Région Grand Est

TRAVAUX
 

Réforme Territoriale - Tourisme - La Marne

  La Presse

 

La LGV Est dans le chantier des prix, des dessertes et du financement
Feu les anciens pylônes

La ligne 400.000 volts bientôt sous tension 
Un chantier pour améliorer le réseau électrique
Chantier spectaculaire entre Reims et Charleville pour la ligne à haute tension
Quatre-vingts pylônes héliportés par le Super Puma
Deux EPR promis pour la région

Répertoire 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La LGV Est dans le chantier des prix, des dessertes et du financement

 L'avènement de la 2e phase de la ligne à grande vitesse Est rapproche encore Strasbourg à l'aube de la grande région. Alors que la Champagne-Ardenne ne veut plus payer sa part, le débat des prix s'ouvre.


Actuellement. ce sont les trains dits « inter secteurs » reliant l'Alsace à l'Atlantique, qui font des arrêts à la gare Champagne-Ardenne TGV de Bezannes à huit kilomètres de Reims.

La ligne à grande vitesse Est européenne ? C’est déjà une vieille histoire pour les Rémois qui, depuis le 10 juin 2007, se laissent nonchalamment transporter à 320 kilomètres heure vers Paris.

Mais qu'ils tentent de rejoindre ces jours-ci le chef-lieu alsacien, ils se rappelleront comment c'était avant. Passé Baudrecourt, en Moselle. extrémité est de la "première phase" de 300 kilomètres inaugurée il y a bientôt huit ans, la rame bleue et grise subit un gros coup de frein. Pendant cent kilomètres, le voyageur se fait doucement ballotter dans la campagne alsacienne, à train de sénateur, comme dans un antique Corail, jusqu'à être posé mollement au bord des quais strasbourgeois.

Dans moins d'un an, le 3 avril 2016. tout ceci ne sera qu'un vieux souvenir, La deuxième phase de la LGV Est sera alors ouverte.

Grâce à un gain de temps de 32 minutes, on ira de l'Alsace à la Champagne-Ardenne en une heure et vingt minutes (ou 1 h 17 suivant les sources) au lieu de 1 h 50. Le Paris-Strasbourg, qui était passé de 4 heures à 2 heures 20 en 2007, se fera en 1 h 48. « Des entreprises nous disent qu'un tel temps de parcours permettra de faire des allers-retours dans la de demi-journée » , se félicitait le président de la SNCF après avoir participé mardi dernier à la cérémonie symbolique de soudure du dernier rail de la 2" phase, à Eckwersheim, dans le Bas-Rhin.

Guillaume Pepy voit dans cet axe rapide "la colonne vertébrale" de la future grande région qui sera formée le 1ee janvier 2016 par l'Alsace, la Lorraine et la Champagne-Ardenne. « Une liaison rapide entre Reims et Strasbourg  avec au milieu Metz et Nancy, est une nécessité », explique Philippe Richert, président du conseil régional d'Alsace et candidat UMP à la présidence de la future grande région.

II est inévitable que le fonctionnement de cette dernière va créer des besoins de déplacement importants.

L'exécutif, les assemblées, les services administratifs -de la région comme de l'État, la myriade de structures régionales appelées à se rapprocher, obligeront à se rendre régulièrement d'un territoire à l'autre.

Le Paris-Strasbourg ne s'arrête pas encore, à Reims

Mais les dessertes entre les trois actuelles régions sont incomplètes. Pour l'heure, le Paris-Strasbourg ne s'arrête pas à la gare Champagne-Ardenne TGV située à Bezannes dans l'agglomération rémoise. Seuls les trains dits « intersecteurs » reliant l'AIsace à l'Atlantique font des stops. « Pour l'instant, le marché est très faible mais dès lors qu'il y a une unification de la région, il faut que l'on anticipe », confie Guillaume Pepy.

Le TGV, c'est aussi une question d'argent et la SNCFsait qu'elle est attendue au tournant sur ce sujet. Un rapport de la chambre régionale des comptes d'Alsace, paru en 2012, avait estimé que les prix des billets sur la LGV Est étaient « de toutes les grandes lignes, les plus élevés. Pour Guillaume Pepy ces critiques sont « infondées ».

Alors que se passe-t-il ? En fait, les élus, comme les voyageurs, comprennent mal les augmentations de tarifs liées à la grande vitesse alors qu'ils financent largement la construction de la LGV. Par exemple, sur les 2,01 milliards d'euros (hors taxes aux conditions de 2008) de la 2° phrase, les régions. et les collectivités concernées par le tracé auront déboursé 680 millions d'euros, soit un peu plus d'un tiers de la facture, à part égale avec l'État, le reste étant déboursé par SNCF Réseau (ex-RFF).

En réponse, Guillaume Pepy martèle que l'«on ne paie pas deux fois» et qu'il faut «distinguer l'investissement et l'exploitation». Il précise que les 650 millions d'euros (chiffre mis à jour) apportés par SNCF Réseau correspondent aux péages futurs payés par les trains pour l'utilisation de la ligne». Bref, même en train, passer de la nationale à l'autoroute coûte plus cher.

Pour autant, des voix s'élèvent, comme celle de Roland Ries, maire de Strasbourg et administrateur de la SNCF, pour dénoncer la dérive d'un TGV qui ne deviendrait accessible qu'aux voyageurs professionnels c qui se font rembourser leur billet lt. En jouant l'inflation, la SNCF se tire-t-elle une balle dans le pied 7 « La SNCF n'est ni bête, ni masochiste », rétorque son patron. « Ce qui nous intéresse, c'est d'avoir, en liaison avec les élus, le maximum de voyageurs dans nos trains. Lorsque la SNCF a des tarifs trop élevés, les gens font du covoiturage, prennent le bus ou l'avion et c'est autant de recettes en moins. » Il faut donc pour la SNCF trouver la bonne équation entre l'augmentation des péages, la revalorisation des billets et une hausse de trafic attendue de 15 %, alors que douze millions de personnes fréquentent déjà la LGV Est chaque année.

