GUISE - 02
 

  

Commentaire L. WARDEGA

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Familistère

GODIN

La journée

le Château, l’entreprise GODIN et son Familistère.

 

 Répertoire 

  La Presse

Le chantier permanent du château fort de Guise continue d’attirer les jeunes

Vous êtes plutôt château ou Familistère ?

L'année Godin au Familistère

Le Familistère et les secrets de ses deux jardins

Qu'est devenue l'utopie, de Godin ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Visité avec

en

   05/2002      

 

 Jeudi 30 mai 2002

Commentaire L. WARDEGA

Déjeuné au LORD GOBET

 

L’après-midi a été consacrée à une période plus récente : de la fin du XIXème siècle à nos jours, avec l’œuvre de Jean Baptiste André Godin : l’usine Godin pour commencer puis le Familistère seront au programme.

Faute de temps, nous nous sommes limités à un petit tour du musée Godin, implanté à l’entrée de l’usine. Nous avons été surpris par l’activité de l’usine et la gamme très variée d’appareils de chauffage fabriqués aujourd’hui. Bien entendu, chacun d’entre nous avait en mémoire le fameux poële Godin mais la série de photos ci dessous, montre l’éventail des modèles de 1898 à nos jours ainsi que deux panneaux d’information bien typiques. 

 

Calorifère de1898
 
Le Petit Godin
aujourd’hui vaut de600 à 850 € ttc 

 

 

Calorifère 1898



Calorifère hygiénique
1914



Calorifère hygiénique
1934


Poêle phare 



Le « Belle époque 
~1000 € ttc




 

Poêles faïence
Coloris Delft polychrome
 
~5000 € ttc , + rehausse
  1000 € ttc


 


Détail des décors faits main 


En 1929, il semble que la sécurité laissait à désirer.


Quelques panneaux d’information également faits main 

Les quelques prix indiqués, très élevés à mon avis, expliquent comment ce type de production se perpétue : nous sommes passés de la production de masse, populaire, relativement accessible pour tous, à une fabrication de luxe où l’effet de mode, la qualité, les technologies modernes et le « marketing » montrent leur efficacité. Une grande partie de la production est exportée partout dans le monde, en Allemagne, en Belgique et aux Pays-Bas mais également au Canada et jusqu’en Australie…

Après cette trop brève visite et à peine sortis de l’usine, le temps de traverser l’Oise et nous découvrons un ensemble cossus d’immeubles en brique, au milieu d’espaces verts bien entretenus : le « palais social » de Jean-Baptiste Godin, le fameux « Familistère ».

Nous avons des difficultés à imaginer le contexte de sa réalisation, le côté révolutionnaire, et même utopique de sa conception : au milieu du XIXè siècle, au temps du « Germinal » de Zola, un « patron » se préoccupe de ses « ouvriers », souhaite améliorer leurs conditions de vie, leur propose de les faire participer aux bénéfices de l’entreprise et même à sa gestion, de faire instruire leurs enfants.

De 1856 à 1883, il fait réaliser, sur ses plans et sur ses fonds propres, cet ensemble urbain.

En 1860, il crée pour ses ouvriers des caisses mutuelles de prévoyance.

En 1862, il institue pour leurs enfants l’école laïque, mixte, gratuite et obligatoire jusqu’à 14 ans (19 ans plus tard, la loi républicaine n’enverra obligatoirement tous les petits Français à l’école laïque que jusqu’à 11 ans ! ), etc. ..

Pour commencer et nous mettre dans l’ambiance, nous nous installons dans le charmant Théâtre ( lieu de spectacles et de réunions, mais aussi outil éducatif essentiel aux yeux de J.B. Godin ) où nous est présenté un audio-visuel spécialement conçu pour le projet « Utopia » de promotion du Familistère.

Ensuite, notre groupe s’est divisé en deux et c’est sous la houlette de Fernand Patte que j’ai effectué la visite, l’autre moitié étant menée par son épouse, madame Patte, dernière directrice de l’«école du Familistère »..

