Le château de BLERANCOURT - 02     

 


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Quelques photos

Notes de J.J Dardennes

Louis Antoine de Saint-Just Une tête pas tombée  dans l’oubli
Le public est de retour au musée franco-américain

 

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LE CHATEAU DE BLERANCOURT

Architecte : Salomon de Brosses. Réalise egalement : Parlement de Bretagne RENNES, Palais du Luxembourg PARIS

Façade de Saint Gervais et de Saint Protais. Le Château est élevé pour Pothier, plus tard Duc de Gesvres.

Salomon de Brosses est le premier, après Philibert de Lorme a penser l'architecture en volumes non en termes de décoration mural, particulièrement visible dans ses deux derniers châteaux : Luxembourg et Blérancourt. Sa conception plastique est nettement visible à Blérancourt. Le château sans aile se résume à un bloc unique cantonné de pavillons. C'est un étape vers la conception classique développée par Mansart. Se raprroche également du modèle italien : ce bloc destiné a être vu par tous les angles , s'inspire des réalisations de Raphaël et de Bramante ou la Farnesine de Peruzzi.

C'est un parti pris nouveau le château se développant autour d'une cour. Autre nouveauté : il a abandonné les toitures pointues, il couvre les pavillons de dômes carrés. Le rapport des toits et des volumes qu'ils coiffent est beaucoup plus agréable. L'application des ordres y était beaucoup plus correcte. Le motif à claire voie des pavillons sra copié jusq'à Gabriel. Destruction du château en 1792.

CALVIN

Son patronyme est CAUVIN latinisé en CALVINUS, "francisé" en Calvin. Né le 10 juillet 1509. Famille (son grand-père) est originaire de Pont L'Evêque tout proche. Il était tonnelier. Son père Girar entre dans la bourgeoisie en 1497, il épouse en premières noces la fille d'un hôtelier de Cambrai, Jeanne le Franc. Elle meurt en 1515, Calvin a 6 ans. Son père d'abord simple greffier, puis avoué auprès de l'Officialité épiscopale, puis procureur du chapitre cathédral.

Il meurt excommunié en 1531.

Charles son frère aîné est entré dans les ordres mais il meurt en refusant les derniers sacrements en souvenir de son père. Antoine l'accompagnera à Genève mais sa femme defraiera la chronique par sa légéreté. Jean Calvin protégé de l'Evêque devait entrer dans les ordres mais son père lui fit changer de direction.

A PARIS études au Collège de la Marche et au Collège de Montaigu. On le retrouve ensuite à Orléans et à Bourges

1532 : débuts littéraires et théologiques publie un commentaire du De Clementia de Sénéque.

vers 1532-1533 début de sa " conversion " à la " vraie pièté ". Il évoque un appel plutôt brutal. Calvin quitte Paris en novembre 1533 après avoir participé à l'élaboration d'un sermon du Bâlois Nicolas Coq.

Il va à Angoulême puis à Nérac en 1535 où il rencontre Lefevre d'Etaples porte-parole de l'évangélisme français

Retour à Paris puis Bâle, Strasbourg, Genève sans se fixer définitivement.

1536 : constamment remanié jusqu'en 1559.

-1 : " Institution de la Religion chrétienne ",publié à Bâle, année de la mort d'Erasme.

1543 : " Traité des Reliques ", ouvrage " malicieux ".Attaque la plus virulente contre le catholicime.

1536-1538 : Genève

1538-1541 : Strasbourg

1540 : épouse Idelette de Bure (+1549)

1541 à sa mort en 1568 : Genève

Calvin a un fils Jacques mort prématurément.

Santé : Calculs rénaux, violents maux de tête, anorexie, souffle court  

Notes de J.J Dardennes

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Visite avec

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Château de BLERANCOURT - 02
en 04/2009

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Louis Antoine de Saint-Just

Une tête pas tombée  dans l’oubli

Blérancourt (Aisne) La grande exposition proposée pour   les 250 ans de la naissance de Saint-Just a été inaugu rée.


A qui appartient la Révolution ? les réponses changent au fil des mois, des jours, des heures quand souffle le vent de l’histoire...


La Maison de Saint-Just a été la proie d’un incendie en 2012. Après une longue restauration, le bâtiment en pierre de taille accueille à nouveau les visiteurs.


