Le Grand REIMS  

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 2016

En guerre contre le Grand Reims

 2015

Le Grand Reims au menu d'un conseil municipal extraordinaire

Reims-Châlons ou Grand Reims : Courcy ne veut pas choisir

Reims tourne le dos à Châlons

« Qu'on le veuille ou pas, c'est Reims la locomotive dans le département »

Plébiscite pour le Grand Reims dans le canton de Bourgogne

« C'est Reims qui risque le plus » Benoist Apparu

Des maires de l'arrondissement favorables au « Grand Reims »

Le Grand Reims sur les rails

Le préfet pousse le curseur des fusions d'intercos

La fusion pose questions

Le préfet pousse le curseur des fusions d'intercos

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En guerre contre le Grand Reims

Les maires de Courcy, Boult-sur-Suippes et Ville-en-Tardenois ne voient pas d'un bon œil la mise en place de la communauté urbaine du Grand Reims. Et tiennent à le faire savoir.


Le trio de maires ruraux s'est montré. Hier, très déterminé à se battre contre le Grand Reims.

 

A SAVOIR

•.- 144 communes formeront la communauté urbaine (EPCI) du Grand Reims dont laquelle Reims Métropole, 7 communautés de communes voisines et 18 communes de la communauté Ardre-et-Châtillonnais.  

•.- 298.046 habitants seront rattachés au Grand Reims.

•.- L’arrêté préfectoral signifiant la création du Grand Reims date du 15 septembre 2016.

•.- L’association des maires ruraux de la Marne compte 80 maires.

Trop tard pour agir ? « Non, certainement pas ! Et il n'est pas question de se résigner ! »

Réunis, hier matin, à la mairie de Ville-en-Tardenois, Thierry Barba, Martine Joly et Laurent Combe affichaient une volonté farouche de résister contre le Grand Reims, cette communauté urbaine qui sera officiellement créée le 1er janvier 2017. Car, selon eux, les communes rurales qui seront rattachées à l'agglomération de Reims n'auront plus droit  au chapitre. Et seront « mangées toute crues. »

« La population . n'a iamais été consultée »

« Dans nos petites communes rurales, on va juste venir chercher l'argent provenant de la fiscalité mais on ne profitera en échange d'aucun service, comme par exemple les transports en commun Citura », se plaignait Thierry Barba, le maire de Ville-en-Tardenois. Ce dernier, qui préside l'Association des maires ruraux de la Marne, reprochait aussi aux équipes de Reims Métropole de « n'avoir, à aucun moment, consulté les habitants des communes rurales. »

«On met un couvercle sur nos communes », renchérissait Martine Joly, la maire de Courcy, tandis que son homologue de Boult-sur-Suippe prédisait que toutes les entreprises quitteraient les petites communes rurales pour s'installer à Reims. « Les entreprises de plus de onze salariés vont par exemple devoir payer 40.000 euros de prime de transport. Or, elles ne pourront pas profiter du service ! Cela n'est pas normal! Elles auront naturellement envie de partit ».

Sur les 144 communes qui composeront en janvier prochain la nouvelle communauté urbaine seules sept ont voté contre le projet du Grand Reims : Berméricourt, Boult-sur-Suippe, Courcy, Rosnay, Savigny-sur-Ardres, Tramery et Ville-en-Tardenois. Alors, qu'est-ce que peut faire, aujourd'hui, le trio de maires récalcitrants qui avaient organisé, hier matin, à Ville-en-Tardenois, une conférence de presse ?

« Notre objectif est de mobiliser le plus de monde possible, notamment les très nombreux maires de communes rurales qui se montrent résignés et pensent qu'on ne peut rien faire », a insisté, hier, Thierry Barba. Pour l'heure, il n'avait prévu aucune action concrète. « On en est à échanger entre nous un maximum d'informations. Histoire de réfléchir à une action commune. »

Valérie COULET

Extrait de l'union du 22/10/2016

  

    

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Reims-Châlons ou Grand Reims: Courcy ne veut pas choisir


Une partie du conseil municipal.

Il y a quelques jours s’est tenue la dernière séance du conseil municipal à Courcy. À l’ordre du jour, l’avis sur le projet de redécoupage territorial. Martine Jolly,  maire de la commune et les élus, ont réfléchi sur le projet du préfet qui prévoit la création d'une nouvelle communauté urbaine de Bétheny à Sommesous en passant- par Rilly, englobant Reims et Châlons. Ils ont également dû se pencher sur le contreprojet, proposé par Yves Détraigne, sénateur-maire de Witry-les-Reims, qui prévoit la création d'une communauté urbaine dite du « Grand Reims». Chacun a été Invité à voter pour l'un ou l'autre Projet. « Le conseil municipal a estimé, par un vote unanime, qu'un tel choix était impossible. II suivra la décision que prendra le préfet avoir recueilli l'avis de la CDCI. Il s'engage à travailler dans le respect et l'intérêt des concitoyens. »

Extrait de l'union du 30/11/2015

  

    

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« Qu'on le veuille ou pas, c'est Reims la locomotive dans le département »

La décision de Reims de ne pas s’allier à Châlons dans une grande communauté urbaine, comme initialement annoncée, suscite de nombreuses réactions. Les élus rémois s’expliquent


Catherine Vautrin, député et présidente de Reims Métropole, et Arnaud Robinet, député-maire de Reims. Remi Wafflart

LES FAITS

•.-  Les élus rémois ont officialisé samedi leur intention de créer un Grand Reims, rejetant ainsi la carte, proposée le 12 octobre, par le préfet créant une communauté urbaine avec Châlons.

