L'
Hôtel de Ville de REIMS
 

  CULTURE  -   REIMS   -  PATRIMOINE   -    SOCIAL   -   TRAVAUX   

 

Notice de l' Hôtel de Ville

La municipalité actuelle

Visite en Février 2009

Sites à visiter

 

 

Vidéos    

08/01/2015

Rêve et Couleurs

SR en Ligue 1

 

Répertoire 

 

La Presse

 

Émotion, fierté , honneur : les élus réunis au-delà des différences
La Ville a de quoi faire

Le nouveau directeur de cabinet est arrivé

Dans le bureau du maire

Reims et le Grand Reims à Matignon

Deux villes, deux jalons   de l’histoire
Quand la mairie était à Paris

Dans la peau des adjoints municipaux en 14-18
Les élus accueillis à Paris 100 ans après
Quatre ans de mandat mais pas l’heure du bilan

2017

Ne pas oublier Taittinger
Six nouveaux adjoints ont été élus,  le débat est monté d’un ton

R
eims, terre d’accueil des réfugiés, mais pas des filières de migrants

Le maire  fait son  point d’étape 

La mairie se refait une beauté

L’assistante est devenue députée
Arnaud Robinet : « L’exclusion ne fait pas partie de notre ADN »

2016

Jean-Louis Schneiter, l'ancien maire est décédé brutalement
Jean-Louis Schneiter s'est éteint à 83 ans

2015

Plus de douze millions de travaux programmés à l'hôtel de ville de Reims
Les maires entre exaspération, colère et découragement
Les maires contre « le pillage de l'Etat »
Les raisons de la colère des maires
Voyage au centre de l'Hôtel de Ville
Plus d'investissement, plus de dette
Arnaud Robinet face à ses électeurs
Priorité à Reims» pour Arnaud Robinet
Une nouvelle directrice pour la Ville et la Métropole 

2014

Ces lettres à Monsieur le maire de Reims
Le directeur de cabinet de la ville de Reims a pris ses fonctions

2013

Arnaud Robinet : « Le mandat de maire est le plus beau à mes yeux »
Rémois et légitme par les urnes


2012 ...
2004
Le nouveau bureau de la maire a coûté 10.000 €
Carlo Sarrabezolles bientôt à Reims
La statue équestre de Louis XIII.
L’Hôtel de Ville sous les projecteurs
Et la lumière fut…

Dans le secret du bureau de Jean-Louis Schneiter 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Émotion, fierté , honneur : les élus réunis au-delà des différences

Les politiques locaux de tous bords étaient rassemblés, hier, au parc de Champagne puis en mairie, avec une même émotion partagée, pour l’hommage rendu à l’armée noire.


Emmanuel Macron a signé le livre d’or en mairie de Reims et s’est entretenu en tête à tête avec le maire, Arnaud Robinet.Remi Wafflart

Loin des caméras de la cérémonie officielle du parc de Champagne, les présidents français et malien avaient rendez-vous à la mairie de Reims. L’occasion d’un tête à tête entre Emmanuel Macron et Arnaud Robinet, maire de Reims. Au préalable, l’édile rémois avait présenté ses adjoints aux deux présidents dans le salon Colbert. « Cela a permis un échange rapide avec chacun sur leur thématique. Nous avons parlé notamment de l’évolution des effectifs de la police municipale, de notre politique en matière de sécurité » , a indiqué Xavier Albertini, adjoint en charge de la sécurité. Ce dernier a supervisé avec les services municipaux et de l’État la visite du président.

C’est le devoir de mémoire qui nous rassemble, l’hommage à toutes ces personnes venues d’Afrique Éric Quénard

L’OPPOSITION SE SOUVIENT

« Il y a eu toute une série de réunions préparatoires. On évoque d’abord les sujets les plus vastes et on resserre ensuite. Quinze jours avant, il y a une reconnaissance des sites, rien n’est fermé » , expliqué l’élu. Le jour J, des ajustements sont encore à l’œuvre. « On avait un poste de commandement pour pallier toutes les éventualités. C’est une organisation impressionnante, pour le passage du convoi présidentiel par exemple, ce dernier ne doit pas s’arrêter. » Un dispositif qui a aussi suscité des bouchons à un moment de la journée hier. Au bout du compte, Xavier Albertini évoque un président proche et à l’écoute, ajoutant qu’une visite présidentielle demande de la patience. Mario Rossi, autre adjoint, a également trouvé le président charismatique. Même si les échanges furent courts vu le retard qui avait été pris. Il retient encore un moment qu’il l’a marqué au parc de Champagne : « Quand le monument s’est illuminé, pendant le dépôt de gerbe, et que le silence s’est fait dans la nuit, c’était impressionnant !  »

Du côté de l’opposition aussi, on évoque la séquence au parc de Champagne : « Longtemps, à travers le monument aux oreilles de lapin, la France a un peu oublié les efforts faits par les tirailleurs sénégalais. C’est important aujourd’hui de rappeler le courage de ces soldats, morts pour un pays qu’ils ne connaissaient pas, où ils étaient bien souvent envoyés en première ligne. » Stéphane Joly, conseiller écologiste, appréciait, hier, juste avant l’inauguration du Monument aux héros de l’armée noire, ce moment à la fois grave et chaleureux. Tout comme Éric Quénard (PS), son chef de file au sein de l’opposition : « C’est le devoir de mémoire qui nous rassemble, l’hommage à toutes ces personnes venues d’Afrique, qui se sont engagées pour défendre la France et la liberté. »

Pour les élus de l’ancienne équipe municipale, la cérémonie rappelle aussi la pose, il y a presque cinq ans jour pour jour, du monument actuel. « Le 11 novembre 2013, avec Adeline Hazan, nous avions célébré la première inauguration du monument. Aujourd’hui, c’est un temps de rassemblement, de fierté, purement républicain. » C’est aussi beaucoup d’émotion pour certains, comme Patricia Grain : « C’est important de vivre ça, c’est symboliquement fort. Je ressens beaucoup d’émotion, dans ce parc où je venais déjà enfant. Je regarde avec des yeux de petite fille, et je ressens ce que mes grands-parents ont pu vivre. » « On ne peut qu’être ému,estime Nicolas Marandon (PS). Mais c’est aussi un honneur de saluer le geste de ces soldats venus se sacrifier pour nous.  » 

Guillaume LÉVY et Yann LE BLÉVEC

Extrait de l'uion du 07/11/2018

   

   

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La Ville a de quoi faire 

Écoles, églises ou stades, le patrimoine communal compte plus de 360 édifices.  

10 MILLIONS

Le produit des ventes patrimoniales immobilières de la Ville de Reims sur la période 2014-2017.

On peut commencer par un petit jeu : la basilique Saint-Remi appartient-elle à la Ville de Reims ? Oui. Et la cathédrale ? Non. L’église Saint-Jacques ? Oui. Et Saint-Nicaise? Non. La Comédie ? Oui. Et le palais de justice ? Non (voir aussi par ailleurs). Écoles, églises, stades, salles de spectacle, maisons de vacances, bureaux... le patrimoine immobilier de la Ville de Reims est en effet riche - 365 immeubles bâtis- et divers. Tellement divers même qu’il n’est pas simple de se faire une idée précise de sa composition. « Non, il n’existe pas de liste de tous les bâtiments ou biens immobiliers propriétés de la Ville, admet l’adjointe référente sur le sujet Nathalie Miravete. Tout cela est assez dispersé entre différents services, même s’il y en a un, le service juridique, qui peut avoir une vision d’ensemble. » On peut cependant classer ce patrimoine par domaine d’utilisation.

1 - UNE CENTAINE D’ÉCOLES

Premier domaine qui vient à l’esprit, le scolaire : l’enseignement primaire est en effet de la compétence communale, et la Ville est à ce titre propriétaire de toutes les écoles publiques, maternelles (55) et élémentaires (50). Les bâtiments du secteur privé en revanche, que ce soit l’école Farman par exemple ou Saint-Joseph, ne sont pas de sa responsabilité. Pas plus que les collèges et les lycées, les premiers dépendant du département, les seconds de la région.

2 - SPORT, SPECTACLE, CULTURE

En règle générale, les installations sportives publiques sont propriétés de la Ville, par exemple le stade Delaune ou les piscines. Les courts du Tennis club en revanche sont clairement propriété privée. Concernant l’URT, autre club tennistique, le foncier est à la Ville, et celle-ci le met à disposition du club par convention. Les grandes salles de spectacle publiques font, elles, toutes partie du portefeuille immobilier de la Ville, du Manège à la Comédie, de l’Opéra à la Cartonnerie. Les maisons de quartier destinées aux loisirs elles aussi, et cela allonge la liste patrimoniale immobilière de 21 unités, et même de 22 si l’on ajoute le siège de l’association de ces maisons, sise rue Guillaume-Apollinaire. On peut adjoindre à cette série à dominante de loisirs et culture des bâtiments comme le conservatoire et les musées publics (Reddition, Beaux-Arts, Saint-Remi), et même le fort de la Pompelle, même si celui-ci n’est pas situé sur le territoire communal rémois, mais à Puisieulx. On verra plus loin qu’il n’est pas le seul dans ce cas.

3 - TOUTES LES ÉGLISES, OU PRESQUE

Il est aussi un domaine où la Ville de Reims est un propriétaire bien doté, le domaine religieux : conséquence de la loi du 2 janvier 1907 concernant l’exercice public des cultes, les églises paroissiales construites avant 1905 (séparation des Églises et de l’État) sont propriétés des communes. Ce qui ne veut pas dire que tous les édifices religieux sont propriétés de la Ville.

Rappelons deux exceptions notables : la cathédrale, propriété de l’État, comme toutes les cathédrales de France, et Saint-Nicaise du Chemin-vert, propriété du bailleur social le Foyer rémois. De même la grande mosquée du quartier Sainte-Anne n’appartient nullement à la Ville, mais à l’association qui l’a fait construire, l’Amcir (pour la mosquée et le centre islamique de Reims).

4 - LIEUX DE VACANCES

Comme on l’a vu avec le fort de la Pompelle, tous les bâtiments possédés par la Ville ne se situent pas sur le territoire communal. C’est aussi le cas de maisons de vacances.

Reims en détient deux, à la suite de legs, une sur l’île de Ré (legs de Pierre Taittinger), l’autre bien plus près de chez nous, à Villers-Allerand (legs de Mme Desteuque).

5 - ADMINISTRATION ET TECHNIQUE

La Ville dispose aussi, comme on l’imagine, de bâtiments destinés à son propre fonctionnement, et l’on pense naturellement en premier lieu à l’hôtel de ville. Mais il existe aussi « au moins une trentaine d’autres bâtiments répartis en ville », indique Mme Miravete, abritant des bureaux ou des services techniques, comme le service des eaux au début de la rue du Champ de Mars, ou rue Vauthier-le-Noir. Bref, un sacré portefeuille à gérer !


« 
Il n’existe pas de liste de tous les bâtiments ou biens immobiliers propriétés de la ville »
Nathalie MIRAVETE

Appelé régulièrement à évoluer


La Ville est bien propriétaire de toutes les  écoles publiques (ici Clairmarais). A présent qu’elle n’a plus l’obligation de loger les instituteurs, elle cherche à se délester de leurs logements de fonction devenus vacants. Jérôme Heurtel

Le patrimoine immobilier de la Ville est loin d’être figé. Comme pour un particulier, mais à un rythme sans doute plus élevé, se succèdent des achats et des reventes. C’est ainsi que la commune a acheté un nouvel édifice religieux, l’église évangélique de l’avenue Jules-César, ainsi que le garage-carrosserie avoisinant, ceci pour pouvoir mener à bien son projet de restructuration du site du Sernam. En sens inverse, le cas des anciens logements d’instituteurs : la commune avait à une époque obligation de loger ces derniers, c’était avant qu’ils ne deviennent des professeurs des écoles. Maintenant que cette obligation a disparu, la Ville se retrouve en possession de ces logements de fonction devenus largement vacants. « Arnaud Robinet cherche aujourd’hui à se défaire de ces bâtiments vides, explique Mme Miravete. On a ainsi vendu depuis le début du mandat un logement situé au 33 de la rue Petit-Delbourg (secteur Pommery-Clemenceau), un autre à l’angle du boulevard Charles-Arnould et de la place Max-Rousseaux, et un autre, au dernier conseil municipal, rue des Filles-Dieu (secteur rue Voltaire). » Les ventes de patrimoine représentent 10 millions sur la période 2014-2017. En fonction de la redistribution des compétences entre collectivités ce patrimoine peut aussi changer de mains : c’est ainsi par exemple que les statues décorant la voie publique, comme celle de Louis XV sur la place Royale, viennent de quitter le patrimoine communal pour passer à l’échelon intercommunal (Grand Reims) avec le transfert de la compétence voirie de la Ville à la communauté urbaine. Le collège des jésuites de la place Museux, qui abrite SciencesPo, devrait connaître le même sort dans un proche avenir.

Les autres points

BÂTIMENTS RELIGIEUX, UN HÉRITAGE HISTORIQUE

Pas toujours facile de s’y retrouver en matière de propriété du patrimoine religieux. La répartition est le fruit de notre histoire. Le 9 décembre 1905, la loi concernant la séparation des Églises et de l’État abolit les dispositions du Concordat, et la République demande aux cultes concordataires (juif, protestant, catholique, l’islam n’en fait pas partie) de constituer des associations qui recevront la propriété et la responsabilité des édifices. Les protestants et les juifs acceptent, les catholiques refusent. S’ensuit une phase de débats au cours de laquelle les bâtiments catholiques sont progressivement mis sous séquestre. La loi du 2 janvier 1907 concernant l’exercice public des cultes précise que les églises paroissiales construites avant 1905 sont propriétés des communes, et affectées gratuitement aux diocèses. La loi prévoit également que les lieux de culte construits après 1905 sont propriétés des diocèses.

Source : Observatoire du patrimoine religieux

UN SOUCI DE « GESTION PERFORMANTE »

Dans son rapport public annuel de 2013, la cour des Comptes écrivait que « le patrimoine immobilier des collectivités territoriales et de leurs groupements se développe et se diversifie du fait de l’accroissement continu de leurs domaines d’intervention et de l’expression de nouveaux besoins. Les seules constructions inscrites à l’actif des bilans des communes, départements et régions atteignaient 242 Md€ en 2008. » Et elle recommandait « une gestion plus performante de l’immobilier au titre de « l’effort de redressement des finances publiques. »

Antoine PARDESSUS

Extrait de l'uion du 10/10/2018

   

   

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  Dans le bureau du maire

Depuis la reconstruction de l’hôtel de ville, cette pièce située au rez-de-chaussée, et dont les fenêtres donnent sur le parvis, a toujours eu pour fonction d’être le bureau du maire.


« Tous les Rémois sont les bienvenus dans ce bureau », lance Arnaud Robinet. Méconnu du grand public, le bureau du maire occupe la même pièce depuis la reconstruction de l'Hôtel de ville. De grands chefs d'État et une série d'artistes y ont été reçus. De nombreux arrêtés et autres documents officiels y ont été signés. On y a poussé la porte pour une visite guidée étonnante.  Remi Wafflart

« Je ne suis que de passage mais c’est important d’y trouver des choses personnelles.» R.W. 


Dans la bibliothèque, beaucoup d’ouvrages offerts depuis 2014, mais aussi des médailles et des prix décernés à la Ville de Reims.

 Entre petite et grande histoire

*.-  PARMI LES ÉVÉNEMENTS MARQUANTS qui se sont déroulés dans cette pièce, Arnaud Robinet garde en tête que, c’est dans ce bureau que le maire de Reims Jean Taittinger a reçu deux chefs d’État, le 8 juillet 1962 : le général de Gaulle et le chancelier allemand Konrad Adenauer. Une rencontre au sommet, historique, scellant durablement la réconciliation franco-allemande. « Plus modestement, c’est dans cette pièce qu’un 24 décembre, au matin, j’ai reçu la direction de la société CFA Nord-Est pour lui signifier que je faisais valoir mon droit de priorité afin d’acquérir le terrain du Sernam. »

*.-  QUANT À L’HISTOIRE DE CETTE VASTE PIÈCE, on retiendra que Claude Lamblin y a fait percer une porte, Jean Falala y a installé la clim. Sous Jean-Louis Schneiter, les portraits des anciens maires habillés encore les murs. Il avait tenu néanmoins à rajouter les portraits de Jacques Chirac et du Général de Gaulle.

*.-  LE BUSTE DE MARIANNE, sculpté par Georges Saupique, se trouve au même emplacement, dans ce bureau, depuis la mandature de Jean-Louis Schneiter qui assurait ainsi que « Marianne gardait l’entrée » . De son côté, Arnaud Robinet a décidé de lui confier son écharpe tricolore.

La porte est ouverte. « Elle l’est toujours quand je m’y trouve. C’est important que les élus qui passent devant sachent que je suis disponible s’ils ont envie de s’arrêter pour discuter. » Avant d’être le maire de Reims, Arnaud Robinet est entré deux fois dans cette pièce, durant ses six ans de mandat en tant que conseiller du maire Jean-Louis Schneiter. Il s’en rappelle encore, même si les années ont passé. « Quand on venait dans ce bureau, c’est parce que l’on y était convoqué et pas invité… C’était une autre époque. »

UN MÉLANGE D’ANCIEN ET DE MODERNE

Depuis, l’agencement des lieux a pas mal évolué, « Adeline Hazan a modernisé la pièce », en 2008. Chose qui n’avait pas été faite depuis 1927. Exit la grande table imposante pour une table ronde au bois clair et aux chaises blanches, près de la bibliothèque. Au pied des grandes fenêtres, quatre petits fauteuils blancs et une table basse reposant sur un tapis moelleux.

Le bureau, a proprement parlé, est quant à lui, resté près de la cheminée monumentale. « Je n’ai rien changé au mobilier : un coup de jeune qui me convient mêlant l’ancien et le moderne », poursuit Arnaud Robinet.

Il n’invite jamais personne à s’asseoir sur les deux chaises blanches se trouvant devant sa table de travail, « pour éviter de mettre une distance, une barrière. »

Dans cette pièce, Arnaud Robinet signe les arrêtés et autres documents officiels, « avec des stylos publicitaires, je n’ai pas de stylo fétiche, de marque. » Mais prend soin toujours de signer en bleu. « J’ai gardé cela de mon ancien chef à l’hôpital, ça permet de voir tout de suite que la signature est manuscrite, que ce n’est pas une copie. » Dans le bureau du maire, se déroulent les réunions de services, les rendez-vous officiels, les entretiens avec les Rémois qui en font la demande.

PORTRAIT DE PRÉSIDENTS DE LA RÉPUBLIQUE

Lorsqu’il a investi le bureau, la pièce était quasiment vide d’objets : si ce n’est, sur le rebord d’une des fenêtres, une urne offerte par la famille Taittinger lors de l’inauguration de la traversée urbaine de Reims et dans un placard, – il s’y trouve toujours d’ailleurs –, le portrait du président de la République d’alors, François Hollande. « Et si vous vous demandez où se trouve le portrait officiel d’Emmanuel Macron : comme vous le constatez, il n’est pas dans mon bureau, mais dans la salle des mariages » , fait-il remarquer d’emblée.

DES DRAPEAUX AUX ŒUVRES DU FRAC

Alors quels objets trouve-t-on dans le bureau du maire Arnaud Robinet ? « L’une des premières choses que j’ai ajoutée, ce sont les drapeaux : celui de Reims, de la France et de l’Europe. On met aussi celui du pays concerné lorsqu’une délégation officielle est en visite. »

Sur les murs, recouverts en partie de boiserie, des œuvres du FRAC (fonds régional d’art contemporain), une demande d’Arnaud Robinet. « Elles changent régulièrement. Ça me permet aussi d’évoquer, avec certains de mes interlocuteurs, la richesse du territoire » , commente-t-il.

Dans cette pièce, on trouve surtout pas mal de présents offerts depuis 2014 : un drapeau américain plié en triangle et un buste d’Eisenhower, amenés par la Ville d’Arlington, un vase venant de Nagoya, un sabre d’officier de Saint-Cyr, une tour Eiffel tricolore offerte par Anne Hidalgo lors de la commémoration du conseil municipal décentralisé à Paris ; sans oublier le maillot des U19 du SDR lorsqu’ils sont devenus champions de France, en 2015.

