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  La Presse

70 ans après, la Sécu est toujours là

 

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La maison médicale de garde va déménager
Les cris de douleur et de colère des infirmières

Des douleurs aux articulations

Le carnet de santé numérique, bientôt une réalité

Les cabines UV dans le collimateur

L’ Intelligence artificielle et les algorithmes au chevet des humains

Le Baclofène autorisé contre l’alcoolisme

Un don d’organes qui peut sauver des vies

Le médecin se réserve en ligne

Les cabines de bronzage pointées du doigt 

Le mystère des bébés mal formés reste entier

Des photos au profit de Godinot

Cette fois pour aider l’imagerie médicale, les mécènes ont encore frappé au CHU

Une imagerie médicale à faibles doses de rayons

Nouvelles règles pour les génériques

Les donneurs de plasma n’ont rien à craindre ici

Anorexie, boulimie, un temps pour en parler

L’état de santé de nos urgences

Les téléconsultations désormais remboursées

L’espérance de vie en Europe menacée par l’obésité

Généralisation du dossier médical partagé à compter d’octobre
Les leçons du Levothyrox

Professeur René Frydman : La médecine doit s’adapter à la société

Lagardère va céder Doctissimo et MonDocteur
La rougeole en forte recrudescence

Philippe ULMANN : Votre santé lui tient à cœur

L’addiction aux jeux vidéo classifiée comme une maladie

Chaque jour, il faut 560 dons pour répondre aux besoins des malades

Plus de 6.000 greffes réalisées en 2017

Donner une autre vie au matériel médical

Quand la bioéthique flirte avec la science-fiction

Un débat sur la fin de vie qui en rappelle d’autres

Des coordinateurs pour soulager les docteurs

Huit partenaires d’accord pour soutenir une quarantaine d’actions sanitaires

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Portes ouvertes sur la psychiatrie
Courlancy développe la prise en charge des seniors à Reims
Les opticiens dans le flou

Menace sur l’accueil de nos aînés

 2017

La médecine à distance est à nos portes
La télémédecine bientôt remboursée

Pas tous égaux devant les frais de santé

La vaccination contre la grippe

Sport sur ordonnance
DoctoLib simplifie les rendez-vous entre médecins et patients

Agnès Buzyn Vaccinée pour les dossiers chauds ?

D’une veine  à l’autre, parcours d’une poche de sang

La consultation chez le généraliste passe à 25 €

 2017-03-14 – La carte vitale, c’est automatique
Trois mille patients vont tester, à Reims , le dossier médical numérisé de la start-up InnovSanté

  2016

InnovSanté « facilite » l'hôpital grâce au numérique
Algues vertes : un risque sanitaire sous-estimé
La santé au coin de la rue
Une nouvelle action pour les patients victimes de produits de santé
Médecin de campagne et fier de l'être
Grippe et maladies respiratoires: comment éviter les complications ?
L'homéopathie à trop petite dose
Une école pour les chiens guides
Chiens guides pour déficients visuels
À la chasse aux ondes nocives
Clown à l'hôpital, un vrai métier
Ils les façonnent ensemble innovations de demain

La start-up rémoise Innov Santé a conçu la carte vitale 2.0

Hydrocution, un malaise en eaux troubles ?
Les ravages de la maladie de Lyme
Créer le Vidal de la santé numérique!
Gare aux objets connectés pour les enfants
Près de Lyon, le plus grand site de production de vaccins au monde
Haute-technologie contre le diabète 
Si difficile accès aux soins
Nous mettre à l'aise dans nos baskets
S0S Médecins toujours là, 50 ans après une naissance difficile
Tatouages, des erreurs qui font mal

Pour ne plus ignorer l'asthme
Du verre pour régénérer les os
Haute-technologie contre le diabète
Pharmacien, un métier à risque
La phytothérapie s'affirme
Trois minutes à -110º C
Une start-up rémoise titrée
La psychiatrie aussi souffre de pénurie
La cryothérapie pour soulager les maux du corps et de l'esprit

Bientôt, un pôle de cryothérapie à Bezannes près de Reims
A Reims, des opérations diffusées en direct pour se former
Le laser pour s'affranchir du stress et du tabac
Bientôt, un pôle de cryothérapie à Bezannes près de Reims
Tiers payant pour tous, calendrier et mode d'emploi
 
Se piquer du métier d'infirmier
Débat ouvert sur la vaccination
Comment l'impression 3D bouleverse les pratiques chirurgicales à Reims

   2015
Don du corps à la science, la mort au service de la vie
Prévenir les suicides, mode d'emploi
Pourquoi, les régimes ne marchent pas
On vous opère dans la journée le soir vous êtes chez vous
Magnétiseur à Gueux, il se sert de ses mains pour soulager les maux
Découvrez les étranges pratiques médicales du Moyen Âge
Dr Kariger: «La télémédecine n'a pas sa place à Bezannes»
L'aromathérapie, un marché en forme

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


La maison médicale de garde va déménager

D’ici le deuxième trimestre 2019, la maison médicale de garde quittera la Clinique   de Champagne, au centre-ville, pour rejoindre l’hôpital et ainsi se rapprocher des urgences.


Frédéric Déprez, directeur technique du CHU, à l’entrée de la future maison médicale de garde. Objectif du déménagement: désengorger les urgences en offrant aux patients dont l’état ne nécessite pas une hospitalisation, une solution toute proche. Et inversement: si le cas d’une personne se présentant à la maison médicale d’urgence est plus grave que prévu, celle-ci pourra la rediriger vers les urgences plus facilement. M.D.

La Maison médicale de garde va bientôt faire ses cartons. Créée au début des années 2000 et hébergée par le Centre hospitalier universitaire au rez-de-chaussée de la Clinique de Champagne, rue de l’Université, elle va rejoindre le site de l’hôpital, rue Cognacq-Jay, au début du deuxième trimestre 2019.

1 - UN ACTEUR DE LA PERMANENCE DES SOINS

« Pour bien comprendre ce projet, il faut comprendre comment s’organise la permanence des soins » , c’est-à-dire la prise en charge des patients en dehors des horaires d’ouverture des cabinets médicaux, soit de 20 à 8heures en semaine et du samedi 13heures au lundi 8 heures, insiste le Docteur Sébastien Blateau, trésorier du conseil départemental de l’Ordre des médecins et responsable de l’organisation de la permanence des soins au sein de l’Ordre. « Cette permanence est gérée par un cahier des charges régional – le nouveau, réécrit dans le cadre du Grand Est, sortira en janvier – créé par tous les acteurs de la réponse médicale d’urgence, à savoir l’Agence régionale de santé, le Samu centre 15, les urgences, les conseils départementaux et régionaux de l’Ordre des médecins, les associations de garde existantes, la Caisse primaire d’assurance maladie, le Préfet, les pompiers, ambulanciers et pharmaciens. » Son objectif : «Optimiser la réponse médicale pour qu’elle soit ajustée aux besoins ; pour aller au plus vite, au plus sensé. » Et éviter les drames.

15 CONSULTATIONS EN MOYENNE PAR JOUR DE GARDE

Et cela passe par la régulation médicale via le centre 15, où les médecins régulateurs hospitaliers ou libéraux présents sont chargés d’orienter les patients, en fonction de la nécessité, vers l’un des acteurs de la permanence des soins. La maison médicale de garde est l’un d’eux. « Elles ont été créées pour répondre aux besoins du secteur » , précise le médecin. « Mais avec l’expérience, on s’est rendu compte que les gens allaient aux urgences, et que nous n’avions qu’une fréquentation modeste à Reims » , à savoir 15 consultations par jour de garde (moyenne pondérée des actes à l’année). La solution : rapprocher la maison médicale de garde des urgences. « Pour que la meilleure réponse soit donnée au meilleur moment. » Et que les urgences ne soient plus « prises à la gorge par des dizaines de consultations qui n’ont rien à y faire » , note le Docteur Blateau, qui cherche depuis plusieurs années « à rendre l’outil plus performant ».

2 - L’APPEL AU 15 AVANT TOUT

« Il faut garder l’habitude de passer par le centre 15 » , souligne notre interlocuteur, qui renvoie aussi à SOS Médecins, effecteur officiel de la permanence des soins. « Car le risque, c’est que quelqu’un souffrant de douleurs thoraciques se présente directement à la maison médicale alors qu’il s’agit d’un infarctus. C’est une perte de temps, une perte de chance. Ce n’est pas pour embêter les gens qu’on les fait appeler. C’est pour mieux les orienter. » Et de préciser : «Ce qui ne veut pas dire qu’on répondra systématiquement aux demandes : certaines sont de confort. Ce n’est pas l’objectif de la permanence des soins. (...) Cela ne sert à rien d’encombrer le système, qui est un bien collectif, au service de tous, et destiné à apporter une réponse égalitaire, quelle que soit sa situation. »

3 - ZOOM SUR LA NOUVELLE MAISON MÉDICALE DE GARDE

La maison médicale de garde de demain sera ouverte les samedis, dimanches et jours fériés comme auparavant. Mais également - c’est nouveau - de 20 heures à minuit en semaine. Pour autant, elle n’a pas vocation à résoudre un problème qui aurait pu être réglé en médecine classique. Avant 20 heures, le médecin traitant reste le référent. « Les services d’urgence ne doivent pas être des services de consultation rapide », lance le responsable de la permanence des soins, qui précise que de minuit à 8heures, « c’est le médecin régulateur qui, au cas par cas, prendra la décision thérapeutique adaptée ».

TENUE PAR UNE ASSOCIATION DE MÉDECINS

Cette maison médicale de garde sera tenue par une association de médecins volontaires pour prendre des gardes, tout juste créée (l’actuelle fonctionne suivant un autre mode associatif) et prendra en charge adultes et enfants. Dans un premier temps, un seul médecin y assurera une présence. En fonction de l’affluence, ce chiffre pourrait être doublé. « Cette maison sera libérale, avec des médecins libéraux » , ajoute le Docteur Blateau. « Ils ont des honoraires de garde, codifiés par la CPAM. Ce n’est pas un dispensaire gratuit. Les patients devront payer la consultation. » 50 € environ, contre 150 € aux urgences. « La dépense sur la permanence des soins doit être optimisée. Il faut réduire les coûts. »

Future voisine des urgences de l’hôpital

 « On est en train de travailler sur le calendrier, on prévoit l’ouverture plutôt au début du deuxième trimestre 2019 », indique Frédéric Déprez, directeur technique du CHU, tenu par les délais de procédures administratives incombant à tout établissement recevant du public. « Nous avons reçu une délégation de médecins, avec le conseil de l’Ordre, il y a une semaine. Nous avons discuté des aménagements souhaités, des équipements dont ils avaient besoin. On a convenu de représenter un plan d’aménagement et de se revoir. »

Les locaux qui accueilleront la Maison médicale de garde se situent au rez-de-chaussée du bâtiment sis face au nouveau pôle d’odontologie, au cœur de Maison-Blanche. Trois pièces « un peu défraîchies », inutilisées depuis longtemps, ont été identifiées et seront réhabilitées. Deux salles de consultations sont prévues, pour permettre, si besoin, la présence de deux médecins simultanément, ainsi qu’une salle d’attente, dans laquelle il s’agira d’apporter un peu de lumière, et un petit secrétariat. « On ne touche pas au reste du bâtiment », précise M.Déprez. « C’est un laboratoire partiellement vidé lors de l’ouverture de l’American Memorial Hospital, qui le sera totalement à l’ouverture du nouveau laboratoire de biologie. Il ne restera que les salles d’instances du CHU au rez-de-chaussée. »

Et de poursuivre : « Ce qu’on a recherché, c’est la proximité avec le bâtiment des urgences, si les patients doivent passer de l’un à l’autre. On voulait d’ailleurs s’installer aux urgences, mais il n’y avait pas la place pour. »

Accessible, le bâtiment choisi bénéficie de places de stationnement juste devant (un parking verra en plus le jour en 2019 à deux pas, à la place de l’institut régional de formation) et d’un accès séparé de l’hôpital.

Notons que le local ainsi libéré à la Clinique de Champagne, où résident le Centre d’Accueil Thérapeutique à Temps Partiel (CATTP), une unité de psychiatrie adultes de l’Établissement Public de Santé Mentale de la Marne, et de nombreuses associations du réseau Santé, ne devrait pas rester vide bien longtemps. « Il y a beaucoup de demandes »,  glisse M.Déprez.

Marion DARDARD

 Extrait de l'union du 10/12/2018

    

    

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Les cris de douleur et de colère des infirmières  

« Sacrifiées », utilisées « comme des pions » et jetées « à la poubelle » : dans leurs manifestations, hier, les infirmières ont exprimé un profond malaise et réclamé «une vraie place » dans le plan santé.  


Des Infirmières des secteurs publics, privé et libéral ont manifesté devant la préfecture à Marseille pour réclamer plus de reconnaissance de leur profession. AFP

Infirmières oubliées, patients en danger » : plus d’un millier d’infirmières et infirmiers ont manifesté partout en France, hier, pour dénoncer le « mépris » du gouvernement à l’égard de leur profession, en manque de «reconnaissance » et de moyens, humains comme financiers.

Qu’ils soient libéraux ou salariés, les 660 000 infirmiers – des femmes à plus de 80 % – étaient invités à cesser le travail par une dizaine d’organisations remontées contre le plan santé présenté en septembre par l’exécutif, « trop centré sur les médecins ». « C’est tout le contraire », s’est défendue la ministre de la Santé Agnès Buzyn : ce plan « décharge sur l’ensemble des professionnels de santé la responsabilité des prises en charge » des malades chroniques. « Je ne comprends pas bien la revendication », a-t-elle poursuivi. Une délégation de manifestants a été reçue par son ministère.

Nous nous sentons sacrifiées, complètement oubliées (…) aussi bien en milieu hospitalier qu’à domicile
Sandra Dupuis, 41 ans et 20 ans de métier en tant qu’infirmière

Une centaine de personnes, en blouses blanches ou bleues pour certaines, s’étaient rassemblées dans le silence sous ses fenêtres dès 14heures à Paris. Elles étaient entre 250 et 300 à Rennes, 200 à Lille, autant à Lyon, environ 150 à Strasbourg, 300 à Toulouse, 200 à Marseille, une centaine à Rouen, 90 à Nantes et 50 à Orléans, selon des sources policières, une centaine à Nancy, selon la préfecture de Meurthe-et-Moselle.

« Plan santé au bûcher », ont scandé les manifestants lillois, dont les pancartes clamaient « Ne bradez pas nos compétences ».

Dans le viseur du plan santé, la création de 4 000 postes d’assistants médicaux, à mi-chemin entre le secrétariat et le métier d’aide-soignante, pour soulager les médecins. « On invente des nouveaux métiers » financés par la Sécurité sociale « pour faire des choses qu’on fait déjà depuis de nombreuses années » alors que «nous, les libéraux, on reste avec des tarifs qui défient toute concurrence », s’est indignée Sandra Dupuis, une infirmière ayant vingt ans de métier. « Chez nous les soldes, c’est toute l’année », a abondé, à Bordeaux, sa consœur Karine Sauvage, infirmière libérale dans les Landes. « On est les seuls (personnels de santé) à être sur le terrain 365 jours par an, sept jours sur sept, et les seuls à faire des actes non rémunérés. »

On est des soignants, pas des banquiers    

Marie-Cécile Decker, infirmière de bloc opératoire à Mulhouse, dans le Haut-Rhin : «Nous souhaitons que notre formation soit reconnue à un niveau master et que nos conditions de travail s’améliorent, que le ministère de la Santé entende que les gens s’épuisent au travail. Il y a un gros turn-over des jeunes. Au niveau de la sécurité, cela devient limite, on est toujours à flux tendu, les créneaux opératoires sont courts et les journées de travail se rallongent. »

Annick Fillot, infirmière libérale à Six-Fours-les-Plages, dans le Var : « Nos compétences sont dilapidées. Les pharmaciens font des vaccins, ils ne sont pas formés pour, on leur apprend à piquer dans des oranges. Le nouveau métier (d’assistant médical, ndlr) on ne sait pas ce que ça va être, moitié secrétaire, moitié infirmière, avec un semi-diplôme… Nous, on a fait trois ans et demi d’études, on a une formation continue. On ne peut pas mettre notre profession à la poubelle comme ça. Même économiquement ça n’a pas de sens. On est les moins chers de la santé, on fait une toilette à 4euros, une injection à 8 euros brut, trouver moins cher c’est pas possible.»

Nadine Bruyère, infirmière de bloc opératoire à Firminy, dans la Loire : « L’évolution de notre système de soins est catastrophique. On manque de moyens, on nous démoralise, on nous démotive, on nous maltraite. On nous utilise comme des pions. On supprime des postes et on nous demande de travailler toujours plus. Évidemment ça se ressent sur la qualité des soins. Il faut toujours aller vite, parce qu’on a tant de personnes à soigner. Mais moi je m’en fiche, ce qui m’importe c’est la personne qui est sur la table d’opération. On est des soignants, pas des banquiers. »

Valérie Bertrand, infirmière libérale à Brandivy, dans le Morbihan : « Ce qui nous fait monter au créneau, c’est la création de postes d’assistants médicaux. Ce seront des secrétaires sanitarisées, ça ne va pas améliorer la prise en charge des patients. Nos compétences ne sont pas mises en valeur. On nous grignote de toutes parts, la vaccination est élargie aux pharmaciens. Mais un patient qui sort de l’hôpital un samedi ou un dimanche, qui peut le prendre en charge ? L’infirmière libérale, qui est toujours là pour désengorger les urgences et les services hospitaliers. Sur le terrain, les infirmières peuvent peut-être aider à combler la désertification médicale. Nous sommes les seules à aller quotidiennement au domicile des patients. »

Claire Pananceau, membre du syndicat Sniil (libéraux), venue des Ardennes au rassemblement parisien, n’a ainsi rien touché pour la prise en charge, la veille, d’une dame de 87 ans qui avait fait un malaise. « Je suis passée la voir car le médecin n’était pas joignable entre midi et 14 heures. Je l’ai appelé, il a réadapté son traitement puis je suis repassée la voir. C’est moi qui ai tout déclenché » mais ce travail n’est pas reconnu dans les grilles tarifaires, a-t-elle expliqué. Cet été, les syndicats libéraux avaient quitté leurs négociations tarifaires avec l’Assurance maladie, jugeant ses propositions insuffisantes. Ces discussions reprendront « début décembre », selon Agnès Buzyn.

1 600 EUROS PAR MOIS EN DÉBUT DE CARRIÈRE

Autre motif de mécontentement, la possibilité pour les pharmaciens de vacciner contre la grippe, expérimentée dans certains territoires et qui sera généralisée l’année prochaine. Quant à la création d’un nouveau métier d’infirmier en pratique avancée (aux compétences élargies), elle ne concernera qu’une minorité de professionnelles qui seront maintenues « sous le joug du corps médical », selon Daniel Guillerm, du syndicat FNI (libéraux).

Chez les hospitaliers, « la souffrance » et la « perte de sens » au travail persistent « dans tous les secteurs », selon Nathalie Depoire, du syndicat CNI, et « les cas d’épuisements professionnels se multiplient ». « Il y a un manque d’effectif dans beaucoup d’établissements et les heures supplémentaires s’accumulent en quantités non négligeables » a regretté Laurence Etter, élève en formation d’infirmière de bloc opératoire aux hôpitaux civils de Colmar.

« Une infirmière gagne 1 600 euros par mois en début de carrière et travaille un week-end sur deux », a rappelé Cathy Le Gac dont le syndicat, SUD-Santé, s’est greffé au rassemblement parisien, bien moins pourvu qu’en novembre 2016.

Cette année-là, des milliers d’infirmiers et aides-soignants avaient défilé partout en France au cours d’un mouvement unitaire inédit depuis 30ans, auquel s’étaient joints les syndicats d’étudiants infirmiers et les grandes centrales comme FO ou la CGT, ce qui n’était pas le cas hier.

 Extrait de l'union du 21/11/2018

    

    

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 Des douleurs aux articulations

Très méconnu, le rhumatisme psoriasique touche près d’un tiers des personnes souffrant d’un psoriasis cutané.

Le psoriasis est surtout connu pour sa manifestation cutanée, explique Roberte Aubert, présidente de l’association France Psoriasis. Or dans environ un tiers des cas, il peut s’accompagner de douleurs aux articulations. Il s’agit alors du rhumatisme psoriasique. »

Pris en charge tardivement,l e rhumatisme psoriasique risque d’abîmer de manière irréversible les articulations

Les symptômes se traduisent par des douleurs nocturnes et des raideurs matinales qui nécessitent un dérouillage long pour le patient. L’inflammation au niveau des doigts et des orteils peut entraîner un gonflement sur plusieurs jours. Au-delà de la douleur très importante, le rhumatisme psoriasique impacte fortement la qualité de vie des patients, avec notamment une fatigue persistante.

Selon l’enquête PsoRhuDerm, diligentée par l’association France Psoriasis, la Fédération française de Formation Continue et d’Evaluation en Dermatologie (FFFCEDV) avec le soutien de Celgene, 43 % des patients interrogés souffrant de rhumatisme psoriasique n’abordent pas le sujet avec leur dermatologue. Ils estiment en effet que leur rhumatisme n’a rien à voir avec leur psoriasis. « Ceci explique le retard diagnostique, précise Roberte Aubert. Cette étude montre très clairement qu’il existe un défaut d’information des patients. Ils n’ont pas souvent conscience qu’il peut s’agir d’une même maladie. On peut passer pendant des années à côté d’un rhumatisme psoriasique. » En effet, en moyenne le retard de diagnostic du rhumatisme psoriasique s’établit à 5 ans.

« Lors de la première consultation avec un diagnostic de psoriasis, on interroge systématiquement le patient sur d’éventuelles douleurs articulaires, souligne le Dr Derancourt, dermatologue libéral. Lors du suivi, selon sa fréquence, les signes articulaires ne sont pas abordés à chaque fois. Pour un patient traité pour un psoriasis qui voit un dermatologue ponctuellement, par exemple tous les 2 à 3 ans, en alternance avec son médecin traitant, la question des douleurs articulaires est abordée de manière systématique.»

MIEUX INFORMER LES PATIENTS

Pour plus d’un tiers des patients interrogés (34,8 %), l’ancienneté des signes articulaires était de moins d’un an quand la question a été abordée avec le dermatologue, pour la première fois. En revanche pour 35,9%, l’ancienneté des symptômes datait de plus de 5 ans ! « Il est primordial d’informer les personnes atteintes de psoriasis cutané que leurs douleurs articulaires peuvent intéresser leur dermatologue », indique Roberte Aubert.

« En tant qu’association, nous pensons que le patient a un rôle clef dans sa prise en charge. Un malade bien informé est un meilleur interlocuteur pour son médecin. C’est pourquoi nous avons décidé de lancer une campagne entièrement dédiée au rhumatisme psoriasique. Elle s’articule autour de trois films et d’une brochure d’information pour alerter les patients.»

Pour davantage d’informations, consultez le site de l’association France Psoriasis : www.francepsoriasis.org. Pour la contacter : 01 4239 02 55 ou info@francepsoriasis.org.

 Extrait de l'union du 08/11/2018

    

    

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Le carnet de santé numérique, bientôt une réalité

Maintes fois annoncé, maintes fois repoussé, le dossier médical partagé (DMP)  a été présenté en grande pompe, hier, par la ministre de la Santé Agnès Buzyn.


Près d’1,9 million de personnes disposent actuellement d’un dossier médical partagé, loin de l’objectif de 40 millions d’ici à 5 ans fixé avec les professionnels de santé.AFP

Attendu depuis près de 15 ans, le dossier médical partagé (DMP), sorte de carnet de santé numérique, pourrait enfin prendre son envol. Hier, la ministre de la Santé Agnès Buzyn a lancé en grande pompe la généralisation de cet outil selon elle « indispensable à la médecine de demain ». « Maintes fois annoncé, maintes fois repoussé », le DMP « doit devenir demain une évidence pour tous les Français, comme l’est devenue la carte Vitale », a précisé la ministre.

Un objectif partagé par Nicolas Revel, le directeur général de l’Assurance maladie chargée du dispositif rénové, testé depuis 2016 dans neuf départements, et par Alain-Michel Ceretti, le président de France Assos Santé, représentant de 80 associations de patients.

Il doit devenir demain une évidence pour tous les Français, comme l’est devenue la carte Vitale
Agnès Buzyn, ministre de la Santé

Alors que l’on peut « commander un billet de TGV » ou « consulter ses comptes bancaires sur son smartphone », il est grand temps de pouvoir accéder facilement à ses propres informations de santé, a fait valoir M. Ceretti, saluant « un jour à marquer d’une pierre blanche ».

Chaque assuré social peut désormais se rendre sur le site dmp.fr pour créer son carnet en ligne, et télécharger l’application mobile dédiée. Non obligatoire, « gratuit, confidentiel et sécurisé », le DMP « conserve précieusement » les informations de santé du patient, libre de les partager avec son médecin traitant, son kinésithérapeute, son infirmière, etc., promet l’Assurance maladie. Il permet de « retrouver dans un même endroit » son historique de soins des 24 derniers mois, ses antécédents médicaux (pathologie, allergies…), ses résultats d’examens (radio, analyses biologiques…), les comptes rendus d’hospitalisation ou encore les coordonnées des proches à prévenir en cas d’urgence.

De quoi satisfaire Fabienne, 57 ans, dont l’allergie aux sulfamides (antibiotique) a failli lui coûter la vie il y a quelques années, après une opération. « Je savais que j’étais allergique à un médicament mais ne me souvenais plus lequel, alors l’anesthésiste a supposé qu’il s’agissait de la pénicilline. » Éviter ce type d’incident, mais aussi les interactions médicamenteuses dangereuses ou les actes redondants et inutiles est la vocation du DMP, également censé favoriser la coopération entre les professionnels de santé. Il est de ce fait particulièrement recommandé aux personnes atteintes de pathologies chroniques ou aux femmes enceintes.

Près d’1,9 million de personnes disposent actuellement d’un DMP, loin de l’objectif de 40 millions d’ici à 5 ans fixé avec les professionnels de santé. Mais plusieurs innovations devraient contribuer à lever certains freins, aux côtés d’une campagne nationale d’information baptisée « DMP, la mémoire de votre santé

UN PROJET DÉJÀ PRÉSENTÉ EN… 2004 !

Présenté pour la première fois en 2004 par le ministre de la Santé de l’époque, Philippe Douste-Blazy, le DMP est tombé dans le giron de l’Assurance maladie en 2016, en vertu de la loi santé de Marisol Touraine, soucieuse de relancer un dispositif au point mort malgré son coût, « d’au moins 210 millions d’euros » en sept ans, selon la Cour des com.

 Extrait de l'union du 07/11/2018

    

    

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L’ Intelligence artificielle et les algorithmes au chevet des humains

Détection des cancers, assistance opératoire, examens ADN, prothèses intelligentes, suivi des pati ents à distance ... l'intelligence artificielle montre des capacités médicales de plus en plus prometteuses. Et si les algorithmes tant redoutés participaient finalement au salut de l'humanité ?


Assister un chirurgien tocs d'une intervention délicate, dépister un cancer du sein. trouver des anol1alies génétiques, Contrôler des pacemakers à distance, prendre soin des personnes dépendantes de  l'intelligentce artificielle sait tOlitfaire. @ fotoméUa

De l'algorithme au robot

Peu à peu, les algorithmes vont prendre corps. Les robots d'assistance aux personnes sont déjà une réalité et orent des pistes prometteuses pour répondre aux problématiques de la fin de vie et de la dépendance. D'autres machines viennent aider les médecins lors d'interventions médicales délicates. Les prothèses intelligentes fonctionnent de l'IA. Là un cœur artificiel intelligent, ici un bras biomécanique. L'lA est d'ores et déjà capable de réparer un être humain, elle l'augmentera bientôt. Avant d'être le Terminator destructeur des mondes tant redouté, la technologie se met donc au chevet de l'homme. Et c'est peut-être là son plus grand danger: et si l'lA n’affrontait pas l'homme, mais se fonder en lui ? Jusqu'à le dissoudre ?

 La médecine a toujours été un vecteur important du développement technologique. La révolution des IRM et de la radiographie, à la fin du xx' siècle est là pour en témoigner. La mise en place récente de la téléconsultation, encouragée par les autorités pour réduire les coûts de la santé, relève de cee appétit du monde médical pour le progrès technique. Il n'est pas étonnant, alors, que l'intelligence artificielle soit scrutée de près. Apparue au milieu des années 50, l'lA a toujours eu pour objectif de remplir des tâches humaines en tentant de calquer ses mécanismes sur ceux du cerveau. Un projet simple sur le papier, mais qui s'est avéré redoutablement complexe.

Au gré des impasses et des échecs, deux grands courants de recherche sont nés. Le premier vise à créer une machine, capable de raisonner comme un être humain, avec le risque que cette intelligence, .dite forte, dépasse un jour celle de son créateur. C'est le fameux Terminator de la saga futuriste. Le second mouvement est plus humble, mais pas moins ambitieux : il vise à créer des algorithmes, dit faibles, aptes à aider les hommes dans les tâches les plus fastidieuses.

Face aux dangers de la première forme d'lA et à son impossibilité technique potentielle, l'essentiel des recherches et des investissements se concentre aujourd'hui sur la forme faible. On en retrouve les applications dans de nombreux domaines de notre vie quotidienne, du « matching » sur les réseaux sociaux à la reconnaissance vocale, en passant par l'assistance médicale. Le point commun de tous ces systèmes est qu'ils sont codés et pensés pour des actions précises et ne peuvent pas dépasser le cadre .qui leur est donné. Pour se perfectionner, ils sont capables d'apprendre grâce, notamment, à leur boulimie de données, le fameux « big data. »

DES ANALYSES DE PLUS EN PLUS PRÉCISES

Au milieu des années 80, les premiers systèmes experts « moulinaient t les savoirs médicaux dans des domaines comme l'identification d'infections bactériennes (Mycin) ou la détection d'ictères (Sphinx) et aidaient déjà les médecins dans leur diagnostic. Aujourd'hui, l'intelligence artificielle se nourrit descentaines de millions d'examens réalisés chaque année (radiographie, IRM, scanner, prise de sang, analyse ADN, etc…), les classe, les hiérarchise et repère avec une précision remarquable les critères qui déterminent la présence ou non d'une maladie. Début octobre, Google a montré que son lA médicale, Lyna, était capable de repérer un cancer du sein sur des scanners différents_, avec une fiabilité de 99 %. Des pathologistes ont analysé, dans le cadre d'une étude sur les capacités de Lyna, 70 images scanners à deux reprises.

Dans un premier temps, ils étaient seuls; dans un second, ils étaient assistés par l'lA. leur taux de réussite moyen est passé de 83 à 91 % lorsqu'ils étaient épaulés, Mieux, le temps d'analyse a étéréduit de 50 %. Les grands noms des nouvelles technologies, de Google à IBM en passant par Siemens, Philips ou Microsoft, ont tous investi massivement dans le domaine. Repérage des mélanomes sur les photos de la peau, dépistage des rétinopathies diabétiques avec la start-up française DreamUp Vision - interprétation des encéphalocardiogramme (Cardiologs), écoute à dis, - tance des pacemakers (Implicity) Séquençage ADN ..• les champs d'ap plication sont infinis.

Extrait de l'union du 29/10/2018

    

    

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Le Baclofène autorisé contre l’alcoolisme

C’est l’aboutissement de dix ans d’espoirs et de controverse : le baclofène a été autorisé hier pour traiter l’alcoolisme, mais à une dose réduite, ce qui mécontente ses partisans.


Le baclofène aiderait à limiter l’envie irrépressible de consommer de l’alcool.Illustration AFP

Le baclofène, décontractant musculaire utilisé par de nombreux alcooliques hors de son indication d’origine, pourra être commercialisé dans le cadre de la lutte contre cette addiction, a décidé l’Agence du médicament (ANSM). Elle a répondu favorablement à une demande du laboratoire Ethypharm en lui accordant une autorisation de mise sur le marché (AMM) pour le produit qui sera vendu sous le nom de Baclocur (10, 20, 40 mg).

« Ça n’est pas un blanc-seing , a toutefois prévenu le directeur général de l’ANSM, Dominique Martin. Ce médicament n’est pas anodin et doit être manié avec beaucoup de précautions. »

Le baclofène ne pourra être prescrit aux alcooliques qu’à une dose maximale de 80 mg/jour, après échec des autres traitements.

UN USAGE ALTERNATIF

Le produit est utilisé depuis les années soixante-dix comme relaxant musculaire, mais son usage a peu à peu été détourné vers le traitement de l’alcoolisme. Cet usage alternatif a explosé en 2008 avec la parution du livre Le dernier verre d’Olivier Ameisen. Ce cardiologue, décédé depuis, racontait dans son ouvrage comment ce médicament avait supprimé son envie de boire.

Le baclofène à fortes doses (plus de 180 mg par jour) fait plus que doubler le risque de décès par rapport aux autres médicaments contre l’alcoolisme

Depuis 2014, le baclofène était autorisé dans le traitement de l’alcoolisme grâce à une recommandation temporaire d’utilisation (RTU), désormais remplacée par l’AMM.

Cette décision intervient après une longue controverse : l’efficacité du baclofène est jugée sans équivalent par ses partisans, mais l’ANSM insiste sur ses risques.

L’Agence s’appuie sur une étude menée avec l’Assurance maladie. Selon elle, le baclofène à fortes doses (plus de 180 mg par jour) fait plus que doubler le risque de décès par rapport aux autres médicaments contre l’alcoolisme, et accroît de 50 % le risque d’hospitalisation. C’est la raison pour laquelle l’ANSM avait abaissé l’an passé la dose maximale autorisée de 300 à 80 mg, à la grande fureur de certains patients, qui avaient saisi, en vain, le Conseil d’État.

À l’origine de ces procédures, l’association Baclohelp a contesté le seuil de 80 mg/jour fixé dans le cadre de l’autorisation de mise sur le marché. « Cette décision met en danger tous les patients ont besoin de se soigner avec des doses supérieures. » Elle a annoncé son intention d’attaquer à nouveau cette limitation devant le Conseil d’État. Les partisans du baclofène s’appuient sur plusieurs études, qui démontrent selon eux « l’efficacité et la sécurité du baclofène jusqu’à 300 mg par jour ».

L’ANSM, elle, assure que la majorité des patients alcooliques traités avec le baclofène prennent moins de 80mg/jour. « Nous allons exercer une surveillance extrêmement attentive de ce produit (celui du laboratoire Ethypharm) dès qu’il sera commercialisé », a insisté M. Martin, en précisant qu’il pourrait « y avoir différentes évolutions. Si le bénéfice n’est pas celui qu’on attendait et s’il apparaît qu’il faut remettre l’AMM en cause, nous pourrions le faire à n’importe quel moment. Inversement, si des études à venir montrent que dans certaines situations, il peut être utile de dépasser 80 mg/jour, nous sommes ouverts à faire évoluer l’AMM en augmentant la dose maximale autorisée. »

STOP OU ENCORE

Selon son patron, l’ANSM a pris en compte « un besoin de santé publique » pour prendre sa décision. « En gros, c’était stop ou encore. Ne pas accorder l’autorisation ne nous aurait pas paru raisonnable au regard des besoins, de la gravité de la maladie alcoolique et du fait que des dizaines de milliers de personnes prennent ce médicament dans le cadre de la RTU. »

« Le baclofène a enfin une AMM. Celle-ci est prudente au regard des effets secondaires liés à son utilisation », a commenté l’addictologue Michel Reynaud, président du fonds Actions addictions.

Il aide certains alcoolo-dépendants

Ce médicament est habituellement utilisé pour traiter les contractures musculaires d’origine cérébrale ou neurologique, comme pour les malades atteints de sclérose, en plaques par exemple. Il permet une relaxation des muscles ainsi que l’inhibition de certains réflexes.

Pourquoi les alcoolo-dépendants utilisent ce médicament ? Pour les cas d’alcoolisme, le baclofène aiderait à limiter les « craving », c’est-à-dire l’envie irrépressible de consommer de l’alcool.

Pourquoi son utilisation fait débat ?Jusqu’à présent, le baclofène était utilisé hors autorisation de mise sur le marché dans le traitement de l’alcoolisme. C’est notamment la dose prescrite qui faisait débat, largement au-dessus de la posologie habituelle, pour des cas de contractures. Cette dose plus élevée serait à l’origine d’effets secondaires comme des vertiges, la perturbation du cycle du sommeil, des troubles digestifs... mais aussi des effets plus graves comme l’apparition de troubles dépressifs ; mais le traitement aurait aussi abouti, chez certains patients, à l’arrêt de la consommation d’alcool. Des résultats contradictoires qui ont freiné la France à prendre une décision sur le sujet plus tôt.

Ce médicament n’est pas recommandé pour les patients souffrant de maladies psychiatriques, d’épilepsie ou ayant une addiction à d’autres substances que le tabac et l’alcool.

 

Extrait de l'union du 24/10/2018

    

    

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Un don d’organes qui peut sauver des vies

La journée mondiale du don d’organe  et de la greffe, ce mercredi, vient rappeler combien  il est important de prendre position avant sa mort.


C’est grâce à un donneur compatible trouvé aux États-Unis que l’Ardennais Rémi Lefort a été sauvé.

L’ESSENTIEL

*.- PLUS DE 6 100 GREFFES D’ORGANES ont été réalisées en 2017 en France sachant de 23 828 patients étaient en attente d’un organe l’an passé.

*.- 500 PATIENTS en attente sont décédés faute de greffes disponibles.

*.- DANS LE GRAND EST, quatre établissements sont habilités à faire des greffes dont le CHU de Reims pour le  rein et la cornée. Dans les autres cas, les patients doivent se rendre à Paris.

*.- PLUS DE MILLE GREFFES RÉNALES ont été réalisés au CHU de Reims depuis les débuts en 1986 tandis qu’une centaine de greffes de cornées y ont été réalisés en 2017.

*.- DANS LES HAUTS-DE-France , quatre hopîtaux sont également concernés, dont celui d’Amiens dans l’ex-Picardie.

Grâce à lui, grâce à son don de cornée, deux personnes peuvent aujourd’hui voir. Il serait content… » Au-delà de la douleur d’avoir vu parti son père il y a quelques mois, Béatrice ne peut s’empêcher de penser que celui-ci doit être fier que ses enfants aient respecté ses dernières volontés.

La question du don d’organe n’est pourtant jamais simple à aborder au moment de la mort d’un proche. La situation aurait même pu être encore plus sensible pour la Marnaise et ses frères et sœurs car, en l’espace de quelques semaines, entre février et mars derniers, ils ont perdu leur mère et leur père. Et pourtant. « Quand les médecins nous ont posé la question sur la possibilité de prélever des organes, c’était une évidence pour nous. Cela faisait une vingtaine d’années que nos parents nous en avaient parlé. Ils avaient une carte stipulant leur accord. Il était pour nous hors de question d’aller contre leur avis. Pour ma mère, cela n’a pas été possible car elle avait un cancer. Mais pour mon père, on a pu prélever ses cornées. »

Béatrice insiste sur l’importance de cette discussion, a priori, avec ses parents. « C’est certain que s’il avait fallu réfléchir dans l’urgence, cela aurait été compliqué pour nous. Le fait que les personnes se positionnent en amont, c’est un poids en moins pour la famille », confie la Marnaise dont le mari et les trois enfants ont tous leur carte de donneur. « Moi aussi j’ai pris position, mais ce n’est pas par rapport à ce que nos parents nous ont dit. Cela remonte à plusieurs années. Ma fille avait une copine en 6e qui avait eu une grippe avec derrière une insuffisance cardiaque très sévère. Elle avait 11 ans. Elle était mourante. Et grâce à une greffe cardiaque elle s’en est sortie. Aujourd’hui elle est en pleine forme et vient d’avoir un bébé… »

Ce « don de vie », comme l’appel les médecins, Rémi Lefort vient d’en bénéficier. Si cet Ardennais de 71 ans refait aujourd’hui des sorties d’une cinquantaine de kilomètres à vélo, c’est en effet grâce à une greffe de moelle osseuse. Un juste retour des choses pour celui qui a longtemps donné son sang pour les autres.

« C’est d’ailleurs un de ses dons qui m’a sauvé la vie, explique Rémi Lefort. Je m’en souviens très bien. Le samedi 17 juin 2017, je reçois un coup de téléphone de l’Établissement français du sang. Mon 160 e don fait la veille est suffisamment suspect pour que je contacte rapidement mon médecin. Le 12 août, le verdict tombe. Le docteur Himberlin, hématologue à Reims, m’annonce une L.A.M c’est-à-dire une Leucémie Aiguë Myéloïde. Le 17 août, je suis hospitalisé à l’hôpital Robert-Debré de Reims. »

UNE CHANCE SUR UN MILLION DE TROUVER UN DONNEUR COMPATIBLE SUR LE FICHIER

Après une première, une deuxième puis une troisième chimiothérapie, son sang est nettoyé et l’Ardennais est en rémission complète. « Mais cela ne veut pas dire guérison complète car une telle leucémie peut se réveiller. La solution ultime, c’est le remplacement de mon propre sang par un le sang neuf d’un donneur. Encore faut-il en trouver un : il y a une chance sur un million de trouver un volontaire inscrit sur le fichier international des donneurs de moelle osseuse et qui soit compatible avec mon organisme. »

Aucun n’est trouvé en France. C’est des États-Unis que vient la bonne nouvelle avec un jeune Américain de 24 ans, parfaitement compatible. « La greffe a lieu à l’hôpital Saint Louis à Paris, raconte Rémi Lefort. Je suis en chambre stérile. Ma chimio de conditionnement commence le 11 janvier 2018, jour de mes 71 ans. Pendant ce temps, mon donneur est conditionné pour que sa moelle osseuse produise des cellules-souches en grand nombre. Ces cellules-souches en excès sont récupérées par une prise de sang et un filtrage le 15 janvier. La poche de cellules salvatrices traverse l’Atlantique et je la reçois par perfusion le 16 janvier. »

Depuis cette greffe, le retraité fait régulièrement des allers-retours entre l’hôpital Parisien et son domicile de Bazeilles. Mais ne comptez pas sur lui pour se plaindre : « J’ai eu la chance de ne subir ni douleurs, ni fièvre, ni vomissements, ni diarrhées. Durant les sept mois et demi passés dans les hôpitaux, j’ai fait du sport et du vélo d’intérieur tous les jours. Les contraintes d’hygiène, de régime alimentaire, et les interdictions de certaines activités s’estompent peu à peu. Je vis normalement . »

Pour preuve Rémi Lefort est déjà remonté sur le vélo pour des sorties d’une cinquantaine de kilomètres. On est encore loin des 8 000 à 9 000 kilomètres parcourus chaque année sur les routes ardennaises, mais le retraité compte bien profiter à nouveau de la vie à 200 %

3 QUESTIONS à


Bach-Nga PHAM
Chef de service au CHU de Reims

Difficile d’aller à l’encontre des familles

Bach-Nga Pham est doyenne de la faculté de médecine de Reims et chef de service du laboratoire d’immunologie biologique du CHU de Reims pour le don de moelle et de cellules-souches.

