Cimetière Nord  

 

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Quelques photos de la visite en Mai 2010

 La Presse

 

 

L’abbé Miroy est de retour
Les Rémois vont retrouver le gisant de l’abbé Miroy au cimetière du Nord

D'hier à aujourd'hui - Des tombes remarquables à l'abandon

Conservateurs de cimetières ou anges gardiens de la mort
Dernière demeure de célébrités
La paix dans un jardin anglais

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

L’abbé Miroy est de retour

 Une copie en résine   orne désormais la tombe  du prêtre fusillé.


La pose de la copie en résine hier. Criante de ressemblance avec l’original.
Édouard Lantenois

L’ESSENTIEL

*.- EN 2006, la Ville décide de mettre le gisant de l’abbé Miroy à l’abri des voleurs de métaux. La tombe du prêtre fusillé en 1871 par les Prussiens se retrouve nue.

*.- L’ASSOCIATION René-de-Saint-Marceaux (du nom de l’auteur de la statue) s’active alors pour faire réaliser une copie du gisant.

*.- CETTE COPIE en résine a été posée hier matin sur la tombe ; son inauguration officielle est programmée cet après-midi.

La tombe était nue, elle ne l’est plus: une statue orne à nouveau le lieu du dernier repos de l’abbé Miroy au cimetière du Nord de Reims. Certes, ce n’est qu’une copie en résine : l’original en bronze reste à l’abri des voleurs de métaux dans une réserve du musée des Beaux-Arts. Mais on pourrait s’y méprendre. Avec cette copie, réalisée par le mouleur bourguignon Laurent Basset, on retrouve bien, non seulement l’aspect général de l’œuvre d’origine, le prêtre, au visage jeune, paisible et beau, étendu au sol dans sa soutane alors qu’il vient d’être fusillé par les Prussiens, mais aussi la couleur bleu sombre de l’original, ainsi que sa patine. Et cela suffit au bonheur de Lucette Turbet. En tout cas dans un premier temps, nous y reviendrons.

UN CONCURRENT DIRECT DE RODIN

Toujours est-il que Mme Turbet, en tant que présidente de l’association René-de-Saint-Marceaux, du nom de l’auteur de la statue originelle, s’est battue pour faire réaliser ce succédané de gisant. Pourquoi ce combat ? « Ma motivation, ce n’est pas tant l’abbé Miroy lui-même que l’œuvre de René de Saint-Marceaux,proclame l’intéressée. Ce sculpteur rémois reste totalement ignoré dans sa propre ville ! C’était pourtant un concurrent direct de Rodin. Certes, il n’était pas révolutionnaire comme a pu l’être Rodin, il était classé comme un peu pompier , mais il avait le même niveau de talent ! » Et ce qui désole Lucette Turbet, c’est la différence d’aura entre les deux artistes : « Rodin a deux musées à son nom en France, alors que Saint-Marceaux n’a même pas une salle à Reims ! »


"
Pour moi c'est plus rare de travailler sur des pièces du patrimoine comme celle-ci "
Laurent Basset, mouleur

SUR LES CHAMPS-ÉLYSÉES

Et la fan de citer quelques-unes des œuvres de son chouchou, comme le monument de l’Union postale universelle à Berne, montrant un globe entouré de cinq messagères,« une statue qui a tourné dans le monde entier sous forme de timbre! » ; ou encore la statue d’Alphonse Daudet, visible, excusez du peu, dans les jardins des très parisiens Champs-Élysées (voir aussi par ailleurs).