« Nous retournerons vers les clients à l'automne pour leur demander, compte tenu du temps gagné, ce qu'ils seraient prêts à payer », précise M. Pepy.

Les travaux de la 2° phase sont achevés mais un autre chantier s'ouvre : celui de la négociation commerciale. Et cette fois il ne faudra pas s'y prendre avec des pelleteuses mais avec des pincettes ...

Bachy : «On nous cocufie sur toute la ligne »


L'heure n'est plus au champagne mais au contentieux entre la région et la LGV:

La région Champagne-Ardenne refuse de verser 21 millions d'euros sur les 27 (valeur 2008) prévus au chapitre de sa participation au financement de la 2° phase de la LGV-Est. Son président, Jean-Paul Bachy, indique que c'est en réponse au fait que l'État n'a pas respecté son engagement à lancer de façon simultanée l'électrification de la ligne 4 desservant le sud de la région et en particulier le tronçon Gretz-Troyes. Ce projet, estimé à 270 millions d'euros, serait cofinancé par l'État, les collectivités locales, les régions Champagne-Ardenne et I1e-de-France. « On veut nous cocufier sur toute la ligne en nous disant : " vous avez financé le TGV Est mais la clause concernant l'électrification Paris-Troyes ne sera pas respectée". On veut nous humilier. nous contraindre à faire comme si la parole de l'État était respectée alors qu'elle ne l'est pas. »

Pour le prouver, Jean-Paul Bachy a sous le coude « une foultitude de documents ». Cela va des délibérations de juin 1999 et octobre 2000 à la convention de financement de la LGV Est, en passant par le protocole de financement de 2011 ou le contrat de projets État Région 2007-2013. Sur le tronçon Gretz-Troyes, l'élu rappelle que même la déclaration d'utilité publique a été signée par le préfet de l'Aube. Alors que Jacques Rapoport, président de SNCF Réseau, vient d'annoncer que «  cette affaire finira par être réglée par un tribunal », Jean-Paul Bachy déclare qu'ii attend « la suite sereinement ». «Si l'on veut nous rouler dans la farine, je n'ai pas de raison, a priori, de me laisser faire », conclut-il.

Julien BOUILLE

Extrait de l'union du 09/06/2017

    

    

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Feu les anciens pylônes

La nouvelle-ligne- très haute tension entre Charleville et Reims mise en service. Les 140 pylônes de l'ancienne peuvent être démontés. Dans la Marne, le dernier vient d'être déposé.


Après la préparation, il n'aura suffi que de quelques secondes pour faire tomber le dernier pylône marnais

L'ESSENTIEL

 •.- Les travaux sur la ligne très haute tension entre Reims et Charleville-Mézières menés par" RTE ont démarré début 2015. Ils visaient à , remplacer la, ligne simple circuit de 400.000 volts par un double circuit. 182 nouveaux pylônes jalonnent les 78 km de la nouvelle ligne, mise en service le 2 septembre dernier.

•.- Les 140 pylônes de l'ancienne ligne n'avaient donc plus lieu d'être. Ainsi, depuis la fin de l'été, ils sont démontés un par un. Le dernier de la Marne est tombé la semaine dernière. Il en restera une quarantaine dans les Ardennes à faire disparaître en 2017.

« Cette ligne. construite au début des années 70 était encore en bon état mais ne répondait plus aux besoins. »
Jean-Michel Ehlinger, directeur du projet

1 - QUI ?

C'était un engagement de RTE (Réseau de transport d'électricité), en charge du projet de reconstruction de la ligne très haute tension entre Charleville-Mézières et Reims : les travaux de démontage de l'ancienne ligne seraient confiés aux, trois entreprises nationales chargées de construire la nouvelle, à savoir Eiffage pour le Nord Ardennes, Omexom (groupement Vinci) pour la partie rethéloise, et Engie Ineo pour la partie Marne et Sud Ardennes, rappelle Jean-Michel Ehlinger, directeur du projet Launy-Seuil-Vesle, qui précise : « Pour RTE, il s'agit d'une opération classique de démontage de ligne. »

2 - QUOI ET POUROUOI ?

D'une hauteur moyenne de 35 à 40 mètres, les anciens pylônes, baptisés « chat, dans le jargon des lignards » du fait de leur silhouette de félin, ne pouvaient supporter que huit câbles, quand les nouveaux, haut d'une cinquantaine, de mètres, en accueillent vingt-six. « Cette ligne a été construite au début des années 70 », précise Jean-Michel Ehlinger. « Elle était encore en bon état, nos lignes sont construites pour durer au moins 80 ans. Mais elle ne répondait plus aux besoins, sa capacité de transit était devenue insuffisante. » En fonction du développement économique de certaines régions, RTE fait évoluer le transport d'électricité « pour satisfaire autant les producteurs, que les consommateurs. »

ENCORE UNE OUARANTAINE À DÉMONTER DANS LES ARDENNES

La nouvelle ligne permettra notamment d'accueillir la production éolienne qui se développe à vitesse grand V dans le secteur. Elle alimentera un million d'habitants, 200.000 dans le nord des Ardennes, 80.000 dans le sud et 700.000 dans la Marne.

3 -  OU ET QUAND ?

« Sur les 140 pylônes de l'ancienne ligne - 31 se situent dans la Marne -, il en restera une quarantaine à démonter début 2017 dans les Ardennes », note Jean-Michel Ehlinger. « Et tous les câbles ont déjà été enlevés. » Et de préciser : « Dans ia Marne, nous sommes à 80 % d'avancement de l'ensemble du démontage, à 100% pour ce qui est des câbles et des Pylônes. Il ne reste que deux fondations à casser et à évacuer à Bétheniville.

