La villa Cochet - Reims 
 

 

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Un home sweet pour Vranken-Pommery
2008 -
Vranken fait le vide autour de sa villa
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La villa Demoiselle renaît !
La villa Cochet sort de son sommeil
2003 -
Les souvenirs de la villa Cochet

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Petite histoire du site

Le site de Pommery rappelle la présence viticole au coeur de la ville. Il s’agit d’un site privilégié, la colline Saint Nicaise, truffée de « crayères » à 30 m. sous le sol, à la température constante de 10° . A l’architecture de surface, composée des trois extensions voulues par Madame Pommery (le cellier Carnot, le cellier Jeanne d’Arc et la Grande Tonnellerie) correspond un véritable urbanisme souterrain.

L’oeuvre d’une femme

Jeanne Mélin (1819-1890) fille de grands propriétaires ardennais, reçoit une éducation soignée, en partie en Angleterre, et épouse en 1839 Louis Pommery (1811-1858) un négociant de la laine . Louis acquiert une maison de champagne, comme annexe à ses activités. Il meurt, en laissant une veuve de 39 ans qui saura assurer avec maîtrise la direction de l’entreprise. Véritable génie des affaires, Madame Pommery invente le « brut », anticipant sur le goût à venir, qui fait du champagne la boisson idéale pour le repas, et non plus seulement pour le dessert. Le succès est au rendez-vous : en 1836, la maison Pommery et Greno produit 45 000 bouteilles. Elle en produit 2 250 000 en 1890.

Un patrimoine monumental impressionnant

Madame Pommery achète le domaine en 1868 mais doit attendre la fin de la guerre francoprussienne pour réaliser son projet. Elle confie les travaux aux architectes Charles Gozier et Alphonse Gosset, et choisit pour le premier cellier, le cellier Carnot, qui porte le nom du président de la République qui l’a inauguré, le style néo-tudor qui plaira à ses principaux clients, les anglais. L’inauguration a lieu en 1878. En sous-sol, les 120 crayères sont réunies par un réseau de 18 kms de galeries pour lesquelles elle embauche des mineurs français et belges. On y accède par un escalier monumental de 112 marches..

Un domaine unique

Dès 1875, pour le mariage de Louise Pommery avec le comte Guy de Polignac, elle achète le domaine des Crayères que le paysagiste Redon décore et qui verra, en 1904 la construction du château qui porte ce nom. A la pointe du parc, à la même date, on construit la villa Cochet, pour le régisseur . Dernière étape, en 1913, le marquis Melchior de Polignac inaugure son oeuvre, le parc de 22 ha destiné au loisir des 800 employés de la société puis des habitants de Reims. L’ensemble, formé de la partie productive, de la partie de résidence et de réception, et de la partie loisir, constitue quelque chose d’unique et d’inégalé.


Vue générale vers 1900

  

 

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 Un home sweet pour Vranken-Pommery

Le plus Belge des patrons de Champagne s'offre un superbe écrin avec la rénovation de la villa Cochet à Reims. Elle est destinée à son premier amour : la marque  « Demoiselle ».


Le nouveau siège « Vranken Pommery » après 4 ans de travaux.

Comme le doux baiser du Prince Charmant (mais avec plus de moyens financiers), Paul-François Vran;ken a réveillé l'ancienne villa Cochet. Ce joyau architectural de la ville de Reims, désormais baptisé Villa Demoiselle, ouvre aujourd'hui.

Les hôtels particuliers et les châteaux font partie de la tradition champenoise. Pourtant le vignoble de Champagne n'est pas un vignoble de châteaux, omme c'est le cas des régions de Bordeaux ou de Béziers. On trouve quelques chateaux dans la région d'Epernay, comme celui de Boursault, dont les propriétaires produisent le seul Champagne à appellation de château, le château de Saran, qui appartient à la maison de Champagne Moët & Chandon et la Marquetterie à Pierry qui appartient à fa maison Taittinger. Quant aux hôtels particuliers, ils servent à recevoir les VIP dans des conditions alliant convivialité et luxe. En rachetant la marque Pommery au groupe LVMH en avril 2002, Paul-François Vranken avait également acquis le domaine éponyme dont les grilles donnent sur la place Gouraud à Reims.

