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72 postes en moins  à boehringer
Vers une rupture de stock de valsartan

Vos médicaments livrés à domicile, c’est possible

Nouvelles règles pour les génériques
Médicaments :  une pénurie qui empoisonne

L’overdose fatale de paracétamol

Enquête sur les prix dans les pharmacies de Reims

2017
Les médicaments sans ordonnance à éviter
Les antibiotiques, c’est encore trop automatique
Ruée sur le charbon végétal
MÉDICAMENTS GÉNÉRIQUES QU'EST-CE QUE C'EST ?
De gros écarts de prix entre les pharmacies

2016

Médicaments génériques : pour démêler le vrai du faux
Bataille de prix autour des médicaments

2015
 Ces médicaments jugés inefficaces

    

    

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 72 postes en moins  à Boehringer

L’annonce de Boehringer d’une réorganisation sur le plan national se traduit à Reims par le transfert de 37 postes et la suppression de 35, la présence rémoise est maintenue


Le site actuel ne sera pas conservé, le groupe recherche des plateaux plus modernes sur Reims.

L’ESSENTIEL

*.- BOEHRINGER INGELHEIM, acteur majeur de l’industrie du médicament dans le monde, a annoncé ce lundi 10 décembre une réorganisation sur le plan national se traduisant par la suppression de 327 postes et la création de 32.

*.- À REIMS, 37 postes vont être transférés à Lyon, et 35 seront supprimés, l’effectif passera ainsi à 70.

*.- LA PRÉSENCE RÉMOISE sera maintenue, mais le site actuel sera quitté au profit de plateaux plus modernes.

Le site rémois de Boehringer devrait perdre 70 postes. C’est le résultat de la réorganisation annoncée hier sur le plan national, prévoyant la suppression de 327 postes et la création de 32. Le premier volet avait déjà été dévoilé en octobre dernier. Il résulte de l’intégration de Merial avec le regroupement des fonctions supports sur un seul site à Lyon. À ce sujet, 130 postes sont supprimés et 6 sont créés. À Reims, il est prévu le transfert de 37 postes à Lyon. « Cela n’interviendra pas avant l’année prochaine pour laisser le temps aux collaborateurs de s’adapter » , a indiqué hier Jean de Szolnok, président du groupe Boehringer Ingelheim en France. Le second volet porte sur la santé humaine et se traduit par la suppression de 197 postes sur le plan national (35 à Reims) et la création de 26. Sont en majorité touchés des visiteurs médicaux notamment. « En santé humaine, nous accusions une perte de chiffre d’affaires de 18 %, due pour résumer à des baisses de prix en lien avec le financement de la Sécurité sociale » , poursuit Jean de Szolnok. Il pointe par exemple la non-accessibilité sur le marché français de la gamme diabétique qui est en plein développement dans d’autres pays. « La Haute autorité de santé a décidé d’un service médical rendu de type 5, ce qui ne nous permet pas d’avoir les prix adéquats. C’est le cas d’ailleurs pour 90 % des médicaments en France. » Le président assure néanmoins qu’il n’est pas question de fermer le site de Reims. Il précise cependant que le site actuel ne sera pas conservé, pour être éventuellement cédé. « Nous recherchons des plateaux plus modernes à Reims » , peut-être près de la gare. Actuellement, le site rémois compterait 137 postes. Ils ne seraient donc plus que 70 après le transfert des 37 postes et la suppression des 35. «En concertation avec les instances représentatives du personnel, nous entendons accompagner chaque collaborateur de manière responsable avec des mesures adaptées aux situations individuelles qu’il s’agisse de mobilités internes, de mesures d’âge, ou de départs volontaires. Nous porterons notamment une attention particulière aux possibilités de reconversion » , ajoute Jean de Szolnok..

RESTER COMPÉTITIF

Cette réorganisation doit permettre de « rester compétitif » explique Boehringer dans un secteur de plus en plus contraint, notamment en santé humaine. Une activité pour laquelle le groupe tend à se positionner sur les médicaments de spécialités. À Lyon, Boehringer a réalisé et annoncé 335 millions d’investissements avec la création de 250 emplois. De quoi créer les conditions d’un développement pérenne en France, « pays stratégique pour les activités et les investissements du groupe ». Actuellement, Boehringer emploie 2800 personnes en France.

Extrait de l'union du 11/12/2018

    

    

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Vers une rupture   de stock de valsartan


« Les patients ne doivent pas interrompre leur traitement sans avis médical », a insisté l’ANSM.AFP

De nouveaux rappels de médicaments à base de valsartan ont été annoncés jeudi en France par l’agence du médicament (ANSM) à cause de la présence d’une substance classée comme probablement cancérogène, ce qui va entraîner des ruptures de stock après une première vague de rappels début juillet. Au total, le cumul des deux rappels touche trois-quarts de ces médicaments utilisés en cas d’insuffisance cardiaque, d’hypertension artérielle et après un infarctus cardiaque récent. Entre 1,2 et 1,5 million de patients en France suivent ce traitement.

L’ANSM a mis en place en juillet un numéro vert d’information :0 800 97 14 03

Le premier rappel avait été motivé par la présence d’une impureté, la N-nitrosodiméthylamine (NDMA), substance classée comme probablement cancérogène chez l’homme. Le deuxième rappel a été décidé en raison de « la présence possible d’une autre impureté, la NDEA (N-nitrosodiéthylamine) ». Les fabricants des médicaments qui ne sont pas concernés par les deux rappels « ne sont actuellement pas en mesure d’augmenter suffisamment leur production pour couvrir l’ensemble des besoins des patients français », a souligné l’ANSM.

L’ANSM conseille aux patients de consulter leur médecin ou leur pharmacien pour savoir si le médicament qu’ils prennent est concerné par le rappel et, le cas échéant, s’orienter vers un autre traitement.

 Extrait de l'union du 10812/2018

    

    

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Vos médicaments livrés à domicile, c’est possible

 Un nouveau concept de livraison de médicaments à domicile vient d’être lancé   par le groupe Totum pharmaciens. À Reims, seule une pharmacie du centre-ville est concernée.


À Reims, une seule pharmacie de l’hypercentre est concernée par cette nouvelle application de livraison de médicaments à domicile. Édouard Lantenois

LES FAITS

*.- CRÉÉ EN 2008, Totum pharmaciens est un réseau de pharmaciens hyper médicalisé qui compte à ce jour plus de 150 pharmacies associées dans toute la France.

*.- SOUCIEUX D’AMÉLIORER LE QUOTIDIEN DES PATIENTS, le groupe a développé sa propre application de commande et de livraison de médicaments en ligne, avec le soutien d’un réseau de livreurs.

*.- À REIMS, seule une pharmacie de l’hyper-centre est concernée. Le mode livraison est actif depuis le début du mois.

Le service de livraison de médicaments à domicile n’est pas une nouveauté. C’est d’ailleurs en 2013, que le groupe La Poste avait créé sa propre offre de portage dédiée aux pharmaciens, « Proxi Course Santé ». Un facteur se chargeait de faire l’interface entre le pharmacien et le patient. Depuis, diverses applications mobiles de groupes de santé ont fait leur apparition pour une livraison de médicaments pour le lendemain ou le surlendemain.

DANS UN PÉRIMÈTRE DE 8KILOMÈTRES

LA DERNIÈRE APPLICATION EN DATE EST ACCESSIBLE DEPUIS LE 1 ER NOVEMBRE. LANCÉE AU NIVEAU NATIONAL PAR LE GROUPE TOTUM PHARMACIENS, ELLE ASSURE UNE LIVRAISON DANS LA JOURNÉE POUR LES MÉDICAMENTS AVEC OU SANS ORDONNANCE ET LES PRODUITS DE PARAPHARMACIE. IL SUFFIT POUR CE FAIRE DE TÉLÉCHARGER SUR SON SMARTPHONE L’APPLICATION « TOTUM EXPRESS » ET D’ENTRER LE NOM DE SA VILLE. LE SITE SE CHARGE ALORS DE VOUS REDIRIGER VERS L’OFFICINE LA PLUS PROCHE DE VOTRE DOMICILE. À REIMS, UNE SEULE PHARMACIE DE L’HYPERCENTRE* EST CONCERNÉE PAR CETTE NOUVELLE APPLICATION.

SACHEZ QU’À REIMS, LA LIVRAISON EST EN PLACE DEPUIS LE 1 ER NOVEMBRE SUR UN PÉRIMÈTRE DE 8 KILOMÈTRES AUTOUR DE L’OFFICINE. ELLE CONCERNE LES MÉDICAMENTS SUR ORDONNANCE ET LES PRODUITS DE PARAPHARMACIE. UN AGRÉMENT A ÉTÉ DEMANDÉ À L’AGENCE RÉGIONALE DE SANTÉ (ARS) POUR LA LIVRAISON DE MÉDICAMENTS SANS ORDONNANCE. LE PORTAGE S’EFFECTUE EN FIN DE JOURNÉE, ENTRE 18 ET 20 HEURES POUR UNE DEMANDE PASSÉE DANS LA JOURNÉE. IL POURRA SE FAIRE EN MOINS D’UNE HEURE EN FONCTION DU VOLUME DE LIVRAISON.

SI CE NOUVEAU SERVICE EST LÀ POUR FACILITER LE QUOTIDIEN DES PATIENTS, LA LIVRAISON À DOMICILE EST NÉANMOINS PARTICULIÈREMENT RÉGLEMENTÉE. POUR ESPÉRER ÊTRE LIVRÉ, LE PATIENT A L’OBLIGATION DE PHOTOGRAPHIER SON ORDONNANCE, SA CARTE VITALE ET DE MUTUELLE, AFIN DE PERMETTRE AU PHARMACIEN DE PRÉPARER LA COMMANDE, DE METTRE EN PLACE LE TIERS PAYANT ET D’ÉDITER UNE PRÉ-FACTURE, INDIQUANT LE RESTE À PAYER ET LE COÛT DE LA LIVRAISON (DE 3,90 EUROS OU 5,90 EUROS POUR UNE LIVRAISON DANS L’HEURE).

UNE RÉGLEMENTATION STRICTE

UNE FOIS LE DEVIS VALIDÉ, LA PHARMACIE SE CHARGE DE DÉCLENCHER LE LIVREUR QUI VIENT AU DOMICILE DU CLIENT POUR RÉCUPÉRER SON ORDONNANCE. LA PRESCRIPTION EST ENSUITE APPORTÉE À L’OFFICINE ET LES MÉDICAMENTS RÉCUPÉRÉS POUR ÊTRE LIVRÉS DANS UN EMBALLAGE SÉCURISÉ. DANS LE RESPECT DE LA CONFIDENTIALITÉ, LES MÉDICAMENTS SONT LIVRÉS DANS UNE POCHETTE SCELLÉE ET OPAQUE CONFORMÉMENT À LA LÉGISLATION.

ENCORE MARGINAL À REIMS, LE SYSTÈME DE LIVRAISON À DOMICILE DES MÉDICAMENTS DEVRAIT TRÈS VITE SE GÉNÉRALISER DANS UNE OPTIQUE DE SERVICE À LA PERSONNE.

*LA PUBLICITÉ EN FAVEUR DES OFFICINES ÉTANT TRÈS ENCADRÉE, IL NE NOUS EST PAS POSSIBLE D’EN CITER LE NOM.

Caroline GARNIER

 Extrait de l'union du 18/11/2018

    

    

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Nouvelles règles pour les génériques  

La ministre de la Santé a annoncé que les patients refusant les génériques seront moins bien remboursés en 2020. 


Au 1er janvier 2020, les règles entourant le refus du médicament générique vont évoluer selon la ministre de la Santé : le patient paiera la différence de prix. Christian Lantenois

LA SITUATION LOCALEMENT

*.- FIN 2017, le taux de substitution a atteint 88,4 % dans l’Aisne. Au 30 juin 2018, il a augmenté à 89,4 %.

*.- CE TAUX EST ÉGALEMENT TRÈS BON dans les Ardennes où il a atteint 89,6 % à la fin 2017, contre 85,2 % fin 2016.

*.- EN 2016, le taux a atteint 86 % dans la Marne.

*.- SELON DOMINIQUE LEFEBVRE, directeur adjoint de la CPAM Ardennes, ces excellents chiffres s’expliquent par un travail en collaboration avec les pharmaciens depuis une dizaine d’années.

Le marché du médicament générique va mal (lire ci-contre). Pour inverser la tendance, le gouvernement a annoncé hier que les patients refusant sans justification médicale les médicaments génériques proposés par leur pharmacien seront moins bien remboursés à partir du 1 erjanvier 2020.

L’idée est également de renforcer le recours à ce type de médicament dans le cadre des économies (3,8 milliards en 2019) demandées au secteur de la santé. Tour d’horizon des changements à venir.

1 - LE GÉNÉRIQUE SERA-T-IL OBLIGATOIRE ?

A partir du 1 er janvier 2020, selon les annonces de la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, la situation ne devrait pas évoluer quant au choix du patient. « Il pourra toujours refuser le médicament générique même si la mention non substituable n’est pas indiquée sur l’ordonnance du médecin » analyse Fabrice Camaïoni, pharmacien à Revin (Ardennes) et membre du bureau national de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France.

2 - COMMENT ÊTES-VOUS REMBOURSÉ ACTUELLEMENT ?

« Actuellement, et jusqu’à fin 2019, si le patient refuse le médicament générique, et si ce n’est pas indiqué non substituable, il ne bénéficie pas du tiers payant, rappelle Fabrice Camaïoni. Le patient doit alors avancer le prix du médicament et sera remboursé en remplissant une feuille. » À l’inverse, si le patient accepte le médicament générique, le tiers payant fonctionne, il n’a pas à avancer la part remboursée du prix du médicament.

