L'ARGONNE   

 

Sites à Visiter
 

 

 

L' album

Le compte-rendu de la journée

La Presse

12-09-2015 - Dom Pérignon a passé son enfance au cœur de 1Argonne
10-08-2015 - Les visiteurs plébiscitent le château de Braux-Ste-Cohière

La faïencerie des ISLETTES

 Répertoire 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Visité avec

   en

   06/2003  

La journée par L.WARDEGA

Jeudi 5 juin 2003

A 8h. 15, les derniers participants se hâtent pour monter dans l’autocar car il pleut ce matin. Chacun s’installe en rangeant comme il peut, imper et parapluie tout dégoulinants …et après les derniers « recomptages » de rigueur, en route pour le Château de Braux-Sainte-Cohière, première étape de notre « Journée Découverte. »

Heureusement que le paysage le long de l’autoroute ne présente guère d’intérêt car la vue est assez brouillée par la pluie extérieure et la buée sur les vitres…

Le temps de prendre contact avec ses compagnons de voyage et il est temps de descendre.

Il se trouve que le parking n’est pas très encombré ( à la vérité nous sommes seuls ) et le car se gare au plus près de l’entrée. Le charmant chemin ombragé d’accès au château est à peine entrevu car nous fonçons tête baissée, parapluie en batterie, vers le portail qui vient de s’entrouvrir.

Pour commencer la visite, nous entrons dans l’ancienne bergerie dans laquelle nous est proposée la projection d’un audio-visuel : « 2000 ans d’images et d’histoires. » Celle-ci nous permet de faire un tour d’horizon à la fois géographique et historique de cette région stratégique et souligne la fonction de cette commanderie au cours du temps.

Les bâtiments que nous découvrons aujourd’hui ont été construits il y a quatre siècles. Aux alentours de 1589, Philippe de Thomassin, Seigneur de Braux-Sainte-Cohière, est chargé par Henri IV d’installer une compagnie de chevau-légers. Pour ce faire, il adjoint aux bâtiments existants ( quatre tours reliées par des courtines et son logis avec le pigeonnier seigneurial ), des logements « fonctionnels » pour les cavaliers et leur monture, un manège et un abreuvoir ; le logis des officiers est reconstruit à l’emplacement du logis primitif.

Cette garnison avait pour mission d’être vigilante, prête à intervenir à tout moment, pour assurer la sécurité d’un des principaux accès du royaume. L’environnement, la protection naturelle des marais au centre desquels s’érigeait ce lieu fortifié, a joué un très grand rôle pour son autoprotection et son efficacité.

A l’époque révolutionnaire, cet ensemble remarquable a conservé l’essentiel de ses bâtiments grâce à un accord entre les propriétaires nobles et les autorités. Mais la conversion en domaine agricole a entraîné quelques modifications : suppression du manège et modification des anciens logements de soldats. Ceux-ci dormaient au premier étage, dans des sortes de boîtes en bois, où ils entraient par une échancrure semi elliptique obturée par un textile, et garnies de paille. La chaleur humaine s’ajoutant à celle qui s’élevait des écuries situées au dessous leur permettait de ne pas trop ressentir les rigueurs de l’hiver. Le parquet du premier étage disparu, on peut désormais profiter d’une vue d’ensemble de la charpente d’origine.

Ci-dessous, quelques vues des bâtiments donnent une idée de ce véritable document témoin.

 

On distingue l’ensemble du site sur cette maquette très fidèle : en partant du portail d’entrée (face Est) et dans le sens horaire :
         Les anciennes écuries, surmontées jadis du casernement des soldats,
         Au Sud, la taverne dont un passage permet l’accès au parc grâce à une passerelle,

A l’Ouest, le logis des officiers prolongé de la Tour Henri IV,

Au Nord, la sellerie-lampisterie, la salle du Conseil et l’ancienne bergerie,

Enfin, dans la cour, le colombier et l’abreuvoir à chevaux.

Sur cette première vue de la cour, on remarque à droite du colombier, l’angle Nord-Est avec l’ancienne bergerie et une grande porte. Cette dernière permettait le passage des chevaux dans les écuries. A l’étage, par les fenêtres s’ouvrant à ras du parquet les cavaliers pouvaient sauter rapidement et enfourcher leurs chevaux.
 

