alliant danse de mannequins gonflables géants -notamment en forme de chevaux et effets de lumière, il a enchanté le public venu en nombre, Malheureusement, il fait partie des animations qui ne sont pas reprogrammées aujourd'hui.

Antoine PARDESSUS

Extrait de l'union du 18/09/2016

    

     

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Le patrimoine s'ouvre au public autour de Reims

Expositions, visites diverses sont au programme des journées du patrimoine ce week-end des 17 et 18 septembre autour de Reims et sa région.


L’église St Crespin-St Crespinien ouvrira ses portes ce week-end

1 -  BÉTHENY

Une exposition sera proposée au musée de l'Aéronautique Locale. Offerte par le service archéologique de Reims-Métropole, elle aura pour thème « Bétheny d'une guerre à l'autre ». Entrée libre les 17 et 18 septembre au musée, place de la Mairie, dé 10 à 12 heures et de 14 à 18 heures. L'exposition restera en place jusque fin octobre aux heures habituelles d'ouverture. Visite pour les groupes sur demande au 03 26 07 12 71.

2 -  CAUROY-LES-HERMONVILLE

À découvrir une exposition de photos réalisées par les habitants et les enfants du village à l'église, samedi et dimanche de 14 à 18 heures. Une vente de confitures maison aura lieu ces mêmes jours au profit du comité de sauvegarde du patrimoine pour l'église de la commune.

3 - FISMES

L'Ecole centre ouvrira ses portes le samedi de 14 à 18 heures à l'occasion d'une exposition de plus de 200 photos de classe. À 17 heures, pose d'une plaque historique, commémorant la reconstruction en 1922 des écoles détruites pendant la première guerre mondiale.

4 -BOURGOGNE

L'église classée monument historique sera ouverte le samedi de 14 à 17 heures. Outre la visite du monument sera présenté l'orgue baroque aragonais avec un mini concert. Le mausolée du cimetière sera ouvert samedi et dimanche de 14 à 18 heures. Sera présentée l'œuvre du peintre Rochegrosse auteur des motifs des mosaïques à partir des panneaux de l'exposition de 2013 à Moulins.

5 - PROSNES

L'église Saint-Rémi de Prosnes ouvrira ses portes samedi et dimanche de 14 à 18 heures. Cette église a été démolie lors des bombardements de 1914. L'association La Peuple, présidée par Siméon Barbier, a préparé une exposition sur les différentes rénovations connues par l'édifice depuis 1914 à nos jours.

6-  HERMONVlLLE

Le comité de sauvegarde du patrimoine en liaison avec la municipalité organisera des visites commentées ayant pour thème les cent ans de l'école des missions spéciales. Rendez-vous devant le monument aux Morts. Découverte également de la salle du conseil de la mairie, de son mobilier et des bienfaiteurs de la commune. L'inauguration du monument aux morts le 27 juillet 1924, avec des photos de l'époque, sur le site. Visites de 14 à 18 heures

7 – ECUEIL

L'association Le Moutier d'Écueil proposera la visite de l'église St Crespin-St Crespinien. L'église des XIIe, XIIIe et XVe siècles, a cette particularité d'être située, à l'écart du village sur un promontoire au milieu des vignes. Elle a fait l'objet de plusieurs restaurations dont la dernière en 2009. Magnifique panorama sur lé vignoble et la ville de Reims. Plaquette explicative à disposition du public et petit jeu pour les enfants. Visite libre sans réservation, samedi et dimanche de l4,à 17 heures.

Extrait de l'union du 16/09/2016

    

     

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L'effet Unesco a créé un enthousiasme des caves

Est-ce déjà l'inscription au patrimoine mondial qui se fait sentir ? Toujours est-il qu'il y avait foule hier dans les lieux ouverts au public.


