L'EGLISE d' ASFELD  
 


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Quelques photos de la visite

 La Presse

 Histoires de clochers

L 'église Saint-Didier d' ASFELD  de nouveau ouverte

Asfeld : coup de génie, coût de folie

 

 Documntation

 Notice de l' Église.

Extraits du livret édité par Association pour la mise
en valeur et la sauvegarde du Patrimoine Asfeldois.
 

L'extraordinaire Église d' ASFELD
Puissance et fantaisie d'un grand seigneur
Pourquoi ce monument à Asfeld
Un dominicain bâtisseur : le frère François Romain
Un édifice déconcertant

Sites à consulter

ASFELD
WIKIPEDIA
Visite-de-l'église-d'asfeld
http://fmad.pagesperso-orange.fr/asfeld.htm
http://fmad.pagesperso-orange.fr/asfeld.htmisite

Visite Guidée

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  10/2010     

Quelques photos de la visite

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L'EGLISE d' ASFELD 

UN MONUMENT DE STYLE BAROQUE

 

On dit que l'église Saint Didier est de style baroque. Voici quelques lignes du Petit Larousse, à l'article Baroque ; " style qui a régné sur une grande partie de l'Europe au 17ème siècle et dans la première partie du I8ème...

En Art, le baroque veut étonner, toucher les sens, éblouir, et y parvient par des effets de mouvement et de contraste lumineux, de formes tendues et contrariées jusqu'à suggérer l'éclatement, de perspectives jouant du trompe-l'œil ; architecture, sculpture, peinture tendent à se fondre dans l'unité d'une sorte de spectacle dont le dynamisme scintillant traduit l'exaltation. Cet art trouve sa première expression à Some, chez les architectes chargés de terminer l'œuvre de Michel-Ange, Madreno et le Bernin..."

 Vers 1680, l'ancienne église St Didier menaçait ruine.

 "Le comte d'Avaux, qui était un homme dans le vent, dirions-nous aujourd'hui, voulait un édifice à la mode du jour. A l'époque, un architecte, un peintre, même un littérateur ou un homme du monde n'aurait pas trouvé complète son éducation artistique sans un séjour en Italie. C'est donc une inspiration .des églises Italiennes du temps qu'il faut chercher dans cette idée poétique de construire une église en forme de basse de viole ". (Livre de Mme Gilberte Tramuset, page 35).

Les plans ont été établis par Frère François Romain, dominicain originaire de Gand, l'un des ingénieurs-architectes les plus en renom à l'époque ; il fut aidé par Fleury, un architecte qui demeurait sur place. Le gros œuvre fut achevé en 1683 ;

l'église fut terminée, reçue et bénie en 1685. Le matériau utilisé est la brique ; ces briques furent fabriquées sur place.

 DESCRIPTION

En regardant l'église et le plan ci-dessus on remarque :

- Le plan en forme de basse de viole

- La coupole qui retombe en 10 pans, formant à  l'intérieur 10 renforcements ou chapelles (5 grands, 5 petits)

- Les tournelles, couloirs passant d'un renforcement à l'autre.

- Une galerie et des tribunes à l'étage.

- Les nombreuses colonnes.

- Sur le plan, on voit qu'il n'y a aucune ligne droite.

- L'entrée principale est un dôme elliptique, supporté par des piliers ronds ; le péristyle.

- La partie intermédiaire entre le péristyle et la partie principale figure le manche de l'instrument.

On reconnaît ici les caractéristiques du style baroque ; formes variées, et même compliquées, effets de mouvement et de contraste lumineux, le tout aboutissant à une belle unité ; un " monument souriant " a-t-on dit.

 QUELQUES CHIFFRES:

- pourtour extérieur : 145 m

- longueur : 44.82 m

- diamètre de la partie principale : 21.43 m

- nombre de piliers et colonnes : 138

 CHOSES A VOIR, OBJETS A REGARDER :

A l'INTERIEUR

* Les enfant aiment passer dans les tournelles

*  Au grand autel, 5 bas reliefs

    - l'un doré : les disciples d'Emmaüs "ils le reconnurent à la fraction du pain"

    - 4 colorés représentant :    

            - à la Cène, l'apôtre Jean sur la poitrine de Jésus

            - un ange réconforte Jésus au jardin de Gethsémani    

            - crucifixion - "de son côté il sortit du sang et de l'eau..."

