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Alzheimer 

Il y a une vie avec Alzheimer
Alzheimer, le mieux c’est d’en parler

Le difficile combat contre la maladie d'Alzheimer ...


Parkinson

Patients et aidants racontent Parkinson
Grand progrès dans la lutte contre Parkinson

 

Prostate

Le cancer de la prostate en 6 questions
Laser, à chacun sa technique

Au top contre l'adénome de la prostate


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Il y a une vie avec Alzheimer

Il est temps de mieux s’occuper de tous ceux qui souffrent de maladies neuro-dégénératives. À Saint-Germain-la-Ville (Marne), on ne les laisse pas doucement s’éteindre dans un fauteuil


Il faut faire travailler la mémoire mais en prenant garde de ne pas mettre ces élèves au grand âge en échec. Au risque de provoquer de la détresse.


Participer à l’épluchage des légumes permet aux malades de se sentir comme dans la vraie vie, celle qu’ils n’ont pas oubliée.  Rémi Wafflart

LES FAITS

*.- LA JOURNÉE MONDIALE CONTRE LA MALADIE D’ALZHEIMER a lieu aujourd’hui.

*.- C’EST L’OCCASION DE FAIRE LE POINT sur la prise en charge des malades, sur les avancées de la recherche et aussi de récolter des dons (envoyer « don » par texto au 92300 pour donner 10 euros, envoyer « FRM » pour donner 5 euros)

*.- EXEMPLE DANS UNE MAISON DE RETRAITE PUBLIQUE aux méthodes innovantes dans la Marne et entretien avec un chercheur de l’université et du CHU de Reims.

Il n’est pas encore possible de guérir les malades d’Alzheimer mais on peut faire en sorte qu’ils ne soient pas malheureux. C’est l’objectif quotidien de l’équipe de la maison de retraite de Saint-Germain-la-Ville. Ehpad public, installé dans la verdure entre Châlons-en-Champagne et Vitry-le-François, l’établissement héberge une centaine de pensionnaires et dispose d’un accueil de jour.

LE COURS DE DANSE ASSIS VA BIENTÔT COMMERCER

Ses locaux vieillissants ne gâtent en rien le climat dynamique qui y règne. Contrairement à certaines maisons, où l’on trouve en arrivant les ultraseniors alignés dans leur fauteuil roulant et somnolents, à la résidence du Parc, ils sont vivants. Dans le hall, quatre dames sont attablées pour une séance de pliage de serviettes. Quatre autres prennent le café avec Bryan, le soignant chouchou de ces dames.

Un chien cocker déboule de retour de promenade et circule au milieu de tout le monde à la recherche de son maître. Il n’est pas arrivé ici avec un résident. En revanche, il en a adopté une qu’il ne quitte plus. Le cours de danse assis va bientôt commencer. Y participeront uniquement ceux que cela amuse. La liberté est la règle dans la maison. En plus de vingt ans de métier, la directrice de la résidence, Françoise Desimpel, a vu la prise en charge des anciens évoluer. « Quand j’ai commencé, nous accueillions des personnes malades mais aussi des personnes non dépendantes. Elles venaient chez nous par choix parce qu’elles s’ennuyaient chez elles ou parce qu’elles avaient peur de rester seules. Ces personnes ne viennent plus. Même si elles le demandent, nous leur déconseillons de venir. Aujourd’hui, la maison est occupée par 95 % de personnes qui souffrent de maladies de type Alzheimer. Nous avons dû nous adapter. »


« Il
faut avoir conscience des moyens nécessaires pour que chacun finisse sa vie le mieux possible »
Françoise Desimpel directrice de l'Ehpad de Saint-6ermain-Ia-Ville

La mémoire des résidents s’envole progressivement mais comme l’a appris Françoise Desimpel lors de ses formations sur les maladies neuro-dégénératives : « Les émotions restent intactes. Si on veut rendre heureux des malades d’Alzheimer, il faut susciter des émotions positives. »

Il est, par exemple, peu heureux d’organiser des jeux de mémoire avec des questions auxquelles les participants ne sauront pas répondre.

« La maladie efface la mémoire petit à petit en partant des événements les plus récents. Les souvenirs très lointains, comme les premières émotions de l’enfance, ne s’effacent jamais. C’est elles qu’il faut réactiver à travers les activités. Il ne sert à rien de demander à une personne malade quel était le nom du président de la République en 1978, cela revient à lui tendre un miroir dans lequel elle verra la mémoire qu’elle a perdue. Ce sera beaucoup plus productif d’improviser un atelier crêpes. Cela activera des souvenirs d’enfance capables de rendre le sourire. »

En plus de susciter des émotions positives, les soignants doivent lutter contre le sentiment d’abandon que ressentent les personnes atteintes de ces maladies de la mémoire. « Une personne qui a perdu son conjoint aura beau être allée à son enterrement au cimetière, elle n’intégrera jamais son décès et continuera à l’attendre. Comme bien évidemment il ne pourra pas venir, elle aura le sentiment d’être abandonnée. Pour faire comprendre aux gens ce que ces maladies représentent, je leur dis toujours : imaginez que vous vous endormez dans votre lit le soir et que vous vous réveillez le matin dans une chambre inconnue en Chine. Cela fait peur. »

Pour rassurer efficacement, il faut repenser l’aménagement des maisons de retraite afin que les pensionnaires se sentent entourés. Dans un futur bâtiment qui devrait pousser l’année prochaine, les chambres des résidents de la résidence du Parc ne s’ouvriront plus sur un couloir mais sur des salons salles à manger, exactement comme à la maison. « Ils ne mangeront plus dans des réfectoires mais dans de petites salles en compagnie des personnes qu’ils apprécient le plus. Le but est de maintenir jusqu’au bout les apparences d’une vie normale. C’est le meilleur moyen de les rendre heureux. »

