La cité du CHEMIN VERT  


L'Eglise - La Maison commune


La Maison commune : elle abritait à l' origine des bains-douches, une salle des fêtes, une école ménagère,
un club, une bibliothèque et l' administration de la cité-jardin

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Cité-jardin

 

 

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La Presse

 

 

"100 Monuments du XX° Siécle"

La maison commune du Chemin Vert, une véritable petite fourmilière
Vincent Marcoup, de la Comédie à la maison commune du Chemin Vert

Françoise gardienne de l’église  au cœur du Chemin Vert 

Pour certains habitants du Chemin Vert, la vie n’est plus supportable 

Le Chemin Vert, un si joli village au cœur de la ville


Plus de 10 M € pour la cité-jardin

La cité-jardin du Chemin Vert, l'esprit « village »
Cent ans de vie au Chemin-Vert, ses habitants racontent
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Nécropole

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 En 1912, un groupe de patrons et de philanthropes désireux de permettre aux ouvriers d'accéder à des logements de qualité décident de créer une société anonyme d'habitations à bon marché : elle s'appellera le Foyer rémois. Sa conception est confiée à l'architecte Jean-Marcel Auburtin, dont le goût pour l'architecture régionaliste s'accorde parfaitement avec l'esprit des premières cités-jardins, qui prône un habitat individuel inscrit dans un paysage pittoresque.

Bâtie sur un terrain de 30 hectares, la cité du Chemin-Vert comporte six cents logements répartis dans quatorze types de maisons isolées ou groupées et dotées de jardins de 300 mètres carrés. Couvertes par de grandes toitures en tuiles et revêtues de crépi, elles s'alignent le long de rues qui convergent vers une place centrale où se trouve la maison commune, abritant à l'époque bains-douches, bibliothèque, salle des fêtes, etc.

Malgré la similitude des maisons, toute monotonie est évitée grâce à la variation des implantations, des formes des pignons et des couleurs des boiseries. Les clôtures et les jardins sont agrémentés de troènes, de vigne vierge et de lierre tandis que les voies de circulation les plus importantes sont plantées de marronniers, de tilleuls et d'acacias. Cette végétation à la fois luxuriante et domestiquée contribue à l'unité de l'ensemble et participe à son charme.

 
Placée dans l' axe d' entrée de la cité, l' église Saint Nicaise, coiffée d' une puissante tour lanterne octogonale, présente extérieurement une certaine rusticité.

 

 

 

Pour la décoration intérieure de l'église, le Foyer rémois fit appel à des artistes de renom, dont Maurice Denis. Elle fait figure aujourd' hui de véritable musée de l'Art Déco.

 

 
 

De même que les différences d' implantation, le jeu des jumelages influe sur l' allure pittoresque de la cité. Parfois isolées, les maisons sont régulièrement regroupées par deux, trois ou plus.  Equipée d'écoles et de commerces, la cité possède également une église dédiée à saint Nicaise, dont la décoration exceptionnelle en fait un véritable musée du style Art déco. Son aspect extérieur assez rustique tranche avec l'intérieur orné par des artistes tels que les peintres Gustave-Louis Jaulmes et Maurice Denis, le ferronnier d'art Raymond Subes, les sculpteurs Emma Thiollier et Roger de Villiers et le verrier René Lalique qui réalisa les vitraux, les lustres et la colombe du Saint-Esprit en verre moulé. .Toujours propriété du Foyer rémois, la cité du Chemin-Vert a été l'objet d'une importante opération de réhabilitation. Elle a depuis recouvré le lustre de la cité d'origine, qui dans les années vingt fut montrée en exemple et visitée par de nombreuses personnalités.

 Façades principales où, comme ici, les pignons alternent le long des rues pour éviter une monotonie que la similitude des maisons aurait pu engendrer. 

Extraits de "100 Monuments du XX° Siécle"

 Photographies : O. RIGAUD

   

   

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La maison commune du Chemin Vert, une véritable petite fourmilière

Après l’église, la maison commune était l’autre bâtiment essentiel dans le projet   de Georges Charbonneaux au Chemin Vert. Les choses y ont beaucoup changé.


Ce jour-là, un atelier de taille de pierre se déroule l’après-midi, alors qu’un concert avec des dizaines de musiciens est prévu le soir.

En ce dernier jour, Hervé, l’un des deux gardiens de la maison commune du Chemin Vert, accepte avec beaucoup de gentillesse de m’offrir une petite visite personnelle des lieux. Comme Françoise Guillart pour l’église, l’homme a les yeux qui brillent en me montrant le dédale de salles qu’on a du mal à soupçonner quand on voit la maison de l’extérieur. Mon guide n’officie que depuis quelques années ici, mais il est tombé sous le charme. Il me montre par exemple des éléments anciens, des enluminures ou des tables et chaises d’époque de la bibliothèque. Celle-ci répond au souhait de Georges Charbonneaux en termes de culture et d’éducation populaire. La bibliothèque comprenait à l’origine 4 000 ouvrages pour adultes, puis une section pour enfants, selon le modèle parisien de l’Heure joyeuse. Aujourd’hui, la bibliothèque est toujours aussi bien achalandée. Et comme le confirme la bibliothécaire, « les gens viennent aussi d’autres secteurs de la ville » , confie-t-elle. Il est vrai qu’une adhésion dans une bibliothèque permet de bénéficier de livres dans toutes les bibliothèques de la ville.

LES BAINS DOUCHES FERMÉS À LA FIN DES ANNÉES 30

La visite se poursuit au sous-sol du bâtiment. Ici, se trouvaient 41 cabines de douche et huit salles de bain. Mais elles n’étaient guère utilisées, alors les bains douches ont été fermés à la fin des années 30. Aujourd’hui, on trouve une salle de danse notamment et un dojo à la place. À l’arrière, disposant d’une entrée propre, se niche la salle des fêtes que les habitants du quartier peuvent, bien entendu, utiliser pour leurs rendez-vous familiaux. Et sur le côté, on découvre encore un gymnase avec un plafond très haut. « Si bien qu’un jongleur vient régulièrement s’entraîner ici » , assure Hervé. Il faut ressortir pour entrer dans une salle située en bas, à l’avant de la maison commune : il s’agit du fameux atelier bois. Avant, on y fabriquait des petits bateaux qu’on allait tester sur des plans d’eau. Aujourd’hui encore, le lieu est utilisé pour travailler cette matière noble.

La maison commune est une vraie petite ruche. Le jour de ma visite, des jeunes participent à un atelier de taille de pierre organisé par la Ville. En même temps, plusieurs dizaines de musiciens arrivent pour un concert qui doit être donné le soir. Des habitants regrettent tout de même le cercle où l’on pouvait se retrouver. Il avait été créé pour que ces messieurs n’aillent pas trop dans les cafés. « Depuis que la Ville a repris la main, il y a effectivement beaucoup de culture, mais on a peut-être perdu le côté social. On n’a pas de maison de quartier », estime un riverain. Ce changement est intervenu en 2012. Et ceux qui vont aux spectacles ne sont pas forcément du quartier. « Comme il n’y a pas de place pour stationner, ils se garent un peu n’importe où. » Le Chemin Vert, c’est vraiment un village.

Vingt-neuf associations y sont accueillies

En dehors de la bibliothèque, des spectacles et des ateliers de pratiques artistiques, la maison commune du Chemin Vert accueille 29 associations. Elles proposent de nombreuses activités en couvrant un champ très large. Des activités culturelles et artistiques comme le chant choral ou non, le théâtre, la peinture, la BD, les danses du monde, le qi gong, les majorettes, la musique irlandaise, le cirque et la revue. Des activités sportives, comme la gymnastique ou le fitness. Des activités de loisirs, comme le Scrabble, la peinture sur porcelaine, les jeux de cartes, le tricot, la généalogie, la menuiserie, etc. Et des activités sociales, petite enfance et méditation. Le mieux est d’aller voir sur place à partir de septembre car la maison commune est fermée en août.