Ce château de style Élisabéthain en plein cœur de la ville de Reims attire plus de 90.000 visiteurs venus des quatre coins du monde chaque année. Juste en face, sur le boulevard Henry-Vasnier se trouve une autre villa champenoise. Sa construction remonte à 1906. Les Rémois la surnomment ia Villa Cochet du nom d'un ancien directeur de Pommery. Louis Cochet y a vécu jusqu'en 1936. Abandonnée depuis une trentaine d'années, elle était complètement décrépie et faisait vraiment mauvaise figure entre les splendides bâtisses du Château des Crayères et du domame Pommery.

Quatre ans de travaux

Paul-François Vranken  a décidé d'en faire un cadeau pour sa « Demoiselle », la première marque qu'il a créée et dont le siège est à Epernay. Une rénovation d'envergure dont le chef d'orchestre est NathalieVranken, la discrète et dynarnique épouse du maître des lieux.

Pour ce faire, en 2003, iI rachète la villa au Groupe GNAT qui a été son propriétaire durant un an. Le chantier démarre en 2004. Il va durer quatre ans et coûtera quelques millions d'euros.

Les meilleurs artisans de Champagne-Ardenne ont été recrutés pour travailler sur le style Art-déco. On peut aussi découvrir des planchers réalisés avec le bois des tonneaux des vins de Listel (un domaine qui appartient également à Paul-François Vranken). Si la villa est réservée au siège de la marque La Demoiselle, son décorum fastueux permettra de faire découvrir une vinothèque exceptionnelle. Un des objectifs du patron de Champagne est de dévoiler certains vieux miilésimes. « il s'agira de la plus belle collection de millésimes du vingtième siècle » indique Nathalie Vranken, Particulièrement des milliers de bouteilles de Heidsiek-Monopole récupérées en 1996 lors du rachat de la marque au groupe Seagram.


Une villa décrépie et abandonnée avant 2002.

 Sophie Claeys-Pergament

Attention iI faut réserver pour visiter la villa Demoiselle au selvice « visite tel : 03.26.61.62.52.

Extrait de l'uion du 01/07/2008                         

  

 

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 Vranken fait le vide autour de sa villa


Les fenêtres du 34 boulevard Diancourt (la maison dans le fond sur la droite) donne sur l'entrée de la villa Cochet devenue siège du champagne Demoiselle. Ce serait la raison de l'opération de rachat. Remi Wafflart

Le géant du champagne, propriétaire de la villa Cochet, a besoin d'intimité. Il a racheté tous les appartements de ses voisins. À force d'incitation financière.

Ils n'avaient aucune envie de vendre leur appartement. Lui a presque 73 ans, elle n'en a qu'une petite soixantaine mais n'a pas la chance d'être en bonne santé. Ils vivent au 34 de l'avenue Diancourt depuis 53 ans. Le couple pensait y finir ses jours. C'était sans compter avec leur voisin Paul-François Vranken qui a fait basculer leur vie et celle de leurs voisins il y a huit mois de cela.

Le propriétaire des champagnes Vranken, Demoiselle, Pommery est aussi propriétaire de la villa Cochet devenu villa Demoiselle. Majestueuse demeure où a notamment vécu Louis Cochet, directeur général de Pommery.

Laissée pendant des années à l'abandon, la maison est presque totalement rénovée. Elle en impose à nouveau sur le boulevard qui mène aux Crayères et au parc de Champagne. Seulement et c'est le défaut de cette villa, son entrée est visible de certaines fenêtres du 34 avenue Diancourt.

« Il n'a qu'à mettre des rideaux »

« M. Vranken aurait dit qu'il ne voulait plus avoir de vis-à-vis », confie un habitant de la maison. Il se raconte que Paul-François Vranken voudrait recevoir dans sa villa sans que ses invités, célébrités ou hommes politiques, puissent être reconnus par les voisins. « Il n'a qu'à mettre des rideaux. Nous, on s'en moque de qui il fréquente ». Lui pas. Apparemment du moins.

En juillet dernier, il a envoyé un mandataire rendre visite à chacun des copropriétaires de la maison devenue encombrante. Ils sont une demi-douzaine. « On nous a dit : M. Vranken veut racheter toute la maison. Il va vous faire une offre », raconte l'un d'eux.