Lucette Turbet ne pouvait donc accepter que les Rémois soient privés plus longtemps – la statue a été ôtée de la tombe en 2006 – de l’abbé Miroy. L’association qu’elle a créée en 2016 s’est retroussé les manches, réussissant, avec l’aide de la Ville (lire par ailleurs), à financer la réalisation de la copie, dont l’installation a été effectuée hier matin en petit comité. L’auteur de cette copie faisait partie du groupe.« J’ai l’habitude de travailler pour des artistes contemporains, commente-t-il, c’est plus rare de le faire sur des pièces du patrimoine comme celle-ci. »

L’inauguration officielle de cette copie, en présence du maire est-il annoncé, elle, est programmée ce jeudi 17 mai à 17 heures. Et l’on viendra parfois de loin pour cette occasion : une arrière-petite-nièce de l’abbé notamment doit en effet faire le déplacement depuis Marseille (lire par ailleurs).

L’inauguration d’aujourd’hui ne constitue cependant qu’une étape pour Lucette Turbet et son association. « Je ne désespère pas de rendre le bronze original à nouveau visible par les Rémois,confie la présidente, pas sur la tombe au cimetière, parce que ce serait risqué, mais pourquoi pas dans le futur musée des Beaux-Arts… » Et cela tombe bien : la municipalité est elle aussi favorable à cette perspective. Catherine Coutant, conseillère municipale chargée du patrimoine, ne veut pas prendre d’engagement formel, cependant « l’idée n’est pas du tout d’oublier cette statue », assure-t-elle. Alors, à terme, deux abbés Miroy à voir à Reims ?

FUSILLÉ PAR LES PRUSSIENS

L’histoire de l’abbé Miroy se situe dans le contexte de la guerre de 1870 contre la Prusse. L’abbé était alors le curé de Cuchery – ce qui explique que le maire de cette commune a été invité à l’inauguration d’aujourd’hui –, et il avait été dénoncé aux occupants parce qu’il avait caché des armes dans l’autel de son église, ce qui par parenthèse en fait un symbole de résistance qui plaît bien aussi à la municipalité rémoise actuelle. Il avait 42 ans quand il a été fusillé par les Prussiens au cimetière du Nord rémois. On était le 12 février 1871, et, comble d’injustice, l’armistice avait été signé le 29 janvier !

Des œuvres à Paris, Berne, et… Reims


Le monument de l’Union postale universelle est visible à Berne.

 Si vous vous baladez à Berne, en Suisse, vous pourrez éprouver la fierté d’être Rémois. Dans cette ville en effet, est visible une œuvre de «notre » sculpteur René de Saint-Marceaux, le monument de l’Union postale universelle, qui fut inauguré en 1909. Il représente un globe, la Terre, autour duquel cinq messagères, autant que de continents, se transmettent des lettres. Mais René de Saint-Marceaux a également laissé des « traces » de son talent dans d’autres lieux, notamment à Paris : les génies de la sculpture et de la peinture par exemple, qui ornent la façade du Petit Palais, sont de lui. De même que la statue d’Alphonse Daudet, visible dans les jardins des Champs-Élysées. Mais Reims, sa ville d’origine, recèle également plusieurs de ses réalisations, comme « la Vigne » qui orne la petite cour intérieure de l’hôtel de ville.

.On ne prête pas toujours aux riches

On ne prête qu’aux riches, c’est bien connu. Mais ce n’est pas toujours le cas. En témoigne le cas de René de Saint-Marceaux, sculpteur rémois à cheval entre les XIX° et XX° siècles, et « concurrent direct de Rodin » s’il faut en croire Lucette Turbet, présidente de l’association des amis de l’artiste rémois. « La IIIe République, poursuit Mme Turbet, a mis en avant les talents émanant des couches sociales relativement défavorisées, or Saint-Marceaux ne répondait pas à ce critère, il avait de l’argent. » Donc notre Rémois n’a pas spécialement été aidé par les pouvoirs publics. On voit que la répugnance à passer pour « le président des riches » ne date pas d’aujourd’hui.