Nous avons bénéficié d’un guide particulièrement avisé, enthousiaste, fier d’appartenir à cette communauté : son père travaillait déjà chez Godin, il y est né et y a passé toute sa vie en passant par tous les échelons et aujourd’hui encore, en consacre une grande partie à maintenir l’esprit du Familistère.


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Nous avons passé en revue les différents lieux :

- les jardins ( dont chacun pouvait cultiver une parcelle ),

- le lavoir et la piscine au bord de l’Oise, l’économat et les classes d’école

- et enfin les bâtiments d’habitation.

 Le bâtiment principal est composé d’un pavillon central relié par les angles, à deux pavillons latéraux . Chacun a la forme d'un grand quadrilatère enserrant une cour (celle du pavillon central fait plus de mille mètres carrés) couverte par une verrière    , lieu de circulation, de vie sociale et de fêtes collectives. Des escaliers d'angle permettent d'accéder aux galeries superposées qui, dans ces cours, desservent les appartements .  Ceux-ci, constitués de deux ou trois pièces principales à l'origine (des regroupements ont parfois été opérés par la suite), pièces spacieuses et assez hautes sous plafond, ont tous une double exposition. L’isolation phonique est particulièrement soignée, nous avons pu constater des épaisseurs de cloisons inusitées même aujourd’hui. Pour chaque appartement comme pour les cours, des systèmes d'aération sont prévus et des fontaines d'eau potable, des toilettes et des « trappes aux balayures » (les premiers vide-ordures) sont installés à chaque étage. Face au Palais social, là où d'aucuns auraient pensé une église, Godin a fait très symboliquement édifier un théâtre encadré par des bâtiments scolaires. Ce théâtre est un lieu de spectacles, de concerts, pratiques culturelles que Godin juge indispensables à l'épanouissement de ses employés, mais aussi un lieu de réunions des familistériens, pour les assemblées qui débattent de l'administration et de la vie du Familistère. L'école, elle aussi en avance par ses méthodes sur l'Instruction publique de l'époque, voisine avec une « nourricerie » en accès libre à toutes les mères, un « pouponnat »  et un « bambinat». Dans les divers com­muns, se trouvent encore une buanderie, un lavoir et un séchoir (pas question alors, toujours pour des raisons d'hygiène, de faire des lessives dans les logements), couplés à des salles de bains et à une piscine, l'eau chaude est rationnellement fournie par l'usine voisine. Et aussi une boulangerie, une boucherie, une buvette et diverses boutiques coopératives où l'on peut se ravitailler, se vêtir, se meubler. Et puis encore des salles de jeux, des ateliers, des écuries, étables et basses-cour.

Face au Palais social, là où d'aucuns auraient pensé une église, Godin a fait très symboliquement édifier un théâtre encadré par des bâtiments scolaires. Ce théâtre est un lieu de spectacles, de concerts, pratiques culturelles que Godin juge indispensables à l'épanouissement de ses employés, mais aussi un lieu de réunions des familistériens, pour les assemblées qui débattent de l'administration et de la vie du Familistère. L'école, elle aussi en avance par ses méthodes sur l'Instruction publique de l'époque, voisine avec une « nourricerie » en accès libre à toutes les mères, un « pouponnat »  et un « bambinat ». Dans les divers communs, se trouvent encore une buanderie, un lavoir et un séchoir (pas question alors, toujours pour des raisons d'hygiène, de faire des lessives dans les logements), couplés à des salles de bains et à une piscine, l'eau chaude est rationnellement fournie par l'usine voisine. Et aussi une boulangerie, une boucherie, une buvette et diverses boutiques coopératives où l'on peut se ravitailler, se vêtir, se meubler. Et puis encore des salles de jeux, des ateliers, des écuries, étables et basses-cour.

Deux autres bâtiments d’habitation ont été ajoutés ( Fernand Patte demeure aujourd’hui dans une de ces dernières ), le Familistère comptera jusqu’à 500 logements.

