Grand REIMS  

  La FERME 112
 

Air - Eaux - Déchets - La Bioéconomie - Nature - REFORME - Travaux- VOIRIE- Culture BIO

La Presse

 

 

   

  

  


 Répertoire

La Réforme Territoriale

Ils incarneront l’économie innovante sur la base
La Microville 112 prend forme avec 24 projets

Microville 112, une réalité d’ici 2019

2017

L’agriculture avance ses pions
Ex-BA 112, et la pollution ?
Grand show des cultures à la Ferme 112
L’innovation agricole en salon aux portes de Reims

Les Culturales s'installent sur l'ex-BA 112
Les Culturales vont envahir la Ferme 112

Les Culturales, le premier événement de la Ferme 112

La Ferme 112 désormais dans ses terres
L'ex BA 112 accueillera les Culturales 2017

2016

Le plein de projets pour la Ferme 112
Pour ancrer notre région dans la terre 

2015

Ce qui se prépare vraiment à la ferme 112
La ferme 112 décolle avec l'acquisition  de terrain par Reims Métropole
De la base aérienne à la ferme 112

2014

Après la BA 112, la Ferme 112 ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ils incarneront l’économie innovante sur la base

Le concept Microville qui doit donner une nouvelle vie à l'ex-BA112 a désormais des visages. La plupart des porteurs de projet présélectionnés sont venus se présenter.


De gauche à droite et de haut en bas ; le gestionnaire d'informations Christophe  Lemée, la chantre de l'éducation  populaire Améllne Bunle, le maraîcher bio Nicolas Fraiture et le proimteur de logements mobiles Vicent Gallard. Autant de visages des porteus de projet li! Microville.

L’ESENTIEL

*.- LA BASE AÉRIENNE 112 du nord de Reims a été dissoute en juin 2011.

*.- PARMI LES PROJETS destinés à sa « revitalisation » figure celui de Microville 112, porté notamment par la commune de Courcy, qui concerne quelque 40 bâtiments sur 70 hectares.

*.- UN APPEL À MANIFESTATION d’intérêt lancé en février a abouti à la présélection de 24 projets. La plupart de leurs porteurs ont été présentés cette semaine.

Le concept de Microville 112 peut paraître encore flou. Ses promoteurs, commune de Courcy et société d'intérêt collectif (Sic) Alliance sens et économie parlent dans leur communication de « ville intelligente et inclusive ». Martine Jolly, maire de Courcy, a trouvé une formule un peu plus parlante : « un générateur de valeurs, économiques, sociales et sociétales ».

L'idée générale est de faire « cohabiter» ou voisiner des gens cherchant à produire, à nouer des liens, et tour simplement à vivre, de façon quelque peu différente du modèle dominant.

Ce qui est sûr, c'est que ce projet est censé contribuer à la reconversion de la base aérienne rémoise 112, officiellement dissoute depuis juin 2011.

Ce qui est sûr aussi, c'est que les promoteurs de Microville ont retenu 24 lauréats intéressés par une place dans leur dispositif. La plupart d'entre eux sont venus cette semaine à Courcy défendre leurs bébés respectifs. Ce qui permet de mettre quelques visages, et davantage de concret, sur cette idée.

1 - Education populaire

Ameline Bunie par exemple, est venue de Nancv. Son truc c’est l'éducation populaire, au nom de l'association les Petits débrouillards. C’est cette dernière par exemple qui était présente à Croix-du-sud à Reims en mars dernier, pour une vulgarisation scientifique ambulante (sur le thème du mécanisme de la discrimination). « Ce qui m'intéresse dans Microville », dit Mme Bunle, c'est de pouvoir installer une antenne de l'association dans la Marne; nous avons aussi un projet de musée particpalif, ou encore de ferme pédagogique.

2 – Gestion des informations

Christophe Lernée a un profil fort différent : la cinquantaine, chef d'une entreprise basée à Paris 8°, Deep block, son cœur de métier c'est la gestion au sens large des informations (traçabilité, sécurisation ...) via le protocole que les Anglo-Saxons désignent sous l'appellation de « block-chain » (chaîne-bloc). « Et à Microville j'espère pouvoir dispose » d'un laboratoire d'expérimentation » en plus du siège parisien.

3 -Maisons à roulettes

Vincent Gaillard pour sa part, est venu de Picardie défendre son «Atelier Hirondelle », entreprise « et aussi laboratoire de réflexion » branchés sur l'habitat, dans une version retour à la sobriété. (Je travaille actuellement sur un prototype de micro-maison, qui est un chalet en bois sur remorque. Ici, j'espère trouver un local pour produire de la réflexion et des prototypes. )

4 – Culture Bio

Dernier exemple, celui de Nicolas Fraiture. Ce Rémois de 27 ans travaille comme maraîcher dans l'Aisne, et aujourd'hui il aspire à se mettre à son compte. Et il veut produire bio. Lui, ce qu'il lui faut, c'est du foncier, un ou deux hectares. Et aller voir du côté de Terra solis (association pour l'agriculture innovante) installée juste à côté sur la base ? « Pas question, moi ce que je veux faire, c'est à l'opposé de l'intensif qu'ils font. »

Antoine PARDESSUS

 Extrait de l'union du 26-05-2018

   

   

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La Microville 112 prend forme avec 24 projets

La reconversion de l’ex-base aérienne 112 se dessine progressivement.   L’appel à manifestation d’intérêt a rencontré un vif succès. Les lauréats sont connus.


L'outil de Microville 112 est de réinvestir la base de vie militaire avec des projets impliquant des citoyens. Archives L'union

L’ESENTIEL

*.- LE 30 JUIN 2012 l’armée ferme la base aérienne 112, qui s’étend sur plus de 450 hectares.

*.- LES COMMUNES de Bétheny, Brimont et Courcy se retrouvent propriétaires de la friche militaire, pour 1€ symbolique.

*.- À BÉTHENY se développe sur 300 hectares la Ferme 112, terrain d’expérimentations et de recherches agricoles.

*.- À COURCY, Microville 112 est née en septembre 2017 de la rencontre entre la municipalité et l’entreprise d’intérêt collectif Alliance sens & économie. Le but est de revitaliser une partie du site, notamment les bâtiments, qui représentent quelque 60 000 m 2 .

*.- EN FÉVRIER 2018 est lancé un appel à manifestation d’intérêt. Le concours ne dure qu’un mois, 51 projets sont envoyés et 24 retenus.

Reconvertir la zone de vie de l’ancienne base aérienne 112. Tel est le défi que se sont lancé la municipalité de Courcy et l’entreprise d’intérêt collectif Alliance sens & économie à travers le programme Microville 112, officialisé en septembre dernier lors de la Foire de Châlons. Ambition : devenir, par la même occasion, un lieu d’innovation et d’expérimentation, une ville « inclusive et intelligente » , déjà primée au niveau national pour sa démarche de « codéveloppement territorial » .

Concrètement, ça veut dire : encourager des initiatives, trouver des acteurs porteurs de projets susceptibles de créer du lien social, de la richesse, de la solidarité, des innovations économiques et/ou agricoles dans une optique de développement durable. Eh oui, rien que cela !

En février 2018 était lancé un appel à manifestation d’intérêt, en vue de sélectionner les premiers projets. Cinquante et une réponses sont parvenues dans le délai qui avait été fixé à un mois. « Une forte mobilisation » , selon l’appréciation des organisateurs, qui en ont sélectionné 24.

Ces dossiers ont été étudiés avec soin par deux comités, l’un composé de citoyens, et l’autre de professionnels. Leurs avis ont été départagés par un comité de sélection comprenant des acteurs majeurs du territoire (collectivité, entreprise, université, État…).

Les projets sont variés, locaux et complémentaires, bien dans l’esprit défini : solidarité, sciences, éducation, loisirs, agriculture, numérique, culture, développement durable. Citons-en quelques-uns.

Du maraîchage biologique pourrait s’y implanter, pour une consommation sur le site et dans les villages alentour. La culture de champignons et d’endives dans les caves a également été retenue. L’École des jardiniers convoite aussi de s’installer sur la BA 112, avec un centre de formation.

La « Maison des monoparents » souhaiterait voir le jour sur ce territoire de Courcy à (re)conquérir : pour que des familles trouvent un espace d’accueil, pour des périodes de transition de 6 à 36 mois, avec locaux à partager et possibilité d’entraide.

RECHERCHE DE FINANCEMENT

Les Petits Débrouillards, association d’éducation populaire autour des sciences et des techniques, défend pas moins de 6 initiatives, dont celle intitulée « Engage-toi 112 » et qui permettrait, par des missions de volontariat, d’impliquer dans la vie de la microville une quarantaine de jeunes en décrochage scolaire.

La prochaine étape est « d’assurer la montée en puissance » de Microville 112. Les acteurs publics et privés vont être sollicités pour participer au financement. Le potentiel d’investissement que représentent ces 24 projets a été estimé, au minimum, à 100 millions d’euros et à 500 millions au maximum.

ANNE DESPAGNE

 Extrait de l'union du 07-05-2018

   

   

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Microville 112, une réalité d’ici 2019

La commune et Alliance sens & économie lancent un appel à manifestation d’intérêt pour la reconversion de la « zone vie » de l’ex BA112. Les candidatures seront triées.


Sur 90 Ha, plus de 60.000m² de bâtis pour lesquels il faut trouver une nouvelle fonction. D.R

L’ESENTIEL

*.- EN 2011-2012, fermeture de la base aérienne 112, répartie sur plus 450 hectares.

*.- POUR 1 € SYMBOLIQUE, les communes de Bétheny, Brimont et Courcy se retrouvent propriétaires de la friche militaire.

*.- SUR LE TERRITOIRE DE BÉTHENY (sur 300 ha) se développe la ferme 112 rebaptisée depuis TerraLab, terrain d'expérimentations (agriculture de demain, recherche, agronomie, nouvelles technologies...).

*.- À COURCY, MICROVILLE 112 (sur une parcelle de 90 ha), née de la rencontre de la municipalité et de l’entreprise d’intérêt collectif Alliance sens et économie, est un programme de revitalisation, présenté lors de la foire de Châlons en septembre 2017.