•.- «Une erreur stratégique» pour le député et maire de Chalons, Benoist Apparu qui s'exprimait hier dans nos colonnes.

•.-  La Carte définitive des intercommunautés doit être actée par le préfet au plus tard fin mars 2016.

Trahison, « volte-face », « parole donnée bafouée »... Depuis quelques jours, le maire de Reims et la présidente de Reims Métropole (tous deux LR) doivent avoir les oreilles qui sifflent. Pourtant, Arnaud Robinet comme Catherine Vautrin affichent une totale sérénité pour expliquer l'abandon du projet d'une communauté urbaine avec Châlons au profit de la création d'un Grand Reims. (La question n'est pas de dire si on a besoin de Châlons ou pas), commente le député et maire de Reims qui revient sur la genèse du projet et son abandon. Au départ, dans le cadre de la réforme territoriale, nous avions proposé avec Catherine Vautrin et Benoist Apparu, le maire de Châlons, un amendement à l'Assemblée nationale visant à la mise en place d'une métropole marnaise, comprenant nos villes et celle d'Épernay. Celui-ci a été rejeté et, dans le même temps, Épernay a fait savoir que cela ne l'intéressait pas. »

Solidarité avec Châlons meurtri, par le départ de l’armée

Reims décide donc de continuer à travailler avec Châlons mais en y mettant quelques conditions pour la création d'une communauté urbaine : « À la foire de Châlons, lorsque nous discutons avec le préfet, nous indiquons que la future carte doit contenir le pôle de compétitivité que Reims Métropole finance et la communauté de communes Champagne Vesle (qui comprend la zone commerciale de Thillois) », explique Catherine Vautrin. « La carte présentée par le préfet le 12 octobre ne retient pas nos demandes. Et dans le même temps, elle crée un véritable électrochoc pour les élus du secteur rémois qui rejetaient alors l'idée d'un Grand Reims. Ils ont sans doute réalisé l'importance d'un Grand Reims.»

Si on ajoute, du côté de Châlons, un Bruno Bourg-Broc, président (LR) de la communauté d'agglomération, qui n'est pas très emballé par le projet. D'autant qu'Arnaud Robinet n'a jamais caché sa préférence pour le Grand Reims qui ne pouvait jusqu'alors se faire sans l'assentiment de tous les maires du secteur. Et puis, comme le souligne le député-maire, « qu'on le veuille ou pas, dans le département, la locomotive, c'est l'ensemble au territoire rémois », Arnaud Robinet va même plus loin: « Nous avons toujours montré notre soutien à Châlons dans les moments difficiles avec, notamment, le départ de l'armée. Mais il faut le dire, cette solidarité s'est faite au détriment de Reims…» La cité des sacres aurait, par exemple, pu se battre pour obtenir certains services administratifs dans le cadre de la future région, mais elle ne l'a pas fait.

« La carte présentée par le préfet a été un électrochoc pour les élus du  secteur rémois qui rejetaient l'idée d'un Grand Reims »

 Catherine Vautrin

Une solidarité au point d'accepter de s'unir avec Châlons bon gré mal gré ? Il semblerait, en effet, que le préfet a regardé comment traiter au mieux un Châlons meurtri par les départs, « Lors de la récente réunion des maires de la Marne, le préfet a dit : Quand j'ai fait cette carte, je ne pouvais laisser Châlons comme ça », indique Arnaud Robinet. On a été solidaire mais on ne peut pas non plus imposer à Reims les conséquences de décisions prises au niveau national (départ de l'armée et perte du statut de capitale régionale pour Châlons, ndlr),»

Malgré cela, si le préfet avait acté une carte comprenant le pôle de compétitivité que Reims Métropole finance et la communauté de communes Champagne Vesle, le projet Reims - Châlons serait sans doute encore sur les rails. S'ils ne s'uniront pas avec Châlons sous la forme d'une communauté urbaine, Catherine Vautrin et Arnaud Robinet comptent bien travailler avec.  « Il n'est pas question de nous opposer, insiste la présidente de Reims Métropole. Nous avons une vision différente: Benoist a une logique d'urbanité, nous de bassin...Reims a besoin de Châlons et Châlons a besoin de Reims. En attendant peut être un rapprochement plus tard... »

Vue d'Épernay, « la fusion était contradictoire »

« J'étais opposé à la fusion des agglomérations rémoise et châlonnaise parce que je n'y croyais pas, explique Franck Leroy, maire (UDI) d'Épernay. Ce n'est pas pensable d'organiser la vie de ces agglomérations dans une même entité. Cela aurait  été ingouvernable et cela se serait fait au détriment des plus petites communes. Lorsque l'on aménage un territoire, on doit veiller à toutes les collectivités. C'est notre rôle! Pour moi, cette fusion, c'était contradictoire. » L'élu milite à nouveau pour la création d'un pôle métropolitain. « Ma proposition, c'est on vit ensemble pendant quelques années et plus, si affinités. Pour qu'un mariage soit réussi, on apprend à se connaître avant. Mais on ne commence pas par le mariage. Or dans la fusion Reims - Châlons, certaines collectivités n'avaient jamais travaillé ensemble... » Franck Leroy le reconnaît :  « Ma proposition de pôle métropolitain est moins ambitieuse mais, à terme, elle a plus de chance de réussir. Elle est plus raisonnable. Nous avons le même point de vue sur la finalité mais nos avis divergent sur les moyens à mettre en place. »

LES PROCHAINES ÉCHÉANCES

•.-  Les maires du bassin rémois ont jusqu'au 11décembre pour se prononcer contre la carte initiale présentée par le préfet

•. Des auditions sont prévues avant. Noël devant la commission départementale de coopération intercommunale qui se réunira ensuite fin février, début mars pour statuer

•.-  Le CHIFFRE : 141

Communes du bassin rémois devraient, à terme composer le Grand REIMS

•.-  La PHRASE

« L’inconvénient de cette carte départementale, test que la logique de bassin de vie y est bannie. la logique de territoire économique est une autre réalité. Pour nous qui avons à préparer l'avenir, il faut concilier les deux. »

Bruno Bourg-Broc président de la communauté d'agglomération de Châlons,  réticent au rapprochement avec Reins (l'union du 23 Octobre.