ENTRE CLICHÉS INTIMES, MOT TENDRE ET ŒUVRES D’ART

« Lorsqu’on investit un bureau qui n’est pas le sien, c’est toujours très délicat. Je ne suis que de passage mais c’est important d’y trouver des choses personnelles afin de s’y sentir bien. »

Parmi les objets privés, on retiendra: une gravure, un plan original de la ville de Reims datant du 18 e siècle,« offert par mon parrain, il y a quelques années, et qui se trouvait déjà à ma permanence de député. »

Mais aussi, pas mal de photos immortalisant des moments forts de « ma modeste vie politique » : l’une de ses rencontres avec Nicolas Sarkozy, son entrée à l’assemblée nationale, en 2008 ; ainsi qu’une photo avec l’ancienne députée et maire de Thionville Anne Grommerch, décédée en 2016, « avec qui j’avais beaucoup de liens d’affection. »

Dans cette galerie de portraits, on découvre Arnaud Robinet, en tenue d’aviateur, sur un tarmac, au pied d’un Mirage F1. « La photo a été prise à la base aérienne 112, juste avant la fermeture, j’ai eu la chance de participer à un vol. C’était impressionnant. » Il y a aussi des clichés plus intimes : de son fils ; mais aussi de son grand-père aviateur, lors de son séjour aux États-Unis, en juin 1943, afin de décrocher son brevet de pilote américain. Au dos de ce cadre transparent, un mot tendre et plein d’espoir écrit par son grand-père expatrié à sa grand-mère. Dans cette pièce, encore, on trouve exposé : « La première œuvre d’art d’Émile Robinet » , sourit ce papa, tout fier. À côté, le dessin d’une jeune Rémoise, « heureuse de participer au dispositif Demos. Elle est venue en mairie, en remerciement, déposer cela pour moi. » Non loin, un double vinyle de Serge Gainsbourg – un chanteur qu’affectionne tout particulièrement le maire – et que lui a offert un Rémois.

À l’opposé du bureau, sur une des étagères de la bibliothèque, à côté des médailles de Grand chancelier de la légion d’honneur, du conseil général de la Marne et de l’Assemblée Nationale, deux douilles : souvenir d’une séance de tir à l’école de police de Reims.

Et le cendrier ? « Il change de place régulièrement. Je ne fume quasiment jamais, dans ce bureau, si ce n’est le soir très tard. »

Un objet fétiche ? « Un antistress offert par la présidente Catherine Vautrin. »

« L'une des premières choses que j’ai amenées dans le bureau, ce sont les drapeaux : celui de ReIms, de la France et de l'Europe. On met aussi celui du pays concerné lorsqu’une délégation officielle est en visite,  dixit Arnaud Robinet.


Sur le rebord d'une des fenêtres, un drapeau américain, une tour Eiffel tricolore et la Hamme du souvenir réalisée par des agents municipaux, pour le 70° anniversaire de la Reddition, en 2015, et qui avait ainsi permis de transporter sur la voie de la Liberté, la flamme sacrée, de l'Arc de Triomphe donc, jusqu'à Reims, d:lls un relais nocturne.

 
Dans les mains du papa, la première «
 œuvre d'art », réalisée a l’école, par EmiIe Robinet. Sur le meuble de bureau, en arrière-plan, le sabre d'officier offert par récole militaire de Saint-Cyr, posée devant la reproduction d'un pan de la ville par un architecte urbaniste a l'époque  de la reconstruction et dont le projet  n'a pas été validé. Et tout autour, une galerie de photos. Immortalisant des moments Importants de la vie politique mais aussi privée d'Arnaud Robinet.

 
Arnaud Robinet dévoie cette pièce « objet » de nombreux « fantasmes ». En 2008, Adeline Hazan décide de dépoussiérer le bureau du maire, resté quasi à l’identique depuis 1927. Exit les meubles sombres et imposants, les tapis vert de gris et les rideaux jaune pâle. Elle demande du mobilier clair et plus moderne. Un réaménagement qui aura coûté 10.000€. Elle demande aussi aux services municipaux de lui aménager de quoi pouvoir se rafraichir. « 
Certains ont dit qu’il s’aglissait d'une douche, c'est tout simplement un petit cabinet de toilette », commente Arnaud Robinet.


Symbole de la continuité républicaine, cette urne offerte à Adeline Hazan, pour Ia Ville de Reims, par la famille Taittinger, lors de l’inauguration de la traverée urbaine de Reims,  dénommée Voie Jean Taittinger, le 2S janvier 2014. C'est l'un des deux seuls objets qui se trouvaient dans le bureau du Maie lorsqu'Arnaud Robinet, en a prls possession.

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Le buste de Marianne se trouve dans le bureau du maire.

Aurélie BEAUSSART

Extrait de l'uion du 22/54/2018

   

   

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Reims et le Grand Reims à Matignon

Catherine Vautrin et Arnaud Robinet étaient à Matignon hier pour s’engager avec l’État sur la maîtrise des dépenses.


Paris Les deux collectivités se sont engagées   à maîtriser leurs dépenses hier à Matignon.

Comme annoncé dans notre édition du 9 avril, la ville de Reims et la communauté du Grand Reims font partie des premières collectivités à contractualiser avec l’État. Elles étaient onze collectivités hier après-midi à Matignon à signer ces premiers contrats de maîtrise de la dépense locale.

Les villes de Bordeaux, Nice, Niort, Perpignan, Reims, la métropole de Bordeaux, les communautés urbaines de Perpignan et Reims, et les départements du Tarn-et-Garonne, du Loir-et-Cher et de la Seine-Maritime se sont ainsi engagés à limiter la hausse de leurs dépenses de fonctionnement, à 1,2% au maximum par an, pendant trois ans.

RÉCOMPENSER LES COLLECTIVITÉS VERTUEUSES

En contrepartie, l’État s’engage à ne pas baisser la dotation globale de fonctionnement pendant la même période, avec aussi un possible bonus en dotation d’investissement. Une façon de récompenser les collectivités qui sont vertueuses.

Reims et le Grand Reims par exemple expliquent qu’elles sont déjà en dessous de cette augmentation de 1,2 %. Ce dispositif, discuté et élaboré lors de la seconde conférence nationale des territoires à Cahors doit s’appliquer à 322 des plus grosses collectivités de France (dont les dépenses de fonctionnement dépassent les 60 millions). Elles ont jusqu’au 30 juin pour s’engager avec l’État.

Est-ce que le service public d’il y a trente ans est le même qu’aujourd’hui ?
Arnaud Robinet

« Vous êtes des pionniers », a lancé Édouard Philippe à ces élus d’une droite centriste et bienveillante. « Et le propre des pionniers, c’est d’être les premiers et d’être suivis ! »

Le Premier ministre a rappelé le souci commun de « maîtriser la dépense publique en respectant les collectivités territoriales, et éviter ce qui s’est pratiqué jusqu’à maintenant, c’est-à-dire le gel et la diminution . »

Après les interventions de ses collègues de Bordeaux et de Nice, Alain Juppé et Christian Estrosi, le maire de Reims, Arnaud Robinet, a salué cet engagement tout en appelant à la vigilance : « Il y a aujourd’hui une nouvelle méthode. Auparavant, nous étions face à une pratique, entamée avant 2012, qui consistait à s’adapter aux baisses de dotation. À Reims, nous avons fait le choix de diminuer le budget de fonctionnement en garantissant un investissement, car derrière c’est de l’emploi et de l’accompagnement d’entreprise, et c’est la transformation de notre territoire. Ce pacte d’engagement va nous permettre d’envisager l’avenir avec beaucoup plus d’optimisme, car nous allons sur une maîtrise des augmentations. À partir de là, notre rôle est aussi pédagogique vis-à-vis de nos concitoyens, car il nous faut réfléchir ensemble à une nouvelle organisation du service public. Est-ce que le service public d’il y a trente ans est le même qu’aujourd’hui ? Ouvrir une piscine le matin à 7 heures pour trois nageurs, est-ce du service public ? Je n’en suis pas sûr. »

Avec, pour terminer, un remerciement appuyé aux services de la ville pour les efforts accomplis et une mise en garde à l’adresse du Premier ministre : « Attention aux transferts de charges. Il ne faut pas surcharger la barque, il y a un moment où l’on ne pourra pas faire face. » À noter qu’une signature physique pourrait se dérouler à Reims en mai.

ALP

Extrait de l'uion du 17/04/2018

   

   

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Deux villes, deux jalons   de l’histoire

Cent ans après, jour pour jour, le conseil municipal de Reims a siégé de nouveau à Paris

Moment très symbolique quand la délégation rémoise, dont le conseil des jeunes, a pu siéger dans la salle du conseil municipal de Paris. En bas à droite, une plaque souvenir est dévoilée au 19, avenue de l’Opéra. Christian Lantenois

L’ESSENTIEL

*.- IL Y A CENT ANS, la ville de Paris accueillait les élus rémois devant évacuer une ville complètement détruite par la guerre.

*.- HIER, une délégation rémoise, dont des élus du conseil municipal, a fait le voyage à Paris pour commémorer ce moment fort de l’histoire des deux villes.

*.- UNE PLAQUE EN SOUVENIR a été dévoilée dans le 1er arrondissement et les Rémois ont pu symboliquement siéger au conseil municipal de Paris..

Derrière les palissades d’un parvis de la mairie en travaux, deux bus. Les premiers rayons du soleil viennent saluer un équipage inédit. Des élus du conseil municipal de Reims, des directeurs de services, enfants du conseil des jeunes, le maire de Brazzaville…

Tout ce petit monde a rendez-vous avec l’Histoire dans la capitale. Première étape : le 19, avenue de l’Opéra où il y a cent ans, jour pour jour, le conseil municipal rémois a tenu une séance de conseil exceptionnelle. Reims est détruite.

L’évacuation est ordonnée et Jean-Baptiste Langlet, le maire de l’époque, accepte l’invitation parisienne. Il faut bien expédier les affaires courantes.

Comme l’a rappelé Arnaud Robinet, l’actuel maire, les Rémois ont été exemplaires pendant ces années de destruction et de privation, sous la conduite de leur maire. « Un héros méconnu qui porte un message d’espoir et d’éternité. Nous saluons aujourd’hui l’action de deux villes » , soula Arnaud Robinet, avant le dévoilement d’une plaque souvenir en plein cœur du 1 erarrondissement.

Auparavant, Jean-François Legaret, le maire de cet arrondissement, a précisé que le 19, avenue de l’Opéra était auparavant l’adresse d’une société de chemin de fer autrichien. Ces locaux ont été mis sous séquestre au début du conflit.

Les uns contre les autres sur le trottoir, on trouve encore Adeline Hazan, ancienne maire de Reims, le général de division Christian Baptiste, délégué national de l’ordre de la Libération, Haïm Korsia, grand rabbin de France, ou Philippe Germain, président des Rémois de Paris, qui est un peu à l’origine du projet.

Ils nous appellent à la solidarité avec ceux qui aujourd’hui encore fuient la guerre et la mort
Arnaud Robinet, le maire

La petite troupe a rendez-vous à l’hôtel de ville parisien. Moment particulier où les Rémois vont se retrouver dans la salle de conseil de Paris, Catherine Vautrin et Adeline Hazan siégeant côté à côte, Arnaud Robinet à la place de la maire de Paris… La journée efface un instant les oppositions. Dans son discours, le maire actuel de Reims n’oublie pas qu’à une époque les Rémois furent aussi des réfugiés à qui les Parisiens ont tendu la main. « Ils nous appellent à la solidarité avec ceux qui aujourd’hui encore fuient la guerre et la mort. » Il ne souhaite pas rentrer dans le débat entre les deux cathédrales, celles de Reims et de Paris, préférant parler de deux villes, jalons de l’histoire, « Reims comme ciment d’un pays dans son baptême originel. » La commune est selon lui l’échelon de confiance des concitoyens, là où tant de belles histoires se sont écrites. Un discours solennel avant une visite d’exposition, « Reims 1918, Paris 2018 », dans la bibliothèque de la mairie de Paris. L’après-midi, les Rémois avaient encore à leur menu la visite du musée de l’ordre de la Libération et des Invalides.

Quand Reims était administrée   de la capitale, une exposition à découvrir

Des clichés de l’époque, des reliques, le registre du conseil municipal du siècle dernier... Autant de choses qui témoignent de l’histoire singulière de la cité des sacres, ville de front durant la Première Guerre mondiale.
Christian Lantenois 

Dans le cadre de cette commémoration, une exposition a été réalisée par les directions de la culture et du patrimoine de la Ville, intitulée « Reims 1918-Paris 2018 » : des objets emblématiques et une dizaine de panneaux illustrés relatant l’histoire singulière de Reims durant la Première Guerre mondiale. Une ville de front bombardée quatre ans, en partie détruite puis reconstruite.

L’exposition a été inaugurée, hier, dans la bibliothèque de l’hôtel de ville de Paris. En raison du risque toujours très élevé d’attentat, elle ne sera visible que du personnel de la Ville de Paris. Lors de son retour dans la cité des sacres, elle sera abritée aux Archives municipales et sera ainsi visible du grand public au cours des journées du patrimoine. « J’invite tous les Rémois à venir la découvrir » , tient à souligner le maire Arnaud Robinet. « Il est important de connaître l’histoire de notre cité et de ceux qui ont œuvré avec beaucoup de courage et de détermination pour la protéger et lui permettre de se relever après le conflit. »

Quand les Taittinger étaient président du conseil de Paris

À l’issue de la séquence dans la salle du conseil municipal de Paris, un échange de cadeaux a eu lieu. La Ville de Reims a notamment offert une œuvre d’un artiste local, Iemza, qui mêle la cathédrale de Reims et la tour Eiffel. Les Rémois avaient aussi prévu une bouteille du breuvage champenois, du nom de ceux qui ont été présidents du conseil municipal de Paris, Pierre Taittinger de 1943 à 1944 et Pierre-Christian Taittinger de 1962 à 1963. De son côté, la ville de Paris a offert une tour Eiffel, made in Paris et deux livres, l’un sur les Américains restés dans la capitale après la guerre et l’autre sur le porte-avions Charles de Gaulle dont la ville de Paris est marraine.

UNE EXPOSITION SUR JEAN-BAPTISTE LANGLET À REIMS

Une exposition sur « Jean-Baptiste Langlet, un homme, une ville, des combats » est programmée du 24 mai au 12 novembre à Reims. Cette exposition sera consacrée à celui qui fut le maire de Reims durant la totalité du premier conflit mondial. Installée sur le cours qui porte aujourd’hui son nom, elle évoquera le destin de cet homme qui s’engagea très tôt pour le bien de ses concitoyens, en tant que médecin mais aussi en tant qu’homme politique résolument républicain. Confronté à la guerre et aux bombardements, le docteur Langlet s’illustra avec courage dans la survie de sa cité, refusant de l’abandonner aux militaires et assurant, sur place et du mieux possible, ravitaillement, secours aux plus démunis, sécurité des habitants ou évacuation de ceux qui souhaitaient partir, sans oublier la mise en sécurité des œuvres d’art et la préparation de la reconstruction.

Que retenir de cette journée

 

Adeline HAZAN

ANCIEN MAIRE

« Aujourd'hui est une journée importante pour la ville de Reims. C'est un moment fort de son histoire, encore trop méconnu de ses habitants. Je voulais participer à ce moment, surtout lorsque l'on sait à quel point la ville de Reims a souffert et donné lors de la Première Guerre mondiale. »

 

Philippe GERMAIN

PRÉSIDENT DES RÉMOIS DE PARIS

« J'apprécie l'histoire. C'est, en me plongeant dans de vieux articles, que j'ai découvert voilà 2 ans, qu'une mairie provisoire de Reims fut hébergée un temps au 19 avenue de l'Opéra. Ma réaction a été de partager cela avec l'équipe municipale de Reims. La cérémonie du jour va au-delà de mes espérances. Les deux municipalités se sont beaucoup investies et c'est important pour le devoir de mémoire. »

 

 

Riles CHILLA

CONSEIL MUNICIPAL DES JEUNES

« Je ne connaissais pas cette partie de l'histoire de notre ville. C'était important d'être présent. On représente la jeunesse rémoise. Il y a une certaine fierté aussi car le moment est solennel, émouvant. »

 

Pascal LABELLE

ADJOINT CHARGÉ du PATRIMOINE

« C'est une très belle chose, 100 ans après, de se souvenir officiellement. C'est très symbolique. Car si les Rémois en majorité sont au courant qu'après l'incendie de l'hôtel de ville, la municipalité a trouvé refuge dans les caves du Cellier, il n'en est pas de même pour cette parenthèse parisienne. »

 

Eric QUENARD

Conseiller municipal PS

« Aujourd’hui est un temps de rassemblement pour retrouver l’histoire de notre ville. Ce type de moment, de commémoration, est très important. Entretenir le passé, ne pas oublier, c’est primordial pour construire un avenir où l’on aura tiré certaines leçons de l’histoire. »

AURÉLIE BEAUSSART - Yann LE BLÉVEC

Extrait de l'uion du 20/04/2018

  

    

   

 

 Quand la mairie était à Paris

En 1918, lorsque l’ordre d’évacuation de la ville est donné, le conseil municipal trouve refuge à Paris.   Cent ans après, ce 19 avril, les élus rémois se réuniront de nouveau dans la capitale, symboliquement


Arnaud Robilet, en compagnie de Bénédicte Hemu, directrice des musées historiques de Reims, prend connaissance des délibérations prises au cours des deux conseils municipaux qui se sont déroulés à Paris, en 1918.
Christian Lantenois

L’ESSENTIEL

*.- À REIMS, avec le temps, on avait fini par oublier que, durant la Première Guerre mondiale, pendant une courte durée, les élus avaient trouvé refuge à Paris et y avaient géré les affaires courantes.

*.- C’EST À LA FIN DE L’ANNÉE 2016 que pour la première fois, le président des Rémois de Paris, Philippe Germain, évoque avec l’équipe d’Arnaud Robinet, ce pan de l’histoire rémoise étroitement lié avec celle de Paris. L’idée de concocter une commémoration en date du 19 avril 2018, cent ans, jour pour jour, après la tenue du premier conseil municipal décentralisé germe.

*.- LUNDI 5 FÉVRIER 2018, en préambule du conseil municipal, Arnaud Robinet invite l’ensemble des élus rémois à se réunir symboliquement à Paris.


L’hôtel de ville est entièrement détruit par un incendie après un énième bombardement en mai 1917. Collection musée Saint-Remi 

À SAVOIR

*.- REIMS, VILLE STRATÉGIQUE

Elle n’est située qu’à 130 km de la capitale. Depuis la fin du mois de septembre 1914, le front s’est stabilisé aux portes de la ville. Le fort de la Pompelle (avec le 21 erégiment d’infanterie coloniale) est le seul des sept forts entourant Reims à résister aux Allemands. De violents combats s’y déroulent durant toute la guerre. La zone constitue un verrou que les Allemands entendent faire tomber pour atteindre Paris.

*.- REIMS, VILLE MARTYRE

De violents bombardements s’abattent sur la cité dès septembre 1914. Les dégâts sont colossaux, la cathédrale est ravagée par les flammes, le 19 septembre 1914. En août 1916, c’est l’hôtel-Dieu qui est détruit et en mai 1917, l’hôtel de ville. À partir de mars 1918, les destructions s’intensifient. Au sortir de la guerre, plus de 70% des immeubles ont disparu ou sont profondément endommagés.

*.- LES RÉMOIS RÉSISTENT

En septembre 1914, un tiers des 120 000 habitants quittent Reims. En février 1915, ils sont encore 35 000, 25 000 en mars et 20 000 en juin 2016. Ils se réfugient dans les caves lors des alertes. Certaines activités s’y déroulent d’ailleurs : les messes, l’école ou encore l’hôpital s’y installe. Le commerce du champagne dont l’activité tourne au ralenti se poursuit néanmoins durant le conflit. Au printemps 1917, avec l’offensive Nivelle, le gouvernement demande l’évacuation de tous les habitants (surtout les femmes et les enfants). À l’automne 1917, il ne reste que 5000 civils.

Avec beaucoup de précaution et aussi une certaine émotion, Arnaud Robinet, le maire de Reims parcourt le registre du conseil municipal du siècle dernier.