Merci aux Foye

Les habitants du Chemin Vert s’appellent les « Foye » parce qu’ils résident dans le quartier du Foyer rémois. Je tenais particulièrement à les remercier pour leur accueil où le tutoiement est parfois venu très rapidement et naturellement. Les dialogues ont souvent été d’une grande franchise où l’on sentait poindre à chaque fois la fierté de ces habitants pour leur quartier à nul autre pareil.

Yann LE BLÉVEC

Extrait de l'union du 03/08/2018

Vincent Marcoup, de la Comédie   à la maison commune du Chemin Vert 

Chargé du projet culturel et social, il a su répondre aux attentes du quartier.


Reims Autre personnage central du quartier du Chemin Vert, après Françoise Guillart hier, Vincent Marcoup tient la barre du paquebot qu’est la maison commun
e.  

Ce qu’il aime ou pas dans ce quartier 

À la question, ce que vous aimez le plus dans ce quartier ? Vincent Marcoup répond sa qualité de vie, son côté village. Ce qu’il aime le moins ? « Son côté village également ! », poursuit-il avec le sourire en s’expliquant : « Comme dans tous les villages, quand les gens se font la gueule... c’est pour la vie ! »

Pour ce quatrième volet sur le Chemin Vert, c’est notre correspondante, Françoise Lapeyre, elle aussi un peu amoureuse du quartier, qui officie. Elle a rencontré Vincent Marcoup, le directeur de la maison commune. Né à Reims, ce dernier fait partie en 1991 de l’équipe qui monte la Comédie. Il en est le secrétaire général de 1996 à 2002. Directeur de production de diverses compagnies, il travaillera avec plusieurs metteurs en scènes, régionaux et nationaux. Il nous parle de son travail mais aussi du quartier.

Fin 2012, vous êtes recruté pour assurer la direction de la maison commune du Chemin-Vert. Votre mission ?

En tant que chargé du projet culturel et social, c’est de m’occuper des pratiques artistiques amateurs avec une volonté forte de prise directe sur la proximité du quartier et d’ouverture de la structure sur la ville. Je savais qu’il y avait, en filigrane, l’éventualité de l’inscription à l’Unesco. Pour moi, ce projet, c’était une sorte de page blanche d’une dimension importante et je me sentais de taille à l’affronter.

Vous arrivez. Vos premières impressions ?

Ma première image ? Un quartier très vert, accueillant, apaisant. Mais je me suis vite rendu compte, que je m’attaquais à une sorte de mont Everest ! Un bâtiment abîmé, vieillot, 2 000 m 2 de locaux : j’avais l’image d’un paquebot rouillé, à quai, qu’il faut remettre à flot ! Je me disais : si j’arrive à tenir, ça ira ! Très vite, la question ne s’est plus posée : j’ai une équipe formidable, ça m’a porté tout de suite. Et dans le quartier, les gens m’ont suivi immédiatement.

C’est la seule fois où on avait un tel portrait intimiste de tout un quartier sur 90 années d’existence
Vincent Marcoup

Parlez-nous de ce quartier ?

C’est une cité-jardin qui repose sur l’idée de la famille, avec des valeurs très fortes, un quartier communautaire qui ne reflète pas du tout la diversité des origines et des cultures. Les gens sont sans préjugés, mais ce qu’ils ne supportent pas, c’est la sottise !

Le projet urbanistique a porté ce quartier vers le haut : on est plus heureux ici que dans des quartiers « verticaux ». Il faut du temps pour y être accepté.

Une anecdote : je me gare régulièrement à la même place, devant la maison d’une dame, qui se met à sa fenêtre chaque matin. Il a fallu 6 mois pour qu’elle m’adresse la parole. Depuis, il ne se passe pas un seul jour sans qu’on se tape la discute ! Ici, on trouve des personnes qui ont de vraies richesses, comme ces assistantes maternelles, qui participent à des ateliers de théâtre d’objets et d’ombres pour raconter des histoires aux petits.

Comment sont associés les riverains à la vie du quartier ?

L’inscription de la maison commune aux journées du patrimoine date de mon arrivée. On a organisé une visite guidée humoristique du quartier. On a fait appel aux habitants pour une énorme exposition photos ! Un succès : 998 photos ! C’est la seule fois où on avait un tel portrait intimiste de tout un quartier sur 90 années d’existence. J’organise toujours les évènements en collaboration avec les habitants. On apporte un appui logistique aux fêtes des associations, mais on les laisse organiser.

Pour présenter la saison, je mets en place une soirée la plus rassembleuse possible, à l’image du quartier : c’est pour ça qu’on l’appelle l’apéro d’automne. 30 à 40% des habitants y participent. De plus en plus de publics de toutes générations viennent aux spectacles, fréquentent la bibliothèque, 30 % des habitants des quartiers Chemin-Vert-Europe-Clémenceau sont inscrits à nos ateliers de pratique artistique.

Vos choix de programmation ?

Ici, j’ai la sensation de faire bouger un curseur d’un côté entre danse country et majorettes - une forme d’art populaire et je l’assume - et de l’autre vers « Voix du monde » avec l’Opéra, jazz avec Jazzus ou concerts de musique classique avec Euphony. Mon travail, c’est aussi être une caisse-enregistreuse des projets et préférences, amateurs et professionnels et d’harmoniser tout ça sur le calendrier de la saison.

Françoise LAPEYRE

Extrait de l'union du 01/08/2018

Françoise gardienne de l’église  au cœur du Chemin Vert 

Le Chemin Vert dispose de son joyau avec l’église Saint-Nicaise. Françoise Guillart   en connaît toutes les histoires et aiment la faire découvrir aux visiteurs. 


Françoise Guillart assure la visite de l’église tout comme des membres des Amis de l’église Saint-Nicaise du Chemin Vert.

En ce troisième jour, j’ai rendez-vous avec Françoise devant l’église Saint-Nicaise. À mon arrivée, la dame est déjà en train d’ouvrir la porte. Je lui emboîte le pas, découvrant pour la première fois l’intérieur de ce monument unique, aux couleurs orthodoxes et byzantines. Françoise Guillart, elle, prend soin d’allumer toutes les lumières. Avant de me parler, elle souhaite que je puisse voir l’édifice sous son meilleur jour. Je remarque en premier le grand Christ de l’abside où dominent l’or et le bleu. « C’est l’œuvre de Gustave Jaulmes. Il était protestant, son père était pasteur. Il a aussi œuvré au temple du boulevard Lundy, mais cela a été recouvert » , me confie Françoise.

Elle me fait vite comprendre cependant que la rareté se trouve ailleurs, en me désignant les verrières de Lalique. « Nous sommes les seuls à posséder du Lalique. Les verrières ont été coulées dans des moules et elles ont été pressées. Aujourd’hui, ce sont des fausses car elles bougeaient lors d’une tempête. Et elles ont été enlevées par précaution. » On trouve aussi des lampes et une colombe qui sont l’œuvre de René Lalique. L’église, conçue par l’architecte Jean-Michel Auburtin, a été, elle, construite très rapidement. C’est la décoration intérieure qui sera davantage soignée. Georges Charbonneaux, fondateur de la cité du Chemin Vert et du Foyer rémois, fait intervenir les artistes les plus réputés de l’époque, en particulier ceux impliqués dans le renouveau de l’art sacré qui marque cette après Grande Guerre.

On trouve ainsi aussi des toiles marouflées des chapelles latérales. « Sur le tableau de la Sainte famille, le peintre a inclus Jeanne Chatelin, la fille de Georges Charbonneaux, et ses quatre enfants » , glisse malicieusement Françoise Guillart. Une descendance qu’elle a vu souvent à l’église. Elle ne tarit pas d’éloges sur le baptistère réalisé également par l’artiste un peu plus tard. Cela fait vingt ans que Françoise guide les visiteurs. « Au début je venais à la messe, puis au catéchisme avec les enfants. Je me suis attachée au lieu. » En 1999, c’est la fameuse tempête. Des tuiles sont emportées.