La loi de 2016 qui a renforcé le consentement tacite du don d’organe vous a-t-elle facilité les choses sur le terrain ?

On a encore un gros travail d’explication à faire auprès des familles. Ce n’est pas parce qu’une personne n’a pas exprimé expressément son refus que nous allons prélever automatiquement ses organes. Et inversement, si elle a donné son consentement, nous en parlons à chaque fois avec les proches. Parfois c’est compliqué car les familles sont dans une telle souffrance.

Même si la personne décédée avait clairement exprimé ses intentions, le prélèvement d’organe n’est pas automatique ?

C’est difficile d’aller à l’encontre des familles. Quand vous perdez du jour au lendemain un enfant, un mari, un frère, une sœur, c’est à peine tolérable. Vous avez beau savoir que le don d’organe va aider d’autres personnes, vous n’êtes pas dans des conditions qui permettent de prendre sereinement une décision.

D’où l’importance d’en parler avant ?

Absolument. Si les personnes expliquent leurs décisions à leurs proches en amont, en parlent librement, cela permet, le jour venu, de ne pas mettre le couteau sous la gorge des familles. Même si je suis médecin, que je connais des patients en attente qui ont cet espoir immense d’une greffe, j’insiste toujours sur ce respect des familles et ce besoin d’informations.

LA LOI A RENFORCÉ LA PRISE DE DÉCISION

Depuis le 1 er janvier 2017, un nouveau décret concernant le don d’organes et de tissus est appliqué en France. Ce décret ne modifie pas les trois grands principes de la loi de bioéthique qui sont le consentement présumé (nous sommes tous donneurs d’organes et de tissus présumés), la gratuité du don, et l’anonymat entre le donneur et le receveur.

Ce qui a vraiment changé, ce sont les modalités du refus. Le principal moyen de s’opposer au prélèvement de ses organes et tissus après la mort est de s’inscrire sur le registre national des refus. Et pour plus de simplicité, l’inscription est désormais possible en ligne sur le site registrenationaldesrefus.fr

Sinon, vous pouvez également faire valoir votre refus de prélèvement par écrit et confier ce document daté et signé à un proche. Enfin, vous pouvez communiquer oralement votre opposition à vos proches qui devront en attester auprès de l'équipe médicale. De plus, le refus peut désormais être partiel, et ne concerner que certains organes ou tissus.

Moins de donneurs attendus cette année


L’an passé, il y avait eu 1796 donneurs (en état de mort encéphalique).

Les chiffres ne sont pas encore finalisés, l’année 2018 n’étant pas terminée. Mais les projections ne sont pas optimistes. « Cette année, nous devrions avoir, au plan national, une centaine de donneurs en moins par rapport à 2017,indique le D r Valérie Brunet qui travaille à la coordination des dons d’organes et de tissus au CHU de Reims. Quand on sait que l’on prélève en moyenne 3-4 organes ou tissus sur un donneur, cette baisse est importante. » En 2017, il y avait eu 1 796 donneurs (en état de mort encéphalique). On devrait donc tomber autour de 1700.

Pour les médecins, l’information des patients est primordiale. « Quand on fait un micro-trottoir, 85% des personnes sont pour le don d’organes, précise le D r Brunet.Quand elles sont confrontées à la réalité il y a 30 à 35 % d’opposition. »

C’est ainsi que des campagnes de sensibilisation sont mises en place tout au long de l’année. Il y a la journée nationale de réflexion sur le don d’organes et la greffe et de reconnaissance aux donneurs le 22 juin. Puis la journée mondiale du don d’organes et de la greffe, ce mercredi 17 octobre. Sans oublier des actions au fil des mois comme celles lancées par l’agence de biomédecine sur le don de rein du vivant du 8 au 28 octobre, ou celle à venir sur le don d’organes après la mort du 15 au 30 novembre.

Dans la région, une pièce de théâtre tourne dans les communes avec un débat sur le don d’organes et de tissus. « Il ne faut surtout pas que ce soit un sujet tabou et la meilleure façon que ce ne le soit pas, c’est d’en parler. »

LES AUTRES POINTS 

UN DONNEUR PERMET SOUVENT DE GREFFER PLUSIEURS PERSONNES

En fonction de l'état des organes, il est possible de prélever le cœur, les reins, les poumons, le foie, des parties de l'intestin mais aussi des tissus (les cornées, des os, des valves cardiaques, des artères, de la peau...). Le rein est l’organe le plus couramment greffé (3 782 des 6105 greffes en 2017). Suivent le foie, le cœur, les poumons, le pancréas et les parties de l’intestin.

DON D’ORGANES DE SON VIVANT

Le don d’organes de son vivant est également possible. Cela concerne essentiellement le rein et, dans une moindre mesure,

un lobe de foie. En 2017, sur les 6105 greffes, 629 l’ont été à partir de donneurs vivants. La loi encadre très précisément les personnes susceptibles de donner de leur vivant. Cela peut être le père ou la mère et, par dérogation, un fils ou une fille, un frère ou une sœur du receveur, son conjoint, ses grands-parents, oncles ou tantes, cousins germains et cousines germaines ainsi que le conjoint du père et de la mère. Le donneur peut également être toute personne apportant la preuve d’une vie commune d’au moins deux ans avec le receveur ainsi que toute personne pouvant apporter la preuve d’un lien affectif étroit et stable depuis au moins deux ans avec le receveur.

DES ASSOCIATIONS LOCALES POUR VOUS ACCOMPAGNER

Outre le site internet spécialisé de l’agence de la biomédecine, dondorganes.fr, il existe localement des associations, des lieux pour se renseigner autour du don du sang. C’est le cas dans la plupart des hôpitaux, notamment ceux qui pratiquent le prélèvements d’organes et tissus comme le CHU de Reims, les centres hospitaliers de Charleville-Mézières, de Châlons-en-Champagne, de Laon et de Saint-Quentin. La fédération des associations pour le don d'organes et de tissus humains, France Adot, a également des antennes dans la plupart des départements. C’est le cas dans la Marne (03 26 7050 50) et dans l’Aisne (03 23 60 5075).

Grégoire TAHMASSEB

Extrait de l'union du 17/10/2018

    

    

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Le médecin se réserve en ligne

Doucement mais sûrement,  la prise d’un rendez-vous médical  par internet s’impose


«
Nous sommes encore en phase de rodage pour les patients. L’avantage du rendez-vous en ligne est de pouvoir se prendre à n’importe quelle heure », souligne Simon Spagnuolo, généraliste à Reims.

LES FAITS

*-.- LE PLAN SANTÉ présenté dernièrement par Emmanuel Macron prévoit la progressive systématisation de la prise de rendez-vous médical en ligne.

*-.- L’ÉTAT y voit un moyen d’optimiser les plannings de consultation dans un contexte de manque de praticiens.

*-.- L’OUTIL est pratique pour les patients qui peuvent caler un rendez-vous depuis leur ordinateur ou leur smartphone.

*-.- CETTE PRATIQUE pourrait faire évoluer le travail des secrétaires médicales mais sans les supprimer pour autant.

Quand le gamin plein de fièvre réveille la maison à 5 heures du matin, c’est très bien que les parents puissent se connecter immédiatement et bloquer le premier rendez-vous de la journée. Ils savent ainsi que leur enfant sera pris en charge à la première heure. Ils n’ont pas à attendre que quelqu’un réponde au téléphone »,souligne Patrice Wartel, généraliste à Reims. À la condition que le créneau soit encore libre. Sur le site de Doctolib, principal opérateur de la prise de rendez-vous médical en ligne, le planning hebdomadaire du médecin s’affiche avec les heures disponibles. Une fois inscrit, il suffit de cliquer sur l’horaire désiré pour le réserver. Il est tout aussi simple de le modifier ou de l’annuler.

La prise de rendez-vous médical en ligne progresse vite chez les spécialistes, plus doucement chez les généralistes. Simon Spagnuolo, également installé à Reims, a souscrit un abonnement Doctolib il y a un an pour offrir un nouveau service à sa patientèle : « On va dire qu’on est encore en phase de rodage. Les patients s’y font petit à petit. » Pour le médecin, c’est un moyen d’optimiser son agenda : « Dans les périodes creuses, cela permet de boucher les trous. Internet fait venir une clientèle d’étudiants que nous n’avions pas », poursuit Patrice Wartel. A contrario, le système réduit les places pour les habitués du cabinet qui continuent à téléphoner pour prendre rendez-vous. « Je ne sais pas encore comment je ferai en période de grosse activité. Il faudra sans doute que je réduise la partie accessible sur internet pour garder de la place à ceux qui viennent depuis des années. »

Dans l’Aisne, où les médecins sont parfois isolés, il n’y a pas toujours de secrétaire attachée au cabinet. Doctolib a soulagé les praticiens. « Quand je me suis installée à Soissons après avoir travaillé à l’hôpital, je n’avais pas les moyens d’embaucher quelqu’un » , témoigne la gynécologue Claire Ferté. « Il fallait que je gère moi-même les rendez-vous et quand j’avais plusieurs désistements dans la journée, c’était autant de créneaux perdus. Avec internet, quand il y a une annulation, quelqu’un prend aussitôt la place. » À Crézancy, le généraliste Marius Toma en avait un peu assez de faire le standard. « Je suis beaucoup moins dérangé par le téléphone. C’est du temps que je peux passer à soigner. Les personnes âgées continuent à téléphoner mais c’est très bien comme cela » , témoigne Marius Toma à Crézancy. L’idéal est d’avoir les deux : l’internet et le secrétariat. « J’ai les deux » , précise Patrice Wartel. « Doctolib me coûte 109 euros par mois et la plate-forme d’appels téléphoniques 550 euros. Quand le patient veut me poser une question, je reçois instantanément un message sur mon ordinateur ainsi je peux le rappeler. » Les gros cabinets, comme celui du dermatologue Frédéric Renard à Charleville-Mézières, peuvent garder une secrétaire en chair et en os : « Il faut absolument que les gens puissent continuer à appeler. S’ils ont une urgence, on leur dit de passer entre deux rendez-vous » , explique-t-il.

BIENTÔT DES CONSULTATIONS EN LIGNE

« Nos deux secrétaires continuent à travailler à plein-temps et ont toujours autant de travail. La prise de rendez-vous en ligne est un bon outil, notamment pour les jeunes, mais ne se suffit pas à lui-même. Même s’il permet d’optimiser les plannings, il ne règle pas le problème du manque de médecins.»

Une prochaine étape est en route. À partir du 1 er janvier 2019, Doctolib va proposer à ses utilisateurs de pouvoir joindre leur praticien en téléconsultation depuis son site. La médecine sur le smartphone depuis le fond de son lit se rapproche. Et bientôt, il est à parier qu’Amazon livrera les médicaments dans l’heure.

Les vraies secrétaires toujours aussi indispensables


Les tâches des secrétaires médicales pourraient évoluer mais, pour l’instant, elles n’ont pas moins de travail qu’avant les prises de rendez-vous en ligne.

« Vous avez rendez-vous le 12 octobre. Quand voulez-vous venir. Aujourd’hui ? Je peux vous mettre à 18 h 30. Plutôt le matin ? Dans ce cas, on dit après-demain à 10 h 30. Cela vous convient ? Alors c’est noté. Allô, cabinet du docteur Spagnuolo j’écoute… » Le téléphone continue à sonner au cabinet médical 19 avenue d’Épernay à Reims, presque autant qu’avant l’apparition des rendez-vous en ligne, dispositif adopté par l’un des généralistes de l’équipe. Karine, la secrétaire occupe toujours son poste. « Seuls mes horaires ont changé. Je travaille désormais tous les jours mais je quitte à 16 heures.» Les patients qui le savent se débrouillent pour appeler pendant les heures où Karine est présente. « Ils préfèrent m’avoir et c’est normal. Je les reconnais à la voix pour la plupart . » À son arrivée le matin, elle découvre parfois que dix rendez-vous libres la veille au soir ont été pris par internet : « Le planning se remplit plus vite avec ce dispositif en ligne. J’ai beaucoup moins de trous qu’avant pour placer ceux qui téléphonent. » À Carignan, la secrétaire remplaçante du docteur Simon confirme que le recours à Doctolib ne fait pas forcément diminuer le nombre de coups de fil : « Les personnes âgées préfèrent appeler. » À Reims, rue de Talleyrand, l’assistante du docteur Morant et associés constate qu’internet fait surtout venir de nouveaux patients : « Du moins quand le réseau internet n’est pas en panne… » Le secrétariat n’implique pas encore une formation de technicien informatique mais il est possible que les tâches des secrétaires évoluent au rythme de la transition numérique : « A l’avenir, on pourrait être formées à faire des actes médicaux simples. Je ne trouverais pas cela inintéressant » , confie Karine. Elle s’occupe déjà d’organiser les rendez-vous d’imagerie. « Les secrétaires ont aussi un gros travail d’assistante sociale. » Cela, l’internet n’est pas près de leur prendre

EXCLUSION SOCIALE ET INCLUSION DES DONNÉES

Le dermatologue ardennais Frédéric Renard pointe le risque d’exclusion sociale si la prise de rendez-vous en ligne devait finir par remplacer les secrétariats. « Il faut absolument conserver plusieurs possibilités pour joindre les cabinets médicaux. » Il a en tête une mamy qui n’aurait jamais su prendre un rendez-vous sans l’assistance de son petit-fils. Il ne faudrait pas qu’une autre mamy, un jour, renonce à consulter faute de savoir faire marcher son ordinateur. Il y a un autre point à relever. Le service de prise de rendez-vous en ligne est en cours de monopolisation par un seul opérateur, à savoir la société Doctolib. En juillet dernier, elle a racheté son concurrent « mon docteur ». Ce dispositif, puisqu’il s’avère rentable, ne pourrait-il pas être géré par une branche de l’assurance maladie ? Est-ce judicieux à long terme de permettre à une entreprise privée, aussi sérieuse soit-elle, de connaître la vie médicale de tout un chacun ?

Catherine FREY

Extrait de l'union du 11/10/2018

    

    

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Les cabines UV dans le collimateur

L’agence de sécurité sanitaire a recommandé la fermeture des cabines de bronzage pour risque «avéré » de cancer. Les professionnels oscillent entre résignation, espoir et fatalisme


Alors que l’agence de sécurité sanitaire recommande la fermeture des cabines de bronzage, à Reims, les professionnels du secteur oscillent entre agacement et optimisme..

Les cabines de bronzage sont-elles à l’heure de l’éclipse ? Dans un communiqué diffusé le 10 octobre, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) recommandait aux pouvoirs publics « de prendre toute mesure de nature à faire cesser l’exposition de la population aux UV artificiels émis par les cabines de bronzage à des fins esthétiques » . Va-t-on vers la fin des cabines de bronzage artificiel, dont les liens avec les risques de cancers de la peau sont connus de longue date(voir ci-contre) ? En 2014, déjà, l’Anses recommandait l’arrêt de «t out usage commercial du bronzage par des UV artificiels » . Le ministère de la santé n’a pas encore arrêté sa position.

À Reims, les professionnels du secteur oscillent entre agacement et optimisme. D’autres enseignes, telles qu’Harmonie Beauté, n’ont pas attendu le dernier communiqué de l’Anses pour remiser au placard leurs cabines de bronzage. « Je les ai remplacés l’hiver dernier par d’autres cabines de soins , relate Catherine, gérante de cet institut de beauté. Nous sommes là pour travailler, pas pour donner la mort aux clients. Après, la situation actuelle, c’est du grand n’importe quoi : soit on a le droit, soit on n’a pas le droit. » Et de rappeler l’encadrement de plus en plus strict de la pratique : « Depuis trois ans, nous ne pouvions plus proposer de forfait aux clients, une charte devait être signée avec eux, c’était facturé à l’heure, puis à la minute… »

UNE RÉGLEMENTATION DEVENUE DE PLUS EN PLUS STRICTE

Interrogée, Jessica, gérante de l’institut Prélude Beauté, pointe également la législation devenue « très stricte » : chaque cabine doit être contrôlée tous les deux ans, une formation de 25 heures est nécessaire pour avoir le droit de les manipuler, etc. « Les cabines de bronzage peuvent être dangereuses pour la santé, comme le soleil – aller en Afrique en décembre sans préparer sa peau peut être risqué aussi » , commente Jessica, qui, malgré une clientèle en baisse depuis « cinq-six ans » , n’envisage pas, pour le moment, de se passer de cette activité. La loi impose aujourd’hui 48 heures de pause entre chaque séance d’exposition aux UV artificiels, lesquelles durent généralement de 10 à 30 minutes. « Le client ne peut pas dépasser un seuil de 25 séances à l’année. Mais s’il en fait 25 chez nous et qu’il en fait ailleurs, personne d’autre que lui ne sera au courant. » Manière, aussi, de renvoyer à la responsabilité du client.

Le comportement des gens a beaucoup changé. Je n’en vois plus qui sont bronzés toute l’année Laurence, gérante de Point Soleil Reims

En France, les études récentes montrent que la pratique du bronzage est en forte augmentation, que ce soit par UV artificiels ou naturels. Il existe dans le pays plus de 12 500 appareils de bronzage, selon le Syndicat national des professionnels du bronzage en cabine (SNPBC). Mais l’enjeu est aussi économique, le SNPBC mettant souvent en avant les 22000 emplois qui seraient menacés par une mesure d’interdiction. Si les cabines de bronzage ne constituent qu’une part de l’activité des instituts de beauté, interdire l’exposition aux UV artificiels reviendrait à fermer les centres de bronzage tels que Point Soleil Reims. « L’avenir des cabines de bronzage ? C’est un sujet sur lequel il n’est pas facile de s’exprimer , sourit Laurence, gérante depuis 2003. Déjà, le comportement des gens a beaucoup changé, ils sont plus éclairés sur les risques d’une exposition exagérée. Dans la rue, je n’en vois plus qui sont bronzés toute l’année comme il y a 10-15 ans. »

Laurence pointe également le « rôle de conseil » qu’elle tient auprès de sa clientèle, « à 70 % féminine » . Comme l’aquabike et le sauna japonais, les sept cabines aux puissances différentes que propose Point Soleil Reims « ne sont pas en libre-service » , insiste-elle. « Je ne crois pas que la disparition des cabines de bronzage soit inéluctable » , conclut-elle, convaincue que la France n’imitera pas le Brésil et l’Australie, pays qui ont déjà interdit cette pratique.

LES RISQUES BIEN CONNUS DU SOLEIL EN BOÎTE

Les avertissements visibles sur les cabines de bronzage ne sont pas sans rappeler ceux des paquets de cigarette. Le lien entre exposition aux UV artificiels et cancer est en effet connu de longue date. Depuis 2009, le centre international de recherche sur le cancer, qui dépend de l’Organisation mondiale de la santé, a classé l’ensemble des spectres des rayons UV et les appareils de bronzage comme « cancérogènes certains ». De même, les dermatologues alertent sur le « soleil en boîte » depuis la fin des années 1990. L’agence sanitaire a récemment rappelé que contrairement aux idées reçues (et développé par des gérantes d’institut de beauté, voir ci-contre), « l’exposition aux UV artificiels ne prépare pas la peau à l’exposition solaire et ne protège pas des coups de soleil ».

Mathieu LIVOREIL

Extrait de l'union du 04/11/2018

  


Les cabines de bronzage pointées du doigt 

Dans un rapport, l’agence de sécurité sanitaire demande leur fermeture face aux risques de cancer. 

Les jours des cabines de bronzage sont-ils comptés ? Dans un avis rendu hier, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a demandé « aux pouvoirs publics de prendre toute mesure de nature à faire cesser l’exposition de la population aux UV artificiels » devant le risque de cancer « avéré ».

« On recommande l’arrêt de l’activité liée au bronzage artificiel, et aussi l’arrêt de la vente d’appareils délivrant des UV à visée esthétique notamment aux particuliers », a expliqué Olivier Merckel, chef de l’unité d’évaluation des risques aux agents physiques à l’Anses, qui a suivi l’expertise.

Dans un précédent avis en 2014, l’Anses recommandait « l a cessation à terme de tout usage commercial du bronzage par UV artificiels » et jugeait que la dernière réglementation en date (2013) « constituait une réponse partielle et insuffisante au regard du risque avéré de cancers cutanés pour les utilisateurs ».

L’interdiction des cabines de bronzage est demandée depuis 2015 par les dermatologues, l’Académie de médecine et même les sénateurs, mais sans être suivie à ce jour par le gouvernement, qui s’est contenté de durcir leur réglementation. Le centre international de recherche sur le cancer a déclaré « cancérogènes certains » les rayonnements artificiels depuis 2009.

L’Anses relève « qu’aucune valeur limite d’irradiance ou de dose ne peut être fixée pour protéger les utilisateurs » , ajoutant que « les personnes ayant eu recours au moins une fois aux cabines de bronzage avant l’âge de 35 ans augmentent de 59 % le risque de développer un mélanome cutané. En France, il a été estimé que 43 % des mélanomes chez les jeunes pouvaient être attribués à une utilisation de ces cabines avant l’âge de 30 ans ».

LES RAYONNEMENTS ARTIFICIELS PROVOQUENT UN VIEILLISSEMENT DE LA PEAU

Outre le risque de cancer, les rayonnements artificiels non seulement « ne préparent pas la peau » au bronzage, « ne protègent pas des coups de soleil », « ne permettent pas un apport significatif de vitamine D » mais provoquent un vieillissement de la peau « quatre fois plus rapide avec les lampes de bronzage qu’avec le soleil ».

Extrait de l'union du 11/10/2018  

    

    

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Le mystère des bébés mal formés reste entier

Des bébés sont nés sans mains, sans bras ou sans avant-bras dans trois endroits différents en France. Selon Santé publique France, il n’y a aucune cause identifiée.

 
Cette affaire concernant les bébés mal formés met en lumière les lacunes du système de surveillance des naissances en France: il n’existe pas de registre national, mais six registres locaux. Illustration

Des cas de bébés nés sans mains, bras ou avant-bras dans trois endroits de France ont alerté les autorités sanitaires ces dernières années mais aucune cause, y compris environnementale, n’a pu être mise en évidence par leurs enquêtes. Ces cas groupés ont été observés dans l’Ain (7 naissances entre 2009 et 2014), en Loire-Atlantique (3 naissances entre 2007 et 2008) et en Bretagne (4 naissances entre 2011 et 2013), à chaque fois dans un périmètre restreint. Ils ont suscité des inquiétudes dans les zones concernées.

Pour l’Ain, « l’analyse statistique ne met pas en évidence un excès de cas par rapport à la moyenne nationale, et Santé publique France n’a pas identifié une exposition commune à la survenue de ces malformations », a indiqué l’agence sanitaire dans un rapport publié, hier. « Pour la Loire-Atlantique et la Bretagne, l’investigation a conclu à un excès de cas. Cependant, aucune exposition commune n’a été identifiée », a-t-elle poursuivi.

On n’a pas d’élément démontré pour dire que tel produit est responsable
Jean-Claude Désenclos, directeur scientifique de Santé publique France

Les causes de l’agénésie transverse des membres supérieurs peuvent être génétiques, liées à des contraintes physiques ou dues à des substances toxiques (alimentation, environnement, voire médicaments dans le cas du thalidomide, anti-nauséeux qui avait fait naître des milliers d’enfants sans bras entre 1957 et 1962). Plusieurs facteurs entrent sans doute en ligne de compte.

Les investigations ont été menées sous deux formes : la recherche statistique d’un excès de cas d’une part, et de l’autre une enquête auprès des parents, via des questionnaires. Le but des questionnaires est de tenter de comprendre quels produits (pesticides, médicaments, produits ménagers…) auraient éventuellement pu provoquer les malformations.

Par exemple, en ce qui concerne les pesticides, « les calendriers d’épandage ne correspondaient pas à la période-clé de fragilité durant la grossesse », a expliqué l’épidémiologiste Bertrand Gagnière, qui a enquêté sur les cas de Bretagne. Concernant le cas de l’Ain, les conclusions ont été contestées par le Remera, structure basée à Lyon, qui avait donné l’alerte pour ce département. C’est l’un des six registres des malformations congénitales de France. « On tombe des nues », a déclaré sa directrice générale, l’épidémiologiste Emmanuelle Amar, en accusant Santé publique France d’avoir fait des « erreurs » de méthodologie. Le Remera a mené sa propre étude, dans laquelle il conclut que le nombre de cas dans l’Ain est statistiquement significatif. Mais lui et Santé publique France ne s’accordent pas sur la méthodologie.

Plus généralement sur les trois séries de cas, dans la mesure où aucune hypothèse n’a émergé des questionnaires, les enquêtes n’ont pas porté sur un produit en particulier. « Il ne suffit pas de dire C’est l’environnement, c’est l’agriculture », explique le docteur Bertrand Gagnière. « En l’absence d’hypothèses, il ne sert à rien de lancer des recherches tous azimuts: on sait par expérience que ça ne débouche sur aucun résultat. » Un argument contesté par Emmanuelle Amar : « Dire On n’a pas trouvé la cause, alors on ne la cherche pas est un raisonnement étrange », a-t-elle objecté.

150

Appelée « agénésie transverse des membres supérieurs », cette absence de formation d’une main, d’un avant-bras ou d’un bras au cours du développement de l’embryon représente moins de 150 cas par an en France

UN SYSTÈME DE REPÉRAGE À AMÉLIORER

Comment mieux repérer les malformations congénitales, afin de mieux en connaître les causes ? Cette question récurrente est posée à nouveau par les cas de bébés nés sans mains, bras ou avant-bras dans trois endroits de France ces dernières années. Six registres de malformations congénitales existent en France : en Bretagne, à Paris, aux Antilles, à La Réunion et deux en Auvergne-Rhône-Alpes. Coordonnés par l’Agence sanitaire Santé publique France, ils ne couvrent que 19 départements et 19 % des naissances. Leur rôle est de passer en revue les naissances des départements qu’ils couvrent, pour repérer et récolter des informations sur les cas de malformation.

Santé publique France a proposé, hier, de créer une « fédération nationale des six registres sur une base de fonctionnement commun ». Buts affichés : « Coordonner l’ensemble de ces registres, disposer d’une base de données commune » et les croiser avec les données du Système national de données de santé.

Cette piste ne satisfait pas Emmanuelle Amar, la dirigeante du principal des six registres, le Remera. « Parler de fédération, ce sont des éléments de langage, nous sommes déjà fédérés », a-t-elle affirmé. Elle réclame la création d’un « vrai registre national », comme l’avait proposé, en mars 2016, la ministre de la Santé de l’époque, Marisol Touraine. Basé à Lyon, le Remera, a été fondé en 1973 après le scandale du thalidomide, anti-nauséeux qui avait fait naître des milliers d’enfants sans bras entre 1957 et 1962. Il a notamment aidé à montrer le lien entre incinérateurs et malformations rénales, et les conséquences possibles de la prise de l’antiépileptique Dépakine pendant la grossesse.

 Extrait de l'union du 05/10/2018

    

    

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Des photos au profit de Godinot

Le pharmacien en chef de l’institut Godinot expose des clichés de Reims qu’il est possible d’acheter. L’argent ainsi recueilli permettra d’améliorer le confort des malades du cancer.


L’Apothi-Graphe expose son
Regards sur Reims  : donnant une part belle à l’architecture, aux scènes de la vie courante saisies sur le vif et aux clichés pris au cours de l’épisode neigeux de l’hiver 2018.Christian Lantenois

A SAVOIR

*.- REGARDS SUR REIMS. Jusqu’au 5 novembre à l'office du tourisme du Grand Reims : 6, rue Rockefeller, à Reims. Du lundi au samedi de 9 à 19 heures et le dimanche de 10 à 18 H. 

Vingt-huit « Regards sur Reims ». Des clichés essentiellement en noir et blanc. Baptiste Rey alias l’Apothi-Graphe n’est pas photographe de métier, mais pharmacien en chef à l’institut Jean-Godinot (centre de lutte contre le cancer de Reims).

Il tient actuellement sa première exposition dans le hall de l’office de tourisme rémois : « une exposition-vente au profit de l’institut. »

« Ma démarche ? En quelque sorte, mettre l’art au service de la santé »
Baptiste Rey

Il explique sa démarche : « Aujourd’hui, le cancer est devenu une maladie chronique dont la prise en charge repose sur des traitements spécifiques, tels que la chirurgie, la radiothérapie et la chimiothérapie. La prise en charge des patients comporte aussi des à-côtés visant à améliorer la qualité de vie des malades et à réduire l’inconfort associé aux effets indésirables éventuels des traitements. C’est ce qu’on appelle couramment les soins de support. »

Ainsi la recette issue de la vente des photographies exposées « contribuera à améliorer le confort des patients hospitalisés ou ambulatoires, en permettant de financer un environnement encore plus propice à la meilleure prise en charge possible. L’idée étant de mettre l’art au service de la santé. »

L’Apothi-Graphe expose ainsi son regard sur Reims en donnant une part belle à l’architecture rémoise, il y a aussi des scènes de la vie courante saisies sur le vif, et des clichés pris au cours de l’épisode neigeux de l’hiver 2018.

De 90 à 150 €, selon le format de la photo, « il est possible aussi d’acheter 5 cartes postales (1€ pièce) ainsi que le catalogue de l’exposition (5€) » , ajoute Baptiste Rey. Les photographies qui n’auront pas trouvé preneur d’ici le 5novembre seront ensuite accrochées dans les parties communes de l’institut Jean-Godinot.

Aurélie BEAUSSART

 Extrait de l'union du 04/10/2018

    

    

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 Cette fois pour aider l’imagerie médicale, les mécènes ont encore frappé au CHU

2018-10-04 - Cette fois pour aider l’imagerie médicale, les mécènes ont encore frappé au CHU

De généreux donateurs ont contribué au financement du nouveau système d’imagerie faiblement irradiant que le CHU vient d’inaugurer officiellement


Le nouveau système d’imagerie médicale à faible irradiation a coûté plus de 500000 euros, dont les deux tiers ont été fournis par des mécènes. Remi Wafflart

L’ESSENTIEL

*.- LE CHU de Reims vient d’inaugurer officiellement un nouveau système d’imagerie médicale à faible exposition aux rayons X

*.- CET ÉQUIPEMENT a coûté plus de 500 000 euros, financé en partie par différents mécènes.

*.- PARMI CEUX-CI le Comité américain, à l’origine de la construction de l’hôpital mémorial, qui n’a pas pour habitude de donner de l’argent pour du matériel; il a fait une exception.


« Il est rare que le Comité donne de l’argent pour l’équipement, là il a fait une exception »
Olivier KRUG

Que serait le CHU rémois sans les mécènes ? On ne saurait répondre précisément à cette question, mais a priori il serait sûrement moins bien équipé qu’il ne l’est. On a vu dernièrement qu’une mutuelle avait mis la main à la poche pour financer des jeux destinés à faire patienter les enfants au service ORL. Une nouvelle preuve de l’intérêt de ces aides financières extérieures vient d’être donnée en matière d’imagerie médicale. En effet désormais le centre hospitalier est équipé d’un système à la technologie innovante, EOS, inauguré mardi soir, dont une des caractéristiques les plus intéressantes est qu’il limite considérablement l’exposition du patient aux rayons X (lire par ailleurs).

EXCEPTION À LA RÈGLE

L'équipement en question coûte 506 000 euros. Selon la directrice Dominique De Wilde, le bouclage financier a « demandé un peu de cogitation. Mais tout le monde y a mis du sien » , tout le monde c’est-à-dire le CHU lui-même, à hauteur de 163 800 euros, mais aussi, donc, des intervenants extérieurs : les deux tiers du montant (342 200 euros) ont été abondés par les pourvoyeurs du fonds d'action de l’établissement, dont, pour plus de la moitié, par le Comité américain, mécène historique de la pédiatrie depuis 99 ans. « Il est rare que le Comité donne de l’argent pour de l’équipement, commente Olivier Krug, président des Amis de l’hôpital mémorial, et à ce titre en lien étroit avec ledit Comité, parce qu’il estime que l’équipement d’un hôpital public doit être à la charge de l’État français ; mais là, il a fait une exception, car il a été séduit par les qualités et l’objet de ce matériel : il épargne en effet aux jeunes enfants en particulier une forte exposition aux rayonnements ionisants. » Ce ne sont certes pas les patients qui se plaindront de cette entorse à la règle habituelle.

Figurent aussi sur la liste des donateurs la maison de champagne Krug, mécène fondateur du fonds d’action déjà cité, et un particulier rémois, mais nous ne pouvons en dire plus, car il a souhaité rester anonyme.

Antoine ARDESSUS

 Extrait de l'union du 03/10/2018


Une imagerie médicale à faibles doses de rayons

Le CHU inaugurait, hier soir, un nouveau système d’imagerie par rayons X peu irradiant


Le Dr Carsin présente le dispositif EOS : comme une cabine de douche, mais ce n’est pas fait pour se laver.
Remi Wafflart

Ça ressemble à une cabine de douche, mais il n’y a rien qui sort de la pomme. D’ailleurs ça ne sert pas à se laver, mais à scruter l’intérieur du corps : c’est le nouveau système d’imagerie médicale par rayons X que le CHU de Reims a inauguré officiellement hier soir. Un système de la technologie EOS, du nom de l’entreprise parisienne qui le fabrique à partir des travaux du fameux physicien français, prix Nobel, Georges Charpak.

IDÉAL POUR ANALYSER LES SCOLIOSES

« Cette technologie présente trois avantages essentiels, résume le D rCarsin, utilisatrice attitrée de l’appareil. Premièrement, le patient est examiné en position fonctionnelle, debout ou assis, et non pas en position de repos (couché) et c’est l’intégralité du corps que l’on examine ; deuxièmement, on obtient des images en 3D, plus parlantes que les images traditionnelles ; enfin le patient est exposé à une très faible dose de rayons X », de l’ordre de 85% en moins par rapport aux techniques antérieures.

Idéal pour analyser et suivre les pathologies des muscles et du squelette, du genre scoliose, et en particulier chez les jeunes enfants. « Pour nous c’est un plus indéniable », commentait le Pr Bourelle du service orthopédie pédiatrie, qui fut à l’origine de l’acquisition de cet engin par le centre hospitalier rémois. « Je ne comprenais pas qu’à Reims nous n’ayons pas encore EOS », alors que ce dernier équipait Bordeaux, par exemple, dès 2007.

Il faut miser sur trois secteurs stratégiques : la biologie, la pharmacie, et l’imagerie
Dominique Dewilde

La directrice du CHU Dominique Dewilde se réjouissait naturellement de l’arrivée de ce nouvel équipement dans son établissement, car « si l’on veut préparer l’avenir, il faut miser sur trois secteurs stratégiques, la biologie, la pharmacie et l’imagerie.» On se retrouvait en plein cœur du sujet.

Antoine PARDESSUS

 Extrait de l'union du 03/10/2018

    

    

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Les donneurs de plasma n’ont rien à craindre ici

Les machines de prélèvement utilisées à Reims ne sont pas du modèle suspecté d’être toxique. De nombreux donneurs n’étaient d’ailleurs même pas au courant de cette histoire


Les machines de prélèvement utilisées à Reims ne présentent aucun danger. A.P.

L’ESSENTIEL

*.- LES MACHINES LES MACHINES à prélever le plasma sanguin ont fait parler d’elles dernièrement ; certaines (de la marque américaine Haemonetics) ont en effet été signalées comme potentiellement toxiques, et de ce fait retirées du service dans plusieurs villes de France.

*.- LES DONNEURS qui fréquentent l’Établissement français du sang (EFS) à Reims n’ont à cet égard rien à craindre : « Nous n’utilisons pas les machines de ce type », indique la responsable.

*.- SUR PLACE le nombre des dons n’a connu aucune chute. Nombre de donneurs n’étaient d’ailleurs pas au courant de cette histoire.

Bonjour, je suis donneur de plasma à Reims. Je crains pour ma santé, peur d'avoir mon sang contaminé (...) Pouvez-vous me contacter pour me donner plus d'explications ? Ma vie en dépend, vivant dans l'angoisse en permanence depuis le jour où j'ai appris que certaines de vos machines contenaient des microparticules dans le bol de la centrifugeuse qui sont peut-être cancérogènes. »

QUELQUES QUESTIONS, SANS PLUS

Ce courriel émane de Ludovic, la quarantaine, habitant d’Épernay. En tant que donneur de sang habituel, il n’a pas laissé passer les récentes informations concernant les machines de prélèvement de plasma (rappelons que l’on peut donner de son sang sous trois formes : sang total, plaquettes, plasma): une alerte a été lancée sur les machines de la marque américaine Haemonetics, suspectées d’être toxiques. Ces machines, qui étaient utilisées en divers endroits en France, 300 en tout, ont été retirées du service. « J’ai envoyé mon courriel à Paris, ajoute notre homme, à la maison mère de l’Établissement français du sang (EFS), mais je n’ai reçu aucune réponse. »

À Reims on se montre plus à l’aise pour communiquer à ce sujet, et pour cause : « Ce ne sont pas ces machines-là que nous utilisons, affirme le Dr Blaison au nom de l’antenne rémoise de l’EFS, installé dans les murs de l’hôpital Maison blanche, nous, nous avons des Auto C. Donc ici tout va bien, nous ne sommes pas concernés par ce problème. »

Le jour où la presse s’est fait l’écho de celui-ci (vendredi 14 septembre), il y a bien eu «quelques questions » à l’EFS rémois, reconnaît le docteur, mais ce n’est pas allé bien loin, «et depuis, nos donneurs ne nous en parlent plus. » Notre interlocutrice assure que l’on n’a enregistré aucune baisse du nombre des candidats au don de plasma dans le département.

« D’ailleurs, ajoute-t-elle,beaucoup de nos habitués n’étaient même pas au courant ».De fait, lors de notre passage, aucun des donneurs présents que nous avons interrogés n’avait entendu parler de la chose, ni Frédérique, quadra du quartier Europe de Reims, ni Gérard, la soixantaine, de Bezannes, ni Laëtitia, étudiante infirmière.

Le Dr Blaison affirme donc que les donneurs de plasma peuvent continuer de venir ici « en toute sérénité » . Restera à en convaincre Ludovic.

Enfants pris en charge pendant le don

Si le Dr Blaison n’a pas à se tracasser pour cause de machines potentiellement dangereuses, elle peut se consacrer à un sujet toujours renouvelé à l’Établissement français du sang : comment attirer de nouveaux donneurs ? Dans cette perspective, l’antenne rémoise de l’EFS va proposer un nouveau service : une prise en charge des enfants pendant que les parents donnent leur sang (rappelons qu’on ne peut commencer à donner que lorsqu’on est majeur). Cette «première » est prévue le mercredi 31 octobre après-midi, pour profiter de l’ambiance d’Halloween. L’objectif est de parvenir à assurer ce service une fois par mois. Mais pour l’instant, aucune autre date n’est annoncée.

Antoine PARDESSUS

 Extrait de l'union du 23/09/2018

    

    

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Anorexie, boulimie, un temps pour en parler

Si les troubles du comportement alimentaire vous touchent, cette conférence, ce soir, va vous intéresser.

Delphine Bernard est thérapeute spécialisée dans la gestion des «émotions perturbantes» et présidente-fondatrice  de l’association. M.D.

260
C’est le nombre de personnes différentes accueillies par l’association Le Regard du miroir en 5 années d’existence. 

La Rémoise Delphine Bernard préside l’association Le Regard du miroir, qui fêtera début octobre ses 5 années d’existence. À cette occasion, elle coorganise avec Éric Bertin, professeur de nutrition au CHU, une conférence ce jeudi à l’hôtel de ville autour du thème « le cadre de soins dans la prise en charge des troubles du comportement alimentaire ».

Quelle est la mission de l’association Le Regard du miroir ?

L’objet de l’association est d’apporter aide, accompagnement, orientation vers les médecins. Ce n’est pas un centre de soins. Je propose des permanences individuelles sur rendez-vous. Nous avons mis en place des ateliers d’art-thérapie, de la sophrologie, du qi-qong, des repas accompagnés, de la sensorialité alimentaire ainsi que des activités ponctuelles, du sport, pour sortir de la maladie. L’association forme aussi les infirmières scolaires de quatre départements.

Pourquoi l’avez-vous créée ?

Parce que je me suis rendu compte qu’il n’y avait rien sur la région pour les troubles du comportement alimentaire mis à part au CHU. C’est un plus pour les patients, les familles et les médecins. Comme j’ai moi-même été très sensibilisée à la maladie, je voulais faire quelque chose. On se rend compte que les familles sont isolées, ont besoin de structures adaptées.

Cette maladie, ces troubles du comportement alimentaire, quels sont-ils ?

L’anorexie, la boulimie et l’hyperphagie boulimique sont les trois les plus connues ; c’est principalement pour ces troubles qu’on vient à l’association. Mais il en existe d’autres. L’anorexie, c’est quand il y a une grande maigreur, une restriction alimentaire avec la peur de regrossir. La boulimie, ce sont des vomissements ou la prise de laxatifs pour contrôler son poids. Et l’hyperphagie boulimique, ce sont des crises de boulimie qui ne visent pas à essayer de contrôler son poids, et donc suivies d’une obésité.

Combien de personnes avez-vous reçues en 5 ans ?

Environ 260 personnes différentes. Avec un grand mieux, une évolution positive. Nous travaillons surtout sur les émotions, le pourquoi. Pas sur les symptômes. Ceux-ci disparaîtront ensuite. Il y a souvent un traumatisme à l’origine. Notre association est un outil supplémentaire pour le patient, donc pour le médecin. Mais ce dernier est toujours derrière. Je ne peux pas travailler toute seule. Mais je peux aussi cheminer dans l’autre sens, pour que la personne retrouve le système de soins.

Pourquoi certaines sont-elles loin de ce parcours de soins ?

Car elles ont l’impression qu’on va les priver de nourriture ou les forcer à manger. Ce peut être un frein pour venir demander de l’aide. Ce n’est pas le bon chemin. On va travailler sur les déterminantes, ce qu’il y a derrière le symptôme, symptôme qui disparaîtra après, naturellement.

Parlez-nous de cette conférence que vous coorganisez avec le professeur Bertin ce jeudi.