3 - COMMENT SEREZ-VOUS REMBOURSÉ AU 1 ER JANVIER 2020 ?

Dans quinze mois, la situation ne changera pas pour le patient acceptant le médicament générique. Pour celui le refusant, il devra toujours avancer le prix du médicament.

Le changement tient dans la somme qui lui sera remboursée (comme actuellement après quelques semaines) : « Uniquement sur la base du tarif du générique. Autrement dit, il payera au final la différence de prix entre le médicament générique et celui de marque, généralement de 30 à 40 % de différence », précise le pharmacien Fabrice Camaïoni.

« Cela va faire plaisir à certains patients qui veulent choisir leur médicament et en ont marre de se battre avec leur médecin pour qu’ils prescrivent ce qu’ils veulent », observe Francis Ringeval, président des pharmaciens de l’Aisne, installé à Villeneuve-Saint Germain près de Soissons.

« Cela va instiller l’idée d’une médecine de riche, bonne pour ceux qui peuvent payer, et mauvaise pour les pauvres, ce qui est faux ! », regrette Jean Jacques Morisseau, représentant du syndicat MG France (médecins généralistes) dans l’Aisne.

4 - TOUJOURS LA MENTION NON SUBSTITUABLE ?

L’autre grand changement annoncé par la ministre de la Santé tient dans la mention « non-substituable» apposée actuellement par le médecin sur l’ordonnance face à un médicament. Le dossier de presse remis en marge de l’annonce d’Agnès Buzyn évoque sa suppression. Des médecins avancent qu’ils pourront toujours l’indiquer.

5 - NON SUBSTITUABLE SUR QUELS CRITÈRES ?

Selon le ministère, le caractère non substituable d’un médicament sera jugé « sur des critères médicaux objectifs, définis en lien avec l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé ». Actuellement, en plus des médicaments très précis, « à marge thérapeutique étroite », les autres justifications au « non substituable» sont l’allergie et l’intolérance à un médicament générique, ainsi que le risque de confusion entre médicaments de par leur aspect ou celui de la boîte chez les personnes âgées.

6 - QUI VA CONTRÔLER LA JUSTIFICATION ?

À qui va échouer le contrôle du caractère non-substituable d’un médicament pour le patient ? Les pharmaciens semblent devoir être en première ligne pour cela. «Comment vérifier qu’une personne est allergique ? Le ministère nous laisse dans le brouillard. » Il lui reste quinze mois d’ici le 1 er janvier 2020 pour clarifier la procédure.

QU’EST CE QUE LE NON-SUBSTITUABLE ?

Depuis 1999, les pharmaciens ont l’autorisation de remplacer un médicament prescrit par un générique, « à condition que ce médicament soit dans le même groupe générique et que le médecin n’ait pas exclu cette possibilité par l’apposition de la mention manuscrite non substituable sur l’ordonnance », indique l’Assurance maladie sur son site.

UNE USINE DE FABRICATION À REIMS

En avalant un comprimé générique, sans doute ignorez-vous sa provenance. Comme au marché, il est possible de consommer local en médecine ! Depuis 2008 et le rachat de l’unité de production rémoise de Boehringer, Delpharm produit en effet 500 000 boîtes de médicaments par jour. Durant cette période, elle s’est considérablement développée, passant d’un seul client à vingt-deux, réalisant 80 % de son chiffre d’affaires en exportant vers 74 pays. Parmi eux, de prestigieux laboratoires spécialisés dans le générique comme Sandoz, Biogaran, Mylan et Zentiva.

Groupe français, Delpharm dispose de neuf usines réparties sur le territoire (la maison mère est à Tours), ainsi que deux en Italie et une en Belgique. Chacune s’est spécialisée dans un domaine. Celle de Reims (la plus grande du groupe avec près de 500 employés) l’est dans la fabrication de granulés, comprimés, gélules et piluliers en vrac. Certaines machines réalisent d’ailleurs jusqu’à 1,5 million de comprimés… par heure ! En plus de la fabrication, Delpharm gère également le conditionnement des médicaments. Si les étuis et les étiquettes sont fournis par les fabricants, l’usine s’occupe de l’assemblage.

LA SÉCU EN EXCÉDENT, UNE PREMIÈRE DEPUIS DIX-HUIT ANS

La Sécurité sociale dégagera un excédent de 700 millions d’euros en 2019, « pour la première fois depuis 2001 » selon le budget présenté hier par le gouvernement, qui prévoit également d’importantes économies sur l’Assurance maladie, les retraites et les allocations familiales. Les pensions de base versées par l’Assurance vieillesse et les prestations familiales seront revalorisées de 0,3 % l’an prochain, alors que l’inflation est attendue à 1,6 % cette année, ce qui équivaut à une économie de 1,8 milliard d’euros pour la Sécu.

L’HOMÉOPATHIE, C’EST GÉNÉRIQUE

« Tous les traitements homéopathiques sont génériques avec une dénomination commune, comme l’Arnica, et des prix identiques ! » Homéopathe à Reims, le D r Antoine Demonceaux, , part au quart de tour lorsque l’on veut comparer les deux ! Auteur du livreLa médecine autrement avec l’homéopathie pour tous , il estime que « le débat sur l’efficacité de l’homéopathie est complètement dépassé, lunaire… » Pourtant, des voix s’élèvent de manière récurrente, et plus intensivement ces derniers mois, pour réclamer le déremboursement de l’homéopathie (remboursée à 30 %) par la sécurité sociale… « Aujourd’hui, nous avons une vraie demande des patients pour une prise en charge efficace, moins toxique, plus adaptée à la personne. Voilà pourquoi 50 % des patients se tournent vers l’homéopathie avec la certitude d’efficacité et de mieux-être, préférant les traitements préventifs plutôt que les antibiotiques. Si ces patients reviennent, c’est que le traitement est efficace ! » souligne le docteur Demonceaux.

LE MARCHÉ A RECULÉ EN 2017

2017, annus horribilis pour le marché des médicaments génériques en France. Entré en récession, il a reculé de 2,4 % en volume et de 3,8 % en valeur. Des chiffres « alarmants » selon Gemme, association représentant les professionnels et industriels du secteur. « En France, le médicament générique ne représente toujours que 36 % des volumes du marché pharmaceutique remboursable contre plus de 50 % en moyenne dans l’OCDE et même jusqu’à 80 % en Allemagne », explique Erick Roche, président du Gemme.

Frédéric GOUIS et Quentin JOST

 Extrait de l'union du 23/09/2018

    

    

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Médicaments :  une pénurie qui empoisonne

La France connaît une pénurie record   de médicaments et de vaccins. Le phénomène, déjà identifié, s’amplifie. Un rapport parlementaire permet de mesurer la gravité de la situation.


En plus d’être dans l’incapacité de délivrer les médicaments à des malades, les pharmaciens d’officine ne peuvent les renseigner quant à leur réapprovisionnement. Stéphanie Jayet

⦁        Un rapport d’information sur les pénuries de médicaments et de vaccins a été rendu le 27 septembre par le Sénat. « Ce sont des étudiants qui, attirant l’attention du sénateur du Nord, Jean-Pierre Decool, sur la problématique, l’avaient convaincu de la nécessité de solliciter son groupe pour mener une enquête. »

Membre de la commission des affaires sociales et cosignataire de deux précédents rapports sur le médicament, le sénateur de l’Aisne, Yves Daudigny, a présidé la commission d’enquête. « Je ne mesurais ni la gravité ni l’ampleur des pénuries de médicaments et de vaccins, déclare-t-il, espérant interpeller le gouvernement sur ces dernières. Le président de la République, qui a récemment présenté le plan Ma santé 2022 , n’en fait aucunement état. Sans médicaments ni vaccins suffisants, le système sera inefficace... »

1 - ÉTAT DES LIEUX

Les situations de rupture de stock et de tension d’approvisionnement connaissent une progression « très inquiétante » depuis 2013, en France comme dans la plupart des pays de l’OCDE, selon l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé. Elles concernent l’ensemble des médicaments et des vaccins, qu’il s’agisse de médicaments d’intérêt vital dits médicaments d’intérêt thérapeutique majeur (MITM), principalement dispensés à l’hôpital ou de médicaments d’usage quotidien vendus en officine. Les classes thérapeutiques les plus concernées sont les suivantes : anticancéreux, anti-infectieux, anesthésiants, médicaments du système nerveux central (notamment destinés au traitement de l’épilepsie ou de la maladie de Parkinson) et médicaments dérivés du sang. « En 2017, la durée moyenne des ruptures constatées pour les MITM était d’environ 14 semaines , souligne Yves Daudigny, avec une médiane à 7,5 semaines ; les vaccins étaient en moyenne touchés pendant 179 jours. Ces pénuries entraînent des conséquences sanitaires majeures et des risques financiers importants, développe-t-il, de même qu’un gaspillage de temps médical et logistique à tous les niveaux de la chaîne du médicament. Elles contribuent de la sorte à la déstabilisation de notre système de soins, en même temps qu’elles traduisent une perte d’indépendance sanitaire préoccupante pour la France comme pour l’Europe. »

2 - CAS CONCRETS

Exemple à l’institut Gustave-Roussy de Villejuif (Val-de-Marne), premier centre de lutte contre le cancer en Europe. « Nous y avons rencontré des médecins qui nous ont présenté les fiches quotidiennes de médicaments en rupture ou en voie de rupture, raconte le sénateur de l’Aisne. Sur la fiche du jour, il y en avait 69. Ce n’est pas rien ! »

Cela conduit à des adaptations de prescription et de posologie quand des médicaments de substitution sont trouvés. Ou cela entraîne « des pertes de chances inacceptables pour le patient » dans le cas contraire.

Autre exemple à la pharmacie, quand le malade présente son ordonnance mais qu’il n’y a plus les médicaments. « Le pharmacien d’officine est dans l’incapacité de lui dire quand ils seront à nouveau disponibles. Sans compter qu’il regrette de voir la gestion logistique prendre le pas sur sa fonction de conseil. »

3 - LES RAISONS

Diverses causes sont à l’origine du problème. « Les médicaments concernés étant anciens, leurs prix sont tombés très bas », explique Yves Daudigny. Or, les laboratoires tirent profit de la production de médicaments innovants, pas de médicaments anciens.

« L’industrie pharmaceutique française et européenne a décroché », enchaîne le parlementaire. Selon un rapport du Pôle interministériel de prospective et d’anticipation des mutations économiques de 2017, la France comptait, en 2016, 128 sites de production de médicaments et 92 sites de production de principes actifs quand la Chine et l’Inde en comptaient chacun plusieurs milliers.

C’est d’autant plus dommageable que 80 % des fabricants de substances pharmaceutiques actives utilisées pour des médicaments disponibles en Europe sont situés en dehors de l’Union (source : agence européenne du médicament).

Yves Daudigny constate « un effet de ciseaux avec coûts de main d’œuvre et exigence de normes, moins élevés en Asie qu’en France ». Résultat : « La chaîne de fabrication des substances pharmaceutiques actives part désormais d’Asie, voire des États-Unis. Quand elle est interrompue, il y a alors rupture de matières premières. Nous avons perdu notre indépendance, d’où la gravité de la situation. »

Dernier problème, des anomalies d’approvisionnement. « Les laboratoires livrent les hôpitaux dans le cadre de procédures d’appels d’offres. Les prix cassés ont entraîné la raréfaction des unités de production. » Les laboratoires livrent aussi les grossistes répartiteurs, jouant les intermédiaires entre eux et les pharmaciens. « Le problème, ce sont les quotas que les laboratoires pratiquent en direction des grossistes répartiteurs. Ils ne sont pas en quantités suffisantes. »

4 - PISTES À SUIVRE

Le rapport prescrit une longue ordonnance dans le but d’endiguer les pénuries. « Les prix des médicaments anciens doivent être renégociés et revus à la hausse, en contrepartie de quoi les laboratoires doivent assurer un approvisionnement régulier. »

Le sénateur de l’Aisne pousse à la réimplantation des sites de production de médicaments ou de substances pharmaceutiques actives essentiels en France. « Il faut l’encourager en expérimentant la mise en place d’exonérations fiscales ciblées. »

Il lui semble également important d’instituer un programme public de production et de distribution de quelques médicaments essentiels ou de niche, régulièrement exposés à des tensions d’approvisionnement. Ce programme serait confié à la pharmacie centrale des armées et à l’Agence générale des équipements et produits de santé. « Cette proposition prête à sourire, mais la Suisse s’intéresse actuellement à la fabrication de médicaments, tandis que les États-Unis essaient de constituer une unité de production.»

Il recommande la mise en place d’une plateforme d’information centralisée sur les situations de ruptures et de risques de rupture, renseignée par l’ANSM, les laboratoires, les dépositaires, les grossistes répartiteurs, les pharmaciens d’officine et les pharmaciens d’hôpital, « ce qui permettrait de disposer d’informations actualisées sur les origines des tensions et les ruptures, et sur les dates prévisionnelles de retour des produits. » Enfin, propose d’ouvrir aux pharmaciens la possibilité de soumettre aux patients une substitution thérapeutique d’une spécialité de rupture.


«  Je ne mesurais ni la gravité ni l’ampleur des pénuries de médicamants et de vaccins »
Yves DAUDIGNY, sénateur PS de l’Aisne

3 QUESTIONS à


Pierre KREIT
Fédération des syndicats pharmaceutiques

Harmoniser la distribution en Europe

Vous présidez la fédération des syndicats pharmaceutiques de Champagne-Ardenne. Comment vivez-vous ces pénuries de médicaments ?

