La Cathédrale de REIMS  

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Histoire - Rénovation - Les Amis de la Cathédrale

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  Les Amis de la Cathédrale

Lumières sur Notre-Dame, ce n’est qu’un début !
Au chevet du grand orgue
 
Le grand orgue de la cathédrale a rendu l’âme

À la découverte   du baptistère de Clovis

Un scanner scientifique de Notre-Dame de Reims

Sur le nouveau toit de la cathédrale

 2017

 Un artiste brésilien réalise une maquette de la cathédrale de Reims

 2016

2016-10-13_Regards 19 - La cathédrale : un patrimoine vivant, artistique et spirituel
2016-05- New-Mag25 - RÊVE DE COULEURS LA CATHÉDRALE ET LES RÉMOIS S'ENFLAMMENT 

 2015

L’amitié franco-allemande rayonne en la cathédrale de Reims

 2014

Une très précieuse et rarissime maquette de la cathédrale de Reims
La cathédrale de Reims, musée bientôt payant ?
Trouvailles insolites à Notre-Dame
Un million d’euros réunis pour restaurer la cathédrale de Reims
« Reims 1914-1918 - Le martyr de la cathédrale et de la ville »

Jeanne d'Arc, lumière divine

La cathédrale de Reims poursuit sa rénovation
L'offrande allemande à Notre-Dame
Jeanne d'Arc, lumière divine

 2010

Un beau livre pour les 800 ans de la cathédrale
La Cathédrale, jolie Belle de Nuit

 2009

Les gargouilles, ces gouttières qui ont de la gueule !
Renaissance du labyrinthe de la cathédrale de Reims - Et la lumière fut !
Découvrons le labyrinthe projeté sur le sol de la cathédrale

 2008

Au chevet de la Cathédrale
Entrez dans les cryptes de la cathédrale
La cathédrale se Reims retrouve ses habits de lumière

Un site internet pour la Cathédrale
Cathédrale : les auvents prennent le large

 2007

Un nouveau parvis pour cadeau !
Son et lumière à la cathédrale
Le nouveau parvis se dévoile
La beauté retrouvée du portail nord 
Les anciennes fouilles recouvertes
 La nouvelle vie du parvis !  
Tout ce qu'il faut savoir sur les cathédrales
La belle se dévoile

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 Lumières sur Notre-Dame, ce n’est qu’un début !

Depuis l’ouverture du marché de Noël, la cathédrale se pare de couleurs. Mais cette mise en lumière n’est qu’un prélude à ce qui sera dévoilé au printemps prochain.


La cathédrale dispose d’un nouvel écrin lumineux juste pour les fêtes. Au printemps, un nouveau spectacle son et lumière devrait être dévoilé. Joris Bolomey$

Sur le parvis de la cathédrale, Clémence et Erwan semblent un peu déçus. « On avait entendu parler d’un nouveau spectacle. Or, même si cet éclairage violet est très beau, il n’est pas renversant. Franchement, on s’attendait à mieux… » Ce que le jeune couple ne sait pas, c’est que ce qu’il peut actuellement voir sur la façade de Notre-Dame n’est pas la version finale de la création qui succédera à Rêve de couleurs, le son et lumière de Skertzò présenté depuis 2011.

De légers mouvements visant à mettre en relief quelques éléments architecturaux

« Cette mise en lumière simple n’est en aucun cas le spectacle sur lequel nous avons commencé à travailler pour la Ville de Reims , confirme Jean-Baptiste Hardouin, directeur de création chez Moment Factory, la société canadienne choisie pour créer un nouvel écrin lumineux à Notre-Dame. Il s’agit d’un exercice d’appropriation du lieu, avec de légers mouvements visant à mettre en relief quelques éléments architecturaux. »

Jean-Baptiste Hardouin reconnaît que les mouvements de cette mise en lumière, qui se veulent très subtils, ne sont pas forcément visibles au premier coup d’œil car les nombreux chalets installés sur le parvis de la cathédrale dégagent beaucoup de lumière. Pour découvrir le travail de l’équipe de Moment Factory, réputée pour ses mises en lumière spectaculaires réalisées aux quatre coins de la planète, il faudra patienter jusqu’au printemps. « Même si nous avons déjà une base narrative, nous sommes toujours en train d’écrire le spectacle », souligne Jean-Baptiste Hardouin. Après avoir récemment de nouveau visité Notre-Dame dans les moindres recoins, il participera le 7 décembre à une réunion du comité de pilotage.

Comme l’avait expliqué en mai dernier Éric Fournier, producteur exécutif de Moment Factory, l’idée de ce nouveau spectacle, qui va retracer une journée de sacre royal, des premières lueurs de l’aube aux grandes festivités nocturnes, « n’est pas de mettre du papier peint sur une œuvre architecturale mais de magnifier les détails » . Seront notamment déployés des projecteurs dernier cri, capables d’apporter une luminosité et une résolution « avant-gardistes » .

Grâce à une application qu’ils pourront télécharger sur leur téléphone portable, les spectateurs pourront découvrir une multitude d’informations sur certains éléments mis en lumière.

À terme, la création de Moment Factory se déploiera jusqu’au palais du Tau et la basilique Saint-Remi. Le budget artistique est, à ce jour, de 1,4 million d’euros. Au printemps dernier, l’appel à mécénat lancé par la Ville de Reims, avait déjà permis de recueillir 40 000 euros.

CINQ MAPPINGS VIDÉO

De très courts mappings vidéos ou sons et lumière sont visibles pendant toute la période des fêtes dans cinq lieux de la ville : la place d’Erlon (façade du Crédit mutuel), l’arrière du palais du Tau, le cryptoportique, les halles du Boulingrin et la place Jules-Lobet. Ces animations, projetées à la nuit tombée toutes les 7 minutes, ont été conçues par Electroson Studio. Place Jules-Lobet, par exemple, sont projetées sur la fontaine, les images d’une ballerine, avec des nuages, des étoiles et des croissants de lune stylisés, mais aussi de la neige et des ours polaires… Au cryptoportique, place à des bouchons de champagne qui semblent danser sur une très entraînante musique irlandaise…

Valérie COULET

Extrait de l'union du 29/11/2018

    

    

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Au chevet du grand orgue 

L’État vient de lancer une procédure pour restaurer l’orgue de la cathédrale de Reims. Mais le chantier ne débutera pas avant 2020


Pierre Méa, l’organiste titulaire de Notre-Dame, continue, tant bien que mal, à jouer pendant les messes du dimanche. Remi Wafflart 

S’il est indéniable que le grand orgue de Notre-Dame de Reims est à l’agonie, il ne serait pas tout à fait mort comme on a pu le croire le mois dernier. Il aurait même retrouvé un peu de souffle, depuis la baisse des températures et le retour à un taux d’hygrométrie normal. « Cet orgue mérite bien sûr d’être révisé. Mais il y a beaucoup d’intox car l’instrument n’est pas complètement muet ! » , lâche un membre de la Direction régionale des affaires culturelles. Le 16 septembre dernier, un concert prévu à Notre-Dame pour les Journées européennes du patrimoine avait été annulé. Pierre Méa, l’organiste titulaire de la cathédrale, n’avait pu jouer en raison de « multiples sons parasites dus à des fuites de vent » . Dès le lendemain, un facteur d’orgue avait été dépêché sur place, pour corriger les plus gros défauts.

La restauration ne devrait pas démarrer avant 2020 et durera au moins deux ans

Désormais, Pierre Méa utilise l’orgue pour l’entrée et la sortie de la messe du dimanche. Mais le reste du temps, il joue sur le petit orgue de chœur, beaucoup plus fiable même s’il n’est pas, lui non plus, en très bon état.

« Certes, l’orgue n’est pas complètement muet mais aucune œuvre complète ne peut être jouée dans des conditions correctes. Il est en soins palliatifs ! » , répète Bernard Poret, le président de la Société des amis de la cathédrale de Reims.

Mardi 2 octobre, une première étape a été franchie. Car la direction de la Conservation régionale des monuments historiques (CRMH) a commandé à Éric Brottier, ingénieur-conseil installé à Bouzy, la réalisation du projet technique pour la restauration de l’orgue de Notre-Dame. Ingénieur des arts et métiers et technicien-conseil pour le ministère de la Culture, Éric Brottier avait déjà fait un diagnostic de l’orgue rémois en 2008 dont « les conclusions restent valables ». Sa mission va notamment consister à établir un cahier des charges et à proposer un programme de travaux. « L’appel d’offres devrait être lancé après l’été 2019 et la restauration ne devrait pas démarrer avant 2020, »  annonce-t-il, en précisant que les travaux, d’un montant de 2,6 millions d’euros – « 80 % de ce montant servira à payer la main-d’œuvre car il s’agit d’un travail artisanal » –, devraient durer de deux à trois ans.

Valérie COULET

Extrait de l'union du 04/10/2018

 

Le grand orgue de la cathédrale a rendu l’âme

En très mauvais état depuis   des décennies, le grand orgue de Notre-Dame devient impraticable


Pierre Méa et Bernard Poret ne sont pas surpris : depuis des années, ils alertaient la Drac sur le très mauvais état du grand orgue.Archives A. Renard

 Dimanche, la décision a été douloureuse mais inéluctable. Le concert d’orgue, programmé à 16 heures à la cathédrale de Reims, pour les Journées du patrimoine, a été annulé. Pierre Méa, l’organiste titulaire de Notre-Dame, témoigne :« Il était impossible de jouer car l’instrument, qui est en très mauvais état depuis de très longues années, est devenu impraticable. Tout un jeu fonctionne en continu et le sol joue en même temps que le si bémol ! » Pierre Méa, qui a depuis longtemps tiré la sonnette d’alarme sur la vétusté de l’instrument, a découvert l’ampleur du problème, lors de la première messe, à 9 h 30. « Quand j’ai allumé le grand orgue, j’ai entendu de multiples sons parasites dus à des fuites de vent. Tant bien que mal, j’ai joué la messe grégorienne. Mais pour l’office de 11 heures, j’ai préféré laisser tomber et jouer sur l’orgue de chœur. Or, ce petit orgue n’est vraiment pas extraordinaire… Ensuite, la décision a été prise d’annuler le concert de 16 heures, même si des centaines de personnes comptaient y assister » , raconte-t-il.

Selon Pierre Méa, le grand orgue de Notre-Dame ne pourra plus jamais être réparé correctement, car les dégâts sont trop importants. « Il faut malheureusement tout changer , se désole-t-il. J’ai pris mes fonctions en 1996 et l’organiste titulaire qui m’a précédé se plaignait déjà de graves problèmes. Je n’ai de mon côté jamais cessé d’alerter la Direction régionale des affaires culturelles (Drac) puisque la cathédrale, et donc son grand orgue, dépendent de l’État… Mais aucune restauration d’envergure n’a été engagée. C’est comme si on avait laissé une maison sans entretien pendant 80 ans, puisque l’orgue date de 1938 ! »

Un appel à mécénat sera sans doute lancé pour boucler le budget de 2,6 millions d’euros

Les très fortes chaleurs et l’absence d’humidité, enregistrées en juillet et août, auraient précipité la fin de l’imposant instrument. Car, explique Pierre Méa, le bois du sommier sur lequel reposent les tuyaux aurait éclaté, alors que des fissures étaient présentes depuis longtemps. Cela dit, tout le monde s’accorde à dire que l’orgue était déjà presque mort, avant même la période caniculaire. Tout un clavier était notamment hors d’usage et plus aucun organiste ne voulait donner de concert à Notre-Dame.

Bernard Poret, le président de la Société des amis de la cathédrale de Reims, rappelle que, dès 2008, la Drac a été sollicitée pour que le grand orgue soit changé. « Après le rapport d’un ingénieur-conseil, la commission supérieure des orgues historiques a donné son feu vert, à l’unanimité. Mais le projet technique, qui permet de lancer l’appel d’offres, n’a jamais vu le jour. Tout est donc resté en l’état… »

Hier soir, Bernard Poret a reçu une information qu’il juge encourageante : Jonathan Truillet, conservateur en chef du patrimoine, lui a annoncé que la commande de réalisation du projet technique pour la restauration de l’orgue avait été passée à Éric Brottier (ingénieur-conseil).

Ce projet technique devrait durer entre quatre et cinq mois. Il faudra ensuite attendre que la Drac lance l’appel d’offres. Les travaux, qui ne devraient pas être lancés avant fin 2019, devraient durer trois ans. Mais pour que Notre-Dame de Reims retrouve un grand orgue digne de ce nom, il faudra trouver 2,6 millions d’euros. Le président de la Société des amis de la cathédrale de Reims se dit prêt à lancer un appel au mécénat, comme il l’a fait pour la restauration de la grande rose.

PAS D’ORGUE POUR L’INSTALLATION DE L’ARCHEVÊQUE ?

Dimanche 28 octobre, aura lieu à Notre-Dame la cérémonie d’installation de Mgr Eric de Moulins-Beaufort, le nouvel archevêque de Reims qui succède à Mgr Jordan. Habituellement, l’orgue joue un rôle très important dans ce genre de cérémonie religieuse. Reste alors à savoir quelle décision sera prise pour remplacer l’imposant instrument.

VALÉRIE COULET

Extrait de l'union du 18/09/2018  

    

    

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  À la découverte   du baptistère de Clovis

Dans   les entrailles de la cathédrale, au milieu des fondations se trouve la cuve du baptême de Clovis.


En 2009, plus d’une décennie après la découverte, une dalle a été installée : 3 mètres au-dessus de l’endroit précis où ont été découverts les vestiges. Reportage photos : Christian Lantenois

A SAVOIR

*.- DANS LES ÉCRITS, LES TRACES DE L’ÉDIFICE BAPTISMAL sont peu nombreuses. Grégoire de Tours relate le baptême de Clovis, 70 ans plus tard. Il mentionne le baptistirium dans lequel s’est déroulée la cérémonie mais n’est pas précis sur sa localisation. « On sait que le baptistère se trouvait à proximité de la cathédrale, sur le côté. Une disposition assez fréquente, puisqu’il doit être distinct de l’église », explique Patrick Demouy.

Après Louis Le Pieux, la reconstruction de la cathédrale par Ebbon, au IX e siècle fait disparaître le baptistère sous le nouvel édifice, plus vaste.

*.- QUATRE CATHÉDRALES. C’est vers l’an 400 que l’évêque Saint-Nicaise décide de déplacer la cathédrale se trouvant sous l’actuel parking Saint-Symphorien, à l’emplacement où elle se situe aujourd’hui. Après le sacre de Louis Le Pieux, dans les années 820, elle est reconstruite. De nouveau agrandie, avant la construction de l’actuelle cathédrale datant du XIII esiècle.

*.- A-T-ON TOUT FOUILLÉ ? Des fouilles pourraient de nouveau être entreprises sous la cathédrale et à l’emplacement du cloître, (du côté du Trésor) ainsi que sous le Palais du Tau. Tout ce secteur n’a pas encore été exploré.


D'après les travaux de l'équipe d'archéologues conduite par Walter Berry et Robert Neiss, voici à quoi devait ressembler le baptistère dans lequel Clovis a été baptisé. Il devait être assez luxueux, en témoignent les quelques traces de mosaïques retrouvées, les feuilles d'or et autres fragments de marbre. DR

La messe à peine terminée, la cathédrale se remplit de visiteurs. Certains sont venus voir les vitraux de Chagall et ne seront pas déçus d’avoir fait le voyage. Par contre, ceux venus pour le baptistère de Clovis vont devoir se contenter de se recueillir devant une simple dalle dans la nef centrale, à la hauteur de la cinquième travée de l’édifice, non loin de la chaire : Ici, Saint-Remi, baptisa Clovis, roi des Francs .