C’est notre conférence annuelle, la 5e . Le professeur Ostermann, professeur de thérapeutique psychothérapeute et analyste à Bordeaux, sera présent. Ainsi que le docteur Bouillot, pédopsychiatre au CHU, notre modérateur. On va essayer de faire comprendre au public qu’il n’y a pas de consensus du cadre de soins dans cette maladie. Et que si un cadre de soins est nécessaire, on doit s’adapter à chaque personne malade, aux familles, également aux soignants. Si on n’explique pas le cadre, il peut être vécu comme une sanction, voire une maltraitance. Les familles peuvent se sentir rejetées. Or nous voulons faire alliance. On doit vraiment s’adapter au patient et à son évolution.

À la salle des fêtes de l’hôtel de ville de Reims, de 20 à 22 heures. Entrée libre.

Contact : 06 51 94 63 49 ou leregarddumiroir51@gmail.com

MARION DARDARD

 Extrait de l'union du 20/09/2018

    

    

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L’état de santé de nos urgences

Tenus par les directions ou les syndicats, les discours ne sont pas les mêmes. Des efforts sont pourtant faits pour optimiser l’accueil des patients.


D’importants travaux ont été entrepris dans différents services d’accueil et de traitement des urgences de la région, comme au CHU de Reims.Remi Wafflart

L’ESSENTIEL

*.- LE PLAN SANTÉ a été présenté hier par Emmanuel Macron.

*.- PARMI LES POINTS ÉVOQUÉS, celui des urgences.

*.- L’OCCASION DE PRENDRE LA TEMPÉRATURE dans les principaux services de la région.

1 - LAON (AISNE)

Pas de CHU dans le département de l’Aisne. Le plus grand des centres hospitaliers se situe à Saint-Quentin. « D’où l’existence de relais départementaux », explique le secrétaire général de la CGT Santé, Olivier Fenioux, citant l’exemple du Samu 02. « Un relais départemental désorganisé » selon lui, « le service d’aide médicale urgente (Samu)étant éclaté sur deux sites : le CH de Laon et l’hélistation, cette dernière construite en 2011 à Semilly. » L’équipe du Smur est basée au CH, sur le plateau. La régulation (agents et médecin) et les pilotes le sont à l’hélistation, qui présente les avantages d’être extérieure à toute zone habitée et à proximité des axes routiers. « À chaque intervention, un ambulancier doit conduire le médecin et l’infirmier du Smur jusqu’à l’hélistation. Il parcourt les 3,5 km qui les séparent en 5 à 7minutes… Tout avait pourtant été pensé pour que le personnel nécessaire soit basé sur le site du Samu héliporté 02, afin de partir dans les plus brefs délais. »

La conférence débat qui était planifiée ce jeudi 20 septembre à Laon par la CGT USD Santé et Action sociale de l’Aisne, en présence du D r Patrick Pelloux qui préside l’association des médecins urgentistes de France (Amuf), avait pour but de réfléchir à son optimisation. Mais elle a été annulée vendredi après que le directeur du CH de Laon, Étienne Duval, s’oppose à sa tenue à Semilly; son refus soudain ne laissant pas suffisamment de temps à ses organisateurs pour se retourner. Olivier Fenioux ambitionnait d’ajuster quelques réglages. « C’est de la zone héliportée d’Amiens que sont décidés les départs de l’hélicoptère du Samu 02 , dit-il. Nous entendions réclamer son autonomie. » D’autres points étaient encore à l’ordre du jour. « Nous souhaitions notamment parler de la coordination Samu-CUMP (cellule d’urgence médico-psychologique). »

Pour le secrétaire général de la CGT Santé, la manifestation était aussi un moyen de vanter l’existence de l’hélistation depuis laquelle complémentariser les besoins rémois, voire marnais. « Porté par les décideurs locaux, le message insufflé par la CGT Santé aurait été relayé par la députée LREM Aude Bono et le médiatique médecin urgentiste Patrick Pelloux. Il aurait permis de redorer le blason du Samu 02 qui ne fonctionne actuellement que sur une patte et d’attirer de nouveaux praticiens. Outre la coupe faite dans les équipes du Smur de Laon passées de trois à deux, il faut savoir que notre département est le plus sinistré des Hauts-de-France en termes de recrutement de jeunes médecins. » Et Olivier Fenioux de conclure : « Il ne faut pas y avoir le cœur fragile en ce moment… »

S’il ne souhaite pas réagir aux attaques du syndicaliste, le directeur du CH Laon souffle les projets à venir. Soit la création d’un service d’urgences commun adultes et pédiatriques. Des travaux sont donc à venir pour agrandir le service dont le fonctionnement sera entièrement repensé.


« 
Le Samu 02 est désorganisé, il ne fonctionne que sur une patte. »
Olivier FENIOUX
Secrétaire Gal CGT Santé

2 - CHARLEVILLE-MÉZIÈRES (ARDENNES)

Depuis deux ans, le service des urgences de Charleville-Mézières a la possibilité de pratiquer des thrombolyses neurovasculaires. Un acte qui permet de transmettre les images d’une IRM cérébrale de haute qualité et de réaliser un acte de télédiagnostic en temps réel grâce à une caméra haute définition. « Lorsque vous faites un certain type d’AVC, on peut être amené à faire une thrombolyse directement à Charleville avant de transférer le patient à Reims afin de gagner du temps de transport. C’est ce qu’on appelle le télé AVC. Ça nous permet aussi de faire l’examen clinique du patient en collaboration avec le neurologue de Reims », explique Xavier Fontaine, le responsable du service des urgences de Charleville.

Un service qui sera totalement restructuré dans trois ans. Aucune fermeture des urgences n’est prévue durant les travaux. « Pour l’instant, nous sommes dans la phase de pré-étude pour définir le service que l’on veut, comment s’organiser pour le faire, et en même temps, conserver un accueil des patients. »

Contrairement à d’autres hôpitaux, les urgences du CH de Charleville sont mutualisées avec le Samu (le Smur, le centre 15 et le centre d’enseignement des soins d’urgences). Ce qui donne un effectif annoncé d’une centaine de personnes, plus conséquent que chez les voisins. Une bonne santé toute relative selon Jérémy Doucet, secrétaire général CGT. « Il y a de gros problèmes aux urgences, notamment avec l’émergence des risques psychosociaux à cause des cadences (avec un roulement de douze heures) », avance-t-il. Conséquence : des « arrêts à répétition » qui « touchent assez de monde pour mettre l’organisation du service en difficulté. Il y a eu jusqu’à une tentative de suicide d’un ambulancier du Smur il y a cinq semaines, précise le syndicaliste. Au mois d’août, les pompiers de Charleville ont dû prendre le relais des ambulanciers du Samu car ils étaient en sous-effectif. Quand on voit qu’ils vont agrandir les urgences, ça aurait été bien qu’ils règlent ce problème avant. »

3 - REIMS (MARNE)

Comme au CH de Laon mais à une échelle supérieure, il existe deux services d’accueil et de traitement des urgences (SAU) au CHU de Reims : l’un pour les enfants, l’autre pour les adultes.

Le service d’accueil et traitements des urgences (SAU) pédiatriques bénéficie de locaux neufs à l’hôpital américain. Il dispose d’une salle de déchocage, d’une unité d’hospitalisation temporaire de neuf lits et d’une unité médico-judiciaire (UMJ) pédiatrique. Le SAU adultes n’est pas en reste. D’importants travaux y ont également été réalisés, permettant d’améliorer la prise en charge des patients.

Deux circuits ont été créés dans le but de réduire les délais d’attente : les patients dont l’état est médicalement jugé moins grave passent entre les mains du personnel dédié au circuit court ; ceux dont l’état nécessite des explorations complémentaires (examens de biologie, scanner, etc.) et/ou un avis spécialisé sont dirigés vers le circuit long.

Le SAU adultes est également doté d’un espace spécifique à la prise en charge des urgences vitales, ainsi que d’un Trauma Center (lire en page suivante). « Nous ne pouvons que valider les travaux réalisés au sein du SAU du CHU de Reims, en vue d’une prise en charge plus efficace des patients qui s’y présentent, affirme la secrétaire générale de la CGT Santé, Valérie Rozalski. Mais ils ne suffiront pas à endiguer une saturation du service. Ce, pour plusieurs raisons : l’augmentation de fréquentation, la diminution des effectifs médicaux et paramédicaux, le manque de places dû à la fermeture progressive de lits dans le service… Il faudrait mettre les moyens adéquats en corrélation. »

Elle poursuit : « Les réformes successives ont été accompagnées de coupes budgétaires. Les économies ont été faites sur les effectifs et les lits. Nous ne pouvons plus, aujourd’hui, prendre en charge et soigner les patients comme nous avons pu le faire il y a vingt ans. Ce que les patients ne comprennent pas, si bien qu’il y a une certaine tension aux urgences. Ce sont eux qui se trouvent à l’autre bout de la chaîne. Et c’est avec eux qu’il faudrait réussir à se mobiliser. » une cinquantaine d’ETP paramédicaux.

Laon, Charleville et Reims : les chiffres


Les urgences d
u CH de Charleville ont accueilli près de 45000 personnes l’an dernierArchives A. Laudy

AISNE

Nombre de passages aux urgences adultes en 2017 : 26 138; aux urgences pédiatriques : 8 419.

Périodes de surchauffe : depuis avril, avec 2 400 passages par mois, ce qui n’a plus baissé depuis. Mai a ainsi été le mois le plus chargé avec 2 490 passages ceci s’expliquant, notamment, par l’indisponibilité des médecins libéraux durant les nombreux jours fériés et ponts. Effectifs : 16 équivalents temps plein (ETP) médicaux (SAU, Samu et Smur) ;

ARDENNES

Nombre de passages aux urgences en 2017 : 45 000, soit une légère hausse de 3 % par rapport à 2016. À Charleville, le service pédiatrique possède ses propres urgences. Il n’y a pas de période de surchauffe particulière, l’activité étant forte toute l’année. En revanche, la répartition en termes de patients n’est pas la même. L’été, il y a un peu plus de traumatologie, l’hiver beaucoup plus de médecine.

Délai d’attente moyenne : « 12 minutes avant d’être vu par une infirmière ou par un médecin », selon Xavier Fontaine.

Effectifs : une centaine de personnes, les urgences étant mutualisées avec le Samu, le centre 15 et le centre d’enseignement des soins d’urgences (Cesu).

Actes pratiqués : 30 % de médecine générale, « ce qui pourrait tout à fait être traité par un médecin généraliste », environ 40 % de petite traumatologie et 30 % de médecine qui nécessite des examens supplémentaires (radiologique, biologique…).

MARNE

Nombre de passages aux urgences adultes en 2017 : 50 856 ; aux urgences pédiatriques : 26 837. Effectifs (médical et non médical) : 134 au service d’accueil et de traitement des urgences (SAU) ; 60 au service des urgences pédiatriques

UN DÉCÈS REGRETTABLE

Yvette Mendel est décédée le 6mars aux urgences du CHU de Reims, après 2 h 30 d’attente. Âgée de 73 ans, elle était résidente de la maison de retraite Wilson, gérée par le CHU. Ouverte le 7 mars par le parquet de Reims – « compte tenu des circonstances un peu particulières entourant le décès » –, l’enquête en recherche des causes de la mort se poursuit. Une expertise a parallèlement été ordonnée après que l’avocat du fils de la victime dépose, le 9 mars, une requête auprès du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne. « Le rapport est attendu fin septembre, annonce Me Emmanuel Ludot. Il permettra de savoir si le décès de M me Mendel est lié ou non à un retard de prise en charge. »

UN TOURNAGE AUX URGENCES DE CHARLEVILLE

Depuis une dizaine de jours, et durant encore trois semaines, une équipe de journalistes a posé ses caméras aux urgences du CH de Charleville pour suivre au quotidien les équipes médicales. Le résultat devrait être diffusé en novembre dans le cadre d’« Appel d’urgence » (TFX).

PLAN SANTÉ

Des communautés professionnelles territoriales de santé seront créées pour assurer un parcours de soins personnalisé et désengorger les services d’urgences des hôpitaux, en assurant une prise en charge jusqu’à 20 heures pour les urgences non vitales. Leur mise en œuvre se fera au plus tard en 2020 « dans les zones les plus tendues ».

Plus d’informations à lire en pages France-Monde.

UN TRAUMA CENTER A REIMS POUR LES TRAUMATISÉS GRAVES


Le Dr Pascal RACLOT est responsable du Trauma Center. R Wafflart

Dédié à la prise en charge des traumatisés graves, le Trauma Center du CHU de Reims est opérationnel depuis juin. «  Ce n'et ni un service ni une salle d’acceuil, prévient son responsable, le Dr Pascal Raclot mais un établissement.

Accolé au service de réanimation, il possède un plateau technique complet. Mais là n'est pas sa seule spécificité. « Nous avons un ensemble des spécialités chirurgical est à disposition, avance l'anesthésiste réanimateur. Nous avons des ressources médicales rares, ainsi que du personnel dédié etentrainé. est de nous hisser au rang des Trauma Centers de niveiw 1.•médicales rares, ainsi que du personnel dédié et entrainé. Ce qui nous permet de nous hisser au rang des Trauma Centers de niveau 1. »

Y sont transportés des blessés dit de grade A ou de grade B. « Dans le premier cas, des blessés souffrant de défaillances hémodynamiques ou respiratoires, voire de coma profond. Dam le deuxième, des blessés souffrant de lésions traumatique.

Un « Trauma leader », en concertation avec le médecin régulateur du Samu, choisit l'établissement hospitalier dans lequel la victime doit être véhiculée. « L'idée est de gagner du temps  en orientant sur le lieu le plus adéquat, précise le Dr Raclot.

D'où une organisation solide en inteme comme en réseau . Le Trauma Center du CHU de Reims travaille de concert avec les établissements hospitaliers champardennais qui l'entourent, et même au delà. Son responsable évoque les établissements du groupe hospitalier universitaire de Champagne (Châlons-en-Champagne, Épernay, Rethel et Vitry·le François) du groupe hospitalier de territoire Saphir (Château Thierry et Soissons mais également de la région Grand Est.

Depuis janvier 2018, 140 traumatisés graves y ont été traités. À litre de comparaison, bien avant que l'établissement ne soit en marche, 160 traumatisés graves l'avaient été sur l'année 2016. Beaucoup de traumatismes crâniens, précise le Dr Pascal Raclot, ces derniers en lien avec des accidents de la route, du travail et des chutes. Dans tous les cas, très peu de plaies par balle.

S.B

Sophie BRACQUEMART, Quentin JOST

 Extrait de l'union du 19/09/2018

    

    

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Les téléconsultations désormais remboursées

À partir de ce matin, les médecins vont pouvoir proposer des consultations à distance remboursées par la Sécurité sociale.


La consultation à distance pourra se dérouler depuis le cabinet d’un médecin libéral. AFP

Tout médecin (pourra) recourir à la téléconsultation (…) pour tout patient (…) dès le 15 septembre », rappelle la Caisse nationale d’assurance maladie. Le tarif remboursé sera basé sur celui d’une consultation classique.

Concrètement, comment cela pourra-t-il se passer ? À condition d’être équipé d’un ordinateur, d’une tablette ou d’un smartphone équipé d’une webcam, vous pourrez avoir un rendez-vous avec votre médecin sans quitter votre domicile.

« Le praticien enverra à son patient «un lien l’invitant à se connecter sur un site ou une application sécurisés ». Les malades qui le souhaitent pourront « se faire assister par un professionnel de santé, comme, par exemple, un pharmacien ou un infirmier ». Avantage de cette consultation à distance : elle pourra aussi bien se dérouler depuis le cabinet d’un médecin libéral, un hôpital ou encore un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad).

Peut-on y voir un moyen de lutter contre les déserts médicaux en rapprochant les patients de leur médecin généraliste, voire de certaines spécialités ? Pour les médecins, il existe déjà plusieurs plateformes qui permettent cette mise en relation virtuelle du praticien avec le patient. Le site mesdocteurs.com, par exemple, propose le service de téléconsultation depuis 2015, travaille avec 150 généralistes et totalise plus de 100 000 mises en relation médecin/malade.

À noter que, concernant le service de cette plateforme, le tarif n’est pas celui de la consultation classique mais une facturation à la question ou à l’échange (chat) ou encore à la consultation vidéo ou audio.

S. V

 Extrait de l'union du 15/09/2018

    

    

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  L’espérance de vie en Europe menacée par l’obésité

Selon un rapport publié hier, l’espérance de vie des Européens et des Français continue  de croître. Néanmoins, l’obésité et le surpoids pourraient « inverser » cette tendance.

 L’ESSENTIEL

*.- SELON LE RAPPORT de l’Organisation mondiale de la santé pour l’Europe, publié hier, l’espérance de vie des Européens est en hausse.

*.- LES EUROPÉENS vivaient en moyenne un an de plus en 2015 qu’en 2010, soit 77,9 ans.

*.- L’ÉCART entre les hommes et les femmes reste néanmoins stable, 6,6 ans, soit 74,6 ans pour les hommes contre 81,2 ans pour les femmes, toujours en 2015.

*.- NÉANMOINS, l’obésité, tout comme le tabagisme ou l’alcool, restent préoccupants selon cette étude de l’OMS, publiée tous les trois ans.

 Publié tous les trois ans par l’organisation mondiale de la santé, le « Rapport sur la santé en Europe » établit que le « bien-être » mesuré sur le continent européen est « le plus élevé au monde » , tout en demeurant « très variable d’un point à l’autre de la région » , qui comprend 53 pays aussi hétéroclites que la Russie et Andorre, l’Allemagne et le Turkménistan. L’espérance de vie à la naissance dans la région s’élevait en 2015 à 77,8 ans, contre 76,7 ans en 2010.

LES HOMMES VIVENT PRÈS DE SEIZE ANS DE PLUS EN ISLANDE QU’AU KAZAKHSTAN

L’espérance de vie des femmes (81,1 ans) restait plus élevée que celle des hommes (74,6 ans) de six ans et demi, un écart qui s’est légèrement réduit. Les différences demeurent importantes selon les pays : les hommes vivent près de seize ans de plus en Islande (81,4ans) qu’au Kazakhstan (65,7 ans). En France, l’espérance de vie est de 86,3 ans pour les femmes, 79,8 ans pour les hommes.

« Les progrès sont inégaux, tant à l’intérieur des pays qu’entre les pays, entre les sexes et les générations », a souligné Zsuzsanna Jakab, la directrice de l’OMS pour l’Europe dans le rapport.« Les facteurs de risques liés au mode de vie sont préoccupants, ils peuvent ralentir ou même inverser les gains importants d’espérance de vie si rien n’est fait.  Parmi ces facteurs, la surcharge pondérale, qui augmente le risque de diabète, de cancer ou de maladie cardiaque, est « en hausse dans la plupart des États » . En 2016, l’obésité et le surpoids touchaient respectivement 23,3 % (+2,5 points en six ans) et 58,7 % (+2,8 points) de la population. La progression est particulièrement marquée en Turquie, où 32,1 % de la population est obèse et près de quatre femmes sur dix (39,2 %). Malte (29,8 % de la population) et le Royaume-Uni (27,8%) sont les deux autres pays de la région présentant la plus forte prévalence de l’obésité. La consommation de tabac et d’alcool sont également pointées du doigt par l’OMS, les taux enregistrés dans la région Europe étant parmi « les plus élevés au monde » : 29 % des individus de plus de 15 ans fument, selon les chiffres de 2013, contre 16,9 % en région « Amériques » et 24,8 % en « Asie du Sud-Est ». Le chiffre monte à 43,4 % en Grèce, 39,5 % en Russie, et 28,1 % en France.

La proportion de fumeurs quotidiens dans la population diminue néanmoins sur les 53 pays, passant de 28,1 % en 2002 à 24,4 % en 2014. La consommation d’alcool, à la hausse dans les années 1990 et 2000, recule régulièrement depuis 2008 mais reste élevée, à 8,6 litres par personne et par an en 2014, contre 6,4 litres par personne dans le monde. Dans l’Union européenne, la consommation est la plus forte en Lituanie (15,2 litres par personne), en République tchèque (12,7) et en Belgique (12,6). Avec 11,5 litres par personne, la France arrive devant la moyenne de l’UE (10,2). Les quatre principales maladies non transmissibles causent, elles, moins de décès prématurés. 

Les progrès sont inégaux, tant à l’intérieur des pays qu’entre les pays, entre les sexes et les générations
Zsuzsanna Jakab, directrice de l’OMS pour l’Europe
 

« La région est en bonne voie pour atteindre l’objectif de réduction annuelle de 1,5 % d’ici 2020 » , souligne l’OMS. La mortalité liée aux cancers, au diabète, aux maladies respiratoires et aux maladies cardio-vasculaires a reculé de 9 % entre 2010 et 2015 (715 décès pour 100 000 habitants cette année-là). Cette baisse est d’autant plus remarquable que l’incidence de ces maladies est en augmentation.

30

Une personne est obèse quand elle présente un indice de masse corporelle (IMC) supérieur à 30 kilos par m 2 , soit à partir de 87 kg pour une personne mesurant 1.70 m  

Les cancers seraient bien mieux dépistés dans les pays nordiques

Le nombre de cancers en Europe continue de progresser régulièrement mais la mortalité liée à la maladie est en baisse, souligne l’OMS dans son rapport publié hier. Dans la « région Europe » délimitée par l’OMS, 2,4 % de la population était atteinte d’un cancer en 2014, une proportion qui a augmenté de moitié depuis 2000. Ce chiffre cache d’importantes disparités selon le type de cancer et les populations considérées. Ainsi dans les pays nordiques (Suède, Norvège, Finlande, Danemark, Islande) la prévalence est deux fois plus importante (5 %), tandis qu’elle est réduite (1,8 %) dans la Communauté des États indépendants, qui regroupe neuf pays de l’ancien bloc soviétique, dont la Biélorussie, la Géorgie ou la Russie. Le taux s’élevait à 2,8 % en Union européenne en 2013, légèrement plus élevé chez les femmes (2,9 %), que chez les hommes (2,7 %). La forte incidence des cancers dans les pays nordiques témoigne de « la réussite» de leurs programmes de dépistage, juge Claudia Stein, directrice de l’information et de la recherche à l’OMS. « Ils identifient certains types de cancers bien avant l’apparition de symptômes, ce qui bien sûr favorise leur traitement mais gonfle les chiffres », a-t-elle expliqué lors de la présentation du rapport, à Londres. L’incidence du cancer du sein est en hausse de 30% depuis 2000, à 110 nouveaux cas par an pour 100 000 femmes en 2014. Mais ce cancer est aussi mieux soigné. La mortalité liée à cette maladie diminue régulièrement depuis la fin des années 1990, pour s’établir à vingt décès pour 100 000 femmes en 2015, contre 23,8 en 2000. Le nombre de nouveaux cas de cancers du col de l’utérus diminue dans l’Union européenne (12 pour 100 000 femmes en 2014, -12,5 % depuis 2000). Mais ils augmentent (17,8 nouveaux cas pour 100 000, +23 % depuis 2000) dans la CEI, où la mortalité est en outre deux fois plus importante (6,9 décès pour 100 000 femmes en 2014, stable depuis 1990). Enfin, l’incidence des cancers de la trachée, des bronches et des poumons a connu une évolution différente selon les pays. Elle a augmenté de presque 50 % en France entre 2000 et 2015, bien plus rapidement que dans le reste de l’UE. Elle s’établit pour l’ensemble de la « région Europe » à 49 cas pour 100 000 habitants en 2014. La mortalité liée à ces cancers diminue en moyenne (-13 % depuis l’an 2000) malgré plusieurs contre-exemples. Elle est stable en France (-2 % depuis 2000, 34,6 décès pour 100 000 habitants en 2014) et progresse au Portugal (+10 % depuis 2000).

 Extrait de l'union du 13/09/2018

    

    

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Généralisation du dossier médical partagé à compter d’octobre 

Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, a décidé de mettre en place « une source unique d’information publique sur le médicament en s’appuyant sur sante.fr », le service public d’information en santé, en y intégrant le contenu du site officiel sur les médicaments (medicaments.gouv.fr). De plus, pour la première fois, les patients vont être représentés au Comité économique des produits de santé (CEPS) qui négociait, jusque-là sans eux, les prix des médicaments remboursés et les rabais avec les laboratoires.

Enfin, Agnès Buzyn a annoncé la généralisation du Dossier Médical Partagé (DMP) par l’Assurance maladie sur l’ensemble du pays « à compter d’octobre 2018 ».

Ce dossier santé informatisé contribuera, avec le dossier pharmaceutique, à « faciliter la coordination des soins entre les prescripteurs » et les pharmacies européennes.

 Extrait de l'union du 04/09/2018

    

    

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Professeur René Frydman :

 La médecine doit s’adapter à la société

Le père scientifique d’Amandine, premier bébé-éprouvette née en 1982, consulte toujours à l’hôpital Foch de Suresnes. En plein débat sur la bioéthique, il livre ses positions.  


Le gynécologue-obstétricien, opposé au principe de la mère porteuse, espère une ouverture de la PMA à toutes les femmes. ALP

BIO EXPRESS

*.- NAISSANCE à Soumoulou (Pyrénées-Atlantiques) en 1943.

*.- 1974 : entre comme gynécologue à l'hôpital de Clamart.

*.- 1982 : Fait partie de l'équipe qui permet la naissance du premier bébé-éprouvette, Amandine.

*.- II ACCOUCHE le premier bébé issu d'un embryon congelé en 1986.

*.- IL S'OPPOSE à toute reconnaissance des mères porteuses dès 1992.

*.- ENGAGÉ en faveur de la PMA depuis 2006.

Dans un récent rapport le Conseil d’État dit ne pas voir d’obstacle juridique à l’ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes, c’est-à-dire aux célibataires et aux couples d’homosexuelles*. Une satisfaction pour vous qui avez reconnu avoir aidé des femmes qui n’ont pas accès à la PMA à devenir mères ?

Cet avis va simplement dans le sens de la société actuelle, marquée par une demande croissante de PMA. Ce n’est pas là une revendication de médecins, mais bien une demande des femmes. Je suis favorable à cet élargissement, même si j’y assortis la nécessité d’accompagner cette PMA.

La Manif pour tous est vent debout contre cette possible ouverture. Son premier argument concerne les risques liés au fait de fonder une famille sans père. Que leur répondez-vous ?

Je leur dis d’abord que les études dont nous disposons ne montrent pas que les enfants élevés par deux femmes présentent des difficultés particulières. En plus, cela revient à stigmatiser moralement les femmes qui sont seules avec leur enfant après une séparation ou un veuvage. Toutes les femmes sont libres de porter un enfant, avec ou sans père. On ne va pas mettre en place une police morale.

En cas de don d’ovocytes, êtes-vous favorable à l’accès à l’identité de la donneuse, actuellement anonyme en France ?

La conception avec don d’ovocytes est une pièce en deux actes qui se jouent à dix-huit ans d’intervalle. Premier acte : un couple stérile désire un enfant et a recours à un don pour y parvenir. Deuxième acte: dix-huit ans plus tard, s’il connaît son histoire, l’enfant devenu majeur peut avoir envie de connaître ses origines. En Angleterre, tout donneur est inscrit, sous son nom, dans un fichier. Je suis pour cette même inscription, mais avec la possibilité pour la donneuse de se rétracter plus tard. C’est la seule solution démocratique, qui revient à laisser le choix à chaque protagoniste de cette histoire.

Finalement, vous réclamez une médecine adaptée à l’évolution de la société ?

Bien sûr. C’est un fait de société : les femmes veulent faire des enfants plus tard, alors même que la fertilité baisse avec l’âge. Nous devons les aider, en favorisant par exemple le recours au don d’ovocytes.

Vous plaidez pour l’analyse génétique de l’embryon avant implantation, pratique interdite par la loi en France…

Oui, cette analyse est interdite, sauf pour les couples qui risquent de transmettre à leur enfant une maladie génétique. Or, 60 % des embryons obtenus par fécondation in vitro ne s’implanteront pas, et même 80 % si la femme a plus de 40 ans.

Un diagnostic pré-implantatoire, chez les femmes à risque, pourrait déterminer quels embryons sont susceptibles de s’implanter. Aujourd’hui, on congèle des embryons qui ne donneront jamais de bébé ; ils « attendent » pour rien.

En matière de sélection embryonnaire, vous ne souhaitez pas que la loi aille plus loin ?

Non. Que la sélection embryonnaire serve à sélectionner des embryons sur des critères autres que leur possibilité de s’implanter dans l’utérus ou l’absence de risque de développer une maladie grave serait une grave déviance.

Ne faudrait-il pas travailler aussi en amont, sur la prévention de la fertilité ?

Tout à fait, c’est un aspect trop négligé. Une mesure tel que l’envoi systématique aux femmes de 33 ans, par la Sécurité sociale, d’une information sur leur fertilité pourrait éviter des déconvenues.

Vous êtes également opposé à la GPA…

On ne peut pas faire tout et n’importe quoi. Il n’y a pas de droit à l’enfant. La GPA, c’est une location du corps de la femme, une marchandisation du corps. C’est pourquoi, à mon sens, elle ne doit pas être autorisée.

Anne-Sophie DOUET

 Extrait de l'union du 22/07/2018

    

    

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Lagardère va céder Doctissimo et MonDocteur 

Le pôle « e-santé » que s’apprête à vendre Lagardère comprend le célèbre site d’information santé Doctissimo et la plate-forme de prise de rendez-vous médicaux en ligne MonDocteur.


Le groupe Lagardère a annoncé, hier, la vente de son pôle «
 e-santé », dont il évalue la valeur à 60 millions d’euros.  

 « Doctissimo fait l’objet de négociations exclusives avec le Groupe TF1 en vue d’une finalisation d’un accord avant le 30 septembre 2018 » , précise le groupe. La plate-forme MonDocteur sera quant à elle rachetée par son principal concurrent, Doctolib. Le montant précis des transactions n’a pas été indiqué.

« Avec 55 000 praticiens utilisateurs et 20 millions de visites de patients chaque mois, l’ensemble formé par Doctolib et MonDocteur fournit désormais le service de prise de rendez-vous médicaux en ligne le plus utilisé au monde » , a indiqué Doctolib.

LAGARDÈRE SE RECENTRE SUR L’ÉDITION

Le groupe Lagardère est en plein redéploiement pour se recentrer sur l’édition et la distribution dans les lieux de transport, en se désengageant progressivement des secteurs des médias et du marketing sportif.

Doctolib, de son côté, ne manque pas de liquidités, après avoir levé 35 millions d’euros en novembre 2017, après 26 millions en janvier de la même année.

Doctolib et MonDocteur vendent aux professionnels de santé, indépendants ou dans les hôpitaux, un logiciel de gestion d’agenda, qui permet notamment aux patients de prendre rendez-vous en ligne. Le service fonctionne par abonnement, pour un prix mensuel de 109 € TTC pour Doctolib. L’entreprise promet aux praticiens une réduction de 30 % de leur temps de secrétariat, et de 75 % du taux de non-présentation des patients, grâce aux SMS de rappel de rendez-vous envoyés automatiquement. Doctolib est majoritairement contrôlé par ses fondateurs, dont le président Stanislas Niox-Chateau, et son équipe dirigeante. Eurazeo et Bpifrance figurent aussi au capital, comme le fonds international de capital-risque Accel ou des entrepreneurs (Pierre Kosciusko-Morizet, cofondateur du site de commerce en ligne PriceMinister, et Nicolas Brusson, cofondateur de la start-up française de covoiturage BlaBlaCar).

Extrait de l'union du 13/07/2018

    

    

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La rougeole en forte recrudescence

Après avoir diminué entre 2012 et 2016, le nombre de cas de rougeole en France  est reparti à la hausse depuis novembre 2017.

L’ESSENTIEL

*.- L’AGENCE SANTÉ PUBLIQUE France a annoncé, hier, le décès d’un patient de 26 ans affecté par la rougeole.

*.- UN AUTRE, âgé de 17 ans, fait l’objet d’un «pronostic réservé ».

*.- LA MALADIE avait déjà tué en février à Poitiers une mère de famille de 32 ans qui n’avait jamais été vaccinée.

*.- L’AGENCE SANITAIRE fait état de 2 567 cas de rougeole depuis novembre, avec comme départements les plus touchés la Gironde (24 % d’entre eux), la Vienne (8 %) et le Gard (6 %).

Maladie infectieuse, la rougeole touche majoritairement des gens non ou mal vaccinés. Cinq choses à savoir sur cette maladie caractérisée par l’éruption de taches rouges sur la peau et qui, avant l’arrivée des vaccins dans les années 1970, était une redoutable tueuse d’enfants (sept à huit millions de morts estimés par an dans le monde).

1 - UNE MALADIE EXTRÊMEMENT CONTAGIEUSE

La rougeole est causée par un virus qui se transmet très facilement par contact direct ou à travers l’air. On estime qu’un malade peut contaminer quinze à vingt personnes. Après une phase d’incubation silencieuse, la maladie se caractérise par une forte fièvre, le nez qui coule, de la toux, des yeux larmoyants… Dans un deuxième temps, apparaissent des taches rouges qui donnent son nom à la maladie.

2 - DES COMPLICATIONS POTENTIELLEMENT GRAVES

La rougeole est dangereuse par les complications qu’elle peut entraîner. La plupart des décès sont dus à des surinfections pulmonaires sévères de type pneumonie. Les autres complications possibles sont : l’atteinte du système nerveux (encéphalites) qui peut provoquer des séquelles graves voire être mortelle, l’atteinte des yeux (conjonctivite, kératite) qui peut aller jusqu’à la cécité, l’inflammation des oreilles (otites) ou une déshydratation liée à une diarrhée sévère. Il n’existe pas de traitement antiviral spécifique et la prise en charge du malade s’attache à soigner les complications.

3 - LA VACCINATION PRÉVENTIVE EXISTE DEPUIS 1968

Le seul moyen efficace pour se prémunir contre la rougeole est la vaccination préventive. Ce vaccin existe depuis 1968. En France, il a été inscrit au calendrier vaccinal en 1983. Il est généralement disponible sous la forme du vaccin combiné ROR qui protège également contre les oreillons et la rubéole. Alors qu’il était auparavant fortement recommandé mais non obligatoire, le vaccin ROR est devenu obligatoire pour tout enfant né après le 1 er janvier 2018, avec une dose à 12 mois et une seconde entre 16 et 18 mois.

4 - UNE TROP FAIBLE COUVERTURE VACCINALE

La couverture vaccinale désigne la proportion de personnes qui, dans la population générale, sont efficacement vaccinées contre une maladie. Plus ce taux est élevé plus il est difficile pour une infection de se propager. Pour la rougeole, la couverture en France est de 79 %. Il faudrait un taux de 95 % pour que la protection collective contre ce virus très contagieux soit vraiment efficace. Les études montrent que les personnes nées dans les années 80 sont trop faiblement immunisées contre la rougeole : c’était une époque où la vaccination se mettait progressivement en place et où le virus circulait moins. Du coup, beaucoup parmi cette génération n’ont jamais développé d’anticorps contre la maladie.

5 - LA CRAINTE D’UNE NOUVELLE ÉPIDÉMIE

Après avoir diminué entre 2012 et 2016, le nombre de cas de rougeole en France est reparti à la hausse en novembre 2017, faisant craindre une épidémie comme celles observées en Europe en 2017 et en France de 2008 à 2012. Au 24 juin 2018, 2 567 cas étaient déclarés depuis le 6 novembre, selon les autorités sanitaires françaises, dont 22 % ont donné lieu à une hospitalisation. 84 départements ont déclaré au moins un cas, les plus touchés étant la Gironde (24 % d’entre eux), la Vienne (8 %) et le Gard (6 %). Les enfants de moins de 12 mois sont les plus concernés par la maladie, mais la dernière victime connue était âgée de 26 ans, immunodéprimée et probablement contaminée par un proche non vacciné. Dans le monde, le nombre des décès dus à la rougeole a fortement diminué depuis le début des années 2000 grâce aux campagnes de vaccinations : le bilan OMS pour 2016 faisait état de 90 000 morts contre 550 000 en 2000.

Extrait de l'union du 28/06/2018

    

    

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 PHILIPPE ULMANN : Votre santé lui tient à cœur

Philippe Ulmann succède à Aurélie Combas-Richard à la tête de la Caisse primaire d’Assurance maladie de la Marne avec, comme principale préoccupation, la prévention et l’éducation à la santé.

Philippe Ulmann est un ancien universitaire. Il a souhaité prendre la direction d’une caisse primaire pour être au plus près des assurés. M.D.

SON PARCOURS

PHILIPPE ULMANN fêtera ses 50 ans dans deux mois. Il est domicilié dans le Val-de-Marne.

*.- SON PARCOURS EST, de son propre aveu, « un peu original » pour un directeur d’organisme : il est « universitaire d’origine ». Il a été professeur de fac pendant une petite dizaine d’années en économie de la santé avant de « basculer » dans le monde de la Sécurité sociale. « Je m’intéressais à toutes les problématiques du domaine de la santé et j’avais aussi une activité de conseil pour les ministères français et étrangers sur l’organisation des systèmes de santé. Cela m’a permis d’avoir une vision internationale des choses et de voir combien les Français sont gâtés en la matière… »

*.- IL EST, depuis avril 2018, directeur de la Caisse primaire d’Assurance maladie de la Marne.

Pourquoi avez-vous souhaité rejoindre l’Assurance maladie ?

J’ai voulu me confronter à la réalité. J’ai rejoint la Sécurité sociale en 2006 en tant que directeur de la branche santé de la Caisse nationale de l’Assurance maladie. Je suis resté 4 ans dans la branche RSI (régime social des indépendants). C’était passionnant, très intéressant. Cela m’a permis de nouer des relations avec beaucoup de personnes dans le réseau, notamment Patrick Harter, directeur de l’ex-caisse RSI de Champagne-Ardenne. Fin 2010, le directeur général de la Cnam m’a demandé de prendre la direction de l’offre de soins. C’est assez stratégique car j’étais en charge des négociations avec tous les professionnels de santé, et du volet hospitalisation et produits de santé. J’y suis resté 7 ans. Et toujours dans cette logique de vouloir coller au terrain, j’ai souhaité prendre la direction d’une caisse primaire, pour être au plus près de nos assurés, du public. J’ai candidaté et ai été retenu pour intégrer la CPAM (caisse primaire d’Assurance maladie) Marne.

Vous avez pris vos fonctions en avril. Quels sont vos objectifs ?

C’est mon premier poste de directeur d’organisme. J’avais déjà quelques repères et contacts locaux. La CPAM Marne est très dynamique, avec de bons résultats. Cela m’intéressait de continuer l’œuvre de mes prédécesseurs et de donner une impulsion nouvelle. De manière générale, ma priorité, ma grande préoccupation pour les prochaines années, c’est la prévention et l’éducation à la santé. Parce qu’aujourd’hui, c’est, vraisemblablement, au-delà des innovations et découvertes thérapeutiques, le principal levier pour l’amélioration de la santé. Ce n’est pas pour rien que la ministre de la Santé en a fait sa priorité et que récemment, dans le cadre de la convention d’objectifs et de gestion signée entre l’État et la Sécurité sociale, le budget « prévention » augmente sensiblement.

Comment comptez-vous vous y prendre ?

Ce que je souhaite, c’est mobiliser l’ensemble des collaborateurs de la Caisse primaire et tous nos partenaires pour lancer une nouvelle dynamique sur la prévention et l’éducation à la santé. J’ai déjà rencontré plusieurs acteurs, notamment le directeur territorial de l’Agence régionale de santé, la MSA (Mutualité sociale agricole), les maires de Châlons, Vitry, Épernay… Et j’en parlerai prochainement au maire de Reims. Les collectivités locales doivent être impliquées et je souhaite développer un partenariat fort avec l’Éducation nationale. Je souhaite créer une vraie dynamique, quitte à renverser les habitudes, à innover, pour arriver à de vrais résultats. Il ne faut pas hésiter à renverser la table pour que, éventuellement, la Marne soit un laboratoire dans ce domaine ; car je sais pouvoir compter sur des équipes innovantes, très ouvertes d’esprit. Les premiers contacts avec les acteurs de la santé me laissent à penser qu’on peut construire quelque chose, avec les professionnels de la santé aussi. Notre objectif, c’est l’amélioration de l’état de santé de la population. Il faut tout mettre en œuvre pour.

Il faut qu’on continue à innover, être force de proposition. C’est ce qui guidera notre action D’autres projets ?

Bien sûr, ensuite, le but est de maintenir la qualité de service que nous rendons à nos publics. La CPAM a fait beaucoup de choses ces dernières années. Le taux de satisfaction est très élevé. On est à l’écoute de tous nos publics, il faut poursuivre dans cette voie. Nous sommes un service public, au service du public. Il faut faire en sorte de répondre aux attentes du mieux possible. Avec ces particularités, que nous intégrons le régime des étudiants et des indépendants. Le hasard fait que par mon parcours, ce sont deux publics que je connais et auxquels je me suis attaché. Sur ces sujets de prévention et d’éducation à la santé, on ne parle pas de la même manière aux étudiants, salariés, indépendants. Quand on les intègre à notre régime, il faut développer une politique adaptée. Il ne s’agit pas de mieux ou moins bien les traiter que les ressortissants habituels, mais de leur apporter une attention particulière. Nos outils permettent une personnalisation de la prise en charge de nos publics. C’est important de garder une qualité de relation avec eux.

Et avec les professionnels de santé?

C’est valable aussi. Dans la Marne, peut-être plus que dans d’autres organismes, il y avait une relation privilégiée avec les professionnels de santé. Je les connais bien, je les ai côtoyés pendant 7 ans dans les négociations, les commissions nationales. Je veux construire des partenariats avec eux. On ne peut pas faire bouger les choses sans eux, que ce soit dans l’éducation ou la régulation du système.

La CPAM Marne est un exemple reconnu de capacité d’innovation. Vous veillerez à ce qu’elle le reste ?

Oui. Ce n’est pas pour rien que la Cnam lui a confié des missions nationales ces dernières années. C’est une reconnaissance de la qualité du travail. Il faut qu’on continue à innover, être force de proposition. C’est ce qui guidera notre action, avec l’idée de régulation du système. Car pour continuer à offrir un système si généreux, on doit être vigilant sur les dépenses, l’efficience. C’est l’affaire de tous. On continuera à diffuser des messages de bonne utilisation du système. Il faut avoir conscience qu’on a beaucoup de chance d’être en France. Et si on veut garder cette chance, il faut en appeler à la responsabilité de chacun, faire attention à la dépense.

MAINTENIR LE MAILLAGE TERRITORIAL

Deux fois à Vitry-le-François, deux fois à Châlons-en-Champagne, une fois à Épernay… En seulement deux mois, Philippe Ulmann a déjà quadrillé le département. « Je suis très attentif à ce que nous continuions à être présents sur notre territoire, à maintenir le maillage territorial. » La proximité est, pour le directeur de la CPAM, « importante ». Elle doit aussi passer, selon lui, par les nouveaux outils de communication, et ce, dans le but de répondre aux attentes de chacun.