*.- LAURÉAT DU PROGRAMME INVESTISSEMENT D’AVENIR (PIA)3, Territoire d’innovation de grande ambition (TIGA) piloté par l’État, Microville 112 s’insère dans le projet InnoBioECO 2 de transformation du triangle marnais par le co-développement territorial mais aussi par l’excellence agricole et la bioéconomie. Comme 23 autres projets nationaux, il bénéficie d’un accompagnement de 6 à 12 mois et de 400 000 € de subventions d’ingénierie.

*.- EN JANVIER 2018, Microville est primé par l’État comme « nouveau modèle de co-développement territorial ».

Il s’agit de redonner vie à ces lieux que l’armée a désertés, il y a déjà 7ans. Cette partie du site qui s’étend sur 90 hectares abrite une quarantaine de bâtiments (60 000m2). « Nous avons hérité de ce que l’on appelait la zone vie de la base », rappelle Martine Jolly, le maire de Courcy. Un terrain fortement bâti. « Cette particularité est-elle un avantage ou un inconvénient ? La question ne s’est pas posée, parce que nous n’avions pas le choix. Par contre, la présence de tous ces bâtiments impliquait une chose : l’urgence de la revalorisation car l’on sait très bien que la valeur immobilière, c’est, ce qui chute en premier et le plus fortement. Le site de la base aérienne est connu par beaucoup. Certains sont malades de voir qu’il reste inoccupé alors qu’il y a, sur place, un tel potentiel. »

Aménager un nouveau quartier, créer une microville

Pour se rendre compte de l’importance de ces 90 hectares à revaloriser : sachez que l’on y trouve 352 chambres individuelles avec sa salle de bain et WC, 300 salles de 10 à 80m2, une dizaine d’espaces de plus de 400m2 (dont trois réfectoires attenants à une immense cuisine) ainsi que 8 hangars de 1 600m2 chacun.

Alors qu’en est-il, aujourd’hui, sept après le départ du dernier militaire ? « La vie va bientôt reprendre », assure Martine Jolly. « Dès le départ, on a émis une succession de propositions. Aucun projet n’a reçu de soutiens. Et, au moment où nous allions finir par baisser les bras, jeter l’éponge, on a rencontré Alliance sens et économie. » C’était en 2015. Après 18 mois de réflexions, l’ébauche de Microville 112 est présentée à la foire de Châlons, en septembre 2017. « Il s’agit de mettre à disposition un terrain de jeu pour expérimenter une ville plus inclusive, plus mixte, moins cloisonnée et plus intelligente avec une part importante à l’innovation technologique », présente Christophe Besson-Léaud, d’Alliance sens & économie. Voilà pour la philosophie.

Sélection rigoureuse des candidats

Première action concrète, hier, avec le lancement officiel de l’appel à candidature, ouvert aux entreprises, associations, acteurs de l’enseignement, de la recherche, de l’innovation (technologique, économique, sociale, environnementale, démocratique, culturelle) ; bref, « à tous ceux qui souhaitent implanter sur ces 90 hectares, une activité professionnelle, qui ont un projet d’habitat ou qui souhaitent y mener une expérimentation », explique Eric Nowak, d’Alliance sens & économie.

Une candidature qui se fait via un questionnaire en ligne, les candidats précisant leurs besoins (surface par exemple) mais aussi ce qu’il pourrait apporter au collectif. « L’objectif est de créer des synergies économiques et humaines », poursuit Christophe Besson-Léaud, qui assure qu’à terme, la Microville 112 devrait accueillir « 1 500 personnes en journée, 300 habitants et permettre sur place 450 emplois ».

Parmi ceux qui ont montré un intérêt au site et ont réalisé des visites : une école privée, des menuisiers, une carrosserie, un fablab (lieu de fabrication ouvert à tous), une ferme pédagogique. « On pourrait y voir aussi de l’habitat connecté. Il y a des pistes pour un habitat monoparental mais aussi intergénérationnel ou encore participatif », détaille Eric Nowak.

Une fois l’appel bouclé. Il faudra éplucher les candidatures. « On vérifie que le projet réponde au cahier des charges, au PLU. Deuxièmement, il est examiné par un collège d’experts et troisièment par une commission de citoyens qui se sont portés volontaires », expose Eric Nowak. « Les projets doivent vraiment s’insérer dans l’esprit que l’on souhaite insuffler, poursuit Christophe Besson-Léaud, c’est-à-dire vouloir participer au développement d’activités qui dépasse le développement de sa propre activité : être dans une logique de co-développement. »

Penser la ville de demain

Réinventer la société, créer la ville de demain, « avec un volet développement durable. On est dans l’hybridation. On ne met pas en compétition les candidats. Il s’agit de créer un écosystème circulaire avec pourquoi pas une monnaie locale. »

Microville 112 sera gérée sous forme de coopérative et tous ceux qui s’y trouvent seront sociétaires. Martine Jolly voit aussi à travers ce programme, un moyen d’assurer une réinsertion « pour de nombreuses personnes qui auront ainsi en charge les nombreuses remises aux normes du site. » Les premières installations sont attendues pour janvier 2019. Des études sont en cours afin que la communauté urbaine chiffre et planifie les travaux préparatoires (réseaux, énergies et voirie), indispensable au bon fonctionnement du site.

 Aurélie Beaussart

 Extrait de l'union du 05-02-2018

   

   

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L’agriculture avance ses pions

grand reims La reconversion de l’ex-BA 112 avance. La ferme expérimentale se peaufine.


«
Notre zone est à présent bien découpée en différents pôles ayant chacun sa vocation » indique Maximin Charpentier (à droite), président de Terrasolis (ici au côté de Jean-Paul Pageau, président de la Chambre de commerce de la Marne, partenaire du projet). A.P.

L’ESSENTIEL

L’association Terrasolis, qui fédère différents acteurs du domaine des ressources agricoles, possède 349 hectares sur l’ancienne base aérienne 112.

Cette surface est aujourd’hui découpée en plusieurs zones en fonction de leurs vocations respectives : essais agricoles, accueil d’entreprises, et accueil du grand public.

3 millions seront investis l’an prochain pour réaménager l’aérogare pour en faire le cœur du pôle « événementiel ».

Sur l’ex-base 112 de Reims, le projet agricole avance. C’est ce qu’a voulu démontrer Maximin Charpentier en profitant cette semaine de la caisse de résonnance de la foire de Châlons. Par exemple, l’an prochain, 3 millions seront investis pour aménager l’ancienne aérogare, autour de laquelle gravitera un pôle « événementiel ».

Mais commençons par les présentations. Maximin Charpentier n’est peut-être pas connu du grand public : il est le président de la Chambre d'agriculture de la Marne mais aussi celui d’une jeune association nommée Terrasolis, dont le siège est à Châlons-en-Champagne, et qui fédère divers acteurs du domaine des ressources agricoles sur toute la région Grand Est. Le président la définit comme un « comité scientifique et technique qui pense l’agriculture du futur. » Tout un programme, on en conviendra. C’est là que l’on retrouve notre ancienne base aérienne : depuis mars dernier, Terrasolis y en effet est propriétaire de presque 350 hectares (349 exactement).

On se rappelle qu’un projet agricole avait déjà été lancé sur ce site dans le cadre de la reconversion de la base, sous le nom de Ferme 112. Eh bien, désormais on ne parle plus de Ferme 112, mais de Terralab - cette nouvelle dénomination a été officiellement lancée lors des Culturales qui se sont déroulées sur place en juin dernier -, et ce Terralab n’est rien d’autre, selon le président Charpentier, qu’un « outil de travail » au service du comité Terrasolis.

LE SITE EST DÉSORMAIS ZONÉ DE FAÇON COHÉRENTE

Le rôle de cet outil est notamment de fournir des argumentaires en direction des politiques, pour les aider à définir des... politiques en matière agricole qui satisfassent les agriculteurs eux-mêmes. Si l’on en croit M. Charpentier, ces deux mondes auraient bien du mal à se comprendre. « Par exemple, dit-il,les élus nous disent : Objectif zéro phyto (c’est-à-dire aucun produit chimique pour faire pousser les cultures) ! Mais ça pour moi, ce n’est pas un projet pour l’agriculture, c’est juste un mode de production. »

Autre exemple : avec les expériences menées sur les sols de Terralab, le président Charpentier espère bien aussi pouvoir tordre le cou à la classique attaque contre les biocarburants : « Si on fait pousser des plantes pour produire de l’énergie, on va affamer la planète ! » Chez Terrasolis au contraire, on croit dur comme fer que les deux sont compatibles.

Mais où en est concrètement ce fameux « outil de travail » censé nourrir la réflexion ? La nouveauté que Maximin Charpentier a pu annoncer lors de sa conférence de presse de cette semaine, c’est que le site de Terrasolis sur l’ex-BA 112 est à présent « zoné » de façon cohérente. « Avant, explique-t-il,quand une entreprise se présentait pour développer telle ou telle activité, on ne savait pas trop où la mettre. Maintenant, on a délimité plusieurs pôles en fonction de leurs vocations. » Ces pôles sont les suivants : l’essentiel de la surface, 240 hectares, accueillera des terres agricoles (pas des terres ordinaires, mais destinées à des expérimentations, à de l’innovation ouverte) ; le reste sera consacré principalement au « développement économique », c’est-à-dire accueil d’entreprises ou mise à leur disposition de services, comme du stockage. Une troisième fraction du territoire enfin, la plus petite, aura vocation à accueillir le grand public, sous l’intitulé « événementiel », avec pour cœur, comme on l’a dit, l’aérogare reconvertie.

PREMIÈRE PRÉSENTATION OFFICIELLE DU PROJET MICROVILLE 112

Quand tout cela sera-t-il opérationnel ? Il faut bien dire que lors de la conférence de presse, M.Charpentier et son partenaire numéro un, la CCI, représentée notamment par son président Jean-Paul Pageau, ont été quelque peu chiches en matière de dates. L’essentiel pour eux était de démontrer que la dynamique est lancée.

