Café du Palais

 

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12/2000      

La Presse

 

 

 

Jean-François Vogt, l’amoureux
Mort de Jean-Pierre Coffe : Jean-Louis Vogt du Café du Palais à Reims perd un vieil ami

CAFÉ DU PALAIS à RElMS

Jean-Louis VOGT, une institution

Le Café du Palais à Reims, c'est toute une histoire!

Le Café du palais, une histoire de famille

Jazz au Café du Palais

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jean-François Vogt, l’amoureux


Lorsque J.F VOGT se prend à savourer un café dans le plus vieil établissement de Reims, son amour pour la ville natale s’exprime
B. Sivade

BIO EXPRESS

*.- JEAN-FRANÇOIS VOGT est un Rémois d’origine qui a également vécu à Paris avant de revenir dans la Cité des Sacres.

*.- DEPUIS UNE VINGTAINE D’ANNÉES , il est à la tête du fameux café du Palais, situé en face de l’Opéra de Reims.

*.- AVANT LUI, son père a lui-même dirigé l’établissement durant plusieurs années avant de déménager pour Lorient.

*.- LE CAFÉ DU PALAIS a été construit en 1930 et est décrit par son directeur comme un « bistrot où le temps ralentit ».

Selon le directeur du plus vieux café de Reims, pourquoi faut-il absolument visiter cette ville ?

Je pense que Reims a toujours été une ville de passage plutôt qu’une véritable destination. Je le déplore, mais je constate que c’est en train de changer, notamment grâce au rayonnement international que nous procure le champagne ! Des gens du monde entier viennent ici pour se demander : « Mais comment ces Champenois ont-ils créé un breuvage aussi étonnant ? » Et je pense que c’est ce que Reims doit revendiquer : être une ville de surprise. Les touristes viennent de plus en plus sur de courts séjours. Des Américains qui visitent Paris, par exemple, ils n’hésiteront pas à venir faire un tour dans la cité des Sacres, parfois pour un week-end seulement. Je pense que l’Histoire de la ville y joue pour beaucoup, et notamment le lien puissant de Reims avec le faste de la royauté française. Tout cela est propice à rêver. Les vignes également : souvent, parmi les clients avec qui je discute, beaucoup visitent le centre-ville le matin, puis vont flâner dans les vignes l’après-midi. C’est un autre avantage de Reims : la campagne est très accessible, très rapidement.

Et puis, disons-le : Reims, c’est joli ! Dans son malheur, notre ville a eu la chance d’être détruite au moment du foisonnement de l’Art Déco, dont elle est maintenant une des grandes représentantes. Les amoureux d’architecture adoreront !

Qu’est-ce qui devrait être incontournable lors d’une visite de Reims ?

Moi, ce que j’aime en découvrant une ville, c’est m’y perdre. Je pense que notre centre-ville est l’idéal pour cela : il n’est ni trop grand ni trop petit, et toute l’offre culturelle, que je trouve très foisonnante, est à portée de main. Sinon, je suis toujours émerveillé devant la cathédrale, dont je redécouvre chaque jour la beauté. Un autre endroit que j’adore, c’est Saint-Remi : cette basilique ne paie pas de mine à l’extérieur, mais l’ambiance y est réellement atypique. Je n’oublie pas l’église Saint-Nicaise également, au Chemin vert, on a l’impression de changer de lieu en y entrant ! Et puis, pour revenir à l’Art Déco, la bibliothèque Carnegie est un passage obligatoire.

Pourquoi se rendre au Café du Palais, après une journée à marcher à travers tout Reims ?

Dans le prolongement de ce pèlerinage Art Déco : ce café a été construit en 1930, il abrite une verrière de Jacques Simon de 1928, par exemple. Tous les objets ici sont sujets à anecdotes. Quand des anciens Rémois reviennent ici, ils se rendent au café du Palais. C’est sûrement l’un des seuls endroits qui évolue peu dans le temps. Ce café, c’est en quelque sorte la madeleine de Proust de Reims.

JÉRÉMY DENIEULLE

   Extrait de l'union du 05/08/2017

   

   

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Jean-Louis VOGT, une institution

En un demi-siècle, il a fait de son café un Palais où se pressent les Rémois et les visiteurs du monde entier. Jean-Louis Vogt cultive son identité pour rester unique.