Marion DARDARD

Extrait de l'union du 22/06/2018

    

    

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L’addiction aux jeux vidéo classifiée comme une maladie

Au même titre que celle à la cocaïne ou aux jeux d’argent, l’addiction aux jeux vidéo, ou « trouble du jeu vidéo », a été reconnue comme une maladie par l’Organisation mondiale de la santé.  


De nombreux cas ont été décrits de joueurs compuksifs incapables de se d&tacher de leur ordinateur, appareil mobile ou console de jeu, au point d’abandonner toute vie sociale et de mettre en danger leur santé, mentale et physique. A.F.P

Passer des jours et des nuits sur sa console et oublier de manger ou de dormir… L’addiction aux jeux vidéo a été reconnue, hier, comme maladie à part entière par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), permettant aux joueurs compulsifs de pouvoir bénéficier de soins.

L’OMS avait publié dès janvier une définition de ce trouble, en annonçant son projet de reconnaître cette maladie

« Après avoir consulté des experts dans le monde entier, et avoir examiné la littérature de manière exhaustive, nous avons décidé que ce trouble devait être ajouté », a déclaré Shekhar Saxena, le directeur du département de la santé mentale et des toxicomanies de l’OMS,.

Le « trouble du jeu vidéo » a donc intégré la onzième version de la Classification internationale des maladies (CIM, en anglais ICD), première mise à jour globale de cette nomenclature depuis le début des années 1990.

Ce trouble est, selon l’OMS, « un comportement lié à la pratique des jeux vidéo ou des jeux numériques, qui se caractérise par une perte de contrôle sur le jeu, une priorité accrue accordée au jeu, au point que celui-ci prenne le pas sur d’autres centres d’intérêt et activités quotidiennes, et par la poursuite ou la pratique croissante du jeu en dépit de répercussions dommageables ». Pour établir le diagnostic, ce comportement extrême doit avoir des conséquences sur les « activités personnelles, familiales, sociales, éducatives, professionnelles », et « en principe, se manifester clairement sur une période d’au moins 12 mois ». « La personne joue tellement que d’autres centres d’intérêt et activités sont délaissés, y compris le sommeil et les repas », a expliqué Shekhar Saxena.

Ces joueurs compulsifs sont incapables de se détacher de leur ordinateur, appareil mobile ou console de jeu, au point d’abandonner toute vie sociale et de mettre en danger leur santé, mentale et/ou physique. Certains en sont même morts d’épuisement, faute d’avoir fait des pauses.

2 ,5 MILLIARDS

Quelque 2,5 milliards de personnes dans le monde jouent aujourd’hui aux jeux vidéo. Mais le trouble ne touche qu’une « petite minorité », a souligné le responsable de l’OMS, ajoutant : « Nous ne disons pas que toute habitude de jouer aux jeux vidéo est pathologique. »

Les dépendances, la face sombre des jeux vidéo

 Depuis « Pong » en 1972 jusqu’à «Fortnite » ou « Fifa 18 », le jeu vidéo a connu une croissance fulgurante. Le chiffre d’affaires de l’industrie a atteint 108 milliards de dollars en 2017, le double de celui du cinéma en salles, d’après le cabinet spécialisé Superdata. La face sombre de cette popularité a été l’apparition de dépendances. En Corée du Sud, aux États-Unis ou au Japon, des cliniques la traitent spécifiquement. La communauté scientifique est divisée sur l’existence ou non de ce « trouble du jeu vidéo ».

Dans une étude publiée cette année sur le site internet de la Société pour l’amélioration des sciences de la psychologie (États-Unis), trente-six chercheurs ont jugé les preuves insuffisantes. « Sachant l’importance de la nomenclature des diagnostics et son incidence plus large sur la société, nous exhortons nos collègues de l’OMS à se ranger à la prudence pour le moment et à retarder la formalisation », écrivaient-ils. Sans surprise, l’industrie du jeu vidéo est également contre. « Le processus de l’OMS pèche par son opacité, a de graves défauts, et manque de fondement scientifique », affirmait, dans un communiqué, en mars, Michael Gallagher, le directeur général de l’Entertainment Software Association. La CIM, une liste de quelque 55 000 types de blessures, maladies, affections ou causes de mort, est largement utilisée comme référence par la communauté médicale et les assureurs.

Extrait de l'union du 14-06-2018

 

    

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 Chaque jour, il faut 560 dons pour répondre aux besoins des malades

C’est la journée mondiale des donneurs de sang. C’est l’occasion   de se pencher sur les donneurs marnais, qui se montrent plutôt généreux.


La Marne ne manque pas de donneurs ni de sang. Mais il n’y en aura jamais assez pour répondre aux besoins des malades. Archives

320 COLLECTES DANS LA MARNE

Dans tout le département, les donneurs potentiels avaient 320 occasions de donner leur sang en 2017. Difficile donc de prétexter qu’il était trop complexe de faire un don. Pourtant, au niveau national, seulement 5% de la population a donné au moins une fois son sang dans l’année écoulée. Les petites collectes (moins de 30 poches) ont tendance à disparaître. « Mais on augmente la fréquence des plus importantes », prévient le Dr Blaison de l’EFS. Ce qui permet de retrouver le même nombre de rendez-vous.

34 222 DONS EN 2017

Qu’il s’agisse de sang (en majorité) ou de de plasma ou de plaquettes, les donneurs marnais ont été plutôt généreux en 2017. « D ’une manière générale, souligne le Dr Blaison, responsable de la collecte pour l’Établissement français du sang (EFS), la région Grand Est, notamment avec la Marne et l’Alsace, se distinguent par leur nombre de donneurs. On est autosuffisant en dons et on peut aussi dépanner les régions qui en manquent. » Le don de plasma, plus long et complexe, est d’ailleurs en augmentation.

560 DONS NÉCESSAIRES PAR JOUR

C’est le nombre de dons, tout confondus, nécessaires pour répondre aux besoins des habitants de la Marne. « Un chiffre que l’on atteint en général tous les mois », souligne le Dr Muriel Blaison. Il en faut 1 500 pour toute la région Grand Est et plus de 10 000 dons pour répondre à la demande en France.

100 POCHES DISTRIBUÉES CHAQUE JOUR

Tous les jours, depuis le centre hospitalier de Reims qui centralise les collectes de sang, plaquettes et plasma, partent une centaine de poches de ces fluides organiques. Ces dons sont distribués dans tous les hôpitaux de la Marne mais pas seulement. « On a par exemple besoin de plasma pour fabriquer certains médicaments », explique la responsable de collecte de l’Établissement Français du Sang (EFS).

15 DONS DE PLASMA PAR SEMAINE

C’est à Reims que ça se passe. Il s’agit du seul établissement de santé habilité pour prélever ce fluide essentiel dans la fabrication de médicaments dérivés du sang mais aussi pour soigner les grands brûlés et les hémophiles. La complexité de l’acte, nécessitant au moins une heure pour être prélevé et des équipements conséquents, explique l’apparente faiblesse des dons. « Mais ils sont en augmentation », sourit la responsable de la collecte de l’EFS. La prochaine étape, c’est de valoriser le don de plaquettes, encore plus long puisqu’il requiert presque deux heures.

3 223 NOUVEAUX DONNEURS

Si l’EFS marnais ne connaît pas le nombre exact de donneurs sur le département « car la même personne peut donner plusieurs fois dans l’année », souligne le Dr Blaison, on sait que 3 233 nouveaux donneurs ont fait leur entrée sur les tablettes de l’EFS. En majorité, ils ont entre 18 et 25 ans, l’EFS démarchant beaucoup les lycées et les universités. « Un chiffre encourageant », commente la docteure.

De moins en moins de sites fixes

La collecte du sang et assimilés se portent bien dans la Marne. Le département fait même partie des plus généreux de la région. Pourtant, par mesure d’économies, l’Etablissement français du sang (EFS) a dû réduire le nombre de sites fixes où l’on pouvait donner son sang presque tous les jours. Ainsi, Épernay a perdu son site de collecte fin 2015 et Châlons-en-Champagne a perdu le sien au début de l’année 2017. « Désormais, justifie le Dr Muriel Blaison, responsable de la collecte, on favorise les collectes mensuelles. » Aujourd’hui, il n’y a plus qu’à Reims où l’on peut donner son sang sans rendez-vous tous les jours. Cette centralisation a-t-elle eu un impact négatif sur les dons ? « Non, assure le Dr Blaison, les donneurs ont suivi. Sur Epernay, on a retrouvé le niveau du site fixe et on a même gagné de nouveaux donneurs. » Ce que confirme Anni-Claude Picot, présidente de l’association de l’association pour la promotion du don du sang bénévole, qui avait accueilli la nouvelle froidement à l’époque. « Il y avait des inquiétudes pour les donneurs, ce n’est pas pratique une collecte une fois par mois. C’est contraignant pour ceux qui travaillent. Heureusement, l’EFS s’est adaptée avec une collecte qui commence à midi et finit à 19 heures. » Elle confirme également «que des nouveaux donneurs ont fait leur apparition, notamment des jeunes qui n’osaient pas venir. Les bénévoles font leur maximum pour instaurer un climat de confiance ». Les donneurs sont toujours au rendez-vous.

Extrait de l'union du 14/06/2018

    

    

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 Plus de 6.000 greffes réalisées en 2017

Il n’y a jamais eu autant de greffes en France que l’an dernier. La plus courante reste de loin celle du rein.


La Journée nationale de réflexion sur le don d’organes et la greffe aura lieu le vendredi 22 juin. AFP

La barre des 6000 greffes a été passée l’an denier en France. Au total, ce sont 6 105 opérations qui ont été réalisées, contre 5 891 en 2016 : 3 782 greffes de rein (dont 611 grâce à un donneur vivant), 1374 de foie (dont 18 grâce à un donneur vivant, qui donne une partie de cet organe), 467 de cœur, 378 de poumons, 96 de pancréas, 6 cœur-poumons et 2 d’intestins. En 2017, 23 828 patients ont été en attente d’un organe.

57 000 PERSONNES VIVENT AVEC UN GREFFON FONCTIONNEL

« Plus de 75 % des personnes greffées vivent bien avec leur greffon après 10 ans de greffe », a souligné l’Agence de biomédecine, selon laquelle « en France, plus de 57 000 personnes vivent avec un greffon fonctionnel ». C’est cette agence qui organise et assure la répartition et l’attribution des organes.

« Il y a eu beaucoup de progrès en 30 ans, puisqu’en 1985 on faisait 1360 greffes en France », a commenté le professeur Olivier Bastien, responsable du prélèvement et des greffes d’organes et de tissus à l’Agence de biomédecine. « Il faut rappeler l’importance du don d’organes » qui permet aux receveurs « de gagner des années mais aussi de la qualité de vie », poursuit le professeur. Les dons d’organes sont régis par la loi de bioéthique, qui va être révisée ces prochains mois. Les prélèvements d’organes viennent majoritairement de personnes décédées, mais aussi parfois de personnes vivantes, comme pour certaines transplantations de rein. Trois principes inscrits dans la loi régissent le don d’organes : le consentement présumé (chacun est un donneur potentiel, sauf s’il a exprimé son refus de son vivant), la gratuité du don et son anonymat (sauf pour les dons entre vivants, qui ne peuvent avoir lieu qu’entre proches).

Si on ne souhaite pas donner ses organes après sa mort, il existe deux moyens de le faire savoir : le dire à ses proches ou s’inscrire sur un registre national des refus.

Extrait de l'union du 13/06/2018

    

    

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Donner une autre vie au matériel médical

Envie se diversifie via la collecte, le reconditionnement et la vente de matériel médical d’aide à la mobilité.


Sébastien Delcroix et Gaëlle Gayet : «
Les produits proposés à la vente seront de 30 à 70% moins chers que leurs équivalents neufs.» A.B.

L’ESSENTIEL

-.- ENVIE REIMS CHAMPAGNE-ARDENNE, est une entreprise implantée depuis 1993 à Reims. Elle fait partie d’une fédération comprenant 52 établissements en France.

-.- ACTIVITÉS 2017 : à Reims, la collecte de déchets électriques, électroniques et d’équipements (DEEE) pour le compte d’éco-organismes a permis de récupérer 4 500 tonnes. Une partie a pu être rénovée pour être ensuite mise en vente par Envie au sein de son magasin situé au 255 de la rue de Courcelles. Les prix de la revente oscillent en général entre 30 à 50 % de moins que le prix du neuf. Ce sont 1 700 appareils qui ont trouvé un nouveau propriétaire, l’an passé. Chiffre d’affaires : 1,2 M€.

-.- RÉINSERTION : les réparations sont faites par des personnes en insertion professionnelle. La structure compte 55 salariés dont 43 en insertion

1 - LA GENÈSE

Lit médicalisé, fauteuil roulant électrique ou non, chaises percées, déambulateurs, cannes tripodes… Ce matériel médical d’aide à la mobilité souvent onéreux n’est pas toujours pris en charge par l’Assurance maladie et les complémentaires santé. Des personnes aux faibles ressources peinent ainsi parfois à s’équiper. Il y a aussi les personnes qui ont besoin d’un second équipement (comme les couples divorcés d’enfants handicapés) et qui ne peuvent donc pas bénéficier de remboursements. « En parallèle, il existe chez des particuliers et au sein d’établissements sanitaires et médicaux sociaux, comme au sein d’établissements de soin, du matériel médical qui prend la poussière car il n’est plus utilisé pour diverses raisons » , expose Sébastien Delcroix, le directeur d’Envie Reims. Au final, ce matériel inutilisé finit souvent en déchetterie.

Devant ce triple constat, le conseil départemental de la Marne a donc confié à Envie Reims, la mission de collecte et de réemploi de matériel médical inutilisé, via un chantier d’insertion. Une mission pas tout à fait inédite, puisque d’autres unités locales d’Envie s’y sont déjà consacrées au cours de ces dernières années.

2 - NOUVEAU LOCAL ET GRANDE COLLECTE

Pour mener à bien ce nouveau service, il fallait un autre local, adapté à ce type d’activités. « Après un article paru dans L’union où nous expliquions nos difficultés à trouver simplement un local, on a été rapidement contactés. On va donc s’installer dans l’ancien Lidl du boulevard Wilson. On devrait avoir les clés le 15 juin » , poursuit Sébastien Delcroix.

Le plus gros reste à faire : collecter dans les établissements hospitaliers de la Marne, ainsi que dans les Ehpad et les maisons de retraite, le matériel qui n’est plus utilisé. Via les services du Département, un questionnaire a été transmis aux 52 Ehpad de la Marne afin de recenser déjà le matériel mis au rebut et pouvoir ensuite aller le récupérer. «Nous nous sommes aussi rapprochés du groupe Courlancy en pleine restructuration et déménagement afin de récupérer le matériel inutilisé » , complète Sébastien Delcroix.

Après la collecte, le tri : « Il s’agit de savoir si ce matériel est encore homologué : les normes évoluent rapidement. S’il ne l’est plus, il est peut-être possible de l’adapter, en changeant une pièce par exemple », explique Gaëlle Gayet, chargée de projet au sein d’Envie Reims. S’il est cassé, on le répare si cela est possible afin de lui donner une seconde vie, ou sinon on récupère les pièces qui peuvent être encore utiles. » Cinq salariés en insertion, un ergothérapeute et un encadrant technique seront mobilisés sur ce volet Autonomie.

3 - APPEL AU DON POUR UNE MACHINE

Le matériel médical ainsi rénové doit ensuite être aseptisé avant d’être mis en vente afin de répondre aux règles sanitaires ou hospitalières en vigueur. « Il nous faut acheter une machine avec un système de vapeur sèche permettant d’éliminer toute éventuelle bactérie », explique Sébastien Delcroix. Le problème, c’est qu’elle coûte 5.000 €. Un appel aux dons est donc lancé. « Notre partenaire, la Caisse d’Epargne, s’est engagée à doubler la somme collectée jusqu’à ce que l’objectif financier soit atteint. »

Le but affiché : proposer les premiers produits à la vente (moins chers de 30 à 70 % que leurs équivalents neufs) en septembre. «Il y aura une boutique dédiée dans nos locaux du boulevard Wilson, on mettra aussi en service un site internet qui recensera l’ensemble des produits mis en vente » , continue Gaëlle Gayet.

Envie Reims souhaite aussi à terme proposer la maintenance des aides techniques vendues.

En attendant, si vous avez chez vous du matériel médical d’aide à la mobilité dont vous n’avez plus l’utilité, vous pouvez venir les déposer dans les locaux d’Envie au 255 de la rue de Courcelles.

Renseignements au 03 26 07 40 35. Mail : gayet.gaelle@gmail.com. Appel au don : envie-reims.espacedons.com/projet/ acquerir-une-machine d’aseptisation

Aurélie BEAUSSART

Extrait de l'union du 29/04/2018

    

    

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Un débat sur la fin de vie qui en rappelle d’autres

Comme le petit Alfie, dont la mort a été annoncée hier, d’autres malades en état végétatif ou semi-végétatif se sont trouvés ces quinze dernières années au cœur de batailles juridiques.


Ballons, jouets, bougies et fleurs s’accumulaient, hier, devant l’hôpital pour enfants Alder Hey de Liverpool, dans le nord-ouest de l’Angleterre, où Alfie était hospitalisé depuis décembre 2016. AFP

LES FAITS

*.- ALFIE EVANS, le bébé britannique en état semi-végétatif, est décédé, hier à Liverpool, après une longue bataille judiciaire de ses parents pour obtenir, en vain, la poursuite de son traitement contre l’avis des médecins.

*.- ÂGÉ DE 23 MOIS, Alfie était hospitalisé depuis décembre 2016.

*.- NÉ LE 9 MAI 2016, le bébé était atteint d’une pathologie neurodégénérative rare sans possibilité de traitement.

*.- LA JUSTICE BRITANNIQUE AVAIT REJETÉ, mercredi, un dernier recours de ses parents pour le maintenir en vie et de pouvoir poursuivre le traitement de leur enfant en Italie, où des hôpitaux avaient proposé de l’accueillir.

1 - ALFIE EVANS

Le bébé britannique en état semi-végétatif dont les parents s’étaient opposés à l’arrêt des soins contre l’avis des médecins, est mort hier, a annoncé sa famille. La justice britannique avait rejeté plusieurs recours visant à une poursuite du traitement en Italie, où le pape François avait apporté son soutien aux parents. La Haute Cour, la Cour d’appel et la Cour suprême britanniques ont, à chaque fois, statué en faveur de l’équipe médicale. La Cour européenne des droits de l’homme a également rejeté la requête des parents. D’après l’hôpital, la justice a confirmé, à chaque décision, qu’il n’était « pas dans le meilleur intérêt d’Alfie de continuer à recevoir un traitement ou de voyager à l’étranger pour recevoir des soins ».

2 - CHARLOTTE WYATT

Lors de sa naissance, à Portsmouth, dans le sud de l’Angleterre, en octobre 2003, trois mois avant terme, Charlotte Wyatt pèse 450 grammes et mesure treize centimètres. Quelques mois plus tard, un premier arrêt cardiaque endommage son cerveau de manière irréversible. Dans un état végétatif le nourrisson quasi aveugle respire grâce à un respirateur artificiel. Sa survie fait alors l’objet d’une intense bataille judiciaire, très médiatisée, entre les parents qui veulent obliger les médecins à maintenir leur fille en vie et le corps médical refusant, par avance, de réanimer la petite fille en cas de nouvel arrêt respiratoire. Après plusieurs décisions contradictoires, les juges donnent finalement raison aux parents qui plaident le droit à la vie au nom de leurs convictions chrétiennes. Leur fille, toujours en état quasi végétatif, est aujourd’hui âgée de 14 ans.

3 - ELUANA ENGLARO

Sa mort, le 9 février 2009, fait d’Eluana, plongée dans un état végétatif depuis dix-sept ans, le symbole de la lutte pour le droit à mourir dans une Italie déchirée par les questions relatives à la fin de vie. À la demande de son père, Beppino Englaro, la cour de Cassation avait autorisé en décembre 2008, la fin de l’alimentation de la jeune femme qui, avant son accident de la circulation, avait exprimé son refus de tout acharnement thérapeutique. La jeune italienne de 38 ans survivra trois jours seulement à l’interruption de l’alimentation et de l’hydratation artificielle, dénoncée comme un meurtre par l’Église catholique.

4 - VINCENT LAMBERT

Le 10 avril 2013, le Centre hospitalier de Reims engage un «protocole de fin de vie » pour Vincent Lambert plongé dans un état végétatif sans espoir d’amélioration depuis un accident de la route en 2008, près de Châlons-en-Champagne. Sa femme Rachel veut l’arrêt des traitements, Vincent ayant « clairement »indiqué, selon elle, son refus de tout acharnement thérapeutique. Les parents s’opposent, eux, à toute forme d’euthanasie passive pour leur fils. Après plusieurs épisodes judiciaires, le Conseil d’État se prononce le 24 juin 2014 pour l’arrêt des soins. Un avis ensuite validé par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). Mais, depuis, le dossier reste enlisé avec des procédures judiciaires contradictoires à l’initiative des membres d’une famille qui se déchire.

5 - CHARLIE GARD

Le 28 juillet 2017, à Londres, Charlie Gard, atteint d’une maladie génétique neurodégénérative, meurt à quelques jours de son premier anniversaire. Ses parents, estimant qu’il est trop tard pour le sauver, ont finalement renoncé à s’opposer à l’arrêt de la ventilation artificielle décidé par les médecins, sans laquelle il ne peut respirer. Ils avaient multiplié, en vain, les recours jusqu’à la Cour européenne des droits de l’homme. Le couple avait mené parallèlement une campagne pour tenter de faire suivre à leur enfant un traitement expérimental à l’étranger, avec le soutien, entre autres, du pape François et de Donald Trump.

6 - TERRI SCHIAVO

Aux États-Unis, Terri Schiavo, 41 ans, dans le coma depuis 15 ans, meurt de déshydratation le 31 mars 2005, après près de deux semaines sans alimentation. Son époux, Michael, a obtenu en justice qu’elle ne soit plus maintenue en vie, contrairement aux souhaits de ses parents. Leur bataille judiciaire, fortement médiatisée, durait depuis sept ans. Cette affaire a valu un désaveu au président George Bush, qui avait pris fait et cause pour le maintien en vie de Mme Schiavo.

Extrait de l'union du 29/04/2018

    

    

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Des coordinateurs pour soulager les docteurs

Grand Reims Une aide est mise en place depuis peu pour faciliter le quotidien des médecins généralistes.


Matthieu Birebent en compagnie de Sophie Depommier et Julie Perigard, coordinateurs d’intervention en médecine générale.

« L ’expérimentation est une réussite ! Ils sont déjà 135 sur les 330 médecins de la communauté urbaine du Grand Reims à soutenir la plate-forme territoriale d’appui mise en place en septembre » , déclare, ravi, Matthieu Birebent, directeur de l’association d’appui aux professionnels de santé.

Les médecins confrontés à une situation complexe peuvent solliciter un coordinateur d’intervention en médecine générale
Matthieu Birebent, directeur de l’association

Mais qu’est-ce qu’une plate-forme territoriale d’appui ? Un regroupement de médecins sur un secteur donné qui, « lorsqu’ils sont confrontés à une situation complexe, peuvent ainsi solliciter l’aide d’un coordinateur d’intervention en médecine générale afin de permettre à leurs patients de bénéficier des bonnes ressources au bon moment. »

En clair, le médecin qui n’a plus autant de temps qu’auparavant à consacrer à ses patients peut confier ainsi à une tierce personne la ou les problématiques médico-sociales rencontrées.

« Le coordinateur d’intervention en médecine générale se charge de mettre en musique. Il recherche les solutions possibles, les dispositifs existants et autres aides que l’on peut solliciter. Le coordinateur connaît ainsi les ressources sanitaires, sociales et médico-sociales du territoire et peut ainsi proposer les solutions d’aides et d’accompagnement possible. Mais, au final, c’est le médecin, avec son patient, qui prend les décisions. »

170 PATIENTS ONT DÉJÀ BÉNÉFICIÉ DU DISPOSITIF

Hier, il s’agissait de formaliser le dispositif, d’ancrer davantage l’expérimentation sur le territoire du Grand Reims.

L’Agence régionale de santé qui finance le poste de coordinateur d’intervention en médecine générale, a débloqué un deuxième poste, il y a quelques jours. Ainsi, Julie Perigard vient de rejoindre Sophie Depommier.

« Si le dispositif continue à monter en puissance, une troisième embauche devrait se faire d’ici la fin de l’année » , poursuit Matthieu Birebent.

Ce ne sont pas moins de 170 patients (envoyés par 45 médecins généralistes) qui ont ainsi été pris en charge via la plate-forme. « Un très beau début » , se félicite Matthieu Birebent.

ENGOUEMENT

Pilote pour le département, cette plate-forme territoriale d’appui d’abord limitée au nord est du Grand Reims, s’est ainsi étendue à toute la communauté urbaine, passant de 30 médecins en septembre dernier à 135 donc. L’engouement a fait tache d’huile, «un projet de plate-forme est en cours de réflexion sur le secteur de Châlons-en-Champagne, environ trente médecins généralistes sont d’ores et déjà intéressés » , fait savoir Matthieu Birebent.

Aurélie BEAUSSART

Extrait de l'union du 26/04/2018

    

    

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Huit partenaires d’accord pour soutenir une quarantaine d’actions sanitaires

La gestion du plan canicule ou les conseils spécifiques liés aux difficultés respiratoires font partie de la liste figurant sur le contrat local de santé qui vient d’être renouvelé.


Le contrat vise à promouvoir la santé, de préférence par la prévention, à travers une quarantaine d’actions. Aurélien Laudy

Le contrat local de santé vient d’être renouvelé à Reims. De quoi s’agit-il ? À quoi sert-il ?

1 - EN PENSANT AUX ASTHMATIQUES

Savez-vous qu’une conseillère médicale peut visiter votre logement et repérer d’éventuelles sources de difficultés respiratoires ?« Cela peut intéresser en particulier les allergiques ou les personnes souffrant d’asthme. Ce service de la Ville de Reims reste pourtant méconnu », dit Mylène Ducret, directrice des solidarités et de la santé publique à cette même Ville. Pour le faire connaître, il faut des sous, et des sous, c’est ce que va permettre de fournir le contrat local de santé qui vient d’être signé à Reims.

2 - HUIT PARTENAIRES

Signé ou plutôt resigné, puisqu’il s’agit de la deuxième édition de ce document qui engage pour trois ans huit partenaires différents : la Ville de Reims déjà citée, l’agence régionale de santé (ARS), la Caf (caisse d’allocations familiales), l’État, la Région Grand Est, le Département, la Sécurité sociale (Caisse primaire d’assurance maladie) et l’Éducation nationale. «Ce n’est pas une simple déclaration d’intention, insiste Mme Ducret, mais une vraie feuille de route, qui fixe un niveau de financement. »

3 - 46 ACTIONS

Pour ce qui est du financement de ce contrat, les deux plus gros pourvoyeurs sont la Ville de Reims, encore elle, avec une dotation de 211 000 euros par an, et l’ARS, avec 125 000. Cet argent sert à soutenir 46 actions différentes : le développement de la notoriété du service de « conseil médical en environnement intérieur » pour détecter les causes de difficultés respiratoires est l’une de celles-ci. On pourrait aussi citer la gestion du fichier du plan canicule, destiné à venir en aide aux personnes fragiles lors des très fortes chaleurs.

4 - EN CAS DE MALAISE

Autre exemple d’action soutenue par le contrat local de santé : la mise à jour de la cartographie des emplacements de défibrillateurs, ces engins de première intervention sur un malaise cardiaque. À cet égard Reims est déjà plutôt bien placée, labellisée trois cœurs, soit le maximum dans le classement évaluant les efforts consentis dans ce domaine.

5 - COUVERTURE À RENFORCER

À l’heure des discours, avant de parapher le contrat en question, le maire rémois Arnaud Robinet s’est félicité comme il se doit d’un tel dispositif supposé mieux coordonner les moyens et les actions des différents partenaires, parlant « confiance », « dialogue », «synergie » et autre « diagnostic partagé ». Un peu plus concrètement, il a indiqué que ce contrat contribuerait, entre autres, à « renforcer la couverture vaccinale », remise en cause ces derniers temps par des attitudes de rejet ou de dénigrement de cette pratique.

6 - BONNES HABITUDES

Le second partenaire principal, l’Agence régionale de santé, s’est exprimé, lui, par la bouche de son directeur général Christophe Lannelongue, qui a souligné « le vieillissement démographique » , pas seulement de Reims, mais du pays. Il n’a pas appelé à rajeunir la moyenne d’âge en faisant davantage d’enfants, mais a relevé l’importance de la prévention auprès des jeunes : les saines habitudes prises de bonne heure doivent éviter -ou limiter- les maladies quand le poids des ans se fait plus lourd.

ANTOINEARDESSUS

Extrait de l'union du 14/04/2018

    

    

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Portes ouvertes sur la psychiatrie

Merfy - La Maison de santé accueille des patients en psychiatrie adulte depuis 1952. Son directeur nous en a ouvert les portes alors que son déménagement se profile…


C’est en 1952 que le psychiatre Jacques De Montrémy a transformé la maison de famille en maison de santé.

À SAVOIR

*.- FRANÇOIS CLERY-MELIN a pris, il y a un an, la direction de la Maison de santé, propriété depuis 2013 du groupe familial de cliniques psychiatriques Sinoué fondé par le Docteur Philippe Clery-Melin.

*.- LE GROUPE SINOUÉ possède huit établissements privés en France et un en Grande-Bretagne, spécialisés en psychiatrie générale, gérontopsychiatrie, réhabilitation psychosociale et gériatrie. Il accueille des patients de toutes conditions sociales, en soins librement consentis, quelles que soient leurs pathologies.

*.- À MERFY, les principales pathologies sont les troubles de l’humeur (72 %) avec les troubles dépressifs (52,6 %) et les troubles bipolaires (19,4 %). L’âge moyen des patients accueillis est de 52 ans ; 63,4 % sont des femmes. 52,1 % des patients résident dans la Marne, 21,2 % dans les Ardennes, 11 % dans l’Aisne, les 15,6 % restants venant de la Meuse, la Moselle, la Meurthe-et-Moselle, la Haute-Marne et l’Aube. La durée moyenne du séjour est de 34 jours.

*.- LE PRIX À LA JOURNÉE oscille entre 90 et 140 €. Sachant que le service facturation est là pour étudier les meilleures conditions d’accès à la prise en charge.

Quel avenir pour la maison

C’est un « double challenge » qui attend le directeur de la Maison de santé. D’abord, « bien transférer à Cormontreuil ce qui fait la force de Merfy » (lire par ailleurs) ; mais aussi « donner un second souffle à l’une des fiertés du village ». « Une réflexion sur l’avenir du site est menée avec la Mairie de Merfy et nos partenaires », indique-t-il.

C’était à l’origine une maison de famille, celle du psychiatre Jacques De Montrémy – en témoignent les imposants meubles en chêne et marbre qui garnissent encore certaines chambres. Jusqu’en 1952, où le médecin décide de la transformer en maison de santé. En plus de 60 ans, elle en a vu passer, des patients. Dépression, troubles bipolaires, addictions, burn-out… Si on vient s’y reposer, c’est qu’on ne va pas bien. Mais qu’on veut aller mieux. « C’est la propre décision du patient de venir ici, à Merfy » , indique François Clery-Melin, le directeur de cet établissement privé généraliste (certifiée A par la Haute autorité de santé) de 43 lits accueillant des patients en psychiatrie adulte, en hospitalisation complète. « Chacun est acteur de sa propre guérison, de sa prise en charge avec son médecin. »

UNE PRISE EN CHARGE PERSONNALISÉE

C’est généralement après une crise, un « épisode compliqué » , un passage par les urgences, que l’on pousse la porte de la Maison de santé de Merfy. Trois psychiatres et une équipe paramédicale sont là pour offrir une prise en charge personnalisée. Dès lors que la commission d’admission a validé l’entrée. Sont scrutés le caractère d’urgence, l’antériorité par rapport aux habitudes prises à Merfy, les besoins évalués par le psychiatre… «Le privé doit travailler en toute complémentarité avec l’offre publique afin d’assurer le meilleur parcours de soins au patient » , note François Clery-Melin, qui se réjouit du partenariat tissé avec les acteurs du territoire. Ici, à côté des consultations programmées tous les jours ou presque, les patients bénéficient d’ateliers que le directeur a souhaité continuer à développer à son arrivée, il y a un an. Ergothérapie, chant, théâtre… Les journées à la maison sont bien remplies. Histoire de permettre au patient de renouer avec ses habitudes de vie, mais aussi et surtout d’avancer et de retrouver un certain niveau de bien-être. « Nous travaillons, avec les équipes, à la mise en place d’un nouvel atelier de marche » , poursuit M. Clery-Melin. « Un groupe de marcheurs du village nous a récemment proposé de les rejoindre pour sortir. » Sortir. S’ouvrir. Fini, le repli sur soi ; la réclusion. Les choses évoluent. « Il est important qu’on change l’image de la psychiatrie », insiste le directeur, qui envisage même des «portes ouvertes » en juin pour faire découvrir le lieu aux médecins et psychiatres du secteur. « L’inclusion du patient dans son environnement est devenue nécessaire dans un projet de soins qui se veut global afin de permettre le diagnostic précoce, une meilleure prise en charge pendant l’hospitalisation et l’accompagnement après la sortie. »

Certains patients eux-mêmes, souhaitent faire tomber les barrières. Comme Joëlle, qui, hier, s’apprêtait à retourner chez elle, à Metz, après un mois et six jours d’hospitalisation. Elle a accepté, comme un symbole, de se laisser photographier pour dire combien ce séjour ici pour soigner sa maladie psychiatrique lui avait fait du bien. Mais hier, à la joie se mêlait un brin de nostalgie. « La psychiatrie est mal jugée par la société. Mais on trouve des gens formidables ici, que ce soit au niveau des patients ou des soignants. Aujourd’hui, je quitte de vrais amis. On traverse les difficultés ensemble, on est dans la même galère. Et on ressort avec l’espoir. » Celui d’aller mieux. Et de ne plus avoir à revenir.*

Déménagement à Cormontreuil en 2020

Des couloirs bosselés et étroits ; des planchers qui craquent ; des canalisations et une toiture à bout de souffle… Malgré la rénovation récente de quatre chambres, la maison de santé de Merfy, au vaste parc et ses arbres classés, a fait son temps . Après l’étude de plusieurs projets de rénovation, décision a été prise de déménager. Direction Cormontreuil, au cœur du pôle médico-social de la rue des Montépillois, dans des locaux neufs et adaptés. Mais offrir de meilleures conditions de prise en charge aux patients, améliorer la réponse aux besoins de soins psychiatriques, avec une accessibilité géographique accrue, n’est pas la seule raison de ce changement. Il s’agit aussi de compléter l’offre psychiatrique (l’inclusion dans l’offre publique territoriale s’est concrétisée par une convention de partenariat signée avec le CHU et l’établissement public de santé mentale de la Marne). Et de renforcer la démographie médicale. « Se rapprocher de Reims va nous permettre de faciliter le parcours de soins des patients, dans un souci d’amélioration de qualité de prise en charge et d’accompagnement » , se réjouit le directeur, qui annonce une première pierre pour le dernier trimestre 2018 et une livraison au cours de l’année 2020.

D’ici là, tout le personnel sera mis à contribution pour affiner le projet. « On en est à la 6 e version ! » confie M.Clery-Melin, qui insiste sur le fait que tant les agents de service que les infirmières souhaitent participer au projet et ont beaucoup de choses à faire remonter. « C’est important que ce qui fait aujourd’hui Merfy – la valeur des équipes, du projet médical – soit porté aussi à Cormontreuil. »

Même les patients auront leur mot à dire pour parfaire l’élaboration de ce grand bâtiment de 80 lits construit sur trois niveaux et doté de deux ailes de psychiatrie générale et d’une aile de psychiatrie du sujet âgé (30 lits), le tout entouré d’un vaste espace vert. Cinq médecins psychiatres assureront les consultations (en hospitalisation et en externe) contre trois aujourd’hui. « Une nouvelle page s’ouvre pour Merfy et on sait que les patients seront gagnants. »


Au rez-de-chaussée, de vastes salons ouverts sur le parc invitent au repos, à l'apaisement.Ici, on bouquine, on échange. Joëlle, au fond, a retrouvé le sourire. Elle s'apprête à rentrer chez elle après un mois et six jours d'hospitalisation


C'est ici que les patients prennent leurs repas. La vue sur le parc, imprenable, manquera beaucoup au directeur François Clery-Melin après le déménagement...


L’établissement compte 43 lits.Une fois à Cormontreuil, il y en aura 80


Chaque jour, l’équipe du restaurant s’affaire en cuisine midi et soir pour nourrir patients et médecins. Ici Vanessa, chef gérante et Lauriane


L’ancienne bâtisse a un charme fou et s’avère être idéale pour se reposer


La Maison de santé de Merfy compte une trentaine de salariés. Ici, les infirmières, qui préparent chaque jour, en collaboration avec la pharmacienne, les piluliers des patients, suivant la prescription du médecin, le groupe Sinoué met un point d'honneur a procurer une qualité de soins basée sur 11nnovadon et l'excellence médicale, une culture éthique. une collégialité des équipes, des valeurs humaines ou encore une meilleure qualité de vie au travail.

PHOTOS Marion DARDARD Bernard SIVADE

Extrait de l'union du 19/02/2018

    

    

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Les opticiens dans le flou

Le projet du gouvernement de fournir des lunettes sans reste à charge prend forme.   La profession espère que cette réforme n’aboutira pas à un nivellement par le bas de l’offre.

Les faits

*.- LES DISCUSSIONS POUR ABOUTIR À DES LUNETTES REMBOURSÉES À 100 % pour tous ont été relancées la semaine dernière.

*.- L’OBJECTIF EST DE CRÉER UN PANIER DE SOINS standard sans reste à charge.

*.- LE COÛT DE CETTE RÉFORME EST ÉVALUÉ À 6,2 MILLIARDS D’EUROS. Ni les mutuelles ni la Sécurité sociale ne souhaitent rembourser davantage.

*.- LA SOLUTION POURRAIT PASSER PAR UN ENCADREMENT DES PRIX des fabricants et des distributeurs. Et par une baisse de la marge des opticiens.

*.- LES PROFESSIONNELS CRAIGNENT de devoir baisser le niveau de qualité des verres et des montures.

Le remboursement des lunettes à 100 % sera-t-il un progrès pour tous les myopes et astigmates de la région ? Oui et non. « Ce sera un progrès pour les personnes qui n’ont pas besoin de verres avec des traitements spécifiques et qui n’ont pas une mutuelle qui les rembourse correctement » , répond Sébastien Moreau, directeur de l’optique Balouzat à Reims.

« En revanche, ce ne sera pas forcément mieux pour ceux qui sont déjà bien remboursés », ajoute le professionnel. Ce pourrait même être moins bien. « Le zéro reste à charge que souhaite le gouvernement peut nous conduire vers la généralisation d’une offre de base. C’est-à-dire des lunettes sans fioriture, sans prestations particulières pour tous. »

Toutes les options du type filtre solaire ou anti-reflet risquent de devenir payantes alors qu’aujourd’hui, certaines mutuelles les prennent en charge. « Je prends l’exemple d’une association d’optique solidaire dont nous sommes membres. Nous avons négocié un accord avec Essilor pour pouvoir offrir des packs verres et monture à 160 euros. C’est ce genre d’offre, à l’avenir, qui pourrait donner droit à un remboursement à 100 %. »

Il ne faut pas s’attendre à pouvoir choisir des lunettes aux branches griffées du nom d’un grand couturier avec des verres dernière technologie et ne rien devoir payer.« Pour simplifier, tout le monde aura une Logan sur le nez au lieu d’avoir une Golf » , lâche Clément Maurice, patron de quatre boutiques d’optique dont une à Guise, dans l’Aisne. « On risque un nivellement vers le bas de l’offre car les mutuelles ne voudront pas rembourser davantage qu’elles ne le font aujourd’hui. À ce sujet, on voit bien que le passage à un remboursement tous les deux ans au lieu de tous les ans n’a abouti à aucune baisse de cotisation » , poursuit Clément Maurice. Pour réussir à rembourser tout le monde sans dépenser plus, les mutuelles devront débourser de moins grosses sommes.

LE RÈGNE DES VERRES CHINOIS MAL ADAPTÉS

Cette baisse probable du prix de revient des lunettes ne sera pas sans conséquence sur les revenus des opticiens, à une période où les enseignes commencent à être trop nombreuses.

« Il est certain que si nous gagnons moins sur une paire de lunettes, nous serons obligés de réduire la masse salariale et de facturer certains services aujourd’hui gratuits. Il faut aussi s’attendre à des fermetures de magasins. Cela a déjà commencé » , confie Sébastien Moreau.

Aujourd’hui, un client qui passe trente minutes dans la boutique, ou trois heures à cause de corrections compliquées, paie la même chose. Ce ne sera peut-être plus le cas.

« La profession est en plein virage. Il faut espérer que cette réforme ira vers la qualité et non vers le règne des verres chinois mal adaptés. À ce sujet, il faudrait davantage de transparence pour le consommateur. Qu’il sache qu’on lui offre trois ou quatre paires pour le prix d’une parce que ses verres et ses montures ne sont pas fabriqués en Europe. Qu’il puisse choisir en connaissance de cause » , soulignent Thierry Lefevre et Jonathan Duffour, opticiens indépendants à Reims.

« Il faut savoir, par exemple, qu’Essilor fabrique aujourd’hui des verres progressifs qui ne nécessitent aucun temps d’adaptation pour l’œil. Nous pouvons proposer le meilleur, ce serait dommage que le plus grand nombre n’en profite pas. »


Les boutiques d'optique ont fleuri à tous les coins de rue, la réforme qui s'annonce pourrait précipiter des fermetures,
Chlisllan lanlenols


Pendant oe temps, la relève se forme dans les écoles en sachant qu'elle devra innover pour se faire une place sur oe marché.

Les futurs opticiens misent sur les nouvelles technologies

Les opticiens s’accordent à dire que leur profession forme trop de jeunes. Les 2 800 diplômés qui sortent chaque année des écoles d’optique ont de plus en plus de mal à trouver un emploi. Quand ils trouvent, ils sont de moins en moins bien payés. À l’institut Pasteur à Bétheny, en périphérie de Reims, les élèves de BTS connaissent cette saturation du marché. Ils vont s’y adapter. « On les encourage, par exemple, à poursuivre par une licence et un master d’optométrie qui leur permettra de devenir de véritables assistants des ophtalmologistes. L’enjeu aujourd’hui est de se démarquer de l’optique classique », souligne Anaïs Salles, professeur à l’école.