LUTTER CONTRE LE SENTIMENT D’ABANDON QUE RESSENTENT LES MALADES

L’établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes de Saint-Germain-la-Ville a une grosse faiblesse. Ce climat innovant et la motivation importante du personnel, malgré une rémunération aussi faible qu’ailleurs, reposent sur l’impulsion de Françoise Desimpel. Le jour de sa retraite approche. Déjà la directrice a peur que son successeur soit moins combatif. « Certains se contentent de faire de leur établissement un mouroir. Ils baissent les bras, administrent des neuroleptiques que pourtant il faut éviter. Ils le font par manque de moyens humains pour bien faire. Il faut aujourd’hui que la société prenne conscience des besoins et les accorde. La question n’est pas théorique, c’est de savoir ce qu’on veut pour nous plus tard. Personne n’est à l’abri de ces maladies. »

Où en est la recherche ? Une piste virale à l’étude


Jean-Vianney Haure-Mirande, formé à l’université de Nantes, aujourd’hui à New-York, est co-auteur de l’étude américaine parue dans la revue Neuron.

La recherche est active contre la maladie d’Alzheimer, y compris dans les laboratoires de la faculté de médecine de Reims (lire par ailleurs). Toutefois, la ou les causes de la maladie d’Alzheimer n’ont toujours pas été trouvées, ce qui empêche de mettre au point des traitements efficaces. Jusqu’à maintenant, cette origine de la maladie a principalement été recherchée à partir des lésions cérébrales provoquées par la pathologie. Cela n’a encore rien donné.

Le résultat d’un travail de recherche, paru cet été dans la revue scientifique Neuron, relance l’hypothèse d’une origine infectieuse liée à la présence des virus de l’herpès. Pour parvenir à ce résultat, les chercheurs de l’université Mount Sinai de New York ont étudié des cerveaux de malades décédés d’Alzheimer et les ont comparés, d’un point de vue viral, à des cerveaux de personnes non malades. Ils ont constaté une présence fréquente de deux types de virus de l’herpès dans les cerveaux des malades d’Alzheimer. Si cette origine virale venait à être confirmée, elle permettra de mettre au point de nouveaux traitements avec des antiviraux, voire même la réalisation de vaccins. Ce n’est, pour l’instant, qu’une nouvelle piste. Pas encore probante mais prise au sérieux par les chercheurs.

3 QUESTIONS À...


Rachid MAHMOUDI
GÉRIATRE AU CHU DE REIMS ET CHERCHEUR

Beaucoup de progrès ont été réalisés

Que pensez-vous de la récente hypothèse d’une origine infectieuse de la maladie d’Alzheimer ?

Les premiers travaux sur une origine infectieuse de la maladie datent de 1997. Notre université et le CHU de Reims ont apporté leur pierre à l’édifice. On en parle beaucoup ces temps derniers en raison de l’étude des chercheurs américains publiée en juillet dans la fameuse revue Neuron (lire par ailleurs). Leur hypothèse est crédible. Néanmoins, le fait de montrer la coexistence de virus de l’herpès et de la maladie d’Alzheimer n’apporte pas la preuve d’une relation causale entre le virus et la maladie.

Une des explications possibles serait que les patients atteints de maladie d’Alzheimer seraient plus vulnérables aux virus de l’herpès, que ce soit pour des raisons biologiques ou comportementales.

Aucun médicament n’existe contre cette maladie, y en aura-t-il bientôt ?

Aucun médicament curatif contre la maladie d’Alzheimer n’existe. Ceux récemment déremboursés ont toutefois prouvé leur efficacité sur la cognition. Un effet modeste, mais démontré, qui ne se conçoit qu’en les associant à l’ensemble des mesures psychosociales. Beaucoup de progrès ont été réalisés ces dix dernières années dans la compréhension des mécanismes qui conduisent à la maladie. C’est par là que tout doit commencer avant d’espérer disposer d’un traitement dans plusieurs années.

Vous êtes responsable du diplôme de l’université de Reims « Maladie d’Alzheimer et pathologies apparentées », quel est son contenu ?

Cette formation apporte un enseignement sur les aspects médicaux, médico-sociaux et psycho-gériatriques de la maladie. Elle a pour particularité de s’adresser à un public pluridisciplinaire (psychologues, orthophonistes, infirmiers, etc.) et non pas uniquement à des médecins. Ce DU, proposé à Reims, sera le seul du Grand Est à offrir ce contenu vers un public pluridisciplinaire.

Catherine FREY

 Extrait de l'union du 20/09/2018

   

   

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Le cancer de la prostate en 6 questions

Ce 20 septembre a lieu la journée européenne de la prostate, cancer le plus fréquent chez l’homme. Le Dr Thomas Ripert, chirurgien urologue, répond aux questions les plus courantes.


«Pas plus grosse qu’une châtaigne, la prostate entoure l’urètre, précise le Dr Ripert. Elle produit le liquide séminal, l’un des composants du sperme.»

Pas toujours facile d’aborder le sujet. Mais en ce 20 septembre, Journée européenne de la prostate, et à quelques jours des Bacchantes (lire ci-dessous), impossible de ne pas évoquer le cancer le plus fréquent chez l’homme. L’un des objectifs de la course organisée ce dimanche au parc de Champagne est justement de briser le tabou. « Il est parfois difficile pour un urologue de comprendre comment en France nous avons si bien réussi à sensibiliser le grand public autour du cancer du sein ou du col de l’utérus, et voir que les maladies de la prostate restent encore si mal connues », insiste le Dr Thomas Ripert. Le chirurgien urologue à Courlancy et président de l’association Les Bacchantes-Reims répond aux six questions les plus fréquentes.