Concernant la zone « vie » de l’ex-BA 112, en revanche, un calendrier plus précis a été dévoilé hier vendredi au sein du pavillon du futur de la 71 e foire de Châlons. Rappelons que cette partie du site s’étend sur 80 ha et qu’elle abrite 35 bâtiments représentant pas moins de 55 000 m 2 , auparavant occupés par les militaires. Pour donner une idée du potentiel immobilier, cette zone compte 352 chambres indivicuelles avec salle de bains et WC, 300 salles de 10 à 80 m 2 , une dizaine d’espaces de plus de 400 m 2 (dont 3 réfectoires) ainsi que 8 hangars de 1 600 m 2 chacun. Le tout, « dans un état exceptionnellement correct quand on sait qu’ils sont vacants depuis 2011 », souligne Christophe Besson-Léaud, président d’Alliance Sens & économie, la société qui planche depuis 18 mois, aux côtés de la commune de Courcy, sur le projet de « Microville 112 ».

Officiellement présenté hier midi, ce nouveau projet vise à redonner vie à ces bâtiments vides « tout en permettant aux quatre composantes de notre société (les entreprises, les associations, l’enseignement supérieur et la recherche ainsi que les acteurs publics) d’exprimer leurs besoins, de coopérer pour développer des activités suffisamment profitables pour être durables » . En d’autres mots, il s’agirait de réfléchir pour expérimenter « la coopération, l’innovation et la co-construction de nouvelles chaînes de valeurs économique et sociétale ». Bref, « à partir de Courcy, de réinventer la société française », se plaît à ambitionner Christophe Besson-Léaud.

35 BÂTIMENTS DANS UN ÉTAT TRÈS CORRECT

Concrètement, explique-t-il, « il y aurait de quoi attirer 1 500 personnes qui pourraient y travailler la journée, 300 habitants, pour un potentiel de 350 emplois créés ». Tout pourrait se mettre en place assez vite, selon lui. « Si la cession contre l’euro symbolique du terrain par l’armée à la commune de Courcy a lieu au 1 er semestre 2018, nous pourrons démarrer le projet et voir arriver les premiers occupants au 2 e semestre. »

Si rien n’est évidemment encore décidé -un appel à manifestations d’intérêt sera bientôt lancé-, plusieurs « locataires » se sont déjà présentés spontanément. Une école privée, de la maternelle au lycée, serait vivement intéressée pour s’implanter dans cette Microville. Autres exemples d’activités qui pourraient s’y installer prochainement : une menuiserie, une activité de maraîchage, une carosserie, un espace de co-working, un fablab (un lieu de fabrication ouvert à tous), un café repair, une ferme pédagogique, un centre d’étude sur le bien-être animal, un camping, un hôtel, un musée...

Quant à l’habitat, il pourrait s’agir de logements intergénérationnels, pour familles monoparentales, de logements connectés pour personnes à mobilité réduite... On le voit, les pistes sont multiples. Et il y a fort à parier que les propositions ne vont pas manquer. Restera ensuite à définir le modèle économique de cette si prometteuse Microville, « territoire d’expérimentation de la ville de demain ».

CE QUI A DÉJÀ ÉTÉ FAIT ET CE QUI RESTE À VENIR

Les trois millions destinés à réaménager l’aérogare ne seront pas les premiers euros investis par l’association Terralis et son partenaire la Chambre de commerce et d’industrie de la Marne dans l’ancienne base 112. Trois cent mille euros ont déjà été engagés pour réaliser un lieu de stockage, déjà occupé par Cristal union pour ses pulpes. 500 000 autres ont servi à réaliser une ferme, qui sera le quartier général des agriculteurs appelés à œuvrer sur le site. Et pour l’avenir ? Des surfaces sont prévues pour une activité élevage et une autre production d’énergie.

Sous le signe de la bioéconomie


IAR, le pôle de la bio économie, et l’association Terrasolis ont scellé hier leur partenariat.

 Ils travaillent ensemble depuis le début mais viennent de formaliser leur partenariat. D’un côté, IAR (Industries, agro-ressources), le pôle de la bioéconomie français de référence qui rassemble plus de 360 adhérents, depuis l’amont agricole jusqu’à la mise sur le marché de produits finis. De l’autre, l’association Terrasolis qui est en charge du pilotage de la plateforme Terralab (sur les terres de l’ex-BA112). Objectif de cette signature de convention qui s’est déroulée hier à la foire de Châlons : optimiser leurs actions au service de la bioéconomie dans la région, grâce à la complémentarité de leurs domaines d’intervention. Concrètement, ils souhaitent aider ensemble au montage de projets, accompagner les acteurs (agriculteurs, industriels…) tout en les sensibilisant à la réduction de l’empreinte environnementale des produits avec l’ambition de  «positionner le territoire comme leader de la bioéconomie en France ».

« La bioéconomie est peu connue du grand public, explique Thierry Stadler, président du pôle IAR. Il était important d’avoir ce relais proche des agriculteurs, pour expliquer ce que ça peut signifier pour leurs exploitations. Cette convention, c’est un trait d’union entre producteurs et transformateurs, jusqu’aux consommateurs. » Pour Maximin Charpentier, président de Terrasolis, « c’est un pas de plus vers la structuration de notre territoire. Ce partenariat ajoute une corde supplémentaire à notre arc pour développer l’agriculture de demain. » Première réalisation commune : un annuaire commun des compétences sur la thématique « Ressources » en Grand est.

3 QUESTIONS à


Martine JOLY
Maire de Courcy

Mutualiser, respecter et économiser

Pourquoi est-il si important de redonner vie à ce site ?

Depuis le départ de l’armée en 2011, la commune de Courcy souhaite un projet de redynamisation du site pour deux raisons : d’abord parce qu’il est fort dommage de laisser se dégrader des locaux en bon état et ensuite parce que nous ne voulons pas laisser la place à des choses spontanées qui pourraient poser des problèmes par la suite, comme des problèmes de responsabilité, des nuisances… Notre rôle d’élu est bien de permettre une dynamisation, grâce à la création d’activités et de services, tout en veillant à préserver la qualité de vie des habitants. La période actuelle impose de créer de la valeur ajoutée.

Qu’a de particulier ce nouveau projet ?

Depuis 2011, plusieurs projets ont été présentés. Je ne vais pas revenir sur le passé mais nous ne soutenions pas le projet aéronautique. D’autres auraient pu fonctionner mais n’ont pas été retenus, comme l’école de formation du stade de Reims. Tirons un trait et avançons ! Voilà un an et demi que nous planchons sur la Microville 112. Ce projet a une âme particulière parce qu’il veut allier monde économique et monde associatif. Ce sera une magnifique synthèse, un mélange judicieux. Chacun pourra trouver des lieux abordables financièrement. Il pourra aussi permettre aux gens qui souffrent de handicap ou qui sont en marge de la société de retrouver une place. Il veut mutualiser, respecter et économiser. Ce sont des valeurs qui nous parlent, à une époque où les deniers publics se font rares.

C’est un projet véritablement fondé sur la coopération…

On voit que c’est un projet qui intéresse car il porte des valeurs nouvelles. On a déjà bien avancé. Nous rencontrons beaucoup de personnes intéressées et pressées. Ce ne sera pas un projet uniquement pour la commune. Nous souhaitons d’ailleurs conserver notre âme de petite commune rurale. On ne va pas déplacer le cœur de Courcy. Ce sera une valeur ajoutée pour tout le Nord rémois. Par rapport à Terralab, une seule route nous sépare. Nous souhaitons partager des services. Ils pourront trouver des logements par exemple ou nous prêter leur salle de cinéma. Il y aura forcément des passerelles.

Quant aux habitants de Courcy, une réunion publique sera prochainement organisée.

La Microville 112, présentée pour la première fois officiellement hier à la foire de Châlons, pourrait voir le jour au 2 semestre 2018. le projet vise la « co-construction avec et par la société civile d'une ville fondée sur la coopération pour créer de la valeur économique et sociétale».

Le projet de Microville 112 s'étend sur 80 hectares de l'ancienne Base aérienne 112. Il compte plus de 40 bâtiments (bureaux, logements, espaces de restauration, hangars, gymnase...) situés au nord de Reims, à 10 minutes de la zone commerciale de la Neuvillette, « à la couture entre urbain et rural », comme l'a souligné hier Christophe Besson-Léaud, président d'Alliance Sens & économie, l'entreprise à but non-lucratif qui accompagne le projet. Archives

Antoine PARDESSUS et Alice RENARD

Extrait de l'union du 13-06-2017

   

   

   Répertoire 

 

Ex-BA 112, et la pollution ?

 Des cultures poussent désormais sur l’ex-base aérienne. Insensé en raison du risque de pollution des sols ? Le nouvel exploitant s’en défend.


 Sur les anciens terrains de la base aérienne 112 situés à Bétheny, les aviateurs ont laissé la place aux agriculteurs.F.C

À SAVOIR

LA BASE AÉRIENNE 112, ENTRÉE EN SERVICE le 1 er octobre 1928, a fermé le 30 juin 2012.

D’UNE SUPERFICIE DE 542 HECTARES, elle était implantée sur les territoires de Bétheny (349hectares), Courcy (89hectares), Brimont (66 hectares) et Witry-lès-Reims (moins de 40 hectares).

CE SONT LES 349 HECTARES situés sur le territoire de Bétheny qui ont été vendus. Le reliquat appartient toujours au ministère de la Défense

3.471.500 EUROS
C’est le montant estimé de la dépollution (amiante, hydrocarbures...) lors de la vente de 349 des 542hectares de l’ancienne base aérienne aux promoteurs de la Ferme 112

Les Culturales 2017 ont rangé leurs tentes. Organisé par l’institut Arvalis, ce salon professionnel consacré à l’innovation agricole s’est posé les 14 et 15 juin sur 20hectares de l’ex-BA 112, mis à disposition par le nouveau propriétaire, l’association Agroressources et bioéconomie demain (ARBD). Acquéreur des 349 hectares situés sur la commune de Bétheny, ARBD y développe le pôle de recherche agronomique Ferme 112 (désormais appelé Terralab). Mais a-t-elle pris en compte les risques de pollution liés à l’activité passée de la base ?