En dessous, à 3 mètres de profondeur, les archéologues Walter Berry et Robert Neiss ont mis au jour, en juin 1995, après trois ans de fouilles intensives, ce qui semble bien être les vestiges de la cuve ayant servi au baptême de Clovis.

UNE CUVE AURÉOLÉE DE MYSTÈRES ET DE REBONDISSEMENTS

Les mystères et les rebondissements entourant le baptistère de Clovis ne manquent pas. Intrigués, nous nous sommes enfoncés sous la cathédrale, avec comme guide, Patrick Demouy, historien rémois, spécialiste de l’époque médiévale pour un voyage au 5 e siècle.

On descend par un petit escalier raide et étroit, on passe par une lourde porte, une volée de marches supplémentaires, et nous voici au cœur de la cathédrale. Sur le côté, l’ancien système de chauffage datant d’avant 14-18, à mesure que l’on descend, le cheminement se fait tortueux et plus difficile. On baisse la tête, en même temps que l’on se fraye un chemin sur des planches en bois afin d’éviter de souiller les lieux.

À droite, à gauche, des rubans indiquant d’anciens sites de recherches archéologiques. « Ils sont quelques privilégiés seulement à être venus ici », lâche Patrick Demouy. Des archéologues et des historiens du monde entier.

LES FONDATIONS DE QUATRE CATHÉDRALES

On longe sur notre gauche l’un des murs de ce qui fut l’église carolingienne. Car ici, dans les profondeurs de cette cathédrale bâtie au XIII e siècle, s’entremêlent et s’entrecroisent les fondations de quatre cathédrales successives.

À quelques pas de là, dans une autre travée, dorment encore dans leurs tombeaux quelques évêques. Mais nous ne sommes pas venus aujourd’hui pour troubler leur repos.

Après un passage étroit où l’on évolue en se baissant, on débouche sur une pièce rectangulaire.

UN BAPTISTÈRE AVEC DES COLONNES

« Nous y sommes ! » Patrick Demouy n’est pas peu fier. « Ce n’est pas très parlant, je l’admets, car le site a été pas mal bouleversé. Nous ne voyons ici que la moitié du baptistère. Il s’agissait d’un bâtiment carré, d’une dizaine de mètres de côté. Il a été coupé en son milieu par un mur de la fondation de l’édifice carolingien. »De l’autre côté de ce mur de plus d’un mètre d’épaisseur, les archéologues ont retrouvé l’autre pendant du baptistère. « L’accès à cette autre salle est très difficile. Il faut ramper et c’est très étroit »,commente l’historien.

Nous voici devant les traces de la cuve qui était carrée. Il y avait des marches des quatre côtés, qui permettaient d’y descendre d’un côté et de remonter par un autre côté, une fois baptisé. « La cuve était peu profonde. On se dépouillait de tout vêtement pour descendre dans le baptistère. L’eau arrivait à mi-cuisse, ce qui n’excluait pas de s’agenouiller. On se retrouvait alors aspergé par trois fois d’eau bénite. Et le baptisé ressortait ensuite recouvert d’un linge blanc. »

Les archéologues ont trouvé aussi le canal d’adduction d’eau confirmant l’utilisation du site pour des baptêmes « avec donc une cuve traversée par de l’eau vive symbolisant le Jourdain » , continue l’historien. « Techniquement, c’était utile, quand on pense que Clovis a été baptisé avec 3000 guerriers, il valait mieux que ce ne soit pas de l’eau stagnante. » De l’eau a priori chauffée, on a retrouvé la trace d’un hypocauste (installation de chauffage romain par le sol), juste à côté.

Un baptistère qui fut sans doute luxueux, comme en témoignent des fragments de mosaïque bleus et verts, des tesselles portant encore les traces de feuille d’or ainsi que des morceaux de marbre, « sans qu’il ne soit malheureusement possible de reconstituer le décor. »

La cuve était entourée de colonnes et surmontée d’une coupole. Grâce aux tessons, on sait que ce baptistère remonte à la première moitié du V e siècle. Mais est-ce vraiment celui qui a permis de baptiser Clovis ? « Oui, sans trop grand risque d’erreur. Vous ne ferrez jamais avouer à un archéologue même sous la torture que Clovis a été baptisé là parce qu’il n’a pas laissé de trace, il n’y a pas d’inscription. Mais pour moi, il n’y a pas de doute possible, dans la mesure où les textes attestent que Clovis a été baptisé à Reims, le ministre du baptême était l’évêque de Reims qui officie dans sa cathédrale. On ne voit pas où cela aurait pu avoir lieu si ce n’est pas là.» 

L’AUTRE CUVE

Pendant des siècles, on fut incapable de localiser ce baptistère. Il faut attendre 1918 que l’architecte chargé de la restauration de la cathédrale après la Première Guerre mondiale, Henri Deneux, entame ainsi les premières recherches sérieuses : il fait entreprendre des fouilles importantes. Ses recherches dans le sous-sol de la cathédrale vont durer 10 ans. Une tranchée est ouverte le long du mur extérieur nord de la cathédrale, sous la rue Robert-de-Coucy. « Il avait mis au jour une salle avec une cuve dans l’angle du transept », détaille Patrick Demouy.

Pour l’architecte et archéologue amateur, cela ne fait aucun doute qu’il s’agit du baptistère de Clovis. Pourtant, il est dans l’erreur. « On reste sur cette idée un bon demi-siècle » , commente Patrick Demouy. En 1993 débutent de nouvelles fouilles archéologiques, elles sont menées à l’approche de la célébration à venir du 15 ecentenaire du baptême de Clovis avec la venue de Jean-Paul II. « Des études stratigraphiques permettant de repérer et de dater les couches archéologiques sont sans appel. La cuve découverte par Henri Deneux provient des thermes gallo-romains datant de l’époque de Constantin (IV e siècle) donc à une époque plus ancienne, et à une profondeur plus importante que celle où devrait se situer le baptistère de Clovis ».

Des fouilles sont entreprises au niveau de la nef « et permettent de réinterpréter des vestiges qu’Henri Deneux avait vus mais sans trop les explorer car il y avait des tombes de chanoines qu’il n’avait pas voulu bouger. »

Le travail des archéologues s’est aussi appuyé « sur les carnets de fouilles d’Henri Deneux, avec ses croquis détaillés, et qui sont aujourd’hui conservés dans l’une des bibliothèques de la ville. Les archéologues ont ainsi fini par trouver l’édifice baptismal, en façade de l’église paléochrétienne. Henri Deneux a arrêté ses recherches à 25 mètres de la cuve, bloqué pour ainsi dire par le tombeau d’un chanoine. Il s’avère que la cuve se trouvait en dessous », explique Patrick Demouy.


En 2009, plus d'une décennie après la découverte, une dalle a été installée : 3 mètres au-dessus de l'endroit précis où ont été déoeuverts les vestiges.   Ch. Lantenois.

 
Es archéologues ont trouvé le canal d’adduction d’eau permettant que la cuve soit traversée par de l’eau vive, symbolisant le Jourdain


On longe l’un des murs de ce qui fut l’édifice carolingien

LES AUTRES POINTS

*.- LE BAPTÊME DE CLOVIS : EN 496, 498 OU 508 ?

Au sol, sur la pierre, l’inscription ne comporte volontairement aucune date : « On sait maintenant que le baptême de Clovis ne s’est pas déroulé en 496. Si cette date n’est aujourd’hui plus admise, il y a toujours débat entre spécialistes sur une fourchette comprise entre 498 et 508 », explique Patrick Demouy.

*.- CETTE STATUE QUI JETTE LA CONFUSION

La statue de l’évêque Remi baptisant Clovis, située au abord de la basilique Saint-Remi, peut prêter à confusion. « Beaucoup pensent ainsi que c’est là-bas qu’a été baptisé Clovis. C’est faux. Le site de Saint-Remi n’existait pas encore. Il a été construit sur la tombe de Saint-Remi. »

*.- LE BAPTISTÈRE, UN JOUR À LA VUE DE TOUS ?

« Il a été évoqué un moment la possibilité de mettre une dalle de verre mais ça demanderait une mise en valeur des vestiges qui sont quand même peu lisibles par les non initiés », fait encore savoir l’historien. « Mais ça peut toujours s’envisager, avec un accompagnement pédagogique : des dessins, voire une maquette. »

Henri Deneux a fait refaire toutes les voûtes en bêton, au-dessus, se trouve un petit vide sanitaire avant donc le plancher de la cathédrale, Il a rajouté, de-ci de-là, des piliers en béton, toujours pour consolider les fondations qui ressemblaient alors à du gruyère, Pour la venue en 1996 du pape Jean-Paul Il, le Vatican demande de renforcer encore les fondations (NDLR : les renforts en bois) lors de la commission de sécante, en particulier au niveau de la nef au cas où l'afflux massif de personnes venant assister à l'office n'entraine un affaissement.

Aurélie BEAUSSART

Extrait de l'union du 12/06/2018

    

    

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Un scanner scientifique de Notre-Dame de Reims

En sept parties, voici un beau livre qui réunit les communications des meilleurs experts de la cathédrale rémoise, aujourd’hui plus que huit fois centenaire. 


L’histoire de France est étroitement liée à celle de la cathédrale Notre-Dame de Reims.

La cathédrale de Reims est un sujet inépuisable pour les archéologues et enseignants chercheurs qui la passe au crible des savoirs pour débusquer toutes ses particularités, ses secrets, ses originalités et les proposer aux passionnés de l’histoire de France et de son patrimoine.

Ce nouvel ouvrage réalisé sous la direction de Patrick Demouy, aujourd’hui professeur émérite d’histoire médiévale rassemble en 545 pages une série d’études fouillées et pertinentes sur Notre-Dame.

Il faut reconnaître que si en 2011 on a célébré le huitième centenaire de cathédrale ou plus justement de l’actuel édifice gothique qui a succédé à la basilique paléochrétienne puis carolingienne agrandie au XII e siècle, l’opportunité de réunir les meilleurs spécialistes, cent ans après le déclenchement de la Grande Guerre, plus de cinquante ans après la réconciliation franco-allemande a permis de réunir dans un même livre l’érudition des plus grandes signatures universitaires mondiales sur le monument. Le menu est d’une rare richesse, celui d’un restaurant du savoir triplement étoilé. On entame ce bon moment de gastronomie intellectuelle par la réflexion de Willibald Sauerländer sur la cathédrale de Reims, lieu de mémoire et cité céleste. Une introduction qui délimite bien le périmètre de l’immense richesse architecturale, spirituelle et politique de Notre-Dame, haut lieu du sacre royal. Les images qui éclairent le propos sont des mieux choisis et le noir et blanc est ici un plus.

Le menu de l’ouvrage est d’une rare richesse, celui d’un restaurant du savoir triplement étoilé

On peut entrer dans le contexte historique. Patrick Demouy explique comment on est archevêque au XIIe siècle et son récit nous place au cœur d’un système complexe et rigoureux de celui qui est aussi le principal seigneur de Reims. Le regretté Pierre Desportes propose un focus sur le Chapitre et sa cathédrale, tandis que Calire Angotti et Cédric Giraud s’attardent sur les écoles rémoises aux XXI e et XIII e siècles. Damien Berné revient sur les sources de la construction de la cathédrale.

LE QUARTIER PASSÉ À LA LOUPE

La deuxième partie de cet ouvrage, comme un deuxième plat passe au crible les données de l’archéologie. Robert Neiss s’intéresse à l’église primitive, alors que François Berthelot et Claire Pichard centrent leur communication sur le quartier de la cathédrale de l’oppidum gaulois jusqu’au IV e siècle. Walter Berry reconsidère le massif occidental de l’église carolingienne, Falvio Nucolone disserte sur l’épithaphe-chronogramme de Gerbert pour Adalbéron. Gilles Fronteau et Aurélie Turmel regardent de près les pierres de la cathédrale. La troisième partie est dévolue à Notre-Dame de Reims en son temps. Dany Sandron dresse une synthèse architecturale et plastique du monument à l’aube du XIII e siècle ; puis Nancy Wu commente la croisée du transept. Bruno Klein détaille le parti de la cathédrale de Reims et l’histoire de l’architecture gothique. Alain Villes restitue ce qu’il nomme la filiation immédiate de la cathédrale, alors qu’Yves Gallet donne son appréciation sur les cathédrales archiépiscopales à l’époque gothique. Marc Carel Schurr a carte blanche pour décrire la cathédrale et le Saint-Empire.

La quatrième partie est consacrée aux églises des sacres. Les différents auteurs sont complémentaires pour soumettre le lecteur à une nécessaire révision de ses connaissances.

La cinquième partie est réservée à la sculpture rémoise. Et c’est impressionnant de détails et d’analyses minutieuses qu’il s’agisse d’Illiana Karsarska, de William Clark, de Bruno Boerner, de Brigitte Kurmann.

DES APPORTS ESSENTIELS

La sixième partie est une étude du mobilier et des vitraux de la « belle cathédrale », selon le mot de Saint-Jean-Paul II. Maxence Hermant y décèle quelques imperfections, Mathieu Lours énumère les aménagements au XVIII e siècle. Sylvie Balcon-Berry dit l’apport essentiel à la connaissance des vitraux de la cathédrale via le fonds de l’atelier Simon Marcq. On regardera dans la septième partie tout ce qui est révélé de la Liturgie et de la musique sacrée. Pour mieux savourer comme un dessert d’exception la postface de Peter Kurmann intitulée les identités de la cathédrale de Reims et leurs conséquences sur la conservation du monument.

Hervé CHABAUD

Extrait de l'union du 07/06/2017

    

    

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Sur le nouveau toit de la cathédrale

La restauration de la toiture du chœur de la cathédrale est désormais achevée. L’heure est au démontage du gigantesque échafaudage


L’intervention sur la couverture du chœur de la cathédrale avait été jugée prioritaire par la Drac.


 L’échafaudage culminait à 44 mètres de hauteur 
Photos Christian Lantenois

Un pan entier de couverture en plomb qui se met subitement à glisser… La restauration en urgence, entre 2008 et 2010, d’une partie de la toiture du transept avait sonné le point de départ d’un vaste programme d’interventions sur la couverture de la cathédrale qui n’avait pas été restaurée depuis sa réfection après la Première Guerre mondiale, sous la direction de l’architecte en chef Henri Deneux.

Aujourd’hui, c’est un chantier d’ampleur qui s’achève : celui de la couverture du chœur de l’édifice. Démarrée en septembre 2016, l’intervention avait été jugée prioritaire en raison des «désordres » repérés lors du diagnostic lancé par la Direction régionale des affaires culturelles Grand Est (Drac).

1,6
C’est en million d’euros le montant du chantier de restauration des couvertures du chœur,financé par la Direction régionale des affaires culturelles Grand Est

LA RESTAURATION DE LA TOITURE PRÉVUE SUR 20 ANS

« La couverture était abîmée, vétuste… Le problème, c’est aussi la pente de la toiture entre 60 et 80º, souvent soumise au vent, à la pluie… Le versant sud est celui qui est le plus soumis aux intempéries. C’était un chantier prioritaire », confirme Gui Fiévet, responsable de la cellule CRMH (Conservation régionale des monuments historiques). « Sur ce versant de la toiture, comme sur la partie du transept d’ailleurs, les grandes feuilles de plomb avaient été posées, en 1927, sur un voligeage, des lattes de bois en fait, non jointif. Les lattes étaient clouées sur des chevrons en bois, le tout fixé sur une charpente en béton… Il a fallu retirer les plaques de plomb, les faire fondre pour pouvoir fondre de nouvelles plaques. Les voliges en bois ont été retirées pour être remplacées par d’autres planches. Il a fallu consolider le béton de la charpente, boucher les fissures… » En moins de 18 mois, pas moins de 6 couvreurs se sont démenés à plus de 40 mètres de hauteur pour déposer et reposer la couverture du chœur. Une intervention au cours de laquelle 39 tonnes de plomb ont été refondues et 41 tonnes de nouveau plomb fondues, mais avec la même composition chimique. Pas moins de 2 640 mètres linéaires de bois ont été nécessaires pour remplacer les voliges.