 

 

 

Cette vue de la cour nous montre de gauche à droite : sellerie-lampisterie, salle du Conseil, ancienne bergerie et tout à droite l’entrée. L’ancien manège se trouvait à l’emplacement engazonné devant nous.

Quelques précisions sur le colombier :

-         c’est un colombier de pied, conforme à la tradition et aux droits seigneuriaux de l’ancien régime : un couple de pigeon par boulin ( nids pour pigeons ) et par arpent de terre.

-         Le plan en est octogonal. Le rez-de-chaussée en maçonnerie reprend l’appareillage des bâtiments environnants : gaise ou gaize ( roche sédimentaire siliceuse de la région, formée de débris d’éponges ) et brique avec chaînage d’angle.

- L’étage est construit en colombage totalement recouvert par des ardoises en écaille de poisson. Cette disposition protège aussi bien des intempéries le bois du colombage et sa maçonnerie de brique et de torchis, qu’elle protège les pigeonneaux de la convoitise des rongeurs qui ne peuvent grimper sur des ardoises verticales.

 

Ce plan nous apprend que le Château de Braux a servi de P.C. à Charles François du Périer dit Dumouriez pour la Bataille de Valmy. Avec le Général Kellermann, ils battirent les Prussiens commandés par le Duc de Brunswick.

La tradition populaire présente l’armée française comme une armée de savetiers, allant pieds nus, criant « vive la nation » et faisant preuve d’un courage exemplaire. Les Prussiens ont en fait trouvé une armée française bien en ordre de bataille, composée de régiments de l’ancienne armée royale et de bataillons de volontaires de 1791.

Le terrain était détrempé, impropre à la cavalerie, la maladie sévissait dans les rangs prussiens, Dumouriez parlementait avec Brunswick. L’armée française y utilisa pour la première fois le canon Gribeauval, canon qui fera le succès des batailles de Napoléon.

Le 1er octobre, les Prussiens se retirèrent, retraite qui aurait pu devenir un désastre …

 

En franchissant la grande porte d’entrée, nous découvrons le Logis des officiers et la « Tour Henri IV ».

 

Tous ces bâtiments, une fois réhabilités,  sont aménagés en salles d’exposition. Cet évêque naïf est resté anonyme, faute d’avoir trouvé le cartel explicatif …

 

 

 

En franchissant la passerelle d’accès au parc, jetons un coup d’œil sur la Tour d’angle Sud-Est et le mur extérieur de la « Taverne ».

 

Ce regard sur l’entrée du parc laisse imaginer les merveilles que nous aurions pu découvrir par beau temps.

Après avoir visité les différentes pièces aménagées en salles d’exposition et fait quelques pas dans le parc, toujours sous une pluie persistante, nous reprenons le car pour rejoindre l’Hôtel de la Poste où nous allons déjeuner : Déjeuner toujours aussi convivial et gastronomique.

En sortant, la vitrine du restaurant nous rappelle que nous aurions pu déguster un pied de cochon (malheureusement cela n’était pas prévu au menu mais y aurait-il eu beaucoup d’amateurs ?)

 

 

A la grande joie de tous et d’une manière inespérée, le soleil montre le bout du nez à la sortie du restaurant et daigne nous accompagner pour la visite de Sainte-Ménehould.



Il nous faut déjà traverser un bras de l’Aisne pour parvenir à l’Office de tourisme. Nous regrettons de ne pas avoir le temps de faire le tour de la ville en pédalo. 

Ce pêcheur qui vient de sortir un petit goujon démontre que la nature est partout très proche. 

 

 

 

 

Un peu plus loin nous passons devant la gendarmerie qui s’est installée à la place de l’ancienne Poste Royale, célèbre par la fameuse arrestation du roi Louis XVI. 

Une version légèrement différente nous est proposée : le maître de poste, Drouet n’aurait pas pris toute l’initiative qu’il s’est attribuée par la suite, que croire ?

Deux guides nous accompagnent pour cette découverte de la ville que personnellement j’ai traversé assez souvent sans m’y arrêter.