LES AUTRES POINTS 

UNE DESCENDANTE DE LA FAMILLE DE L’ABBÉ VIENDRA DE MARSEILLE

La copie du gisant de l’abbé Miroy, œuvre de René de Saint-Marceaux à l’origine, sera inaugurée officiellement ce jeudi 17 mai à 17heures au cimetière du Nord. On viendra parfois de loin pour cette occasion. C’est ainsi que Lucette Turbet, la présidente de l’association organisatrice de la manifestation, annonce la venue d’une arrière-petite-nièce de l’abbé Miroy, qui fera spécialement le voyage depuis Marseille. Un ancien Rémois, aujourd’hui domicilié à Paris, ayant appris la tenue de la cérémonie par internet, a également fait savoir qu’il ferait le déplacement. De plus, une petite délégation viendra de Seine-Maritime, plus précisément du petit village de Cuy-Saint-Fiacre, où est enterré le sculpteur rémois. La maire de Cuchery, commune dont l’abbé Miroy était le curé, est attendue elle aussi, accompagnée de quelques habitants.

JOLI COUP DE POUCE DE LA VILLE

La réalisation de la copie du gisant de l’abbé Miroy a coûté un peu plus de 5 600 euros (5 620), somme à laquelle il faut ajouter quelque 1100 euros pour le nettoyage préalable du gisant, et un peu plus de 600 euros pour le «rafraîchissement » des lettres gravées sur le socle. On arrive ainsi à un total de l’ordre de 7 300 euros de dépenses engagées par l’association des amis de René de Saint-Marceaux. La Ville de Reims a largement participé à cet effort financier, en attribuant une subvention de plus de 3 800 euros à l’association. On pourra aussi noter que « notre unique mécène, M.Philipponat, de Mareuil-sur-Aÿ, offrira vingt bouteilles de champagne pour le vin d’honneur », précise Mme Turbet. Pas n’importe quel champagne, évidemment : du champagne Saint-Marceaux.

Antoine PARDESSUS

Extraits de l' UNION du 05 /03/2018

   Les Rémois vont retrouver le gisant de l’abbé Miroy au cimetière du Nord

Grâce à Lucette Turbet, le gisant de René de Saint-Marceaux représentant l’abbé Miroy, va revenir au cimetière du Nord. Et qu’importe si ce n’est qu’une copie.


Pour pouvoir réaliser un moule, il a d’abord fallu chauffer le bronze lors de l’application d’une cire.

La Rémoise Lucette Turbet est une passionnée. Quand elle vous parle de l’abbé Miroy et du sculpteur René de Saint-Marceaux, deux Champenois qu’elle admire depuis de longues années, son débit s’accélère, son regard s’illumine et on comprend très vite qu’elle a presque tout lu sur le sujet. La présidente de René de Saint-Marceaux, l’association qu’elle a fondée en 2016 et qui réunit 44 adhérents, est d’autant plus enthousiaste que son grand projet est en passe d’être réalisé : dans quelques mois, le gisant, cette grande sculpture de René de Saint-Marceaux représentant l’abbé Miroy, retournera au cimetière du Nord, sur la tombe du prêtre catholique, fusillé à Reims le 12 février 1871. Il ne s’agira que d’une copie mais qu’importe.

 
« 
La résine, qui ne risquera pas d'être volée contrairement au bronze, ressemblera trait pour trait à l'œuvre originale »
Lucette TURBET

Une résine pour que l’abbé ne tombe plus dans l’oubli

« La résine, qui ne risquera pas d’être volée contrairement au bronze, ressemblera trait pour trait à l’œuvre originale. Et l’abbé ne tombera plus dans l’oubli », assure Lucette Turbet. Si la retraitée se bat depuis si longtemps pour que le gisant revienne au cimetière du Nord, c’est parce que la sculpture est selon elle d’une « incroyable beauté » et qu’elle doit être admirée par le plus grand nombre. L’abbé Miroy mérite aussi « d’avoir un lieu de recueillement » exceptionnel.