L'offre est arrivée chez chacun par l'intermédiaire d'un notaire. « Au début, on n'était pas du tout chaud pour bouger ». Ils étaient d'autant moins chauds que l'offre n'était pas alléchante. « On s'est renseigné et notre bien avait été sous- évalué ».

« On n'a pas subi de pression »

L'affaire était mal engagée alors le géant du champagne a ouvert plus large son porte-monnaie. « Ce serait un mensonge de dire qu'on a subi des pressions. Si nous avons fini par accepter de vendre, c'est que l'offre de rachat est devenue très intéressante ». Ce copropriétaire ne donne pas de chiffre mais assure qu'il pourra se reloger confortablement. Son épouse se fait petit à petit à l'idée de partir au plus tard à la fin de l'année mais « je n'ai pas encore tout à fait avalé la chose ».

C'est encore pire pour les deux aînés de l'immeuble qui n'ont toujours pas envie de déménager. Pourtant, eux comme les autres, ont fini par signer : « Il nous propose un peu plus de 208.000 euros pour nos 64 mètres carrés mais à notre âge on n'a pas envie d'aller acheter ailleurs et de tout recommencer ». Ils auraient pu refuser de vendre : « En théorie oui, mais on nous a bien fait comprendre qu'on n'avait pas le choix. Si Vranken achète tous les appartements sauf le nôtre, on nous a expliqué que s'il décidait de faire d'importants travaux, on serait obligé de payer ».

« On subit en quelque sorte la loi de l'argent ».

Reste à savoir ce que va devenir la maison une fois vide. « Va-t-il la démolir ? En faire des bureaux ? Elle date quand même de 1870 ». Plus ancienne que la villa Cochet finalement. Mais bien moins prestigieuse

Catherine Frey

Extrait de l'uion du 08/03/2008

  

 

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 La villa Coché sort de son sommeil

 
Tout d'abord, les travaux sont à l'intérieur

 Appartenant à Pommery, la superbe bâtisse, un peu décatie, bordant le boulevard Henri-Vasnier a été vendue au groupe Gnat. Des travaux titanesques sont en cours.

A peine la grille ouverte, la villa Coché apparaît. Une merveille de l'Art nouveau (lire par ailleurs). Chaque Rémois  la connaît  Tout an moins la devine. En passant devant le boulevard Henri-Vasnier, on peut apercevoir le toit en ardoise et les clochers de la demeure.

Surnommée communément la villa Pommery, la villa Coché porte le nom d'un des directeurs généraux de la maison de champagne. Ce dermier y a vécu au début du siècle. Depuis une vingtaine d'années, la demeure était fermée et les fenêtres murées. Comme laissée à l'abandon.

Maintenant elle revit. Une initiative de Jean-Marie Gnat du groupe GNAT. Ce dernier a racheté cette beauté architecturale au groupe Pommery. « Cela fait dix ans que j'y pense en passant devant. Le jour où Pommery a été vendeur, je l'ai acquise ». On ne parle pas d'argent puisque la dépense pour la maison (de source officieuse, on évoque trois millions de francs) ne représente rien par rapport à la somme due aux travaux qu'il faudra réaliser. « Quatre fois plus », indique Jean-Marie Gnat.

1.500 m2 sur deux étages...

Si le terrain est déjà grand avec 6.000 m2 la maison, elle, est immense: 1.500 m2 sur deux étages plus un grenier. Sans oublier les offices, cuisines et caves au sous-sol. Malheureusement, il ne reste plus grand-chose des splendeurs de l'époque. Les salons de réception et les immenses chambres à l'étage ont hébergé des squatters qui se sont chargés de dégrader l'ensemble et de laisser leurs traces sur les murs : « Les vitraux de Grûber sont cassés, les cheminées aussi ». En revanche, l'escalier signé Majorelle est encore intact tout comme le parquet et les mosaïques décorant les salles de bains.

« Pour l'instant, nous nous attachons à rénover l'extérier exactement comme l'était la maison au début du siècle ». Quant au projet définitif : « Un hôtel, des bureaux, des appartements...On ne sait pas encore ce que nous allons en faire ». Si 1'emploi  réservé à la villa ne semble pas encore déterminé, la date de fin des travaux l'est : « fin de l'année 2004  ». Un sacré pari !

Jean-Marie Gnat dans l'escalier de la Villa Coché signé Majorelle 

Sophie Claeys-Pergament.    