Au départ, sur la place du Général Leclerc, un bref rappel historique nous explique l’homogénéité de style de cette place de l’Hôtel de ville : l’incendie de 1719 avait entièrement ravagé la vieille ville qui se blottissait au pied du tertre du Château et l’ingénieur du Roi Louis XV, Philippe de La Force reconstruisit la cité dans le style de l’époque, en briques roses à chaînes de pierre et toitures d’ardoises bleutées.

Comme le confirme la date sur le fronton, l’hôtel de ville fut commencé en 1730. Le corps de bâtiment à gauche abritait le Palais de Justice, lui-même prolongé par la prison. A son retour de Varennes, Louis XVI aurait emprunté ce passage et à la vue des prisonniers aurait donné sa bourse, mais une autre version nous affirme qu’il aurait été reçu à l’Hôtel de Ville et que la foule l’aurait acclamé au balcon…

Un charmant petit chemin, un peu pentu au goût de certains, nous mène au tertre du « Château » d’où nous bénéficions d’une belle vue sur la ville basse et la place de l’Hôtel de Ville.

 

Au-dessus de nous, une statue de Sainte Ménehould permet de faire connaissance avec la sainte qui a donné son nom à la commune.

Au Vème siècle, à la fin de la domination romaine en Gaule, l’Est de la Champagne était gouvernée par un homme de haute vertu, Sygmarius. Il résidait au château de Perthes aujourd’hui disparu. A l’extrémité Nord de sa province était construite une forteresse sur un rocher surplombant le confluent de l’Aisne et de l’Auve. Quelques maisons s’accrochaient au flanc de cette butte et formaient avec la forteresse la ville de Château-sur-Aisne qui deviendra Sainte-Ménehould.

Le Comte Sygmar et son épouse Lintrude eurent 7 filles dont la plus jeune se nommait Ménehould.

Son histoire nous est contée en détail par les vitraux de l’église Notre-Dame-du-Château :

 

 


Détail de la scène du miracle de Ménéhould 

  1        1 : Baptême de Ménehould.

  4  2     2 : « Comme Ste Ménehould aux leçons du Prêtre. »       

  5  3    

L’éducation de la jeune fille fut assurée par un prêtre nommé Eugène qui dispensait ses cours dans le château du Comte Sygmarius à Perthes.

         3 : « Comme Ste Ménehould et ses sœurs recevront le voile de St-sur-Aisne. Alpin, évêque de Châlons. »

En cette époque troublée où des hordes de Huns ravageaient la Gaule, les jeunes filles devinrent des religieuses en recevant le voile de lin blanc, symbole de pureté.

     4 : « Comme Ste Ménehould arrive au Château-sur-Aisne. »

Souvent Sygmar résidait dans notre ville qui n’avait pas encore pris le nom de Sainte Ménehould et s’appelait Château-sur-Aisne.

   5 : « Comme Ste Ménehould fit sourdre la fontaine de Coste-à-Vigne. »

Un jour d’été, les paysans passèrent près de l’ermitage où se retirait souvent Ménehould. Celle-ci, à l’aide de sa quenouille, fit jaillir une source.

 

       

6         6 et 7 : “Comme Ste Ménehould a bâti pour les   

7  9       pestiférés de l’hospice.”  Ménehould dans sa bonté 

8 10     s’occupait des malades nombreux dans cette région marécageuse qui s’étendait au pied de la forteresse.

        8 : « Comme Ste Ménehould à Bienville rendit sa précieuse âme à Dieu. » Vers la fin de sa vie, Sainte Ménehould s’était retirée à Bienville dans un territoire légué par son père.

La Sainte y mourut le 14 octobre en l’an 490 ( ou en l’an 500 ).

        9 : « comme le bras et le coste de Ste Ménehould advinrent à cette église le … »  C’est en 1378, que jehan de Saulx et quelques bourgeois ramenèrent des reliques de la Sainte.

     10 : « Comme Ste Ménehould notre patrone protège sa cité. » A toutes les époques, de nombreuses personnes, comme dans le cas présent Louis XIII, sont venues chercher une aide auprès de Sainte Ménehould.