1 - LES SOUVENIRS D’UN ANCIEN DE LA BASE

Henry est un ancien de la BA112. Il y a travaillé 37 ans et se souvient de sa réaction, le jour où il a su qu’une ferme allait s’y installer : « Mais ils sont fous ! Ils ne vont quand même pas faire pousser des cultures sur cette poubelle ? » Ainsi parle-t-il de l’ex-BA112, « à cause de la pollution» . « Je suis rentré à la base en 1968. J’ai participé à cette pollution. C’était comme ça à l’époque, jusque dans les années 80. Il n’y avait pas de réglementation. L’environnement, tout le monde s’en fichait. »

Henry se souvient des avions qui « dégazaient à l’atterrissage » , du « kérosène qui débordait quand les gars faisaient le plein » , « des réservoirs qui fuyaient par forte chaleur » ; « C’étaient des piscines. On pataugeait dedans. »

Il se souvient des diluants et peintures usagés qu’ « on stockait dans des fûts de 200litres » : « Une fois que les fûts étaient pleins, on allait les vider dans les champs. » Il se souvient des « véhicules hors d’usage » qui étaient stockés « au bois Soulain, côté Bourgogne » : « On appelait ça la réforme. L’essence, les huiles… Ça coulait, ça s’infiltrait dans le sol. »

Henry se souvient aussi des obus : « Il y en avait partout. On en trouvait toujours quand on faisait sport dans les champs. » Datée de novembre 2015, une « fiche d’analyse du risque pyrotechnique » produite par le service d’infrastructure de la défense de Metz indique qu’ « environ 1 900 munitions de tout calibre et de toute nature ont été traitées [sur la base] entre 1979 et 2007 » .

2 - LES ATTENTES D’UNE ASSOCIATION

Des témoignages semblables à celui de Henry, Vacarmes-Reims en a recueilli beaucoup. L’association veille à la défense des intérêts environnementaux liés au devenir du site. La (dé)pollution est un sujet qu’elle suit, ou du moins tente de suivre, nuance son porte-parole, Éric Fimbel.

« En 2009, le préfet s’était formellement engagé à nous communiquer le résultat des études sur la pollution du site. Il ne l’a pas fait. Nous avons refait une demande en2015. Toujours pas de réponse ! Le diagnostic payé par le contribuable n’a jamais été rendu public. Nous disposons de nombreux témoignages permettant de penser que la pollution par hydrocarbures et produits chimiques est présente en quantité non négligeable, mais comme aucun document n’a été rendu public, nous en sommes réduits à ne pouvoir ni dénoncer, ni glorifier. »

3 - LES PRÉCAUTIONS DU NOUVEAU PROPRIÉTAIRE

Maximin Charpentier est le président d’Agroressources et bioéconomie demain, propriétaire depuis le 30mars 2017 des 349 hectares situés sur la commune de Bétheny. Lui non plus n’a pas eu personnellement en mains les études liées à la dépollution – son notaire, oui – mais il s’est préoccupé du sujet, insiste-t-il, et bien avant de se porter acquéreur.

« Quand l’armée était encore propriétaire, je lui avais demandé s’il était possible de faire expertiser le terrain, à mes frais. Elle avait accepté. Pendant trois mois, 80sondages ont été réalisés par une société que nous avions choisie après appel d’offres. Ces 80 sondages n’ont révélé aucune pollution. Nous avions également cartographié l’ensemble du site avec des drones. Les images aériennes donnent des indications sur la texture du sol, ce qui permet de détecter des anomalies. Elles n’ont rien révélé non plus. C’est pour cette raison que nous avons signé. S’il y avait eu des problèmes de pollution, nous n’aurions jamais acheté. » Il rappelle que du temps de la base, des agriculteurs exploitaient déjà certaines terres.

Les essais agronomiques couvriront à terme 240hectares. « À chaque extension, je paye une expertise pour vérifier si le sol est pollué. » Cela vaut aussi pour les obus. « On en trouve, mais pas plus que dans les champs aux alentours. » Concernant la pollution industrielle, « nous n’avons jamais rien trouvé » .« Les études parlent de terre homogène , représentative du département . Elle est nickel. Quand j’ai lancé l’idée d’accueillir les Culturales, Arvalis (NDLR : l’organisateur)m’avait demandé : Êtes-vous sûr que c’est propre ? On avait déjà tout expertisé. Eh bien, pour les rassurer, on a refait les expertises ! »

Tous ces travaux ont un coût. « Depuis le début, nous en sommes à 50 000 euros. »

4 - LES CALCULS DE L’ÉTAT

À la charge du repreneur, les dépenses liées aux risques de dépollution ont été prises en compte dans le prix de vente. Après avoir acquis les 349 hectares auprès de l’armée pour l’euro symbolique, en 2016, Reims Métropole les a revendus 2,5millions d’euros à l’association, au lieu des 6millions estimés par les Domaines, en raison « d’une valeur de dépollution du site estimée à 3 471 500 euros hors taxe » (délibération du conseil communautaire du 12 décembre 2016).

Cette estimation réalisée par les services de l’État recouvre tous les frais en lien avec les pollutions par hydrocarbures et autres produits toxiques, la « pollution pyrotechnique » (explosifs) et le désamiantage des bâtiments (inutilisés pour le moment). « Il s’agit d’un coût de dépollution global, une estimation large, pour ne pas avoir de mauvaises surprises » , précise Maximin Charpentier. Concernant le cimetière de véhicules (la «réforme » du bois Soulain évoquée par le retraité de la base), M. Charpentier précise qu’il n’est pas concerné. « Elle se trouve sur le territoire de Brimont. Nous n’avons pas acheté cette parcelle. »

5 - LES TRAVAUX DE L’ARMÉE

Intitulée « fiche relative au risque de pollution industrielle du site de l’ex-BA 112 » , un document du ministère indique que « le service d’infrastructure de la défense a effectué le démantèlement et la remise en état des zones potentiellement polluées » . Maire de la commune voisine de Courcy, Martine Jolly se souvient effectivement de travaux réalisés « dans les zones les plus sales » , notamment « le dépôt de kérosène » et « le stand de tir » .

« L’armée a rendu un site vendable. En tant que propriétaire, nous sommes parfaitement rassurés » , insiste Maximin Charpentier. Et d’annoncer une « journée portes ouvertes » organisée par l’association « au printemps 2018 » . « Nous ferons visiter le site. Le public pourra en faire le tour. » L’occasion, peut-être, de répondre directement à ceux qui s’interrogent sur les risques de pollution.

Fabrice CURLIER

Extrait de l'union du 22-06-2017

   

   

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Grand show des cultures à la Ferme 112

L’ex-base aérienne accueille mercredi et jeudi la 12 e édition des Culturales.   On y parle des derniers progrès de la génétique, du numérique ou de la fertilisation.


Des petites parcelles de blé, d’orge, de lin ou de tabac ont été cultivées spécialement pour l’occasion.

À SAVOIR

*.- QUAND ? - Mercredi 14 et Jeudi 15 juin, de 9 h à 18 h.

*.- OÙ ? - À la Ferme 112 ex-aérodrome de Reims – Champagne à Bétheny.

*.- POUR QUI ? - Les professionnels sur inscription gratuite à www.lesculturales.com

Des centaines de vitrines végétales, des centaines d’experts et des centaines d’exposants attendent les agriculteurs ces mercredi et jeudi à la Ferme 112. L’ex-base aérienne, vouée désormais à l’expérimentation et à la recherche agricole, accueille cette semaine la 12ème édition des Cutlurales, organisées par Arvalis - Institut du Végétal. Pour cet événement professionnel des petites parcelles de blé, d’orge, de lin ou de tabac ont été cultivées et feront l’objet d’analyses et d’explications d’experts. Il y aura des ateliers techniques. L’un d’eux concernera inévitablement la « ferme un numérique » à l’heure où arrivent dans les exploitatiions les outils connectés et d’aide à la décision informatisés, les robots, les GPS, la machine pulvérisation intelligente ou encore les systèmes de modulation intraparcellaire. On parlera aussi de la « ferme fertile » au travers d’exposés sur les derniers progrès de la génétique et de la fertilisation azotée des céréales à paille. Enfin, « La ferme en route vers la protection intégrée » se focalisera sur la santé des cultures et présentera les « méthodes chimiques et alternatives garantissant la production et sa qualité avec le minimum d’impacts ».

Cette formule rôdée fera l’objet de deux nouveautés. Il y aura d’abord, des « Forums au champ » qui permettront des débats riches en échanges sur quatre thématiques. Ensuite le challenge Rob’Olympiades, verront s’affronter des robots agricoles conçus par les étudiants de différentes écoles.

Antoine PARDESSUS

Extrait de l'union du 13-06-2017

L’innovation agricole en salon aux portes de Reims

L’édition 2017 des Culturales aura lieu les 14 et 15 juin sur l’ex-base aérienne 112. Un rendez-vous destiné aux agriculteurs professionnels de toute la France.

Des semis avaient été effectués dès l’an dernier sur le site pour que les professionnels puissent découvrir cette semaine diverses plantes (céréales notamment) à maturité. Christian Lantenois

L’ESSENTIEL

*.- UN VASTE VILLAGE de quelque 350 tentes blanches a poussé sur le site de l’ancienne base aérienne 112.

*.- IL ACCUEILLERA les 14 et 15 juin les Culturales.

*.- IL S’AGIT d’une sorte de salon professionnel consacré à l’innovation agricole (on n’y parle ni élevage, ni viticulture), organisé tous les deux ans par l’institut Arvalis.

*.- ON EN EST à la 12 e édition. La cible visée n’est pas le grand public.

Mais qu’est-ce que c’est que toutes ces tentes ? Elle a raison, cette habitante de Saint-Étienne-sur-Suippe, qui passe du côté de l’ancienne base 112, de se poser la question. Des dizaines et des dizaines d’édicules blancs se dressent dans le paysage. Quelque 350 en tout, un vrai petit village. Eh bien, c’est celui qui abritera, les mercredi 14 et jeudi 15 juin prochains, les Culturales.