1 - LE CANCER DE LA PROSTATE, C’EST GRAVE ?

« Le cancer de la prostate est souvent présenté comme un cancer d’évolution lente… mais pas toujours », commence le spécialiste. « On a pour habitude de dire qu’il n’existe pas qu’un seul cancer de la prostate, mais plusieurs formes, allant du cancer dit latent (avec possibilité de vivre avec cette maladie sans qu’elle soit gênante et sans jamais parfois connaître son existence) à la maladie à l’évolution extrêmement rapide. Il est malheureusement souvent difficile de prévoir avec certitude son évolution. Le pronostic dépend principalement de deux facteurs : son étendue et l’agressivité des cellules tumorales. Tout l’enjeu est de diagnostiquer le cancer à son stade le plus précoce possible, là où l’on peut espérer le guérir. »

2 - QUELS SONT LES SYMPTÔMES?

« À un stade précoce, le cancer est parfaitement asymptomatique, d’où l’intérêt de le rechercher pour pouvoir le détecter. À un stade avancé, il peut être révélé par des symptômes urinaires (difficultés à uriner, faible écoulement, envie pressante, fuites…) ou des symptômes liés à sa diffusion dans l’organisme (fatigue, amaigrissement, douleur osseuse…).

Mais présenter de tels symptômes ne signifie pas forcément être atteint du cancer de la prostate. C’est souvent la tumeur bénigne de la prostate qui en est responsable. En cas de troubles mictionnels, il est donc recommandé de consulter son médecin, seul capable d’identifier les symptômes et leurs causes. »

3 - DOIS-JE ME FAIRE DÉPISTER ?

« Actuellement, les urologues proposent aux hommes de se faire dépister à partir de 50 ans. L’âge du début du dépistage peut être amené à 45 ans dans le cas de familles à risques. Le dépistage comprend un toucher rectal permettant de palper la glande prostatique et sentir si une anomalie est présente, et une prise de sang permettant d’évaluer le dosage du fameux PSA, cette substance fabriquée uniquement par la prostate. Un taux élevé peut permettre de révéler un cancer, mais pas obligatoirement. »

4 - COMMENT TRAITER LE CANCER DE LA PROSTATE ?

« Il existe de nombreux traitements du cancer de la prostate. Le choix dépend de nombreux critères qui tiennent compte du patient (notamment de son âge, ses antécédents médicaux, ses attentes), mais aussi de l’agressivité et du niveau d’extension du cancer. Les cancers considérés comme très peu agressifs peuvent bénéficier d’une simple surveillance. Pour les cancers jugés à risques évolutifs ou potentiellement agressifs, le patient peut alors être orienté vers une chirurgie (ablation de la prostate), des techniques d’irradiation, des traitements optionnels comme les ultrasons focalisés. Il est parfois possible de proposer une hormonothérapie en association ou non à la radiothérapie. La chimiothérapie a également sa place dans le traitement des cancers évolués. »

5 - POUR QUELLES CONSÉQUENCES ?

« Outre les conséquences psychologiques du cancer, de par sa localisation, traiter la prostate expose notamment à des complications d’ordre sexuel et urinaire. La chirurgie peut engendrer une incontinence urinaire souvent temporaire, ainsi que des troubles de l’érection. La radiothérapie peut provoquer des troubles de la miction, des troubles sexuels mais également de troubles digestifs. L’hormonothérapie sera souvent à l’origine d’une fatigue, de bouffées de chaleur et de troubles sexuels, mais aussi des conséquences liées à sa prise sur de nombreuses années (notamment osseuses ou cardiaques). La chimiothérapie a également des conséquences propres. Les progrès techniques et une meilleure connaissance de la maladie ont permis de réduire les conséquences des traitements, de mieux les prendre en charge, et d’améliorer la qualité de vie des patients traités. »

6 - PEUT-ON GUÉRIR DE CE CANCER ?

« Le pronostic du cancer dépend principalement de son état d’extension au moment du diagnostic. En cas de forme indolente , il est possible de vivre avec un cancer de la prostate jusqu’à la fin de ses jours sans qu’il soit gênant. Pour les autres formes du cancer (ceux qui vont évoluer dans le temps), retenons que plus il sera pris à un stade débutant, plus la guérison est possible grâce à un traitement local à visée curative. On estime entre 85 et 94 % le taux de survie à 10 ans en cas de prise en charge d’un cancer localisé. »

ALICE RENARD

 Extrait de l'union du 20/09/2018

   

   

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Patients et aidants racontent Parkinson

 Depuis plus de dix ans, l'association Reims Parkinson soutient ceux qui souffrent de cette maladie neurodégénérative handicapante. Témoignages d'un quotidien bouleversé


En France, environ 150.000 personnes souffrent de cette maladie. Celle-ci est liée à la destruction des neurones dopaminergiques. Ces derniers produisent un neurotransmetteur, la dopamine, indispensable au mouvement du contrôle du corps. R. Wafflart

Serge avait pour habitude de jouer depuis des années au tennis avec sa femme. Jusqu'au jour où la gestuelle curieusement désordonnée de sa moitié l'a étonné. « Ses mouvements étaient curieusement lents... C'est comme si elle ne voyait plus correctement la balle. Elle se plaignait de son bras, on a pensé à une tendinite, le classique des sportifs. Elle a passé des tests. Et un médecin nous a dit : « j'ai une mauvaise nouvelle, votre femme souffre de la maladie de Parkinson. » Voilà, c'était les premiers signes. »

La deuxième maladie neurodégénérative la plus fréquenté après la maladie d'Alzheimer est avant tout une maladie du' mouvement (voir encadré). Recueillis grâce à Reims Parkinson, association créée en 2005 et qui revendique aujourd'hui une cinquantaine de membres (malades et aidants), les témoignages accumulés jeudi dernier à la maison de la culture de La Neuvillette ont systématiquement la même entame : les malades sont d'abord envahis par des symptômes d'autant plus sous-évalués qu'ils sont souvent invisibles aux yeux de tous. Verbatim de ces quotidiens profondément bouleversés.