Dans l’église Notre-Dame, nous admirons une « Dormition de la Vierge » du XIVè siècle de facture naïve qui représente : à la tête et aux pieds de la Vierge, deux enfants en pleurs et derrière, huit apôtres, un livre à la main.

Un peu plus loin, le chapiteau « des cochons » représente un paysan ou un moine gardant des porcs qui mangent des glands, les chênes sont symbolisés par des feuilles lobées. Cette scène rappelle ce que l’on nommait « la glandée » : les porcs étaient nourris directement dans la forêt. Cet élevage intensif est peut-être à l’origine de la fameuse recette du « Pied de Cochon à la Sainte Ménehould ». (40 heures de cuisson serrés dans un linge puis rôti au four).

Cette charmante église recèle également un baptistère en marbre et en cuivre où le 5 janvier 1639 fut baptisé l’autre célébrité de la ville : Pierre Pérignon qui deviendra Dom Pérignon.

         

Le retour au point de départ est plus aisé, l’escalier ménage quelques paliers d’où notre guide Christine nous décrit la ville basse et ses toits aux tuiles romanes avec, au fond,  sa nouvelle église Saint-Charles du XIXè, de style néo-roman, restée inachevée, qui ne mérite pas le détour …

Mais il nous faut se dépêcher car le car est prêt à partir pour la prochaine étape

En effet, messieurs Jacques Jouêtre et Henri Martin nous attendent au Bois d’Epense à l’entrée du village des Islettes pour nous faire partager leur passion pour les faïences des Islettes.

 

 

Nous nous séparons en deux groupes devant le Corps de Logis. C’est le seul bâtiment conservé de ce qui constituait l’ancienne faïencerie des Islettes qui comptait 300 ouvriers en 1830.

A gauche, la Chapelle accueille leur magnifique collection de 6000 pièces dont un tiers vient des Islettes.

 

 

Sur le côté du Corps de Logis subsistent quelques appentis où M. Henri Martin regroupe ses « trouvailles » qu’il découvre au hasard des travaux dans le domaine.

Ici, il nous présente une assiette au décor de « petit feu ».

 

Cette caissette permettait de protéger les pièces pendant la cuisson au four. Les plats et assiettes étaient supportées en trois points par des « pernettes », petits supports en terre cuite en forme de trièdre dont nous distinguons l’extrémité.

 

Vue d’un moule d’anse avec une anse très approchante. Ces « rebuts » ne donnent qu’une idée du matériel utilisé car on peut supposer que les maîtres-ouvriers ont emporté avec eux tout ce qui pouvait encore servir lors de la fermeture de la fabrique.

 

Les tessons sont regroupés ce qui permet ainsi d’identifier les pièces qui présentent des motifs approchants. Ici, par exemple, la queue de ces coqs part du milieu du dos.

Ces rouges et ces verts sont typiques des Islettes.

 

Ensuite nous retrouvons M. Jacques Jouêtre qui nous fait admirer les plus belles pièces de son « musée ». Il est intarissable et chaque assiette ou plat fait l’objet d’un commentaire toujours très pertinent mais aussi teinté d’humour et de malice. Nous terminons, si l’on peut dire, par ces deux assiettes qui figurent Jacques-Henri Bernard et son épouse Marie Parpaite.

Il nous faudrait infiniment plus de temps pour tout détailler mais nous ne pouvons pas abuser de l’amabilité et la gentillesse de Monsieur Jouêtre. 

De plus, il est temps de rentrer car notre chauffeur de car risque de dépasser son temps de conduite journalier. 

 Lucien WARDEGA

 

   

 Répertoire 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

braux_douves.gif

braux_pigeonnier.gif

braux3.gif

braux_maquette.gif

braux_statue.gif

ste_place.gif

ste_ruelle.gif

ste_haut1.gif

ste_haut2.gif

ste_vitrail_1.gif

ste_vitrail_2.gif

ste_vitrail_3.gif

baptistere.gif

chapiteau_cochon.gif

ste_haut.gif

islettes_1.gif

islettes_gourde.gif

islettes_croix.gif

islettes_coq.gif

islettes_coq_2.gif

 

   

 Répertoire 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dom Pérignon a passé son enfance au cœur de 1Argonne

Le célèbre moine qui a découvert le champagne est né à Ste-Ménehould et a grandi à l'abbaye de Moiremont. Il est mort il y a tout juste 300 ans.


