Le Parc de la Patte d'Oie  
 

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La Patte d'Oie d'hier à aujourdhui 

Il était... trois fois la Patte d'Oie

Avant la Patte d'Oie

1733 -  le jardin à la Française

1883-1986, le jardin à l'anglaise

1994  le jardin d'eau

 

 

 

 

 

 

  

 

 Le kiosque de la Patte-d’Oie

 
Cette carte postale date de 1905
(Coll. Leroy / M. Thibault)

 


Le kiosque à musique octogonal a été restauré à l’îdentique en 1994. A.R.

Œuvre du jardinier rémois Jean le Roux, le jardin public de la Patte d'Oie date de 1733. Il est une première fois modifié et agrandi en 1869. Sa transformation en jardin anglais est décidée en 1876 et réalisée de 1883 à 1885. À l'intérieur, s'élève un kiosque à musique. Un rocher artificiel donne naissance à un petit ruisseau. Le jardin sera amputé lors de l'arrivée de l'autoroute, puis ilYa deux décennies, lors de la construction du centre des congrès. À cette occasion, il sera "objet d'un remaniement complet avec création de jets d'eau, installation de sculptures et reconstruction à l'identique de la structure métallique du kiosque à musique.

 D'autres clichés de Reims saisis à différentes époques sont visibles sur le site

www.reimshieretaujourd.hulcom

Extrait de l' union du 17/02/2015    

 Court déménagement pour les cerfs de bronze

 
La statue telle qu'elle était disposée en 1934.


Et telle qu'elle est visible aujourd'hui au parc de la, Patte-d'Oie

En 1934, le parc de la Patte-d'Oie s'orne d'un groupe de deux cerfs en fonte, œuvre du sculpteur Laplanche. Lors de la rénovation et de l'aménagement du jardin ouvrant sur le nouveau centre des congrès, en 1986, les cerfs quittent leur socle pour s'installer quelques mètres plus loin, et pratiquement au ras du sol. C'est là qu'on peut les admirer encore aujourd'hui, à proximité des bassins à canards.

De la collection de Michel.Thibaull. D'autres photos sont visibles sur le site reimshieraujourdhui.com.

Extrait de l' union du 21/02/2015   

  

    

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Il était... trois fois la Patte d'Oie

Au coeur de la ville de Reims et de son histoire, le Parc de la Patte d'Oie est de nouveau accessible aux Rémois, totalement rénové, réaménagéet mis au goût du jour afin de répondre aux exigences technologiques, esthétiques et écologiques du XXI° siècle.

Crée en 1733 cet ancien jardin à la française a subi maintes modifications au cours de son histoire. Le percement du canal, l'arrivée du chemin de fer, la construction du boulevard Roederer et plus proche de nous l'aménagement de l'échangeur Reims Centre sur l'autoroute A4 ont contribué à transformer la physionomie du parc, tant dans son périmètre que dans son paysage.

Désormais, les Rémois peuvent profiter de 40 000 m2 de jardins à la végétation luxuriante. Des fontaines, des cascades, des espaces de jeux et de repos, agrémentés par une installation très sophistiquée comprenant éclairage, câble, téléphone, sonorisation font de cet ancien jardin un lieu de promenade à la fois apaisant et en harmonie avec le nouveau Centre des Congrès et le Centre national Art et Technologie situés d'un côté et de l'autre du parc.

Comme tous les Rémois je suis particulièrement attaché au Parc de la Patte d'Oie : il est le poumon de notre cité et son évolution reflète l'histoire de notre ville. J'ai donc tenu à conserver son kiosque d'origine qui a été entièrement rénové et je me réjouis que le Parc de la Patte d'Oie retrouve enfin son rôle de jardin public.

Jean Falala - Député- Maire de REIMS

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Avant la Patte d'Oie


Plan de REIMS en 1665 par J.COLLIN

Au début du 18° siècle, le rempart deReims est encore intact. Au nord-ouest, entre les portes de Mars et de Vesle, il s'allonge de manière continue, sans aucune ouverture vers Clairmarais et la campagne voisine. A l'extrémité de la place de la Couture (Drouet d'Erlon aujour-d'hui), un bastion militaire, dénommé "éperon St-Jacques", avait été aménagé au milieu du 17° siècle, pour accueillir des pièces d'artillerie.

Au pied de la muraille, un fossé entoure la ville. Son rôle défensif est depuis longtemps oublié puisqu'il sert à cet endroit d'égout... Plusieurs projets d'assainissement sont restés sans suite, si bien que lorsqu'il fait chaud, les mauvaises odeurs infectent l'air de ce secteur, sans parler des dangers pour l'hygiène publique. L'eau de la Vesie remonte sur une certaine distance dans le fossé, qui précisément s'élargit dans sa partie basse pour former un étang. On y pêche des poissons... mais surtout on y ramasse en hiver des morceaux de glace qui sont stockés dans la glacière communale en prévision de l'été.

