Au temps des lavoirs

  Juin 2010
 


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La Presse

 

 

 

 

Les lavoirs

Quelques photos de la visite du 04/06/2010

 Empruntez les circuits des lavoirs

 

Visite avec

de

l'exposition 

 La multiplication des lavoirs et fontaines du milieu du 19ème siècle à celui du 20ème siècle prouve l’importance du rôle de ces édifices dans notre société. Aujourd’hui partie intégrante de notre patrimoine, ils sont inscrits dans notre paysage quotidien. Qu’ils soient en pierre, en bois, en brique, modestes ou riches, ils sont les témoins d’une époque où la femme devait, par tous les temps, se procurer de l’eau pour assurer les taches quotidiennes (lessives, alimentation en eau des animaux...)

 Les expositions du Parc

Du samedi 10 avril au jeudi 11 novembre 2010

Au temps des lavoirs

- Patrimoine et vie culturelle.

- Partie intégrante de notre patrimoine, les lavoirs et les fontaines sont inscrits dans notre paysage quotidien. Il est courant de rencontrer des indices liés à la présence passée de ces édifices.

Les noms des rues ou des lieux-dits sont autant de témoins d’une époque pas si lointaine : rue de la petite fontaine, impasse de la Pissotte, place du gué, rue du lavoir. Ils rappellent que l’édification des lavoirs est liée aux recherches médicales et aux découvertes hygiénistes du milieu du 19ème siècle et qu’elle répond à des directives nouvelles en matière de santé publique. Les fontaines ont, quant à elles, été construites pour répondre aux besoins de l’homme et améliorer la qualité de la vie.

La banalisation de l’accès à l’eau fait aujourd’hui oublier les nombreuses préoccupations, contraintes et corvées (lessive, accessibilité, captage, transport) que l’eau a causé pendant des siècles.

77 lavoirs et environ 60 fontaines, dont certaines sont encore en eau, ont été dénombrés par le Parc naturel régional de la Montagne de Reims. Ce travail fait partie des missions inscrites dans sa charte, au titre de la conservation et de la valorisation de son patrimoine.

Entrez dans ces lieux où résonnait jadis le clapotis de l’eau !

Exposition présentée à la Maison du Parc à Pourcy (51) tous les jours de 13h30 à 17h30.

Entrée libre. Tél. 03 26 59 44 44.

  

    

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Visite du 04/06/2010

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Les lavoirs


Localisation

L' HYGIENISME

Le développement des théories hygiénistes

C'est à partir du règne de Louis XIV (1685-1715) que la santé publique devient une réelle préoccupation. Les travaux se multiplient dans les communes, les rues sont assainies, la pureté de l'eau est surveillée. Dès 1850, avec le développement de l'hygiénisme, les scientifiques se préoccupent de l'eau. Elle est étudiée, analysée. Sa pureté fait l'objet de toutes les attentions. L'hygiénisme se base sur les recherches scientifiques menées par Louis Pasteur dans les années 1860-1880, en particulier la découverte des bactéries et leur rôle dans la contamination des maladies humaines. Ces théories révolutionnent les comportements et entraînent de nombreuses transformations dans les domaines médicaux, architecturaux et urbanistiques : les égouts, les crachoirs, les toilettes publiques, le ramassage des déchets, la rénovation des hôpitaux, les sanatoriums, les lavoirs, les bains publics, les systèmes d'adduction d'eau, la circulation de l'air et des hommesne sont que quelques exemples.

Le siècle de la révolution industrielle et de l'explosion démographique est ravagé pardes épidémies très meurtrières (choléra, variole, typhoïde..). Grâce aux recherches en médecine et en biologie, il est prouvé que l'eau est un agent propagateur des maladies. Les progrès de l'éducation et de la médecine font prendre conscience aux populations que les maladies ne sont pas le fruit de malédictions ou de dieux vengeurs. La  mort n'est plus vécue comme  une Fatalité, les hommes se donnent les moyens de lutter contre elle.