            - l'apparition du Christ à Sainte Marguerite-Marie

* Dans les chapelles, 8 petits vitraux rectangulaires représentant des scènes évangéliques

    - la Visitation (Marie visite sa cousine Elisabet)

    - l'Annonciation

    - le Baptême de Jésus

    - Jésus au milieu des docteurs de la loi      

    - la Cène

    -l'Ascension

    - la naissance de Jésus (la crèche)

    - la Sainte Famille à Nazareth

* Suspendu à la base de la coupole, une icône donnée par le peintre LOUKINE lors de la 2ème Biennale des Arts à Asfeld en 1983 ; Marie soutient la barque de l'église, dans laquelle on reconnaît les apôtres Pierre et Paul.

* Les statues de l'église n'ont pas de valeur exceptionnelle ; elles, ont été peintes de la même couleur que l'intérieur de l'église. On reconnaît :

    - L'Evêque Saint Didier, patron de l'église

    - La Vierge et l'Enfant- Saint Paul (portant une épée)

    - Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus (portant des rosés)

    - Sainte Jeanne d'Arc (armure et oriflamme)

    - Le Christ (Sacré-Cœur)

    - Saint Pierre (portant une clé)

    - Saint Joseph (tenant un lys)

* L'orgue : 7 jeux, construit vers 1900 par Clovis RENAULT de Signy le Petit

A L'EXTERIEUR

On observera facilement :

        - le caractère imposant de l'édifice

        -  la construction compliquée (clocher, toiture, dômes piliers)

        - la beauté de l'ensemble (colonnes de briques rouges)

Pour se procurer des documents et des cartes postales sur l'église et sur Asfeld, on peut s'adresser à la boulangerie (sur la place Grand'cour) ou au secrétariat de Mairie (près de l'Église à l 'extrémité du terrain de football).

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Eglise Saint-Didier
1683


Commune d'ASFELD
(Ardennes)

Association pour la mise en valeur et la sauvegarde du Patrimoine Asfeldois.

 L'extraordinaire Eglise d' ASFELD

 
Vue aérienne

A fait l'objet de 2 récentes campagnes de restauration.

1994-1995 Réfection du porche, du vestibule et de la nef,

1998-2001 Réfection de la rotonde, des chapelles et absidioles.

Pour célébrer la fin de ces travaux, l'Association du Patrimoine, avec l'aide de la Société Française de Viole,a programmé en Juin 2002 le premier Festival International de Viole de Gambe, instrument de musique dont l'architecte s'est inspiré pour donner la forme à cette Église baroque.

 Répertoire 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Asfeld est un aimable bourg du Sud des Ardennes, à une trentaine de kilomètres au nord de Reims. De loin, on voit émerger, au-dessus des maisons basses, un dôme majestueux, assez inattendu en ce lieu. En effet, Asfeld possède une des plus étonnantes églises bâties à l'époque classique.

Cette petite ville a eu le privilège d'avoir trois noms successifs au cours des XVII et XVIIIème siècles. D'abord Ecry, son fief fut acheté en 1670 par Jean-Jacques III de Mesmes qui possédait déjà la proche seigneurie d'Avaux que Louis XIII avait érigée en Comté. Le siège du Comté fut alors transféré à Ecry qui prit le nom d'Avaux-la-Ville. Le domaine seigneurial fut enfin acheté en 1728,  par la  famille d'Asfeld, titulaire d' un marquisat, et Avaux devint Asfeld.

Puissance et fantaisie d'un grand seigneur

On doit la construction de cette extraordinaire église, qui fait la parure du village ardennais, à Jean-Jacques III de Mesmes. Originaire du Béarn, les de Mesmes étaient des gens de robe qui occupèrent de hautes fonctions. Jean-Jacques III accéda à la présidence à mortier (l) du Parlement (l) Mortier : bonnet de velours noir bordé de galon d'or, par le chancelier de France et les grands présidents, ou présidents à mortier (définition du lexis Larousse), de Paris ; II fut au surplus prévôt et grand-maître des cérémonies du roi et  même membre  de  l'Académie Française. Ajoutons qu'il était à la tête d'une immense fortune qui se révéla bien nécessaire pour la réalisation des grands travaux qu'il entreprit au chef-lieu de son comté. Il voulut que cette nouvelle église soit somptueuse. Cet édifice devait prendre la place de l'église déjà existante, parvenue en fort mauvais état. Mais cette décision ne fut pas du goût de la population qui se laissa aller à un véritable mouvement de révolte. Les habitants se réunirent et s'insurgèrent vigoureusement pour n'avoir pas été consultés. « Ils protestèrent contre la destruction de la nef accomplie sans leur aval, bien qu'elle ait été reconnue leur propriété incontestable, ainsi que le terrain même de l'église. Ils rappelèrent qu'ils avaient payé les précédentes réparations, et résolurent donc d'assigner l'entrepreneur en justice pour le contraindre à réédifier la nef au même endroit et à leur payer des dommages et intérêts pour privation de jouissance ».