Longeant le fossé et l'étang, un chemin bordé de quelques arbres (des saules et des peupliers) relie les routes de Laon et de Paris. Au delà s'étend la campagne, avec des champs et des prairies, des jardins et des bois. Les terres labourées, parcourues par des chemins ruraux, se trouvent du côté de la porte Mars, aux lieux-dits  "la Charronière" et "l'Eperon". Elles sont détenues par le Chapitre de Reims, l'abbaye de Clairvaux et quelques particuliers. Plus près de la rivière se situent les prés, à l'emplacement d'anciens marais, asséchés depuis près de deux siècles par le Cardinal de Lorraine. Des fossés de drainage traversent encore les parcelles.


Les remparts de Reims au XVIII° siècle. Gravure Bibliothèque Municipale)

Entourés de murs, un peu plus loin vers Clairmarais, se trouvent des jardins, de même que les bois de l'hôtel-Dieu et de l'Hôpital général, le vivier de St-Jacques et les "usages" de la ville (terrains communaux)...

La Vesle, dont le cours sinueux n'a pas encore été canalisé, complète et limite le site sur lequel le Conseil de Ville envisage en 1730 d'aménager un espace vert, pour le loisir des habitants et l'embellissement de la ville. Jusqu'à cette époque, les rémois qui souhaitent se promener disposent uniquement des allées bordées d'arbres situées au sommet des remparts, qui leur permettent une vue panoramique sur la campagne avoisinante.


Promenade sur les remparts au XVIII° siècle 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1733 -  le jardin à la Française


D'après un plan conservé à la Bibliothèque Municipale

 Au siècle des Lumières, les travaux d'urbanisme se multiplient dans toutes les villes du royaume de France et Reims participe activement à ce mouvement général par l'ouverture de plusieurs chantiers importants (création de la Place Royale, construction d'un réseau de fontaines publiques, installation de réverbères, rénovation des grands axes routiers, quelques travaux d'assainissement...). Partout le dynamisme édilitaire s'accompagne d'une préoccupation nouvelle pour les espaces verts. Au 18° siècle, des promenades sont ainsi créées à Bordeaux, Nantes, Montpellier, Nîmes, Toulouse, Perpignan, Rouen, Beaune, Mâcon, Poitiers, etc.

A Reims, l'idée naît en 1730 dans l'esprit de Philippe Dorigny d'Agny, procureur-syndic, qui bénéficie aussitôt de l'appui du lieutenant des habitants, Jean Rogier du Say. Le projet initial, tel qu'il est exposé devant le Conseil en décembre 1730, s'avère pourtant très modeste. Il s'agit simplement de planter deux rangées d'arbres sur le bord du fossé entre les portes de Mars et de Vesle, dans le but d'embellir la ville et de lui procurer un revenu futur (grâce à l'exploitation du bois). Le coût prévisible reste très raisonnable puisque les terrains appartiennent déjà à la Ville.

Mais, très vite, les représentants de la cité rémoise conçoivent un plan beaucoup plus ambitieux : ils décident en mars 1731 la création de trois allées d'ormes, l'une de 36 pieds de large et les deux autres de 18 pieds (12 et 6 mètres environ). Le long du fossé, l'emprise du chemin communal devient alors insuffisanté, aussi le procureur-syndic est-il chargé de négocier avec les propriétaires riverains l'acquisition des terrains nécessaires. L'affaire est rondement menée puisque dès l'automne 1731, la Ville entre en possession d'une bande de terrain de 2$ mètres de large sur une longueur d'un kilomètre environ. L'éperon St-Jacques est arasé, et les premiers arbres sont immédiatement plantés par Jean Leroux, maître-jardinier rémois, qui se voit confier l'aménagement paysager du site. Il propose un plan de jardin "à la française" (influencé des jardins de Versailles, créés par Lenôtre), ce qui est aussitôt adopté et réalisé.

 
Ulmus campestris : orme commun.

La dépense est énorme pour le budget de la cité : 7 500 livres pour la première année, qui englobent les acquisitions foncières (l 000 £), les achats et transports d'ormes (ils viennent de Vitry sur Seine), les terrassements, les plantations...auxquels malheureusement doit s'ajouter une replantation complète des jeunes arbres gelés par le terrible hiver 1732 ! Rémois et rémoises accueillent avec beaucoup de plaisir cette réalisation municipale et donnent en grand nombre des témoignages de gratitude aux membres du Conseil de ville.

Encouragés par ce premier succès, ceux-ci entreprennent dès 1733 de poursuivre les travaux d'aménagement.

Simon Coquebert, nouveau lieutenant des habitants, s'entend aisément avec un de ses parents installé à Paris, François Coquebert de Montbré, propriétaire de la grande prairie située entre la nouvelle Promenade et la Vesle.

Jean Leroux propose d'y planter des ormes en quinconce. Ainsi naît la Patte d'Oie, qui ne porte pas encore ce nom, puisque seules deux allées sur trois sont créées à cette époque (l'allée centrale et celle qui longe l'étang). Là encore, l'importance de l'investissement mérite d'être signalée, puisque le terrain coûte à lui seul 8 500 livres (les prés sont environ deux fois plus chers que les terres labourables) pour une dépense totale de plusde 11 000 livres ! Par ailleurs, les comptes du receveur indiquent de manière très précise que 15 700 plants "d'épines" sont achetés... ainsi que l 600 ormes.