« En 1917, l’ordre d’évacuation de la ville est donné : une grande partie de la population reste. Mais au début de l’année 1918, les bombardements s’intensifient, la population encore présente, les autorités et la municipalité sont alors contraintes de quitter le territoire, explique-t-il. La Ville de Paris décide d’accueillir notre municipalité, lui permettant ainsi, malgré les affres du conflit, d’assurer l’intendance et la gestion courante des affaires de la cité. »

L’évacuation de Reims se déroule le 25 mars 1918, l’administration municipale se retrouve donc à occuper les locaux d’une société de chemins de fer autrichiens, placés sous séquestre, et situés au 19, avenue de l’Opéra, dans le 1er arrondissement de Paris. La « mairie provisoire » de Reims, notamment les services de l’état civil, la comptabilité et la recette municipale comme les allocations militaires est en mesure d’accueillir le public dès le 4 avril 1918.

« C’est ainsi que les élus rémois, sous la conduite du maire de l’époque, le docteur Jean-Baptiste Langlet, ont tenu une première séance du conseil municipal, le 19 avril 1918, continue Arnaud Robinet. Les délibérations prises sont assez surprenantes. Cela traite vraiment du quotidien de la ville : les habituels crédits pour achats de denrées, les pensions de retraite et les demandes de secours. »

Le conseil dure à peine une heure.

PARENTHÈSE ÉPHÉMÈRE

Dans ces locaux parisiens, plusieurs réunions se tiennent dans les semaines qui suivent ainsi qu’une autre séance du conseil municipal, (le 23 août 2018) : « le compte administratif communal pour 1917 est d’ailleurs adopté. »

La parenthèse parisienne est courte. La ville de Reims est libérée dans la nuit du 4 au 5 octobre 1918. Deux jours plus tard, Jean-Baptiste Langlet et deux de ses adjoints rentrent à Reims. Mi-octobre, les trains se remettent à circuler. La population est progressivement de retour.

Le 9 novembre 1918, le conseil municipal se réunit de nouveau à Reims, dans une salle de l’école pratique de commerce et d’industrie, rue Libergier. Une séance empreinte de solennité. Trois conseillers sont absents, encore mobilisés. Le maire évoque l’état désastreux de la ville. Le conseil municipal vote une délibération demandant au gouvernement d’exiger de l’Allemagne une série de mesures précises pour permettre le redressement de la ville.

Le prochain et dernier conseil municipal de l’année 1918, se déroule le 27 décembre, rue Libergier, il est surtout question de la reconstruction de la ville qui s’annonce titanesque. Jean-Baptiste Langlet craignant alors que ça ne dure de longues années.

DES OBJETS EMBLÉMATIQUES

Dans le cadre de cette commémoration, une exposition a été réalisée, par les directions de la culture et du patrimoine de la Ville. « Reims 1918, Paris 2018 », comprend plusieurs panneaux illustrés relatant l’histoire singulière de Reims durant la Première Guerre mondiale. Une ville de front, bombardée quatre ans, en partie détruite puis reconstruite. « Cette exposition sera dans un premier temps accueillie dans la bibliothèque de l’hôtel de ville de Paris. Elle sera ensuite visible aux Archives municipales, lors des Journées du patrimoine. J’invite tous les Rémois à venir la découvrir », continue le maire. Des objets emblématiques de cette période seront aussi, pour quelques-uns, visibles du grand public pour la première fois. « Il est important de connaître l’histoire de notre cité et de ceux qui ont œuvré avec beaucoup de courage et de détermination pour la protéger et lui permettre de se relever après le conflit. Il est temps d’être reconnaissant, un siècle après, et de dire aussi merci à la ville de Paris pour la solidarité dont elle a su faire preuve. »


Autre relique présentée lors de l'exposition, une pierre ramassée dans les rues d'une ville en ruine, à la fin du conflit. Plus de 70 % des immeubles de la cité étaient à terre. Christian Lantenois


Il s'agit d'un téléphone de transmission militaire. Jean-Baptiste Langlet rencontrait beaucoup de difficultés à communiquer avec la ville de Reims lorsqu’il se trouvait à Paris et devait constamment passer par l'autorité militaire », explique Bénédicte Hernu. C.Lantenols


Voici une relique avec le sceau de Jeanne d'Arc, qui sera ainsi visible pour cette exposition. «
Elle a été élaborée pour promouvoir la reconstruction de la cathédrale, avec donc du plomb provenant de l'édifice », explique Bénédicte Hemu, directrice des musées historiques de Reims. Christian Lantenols


Voici une petite statue datant de l'époque gallo-romaine. «
Il s'agit de la déesse mère. Elle se trouvait au sein du musée archéologique de l'hôtel de ville et a donc souffert de l'incendie, avec un début de vitrification », détaille Bénédicte Hernu. Christian Lantenols

 « Ce 19 avril, sera une journée forte en symboles »

Cent ans, jour pour jour, après la tenue du premier conseil municipal de Reims à la « mairie provisoire » de Paris, l’ensemble des élus rémois seront solennellement accueillis à l’hôtel de ville de Paris, par leurs homologues, vers 11 heures, ce 19avril. Une réunion exceptionnelle du conseil municipal de Reims se tiendra dans l’hémicycle du Conseil de Paris, en présence d’Anne Hidalgo : « Ce sera l’occasion de redire aux élus parisiens, au nom des Rémoises et des Rémois, toute notre gratitude et, à travers eux, à l’ensemble des habitants de la capitale, pour cet acte de solidarité qui reste gravé dans l’histoire de notre ville », indique le maire. « Ce 19 avril, sera un moment fort, émouvant, de partage. » Devraient être aussi du voyage, « les descendants de Jean-Baptiste Langlet, l’ancien maire Claude Lamblin », énumère Arnaud Robinet, qui a convié aussi Adeline Hazan et le conseil municipal des jeunes. Un peu plus tôt dans la matinée, vers 10 h 30, sera dévoilée une plaque commémorative, au 19 avenue de l’Opéra, en présence de Jean-François Legaret, maire du 1er arrondissement. Dans l’après-midi, les Rémois visiteront le musée de l’ordre de la Libération et les Invalides (musée des armées).

Jean-Baptiste Langlet est un maire au front. Il entre au conseil municipal, a l’âge de 43 ans, en 1884 pour ne le qultter qu'en 1925. D'abord député, Il devient maire en mal 1908 tout en menant en parallèle une carrière de médecin et de directeur de l'école de médecine de Reims. Reims est occupée par les Allemands 19J3 al 12 septembre 1914. Il négocie avec l'occupant dont il est d'ailleurs brièvement l'otage. Pendant ces quatre années de conflits, il veille a la sécur1lé et aux ravl1allements des Rémois. Il refuse de laisser la ville aux mains des militaires. Le 25 mars 1918, avec l’évacuation des civiles, Jean-Baptisle Langlet consent enfin a partir, à la condition que le cardinal Luçon quitte Rems en même temps. Bien que farouchement anticlérical, il prend fait et cause pour la restauration de la cathédrale à l’issue de la guerre. Son mandat de maire s'achève en 1919. Il décède en 1921, à l'âge de 85 ans. Collection musée des Beaux-arts Reims

Incendie de la mairie : 10 ans d’exil pour les services municipaux


Après l’incendie de l’hôtel de ville, les services municipaux trouvent refuge dans les caves de l’actuel Cellier, rue de Mars. Ici, une partie du conseil municipal de l’époque, en pleine réunion.
Coll. Archives municipales / Ville de Reims 

L’hôtel de ville est victime d’un violent incendie en mai 1917. Le maire Jean-Baptiste Langlet fait alors installer les bureaux municipaux dans les caves de la maison de champagne Werlé situées juste à côté (aujourd’hui, le Cellier). Avec l’évacuation générale décrétée par l’État le 25 mars 1918, la mairie de Reims trouve alors refuge à Paris, au 19 avenue de l’Opéra. D’autres services municipaux sont dispatchés ailleurs dans Paris ainsi que dans d’autres villes de France.

Les services municipaux reviennent rapidement à Reims, après la libération de la cité. Ils sont abrités pendant près d’un an, rue Libergier donc, avant de déménager, au 20 de la rue des Augustins.

La reconstruction de l’hôtel de ville débute seulement en janvier 1924 sous la direction des architectes Paul Bouchette et Roger-Henri Expert. Et il faudra attendre la fin de l’année 1927 pour que le conseil municipal de Reims y siège de nouveau.

AURÉLIE BEAUSSART

Extrait de l'uion du 04/04/2018

  

    

   

Dans la peau des adjoints municipaux en 14-18

Les archives municipales ont accueilli des écoliers pour une leçon d’histoire pas comme les autres.


Jeudi, des écoliers de Jamin se sont penchés sur le combat de Jean-Baptiste Langlet pour la ville pendant la Première Guerre mondiale. 

« Comment appelle-t-on les soldats de la Première Guerre mondiale ? » Les écoliers hésitent. « Ah oui, je sais, s’exclame une jeune fille : les barbus ! » Presque. Face à une douzaine d’élèves de CM1 de l’école Jamin, Audrey Pavard, professeur-relais, revoit quelques bases tout en racontant le combat du maire Jean-Baptiste Langlet pour la Ville pendant la Première Guerre mondiale. À l’étage, Carine Manigot, attachée de conservation du patrimoine, invite l’autre moitié de la classe à se mettre à la place du conseil municipal de l’époque pour réfléchir à la question de l’évacuation. Cette leçon d’histoire particulière se déroulait jeudi dans les bâtiments des Archives municipales. Jusqu’en mai, ce sont pas moins de 20 classes, soit 657 élèves, qui seront accueillies pour ces cours pas comme les autres, animés de visites guidées et d’ateliers avec découverte de documents originaux (cartes postales, lettres, cartes de correspondance militaire, souvent envoyées du front…). Comme cet extrait du journal de guerre de l’agent de police Alfred Wolff dans lequel il a collé un morceau de tissu. « Il s’agit d’un fragment d’un des drapeaux blancs qui ont été hissés en haut des édifices religieux de la ville afin de signaler aux Allemands qui bombardaient que la ville était pacifique », explique la professeur. L’étoffe flottait le 4 septembre 1914 en haut de l’église Saint-André. Le fonctionnaire avait noté cette indication : « Les trous ont été faits par des éclats d’obus qui ont atteint le clocher. »

À noter que le site internet de la ville (www.reims.fr, rubrique culture & patrimoine puis archives municipales) propose une exposition virtuelle « Reims dans la guerre 14-18 », des écrits de poilus, des témoignages inédits ainsi que des visuels d’expositions empruntables.

Que retenez-vous de cette séance ?

KENZA, 9 ANS

« J'ai compris, quand il faut évacuer toute une ville, ça s'organise. Le conseil municipal de l'époque n'a pas eu juste à réserver un train. Il a fallu tout organiser. Je n'imaginais pas à quel point ça a dû être compliqué et ça a dû demander beaucoup de travail.  »

 

NOAM, 9 ANS

« Ça me plaît beaucoup l'histoire. Maintenant, j'en sais plus sur l'évacuation de Reims pendant la guerre. Et surtout sur son organisation. Je n'aurais pas aimé être conseiller municipal à l'époque. Il a fallu prendre des décisions difficiles. »

 

JULES, 9 ans

« J’ai appris la différence entre fuite et évacuation. La fuite, c’est quand on choisit et l’évacuation, c’est la municipalité qui l’ordonne. Je suis surpris de voir tout ce qu’a dû faire le conseil municipal. C’était très intéressant. L’Histoire, c’est ma matière préférée. »

Alice RENARD

Extraits de l' union du 25/02/2018

  

    

   

 Les élus accueillis à Paris 100 ans après

Durant la Première Guerre mondiale, les élus rémois s’étaient réfugiés chez leurs homologues parisiens. Une plaque sera dévoilée le 19 avril et une exposition est prévue


Les 59 élus du conseil municipal de Reims se rendront sur les traces de leurs pairs qui, en 1918, lorsque l’ordre d’évacuation de la ville a été donné, ont pu assurer l’intendance depuis Paris. Archive Bernard Sivade

À Reims, avec le temps, on avait fini par oublier, que, durant la Première Guerre mondiale, pendant un laps de temps très court, les élus avaient trouvé refuge à Paris et y avaient géré les affaires courantes.

1 - LA GENÈSE

C’est à la fin de l’année 2016 que pour la première fois, le président des Rémois de Paris, Philippe Germain, évoque avec l’équipe d’Arnaud Robinet ce pan de l’histoire rémoise étroitement liée à celle de Paris. L’idée de concocter une commémoration en date du 19 avril 2018, cent ans, jour pour jour, après la tenue du premier conseil municipal décentralisé germe alors dans l’esprit des élus rémois. Des rapprochements se font avec Paris et son maire Anne Hidalgo.

2 - L’ANNONCE

Lundi soir, Arnaud Robinet, en préambule du premier conseil municipal de l’année, a fait une déclaration à l’ensemble des élus. «Nous entrons dans le cycle des commémorations du bicentenaire de la fin de la Première Guerre mondiale dont chacun connaît ici les stigmates qui marquèrent durablement notre cité. En 1918, l’ordre d’évacuation avait été donné, les populations civiles, les autorités et la municipalité rémoises ont été contraintes de quitter le territoire, la ville ne pouvant plus décemment être administrée sous l’effet de l’intensification des bombardements » , rappelle Arnaud Robinet. « Dans un geste de solidarité incommensurable, la ville de Paris décidait d’accueillir notre municipalité et lui permit, malgré les affres du conflit, d’assurer l’intendance et la gestion courante des affaires de la cité. »

L’évacuation de la ville de Reims se déroule le 25 mars 1918, l’administration municipale et divers services municipaux se retrouvent donc à occuper les locaux d’une société de chemins de fer autrichiens, placés sous séquestre. Voilà la « mairie provisoire » de Reims qui occupe le premier étage d’un immeuble situé au 19 avenue de l’Opéra, dans le 1 er arrondissement à Paris et indiquée en façade par une modeste pancarte écrite à l’encre.

Dès le 4 avril, les services de l’état civil, la comptabilité et la recette municipale comme les allocations militaires sont en mesure d’accueillir le public. Ce qui fut sauvé des archives lors de l’incendie de l’hôtel de ville de Reims, le 3 mai 1917, fut rapatrié et abrité dans cet immeuble.

« C’est ainsi que nos pairs, sous la conduite du premier magistrat de l’époque, Jean-Baptiste Langlet, ont tenu une première séance du conseil municipal, le 19 avril 1918. » Plusieurs réunions et un second conseil municipal, le 23 août 2018, se dérouleront ainsi dans les locaux parisiens.

3 - LA COMMÉMORATION

Lundi soir, Arnaud Robinet a annoncé que l’ensemble du conseil municipal serait « solennellement accueilli, le 19 avril prochain, à l’hôtel de ville de Paris. Ce sera l’occasion, pour moi et en votre nom, de redire aux élus parisiens, au nom des Rémoises et des Rémois, toute notre gratitude et, à travers eux, à l’ensemble des habitants de la capitale, pour cet acte de solidarité qui reste gravé dans l’histoire de notre ville. »

Peu avant, dans la journée, les élus rémois se rendront devant le 19avenue de l’Opéra où une plaque rappelant ce pan de l’histoire de la ville de Reims sera dévoilée.

Après les discours dans la salle du conseil municipal de Paris, les élus inaugureront une exposition à la bibliothèque de l’hôtel de ville parisien, consacrée évidemment à la mairie provisoire du 19 avenue de l’Opéra. Des documents et des objets exceptionnels - car rarement visibles du grand public- seront présentés.

La parenthèse parisienne n’a guère duré. Après deux conseils qui se sont tenus au sein de cette mairie provisoire, le 9 novembre 1918, un conseil municipal se déroule à Reims, dans une salle de l’école pratique de commerce et d’industrie, rue Libergier.

Malgré tout, une partie de l’administration municipale rémoise reste à Paris encore quelques mois. Ainsi, une circulaire en date du 2 novembre précise-t-elle que les projets de reconstruction de la ville sont à remettre à la « mairie de Reims, 19 avenue de l’Opéra, à Paris », jusqu’au 15 décembre.

La reconstruction de l’hôtel de ville débute en janvier 1924 sous la direction des architectes Paul Bouchette et Roger-Henri Expert. Et il faudra attendre la fin de l’année 1927 pour que le conseil municipal de Reims siège de nouveau à l’hôtel de ville.

La maison de champagne Werlé, siège de la municipalité en 1917


Pendant un peu moins d’un an, en 1917, la mairie a trouvé refuge dans les caves du Cellier, à quelques pas de l’hôtel de ville.

Pendant la Grande Guerre, la maison de champagne Werlé, au 6 rue de Mars, aujourd’hui transformée en lieu culturel et dénommé sobrement Le Cellier, a joué un rôle de premier ordre puisque les services municipaux et de la police se replient dans ses caves entre le 21 avril 1917 (jour où la mairie est évacuée après que deux gros obus ont causé d’importants dégâts) et le 25 mars 1918 (date d’évacuation totale des civils imposée par le commandement militaire).

« Le maire, le Dr Jean-Baptiste Langlet et ses adjoints (Émile Charbonneaux et Jean de Bruignac), aidés de collaborateurs dévoués et entourés du respect et de la sympathie du personnel de la maison de champagne, assurèrent jusqu’au bout, malgré les milliers d’obus allemands quotidiens, le fonctionnement des services de la ville » , peut-on ainsi lire sur une plaque apposée à l’intérieur de ce lieu culturel.

Aurélie BEAUSSART

Extraits de l' union du 11/02/2018

   

   

  Répertoire  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quatre ans de mandat mais pas l’heure du bilan

Il y a quatre ans jour pour jour, Arnaud Robinet était élu maire. Les 2/3 du mandat son passés, mais l’élu estime qu’il faut continuer d’avancer.


Le maire affirme ne pas avoir pris sa décision quant à une future candidature, «
l’heure n’est à spéculer sur de futures échéances ». Archive Hervé Oudin

L’ESSENTIEL

*.- LE 30 MARS 2014, la liste Ensemble pour Reims, conduite par Arnaud Robinet (UMP) remporte les municipales dans une triangulaire au second tour avec 46,19 % des voix, contre 42,76 % à la liste d’Adeline Hazan (PS) et 11,05% pour celle de Roger Paris (FN).

*.- LE 4 AVRIL 2014, le conseil municipal choisit Arnaud Robinet, comme maire, avec trois priorités : la sécurité, le développement économique et la stabilité fiscale.

*.- QUATRE ANS APRÈS, Arnaud Robinet indique que l’heure du bilan n’est pas venue, mais que plus de 90 % des engagements pris pendant la campagne sont réalisés.

Ce jour-là, le conseil municipal était convoqué à 16 heures. Le 4 avril 2014, il y a quatre ans jour pour jour, Arnaud Robinet, tête de liste d’Ensemble pour Reims arrivée première des suffrages quelques jours plus tôt, est élu maire de Reims. « J’ai donc déjà effectué les deux tiers du mandat, mais l’heure du bilan n’est pas venue. Il faut continuer à avancer », explique ce dernier. Il constate que les grands projets sont sur les rails. « Plus de 90 % des engagements pris pendant la campagne sont réalisés, c’est ma principale fierté. Mon moteur, c’est ce qu’il reste à faire », assure-t-il. Voici quelques points que nous avons abordés avec lui en cette date anniversaire.

1 - CANDIDAT EN 2020 ?