Grégoire AMIR-TAHMASSEB. Aurélie BEAUSSART et Stéphanie GRUSS

 Extrait de l'union du 24/11/2015

  

    

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Plébiscite pour le Grand Reims dans le canton de Bourgogne

Les conseillers départementaux du canton de Bourgogne ont écrit aux élus rémois pour apporter leur soutien au Grand Reims. À une condition.


Monique Dorgueille et Éric Kariger soutiennent le projet rémois. Archives

Après la réunion regroupant les 126 maires concernés par l'éventuel Grand Reims samedi à Reims (L'union de dimanche), les élus du canton de Bourgogne se sont réunis à Hermonville (L'union de mardi). Sur les 80 présents, 76 (quatre abstentions) ont donné leur accord pour s'engager dans la démarche d'une création d'une communauté urbaine dite Grand Reims.

Les conseillers départementaux du canton de Bourgogne, Monique Dorgueille et Éric Kariger, ont écrit à Arnaud Robinet, maire de Reims, et Catherine Vautrin, présidente de Reims Métropole, pour leur en faire part. Ils rappellent que face à la création d'une communauté urbaine Reims-Châlons, les élus de ce canton avaient eu dans un premier temps pour souhait de créer une nouvelle communauté de communes, « à taille humaine mais ambitieuse », par la fusion des trois communautés de communes du canton et de la communauté de communes des Rives de Suippe.

« Les dernières semaines ont permis d'apporter des garanties fortes pour envisager un scénario alternatif »

Éric Kariger

Ce territoire devait regrouper 32 000 habitants et 40 communes, avec quelques atouts économiques agro-industriels, agricoles et viticoles. La publication du projet de réorganisation territoriale du préfet est venue respecter le choix du Nord rémois, « Mais parallèlement, il mettait en lumière les limites du territoire de la communauté urbaine Reims-Châlons, rappelées dès la réunion du 26 octobre de la Commission départementale de coopération intercommunale par Yves Detraigne. Les dernières semaines ont été riches et ont permis d'apporter samedi dernier des garanties fortes pour envisager, un scénario alternatif », justifient les deux conseillers départementaux.

 Mais les élus du canton de Bourgogne ont tout de même conditionné leur accord à l'abandon du projet de rapprochement Reims-Châlons, à l'intégration de l'ensemble des quatre communautés de communes et au maintien de la compétence scolaire dans le champ des compétences transférées à la communauté. Des conditions a priori acceptées.

Yan LE BLEVEC

Extrait de l'union du 24/11/2015

  

    

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 Des maires de l'arrondissement favorables au « Grand Reims »

L’idée du contre-projet fait son chemin.


Les élus de la périphérie rémoise se sont fait présenter le contre-projet.

Hermonville, samedi 21 novembre, s'est tenue une réunion d'information des maires représentant les communes de la périphérie rémoise, portant sur le projet de redécoupage territorial. Lev projet du préfet serait de créer une nouvelle communauté urbaine étirée de Bétheny au nord à Sommesous au sud en passant par Rilly-la-Montagne englobant Reims et Châlons.

Chaque conseil municipal doit délibérer. Le contre-projet préparé par Yves Détraigne, sénateur et maire de Witry-lès-Reims, comprendrait Reims en noyau central et les territoires périphériques, de Pontfaverger à Villedommange en passant par Cormicy, Ce projet de « Grand Reims» respecterait la réalité du bassin de vie. Il associerait 126 communes pour une population de 293.000 habitants. Le pôle de compétitivité de Pomacle-Bazancourt et la communauté Champagne-Vesle devraient faire partie de cette communauté. Il semblerait qu'une majorité des maires présents ait une préférence pour le contre-projet du Grand Reims. Les communes et les communautés de communes doivent rendre leur avis avant le 11 décembre 2015. La transmission de leur choix doit s'effectuer avant le 31 décembre 2015, auprès de la Commission départementale de coopération intercommunale (CDCI). Pour avoir des chances d'aboutir, le contre-projet doit recueillir la majorité d'au moins deux tiers des voix de la CDCI.

 Extrait de l'union du 24/11/2015

  

    

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Benoist Apparu: «C'est Reims qui risque le plus»

Réagissant à l’abandon du projet d’une communauté urbaine regroupant Reims avec sa ville, le maire de Châlons-en-Champagne (LR) regrette « une erreur stratégique » de ses homologues rémois


Pour Benoist Apparu, le choix du Grand Reims est une vision à court terme.

LES FAITS

•.- Le 12 octobre, le préfet présente la carte d'une nouvelle organisation territoriale créant une grande communauté urbaine entre Reims et Châlons-en-Champagne. La semaine dernière, après avoir accompagné cette idée, les élus de Reims décident de revenir sur ce schéma et de proposer une nouvelle carte d'un Grand Reims excluant Châlons.

•.- Celle-ci doit être présentée au préfet début 2016, ce dernier devant signer l'arrêté définitif avant le 31 mars 2016.

•.- Aviez-vous vu venir ce revirement des élus rémois ?