L’eau s’infiltre. Françoise passe son temps à nettoyer et en profite pour écouter les visites distillées par Paul Grave. « Un jour, où il y avait beaucoup de monde, il m’a dit : lance toi ! » Françoise se rappelle de l’eau qu’il y avait partout, même dans l’orgue Rinkenbach qui possède un nombre incroyable de tuyaux. Depuis, le Foyer rémois, à qui appartient l’église, a fait des travaux de restauration, les peintures abîmés notamment ont retrouvé de leur splendeur. « On vient du monde entier pour admirer notre église, des Américains, des Australiens... Je me rappelle de cinéastes japonais arrivés à huit heures du matin, de ces visiteurs qui restent pétrifiés en passant la porte d’entrée. » Des messes sont encore célébrées les 1er , 3 e et 5 e dimanches. « Les gens du quartier sont très attachés à leur église, pour les cérémonies de la vie notamment. Et même s’ils ont quitté la quartier, ils tiennent à ce que leur enterrement ait lieu ici, dans leur église » , insiste Françoise.

Une forme de croix grecque  

L’église Saint-Nicaise dispose de cette particularité de posséder une forme de croix grecque et d’avoir un style byzantin. « C’est en l’honneur de Saint-Nicaise qui était d’origine grecque » , explique Françoise Guillart. C’est lui qui fonda une église consacrée à la sainte Vierge, sur les vestiges de laquelle s’élève notre cathédrale. « Un jour, les vandales voulaient massacrer tous les Rémois qui s’étaient réfugiés dans la petite cathédrale » , raconte Françoise. « Saint-Nicaise s’est avancé et ils l’ont décapité. C’est alors qu’il a attrapé sa tête dans les mains et qu’il l’a portée jusqu’au lieu de son tombeau. Les Rémois ont été sauvés et la cathédrale aussi. »À noter que la même journée, les barbares ont aussi massacré sa sœur, sainte Eutropie, et ses diacres saint Jocond et saint Florent. Saint-Nicaise est le patron de la ville de Reims. Fêté le 14 décembre

Yann LE BLÉVEC

Extrait de l'union du 01/08/2018

Pour certains habitants du Chemin Vert, la vie n’est plus supportable 

Cambriolages, incivilités… Des habitants du Chemin Vert en ont assez et estiment que le quartier a beaucoup changé et pas forcément en bien


Certains habitants évoquent un manque de respect de certains jeunes et pointent encore 23 dépôts de plainte pour des cambriolages ces derniers mois.

Club de foot et city stade 

Certains jeunes du quartier essaient aussi de se prendre en main, sans être toujours aidés. Ils ont créé une équipe de foot qui s’entraîne aux Thiolettes. Des jeunes qui ont aussi obtenu l’installation d’un city stade place du 11-Novembre il y a quelques années. « Aujourd’hui, des jeunes disent qu’il n’y a rien, mais ils devraient eux aussi avoir un projet plutôt », estime un jeune du quartier.

Au deuxième jour de cette semaine au Chemin Vert. Ils sont une dizaine d’habitants à m’attendre place du 11-Novembre, le fameux endroit stratégique du quartier. Je suis en retard et je les prie de bien vouloir m’en excuser. Mes interlocuteurs, à vrai dire, sont plutôt remontés. « On est là parce qu’on ne peut pas laisser dire que tout va bien dans le quartier » , lancent-ils. On trouve notamment des membres de l’association des habitants du Chemin Vert. Ils tiennent une permanence tous les jeudis à la maison commune. « Et on n’entend parler que des cambriolages ou des incivilités. Les habitants en ont assez ! » Ici, les gens assurent que 23 dépôts de plainte pour des vols ont été recensés en quelques mois.« Ils opèrent en plein jour. Il y a même une fois où la personne était chez elle. » Un couple qui est né dans le quartier dans les années 50 est même prêt à déménager. « J’ai fait 22 ans de bénévolat à la maison commune, tout ça pour me faire cambrioler. J’en suis malade. Ils m’ont pris ma collection de montres. Depuis, je ne vais plus au théâtre (NDLR : au sein de la maison commune), j’ai trop peur qu’ils recommencent » , raconte cet homme qui en a gros sur le cœur. Il évoque aussi une dame à qui on a pris la montre de son fils, « le seul souvenir qu’elle avait de lui » .

Mais il n’y a pas que les cambriolages qui agacent ces habitants. Ce sont aussi certains jeunes qui monopolisent la place du 11-Novembre jusqu’à très tard le soir. « Ils vont un raffut du diable avec leurs deux-roues. Ils n’ont aucun respect. Quand on leur dit quelque chose, on se fait insulter » , soupirent-ils, évoquant aussi les verres de bouteilles cassées que l’on trouve ici ou là. « On va demander à ce qu’on enlève la table de ping-pong. Personne n’y joue et elle leur sert de bar. D’autant qu’elle est située près de l’aire de jeux pour les petits. » Parmi les jeunes pointés du doigt, certains seraient extérieurs au quartier. « Le quartier s’ouvre, mais cela n’a pas que des avantages. Ils demandent une salle, mais la dernière fois qu’ils en ont eu une, ils l’ont brûlée. » La maison commune porte ce jour-là encore les stigmates d’une porte qui a été brisée. « S’il faut, on va essayer d’organiser une réunion avec les jeunes et leurs parents, ce n’est plus possible. Nous aussi, on se retrouvait sur la place quand on était jeunes, mais quand nos parents nous disaient d’arrêter, c’était fini. » La question du respect est avancée. « Le respect, il doit aussi parfois être dans les deux sens, des aînés vis-à-vis des jeunes également. Ils ne sont pas nombreux à faire le bazar, ce sont des gamins, on ne peut pas parler avec eux » , glisse un jeune, présent parmi mes interlocuteurs. Ces habitants espèrent des caméras au niveau de la maison commune. Ils souhaiteraient aussi un médiateur dans le quartier. « Le problème encore, c’est que la maison commune n’est plus un centre social, cela a changé les choses. » Avant, il y avait le cercle où l’on pouvait se retrouver aussi. « Aujourd’hui, même les jardins, parfois, ne sont plus entretenus. On a la chance d’avoir des maisons avec des loyers à 400, 450 euros. Cela se mérite. » Au pays du Chemin Vert, tout n’est pas toujours rose. Et comme dans un village, les tensions y sont souvent exacerbées.

On ne censure pas les cambriolages

Cette rencontre avec les habitants est aussi l’occasion de parler du journal avec eux. Et ces derniers ont une réelle incompréhension. « Pourquoi n’avez-vous pas parlé de tous ces cambriolages ? C’est parce que le quartier est classé Unesco et que cela la ficherait mal ? » Évidemment, jamais nous ne mettons sciemment une information sous le tapis, même si on nous demandait de le faire. Si ces cambriolages n’ont pas eu l’honneur de nos colonnes, c’est que personne ne nous en a parlé, à commencer par les habitants. L’occasion de rappeler que vous, lecteurs, êtes nos premiers informateurs. Nous comptons sur vous pour nous alerter quand il se passe quelque chose. Nous vous en remercions.

Yann LE BLÉVEC

Extrait de l'union du 31/07/2018

Le Chemin Vert, un si joli village au cœur de la ville

Parmi l’une des plus grandes cités-jardins ouvrières de France, au Chemin Vert, tout   le monde se connaît ou presque. Des familles sont là depuis le début, il y a presque cent ans.


Patricia Grain est arrivée dans le quartier quand elle avait deux ans. Elle s’occupe notamment de la Gazette du Chemin Vert.