4 - COMMENT ?

Après la mise hors tension de l'ancienne ligne, longue de 74 km, en août/septembre, les câbles ont été enlevés et coupés. Les pylônes ont alors pu être démontés un par un, soit par basculement, soit au moyen d'une grue lorsque l'environnement ne le permettait pas : « Nous avons pu rencontrer certaines contraintes, comme la proximité de l'autoroute ou les voies SNCF, qui ont nécessité des protections particulières, voire des arrêts de circulation de trains », souligne M. Ehlinger. La semaine dernière, le dernier géant de fer marnais, le n° 11O. al fini par terre, « sur le profil », sur le territoire de la commune de Bétheniville. Pour ce faire, après avoir relié le pylône aux tracteurs au moyen de haubans, les ouvriers ont découpé les ailes de deux embases, et deux seulement, pour garder de l'attache au chalumeau. II ne restait plus qu'aux deux tracteurs à entrer en action et à faire basculer l'amas ferreux de 44 mètres vers le sol. Ce qui n'a pris que quelques secondes !

5 – COMBIEN ?

Sur les 110 millions qu'a coûté la construction de la nouvelle ligne très haute tension, le démontage de l'ancien aménagement représente environ 4 millions d’euros.

ET APRÈS ?

Avec le démontage des pylônes de l'ancienne ligne électrique, flotte un air de fin de chantier. Pourtant, cette phase n'est pas l'épilogue de l'aventure. Il s'agira ensuite de démonter les fondations pour permettre la remise en culture des terres.

« Certains blocs de béton vont jusqu'à 3 mètres de profondeur », indique M. Ehlinger, qui-précise qu'un accord a été trouvé avec la profession agricole pour ne pas aller en deçà d'1,20 m. « Dans les milieux un peu plus meubles, on a pu utiliser la technique de pieu foré jusqu'à une dizaine de mètres. » Sur l'ensemble du chantier, près de la moitié des fondations a, pour l'heure, été déposée. La phase suivante consistera à remettre en état les sols. « Dans les zones cultivées, nous allons remplacer le béton par la terre de déblai de la nouvelle ligne. » Puis il faudra effacer les accès créés spécifiquement et réparer les voiries si besoin (pas avant la fin du printemps). « Certaines ont pu subir des dégâts dus aux travaux. Nous avions fait un état des lieux d'entrée tout début 2015 dans les 31 communes concernées (dont 4 dans la Marne - Beine-Nauroy, Val-de-Vesle, Pontfaverger-Moronvilliers et Bétheniville) avec caméra, expert, huissier. Il y aura un état des lieux de sortie.» Jean-Michel Ehlinger, qui a rendu le 8 décembre les clés de la base d'aménagement de Reims-Prunay, prévoit la fin complète du chantier pour fin mai-début juin 2017. Ç'est une satisfaction : « il aura fallu un peu plus de six ans pour boucler le projet, c'est remarquable. Tout s'est bien déroulé, il y a eu une bonne concertation avec les collectivités, les riverains, Une bonne accessibilité. Et on a pu optimiser les retombées économiques locales, en atteignant les 25 millions d'euros escomptés. »


Une fois le pylône à terre, on décroche les haubans.


Comme un domino le pylône de 44 mètres s'effondre dans le champ, tiré par les haubans. Impressionnant !


Le pylône est relié aux deux tracteurs par des haubans (câbles). Ne reste plus qu'à les enrouler pour faim basculer la tour d'acier.

DES MATERlAUX VALORISES

RTE a « contractualisé » avec des entreprises locales la récupération des matériaux issus de la dépose des pylônes, à savoir 1.700 tonnes d'acier et 576 km de câbles (aluminium). « Il s'agit de récupérer, revendre, et s'assurer que les déchets sont dans une filière de valorisation », note Jean-Michel Ehlinger. « Ce sont nos prestataires qui sont chargés de tout charrier : la société Ferrari à Rethel et les établissements Bruhat à Vitry-le-François.»

Les isolateurs en verre, situés entre le pylône et le câble, ont eux aussi été valorisés.

À noter qu'un écologue a été missionné par RTE pour suivre les différentes étapes du démontage. « L'une de nos préoccupations est re respect de l'environnement », insiste le directeur du projet Lonny-Seuil-Vesle, qui occupe désormais le poste de directeur adjoint du centre développement et ingénierie de Nancy.

MARION DARDARD

Extraits de l' union du 17/12/2017

    

    

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La ligne 400.000 volts bientôt sous tension

La reconstruction de la ligne très haute tension entre Reims et Charleville-Mézières touche à son terme. La mise en service pour les 300.000 foyers de l'agglo est prévue le septembre.


Une centaine d'opérateurs travaille encore sur le site pour des essais et des contrôles avant la mise en tension. Pascal Volpez.

Les 182 pylônes sont érigés, les' câbles déroulés sur les 78 kilomètres du tracé... Les balisages lumineux, les balisages avifaunes sont en cours d'installation. Une centaine d'opérateurs travaille encore quotidiennement sur le site, contre 350 au plus fort du chantier. L'heure est désormais aux derniers réglages, essais et contrôles. D'ici une semaine, la nouvelle ligne très haute tension entre Reims et Charleville-Mézières sera mise en service. Une ultime journée de réglages, qui marquera le terme de 18 mois de travaux destinés à reconstruire une nouvelle ligne 400.000 volts . en ' remplacement de l'actuelle, construite dans les années 1970.