1 - MARIE-THÉRÈSE

Cette retraitée a perdu son mari, Jacky, en mars 2016. La maladie de Parkinson lui avait été détectée en 2002, lorsqu'il avait 61 ans. « Ce qui est important à dire, c'est que cette maladie démarre longtemps avant qu'on ne la découvre. Un été, il avait eu des tremblements mais personne ne pensait à ça, ça ne perturbait pas son quotidien. Vous vous rendez compte, toutes ces années sans savoir, alors que la maladie progressait ? Après, c'est la descente... L'autonomie en prend un coup mais le plus dur, c'est le moral. Ceux qui souffrent se replient daris leur coin. Mon mari était professeur de lettres et il ne pouvait plus écrire. Il ne trouvait plus ses mots. On veut éviter tout ça, alors on s'écarte des autres. Lorsqu'il rentrait de l'orthophoniste, il me disait : « Elle m'a fait faire des exercices que je faisais faire à mes élèves... » C'était vécu comme une humiliation. Les dernières semaines, les médicaments ne faisaient plus effet, il tremblait comme une feuille ... Et il est décédé le jour de son 77° anniversaire. »

2 - JEAN-CLAUDE

Âgé de 70 ans et désormais domicilié dans un foyer, celui qui a travaillé « dans le carrelage » souffre de la maladie de Parkinson depuis 1999. « Je ressentais une fatigue intense, de plus en plus pesante. On m'a ensuite annoncé la maladie et j'ai fait de la dépression. J'ai arrêté de travailler en 2003. En 2005, on m'a posé deux électrodes dans le cerveau. j'ai été tranquille jusqu'à début 2006. Depuis ce temps-là ... Aujourd'hui des jours, ça va, d'autres, c'est pénible. Au sein d'une même journée, j'avais un traitement lourd, c'était épuisant. Je suis vite contrarié, j’ai l'impression d'être suivi en permanence. Les tremblements partent toujours du côté gauche. Et ma tête qui se balance... Je ne peux plus faire les courses depuis des années, je suis dans un fauteuil électrique. Pour manger, je fais des boîtes. Des fois, on m'apporte de la soupe. Le moral, franchement, c'est terrible. Tellement de choses ont changées … »

3 - JACOUES

Cet homme de 69 ans évoque son épouse, atteinte de la maladie de Parkinson depuis près de vingt ans. « Elle ne sort pas car elle ne veut pas que les gens la voient comme ça - elle était institutrice, elle craint de croiser des parents d'élèves. Moi je l’aide. Tout le temps. À la toilette, au déshabillage... Sous la douche, il faut que je sois là. Je bricole en cuisine. Elle fait tout tomber, sans arrêt, et elle ne peut pas se baisser. Elle parle tout bas et comme moi, je deviens dur d'oreille, les dialogues sont assez limités (sourire)... Heureusement, elle accepte que je sorte, je fais des animations musicales en maison de retraite. Ça me fait du bien. »

DES MALADES CONDAMNÉS AU MOUVEMENT VOLONTAIRE À PERPÉTUITÉ

Très handicapante, la maladie de Parkinson est la deuxième maladie neurodégénérative la plus fréquente après la maladie d'Alzheimer. La maladie de Parkinson est liée à la destruction des neurones dopaminergiques, lesquels produisent un neurotransmetteur, la dopamine, indispensable au contrôle des mouvements du corps. Le signe le plus souvent décrit par les malades est la lenteur au mouvement. Comme le disait Charcot, le célèbre neurologue français, le malade atteint de la maladie de Parkinson est condamné au mouvement volontaire à perpétuité. Parkinson touche 150.000 personnes en France mais contrairement à une idée reçue elle ne frappe pas exclusivement les personnes âgées. L’âge moyen des malades lors, du premier diagnostic est de S9 ans. 10 % des cas se déclarent avant 40 ans. Dans la majorité des cas, les causes de la maladie demeurent inconnues. Ce n'est pas une maladie héréditaire, même s'il existe S% de formes génériques.

De façon schématique, le déroulement naturel de la maladie se fait en trois périodes. Une fois le diagnostic posé, un traitement est proposé. Son objectif est de remplacer la dopamine qui a disparu. Après plusieurs années, le traitement lui-même va entraîner des complications motrices. C'est la période de l'effet dit « on-off » : la gêne varie au cours de la journée de façon imprévisible. La troisième période est la plus handicapante car se développent des symptômes sur lesquels le traitement n'agit plus, perte de l'équilibre, difficultés à parler, etc. Il n'existe pour le moment aucun traitement médicamenteux qui puisse prévenir ou guérir la maladie de Parkinson.

Mathieu LIVORElL

Extrait de l'union du 30/01/2017

   

   

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Alzheimer, le mieux c’est d’en parler 

 La façon d’accompagner les malades d’Alzheimer a évolué ces dernières années.   Ce jeudi, le CHU profite de la Journée mondiale pour présenter ce qui est fait.


