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Les routes du Grand Reims auscultées à la loupe
Plongée dans les égouts

La Grand Reims consacrera trente millions à la voirie

La voirie passe au Grand Reims

   Y a de la vie sous les pavés

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

VOIRIE

Les routes du Grand Reims auscultées à la loupe 

La communauté urbaine a fait appel aux services d’une voiture bardée de technologies afin de connaître précisément l’état des 1 500 kilomètres de voiries dont elle a la charge


Pour définir les proshains chantiers ‘2019 et 2020) le Gd Reims a commandé un état des lieux précis de ses routes. « 
Afin d’utiliser les 12 M€ a bon escient » détaille Alain Lescouet. DR et AR

   Une petite citadine, verte pomme, qui a tout d’une grande. Et, comme dans la célèbre pub des années 2000, là où elle circule, son passage ne passe pas inaperçu. « Dans les mairies, les appels ont été nombreux, explique Alain Lescouet, vice-président du Grand Reims chargé de la voirie. Les habitants voulaient savoir de quoi il s’agissait précisément. On a constaté le même phénomène que lorsque la voiture Google sillonne notre région. »

Il faut dire que le véhicule de la société Vectra est, lui aussi, bourré de technologies. Du matériel de pointe d’auscultation des voiries, installé sur le toit, les pare-chocs et même sous la voiture.

Objectif : gérer au mieux le réseau routier et l’optimiser. Depuis le 1 erjanvier 2017 et la création de la communauté urbaine, 142 des 143communes du Grand Reims y ont transféré leur compétence voirie (hors Reims donc). « Nous avons à l’année une enveloppe de 12 M € à consacrer à la réfection de voirie », rappelle Alain Lescouet. « Pour la première année, nous avons réalisé 11 982 000€ soit la quasi-intégralité de l’enveloppe. » Il s’agissait essentiellement « de programmes de voirie engagés par les communes et en cours de réalisation au 1 er janvier 2017, ainsi que des travaux notifiés par les communes avant la date de basculement ».

Et, en ce milieu d’année 2018, 6 M€ de travaux ont déjà été réalisés. « Dans chaque pôle territorial (correspondant aux anciens découpages de communautés de communes avant fusion), une liste de priorités a été établie. Nous allons pouvoir réaliser toutes les priorités une , d’ici la fin de l’année. »

Pour définir les prochains chantiers (2019 et 2020 notamment), le Grand Reims a commandé un état des lieux précis de ses routes, « afin d’utiliser les 12M€ à bon escient » : « D’avril à juin, les 1500 km de voiries communautaires ont donc été minutieusement auscultées par ce système embarqué très pointu », poursuit Alain Lescouet.

Fissures, nids-de-poule, bosses… La moindre imperfection détectée sur la chaussée a été soigneusement enregistrée. La voiture intelligente a examiné aussi l’état des trottoirs, de tous les bas-côtés, a recensé et géolocalisé la signalétique existante (s’attardant sur l’état des panneaux), a contrôlé la rétroluminescence des marquages au sol. « Autant d’éléments qui devraient nous permettre d’anticiper les travaux, d’intervenir rapidement avant une dégradation trop importante de la chaussée, limitant ainsi les coûts d’entretien » , poursuit Alain Lescouet.

SUR L’ÉCHANTILLON TEST, PAS DE MAUVAISE SURPRISE

Une première restitution des données, s’est déroulée, le 18 juillet, sur un échantillon test de 150 kilomètres. « Ce qui correspondait donc à la zone géographique de Cormontreuil, Montbré, Tinqueux, Trois-Puits et Bezannes », énumère Alain Lescouet. « Au final, pas de mauvaise surprise. Sur cet échantillon, on avait une vision assez juste de la réalité. Sur les 150 km de voirie, les trois quarts du réseau routier sont en bon état, nous avons quelques chaussées très dégradées, elles étaient déjà connues comme telles. On a aussi des chaussées moyennement dégradées : il nous faut être très vigilant, s’assurer qu’elles ne se dégradent pas davantage rapidement avant que nous puissions intervenir sinon le coût du chantier pourrait rapidement triplé, voire quadruplé. »

Pour se doter des services très techniques de cette petite voiture verte, le Grand Reims a déboursé 120 000€.