Stratégique pour l'alimentation de l'agglomération rémoise et de' ses 300000.foyers. cette nouvelle ligne qui traverse 31 communes (27 ardennaises, 4 marnaises) se veut « plus sécuritaire », explique Jean-Michel Ehlinger, directeur d'aménagement pour RTE(Réseau de transport d'électricité). « Il s’agissait de reconstruire en double circuit la ligne déjà existante. Cela signifie qu'il y a deux lignes sur le même pylône, contre une seule précédemment. Le 2 septembre, cette mise en service sera totalement transparente. La seule différence sera en cas de gros incidents. Au lieu d'une alimentation. il' Y en aura deux. En cas de problème, ça évitera de couper 300.000 foyers en même temps ! »

Si le chantier a été plus ou moins spectaculaire au fil des mois. Notamment lors du levage de certains pylônes à raide d'un hélicoptère Super Puma, cette mise en service passera, elle. totalement inaperçue.

« Personne ne se rendra compte de rien », confirme Jean-Michei Ehlinger. « On a d'ailleurs déjà mis hors tension au début du mois la ligne actuelle, sans que personne ne s'en rende compte. Nous ne pouvions le faire qu'au mois d'août, alors que la consommation électrique est beaucoup plus faible. Il fallait mettre la ligne actuelle hors tension pour préparer le changement et dérouler la nouvelle ligne. Actuellement l’alimentation est assurée par la ligne 400.000 volts qui vient de Troyes ainsi que le réseau inférieur de 225.000 volts. Si les travaux avaient plis du retard, il aurait fallu reporter la mise en service en août 2017 ! En pleine activité, il n'aurait pas été possible de passer sur le réseau secondaire ...

Tout ne s'arrête pourtant pas le 2 septembre la remise en état des accès et des terrains avec état des lieux et indemnisations des exploitants, ainsi que le démontage des 140 pylônes de l'ancienne ligne commenceront en septembre pour s'achever courant 2017. L'opération consistera à retirer les câbles, démonter les pylônes, retirer les fondations en béton. « On ne part pas comme des sauvages », prévient Jean-Michel Ehlinger. « Nous allons veiller au respect d'un ensemble de précautions vis-à-vis du milieu naturel. Nous serons aussi exigeants sur le plan environnemental pour le démontage que nous l'avons été lors de la construction. Il y a aura d’ailleurs un suivi post-chantier pendant 5 ans. » Le coût de la dépose de l'ancienne ligne est estimé à 5 millions d'euros, La construction de la nouvelle ligne aura coûté 110 millions d’€.

Un chantier aux 25M d'€ de retombées locales

Le chantier n'est pas encore achevé qu'on annonce déjà 25 millions d'euros de retombées locales, dont 6 millions pour la sous-traitance locale (aménagement des accès, des pistes) et 5 millions pour les fournitures (engins de location, béton, carburant, gardiennage ... ). Sans compter l'effet levier du PAP, le plan d'accompagnement de projet, et ses 8 millions d'euros dégagés par RTE pour financer des projets locaux. « Le PAR est un dispositif voulu par la loi », précise Jean-Michel Ehlinger, directeur d’aménagement. « Nous avions l'obligation de dégager 10% du coût de la reconstruction de la ligne très haute tension, soit 8 millions d'euros, pour aider à l'émergence d'actions locales ou régionales qui participent directement au développement économique, culturel ou social des territoires traversés par la ligne. » C'est ainsi que 85 projets ont été financés par RTE, comme la rênovation.de la toiture de l'église de Beine-Nauroy, le changement de poêle de l'école de Pontfaverger, la participation à l'édition 2015 de la Poule des Champs, la médiathèque de Rethel.

Un chiffre des-retombées locales qui devrait grimper au regard des travaux à venir d'ici mi-2017 : la remise en état des accès et terrains, ainsi que le démontage de l'ancienne ligne.

Caroline GARNIER

Extraits de l' union du 25/08/2015 

    

    

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Un chantier pour améliorer le réseau électrique

De Reims à Charleville-Mézières la société RTE à construit une nouvelle ligne à haute tension. Objectif : améliorer le réseau électrique


Ce pylône est construit à la main et à la grue. Remi Wafflart

Les FAITS

•.- En mars 2015,les travaux sur la ligne haute tension  commencent

•.-  L'objectif principal est d'améliorer la ligne haute tension entre Reims  et Charleville-Mézières.

•.- L'achèvement des travaux est prévue fin août 2016, la mise en service, début septembre 2016.

« On construit une ligne avec une meilleure capacité qui sera quatre fois plus forte que le transit actuel »
Jean-Pierre Belot. directeur

En mars 2015 commence le chantier de l'entreprise Ré- seau de transport d'électricité (RTE). Il vise trois objectifs. « Il faut d'abord sécuriser Reims, livre Jean-Pierre Belor, directeur de projet. Le poste Vesle alimente la ville par deux lignes. À terme, il y en aura trois dont la dernière oui est plus résistante, plus solide. S'il y en a, une qui lâche, on sait qu'il y en a toujours deux qui peuvent assurer. »

Le second objectif concerne l'évacuation de l'éolien. « On passe à un niveau de tension supérieur, soit 400.000 volts, ce qui n'est pas rien. » Dernier objectif : s'interconnecter avec la Belgique. « On souhaite une ligne plus fluide, avec une meilleure capacité. Une capacité qui serait quatre fois plus forte que le transit actuel. » La fin du chantier est prévue en août 2016 et la mise en service début septembre 2016, l'entreprise est dans les temps. » Il y a toujours des aléas mais au niveau des fondations, on a même réussi à faire plus que prévu. Elles reposent sur des massifs en béton, explique Jean-Pierre Belot. Ce sont des travaux de génie civil qui demandent du temps et c'est très difficile à faire. » A ce jour, 40 % du chantier sont effectués.

