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Méthanisation

Investissements notables chez Cristanol
La 2 e génération prête pour l’usine

ARD acquiert un bel outil 

 2017

Le Grand Reims affirme son soutien à la chaire de biotechnologie de CentraleSupélec !

 2015

 Reims Bioeconomy Park : c’est parti !
Bio technologies et bio économie 
Reims fait le grand pari de la bio économie
Une nouvelle pièce au puzzle

2014

« L’agglomération a tout pour Devenir un pôle en matière de biotechnologie »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Investissements notables chez Cristanol

Bazancourt Au menu, la création d’un 2 e atelier   de rectification d’alcool et la construction d’un silo.


Dirigeants de Cristanol, représentants de la DREAL, de la préfecture, lors du point de presse et de la présentation des investissements.

 Depuis plusieurs années, Yannick Kerharo, maire du village, invite les entreprises de la plaque agro-industrielle à participer à une réunion d’information avec un « point presse » dédié à la sécurité et l’environnement.

Lors de la réunion du 7 décembre, les maires de Bazancourt et Pomacle ont reçu l’entreprise Cristanol (distillerie) dirigée par François Berne, les représentants du Service départemental d’incendie et de secours de la Marne (risque incendie), les inspecteurs de la DREAL (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement) et les chargés de risques de la préfecture.

Cristanol, qualifiée selon ses dirigeants de modèle européen du genre, n’a de cesse de travailler à son développement au travers de plusieurs projets, de veiller à la qualité environnementale, à la sécurité des personnes sur site et hors site. La volonté étant d’être efficace énergétiquement en utilisant ce que la nature, par le biais de l’agriculture, apporte ; mais également de fonctionner en économie circulaire. Il s’avère que les différentes études conduites par les scientifiques apportent des solutions sur une durée variable nécessitant des efforts financiers au départ. Le but : être à moyen et long terme producteur de sa propre énergie, être un acteur de l’écologie.

Les projets à court terme sont les suivants : transformation, création d’un deuxième atelier de rectification d’alcool, construction d’un silo horizontal d’une dimension de 80 m de long et 35,7 de large de stockage au cœur du centre de production.

Lors du point presse, a été présentée la maquette d’un silo horizontal d’une capacité de stockage de 14 500 tonnes de drèches de blé. Le but étant le stockage de matière solide et matière première : le blé.

UNE ESTIMATION DE HUIT CAMIONS PAR JOUR

Les avantages liés à un tel projet pour l’entreprise sont des économies de frais de stockage déportés, de déplacements, la valorisation des espaces disponibles sur le site, l’absence de route à créer, l’emplacement sur site étant entièrement goudronné, pas d’ensilage en présence de camions ; l’approvisionnement est réalisé depuis le hall de chargement en utilisant un rail alimentaire.

Quant aux avantages liés à l’environnement, ils sont nombreux : les études conduites par les différentes parties n’évoquent pas de risque supplémentaire en milieu naturel par rapport au fonctionnement actuel de l’entreprise, la gestion des eaux pluviales ayant été largement prévue : pas de besoin supplémentaire en prévision, ni en consommation d’eau en raison de l’utilisation et des retraitements successifs, de l’utilisation de la vapeur produite par les entreprises voisines. En ce qui concerne la qualité de l’air, le dépoussiérage, par filtres des poussières de blé mis en place, est très largement suffisant. Tous ces dispositifs font l’objet de contrôles permanents. En ce qui concerne le trafic routier, l’estimation ne dépasserait pas huit camions par jour.

Ce projet a été validé par un arrêté préfectoral signé le 3 octobre 2018. L’échéancier est prévu pour une durée située entre le 7 novembre 2018 et courant septembre 2019 pour un coût de 3,7 millions d’euros.

UNE TOUR POUR PRODUIRE DE L’ALCOOL SURFIN

Actuellement, Cristanol est le 2 eproducteur d’alcool surfin avec utilisation de la betterave et blé, ce dernier étant essentiellement destiné aux spiritueux. Une tour de réfrigération supplémentaire sera construite. Comme pour le premier projet, les études de faisabilité n’établissent pas de nuisances pour l’environnement. Le projet a été validé par arrêté préfectoral le 14 août dernier.

DES VISITES D’INSPECTION

La DREAL Grand Est met en œuvre des visites d’inspection, de sensibilisation industrielle. La volonté de communication de l’entreprise certifiée ISO50001 fonctionne depuis plusieurs années, les incidents font l’objet de remontées systématiquement, en cas de dysfonctionnement l’entreprise met en place des moyens afin d’y remédier. On a appris lors de cette réunion que la chaudière Biomasse sur le site agro-industriel fonctionnera à l’avenir avec un passage à 100 % bois, l’utilisation de la paille ne donnant pas toutes les satisfactions espérées. Au moins cela permettra-t-il aux agriculteurs de régions sinistrées de pouvoir nourrir en partie le bétail.

Liliane DUHOUX

 Extrait de l'union du 15/12/2018

     

   

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ARD acquiert un bel outil 

La 2 e génération prête pour l’usine

Le programme Futurol a débouché sur un procédé fiable qui permet de faire du carburant à partir de biomasse non alimentaire. Il ne reste qu’à convaincre les industriels


Le procédé mis au point à Pomacle, près de Reims, est commercialisé par Axens qui démarche des industriels et répond à des appels d’offres.Archives

À SAVOIR

*.- LE PROGRAMME FUTUROL été lancé en 2008 à Pomacle par le consortium Procethol 2G. Il était doté d’un budget de 78 millions d’euros.

*.- LES MEMBRES DU CONSORTIUM SONT : ARD, la CGB, Vivescia, Crédit Agricole du Nord-Est, IFPEN, l’INRA, Lesaffre, l’ONF, Tereos, Total et Unigrains.

Alors que les réserves de pétrole continuent d’être vidées, que la concentration de CO 2 dans l’atmosphère poursuit son inquiétante croissance, un grand pas a été fait à Pomacle, près de Reims. Il a mis près de dix ans – une broutille dans l’univers de la recherche – mais il est conséquent. Les blouses blanches du programme Futurol viennent en effet de valider un procédé permettant de produire du bioéthanol à partir de plantes ou de déchets de plantes non alimentaires. Il permettra de lancer un biocarburant de « deuxième génération » donc fait à partir de biomasse qui ne concurrence pas la production vivrière. Son homologue de première génération, tel qu’il est produit par Cristanol à Bazancourt (Marne), ou Tereos d’Origny-Sainte-Benoite (Aisne), est issu de betterave ou de blé.

DE LA PAILLE, DU BAMBOU, DU PEUPLIER

En outre, l’un des aspects innovants du procédé Futurol est qu’il n’est pas ciblé sur une seule matière première, les recherches ayant démarré dès le début sur une ambition internationale. « On peut traiter de la paille de riz ou de blé, du bambou ou du peuplier, ce qui est très différenciant des autres procédés dans le monde », explique Jean-Christophe Viguié, responsable du programme biocarburants chez IFP Énergies nouvelles, l’un des 11 partenaires du programme. Le procédé Futurol consiste à transformer, grâce à des enzymes, de la cellulose en sucre. Ce sucre sert ensuite à produire de l’éthanol, par fermentation. Si cette technologie est désormais applicable à l’échelle industrielle, il ne s’agit pas pour les onze partenaires de financer eux-mêmes une usine. Axens, filiale d’IFP Énergies nouvelles, a été chargée de commercialiser le procédé via des licences à des industriels. Cette société, qui est le deuxième bailleur le plus important au monde dans le domaine des procédés de raffinage et de pétrochimie, a déjà répondu à des appels d’offres internationaux et démarché des clients. « Nous avons plusieurs fers au feu sur plusieurs continents », confie M. Viguié. Les signatures de contrat ne pourront toutefois pas se faire du jour au lendemain. Une usine de biocarburant de deuxième génération, avec une capacité de 40 000 à 80 000 tonnes par an, nécessite un investissement de plusieurs centaines de millions d’euros. Il faut prendre en compte aussi les délais des procédures d’appels d’offres, lorsqu’il y en a, et les autorisations d’exploitation. Donc, même si demain un industriel se positionnait, il faudrait un délai de trois à quatre ans avant de retrouver à la pompe du biocarburant issu de Futurol.

DONNER DES GAGES AUX INDUSTRIELS

La balle n’est pas que dans le camp des industriels mais aussi dans celui des États invités à donner des messages clairs. On sait que le monde coopératif agricole, qui avait investi dans centaines de millions d’euros il y a une quinzaine d’années dans des distilleries de première génération, a été échaudé par l’instabilité des réglementations fiscales et des positions européennes, qui ont mis à l’épreuve l’économie de leurs unités. «Il faut donner aux industriels des outils financiers et fiscaux, des réglementations stables et de long terme pour sécuriser leurs investissements et la vente des produits », plaide Jean-Christophe Viguié.

Reste que dans le contexte d’une prise de conscience accrue du réchauffement climatique, les biocarburants avancés, qui permettent une réduction de plus de 85 % des gaz à effet de serre en comparaison avec les carburants fossiles, tombent à point nommé. Mais ils ne sont pas la panacée non plus. « Il faut plusieurs solutions, des biocarburants de première génération, de deuxième génération, des motorisations plus efficaces, hybrides et du tout électrique, pour résoudre le problème », conclut le spécialiste des biocarburants.

ELLE A CÉDÉ SES ACTIFS À ARD MAIS PROCETHOL 2G DEMEURE

Le programme Futurol étant terminé, la société Proecthol 2G a cédé ses actifs de Pomacle à ARD qui a repris le personnel. Toutefois, la société existe encore. « C’est elle qui a passé les contrats avec Axens qui est beaucoup mieux armée pour toucher des clients à travers le monde », explique Nathalie Alazard-Toux, présidente. Procethol 2 percevra les flux de la commercialisation portée par Axens. Ils seront redistribués aux actionnaires et serviront à rembourser à BPIFrance ses avances. Procethol 2G fera appel à ARD, en tant que prestataire, pour tester les biomasses des futurs clients.

QUEL EST LE PROCÉDÉ ?

Le procédé du programme Futurol consiste à exploiter deux des composantes de la biomasse que sont la cellulose et l’hémicellulose, la troisième étant la lignine. D’abord, on fait un prétraitement de la biomasse pour que la cellulose soit accessible aux biocatalyseurs (des enzymes) afin qu’ils la transforment en sucre. Ce sucre permettra, grâce à des levures, d’obtenir de l’éthanol. Ce dernier est enfin distillé et purifié avant son injection finale dans les carburants. Ce procédé est complet car il prévoit la production de ses propres biocatalyseurs quand des procédés concurrents ont recours à des biocatalyseurs achetés à des tiers. «C’est un élément différenciant de la technologie qui se révèle une solution particulièrement économique pour le client », explique Jean-Christophe Viguié. L’une des autres originalités c’est que la saccarification et la fermentation se font en même temps.

Julien BOUILLÉ

 Extrait de l'union du 11/0122018

     

   

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 Le Grand Reims affirme son soutien à la chaire de biotechnologie de CentraleSupélec !

Inauguration au Centre Européen de Biotechnologie et de Bioéconomie à Pomacle du projet 3DBioMat et NanoTomographe dernière génération, qui a pour ambition de développer une activité de recherche et développement dédiée aux matériaux biosourcés.

=> Infos : http://bit.ly/2zrelgd

A Extrait de Grand REIMS Mag N° 3 du 10/2017

     

   

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 Reims Bioeconomy Park : c’est parti !

D’un côté de l’autoroute A34 (ReimsArdennes), la plaque agro-industrielle de Pomacle-Bazancourt, et de l’autre, un tout nouveau parc d’activités dédié à l’innovation et aux entreprises du secteur des agro-ressources : le Reims Bioeconomy Park. Aménagé, ce vaste site connu sous le nom de Sohettes-Val des Bois va permettre aux premières sociétés du secteur high-tech de venir s’installer sur 12 hectares en « prêt à construire » à des prix attractifs, avant la finalisation en 2016 de la 1re tranche devant couvrir 46 hectares.

Lors de l’inauguration du site début novembre, la CCI de Reims-Epernay qui porte le projet et le finance en grande partie (16 M€ sur les 20 M€ consacrés à la première tranche) avec l’appui des communautés de communes de la Vallée de la Suippe et de Beine-Bourgogne, de la Région et de l’Europe, a fait savoir que des candidats frappent déjà à la porte avec de beaux projets.

Extrait de RM N° 146/42 du 12/2015

     

   

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  Bio technologies et bio économie :
Un centre de recherche pour monter en puissance

A Pomacle, à deux pas de Reims, a été inauguré fin octobre le Centre européen de Biotechnologie et de Bioéconomie (CEBB) qui va, d’ici la fin de l’année, réunir sous un même toit des chercheurs de haut niveau, chargés d’imaginer et concevoir les débouchés de demain pour les productions agricoles.


Le Centre Européen de biotechnologie et de bioéconomie est implanté sur le site agro-industriel  de Pomacle-Bazancourt. Il s’épanouira dans un bâtiment de 2600 m² qui accueillera d’ici la fin de l’année plus de 50 scientifiques.

Véritable atout pour notre territoire (caractérisé par une matière première agricole qualitative), la bioéconomie offre des alternatives aux produits d’origines fossiles. Biocarburants, biomatériaux, biomolécules pour les cosmétiques et la pharmacie sont issus d’une recherche visant à faire fructifier les produits de la terre. Forgé au fil des ans autour de cette thématique forte et conforté par le pôle de compétitivité IAR (Industries et AgroRessources), le site agro-industriel de Pomacle-Bazancourt - désormais appelé Institut européen de la bioraffinerie - a acquis une visibilité internationale, devenant une sorte de « Silicon Valley » dans son champ d’activités. Restait à placer la recherche au cœur du dispositif pour travailler en symbiose et accélérer les projets. Ce n’est désormais plus qu’une question de jours…

DE GRANDES ÉCOLES ET L’UNIVERSITÉ REGROUPÉES

Un bâtiment très épuré de 2600 m2 est sorti de terre en l’espace de 16 mois juste à côté de l’usine Futurol. Il est en cours d’équipement en vue d’accueillir d’ici la fin de l’année plus de 50 scientifiques provenant des chaires de Biotechnologie de Centrale Supélec, d’Agro-Bio-Industrie d’AgroParisTech et de Bioéconomie de Neoma Business School. S’y joindra une chaire adossée à l’Université de Reims Champagne-Ardenne, la porte restant ouverte à des start-up prometteuses, à l’image de la rémoise NeWeaver déjà annoncée sur place. Afin d’offrir un outil à la hauteur de l’ambition affichée, trois collectivités ont financé à part égale

l’opération immobilière et le fonctionnement du site, à hauteur de 30 M€  : Reims Métropole, Conseil régional, et Conseil départemental de la Marne. Les clés ont été remises au président de l’association gérant le CEBB, Marc-André Théoleyre. Ce dernier insiste sur «  l’esprit de collaboration et de mutualisation des moyens mis à disposition des équipes scientifiques. Nous ferons en sorte que ce centre soit bien plus que la somme de ses parties ».Pour sa part, Pierre-Alain Schieb, directeur de la chaire Neoma BS se réjouit qu’une grande école de commerce puisse s’insérer dans un ambitieux projet technologique. « Dans un pays qui cherche à se réindustrialiser, il est important de faire jouer les complémentarités de compétences. Nos jeunes ont un rôle à jouer dans les Biotech également », affirme-t-il.

 Extrait de RM N° 146/42 du 12/2015

     

   

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  Reims fait le grand pari de la bio économie

Au pôle de compétitivité mondial « Industries et Agro-Ressources » de Pomacle-Bazancourt, les acteurs politiques et économiques locaux viennent d'ajouter un nouveau centre de recherche de niveau international et un parc d'activités dédiés aux entreprises innovantes. Objectif : faire de ce territoire aux portes de Reims la référence dans le domaine de la valorisation du végétal.