Lucette Trubet se mobilise pour l’abbé Miroy depuis 2006, année où le gisant a été retiré du cimetière du Nord. « Il était en mauvais état, et puis comme le buste de Drouet d’Erlon venait d’être volé, les services de la Ville ont joué la sécurité. » Le gisant de René de Saint-Marceaux a été mis à l’abri dans une réserve. « Il n’a été exposé qu’à deux reprises au Musée des beaux-arts de Reims, où il se trouve encore aujourd’hui. Je me suis alors demandé pourquoi on ne le remettait pas au cimetière », raconte-t-elle.

Au final, la solution de la copie a été adoptée. Le bronze a d’abord été nettoyé à la poudre d’abricot et de pêche puis un moule a été réalisé. Ce dernier servira à réaliser une résine. « J’ignore encore quand la copie pourra être scellée au cimetière mais j’espère que cela pourra se faire le plus rapidement possible. Nous devrons au préalable restaurer les lettres du socle qui se délite. Je suis d’ailleurs en ce moment à la recherche d’un tailleur de pierre », indique Lucette Turbet.

Un coût de 6.500 euros

« Au total, cela va nous coûter environ 6 500 euros. L’association a déjà payé 1 160 euros et on a eu une subvention de la Ville de Reims, poursuit-elle. Il faut savoir que le moule, réalisé dans un atelier de la Côte-d’Or, coûte deux fois plus cher que la copie. »

Lucette Turbet ne se lasse pas de raconter que René de Saint-Marceaux a réalisé le gisant très peu de temps après la mort de l’abbé Miroy. « Le sculpteur rémois, qui n’avait que 25 ans, a été ému par le destin de ce prêtre fusillé à l’âge de 42 ans, alors que l’Armistice avait pourtant été signée. Il a apporté son œuvre au Salon de Paris de 1872. Mais comme le chef du gouvernement de l’époque avait demandé que tout ce qui pourrait irriter les Prussiens ne soit pas exposé, le gisant resta caché. Cela n’a pas empêché Saint-Marceaux de décrocher une médaille d’honneur ! »

La retraitée rémoise ne cache pas avoir été surprise quand elle a découvert un portrait authentique de l’abbé Miroy. « René de Saint-Marceaux l’a sublimé car la sculpture le montre jeune et beau, alors qu’en réalité il ne l’était pas tout en fait ! », glisse-t-elle. Lucette Turbet livre une autre anecdote : « René de Saint-Marceaux a entendu parler de l’abbé Miroy dès le lendemain de sa mort, par son professeur d’allemand qui se trouvait avec lui dans les Vosges. Dès son retour à Reims, dans l’atelier aménagé chez ses parents, au 8 place Royale, il a commencé à travailler sur un morceau de glaise… »

 Valérie Coulet

Extraits de l' UNION du 05 /03/2018

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   

  D'hier à aujourd'hui  


 

  Le tombeau du comte d'Erlon de 1912 à nos jours


Cette carte postale de m2 montre le tombeau du comte d'Erlon au cimetière du Nord.


Ce cliché a été pris 48 heures après le vol du buste en août 2006.

Cette semaine, notre rubrique nous emmène au cimetière du Nord et plus précisément au tombeau du maréchal Jean-Baptiste Drouet. comte d'Erlon. Depuis le 28 août 2006, il y manque le buste du militaire rémois.

Avant cet acte de vandalisme, les parties supérieures en fonte de sept bornes (sur les huit qui supportent la chaîne) avaient déjà été dérobées elles aussi.

Né à Reims le 29 juillet 1735, le militaire, simple soldat sous la Révolution, devient général en 1799 et est fait comte d'Empire par Napoléon en 1809. Il lui est ainsi accordé le domaine de Saint-Vincent à Erlon, près de Marle dans l'Aisne. En 1815, il commande le l= corps à Waterloo, devient gouverneur général en Algérie en 1834-35, avant d'être élevé à la dignité de maréchal de France en 1843.

Il décède à Paris le 25 janvier 1844. Sa dépouille est transportée à Reims où il sera honoré de somptueuses obsèques un peu plus de deux mois après sa mort, le 3 avril 1844.