Il y a eu plusieurs étapes. jusqu'à la réunion de la commission départementale de coopération intercommunale (CDCl), nous avions un plein accord avec Catherine Vautrin et Arnaud Robinet. Et puis le jour _de la CDCI, le 12 octobre, Yves Détraigne (maire de Witry-lès-Reims), jusqu'à présent opposé à un Grand Reims, prend la parole en disant grosso modo: tout ça nous a beaucoup fait réfléchir, et le fait que vous proposiez Reims - Châlons rend quelque part possible le Grand Reims. On a bien senti ce jour-là qu'il y avait des interrogations.

Trois jours après, j'ai revu Catherine Vautrin et Arnaud Robinet pour refaire le point et j'ai effectivement senti qu'il y avait une interrogation lourde de leur part. Puis on a bien vu que les groupes de travail que nous avions décidés ensemble ne se mettaient pas en place. Catherine Vautrin m'a appelé il y a une semaine pour me dire qu'ils avaient fait le choix de faire avec le Grand Reims. Nous avons déjeuné samedi, pour acter, avec Arnaud Robinet et Bruno Bourg-Broc, cette évolution de la part des Rémois

•.- N'êtes-vous pas trop déçu de ce changement d'avis ?

Je n'ai pas à juger le choix de Catherine Vautrin et Arnaud Robinet. Il est respectable et je le respecterai. Je pense que c'est une erreur stratégique mais c'est leur choix. Je suis surtout déçu pour le territoire car je pense sincèrement que l'on fait une erreur stratégique. Si dans ce contexte global on ne pense pas à vingt ans mais à court terme, on fait une erreur majeure pour l'avenir du territoire. C'est compliqué, parce qu'il faut dire non à des territoires qui veulent venir avec vous. Et je comprends bien que du point de vue des Rémois, avoir des communes qui sont à dix kilomètres de Reims qui ne seraient pas dans l'interco alors que des communes qui sont à soixante y seraient, ça paraît absurde. Je comprends que la pression soit compliquée. Mais le rôle d'un politique, c'est aussi de savoir tenir cette pression pour ce qui me semble essentiel : penser à vingt ans, et non penser à six mois.

« Si je veux défendre Reims, ce n'est pas par philanthropie. C'est que si Reims tombe et perd ses fonctions métropolitaines, on chutera avec. »

•.- Comment expliquez-vous ce revirement ?

Je n'en sais rien. J'imagine qu'une perspective qu'ils avaient dû imaginer comme impossible, à savoir le Grand Reims, est devenue possible. Et j'imagine que la pression, que je peux très bien comprendre, des communes qui entourent Reims a dû être forte et que Catherine et Arnaud ont fait œ « choix » du bassin de vie immédiat plutôt que d'une vision à long terme.

•.- Pourquoi ne pas faire cette grande agglo Reims - Châlons est, selon vous, une erreur stratégique ?

Les raisons qui nous-ont poussés à faire ce choix-là à l'époque, sont toujours là. Elles n'ont pas changé. Il n'y a rien de nouveau depuis trois semaines. Ces raisons, c'est quoi ?

70 %de la richesse française concentrée dans douze agglomérations. On est dedans ou on n'y est pas. De plus, nous sommes dans un territoire démographique qui est en déclin depuis quarante ans, ce qui est valable aussi bien pour Reims que pour Châlons. Vous ajoutez à ça un nouveau paysage institutionnel avec cette région Grand-Est qui sera totalement tournée vers l'est. Tous ces facteurs sont porteurs de risques immenses pour nos territoires. Nous, nous sommes les plus petits, les moins denses, en déclin économique et démographique. Si nous n'équilibrons pas cette région, coincée que nous sommes entre l'IIe-de-France et l'est en question, on va se faire aspirer par les deux bouts. Il faut stopper ce déclin-là en créant un pôle urbain lourd, deuxième de cette nouvelle région.

•.- Mais est-ce que Reims a vraiment besoin de Châlons pour se développer ?

C'est vrai, c'est une question que peuvent se poser les Rémois : « C'est une petite ville, qu'est-ce qu'ils nous apportent ? ». JI y a une autre question qu'il faut se poser: « Qui risque le plus face à Nancy et Strasbourg: Châlons ou Reims ? ». C'est probablement Reims. Pourquoi ? Parce que nos fonctions régionales, nous à la limite, on les a déjà paumées. Mais dans cette concurrence entre grandes métropoles, quels sont les éléments les plus en concurrence ? L'université, c'est Reims. Le CHU, c'est Reims. La cour d'appel, c'est Reims. Le risque, il est donc principalement à Reims parce que nous, quelque part, ce qu'on s'est fait piquer, c'est déjà fait. Si je veux défendre Reims, ce n'est pas par philanthropie. C'est parce que je suis député de Reims, ne l'oublions pas. Et deuxième élément, et surtout, si Reims tombe et perd ses fonctions métropolitaines, on chutera avec et tout le territoire avec. Or dans la future grande région, c'est Reims qui risque le plus, c'est pas Châlons.

Le pôle métropolitain « moins fort »

L'idée alternative d'un pôle métropolitain entre Reims Châlons et Épernay ne fait pas rêver Benoist Apparu.

« La communauté urbaine présentait l'avantage de faire très vite et de ne pas perdre de temps. On peut essayer de s'unir par le bas, c'est-à-dire comme nous l'avons déjà fait avec nos agences d'urbanisme par exemple. On a mis à peu près deux ans pour le faire ... Donc on peut effectivement faire tout ça en dix ans ou vingt ans mais je ne suis pas sûr que ce soit exactement le temps que nous avons devant nous. De plus, il ne m'avait pas semblé, mais je me trompe peut-être, que la tendance actuelle état de créer des échelons supplémentaires ... Oui, ces schémas sont possibles mais ils sont moins forts, moins puissants, moins intégrés. Or face à la compétition à laquelle nous allons devoir faire face, l'enjeu, c'est maintenant, pas dans quinze ans. »

•.- Une lettre envoyée à tous les élus.