Le site de Pomacle-Bazancourt, c'est 1 100 emplois directs et plus de 1.000

D'ici à la fin de l'année, une cinquantaine de chercheurs vont s'installer dans le nouveau Centre d'Excellence de Biotechnologies et de Biochimie. (© l'Hebdo du Vendredi)


Olivier de Bohan, président de Cristal Union et de la Fondation de Bohan. (© l'Hebdo du Vendredi)


Le Reims Bioeconomy Park a été officiellement inauguré lundi 2 novembre. (© l'Hebdo du Vendredi)


Pierre-Alain Schieb, spécialiste en bioéconomie Industrielle pour NEOMA Business School, estime que le site peut répondre aux grands défis du XXIe siècle. (© l'Hebdo du Vendredi)


Si 12 hectares sont déjà disponibles au Reims Bioeconomy Park, 46 hectares au total seront livrés en 2016. (© l'Hebdo du Vendredi)

En cette période automnale, sur le site de Pomacle-Bazancourt, l'incessant ballet des poids lourds rappelle que la saison des betteraves bat son plein. Les épais nuages de fumées qui s'échappent dans un flot continu témoignent de l'activité intense qui règne au sein du complexe industriel dédié aux agro-ressources. Il y a encore un peu plus de 10 ans, Pomacle-Bazancourt n'accueillait qu'une sucrerie, fondée dans les années 50 comme en témoigne encore aujourd'hui un énorme silo noirci par le temps. En 2000, plusieurs coopératives, dont celle de Bazancourt, fusionnent pour donner naissance à un géant du sucre, Cristal Union. Mais c'est en 2005 que le site bascule véritablement dans une autre dimension. Il devient sous la présidence de Jacques Chirac un pôle de compétitivité à vocation mondiale dédié aux « Industries et Agro-Ressources ». Objectif : rassembler les industriels et les acteurs de la recherche autour d’un projet commun : les valorisations non alimentaires du végétal.

Pôle de compétitivité mondial depuis 2005

Ainsi, en 2007, sous l'égide de Cristal Union, 272 millions d'€ sont investis dans un outil de production de biocarburant à base de betteraves d'une capacité de 3,5 millions d'hectolitres ! La révolution économique du site est lancée. Plusieurs entreprises et nouveaux outils s'installent aux côtés de la sucrerie historique dans un souci de synergie : ARD, Chamtor, Solliance, Bioamber, Air Liquide, Wheatoleo, Biodemo, Futurol... Aujourd'hui, le pôle emploie directement 1 100 salariés, auxquels il faut ajouter plus de 1 000 emplois indirects. C'est beaucoup et peu à la fois. Et à l'aube d'un réchauffement climatique mondial, la valorisation non alimentaire du végétal ou bioéconomie prend une très grande importance. « Les biocarburants font partie de la solution », assure ainsi Olivier De Bohan, président de Cristal Union et de la Fondation De Bohan. Cette dernière rassemble tous les acteurs économiques et politiques autour du soutien et du développement de la bioéconomie et de la bioraffinerie de Pomacle-Bazancourt. « Ici, nous transformons du blé et des betteraves en biocarburant. Pour une même unité énergétique produite, la production à partir de betteraves rejette 30 g de C02. C'est 90 g avec le gaz, 130 avec le schiste bitumeux et 170 g avec le charbon. Ce sont des unités de production comme la nôtre qui vont permettre de réduire la pollution. Alors oui, on peut polémiquer et dire qu'on va affamer la planète, mais c'est un non-sens car les valorisations non alimentaires du végétal ne concernent que 3% des terres agricoles au niveau mondial. » 

Mise en service d'un centre de recherche

Elus politiques et acteurs économiques locaux sont tous convaincus par les propos d'Olivier de Bohan. Ils voient en la bioéconomie une source de développement économique et d'emplois non délocalisables pour l'ensemble du bassin de vie rémois. Et ce ne sont pas que des mots. Il y a tout juste une semaine, trois collectivités publiques ont inauguré à Pomacle-Bazancourt le Centre d'Excellence de Biotechnologies et de Biochimie (CEBB). En effet, la région Champagne-Ardenne, le conseil départemental de la Marne et Reims Métropole se sont unis pour constituer cet ensemble d'enseignement supérieur et de recherche de niveau international. Le bâtiment sobre et élégant de 2 400 m2, comprenant des laboratoires et des bureaux, sera exclusivement consacré à la recherche fondamentale. Il doit accueillir dans les semaines qui viennent une cinquantaine de chercheurs de l'Ecole Centrale Paris, AgroParisTech, Neoma Business School et de l'Université de Reims Champagne-Ardenne. Si le projet immobilier représente un investissement de 8,2 millions d'€, le montant total de l'opération, comprenant aussi la mise en place des chaires et son fonctionnement, atteint 30 millions d'€. Une somme répartie à parité entre les trois collectivités. Les objectifs fixés au CEBB sont très importants. Les équipes de recherche devront s'attacher à développer de nouveaux procédés fondés sur les biotechnologies permettant de valoriser le végétal, de réduire les consommations d'énergies ou encore d'améliorer le recyclage des déchets. Des travaux qui se situeront en amont de ceux d'ARD, structure de recherche privée mutualisée installée à proximité qui dispose de fortes compétences en industrialisation de procédés.

Naissance du Reims Bioeconomy Park

Afin de soutenir ces initiatives porteuses de richesse et de développement économique pour le territoire, c'est maintenant au tour de la Chambre de commerce et d'industrie de Reims et d'Epernay de s'impliquer directement. Désireuse de favoriser l'essor de la filière de la bioéconomie, elle vient de lancer officiellement, lundi 2 novembre, son projet de parc d'activités sur le site des Sohettes, à quelques centaines de mètres des installations de Pomacle-Bazancourt. Baptisé Reims Bioeconomy Park, il a vocation à permettre l'implantation d'activités complémentaires aux agro-ressources : production, recherche, logistique et services connexes. D'une surface à terme de 193 hectares et situé sur les territoires des communautés de communes Vallée de la Suippe et Beine-Bourgogne, ce projet réfléchi depuis 2005 représente pour la CCI un investissement de 20 millions d'€. Ce parc d'activités entend attirer des entreprises de pointe et innovantes. Un premier secteur de 12 hectares, dit « high tech », est achevé. Les 34 autres hectares de la première tranche devant être livrés en 2016. Soucieuse de proposer des solutions foncières attractives aux entreprises, la CCI propose sur ce parc des parcelles allant de 1.700 m2 à plusieurs hectares.

Comme le rappelle Pierre-Alain Schieb, titulaire de la Chaire de Bioéconomie Industrielle de NEOMA Business School, « si nous sommes aujourd'hui dans un contexte avec une énergie peu dispendieuse, il y a des raisons pour les industriels de développer des applications liées à la valorisation du végétal : le réchauffement climatique et la faim dans le monde. » De ces activités de recherche et industrielles en cours et futures du site de Pomacle-Bazancourt et du Reims Bioeconomy Park viendront peut-être les réponses à ces deux grands défis du XXIe siècle.

Julien Debant

Extrait de l'Hebdo du Vendredi du 06/11/2015

     

   

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  Une nouvelle pièce au puzzle

Avec son nouveau bâtiment et ses clients prestigieux, ARD s'impose progressivement comme une rampe de lancement de projets internationaux de l'ère du pétrole vert


Le nouveau bâtiment d'ARD est posé à côté de son démonstrateur industriel 8iodéma, inauguré en 2009. Cet équipement de niveau international a déjà attiré de belles start-up comme Amyris, 8ioAmber el maintenant Global Bioenergies.

 Ce n'est à première vue qu'un déménagement. Mais le nouveau bâtiment d'ARD, inauguré en grande pompe jeudi dernier, est une nouvelle pièce dans le puzzle qu'est la bioraffinerie végétale de Pomacle-Bazancourt, située à 10 minutes de Reims, sur le chemin de Charleville.

*.- De Chamtor à cristanol.

ARD avait été créée en 1989 par les coopératives régionales pour valoriser localement et autrement une production agricole excédentaire et pénalisée par son éloignement des grands ports de commerce. Elle a depuis largement contribué à la construction d'un ensemble dédié au green business. Ses travaux ont prévalu notamment à la création et au développement de Cbamtor, l'amidonnerie-glucoserie du groupe Vivescia lancée en 1992. ARD a été déterminante aussi pour la création de Cristanol, Ia distillerie de Cristal Union et de Blétanol (union de coopératives céréalières françaises), construite il y a dix ans pour transformer blé et betterave en bioéthanol,

*.- Wheatholeo fruit de la chimie verte.

À partir de ces travaux de recherche, ARD a créé aussi, il y a cinq ans. une filiale, Wheatholao. Elle propose des produits détergents innovants grâce à l'APP (« alkyl poly pentosides »), un tensioactif d'origine végétale et renouvelable issu de sucres non utilisés pour l'alimentation., Cette spin-off connaîtra-t-elle le destin de SoIiance ?

 *.- La pépite Soliance repris par un groupe Suisse.

ARD est aussi à l'origine de Solianœ qui a travaillé notamment avec le géant L'Oréal pour développer de nouveaux produits cosmétiques d'origine végétale. Cette pépite a quitté l'an passé le giron des coopératives régionales pour être rachetée par le groupe suisse Givaudan, leader de l'industrie des parfums. Le montant de la transaction de cette belle société d'environ 80 salariés n'a pas été révélé. Mais l'opération a contribué au financèrent du nouveau bâtiment d'ARD qui partageait jusqu'à l'an passé ses locaux avec la filiale cosmétique.

*.- Un outil apprécié des start-up américaines.

 Vu de la région, on manque de recul et d'objectivité, mais il est avéré que les services et les équipements d'ARD, proposés via des contrats de prestation de service à des entreprises clientes, sont appréciés du monde entier. Il y a eu la start-up américaine des biotechs Amyris mais aussi BioAmber. Cette dernière a développé au sein du démonstrateur industrie BioDémo son procédé d'acide succinique (composant de plastiques notamment) d'origine végétale. Ce passage a fait une-belle publicité pour ARD même si le bilan est un peu amer. Après avoir bénéficié du crédit d'impôt recherche français, la start-up a finalement construit cette usine au Canada. Le gouvernement local a en effet pris part au risque financier à hauteur de 50 %, chose qui est jusqu'à présent interdite en Europe pour des questions de règles de concurrence Avec Global Bioenergies, on mise sur un autre dénouement.

*.- GIobal Bioenergie, nouveau client vedette.

La start-up d'Evry fait beaucoup parler d'elle en ce moment. Et elle fait aussi parler d'ARD. « On a évalué 100 plateformes de par le monde. On a finalement choisi cette plate-forme qui est unique car elle va du laboratoire à l’échette industrielle » a expliqué Marc Delcourt, son PDG et fondateur lors de sa dernière visite sur le site.

Global Bioenergies vient de fonder une joint venture avec Cristal Union pour développer de façon Industrielle son procédé d'isobutène d'origine végétale. li permettrait de produire des plastiques, des caoutchoucs mais surtout une essence verte qui intéresse fortement Je constructeur allemand Audi. La première usine, dans laquelle Cristal Union serait investisseur, pourrait voir le jour dans la région, soit à Pomacle-Bazancourt, soit dans à Arcis-sur-Aube. Du champ à l'usine en passant par l'éprouvette, la boucle serait bouclée.

*.- Ouverture nécessaire sur l’extérieur.  

Il y a vingt-cinq ans, ARD était précurseur dans son domaine de recherche. Elle avait pour principaux utilisateurs ses fondateurs. Mais les temps ont changé, de nouveaux acteurs ont émergé. Et puis, il faut alimenter un budget de 11 millions d'euros par an, sans plomber les finances des actionnaires. « On ne nous demande pas forcément de cracher du cash mais on ne nous demande pas non plus d'en consommer » résume Yvon Le Hénaff directeur général d’ARD.

Il y a également une dimension stratégique, qui, apprend-on en coulisse, anime les débats d'actionnaires. Alors que les blouses blanches du monde entier sont désormais sur le même filon du pétrole vert, l'avantage d'ARD résiderait davantage dans sa capacité de mise à l'échelle industrielle de procédés d'entreprises clientes que dans ses capacités à mener ses propres recherches.

« On est dans le top cinq des plates-formes européennes. L'idée est maintenant de capter les projets industriels tout en restant fidèle aux coopérateurs », explique pour sa part Jean-Marie Chauvet, directeur de projet bioraffinerie.

D'une pièce nouvelle à l'autre, l'image d'une grande rampe de lancement pour projets industriels verts du monde entier pourrait apparaître à la surface du puzzle.

Le TEMOIN


JOHN BELL
Directeur de la bioéconomie Commission Européenne

« Une deuxième cathédrale »

« Je savais qu'il y avait une cathédrale très fameuse à Reims mais je ne savais pas qu'il y en avait deux. À Pomacle-Bazancourt j'ai vu une cathédrale industrielle de l'avenir. Ce que l'on peut voir ici, c'est le début de la prochaine économie, de la prochaine société. Elle commence par l'agriculture. Les vraies économies sont enracinées sur leur territoire. Il y a une liaison ici entre les connaissances et le savoir-faire au travers des agriculteurs et des coopératives. En tant que fonctionnaire européen, je suis frappé de voir qu’iI y a déjà un pèlerinage ici des grandes écoles parisiennes. »

Les REPERES

BIO BASED EUROPE

•.- Pour éviter que les investissements issus des innovations partent sur d'autres continents plus généreux, l'Europe commence à réagir,

•.- Un partenariat public privé avec le Bio Base Consortium (70 entreprises) va générer 2,7 milliards d'euros d'investissements.

Le CHIFFRE 1

Les investissements sur le site de Pomacle-Bazancourt ces dernières années s’élèvent à 1 milliard d’euros

La Citation

« Nous sommes dans une économie circulaire, Si Ion peut valoriser ce qui hier était considéré comme des déchets et qui est considéré aujourd’hui comme une nouvelle matière première, cela va dans le bon sens. »

Julien BOUILLE

 Extrait de l'union du 22/06/2015

     

   

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 « L’agglomération a tout pour devenir un pôle en matière de biotechnologie »

Guichet unique, recherche et innovation, des axes de développement économique pour le territoire estime Catherine Vautrin, présidente de Reims Métropole.

L’ESSENTIEL

•.- Celle Innée devrait voir la traduction physique du guichet destiné à faciliter la vie des entreprises locales 'entre autres. Catherine Vamn mise sur la biotechnologie pour faire du territoire un pôle d'excellence.

•.- Le grand ca",pus est un projet important, même si le montage financier reste à préciser. De même que l'enseignement supérieur est un atout sur lequel i faut s'appuyer

•. La réforme territoriale et celle des intercommunalités sont des enl'eux essentiels, la présidente militant pour un rapprochement avec l'Aisne et la Lorraine.

•.- Comme Arnaud Robinet. Catherine Vautrin précise que c'est le projet qui compte pour l'UMP pas j l'homme.

•.- Nous avons déjà abordé le dossier transport, quels sont les autres enjeux à venir ?

Nous avons réalisé la baisse sur la taxe d'enlèvement des ordures ménagères. Nous allons concrétiser cette année le partenariat avec la chambre de commerce et d'industrie et la chambre des métiers. Le but est de maintenir l'emploi et de le développer, Il y a d'un côté les emplois exogènes, ceux qui consécutifs à des implantations venues de l'extérieur, À ce sujet, Invest'in Reims remplit très bien sa mission. Mais il faut auspétence économique est essentielle.