D'autres clichés de Reims. saisis à différentes époques. sont visibles sur le site

www.reimshieretaujourdhul.com

Extraits de l' UNION du 03 /01/2015

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Des tombes remarquables à l'abandon

Longtemps considéré comme un petit Père-Lachaise, le cimetière du Nord se porte mal. La Ville vient de dresser un constat d'abandon sur de nombreuses tombes remarquables.


Ernest-Lefèvre Dérodé (1853-1913), musicien compositeur rémois


Le caveau qui abrite Narcisse Brunette, architecte de la ville, est délaissé.
 

 Le monument colonne d'Eugène Courmeapelle s'écartent, les chapiteaux tombent. La pierre s'effrite. Figure emblématique du cimetière du Nord depuis que le gisant de l'abbé Miroy a été remisé dans les ateliers municipaux pour éviter qu'il ne soit volé, Augustin Simonar, le petit communiant réalisé par le sculpteur marbrier Jean-François Chambon, fait pâle figure. Combien d'hivers, va-t-il encore résister ?

Un peu plus loin, c'est le monument et la colonne qui portent le buste du musicien compositeur Ernest-Lefèvre Dérodé qui est en piteux état aussi. Ne parlons pas du caveau à l'abandon sous lequel dort et doit s'indigner le célèbre architecte de la ville de Reims Narcisse Brunette à qui l'on doit notamment la caserne Colbert, le Cirque et le Manège.
Ce sont l'obélisque de marbre blanc et son soubassement en pierre bleue de Givet sur laquelle est posé le minuscule buste du génial excentrique Aubin Louis Hédouin de Pons Ludon qui, attaqués par la lèpre du temps prive le défunt de son état civil.
Mais qu'ont donc en commun ces sépultures qui faisaient hier la fierté du cimetière du Nord, créé deux ans avant le cimetière du Père Lachaise auquel beaucoup de vieux Rémois osaient le comparer il y a encore peu ?

Eh bien, c'est tout simple mais tragique. Toutes ces tombes et bien d'autres font l'objet d'un constat d'abandon par la Ville qui, depuis 2009, a lancé une opération à grande échelle pour reprendre les nombreuses concessions perpétuelles abandonnées (1) depuis des années dans le cimetière du Nord, de l'Est et du Sud (lire par ailleurs).

« La condition pour intervenir »

Si la Ville dresse des constats d'abandons de sépultures, c'est pour récupérer des places afin que les Rémois puissent être enterrés dans la nécropole de leur choix.
En ce qui concerne ces sépultures remarquables, Stéphane Joly, adjoint, rassure les Rémois. « lI y a des chapelles remarquables qui se cassent la figure, des monuments dans lesquels poussent des arbres. Nous avons parfaitement conscience qu'il faut sauvegarder les plus belles sépultures et allons étudier les moyens de le faire. On est tous d'accord. Mais pour pouvoir intervenir, la Ville doit être propriétaire. Nous cherchons donc les propriétaires de ces tombes et monuments. C'est pour cette raison que les familles concernées, si elles prennent connaissance de cet article, doivent se signaler en mairie auprès du service de l'état civil. »

Une souscription

C'est d'actualité. Pourquoi la Ville ne lancerait-elle pas une souscription pour qu'une copie du gisant de l'abbé Miroy soit faite ? Nul doute qu'elle aurait du succès, à voir combien étaient encore nombreux les Rémois à fleurir régulièrement ce gisant quand il était encore dans la nécropole.ux (1817-1902), bibliothécaire municipal, député radical et journaliste, est en fort mauvais état.


La chapelle du petit communiant Augustin Simonard est dans un état pitoyable
 

Alain MOYAT  -  Photos Christian LANTENOIS

(1) Pour que la perpétuité soit reconnue, la sépulture doit être entretenue, ne pas présenter un aspect qui laisse supposer qu'elle est abandonnée et bien évidemment ne pas présenter de danger pour autrui en raison de son délabrement.