Le député-maire (LR) . de Châlons a décidé d'adresser hier une lettre à tous les maires. conseillers municipaux et départementaux de la Marne pour leur expliquer son point de vue sur la décision rémoise. Il y détaille aussi le processus qui avait conduit à envisager l'union Reims - Châlons.

•.- Le CHIFFRE : 293.000

habitants dans le futur Grand Reims. « Mais il ne faut pas confondre la taille et la puissance », dit Apparu

•.- La PHRASE

« Je voterai l'amendement présenté par Reims pour modifier la carte parce qu'un mariage forcé serait d'une rare bêtise, tout en sachant que c'est une erreur stratégique de le faire. »

Benoist Appanu, député-maire (LR) de ChâIons-en-Champagne.

Propos recueillis par Grégoire Amir-Tahmasseb, Nancy Gouin, Gauthier Hénon

Extrait de l'union du 24/11/2015

  

    

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Le Grand Reims sur les rails

Une réunion d'élus avait lieu hier pour confirmer la volonté de la grande ville et de ses voisines rurales de former une unique entité à l'échelle du bassin de vie


Le projet de Grand Reims tient désormais la corde auprès des maires ruraux voisins de l'agglomération rémoise.

L’ESSENTIEL

•.-  Le préfet a présenté en octobre un redécoupage territorial donnant naissance notamment à une communauté urbaine regroupant Reims et Châlons.

 •.-  Ce projet semble avoir provoqué un choc parmi certains élus : des communes rurales voisines de Reims : réticents il y a quelques mois à l'idée d'intégrer Reims Métropole, ils ont revu leur position.

•.-  Une réunion de quelque 126 maires voisins de Reims tenue hier a permis de confirmer ce nouvel état d'esprit en faveur du Grand Reims

« C'est vraiment un train historique qui est en train de passer. Si on le rate, il faudra attendre encore 20 ou 30 ans avant de retrouver cette occasion. »  Ce commentaire est celui du maire de Fismes Jean-Pierre Pinon. Il était hier matin à Reims: une grande réunion d'élus se tenait dans les murs de l'hôtel de ville pour y parler redécoupage territorial. Les 126 communes du bassin rémois étaient conviées par le maire Arnaud Robinet et la présidente de l'agglomération Catherine Vautrin afin de confirmer leur envie de former une nouvelle entité autour de la cité des sacres. un Grand Reims, et du même coup de laisser définitivement sur la touche le projet préfectoral présenté en octobre de communauté urbaine associant Reims et Châlons. « Ces dernières semaines nous ont en effet permis d'être les témoins de l'émergence historique de cette volonté,» déclarent les chefs de file rémois dans un communiqué.

« Il n'y a pas eu de vote, ajoute M. Pinon, mais j'ai constaté un véritable élan majoritaire pour ce projet de Grand Reims. » Projet qui ne l'a pas surpris, « puisque cela faisait déjà six mois que nous étudiions l'éventualité de nous rapprocher de Reims. Notre conseil municipal avait même déjà pris une position de principe dans ce sens il y a environ un mois. »

La surprise aura sans doute été plus forte pour, d'autres maires comme Pascal Lorin, d'Aubérive, qui avait eu l'impression, « au sortir de l'été, que Reims nous tournait le dos pour aller vers Châlons. »  Cette impression aura été dissipée lors de la réunion d'hier : « Aujourd'hui les fondations sont posées, commente-t-il, il n’y a plus qu'à travailler ! »

« Le témoignage du maire de Prunay Frédéric Lepan a été très encourageant, estime pour sa part Alphonse Schwein, maire de Vaudesincourt : il a bien expliqué que, quand il a un souci, il fait appel aux services techniques de Reims Métropole (dont Prunay fait désormais partie, NDLR), services et ingénierie que nous, petites communes rurales, nous ne pourrions pas nous payer. »  C'est un peu à ça qu'il doit savoir, ce nouveau train de l'intercommunalité.

Vers un pôle métropolitain avec Châlons

Et que deviennent les voisins châlonnais dans cette histoire ? Ce vendredi, Mme Vautrin, présidente de l'agglo rémoise, et M. Robinet, maire, se sont déplacés pour leur confirmer que le mariage imaginé par le préfet entre leurs villes respectives n'était plus à l'ordre du jour. Pour autant il n'est pas question pour les Rémois de bouder la ville-préfecture. Le sénateur-maire de Witry-les-Reims Yves Détraigne envisage déjà pour resserrer malgré tous les liens entre les deux villes la formule du « pôle métropolitain ». Qui permet une coopération étroite sans toutefois entraîner la fusion : c'est ce qui fonctionne déjà entre Nancy et Metz par exemple. Cette idée est reprise à son compte par Bruno Bourg-Broc, le président de la communauté d'agglomération châlonnaise. Pour ce qui concerne la réorganisation de cette agglomération elle-même, une autre idée est lancée, notamment par le conseiller municipal socialiste Rudy Namur; un rapprochement avec Épernay et Aÿ.

COMMENTAIRE
Le préfet a peut-être atteint son véritable but

Quand la présidente de Reims Métropole Catherine Vautrin évoque le projet préfectoral de redécoupage, elle parle « d'électrochoc ». L’idée de fusionner Reims et Châlons en une seule entité s'étirant sur toute la largeur du département ou presque avait effectivement de quoi surprendre le représentant de l'État ne l'aurait-il sortie de ses tiroirs que pour qu'elle soit refusée, au profit d'un Grand Reims, plus cohérent territorialement, mais qui peinait à s'imposer ?