Kézako ? On pourrait dire de cet événement que c’est une sorte de salon de l’auto, mais consacré à l’agriculture (on y parle céréales, pommes de terre, fourrage, betteraves, entre autres, mais ni élevage ni viticulture), et plus précisément à l’innovation agricole. À ceci près tout de même que le public visé par les organisateurs, à savoir l’institut technique Arvalis, basé à Paris (lire aussi par ailleurs), n’est pas monsieur tout le monde, mais les seuls agriculteurs professionnels.

Comment lutter contre les pucerons porteurs de la JNO (comprendre jaunisse nanisante de l’orge) ?

À leur intention, on a fait pousser sur place toute une série de plantes, blé, orge, lin et autre tabac, pour la plupart arrivées à présent à maturité, ce qui permet de constater de visu les effets de telle ou telle technique. « Les semis ont été faits à partir d’août 2016 », explique Mélanie Franche au nom d’Arvalis. C’est dire l’anticipation dont il a fallu faire preuve pour organiser cet événement!

À travers une grande variété de stands, forums et autres ateliers, les visiteurs pourront en outre aborder des questions aussi captivantes que : « Quel est le parcours d’une donnée météo numérique, et à quoi peut-elle servir ? » Ou bien : « J’ai roulé avec du matériel trop lourd sur ma parcelle ; quel va être l’impact sur l’enracinement ? » Ou encore : « Comment lutter contre les pucerons porteurs de la JNO (comprendre jaunisse nanisante de l’orge) ? »

On le voit, ces sujets ne sont pas à la portée du premier quidam venu. Du coup il ne faut pas imaginer les Culturales comme une possible sortie en famille, même si certaines animations, comme un concours de robots, auraient probablement de quoi intéresser le grand public. D’ailleurs, pour bien faire comprendre qu’on n’est pas là dans la balade dominicale, la manifestation n’a pas lieu le dimanche, mais en semaine.

Il n’en reste pas moins qu’elle risque de drainer du monde (c’est le but). Lors de la dernière en date, en 2015, les organisateurs ont enregistré quelque 15 000 visiteurs. Ils en espèrent au moins autant pour cette édition rémoise.

Antoine PARDESSUS

 Extrait de l'union du 13-06-2017

   

   

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Les Culturales, le premier événement de la Ferme 112

Les 14 et 15 juin se tiendront à la Ferme 112 les 12es Culturales, événement XXL – 250 exposants et 15 000 visiteurs attendus – destiné à penser l’agriculture de demain.


our cette première édition des Culturales organisée dans la région, 275 tentes, représentant près de 40 000 m 2 de stands, occuperont le site de l’ancienne base aérienne 112.

Commençons tout doux : qu’est-ce que les Culturales ? Un événement majeur à la croisée de l’agriculture et de l’économie. Pour le dire autrement, une sorte de grand forum organisé afin d’imaginer les meilleurs outils pour répondre « aux impératifs de produire de façon durable et pour des marchés diversifiés », résumait Jacques Mathieu, le directeur général d’Arvalis, hier, lors d’une conférence de presse organisée à la mairie. À son côté, François Jacques, le secrétaire général, appuyait : ces Culturales sont « un vecteur d’information pour que l’innovation profite à tous les producteurs de grande culture ».

CROISSANCE Démographique, changement climatique… les défis ne manquent pas

La 12e édition sera la première à se tenir dans la région. Ce sera les mardi 14 et mercredi 15 juin aux portes de Reims, sur le site de la Ferme 112, cet espace de 20 hectares qui, jusqu’en 2012, abrita une importante base aérienne. Cédé par l’État à Reims Métropole en décembre 2016, la Ferme 112 est désormais un pôle de recherches agronomiques. « L’ex BA-112 a vocation à devenir le lieu d’expérimentations diverses au service d’une agriculture moderne et innovante », rappelait Catherine Vautrin, députée de la Marne et présidente du Grand Reims, laquelle voyait dans ces prochaines Culturales « une parfaite résonance avec cette vocation à long terme. » Long terme toujours, le député-maire Arnaud Robinet souhaite que la Ferme 112 puisse accueillir « un forum sur la biodiversité lors de l’exposition universelle 2025 », à condition que la France soit retenue.

Plusieurs conférences sur différentes thématiques d’actualité se tiendront au cours des 14 et 15 juin en présence d’experts.

 Présentation.

« Agrométéo : une révolution en marche ? » : sur scène et en images, des spécialistes décrypteront ce qu’est un objet connecté et ses plus-values pour l’agriculteur. Des agriculteurs viendront témoigner de l’intérêt d’outils déjà opérationnels chez eux et de leurs impacts au quotidien.

« Demain, je pilote ma ferme grâce au numérique » : sur tablette, l’agriculteur du futur verra en temps réel l’état de ses cultures, l’état de ses stocks. Il suivra l’avancée de ses travaux dans ses champs, les intervention de ses robots désherbeurs. Il pourra encore mieux appliquer la bonne dose de produit au bon moment et au bon endroit grâce aux applications connectées embarquées.

« Fertilité des sols : de nouveaux outils pour mieux l’apprécier » : les termes « fertilité biologique, chimique et physique du sol » seront abordés, ainsi que les indicateurs déjà existants permettant de caractériser ces trois composantes. Comment apprécier l’activité biologique de son sol ? Les visiteurs découvriront, ou redécouvriront, la grande diversité des organismes vivants présents dans le sol pour mieux les préserver.

« Agriculteur : un métier d’avenir » : l’agriculture a un bel avenir, à chacun de trouver le sien. Le climat, l’économie, les attentes de la société, des filières et des marchés, changent : des experts viendront partager leur analyse d’un contexte de production de plus en plus variable.

« Pourra-t-on encore désherber demain ? » : la gestion des adventices est devenue la difficulté majeure de nombreux systèmes en grandes cultures. Aujourd’hui, des moyens alternatifs existent et permettent de pallier certaines situations difficiles. Les experts présents reviendront sur les combinaisons (rotation, dates de semis) et de lutte physique qui fonctionnent.

« Ces Culturales, c’est le début d’une grande histoire »

Avant cela, les 14 et 15 juin, 200 exposants et 15 000 visiteurs seront attendus pour déambuler dans les 275 tentes – soit 38 941 m2 de stands. « L’agriculture doit accroître la mise en synergie entre agriculteurs, scientifiques et acteurs socio-économiques (…) pour accélérer le déploiement de la bioéconomie », avançait pour sa part Maximin Charpentier, président de « Agro-ressources et bio-économie demain », association devenue depuis le 30 mars l’heureux propriétaire de la Ferme 112.

Penser l’agriculture demain donc. Croissance démographique, changement climatique, modernisation des outils et des techniques grâce à la robotisation et au digital, etc : pas besoin d’être prix Nobel d’économie pour savoir que les défis ne manquent pas.

Durant les Culturales, des parcelles de démonstration seront montées afin de montrer les innovations opérationnelles ; des experts venus de différents horizons évoqueront le meilleur des recherches et des connaissances techniques pour, par exemple, évoquer « des leviers de productivité dans les systèmes betteraviers ».

Enfin, histoire de souligner la part belle qui sera faite à l’innovation durant ces deux jours, un challenge ludique, les Rob’olympiades, sera organisé pour les étudiants les plus inventifs. Ces derniers, issus de cinq écoles (Chalon-sur-Saône, Vesoul, Saint-Quentin, Perpignan et Clermond-Ferrand), présenteront leurs robots prototypes au travail, « préfiguration de ceux qui, demain peut-être, seront dans les champs », précisait le communiqué de presse.

A l’issue de cette copieuse programmation, Maximin Charpentier affirmait : « Ces Culturales, c’est le début d’une grande histoire. » On allait oublier : le 14 juin au soir sera dévoilé le nouveau nom de la Ferme 112.

 Mathieu Livoreil

Des débats prévus sur plusieurs axes d’innovation

Par L'unionWednesday

Maximin Charpentier

 Extrait de l'union du 12-04-2017

   

   

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 Le plein de projets pour la Ferme 112

L'aménagement de la Ferme 112 se poursuit avec notamment un projet photovoltaïque.

 
Lemaire, accompagné de MM. Bochu et Charpentier, ont présenté les différents axes

L 'aménagement de la Ferme 112 se poursuit avec un projet photovoltaïque et une grande manifestation agricole les 14 et 15 juin prochains.

Vincent Bochu, directeur de l'association Agro ressources et Bioéconomie demain. et Patrick Charpentier. un des six exploitants agricoles de la Ferme 112, membre du réseau Recherche et développement, étaient les invités vendredi matin à l'espace Thierry-Meng du désormais traditionnel petit dé- jeuner de -l'économie locale. À l'initiative de la municipalité, deux fois par dit, ce rendez-vous réunit des chefs d'entreprise de la commune. L'aménagement de la Ferme expérimentale 112 sur l'ancienne base aérienne peut être une chance pour les entrepreneurs locaux.

Vincent Bochu a évoqué le projet photovoltaïque qui sera présenté à la commission nationale pour approbation en 2017 ct annoncé une manifestation agricole. les Culturales, qui devrait regrouper, les 14 et 15 juin prochains, 15.000 agriculteurs et 200 exposants. Le vendredi 16 sera consacré aux entreprises et le samedi 17 sera une journée portes ouvertes pour tous les publics. La réhabilitation des bâtiments sera effectuée au fur et à mesure des besoins, et une aérogare aménagée au premier semestre 2017. Quant à M. Charpentier, il a annoncé les premiers semis. la première récolte et l'essai de stockage longue durée des betteraves, détaillant les objectifs de la ferme expérimentale: améliorer la fertilité, avec une moindre consommation d'aide chimique et d'énergies fossiles, afin de lutter contre le réchauffement climatique- et d'améliorer la résilience.