On les vit très difficilement pour nous et très durement pour les patients, particulièrement quand on ne trouve pas les médicaments équivalents aux manquants.

Mais il ne faut pas affoler les gens. Par rapport à la quantité de médicaments sur le marché, les défaillances ne doivent pas représenter plus de 1 %. Il faut savoir que les mises sur le marché répondent à des normes très strictes, des problèmes de fond mais aussi de forme peuvent être à l’origine de retraits. Exemple avec le Valsartan, dont la procédure de fabrication n’était pas conforme.

Que faudrait-il faire pour remédier à ces défaillances ?

D’abord travailler sur les prix qui ne sont pas uniformes en Europe. Par nature, des labos vont proposer davantage de produits aux pays qui les achètent plus cher, comme l’Allemagne. Bien sûr, ils sont obligés de vendre aussi à la France mais se contenteront du minimum possible et mettent des quotas en place. Par rapport aux importations et exportations parallèles, il faudrait harmoniser la distribution en Europe. Aujourd’hui, un grossiste peut acheter un médicament dans un pays moins cher et le reconditionner ailleurs.

Mais à l’origine, il manque des matières premières ?

Oui, les États-Unis, l’Europe n’ont plus le contrôle des principes actifs qui constituent la matière première des médicaments, au profit de la Chine et de l’Inde. Nous ne voulions plus sur nos sols les usines polluantes qui fabriquaient les matières premières et nous sommes devenus dépendants de l’Asie dans ce domaine.

Des prix trop bas pour les labos


L’avis est général: les médicaments français sont parmi les moins chers d’Europe.

 « On se plaint toujours que les médicaments sont trop chers en France. C’est faux, ils sont parmi les moins chers d’Europe. À titre personnel, je pense que les laboratoires préfèrent vendre à des pays qui paient mieux que la France» , avance Victorien Bottazzini, pharmacien à Biesles en Haute-Marne et président pour la Champagne-Ardenne de l’USPO, Union des syndicats de pharmaciens d’officine. « Que ce soit chez les pharmaciens de ville ou chez les pharmaciens hospitaliers, la liste des médicaments en rupture augmente de plus en plus. C’est un problème auquel nous devons faire face quotidiennement, partout en France, et qui va croissant depuis plusieurs années », déplore le praticien. Un de ses collègues rémois tient le même discours. « Cela fait quatre à cinq ans que le problème se fait sentir. Plus ça va, pire c’est. J’observe que l’augmentation des ruptures coïncide avec la baisse des prix des médicaments. Des patients vont chercher en Belgique ou en Allemagne des médicaments qu’on ne trouve plus en France. » « Nous n’avons plus d’Aspirine Protect depuis des mois. Bayer vient de nous écrire pour reculer encore l’échéance de livraison à la suite d’un problème de production. Ce n’est que de l’aspirine ! On s’attend toujours à manquer de Vogalène, les ruptures durent trois semaines et ça revient . »

TROUVER DES PRODUITS DE SUBSTITUTION

Certains médicaments sont de nouveau disponibles rapidement. Pour d’autres, il faut attendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois et même davantage. « Malheureusement, les pénuries concernent aussi des produits très importants pour des pathologies graves », constate le responsable de l’USPO. Dans ces cas, les pharmaciens tentent d’en trouver auprès de leurs confrères. Sinon, ils rappellent le prescripteur « qui est déjà débordé », pour lui demander de trouver un médicament similaire. Victorien Bottazzini pense notamment à des corticoïdes pour enfants – « qui sont en priorité cooptés par l’hôpital, ce qui est normal », qu’il faut bien remplacer. Et quand c’est impossible de trouver un produit de substitution, le prescripteur n’a plus qu’à revoir sa copie et proposer un autre traitement.

FORTE HAUSSE DES RUPTURES EN 2017

Environ 530 produits figurant sur la liste des médicaments d’intérêt thérapeutique majeur ont fait l’objet d’une rupture de stock et/ou

de tensions d’approvisionnement en 2017, soit 30 % de plus qu’en 2016. Dans le trio de tête des classes thérapeutiques les plus impactées, on trouvait des anticancéreux, des anti-infectieux et des médicaments du système nerveux.

L’ANSM DRESSE LA LISTE L’AGENCE NATIONALE DE SÉCURITÉ DU MÉDICAMENT ET DES PRODUITS

DE SANTÉ RECENSE LES MITM FAISANT L’OBJET DE DIFFICULTÉS D’APPROVISIONNEMENT ET POUR LESQUELS IL N’Y A PAS D’ALTERNATIVE THÉRAPEUTIQUE DISPONIBLE SUR LE MARCHÉ FRANÇAIS. ELLE EST DISPONIBLE À L’ADRESSE HTTPS://ANSM.SANTE.FR

QUI FIXE LE PRIX DES MÉDICAMENTS ?

LE MINISTÈRE DE LA SANTÉ NOUS APPREND QU’APRÈS ÉTUDE DU DOSSIER DÉPOSÉ PAR L’ENTREPRISE PHARMACEUTIQUE ET DES DONNÉES SCIENTIFIQUES, LA COMMISSION DE LA TRANSPARENCE DE LA HAUTE AUTORITÉ DE SANTÉ RÉDIGE UN AVIS SCIENTIFIQUE DANS LEQUEL ELLE ÉVALUE LE SERVICE MÉDICAL RENDU (SMR) ET L’AMÉLIORATION DU SERVICE MÉDICAL RENDU (ASMR) PAR LE MÉDICAMENT. LE PRIX EST FIXÉ PAR LE COMITÉ ÉCONOMIQUE DES PRODUITS DE SANTÉ, SUR LA BASE NOTAMMENT DE L’ASMR, DU PRIX DES MÉDICAMENTS À MÊME VISÉE THÉRAPEUTIQUE, DES VOLUMES DE VENTE ENVISAGÉS, DE LA POPULATION CIBLE ET DES PRIX PRATIQUÉS À L’ÉTRANGER. L’UNION NATIONALE DES CAISSES D’ASSURANCE MALADIE DÉFINIT POUR SA PART LE TAUX DE REMBOURSEMENT SUR LA BASE DU SERVICE MÉDICAL RENDU ET DE LA GRAVITÉ DE L’AFFECTION CONCERNÉE

Sophie BRACQUEMART et J-M FRANÇOIS

 Extrait de l'union du 11/10/2018

 

    

    

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 L’overdose fatale de paracétamol 

Mal utilisé, ce médicament provoque une irritation gastro-intestinale puis une insuffisance hépatique. À défaut d’un traitement rapide, la greffe de foie se profile, voire la mort

 
La dose maximale est 3 grammes par 24 heures, en espaçant les prises. AFP 

Tout le monde a du paracétamol dans son armoire à pharmacie mais mal utilisé, ce médicament peut être dangereux voire mortel. Une surdose est à l’origine d’une centaine de greffes de foie chaque année.

1 - UN MÉDICAMENT PAS SI ANODIN

« Le paracétamol, c’est la meilleure et la pire des choses. C’est un médicament anodin, très bien toléré dans 99,999 % des cas mais qui devient une arme extrêmement dangereuse quand il est utilisé en dehors des clous , explique le pharmacologue François Chast.C’est comme un couteau de cuisine: c’est un outil efficace et sans danger quand on le tient par le manche, mais si on est maladroit, on peut se couper. »

Doliprane, Dafalgan, Efferalgan… De nombreux médicaments à base de paracétamol sont vendus sans ordonnance et sont couramment utilisés contre les douleurs et les fièvres, mais à doses trop élevées, cette substance peut s’attaquer au foie.

2 – INTOXICATION PAR AUTOMÉDICATION

La mort de Naomi Musenga, décédée le 29 décembre à 22 ans après avoir été raillée au téléphone par une opératrice du Samu de Strasbourg, est « la conséquence d’une intoxication au paracétamol absorbé par automédication sur plusieurs jours , a indiqué mercredi la procureur de cette ville, Yolande Renzi. La destruction évolutive des cellules de son foie a emporté une défaillance de l’ensemble de ses organes conduisant rapidement à son décès » .

Des conclusions contestées par la famille : « Je ne crois pas que la prise de paracétamol soit la cause qui a précipité le décès de ma fille, qui était bien informée sur la manière de prendre ce médicament» , a réagi le père de la jeune femme.

3 - UTILISÉ DANS LES SUICIDES

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), « une dose unique de 10 à 15 grammes suffit à provoquer une nécrose hépatique pouvant être mortelle » . C’est pourquoi le paracétamol est souvent utilisé dans les suicides.

La dose maximale est 3 grammes par 24 heures, en espaçant les prises. « Quand on prend 4 grammes par jour pendant plusieurs jours, en particulier si on consomme de l’alcool en même temps, c’est de nature à provoquer une hépatite médicamenteuse dite fulminante, c’est-à-dire radicale rapidement » , souligne le P r Chast. Il s’agit d’une urgence, qui nécessite l’administration d’une molécule appelée N-acétylcystéine. À défaut de traitement rapide, cette affection du foie peut être fatale.

4 - LES SIGNES D’ALERTE

Une surdose de paracétamol provoque d’abord des « signes discrets d’irritation gastro-intestinale , selon l’OMS. Ils sont généralement suivis deux jours plus tard d’anorexie, de nausées, de malaise, de douleurs abdominales, puis de signes progressifs d’insuffisance hépatique et, finalement, de coma hépatique » .

5 - GREFFES DU FOIE

« Chaque année en France, près d’une centaine de transplantations hépatiques (sur environ 1 200 au total, NDLR) sont liées à une intoxication au paracétamol, déplore le Pr Chast. C’est une proportion considérable, tout ça pour un mésusage d’un médicament réputé anodin. » Même si on est vigilant, on peut parfois dépasser la dose maximale sans le savoir (lire par ailleurs).

Une information insuffisante 

 « Il existe 200 médicaments qui contiennent du paracétamol, je suis spécialiste des médicaments depuis cinquante ans et je suis incapable de tous les citer, prévient le P rJean-Paul Giroud. Si vous en prenez deux, par exemple l’un prescrit par un médecin et l’autre en automédication, vous pouvez vous retrouver à des doses supérieures à 4 grammes par jour. »

Le professeur Giroud plaide pour une meilleure information du grand public sur les dangers potentiels du paracétamol : « Il y a un problème d’information pour lequel je me bats depuis quarante ans, mais on ne peut pas dire que les pouvoirs publics s’en saisissent. C’est à eux d’insister là-dessus. »

 Extrait de l'union du 13/07/2018

    

    

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  Enquête sur les prix dans les pharmacies de Reims

L’UFC Que Choisir a mené une enquête « patient-mystère » dans les pharmacies de Reims. Elle pointe des écarts de prix « très marqués » et un conseil « hasardeux ».


L’UFC Que Choisir a constaté à Reims des écarts de prix allant du simple au double sur l’artifed par exemple.

Alors que le prix des médicaments sans ordonnance a augmenté de 29 % en dix ans, les bénévoles de l’UFC Que Choisir de Reims ont mené l’enquête en pharmacie. En novembre dernier, ils ont visité 53 officines sur la cité des sacres. À l’arrivée, l’association pointe des écarts de prix très marqués pour un même médicament, un conseil hasardeux parfois et une transparence de l’information largement insuffisante.

« Le scénario de notre enquête était le suivant : nos enquêteurs se présentaient en pharmacie sans ordonnance et expliquaient être enrhumés. Ils demandaient alors à acheter pour eux-mêmes deux médicaments, qu’il est déconseillé d’associer car ils contiennent la même molécule (paracétamol) : du doliprane 1 000m g et de l’actifed rhume jour et nuit », explique UFC Que Choisir.

L’occasion de relever le prix d’un médicament très courant, l’actifed rhume jour et nuit, en l’occurrence, dans différentes pharmacies de l’agglomération. « Avec un prix moyen de 5,69 €, nous nous situons légèrement en dessous de la moyenne nationale (5,71 €). Mais ce qui frappe, c’est surtout l’étendue des prix, puisque nous avons pu acheter ce médicament entre 3,88 € au minimum et 7,50 € au maximum », précise l’UFC Que Choisir.

Vers une libéralisation encadrée ?

Pour l’association, se pose la question de la pertinence d’une libéralisation encadrée de la distribution des médicaments sans ordonnance, c’est-à-dire leur vente sous le contrôle permanent d’un pharmacien, en parapharmacies et dans des espaces dédiés en grandes surfaces. « Cette mesure permettrait, pour les consommateurs, une économie de plus de 11 % des dépenses de médicaments sans ordonnance (soit 252 millions d’euros par an au niveau national), sans occasionner la fermeture de pharmacies rurales », assure l’UFC Que Choisir.

Concernant le conseil, cette dernière déclare que dans 94 % des cas, « nous avons bien été mis en garde sur les dangers de l’association du doliprane et l’actifed. Mais alors que la dose maximale en automédication est de 3 grammes de paracétamol par jour, 52 % des pharmacies ont conseillé une dose supérieure. Pire, dans 19 % des cas, la dose dépassait même 4 grammes par jour. »

Enfin, les enquêteurs ont voulu vérifier le respect de la réglementation sur l’information des consommateurs en pharmacies.