Cette visite était émaillée d’anecdotes vivantes :

- les petites équipées d’enfance ( comment, gamin, il avait coincé la porte d’un voisin avant de tirer la sonnette et de s’enfuir en courant ),

- la discipline (quand par malchance on était surpris dans les cours après l’heure autorisée, le garde vous ramenait chez vous pour être sérieusement réprimandé, … mais cela reste un bon souvenir aujourd’hui ),

- le déroulement de la fête du Travail ( déjà fêtée en 1867 à Guise ), dans le hall du pavillon central (on imaginait très bien la cadre avec toutes les rambardes habillées de guirlandes et de fleurs, tout le monde pressé tout autour et le jeune Fernand tout intimidé, se tortillant dans son coin avant d’intervenir dans la chorale, dans la saynète dans laquelle où il tenait un petit rôle, ou plus tard recevant de la main de Monsieur Godin, une récompense  ou un diplôme ).

Nous avons exploré les moindres recoins de ces immenses bâtiments, emprunté des escaliers et pour finir, visité un appartement reconstitué ainsi que le petit musée dans lequel une maquette permettait de bien visualiser l’ensemble du complexe.

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Les meilleures choses ayant une fin, nous avons remercié monsieur Patte et il nous a fallu regagner le car. Après l’intervention « historique » de Chantal Roche, le trajet du retour s’est effectué sans s’en apercevoir, les commentaires de la journée meublaient les conversations et la fatigue rendait chacun un peu somnolent.

Je me suis rendu compte de la proximité de Reims lorsque tous les portables sont entrés en action pour prévenir « chaque chauffeur privé » de l’imminence de notre prochaine arrivée, aux alentours de 19 heures, comme prévu d’ailleurs…

 Lucien WARDEGA                              

    

     

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Vous êtes plutôt château ou Familistère ?

Guise possède deux trésors d’architecture à (re)visiter pendant les vacances.


Mille ans d’histoire surplombent la ville depuis le château et son donjon. 

Nombreux sont ceux qui font des centaines de kilomètres pour visiter le patrimoine national sans même connaître ce qui se trouve à deux pas de chez eux. À Guise, avec un patrimoine riche et deux monuments de taille, les habitants y semblent attachés même s’ils ne vont pas visiter souvent le château fort et le Familistère.

À 70 ans, Serge Moutier fait partie de cette génération fière de la ville et de son histoire. Il est globalement très attaché au patrimoine thiérachien, même s’il boude le Familistère. « Je n’aime pas le Familistère. J’ai habité, étant enfant, le quartier voisin de Madagascar et nous n’avions pas le droit d’aller y jouer, je n’ai pas de bons souvenirs. Par contre j’ai connu dans les années 1960 le fort abandonné. J’ai participé aux fouilles avec Maurice Duton et c’était un réel plaisir. J’y suis retourné pour le visiter il y a trois ans. »

Employé à l’usine Godin, Stéphane Favérot préfère, lui aussi, le fort au Familistère. « Je suis allé visiter le château en mai dernier, lors de la Nuit des musées. La période historique du château me parle plus que celle du Familistère, je trouve cela plus intéressant avec des périodes de l’histoire qui sont plus longues. Avec la nouvelle équipe, il y a un esprit jeune et je pense y retourner car il y a toujours quelque chose de nouveau à visiter. »

Pendant les vacances, beaucoup de grands-parents originaires d’ici reviennent au château avec leurs petits-enfantsÉmilie Mathot, Club du vieux manoir

Le château fort semble donc bénéficier d’une meilleure image locale que celle du Familistère. Rien de surprenant pour Émilie Mathot, du service communication du Club du vieux manoir. Pour elle, le château représente tout un symbole sur une très longue période. D’où cet attachement particulier avec la population locale. « Il y a un attachement avec le fort comme les Guisards disent. Les gens qui le visitent ont un réel intérêt pour l’histoire de leur ville. Pendant les vacances on a beaucoup de grands-parents originaires d’ici qui reviennent avec leurs petits-enfants. La Nuit des musées accueille 600 visiteurs entre 18 et 22 heures, dont beaucoup de commerçants locaux qui n’ont pas le temps de venir à un autre moment, et c’est gratuit. »