A la vérité,  les gens d'Avaux avaient peur d'être contraints à une lourde contribution financière.  Les choses s'arrangèrent lorsque Jean-Jacques de Mesmes déclara qu'il prendrait à sa charge une grande partie des dépenses. Les villageois acceptèrent alors d'apporter leur contribution financière et d'assurer les charrois de matériaux. Ils abandonnaient d'autre part le terrain de l'ancienne église dont les matériaux de démolition serviraient aux fondations du nouvel édifice. Il n'y a pas de petites économies...

La construction coûta, en fait, fort cher. La dépense avait été primitivement fixée à 9.000 livres, sans compter la valeur des matériaux récupérés par la démolition de l'ancienne église.

Mais des agrandissements et des embellissements vinrent accroître le projet, sur les ordres du Comte d'Avaux dont la part fut portée à 15.000 livres. La dépense totale s'éleva, pendant les cinq années que dura la construction, à un total de24.000 livres.

Il y a lieu, au demeurant, de se demander si l'attitude rétive de la population ne venait pas pour beaucoup de la nature du projet dont elle avait certainement eu connaissance. Aujourd'hui encore, ce projet nous déconcerte.


Plan de l'église, relevé par M. Rocard, architecte en chef des Monuments Historiques.

On ne peut s'empêcher de le comparer à un miroir à main. A l'est, la rotonde, qui constitue le sanctuaire proprement dit. Au centre, le vestibule au-dessus duquel s'élève la tour-clocher. A l'ouest, le porche de plan elliptique.


Vue générale prise du sud-est.

A droite, la rotonde, dont on peut admirer l'architecture aux courbes savamment étudiées.

 A plus forte raison pouvait-il heurter des villageois, habitués à un typed'églises rurales, correspondant beaucoup mieux à leurs besoins et à leurs goûts qu'une immense église d'une architecture hors du commun. De fait, cette église est bien sans équivalent. On l'a dit d'inspiration italienne, mais on serait en peine de trouver son équivalent outre Alpes.

Pour la construction, une convention, dont le texte a été heureusement conservé, fut passée entre Jean-Jacques de Mesmes « Comte d'Avaux, conseiller d'Etat, Chevalier des Ordres du Roi, Grand Président en son Parlement de Paris », et un « maçon et tailleur de pierres » de la région, du nom de Jean Despère. Il faut seulement voir en celui-ci un entrepreneur. La convention spécifie en effet qu'il suivra « tout l'ordre qui lui sera donné tant par le sieur Fleury que par frère François Romain, qui conduiront les-dits ouvrages... »

Voilà donc deux noms d'architectes. Le premier, Fleury, est pratiquement inconnu. Il figure dans un acte notarial comme ayant rétabli la chaussée du pont de pierre. C'est une modeste référence. Le même texte le donne comme « architecte » à Avaux. A n'en pas douter, il a été l'homme de l'art chargé de diriger localement les travaux. L'architecte auquel on doit l'étonnant édifice est le frère François Romain.

 
Au premier plan, le porche, prolongé par la colonnade enveloppant le vestibule au-dessus duquel s'élève le clocher.

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La tour-clocher : une originale composition, toute en briques.

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Le porche de l'ouest : une élégante construction sur plan elliptique

 Un dominicain bâtisseur : le frère François Romain

Mais qui était donc le frère François Romain ? II ne figure pas dans les dictionnaires des architectes. Pourquoi ? Parce que le frère Romain est plutôt classé dans les ingénieurs. Certes, ce religieux bâtit des ponts mais la seule église d'Asfeld témoigne qu'il fut aussi un architecte d'un exceptionnel talent. François Romain était un Flamand. Né à Gand en 1646, II entra à vingt six ans au couvent des Dominicains de Maestricht. Il resta toujours fidèle à son ordre, malgré les travaux profanes qui  l'accaparèrent jusqu'à sa mort, intervenue à un grand âge.