Le chantier est désormais achevé. La prochaine intervention sur la toiture touchera cette fois le chevet nord et le bras nord du transept. La Drac va commander, cette année, une étude à l’architecte en chef des monuments historiques, Lionel Dubois. Viendra alors le tour de la nef et du bras sud du transept… La restauration de la toiture de la cathédrale devrait s’étaler encore sur une vingtaine d’années. « Après ça, on devrait être tranquille pour 100 ans », s’amuse Gui Fiévet.

Il faudra néanmoins attendre encore deux mois avant de découvrir l’arrière de la cathédrale, libérée de son corset métallique. C’est en effet le temps prévu pour le démontage du gigantesque échafaudage qui culminait à 44 mètres de hauteur.

Inquiétudes autour de la stabilité de Trois statues du portail central

Des pigments verts sur l’aile de l’ange Gabriel ; une couche grisée sur le drapé de la vierge de l’Annonciation, une trace de bleu dans le creux de la manche, une autre de rouge au niveau de l’encolure… En juin dernier, les dix statues-colonnes des piédroits (ébrasements) du portail central de la cathédrale, dernière partie de l’édifice à n’avoir pas été restaurée depuis l’incendie de 1914, avaient fait l’objet d’un chantier école afin d’étudier les derniers vestiges de polychromie. Une cartographie au cas par cas de la statuaire dédiée à Marie, destinée à déterminer les choix et les moyens de la restauration à envisager.

Les études menées pour aborder tous ces domaines ont fait émerger une urgence : celle de leur stabilité, en raison des nombreuses fissurations constatées sur les statues. Trois d’entre elles sont plus particulièrement visées par cette instabilité, notamment Marie sur l’ébrasement gauche et sa cousine Élisabeth sur l’ébrasement droit.

De fait, alors que plus aucun échafaudage ne masquait la façade principale, le portail central va momentanément être soustrait à la visite. Dès la semaine prochaine, une protection puis une palissade seront installées, afin de mettre à distance le public et effectuer les consolidations nécessaires. Des mesures préventives qui seront les prémices d’une opération bien plus importante destinée à nettoyer, consolider et partiellement remplacer par des copies certaines statues devenues trop fragiles. Le chantier de restauration ne devrait pas démarrer avant 2019. La Drac est encore dans l’attente du résultat des études menées par le Laboratoire de recherche des monuments historiques (LRMH), dont les chercheurs ont réalisé début mai des analyses sur la pierre, les fers et la polychromie, ainsi que des analyses menées par un laboratoire privé. Le processus devra alors être validé par un comité scientifique. Restera à trouver les fonds nécessaires et motiver les mécènes.

Le sinistre de 2008

C’est en 2008 que les couvertures en plomb de la cathédrale ont montré des signes de faiblesse après qu’un pan, situé à l’angle sud-ouest de la tour de la croisée du transept, s’est mis à glisser dangereusement. Sur cette zone, fort pentue (entre 60 et 80 %) et particulièrement exposée aux écarts de température, les feuilles de plomb étaient fixées sur l’envers, sur une volige (latte de bois) mince et non jointive. Il n’y avait pas de cloutage complémentaire. Une combinaison de facteurs qui avait provoqué le fameux glissement.

Après les travaux de restauration d’urgence, un diagnostic général des couvertures avait été ordonné. Il avait permis de fixer des priorités sur les autres parties fragilisées, ainsi qu’une programmation échelonnée des travaux. Après les interventions sur la toiture de la chapelle du Palais du Tau (achevée en 2017) et celles du chœur de la cathédrale, c’est désormais au tour du chevet nord et du bras nord du transept de la cathédrale d’être restaurés. L’étude sera commandée cette année pour un début de chantier en 2020.


Il a fallu vérifier et consolider la charpente en béton avant de poser les voliges et les plaques de plomb


La restauration de la toiture de la chapelle du Palais du Tau  a été achevé en 2017

Careoline GARNIER

Extrait de l'union du 07/06/2017

    

    

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Un artiste brésilien réalise une maquette de la cathédrale de Reims

Un Brésilien exposera ses maquettes en Suisse en fin d’année.


Luciano Xavier Dos Santos, 32 ans, a travaillé pendant deux mois, à raison de 8 à 10 heures par jour, pour réaliser Notre-Dame de Reims à l’échelle 1/200 e.

À SAVOIR

*.- AUTODIDACTE, Luciano Xavier Dos Santos a commencé à s’intéresser aux maquettes à l’âge de 14 ans. Il copiait des maisons à vendre, à l’architecture simple, repérée dans des annonces immobilières. En 2003, il débute une formation de dessinateur en bâtiment avant de rejoindre en 2006 un cours d’arts visuels.

*.- IL RÉALISE SA PREMIÈRE EXPOSITION de modèles réduits d  den 2005. Il s’agissait de reproductions de gratte-ciel (World trade center, Empire state building, tour Eiffel…).

*.- EN 2010, il a quitté le Brésil pour venir s’installer en France. Pendant trois ans, il a pu découvrir l’architecture médiévale dont il est passionné.

*.- L’ARTISTE-HISTORIEN réside en Suisse à Fribourg où il prépare sa prochaine exposition. Ses œuvres sont visibles sur son site internet : luciano-xavier.weebly.com

Notre-Dame de Reims a des admirateurs dans le monde entier. Ce n’est pas Luciano Xavier Dos Santos qui dira le contraire. Ce jeune Brésilien de 32 ans, passionné d’architecture gothique, a un petit faible pour l’édifice rémois. Au point qu’il vient de consacrer deux mois complets à en réaliser une réplique au 1/200e. « À raison de 8 à 10 heures par jour, précise-t-il. Il y a énormément de détails. Elle m’a pris deux fois plus de temps que la cathédrale de Laon. »

La raison de cette assiduité ? Il prépare une exposition qui doit se tenir en fin d’année à Fribourg, en Suisse, où il réside. « Je viens de réaliser onze monuments français, la cathédrale de Reims, celle de Laon, mais aussi d’Amiens, Beauvais, Strasbourg ou encore Paris. »

« Je suis venu à Reims l’an dernier. J’ai pris beaucoup de photos. Sa statuaire est magnifique. Sa façade, immense. C’est une falaise » Luciano Xavier Dos Santos

À ces édifices prestigieux, s’ajoutent la Sainte-Chapelle, trois cathédrales suisses et celle de Brasilia, à l’architecture futuriste. « Parce que l’architecte, Oscar Niemeyer, s’est inspiré des cathédrales gothiques. Cela me permet de faire un lien entre mon pays et la France. »

Luciano Xavier se présente comme un «  artiste-historien » : « J’utilise la maquette comme moyen d’expression. J’aime offrir un autre regard sur les bâtiments, plus aérien. Mon art est basé sur une intense recherche historique. » Aussi le Brésilien s’est-il appuyé sur plusieurs ouvrages, signés Patrick Demouy, Alain Erlande-Brandenburg, Peter Kurmann et Alain Villes ou encore Yann Harlaut. Il a également fait le voyage : « Je suis venu à Reims l’an dernier. J’ai pris énormément de photos. »

Des cure-dent, des allumettes et du carton

Le Brésilien est fasciné par l’édifice. « Sa statuaire est magnifique. Sa façade, immense. C’est une falaise ! Son architecture est incroyable et son histoire très touchante. C’est impossible de ne pas tomber amoureux ! Mais que de détails ! » L’artiste s’est appliqué à restituer le volume de chacune des 2 300 statues à l’aide de cure-dent et d’allumettes. Les maquettes sont réalisées en carton, « le même que l’on utilise pour faire les passe-partout en encadrement ».

La « Rémoise » mesure 75 cm de long pour 40,5 de haut. « Lors de l’exposition, ce sera très intéressant de pouvoir comparer les édifices qui seront tous à la même échelle. »

Il rêve d’exposer en France

Luciano Xavier Dos Santos n’en est pas à son premier modèle réduit de Notre-Dame de Reims. « En 2015, j’ai fabriqué 44 maquettes de cathédrales, à l’échelle 1/500e, pour une exposition qui a très bien marché à Fribourg. » Mais celle de Reims n’est plus en sa possession. « Un collectionneur m’a contacté par la suite pour me l’acheter. Elle est partie au Brésil. »

Ses nouvelles maquettes seront exposées du 1er au 10 décembre prochains en la cathédrale Saint-Nicolas de Fribourg. « Ensuite, j’ai des contacts pour les transporter à Berne, les dates ne sont pas encore calées. » Mais ce que le jeune Brésilien aimerait par-dessus tout, c’est pouvoir présenter l’ensemble de ses œuvres en France. « Je suis ouvert à toutes propositions ! »

 Marie-Pierre Duval et Alice Renard

Extrait de l'union du 07/06/2017

    

    

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La cathédrale : un patrimoine vivant, artistique et spirituel

Reims, ville au prestigieux passé historique, s'enorgueillit d'une cathédrale qui a vu couronner les rois de France. Mais comment faire découvrir aux touristes et au public la dimension religieuse de ce magnifique édifice ? Marie-Suzanne Poret nous explique les objectifs et l'activité de l'association

Créée en 2008 à l'initiative du père Jean-Marie Guerlin, l'association Art et foi compte quarante membres. Son but est de proposer des visites qui mettent en valeur la dimension spirituelle de la cathédrale, ses significations pour les chrétiens, les références bibliques de la statuaire, des vitraux ... À Reims, des permanences accueillant les touristes et gens de passage ont lieu à la cathédrale chaque jour, le matin et l'après-midi. Elles sont assurées par des bénévoles membres de l'association. Ces bénévoles reçoivent une formation pour mieux connaître la cathédrale et sa dimension spirituelle. Par ailleurs, des dépliants édités par la paroisse et présentant la cathédrale dans ses grandes lignes sont proposés (moyennant la modique somme de cinquante centimes d'euros) en une douzaine de langues.

Deux sortes de visites sont organisées. L'une concerne l'acueil des groupes (adultes ou classes) qui doivent prendre rendez-vous auprès de la maison Notre-Dame. Des bénévoles formés à ce type d'accueil assurent la visite qui peut durer entre une heure et une heure trente. Une participation financière est demandée. L'autre concerne les demandes spontanées. La durée dépend de ce que le touriste demande. Certains ont des objectifs précis. Répondre aux questions, parfois pointues, demande une certaine érudition et permet d'approfondir notre propre connaissance. Dans ce type de visite, la participation financière est libre.

C'est très intéressant de rencontrer des personnes venant d'horizon très divers et parfois d'autres religions. Cela permet une diversité de rencontres souvent très riches. »

G. GRASSET

Extrait de Regard du 13/10/2016

    

    

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NEW'Mag

RÊVE DE COULEURS LA CATHÉDRALE ET LES RÉMOIS S'ENFLAMMENT

Le spectacle Rêve de Couleurs 2016 s'installe sur la façade de la cathédrale Notre-Dame du 5 mai au 11 septembre. Un son et lumière exceptionnel sur un bijou de l'an gothique rayonnant puis flamboyant.


Le parvis accueille un très large public à chaque projection.

L’art gothique, rayonnant puis flamboyant, qui fait de la cathédrale Notre Dame un joyau architectural reconnu par l'UNESCO dès 1991, est toujours propice à la créativité. Ainsi, depuis plusieurs années, un spectacle son et lumière fait la joie des champenois et des touristes. Pour marquer ce vingt cinquième anniversaire, « Rêve de Couleurs 2016 » est une œuvre conçue par les créateurs Hélène Richard et Jean-Michel Quesne de la société Skertzo en 2011 à l'occasion du 800ème anniversaire de la Cathédrale et programmée, une fois de plus, pour toute la saison, tant le succès est au rendez-vous à chaque édition

Un spectacle, à nouveau offert par la ville de Reims, à la fois ludique, féerique et pédagogique, qui permet aux petits et aux grands de redécouvrir ce patrimoine architectural hors du commun. Une représentation de 25 minutes sur le parvis de la cathédrale dont la première a commencé le jeudi 5 mai et dont la def1ière sera présentée le dimanche 11 septembre.

Choque soir de spectacle, une seconde projection de cette polychromie dynamique est donnée 35 minutes après la première. A noter aussi qu'à la fin de choque représentation, une image fixe est projetée pendant dix minutes sur la cathédrale.


Sublime el majestueuse cathédrale de Reims

PROUESSE TECHNOLOGIQUE

Une scénographie sonore et visuelle exceptionnelle qui mêle l'imagination, la poésie et une prouesse technologique qui, chaque année, donne beaucoup d'émotions au public en nombre à chaque rendez-vous. La société Skertzo et ses créateurs sont les maîtres de l'illusion et du trompe l'œil, comme ils aiment se définir. Leurs spectacles métamorphosent les sites et théâtralisent l'espace urbain. Leur démarche esthétique aboutit à des formes de narration, sons le récit. Le but des deux créateurs qui signent cette œuvre artistique est de susciter la curiosité, raconter des histoires, renouveler le regard, portager l'émerveillement et faire naître le désir.

Une cathédrale qui renoue avec son passé, à l'époque où la statuaire notamment était polychrome. La Cathédrale de Reims compte 2303 statues. À noter que le spectacle, en plein air est gratuit. Pour les personnes malentendantes, un système de boucle magnétique est disponible dans le périmètre de la tour gauche projetant le spectacle


Quand la statuaire retouve sa polychromie

Denis Barbier

Extrait de NEW'Mag 25 de 05/2016

    

    

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Une très précieuse et rarissime maquette de la cathédrale de Reims

Le Centre des monuments nationaux vient d’acheter, chez Christie’s à Paris, une grande maquette de la cathédrale de Reims. Un superbe objet d’art chargé de mystère.


Cette rarissime maquette en bois sculpté est datée de 1851.

Elle est exceptionnelle à plus d’un titre. D’abord par sa taille : 96 cm de haut, 67,5 cm de large. La plupart des maquettes de cathédrale sont plus petites. Ensuite par la précision, et la finesse, de la sculpture. Enfin, par le fait qu’elle soit datée et signée, ce qui est rarissime pour une maquette architecturale.

L’œuvre en noyer et chêne sculpté, acquise le 6 novembre dernier par le Centre des monuments nationaux (CMN), chez Christie’s Paris, a été réalisée en 1851.

Le pouvoir de fascination de Notre-Dame de Reims

Ecrit à la plume, le nom de « Logerot » figure sur une étiquette. Or, pour l’instant, le mystère demeure. « Nous ignorons qui est ce Logerot et à quoi était destinée cette sculpture de très belle facture, indique Clotilde Roy, la chargée des acquisitions à la direction de la conservation des monuments et des collections au CMN. S’agit-il d’un chef-d’œuvre d’un Compagnon du devoir ? D’un prototype pour une restauration ? D’une création dans le domaine des arts décoratifs ? »

Des recherches seront menées pour tenter d’en savoir davantage. Parmi les pistes à explorer, l’Exposition universelle de Londres, à Hyde Park, en 1851. La maquette de Notre-Dame de Reims aurait pu y être présentée, mais rien n’est sûr.

« La seule chose dont nous sommes certains, c’est que cette œuvre manifeste avec éclat la fascination qu’a représenté la cathédrale de Reims à la suite du sacre de Charles X », souligne Clotilde Roy. « Notre-Dame de Reims et Notre-Dame de Paris sont d’ailleurs les deux cathédrales qui ont envoûté le plus grand nombre d’artistes », précise-t-elle. L’acquisition de cette maquette témoigne ainsi, pour le CMN, de cet « engouement patrimonial spécifique pour la cathédrale de Reims au milieu du XIX e  siècle ».