 La Ville recense les concessions perpétuelles

Depuis 2009, la Ville fait le recensement des deux à trois mille tombes perpétuelles que compterait l'ensemble des cimetières rémois. L'opération devrait durer une dizaine d'années.

En 2009, 147 tombes ont été déclarées perpétuelles : 50 au cimetière de l'Est, 49 au sud et 48 au nord. Et 126 en 2010, dont 46 au cimetière de l'Est, 60 au sud et 20 au nord (dont ces fameuses tombes remarquables dont on parle par ailleurs).

Quand une tombe fait l'objet d'un premier constat d'abandon, les personnes ou leurs ayants droit ont trois années pour se faire connaître et régulariser la situation.
Au bout de trois ans, la Ville dresse un nouveau constat. Si les gens ne se font pas connaître ou ne font pas le nécessaire pour entretenir la sépulture ou la mettre aux normes de sécurité, cette fois seulement la tombe sera déclarée définitivement à l'état d'abandon et son espace sera repris par la Ville qui aura l'autorisation de revendre l'emplacement.

A.M.

 Depuis 2001, les vols se sont multipliés

Si la Ville s'applique à respecter scupuleusement les procédures en ce qui concerne les sépultures mémorables du cimetière du Nord, c'est pour pouvoir agir demain pour les protéger et permettre à cette nécropole exceptionnelle de conserver son âme.

En effet, il suffit de dresser un petit inventaire pour constater que, depuis 2001, le cimetière du Nord, plus victime des voleurs que des intempéries, a perdu beaucoup des merveilles qui en faisaient son charme.

Ont ainsi disparu en quelques années : deux belles statues gardiennes de la chapelle Haussaire, un buste en porcelaine de Paynot réalisé en hommage à Mme Louise Deverly (volé un jour de grève des gardiens) ; un buste du maréchal Drouet d'Erlon, les chapeaux de fonte des bornes qui entouraient son monument.

Envolés les médaillons en bronze créés pour rendre hommage à Jacques Masson, organiste à Notre-Dame (1791-1878), à Jean-François Ferrand (1802-1885) ,fondateur de l'association fraternelle des ouvriers de la soie, ou à Tortrat père (couvreur décédé en 1860).

Plusieurs statues ont été descellées dont celle de l'industriel lainier Isaac Holden, donateur de l'avenue Jean-Jaurès, tout comme un superbe buste en pierre baptisée « la femme voilée ».

Copies et mesures conservatoires

Pour dissuader les voleurs, la Ville a été obligée de prendre des mesures conservatoires en enlevant carrément des statues et en équipant le cimetière de barrières électroniques de façon à mieux contrôler les entrées.

Plusieurs statues de bronze ont été ainsi remplacées par des copies en ciment teinté. Il s'agit des bustes d'Isaac Holden, d'Ernest-Lefèvre Dérodé, d'Hédouin de Pons Ludon de Malvois, d'Etienne Robert (1816-1896 maître de la chapelle de la cathédrale), et d'André Moreaux (1881-1890 fils d'un pharmacien de la rue de Vesle).
A la suite du vol du buste du maréchal Drouet d'Erlon, le superbe gisant de l'abbé Miroy, curé fusillé par les Prussiens et réalisé par le célèbre sculpteur rémois Saint-Marceaux, a été rangé dans les ateliers municipaux. Dieu sait quand sa copie retrouvera sa place.

Des vols, il y en a aussi dans les autres nécropoles rémoises comme le buste de Maurice Poix au cimetière du Sud, celui de Jean-Marie Docq au cimetière de l'Est ou de Louis Pichon au cimetière de l'avenue de Laon.

A.M.

         Extraits de l' union du 24/01/2011


 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La paix dans un jardin anglais

6 hectares dédiés aux stelles et aux tombes : le cimetière du Nord.