Les prix largement affichés

Les prix sont a priori largement affichés (plus de 9 pharmacies sur 10 les affichent, même si dans 26 % des cas, leur lisibilité derrière le comptoir laisse à désirer). « Ce n’est pas le cas de l’information des consommateurs sur le fait que le prix des médicaments non remboursables varie d’une pharmacie à l’autre. L’affichage à ce propos n’a été retrouvé que dans 15 des 53 pharmacies visitées. »

En conclusion, UFC Que Choisir demande aux parlementaires du département d’œuvrer pour l’interdiction de la publicité sur l’automédication auprès du grand public ; la présence d’un encadré spécifique sur l’emballage des médicaments sans ordonnance pour informer sur les contre-indications et l’ouverture de la distribution de l’automédication aux grandes surfaces et parapharmacies, sous la surveillance impérative d’un pharmacien.

« On supporte les prix des laboratoires »

Pour Pierre Kreit, président dans la Marne du syndicat des pharmaciens d’officine, l’UFC Que Choisir, ressort tous les deux-trois ans le même discours. « Concernant la hausse des prix, il faut savoir que ce n’est pas le fait du pharmacien. Ce dernier supporte l’augmentation des laboratoires pour les médicaments non remboursés de 5 à 10 % par an, c’est dire qu’on fait tout pour limiter le phénomène. » Il précise encore que le prix dépend aussi du prix d’entrée en pharmacie. « Cela dépend s’il y a beaucoup de rotation pour ce médicament dans telle pharmacie et si elle a bénéficié d’une remise. » D’où des écarts parfois. « D’autant que c’est la loi qui il a y une dizaine d’années a décidé d’une libéralisation des prix pour ces médicaments, afin de susciter la concurrence entre les pharmacies. Nous, on a proposé un corridor au niveau des prix qui nous a été refusé. Rappelons enfin que les Français dépensent en moyenne par an chacun 30 à 35 euros pour des médicaments sans ordonnance, il faut relativiser. » Concernant l’automédication, il souligne « qu’heureusement le conseil en pharmacie n’a jamais tué personne. Au contraire, le pharmacien reste l’homme du médicament. Pour le paracétamol, on sait par exemple que cela dépend du poids, de l’âge. Plus on vieillit et moins on en donne. » Il s’insurge aussi sur l’idée de médicaments vendus en grande surface. Il ne faut jamais banaliser le médicament. Prenons l’exemple de la vitamine C, dans un hypermarché, vous pouvez en acheter trente boîtes. Un pharmacien, lui, vous dira, c’est pourquoi faire et vous conseillera. » Quant à l a transparence, « j’ai plein d’affiches dans mon officine, du coup, on ne voit plus rien »

Yann le Blévec 

Extrait de l'union du 22/03/2018

    

    

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  Les médicaments sans ordonnance à éviter

Rhume, toux, mal de gorge, grippe et trouble intestinaux : dans les médicaments disponibles sans ordonnance, près d’un sur deux est « à proscrire », selon le magazine 60 millions de consommateurs


Des 4.000 médicaments – des bouteilles de sirop de tailles différentes ou des boites avec plus ou moins de comprimés – en vente sans ordonnance, près de 600 sont en accès directe en pharmacie. AFP

"En somme pour décongestionner LIn nez bouché, on met un bazooka à la disposition des malades"

Sur soixante-deux médicaments passés au crible par le magazine 60 millions de consommatreurs, sous le contrôle du professeur Jean-Paul Giroud, pharmacologue clinicien reconnu, membre de l'Académie de médecine, et Hélène Berthelot, pharmacienne, « seuls 21 d'entre eux (13) comme Vicks Vaporub, Imodiumcaps, Gaviscon menthe, Forlax 10 g, Maalox sans sucre (mais Xolaam, son jumeau méconnu est vendu environ deux fois moins cher) sont à privilégier ». « Ils ont un rapport bénéfice/risque favorable », indique le magazine dans un hors-série consacré aux médicaments sans ordonnance.

Un extrait de l’article de 60 millions de consommateurs

Un tiers est classé « faute de mieux »m leur efficacité est faible ou non prouvée mais ils n'ont pas, peu ou très rarement d'effets indésirables, poursuit le journal de l'Institut national de la consommation (INC). En revanche, parmi ces soixante-deux médicaments, près d'un sur deux (28) est tout simplement « à proscrire », le rapport bénéfice/risque étant défavorable en automédication.

En bonne place sur cette « liste noire » figurent des « stars anti-rhume » comme Actifed Rhume, DoliRhume et Nurofen Rhume. Ce sont des cocktails de deux à trois composés actifs : un vasoconstricteur (nez bouché), un antihistaminique (nez qui coule) et du paracétamol ou de l'ibuprofène (mal de tête). Ces tout-en-un cumulent des risques de surdosage et d'effets indésirables gravissimes (accidents cardiovasculaires, neurologiques, vertiges ... ), selon 60 millions de consommateurs.

La pseudoéphédrine, par exemple, « expose à des risques d'accidents cardio-vasculaires et d'AVC, observe le Pr Giroud, qui qualifie ces médicaments à proscrire de « dangereux ». « Ils devraient être retirés du marché », explique-t-il. Selon lui, des médicaments à base de pseudoéphédrine par voie orale sont vendus sans ordonnance alors qu'ils délivrent jusqu'à trente fois la dose de ceux qui s'administrent par voie nasale et qui sont accessibles seulement sur ordonnance.

« C’est l’hécatombe par rapport à l’étude de 2015 »

Pour les médicaments destinés à soulager la toux, le bilan de 60 millions de consommateurs n'est guère mieux, avec seulement un médicament à privilégier et 60% à proscrire. « C’est l’hécatombe par rapport à l'étude que nous avions réalisée en 2015, où il y avait 35% de médicaments à privilégier et « seulement » 50% à proscrire », écrit la revue.

Cette dégradation provient du fait que, depuis juillet, les sirops ou comprimés à base de dextrométhorphane (dérivé opioïde), une substance efficace contre certaines toux sèches et fatigantes, ne sont plus accessibles sans ordonnance. Et ce en raison d'un détournement « marginal » de cette substance par des ados (via des cocktails « purple drank » mêlant sodas et produits pharmaceutiques), explique Adeline Trêgouët.

 Il y a 4000 médicaments en vente sans ordonnance, chiffre incluant, par exemple, des bouteilles de sirop de tailles différentes ou des boîtes avec plus ou moins de comprimés, et parmi eux près de 600 sont en accès direct en pharmacie, d'après le Pr Giroud, auteur d'« Automédication . Le guide expert » (édition la Martinière, 2017). Le magazine épingle parmi d'autres produits des pastilles pour la gorge à base d'anti-inflammatoires comme Strefen sans sucre, qui présente inutilement un risque d'hémorragies digestives. Également dans le collimateur des fluidifiants bronchiques qui n'ont jamais fait la preuve de leur efficacité et peuvent être source d'allergie et d'irritation du tube digestif, selon le P'r Giroud. Plus généralement, « si le risque zéro n'existe pas, malheureusement l'efficacité zéro, elle, est indiscutable pour plus de 55 % des médicaments d'automédication » disponibles sur le marché, s'indigne ce spécialiste.

Un problème d'autant que ces « médicaments vendus en automédication » sont souvent « les médicaments dont les prix sont les plus élevés », souligne Adeline Tregouët. La différence de prix par rapport à ceux qui sont remboursables peut aller, estime-t-elle, « jusqu'à 300% ».

Extrait de l'union du 18/11/2017

    

    

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Les antibiotiques, c’est encore trop automatique

Les Français consomment toujours trop d’antibiotiques, malgré des années  de sensibilisation… au risque de rendre certaines bactéries résistantes.


Selon le document de l’OCDE, 93% des prescriptions d’antibiotiques proviennent de la médecine libérale et 7% des établissements hospitaliers. AFP

93 %
SELON LE DOCUMENT DE L’OCDE, 93% DE LA CONSOMMATION D’ANTIBIOTIQUES PROVIENT DE LA MÉDECINE LIBÉRALE ET 7% DES ÉTABLISSEMENTS

 « Les antibiotiques, c’est pas automatique » … Ce slogan de 2002 a marqué les mémoires, mais pas encore assez selon l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) dans son Panorama de la santé 2017. « Les médecins ont la main lourde » , commente Valérie Paris, spécialiste des politiques de santé à l’OCDE. Selon elle, « il y a beaucoup de prescriptions d’antibiotiques non justifiées » , par exemple pour des angines virales et non bactériennes, alors que les antibiotiques sont destinés à combattre les bactéries.

Si la France fait partie des bons élèves (espérance de vie, qualité du système de soins…), la surprescription d’antibiotiques reste un point noir : dans l’OCDE, seule la Grèce en consomme davantage. « En France, l’utilisation des antibiotiques est supérieure de près de 50 % à la moyenne des pays de l’OCDE » , écrit l’organisation. La consommation de la France se monte à trente « doses quotidiennes définies » (une unité de mesure statistique) pour 1 000habitants, contre vingt en moyenne dans les pays de l’OCDE. À titre d’exemple, le pays qui en consomme le moins, les Pays-Bas, affiche un score de dix, soit trois fois moins que l’Hexagone.

« Il y a eu beaucoup de campagnes de sensibilisation mais elles ont un effet limité dans le temps. On avait observé une petite inflexion mais c’est reparti à la hausse depuis deux ou trois ans environ » , relève Mme Paris.

Si la consommation d’antibiotiques a globalement baissé de 11,4 % en France entre 2000 et 2015, elle a augmenté de 5,4 % entre 2010 et 2015, notait l’Agence du médicament ANSM dans un rapport publié en janvier. La question dépasse les frontières françaises. L’OMS (Organisation mondiale de la santé) tire régulièrement la sonnette d’alarme sur l’augmentation de la résistance aux antibiotiques et le manque de nouveaux médicaments en développement.

« La résistance aux antimicrobiens est une urgence sanitaire mondiale qui met sérieusement en péril les progrès de la médecine moderne », a prévenu le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus en septembre. En France, on estime que la résistance antibiotique cause 12.500 décès par an, des chiffres « probablement sous-estimés » , soulignait un rapport, remis mi-septembre, au ministère de la Santé.

Les autres points

L’ESPÉRANCE DE VIE

Celle des Français à la naissance est relativement longue par rapport aux autres pays de l’OCDE : 82,4 ans contre 80,6 en moyenne. La France arrive en sixième position.

FACTEURS DE RISQUES

Tabagisme et consommation d’alcool restent les points faibles des Français. 22 % des Français de plus de 15 ans fument, contre 18 % dans la moyenne de l’OCDE. Les Français de 15 ans et plus consomment 11,9 litres d’alcool pur par an, contre 9 dans la moyenne des pays de l’OCDE. 9 litres d’alcool pur correspondent à 100 litres de vin environ.

VACCINATION

« Le taux de vaccination des enfants contre la rougeole en France est parmi

Extrait de l'union du 11/11/2017

    

    

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 Ruée sur le charbon végétal

Complément alimentaire, cosmétique ... Grand classique des remèdes de grand-mère, le charbon végétal est de nouveau à la mode

C'est sous forme de poudre que le charbon végétal peut être absorbé le plus efficacement par l’intestin. Shutterstock

De nombreuses marques de cosmétiques l'ont introduit dans leurs savons

Les premières mentions d'une utilisation médicinale du charbon remontent à l'Antiquité. Hippocrate le recommandait notamment contre l'épilepsie et les vertiges. On pouvait alors utiliser du charbon d'origine minéral (houille, anthracite) et d'origine animale (os frais). Aujourd'hui, les pharmacies et les magasins d'alimentation naturelle proposent uniquement du charbon d'origine végétale, fabriqué à partir de bois (pin, chêne, hêtre, saule) ou de coque (noix de coco, cacahuète). Ce charbon végétal est dit « activé » voire « super-activé » car après avoir été concassé, il est bombardé de vapeur d'eau et d'air à très haute température et sous haute pression.

L’AMI DES VENTRES GONFLES ET DOULOUREUX

Cette activation permet de créer des réseaux de pores plus ou moins gros expliquant le pouvoir d'absorption du charbon végétal. La poudre de charbon végétal reste la forme la plus efficace : elle est rapidement absorbée par l'intestin et peut être prise dans de plus grandes proportions. Les comprimés sont pratiques, surtout pour un usage ponctuel. « Si le charbon du Dr Belloc reste une référence depuis 1950, il convient de mentionner la présence d'ingrédients qui peuvent être mal tolérés comme la gélatine, le glycérol, l'huile de soja raffinée, la lécithine de soja », précise la naturopathe Natacha Gunsburger. L'usage le plus connu du charbon végétal activé ? Le traitement des troubles digestifs.

Diarrhée, gaz, flatulences, côlon irritable, brûlures d'estomac ne lui résistent pas. « Pour soulager ces symptômes, diluez une cuillère à soupe de poudre de charbon végétal activé dans un grand verre d'eau et buvez ce mélange trois fois par jour avec une paille pour éviter le noircissement provisoire de la langue. Buvez en parallèle au moins 1,5 litre d'eau dans la journée », conseille la naturopathe d'autres indications. Il permet notamment de lutter contre la mauvaise haleine. La posologie est alors de 6 à 8 gélules par jour pendant une semaine, à prendre avec beaucoup d'eau. Plus étonnant, le charbon végétal activé permet aussi de blanchir les dents: trois fois par semaine, trempez une brosse à dents humide dans du charbon en poudre, frottez doucement et rincez immédiatement.

Plus récemment leurs gommages et leurs masques pour faire profiter les peaux grasses/acnéiques de ses capacités d’absorption et de détoxification. À noter : le charbon végétal activé est contre-indiqué en cas de constipation sévère. Par ailleurs, il doit être pris à trois heures de distance des traitements médicamenteux, sous peine d'annuler leur effet. Attention notamment avec la pilule.

