L' Abbaye d'ORBAIS - 51

 

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Histoire de l'Abbaye d'Orbais 

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       Le village d'Orbais l'Abbaye, qui compte environ 600 habitants et doit sans doute son nom (Orbacum) à l'abbaye, était autrefois une petite ville  - munie de franchises et de prérogatives, entourée de murailles, encore en partie visibles au nord en contrebas du village.

A l'intérieur des  murs,  non loin de l'abbatiale,  s'élevait un château ou palais appelé "Salle Saint-Michel", où selon les traditions, les Rois de Neustrie puis de France avaient coutume de faire étape au cours de leurs voyages et de se reposer au retour de la chasse. Cet édifice a été détruit en 1420.  L'existence de cette halte royale, les dimensions de l'Abbaye, comme plus tard la qualité des abbés commendataires, laissent penser que la "ville"  et le monastère,  ont occupé pendant plusieurs siècles une place éminente parmi les lieux du pouvoir spirituel et temporel de Champagne.

La commune d'Orbais l'Abbaye, propriétaire de l'église abbatiale, en assure, avec la participation de l'Association des "Amis de l'Abbatiale", la conservation, l'entretien et la mise en valeur, sous la tutelle de l'Administration des monuments historiques.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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09/2001 


     L' Abbaye d'ORBAIS    

Fondée à la fin du VIIe siècle par Saint-Réol(e) vingt septième évêque de Reims,l'abbaye bénédictine d'Orbais (Orbacum en latin) est située aux confins de la Brie Champenoise, dans la vallée du Surmelin petit affluent de la rive gauche de la Marne. Selon la tradition, les premiers moines qui vinrent s'installer à Orbais,au nombre de six, étaient originaires du Moûtier (monastère) de Rebais (Seine et Marne) et suivaient la règle de Saint-Benoît ; les terrains sur lesquels l'abbaye fut édifiée auraient été apportés aux religieux sous forme d'un don par Thierry ler Roi de Neustrie.

L'abbaye, qui compta jusqu'à 113 religieux, connut de longues périodes de prospérité et participa activement au  rayonnement  intellectuel  et  spirituel  des  communautés religieuses de son temps ; elle fut pendant tout le Moyen Age un lieu d'enseignement et d'échanges culturels.

Elle a certainement exercé une fonction importante dans le diocèse de Reims dont elle dépendait ; jusqu'en 822 l'évêque de cette ville, dans la crainte de l'irruption des Normands, fit transporter le corps de Saint-Rémi dans l'abbatiale où il devait rester jusqu'en 883.

Pour autant, elle ne fût pas épargnée par les fléaux qui ravagèrent l'Europe, depuis l'époque des grandes invasions jusqu'à la Renaissance.

Malgré la rareté des documents antérieurs au XVIe siècle, en raison de la destruction des archives de l'abbaye pendant la guerre de Cent ans, on peut déduire des indications fournies par diverses sources que le monastère fut dévasté à quatre reprises :- vers  840,  pendant les troubles qui éclatèrent au moment du partage de l'empire carolingien ; - en 936, au cours des invasions des Normands et des Hongrois ;- en 1420, par les Anglais, à la fin de la guerre de Cent ans ;- en 1564, par les troupes calvinistes pendant les guerres de religion.

A partir du XVIe siècle,  l'introduction des commendes et les pratiques des abbés commendataires provoquèrent un appauvrissement matériel de l'abbaye et contribuèrent à son déclin.

La décadence s'accéléra au XVIIIe siècle. Presque désertée par les moines dès avant la Révolution, elle fut définitivement fermée en avril 1791. 

De nos jours, il ne subsiste du monastère que l'église abbatiale, devenue église paroissiale en 1791, et la salle capitulaire située dans le presbytère, au nord de l'église.

L'abbatiale,  construite en pierre meulière,  a été édifiée sur l'emplacement d'une église primitive; commencée en 115$ elle fut achevée en 1235; elle appartient donc à la première et grande époque gothique comme la plupart des cathédrales de l'archevêché de Reims auxquelles elle est étroitement apparentée.

Elle est considérée par les historiens comme une illustration de la transition entre les tous premiers édifices gothiques encore tributaires du style roman et les grandes réalisations du"siècle des cathédrales".

Certaines des solutions architecturales retenues à Orbais se retrouvent à la cathédrale de Reims dont le premier architecte s'appelait Jehan d'Orbais : cette homonymie est peut être plus qu'une simple coïncidence.

A la suite des destructions,  incendies et accidents  (effondrement de la majeure partie de la nef du XVIIIe siècle) qui ont marqué son histoire, l'abbatiale ne comprend plus de nos jours que l'abside, le déambulatoire, le chœur, le transept et une travée de la nef : elle mesure trente huit mètres dans sa plus grande dimension, sans doute la moitié de sa longueur initiale ; la largeur du chœur est de douze mètres, la hauteur sous voûte de vingt et un mètres.

Les cinq chapelles qui s'ouvrent sur le déambulatoire sont éclairées par des fenêtres en plein cintre - dernière "concession" au style roman - alors que toutes les autres fenêtres de l'église sont en arc brisé.

L'élément le plus novateur, pour l'époque de la construction, est constitué par les fenêtres hautes de l'abside composées de deux lancettes surmontées d'un oculus.

Au XIVe siècle, une flèche en charpente cantonnée de quatre clochetons a été édifiée sur la croisée du transept.

De l'ensemble des verrières qui ornaient les fenêtres au début du XIVe siècle, ne sont parvenus jusqu'à nous que deux vitraux dans le transept et un vitrail dans la fenêtre centrale de la chapelle absidiale.

L'église a conservé les stalles sculptées entre  1520 et  1525  sous l'abbatiat du cardinal Louis de Bourbon-Vendôme. Le pavage du déambulatoire et du transept conserve de nombreux carreaux de terre cuite décorés, pour la plupart, de motifs géométriques, dont les plus anciens datent du XIIe siècle et les plus récents du XVIIIe siècle. A l'occasion d'importants travaux de restauration et de consolidations exécutés vers 1700, le choeur reçut un pavage de pierre de liais à compartiments noirs et blancs. Deux pierres tombales visibles dans le bras sud du transept sont les seuls témoins des nombreuses tombes des abbés, et sans doute également de quelques seigneurs, quel'église a abrité pendant des siècles.

   

     

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