Durant tout le 18° siècle, le Conseil de ville montre l'intérêt le plus vif pour le Cours Le Pelletier, comme on le dénomme alors, en l'honneur de l'intendant de Champagne, M. Le Pelletier de Beaupré, qui apporte un soutien décisif à l'ensemble des projets municipaux. A partir de 1740, l'accès à la promenade est améliorée grâce à la destruction d'une partie des remparts, au bout de la place de la Couture, et à la construction d'une porte, d'abord banalement dénommée Porte Neuve. Monumentale et prestigieuse (dessinée par l'architecte Nicolas Bonhomme, elle coûte près de 30 000 livres, on l'appellera Porte Royale après le passage de Louis XV en 1744. Le roi "inaugure" en effet l'ensemble des réalisations municipales à l'occasion d'un voyage effectué depuis les provinces de Flandres jusque sur les bords du Rhin.

A la même époque, "l'ovale" qui lui fait face est modifié et agrandi (emplacement du square Colbert actuel), des grilles sont installées, de même que des bancs ; des allées nouvelles sont ouvertes pour dégager des perspectives vers Muire ou Merfy, d'autres sont projetées (projets Legendre, par exemple), des pépinières sont ajoutées... mais les travaux les plus importants portent sur l'élargissement des Promenades.

Dans leur longueur, en effet, elles ont déjà les dimensions que nous leur connaissons ; par contre leur largeur demeure faible, si bien qu'en 1748 - 1749 Louis-Jean Lévesque de Pouilly, lieutenant des habitants, décide une nouvelle tranche de travaux, qui se realise aussi rapidement que la première. Des terrainssont aussitôt achetés et aménagés. La 3ème allée, destinée à former la "Patte d'Oie"est ouverte en 1748 et les Promenades sont doublées en 1749.


Acquisitions foncières pour l'agrandissement des Promenades en 1749.
( plan, Archives Municipales)

 Ces travaux sont les derniers que dirigent Jean Leroux, qui décède en 1750, à l'âge de 74 ans. Associé à son père depuis déjà plusieurs années, Pierre Leroux lui succède pour entretenir les plantations. Mais après leurs extensions successives, les espaces verts rémois deviennent trop importants pour un seul homme, si bien que Hautes et Basses Promenades sont alors séparées : Pierre Leroux se voit confier les unes, ainsi que la Patte d'Oie, tandis que les autres sont placées avec la pépinière sous la responsabilité de Joseph Mobillion, puis du fils de celui-ci Rémi Mobillion. Ces jardiniers sont des entrepreneurs privés qui travaillent pour le compte de la Ville de Reims, sur adjudication, sur bail ou sur devis.

Les Archives Municipales conservent encore quelques-uns de ces documents où les jardiniers notaient scrupuleusement, année après année, le nombre d'arbres morts à abattre, le nombre de bancs à restaurer... mais aussi le nombre de journées de travail pour émonder les branches, s'occuper des pépinières, tondre les haies, charmilles et boulingrins, entretenir les allées, etc.

 
Règlement de police en 1762.
(Affiche, Archives Municipales)

 Membres du Conseil, habitants de Reims ou visiteurs étrangers, tous s'accordent pour apprécier la valeur des jardiniers rémois. Jamais, en effet, personne ne se plaint de leur activité, même si le Conseil de ville formule parfois quelques recommandations au sujet des élagages (les jardiniers, qui revendent à leur profit le bois coupé, ont-ils tendance à abuser de cet avantage ?). Au contraire, les Promenades reçoivent les éloges de tous et suscitent même des besoins nouveaux : les résidents du quartier de la Porte Mars, sans doute "jaloux" des réalisations de la Patte d'Oie, complétées par celles du Petit Bois (plus connu depuis sous le nom de Bois d'Amour), réclament pour l'autre extrémité des Promenades des aménagements de même nature ! En 1785 pourtant, les amélioration portent une nouvelle fois sur le secteur de la Patte d'Oie. Les égouts sont enfin détournés des fossés de la ville et l'air devient tout à coup plus agréable aux promeneurs. Un monument en forme d'obélisque est érigé deux ans plus tard, pour commémorer cette nouvelle extension, à laquelle le roi Louis XVI apporta sa contribution financière (il sera détruit pendant la Révolution).

En même temps qu'il porte progressivement les Promenades à leurs dimensions maximales, le Conseil de ville se préoccupe de conserver au site l'agrément de son caractère. Pour cela une série de règlements est édictée, qui concernent la propreté des lieux, la circulation des voitures à cheval, les jeux des enfants, la morale publique... (il est interdit par exemple de jouer aux quilles dans les Promenades ou de s'y promener en robe de chambre). Les contrevenants sont bien entendu passibles d'amendes.

Mais l'attention la plus grande porte sur le respect dû aux plantations.

Comme les j ardiniers ne peuvent veiller à la fois à l'entretien et à la police des lieux, les gardes municipaux, qu'on appelait alors "archers des pauvres", se voient confier cette mission nouvelle, sous l'autorité de Jean Chevalier, "piqueur des ouvrages" de la ville (directeur des travaux communaux).