 
Le lavoir de  ROSNAY

Les communes  et les  pouvoirs publics veillent de plus en plus à la qualité de l'eau. Des tests et des analyses sont réalisés avant toute construction de fontaines, de gués, d'abreuvoirs ou de lavoirs.

 Maire de BasIieux-sou+Châtillon, courrier adressé au sous préfet de Reims. 1907.

« Qu'il est nécessaire, tout d'abord de s'assurer de la bonne qualité de l'eau à capter au moyen d'une double analyse chimique et bactérioïogique. »

(Archives départementales de la Marne 20 402).

L'hygiène devient un devoir civique à partirdes années 1840. L'école, obligatoire en 1881, sert de vecteur de propreté: le maître, modèle d'hygiène, veille à la propreté vestimentaire et corporelle de ses élèves.

L'édification des lieux publics pour laver le linge devient impérative, si la propreté du corps est importante, celle du vêtement l'est tout autant. Tout particulièrement en ce qui concerne le linge « intime », en contact direct avec la peau : son entretien régulier et quotidien provoque une nette régression des maladies de peau (gale, teigne) et permet de limiter les risques d''épidémie. Les lavoirs et les fontaines sont nettoyés régulièrement (une fois par semaine) par le garde-champêtre pour éviter tout risque  d'infection  et toute propagation de maladies. Le bassin est vidé puis curé afin de renouveler l'eau de la lessive souillée en permanence.

La blancheur du linge et du corps est recherchée et devient signe de bien-être et de propreté.

Les gués, les lavoirs, les abreuvoirs, les fontaines participent au maintien de la salubrité publique. Dès les années 1848, les lavandières, prenant conscience de l'importance de leur rôle, réclament des lieux adaptés, plus sains en ville et de meilleures conditions de travail.

 Ch. Martin, De l'instifuhon des bains et lavoirs publics à Reims, 1852.

« Ce serait donc un très grand bienfait que d'ouvrir à l adulte, au viellard, un établissement de bains à peu près gratuit en toutes circonstances mais on aurait fait qu'une chose insuffisante si lorsque l'ouvrier vient de baigner son corps et de purger ses sueurs de ses sécrétions abondantes développées par le rude labeur, il n'avait pas la faculté de changer son linge de corps deux fois par semaine, si on ne met pas à sa portée un blanchissage peu dispendieux et accompli en un temps rapide. »


Le bassin lavoir , place de l'Eglise à Villers Allerand

LA CONSTRUCTION DES LAVOIRS

Les premiers lieux dédiés à la lessive

Les premiers lavoirs, tels que nous les connaissons aujourd'hui dans le Parc naturel régional de la Montagne de Reims, apparaissent dès la deuxième moitié du 19° siècle, offrant aux villages un nouvel espace collectif.

Des  lieux  dédiés  aux lessives et à l'entretien du linge existent bien avant 1850 mais ils ne sont alors que de petits espaces peu pratiques. Les femmes utilisent soit l'ancêtre du bac en pierre, la congé, (sorte de bac en bois ouvert aux quatre vents), soit une mare d'eau, pas toujours très claire qui peut servir à la fois d'abreuvoir pour les animaux et de lieu de puisage pour les habitants du bourg. Les femmes sont contraintes, pour celles qui vivent au bord de la Marne, de laver  directement  dans  la  rivière,  les obligeant à porter un fardeau lorsque la rivière est éloignée. L'Ardre, la Livre, la Marne, les nombreux ruisseaux (le Ru de Belval, le Ru de Camps...), et les sources sont pendant longtemps leurs seuls espaces de lavage.

 

 
Le lavoir de Germaine


L'ancien lavoir d'AY


Le lavoir de Tincourt


Le lavoir de Venteuil


Le lavoir de St Imoges



Le lavoir des halles de Largery 

 
Le lavoir de Méry-Prémecy

TRADITIONS ET RITES

Au centre du village

Le  lavoir reste  l'univers exclusif des femmes. Placé le plus souvent au centre du village, il est accessible à tous (place centrale, près de l'église, sur l'axe principal...).