Où et comment apprit-il son métier de bâtisseur ? Je n'ai pas pu trouver de documentation à ce sujet. Quoi qu'il en soit, il a dû faire très tôt ses preuves, car il n'avait pas quarante ans lorsque les Etats généraux des Pays-Bas le choisiront pour construire le pont du Maestricht. Son œuvre fut jugée remarquable au point qu'une pension considérable lui fut acquise et que sa réputation passa les frontières.

Louis XIV l'appela à Paris en 1685 pour diriger la construction du Pont Royal. Au début du XVII° siècle, un pont provisoire (dit Pont Rouge, en raison de la couleur des maisons environnantes) avait été construit en bois. Il connut bien des déboires pour être finalement emporté par les eaux à la suite d'une débâcle de glaces ce qui fit dire à Madame de Sévigné que le Pont Rouge partait pour Saint-Cloud ». Le roi prit à sa charge l'édification du nouveau pont en pierre ; l'œuvre fut difficile en raison des fonds de mauvaise qualité qui exigèrent d'importants dragages. L'inauguration eut lieu en 1689. L'ouvrage devenu le Pont Royal fut jugé excellent. « L'architecte a trouvé l'art que la prodigieuse largeur des arches ne leur donne point trop d'élévation et que l'on passe sur ce pont sans s'apercevoir que l'on y monte ». Ce pont a subi quelques modifications au XIX° siècle, mais il est demeuré dans sa primitive beauté.

A la vérité, les dessins du Pont Royal sont dus à Jules Hardouin Mansard, l'architecte du dôme des Invalides. Mais son bâtisseur est bien le frère Romain, qui eut le titre d'inspecteur général des travaux de ce pont. A ce titre, un traitement lui fut versé dès le début des travaux ce qui prouve bien qu'il assuma la construction de bout en bout. Après la retraite de Libéral Bruant, qui occupait la charge d'inspecteur des ouvrages des Ponts et Chaussées dans la généralité de Paris, Rouen, Caen et Alençon, le frère Romain fut en 1695, investi de cette charge dans la généralité de Paris ce qui ne l'empêcha pas de travailler dans d'autres provinces. Il serait intéressant de rechercher les ouvrages qui lui sont dus. L'un d'eux est bien connu : c'est le Pont de Meaux dont la réfection avait fait l'objet d'un devis de Libéral Bruant. Le frère Romain y remplaça les arches de bois par des voûtes en pierre. On sait que cet ouvrage, naguère si pittoresquement bordé par les moulins de la Marne, a été conservé dans son gros œuvre. Déchargé en 1725 d'une partie de son service actif en raison de son grand âge, le frère Romain mourut en 1735 à quatre-vingt-neuf ans et fut inhumé en l'église de Saint-Thomas d'Aquin qui était l'église du noviciat général des Dominicains. Me suis je trop étendu sur la personnalité de ce bâtisseur ? II mérite d'être remis en valeur. Au demeurant, son œuvre capitale n'est point tant la construction de ponts que l'édification de l'église d'Asfeld, par laquelle il a affirmé la puissante originalité de son talent.

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 Un édifice déconcertant


Le visiteur qui se trouve en présence de cette église est saisi par l'ampleur de l'édifice. Parfaitement dégagé, précédé par une vaste esplanade, son architecture est insolite, puissante et légère à la fois, présentant tout un jeu de courbes et de colonnes, colorée de belles teintes rosés dues à la brique dont elle est entièrement construite, à l'exception des soubassements.

La pierre à bâtir est rare dans la région et les briques furent cuites aux environs même d'Asfeld. On reste rêveur devant leur nombre mise en œuvre, d'autant que la construction fut menée tambour battant. Elle était achevée en 1683, comme en témoigne cette date plaquée en lettres de bronze sur l'église.

Il semble que cette architecture, bien qu'elle détonnat en pleine période du classicisme français, ait été accueillie avec ferveur. Un haut dignitaire ecclésiastique, délégué par l'archevêque de Reims pour bénir l'église, consigna dans son procès verbal que « l'église était solidement bâtie et d'une belle structure ». Notons cependant que l'édifice est fragile et qu'il a dû être l'objet d'importantes réfections et consolidations notamment des reprises en sous-œuvres, qui n'ont d'ailleurs, en aucune façon, dénaturé l'ouvrage du frère François Romain.