 L'Art dans tout


L'Art nouveau dans toute sa splendeur

C'est l'architecte Louis Sorel qui a réalisé les plans de la villa Coché en 1912. Ce transfuge de l'Art dans tout, une des pensées les plus originales des arts décoratifs du début du siècle, se rapproche ainsi de la villa édifiée par Majorelle à Nancy.

D'ailleurs Majorelle et Gruber, l'un ébéniste, l'autre verrier, ont travaillé pour la villa Coché. Ce mouvement, prémices de l'Art Nouveau, se rapprochait du mouvement Bauhaus  allemand,  celui  de concevoir l'art afin de répondre aux besoins de la société (maisons ou industries) en réunissant les talents des artistes et des artisans.

 
Des salles de bain magnifiques avec mosaïques
 
La salle de billard de la villa

Nicole Thomas-Mauro  : « La villa Cochet, c'est mon enfance »

La députée européenne, Nicole Thomas-Mauro, connaît bien la demeure : « La villa Cochet, c'est mon enfance ». L'élue se rappelle d'autant mieux les lieux qu'elle y a passé ses jeunes années : « Les cadres de Pommery étaient logés dans le parc. Il y avait deux autres pavillons ».

Le père de Nicole Thomas-Mauro, Sébastien Jean-Mauro, directeur des vignobles, résidait avec sa famille dans l'un d'eux.

Ils ont été rasés fin des années soixante-dix. C'est d'ailleurs grâce à son témoignage qu'on remonte un peu l'histoire de cette maison : « M. Coché y a vécu jusqu'en 1936. De 1936 à 1940, c'est le comte Maxence, l'un des cousins des Polignac qui y aurait résidé. Puis les Allemands l'ont réquisitionnée et à la libération, les Américains. En 1947 M. Collard de Pommery, s'occupant du comité d'entreprise et du personnel, y a habité au dernier étage. Suivi de M. Long en 1950 qui était le secrétaire de Guy de Polignac ».

« Ma grand-mère a refusé »

Autre témoignage. Celui de Maxence Poirier, architecte rémois : « M. Cochet était le parrain de mon père ». La villa Pommery également surnommée la villa Cochet était la maison du directeur général de Pommery.

Maxence Poirier, architecte rémois, se souvient : « Le directeur vivait là, le chef de cave se trouvait ailleurs à proximité du château. Quand mon grand-père Marius Poirier lui a succédé. On lui a demandé s'il souhaitait y vivre. C'est ma grand-mère qui a refusé. Trop grand. Après la seconde guerre mondiale, les soldats américains y ont résidé. Elle a également servi de Comité d'Entreprise ».

L'histoire de cette belle bâtisse souffre de quelques trous de mémoire qu'il faudrait combler. Les lecteurs qui en sauraient plus sur le passé de cette maison sont invîtés à nous écrire.


La villa abritait le directeur général de Pommery jusqu' en 1936

 S.C.P                         

Extrait de l'union 4/2003 - Photo Alain Steiner 

  

 

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 Les souvenirs de la villa Coché

  
La cuisine avait été réinstallée dans les années cinquante pour l'accueil des enfants

La rénovation de la villa Coché dite Pommery a interpellé bien des lecteurs de l'union. Grâce à eux, l'histoire de la demeure se reconstitue peu à peu.

Tout de suite, les Rémois ont réagi à la rénovation de la villa Coché surnommée la villa Pommery (lire notre édition du samedi 26 avril).

Ainsi Robert Dupuis de Muizon a bien connu la demeure : « Ma mère travaillait chez Pommery. j'ai connu les colonies de vacances organisées dans la maison. C'est Marie Crand-Remy qui en était la directrice. C'était dans les années cinquante. Il y avait près de Î50 enfants qui étaient accueillis. La colonie était mixte. Parfois les enfants passaient un mois complet dans un château près de Rilly-la-Montagne. »

Robert Dupuis se souvient bien de ce temps-là : « II y avait une petite porte qui donnait sur le parc des Crayères . Parfois durant les vacances de Paques, on y faisait la chasse aux œufs. Des douches étaient installées au sous-sol de la villa. D'ailleurs pendant l'accueil des enfants, les cuisines avaient été réinstallées. Durant la sieste, on couchait sur le plancher des salons dans lesquels il ne restait plus rien ».