Cette maquette architecturale qui, selon toute vraisemblance, n’a jamais été présentée au public lors de ces dernières décennies, appartenait depuis plusieurs années à un collectionneur privé, installé dans le sud-ouest de la France. Estimée entre 15 000 et 25 000 euros, elle a été acquise par le Centre des monuments nationaux, par voie de préemption, pour un total de 19 500 euros.

A l’issue de la vente, qui a eu lieu le 6 novembre à Paris, Philippe Belaval, le président du Centre des monuments nationaux, s’est dit très heureux de cette acquisition qui vise à enrichir les collections historiques du Palais du Tau.

Cette impressionnante cathédrale miniature est destinée à être exposée au Palais du Tau, qui dépend du CMN. Avant son arrivée à Reims, et malgré un bon état général, elle devra faire l’objet de petites « consolidations », notamment au niveau du socle. Hier, elle n’avait pas encore été livrée par Christie’s au CMN, rue Saint-Antoine à Paris. Et la date de son transfert à Reims n’était pas encore décidée.

Des similitudes avec une pendule acquise en 2013

 « En 2013, le CMN avait déjà acquis une pendule représentant Notre-Dame de Reims, présentée pour la première fois à l’Exposition des produits de l’industrie française de 1834. Or cette dernière présente des similitudes, notamment en matière d’échelle, avec la maquette de l’énigmatique Logerot. « La présence de la signature et d’une date sur cette sculpture en fera un jalon entre la maquette d’Eugène Caillat, réalisée pour le sacre de Charles X (NDLR : en 1825) et conservée au Musée historique Saint-Remi à Reims, et les maquettes plus tardives du Docteur Mohen, conservées au musée de Châlons-en-Champagne », précise Clotilde Roy.

D’après la spécialiste, le mystérieux Logerot semble, comme Eugène Caillat, s’être inspiré d’estampes gravées de la cathédrale. Or, l’œuvre de 1851 est nettement plus précise que celle de 1825.

Valérie Coulet

Extrait de l'union du 14/11/2014

    

    

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La cathédrale pilonnée dans le 20 heures de France 2


Le 19 septembre 1914, les soldats de l’armée allemande ont envoyé pas moins de 25 obus sur la cathédrale de Reims déclenchant un incendie. Photo d’illustration.

Le 19 septembre 1914, les soldats de l’armée allemande ont envoyé pas moins de 25 obus sur la cathédrale de Reims déclenchant un incendie. Photo d’illustration.

Dans son journal télévisé de 20 heures, ce jeudi 6 novembre, France 2 a diffusé un reportage de plus de trois minutes sur le pilonnage de la cathédrale de Reims par les Allemands, le 19 septembre 1914. Ce jour-là, ce sont pas moins de 25 obus qui s’abattent sur l’édifice et mettent le feu à un échafaudage de bois, autour de la tour nord. La cathédrale brûle toute la nuit, faisant fondre le toit de tuiles de plomb.

Le bâtiment en garde encore aujourd’hui les séquelles.

E.M

Vidéo

Extrait de l'union du 07/11/2014

    

    

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Trouvailles insolites à Notre-Dame

Journaux, boîtes de conserve, os de mouton, pièces de monnaie ou encore inscriptions, les tailleurs de pierre qui œuvrent à la cathédrale font aussi de jolies découvertes tout là-haut


Emmanuel Valenta. 45 ans, montre l’exemplaire de l'Eclaireur de l'Est de 1923 trouvé à plus de 40 m de haut. Remi Wafftart

Le journal était coincé dans la maçonnerie à une quarantaine de mètres de haut, sur la rose centrale
de la façade, là où se tient l'échafaudage

Voilà près d'un quart de siècle qu'il la bichonne, et elle réussit encore à le surprendre. Début octobre, Emmanuel Valenta, tailleur de pierre, chef de chantier à la cathédrale, est tombé sur un exemplaire de l'Éclaireur de l'Est daté du ... 4 septembre 1923. Le journal était coincé dans la maçonnerie à une quarantaine de mètres de haut, sur la rose centrale de la façade occidentale, là où se tient actuellement l'échafaudage. Pour les connaisseurs et pour être plus précis, le précieux papier se trouvait derrière les pieds d'une des deux statues représentant David, lors de son combat contre Goliath. Petit détail, un peu macabre : le quotidien vendu 15 centimes à l'époque contenait les restes d'un pigeon. La preuve, selon notre homme d'humeur goguenarde, que les volatiles « emm ... daient déjà les tailleurs de pierre à cette époque-là ! Quand ils ne nous surprennent pas en s'envolant subitement, ils recouvrent soigneusement nos plus bellés statues avec leurs fientes ... » le cadavre était soigneusement emballé et le tout avait été emmuré dans des gravats noircis, « sans doute des restes du gigantesque incendie du 19 septembre 1914. Les ouvriers n'ont pas pris la peine de descendre tout ça. » Une sorte d'enterrement à moindres frais, à moins qu'il ne s'agisse d'une quelconque superstition... Emmanuel Valenta émet une troisième hypothèse : et si le pigeon avait été apprivoisé.

Jacot le corbeau apprivoisé

Il y a bien eu « Jacot », un corbeau qui accompagnait dans les années cinquante l'équipe de l'entreprise Léon Noël, spécialisée dans les monuments historiques.  « Les anciens m'ont souvent parlé de l'animal. Quand il est mort, ils lui ont taillé un  sarcophage qui est longtemps resté dans nos ateliers. » Dans les années 1990, lorsque les locaux ont été déménagés à Saint-Brice-Courcelles, la dépouille et son cercueil de pierre ont été coulés dans la maçonnerie ... tout en haut de la tour nord de la cathédrale. Un clin d'œil des artisans à leur mascotte.

Emmanuel Valenta n'a pas tous les jours affaire à des cadavres d'animaux. « Mais nous trouvons de petits objets anciens assez fréquemment. Des restes des précédents programmes de restauration. » Et comme Notre-Dame est « un chantier permanent », ils sont nombreux à avoir laissé des traces. « Les journaux étaient beaucoup utilisés pour empêcher le joint de couler entre les pierres, parfois, nous trouvons aussi des restes de repas, boîtes de conserve, os de mouton... Ils enfilaient ça, ni vu ni connu, dans la maçonnerie. Les tailleurs de pierre et tous les corps de métiers qui interviennent sur les monuments ont cette amusante tradition qui consiste à semer-de petits souvenirs au fil de leurs interventions. Il y aurait donc quelques pièces de monnaie coincées sous les gargouilles ou entre les doigts de pieds des marmousets.  C'est plutôt rigolo. On s'imagine la tête des gens plus tard. »

Sa plus belle trouvaille ? « Une pièce à l'effigie de Napoléon Ill. Ça n'a aucune valeur, si ce n'est une valeur sentimentale. » Et le Rémois de confier qu'il planque lui aussi quelques petites « pépites ». Il y a plusieurs années, on raconte que des métalliers ont mis au jour des photos cachées dans une boule de zinc tout en haut des piliers de la porte de Paris à son ancien emplacement. « C'est parti dans les réserves de la Ville ou de la Drac tout ça... »

Le mystère du boulet de canon

 À la cathédrale, « je sais qu'il y a quelque chose derrière la représentation de la lune en plomb (tout le monde croit que c'est un boulet de canon) au niveau de la scène sur le couronnement de la Vierge sur le gobie central. Les ouvriers ne m'ont pas dit ce qu'ils y ont trouvé, ni ce qu'ils y ont laissé... »

Parmi les trouvailles insolites, les artisans dénichent aussi quelques inscriptions sur les « cailloux », puisque c'est ainsi qu'ils appellent les pierres. Le plus souvent des noms avec une date ou de vieux tracés, gravés à la pointe à tracer ou encore au crayon de mine ce qui résiste étonnamment bien au temps. » La plus ancienne date relevée par le chef de chantier : « 1624 » à peu près au milieu de la tour nord. « C'est toujours émouvant de se dire qu'un gars a inscrit ça à l'époque. »

Emmanuel Valenta, 45 ans, est tailleur de pierre depuis vingt-huit ans. Il a débuté son tour de France avec les compagnons du devoir. « J'ai tout fait pour revenir à Reims et travailler sur la cathédrale. Aujourd'hui, je crois que je la connais par cœur. »  Chaque jour, Il revient travailler avec la même passion. Et l'impression d'être un privilégié malgré le vent permanent ou les lourdes charges. « C'est tellement plus beau vu de là- haut. »

Alice RENARD

Extrait de l'union du 22/10/2014

    

    

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La cathédrale de Reims, musée bientôt payant ?

Faudra-t-il bientôt payer pour entrer dans la cathédrale ? Le ministère de la Culture réfléchit à la question. Certaines églises pourraient être considérées comme des musées.


Touristes ou croyants ? Peut-être les deux. Difficile de faire la distinction à l’entrée
Hervé Oudin

Théâtre du sacre de trente rois de France, réalisation majeure de l’art gothique en France, la cathédrale accueille chaque année plus d’un million et demi de touristes. Et si on leur demandait de mettre la main à la poche pour entrer dans l’édifice ?

L’idée peut sembler saugrenue mais lors d’une réunion entre le ministre de la Culture, le Centre des monuments nationaux, et les hauts fonctionnaires en charge du patrimoine, la question des moyens de l’État pour faire face au gouffre que représente l’entretien des cathédrales en France, serait revenue sur le tapis. Un accès payant à Notre-Dame de Paris et d’autres prestigieuses églises aurait été évoqué comme solution au manque de moyens financiers.

Rien n’a encore été décidé sur cette idée sensible. Mais la réflexion est lancée. D’ailleurs, beaucoup de trésors et reliques en France se visitent déjà moyennant finances.

À Reims, accéder aux tours et profiter de la vue exceptionnelle n’est pas gratuit, il faut sortir 7,50 euros. Pour admirer une partie de la statuaire et les riches collections lapidaires qui évoquent l’histoire du monument, il faut encore sortir le portefeuille car beaucoup d’œuvres d’art se trouvent au Palais du Tau (entrée : 7,50 euros en plein tarif). La visite permet de découvrir l’histoire de l’ancienne résidence des archevêques de Reims, étroitement liée à celle de la cathédrale et d’en savoir plus sur les cérémonies du sacre des rois de France qui se sont déroulées dans ces deux monuments.

Nos voisins européens ont déjà eu l’idée de faire payer la visite depuis longtemps. Les Espagnols prélèvent près de 15 euros aux visiteurs de la Sagrada Familia, à Barcelone. L’entrée à la cathédrale de Séville est fixée à 8 euros pour une visite non guidée. Les Anglais ne sont pas en reste pour prélever des fonds. Pour pénétrer dans l’abbaye de Westminster, il faut compter 18 livres pour les adultes, soit 22 euros… L’accès à la cathédrale d’York, le plus grand édifice d’Europe du nord, est aussi payant. Il faut débourser 10 livres ou 15 livres avec montée dans une tour.

Mais alors se posent des questions liées au culte. Par quel moyen distinguer un touriste d’un fidèle venant faire sa prière quotidienne ou brûler un cierge ? Faudra-t-il distribuer des pass aux croyants pour qu’ils puissent aller à la messe ? À défaut de remplir les caisses, l’idée devrait alimenter les conversations.

Pour le père Laurent, l’accès doit rester libre

Tous les fidèles doivent pouvoir accéder aux édifices de culte gratuitement, loi de séparation de l’Église et de l’État de 1905 oblige. C’est ce que rappelle le père Jean-Pierre Laurent, curé de la paroisse Saint-Jacques-Notre-Dame.

« On ne peut pas distinguer si quelqu’un vient pour prier ou s’il entre pour admirer les vitraux de la cathédrale. Sans compter que je suis toujours étonné par le fait que certaines personnes qui viennent pour contempler l’édifice prennent aussi un temps de recueillement. On peut entrer en tant que touriste et être touché par l’élan vers le haut. C’est quelque chose qu’on ne peut pas trop mesurer à l’entrée », argumente le père Laurent. « Et puis, les Monuments nationaux gèrent déjà l’accès au Trésor de la cathédrale au Palais du Tau. La cathédrale n’est pas un simple musée. Elle est un lieu où les chrétiens aiment se retrouver pour prier et cette possibilité doit pouvoir s’offrir à tous. Si les choses allaient plus loin, il serait important qu’il y ait un débat entre le ministère et l’Église de France. »

Par Marie-Christine Lardenois

Extrait de l'union du 29/10/2014

    

    

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Un million d’euros réunis pour restaurer la cathédrale de Reims

Les Amis de la cathédrale ont le sourire. La rénovation de la façade se poursuit grâce à leur implication et celle de centaines de Rémois.


Stéphane et Virginie Lothaire ont offert 1.580 € grâce à leurs Goûters de Reims.

Un tiers de la somme totale. Grâce à la mobilisation des Amis de la cathédrale et de centaines de Rémois, entreprises et particuliers, la rénovation de la Grande Rose a pu être financée à hauteur de 30 %. Soit un million d’euros à mettre au crédit de la générosité publique. « Une participation dont le niveau reste exceptionnel », se réjouit Bernard Poret, président des Amis, entouré d’une cinquantaine de bénévoles très actifs. Cette participation est essentielle, en tout cas, pour compléter les financements de l’État.

Hier, chez Stéphane et Virginie Lothaire, les Amis ont reçu un beau chèque de 1.580 €. Les chocolatiers de la place d’Erlon ont mis de côté 50 centimes sur chaque paquet d’une spécialité de leur invention : les Goûters de Reims, qui allient fameux biscuit et chocolat noir ou au lait.

« Quand nous avons été contactés par les Amis, nous avons pris le temps d’imaginer une recette originale, dévoile Virginie Lothaire, qui a développé des moules et des matrices. Cela nous a semblé naturel d’apporter notre pierre à cette belle initiative. Parce que mon mari est très attaché à ce lieu. Parce que c’est l’emblème de notre ville. »

Deux autres artisans rémois reversent une part de leurs recettes sur certaines de leurs créations : Olivier Biston et la chocolaterie des Sacres. Auxquels se sont joints les Biscuits Fossier, les Verreries de la Marne et le photographe Michel Jolyot. Concerts et conférences complètent la manne.

M. Poret reste très sensible, également, à la mobilisation de ces concitoyens modestes, qui n’ont donné qu’un euro mais pour qui cela représentait un véritable effort. Signe que cette cathédrale occupe une place à part dans la mémoire et l’histoire collectives.

ANNE DESPAGNE

Prochaine conférence des Amis le samedi 27 septembre à 18 h 30 à la cathédrale : « Mobilisation nationale et internationale pour la reconstruction de la cathédrale (1914-1938) », par Yann Harlaut, historien. Entrée et participation libres.

Extrait de l'union du 23/09/2014

    

    

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Notre-Dame reprend des couleurs

L'échafaudage a bien failli lui coûter la peau. Mais grâce à quelques adaptations, le spectacle Rêve de Couleurs à Reims projeté sur la cathédrale reprendra du service cet été.


Rêve de Couleurs revient dans une version adaptée, en raison des échafaudages. Ch. Lantenois

À SAVOIR

*.- Deux séances du spectacle de 25 minutes environ sont proposées par soirée. Rendez-vous sur le parvis de la cathédrale.

*.- En juin, le spectacle aura lieu du vendredi au dimanche, à  23 heures. Première représentation ce samedi 14 juin à 23 heures.

*.- Pendant le mois de juillet [jusqu'au 3 août), la projection sera visible du mardi au dimanche à 23 heures. Et le lundi 14 juillet à 23 heures.