Nous souhaitons nous appuyer sur la recherche et l'innovation, sur un pôle de biotechnologie. Il Y a une vraie légitimité et cohérence sur notre territoire. Cela commence par un pôle sur 7 hectares des entreprises novatrices près de Courlancy, dont le travail pourrait trouver leur application juste à côté. C'est aussi le devenir dela BA112, un dossier dont nous avons hérité et qui était en friche. Le projet de la chambre d'agriculture bénéficie d'un a priori favorable. Nous avons commencé à renouer le dialogue avec Courcy et Brimont, nous ne voulons rien imposer. Le projet est de travailler de la graine jusqu'au matériel agricole. Nous savons que l'enjeu alimentaire sera celui du 21° siècle

•.- De la matière grise, cela commence dès l'université

Nous avons l'université, Sciences Po, Neoma, l'ESAD... Le projet de grand campus est important, même si I.e montage financier reste encore à débroussailler. L'État par exemple va-t-il donner son terrain ou le vendre? Va-t -il autoriser l'université à emprunter? Nous avons en attendant au sein de l'université des trésors comme le supercalculateur Romeo cadre d'un partenariat avec le CHU pour disposer des dossiers des patients en 3D sans clavier. Il y a aussi l'institut d'aménagement des territoires, d'environnement et d'urbanisme de Reims, très en pointe également En tant que présidente de l'office de-tourisme, cela me fait . penser à un projet autour d'un siècle d'urbanisme, après la destruction de Reims. Une histoire à raconter, avec notamment le formidable patrimoine Art déco, des zones urbaines ou même le circuit de Gueux. Mais aussi des leçonsà tirer.

 Extrait de l'union du 18/09/2014

     

   

 Répertoire  

 

 

 

 

 

 

 

 

Méthanisation


Autorisation à Fresne, mobilisation à Puisieulx
Les grands enjeux de la méthanisation
Catherine Vautrin très critique envers le projet de méthanisation

« La méthanisation, c’est une solution »

Bourgogne-Fresne
Méthanisation : une institution appelle à repérer et isoler les opposants

Catherine Vautrin très critique envers le projet de méthanisation 
Des découvertes archéologiques freinent le projet géant de méthanisation
 Des déchets (et de l’eau) dans le gaz

Cernay-lès-Reims

Du gaz vert dans les tuyaux
Visite du premier site marnais de méthanisation dans la Marne 

Puisieulx

Projet de méthanisation à Puisieulx : les habitants du village s’impatientent
Méthanisation sous haute tension

Un autre projet de méthanisation divise

     

   

 Répertoire  

 

 

 

 

Autorisation à Fresne, mobilisation à Puisieulx

Bourgogne-Fresne Puisieulx L’État autorise le méthaniseur   de Fresne. Les opposants manifesteront à Puisieulx.

 
L’État vient d’autoriser le projet de méthanisation porté par Méthabaz.Illustration

Les opposants aux projets de méthanisation unissent leurs forces. Depuis six mois, ceux de Bourgogne-Fresne critiquent le projet de Méthabaz, en raison de sa proximité avec un lotissement (550 mètres). Mais cette unité, qui prévoit de transformer 36.000 tonnes de déchets agricoles par an en biogaz, vient de franchir une étape cruciale, en obtenant le feu vert de l’État.

« Les installations de la société Méthabaz, dont le siège est situé (…) à Warmeriville (…), sont autorisées » , peut-on lire dans un arrêté du 19 novembre, cosigné par les préfets de la Marne et des Ardennes. Le projet avait reçu, onze jours plus tôt, un avis favorable du CODERST (Conseil départemental de l’environnement, des risques sanitaires et technologiques). Dans l’arrêté, il est rappelé que l’unité de méthanisation traitera 99,7 tonnes par jour (juste sous le seuil de 100 tonnes) de déchets agricoles, en grande partie des restes de betteraves, et en plus faible quantité des fumiers de volailles et de bovins.

Les prescriptions de l’État (contre les odeurs ou le bruit) sont jugées insuffisantes par les opposants

Après les vives polémiques qui ont entouré ce projet, les contestations de riverains, les avis défavorables de six villages, ou encore les remarques écrites du Grand Reims, l’arrêté ordonne toutefois des « prescriptions particulières » . Pour l’intégration paysagère : utiliser des bardages et des bâches « vert foncé ou gris clair » , et planter « une haie champêtre » entre le site et le village. Pour limiter les odeurs, « tout entreposage à l’air libre de matières odorantes est interdit » . Par ailleurs, « un état initial des odeurs perçues sera réalisé avant la mise en service » , à comparer avec un second, qui sera fait « dans un délai d’un an après la mise en service » .

Insuffisant cependant pour les opposants à Méthabaz : « Beaucoup d’éléments demandés par plusieurs collectivités (Witry, Bourgogne, le Grand Reims entre autres, ndlr) n’ont pas été retenus : l’État revient sur le jury de nez, le site n’est plus arboré que d’un seul côté, et aucun horaire n’est prescrit pour les camions, donc ils pourront venir quand ils veulent » , critique l’Association citoyenne de défense de la nature et des personnes contre les pollutions et les nuisances (ACDPN).

Ses membres veulent donc à nouveau se faire entendre. Parmi les actions envisagées, ils manifesteront dimanche après-midi, loin de leurs bases, dans les rues de Puisieulx (lire par ailleurs).

Guillaume LLÉVY

Extraits de l' union du 24/11/2018

Les grands enjeux de la méthanisation

Des dizaines de dossiers en réflexion dans l’Aisne, la Marne et les Ardennes. La méthanisation progresse mais, parfois, inquiète. Qu’y a-t-il à craindre au juste ?


Des déchets de cantine scolaire, agricoles, dans tous les cas organiques, entrent dans le processus de méthanisation.

À SAVOIR

*.- LA MÉTHANISATION EST UN PROCESSUS de décomposition de matières pourrissables (comme des restes de cantine scolaire), dans un lieu privé d’oxygène, afin de produire du biogaz. Ce gaz vert peut être brûlé pour produire soit de l’électricité et de la chaleur (on parle de cogénération) ou être épuré jusqu’à l’obtention d’un gaz (le biométhane) qui peut alors être injecté dans le réseau de gaz.

*.- CERTAINS PROJETS EN COURS inquiètent des riverains. Avec des spécialistes, ce dossier fait le point sur la question, essentielle pour la transition et l’indépendance énergétiques.

«  Une usine de métallisation ?

Je ne connais pas de ça ici.

– Non ! Pas métallisation, mais mé-tha-ni-sa-tion .

– Désolée, je ne suis pas au courant… ». À Cernay-les-Reims, commune en périphérie de la métropole régionale, seule la quatrième personne interrogée a su dire dans quelle direction se trouvait l’entreprise recherchée, la première dans le département de la Marne à injecter du gaz « vert » de sa fabrication dans les réseaux de GRDF depuis le début de l’année. Le site, où même sur place on ne sent rien, est complètement isolé dans les champs, mais plus près de Reims que de Cernay. Il fournit l’équivalent chauffage pour 1 500 logements de quatre personnes ou de carburant bioGNV pour une flotte de 80 bus. À Prez, non loin de Rocroi dans les Ardennes, le Gaec Demorgny revend de l’électricité à EDF depuis 2013 et utilise son combustible de cogénération pour chauffer une partie de ses installations agricoles, grâce à un méthaniseur installé dans la ferme, d’une capacité de 500 kWe (kilowatt électrique).

Le Gaec Demorgny, qui fait de l’élevage et des céréales, s’est lancé dans cette voie dans un souci de diversification. C’est aussi dans les Ardennes, à Clavy-Warby que le premier site de méthanisation a vu le jour dans la région. C’était en 2005. « Notre département était pionnier sur ce créneau », rappelle Bruno Mahé, chargé d’étude à l’agence locale de l’énergie et du climat (ALEC 08). « Les deuxièmes, troisièmes et quatrièmes méthaniseurs de France étaient ardennais », confirme Alexandre Ducruet, directeur territorial Marne et Ardennes chez GRDF.

Trois des quatre premiers sites français étaient ardennais. Ce département était un des pionniers de la méthanisation

Un peu partout, des sites de méthanisation s’ouvrent. Toutes techniques confondues, on en dénombre une douzaine dans les Ardennes, au moins sept dans la Marne.

« Quatre installations fonctionnent dans l’Aisne et plusieurs dizaines de projets sont en cours », résume Guillaume Rautureau, conseiller à la chambre d’agriculture de l’Aisne. La méthanisation n’est pourtant pas une affaire réglée comme du papier à musique comme le prouvent les débats actuels liés à deux projets dans les environs de Reims, et suscités par des habitants qui craignent les nuisances telles que les odeurs, le bruit des camions, une perte de leur valeur immobilière.

Des tracteurs roulent au gaz produit à la ferme. On est sur un bilan carbone quasi neutre.
Alexandre Ducruet, GRDF

Plus globalement, on a le sentiment qu’on n’est pas contre la méthanisation, du moment qu’elle ne se fait pas à côté de chez soi. Dans la région, des porteurs de projet ont dû changer leur fusil d’épaule sous la pression, alors que d’autres initiatives sont passées comme une lettre à la Poste. Bruno Mahé se souvient d’un dossier ardennais. « Deux réunions avaient été organisées en amont : la première a rassemblé cinquante personnes, la seconde, vingt-cinq. Ensuite, la consultation en mairie s’est soldée sans aucune intervention. »

Le problème ne vient-il pas simplement d’un défaut de communication ? Assurément, il y contribue de façon essentielle. C’est d’ailleurs pour cette raison que l’ADEME (agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) a édité à l’intention des porteurs de projet, un guide dédié à l’information et au dialogue. « Maintenant, ce n’est pas parce que vous communiquez bien que votre projet se réalisera », tempère Guillaume Rautureau. L’idée est en tout cas de communiquer le plus tôt possible et de n’oublier personne.

ÉCONOMIE CIRCULAIRE ET VERTUEUSE

Le principe de la méthanisation consiste à dégrader dans un digesteur de la matière organique, ainsi que le montre notre infographie ci-contre, dans un milieu privé d’oxygène. Il en résulte deux choses. D’une part un produit appelé digestat qui, le plus souvent, est utilisé comme fertilisant naturel, qui revient donc à la terre. Et d’autre part du biogaz, une énergie renouvelable qui peut être utilisée sous forme combustive pour la production d’électricité et de chaleur, de production d’un carburant, ou d’injection dans le réseau de gaz naturel après épuration. C’est donc de l’énergie produite et utilisée localement. « Des tracteurs roulent au gaz produit à la ferme ! On est sur un bilan carbone quasi neutre », argumente Alexandre Ducruet. Pour les acteurs économiques, la méthanisation est un système gagnant-gagnant, générateur d’emplois non délocalisables et utile à l’environnement, mais qui ne se met en place qu’après le respect de règles.

Comme par exemple celle de traiter le plus rapidement possible les intrants (les déchets organiques) pour qu’ils ne se dégradent pas avant d’être placés dans le digesteur.

Ce qui impose à un site de méthanisation de fonctionner continuellement sous le contrôle d’au moins un opérateur par site.

DÉSODORISÉ À 98 % PAR RAPPORT À DU LISIER

Tous les experts s’accordent à dire que ce sujet ne devrait pas être source d’inquiétude.

D’abord parce que le procédé de méthanisation, en milieu confiné et hermétique, ne crée pas d’odeurs. «Les seules étapes pouvant occasionner des odeurs sont celles liées à la logistique nécessaire autour de la méthanisation : le transport, le stockage, le déchargement et le chargement des matières. Le digestat est désodorisé à 98 % par rapport à du lisier », expose M. Rautureau.

LE GRAND REIMS PRENDRA SA PART

« Nous sommes sur la même ligne que le président du conseil régional Grand Est, Jean Rottner. Notre territoire prendra sa part dans cet enjeu. Notre collectivité est en train de travailler à l’élaboration d’un schéma global, nous partons du principe qu’il faut accompagner plutôt que subir », indiquait il y a quelques jours Guillaume Michaux, 10 e vice-président du Grand Reims, en charge du développement durable et des réseaux de chaleur. Non sans ajouter que chaque méthaniseur représente un cas différent.

3 QUESTIONS à


Alexandre DUCRUET
Dr territorial GRDF

100 % de gaz dans   les tuyaux en 2050 !

GRDF est le principal gestionnaire du réseau de distribution de gaz naturel et est donc directement concerné par le biogaz.

De quelle façon s’implique-t-il ?

Notre société n’a pas le droit d’investir dans des projets, en revanche, nous conseillons les porteurs tout au long de leur projet, en amont principalement. Ce qui nous intéresse, ce n’est pas la cogénération mais la méthanisation qui permet l’injection de gaz dans les tuyaux. Actuellement, la France est dépendante des pays producteurs de gaz. La loi prévoit un objectif de 10 % de gaz renouvelable dans la consommation de gaz en 2030. Notre but à nous est d’arriver à 100% de gaz vert en 2050. La filière méthanisation est la première pour la production de gaz renouvelable. Actuellement, sur mon secteur composé de la Marne et des Ardennes, le seul site à faire de l’injection est celui de Cernay-les-Reims. D’autres dossiers sont appelés à se développer, je pense notamment à des projets sur Sedan-Bazeilles, Rethel et dans la Marne. Pour résumer, cette année, nous travaillons sur dix nouvelles études détaillées, contre seulement trois en 2017.

Qu’appelez-vous exactement gaz vert ?

Il se compose en trois tiers de gaz issus de procédés différents. L’un de la méthanisation, un autre de la pyrogazeification (un système qui consiste à produire du gaz à partir du chauffage de résidus de bois et de déchets hors oxygène) et le troisième de méthanation, un procédé industriel permettant de transformer les excédents d’électricité en méthane.

Tous les sites de méthanisation ne sont pas obligatoirement situés à proximité du réseau de distribution. C’est GRDF qui effectue la jonction ?

C’est un point essentiel. Dans la mesure où les sites d’injection sont rarement implantés à côté des agglomérations, il faut aménager les réseaux. Nous avons, par exemple, réalisé une étude pour un projet de méthanisation pour le centre de stockage de déchets à Éteignières dans les Ardennes. Il y a dix kilomètres de réseaux à relier. Sur d’autres sites, ce peut-être 500 mètres. De tels travaux peuvent intéresser d’autres clients. GRDF prend à sa charge 40 % du coût d’extension dans le cadre d’un programme de méthanisation.

NOS RÉGIONS EN TÊTE DES PALMARÈS

« La région Grand Est est la première de France pour la méthanisation » indiquait cet été la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL), un service de l’État. La filière cogénération est passée de 6 à 73 installations entre 2011 et 2018. Depuis 2014, la moyenne est de 13 nouvelles installations par an. 80 projets avancés sont en cours en cogénération. Pratiquement inexistante avant 2015, la filière injection compte 12 sites en Grand Est. Environ 80 projets sont inscrits en file d’attente.

Si l’on ne considère que l’injection de gaz, la première place revient à la région des Hauts-de-France, selon un classement dévoilé en avril dernier à Senlis. À cette date, on dénombrait plus de 80 projets avancés.

UN PLAN CONTRE LE RETARD FRANÇAIS

Depuis plusieurs années, la France est cataloguée comme retardataire par rapport à l’Allemagne pour la méthanisation. Au printemps dernier, on évaluait à 514 le nombre d’installations de méthaniseurs en France pour plus de 10 000 en Allemagne. Et si l’objectif des pouvoirs publics est de parvenir à 10 % de gaz renouvelable en 2030, notre pays n’en consomme pour l’instant qu’1 %. C’est la raison pour laquelle l’ex-secrétaire d’État à la transition énergétique, Sébastien Lecornu, a dévoilé un plan de libéralisation des énergies renouvelables au printemps dernier. Il s’articule autour de trois axes prioritaires : donner aux agriculteurs les moyens de compléter leurs revenus, professionnaliser la filière méthanisation, accélérer les projets de méthanisation.

DOIT-ON CRAINDRE LE RISQUE D’EXPLOSION ?