Les professionnels de santé et les artistes ont œuvré ensemble pour proposer cette journée d’information sur Alzheimer à la résidence Roux. 

Vingt et un septembre, Journée mondiale d’Alzheimer. Une maladie qui fait peur. 900 000 personnes sont atteintes en France de cette pathologie ou d’une maladie apparentée (maladies neurodégénératives). « C’est normal d’avoir peur. Il y a un sentiment de déconstruction de la vie, de ne plus pouvoir se projeter. Pourtant, il y a encore plein de choses possibles », insiste Isabelle Billiart, cadre de santé au sein du pôle des établissements pour personnes âgées dépendantes du centre hospitalier universitaire. Avec ses collègues, elle est à l’initiative d’une opération ouverte à tous à la résidence Roux dans le cadre de cette Journée mondiale, pour la première fois. L’occasion de parler de ce qui se fait, d’évoquer la maladie, ceux qui en sont atteints, ceux qui la côtoient, en tant qu’aidant ou soignant.

Il y a douze ans, le CHU ouvrait le premier centre d’hébergement et d’activités thérapeutiques et occupationnelles pour personnes âgées désorientées à la résidence Marguerite-Rousselet. « À l’époque, c’était une révolution. On a réussi à trouver des aide-soignantes volontaires pour y travailler. La journée de jeudi est aussi une façon de leur rendre hommage car c’est grâce à elles que nous en sommes là aujourd’hui », explique le Dr Frédéric Munsch, chef de pôle. Aujourd’hui, on compte six unités de ce type réparties dans cette résidence et à la résidence Roux. «Nous disposons d’une filière psychogériatrique de 300 places d’hébergements. » Un accueil de jour a encore été mis en place, de même que des pôles d’activités et de soins adaptés (un espace comme à la maison où l’on développe des activités quotidiennes), sans oublier la plateforme d’accompagnement et de répit aux aidants familiaux. Une hospitalisation d’un ou deux jours peut soulager les aidants.

De même qu’il n’y a pas un malade Alzheimer, la prise en charge évolue en même temps que l’évolution de la maladie. Et il est toujours mieux de s’informer quand on a un doute : pertes de mémoire, difficultés à s’orienter, incidents de conduite… « La maladie ne se guérit pas, mais on peut soutenir les personnes, épauler, guider, permettre de vivre différemment la maladie. On améliore le vécu du malade et de son entourage. »

Pour le Dr Munsch, le pire, c’est l’isolement. « Le plus grand ennemi de la vie, c’est la solitude. » Sans prise en charge, les symptômes risquent de s’amplifier, faute d’une mémoire sollicitée, d’une créativité sollicitée…

« Souvent quand les personnes arrivent, ce sont les proches qui répondent à la place du malade. Au fil de l’entretien, elles sont parfois surprises de voir ce que ce dernier peut exprimer certaines choses. » C’est toute la question de la relation à l’autre sur laquelle travaillent ces professionnels de santé passionnés par leur métier, pour qui il est important d’aller à la rencontre des gens.

« On se rend compte que la réalité du patient n’est pas la nôtre. Si dans sa tête il a quarante ans, il pense logiquement que son frère qui en a soixante est son père. Ce qui est évidemment très dur à vivre pour les proches. »

Le défi des soignants est de tirer le fil de la communication avec le malade pour l’accompagner le mieux possible. La mémoire a ses chemins, divers. Et en même temps, Alzheimer ne se limite pas à de simples pertes de mémoire.

La maladie ne se guérit pas, mais on peut soutenir les personnes, permettre de vivre différemment la maladie
Dr Munsch, chef de pôle

D’où aussi une pluridisciplinarité nécessaire et des pratiques qui vont au-delà du simple acte de soins. « C’est comme si le malade gardait son identité profonde. Nous essayons de ne pas le regarder au travers du prisme de la maladie. »Avec le développement d’une prise en charge non médicamenteuse, avec de la médiation animale, des clowns relationnels ou un projet artistique avec Césaré. « La culture, c’est ce qui reste quand on a tout oublié » , ne l’oublions pas.

Journée mondiale de l’Alzheimer, ce jeudi 21septembre, de 9 h 30 à 18 h 30, à la résidence Roux, 1, boulevard du Docteur-Roux, avec des stands d’informations, des ateliers et des impromptus musicaux.

YANN LE BLÉVEC

 Extrait de l'union du 21/09/2017

   

   

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Laser, à chacun sa technique

 L'hôpital aussi dispose d'un laser pour traiter les problèmes de prostates et certains cancers. Une technologie différente de celle de Courlancy et qui peut être parfois préférée.

« Il y a cent ans, on ouvrait le ventre, on ouvrait la vessie, el on retirait l'adénome. C’était l'opération la plus efficace.» Oups, heureusement, aujourd'hui, les technologies laser ont remplacé les interventions risquées des années 30. À l'hôpital, l'adénome de la prostate peut être traitée au laser selon une technologie qui a fait ses preuves si l'on en croit le professeur Stéphane Larré, chef du service urologie « nous avons moins de 5 % de taux de récidive avec le laser holmium qui offre certains avantages sur d'autres lasers, comme celui de pouvoir analyser les tissus, qui ne sont pas pulvérisés et vérifier s'il ny a pas une tumeur maligne. Il faut accepter de passer plus de temps qu'avec d'autres lasers. Mais les résultats à long terme sont excellents», poursuit le spécialiste. « La technique est plus longue et difficile à apprendre, ce qui freine son développement, en particulier auprès des urologues les plus jeunes ou les plus âgés, » estime encore le Dr Larré. « Une étude de 2012 montre que la technologie holmium permet de diminuer le volume de la prostate de près de 80 %. Autre avantage, elle permet d'opérer toutes les tailles de prostates. Et surtout, les résultats à long terme sont très bons et durables. »

« Les résultats de notre technique, à long terme, sont très bons et durables »
Stéphane Larré

Le risque de saignement est très faible, ce qui permet une durée d'hospitalisation très courte. La durée du séjour est généralement d'un' à deux jours.