Antoine PARDESSUS

Extrait de l'union du 21/11/2015

  

    

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Le préfet pousse le curseur des fusions d'intercos

 La Marne comptera onze intercommunalités en 2017 (contre 29 actuellement), dont une liant Châlons à Reims, si les élus suivent les propositions, dévoilées hier, par le préfet

Les 48 membres de la CDCI, commission départementale de coopération intercommunale, ont découvert, hier, la nouvelle carte des intercommunalités telles que pensée par Jean-François Savy, le préfet de la Marne, en application de la loi NOTRe de juillet 2015. Le couperet est tombé. De dix-neuf intercommunalités, la Marne pourrait ne plus en compter que onze dans la carte qui sera adoptée définitivement avant fin mars prochain. Si la CDCI suit les propositions du préfet... En attendant d'éventuels changements de mariages (lire par ailleurs), voici son découpage.

1 - CHALONS avec REIMS

Cela se murmurait, le préfet l'a annoncé en public pour la première fois: il propose une communauté urbaine regroupant les communautés d'agglomération actuelles de Châlons-en-Champagne et de Reims (interco N° 6 sur notre carte) via celle de Rilly-la-Montagne.  « C'est l'épine dorsale. Après, je me suis posé la question, si on ne la faisait pas... » Selon ses calculs,  « en termes d'habitants, Châlons resterait alors 14 ou 15éme agglo de la nouvelle région et Reims, 4 ou 5 éme. Là, cet ensemble, avec 300.000 habitants, sera la 2° agglomération de la nouvelle région derrière Strasbourg. »  De même, le préfet Savy a repoussé l'option du mariage entre Reims et Épernay, « ChâIons serait seul et ce serait lui infliger une troisième peine » , après le départ des militaires et la perte du statut de préfecture de Région. « Ne pas faire la communauté urbaine de ChâIons et Reims serait une prise de risque énorme dans la nouvelle région », a-t-il poursuivi, enfonçant le clou. Premier concerné, Benoist Apparu, le maire (LR) de Châlons. Il a rappelé que  « Châlons n'est pas mort, nous ne sommes pas le canard boiteux du département », mais n'a pas commenté ce rapprochement, lui qui milite pour. A l'inverse, Bruno Bourg-Broc, le président (LR) de l'agglomération de Châlons, a fait part de ses inquiétudes: « C'est déséquilibré avec Reims, les habitants craignent une fusion-absorption pour Châlons. »  En fait, le principal opposant à cette communauté urbaine, qui coupera le département en deux du nord au sud, est Yves Dêtraigne, maire (UDI) de Witry-lès-Reims et président de l'association des maires de la Marne. « Cela ne respecte pas les bassins de vie. Il faut un Grand Reims dont la porte est pour le moment fermée par le rapprochement avec Chalons. Car, n'ayons pas peur de le dire, un seul leader est possible dans la Marne : Reims. »

 2 – LE NORD REMOIS AVEC OU SANS REIMS ?

Catherine Vautrin; présidente (LR)de Reims Métropole et Arnaud Robinet maire (LR) de Reims, favorables au rapprochement avec Châlons, veulent tout. « Des intercos ont manifesté leur volonté de venir avec Reims, il faut aider (hâlons, mais aussi modifier la copie autour de Reims », a lancé au préfet la députée.  « II faut écouter ceux qui veulent venir avec nous », a ajouté Arnaud Robinet.

« J'ai reçu différentes versions et pas toujours pour se rapprocher ensemble », avait prévenu le préfet avant de livrer son choix sur ces groupements autour de Reims : le rapprochement des intercos de Fismes avec celles de Gueux et de Ville-en-Tardenois à l'ouest (entité N° 8 sur la carte), et la création d'une interco regroupant celles de Cauroy, Bazanourt, Witry-lès-Reims et Bétheniville (entité N° 7) au nord et à l'est. Et puis « je n'ai pas fait le choix d'une entité de 400.000 habitants » sur les 570.000 du département. Pour faire grossir la communauté urbaine autour de Reims tout en maintenant le rapprochement avec Châlons, d'âpres négociations sont à prévoir dans les semaines à yenir ...

3 - EPERNAY AVEC AY ET VERTUS

Évoquée au printemps; une entité Châlons-Épernay-Reims paraît avoir vécu. Le préfet a donc lancé un rapprochement des com-com d'Ëpernay, d'Ay et de Vertus (N° 10 sur la carte). « Vertus est venu me voir pour me proposer cela, je ne leur avais rien demandé. » Franck Leroy, maire (UDI) d'Épernay, ne s'est pas vraiment prononcé. Quant à son homologue (PS) d'Ay, Dominique Lévêque, il a regretté que « l'arrivée de Vertus vienne bouleverser les choses, engendrant un regroupement de plus de 60 communes, soit une assemblée de 120 personnes ... »

4 – OUVERT AUTOUR DEVITRY-LE-FRANÇOIS

Alors que les regards se tournent souvent vers le trio Châlons, Épernay et Reims, le préfet a rappelé que « Vitry doit s'agrandir »

 Pour le moment, ce sont les intercos qui l'entourent de Saint-Germain-la-Ville, Vanault-les-Dames et Sermaize-les-Bains qui se rapprochent (entité N° 2 de la carte) sans Vitry. Mais tout est ouvert dans ce secteur. D'ailleurs, la com-corn de Saint-Rémy-en-Bouzemont qui figure toujours sur la carte (No4) va disparaître : « Ses communes ne veulent pas toutes allerdans la même direction. Moi, je rapproche des com-com, la CDCI fera le découpage », a prévenu le préfet. Voilà qui permettrait à Vitry-le-François de rapprocher son interco de celle de Saint-Dizier, dont font déjà partie huit communes marnaises proches du lac du Der.