Un chantier qui nécessite temps et compétences

182 nouveaux pylônes prennent place entre Reims et CharleviIle-Mézières. Parmi ceux-ci, 82 sont héliportés par le Super Puma et 100 sont construits « à la main », à l'aide de grues. Pour les héliportages, la société RTE a mis en place des alertes sms, « Quand on prévoit des travaux avec le. Super Puma, on prévient les exploitants asncotes qui sont dans les environs, une semaine avant, pour éviter qu'ils soient pris au dépourvu et pour qu'ils puissent s'arranger », raconte Marion Colombet, chargée de communication à RTE.

D'autres désagréments potentiels peuvent survenir. « Il y a un élevage de poulets pas très loin de l'un de nos pylônes, détaille encore Jean-Pierre Belot. L'éleveur nous demande de n'intervenir que quand il n’y a plus de volatiles. Du coup, cela nous retarde un peu mais on respecte. Tout comme on respecte les valeurs sur la biodiversité" qu'ont certains villages. Ils nous ont fait prendre certaines mesures. »

Les fouilles archéologiques n'aident pas non plus. « On a dû déplacer certains de nos sites à plus de 100 mètres parce qu'ils ont trouvé des anciennes tombes ou des ossements. Nous faisons principalement des plateformes surélevées avec du plastique et des cailloux : cela évite de creuser et donc nous soustrait aux fouilles archéologiques. »

C'est par un système de poulies que les câble Sur les chantiers, il n'y a pas que des ouvriers français. Beaucoup d'Allemands sont sur les lieux. Une interprète se déplace pour permettre les échanges, « on fait de la sous-traitance, mais ce n'est pas pour des raisons économiques. Nous avions besoin de personnes formées pour monter nos pylônes. En peu de temps, c'est compliqué de réunir beaucoup de Français. Jusqu'à 300 personnes peuvent être amenées à travailler sur les chantiers », ajoute le directeur de projet. On a vraiment besoin d'une grande quantité de personnes.

Pour élever les pylônes manuellement, il faut cinq personnes, sans compter les grutiers. « Les pylônes arrivent en pièces détachées : Les mécaniciens montent les différentes pièces, explique une représentante sur le chantier. Ensuite, il faut tout surélever et fixer les morceaux aux boulons. Il y a toujours une personne pour vérifier que ce soit bien fait. »

Processus d’installation d’une ligne à haute vtension

 


Le Super Puma permet de transporter des charges lourdes. Remi Wafflart

Il est pilote depuis 22 ans


Dominique Zamora effectue des trajets dans un petit écureuil. Remi Wafflart

Avec son accent du sud-ouest, Dominique Zamora, 46 ans, effectue des aller-retours sur la ligne haute tension avec le petit écureuil D. « Je travaille pour RTE depuis quatre mois maintenant mais je suis pilote pour les petits formats depuis 22 ans. » Ce qu'il aime dans le pilotage de ces petits engins, c'est « tout ce que l'on peut faire avec I » : « il y a une réelle diversité des travaux. » Pour RTE, Dominique Zamora survole les chantiers de la ligne à haute tension tous les jours. « On ne peut pas dépasser les 8 heures de vol par jour mais, en moyenne, nous en faisons 5 à 6 heures. » Dans son hélicoptère, il emmène avec lui un observateur, un technicien et un navigateur. Si ce dernier lui indique où il doit aller, le technicien, lui, relève les défauts des chantiers pour pouvoir les rectifier. On ne peut cependant voler au-dessus d'une ligne à haute tension sans sécurité préalable. « On ne décolle pas si les rafales de vent dépassent les 90, voire les 100 km/heure. Il y a aussi les autres conditions météorologiques. La pluie et le brouillard sont très gênants. Après, tout dépend aussi de l'équipage. Si le pilote est malade, ce n'est pas bon signe, rigole Dominique Zamora. Nous visons la qualité du travail. Et parfois, le travail nous impose ses propres limites. »

.3 Questions à


Stéphan MAILLET

« On a un protocole à suivre »

Stéphan MAILLET, 46 ans, est technicien, mécanicien sur le Super Puma, le grand hélicoptère de RTE. Il explique son rôle sur cette machine.

*.- Comment s'effectuent les vérifications du Puma ?

Nous faisons des visites régulières sur la machine, c'est important. Les visites se font en fonction des heures de vols et de l'ancienneté de l'appareil. Pour 75 heures de vols ou tous les deux à trois jours, on va passer une demi-journée dessus environ. Après 400 à 800 heures de vols, là, on démonte les moteurs et les pales. On va y passer beaucoup de temps. En moyenne, nous sommes trois ou quatre personnes pour effectuer ces vérifications. Chacun fait sa partie on a un protocole à suivre.

*.- Qu' est-ce qui vous a le plus impressionné sur cet engin ?

J'ai plus l'habitude des petites machines donc je dirais son souffle. Il est vraiment pas mal ! Le bruit, on en a l'habitude à force mais sa puissance de souffle est vraiment impressionnante. Quand on est en dessous, il faut savoir s'accrocher !

*.-  Quelles sont les mesures de sécurité à prendre quand on travaille sur un gras appareil ?

 Il y a des gestes indispensables comme le casque et les chaussures de sécurité, le casque anti-bruit. Après, quand on prend de la hauteur, pour notamment travailler sur les moteurs et les pales, il faut se sécuriser, garder toujours une main une accroche sur la barrière de l'estrade. Quand on travaille sur la machine à l'extérieur, on fait encore plus attention, cela peut encore plus glisser qu'à l'intérieur. Et pour protéger l'hélicoptère, qui reste parfois hors du hangar, on le bâche pour éviter les dégradations que pourraient causer la pluie ou le vent.