Anne Quennedey en guide lors du vernissage de cette exposition

À SAVOIR

*.- L’EXPOSITION EST VISIBLE dans la Maison de Saint-Just à Blérancourt (Aisne), au 2 rue de la Chouette, et ce jusqu’au 31 décembre.

*.- HORAIRES D’OUVERTURE du mardi au samedi de 9 à 12 heures et 13 à 17 heures, samedi de 10 à 12 heures et de 13 à 17 heures. Pour toute visite, se rendre préalablement à l’association TELB (Tourisme, emploi, loisirs blérancourtois), 7 bis place de l’Hôtel de Ville.

*.- POUR TOUTE INFORMATION concernant les visites, joindre l’association TELB, tél. 03 23 39 72 17.

On célèbre les 250 ans de la naissance de Saint-Just, entré dans l’histoire après une trajectoire éclair de deux ans, de son arrivée à l’Assemblée législative à la guillotine. Acteur, peu avant, de la chute des partisans de Danton, il est guillotiné à 26 ans avec ceux de Robespierre! Une tête qui n’est pas tombée dans l’oubli. L’association pour la sauvegarde de la Maison de Saint-Just, à Blérancourt, ne pouvait pas passer à côté de cette célébration. Louis-Antoine-Léon de Saint-Just (25 août 1767- 28 juillet 1794) fait l’objet d’une exposition exceptionnelle dans les murs du musée de la rue de la Chouette.

L’exposition « Saint-Just vu par les artistes, 250 ans d’images et de légendes », dont le vernissage a eu lieu ce vendredi soir, réunit pour la première fois un ensemble d’œuvres ayant le jeune révolutionnaire de l’Aisne pour sujet. « Une exposition sur l’image de Saint-Just telle qu’interprétée par les artistes s’est imposée pour cet anniversaire, tant c’est l’image – réelle ou mythique –, du révolutionnaire jeune et beau, qui continue d’attirer vers lui un vaste public. »

Au fil de cette exposition, on découvre les principales œuvres figurant Saint-Just, «réalisées depuis le XVIII esiècle et qui relèvent tant du domaine graphique (peintures, gravures, dessins d’illustration) que du cinéma, du théâtre, de la philatélie et de la numismatique. »

LE 10 THERMIDOR, TERMINUS

La première salle présente les portraits de Saint-Just datant de la période révolutionnaire. Parmi ces estampes, on trouve la physionomie qu’eut véritablement Saint-Just à partir de la seule œuvre pour laquelle il soit certain qu’il ait posé, le « Pastel Le Bas ».

« L’œuvre exposée est une reproduction taille réelle, l’original étant conservé à Paris au Musée Carnavalet qui ne le montre qu’exceptionnellement en raison de sa grande fragilité », explique Anne Quennedey, présidente de l’association pour la sauvegarde de la Maison de Saint-Just. Deux autres œuvres de cette période sont également exposées : un portrait de Saint-Just gravé par François Bonneville (1796) et une grande estampe de Jean-Joseph-François Tassaert, d’après un dessin de Fulchran-Jean Harriet, intitulée « La Nuit du 9 au 10 Thermidor » (1798), représentant l’arrestation de Robespierre et Saint-Just à l’hôtel de ville de Paris par des troupes envoyées par les Conventionnels, sous la conduite de Barras et Bourdon.

IMAGE D’ÉPINAL DU DÉPUTÉ

La deuxième salle présente des œuvres réalisées au XIX e siècle.

« Ces œuvres ont été pour les artistes l’occasion de donner libre cours à l’idée qu’ils se faisaient du jeune révolutionnaire : celle d’un dirigeant politique audacieux mais autoritaire et d’un représentant en mission près des armées de la République, au comportement plein de bravoure. La plupart de ces œuvres ont été réalisées pour servir d’illustrations à des livres d’histoire ou, parfois, des pièces de théâtre. »

Bien qu’imaginaires, « ces images prétendent dépeindre avec réalisme Saint-Just à des moments cruciaux de sa vie publique » – en député s’exprimant pour la première fois à la Convention nationale le 13 novembre 1792 lors du procès de Louis XVI, au Comité de Salut Public, où il fut élu en mai 1793, ou lors de ses missions aux armées de l’an II, en tant que représentant du peuple. C’est l’apothéose de la vision romantique du personnage. Saint-Just, un garçon dans le vent de l’histoire, craint puis écarté, écouté puis « écourté »…

 

Visions contemporaines


La Terreur passe, épargnant l’angélique portrait...