Une occasion de voir les vitraux de la chapelle Saint-Joseph réhabilités

Dans le bas de la butte Saint-Nicaise, des membres de l'association Ex Machina montrent aux visiteurs du jour comment reproduire les gestes de l'escrimé médiévale. Frédéric Tomé est à la fête dans sa tenue de soldat, présentant les gestes de combat avec des armes en carton-pâte. « C'est de l'initiation, pas de la vulgarisation », précise le jeune Rémois, graphiste, dans le civil. Il incite le public à gravir la butte pour aller découvrir les traces du rempart érigé au moyen âge, avec sa fameuse Tour du puits et la poterne, classées monuments historiques. « C'est la deuxième année que nous présentons cette animation et je dois dire que nous avons davantage de monde que l'an dernier. Rien que samedi, 366 personnes nous ont sollicités. »

Dans l'hyper centre, les touristes sont tout aussi nombreux, notamment au Cryptoportique, qui abrite une installation de Dominique Blais, ou au Cellier où s'est également installé l'art contemporain.

De son côté, la maison Veuve Clicquot ne désemplit pas. « Nous avons énormément de monde », Indique Fabienne Moreau, chargée du patrimoine. « Je pense que c'est dans la continuité du dossier du patrimoine mondial. Nous avons même pu monter une exposition avec des documents que nous avions retrouvés pour établir ce dossier », raconte encore cette femme charmante. « Nous avons une vingtaine de personnes, guides professionnels ou personnes de la maison, qui font visiter les caves. Il nous a fallu du renfort à raison de 19 personnes toutes les dix minutes. Rien que samedi, nous avons reçu un millier de visiteurs. »

Pour ces personnes, les caves défilent. Crayère Pierre Lebeau, crayère Albert Lecomte , crayère Clotilde  Grveaux. La maison rend hommage à d'anciens employés en donnant leur nom aux caves « les plus vastes et les plus denses de la butte », précise encore Mme Moreau.

Même discours non loin de là, chez Taittinger « avec autant d'étrangers que de Français », selon une personne chargée de l'accueil. Dans un groupe, des étudiantes allemandes, espagnoles et françaises, photographient les bouteilles, ébahies par les crayères gallo-romaines qui gardent une température constante au champagne. « Et c'est ce qu'il faut faire pour bien le conserver », conseille la guide. Un couple venu de Suisse par amour du champagne évoque ses trois journées idylliques. « C'est une belle région. Nous reviendrons » promettent-ils. Des Marnais, un peu plus loin, interviennent : « Même en temps que Rémois, nous apprécions ces deux jours de visites ».


Les caves de la maison Veuve-Clicquot sont situées sous la Butte Saint-Nicaise, l'un des trois ensembles inscrits au patrimoine mondial de l'Unesco


Les caves Taittinger ont accueilli beaucoup plus de monde que l’an dernier


La synagogue était ouverte hier.


Ca ne rigolle pas avec Ex-Machina ... l’association animait la butte pour la 2° fois


L'art contemporain, ici au Cellier, on aime ou on aime pas


La foule se pressait hier dans la Iongue galerie semi-enterrée du Cryptoportique.


La synagogue, ouverte seulement dimanche, a accueilli plus de 500 visiteurs.

M.C LARDENOIS

Extrait de l'union du 19/09/2015

    

     

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Ce qu'il faut savoir sur les journées rémoises du patrimoine 2015

Voici une sélection de ce qui est prévu- dans la cité des sacres au cours de ce week-end dédié au patrimoine. Nous • avons mis l'accent sur les nouveautés, les visites rares ou insolites sans oublier les classiques incontournables


Parmi les grandes nouveautés, la possibilité de monter sur l'échafaudage de la porte Mars et d'ailler tout en haut.
Découvrez en avant-première nos vidéos sur www.lunion.com - RemI Wafflart