Porte des Promenades détruite en 1838.
(Gravure, Bibliothèque Municipaie)

La Révolution française modifie quelque peu cette organisation, en donnant plus de pouvoirs au piqueur. C'est lui désormais qui décide du programme annuel d'entretien et qui, de ce fait, dirige les activités des jardiniers. Mais la période révolutionnaire faillit avoir des incidences beaucoup plus fâcheuses pour les arbres. La pénurie de combustibles accentue, en effet, les risques de délits (vols de bois et même abattage), et la pénurie de subsistances fait naître des projets alarmants : il est ainsi très sérieusement proposé d'arracher tous les arbres pour planter à leur place des pommes de terre ! Cependant le danger maximal survient en 1814 lorsque l'armée russe qui occupe Reims exige du bois pour se chauffer et pour construire des pontons. Les rémois sont alors contraints de sacrifier les arbres situés sur les remparts, pour sauver ceux des Promenades.

L'histoire des Promenades prend ensuite un cours paisible, sous le regard tutélaire de l'administration des Eaux et Forêts. Jusqu'au milieu du 19° siècle, le Conseil municipal de Reims semble d'ailleurs marquer une moindre sollicitude pour les espaces verts, même si M. de Saint-Marceaux décide d'importants travauxen 1832 -1835. Malgré quelques protestations de rémois attachés aux ormes vénérables, les vieux arbres centenaires sont alors renouvelés dans les Basses Promenades.

Vingt ans plus tard, la même opération est réalisée dans les Hautes Promenades.

Durant cette période, l'état des lieux laisse souvent à désirer, si bien qu'une décision majeure est prise en décembre 1855. Considérant que les entrepreneurs privés n'apportent pas tout le soin nécessaire au bon entretien des promenades et à la prospérité des plantations, le Maire de Reims (Edouard Werlé) décide d'abandonner le principe du recours périodique aux adjudications publiques. A l'imitation de plusieurs grandes villes de France, il crée le premier emploi de jardinier communal. Placé sous la responsabilité de l'architecte de la ville, Louis Leclair entre en fonction le ler janvier 1856. Ce jardinier, auquel succède Jean-Baptiste Lalande en 1860...) est donc le lointain prédécesseur du personnel de l'actuelle Direction des Espaces Verts.

 
Suppression de l'étang et projet d'aménagement paysager en 1785.
(P!an, Archives Municipales}

Jusqu'en 1883, les Promenades et la Patte d'Oie connaissent encore quelques innovations importantes, parmi lesquelles figurent le réaménagement du square Colbert à l'époque du Second Empire (1860), et la construction à la Patte d'Oie d'un premier kiosque en 1865 puis d'un second kiosque en 1869, sur les plans de Narcisse Brunette, architecte de la ville. Mais les modifications les plus nombreuses portent sur les abords. Faute d'entretien, les remparts, qui avaient subi une première atteinte en 1740, quand fut ouverte la Porte Royale (cf. supra),commencent à s'écrouler dans les premières décennies du 19° siècle et sont finalement démolis. Sur leur emplacement, on aménage un boulevard en 1841 (Général Leclerc aujourd'hui). Dans le même temps, l'étang et les fossés, qui avaient été assainis avant la Révolution, sont comblés. Au niveau de la Patte d'Oie,

 Les terrains devenus disponibles serviront notamment pour la construction du Cirque et du Manège, à partir de 1865 (tandis qu'un projet d'hippodrome restera sans suite). De l'autre côté des Promenades, la construction de la ligne de chemin de fer s'accompagne aussi de l'ouverture d'un boulevard en 1853 - 1854 (aujour-d'hui Louis Roederer), qui empiète sur les espaces verts et en modifie le dessin. Surle 3ème côté du triangle de la Patte d'Oie, la régulation du cours de la Vesle, puis la construction du canal (1842 - 1848) mordent de la même façon sur le jardin.

Si l'on excepte l'aménagement du "jardin-école" en 1876, concédé en grande partie à la Société d'Horticulture (actuel jardin Pierre Schneiter), l'histoire des Promenades que nous venons de suivre sur 150 ans semble finalement se partager en trois périodes de durée sensiblement égale : la période de création-extension (1731 - 1788) et celle de réduction progressive des surfaces (1841 - 1883) sont marquées toutes deux par une volonté édilitaire particulièrement forte. Elles encadrent une période pendant laquelle l'intérêt pour les espaces verts s'est nettement estompé.

Un point, cependant, réunifie cette histoire. A toutes les époques, les Promenades et la Patte d'Oie accueillent de nombreuses festivités locales : ainsi en 1775 à l'occasion du sacre de Louis XVI, en 1790 lorsque Jean-François Pierret, premier maire élu de Reims, célèbre la fête de la Fédération, en 1804 à l'occasion du passage du premier Consul, en 1811 pour la naissance de l'Aiglon, en 1815 lors du passage de Louis XVIII, en 1825 quand Charles X est sacré... Au 19ème siècle, foires-expositions, concours agricoles, kermesses des écoles, fêtes corporatives, manifestations sportives, etc. se déroulent dans les Promenades : en fait, c'est le lieu ordinaire des réjouissances publiques, où s'établissent les orchestres et les danses gratuites. A Reims, les espaces verts ont toujours été associés aux fêtes.

J. DELAINE Conservateur des Archives de Reims

Pour ceux qui souhaitent en savoir plus :

- " Les Promenades de Reims", mémoire de maîtrise, Valérie Richard, 1993.