C’est l’un des dangers régulièrement cités avec la méthanisation. Pour les spécialistes, le risque d’explosion ne se présente qu’avec la conjonction de trois facteurs : atmosphère confinée, présence simultanée d’oxygène et de méthane dans l’air confiné avec une proportion de méthane entre 5 et 15 %, et source d’ignition (flamme ou étincelle). Les normes de construction et de contrôles répondent à des exigences strictes. Pour l’Ademe, « les risques d’incendie ou d’explosion liés au biogaz sont très limités, ils concernent surtout le personnel qui travaille sur les sites. »

UNE AVALANCHE DE BÉNÉFICES…

La méthanisation contribue à la diminution des gaz à effet de serre, apporte une solution de traitement des déchets organiques pour les collectivités ainsi qu’un fertilisant naturel, produit de l’énergie renouvelable, contribue à l’indépendance énergétique, crée de l’économie circulaire, offre une possibilité de diversification pour les agriculteurs, etc.

Jean-Michel FRANÇOIS

Extraits de l' union du 18/10/2018

  

« La méthanisation, c’est une solution »

Le président de la chambre d'agriculture de la Marne regrette la polémique créé autour de la méthanisation. S'il comprend les inquiétudes, il s'insurge contre le dogmatisme ambiant.

Pourquoi Ia méthanisation inquiète-t-elle tant ? Car si la France avance en matière de gaz vert, elle affiche un retard certain sur ses voisins européens. Moins de 450 sites en activité en France (dont un seul dans la Marne à Cernay-lès-Reims, contre plus de 8 000 en Allemagne. « Cette nouvelle technologie, qui consiste en la « digestion » de la matière organique vivante (effluents d'élevage ou déchets agricoles), transformée en gaz vert puis valorisée pour la production de chaleur ou d'électricité, ou tout simplement injectée après purification dans les réseaux de gaz, tandis que le digestat (les résidus) se transforme en engrais, fait naître craintes et répulsion, La Marne n'y échappe pas. On le voit avec cette levée de boucliers suscitée par le projet Méthabaz, une importante unité de méthanisation aux portes de Bourgogne-Fresne portée pat plusieurs agriculteurs (L'union des 13 juin, 9, 27 juillet et 1" août),

« Mon credo, ce n'est pas d'avoir raison, mais d'arriver à convaincre qu'il/aut continuer à chercher » Maximin ChaJpentier, chambre d'agriculture

Volontairement resté en retrait sur ce dossier, « pour ne pas entrer dans la polémique », Maximin Charpentier, président de la chambre d'agriculture de la Marne, sort aujourd'hui de sa réserve, lui qui voit dans la méthanisation « une solution pour l'agriculture de demain », même s'il reconnaît que ce n'est pas « la », ni « la seule solution », S'il « peut entendre les inquiétudes et les craintes », il n'admet pas « les positions dogmatiques » qui consistent à rejeter tout ce qui est nouveau. « Les gens veulent de la lumière chez eux, et ils veulent que marche tout le temps. Après le réchauffement climatique, tout le monde en parle et tout le monde s'en fout. Et dès qu'on trouve une solution alternative, on la rejette sans même savoir pourquoi, sans même se poser de questions », s'insurge le président. « Vous croyez vraiment qu'un projet semi-industriel de la sorte, porté depuis 4 ans, qui a eu toutes les autorisations, serait contraire à l'intérêt général ? Les entrepreneurs prennent ici des risques énormes ... Je suis choqué par tout ce qui est dit. Il serait temps de faire confiance aux gens qui occupent le terrain, Et mieux vaut un gros projet qu'un méthaniseur par village... Si on écoute les 2 % qui sont systématiquement contre, on n'avancera jamais ! Au bout d'un moment, on marche sur la tête ! Dans quelle société vit-on ? Il serait d'ailleurs temps que les pouvoirs publics s'engagent. On ne peut pas dire qu'on veut 100 % de gaz vert d'ici à 2050 et s'opposer dès qu'on lance un projet. Il faut que les collectivités aient le courage de soutenir les projets. Il ne s'agit pas simplement de le dire à Paris, il faut le dire sur le terrain, sinon c'est trop facile. »

UN MÉTHANISEUR SUR TERRALAB

Lui qui défend une « agriculture plurielle » où cohabitent aussi bien le bio que l'agronomie et l'exportation, croit en la méthanisation. Il y croit d'autant plus qu'il vient d'ailleurs de lancer début août un appel d'offres afin de permettre une étude de faisabilité sur le projet d'implantation d'un méthaniseur sur Terralab. (ex-BA 112) avec injection et production de bio GNV carburant. L'objectif est de tester sur cette ferme expérimentale, qui se veut une référence nationale de la bioéconomie agricole, un méthaniseur qui pourrait être reproductible. « Il ne s'agit pas d'être méthaniseur pour être méthaniseur. Il faut qu'il y ait un axe de recherches, avec une partie expérimentale. Il faut trouver un méthaniseur qui soit à tester et en aucun cas tester quelque chose de borderline. Ce que nous allons tester à Terralab, il faut que ce soit reproductible, insiste Maximin Charpentier. Pour le président, il est temps de « faire prendre un vrai virage à la France. On n'a encore rien fait. Je crois énormément à toutes les agricultures. Elles ne sont pas opposées. Je ne peux pas entendre, l'agriculture, c'est le bio ou rien. L'agriculture, ce n'est pas le maraîchage partout ... Bio ou pas, on est bloqué techniquement de la même manière. L'agriculture biologique n'est pas une solution toute faite. Il faut y répondre aussi par l'innovation. Il y a de la place pour tous et c'est ce que l'on cherche à Terralab », ajoute celui qui parie sur cette ferme du futur qu'est Terralab.

« L’AVENIR PASSE PAR LA RECHERCHE »

Et de préciser : « Je suis pour les circuits courts, mais je suis aussi pour l'importation lorsque ça se justifie. Je suis pour la « bonne » mondialisation. La mondialisation à outrance ou le zéro mondialisation, c'est aberrant ... Je suis pour une mondialisation saine, un discours dans le progrès. On ne peut pas se passer du moindre m2 de sol. Il va falloir optimiser au maximum et ne pas opposer les agricultures. On peut faire de l'agriculture circulaire. Le chemin sera tellement long. Mon credo, ce n'est pas d'avoir raison, mais d'arriver à convaincre qu'il faut continuer à chercher. L'avenir passe par la recherche, l'innovation. Il faut chercher ensemble des solutions pour la planète. On n'est pas près de trouver des solutions si chacun reste sur son pré carré ... fa méthanisation fait partie du bouquet énergétique. Je ne suis pas un démonstrateur de l'agriculture du futur. Je suis convaincu. »

Caroline GARNIER

Extraits de l' union du 18//08/2018

  

 Chez nous, le biocarburant c’est sans huile de palme

POMACLE-Bazancourt La fabrication par Total de biocarburant à partir d’huile de palme fait monter au créneau les élus qui mettent en avant les recherches portées sur le site de Pomacle-Bazancourt.


Au CEBB, le Centre d’Excellence en Biotechnologie et Bioéconomies, de Pomacle-Bazancourt, les chercheurs travaillent entre autres sur un projet de biocarburant 2e génération... à base de biomasse locale, comme de la paille ou du son de blé.
Remi Wafflart 

Alors que le gouvernement s’apprête à donner son feu vert à Total pour la mise en service d’une bioraffinerie dans les Bouches-du-Rhône, pour répondre à une demande croissante en biocarburants, de part et d’autre des voix s’élèvent, le groupe ayant annoncé son intention de recourir, entre autres, à de l’huile de palme pour créer son biodiesel. Opérationnelle dès cet été, la bioraffinerie devrait produire 500.000 tonnes de biodiesel par an.

Si Greenpeace France et les Amis de la Terre sont les premiers à être montés au créneau, à Reims et dans la région, la question ne manque pas de faire réagir au regard des efforts produits et des millions investis au sein du complexe industriel de Pomacle-Bazancourt qui accueille notamment une bioraffinerie, considérée comme un modèle en matière d’écologie industrielle, mais également des centres de recherche comme ARD ou le CEBB, le tout récent Centre d’Excellence en Biotechnologie et Bioéconomies, dont la vocation est de développer la valorisation des bioressources, ainsi que les écoproduits des bioraffineries et des industries agroalimentaires. Ici, point d’huile de palme, mais des bioressources propres à la région : du blé et des betteraves notamment. Inauguré en décembre 2016, le CEBB réunit une cinquantaine d’enseignants-chercheurs qui travaillent notamment dans les domaines des biocarburants de 2 e génération par la transformation de déchets agricoles en biocarburant, mais également des agro-matériaux et des biomolécules (lire par ailleurs).

LA COLÈRE DES ÉLUS RÉGIONAUX

Jean Rottner, président de la région Grand Est, est l’un des premiers à être monté au créneau sur twitter : « Total, avec son projet d’usine de biocarburants à base d’huile de palme va participer à l’anéantissement de nos efforts d’autonomie en matière de protéines ». « Incroyable d’apprendre que Total voudrait remplacer l’essence par un biocarburant à base d’huile de palme. Que fait le gouvernement ? » a renchéri Catherine Vautrin, présidente du Grand Reims, invitant le ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, à venir se rendre compte par lui-même de ce qu’il est possible de faire avec nos propres ressources sur le site de Pomacle-Bazancourt. « Si cela se confirme, c’est un vrai scandale et notamment écologique! À quoi servent les investissements publics et privés autour des pôles de compétitivité ? » a ajouté le maire de Reims, Arnaud Robinet.

En visite hier sur le site du CEBB, Jean Notat, élu de la région Grand Est, n’a pas manqué de marquer son mécontentement au regard de cette annonce. « Si nous sommes ici, aujourd’hui, sur le site du CEBB, c’est dans le cadre du Mois de l’Europe. Il ne faut pas oublier que ce projet a été financé par l’Union européenne au titre du Feder et la région Grand Est à hauteur de 5,6millions d’euros. Nous avons en Europe, toutes les matières premières pour faire du biocarburant 2 e génération en France. Aller chercher des ressources hors d’Europe, avec des bras qui ne coûtent pas chers, c’est nous amener de la concurrence déloyale… et c’est oublier ce que cela nous coûte. » Au CEBB de Pomacle-Bazancourt, les chercheurs travaillent actuellement sur un projet de biocarburant 2e génération, baptisé H 20 20. L’idée est de se servir de la paille ou du son de blé comme biocarburant… Et comme le précise un chercheur :« Ici, on ne travaille que sur de la biomasse locale ».

Que l’innovation ne reste pas dans le tiroir

Biotechnologie, bioéconomie, biomolécules… Ces notions nous sont aujourd’hui familières, mais il est bien difficile de les expliquer. Au CEBB, les chercheurs s’attachent à développer de nouvelles voies de valorisation des biomasses ou des résidus d’agro-ressources, mais également à étudier l’impact économique et écologique de ces activités... avec cette volonté d’accélérer le passage de la recherche à l’application industrielle, « pour que l’innovation ne reste pas dans le tiroir », précise Florent Allais, professeur en agro-biotechnologie industrielle et président du Centre. « Ici, nous travaillons avec des bioressources, comme le bois, la pulpe de betteraves, le maïs, la vigne, le colza, les micro-algues… que nous transformons en molécules. Ces molécules peuvent alors devenir des alternatives à des substances chimiques. Cela peut être une alternative au Bisphénol A, un antioxydant pour l’alimentaire, une molécule anti UV pour les cosmétiques, des biomatériaux… Notre objectif est ensuite de transposer le concept en réalité industrielle. »

Caroline GARNIER

Extraits de l' union du 12/05/2018

 

Pourquoi la méthanisation accélère enfin en France

Stimulés par des tarifs de rachats attrayants et la possibilité d’injecter du biogaz dans le réseau, les projets se multiplient dans nos régions agricoles.


Pulpes de betteraves, drêches de blé, déchets de céréales, pain et carottes déclassés sont transformés en chaleur ou en énergie
Jean-Marie Champagne 

Votre enfant, scolarisé à Reims, n’a pas fini son assiette à la cantine ce midi. C’est un vrai gâchis et cela vous indigne. Pour vous consoler, sachez que les restes de choux de Bruxelles, d’endives sauce béchamel et autre céleri rémoulade ne sont pas perdus pour tout le monde. Il se pourrait même qu’ils servent dans quelques jours à alimenter vos radiateurs ou à faire marcher votre télé. En effet, la cuisine centrale de Reims valorise désormais ses déchets. Leur partie fermentiscible est triée par une plate-forme de Veolia à Beine-Nauroy qui la transfère ensuite à l’usine de méthanisation de Noirlieu, en Argonne. Là les moteurs de cette usine des champs transforment les plats gâchés des écoles en électricité qui est injectée dans le réseau d’Enedis. Cet exemple illustre l’étonnant essor du biométhane.

1 - LE PRINCIPE DE LA MÉTHANISATION

La production contrôlée de biogaz ou méthanisation consiste à dégrader de la matière organique animale et/ou végétale par des micro-organismes. Le fumier, le lisier de porc ou les pulpes de betterave sont brassés et chauffés pendant plusieurs semaines dans un digesteur. Vous savez, ce sont ces gros réservoirs souvent noir ou vert que l’on voit aux abords des fermes ou au bord des routes. C’est ce processus de digestion anaérobie qui produit le méthane. Un cogénérateur peut transformer ce gaz en électricité. L’eau du système de refroidissement de cette machine peut servir à chauffer des élevages ou des logements. Le méthane peut servir aussi de carburant pour des tracteurs ou des bus ou bien être ou réinjecté dans le réseau de GRDF notamment, après purification.

2 - LE RATTRAPAGE FRANÇAIS

« Aujourd’hui, un éleveur allemand gagne plus d’argent par l’énergie qu’il produit en récupérant les déchets et certaines matières par la méthanisation, que par la vente de sa viande » déclarait Emmanuel Macron sur France 2 le 17 décembre dernier. Il est vrai que la France est encore à la traîne. Sa production de biogaz ne couvre que 0,05 % de ses besoins. Mais elle rattrape rapidement ses retards. Avec 215 gigawattheures produits en 2016, l’injection de gaz dans le réseau a augmenté de 162 %, en un an. Au 1 er trimestre 2017, 466 gigawattheures d’électricité issue de biogaz ont rejoint le réseau.

La loi transition énergétique pour la croissance verte (LTECV), promulguée en 2014, fixe un objectif de consommation de 10% de gaz renouvelable à l’horizon 2030. Pour y parvenir, des tarifs de rachats ont été édictés pour le gaz et l’électricité issus de la méthanisation. Comme ce fut le cas dans l’éolien, les tarifs sont suffisamment attractifs pour susciter de nombreux projets dans toute la France. « Les demandes sont énormes cela dépasse nos espérances » témoigne Denis Mecrin, chef de projet biométhane Est chez GRDF (lire par alleurs). Alors que la première unité de méthanisation reliée au réseau de gaz, pour le département de la Marne, sera lancée la semaine prochaine, à Cernay-lès-Reims, la construction d’une autre unité, reliée aussi au gaz, va commencer cette année près de Charleville-Mézières, à Chalandry-Élaire. Le projet Métha-Garoterie, d’un montant de 6 millions d’euros permettra de transformer des déchets domestiques d’Arcavi (société Ardennaise pour l’amélioration du cadre de vie), des effluents d’élevage et des cultures intermédiaires. La région des Hauts-de-France soutient largement la filière également au travers du collectif Corbi, chargé d’accompagner les projets. Méthania, porté par la CCI régionale et le pôle d’excellence Énergie 2020, facilite l’accès des PME aux marchés. Dans l’Aisne une première unité est raccordée au gaz (Épaux-Bézu) et pas moins 18 projets sont dans les tuyaux.

3 - L’INTÉRÊT ENVIRONNEMENTAL.