Parmi les commerçants, Stéphane Sarazin n’est pas très inspiré par l’histoire locale. « je n’ai jamais mis les pieds au Familistère, et cela doit faire au moins quinze ans que je ne suis pas monté au château, car je n’avais pas le temps avant et ce n’est pas mon truc. » Les vacances scolaires qui arrivent et la météo ensoleillée, propice aux promenades, sont donc une bonne occasion, pour ceux qui le peuvent, de découvrir ou redécouvrir ces deux lieux emblématiques de la ville.

UN TICKET COMMUN

Au Familistère, on s’appuie sur des chiffres pour constater que les ambassadeurs locaux sont importants. « 7 % des visiteurs individuels sont de Thiérache Sambre et Oise, ce qui représente environ 5 000 individuels, auxquels il faut ajouter les groupes scolaires venus au moins une fois » détaille le directeur adjoint, Alexandre Vitel. Il constate aussi, comme pour le château, qu’en cette période de vacances, beaucoup de grands-parents viennent avec les petits-enfants, mais aussi de plus en plus de groupes d’amis ou de personnes venant en « pèlerinage ». « On est vraiment porté par le public local, c’est important. »

Quel que soit l’intérêt des visiteurs, château fort et Familistère travaillent ensemble pour le développement touristique de la ville. « Le château est le symbole de la ville avec un donjon qu’on voit de loin, mais le Familistère et Godin commencent à avoir leur place dans les manuels d’histoire, tout comme le duc de Guise » commente encore Alexandre Vitel.

Ce dernier salue le succès croissant du billet commun château Familistère mis en place il y a seulement quelques années. Cela représente 3 500 personnes qui visitent les deux sites en individuels, groupes ou scolaires.

Jérôme HÉMARD

Extraits de l'union du 24/02/2018

    

     

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L'année Godin au Familistère

 2017 marque le 200e anniversaire de la naissance de l'industriel Jean-Baptiste Godin.


Visionnaire et capitaine d'industrie, Godin sera célébré cette année au familistère de Guise.

A SAVOIR

 •.- Godin, c'est le nom de l'inventeur des poêles Godin au XIX° siècle à Esquéhéries, puis à Guise mais. C'est aussi le fondateur du Familistère, l'unique société de l'utopie, qui a vécu jusqu'en 1968.

•.- Deux cents ans aprèssa naissance, Godin laisse un véritable héritage social et philosophique. L'usine qu'il a fondée existe toujours et le lieu de vie des 1500 ouvriers qu'est le Familistère est devenu le premier musée site de l'Aisne avec 65.000 visiteurs par an ..

•.- L'appartement situé dans l'aile droite a été restauré et présente une nouvelle muséographie. Le grand public peut y découvrir notamment le bureau de Godin et sa bibliothèque.

Le jour du 200° anniversaire de I~ naissance de Jean-Baptiste André Godin {1817- 1888), a été inauguré au Familistère de Guise, un nouvel espace muséographique ressuscitant le bureau installé dans l'appartement du fondateur. du palais social, cité ouvrière de 2000 habitants adossée à l'usine produisant les fameux poêles en fonte. « C'est en 2015 que nous avons pu racheter aux descendants de sa seconde épouse, son vrai bureau ainsi que sa bibliothèque que nous avons restaurés, rapporte Alexandre Vitel, le directeur adjoint du Familistère, C'est son bureau sur lequel Godin a écrit toutes ses lettres et ses livres. Et sa riche bibliothèque montre l'importance de la lecture et de l'éducation pour un homme autodidacte qui avait arrêté l'école à l'âge de 11 ans. Tout cela est authentique. C'est émouvant et d'une symbolique forte que de présenter son bureau qu'il appelait son atelier, par la fenêtre duquel il avait un accès visuel sur la place du Familistère et sur son usine ». Cette inauguration marque le début du bicentenaire de Godin fêté toute l'année 2017, un événement reconnu par la commission nationale des célébrations.