- " Les Promenades et les jardins publics de Reims ", M. Forestier, 1929.

- " Histoires de Reims : les Promenades ", V.R.I, B. Fouqueray, 1988.

... Archives municipales de Reims (fonds ancien : cartons 726-727, Conclusions du Conseil, Comptes...).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1883-1986, le jardin à l'anglaise

Les arbres comme tous les êtres vivants sont sujets au vieillissement. Au bout d'un temps variable selon les espèces, ils sont plus vulnerâbles aux maladies, aux attaques d'insectes ou aux conditions climatiques. Ils peuvent ainsi dépérir et finir par mourir. La replantation de nombreux sujets ou d'espèces différentes est donc nécessaire pour donner une nouvelle jeunesse aux terrains qu'ils agrémentent. Les ormes à l'origine des promenades avaient, nous l'avons vu plus haut, dû être supprimés dès 1830 dans la partie basse de celle-ci.

Ceux de la partie haute furent enlevés à partir de 1855. En 1880, seul le triangle de la Patte d'Oie conserve ses sujets d'origine alors âges de près de cent cinquante ans. Le gel de l'hiver 1879 - 1880 entraîne la mort de nombreux arbres et dès février 1881,1e conseil municipal étudie un projet de replantation et de transformation des Promenades de la Patte d'Oie jusqu'au canal. Les arbres sont abattus dès 1882. Le kiosque de 1869 se trouvant dès lors dans un espace désertique et peu agréable pour les concerts, il est donc décidé la création d'une simple estrade pour les concerts de jour puis finalement d'un nouveau kiosque sur les HautesPromenades, après avoir envisagé d'y remonter celui de la Patte d'Oie.

Le 31 août 1883,1e conseil municipal discute de la replantation. Le Maire indique "que l'on a songé au platane d'occident qui est très rustique et susceptible de former de très belles avenues". Le 19 septembre, le conseil charge une commission spéciale de faire un rapport sur cette question. Un concours est alors organisé, six équipes y participent. Les projets sont présentés dans la salle des mariages de l'hôtel de ville du 22 au 29 novembre. "Chaque plan a eu ses partisans et ses détracteurs ; aucun n'a réuni l'unanimité des suffrages. Un seul s'est inspiré des idées de Le Nôtre ; (dans les textes de cette époque, il continue à être véhiculé l'idée fausse que Le Nôtre serait intervenu sur les Promenades de Reims), les autres ont dessiné des jardins modernes. La commission moins une voix se prononcera pour la création d'un parc forestier. L'un des mieux étudiés ménageait un vaste terrain pour les fêtes publiques, les réunions de gymnastiques, les jeux de l'enfance, etc..." Le paysagiste Durand qui était déjà intervenu pour le Jardin Ecole situé de l'autre côté du boulevard du Chemin de Fer (actuel boulevard Louis Roederer) quelques années auparavant, au square de la Mission à l'autre extrémité desPromenades et autour de la Porte Mars, proposa donc la création d'un jardin à l'anglaise pour un coût de 45 500 F:


Avant 1914, scène du parc : la cascade Redont. Coll. : 0. Rigaud

"Les allées sont larges et bien tracées, les débouchés nombreux. Le Kiosque se trouve au centre d'un rond-point de 80 mètres de diamètre, planté de deux rangées d'arbres. De vastes pelouses sont agrémentées de bouquets d'arbres et de bosquets. Ça et là sont disposés des bancs ombragés pourles lecteurs et pour les personnes qui cherchent le repos et les endroits réservés pour les jeux d'enfants. Un espace est ménagé pour la construction d'un buffet, qui serait élevé par l'industrie privée, et des urinoirs sont dissimulés dans les massifs. Une variante à ce projet, faite par le directeur de la voirie et rejetée par la Commission consiste en la création de jets d'eau, lacs et rivières". " Il n'est pas question de créer un jardin orné avec art, décoré de massifs de fleurs et plantes à feuillages de nuances diverses comme au square Colbert, mais un parc forestier planté d'arbres robustes avec pelouses semées de gazons résistants ". La replantation se fait en utilisant des chômeurs : "260 au lieu des cent qui auraient suffi et dont beaucoup ne sont pas aptes à des travaux de cette nature". Le 28 avril 1884,1e Maire annonça que les travaux étaient terminés. En 1883, le jeune Edouard Redont travaillait depuis quelques années chez Durand. Peut-être participa t-il à la conception ? Quinze ans plus tard, l'élève avait dépassé le maître et entamait une carrière internationale qui laissa de nombreuses traces dans sa ville natale. La transformation ne change pas la fonction principale ou les fonctions annexes du parc qui restent les mêmes. La musique continua à se jouer sous le kiosque, de grandes expositions temporaires occupèrent le cirque, le manège et des bâtiments provisoires installés à l'occasion de chaque manifestation. L'Exposition de 1896 occupe très largement le Parc et déborde tout à la fois sur le jardin d'horticulture et sur les Basses Promenades. Elle se déroule sous une tente de 230 m de long et des pavillons séparés. Tous les soirs,l'éclairage était assuré par vingt phares électriques. C'est dans ces années là que Redont réalise la cascade et la petite rivière encore en place aujourd'hui. Le 17décembre 1896, l'attention du conseil municipal est appelée sur l'état des Promenades et sur la nécessité de s'en préoccuper. Un rapport est lu le 10 février suivant indiquant que les ormes des Basses Promenades qui n'avaient pourtant pas encore soixante dix ans semblent déjà en mauvais état, attaqués par les scolytes, insectes qui se trouvant placés entre l'écorce et le bois rongent l'arbre petit à petit. Le 5 juillet, la commission demande de mettre au concours " le remaniement et la transformation de toute la partie entre l'Arc de Triomphe et le Canal en y comprenant le square Colbert et celui de la Patte d'Oie, dont la vue extérieure pourrait être rendue beaucoup plus riante ".