La méthanisation entraîne un cercle vertueux. D’abord, c’est une façon de traiter et de valoriser les déchets. Lesdigestats, répandus dans les champs pour les fertiliser, permettent de réduire leurs recours aux intrants chimiques. L’eau chaude produite pour la cogénération permet de faire des économies de chauffage. Par rapport à d’autres énergies renouvelables, celle issu de la méthanisation est produite 24 heures sur 24 en toutes saisons, contrairement aux énergies solaires et éoliennes. Le gaz a pour avantage aussi d’être facilement stockable. Utilisé dans les transports, généralement en flotte captive, le biogaz a aussi de multiples atouts. Il ne rejette pas de particules et n’émet pas de CO2 nouveau de l’atmosphère contrairement aux énergies fossiles qui déstockent du carbone enfoui dans la terre.

4 - LE MATCH ÉCONOMIQUE.

Alors que les acteurs gaziers pensent pouvoir passer en 2050 au 100 % biogaz, ce dernier coûte encore trois fois plus cher que le gaz d’origine fossile, avec environ 100 euros le mégawattheure, contre 20 à 30 euros. Comment assurer alors la transition ? D’une part les promoteurs du gaz vert tablent sur une augmentation de l’énergie fossile qui va subir un alourdissement progressif de la fiscalité. Ensuite, l’industrialisation et la standardisation, des unités de méthanisation devrait faire baisser les coûts. Les promotteurs de la méthanisation espèrent bien qu’un jour le gaz vert gagnera son match économique engagé contre son vieux cousin non renouvelable.

La micro-méthanisation ralentie

Métha’Ventures, installée à Poix-Terron (Ardennes) a été créée en 2014 pour proposer une offre inédite de micro-méthanisation. Elle conçoit de petites unités qui permettent à une exploitation d’élevage de taille moyenne ou petite d’atteindre l’autosuffisance en chauffage et électricité. L’entreprise de quatre collaborateurs a engagé en 2015 un premier projet à Sauville en partenariat avec un élevage. Ce projet, d’un coût de 520.000 euros peine à obtenir le soutient de l’Ademe, sollicitée pour une subvention de 170 000 euros. «Nous sommes passés une première fois en mai 2016. Nous avions déjà l’autorisation d’IPCE (installation classée pour la protection de l’environnement), mais le permis de construire était en cours. On nous demandé de nous représenter en 2017. Quand nous sommes passés à nouveau en juillet 2017, on nous a félicité pour la qualité technique de notre présentation mais on nous a demandé de présenter cette fois un courrier de soutien de financement. Nous leur avons dit que les banques n’accordent leur financement que lorsque l’Ademe délivre une subvention. Nous avons obtenu finalement un document de la plate-forme de financement participatif Lendosphère en octobre et nous l’avons transmise à l’Ademe», indique Clément Courtehoux, fondateur. Après un silence radio de cette dernière, Métha’Ventures apprend en décembre que son projet ne sera pas instruit pour l’année 2017, faute de documents qui n’avaient pas été déclarés manquants en juillet. « Ce retard nous ralentit dans tous nos projets. On se pose des questions, l’Ademe est censée nous soutenir », déplore M. Courtehoux. Interrogé, Jean-Luc Saublet directeur régional délégué de l’Ademe se veut rassurant. « Nous rouvrons nos financements mi-février, si les documents demandés nous sont communiqués, il n’y a pas de raison que le projet ne reçoive pas de subvention ». Il considère que le calendrier du déroulement du dossier est « dans la bonne moyenne ». En attendant, la société est menacée. « Après le dépôt de nos brevets en juillet, notre entreprise avait été valorisée à 3 millions d’euros. Aujourd’hui, elle ne vaut plus rien, et nous devons licencier. Nous sommes passés à côté de belles levées de fonds et nous avons encore 250 prospects » indique M. Courtehoux qui a misé, avec sa famille, 300000 euros dans Métha’Ventures.

Une économie circulaire dans l’Aisne


Quentin Lequeux Quentin devant les digesteurs de l’unité d’Anguilcourt-le-Sart.
Jean-Marie Champagne

 Dans la famille Lequeux, d’Anguilcourt-le-Sart (Aisne), la méthanisation a permis de mettre en place une dynamique circulaire entre l’exploitation agricole de 340hectares, l’élevage naisseur engraisseur de 420 truies et l’unité de méthanisation-cogénération de 460 kilowattheures inaugurée en 2015. D’abord, le produit de champs, le blé, le maïs, l’escourgeon ou les pulpes de betterave (la betterave est vendue à sucrerie) sert à nourrir les bêtes. Leur lisier alimente le méthaniseur, qui reçoit également des drêches de blé issues d’une distillerie agricole, des oignons ou des carottes déclassés, des déchets de céréales issus d’un silo et les produits d’inter-cultures de l’exploitation. Le méthaniseur dégage du méthane qui est transformé en électricité et repart dans le réseau d’Enedis. L’opération dégage aussi de la chaleur, celle du circuit de refroidissement des moteurs. Il alimente un séchoir qui prépare le maïs destiné aux animaux mais peut aussi faire de la prestation de service. Mais surtout l’eau à 85 degrés sert à chauffer l’élevage. Les animaux sont donc abrités au chaud tout l’hiver dans une atmosphère mieux ventilée et plus saine. Comme ils ont moins froid, ils mangent moins et font faire des économies à l’exploitation.Les lampes à infrarouge de la maternité sont en train d’être remplacées par un plancher chauffant alimenté aussi par l’eau chaude du méthaniseur. Ce dernier rejette par ailleurs quelque 18 000 tonnes de digestat tous les ans. Ce dernier est lui aussi valorisé par épandage dans les champs. Au printemps, la terre reçoit ce fertilisant naturel qui permet à la ferme de ne quasiment plus avoir recours aux engrais chimiques. Cette ferme-élevage est plus performante économiquement et a trouvé une voie de développement porteuse d’emploi. La jeune génération, c’est-à-dire Quentin, son frère, leur cousin par alliance, vont pouvoir reprendre les trois entreprises de la génération précédente, et cela sans avoir se séparer de leurs quatre salariés historiques.

UN NOUVEAU MÉTIER POUR LES ASSUREURS

Avec la méthanisation, les assureurs ont dû apprendre un nouveau métier, certains de leurs assurés agriculteurs ayant du jour au lendemain installé dans leur ferme de véritables petites usines gazières. « Ce sont potentiellement de vraies petites bombes », reconnaît Yannick Rousseaux, responsable du marché agricole et prévention chez Groupama Nord Est En se rapprochant de l'association des agriculteurs méthaniseurs de France, l'assureur a acquis ses dernières années méthode et expertise. Lorsqu'il s'agit de proposer un contrat à un exploitant, un expert est notamment envoyé pour qualifier les risques. Aujourd'hui, les assurances « dommages » sont « bien maitrisées » par l'assureur qui assimile quasiment les éléments des méthaniseurs à des bâtiments agricoles. En revanche, c'est plus complexe pour le volet « responsabilité civile ». En effet, il faut garantir des risques d' « atteinte à l'environnement ». Une de fissure d'un réservoir par exemple peut engendrer la pollution d'une nappe phréatique ou mettre en péril des grenouilles ou salamandre endémiques que l'exploitation devra remplacer. Mieux vaut bien lire ses polices d'assurance.

3 QUESTIONS à


Denis MECRIN
Responsable du projet Est chez GRDF

100 % de gaz renouvelable en 2050

Où en est l’injection de biométhane ?

La filière est jeune. Les tarifs d’achat ont été fixés par décret fin 2011 et l’autorisation d’injecter du biométhane de stations d’épuration date de 2014. En 2012, on a eu le premier site injecté en France. Aujourd’hui, 45 sites injectent, dont 38 dans les réseaux de GRDF. Dans le Grand Est, il y a en 8 dont 2 ne sont pas gérés par GRDF. Il y a 3 sites dans l’Aube et un en Haute-Marne. Dans la Marne un premier site, à Cernay-lès-Reims, sera mis en service prochainement.

Quel est l’avantage de l’injection par rapport à la cogénération d’électricité ?

À partir d’une certaine taille, la réglementation incite, en termes de tarifs d’achat, à faire de l’injection. Le rendement est nettement meilleur. En électricité, si vous ne valorisez pas la chaleur produite par la cogénération, le rendement n’est environ que de 38 %. L’Ademe qui subventionne une partie des projets fait en sorte qu’il y ait un seuil de rendement de 60 % au global. Avec l’injection, le rendement oscille tout de suite autour de 95 %. Demain, tous les projets ne seront pas en injection car toutes les communes ne sont pas gazières. Même si on nous demande d’étendre nos réseaux, cela aura ses limites.

Quel est l’intérêt pour GRDF d’aller collecter ce biogaz plus coûteux ?

La loi de transition énergétique demande qu’en 2030, 10 % du gaz soit renouvelable. Pour y arriver l’État lance des plans pluriannuels de l’énergie qui donnent des jalons intermédiaires. Fin 2018, l’objectif est de 1,7 terawattheure. Il est 8 en 2023 et de 30 en 2030, soit 10 % de la consommation de gaz qui est en baisse continue chaque année en raison de l’isolation des bâtiments notamment. Au vu de la dynamique, l’ensemble des opérateurs gaziers ambitionnent non pas 10 % mais 30 % de gaz vert dans les réseaux. Selon une étude, on pourrait même atteindre 100 % en 2050. Il faudrait pour cela des aménagements mais c’est un signal que nous donnons à la France.

Extraits de l' union du 09/01/2018

  

     

   

 Répertoire  

 

 

 

Bourgogne-Fresne

Méthanisation :

une institution appelle à repérer et isoler les opposants

Bourgogne-Fresne - Alors que l’entreprise tient une réunion ce soir sur son projet  de biogaz, un document relayé par l’État évoque plus le renseignement que l’environnement.

Depuis juin, des habitants de Fresne, qui redoutent la future unité de méthanisation à 550mètres des maisons, ont manifesté plusieurs fois avec l’ACDPN, association qui regroupe les opposants à Méthabaz.

LES FAITS

*.- LA SOCIÉTÉ MÉTHABAZ, portée par des agriculteurs marnais et ardennais, veut ouvrir, en 2020, une unité de méthanisation près de Fresne-lès-Reims (commune nouvelle de Bourgogne-Fresne). Coût du projet : 13 millions d’euros.

*.- 36 400 TONNES DE DÉCHETS doivent y être transformées, chaque année, en biogaz. Il s’agira surtout de restes de betteraves et de céréales, mais aussi de fumiers (400 tonnes par an).

*.- L’ENQUÊTE PUBLIQUE s’est conclue par un avis favorable, avec réserves.

*.- MÉTHABAZ TIENT UNE RÉUNION ce jeudi à 18 h à la mairie de Bourgogne.

*.- LES OPPOSANTS MANIFESTERONT  samedi, à Pomacle, en bloquant les camions près du pôle agro-industriel.

Nouvel épisode dans le feuilleton Méthabaz. Cette fois, c’est la Conférence régionale de la méthanisation, organisée par la Dreal (Direction régionale de l’environnement, l’aménagement et le logement), c’est-à-dire par l’État, qui met de l’eau dans le gaz. Ce colloque a eu lieu cet été à Metz, au cœur de la première région française en termes de méthanisation, avec 12 sites en activité et 80 en projet (dont une douzaine dans la Marne). Il a été suivi par 160 personnes : des porteurs de projets, des exploitants, des agriculteurs, ingénieurs, banquiers, etc. L’État a rappelé sa volonté d’augmenter la production de cette énergie renouvelable, avec un objectif de 30 % de biogaz en 2030. Pour y parvenir, 100 millions d’euros ont été débloqués pour la méthanisation agricole, et la réglementation a été assouplie. Des projets comme celui de Méthabaz n’auront désormais plus besoin de passer par une étude d’impact, ou une enquête publique, pour voir le jour.

Certains opposants ont vraiment peur, mais d’autres, objectivement, en profitent pour exister
Emmanuelle Latouche, directrice adjointe du Centre ressource du développement durable

Encore faut-il « rassurer » les riverains, ont insisté les intervenants réunis le 2 juillet à Metz. Quitte à les « fliquer » ? À voir. Un document, repris sur le site de la Dreal Grand Est, évoque une piste : « repérer les opposants éventuels et tenter de les isoler ». Une note qui fleure plus les ex-Renseignements généraux que le très officiel Centre ressource du développement durable. C’est pourtant ce CERDD, une structure portée par l’État et les Hauts de France, qui en est à l’origine. Sa directrice adjointe, Emmanuelle Latouche, l’a reproduite, sous le titre « Approche sociologique et humaine »… Il est aussi question de« désamorcer les peurs irrationnelles le plus tôt possible »et « garder la maîtrise de la communication et de l’information » .

Le CERDD insiste beaucoup, cependant, sur la nécessité des porteurs de projet de « communiquer très tôt » avec les riverains. Il se base sur un sondage: seuls 35 % des François voient d’un bon œil l’installation d’un méthaniseur près de chez eux. Est-ce à dire qu’il faut surveiller de près les 65 % restants ? Contactée, Emmanuelle Latouche regrette « une maladresse ». « Il faudrait que j’enlève cette formulation, c’est une phrase maladroite » , admet-elle. À ses yeux, l’objectif reste avant tout «un dialogue de qualité avec les riverains, qui s’inquiètent, et c’est normal si on ne leur dit rien. « Le problème qu’on a souvent avec les agriculteurs, c’est qu’ils veulent en parler seulement quand leur projet est ficelé, et souvent c’est trop tard. » C’est le scénario qui s’est joué à Fresne, où un projet porté depuis deux ans n’a été révélé dans L’Unionque le 13 juin dernier.

LES ANTI-MÉTABAZ «SCANDALISÉS »

Le CERDD a pourtant un regard sans concession sur les opposants en général. « Certains ont vraiment peur, mais d’autres, objectivement, en profitent pour exister. Ce sont souvent des leaders, des gens charismatiques, qui vont parfois se présenter à des élections. L’idée, c’est donc plutôt d’isoler ces leaders, en dialoguant avec les autres. » Qu’en pense l’ACDPN, l’association des opposants à Méthabaz ? « Nous sommes scandalisés par l’idée de surveiller ou isoler ceux qui ne pensent pas comme eux », lâche le vice-président Raymond Edwige, qui renvoie la faute à l’État. « La Dreal n’est ni neutre ni impartiale : elle forme les porteurs de projet, leur dit comment monter leur projet, avant de donner son avis dessus à la fin. »

Du côté de Méthabaz, on essaie aujourd’hui de rattraper le temps perdu, en communiquant avec la presse et les habitants. À ce titre, une réunion publique, mais sur invitation, est organisée ce soir à la mairie de Bourgogne. L’objectif est d’ « échanger à propos du projet de méthanisation agricole » , annonce Méthabaz. « C’est sans doute déjà trop tard, avance Emmanuelle Latouche. Quand c’est déjà tendu, nous ne conseillons pas de faire ce genre de réunion. » À vérifier ce soir, ou pas.

BLOCAGE DES CAMIONS SAMEDI À POMACLE

Les opposants au projet ne désarment pas. Depuis cet été, ils multiplient les actions : réunion publique, rassemblement, lettre ouverte aux élus… Vendredi dernier, en assemblée générale, le collectif a fait le bilan de ses manifestations et en a préparé de nouvelles. D’une part, tout porte à croire que certains de ses membres vont s’inviter, ce soir, à la réunion de Méthabaz à Bourgogne. D’autre part, ils manifesteront samedi, toute la journée, à Pomacle, à l’entrée du pôle agro-industriel (carrefour des Drapeaux). Cette journée a été baptisée, ironiquement, « Fête de la betterave », en référence à la matière première de Méthabaz, et à Cristal Union, qui joue un rôle important dans le projet. Les opposants doivent se retrouver à 9 h 30 à Bourgogne, avant de partir à Pomacle. Toute la journée, ils organiseront des ateliers et des échanges. « Nous sommes pour le développement de l’industrie betteravière, mais dans l’intérêt de tous » , assure Sébastien Almagro, président de l’association, qui annonce un blocage des poids lourds. « Nous accentuons nos actions au fur et à mesure. Là, c’est la dernière étape avant le blocage de Cristal Union » , prévient l’association.