Une vue intérieurs de la rotonde.
Un festival de colonnes, pour soutenir le dôme et pour orner les tribunes qui courent tout autour de l'édifice
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Le plan que nous reproduisons nous dispense dans une large mesure de le décrire. Une comparaison s'impose on dirait un miroir rond, avec sa poignée. On distingue, dans la longueur, trois parties : la grande rotonde, !e vestibule qui supporte la tour-clocher et le porche.

La rotonde constitue l'église proprement dite. Mesurant 25 m hors œuvre, elle est couverte d'un dôme surbaissé porté par trente fortes colonnes, les unes isolées, les autres jumelées. Sur le pourtour, s'inscrivent quatre chœurs et cinq absidioles, qui communiquent par un passage ménagé derrière les piliers forts. Au premier étage, est ménagée une tribune continue, ornée de quatre-vingt-douze petites colonnes. Rien n'est plus habile que cette structure, d'un dessin rigoureux, dans laquelle les colonnes, cependant si abondantes, s'inscrivent logiquement, sans jamais alourdir l'ensemble,

La tour-clocher, couverte d'un dôme en charpente, est une masse imposante allégée aux angles par deux colonnes entre lesquelles sont placées des sortes de pots monumentaux et que surmontent des pyramides. Quant au porche, c'est une très élégante construction de plan ovale, dont les colonnes se prolongent en une colonnade sur la base de la tour.

On peut être surpris par une telle église. D'abord par sa démesure, hors de proportion par rapport au bourg auquel elle était destinée. Ensuite, par un luxe d'éléments vraiment superflus, comme le porche spacieux et la colonnade qui le prolonge ; ils ne sont qu'une fantaisie décorative. Mais tout l'édifice ne devait-il pas être une image de marque pour le tout puissant seigneur d'Avaux qui, ayant accédé aux plus hautes charges, ne dédaignait pas d'éblouir ses contemporains.

Mais, par-dessus tout, on retient le plan et la conception architecturale. On ne peut les rattacher à aucun autre monument de l'époque. C'est l'oeuvre d'un maître, de ce frère François Romain demeuré injustement trop méconnu. Il s'est complu à de réelles virtuosités qu'on admire en détaillant l'édifice. C'est ainsi qu'on constate qu'à l'exception du clocher, il a rejeté les lignes droites, s'adonnant systématiquement aux courbes, qui donnent à son architecture une séduisante souplesse. L'église d'Asfeld, toute originale, baignant dans la chaude couleur des briques est un monument souriant. Quant à lui chercher un modèle, une paternité, ce serait un jeu vain. On est forcé d'admirer ce XVII° siècle, capable de concevoir et d'appliquer les formules architecturales les plus variées.

Henri-Paul Eydoux

Bibliographie

Histoire de la vie d'Asfeld, par Giiberte Tramuset (Edition de la Société d'Etudes Ardennaises) : l'Eglise d'Asfeld, par Henri Jadart, dans Congrès archéologique de France 1887.

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Pourquoi ce monument à Asfeld
par Gilberte TRAMUSET 


A l'origine, l'intérieur de l'Elise était peint et décoré comme on peut le voir sur cette photo.

Après la restauration du dôme central, en 1970, l'ensemble des murs, colonnes, corniches, plafonds et statues fut repeint en blanc cassé pour éviter de remettre en état certains dessins abîmés.

Aujourd'hui, le service des Monuments Historiques envisage de remettre à jour ces peintures et embellissements lors d'une autre tranche de travaux. (lors de votre visite, vous pourrez observer sur les parois quelques petits rectangles où les techniciens ont fait réapparaître les peintures).