Pour Patrick Desingly, c'est à Moiremont que Pierre Pérignon à trouvé sa vocation.

Pour le commun des mortels, Dom Pérignon est invariablement associé au champagne. L'homme d'église est à t'origine de la découverte de la méthode qui a permis de faire mousser le vin en bouteille lorsqu'il était à l'abbaye Saint-Pierre d'Hautvillers, près d'Epernay. Mais peu de gens savent que Pierre Pérignon est né à Sainte-Ménehould fin 1638 ou début 1639. Pour la petite histoire, le moine a exactement vécu à la même époque que le Roi Soleil, Louis XIV étant décédé juste avant lui le 1er septembre 1715.

Demain cela fera exactement trois cents ans que Dom Pérignon est mort. À ce sujet, des festivités seront organisées le 27 septembre à Hautvillers pour commémorer l'anniversaire de sa disparition. Des représentants de l'office de tourisme de Sainte-Ménehould seront associés à cet hommage. « Avant 1914, Moiremont avait gardé des liens très étroits avec Hautvillers, rappelle Patrick Desingly, le maire de la commune argonnaise. Dans l'entre-deux-guerres, des essais avaient été faits pour replanter des vignes ici en souvenir de Dom Pérignon. Il reste d'ailleurs encore un pied de cette époque sur les hauteurs du village. »

Issu d'une famille aisée, Pierre Pérignon perd sa mère alors qu'il n'a que sept mois. Afin de parfaire son éducation, son père décide de l'envoyer à Moiremont. « Il y avait une abbaye bénédictine très importante dont l'implantation remonte à 707, explique l'élu. La vie religieuse était très présente en Argonne. »

Pierre Pérignon y restera jusqu'à l'âge de 13 ans. « Je suis convaincu que c'est lorsqu'il était ici qu'il est tombé dans la vie religieuse et qu'il a trouvé sa vocation », assure-t-il. Fervent défenseur de l'histoire locale et de l'Argonne en général, Patrick Desingly est intarissable sur le sujet. « Monsieur Jean Depors avait une grande connaissance de Dom Pérignon, se souvient l'ancien président de l'office de tourisme. C'est lui qui m'en avait longuement parlé.

Le vin du diable est devenu le vin de Dieu

Après un passage à Châlons-sur-Marne, Pierre Pérignon entrera en 1656 au monastère bénédictin de Saint-Vanne à Verdun, « C'est là qu'il prononcera ses vœux de moine en 1658, poursuit Patrick Desingly. Il sera ensuite ordonné prêtre à 27 ans. » En 1668, il rejoint l'abbaye d'Hautvillers. » Elle est dédiée à Saint-Pierre, rappelle ce passionné, comme le prénom de son père et le sien: Ce n'est pas un hasard à mon avis s'il a émis le souhait d'aller là-bas. »

Il tient alors la charge de procureur, une fonction très importante à une époque où les monastères possèdent de vastes domaines qui leur permettent de tirer des produits destinés à la vente. Et notamment le vin issu de l'exploitation des vignes que possède le domaine. « Pour moi, c'est l'impôt qui est à l'origine de la découverte du champagne, image Patrick Desingly. Les vignerons payaient la dîme, notamment en amenant du raisin à l'abbaye qui venait des alentours d'Hautvillers. C'est en assemblant ces différents cépages que Dom Pérignon est parvenu à faire cette découverte. »

« C'est la connaissance du bon effet que produisent les raisins de trois ou quatre vignes de différentes qualités qui a porté à la perfection les fameux vins de Sillery, d'Ay et d'Hautvillers. » Le père Pérignon est le premier qui se soit appliqué avec succès à assortir ainsi les raisins des différentes vignes », écrivait en 1763 l'abbé Pluche, originaire de Reims. « A l'époque, on disait le vin fou ou le vin du diable, conclut le maire de Moiremont. On peut dire maintenant que c'est devenu le vin de Dieu. »

Un doux breuvage né de l'imagination d'un Argonnais que rien ne prédestinait à connaître une telle renommée.