Pour commencer ma semaine au Chemin Vert, j’avais rendez-vous au bar Le Fontenoy avec Patricia Grain, celle qui s’occupe de la Gazette du quartier. Une feuille qui existe tout de même depuis 1933. « On croise souvent beaucoup de monde du quartier ici » , me dit-elle. Elle est arrivée au Chemin Vert en 1969 quand elle avait deux ans. Son père travaillait alors à la verrerie Charbonneaux. Du nom de l’homme qui a imaginé cette cité-jardin ouvrière. « Il a d’abord fondé le Foyer rémois en 1912, puis après la Première Guerre, alors qu’il faut reloger les habitants, il se lance dans ce projet social » , un brin utopique. La cité n’est pas destinée qu’à ses ouvriers, mais les règles sont strictes. Pour bénéficier des petites maisons avec deux chambres et un jardin de 300 m 2 , il faut être marié, avoir au moins quatre enfants, ayant moins de 14 ans. Georges Charbonneaux a fait appel au paysagiste Édouard Redont et à l’architecte Jean-Marcel Auburtin pour édifier cette cité qui verra le jour en quatre ans seulement, une belle prouesse.

617 MAISONS SUR 30 HECTARES

617 maisons exactement sont bâties sur 30 hectares de la colline Saint-Nicaise, sans oublier la maison commune et la fameuse église. On parle alors du quartier Charbonneaux. « On dit qu’on parlait aussi du chemin vers, celui qui allait vers telle direction. » Et à la suite d’une erreur administrative, cet îlot verdoyant serait finalement devenu le Chemin Vert. Pour Jean Grain, il est impossible de trouver un endroit où il pourrait être aussi heureux. « Je me rappelle des coqs qui chantaient un peu partout, il y avait un parfum de campagne, une vraie solidarité entre les habitants. » Si on avait besoin de quelque chose, il suffisait de demander aux voisins et les gens se retrouvaient souvent devant les maisons pour manger ensemble. Aujourd’hui, il n’y a plus que 1 500 habitants au lieu de 3 000 dans le passé. « Plus de 500 ont au-dessus de 60 ans. » Certains jeunes continuent cependant d’aimer leur quartier, comme celui qui a créé un club de football. Il y a aussi cet enseignant de l’école Pommery qui emmène ses élèves à la bibliothèque du quartier et qui aimerait bien trouver une maison au Chemin Vert. Un quartier à nul autre pareil où les gens s’interpellent d’un jardin à un autre par leur surnom. Un quartier classé récemment au patrimoine de l’Unesco. « Nous avons été le volet social qui manquait pour obtenir l’inscription » , insistent les habitants. Du reste, ici, on voit un car touristique régulièrement véhiculer les estivants au milieu des maisons, faisant le tour de la place du 11-Novembre, le cœur du Chemin Vert.

Il ne reste plus beaucoup de commerces


Au salon de coiffure, on ne partirait pour rien au monde.

Les habitants se rappellent du temps où il y avait une boulangerie, une boucherie, la Poste, deux épiceries… Les habitants avaient droit à des réductions. Si bien qu’avec le jardin et la basse-cour, les gens vivaient un peu en autarcie. Aujourd’hui, il ne reste pratiquement plus aucun commerce, seuls des artisans subsistent ainsi qu’une auto-école ou un salon de coiffure. Chez ce dernier, les dames, néanmoins, ne partiraient pour rien au monde. « Je préfère être ici qu’au centre-ville, il y a une fidélité, des liens qui se créent », explique la patronne. Elle est arrivée il y a environ six ans. « On a eu un vrai coup de cœur. On s’est vite intégrés », sourit-elle. Et dans la boutique, il y a des gens du quartier, mais pas que. Avec l’école juste en face, il y a beaucoup de passage.

Yann LE BLÉVEC

Extrait de l'union du30/07/2018

   

   

  Répertoire  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

Plus de 10 M € pour la cité-jardin

La rénovation de la cité du Chemin Vert entamée.il y a 16 ans, va se terminer. Les travaux vont s'étaler jusqu'en 2024.


En plus da replacement du bitume et de la reprise des trottoirs, le chantier comprend la remise aux normes des réseaux souterrains, l’enfouissement des réseaux aériens, la modernisation de l'éclairage public et le remplacement des signalétiques. Remi Wafflart

L'ESSENIlEL

*.- Construite au lendemain de la Première Guerre mondiale par le Foyer rémois, la cité-jardin du Chemin Vert comporte 617 logements, de 14 types différents sous forme de petites maisons de style alsacien, habitées dès mars 1922.

*.-  Fin des années 90, la rénovation d'une moitié de la cité est réalisée.

*.-  En 2014, la cité reçoit le Label Patrimoine du 20° siècle. Une distinction du ministère de la Culture récompensant les bâtiments originaux.

*.-  Le 4 juillet 2015, la cité est classée au Patrimoine de l'Unesco, au titre des Coteaux, maisons et caves de Champagne. La dernière phase de réhabilitation est donc relancée.

*.-  Les travaux vont s'étaler de 2017 à 2024 : 400.000 m² à réaménager, 2,4 km de routes à reprendre... Un chantier qui s'élève à 10 millions d'euros pour la Ville. Le Foyer rémois, propriétaire d'une partie des trottoirs et de quelques allées va devoir aussi participer financièrement.

Classée au patrimoine de l'Unesco, une partie de la cité a pourtant triste mine. la voirie est dans un état pitoyable, les plaques de rues sont illisibles, les réseaux sont vétustes ... Construite dans les années 1920,Ia cité-jardin avait fait l'objet d'une grande opération de rénovation, à la fin des années 90. Sous les mandats de Jean Falala et de Jean-Louis Schneiter, la moitié de la Cité avait ainsi été réhabilitée. La seconde devait suivre, mais n'a finalement jamais été programmée. Les locataires qui se sentaient délaissés vont devoir encore attendre même s'ils ont maintenant de quoi se tranquilliser car la rénovation de ce quartier engagée depuis 16 ans va enfin se terminer. Le chantier est d'importance : 10 millions d'euros doivent être engagés par la municipalité soit le budget annuel de la Ville consacré à la réfection de la voirie. Le Foyer rémois, propriétaire des trottoirs et de quelques allées, va devoir aussi mettre la main au pot.

LA VILLE ANNONCE 7 ANS DE TRAVAUX

La Ville a prévu 7 ans de travaux. « L'année 2016 a été consacrée aux études et à la définition précise du projet, en accord avec l’Architecte des bâtiments de France. Il a fallu travailler avec le bailleur social pour que [es travaux qui lui incombent puissent être réalisés en même temps », détaille Valérie Beauvais, l'adjointe au maire de Reims, en charge de la voirie.

En quoi va consister précisément ce chantier ? « C'est plus de 40.000 m2 d'aménagement à réaliser et 2,4 kilomètres de linéaire à traiter », fait savoir Valérie Beauvais. En plus de revoir l'enrobé, il faut aussi reprendre les trottoirs, les cheminements piétons ; le chantier comprend aussi la remise aux normes des réseaux souterrains l’assainissement, eau potable, gaz), mais aussi l'enfouissement de ce qui reste encore à réaliser en terme des réseaux aériens (électricité, téléphone), la modernisation de l'éclairage public ainsi que le remplacement des signalétiques. Une rénovation qui se fera en harmonie avec la première phase réalisée. « On va aussi sécuriser les abords des écoles, en créant des zones de rencontres avec des dos d'ânes pour faire ralentir la circulation.» Certaines rues ou allées un peu étroites vont passer en sens unique, « ce qui permettra de créer aussi des places de stationnement pour laisser libres les trottoirs car les piétons ont parfois du mal à passer », ajoute encore Valérie Beauvais.

Les abords de l'église Saint-Nicaise seront repensés. « Nous avons de plus en plus de touristes qui viennent la visiter. On prévoit un aménagement pour le stationnement des bus », termine l'élue.

LES AUTRES POINTS

Un quartier qui va rester verdoyant

L'état phytosanitaire d'une partie des arbres sur le secteur inquiète la municipalité. Les vibrations liées aux travaux pourraient les fragiliser davantage ... l'adjointe au maire en charge de la voirie se veut rassurante : d'autres arbres seront replantés.

Deux rues refaites en 2017

Le chantier va démarrer en 2017 par la rénovation d'une partie de l'avenue de la Marne et l'allée des Violettes. Les travaux débuteront à l'été. La Ville de Reims devrait débourser pour les premières années : 500.000 €/an pour mener à bien ce chantier.