Claudette MERIEUX

 Extrait de l'union du 19-12-2016

   

   

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Pour ancrer notre région dans la terre


 Lancé à la foire de Châlons en 2015, « le pari du végétal » veut fédérer les acteurs locaux pour faire de notre région le leader de la bioéconomie. Et le faire savoir


L'objectif du projet est de créer localement autour des productions de la valeur ajoutée

LES FAITS

•.- Le pari du végétal, un slogan, une marque de fabrique, lancé localement l'an passé.

•.- Quels sont les contours de cette appellation ? Quelle est son but ? les géniteurs de cette action s'expliquent

« Le pari du végétal ». LPDV, acronyme pour les initiés. Cela ne vous parle pas, Pas encore ! L'appellation a déboulé lors de la dernière foire de Châlons-en-Champagne, en août dernier. Le rendez-vous agricole régional devenu le lieu des convergences de la rentrée, aurait décidé de lancer un nouveau concept ? Neuf mois après cette naissance, il apparaît nécessaire de faire le point sur cette démarche, encore obscure pour beaucoup.

En août dernier, Hervé Lapie, le président de la FDSEA de la Marne, le puissant syndicat agricole, expliquait que l'ambition qui anime les créateurs du « pari du végétal » est « de faire de notre territoire, déjà riche de son pôle IAR, la capitale de la bio-économie. »

« Nous sommes fiers de nos territoires »

 Pour les profanes que nous sommes, IAR ou bio-économie nous emmènent déjà dans des contrées inconnues. Alors, on se tourne vers Bruno Forget, le directeur de l'UCIA, l'organisateur de la foire de Châlons. « Nous sommes fiers de nos territoires. Il faut les valoriser pour que cela ne soit pas que des grandes plaines. » Deux messages mais une ambition que les deux hommes ont décidé de partager en créant cette association.

Notre région s'était déjà dotée du pole Industries, Agro-Ressources (IAR, à Pomacle-Bazancourt près de Reims, et à Laon), un outil de recherche et de développement pour offrir de nouveaux débouchés aux productions agricoles locales : des biocarburants, L'objectif est aussi d'utiliser toutes les composantes, des cultures dans des applications nouvelles. Avec la Ferme 112, c'est la recherche sur la production elle-même qui est relancée (lire ci-contre). Ce degré d'expertise des entités de nos départements, « personne ne le connaît en France, en Europe et dans le monde », a constaté Hervé Lapie. Le syndicaliste veut donc travailler avec le gouvernement en direction des décideurs politiques et économiques étranger : pour donner une dimension internationale à nos savoir-faire. Cela passe déjà localement par « fédérer les organisations agricoles dynamiques, la société civile, les collectivités sous une bannière commune »

« Regarder les betteraves d'une façon différente »

« Après, nous voulons faire regarder les betteraves d'une façon différente car beaucoup ne connaissent pas les industries autour et les valorisations locales » vient détailler Bruno Forget. C'est l'autre objectif de LPDV. Communiquer auprès du grand public. À commencer par les habitants de nos départements qui ne font même plus attention aux cultures dans les champs qui les entourent. « Nous voulons montrer ce que l'on peut apporter à la société à travers cette communication ». reprend tapie. Et apporter à nos territoires. Car le but demeure de Créer localement, autour des productions, de la valeur ajoutée. Pour ancrer les populations. « C'est le volet aménagement du territoire » souligne Hervé tapie. « Cela permettrait de garder nos jeunes et d'en attirer d'autres en les formant localement à tous ces métiers. »

Et alors, un an après ? « Laissez-nous grandir », demande le président de la FDSEA de la Marne, « c'est encore tout chaud », Le moment de battre le fer.

La Ferme 112 pour compléter le processus


Maxime Charpentier, le créateur de la Ferme 112

Fermé depuis 2012, le lieu avait connu un Teknival, voilà tout juste deux ans. Depuis septembre, les terres de l'ancienne base aérienne 112 de Reims ont retrouvé leur usage originel : la culture. Enfin, celle du futur. « Depuis 30 ans, les grosses recherches et investissements se sont concentrés sur l'aval de la production : les débouchées et la création de valeur autour des productions, comme le pôle de compétitivité IAR de Pomacle-Bazancourt et Laon », rappelle Maxime Charpentier, président de la chambre d'agriculture de la Marne (et vice-président de celle du Grand Est). « Depuis quelques années, on se tourne à nouveau en amont vers les productions, pour les rendre plus compétitives et plus durables... » Voilà comment est né le cluster « Agroressources et bio-économie de demain » dont l'un des outils est cette Ferme 112 installée depuis septembre sur l'ancienne base aérienne.

« L'agriculture doit désormais répondre à quatre enjeux » nourrir, créer de l'énergie, des matériaux et stocker du carbone. » Cette Ferme 112 doit aider à y parvenir. Sur les 500 hectares disponibles, la moitié est réservée à ces expérimentations sur les productions, le reste sera dédié à la formation, le machinisme et les nouvelles technologies. l’événementiel et l'entrepreneurial. Au total 30 millions d'euros devraient être investis sur le site dont quatre dès la fin d'année pour-le volet formation dans l'ancienne aérogare.

L'EXPO COP21 À LA FOIRE DE CHÂLONS

*.- L'exposition Climat, dans le cadre de la COP21,actuellement à la Cité des sciences à Paris, sera présentée lors de la foire de Châlons, en août.

*.- Des débats sont prévus sur la déclinaison de la COP21 en région avec notamment la présence de Philippe Richert, président du Grand Est.

Le CHIFFRE 49.000

Exploitations agricoles dans le Grand Est (sur un total de 300.0000 entreprises).

La PHRASE

 « Pourquoi le terme le pari ? Pour être en contradiction avec l'arrogance et la certitude ! On va miser sur ce challenge. Et en faire un pari gagnant ! »

Bruno Forget, directeur de l’UCIA, qui organisa la foire de Châlons, et cofondateur de l’association Le pari du végétal.

Frédéric GOUIS

 Extrait de l'union du 05-2016

   

   

   Répertoire 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce qui se prépare vraiment à la ferme 112

Après des années-de réflexion et de controverses, l'ex-base aérienne de Reims va se destiner à la recherche et aux expérimentations sur les cultures. Gros plan sur un projet à multiples facettes.

RAPPEL des FAITS

•.- 1909 - Le terrain accueille la Grande semaine d’aviation.

•.- 1911 - Concours organisé par l’armée pour choisir des avions.

•.- 1928 - Installation du 12e régiment de bombardement sur la base 112.

•.- 2009 - Nouvelle carte militaire et annonce de la dissolution.

•.- 2011 - Dissolution de la BA 112 Reims-Champagne le 30 juin.

•.- 2013 – Signature du contrat de redynamisation le 19 juillet.

•.- 2015 – Lancement officiel de la Ferme 112 le 3 septembre.

•.- Le Chiffre 3 millions €

C’est le montant alloué par le contrat de redynamisation de site de défense CRSD) relatif à la BA 112 sur un total d’actions de 13 millions d’€.

•.- Citation

« Le syndicat mixte du Nord Rémois est né pour transformer cette gifle en caresse. » Catherine Vautrin, présidente de Reims Métropole

Sept ans après l'annonce de sa  dissolution, la base aérienne 112, équipement centenaire qui fit les belles années de l'aviation à Reims, voit son nouveau destin-scellé, Les projets plus ou moins aboutis et fantasmés de parc à thème, de cité de l'aéronautique, de musée du patrimoine et d'aéroport d'affaires ont cédé la place à celui d'une ferme expérimentale.

L'ex-BA112 quitte donc le domaine de l'air pour revenir à la terre. Ce n'est pas pour 'autant un retour au passé. Comme son nom l'indique, le projet porté par « l'association Agro-Ressources et Bio Économie Demain» regarde vers le futur.

Il s'agit de, faire progresser les techniques agricoles afin de produire plus, tout en préservant mieux l'environnement. L'idée est aussi de travailler en complémentarité avec Le pôle Industrie et Agro Recherche (IAR), commun à la Champagne Ardenne et à la Picardie, et en particulier la bio raffinerie végétale de Pomacle-Bazancourt. « L'enjeu est d’arriver à un acte de production qui soit équilibré sur ses débouchés alimentaires et non alimentaires tout en étant compétitif et durable  », résume Maximin Charpentier, président de la chambre d'agriculture de la Marne et président de l'association. Alors que depuis dix ans, les blouses blanches du pôle travaillent à transformer industriellement les végétaux en énergie, molécules ou matériaux nouveaux, on a assez peu réfléchi à l'amont, à l'efficacité au sens large des exploitations.

« Toutes les organisations travaillent les sujets d'une façon verticale, sur sa filière. Arvalis va travailler sur les céréales, l'ITB sur la betterave, Terre lnovia sur les oléagineux; Les gens sont très pointus sur un domaine mais personne ne se met à la place de l'agriculteur qui doit gérer son exploitation et faire des choix entre les différentes productions », remarque Maximim Charpentier. Et l'institut national de la recherche; agronomique ?

« L'Inra fait plus de la recherche fondamentale sur la génétique, les sols ou le changement climatique. L'enjeu est de mettre en relation l'ensemble des acteurs pour travailler sur des systèmes d'exploitation qui sont globalement plus performants », répond Benoît Brunsart, chef de pôle productions végétales à la chambre d'agriculture de la Marne.

Sur les 540 hectares abandonnés par l'armée de l'air. la future «'plate-forme d'open-innovation sur la production d'agro-ressources » n'en utilisera que 350. Une partie de cette surface a déjà trouvé précisément sa destination.

1 - PÔLE EXPÉRlMENTATION

Sur une surface totale de soixante hectares, six rotations, avec chacune une thématique particulière, vont être expérimentées et comparées pendant huit ans. Ce des agriculteurs, et' non des scientifiques, qui exploiteront cette ferme du futur.

Une des rotations sera dédiée à la production maximale de biomasse et à l'utilisation maximale de photosynthèse. « Nous voulons savoir ce que cette optimisation coûte en termes d‘engrais et environnement », explique Maximin Charpentier.