L'hôpital a acheté cet appareil en décembre 2013 et il est utilisé à des coûts raisonnables, 300 € pour dix à vingt opérations. La technique permet aussi de traiter les calculs de reins et certaines tumeurs de l'urètre, sans ouvrir. Le service du professeur Larré comprend une dizaine de spécialistes à plein temps et six internes, solidaires.  « Nous sommes une vraie équipe. »

M.C LARDENOIS

Extrait de l'union du 21/01/2016

   

   

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Au top contre l'adénome de la prostate

Courlancy est le groupe en France qui pratique le plus de chirurgies au laser pour traiter l’hypertrophie de la prostate. Une technique qui minimise les risques pour les patients.


Selon le docteur Thomas Ripert, ici aux manettes, la chirurgie au laser n’est pas miraculeuse mais elle présente des avantages.

Deux tiers des hommes de plus de 50 ans sont touchés par une augmentation naturelle du volume de la prostate. Une maladie bénigne mais fréquente, Quand cette glande grossit, on parle d'adénome, d'hypertrophie ou hyperplasie de la prostate. Lorsque le trouble est diagnostiqué par le médecin ou l'urologue, plusieurs voies thérapeutiques peuvent être proposées, de la simple surveillance, au traitement médicamenteux, ou si nécessaire une opération visant à dissoudre des tissus.

Premier des centres privés dans ce traitement

À Courlancy, dans ce dernier cas, est utilisée une procédure au laser lancée par le professeur Stearman. Si elle n'est plus tout à fait novatrice, elle place les cliniques rémoises au premier rang de celles qui opèrent de cette façon avec un appareil laser, le « Greenlight ». La première intervention rémoise avec cette technique a eu lieu aux Bleuets le 11 février 2014. Enfin de cette même année, le groupe se retrouvait premier des centres privés français dans le traitement de la prostate avec cette méthode et le troisième tous établissements (publics et privés) confondus. « Ce qui devrait encore être le cas en 2015 », espère le docteur Thomas Ripert, jeune urologue, qui ne tarit pas d'éloges pour ce procédé. « Nous sommes neuf à l'utiliser à Reims, à Courlancy et aux Bleuets. Et c'est un très grand progrès dans la mesure où nos patients sont de plus en plus âgés et que la chirurgie classique n'est pas sans risque », explique-t-il.

« La chirurgie à l'ancienne, par grattage, présente des risques parce qu'elle nécessite une hospitalisation de deux ou trois jours, elle oblige à mettre les patients sous anticoagulants et il y a un risque de dégradation sur les personnes âgées. Le laser permet d'obtenir les mêmes résultats, réduit le risque de saignements, et diminue la morbidité du geste,»  poursuit le Dr Ripert. « Et puis, nous pouvons opérer en ambulatoire, ce que nous faisons pour 60 % de nos patients à Courlancy.»

Au total, depuis l'installation de l'appareil, 550 procédures ont été menées en deux ans. « La 500° procédure a été réalisée le 23 décembre dernier. L'appareil nous a été livré gratuitement mais le constructeur vend la fibre à usage unique très cher. Il y en a pour 700 euros à chaque opération, pris en charge par la clinique dans le cadre de sa politique d'innovation et de maintien des technologies modernes. La clinique n'est pas uniquement mercantile », sourit le Dr Ripert. Son confrère, le Dr  Stearman, explique que l'hôpital a choisi une autre technologie qui ne peut se réaliser en ambulatoire. Ce chirurgien est toutefois conscient des limites du laser qui, certes, permet de raccourcir la durée de séjour du patient dans l'établissement, « mais c'est une technique réservée aux patients, qui ont des facteurs de risques de saignement car elle a aussi des inconvénients comme des troubles de la miction plus fréquents. Et le groupe ne peut pas se permettre d'utiliser trop souvent une technique qui ne rapporte pas d'argent. »

M.C LARDENOIS

Extrait de l'union du 03/02/2016

   

   

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  Le difficile combat contre la maladie d'Alzheimer ...

C'est aujourd'hui la 22e journée mondiale de lutte contre la maladie d'Alzheimer, Pour les familles des malades, les « aidants », la culpabilité succède souvent à l'épuisement.


Tout est fait pour' stimuler les malades d'Alzheimer, comme ici lors d'un atelier jardinage à la résidence Bellevue à Saint-Gobain, dans l'Aisne

L'ESSENTIEL

•. Trois millions de Français sont  directement ou indirectement  touchés par la maladie d'Alzheimer, dont 850 000 à 900 000 personnes malades.

•. La maladie coûterait plus de vingt milliards d'euros par an.

•. La maladie d'Alzheimer est une affection du cerveau dite « neurodégénérative », c'est-à-dire qu'elle

entraîne une disparition progressive des neurones.

•. En disparaissant, ces neurones, qui servent à programmer un certain nombre d’actions, entraînent une altération des facultés cognitives : mémoire, langage, raisonnement.

•. L'extension des lésions cérébrales cause d'autres troubles qui réduisent progressivement l'autonomie de la personne.

 

À SAVOIR

 Dix signes d'alertes

•. Partes de mémoire : avec l’oublis  de plus en plus fréquents d'événements récents personnels mais très  bonne mémoire des souvenirs anciens.