 

La salle à manger tout aussi luxueuse

Pommery radio

Autres souvenirs. Ceux de Jacques Pernet. Ce dernier, architecte, offre des informations sur la présence de l'armée américaine à la Libération : « La villa a été réquisitionnée en septembre 1944 par l'US Army pour l'Oise intermédiate section afin d'y loger une section de Signal corps. Avec le développement de la présence des troupes, surtout après le 7 mai 1945. un studio d'enregistrement et de diffusion des programmes radio fut installé par l'armée américaine . II se nommait l'AFN Reims (Américan force network) ou Pommery Radio. Il émettait chaque jour de 15 heures à 2 heures du matin. Le studio était sous la responsabilité du sergent technicien Varner Paulsen » .

Disques ou enregistrements

« A cette époque, le numéro de téléphone était le 55.13. Parmi le personnel, une présentatrice s'appelait Geneviève Turek, elle était sergent dans la Women army corps. Le lieutenant de Roussy de Sale de la French maison service présentait en français et en anglais quelques programmes. » Programmes qui étaient soit des diffusions de disques soit des enregistrements de concerts ou de manifestations.

Ainsi la remise des clés de la salle de reddition au maire de Reims.             

Sophie Claeys-Pergament                            

Extrait de l'union 4/2003 - Photo Alain Steiner 

  

 

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Villa Demoiselle : un mythe est en train de renaître 

Après d'importyants travaux engagés depuis 2004, le joyaux de l'Art Nouveau, l'ancienne maison Cochet devenue Demoiselle, est en passe de retrouver son lustre d'antan. Dans un an, elle deviendra le siège du Champagne Demoiselle, création de Paul-Fraçois VRANKEN, le PDF du groupe Vranken-Pommery  Monopole


Abandonnée, dégradée, balayée par les vents, pillée au fil du temps, la villa Demoiselle renaît chaque jour un peu plus de ses cendres pour devenir l’écrin du groupe Vranken-Pommery Monopole.

Construite entre 1904 et 1910 par l’architecte Louis Sorel, la villa Cochet a longtemps été un joyau représentatif de la période charnière entre l’Art Nouveau et l’Art Déco à Reims. En reprenant Pommery en 2002, Paul-François Vranken a voulu redonner une nouvelle vie à ce vaste bâtiment, longtemps abandonné, puis occupé et dégradé par des squatters, sans oublier le parc conçu à l’origine par Edouard Redont.

 La villa Cochet, rebaptisée villa Demoiselle, sera le siège du champagne Demoiselle, une marque chère aux yeux de Paul-François Vranken car créée de toutes pièces. La rénovation est importante en terme d’image et de patrimoine car aux dires du propriétaire des lieux : « Il n’y a pas de grand champagne sans grand patrimoine ». Une folie, diront certains, un geste imposant le respect pour d’autres, mais pour son propriétaire, il s’agit d’une aventure et d’une histoire d’amour dictée par l’amour de l’art justement.


Une frise en céramique reprenant le motif de grappes de raisin ou des figures géométriques, annonçant l’Art Déco ceinture la bâtisse.

Le chantier qui a débuté en avril 2004 devrait s’achever normalement en 2008, dans un an précisément. Quatre ans de dur labeur, de recherches et de tâtonnements, une rénovation qui a demandé plusieurs millions d’euros d’investissement et nécessité sur le site plusieurs corps de métiers. Les meilleurs artisans marnais, dignes héritiers du savoir faire Art Déco se succèdent depuis dans la demeure, certains y ont presque élu domicile et se sentent comme chez eux.

Une fourmilière d’artisans


 
Le vestibule vers la salle à manger. Une équipe de 6 peintres reconstitue la frise au pochoir de deux tiges de lauriers soulignant la bordure supérieure des lambris de frêne.