Le diagnostic définitif des 1 500km du réseau routier sera rendu à la collectivité courant du mois de septembre. « Une restitution complète et détaillée sera ensuite faite aux élus d’ici la fin de l’année », poursuit Alain Lescouet. « Ce ne sera pas notre seul élément d’appréciation pour refaire ou non une route car d’autres critères doivent entrer en ligne de compte : des raisons touristiques, le fait de desservir une grande entreprise… »

L’été propice aux chantiers de voiries  

Voici les principaux chantiers en cours ou à venir, entrepris par la communauté urbaine :

A Bazancourt : de juillet à septembre, restructuration de la rue de l’égalité et du lotissement Jean-Moulin. Coût : 250 000 €.

A Rilly-la-Montagne : Refonte de la rue de la gare. Le chantier est démarré et doit s’achever en septembre. Coût : 150 000 €.

A Pouillon : la rue des Gravettes sera en chantier (reconfiguration) à partir du mois de septembre. Coût : 300 000 €.

A Fismes : Le chantier en cours concerne notamment la rue du bassin. Il s’agit de travaux d’enfouissements des réseaux (eau et assainissement). Coût : 75 000€.

A Jonchery-sur-Vesle : chantier en cours pour la rue des Fortes-Terres, avec une reprise de la structure de la chaussée. Coût : 570 000 €.

A Bezannes : plusieurs rues sont refaites actuellement dont la rue Victor-Lambert, la rue de Sacy et la rue des Létis. Coût : 800 000 €.

A Tinqueux : le cours Jacques-Beckart est aussi en chantier. Coût : 130 000€.

A Bétheny : le dernier volet du chantier en cours à démarré : les allées des Pâquerettes et Primevères devraient être refaites d’ici fin août. Coût : 200 000€.

120 000 €

Pour se doter des services très technique de cette petite voiture verte, le Grand Reims a ainsi déboursé 120 000€. Le rendu de l’inspection est attendu pour septembre.

Aurélie BEAUSSART

120 000 €

Pour se doter des services très technique de cette petite voiture verte, le Grand Reims a ainsi déboursé 120 000€. Le rendu de l’inspection est attendu pour septembre.

Aurélie BEAUSSART

Extraits de l' union du 31/07/2018

La Grand Reims consacrera trente millions à la voirie

La communauté urbaine du Grand Reims va désormais s’occuper des routes, ce qui inquiète parfois dans les communes.


Tous les engagements pris par les communes seront tenus assure Catherine Vautrin.
Remi Wafflart

C'est l'un des sujets sur lequel la nouvelle communauté urbaine Grand Reims est attendue. La voirie fait partie des compétences qui appartenaient aux communes et qui sont transférées au Grand Reims. Cela suscite des inquiétudes chez les maires qui présentent leurs vœux actuellement. Comment seront traitées les différentes priorités ? s'interroge-t-on. À qui pourra-ton s'adresser si on déplore un nid de poule sur la chaussée ? Catherine Vautrin, fraîchement élue présidente du Grand Reims, se veut rassurante. ce Que ce soit pour la voirie ou les autres domaines, les engagements qui ont été pris par les communautés de communes ou les communes seront tenus », insiste-t-elle. Rapidement, un plan pluriannuel d'investissement sera soumis à l'assemblée. « Nous établirons un calendrier jusqu'en 2020. L'objectif est que les travaux puissent se faire dans les délais qui étaient prévus », ajoute-t-elle.

Quid néanmoins des travaux qui ne sont pas encore envisagés ? Comment se fera la décision ? « Les choix seront arrêtés en conférences de territoire qui auront lieu dans chaque ancienne communauté de communes, sous la responsabilité d'un conseiller communautaire.» De même, des pôles de proximité existeront un peu partout : pour la communauté de Beine-Bourgogne par exemple, son siège sera à Witry-lès-Reims. « Les adjoints à la voirie des communes seront associés notamment », avant que le tout remonte au niveau du vice-président en charge de la voirie. « Je rencontre en ce moment chaque vice-président et on devrait connaître les délégations des uns et des autres assez rapidement. »

Une certitude pour l'instant, le budget qui sera alloué à la voirie chaque année au niveau du Grand Reims sera de l'ordre de 30 millions.