Ce nouvel espace vient compléter lesS 000 m2 d'exposition et de visite qu'offre le Familistère, entre son pavillon central. sa buanderie, sa piscine, son théâtre, ses économats, sans oublier la bibliothèque, la boutique et ses deux jardins. Monument historique et musée depuis 2006, l'antre de Jean-Baptiste Godin a obtenu le prix des musées européens en 2015, ce' qui n'est pas étranger à son succès grandissant. Alors que le tourisme a subi la crise en 2016, le Familistère avec 65 000 visiteurs l'an dernier, a augmenté de 3 % sa fréquentation. « Il figure au top ten des sites touristiques de la région des Hauts-de-France », se félicite Alexandre Vite!. Le bicentenaire de Godin, la même année que le centenaire de la bataille du Chemin des Dames toujours dans le département de l'Aisne, devrait développer encore la notoriété de ce lieu particulier dans l'histoire ouvrière. « Le Familistère n'est pas le lieu de l'apologie d'un homme mais l'anrre d'idées nouvelles au XIX' inspirées de la doctrine de Charles Fourier et son phalanstère », rappelle Alexandre Vite!. Avec Godin, le travail doit favoriser-I'élêvation et non l'asservissement. La machine doit libérer l'homme des tâches trop pénibles, ce qui permettra son émancipation par l'éducation et la culture. Le travail sera justement le thème du spectacle proposé le samedi 4 février, « les lettres de non motivation - in situ » par la compagnie Laars and co. Deux cents ans après la naissance de Godin, le débat sur le travail n'est d'ailleurs pas terminé en pleine" révolution numérique.

LES PRINCIPALES MANIFESTATIONS

30 avril : grand concert gratuit sur la place du Familistère avec Frànçois and the Atlas Mountains (pop électro) et Prieur de la Marne (DJ, musicien) qui mixe et réorchestre la parole publique et des bribes cinématographiques. Spectacle gratuit de 17 h 30 à minuit.

1er mai : les 150 ans de la fête du Travail, concours pour la visite du belvédère, visites de l'elle gauche, de la tour des services et des ateliers de l'usine Godin, spectacles et conférences.

 4 juin : la foulée de Guise, au Familistère, organisée par l'association A Fond En Thiérache. Le départ et l'arrivée de cette course à pied se feront au Familistère.

17 juin : inauguration du mausolée restauré de Jean-Baptiste André Godin et inauguration de la nouvelle création musicale pour la cour sonore. Vernissage de l'exposition temporaire La grande collecte.

24 juin : le bal des enfants, dans l'esprit de la fête de l'enfance célébrée autrefois dans la cour du pavillon central. Petits et grands découvriront ensemble les secrets des danses et musiques traditionnelles.

Juillet et août : visites guidées du jardin d'agrément et du mausolée Godin restauré, accornpaqnées des jardiniers. Visite des écoles Godin.

7 octobre : vernissage de l'exposition temporaire Des machines au service du peuple, conférence sur le XIX' siècle industriel. 

Tout savoir sur www.familistere.com

Extraits de l'union du 05/02/2017

    

     

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Le Familistère et les secrets de ses deux jardins

Le site a deux jardins, l'un maîtrisé, l'autre sauvage. Lejardin de la 'presqu'île  se visite librement à toute heure. Lejardin d'agrément mérite son guide.


Dans le jardin d'agrément, les variétés de fleurs sont mélangées pour une culture maîtrisée et raisonnée.

A SAVOIR

•.- Le jardin d'agrément est ouvert au public de 10 à lB heures. d'avril à octobre, et de 10 à 17 heures, de novembre à mars .

•-. La visite libre est gratuite. la visite guidée est à 9 € en tarif plein, 6 € tarif réduit, et gratuite pour les moins de 6 ans. le jardin de la presquîle est en accès libre.