Évidemment, c'est une église extraordinaire. Personne n'a jamais entendu parler d'une église en forme de viole, et je ne crois pas me compromettre beaucoup en disant qu'elle est unique en France, et même probablement au monde. Mais pourquoi un monument aussi original dans un village ignoré ? C'est la question qui nous est très souvent posée. Pour le comprendre, il faut se reporter 300 ans en arrière et se replacer dans le contexte du temps. Personne n'avait jamais remarqué que l'église d'Asfeld avait été construite exactement en même temps que le Château de Versailles, puisque la première fête officielle donnée à Versailles le fût en 1683, et c'est exactement la date inscrite au fronton de la rotonde de l'église. Quel rapport me direz-vous ? Vous allez juger. Les travaux de l'église débutèrent en 1680 (Versailles aussi). Or l'année précédente, en 1679, avait été signée la Paix de Ninègues, qui mettait fin à une interminable période de guerre et qui était très avantageuse pour la France qui en sortait grandie. C'est probablement à ce moment que la gloire de Louis XIV fut à son apogée. Le roi était en pleine force, il était beau, il était triomphant. C'était une période d'allégresse où l'on pouvait tout espérer, tout entreprendre, tout oser. Mais Asfeld ? Nous y voilà. Quelques années auparavant, en 1671, le domaine d'Ecry (nom d'origine d'Asfeld) était acheté par les frères Jean-Jacques et Jean-Antoine de. Mesmes, Comtes d'Avaux, pour agrandir leur fief voisin. Et qui était donc ce Jean-Antoine de Mesmes, Comte d'Avaux ?

C'était précisément un des plénipotentiaires qui venaient de négocier brillamment et de signer la Paix de Nimégues, c'est-à-dire que lui aussi était triomphant et tout auréolé de gloire.

Et justement, il y avait dans l'enceinte de l'ancien château d'Ecry, une petite vieille église qui menaçait ruine. C'était une occasion unique d'en bâtir une nouvelle, digne de la renommée de ses seigneurs, et puisque le nom du comte d'Avaux était alors célèbre dans toute l'Europe, Ecry allait devenir Avaux-la-Ville, nom qu'il a porté jusqu'en 1730.

Bâtir une église, bien sûr, en remerciement de la belle réussite de Nimégues, mais il faut que cette église soit plus belle que toutes les autres, que ce soit du jamais vu.

Or en 1671, Jean-Antoine de Mesmes avait été nommé ambassadeur a Venise et y avait séjourné plusieurs années. Il en avait rapporté des souvenirs éblouis. Et surtout il avait pu y admirer la nouvelle architecture à la mode, l'art baroque (Notre-Dame de la Salute était encore toute neuve) et cet enchantement bien particulier à Venise, cette atmosphère de rêve, un peu irréelle ; ces dômes, ces coupoles, ces colonnades, tout cela avait profondément marqué son coeur et son esprit.

Alors bien sûr, cette nouvelle église serait bâtie à la mode du jour et en souvenir des églises de Venise, toutes bruissantes de concerts, elle serait en forme de viole, pour qu'elle soit en elle-même une musique, pour chanter les louanges de Dieu.

Mais notre Ambassadeur était toujours aux quatre coins de l'Europe. C'est lui qui a donnée l'idée, mais c'est à son frère Jean-Jacques que revient le mérite de la réalisation.

Jean-Jacques III de Mesmes, Comte d'Avaux, était lui aussi un personnage de premier plan : Président à mortier au Parlement de Paris, il était également membre de l'Académie Française, Grand Maître de cérémonies des Ordres du Roi.

C'était un homme de cour, très au fait de toutes les nouveautés, et en contact avec tout ce que ce monde particulièrement brillant comptait de plus remarquable.

Aussi pour bâtir une église au plan si peu courant s'adressa-t-il à un des ingénieurs architectes les plus en renom à l'époque, le Frère François Romain, Dominicain originaire de Gand. Il s'était rendu célèbre en dépannant les constructeurs du Pont Royal à Paris qui se débattaient en vain contre un courant qu'ils n'arrivaient pas à vaincre. Grâce a ses calculs et ses conseils, le Pont put être édifié.

Sur la demande du Comte d'Avaux, il réfléchit donc au projet ambitieux de cette église extraordinaire, vint sur place étudier le terrain et l'emplacement, fit les plans et de forts savants calculs, et enfin, avec l'aide de l'Architecte Fleury qui demeurait sur place, l'église d'Avaux la Ville sortit de terre (probablement à la grande surprise des habitants). La rotonde fut terminée en 1683, mais elle avait absorbé en entier les crédits prévus : 9.000 Livres. Il y eut un petit temps d'arrêt, sans doute pour étudier le financement, puis elle fut entièrement terminée et consacrée en 1685.

Elle avait coûté au total 21.000 Livres, mais le Comte d'Avaux, Grand Seigneur paya la différence. Si les frères de Mesmes ont désiré que ce monument, véritable Te Deum, porte le souvenir de leur nom à travers les siècles, ils ont réussi, et si grâce à cette petite merveille de l'art baroque notre village connaît quelque notoriété, c'est bien grâce à eux.