Yann LE BLEVEC

Extraits de l' union du 12/01/2017

La voirie passe au Grand Reims

Parmi les compétences attribuées à la nouvelle communauté, on trouve notamment voirie et stationnement, qui dépendent aujourd’hui de la commune.


Travaux de voirie rue des Augustins. Aujourd’hui de la compétence du maire, demain, du président de l’intercommunalité. Photographe: Christian Lantenois

L'ESSENTIEL

•.- Le Grand Reims, communauté urbaine de 144 communes, prendra naissance au début l'année prochaine et succédera à Reims Métropole.

•.- Cette entité reprend à son compte les compétences déjà exercées par Reims Métropole, comme les transports et les ordures, et ajoute des compétences supplémentaires transférées par la commune, comme la voirie.

•.- De nombreuses compétences resteront toutefois entre les mains du maire de Reims, comme les écoles et l'aide sociale.

1 - La voirie change d’étage

Aujourd’hui, si vous avez à vous plaindre de nids de poule en ville ou de trous dans le trottoir, vous adressez la doléance au maire.

À partir de l’année prochaine, l’interlocuteur changera : ce sera le président (ou la présidente) de la nouvelle communauté urbaine, dite Grand Reims.

Un des effets de cette réorganisation territoriale en effet, c'est un transfert de plusieurs compétences aujourd'hui exercées. par la commune, et qui monteront à l'étage supérieur, celui de l'inter communauté.

La voirie en fait donc partie, mais également urbanisme, stationnement, habitat, nouveaux cimetières.

2 - OBLIGATOIRES ET FACULTATIVES

La loi Notre (nouvelle organisation territoriale de la République) de 2015 distingue deux sortes de compétences pour une communauté urbaine : les obligatoires et les facultatives. Parmi les premières on trouve principalement : les transports, l'eau et l'assainissement, le ramassage et traitement des ordures, le développement économique, le tourisme, la voirie déjà citée, ainsi que le secours-incendie.

Parmi les conséquences concrètes de ce changement, on peut citer par exemple que l'office de tourisme de Fismes devient communautaire, de même que le phare de Verzenay. Autre conséquence, le Grand Reims pèsera beaucoup plus lourd dans la gestion du parc naturel régional de la Montagne de Reims, disposant du plus grand nombre d'élus au conseil d'administration.

En matière de secours-incendie, les conséquences concernent les pompiers volontaires (les professionnels continuent à être gérés par le Sdis départemental) : il y aura constitution d'un corps communautaire de ces soldats du feu volontaires.

3 - RESPECTER L’EXISTANT

Le Grand Reims a également choisi, en plus de celles imposées par la loi, d'assumer des compétences facultatives, « qui sont un héritage de l'histoire, ceci afin de respecter l'existant » explique-t-on à la présidence de Reims Métropole. Un exemple : la com-com Ardre et Châtillonnais assume aujourd'hui la gestion du patrimoine religieux, eh bien cette compétence passera au Grand Reims, mais en restant limitée au seul territoire disposant de cette compétence (Ardre et Châtillonnais en l'espèce).

Les communes auront en outre deux ans pour choisir de reprendre à leur compte des compétences facultatives, ou au contraire d'en transférer de nouvelles à I'interco.

IL RESTE ENCORE DE QUOI FAIRE AU MAIRE

 Malgré les transferts de compétence, le maire de Reims aura encore de quoi s'occuper. Resteront de son ressort les écoles et la petite enfance, l'intergénérationnel (aide aux seniors), la culture et le sport, l'état civil, la police municipale et plus largement la sécurité (on pense aux caméras de vidéo protection), le patrimoine immobilier (on pense alors aux nombreuses églises), ainsi que l'aide sociale : le CCAS restera bien centre communal d'action sociale. Ceci est aussi valable pour les maires des autres communes dans une moindre mesure (tous n'ont pas de police par exemple), et sous réserve qu'ils n'aient pas déjà transféré certaines de ces compétences à leur intercommunalité.