Avant 1914, le parc au bord du canal vu depuis le pont de Vesie. Coll. : 0. Rigaud

" Une chose est particulièrement néfaste aux Promenades et aux plantations, c'est l'installation de boutiques ou de baraques à l'occasion des foires ou des fêtes ; votre Commission émet le vœu que désormais cet état de choses cesse et que tout soit reporté au Boulingrin. Les Promenades resteraient ainsi toujours et complètement libres pour s'y promener ". Nous verrons par la suite qu'il faudra quatre vingt dix ans pour que la Patte d'Oie se vide des baraquements "provisoires" de la foire dont certains bien que tenant plutôt du bidon ville étaient devenus permanents. Dans cette même commission, l'ingénieur architecte Hippolyte Portevin indique que le plan primitif de Durand pour la Patte d'Oie n'a pas été respecté : "il avait créé un parc forestier, mais à l'heure actuelle, par suite de changements malheureux, on en a fait tout autre chose. Il faut donc s'efforcer de rendre à ce parc son premier caractère". Une douzaine d'ormes sont abattus, une quarantaine traités. Parallèlement, les marronniers des Hautes Promenades posent également des problèmes dus à des mutilations, un manque d'arrosage et un manque d'engrais. La présence de craie a toujours été un frein à l'obtention de beaux sujets végétaux dans le sol rémois. A part à l'intérieur d'une bande de deux ou trois cents mètres de part et d'autre de la rivière de VesIe ou plus étroite encore autour de ses affluents comme la Muire ou le Rouillât, les grands arbres sont rares sur le territoire communal. Les arbres des Basses Promenades sont ainsi plus chétifs que ceux de la Patte d'Oie mais plus beaux que ceux des Hautes Promenades.

La seule exception à cette règle se trouve au Parc Pommery. La raison en est simple: lors de sa création vers 1910, 1e paysagiste Edouard Redont fit remplacer 200.000 m3 de craie par 200 000 m3 de terre végétale.

Le 12 octobre 1897, le programme du concours est soumis à l'approbation du conseil municipal : " Le projet comporte tout d'abord le maintien des parties nouvelles : square Colbert, jardin de la Patte d'Oie et place de la République, le parti pris général des Promenades, avec sa longue perspective allant de la place de la République à la Patte d'Oie devra également être respecté ". "Il est rappelé aux concurrents que le kiosque de la partie haute des Promenades continuera à servir comme par le passé aux auditions de musique et que par conséquent, ils doivent ménager à l'entour l'espace nécessaire pour le public. Ils doivent du reste d'une manière générale, donner aux allées et terre-pleins, des dimensions permettant la circulation d'une foule nombreuse".



1937: banquet de la corporationdes employés.Coll. : 0. Rigaud


Vers 1960 : Foire de Reims. Photo : L'Union

 " Toute liberté est laissée aux concurrents pour élaborer leur projet. Ils peuvent employer le style régulier ou irrégulier, ou même un style mixte : ils peuvent combiner de la manière qui leur paraîtra la plus pratique et la plus élégante les pelouses, les massifs d'arbres et d'arbustes, les larges espaces sablés, ombragés ou non ; ils peuvent même y ajouter des parterres de fleurs, mais seulement dans une faible mesure, en raison de la dépense d'entretien annuel qui deviendrait trop élevée ; enfin, ils peuvent encore avoir recours à des motifs d'architecture tels que balustrades, terrasses horizontales séparées par des escaliers, etc. Des statues ou des édicules tels que colonnes, stèles, etc. pourront ultérieurement être élevés sur les pelouses, pour rappeler à la mémoire du public le nom des rémois qui se sont illustrés dans le cours des âges ". Les quatre projets sont présentés au cirque avant jugement au public rémois du 6 au lO mars 1898. La première prime est remise à l'équipe composée de l'architecte paysagiste Edouard Redont, de son ancien maître et patron Durand et du premier architecte DPLG installé à Reims Léon Margotin, professeur à l'école des Arts Industriels de la rue de Talleyrand. L'équipe propose un jardin à l'anglaise pour les Basses Promenades. En dehors de Redont, les autres participants à la compétition sont Berthier et Vacherot de Paris, Guillaume et Chervet de Paris et le concurrent rémois de Redont le paysagiste Thomerau. Les projets seront abandonnés sous la pression du public : une pétition revêtue de 2863 signatures " y compris les femmes et les enfants !" demande à l'administration de laisser les Promenades dans le "statu quo". Le 9 novembre 1898, la Commission indique que " Pour le moment, il n'y a pas lieu de toucher à la partie basse des Promenades. En y fauchant régulièrement les pelouses comme on l'a fait cette saison et en y donnant quelques soins d'entretien, on peut lui assurer à peu de frais pour un certain temps encore,un aspect suffisamment décoratif...".