Guillaume LÉVY

Extraits de l' union du 27/09/2018

 

Catherine Vautrin très critique envers le projet de méthanisation

Dans un courrier au préfet, la présidente du Grand Reims critique le vaste projet de biogaz envisagé à Fresne, demandant entre autres qu’il soit éloigné des maisons.


Catherine Vautrin était critiquée pour son «
silence » par les opposants. Mais ils retrouvent plusieurs de leurs arguments dans sa lettre au préfet. Archives

Sa position était attendue, elle est pourtant passée inaperçue. Depuis juin, l’unité de méthanisation envisagée à 550 mètres d’un lotissement agite le landerneau. Les opposants ont souvent dénoncé le « silence » du Grand Reims. Or Catherine Vautrin, à la demande du préfet, avait pourtant écrit deux fois sur le sujet : le 5 juillet au commissaire-enquêteur, pour prolonger l’enquête publique ; et surtout le 26 juillet, lorsqu’elle adresse au préfet deux pages de critiques à peine voilées. Un courrier qui ne figure pas dans l’enquête, ce qui fait que personne n’en a eu connaissance.

Que dit-elle ? D’abord qu’elle ne rend pas d’avis sur le projet, contrairement à ce que lui demande le préfet. Dans une note adressée une semaine plus tôt par ses services, ces derniers lui conseillaient pourtant un « positionnement favorable sous conditions » , « cohérent avec l’avis global des communes » , avec cette mise en garde : « Le point de critique porte sur l’acceptabilité sociale du projet » . Mais dans sa réponse, Catherine Vautrin se montre plus acerbe. D’emblée, elle cite « la population qui s’inquiète de ce projet trop faiblement partagé et concerté en amont » , et dont elle doute de la « maturité » . « Le projet Méthabaz pourrait s’inscrire (dans nos actions) s’il était conduit, par ses promoteurs, dans le respect de l’équilibre de ses dimensions économique, sociale et environnementale » , glisse Catherine Vautrin.

Elle liste plusieurs points qui rejoignent les griefs soulevés par les opposants. Sur les odeurs, « le Grand Reims demande la fermeture des bâtiments de stockage (et) des transports hermétiquement clos » . Les camions : avec « 33 % de poids lourds en plus (…), l’impact du trafic routier semble important. Le Grand Reims demande que les données de trafic soient reprises et détaillées. » Les rejets atmosphériques : 99,7 tonnes de déchets seront transformés par jour en gaz, de manière à ne pas dépasser le seuil industriel de… 100 tonnes. Catherine Vautrin préconise de « surveiller le non-dépassement de ce seuil » . Sur l’environnement, elle juge « nécessaire que l’exploitant apporte des précisions quant aux impacts possibles. »

« Le Grand Reims demande que soit sérieusement examinée la possibilité d’un éloignement de ce site » Catherine Vautrin

Enfin, sur la proximité de la future usine avec les maisons, elle demande ni plus ni moins « que soit sérieusement examinée la possibilité d’un éloignement de ce site d’exploitation » . Ce dont doute Éric Kariger, maire délégué de Fresne, car « cela reviendrait à tout recommencer, avec un nouveau dossier » . Selon Méthabaz, le choix de ce site, après avoir essuyé un refus à Bazancourt, a pris du temps car il fallait trouver des terrains à vendre réunissant trois critères : proches des sites de production de betteraves, d’une canalisation de gaz et d’axes routiers.

Pour rappel, le commissaire-enquêteur a rendu un avis favorable au projet, mais assorti de réserves, le 21 août (notre édition de mardi).

« Très surpris par cette position assez virulente »

le projet porté par des agriculteurs, Cristal Union {fournisseur de 40%des produits quî seront méthanisés) et Engie déchaîne les passions, incluant parfois des personnalités locales. le président du Stade de Reims est radicalement contre {notre édition du 1er août} le patron de la Chambre d'agriculture est pour, tout comme Eric Kariger, tandis que Catherine Vautrin est dubitative. Joachim Gaillot lui, est tellement pour qu'il est actionnaire de Méthabaz.  A titre personnel, précise celui qui est aussi président de la section de Bazancourt de Cristal Union, et époux de Pascale Gaillot, vice-présidente de la région Grand-Est chargée, justement, de l'agriculture. « Si elle n'est pas concernée par le projet », lui peut en parler. Il se dit « très surpris par la position assez virulente de Catherine Vautrin », il cite une actualité récente : la démission de Nicolas Hulot veut dire quelque chose. On nous demande de faire de l'énergie verte, mais à chaque fois ça pose problème.

 A l'adresse du Grand Reims, il indique que « la Région et l’Etat poussent la méthanisation, nos territoires doivent aller dans le même sens. » Quant aux désagréments, ils sont pour lui inévitables. On ne crée pas d'activité sans contraintes. On fait tout ce qu'on peul pour qu'il y en ait Je moins possible. Mais à un moment, il faut savoir ce qu'on veut…

Extraits de l' union du 30//08/2018

  

 

Des découvertes archéologiques freinent le projet géant de méthanisation

Bourgogne-Fresne L’unité de méthanisation qui fait tousser les riverains intéresse aussi les archéologues. Ils ont découvert des vestiges qui vont retarder, voire déplacer, le projet.


Sur le terrain envisagé, les récents diagnostics archéologiques ont révélé des vestiges intéressants, qui vont peut-être entraîner des fouilles plus approfondies. L’investisseur doit «
attendre, mais aussi se préparer à payer ». G.L 

Des « choses intéressantes » , indique l’Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives). de « l’habitat ancien », croit savoir le porteur de projet, Benoît Liesch. « Il va falloir attendre » , prévient le maire de Bourgogne-Fresne. Une chose est sûre : les diagnostics archéologiques réalisés, en vue de la création d’une unité de méthanisation à la sortie de Fresne-lès-Reims, se sont révélés fructueux.

Pour rappel (L’Union du 15 juin), la société Méthabaz, porté par 32 agriculteurs marnais et ardennais, envisage de se lancer dans la méthanisation sur une parcelle agricole, située à 500 mètres d’un lotissement. Moyennant un investissement de 13 millions d’euros, Méthabaz veut commencer, en 2020, à transformer des déchets agricoles en biogaz.

Les quantités annoncées inquiètent les riverains : l’objectif est de traiter cent tonnes par jour de résidus agricoles (essentiellement des restes de betteraves, mais aussi de céréales et du fumier), pour un total de 36 400 tonnes par an.

Avant d’ériger des bâtiments qui atteindront, pour certains, 18 mètres de hauteur, une enquête publique a été lancée (elle court jusqu’au 6 juillet) et des diagnostics archéologiques ont été menés. « Nous avons terminé l’étude de sol la semaine dernière, indique Stéphane Sindonino, de l’Inrap. Nous avons trouvé des choses intéressantes. Nous avons trois mois pour rendre notre rapport à la Drac. » C’est elle qui sera chargée d’ordonner des fouilles, ou pas. Mais on semble plutôt se diriger sur la première option

Si c’est trop long, ou trop coûteux on peut toujours refuser les fouilles
Benoît Liesch, président de Méthabaz

À la Drac (Direction régional des affaires culturelles), on joue la prudence. « Nous ne communiquerons pas sur ce qui a été découvert, par peur de pillages. Il faut déjà analyser le rapport de diagnostic. » Attention toutefois : « Une découverte précieuse du point de vue scientifique, c’est la conception du site dans sa globalité, pas forcément un objet particulier. Alors qu’un pilleur, lui, casse tout, bouge tout, pour trouver une chose précise. »

Il faudra donc patienter, au moins plusieurs mois. « On est obligés de prendre notre mal en patience , admet Benoît Liesch. Je sais qu’ils ont trouvé quelque chose, mais pas exactement quoi. Il faut attendre, mais aussi se préparer à payer. » S’il ne décide pas des fouilles, l’investisseur doit en effet les financer. « Mais si c’est trop long, ou trop coûteux, on peut toujours refuser » , complète le président de Méthabaz. Et donc, dans ce cas, envisager le projet ailleurs.

Pour le maire, Jean-Paul Lemoine, il n’y a pas d’autre choix que d’attendre. L’élu sait de quoi il parle.« Un projet de lotissement d’une trentaine de maisons, à la sortie de Fresne vers Reims, est arrêté depuis trois ans car les diagnostics ont révélé l’existence d’un cimetière du Moyen-Âge. » À ce jour, il n’y a eu ni fouille, ni maison.

Les riverains créent une association de défense


Raymond-Clément Edwige, trésorier, et Séb astien Almagro, président.G.L

Ils ont découvert le projet il y a deux semaines et s’activent depuis contre leur futur voisin. Les habitants de Fresne, tout particulièrement ceux du lotissement proche du site, viennent de créer l’Association de défense de la nature et des personnes contre les pollutions et les nuisances (ACDPN). Un de leurs objectifs est d’ « obtenir une salle en mairie pour exposer à la population les points que nous trouvons anormaux » .

De son côté, le maire, favorable au projet, indique que ce dernier ne s’est pas fait en catimini. « J’en ai parlé à mes vœux, on en a parlé aux trois réunions de PLU (plan local d’urbanisme), on a même présenté le projet en détail à la dernière réunion. Les habitants qui disent qu’ils n’étaient pas au courant sont de mauvaise foi. Ou bien s’ils ne savent pas, c’est qu’ils ne participent pas à la vie du village.

Guillaume LÉVY

Extraits de l' union du 26/06/2018

 

 Des déchets (et de l’eau) dans le gaz

Fresne-lès-Reims  - Une unité géante   de méthanisation traitera 36 000 tonnes de déchets  par an, à 500 mètres du bourg. La population s’inquiète.

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Parmi les opposants à ce projet couvrant 4,3 hectares, Sébastien Almagro et Raymond Edwige, dont on devine les maisons, 500mètres derrière eux. .G.L

L’ESSENTIEL

*.- LA SOCIÉTÉ MÉTHABAZ a prévu d’investir 13 millions d’euros  pour ouvrir, en 2020, une vaste unité de méthanisation au lieu-dit Le Cri, à la sortie de Fresne-lès-Reims (commune nouvelle de Bourgogne-Fresne).

*.- L’OBJECTIF EST DE TRAITER CHAQUE JOUR CENT TONNES de résidus agricoles, transformés en biogaz, lequel sera injecté dans la conduite de gaz proche. Il s’agira surtout de restes de betteraves, paille, son de blé, résidus de céréales, mais aussi fumiers de volailles et de bovins.

*.- L’ENQUÊTE PUBLIQUE a débuté le 4 juin. Elle s’achèvera le 6 juillet.

Un projet environnemental de grande ampleur (13 millions d’euros investis), visant à transformer des déchets en biogaz, une énergie renouvelable, le tout en circuit court. Bref, une énergie propre et dans l’air du temps. Propre… sauf peut-être pour les riverains. Depuis qu’ils ont découvert, « par surprise » , l’unité XXL de méthanisation qui doit pousser à 500 mètres de leurs maisons, les habitants de Fresne-lès-Reims, alternent entre colère et inquiétude.

« On a découvert ce projet vendredi soir, grâce à un élu d’un village ardennais » , s’agacent Raymond Edwige, qui vit ici depuis 2004, et son voisin Sébastien Almagro, qui a emménagé en 2013. Le projet a pourtant été « évoqué aux vœux du maire », rappelle celui-ci, Jean-Paul Lemoine, et « lors de trois réunions publiques en 2018 sur le PLU (Plan local d’urbanisme, ndlr). » Il n’y a toutefois rien eu dans le magazine local, ni aucun courrier dans les boîtes aux lettres. « Passé l’effet de surprise, on a fini par trouver le projet sur le site de la préfecture de la Marne. Et ce qu’on a vu nous inquiète » , confient les voisins.

Le projet ne date pourtant pas d’hier. Benoît Liesch, président de la société Méthabaz, y travaille « depuis 2012 ». Après des années d’études, une enquête publique vient de démarrer : des centaines de pages sont consultables à la mairie. « Cette installation sera amenée à traiter une centaine de tonnes par jour de résidus issus d’exploitations agricoles et industrielles locales, et produira du biométhane, qui sera injecté dans le réseau de transport de gaz naturel proche, peut-on lire. La gestion de proximité des intrants, principalement des déchets, et leur conversion en biométhane, contribuent à la transition énergétique. »

Après les diagnostics archéologiques, il est question de bâtir trois « digesteurs » en béton de dix mètres de haut, dans lequel le biogaz est produit. Un « post-digesteur », d’une hauteur de 18mètres, complétera l’installation, en permettant d’achever la décomposition des déchets.

Chamtor est à4 kilomètres et on a une gêne olfactive. Alors avec 12 600 tonnes de déchets stockés à 550 mètres…
Raymond Edwige, habitant de Fresne

Ceux-ci proviendront d’exploitations proches, et tout particulièrement des installations sucrières de Bazancourt, où l’usine devait initialement voir le jour. Il est question d’une « capacité totale de traitement de 36 400 tonnes de déchets par an, provenant d’un rayon de dix kilomètres autour du site, et de sources diverses : pulpes de betteraves, radicelles de betteraves, betteraves non valorisées, paille et menue paille, son de blé, résidus de céréales, fumiers de volailles et de bovins, maïs d’ensilage » , écrit l’autorité environnementale.

Parallèlement à la production de gaz, le procédé produira 30 000tonnes de « digestats » (restes solides et liquides) qui seront en partie stockés sur le site, dans d’autres bâtiments : un d’une capacité de 8 600 tonnes, et deux silos de stockage de pulpes de betteraves de 2 000 tonnes chacun. Soit une capacité totale de 12 600tonnes. Ces restes serviront pour de l’épandage, sur un périmètre de 5 700 hectares et 55 communes, dont 30 du Rethélois.

De telles quantités inquiètent les habitants. « On vit à la campagne, on est conscients qu’il y a des odeurs et on les accepte , prévient Raymond Edwige. Mais ça non. C’est trop près des maisons, il y a un risque de pollution olfactive et sonore, ainsi qu’un risque environnemental. Ce n’est pas un projet agricole, mais quasi industriel. » Sébastien Almagro, biologiste, poursuit : « Avec des bâtiments en partie ouverts selon l’enquête publique, ça va devenir irrespirable, on sera envahi de mouches. Pour la nappe phréatique, qui est sub-affleurante ici (à seulement dix mètres de la surface), et qui remonte souvent, il y a aussi un risque d’infiltrations des déchets » , redoute-t-il. Ce que conteste le porteur du projet (lire par ailleurs).

JUSQU’À CENT CAMIONS PAR JOUR

Si l’autorité environnementale a donné un avis favorable, elle a toutefois recommandé que les bâtiments de stockage, notamment de fumier, soient fermés, et que la chaudière de 1 mégawatt, prévue dans les plans, ne brûle pas du gaz non épuré. Le biologiste explique : « Il est question pour l’instant qu’elle brûle un gaz riche en hydrogène, ce qui va générer du dioxyde de soufre, qui sent très mauvais et se transforme en acide sulfurique au contact de l’humidité de l’air. C’est ce qui provoque les fameuses pluies acides. »

Les voisins redoutent encore la dangerosité inhérente à la production de gaz (risque d’explosion), alors que ses initiateurs se sont, ils le reconnaissent, « auto-formés » . Ils craignent enfin un afflux de camions. « Cette usine a été refusée à Bazancourt (lire par ailleurs), et en se déplaçant ici, ce projet qui se veut écologique va engendrer de la pollution à cause des poids lourds.» Selon les saisons, il est question de trente à cent camions par jour sur le site. Tandis que des habitants envisagent de former un collectif pour peser davantage, le maire de Bourgogne-Fresne dit « soutenir le projet, tant qu’il respecte la réglementation en vigueur. »

Tout a été fait dans les règles


Benoît Liesch monte ce projet depuis 2012. E. Lantenois

Agriculteur à Warmeriville, Benoît Liesch préside la société Méthabaz, à l’origine de ce projet porté par 32 agriculteurs marnais et ardennais. Avec deux millions d’euros d’autofinancement, 1,7 million d’aides et un emprunt de neuf millions, ils envisagent de lancer la production courant 2020. À propos des nuisances sonores et olfactives, Benoît Liesch indique que « tout a été fait dans les règles. On a réalisé des tests. Il ne doit pas y avoir de bruit car les bâtiments seront insonorisés. Pas d’odeurs non plus car on sera à flux tendu. Il va y avoir un peu de stockage de pulpes de la sucrerie de Bazancourt, mais pratiquement pas de fumier : 400 tonnes, qui arriveront au compte-gouttes, sur les 36 000 tonnes prévues par an. Toute l’installation sera couverte, il n’y aura rien à ciel ouvert (contrairement à ce qui était prévu initialement, ndlr). » Il estime que la distance entre le site et les premières maisons est suffisante.