Extrait de l'union du 30/04/2017

    

    

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MÉDICAMENTS GÉNÉRIQUES QU'EST-CE QUE C'EST ?

8 Français sur 10 utilisent des médicaments génériques, Des médicaments dont l'efficacité a convaincu plus des % des médecins généralistes, Malgré cela de nombreux points restent méconnus. Pour en savoir plus sur les génériques, nous avons rencontré le professeur Jean-François Bergmann, chef du département de médecine à l'hôpital Lariboisière à Paris et le docteur Xavier Humbert médecin généraliste et chef de clinique au département médecine générale de l'UFR de médecine de l'université de Caen Normandie,

UNE EFFICACITÉ RECONNUE MAIS UN MANQUE DE CONNAISSANCES

Disponibles depuis 20 ans en France, les médicaments génériques sont largement utilisés. Les Français et les médecins sont conscients de leur efficacité, puisqu'elle est tout à fuit reconnue par 77 % de la population ainsi que par la grande majorité des professionnels de santé. Malgré une utilisation fréquente des médicaments gé- nériques, la confiance que les Français leur accordent reste modérée. Méconnaissance du concept de générique ou manque d'information sont potentiellement à l'origine de ces doutes, Faisons le point.

LES GÉNÉRIQUES, DES MEDICAMENTS COMME LES AUTRES

Pr Bergmann, beaucoup se demandent si le médicament générique est un « vrai » médicament.

« Oui, comme tous les médicaments, il est contrôlé, inspecté et conçu pour soigner. De plus, un médicament générique est développé à partir de la molécule d'un médicament existant tombé dans le domaine public. Cette molécule bénéficie d'environ 10 ans d'études et d'au moins 10 ans d'utilisation en pratique. Le médicament générique est donc bien connu avant même sa commercialisation. »

Le médicament générique est une copie d'un médicament d'origine. De ce fait, il est très encadré. Il doit avoir la même composition en principe actif que le médicament d'origine ou princeps. Devenir générique ça se mérite ! Pour obtenir son autorisation de mise sur le marché (AMM), un médicament générique doit démontrer qu'il se comporte de la même manière que le médicament d'origine dans l'organisme : on parle de bioéquivalence.  Le médicament générique doit également prouver sa qualité (origine et spécifications des matières premières, méthodes de fabrication et de contrôle du produit fini) et la reproductibilité de sa qualité d'un lot à l'autre, ainsi que le maintien de cette qualité dans le temps.

LES GÉNÉRIQUES, DES MEDICAMENTS QUI SOIGNENT LA PLUPART DES MALADIES

 Les médicaments génériques sont présents dans de nombreux domaines médicaux. Dr Humbert, les médicaments génériques permettent aussi de soigner des maladies graves ?

« Oui, les médicaments génériques peuvent soigner un très grand nombre de maladies. Des maladies bénignes mais aussi dans certains cas des maladies graves. Plus de 5000 médicaments génériques sont aujourd'hui disponibles. Les médicaments génériques sont aussi bien prescrits en ville qu'à l'hôpital : médicaments du système cardiovasculaire (par exemple insuffisance cardiaque), du système nerveux (par exemple maladie de Parkinson), antidiabétiques, antalgiques, anti-inflammatoires mais il existe aussi des médicaments génériques de traitement de l'infection par le VIH. Des traitements des cancers génériques sont aussi prescrits dans certains cas. » Les médicaments génériques sont donc présents à tous les niveaux du système médical français, à l'hôpital comme en médecine libérale de ville, et permettent de soigner un très grand nombre de patients. Des informations à ce jour peu connues, puisque seulement 47% des Français connaissent la capacité des médicaments génériques à soigner des maladies graves.

LES CONTREFAÇONS EXPLOSENT SUR INTERNET

C'est un phénomène qui est en pleine expansion avec, aujourd'hui, plus d'un médicament sur deux vendus en ligne qui est un faux. Si depuis le 2 janvier 2013, les pharmaciens établis en France peuvent vendre des médicaments sur internet, ce ne sont pas chez eux que le problème se pose. Ces derniers sont, en effet, agréés par les Agences régionales de santé et leur liste est disponible sur le site de l'Ordre des pharmaciens (www.ordre.pharmacien.fr). On en trouve ainsi deux dans les Ardennes, à Charleville-Mézières, quatre dans la Marne, à Châlons-en-Champagne et Reims, et sept dans l'Aisne, répartis entre Laon, Saint-Quentin, Saint-Michel, Tergnier, Château-Thierry et Pinon.

Sur ces sites, les médicaments sont des vrais. Si vous vous aventurez sur d'autres sites, en revanche, rien n'est moins sûr. « On en saisit de plus en plus, confirme Emmanuelle Gidoin, des douanes Champagne-Ardenne. Et on constate que ce n'est plus uniquement des médicaments de confort comme du Viagra mais on a aussi des anti-inflammatoires, des antiseptiques des antalgiques. Le gros danger des contrefaçons de médicaments, c'est que cela peut avoir de graves conséquences sur la santé. Une fausse montre, elle ne marche pas. Un faux sac il ne tient pas la route. Mais un faux médicament c'est tout simplement dangereux. Soit il ne contient rien et c'est un moindre mal. Mais s’il n'a pas assez ou trop de produits actifs voire pas le bon produit cela peut poser de graves problèmes. »

Pour les douaniers, il est donc primordial de bien se renseigner (auprès de son médecin, de son pharmacien) avant de se lancer dans l'achat d'un médicament sur internet. Le prix ne doit pas être un élément essentiel (en général le faux Viagra y est, par exemple, quatre à cinq fois moins cher que le vrai ... ). Et n'hésitez pas à signaler les sites frauduleux aux douanes (croc-champagne-ardenne@douane. finances.gouv.fr, ou croc-pieardie@douane.finances.gouv.fr).

 Extrait de l'union du 22/01/2017

    

    

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De gros écarts de prix entre les pharmacies


Le prix des médicaments non-remboursés étant libre, la même boîte peut coûter deux à trois fois plus cher selon les pharmacies. À l’arrivée, le consommateur peut payer, selon les endroits, beaucoup plus cher certains médicaments non-remboursés. Hervé Oudin

S’il ne fallait retenir qu’un lieu de la grande disparité des prix en pharmacie, celui du centre-ville de Reims est sans doute le plus symbolique de la région. Sur un rayon de 200 mètres, plusieurs pharmacies s’y côtoient. Avec les mêmes prestations serait-on tenté de penser, les mêmes charges aussi liées à un emplacement central. Et pourtant. La comparaison des prix de certains médicaments non-remboursés est assez édifiante.

Selon que vous ayez l’habitude d’aller dans telle ou telle officine, vous payez ainsi entre 60 à 85 % de plus à Reims pour votre Prontalgine (un antalgique). Cette différence est encore plus importante si on fait une comparaison sur la région. Pour une simple boîte de pastilles pour la gorge, c’est 25 à 30 % de plus…

Si l’idée vous vient de vouloir arrêter de fumer, la facture peut être encore plus salée : 10 à 20 euros de différence par mois selon les endroits. À ce prix, vous avez même tout intérêt à venir de loin pour faire le plein dans les endroits les plus avantageux. Pour les pharmaciens, ces écarts s’expliquent par des prix de revient différents selon les officines, certaines pouvant acheter en grande quantité car faisant partie d’un réseau national là où d’autres sont limitées par leur indépendance (lire, par ailleurs, les explications du président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de la région Champagne-Ardenne).

Un Observatoire annuel des prix des médicaments mis en place depuis 2010 par Familles rurales

 


Mais pour les usagers, souvent dans l’ignorance de ces différences, la pilule est parfois difficile à avaler.

Une situation dénoncée par l’association Familles rurales. Depuis 2010, elle a même son propre « Observatoire des prix des médicaments ». Celui de 2016 vient de sortir avec les prix de quinze produits fréquemment utilisés par les familles et une comparaison pour quatre-vingts pharmacies réparties sur quarante et un départements. Le constat recoupe celui que nous avons effectué dans l’Aisne, la Marne et les Ardennes. « Comme les années précédentes, on s’aperçoit qu’il y a toujours de très grands écarts de prix d’une pharmacie à l’autre », souligne Dominique Marmier, le président de Familles Rurales. « Par exemple, l’Activir, qui est un médicament que tout le monde connaît bien pour lutter contre les boutons de fièvre, on peut le trouver à 3,20 euros dans les pharmacies les moins chères et jusqu’à 8,90 euros dans les plus chères. »

Un même médicament coûte, en moyenne, deux fois plus cher au consommateur selon l’endroit d’après l’Observatoire. Outre l’Activir, l’association relève notamment le prix du Nicopass qui passe de 14,99 euros à 31,30 euros. « Ces différences sont particulièrement problématiques pour des produits qui sont renouvelés régulièrement, tels que les dispositifs pour arrêter de fumer. »

Et n’allez pas croire qu’internet soit la panacée. L’achat en ligne peut même être trompeur (sans parler des contrefaçons, lire par ailleurs). « Sur l’ensemble des prix de médicaments relevés, on constate que les prix sont moindres sur internet comparativement aux prix pratiqués dans les officines physiques, notent les responsables de Familles rurales. Mais les frais de port annulent cet avantage et le prix final rejoint, voire dépasse, celui proposé en officine. »

Autre problème relevé par l’association et qui se confirme sur le terrain : les prix disparaissent progressivement des boîtes pour ne plus apparaître que sur des présentoirs, pas toujours accessibles ou lisibles pour les consommateurs, surtout pour les médicaments situés derrière le comptoir. « Comment alors connaître le prix du produit que l’on souhaite acheter ? Le prix est une information préalable obligatoire et nécessaire pour ne pas «se faire avoir». Il ne faut pas hésiter à refuser d’acheter le médicament s’il est trop cher. »

Il est à noter enfin qu’il ne faut pas hésiter à comparer les pharmacies si vous avez l’habitude de prendre plusieurs médicaments non-remboursés. En effet, ce n’est pas parce qu’une officine est la moins chère sur un d’entre eux, qu’elle le sera sur les autres. C’est d’ailleurs rarement le cas…

3 Questions à

 PIERRE KREIT PRÉSIDENT DES PHARMACIENS CHAMPAGNE-ARDENNE

« On milite pour un prix encadré »

•.- Comment expliquer ces différences aussi importantes d'une pharmacie à l'autre ?

D'abord, il faut tout de même rassurer les gens pour leur dire que pour pratiquement 90 % des médicaments le prix est fixe !

Celui-ci est défini par l'Etat et il est le même dans toutes les officines. Pour les 10 % des médicaments qui ne sont pas pris en charge par l'Assurance maladie, où le prix est libre, les écarts s'expliquent par le prix de revient du pharmacien. Dans la chaine, vous avez ce que l'on appelle les grossistes, répartiteurs chez qui on se fournit. Quand vous achetez un médicament non-remboursable, c'est lui qui fixe le prix de vente au pharmacien. Les pharmacies low-cost, les chaînes. arrivent à acheter des grosses quantités de médicaments d'un coup en bénéficiant de remises. Parfois, ces remises dépassent 50 %. Donc, quand vous avez un prix d'achat pour tout le monde qui est de 5 euros, et que vous, parce-que vous avez pris 500 boîtes ou 1.000 boîtes vous l'avez à 2,50 euros, là vous pouvez le vendre à 5 euros au grand public en disant que je vais bien gagner ma vie. Mais ces 5 euros, c'est le prix d'achat chez le répartiteur-grossiste pour l'autre officine qui n'est pas une chaîne !

Comment voulez-vous qu'il puisse le vendre à 5 euros dans sa pharmacie. Il faut rajouter la TVA, tous les frais de personnel, de gestion ...

•.- Est-ce que cela veut dire que l'on ira, à terme, vers uniquement la présence de chaines de pharmaciens ?

J'espère que non car après c'est la répartition géographique des officines en France qui va être mise en cause. C'est l'intérêt du patient qui va en pâtir. Prenez un secteur rural, où vous avez, par exemple, dix officines sur 50 km. Si tout d'un coup, il y a cette notion de chaîne de pharmacies, on va en garder deux ou trois sur les dix. Après, les personnes âgées, celles qui ont du mal à se déplacer, comment peuvent-elles venir dans les pharmacies ? Mais c'est vrai que face à ces chaînes, le petit pharmacien pourrait pratiquement être condamné à mourir. Heureusement, on a le médicament remboursable qui nous sauve. Mais si on devait uniquement vivre sur le médicament pas remboursable, ce ne serait pas viable.

•.- Est-ce qu'il ne faudrait pas encadrer les prix des médicaments non-remboursables ?

Bien sûr. Notre Fédération des pharmaciens d'officine (FSPF) a demandé à maintes reprises de faire un corridor de prix. Avoir comme le livre, un prix fixe sur la boîte. Depuis des années, on milite pour ça. Mais l'industrie ne veut pas et l'État pas plus. Pourquoi ? Parce qu'à partir du moment où il y a des prix élevés, il va de plus en plus d'argent qui va aller dans les caisses de l'Etat avec la TVA. Si vous vendez à 5 euros ou 10 euros, la TVA n'est pas la même ...

 Extrait de l'union du 17/01/2017

    

    

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Médicaments génériques : pour démêler le vrai du faux

Même si le médicament à coût réduit tient de plus en plus du réflexe, des résistances demeurent. Légendes urbaines, contrevérités : médecins, pharmaciens et autorités répondent.


Le taux de délivrance des médicaments génériques s'avère élevé dans notre département.
« L’efficacité des génériques est identique à celle des princeps pour tous les types de maladies », assure le Dr Nicaise-Bergère

LES FAITS

•.- 85 % dans les Ardennais, 183 % dans la Marne, le taux de délivrance des médicaments génériques s'avère déjà élevé localement

•.- Néanmoins, des réticences demeurent chez les patients· et certains praticiens.