Les profils les plus scientifiques peuvent s’orienter vers les laboratoires où sont conçus les verres, les créatifs vers le design des montures, les bons vendeurs vers la promotion et le marketing dans les grands groupes. « L’optique reste une filière d’avenir » , assure le professeur. Enzo Catalogna, élève originaire de Saint-Dizier, a en tête de coupler sa formation avec une autre filière prometteuse, à savoir l’audition. « En septembre, je vais passer le concours pour devenir audioprothésiste. Si je réussis, j’irai étudier trois ans à Nancy et à la fin je serai doublement diplômé. » Enzo pourra proposer dans son futur magasin à la fois un équipement visuel et auditif. Rachel Piekareck, de Broussy-le-Petit dans la Marne, et Valentin Carlier, de Roucy dans l’Aisne, ambitionnent d’ouvrir leur boutique ou de prendre une gérance mais pas avant d’être parfaitement formé : « Avec l’évolution de la technologie, la palette des métiers de l’optique ne va faire que s’élargir. » Les étudiants laissent les inquiétudes aux anciens et préparent les lunettes connectées.

Qui veut tuer son chien…

L’UFC que choisir roule-t-elle pour Macron ? Bien sûr que non, quelle idée ! L’association travaille dans l’intérêt des consommateurs. Cela n’empêche qu’à force de sortir des rapports sur les dérives dans l’optique, l’UFC a réussi à faire passer les opticiens pour des nababs qui s’en mettent plein les poches en vendant deux paires de lunettes par jour. Le message est si bien passé que si le gouvernement décide de taper dans les marges de la profession pour financer une promesse électorale, l’opinion trouvera cela très bien. Et tant pis si quelques-uns font faillite.

3 QUESTIONS à


Alain GERDEL
Pdt de la Fédération des copticiens

On sent une bonne volonté de l’État

Quelles propositions allez-vous faire au gouvernement dans le but de fournir à tous des lunettes remboursées à 100 % ?

Nous avons quatre mois pour préparer ces propositions. Il s’agira d’un ensemble de mesures qui prendront notamment en compte le volet prévention. J’aimerais d’abord faire comprendre aux assurés que l’État ne prépare pas un remboursement à 100 % des lunettes mais un reste à charge de zéro sur un panier. Ce n’est pas la même chose. L’opticien devra faire une proposition d’équipement à son client. Seul ce produit sera remboursé à 100 %. Si ce produit ne lui convient pas, il devra payer de sa poche.

Ne risque-t-on pas de perdre en qualité ?

Pour l’instant, on n’en sait rien. Après avoir écouté la ministre la semaine dernière, je suis beaucoup plus optimiste. Agnès Buzyn a bien conscience que l’optique en France est une filière d’excellence qu’il faut préserver. Je crois qu’elle a intégré le volet de l’innovation, cela signifie que le panier devra pouvoir évoluer en fonction des avancées technologiques. L’État me semble être de bonne volonté.

Il reste le problème du financement. La fin du reste à charge est une mesure à caractère social, or l’optique est soumise à une TVA de 20 %. Est-il normal que l’État récupère 20 % d’une mesure sociale? Si la TVA tombait à 5,5 %, le financement de la mesure serait plus simple à trouver. Imaginer s’en prendre aux soi-disant grosses marges des opticiens reviendrait à s’en prendre à l’une des filières françaises qui réussit et est forte de 100 000 emplois.

Le nombre d’opticiens semble être devenu suffisant, pourquoi continuez-vous à en former autant ?

C’est un effet l’un de nos problèmes. Il y a aujourd’hui autant de magasins qui ouvrent que de magasins qui ferment parce que les jeunes diplômés en optique sont nombreux à arriver sur le marché. On forme des gens pour rien. On continue parce qu’il y a des formateurs pour le faire. Plutôt que de se dire que les formateurs pourraient enseigner d’autres choses, on choisit de fabriquer des chômeurs

Les autres points

Anti-lumière bleue obligatoire 

Les fabricants français de verre sont aujourd’hui capables de rendre invisible le filtre anti-lumière bleue des ordinateurs sur les lunettes. Les opticiens estiment que ce filtre devrait être rendu obligatoire, donc intégralement remboursé, sur les lunettes destinées aux enfants puisqu’ils grandissent entourés d’écran. Ce devrait être l’un des thèmes de discussion avec le gouvernement.

ARRIVÉE IMMINENTE DU DISCOUNT

Des boutiques d’optique discount ouvrent progressivement dans les grandes villes. L’enseigne Lunettes pour tous propos une paire de lunette pour 10 euros. Les verres et les montures sont achetés moins de 3 euros pièce en Chine. Cette start-up achète directement au fabricant. La faiblesse de la marge est compensée par la quantité vendue. Quand un opticien traditionnel vend trois paires dans sa journée, elle en écoule 300. Le bilan visuel est proposé gratuitement et sans rendez-vous, les lunettes sont prêtes en dix minutes. Il faut s’attendre à voir arriver l’une de ces enseignes discount à Reims d’ici la fin de l’année.

DÉJÀ UN PLAFONNEMENT DES REMBOURSEMENTS DEPUIS 2015

Depuis avril 2015, un décret limite à 470 € la prise en charge par les mutuelles des lunettes à verres simples, monture comprise, à 750 € celle des lunettes à verres complexes et à 850 € celle des lunettes à verres très complexes. Les mutuelles doivent également proposer un remboursement minimum de 50 € sur les verres simples, portés à 200 € pour les verres complexes.

Enfin, les adultes n’ont plus droit qu’à un seul remboursement tous les deux ans, sauf si un certificat médical doublé d’une ordonnance indique une évolution sensible de la vue.

Catherine FREY

Extrait de l'union du 01/02/2018

    

    

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Menace sur l’accueil de nos aînés

Une grève pour dénoncer le manque de moyens touche aujourd’hui les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad).


Le manque de moyens a des conséquences pour le personnel et les résidents. AFP

L’ESSENTIEL

*.- L’ACCUEIL DES PERSONNES ÂGÉES se fait, pour les plus dépendants, en maisons de retraite médicalisées (Ehpad). Pour les plus autonomes, cela passe par des résidences services, logements foyers ou Maison d’accueil pour personnes âgées (Marpa).

*.- IL EXISTE PRÈS DE 150 EHPAD DANS L’AISNE, LES ARDENNES ET LA MARNE . C’est dans ces établissements que les personnels se mobilisent aujourd’hui contre le manque de moyens qui ne permet pas d’accueillir et de s’occuper des pensionnaires dans de bonnes conditions.

Ils n’en peuvent plus… Témoignages après témoignages, les personnels des Ehpad de la région racontent les mêmes inquiétudes, les mêmes angoisses, la même impuissance face à laquelle ils se retrouvent confrontés pour bien prendre en charge les personnes âgées qui sont accueillies dans leurs établissements. L’an dernier, la CGT, premier syndicat du secteur, a recensé 120 grèves dans les Ehpad en France. Des initiatives individuelles.

Cette fois, la mobilisation se veut nationale et commune puisque tous les syndicats appellent à des rassemblements et des mouvements de grèves ce mardi 30 janvier. « Cela traduit le ras-le-bol général des personnels, confie Christine Dhalluin, secrétaire général CGT Santé dans les Ardennes. Les moyens ne sont pas là pour assurer ne serait-ce correctement le travail. Quand vous avez par exemple sept minutes en moyenne pour aider quelqu’un à se lever, l’emmener à la salle de bain, l’habiller… c’est impossible ! Déjà que c’est compliqué pour une personne valide, imaginez alors pour une dépendante. On ne respecte pas la personne, ni sa dignité. »

Pour son collègue FO du CHU de Reims, « on peut même parler de maltraitance institutionnelle ». « On tourne à 0,4-0,6 agents pour un résident là où l’on devrait être à un minimum d’un agent, déplore Cédric Renard. Il est fréquent que vous vous retrouviez la nuit avec deux agents pour 70 résidents. » « C’est ce qui fait que la nuit, les personnes portent des changes car on sait qu’on n’aura pas le temps de les amener aux toilettes », renchérit Christine Dhalluin

On ne soigne pas des machines. On travaille avec nos cœurs et on ne peut pas être satisfait de ce que l’on fait Nathalie Brideaux, Ardennes

La toilette qui est devenue un vrai problème par endroits. « Avant, on avait une douche tous les jours. Aujourd’hui, c’est une par semaine, relate Cédric Renard. Sinon, on lave les gens dans leur lit. » « Et encore, une douche par semaine, ça va devenir un cas exceptionnel, confie Christine Dhalluin. D’ailleurs, comme il n’y a pas assez de monde, j’entends de plus en plus apparaître un nouveau vocabulaire : la toilette TMC pour toilette tête main cul … ! »

Selon les représentants des personnels, l’heure du repas est aussi devenue de plus en plus compliquée à gérer dans certains établissements. « Ce qui devrait être un moment récréatif se dégrade par manque de personnel. Parfois, on en vient presque à gaver les gens faute d’avoir le temps de pouvoir donner tout le repas à la cuillère. »

Idem pour les animations. « Si on a moins de temps, moins d’argent, l’animation vient après tout le reste», déplore Nathalie Brideaux (FO Santé Ardennes). « C’est le poste qui saute en premier alors que c’est ce qui permet aux personnes de rester en forme », confirme Christine Dhalluin. Et Cédric Renard de citer l’exemple d’un Ehpad dans la Marne dont le budget animation se monte à… 75 euros par mois pour tout l’établissement ! Ce qui oblige les agents à parfois amener eux-mêmes du matériel pour pouvoir faire quelque chose.

ON EN VIENT À NE PLUS FAIRE QUE DU GARDIENNAGE ET DU NURSING

Ce manque de moyens entraîne parfois des situations ubuesques. Dans l’Aisne, Olivier Fenouix (CGT Santé) se souvient de cet exemple l’an dernier d’une boulangère venue faire les toilettes à l’Ehpad car il n’y avait pas assez de personnel. « Dans un établissement, le directeur ne veut pas réparer la machine à laver, ce qui oblige les soignants à ramener chez eux leurs vêtements souillés. Ils se posaient même la question de savoir s’ils n’allaient pas devoir laver les résidents avec des chaussettes ! Pour des raisons économiques, on met en danger les résidents. On en vient à ne plus faire que du gardiennage et du nursing. »

C’est cette accumulation qui fait qu’aujourd’hui, le personnel craque.« Certains viennent avec la boule au ventre, en faisant des crises de tétanie au volant », indique l’Axonais Olivier Fenouix. « On ne soigne pas des machines, ajoute l’Ardennaise Nathalie Brideaux. On travaille avec nos cœurs et on ne peut pas être satisfait de ce que l’on faut aujourd’hui Quand les familles viennent nous voir pour se plaindre, les trois quarts du temps, on sait malheureusement qu’elles ont raison… »

Tous demandent donc au gouvernement de prendre ses responsabilités. Les dernières déclarations de la ministre de la Santé considérant que les difficultés des Ehpad seraient dues à « un problème de management » et non uniquement à une question de financement n’ayant pas été pour les rassure.

Des rassemblements un peu partout dans la région

Dans l’Aisne, des manifestations sont prévues devant différents Ehpad, une délégation de syndicats se rendant aussi à Lille pour participer au « camp de la misère sociale, sanitaire » qui va être installé sur place. Dans la Marne, un rassemblement est annoncé à Châlons-en-Champagne (10 heures) devant l’Agence régionale de santé, tandis qu’à Reims rendez-vous est pris devant les Ehpad dépendants du CHU à partir de 14 heures. Des rencontres sont prévues aussi devant certains Ehpad, notamment à Vitry-le-François, Verzenay, Vertus, Avize et Châlons-en-Champagne. Dans les Ardennes, enfin, c’est à Nouzonville (13 heures) que l’intersyndicale appelle à un rassemblement, tandis qu’un mouvement est également prévu du côté de Donchery (14 heures).

Les plans dépendance n’ont pas tenu leurs promesses


L’Ehpad de Glaire, près de Sedan, peut accueillir une centaine de résidents.

 « En matière de dépendance, les derniers présidents n’ont pas tenu leurs promesses. Le seul plan vieillesse de Nicolas Sarkozy devait remettre les effectifs à plat. On en est loin » , assure Bernadette Pion, secrétaire CGT à l’hôpital de Sedan dont dépendent trois Ehpad, à l’hôpital même et à Glaire (près de Sedan). Avenue de la Marne, le troisième (« les Peupliers ») a remplacé l’ancienne maison de retraite de Floing. Les trois établissements accueillent près de 200 résidents. « Trop peu nombreux, les personnels sont à 40% des contractuels, reconduits tous les un, deux ou trois mois. Le turnover est énorme et les agents épuisés. Les arrêts maladie se multiplient », assure la syndicaliste, pas très optimiste sur les capacités financières du groupement hospitalier Nord-Ardennes (qui regroupe Sedan, Manchester à Charleville, Nouzonville et Fumay) à renforcer les effectifs. « Il doit trouver 12 M € d’économie à faire en trois ans ! Ce n’est pas en augmentant le personnel ! »

Pour la syndicaliste, l’impossibilité de récupérer des heures supplémentaires qui s’accumulent et demeurent « impayées » la plupart du temps, ajoute aux conditions de travail : « Agents de service, aides-soignantes, infirmières… tout le monde est obligé de travailler vite. Cela rejaillit forcément sur le temps consacré à chaque résident. Les douches ou les bains ne sont plus donnés régulièrement… Et la distribution des repas ressemble parfois à de l’abattage. Nos métiers ne consistent pas seulement à apporter des soins, il y a aussi une part importante de relationnel qui est de moins en considérée. Le temps qui y est consacré n’est pas comptabilisé. » Bernadette Pion insiste enfin sur l’état parfois «vétuste » des bâtiments, « comme ceux de Glaire, même si des efforts ont été faits ». La résidence des Peupliers, il est vrai, est ouverte depuis novembre 2015.

GILLES GRANDPIERRE

Cinquième branche

L’accueil des personnes âgées ne peut se faire avec des économies de bout de chandelle ou des plans de raccroc. L’annonce, la semaine dernière, des 50 millions d’euros supplémentaires accordés par la ministre de la Santé peut sembler importante. Dans les faits, cela correspond à 80 euros par résident et par an. Dérisoire tant les besoins sont grands dans des établissements où les personnes arrivent de plus en plus tard (on cherche à laisser les gens le plus longtemps possible chez eux) et donc de plus en plus dépendantes. Pour s’en sortir, il va bien falloir un jour poser clairement sur la table la question de la création d’une cinquième branche de la Sécurité sociale maladie, celle de la dépendance. Se posera alors la question de son financement. Pas des moindres quand on sait que le déficit de la Sécurité sociale se compte déjà en milliards d’euros.

GRÉGOIRE AMIR-TAHMASSEB

La ministre de la Santé contre l’Ehpad bashing

Dans un entretien accordé à nos confrères du Parisien en fin de semaine dernière, la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, a déploré la mise au pilori des Ehpad. « Il faut arrêter l’Ehpad bashing, a-t-elle expliqué. La majorité des établissements et des personnels font un super travail et offrent un très bon service. L’État aussi fait son travail : les moyens alloués aux Ehpad sont passés en dix ans de 5 à 10 milliards d’euros par an. La réforme de la tarification, qui s’applique dès 2018, favorise les établissements accueillant les personnes les plus difficiles : dépendance, pathologies multiples… C’est une réforme de bon sens. » « Je ne veux pas nier (les dysfonctionnements), ce sont des réalités, mais ce ne sont pas non plus des généralités. »

LES DIRECTEURS D’ÉTABLISSEMENT SOLIDAIRES DU MOUVEMENT

N’étant pas un syndicat, la Fédération nationale des associations de directeurs d’établissements et services pour personnes âgées (Fnadepa) « n’a pas vocation à appeler à la grève ». Elle a cependant tenu à apporter son soutien à l’action qui se déroule ce 30 janvier un peu partout en France, « les Ehpad étant confrontés à des difficultés sans précédent dans un contexte de contraintes économiques fortes ». De son côté, la Fédération hospitalière de France (FHF) Grand Est exprime également « ses inquiétudes relatives à la situation fortement tendue des personnels des Ehpad ». « Le retrait de la réforme de la tarification dépendance doit être pris en compte par les pouvoirs publics, indique Thierry Gebel, délégué régional. En cas de maintien de ce dispositif, les Ehpad publics risquent de perdre plus de 200 millions d’euros de recettes, avec des conséquences néfastes pour la situation financière des établissements. »

Extrait de l'union du 30/01/2018

    

    

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La médecine à distance est à nos portes

Une angine va se soigner en envoyant une photo du fond de sa gorge à son médecin depuis son smartphone.


Le docteur Jean Yves Schlienger (à gauche) est en train d’écouter le pouls d’une personne située à 200 km (celle qui apparait sur l’écran au fond).

L’ESSENTIEL

*.- LES CONSULTATIONS DE MÉDECINE À DISTANCE vont commencer à se mettre en place.

*.- JEUDI SOIR, L’UNION RÉGIONALE DES MÉDECINS a organisé une réunion d’information pour montrer aux praticiens comment ils pourront ausculter et prescrire sans être à côté du patient.

*.- DANS LE MÊME TEMPS, LES NÉGOCIATIONS pour fixer le tarif de ces consultations électroniques se sont ouvertes hier.

*.- CES TECHNIQUES SERVIRONT notamment dans les déserts médicaux.

« Vous n’allez pas y couper. Les plus jeunes ne pourront pas faire sans la télémédecine. Quant aux plus anciens, tout dépendra à quelle vitesse vous partirez à la retraite. » Voilà l’introduction, un brin ironique, de Claude Bronner à l’intention des praticiens champenois. Venu, mercredi soir à Reims, à l’invitation de l’union régionale des médecins, l’Alsacien a présenté à ses confrères la technologie de la médecine à distance.

« Je vais vous montrer qu’il ne s’agit pas d’un outil pour le futur. Dès demain matin, une maison de retraite peut s’équiper et commencer à vous consulter à distance. C’est déjà le cas en Alsace où nous avons un peu d’avance. » Essentiellement originaires du bassin rémois, les généralistes, quelques spécialistes, des infirmiers et des représentants d’organismes de santé dont l’Agence régionale de santé (ARS) ont découvert comment on pouvait diagnostiquer et prescrire des remèdes par écran interposé. Début de la démonstration.

1 - L’AUSCULTATION À DISTANCE

Le patient est à Nancy. À côté de lui, se trouve un chariot équipé de différents appareils d’examen reliés à un ordinateur. Le médecin est à Reims derrière son écran d’ordinateur. « Montrez-moi votre gorge. » Sur l’écran, on voit le malade ouvrir la bouche en grand et se saisir d’un appareil destiné à prendre une photo de sa gorge. Il va ensuite faire la même chose dans son oreille en utilisant un appareil photo adapté à la morphologie de son conduit auditif. Aussitôt, les images du fond de sa gorge et de son tympan apparaissent sur l’écran du médecin.

LE MÉDECIN ENTEND PARFAITEMENT LE POULS QUI BAT À 200 KILOMÈTRES

« J’aimerais maintenant écouter votre pouls. » Le patient place le pavillon d’un stéthoscope sur son cœur. Le médecin place un casque sur ses oreilles dans lequel il entend parfaitement le pouls qui bat à 200 kilomètres de là. « On va tout de même faire un électrocardiogramme. » Le patient place les capteurs sur sa poitrine, les pics de l’électrocardiogramme se dessinent sur l’écran du praticien en quelques secondes. « Une petite échographie de votre appendice pour finir. » Le patient s’empare d’une petite sonde qu’il place sur son ventre. Là encore, l’image de l’appendice arrive simultanément sur l’ordinateur du médecin qui peut vérifier l’absence d’inflammation. « Vous n’avez rien qui nécessite une hospitalisation. Je vais vous prescrire un traitement et je vous verrai lors de ma visite hebdomadaire vendredi. »

2 - LA PRESCRIPTION À DISTANCE

Comment fournir à son patient une ordonnance remplie et signée à travers les réseaux numériques ? « Rien de plus simple » , répond le médecin. « Je clique sur le dossier du patient qui a, de son côté, inséré sa carte Vitale dans son propre ordinateur. J’ouvre ensuite un fichier ordonnance. » La feuille Cerfa habituelle apparaît à l’écran. « Je remplis l’ordonnance et y appose une signature électronique. » De l’autre côté de l’écran, le patient n’a plus qu’à imprimer et à se rendre à la pharmacie. Une ordonnance signée électroniquement est juridiquement limite. Jean-Yves Schlienger , généraliste à Cormicy, prend la parole pour expliquer que la solution est provisoire : « D’ici la fin de l’année, on commencera à ne plus avoir de papier du tout. L’ordonnance sera enregistrée sur un serveur sécurisé. Le pharmacien la téléchargera sur son ordinateur après avoir connecté la carte Vitale du patient. Il délivrera les médicaments et l’ordonnance sera électroniquement transférée à la Sécu et à la mutuelle de l’assuré. »

3 - RÉACTION

À condition de faire abstraction des ratés d’une connexion internet médiocre, les médecins ont pu juger que les images transmises, les sons entendus et les données échangées à distance permettent un diagnostic pertinent. « On va pouvoir éviter d’envoyer des patients à l’hôpital parce qu’on n’a pas le temps de se déplacer jusqu’à la maison de retraite. On pourra, à distance, déterminer s’il y a quelque chose de grave » , estime Marie-Hélène Luca, généraliste à Reims. Les praticiens pourront aussi renouveler les ordonnances, faire des préconsultations avant intervention sans faire déplacer le patient. « Cela dit, ces consultations à distance ne remplaceront jamais un véritable contact » , estiment plusieurs participants à la réunion.

Pour les professionnels de santé qui souhaitent se lancer

En plus du chariot destiné aux établissements pour personnes âgées, il existe le même équipement sous forme de mallette portable qu’un infirmier peut emmener facilement chez ses patients. De plus, il est possible de relier les différents instruments d’examen à un simple smartphone. Les professionnels de santé qui voudraient se lancer trouveront un kit d’informations « projet télémédecine » en téléchargement sur les sites internet de l’agence régionale de santé (ARS) Grand Est et de l’assurance maladie (Ameli locale). Les particuliers peuvent contacter directement Hopi Médical à Nancy ou l’un de ses concurrents. Les start-up en télémédecine sont plusieurs en France, il faut prendre le temps de comparer.

Le tarif de la téléconsultation en cours de négociation


Le tarif d’une téléconsultation n’a pas encore été fixé. Ses conditions de remboursement non plus. Les négociations ont commencé hier.

Les médecins feront de la télémédecine s’ils sont rémunérés correctement. Les négociations tarifaires ont démarré, hier au niveau national, par une première réunion entre les syndicats professionnels et l’assurance-maladie. Une deuxième réunion devrait se tenir dans une quinzaine de jours. Les futurs télémédecins espèrent obtenir davantage que les 25 euros d’une consultation classique. « S’il faut consulter un dossier complet avec imagerie, biologie, radiologie, etc., cela pourrait être une consultation complexe ou très complexe de 46 à 60 euros » , estiment leurs représentants. Le syndicat des généralistes, MG France, espère aussi un geste pour les actes à distance déjà pratiqués aujourd’hui, mais sans être rémunérés. Il s’agit de coups de téléphone pour décrypter un résultat d’analyse ou pour discuter avec un patient qui s’inquiète inutilement. « Jusqu’à un tiers de mon temps n’est pas payé », estime une syndicaliste. L’Assurance maladie, de son côté, s’inquiète déjà du coût de ces futures téléconsultations. Le directeur général de la Cnam, Nicolas Revel, a déjà prévenu : « La prise en charge sera large mais pas universelle. »

Un plus pour les maisons de retraite

Infirmier coordinateur à l’établissement pour personnes âgées de Corbeny, dans l’Aisne, Cédric Decomble est venu assister à la présentation de Claude Bronner. « On pense à équiper l’Epadh avec la télémédecine car les généralistes de notre secteur sont de plus en plus proches de la retraite. Nous avons du mal à les faire venir sur site.

Il faut parfois attendre deux à trois jours. Les consultations à distance permettraient à nos 67 pensionnaires de pouvoir échanger avec un médecin en cas de souci, de renouveler les prescriptions, d’être rassuré, etc. » Cédric a été convaincu par la démonstration : «La technique me semble au point mais je me demande si nous aurons une connexion internet suffisamment bonne pour pouvoir l’utiliser. »

Il faudra tester, sachant que le coût d’un chariot complet pour une maison de retraite tourne autour de 20 000 euros. Tout dépend du nombre d’appareils médicaux souhaités. En se limitant à un stéthoscope, la facture tombe à 3000 euros. L’agence régionale de santé a des crédits à distribuer pour faciliter les acquisitions

3 QUESTIONS à


Yves RISPAL
Médecin dans les Ardennes

La télémédecine   sera un gadget

Vous exercez dans les Ardennes où sévit la désertification médicale, pensez-vous que la télémédecine sera une solution ?

Pas du tout. La télémédecine est une solution bâtarde. Je pense même que c’est un gadget qui va permettre aux pouvoirs publics de dire qu’il y a assez de médecins. À la limite, ce sera un outil pour faciliter des relations à distance que nous avons déjà mais pas plus. On ne peut pas faire de médecine sans être en face de son patient. Comment palper un ventre à distance ? Comment observer une gorge ? De même, je ne conçois pas de faire une prescription si je n’ai pas vu le patient. Quelqu’un qui m’appellerait pour me dire qu’il a une angine et qu’il a besoin de pénicilline, je lui répondrais de passer au cabinet.

N’est-il pas utile que certains diagnostics simples puissent être réalisés à distance quand aucun médecin n’est présent dans le secteur du malade ?

Il n’y a pas de pathologie a priori simple. Prenons le cas d’une grippe. Le plus important n’est pas de confirmer que le patient est atteint de la grippe, c’est de pouvoir éliminer d’autres choses à côté desquelles il ne faudrait pas passer. Il est impossible de faire cela correctement de loin. On peut en effet analyser des résultats d’analyse et demander l’avis d’un spécialiste à distance mais nous le faisons déjà par téléphone ou via une messagerie cryptée.

Ces avis ou ces analyses déjà données aujourd’hui à distance ne sont pas rémunérés. La télémédecine aura l’avantage de prévoir un tarif, n’est-ce pas un progrès pour les médecins ?

La télémédecine va en effet servir aux praticiens à réclamer de l’argent en plus. Dans mon esprit, et selon la façon dont j’ai été formé, tout le monde doit payer la même chose qu’il soit très malade ou qu’il ait une bricole. Certaines consultations prennent du temps, d’autres durent cinq minutes. À la fin, tout cela s’équilibre. Je ne trouve pas utile de faire plusieurs tarifs, ni de facturer un conseil par téléphone.

Rira bien qui…

On commence par une consultation à distance rémunérée. Peut-être même un peu mieux que les trop maigres 25 euros habituels. On continue en formant les infirmiers et aides-soignants pour qu’ils aident les patients à utiliser les appareils médicaux connectés. On finit par laisser l’infirmier faire la première appréciation et regrouper les résultats. Histoire de demander les prescriptions au médecin de plusieurs patients en une seule fois. On va un peu plus loin en achetant un robot qui rend un pré-diagnostic. Cela servira à faire gagner du temps au médecin. On constate que les robots médicaux ont un taux d’erreur inférieur à celui des humains. Chacun veut le sien à la maison. On finit par se passer des médecins. Il n’y a plus de consultations à rembourser. Youpi, crie la Sécu.

Catherine FREY

Extrait de l'union du 19/01/2018

    

    

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La télémédecine bientôt remboursée

Des négociations débutent aujourd’hui sur   les tarifs et modalités pratiques des téléconsultations.


Un médecin de l’hôpital de Loches sert de relais pour une échographie à distance réalisée avec l’hôpital de Tours, en novembre 2004. Archives AFP

L’ESSENTIEL

*.- LES NÉGOCIATIONS VONT PORTER sur la téléconsultation (un examen médical par visioconférence) et la télé-expertise (une demande d’avis entre praticiens), mais pas sur la télésurveillance, utilisée pour le suivi des malades chroniques.

*.- LA TÉLÉMÉDECINE S’INSCRIT dans le plan de lutte contre les déserts médicaux.

*.- LE DIRECTEUR DE L’ASSURANCE MALADIE envisage une entrée en vigueur «entre l’été et la fin de l’année ».

 L’Assurance maladie et les syndicats de médecins débutent aujourd’hui une négociation sur la télémédecine, que le gouvernement a décidé d’ajouter à la liste des actes remboursés par la Sécu au niveau national, après des années d’expérimentations locales. Il s’agit de fixer les modalités pratiques et les tarifs de la téléconsultation (un examen médical par visioconférence) et de la télé-expertise (une demande d’avis entre praticiens). Les discussions ne porteront pas, en revanche, sur la télésurveillance, utilisée pour le suivi des malades chroniques.

Le gouvernement mise principalement sur le développement de la téléconsultation, érigée en pilier de son plan de lutte contre les déserts médicaux. Ses prédictions budgétaires tablent sur 500.000 actes en 2019, un million en 2020, puis 1,3 million en 2021. L’ambition peut paraître modeste, mais le pari est loin d’être gagné : moins de 260.000 actes de télémédecine – de toutes sortes – ont été réalisés en 2015, selon la Cour des comptes.

Plus embarrassant, l’institution estimait en septembre que, depuis la première téléconsultation entre les hôpitaux de Toulouse et de Rodez en 1989, les « multiples expérimentations engagées sans ordre ni méthode » n’ont « débouché que sur des résultats très modestes ».

RÉMUNÉRÉE COMME UNE CONSULTATION CLASSIQUE

Pour faire mieux, le gouvernement a choisi de s’appuyer sur les médecins libéraux, dont les syndicats ont déjà commencé à faire monter les enchères. Le président du SML, Philippe Vermesch, réclame ainsi « une rémunération réellement incitative pour les actes », ainsi qu’ « un forfait pour financer les équipements » technologiques et une formation« offerte » pour apprendre à s’en servir. « Un avis ponctuel et court doit être valorisé au minimum sur le tarif de la consultation de base », soit 25 euros, voire davantage « pour un examen approfondi sur la base d’un dossier complet » , estime son homologue de la CSMF, Jean-Paul Ortiz . Du côté des médecins généralistes, MG France revendique la prise en compte du « téléconseil » , c’est-à-dire des « coups de fil » passés « au quotidien » à leurs patients, selon le président du syndicat Jacques Battistoni, qui veut aussi être «rémunéré au même niveau » que les spécialistes pour la télé-expertise.

« Une téléconsultation a vocation à être rémunérée comme une consultation classique », affirme Nicolas Revel, directeur de l’Assurance maladie, qui considère par ailleurs que la télémédecine « doit s’inscrire dans un parcours coordonné ».

Extrait de l'union du 18/01/2018

    

    

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Pas tous égaux devant les frais de santé

La Mutualité Française publie un «Observatoire de la santé » révélant des disparités, parfois importantes entre départements en termes de restes à charge. Explications


La concurrence n’est pas forcément source de prix réduit. En effet, hormis dans les déserts médicaux, plus il y a de dentistes plus le tarif des prothèses est, en général,

L’ESSENTIEL

*.- PENDANT LA CAMPAGNE PRÉSIDENTIELLE, Emmanuel Macron a promis, d’ici à 2022, un reste à charge zéro (remboursement total) pour lunettes, audioprothèses et prothèses dentaires, mal pris en charge par la Sécurité sociale.

*.- LA MINISTRE DE LA SANTÉ a précisé récemment qu’il n’était pas question de supprimer le reste à charge pour tout mais d’arriver à la création d’un panier de soins « standard » pour lequel le patient n’aura aucun reste à charge.

1 - LE COÛT VA DU SIMPLE AU DOUBLE D’UN DÉPARTEMENT À L’AUTRE

On pourrait penser que la même monture de lunettes, des verres avec des corrections identiques, une prothèse dentaire ou auditive similaire, se retrouvent à peu près facturés au même prix par les praticiens quel que soit l’endroit. Il n’en est rien. Les écarts peuvent même être très importants, allant du simple au double d’un département à l’autre. Avec, derrière, un reste à charge qui passe donc du simple au double pour l’assuré. Sans entrer dans de telles proportions, on constate déjà de sacrées différences rien qu’en zoomant sur le Grand Est et les Hauts-de-France. Le prix moyen d’une paire de lunettes est ainsi de 393euros dans les Ardennes contre 405 dans l’Aisne (+3 %) et 453 dans la Marne (+15,27%). Sur les verres, les variations peuvent être de près de 40 %. « Lorsqu’ils sont libres, on constate, qu’assez souvent, les prix pratiqués tiennent compte de la capacité contributive des populations concernées, notent les responsables de la Mutualité Française. Et ce n’est pas un hasard si dans les halos autour des grandes agglomérations, on a des tarifs qui sont plus élevés que dans des endroits plus ruraux, où la capacité contributive est moindre. »

2 - LA CONCURRENCE, FACTEUR D’AUGMENTATION DES PRIX !

On dit souvent que la concurrence est positive pour le consommateur. Ce n’est pas toujours le cas. « Contrairement à une idée reçue, il semble qu’en santé, la concurrence peut être facteur d’augmentation des prix et non pas de diminution des prix, relève la Mutualité Française. On constate, par exemple, dans notre observatoire, que plus vous avez des magasins d’optiques au mètre carré plus, d’une manière générale, les tarifs sont élevés. Pourquoi ? Parce que, finalement, quand vous payez un équipement optique, naturellement, vous remboursez les verres et la monture mais vous remboursez avant tout les frais de distribution. En d’autres termes le pas-de-porte. »

Ce résonnement se vérifie sur les soins dentaires. Hormis dans les déserts médicaux, plus il y a de dentistes plus le tarif des prothèses est, en général, élevé. « C’est un peu la même mécanique. S’ils sont plus nombreux, ils voient probablement un peu moins de patients que s’ils étaient moins nombreux. Et comme ils aspirent à un certain niveau de revenu, et c’est légitime, ils ont tendance d’une certaine manière à adapter les prix pour atteindre le niveau de revenu attendu. C’est quelque chose qui n’est pas très connu et que notre observatoire met en évidence. »

On trouve l’illustration de ce phénomène dans le Grand Est, où dans le Bas-Rhin, on dénombre le plus de dentistes pour 100 000habitants (88) et où le prix d’une prothèse est le plus élevé de la région : 474 euros soit 23,76 % de plus que dans les Ardennes, où le prix est de 383 euros avec 49dentistes pour 100 000habitants.

3 - DES DÉPASSEMENTS D’HONORAIRES VARIABLES SELON LES ENDROITS

L’inégalité devant les soins peut venir des prix pratiqués, de la présence de déserts médicaux mais aussi du nombre de médecins pratiquants, ou pas, des tarifs maîtrisés.

En fonction de l’endroit où ils habitent, les Français ne sont ainsi pas exposés de la même façon aux dépassements d’honoraires des spécialistes. Or, c’est une composante qui entre en compte dans le reste à charge des patients. Dans ce domaine les Ardennais sont plutôt bien pourvus avec 96% de médecins dans les clous (3 e rang national), là où ce taux est de 88 % dans l’Aisne (22 e ) et de 73 % dans la Marne (72 e ). Il est de 67 % au plan national.

3 QUESTIONS à


Thuerry BEAUDET
Pdt de la Mutualité Française

Arriver à un panier   de soins de qualité 

Quelles sont, selon vous, les options pour arriver à un reste à charge zéro frais pour les remboursements dentaires, optiques et d’audioprothèse ?

Si on veut diminuer le reste à charge, le maîtriser et, dans certains cas, aller vers zéro, alors il ne faudra pas agir uniquement sur les remboursements. Si on se contente d’augmenter les remboursements de la Sécu, des mutuelles, il y a fort à parier que dans un certain nombre de cas de figure on verra les prix eux-mêmes augmenter et cela ne changera rien sur le reste à charge des Français. Si on veut tendre vers cet objectif, il faut agir sur le remboursement de la Sécu, des mutuelles mais aussi sur les prix pratiqués. Plus l’effort sur les prix sera important, plus cette réforme sera neutre pour les assurés et leurs cotisations.

On constate tout de même des différences d’une mutuelle à l’autre. Ne faudrait-il pas arriver à un équilibre dans les remboursements ?

Ce qui est important, c’est qu’on puisse définir pour tous les Français, en optique, en dentaire et en audioprothèse, des paniers de soins nécessaires, de qualité, accessibles à tous avec un reste à charge zéro. Cela veut donc dire que toutes les garanties des mutuelles devraient alors les rembourser totalement. Si on arrive à ce panier de soins de qualité avec reste à charge zéro, on aura fait un grand progrès. Après, je pense qu’il y a de nombreux Français qui peuvent avoir envie d’équipements plus sophistiqués, de pratiques plus innovantes. Il faut laisser la possibilité aux professionnels de santé de faire des propositions au-delà de ce fameux panier de soins et aux Français de le demander s’ils en ont envie avec, dans ces cas, une prise en charge qui ne serait alors pas forcément de 100 %.

L’objectif du gouvernement d’arriver à un reste à charge zéro pour 2022 vous paraît-il réaliste ?

C’est le gouvernement qui va mener la concertation. Nous, on a commencé à faire des travaux. Notre Observatoire de la santé va dans ce sens. Nous avons trouvé intéressant de le publier pour établir un diagnostic, un état des lieux et pouvoir, ensuite, réfléchir aux meilleures solutions à mettre en œuvre. Il y a peut-être des secteurs où il faudra un peu plus de temps que pour d’autres mais, sur l’horizon du quinquennat, ça nous paraît possible d’arriver à un reste à charge zéro sur un panier de qualité.

Pas là pour offrir des montures Chanel à tout   le monde

PAS LÀ POUR OFFRIR DES MONTURES CHANEL À TOUT LE MONDE

Il y a l’art et la manière de dire les choses. Et parfois, cela peut déraper. Interrogée fin novembre sur la promesse de campagne d’Emmanuel Macron de rembourser les soins d’optique à 100 %, Agnès Buzyn a en effet expliqué : «On n’est pas là pour offrir des montures Chanel à tout le monde ou des verres antireflets qui filtrent la lumière bleue. Le but est de se mettre d’accord sur un panier de soins nécessaires et que tout le monde puisse y avoir accès. » La ministre de la Santé voulait ainsi expliquer que l’objectif du reste à charge zéro en optique était de rembourser ce qui est nécessaire en termes de santé et que, en revanche, ce qui relève de la mode serait laissé à charge des patients. Somme toute assez logique. Mais avec une telle phrase, la forme a pris le pas sur le fond et a totalement brouillé son message.

UN COÛT DE 4,4MILLIARDS D’EUROS

Actuellement, les patients financent directement 24 % de leurs soins d’optique, 23 % de leurs soins dentaires et plus de la moitié (56 %) des frais d’audioprothèses (contre un peu plus de 8 % pour l’ensemble des soins et 2,3 % des soins hospitaliers). Selon les études, la prise en charge à 100 % des prothèses dentaires, auditives et des lunettes aurait ainsi un coût de 4,4milliards d’euros, dont notamment 1,48 milliard pour les lunettes (chiffre qui correspond à ce que financent les patients à ce jour). Si l’on arrive à un reste à charge à zéro d’ici 2022, comme le souhaite le gouvernement, la somme à trouver sera toutefois moindre car, comme on a pu le voir, l’idée n’est pas de rembourser 100 % des frais mais 100 % des frais vraiment nécessaires dans ces trois secteurs.

Grégoire AMIR-TAHMASSEB

Extrait de l'union du 15/12/2017

    

    

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La vaccination contre la grippe

Un journaliste a reçu la piqûre proposée par la municipalité.


Ce n’est qu’un tout petit mauvais moment à passer, et encore! On sent à peine l’aiguille ...
Remi Wafflart

ENCORE SIX OCCASIONS D’ICI LA FIN DE L’ANNÉE

*.- IL N’EST PAS TROP TARD pour se faire vacciner contre la grippe saisonnière par l’intermédiaire du service municipal de santé.

*.- SIX OCCASIONS se présentent encore d’ici la fin de l’année : ce mardi 21 novembre (entre 9 et 12 heures), lundi 27 (mêmes horaires), mardi 28 (idem), lundi 11 décembre (idem), mardi 12 décembre (toujours de 9 heures à midi). Le sixième moment possible est le jeudi 7 décembre, entre 12 h30 et 18 h 30.

*.- DANS TOUS LES CAS, cela se passe au service communal d’hygiène et de santé, 33bis rue Laurent-Déramez. Tél.03 26 35 6879.

*.- ATTENTION, LA VILLE ne fournit pas le vaccin lui-même. Il faut vous le procurer par ailleurs.

La Ville de Reims propose des vaccinations gratuites contre la grippe. Comment cela se passe-t-il ? Pour répondre à cette question, je vais me mettre dans la peau du citoyen lambda candidat à la piqûre. Ils sont environ 500 chaque année dans ce cas.

D’abord le lieu. Je me souviens qu’une annonce parue dans L’union indiquait que cela se passe cette année en un lieu unique, le 33bis de la rue Laurent-Déramez. Je situe, c’est près de l’église Saint-André.

UNE LISTE SUR INTERNET

Mais quels sont les jours et les horaires ? Ça, je ne m’en souviens plus. Je tente donc un coup de téléphone au standard de la mairie. Pas de chance, il ne répond plus à cette heure-là. Je réessaye à un autre moment. C’est occupé. Bon, essayons internet. Effectivement, en tapant quelque chose comme « vaccinations grippe ville de Reims », on découvre une liste de dates et d’heures. J’en choisis une.

Je vois qu’il faut se munir de son vaccin et de son carnet de santé. Un carnet de santé ? Je n’en ai plus à la maison. Est-ce que cela va passer quand même ? On verra bien...

Avant ça allait quand même plus vite, me confie Gabriel, qui se fait vacciner depuis 32 ans. Les actifs et les retraités étaient séparés...

Le vaccin, je l’achète le jour J, peu de temps avant l’heure que j’ai choisie pour ma piqûre. « Est-ce que c’est pris en charge par la Sécurité sociale ? » « Seulement à partir de 65 ans » me répond l’employée de la pharmacie. Ce n’est pas mon cas. Je m’offre donc la petite boîte, pour 6 euros et 10 centimes. Et je me rends du côté de la rue Laurent-Déramez. J’ai de la chance, je trouve une place pour garer ma voiture. Je parle effectivement de chance, car je constate que les places sont chères dans le secteur...

J’arrive à l’adresse indiquée. Dans le sas qui me sépare de la salle d’accueil, je découvre une liste de consignes : je dois notamment prendre et remplir une fiche d’identification. Et qu’est-ce que c’est que ces seringues dans ce bocal ? Il faut en prendre une pour que le médecin puisse faire l’injection ? Non. J’apprendrai un peu plus tard que les seringues en question ne sont en fait que des stylos cadeaux...