Sur sept ans quatorze rues vont faire peau neuve

Voici la liste visée par les travaux: l'avenue de la Marne, l'allée des Violettes, l'avenue de la Somme, l'allée des Mamans, l'allée des Chèvrefeuilles, l'allée des Marguerites, l'allée des Bons-Enfants, l'allée de l'Argonne, l'allée de la Bonne-Humeur, l'allée des Bleuets, l’allée de la Prévoyance, l'allée de l'Amour Maternel, l'allée des Coquelicots et l'allée du 132 RI.

Aurélie BAUSSART

Extrait de l'union du 12/04/2015

   

   

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La cité-jardin du Chemin Vert, l'esprit « village »

C'est une sorte de quartier idéal, une « utopie » tout droit sortie de l'entre-deux-guerres. Espace de sociabilisation doté d'équipements collectifs, cette cité-jardin témoigne d'un patrimoine original.


Construite à la périphérie de la ville, la Cité-jardin du Chemin Vert a, commencé à sortir de terre au début des années 1920.La caractéristique de ce quartier réside dans l'attachement que l!Jiportent ses habitants. Remi Wafflart

Des maisons aux volets colorés de caractère régionaliste dans un style se rapprochant du modèle alsacien ou franc-comtois avec des toits à grandes croupes. Des noms de rues en référence ~ la Grande Guerre, mais aussi de manière plus atypique, qui renvoient à des sentiments ou à des valeurs à . l'image de l'allée des Bons-Enfants, des Mamans, de la Prévoyance. Au centre, une sorte d'agora, une vaste esplanade servant de lieu de rencontres et de terrain pour la pratique d'activités ludiques et sportives. Autour de cette place, les bâtiments de la Maison commune et de la Maison de l'enfance rayonnent. Bienvenue à la cité-jardin du Chemin Vert, havre de paix. en cœur ·de ville. Retour sur un concept né dans l'entre-deux guerres où l'idée-force pourrait se résumer simplement : la conciliation du bâti et du végétal, du rural et de l'urbain avec la réunion de deux pensées; le musée social d'une part, qui réfléchit à la condition ouvrière, et le catholicisme social, d'autre part, qui pense que l'homme n'est pas qu'une machine.

Loger les ouvriers

« En Europe, le XIX° siècle est marqué par l'essor industriel. «Reims, qui connaît une forte tradition lainière depuis le Moyen-Âge, va subir la révolution industrielle de plein fouet car elle n'était pas prête, comme certaines villes du Nord, à encaisser des apports, successifs et abondants de population. Entre 1825 et 1915, la population municipale passera de 25.000 habitants â 115.000 », indique Dominique Potier, auteur de plusieurs ouvrages dont Reims 1919-1930, reconstruire la cité. Mais au milieu du XIX° siècle, il n'est pas du ressort de la municipalité d'œuvrer pour l'habitat. Les conditions de vie des ouvriers vont se révéler déplorables. Au surpeuplement s'ajoutent des problèmes d'hygiène et d'insalubrité.

Il faudra attendra 1894, et la loi Siegfried, pour que toute une batterie de textes législatifs permettent le développement d'une politique de logement social en France. Par la suite, la création de sociétés d'Habitations à Bon Marché (FiBM) est autorisée avec la possibilité pour ces dernières d'utiliser les fonds de la Caisse des Dépôts pour le financement des programmes immobiliers. Il faudra cependant attendre 1912 pour que soient institués des offices publics communaux et départementaux d'HBM. C'est dans ce contexte que s'inscrit la création du Foyer rémois.

Naissance du Foyer rémois

En 1912, l'industriel Georges Charbonneaux juge les conditions favorables pour créer la première société d'HBM, à Reims, avec pour objectif d'accueillir les familles nombreuses. Il s'entourera de patrons, d'industriels et de financiers pour que sa démarche aboutisse. « L'idée consiste bien à reconquérir la  natalité en France, en perte de vitesse, alors que l'Allemagne, puissance rivale, connaît le phénomène inverse Il, souligne Dominique Potier. Georges Charbonneaux va puiser-son inspiration sur le modèle britannique Qui a fait ses preuves outre-Manche.

L'esprit anglais

Avant la Première Guerre mondiale, il se rend donc en Angleterre pour visiter des cité-jardin Sur le modèle de celles conçues par Ebenezer Howard, qui avait théorisé, à la fin du XIX° siècle, le concept des « garden cities », véritables villes nouvelles bâties à la campagne pouvant regrouper jusqu'à 30.000 personnes. Elles devaient avoir toutes les fonctions nécessaires (emploi, services, éducation, culture ... ). Dans un pays en pleine expansion urbaine et industrielle, cet urbaniste britannique voulait offrir une alternative à l'entassement des ouvriers vivant dans des taudis.

« Une guerre qui change tout (e La destruction à 57 % de la ville au sortir de la guerre va bouleverser la donne en matière de construction de logements sociaux et Georges Charbonneaux va utiliser les dommages de guerre comme levier pour construire des édifices dans Reims », explique M. Potier. « Charbonneaux installera tout ce dont il rêvai : dans la cité-jardin du Chemin Vert : la logique de vision entre les maisons où les gens se voient sans se sentir surveillés, des éléments structurants comme la Maison commune qui servait de mairie, de salle des fêtes, de bibliothèque, d'école ménagère. Mais aussi la Maison de l'enfance, la pierre angulaire du projet : les femmes y étaient accueillies pour leurs consultations pré et post natales, elles étaient choyées. Tout était mis en œuvre pour que les conditions soient favorables à la natalité. Outre les maisons disposant d'une pièce commune, d'une chambre pour les parents, d'une pour les filles et une dernière pour les garçons. Sans compter le jardin de 300 m² avec petit hangar poulailler et clapier », détaille M. Potier.

Deux centres commerciaux sont érigés et on y retrouve les grandes enseignes du succursalisme rémois (Comptoirs français, Goulet-Turpin) qui assurent l'approvisionnement en produits frais et épicerie, « Le boulanger et le boucher ont l'obligation de vendre le pain et la viande moins cher qu'en ville et c'est le Foyer rémois qui paie le différentiel, L'objectif visé est d'inciter les habitants de la cité-jardin à rester dans leur quartier », poursuit-il. Une école sera également construite boulevard Pommery, à une époque où la circulation automobile est encore limitée.

« Une vraie culture de la pièce à vivre »


Trois générations représentées chez la famille Grain. R.W.

L'architecte Jean-Marcel Auburtin a dessiné les plans de la cité-jardin. À l'origine. la grande majorité des logements est .composée de quatre pièces de 3,50 m par 4 m (pièce à vivre avec un point d'eau/ chambre des parents/chambre des filles/chambre des garçons), d'une buanderie, d'un wc, d'un jardin individuel de 300 m² avec poulailler et clapier. Grâce aux poules, aux lapins et au potager, les familles .pouvaient quasiment assurer leurs ressources vivrières, de manière autarcique. II y avait également des bacs .en zinc pour la baignade hebdomadaire car il n'existait pas de salle de bain.

La famille Grain a posé ses valises en mars 1969 avec ses quatre enfants, trois filles et un garçon. Un cinquième enfant viendra agrandir la famille par la suite. Presque 50 ans plus tard, ils sont toujours domiciliés au 17, allée de l'Argonne et ce sera leur dernière demeure. Le père, Jean, 77 ans. explique qu'il a élevé jusqu'à 50 lapins mais il possédait aussi des pigeons, des canards, des oies et des dindons.

Dans cette maison de 85 ml, des aménagements ont été faits avec le temps comme l'installation du double vitrage aux fenêtres. Mais les cloisons sont restées les mêmes. Si peu épaisses Ilqu'on entend tout, quand les voisins d'à côté discutent Il, raconte Danièle Grai

À l'étage, deux chambres de 14 ml. « Nous avions installé des lits superposés pour pouvoir loger nos filles et notre garçon. II est descendu au rez-de-chaussée en grandissant », indique Mme Grain. « Diffidle d'avoir une intimité quand on est quatre dans une même pièce », se souvient Patricia, une des filles.