•.- Et comme le gouvernement souhaite encore réduire le déficit 1 de la Sécurité sociale en 2017, les-CPAM sont chargées de trouver les réponses.

 

Apparus voilà vingt ans en France, les médicaments génériques font encore l'objet de réserves. La CPAM de la Marne a souhaité  « changer le regard sur le médicament générique » en invitant les médias à dialoguer avec un médecin et un pharmacien. Nous avons aussi interrogé un membre de chacune de ces corporations de nos départements. Leurs verdicts se rejoignent

 SIMILAIRES - VRAI ET FAUX

Les médicaments génériques contiennent les mêmes produits actifs (molécule) mais peuvent contenir d'autres ingrédients, appelés excipients (qui donnent forme, couleur et goût).

PROBLEMES DE TOLÉRANCE - VRAI et FAUX

« Il n'y a pas plus d'excipients allergènes dans les médicaments génériques que les autres », affirme Nicolas Bertrand. pharmacien à Oger (Marne). « On peut être allergique à l'un ou à l'autre ... » D'ailleurs, « les génériques sont souvent débarrassés des excipients à effets notoires » complète Fabrice Camaioni, pharmacien à Revin (Ardennes), membre du bureau national du FSPF (Fédération des syndicats pharmaceutiques de France)

MOINS EFFICACES - FAUX

« Vous êtes aussi bien soignés avec les deux », réplique Caroline Nicaise-Bergère, médecin généraliste à Reims. Ce que confirment ses collègues. « Après, d'un individu à l'autre, l'effet est différent pour tout médicament, princeps ou générique. On le transforme chacun d'une façon qui peut différer. De même, l'efficacité des génériques est identique à celle des princeps pour les types de maladies, même les plus graves, comme ceux dans le traitement du cancer, l'hypertension, de l'épilepsie ou des maladies psychiatriques. Les molécules sont connues depuis longtemps », poursuit le docteur Nicaise Bergère.

DANGEREUX CAR MOINS SÛRS - FAUX

Les médicaments génériques fabriqués à l'étranger « répondent aux mêmes exigences de qualité », explique le docteur Nicaise-Bergère. « D'ailleurs, ils sortent souvent des mêmes chaînes de fabrication. Et puis, les médicaments sont fabriqués en Inde ou en Chine, des pays qui fabriquent aussi des princeps », poursuit le pharmacien Fabrice Camaioni.

ON PEUT LES REFUSER - VRAI

Vous pouvez refuser le médicament générique auprès de votre médecin. « Il faut alors que le patient invoque des effets indésirables ou une raison sérieuse », indique le docteur Renaud Miller, médecin à Bazancourt (Marne). De même, vous pouvez refuser au pharmacien qui vous propose de remplacer un médicament prescrit par le médecin.

« C'est à nous de mesurer la raison du refus, de faire de la pédagogie ... Si cela perturbe trop le patient, nous faisons de la pédagogie, y allant par étapes pour les grosses ordonnances qui s'étendent dans le temps », détaille le pharmacien Nicolas Bertrand. « Et puis, pour certaines pathologies (épilepsie, thyroïde ...), il faut continuer le traitement dans toute sa durée avec le même médicament », précise le docteur Nicaise-Bergère. « Ce refus a pour conséquence pour le patient de devoir avancer les frais. Il est remboursé sous vingt jours. Ce côté dissuasif ne fonctionne pas pour tout le monde », concède Dominique Lefebvre, directeur adjoint de la CPAM des Ardennes.

DIFFERENTS SELON LES  PIIARMACIES  -  VRAI

« Nous pouvons choisir les laboratoires avec qui nous travaillons », tranche Fabrice Camaioni. « Génériques ou pas, les pharmacies sont confrontées à des problèmes d'approvisionnement récurrents. Cela nous bride dans notre exercice quotidien. Le marché français n'est pas assez rentable pour les labos, les médicaments y sont vendus parmi les moins chers au monde. Les labos décident de se passer du marché français. »

INCITES A LES PRESCRIRE ? - VRAI

« L'Assurance maladie rémunère les médecins selon vingt-neuf critères dont certains sur la prescription de génériques. C'est une perte de revenus si nous ne jouons pas le jeu », dévoile Renaud Miller. « Mais cela reste de l'incitatif. Dans certains départements, des médecins qui prescrivaient des médicaments non-substituables de façon systématique ont été sanctionnés. » Dans la Marne, « nous avons rencontré quelques médecins pour faire évoluer leur comportement mais cela ne justifiait pas de sanction », révèle Amélie Combas-Richard, directrice générale de la CPAM de la Marne.

« Les pharmaciens ont aussi une part de rémunération sur des objectifs de. substitutions à atteindre », poursuit’ elle. Mais ils ne sont pas plus rémunérés sur ces derniers. « La marge en euros est identique sur un médicament générique ou son princeps », selon Fabrice Camaioni.

« Consolider la confiance »

« Après vingt ans d'utilisation en France, les médicaments génériques ont besoin d'une nouvelle impulsion ; car nous sommes encore loin du niveau de nos voisins. En Allemagne, trois boîtes remboursées sur quatre sont des génériques alors qu'en France, ce n'est que trois sur dix. ! Pour ce faire, nous souhaitons améliorer la connaissance des Français sur ces médicaments, consolider leur confiance et lutter contre les idées reçues, notamment auprès des personnes âgées, de celles souffrant de maladies chroniques dont la confiance est la plus impactée.»

 

Les REPERES

PRINCEPS ET GÉNÉRIOUE

Le médicament originel est appelé princeps : cette molécule, protégée par un brevet est distribuée sous un nom commercial.Après un certain nombre d'années, le brevet tombe dans le domaine public. Ce médicament peut alors être copié sous une forme générique

Le CHIFFRE : 7 milliards d’euros

Ont été économisés en France entre 2010 et 2014 grâce aux médicaments génériquesques.

LA PHRASE

« Il y a encore trop de citoyens, de professionnels de santé qui continuent à s’interroger sur les génériques, qui sont des médicaments tout court! »  Marisol Touraine.ministre de la Santé, la semaine dernière 

 Frédéric Gouis

Extrait de l'union du 04/10/2016

    

    

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Bataille de prix autour des médicaments

Dans une campagne choc et controversée, Médecins du monde dénonce les prix « révoltants » des médicaments pour soigner le cancer et l'hépatite C. Les labos réagissent.


ImagePour Médecins du Monde, l'Etat doit retrouver son « rôle de régulateur » pour « fixer la norme» sur le prix des médicaments. Hervé Oudin

« Démagogique », « caricaturale », « outrancière », « injurieuse ». L'industrie pharmaceutique tire à boulets rouges sur la dernière campagne de l'association humanitaire Médecins du Monde (MdM) dénonçant les prix « révoltants des médicaments utilisés notamment dans le traitement de pathologies lourdes, cancer ou hépatite C. Ponctuée d'affiches aux slogans ravageurs. Bien placé, un cancer peut rapporter jusqu'à 120.000 E », ou « Une leucémie, c'est en moyenne 20.000 % de marge brute »), la virulence de l'attaque est telle que les réseaux d'affichage et beaucoup de journaux ont renoncé à la publier, laissant les réseaux sociaux la relayer.

Connue pour travailler sur la réduction des risques auprès des populations en rupture d'accès aux soins, en France comme à l'étranger, MdM accuse les laboratoires de calculer le prix de leurs traitements en fonction de la « générosité » des systèmes de santé. En bref, plus le pays est riche, plus un médicament serait cher. « Les labos déterminent leurs prix en fonction de ce que le marché est prêt à payer », accuse Patrick David, un anesthésiste rémois régulièrement missionné par Médecins du Monde au Pakistan. « Le prix d'un traitement identique peut ainsi être multiplié par dix, voire au-delà », selon lui.

« 100 000 euros par an pour le traitement d'un mélanome  »

L'association s'appuie sur l'exemple du Solvadi, un antiviral très efficace contre l'hépatite C. « Chez nous, ce traitement de trois mois coûte 41.000 € contre 1.000 € en Géorgie, alors qu'il coûte moins de 100 € à produire ! Près de 30.000 patients y ont accès. S'il était administré aux 200.000 personnes infectées en France, il en coûterait 10 milliards d'euros, soit près de la moitié de ce que coûtent les médicaments à la Sécu ! (25 milliards) », assure le médecin rémois. À titre d'exemples, M. David cite aussi le prix du traitement d'un cancer du sein (« 120.000 € », selon lui) ou celui d'un mélanome : 100.000 € par an ».

« Cela fait deux ans que nous alertons les pouvoirs publics. Ces prix menacent la pérennité de notre système de santé. Ils font aussi peser le risque d'une sélection des pathologies et des patients par  l’argent », ajoute le médecin, qui attend de l'État régulateur qu'il utilise d'avantage la procédure dite de la « licence d'office ». En dépit des brevets censés commerciale ment les protéger, cette disposition permet de produire des versions génériques à moindre coût des médicaments les plus chers. « D'autres pays, comme l'Inde, le font déjà sans demander l'avis des labos. »

L'industrie pharmaceutique a aussitôt dénoncé « une campagne de propagande mensongère », Le Leem (le syndicat professionnel du secteur) explique, entre autres, que le prix des médicaments « prend en compte les coûts de recherche, leur durée de mise au point (onze ans de demi, en moyenne) et les risques qui s'attachent à leur développement », Autrement dit, le risque de ne pas obtenir d'autorisation de mise sur le marché (AMM). Selon le syndicat, les labos sont de surcroît soumis à des « contraintes réglementaires » qui renchérissent les coûts. La recherche et le développement pour une seule molécule pouvant atteindre 1 milliard d'euros !

L'argument ne laisse pas insensible le cancérologue rémois Philippe Colin : « j'ai conscience que l'industrie doit assumer des coûts exorbitants. J'ai plus de mal à comprendre pourquoi la durée d'amortissement de ces traitements est si longue, pourquoi leurs prix ne baissent pas plus vite. » Le chef du service de gastro-entérologie du CHU de Reims, Guillaume Cadiot, a peut-être une partie de la réponse : « La durée d'exploitation de certains médicaments innovants est parfois courte, de l'ordre d'un ou deux ans. Comme les coûts de recherche sont élevés, les labos ont peu de temps pour rentrer dans leurs frais. Or, ils sont là aussi pour gagner de l'argent ! »

3 OUESTIONS À  FRANCIS RINGEVAL


Président du syndicat des pharmaciens de l'Aisne

 « Les tarifs sont forcément limités par le budget »

•.- En France, comment les prix des médicaments sont-ils fixé et par qui ?

Ils sont le résultat d'une négociation entre les laboratoires pharmaceutiques et le CEPS (Comité économique des produits de santé) composé de représentants de l'administration sanitaire, de la Sécurité sociale, de l'économie, de la recherche. Ces prix sont établis selon plusieurs critères, dont le nombre de patients potentiellement concernés par telle ou telle molécule. Le CEPS essaie d'extrapoler pour déterminer un juste prix du traitement.

•.- Les prix sont-ils limités et par quoi ? N'y a-t-il  pas un risque d'entente entre les laboratoires et le CEP5 ?

Ils sont limités par le budget de la santé. La voie préconisée par l'Ondam (objectif national des dépenses d'assurance maladie) est de freiner l'augmentation des dépenses, même si ce taux est toujours en augmentation. Les prix des médicaments sont contraints par cette enveloppe, Mais comme les « demandes de mise sur le marché » (DMM) d'un nouveau traitement sont assez longues, le ministère peut accorder une autorisation temporaire d'utilisation (ATU). Dans ce cas, le prix est fixé par le laboratoire. Personnellement, je ne crois pas à une collusion entre l'industrie pharmaceutique et le CEPS dont l'indépendance est garantie. J'ai plus de doute s'agissant de la Haute autorité de santé, composée de médecins, et qui définit le service médical rendu (SMR) par les médicaments. Ce sont ses conclusions. qui servent de base de discussion, entre les labos et le comité scientifique.

•.- « Médecins du Monde» a-t-elle raison de dénoncer des prix parfois exorbitants ?

Sur le Sovaldi, oui. Alors que ce traitement est censé soigner tous les malades, le prix est tel que les populations cibles ont été réduites à certains symptômes. C'est anormal. Mais rapprocher le prix du traitement et son coût de production est un peu démagogique, Si on ne tient plus compte du coût de la recherche dans la fixation du prix, alors il n'y aura plus de recherche …

Les REPERES

125 MILLIARDS DE DEPENSES POUR LA SECU PAR AN  

•.- Les dépenses de médicaments . remboursés par notre système de santé représentent quelque 25 milliards d'euros par an !

•.- Un étude internationale démontré début 2016 que la France est l'un des pays où les médicaments sont les moins chers. C'est aussi celui où il s'en consommerait le plus.

Le CHIFFRE : 30%

•.- Des français renoncent à acheter un médicament en raison d’un reste à charge trop élevé.

LA PHRASE.