La musique du poste radio poussiéreux crache ses chansons commerciales dans un coin du chantier. Au rez-de-chaussée, dans le hall d’accueil, au milieu des pots de peinture, entre les bâches et les échafaudages, une équipe de peintres, décorateurs s’affairent à reproduire une frise sur le plafond voûté. Pochoirs et pinceaux en main, certains ont investi les lieux depuis un an et demi. C’est le cas de Daniel arrivé à Noël 2005. « Ici c’était l’hôtel des courants d’air, il gelait à l’intérieur, les murs suintaient d’humidité, mais quand on voit la transformation et l’avancée des travaux, on oublie les mauvais souvenirs ». Comme cinq de ces collègues, Daniel est un habitué des chantiers pharaoniques, se déplaçant à travers le monde pour restaurer des demeures de prestige. Marie, l’unique femme des lieux travaille depuis seize ans dans une boîte parisienne de décoration (la seule entreprise étrangère au département présente à la villa). Pour cette ancienne styliste et créatrice de vêtements, occupée à chercher les teintes les plus appropriées pour la restauration, le plus excitant est de tomber sur d’anciens dessins originaux sur les murs. « Quand on nettoie, que l’on gratte, que l’ancienne peinture s’écaille et que l’on devine d’anciennes fresques ou dessins, alors commence le travail minutieux de recherche. Imaginer comment se terminait la courbe d’un dessin, retrouver les teintes, reconstituer une frise, c’est ce qui fait que j’adore mon boulot ». Et apparemment Marie n’est pas la seule. Car ce qui frappe le plus en entrant dans cette demeure hors du commun, outre les bruits de scie, de ponçage ou les odeurs d’essence de térébenthine, c’est l’ambiance de camaraderie et l’atmosphère joyeuse. Certains immeubles portent sur leur devanture « eau et gaz à tous les étages », ici c’est la bonne humeur que l’on retrouve à chaque palier.

Le patron veille


Choix cornélien pour Paul François Vranken : trouver le juste papier peint pour coller fidèlement aux tentures originelles. 

Et apparemment, le maître des lieux y est pour beaucoup. Paul François Vranken, selon son emploi du temps, s’astreint à passer sur le chantier une fois par semaine au minimum. Chez cet homme, le costume cravate n’empêche pas le tutoiement, la franche poignée de main ou la complicité avec les ouvriers. Discussions et gros éclats de rire mais aussi oeil avisé et critique tout en mêlant des questions précises. « Il sait ce qu’il veut et exige de la rigueur » nous confie l’un des artisans. Contretemps remarqué et pointé du doigt sur une partie bien définie des rénovations en cours et, de suite, le téléphone portable est activé pour joindre la société prise en flagrant délit de lèse-majesté. Voilà l’exemple de droiture et d’exigence du travail bien fait mis en application immédiatement par Paul-François Vranken. Mais devant l’avancée des travaux et la beauté des lieux, un encouragement est vite proclamé à la cantonade « On tient le bon bout les gars ! Messieurs Bravo ! ». Apparemment Paul François Vranken est comme ça, intransigeant mais profondément humain. Dans une salle de l’étage qui deviendra par la suite une petite salle à manger, un conciliabule s’engage sur la couleur du papier gaufré qui recouvrira les murs. Indécision, explications, goûts de chacun, expectative, mais le dernier mot reste au PDG qui dans un sourire lance : « Ce serait moi, je choisirais celui du bas, de toute façon, j’ai déjà fait mon choix tout à l’heure dans mon bureau ».


 
À l’origine, cette pièce était la salle de billard. Suspendue, la maquette réplique de « La Demoiselle », avion piloté par Santos Dumont. 


  À côté, Denis et Bruno, menuisiers dans une société de Bezannes, 34 ans de boutique chacun, s’escriment à poser des plinthes et des lattes. « Nous sommes ici depuis un an, un chantier comme cela, on en fait rarement dans sa vie et c’est vrai qu’il y a un côté fierté » explique Denis. Et Bruno de surenchérir : «
Vous voyez ce parquet, il a été conçu à partir de foudres (gros tonneau de vinification) datant de la fin du 19e siècle. On a fait ajuster les planches de chêne, le parquet s’étend sur plus de 100 m2 et garde sa propre signature, les lattes sentent encore le vin !» …Mais ce n’est pas une blague, le tanin s’est incrusté dans le chêne. Denis et Bruno, sont également fiers également d’avoir « monté » la cheminée et son miroir incorporé d’un poids total avoisinant les 400 kg dans le vestibule d’entrée. « C’est une cheminée conçue par Louis Majorelle, un objet qui a fait l’Exposition Universelle de Paris en 1900 » précise Bruno.


La salle à manger. L’Art Déco y est perceptible, la lumière se reflète dans les marbres conférant à l’ensemble une atmosphère chaude et dorée.  