« Même pour mes parents qui avaient leur chambre juste en face de la nôtre, ce n'était pas simple. Il La promiscuité a parfois été pesante. II y avait donc une vraie culture de la pièce à vivre où on passait la plupart de notre temps », souligne-t-elle.


La maison de l’enfance, véritable laboratoire de puéricilture. D Potier


Avenue de l'Yser, les habitants de la cité-jardin déambulent Cliché D. Potier


l'esplanade servant de lieu de rencontres et d'aire de jeux. Cliché D. Potier

LES REPÈRES

*.- Georges Charbonneaux,     le fondateur Il a créé le Foyer rémois, société anonyme d'Habitation à Bon Marché, qui entreprend la construction de la cité-jardin dès1920.

*.- La cité-jardin, un modèle développé en Angleterre

« La notion de cité-jardin, selon le service de l'Inventaire et du Patrimoine, désigne un « lotissement concerté où les habitations et la voirie s'intègrent aux espaces verts publics ou privés et destiné à usage social ». Les maisons sont souvent jumelles, chaque parcelle bénéficiant d'un vaste jardin potager de sorte qu'une certaine forme d'autarcie est assurée.

*.-317 soit le nombre de maisons implantées dans la cité-jardin.

*.- 30 Soit la surface totale en hectares sur laquelle a été implantée la cité

*.- Inscrite au Patrimoine mondial de l’UNESCO

Le 25 juillet 2015, « Les Coteaux, Maisons et Caves de Champagne » sont inscrits au Patrimoine Mondial de l’UNESCO. La cité-jardin y est intégrée de par l’activité et les valeurs sociales du projet.

*.- LA PHRASE

« Il est urgent que la Société construise [...] des maisons salubres divisées en logements assez vastes pour attirer les familles nombreuses. »

Adriane CARROGER

Bibliographie : Reims 1919-1930, reconstruire la cité. Dominique Potier.

Laissez-wus conter la cité-jardin du Chemin Vert, par le service culture et patrimoine de la Ville de Reims

Extrait de l'union du 13/07/2016

   

   

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Cent ans de vie au Chemin-Vert, ses habitants racontent

« Le Foye », un quartier atypique où vivent des Rémois pas tout à fait comme les autres. Ils témoignent de presque un siècle de vie.

 
Patricia Grain a recueilli les témoignages et Dominique Potier a réalisé les photos de l’ouvrage

L’an dernier, lors du week-end du patrimoine, les Amis de Saint-Nicaise du Chemin-Vert font visiter la Maison commune et l’église. « Dominique Potier évoquait l’histoire du Foyer Rémois. À ses côtés, je me chargeais de narrer des anecdotes, des situations vécues ou racontées par les habitants du quartier. On s’est rendu compte qu’aucun recueil de ces tranches de vie n’existait », explique Patricia Grain. Conseillère de quartier, conseillère municipale et communautaire, elle a grandi et vit toujours dans ce village dans la ville, qui revendique ses manières propres, ses particularités...

Or le « Foye » (terme utilisé dans toute la Cité-jardin pour Foyer rémois), c’est 600 maisons et 1 500 habitants. En 1937, il y avait déjà ces 600 maisons... mais avec 3400 habitants. Une communauté presque fermée : « Il y avait même une barrière et un gardien ! A l’époque, Georges Charbonneaux demandait à ce qu’il y ait au minimum 4 enfants dans les familles qui y étaient logées et que l’aîné ait moins de 16 ans. Quand je suis arrivée dans le quartier, mes parents remplissaient ces conditions. »

Patricia Grain, qui a repris La Gazette du Chemin-Vert, qui existe depuis... 1930, a toujours aimé écouter les autres. « Des personnes me disaient : « Tu peux venir, mais je n’ai qu’un quart d’heure à te consacrer. Trois heures après, je repartais avec une moisson de souvenirs ! »

Elle a fait du porte-à-porte, d’octobre 2015 à fin mars 2016. Celles-ci se sont ouvertes en toute confiance : « Tu es une enfant du Foye, on sait que tu parles comme nous et que tu ne changeras pas nos paroles. »

Dominique Potier, éditeur et photographe, a tiré le portrait de ceux qui acceptaient de témoigner et a pris en charge la mise en page et l’édition. Ce qu’il pense de cet ouvrage ? « Il confirme tout le caractère intimiste qu’il y a dans ce quartier. Ce sont des personnes - on le sent dans leur spontanéité - qui s’attachent à faire survivre cette notion du bien vivre ensemble. Elles sont fières de leur appartenance au Foyer rémois, fières de leur authenticité. Les témoignages sont un socle de mémoire, pour la plupart d’ailleurs, positifs. Au-delà de toutes les difficultés, ce qui ressort, c’est que vivre au Chemin-Vert, ça a amélioré la qualité de la vie. » Un ouvrage riche de 65 témoignages, classés par ordre d’ancienneté des familles dans le quartier.

Leur avis

Quels sont vos souvenirs dans le qquartier

     

Premier anniversaire du classement à l'Unesco

Au sortir de la première guerre mondiale, le Foyer rémois, dirigé par son fondateur Georges Charbonneaux, construit, dès 1919, une vaste cité de 600 maisons sur plus de 30 hectares. Chaque maison comporte un jardin d'environ 300 m2 permettant de cultiver un potager. Deux bâtiments publics sont édifiés : la Maison commune et la Maison de l'enfance.

L'église Saint-Nicaise est inaugurée en 1924. Elle comporte des œuvres des plus grands artistes de l'époque, notamment des verrières représentant des anges, réalisées par René Lalique en verre moulé, une technique superbe, caractéristique de l'art déco. Les vitraux de la tour-lanterne sont de Jacques Simon. Le site est inscrit, depuis le 4 juillet 2015 sur la liste du Patrimoine mondial de l'Unesco. Des échanges sont prévus ce lundi après-midi autour de cet anniversaire.

Michel Bernard, écrivain, et ancien sous-préfet de Reims, aimait y faire son jogging. « J'y fais une boucle tordue, toujours la même, qui passe au pied de l'église aux yeux jaunes de Lalique, et devant la Maison Commune, dont je sais, sur la frise intérieure, la litanie du Grand Siècle et de l'école de la République : Racine, Molière; Claudel, Musset, Lully... », écrit-il dans la préface de l'ouvrage.

Françoise Lapeyre

Extrait de l'union du 03/07/2016

   

   

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La cité du Chemin Vert à Reims va finir sa mue

Classée au Patrimoine de l'Unesco, une partie de la cité a triste mine. Nids de poule, plaques de rue illisibles, réseaux vétustes... Les travaux devraient coûter 10 M€ à la Ville.


En plus de l'enrobé, le chantier comprend la remise aux normes des réseaux souterrains, enfouissement des réseaux aériens, le remplacement des signalétiques, la modernisation de l’éclairage publicChristian lantenois

L'ESSENTIEL

 •.- Construite au lendemain de la Première Guerre mondiale par le Foyer rémois, la cité-jardIn du Chemin Vert comporte 617 loqements, de 14 types différents, sous forme de petites maisons de style alsacien, habitées dès mars 1922.

•.- En 2014, elle reçoit le label Patrimoine du XX° siècle. Une distinction du ministère de la Culture récompensant les bâtiments originaux.

•.- Le 4 juillet 2015, la cité est classée au Patrimoine de l'Unesco, au titre des Coteaux, maisons et caves de Champagne.

•.- Les travaux vont s'étaler de 2017 à 2013 et concernent 2,4 km de voirie. Ils s’élèvent à 10 M€, dont 4 millions pour le remplacement du réseau d'assainissement.