Le lavoir est synonyme de convivialité et de lieu de rencontres. Les lavandières professionnelles côtoient les femmes de paysans. Les grandes lessives, qui ont lieu deux fois par an, et les lessives quotidiennes sont autant d'occasions de se rencontrer. Tout se saitau lavoir et tout se raconte. Le lavoir suscite la curiosité des enfants comme celle des hommes, mais seuls les enfants ont le droit d'accompagner les femmes au lavoir.

« Les hommes au bistrot, les femmes au lavoir » selon le vieux dicton.

Le lieu des femmes

- Le début du féminisme

L'installation de lavoirs couverts ou fermés n'est pas sans rapport avec les changements sociaux apparus au 19ème siècle. La  femme  a  tous  le!pouvoirs dans le lavoir, elle gère le linge dans un foyer dominé par l'homme. Ce lavoir où toutes les femmes se rencontrent, est le lieu de discussions et d'échanges sans surveillance. Elles en prennent petit à petit conscience et commencent à revendiquer leurs droits, notamment les lavandières professionnelles qui travaillent dans de mauvaises conditions.

- L'hôtel des bavardes

Tout linge est le témoin du foyer (grossesses, maladies, menstruations, rapports sexuels). On sait tout sur tout le monde. Le linge révèle la vie privée de toutes ces femmes. Si l'une d'elle tente de cacher son linge, la rumeur dans le village se répand et sa réputation est dégradée.

Le lavoir est aussi le lieu de tous les commérages. Les femmes parlent sans contraintes de leurs amours, de leur mari, de leur vie intime, oubliant ainsi ce dur labeur qu'est la lessive. Les plus anciennes racontent des histoires, chacune se place à côté de sa meilleure amie pour rire et faire passer le temps plus vite.

De nombreux surnoms étalent donnés aux lavoirs :

« chambre des députés, hôtel des bavardes, salle des rapports ».


Enseigne ornant Le lavoir d'Hautvillers

Le lavoir est le théâtre de nombreuses discussions, l'énervement des  femmes peut parfois les conduire à en venir aux mains. Elles se disputent les places et les battoirs ne servent plus au linge mais à chauffer les joues de la voisine comme en témoignent d'anciennes lavandières. Celles-ci sont d'ailleurs réputées pour leur langage vulgaire. Mais les femmes aiment s'y retrouver ; elles s'entraident dans leurs corvées et partagent la même condition sociale, les mêmes tâches.

- Un dur labeur

Poussées par les contraintes hygiénistes, les femmes sont obligées de se rendre de plus en plus souvent au lavoir. Elles lavent quotidiennement le linge de travail et le linge de corps. Quel que soit le temps, leurs mains sont rougies par le froid et l'eau.

Cela s'apparente à un calvaire, surtout pendant les mois d'hiver, où elles doivent casser à main nue la glace qui s'est formée dans le bassin. Les lavoirs, sont en effet, rarement pourvus de cheminées qui peuvent les réchauffer (Trépail et Rosnay). Les lavoirs fermés, avec un bassin à mi-hauteur, ne sont courants qu'après la Première Guerre mondiale, comme à Belval-sous-Châtillon ou à Chaumuzy.

Les rites de la lessive

Les lessives sont rythmées par des rites et des traditions que chaque lavandière se doit de respecter. En milieu rural le linge blanc n'est lavé que deux fois dans l'année, lors des grandes « buées » : au printemps et à l'automne, entre le 15 mai et le 15 octobre, après et avant les premières gelées.

Le trousseau d'une femme, qu'elle garde précieusement dans son armoire, peut être composé de nombreuses paires de draps. Ces linges sont parfois la seule richesse du foyer.

Au 19ème siècle, et jusque dans les années 1920, les femmes portent plusieurs jupons longs au tissu épais sous leur robe. Ce linge est difficile à entretenir, c'est pourquoi elles préfèrent en disposer beaucoup en réserve pour le laver le moins souvent possible.