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Le cimetière du Nord a été créé en 1786 hors les murs de la ville pour répondre aux préoccupations sanitaires.

Pour le Rémois qui aspire à trouver en centre ville une promenade calme et agréable, une bonne adresse : Le cimetière du Nord, avec ses allées plantées d’arbres, d’ifs, et de faux comme à Verzy. L’endroit voué à la mort est né peu de temps avant la révolution française, le 30 juillet 1787. Le cimetière, alors appelé «cimetière de la Porte Mars», garde en son sein bon nombre de citoyennes et citoyens qui ont marqué l’histoire de la ville. Cet endroit est plein du charme d’un romantisme échevelé. Il reste une poche verte et silencieuse au milieu de la ville, une sorte de «Père Lachaise». Nos illustres tombes et surtout illustres cadavres ne rayonnent pas d’une même dimension nationale. Au XIX ème siècle la valeur du gisant valait niveau social. Quel dommage que les problèmes de place obligent la ville à reconsidérer les emplacements délabrés ou abandonnés. La perpétuité dans la concession n’a plus mise! Il a bien été tenté d’établir une réglementation pour le choix et la couleur des nouveaux gisants, à savoir des tombes blanches. Aux yeux de la loi c’était illégal ! La mode d’antan était à la stèle verticale alors que nos contemporains ont une nette préférence pour l’horizontalité, histoire sans doute de justifier le repos éternel. Les coutumes changent : la crémation est dans l’air du temps. Autre temps, autre mort. Il est bien beau et paisible ce cimetière du Nord !

 P.M

         Extraits de l' hebdo du vendredi N°05 du 27/10/2006



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Conservateurs de cimetières ou anges gardiens de la mort

C’est un métier peu connu, pourtant dans chaque cimetière rémois un ou plusieurs conservateurs veillent au sommeil éternel de nos défunts. La mort nourrit leur quotidien. Portrait.

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Frédéric Watrek (à gauche) et Patrick Mereau, conservateurs du cimetière paysager de la Neuvillette préservent la dernière demeure.

Ils ne croient pas aux fantômes. N’ont jamais vu de feux follets. Assistent et organisent 40 funérailles par mois. Leur fonction : conservateurs du cimetière paysager de la Neuvillette. Patrick Mereau et Frédéric Watrek passent leurs journées avec les morts. Ils veillent sur eux, à moins que ce ne soit l’inverse… Une journée type pour ces deux gardiens ? « On organise les inhumations, on vend les concessions, on gère la pose des monuments. On reçoit et renseigne les familles. On ouvre les fosses et exhume les corps aussi. Bref, nous sommes là pour gérer le site et avons vu le corps dans tous ses états ».

Si leurs sujets de conversations s’articulent autour de cercueil, monument, fosse… Et que la mort compose leur quotidien, elle n’est pourtant pas devenue banale et n’en devient pas moins pénible. « C’est spécial comme travail et pas facile tous les jours », s’accordent à dire les deux conservateurs. « Psychologiquement ça peut être dur, notamment lorsque la mort vient frapper des enfants ou des jeunes. On a déjà vu des fossoyeurs pleurer, nous sommes des êtres humains ».  

« C’est vrai que lorsqu’il y a un décès dans ma famille je le vis autrement. Je me suis endurci », admet Frédéric Watrek. Vécu chaque jour, le rapport au deuil change. « Mais c’est personnel, selon sa propre sensibilité ».

« Recevoir une épouse et une maîtresse endeuillées en même temps, faire face à des familles en désaccord qui veulent organiser deux enterrements pour un même corps, donner l’adresse des notaires », voilà ce à quoi les conservateurs de cimetières sont confrontés. Arrivés à ce poste par hasard, les gardiens s’adaptent à toutes les situations. Ils doivent être un peu psychologues, diplomates ou encore conseillers familiaux.