« Plus belle quelle n’a jamais été ! »

Au milieu de tout ce capharnaüm organisé, Paul-François Vranken est comme un poisson dans l’eau, s’extasiant devant chaque vitrail apposé ou caressant chaque émail incrusté dans le marbre. « La maison est plus belle qu’elle n’a jamais été, visez un peu ces vitraux ! Marc Simon, le maître verrier a retrouvé les teintes de son grand-père pour pouvoir réaliser ces chefs d’oeuvre. Il reste encore à poser ceux de la descente d’escalier ». Ici, c’est le grand lustre de l’escalier d’honneur d’une dizaine de mètres de haut, fabriqué par Les Métalliers Champenois qui prendra place, ailleurs ce sont des émaux qui ont été entièrement conçus d’après un unique modèle : « Il n’en restait qu’un, tout avait disparu », là-bas une cheminée en marbre…des pièces rares à s’attraper un torticolis ! Le profession- nalisme des artisans transpire à chaque coin de porte. « Imprégnezvous du travail de ces maîtres artisans, c’est fantastique ! ». Les yeux du propriétaire brillent d’excitation et de respect. « Regardez cette maquette d’avion offerte par Cartier, c’est la Demoiselle, un monoplan de toile et de bambou que pilotait Santos-Dumont. En 1907 grâce à cet aéroplane, il a pu voler sur 200 mètres ». Nous voilà repartis dans l’histoire comptabilisant les 109 ouvertures et fenêtres que compte la bâtisse sans oublier les montants d’escalier sculptés. La villa Demoiselle par sa renaissance va devenir un patrimoine architectural avec lequel il faudra compter. 2000 m2 de rêve et de délicatesse…À n’en point douter, quand la vie reprendra possession des murs, la Demoiselle, avec cette aura retrouvée, devrait être à nouveau courtisée.

La maison Cochet du Domaine Pommery ou maison du directeur

 Commandée et financée par la maison Pommery, la demeure du 58 bd Henry Vasnier est construite en 1909, sur des plans conçus dès 1906 par l’architecte Louis Sorel, dans Nord-Est du petit Parc Pommery où se construit à la même époque le château des Crayères. Isolée au milieu de son terrain, la maison se présente sous la forme d’une villa. Si les matériaux sont dans l’esprit Art Nouveau, les façades restent dans un vocabulaire plus traditionnel. La façade est animée de nombreuses saillies et bow-windows, les murs sont en briques de grès blanc de Beauvais et décorés de motifs de grès flammés de couleur jaune ou vertmousse. La pierre que l’on trouve sur les balcons, appuis, bandeaux ou encore perrons, provient des carrières d’Euville dans la Meuse. Les linteaux sont en béton armé, rhabillés d’une frise en céramique reprenant soit le motif de pampres de raisins soit des figures géométriques jaunes et bleues annonçant déjà l’Art déco. Les fenêtres sont à guillotine, la toiture, un morceau de bravoure particulièrement compliqué. Louis Cochet et sa famille continueront de l’occuper jusqu’en 1931, date de sa démission. Son successeur l’habitera jusqu’en 1936. Durant la seconde guerre mondiale, elle fut tour à tour réquisitionnée par les belligérants. À la Libération, dès septembre 1944, l’armée américaine occupera la maison où elle fera des dégradations. Tous les samedis soirs, la villa Cochet s’enfiévrait des bals populaires animés par des orchestres américains où se mêlaient Gi’s et jeunes filles rémoises. Par la suite, la villa continua de servir d’habitation pour les cadres de la Maison de Champagne. Puis inutilisée et abandonnée sans entretien, la maison ferma ses portes. De nombreux projets (Cour d’Appel, boîte de nuit de luxe) avortèrent sans regret et la villa fut murée en 1990 suite à des pillages répétés. Dès 1980, la maison fit l’objet d’une demande de permis de démolir qui sera finalement annulée. En juillet 2001, la villa était rachetée, commençait à être rénovée et sortait de sa torpeur grâce à Monsieur Gnat, propriétaire des Salons Degermann. On connaît la suite.

Dossier préparé par Olivier Michaux.

 Extrait de l'hebdo du vendredi N°26 du 30 mars au 5 avril 2007

  

 

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