Sur une autre rotation de huit ans, on va essayer de créer un système qui utilise le moins d'engrais azotés possible. Pour-s'en passer, les agriculteurs utiliseront des cultures capables de capter l'azote de l'air pour le restituer dans le sol, en faisant des inter-cultures adaptées. « L'azote est le premier facteur de production mais aussi le premier facteur consommateur d'énergie. Sur une exploitation de grande culture classique, on consomme environ 500 litres d'équivalent fuel par hectare dont environ la moitié d'azote », souligne Benoît Brunsart. En se passant d'azote, on aurait de quoi diviser par deux la consommation de carbone sur une exploitation.

La troisième expérimentation se fera autour de couverts permanents. Il s'agira de faire en sorte de ouvrir au maximum le sol-pour éviter l'érosion comme le désherbage et ramener de J'humidité pour que la terre soit plus propice à passer les périodes sèches. « On veut savoir si l'on peut améliorer la fertilité du sol par des plantes et si on peut utiliser le sol en tant que puits de carbone »l, précise le technicien.

Une quatrième rotation mettra en œuvre un couvert partiel associé à un minimum de travail du sol. Ce système intermédiaire sera adapté aux cultures de printemps comme la betterave ou la pomme de terre qui sont problématiques avec un couvert permanent.

Le cinquième thème sera développé sur quinze hectares par le programme de recherche Syppre . (Systèmes de production productifs et respectueux de l'environnement) qui rassemble l'ITB,Terre Inovia et Arvalis sous l'égide du ministère de l'Agriculture.

Le sixième et dernier système sera conventionnel, tel que pratiqué par 90 % des agriculteurs aujourd'hui, afin de servir de base de comparaison avec les cinq précédents.

D'autres acteurs pourront aussi expérimenter, Vivescia a réservé soixante hectares pour ses propres recherches. Groupama Nord-Est réfléchit à une expérimentation avec des drones capables d'aider à l'expertise de cultures sinistrées.

2 - PÔLE DE FORMATION ET DE TRANSFERT DE CONNAISSANCES

Les anciens bâtiments de l'aérogare civile, construits jadis par la CCI, deviendront un pôle de formation et de transfert de connaissances à destination des élèves, des étudiants, des agriculteurs et du grand public. La Ferme 112.aura en effet une vocation pédagogique et sera ouverte sur la ville. C'est là qu'il y aussi les bureaux de l’association, les laboratoires et l’acceuil.

3- PÔLE MACHINISME ET NOUVELLES  TECHNOLOGIES

Des consnucteurs.et des distributeurs de matériel agricole sont invités à prendre part à l'aventure. Ils pourront faire des tests' en conditions réelles.

Les nouvelles pratiques de cultures sont étroitement liées à l'innovation dans le machinisme agricole. Il s'agit d'aller encore plus loin dans le concept d'agriculture de précision qui, grâcé'â des outils numériques, peut diagnostiquer l'état de santé d'une plante et ses besoins.

4- PÔLE EVENEMENTIEL

Trois anciens grands hangars, qui abritaient hier les avions de l'armée, seront utilisés dans le cadre de la ferme, Un hangar sera aménagé afin de pouvoir accueillir des salons autour des domaines de la bio économie. Un deuxième disposera de gradins pour permettre des «présentations d'outils agricoles en dynamique ».

Le troisième hangar sera dédié au stockage. La partie show-room sera développée avec l'UCIA, l'union de commerçants organisatrice de la grande foire de Châlons dont ma vocation est largement agricole.

5 – PÔLE ENTREPREÊNEURIAL

D'anciens bâtiments situés le long de la départementale 966 menant à Brimont seront dédiés à l'accueil d'entreprises et des start-up. Ce pôle sera développé avec la CCI de Reims et d'Épernay. Cette dernière .a commencé à se tourner 'vers le business vert avec le lancement d'une grande zone d'activité, Sohettes – Val des Bois, à quelques kilomètres de là, en face du site agro-industriel de Pomacle-Bazancourt. .

Si, pour l'heure le budget et le financement global, hors les trois millions du CRSD pas annoncés, le prochain envol est prometteur. Mais la barre est haute. L'ex-base 112 a longtemps été le troisième employeur de l'agglomération rémoise avec environ 1.500 emplois directs et des dizaines de millions d'euros de retombées économiques annuelles.


 

Thierry STADLER
Pdt du Pôle Industrie Agro-Ressources

« Notre commission ressources travaille sur le projet depuis son début. Le Pôle était parti de prendre de la matière au bout du champ pour la transformer. Or, si on ne travaille pas sur toute la chaine de valeur, on n’y arrivera pas. C’est en la contrôlant entièrement que l’on peut ramener de la valeur ajoutée. L’intérêt de La Ferme 112, c’est aussi de travailler sur les questions de compétitivité et de durabilité des productions agricoles ».

Jean-Paul PAGEAU
Pdt de la CCI Reims-Epernay

« C'est un projet formidable et fédérateur, et c'est le fils d'agriculteur qui parle. Il va dans le sens de l’écologie, de la production agricole et du développement économique. Tout le monde est dedans. Je n'ai jamais entendu personne s'y opposer. C'est un projet phare pour les dix à vingt ans à venir, pour notre grande région, la Marne et l'agglomération de Reims. Il peut attirer, aussi des start-up du monde agricole ».

 

Martine JOLLY
Maire de Courcy.

C’est tant mieux s’il y a des projets, je n’ai rien contre. Je n’ai pas absolument tout compris, à part la partie agricole. J’attends que le projet se mette en place. Quels sont les garde-fous ? Quelles limites a-t-on mis ? S’il y a un projet sur partie de la base située sur la commune de Courcy qui pourrait servir au nord de Reims et à l’agglomération, j’y serais favorable à condition que cela ne desserve pas notre population.

Dix-sept partenaires

Les membres de l'association Agro-Ressources et Bio Économie Demain sont : les chambres d'agriculture de la Marne, des Ardennes, de l'Aube, de Champagne-Ardenne, Reims Métropole, la CCI de Reims Épernay, la FDSEA, la Région Champagne-Ardenne, la fondation de France, la Fédération des coopératives agricoles de Champagne-Ardenne, le pôle IAR et l’Institut Jacques de Bohan, Vivescia, Cristal Union, le Groupe Soufflet, Groupama Nord-Est et Crédit Agricole Nord-Est.

Un montage qui met de côté Courcy et Brimont


Une aventure collective mais sur la partie de l'ex-base située à Bétheny.

Reims Métropole a demandé la cession à l’Etat, pour l'euro symbolique, de 350 des 540 hectares de l’ex-base 112. Ensuite l'agglomération rétrocédera ce bien au Syndicat Mixte du Nord Rémois (CMNR) qui regroupe le conseil départemental de la Marne, Reims Métropole, deux communautés de communes limitrophes, ainsi que la CCI de Reims et la chambre d'agriculture de la Marne. Une fois que l'acte de propriété sera signé, le syndicat mixte accordera lin bail emphytéotique à l'association « Agro-Ressources et Bio Économie Demain » qui chapeaute le cluster d'entreprises et la ferme 112. La surface retenue de 350 hectares se situe sur la commune de Bétheny, qui fait partie de Reims Métropole. Le reste de la friche est situé sur les territoires de Courcy et de Brimont. «Ils nous ont dit qu'ils n'avaient pas besoin de nos 90 hectares pour leur projet », explique la maire de Courcy, Martine Jolly. On se souvient que depuis l'annonce de la dissolution, Courcy et Brimont avaient eu du mal à s'entendre avec les Rémois pour définir une nouvelle affectation à l'ex-base et avaient refusé d'entrer dans le syndicat de crainte de signer un chèque en blanc. « On n'a pas été bons élèves, on n'a pas dit oui d'accord cout de suite, » résume Mme Jolly.

Plutôt que s'arracher les cheveux à mettre tout le monde d'accord, on a donc contourné le problème en sortant Courcy et Brimont de J'aventure. Reste à savoir ce que deviendront les 190 hectares de l'ex-base situés sur ces deux communes. II semble pour l'heure que l'Office national des forêts (ONF) serait  intéressé par la partie boisée située sur la commune de Brimont. Et Courcy dit avoir des ff contacts» pour la partie située sur sa commune.

Plus aucune activité aérienne


Même si la piste est encore là. Il est totalement exclu d'y faire revenir des avions.

Pour l'heure, aucune affectation n'est fixée pour la piste de l'ex-base aérienne 112 qui s'étend sur 2450mètres, l'association qui chapeaute la Ferme 112 a reçu des demandes diverses et variées. Un organisme de stage de récupération de points souhaite y faire des « formations de conduite », des artificiers voudraient louer les anciennes soutes à munitions pour stocker leur précieux matériel.  En termes de prestations, on est ouverts à toute étude de projet, indique Maximin Charpentier, qui exclut cependant les projets de transport aérien « Il n’y aura pas ile réhabilitation de la piste. Quant au radar militaire situé actuellement près de la piste, l'hypothèse est qu'il soit déplacé sur l'ancienne « zone vie » côté Courcy, où l'armée devrait conserver une présence.

Dossier Julien BOUlLLE

 Extrait de l'union du 12-04-2017

   

   

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La Ferme 112 désormais dans ses terres

Le Grand Reims a cédé jeudi dernier 340 hectares de l'ex-base aérienne à l'association porteuse du projet agricole qui déjà levé 2,5 millions d'euros


Il faudra dépolluer et désimplanter l'ex-site militaire. Hervé Oudin

LES DÉTAILS DE LA CESSION

Les 340 ha de l'ex·BA 112, situés sur la commune de Bétheny, ont été cédés par le Grand Reims à l'association porteuse du projet Ferme--112 pour la somme de 2,5 millions d'euros. La moitié revient à l'État, l'autre au Grand Reims, Le foncier avait été estimé à 6 millions d'euros, mais le coût de la dépollution et du désamiantage a été retranché. En 2016, ce bien avait été cédé par l'Etat à Reims-Métropole pour un euro symbolique. L'emprise sur Brimont (66 ha) et Courcy (89 ha) n'est pas concernée.