*.- Et au mois d'août, du mardi au dimanche: à partir du 5 août à 22 h 30 ; puis à partir du 19 août à 22 heures.

*.- En septembre, rendez-vous du vendredi au dimanche à 21 h 30. Et samedi 27 septembre à 22 h 30. Dernière représentation : dimanche 28 septembre.

C'est enfin une certitude ! La magnifique mise en lumière de la cathédrale Notre-Dame de Reims, « Rêve de couleurs », conçue par Skertzè, le metteur en scène des patrimoines, à l'occasion du 800' anniversaire de l'édifice, reprendra bel et bien du service cet été. Le doute a persisté jusqu'au dernier moment, en raison de la présence de l'échafaudage installé pour restaurer la statuaire autour de la grande rose. De quoi donner des sueurs froides aux Tour-opérateurs de la région, bien conscients du fait que le spectacle attire les touristes en nombre, 720.000 précisément depuis le lancement du spectacle en mai 2011 ! « Ils nous ont demandé à plusieurs reprises s'il était bien conservé », concède M. Labelle, adjoint à la Culture. Ce sera donc bien le cas, et toujours gratuitement bien entendu, mais sous une forme adaptée en raison des travaux. Explications.

 « Le premier souci qu'on a pu avoir, c'était le filet de protection de l'échafaudage, note M. Labelle. Pour des raisons de prise au vent, nous avions opté pour un équipement qui laissait passer plus de 50 % d'air. Malheureusement, la maille était trop lâche, et entrainait un effet de double projection. » La solution : « Choisir un filet avec une maille plus dense » pour que la projection se fasse plus facilement » et le lester davantage pour éviter qu'il ne s'envole. « Les premiers essais sont concluants », se réjouit M. Labelle.

Autre point qui posait problème : le bardage masquant le portail central et le côté sud. « Skertzô a eu l'idée de projeter des images dessus, dans le même esprit que le spectacle, pour l'utiliser comme un écran, confie l'adjoint à la Culture. Finalement, c'est une nouveauté ! »

Ces adaptations, pensées et longuement testées, pour un rendu des plus satisfaisants, ne devraient donc pas dénaturer l'essence même de cette mise en lumière exceptionnelle de la façade de la cathédrale, classée au patrimoine de l'Unesco, à découvrir dès ce soir, 23 heures. Déjà magique en soi, son architecture, avec ses arcs et ses statues de pierre, est comme transmutée par cette prouesse polychromique et technique qui devrait, cette année encore, attirer de nombreux spectateurs jusqu'au 28 septembre.

Marion DARDARD

Extrait de l'union du 22/09/2014

    

    

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« Reims 1914-1918 - Le martyr de la cathédrale et de la ville »

À SAVOIR

*.- L’exposition « Reims 1914-1918 - Le martyr de la cathédrale et de la ville », organisée par les Amis de la cathédrale, présente 40 photos jusqu'au 11 novembre dans la cathédrale.

 *.- Ce week-end, plusieurs animations sont prévues :

- nocturne « Cathédrale de feu, nuit blanche » au musée des Beaux-arts, aujourd'hui vendredi de 18 heures à 4 heures du matin.

- ce vendredi à 18 heures à la cathédrale, commémoration par le diocèse, suivie d'un commentaire prononcé par l’archevêque et une conférence de Yann Harlaut à 19 heures à la médiathèque

- « Regards archéologiques sur le décor urbain : incendie de la cathédrale de Reims » au musée t des Beaux-arts. ce vendredi de • 18 heures à 4 heures, samedi et . t t ~imamhe de 14 à 15 heures 'et de 16 à 17 heures

- Lecture « Le jour d’après », tours de la cathédrale, demain samedi de 14 h 30 à 16 h 30

- conférence « L'incendie de la cathédrale de Reims » (par Patrick Demouy au Pelais du Tau demain samedi

 
Un obus éclate sur l'échafaudage extérieur, qui s'écroule quelques minutes après. Coll, Michel Thibault

Réparations - Un chantier qui va durer jusqu'en décembre 2016


Ici on posera une copie « ruiniforme » pour remplacer la sculpture disparue.  Lantenois

« Des traces de l'incendie, il y en aura toujours l », plaisanté l'abbé Pinard, spécialiste du patrimoine religieux dans le diocèse, et à ce titre membre de la Drac, direction régionale des affaires culturelles. Plaisanterie ? Ce qui est sûr c'est qu' « un siècle après, il y a encore des pierres qui tombent » sous-entendu, à cause de cet incendie. Cette fois c'est Christian Lécaille qui parle, en tant que directeur de l'entreprise. Léon Noël chargée de l'actuelle restauration. Celle-ci porte sur la grande rose de la façade et tout son entourage. Un chantier qui s'effectue en deux tranches, la première portant sur cet entourage et prévue pour durer jusqu'en mars prochain. Quant à la seconde, elle-sera consacrée à la rose proprement dite, et nous emmènera jusqu'en décembre 2016.

« Le chantier équivaut à un volume de 100 m3 de pierre à changer, explique M. Lécaille, 40 m3 ont déjà été faits, ce qui ne veut pas dire que nous allons changer les 60 m3 restants. » En effet, toute la statuaire dégradée ne connaîtra pas un sort identique. Si certaines œuvres seront effectivement refaites, ce Salomon en prière à moitié détruit par exemple, restera en l'état : ainsi ont tranché les spécialistes au terme d'un débat présenté comme âpre.

Quant à la statue située juste en dessous, et qui elle, a complètement disparu, elle sera remplacée par une « copie ruiniforme », qui aura tout d'un magma indéfinissable et plus rien d'un personnage biblique. Et le Goliath du côté droit, une statue de 5,80 m déposée au palais du Tau, lui, réapparaîtra bien à côté de la rose, mais sous la forme d'une copie de béton.

Vitraux nettoyés au Mans

Quant aux vitraux de la rose, ils seront démontés, expédiés au Mans pour y être nettoyés précautionneusement avant de reprendre leur place. Une fois tout ceci terminé, cela ne signifiera pas pour autant que la restauration de Notre-Dame sera achevée, Avec un bâtiment de cette importance, il y a toujours quelque chose à faire. « Le pinacle de l'amère tombé lors de la tempête de 99 n'est toujours pas réparé », fait ainsi remarquer le vigilant père Pinard. Mais là, l'incendie de 1914 n'y est pour rien.

A.P


Vue prise de la rue du Couchant (actuelle rue des Jacobins], Tout le quartier autour de la cathédrale a brûlé. Coll. Michel Thibault

Témoins des flammes, Albert Londres et Georges Bataille


Georges Bataille avait dix-sept ans lorsqu'il relata l’incendie dans 50n « Cahier Bleu » d'écolier.

Encore adolescent, Georges Bataille, arrivé à Reims à l'âge d'un an, fut témoin de l'incendie de 'la cathédrale. Celui-ci fut décrit sur-cinq pages enfiévrées 'dans ce qui devint le Cahier Bleu, manuscrit acquis par la Ville de Reims au printemps dernier et ébauche de « Notre-Dame de Reims » première publication connue de Bataille parue en 1918. Qu'écrit donc Georges Bataille, alors âgé de 17 ans et sous le choc de la guerre ? « 0 lamentable écrin - basilique sacrée de la France, qu'un peuple magnifie en des pierres sublimes - je te dois de te pleurer - ô .vaincue ! car tu n'es plus que le spectre de ton âme aux milles voies - éternellement silencieuse de tes gloires passées ! »

Ce document de première main, écrit par celui qui deviendra un des plus grands écrivains du XXe siècle, avait été localisé chez un Orléanais désireux de le vendre ; alertée, la Ville, qui lança un appel à souscription auprès des particuliers, en fit donc l'acquisition au meilleur moment, « C'est vraiment fabuleux ! » s'enthousiasmait Sabine Maffre, responsable de la bibliothèque Carnegie (notre édition du 25 mai). Depuis le 12 septembre et jusqu'au 29 novembre, ce précieux Cahier Bleu est à découvrir dans le cadre de l'exposition « Les plumes des tranchées »

Parmi les témoins fameux de la catastrophe du 19 septembre 1914 fut aussi recensé un certain ... Albert Londres, figure titulaire du journalisme. Les 21 et 29 septembre, celui qui a alors 29 ans écrivit deux grands articles dans le quotidien Le Matin. Extrait du second, intitulé « L'agonie de la basilique de Reims » : « Elle est debout mais pantelante... Ce n'est plus elle, ce n'est que son apparence, C'est un soldat que l'on aurait jugé de loin sur sa silhouette toujours haute mais qui, une fois approché, ouvrant sa capote, vous montrerait sa poitrine déchirée. Les pierres se détachent d'elle. Une maladie la désagrège. Une horrible main l'a écorchée vive. Les photographies ne vous diront pas son état. Les photo graphes ne donnent pas le teint de la mort. Vous ne pourrez réellement que devant elle, quand vous y viendrez en pèlerinage. »

Mathieu LlVOREIL

La charpente en chêne et la toiture de plomb s'embrasent en peu de temps. Deux heures et demie seulement s'écoulent entre le début et la fin de l'incendie

du monument, des voix s'élèvent pour transformer la cathédrale en mémorial. Elle sera finalement restaurée. Ce sera le début de travaux titanesques, dirigés par l'architecte Henri Deneux. Notre Dame ne retrouvera son lustre d'antan que vers l'été 1938.

ALICE RENARD

•. Sources : « Reims dans la Grande Guerre » de Michel Thibault et « Reims 19OI0-2000- Un siècle d'événements » de Daniel Péllus.

 

Extrait de l'union du 18/09/2014

    

    

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La cathédrale de Reims poursuit sa rénovation

Bernard Poret, président de l’association des Amis de la cathédrale de Reims, peut être satisfait : les travaux menés sur le plus haut monument de la ville vont bon train. Décidés dès la mi-octobre 2013, ces travaux visent à la restauration de la façade occidentale, largement endommagée par l’incendie du 19 septembre 1914, causé par un obus allemand qui a enflammé un échafaudage en bois situé devant la tour nord de la cathédrale.

Toute cette partie fut largement détériorée. Des statues entières furent réduites en morceaux. Alors, pour restaurer comme à l’identique, les Amis de la cathédrale se sont servi de vieux clichés et dessins. Certains remontaient même à 1870.

Pour la taille des pierres, c’est la société locale Léon Noël qui a été contactée. «  Nous travaillons sur des pierres qui pèsent au minimum 300 à 400 kg  », révèle Christian Lecaille, responsable de l’entreprise située à Saint-Brice-Courcelles. « Nous devons enlever les blocs endommagés, qui sont parfois profonds d’un mètre cinquante. Nous taillons alors de nouvelles pierres puis nous les envoyons à un sculpteur. Ce dernier modèle le nouveau bloc pour qu’il soit identique à l’original ensuite nous le replaçons. C’est vraiment un chantier hors normes, l’un des plus gros financés par le ministère de la Culture. »

Comme les 80 autres cathédrales majeures de France, la propriété est du domaine public. L’État finance donc une grosse part des travaux mais n’est pas le seul. «  Si nous n’avions pas investi un million d’euros pour démarrer le chantier, le ministère aurait repoussé la rénovation d’encore un an, explique Bernard Poret.  Au total, près de 30 % des fonds nécessaires ont été fournis par le mécénat. C’est remarquable. »

Thomas Crouzet

Extrait de l'union du 02/08/2014

    

    

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L'offrande allemande à Notre-Dame

Pour le centenaire de la Grande Guerre, le gouvernement allemand souhaite, selon le ministre Frank Steinmeier, offrir six vitraux de l’artiste Imi Knoebel à la cathédrale.

« Je suis très heureux de cette démarche alors que Notre-Dame de Reims symbolise la réconciliation franco-allemande entre le général de Gaulle et le chancelier Adenauer. Lorsqu’elle est venue le 8 juillet 2012 célébrer avec François Hollande le cinquantenaire de ce geste puissant des deux hommes, la chancelière Angela Merkel avait exprimé le souhait d’offrir un jour prochain des vitraux pour la cathédrale. Ce geste, alors que le 19 septembre prochain il y aura un siècle que les obus allemands ont embrasé Notre-Dame, a un vrai sens », estime Arnaud Robinet, député-maire de Reims.

Professeur d’histoire médiévale à la faculté des lettres de l’université de Reims-Champagne-Ardenne, Patrick Demouy indique : « Cette démarche s’inscrit dans la continuité de la réconciliation franco-allemande. On ne peut pas refuser un tel présent. Cela peut concourir à rendre à une chapelle rayonnante une luminosité propice au recueillement et à la prière. Cela peut être compris aussi comme une volonté de réparer les conséquences dramatiques pour ce patrimoine du bombardement du 19 septembre 1914 et ainsi de montrer que des anniversaires tragiques n’altèrent pas cette volonté contemporaine d’agir ensemble et pour la paix ».

Imi Knoebel a réalisé une composition abstraite dont l’esprit repose sur les couleurs fondamentales, bleu, jaune et rouge en aplats croisés et superposés à l’occasion du huitième centenaire de Notre-Dame. L’artiste s’était ainsi justifié : « Il convient de revenir au langage chromatique d’origine de la cathédrale et de produire une symbiose entre l’ancien et le nouveau ».

Hervé Chabaud

Extrait de l'union du 16/05/2014

    

    

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 La Cathédrale, jolie Belle de Nuit

Ce samedi 24 avril aura lieu pour la première fois à Reims la Nuit des Cathédrales. A cette occasion, Notre-Dame restera ouverte en nocturne, proposant aux visiteurs diverses animations.

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Promeneus de passage ou visiteurs avertis, tous les publics sont visés à travers cette opération en nocturne.

A l’instar de la nuit des musées qui a lieu partout en France, cette nuit spéciale se déroulera simultanément dans sept villes de l’Est. Si Strasbourg, Nancy et Metz accompagneront la Cité des Sacres côté français, les cathédrales de Trèves, Liège et Luxembourg seront également de la fête.

Promouvoir le patrimoine local…

Que chaque Rémois se réapproprie la cathédrale de sa ville, tel est l’un des objectifs de cette soirée spéciale. « C’est avec des évènements de ce type qu’on espère encourager les habitants à sortir. S’ils viennent visiter ce magnifique lieu de nuit, peut-être que cela les encouragera à prolonger leur balade dans la ville après ? ». Confiant sur la réussite de l’évènement, Jacques Cohen, adjoint à la maire en charge du tourisme, espère attirer un public différent des habitués se rendant régulièrement à Notre-Dame. Et pour rendre cette soirée vraiment unique, mairie et office de tourisme ont prévu de nombreuses activités : concert d’orgues, quatre conférences, projection cinématographique, concours de dessin pour les enfants, exposition et visites. Sachez en outre que la crypte de la cathédrale sera exceptionnellement ouverte au public.

 …Dans un contexte délicat

 Cette première Nuit des cathédrales sera-t-elle la dernière manifestation organisée par l’actuelle association de l’Office de Tourisme de Reims. Cette dernière, au coeur d’un désaccord avec la municipalité sur la politique touristique à suivre, devrait disparaître le 27 mai, date du vote du conseil municipal sur son devenir. Jacques Cohen précise à ce propos que si « l’association en place est certaine de disparaître, la question qui se pose est de savoir ce que l’on va en faire : soit une nouvelle association, soit une société d’économie mixte. Ce qui est sûr en tout cas, c’est que les salariés n’ont aucun souci à se faire quant à leur avenir ». Un dossier qui tombe mal car risquant de retarder les futurs projets touristiques de la ville : après la nuit des musées et la participation de Reims à cette première nuit des cathédrales, la municipalité souhaite en effet poursuivre dans la voie de l’animation nocturne en s’attaquant à la « restructuration » progressive d’une quarantaine de places rémoises, manquant à ce jour cruellement de vie la nuit.