Stephen THIEBAULT

Extrait de l'union 12/09/2015

 

   

 Répertoire 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les visiteurs plébiscitent le château

Ouverte au public depuis le 11 juillet, l'ancienne seigneurie militaire a attiré un public nombreux cet été. D'autres rendez-vous sont également prévus en septembre.


Les jeux anciens en bois ont rencontré un très vif succès cet été au château de Braux-Sainte-Cohière

Pour la famille Pernin, propriétaire du château depuis 2014, les vacances n'ont pas été de tout repos. Après avoir entrepris quelques rénovations et remises en état avec des bénévoles de l'association les amis du château de Braux-Sainte-Cohière, elle avait souhaité -proposer une série d'animations autour du thème des chevaliers.

C’est ainsi que durant la période estivale, les visiteurs ont pu découvrir l'édifice qui date des XVI° et XVII° siècles et oui fut construit à la demande de Philippe de Thomassin, gouverneur royal de Châlons. De nombreux jeux anciens en bois étaient à disposition des petits et des grands, alors que plusieurs pièces du château avaient été amé nagées pour une plongée dans le temps.

Des ateliers étaient également proposés aux plus jeunes (contes, cuisine, vieilles chansons françaises). De même, le parc était ouvert au public. « Les pique-niques ont très bien marché, apprécie Anne-Héloïse Pernin. On va rajouter des tables dans les jardins pour l'année prochaine. »

« Ce qui est positif, c'est que nous avons vu de nombreuses personnes revenir »
Anne-Héloïse Pernin. propriétaire du château

Plus de 1.700 entrées

D'une manière générale, la satisfaction était de mise. « Nous avons de très bons retours de la part de ceux qui sont venus, poursuit-elle. II n’y a qu'à lire les commentaires sur le livre d'or, c'est très motivant. Ce qui est positif c'est que nous avons vu de nombreuses personnes revenir. D'une manière générale, le bouche-à-oreille à très bien fonctionné. » Au total, plus de 1.700 visiteurs sont venus voir à quoi ressemblait un édifice qui était inoccupé depuis une dizaine d'année.

 l'image de ce couple de Moiremont en visite avec ses petits-enfants. « C'est très bien d'avoir rouvert le château, expliquent les retraités. il y a de quoi faire pour tout le monde. » Pendant que les plus jeunes s'essayaient aux joutes, les grands-parents venaient découvrir la salle d'armes. Un peu plus loin, d'autres enfants s'amusent sur les jeux qui suscitent également la curiosité des adultes.

Si le château ferme ses portes aujourd'hui à 18 heures, il sera de nouveau ouvert tous les week-ends du mois de septembre, notamment à l'occasion des journées du patrimoine. « Le 20 septembre, en plus des activités que nous avons, nous proposerons un atelier calligraphie, ainsi qu'un autre qui permettra de fabriquer des heaumes (casques de chevaliers) », explique Anne-Héloïse Pernin. Et cette dernière de préciser également que les groupes scolaires qui le souhaitent pourront visiter le château tout au long de l'année. De quoi permettre de faire découvrir encore un peu plus l'un des joyaux du patrimoine régional.

Stephen THIEBAULT

•. Renseignements au 07 82 92 64 78 au sur www.chateaudebraux.com

Extrait de l'union 30/08/2015

 

   

 Répertoire 

 

 

 

 

 

 

 

La faïencerie des Islettes

 

Plats et tessons de collection


Jacques Jouètre dans la chapelle de la propriété du Bois d' Epense.
La collection compte six mille pièces dont le tiers vient des Islettes.

A l'égal de la porcelaine de Vincennes ou de Sèvres, la production des Islettes est rare et chère. Les amateurs peuvent en voir sans se ruiner à la propriété des faïenciers, un musée pendant l'été.

Tasses à café et leur soucoupe, panetières, soupières et coupes à fruits, pique-fleurs,  plats  à  barbe,  " rafraîchissoirs " et pots-pourris. Au chiffre de la Grande Catherine ou parés d'un nuancier pour les besoins des ouvriers,six mille objets sont alignés, répertoriés comme au musée.