- Des rites marqués par la religion

Dans la société rurale du 19ème siècle, la religion ponctue les saisons, les actes et les gestes des paysans. Les superstitions vont bon train : couler une lessive le vendredi ou le dimanche porte malheur, c'est le signe d'un décès dans la famille. Il n'est pas rare de trouver la  statue  d'un saint dans un lavoir ou près d'une fontaine.

- Les grandes « buées »

Les grandes buées (dont il reste le mot buanderie) se déroulent entre le 15 mai et le 15 octobre.

ler jour : 1'enclignement.

Le linge est prélavé dans de l'eau froide à la maison, dans un cuvier ou un chaudron, afin d'éliminer les tâches les plus importantes et d'éviter les ragots gênants. Le linge reste à tremper toute la nuit.

2ème jour : la coulée de la lessive.

Le linge est placé de nouveau dans le cuvier. Un cendrier (une toile épaisse) est étendu par dessus. De l'eau bouillante mélangée à de la cendre est versée dessus. L'eau s'échappe du cuvier par un robinet situé en bas pour être récupérée. La même eau est chauffée de nouveau et l'opération du coulage est répétée plusieurs fois.

La cendre, chargée de phosphate reste pendant longtemps le seul nettoyant efficace. Des cristaux de soude et le savon de Marseille seront utilisés par la suite. Durant cette étape, le linge peut être parfumé  par des racines d'Iris qui embaument la lessive. Pour obtenir un blanc éclatant, les lavandières utilisent au moment du rinçage une boule bleue, poudre compactée à base d'indigo. Le linge jaunissant au fil des lavages, cette boule rend tout son éclat au linge, mais peut l'abîmer lors qu'elle n'est pas bien utilisée.

3ème jour : le lavage à l'eau claire au lavoir  (battage,  rinçage et séchage du linge).

Une femme au 19° siècle peut posséder jusqu'à trente chemises et draps ; ce linge est celui de toute une vie et se transmet. A l'aide d'une brouette ou d'un chariot, les femmes transportent le linge jusqu'au lavoir. Agenouillées dans leur carrosse, elles frottent le linge avec une brosse ou le frappent avec le battoir pour faire pénétrer le savon dans les fibres. Le linge est ensuite rincé et étendu sur des cordes ou sur les poutres de séchage. Une fois sec, il est repassé puis rangé dans les grandes armoires, prêt à reservir.

Les trois jours sont appelés aussi le purgatoire, l'enfer et le paradis

Les outils de la lessive


Les carrosses de Grigny  


La brosse


Le battoir


Kes éponges du lavoir de Grigny 


Le cuvier
 cuve circulaire dotée d'un robinet au fond


La planche à laver

Une fois, le linge nettoyé dans le cuvier, ilest transporté au lavoir pour être rincé. Lesfemmes disposent de différents ustensiles pour réaliser cette tâche. Pour protéger leurs  articulations,  elles  possèdent  un repose genoux, dit "le carrosse", placé au sol et rempli de paille ou d'un coussin. Les femmes frottent le linge sur la planche à laver à I'aide du battoir et de la brosse. 


La lessiveuise "Soleil"

 
Transport de linge avec une brouette à Trépail


 
Le lavoir disparu de Ludes


Romery 
Le lavoir disparu de

La typologie des lavoirs en Montagne de Reims

• Les formes

 Le lavoir semi-fermé
 

 
Le lavoir de Sarcy

 Le lavoir fermé

 
Le lavoir de Champillon

 Le lavoir ouvert 

Le lavoir de ouleuse

 • La toiture

La toiture, est le plus souvent en tuiles mécaniques, ou plates, ou d'ardoises. Pour des raisons d'économies, les communes couvrent ou bardent partiellement les lavoirs ; deux ou trois pans n'empêchent pas le vent ou la pluie d'y pénétrer.