J’entre dans la salle d’accueil. Une douzaine de personnes sont déjà assises, un peu serrées les unes contre les autres. Beaucoup de cheveux blancs parmi elles. Je me présente à l’une des deux hôtesses, dont les bureaux occupent le fond de la pièce. « -Vous venez régulièrement ? -Non. -Vous avez bien votre vaccin ? -Oui. » J’interroge à mon tour. « -Je n’ai pas de carnet de santé, est-ce que c’est gênant ? -Non. On va vous ouvrir un dossier, vous recevrez ultérieurement un carnet de vaccinations. »

VOUS POUVEZ COMMENCER À ENLEVER LES MANTEAUX

 « Et après que l’hôtesse a apposé sa griffe sur ma fiche, me voici en train d’attendre comme les autres patients. J’en profite pour engager une conversation. « Avant ça allait quand même plus vite, me confie Gabriel, retraité depuis 27 ans, et qui se fait vacciner depuis 32 ans.Les actifs et les retraités étaient séparés... » Aujourd’hui, manifestement, tout le monde est mélangé. Je ne sais pas combien de temps durait l’attente du temps dont parle Gabriel, mais pour ma part, elle se monte à une vingtaine de minutes. « Pour gagner du temps, lance à un moment une des hôtesses à la cantonade, vous pouvez commencer à enlever les manteaux et les vestes ».

Mon tour finit par arriver. J’entre dans le cabinet médical. Je me mets rapidement torse nu et m’assieds sur le fauteuil du patient. Le docteur, une dame d’un âge expérimenté, garde ma fiche. Elle ne se perd pas en discours ni contrôles. À une question que je lui pose, elle me confirme que c’est maintenant la bonne période pour se faire piquer, même si la séquence municipale de vaccinations s’échelonne jusqu’en janvier. Une poignée de secondes plus tard, l’aiguille est déjà retirée de mon bras. Je n’ai quasiment rien senti. Je me rhabille, salue et sort. Et a priori la grippe peut arriver : à présent je l’attends de pied ferme.

D’autres vaccins possibles ces prochains jours

La Ville de Reims ne propose pas que des vaccinations contre la grippe. Il existe aussi des séances pour le « classique » DT(diphtérie-tétanos)Polio. Il est recommandé de recevoir ce vaccin à 6, 11, 25, 45 et 65 ans, ensuite tous les dix ans. Les séances ont lieu au service communal d’hygiène et de santé de la rue Laurent-Déramez le premier jeudi de chaque mois jusqu’à juillet 2018, entre 12 h 30 et 18 h 30. D’autres séances sont programmées tout au long de l’année dans des maisons de quartier, généralement entre 14 et 15 heures ; ainsi, demain mercredi 22 novembre, ce sera à celle de Clairmarais (73, rue Alexandre-Henrot). Ensuite, le mercredi 13 décembre à Orgeval (1, place Simone-de-Beauvoir), le mercredi 20 décembre à Val-de-Murigny (48 rue de Turenne). Le mercredi 10 janvier 2018 aux Arènes-du-sud (12, rue Tournebonneau), cette fois de 14 h 30 à 15 h 30.

Extrait de l'union du 21/11/2017

    

    

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Sport sur ordonnance

Reims Sport en effervescence permet à des malades de se soigner via une activité sportive encadrée.


Le sport encadré par des médecins est « vraiment du sur-mesure », commente Martial Schopphoven, éducateur médico-sportif. Remi Wafflart

«  Le sport peut être un outil essentiel de la prévention des pathologies et de l’accompagnement des malades », assure le Dr Nicolas Bouvier. Avec un éducateur médico-sportif (Martial Schopphoven) ainsi qu’une infirmière, ce docteur installé à son compte depuis 1995, à Reims, a donc créé une association : Sport en effervescence, « afin de favoriser l’activité sportive pratiquée par des professionnels compétents, en réseau de soin et sur surveillance. »

Depuis le 1 er mars 2017, les médecins peuvent en effet prescrire une activité physique adaptée à leurs patients souffrant d'affections de longue durée (ALD).

La raison ? Le sport serait bon pour la santé et permettrait de prévenir et de réduire les facteurs de risque et les limitations fonctionnelles liées à la maladie. « Le sport santé est recommandé pour les patients présentant des insuffisances cardiaques, par exemple. Il est aussi indiqué dans les maladies neurodégénératives ou pour des patients souffrant de maladies rhumatologiques » , énumère le médecin.

DU SUR-MESURE THÉRAPEUTIQUE ET PRÉVENTIF

Le sport permet, entre autres, de re-muscler le cœur, de redonner de la souplesse tout en permettant aux malades de reprendre confiance en eux. « Le sport santé est aussi efficace de manière préventive » , précise encore le Dr Nicolas Bouvier. Sans une activité physique régulière, le risque de maladie cardiaque est multiplié par deux. Chez les personnes à risque, la pratique d’une activité physique permet d’éviter la survenance de pathologies comme le diabète de type 2.

Qui peut prescrire une activité physique adaptée ? Le médecin traitant, généraliste ou spécialiste. L’association Sport en effervescence « permet de faciliter l’accès au soin pour les patients ». Envoyé par un membre du corps médical, le patient est reçu par le médecin coordinateur de l’association, avant de pouvoir être pris en charge par l’éducateur médico-sportif, pourune mise en œuvre du soin activité physique .

Le sport sur ordonnance est « vraiment du sur-mesure », commente Martial Schopphoven : en fonction des capacités physiques et des limites fonctionnelles du patient mais aussi des spécificités de la maladie. « Le sport à visée thérapeutique nécessite un accompagnement. On travaille le cardio-training et la musculation. Il y a un suivi. On regarde l’évolution. Un compte rendu est fait, un bilan envoyé au médecin traitant de chaque patient. » À terme, « on constate une réelle diminution dans la prise de médicaments », poursuit le Dr Bouvier.

Christiane Dutour, 68 ans, souffrant d’insuffisance cardiaque, en est à sa 10 e séance avec Martial Schopphoven. « Je commence à récupérer toutes mes capacités respiratoires » , assure-elle avec un large sourire. Martial Schopphoven« ne me lâche pas d’une semelle »et s’assure toujours que « je ne force pas trop. » Le coût ? Très variable, selon les pathologies. « Il est au minimum, par séance, de 20 € », précise le Dr Bouvier. Christiane Dutour, elle, a fait ses comptes : « J’en suis pour 130 €/mois à mes frais. »

« La mission de l’association est aussi de développer la prise de conscience, par l’ensemble des institutions et des décideurs, de l’importance de la pratique sportive, comme élément de la santé ,continue Nicolas Bouvier qui en «appelle à toutes les bonnes volontés et partenariats possibles pour permettre de réduire encore plus le coût qui incombe aux malades. »

Association Sport en effervescence, 48 rue Buirette à Reims. Tél. : 03 26 85 31 13.

AURÉLIE BEAUSSART

Extrait de l'union du 25/10/2017

    

    

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DoctoLib simplifie les rendez-vous entre médecins et patients

Un logiciel et une application permettent de faire gagner du temps aux praticiens   et de faciliter la vie des malades, en mettant en relation les uns et les autres, 24 heures sur 24.


Vincent Rousset, directeur régional Grand Est de Doctolib, et Jean-Patrick Loggia, commercial pour Reims, poursuivent le développement du logiciel dans la région. L’entreprise compte 380 personnes, réparties dans 35 villes en France.

À SAVOIR

1312 - praticiens dans le Grand Est sont connectés à Doctolib, 271 sur le territoire de l’ex-Champagne-Ardenne, 184 dans la Marne et 102 à Reims

380 - personnes travaillent pour Doctolib

30.000 - professionnels et 800 établissements de santé ont rejoint ce réseau à travers l’Hexagone

11 MILLIONS -  de visites sont enregistrées sur le site chaque mois

L’ESSENTIEL

DÉCEMBRE 2015, Doctolib se lance en Île-de-France, avec 50 praticiens.

FÉVRIER 2014, la jeune pousse lève un million d’euros auprès d’investisseurs web ; de 4 millions neuf mois plus tard et 18 millions en octobre 2015.

DÉCEMBRE 2014, plus de 1 000 praticiens utilisent ce service, dans 80disciplines.

EN 2016-2017, le réseau s’étend à 35 grandes villes de France et 4 en Allemagne.

 Réserver son rendez-vous chez le médecin comme on le fait pour un hôtel, un voyage ou un restaurant. La simplicité et la rapidité que permet internet peuvent aussi s’appliquer au domaine de la santé. C’est en tout cas le pari qu’a fait, en 2014, Stanislas Niox-Chateau, président et cofondateur de Doctolib. Pari réussi quatre ans plus tard, avec une croissance continue et des levées de fonds qui en disent long sur le potentiel… et les résultats (lire par ailleurs).

Doctolib propose un logiciel et une application pour gérer les rendez-vous médicaux en ligne. Avantages pour le praticien : réduire de 30 % le temps de secrétariat dédié à cette tâche, pour le reporter sur des missions plus valorisantes, comme le conseil aux malades, le suivi des dossiers, la rédaction des comptes rendus… « Quand on sait qu’un généraliste consacre en moyenne quatre heures par semaine à la gestion de son cabinet, c’est un gain intéressant » , commente Vincent Rousset, directeur régional Grand Est pour Doctolib.

RÉDUIRE LES RENDEZ-VOUS NON-HONORÉS

Autre engagement : réduire de 75 % le nombre de rendez-vous non-honorés. Quand un patient sait qu’il ne pourra pas venir, il l’indique par internet, et la plage horaire se libère automatiquement, permettant à d’autres de se positionner. Le rappel des rendez-vous par SMS, la veille, permet aussi de diminuer les oublis. M. Rousset donne une idée de l’enjeu : « Chez un spécialiste, il y a en moyenne 6 rendez-vous par semaine qui ne sont pas honorés » .

À Reims, le développement a débuté il y a deux ans, quand Doctolib a remporté un appel d’offres lancé par le groupe Courlancy, désireux de trouver la meilleure solution de prise de rendez-vous en ligne. Dans la foulée, les spécialistes, qui sont des libéraux, ont été démarchés, et beaucoup ont été séduits, puis convaincus.

150 POSTES
sont à pourvoir chez Doctolib dans les prochaines semaines, pour les fonctions support (l’accompagnement des médecins) et la commercialisation

Un médecin peut, en outre, adresser un de ses patients à un confrère, en ajoutant un message concernant le cas en question. Bien pratique, à la fin d’une consultation chez un généraliste, de ressortir avec une date précise pour un spécialiste.

CONFIDENTIALITÉ ET HAUTE SÉCURITÉ

Côté patients, la souplesse horaire fait partie des avantages : pas besoin de caler dans les horaires « de bureau ». Doctolib a constaté que 30 % des rendez-vous pris par son intermédiaire l’étaient en dehors des heures d’ouverture des cabinets, après 19 heures ou pendant le week-end. Deux grandes tranches d’âge usent en priorité de Doctolib : les 25-35 ans et les 55-65 ans, l’âge moyen des utilisateurs ayant reculé de 4 ans depuis le lancement… Et les retraités ne sont pas les moins friands d’internet. « Reims est une ville connectée, la Ville fait beaucoup d’efforts en ce sens » , font remarquer les responsables de Doctolib.

L’entreprise est également très soucieuse de la confidentialité des informations qui circulent sur son réseau. « Nos choix technologiques et de sécurité sont d’un très haut niveau », note encore M. Rousset. Doctolib dispose d’un hébergement agréé des données de santé, validé à la fois par la Commission nationale de l’informatique et des libertés et par l’agence du ministère de la Santé spécialisée dans ce domaine. Tout le contenu est crypté, chez deux hébergeurs différents (dont un de secours).

Fort de ces arguments, Doctolib poursuit son développement dans la cité des sacres et ailleurs, plus particulièrement en direction des généralistes, avec 150 postes à pourvoir dans toute la France.

Anne DESPAGNE

Extrait de l'union du 06/10/2017

    

    

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Agnès Buzyn Vaccinée pour les dossiers chauds ?

Santé La nouvelle ministre hérite d’une feuille de route riche   en sujets sensibles comme celui des vaccins obligatoires.

POURQUOI PARLE-T-ON D’ELLE ?

La nouvelle ministre la Santé a fait sa première sortie sur la scène médiatique en déclarant, dans une interview au Parisien, réfléchir à ajouter aux trois vaccins obligatoires actuellement (DTPolio) huit autres vaccins seulement «recommandés ». Les carences de vaccination ont fait resurgir des maladies comme la rougeole qui a causé la mort de dix enfants depuis 2008. La déclaration d’Agnès Buzyn rejoint un certain consensus dans le corps médical. Mais les militants « anti-vaccin », qui pointent la dangerosité supposée d’adjuvants, ont réagi de façon épidermique.

QUI EST-ELLE ?

Agnès Buzyn est l’aînée d’une fratrie de trois enfants. Originaire de Pologne, son père est un rescapé d’Auschwitz. Il a été chirurgien orthopédique. Sa mère, enfant cachée pendant la Seconde Guerre mondiale, est une psychologue et psychanalyste émule de Françoise Dolto. Agnès Buzyn a épousé en premières noces Pierre-François Veil, fils de Simone Veil, puis Yves Lévy, actuel directeur de l’Inserm. Médecin spécialiste, Agnès Buzyn a fait l’essentiel de sa carrière en tant qu’enseignant-chercheur avant d’intégrer des postes importants comme celui de présidente de la Haute autorité de la santé.

QU’EN PENSER ?

Agnès Buzyn ne fait que reprendre un dossier urgent laissé par la précédente ministre puisqu’une décision du Conseil d’État oblige à une décision rapide. Elle amorce aussi une ère de réconciliation avec les médecins après cinq années de crispation sous Marisol Touraine. La ministre de la frange « techno » du gouvernement Philippe n’a pas fini de faire parler d’elle. Sa feuille de route est jalonnée de commandes sensibles : audit du tiers payant généralisé, loi de financement de la Sécu 2018, gestion de la fronde des dentistes, lutte contre les déserts médicaux, etc. Pour affronter tout cela, mieux vaut être… bien vaccinée.

JULIEN BOUILLÉ 

Extrait de l'union du 18/06/2017

    

    

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D’une veine  à l’autre, parcours d’une poche de sang

 Aujourd’hui, c’est la journée mondiale   des donneurs de sang. Les bonnes volontés sont appelées à remplir les stocks pour sauver des vies. Zoom sur le parcours d’une poche jusqu’au patient.

56% des Français ont déjà donné leur sang et permis de sauver des vies. La journée mondiale des donneurs devrait permettre d’en convaincre de nouveaux de venir à leur tour donner de leur personne.
Remi Wafflart

Aujourd’hui, c’est la Journée mondiale des donneurs de sang. Zoom sur le parcours, du bras du donneur à celui du receveur, de ces globules rouges qui, chaque jour, permettent de sauver des vies.

1 - LE PRÉLÈVEMENT

Donner son sang n’est pas un geste totalement indolore, mais largement acceptable ! D’ailleurs, les donneurs reviennent, c’est que ce n’est pas si terrible que cela… Comptez 40 à 45 minutes de présence, entre le temps de préparation (visite médicale avec questionnaire de santé et entretien avec un médecin), 10 à 12 minutes de prélèvement et 20 minutes de récupération (repos et collation). Cette surveillance est obligatoire afin de s’assurer de la bonne tolérance de la perte sanguine. C’est ce temps qui sera valorisé aujourd’hui par les chefs étoilés et artisans des métiers de bouche (lire par ailleurs).

2 - LA PRÉPARATION DE LA POCHE

La poche de sang prélevé part sur un plateau technique à Nancy pour être préparée. Il s’agit de séparer les différents « fragments » de sang, à savoir les globules rouges, le plasma et les plaquettes. En parallèle, le plateau d’analyses, à Annecy, permet, lui, d’étudier les sérologies pour vérifier qu’aucune maladie transmissible par le sang n’est présente dans le prélèvement. Seulement alors, les poches peuvent être dispatchées dans le Grand Est, notamment auprès de l’Établissement français du sang, rue Cognacq-Jay.

3 - DES BESOINS VARIÉS

Plusieurs circonstances peuvent amener les praticiens à devoir transfuser des patients, comme l’explique le docteur Aurélien Giltat, hématologue, chef de clinique assistant en médecine interne au CHU de Reims. « Par exemple, lors d’une anémie chronique ou d’une baisse de plaquettes chronique. Dans ce cas, la transfusion est programmée. » Les patients concernés passent la journée dans l’un des deux grands services transfuseurs d’hospitalisation de jour du CHU.

Mais tout autre service peut être amené à transfuser, précise le médecin. C’est le cas en situation d’urgence, pour faire face à une hémorragie ou une anémie mal tolérée.

Enfin, les transfusions sont aussi très fréquentes en chimiothérapie. Des protocoles « toxiques pour la moelle osseuse », qui nécessitent parfois de polytransfuser les patients souffrant de tumeurs solides et tous ceux qui déclarent des cancers du sang.

« Transfuser n’est pas un geste anodin » , insiste l’hématolo gue. « Il faut toujours se demander s’il n’existe pas une alternative. » Comme l’erythropoïétine (EPO) pour les patients souffrant d’une anémie due à une chimiothérapie.

4 - LA COMMANDE DE POCHE

« On peut obtenir des poches de sang en quelques minutes en cas d’urgence vitale », indique le docteur Giltat. « Mais parfois, il s’écoule plusieurs heures entre la demande et l’acheminement. » À noter qu’à leur arrivée en hôpital de jour pour une transfusion programmée, les patients sont soumis à un prélèvement sanguin pour s’assurer de l’absence d’anticorps contre les globules rouges. C’est l’EFS qui réalise l’analyse. Si celle-ci se révèle négative, il délivre une ou deux poches compatibles avec le malade en fonction de son groupe sanguin, A, B, O, Rhésus.

5 - LA TRANSFUSION

« Une fois que les poches arrivent dans le service, l’infirmière va avoir un rôle très important », indique le Dr Giltat. « Elle vérifie l’identité du malade et procède à un test ultime : elle lui prélève une petite goutte de sang et une autre de la poche qu’elle s’apprête à lui transfuser pour contrôler la compatibilité. » La transfusion peut alors commencer, uniquement par voie veineuse, sous haute surveillance. « On vérifie toujours le fonctionnement cardiovasculaire, le pouls, la tension et la température. »

Au bout d’une heure seulement, le patient pourra rentrer chez lui.

3 Questions à


Dr David TA PHI THANH
Responsable prélèvements

 « Il faut remobiliser continuellement »

Comment sont les stocks de sang actuellement ?

Il y a des tensions sur certains groupes (O positif et A négatif), et le stock global est en déficit. On est à 9jours, alors que le stock cible est de 12 jours (cela signifie que si on arrête de prélever, on peut distribuer encore 12 jours). Et si on atteint 15 jours, on risque la péremption, sachant qu’une poche de sang est viable 42 jours.

Quel est l’objectif de cette journée mondiale des donneurs ?

Avant l’été, la fréquentation de la collecte – qui est en moyenne d’une cinquantaine de donneurs par jour à Reims – est en baisse. L’idée est donc d’anticiper pour avoir le plus de produits possible avant cette période creuse. Il faut remobiliser continuellement car la majorité des donneurs ne se présentent pas spontanément. Il faut rappeler les dates, lieu, heure des collectes mobiles. On vise les 10 000 dons au niveau national sur cette journée. Ils permettront d’assurer un assez bon stock jusqu’à fin juillet. L’idée, à travers cette opération, est aussi de toucher de nouveaux donneurs, faire venir des gens qui n’avaient jamais fait le geste. En donnant un peu de temps, de sang, on fait une bonne action, quelque chose pour les autres. On partage un peu de vie. C’est enfin l’occasion de se pencher sur sa propre santé : beaucoup de gens ne connaissent pas leur groupe sanguin.

À quoi servira le sang ainsi prélevé ?

Il y a trois utilisations différentes du prélèvement : les globules rouges, en cas d’hémorragie ou de déficit de globules rouges ; le plasma, pour les hémophiles ou les patients souffrant d’insuffisance hépatique ou rénale ; et les plaquettes, pour les malades en cancérologie.

LES CONDITIONS POUR POUVOIR DONNER SON SANG


50% des français ont déjà donné leur sang et permis de sauver des vies

Pour pouvoir donner son sang, il faut se sentir en bonne santé, avoir entre 18 et 70 ans et peser plus de 50 kg. Parmi les contre-indications au don, citons : des soins dentaires depuis moins de 24 heures, une extraction dentaire depuis moins d’une semaine ; des antécédents de transfusion sanguine ou de greffe ; une grossesse ou un accouchement dans les 6 derniers mois ; un piercing (boucle d’oreille comprise) ou un tatouage réalisé dans les 4 derniers mois ; de la fièvre ou une infection (toux, diarrhée, infection urinaire, plaie cutanée…) dans les 2 dernières semaines ; des antécédents de prises de drogues par voie intraveineuse.

Vingt-neuf chefs pour une collation


Le chocolatier Vincent Dallet a orchestré la contribution gastronomique de 29 chefs et artisans.

Vincent Dallet, président des Étoilés de la Champagne et de l’association des Métiers de bouche du bassin d’Épernay, participe une nouvelle fois à la Journée mondiale des donneurs de sang. Pour la 2 e année consécutive, il propose une collation gourmande, ce mercredi 14 juin, sur le site de l’Établissement français du sang. Il a fait appel à plusieurs chefs de renom et artisans de qualité. Vingt-neuf d’entre eux, dont plusieurs étoilés au Michelin, ont accepté ce « don gastronome ».

Les donneurs de sang pourront, donc, déguster de délicieux mets. « J’ai demandé à chaque chef de préparer 50 petites pièces, d’utiliser des produits de saison et si possible de la région, explique Vincent Dallet. À travers des journées comme celle-ci, on défend tous notre terroir. » Quelques exemples ? Financiers aux amandes, verrines aux queues d’écrevisses sur fond de guacamole ou tartelettes de maras des bois et crémeux citron vert.

Grâce à cela, l’Établissement français du sang de Reims compte tripler le nombre de donneurs. « D’habitude, nous accueillons entre 25 et 30 personnes. Là, nous en attendons une centaine, déclare Muriel Blaison, médecin référent. L’an dernier, à Épernay, au lieu de recevoir 150 donneurs, nous en avons eu une centaine de plus. » Des donneurs plus nombreux mais aussi des nouveaux. «Et puis, cela permet de faire un geste citoyen avant les vacances d’été parce qu’en juillet et août, on a moins de collectes de sang. »

Les autres points

UNE RÉGION EXCÉDENTAIRE

Le Grand Est est excédentaire, c’est-à-dire qu’on prélève, dans notre région, plus de sang qu’on n’en consomme. C’est pour cela qu’elle « dépanne » la région parisienne et les Dom-Tom qui n’arrivent pas, elles, à être autosuffisantes.

UN BESOIN DE 100 POCHES PAR JOUR DANS LA MARNE

90 à 100 poches de sang sont attribuées chaque jour à un patient – qu’il soit en hôpital public ou privé – par l’antenne marnaise de l’Établissement français du sang. Mais seule une cinquantaine de donneurs se présente à l’EFS rue Cognacq-Jay quotidiennement.

UNE COLLECTE EXCEPTIONNELLE AUJOURD’HUI

Ce mercredi 14 juin, de 11 à 20 heures, au 43, rue Buirette et place D’Erlon, collecte de sang, stand secourisme avec les pompiers et sécurité routière avec la Maif, jeu de l’oie (prévention estivale avec la Ligue contre le cancer) et animation musicale. En partenariat avec l’association des donneurs de sang bénévoles rémoise.

De 8 à 16 heures, sur le site de prélèvement de Reims, 45, rue Cognacq-Jay, don gastronome aux saveurs salées et sucrées par Les Étoilés de la Champagne et Métiers de bouches d’Épernay, et exposition de sculptures (lire ci-dessus).

À 11 h 30, conférence sur le don de sang avec des médecins, donneurs et receveurs.

UNE CAMPAGNE MISSINGTYPE POUR SENSIBILISER AU DON

À l’occasion de la Journée mondiale des donneurs de sang, l’EFS appelle les marques à faire disparaître les lettres A, B, O (groupes sanguins) de leur logo. Une opération lancée en Grande-Bretagne en 2015 par « NHS Blood and Transplant » et qui avait rencontré un grand succès. Inédite en France, du 10 au 17 juin, elle est proposée par l’EFS à toutes les marques, entreprises, institutions et organisations qui souhaitent y participer. Les particuliers sont également invités à jouer le jeu, en enlevant leurs A, B et O sur les réseaux sociaux et en partageant leurs initiatives.

Marion DARDARD

Extrait de l'union du 14/06/2017

    

    

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La consultation chez le généraliste passe à 25 €

Les syndicats des médecins généralistes jugent cette augmentation insuffisante


L’augmentation de la consultation de 23 à 25 euros, concerne les généralistes installés en secteur 1

Selon l'Ordre des médecins, la France aura perdu un quart de généralistes entre 2007 et 2025

La consultation chez les généralistes passe à 25 euros à partir lundi 1er mai. Une revalorisation de 2 euros insuffisante -pour relancer les vocations, préviennent d'ores et déjà les syndicats qui attendent du prochain président qu'il « redonne sa place li à la médecine libérale

Obtenue l'été dernier après cinq mois de négociations entre les syndicats et l'Assurance maladie dans le cadre d'une nouvelle convention tarifaire, l'augmentation de la consultation de 23 à 25 euros, concerne les généralistes installés en secteur 1, soit 94 % de ces professionnels. La consultation des enfants jusqu'à 6 ans passera, elle, à 30 euros.

« Cela faisait plus de six ans que le prix de la consultation n'avait pas bougé. En trente ans de carrière, je n'avais jamais vu un blocage tarifaire aussi long », souligne Claude Leicher, président du principal syndicat de généralistes, MG France, signataire de la convention avec le Bloc (syndicat des chirurgiens) et la FMF (généralistes et spécialistes). « Ce n'est pas la révolution, mais la première étape avant une consultation à 40 euros dans la moyenne des pays européens », veut croire le président de la FMF, Jean-Paul Hamon. Car, prévient-il,  « tous les voyants sont au ,rouge, les déserts médicaux s'étendent et ce n'est pas avec une pièce de deux euros qu'on changera la vie des généralistes. »

« La médecine libérale vit une crise majeure », insiste le président de la CSMF, Jean-Paul Ortiz, pour qui Marisol Touraine, ministre de la Santé durant tout le quinquennat, « laisse une lourde ardoise à son successeur. » L'application de cette première mesure tarifaire, qui sera suivie à l'automne par d'autres revalorisations comme l'avis ponctuel de spécialistes (qui passera de 46 à 48 euros, puis à 50 euros en juin 2018) ou l'instauration de consultations complexes à 46 et 60 euros, soit cinq ans de relations houleuses entre les médecins libéraux et la ministre.

Extrait de l'union du 30/04/2017

    

    

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La carte vitale, c’est automatique 

Mise à jour, utilité, confusion … Ce dicument indispensable en matière de santé reste méconnu. Petit bdémélé du vrai du faux evec la directrice de la CPAM de la Marne


Dans toutes les pharmacies, des appareils sont mis à disposition afin que les assurés rechargent leur carte. Cette opération, qui ne demande aucune manipulation, dure quelques secondes

 L'ESSENTIEL

*.- La carte Vitale n'est pas réinitialisable dans tous les cabinets médicaux du département. Jeannine, 84 ans, l'a appris à ses dépens alors qu'elle voulait la mettre à jour au centre d'imagerie médicale Saint-Remi, rue des Huguenots à Epernay.

*.- La mésaventure connue par l'octogénaire donne l'occasion de rappeler quelques principes autour de son utilisation avec la Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM).

*.- Les assurés peuvent effectuer différentes démarches depuis les bornes à la CPAM, la consultation de leurs relevés par exemple. Ils peuvent également se rendre sur leur compte ameli.fr

*.- Il est désormais possible de déclarer la perte ou le vol de sa carte Vitale en ligne via son compte ameli (ameli.fr) et d'y suivre l'évolution de sa demande de carte Vitale,

 N°l : LA CARTE VITALE CONTIENT VOS DONNÉES MÉDICALES - VRAI

« C'est un peu comme la carte d'identité en matière de santé », fait savoir Alice Berque directrice adjointe de la CPAM de la Marne. Sur le document figure une puce qui contient nombre de données nécessaires aux professionnels de santé : « Des informations concernant sa situation, s'il est invalide, s'il bénéficie de la couverture maladie universelle ... », détaille-t-elle. « Autant d'éléments qui lui permettent de bénéficier d'un bon remboursement », note-t-elle. Et plus rapidement qu'avec les feuilles de soins à renvoyer à l'Assurance maladie. Il est donc indispensable de la présenter à son médecin.

N°2 : SA MISE À JOUR N'EST PAS AUTOMATIOUE - VRAI

C'est à l'assuré de faire la démarche pour sa mise à jour. Pour cela, il suffit de la passer dans l'une des bornes CPAM disposées en plusieurs endroits de la ville (lire par ailleurs). « On conseille aux gens de la réinitialiser une fois par an minimum, plusieurs fois quand un changement de situation intervient, en cas de déménagement ou de naissance d'un enfant par exemple, remarque Alice Berquet. La base de données de la CPAM est mise à jour régulièrement. Par contre, on n'a pas moyen d'informer à distance et automatiquement la carte vitale des modifications, d'où la nécessité

N°3 - ON PEUT LA RÉINITIALISER DANS TOUS LES CABINETS - FAUX

Tous les cabinets médicaux ne sont pas équipés d'une borne qui permet la mise à jour du document de l'assuré.

« On les trouve principalemet dans les centres d'accueil de la CPAM », indique la directrice adjointe de la Marne. Celui de Reims est sîtué au 14, rue du Ruisselet. « Toutes les pharmacies disposent également d'une de ces bornes qui sont très faciles à utiliser. Il suffit d'y glisser sa carte et tout se fait automatiquement, sans manipulation », ajoute-t-elle. À noter que des bornes de mise à jour sont également installées au CHU de Reims.

N°4 - LA CARTE DE MUTUELLE SUFFIT POUR ÊTRE REMBOURSÉ -  FAUX

Si la présentation de la carte vitale se fait assez naturellement, « beaucoup l'ont dans leur portefeuille car ils ont conscience qu'en la montrant, ils ont la promesse d'être remboursé plus rapidement », note Alice Berquet, certains la confondent encore avec la carte de leur mutuelle ou complémentaire santé. « Ce n'est pas du tout pareil », précise la directrice adjointe de la CPAM départementale. La carte vitale permet de se faire rembourser tout ou partie des consultations et médicaments. La carte de votre mutuelle évite, quant à elle, parfois sous certaines conditions et en fonction des modalités, de ne pas faire l'avance de frais.

Extrait de l'union du 14/03/2017

    

    

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Médecin de campagne et fier de l'être

BOULT-SUR-SUIPPE Médecin de campagne depuis 31 ans, le Dr Neff nage à contre-courant. Il prône une médecine au plus près du patient. Un modèle qu’il sait ne pas convenir aux jeunes générations.


À son cabinet ou à domicile, le Dr Neff démarre ses consultations à 7h30 pour ne s’arrêter que vers 20 heures, à raison de 25 patients par jour. « On n’a pas le choix ! On ne peut pas être médecin de campagne à mi-temps ! » Remi Wafflart

« J’avais un rêve, je l’ai réalisé. Je voulais être médecin de campagne dans un village. Je voulais dire à mes patients, je suis là, je suis au milieu de vous. J’ai créé un cabinet là, où il n’y avait rien. Si c’était à refaire, je le referais de la même façon. » Installé à Boult-sur-Suippe depuis 31 ans, le Dr Neff, 61 ans, défend un modèle qu’il sait pertinemment ne plus convenir aux jeunes générations. Sa maison, c’est son cabinet. « J’assume mon choix, même si ce modèle a vécu. »

« Il faut des médecins isolés »

Né à Reims, Philippe Neff a fait ses études de médecine à Reims, mais pour rien au monde il n’aurait ouvert un cabinet en centre-ville. « Surtout pas ! Je suis d’une famille plutôt rurale. Ma mère est née dans les Ardennes. J’ai toujours été attiré par ce côté rural. À l’origine, je recherchais même sur les Ardennes. Il se trouve que mon frère habitait Boult-sur-Suippe. À l’époque, il y avait une seule maison médicale avec 3 médecins à Bazancourt. Lorsque je suis allé voir le maire pour lui en parler, il a été étonné. Tout le monde pensait que ça ne marcherait pas ! Au début, les autres médecins voyaient ça d’un mauvais œil. Je n’étais pas le bienvenu… Aujourd’hui, c’est l’inverse. Les remplaçants sont accueillis les bras ouverts ! Les médecins sont trop contents de trouver quelqu’un pour leur succéder ! »

Fervent défenseur de la médecine rurale, le Dr Neff ne partage pas l’idée actuelle de maisons médicales qui regroupent plusieurs professions. « Si c’est bien pour lutter contre l’isolement, on ne peut pas le faire partout. Et la pérennité n’est pas garantie sur le plan financier. Le jour où les médecins devront financer leur structure, ce sera difficile. Et bon nombre sont actuellement vides. Il faut des médecins isolés comme moi », insiste le praticien. « L’intérêt d’être seul, il est déjà financier. Je ne me coûte rien. Je n’ai aucun frais de secrétariat ou de fonctionnement. C’est un énorme avantage quand la consultation est bloquée à 23 euros. Je gère tout en direct et au fur et à mesure. C’est un peu dur le lundi matin, il faut être honnête… Les patients m’attendent ! »

« J’avais un rêve, je l’ai réalisé. Je voulais être médecin de campagne dans un village »
Dr Neff, médecin de campagne

Sans vouloir idéaliser « son modèle de vie », Philippe Neff conçoit que ce qui lui a convenu, « ne convienne pas aux jeunes médecins. Les générations ne sont pas les mêmes. Il ne faut pas éluder le côté solitude du médecin de campagne, même si, face au patient, le médecin est toujours seul. Les 17 premières années ont été plutôt difficiles. J’étais seul et donc de garde tout le temps. Tout a changé en 2002 avec l’arrivée du centre 15. Aujourd’hui, les gardes tournent et ça fonctionne bien. Mais la solitude peut peser. En 2002, j’ai moi-même ressenti le besoin de retravailler dans un hôpital. Je fais donc des gardes au centre 15 les week-ends. Ça me fait un bien fou. J’ai trouvé mon équilibre. »

Cet équilibre, il le doit en grande partie à son épouse qui l’a suivi dans cette aventure, tout en élevant leurs 4 enfants. « J’ai pu me consacrer entièrement à mon boulot et mes patients… et me reposer sur mon épouse pour le reste. »

Transmettre sa patientèle

À 61 ans, le Dr Neff reconnaît « des journées bien pleines. Cette vie-là, je l’assume. À l’époque, nous étions formatés comme ça. On savait que nos journées de travail seraient longues… Les jeunes ne veulent plus de cette vie-là. Je comprends qu’un jeune médecin ne veuille pas exercer dans ces conditions… En même temps, on ne peut pas être médecin à mi-temps. On a choisi d’être médecin, il faut assumer ! J’estime avoir la chance de faire un métier extraordinaire. » D’ici quelques années, le Dr Neff ne désespère pas de transmettre sa patientèle. La tâche ne devrait pas être difficile dans son cas. « Ici, c’est la campagne, mais ce n’est pas la campagne profonde. La situation est bien plus compliquée dans certaines zones rurales. Et on ne pourra jamais imposer à un médecin de s’installer là où il ne veut pas ! C’est encore notre liberté de choix ! »

Caroline Garnier

Extrait de l'union du 06/12/2016

    

    

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Trois mille patients vont tester, à Reims , le dossier médical numérisé de la start-up InnovSanté

Rendre accessibles à tout moment vos ordonnances, radios ou analyses, c’est l’expérimentation à grande échelle que lancent la start-up InnovSanté et Hélium.


La petite carte permet d’avoir accès à un compte en ligne où sont consultables les éléments du dossier médical du patient. Remi Wafflart

Tout juste un an après sa création, la start-up rémoise InnovSanté lance grandeur nature son invention. À partir du mois de juin, pas moins de 3 000 patients rémois, dont la mutuelle est gérée par Hélium (filiale du Groupe Servyr à Reims), auront dans leur poche une sorte de carte Vitale 2.0 qui sera le sésame pour disposer à tout moment de leur dossier médical. Ce « Passeport Vital International » contiendra les versions numériques de leurs ordonnances, radiographies, résultats d’analyse, courriers de spécialistes, etc. Ces précieuses informations seront à tout moment consultables par le patient ou par un médecin si l’intéressé lui donne, bien sûr, le feu vert. Techniquement, la carte dispose d’un QR Code qui permet d’avoir accès à un compte patient lequel va chercher les données conservées sur un serveur sécurisé encadré par le ministère de la Santé.

Une alternative au DMP

Cette initiative intervient alors que le programme national de numérisation des données de santé, qui prévoit la mise en place du fameux « DMP » (dossier médical partagé), peine à voir le jour après plus de dix ans de travaux et plus d’un milliard d’euros de frais engagés. «  Il faut sortir de la spirale de l’échec et ne plus croire que l’on pourra mettre au point un système parfait, capable de parler tous les langages informatiques  », clame Adnan El Bakri, président fondateur d’InnovSanté. Pour contourner les inerties et les réticences, InnovSanté a choisi un point d’attaque différent du DMP. « Nous avons changé de vision et décidé de ne pas se concentrer sur l’hôpital ou le médecin mais sur le patient. Après tout, c’est lui qui se déplace entre tous les intervenants.  » Le Passeport Vital International est donc un outil personnel, un « software patient », qui s’appuie sur la loi de janvier 2016. Ce texte confère à chacun un droit d’accès à tous ses documents médicaux. Mais en pratique, il n’est pas garanti car la communication de documents est longue, complexe et parfois coûteuse. La démarche d’InnovSanté consiste aussi à collecter des « masses de données » sur les patients et leurs pathologies qui, dans le respect de l’anonymat, pourraient offrir aux chercheurs des sources statistiques encore inaccessibles dans un système de santé français où les informations sont encore verrouillées et cloisonnées. Ce « big data » pourrait être profitable aux patients participants puisque le scénario d’InnovSanté prévoit qu’ils soient rémunérés.

Accompagnée par Innovact Center, la start-up a vécu sa première année d’activité grâce à une première mise d’environ 100 000 euros, issus des deniers d’Adnan El Bakri et de son équipe composée d’une demi-douzaine de personnes, dont deux salariés. Pour passer à la vitesse supérieure, InnovSanté souhaite lever 3 millions d’euros via une campagne de crowdfunding. Pour gagner de l’argent, InnovSanté compte commercialiser son passeport par un abonnement payé par le patient ou sa mutuelle.

La jeune pousse fourmille d’idées de diversification. Elle envisage de lancer « OhMyBlood », un carnet de santé dématérialisé ou « HospiNote », une application de notation d’établissements hospitaliers façon « Trip Advisor ». On n’a manifestement pas fini d’entendre parler de cette start-up qui connaît déjà une belle notoriété sur les réseaux sociaux.

Ce projet est une évidence


Quentin Renard – président de Servyr

« Ce qui est frappant quand on rentre dans ce projet, c’est qu’il devient une évidence. On se dit : comment se fait-il qu’on ne stocke pas déjà ses données de santé, qu’elles ne soient pas déjà partagées entre professionnels ? Le projet est très bien porté par Adnan El Bakri, qui a une très grande ambition. Mais on voit bien dans tous ses autres projets, qu’il y a, à la clé, beaucoup d’autres progrès sur le parcours de soins, l’analyse de santé publique ou la relation entre professionnels et patients. Au-delà du dossier médical, on est dans la numérisation de la santé en général. »

Né au Liban et défenseur du système de santé français

Adnan El Bakri, 31 ans, interne en urologie chirurgie cancérologie au CHU de Reims, membre d’un labo de recherche au CNRS, ne manque pas une occasion de décrire son parcours hors normes. «  À 17 ans, j’étais au Liban et je ne parlais pas français. Je suis parti en France pour faire mes études de médecine parce qu’on m’avait dit, à l’époque, que la France avait le meilleur système de santé dans le monde. Effectivement, c’est le cas. » Après avoir commencé ses études à Marseille, Adnan est venu à Reims pour se spécialiser et a eu apparemment un coup de cœur. «  J’ai découvert une ville classe, bourgeoise, qui permet de faire de l’entrepreneuriat, qui est proche de Paris, qui a énormément d’atouts. » Adnan s’est plu en France aussi parce qu’elle est riche d’un avantage comparatif dont n’ont pas toujours bien conscience ses habitants. «  Je suis parti d’un pays qui était déstabilisé par la guerre et où il n’y a pas de système d’assurance maladie. Comme dans beaucoup de pays, il n’y a pas de sécurité sociale, tout est privé. En France, l’Assurance maladie est un atout majeur. C’est pourquoi il faut arrêter le déficit et les dépenses inutiles que nous constatons tous les jours sur le parcours de soins, contrairement à nos politiques.  » Le citoyen naturalisé a eu l’idée de créer InnovSanté après s’être lié d’amitié avec Leslie, une patiente soignée entre Reims et Toulouse qui a souffert des difficultés à transférer les éléments de son dossier de santé d’un établissement à un autre. «  Elle tenait à ce que j’aille au bout de ce projet, elle tenait absolument à ce que chacun puisse avoir son dossier médical sur une carte.  » Brillant et tenace, le médecin a donc pris le chemin de la création d’entreprise et fait sienne la maxime : «  Un entrepreneur est quelqu’un qui se jette d’une falaise et construit un avion sur le chemin de la descente. » Bienvenue à bord.