Bien plus qu’en France, c’est à l’étranger que des artistes importants de la seconde moitié du XX e siècle ont réalisé des œuvres dont Saint-Just est le sujet. Celles qui ont été sélectionnées pour être exposées dans une salle du rez-de-chaussée de la Maison de Saint-Just (qui fut la grande pièce de vie de la famille) sont dues au Belge Roger Somville, à l’Italien Piero Leddi, à l’Écossais Ian Hamilton Finlay et au Péruvien Fernando Bryce. Cinq des œuvres présentées dans cette salle sont des portraits de Saint-Just. « Loin du romantisme, ils visent une valeur politique et historique. À cet effet, les artistes ont inscrit dans leurs œuvres des symboles ou des textes qui donnent du sens » note Anne Quennedey. Pour Somville, par exemple, un drapeau tricolore tendu comme une draperie et un bandeau pouvant être interprété comme celui des condamnés à mort. Pour Finlay, un buste de pierre imité de l’Antiquité qui met le révolutionnaire français à égalité avec ses illustres prédécesseurs de la Grèce et de Rome !

LES AUTRES POINTS

IMMORTALISÉ EN TIMBRES ET FILMS

La personne de Saint-Just a donné lieu à des représentations dans plusieurs arts populaires bénéficiant d’une forte diffusion : des films produits pour le cinéma ou la télévision, le théâtre, la numismatique et la philatélie. La numismatique est le premier de ces arts à avoir proposé une image de Saint-Just destinée à être produite en grand nombre. On doit en effet au célèbre sculpteur David d’Angers un magnifique médaillon de Saint-Just réalisé en 1848. Quatre médailles et trois timbres célébrant le souvenir du révolutionnaire ont également été fondus pour le Bicentenaire de la Révolution française en 1989. Ces œuvres ont contribué à donner de Saint-Just une image en quelque sorte «officielle » mais qui doit beaucoup aux portraits du XIX e siècle dont elles s’inspirent directement. Dès les premières décennies du cinéma, ont été réalisés des films dans lesquels des acteurs incarnent Saint-Just. Le plus remarquable de ces films muets est le Napoléon d’Abel Gance, celui-ci s’étant réservé le rôle du jeune Conventionnel ! Deux films destinés à la télévision, « La Terreur et la Vertu » de Stellio Lorenzi et « Saint-Just ou la force des choses » de Pierre Cardinal, ont aussi contribué à rendre populaire auprès du public français la figure de Saint-Just.

À L’ENCRE DE CHINE ET MANGAS

Situé à l’étage de la Maison, un autre espace porte sur la représentation de Saint-Just dans les livres illustrés contemporains, notamment dans les bandes dessinées et les mangas, avec la donation faite en 2012 à la Maison de Saint-Just par l’artiste russe Svetlana Yukhlina. Svetlana Yukhlina (née en 1968) est membre de l’Union des Artistes de Russie. Son domaine de prédilection est l’illustration littéraire. Elle a ainsi réalisé des séries de dessins pour des œuvres de la littérature russe mais aussi pour des ouvrages littéraires d’autres pays, en particulier d’écrivains français du XIX e siècle (pour Les Trois Mousquetaires, Le Capitaine Fracasse et Cyrano de Bergerac, notamment). Entre 2010 et 2012, après avoir lu Le chevalier de Saint-Just, biographie romanesque de l’historien russe Anatole Levandovski, captivée par le destin exceptionnel du célèbre Conventionnel, elle lui a consacré une série de huit dessins à l’encre de Chine et à l’aquarelle avec rehauts de gouache et a aussi réalisé de lui un grand portrait au pastel. Ces œuvres sont présentées dans l’exposition.

Questions à

Anne QUENNEDEY
Pdte de l’aassociation pour la suvegarde de la maison de st JUSTE

L’intransigeant  et l’homme sensible

N’y a-t-il pas un côté « terreur» lié au nom de Saint-Just ?