1 - DES VISITES ESTAMPILIEES UNESCO

La Ville célèbre à sa façon la nouvelle inscription au patrimoine de l'Unesco. Des visites avec des guides en costumes d'époque ont été spécialement imaginées par le GEACA (groupe d'études archéologiques de Champagne Ardenne) autour de la butte Sainte-Nicaise. C'est le seul endroit de Reims où l'on trouve encore des traces du rempart médiéval (détruit au 19ème siècle dont subsistent la tour du Puits et la poterne classées monuments historiques). La Poterne sera ouverte pour l'occasion. « Nous avons aussi imaginé une exposition avec une fresque sur la grande guerre en relation avec le sondage archéologique réalisé 2014. Il y aura aussi une projection vidéo et une animation multi écran. Un cercle d'armes avec démonstration d'arts martiaux de l'époque médiévale est aussi prévu », détaille Patrick Prillieux, le président du GEACA.

Au pied de la butte, la sculpture de Paul Landowski, un homme accroupi devant le plan de la ville future qu'il crée, mérite aussi que l'on s'y attarde. À noter aussi un concert de musique de chambre dans l'église Saint-Nicaise dimanche à 17 h 30.

•.- Visites guidées samedi et dimanche de 13 h 30 à 17 h 30, toutes les 30 minutes. Rendez-vous place des Droits de l'Homme, à l’angle du boulevard Victor Lambert. Parmi les nouveautés, des maisons de champagne ouvrent leurs caves telles Charles Martel, Ruinart, Taittinger, Clicquot, Pommery pour fêter l'inscription (tarifs et conditions auprès des maisons concernées).

La cité-jardin du Chemin Vert, elle aussi inscrite au Patrimoine mondial, n'a pas été oubliée. Des balades contées sont programmées (il fallait s'inscrire) mais il est encore possible d'assister aux visites guidées du quartier.

•.- Visites guidées de la cité-jardin. samedi à 17 h 30. dimanche à 10 h 30 (durée 1h15)

2 - DES VISITES AUTOUR DU MECENAT

La Ville souhaite que les Rémois connaissent davantage deux monuments emblématiques de Reims pour lesquels les habitants sont d'ailleurs invités à participer financièrement à leur rénovation.

La Ville a ainsi lancé une souscription pour sauver la porte Mars, il y a quelques mois, en partenariat avec la Fondation du patrimoine. Ce monument historique entièrement bâché depuis la mi-juillet sera donc visible pour une poignée de privilégiés qui pourront ainsi monter sur l'échafaudage et admirer de près les statues.

La Ville a également lancé un appel au don pour rénover la fontaine Subé, construite en 1905 et qui trône place d'Erlon. Là encore, des visites guidées sont programmées pour rappeler l'histoire de cette fontaine monumentale.

•.- Visites guidées de la porte Mars samedi et dimanche de 14 à 18 heures, toutes les 30 minutes. Rendez-vous place de la République, à 14heures. Les horaires de visites seront attribués à ce moment-là. Les groupes sont limités à 8 personnes. Il n'y aura donc pas de places pour tout le monde, mals d'autres visites sont prévues à l’avenir. S'équiper de chaussures adaptées. Visites guidées Fontaine Subé, dimanche de 10 à 13 heures, toutes les 30 minutes. Rendez-vous au pied de la fontaine.

3 - DES VlSlTE5 EN CIRCUIT

Deux promenades à pied : un circuit pour découvrir au détour des rues et à travers ses principaux monuments, l'histoire de Reims ainsi qu'un circuit sur l'Art Déco. Mais aussi deux balades en bus dont l'une était réservée aux étudiants (avec inscription obligatoire) dont l'objectif est de faire découvrir les campus rémois.

•.- Circuit historique samedi et dimanche, départ à 14 et 16 heures, devant l’Office de tourisme. Durée 2 heures. Parcours Art Déco, samedi et dimanche, départs à 14 et 16 heures. Rendez-vous devant la bibliothèque Carnegie. Parcours en bus Les chemins-de la paix : dimanche, à 14h 30 et 16 heures, rendez-vous place du Forum.