La toiture en ardoises

 
Le lavoir de Fontaine sur AY

La toiture à deux pans

 
Le lavoir de Chatillon sur Marne

La toiture en croupe

Le lavoir
de Vrigny

 

La toiture en croupe

Le lavoir du hameau
d'Arty à Venteuil  

• Le bac

Dans les lavoirs les plus anciens, les bacs sont souvent construits en pierre calcaire très dure et placés majoritairement au ras du sol. Les lavoirs les plus récents proposent un bac à mi-hauteur en béton ou ciment. Le modèle le plus courant est le bac rectangulaire unique ou double, le deuxième servant de bac de rinçage.

Le bac au ras du sol, rectangulaire et unique

Le lavoir de Courmas  

Les bacs surélevé et double 

Le lavoir de Ville en Selve

 
LES MODELES

Les lavoirs-source

L'eau arrive directement grâce au captage d'une source à proximité. C'est de loin les lavoirs les plus appréciés car l'eau est renouvelée en permanence.


Le lavoir de Bouilly

Les lavoirs-fontaines et abreuvoirs

Raccordés à la concession publique établie entre 1910 et 1930, ils sont à l'origine des lavoirs-source.


Le lavoir de Bligny

Les lavoirs-appentis

Très répandus sur le territoire du Parc, ils offrent davantage d'être relativement simples à construire. Ils sont souvent accompagnés d'une fontaine implantée à proximité. Dans de nombreux cas, ils disposent d'un bassin qui sert d'abreuvoir et de lieu de lessive ; les femmes s'agenouillent pour laver sur le plan incliné du bassin.

La commune de Sermiers et ses hameaux disposent de cinq lavoirs-appentis quasi identiques.On y accède par des portes placées aux extrémités.


Le lavoir du hameau de Nogent, rueSt Antoine


Le lavoir du hameau de Nogent, rue du Gué

Les lavoirs-atrium

Ces modèles sont peu répandus dans le territoire. Ils s'inspirent des villas romaines qui disposent en leur centre d'un bassin recevant les eaux de pluie, l'atrium ; l'eau est déversée grâce à la pente du toit, le compluvium.

 
Le lavoir-atrium du hameau d'Orcourt à Cuchery

 Les lavoirs de Rosnay ainsi que celui d'Orcourt, commune de Cuchery, en sont de beaux exemples. L'eau de pluie ne suffisant pas, les lavoirs sont aussi alimentés par une source ou par le réseau d'adduction.

Les lavoirs de rivière

L'emplacement de ces lavoirs dépend de l'axe de la rivière. Les pans de la toiture s'adaptent au cours d'eau. Ils sont souvent fermés sur trois côtés et couverts par un toit en appentis, comme celui de Mutry à Tauxières ou ceux de Pourcy.


Le lavoir de Louvois


Le lavoir de Mutry

Dans certains cas, la rivière va couler au milieu du lavoir comme à Avenay-Val-d'Or ou à Louvois.

Le lavoir possède alors deux pans et deux berges. Les femmes s'agenouillent autour de la rivière qui passe dans le maçonnage du bassin en pierre et frottent le linge sur le plan incliné. L'inconvénient majeur est le risque d'inondation. Dans ces lavoirs de rivière, l'eau est sans cesse renouvelée mais peut être souillée en amont par les animaux ou les activités agricoles. L'eau de la rivière est régulée par une vanne qui maintient le niveau d'eau.

Les bateaux-lavoirs


Le bateau-lavoir à Epernay  

Une des particularités des communes situées au bord de la rivière Marne est de construire des bateaux-lavoir

Le plus grand bateau-lavoir du territoire du Parc fut celui de la commune d'Aÿ, « le bateau-lavoir » de La Villa. Construit en 1914 par Gabriel Charnoz, entrepreneur à Vitry-le-Francois, II mesure trente-six mètres cinquante de long sur cinq mètres de large et peut contenir cinquante-huit places. Ce bateau reste en activité jusqu'en 1925.


Le bateau-lavoir à Damery

Extrait de "Conaissance et savoir faire" édité par Le Parc de la Montagne de Reims

  

    

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 Hier et Aujourd’hui

Empruntez les circuits des lavoirs

 De nombreux lavoirs essaiment le département de la Marne. Témoins d’un passé pas si lointain où l’accès à l’eau était malaisé, ils sont depuis quelques années réhabilités et mis en valeur.