LE MAIRE DE BOULT RENONCE À SA MENACE

On a pu penser un moment ces jours derniers, dans les coulisses, que le beau processus de mise en place de la nouvelle intercommunalîté allait capoter, ou en tout cas manquer son démarrage le maire de Boult-sur-Suippe, Laurent Combe, qui n'avait jamais caché son hostilité au projet de Grand Reims, s'était en effet imaginé exercer une forme de pression sur les instances pilotes pour les amener à réviser les modalités financières liées à la voirie notamment, s'estimant lésé par ce qui était prévu. Il nous avait contactés pour nous faire part de son idée de ne pas procéder dans les temps à la désignation du délégué de sa commune, ceci aurait empêché le conseil communautaire de siéger comme prévu le 9 janvier prochain. Un arrangement a été trouvé semble-t-il, puisque le maire de Boult nous a signalé lundi qu'il allait finalement désigner son délégué avant la date butoir du 31 décembre. Par conséquent, aucun obstacle ne se dresse plus sur la route du Grand Reims, en tout cas du côté de Boult.

Antoine Pardessus 

Extraits de l' union du 20/12/2016

    

    

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Plongée dans les égouts

Ils sont une trentaine d'agents à gérer les 980 kilomètres du réseau d'assainissement tracé sous nos pieds. Zoom sur un métier difficile et à l'importance parfois oubliée


André Theron en train de descendre surveiller la dégradation d'one canalisation située sous l'avenue Clemenceau.

A SAVOIR

•.- En France, la gestion de l'assainissement est du ressort des collectivités locales, qui s'en occupent majoritairement en régie. Certaines tâches peuvent néanmoins être sous-traitées à des entreprises privées.

•.- Qu'ils soient agents de la fonction publique territoriale ou salariés du privé, les égoutiers, selon l'Anses, passent « officiellement au moins la moitié » de leur temps dans les réseaux d'assainissement.

Dans les sols de la métropole rémoise, cinq mètres sous nos pieds, près d'un millier de kilomètres d'égouts se baladent Les plus anciens sont centenaires. Pour être précis, 431 kilomètres concernent les eaux de pluie, rêcolrées des toitures et trottoirs, et 549 les eaux usées, rejetées des sanitaires et éviers des habitations. Ces deux réseaux distincts, dits « séparatifs », sont gérés par les 28 agents de la régie assainissement. Le gros du travail consiste à l'entretien de ces canalisations, à raison d'environ cent kilomètres par an. Le principe de ces opérations de curage? Envoyer à l'aide d'un camion hydrocureur, armé d'un nettoyeur surpuissant, de l'eau à très haute pression afin de décoller les déchets colmatés et rétablir le bon écoulement des eaux usées et pluviales systématiquement contrarié par des déchets mal gérés - huile de friteuse, Iing ettes, etc - par des particuliers.

Une minorité de « Réseaux visitables »

Si la profession d'égoutier s'est automatisée, la machine ne peut pas tout dans les égouts. Responsable de l'entretien et de l'exploitation de ces réseaux, Hubert Castet explique : « Il existe aussi des « réseaux visitables » - 10 km pour les eaux usées, 80 pour les eaux pluviales dans lesquels les hommes peuvent circuler à pied, y agir directement et nettoyer manuellement. » Les réseaux  « non visitables », trop étroits pour qu'un agent s'y déplace, sont auscultés par des caméras guidées depuis un camion.