   

Je suis mu par une volonté farouche de ne «pas faire un « multiple ». Le Café du Palais n'est pas un concept : quand on vient ici, on voit la personnalité de Jean-Louis Vogt.» Malicieux, jamais prétentieux, Jean-Louis Vogt est une figure unique à Reims et... dans le monde ! En tout cas si l'on en juge par l'établissement familial qu'il a patiemment façonné à son image. Baroque, éclectique, généreux, surprenant, élégant, jazzy, convivial, culturel. Effectivement, le « Palais » étonne autant que celui qui lui a consacré 52 des 74 années de sa vie.

« Je suis un bordélique et un touche-à-tout », résume l'intéressé dans sa moue souriante. Jean-Louis Vogt n'avait pas une vocation particulière à tenir un café. Il aurait aimé devenir médecin ou architecte. Mieux encore, pianiste. en souvenir des années 19S0 qu'il a traversées dans toutes les « boites de jazz» de Saint-Germain. Il n'en joue pas, mais il a offert un piano à chacun de ses enfants et plusieurs de ses petits-enfants sont musiciens.

Mais il y avait ce café situé devant le palais de justice, créé pendant la Reconstruction de Reims et tenu depuis 1930 par sa grand-mère, Jeanne l'Auvergnate. Alors Jean-Louis Vogt a suivi des études hôtelières, effectué un apprentissage au Grand-Hôtel de Cabourg, avant de passer un an au Hyde Park, l'un des plus beaux établissements de Londres. Puis de s'établir officiellement au « Palais » en septembre 1961. A lui la salle, à Annick son épouse, les cuisines.

Le café s'est métamorphosé parce que le « patron » y a introduit l'art sous toutes ses formes : peinture, sculpture, littérature, musique, et autres « happenings »-maison : « J'ai créé des événements même parfois compliqués pour partager mon goût pour l'art, parce que j'aime les gens. Le Café du Palais est comme une sorte de laboratoire ». Six décennies plus tard, M. Vogt peut s'enorgueillir d'avoir vu défiler le monde enlier chez lui qui « visite » le Palais comme on le fait de la Tour Eiffel.

Quelques grandes personnalités de sa génération y ont laissé leur empreinte: Daniel Humalr le batteur, les frères Rondeau (le photographe et le diplomate-écrivain), l'ancien Goncourt Jean Vautrin, ou encore Peter Falk, alias l’inspecteur Colombo. Entre autres. Avec Annick, le duo a parfaitement fonctionné. Tôt le matin, l'épouse discrète entrait en coulisse pour y concocter une cuisine bourgeoise simple mais de (très) bon goût. « Jean-Louis » - comme tous l'appellent - assurait l'animation de la salle en prenant soin de satisfaire tout le monde. Le couple a réussi l'exploit de transmettre la maison sans heurt à Jean-François, le fils, et à Isabelle sa jeune sœur et son mari, qui poursuivent l'œuvre avec la même générosité. La fille aînée, Valérie a préféré la vie de comédienne.

L'heure de la retraite ayant sonné, Jean-Louis  Vogt savoure les séjours en Bretagne dont sa femme est originaire et qu'elle lui a appris à aimer « au point que je m'y sens comme au Paradis »,

Pour devenir ce qu'il est, « Jean-Louis » a appliqué une méthode « Tous les matins, je me réveille heureux : j'ai bien rempli ma vie. Je le dis à mes descendants : on avance, même si on rencontre un échec. » Mais surtout, « J'ai toujours appris à ouvrir les yeux. Aux Beaux-Arts, quand on reproduisait un modèle, le prof nous disait « Regardez comme elle est belle ! Et cette lumière !... Enlevez cette peau sur vos yeux !!! ».

J.F Scherpereel

   Extrait de mag'info N° 145 du 07/2014

   

   

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Le Café du Palais à Reims, c'est toute une histoire!

Depuis 1930, la même famille s’active derrière le comptoir du Café du Palais. Quatre générations qui ont transformé le bistrot en un bric-à-brac artistique où se croisent habitués, avocats, artistes et touristes.