Des travaux de moindre importance sont entrepris, effectués par des chômeurs comme en 1883. Dès cette époque, les concerts qui avaient abandonné le kiosque de la Patte d'Oie pour celui des Marronniers y reviennent : la fanfare des tonneliers le 27 mai 1898, (la corporation des tonneliers et ouvriers de caves se réunissait au parc de la Patte d'Oie dans le cadre de la fête de la Saint-Jean créée en 1878 à l'initiative de M. Deproye, Chef de cave de la maison Krug. L'après-midi, une course au tonneau était suivie d'un concert de la fanfare et d'un grand bal de nuit, la musique municipale au mois de juin, tandis qu'à la même époque, les militaires semblent préférer le kiosque des marronniers. L'intervention sur les Hautes Promenades envisagée de façon plus légère fut effectuée quelques années plus tard par Edouard Redont : il s'agissait de la création de bassins en béton armé installés après l'Exposition de 1903 qui avait laissé les Promenades en piteux état. Dès sa création en 1899, la kermesse des écoles laïques se tint à la Patte d'Oie d'où partaient les défilés de chars qui parcourent la ville.

Le parc traverse le conflit de 1914-1918 avec quelques dommages tant pour les grands bâtiments kiosque, cirque, manège que pour les constructions rustiques : petits bassins, rochers et passerelles ainsi que les plantations. Tandisque les Promenades restent longtemps occupées par les baraquements provisoires, la Patte d'Oie sera, dès l'été 1919, rendue à son rôle de parc urbain et accueille les 39 stands du Comice Agricole du 31 mai au 3 juin 1923. Tous les soirs durant cette manifestation, concerts et bal le dernier soir animent le parc. En 1918,comme en 1903, l'exposition des "Meilleures Marques" ne descend pas jusque là.


6 mai 1973:Célébrationde la St-Hubert au cours de l'Exposition Canine Internationale
(inaugurée par M. Taittinger). Coll. : M. Garnier André

C'est à cette époque que le buste de l'ancien maire du début du siècle Charles Arnould est déplacé du square de la Mission à l'autre extrémité des Promenades, afin d'ériger le Monument aux Morts. Ce buste sera implanté à la Patte d'Oie dans l'axe principal des Promenades. Un hall d'exposition provisoire géré par l'Office pour la Prospérité de Reims s'implante dans les années trente entre les deux pavillons reconstruits des Régates Rémoises et du Cercle Nautique entre le canalet le boulevard Maurice Noirot. Le cirque accueille différentes prestations importantes comme le congrès du parti radical en 1929 ou les matchs de boxe où s'illustre le champion du monde rémois Marcel Thil. Le kiosque des hautes Promenades n'est reconstitué par l'entreprise Bricmont qu'au début des années trente. Les Promenades, du cirque jusqu'au Monument aux Morts sont classées au titre des Sites et Monuments Naturels le 3 juin 1932 après accord du Conseil Municipal du 15 avril de la même année. Le parc accueille alors diverses fêtes corporatives : fêtes de la Saint-Jean pour les tonneliers déjà évoqués ci-dessus, fête de Saint-Louis fête de l'industrie textile, qui se maintient tant que cette activité est l'une des plus importantes de Reims. En 1934, le parc s'orne d'un groupe de deux cerfs en fonte, œuvre du sculpteur Laplanche. Les bombardements de juin 1940 sont fatals au hall des expositions. Le bâtiment des Régates est reconstruit en 1958 tandis que celui du Cercle Nautique disparaît lors de la construction de l'autoroute A4 en 1976. En 1947, alors que l'on envisage le transfert de la foire dans le futur parc de Courlancy, on rebâtit un hall provisoire qui survivra près de 43 ans.


Etude de socle pour le combat des cerfs. Sculpteur : Laplanche

D'autres halls encore plus précaires viendront envahir le parc de plus en plus délaissé par le public qui lui préfère pour la promenade les nouveaux jardins périphériques comme les parcs Léo Lagrange ou Saint John Perse et pourront grâce au développement de l'automobile atteindre rapidement la campagne toute proche. Dès cette époque, l'installation des forains sur les promenades pose des problèmes. En 1954, un marché sera passé avec M.G. Millet, pépiniériste, pour la remise en état des pelouses centrales d'entrée du jardin de la Patte d'Oie. Un projet de réaménagement semble avoir été rejeté par la Commission. La voiture sera responsable de l'ultime réduction du parc en 1976 : l'échangeur "Reims-Centre" de l'autoroute A4 viendra encore le rogner et mettre le kiosque à l'origine au milieu du jardin trop près du bruit de la circulation pour lui permettre d'avoir encore un rôle musical. Si les fêtes traditionnelles des corporations disparaissent à cette époque, des animations nouvelles attirent du monde : de 1966 à 1986, une exposition canine internationale accueille ainsi jusqu'à 15 000 visiteurs en une seule journée. Une messe de Saint Hubert avec meute et sonneurs se déroule sous les frondaisons du parc en 1973.