« Le Familistère est connu pour l'utopie qu'y a fait vivre Jean-Baptiste Godin, son créateur. Une utopie qui s'étend jusque dans son jardin d'agrément. « À l'origine, Jean-Baptiste Godin a acquis la parcelle du jardin pour lui », explique Jérôme Caron, guide au Familistère. « Mais, très vite, il en fait une zorte tampon entre l'usine Godin et le palais social.  L'endroit, d'une surface de 1,2 hectare, est voulu comme un lieu de détente pour apporter un peu de végétaux dans ce milieu minéral », mais aussi comme un lieu de production communautaire avec un potager. Laissé à l'abandon dans les années 1980, il a été totalement refait entre 1998 et 2000. « L'objectif était de retrouver la volonté qu'avait Godin d'en faire cet espace d'agrément.»

Une culture maîtrisée pour un jardin « culturé »

Aujourd'hui, en entrant dans ce jardin on retrouve le potager.  « Il n'a plus cette fonction de production communautaire. Il est utilisé comme potager pédagogique pour les visiteurs. » Le jardin compte entre 150 et 200 espèces de fleurs différentes. Si certaines sont présentes pour leur attrait esthétique, d'autres le sont par intérêt écologique.

« Nous utilisons très peu de produits phytosanitaires, juste pour désherber les allées une fois, voire deux, par an », poursuit Christophe Graignon, jardinier du Familistère, prompt à répondre aux questions des visiteurs. « Pour éviter les parasites, insectes, on associe différentes variétés de plantes. Les œillets protègent les choux et les tomates en repoussant les parasites du potagerm les capudnes attirent les pucerons et les détournent des autres fleurs.»  Ce souci écologique est. aussi dans l'origine du jardin en 1858. Le jardin compte trois bassins, le premier d'eau stagnante, le deuxième d'eau bouillonnants et le troisième d'eau jaillissante. « Quand le jardin a été créé, la serre chauffante qu'il abrite était déjà présente. Elle était alimentée par les eaux chaudes qui servaient au refroidissement de l'usine. Ensuite cette eau passait dans les trois bassins et servait à l'arrosage. Le développement durable avant l'heure », reprend le guide. Le jardin d'agrément est dominé par un hêtre pleureur. Un hêtre sur lequel les jardiniers du Familistère ont greffé, il y a environ 200 ans, un saule pleureur. Sous sa calotte verte et à côté du bassin d'eau stagnante, se trouvent une statue d'Amalthée et la chèvre de Jupiter.

« Le jardin a aussi été conçu comme un lieu pour s'ouvrirl'esprit et s'épanouir intellectuellement.» Jérôme Caron continue de détailler les secrets de ce jardin, tout en poursuivant la visite vers la presqu'île.

La presquile ou le jaidin sauvage

Ce deuxième espace, conçu en 2004, au bord de l'Oise, se veut plus sauvage. Il reprend les caractéristiques du bocage de Thiérache. Des haies dessinent les contours de parcelles triangulaires. Ici pas de sentier, mais une piste d'herbe tondue. Par endroits, on trouve des mosaïques à même le sol, ce sont des tables, sur lesquelles il est possible et même conseillé de s'installer pour pique-niquer. On y trouve aussi des vestiges de l'histoire guisarde; comme le pont où passait autrefois la voie ferrée reliant , l'usine Godin à la gare de Guise, démantelée dans les années 1960. Ces deux jardins voient fleurir les fleurs et perdurer les vestiges du passé, comme le mausolée, où repose le créateur de cette utopie, et qui, juché sur les hauteurs du jardin d'agrément, semble encore surveiller les lieux.

Georges LUCAS

Extraits de l'union du 10/08/2016

    

     

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Qu'est devenue l'utopie, de Godin ?

Que devient l'ambitieux projet social, du Familistère fondé par Jean-Baptiste Godin à Guise (Aisne) lorsqu'il disparaît ? L'historienne Jessica dos Santos raconte l'histoire de cette « utopie en héritage ».