On n'entre pas dans les égouts comme dans un moulin. Impossible, pour l'occasion de ce reportage, d'y descendre. « Il y a un certificat d'études (le Catec, certificat d'études à travailler en espaces confinés, NDLR) obligatoire pour descendre. Aujourd'hui, celui qui n'a pas le certificat ne descend pas », justifie M. Castet. C’est une évidence : s'il y a bien une catégorie de travailleurs particulièrement exposés à un air vicié, ce sont bien les égoutiers (voir encadré). Des précautions sont prises pour limiter les risques sanitaires encourus : une zone d'intervention est systématiquement ventilée vingt minutes avant que les agents, munis d'un détecteur de gaz (dont l'hydrogène sulfuré, mortel à petite dose) et d'explosifs, ne s'y aventurent. Les eaux usées cheminent vers la station d'épuration avant, in fine, d'être rejetées dans la Vesle. Les eaux pluviales, elles, vont directement dans le canal. Ce qui signifie, cher lecteur, que le mégot, le sac d'excréments de votre chien que vous jetez dans le caniveau se retrouvera inévitablement dans la Vesle.

« Toutes les maladies, elle sont là … »

Ce jeudi, sur l'avenue Clémenceau, une équipe de trois égoutiers est au travail. Procédure habituelle : deux sont descendus, un est resté en surveillance à la surface. Tout juste remonté, André Cheviet, depuis 23 ans habitué à travailler dans les égouts, fulmine : « Au fond, c'est pouri donc on est obligés de se casser ! Les parois sont en triste état, on va devoir refaire l'enduit ... »  Avec 28 agents - et aucune femme - pour 980 kilomètres à surveiller, ce genre de mauvaise surprise est fréquent.

Aux côtés d'André Cheviet, Vincent Poulain, « comme le chocolat », et Arnaud Theron, « comme l'actrice ». Question de néophyte : c'est quoi, le pire, dans votre métier ? Les odeurs ! assure l'un : « Je n’y fais plus attention », dédramatise "Dédé". « On ne serait pas là, les gens vivraient les pieds dans la merde ! », sourit Vincent Poulain.

Une rue plus loin, Flavien Grosdidier, égoutier depuis quatre ans, manie le nettoyeur surpuissant d'une hydrocureuse. L'air vicié, chargé de bactéries, remonte dans une fumée dont on préfère se tenir à distance. « Toutes les maladies, elles sont là... », constate un collègue. « Quand le souci est sur l'espace public, c'est pour moi. Quand c'est un espace privé, c'est à un plombier de s'en charger (...) Ce que j'aime ? Le contact avec les riverains. Il y a des personnes âgées qui ont besoin de parIer ... Parfois, on peut aussi leur signaler que les travaux que leur conseillent de faire certaines entreprises ne sont pas nécessaires. Moi, je suis un service public. »

RISOUES SANITAIRES AVÉRÉS, ÉCHÉANCE DE RETRAITE RECULÉE

 Les égoutiers ont longtemps bénéficié d'un régime de retraite spécifique au titre de l'insalubrité. Auparavant, il suffisait de dix ans d'activité en réseau souterrain dont cinq années consécutives pour partir en retraite à 50 ans. Avec la réforme Fillon des retraites de 2010, les égoutiers ont vu leur échéance reculer à 52 ans, s'ils ont cotisé 41 annuités et demie. 2010 fut également l'année où fut publié un rapport alarmant de l'Inserm : les égoutiers ont dix-sept ans d'espérance de vie en moins que la moyenne. Ils meurent prématurément du fait de leur 3ctivitéprofessionnelle. Au contact des excréments, des rats et d'un tas de déchets, ils souffrent de douleurs intestinales, de fatigues chroniques et souvent de cancers. Lors d'une campagne menée entre octobre 2014 et juin 2015 sur les agents de la Ville de Paris, l'agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimenlation, de l'environnement et du travail(Anses) avait à son tour estimé que les égoutiers parisiens étaient exposés à un cocktail d'agents chimiques et à des risques sanitaires que ceux-ci induisent.

Mathieu LIVOREIL

Extraits de l' union du 17/09/2017

 Y a de la vie sous les pavés

Sous nos pieds courent 840 km de réseau et une trentaine d'employés de Reims métropole. Ils nous ont embarqués dans une de leur tournée

 Des pistolets qui semblent dater des brigades du tigre de ce bon vieux Clemenceau, un couteau de boucher, l'attirail du parfait consommateur d'héroïne avec seringue, petite cuillère et tout et tout, un serpent, des scanners pour écouter la police, un boulet, des montres dont une à gousset, un poing américain, des téléphones portables, des pièces de monnaie, des godemichés… mais aussi quelques obus et grenades.