 « Une première moitié de la cité du Chemin Vert a été rénovée, il y a 15 ans environ. Depuis, plus rien, la deuxième moitié, imaginée peut-être à un certain moment, n'a finalement jamais été programmée. Et les habitants désespèrent de voir le chantier entamé enfin terminé. » Valérie Beauvais, l'adjointe au maire en charge de la voirie, a commandé une étude. Le bilan est sans appel. Le budget annuel consacré par la Ville à l’ensemble de la voirie ne suffirait pas à financer ce seul chantier.

Ce vaste projet est estimé à 10 millions d’euros, uniquement en ce qui concerne la part de la Ville. Le Foyer rémois doit en effet mettre également la main au portemonnaie : une partie des allées et des trottoirs appartiennent en effet au bailleur social. Mais comment arrive-t-on à un tel montant ?

En plus de refaire l'enrobé, le chantier comprend la remise aux normes des réseaux souterrains 80% de l'existant doivent être repris-, mais aussi l'enfouissement des réseaux aériens, la modernisation de l'éclairage public, le remplacement des signalétiques...

Cette opération devrait concerner 40 000m2 d'espaces publics. « Nous allons donc opérer par tranche », indique Valérie Beauvais. Et de détailler : « L'année 2016 sera consacrée aux études fines. Et le chantier va s'étaler sur 6 ans, à partir de 2017. »

Classement au patrimoine de l'Unesco oblige, la cité, qui recèle notamment l'église Sainte-Nicaise, est vouée à accueillir de plus en plus de touristes. « Cela rend les travaux d'autant plus urgents. »

Ce quartier assez verdoyant devrait le rester, même si des arbres pourraient être abattus dans le cadre du chantier. L'état phytosanitaire de certains est en effet médiocre et les vibrations liées aux travaux devraient les fragiliser davantage. L'adjointe précise que d'autres seront évidemment replantés.

Aurélie Beaussart

Extrait de l'union du 18/01/2016

   

   

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 La cité-iardin du Chemin-Vert de 1923 à nos jours

 
Pour mener à bien le chantier, une étroite voie de chemin de fer provisoire est établie au début des années 1920


La cité-jardin de nos jours
(Coll. Leroy / M. Thibault)

Au lendemain de la Grande Guerre, le Foyer rémois, société anonyme d'habitations à bon marché fondée en 1912 par Georges Charbonneaux, décide la construction de la cité-jardin du Chemin-Vert. Confié à l'architecte Jean-Marcel Auburtin, le projet comprend 617 logements, sous forme de petites maisons de style alsacien. En 1921 et 1922, de grands travaux sont entrepris. Une voie de chemin de fer provisoire, large de 60 centimètres et longue de 7 kilomètres, est établie afin de permettre de transporter les matériaux entre le canal et le chantier. Elle sillonne les futures rues de la cité. Vingt-cinq baraquements provisuires en bois sont construits pour accueillir les ateliers menuiserie ainsi que 40 presses pour la fabrication de parpaings et de tuiles en ciment. Tous ces bâtiments étaient reliés au port de Vrilly et à la gare de-Bazancourt afin d'éviter l'octroi de Reims (une taxe) puisque la future cité-jardin se trouve hors du périmètre aggloméré de l'époque. Les maisons seront habitées à partir de mars 1922.

Extrait de l'union du 04/04/2015

   

   

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Chemin Vert : une cité-jardin renaît 

  Le Chemin Vert est la première cité-jardin de notre ville. Ouvre du Foyer Rémois qui a choisi de la rénover, le Chemin Vert renoue avec une histoire qui redevient une idée d'avenir. Outre la fête liée à la réhabilitation d'un quartier original entre tous, on attend des participants de haut niveau au tout premier colloque européen organisé par le Foyer Rémois. Ce mois de septembre, la cité-jardin sera sous les projecteurs.

 Colloque 

"La cité-jardin : une histoire ancienne, une idée d'avenir"

Ils sont venus d'Allemagne, de Belgique, d' Espagne et d'Angleterre. Historiens, architectes, urbanistes, ont débattu du renouveau de ce concept qui exerce un attrait croissant sur des demandeurs de logements ne connaissant le plus souvent que l'offre en collectif. Or l'architecture pavillonnaire avec jardins privatifs bénéficie d'un regain d'intérêt après plus de 70 ans d'existence et une vraie réhabilitation. Le modèle venait d'Angleterre, référence historique de ces cités destinées à l'afflux ouvrier lié à l'ère industrielle. La qualité de vie en quasi-autarcie constituait sur les plans social et culturel une avancée et une originalité qui ont fait école.

Il y a tout d'abord quelque chose d'évident : cette homogénéité architecturale préservée. Et puis, l'esprit village au sein de la ville avec une population s'identifiant complètement à son quartier. A quoi tiennent cette identité forte et cette relation étonnante entre les habitants ?

Sans doute à l'aboutissement d'un projet qui a su, dès l'origine, mettre l'accent sur le cadre de vie.

Un pari de la reconstruction : réussir un authentique projet social

Le pari était audacieux. Il s'agissait à l'issue de la Grande Guerre de procurer des conditions de vie décentes à une population ouvrière en s'inspirant du modèle anglo-saxon. Ainsi est née la première cité-jardin de Reims. Cas unique en France, le Chemin Vert a conservé son unité, cette atmosphère où le lien familial et social prenait même un caractère pédagogique sous l'égide de la Maison Commune.

 Proximité, convivialité

Nous évoquions l'esprit village et c'est bien de cela qu'il s'agit pour ces habitants pour la plupart locataires. Ici, via la Maison Commune, les activités pour tous ne manquent pas. La place accordée aux équipements sportifs, scolaires, sociaux et aux commerces et services de proximité s'avère déterminante. Et c'est d'ailleurs en sachant se fonder sur les points forts du quartier que la réhabilitation a été entreprise. Il était indispensable d'adapter au confort d'aujourd'hui et à la qualité de l'environnement des lieux aussi parlants. La réhabilitation du cadre bâti par le Foyer Rémois s'est déroulée sans "casser" l'histoire du Chemin Vert. Les travaux entrepris parallèlement par la collectivité ont pérennisé en termes de voirie et de déplacements ce souci de proximité.

 

 

  

   

Organisée par le Foyer Rémois et le Centre Social du Chemin Vert, la Fête de la cité-jardin du Chemin Vert s'est déroulée du 16 au 24 septembre 2000.

Sans être exhaustifs, voici l'essentiel des temps-forts :

Un grand concours de peinture : il s'est adressé aux artistes peintres amateurs du 16 au 23 septembre

Une exposition sur l'histoire de la conception et de l'édification des cités-jardins.

Une lecture par l'écrivain Gisèle Bienne du livre de l'atelier écriture de la bibliothèque du Chemin Vert

Une exposition art plastique réalisée par les enfants avec la participation de Sylvie Rahimbourg et de l'école primaire Pommer y.

Un colloque européen (voir encadré)

Un spectacle théâtre et chansons "Je t'embrasse pour la vie" mise en scène Claude Bonin avec Violaine Malglaive - Production Théâtre de l'Eclipse.

Une exposition-animation : La boulangerie de l'ancien temps. A la découverte des instruments utilisés pour la confection du pain à la boulangerie-pâtisserie Langlois, 25 allée des Monts de Champagne).

Un concert de carillons Avec la participation de Françoise Delessalle et de l'association "Musique à Saint-Nicaise" (.Eglise Saint-Nicaise).

La fête du quartier s'est tenue le samedi 23 septembre 2000

Au programme le défilé parade avec le concours des associations locales et spectacles de rue avec la Cie Bloody-Macadam, des démonstrations d'athlétisme avec la participation du DACR à l'école maternelle Yser et la fête Foraine sur la Place du l l Novembre. En soirée, un grand concert (sur invitation) s' est déroulé au parc Pommery avec Dany Brillant, Cox et Poetic Lover. Un feu d'artifice à clôturé la soirée. Le lendemain, une messe solennelle a eu lieu à 11 h à l'église Saint-Nicaise.-

Extraits de VRI

   

   

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La cité-jardin, un lieu remarquable 

Hier, à l'occasion des Journées du patrimoine, a été dévoilée la plaque du label « Patrimoine du XXe siècle » attribué à la cité-jardin du Chemin Vert. Une belle reconnaissance.