Concernant l’environnement, l’investisseur conteste les risques d’infiltrations dans la nappe phréatique « car le site sera entièrement sur macadam et béton» . Quant aux pluies acides : «Seulement 1 % de gaz non épuré sera brûlé avec la torchère, elle tournera peu. » Préférant parler de« coproduits agricoles » plutôt que de déchets, Benoît Liesch insiste sur l’objectif poursuivi : « C’est une économie circulaire : on achète les coproduits agricoles aux exploitants, on revend du gaz à GRDF et de l’engrais organique aux exploitants. Notre objectif est de conforter les exploitations agricoles en les diversifiant. Cela va permettre d’augmenter les revenus, à une époque où ils diminuent depuis plusieurs années, que ce soit en céréales et aujourd’hui en betteraves. »

Un seul site en activité dans la Marne


Romain Rannou a mis en service le premier site de méthanisation à Cernay-lès-Reims en janvier. 

Le premier site marnais de méthanisation, injectant du biogaz dans les réseaux gaziers de la Ville de Reims, est opérationnel depuis le 11 janvier 2018, à Cernay-lès-Reims. Quelques mois après sa mise en service, il tourne à plein régime. Il avale l’équivalent de 30tonnes de déchets verts par jour (herbe du stade de Reims, déchets de la moutarde Charbonneaux Brabant, pulpes de betterave et de pomme de terre issus de l’agriculture locale), aussitôt transformés, épurés en biogaz et injectés dans les réseaux d’une grande partie de la ville… Soit l’équivalent d’une flotte de 80 bus et de 1 500 logements de 4personnes.

L’unité de méthanisation de Cernay-lès-Reims, portée par Romain Rannou, ingénieur agricole et propriétaire d’une exploitation agricole à Pontfaverger, est le fruit de 5 années de réflexion et de montage complexe. « C’est le projet d’une vie. Ça se calcule en millions d’euros », expliquait le méthaniseur à l’occasion du lancement. « La méthanisation, ça ne s’improvise pas. Il ne faut pas faire n’importe quoi. C’est un nouveau métier qui nécessite un investissement quotidien. » Un projet pensé en amont, en concertation avec les élus et les riverains. Le choix de l’emplacement n’est pas anodin : au milieu des champs, sur un site reculé de 3 hectares à 1 400 mètres des premières habitations, où un an et demi d’intrants peuvent être stockés.

Caroline GARNIER

Pourquoi Bazancourt n’en a pas voulu

Le projet Méthabaz, comme son nom le laisse entendre, devait voir le jour à Bazancourt, d’où proviendront deux tiers des déchets agricoles utilisés. « 25 000 des 36000 tonnes que nous traiterons chaque année viendront du Pôle IAR (Industries et agro-ressources, ndlr) » , indique Benoît Liesch, président de Méthabaz. « Au départ on a voulu s’installer là-bas, car on avait sur place une grosse canalisation de gaz, et c’était moins coûteux pour le transport. Mais on nous a demandé de ne pas rester sur le Pôle IAR. Je crois que les responsables voulaient garder le foncier disponible. On est alors arrivés à Fresne, car il y avait à la fois une conduite de gaz et la future route entre Fresne et Boult-sur-Suippe : elle nous permettra d’amener presque 100 % des intrants sans traverser aucun village. Hélas ce sera plus cher pour le transport. »

À Bazancourt, le maire Yannick Kerharo explique pourquoi son conseil a voté contre l’installation de la centrale : « Le conseil n’était pas opposé au projet, mais à son implantation, qui devait se faire à quelques dizaines de mètres seulement des habitations. Nous n’avons pas trouvé d’autres sites à Bazancourt, avec à la fois conduite de gaz et voirie. Ils ont trouvé la solution à Fresne, en ayant les deux, tout en étant plus éloignés des maisons. » Quant aux odeurs, le maire précise : « A Bazancourt on souffre déjà de dérapages olfactifs, et on avait peur d’en avoir encore plus. Depuis, des études ont montré que ce projet de méthanisation ne devrait pas engendrer de problèmes d’odeurs

Le maire de Bourgogne-Fresne, Jean-Paul Lemoine, qui « soutient ce projet » , indique qu’ « il s’installe où il peut, pourquoi pas à Fresne. S’il respecte la réglementation, je n’irai pas contre. Les habitants ont raison de s’inquiéter, mais attention : c’est de la méthanisation sèche, qui provoque peu d’odeurs. »

G.L-G.L

LES AUTRES POINTS 

UNE FILIÈRE ÉMERGENTE

L’État veut porter à 1 000 le nombre de centrales de méthanisation d’ici 2020. Elles sont actuellement 450actives en France (source Ademe, agence de l’environnement et maîtrise de l’énergie), dont seulement 43 en injection dans le réseau de gaz… et une seule marnaise, à Cernay-lès-Reims. On en compte plus de 8 000 en Allemagne. Dans la région Grand Est, près de cent projets sont à l’étude depuis 2017, 30 nouveaux depuis janvier 2018 (8 pour la Marne).

DE LA MATIÈRE ORGANIQUE DIGÉRÉE

La méthanisation, c’est la «digestion » de la matière organique vivante (effluents d’élevage ou déchets agricoles), transformée en gaz vert. Le biogaz issu de ces déchets peut ensuite être valorisé pour la production de chaleur ou d’électricité, ou être injecté après purification dans les réseaux gaziers, tandis que le digestat (les résidus) peut se substituer aux engrais minéraux et être revalorisé dans les champs. Le biogaz est un gaz 100 % renouvelable. Après épuration, il atteint le même niveau de qualité que le gaz naturel.

UNE PRIORITÉ POUR GRDF

La loi de transition énergétique pour la croissance verte impose 10% de biométhane dans le réseau de distribution de gaz d’ici 2030. Chez GRDF, le pari est d’atteindre 30 % à la même échéance.

Caroline GARNIER

Guillaume LÉVY

Extraits de l' union du 15/06/2018

 

     

   

 Répertoire  

Cernay-lès-Reims

Du gaz vert dans les tuyaux

Cernay-lès-Reims Le premier site marnais de méthanisation, injectant du biogaz, est opérationnel depuis le 11 janvier. Il carbure notamment grâce à la pelouse du stade de Reims.

 

Avalés dans une trémie, les déchets verts sont ensuite méthanisés dans trois dômes parfaitement étanches et sans odeur implantés au milieu des champs, sur un site reculé de 3 hectares, à 1400 mètres des premières habitations. Le biogaz, acheminé en zone d’épuration, est alors épuré et traité pour être rendu conforme au gaz naturel. Il n’est injecté dans le réseau qu’après avoir atteint un niveau de pureté de 97%. Hervé Oudin

450
C’est le nombre de sites de méthanisation actifs en France, dont 43 en injection dans le réseau de gaz.
On en compte plus de 8.000 en Allemagne.
 

Des déchets riches en graisse, en protéine et en sucre… Voilà le type d’aliments (ou intrants) que le premier site de méthanisation de la Marne, implanté à Cernay-lès-Reims, doit ingérer et digérer… pour être à même de fournir un gaz vert qui, après épuration, atteint le même niveau de qualité que le gaz naturel, d’où son injection possible dans le réseau de gaz de ville. Ce régime alimentaire strict, Romain Rannou, ingénieur agricole à l’origine du site de méthanisation de Cernay-lès-Reims, veille à l’équilibrer au quotidien afin d’obtenir un gaz « riche et pur ».

QUAND LA PELOUSE FRAÎCHEMENT TONDUE DU STADE DELAUNE DEVIENT DU GAZ BIO

Pour l’heure, c’est un mixte de pulpes de betterave et de pomme de terre, de déchets céréaliers (en provenance de sa propre exploitation de Pontfaverger, mais également de coopératives agricoles marnaises)… et d’herbe fraîchement tondue du stade de Reims que le méthaniseur injecte dans la trémie. Soit l’équivalent de 30 tonnes de déchets verts par jour, aussitôt transformés, épurés en biogaz et injectés dans les réseaux gaziers, en l’occurrence ceux d’une grande partie de la ville de Reims. Ce régime équilibré, « c’est un peu de la cuisine », confie le méthaniseur qui alimente ainsi le réseau rémois depuis le 11 janvier.« C’est l’équivalent en fait d’une flotte de 80 bus et de 1 500logements de 4 personnes. » Outre l’herbe du stade, la trémie avale également les oignons, mais aussi les déchets de la moutarde Charbonneaux Brabant.

Un mois après sa mise en service, le site d’injection de Cernay-lès-Reims, premier de la Marne et 5 e dans l’ex-région Champagne-Ardenne, tourne à plein régime. « Le lancement a été stressant… C’est le projet d’une vie. Ça se calcule en millions d’euros un projet comme ça… Il a fallu quelques jours de rodage, quelques petits calages, mais aujourd’hui, c’est bien parti. Il n’y a pas d’interruption dans la distribution, c’est l’essentiel. L’objectif est d’injecter du gaz en continu sur le réseau. Nous pouvons d’ailleurs stocker l’équivalent d’un an et demi d’intrants », avoue Romain Rannou, qui ne cache pas sa satisfaction d’un lancement pour le moins complexe. « La méthanisation, ça ne s’improvise pas. Il ne faut pas faire n’importe quoi. C’est un nouveau métier qui nécessite un investissement quotidien. C’est d’ailleurs devenu mon métier principal » , précise le méthaniseur qui accompagne désormais d’autres agriculteurs porteurs de projets identiques dans la région. Des projets rendus possibles grâce au soutien financier de l’Ademe (Agence de l’environnement et maîtrise de l’énergie) dans le cadre du Fonds Chaleur.

C’est aujourd’hui « soulagé » que le méthaniseur, qui a investi près de cinq années de sa vie avant d’ouvrir le 11 janvier à 10 h 30 les vannes du réseau, aborde désormais l’avenir… Sous l’œil attentif de GRDF, dont le pari est d’atteindre 30 % de biométhane dans les réseaux d’ici 2030, quand la loi de transition énergétique en impose 10 %.

Du gaz vert aux portes de Reims

La méthanisation, c’est la « digestion » de la matière organique vivante (effluents d’élevage ou déchets agricoles), transformée en gaz vert. Le biogaz issu de ces déchets peut ensuite être valorisé pour la production de chaleur ou d’électricité (par cogénération), ou tout simplement être injecté après purification dans les réseaux gaziers, tandis que le digestat (les résidus) peut se substituer aux engrais minéraux et ainsi être revalorisé dans les champs.

Caromine GARNIER

Extraits de l' union du 15/02/2018

 Visite du premier site marnais de méthanisation dans la Marne

Le premier site marnais de méthanisation, injectant du biogaz (ou gaz vert) dans le réseau de gaz naturel à partir de déchets agricoles, sera opérationnel en janvier. Le site est implanté à Cernay-lès-Reims, à la sortie de Reims.

Des pulpes de pommes de terre ou de betteraves, des pelures d’oignons et autres poussières de céréales… Voilà les « aliments » (ou intrants) que le premier site de méthanisation de la Marne, implanté à Cernay-lès-Reims, va bientôt ingérer et digérer… pour les injecter – sous forme de gaz – dans le réseau de gaz naturel, autrement dit pour couvrir les besoins des usagers en chauffage, cuisson, eau chaude sanitaire et carburant. La méthanisation, c’est cela : la « digestion » de la matière organique vivante (effluents d’élevage ou déchets agricoles), transformée en gaz vert. Le biogaz, issu de ces déchets, peut ensuite être valorisé pour la production de chaleur ou d’électricité (par cogénération), ou tout simplement être injecté après purification dans les réseaux gaziers, tandis que le digestat (les résidus) peut se substituer aux engrais minéraux… et ainsi être revalorisé dans les champs.

Filière émergente en France, l’état souhaite porter à mille, le nombre de centrales de méthanisation d’ici 2020… Elles sont actuellement 450 actives (source Ademe, agence de l’environnement et maîtrise de l’énergie), dont seulement 43 en injection dans le réseau de gaz. « On compte plus de 8 000 sites de méthanisation en Allemagne », compare Romain Rannou, ingénieur agricole, à l’origine du projet marnais. Le site de Cernay-lès-Reims, premier dans la Marne et 5e de l’ex Champagne-Ardenne, aura cette capacité de pouvoir injecter sur le réseau gazier l’équivalent de 30 tonnes de biomasse par jour, soit de quoi fournir en gaz une flotte de 80 bus ou 1 500 logements. Il aura fallu moins de 5 ans à Romain Rannou, ses frères, Nicolas et Guillaume, son père Francis, agriculteurs à Pontfaverger (Ferme de Vauroisy), pour passer du projet à la réalisation. Une petite révolution dans le monde agricole, fait en parfaite osmose avec les élus et les habitants.

Implanté sur 3 hectares au milieu des champs

Après concertation, montage du dossier en lien avec Artaim conseil (bureau d’étude et de conseil pour le développement d’unités de méthanisation agricole en injection du biométhane dans le réseau GRDF) et approbation du projet par le conseil municipal, c’est à Cernay-lès-Reims, au milieu des champs, sur un site reculé de 3 hectares, à 1 400 mètres des premières habitations, qu’ils ont implanté leur usine.

Un an et demi d’intrants pourront y être stockés, les déchets provenant de leur propre exploitation agricole, mais étant également rachetés aux coopératives agricoles de la région. Avalés dans une trémie, ils seront ensuite méthanisés dans trois dômes parfaitement étanches et sans odeur. Le biogaz, acheminé en zone d’épuration, sera alors épuré et traité pour être rendu conforme au gaz naturel. Il ne sera injecté dans le réseau qu’après avoir atteint un niveau de pureté de 97 %. « Le processus de traitement est sans odeur… et sans danger. Il n’y a pas le moindre risque d’explosion », prévient Romain Rannou. « Le gaz est à 3 millibars. Il n’est pas comprimé. Il y a moins de gaz sur notre site que dans la citerne propane d’un particulier. » Et de l’assurer : « Un tel site, c’est zéro nuisances : ni odeur, ni bruit… De plus, avec l’épandage du digestat, riche en azote ammoniacal et inodore, on évite le lisier ou le fumier ! » Motivé et tenace, il faut avoir les reins solides pour porter un tel projet, « ça se calcule en millions d’euros », Romain Rannou reconnaît avoir mis « toute sa vie sur ce projet », qui a été rendu possible grâce au soutien financier de l’Ademe dans le cadre du Fonds Chaleur. Les agriculteurs sont aujourd’hui de plus en plus nombreux, même si la France est à la traîne en la matière, à devenir des acteurs majeurs dans la transition énergétique. Romain Rannou, qui reçoit déjà des demandes de visites du site, avant même sa mise en service début janvier, espère bien devenir « une référence dans le domaine ».

 Caroline Garnier

Extraits de l' union du 08/12/2017

     

   

 Répertoire  

 

Puisieulx

 

Projet de méthanisation à Puisieulx : les habitants du village s’impatientent

Puisieulx L’unité de méthanisation crée des remous. Le conseil municipal et un collectif d’habitants demandent à rencontrer les porteurs du projet, pour étudier un nouveau site.