4 - SANS OUBLIER CES CLASSIQUES INCONTOURNABLES

Les musées (musée des Beaux-arts, musée de la Reddition, musée Saint-Remi, le fort de la Pompelle ou encore le musée de l'Automobile) seront accessibles gratuitement. L'occasion de découvrir ou redécouvrir les trésors qu'ils recèlent. La bibliothèque Carnégie participe aussi à l'évènement comme la chapelle Foujita, le cryptoportique ou encore le palais du Tau, et évidemment la cathédrale, La Comédie, Le Manège mais aussi l'Opéra organisent des visites guidées.

Les parcs et jardins remarquables de la Ville seront aussi accessibles tout le week-end.

 « Un patrimoine tellement riche et diversifié ».

3 questions à  Catherine COUTANT
Conseillère municipale déléguée à la politique patrimoniale.

•.- Comment le programme de ces deux jours a-t-il été composé ?

On s'efforce de proposer un programme en lien avec la thématique choisi. On aura un architecte qui se rendra à la médiathèque Falala et qui expliquera comment on peut construire un tel bâtiment auprès d'un monument classé comme la cathédrale. On s'efforce aussi de proposer des choses en lien avec l'actualité de la ville : la toute nouvelle inscription au patrimoine mondial de l'Unesco était pour nous incontournable. L'occasion pour les Rémois de mieux connaître ce patrimoine lié au champagne.

•.- Le patrimoine semble au cœur des préoccupations de la municipalité

Tout à fait. Nous venons de lancer deux campagnes de mécénat pour restaurant la Porte Mars et la fontaine Subé. On a ainsi mis en place des visites pour que les Rémois connaissent davantage l'histoire de ces monuments. ,

•.- Selon vous, s’il n’y avait qu’une visite à faire, laquelle faudrait ’il privilégier ?

 C'est difficile. Le patrimoine rémois est tellement riche et diversifié. J'ai envie d'aller voir l'exposition aux Galeries Lafayette, faire un tour à la Mosquée, suivre une visite de caves pour remercier toutes ces maisons de champagne qui jouent le jeu et participent pour la première fois.

« La maison » se dévoile au grand public »


À travers des photos d'époque. les sœurs vont retracer l'histoire de leur maison au cours de la Première Guerre mondiale.

Les sœurs de la congrégation du Saint enfant Jésus de Reims organisent pour la toute première fois une visite de leur « Maison », située 48 rue du Barbâtre, dimanche. de 14 heures à 17 heures. Fondée en 1670 par Nicolas Roland, la demeure fut reconstruite 1860. « Dimanche après-midi, on expliquera surtout l'histoire du lieu au cours de la Première guerre mondiale, à travers des photos notamment », détaille Sœur Danièle Sautray, supérieure générale de la congrégation. « En 1914, nous avons abrité l'hôpital Croix-Rouge qui a fini par déménager. Les premiers bombardements ont été très meurtriers : quatre sœurs sont décédées, six autres ont été blessées. La maison a aussi été incendiée à deux reprises, en 1917 et en 1918. Les sœurs accueillaient et prenaient soin des soldats. »

LES AUTRES POINTS

C'est leur première participation

Le Cellier, les médiathèques Jean Falala et Croix-Rouge (entrent dans le thème de la 32' édition : patrimoine du 21' sièclel Mais aussi la sous-préfecture sera ouverte samedi et dimanche il 15h pour une présentation

à découvrir au public du vitrail sur le thème de la réconciliation franco-allemande, récemment installé dans le salon Charles de sulle.

Les chambres Consulaires

L'hôtel particulier de la chambre des métiers et de l'artisanat de la t.tame. boulevard Lundy, construil par l'architecte Oufay-Lamy entre 1908 et 1914, ouvre exceptionnellement ses portes au grand public. Il sera possible d'admirer les mélanges de styles Renaissante et Louis XVI. En 1938,il devient la propriété de la Chambre de Métiers et de l'Artisanal

Visites guidées. dimanche de 11h à 11h45 et de 13h30 à 17h45, départ toutes les 45 minutes.