Le baptême des Cloches - 1922

1. Je m'appelle GABRIELLE-LUCIENNE

2. Je m'appelle MARIE-LOUISE OCTAVIE

3. Je m'appelle LUCIE-FRANÇOISE 

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Histoires de clochers

L'église Saint-Didier à Asfeld

    

  CHERS LECTEURS

Quittons le nord-ouest de notre département et piquons au sud, vers les plaines, à la frontière de la Marne. Dans cette zone, beaucoup de différences : les forêts profondes ont laissé la place aux vastes étendues céréalières, les édifices religieux de plus petites tailles remplacent les églises massives et fortifiées que nous avons découvertes précédemment.

L'église que je souhaite vous présenter aujourd'hui appartient à une commune qui changea de nom trois fois ; en voici les raisons : Si vous cherchez « Ecry » sur la carte des Ardennes vous ne trouverez rien ! J'aurais même pu dire que rien n'y sera « écrit » ! Ecry c'est le premier des trois noms que porta une commune ardennaise. Le second nom était Avaux. Le nom actuel est Asfeld.

Une viole ou un violon

Un nom aux accents des pays de l'Est et du Nord peut sembler singulier dans ce pays « au cœur de la vieille France », comme disait Meyrac. D'après mes renseignements, on doit le nom d'Asfeld à un certain Pierre Bidal, diplomate français, chargé au XVIIe siècle des relations avec la reine Christine de Suède. Anobli par elle à Stockholm en 1653, il reçut plusieurs fiefs dont le duché de Harsefeldt, en Poméranie (l'actuelle Brême en Allemagne).

Ce titre de Duc de Harsefeldt se transmit dans la famille Bidal, de génération en génération pour finalement arriver dans notre département sous le nom de… Asfeld. Bâtie sur les bords de l'Aisne, Ecry ...ou Asfeld connut bien des batailles; on peut noter qu'en 882, les Normands furent défaits près d'Ecry et ce fut un tel carnage que l'Aisne fut teintée de rouge…

L'église Saint-Didier, construite en briques, daterait de 1683 et a été qualifiée d'un essai à l'italienne… Les lignes courbes de l'édifice rappelleraient celui d'un instrument à cordes, viole ou violon… Toujours d'après Meyrac, le pourtour extérieur mesure environ 145 mètres et aucune de ses murailles ne se présentent en ligne droite. A l'intérieur, le dôme est très surbaissé et trente grosses colonnes d'ordre ionique (avec chapiteau à volute) soutiennent la voûte, tandis que quatre-vingt-dix petites colonnes décorent la galerie qui fait le tour de l'église

Un corridor composé de tournelles fait le tour du dôme et relie entre elles les différentes chapelles et leurs autels. Sur le grand autel, cinq bas-reliefs qui représentent les disciples d'Emmaüs, la Cène, un ange réconfortant Jésus, la crucifixion et l'apparition du Christ à Sainte-Marguerite. L'église a entièrement été rénovée à l'intérieur il y a quelques années.

L'intérieur était entièrement blanc, « coup de folie » d'un architecte qui, il y a 40 ans décida de recouvrir les anciennes peintures qui commençaient à s'abîmer. 40 ans plus tard, le travail inverse fut réalisé… et c'est tant mieux…

Raphaël HUERTAS

eglises-des-ardennes.over-blog.com

  Extrait de l' union du 24/07/2012

 Répertoire 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L 'église Saint-Didier d' ASFELD

de nouveau ouverte

Après 18 mois de travaux,l'église Saint-Didier d'Asfeld est à nouveau ouverte au public. Le fleuron rénové a été pris d'assaut ce week-end, pour son inauguration.

 

  « On aura attendu, mais ça valait le coup ! »

Attrapée au vol. ce week-end, lors de l'inauguration de l'église Saint-Didier d'Asfeld, la réplique semble mettre tout le monde d'accord.

Son chantier enfin achevé, le fleuron du patrimoine asfeldois ne manque pas d'allure.

« Je suis heureux aujourd'hui de couper ce ruban tricolore », annonçait  ainsi Jean-Marc Briois, maire d'Asfeld. Ce geste clôt quatre ans d'études et 18 mois de travaux de rênovations inférieures de notre église, qui l'ont rendu aussi belle qu'il y a 100 ans.»