Le collectif Respectons Puisieulx et son environnement demande à rencontrer les porteurs de projet, pour étudier « une relocalisation » du méthaniseur.

LES FAITS

*.- ÉLEVEURS DE BOVINS, les Ponsin veulent créer une unité de méthanisation à Puisieulx, près de leur ferme.

*.-  LE MÉTHANISEUR transformera 11 000 tonnes de déchets agricoles par an en biogaz, dont 5 500 tonnes de pulpes de betteraves de la sucrerie de Sillery.

*.-  LE PROJET DIVISE le village de 420 habitants : beaucoup redoutent des nuisances liées au trafic de poids lourds et aux odeurs. Un collectif a vu le jour, ainsi qu’une pétition.

*.-  LE 5 OCTOBRE, une réunion houleuse s’est tenue au village. Devant 120 personnes assez critiques, dont le maire, les agriculteurs ont accepté d’étudier un déménagement de leur 

Depuis le 5 octobre et une réunion tendue dans le village, mais où les différentes parties ont pu se dire ce qu’ils avaient sur le cœur (L’Union du 9 octobre), le projet de méthanisation n’a pas beaucoup avancé. Mais les tensions, elles, ne sont pas complètement retombées. En résumé, chacun a retenu que les investisseurs ont accepté d’étudier d’autres sites pour implanter leur projet. Les deux qui ont été trouvés sont situés dans le secteur de la Pompelle, mais ils doivent encore être approfondis. Ce qui prend du temps.

Pour le collectif « Respectons Puisieulx et son environnement », c’est une manière de « jouer la montre » . « Les inquiétudes sont grandissantes , écrit-il. Le permis de construire est en cours d’instruction, mais les porteurs du projet, depuis le 5 octobre, reportent systématiquement leur collaboration au groupe de travail. » Ce groupe est composé d’élus et de membres du collectif et son objectif est « de travailler à la relocalisation de l’unité de méthanisation et sur un nouvel accès à la ferme » .

Représentant du collectif, Bruno Fribourg indique : « On devait se rencontrer ce vendredi 16 novembre, mais ils ont reporté la réunion au 11 décembre. On ne veut pas de confrontation, on veut de la concertation, mais pour ça on doit se rencontrer pour travailler ensemble. » Le collectif, qui compte 54 adhérents, et dont la pétition a été signée par 160 habitants, juge «préjudiciable le silence des porteurs de projet » . Trois membres du collectif ont même voulu s’inviter, dimanche soir chez les Ponsin, qui ont refusé de les recevoir. « Ce qui peut se comprendre » , admet M. Fribourg.

Les Ponsin, eux, demandent de la patience. « Ils ont proposé des dates qui ne nous convenaient pas, car nous manquons de temps. Ils sont impatients, mais on avance comme on peut. Nous n’avons pas que le méthaniseur, nous avons aussi notre travail à côté » , réagit Laurence Ponsin. « Cela ne servait à rien qu’on se réunisse le 16 novembre, car rien n’est encore fait. Le 11 décembre, ce n’est pas si loin! »

Il faut absolument qu’on se voie, pour étudier ensemble la relocalisation du projet de méthanisation
André Secondé, maire

Elle rappelle l’objectif : « Notre idée est toujours la même : trouver l’endroit qui convient le mieux à tous, avec aussi les contraintes d’un méthaniseur. Il y a les deux nouveaux sites étudiés, mais le site actuel n’est pas abandonné pour autant. »

Insuffisant aux yeux du collectif, qui rappelle qu’il « est pour la méthanisation mais que le projet doit être relocalisé et un chemin d’accès à la ferme créé, pour éviter qu’un petit village paisible ne devienne une zone industrielle » . Aussi ses membres demandent-ils « des actes, soit en avançant la date de réunion reportée à décembre, soit en retirant leur permis de construire » .

Le maire de Puisieulx, André Secondé, qui a lui-même signé la pétition contre le premier site envisagé, veut aussi rencontrer les Ponsin au plus vite. « Je peux comprendre leurs impératifs, mais il faut absolument qu’on se voie, pour étudier ensemble la relocalisation. Ce qu’on veut, c’est discuter avec eux avant que tout soit bouclé. Ce projet va concerner 420 habitants, les gens ont quand même leur mot à dire. »

Guillaume LÉVY

Extraits de l' union du 01611/2018

  

 Méthanisation sous haute tension

Puisieulx Un projet de méthaniseur crée des remous dans le village. Les investisseurs   ont présenté leur projet vendredi, face à une centaine d’habitants souvent hostiles.

Le projet de méthaniseur de Puisieulx est semblable à celui-ci, situé dans les Vosges (un département qui compte 22 unités de méthanisation en activité et autant en projet).

LES FAITS

*.- ÉLEVEURS DE BOVINS, les Ponsin veulent créer une unité de méthanisation à Puisieulx, près de leur ferme.

*.- LE MÉTHANISEUR transformera 11 000 tonnes de déchets agricoles par an en biogaz, dont 5 500 tonnes de pulpes de betteraves de la sucrerie de Sillery.

*.- LE PROJET DIVISE le village de 400 habitants : beaucoup redoutent des nuisances liées au trafic de poids lourds et aux odeurs. Un collectif a vu le jour, ainsi qu’une pétition et même un formulaire type pour porter plainte.

*.- Devant 120 personnes souvent critiques, dont le maire, les agriculteurs ont accepté, vendredi soir, d’étudier un déménagement de leur projet.

Chaude ambiance, vendredi soir, à la salle des fêtes de Puisieulx. Plutôt qu’une soirée télé, presque un habitant sur trois avait opté pour la réunion publique consacrée au projet qui agite le village depuis cet été (L’union de vendredi). Éric et Laurence Ponsin ayant peu communiqué sur leur projet porté depuis deux ans, le maire, André Secondé, a provoqué cette réunion publique. Et si les échanges ont souvent été rudes (lire par ailleurs), ils ont permis de faire avancer les choses. S’il ne fallait en retenir que deux : sur la forme, les porteurs du projet se sont excusés de ne pas avoir informé les habitants plus tôt ; sur le fond, face aux nombreuses critiques, ils ont accepté d’étudier un autre emplacement pour leur projet.

Aufil des ans et de l’arrivée des néoruraux dans le village, les odeurs sont peu à peu devenues une nuisance
Eric et Laurence Ponsin, éleveurs

Celui-ci prévoit de méthaniser 11000 tonnes de déchets agricoles par an, pour en tirer un gaz propre directement injecté dans les canalisations. Dans un communiqué, le couple explique : « Aujourd’hui nous avons le dernier élevage du canton. Pour pérenniser notre exploitation, nous devons nous tourner vers de nouvelles solutions. C’est pour cela que nous avons répondu à l’appel de la Région et de l’État de développer des méthaniseurs agricoles. »

À tous ceux dans le village qui pestent déjà contre les mauvaises odeurs liées à leur troupeau de 400 vaches, ils répliquent : « Au fil des ans et de l’arrivée des néoruraux dans le village, les odeurs sont peu à peu devenues une nuisance. Avant il n’y avait pas de solution. Aujourd’hui, il y a la méthanisation.»

Ils avancent en effet qu’avec leur projet, il y aura « moins d’odeurs » : leur fumier sera traité rapidement et sur place, dans un méthaniseur installé à « 900 mètres de la première habitation » , près de la ligne TGV. Mais les effluents ne représenteront que 17 % de la matière méthanisée : pour le reste, il s’agira en grande partie de pulpes de betteraves venues de Sillery, ou encore de restes de pommes de terre de l’usine McCain. Ce qui engendrera du trafic de camions. « Moins d’un camion par jour » , minimise Éric Ponsin. « 800 par an avec les allers-retours ! » , rétorque Bruno Fribourg, au nom d’un collectif opposé au projet, créé il y a juste une semaine.

La discorde rappelle beaucoup le dossier Méthabaz, qui agite Bourgogne-Fresne. On retrouve des agriculteurs qui ont communiqué très tard, et des habitants pris de court, pas forcément contre la méthanisation, mais « inquiets » . Le maire et son premier adjoint en font partie. André Secondé, qui a « beaucoup d’inquiétudes » , a signé la pétition vendredi soir. C’est son conseil pourtant qui avait proposé le site retenu, a rappelé l’agriculteur. « Mais c’était logique car à l’origine, il n’était question de traiter que le fumier de l’élevage ! » , a répliqué le maire agacé. Son premier adjoint, Daniel Noblecourt, a carrément lâché : « les Ponsin préfèrent les bovins aux humains ! »

« NE PAS DÉCOURAGER LES PORTEURS DE PROJETS », DEMANDE LE PATRON DE LA FDSEA

Parmi les 120 personnes présentes, deux ont apporté leur soutien à la méthanisation, après la réunion. Pour Hervé Lapie, président de la FDSEA de la Marne, « il faut tout faire pour ne pas décourager les porteurs de projet. » Vice-président du Grand Reims chargé du développement durable, Guillaume Michaux a enchéri : « Il y a un fort potentiel sur notre territoire pour la méthanisation. On y perdrait tous si on décourageait les porteurs de projets. Leur difficulté, aujourd’hui, c’est qu’ils ne savent à quel moment s’adresser à la population. »

Au moins les Ponsin ont-ils eu le courage, vendredi soir, de l’affronter.

« Vous nous prenez pour des cons »
(et autres mots entendus)


Environ 120 personnes ont participé à la réunion vendredi soir.G.L

 Voici un florilège des mots, rarement doux, mais presque toujours prononcés avec respect, entendus vendredi soir. Commençons par les inquiétudes face aux bruits et aux odeurs : « On s’est tous endettés pour acheter nos maisons et elles vont perdre beaucoup de leur valeur. Vous nous parlez comme à des débiles, mais comment on fera pour les revendre ? » « Vous avez un discours formaté: si on refuse votre projet, c’est forcément qu’on est anti-écologique. Eh bien non ! On a tous peur des odeurs, alors qu’on en subit déjà beaucoup. » « Les camions, je vais les prendre tous les jours sous mes fenêtres. Je suis toujours très calme, mais le jour où un camion va me briser les bu…, je descends et y’en a plus un qui passera ! Moi aussi j’ai investi dans mon entreprise, mais je ne fais pas ch... mes voisins ! » « Avec votre projet il y a 400 personnes qui vont en prendre plein la gueule. L’été on pourra plus vivre dehors et on aura les mouches. » « J’ai travaillé à la sucrerie et je sais que ça pue ! » «Les odeurs, on les a déjà ! Moi ce qui me gêne, ce sont les camions. » Réponse d’Éric Ponsin : « Moi aussi j’ai acheté à Puisieulx, ce n’est pas pour ne plus pouvoir sortir dans mon jardin. »

Beaucoup de réactions ont concerné aussi l’absence de dialogue. « On est pris en otage, on n’a pas notre mot à dire. » « On n’est pas contre la méthanisation, moi je suis même plutôt pour. Mais il aurait fallu une réunion avant de finaliser votre dossier. On est devant le fait accompli. Si vous nous en aviez parlé avant, on n’aurait pas l’impression de tout subir. » « On a le sentiment que vous nous présentez un projet déjà ficelé, qu’on n’a plus rien le droit de dire. Mais vous, quelle valeur ajoutée vous proposez pour le village ? On subit tout, mais on a quoi à gagner? -On va créer le chemin derrière notre ferme. Un kilomètre, c’est une somme énorme ! -Mais ça c’est votre affaire ! Vous nous parlez pas du village, vous ne parlez que de vous. Vous nous prenez pour des cons ! » « Il n’y a eu aucune communication, les habitants ont été complètement oubliés. » Le maire confirme : « C’est une réunion qui aurait dû avoir lieu il y a six mois » Les investisseurs l’ont reconnu : « C’est une erreur de ne pas avoir communiqué avant. Maintenant des bombes partent de partout et c’est difficile de toutes les désamorcer. »

Guillaume LÉVY

Extraits de l' union du 08/10/2018

 

Un autre projet de méthanisation divise

Puisieulx Le maire, lui-même inquiet, organise ce soir une réunion publique sur ce projet.


Voici à quoi peut ressembler un méthaniseur adossé à un élevage de bovins (ici à Vivier-au-Court, dans les Ardennes).Archives Christian Lantenois 

Vous avez aimé le feuilleton Méthabaz, l’unité de méthanisation qui déchire Bourgogne-Fresne depuis des mois ? Vous devriez apprécier le nouveau projet de biogaz, qui fait jaser à Puisieulx (419 habitants). Parmi la douzaine de projets en cours dans la Marne, celui-ci pourrait voir le jour en 2019 ou 2020. Il est porté par Éric Ponsin, agriculteur dans le bourg, à la tête d’un élevage de plus de 400 bovins. Son projet, porté depuis 2016, consiste à bâtir un méthaniseur derrière son exploitation, à 800 mètres des premières habitations.

Ce qui nous gêne et ce qui nous inquiète, c’est que ça va multiplier par deux ou trois le trafic
André Secondé, maire

Depuis quelque temps, des habitants ne cachent pas leur inquiétude ou leur colère. « Je connais bien mon village et mes habitants , confie le maire, André Secondé. Et là même des gens calmes sont assez énervés. Cela risque de chauffer à la réunion. » Celle-ci a lieu ce vendredi à 18 h 30, à la salle des fêtes. Le premier magistrat en est à l’origine. « J’ai pris l’initiative de faire cette réunion pour que toute la population ait accès au même niveau d’information » , décrypte André Secondé. « En ce moment, il y a beaucoup d’informations et de fausses informations qui circulent. »

Qu’en est-il ? Les porteurs de projet ont détaillé leur projet au conseil municipal, le 19 septembre. Une réunion de plus de deux heures, à huis clos, où ils ont répondu aux nombreuses questions des élus. Le projet aura une capacité annuelle de 10 000 tonnes de déchets agricoles transformés. À l’origine, il devait s’agir du fumier des bovins de la ferme. « Mais on s’aperçoit désormais que les effluents de l’élevage ne représentent plus que 17 % de la production de ce méthaniseur , explique le maire.Pour le reste, il s’agira surtout de pulpes de betteraves de la sucrerie de Sillery (comme Méthabaz avec Cristal Union, ndlr), et de déchets de pommes de terre de l’usine McCain à Matougues. »

Avec 70 % d’apport extérieur, des habitants craignent, en premier lieu, des nuisances liées au trafic de poids-lourds. « Ce qui nous gêne et ce qui nous inquiète, c’est que ça va multiplier par deux ou trois le trafic, en particulier sur la D 33 entre Puisieulx et Sillery. » Aujourd’hui, cette route voit passer 1 200 véhicules par jour, dont 160 camions. Combien demain ? Les deux autres craintes des habitants concernent la proximité du site avec les maisons, et de possibles nuisances olfactives. « Il y a déjà un gros élevage et une sucrerie, et on est en plein sous les vents dominants. Certains jours, on ne peut pas ouvrir les fenêtres. Ce projet risque d’accentuer le problème » , avance le maire.

Ce soir, les habitants devraient en apprendre davantage. Eric Ponsin sera-t-il présent ? Il a en tout cas été invité. Contacté, il n’a pu être joint.

QU’EST-CE QUE LA MÉTHANISATION ?

LA MÉTHANISATION, c’est la « digestion » de fumier, lisier ou déchets agricoles, pour en faire du biogaz. Cette énergie renouvelable peut être valorisée pour produire de la chaleur ou de l’électricité (par cogénération) ou être réinjectée après purification dans le réseau. Le digestat (résidus du méthaniseur) est épandu dans les champs.

EN RETARD, la Marne a ouvert un premier site de méthanisation le 11 janvier, à Cernay-lès-Reims. Une installation qui n’a pas fait polémique, notamment car elle est à 1,5 kilomètre des habitations. Le projet Méthabaz, à 550 mètres des maisons de Fresne-lès-Reims, a beaucoup plus d’adversaires.

Guillaume LÉVY

Extraits de l' union du 05/10/2018

     

   

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