L'hôtel Ponsardin. en pierres de Courville, rue Cérès est occupail par la chambre de commerce et d'industrie depuis 1811. Il a été édifié vers 1780 par Nicolas Ponsardin l'un des plus importants induslriel5 du textile de Reims.

Visites guidées, dimanche, à 14h15, 16h et 17h.

Une visite étonnante

I.e cimetière du Nord surnommé le Père Lachaise rémois sera l'objet de visiœs-conférences insolites samedi à partir de 14 h, dimanche dès 15 heures, durée : 1h30. Rendez-vous à l'entrée du cimetière.

Des lieux de culte qui s'ouvrent aux profanes

Des sites religieux rarement ouverts au public seront accessibles telle la chapelle St-Joseph. le temple protestant la mosquée ou la synagogue.

Le patrimoine accessible aux sourds

Des visites guidées sont aussi préVues pour être traduite en langue des signes telle la découverte de la mosquée, samedi à 11h et la visite de la fontaine Subé, dimanche à 11h ou la visite du Cellier, dimanche à 15h.

Des sites visibles après restauration

La basilique Sainte-Clotilde n'a toujours pas récupéré son reliquaire. mais Ies travaux 50nl terminés. Elle est restée fermée trois années à la suite de l’incendie du 18 avril 2012. L’ancien collège des Jésuites qui abrite Sciences Po termine sa mue. Le Frac, entièrement réaménagé, est aussi accessible.

L'hôtel Saint-Jean Baptiste de la Salle, transformé en musée depuis mai après de longs mois de travaux est donc visible pour ces journées dans sa nouvelle scénographie.

Visiles guidées samedi et dimanche à 14, 15, 16 et 17 h.

Une chapelle remarquable


De facture contemporaine, l’édifice vaut la peine de s’y attarder

La chapelle privée du château de Sept-Saulx de la famille ignot est ouverte au public pour la première fois lors de ces journées européenne du patrimoine. 'Elle est dédiée à Saint-Antoine de Padoue. Les fresques qui couvrent le plafond et les murs sont inspirées du livre de la Genèse et du Nouveau Testament Le statuaire et le mobilier méritent aussi le détour. Une plaquette explicative des richesses du lieu a été élaborée pour l'occasion.

Les REPERES

Déjà un peu pus de trois décennies

•.- La 32ème édition des Journées européennes du patrimoine (JEP) a lieu tout au long de ce week-end et est placée sous le thème « Patrimoine du 21ème siècle »

Deux jours gratuits pour des visites à l’accès parfois limité mais aussi des expositions   

•.- L'accès aux monuments et sites patrimoniaux ainsi que les animations sont gratuits, à de rares exceptions, mais l'accès peut être parfois limité à un nombre de visiteurs, souvent pour des raisons de sécurité.

•.- Quinze  expositions : Cellier, mairie, archives départementales, Boulingrin, Temple protestant, musée le Vergeur, cryptoportique, Palais du Tau, Carnegie, Galerie Lafayette.

1984

•.- Première édition en France.

 Aujourd’hui les JEP existent dans une 50aine de pays.

70

•.-C’est le nombre de sites à Reims qui vous ouvrent leurs portes pour ces deux jours.

A la découverte du patrimoine en train et bus.

•.- Cette année encore, la journée du transport public, le samedi 19/09, tombe dans les JEP. Le public est donc invité à emprunter le réseau CITURA, Marne Mobilité et SNCF et ainsi à voyager pour 1€ sur tout le réseau, toute la journée.

LA PHRASE

 •.- « Les 19 et 20 septembre célébreront l'inscription des « Coteaux, maisons et caves de Champagne" sur la liste du patrimoine mondial. » Arnaud Robinet

Aurélie BEAU55ART

Extrait de l'union du 20/06/2015

    

     

  Répertoire   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Le patrimoine de pays à l'honneur

Plusieurs animations sont prévues dans la région, aujourd'hui et demain dans le cadre de la dix-huitième édition des Journées du patrimoine de pays et des moulins.