Les REPERES

*.- Un an et demi des chantier   Image

Le chantier de reconstruction de la ligne à haute tension s’ effectue entre Charleville et Reims.

La mise en service est prévue à la fin de l’été 2016.

*.- Un chantier qui donne un coup de fouet à l'économie

Les restaurants et les entreprises, situés dans les 31 communes (dont 4 de la Marne) traversées par le chantier voient leur chiffre d’affaires s’améliorer. De plus, un plan de 8 millions d'euros d'accompagnement de projets est propos » par RTE.

Des personnes chez Sécuritas ont été spécialement recrutés pour le chantier de l'a ligne à haute tension : cinq personnes, dont trois en CDI.

*.- 150 tonnes, le poids d’un pylône dont les éléments sont montés à la main

*.- 300· personnes travaillent actuellement sur le chantier.

*.- SECURITAS à l’aérodrome de Prunay

 La société assure chaque nuit et tous les W.E la surveillance des lieux, par des rondes extérieures et intérieures des bâtiments, du matériel et du Super Puma.

*.- LA PHRASE

 « Notre objectif est que 25% de l’investissement total, soit 15 millions d’€, constituent des retombées économiques locales. »

Elisabeth BERTIN, déléguée RTE dans l’Est

Capucine IANTENOIS

Extraits de l' union du 26/08/2015

    

    

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 Chantier spectaculaire entre Reims et Charleville pour la ligne à haute tension

De Reims à Charleville-Mézières, la société RTE construit une nouvelle ligne à haute tension. Objectif : améliorer le réseau électrique.

Mars 2015, le chantier de l’entreprise Réseau de transport d’électricité (RTE) commence. Il vise trois objectifs. « Il faut d’abord sécuriser Reims, livre Jean-Pierre Belot, directeur de projet. Le poste Vesle alimente la ville par deux lignes. À terme, il y en aura trois dont la dernière qui est plus résistante, plus solide. S’il y en a une qui lâche, on sait qu’il y en a toujours deux qui peuvent assurer. »

Le second objectif concerne l’évacuation de l’éolien. « On passe à un niveau de tension supérieur, soit 400 000 volts, ce qui n’est pas rien. » Dernier objectif : s’interconnecter avec la Belgique. « On souhaite une ligne plus fluide, avec une meilleure capacité. Une capacité qui serait quatre fois plus forte que le transit actuel. » La fin du chantier est prévue en août 2016 et la mise en service début septembre 2016, l’entreprise est dans les temps. « Il y a toujours des aléas mais au niveau des fondations, on a même réussi à faire plus que prévu. Elles reposent sur des massifs en béton, explique Jean-Pierre Belot. Ce sont des travaux de génie civil qui demandent du temps et c’est très difficile à faire. » À ce jour, 40 % du chantier sont effectués.

Un chantier qui nécessite temps et compétences

182 nouveaux pylônes prennent place entre Reims et Charleville-Mézières. Parmi ceux-ci, 82 sont héliportés par le Super Puma et 100 sont construits « à la main », à l’aide de grues. Pour les héliportages, la société RTE a mis en place des alertes sms. « Quand on prévoit des travaux avec le Super Puma, on prévient les exploitants agricoles qui sont dans les environs, une semaine avant, pour éviter qu’ils soient pris au dépourvu et pour qu’ils puissent s’arranger », raconte Marion Colombet, chargée de communication à RTE.

D’autres désagréments potentiels peuvent survenir. « Il y a un élevage de poulets pas très loin de l’un de nos pylônes, détaille encore Jean-Pierre Belot. L’éleveur nous demande de n’intervenir que quand il n’y a plus de volatiles. Du coup, cela nous retarde un peu mais on respecte. Tout comme on respecte les valeurs sur la biodiversité qu’ont certains villages. Ils nous ont fait prendre certaines mesures. »

Les fouilles archéologiques n’aident pas non plus. « On a dû déplacer certains de nos sites à plus de 100 mètres parce qu’ils ont trouvé des anciennes tombes ou des ossements. Nous faisons principalement des plateformes surélevées avec du plastique et des cailloux : cela évite de creuser et donc nous soustrait aux fouilles archéologiques. »

Sur les chantiers, il n’y a pas que des ouvriers français. Beaucoup d’Allemands sont sur les lieux. Une interprète se déplace pour permettre les échanges. « On fait de la sous-traitance, mais ce n’est pas pour des raisons économiques. Nous avions besoin de personnes formées pour monter nos pylônes. En peu de temps, c’est compliqué de réunir beaucoup de Français. Jusqu’à 300 personnes peuvent être amenées à travailler sur les chantiers, ajoute le directeur de projet. On a vraiment besoin d’une grande quantité de personnes. »

Pour élever les pylônes manuellement, il faut cinq personnes, sans compter les grutiers. « Les pylônes arrivent en pièces détachées. Les mécaniciens montent les différentes pièces, explique une représentante sur le chantier. Ensuite, il faut tout surélever et fixer les morceaux aux boulons. Il y a toujours une personne pour vérifier que ce soit bien fait. »

Capucine Lantenois

Extraits de l' union du 25/08/2015 

    

    

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 Quatre-vingts pylônes héliportés par le Super Puma

Les travaux de la ligne haute tension entre Reims et Charleville ont débuté. RTE fait appel à un Super Puma pour le levage des pylônes.

L'hélicoptère a été privilégié afin de limiter l’impact sur les terres agricoles.


L’actuelle ligne haute cout sur 74 kilomètres. Les pylônes sont espacés tous les 500 mètres. La nouvelle ligne (à droite) est prévue sur 78 kilomètres afin de préserver certaines zones protégées ou secteurs urbanisés. Les 182 pylônes seront installés tous les 420 mètres. Le démontage et le recyclage de l'actuelle ligne est programmé pour la fin du semestre 2016.