Réunis autour du « chef de famille », Jean-Louis Vogt :
Sébastien Povoa, le gendre (à gauche), Jean-François Vogt et son épouse Delphine

Il a le tutoiement facile et le cœur sur la main. Il est comme ça, Jean-Louis Vogt. Généreux, surprenant, drôle et attentionné. Invité à passer à table, l'ancien patron du Café du Palais devient intarissable. parfois même un peu dur à suivre, tant il a à offrir, lui qui a passé un demi-siècle à recevoir. « Je n'ai jamais considéré le café comme un lieu de travail. Je le vois plutôt comme un grand salon de réception », corrige celui qui aurait rêvé d'embrasser la carrière d'architecte de pianiste de jazz ou de médecin généraliste. « Une autre manière d'aimer les gens. Je dis souvent que je pratique une médecine de l'âme ici », s'épanche celui qui n'est jamais vraiment parti. Car s’il a légué l'affaire à son fils Jean-François et à sa fille Isabelle en 2008; Jean-Louis habite toujours au premier étage du 14, place Myron-Herrick. Alors forcément, il vient «boire un café' de temps en temps le matin »….

« L’important c'est J'amour des gens ! Ici, on reçoit comme à la maison »

Jean-Louis Vogt

 Quand il reprend l'établissement dans les années 1960 à la suite de sa grand-mère Jeanne Millet, « ça ne me faisait pas vraiment rêver. Mais bon, je ne voulais pas faire d'études longues. Ma grand-mère était âgée ... ça s'est trouvé comme ça. j'avais une vingtaine d'années. j'arrivais de Londres où j'avais travaillé dans un palace. Chez la grand-mère, je ne savais pas où me mettre enfin de compte ... » Alors il change l'ambiance, apporte sa touche de plaisantin bohème, transforme le bistrot en bric-à-brac artistique, à mi-chemin entre brasserie, musée et salle de spectacle.

Parmi ses souvenirs: les blocs de glace à détailler chaque matin et à disposer autour de la pompe à bière et des bouteilles de vin, la glacière où étaient stockées les denrées, la cuisine où pendait la viande et la grand-mère qui récupérait les nappes en papier pour les tordre et économiser des boulets de charbon. Au gré de ses coups de cœur, il amasse toutes sortes de trouvailles. Un jour, il repère une toile aux puces à Paris, un portrait de femme, l'accroche au fond de la salle, puis la trouve trop .triste et s'amuse à lui ajouter un collier un soir, puis des gants. C'était il y a quarante ans. Rien n'a bougé.« Elle est devenue la veuve de service. « À chaque touriste, une histoire différente. «Pour rigoler. »

Jean-Pierre Coffe. Raymond Devos, Lambert Wilson ...

Le matin, les habitués viennent lire le journal. Le midi, clientèle d'affaires, avocats et touristes se mélangent dans un joyeux brouhaha. « Et puis il y a aussi pas mal d'artistes. » Jean-Pierre Coffe, Michel Piccoli, Daniel Prévost, Hugues Aufray, Stéphane Collaro, Jacqueline Maillan... Ou plus récemment, Guy Bedos, Edouard Baer, Lambert Wilson... Grand, petit et beau monde, chacun trouve une place. Le courant passe vite et souvent, ça se finit au-dessus, dans l'appartement. Je les invite à manger. Et pas que les gens connus.». Il y a deux ans, Yves Calvi était attablé au « Palais ». « Dans la discussion, il me glisse qu'il aimerait beaucoup que sa femme connaisse ce lieu. » Le lendemain, le journaliste était de retour avec fille et épouse. « Ils ont passé l'après-midi en famille et en partant, il m'a lancé : ''Continuez à aimer les gens !" » Car c'est bien là la recette du succès du Café du palais: « L'important, c'est l'amour des gens, on reçoit comme à la maison. »

Aujourd'hui, Jean-Louis a passé la main. Ses enfants ont pris la relève. Ceux qui ont eu le privilège d'apprendre leurs poésies avec Raymond Devos en personne continuent dans le même esprit. « L'humoriste venait souvent manger avant ses spectacles. Il était adorable, jouant sans cesse avec les mots. Il raffolait de mortadelle et de pot-au-feu ! »I

L'établissement de 300 m², 80 places assises et trois fois plus d'objets insolites compte douze salariés, quand Jeanne  Millet employait deux uniques serveuses dans les années 1930. Dans l'entrée, le papier peint n'a pas changé depuis 1969. Le bar en formica date des années 1950. Il a été réalisé par un Rémois. C’est une forteresse, construit comme un bateau. Il est, constamment rénové, adapté. » Même le numéro de téléphone n'a pas changé. Jadis, il fallait composer le 52 54, les quatre derniers chiffres de son numéro actuel.