•. Difficultés à accomplir les tâches quotidiennes : comme effectuer des travaux pourtant familiers comme, par exemple, les étapes de préparation d'un repas, faire ses courses ...

•. Problèmes de langage : ne plus  retrouver des mots simples, utiliser d'autres plus ou moins appropriés.

•. Désorientation dans le temps et  dans l’espace : la personne peut se  perdre, même dans des endroits familiers et confondre les saisons.

•. Difficultés dans les raisonnements abstraits pour effectuer les  formalités administratives gérer ses finances. rédiger un chèque.

•.  Perte d'objet qui sont placés dans des endroits insolites (une montre dans le four) sans les retrouver.

•.  Altération du jugement en n'arrivant plus à évaluer les situations:  vêtements d'hiver en été, faire des achats démesurés de nourriture ...

•. Modification du comportement : apparition d'une tendance dépressive ou de manifestations d'anxiété, d'irritabilité, d'agitation ...

•. Pertes de moIivation pour toutes les activités y compris celles qui étaient une passion avant la maladie.

•.  Dérangement de personnalité : jalousie, idées obsessionnelles de préjudice, exubérance excessive...

Avec le recul. Blanche ne sait pas vraiment Quand la maladie de son mari a commencé. Il y a bien eu ses comportements bizarres, son caractère qui a changé, sa façon d'être qui était différente. Mais pas de quoi forcément trop l'inquiéter.

« Au départ, on croyait que c'était une dépression, se souvient la retraitée sedanaise. Mais, petit à petit, cela s'est aggravé. Il faisait des choses étranges comme mettre deux pantalons l'un sur l'autre, prendre mon chemisier pour s'habiller ou encore se lever la nuit sans raison.» C'est finalement en 2005 qu'elle arrivera à mettre un nom sur la maladie : Alzhelmer. « Aujourd'hui, on en parle plus facilement, mais il y a dix ans, certaines personnes nous prenaient pour des fous, j'avais presque honte ... quand cela vous arrive, vous ne connaissez rien. Vous vous sentez seule, bien seule. Il n'y avait pas non plus tout ce qui existe maintenant pour essayer de soulager un peu les aidants. Même si ce n'esr pas encore suffisant, cela aurait été un plus ».

«On !le sait jamais ce qui va arriver... »

Car rapidement, à l'époque, Blanche va devoir apprendre à vivre avec la maladie de son mari qui  mourra cinq ans plus tard. « Il y avait des moments de stabilité et puis d'un coup on retombait. C'est une maladie usante, fatigante pour l'entourage. Le plus difficile, ce sont les changements de comportements. On ne sait jamais ce qui va arrivér. Il se mettait à se déshabiller d'un coup comme ça. Ou alors quand il conduisait, il s'énervait parfois car il estimait que, lui, il avait droit de passer au rouge j'en suis venu à cacher les clés de la voiture pour ne pas avoir de problème ...».  Même si ce fut dur sur la fin, la retraitée ardennaise n'a par  contre pas connu cette terrible sensation de ne plus être quelqu'un pour son mari. « Il m'appelait par mon prénom et j'ai l'impression qu'il me souriait toujours ». . Une "chance" que n'a pas connue Étienne même si pour son épouse la descente a été progressive ... Alzheimer est en effet une maladie évolutive. Pendant de longues années, les personnes malades sont, "au moins par moments", conscientes de leurs pertes de mémoire et de leurs défaillances.

La perte de toute lucidité n'intervient qu'à un stade très avancé de la maladie. « C'est une maladie troublante car la personne qui est devant vous n'est plus celle que vous connaissez, confie l'Ardennais dont la femme a été diagnostiquée Alzheimer en 2004. Quand vous avez votre femme qui dit à votre fils : "Monsieur, qui êtes-vous ?", c'est dur, très dur. Il faut faire front. On apprend à vivre avec mais c'est une maladie qui vous enveloppe complètement, vous isole et vous coupe de toutes vos relations sociales tout doucement. On ne veut pas, on ne peut pas infliger cela aux autres ».

 Une situation que connaît bien Jacqueline Perche. La présidente de France Alzheimer dans les Ardennes s'est engagée dans l'association après que sa mère a été touchée par la' maladie. « Quand vous avez votre maman qui vous dit "Bonjour Madame", c'est terrible... Je le vois tous les jours avec les gens que l'on accompagne: il n'y a aucune phase de la maladie qui est facile. Quand la personne souffre d'hallucination, c'est difficile. C'est également le cas quand. on est confronté à des phénomènes d'errance où le malade peut se perdre au coin de sa rue. Sans parler du comportement en général où tout peut arriver. Comme ce malade qui s'était levé en pleine nuit, habillé, et était allé chercher ses enfants à l'école... Tout cela est usant, épuisant et l'on constate des cas de grosses déprimes chez les aidant ».

« Il y a un fort sentiment de culpabilité»

 Au-delà de cet entourage fragilisé, se-pose aussi la question de l'accueil des personnes malades. À Sedan, Blanche avait dû dans un premier temps se rendre en Belgique pour trouver un endroit susceptible de recevoir son mari, alors âgé de moins de 60 ans. Ce n'est qu'ensuite qu'elle a pu le ramener près de chez elle pour ses dernières années. « La France pour les "malades jeunes" de moins de 60 ans est évident, confirme Jacqueline Perche. Et pourtant, ils sont 35000 en France !. Il n'existe pas beaucoup d'accueil de nuit non plus même s'il faut reconnaître que depuis dix ans les choses ont bien évolué, notamment lorsqu’en 2007 Dominique de Villepin avait fait de la maladie d'Alzheimer une "grande cause nationale" ».