Arnaud Robinet affirme qu’il n’a pas pris sa décision. « Je ne suis plus député depuis un an. Mon rôle de parlementaire pendant 10 ans a été passionnant, mais aujourd’hui une page est tournée. » Il dit s’épanouir dans sa mission de maire, s’occuper du quotidien, structurer la cité. « Je n’ai pas de regret d’avoir choisi ce mandat. J’ai été élu pour six ans cependant, l’heure n’est pas à spéculer sur des échéances. Il reste deux ans, le moment de la campagne n’est pas venu. » Il revient sur la position de Patricia Gruson, référente de La république en marche dans la Marne, évoquant une liste aux municipales, soit avec Arnaud Robinet, soit contre lui (L’union du 10 mars). « C’est indécent de faire des spéculations sur le sujet. Les Rémois ont autre chose à penser. Ce n’est pas une façon de faire de la politique, je n’approuve pas la tambouille qui vise à avoir une écharpe ou un beau bureau, ce n’est pas le nouveau monde » , assène-t-il. Le maire indique qu’en 2014 il avait fait le choix d’une liste équilibrée, des personnes représentatives, issus de plusieurs quartiers de la ville. « Ce n’est pas un parti politique qui doit me dire ce que je dois faire à Reims. »

2 - RÉNOVATION URBAINE, LE GRAND FLOU

Il y a un sujet qui suscite un regret et des doutes chez Arnaud Robinet : il s’agit de la rénovation urbaine. Un thème qui revient régulièrement dans les échanges qu’il peut avoir notamment avec le Premier ministre, Édouard Philippe. « C’est une chose qu’on ne maîtrise pas, j’ai une attente très grande vis-à-vis de l’Agence nationale de rénovation urbaine. »

Quand on vous fait une proposition de servir la France, qui pourrait refuser ?
Arnaud Robinet

Le maire rappelle qu’avec Catherine Vautrin notamment, il s’est battu pour que les quartiers Europe et Châtillons soient intrégrés dans le plan de financement. « L’État a fait miroiter de belles promesses. Un protocole de préfiguration a été établi il y a deux ans. Les bailleurs sont prêts. Mais on n’a toujours pas le financement. Les habitants attendent, et moi avec eux »,souligne Arnaud Robinet. Pour ce dernier, l’État doit tenir ses promesses. « On essaie de trouver des solutions quand c’est possible, comme pour la place de Fermat ou la place Jean-Moulin, mais sans l’État on ne pourra pas aboutir sur Europe et Châtillons. » Le maire en profite pour affirmer que tout n’est pas fait pour le centre-ville. « Les deux tiers des investissements de voirie sont réalisés dans les quartiers ou faubourgs. Il y a la maison de quartier des Épinettes, de Croix-Rouge pour laquelle l’architecte vient d’être choisi... Trois millions sont consacrés au contrat de ville. Néanmoins, on pourra rénover tant qu’on veut, tant qu’on aura pas résolu le problème de l’emploi, on ne réglera pas vraiment les choses. Un problème pour lequel on essaie de faire face avec nos compétences. Pour moi, tous les Rémois ont les mêmes droits et les mêmes devoirs. »

3 - MACRON COMPATIBLE ?

La question revient souvent, surtout après l’épisode où le maire a été pressenti comme ministre. « Quand on vous fait une proposition de servir la France, qui pourrait refuser? » , dit Arnaud Robinet, assurant qu’il n’était pas demandeur d’un maroquin. « Suis-je Macron compatible ? Si c’est vouloir la réussite de la France, alors oui. Suis-je En Marche ? Non ! J’ai mené aux municipales une liste de droite et du centre. Je ne suis pas cependant dans une opposition systématique. Je ne vais pas critiquer des mesures que je pouvais soutenir auparavant, comme sur l’ISF, l’immigration ou l’Éducation nationale. » Pour le maire, l’image de la France a changé à l’international. « Il existe des points de divergence cependant, comme la taxation et la hausse de la CSG pour les retraités. Je l’ai dit au Premier ministre. Je serais plus pour une hausse de la TVA ou pour le fait de relever le plafond concernant les retraités. J’ai pris mes distances avec mon parti. Je pense qu’aujourd’hui il y a les élus nationaux qu’on voit à la télé et les élus locaux sur le terrain qui assument les lois votées. D’où mon engagement aussi avec la France audacieuse qui rassemble ces élus locaux justement qui sont dans l’action. »

4 - FISCALITÉ ET GRANDS PROJETS

Les taux ont été maintenus rappelle le maire. « On a baissé la dette en baissant les dépenses de fonctionnement tout en maintenant l’investissement. Même si les gens ne le voient pas, je peux me regarder dans une glace, je laisserai une situation saine. » Après, le maire explique qu’il y a une différence de temps entre le politique, le temps du citoyen et le temps administratif. « Pour faire concrétiser un projet, c’est compliqué, c’est long. L’heure est aux chantiers désormais. La pose de la première pierre du complexe aqualudique aura lieu le 12 septembre. Il va y avoir la parvis de la mairie mi-avril, les Hautes Promenades mi-mai, Saint-Remi, les places René-Clair, Museux... Concernant la salle événementielle, le projet sera connu avant l’été. Il y aura huit mois d’écart environ avec le complexe aqualudique. C’est une salle indispensable pour la 12e ville de France. On ne peut pas se priver d’un tel équipement, qui sera complémentaire avec les salles de Châlons et d’Épernay. Nous, nous pourrons par exemple accueillir des événements sportifs. »

Les attentats ont tout changé


La question de l’armement de la police municipale a fini par se poser

« En 2014, personne n’aurait pu dire à quel point le risque terroriste allait modifier nos vies », dit Arnaud Robinet, évoquant les terribles attentats vécus depuis. À chaque événement prévu à Reims, il assure qu’il se demande si on peut le faire. Quels sont les risques ? Les coûts ? « C’est frustrant », glisse-t-il. Il réfute l’idée d’être dans l’escalade comme cela a pu être reproché pour le marché de Noël par exemple. « On peut toujours comparer, mais je ne pense pas que le maire de Strasbourg prenne la sécurité à la légère. » En termes de sécurité, Arnaud Robinet ne veut pas faire dans l’angélisme et parle de pragmatisme. Il revient ainsi sur l’armement de la police municipale. « Les choses ayant évolué, je me suis posé la question. Une consultation a été menée avec des experts. Je ne pouvais pas mettre la vie des agents en danger, mais la décision n’était pas non plus anodine, ma responsabilité est engagée. » Il rappelle que les effectifs de police municipale vont être doublés, évoque la déploiement de la vidéosurveillance. « Il reste 40 à 60 caméras à installer. Cela ne doit pas être l’alpha et l’oméga de notre politique de sécurité, mais c’est un outil de plus. Pour les derniers événements de Croix-Rouge, des interpellations ont eu lieu grâce aux caméras. » Le tout sans que la police municipale ne se substitue à la police nationale, « l’idée, c’est d’être complémentaire ». Enfin, Anraud Robinet évoque la tranquillité, le bien-vivre, la lutte contre les incivilités. « Le comportement de certains m’insupporte, ceux qui se garent sur les trottoirs, les pistes cyclables, les crottes de chien sur les trottoirs, les sacs poubelles sortis en dehors des horaires... Je peux vous dire que des amendes sont dressées à ce sujet. »

LES AUTRES POINTS

Reims, une ville en mouvement

Depuis 2014, ce sont plus de 1500 emplois privés qui ont été créés sur le bassin d’emploi et quelque 350 commerces affirme Arnaud Robinet. « Je ne suis évidemment pas à l’origine direct de ces emplois. Je fais tout pour les faciliter en tout cas, je suis un ambassadeur de ma ville. Je reçois des investisseurs ou j’en rencontre aussi à Paris. L’attractivité, cela se construit. Reims est une ville qui bouge, elle est en mouvement. On le dit sur le plan national. »

UNE AMITIÉ S’EST NOUÉE AVEC CATHERINE VAUTRIN

Il y a quatre ans, beaucoup pensaient que le duo d’Arnaud Robinet avec Catherine Vautrin ne tiendrait pas longtemps. « Aujourd’hui, il est toujours en place et le complexe aqualudique, c’est un peu notre premier bébé », sourit le maire. Il précise qu’en 2014 Catherine Vautrin avait toute légitimité à se présenter au poste de maire. « Nous avons su discuter pour partir ensemble. Aujourd’hui, les choses se passent le mieux possible. À la ville de Reims, il y a un seul patron, c’est le maire. Au niveau du Grand Reims, pour lequel elle a fait un travail énorme, c’est Catherine Vautrin », poursuit le maire. « La communauté ne pourrait rien faire sans Reims, mais en même temps, Reims est une commune parmi les 143 de la communauté urbaine. Nous nous consultons régulièrement avec Catherine sur différents sujets. Au fil du temps, c’est aussi une véritable amitié qui s’est nouée en étant chacun à nôtre place. »

Yznn LE BLÉVEC

Extrait de l'uion du 04/04/2018

   

   

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Ne pas oublier Taittinger

L’ancien maire de Reims et garde des Sceaux est raconté dans une biographie autorisée. Rencontre avec son auteur, Claude Carton.


En 1977, Jean Taittinger, alors âgé de 54 ans, quittait la politique, renonçant à briguer un quatrième mandat à la mairie de Reims.
Jacques Sandillon

Cinq ans après sa mort, le 23septembre 2012, dans le canton de Vaud, en Suisse, Jean Taittinger conserve l’image du « maire bâtisseur » ayant hissé la cité des sacres au rang de « métropole régionale » , selon les mots d’Adeline Hazan, l’ancienne maire socialiste. Publiée le 25 octobre, la biographie de Claude Carton intitulée Jean Taittinger – un homme à part (Mont de Jeux éditions) rappelle qui fut ce « grand serviteur de l’État et grand entrepreneur » , selon l’hommage de François Hollande, en 2012. Vendredi, dans le cadre d’une soirée organisée par la librairie La Procure à la Demeure des Comtes de Champagne, Claude Carton, retraité dans les Ardennes après une carrière de publicitaire à Paris, a répondu à nos questions.

Quelle a été la genèse de cet ouvrage ?

En 2013, j’ai rencontré Pierre-Emmanuel Taittinger qui n’était pas opposé à l’idée d’un livre, même si son père aurait détesté ça. Lui était déçu de constater que les gens ne savaient pas ce que son père avait réalisé pour Reims. J’ai eu accès à tout ce que je souhaitais, notamment les archives familiales. J’ai interviewé ses cinq enfants ainsi qu’une cinquantaine de personnes – des anciens collaborateurs, Robert Hossein, Jean-Louis Schneiter, etc. Il y a eu une relecture de la famille. C’est une biographie autorisée mais j’ai eu une totale liberté.

Le portrait que vous dressez de Jean Taittinger est exempt de toute critique…

Quand on fait une biographie autorisée, on ne fait pas les poubelles (sourire) mais même si je les avais faites, je n’aurais rien trouvé. C’était un homme parfaitement honnête, sans casserole. Son côté négatif, c’est sans doute qu’il ne s’est pas occupé beaucoup de ses enfants pendant leurs premières années. C’était aussi un homme avec une certaine morgue, autoritaire, qui n’aimait pas trop qu’on le contredise. Mais sinon, il n’y a vraiment rien à redire. C’est aussi pour ça qu’il ne faut pas oublier Taittinger.

SUR LA QUESTION DE L’IVG, ON APPREND QU’IL ÉTAIT ASSEZ LIBÉRAL POUR L’ÉPOQUE…

OUI, IL NE VOULAIT PAS QUE LES FEMMES AIENT À SUPPORTER UNE GROSSESSE QU’ELLES NE VOULAIENT PAS. IL NE VOYAIT QU’UNE CHOSE : QUE LES FEMMES QUI AVAIENT DE L’ARGENT PARTAIENT À L’ÉTRANGER. ET EN FRANCE, UNE FEMME PAR JOUR DÉCÉDAIT DANS D’AFFREUSES CONDITIONS ! SIMONE VEIL LUI RENDRA HOMMAGE À L’ASSEMBLÉE.

POURQUOI ARRÊTE-T-IL LA POLITIQUE EN 1977 ?

EN 1974, IL EST MINISTRE DE LA JUSTICE, Nº2 DU GOUVERNEMENT. IL AVAIT UN POSTE DE PREMIER MINISTRE EN POINTILLÉS MAIS POMPIDOU MEURT. LE CANDIDAT GAULLISTE, C’EST CHABAN, QUE TAITTINGER N’AIMAIT PAS TROP. ALORS IL ACCEPTE DE FAIRE CAMPAGNE POUR GISCARD. UNE FOIS ÉLU, IL NE PEUT PAS FAIRE AUTREMENT QUE DE LUI PROPOSER QUELQUE CHOSE MAIS CES DEUX-LÀ NE S’AIMAIENT PAS TROP. ON NE SAIT PAS CE QUI LUI A PROPOSÉ… MAIS UNE FOIS QU’ON A ÉTÉ MINISTRE D’ÉTAT, ON NE VEUT PAS AVOIR SEULEMENT UN STRAPONTIN ET ÊTRE AMBASSADEUR DU PÔLE SUD. POUR LUI, LA POLITIQUE N’ÉTAIT PAS UN MÉTIER, C’ÉTAIT UN MOYEN DE FAIRE QUELQUE CHOSE. DÈS 1974, IL SAVAIT QU’IL NE SE REPRÉSENTERAIT PAS À LA MAIRIE DE REIMS. IL EN AVAIT MARRE, IL VOULAIT FAIRE AUTRE CHOSE. ET IL S’EST ARRÊTÉ SANS AVOIR PERDU, C’EST EN ÇA AUSSI QU’IL ÉTAIT UN HOMME À PART.

Maire pendant trois mandats, parlementaire pendant quatre

Né le 25 janvier 1923 à Neuilly-sur-Seine, Jean Marie Pierre Hubert Taittinger, jeune homme, combat en 1945 contre les nazis, participant notamment aux affrontements dits de la «poche de Royan ». La guerre terminée, il rejoint l’affaire familiale aux côtés de son frère François, alors directeur général de Champagne Taittinger. Avant de s’engager en politique, devenant en 1953 maire de Gueux.

Élu député de la Marne en 1958, il le restera jusqu’en 1973, traversant quatre législatures sous les étiquettes UNR puis UDR du parti gaulliste. Il sera également président de la commission des finances de l’Assemblée nationale entre 1968 et 1971. Parallèlement, nommé dès 1958 vice-président de la société familiale, il mène de front sa carrière d’homme d’affaires.

En 1959, il est élu à la mairie de Reims et le restera pendant dix-huit ans. Il donne une impulsion décisive à la ville, notamment en obtenant qu’elle soit desservie par l’autoroute, en suscitant la création de quartiers nouveaux, d’un centre hospitalier, d’une maison de la culture, de nombreux équipements sportifs, de parcs urbains.

Son parcours ministériel, pleinement de droite, le verra accéder, sous la présidence de Georges Pompidou, au secrétariat d’État au budget entre 1971 et 1973. Il devient ensuite garde des Sceaux, de mars 1973 à mai 1974, dans le gouvernement Messmer. Il tentera aussi de libéraliser l’interruption volontaire de grossesse mais face à l’hostilité d’une grande partie de l’opinion, son projet se perdra dans les méandres de la vie parlementaire avant d’être mené à bien, de manière plus radicale par Simone Veil en 1975, laquelle lui rendra hommage, le désignant comme celui qui avait « ouvert la voie ». En 1977, il quitte la vie politique en arguant de « raisons personnelles ». Il rejoint alors l’activité familiale et devient notamment PDG du groupe hôtelier du Louvre, qui connaît sous sa direction une large expansion.

Mathieu LIVOREIL

Extrait de l'uion du 17/12/2017

   

   

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Six nouveaux adjoints ont été élus, le débat est monté d’un ton

La création de cinq adjoints de quartier a été votée hier soir en conseil municipal, Catherine Vautrin devient également adjointe en charge de la rénovation urbaine


Cinq adjoints de quartier ont été élus hier soir, Catherine Vautrin devient aussi adjointe en charge de la rénovation urbaine.

L’ESSENTIEL

*.- SIX NOUVEAUX ADJOINTS ont été élus hier soir en conseil municipal, cela concerne la création de cinq postes d’adjoints de quartier et le remplacement de Valérie Beauvais, touchée par le cumul des mandats, qui reste conseillère municipale.

*.- PARMI LES NOUVEAUX ADJOINTS , on trouve Catherine Vautrin, présidente du Grand Reims, jusqu’alors conseillère municipale, qui aura en charge la rénovation urbaine.

*.- LES AUTRES NOUVEAUX ADJOINTS sont Stéphane Lang, Caroline Barre, Claude Picquard, Marie Depaquy et Jacques Ammoura

Comme annoncée (L’union de dimanche), la création de cinq postes d’adjoints de quartier a été proposée hier soir en conseil municipal. Il s’agissait aussi d’élire une personne pour remplacer Valérie Beauvais, touchée par le cumul des mandats, qui a démissionné pour devenir conseillère municipale. Sur la liste de la majorité figuraient donc le nom des 16 adjoints actuels (dont certains remontent d’un rang) et celui des six nouveaux : Catherine Vautrin, Stéphane Lang, Caroline Barre, Claude Picquard, Marie Depaquy et Jacques Ammoura. « Il s’agit de renforcer la proximité. Et Reims est une des dernières grandes villes à ne pas avoir créé ce type d’adjoints » , a expliqué le maire, Arnaud Robinet, affirmant que depuis le début du mandat il n’avait eu de cesse de favoriser ces liens directs avec les administrés ; avec les rendez-vous citoyens, les permanences des élus dans les mairies de proximité, la retransmission en ligne des conseils municipaux ou la concertation sur les grands projets du territoire.

Une décision surprenante néanmoins pour Éric Quénard, chef de file de l’opposition de gauche. «Pourquoi aujourd’hui ? Cela vient comme un cheveu sur la soupe. Vous augmentez votre équipe d’adjoints de 30%. Ces adjoints de quartier toucheront-ils les mêmes indemnités ? C’est un mauvais signal envoyé aux concitoyens quand dans le même temps on demande des efforts aux associations, aux agents », dit-il. Mais pour Arnaud Robinet, il n’y a pas de problème : « Nous avons diminué les indemnités des adjoints de 20 % à notre arrivée quand vous, vous les augmentiez de 37 %. Nous avons aussi diminué en six mois les frais du cabinet de 500 000 euros », souligne-t-il.

La question vient alors de la délégation qui reviendra à Cathérine Vautrin, présidente du Grand Reims. « Cela concernera un domaine important pour lequel nous avons besoin d’une personne d’expérience, à savoir la rénovation urbaine », a répondu Arnaud Robinet. «C’est de la compétence du Grand Reims », s’est alors étonné Éric Quénard. « Il y a un risque de conflit dans les décisions entre la présidente et l’adjointe qui auront la même compétence dans deux collectivités différentes», s’est inquiété Frédéric Bardoux, autre membre de l’intergroupe d’opposition. «Les quartiers concernés sont sur la ville » , a indiqué le maire. « Pour ceux qui sont soucieux des deniers publics, je pourrais préciser par exemple que j’ai pris la présidence de Champagne parc auto sans rémunération » , a entre autres glissé Catherine Vautrin.

Le ton est monté cependant quand Cédric Lattuada, conseiller communiste, a estimé qu’il serait plus simple dans un souci de transparence de donner le montant réel des indemnités des adjoints et surtout du maire.

1526 EUROS POUR UN ADJOINT

« À force de jouer sur la médiocrité, on fait monter les médiocres. Je touche une indemnité de 1526 euros net par mois, ce n’est pas un salaire. Je n’ai pas l’impression de voler cet argent en étant au service des Rémois. Je perds même de l’argent au regard de mon activité professionnelle », a lancé Xavier Albertini, adjoint, plutôt en colère, regrettant une forme de populisme. « Les Rémois ont le droit de savoir » , a rétorqué Alexandre Tunc, pour l’opposition. « L’enveloppe des indemnités reste inférieure à ce qu’elle était lors du précédent mandat, sachant notamment qu’il y a des conseillers délégués en moins désormais » , a assuré le maire.

LE NOMBRE DES ADJOINTS EST FIXÉ PAR LA LOI

Les cinq adjoints de quartier élus hier soir viennent s’ajouter aux 17 qui existaient auparavant. Un nombre maximal au regard de la loi qui fixe la limite du nombre d’adjoints à 30% de l’effectif du conseil, soit 59 élus. En revanche, pour les communes de 80 000 habitants et plus, cette limite peut être dépassée en cas de création de postes d’adjoints de quartier. Leur nombre ne peut néanmoins dépasser 10% de l’effectif du conseil, d’où la création de cinq postes.

Yannn LE BLÉVEC

Extrait de l'uion du 14/11/2017

   

   

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Le maire  fait son point d’étape 

Arnaud Robinet a évoqué, hier, les perspectives pour la ville ces prochaines années.  


L’ouverture du futur complexe aqualudique, sur l’ancien Sernam, est annoncée en 2020. C’est le projet du mandat.
Marc Mimram Architecture et associés

Entre bilan et projets, Arnaud Robinet, maire de Reims à mi-mandat, a balayé, hier matin, l’actualité lors d’une conférence de presse organisée dans son bureau. Pour lui, le cap est tenu par rapport au programme présenté en 2014. La fin du mandat devrait, selon lui, se traduire par une transformation de la ville.

1 - RYTHMES SCOLAIRES

Revenir dès cette année à la semaine de quatre jours n’était pas, selon lui, une option envisageable. « Je me voyais mal annoncer en juin aux 800 personnes avec qui nous avons un contrat pour les activités périscolaires que nos engagements étaient rompus » , a jugé le maire, pragmatique.