À SAVOIR

•. Mais à qui sont ces chaussures :

 Elles intriguent les touristes qui ont la bonne idée de lever le nez. Deux chaussures en cuir sont accrochées au plafond «depuis une paire d’années, ça doit remonter aux années 1980 », essaie de se souvenir Jean-François Vogt. « C'était pour Noël. Mon père voulait pendre un sapin et des cadeaux au plafond. Sur le papier, ça avait l'air simple, mais on y a passé la nuit. » Le conifère a fini par être décroché « il perdait trop d'aiguilles », mais les souliers « que mon père a soigneusement dorés à la bombe » sont restés.
        Même le numéro de téléphone n'a pas changé. Jadis, il fallait composer le 52 54, les quatre derniers chiffres de son numéro actuel.

Les Repères 

•. Tout commence en 1930

Séduit par son emplacement en centre-ville, Jeanne et Louis Millet achètent en 1930 le Calé du Grand-Thèâtre, qu’ils rebaptise Le Calé du Palais.

•. Quatre générations derrière le comptoir

Après la mort prématurée de Louis, Jeanne dirige le café d'une main de fer : jusqu'en 1965. Date à laquelle elle transmet le commerce à son petit-fils  Jean-Louis Vogt. Petit à petit, celui qui, étudiant, hanta les caves de jazz  parisiennes aménage le café au gré de ses coups de cœur.
         Aujourd'hui, le café est géré par sa fille, Isabelle et son fils, Jean-François

 •. La verrière signée Jacques  Simon date de 1928.

Elle se trouvait  auparavant en décor de plafond a chez Jean Basssraau bijoutier, rue de Talleyrand. Soigneusement démontée et rangée, elle est rachetée par la famille Vogt en 1991.

 •.  Depuis 1930

Le Café du Palais célèbre cette année ses 85 ans.

 •.  1991

Jean-Louis Vogt rachète la verrière signée Jacques Simon.

 •.  Un nouveau trésor pendu au plafond.

Un nouvel objet insolite a fait son apparition au « Palais » : une belle hélice d’un avion d’ André Strack, ingénieur. Le père du célèbre designer Philippe Strack est aussi le petit cousin de Jean-Louis Vogt.

•.  LA PHRASE

« La ville de Reims et le bistrot du Palais sont indissociables. le second prodigue à la première ses heures les plus folles. »

Danielle y vient depuis 1938

Danielle Lutz, 81.ans, vient déjeuner chaque semaine avec son mari. Hervé Oudin

Danielle avait 5 ans la première fois qu'elle est rentrée au Café du Palais. C'était en 1938. « Mon père travaillait à la brasserie du XX° siècle. Il livrait des pains de glace et des casiers de bière. » La petite fille l'accompagne lors de ses tournées. « Je me souviens ; nous arrivions en charrette, tirée par un cheval. Il me déposait sur le comptoir. À l'époque, il était tout de suite à droite en entrant. Et j'avais droit à un sirop à la fraise pendant qu'il descendait les fûts de bière à la cave. » Après guerre, Danielle épouse Albin Lutz. « Nous n'étions pas bien riches au début de notre mariage, alors nous fréquentions peu les restaurants ». C'est à partir des années soixante-dix que le couple commence à prendre ses habitudes au café, tenu à l'époque par Jean-Louis Vogt. Depuis quelques années. Danielle et Albin viennent même chaque semaine déjeuner en amoureux. Toujours à la même table. « À la place de Peter Falk! »  Les deux Rémois dégustent une coupe de champagne « à chaque foi », précise Danielle. « Je suis Champenoise quand même! »  Ce que l'octogénaire y apprécie (en plus des ris de veau et du petit salé aux lentilles) ? « Le fait que je connaisse tout le monde. Jean-François, je l'ai vu grandir! Et puis l'ambiance est tellement sympathique. Nous passons toujours un bon moment. « À tel point que le couple y organise des repas de famille plusieurs fois par an.

« Depuis tout ce temps, hormis les billards qui ont disparu et le comptoir qui a bougé, rien n’a changé.

Des mocassins dorés, une pendule au temps suspendu, un ange aux yeux rayés façon Burren…et depuis peu une hélice d’avion. Pour ne rien rater au Café du Palais, on lève le coude (avec modération) et le nez (sans) !
Bernard SIVADE

 

Michel Piccoli dégustant un des desserts phares : l’île flottante aux biscuits roses.