Je dirais l’intransigeant. C’est quelqu’un qui s’est engagé à fond, républicain radical. Quand il disait « si vous voulez la République… » cela impliquait beaucoup de choses, de sacrifices parfois.

Tout n’a pas été rose au tribunal révolutionnaire ?

Certes pas. Et c’est vrai que Saint-Just a été acteur dans la chute de Danton. Pour quelqu’un comme lui, Danton a pactisé avec l’ennemi pour s’être lancé dans des tractations, pour sauver le roi, pour arrêter la guerre…

Mais ce n’est pas ce que vous voulez mettre en avant en premier ?

C’est vrai. On lit ici : « Tout ce qui est autour de nous doit changer et finir parce que tout ce qui est autour de nous est injuste. » On devine une violence, mais il faut avoir à l’esprit tout le côté social de Saint-Just.

Le Saint-Just sensible aux pauvres, sensible au peuple. Il y a eu dans cette période la mise en place d’un système social, avec un système d’indemnisations pour les citoyens qui perdaient un troupeau, un toit, une cargaison, ce qui les faisait vivre, dans une catastrophe…

DE LA TRADITION À L’INVENTION

Le 10 Thermidor. Robespierre et Saint-Just sont transportés de l’hôtel de ville de Paris à la Convention. C’est un tableau de Charles-Auguste Durand. Robespierre est blessé, étendu sur une civière, mais Saint-Just, quoi que mains attachées, a le port altier et le visage calme, redingote boutonnée, cravate bien nouée encore autour du cou… C’est la tradition : le héros de la bataille de Fleurus à la tenue soignée jusqu’à l’échafaud. « C’étaient les terribles jours de l’agonie de la Révolution, le règne de la sainte guillotine », dit de ces temps Fouquier-Tinville. Saint-Just, ainsi en marche funèbre, juste retour des choses après cette soirée où « l’on rédigea sur un vieux bout d’enveloppe le mandat d’arrêt qui décidait du sort de la faction des Indulgents et de Danton » ?

Saint-Just écrivit : « Les circonstances ne sont difficiles que pour ceux qui reculent devant le tombeau. je l’implore, le tombeau, comme un bienfait de la Providence, pour n’être plus témoin de l’impunité des forfaits ourdis contre ma patrie et l’humanité ». Vœu exaucé, il avance vers la guillotine, mais dans la représentation qu’en fait Durand, l’auréole que produit sur sa tête la lueur du matin est une pure invention…

Extraits de l' union du 12/01/2017

  

    

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Blérancourt (Aisne)

Le public est de retour au musée franco-américain

Après onze ans de fermeture pour rénovation, le musée national est de nouveau ouvert.


L’entrée du musée permet d’apprécier les arches anciennes sous le pont d’accès. C’est le mariage du contemporain et de plusieurs époques près de jardins somptueux et ce, sur un site de trois hectares. 
Photos Jean-Marie Champagne

 À SAVOIR

*.- Le musée franco-américain de Blérancourt est situé dans l’Aisne près des communes de Coucy-le Château et de Chauny.

*.- C’est un musée à vocation internationale qui dispose d’un cadre privilégié avec de beaux jardins libres d’accès.

*.- Après 11 ans de fermeture, il a ouvert ses portes le 25 juin 2017.

*.- Les travaux de rénovation ont commencé en 2014.

*.- L’entrée coûte 6 €. Les jours de fermeture sont le mardi.

*.- La muséographie a été confiée au studio Adrien Gardère et le projet architectural aux ateliers Yves Lion.

*.- Le visiteur est invité à un parcours en trois sections Idéaux, Épreuves, et Arts.

Rarement, sans doute, un endroit réunit avec une telle facilité les époques. Les deux portails monumentaux, situés à l’entrée du musée franco-américain de Blérancourt, datent de 1612. Quand Emmanuel Starcky, directeur des musées et domaines nationaux, fait le guide, il ne peut se départir de l’enthousiasme d’un homme de l’art. « J’attire votre attention sur cette architecture très belle et imposante » , lance-t-il au groupe de journalistes venus découvrir les lieux.