Comme au musée, car celui-là n'existe pas encore. En espérant sa création pour accueillir leur donation, Jacques Jouètre, l'avocat, et son indivisaire Henri Martin, le technicien du cinéma, exposent pendant l'été une partie de leur collection. Dans la chapelle qui borde la propriété du Bois d'Epense, sur le site même de l'ancienne faïencerie des Islettes dont la production est si recherchée, les amateurs sont invités à partager cette inépuisable fascination. Aujourd'hui à la retraite, tous deux dépensent sans compter, capables de sacrifier jusqu'au confort de la maison pour une nouvelle acquisition. Un lot de deux plats s'est trouvé à vendre au mois de novembre, surgi de nulle part sur le marché de l'art.

Des raretés, peut-être même des pièces uniques, par conséquent si désirables... Le chauffage central pouvait attendre, pas les deux plats.

Islettes et chinoiseries

Le Bois d'Epense est une petite enclave marnaise dans le département de la Meuse, à quelques kilomètres de Sainte-Ménéhould. Avec ou sans chauffage, la vaste demeure de Jacques et Henri n'a sans doute guère changé depuis le XVIIIe siècle, quand vivaient ici François Bernard et Barbe Aubry. Le couple, originaire des environs de Lunéville, a fait construire ce beau logis vers 1780, moins de vingt ans après la fondation de leur faïencerie. A l'apogée, en1800, la manufacture des Islettes employait trois cents personnes.

Jacques, dont la grand-mère possédait à proximité une résidence, a réussi avec son ami à sauver la maison des faïenciers, promise à la démolition. Il ne reste malheureusement rien des ateliers, détruits cent ans après le déclin et l'abandon.

Sage commerçant

Bien avant l'ère de l'industrialisation, la faïencerie des Islettes avait trois types de production. La première, dite des « culs noirs » en raison de la couleur du dos des récipients, était purement utilitaire. La seconde, traditionnelle, s'agrémentait d'un décor floral assez soigné. La troisième, la plus belle, n'avait d'autre destination que l'ornementation. Son renom est justifié par la gaieté de l'inspiration et la fraîcheur des coloris.

Dans les assiettes volettent tous les oiseaux de la région. On trouve aussi d'inévitable chinoiseries, en vogue à cette époque. Un chasseur persan, seul exemplaire connu de ce motif. Marie Parpaite, belle-fille des artisans. Un lapin, un cochon, un sanglier. Plus exotiques, une girafe et un perroquet. Des attributs de la Révolution, mais également la fleur de lys car François Bernard était un sage commerçant.

Des fragments, ramassés dans le jardin au gré des pluies ou des travaux, donnent parfois d'émouvantes indications sur les recherches des ouvriers.

« Bleu pour peindre les vases de Mme Bernard », a écrit un coloriste sur un minuscule morceau de terre. Il va sans dire que Jacques et Henri accordent à ce tesson les plus grands égards.

Franck Leclerc                   

François et Barbe sont de retour

Achetés à prix d'or aux enchères, deux plats viennent de rejoindre la collection de Jacques Jouètre et Henri Martin. L'un représente François Bernard et l'autre Barbe Aubry. Le couple est peint dans des habits d'Ancien Régime, non pas dans la tenue des artisans. Cette représentation remonte sans doute à Louis XVI.

L'atelier des Islettes avait prospéré, les faïenciers étaient devenus des gens aisés. Les plats ont vraisemblablement passé deux siècles dans une collection privée de la Marne ou de la Meuse avant d'apparaître sur le marché de l'art en novembre 1999. Adjugés à Jacques et Henri sous le marteau de Me Jacques Tajan, ils ont échappé au droit de préemption qu'un grand musée pouvait faire jouer. « François Bernard et Barbe Aubry risquaient de ne jamais revoir le Bois d'Epense, nous étions ravis de les faire rentrer à la maison », sourit Jacques Jouètre.


François Bemard et son épouse Barbe Aubry,
fondateurs de la faïencerie du Bois d'Epense à la fin du XVIIIe siècle.

Extrait de l'union 07/2000

 

   

 Répertoire