 Mais même si les structures suivaient, reste ensuite à convaincre les familles d'y mettre leurs proches. cc Quand on aborde le sujet avec elles, c'est difficile. Il y a un fort sentiment de culpabilité; Pourtant, c'est essentiel pour elles comme pour les malades ».

Deux malades sur trois n'osent pas en parler

Les personnes atteintes d'Alzheimer sont très majoritairement conscientes de leurs difficultés (79 % se rendent compte qu'elles ne peuvent plus réaliser les actes de la vie quotidienne) mais deux sur trois (66 %) n'en parlent pas, de peur de faire souffrir leur entourage ou d'être jugées, selon un sondage OpinionWay commandé par l'association France Alzheimer à l'occasion de la journée mondiale de lutte contre cette maladie. [es malades se sentent en revanche bien soutenues par leur famille (75 %). Pour l'amélioration immédiate de leur bien-être, les personnes interrogées comptent peu sur la recherche médicale et davantage sur des soutiens concrets au quotidien (pour 23 %, leur principal besoin est d'avoir de l’aide à domicile) ou la présence de leurs proches (35 %). Lorsqu'on leur demande ce qu'elles diraient à une autre personne malade, elles conseillent d'abord de faire les activités préférées (52 %), puis de vivre au jour le jour (40 %) et d'accepter une aide pour le quotidien (38 %).

3 QUESTIONS À Florence KOVAC


 « Des animations adaptées à cette pathologie»

 Florence KOVAC est directrice de la résidence Bellevue à Saint-Gobain et déléguée départementale du Synerpa (Syndicat national des établissements et résidences privés pour personnes âgées).

•. Le nombre de personnes atteintes de maladie D’Alzheimer représentent-t-il une part importante de vos résidents ?

On en accueille de plus en plus. Aujourd'hui, cela représente environ 60 % des personnes qui sont chez nous. Il y a dix ans, c'était 20 % maximum. Il y a eu une forte progression dans un premier temps et, depuis cinq ans, la tendance est plutôt stable.

•. Un dispositif particulier est-il mis en pIace pour ces personnes ?

 Les résidents Alzheirner n'ont pas le même comportement que les autres. Ily a une différence par exemple selon si ces personnes ont, ou pas, des troubles de comportement perturbateurs. S'il y a une déficience cognitive,

Les associations comme bouée

 
« Il faut s'appuyer sur les associations. C’est gratuit! », souligne Hélène Seuxet

Souvent, les familles n'osent pas franchir le pas. Par pudeur. Parce qu'elles ont aussi le sentiment qu'elles peuvent bien s'occuper de leurs parents malades seules. Et pourtant. Avec le recul tous les aidants des personnes atteintes d'Alzheimer sont d'accord: 11 faut se faire aider par quelqu'un d'extérieur, trouver un moment pour souffler. en parler. « On est là pour apprendre aux familles comment se comporter avec les malades, les aider, souligne Hélène Seuxet, responsable de France Alzheimer dans la Marne. Car il y a des erreurs à ne pas faire comme vouloir absolument que le malade soit comme avant. Il part dans un autre monde et la plus grande erreur est d'essayer de le retenir dans le nôtre, Quand vous avez des doutes, ne restez pas avec, car cela vous pourrit vos journées. Il faut s'appuyer sur les associations, c'est gràtuit l » Dans l'Aisne, sa collègue Élisabeth Millet insiste aussi sur l'importance d'entourer ceux que l'on appelle les aidants. « Je me suis engagée dans cette association après avoir vu pendant plus de 37 ans passés commè infirmière à quel point les aidants étaient usés. Je suis toujours étonnée que les familles ne connaissent pas leurs droits et les aides possibles, Il est important de leur apporter un soutien de leur expliquer comment parler à leur proche. Ilfaut valoriser tout ce que le malade sait encore faire, ne pas toujours faire et penser à sa place, continuer à vivre ».

France Alzheimer Marne (0326364198 ou 06 31 36 10 56), Ardennes (03 24 54 22 26 – 06 15 52 54 98) et Aisne (03 23 62 75 58)

LES REPERES

Stimuler les souvenirs

La réminiscence. fait partie des activités très prisées. Elle permet de faire remonter  des souvenirs à travers la présentation de vieux objets ou d'images anciennes.

 Plusieurs rendez-vous autour de la journée mondiale

•. Dans la Marne, rencontre aujourd’hui, de 15 h 30 à 17 heures, à la maison de la vie associative à Reims et au centre Alzheimer -« Les Parentèles de Reims.

•. Dans l'Aisne, deux rendez-vous sont notamment prévus le 26 septembre au palais des sports de Château-Thierry et au centre social le Triangle à Laon.

•. Dans les Ardennes, le Conseil départemental organise une conférence aujourd'hui, de 9 à 17 heures, au centre de congrès des Vieilles-Forges,

AUCUN TRAITEMENT POUR GUÉRIR

•. Il n'existe aucun traitement curatif permettant de guérir mais certains traitements médicamenteux peuvent ralentir l'évolution des troubles.

•. En complément, une prise en soin non médicamenteuse s'est développée avec un accompagnement relationnel thérapeutique.

LE CHIFFRE : 225.000

Nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année soit 1,3 millions d’individus qui seront touchés en 2020.

LA PHRASE

«les maladies neurodégénératives, comme la maladie d'Alzheimer, ce sont des patients dont la santé se dégrade, mais aussi des enfants, des frères, des sœurs, des amis, qui souffrent avec eux. »

Marisol Touraine - Ministre de la Santé

 G. AMIR-TAHMASSEB

 Extrait de l'union du 21/09/2015

   

   

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