Le 26 j uin 1977, la danseuse étoile du Bolchoï, Maïa Plissetskaïa exécute une prestation dans le parc. Jusquen 1986, la foire de Reims et diverses expositions sont abritées dans les halls d'exposition dont le principal accueille les courts couverts de l'Union Rémoise de Tennis quand il n'y a pas de manifestations. Différents ministres viendront inaugurer ces foires : Alain Peyrefitte en 1964, Valéry Giscard d'Estaing en 1965...

 Olivier Rigaud Direction de l'Urbanisme

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1994  le jardin d'eau

 

En 1986, la Patte d'Oie accueille la dernière "Foire de Reims". Après le transfert de celle-ci vers le Parc des Expositions, la Patte d'Oie reste "en attente" dans un état très dégradé et sans grand intérêt pour le public.

En 1988, la municipalité décide de restaurer l'ancien Manège et le Cirque et d'y installer le Centre national d'Art et Technologie. Les possibilités offertes parle parc, espace boisé de 4 hectares en centre ville, n'échappent pas aux responsables du CNAT et un projet d'aménagement faisant appel à une conception futuriste est élaboré.

Ce projet ne verra pas le jour, en raison notamment d'une nouvelle décision municipale datant de 1990. En effet l'implantation du Centre des Congrès se réalisera le long du boulevard Noirot dans la partie basse du parc, a l'emplacement des Régates et de l'ancien hall en tôles de 1947 devenu particulièrement inesthétique.



Une vue du chantier :le bassin octogonal. Photo : Direction des Espaces Verts

Avec cette nouvelle vocation le sort de la Patte d'Oie est scellé et sa rénovation est définitivement décidée. Sur une esquisse de base donnée par le paysagiste Margueri tdans le cadre du concours d'idée lancé pour le Centre des Congrès, la Direction des Espaces Verts élabore le projet de réhabilitation.

L'eau, devient l'élément majeur du nouvel aménagement, contrairement à la modeste place qu'elle occupait précédemment. Sous forme bouillonnante, en jets, en cascade ou tranquille, l'eau de bassin en ruisseau constitue l'élément vivant, l'épine dorsale du jardin et ce sont en tout quelques l 750 m2 qui se trouvent immergés.

La nouvelle conception intègre, bien entendu, les particularités de l'aménagement de 1883. Les massifs boisés sont conservés avec certains arbres devenus centenaires ainsi que les mouvements de sol et prend en compte également les besoins des deux nouveaux équipements précités.

Au niveau du Cirque et du Manège, une esplanade de 2 000 m2 est aménagée complètement viabilisée (eau, électricité, téléphone, tout à l'égout) pour accueillir dans les meilleures conditions et sans dégradation toutes manifestations sur le parc. A côté de cet espace, l'ensemble du parc est prééquipé techniquementet près de 13 000 mètres de fourreaux sont enfouis dans le sous-sol.

Le Centre des Congrès est, quant à lui, desservi par une majestueuse esplanade d'environ l 000 m2 intégrant notamment un bassin équipé de 32 jets d'eau modulables qui vient en souligner l'architecture.


Aire de jeux le clocher.Atelier de Launay

Sur la façade Leclerc une aire de jeux de conception complètement originale, réalisée par les sculpteurs de l'Atelier de Launay, offre aux enfants une importante palette d'activités ludiques. Elle propose un véritable parcours didactique sur le bois et les techniques charpentières en référence au passé de Reims et aux Bâtisseurs de Cathédrale.


Mobilier en métal.

 De tracé volontairement rectiligne, les allées assurent les fonctions essentielles de promenade et de liaison entre les différents espaces du parc. Le mobilier qui les accompagne, bancs, corbeilles, lisses allient à une conception résolument moderne le souci de résistance et de confort. Tous ces éléments, les candélabres de l'axe central, un éclairage indirect d'ambiance pour les autres allées constituent la vision contemporaine du parc de la Patte d'Oie répondant au modernisme de l'architecture du Centre des Congrès.


Jets d'eau du bassin octogonal.

Le kiosque, témoin d'un passé festif, a été entièrement rénové. Peut-êt repermettra-t'il au parc de retrouver le temps d'un concert, l'atmosphère de la "belle époque".

Quelques 14 300 arbustes, dont 2 000 charmes, 100 arbres et 300 conifères étoffent les plantations existantes dont la plupart datent du projet de Durand et Redont; L'effort a particulièrement porté sur la périphérie du parc afin de l'isoler sinon phoniquement au moins visuellement d'un contexte routier lourd. Une vingtaine de buis séculaires ont été déplacés sur le parc pour des nécessités de fonction, les autres arbres ont fait l'objet d'un contrôle et de soins phyto-sanitaires qui s'imposaient.

Les travaux de la Patte d'Oie ont commencé en automne 92 et se seront déroulés sur deux années pleines. Ils ont nécessité l'intervention de 26 entreprises et bureaux d'études pour une dépense globale de 22,4 millions de francs.

Ainsi rénovée, modernisée, "technostructurée", la Patte d'Oie est prête pour le XXIème siècle.

J. P. Siméon - C. Lepage - N. Rebours
Direction des Espaces Verts

  

    

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