Julien Bouillé

Extrait de l'union du 10/04/2017


InnovSanté « facilite » l'hôpital grâce au numérique

Figurant parmi les jeunes entreprises prometteuses du territoire, InnovSanté était sous les projecteurs du dernier Welcome to Reims, mi-novembre. Accompagnée par Innovact Center et hébergée au #58, la start-up veut « faire émerger le numérique à l'hôpital »

Cet été, une jeune société rémoise, lauréate des 2e Innovact Awards, ne perdait pas de temps pour faire connaître ses activités et sa plus-value. « Nous avons fait un gros titre dans Le Figaro: "Une start-up conçoit une carte vitule 2.0", ! Idéal pour mettre en Iumil!re nos travaux en cours et nos divers projets. Cette médiatisation nous a valu de recevoir un coup de fil du directeur général de l'Assurance maladie, intéressé par nos développements, notamment en ce qui concerne le passeport InnovSanté. C'est le plus important de nos projets. Au moyen d'une simple clé USB (comportant toutes les pièces médicales des patients), nous facilitons les parcours de soin, que ce soit à l'hôpital, chez le médecin ou le pharmacien ... », révèle l'enthousiaste dirigeant d'InnovSanté, Adnan El Bakri,

EMBAUCHER 20 PERSONNES A REIMS

Trentenaire, cet interne en urologie au CHU de Reims est à la tête d'une petite équipe pluridisciplinaire disposant d'une expertise médico-économique forgée sur le terrain. Avec elle, il ambitionne de lever 5 millions d'euros et d'effectuer 20 embauches courant 2017 afin de pouvoir déployer ses applications, certaines étant testées en phase bêta depuis l'automne. Le but, avec ces nouveaux outils, est d'améliorer la vie de tout le monde à l'hôpital, des patients aux équipes administratives et médicales. Tout en diminuant les dépenses hospitalières. « Nous voulons faire utile », clame-t-il, en notant qu'une « économie de 5 % apparaît réalisable dans les comptes de la Sécu » avec Ia généralisation de solutions digitales.

UN ÉCOSYSTÈME FAVORABLE

« Partant du constat qu'à l'hôpital public on manipule encore trop de papier, nous avons conçu HospiNote. Il s'agit d'une appli permettant de numériser en live les questionnaires de satisfaction des patients, cette opération prenant jusqu'à présent du temps en saisie et ne donnant lieu qu'à des exploitations statistiques partielles. Or, il faut pouvoir être réactif, avoir des systèmes d'alerte fiables, au niveau de la prise en charge de la douleur, par exemple », expose Adnan El Bakri. Par ailleurs chercheur dans les algorithmes prédictifs de big data en oncologie au sein du CNRS, il sait l'importance de l'analyse de grandes bases de données pour faire progresser la médecine.

Avec l'Etablissement français du sang, InnovSanté planche en outre sur une application mobile destinée à cibler des donneurs, géo localisables, en cas de pénurie dans un groupe sanguin. « Autour de nous, l'écosystème est très positif. Nous sommes encouragés à persévérer dans nos travaux. Reims, nous le croyons, peut jouer un rôle majeur dans l'e-santé », conclut-il.

PH. S.

Extrait de RM N° 151 de 12/2016

    

    

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Algues vertes : un risque sanitaire sous-estimé 


Des algues vertes sur une plage de la commune finistérienne de Plonevez-Porzay, en septembre 2010,

Après la mort d'un sportif début septembre en baie de Saint : Brieuc, la controverse continue d'enfler en Bretagne face aux effets qui peuvent s'avérer mortels des algues vertes en putréfaction, danger que beaucoup estiment minimisé par les pouvoirs publics. Ce décès est intervenu après plusieurs cas suspects depuis plus d'une vingtaine d'années,

LES ALGUES VERTES. EN PUTREFACTION EMETTENT DU SULFURE D'HYDROGÈNE

Âgé de 50 ans, le joggeur retrouvé mort le 8 septembre dans une vasière de l'embouchure du Gouessant, appartenait à un club de course à pied, Il lui arrivait de parcourir des distances de 60, voire 80 kilomètres, Il connaissait également parfaitement le site puisqu'il y courait régulièrement.

En apprenant le lieu de ce décès, des associations se sont immédiatement interrogées sur le lien avec les algues vertes ; qui se décomposant émettent du sulfure d'hydrogène (H2S), un gaz extrêmement toxique à forte dose, À l'été 2011, 36 sangliers avaient été retrouvés morts dans cet estuaire, Un rapport de l'Anses avait mis en avant de fortes présomptions sur la responsabilité de l’H2S. Dans un premier temps, les pouvoirs publics n'ont pas éprouvé la nécessité de rechercher les causes du décès, C'est seulement deux semaines plus tard qui la justice a décidé de faire procéder à l'exhumation du corps pour pratiquer une autopsie et des analyses toxicologiques. De source médicale, on considère que ce retard a entravé la recherche de la vérité, les résultats des examens étant inévitablement « moins parlants » après un tel délai.

Extrait de l'union du 22/12/2016

    

    

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La santé au coin de la rue

Lui seul à le droit de vendre des médicaments. Le pharmacien est-titulaire d'un doctorat mais doit aussi avoir des qualités de communication pour conseiller ses clients,


Les patients peuvent venir pour des pathologies très lourdes, le cancer, par exemple. Ou simplement parce que leur enfant a une rougeur qui les inquiète … », témoigne Gaëlle, à Reims. Ici, elle présente des lunettes d’appoint à ,un client.

SE FORMER DANS LA RÉGION

•.- Pharmacien (bac +6) : dans les UFR de pharmacie de l'université de Reims Champagne-Ardenne, de l'université Picardie Jules-Verne à Amiens.

•.- Préparateur en pharmacie (BP en deux ans) : CFA de la pharmacie de l'Aube, à Troyes, Centre régional de formation de la pharmacie, à Amiens, Centre Pasteur, à Bétheny.

•.- Depuis 2010, la première année des études de santé (PACES) est commune aux futurs étudiants de médecine, dentaire (odontologie), pharmacie ou maïeutique (sage-femme). On peut l'effectuer au sein des universités de Reims et d’Amiens.

• Plus d'infos sur www.onisep.fr  

Entre 200 et 300 personnes entrent chaque jour dans la pharmacie de Gaëlle, rue Gambetta à Reims. « C'est pour ça que je fais ce métier: pharmacien, ce n'est pas vendre des boîtes, c'est le contact. » Pas le temps d'en dire plus, une dame âgée visiblement un peu sonnée vient d'entrer. « Elle est tombée dans la rue et voulait savoir ce qu'elle devait faire », confie Gaëlle. « On est le premier rempart de santé, décrit la jeune femme. Quand les gens ont un rhume, ils ne vont pas forcément chez le médecin, ils viennent directement nous voir. Pour un conseil, ça ne coûte rien d'aller chez le pharmacien. »

Aux côtés de la pharmacienne une préparatrice.

Gaëlle est employée dans la pharmacie depuis qu'elle a obtenu son doctorat, en 2014. A ses côtés, Edwige, également en blouse blanche, en est à sa cinquième pharmacie. Occupée à servir des clients, elle n'est pourtant pas pharmacienne : « Je suis préparatrice en pharmacie. Le préparateur, c'est le bras droit du pharmacien. » Parmi ses missions : la gestion des stocks de médicaments et la vente aux clients, mais aussi quelques « fabrications » maison. « Il y a trente ans, on préparait-nous mêmes beaucoup de crèmes, de comprimés, des suppositoires. Ça se fait moins : en un mois il m'arrive de préparer seulement trois ou quatre crèmes. » Légalement, un pharmacien diplômé doit être présent pour que l'officine puisse ouvrir, mais une grande partie de la journée du préparateur ressemble à celle du pharmacien, « On travaille sous son contrôle », précise Edwige. Gaëlle, la pharmacienne, préfère parler de « synergie ».

« Il faut être patient, un peu psychologue et être prêt en cas d'urgence »
Emilie Azémar, 41 ans, pharmacienne à Reims

Pour être docteur en pharmacie, titre indispensable pour vendre des médicaments mais aussi pour posséder une officine, il faut faire six ans d'études et présenter une thèse. Pharmacienne rue Cérès, à Reims, Émilie Azémar est entrée à la fac de Reims en 1994. La jeune bachelière savait où elle mettait les pieds : « J'avais un onde pharmacien d'officine, un autre dans l'industrie cosmétique. Et tout le reste de ma famille, ce sont des médecins. » Comme Gaëlle, elle a choisi de se spécialiser pour travailler en officine par goût du contact avec les clients. « Je ne me voyais pas dans l'industrie, où beaucoup de pharmaciens travaillent pourtant », se rappelle-t-elle. En 5ème année, Émilie Azémar effectue un stage au sein d'un hôpital, autre débouché pour les étudiants. « C'était bien, mais j'avais déjà fait mon choix », précise-t-elle. Un concours spécialisé, celui d'interne en pharmacie, permet, après la 5ème année d'étude, d'être responsable des médicaments dans un hôpital, par exemple. Jeune diplômée, Émilie Azémar n'a pas eu de mal à trouver du travail : « On remplissait des appels à candidatures centralisés, et on recevait directement des propositions d'emploi par téléphone. » Sans même envoyer un CV, la pharmacienne a décroché son premier poste, dans la campagne autour de Reims, où elle a exercé pendant douze ans, avant de venir travailler dans le centre-ville.

« Notre travail, c’est la santé publique »

Les temps ont changé. « Aujourd'hui quand on a un travail, on a intérêt à le garder. Le numerus clausus (nombre de diplômés fixé chaque année, ndlr) a augmenté, ce qui veut dire qu'il y a davantage de candidats, qui ne trouvent pas forcément du travail à temps complet. »

Pharmacien, c'est toujours un beau métier. pour Gaëlle, de la pharmacie de la rue Gambetta, « mais on ne sait pas si on sera toujours rentables, à cause de la remise en cause des monopoles, avec les lois européennes). En clair, s'il n'était plus obligatoire d'être pharmacien pour vendre des médicaments, la jeune femme craindrait que la santé des patients passe derrière les impératifs commerciaux. « Moi je n'ai personne qui me dit de faire du chiffre : notre travail, c'est de la santé publique. »

 

CONNA1TRE LES MÉDICAMENTS … ET LES CHAMPIGNONS

« Je regarde les ordonnances des clients, pour m'assurer qu'il n'y a pas d'interaction néfaste entre les traitements », décrit Émilie Azémar, pharmacienne à Reims. « Pour nous aider, nous ayons l'historique médical du patient sur informatique, ainsi que les quatre derniers mois de médicaments vendus », ajoute-t-elle. Une grande responsabilité. « Même diplômé, après avoir appris les effets de tous les médicaments pendant nos études, on doit toujours continuer à se former, confirme Gaëlle, une autre pharmacienne rémoise. Cette dernière se targue d'être également incollable sur les variétés de champignons. « Cette année a été catastrophique pour les amateurs, mais plusieurs personnes sont déjà venues me demander de vérifier si des champignons sont comestibles. »

Charles MONTMASSON

Extrait de l'union du 15/10/2016

    

    

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Une nouvelle action pour les patients victimes de produits de santé

Après la consommation, c'est au tour du secteur-de la santé de voir arriver la procédure judiciaire de l'action de groupe. Spécificités, avantages, inconvénients et fonctionnement, on vous dit tout sur ce recours qui crée de nouveaux droits pour les patients.


Les victimes d'accidents liés à des produits de santé peuvent désormais se faire représenter collectivement par une association afin d'obtenir réparation en justice. @IStlck CityPresse

GROS PLAN

Sanofi, premier visé. L'action de groupe santé était attendue depuis longtemps par les associations d'usagers qui n'ont donc pas tardé à s'en saisir. Sanofi pourrait d 'ailiers être le-premier à en faire l'objet. L'Association d'aide aux parents souffrant du syndrome de l'anticonvulsivant (Apesac) a en effet annoncé son intention d'initier une action de groupe contre le laboratoire ayant commercialisé la Dépakine. Cet antiépileptique prescrit à des milliers de femmes enceintes est accusé d'avoir provoqué des malformations chez les nouveau-nés. Or, si l'association représente une quinzaine de victimes, ce sont quelque 15.000 patients qui pourraient bénéficier de la décision de justice.

Vaccin H1N1 prothèses mammaires PIP, Médiator, Dépakine, à chaque nouveau scandale lié à la santé publique des centaines, voire des milliers de victimes sont à déplorer. Pour leurs familles et elles, c'est alors une lutte judiciaire lente et pénible qui s'ensuit. Un combat que chaque patient devait jusqu'à présent mener en personne pour obtenir réparation de son préjudice. Face à la multiplication des contentieux et au nombre important de victimes potentielles, le gouvernement a donc décidé de créer une procédure collective en faveur des demandeurs.

5 ans
Il va falloir patienter entre 5 et 7 ans pour obtenir un jugement

UN CADRE STRICT

 C'est la loi du 26 janvier 2016 qui a introduit l'action de groupe santé dont les conditions de mise en œuvre ont été précisées récemment par un décret publié le 27 septembre. A l'instar du recours collectif applicable depuis deux ans aux litiges relevant de la consommation, cette procédure est soumise à un encadrement très précis. Dans les deux cas, ce sont ainsi les associations d'usagers agréées qui peuvent initier l'action de groupe. Mais tandis que seules quinze structures ont ce pouvoir dans le domaine de la consommation, pas moins de 486 associations d'usagers du système de santé peuvent ici agir ! L'action de groupe peut être déclenchée dès lors qu'au moins deux personnes présentent des dommages corporels similaires résultant de la même cause. Ils peuvent être dus au manquement d'un producteur ou d'un fournisseur de produit de santé du type médicaments, contraceptifs, produits d'entretien de lentilles et autres cosmétiques ou à la défaillance d'un prestataire utilisant l'un de ces produits.

Précisons par ailleurs que cette procédure peut concerner des faits antérieurs à l'entrée en vigueur de la loi, du moment que l'action en justice n'est pas prescrite. Cette rétroactivité a d'ailleurs été fortement critiquée par les professionnels. Et on les comprend au vu des enjeux ! Certaines victimes du Médiator n'ayant pas encore obtenu réparation pourraient notamment enclencher une telle action.

DU JUGEMENT À LA NÉGOCIATION

Si ce nouveau recours a le mérite de permettre de mutualiser les procédures des victimes et les frais de contentieux par le biais d'associations d'usagers, il faudra toutefois faire preuve de patience. Entre les éventuels appels des défendeurs et la réalisation d’expertises médicales plus ou moins longues en fonction du nombre de cas individuels présentés, comptez entre cinq et sept ans pour obtenir un jugement en responsabilité. Mais la ténacité de quelques-uns pourra servir à beaucoup puisqu'en cas de victoire, les autres victimes potentielles ayant subi le même dommage disposeront d'un délai (jusqu'à cinq ans) fixé par Je juge pour adhérer au groupe et obtenir réparation

Extrait de l'union du 18/11/2016

    

    

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Grippe et maladies respiratoires: comment éviter les complications ?

Pour les personnes atteintes de certaines maladies respiratoires chroniques, la vaccination contre la grippe est le meilleur moyen d'éviter des complications graves

Pour les personnes atteintes de maladies respiratoires chroniques, la grippe peut être dangereuse et provoquer des complications graves nécessitant parfois des hospitalisations. Ces maladies chroniques sont nombreuses. Les plus fréquentes sont l'asthme et la BPCO (bronchopneumopathie chronique obstructive). Cette dernière maladie, provoquée dans 80 % des cas par le tabagisme, concerne en grande majorité des patients âgés alors que l'asthme atteint des personnes de tout âge.

La vaccination contre la grippe demeure le meilleur moyen d’éviter de graves complications.

Dans le cas de l'asthme, la grippe peut constituer un facteur déclenchant de crise. D'une manière plus générale, chaque fois que l'on a affaire à une maladie respiratoire chronique, la grippe peut notamment provoquer des détresses respiratoires et des surinfections bactériennes comme une pneumonie. Toutes ces complications risquent de nécessiter des hospitalisations, parfois même en réanimation.

Pour les personnes qui souffrent de maladies respiratoires chroniques, la vaccination contre la grippe est donc le meilleur moyen de se prémunir contre ces risques. D'autant que l'Assurance Maladie leur adresse par courrier, comme aux seniors et aux personnes atteintes de certaines autres maladies chroniques, un bon de prise en charge leur permettant de bénéficier de la gratuité du vaccin. les adultes vaccinés les années précédentes peuvent retirer directement leur vaccin à la pharmacie sur simple présentation du bon de prise en charge et, ensuite, ) se faire vacciner par leur médecin ou une infirmière. Quant aux craintes que pourraient avoir certains sur les éventuels effets secondaires de la vaccination contre la grippe, qu'ils soient rassurés, ces effets sont le plus souvent sans gravité: une petite inflammation au point d'injection ou une légère fièvre transitoire. C'est peu quand on sait que la vaccination aide à combattre le virus de la grippe et réduit le risque de complications graves. Face à ces questions, il ne faut pas hésiter à Dans demander conseil à son médecin.

Extrait de l'union du 21/10/2016

    

    

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L'homéopathie à trop petite dose

Le Rémois Alain Demonceaux publie un livre sur l'efficacité sous-estimée de l'homéopathie. Sa généralisation permettrait de faire baisser d'un tiers les dépenses de santé.


Selon le praticien. les traitements par homéopathie sont complémentaires des traitements traditionnels car ils facilitent l'auto guérison.

Cinq granules de Belladonna ...

En plus d'améliorer la vie, l'homéopathie permettrait de réduire les dépenses de santé d'un tiers. Le spécialiste rémois Antoine Democeaux publie un ouvrage grand public

 
Le Dr. Demonceaux a fondé un diplôme universitaire de thérapie homéopathique à la faculté de médecine de Reims.
J-M. François

LES FAITS

.- L'homéopathie, créée au XVIII° siècle, par Samuel Hahnemann, consiste à donner comme médicament au malade une substance susceptible de provoquer chez un individu sain une semblable (homeo) souffrance (pathos).

•.- Plus de la moitié des Français y ont recours, souvent pour des petits maux.

•.- Après 35 ans de pratique, le docteur Antoine Demonceaux  (Reims) publie son premier livre « grand public aux éditions du Cherche Midi 1« la santé autrement avec l'homéopathie pour tous », sortie le 6 octobre. 17€.

Un livre de plus sur l'homéopathie ? Oui. « La médecine autrement avec l'homéopathie pour tous » est son titre, le docteur Antoine Demonceaux son auteur. « Je suis convaincu de ce que j'avance, cela fait 35 ans que je pratique. Il ne faut pas le prendre comme un livre de plus mais comme un projet de santé. Savez-vous que 56% des Français sucent des granules ? »

« Je reçois souvent enfin de journée des parents qui amènent leur enfant fiévreux. Il est moite, il a près de 40° de température. Une demi-heure après une prise de cinq granules de Belladonna 15 CH, sa température a baissé et il ne présente plus de symptômes. Un coup de fil le lendemain matin me confirme qu'il est guéri. »

Pour une complémentarité entre la médecine et l'homéopathie

Installé en plein centre-ville de Reims, à quelques mètres de la cathédrale, ce médecin âgé de 60 ans, né à Coulommiers en Seine-et-Marne avant de grandir à Soissons, considère que sa spécialité mérite mieux que ces 56 %. « La médecine conventionnelle pense qu'elle peut s'auto suffire. Les doutes qui s'expriment sur l'homéopathie résultent d'une méconnaissance à son sujet. De nombreux troubles n'ont toujours pas de réponse thérapeutique suffisante, ils auraient donc tout à gagner à être pris en charge par l'homéopathie. » Le but d'Antoine Demonceaux n'est certainement pas de dévaloriser l'allopathie (la médecine conventionnelle selon les homéopathes), mais de jouer sur la complémentarité des deux pratiques.

« Si vous êtes atteint d'un cancer, aucun traitement homéopathique ne pourra vous guérir, car il n'aura pas d'action directe sur la cellule cancéreuse. Il pourra en revanche aider l'organisme à mieux se défendre et ainsi augmenter vos chances de récupérer. On peut associer un traitement homéopathique à une chimiothérapie de façon d’en diminuer les effets secondaires ou pour qu'ils n'apparaissent pas. Si une personne malade supporte mieux sa chimiothérapie, elle pourra la poursuivre dans de meilleures conditions et ainsi augmenter ses possibilités de réussite du traitement. »

Des propos qui tendent à démontrer que l'homéopathie va bien au-delà de la seule « bobologle » connue par les classiques hématomes (arnica) et autres états fébriles (oscillococcinum). Pour Antoine Dernonceaux, elle optimise au mieux les capacités d'auto guérison, elle est non-toxique, prétend soigner l'humain de façon globale là où la médecine soigne les organes. « Elle est en mesure d'occuper une place fondamentale dans ce secteur très important de la santé publique que sont les maladies graves. » Et s'il regrette que ce ne soit pas le cas alors que l'homéopathie, pourrait faire baisser d'un tiers les dépenses de santé, il n'hésite pas à s'en prendre au système en place : « Sans entrer dans une paranoïa du complot, il semble évident que les intérêts se croisent et pas toujours au bénéfice du patient. Il suffit de suivre les actualités pour constater les différents scandales liés à la santé. Qui ne sont que la partie émergée de l'iceberg. » L'une des critiques les plus répandues contre l'homéopathie est qu'elle n'aurait qu'un effet placebo. Antoine Demonceaux rappelle que son premier principe, celui de similitude, est de chercher à faire réagir l'organisme d'une personne malade à l'aide d'un médicament (élaboré à partir de substances végétales, animales ou minérales), médicament qui chez un sujet sain serait susceptible de provoquer des symptômes analogues à ceux de la maladie qu'il s'agit de soigner.

La dilution se fait habituellement au centième

Autrement dit, il s'agit de s'attaquer au mal par le mal, mais à des doses infinitésimales. Exemple avec l'arsenic (arsenicum album) qui est le principal médicament des gastro-entérites hivernales. « Alors que si vous preniez pendant quelques jours une dose d'arsenic suffisamment importante pour être toxique - mais pas trop cependant, afin de rester en vie -, vous souffririez de brûlures d'estomac avec des vomissements, d'une diarrhée importante accompagnée d'une frilosité anormale et d'une fatigue intense. Autant de symptômes liés à la plupart des gastro-entérites. »

D'où la nécessité de diluer fortement les substances mères afin d'éliminer tout risque de toxicité et de secouer vigoureusement les produits obtenus. La dilution se fait habituellement au centième : une goutte de souche active dans 99 gouttes d'alcool, ce que l'on nomme CH (centésimale hahnemannienne) du nom de l'inventeur de l'homéopathie. L'Allemand Samuel Hahnemann (1755-1843). On parle de DH quand la dilution se fait au dixième. La dilution, qui varie entre 5 et 30 CH, est choisie en fonction de la sensibilité du malade.

Les REPERES

LUI-MEME DOIT BEAUCOUP À L’HOMÉOPATHIE

•.- À l'âge de 3   ans, atteint d’une encéphalite post-vaccinale Antoine Demonceaux aurait dû, selon un spécialiste, suivre un traitement de Gardénal à vie.

•.- Un généraliste proposa à ses parents une alternative avec un traitement homéopathique. Quelque temps plus tard, le bilan de contrôle se révéla normal.

Le CHIFFRE : 30%

•.-C’est le taux de remboursement par la Sécurité Sociale des médicaments homéopathiques.

La PHRASE

•.- « J'ai progressivement acquis la conviction que l'homéopathie (qui n'est pas la médecine par les ~plantes) avait sa place dans notre arsenal thérapeutique ) et méritait que l'on s'y intéresse.»

Dr Olivier Graesslin, cJef de service au CHU de Reims

J.M FRANÇOIS

Extrait de l'union du 18/09/2016

    

    

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Une école pour les chiens guides

Trouver les passages piétons, contourner les obstacles, repérer un ascenseur, prendre un escalator, voici les tâches enseignées aux chiens pendant au moins six mois.


Des chiens deviennent de parfaits guides pour non-voyants dans une école basée à Coubert, en Seine-et-Marne. AFP

Un dédale de trottoirs, avec çà et là des bouts de passages piétons, des poteaux, une chaise ... C’est sur cette piste Insolite que Jengo, labrador d'un an et demi à la soyeuse robe noire, apprend son futur métier, chien guide d'aveugle, dans une école dédiée à Coubert, en Seine-et-Marne. « C'est bien, bonhomme », lui lance Alexiane Da Silva, son éducatrice, avant de lui donner la sacro-sainte croquette. La  jeune femme a invité le chien à se diriger vers la chaise pour y poser son museau, avant d'activer son « clicker », un objet muni d'un bouton, de la taille d'un porte-clés, dont le « clic annonce une récompense.»

En raison de problèmes de santé ou de phobies, plus de la moitié des chiots élevés à Coubert ne deviendront pas guides.

 « Le clicker-training  fait travailler le chien en l'incitant à réfléchir sur ce que je veux obtenir de lui », explique la jeune femme de 27 ans, qui exerce à Coubert, 2000 âmes, dans l'une des seize écoles membres de la Fédération française des associations de chiens guides d'aveugles (FFAC).Trouver les lignes », c'est-à-dire les passages piétons, contourner les obstacles au sol et en hauteur, aller à droite ou à gauche repérer un guichet, un ascenseur, prendre un escalator... voici les tâches enseignées à Jengo et ses congénères, à l'école et en ville, pendant au moins six mois, cinq jours par semaine, passé leur premier anniversaire.

Avant cela, les chiots sont confiés à deux mois à l'une des 600 familles d'accueil recensées par la FFAC, qui devront les socialiser, leur apprendre à être propres, les emmener au travail, les habituer aux magasins, aux transports en commun. L'association finance leurs soins et leur alimentation.

À Perigny-sur-Yerres, à quinze minutes en voiture, Déborah Malmejat, 39 ans, prend ainsi soin de Malou, labrador de cinq mois, et déjà 26 kilos. « C'est la septième que j'accueille », précise cette mère de deux enfants, en riant. « Je l'emmène partout, je lui apprends à ne pas renifler par terre, à marcher à gauche, tout un tas d'exercices que nous confie l'instructeur », détaille-t-elle. Rendez-vous réguliers avec ce dernier, et cours collectif une fois par mois à l'école rythment également la vie du chien et de sa maîtresse en intérim, avant la séparation. « Cela fait toujours un pincement au cœur, mais le but est tellement beau que cela passe vite », assure-t-elle, « C'est plus dur quand ils sont réformés », comme cinq de ses précédents chiens. En raison de problèmes de santé ou de phobies, plus de 50 % des chiots élevés à Coubert ne deviendront pas guides, mais se convertiront à la zoothérapie, à l'armée ou, en dernier recours, seront adoptés par une famille.

Moins d'I % des 200000 personnes aveugles ou très malvoyantes bénéficient d'un chien guide, déplore la FFAC, qui espère sensibiliser davantage de familles à l'accueil des chiens lors de la journée portes ouvertes organisée dans, ses écoles le 25 septembre. Et récolter les dons dont elle dépend, la formation d'un chien guide coûtant 25000 euros.

Extrait de l'union du 16/09/2016

    

    

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À la chasse aux ondes nocives

Dominique Mounié aurait mis au point une méthode pour réguler les champs électromagnétiques. Il débarrasse les maisons des rayons négatifs, Du moins, il l'assure.


Dans le jardin, Dominique Mounié veut « détecter les endroits où se croisent les ondes inversées

L'ESSENTIEL

•.- La géobiologie est la discipline qui prétend traiter des influences de l’environnement sur le vivant et notamment des ondes liées aux champs magnétiques et électriques, courants d'eau souterrains, réseaux dits « géobiologiques », failles géologiques, etc,

•.- Pour les géobiologues, à chaque métal présent dans le sous-sol de la Terre correspondrait un réseau particulier formant un maillage plus ou moins large. Le réseau qui a le plus de notoriété est connu sous le nom de réseau Hartmann, qui correspond au nickel.

•.- Ce sont les ondes de ce réseau que Dominique Mounié affirme remettre dans le bon sens.

La géobiologie, on y croit ou on n'y croit pas. Marie-Hélène Larmandier, de la maison de champagne du même nom, y croit dur comme fer. Elle a fait venir de Toulouse Dominique Mounié, le fondateur de la géopractie pour débarrasser sa maison des lignes électromagnétiques inversées.  « Il a tout remis à l'endroit. Désormais, son habitation ne peut plus avoir d'effets néfastes sur sa santé et plus globalement sur sa vie. « Les lignes du champ terrestre peuvent se retrouver inversées du fait des constructions. Cela peut avoir des conséquences pour les gens qui vivent au milieu d'elles », explique le spécialiste à l'accent chantant habillé en tenue de plombier.

Il est d'ailleurs un peu plombier puisqu'il permet aux ondes de s'écouler à nouveau normalement. Du moins, selon ses dires. « Les conséquences vont de la migraine au cancer en passant par la sclérose en plaques et la dépression. Dans un commerce, les ondes inversées généreront une baisse de chiffre d'affaires car les clients ne se sentiront pas bien dans le magasin. Et même ne le verront pas en passant devant car une alarme interne les en détournera. Pour une entreprise, ce peut être des bureaux dans lesquels les salariés perdent toute motivation. »

Avant de soigner les ondes, Dominique Mounié était pianiste et rugbyman. « Je suis arrivé à ce métier parce que deux personnes, dont un célèbre, radiesthésiste, m'ont transmis leur savoir. Ensuite, j'ai mis au point ma méthode unique et j'ai fabriqué mes outils. Mon premier "patient" a été mon père qui ne dormait pas la nuit. Après mon intervention, il a dormi à nouveau. Aujourd'hui, j'al mon entreprise, je suis passé plusieurs fois à la télévision et je vis de ma technique. » M.Mounié ne veut pas révéler publiquement ses tarifs. Il faut compter le coût d'un gros week-end au ski pour faire traiter un appartement ou une maison de taille moyenné. L'intervention peut durer entre une et quatre heures.

Aujourd'hui, le géopraticien est chez la cousine de Christine, aux Mesneux, dans la Marne. Elle est en train de monter un gîte haut de gamme sur son terrain. Il faut que les ondes filent dans le bon sens pour que les clients restent el reviennent. Le travail se fait en plusieurs étapes.

Attention, ce n’est qu’une pseudo-science

L'Association française pour l'information scientifique et d'une façon générale, les physiciens, les médecins et les géologues considèrent la géobiologie comme une pseudo-science. Ses méthodes d’investigation ne suivent pas une démarche scientifique et ses résultats n’ont pas de confirmations par les disciplines scientifiques. Ces méthodes sont invérifiables car elles reposent uniquement sur les capacités de perception de l’opérateur. Quant aux résultats positifs, Ils seraient l’équivalent statistique de c'eux obtenus par la pur hasard. Il est encore temps de choisir le séjour au ski.

ORIGINE DES CROYANCES

•.- Vers 1935, le médecin allemand Ernst Hartmann développe la certitude qu'un réseau quadrillé des courants dits telluriques couvre la surface de la Terre.

•.- Certains pensent que les bâtisseurs du passé ont utilisé des croisements de lignes positives pour implanter leurs lieux de culte.

LE CHIFFRE 21 cm

•.- Ce serait l’épaisseur des murs invisibles du réseau Hartman situés tous les 2 m.

LA PHRASE

•.- « On peut soigner une maison sans faire d'exercice illégal de la médecine, mais c'est bien de cela qu'il s'agit. Si l'on va chercher le géobiologiste, c'est parce qu'il y a un malade ! Il saura qu'il a un cancer à cause d'une rivière souterraine. »

Association française pour l’information 5tientifique (Afis)

 

Extrait de l'union du 04/09/2016

    

    

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Clown à l'hôpital, un vrai métier

Depuis 25 ans, l'association le Rire médecin propose une formation pour devenir clown hospitalier. Un métier atypique qui rencontre un succès grandissant.


Stéphanie (à droitel et Sarah, deux clowns hospitaliers, rendent visite aux enfants de l’hopitar Necker à Paris. AFP

« Le nez vert, c'est parce que je ne suis pas encore mûre » : à 44 ans, Stéphanie apprend à devenir clown... à l'hôpital. Un « vrai métier » promu depuis 25 ans par l'association le Rire -médecin, dont la formation a été reconnue l'été dernier par l'État (lire par ailleurs). Robe de tulle blanche, couette en palmier sur la tête et visage peinturluré, Stéphanie Lassus-Debat laisse place à Gloum, son personnage, pour rendre visite aux enfants hospitalisés à Necker, à Paris. À ses côtés, Sarah Gautré, alias Tina Trompette, a, elle, mis son nez rouge et son bonnet de water-polo pour rejoindre le service de pédiatrie générale, guitare au bras.

Les clowns adaptent leur jeu à chaque patient en fonction de leur pathologie et de leur état mental

« Le tour de France, allez Estelle ! », crie le tandem collé à une soignante amusée poussant un chariot, dans un couloir couvert de dessins d'animaux.

Promené par ses parents, le petit Enzo (les prénoms d'enfants ont été changés) rit aux éclats quand les deux clowns se mettent « à faire l'anguille » en agitant leur corps. Vient le tour de Leïla, adolescente de 14 ans allongée dans sa chambre, les stores baissés. Son téléphone sonne. « Allô Maman, tu peux me rappeler après s'il te plaît, y a les clowns », répond-elle d'une voix fatiguée, avant d'écouter Stéphanie lui chanter une berceuse turque. Les clowns savent bien qu'elle souffre, Les soignants les ont informés, comme avant chacune de leurs interventions, sur la pathologie et l'état mental des jeunes patients qu'ils sont venus réconforter, ce qui leur permet d’adapter leur jeu à chacun.

Ils doivent aussi « vivre l'instant présent » puis « ranger » l'histoire parfois dure des enfants « avec leur costume » pour continuer à faire rire, selon Sarah, quatre ans d'expérience au compteur.

Tous les lundis et mardis, Stéphanie applique ainsi « sur le terrain », les leçons apprises le reste de la semaine à l'Institut de formation du Rire médecin, en duo avec l'un des professionnels rémunérés par l'association. Techniques artistiques, comme l'improvisation ou le chant, mais aussi spécificités de l'univers hospitalier et de la collaboration avec les soignants sont, depuis 2011, au cœur d'un cursus intensif de cinq mois, suivi chaque année par une dizaine de comédiens retenus sur une cinquantaine de dossiers.

Extrait de l'union du 09/08/2016

    

    

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Chiens guides pour déficients visuels


Remise officielle à la Grande Garenne

Créée en 1985, reconnue d'assistance et de bienfaisance et labélisée depuis 2007 l'association Centre Aliénor s'enorgueillit d'avoir remis gratuitement 590 chiens guides à des déficients visuels sur tout le territoire national. Par cette action ils œuvrent pour une plus grande autonomie et une meilleure intégration sociale voire professionnelle des personnes mal voyantes.

Pour conduire à bien leur mission, le Centre Aliénor entretient un élevage de labradors et de golden retrievers sélectionnés pour leur santé et leur comportement irréprochables. Les jeunes chiens sont confiés à un réseau de familles d'accueil chargé de les sociabiliser pendant une dizaine de mois, avant d'être pris en main par des éducateurs spécialisés qui se chargeront de leur apprendre leur métier de guide. Bien entendu rien ne serait possible sans l'efficacité d'un réseau de donateurs privés, sans l'aide des clubs services et sans la générosité d'institutions. Cet élan de solidarité a permis de remettre gratuitement 15 chiens guides cette année.

Ainsi, grâce à la générosité de la FNAM et de l'AMGYO qui ont financé la formation d'un chien, INUIT, un beau labrador blond, a pu être remis à monsieur André Michel (militaire en retraite) au Domaine de la Grande-Garenne en présence de monsieur Henri Rémondet, président délégué de la FNAM et de monsieur Alain Cuinet, président de l'AMGYO.


Monsieur André Michel et Inuit 

Extrait de La Charte N° 4· Juillet-Août 2016

    

    

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Créer le Vidal de la santé numérique!

 
Guillaume Marchand, Reims 32 ans, Rémois,

Guillaume Marchand est médecin psychiatre de formation. Mais la création, en 2012, de dmd Santé, start-up qui s’est donné pour mission d’évaluer les objets connectés liés à la santé, a tendance ces temps-ci à transformer le médecin en chef d’entreprise. Si le marché de la santé connecté (ces applications pour mesurer sa tension, sa glycémie, etc., sur son téléphone mobile ou sa tablette) est plein de promesses et de vitalité, avec une offre mondiale qui a été multipliée par 30 entre 2010 et 2016, encore faut-il vérifier la qualité des applications mises quotidiennement en ligne. « Dans cette jungle, nous labellisons la pertinence médicale et le respect de la vie personnelle par l’objet connecté. Nous créons également un catalogue en ligne destiné à devenir le Vidal de la santé numérique. » Basée à Reims et Paris, dmd Santé emploie déjà 12 personnes et lève actuellement des fonds pour s’internationaliser.

 www.mhealth-quality.eu

Extrait de LEMAG-Marne N° 57 de 07-08/2016

    

    

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Hydrocution, un malaise· en eaux troubles ?

Soleil et eau glacée: attention, danger! Mieux vaut ne pas se précipiter dans l'eau après s'être doré la pilule sur le sable chaud, sous peine de faire un violent malaise.


S'il est appréciable de sauter dans l'eau après avoir pris le soleil, gare aux risques d'hydrocution. Thinkstock

SAVOIR REAGIR

Si vous êtes témoin d'une hydrocution, vous devez adopter les bons réflexes

•.-intervenir vile : sortez la victime de l'eau et alertez les maitres-nageurs sauveteurs

•.- pratiquer les gestes de premiers secours : si la victime respire, couchez la sur le côté en position latérale de survie. En cas d'arrêt respiratoire ou cardiaque, pratiquez un bouche-à-bouche ou un massage cardiaque.

•.- apaiser la victime : séchez la personne pour la réchauffer et recouvrez-la d'une serviette tout en la rassurant pour l'aider à se remettre du choc.

À noter: une syncope nécessite une surveillance étroite pendant les heures qui suivent..

Malaise syncopal, syncope d'immersion, choc thermique, autant d'expressions qui désignent un mal bien connu des amateurs de baignades estivales : l'hydrocution. Le coupable : un trop grand contraste entre la température de l'eau et celle de la peau provoquant un refroidissement brutal suivi d'une perte de connaissance pouvant entraîner la noyade. Petit manuel de survie pour les baigneurs ...

La mécanique du cœur.

Par temps chaud, les vaisseaux sanguins logés sous notre peau se dilatent Ce phénomène de vasodilatation, accompagné par une accélération du rythme cardiaque, permet ainsi à l'organisme d'évacuer la chaleur par la circulation périphérique du sang. Mais lorsque notre corps surchauffé par une exposition prolongée au soleil est immergé brutalement dans l'eau froide, la peau se refroidit sans délai, obligeant les vaisseaux sanguins à se resserrer rapidement. Par un phénomène de vases communicants, le sang, soudain chassé de la périphérie, afflue en masse vers l'intérieur du corps, engendrant une augmentation subite de la pression artérielle. Et c'est là que le malaise survient Pour contrer cette hypertension inopinée, le cœur va en effet se mettre à ralentir, lésant par là même le cerveau qui, moins bien irrigué, va aussitôt larguer les amarres, livrant le corps, du baigneur aux remous de l'océan.

Mollo mollo

La meilleure des précautions à prendre pour éviter le choc thermique est de préparer progressivement le corps au changement de température.

Au lieu de vous jeter à corps perdu dans les vagues glaciales, restez quelques instants au bord de l'eau et humidifiez progressivement votre nuque, votre thorax, votre dos et votre visage, c'est-à-dire les zones de votre organisme les mieux pourvues en récepteurs thermiques. Entrez ensuite lentement dans l'eau.

Certains facteurs peuvent augmenter Ie risque de malaise d'immersion : c'est le cas des expositions au soleil prolongées, de la consommation d'alcool ou des repas trop copieux. De toutes-les façons, certains signes précurseurs comme des maux de tête, des frissons, des crampes, une fatigue, une angoisse soudaine ou encore une sensation de démangeaison, doivent vous alerter et vous inciter à sortir immédiatement de l'eau.

 A SAMAXE

Extrait de l'union du 28/07/2016

    

    

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Les ravages de la maladie de Lyme

La maladie transmise par les tiques affecterait chaque année 27.000 personnes en France


La maladie de Lyme est transmise par les tiques dont la morsure est indolore. Ici, au centre, une femelle tique gorgée de sang

A SAVOIR

•.- « S'il n'y a pas de tests de diagnostic fiable, c'est parce que c'est compliqué d'en mettre au point », confirme Muriel Vayssier-Taussat, directrice de recherche à l’Inra. « Les bactéries vont transiter par le sang mais de manière très fugace », explique la chercheuse.

•.- la morsure d'une tique est indolore. Elle passe donc inaperçue si elle ne s'accompagne pas d'un érythème migrant, une tâche rouge caractéristique de la maladie.

•.- Des médecins ont lancé « L'appel des 100 » à la mlnistre de la Santé pour exiger des financements publics pour améliorer Je diagnostic. Marisol Touraine a promis un plan d'action pour septembre.

« Il y a urgence à agir. Des gens se suicident. D'autres sont en chaise roulante ou internés en psychiatrie », dénonce le professeur Christian Perronne, chef du service d'infectiologie de l'hôpital Raymond-Poincaré de Garches, selon lequel les chiffres officiels de 27.000 malades par an sont largement sous-estimés. Le spécialiste parle d'un « scandale sanitaire » et fustige des « test de diagnostic défaillants ».

« Le test Elisa, imposé aux médecins français, ne détecte que trois espèces de Borrelia (bactéries responsables de la maladie) alors qu'il en existe uLne vingtaine. Et même quand les patients sont manifestement atteints de Lyme, le test peut s'avérer négatif », explique ce spécialiste de la maladie qui croule sous les demandes de consultations.

Dès 2014, le Haut conseil de la santé publique pointait du doigt la faiblesse du diagnostic. Pourtant, les médecins ne sont toujours pas autorisés à utiliser d'autres tests comme le Western-Blot, qu'ils jugent plus fiable. « Ils doivent suivre le protocole officiel. Si Elisa est négatif, on décrète que le malade n'est pas atteint de Lyme et celui-ci est exclu du traitement antibiotique. Si le test est positif, il doit être validé par Western-Blot », explique Marie-Claude Perrin, présidente de l'association Lyme Sans Frontières dont des adhérents ont décidé de porter plainte collectivement contre bioMérieux, l'un des laboratoires commercialisant Elisa.

« Ma fille était en bain de mourir »

Car si la maladie est détectée tardivement, elle peut conduire à des complications redoutables. Margaux Renaud, 21 ans, a ainsi vécu quatre années de calvaire.

« Je monte à cheval depuis que j'ai trois ans. Les chevaux ont tout le temps des tiques », raconte-t-elle, amère. Infections urinaires, vomissements, pertes de connaissance, douleurs articulaires, problèmes ligamentaires. « J'ai été plâtrée dix fois en quatre ans », dit-elle. D'hôpital en hôpital, personne ne trouve l'origine de son mal.

Elle en perd le sommeil, fait une tentative de suicide, est internée à Sainte-Anne. « Je ne sortais plus, j'aurais préféré qu'on me diagnostique un cancer pour expliquer mes douleurs plutôt que de m'entendre dire que tout ça était dans ma tête », confie-t-elle. « J'ai eu des pertes de mémoire, il m'est arrivé de ne plus me souvenir de mon adresse », raconte-t-elle.

Quand elle atterrit dans le service du Pr Perronne. il y a neuf mois, Margaux Renaud est sur une chaise roulante, elle souffre d'une sciatique paralysante. Après un traitement alternant antibiotiques, antiparasitaires et anti-champignons, elle remarche, remonte à cheval, passe son permis de conduire, reprend ses études.