 

Dans les années 1950, le Café du Palais attire déjà toute la société rémoise.

 

Jeanne Millet dirigea le commerce de 1930 jusqu’au milieu des années 1960.

L’inspecteur Colombo, alias Peter Falk, invité surprise en 1984

 

Calé du Palais; 14 place Myron-Herrick. Tél.03 26 47 52 54.

Alice Renard

   Extrait de l'union du 12/03/2014

   

   

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Le Café du palais, une histoire de famille

Depuis 1930, la même famille préside à la destinée du Café du palais. Son secret, dit-elle  : l’amour des gens.

 
Jean-François et Jean-François et Jean-Louis Vogt sous la verrière de Jacques Simon.

Nous commençons ici une série en images des brasseries, cafés, restaurants, historiques de la ville. Nos premiers pas nous conduisent au Café du palais, juste en face du tribunal bien sûr. Un ravissement pour les papilles. Ici, l’aventure est née en 1930 avec notamment Jeanne Millet qui assure la bonne marche de ce qu’on appelait alors le café du Grand Théâtre. Son petit-fils, Jean-Louis Vogt, se rappelle qu’en bon Auvergnat, le choix s’était fait d’abord pour l’emplacement, ensuite pour l’emplacement et  enfin pour l’emplacement.

L’endroit est en centre-ville, ensoleillé une partie de la journée. À l’époque, la charcuterie, les huîtres et les escargots anisés  font le bonheur des clients. Deux billards Hénin trônent au milieu. Les années passent. En 1960, Jean-Louis Vogt reprend l’ établissement et ce pendant cinquante ans ! Il va aménager les lieux au gré de ses coups de cœur : un dessin de Marc Chagall, une sculpture de Florence Kutten et au plafond, un vitrail de 1928 du maître verrier Jacques Simon. « La transmission, c’est une chose  importante », souligne celui qui a aujourd’hui légué l’affaire à son fils Jean-François, ancien élève de l’école Maxime. « Mais l’ important, c’est l’amour des gens. On habite ici. On reçoit comme à la maison. » Jean-Louis Vogt se rappelle des grands procès, des avocats com me Floriot qui venait plaider en Rolls. « C’est un mode de vie, je n’ai pas vu passer le temps. » Avec des moments de grâce parfois comme ce jour où Ninetto Davoli, acteur fétiche de Pasolini, a lu un texte du réalisateur, la larme à l’œil.

Yann Le Blévec

   Extrait de l'union du 12/03/2014

   

   

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Jazz au Café du palais


Jean-François et Jean-Louis Vogt
sous ta verrière «Art Déco
» 

En 198_, Jacques Simon signe une importante verrière. C'est la Belle époque, la mode est à l'Art Déco : motifs stylisés et interprététation moderniste de la nature. Cette verrière est une illustration traditionnelle de ce courant. Elle représente la voûte céleste. Des oiseaux mauves y encadrent des nuages indigos aux rondeurs généreuses. Aujourd'hui, certaines couleurs de ce ciel de vitraux sont introuvable

Démontée :

L'oeuvre de Jacques Simon occupait depuis toujours le plafond d'une demeure de la rue Talleyrand. En 1988, elle doit être supprimée pour des raisons de sécurité. Les pièces démontées restent quelques temps dans des caisses. Elles sont destinées à terminer dans un musée ou dans une habitation de la capitale. Jean-Louis Vogt, propriétaire du Café du Palais décide de racheter la verrière à tout prix en 1991, "Nous avions, plus que tout, la volonté qu'elle reste dans le patrimoine rémois" , confie-t-il de mémoire.

 Famille

En outre, depuis des décennies, une affection particulière lie la famille Vogt, en possession du Café du Palais depuis 1930, à la famille Simon. D'ailleurs, Benoît Marc, petit-fils du verrier a fait partager l'intimité de l'oeuvre à son nouveau propriétaire en lui offrant la gouache ayant servi d'étude pour sa réalisation. Par ailleurs, Luc Simon fils du célèbre artiste, et peintre lui-même, exposera en septembre au Café du Palais. En attendant, la verrière a un nouveau repaire. " Les clients ont l'impression qu'elle a toujours été là ", souligne Jean-François Vogt qui prend la succession de son père. Elle a admirablement trouvé sa place dans cet univers où chaque chose a une histoire. En effet, dans ce café, on trouve des chaussures suspendues en l'air, un bronze de Prague, ou un Bouddha insolite, Des centaines d'objets sont exposés évoquant les nombreuses manifestations qui se sont déroulés dans cette maison: concerts de jazz, défilés de mode, projections de films... L'Art Déco semble très bien s'accommoder d'un intérieur hétéroclite et chargé de mémoire.