 
Une quinzaine de personnes ont assisté à la visite contée, hier. au coeur de la cité-jardin.
Christian Lantenois

Comme un îlot â part dans la ville, la cité-jardin du Chemin Vert, bâtie par le Foyer rêmois en 1923, avec ses petites maisons de type alsacien, est un « endroit remarquable ». La plaque «Patrimoine du XX· siècle» dévoilée hier en fin de journée sur la Maison commune du quartier en présence d'une foule d'officiels, l'atteste désormais. Et quelle meilleure occasion que cette 31e-édition des Journées du patrimoine, placée sous le thème du « Patrimoine naturel, patrimoine culturel». pour mettre en valeur cette reconstruction d'après guerre, encore aujourd'hui considérée comme l'une des références de la cité-jardin, car offrant à ses habitants, tous locataires, des services et des équipements, inexistants jusqu'alors, et ce avec une trentaine d'années d'avance ...

Pour les découvrir, de nombreuses animations étaient donc organisées hier, notamment une visite contée, « une mythologie de la tité », imagiriée par Frédéric Pougeart et Olivier Noack, à partir de « paroles d'habitants » de cet ilot de campagne rattrapé par la ville », mais aussi de membres de l'association des Amis de Saint-Nicaise, Une quinzaine de curieux étaient de la partie, avant de poursuivre leur balade, s'ils le souhaitaient, à travers le parcours artistique de Thomas Venet, compte rendu d'anecdotes illustrant un moment de la Grande Guerre sur le quartier du Chemin Vert, situé en lisière du front.

Pour ceux qui ont manqué ces émouvantes immersions au coeur de ce quartier de 600 logements imaginé par Georges Charbonneaux et l'architecte Jean-Marcel Auburtin, surplombé par l'église Saint-Nicaise classée aux Monuments historiques, une seconde chance leur est donnée aujourd'hui d'en profiter. ..

Reconnaître les constructions les plus significatives du XX°

Le label «Patrimoine du XX siècle »-a été lancé par le ministère de la Culture et de la C,munlcation en 1999, il a pour objet d'identifier et de signaler à l'attention du public, au moyen d'un logotype. les constructions et ensembles urbains protégés les plus significatifs du siècle dernier en matière d'architecture et d'urbanisme. Quatorze lieux sont déjà labellisés dans la région dont trois à- Reims : le hall de la gare. la Comédie-et les Coquilles de la fac de tlroit 'et de lettres. Hier, les maisons sises 1 rue des ToumelJes et 11,rue BrûIée ont aussi reçu une plaque.

Extrait de l'union du 21/09/

   

   

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 Une nécropole gallo - romaine mise au jour au Chemin Vert

Archéologie

Les travaux de voirie commencés place du 11 Novembre sont arrêtés. Des vestiges archéologiques de ce qui pourrait être une grande nécropole gallo-romaine ont été trouvés.


Les fouilles ont lieu à deux pas de l'église Saint-Nicaise,
autour de la place du 11 Novembre. 

Nous n'avons pas connaissance de nécropoles gallo-romaines qui aient été fouillées à Reims. C'est pourquoi quand deux crânes et des tessons de céramique ont été trouvés dans des remblais lors de travaux de voirie effectués dans la cité du Chemin Vert, place du 11 Novembre, nous avons été très intéressés. Il pourrait s'agir de tombes datant de l'Antiquité tardive (1er siècle av. JC à 476). « Peut-être pourra-t-on en savoir un peu plus sur la pénétration de l'influence romaine en Gaulle dont Reims était une des capitales. »:  

Tandis qu'à l'ombre de l'église Saint-Nicaise, avec patience et méticulosité, trois archéologues s'attachent à proximité du réseau d'assainissement, à dégager à la pelle, à la truelle, à la brosse ce qui a dû être des tombes, Raphaël Durand, responsable de l'opération pour l'Institut national de recherches archéologiques et préventives, livre ses  premières hypothèses. « Dans   un   premier diagnostic nous avons regardé s'il y avait beaucoup de sépultures dans ce quartier créé au début du Xe siècle. Nous ne sommes pas déçus. Ce serait bien s'il y en avait aussi sous la place qui n'a pas dû être retournée. On est en procédure. de sauvetage il faut aller vite, mais grâce à la signature d'une convention on va pouvoir fouiller au fur et à mesure des travaux ».

 Comme une enquête criminelle

Après un premier décapage de 80 cm au tracto-pelle, c'est à l'archéologue de jouer. À la  pioche d'abord jusqu'au niveau  du squelette, ou de ce qu'il en reste, avant de passer à l'outil de dentiste. « L'avantage de la craie c'est qu'on peut facilement détecter les structures. L'inconvénient c'est que c'est fastidieux à déblayer et qu'à cause des eaux de ruissellement les os délavés résistent mal parfois. C'est un peu comme pour une enquête criminelle, il faut parfaitement localiser tous les éléments pour observer leurs relations entre eux, voir comment a été déposé l'individu, les objets ; essayer de voir si des éléments (NDLR : biodégradables)  ont  disparu.  Ensuite commence un long travail d'anthropologie biologique, un peu comme une enquête de médecine légale, pour faire parler les os. En labo on procède à des mesures, des constats pour voir l'état des dents du crâne, le développement général de l'individu pour déterminer son sexe, son âge, sa stature, ses éventuelles pathologies. Savoir s'il a été soigné (fractures, trépanation etc...). Cela peut indiquer le niveau social de la personne et le niveau des connaissances de l'époque ».

Recherche documents

« On peut rechercher aussi les liens génétiques entre les individus.  Cela peut même aller jusqu'à l'étude ADN avec la paléogénétique ». Des habitants du quartier Chemin Vert affirment en passant à proximité du site interdit au public qu'ils ont déjà eux aussi trouvé des os dans leurs jardins.

Pour compléter leurs connaissances, les archéologues vont s'attacher à chercher dans la littérature locale pour voir si des érudits ont par hasard fait des communications sur d'éventuelles découvertes dans le quartier.

Toutes les personnes qui posséderaient de leur côté des témoignages écrits peuvent s'adresser aux archéologues sur le chantier ou à la base de Vinrap, tél. 03.26.84.91.07

Alain MOYAT

Carole, passionnée par les sites funéraires

Carole : au pied de ce squelette il y avait des os de cheval en offrande.
Photos Alain MOYAT

Comme Raphaël Durand, responsable du chantier du Chemin Vert pour l'Institut national de recherches archéologiques et préventives, Carole, 22 ans, est parisienne.

Étudiante en archéologie, la jeune femme n'est pas venue sur le site du Chemin Vert par hasard. Ni pour rechercher un trésor d'ailleurs.

«Je prépare un DEA et je voudrais me spécialiser en anthropologie. Mon sujet de mémoire est: « la topographie des sites funéraires de Durocortorum ». Voilà pour moi un bon moyen de me familiariser avec le terrain et ces fouilles sur un site répertorié sont une bonne opportunité ». Travail de recensement des nécropoles trouvées et accumulations des communications et des parutions dans les journaux devront compléter son étude. Pour l'heure, la jeune femme munie d'une mini pioche et de deux truelles triangulaires gratte avec une infinie patience au pied d'un trottoir où il y a quelques morceaux d'os brisés.

« C'est intéressant de voir qu'à une certaine époque les gens inhumaient leurs proches à l'extérieur de l'habitat, le plus haut possible,avec un effet ostentatoire en bordure des voies. » Sans préjuger de ce qu'elle va découvrir au Chemin Vert avec toute l'équipe, Carole, au moins, ne reviendra pas bredouille.

«J'ai trouvé une petite cuillère sur le site. Il paraît que c'est très pratique pour enlever la terre entre les côtes ! »

A.M.

 Extrait de l'union du 10/12/2004

   

   

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