Lors de l’inauguration de la statue de Jean-Baptiste Godin en 1889. un an après sa mort. Collection du familistère

Agrégée d'histoire, Jessica dos Santos a soutenu sa thèse L'utopie en héritage, Le Familistère de Guise 1888-1%8 (éditions Presses universitaires de France) en 2012, au sein du laboratoire lRHiS de l'université de Lille 3. Son doctorat dont est tiré cet ouvrage publié en février dernier a été plusieurs fois primé par des jurys scientifiques. Elle insiste actuellement en lycée. Elle a choisi de travailler non pas sur l'histoire de la construction du palais social, déjà connue, mais sur la période, à partir de la mort du fondateur Jean-Baptiste Godin en 1888 jusqu'en 1968, fin de l'association du Familistère. L'historienne décrit comment le modèle social a survécu aux guerres, aux crises économiques et le long processus de désagrégation.

*.-  Quel a été le point de départ de ce sujet ?

J'avais été très intéressée par une visite quand j'étais étudiante. J'avais remarqué qu'il n'y avait pas beaucoup d'informations sur les années qui suivaient la mort de Godin et je me suis demandé s'il y avait déjà eu quelque chose d'écrit dessus. J'ai constaté que non. Pour déposer un sujet de doctorat, on doit prouver soit qu'on a un sujet neuf, soit qu'on a quelque chose de nouveau à apporter. En l'occurrence les archives de l'entreprise venaient d'être triées et mises à disposition par les Archives départementales.

*.- Vous étiez donc la première à les utiliser ?

 Oui, à peu près. D'autres avaient pu les consulter mais avant qu'elles soient accessibles. À l'époque, elles étaient encore dans l'entreprise mais je ne suis pas sûre' qu'ils avaient pu voir tous les documents que j'ai eu en main. Il y a eu un rachat de l'entreprise, ils n'avaient pas pour obligation de rendre les archives publiques maïs ça les encombrait un peu parce que c'est une histoire qui ne les concerne pas du tout.

*.- Pourquoi l'histoire du Familistère vous a passionnée ?

Le fait que ce soit une coopérative d’origine patronale. C’est très rare. La plupart du temps, les coopératives sont créées soit par les ouvriers eux-mêmes soit par les syndicats et là on avait un point de vue très particulier. Et surtout, il y avait la question de l'héritage : une fois que le patron a créé quelque chose en le laissant à ses ouvriers, comment se le sont-ils approprié. J'avais étudié d'autres coopératives et la question c'est toujours comment s'approprier la gestion, comment réussir à s'entendre et avoir une gestion vraiment démocratique. On demande aux ouvriers de prendre des décisions alors qu'ils n'étaient pas eux-mêmes militants à la base. Les ouvriers n'ont pas forcément la culture ni même réclamé ce pouvoir.

*.- Pensez-vous que le modèle social a échoué même s'il a survécu pendant 80 ans ?

Non. La dissolution de l'association est liée à un problème industriel, essentiellement parce que les dirigeants ont voulu conserver une forme de production traditionnelle. Ils sont restés assez imperméables aux évolutions et n'ont pas pris conscience des évolutions et petit à petit, ils sont très vite dépassés par la concurrence. Si en 1968 on change de statut, ce n'est pas lié au modèle social.

*.- Donc le modèle social aurait pu perdurer ?

Ceux qui ont pris la tête du Familistère après Godin n'avaient pas forcé- ment ses convictions, ils considéraient que les acquis sociaux étaient peut-être trop importants ou ils auraient préféré conditionner le modèle social à une plus grande efficacité économique. Pour les dirigeants, il y a un point de vue qui se rapproche du paternalisme. Le modèle social était très en avance au XIX° siècle, ensuite il est rattrapé par la loi : lorsque l'on met en place la journée de huit heures, chez Godin on est encore à 10 h, lorsqu'on crée les lois sur les retraites, sur les allocations familiales, petit à petit ça va offrir mieux au niveau de l'État que ce qu'il y a dans le Familistère. En 1968, le modèle est totalement dépassé parce qu'il n'y a pas eu de volonté de le faire progresser.

*.- Y a-t-il eu un désengagement des ouvriers dans l'association ?