Aymeric Henniaux

Nuit des Cathédrales, Samedi 24 avril de 20h à minuit.

Renseignements :

www.nuit-des-cathedrales.org

 Extrait de l'hebdo N° 165  du 23/04/2010

    

    

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 Les gargouilles, ces gouttières qui ont de la gueule !

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" Le théâtre des gargouilles de la cathédrale de Reims "
aux éditions Créer

Figures moyenâgeuses arrimées aux façades des cathédrales, les gargouilles effraient le passant tout en l’amusant. Un ouvrage leur est aujourd’hui consacré. }Il n’y a pas que l’Ange au Sourire, pour attirer l’oeil sur les voûtes de la Cathédrale de Reims, il y a également le sourire qu’on esquisse, levant la tête vers les sommets de l’édifice, à la vue des 88 gargouilles dégueulant sur le trottoir, la pluie s’écoulant des toitures, voire le plomb fondu lors de la Grande Guerre. Christiane Fournier, guide conférencière et Claude Tuot, professeur de français, se sont interrogées sur l’origine et le pourquoi de ces formes historiques. « Les pièces de la façade occidentale sont uniques en France, influencées par les pièces de théâtre qui se jouaient sur le parvis », précise Christiane Fournier. Des radicaux « garg » (gorge) et « goule » (gueule), la simple pierre creusée s’affirmera au fil du temps, subissant de nombreuses restaurations et évolutions. Situées en première ligne face aux déchaînements climatiques (pluie, vent, gel…), les fragiles gargouilles sont en effet souvent remplacées, sans émotion, ni quelconque trace d’archives, s’apparentant parfois à de vagues formes surmontées d’oreilles.

Gare aux gargouilles !

Gardiennes du Bien et figure du Mal les gargouilles guettent, menacent et avertissent, souvent figées en pleine fuite... Sur la façade du XIIIème siècle, riche en scènes bibliques, ainsi pendent dans le vide un rhinocéros, une vache, un dragon et un loup qui, en suscitant la crainte, doivent provoquer dès le porche le repentir du croyant ou l’urgence de la conversion. Sur les flancs nord et sud de la nef, on distingue 14 formes colossales : chiens, vaches, chèvres ou chevaux, tantôt en position de repos ou de sacrifice, tantôt mugissant vers le ciel et prêts à sauter sur les passants. Mêlant ménagerie domestique et fantastique, entre Création, Jardin d’Eden et Arche de Noé, c’est avant tout pour Dieu que l’homme, humble, sculpte ces formes aux détails imperceptibles vus d’en bas et à la symbolique résolument tournée vers le sacré…

Pauline Godart

Une séance de dédicaces sera organisée le samedi 5 décembre chez Privat-Guerlin, place d’Erlon de 16h à 18h et une autre le samedi suivant à la Procure. PATRIMOINE - LIVRE

Extraits de l' hebdo du vendredi N° 143 du 04/12/2009

    

    

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Découvrons le labyrinthe projeté sur le sol de la cathédrale

  INVITATION l En mai 2011, nous fêterons le huitième centenaire du début de la construction de notre cathédrale. Un grand moment de mémoire ! Déjà, dans cette perspective, dès septembre, l'association Prisme, un mécénat d'entreprises, installe dans le triforium un vidéo projecteur qui permet une projection virtuelle du labyrinthe sur le sol de la cathédrale.

Pour tous ceux qui ne pouvaient pas partir en pèlerinage en Terre sainte ou à Rome, ce labyrinthe était une invitation à se mettre tout de même en route et à vivre ici ce qu'ils ne pouvaient pas vivre là-bas.

Il n'est plus. Quel malheur ! Les chanoines ont fait supprimer le labyrinthe de notre cathédrale en 1778. Ils étaient  gênés par le bruit des enfants qui jouaient dessus à la marelle et troublaient ainsi la quiétude et la sérénité des offices ! Ce labyrinthe était pourtant plein de signification.

ll gardait le souvenir, la mémoire des maîtres d'œuvre - on dit aujourd'hui des architectes - qui avaient mis tout leur talent, tout leur génie à ériger cette cathédrale, un des joyaux de l'art gothique (cf. encadré). Et puis, il symbolisait pour tous que la vie sur terre est un pèlerinage sur un chemin ouvert par le baptême.

Jésus nous dit dans l'Evangile : "Je suis le chemin, la vérité et la vie." Chaque croyant est invité à avancer sur ce chemin, à son rythme, avec ses joies, ses périodes de remise en question et de doute, car la foi n'est pas un long fleuve tranquille. Le labyrinthe exprime bien ce chemin long et tortueux de la foi : il faut se mettre en route, il faut parfois chercher son chemin, se remettre en route après une épreuve...

Pas de voie sans issue

Oui, quelle belle image de la foi qui se cherche ! J'aime le psaume 62, prière que l' Église nous invite à réciter chaque dimanche : " Dieu, tu es mon Dieu, je te cherche dès l'aube..." Mais une certitude : il n'y a pas de voie sans issue ! Celui qui s'en donne la peine parviendra au centre du labyrinthe. De même, nous parviendrons tous un jour à la rencontre avec Dieu qui nous ouvrira ses bras de Père.

Le labyrinthe rappelle que, depuis la naissance jusqu 'à la mort, nous sommes tous en marche et, qu'au bout du chemin, Dieu est là, présent, pour nous accueillir pour toujours auprès de lui.

Pèlerinage sur place

Pour tous ceux qui ne pouvaient pas partir en pèlerinage en Terre sainte ou à Rome, ce labyrinthe était une invitation à se mettre tout de même en route et à vivre ici ce qu'ils ne pouvaient pas vivre là-bas. Aujourd'hui, beaucoup redécouvrent les chemins de Compostelle, de Rome ou de Jérusalem. Les pèlerinages ont retrouvé tout leur sens pour beaucoup de personnes qui veulent faire le point et cherchent un sens a tout ce qu'elles vivent.

Aujourd'hui comme hier, ce labyrinthe vient à point : il nous rappelle tous ceux qui ont donné leur savoir-faire, leur génie et leur vie pour que la cathédrale soit le témoignage de tout un peuple et qu'elle reste à jamais le signe de la présence de Dieu au milieu de nous. Il nous rappelle aussi que la foi est un chemin qui aboutit à la rencontre de Dieu qui nous aime et qui nous tend sans cesse la main.

Venons nombreux découvrir ce labyrinthe.

Jean-Marie Guerlin - Curé de la cathédrale

 Le triforium est un passage étroit aménagé dans l 'épaisseur des  murs au-dessus des bas-côtés de la nef d'une grande église. Ouvert sur l'intérieur par des séries d'arcades, il peut être vôuté. ou simplement couvert d'une dalle plate.

Un labyrinthe comme une signature

Ce labyrinthe était destiné, selon une coutume du Moyen-Age, à faire passer à la postérité le nom des artistes qui ont réalisé l'édifice.

L'ancien labyrinthe de la cathédrale représentait les quatre architectes de la cathédrale : en haut, à droite, Jean d' Orbais ; en haut, à gauche, Jean le Loup; en bas à gauche, Gaucher de Reims ; en bas à droite, Bernard de Soissons. Le personnage figurant à la place d'honneur, au centre, était, selon certains historiens, l'archevêque Aubri de Humbert, qui fit construire la cathédrale ou, selon d'autres, Robert de Coucy, qui termina les parties hautes de la façade et fit exécuter le labyrinthe.

Extrait du livre de Daniel PELLUS : "Quand Reims bâtissait des cathédrales. 1962 p. 37

 Extrait du Journal des paroisses du 3° Trim 2009

 

 Renaissance du labyrinthe de la cathédrale de Reims
Et la lumière fut !

  Composé d'une trentaine d'entreprises rémoises tournées vers le mécénat culturel, le club « Prisme » vient, après d'autres réalisations concrètes, de redonner vie au labyrinthe de la cathédrale de Reims sous un aspect cette fois-ci non palpable puisqu'il s'agit d'une projection au sol. L'inauguration a eu lieu samedi 19 septembre, après le concert du New College d' Oxford et en présence de Mgr Thierry Jordan et des nombreuses personnalités ayant répondu à l'appel de Didier Janot, président de Prisme et de l'abbé Guerlin, curé de la cathédrale.

L'histoire de cette réalisation a d'abord été présentée sur écran à partir du relevé de J. Cellier - document conservé à la bibliothèque municipale - concernant le labyrinthe qui existait à Reims, comme à Chartres ou Amiens.

Il rendait hommage au génie des architectes-bâtisseurs. Leurs effigies étaient visibles aux quatre coins. Il a été détruit en 1779, sur ordre des chanoines : ils le trouvaient gênant car les enfants y sautaient bruyamment pendant les offices.

Prouesses

Sa signification revêt plusieurs aspects : pour l'abbé Guerlin, il faut y voir « le symbole de la vie de chacun d'entre nous : un chemin difficile mais où il n'y a pas de voie sans issue »…

Pour Michel Guisembert et les Compagnons du devoir, sa forme octogonale inscrite dans un carré parfait est une prouesse des concepteurs.

La part prise par chacun des acteurs de ce projet a été rappelée, à commencer par Pierre Possémé qui en a eu l'idée il y a 5 ans.

Une pensée a été demandée pour l'Abbé Goy qui avait travaillé sur le dossier.

Trois années ont été nécessaires pour arriver au résultat actuel qui est lui aussi une prouesse : une pièce de 80 kg a été installée - sans blesser la pierre - avec l'aide d'une collerette fixée autour d'un pilier et porteuse d'un chariot mobile sur lequel est fixé le projecteur, comme l'explique Philippe Desplanques, responsable technique : « Il s'agit d'un projecteur à Gobo, avec le tracé du labyrinthe gravé sur la lentille. La difficulté était de projeter au centre de la nef (sur l'espace devant le revers du portail) une image parfaitement symétrique à partir du côté. Le tracé lumineux a dû être corrigé selon divers facteurs, la hauteur en particulier ».

La commande se fait depuis la sacristie et c'est le père Guerlin qui programmera la projection selon les besoins : accompagnement d'événements particuliers, comme par exemple la série des « Chemins de lumière » avec les Amis de la cathédrale.

Un DVD retraçant l'histoire de cette réalisation est en vente au comptoir de la cathédrale au prix de 5 euros.

Extrait de l'union du 24/09/2009 

    

    

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Au chevet de la Cathédrale

Des mesures d'urgence vont être mises en place dans les prochains jours sur une partie de la toiture de la Cathédrale de Reims, victime d'un affaissement de la couverture de plaques de plomb qui met à jour les liteaux de bois. Le plomb qui date des années 20-30 s'est déformé petit à petit à cause des intempéries et a fini par s'effondrer. Un bâchage d'urgence va être rapidement mis en place pour éviter que la pluie pénètre à l'intérieur de ce joyau gothique du XIIIe siècle et un périmètre de sécurité a été fixé dans les jardins de la cathédrale. Il faudra ensuite entreprendre de lourds travaux de rénovation comportant dans un premier temps l'enlèvement d'une vingtaine de tonnes de plomb du toit.

Extrait de Reims-Hebdo du 24-10-2008

    

    

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Entrez dans les cryptes de la cathédrale

  
Le caveau a été aménagé pour les archevêques de Reims qui ont le privilège d'y être inhumés.

La cathédrale de Reims ne livre pas tous ses secrets au visiteur. Trois de ses cryptes lui restent fermées, « essentiellement pour une question de surveillance », indique Patrick Demouy, professeur d'histoire du Moyen Âge à l'université et historien de la cathédrale.
La petite crypte pré-romane est l'endroit le plus ancien de la cathédrale. « Elle a une âme et une histoire », précise Patrick Demouy. Ses chapiteaux et ses voûtes sont sobres. On y trouve un autel aménagé en 1930 et un vitrail d'Henri Katia, réalisé en 1996, pour le quinzième centenaire du baptême de Clovis : « Selon la tradition, cette crypte existait déjà du temps de Saint Rémi. L'historien Flodoard du Xe siècle rapporte qu'il y avait un petit oratoire où Saint Rémi aimait venir se recueillir. Mais les archéologues pensent que le site n'est pas antérieur au XIIIe siècle », explique le professeur d'histoire.

Lorsqu'on a reconstruit la cathédrale carolingienne au Xe siècle la crypte a été comblée une première fois. Elle a été réaménagée au début du Xe siècle par l'archevêque Hervé. Puis, de nouveau rebouchée. Henri Deneux la redécouvre lors des grandes fouilles des années 20 : la petite crypte est restaurée et réaménagée dans le style pré-roman. « Cette crypte est parfois ouverte exceptionnellement pour des célébrations intimes.

Un lieu de sépulture

À côté, l'espace de crypte archéologique : « Ce n'est pas une construction ancienne mais un espace aménagé par Henri Deneux, lors des restaurations. Il permet de voir les fondations des constructions, tel le mur de l'abside carolingienne », observe Patrick Demouy.

Enfin, il y a la crypte des archevêques dans laquelle on peut voir les murs complexes et très massifs des fondations : « Ils datent du XIIIe siècle, mais pour les fondations on réemployait souvent des pierres des édifices précédents. » Certaines des pierres datent de la cathédrale du Ve siècle ou de celle du IXe agrandie au XIIe.

« Ce caveau a été aménagé pour les archevêques de Reims ou les évêques auxiliaires qui ont le privilège d'être inhumés. C'est leur lieu de mémoire. Leurs tombeaux sont modestes par rapport à ce qui existait au XVIIIe siècle. » Au sol, on peut lire très simplement les noms des hommes d'église sur les tombeaux blancs. L'évêque Gourgillion, inhumé en 1998, celui de l'archevêque Jacques Ménager, du cardinal Luçon, de Monseigneur Neveux ou Monseigneur Marmottin.


Le caveau a été aménagé pour les archevêques de Reims qui ont lme privilège d'y être inhumès

Dans cette même crypte, reposent également les corps d'archevêques du XVIe et XVIIe : lors des fouilles, Henri Deneux avait retrouvé quelques anciens tombeaux qui ont eux aussi rejoint la crypte.
Désormais, les prochains archevêques de Reims reposeront dans la crypte archéologique qui a vocation à devenir le prolongement de la crypte des archevêques actuels.

Lucille Pestre

Patrick Demouy est l'historien de la cathédrale.

Extrait de l'union du

    

    

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 La cathédrale se Reims retrouve ses habits de lumière

 L'édifice n'avait pas subi un tel lifting depuis prèsde 30 ans. Le système d'illumination de la cathédrale de Reims a fait peau neuve avec une couleur blanc Champagne qui vient redonner tout son lustre au joyau rémois.


Le coût de ces nouvelles illuminations : 1,3 million d'euros.

 Plusieurs milliers de personnes sont venues assister la semaine dernière à l'inauguration des nouvelles illuminations de la cathédrale de Reims. L'événement était attendu par beaucoup, l'édifice souffrant d'un réel défici td'éclairage depuis plusieurs années allant même jusqu'au noir complet ces derniers mois en raison des travaux d'installation du nouvel équipement.

Le projet qui a été retenu et mis en place est celui d'une lumière blanc Champagne (légèrement doré) qui restitue ainsi la couleur particulière de la pierre.

« Nous avons travaillé sur deux niveaux », a expliqué lors de l'inauguration Roger Narboni, lc oncepteur du projet. « Le premier est celui de la silhouette d«la cathédrale afin que le monument soit visible de loin ». Pour cela, des projecteurs ont été installes sur les cheminées des abords du parvis, de la médiathèque et du palais du Tau. Le principe étant de diffuser une lumière plus faible en partie basse de l'édifice et plus intense en partie haute. La façade esy ainsi visible à 5,5 km.