UN INVESTISSEMENT DE 14 MILLIONS D’EUROS

L’œil brillant, il détaille des formes généreuses. Elles montrent des traces d’éclats datant des deux guerres mondiales. Le site n’a pas toujours été gagné par la félicité. Des pierres du château ont été vendues à la Révolution. Ensuite, il y a eu un coup du sort. Le seul endroit où des sondes archéologiques n’avaient pas été réalisées a révélé la présence des vestiges d’un pont antérieur à l’édification du château. Le projet a donc été revu et corrigé. Le ministère de la Culture a demandé à l’architecte d’intégrer ces éléments. « Les Américains ont constaté que le projet allait prendre du retard. Je leur ai dit est-ce qu’il y a beaucoup d’éléments du XVII e siècle aux États-Unis ? » se souvient en souriant Emmanuel Starcky. Il s’est montré convaincant. Facilement.

Les Amis américains de Blérancourt ont fourni la somme de 2 millions. L’État a apporté la somme de 12 millions d’euros. Le montant de ces investissements n’étonne pas quand on pénètre dans le musée. Une œuvre de l’artiste français Stephan Breuver interpelle. Elle comporte les noms des donateurs avec une représentation des étoiles. Un miroir permet à chaque visiteur de se contempler. Voilà donc pour l’aspect très contemporain.

Ensuite, le public se voit proposer trois périples. Il peut les suivre à son rythme. Mathilde Schneider, conservatrice, mesure les changements entre l’ancien équipement et celui qui vient d’être inauguré par la ministre de la Culture Françoise Nyssen. « Nous passons de 600 à 1400 mètres carrés d’exposition »,insiste-t-elle.

LA TENUE D’UN CHEF INDIEN

Le musée est totalement accessible aux personnes à mobilité réduite. Des tablettes sont proposées pour agrémenter la visite d’explications. À main gauche, ce sont les idéaux qui sont évoqués. C’est l’opportunité de découvrir l’effigie de grands Américains comme Georges Washington et des Français comme La Fayette. Nous nous trouvons à l’époque de la guerre d’Indépendance des Américains. Ils sont opposés aux Anglais. Sur un grand tableau de la bataille de Yorktown en 1781, les Américains, aidés par les Français, sont victorieux. Elle vient de là, l’amitié entre les deux pays, des batailles menées ensemble au cours des siècles. Elle se scelle aussi à une constatation. Jamais la France et les Etats-Unis n’ont été en guerre l’un contre l’autre.

À quelques mètres, une vitrine exhibe la tenue de Belette tachetée. Vous ne la connaissez pas ? C’est un personnage qui a participé aux spectacles de Buffalo Bill. Une coiffe de chef indien est agrémentée de plumes d’aigles symbolisant, à chaque fois, des victoires. Mais ce costume de scène, décoré de petites perles de verre, taillé dans une peau de daim, est fragile. Il devrait être enlevé dans quelques semaines pour être protégé dans les réserves.

SOUVENIRS DE GUERRE

Les amateurs des deux guerres mondiales sont comblés. Pour la première époque, il y a un petit tableau représentant des soldats français prévenant des combattants noirs américains de l’arrivée imminente de gaz ennemis. Il est daté de 1918 et il est situé à Vauxaillon, une commune de l’Aisne. Un grand drapeau nazi comportant la signature de plusieurs soldats américains, qui l’ont enlevé de l’endroit où il trônait, retient l’attention. Il y aussi une photo prise à Paris en août 1944. Une jeune fille est embrassée sur la bouche par un libérateur d’outre-Atlantique. S'agit-il d’une romance immédiate ou d’une pression masculine ? À chacun de choisir. Il y aaussi une autre vue, un peu floue, mais qui a la valeur d’un document. Elle représente un soldat tué en direct et photographié par l’un de ses amis.

Les amateurs de peinture ne sont pas oubliés avec des œuvres de Fernand Léger, de Chassériau…, Là encore, les couleurs et les formes intriguent et séduisent à la fois.

 EN SOUVENIR D’UNE FEMME GÉNÉREUSE ET FORTUNÉE

Depuis juin 2017, le public est attendu au château de Blérancourt pour découvrir le nouveau visage de ce musée français dédié à l’amitié franco-américaine.