5 - LE SUD-OUEST MARNAIS EN DEUX

 Faire une ou deux entités dans le sud-ouest marnais? Le préfet s'est interrogé. « Une seule, c'était créer une entité de plus de cent communes rurales avec des écarts de fiscalité que certains n'acceptaient pas.  Il propose donc deux intercos : une regroupant celles d'Anglure et de Fère-Champenoise (No 11) et une autre avec Sêzanne, Esternay et Montmirail (N° 11). « Une étape pour n'en faire qu'une, un jour ... », selon lui.

6 - DES INTERCOS MOINS DISCUTÈES

Les échanges furent moins nourris pour trois intercommunalités. Celle de l'Argonne et ses soixante communes autour de Sainte-Mènehould (entité N°1), « n'a aucune raison de bouger », selon Jean-François Savy. C'est la seule de la Marne dans ce cas. Pour celle constituée des intercos de Dormans, Orbais-L'Abbaye et Vauciennes (entité N°9), « elles voulaient se rapprocher, je les ai écoutées ». Enfin, la fusion des com-com de Suippes et de Mourmelon (entité N° 5) est « le mariage qu'il fallait », a conclu le préfet.

3 Question à J.F SAVY

« Des idées apparaissent  »

J.F SAVY, préfet de la Marne, mène, avant de partir à la retraite, son dernier grand dossier avec une certaine liberté de ton. Il se félicite de noter que les positions évoluent chez certains élus.

•.- Passer de 29 à 11 intercos laisse l’impression que rien n'a été fait en 2011, non ?

« En 2011, les élus n'étaient pas conscients des moyens moindres des collectivités et de l'État. En 2015, ils savent qu'il faut maîtriser encore plus les dépenses publiques et que cette rationalisation passe par des rapprochements. De plus, avec la nouvelle région au 1er  janvier 2016, Ies élus ont pris conscience que pour peser dans le nouvel ensemble, les entités doivent grandir. D'ailleurs, ne pas créer la communauté urbaine de Châlons/Reims serait une prise de risque énorme vis-à-vis de la réorganisation régionale.»

•.- Cette prise de conscience est apparue publiquement n'y a pas longtemps chez les élus concernés...

« Il est vrai que je découvre des nouvelles positions d'élus autour de Reims notamment. Ce qui n'était pas jouable voilà des mois, des gens le demandent désormais ... Plus les décisions de la CDCI se rapprochent, plus des idées et des discussions apparaissent. Tant mieux ! Après, ce sera à la CDCI de dire jusqu'où elle veut aller. »

•.- Justement , vous avez la possibilité de vous opposer à des amendements qu'elle peut soumettre. Que ferrez-vous ?

« Si ces amendements vont dans le bon sens, je ne m'y opposerai pas. Mon rôle, de par la loi, est de réaliser une carte, après c'est aux entités de se rapprocher. De même, je n'ai pas découpé les actuelles intercommunalités en sortant des communes de celles-ci. Je laisse le soin à la CDCI de décider et de statuer sur les demandes des élus. »

Quelle fiscalité  quelles dotations de l’État

Au sujet de la fiscalité commune que devront adopter les nouvelles Intercos, le préfet s'est voulu rassurant. « Le lisage entre les différents taux appliqués actuellement pourra se faire sur une période s’étalant sur 13 ans » histoire d'amortir l'ajustement pour les contribuables.

Concernant les dotations versées par l'État aux communes et intercos, l'avenir est plus flou. Comme l'a fait remarquer le député (UDI) Charles de Courson, « le dispositif de calcul de la DGF, sera modifié dans la loi de finances 2016 ». Dès lors, le préfet ne veut s'engager « sur des simulations alors que le projet de loi qui va être étudié peut être modifié par le Parlement.

La commission votera avant avril


Les 48 membres de la CDCI vont plancher en janvier et février.

Les communes et intercommunalités bénéficient désormais de deux mois pour prendre une délibération émettant un avis sur le sort qui leur est réservé. En janvier, la commission départementale de coopération intercommunale (EDCI) auditionnera intercos et communes qui souhaitent apporter des modifications par le biais d'amendements. Ils seront examinés en février par la CDCI. Ses 48 membres voteront et les amendements devront obtenir au moins deux tiers des voix des membres de la CDCI, soit 32 sur 48, pour être adoptés. Le préfet Savy a prévenu qu'il ne s'opposera pas à ceux « allant dans le bon sens » sauf qu'il sera alors à la retraite. C'est son, ou sa, successeur à la préfecture de la Marne qui signera l'arrêté définitif portant la carte avant le 31 mars 2016...

Les REPERRES

•.- Jusqu'à 59 intercos dans la Marne.

C'est une loi de 199 qui a créé  les intercommunalités que nous connaissons : avec des compétences et une fiscalité propre. Dans la Marne  leur nombre va atteindre 59 entités avant la réforme de 2011.

•.- La réforme de 2010, appliquée depuis 2014, fait baisser à 29 intercos

La réforme des collectivités territoriales adoptée en 2010 a obligé les communes à adhérer à une interco et tenter de réduire leur nombre. Il aborde  leur assurant une continuité territoriale puis en leur imposant un seuil minimum d'habitants (5.000, sauf exception). Adoptée fin 2011 dans la Marne, elle est appliquée depuis le 1er janvier 2014. Le nombre d'intercos est ainsi passé de 59 à 29 dans le département.