1.100 pointslumineux

À cette lumière de fond, vient s'ajouter une mise en valeur des détails de la cathédrale grâce à un système de 1.100 points lumineux, de la fibre optique, posés au plus près de la pierre.

Cela concerne l'ensemble de la statuaire, le dessus des portails et la galerie des rois.

Le résultat a été longuement applaudi par les milliers de spectateurs présents vendredi dernier lors de l'inauguration, Il pourra cependant en surprendre quelques-uns. La cathédrale n'est en effet pas illuminée de façon uniforme, les côtés et le chevet étant par endroit dans la pénombre avec surtout les détails mis en avant.

Un choix délibéré de Rogcr Narboni pour qui il s'agissait de présenter une « image plus poétique, plus romantique que du côté de la façade ».

Au total, l'investissement aura été de 1,3 million d'euros pou un coût annuel de consommation électrique estimé à un peu plus de 6.000 euros:


La façade est visible à plus de 5 kilomètres.

 Extraits de VRI - N°248-2008

    

    

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Un site internet pour la Cathédrale

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La Direction régionale des affaires culturelles de Champagne-Ardenne a mis en ligne un site internet consacré à la Cathédrale de Reims. Classé Patrimoine Mondial par l’Unesco, ce monument est présenté sous plusieurs aspects : histoire, architecture, vitraux et fouilles archéologiques. Le site permet surtout aux visiteurs de suivre les restaurations et d’en saisir les enjeux. Au fil des interventions, artisans, artistes et professionnels seront valorisés, ainsi que les actions de mécénat. Des versions en langues allemande et anglaise sont en cours d’élaboration. Adresse :

http://www.cathedrale-reims.culture.fr/

Extraits de VRI - N° 248 - 2008

    

    

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Cathédrale : les auvents prennent le large


À gauche de la cathédrale, les entreprises enlèvent les auvents qui avaient été installés en 1996 pour permettre aux Rémois de voir les fouilles archéologiques.

 Depuis quelques jours, les anciennes fouilles archéologiques de la cathédrale sont en plein chantier.

Une grande grue est arrivée mercredi et les auvents qui couvraient depuis des années les fouilles archéologiques sont en train d'être enlevés par plusieurs entreprises : des « voltigeurs » spécialisés et l'entreprise Léon-Noël de Saint-Brice Courcelles qui est notamment intervenue pour renforcer les piliers des fouilles mais aussi pour créer un mur.

Rue Robert-de-Coucy, à gauche de la cathédrale, les anciennes fouilles archéologiques longtemps laissées à l'air libre (depuis 1996), vont être prochainement recouvertes de dalles de béton.

L'objectif de la DRAC (direction régionale des affaires culturelles) « est double : protéger les vestiges et rendre la rue à la circulation piétonne ». Les travaux consistent en la construction d'une dalle étanche au-dessus des fouilles.

Il s'agit de dalles préfabriquées qui seront disposées dans le sens nord-sud afin de former un plancher.
Un mur de soutènement en béton armé a été réalisé sur toute la longueur de la fouille rue Robert de Coucy.
Des pavés de granit viendront recouvrir le site. Dans quelques jours, les grues vont arriver pour installer les dalles. Les vestiges archéologiques ne seront plus visibles du grand public mais les professionnels pourront toujours y accéder par une porte spécifique.

Le coût - 747 000 euros - est entièrement financé par la DRAC de Champagne-Ardenne et le ministère de la Culture et de la

Communication.

À n'en pas douter, les Rémois vont venir nombreux découvrir le nouveau visage de ce côté de la cathédrale qui va s'éclaircir. Le passage va redevenir piéton.

Les riverains devraient eux aussi apprécier le changement car les auvents qui couvraient le site archéologique n'étaient pas franchement beaux.

Qui plus est, ils servaient souvent de réceptacle aux détritus amenés par le vent !

Les travaux doivent durer jusqu'à la fin du printemps. Dès mercredi prochain, les premières plaques devraient être posées.

P.B.

Extrait de l'union du 18/04/2008

    

    

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Un nouveau parvis pour cadeau !

Livré en temps et en heure après 16 mois de travaux, le nouveau parvis de la Cathédrale devrait dynamiser la vie du centre ville et devenir un véritable lieu de vie.


Cathédrale : un bel écrin pour Noël

Une fois n’est pas coutume, des travaux ont été achevés dans les temps avec la finalisation du nouveau et magnifique parvis de Notre-Dame.


Le nouveau parvis dévoile un nouvel espace plus vaste et lumineux.

Classée patrimoine mondiale par l’UNESCO, la Cathédrale de Reims dispose désormais d’un parvis digne de ce nom. Les travaux auront duré 16mois et coûté près de 5,9 millions d’euros pour une restructuration et une rénovation totale. Conçu par les architectes du cabinet rémois Thiénot et Ballan, associé à leur homologue espagnol José Ignacio Linazasoro, le nouveau parvis a été officiellement inauguré mardi matin par Jean-Louis Schneiter, maire de Reims, accompagné pour l’occasion d’une cohorte d’élus, Adeline Hazan et Catherine Vautrin en tête. L’ensemble des adjoints de l’actuel premier magistrat de la ville était également présent pour ce qui était certainement l’une de leur dernière grande sortie collective. Il faut dire que si les grands projets sont le plus souvent source de discorde, celui concernant le parvis de la Cathédrale a fait l’unanimité. Et si les grincheux peuvent toujours trouver à redire, force est de constater que le nouveau parvis est une réussite. Hier, celui-ci était ramassé sur lui-même, encerclé par les voies de circulation automobile. Aujourd’hui, le parvis de Notre Dame s’étale de tout son long, clair et lumineux, découvrant une vaste place publique, bien plus chaleureuse et accueillante et de surcroît totalement dévouée aux piétons.

Le respect de l’Histoire

Les architectes ont oeuvré afin de retrouver l’esprit des lieux à partir d’un plan datant du XVIIIème siècle. « Nous avons voulu redonner vie à ce site historique afin que les touristes » explique l’architecte Nicolas Thiénot. « On souhaite que les habitants reprennent possession des lieux ». Un premier espace situé au pied du monument rétablit le parvis gothique initial. Au-delà, le projet reprend le tracé du plan médiéval, où les maisons détruites au XIXème siècle sont remplacées par deux terrasses latérales plantées de tilleuls et entourées par des bancs en pierre. A cela s’ajoute un aménagement global en pente douce afin de donner au lieu une certaine théâtralité tout en renforçant la perspective et la grandeur de la façade de l’édifice. Mais la métamorphose ne s’arrête pas là. Le parvis de la Cathédrale ouvre de nouvelles perspectives sur le Palais de Justice, le Palais du Tau, l’Office de Tourisme et la médiathèque Jean Falala. Cette dernière a d’ailleurs profité de l’évènement pour officialiser son « nouveau » nom en hommage à celui qui fut maire de Reims de 1983 à 1999.  Sous le regard de son fils Francis Falala, c’est son ancienne épouse Huguette, émue, qui a symboliquement dévoilé la plaque nominative.

Bientôt d’autres travaux

Mais aussi réussi soit-il, le parvis de la Cathédrale de Reims ne constitue que l’élément principal de ce grand chantier visant à redonner toute sa splendeur à ce quartier historique. En effet, d’autres travaux sont encore prévus et pourraient débuter dès 2008. Toutes les rues entourant l’imposant édifice subiront à terme un lifting et seront traitées dans un esprit piétonnier. Ce sera le cas de la rue du Cardinal de Lorraine qui longe le Palais du Tau et ce, bien qu’ouverte aux voitures. Sur l’autre flanc de la Cathédrale, la rue de Coucy va voir ses fouilles enfin rebouchées rendant un peu plus encore d’espace aux piétons. Toujours dans cette idée de restituer les lieux aux flâneurs, la place du Chapitre devrait à terme n’être accessible que par la rue Carnot, la rue du Préau deviendrait également piétonne. Quant à l’idée de créer une nouvelle artère, partant de l’entrée du musée des Beaux-arts jusqu’au parvis via l’ancienne caserne des pompiers, il semble que le projet soit toujours d’actualité, celui d’une brasserie à l’emplacement de l’ancien garage suit son cours.

Un théâtre à ciel ouvert

Appelé à devenir un lieu de vie et de festivité, le parvis de la Cathédrale attend maintenant le jugement des Rémois. Ceux-ci pourront d’ailleurs « tester » cette nouvelle place dès le samedi 22 décembre lors de deux représentations d’un spectacle son et lumière, l’une à 17h et l’autre à 19h. Intitulé « L’enfant lumière », celui-ci prendra la forme d’un conte de Noël moderne s’adressant à toute la famille. Projections d’image sur la façade de la Cathédrale, marionnettes géantes, effets lumineux et chanteuse en direct devraient constituer une magnifique mise en scène pour l’inauguration populaire de Notre Dame.

Julien Debant.

 
Le Palais de Justice s’offre maintenant au regard des flâneurs.

Extrait de l'hebdo du Vendredi - 20/12/2007

    

    

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Son et lumière à la cathédrale

Retenez votre samedi 22 décembre. Un spectacle inédit, du genre son et lumière, sera donné samedi 22 décembre 2007 sur le parvis de la cathédrale. Le spectacle dure une vingtaine de minutes ; il met en scène des marionnettes géantes et une chanteuse, et utilise largement des effets lumineux et techniques. Il y a deux représentations : à 17 et 19 heures. Et c'est gratuit. À cette occasion toutefois, le Secours populaire vendra des boissons chaudes pour ses bonnes œuvres.

Extrait de l'union du 17/12/2007

    

    

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Le nouveau parvis se dévoile

 


L'idée était de recréer un écrin autour de la cathédrale, sur le modèle de l'ancien plan du 18ème siècle

C'est demain que doit être inauguré, après 16 mois de travaux, le nouveau parvvis de la cathédrale entièrement rénové et restructuré. Coût des travaux : 5,9 millions d'euros.

        Il a plutôt fière allure. Certains se le sont d'ailleurs déjà appropriés que ce soit en s'asseyant sur les bancs de pierre du square pour y flâner ou en empruntant les petites pentes en pavé qui font le bonheur des vélos… Le nouveau parvis de la cathédrale est une réussite.

Certes on pourra toujours trouver le côté face à la médiathèque un peu épuré avec des lampadaires modernes tranchant avec les lieux… Mais on a tellement été habitué à un gris généralisé dans certains aménagements du centre ville que les différentes touches de couleurs (granit notamment) et l'aménagement du square donnent un véritable cachet à ce parvis. Celui-ci doit être inauguré demain matin après 16 mois de travaux.

Le projet

Transformer le parvis en une véritable place publique… Tel était l'objectif de la ville et des architectes. Pour cela l'espace a été rendu aux piétons. Deux ans de travaux étaient initialement prévus. L'intégration dans le planning du chantier des travaux des fouilles archéologiques a permis de gagner 8 mois sur le calendrier initial pour un budget total des travaux de 5,9 millions d'euros.

Les aménagements

L'idée était de recréer un écrin autour de la cathédrale, sur le modèle de l'ancien plan du 18e siècle. Un premier espace situé au pied du monument, rétablit le parvis gothique initial. Au-delà, le projet reprend le tracé du plan médiéval, les maisons détruites au 19e siècle sont remplacées par deux terrasses latérales plantées de tilleuls. Le périmètre de ces terrasses est entouré de bancs en pierres. Pour ajouter une certaine théâtralité au lieu, le parvis est partiellement aménagé en pente douce, ce qui renforce la perspective et la grandeur de la façade de l'édifice.

Circulation

La circulation y est désormais interdite aux voitures comme aux bus. La seule rue qui sera ouverte aux véhicules à terme est la Cardinal de Lorraine qui passe devant l'office du tourisme et qui donne sur le flan gauche de la cathédrale (les fouilles qui se trouvent à cet endroit sont en train d'être rebouchées).

D'autres travaux prévus

Le parvis de la cathédrale ainsi que les rues Rockefeller et Fuseliers terminés, il reste encore certains secteurs à aménager. C'est le cas notamment de la rue Tronsson-Ducoudray dont les travaux proprement dits pourraient commencer en 2008. Accès principal au parvis depuis le secteur commercial de la ville, les architectes y préconisent l'implantation d'espaces commerciaux en rez-de-chaussée afin d'animer l'espace. De nouvelles plantations d'arbres permettront de mettre la largeur de la rue en rapport avec les deux nouvelles rues créées aux environs (la première en direction de la rue Chanzy et la seconde vers l'Office de tourisme).

Grande fête le 22 décembre

Le nouveau parvis est appelé à devenir un lieu de festivité. Le Téléthon 2007 l'a d'ailleurs déjà investi début décembre alors que les travaux n'étaient pas terminés. Les fêtes johanniques y trouveront aussi sans doute une place de choix en juin prochain. En attendant, un grand rendez-vous populaire est proposé ce samedi 22 décembre avec un conte de Noël en son et lumières avec projections notamment d'images sur la cathédrale. Deux représentations gratuites sont programmées, l'une à 17 heures et l'autre à 19 heures.

G. A.-T.

 
La statue de Jeanne d'Arc à été légéremznt repositionné pour optimiser une perspective depuis le parvis vers la façade du Palais de justice.

 Extrait de l'union du 17/12/2007

    

    

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La beauté retrouvée du portail nord 

Les travaux de restauration dureront trois ans pour un investissement de 4 M€...


30 mètres d’échafaudages ont été installés sur le portail nord. 

 « La restauration du portail nord de la façade occidentale de la cathédrale commence dès maintenant, les échafaudages sont en place », déclare Guy Fievet (sur la photo), ingénieur des services culturels à la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles). Les travaux doivent durer trois ans pour un investissement de 4 millions d’euros pris en charge entièrement par l’Etat. « Nous allons dans un premier temps attaquer le gable du portail, c'est-à-dire la partie haute triangulaire et ouvragée. Ensuite, nous travaillerons sur le dessous sculpté abritant toutes les petites statues. Enfin, il restera à embellir la partie basse du portail », précise Guy Fievet. Le portail nord a été abîmé durant la première guerre mondiale. Le 19 septembre 1914, un bombardement a mis le feu à un échafaudage en bois resté en place sur la façade.

 « L’incendie a fragilisé la pierre. Nous allons essayer de restaurer à l’identique de l’état le plus ancien que nous connaissons. Il nous faut redonner son identité à l’édifice, ne surtout pas réparer trop neuf pour ne pas donner un effet Disneyland », souligne l’ingénieur de la DRAC. D’autres travaux sont envisagés à moyen et long terme. La prochaine étape consisterait à restaurer la rosace grâce au soutien financier de l’association des amis de la cathédrale, un mécène très actif. « Sur un plan purement sanitaire, il serait également urgent de se concentrer sur le chevet. Nous devons changer les pierres et protéger les vitraux. Beaucoup de statues sont aujourd’hui maintenues par des barres d’échafaudages, la situation devient délicate », insiste Guy Fievet. Dans cette restauration de grande ampleur, la DRAC explique procéder étape par étape car « un monument historique n’est pas un monument classique, surtout s’agissant de la cathédrale de Reims qui possède l’un des statuaires les plus importants de France ».

 Extrait de VRI N° 243 de 12/2007

    

    

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Cathédrale : les anciennes fouilles recouvertes


Les travaux de couverture viennent de débuter. Ils doivent durer jusqu'au printemps prochain.
Christian Lantenois.

Rue Robert de Coucy, à gauche de la cathédrale, les anciennes fouilles archéologiques longtemps laissées à l'air libre, vont être recouvertes de dalles de béton.

La couverture des fouilles de la rue Robert de Coucy a deux objectifs pour la direction régionale des affaires culturelles dont dépend le chantier : protéger les vestiges, par la fermeture du site archéologique – tout en permettant son accès aux spécialistes – et rendre la rue Robert de Coucy à la circulation.
Les travaux consistent en la construction d'une dalle étanche au-dessus des fouilles. Il s'agit de dalles préfabriquées, disposées dans le sens nord/sud qui formeront un plancher.