Un cimetière vivant

Car plus qu’un lieu dédié à la mort, ce parc fait figure du multiculturalisme rémois. En effet, l’allée principale mène à toutes les dernières volontés. « A gauche, le carré dédié aux musulmans dont la tradition est de placer les pieds (donc le regard) vers l’est. A droite, le canton cinéraire : des tombes d’un mètre carré pour les crémations. Au fond, le jardin du souvenir où sont dispersées les cendres. En face, le columbarium, pas de fleurs, que des plaques derrières lesquelles sont entreposées les urnes. Notre mission est de faire de ces 18 hectares du cimetière paysager un lieu propice au recueillement, mais aussi un parc où les gens peuvent se promener. »

Caroline Denime.

Le marché de la mort fleurit

La Toussaint pour les entreprises funéraires, c’est 20% du chiffre d’affaire annuel. La mort est devenue un marché lucratif.

« N’oubliez pas les chrysanthèmes, un monument à moitié prix, 30% de réduction sur le modèle d’exposition ». En cette période de la Toussaint, les entreprises funéraires multiplient les offres en faveur de nos défunts. Comme Noël ou Pâques, la fête des morts est devenue une fête commerciale à part entière. Chacun joue de sa petite promotion pour attirer la clientèle.

Pas étonnant aux vues des bénéfices qu’ils en tirent. Aux pompes funèbres Traxler, avenue de Laon : « la Toussaint c’est 20% du chiffre d’affaire annuel ». Pour les morts, les familles n’hésitent pas à sortir leur porte monnaie. « Fleurissement et nettoyage des monuments, entretien, la Toussaint c’est l’occasion pour les gens de se déplacer dans les cimetières. Ils souhaitent que les monuments soient propres et fleuris ».

« Les gens attendent la fin octobre pour acheter un pierre tombale ou entreprendre des travaux de restauration ». A l’univers du funéraire, « ces quinze jours sont une période d’activité particulière et importante ». Chez les fleuristes, même constat, le chrysanthème reste vedette dans les cimetières.

C.D.

La crémation, une tendance à la morgue

L’incinération certains y pensent, d’autres le veulent. De plus en plus de familles et de futurs défunts préfèrent passer par là. Explications.

Aujourd’hui à Reims, le taux de crémation représente entre 22 et 25 % des obsèques. Un chiffre identique à la moyenne nationale. Il y a 10 ans, seulement 5 à 10 % des morts et de leurs familles choisissaient ce mode opératoire. Une entreprise de crémation explique cette tendance. « Sans détour, tout d’abord, question de prix. Pour une crémation, il faut compter en moyenne 1500 euros, pour une inhumation, c’est 500 euros de plus. Prix auquel il faut ajouter l’achat de la concession au cimetière. Ensuite, il semble que les jeunes n’aient plus le culte du recueillement au cimetière ». Si les motifs religieux peuvent être un frein, certaines confessions abandonnent la traditionnelle inhumation du corps et se tournent vers la crémation.

C.D.

Extraits de l' hebdo du vendredi N°51 du 26/10/2007

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 Dernière demeure de célébrités

Alphonse ROCHA près de la célèbre tombe de l'abbé MIRROY

Ouvert en 1787, hors les murs de Reims à l'époque, le cimetière du Nord, le plus ancien de la ville, est une enclave de verdure et de paix qui abrite les sépultures de personnages célèbres.

On y trouve de nombreux monuments et statues qui en font également un lieu de promenade et de découverte.

Alphonse Rocha en est le conservateur depuis 1997. Il évoque les diverses tâches qui lui incombent: «Mon rôle est de renseigner le public, d'assister aux inhumations, de contrôler les entreprises de marbrerie, et de surveiller ce lieu où des vols d'œuvres d'art ont encore eu lieu récemment. »

M. Rocha organise périodiquement des visites guidées. Cet homme érudit a écrit un livre très documenté sur le cimetière du Nord. 

Extraits de l' UNION