Opposé, lorsqu’il était député, à la semaine de quatre jours et demi, il reconnaît également que « les familles se sont adaptées à ces nouveaux rythmes. À un moment, faire le yo-yo ne sert à rien, il faut de la continuité pour pouvoir véritablement évaluer les dispositifs. »

Pour la rentrée 2018, les deux options sont sur la table. « Oui, il y a une réflexion , a commenté le maire, visiblement indécis. Nous lancerons d’ici la fin de l’année une large consultation auprès des parents, conseils d’école et équipes pédagogiques. »

2 - REIMS GRAND CENTRE

C’est le projet du mandat. Il regroupe le futur complexe aqualudique, la salle événementielle, les promenades… « Nous sommes dans les temps, cela avance comme nous le souhaitons », assure Arnaud Robinet, maire. Les travaux de terrassement et de dépollution, les fouilles ont débuté. L’ouverture du complexe aqualudique est annoncée pour la mi-2020. Pour mémoire, il comprend une piscine, avec plusieurs bassins, ainsi qu’une patinoire.

À proximité, on trouvera la salle événementielle : « On espère y entendre le premier concert à la fin de l’année 2020. » La jauge pour un match de basket par exemple y sera de près de 6000 places. Mais pour un concert, on sera entre 9 000 et 10 000 places. Un « petit Bercy complémentaire du Capitole notamment avec des ambitions en termes de programmation » , a précisé Arnaud Robinet qui a rappelé le temps où les artistes venaient débuter leur tournée à Reims.

« La salle événementielle n’a pas de prestataire, c’est normal, les plis ne sont pas encore ouverts. » Enfin, concernant les Promenades, les travaux vont débuter mi-2018 pour un an. « La première tranche concerne les hautes promenades, de la place de la République jusqu’au square Colbert. Le chantier doit être achevé en 2019. » Le tout va s’accompagner d’un nouveau plan de circulation du centre-ville pour favoriser l’accessibilité de Reims via une signalétique « cœur de ville ».

3 - PLACE DE LA MAIRIE ET PARVIS SAINT-REMI

Deux dates sont à retenir concernant des chantiers importants pour la ville et son patrimoine. La première concerne le parvis Saint-Remi d’une façon très large. Une présentation va être faite le 11 septembre. Les Rémois seront encore conviés à découvrir les projets concernant la mairie et la place. Ce sera le 18 septembre au Cellier. « La mairie n’a pas connu de travaux depuis des décennies, il était temps de la mettre en valeur comme il se doit. »

4 - VOIRIE

« La ville consacre chaque année plus de 10 millions aux travaux de voirie, sans parler de l’assainissement, un tiers concerne le centre-ville et deux tiers les faubourgs. Je ne parle pas des quartiers car les travaux qui y sont faits entrent dans le cadre de l’agence nationale de rénovation urbaine (Anru). »

Le maire a parlé des rues de Mars et rue des Élus qui se terminent. Les objectifs pour 2017-2020 portent notamment sur des rues de la Maison-Blanche, des Salines, Sainte-Balsamie, de la place Jules-Ferry… Les travaux vont se poursuivre au Chemin Vert, boulevard Jamin, avenue Alexandre-de-Serbie, rues du Général-Battesti et de Cernay, place d’Erlon.

Le maire s’est félicité de l’accord avec l’État pour la rétrocession de voies nationales, place du Général-Gouraud (qui pourrait faire rapidement l’objet de travaux), boulevards Lundy, Henry-Vasnier… Idem pour les voies départementales comme les rues Camille-Lenoir ou de Neufchâtel.

5 - MUSÉE ET PORT COLBERT

Les travaux des nouvelles réserves des musées ont commencé. Fin 2018 aura lieu l’appel à projets concernant le musée des Beaux-Arts, prévoyant une transformation du musée (mélange d’art contemporain et sauvegarde du patrimoine) et son extension (avec un espace dédié à Foujita), « cela intéresse de grands architectes » .

La transformation du port Colbert (les Magasins généraux) en pôle de l’innovation et du numérique va être lancée, avec le déménagement de l’École supérieure d’art et de design et du collectif Quartier libre. En attendant, Quartier libre pourrait poursuivre son aventure du côté de l’ancien site de Pôle emploi et Unedic à Clairmarais.

6 - DYNAMISME

Arnaud Robinet s’est félicité avec humour que les Parisiens aient découvert qu’il y avait près de chez eux une ville sympa et attractive, en témoignent les demandes en hausse pour l’organisation de congrès et autres événements dans la cité des sacres.

Il a aussi assuré que les nouveaux commerces étaient en augmentation : « Nous sommes en-deçà des villes de la même taille en ce qui concerne les enseignes fermées et des enseignes nationales se montrent intéressées pour s’installer. »

La Ville de Reims compte 38 contrats aidés 

Sur le plan national, le maire a été interrogé sur la suppression des contrats aidés. « Il s’agit en réalité de postes qui ne seront pas renouvelés », a précisé Arnaud Robinet. L’édile a indiqué qu’il avait notamment noté que cela ne concernait pas les écoles et notamment les contrats pour les activités périscolaires. La Ville de Reims compte au total cette année 38 contrats aidés. « Je tiens aussi à dire qu’il faut être cohérent avec les positions qui ont été les nôtres (celles des élus de la droite et du centre), quand on critiquait les emplois aidés et que les préfets faisaient pression pour qu’on les utilise. » Il a aussi indiqué qu’il fallait être vigilant au besoin que l’on peut créer. Les associations, qui n’ont plus de contrat, pourraient être tentées de se retourner vers les collectivités. Gare aux transferts de charges. Arnaud Robinet est aussi revenu sur son inquiétude concernant la suppression de la taxe d’habitation pour une grande partie de la population. Concernant la baisse de dotations aux collectivités, il a redit que tout le monde ne devait pas être traité de la même façon, sachant que certaines collectivités « ont déjà fait beaucoup d’efforts, comme Reims, dont la gestion a été reconnue par la Cour des comptes ».

Pour l’instant, on nous montre de belles images

Eric QUENARD
Chef de file de l’opposition municipale (PS)

Arnaud Robinet faisait hier un « bilan et perspectives » de mi-mandat. Quel regard portez-vous sur son action ?

C’est un exercice convenu, il faut le regarder comme ce qu’il est : on est surtout dans l’autopromotion et l’autosatisfaction. Je préfère plutôt entendre les Rémois que le maire pour juger de l’action municipale.

Le maire a notamment souligné hier les dix millions d’euros par an investis en matière de voirie, rappelant que ces investissements se situaient autour de quatre millions durant le précédent mandat socialiste…

Il y a un effort en la matière, je ne le conteste pas – pour être crédible, je considère qu’il ne faut pas être dans l’opposition systématique. Mais aujourd’hui, le projet Sernam va manger une très grosse partie de cette enveloppe voirie. Si nous ne sommes pas contre l’implantation d’un complexe aqualudique, nous regrettons le choix d’un lieu déjà particulièrement engorgé, la place de la République, pour lequel il n’y a pas eu de consultation. L’addition risque d’être lourde pour nos concitoyens. Et sur le plan judiciaire, la Ville a été pointée du doigt. Si le projet n’est pas remis en cause, il y a tout de même une insécurité juridique.

Pensez-vous que les investissements du maire sont trop axés sur le seul centre-ville ?

Faites la liste : place d’Erlon, place de l’hôtel de ville, Sernam, les Promenades… Oui, les investissements sont extrêmement centrés et il faut les rééquilibrer. Et je note aussi que pour l’instant, on nous montre de belles images mais il n’y a pas eu d’investissement structurant, hormis la patinoire provisoire Albert-I er . Alors oui, vous allez me dire qu’ils vont arriver mais je préfère qu’on soit davantage opérationnels pour répondre aux demandes du quotidien – regardez ce qui s’est passé le week-end dernier pour l’inscription des enfants à la piscine ...

Les nouveautés de la rentrée


Reims compte cette année 450 élèves supplémentaires dans le premier degré.

En préambule de la conférence de presse organisée hier matin, Arnaud Robinet a tenu à marquer sa satisfaction sur le déroulement de la rentrée scolaire, sa quatrième depuis son accession à la mairie. À Reims, celle-ci concernait pour le premier degré (maternelle et primaire, relavant de la compétence de la Ville) 104 écoles réunissant 646 classes et 15.711 élèves, soit 450 de plus que l’an dernier – ce dynamisme démographique devrait entraîner d’ici 2020 la création de nouveaux groupes scolaires. « Nos classes sont pleines », a commenté l’élu.

Cette augmentation des effectifs a d’ores et déjà conduit cette année à l’ouverture de 22 classes, contre 6 fermetures. Sans oublier le dédoublement de 13 classes de CP situées en REP+ (notre édition d’hier). « Nous avons investi 6,5 millions d’euros dans les équipements scolaires et les bâtiments » , a détaillé l’édile, rappelant la mise en place d’un plan pluriannuel d’investissement « pour numériser nos écoles en les équipant de classes mobiles et de tablettes » . Trois millions d’euros seront investis à ce sujet d’ici 2020.

Pour la restauration scolaire, également du ressort de la municipalité, M. Robinet a rappelé que 8 300 repas quotidiens étaient préparés par la caisse des écoles à destination de 64 restaurants scolaires. « Et derrière, il y a toute une économie locale » , a-t-il assuré, évoquant « une centaine de fournisseurs et producteurs locaux. La part de bio est de 22 %. » En outre, le nouveau système de paiement mensualisé a déjà suscité l’intérêt de « plus de 400 familles. » En matière de développement durable, l’édile s’est également félicité des 750 000 euros d’investissements réalisés dans le chauffage des établissements ce qui, à terme, « permettra une économie d’énergie de 30 à 50 %. »

De même, près de 800 000 euros ont été dépensés pour répondre à la mise en accessibilité de 17 écoles. Enfin, ultime nouveauté, le 21, rue du Temple est désormais le lieu unique destiné aux familles pour s’inscrire à l’école, la cantine et l’ensemble du périscolaire.

Yannn LE BLÉVEC et Mathieu LIVOREIL

Extrait de l'uion du 06/09/2017

   

   

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La mairie se refait une beauté

Un siècle après sa destruction, l’hôtel de ville connaît un important lifting.


Première phase du chantier: gratter les pierres pour enlever la crasse et faire tomber les parties qui ne sont plus adhérentes, décrit Aurélie Granier. Bernard Sivade

Cela n’aura pas échappé aux Rémois : l’aile de leur hôtel de ville côté rue du Général-Sarrail est masquée, depuis le mois de mars, par un imposant échafaudage. Le point de départ d’un vaste chantier, qui vise à redonner tout son lustre au bâtiment, face après face, un siècle après l’incendie qui l’avait ravagé. « On va faire tout le tour » , dévoile Aurélie Granier, architecte chef de projet à la Ville de Reims. «En 2018, ce sera le côté de la Grosse-Écritoire ; en 2019, celui de la rue de Mars, jusqu’à arriver sur la façade principale. Il y aura une interruption pour les travaux de la place. On aura fini le tout en 2021. »

UN AN DE TRAVAUX PAR CÔTÉ

Exposée plein ouest et donc la plus sujette aux intempéries, la façade Sarrail était la plus urgente à rénover. On se souvient que des pare-gravats avaient été posés il y a plusieurs années déjà pour éviter que des piétons ne soient victimes d’un éboulis… « On refait toute la pierre. On a commencé par le gommage. C’est la partie la plus désagréable pour les riverains. On dégrade les arêtes qui cassent, on gratte pour enlever la crasse… En fait, on fait tomber tous les morceaux qui pourraient se détacher. Puis on remplace les pierres, de Courville, par de la pierre de Savonnières, ou on fait du ragréage, c’est selon. »

La couverture, « en très mauvais état », n’échappera pas non plus à la cure de jouvence. « Elle a une partie en zinc, le terrasson, qu’on ne voit pas quand on est piéton, et le brisis en ardoise, d’où sortent les lucarnes. Elle date des années 20, il y a énormément d’infiltrations. » La charpente n’est pas beaucoup mieux, avec ses «bois de très faibles sections, pas satisfaisants pour maintenir une couverture comme celle-là » , constate la spécialiste, qui ajoute qu’un important travail d’habillage en zinc du dessus des corniches et de la pierre au niveau des lucarnes est aussi au programme. « Ce côté sera terminé en décembre. On rattaquera aussitôt sur la Grosse-Écritoire en 2018, avec le même type de chantier. » Voilà pour l’extérieur.

Pour ce qui est de l’intérieur du bâtiment, les travaux, répartis sur la durée du planning, concerneront la sécurité incendie et l’accessibilité des lieux aux personnes à mobilité réduite. À noter encore, que les menuiseries extérieures bois (en chêne massif) seront passées dans leur intégralité en double vitrage.

Reste que ce colossal rajeunissement a un coût : 12,53 M€ assumés par la Ville

C’est la maison   de tous les Rémois

Pourquoi ces travaux à l’intérieur et à l’extérieur de l’hôtel de ville ?

Pour plusieurs raisons. Nous devons le rendre accessible (loi de 2005). Mais aussi plus agréable : il accueille plus de 50 000 personnes chaque année. Il faut aussi le rendre adapté pour les agents municipaux qui y travaillent. Ensuite, il y a la question des façades, très détériorées, comme une partie de la toiture. Je me suis engagé depuis 2014 dans une politique ambitieuse de restauration du patrimoine. On ne peut pas demander aux Rémois de l’axe Cardo (axe nord-sud qui structurait la cité romaine, NDLR) de refaire leurs façades si la mairie elle-même ne le fait pas…

De quelle époque date le bâtiment ?

L’hôtel de ville date du XVII e. Incendié en septembre 1917, il ne lui restait plus qu’une partie des façades. Il a été reconstruit entre 1924 et 1928. Depuis, il n’y a pas eu de travaux. Nous avons même des problèmes de chaufferie.

N’a-t-il jamais été rénové ?

C’est un bâtiment qui n’a pas été entretenu. Le cabinet a bien été refait, mais pas les lieux dédiés au public. Il fallait en améliorer l’accès, car la mairie, c’est la maison de tous les Rémois.

Marion DARDARD

Extrait de l'uion du 24/06/2017

   

   

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L’assistante est devenue députée

Rencontre avec Valérie Beauvais, nouvelle députée.


À son tour, Valérie Beauvais est en train de recruter des assistants et recherche activement une permanence.
Remi Wafflart

BIO EXPRESS

*.- 8 MARS 1963 - Naissance de Valérie Beauvais à Nevers, dans la Nièvre, en Bourgogne, de parents commerçants.

*.- DÈS 1977 - Elle s’engage en politique du côté du RPR.

*.- 1981 - Valérie Beauvais arrive à Reims où son grand frère a suivi des études dentaires et où elle a aussi fait la connaissance d’un jeune Rémois qui va devenir son mari. Avec lui, elle va avoir deux enfants qui sont aujourd’hui âgés de 33 et 27 ans.

*.- 1988 - Valérie Beauvais devient l’assistante parlementaire de Jean-Claude Thomas, son frère, pendant plus de vingt ans.

*.- 2011 - Valérie Beauvais prend le poste de chef de cabinet de René-Paul Savary, président du conseil général.

*.- 2014 - Valérie Beauvais devient conseillère générale du canton de Reims-6 après la démission d’Arnaud Robinet. Élue sur sa liste aux municipales, elle prend aussi en charge la voirie en tant qu’adjointe au maire.

*.- 2015 - Élection comme conseillère régionale.

*.- 2017 - Élection comme députée sur la première circonscription. 

Valérie Beauvais, adjointe au maire en charge de la voirie depuis 2014 à Reims, n’est évidemment pas totalement inconnue. Depuis dimanche et son élection comme députée de la première circonscription, elle a franchi un nouveau palier dans un long cheminement politique cependant. L’occasion d’en savoir un peu plus sur la désormais parlementaire qui a vu le jour à Nevers en 1963.

Ses parents sont alors commerçants et la jeune fille a un grand frère de 13 ans son aîné. Ce dernier va poursuivre des études dentaires à Reims. C’est comme cela que la jeune Bourguignonne va découvrir la cité des sacres et rencontrer l’amour de sa vie. Dès 1981, alors que François Mitterrand est élu Président, elle pose ses valises au pays des biscuits roses et des cornichons en terminale. Elle continuera à la faculté de droit.

J’ai rencontré des milliers de personnes. Je me suis retrouvée au plus près de leurs problématiques quotidiennes
Valérie Beauvais

Surtout, Valérie Beauvais a déjà une conviction politique. Dès 1977, elle a rejoint un mouvement de jeunes dans le sillon du RPR. « Mes parents étaient des gaullistes assez engagés » , confie-t-elle. Il faudra attendre un peu cependant avant que la chose politique ne devienne un peu plus concrète. « Je me suis mariée avec un homme qui est aujourd’hui artisan tapissier. J’ai eu deux enfants dont je me suis occupée. D’ailleurs, j’en profite pour dire que je suis dans la vraie vie moi aussi. Je partage au quotidien la réalité d’un artisan, j’ai été une mère avec tout ce que cela implique d’amour et de responsabilités. »

Certains lui reprochent en effet d’être une professionnelle de la politique. Car en 1988, elle devient l’assistante parlementaire de son frère, Jean-Claude Thomas. « C’est un métier», rappelle-t-elle. C’est surtout pour elle une formidable expérience. «J’ai rencontré des milliers de personnes. Je me suis retrouvée au plus près de leurs problématiques quotidiennes », précise-t-elle. Valérie Beauvais était en province, comme on dit, une proximité qu’elle revendique encore aujourd’hui. « À la mairie, j’ai aussi souhaité être une élue de terrain. Pour moi, il est toujours possible de trouver des solutions », insiste-t-elle avec un large sourire.

2014 est un tournant pour elle. Après avoir été pendant plus de 20 ans assistante parlementaire, puis chef de cabinet de René-Paul Savary (président du conseil général), Valérie Beauvais devient élue à son tour. «Arnaud Robinet m’a demandé d’être sur la liste. Sans lui, je ne serais pas là où je suis aujourd’hui. » L’assistante franchit la barre pour prendre en charge une délégation qui n’est pas la plus aisée, celle de la voirie. « J’ai été très impressionnée au début. Surtout qu’on a la chance que le maire nous laisse une grande autonomie, il nous fait confiance. C’est une vraie responsabilité.» Le début aussi de plusieurs mandats pour celle qui sera restée dans l’ombre pendant bien des années : conseillère générale en 2014 (après la démission d’Arnaud Robinet) et conseillère régionale en 2015. Un poste dont elle a décidé de démissionner à la suite de son élection comme députée.

J’aime beaucoup l’Italie du Sud et Naples en particulier. On y va chaque année avec mon mari en vacances
Valérie Beauvais

Il y a quelques mois, Arnaud Robinet lui a de nouveau fait confiance en souhaitant que ce soit elle qui le remplace sur la première circonscription, devenant même son suppléant. Un choix qui s’est traduit dans les urnes dimanche dernier.« Je suis allée à l’Assemblée lundi et mercredi pour des démarches administratives essentiellement. Là aussi, c’est impressionnant. Les électeurs m’ont demandé de les représenter, la charge est importante. Je vais essayer de la remplir de la meilleure des façons. » Pour l’heure, Valérie Beauvais n’a pas encore choisi quel groupe elle allait rejoindre au palais Bourbon. « Ce qui est sûr, c’est que ma famille, c’est les Républicains. Je suis quelqu’un de loyale. La loyauté en politique, il n’y en a pas toujours malheureusement. » Valérie Beauvais explique qu’elle n’est pas à droite de la droite. « Une gaulliste sociale, avec des valeurs d’humanisme et aussi de l’humilité. Je ne changerai pas. » Sans obstruction mais qui réfute le terme de Macron compatible.

Elle aimerait pouvoir intégrer la commission développement durable et aménagement du territoire. « Plusieurs dossiers du territoire sont dans ce créneau comme le pôle IAR, la ferme 112… Je souhaite porter tous ces dossiers au niveau de Paris, obtenir notre part sur le plan d’investissements. »

En attendant, cet été, elle ne devrait pas déroger à la tradition, en partant en vacances dans la région de Naples. « J’aime beaucoup l’Italie du Sud et cette région en particulier. On y va chaque année avec mon mari en vacances. C’est magnifique. »

Extrait de l'uion du 24/06/2017

   

    

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Arnaud Robinet

 « L’exclusion ne fait pas partie de notre ADN »

À ceux qui se demandent où il se situe, le maire, Arnaud Robinet, répond qu’il est un élu de droite mais le maire de tous : « Ce qui m’importe, c’est l’intérêt général ».