790 000 euros de travaux

Remplacement des briques dégradées, rénovation et ajouts de lustres, électricité refaite à neuf... Les entreprises qui se sont relayées sur le chantier n'ont pas chômé " Le chauffage au gaz est passé en chauffage électrique : le gaz dégage trop de vapeur d'eau qui, on le sait, est l'ennemi des décors peints. Parcontre, coté température, on n'a rien changé », continuait le premier magistrat, devant une assemblée frigorifiée.

Côté décors, les vétérans n'auront pas manqué de noter les quelques évolutions. « Les toiles marouflées présentes jusque dans les années 1970 ont été retirées pour disparaître par la suite, et n'ont pas été retrouvées à ce jour », ajoutait Jean-Marc  Briois. « Par contre, le demi-cercle qui fait face à l'autel, quelle réussite ce rajout de décor, qui maintenant fait un superbe équilibre dans le chœur »

Le  tout  représente  une ardoise globale de 790.000 euros, subventionnée à plus de 80 % par l'État, à travers la direction régionale des affaires culturelles, le Département ou encore la Région.

Pour compléter cette restauration, la commune - aidée de la paroisse, de l'association du patrimoine et du diocèse - a investi dans 300 chaises neuves, qui ont pour la plupart été baptisées lors de l'inauguration.

En outre, la sonorisation aussi été revisitée et permet notamment une visite guidée en quatre langues au choix (en français, anglais, allemand ou néerlandais,  moyennant la somme de 2 euros).

Écrin culturel

« Avec cette rénovation, les touristes de passage, mais aussi les locaux, ne pourront plus nous dire : Quand on est à l'extérieur, quelle belle église, originale, unique ; mais quand on entre à l'intérieur c'est une déception, quel abandon ! », notait le maire. Ainsi requinquée, la belle dame à la silhouette de viole de gambe, peut désormais reprendre vie.

Dorénavant, les messes pourront de nouveau y être célébrées. Les mariages aussi. Ainsi six mariages sont ainsi  déjà programmés pour 2010 (sans compter les couples extérieurs à Asfeld demandeurs), contre un seul célébré en 2009.

« Pour certains, il fallait que je m'engage sur la réouverture de l'église dans les délais. Certains couples ont même retardé leur mariage de deux ans » souriait l'élu. C'est dire l'aura de Saint-Didier !

Quant à la dimension culturelle, outre les visites de nouveau autorisées, plusieurs événements attendus devraient y être organisés,

« Ce lieu doit servir d'êcrin pour les manifestations culturelles », ont rappelé les diverses personnalités présentes.

Après le concert de Jean-Louis Charbonnier en avril (consacré à l'œuvre de Marin Marais), le dernier week-end de juin est déjà réservé pour te prochain festival de viole de gambe.

Audrey BENZAKEN

 Extrait de l' union de 2009

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 Asfeld : coup de génie, coût de folie

Vue d'en bas, elle fait penser dit-on, à une basse de viole. La musique est sensée porter les prières jusqu'au ciel. Vue d'en haut, elle ressemble à un immense miroir à main. Ici la ligne droite est bannie.

 
L'église d'Asfeld ressemble à un immense miroir à main.

Au temps du Roi Soleil, la mode était à l'Italie ; coupoles, colonnades, arcades, les bâtisseurs s'étaient entichés des rondeurs du baroque exubérant, Le comte d'Avaux - c'était alors le nom d'Asfeld - décida d'en faire autant ; son église serait construite en briques cuites, concaves ou convexes selon les sinuosités qu'elles devraient épouser.

Cette fantaisie passa pour une excentricité dans son fief ardennais, rude terroir aux confins des plaines crayeuses de Champagne. C'est en tout cas un trait de génie de frère Romain, le dominicain flamand qui la  dessina avant de lancer le Pont-Royal, son chef-d'œuvre à Paris,La folie du comte coûta tout de même trois fois plus que prévu..,

F.D.

 Asfeld (Ardennes) se trouve à 25 km environ de Rethel et de Reims sur la D.926, et à une vingtaine de kilomètres de l'autoroute A26 (Calais-Dijon), sortie Vallée de l'Aisne, direction Neufchâtel-sur-Aisne.

L'église Saint-Didier est ouverte au public tout l'été, de 9 à 19 heures. Pour les visites, on peut aussi s'adresser à la mairie, place Grand'court  (tél 24.72.94.97),

Extrait de l''union

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