On a souvent dit que les Familistériens étaient vus comme des personnes passives. Ce n'est pas entièrement faux mais s'il y a eu passivité, c'est surtout parce que la gérance imposait ce modèle-là. Ce n'est pas que la démocratie ne fonctionnait pas, c'est que les ouvriers votaient pour approuver ce que la gérance avait décidé. S'ils refusent d'approuver, il n'y a pas de répartition des bénéfices.

*.-  Quels sont les autres éléments de la désagrégation du modèle ?

A partir de la mort de Godin, les dirigeants arrêtent de construire des logements. Godin pensait qu'on devrait tous, à la fin, vivre dans des familistères. On se retrouve dans une usine divisée entre ceux qui peuvent vivre dans le Familistère et ceux qui doivent vivre en ville parce qu'il n'y a plus de place, Les Familistériens sont des privilégiés, ont des avantages sociaux et pour être associé dans l'entreprise, il faut vivre au Familistère. Tous les avantages liés au fait d'y vivre sont interdits à ceux qu'on appelle les ouvriers du dehors.

*.- Que se passe-t-il en 1968 ?

À partir de 1965, l'entreprise s'enfonce dans une crise de plus en plus importante. La gérance pense que la seule solution est de fusionner avec un concurrent, ce qui n'est pas possible à cause du modèle de coopérative. La gérance essaie de convaincre les ouvriers qu'il faut se transformer en société anonyme. L'association prend fin. Les Familistériens vont résister à cette demande pendant un an et demi environ par attachement au modèle" social. Ils acceptent, contraints et forcés pour sauver leurs emplois. Ils vont être rachetés par un concurrent à un prix plutôt dérisoire, (ln leur rachète leurs parts à la moitié de leur valeur. Tout le système de répartition des bénéfices disparaît, les logements vont être revendus, les écoles également.

*.-  Des entrepreneurs ou des politiques se sont-ils inspirés de Godin ?

Tres peu. Il a fait le choix de laisser sa fortune, ne privilégier ses ouvriers à ses héritiers familiaux et ça, c'est un choix qu'aucun patron à part lui n'a fait par la suite.

*.- Aujourd'hui, le Familistère se vide peu à peu de ses habitants et un hôtel va être aménagé. Comment analysez-vous cette évolution ?

Je ne veux pas émettre d'opinion. En même temps, c'est logique, Godin a créé un bâtiment communautaire et à l'époque, on a un mode de vie qui repose essentiellement sur la communauté. Après-guerre, on voit que la gérance déplore le fait que les associations de loisirs sont un peu délaissées parce que chacun a sa voiture donc le dimanche, ils vont se promener au lieu de rester tous ensemble. Avec l'apparition de la radio et de la télé, ils ne passent plus leurs soirées ensemble mais dans leur appartement... Cette évolution n'est pas propre au Familistère.

L'histoire du Familistère en quelques dates

1817 : naissance de Jean-Baptiste Godin à Esquéhêries. Il crée son premier atelier de fonderie en 1846.

1880 : création de l'association du Familistère, construction du palais pour les ouvriers.

1888 : mort de jean-Baptiste Godin. Sa seconde femme Marie Moret est la première à lui succéder, de janvier à juillet 1888.

1918 : plusieurs bâtiments ont été endommagés voire détruits au cours de la Première guerre mondiale. La reconstruction sera lente.

1968 : dissolution de l'association. L'entreprise est rachetée.

2000 : un syndicat mixte est créé pour entreprendre la rénovation du site qui menace de tomber en ruines. Les projets de rénovation et d'aménagement d'un musée, Utopia 1 et Utopia Il, sont mis en œuvre. Aujourd’hui, le musée accueille plus de 50.000 visiteurs par an.

A venir, de 2016 à 2020 : début d’Utopia III, troisième volet de la restauration du site, début des travaux d’aménagement d’un hôtel dans l’un des bâtiments.

Anaïs GERBAUD

Extraits de l'union du 15/05/2016

    

     

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