Arnaud Robinet souhaite être utile pour le territoire et souhaite que sa famille politique soit utile à la réussite de la France - Bernard Sivade

L'ESSENTIEL

•.- À l'heure de la composition du Gouvernement, le nom d'Arnaud Robinet, maire, a souvent été cité comme possible ministre, amenant à s'interroger s'il était prêt à abandonner la mairie.

•.- Autre sujet de débat, le fait que l'élu soit présenté comme « Macron compatible » et qu'aucun candidat de La République en marche n'ait été investi sur la circonscription où il est suppléant de Valérie Beauvais, candidate LR-UDI.

•.- Des sujets sur lesquels le maire a bien voulu nous rencontrer pour s'expliquer.

Que se serait-il passé si vous aviez fait partie des ministres ?

Je n’ai jamais été demandeur d’un poste au Gouvernement, d’être ministre. Les médias nationaux ont cité mon nom à plusieurs reprises. J’y vois une reconnaissance de mon travail et celui de mon équipe depuis trois ans à la mairie. Mon action également en tant que parlementaire où j’ai travaillé entre autres sur les questions de retraite et de santé.

Oui, mais si on vous avait quand même appelé pour être ministre ?

Les conditions n’étaient pas remplies. Mon engagement avec Reims est important pour moi, c’est une passion, c’est un engagement à 100 %. La question ne s’est pas posée et elle ne se pose pas.

Cela s’explique aussi par ce qu’on appelle votre côté « Macron compatible » ?

Je suis un élu de droite, il n’y a pas d’ambiguïté là-dessus, mais je suis le maire de tous. Un maire n’est ni de droite, ni de gauche, il œuvre à l’intérêt général pour sa ville. Pour autant, j’assume totalement mes valeurs d’une droite modérée, libérale et humaniste. Et je suis complètement mobilisé pour faire gagner notamment Valérie Beauvais, candidate LR-UDI, sur la première circonscription. Une circonscription sur laquelle la République en marche n’a investi aucun candidat…

Comme sur celle de Benoist Apparu. Comme lui, je vous dirai que ce n’est pas moi qui décide des investitures des candidats de la République en marche.

Vous souhaitez une majorité LR-UDI à l’Assemblée ?

Bien sûr. C’est pour cela que je soutiens les candidats de ma famille politique. Il existe des divergences avec le programme d’Emmanuel Macron. Cela concerne par exemple la hausse de la CSG ou l’exonération de la taxe d’habitation pour une grande partie des Français. Cela pose la question de l’indépendance des collectivités. Comment cela sera-t-il compensé dans un contexte où l’État réduit toujours et encore les dotations ? En outre, une élection législative n’est pas qu’une élection nationale. Le député est aussi un élu de proximité, qui doit par exemple ici avoir une connaissance des difficultés du monde rural. Nos candidats connaissent bien le territoire. Avec Catherine Vautrin par exemple, nous avons travaillé ensemble pour débloquer le dossier du CHU.

Et si c’est La République en marche qui l’emporte ?

Je crois qu’il faut savoir écouter le message des Français. Comme disait le général de Gaulle, l’élection présidentielle est une rencontre d’un homme avec le peuple français. Ils ont choisi le président Macron. Je ne sais pas si c’est être « Macron compatible », mais moi, je souhaite la réussite de la France. Je suis donc pour une opposition constructive. Le clivage, il est plus entre les progressistes et les conservateurs.

« Je pense qu’il faut voter en fonction de ses valeurs, en fonction de ce qui est bon ou mauvais pour le pays »
Arnaud Robinet

Les Français veulent des élus responsables. Personnellement, je pense qu’il faut voter en fonction de ses valeurs, en fonction de ce qui est bon ou mauvais pour le pays et non en fonction systématiquement d’une étiquette. D’ailleurs, l’UMP a été créée dans cet esprit de rassemblement, l’exclusion ne fait pas partie de son ADN. On partage des valeurs et je respecte le choix de chacun. On fera un bilan après les législatives, on verra comment notre formation peut être utile au redressement du pays. Sur le plan local aussi, on a une majorité municipale avec diverses sensibilités (LR, UDI, Modem, société civile) et on a l’habitude de travailler avec d’autres personnes, dans les conseils de quartier par exemple. Il ne faut pas être dans le sectarisme.

Localement justement, êtes-vous candidat à la présidence du Grand Reims ?

D’abord, je voudrais saluer la candidature de Catherine Vautrin. Nous en avons parlé ensemble. Et comme elle l’a dit, on a besoin de personnes avec une expérience importante à l’Assemblée pour nous représenter. En ce qui concerne le Grand Reims, le maire de Reims est maire comme les autres au sein de la communauté urbaine. Bien sûr Reims est la locomotive, mais il n’est pas question d’imposer. La décision sera prise de manière collective pour voir ensemble qui est la personne (femme ou homme) la meilleure pour ce poste. Évidemment, je souhaite être utile pour le territoire, aucune décision n’est prise, on va échanger. 

 Yann Le Blévec

Extrait de l'uion du 26/05/2017

   

    

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Jean-Louis Schneiter, l'ancien maire est décédé brutalement

Vive émotion hier dans la cité des sacres avec la disparition de celui qui en fut maire de 1999 à 2008, Jean-Louis Schneiter, dont on se souviendra comme d’un bâtisseur. On lui doit le tramway notamment.


Pour beaucoup de personnes qui l’ont côtoyé, Jean-Louis Schneiter était un bâtisseur, un homme de caractère mais profondément humaniste. Christian Lantenois

La nouvelle est tombée brutalement hier aux alentours de midi. Jean-Louis Schneiter est décédé à Nantes où il était hospitalisé, à l’âge de 83 ans. L’homme avait notamment été maire de 1999 à 2008 (lire par ailleurs). Il restera dans la mémoire des Rémois comme l’homme du tramway, un dossier qui fut difficile.

Pour certains, ce fut une lubie. Pour d’autres, ce fut une vraie volonté d’aménager et de relier les quartiers entre eux. Alors que Jean-Louis Schneiter avait porté le projet en tant qu’adjoint, le maire, Jean Falala, avait renoncé au dernier moment.

C’est pourtant bien Jean-Louis Schneiter qui prendra les rênes de la ville en 1999 lorsque Jean Falala se retire. En 2001, il sera élu avec sa liste aux municipales. C’est le mot de bâtisseur qui revient dans la bouche de toutes les personnes qui l’ont alors côtoyé. Ses proches d’alors parlent de quelqu’un qui décide, profondément humaniste, chaleureux, avec beaucoup d’humour, « malgré son apparence bougonne parfois ». L’ambition était de réveiller la « belle endormie ».

De son mandat, on retiendra en tout cas quelques éléments clés de la ville, comme la Cartonnerie, le stade, les médiathèques, la maison de la vie associative… Beaucoup ont en mémoire l’ovation qu’il a reçue lors de l’inauguration du tramway alors qu’Adeline Hazan était devenue maire. Un sujet qui fâche certains. A-t-il soutenu suffisamment Catherine Vautrin ? L’heure n’est plus aux querelles politiques de toute façon. La députée et présidente de Reims Métropole elle-même salue l’homme avec qui elle a beaucoup appris. Du reste, les réactions de tristesse et de sympathie ont afflué de partout, quel que soit le bord politique. Celui qui était entré en politique en figurant sur la liste de Jean Taittinger n’a laissé personne indifférent. « Il ne faisait pas les choses pour entrer dans l’histoire, il construisait », explique Mario Rossi, qui fut l’un de ses adjoints.

Adeline Hazan, maire PS de Reims de 2008 à 2014

« C’est quelqu’un qui ne transigeait pas avec ses valeurs républicaines. Il a donné l’exemple de ce que l’on peut ne pas partager l’ensemble des idées politiques d’une personne et rester toujours dans le respect, dans l’estime, et même le partage de quelque chose de très important que sont les valeurs républicaines. Il avait une vision pour la ville. Bien sûr nous avons eu des moments de désaccord, mais je considère qu’à partir du moment où il a été maire, il a participé du réveil de la ville. C’est avec lui que Reims, qui était une ville qui s’assoupissait, a commencé à se réveiller. Il a notamment eu le courage de lancer le tramway et d’aller contre beaucoup de positions opposées à ce projet que j’avais moi-même soutenu dans ma campagne de 2001. Le moment de l’inauguration du tramway en 2011 (Adeline Hazan était devenue maire de Reims) reste un moment important parce que j’avais souhaité associer Jean-Louis Schneiter aux festivités. J’ai deux souvenirs marquants avec lui. Le premier, c’est le moment où j’ai été installée quelques jours après l’élection au premier conseil municipal et où il m’a passé l’écharpe. C’était un moment de grande émotion. Pour moi comme pour lui, je pense. Un autre moment qui me reste en mémoire, c’est le débat télévisé de 2001 pour les municipales. C’était quelqu’un qui pouvait être aussi un peu cassant, et dans ce débat il me l’a montré en me parlant sur un ton que j’avais trouvé un peu condescendant. Je lui avais dit qu’il n’était pas mon père. Je crois que cela l’avait marqué parce qu’on en a beaucoup parlé les années suivantes, mais avec beaucoup d’amusement voire même de complicité. »

Catherine Vautrin, député, présidente de Reims Métropole (LR)

« Il a une image indissociable de Jean Taittinger et de Jean Falala. Il fait partie des trois maires qui ont considérablement marqué Reims. C’était quelqu’un de très déterminé, qui avait une vision claire de ce qu’il souhaitait. C’était le cas pour l’urbanisme. Il était passionné et il a travaillé sur des sujets comme la médiathèque, qui en son temps n’était pas un sujet facile. Il a été à l’origine, dans un autre domaine, du projet de réfection des halles. J’ai signé avec lui le premier projet de rénovation urbaine de Reims, avec Jean-Louis Borloo. Et évidemment le tramway, qui a été le sujet auquel on l’associe le plus. Ce sont des réalisations importantes qui marquent à jamais la ville. La présidente de Reims Métropole que je suis ne peut pas dissocier Reims Métropole de Jean-Louis Schneiter. C’est lui qui a mis en place et qui était à la présidence du district pendant de nombreuses années. Il a aussi été le député de la circonscription dans laquelle je suis élue aujourd’hui. C’était quelqu’un qui était disponible, assez ouvert vis-à-vis de la jeunesse et avec lequel on pouvait échanger. Il aimait les discussions, notamment avec les jeunes élus, même s’il était au premier abord un peu impressionnant. Et puis c’était quelqu’un qui était très impliqué dans l’économie de la région. Au niveau national, il a aussi porté des combats pour Reims. Il est à l’origine de l’association des villes à une heure de Paris et il a cherché à regarder ce qui se faisait ailleurs. Il était habité par sa fonction d’élu. »

Arnaud Robinet, député et maire de Reims (LR)

« Je suis profondément attristé, je tiens à rendre hommage à Jean-Louis Schneiter, je lui dois beaucoup. Mes pensées vont à sa famille. C’est un bâtisseur de premier plan, pour qui nous éprouvons un véritable respect. Les Rémois et l’ensemble des habitants de l’agglomération lui doivent la réalisation de projets d’envergure, déterminants pour le développement et le rayonnement de notre territoire. »

Mario Rossi, adjoint au maire (UDI)

« Je ressens une grande tristesse. Je lui dois mon engagement politique. Il m’a transmis ses valeurs d’humanisme. On a fait avec lui en un mandat ce qu’on fait normalement en deux. »

Xavier Albertini, adjoint au maire (LR)

« J’ai beaucoup de peine. Je pense à ses trois enfants, ses petits-enfants. Je travaille notamment avec une de ses filles. Je garde l’image d’un bâtisseur. Il avait un caractère fort, une autorité assumée. Il savait aussi prendre son temps sur les dossiers difficiles. J’ai beaucoup appris pendant les sept années avec lui. »

Franck Noël, adjoint au maire (Modem)

« Je me souviens comme si c’était hier quand il m’a appelé pour être à ses côtés. Je l’ai beaucoup côtoyé comme centriste. C’est un bâtisseur et un décideur, un grand humaniste. »

Claude Lamblin, maire PC de Reims de 1977 à 1983

« Je fais part de ma tristesse et de ma surprise. C’était un adversaire respectable, avec qui on pouvait aborder tous les débats, sans tabou, avec franchise. C’est une qualité politique intéressante et rare aujourd’hui. Si je devais ressortir un souvenir, c’est quand il s’était battu une première fois pour le tramway et que Jean Falala avait cassé son jouet. Il m’avait pris dans un coin pour m’en parler. Il était furieux ! »

Éric Quénard, leader PS de l’opposition municipale

« C’est une grande perte pour Reims. Je garde l’image d’un homme qui a consacré une partie de sa vie à développer sa ville. Il a porté Reims vers la modernité. Il fait partie de ces maires qui ont eu assez rapidement conscience qu’il fallait développer les modes de transports doux, le bien-être des habitants, le cadre de vie. Il en imposait mais il était toujours facile d’accès, quelle que soit la personne qu’il avait en face de lui. C’était un homme de conviction qui construisait ses relations avec son opposition dans le respect et le dialogue. »

Yves Détraigne, sénateur maire (UDI) de Witry-lès-Reims

« C’était quelqu’un d’énergique qui disait les choses franchement, directement. Il ne se cachait pas derrière son petit doigt. Il ne perdait pas de temps à parler de choses et d’autres avant d’en venir au sujet. Il connaissait parfaitement sa ville et le mandat de maire était celui qu’il a préféré je crois. On est aujourd’hui en train de travailler autour du grand Reims et je pense souvent à lui, car il expliquait aux maires de l’arrondissement que la commune de Reims assumait des charges de centralité pour l’ensemble du territoire. Depuis, les choses ont bien évolué… »

Homme de conviction et issu d’une famille au service de la cité

Centriste, européen, bâtisseur, très attaché à sa ville et son agglomération, Jean-Louis Schneiter appartient à l’une de ces grandes familles rémoises qui, avec les Taittinger et les Falala, ont marqué l’histoire de la cité depuis la Libération. L’adolescent est élevé dans l’esprit des Lumières, de la Résistance et du combat pour la liberté. Sa mère est issue d’une grande famille de Reims, Fandre, connue pour le peignage de la laine. Son père Pierre est à Reims le sous-préfet de la Libération, tandis que son oncle André est fusillé par les Allemands au bois des Rosières à Tournes dans les Ardennes. Son père, figure du MRP avec Georges Bidault, est plusieurs fois ministre sous la IVe République, président de l’Assemblée nationale, brièvement maire et ardent acteur d’une Europe de la paix. Jean-Louis Schneiter courtier en vins aurait pu se satisfaire du monde de l’entreprise. Seulement cela ne sied pas à cette passion qui est celle de servir ses concitoyens. Homme de conviction, d’autorité et de projets, il intègre l’équipe de Jean Taittinger dont il devient un adjoint très au fait de la fiscalité et des investissements. Si la gauche conduite par Claude Lamblin l’emporte en 1977, Jean-Louis Schneiter reste en politique et devient député UDF de l’une des deux circonscriptions de Reims de 1978 à 1981, et il est aussi l’un des directeurs-gérants de « L’union ».

Battu en 1981 lors de la vague rose, il repart avec Jean Falala à la conquête de la cité. En 1983 il devient 1 er  adjoint et président du district, fonctions qu’il conserve jusqu’en 1999 lorsque, malade, Jean Falala le choisit pour lui succéder. Toujours figure des centristes de la majorité, il est élu sur son nom pour un mandat maire et président de l’agglomération. Il est le père du nouveau tramway, équipement pour lequel il s’est beaucoup battu et inauguré par Adeline Hazan. Ancien combattant d’Algérie et officier de réserve, Jean-Louis Schneiter était chevalier de la Légion d’honneur, officier de l’ordre national du Mérite et titulaire de la croix de la Valeur militaire

Yann Le Blévec, Grégoire Amir-Tahmasseb, Hervé Chabaud

Extrait de l'uion du 08/09/2016

  

    

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 Les maires entre exaspération, colère et découragement

Massivement dans l'Aisne ou les Ardennes, discrètement dans la Marne, les maires ont manifesté hier et vendredi contre le désengagement de l'État.


Laon, les maires ont symboliquement accroché les clés et les noms de leurs communes à la grille de la préfecture. Samuel Pargneau

L'ESSENTIEL

•.- Quatre cent cinquante élus représentant 300 communes de l'Aisne ont défilé hier,dans les rues de Laon pour dénoncer la baisse des dotations de l'Ëtat.

•.- Une manlfestation identique avait mobilisé, dès vendredi, une centaine de maires devant la préfecture des Ardennes à Charleville-Mézières .

•.- Dlns la Marne, une cinquantaine d'habitants de la petite commune de Cauroy-Iès-Hermonville, près de Reims, ont manifesté à l’appel du maire.

L'union des maires de l'Aisne avait bien fait les choses. Près de 450 élus représentant 300 communes ont répondu hier matin à J'appel de l'association présidée par le sénateur-maire LR de Laon, Antoine Lefèvre, Le député-maire de Saint-Quentin Xavier Bertrand et le président UDI du conseil départemental Nicolas Fricoteaux étaient là aussi. Les édiles ont dêfilê jusqu'à la préfecture puis accroché symboliquement la clé et le nom de leurs mairies à la grille préfectorale.

 « De plus en plus d'élus sont tentés par l'abandon de leur mandat électif »
 l'Union des maires de l'Aisne

Dans la Mame, une seule manifestation publique

 « Compte tenu des restrictions financières drastiques imposées par l'État, les communes sont incitées à reprendre toujours plus de missions avec toujours moins de moyens » a commenté M. Lefèvre en admettant, par la suite, que sa commune n'était pas  « la plus à plaindre ». « Entre 2013 et 2014, notre DGF (dotation globale de fonctionnement; NDLR) a baissé de 140 000 euros compensés par une hausse équivalente de la dotation de solidarité urbaine (DSU). Mais la contribution versée par là ville au redressement des finances publiques est passée de 305000 euros en 2014 à 750000 euros cette année », a rappelé le maire. Dans les Ardennes, un défilé identique a rassemblé, dès vendredi, une centaine de maires devant la, préfecture. La manifestation avait été avancée d'une journée en raison du lancement, hier, du festival mondial des marionnettes. Le maire de Charleville-Mézières, Boris Ravignon (LR) avait notamment expliqué que la baisse de 30 % des dotations avait impacté la politique de la ville en matière de transports ou de collectes des déchets.

Dans la Marne enfin, seule la petite commune de Cauroy-les-Hermonville a publiquement manifesté son mécontentement hier en mobilisant une cinquantaine d'habitants devant la mairie, à l'appel du maire Guy Lecomte. « Cette baisse aura nécessairement, des conséquences sur l'entretien des voiries, la qualité et les services ou la tarification des activités pédagogiques imposées par les nouveaux rythmes scolaires », explique M, Lecomte.

Giles GRANDPIERRE

Extrait de l'uion du 20/09/2015

   

     

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Les maires contre « le pillage de l'Etat »

Les maires se sont mobilisés, hier, partout en France, pour dénoncer la baisse des dotations de l'Etat versées aux collectivités locales. Selon eux, les services publics sont menacés.

 

Rassemblement d'élus ceints de leur écharpe tricolore, délégations reçues en préfecture … les édiles ont répondu par centaines à l'appel de l'Association des Maires de France (AMF). Cette journée d'action a réuni des maires de toutes tendances - dont de rares élus socialistes pour réclamer une révision d'urgence du calendrier et de l'effort demandé.

L'AMF s'est d'ailleurs félicité d'« un très grand succès.»  « C'est un message d'alerte qui doit permettre à l'Etat de prendre conscience de ce qui se passe dans les territoires et de l'accélération phénoménale de la dégradation », a affirmé son président François Baroin (Les Républicains). L'association maintient en conséquence son appel à la mobilisation des élus jusqu'à son congrès de la mi-novembre.