Le lieu doit beaucoup à un mécène américain. En 1917, Anne Morgan, fille du banquier américain J.E. Morgan, s’installe dans ce château de Blérancourt près de Noyon pour déployer les actions du Comité américain pour les régions dévastées, une association humanitaire d’aide aux populations civiles de l’Aisne particulièrement touchées par les destructions et les difficultés de ravitaillement.

Après la guerre, l’association a continué son travail en faveur de la reconstruction du territoire sur le plan économique, éducatif, social et moral.

Soutenu dès 1923 par « Les amis français du musée de Blérancourt », le château devient, en 1924, un musée témoignant tant du soutien français à la guerre d’indépendance américaine que de l’engagement de volontaires américains auprès des Français pendant la Première Guerre mondiale. Les travaux de rénovation ont été financés par l’État avec l’appui de mécènes américains : l’association «The Américain Friends of Blérancourt » avec le concours de la Fondation Florence Gould.

UN ARCHITECTE ILLUSTRE POUR UNE CONCEPTION REMARQUABLE


Une image de la Collection Château de Blérancourt/Tavernier de Jonquières

Le château de Blérancourt a été construit entre 1612 et 1619 par l’architecte français Salomon de Brosse qui réalisa les plans du palais du Luxembourg à Paris. Cette vaste résidence de campagne était située au milieu d’une terrasse artificielle à laquelle on accédait par un pont et un portail monumental. Elle comportait un corps de logis central, flanqué de deux ailes ainsi que deux petits pavillons détachés du bâtiment central ; délicatement ornés, ils constituaient la nouveauté et l’originalité de ce château. À la Révolution Française, le bâtiment principal a complètement disparu : saisi comme bien national, le corps central a été démoli. Ses décors et matériaux de construction ont été soigneusement récupérés puis vendus aux enchères. En revanche, le portail monumental et les deux pavillons de la terrasse ont été préservés.

3 Questions à


Carole Gragez,
Conservatrice, sait vanter en quelques mots, les attraits du musée.

Un endroit charmant au cœur de l’histoire

En quoi la réouverture du musée est-elle importante ?

Le musée a été fermé depuis 11 ans pour diverses raisons. Et en particulier des fouilles archéologiques qui ont été menées quand le premier projet architectural a démarré. Cette réouverture permet de tripler la surface d’exposition et va permettre au public de découvrir de nouvelles collections. Des acquisitions ont été réalisées pendant ces 11 années.

Que peut-on citer ?

Notamment une toile qui représente les chutes du Niagara du peintre français Rémi Mel. Il y a aussi des pièces que le public va redécouvrir. Je pense à l’ambulance américaine bien connue qui est exposée dans de meilleures conditions avec beaucoup d’espace. Des conditions qui n’étaient pas réunies auparavant.

Quelles sont les raisons de venir au musée franco-américain de Blérancourt ?

Elles sont multiples. C’est un charmant petit village de l’Aisne très agréable. Le musée est entouré par des jardins américains très beaux à la belle saison avec une multitude de fleurs. C’est assez magique comme endroit. En riant, je dis que c’est une manière d’aller en Amérique à peu de kilomètres de Paris. Les visiteurs peuvent découvrir des oeuvres d’artistes américains.

Il y a, ainsi, un costume d’indien qui a participé aux spectacles de Bill Cody, plus connu sous le nom de Buffalo Bill. Il y a différentes pièces que l’on ne s’attend pas à découvrir. Il y a donc des mocassins d’indiens et la plus belle collection de France de peintres américains qui s’expriment dans l’impressionnisme. Le musée célèbre l’art, l’histoire. Il traite de l’aide des Français aux Américains pendant leur guerre d’indépendance et aussi de l’aide apportée par les Américains aux Français pendant la Première et la Seconde Guerre mondiales.


Cette ambulance est une pièce unique qsui a servie lors du transport des blessés lors de la Première Guerre mondiale. Elle est en parfait ètat de conservation


La nouvelle partie du musée plonge dans les profondeurs pour un voyage dans le temps audacieux et instructif. Le visiteur découvre la guerre d’indépendance et d’autres conflits  

 Thierry de  LESTANG PARADE

Extraits de l' union du 12/01/2017

  

    

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