À Valmy, une découverte du moulin et des métiers de la meunerie sera proposée demain.

A SAVOIR

Qu’est-ce que le patrimoine de pays ?

•.- Ce qui appartient un passé lointain ou récent et présente un intérêt architectural, historique ou de curiosité : notre héritage.

•.- Ce qui n’a pas déjà classé ou inscrit et que nous voulons léguer aux générations futures.

•.- Ce qui parle de la vie quotidienne. Par exemple : maisons, fermes, grange, pigeonniers, moulins. Halles, vie agricole, édifices publics ou religieux, patrimoine maritime, théâtres, lavoirs, ateliers d'artisans, petites usines ou magasins .

•.- Mais aussi des paysages, sites, jardins, murets, haies, plantations, la musique et la danse, les contes et légendes, la cuisine.

 Chaque année, 150.000 visiteurs viennent découvrir châteaux, fermes, lavoirs, chapelles et bijoux de notre patrimoine à l'occasion des Journées du patrimoine de pays et des moulins. L'édition 2015, qui se déroule le samedi 20 et le dimanche 21 juin 2015, va permettre de découvrir la richesse et la variété de notre patrimoine historique, culturel, paysager, architectural et artistique.

Les journées s'adressent à tous ceux qui veulent découvrir et mieux connaître le patrimoine, les paysages el les savoir-faire traditionnels des régions

1 – A SAINT-MOREL, DANSLESARDENNES

C’est un village complet, Saint-Morel, qui se mobilise le 21 juin, de 13 heures à 19 heures, avec l'association de sauvegarde du patrimoine vouzinois, pour accueillir le public.

Au programme : visites guidées de l'église et de son retable du XVI° siècle, d'un château du XIX° siècle, d'un moulin féodal, stèle et hommage à Roland Garros, l'aviateur, tué dans un combat aérien dans le ciel de cette commune, atelier ouvert d'un vitrailliste du vlllage, entre de dressage de chevaux et maréchal-ferrant, concert.

2 - SIX RENDEZ-VOUS DANS LA MARNE

Des charrues et araires de la fin du XVIII° seront présentées dans une ferme traditionnelle champenoise à Faverolles-et-Coemy (samedi et dimanche).

Une visite commentée et une exposition photo sont organisées au moulin d'Heutrégiville (dimanche). À Maison-en-Champagne, il sera possible de voir l'entretien d'un mur d'une maison champenoise à pans de bois (samedi). Plusieurs animations à Saint-Amand-sur-Fion avec la visite de l'église du XI° et XII° siècles, d'une maison à colombages, d'un musée de voitures hippomobiles et d'un moulin (samedi)

Toujours à Saint-Amand-sur-Fion, visite d'un moulin et sa roseraie avec démonstration de fabrication de l'huile de noix (samedi et dimanche). À Valmy, enfin, une découverte-du moulin et des métiers de la meunerie est proposée dimanche.

3 - EGLISES ET MOUUNS DANS L'AISNE

Une dizaine de rendez-vous sont programmés dans le département. Beaucoup d'églises seront à l'honneur comme à Coulonges-Cohan (samedi et dimanche), Essômes-sur-Marne (dimanche), Marigny-en-Orxois (samedi), Saint-Eugène (samedi) et Saint-Pierremont (samedi et dimanche). Par ailleurs, l'association Tisserands de légende propose une visite de la Maison du textile à Fresnoy-le-Grand (samedi et dimanche tandis que le Moyen Âge s'invite au moulin de Monthiers (samedi et dimanche). A Parfondeval enfin, la fondation du patrimoine viendra évoquer son action pour la sauvegarde du patrimoine bâti de Thiérache.

•.- Détails sur www.patrimoine-environneinent.fr

Extrait de l'union du 20/06/2015

    

     

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