•.- « Même au sein de l'Union européenne, les prix des médicaments peuvent être différents d'un pays à l'autre, entre l'Espagne, l'Italie ou la France, par exemple. »

Jean-Luc Mougealle, président de l’ordre des médedlns des Ardennes

Gilles GRANDPIERRE

Extrait de l'union du 28/06/2016

    

    

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Ces médicaments jugés inefficaces

Selon 60 Millions de consommateurs, la plupart des médicaments en vente libre  mt Inoperants, mais pas sans risque


En de médicaments, le risque zéro n'existe pas. AFP

Sur 61 médicaments « passés au crible » sous le contrôle du professeur Jean-Paul Giroud, pharmacologue clinicien reconnu, et d'Hélène Berthelot, pharmacienne, seuls 13 d'entre eux (comme le sirop Clarix toux sèche, Humex adultes toux sèche dextrométhorphane abricot, Vicks vaporub, lmodiurncaps, Gaviscon menthe, Maalox sans sucre) sont jugés efficaces et sans risque pour le patient.

« Ils ont un rapport bénéfice/risque favorable et sont à privilégier », indique le magazine dans un hors-série consacré aux médicaments sans ordonnance.

En revanche. « 28 sont tout simplement à proscrire, le rapport bénéfice/risque étant défavorable en automédication. Vingt sont classés "faute de mieux": leur efficacité est faible ou non prouvée, mais ils n'ont pas, ou très rarement d'effets indésirables », pour poursuit le journal. « Nous sommes favorables à l'automédication mais cela suppose que « l'usager soit bien informé, (des contre-indications, du mode d'utilisation) et que les produits soient irréprochables », commenté Thomas Laurenceau, rédacteur en chef. « Or, au fil des ans, nous constatons de plus en plus d'effets indésirables», dit-Il.

 « Au fil des ans, nous constatons de plus en plus d'effets indésirables »

 Thomas Laurenceau

L'Afipa assure de son côté que tous ces médicaments sont « sûrs et fiables » tout en appelant de ses vœux « une campagne publique d'information ». Plus de 2 500 médicaments sont en accès libre en pharmacie. Pourtant, les consommateurs ne sont pas ou mal informés des risques encourus ·en prenant par exemple du Nêo-coëion pour soigner leur toux. de l'Actifed rhume, des Strepsils lidocaïne pour atténuer leurs maux de gorge ou des Contalax pour lutter contre la constipation.

Hélène Berthelot cite les cas, loin d'être isolés, d'hospitalisations pour hémorragies gastro-intestinales après l'absorption de  pastilles pour la gorge. De son côté, le professeur Giroud relève que certains présentent 10 à 15 contre-indications. « Certains contiennent des substances qu'on ne devrait tout simplement pas associer » car elles décuplent les risques d'accidents cardio-vasculaires et neurologiques, de somnolence. Pour certains, les combinaisons de substances sont tout simplement une aberration; ainsi, le Néocodion qui contient de la Codéïne, un antitussif et deux expectorants ayant un effet contraire.

Hélène Berthelot a reconnu la responsabilité des pharmaciens, Il pris entre deux feux », le médical et le commercial. « Ils se rattrapent sur l'automédication. Mais ils peuvent aussi parfaitement sélectionner les bons produits », dit-elle.

 Extrait de l'union du 04/12/2015

    

    

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Levothyrox

Levothyrox : du mercure aurait été découvert
Retour de l’ancienne formule du Levothyrox
L
evothyrox : le secret des affaires invoqué

Les leçons   du Levothyrox
Levothyrox, la fronde menée depuis Reims semble déranger

    

    

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Levothyrox : du mercure aurait été découvert

Un médecin rémois dit avoir découvert du mercure dans le sang des patients ayant pris du Levothyrox.


Le Dr Bouvier a envoyé ses patients en Suisse afin de vérifier la présence de mercure dans le corps.
Remi Wafflart

À SAVOIR

*.- LE LEVOTHYROX prescrit contre l’hypothyroïdie a changé de formule en France en mars 2017. Durant l’été, des milliers de patients ont commencé à signaler des effets secondaires parfois très gênants.

*.- TRÈS VITE, L’AFFAIRE, qui touche des centaines de milliers de malades, a pris une tournure judiciaire. Depuis, les révélations s’enchaînent.

*.- ALORS QUE NOMBRE D’AVOCATS RÉCLAMENT TOUTE LA LUMIÈRE SUR CETTE AFFAIRE, un médecin rémois affirme avoir découvert des traces de mercure et de métaux lourds dans le corps de certains patients.

*.- L’AGENCE NATIONALE DE SÉCURITÉ DU MÉDICAMENT invoque la protection du secret des affaires, votée le 30 juillet 2018, pour ne pas avoir à fournir certaines informations.

 Depuis qu’on lui a refusé de faire analyser, en France, la molécule de la nouvelle formule du Levothyrox (L’union du 8 février), le D r Bouvier, qui fut le premier à porter plainte contre X pour tromperie aggravée en France, a choisi de contre-attaquer en procédant directement à des analyses sur plusieurs de ses patients. C’est ainsi qu’il avait découvert, en mai dernier, après avoir procédé à des analyses sur une vingtaine de malades de la région Grand Est, mais également du Sud-Ouest, que certains « avaient développé des troubles du système nerveux central, le médicament ayant eu des effets sur des neuromédiateurs » ( L’union du 16 mai).

J’ai découvert la trace de mercure et de métaux lourds dans le corps de certains patients
Dr Bouvier

Fort de tous ces résultats, transmis à Annick Legoff, juge d’instruction en charge de l’affaire, le praticien rémois a choisi d’envoyer une douzaine de ses patients en Suisse, afin de rechercher la présence de… mercure.

Il affirme aujourd’hui, examens à l’appui, avoir « découvert la trace de mercure et de métaux lourds dans le corps de certains patients. J’ai cherché la présence de mercure, dans la mesure où les symptômes décrits se rapprochaient étrangement d’une intoxication aux métaux lourds. La piste du mercure est en effet concordante avec ce que j’avais déjà observé, car le mercure est particulièrement neurotoxique… Il se trouve qu’une grande partie des patients présentaient, lorsqu’ils prenaient la nouvelle formule, une carence en vitamine B12, c’est une vitamine que l’on retrouve dans les bactéries du tube digestif, la cobalamine. Or, la cobalamine est un agent détoxifiant du mercure. Autrement dit, les personnes qui ont mangé du Levothyrox nouvelle formule ont puisé dans leur réserve de ce détoxifiant. C’est un autre élément qui m’avait orienté sur cette piste d’une intoxication aux métaux lourds… Tout un faisceau d’éléments corroborants qui m’ont amené à procéder à de nouvelles analyses ».

DES ANALYSES RÉALISÉES EN SUISSE

Le D r Bouvier n’est d’ailleurs pas le seul à avoir cherché dans cette direction. Le D r Guillet, spécialiste en médecine nucléaire, affirme lui aussi avoir constaté la présence de nanoparticules de métal chez les patients ayant pris la nouvelle formule.

C’est donc en Suisse, afin de faire réaliser une chélation, un procédé médical visant à éliminer la présence de métaux nuisibles dans l’organisme à l’aide d’un agent chélateur chimique ou organique, que le Rémois a déjà envoyé plusieurs de ses patients. « J’ai aujourd’hui, en ma possession, les résultats des analyses et, comme par hasard, je retrouve la trace de mercure dans le corps de bon nombre d’entre eux , assure le patricien. Ça devient de suite très cohérent, d’autant plus qu’on nous répond désormais secret des affaires ( L’union du 11 septembre)pour ne pas avoir à connaître ce que contenait la fameuse molécule. J’estime qu’on a fait perdre une chance de soins depuis un an aux victimes du Levothyrox qui subissent un préjudice grave sur le plan de la santé. Aujourd’hui, il faudrait examiner tous les lots depuis 2016 sauf qu’ils n’existent plus. Il ne faudrait pas que j’aie eu la mauvaise idée de me les procurer… »

Caroline GARNIER

Extrait de l'union du 13/11/2018

 

 

 


Retour de l’ancienne formule du Levothyrox


L’ancienne formule du Levothyrox est importée d’Allemagne, puisque Merck ne dispose pas d’autorisation de mise sur le marché français pour l’Euthyrox mais seulement d’autorisations d’importations. AFP

Le laboratoire Merck a promis, hier, que les patients français qui disposent d’une ordonnance pourraient se procurer l’ancienne formule du Levothyrox tout au long de l’année 2019. Moins de 50 000 boîtes seront mises à disposition par mois, un volume qui correspond à ceux de 2018 et aux « besoins des patients », selon Valérie Leto, pharmacien responsable de Merck France, qui insiste sur le caractère « transitoire » de cette période « qui doit permettre aux patients de trouver une solution alternative pérenne ».

« C’est une bouffée d’air pour les patients qui ne supportent pas la nouvelle formule », a réagi la présidente de l’association Vivre sans thyroïde, Beate Bartès. « Mais ça ne résout pas le problème, cela ne fait que le reporter. Ce qu’il faudrait, c’est une pérennité des deux formules côte à côte. »

DES EFFETS SECONDAIRES POUR 31 000 PATIENTS

Le Levothyrox, prescrit contre l’hypothyroïdie et fabriqué par le laboratoire allemand Merck, a changé de formule en France en mars 2017. À partir de juillet et août, quelque 31 000 patients, selon des chiffres officiels, ont commencé à signaler des effets secondaires parfois très invalidants. L’affaire fait l’objet de plusieurs procédures en justice. Lundi, le tribunal de grande instance de Toulouse a limité l’obligation de mise à disposition de l’ancienne formule du Levothyrox (Euthyrox) à une durée de 3 mois à compter du 1 er janvier 2019 pour 39 patients, mais le laboratoire a confirmé hier qu’il ne s’y limiterait pas, tant pour la durée que pour le nombre de patients concernés.

Extrait de l'union du 07/11/2018

 


Levothyrox : le secret des affaires invoqué

La protection du secret des affaires vient d’être invoquée dans l’affaire du Levothyrox. Une décision qui interpelle


L’avocat rémois, Me Ludot, dénonce l’utilisation de la loi sur le secret des affaires «pour empêcher les malades d’avoir accès aux informations dans l’affaire du Levothyrox ».

L’ESSENTIEL

*.- LE LEVOTHYROX, prescrit contre l’hypothyroïdie, a changé de formule en France en mars 2017. Durant l’été 2017, des milliers de patients ont commencé à signaler des effets secondaires parfois très gênants. Très vite, l’affaire, qui touche des centaines de milliers de malades, a pris une tournure judiciaire.

*.- ALORS QUE NOMBRE D’AVOCATS RÉCLAMENT TOUTE LA LUMIÈRE SUR CETTE AFFAIRE, l’Agence nationale de sécurité du médicament a choisi d’invoquer la protection du secret des affaires, votée le 30 juillet 2018, pour ne pas avoir à fournir certaines informations.

Descente d’huissiers, désignation d’expert afin d’examiner le lien entre le changement de formule du Levothyrox et les effets secondaires sur certains malades, création de collectifs, multiplication de procédures judiciaires à tous niveaux… Depuis des mois, deux avocats Rémois, Me Lefevre et Me Ludot se battent, comme nombre de leurs collègues, pour faire jaillir la vérité dans l’affaire du scandale du Levothyrox.

Alors que le ministère de la Santé vient de promettre une information « plus accessible, plus claire et plus réactive » sur les médicaments, après la remise début septembre d’un rapport très critique sur la gestion de cette crise sanitaire, Me Ludot vient de se voir répondre « secret des affaires », après avoir demandé la copie de l’autorisation de mise sur le marché du Levothyrox nouvelle formule.

LA MÉTHODE EST CHOQUANTE

Une réponse que l’avocat juge «pour le moins dérangeante » et entend bien dénoncer. « J’ai fait ma demande en avril 2018. Ils m’ont répondu le 4 septembre 2018, sachant que la loi sur la protection du secret des affaires a été votée le 30 juillet 2018 ! Ils ont attendu que cette loi soit promulguée pour ne pas avoir à répondre aux malades. C’est tout simplement scandaleux. La méthode est véritablement choquante ! La loi n’a encore jamais été appliquée et, eux, ils se précipitent dessus pour que la vérité ne soit pas connue des malades ! »

Caroline GARNIER

 Extrait de l'union du 11/09/2018


Les leçons   du Levothyrox

Après la remise, hier, d’un rapport très critique sur la gestion de cette crise sanitaire, le ministère de la Santé a promis une information « plus accessible, plus claire et plus réactive » sur les médicaments

Le changement de la formule du Levothyrox, ce médicament utilisé pour stabiliser les hormone  thyroïdiennes, il y a un an, avait causé des effets indésirables à 15000 patients et fait polémique.
AFP

Le rapport – qui pointe les manquements de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé dans le dossier Levothyrox – a été rédigé par une mission mise en place en décembre dernier, au plus fort de la crise de ce médicament. La nouvelle formule de ce médicament contre la thyroïde, introduite en France au printemps 2017, a été accusée par des malades de provoquer d’importants effets secondaires. Vaccination H1N1, Mediator, Dépakine, pilules de troisième génération… Ces dernières années ont été marquées par plusieurs crises impliquant des médicaments, rappellent les auteurs du rapport.

LES SEPT ERREURS DES AUTORITÉS SANITAIRES

Ils listent sept fautes commises par les autorités sanitaires. Parmi elles, « l’absence d’anticipation et d’accompagnement » au moment du changement de formule et « une communication de crise artisanale et insuffisamment coordonnée ». Le rapport déplore, en outre, « une minimisation du ressenti des patients ». Le rapport juge «nécessaire » d’adopter une communication « plus cohérente, plus rapide et plus transparente » dans les contextes de crise. Il réclame aussi un « effort accru de transparence » afin de rétablir la confiance dans les autorités sanitaires.

Coprésidée par une représentante d’association de patients, Magali Leo (association Renaloo) et le Dr Gérald Kierzek (médecin urgentiste et chroniqueur radio), la mission liste une série de recommandations. Sur cette base, Agnès Buzyn « s’engage pour une information plus accessible, plus claire et plus réactive sur le médicament », indique le ministère dans un communiqué.