Le lavoir de Germaine à résisté au passage du temps.

 Si les premiers lavoirs ont vu le jour au Moyen Âge, c’est au milieu du XIXe siècle qu’ils se multiplient. Les découvertes scientifiques, notamment celles de Louis Pasteur, ainsi que l’épidémie de choléra de 1849 poussent les pouvoirs publics à veiller à la qualité de l’eau.

Le lieu des femmes

Sous l’impulsion de l’État, les communes s’équipent alors en lavoirs, bâtiments collectifs souvent situés dans la partie basse et/ou centrale du village. Univers exclusif des femmes, le lavoir est un lieu de convivialité. Sans surveillance, les lavandières peuvent y échanger en toute liberté.

D’abord assez simples dans leur construction avec un bassin central au ras du sol et une ouverture sur le côté, les lavoirs se modernisent dans les années 1920-1930. À la faveur des premières avancées sociales en matière de condition féminine, mais aussi du progrès technique (béton armé, système d’adduction de l’eau), les lavoirs deviennent plus confortables. Fermés et disposant de robinets, ils possèdent plusieurs bacs, placés à mi-hauteur, rendant le travail des femmes moins dur et laborieux. La généralisation de la machine à laver dans les années 1960 signe le glas des lavoirs : certaines communes les laissent à l’abandon, d’autres les détruisent au profit d’équipements plus modernes (kiosques, parkings).

Le « petit patrimoine » (1) mis en valeur « Partie intégrante du paysage marnais et souvenirs d’un passé aux traditions et rites spécifiques, les lavoirs constituent un patrimoine qu’il est nécessaire de conserver », explique Émilie Renoir-Sibler, chargée de mission culture et patrimoine au Parc naturel régional (PNR) de la Montagne de Reims qui recense sur son territoire pas moins de 77 lavoirs (2). Mise en place du cahier des charges, aide au montage de dossiers de subventions… « Nous aidons les communes qui le souhaitent à restaurer et mettre en valeur leur lavoir. […] Certaines le remettent en eau, d’autres s’en servent comme un lieu de fleurissement », poursuit Émilie Renoir-Sibler.

Afin de promouvoir les lavoirs marnais, le Comité départemental du tourisme a, pour sa part, mis au point quelques circuits pédestres (voir encadré ci-contre). Ils sont l’occasion de découvrir et de s’imprégner du monde traditionnel et rural d’autrefois.

Avis aux amateurs de marche à pied !

(1) On entend par « petit patrimoine » ou patrimoine vernaculaire, les constructions ayant eu dans le passé un usage fonctionnel et domestique : lavoirs, fontaines, moulins, ponts ruraux, fours à pain… On le trouve principalement dans les villages, les bourgs et les petites villes.

(2) Suite à un travail d’inventaire, le PNR a ainsi édité en 2009 un ouvrage sur le sujet : Lavoirs, fontaines et moulins à eau en Montagne de Reims (Éditions : PNR de la Montagne de Reims).

Pour plus d’informations sur les circuits proposés, contactez le Comité départemental du tourisme :

13 bis rue Carnot – 51000 Châlons-en-Champagne - Tél. : 03 26 68 37 52 (Juliette Delcourt)

www.tourisme-en-champagne.com

 Les circuits des lavoirs

À Esternay : trois circuits pédestres balisés de 5 km chacun permettent la découverte des lavoirs de la ville, publics et privés.

Visite libre ou guidée.

À Sermiers : aux portes sud de Reims, Sermiers, avec ses hameaux, son vignoble et sa forêt, vous invite à une belle balade longue de 9,2 km.

Mais aussi le circuit des lavoirs de la Vallée de l’Ardre, de la Vesle, du Massif de Saint-Thierry (office de tourisme de Fismes)…

Extrait de LAMARNE > LE MAG N° 33 de 06/2011

  

    

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