Objets en tous genres

Les égouts de la ville donnent une vision assez fine des préoccupations de nos contemporains mais aussi de ceux qui les ont précédés. Arme à feu jetée à la va-vite à la vue d'une patrouille des forces de l'ordre ou arme d'un crime jamais élucidé ? L'égoutier qui tombe nez à nez avec un tel pétard peut tout imaginer.

Les égouts de Reims totalisent 840 km de réseau dont 480 pour les eaux usées et 360 pour les eaux pluviales avec des centaines d'avaloirs (un tous les cinquante mètres), qui sont autant d'entrées pour les eaux de pluie et les objets en tous genres. Nous avons fait la visite avec Thierry, Christophe et Sébastien, trois égoutiers, pas nés de la dernière pluie, puisqu'ils cumulent entre 10 et 17 ans d'égouts. On peut faire le tour de la ville en passant par son côté obscur, entrer rue du Jard et ressortir au stade Delaune sans avoir vu la lumière ni croiser le moindre rat. Très peureux, l'animal a tendance à détaler avant l'arrivée de l'homme.

C'est, harnachés et casqués comme des spéléos, avec combinaison du type les experts Miami que nous sommes descendus avec eux avenue Brebant et rue de Vesle. « Avant toute descente d'un égoutier, on vérifie la présence de gaz, histoire d'éviter d'être intoxiqué par de l'hydrogène sulfuré ou de faire péter une poche de méthane », prévient Sébastien. Pas si facile de s'engouffrer dans un puits qui ne mesure que quelques centimètres de diamètre. « Attention à la tête, attention où vous mettez les pieds, attention au brun (excréments) », l'endroit est sombre et hostile, on a peine à tenir debout.

Aventure et tranquillité

Les langues commencent à se délier. Thierry aime l'ambiance, le côté aventure et spéléo, mais aussi la tranquillité. Ici, les ondes des téléphones portables ne passent pas. Même les talkies-walkies sont inutilisables. « Le mauvais côté du métier, c'est qu'on est toujours cradingues et on met nos mains dans la merde au sens propre. » Même dans les réseaux d'eau pluviale, moins puants que ceux d'eaux usées, ça ne sent pas toujours la rose. On confirme. « Il faut dire aussi que ça manque de filles », plaisante Thierry, celui qui dirige la descente ce jour-là. L'équipe des égoutiers de Reims métropole, composée d'une trentaine de personnes, est 100 % masculine.

Savoir-faire

Le réseau doit toujours rester en état sous peine de voir la ville envahie par les eaux. L'entretien est de plus en plus mécanisé et peut maintenant se faire depuis la surface. « Malgré cela, les descentes sont encore quotidiennes et sont le cœur du métier », poursuit Thierry. Un métier qui ne s'apprend que sur le tas, il n'y a pas d'école pour devenir égoutier. Le savoir-faire est transmis d'anciens à jeunes même si le métier est devenu très technique avec utilisation de microcaméras.

Les égoutiers répondent présents 24 heures/24 et 7 jours/7 pour les distraits qui perdent : portables, trousseaux de clefs ou encore chaussures. Il leur arrive même parfois d'être sollicités par la police pour retrouver le butin d'un braquage. « On a retrouvé la caisse d'un chauffeur de bus des Tur qui avait été balancée dans un égout, il y a quelques années. »

Pendant notre périple souterrain, on se retrouve nez à nez avec des bouteilles et sacs en plastique et autres canettes. Tout ce que les inconscients jettent à l'occasion, par fainéantise, ni vu ni connu je pollue, en faisant mine de ne pas savoir qu'au bout du réseau d'eau pluviale, il y a la Vesle, une petite rivière qui reçoit tout et n'importe quoi et qui subit tous les affronts. N'en jetez plus.

Alexandre ROGER

Extrait de l''union du 19/01/2011

    

    

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