•.- LA 2° AGGLO DU GRAND-EST

 Selon le préfet, avec 300.000 habitants, la communauté Châlons/Reims sera la deuxième agglomération de la nouvelle région.

•.- Un calendrier très serré

Ces nouvelles intercommunalités seront effectives au 1er janvier 2017. Pour ce faire, la carte définitive doit être adoptée pour le 31 mars 2016, le préfet devant avoir pris un arrété définitif à cette date.

•.- LA PHRASE

« Je ne suis pas là pour être aimé, je m’en fous. Je suis fonctionnaire, je sers l'État »

Jean-François Savy, préfet de la Marne, hier

Frédéric GOUIS

 Extrait de l'union du 24/11/2015

  

    

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La fusion pose questions

Éric Quénard, chef de file de l'opposition, plaide pour un pôle urbain élargi au nord de Reims. Alain Toullec, dont la communauté va faire le lien », se dit serein.


Le 3 octobre, les  élus rémois ont participé à la réunion en préfecture.

 « On va se rapprocher de Sommesous, à 76 km de Reims. Et laisser de côté Bazancourt, Courcy et Thillois ! ?» La question teintée de réprobation émane d'Éric Quénard, chef de file l'opposition municipale (PS), au moment où le préfet doit présenter la carte de la nouvelle coopération intercommunale. Si l'élu socialiste « souscrit» au principe même d'une communauté entre Reims et ChâIons, susceptible de « créer un pôle urbain d'équilibre dans la grande région », il s'interroge sur le périmètre de ce rapprochement. « Reims a de nombreux intérêts en commun avec Bazancourt, au regard de l'agro-industrie, avec Thillois en termes commerciaux et avec Courcy et Brimont, où est implantée l'ex Base aérienne 112 ».

Quelles incidences financières ?

Éric Quénard espère vivement que le préfet optera pour un périmètre « ambitieux », « tenant compte de l'intérêt général qui n'est pas la somme des intérêts particuliers », Le conseiller municipal rémois estime que « le territoire mérite mieux qu'un accord politique entre Reims et Châlons » et regrette que « Catherine Vautrin et Benoist Apparu n'aient pas ouvert le débat à l'ensemble des citoyens ». « Tout semble avoir été mis au point entre eux deux, alors que des intercommunalités ont besoin d'être rassurées, si on veut qu'elles adhèrent. » Pour lui, il est temps de nouer un « nouveau pacte » avec les communes rurales, dont il rappelle la méfiance à l'égard des « ogres » urbains : « Historiquement, les intercommunalités se sont construites en opposition à Reims ». Et de mettre en garde contre un échec: « Il ne faut pas rater ce rendez-vous de travailler ensemble et de penser autrement notre développement. II n'aura pas d'autre occasion d'ici 15 ou 20 ans !»

 Éric Quénard dénonce une certaine « opacité », notamment sur les incidences financières. « Il est difficile de décider en toute connaissance de cause quand on n'a pas tous les éléments, pointe encore M.Quénard. Il existe un différentiel sur certaines questions fiscales, que ce soit pour l'enlèvement des ordures ménagères ou la taxe sur le fonder non-bâti ». La fusion supposera harmonisation. Avec quelles conséquences pour les intercommunalités qui avaient fait des choix plus avantageux pour les contribuables ? « Je voudrais éviter au citoyen de se réveiller avec la gueule de bois », résume l'élu, qui verrait même d'un bon œil une phase transitoire avant la communauté urbaine. Quant au calendrier, très serré, M.Quênard alerte sur cette échéance du 12 octobre :  « La carte qui va être présentée n'évoluera plus qu'à la marge. La commission générale n'arrivera que le 12 décembre... quand tout sera figé ».

Les ruraux n’ont pas peur

La communauté de communes Vesle et Coteaux Montagne de Reims, qui a son siège à Rilly-Ia-Montagne, joue un rôle clef dans ce dispositif : c'est elle en effet qui assure l'indispensable continuité territoriale entre les deux communautés d'agglomération de Reims au nord et Châlons au sud. Son adhésion au projet est donc essentielle. Et ça tombe bien, son président Alain Toullec n'est pas du tout hostile à cette possible réunion de son territoire rural avec ses deux grands voisins urbains : « Quand j'ai pris connaissance de ce projet de rapprochement entre Reims et Châlons, je me suis dit : pourquoi pas ?  j'en ai discuté ensuite avec les 16 autres maires de notre communauté, et tous se sont déclarés favorables à la construction de ce projet. Bien sûr, certains vont se poser la question : le rural peut-il continuer à exister dans ce contexte de communauté urbaine ? Eh bien que je sache, il y a déjà des cohabitations de ce genre en France, à Lille, à Rennes par exemple, et ça marche ! Je ne vois pas pourquoi ça ne marcherait pas avec nous ! » Et la configuration très étirée de la possible future interco ? « C’est vrai que cela dessine un bassin de vie étiré, mais il est déjà desservi par des voies de communication rapides quand vous êtes à Sommesous, vous êtes à 45 à 50 minutes de Reims. Pour aller à Vatry de Reims, c'est 50 minutes par autoroute. Et puis ce genre de territoires de grande longueur, cela existe déjà ailleurs en France, le sillon lorrain par exemple. »

Alain Toullec sera aujourd'hui à Châlons, à la réunion de présentation de la carte du préfet. Chaque commune disposera ensuite de deux mois à partir du moment où elle reçoit la notification du préfet pour se prononcer.

Anne DESPAGNE et Antoine PARDESSUS

Extrait de l'union du 11/10/2015

  

    

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