Le Château-Fort de GUISE

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05/2002

Notes de L WARDEGA

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Note historique

Dès 1510, Claude 1er de Lorraine (1496-1550) possède le comté de Guise puis devient duc et pair du royaume en 1527. Sa fille Marie et ses deux fils François et Charles nous sont un peu plus familiers et assurent le rapport avec Reims :

- Marie de Guise (1515-1560) sera reine d’Ecosse et mère de Marie 1ère Stuart (1542-1587) qui fiancée au dauphin François II, reçoit une éducation très soignée, notamment à Reims (la mort de son mari François II l’obligera à regagner l’Ecosse.)

- Le premier des fils, François 1er de Guise (1519-1563)  dit le Balafré, se fait remarquer comme homme de guerre et influence le pouvoir royal (auprès de François II, son neveu par alliance) avec l’aide de

- son frère cardinal Charles 1er de Lorraine (1525-1574), en déclenchant la 1ère guerre de Religion. Ce dernier devient conseiller le plus écouté de Henri III mais il meurt au début de 1574.

- Le fils de François, Henri 1er de Lorraine (1550-1588), 3ème duc de Guise, dit également le Balafré, s’illustre tristement par son rôle dans le massacre de la  Saint-Barthélemy de 1572, sa participation dans la Ligue (dont le but avoué, de défense de la foi catholique, se doublait du désir de détrôner Henri III à son profit) et sa fin tragique (assassinat à Blois par les  « quarante cinq », garde personnelle d’Henri III.)

- Son frère Louis II de Guise, cardinal de Lorraine (1555-1588) également membre de la Ligue, subit le même sort fatal le lendemain.

Le duché de Guise passa ensuite aux Condé en 1704, puis aux Orléans.

L’accès au château se fait à pied par un chemin pentu et malaisé, histoire de nous dégourdir les jambes. Après une longue galerie voûtée, nous débouchons sur une petite cour intérieure, au niveau du Bastion de la Haute ville, et la « pause-technique » permet à nos 57 joyeux participants de se regrouper et d’attendre le début de la visite.

 

 Ann, notre cicérone d’origine anglaise ( un charmant accent en fait foi ), allie de sérieuses compétences sur le Moyen Age à un savoureux humour anglo-saxon. Les évocations réalistes des conditions de vie ( et de mort ) de l’époque moyennâgeuse se mêlaient aux chicanes administratives avec les services officiels actuels de la Conservation du Patrimoine.

Le site  internet « chateaudeguise.free.fr », particulièrement bien documenté (Ann en est certainement l’auteur, ce qui excuse les coquilles de syntaxe et d’orthographe) m'évite de répéter les éléments historiques sur la forteresse et la description des différentes parties que nous avons pu visiter. Je me bornerai à évoquer quelques remarques dont elle a su émailler notre découverte du site.

Partant  du bastion de la Haute ville du XVIè siècle qui protègeait l’entrée de la forteresse, nous avons atteint le donjon du XIIè, en passant par des galeries imposantes tant par leur hauteur, l’état de conservation et l’épaisseur des murs puis on emprunte un sentier qui surplombe la ville de « Gu-ise » et toute la vallée de l’Oise. Ce point de vue met en évidence l’importance de ce type de tertre qui permettait de surveiller l’approche de l’ennemi. En effet, grâce au mauvais état des routes à l’époque, une armée en mouvement avec ses milliers de chevaux, chariots et hommes armés se signalaient de très loin par le nuage de poussière qu’elle soulevait.

Comme nous le suggère Perrault dans « Barbe-Bleue » :

« Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ? »

Je vois, répondit la sœur Anne, une grosse poussière qui vient de ce costé-cy…

Après la visite, particulièrement spectaculaire, des deux grandes salles superposées du donjon  nous avons emprunté un sentier verdoyant et fleuri de marguerites jusqu’au Bastion de l’Alouette.

Entr’autres explications, je repense à la savoureuse évocation du bain, plus fréquent qu’on ne le pense à cette époque, où toute la famille ducale (le Duc en premier, bien entendu, jusqu’aux pages en dernier) se lavait dans la même très grande bassine d’eau puisée dans le puits de 60 mètres de profondeur et chauffée dans la cheminée monumentale.

Les équipes bénévoles de restauration luttent en permanence contre la végétation qui recouvre au fur et à mesure les vestiges mis à jour. C’est ainsi que nous sommes passés devant les traces de la Collégiale St Gervais / St Protais sans même en deviner la présence.

Puis un réseau de galeries, d’escaliers en tous sens qui relient les différents ouvrages défensifs,  nous a permis de visiter les bastions aux noms imagés : de l’Alouette, de la Charbonnière ou du Fer à Cheval. Ils accueillent actuellement les différentes salles d’expositions très didactiques où sont présentés les éléments archéologiques (de l’époque romaine à la dernière Guerre) découverts sur le site. Là, grâce aux explications d’Ann, nous avons pu imaginer les conditions de vie d’une troupe assiègée en train de se défendre avec les pièces d’artillerie de l’époque (la chaleur des foyers qui chauffaient les boulets, la poussière soulevée par la décharge du canon, les opérations de préparation du tir suivant…).

Ces armoiries de François de Guise, découvertes sur place, sont très convoitées par le Musée Cluny mais pour le moment, Paris n’a obtenu que le moulage.

Sous les couronnes ducales, on distingue le A d’Anne de Ferrare, épouse de François et la cordelière de veuve rappelle qu’elle a été déliée de ses liens,  ( d’avec son époux ou de sa famille, je n’ai pas bien entendu…)

De retour à notre point de départ, une synthèse de notre parcours devant le plan de la forteresse  a été fort utile et appréciée.

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