L'EC225, dernier né des Super Puma, vient de prendre ses quartiers à l'aérodrome de Reims-Prunay. Propriété de RTE (Réseau de transport d'électricité), il a été missionné pour la reconstruction d'une partie de la ligne 400000 volts entre Charleville-Mézières et Reims, un axe stratégique pour la région qui alimente près de 300000 personnes. Déclarée d'utilité publique en mai 2014, sa reconstruction, devenue plus que nécessaire, l'actuelle ligne arrivant à saturation, vient d'entrer dans sa phase visible : l'assemblage des 182 pylônes qui vont jalonner les 78 kilomètres de ce nouveau tracé.  Il ne s'agit pas de la construction.

(1 Il ne s'agit pas de la construction d'une nouvelle ligne haute tension, mais bien d'une reconstruction de l'actuelle ligne qui sera démontée et recyclée à l'issue des travaux Il, précise Jean-Michel Ehlinger, directeur aménagement RTE.  « La ligne actuelle date des années 70. Elle est en bon état, mais il était important pour nous d'en renforcer le côté sécuritaire. C'est la raison pour laquelle nous passons d'une ligne â un circuit à une ligne à deux circuits. En cas de problème, ça évitera de couper 300.000 personnes en même temps ! »

Prévue sur trois ans, la reconstruction n'avancera pas partout à la même vitesse, notamment en ce qui concerne le montage des pylônes. Les structures métalliques pouvant peser de 35 à 150 tonnes, certains pylônes, livrés en pièces détachées seront assemblés tel un Meccano soit par une grue, soit élevés par hélicoptère. C'est notamment le cas des pièces les moins lourdes, un Super Puma ne pouvant tracter des masses supérieures à 4 tonnes. C'est ainsi que 80 des 182 pylônes seront héliportés. « Nous avons privilégié le choix de l'hélicoptère afin de limiter l'impact sur les terres agricoles », ajoute Jean-Michel Ehlinger.  « II n'est pas nécessaire de stocker les pièces sur place, ni la grue. L'hélicoptère va rechercher les pièces sur une plateforme, limitant ainsi l'impact pour les agriculteurs. Sur ce genre de tracé, il faut savoir que les pylônes sont implantés à 99 % sur des terres agricoles. Le tracé a donc été pensé et concerté avec les exploitants et la profession.»

Depuis 15 jours, trois pylônes ont ainsi été élevés par hélicoptère. Hier, les deux pilotes intervenaient sur le secteur de Ponfaverger-Moronvilliers. Une opération d'une extrême dextérité qui nécessite une coordination sans précédent avec les opérateurs au sol. « Il y a une grosse préparation en amont », confirme Oiry Guillot, l'un des pilotes. « C'est complexe. On travaille avec une élingue de 30 mètres. Il ne faut pas descendre trop vite. Toute la différence est là. « Pour être bien coordonné avec l'équipe au sol. Après, les pièces s'empilent tel un Meccano ! » Autre avantage, le Super Puma peut intervenir dans les conditions d'opération les plus rigoureuses.


Le Super Puma EmS est un hélicoptère de la classe 11 tonnes fabriqué par Airbus Helicopters. Pour le levage des pylônes, il a été débarrassé de ses sièges passagers.


RTE a acheté deux Super Puma en 2011. Six pilotes travaillent à temps plein s le réseau (montage et maintenance).


Les opérateurs au sol préparent les élingues et guident les pilotes pour le levage des pièces détachées.


Les pylônes sont livrés en pièces détachées, puis assemblés soit par une grue (pour les pylônes les plus lourds, soit par hélicoptère


 Les pilotes du Super Puma emboitent une à une les pièces du pylône, guidés par des opérateurs au sol. Un jeu de Meccano au millimètre près.


Près de 200 personnes travaillent au quotidien sur l’ensemble du chantier


Avant d'ériger un pylône, il faut sur 4 pieds et donc réaliser 4 fondations plus ou moins profondes selon le sol. Ici, en terre crayeuse les fondations ne seront pas creusées au-delà de 3 mètres, contre 12 mètres en sol meuble.

Caroline GARNIER

Extraits de l' union du 05/06/2015 

    

    

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Deux EPR promis pour la région

Les centrales nucléaires de Chooz (Ardennes) et de Nogent-sur-Seine (Aube) pourraient être remplacées d'ici à 2050 par des EPR nouvelle génération, La question fait polémique


La centrale de Chooz est rune des plus récentes de France en activité avec celle de Civaux dans Ia Vienne. Aurélien Laudy

 LES FAITS

*.- Lors d'une rencontre avec 1 t des journalistes le vendredi 23 octobre, Jean-Bernard Lévy, PDG d'EDF a évoqué le remplacement i complet du parc nucléaire par des réacteurs de nouvelle génération.

*.-Les premiers réacteurs pressurisés européens commenceraient à être installés à partir de 2028.

*.-Deux centrales nucléaires fonctionnent en Champagne-Ardenne, l'une è Nogent-sur-Seine, dans l'Aube, l'autre à Chooz dans les Ardennes.

*.-La centrale ardennaise est l'avant-dernière à avoir été mise en service.

« Je suis hyper pronucléaire et toute ma majorité me suit. Je suis bien sûr pour l'arrivée d'un EPR à Chooz. C'est générateur d'emplois pendant la construction et après, avec le fonctionnement », commente Claude Wallendorff, maire divers-droite de Givet, commune distante de quelques kilomètres de la centrale en service dans la Pointe des Ardennes. « La différence avec un secteur classique tient à la puissance et à la sécurité », précise l'élu, qui s'interroge cependant sur la complexité de la mise en œuvre d'un tel projet.