La crise du Levothyrox révèle de manière particulièrement aiguë les dysfonctionnements possibles en matière d’information et de communication
Extrait du rapport

La ministre entend « encourager les remontées d’information de patients et de professionnels de santé ». Elle veut mettre en place dès cette année une « stratégie de promotion de la déclaration des événements indésirables et le développement des technologies permettant de repérer des signaux faibles d’alerte en dehors du système de pharmacovigilance (réseau spécialiste de surveillance des risques liés aux médicaments, (ndlr) ».

La communication d’urgence en cas d’alerte sur un médicament est confiée à l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), pourtant mise en cause par les associations de patients dans l’affaire Levothyrox.

Tout en saluant un rapport « très complet », la présidente de l’association Vivre sans thyroïde, Beate Bartès, a estimé que « la crise du Levothyrox n’est pas due uniquement aux problèmes d’information ». Il n’y a « toujours aucune explication des effets indésirables parfois très invalidants vécus par plusieurs dizaines de milliers de patients », a-t-elle déclaré.

Ces derniers mois, les trois rapports de pharmacovigilance successifs sur la nouvelle formule du Levothyrox ont tous abouti à la même conclusion : les effets indésirables sont identiques à ceux déjà connus avec l’ancienne formule mais en nombre bien supérieur, et rien ne permet d’expliquer cette augmentation. Fin juillet, son fabricant, le laboratoire allemand Merck, a annoncé son intention de lancer la nouvelle formule dans vingt et un pays de l’UE à partir de 2019, après un « avis positif » des instances sanitaires

 Extrait de l'union du 04/09/2018

 


Levothyrox, la fronde menée depuis Reims semble déranger

Depuis la plainte déposée par un médecin, en passant par la création d’un collectif Grand Est, c’est depuis Reims que s’organise la fronde dans l’affaire du Levothyrox. Une fronde qui semble déranger.


Le Dr Bouvier essaie aujourd’hui de faire analyser le médicament, les laboratoires, notamment celui du CHU de Reims, lui refusent cette analyse. Un refus qu’il ne s’explique pas.Remi Wafflart


Le collectif Grand Est des victimes du Levothyrox, présidé par Marie-Thérèse Picot, multiplie les réunions d’information auprès des victimes. Ils étaient plus de 200 en novembre à Reims. Ils étaient une centaine à Laon, la semaine dernière. Deux autres réunions sont prévues, ce jeudi à Aÿ et le 19 février à Charleville-Mézières.


L’avocat du collectif, Mtre Lefevre, a déjà collecté une cinquantaine de plaintes.
Remi Wafflart

«  Vous devrez vous adapter… » Paroles de pharmaciens, voire même de médecins à des patients qui n’ont cessé de se plaindre d’effets secondaires survenus après avoir pris la nouvelle formule du Levothyrox, seul médicament disponible pour soigner les malades de la glande thyroïde. Cette phrase, le Dr Bouvier, médecin généraliste installé à Reims depuis 1995, l’exècre au plus au point. « Il n’y a pas plus grande violence faite aux malades », lâche le praticien qui n’a jamais mâché ses mots, lui qui est à ce jour le seul généraliste à avoir porté plainte contre X « pour tromperie aggravée », face à des symptômes toujours plus violents décrits par ses patients : fatigue extrême, perte de cheveux, maux de tête, insomnies, vertiges, douleurs articulaires ou musculaires…

« Je me suis trouvé dans la situation du professionnel qui a prescrit un médicament qui a rendu malade ses patients ! », rappelle le généraliste qui ne cesse depuis « de chercher une vérité qu’on (lui) refuse. Le laboratoire Merck a modifié la composition du médicament vers mars 2017. Mes premiers patients qui se sont plaints à mon cabinet se sont manifestés au mois de mars. Il y a eu différents troubles d’ordre d’état de fatigue, digestifs, des crampes… Certains avaient des palpitations, d’autres perdaient leurs cheveux. Des patientes ont pris du poids de façon importante (+ 10 kg)… Toutes ces personnes sont des patients que je suis régulièrement et pour lesquelles je prescris du Levothyrox depuis plus de 10 ans ! Je n’avais pas initialement fait le lien avec la nouvelle formule. J’ai donc poursuivi mes prescriptions d’autant qu’il s’agit du seul produit à ma disposition pour traiter cette pathologie. J’étais dans tous les cas obligé de le renouveler… J’ai porté plainte, car j’estime qu’il s’agit d’une tromperie sur la qualité avec une mise en danger de la santé des patients ! J’attends du médicament une efficacité thérapeutique et du laboratoire qui le commercialise une garantie de fiabilité. J’aimerais aujourd’hui qu’on me dise d’où vient ce médicament et ce qu’il y a dedans… Malheureusement, tout est fait pour m’en empêcher. »

Nous vivons dans un pays où la vérité fait peur. J’ai des témoignages absolument désespérés de patients qui évoquent des troubles graves
Dr Bouvier

N’ayant obtenu aucune réponse à ses questions depuis le dépôt de sa plainte en octobre dernier, le Dr Bouvier a décidé de poursuivre plus avant ses investigations. Aujourd’hui, il a le sentiment qu’on lui refuse d’approcher la vérité. « J’ai déposé plainte et depuis, il s’est passé quelque chose. J’ai travaillé pour faire en sorte que la vérité se manifeste et le gouvernement lui tourne le dos. Je voudrais comprendre. Moi, je veux la vérité et je l’aurai. Depuis le dépôt de ma plainte, j’ai mené de nombreuses investigations sur le laboratoire Merck, ses difficultés financières en 2011, son usine en Chine… J’ai surtout demandé à ce que soit analysée la molécule en question, car les troubles des patients sont, aujourd’hui encore, niés. J’ai cherché la présence de toxine… et fait étrange, à chaque fois que je demande à un laboratoire de faire une analyse toxicologique du médicament, on me le refuse, sans la moindre explication. J’ai notamment demandé aux laboratoires des CHU de Lille et de Reims de faire cette analyse, les deux ont refusé. Nous vivons dans un pays où la vérité fait peur. J’ai des témoignages absolument désespérés de patients qui évoquent des troubles graves. Ils sont en droit de savoir pourquoi, de savoir ce qu’il y a dans ce médicament ! »

LES LABORATOIRES REFUSENT D’ANALYSER LE MÉDICAMENT

C’est par un simple mail, en date du 17 janvier dernier, que le CHU de Reims lui a fait savoir que « suite à la réunion de service, le laboratoire ne donnera pas suite à votre demande d’analyse de comprimés ». Un refus que le généraliste ne s’explique pas. « Pourquoi la vérité est-elle si difficile ? Je veux qu’on me réponde ! Je suis médecin depuis 1995, c’est la première fois de ma vie qu’on me refuse une analyse. J’estime qu’il y a danger pour le patient. » Contacté, le CHU de Reims n’a pas donné suite à notre demande d’explication sur le pourquoi de ce refus.

Le Dr Bouvier est loin d’être le seul à rechercher cette vérité. De part et d’autre du territoire, la mobilisation se poursuit pour obtenir réparation devant la justice, tant au pénal qu’au civil. Le collectif des victimes du Levothyrox nouvelle formule du Grand Est, présidé par Marie-Thérèse Picot et ses avocats, se démène depuis des mois pour intenter une action au civil (lire par ailleurs). « Reims se veut à la pointe de la recherche de la vérité », insiste Mtre Lefevre, l’avocat du collectif. C’est d’ailleurs grâce à l’action d’un autre avocat Rémois, Mtre Ludot, qu’une première décision favorable d’expertise sur un malade a été obtenue en justice. L’avocat vient en effet d’obtenir du tribunal administratif de Montpellier qu’une expertise médicale soit ordonnée afin de déterminer si l’état de santé d’une de ses clientes est en lien direct ou non avec la prise du Levothyrox, nouvelle formule. Un expert a été désigné. « La décision obtenue par Mtre Ludot est capitale », souligne le Dr Bouvier. « Elle va nous dire ce que contient ce médicament. En tant que médecin, je vais poursuivre ma démarche afin que les patients puissent obtenir des expertises. Il s’agit là d’une situation sanitaire tout à fait anormale. Les procédures au civil se multiplient, mais elles ne suffisent pas. Il faut attaquer au pénal. Un vaste procès se prépare avec plus de 2 000 plaintes. C’est plus que le sang contaminé. »

Une première expertise ordonnée sur un malade

La décision obtenue par Mtre Ludot devant le tribunal administratif de Montpellier, le 17 janvier dernier, sonne comme une première victoire pour tous les malades du Levothyrox, nouvelle formule. C’est en effet la première fois, depuis qu’a éclaté l’affaire au cours de l’été, qu’un tribunal ordonne qu’une expertise médicale soit effectuée sur une malade «afin de rechercher l’origine, les causes, la nature et l’étendue des troubles présentés; indiquer la nature des changements apportés à la formule du médicament Levothyrox et les éléments ayant conduit à ce changement» et surtout « rechercher si l’état de santé actuel de la requérante présente, et dans quelle mesure, un lien avec le changement de formule du médicament Levothyrox ».

« C’est une décision satisfaisante», confie le conseil rémois de la plaignante. «C’est la première fois qu’un tribunal ordonne une telle analyse. Un expert va enfin s’intéresser à la composition de cette nouvelle formule, puisqu’en France, nous ne trouvons aucun laboratoire qui accepte d’analyser le médicament. Il a fallu que j’emmène le cachet en Italie pour le faire analyser! C’est en cours. Nous recherchons tous des éléments inorganiques, des traces de métaux lourds… Nous saurons enfin ce que tout le monde veut nous cacher ! »

 

Les autres points

De nombreuses procédures en justice en cours 

Aujourd’hui, le nombre de patients français souffrant de problèmes de thyroïde et traités au Levothyrox est estimé à 2,3 millions. En raison de la vague d’indignation soulevée depuis cet été, nombre de patients se plaignant d’effets secondaires depuis l’introduction de la nouvelle formule en mars 2017, le laboratoire Merck Serono, qui commercialise le Levothyrox, s’était vu dans l’obligation de remettre momentanément l’ancienne formule en circulation. Celle-ci doit être progressivement remplacée dans l’ensemble des pays européens au cours de l’année 2018. Plusieurs procédures en justice entamées par des patients sont toujours en cours.

LE NOMBRE DE SIGNALEMENTS D’EFFETS INDÉSIRABLES EST « INÉDIT»

Plus de 17 000 signalements d’effets indésirables liés à la nouvelle formule du Levothyrox ont été recensés depuis fin novembre selon le rapport de pharmacovigilance remis le 30 janvier à l’Agence du médicament (ANSM). Les très nombreux signalements, majoritairement des patients, via le portail de déclaration mis en place par le ministère de la santé depuis mars 2017, ont même dépassé les capacités de gestion puis de saisie des cas. 5 062 enregistrés, l’ont été comme comportant un critère de gravité. Au sein des 5062 cas ont été recensés 25 151 effets indésirables.

Ce deuxième rapport du centre de pharmacovigilance de Rennes a confirmé les données déjà révélées : les effets indésirables en rapport avec la nouvelle formulation du Levothyrox sont souvent graves, invalidants, pouvant mettre en jeu le pronostic vital.

19 DÉCÈS DE PATIENTS SOUS LEVOTHYROX NOUVELLE FORMULE

Le rapport précise par ailleurs qu’entre le 27 mars 2017 et le 9 janvier 2018, 19 décès de patients sous Levothyrox nouvelle formule ont été enregistrés dans la base nationale de pharmacovigilance. Mais, « il n’y a pas de lien établi » entre ces décès et le traitement, a indiqué à l’AFP Christelle Ratignier-Carbonneil, directrice générale adjointe de l’ANSM.

La mobilisation du collectif se poursuit


« J’avais prévenu, il va falloir se battre bec et ongles », insiste Me Lefevre, avocat du collectif.

Le collectif Grand Est des victimes du Levothyrox, nouvelle formule, est entré dans la fronde en novembre dernier, après une première réunion d’information qui avait réuni à Reims plus de 200malades de la thyroïde. Ils étaient une centaine à Laon, le 29 janvier à venir témoigner des souffrances endurées et bien trop souvent niées. Deux autres réunions sont à venir, une ce soir à Aÿ, une autre le 19 février à Charleville-Mézières. « Preuve que nous ne sommes pas des malades imaginaires », insiste Marie-Thérèse Picot, présidente du collectif, elle-même malade de la thyroïde.

Depuis novembre, l’avocat rémois du collectif, M e Lefevre, a multiplié les rencontres avec les victimes. Il comptabilise à ce jour une cinquantaine de dossiers déjà constitués et se prépare à attaquer en justice, même s’il a dû revoir le calendrier initialement prévu en raison des récentes décisions de justice qui ont débouté des plaignants qui demandaient la remise sur le marché de l’ancienne formule. « Le laboratoire Merck ayant annoncé qu’il venait de remettre sur le marché un stock de médicaments, les magistrats ont estimé que l’urgence n’existait plus. Cela ne change rien à notre mobilisation. Nous continuons nos réunions, nos investigations. J’avais prévenu les plaignants que ce ne serait pas facile, que ce serait un travail de longue haleine, qu’il faudrait se battre bec et ongles. C’est le cas. Nous avons un certain nombre d’éléments à faire valoir. Cette affaire ne fait que débuter. »

E-mail : victime.levo.grandest@gmail.com

Caroline GARNIER

Extrait de l'union du 08/02/2018

    

    

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