Elles reposeront « sur un ensemble de longrines dont les unes, au sud, prendront appui sur l'arase du mur Deneux, et les autres, au nord, sur un complexe formé de micropieux forés et tubés », explique encore la Drac.

Un mur de soutènement en béton armé, de 30 cm d'épaisseur environ, sera réalisé sur toute la longueur de la fouille, côté rue Robert de Coucy, mais sera interrompu pour préserver les maçonneries anciennes du massif nord-est.

Au-dessus, les revêtements de sols prévus (route et trottoir) sont ceux qui existaient avant les fouilles : des pavés de granit.

Des thermes antiques

Ces travaux de fouille avaient mis au jour des structures archéologiques sur près de 6 m d'épaisseur. Elles ont permis de retracer l'évolution du site depuis le XVIIIe siècle jusqu'au début du 1er siècle de notre ère.
Les thermes, établissements balnéaires publics, occupaient le site à l'époque romaine. Les fouilles ont permis de mettre au jour
« d'imposants murs, des installations de chauffage par le sol (hypocaustes) dans des pièces de grandes dimensions et des piscines telles qu'elles sont connues dans les monuments comparables des villes romaines.

Cet ensemble monumental a été reconstruit au moins une fois, d'après les observations faites sur le terrain et conformément aux indications fournies par une inscription antique découverte au XVe siècle qui mentionne la reconstruction des thermes grâce aux largesses de l'empereur Constantin le Grand, au début du IVe siècle ».

Un des objectifs de l'opération était d'« étudier un bâtiment comprenant une salle circulaire, inscrite dans un plan carré, pouvant être le baptistère de l'église primitive du Ve siècle ». Les fouilles, reprises en 1993, ont aussi permis d'établir que les vestiges appartenaient « à une phase de construction des thermes romains, antérieure aux remaniements du IVe siècle et de retrouver, sous la cathédrale actuelle, les vraies installations baptismales au milieu des substructions du massif occidental de l'église carolingienne, immédiatement à l'ouest de l'église primitive ».

747.000 € de travaux

Deux imposants murs ont été mis au jour à l'est de la fouille. L'un datant de l'époque mérovingienne et l'autre de l'époque carolingienne mais « leur fonction n'est pas déterminée avec certitude. Au Moyen Âge, le site se trouvait à l'intérieur de l'enclos du Chapitre. Plusieurs murs et une glacière circulaire en sont les principaux témoins. »

Les vestiges archéologiques ne seront plus visibles pour le grand public mais les professionnels pourront toujours y accéder par une porte spécifique. Les travaux doivent durer jusqu'à la fin du printemps 2008. Le coût, de 747.000 €, est entièrement financé par la Drac de Champagne-Ardenne et le ministère de la Culture et de la Communication.

Extrait de l'union du 29/11/2007

    

    

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 La nouvelle vie du parvis !

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Engagée depuis moin d’un an, la première tranche des travaux de réfection du parvis de la Cathédrale touchera au but à la fin de cette année. À suivre une seconde phase qui concernera les abords de l’édifice proprement dit.

Un parvis tout neuf comme cadeau de Noël !

 Des travaux débutés en juillet dernier, la première tranche de réfection du parvis de la Cathédrale devrait être achevée en temps et en heure. Livraison prévue pour la fin de cette année.

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Des ouvriers à l’ouvrage pour terminer cette première tranche de travaux dans les temps.

La proposition des architectes retenus pour le projet d’aménagement du parvis de la cathédrale consistait à récréer un écrin autour de l’édifice, sur le modèle de l’ancien plan du XVIII ème siècle, époque où le monument était entouré d’un bâti urbain proche et serré. L’objectif étant de transformer le parvis en une véritable place publique accueillante tant pour les Rémois que pour les touristes et devenir ainsi un lieu de vie. Pour le moment, travaux obligent, c’est vrai que pour les badauds et les riverains, emprunter le parvis tient plus du parcours du combattant que de la promenade romantique. Car pour aller admirer les vitraux de Chagall, il faut cheminer entre les palissades sans se retrouver dans un cul-de-sac, sinon, votre mission sera de rebrousser chemin, puis au détour d’un engin de terrassement, d’essuyer une larme due à la poussière soulevée par les bourrasques de vent. L’adage mentionne qu’il faut souffrir pour être beau, à ce rythme, les Rémois vont tous devenir des gravures de mode ! Néanmoins, pour couper court à l’incompréhension des touristes étrangers ou des vacanciers, des panneaux signalétiques traduits en plusieurs langues ont été installés aux quatre coins du chantier. L’Office de Tourisme, tenant compte des remarques, est sur le pied de guerre, en liaison presque permanente avec l’hôtel de Ville pour rectifier ou améliorer le confort des visiteurs. Des entretiens réguliers et des visites entre commerçants et municipalité ont également été organisés pour minimiser les nuisances.

Un chantier en plusieurs phases

La première tranche opérationnelle concerne le parvis proprement dit ainsi que les rues Rockfeller et Fuseliers. Pour un montant de près de 5 millions d’euros, cette première tranche de travaux qui s’étend sur 2 ha devrait s’achever d’ici la fin de l’année. « Nous sommes dans le bon timing d’autant plus que les fouilles archéologiques devraient se terminer à la fin du mois de juin » explique Florence Mobuchon, adjointe au Maire, en charge de la voirie. Pour mémo, outre la réfection du parvis proprement dit, les principales caractéristiques du projet consistent en la création de deux terrasses plantées de tilleuls de chaque côté du parvis, de la création d’une promenade autour de la Cathédrale, d’un repositionnement de la statue de Jeanne d’Arc sur le parvis et de l’utilisation de matériaux (dalles et pavés en pierre et granit) dans l’esprit du site. Pour ajouter une certaine théâtralité au lieu, le parvis sera partiellement aménagé en pente douce, ce qui renforcera la perspective et la grandeur de l’édifice.

Pour la seconde phase, le reste des aménagements (rues Tronsson Ducoudray et Guillaume de Machault) fera l’objet de commandes d’études détaillées afin d’envisager une programmation des travaux à partir de 2008. Viendront ensuite les aménagements du Cours Anatole France, zone de prédilection de stationnement des cars, ainsi que des rues de Courcy et Cardinal de Lorraine. Mais l’un des faits majeurs du chantier sera la création d’une rue à travers l’ancienne caserne des pompiers pour désenclaver le parvis. Une voie nouvelle, au dessin volontairement irrégulier dans un esprit médiéval pour établir une liaison directe entre le musée des Beaux Arts et la Cathédrale. Le nouveau parvis devrait devenir une place publique à part entière offrant une diversité d’ambiances associant jardins et architecture.

Pour tous renseignements sur les travaux en cours : www.ville-reims.com

Plus d’images et réactions sur www.lhebdoduvendredi.com

Olivier Michaux


Voilà à quoi ressemblera le parvis de la Cathédrale, agrémenté de jardins, une fois les travaux achevés
(vue donnant sur le Palais de Justice).

« Vivement la fin ! »

Aucun dédommagement pendant la période des travaux, les commerces de vins, spiritueux et spécialités régionales situés de part et d’autre du parvis font grise mine. « Depuis que les travaux ont débuté en septembre, on note une baisse de la fréquentation et une chute du chiffre d’affaires. Entre nuisances sonores, problèmes de stationnement et de circulation, beaucoup de touristes passent sans rentrer dans le magasin » explique Sébastien, employé dans le magasin « le Parvis ». Même son de cloche pour Alexandre qui a repris, il y a deux ans « La cave des sacres ». « Depuis août dernier c’est l’enfer, quand ce n’est pas la boue, c’est la poussière qui rentre partout, même si pour moi, ça va un peu mieux, car c’est terminé devant mon pas-de-porte ». Quoi qu’il en soit, un permis de construire semble avoir été accordé pour la construction d’un immeuble de 4 étages (alors que les autres édifices alentour n’en comportent que deux) en lieu et place de l'ancienne station-service en regard de la médiathèque. Une brasserie et des logements devraient voir le jour. De nouveaux travaux et d’autres nuisances en perspective lors que le parvis sera terminé !

 Bizarre.

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Parvis de la cathédrale rénové, légèrement incliné pour mieux apprécier la perspective de l’édifice.

Extraits de l' hebdo du vendredi N° 34 du 25/05/2007

    

    

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Tout ce qu'il faut savoir sur les cathédrales

Qu'elles soient romanes, gothiques ou d'une architecture d'une surprenante modernité, ces grandes églises résument près de deux millénaires d'histoire


Le médiéviste rémois Patrick Demouy est incollable sur les cathédrales. Benjamin SEGURA

Comment ces cathédrales ont été construites ? Comment ont-elles été aménagées ? Quel est leur rôle et leur place dans la cité 7 Autant de questions auxquelles répond Patrick Demouy, professeur d'histoire médiévale à l'université de Reims Champagne Ardenne dans un « Que sais-je ? » prompt à vous rendre incollable.

Lorsqu'on arrive dans une grande ville, la cathédrale est l'église que l'on aperçoit nettement depuis toutes les entrées de la cité. C'est dire combien elle est au cœur de l'espace urbain. Eglise de l'évêque, elle est d'abord un lieu de prière et de culte, mais elle peut disposer d'une dimension politique à l'exemple de celle de Reims où bien des rois de France ont été sacrés et à laquelle est associée une image de 1962, symbole de la réconciliation franco-allemande.

La cathédrale est aussi devenue une destination touristique pour mieux découvrir les richesses architecturales et patrimoniales qu'elle abrite. On visite celle de Laon, d'Amiens, de Reims, on admire la Façade de celle de Chalons-en-Champagne parce qu'elles possèdent une personnalité, bénéficient de vitraux exceptionnels et d'une statuaire méritant d'être bien comprise.

Suivez le guide

Patrick Demouy détaille toute la vie induite par la cathédrale par la place qui est donnée aux clercs et par les missions en son sein et dans son immédiate périphérie. Cette église peut tisser autour d'elle une vie intellectuelle brillante, la formation des futurs serviteurs de Dieu et l'existence d'espaces de charité.

Le formidable élan dont elles ont bénéficié remonte à la seconde moitié du XII° siècle et la quasi totalité du XIII° siècle. L'époque qui suit est plus consacrée aux aménagements, à quelques rectifications ou plus simplement à l'achèvement de ces chantiers énormes.

Cette dynamique pour construire est indissociable de la renaissance des villes expliquée en son temps par Georges Duby.

Si l'on voit grand, c'est qu'on imagine que " l'essor urbain va durer. 6.650  m2 à Reims, 8.000 m2 à Amiens alors que le pays est à plus de 90 % rural est surprenant, mais les travaux des champs au cours des saisons se retrouvent souvent sur le portail des cathédrales. Avec des plans et un glossaire à l'appui, l'auteur montre que la cathédrale illustre aussi les écritures et fait, par ses représentations, de la pédagogie pour les Evangiles. On y discerne maints épisodes de l'Ecriture.

Les façades sont souvent polychromes, mais plus rien ne reste de cette réalité si ce ne sont les projections en couleur que peuvent admirer les Amienois ! On y joue parfois des drames liturgiques comme à Reims vers 1250 avec l'exemple de la résurrection dans les contreforts encadrant la grande rose et évoquant les témoins du matin de Pâques.

Que dire encore du sens donné à la galerie des rois a Paris, Amiens et Reims ! Bref, Patrick Demouy signe un opuscule dense et intelligent, utile auxiliaire du visiteur candide face à ces cathédrales qui n'ont ainsi plus guère de mystères.

    

    
Que ce soit à Amiens (photos du haut) ou à Reims, les cathédrales sont devenues une destination touristique incontournable
Photos :
Christian LANTENOIS 

Hervé Chabaud

Palrick Demouy, « Les cathédrales », PUF, 128 p., 8 euros.

Extrait de l'union du 27/04/2007

    

    

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La belle se dévoile

Enveloppée d'un halo de lumière, qui souligne avec élégance ses précieux détails architecturaux, la cathédrale de Reims offre une toute nouvelle « lecture » au public.

Au cœur de Reims, la cathédrale arbore fièrement sa nouvelle parure et se laisse admirer par les passants subjugués. Depuis fin octobre, ces derniers peuvent en effet redécouvrir l'édifice sous un tout autre jour, grâce à une mise en lumière en deux tons, qui valorise I'ensemble du bâtiment, tout en soulignant les détails les plus importants.

La communauté d'agglomération Reims Métropole a confié cette mise en lumière à Roger Narboni et son agence « Concepto ». Deux ans de préparation ont été nécessaires, entre études et essais, pour mettre au point ce projet. « Nous avons notamment vérifié la couleur de l'éclairage, sur trois travees du flanc sud », explique Roger Narboni.

Nous devions voir si la pierre réagissait bien à cette teinte, et c'était le cas. Nous avons ensuite eu la surprise de découvrir que cette couleur s'appelle "blanc Champagne" ! »


La galerie des rois illuminée

Alpinistes en action

Après les essais grandeur nature, place à l'installation. Les concepteurs ont fait appel à une équipe d'alpinistes pour installer les éclairages. « Des alpinistes qui sont finalement plutôt des spéléologues, puisqu'ils sont descsndus en rappel depuis le haut de la cathédrale », explique Roger Narboni. Au sol, techniciens et électriciens s'affairaient également. Au total, ce sont quelque 230 projecteurs et 110 générateurs qui ont été mis en place pour l'occasion. «La plus grande quantité de matériel étaît constitué de fibres optiques. Cela repréente 13 kilomètres de fîbres, pour 1100 terminaux lumineux ». Autant de terminaux qui viennent souligner tel ou tel détail de l'imposante architecture de la cathédrale, pour lui donner de la profondeur.

Roger Narboni raconte que, « lors des premiers essais en juillet, de nombreux passants s'allongeaient sur le parvis pour admirer la cathédrale illuminée. Îl est vrai que, grâce à cet éclairage, on porte un regard différent sur ce monument, on redécouvre les choses, Là, on voit un ange, ici un animal fantasmagorique... et on repart en se disant : Je n'avais jamais remarqué qu'il y avait un rhinocéros sur le portail ouest ! C'est un vrai bonheur de pouvoir faire découvrir tout cela au public. »

Illuminer, oui, mais en respectant 1'environnement

Lors de la phase de conception du projet, l'agence Concepto a veillé au respect de l'environnement, aussi bien du point de vue de la consommation d'énergie, que de ce que l'on appelle la « pollution lumineuse ». « Nous sommes très comrients de cette problématique, explique Roger Narboni. La consommation électrique du système d'éclairage est faible pour un monument de cette taille seulement 37 kw. De plus, nous avons placé les projecteurs au plus près de l'édifice, de manière à concentrer la lumiére, Ainsi, tous les faisaux sont dirigés vers la cathédrale, il n'y a pas de pollution vers le ciel ». Ce tout nouvel « habillage » de Notre-Dame de Reims a également amené les concepteurs à harmoniser les éclairages voisins, pour une parfaite osmose, et le projet de mise en lumière du parvis de la cathédrale s'inscrira également dans le prolongement de cette illumination.

La cathédrale n'a pas fini de profiter de ses nombreux admirateurs...

LA CATHEDRALE DE REIMS, C'EST :

- 6650 m² de superficie

-  Une hautenr des tours de 81m

- 2302 figures sculptées.

- Une frise de 56 monarques.

- 22 clochetone-tabernacles.

- 4 grandes roses.

- 80 Fenêtres.

- 3900 m² de vitrages dont1500 m² de vitraux colorés

 Extrait de LA MARNE>LE Mag N° 07 du 02/2007

    

    

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