En Haute-Saône, l'AMF va proposer à tous les maires du département de boycotter l'organisation du scrutin régional des 6 et 13 décemhre 2015

Des élus inquiets pour le prix des repas, entre autres

À Bordeaux, le maire LR Alain Juppé s'est déclaré « totalement solidaire du mouvement » devant 200 élus girondins venus protester devant la préfecture de la Gironde. François Bayrou, président du Modem et maire de Pau, a également participé cc par solidarité Il à la manifestation dans sa ville. À. Lille, Quelque 300 élus de communes du Nord, se sont rassemblés devant la préfecture. Un seul élu PS, Jean-François Delattre, maire  d'Haspres (2.800 habitants), était présent. « Si cela continue, on sera amené à augmenter le prix des repas à la cantine, ne pas renouveler certains départs à la retraite et baisser les subventions aux associations », s'est exclamé le maire PCF de Waziers, Jacques Michon. Dans l'Oise, les représentants de « 300 communes » ont exprimé leur colère « car certaines sont au bord de la faillite », a affirmé Caroline Cayeux, maire LR de Beauvais et présidente de la Fédération des villes de France. Dans un communiqué, Frédéric Cuvillier, maire PS de Boulogne-sur-Mer, avait dénoncé  « la dérive partisane » de l'association des maires du Pas-de-Calais à laquelle il a suspendu sa participation.

A Cannes, depuis déjà plusieurs jours, la banderole «Stop au pillage des communes par l'État  est déployée sur la façade de la mairie.

Pour David Lisnard, maire Les Républicains de la ville et invité sur France Info, le « pillage »  ne peut plus durer.

Les élus socialistes et républicains, « pas dupes » 


Les maires ruraux. souvent sans étiquette ont participé activement à la mobilisation. AFP

Autour du sénateur-maire de Troyes, dans l'Aube, François Baroin (LR), président de l'Association des maires de France (AMF), quelque 200 élus du département, portant à la poitrine un autocollant « J’aime ma commune », étaient rassemblés en fin de matinée devant l'hôtel de ville de Troyes. « 30% des communes de France ont déjà été obligées d'augmenter les impôts et ce sera probablement le cas pour l'ensemble des villes. Les petites associations qui ne vivent que de subventions publiques sont menacées de· disparition, c'est tout un tissu social et culturel qui va être impacté », a ajouté M. Baroin.

La Fédération nationale des élus socialistes et républicains (FNESR)a dénoncé, quant à elle, une manœuvre de l'ancien ministre du Budget de Nicolas Sarkozy, et de la droite. « Ne soyons pas dupes des intentions de l'opposition, qui souhaite faire de ce rassemblement une journée de contestation du gouvernement », écrit François Rebsamen, maire PS de Dijon.

DES ÉQUIPEMENTS MENACÉS DE FERMETURE

•.  Dans l'Ain, quelque 200 élus la médiathèque ou de tous bords ont défilé jusqu'à la préfecture à Bourg-en-Bresse le

•. A Givors, des banderoles avaient été déployées devant la médiathèque ou le conservatoire de musique, proclamant «cet équipement est menacé de fermeture ».

•. LA CHIFFRE : 3.67 milliards d’euros.

C’est ce que doit représenter, par an, la baisse des dotations aux collectivités d’ici 2017, dont 2 milliards pour les communes et les intercommunalités.

•. LA PHRASE

« J'adresse mes félicitations à François Baroin et aux nombreux maires mobilisés pour dénoncer le désengagement de l'État. »

Nicolas Sarkozy sur Twitter. Apportant « son entier soutien » au maire de Troyes

 

 Extrait de l'uion du 20/09/2015

   

     

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Plus d'investissement, plus de dette

Soir de compte administratif au conseil: la majorité s'est félicitée d'un montant record en termes d'investissement, l'opposition a pointé une dette en hausse:

 
Parmi les 90 millions d’investissement, près de 18 millions concernent Sciences Po.

C'était la première année d'exercice dont il était question lundi soir en conseil municipal à l'occasion du conseil administratif 2014 (il s'agit des comptes réels arrêtés au 31 décembre 2014, et non du budget qui prévoit dépenses et recettes pour l'année à venir). Le maire, Arnaud Robinet, s'est félicité des 90 millions d'investissement dépensés, avec un taux de réalisation de 78 %, « le plus haut depuis 2008 ». Une prouesse selon lui dans un contexte de baisse de dotation forfaitaire de l'Etat de l,9 million, « une baisse qui va s'amplifier pour atteindre 72 millions sur le mandat ». L'édile a aussi souligné des dépenses en plus (hausse de la TVA, rythmes scolaires), mais que la collectivité avait pris l'option de maintenir la fiscalité, « ce que beaucoup d'autres grandes villes n'ont pas fait » . Enfin, il a parlé d'un budget de transition. « Nous étions contraints par des décisions prises en décembre 2013 par l'ancienne équipe ». Un argument retourné si on peut dire par l'opposition, par la voix d'tric Quénard, conseiller PS: « Les investissements de 2014 sont essentiellement ceux votés par la précédente majorité, comme Sciences Po, la rénovation urbaine, la Pompelle, le Cellier...» Et Cédric Lattuada, élu PC, d'ajouter : « Mais on risque de se retrouver avec 55 millions d'investissement les prochaines années. » Éric Quénard a encore évoqué une dette en hausse de trois millions. Et avec Frédéric Bardoux, conseiller PRG, il a également souligné «qu'il n'était pas honnête d'évoquer la baisse de la dotation forfaitaire sans évoquer la hausse de la dotation de solidarité urbaine, en hausse, elle, d'1 million au compte administratif 2014 et de 2,5 millions au budget 2015. » Frédéric Bardoux parlant dans ces conditions d'un manque à gagner de 40 millions et nonde 72 sur la durée du mandat.

« Mais la DSU augmente car la ville s'appauvrit et nous ne faisons pas, contrairement à vous, un pari sur la poursuite de cet appauvrissement, nous, nous voulons que cela change », a riposté Arnaud Robinet. Jean-Marc Roze, adjoint aux finances, a admis une hausse de la dette de trois millions, mais « avec des investissements en hausse de huit millions. »

Mini-clach sur un vœu des maires de FRANCE

Le maire Arnaud Robinet à ouvert la séance du conseil municipal ce lundi soir, en présentant un vœu de soutien à l'action.de l’Association des maires de France (AMF) face à la « baisse massive des dotations de l’Etat », Cela concerne un plan d'économies de 50 milliards sur les années 2015-2017. « Une baisse qui provoque déjà une baisse d’investissement du bloc communal de 12,4% en 2014 et 1500 sont déjà au bord du défaut de paiement.»  Mais Eric Quénard, conseiller PS, y a vu une démarche politicienne quand les « Républicains » proposent des économies à hauteur de l50 milliards, regrettant ne pas avoir été associé à la rédaction de ce vœu, soulignant aussi une dette « qui a explosé entre 2002 et 2012, sur le plan national ». « Le vœu vient de rAMF et 16000 communes.de tout bord l'ont déjà voté », a rétorqué le maire. Du reste, Cédric Lattuada, PC, était prêt à le voter, mais n’a pu avoir la parole pour s’en expliquer.

YANN LE BLÉVEC

Extrait de l'union 22/05/2015

   

     

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Arnaud Robinet face à ses électeurs

Pendant deux heures, le maire a répondu à toutes les questions. Il a expliqué ses choix politiques, précisé le calendrier des gros chantiers et fait quelques annonces.

   

Le projet du tri postal, certes modifié. se fera. Les bâtiments sur la friche du Sernam vont être rasés avant la fin de l'année.
Autres annonces : les forains vont quitter les Promenades et les propriétaires de l'hyper-centre doivent entretenir leur bâtiment.
C. Lantenois

 

Il a accepté de suite de se prêter au jeu des questions-réponses, à l'invitation du Forum (ancien Club 89), refusant même de connaître les thèmes abordés à l'avance. Le risque était limité. Le maire Arnaud Robinet était en terrain conquis, dans le confortable amphithéâtre du luxueux Hôtel de la Paix. Devant un parterre d'une centaine de partisans, acquis entièrement à sa cause, celui qui dit être heureux chaque jour d'être maire, n'a cependant pas manié la langue de bois. Tour d'horizon.

1 – La folie des grandeurs sous Adeline HAZAN ?

La baisse des dotations de l'État, c'est 70 millions en moins sur le mandat, soit une année d'investissement pour la Ville. Comme nous souhaitons garder le même niveau d'investissement, sans augmenter la fiscalité, il nous faut faire des économies. Et, je peux vous dire qu'il y avait du gras dans cette collectivité. En six mois, nous avons réussi à réduire de 500.000€  le fonctionnement du cabinet. » Autre mesure: « Les publications des revues de la Ville, et celle de Reims Métropole ont été espacées et ça ne manque à personne ! » Les frais de bouche des membres du cabinet ont été supprimés, Il ce qui faisait 56 000 € par an. Ce n'est pas à la collectivité de payer nos repas », a poursuivi le maire sous un tonnerre d'applaudissement. « Ce n'est ni démago ni populiste. Il s'agit de gérer au mieux les deniers publics », a-t-il ajouté. « Les salles de réception de la Ville ne sont plus d'office prêtées gracieusement et la mairie ne paye plus systématiquement le verre de l'amitié aux associations. La Municipalité a aussi réduit les subventions.. «J'assume. Le budget d'aides aux associations est tout de même de 48 millions d'euros. » Autre économie : confier l'organisation de Reims à toutes jambes à une société privée. « Je n'en ai pas honte, ça va permettre d'économiser chaque année 200.000 €. »

2 – Complexe ludique, Musée des Beaux-Arts et Tri Postal : Les gros dossiers du mandat.

« Lundi (aujourd'hui, NDLR), lors du conseil municipal, nous présenterons le PPl, le plan pluriannuel d'investissement », a expliqué Arnaud Robinet. « Dans quelques jours, je signerai le chèque le plus gros de ma vie. » La Ville va enfin acquérir la friche du Sernam. Le complexe ludique et sportif comprendra, sur 3,5 hectares, une piscine. une patinoire et une salle événementielle « qui sera aussi complémentaire au centre des congrès, en anticipant ainsi l'avenir du parc des expositions ». Coût : 80 millions d'euros. « Il n’y a aucun retard dans ce dossier. Les hangars seront démolis avant la fin de l'année.»

Concernant la rénovation avec extension du musée des Beaux-arts :  « Dans le PPl, 50 millions d'euros vont être budgétisés sur le mandat.» L'idée étant de commencer les travaux après la livraison de la nouvelle réserve prévue pour 2018.

Le projet du tri postal, cher à l'équipe Hazan, gelé depuis les élections en mars, pourrait finalement voir le jour, sous une forme modifiée. Le projet PS comprenait la construction de bureaux et de logements pour 150 millions d'euros, entre le boulevard Joffre et les voies ferroviaires. Arnaud Robinet voit sur oet espace libre, l'occasion de faire des économiees et de désengorger l'hyper-centre. « On va installer un hub de transports : TGV, TER, tramway,  bus pour éviter l’engorgement. On installera aussi, sur cette parcelle, la fameuse cité administrative car actuellement les services de la Ville et de Reims Métropole sont disséminés sur 47 sites. On gagnera en coût de fonctionnement

3 - Un Maire qui déteste la culture ?

« Dès mon élection, on m'a collé l'étiquette d'être anti-culture. Beaucoup de festivals, un peu partout en France, sont supprimés mais aucun à Reims. Oui, certains vont devoir revoir la voilure. Je fais allusion à la pseudo-polémique concernant Reims Scène d'Europe, 650.000 € de subventions pour 6.500 entrées payées, ce n'est pas admissible. En revoyant les dépenses de communication et de frais de bouche, on va faire économiser 400.000 € à la collectivité. »

 Arnaud Robinet d'annoncer l'arrivée  « d'un festival pop/rock, prochainement au parc de Champagne et d'une manifestation sur quinze jours autour des années Vinyle. »

4 - Retour sur la mauvaise gestion du CCAS.

«  À mon arrivée à la tête de la mairie, on m'annonçait que le CCAS avait plus d'1 million d'euros de  déficit. Si on ne faisait rien, il y avait un risque qu'il soit mis sous la tutelle du préfet. Depuis 30/40 ans, nos concitoyens ont été piquouzés (sic) à l'argent public. Nous avions une politique sociale très attractive : on avait ouvert les droits sociaux aux personnes en situation irrégulières et aux gens du voyage ».

Arnaud Robinet est revenu aussi sur le durcissement des conditions pour l'obtention d'une carte de bus gratuite pour les seniors, « Cela nous coûtait 1,6 millions d'euros par an. Rien n'est jamais gratuit et il était important d'aider surtout ceux qui en avaient besoin, en ajoutant un critère : le restant à vivre. On s'est ainsi aperçu que neuf retraités bénéficiaires sur dix pouvaient parfaitement se payer l'abonnement ».

 « Toutes ces mesures drastiques nous permettent de revenir à l'équilibre. La nouvelle municipalité souhaite aussi revoir les conditions d'attribution «des apports en espèces. Ces sommes en liquide que l'on donne aux personnes qui ont des difficultés à payer leurs factures. Ce ne sera plus possible possible que huit mois sur douze. Pour pouvoir en bénéficier à l'année, il faudra justifier de démarches réelles de réinsertion et de recherches de travail. Le CCAS ne doit plus être un guichet où l'on vient chercher des aides financières sans rien en retour. »

5 – Les forains ne sont plus bienvenus aux Promenades.

«  Ce n'est- pas l'idéal. ni pour les Rémois ni pour les forains, de poursuivre l'expérience des Promenades. Le manque de place nous empêche d'avoir une fête foraine digne de ce nom et pour les professionnels, cela manque de ce fait d'attractivité. Les discussions sont toujours en cours, mais dès cet été, lors des festivités programmées pour la Fête nationale, les forains prendront place au parc Léo-Lagrange. Et je ne céderai pas devant la menace de bloquer la ville. »

6 – Mettre fin aux verrues du centre-ville.

Arnaud Robinet ne supporte plus de voir ces vitrines de commerces fermées depuis longtemps dans un état déplorable, sans parler d'autres bâtiments privés, là encore, qui se dégradent faute d'être entretenus. « Personne ne dit rien, ni ne fait rien et la situation ne cesse d'empirer. À titre d'exemple, j'ai appelé le propriétaire du Cinéma Opéra, à qui appartient aussi  la cellule commerçante de l'ancien restaurant situé à côté de l'entrée actuelle du cinéma. Je lui laisse jusqu'à Noël pour mener des travaux. Ça me désole de voir ce patrimoine magnifique dans cet état ».  

7 –Faire de REIMS, une ville d’événements.

 « On est bien parti pour devenir une ville d'accueil de la coupe du monde de football féminin en 2019. On soutient la candidature de Paris pour l'exposition universelle de 2025 qui nous permettrait d'abriter des expositions. Nous sommes également en pourparlers afin d'accueillir de grandes compétitions de patinage artistique. une fois que le complexe ludique et sportif sera construit. »

8 –Haro sur les fumeurs indélicats et les propriétaires de chiens irrespectueux.

 « Le temps de la communication et de la prévention est passé. Je ne supporte pas de voir tous ces mégots dans la rue, et c'est un fumeur qui vous parle! Ainsi que de voir certains propriétaires de chiens ne pas ramasser les déjections canines. Ça ne sert à rien de mettre des sacs dans les distributeurs ; ils sont tous vides au bout de deux heures. Et ce n'est pas, au final, à la Ville de payer ces sacs. Quand on a un chien, il faut prendre ses responsabilités. Nous allons devoir verbaliser. J'ai renoncé, et ce n'est pas une blague, à avoir recours à l'ADN pour identifier les chiens. J'étudie les différentes options possibles comme faire appel à des agents en civil pour verbaliser. »

 Aurélie BEAUS5ART

Extraits de l' union du 22/06/2015

   

     

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Les raisons de la colère des maires

Les maires de France manifestent, demain, leur colère contre la baisse des dotations financières de l'État et les nouveaux redécoupages des intercos. Les élus marnais s'expliquent.

Alors que le département de la Marne enchaîne les coups durs. la baisse des dotations jette un nouveau froid. Christian Lantenois

LES FAITS

•. A rappel de l’association des maires de France. les maires protestent contre la baisse de la dotation globale de fonctionnement (DGF) versée par l'État

•. Dans la Marne, les maires ont été informés lors de la Foire de Châlons aucune rnanifestation n'est prévue demain.

•. Cette baisse de la DGF intervient alors que le périmètre des intercommunalités doit s'agrandir , et que le dispositif de «commune nouvelle» permet de minimiser ces deux mesures.

De 23,6 milliards d'euros en 2013 à 16,5 en 2017, soit un recul cumulé de 15,8 milliards d'euros, la dotation globale de fonctionnement (DGF) pour le bloc communal (communes et intercos) va fondre selon l'AMF, association des maires de France. « C'est trop et trop vite ». s'alarme François Baroin, le maire (LR) de Troyes et président de l'AMF, justifiant les actions de ce week-end.

Communes et intercos voient de nouvelles compétences et charges leur être transférées par l'État (droit du sol, avec les permis de construire, activités périscolaires, nouvelles normes pour l'accessibilité des locaux...) sans toujours recevoir les financements, l'Etat poursuivant ses économies pour réduire son déficit.

« Des communes doivent dépenser mieux car, dans certains endroits, on vit encore très bien... » , note Jean-Pierre Bouquet, maire (PS) de Vitry-le-François. « Après, cet effort doit être adapté selon le potentiel fiscal et l'activité économique de chacun », nuance-t-il. C'est qu'il est bien placé pour le savoir. « Dans leur globalité, les dotations de l'État ont augmenté pour Vitry ».Car, au-delà de la DGF, d'autres dotations viennent parfois compenser les manques à gagner. Des sommes puisées auprès des communes les plus aisées. « Aÿ et sa communauté de communes doivent ainsi rendre 750000 € cette année », peste Dominique Lévêque, son maire (PS).  « Nous sommes coincés entre la baisse des dotations et la participation au financement du fonds de péréquation car nous sommes une commune "riche". On nous donne moins et on nous prend plus », lance-t-il, dépité. Dominique Lévêque ne s'associe pourtant pas à la fronde , « car elle prend une tournure électorale alors que des candidats à la présidentielle comme Fillon ou Juppé promettent déjà de nouvelles mesures d'économies s'ils sont élus en 2017 ».

Plutôt que de se placer sur le terrain politique, Dominique Lévêque tente donc de saisir les opportunités pour réduire les dépenses (lire par ailleurs).

Et encore des fusions d’întercos

Car les maires sont placés devant un dilemme. Pour maintenir leur niveau d'investissement (qui soutient l'activité économique), ils doivent soit réduire leur budget de fonctionnement (dont les dépenses de personnels), soit augmenter leurs ressources en intensifiant la pression fiscale et/ou le coût des services réglés par les habitants. Des mesures jamais populaires... Bien involontairement, l'État offre une opportunité de mutualiser à plus grande échelle encore. Après la réforme de 2014, décidée par Nicolas Sarkozy, qui a vu le nombre d'intercommunalités descendre de 56 à 29 dans la Marne, le coup d'envoi d'une nouvelle refonte a été donné hier. En application de la loi NOTRe, qui fusionne déjà les régions, les intercommunalités doivent désormais réunir au. moins 15000 habitants (avec des modulations selon la densité de population). 'Dans la Marne 12 des 29 intercos s'avèrent trop petites.

Ce nouveau chantier doit déboucher sur une carte entrant en application début 2017.

« Demain, les intercos remplaceront les communes à qui il ne restera que le cadre de vie, l'animation et quelques services... », prévient Bruno Roulot, maire (LR) d'Haussimont et rapporteur de la commission chargée de la nouvelle carte. Sauf que certaines intercos doivent encore se remettre de la précédente fusion. « A Vitry, nous la digérons », avoue Jean-Pierre Bouquet « Il faut faire cette nouvelle carre en l'expliquant aux élus et à la population pour engendrer encore des économies », estime l'élu socialiste.

Le projet du G3 entre Reims, ChâIons et Épernay,en sourdine depuis un an, peut-il connaître une avancée dans ce cadre ? « Ce serait une façon de peser dans la nouvelle région », avance Bruno Roulot. Et d'éviter à la Marne de perdre du pouvoir en plus des financements...

Yves DETRAIGNE

Président de l’association des maires de la Marne
« Préserver l'accessibilité »

« Le choix de baisser la DGF de 30 % peut se comprendre. Les collectivités territoriales doivent prendre leur part au redressement des comptes. Mais, 1 dans le même temps, on demande de plus en plus au bloc communal (compétences, équipements, cadre de vie, nouveaux rythmes scolaires, enfouissement de réseaux ...j et on veut réduire encore le nombre d'établissements publics de coopération inter-communale. À terme, je veux bien croire à des sources d'économies, mais il faudra avoir le courage de ne pas mettre en place le même schéma partout pour préserver l'accessibilité  de tous aux services publics.»