Jazz jubilatoire au Café du Palais : hum !


Massif, placide mais l'oil vif, Daniel Humair suit, depuis 1987, les plaisirs du bon temps pris par les visiteurs du Palais

Dimanche, le meilleur batteur français au monde s'échappera du portrait fixé par le photographe Gérard Rondeau pour "un moment de jazz un peu particulier .

Un peu démesuré par rapport au lieu ", conviennent les Vogt, père et fils, l' oil gourmand. Il est vrai qu' Humair remet pour la troisième fois le couvert dans ce petit café rémois. Petit en taille, pas en renommée. La présence d' une belle dionysiaque (une sculpture échappée d'un troupeau) accentue encore le décor baroque. Le batteur retrouvera l'ange sur lequel il battait la mesure lors de sa première prestation de 1987.

Cooptage

Il retrouve le contrebassiste François Méchali, musicien polyvalent et grand technicien, copain de Jean-Louis Vogt. Des vents complètent le trio avec le saxophoniste Christophe Monniot. "Quand j'ai rencontré Daniel Humair à Paris, à l' exposition de Gérard Rondeau, il m'a fait remarquer qu'il y avait longtemps qu'il n'était pas venu jouer au Palais. Son envie de coopter un jeune musicien, dans la plus pure tradition du jazz, m'a intéressé", s'enthousiasme Jean-Louis Vogt.

Un " jeune " au parcours déjà plus que remarqué. Premier prix du département jazz du CNSM, cet amoureux d'Ornette est un spécialiste de tous les saxes en mi bémol (baryton, alto et sopranino). Un savoir faire en béton (six ans de conservatoire "classique"), permet à Monniot de faire passer malice et fantaisie par une vraie rigueur dramaturgique.
Ajoutez une présence très scénique et vous savourerez, à l'avance, le bonheur du parrain Humair. Lequel a une recette bien particulière: "
Que je peigne ou que je joue, je joue; toujours et tout le temps. Je ne peux faire les choses que par plaisir".

Concert au Café du Palais, dimanche 17 décembre 2000, à 18 heures - Nancy Gouin

 

 

 

 
 Yves GIBEAU
 Le Café du Palais

Extraits de L'UNION 2007 - Photographies de Gérard RONDEAU

Zazz : le petit plaisir de Jean-Louis Vogt

Une fois dans l'année depuuis quarante ans, Jean-Louis Vogt s'offre un petit plaisir : il invite en son Café du palais des musiciens, généralement des joueurs de jazz, qui lui rappellent ses soirées au quartier latin, du temps de ses études parisiennes.

Cette année, le rendez-vous est fixé le dimanche 18 novembre à 18 heures. Pour cette occasion il a réinvité un habitué-des lieux, le batteur suisse Daniel Humair. Une pointure dans le milieu du jazz. « Pour vous donner une idée, explique M.Vogt, on dira plus facilement pour situer la qualité d'un musicien qu'il a déjà joué avec Daniel Humair, qu'on ne dira de Daniel Humair qu'il a joué avec Untel » Pour l'accompagner, deux musiciens : le tromboniste Yves Robert et le contrebassiste François Mechali. Jean-Louis Vogt, qui se défend de vouloir faire concurrence à un festival de jazz organisé à la même période au cellier Pommery, n'entend bien entendu pas savourer son plaisir en égoïste, et le public est largement invité à le partager. Le maître de maison se réjouit déjà de savoir que des amoureux du jazz de ses connaissances viendront exprès ce soir-là de Laon, ou de Charleville. « Nous pourrons accueillir une centaine de personnes, indique-t-il, et l'on pourra même venir en famille avec l'heure proposée, pas trop tardive pour des enfants. Et ceux-ci ne paieront pas. »

A.P.

Jazz au Café du palais, place Myron-Herrick ( en face du palais de justice ), dimanche 18 novembre à 18 heures : Yves Robert (trombone), François Mechali (contre- basse), Daniel Humair (batterie). Entrée 100F (15,2€).

Extraits de L'UNION 2001

   

   

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