Le parcours d'Emma, 16 ans, ressemble au sien. « Tout a commencé par une très grosse grippe à 10 ans, suivie d'une importante fatigue accompagnée de douleurs insupportables. Le cercle vicieux s'est installé car Emma ne présentait jamais les mêmes symptômes qui allaient crescendo année après année », témoigne sa mère, Déborah Moigeon. En 2012, un médecin refait une batterie d'examens dont Elisa : négatif. Les malaises continuent avec un pouls à 180 par minute, « des décharges électriques qui la font littéralement décoller du sol », explique sa mère. Un matin, la jambe droite d'Emma se paralyse. Elle atterrit chez Christian Perronne. « Ma fille n'articulait plus un mot. Elle était en train de mourir. »

Après trois mois d'antibiotiques, Emma recourt. « Quand je pense à toutes ces hospitalisations, ces examens, à tout ce que cela a couté alors qu'il suffisait de boîtes d'antibiotiques à 8 euros, ça me révolte », réagit Virginie Renaud, la mère de Margaux.

Extrait de l'union du 23/07/2016

    

    

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Près de Lyon, le plus grand site de production de vaccins au monde

500 millions de doses de douze vaccins différents sont produites chaque année sur le site de Marcy-l'Étoile. Soit la moitié de la production mondiale de Sanofi Pasteur


85 % des vaccins fabriqués en France sont
exportés, AFP

Sur le site de Sanofi Pasteur à Marcy-l'Etoile, près de Lyon, dans de grosses centrifugeuses tournant à 80.000 tours par minute, soit bien plus que des moteurs de Formule 1, les sécrétions de bactéries Haemophilus influenzae de type B (HIB) sont séparées, afin de retenir celles qui vont servir, après purification, à fabriquer un antigène, le principe actif pour immuniser contre une maladie. Ailleurs sur le site, des caméras sophistiquées, émettant des lumières rouges et bleues, inspectent 18.000 seringues de vaccin par heure, pour détecter leur moindre défaut visuel.

La demande mondiale est en train d'exploser

Les machines son partout, mais les humains ne sont jamais loin, pour veiller au bon déroulement des opérations et procéder à des contrôles supplémentaires. De la culture des bactéries et autres virus pour fabriquer les antigènes jusqu'au conditionnement final des seringues remplies, produire un vaccin prend « de six mois à trois ans et 70 % du temps de production est dédié au contrôle qualité », souligne Philippe Juvin, pharmacien responsable de Sanofi Pasteur France, Or, la demande mondiale de vaccins est en train d'exploser, notamment en raison de la multiplication des programmes vaccinaux modernes dans les pays émergents, « La demande mondiale de vaccins contre la coqueluche a augmenté de 50% sur les trois dernières années », cite ainsi Serge Montera, vice-président de Sanofi Pasteur MSD et président du comité vaccins du Leem. l'organisation des entreprises françaises du médicament.

Une nouvelle hausse de 50 % est anticipée par Sanofi Pasteur sur la période 2015-2017. Ainsi, si la France est l'un des principaux pays producteurs de vaccins au monde, 85 % des vaccins fabriqués dans le pays sont exportés, selon le Leern. Au total, 500  millions de doses de douze vaccins différents sont produites chaque année à Marcy-l'Etoile, soit la moitié de la production mondiale de Sanofi Pasteur, Pour faire face aux tensions d'approvisionnement, Sanofi Pasteur compte en particulier sur Hexyon, son vaccin pédiatrique hexavalent pour protéger contre six maladies : diphtérie,- tétanos, polio, des infections liées à la bactérie HIB (cause de méningite chez l'enfant) et l'hépatite B.

 À ce jour, Sanofi Pasteur en a produit 15 millions de doses sur ses sites de Marcy-l'Etoile et Val-de-Reuil, dans l'Eure, La plupart pour l'export, la commercialisation d'Hexyon en France n'ayant commencé qu'en avril, trois ans après son autorisation dans l'UE. Avec Hexyon et son concurrent Infanrix Hexa du britannique GSK, deux hexavalents sont désormais commercialisés dans l'Hexagone,

Extrait de l'union du 12/07/2016

    

    

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Ils les façonnent ensemble innovations de demain

 L'association parisienne New Health ouvre une antenne à Reims, une base pour s’étendre dans la région Grand Est. Le but: créer des projets et accompagner l'innovation en santé


Les « cafés » sont en réalité de géants brainstorming autour d’un thème précis, ici la santé publique.

Faire bouillonner la matière grise du milieu médical. C’est le pari de l’association parisienne New Health, qui organise depuis 2014 des réunions informelles entre professionnels de la santé. Un thème commun est choisi. Les idées fusent, notamment autour de la e-santé (lire ci-contre), les meilleures sont matérialisées et participent à un concours. C’est Reims qui a été choisi pour développer ce concept dans la région Grand Est.

L'aventure sera menée par une équipe de dix personnes, dont des membres de la startup InnovSanté, qui développe actuellement une te carte vitale 2.0 (notre édition du 24 juillet). « J'aime leur dynamisme, leur connaissance du milieu hospitalier », avance Enguerrand Habran, cofondateur de New Health, diplômé en biotechnologies et sciences du génome. On veut créer un écosystème où l'on peut rencontrer tous les acteurs de son futur projet.

« On aurait aimé bénéficier de cette aide ».

La méthodologie pst bien rodée ; Un « café », brainstorming géant, rassemble médecins, chercheurs, membres du personnel hospitalier et patients autour d'un thème, comme la santé publique. Les idées se confrontent ensuite lors d'un  « challenge innovation », présidé par un jury indépendant composé d'experts. Les lauréats profitent d'un programme d'accompagnement complet, de la conception au déploiement. Une application pour lutter contre le sentiment de manque, dans le domaine de l'addictologie, est ainsi actuellement expérimentée à Paris (lire ci-contre).

La branche rémoise s'appuiera sur le réseau de partenaires déjà en place - dont UniCancer et le ministère de la Santé -, et ira démarcher au sein des structures médicales. « On veut aller chercher des interlocuteurs têmois, comme Reims Métropole, pour créer une vraie dynamique, explique Adnan El-Bakri, président d'lnnovSanté  et vice-président de New Health Grand Est. C'est un coup de pouce important. On aurait aimé bénéficier de cette aide au début pour notre startup. Quand on démarre dans ce domaine, l'accompagnement est presque inexistant. »

New Health tient à échapper aux considérations financières pour se focaliser sur le patient. Une charte éthique a été rédigée. « On est indépendant, insiste Enguerrand Habran. D'autres groupes sont financés par des laboratoires pharmaceutiques. On insiste sur l'éthique. Pas de lobbies, pas de conflits d'intérêts. D'ailleurs, on vérifie l'identité des gens pour les cafés. Le vol d'idées, ça arrive ... »

Le premier café rémois se tiendra en octobre. Probablement dans un amphithéâtre du CHU Robert-Debré. « Le thème n'est pas encore fixé. On pense aux maladies chroniques, prégnantes dans la région », révèle Adnan EI-Bakri.

Mais au fait, la e-santé, c'est quoi ?

Le domaine de la e-santë reste relativement obscur pour le grand public. « Il s'agit simplement d'appliquer une technologie existante au monde de la santé, avec des ajustements bien sûr Il, éclaire Enguerrand Habran, co-fondateur de New Health. Le passeport de santé numérique développé par la start-up ré- moise InnovSanté, Qui fonctionne avec un code à scanner sur son smartphone, est un bon exemple. L'utilisation des données des patients, le « big data » , en est un autre. Depuis le 6 juin, le, CHU de Reims utilise Easily, un système de dossier patient numérique conçu par les Hospices civils de Lyon (HCL). « On est très en retard par rapport au numérique, en France, estime Enguerrand Habran. Et certains veulent faire des pas de géants, passer â'un coup du Minitel à l'intelligence artificiel. »

Le sujet est porté par le gouvernement. qui a sorti le 4 juillet sa « stratégie nationale en e-santê 2020 », avec l'objectif affiché de moderniser le système de santé, notamment dans un souci d'économies.

David GAUTHIER

• Plus d1nfonnations : WWW.newheaIth.fr

 Extrait de l'union du 09/07/2016

    

    

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Du verre pour régénérer les os

Un million de personnes, dans le monde, en auraient déjà bénéficié. Le bio verre permet de stimuler la repousse osseuse avant, demain, de s'attaquer à l'arthrose.


À Villeurbanne, Noraker produit Un kilo de bio verre par jour, par blocs de 500 grammes. après une cuisson à 1.400 degrés. AFP

La patiente est au bloc depuis plus de trois heures. Après avoir posé vis et tiges en titane pour réparer sa colonne vertébrale usée, les chirurgiens mettent la touche finale : un bioverre spécial, pour stimuler la reconstruction naturelle des os. « L'intérêt du bioverre, c'est qu'il va stimuler les cellules responsables de la repousse osseuse, les ostéoblastes,  et qu'il se résorbe totalement » dans l'organisme au bout de trois à six mois, » explique Ie professeur Cédric Barrey, chirurgien du rachis à l'hôpital Pierre Wertheimer de Bron, dans la banlieue lyonnaise, qui l'utilise depuis dix-huit mois.

Avant de refermer la zone incisée, le chirurgien la tapisse d'une trentaine de grammes de ce biomatériau ressemblant à du gros sel, humidifié pour former une masse compacte et cohésive, puis mélangé à des bouts d'os de la patiente prélevés lors de l'intervention. « C'est une sorte de pâte de crumble », sourit Céline Saint Olive Baque, directrice générale de la société Noraker, l'un des rares fabricants au monde du « 45S5 », le plus vertueux des verres bioactifs, composé à 45 % de silicium, 24,5 % de calcium, 24,5 % de sodium et 6 % de phosphore.

Un usage longtemps confidentiel

Le bioverre a été inventé aux États-Unis en 1969, alors que l'armée américaine, embourbée au Vietnam, cherchait des solutions pour limiter le nombre d'amputations parmi ses blessés. Mais il est resté longtemps confiné dans les milieux de la recherche.

À ce jour, environ un million de patients dans le monde ont déjà été traités avec du bioverre. Soit une part très limitée du marché global des greffes et substituts osseux, qui s'élève à quelque 2,3 milliards de dollars, dont 800 millions environ pour les substituts synthétiques, selon des chiffres du cabinet GlobalData. « C'est un produit qui coûte che, car le silicium provient du quartz », justifie Mme Saint Olive Baque. En France, où c’est remboursé par l'Assurance maladie, une boîte de 16 grammes coûte 230 euros. »

Né en 2005 des travaux d'un chercheur de l'Institut national des sciences appliquées de Lyon, Noraker a réalisé l'an dernier un chiffre d'affaires d'à peine 500.000 euros, pour moitié dans la chirurgie du rachis et l'autre dans le dentaire. Mais Mme Saint Olive Baque est confiante pour l'avenir, tablant sur un doublement des ventes cette année, comme en 2015. Les substituts osseux synthétiques affichent les plus fort taux de croissance du marché orthopédique, et certains pays, notamment dans le monde musulman, « rejettent complètement » les substituts osseux d'origine humaine et animale, pour des raisons culturelles, souligne-t-elle. La Turquie est ainsi le premier marché de Noraker, qui exporte 70 % de sa production, La société vend aussi en Egypte et en Iran, en Europe et en Amérique latine, et a enregistré en mai sa première commande en Asie, à Taïwan.

En partenariat avec l’Imperial Collège de Londres, Noraker travaille aussi sur un projet de cartilage artificiel à base de bio verre modifié, ce qui pourrait déboucher « d'ici six à huit ans » sur des solutions concrètes contre l'arthrose, pronostique Mme Saint Olive Baque.

Extrait de LEMAG-Marne N° 57 de 07-08/2016

    

    

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Gare aux objets connectés pour les enfants

Les ondes émises par les téléphones ou les tablettes auraient des effets nocifs.


Les experts préconisent de « retarder l'âge de la première utilisation » d'un téléphone portable ou d'une tablette. AFP

Les experts de l'Agence sanitaire (Anses), qui recommandent de limiter l'exposition des jeunes populations aux téléphones portables, tablettes tactiles ou jouets connectés ont recensé des effets négatifs sur les fonctions cognitives (mémoire, attention, coordination) et le bien-être (fatigue, troubles du sommeil, stress, anxiété), qu'ils attribuent non pas aux ondes elles-mêmes, mais à une utilisation intensive du téléphone portable.

  Sur 1a base de ses constats, l’Anses réitère sa recommandation de 2013 de s'en tenir à un usage modéré des téléphones portables  

Dans son état des lieux des connaissances, l'Agence nationale de sécurité sanitaire indique en revanche que « les données actuelles issues de la littérature internationale ne permettent pas de conclure à l'existence ou non d'effets chez l'enfant sur le comportement, les fonctions auditives, le développement, le système reproducteur ou immunitaire, ni d'effets cancérogènes », Dans certains cas, comme pour le système reproducteur ou les cancers, « il n'a pratiquement pas d'études disponibles pour les enfants », explique Olivier Merckel, chef de l'évaluation du risque lié aux nouvelles technologies à l'Anses. Pour d'autres cas de figure, comme les fonctions auditives, « il n'y a rien de flagrant en matière d'effet négatif », dit-il. Concernant les effets sur le bien-être (fatigue, anxiété), « l'effet observé pourrait être davantage lié à l'usage fait des téléphones portables plutôt qu'aux radiofréquences elles-mêmes », explique le spécialiste.

Certaines études semblent aussi associer « un usage intensif du téléphone portable par des jeunes et une santé mentale affectée », qui se traduit par des comportements à risque, de la dépression ou des idées suicidaires, relève l'Anses, en souhaitant que des travaux complémentaires soient faits pour vérifier la relation de cause à effet. Ces conseils .de modération, valables pour les adultes, ciblent particulièrement les enfants qui sont plus sensibles aux ondes que leurs aînés pour des raisons physiologiques. « Nous sommes aujourd'hui certains que les enfants sont plus exposés que les adultes du fait de leurs différences morphologiques et anatomiques », explique Olivier Merckel. « Ce ne sont pas de petits adultes », insiste-t-Il. Au niveau du cerveau en particulier, certaines zones encore en transformation sont plus sensibles aux ondes.

Extrait de l'union du 09/07/2016

    

    

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Si difficile accès aux soins

« La fracture sanitaire se creuse ! », s'indigne l'association de consommateurs qui publiait, hier, une étude sur l'accès aux soins de ville et les dépassements


Près de 60 % des Françaises connaissent plus de difficultés pour trouver un gynécologue. AFP

Entre 2012 et 2016, l'accès à un médecin généraliste moins de trente minutes du domicile, « s'est dégradé pour plus du quart de la population », relève UFC-Que Choisir. Comme lors de sa précédente analyse il y a quatre ans, l'association a passé au crible l'accès géographique et financier à quatre spécialités (généralistes, pédiatres, ophtalmologistes et gynécologues) , dans la totalité des communes de France en se basant sur les données de l'Assurance maladie. Des résultats qu'elle a comparés avec sa première étude, effectuée en 2012, et reportés sur une carte interactive disponible sur www.quechoisir.org. En 2016, 14,6millions de personnes, soit 23 % de la population métropolitaine, ont des difficultés pour rencontrer un médecin de famille à moins de trente minutes de leur domicile et 5 % d'entre eux (3,2 millions) vivent même dans un désert médical, marqué par une densité médicale inférieure de 60 % à la moyenne nationale, pointe l'association. Leconstat est encore plus préoccupant concernant l'accès à un spécialiste à moins de 45 minutes. En quatre ans, l'accès à un ophtalmologiste a diminué pour 38 % des Français, à un pédiatre pour 40 %, et à un gynécologue pour 59%.

Ainsi, un tiers des Français peine en 2016 à trouver un pédiatre, 30 % ont un accès « restreint » à un gynécologue et 28 % à un ophtalmologiste (en raison d'une densité de médecins par rapport à la population de 30 à 60 % en dessous de la moyenne nationale). La situation se dégrade encore plus vite si on prend en compte l'accès à des spécialistes ne pratiquant pas de dépassements d'honoraires (en secteur 1).

« Echec dispendieux » du contrat d'accès aux soins

Au tarif de la Sécurité sociale, l'offre a reculé pour plus de la moitié des usagers, quelle que soit la spécialité étudiée (hors généralistes). 80 % de la population vit dans une zone déficitaire en gynécologues et en ophtalmologistes de secteur 1, souligne l'étude. En effet, toujours plus de médecins facturent des dépassements d'honoraires, constate-t-elle, C'est le cas de quelque 60 % des gynécologues (contre 56 % en 2012), 56 % des ophtalmologistes (54 % en 2012), 37 % des pédiatres (32 % en 2012) mais seulement 9 % des généralistes (8 % en 2012). Non seulement les médecins sont plus nombreux à ne plus pratiquer les tarifs de la Sécurité sociale, mais le montant moyen des dépassements d'honoraires en quatre ans a lui aussi progressé de 5 % pour les gynécologues, soit un taux moyen de dépassement par rapport au tarif Sécu de 104 %, de 3,5 % pour les ophtalmologistes (soit un taux moyen de dépassement de 84 %), et enfin de 8 % pour les pédiatres pour atteindre une moyenne de dépassement de 82 %. Pour l'association de consommateurs, ces chiffres démontrent « le dispendieux êchec » du contrat d'accès aux soins (CAS) destiné à réguler les dépassements d'honoraires qui « attire trop peu de médecins », estime-t-elle.

 Le tiers payant étendu, à partir de demain

Nouvelle étape dans la mise en œuvre du tiers payant pour tous: à partir de demain, la dispense d'avance de frais s'étend aux femmes enceintes et aux patients atteints d'une affection de longue durée (ALD).Quinze millions de personnes sont concernées par ce procédé qui permet de ne plus avancerles frais d'une consultation, par exemple, chez son médecin traitant généraliste, le patient paye 23 euros, dont 15,10euros sont remboursés par la sécurité sociale, et 6,90 par sa mutuelle, Seule une participation forfaitaire de 1euro reste à sa charge, Avec le tiers payant, le médecin est directement rémunéré par l'Assurance maladie et les complémentaires santé. À terme, la participation forfaitaire sera, elle, prélevée directement sur le compte bancaire du patient ou payée en ligne.

À partir de demain, les professionnels de santé pourront appliquer le tiers payant aux personnes prises en charge à 100% par l'Assurance maladie, à savoir les femmes enceintes (pour les examens obligatoires et tous les soins à partir du 6ème mois de grossesse) et les personnes souffrant d'ALD (diabète, AVC invalidant, insuffisance cardiaque, etc.), uniquement pour les soins' liés à leur pathologie chronique, Fin décembre, le dispositif devient  « un droit. »

LE5 PROPOSITIONS POUR LES NOUVEAUX INSTALLES

•.-  L'association UFC-Que Choisir propose de « fermer » l'accès au secteur 2 (honoraires libres)

•.- Elle propose aussi de ne laisser aux nouveaux installés que le choix entre le secteur 1 (tarif Sécu), sur lequel les aides publiques seraient recentrées, et le contrat d'accès aux soins (CAS).

Le CHIFFRE 14.6 millions de français

Ont des difficultés pour voir un médecin à moins de trente minutes de leur domicile.

LA PHRASE

 « En 2014, le CAS (contrat d'accès aux soins) a généré 59 M€ d'économies, alors que les contreparties accordées aux médecins se sont élevées à 470 M€ [...]. Chaque euro de dépassement évité a coûté 8 euros à l'assuré. »

Mathieu Escot, chargé d'études è l’UFC-Que Choisir

Extrait de l'union du 30/06/2016

    

    

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Nous mettre à l'aise dans nos baskets

Sans se prétendre, médecins, des professionnels aident leurs clients à se sentir mieux dans leur corps. A Reims, Anaïs Abedini a préparé en détail sa reconversion professionnelle.


Lumière tamisée, paysage apaisant, Anaïs Abedini a réfléchi à l’aménagement de son cabinet de sophrologie. CM.

Le smartphone vibre, les voitures klaxonnent, les collègues de travail hurlent ... Comment ne pas ressentir du stress ? « C'est un mal de notre époque, explique Anaïs Abedini, 29 ans, sophrologue installée à Reims. Il est possible de prendre du recul par rapport à tout ça, on a besoin de temps pour souffler. » Sophrologie, réflexologie, yoga... Dans la galaxie du bien-être, comment s'y retrouver ?  « La sophrologie est un ensemble de techniques qui allient le psychique et le corps. Reprendre conscience de son corps, parvenir à une harmonie », explique Anaïs Abedini. « On travaille beaucoup sur la respiration, c'est l'un des seuls mécanismes du corps que l'on peut contrôler. » La discipline a été inventée par un neuropsychiatre, mais la sophrologie peut aujourd'hui être pratiquée par des non médecins. « On ne peut pas traiter des cas de dépression, nous ne sommes pas des médecins.  » confirme la sophrologue rémoise. « Mais nous pouvons venir en complément, sur le conseil du médecin traitant. « Parmi ses patients, la jeune femme a, par exemple, compté " une personne en épuisement psychologique, qui trouvait compliqué de se projeter, voyait le futur en, noir." En travaillant sur des images positives, en l'aidant à apprécier le moment présent, elle a retrouvé de la sérénité. »

En novembre 2015, la sophrologue ouvre son cabinet à Reims. L'aboutissement d'une reconversion professionnelle. « Après le bac, j'avais envie de tout faire : archéologue, médecin ... et j'ai opté pour des études littéraires. » Après un master 2 en lettres modernes à l'université de Lille-3, Anaïs Abedini devient rédactrice pour des sites internet : « j'écrivais beaucoup sur le bien-être au travail et les risques psychosociaux. Mais j'étais souvent devant mon ordinateur, j'avais besoin d'interactions .avec les gens. » Après un stage chez une sophrologue, aidé par Pôle emploi, la jeune femme décide d'entamer une reconversion. « Dans ma famille, tout le monde est chef d'entreprise. Ma sœur est psychologue, mon frère fait du recrutement je me suis inscrite à une formation en création d'entreprise chez BGE à Villeneuve-d'Ascq. J'ai peaufiné mon projet, commencé un cursus à l'Institut de formation à la sophrologie de Paris. » En trois ans, la jeune femme parvient à se lancer. À Reims : pour suivre son conjoint, Mais l'indépendance professionnelle qu'elle a gagnée a un prix. « Tous les matins, il faut apprendre à se motiver. Même un jour où il ny a pas de client, il y a des choses à foire, il faut lire, se tenir au courant ... Il faut beaucoup de créativité. »

Des exercices sur smartphone

Son projet : développer une application smartphone (plusieurs existent déjà) et un site internet, avec des exercices de sophrologie. « On est tous de plus en plus connectés. Mais pour continuer à accompagner mes clients j'aimerais leur fournir un bouton "Déconnecter" sur leur téléphone. Qui donne accès à des exercices, pour continuer chez eux ce que l'on aura vu ensemble. Je souhaite aussi lancer un site internet pour toucher les personnes isolées, ou qui se trouvent à l'étranger. » Pour Anaïs Abedini, c'est une façon d'utiliser ses compétences acquises auparavant, « C'est très bien d'avoir plusieurs cordes à son arc, estime la sophrologue. A un jeune qui voudrait se lancer, je conseillerais de se former aussi à un autre domaine que la sophrologie. Il peut devenir psychologue, infirmier, travailler dans la communication ...

« Ce sera de toute façon une richesse. » D'autres envisagent la sophrologie comme reconversion, plus tard dans leur carrière professionnelle, ou d'exercer à côté d'une autre activité.

Point de vue


Guilaine PARRAUD
28 ans, de Reims, en formation de réflexologie

« Une approche du bien-être »

« Sous le pied, nous avons 1.200 terminaisons nerveuses. la réflexologie : est un acte thérapeutique que l'on pratique en appuyant sur certaines zones du pied, qui correspondent aux , différents organes du corps. Ce n'est pas que du massage : on peut diminuer le stress, la nausée, le mal de dos, prévenir les allergies. Mais nous ne soignons pas, nous ne sommes pas médecins, nous venons en complément. Pour amener la personne à se sentir mieux.

Je travaille depuis trois a ns à Reims, dans le domaine de la prévention santé. Mon métier m'a permis de rencontrer des sophrologues. J'ai aimé leur approche du bien-être, mais je ne me sentais pas à l’aise à l'oral, je voulais utiliser aussi le toucher. J'ai donc entamé une formation en réflexologie, à l’école E.T.R.E ! à Paris. Pendant ma formation d'un an, je dois suivre 180 heures de cours, à la fois théoriques et pratiques et ensuite, pratiquer 80 heures de massage sur des personnes, que je connais ou non, pour valider le diplôme. Puis, pourquoi pas, un jour, ouvrir un cabinet ? Mais ce n'est pas facile de vivre de la réflexologie, ce n'est pas encore une discipline reconnue. Et comme les gens viennent pour un problème ponctuel, ils n'ont pas besoin de revenir chaque semaine ! »

PAS FORCÉMENT DES MÉDECINS

*.- Neuropsychiatre, le fondateur de la sophrologie était un médecin. Certains d'entre eux pratiquent en parallèle cette discipline.

*.- Mais tous les sophrologues ne sont pas des médecins.

*.-  Il est par principe interdit de pratiquer la médecine sans en avoir le diplôme.

Le CHIFFRE 4 français sur 10

Ont recours aux médecines alternatives, selon le magazine Science et Vie.

LA PHRASE

« Phytothérapie, homéopathie, acupuncture, ostéopathie, hypnose, chiropraxie, mais aussi chromothérapie, réflexothérapie, auriculothérapie... On dénombre aujourd'hui pfusieurs centaines de pratiques médicales alternatives. » Science et Vie. Janvier 2015

Charles MONTMASSON

Extrait de l'union du 28/06/2016

    

    

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Haute-technologie contre le diabète

C'est une innovation qui pourrait changer la vie des diabétiques: un (pancréas artificiel) actuellement teste par quarante-cinq malades dans neuf hôpitaux cn France


L’idée est de déterminer de quelle quantité d’insuline le patient a besoin, en calculant son taux de sucre. AFP

Le système testé, baptisé Diabeloop, associe trois appareils reliés entre eux par Bluetooth : une pompe à insuline et un capteur de glycémie placés sur la peau (tous deux déjà couramment utilisés par des millions de malades dans le monde) et un téléphone Android équipé d'une application spécifique. À terme, le téléphone pourra transmettre en permanence les données du patient à un centre de télémédecine.

Ainsi équipés, les diabétiques de type 1 (insulino-dépendants) n'ont plus à se livrer à de savants calculs pour déterminer leur dose d'insuline qui varie beaucoup en fonction des repas, de l'activité physique, du stress, ou des heures de la journée. Ils sont aussi davantage à l'abri d'épisodes d'hypo ou d'hyperglycémie (manque ou excès de sucre dans le sang).

La cible prioritaire, ce sont les 50% de patients qui, malgré tous leurs efforts, n'arrivent pas à bien réguler leur taux de glycémie.

Le logiciel repose sur un algorithme hyper complexe, de treize équations à treize inconnues », détaille Sylvain Rousson, l'un des ingénieurs qui l'a développé. « L'idée, c'est de calculer en permanence, et par anticipation, le taux de sucre que le patient aura dans deux heures, afin de déterminer de quelle quantité d'insuline il a besoin tout de suite », ajoute le développeur.

Le logiciel est en outre capable de s’améliorer lui-même : au fil des jours, il affine ses calculs pour mieux s'adapter au patient et parvenir ainsi à un meilleur résultat. « On n'a plus besoin de penser, de s'inquiéter si on va être en hypo ou en hyperglycémie », résume Marie-Claude Lehmann, l'une des 45 « cobayes » qui a testé le dispositif. Pendant deux fois trois jours, cette patiente de 45 ans, diabétique depuis seize ans, a été hospitalisée à Strasbourg dans le cadre d'un protocole de test, avec pour consigne de réduire son activité physique, le temps de l'expérience. Ailleurs en France, d'autres cobayes devaient, au contraire, éprouver le système en faisant du sport, d'autres encore ont eu droit à des repas gastronomiques.

Dans tous les cas, le patient délègue à l'appareil l'essentiel de la gestion de sa maladie. Il doit seulement préciser au logiciel quelle quantité de glucides il a mangée, ainsi que son activité physique. « Ça me libère de mon anxiété, notamment la nuit où j'ai toujours peur de faire un malaise, par manque de sucre », raconte Mme Lehmann.

Le logiciel, qui donne « de relativement bons résultats », va « changer la vie des patients, en diminuant leurs contraintes » résume le Pr Nathalie Jeandidier, diabétologue aux hôpitaux universitaires de Strasbourg. Il sera prochainement testé pendant trois mois, à domicile cette fois, par un nouveau groupe de 100 malades.

 Extrait de l'union du 13/06/2016

    

    

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S0S Médecins toujours là, 50 ans après une naissance difficile

Joignable 24h/24 et 7j/7, SOS Médecins, qui célèbre demain ses 50 ans, s'est construit une place à part dans les secours. « Révolutionnaire » à l'époque.


Les interventions peuvent aller de la gastro-entérite à l’infarctus, de la pédiatrie au patient atteint d’une maladie chronique. AFP

Notre présence aujourd'hui est au moins aussi utile qu'il y a cinquante ans. Notre rôle n'est plus contesté, même si ça n'a pas toujours été le cas », se félicite Serge Smadja, secrétaire général de SOS Médecins France, à quelques jouis du jubilé organisé à Paris dans le cadre de son 34° congrès. Représentants de la mairie de Paris, du Conseil national de l'Ordre des médecins et de l'Agence régionale de Santé seront présents pour l'occasion. Un accueil qui « contraste avec celui des débuts », relève amusé le fondateur de l'association, le Dr Marcel Lascar.

Son idée, « révolutionnaire pour l'époque », Iui avait valu des menaces de radiation de la part du Conseil de l'Ordre et « l'hostilité des ministères de la Santé et de l'Intérieur », comme il aime à le rappeler. « Les confrères craignaient qu'on leur pique leur clientèle et voyaient d'un mauvais œil qu'on n'ait pas de cabinet, » raconte l'octogénaire qui crée la première structure le 20 juin 1966. Quelques jours plus tôt, le jeune médecin parisien a déploré le décès d'un de ses patients d'une crise cardiaque faute d'avoir pu joindre un médecin le samedi après-midi. Or, « le week-end précédent, face à une fuite d'eau dans ma baignoire, j'avais pu être dépanné dans la nuit en un quart d'heure par SOS dépannage. » Pour le bouillonnant médecin, l'équation est simple : « J'ai repris contact la semaine suivante avec les plombiers qui m'ont loué un garage désaffecté et mis à disposition une radio, trois voitures et des téléphones. »

Le succès est quasi immédiat. La presse enthousiaste salue ce nouveau service et le soutien de quelques médecins haut placés permet de pacifier ses relations avec le Conseil de l'Ordre.

Joignable de jour comme de nuit, week-ends et jours fériés compris, « cette organisation est plus flexible qu'il n’y paraît et peut plaire aux praticiens qui souhaitent travailler trois nuits par semaine et être libres le reste du temps par exemple », observe M. Smadja.

Extrait de l'union du 31/05/2016

    

    

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Pharmacien, un métier à risque

Agressions verbales, vandalisme, vols à main armée ... Selon l'Ordre national des pharmaciens, les agressions à l'encontre de la profession « ne cessent d'augmenter


Au 1er janvier 2016, la France métropolitaine comptera 21.591 officines. Archives l’union

L 'Ordre national des pharmaciens a dénoncé hier les agressions de plus en plus violentes dont sont victimes ces professionnels de santé, confrontés notamment « à la souffrance » de la population dans un contexte économique difficile. L'année dernière, l'ordre a reçu 131 déclarations d'agressions. C’est moins qu'en 2014 (152, -13,8%) mais de nouveau 14 % d'entre elles étaient des agressions par arme à feu (15 % en 2014),  « ce qui témoigne de l'extrême violence subie parfois par les pharmaciens d'officine », souligne l'instance ordinale.

« Le pharmacien doit gérer de plus en plus la souffrance de la population »
Alain Marcillac, Ordre des pharmaciens

Une forte proportion d'agressions verbales

« Ce nombre est largement sous-estimé car les pharmaciens n'ont pas toujours le temps ou l'envie de déclarer leur agression », estime en outre Alain Marcillac, référent sécurité de l'Ordre. « Nous souhaitions donc sensibiliser nos confrères et les inciter à faire des déclarations pour que nous puissions trouver des solutions », poursuit-il. Les pharmacies ont essentiellement « un fonctionnement financier dématérialisé »  avec de faibles sommes d'argent en caisse. Pourtant, cette réalité est souvent méconnue par les agresseurs, ajoute-t-il. « Dans un contexte où la recherche d'argent liquide est souvent la motivation première des agressions de pharmaciens, on constate que celles liées au vol de caisse constituent le tiers des motifs dédorés », précise l'Ordre. De plus en plus d'agressions sont en revanche liées aux difficultés de la prise en charge du patient (+6 %. par rapport à 2014). C'est le cas par exemple du patient souhaitant un tiers payant, alors qu'il ne présente pas de Carte vitale ou de papiers conformes. Ou bien le cas de patients qui se voient refuser la délivrance de médicaments faute d'ordonnances conformes. « Le pharmacien doit gérer de plus en plus la souffrance de la population », poursuit M. Marcillac. « Cette souffrance se reporte sur le pharmacien, souvent avec agressivité. »  Dans le détail, les agressions verbales représentent toujours la moitié des déclarations (48%). Il y a par ailleurs une forte reprise du nombre d'agressions avec menace (+9 % par rapport à 2014). Après une stabilisation ces trois dernières années, la part des violences à main armée repart par ailleurs à la hausse (+3%). Les pharmacies des petits centres commerciaux deviennent aussi une rible prisée par les agresseurs (+11 % par rapport à 2014) malgré une fréquentation importante et des systèmes de sécurité développés. Plus de 78 % des pharmacies visées par une agression étaient ainsi équipées de systèmes de télésurveillance.

 Extrait de l'union du 27/05/2016

    

    

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Tatouages, des erreurs qui font mal

Vous êtes fou amoureux et vous voulez grayer le nom de votre partenaire sur votre peau pour l'éternité. Il est petit-être urgent d'attendre ...


Un sondage tonstaœ que près d'un quart des gens qui se font tatouer finissent par avoir des remord~ contre 14 % en 2012. AFP

Les études montrent que de plus en plus d'Américains se font tatouer (un adulte sur cinq selon l'une d'elles), mais qu'ils sont aussi de plus en plus nombreux à le regretter. « Ces cinq dernières années, nous avons vu un bond important des gens qui demandent à se faire enlever leurs tatouages )1, constate Dan MiIls, président de l'Association américaine de la chirurgie plastique et esthétique- (Asaps).

« Un grand nombre de gens viennent parce qu'ils ne veulent pas que leur enfant les voie et aille ensuite à son tour se faire tatouer », remarque Dan Mills, qui vit-dans la région de Los Angeles, considérée comme la Mecque du tatouage en Amérique. « Beaucoup les enlèvent aussi parce que leurs employeurs ne vont pas embaucher quelqu'un avec un tatouage visible », ajoute-t-il,

Ne plus être « jeune et stupide »

D'après une enquête, ce qui pousse â vouloir effacer ces marques jadis tant désirées, ce sont les changements de vie ou de carrière, les ruptures, les tatouages ratés, ou, comme le souligne une femme. le fait de ne plus être « jeune et stupide. » « J'avais 24 ans quand je les ai faits, raconte Gill Crenshaw, actrice de 43 ans, qui patiente dans la clinique Dr.Tattoff de Beverly Hills pour faire disparaître les deux tatouages superposés sur son bras droit. « Avec les années, j'ai réalisé que je les détestais » ajoute-t-elle.

Janica Polmanteer, agent immobilier de 33 ans, s'est fait imprimer un dessin tribal tout en bas du dos le jour de ses 18 ans. « Ça fait des années que je le cache », soupire-t-elle, ajoutant qu'il lui avait coûté 150 dollars à faire... et 1.400 dollars à retirer. « Nous avons des patients de 15 à 70 ans mais notre principal groupe d'âge ce sont les hommes et les femmes entre 25 et 40 ans », note Corey Ordoyne, directrice des opérations cliniques des quatre cliniques Dr. Tattoff de Los Angeles. Elle souligne que les progrès des traitements lasers ces dernières années facilitent le retrait des tatouages, et encouragent beaucoup de gens à faire peau neuve.

Pour faire disparaître le dessin infamant, il faut d'abord insensibiliser la zone à traiter avec une crème anesthésiante, puis utiliser un laser qui casse les pigments d'un tatouage avec un rayon de haute intensité, pour que le corps absorbe l'encre. Gill Crenshaw a le visage qui se crispe de douleur pendant les quelques minutes de passage au laser. Une fois l'opération terminée, une crème à l'aloe sera est appliquée sur les petites ampoules qui sont sorties sur la zone brûlée de son bras, ensuite emballée dans de la gaze, où elle doit appliquer de la glace. « Ça brûle mais ce soir ce sera comme s'il n’y avait jamais rien eu », assure-t-elle, ajoutant avoir hâte d'être à décembre quand tout aura disparu ... trois ans après avoir commencé le traitement. Selon la taille du tatouage, les enlever peut prendre de quelques mois à quelques années.

 Le conseil d'un tatoueur à ses clients : « Si ce n'est pas votre enfant, votre mère ou un ami proche, n'imprimez pas le visage ou le nom de quelqu'un sur vous. »

Extrait de l'union du 16/05/2016

    

    

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Pour ne plus ignorer l'asthme

Maladie chronique de plus en plus répandue et dont on ne guérit pas, l'asthme peut être grave, voire mortel, lorsque les symptômes ne sont pas ou mal traités.


La journée mondiale de l’asthme, aujourd'hui, est l'occasion de sensibiliser sur cette maladie qui compte de plus en plus de cas. AFP

L’inflammation chronique des bronches, l'asthme se manifeste par des crises sous forme de sifflements et de gênes respiratoires. Il , touche toutes les tranches d'âge mais débute souvent pendant l'enfance. La pollution est, en outre, considérée comme un facteur aggravant pour les asthmatiques les plus atteints. C'est « la maladie chronique la plus courante chez l'enfant », souligne l'Organisation mondiale de la santé (OMS), observant Qu'elle « sévit dans tous les pays. »

Le nombre de personnes touchées, en constante augmentation, est sans doute sous-estimé en raison d'un recensement difficile, scion le Global asthma network (GAN), réseau mondial de l'asthme. L'Europe compte à elle seule 30 millions d'asthmatiques sur les 334 millions à travers le monde, dont quatre millions en France, et 15.000 personnes en meurent chaque année lors d'une crise (1.500 en France), déplore de son côté la Fédération européenne de l'allergie et des associations de patients de maladies respiratoires (EFA). « Avec un traitement adéquat et une adhésion (au traitement), les symptômes pourraient être bien mieux maîtrisés et le nombre de crises d'asthme et de décès réduits » estime pourtant cette fédération représentant 38 associations de 24 pays européens.

« Entre 20 et 70 % des patients ne prennent pas leur traitement ou de façon inadéquate en France, une caractéristique que l'on retrouve dans de nombreux pays, » poursuit le professeur Pascal Chanez, chercheur à l'Université Aix-Marseille dans le sud de la France. « Il faut trouver des relais, des médiateurs pour que les patients puissent être mieux informés et mieux comprendre la nécessité de prendre ces traitements régulièrement » dit-il.

Un traitement particulièrement contraignant

De son côté, Dan Murphy, l'un des responsables de l'EFA, exhorte « les législateurs, les professionnels de santé, les industriels à prendre des mesures concrètes pour aider les adolescents à mieux connaître leur maladie et la maîtriser » à l'âge adulte. Dans les cas les plus sévères, le traitement est particulièrement contraignant : « Un à deux inhalateurs par jour, combinés à des comprimés voire des injections », détaille le Pr Chanez. Ces traitements à base de corticoïdes ne traitent que les symptômes. Le spécialiste appelle à « un effort de recherche » pour une affection invalidante et coûteuse.

La survenue d'un asthme résulte de l'association d'une prédisposition génétique et de facteurs environnementaux tels que les allergènes présents dans les habitations (acariens, moisissures, squames), extérieurs (pollens et moisissures), fumée du tabac, produits chimiques irritants, pollution de l'air surtout les particules fines. « Une rhinite allergique pendant l'enfance, une conjonctivite allergique, la prématurité ou un faible poids de naissance, des bronchiolites à répétition pendant l'enfance sont des facteurs prédisposants », explique l'Institut national français de la santé et de la recherche médicale (Inserm).

 

LE COÛT DE LA MALADIE SE COMPTE EN MILLIARDS

*.- Aux États-Unis, le coût total (coûts directs et indirect) de l'asthme s'élevait à 56 milliards de dollars en 2007.

*.- En Europe, le coût était estimé à 19,3 milliards d'euros pour les 15-64 ans, selon des études citées par le réseau mondial d'asthme.

Le CHIFFRE 334 Millions

De personnes souffrent de l’asthme dans le monde. En 2002-2003, ils étaient 235 Million

Extrait de l'union du 04/2016

    

    

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La phytothérapie s'affirme

Si vous avez le sommeil perturbé et que vous souhaitez passer une nuit reposante, les plantes peuvent être une bonne piste.


Les plantes peuvent aider à passer une bonne nuit. Shutterstock

Nous dormons 1h30 de moins par nuit qu'il y a 50 ans ! Résultat, près de 45 % des Français de 25 à 45 ans n'ont pas leur quota de sommeil. Ce dernier est affecté par une multitude de facteurs, liés à notre mode de vie. L'Institut national du Sommeil et de la Vigilance alerte sur les nouvelles technologies. « Environ 50% des Français utiliserait leur téléphone portable comme réveil  », explique le Dr François Duforez, du Centre du sommeil et de la vigilance de l'Hôtel-Dieu à Paris. Il s'agit d'apprendre à utiliser les technologies de manière à préserver ou à améliorer la qualité de nos nuits.

Des études ont montré l’intérêt des préparations à base d’eschscholtzia. Elles favorisent l’endormissement et la qualité du sommeil.

Jouer sur l’hygiène de vie

Les spécialistes rappellent l'irnportance de l'hygiène de vie. Cela passe par un environnement optimal : une température  de la chambre à 18°C 19°C, une absence de bruit et de lumière et une literie de qualité. Par ailleurs, dînez léger et évitez les excitants (café, thé ... ) après 17h. Abstenez-vous de pratiquer une activité sportive ou de prendre une douche chaude juste avant le coucher. Ces activités élèvent la température corporelle. Or pour s'endormir, celle-ci doit être la plus basse passible.