Commune nouvelle, la solution?

Elles conservent leur nom et leurs limites territoriales mais deviennent des communes déléguées qui mettent en commun leur budget. C'est la commune nouvelle. Il C'est une nouvelle strate », regrette Bruno Roulot, maire (LR) d'Haussimont. « Et puis, faire des rapprochements uniquement par rapport à des dotations ... », relève-t-il. Car les communes nouvelles qui seront créées avant la fin d'année bénéficieront d'une DGF sans baisse jusqu'en 2018 et même bonifiées pour les plus petites en habitants. .Dominique Lêvêque, maire d'Ay avance un raisonnement différent. « Soit on se plaint de la baisse de la DGF, soit on se saisit des possibilités pour réaliser des économies d'échelle via la commune nouvelle ». Dans les prochains jours, les conseils d'Ay, Mareuil-sur-Ay et Bisseuil devraient officialiser leur union. Un cas assez rare dans la Marne où ce dispositif qui rencontre que peu d'échos favorables.

LES 12 INTERCOS QUI  DOIVENT ENCORE  GRANDIR

•. Toutes celles autour de Reims (Bazancourt, Witry-lès-Reims, Rilly-la-Montagne, Gueux et Cauroy), ainsi que Mourmelon.

•. Celles du Sud et de l'Ouest marnais (Vauciennes, Dormans, Orbais-l'Abbaye, Sézanne et Anglure).

•. Et dans le Vitryat, celle de Sermaize-les-Bains

LE CHIFFRE 75 %

•. Des communes de la Marne comptent moins de 500 habitants (462 sur 620)

LA PHRASE

•. Rationaliser, mutualirser pour contrer les baisses de dotations, les maires commencent à devoir intégrer la signification de ces termes. »
                Yves Délraigne. sénateur (UDl) président de l’association des maires de la Marne.

Frédéric GOlUS

 Extrait de l'uion du 18/09/2015

   

     

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 Le nouveau bureau de la maire a coûté 10.000 €


Le bureau de la maire, qui n'avait pas été refait depuis 1927, aura coûté 10.000 euros sans compter la main-d'œuvre issue des services municipaux qui pendant ce temps-là n'était pas sur d'autres chantiers.

Adeline Hazan n'aime pas trop parler chiffre. Hier soir, la maire a répondu avec un certain agacement aux questions de l'opposition sur le coût de son nouveau bureau.

Le débat sur l'augmentation des indemnités des élus ne lui avait pas trop plu. Celui sur le coût de la rénovation de son bureau de maire, à peine élue, non plus. C'est Jean-Marc Roze, pour l'opposition UMP-DVD, qui a lancé la pique dès le début du conseil municipal, hier soir. Au détour d'une délibération sur les adaptations de crédits il a interpellé Adeline Hazan : « À propos de maîtrise de coût, merci de nous informer sur le coût de la réorganisation/Réfection des bureaux du cabinet et le vôtre Madame la maire que vous vous étiez engagées à rendre public ».

La question directe n'a pas manqué de toucher la maire. Ironisant que « la question brûlante que tous les Français se posent », Adeline Hazan a précisé que ce sont les services municipaux qui ont travaillé sur la rénovation de son bureau qui n'avait pas été refait depuis 1927. Terminés les meubles anciens, sombres et lourds et place à du bois clair et plus moderne.

« Nous étions tous d'accord pour dire que ce bureau avait un style vieillot pas supportable », précise la Maire. « J'ai donc souhaité à mon arrivée changer tout cela. Ce n'est pas un luxe pour l'image de la Ville. Cela apporte une certaine modernité. Il n'y a plus les odeurs de poussière, ni d'allergie pour les visiteurs ».

Et le coût ? 10.000 euros environs indique Adeline Hazan qui conclut visiblement agacée : « Arrêtons cette fausse polémique. S'il n'y a que cela à dire, je ne suis pas très inquiète… »

Lors du conseil municipal d'hier soir, le jeu des questions réponses entre opposition et majorité a en tout cas encore fonctionné à plein. D'un côté une Catherine Vautrin souvent remontée, et de l'autre une Adeline Hazan, prenant sur elle, pour être diplomate.

Si dans l'ensemble la maire ne s'en est pas trop mal sortie, il y avait tout de même un sujet sur lequel elle n'avait pas trop d'humour hier soir, outre le coût de son bureau : le congrès du PS. Quand en début de séance elle a évoqué une bonne nouvelle économique qui pourrait tomber avant Noël et qui ferait « une fois de plus parler de Reims en bien », beaucoup se sont amusés dans l'assistance en se demandant sans doute si le spectacle donné par le PS après le congrès allait donner une si bonne image de Reims. Des rires, qui n'ont pas spécialement amusé la maire…

Idem en milieu de soirée quand ont été évoquées les retombées économiques du congrès sur la Ville (sans doute plus de 2,5 millions d'euros). Là encore Adeline Hazan n'a pas trop apprécié « les sourires et les ricanements » d'une partie de l'assistance qui sans doute s'amusait de la situation du PS…

Grégoire Amir-Tahmasseb

Extrait de l'union 25/11/2008

   

     

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 Carlo Sarrabezolles bientôt à Reims


Carlo Sarrabezolles est connu pour les hauts reliefs qu'il réalisa pour le décor de l'hôtel de ville.

Le musée des Beaux-arts va accueillir du 17 octobre 2008 au 25 janvier 2009 une exposition consacrée au sculpteur Carlo Sarrabezolles.

Une convention vient d'être signée pour cela avec la ville de Roubaix dont le musée d'art et d'industrie a conçu et organisé une exposition dédiée au sculpteur. C'est tout ou partie de cette exposition dans le Nord que l'on verra à l'automne prochain à Reims.

Carlo  Sarabezolles  est connu dans la cité des sacres pour les hauts reliefs qu'il réalisa pour le décor intérieur de l'hôtel de ville après la Grande Guerre (1928). Il a également travaillé dans la région à cette époque sur le Monument aux morts de Coucy-le-Château.

A noter que la Ville va également acquérir 300 catalogues « Carlo Sarrabezolles, de l'esquisse au colossal » dont140 seront vendus au musée des Beaux-arts au prix de 39 euros.

Né le 27 décembre 1888 à Toulouse, le sculpteur est décédé à l'âgè de 82 ans.

 Extrait de l'uion du 22/07/2008

   

   

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 L’Hôtel de Ville sous les projecteurs

Lumières !

Après la Cathédrale Notre Dame fin 2006, c'est au tour de la façade de l'Hôtel de Ville de revêtir son nouvel habit de lumière qui a été officiellement dévoilé le 7 février. Ce projet, mené dans le cadre du plan lumière initié par Reims Métropole en vue de mettre progressivement en valeur le patrimoine bâti de l’agglomération, a nécessité plusieurs mois de travail et quelque 180000 euros pour offrir à ce bâtiment datant du XVIIe siècle une véritable renaissance en lumières. Conçu par un cabinet spécialisé, le dispositif comprend 109 sources lumineuses en partie équipées de leds, technologie favorisant les économies d’énergie. Rasant ou en contre-plongée, l’ éclairage souligne les ornements de l’édifice d’une lumière blanc doré, sans oublier la subtile touche de bleu qui affirme le sommet du campanile. Les projecteurs sont pilotés par informatique, ce qui permet de modifier les effets désirés et de créer quatre scénographies différentes, intégrant du bleu et du rouge, au gré des évènements qui rythment la vie de la cité.

 

Le style architectural de l’Hôtel de Ville est caractéristique du mouvement baroque. Sur la façade, la décoration imposante reprend les ordres antiques, avec les colonnes coiffées de chapiteaux corinthiens. Niches et frises décorées prennent aussi l’Antiquité en modèle revue par l’art de la Renaissance. Le bâtiment est symbolique du pouvoir politique comme on le représentait depuis la Renaissance, à l’exemple de l’Hôtel de Ville de Paris. Le campanile dressé au centre traduit la puissance municipale face aux clochers des seigneurs ecclésiastiques. Il rythme la vie quotidienne et permet d’annoncer les évènements de la cité.


Située à droite du hall d’entrée, la salle du Conseil municipal présente une ornementation historicisante. Entre deux colonnes, la fresque Art Déco de Pierre Ducos de la Haille montre, sous les traits de Marianne, la République fière de voir Reims reconstruite dans la Champagne viticole prospère.

Désormais paré d’un nouvel habit de lumières (lire page 8), l’Hôtel de Ville concentre aussi tous les regards à l’approche des prochaines élections municipales des 9 et 16 mars prochains. L’occasion de retracer l’histoire mouvementée de ce magnifique bâtiment dont la première pierre fut posée en 1627. Les archives municipales font pour la première fois mention d’une réunion du Conseil de Ville dans un logis de la place du Marché aux Chevaux, actuelle place de l’Hôtel de Ville. Les attributions de ce Conseil se limitaient à l’entretien des remparts de la cité et à l’organisation des milices. Le centre du pouvoir de l’époque se trouvait au Palais du Tau, demeure historique du tout puissant archevêque. Il faut attendre 1627 et le remboursement par le Duc de Guise d’une importante dette à la Ville pour que commence l’édification de l’Hôtel de Ville dont les plans sont dessinés par l’architecte Jean Bonhomme, qui a travaillé aussi aux remparts et aux portes de la ville. Près d’un siècle après le début de la construction de l’Hôtel de Ville de Paris, celle de Reims commence. Il faudra alors 259 ans de travaux épisodiques (soit presque autant que la cathédrale) avant que le bâtiment n’adopte sa forme actuelle. Le chantier débute par la construction d’un pavillon à l’angle de la rue des Consuls, actuelle rue du Général Sarrail, puis se prolonge par la réalisation du pavillon d’entrée avec le clocher central. Mais les travaux s’interrompent en 1636, faute d’argent. Plus de deux siècles s’écouleront pour que le bâtiment adopte ses dimensions actuelles.

Une construction par étapes

Avec la Révolution, l’Hôtel de Ville devient le centre du pouvoir communal. Le bâtiment héberge les tribunaux, la Chambre de commerce, les archives, la bibliothèque, les bureaux de l’Etat civil, des contributions, de la charité, la police municipale et la Caisse d’épargne. La Restauration ne remettra pas en cause les nouvelles prérogatives communales. Un agrandissement s’impose. Le 29 mai 1825, le jour du sacre de Charles X (à Reims), la première extension de l’Hôtel de Ville est inaugurée et confère à la façade principale sa surface actuelle (61 mètres de long sur trois étages). Durant le second Empire, la population rémoise suit une progression régulière.

En 1863, l’architecte municipal Narcisse Brunette propose une nouvelle extension du bâtiment par des ailes latérales et la façade arrière donnant sur la rue de la Grosse Ecritoire. Il faudra attendre 1875 et l’avènement de la III République pour que ce projet soit acté par le Conseil municipal. En 1880, la construction de l’Hôtel de Ville trouve son épilogue.

« Monsieur le Maire, vous n’êtes ici qu’un locataire »

Un épilogue momentané puisque la  Première Guerre mondiale, si destructrice à Reims, n’épargnera pas l’Hôtel de Ville : incendié le 3 mai 1917, il brûla complètement. La façade avant, avec son campanile, est alors reconstruite tandis que l’intérieur, où rien ne subsiste après l’incendie, est entièrement refait dans le strict respect du style baroque d’origine. Une anecdote en dit long à ce sujet. Paul Marchandeau,  maire de la reconstruction de Reims, se plaignant auprès de Roger-Henri Expert, En mai 1917, l’Hôtel de Ville est ravagé par un incendie suite aux bombardements allemands. architecte des Bâtiments de France supervisant la reconstruction de la mairie, du manque de contemporanéité de son nouveau mobilier, se voit répondre : « Monsieur la Maire, vous n’êtes ici qu’un locataire. L’Hôtel de Ville a été conçu dans un style Louis XIII, vous aurez donc un mobilier Louis XIII. » C’est le 10 juin 1928 que la mairie, telle qu’elle s’offre actuellement aux regards, fut inaugurée par le Président de la République Gaston Doumergue.

La visite de l’Hôtel de Ville permet de découvrir un bâtiment remarquable où l’Histoire entremêle ses pages. Les lieux civiques sont pourvus d’une décoration emphatique associant le répertoire de l’époque de Louis XIII et les symboliques de la République. Le hall d’entrée, avec son escalier monumental, en est une parfaite illustration : plafond à médaillons avec faisceaux de licteurs et bonnets phrygiens dans l’exubérance de la nature où abonde le raisin champenois.

Partout, la décoration traduit la confiance en la nature bienveillante et évoque l’omniprésence du champagne, tout en multipliant les allégories républicaines. C’est notamment le cas dans les salons au premier étage qui, actuellement, sont utilisés aussi bien pour des manifestations officielles que pour des réunions de travail. La magnifique Salle des Fêtes présente une série de fresques caractéristique du courant Art Déco narrant “La Fête du vin à travers les âges rémois”, exécutées d’après les cartons d’Henri Rapin.


En mai 1917, l’Hôtel de Ville est ravagé par un incendie suite aux bombardements allemands.
Collection O. Rigaud

 Extrait de VRI N° 244 02-03/2007

   

     

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Et la lumière fut…

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L’Hôtel de Ville de Reims a inauguré jeudi dernier son nouvel éclairage, un éclairage intelligent capable de s’enrichir de variations au gré des évènements qui rythment la cité (14 juillet, jours fériés, fêtes Johanniques…) La mise en lumière de l’Hôtel de Ville s’inscrit dans la Charte Lumière conduite par la communauté d’agglomération Reims Métropole, après la Cathédrale en 2006, cette opération traduit la volonté de mettre en valeur les édifices et sites remarquables de l’agglomération. Montant des travaux : 179 000 € TTC, consommation annuelle : 1 070 € TTC.

         Extraits de l' hebdo du vendredi N°65 du 15/02/2008

   

     

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 Reims, autrefois...

La statue équestre de Louis XIII.

De son piédestal, au plus haut de la façade de l’Hôtel de Ville, le regard vide de Louis XIII contemple, depuis près de quatre siècles le quotidien des Rémois. Il a été le témoin en particulier, des travaux qui débutèrent en 1634 pour être achevés en 1880, date de l’inauguration officielle d’un des plus beaux édifices de l’architecture civile du XVIIème siècle, dû à Jean Bonhomme, longtemps ignoré.

Au XIVème siècle, la guerre de cent ans avait provoqué la mise en place d’un « Conseil de Ville » chargé de la défense de la Cité. En concurrence avec l’échevinage et les pouvoirs de l’Archevêque, il s’était ensuite maintenu, achetant en 1499 une bâtisse pour tenir ses réunions sur la place du Marché aux Chevaux (Hôtel de Ville actuel).

Le projet d’un édifice digne de la Ville des Sacres prend alors forme. En 1627, le Duc de Guise rembourse un emprunt fait à la ville au moment de la Ligue. Les travaux peuvent débuter. Le sculpteur rémois Nicolas Jacques se voit confier les décorations de la façade et reçoit commande de la statue destinée à couronner le fronton du pavillon central, représentant Louis XIII à cheval. Elle trône, en 1636, au sommet d’un édifice dont la construction sera interrompue, faute d’argent, pendant deux siècles. Survient la Révolution qui en 1792, détruit la statue équestre de Louis XIII. Après la chute de l’Empire, le rétablissement de la royauté amène la ville à confier l’exécution d’une réplique au sculpteur parisien Aimé Milhomme. Moins gracieuse et plus sévère que l’originale, la statue est mise en place en 1818. Malgré les dégâts occasionnés par les bombardements pendant la Grande Guerre, le souverain poursuit aujourd’hui sa chevauchée pour le plus grand plaisir des visiteurs et des touristes.

Avec l’aimable collaboration d’ Alain Cottez, Président de la Société des Amis du Vieux Reims.

Extraits de l' hebdo du vendredi N° 35  du 07/06/2007

   

      

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Dans le secret du bureau de Jean-Louis Schneiter

Nous entamons une série à la découverte de lieux insolites ou méconnus. " Visible le week-end des journées du patrimoine ou sur rendez-vous pour une audience, 1e bureau du maire Jean-Louis Schneiter est peu connu du public.


Jean-Louis Schneiter ; « Depuis 1958, époque à laquelle mon père était maire de Reims, rien n'a vraiment beaucoup changé dans ce bureau


 
      Écrasant  un cigarillo bien entamé dans un cendrier, Jean-Louis Schneiter nous accueille dans son vaste bureau à l'hôtel de ville. « Je connais les lieux depuis 1958 car je suis souvent venu y voir mon père qui était maire. Aujourd' hui j'y travaille huit heures par jour. Il n'y a pas grand-chose qui a changé. Tous les portraits, exceptés celui de Jacques Chirac en vis à vis avec celui du général de Gaulle, étaient là. Deux choses ont été modifiées. Claude Lamblin a fait percer une porte (1) et Jean Falala avait fait installer la clim qui m'a bien servi l'été dernier. » Une Marianne sculptée par Georges Saupique garde l'entrée. « C'est obligatoire » rappelle le maire.


De belles boiseries. 

Coup d'œil circulaire. Les grands lustres ont du mal à mettre en lumière la pièce un peu assombrie par des boiseries, un vaste bureau en chêne doté de plusieurs fauteuils imposants, deux tapis vert gris au sol, de grands rideaux jaune pâle aux fenêtres donnant sur le parvis de la mairie et une interminable galerie de tableaux. On peut y voir Nicolas Dallier, lieutenant des habitants de Reims en 1669 ; Jacques Quentin Tronsson Ducoudray, maire en 1804 ; Augustin Marie Guillaume de Paul de Saint-Marceaux, M. Noirot, Adrien Pozzi. Ruinart de Brimont maire en 1821 a une petite ressemblance avec Philippe Bouvard, « ou Alain Lavrador, directeur de l'économie » glisse une secrétaire!

Deux sonnettes

Le maire le reconnaît. « Ce bureau est assez pratique. Je peux y travailler. Il n'y a pas de ligne externe directe. » La sécurité ? II y a bien un boîtier avec deux boutons, mais l'un sert à allumer les appliques et l'autre pour signaler à l' appariteur que la personne attendue peut entrer. C'est tout. Reste que la grande cheminée est bouchée. « Il n'y a pas de poussière, ni de bombe non plus derrière les tableaux car régulièrement avant la visite de ministres, les services de déminage passent avec leur poêle à frire... »


Cigares, livres, dossiers, photos sur le bureau du premier magistrat.

Chargé le bureau du maire : Des cigares Zino et une grosse boîte d' allumettes ; des livres : « le 30 août, Reims libéré » et « Dessine moi Reims » ; une photo du dernier meeting à la BA 112, une autre avec son père qui salue Leblond, footballeur du Reims de la belle époque ; des dossiers : « quelles infrastructures pour les liaisons interquartiers du sud de l'agglomération » etc.

Face au maire au bout de la vaste pièce, des armoires. Dans la première un petit coin avec une glace, une écharpe tricolore, du Champagne, un parapluie et un vieux plan de Reims. Dans une autre armoire, une télé et un  magnétoscope,  des maillots de sports (Sainte Anne, Reims vital, fête du sport), des statuettes offertes par le maire de Brazzaville, ex ville jumelée. Dans une autre armoire des « Monopoly de Reims », le livre d'or de la ville aussi avec en page de garde la signature (en septembre 1991 ) d' Edith Cresson, Premier ministre et Lionel Jospin, ministre de l'Education. Dernière visite mémorable celle de la Rémoise Catherine Vautrin, secrétaire d' État à l'intégration et à l'égalité des chances qui conclut : « Ensemble construisons une nouvelle politique  de la ville porteuse de cohésion. »


Sur le livre d'or : en première page une signature d'Edith Cresson.
La dernière visite était celle de Catherine Vautrin.

Enfin, à voir sur les rebords de fenêtres de nombreux bibelots et cadeaux : un casque du champion moto Bruno Bonhuil, une kyrielle de médailles diverses des villes jumelées, des poteries, des cendriers, une liasse souvenirs contenant 1.000 billets (des francs) compactés par la banque de France.


Un casque du champion moto Bruno Bonhuil.

Alain Moyat                

(1) Un salarié de la mairie rapporte que Claude Lamblin y avait aussi installé un réfrigérateur, enlevé par son successeur.

Extrait de l'union 11/08/2004

   

     

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