« La grande histoire de l'ex-base aérienne 112 continue de se dérouler. La dernière action a consisté jeudi en la cession de la majeure partie du site, soit 349 hectares situés sur la commune de Bétheny, à l'association Agro-ressources et bioéconomie demain (ARBD). Elle porte un projet de plate-forme expérimentale agronomique et technologique ». Appelé provisoirement « Ferme 112 », ce projet doit permettre de multiples innovations dans le domaine de la production agricole. Un premier pôle est dédié à des expérimentations sur les cultures, qui ont déjà commencé l'an passé.

« Nous suivons une approche système qui consiste à comparer des rotations de cultures différentes sur huit ans et sur une même parcelle. Nous sommes les seuls à faire cela en Europe. Nous sommes convaincus que c'est en ayant une vision transversale et globale que l'on peut recréer de la valeur ajoutée en agriculture », explique Maximin Charpentier, président d'ARBO et de la chambre d'agriculture de la Marne. Il y aura un pôle d'accueil et de transfert fie savoir qui pourra accueillir une soixantaine d'ingénieurs et de scientifiques issus de diverses structures partenaires. Un pôle événementiel permettra de faire des démonstrations pour le grand public. Un lieu pourrait permettre j'implantation d'entreprises innovante

Une étude d'aménagement a été lancée pour définir quels sont les travaux à entreprendre et dans quel ordre. L'association n'a, pour l'heure, qu'à payer que la moitié du montant de l'acquisition (lire ci-contre). Mais elle a déjà réuni 2,5 millions d'euros provenant essentiellement de ses membres (les chambres d'agriculture et de commerce, la Fondation Paris-Reims, Groupama, Soufflet, Acolyance, etc.). Le contrat de redynamisation de site de défense (CRSD) injecte pour sa part 1,3 million d'euros.

La ferme expérimentale profitera de la dynamique de l'université et de la bioraffinerie végétale de PomacJe-Bazancourt. Le tout converge vers une spécialisation du Grand Reims dans la bioéconomie. Ce n'est plus tant un projet agricole, mais un projet de territoire car on réfléchit à comment on va consommer demain, avec quelle énergie, quels biomatériaux, quelle chimie, sans oublier les problèmes nourriciers », souligne M. Charpentier. « C'est un projet qui correspond à la vision que nous partageons du territoire et qui est incontestablement une volonté de capitaliser sur ses atouts tout en s'inscrivant dans une responsabilité qui est la nôtre, celle d'une agriculture à la fois ambitieuse, raisonnée et durable », ajoute Catherine Vautrin, présidente du Grand Reims. Une première concrétisation sera visible prochainement avec l'accueil, les 14 et 15 juin, des « Culturales » (lire ci-dessous), Ce salon organisé par Arvalis - Institut du Végétal devrait attirer 15.000 visiteurs qui seront les témoins de la nouvelle vie de l'ex-BA 112.

Julien BOUILLE

Extrait de l'union du 14-04-2017

   

   

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La ferme 112 décolle avec l'acquisition  de terrain par Reims Métropole

L'État a accepté de céder une partie des 5,40 hectares de l'ex-Ba 112. Le projet de ferme expérimentale peut désormais prendre son envol dès cette année

 
Les graines d'une moisson prometteuse ont été semées hier à la foire de Châlons concernant l'avenir de l’ex-BA 112 

A lors que les tracteurs dêferlaient sur Paris, la croissance verte prenait un tournant décisif du côté de la foire de Châlons-en-Champagne. Sur la ferme, s'est déroulée jeudi l’assemblée générale constitutive de l'association «Agroressources et bio-économie demain» qui a vocation à piloter la ferme 112. Petit rembobinage. La reconversion de l'ex-BA 112 est un sujet de préoccupation depuis la dissolution en 2011. Une friche de 540 hectares aux portes de Reims, ce n'est pas rien.

« Le syndicat mixte du Nord rémois est né pour transformer cette gifle en caresse », a rappelé Catherine Vautrin, présidente de Reims Métropole et dudit syndicat «  Nous avons repris le dossier quand nous avons été élus. Nous avons rencontré l'ensemble des collectivités, dont Briinont et Courcy qui ne font partie ni de l'Agglo ni du syndicat. Et nous avons finalement décidé de négocier avec l’Etat une cession partielle du terrain, ce qui n'était pas prévu au départ », poursuit-eue. Ce qui a permis selon cette dernière d'avancer avec la chambre d'agriculture. Cet été, l'élue a envoyé sa demande de cession du terrain à l'État pour l'euro symbolique, 3,50 hectares sur la commune de Bétheny adhérente à Reims Métropole. « Nous prenons nos responsabilités. L'opération ne sera pas blanche pour l'Agglo puisque nous devons payer 300 000 euros de droits de mutation sur la base des 11,5 millions d'estimation du terrain. »  Les 350 hectares vont être transférés au 'syndicat mixte, dont les statuts ont été modifiés en intégrant la chambre d'agriculture et la chambre de commerce, Les ingrédients sont réunis pour qu'entre en action l'association, le cluster, composé de 17 acteurs. Et dès cette année, 80 hectares (il y en aura plus après) vont être destinés à six agriculteurs suivant un cahier des charges établi par un comité scientifique.

Pour faire court, six systèmes , d'exploitation différents seront testés sur une rotation de huit ans (azote, assolement...). « Le but est de .disposer d’un champ d'expérimentation grandeur nature ", a indiqué Maximilien Charpentier, président de la chambre d'agriculture et de l'association «Agroressources  et bio-économie demain ». Le souhait est de développer des techniques meilleures, préservant l'environnement, le tout dans une logique d'un pôle d'excellence en recherche pour une ressource agricole durable.

Il y avait déjà Pomacle-Bazancourt au cœur de la bio-économie travaillant notamment sur la valorisation des sous-produits. La ferme 112 est un second maillon important où des instituts techniques disposeront aussi dès cette année de 20 hectares. «  Il y aura un partage des connaissance », a souligné Maximilien Charpentier. Il y a Une volonté de faire de ce terroir le no1 incontesté de l'agriculture engagée, tournée vers l'avenir. À ce titre, le fait de s'être battu pour conserver la direction régionale de l'agriculture n'est pas anodin, a rappelé Jean-Paul Bachy, président du conseil régional. « Et c'est au travers de dynamique comme celle-ci qu'on affirme un leadership. ».

Sans Brimont ni Courcy

Une des raisons pour lesquelles le devenir de l'ex-BA112 était long à se dessiner, c'est que trois communes étaient concernées, dont Courcy et Brimont, qui ne faisaient partie ni de Reims Métropole, ni du syndicat mixte du Nord rémois. Aujourd'hui, la cession partielle par l'État des 350 hectares sur Bétheny, qui, elle, adhère à Reims Métropole,a été la solution trouvée pour avancer. Concernant Brimont, il semblerait qu'il ait toujours été prévu la reprise de la forêt par l'Office national des forêts. Pour Courcy, on ne sait pas. « C'est plutôt du bâti, mais je ne suis pas au courant d'un éventuel projet », a précisé Catherine Vautrin, présidente de Reims Métropole.

300.000 C’est en euros la somme que J'Agglo va dépenser pour acquérir le terrain. Certes cédé a l’euro symbolique, mais il reste les droits de mutation dont il faut s'acquitter.

LES FAITS

•. En 2D01 la basz 112est officiellement dissoute, laissant l'épineuse question de la reconversion d'une Friche aux portes de Reims de 540 hectares.

•. Une cité du patrimoine, un centre d’entraînement pour le  Stade de Reims, différents projets ont été évoqués. Finalement, c'est l'idée de ferme expérimentale qui émerge.

•. Cet été, la présidente de ; 1Reims Métropole a envoyé à !l'État la demanda de cession d'une partie du terrain, soit 350 hectares, à l'euro symbolique.

•. Hier s'est déroulée l’assemblée constitutive de l'association qui pilotera la ferme dite 112.

Yann LE BLEVEC

 Extrait de l'union du 04-09-2015

   

   

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Après la BA 112, la Ferme 112 ?

La Ferme 112, une nouvelle piste pour la reconversion de l'ex BA 112.


Et si l’avenir de l’agriculture se construisait en Champagne-Ardenne ?

C’est le défi lancé par plusieurs acteurs (Chambre d’agriculture, Fédération des syndicats d’exploitants agricoles, coopératives,

etc.) via le projet Ferme 112. Autrement dit, une plateforme expérimentale agro-technologique située sur l’ex-BA 112, qui permettrait d’étudier différents modes de production à grande échelle, en lien avec les filières de demain.

L’innovation dans toute sa splendeur, et une piste sérieuse pour la reconversion du site.

« Sur les 550 hectares que représente la base, la ville de Bétheny en possède 350, détaille Maximin Charpentier, président de la Chambre d’agriculture de la Marne. Nous pourrions envisager un bail à long terme entre la communauté d’agglomération et la structure qui sera créée pour porter ce projet. »

Société ou association, la question est encore à l’étude juridique pour le moment. Et avant cela, l’armée, actuelle propriétaire, devra rétrocéder ledit terrain à Reims Métropole. « La Ferme 112 est un projet de territoire, où tout le monde aura un rôle à jouer. Objectif : travailler sur la gestion de la ressource, mais dans sa globalité. Car pour produire de la ressource agricole, il faut déjà de la ressource en énergie. Et lorsqu’on parle de bilan carbone ou de durabilité, on parle d’un tout. Il faut être compétitif, connaître les débouchés pour telle ou telle production, etc. »

Evidemment, la proximité avec le pôle de compétitivité Industries et agro-ressources (IAR) tombe à point nommé. « On souhaite faire de la Ferme 112 un pôle d’excellence sur la recherche, un site de référence nationale. Et placer le territoire au service de la bioéconomie en créant, au fil des années, des partenariats pour progresser dans ce domaine. »

L’initiative semble avoir trouvé grâce auprès de Jean-Paul Bachy, le président du Conseil régional : « Nous avons besoin d’un espace tel que celui-ci entre Reims et Pomacle-Bazancourt. Ce pôle pourrait être, demain, le levier d’un modèle économique et de croissance, dans le respect du développement durable et de l’environnement. »

Sonia Legendre

 Extrait de l'hzbdo du vendredi N° 361 du 05/11/2014

   

   

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