Le maire de Givet répond ainsi à l'annonce faite la semaine dernière par le patron d'EDF, Jean-Bernard Lévy, qui envisage de remplacer progressivement par des réacteurs pressurisés européens (European Pressurized Reactor en version originale, NDlR) de nouvelle génération, l'intégralité du parc nucléaire actuel lorsque celui-ci arrivera en fin de vie.

« Très peu informés sur les risques potentiels »

« En 2050, 2055, nous n'aurons plus de réacteurs de la génération actuelle. Nous aurons 30, 35 ou 40 EPR », a-t-il prédit. Actuellement, le parc nucléaire de la France est composé de 58 réacteurs répartis dans 19 centrales dont celles de Chooz, dans les Ardennes, et de Nogent-sur-Seine, dans l'Aube. Si ce plan se réalise, Claude Wallendorff, qui est également membre du Haut comité pour la transparence et l'information sur la sécurité nucléaire, obtiendrait « enfin » satisfaction. Car l'idée de 'construire un EPR dans les Ardennes n'est pas nouvelle, Il y a sept ans, avec des élus de droite comme Boris Ravignon (devenu depuis maire de Charleville-Mézières) et les parlementaires Benoît Huré, Jean-Luc Warsmann, Bérengère Poletti et Marc Laménie, il avait cosigné un courrier adressé à François Fillon, alors Premier ministre, pour poser la candidature des Ardennes à l'accueil de ce qui devait être le deuxième EPR français après celui de Flamanville

À Sézanne, le maire divers gauche Philippe Bonnotte rappelle que sa ville n'est qu'à 30 kilomètres de Ia centrale de Nogent-sur-Seine. « Nous sommes très peu informés des risques potentiels. Nous savons juste que nous aurons droit à des comprimés d'iode quand il y aura un problème. Je ne pense pas que ce soit une bonne solution de remplacer du nucléaire par du nucléaire, et quand je vois qu'on n'est pas capable de réaliser un EPR actuellement (celui de Flamanville, NDLR), je suis extrêmement sceptique quant au projet d'EDF. » Chez les écologistes, c'est la douche froide, comme en témoigne l'Ardennais Christophe Dumont, conseiller régional EELV. « Cette annonce m'a choqué. C'est un passage en force que tente EDF pour prolonger la durée de vie des centrales actuelles. Cette décision incombe à l'Autorité de sûreté nucléaire. Et ce n'est pas à EDF de décider de la politique énergétique de la France, mais à l'État. Voilà qui confirme nos craintes. Nous pensions que le doublement de la ligne à très haute tension entre Charleville-Mézières et Reims (la ligne Lonny-Vesle, NDLR) était un préalable à l'installation d'un EPR à Chooz. Ce doublement est une hérésie alors que la population et le nombre d'entreprises sont en baisse dans les Ardennes. »

« Flamanville montre que ce n'est pas du tout au point »

Pour Christophe, Dumont, ces orientations et ces déclarations vont à rebours de l'évolution. « Le mythe d'une énergie nucléaire propre, peu coûteuse et sûre vole en éclats. Quand on voit les péripéties que connaît la construction de l'EPR de Flamanville, cela montre que ce n'est pas du tout au point. »  Alors que les mises aux normes liées aux conséquences de l'accident nucléaire de Fukushima restent à finaliser. L'écologiste assure que l'argument de l'emploi que devrait générer la construction d'un EPR n'est pas correct. « On crée sept fois plus , d'emplois dans les énergies renouvelables qu'avec le nucléaire. » Il rappelle que la centrale de Chooz, étant la plus récente du parc nucléaire avec celle de Civaux, dans la Vienne, sera parmi les dernières à fermer. « Elle est encore là pour des dizaines d'années, ce qui laisse du temps, pour chercher des alternatives. »

 Chooz et Nogent-sur-Seine en quelques mots mots

La centrale, de Nogent-sur-Seine, à quelques kilomètres de la Marne et de l'Aisne, produit 18 milliards de kilowattheures- par an, soit 4 % de la production nucléaire française d'EDF. Elle dispose de deux unités de production d'une capacité de 1300 mégawatts chacune, mises en service en 1987 et en 1988. La centrale de Chooz B, à 3 km de la Belgique, est équipée de deux réacteurs de 1.450 mégawatts chacun qui ont 'délivré 21,3 milliards de kilowatt heures en 2014 (5,2 % de la production française), leur mise en service remonte à 1996 et 1997. La durée de vie des réacteurs est estimée à quarante ans. Mais la prolongation de leur activité au-delà de cette limite est possible sur le plan technique, indique-t-on chez EDF. « Tous les composants d'une tranche nucléaire peuvent être remplacés, à l'exception d,e la cuve et de l'enceinte qui peuvent fonctionner jusqu'à soixante ans au moins, à condition de maîtriser leur vieillissement.

 A propos de l’EPR de Flamanville

*.- L'EPR nouvelle génération dont parle M. Lévy serait de même puissance que celui Flamanville ‘650 MW), mais moins coûteux, plus compétitif et plus facile à construire.

*.- EDF vient de demander que de le délai de mise en service de l'EPR de Flamanville soit étendu jusqu'au 11 avril 2020.

Le CHIFFRE 10.5 Milliards d’€

*.-C’est le dernier coût prévu de l’EPR de Flamanville contre 3 ;3 milliards en 2004.

La PHRASE

*.- « Les entreprises du nucléaire sont toutes plus, endettées les unes que les autres. À part chercher des partenaires peu recommandables, EDF n’aura jamais les moyens de financer un tel projet. »

Michée RIVASI, eurodéputée EELV

J-M FRANCOIS

Extraits de l' union du 22/05/2015 

    

    

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